Àl’heure où nos sociétés se fragmentent, où les solitudes s’accumulent et où la tentation du repli gagne du terrain, la culture demeure l’un des derniers espaces capables de rassembler sans exclure. Elle n’est pas un luxe destiné à quelquesuns, ni un supplément d’âme réservé aux périodes fastes : elle est un langage commun, un lieu de reconnaissance mutuelle, un creuset où se fabrique le lien social.
Aller au théâtre, fréquenter une médiathèque, participer à un atelier de pratique artistique ou simplement partager un concert dans une grande salle ou sur une place de village, c’est bien plus que consommer une œuvre. C’est faire l’expérience de l’autre, accepter la pluralité des regards, éprouver ce qui nous rapproche au-delà de nos différences sociales, culturelles ou générationnelles. La culture crée des espaces de rencontre là où le débat public se crispe et où les réseaux numériques enferment chacun dans ses certitudes.
Mais cette fonction essentielle ne va pas de soi. Elle suppose des lieux ouverts, des artistes soutenus, des médiateurs engagés, des projets inscrits dans la durée. Elle suppose surtout une volonté politique forte, au plus près des territoires. Les collectivités territoriales – communes, intercommunalités, départements, régions – jouent ici un rôle décisif. Parce qu’elles connaissent leurs habitants, leurs réalités sociales, leurs fragilités comme leurs richesses, elles sont les mieux placées pour faire de la culture un outil d’inclusion et de cohésion.
À l’occasion des Biennales internationales du spectacle qui ont eu lieu
L'équipe
SARL MEDI’ART COMMUNICATION
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N° 02/2026
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L'édito
à Nantes fin janvier, les professionnels du secteur ont publié un libre blanc de la décentralisation culturelle où ils soulignent l’impératif de maintenir un mode de financement partenarial entre les différentes collectivités publiques, pour prévenir les désengagements unilatéraux, et invitent à généraliser les conventions pluriannuelles, afin de sécuriser les productions et les diffusions culturelles. Mobiliser les ressources locales ne signifie pas seulement financer des équipements ou des événements. C’est soutenir les initiatives associatives, encourager les projets participatifs, investir l’espace public, croiser les politiques culturelles avec celles de l’éducation, du social, de la jeunesse ou de l’aménagement du territoire. C’est penser la culture comme un service de proximité, accessible partout, y compris dans les zones rurales ou les quartiers éloignés des grands centres. Dans un contexte budgétaire contraint, la tentation est grande de considérer la culture comme une variable d’ajustement. Ce serait une erreur stratégique, et tous les prétendants aux prochaines élections municipales doivent s’en persuader. Chaque euro investi dans un projet culturel local est un euro investi dans la confiance collective, la citoyenneté, l’attractivité des territoires et la vitalité démocratique. La culture ne répare pas tout, mais sans elle, les fractures s’élargissent. À défaut de refaire le monde, elle empêche que le monde se défasse davantage.
Réaffirmer le rôle de la culture dans le lien social, c’est donc appeler à une mobilisation renouvelée des collectivités territoriales, en partenariat avec l’État, les acteurs culturels et les habitants eux-mêmes. C’est faire le pari que le sens, l’imaginaire et le partage sont des forces politiques à part entière.
Adjugé ! Du marteau aux plateformes, la nouvelle donne des ventes aux enchères
lereservoir-art.com
Cahier spécial
Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
Région Occitanie
une politique culturelle en action pour 2026
En 2026, la Région Occitanie réaffirme sa politique culturelle dans un contexte national marqué par de profondes mutations du secteur. Présente aux Biennales internationales du spectacle à Nantes, engagée depuis dix ans aux côtés des acteurs culturels et récemment dotée d’un nouvel opérateur avec la création de l’Agence Unique Occitanie Culture, elle poursuit une action structurée en faveur de la création, de la diffusion et de l’accès à la culture sur l’ensemble du territoire. Ce cahier met en lumière les orientations portées par la Région, les outils qu’elle mobilise et les grands rendez-vous culturels qui rythmeront l’année 2026 en Occitanie.
Occitanie
une politique culturelle en action pour 2026
• Au BIS de Nantes
l’Occitanie précise sa politique culturelle
Du 14 au 16 janvier, à Nantes, les Biennales internationales du spectacle (BIS) ont réuni l’ensemble de la filière du spectacle vivant. Grand rendez-vous professionnel mêlant débats, rencontres et marché de diffusion, le BIS accueillait notamment une table ronde intitulée « La culture est menacée, vive la culture ! ». Élus, responsables de collectivités, directeurs de lieux, producteurs, artistes et observateurs du secteur figuraient parmi les participants, dont Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, venue exposer la position de la collectivité en matière de politique culturelle. Cette discussion s’est tenue alors que le secteur culturel demeure fragilisé par les conséquences de la crise sanitaire, la hausse des coûts de production et une baisse des financements publics dans de nombreux territoires. Selon le Baromètre 2025 des budgets culturels, publié par l’Observatoire des politiques culturelles (OPC), près de la moitié des collectivités ont ainsi réduit leurs budgets culturels, parfois de plus de 10 %, touchant particulièrement le spectacle vivant, les festivals et l’éducation artistique et culturelle. Dans ce climat, les débats autour de la liberté de création et de l’avenir du service public culturel se sont intensifiés. Pour Carole Delga, ce débat a été l’occasion de clarifier la position de la Région Occitanie en matière de politique culturelle, avec un enjeu clairement affirmé : maintenir une action structurante en faveur de la création et de la présence artistique sur l’ensemble du territoire, dans un environnement incertain.
• Dix ans d’actions régionales pour la culture
Depuis 2016, date de création de la Région Occitanie, cette orientation s’est traduite par une série d’actions. Par exemple, le dispositif « Création en territoire » a permis à 34 équipes artistiques de bénéficier de résidences longues, tandis que la création de la « Diffusion de proximité » accompagne chaque année environ 300 représentations dans les communes de moins de 15 000 habitants. Par ailleurs, la fin des conventionnements pluriannuels a ouvert l’accès aux aides régionales à 98 nouvelles compagnies. La mise en place, en mars 2026, d’un Comité création jeune public doit répondre à la volonté régionale de donner une place et une attention particulières aux spectacles destinés aux publics jeunes. La Région accompagne également les festivals dans leur transition énergétique à travers l'éco-conditionnalité inhérente au dispositif Festivals Arts de la Scène. Enfin, la création, en 2025, de l’Agora - Cité internationale de la danse, issue de la fusion d’ICI–CCN et du festival Montpellier Danse, prolonge cette dynamique, avec pour objectif de renforcer le développement chorégraphique à Montpellier, à l’échelle régionale et au-delà.
La Région a également développé une politique spécifique en faveur des langues régionales, considérées comme un levier de création contemporaine. Le plan « Parlem una cultura viva », l’extension du dispositif Total Festum ou encore des critères incitatifs à la programmation ont favorisé, sur deux saisons, la diffusion de plus d’un millier de spectacles en occitan et en catalan, dans les saisons comme dans les festivals.
• L’Agence Unique étape récente d’une politique structurée
Dans cette continuité, la création de l’Agence Unique Occitanie Culture constitue l’une des évolutions récentes de cette stratégie. Issue de la fusion de trois agences existantes, avec le maintien des emplois et des budgets, elle rassemble désormais au sein d’un même opérateur les champs du livre, du spectacle vivant et de l’audiovisuel. En renforçant la transversalité des filières et en s’inscrivant dans le cadre du Plan Occitanie Résiliente, la Région entend simplifier les parcours des professionnels et adapter ses outils aux mutations actuelles du secteur. Au BIS de Nantes, la participation de la Région Occitanie s’inscrit ainsi dans une séquence de réflexion nationale, tandis que la collectivité poursuit, sur son territoire, une politique culturelle fondée sur des dispositifs opérationnels et une organisation renouvelée de ses outils d’intervention.
•Au BIS
Carole Delga prend la parole
« La culture, c’est la liberté de penser, la liberté de débattre, parfois de choquer : c’est un étendard démocratique fort. En Occitanie, nous avons fait le choix d’assumer un projet culturel clair, un combat politique face aux replis, à l’obscurantisme et au rejet de la différence. La Région a perdu 500 millions d’euros de dotations de l’État, mais nous avons décidé de ne pas baisser les budgets de la culture, de l’éducation et de l’agriculture. Nous avons créé une Agence Unique, issue du regroupement de trois structures, en maintenant les moyens pour mieux accompagner les acteurs. Il faut être présents dans les quartiers prioritaires comme dans les territoires ruraux, investir les lieux de mixité, aller là où l’État est parfois moins présent. J’encourage la prise de risque artistique, dans le champ culturel comme dans d’autres domaines : ouvrir la voie à de nouvelles formes d’expression, soutenir l’imagination et le rêve, sans jamais s’interdire d’explorer de nouveaux champs. La culture est un investissement pour la fraternité, pour la République et pour un imaginaire commun. Nous avons fait le pari de la culture dans tous les territoires, avec 4 000 emplois créés dans les industries culturelles et créatives, et nous devons réaffirmer la priorité donnée à l’enfance, dès les crèches, par l’éveil artistique et la formation des personnels. L’enfance reste notre priorité pour l’égalité. »
Dans un contexte national de fortes mutations du secteur culturel, la Région Occitanie a regroupé ses agences du livre, du cinéma et du spectacle vivant au sein d’un opérateur unique, en partenariat avec l'État. Effective depuis le 1er octobre 2025, cette fusion a donné naissance à l’Agence Unique Occitanie Culture. Son président, Jérôme Sion, revient sur les objectifs de cette réorganisation, son fonctionnement et les priorités qui guident aujourd’hui l’action régionale.
Entretien
Jérome Sion
Président de l'Agence Unique Occitanie Culture
« La nouvelle agence n'est pas simplement l'addition des trois anciennes »
Pouvez-vous rappeler le contexte qui a conduit à la création de l’Agence Unique Occitanie Culture ?
Je suis kinésithérapeute et ostéopathe de formation, spécialisé auprès des danseurs, musiciens et comédiens, ce qui m’a sensibilisé très concrètement à la précarité des métiers artistiques et aux enjeux de reconversion. J’ai également exercé en milieu rural, dans le Gers, où j’ai dirigé un cinéma de proximité et mesuré l’importance de l’accès à la culture sur les territoires. Engagé ensuite aux côtés de Carole Delga, je suis devenu viceprésident des trois anciennes agences régionales – celles du livre, du cinéma et du spectacle vivant. Dès le début du second mandat, la question d’une fusion s’est imposée comme une étape logique, afin de mieux répondre aux besoins des professionnels et des habitants tout en renforçant la transversalité entre les filières.
«
Certaines missions menées en commun ont montré leur efficacité, par exemple entre édition et cinéma pour les adaptations d’œuvres. Les réflexions autour de l’hybridation des disciplines ont donc nourri le projet. De même que les contraintes budgétaires nationales et européennes en ont accéléré le calendrier.
Une politique culturelle repose sur deux piliers : les citoyens et les acteurs culturels eux-mêmes »
La décision a été prise de mutualiser les fonctions support pour redéployer davantage de moyens vers l’accompagnement direct des artistes. Pendant un an, nous avons également travaillé avec les équipes sur l’évolution des missions et les inquiétudes liées à la fusion. Mes priorités étaient de préserver un bon climat social et "d'embarquer" tout le monde dans le nouveau projet. Une politique culturelle repose sur deux piliers : les citoyens, avec l’accès de toutes et tous à la culture sur l’ensemble du territoire, et les acteurs culturels eux-mêmes, que l’on aide à se structurer, se former et diffuser leurs œuvres en région, en France et à l’international.
Comment cette transversalité se traduit-elle concrètement dans l’organisation de la nouvelle agence ?
Nous avons totalement repensé l’organigramme. La nouvelle agence n’est pas simplement l’addition des trois anciennes. Nous avons conservé des pôles par discipline, mais nous avons créé plusieurs pôles transversaux. Par exemple, un pôle dédié au dialogue, à l’animation et à la structuration des filières, pour favoriser les réseaux, l’échange de pratiques et la coopération interprofessionnelle. Un autre pôle travaille sur la promotion et la valorisation des filières en Occitanie, à travers les rencontres professionnelles et les grands rendez-vous régionaux.
« L’Agence est là pour amplifier les synergies »
Je crois beaucoup à l’hybridation : faire dialoguer les équipes venues du livre, du cinéma et du spectacle vivant est une richesse quotidienne. Cela correspond à une vision ouverte de la culture, nourrie de croisements et de diversité. Nous développons aussi un axe attractivité et rayonnement hors région : présence au BIS de Nantes, à Avignon, à Aurillac, appui aux projets européens et internationaux, accompagnement sur les salons professionnels.
Le conseil d’administration a également été renouvelé…
C’était un point important. Aujourd’hui, le conseil d’administration est composé, au delà des membres de droit, de dix-huit professionnels, six par filière, élus par leurs pairs. J’ai encouragé des candidatures diverses afin qu’il ressemble davantage à la société actuelle : plus de femmes, plus de jeunes, des parcours variés. L’idée est que les propositions soient en phase avec la diversité des acteurs culturels et des publics.
Concrètement, comment l’Agence accompagne-t-elle les professionnels ?
Nous voulons renforcer l’accompagnement individuel, avec des référents qui suivent les porteurs de projets sur la durée, tout en favorisant leur structuration collective. Cela passe par la formation, la professionnalisation, l’accompagnement sur le numérique pour les librairies, par exemple, ou sur l’intelligence artificielle pour les artistes. Il faut comprendre ces évolutions pour s’en protéger ou les utiliser intelligemment.
Il y a aussi des enjeux écologiques dans toutes les filières : impression des livres, tournages responsables, écoresponsabilité dans le spectacle vivant. Certaines disciplines étaient plus avancées que d’autres ; l’Agence permet désormais de mutualiser les bonnes pratiques. Nous développons également l’observation économique, en produisant des études utiles aux professionnels comme aux partenaires publics, l’État et la Région, qui financent respectivement un tiers et deux tiers de l’Agence. Cette co-construction, notamment avec la DRAC, s’inscrit dans un esprit de complémentarité : elle permet de confronter les points de vue et d’enrichir les politiques publiques.
Le territoire est très divers en Occitanie. Comment adaptez-vous votre action ?
Chaque territoire a ses réalités. En milieu rural, la question des lieux dédiés, de l’itinérance, est centrale. Dans des départements comme la Lozère, les acteurs se sont déjà structurés de manière transversale entre événements liés à la poésie, aux musiques du monde et aux musées, par exemple... Dans les métropoles, les enjeux portent davantage sur les quartiers populaires : il faut proposer des projets exigeants, croiser les esthétiques, s’appuyer sur les tissus associatifs et professionnels. Nous accompagnons aussi des structures qui se développent, comme cette école d’écriture scénaristique à Montpellier, gratuite et adossée à des appels à projets nationaux. L’Agence peut être un appui pour ce type d’initiatives.
Souhaitez-vous renforcer les coopérations entre lieux culturels, y compris au-delà des frontières ?
Oui, très clairement. On voit déjà des dynamiques entre Sète, Uzès, Nîmes et Montpellier… L’Agence est là pour amplifier ces synergies, y compris transfrontalières avec l’Espagne, dans le cadre de programmes comme Pyrénart ou via des financements européens pour la mobilité et la création.
Que vient affirmer cette Agence Unique dans la politique culturelle régionale ?
Elle reflète une méthode : anticiper les difficultés et chercher des solutions concrètes. Dans un contexte national de restrictions budgétaires, nous avons posé deux conditions : maintenir l’intégralité des emplois des trois agences et disposer d’un budget au moins équivalent. Ces conditions ont été respectées. Aujourd’hui, alors que certaines régions ferment des structures ou réduisent fortement leurs moyens, nous avons conservé les équipes et trouvé un modèle qui répond mieux aux besoins des professionnels. Cette fusion est observée au niveau national, car il est inédit de réunir trois agences au sein d’un même opérateur, et cela implique naturellement une exigence particulière.
Recueilli par Eva Gosselin
Grandes actions de l’Agence Unique Occitanie Culture
Depuis sa création, l’Agence Unique Occitanie Culture déploie son action autour de plusieurs axes qui se traduisent concrètement par des rendez-vous professionnels, des dispositifs d’éducation artistique, des études sectorielles et une présence renforcée sur les grands enjeux de coopération européenne.
• Action culturelle et éducation artistique
Les Rencontres de l’éducation artistique aux images – adaptations, organisées le 18 février à la médiathèque Émile Zola de Montpellier, constituent un temps fort régional consacré aux liens entre littérature et cinéma, avec tables rondes et présentations de projets en cours. Le dispositif Jeunes en librairie, mené de janvier à juin 2026, concerne 51 établissements scolaires et 2 341 élèves, autour de rencontres en librairie et de bons d’achat favorisant l’accès à la lecture.
• Spectacle vivant et
diffusion
La rencontre régionale de diffusion artistique « Transitions et nouveaux récits », programmée le 22 mai 2026 à Villeneuve-lès-Maguelonne, propose une journée professionnelle dédiée aux enjeux écologiques, aux nouvelles formes narratives et à la présentation de projets artistiques aux programmateurs.
• Ressources professionnelles
Parmi les outils développés figurent le Guide ABC de la communication pour les manifestations littéraires, présenté le 9 mars 2026 à la DRAC Occitanie à Toulouse, ainsi qu’un site pédagogique consacré au film Chien de la casse de Jean-Baptiste Durand, intégré au dispositif Lycéens et apprentis au cinéma et destiné aux enseignants et médiateurs.
• Attractivité, rayonnement et ouverture européenne
• Transversalité et écritures contemporaines
La première Biennale des écritures contemporaines, organisée à Albi du 17 au 20 mars, illustre la volonté de croiser les disciplines artistiques. Projections, rencontres et exposition photographique associée mettent en lumière le dialogue entre littérature, cinéma et scène, autour notamment de l’œuvre de Claudine Galéa.
Dans le cadre de sa stratégie de développement international, l’Agence organise une journée de rencontre interfilières dédiée à l’ouverture européenne et internationale, programmée le 27 mai 2026 dans un lieu restant à préciser. Ce temps fort rassemblera professionnels du livre, du cinéma et du spectacle vivant autour des dispositifs européens de soutien à la création, des coopérations transfrontalières et des perspectives de mobilité artistique.
• Observation des filières
L’Agence pilote pour la Région Occitanie une étude sur les librairies indépendantes en zones rurales, dont la restitution est prévue en juin 2026 lors des Rencontres nationales de la librairie à Rennes. Elle conduit également une étude sur la diffusion des musiques actuelles portant sur la période 20222024, destinée à cartographier les structures, analyser l’emploi artistique et nourrir les politiques publiques.
Temps forts
culturels 2026 en Occitanie
En 2026, la Région Occitanie accompagne une programmation culturelle déployée tout au long de l’année, au plus près des territoires et des publics. Les principaux rendezvous soutenus par la collectivité illustrent la diversité des disciplines - du spectacle vivant aux arts visuels, du patrimoine aux festivalsainsi que les priorités régionales en matière de création, de diffusion et de rayonnement. Une traversée de l’année culturelle qui donne à voir la richesse des temps forts portés ou accompagnés en Occitanie.
1er trimestre
7 février > 31 mai
EXPOSITION
Mimosa, du duo Hyppolyte Hengen Musée d’art moderne de Céret (66)
11 mars > 2 mai
EXPOSITION
Sur le fait, par erreur et au hasard de Nicolas Daubanes Maison-Salvan à Labège (31)
21 mars > 6 septembre
EXPOSITION
Plastic Newspaper de Lucy McKenzie Crac Occitanie à Sète (34)
28 mars > 13 juin
EXPOSITION
Lumière d’encre de Sébastien Normand Centre d’art et de photographie à Céret (66)
Jusqu’au 29 mars
EXPOSITION
Glaner le vivant, cueillir la révolte, teindre le mystère de Margaux Fontaine Médiathèque du Grand M à Toulouse (31)
11 avril > 7 mars 2027
EXPOSITION
Adrien Fregosi
Musée international des arts modestes (MIAM) à Sète (34)
Jusqu’en août
EXPOSITION
L’imagination au pouvoir de Jean-Charles de Castelbajac Les Abattoirs – Frac Occitanie à Toulouse (31)
Et aussi
• Lancement des travaux de la scène nationale du Cratère à Alès (30)
• Inauguration des studios de France TV à Vendargues (34)
Longtemps associées à un monde discret et codifié, réservé aux initiés, les ventes aux enchères connaissent aujourd’hui un regain spectaculaire. Portées par la numérisation du marché, la médiatisation du métier et l’élargissement des catégories d’objets proposés, elles attirent désormais un public plus jeune et plus diversifié. Tableaux anciens, bijoux, sacs iconiques, sneakers, météorites ou œuvres numériques circulent désormais à l’échelle mondiale, parfois achetés depuis un écran à des milliers de kilomètres de la salle de vente.
Derrière cette effervescence se cache un écosystème complexe : commissaires-priseurs de terrain, experts indépendants, grandes maisons internationales, plateformes en ligne, mais aussi dispositifs itinérants d’expertise et journées gratuites ouvertes au public. Tous contribuent à transformer la relation entre les particuliers et le marché de l’art.
À travers sept entretiens exclusifs menés en Occitanie et à Paris, ce dossier explore les coulisses d’un secteur en pleine recomposition : comment on expertise aujourd’hui, pourquoi on choisit la vente publique ou privée, quel rôle joue la télévision, comment le numérique mondialise les enchères, et quels nouveaux objets fascinent les collectionneurs. Un voyage au cœur d’un marché où l’histoire, la rareté et la confiance restent plus que jamais au centre du jeu.
commissaire-priseur
entre estimation, conseil et transmission
Profession longtemps associée aux salles feutrées et aux ventes spectaculaires, le commissaire-priseur occupe en réalité un rôle beaucoup plus large : expertiser, accompagner, sécuriser juridiquement une transaction et aider des particuliers à comprendre ce qu’ils possèdent. Un métier de terrain, au contact direct des familles, des collectionneurs et des héritiers. Quatre commissaires-priseurs de la région nous racontent leur quotidien.
Pour Caroline Tillie-Chauchard, l’essentiel tient dans la justesse : "Notre rôle est avant tout de donner une valeur juste aux biens." Lors de successions, de partages ou de projets de vente, elle insiste sur la dimension humaine de ces rendez-vous : "Nous intervenons souvent dans des moments sensibles pour les familles." Le commissaire-priseur agit alors comme médiateur, traduisant un marché parfois complexe en données compréhensibles.
Même constat chez Jacques Farran, qui rappelle que la vente publique repose sur une mécanique précise : "La vente aux enchères repose sur la mise en concurrence des acheteurs." Un processus qui, selon lui, garantit transparence et équité : "C’est ce mécanisme qui permet d’atteindre le juste prix." Le cadre juridique dans lequel il s’exerce fait partie intégrante du métier : "Le cadre réglementé protège aussi bien les vendeurs que les acquéreurs."
Sur le terrain, Marc Labarbe insiste sur la dimension de service public que conserve la profession : "Nous, on est là pour expertiser." Et surtout pour informer : "Notre rôle, c’est de renseigner les gens, pas seulement de vendre." Lors de ses tournées, il voit défiler des centaines d’objets et de situations différentes : "Quand les objets n’ont pas de valeur, on le dit." Une parole parfois déceptive, mais nécessaire pour établir la confiance.
Pour Camille Cholvy, cette mission passe avant tout par l’échange : "Une expertise est aussi un moment d’explication." Face à des particuliers parfois impressionnés par le monde des enchères, elle souligne la nécessité de rendre ce marché accessible : "Il faut démystifier le fonctionnement des enchères." Et d’ajouter : "Le dialogue est essentiel pour instaurer la confiance."
À travers ces témoignages, se dessine une profession en mouvement, plus mobile, plus pédagogique, attentive aux évolutions du marché comme aux attentes du public. Derrière le marteau, le commissairepriseur apparaît avant tout comme un expert indépendant, un interlocuteur de confiance et un passeur entre les objets, leur histoire… et leur avenir.
Chiffres clés
bilan 2024
maisons de ventes actives
produit des ventes aux enchères
3e
5,1Md€ en France
380M€ en Occitanie dont 526 en France 41 en Occitanie
c'est le rang de l'Occitanie en terme de montant après l'Île de France et la Normandie
Caroline Tillie-Chauchard Commissaire-priseur
Que signifie, concrètement, être commissairepriseur aujourd’hui ?
Dans son étude, Caroline Tillie-Chauchard passe des inventaires chez les particuliers aux enchères suivies depuis l’étranger. Entre successions, ventes de semaine et adjudications connectées, la commissaire-priseur raconte un métier en prise directe avec son territoire autant qu’avec un public désormais mondial.
Dame Marteau COMMISSAIRE-PRISEUR.
2460 avenue Albert Einstein, Domaine Teissier, Montpellier
Tél. 04 67 47 52 59. damemarteau.fr
On peut faire un parallèle entre commissairepriseur et médecin généraliste, dans le sens où c’est un métier de proximité avant tout. Nous sommes là pour apporter un service aux personnes, physiques ou morales, pour valoriser leur patrimoine. Nous avons des connaissances très généralistes dans beaucoup de domaines et, lorsque nous avons des lacunes sur un sujet particulier, nous faisons appel à un expert, comme un médecin fait appel à un spécialiste. Nous intervenons pour différentes choses. On peut réaliser une sorte de photographie du patrimoine, des biens meubles d’une personne ou d’une famille, faire des estimations, selon ce que les personnes souhaitent : céder, transmettre, vendre ou assurer leurs biens.
Lorsque cet actif est important, notamment au niveau immobilier, ces 5 % peuvent paraître élevés, surtout pour des résidences secondaires souvent meublées plus simplement. Dans ce cas, le notaire, avec l’accord des héritiers, demande au commissaire-priseur de faire un inventaire afin que ne soit prise en compte que la réalité des biens estimés. Cela peut réduire considérablement l’assiette des droits de succession.
Quel rôle joue aujourd’hui le numérique dans votre activité ?
"Un métier de proximité avant tout"
La vente n’est donc pas toujours la finalité première de votre intervention ?
Absolument. Dans un premier temps, les personnes veulent connaître la valeur d’un bien avant de prendre une décision. La décision de vendre vient après l’expertise et après l’estimation. Et, dans le cadre de successions, parfois les héritiers nous demandent de tout vendre parce qu’ils habitent loin ou qu’ils ne peuvent pas se charger de la vente. Ils nous mandatent alors pour vendre tous les biens de la succession.
Précisément dans le cadre d’une succession, comment travaillez-vous ?
Dans le contexte d’une succession, nous avons deux types d’intervention. D’abord, nous pouvons intervenir à la demande des héritiers qui ne souhaitent pas se charger de la vente de leurs biens meubles une fois la succession clôturée : nous vidons et vendons. Dans ce cas, nous regardons tout, nous établissons une liste des meubles, objets, tableaux, sculptures, bijoux… L’intérêt est que, comme nous sommes généralistes, nous avons une vision de la valeur globale, que l’on affine ensuite lors de l’expertise. Pour un tableau ancien, par exemple, on va chercher son attribution, sa datation. On dégrossit ainsi la totalité des biens et leurs valeurs. Le second cas de figure est lorsque nous intervenons à la demande d’un notaire. Dans une succession, pour établir les droits, il faut déterminer la valeur des biens. La législation considère que la valeur des meubles meublants correspond à 5 % de l’actif patrimonial.
La période du Covid a tout fait basculer : nous ne pouvions plus recevoir du public, donc forcément nous avons vendu en ligne. Mais pour ma part, je le fais depuis 2014, au travers d’un site d’enchères en ligne, Dame Marteau Online, (damemarteau-online.fr) dédié à la vente de bijoux. Je refuse d’exposer des bijoux précieux en salle pour une question de sécurité, surtout avec le cours actuel de l’or. Tout est conservé dans des coffres. Nous faisons d’excellentes photos, avec le maximum de détails, et les gens peuvent ensuite venir voir les bijoux sur rendez-vous. Il n’y a toutefois pas d’exposition publique. Ce sont des ventes dites online, avec une clôture à une heure précise, et l’on peut enchérir jusqu’au dernier moment.
Entre ventes en ligne et enchères en salle, où se joue aujourd’hui, selon vous, le cœur du spectacle ?
Outre la vente de bijoux en ligne, j’organise deux autres types de ventes. Il y a les ventes cataloguées en live : je suis filmée par deux plateformes, les acheteurs peuvent enchérir du monde entier après inscription et validation de garanties. Pour ces ventes, désormais, en salle, il y a peu de monde, tandis que sur Internet, cela explose. C’est une activité qui s’est internationalisée grâce aux plateformes d’enchères. Le dernier type correspond aux ventes dites de semaine, issues de fonds de maison. Lors d’une succession, il y a du courant et de l'exceptionnel : je sélectionne les plus belles pièces pour les ventes cataloguées, et tout ce qui est ordinaire part dans une vente de semaine. Là, il n’y a pas Internet : il faut être présent. Et c’est là que l’on retrouve les ambiances des salles des ventes d’antan. C’est vif. Il y a de la concurrence entre les présents, des regards, des subtilités, des égos qui se manifestent. Et c’est assez intéressant.
Recueilli par Eva Gosselin
l'expertise
au cœur du métier
Avant toute vente aux enchères, l’expertise constitue une étape déterminante. C’est elle qui permet d’identifier un objet, d’en comprendre l’histoire, d’en mesurer l’état et d’anticiper sa place sur le marché.
Caroline Tillie-Chauchard, commissaire-priseur à Montpellier, insiste sur cette approche concrète : "L’expertise permet d’abord de déterminer la nature exacte d’un bien." L’analyse se poursuit par un examen attentif : "On regarde l’état de conservation, les restaurations éventuelles, la provenance." Cette phase peut aussi conduire à temporiser : "Il arrive que l’on conseille de ne pas vendre tout de suite."
Jacques Farran, commissaire-priseur montpelliérain, rappelle qu’aucune estimation ne repose sur l’instinct : "Une expertise, ce n’est pas une intuition : c’est un travail documenté." Il confronte systématiquement les œuvres au marché : "On confronte l’objet aux résultats récents du marché." Et précise : " Chaque estimation est argumentée."
Sur le terrain, le commissaire-priseur toulousain Marc Labarbe souligne la dimension pédagogique de ces rendez-vous : "On nous apporte beaucoup d’objets sans valeur — environ 70 %." Une réalité qui impose clarté et honnêteté, car, ajoute-t-il, "le plus important, c’est de renseigner les gens."
Une véritable enquête.
Derrière une estimation se cache souvent un long travail de recherche. Jacques Farran détaille la méthode : "On consulte les archives de ventes, les catalogues anciens, les bases de données." Puis « on compare avec des œuvres similaires passées récemment aux enchères."
Caroline Tillie-Chauchard complète par l’analyse matérielle : "On examine la technique, les matériaux, les signatures." Et lorsque nécessaire : "Parfois, on fait appel à des laboratoires ou à des spécialistes extérieurs."
Savoir
attendre. L’expertise ne mène pas toujours à une vente immédiate. Caroline TillieChauchard le rappelle : "Il arrive que la meilleure décision soit de conserver l’objet." Un point que partage Farran : "Vendre au bon moment est parfois plus important que vendre vite."
Art contemporain : une expertise à part. L’art contemporain obéit à des règles d’expertise spécifiques. Joëlle Koops, consultante régionale pour Sotheby’s, rappelle d’abord un principe fondamental : "Sotheby’s ne vend pas d’œuvres de premier marché." Autrement dit, la maison intervient sur des œuvres déjà passées par des galeries ou des collections. Pour établir une estimation, elle s’appuie sur des critères précis : "On regarde la cote de l’artiste, la période, la provenance, l’état de conservation, les expositions, les catalogues." Et procède par comparaison : "Je cherche des œuvres similaires passées récemment aux enchères."
À ces paramètres s’ajoute une lecture fine du marché, que souligne Camille Cholvy. Si l’authenticité pose parfois moins de difficultés que pour les périodes anciennes, "la cote des artistes joue un rôle déterminant". Elle observe ainsi que certains créateurs "très valorisés dans le réseau des galeries peuvent obtenir des résultats bien plus modestes en vente publique". Le travail d’expertise consiste alors à ajuster les attentes : "Il arrive que nous annoncions à un vendeur qu’une œuvre atteindra quelques centaines d’euros, quand il en espérait beaucoup plus."
Mais ce marché reste mouvant. Camille Cholvy rappelle que l’enchère peut parfois rebattre les cartes : "Lorsque plusieurs collectionneurs suivent de près un artiste, les prix peuvent soudainement s’envoler."
Jacob Beaumann Expert en
art
Concrètement, comment s’expertise un objet ?
Àla tête d’un cabinet d’expertise indépendant, Beaumann n’est rattaché à aucune salle des ventes. De l’inventaire chez les particuliers aux grandes maisons internationales, il décrit un métier de terrain fondé sur l’œil, la documentation et le choix stratégique des lieux de vente, tout en détaillant sa méthode d’évaluation et la liberté qu’offre ce modèle atypique.
Occitanie
ART EXPERTISE
26, place de la République Lunel
Tél. 04 67 17 19 40. occitanie-art-expertise.com
Vous n’êtes pas commissaire-priseur. Quelle est exactement votre place dans l’écosystème des enchères ?
J’ai créé un cabinet d’expertise indépendant, sans rattachement à une salle de vente. Toutes les démarches sont gratuites : expertise, estimation, déplacements sur la région. Je suis là pour donner les valeurs les plus justes possibles sur les objets que l’on me propose. Ensuite, je travaille en collaboration avec une vingtaine de commissaires-priseurs en France et à l’étranger. Je peux proposer soit une mise en vente aux enchères, soit une vente de gré à gré, confidentielle, en mettant directement le client en relation avec un acheteur potentiel. J’ai aussi développé un service d’achat comptant et immédiat. Dans la majorité des cas, les gens choisissent de vendre : j’achète, puis je prends le temps de replacer l’objet dans la salle de vente qui lui est la plus adaptée.
"J'ai vu passer sous mes yeux des milliers d'objets"
Prenons l’exemple d’un siège. D’abord, on identifie le style : Louis XV, Louis XVI, Renaissance… Ensuite, on regarde s’il est d’époque. Là, c’est plus technique : au XVIIIᵉ siècle, tout est fait à la main, avec des traces d’outils, une architecture précise, tenons, mortaises, chevilles. Au XIXᵉ, la fabrication devient industrielle et on copie beaucoup les grands styles. On évalue ensuite la qualité d’exécution : atelier parisien ou provincial, maître ébéniste ou non, techniques employées, marqueterie, bois. Puis vient l’attribution : une estampille change évidemment la valeur. Enfin, on confronte tout cela au marché actuel. Nous disposons de bases de données avec vingt ans de résultats de ventes. On regarde, on trace des courbes de prix, on essaye d’être au plus juste par rapport à la demande. Grâce à mes trente ans de terrain, j’ai aussi acquis une solide expérience. J’ai vu passer sous mes yeux des milliers et des milliers d’objets. Dans ce travail, il faut aussi distinguer les copies anciennes, souvent du XIXᵉ siècle, faites sans volonté de tromper et qui peuvent avoir une réelle valeur, des faux destinés à abuser l’acheteur. La vigilance est permanente.
Quel est votre parcours avant cette activité d’expert ?
J’ai été antiquaire pendant trente ans. Je suis autodidacte. Avant cela, j’étais tapissier sur sièges anciens. J’ai grandi dans un atelier et c’est ainsi que j’ai approché le métier : à Nice, presque tous les antiquaires passaient chez moi. J’ai appris énormément en observant, en échangeant avec des marchands. Ensuite je suis devenu brocanteur, j’ai voyagé : toutes les salles de vente d’Europe, les foires, les marchés, les galeries… J’étais un homme de terrain. À l’époque, je travaillais surtout de professionnel à professionnel.
Mon champ est très large grâce à une collaboration avec des confrères parisiens. Nous couvrons des périodes qui vont de l’Antiquité jusqu’à la fin du XXᵉ siècle : sculptures, bijoux, monnaies, tableaux anciens et modernes, mobilier, voitures de collection… C’est cette transversalité qui fait aussi la force d’un cabinet indépendant.
Votre position d’expert indépendant vous permet aussi de choisir les lieux de vente… C’est l’un des grands avantages. En travaillant avec de nombreux commissaires-priseurs, je peux orienter un objet vers une vente spécialisée et sur la place la plus pertinente. Un objet du XXᵉ siècle pourra aller à Paris, Londres, chez Sotheby’s, Christie’s ou Bonhams, ou encore à Lyon. Le commissaire-priseur régional, lui, vend dans son étude ou doit parfois attendre des mois pour constituer une vente thématique. Moi, j’ai davantage de liberté pour optimiser le résultat, bénéficier parfois du prestige d’une maison, et placer l’objet là où il trouvera son public.
Parmi toutes vos découvertes, lesquelles vous ont le plus marqué ?
Quand j’étais antiquaire, je sillonnais beaucoup l’Angleterre. Un jour, dans une vente de semaine en Écosse, j’ai repéré un lustre Mazarin en bronze doré, d’époque Louis XIV, attribué à André-Charles Boulle : une pièce rarissime, quasiment de musée.
Recueilli par Eva Gosselin
pourquoi et comment ?
vendre (ou acheter) aux enchères
Longtemps réservées aux initiés, les ventes aux enchères attirent aujourd’hui un public de plus en plus large. Que l’on souhaite vendre un objet hérité, acheter une œuvre ou simplement comprendre les mécanismes du marché, elles offrent un cadre sécurisé, encadré par des professionnels.
Pourquoi faire appel à un commissairepriseur ?
Le commissaire-priseur intervient pour dresser une véritable « photographie » du patrimoine mobilier : tableaux, bijoux, sculptures, objets d’art ou de collection. Son rôle est d’évaluer la valeur des biens, dans un objectif de vente, de transmission ou d’assurance. Dans le cadre d’une succession, son expertise permet aussi d’établir un inventaire précis afin de calculer les droits au plus juste, en évitant notamment l’application automatique du forfait fiscal de 5 % sur les meubles meublants.
Pourquoi vendre aux enchères publiques ?
La vente aux enchères repose sur trois piliers : l’expertise, la transparence et la concurrence entre acheteurs. Les biens sont estimés en fonction du marché actuel, souvent avec l’appui de spécialistes. Leur mise en vente devant un public (en salle ou en ligne) favorise la confrontation des offres, parfois à l’échelle internationale, et peut conduire à de belles surprises.
Que peut-on vendre ?
Tous les biens meubles au sens juridique peuvent être présentés : peintures, sculptures, bijoux, pièces d’or ou d’argent, mobilier, maroquinerie, objets de mode, véhicules, collections diverses…
Pourquoi acheter aux enchères ?
Acheter en vente publique, c’est acquérir un bien expertisé, proposé au prix du marché, dans un cadre réglementé. Les catalogues détaillent l’état, l’origine et les estimations des lots, permettant aux acquéreurs d’enchérir en connaissance de cause.
Comment participer à une vente ?
Trois possibilités s’offrent aux acheteurs :
• assister à la vente en salle,
• enchérir par téléphone sur un lot précis,
• suivre la vente en direct sur les plateformes numériques de diffusion. Ces outils ont largement contribué à ouvrir les enchères à un public mondial.
Comment suivre l’actualité du marché ?
Pour rester informé, plusieurs solutions existent : s’abonner à la Gazette Drouot, consulter les sites des maisons de ventes, suivre les plateformes spécialisées ou créer des alertes sur les objets recherchés afin d’être averti lorsqu’un lot correspondant apparaît au catalogue.
Les journées d’expertises gratuites :
une porte d’entrée vers les enchères. Organisées par de nombreuses maisons de ventes, les journées d’expertises gratuites constituent souvent le premier contact du public avec le monde des enchères. Elles permettent de faire examiner un objet sans engagement, d’en connaître l’origine, l’époque ou la valeur potentielle, et d’obtenir un avis professionnel sur une éventuelle mise en vente.
Ces rendez-vous prennent des formes variées : permanences dans les hôtels des ventes, déplacements en région, partenariats avec des mairies ou événements itinérants. Le principe reste le même : accueillir tous les publics, y compris ceux qui n’auraient jamais franchi la porte d’une salle des ventes.
Au fil de ces journées, les commissairespriseurs découvrent aussi bien des objets modestes que des pièces inattendues, parfois restées pendant des décennies dans une maison familiale. Pour les particuliers, c’est l’occasion de mieux comprendre ce qu’ils possèdent, de comparer les options (vente, conservation, transmission) et de s’orienter sans pression.
Souvent relayées par les municipalités ou sur les sites des maisons de ventes, ces expertises gratuites jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la démocratisation du marché des enchères, en instaurant un climat de confiance et de pédagogie.
Maître
Jeudi 20 Février
• Art d’Asie
• Arts d’Afrique et d’Océanie
• Bijoux, or, argenterie
• Tableaux anciens et modernes
• Mobilier et objets d’art
Salle des ventes
2460 Av. Albert Einstein
Domaine Tessier
Montpellier
Parking gratuit Accès handicapés
Afin de faciliter l’expertise, songez à vous présenter avec vos objets et/ou photographies
04 67 47 52 59
06 80 47 59 18 ctc@damemarteau.fr
Caroline Tillie-Chauchard 9h • 12h // 13h • 16h
Tableaux et meubles anciens, achat d’or, art asiatique, sculptures et pendules anciennes, argenterie, montres et armes anciennes...
04 67 27 81 82
06 80 66 30 57 40 ANS D’EXPERTISE
Déplacement gratuit dans la région
antiquites-yves-secula.fr ysecula@orange.fr
Sélection
Correspondante régionale pour une grande maison de vente implantée à Marseille et à Paris, Camille Cholvy sillonne le Gard et l’Hérault à la rencontre des particuliers. Journées d’expertise, stratégie d’implantation territoriale et choix des places de vente structurent un métier de terrain, entre ancrage local et réseaux nationaux.
Camille Cholvy Commissaire-priseur
Pouvez-vous expliquer concrètement votre métier et la manière dont vous l’exercez en région ?
J’exerce ce métier d’une manière un peu atypique, puisque je suis correspondante région pour une grande maison de vente basée à Marseille et à Paris. Je couvre tout le Gard et l’Hérault. Je n’ai pas de maison de vente sur place : je vais chez les particuliers, je récupère les objets après expertise, puis ils sont acheminés à Marseille pour être vendus. Je fonctionne aussi beaucoup avec les journées d’expertise, qui se développent fortement. Elles sont gratuites, ouvertes à tous, et permettent à une clientèle parfois éloignée de la maison de vente de venir. Les personnes sont souvent un peu intimidées par notre profession : là, elles sont plus décomplexées.
"Mon travail repose à la fois sur le repérage et sur une réelle proximité"
Comment décidez-vous où vendre les œuvres? Certaines catégories fonctionnent mieux à Marseille, comme les tableaux provençaux ou du XIXᵉ. D’autres départements, comme les bijoux ou le design, sont vendus exclusivement à Paris. Nous prenons également en compte la fragilité des œuvres et le coût du transport : récemment, nous avons préféré présenter des céramiques vietnamiennes du XIXᵉ siècle à Marseille plutôt que de les acheminer à Paris.
Une vente récente vous a-t-elle marquée ?
• 224 rue Paradis, Marseille
• 16 rue de la Grange-Batelière, Paris maisonrc.com
Comment se déroulent ces journées ?
Nous communiquons en amont dans la presse locale, sur les réseaux sociaux, les newsletters. Je loue une salle, les visiteurs viennent avec leurs objets, avec ou sans rendez-vous, et je leur donne une expertise gratuite. S’ils ne souhaitent pas vendre, ils repartent avec des informations ; s’ils décident de confier les objets, nous les prenons en charge. C’est vraiment intéressant : il y a toujours une part de surprise. Même si de nombreux objets présentent un intérêt limité, une seule pièce peut parfois suffire à faire la journée.
Pourquoi cette stratégie d’implantation territoriale est-elle importante pour votre maison ?
L’objectif est de couvrir un maximum de territoires afin de repérer des pièces intéressantes, mais aussi d’apporter un service dans des zones où il n’existe pas forcément de maison de vente. Dans certains territoires, les habitants apprécient que je me déplace à domicile pour récupérer des objets susceptibles d’être ensuite vendus à Paris, notamment à Drouot. Mon travail repose à la fois sur le repérage et sur une réelle proximité. De mon côté, je suis très heureuse de travailler sur mon territoire avec une grande maison de vente. C’est une chance de bénéficier de la structure et de la visibilité d’un grand opérateur tout en restant en prise directe avec les habitants et les collectionneurs locaux.
Oui, un tableau de Julia Beck récupéré près de Montpellier, qui était sur le point d’être jeté. Une héritière l’a découvert posé face contre terre. Il s’est vendu 15 000 euros. Ce qui m’a touchée, au-delà du prix, c’est qu’il s’agissait d’une artiste femme assez oubliée. Nous avons aussi dispersé à Paris une collection de numismatique remarquable, avec notamment une pièce en or de cinq francs du Consulat estimée entre 100 000 et 200 000 euros et adjugée 215 000 euros. C’est toujours saisissant d’avoir en main un objet si modeste par la taille et d’une telle valeur.
Comment travaillez-vous vos ventes aujourd’hui ?
Nous organisons de nombreuses ventes thématiques : bijoux, design, tableaux, numismatique. Les bijoux représentent presque une vente par mois. La céramique est plus ponctuelle, deux ou trois fois par an.
Recueilli par Eva Gosselin
Julie Le Brun & Jacques Farran Commissaires-priseurs
Votre métier semble mêler transmission, enquête et intuition. Comment le définiriezvous ?
Julie Le Brun : Le commissaire-priseur est avant tout un passeur. Un passeur d’objets, un passeur d’histoires. L’instrument qui permet la passation d’une collection à une autre.
Entre inventaires chez les particuliers, recherches en archives et expertises de longue haleine, Jacques Farran et Julie Le Brun exercent un métier aux multiples facettes depuis Montpellier. Les deux commissaires-priseurs évoquent leur parcours, la fabrication de leurs ventes et quelques objets qui ont marqué leur pratique récente : d’un saphir du Cachemire à une toile de John White Alexander.
Jacques Farran : Nous avions un goût commun très prononcé pour les œuvres d’art. Nous avons tous les deux fait l’École du Louvre, dans des spécialités assez différentes : Julie en arts décoratifs, de mon côté en art minimal conceptuel et art précolombien… Ce qui nous rassemble, c’est le goût de la curiosité que suscite ce métier. À quoi ressemble concrètement votre quotidien ?
J. L. B. : Il n’y a pas une journée qui ressemble à une autre. Nous sommes souvent sur le terrain, chez des particuliers, en inventaire. Nous pouvons aussi être des chercheurs, aller aux archives nationales, départementales… Il y a aussi les journées d’expertise gratuites, ici au bureau ou en région.
J. F. : Et puis il y a tout le travail de mise en valeur des collections : rencontrer les ayants droit, préparer les catalogues, écrire les notices. Nous organisons peu de ventes dans l’année, uniquement des collections, ce qui permet des recherches approfondies
J. L.B. : Ce temps est nécessaire. Il a fallu la dessertir du bijou pour pouvoir l’analyser scientifiquement. Une analyse bien plus poussée qu’avec une simple loupe.
D’autres objets vous ont-ils récemment entraînés dans des recherches comparables ?
J. F. : Je pense à l’une de mes pièces préférées. Il s’agit d’une peinture sur soie de Vũ Cao Đàm, l’un des plus grands peintres vietnamiens, que la famille croyait être une estampe et dont le grand-père avait été gouverneur d’Indochine. Elle était rangée dans un placard, parfaitement conservée. Estimée 60 000 euros, elle est finalement partie à 341 000 euros.
J. L. B. : Il y a aussi ce lumineux bouquet de Mimosa de Moïse Kisling vendu en 2024, et peint en 1937 à Sanary-sur-Mer. Là, l’enjeu n’était pas tant l’expertise que de lui donner la visibilité qu’il méritait.
"Le commissairepriseur est avant tout un
J.F. : Dernier exemple avec le Portrait d’Edith Revil de John White Alexander. Il avait été estimé très peu cher par une autre personne. De notre côté, après un long travail de recherche, nous avons retrouvé la photo du salon dans lequel il avait été exposé à Paris et ainsi remonté toute la trace de l’œuvre. C’est un tableau immense, réalisé par l’un des plus grands peintres américains de l’époque, ami d’Oscar Wilde, dans le Paris de la Belle Époque. Malgré toute la communication faite aux États-Unis, il a été acheté
a duré de nombreux mois. Nous avons dû la porter dans des laboratoires pour en trouver la nature exacte. La pierre était d’un bleu tout à fait particulier, provenant en réalité d’une mine exploitée pendant une quinzaine d’années au Cachemire, à des milliers de mètres d’altitude. Nous l’avions depuis janvier, nous avons attendu onze mois pour la vendre dans les meilleures conditions. Elle a été visible plusieurs mois à Paris, en banque et sur rendez-vous. Nous avions la confiance des vendeurs : cela a été récompensé.
Vous organisez peu de ventes chaque année. Pourquoi ce choix, et comment les
Nous avons deux grands rendezvous dans l’année. Les ventes sont conçues comme des expositions, avec une vraie sélection, presque des musées Les Phares, avec les plus beaux tableaux confiés, et une grande vente de bijoux en novembre. Avant cela, le 20 mars, nous aurons une vente issue d’une collection de livres anciens : beaucoup d’incunables, autour de la médecine, des Rabelais… Le plus bel ouvrage, un manuscrit siècle, fera partie de la vente Les Phares.
Recueilli par Eva Gosselin
commissaires de justice
une profession refondée
Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont été réunis sous une appellation unique : commissaires de justice. Cette réforme vise à simplifier l’accès des citoyens à ces professions et à regrouper des missions jusque-là exercées séparément.
Officiers publics et ministériels, les commissaires de justice remplissent l’ensemble des fonctions autrefois dévolues aux deux métiers : exécution des décisions de justice, signification des actes, recouvrement de créances, inventaires successoraux ou encore ventes judiciaires aux enchères. Ils disposent également d’un monopole pour certaines missions sensibles, comme la mise en œuvre des saisies ou la vente forcée de biens meubles. La profession est organisée au niveau national par la Chambre nationale des commissaires de justice et obéit à un cadre
François Babau Commissaire de justice
Commissaires-priseurs judiciaires et huissiers, la fusion depuis 2022
Ancien
huissier de justice, François Babau revient sur la réforme. Il en détaille les effets, les perspectives d’évolution et les recompositions à l’œuvre dans le paysage judiciaire.
Pouvez-vous rappeler le contexte de la fusion des deux professions ?
À l’origine, c’était un souhait politique de créer une grande profession du droit. Dans les faits, on s’est retrouvé à fusionner avec des commissaires-priseurs qui sont assez différents de nous. Cela fait trente-deux ans que j’exerce et je n’y ai pas vu une opportunité exceptionnelle. Cette fusion est intervenue en juillet 2022, avec un moratoire pour ceux qui n’avaient pas encore suivi leur formation. Désormais, les commissaires-priseurs judiciaires peuvent exercer certaines fonctions d’huissier - significations d’actes, constats, exécutionset, en échange, nous pouvons pratiquer certaines ventes judiciaires. Mais cela reste assez encadré, d’autant que les ventes de meubles saisis sont devenues plus rares et parfois peu rentables.
Qu’est-ce que cela change en pratique ?
Les huissiers pouvaient déjà organiser des ventes lorsqu’il n’y avait pas de commissairepriseur dans le secteur. Ce qui peut être regrettable, c’est que le marché des ventes volontaires nous ait en partie échappé, alors que c’était un axe intéressant. Il existe des formations complémentaires, mais si l’on reste cantonné aux ventes judiciaires, l’équilibre économique n’est pas toujours simple.
Et pour les particuliers ?
Pour vendre un objet, on continue d’aller voir un opérateur de ventes volontaires. Pour faire exécuter une décision, on s’adressera plutôt à un ancien judiciaire, car c’est un métier très particulier, avec un vrai savoir-faire en droit de l’exécution. La différence est surtout là.
Comment la profession se structure-t-elle aujourd’hui ?
Les étudiants suivent désormais une double formation, avec un socle juridique solide. L’idéal reste d’avoir des associations entre commissaires de justice et opérateurs de ventes volontaires. Cette dualité existe encore, mais elle est appelée à évoluer. Dans dix ans, il n’y aura sans doute plus d’anciens huissiers ni de commissaires-priseurs judiciaires : ce sera un seul bloc. Aujourd’hui, on est encore dans une phase intermédiaire, mais la dynamique est enclenchée.
Recueilli par Eva Gosselin
François Babau
619 rue Favre de Saint Castor, Montpellier Tél. 04 67 63 29 39 scpbabau-montpellier-huissier-34.com
réglementaire strict, tant sur le plan déontologique que tarifaire pour les actes relevant du service public judiciaire. Certaines missions peuvent être partagées avec d’autres professionnels du droit, tandis que des activités accessoires – médiation, administration d’immeubles – restent possibles sous conditions. Cette fusion marque une évolution profonde du paysage juridique français. Elle distingue les ventes judiciaires, encadrées par la loi, des ventes volontaires, qui relèvent du marché de l’art et restent exercées par les commissairespriseurs dans un cadre concurrentiel.
Caroline TillieChauchard
un regard de terrain sur la réforme
Caroline Tillie-Chauchard a vécu de l’intérieur la transformation du métier. « Avant 2000, le commissaire-priseur faisait à la fois des ventes volontaires et des ventes judiciaires », rappelle-telle. « Aujourd’hui, nous sommes tous commissaires de justice. C’est une charge ministérielle, on est nommé par le garde des Sceaux. »
Dans les faits, les pratiques restent différenciées : « J’ai une structure pour les ventes volontaires et une autre pour les ventes judiciaires, qui concernent des saisies ou des liquidations. » Elle précise cependant ne pas exercer tous les volets de la nouvelle profession : « Nous n’avons pas été formés à être huissiers. Moi, je garde mon métier initial de ventes aux enchères et d’inventaires, et je travaille avec un associé pour la partie judiciaire. »
entretien
Regard sur l'Hôtel des ventes de Montpellier
Installé depuis le XIXe siècle, l’Hôtel des Ventes de Montpellier s’inscrit dans le paysage local comme un acteur régulier du marché des enchères.
À sa tête, les commissaires-priseurs Bertrand de Latour et JeanChristophe Giuseppi (photo) mettent en commun des parcours forgés à Paris, en Suisse ou en province, pour traiter aussi bien des successions familiales que des ventes d’actifs d’entreprises. Chaque année, plusieurs centaines d’inventaires sont réalisés : meubles, tableaux, bijoux ou objets usuels sont décrits et évalués selon l’état du marché, souvent en lien avec notaires ou assureurs.
L’étude est également sollicitée pour des ventes judiciaires ordonnées par les juridictions civiles ou commerciales : matériels professionnels, véhicules ou biens saisis sont alors recensés avant leur mise aux enchères publiques. Ces dernières trouvent un public élargi grâce aux retransmissions en ligne sur la plateforme Interencheres, tandis que les expositions préalables permettent d’examiner les lots sur place. Les ventes de véhicules, organisées une à deux fois par mois, constituent un autre volet visible de l’activité de l’Hôtel des ventes.
De la première estimation au règlement final, une équipe accompagne vendeurs et acheteurs, prenant en charge dépôts, transports et préparation des vacations. Entre ancrage historique et outils numériques, l’Hôtel des Ventes de Montpellier poursuit ainsi un travail discret mais structurant : faire circuler les biens, éclairer les patrimoines et documenter les évolutions du marché régional.
Tél. 04 67 47 28 00. hoteldesventesmontpellier.fr
Occitanie Art Expertise
Vous vous interrogez sur la valeur de vos biens ?
L’expertise est notre principal atout.
Mobilier
Objets d’Art
Tableaux
Art Asiatique
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Collections
Estimation en ligne ou sur photos
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3 Possibilités : - Vente au comptant - Ventes privées de gré à gré - Ventes aux enchères.
Expertise et estimation gratuite
Services
Etude et informations détaillées sur les successions.
Expertise et estimation sur les collections. Inventaire, estimation pour partage ou donation.
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Déplacement local, national et international gratuit.
ACHAT • VENTE
Installée à Sète depuis un an et demi après plus d’une décennie passée au cœur de Sotheby’s Paris, Joëlle Koops incarne un modèle hybride : celui d’une grande maison internationale ancrée sur les territoires.
Consultante pour le sud de la France, elle accompagne vendeurs et acheteurs locaux dans un marché désormais mondialisé, structuré par le numérique, les ventes privées et une expertise collective très poussée.
Joëlle Koops
Consultante Sotheby's Languedoc-Roussillon
Vous avez longtemps travaillé à Paris avant de vous installer à Sète. Comment s’est organisée cette évolution au sein de Sotheby’s ?
Je suis néerlandaise, j’ai étudié le patrimoine culturel et la muséologie à Amsterdam, puis j’ai travaillé dans une galerie parisienne spécialisée dans le second marché. Il y a maintenant onze ans, j’ai rejoint Sotheby’s au département art contemporain, où j’ai occupé différents postes : administration, catalogage, spécialisation, estimation, participation aux grandes ventes du soir. Il y a un an et demi, je me suis installée à Sète. Très attachée à cette maison, nous avons trouvé un fonctionnement pour que je poursuive mon activité à distance, en tant que consultante régionale. Sotheby’s dispose aujourd’hui de sept à huit consultants répartis en France : nous n’avons pas de bureaux fixes en région, mais les clients y sont très présents, vendeurs comme acheteurs.
Concrètement, quel est votre rôle sur le terrain?
Les clients me contactent pour faire évaluer des œuvres, être accompagnés à l’achat, dans le cadre d’une succession ou pour un conseil patrimonial. Je me rends chez eux, je photographie, je prends les mesures, je fais une première inspection, puis je sollicite les équipes spécialisées si nécessaire.
Qu’est-ce qui distingue selon vous Sotheby’s d’une étude locale ?
Nous ne sommes pas commissaires-priseurs : ma spécialité est l’art d’après-guerre, principalement des années 1940 aux années 1980, mais la force de Sotheby’s réside dans la diversité des expertises internes. Du design aux bijoux, de l’art asiatique aux fossiles, nous pouvons consulter des équipes à Paris, New York ou Hong Kong.
"Des œuvres majeures peuvent surgir partout, y compris loin des centres traditionnels du marché"
En région, certains clients apprécient aussi la discrétion qu’offre une grande institution : la confidentialité est essentielle pour nous. Il existe parfois l’idée que Sotheby’s ne vend que des œuvres à plusieurs millions d’euros. En réalité, le seuil d’estimation basse se situe plutôt entre 5 000 et 10 000 euros, et la majorité des objets que je traite se situent autour de 30 000 à 50 000 euros.
Comment Sotheby’s construit-elle une grande vente aux enchères ?
Je suis ensuite le dossier de A à Z : organisation du transport, traduction lorsque certains interlocuteurs ne parlent pas français, mise en relation avec les spécialistes internationaux. J’organise également de nombreux événements en région : visites privées d’expositions, rencontres au musée Fabre, au CRAC, journées d’expertise dans des hôtels ou lieux partenaires à Montpellier… Ces rendezvous permettent à la fois de mieux faire connaître Sotheby’s en région et d’identifier des œuvres importantes. Dans le passé, certaines pièces découvertes en Occitanie ont atteint des résultats spectaculaires : un vase impérial estimé autour de 500 000 euros s’est envolé à plus de 16 millions, ou encore un bol en porcelaine évalué 80 000 à 120 000 euros et finalement adjugé près d’un million. Ce sont des histoires qui rappellent que des œuvres majeures peuvent surgir partout, y compris loin des grands centres traditionnels du marché.
Une vente mobilise environ 120 collaborateurs en France. Les clients nous sollicitent, ou bien nous avons des listes d’artistes recherchés. Les estimations sont très concertées : chacun donne son avis, les écarts sont débattus collectivement jusqu’à trouver un juste prix.
Une fois l’accord trouvé avec le vendeur, commencent les recherches de provenance, les vérifications juridiques, l’étude des archives, les contacts avec les ayants droit, parfois les ateliers d’artistes. Les œuvres sont photographiées en studio, restaurées si nécessaire par des spécialistes indépendants, puis intégrées dans un catalogue numérique ou imprimé.
Les équipes internationales travaillent ensuite ensemble pour identifier des acheteurs potentiels à Paris, Londres, Hong Kong ou New York. Après la vente, Sotheby’s accompagne encore le transport, les formalités douanières et la livraison finale.
Comment se déroule ensuite une vente, entre enchères publiques et ventes privées ?
La vente publique peut se faire en salle, en ligne ou par téléphone, avec parfois des enchères qui s’étendent sur plusieurs jours pour les formats digitaux. Les ventes privées reposent, elles, sur un accord de gré à gré : un vendeur fixe parfois un prix, nous cherchons directement un acquéreur, ce qui permet de gagner du temps et de rester confidentiel.
Ces transactions se développent fortement : en un an, à l’échelle mondiale, Sotheby’s a enregistré 52 millions d’euros sur ce segment en une année, soit plus de 10 % de son activité.
"La force de Sotheby's réside dans la diversité des expertises internes"
La période de la pandémie a-t-elle joué un rôle dans cette évolution ?
Oui, très clairement. Sotheby’s avait déjà amorcé sa transition numérique, mais le Covid a provoqué une accélération spectaculaire : toutes les ventes ont été converties en digital, attirant un public plus jeune et international. Nous avons vu apparaître de nouveaux profils d’acheteurs, habitués à enchérir en ligne, parfois sur des lots plus accessibles. Cette dynamique s’est poursuivie après la crise sanitaire.
Comment expliquez-vous aujourd’hui la mondialisation du marché des enchères ?
Les technologies ont profondément transformé notre fonctionnement. Désormais, un commissairepriseur peut adjuger un lot à Londres pendant que Hong Kong, Paris et New York suivent en direct. Les marchés asiatiques occupent également une place croissante : il fallait rendre les ventes accessibles sans déplacement. Cela a modifié notre organisation, mais aussi notre manière de constituer les catalogues et de travailler avec les acheteurs.
Recueilli par Eva Gosselin
Le top 10 des maisons en 2025
Après trois années de recul, le marché français des ventes publiques a renoué avec la croissance en 2025. Les dix premières maisons totalisent 1,321 milliard d’euros, soit une hausse globale de 8 % par rapport à 2024. En tête du classement, Sotheby’s signe un rebond spectaculaire (+34,7%), tandis que Christie’s recule de 13 %. Plusieurs maisons intermédiaires progressent nettement telle Millon, Artcurial, Aguttes, tandis que Bonhams Cornette de Saint-Cyr ou Piasa connaissent un repli. La maison Lucien fait une entrée remarquée dans le top 10 grâce à l’adjudication la plus élevée de l’année : Buste de femme au chapeau à fleurs de Pablo Picasso, vendu 32 millions d’euros à Hôtel Drouot.
Cette œuvre emblématique illustre une dynamique structurante : en 2025, ce sont avant tout les chefs-d’œuvre qui font le marché. Sabre de Napoléon, Picasso, mobilier Art déco de Ruhlmann… Les lots exceptionnels compensent la baisse du nombre total de ventes, tandis que les objets modestes peinent davantage, freinés notamment par la hausse des frais pour les acheteurs.
Autre mutation majeure : l’internationalisation accélérée. Les grandes adjudications sont désormais portées par une clientèle mondiale, souvent connectée à distance grâce aux plateformes numériques. Des objets à plusieurs millions d’euros se vendent aujourd’hui sans déplacement physique, sur la base de rapports d’état, d’expertises approfondies et de la confiance accordée aux maisons.
Dans un contexte géopolitique incertain, 2025 confirme ainsi une constante : la solidité du marché repose toujours sur la rareté, la provenance… et la capacité des maisons à capter des collections majeures.
des folies sous le marteau
les ventes les plus inédites
Un Rubens retrouvé après
400 ans ! C’est dans un hôtel parisien que ce tableau de Rubens a été retrouvé par hasard lors d’un inventaire par le commissaire-priseur Jean-Pierre Osenat. Peint en 1613, le Christ en croix était porté disparu depuis quatre siècles. Il a été vendu pour près de 3 millions d’euros à un collectionneur britannique.
Une fois pas deux (?)
Cette fois l’œuvre ne s’est pas détruite. Connue pour son autodestruction en 2018 lors d’une vente de Sotheby’s, La fille au ballon de Banksy a été vendue 18,6 millions d’euros soit 18 fois plus que lors de sa première vente (1,2 million d’euros). Lors de sa destruction, l’artiste britannique voulait dénoncer la marchandisation de l’art…
Le bijou le plus audacieux de Lady Diana
La célèbre croix Attallah, ce crucifix coloré a été vendu pour 197 453 dollars, par Sotheby’s en 2023. Il a été créé par la maison Garrard dans les années 1920. Ce bijou n’appartenait pas à la princesse, mais semble avoir été porté uniquement par elle. Il symbolise les choix stylistiques et vestimentaires de Lady Di.
26,18
millions d’euros
C’est le prix final du Winter egg, l’un des 50 œufs de la maison Fabergé. Il a été offert en 1913 par le Tsar Nicolas II à sa mère. Cet œuf détrône l’ancien record de 8,9 millions d’euros en 2007. Cette collection fascine pour sa rareté et sa beauté, sa mise aux enchères en décembre 2025 chez Christie’s à Londres a donc constitué un véritable évènement.
Le sabre personnel de Napoléon Bonaparte
4,7 millions d’euros pour ce sabre chargé d’histoire qui était conservé depuis toujours par la famille du maréchal Grouchy rendant sa vente en 2025 à l’Hôtel Drouot alors inédite. Cet objet d’art représente son accession au pouvoir, un symbole historique réalisé par le plus grand arquebusier de son temps : Nicolas-Noël Boutet.
"Happy Birthday to you Mr.President"
Symbole absolu de glamour, la robe de Marilyn Monroe est devenue la plus chère jamais adjugée. Portée en 1962 pour chanter Happy Birthday à John F. Kennedy, puis remise en lumière en 2022 au MET Gala avec Kim Kardashian, elle est aujourd’hui détenue par le musée Ripley’s Believe It or Not! de Los Angeles, qui l’a acquise en 2016 pour 4,8 millions de dollars, après un premier record à 1,3 million en 1999.
L’un des ouvrages les plus rares au monde
Le First Folio est l’un des ouvrages les plus précieux du monde après la Bible de Gutenberg. Ce livre fait partie de la première édition des œuvres complètes du dramaturge William Shakespeare. Édité en 1623 à plus de 1000 exemplaires, il n’en reste aujourd’hui plus qu’une vingtaine. Ce livre rare et prisé a été vendu à 8,52 millions d’euros par Sotheby’s.
La deuxième œuvre la plus chère vendue aux enchères
Le Portrait d’Elisabeth Lederer par Gustav Klimt s’est envolé pour 240 millions d’euros, en novembre dernier chez Sotheby’s New York. Issu de la collection privée de Leonard Lauder un milliardaire américain, la vente de cette œuvre s’accompagnait de 55 autres œuvres d’artistes tels que Henri Matisse, Edvard Munch ou bien encore Pablo Picasso. L'œuvre la plus chère jamais vendue reste, à ce jour, Salvator Mundi attribuée à Léonard de Vinci, adjugée à 450 millions de dollars en 2017.
25kg venus de Mars
En août 2025, la plus grosse météorite martienne jamais retrouvée a été vendue par Sotheby’s pour environ 4,3 millions d’euros à un acheteur anonyme. Retrouvée en plein désert du Sahara au Niger, la date de son arrivée sur Terre est cependant inconnue. Elle fait partie des quelques 400 météorites martiennes retrouvées sur Terre.
Un record pour une œuvre réalisée par une femme
Vendu par Sotheby’s à New York, en cinq minutes pour 54,66 millions de dollars, l’œuvre de Frida Kahlo, El Sueño (La cama) est un record pour la peinture féminine. Cet autoportrait dépasse le record de 44 millions de dollars détenu par l’artiste américaine Georgia O’Keeffe. Une somme astronomique mais qui reste faible face aux enchères des œuvres d’artistes masculins.
Avec son Expertibus, Marc Labarbe parcourt les villages d’Occitanie pour expertiser bijoux et objets apportés par les habitants. Visage familier de l’émission Affaire conclue sur France 2, le commissairepriseur raconte ce travail de terrain, l’effet de la médiatisation et des dossiers hors norme.
Marc Labarbe Commissaire-priseur itinérant
Vous avez imaginé un dispositif inédit : l’Expertibus. Comment est née cette idée ?
Elle vient d’un souvenir ancien : dans les années 1970, le Crédit Agricole envoyait des camionnettes dans les campagnes pour aller à la rencontre des agriculteurs. Je me suis dit que nous pouvions faire la même chose. Plutôt que de louer des salles, avec toute la lourdeur administrative que cela implique, j’ai imaginé un bus itinérant : on demande simplement à la ville l’autorisation de stationner, un parking suffit. Si la mairie communique sur notre venue, les habitants ont confiance. Aujourd’hui, dans la grande majorité des cas, l’accueil est excellent, voire très enthousiaste.
Et quand la commune joue le jeu, ça marche. On nous apporte environ 70 % d’objets sans valeur mais les 30 % restants permettent de faire vivre la structure. Avec le boucheà-oreille, la télévision et désormais deux bus en circulation, le dispositif fonctionne très bien.
Marc Labarbe MAISON DE VENTE AUX ENCHÈRES
3 Boulevard Michelet, Toulouse
Tél. 05 61 23 58 78
marclabarbe.com
va continuer à vivre compte.
Avez-vous en tête quelques découvertes marquantes réalisées au fil de ces tournées ? Oui. Une dame est venue avec un carton à dessins contenant quatre petites peintures chinoises : elles ont atteint 240 000 euros. Une autre, simplement parce qu’elle s’ennuyait, nous a montré un bronze posé sur sa cheminée : 126 000 euros. Ce sont ces surprises qui rendent le terrain passionnant.
"Aller au devant des gens permet de toucher un public qui ne franchirait jamais la porte d'un hôtel des ventes"
Comment se déroule une journée type à bord de l’Expertibus ?
Nous stationnons dans un lieu fréquenté, et les habitants arrivent avec ce qu’ils ont chez eux. Beaucoup viennent d’abord par curiosité, parfois avec méfiance, puis repartent rassurés. Il arrive qu’ils me rappellent quelques jours plus tard après réflexion. Deux fois sur trois, nous n’avons même pas le temps de déjeuner. La majorité des objets n’a pas de valeur marchande, et nous le disons franchement, mais une seule pièce peut parfois suffire à faire la journée. Je sillonne aujourd’hui près de deux cents villages d’Occitanie et parfois plus de mille kilomètres par semaine. Mais l’essentiel est ailleurs : aller audevant des gens permet de toucher un public qui ne franchirait jamais la porte d’un hôtel des ventes.
Le contexte économique joue aussi un rôle important, notamment autour des bijoux…
Le cours de l’or a explosé. En quelques mois, le lingot est passé à près de 150 000 euros. Les gens viennent parce qu’ils ne portent plus leurs bijoux, parce que leurs enfants n’en veulent pas, ou par crainte des cambriolages. La différence, c’est que nous ne fondons pas les bijoux : nous cherchons à les revendre sur un second marché. Le propriétaire y gagne souvent davantage qu’en comptoir. Et il y a aussi une dimension affective : savoir que le bijou
La télévision a-t-elle changé votre rapport au public ? Énormément. Affaire conclue, M6, le journal de 13h… la médiatisation agit comme un sésame. Les gens viennent parce qu’ils reconnaissent le commissaire-priseur qu’ils ont vu à l’écran. En cinq ans, j’ai cumulé près de dix-huit heures de télévision. Je l’assume : être connu attire les gens vers l’expertise. Et c’est essentiel pour l’Expertibus.
Votre carrière a aussi été marquée par une affaire exceptionnelle : la découverte d’un Caravage…
Ce tableau a été trouvé dans un grenier en 2014. Pendant cinq ans, nous avons mené expertises, comparaisons et expositions à Milan, Londres, New York, Paris. Certains experts étaient favorables, d’autres plus réservés. Trois jours avant la vente, une offre privée est arrivée : les vendeurs l’ont acceptée. L’œuvre est aujourd’hui aux États-Unis. Ce dossier a demandé un engagement énorme. Il rappelle que ce métier suppose du courage : trouver une œuvre est une chose, réussir à la garder jusqu’au bout du processus en est une autre.
Vous semblez très attaché au travail de terrain. Avec trente-cinq ans de carrière, quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre profession ?
Le terrain, c’est ce qui me rend heureux. Être accueilli par un maire, discuter avec les habitants autour d’un café, voir des gens repartir rassurés ou surpris par ce qu’ils possèdent… C’est un plaisir immense. Il ne faut pas se prendre au sérieux. On aide des gens, on découvre des objets, on rend service : c’est déjà beaucoup. Je continue parce que j’y prends du plaisir. Tant que j’aurai cette énergie-là, je n’ai aucune envie de m’arrêter.
Recueilli par Eva Gosselin
un métier à l'écran
quand la télévision change le regard sur les enchères
Depuis plusieurs années, les ventes aux enchères ont quitté la confidentialité des salles pour s’inviter quotidiennement dans les foyers français.
Avec Affaire conclue, diffusée sur France 2 depuis 2017, d’abord animée par Sophie Davant puis par Julia Vignali depuis août 2023, le grand public s’est familiarisé avec l’expertise, les estimations et les négociations.
En mars 2025, l’émission réunissait jusqu’à 1,46 million de téléspectateurs, un record, soit plus de 21 % du public, confirmant la puissance de ce rendez-vous consacré aux objets et à leur valeur.
Commissaire-priseur intervenant régulièrement dans l’émission, Marc Labarbe mesure concrètement l’effet de cette exposition médiatique : « Affaire conclue, c’est un sésame. On n’imagine pas ce que la télévision peut apporter comme confiance. » Il constate que cette visibilité transforme la relation au public : « Les gens disent : on a confiance, on le voit toutes les semaines à la télévision. » En cinq ans, il revendique « près de dix-huit heures de télévision », assumant ce rôle de passeur : : « La télévision est venue faire connaître le métier de commissaire-priseur. Et, ça, c’est une bonne chose. »
Jacques Farran, lui aussi attentif à cette évolution, y voit, lui aussi, un levier de renouvellement pour la profession : « Ça a peut-être permis de dépoussiérer un petit peu l’image du commissaire-priseur. » S’il souligne les limites du dispositif télévisuel, « ce n’est pas une vente aux enchères, c’est une vente devant quatre personnes dans un cadre télévisé », il salue néanmoins sa dimension pédagogique : « C’est une émission intelligente, didactique, qui raconte des réalités. »
Caroline Tillie-Chauchard, fondatrice de la maison Dame Marteau, a pour sa part investi la radio dès 2010 avec une émission régulière sur France Bleu, Les Experts. Elle raconte: « Je leur pose des questions pour avoir une
idée de leur objet et puis je donne une estimation. » Avec l’arrivée des messageries et des photos envoyées par les auditeurs, l’exercice s’est affiné : « Maintenant j’ai les supports photographiques, ça va beaucoup plus vite. »
Mais elle insiste sur la prudence : « Il m’est arrivé de dire : je ne sais pas, amenez-moi l’objet. C’est un appel pour créer un intérêt chez les auditeurs concernant l’évaluation. »
Camille Cholvy observe également l’influence massive d’Affaire conclue sur le public : « Tout le monde regarde, tout le monde connaît, et on nous en parlent beaucoup. »
Si elle rappelle que « la partie vente aux enchères n’est pas une vraie vente publique », elle reconnaît néanmoins que l’émission « met la lumière sur des objets » et sélectionne des lots « révélateurs du goût de l’époque ».
À ses yeux, le constat est clair : « L’émission apporte une visibilité à la profession et ça démocratise un peu le métier. »
Entre pédagogie, simplification et exposition médiatique, la télévision a donc profondément modifié la relation entre commissaires-priseurs et particuliers. Sans remplacer la réalité complexe du marché, elle a ouvert une porte : celle d’un univers longtemps jugé intimidant, désormais familier pour des millions de téléspectateurs.
Le plateau d'Affaire conclue
les ventes aux enchères à l'ère du digital
La transformation numérique constitue l’un des bouleversements majeurs du marché des enchères contemporain.
Les plateformes spécialisées enregistrent depuis plusieurs années une progression continue. En 2025, les ventes sur drouot.com – hors Hôtel
Drouot – atteignent ainsi 384,2 millions d’euros, en hausse de plus de 17 %. Chez Interencheres, le produit adjugé en ligne s’élève à 769 millions d’euros (+16 %), avec 345 000 nouveaux comptes d’enchérisseurs, soit une augmentation de 71 % en un an.
La période du Covid a accéléré des mutations culturelles déjà perceptibles : ouverture accrue des pratiques artistiques, circulation mondiale des œuvres, diversification des objets proposés dans les salles de ventes. Les enchères ont accompagné ce mouvement, intégrant progressivement chaussures, vêtements iconiques, pièces de luxe ou créations numériques parmi les lots traditionnels.
Deux formats coexistent désormais sur la plateforme : les ventes dites Chrono, entièrement dématérialisées et organisées sur une période donnée, et les ventes Live, qui se déroulent en salle tout en étant retransmises en direct sur Internet, permettant aux enchérisseurs de participer à distance.
À l’échelle internationale, les grandes maisons accélèrent encore cette hybridation. Sotheby’s revendique aujourd’hui des acheteurs issus de 75 pays et des enchérisseurs provenant de 93 territoires différents. Christie’s indique que 81 % des enchères y sont désormais placées en ligne, tout en investissant massivement dans des outils immersifs ou des dispositifs mêlant art et technologie. Pour Jacques Farran, commissaire-priseur, cette mondialisation passe par une attention accrue à la présentation numérique des œuvres : « Dans le contexte de la digitalisation du marché, la qualité des photographies est devenue essentielle. Nous travaillons avec un photographe meilleur ouvrier de France ».
Il souligne aussi l’ampleur nouvelle des audiences : « Nous pouvons vendre 70 ou 80 % des pièces à des acheteurs qui ne les auront jamais vues physiquement. Sur certaines plateformes, on atteint plus de 25 000 connexions par jour. » Chez Sotheby’s, la bascule s’est accélérée pendant la pandémie. Consultante régionale pour la maison, Joëlle Koops rappelle : « Nous avons su convertir l’ensemble de nos ventes en digital. Cela a provoqué une croissance spectaculaire, qui s’est prolongée après le Covid. » Aujourd’hui, ventes en salle, enchères en ligne, téléphone et catalogues numériques coexistent tandis que la communication ne passent plus uniquement par les traditionnels catalogues papier, mais investit le web en proposant vidéos et contenus enrichis. Camille Cholvy, commissaire-priseur en Occitanie, observe quant à elle que ces pratiques sont devenues naturelles pour les nouvelles générations de professionnels : « Pour nous, intégrer la vente en ligne est indispensable. » Elle souligne l’élargissement du public : « Ces formats permettent de toucher des acheteurs beaucoup plus nombreux qu’auparavant ».
nouveaux objets mis en vente
Pour comprendre cette évolution, il faut revenir à ce qui fonde toujours la valeur d’un objet : son histoire. Provenance, restaurations, passage dans une institution, citations dans des catalogues ou des archives, photographies anciennes… Ces éléments construisent un récit qui justifie une estimation. Même pour des objets récents, ce faisceau d’indices demeure central : la rareté ne suffit pas, elle doit être documentée. Dans ce contexte, certains objets sont devenus emblématiques. Depuis les années 2000, la sneaker s’est imposée comme un marqueur culturel. Tirages limités, collaborations avec des artistes ou des sportifs, modèles portés lors d’événements historiques : la chaussure est devenue objet de collection. La Dynasty Collection, six paires signées et portées par Michael Jordan, en a donné une illustration spectaculaire avec une adjudication à 8 millions de dollars en 2024 chez Sotheby’s. Autre record : les Nike Air
Yeezy Samples portées par Kanye West lors des Grammy Awards de 2008, adjugées 1,8 million de dollars en 2021.
Le luxe suit une trajectoire comparable. Les maisons de couture voient leurs pièces iconiques rejoindre les ventes publiques, parfois bien audelà de leur état matériel. Le premier sac Birkin ayant appartenu à Jane Birkin s’est ainsi envolé à 8,6 millions d’euros chez Sotheby’s malgré, ou grâce, aux « stigmates d’un usage sincère et quotidien », devenus preuves tangibles d’une biographie singulière. Ce modèle, aujourd’hui best-seller d’Hermès, figure parmi les plus convoités du marché. À côté de ces objets physiques, l’immatériel a lui aussi trouvé sa place. Les NFT (œuvres numériques certifiées par la blockchain) ont connu un essor fulgurant, porté notamment par les projets de Yuga Labs et ses célèbres avatars vendus à prix vertigineux. Mais cette dynamique s’est révélée instable : certaines maisons, comme Christie’s, ont réduit leur exposition au secteur, tandis que les débats sur l’intelligence artificielle et les droits des artistes se sont intensifiés. Ces trajectoires contrastées rappellent que le marché des enchères demeure profondément cyclique. Les objets qui incarnent une époque peuvent connaître des envolées rapides… avant de se stabiliser, voire de se replier. Dans ce jeu d’équilibres, les maisons ajustent leurs stratégies, testent de nouveaux territoires et observent de près l’évolution des goûts d’une génération de collectionneurs plus jeune, sensible à la culture pop autant qu’au
une nouvelle génération d'acheteurs aux enchères
Les plateformes observent un renouvellement marqué du public. Selon Interenchères, 48 % des commissaires-priseurs ont constaté en 2025 l’arrivée d’acheteurs néophytes, contre
3 questions à Bram Wachter spécialiste sneakers chez Sotheby's
annuaire des maisons de vente en Occitanie
Aveyron
Rodez
• Hôtel des ventes de Rodez Tél. 05 65 78 21 78.
Gers
Auch
• Gers Gascogne Enchères gers-encheres.fr
Hérault
Béziers
• Clertan & Boissellier Les Enchères du Midi lesencheresdumidi.fr
Montpellier
• Dame Marteau damemarteau.fr
• Exadex Enchères encheres113.com
• Farran farran-encheres.com
• Hôtel des ventes Montpellier Languedoc hoteldesventesmontpellier.fr
Drouot retrace les ventes marquantes de l’année Publié le 9 décembre 2025 par Drouot, L’Art et les Enchères 2025 rassemble, sur 384 pages, une sélection emblématique de vacations récentes, conçue comme un vaste parcours à travers les civilisations et les courants artistiques. L’ouvrage traverse le centenaire du surréalisme, avec des ensembles autour de Francis Picabia, Wifredo Lam ou Roberto Matta, mais s’ouvre aussi à l’Asie, à la Russie impériale ou à l’Amérique latine. Dans son édito, Alexandre Giquello, président de Drouot Patrimoine, décrit Drouot comme un carrefour culturel où chaque page devient une escale, mêlant mémoire des enchères et nouvelles découvertes. Le livre est disponible via le site internet de La Gazette Drouot et à l’Hôtel Drouot. gazette-drouot.com
La Gazette Drouot. Hebdomadaire de référence : adjudications marquantes, analyses de spécialistes et panorama des maisons de ventes.
Le Quotidien de l’Art. Actualité professionnelle du monde de l’art, politiques culturelles et mutations économiques du secteur.
The Art Newspaper. Regard international sur le marché, les grandes ventes et les stratégies des maisons.
plateformes pour suivre et enchérir
interencheres.com
Diffusion en direct de centaines de ventes françaises ; point d’entrée principal pour repérer les vacations régionales.
auction.fr
Calendrier national et moteur de recherche de ventes.
drouot.com
Extension numérique des ventes parisiennes ; utile pour observer les tendances du haut de marché
artprice.com
Base de données mondiale des résultats de ventes ; outil de référence pour suivre les cotes, comparer les prix et analyser les tendances.
Vivre la guerre en Hérault (1939-1945)
Jusqu’au 9 mai 2026 au domaine départemental de Pierresvives à Montpellier
L’exposition Vivre la guerre en Hérault (1939-1945) plonge le visiteur dans le quotidien des populations civiles durant la Seconde Guerre mondiale. Divisée en quatre parties, elle dévoile les réalités souvent oubliées ou occultées : l’absence des prisonniers, l’exode, le Service du travail obligatoire (STO), les rafles, la peur, les pénuries et l’occupation allemande. Loin de tout angélisme, cette exposition met en lumière une période complexe, où survie et résilience étaient au cœur des préoccupations.
Découvrez l’histoire de René qui fuit le STO et laisse une lettre à sa mère qu’elle découvrira à son réveil. Du couple de résistants, M et Mme Aninat qui signent leur engagement dans le réseau Mithridate auprès du général de Gaulle ou encore de Thérèze Nichterwitz, concierge à la préfecture de l’Hérault, qui deviendra clandestinement agent de diffusion puis de liaison dans la Résistance. Tant d’histoires d’Héraultais qui font l’Histoire.
À travers cette exposition, le Département porte un regard local et humain sur la Seconde Guerre mondiale, évoquant avec justesse la vie en temps de guerre et soulignant, aujourd’hui encore, l’urgence de préserver la paix.
Kléber MESQUIDA
Président du Département de l’Hérault
Spectacles vivants
Qui som ?
En tournée en région
Premier volet d’un triptyque, Qui som ? plonge au cœur d’une enquête sensible sur nos manières de croire, de fabriquer et de vivre ensemble. La céramique y devient à la fois matière première et geste fondateur, moteur d’un voyage où le rêve agit comme une force exploratoire et transformatrice, capable de relier les êtres au-delà d’eux-mêmes. Créé au Festival d’Avignon en 2024 par la troupe franco-catalane Baro d’evel, désormais installée dans le Tarn, le spectacle réunit dix artistes venus du monde entier : acrobates, clowns, danseurs, musiciens et céramistes. Entre humour salvateur et rituels en perpétuelle métamorphose, ils improvisent, échouent, recommencent, mêlant argile, plastique, pétrole et terre pour construire de la joie au cœur d’un monde fragile.
Les 25 et 26 mars → Scène nationale d’Albi (Tarn)
Tél. 05 63 38 55 56. sn-albi.fr
Du 1er au 4 avril → Domaine d’O à Montpellier (Hérault)
Tél. 0800 200 165. domainedo.fr
Théâtre
La guerre n’a pas un visage de femme
En tournée en région
Sur scène, dix comédiennes incarnent les voix de femmes restées dans l’ombre des combats, héroïnes anonymes de la Seconde Guerre mondiale. D’après l’œuvre de Svetlana Alexievitch, la metteuse en scène Julie Deliquet compose un théâtre documentaire puissant, quatre-vingts ans après l’armistice de 1945. Réunies dans un appartement communautaire en 1975, d’anciennes camarades du front livrent leurs souvenirs à une jeune journaliste venue enregistrer leurs récits. Ces paroles, qui nourriront plus tard l’œuvre couronnée par le Nobel en 2015, renaissent ici avec une intensité bouleversante. Fidèle à son travail de troupe, Julie Deliquet redonne chair à ces témoignages et réhabilite le rôle essentiel, longtemps passé sous silence, de ces femmes en temps de guerre. Ven. 27 mars → L’Archipel, Scène nationale de Perpignan (PyrénéesOrientales)
Tél. 04 68 62 62 00. theatredelarchipel.org Du 31 mars au 3 avril → Théâtre de la Cité, Centre dramatique national de Toulouse (Haute-Garonne)
Tél. 05 34 45 05 05. theatre-cite.com
Séverine Chavrier et Adrien Béal
THÉÂTRE DES 13 VENTS
CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL Montpellier, Hérault Février et mars
En février et mars, le CDN des 13 Vents met à l’honneur deux fortes personnalités de la scène contemporaine. En février, Séverine Chavrier déploie deux spectacles ambitieux : Absalon, Absalon ! (du 10 au 13 février, au Domaine d’O), adaptation monumentale du roman de William Faulkner, et Occupations (du 17 au 20 février), plongée vertigineuse dans les représentations du féminin et du masculin, nourrie de textes théoriques et de dispositifs scéniques puissants. En mars, place à Adrien Béal avec Le Pas de Bême (12 et 13 mars), réflexion sensible sur le refus et le vertige du choix, puis Dialogue avec ce qui se passe (du 17 au 20 mars), enquête collective sur notre rapport au présent et à l’urgence. Deux mois denses, traversés par l’expérimentation, la pensée critique et une attention aiguë aux corps comme aux récits.
Tél. 04 67 99 25 00. 13vents.fr
Dans les yeux de Monet
En tournée en région
En 1892, Claude Monet s’enferme dans un atelier au-dessus d’une boutique de lingerie, pour peindre la Cathédrale. Mais le maître de l’impressionnisme touche le fond. L’inspiration lui fait défaut, il n’arrive plus à peindre. Une jeune modèle de la boutique, venue essayer un corset, vient perturber son quotidien. Peut-être deviendra-t-elle sa source d’inspiration ?
Une pièce de Cyril Gely, mise en scène par Tristan Petitgirard, avec Clovis Cornillac, Maud Baecker et Eric Prat. Mar.17 février → Palais des congrès Cap d’Agde Méditerranée (Hérault)
Tél. 04 67 94 65 80. saisonculturelle-agde.fr
Mer.18 février → Théâtre municipal de Béziers (Hérault). Tél. 04 67 36 82 82. ville-beziers.fr
La saison continue LE PIANO-TIROIR
Balaruc-les-Bains, Hérault
Au Piano-Tiroir trois rendez-vous dessinent un printemps éclectique entre jazz incandescent, théâtre engagé et seule-enscène jubilatoire. Dimanche 8 mars, Liane Foly célèbre ses 35 ans de carrière dans La folle repart en thèse, spectacle interactif où chansons, imitations et confidences composent un autoportrait pétillant. Le 20 mars, place au théâtre avec Clarisse Fontaine dans Cette petite musique que personne n’entend, texte coup-de-poing sur les violences faites aux femmes, mis en scène par JoeyStarr, mêlant engagement, lucidité et humour. Enfin, le 10 avril, la chanteuse Rose Betty électrise la scène avec Mojo Girl, portée par son sextet Rose Betty Klub : un jazz-soul fougueux, théâtral et irrésistiblement festif.
Tél. 04 67 46 81 32. .lepiano-tiroir.com
Grand-peur et misère du IIIe Reich
THÉÂTRE DE LA CITÉ CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL
Toulouse, Haute-Garonne
Du 10 au 18 mars
Cette reprise de Grand-peur et misère du IIIᵉ Reich propose une plongée critique et puissamment contemporaine dans le chefd’œuvre de Bertolt Brecht. Écrite entre 1935 et 1938, cette fresque chorale explore, à travers une série de tableaux d’une grande force dramatique, comment la peur et la paranoïa infiltrent insidieusement tous les niveaux de la société sous la montée du nazisme. Sous la direction de Julie Duclos, la pièce révèle les mécanismes de la terreur quotidienne, des compromis individuels aux ruptures des liens sociaux, offrant un miroir à nos propres inquiétudes politiques et sociales. La mise en scène tendue et sensible met en lumière l’éclat du texte original, son énergie critique et sa capacité à interroger encore aujourd’hui les fragilités démocratiques et humaines. Une expérience théâtrale pour éclairer notre actualité. Tél. 05 34 45 05 05. theatre-cite.com
Les personnages de la pensée
L’ESTIVE, SCÈNE NATIONALE DE FOIX ET DE L’ARIÈGE
Samedi 14 mars
Avec Les Personnages de la pensée, le peintre, poète et metteur en scène Valère Novarina manie la langue comme une matière vivante, fait résonner ses rythmes au sein d’une véritable odyssée scénique. Vingt-deux tableaux se succèdent, avec dix interprètes virtuoses et deux musiciens, qui incarnent des figures sans nom propre, réduites à leurs gestes, leurs obsessions et leurs verbeuses allégories. Le verbe se fait corps, il traverse le plateau, tandis que les peintures projetées irriguent visuellement le spectacle, prolongeant sur l’écran ce que la langue invente dans l’espace. Sans intrigue classique mais néanmoins riche en tension dramatique, cette création impose une expérience, faisant de la parole un champ d’exploration où il y a beaucoup à expérimenter. Tél. 05 61 05 05 55. lestive.com
Danse / Chant / Flamenco
La famille
SAISON LES THÉÂTRALES
En tournée en région
Le meilleur du théâtre parisien à découvrir en tournée. À l’affiche, un duo inédit : Patrick Timsit et François-Xavier Demaison, réunis en frères ennemis dans La Famille. Écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit, la pièce brosse le portrait d’un clan dysfonctionnel qui se fréquente peu, contraint de se retrouver pour un événement appelé à bouleverser chacun.
Autour de la table : le père, la mère, Max et Jérôme, les deux frères rivaux, et Alice, l’épouse de l’un d’eux. La soirée démarre dans une atmosphère tendue avant de glisser vers une succession de situations aussi drôles que déroutantes, entre élans d’affection et incompréhensions. La distribution s’enrichit encore avec Claire Nadeau, Jackie Berroyer et Kate Moran. Décors d’Emmanuelle Roy, costumes signés Charlotte Betaillole : une comédie familiale aussi vive qu’imprévisible.
Dans Retour de Madison, la Compagnie Antrios propose une comédie conjugale fine et mordante inspirée du film Sur la route de Madison. Écrite par Éric Assous et mise en scène par Yannick Daure, la pièce suit Karine et Didier, couple ordinaire confronté au vertige du désir, aux illusions romantiques et à la fragilité du quotidien. Entre humour et tendresse, les situations révèlent les contradictions intimes, les petits renoncements et les élans secrets qui traversent une vie à deux. Un portrait sensible, drôle et touchant des relations amoureuses, où femmes et hommes s’opposent parfois mais se complètent toujours.
Tél. 04 67 32 33 33. ville-valrasplage.fr
Sans modération(s)
En tournée en région
Modératrice de contenus pour un géant des réseaux sociaux, Alexa affronte chaque jour un flot d’images violentes, de haine et de pulsions humaines. Dans un open space sous tension, elle dissimule la nature de son travail à son compagnon, tandis que cette exposition répétée la fait basculer vers une violence intérieure irrépressible. Écrit par Azilys Tanneau, Sans modération(s) met en lumière le métier invisible des modérateurs. Publié chez Lansman Éditeur, le texte a reçu l’Aide à la création d’Artcena et fut finaliste des Grands Prix de Littérature Dramatique 2023.
Les 12 et 13 février → Théâtre Jean Vilar à Montpellier (Hérault)Tél. 04 34 46 68 38. theatrejeanvilar.montpellier.fr
Jeu. 19 février → Scène de Bayssan à Béziers (Hérault) Tél. 04 67 28 37 32. scene-de-bayssan.herault.fr
Sans Suite [un air de roman]
PARVIS, SCÈNE NATIONALE TARBES PYRÉNÉES
Ibos, Hautes-Pyrénées Les 11 et 12 mars
Sans suite [Un air de roman] est une comédie musicale contrariée dans laquelle théâtre, musique et récit se nouent pour explorer la thématique d’une chute intérieure. Thomas, compositeur en pleine ascension vacille après la mort de sa mère. Il n’écrit plus. Autour de lui, les voix s’accumulent, résonnent, l’envahissent. Écrite par Baptiste Amann, la comédie musicale est mise en scène par Sébastien Bournac et composée par Pascal Sangla. Une fable douce-amère sur ce que signifie encore, aujourd’hui, le simple fait de vivre. Tél. 05 62 90 08 55. parvis.net
Depuis 18 ans, le Groupe acrobatique de Tanger n’a de cesse d’interroger son patrimoine acrobatique. Subjugués par sa façon de réinventer le cirque, les artistes invitent Raphaëlle Boitel pour leur nouvelle production. Tanger, surplombant le détroit de Gibraltar, incarne la question du franchissement, du saut dans l’inconnu.
L’artiste s’est inspirée de la culture berbère, ses mystères, son mode de vie, et d’un cirque terrien, bondissant, qui repousse les limites de l’équilibre. Portés, sauts et impacts permettent de faire s’effondrer les murs. KA-IN est un cirque dansé, élan de vie organique, hymne à la jeunesse et au dépassement de soi, hommage à une culture et à une âme qui incarnent le cri de notre humanité.
Les 10 et 11 mars → Le Cratère Scène nationale Alès (Gard) Tél. 04 66 52 52 64. lecratere.fr
Les 13 et 14 mars → Théâtre de Nîmes (Gard) Tél. 04 66 36 65 00. theatredenimes.com
C’est pas si grave !
LA GRAINERIE
Balma, Haute-Garonne Du 12 au 15 mars
La Compagnie Sans Gravité investit
La Grainerie pour une carte blanche marquant la dernière série de Déluge, après quatre ans de création, dix ans de tournées et plus de 300 représentations. Loin d’un simple adieu, l’événement déploie sur quatre jours l’ensemble de l’univers artistique de la compagnie. Trois spectacles présentés dans la grande salle dialoguent avec une déambulation lumineuse, des installations disséminées dans les espaces, ainsi que des expositions photographiques retraçant l’histoire du projet. Ateliers et rencontres viennent prolonger les propositions scéniques, donnant à voir les fondements esthétiques et le processus de création de la compagnie. Une proposition dense, qui fait de la fin de Déluge non un point final, mais un temps de lecture et de compréhension de l’ensemble du travail de la compagnie.
Tél. 05 61 24 33 91. la-grainerie.net
Les Escales métropolitaines de l’Atelline
MONTPELLIER ET ALENTOURS
Hérault De mars à mai
L’Atelline déploie une série de rendezvous artistiques dans la métropole montpelliéraine, en lien étroit avec les communes et leurs habitants. Cette programmation associe spectacles, sorties de résidence et temps conviviaux, tout en valorisant les territoires et les actions de médiation auprès des écoles et du tissu associatif. Le parcours s’ouvre le 20 mars à Juvignac avec Bastardland de la Cie 1 Watt, lecture performée suivie d’une soupe partagée, puis se poursuit les 24 et 25 mars à Montpellier avec Eddy de la Cie Le Cri Dévot. Le 2 mai, Mizu investit la plage du lac au Crès, tandis que le 10 mai, Vertiges transforme le quartier Celleneuve en grand piquenique festif. La création se poursuit le 13 mai avec Mégazorg, puis le 23 mai à Villeneuve-lès-Maguelone pour une journée « Horizon sur la création », en partenariat avec le Théâtre Jérôme Savary et la Fête de la nature.
Tél. 04 99 54 69 07. latelline.org
Cool de source
LA VERRERIE
PÔLE NATIONAL CIRQUE
Alès, Gard Jeudi 26 février
Formé à l’Esacto’Lido, Vladimir Leroy signe une première création où se croisent mât chinois, cascades à vélo et humour de l’absurde. Il y incarne Goupillon, silhouette flegmatique et maladroite, en quête de normes qu’il peine à saisir : pédaler dans le bon sens, avoir de la répartie, paraître brillant, séduire ou manier son vélo avec élégance… Autant de défis improbables qui composent un portrait drôle et tendre, porté par une virtuosité circassienne réjouissante.
Tél. 04 66 86 45 02. laverreriedales.fr
JEAN-PIERRE CASSEL ESPACE
Samedi 21 fév. | 20h30 Lights on Chaplin
Samedi 21 mars | 20h30 Gustave Eiffel en fer et contre tous
Mercredi 25 fév. | 16h
Samedi 4 avr. | 20h30
Samedi 7 mars | 20h30
La femme du boulanger
Samedi 18 avr. | 20h30 Léon « Illusion
: ville-legrauduroi.notre-billetterie.fr
Comédie dramatique
Danse
Querencia
THÉÂTRE JEAN-ALARY
Carcassonne, Aude Jeudi 26 mars
C’est à un voyage envoûtant que nous invite Antonio Najarro à travers, Querencia. Considéré comme le chorégraphe emblématique de la danse espagnole, il célèbre dans sa sixième et dernière création les différents styles de l’Espagne, l’école « bolera », la danse traditionnelle, le flamenco et la danse stylisée. Si, Alento, son avant-dernière création évoluait vers des formes plus contemporaines, dans Querencio, Najarro revisite ses origines et exalte l’inspiration des grands ballets chorégraphiques des grandes figures comme Mariemma ou Antonio Ruiz Soler. Sur scène, l’élégance, une qualité technique irréprochable et la beauté des costumes se côtoient. Sans oublier les nombreux accessoires accompagnants chacun des styles interprétés, chapeau de Cordoue, cape espagnole, castagnettes, châle de Manille… Tél. 04 68 11 59 15. theatre.carcassonne.org
Trois Cygnes
THÉÂTRE DU CAPITOLE
OPÉRA NATIONAL DU CAPITOLE
Toulouse, Haute-Garonne
Du 13 au 19 mars
Le Ballet de l’Opéra national du Capitole présente Trois Cygnes, un programme chorégraphique qui revisite le mythe du Lac des cygnes à travers trois écritures contemporaines. Nicolas Blanc, Jann Gallois et Iratxe Ansa & Igor Bacovich proposent des regards distincts sur cette figure emblématique, entre élévation, métamorphose et tension entre l’humain et l’animal. Cantus Cygnus, Incantation et Black Bird composent un triptyque porté par une scénographie épurée qui offre une relecture sensible et contemporaine du répertoire classique.
Tél. 05 61 63 13 13. opera.toulouse.fr
DANSORAMA
PLUSIEURS LIEUX INVESTIS PAR LA PLACE DE LA DANSE –CDCN TOULOUSE OCCITANIE
Haute-Garonne Jusqu’au 20 février
Festival phare de danse contemporaine à Toulouse, DANSORAMA (anciennement Ici&Là) propose une véritable vue panoramique sur les écritures chorégraphiques actuelles, avec une dizaine de créations présentées dans différents lieux de la métropole. Cette édition met à l’honneur des artistes majeurs tels que Lia Rodrigues, Christian Rizzo, Sylvain Huc & Mathilde Olivares, Katerina Andreou ou Marco da Silva Ferreira, et des chorégraphes émergens comme Ondine Cloez, Madeleine Fournier et Andrea Givanovitch. Du duo à la pièce de groupe, en passant par des solos inédits, le festival explore gestes, rythmes et espaces, offrant une expérience exigeante et accessible des formes contemporaines de la danse.
Tél. 05 61 59 98 78. laplacedeladanse.com
Festival Flamenco
THÉÂTRE MUNICIPAL
CHAPELLE DES PÉNITENTS
Béziers, Hérault Du 13 au 21 mars
Honneur au flamenco à travers un festival de très haute qualité, en témoigne sa programmation avec Mercedes de Cordoba, Alberto Garcia, Helena Cueto ou encore le duo éblouissant et élégant Alfonso Losa et Paula Comitre.
Les temps forts : Ven. 13 mars → groupe Basilic Swing, aux origines du jazz manouche.
Sam. 14 mars → Ser… Ni conmigo, ni sin mi, avec Mercedes de Cordoba, considérée comme l’une des danseuses les plus authentiques de sa génération et ovationnée dans les plus grands festivals de flamenco.
Dim. 15 mars → récital de cante avec Alberto Garcia, accompagné à la guitare par Pepe Fernandez.
Jeu. 19 mars → retour au flamenco primitif avec Tablao Flamenco, interprété par Helena Cueto et sa compagnie éponyme.
Sam. 21 mars → Espacio creativo, avec Alfonso Losa et Paula Comitre.
Tél. 04 67 36 82 82. ville-beziers.fr
Les Saisons
OPÉRA BERLIOZ, LE CORUM
Montpellier, Hérault
Les 18 et 19 février
Audacieuse, la nouvelle création de Thierry Malandain s’intitule Les Saisons. Le chorégraphe y mêle les célèbres Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi à celles, plus rares, de Giovanni Antonio Guido. Sur ces deux partitions baroques, il explore l’harmonie et ses contrastes, dans une écriture à la fois épurée, exigeante et profondément musicale.
Porté par vingt-deux danseurs de haut niveau et inscrit dans un décor de pétales noirs signé Jorge Gallardo, le spectacle déploie une ode sensible à la nature, célébrant sa beauté autant que sa fragilité. Les interprètes traversent ces paysages sonores avec précision et intensité, offrant une danse tendue, claire, parfois méditative, parfois traversée d’élans plus vifs. Une proposition vivifiante, fidèle à l’univers du chorégraphe, qui conjugue rigueur formelle et émotion.
Tél. 04 67 60 83 60. montpellierdanse.com
Cher cinéma
En tournée en région
Hommage au cinéma pour le dernier spectacle de danse contemporaine de Jean-Claude Gallotta. Il a tout appris à travers des réalisateurs comme Federico Fellini, Bertrand Blier, Jean-Luc Godard… Le chorégraphe met en scène les souvenirs de leurs projets, aboutis ou pas. Sur un plateau nu, habillé seulement d’une lumière, évoluent neuf artistes évoquant l’œuvre de ces cinéastes. Une voix off, celle de Jean-Claude Gallotta, s’adresse aux danseurs sur le ton de la confidence. Naît alors un mariage subtil entre la danse et le texte faisant éclore des images cinématographiques.
Mar. 17 février → Scène nationale Grand Narbonne (Aude) Tél. 04 68 90 90 20. theatrecinema-narbonne.com
Jeu. 19 février → Théâtre Molière, Scène nationale Archipel de Thau à Sète (Hérault). Tél. 04 67 74 02 02. tmsete.com
Ven. 22 mai → Zinga Zanga à Béziers (Hérault). Tél. 04 67 36 76 76. ville-beziers.fr
En famille
Les Extras
LE KIWI ET ESPACES PARTENAIRES
Ramonville-Saint-Agne
Haute-Garonne Samedi 28 mars
Le samedi 28 mars 2026, ARTO et ses partenaires donnent rendez-vous au public pour une nouvelle édition des Extras de mars, imaginée autour de la jeunesse mais ouverte à toutes les générations. Autour du Le Kiwi plusieurs lieux accessibles à pied accueillent une journée rythmée par spectacles, ateliers créatifs et boum collective. Le parcours mêle installations et formes scéniques avec Petits mondes lumineux, À quatre mains, les deux propositions burlesques Cool et En dérangement, ou encore le théâtre dansé Rien ?. Le cinéma complète la fête au Cinéma l’Autanavec les programmes animés En route ! et La Grande Rêvasion Arts plastiques, jeux, musique, cirque et sports décalés jalonnent aussi cette immersion collective, pensée comme un terrain d’expériences à partager tout au long de la journée.
Tél. 05 61 73 00 48. kiwiramonville-arto.fr
Ramène tes mômes
THÉÂTRE CHRISTIAN LIGER
Nîmes, Gard Du 17 au 27 février
Le théâtre C. Liger confie aux plus jeunes les clés du spectacle vivant avec la troisième édition de Ramène tes mômes. Cette semaine dédiée à l’imaginaire et à la découverte mêle théâtre, musique, poésie visuelle et aventures marines. On y suit Une forêt, fable contemporaine inspirée du Petit Poucet et de Hänsel et Gretel ; on rit avec Puisque c’est comme ça je vais faire un opéra toute seule, ode à la création féminine ; on plonge dans l’univers aquatique de Kraft ou la délicatesse papier de Sakatu. Le duo électro Turnsteak fait aussi vibrer les formes et les sons dans Ekla !. Autour des scènes, stages et lectures prolongent l’expérience, tandis que le Cinéma Le Sémaphore propose des projections jeune public. Un rendez-vous familial pour éveiller la curiosité et le goût du spectacle dès le plus jeune âge. Tél. 04 66 76 74 49. nimes.fr
Graines de Moutards
FIGEAC ET ALENTOURS
Lot Du 21 février au 8 mars
Pendant quinze jours, la Quinzaine culturelle Graines de Moutards transforme le Grand-Figeac en vaste terrain de jeu artistique pour les familles. La fête s’invite partout : danse participative avec Just Dance!, battles hip-hop et boum diurne avec Boumshakalaka / Boumboxeurs, joute Renaissance chorégraphiée dans Battle Royale, sans oublier le grand temps fort Carnaval(s) mêlant contes, bal occitan et spectacle musical. Côté scène et récits, les plus jeunes découvrent C’est la fête à l’opéra, les visites contées du Château aux mille échos ou encore les images animées du kamishibaï. Le cinéma n’est pas en reste avec Olivia, La Grande Rêvasion, Tous en scène!et Thelma du pays des glaces, souvent prolongés d’animations ludiques. Ateliers créatifs, parades costumées et lectures complètent ce programme foisonnant dédié au jeune public et à la curiosité partagée en famille.
Tél. 05 65 34 24 78. astrolabe-grand-figeac.fr
La forêt des Chuts
CENTRE CULTUREL LE ROND-POINT
Labruguière, Tarn Mercredi 4 mars
Imaginé par la compagnie Silence Vacarme, La forêt des Chuts est un spectacle de transmission qui, par le biais du théâtre d’ombres, s’adresse à toutes les générations autour d’un thème délicat : la mémoire et le souvenir. Accueillie dans le cadre du festival Marionnettissimo, cette odyssée visuelle et sonore déploie un récit intime et fantastique, puisant dans nos souvenirs les plus précieux. Lampes de toutes sortes et bande-son intégralement bruitée composent un jeu d’ombres et de lumières à l’esthétique particulièrement soignée.
Tél. 05 63 73 30 30. labruguiere.com
Volatile ombré
CIRCA, PÔLE NATIONAL CIRQUE
Auch,Gers
Mercredi 1er avril
Conçu sur mesure pour la petite enfance, Volatile Ombré est un spectacle de théâtre d’ombres au rétroprojecteur, accompagné de musique et de chant, sur la thématique des oiseaux. L’oiseau est partout, à la ville comme à la campagne, porteur de poésie, diversité de formes, de couleurs et de chants. Bien souvent, l’oiseau, c’est celui qu’on entend avant de le voir. Ce spectacle poétique, non narratif, est une ode à la nature. On contemple, on écoute. Se dessinent le lit d’une rivière, une canopée, un sous-bois. Partout les chants résonnent, se répondent, se font échos. On voit les pattes d’un très grand échassier vues sous l’eau, une poule d’eau avec son bec-peintures de guerre promène ses petits dans une ambiance Far West, une huppe mélancolique joue du violoncelle… Par la Cie La Rotule Tél. 05 62 61 65 00. circa.auch.fr
TOULOUSE ET ALENTOURS, Haute-Garonne Du 13 mars au 12 avril
Un festival d’humour à ne pas manquer en ces temps de sinistrose ! Au programme, un mois de spectacles entre tremplins, soirée de gala, seuls en scène… Temps forts :
Ven. 13 mars → soirée d’ouverture avec les jeunes talents Jules Robin, Méchante Coline, Poulet de Feu, Juliette Clocher, Olga et Pierre Hillairet. Animée par Caroline Estremo.
Dim. 15 mars → Juliette Clocher, grande gagnante 2025.
Mar. 17 mars → Garçon, de et avec Samuel Certenais.
Mer. 18 mars → 2 1/2, de et avec Alex Vizorek.
Jeu. 19. mars → Ça va mal finir, du Collectif chacun pour soi (aussi le 20 et 21 mars) ; Au nom du père, de la cie Les Trois Planches.
Ven. 27 mars → La Nuit du Printemps, une dizaine d’humoristes réunis sur scène !
Mar. 7 avril → Libre arbitre, avec JeanBenoît Diallo, Fraîcheur de vivre, avec Nadim.
Sam. 11 avril → Délicate, avec Florence Mendez ; 75 MN, avec la Compagnie Le Grand i ; Presque vrai, avec PV. Tél. 06 30 29 50 19. leprintempsdurire.com
Le Prénom
ESPACE JEAN CARRIÈRE
Argelès-sur-Mer, Pyrénées-Orientales Samedi 7 mars
Un classique de la comédie créé en 2010 par Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, porté à l’écran deux ans après. Pour interpréter ce bijou d’esprit et de mauvaise foi, Jean-Luc Lemoine, Cartman, Laurence Pierre, Aurélia Ciattoni et François Raison, sous la direction d’Éric Laugérias. L’histoire, un futur père quadragénaire est invité à un repas de famille. En attendant sa jeune épouse, on le presse de questions sur le futur prénom… Sa réponse plonge les convives dans le chaos. À voir ou à revoir !
Tél. 04 68 95 34 26. ville-argelessurmer.fr
Christelle Chollet, 20 ans déjà
THÉÂTRE DE L’ARDAILLON
Vias, Hérault Vendredi 6 mars
Il y a 20 ans, la comédienne, chanteuse et humoriste Christelle Chollet inventait son propre genre le one-woman-showmusical, mêlant sketchs et tubes revisités. En vingt ans, elle compte six spectacles et… six succès ! Pour la prochaine saison, Christelle lance les vingt prochaines années avec un septième opus ébouriffant, écrit à quatre mains avec Rémy Caccia, qui s’est également chargé de la mise en scène. Tél. 06 47 01 89 06. theatre-ardaillon.vias-mediterranee.fr
Karim Duval
THÉÂTRE DE LA MAISON DU PEUPLE
Millau, Aveyron Mardi 17 mars
Une soirée sous le signe de l’humour avec Karim Duval Son dernier show, Entropie, plonge le spectateur au cœur des détails de la vie quotidienne. Tout y passe, le changement climatique, le travail, l’IA, l’éducation… Avec sa verve et sa subtilité, l’humoriste met en lumière les paradoxes et les absurdités de notre société technologique. À la fois humoriste, comédien et scénariste, Karim Duval enchante son public avec son autodérision et ses saillies teintées de poésie. Jubilatoire. Tél. 05 65 59 47 61. maisondupeuplemillau.fr
56
Agenda Humour
Le Corum • Montpellier 04 67 61 67 61 corum-montpellier.com
Février
Ven. 13 à 20h • Julien Santini
Sam. 14 à 20h • Félix Dhjan
Sam. 21 à 20h • Paul Taylor
Mars
Dim. 1er à 19h • Ahmed Sparrow
Dim. 15 à 18h • PV
Ven. 20 à 20h • Lou Trotignon
Sam. 21 à 20h • Verino
Dim. 22 à 18h • Pierre Thevenoux
Avril
Ven. 3 à 20h30 • Jean-Benoît Diallo
Dim. 12 à 18h • Bérengère Krief
Ven. 17 à 20h • Louis Cattelat
Sam. 25 à 20h • Caroline Estremo
Sam. 25 à 21h • Panayotis Pascot
Juin
Ven. 12 à 20h30 • Laura Calu
Sam. 13 à 20h30 • Paname Comedy Club
Novembre
Sam. 14 à 20h • Naïm
Dim. 15 à 18h • Laurent Gerra
Sam. 28 à 20h • Haroun
Dim. 29 à 18h • Samuel Bambi
Décembre
Sam. 12 à 20h • Jessé
Lun. 14 à 14h44 • David Castello - Lopes
Ven. 18 à 20h • Verino
Février 2027
Dim. 14 à 18h • Edgar Yves
Jeu. 25 à 20h • Dany Boon
Ven. 26 à 20h • Arnaud Tsamère
Ven. 26 à 20h30 • Ana Godefroy
Mars 2027
Ven. 5 à 20h30 • Arnaud Demanche
Ven. 12 à 20h30 • Tristan Lopin
Avril
Sam. 10 à 20h30 • Camille Tissot
Sam. 15 à 20h30 • Phillipe Caverivière
Zénith Sud • Montpellier 04 67 61 67 61 zenithsud-montpellier.com
Mars
Jeu. 12 à 20h • Jarry
Ven. 13 à 20h30 • Les Chevaliers du Fiel
Ven. 20 à 20h • Fabrice Éboué
Sam. 21 à 20h30 • Nino Arial
Octobre
Mer. 14 à 20h • The Jeff Panacloc Company
Décembre
Ven. 11 à 20h • Michele Laroque & Kad
Merad
Février 2027
Mer. 11 à 20h • Nawell Madani
Sam. 14 à 18h • Marine Leonardi
Mar. 16 à 20h • Véronic Dicaire
Mars 2027
Sam. 13 à 20h • Thomas Marty
Salle bleue
Palavas-Les-Flots
04 67 50 39 56 vincentribera-organisation.com
Février
Ven. 13 à 20h30 • Roman Doduik
Sam. 14 à 19h30 • Blabla Drive
Mars
Ven. 6 à 20h30 • Antoine Donneaux
Sam. 7 à 20h30 • Tanguy Pastureau
Avril
Jeu. 9 à 20h30 • Blandine Lehout
Ven. 10 à 20h30 • Olivier de Benoist
Sam. 11 à 20h30 • Edouard Deloignon
Dim. 12 à 18h • Nash Novembre
Ven. 13 à 20h30 • Tom Baldetti
Janvier
Ven. 15 à 15h30 • Akim Omiri
Palais des Congrès Cap D’Agde 04 67 50 39 56 vincentribera-organisation.com
Avril
Ven. 24 à 20h30 • Mathieu Madenian
Jeu. 23 à 20h30 • Sellig - Episode 6
Sam. 25 à 20h30 • Caroline Vigneaux
Dim. 26 à 18 h • Titoff
Nîmes
Auditorium Hotel Novotel Atria
vincentribera-organisation.com 04 67 50 39 56
Février
Ven. 13 à 20h30 • D'JAL
Sam. 14 à 19h30 • 60 Minutes pour Sauver mon Couple
Mars
Ven. 6 à 20h30 • Tanguy Pastureau
Dim. 8 à 17h • Antoine Donneaux
Ven. 13 à 20h30 • Karine Dubernet
Sam. 14 à 20h30 • PV
Jeu. 26 à 20h30 • Akim Omiri
Avril
Ven. 10 à 20h30 • Blandine Lehout
Sam. 11 à 20h30 • Nash
Ven. 12 à 20h30 • Edouard Deloignon Novembre
Sam. 14 • Tristan Lopin
Ven. 27 • Elies Zoghlami
Sam. 28 • Samuel Bambi
Décembre
Sam. 12 • Jeremy Charbonnel
Janvier 2027
Sam. 30 à 20h30 • Camille Tissot
Mars 2027
Ven. 19 à 20h30 • Yann Guillarme
Pasino • La Grande Motte 04 67 56 46 46 casino-grandemotte.partouche.com
Sam. 28 et mar. 31 à 20h30 • Les Chevaliers du Fiel
Avril
Jeu. 9 à 20h30 • Alexis Tramoni
Ven. 10 à 20h30 • Romain Oliviero
Sam. 11 à 20h30 • Anthony Cottu
Mar.14 et Mer.15 à 20h30 • Cédric Salaun
Sam. 25 à 19h30 • Nathan Chaudat
Mai
Mer. 6 à 20h30 • Tom Boudet
Ven. 22 et Sam. 23 à 20h30 • Adele Barbers
Ven. 29 et Sam 30 à 20h30 • Gerry
Juin
Mer. 3 à 20h • Adel Fugazi
Jeu. 4 à 20h30 • Alex di Mambro
Octobre
Sam. 3 à 20h30 • Marìa Moreno
Sam. 17 à 20h30 • Charlotte Boisselier
Novembre
Mer. 4 à 20h • Mélissende
Ven. 6 et Sam. 7 à 20h30 • Anne Cahen
Ven. 6 et Sam.7 à 20h30 • Les décoiffeuses
Mer. 18 et Jeu. 19 à 20h30 • Véronique Gallo
Mer. 25 à 20h • Connard Bienveillant
Ven. 27 à 20h30 • William Pillet
Décembre
Mer. 2 à 20h30 • Mahé
Jeu. 3 à 20h30 • Tristan Lucas
Janvier
Ven. 22 à 20h30 • Emma Loiselle
Jeu. 28 à 20h30 • Léandre
Casino Barrière• Toulouse
05 61 33 37 77 casinosbarriere.com
Février
Jeu. 12 à 20h30 • Julien Santini
Dim. 15 à 18h • Paul Taylor
Mer. 18 à 20h30 • Florian Lex
Mar. 24 à 20h30 • Booder
Mer. 25 à 20h30 • Podkassos
Jeu. 26 à 20h30 • Nawell Madani
Du sam. 28 au 1er mars • Haroun
Mars
Mar. 3 à 20h30 • Caroline Estremo
Mer. 4 à 20h30 • Redouane Bougheraba
Ven. 6 à 20h30 • Redouanne Harjane
Sam. 7 à 20h30 • Chantal Ladesou
Jeu. 12 à 20h30 • Marine Leonardi
Jeu. 26 à 20h30 • Ahmed Sparrow
Ven. 27 à 20h30 • Vincent Moscato
Sam. 28 à 20h30 • Didier Benureau
Avril
Mer. 1er à 20h30 • Les Toulousains
Jeu. 2 à 20h30 • Alexis Le Rossignol
Mar. 7 à 20h30 • Issa Doumbia
Mer. 8 à 20h30 • Clément Viktorovitch
Jeu. 16 à 20h30 • Elie Semoun
Mer. 22 à 20h30 • Mado
Sam. 25 à 20h30 • Franjo
Mai
Mer. 6 à 20h30 • Pierre Thevenoux
Mer. 13 à 20h30 • 49.3 nuances de rire
Mar. 26 à 20h30 • Laurent Gerra
Jeu. 28 à 20h30 • Nora Hamzawi
Juin
Mer. 3 à 20h30 • Thomas Marty
Mer. 10 à 20h30 • Gérémy Credeville
Jeu. 18 à 20h30 • Paname Comedy Club
Mer. 24 à 20h30 • Meryem Benoua
Septembre
Mer. 30 à 20h30 • David Castello-Lopes
Octobre
Jeu. 22 à 20h30 • Elies Zoghlami
Mar. 27 à 20h30 • Rodrigue
Mer. 28 et Jeu. 29 à 20h30 • Edgar Yves Jr.
Mar. 13 à 20h30 • Sellig
Jeu. 29 à 20h30 • Edgar Yves Jr. Novembre
Ven. 6 à 20h30 • Jérémy Nadeau
Dim. 8 à 15h • Roland Magdane
Jeu. 12 à 20h30 • Manon Bril
Jeu. 26 à 20h30 • Olivier De Benoist
Décembre
Mar. 1er à 20h30 • GuiHome vous détend
Mer. 2 à 20h30 • Arnaud Tsamère
Janvier 2027
Jeu. 14 à 20h30 • Naïm
Mar. 26 à 20h30 • Samuel Bambi
Février 2027
Jeu. 11 à 20h30 • Blandine Lehout
Mar. 16 à 20h30 • Edouard Deloignon
Mars 2027
Mer. 2 à 20h30 • Liliane Blanco
Mer. 10 à 20h30 • Jessé
Jeu. 18 à 20h30 • Nash
Avril 2027
Mar. 2 à 20h30 • Liliane Blanco-Binette
Ven. 9 à 20h30 • Tristan Lopin
Sam. 25 à 20h30 • Franjo
Jeu. 29 et Ven. 30 à 20h30 • Pablo Mira
Mai 2027
Mer. 26 et Jeu.27 à 20h30 • Laurent Baffie
Oxmo Puccino EN TOURNÉE EN RÉGION
Musiques
Oxmo Puccino
En tournée en région
Figure majeure et poète incontournable du rap français, Oxmo Puccino revient sur le devant de la scène. 2025 marque son retour aux sources avec un ultime album et une tournée à travers la France. Depuis le mythique Opéra Puccino, sa voix grave, sa plume ciselée et son ouverture artistique lui ont valu plusieurs Victoires de la Musique et des collaborations prestigieuses. Sur scène, le « Black Barry White » du rap promet une communion intense et vibrante avec son public. Un rendez-vous essentiel avec cet artiste au parcours exigeant et cohérent, pour célébrer une carrière immense et découvrir ses nouveaux titres en live.
Ven. 6 mars → La Cigalière à Sérignan (Hérault)
Tél. 04 67 32 63 26. lacigalière.fr
Sam 4 avril → Paloma à Nîmes (Gard)
Tél. 04 11 94 00 10. paloma-nimes.fr
Ven. 13 mars → L’Astrolabe à Figeac (Lot)
Tél. 05 65 34 24 78. astrolabe-grand-figeac.fr
Musiques actuelles
Le Printemps des Notes
ESPACE ARTS ET RENCONTRES
Alairac, Aude Les 6, 7, 14 et 21 mars
Concerts, exposition, spectacles et stages de danse… Le festival de musique Le Printemps des Notes voit grand. En témoigne sa programmation avec Coquelicot de Fogo, Colectivo Caliento ou encore Massilia Gipsy Band. À ne pas manquer, Sang mêlé, l’exposition de photographies de l’artiste engagée Émilie Arfeuil.
Les temps forts :
Sam. 7 mars → Le Mange Bal avec le duo Théodore Lefeuvre et Loïc Vergnaux (électro-trad bretonne, occitane et auvergnate) ; Coquelicot de Fogo (BrésilOccitanie).
Sam. 14 mars → Punta Talon Dance Team (danses latines) ; Harmonia (salsa) ; Apasiona (danse) ; Cocodillo (salsa cubaine) ; Colectivo Caliente (musiques cubaines et afro-latines) ; DJ Oscar de la Habana.
Sam. 21 mars → Massilia Gipsy Band (musique tzigane, Kelzmer, swing et chant lyrique).
Tél. 06 68 88 45 22. leprintempsdesnotes.fr
Festival de guitare d’Aucamville
VILLES NORD DE TOULOUSE
Haute-Garonne Du 19 au 29 mars
Cette année encore, les instruments à six cordes sont mis à l’honneur au festival de guitare d’Aucamville. Une programmation émergente attend les fans, amateurs ou curieux, avec des musiciens locaux et nationaux.
Les temps forts : Jeu. 19 mars → soirée d’ouverture avec Bernard Allison, fils de la légende du blues Luther Allison. Il délivrera un blues plus moderne et électrique.
Ven. 20 mars → Irina González revient sur le festival pour faire découvrir les morceaux de son nouvel album Cuerpo. Jeu. 26 mars → l’artiste, chanteur et producteur toulousain, Oscar Emch, transportera le public avec son premier album, Ma voix, au son du R&B.
Dim. 29 mars → le festival se clôture sur le ciné-concert Le Garçon et le Monde qui fera voyager toute la famille. guitareaucamville.com
Spring Party OPÉRA COMÉDIE
Montpellier, Hérault Samedi 21 mars
Prêts à faire vibrer le Grand Foyer de l’Opéra Comédie de Montpellier sous ses fresques monumentales ? L’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie convie le public à une Spring Party aussi festive qu’inédite. Aux platines, la DJ et militante Barbara Butch promet une nuit survoltée. Des clubs aux marches des Gay Prides, des podiums de mode aux scènes contemporaines, jusqu’à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, elle fait danser les foules partout où elle passe.
Pour son premier album Vou Ficar Neste Quadrado, l’artiste Ana Lua Caiano mêle les traditions musicales rurales portugaises à des synthétiseurs, des rythmes insistants et des enregistrements de terrain. Elle mélange le chant de groupe traditionnel à de la musique plus contemporaine pour faire de son art une musique électronique basée sur une mosaïque d’inspiration. Ana Lua Caiano voit sa réception internationale progresser rapidement. Ses récentes prestations à Eurosonic et aux Transmusicales en témoignent.
Un festival 100 % filles célébrant les parcours, les voix et les engagements des femmes. Programmation exceptionnelle pour sa 19ᵉ édition, avec l’icône de la contre-culture newyorkaise Patti Smith, mais aussi Christine Salem, Lubiana… Avec des projections, des tables rondes et une exposition photo.
Jeu. 9 avril → stand up avec Amandine Lourdel.
Ven. 10 avril → Lubiana (blues-gospel afro-américain) ; le groupe Saf Beh porté par Sabrina Kerfah (musique métissée), Castres ; danse et musique avec Matériamix de la chorégraphe Camille Viale.
Sam. 11 avril → chant a capella avec Samaïa ; l’auteurcompositeur Cayenne ; la diva du maloya Christine Salem ; le neo trip-hop d’Okali.
Dim. 12 avril → Patti Smith ; les chanteuses Céline Mistral et Mymytchell.
Jugée trop réaliste lors de sa création en 1853, La Traviata demeure l’un des opéras incontournables du répertoire lyrique. À la fin du premier acte, Violetta proclame « sempre libera » (toujours libre): s’agit-il d’un plaidoyer féministe en avance sur son temps ou bien d’une illusion tragique ? De la salle de bal aux confins du sanatorium, Verdi insuffle à son chef-d’œuvre une musique ardente, parfois à bout de souffle, mais qui cherche constamment à s’affranchir des conventions pour atteindre une authentique beauté. Silvia Paoli, une des grandes metteuses en scène de notre temps, ose un geste dramaturgique puissant et virtuose, en totale osmose avec la direction de Roderick Cox qui porte à incandescence cette partition iconique, idéalement servie par le soprano solaire de Ruzan Mantashyan et le très remarquable ténor Omer Kobiljak.
L’orchestre baroque de Montauban, Les Passions, débute les festivités de son 40e anniversaire par trois chefs-d’œuvre du répertoire de la flûte à bec. Tout d’abord, le Concerto en do majeur de Telemann, le Concerto en fa majeur pour flûte à bec soprano de Sammartini et la Suite en la mineur pour flûte à bec et cordes. Avec le flûtiste Jean-Marc Andrieu à la direction
Ven. 13 février → Temple de la Faculté à Montauban (Tarn-et-Garonne)
Sam. 14 février → église Saint-Exupère à Toulouse (Haute-Garonne) les-passions.fr
Festival de Musique sacrée PERPIGNAN
Pyrénées-Orientales Du16 mars au 4 avril
Pour son 40ᵉ anniversaire, le festival
Musique sacrée célèbre le printemps sous le signe de l’allégresse, de la paix et de la plénitude et déploie une programmation mêlant grandes figures invitées, créations inédites et transmission vers les plus jeunes.
L’Archipel et l’église des Dominicains accueillent notamment cinq soirées « florilèges », pensées comme autant de voyages spirituels et musicaux.
Ven. 27 mars → The Waves of Light, avec Paul Lay et Joël Suhubiette, une rencontre entre jazz et écriture chorale.
Sam. 28 mars → Post Tenebras, création d’Irini et Lila Hajosi, où double chœur et vents revisitent les fastes du XVIIe siècle.
Dim. 29 mars → Samâ-Ï, Alep la Cosmopolite, avec Canticum Novum et Emmanuel Bardon, plongée dans la mémoire musicale d’Alep.
Mar. 31 mars → Obsession, par la Compagnie La Tempête et Simon-Pierre Bestion, une quête sonore tournée vers la grâce et la douceur.
Jeu. 2 avril → Vers la paix, création de l’Ensemble Caravansérail et Bertrand Cuiller, promesse d’un moment rare et méditatif.
Les Frivolités à la direction de l’Opéra de Reims et Christophe Mirambeau à la mise en scène, réinventent le plus célèbre des opéras-bouffes. Leur version du Barbier de Séville résonne plus que jamais comme une œuvre d’actualité. Jubilatoire ! 209 ans de succès, sur tous les continents et dans toutes les langues. Si le Barbier imaginé par Rossini à partir de la comédie de Beaumarchais traverse aussi bien le temps, c’est grâce à sa richesse et à sa façon de célébrer l’amour, l’esprit et la résistance aux pressions sociales. Conçue comme un divertissement qui ouvre également au spectateur des perspectives de réflexion, cette nouvelle production du Barbier de Séville vivifie et redessine les personnages à l’aune de notre sensibilité contemporaine.
Tél. 04 66 36 65 00. theatredenimes.com
Orchestre Philharmonique de Radio France
LA HALLE AUX GRAINS
Toulouse, Haute-Garonne Sam. 14 mars
L’Orchestre Philharmonique de Radio France, formation symphonique majeure de la radiodiffusion française depuis 1937, retrouve la Halle aux grains ! Sous la direction de Tugan Sokhiev, l’orchestre accueille le pianiste Yefim Bronfman dans le Concerto pour piano de Robert Schumann, œuvre majeure du répertoire romantique. La seconde partie est consacrée à Petrouchka de Igor Stravinsky, ballet emblématique aux couleurs orchestrales contrastées, porté par un sens aigu du récit et de la dramaturgie musicale.
Tél. 05 61 21 09 00. grandsinterpretes.fr
Lucia di Lammermoor
THÉÂTRE DU CAPITOLE
Toulouse, Haute-Garonne
Du 20 février au 1er mars
En cette fin d’hiver, place à Lucia di Lammermoor, opéra en trois actes de Gaetano Donizetti (créé en 1835) sur un livret de Salvadore Cammarano, d’après le roman, La Fiancée de Lammermoor, de Walter Scott. Un chef-d’œuvre du romantisme italien. Pour cette production signée Nicolas Joël, la distribution s’avère exceptionnelle. En témoignent les sopranos Jessica Pratt et Giuliana Gianfaldoni et les ténors Pene Pati, Bror Magnus Tødenes et Ramón Vargas. Avec José Miguel PérezSierra à la direction musicale.
Tél. 05 61 63 13 13. opera.toulouse.fr
Jazz
Limoux Brass Festival
Aude Du 30 avril au 3 mai
Un parrainage incroyable pour la 18ᵉ édition du Limoux Brass Festival, le quintette de cuivres espagnol le Spanish Brass. Le programme 2026 s’avère prometteur avec les pionniers du zouk Kassav’ en ouverture, la version big bang explosive et survitaminée du très attendu Electro Deluxe Big Bang, le bassiste-chanteurcompositeur de génie Richard Bona et son quintet…
Les temps forts : Jeu. 30 avril → Kassav’ (Caraïbes).
Ven. 1er mai → les frères Djigbénou et leur fanfare Eyo’nlé (Bénin) ; Richard Bona Quintet (Cameroun-USA).
Sam. 2 mai → jazz traditionnel et swing avec les Mama Shakers (France) ; l’icône de la scène jazz et funk européenne Electro Deluxe Big Bang.
Dim. 3 mai → Spanish Brass (Espagne) fondé en 1989, l’un des ensembles de cuivres les plus prestigieux au monde ; les cent musiciens de la Societat Unió Musical Santa Cecília de Guadassuar.
Tél. 04 68 69 69 87. limouxbrass.fr
Rémi Panossian Trio
LE JAM
Montpellier Hérault Vendredi 20 février
Le Rémi Panossian Trio (Rémi Panossian au piano, Maxime Delporte à la basse et Frédéric Petitprez à la batterie), retrouve la Corée et s’immerge afin d’enregistrer son 8ᵉ album, 88888888. On y retrouve tout ce qui fait le succès du groupe : son énergie, son lyrisme, son art de la surprise, ses grooves, son émotion. Quelques touches sonores sont héritées de leur environnement d’enregistrement à Séoul, des clins d’œil, des souvenirs musicaux de leurs voyages et rencontres asiatiques. Jazz moderne, décontracté, libre et créatif, énergie rock et mélodies chantantes de la pop. Les RP3 vous remettent sur pied ! Tél. 04 67 58 30 30. lejam.com
Festival 100% Jazz
PASINO
La Grande-Motte
Hérault
Jusqu’au 3 avril
Depuis le mois de janvier, La GrandeMotte se met au diapason du jazz avec le retour du festival 100% Jazz. Rendezvous incontournable des aficionados comme des curieux, cet événement emblématique invite le public à découvrir toute la richesse et la diversité du genre. Si le concert d’ouverture a déjà eu lieu le 16 janvier, il reste trois occasions de profiter pleinement de l’expérience. Le vendredi 13 février, place au swing, blues et groove de Jambalaya N’Roll. Un mois plus tard, vendredi 13 mars, ce sont les Swing Ambassadors qui monteront sur scène et rendront hommage aux grandes voix de la Swing Era avec comme invitée Susana Sheiman. Enfin, pour clore ce festival, rendez-vous le vendredi 3 avril pour une fermeture de rideau avec le groupe qui l’a ouvert : le Big Band de La Grande-Motte avec un concert festif et haut en couleur.
Tél. 04 67 29 03 03. lagrandemotte.fr
Bernard Allison
EL MEDIATOR
Perpignan
Pyrénées-Orientales Dimanche 15 mars
Bernard Allison s’est fait un nom grâce à sa voix et son jeu de guitare, il résonne avec force dans l’univers du blues moderne. Fils de la légende du blues Luther Allison, il lui rend hommage dans son dernier album Luther’s Blues. Bernard né à Chicago, ville emblématique du blues, trace son propre chemin en livrant une musique empreinte de passion et de virtuosité. Il apporte au blues une approche contemporaine et électrique. Sur scène, ses performances sont de véritables expériences portées par son interactivité et l’intensité du blues.
Tél. 04 68 62 62 00. theatredelarchipel.org
Electro Delux Big Bang
Allégresse
13IO2 JAMBALAYA N’ROLL Swing,
13IO3 SWING AMBASSADORS & Susana Sheiman VENDREDI
Agenda Concerts
Le Bikini • Toulouse
05 62 24 09 50 lebikini.com
Février
Jeu. 12 à 19h30 • Mayhem + Marduk + Immolation
Sam. 14 à 19h30 • Boulevard Des Airs + Maheva
Mer. 18 à 19h30 • Miki + Vickie Cherie
Ven. 20 à 19h30 • Ofenbach : Cloned [Live]
Jeu. 26 à 19h30 • Kataklysm + special guests Vader&Blood Red Throne
Ven. 27 à 19h30 • Myd (Live)
Sam. 28 à 19h30 • Yvnnis
Mars
Mer. 4 à 19h30 • The Divine Comedy
Jeu. 5 à 19h30 • Mpl
Ven. 6 à 19h30 • Odezenne
Sam. 7 à 19h • Royal Republic + The Intersphere
Jeu. 12 à 19h30 • Solann
Sam. 14 à 19h30 • Sébastien Tellier
Mar. 17 à 19h30 • Cœur De Pirate
Jeu. 19 à 19h30 • Perceval
Ven. 20 à 19h30 • Théa
Sam. 21 à 19h30 • Yuston XIII
Mer. 25 à 19h30 • The Dead South
Jeu. 26 à 19h30 • Yoa
Ven. 27 à 19h30 • Deluxe
Sam. 28 à 19h30 • Les Wampas
Avril
Mer. 1er à 19h30 • Imany
Ven. 3 à 19h30 • Kiss Forever Band : Xxx Years On Fire!
Sam. 4 à 19h30 • Trinix
Mar. 14 à 19h30 • Franz Ferdinand
Mer. 15 et Jeu. 16 à 19h30 • Isha & Limsa
D'aulnay
Ven. 17 à 19h30 • Kim Wilde
Dim. 19 à 19h30 • Altin Gün
Mer. 22 à 19h30 • Disiz
Ven. 24 à 19h30 • La Mano 1.9
Mai
Mar. 12 à 19h30 • Tinariwen
Mer. 13 à 19h30 • Alborosie & Shengen Clan
Jeu. 14 à 19h30 • Feu! Chatterton
Sam. 16 à 19h30 • Early Maggots + Meteora
Jeu. 21 à 19h30 • 2L
Juin
Mer. 3 à 19h30 • Danyel Waro
Sam. 6 à 19h30 • Groundation
Ven. 26 à 19h30 • Agnes Obel
Juillet
Mar. 7 à 19h30 • Rise Against
Mer. 8 à 19h30 • Testament Septembre
Lun. 28 à 19h30 • Fat Freddy’s Drop Octobre
Mer. 7 à 19h30 • FFF
Mer. 21 à 19h30 • Carpenter Brut
Ven. 23 à 19h30 • Jazzy Bazz
Dim. 25 à 19h30 • Cat Power Novembre
Jeu. 5 à 19h30 • Meryl
Ven. 6 à 19h30 • NeS
Mar. 10 à 19h30 • Collectif Ensemble : Mike&Riké (Sinsémilia) + Guizmo&Manu(Tryo) + Vanupé
Ven. 13 à 18h30 • Tagada Jones + Les Tambours Du Bronx
Sam. 14 à 19h30 • Beast In Black + Sonata
Arctica + Frozen Crown
Mar. 24 à 19h30 • Benjamin Biolay
Jeu. 26 à 19h30 • The Stranglers Décembre
Jeu. 3 à 19h30 • Sniper
Mar. 8 à 19h30 • Axel Bauer
Ven. 11 à 19h30 • Les Fatals Picards
Le Bijou • Toulouse
05 61 42 08 69 le-bijou.net
Février
Mer. 4 à 21h • Alice Bénar – Festival Détours de Chant
Jeu. 5 à 21h • Davy Kilembé et Paamath
Ven. 6 à 21h • Kosma – Festival Détours de Chant
Jeu. 12 et Ven. 13 à 21h • Addis Black Mamba
Sam. 14 à 21h • Les Fils de ta Mère
Jeu. 19 à 21h • Tanak
Ven. 20 et Sam. 21 à 21h • La Chorale ONPC
Mar. 24 à 20h30 • Chanson Soudaine
Ven. 27 à 21h • Cyril Mokaiesh
Interference • Balma interference-toulouse.fr
Février
Jeu. 12 à 20h • Jeanne Cherhal + Julie Sharp
Ven. 13 à 20h • Menace Santana
Sam. 14 à 20h • L2b
Mars
Mar. 3 à 20h • Motionless In White
Jeu. 12 à 20h • Biga*Ranx
Ven. 13 à 20h • L.E.J
Sam. 21 à 20h • Airbourne + Asomwel
Avril
Sam. 4 à 20h • Lujipeka
Jeu. 9 à 20h • Les Négresses Vertes
Ven. 10 à 20h • Stoned Jesus + Wheel
Sam. 11 à 20h • Benjamin Biolay
Ven. 17 à 20h • Rsko
Ven. 24 à 20h • Machine Head
Mai
Dim. 17 à 20h30 • Hajib
Juin
Ven. 12 à 19h • Rémi Panossian Trio
Juillet
Mar. 7 à 20h • Blood Incantation + Gong
Octobre
Ven. 9 à 20h • Zamdane
Mer. 14 à 20h • André Manoukian
Ven. 16 à 20h • Gloryhammer + Majestica + Arion
Novembre
Jeu. 5 à 20h • Renan Luce
Lun. 30 à 19h • Eluveitie + Pain + Wolfheart
Décembre
Ven. 4 à 20h • Mentissa
Janvier
Dim. 24 à 20h • Orden Ogan + Special Guest
Salle Nougaro • Toulouse
05 25 63 12 00 sallenougaro.com
Février
Jeu. 12 à 20h30 • Vaudou Game
Jeu. 19 à 20h30 • Naïssam Jalal
Avril
Jeu. 2 à 20h30 • Natalia Doco
Mar. 7 à 20h30 • Steph Strings
Jeu. 9 à 20h30 • Magyd Cherfi
Mer. 15 à 20h30 • Lubiana
Mai
Mar. 19 à 20h30 • Cuarteto Tafi
Le Rex • Toulouse
05 61 38 57 71 lerextoulouse.com
Février
Ven. 13 à 19h30 • So Fresh Time 25e Édition
Sam. 14 à 19h30 • Sopico
Jeu. 19 à 19h30 • Léman
Mars
Mar. 3 à 19h30 • Harakiri For The Sky
Mer. 4 à 19h30 • Scarlxrd
Jeu. 12 à 19h30 • Sierra Veins & Vétu de Noir...
Ven. 13 à 19h30 • Arøne
Dim. 15 à 19h30 • High Fade
Sam. 21 à 19h30 • P.R2B
Sam. 28 à 19h30 • James Baker
Dim. 29 à 18h • Compay Segundo
Avril
Mer. 1er à 19h30 • Pain Magazine – Birds In
Row & Louisahhh & Maelstrom & Quentin
Sauvé
Jeu. 2 à 19h30 • Charles Doré
Ven. 3 à 19h30 • Sans Lactose
Sam. 4 à 19h30 • HLD
Jeu. 9 à 19h30 • Lewis Ofman
Mer. 15 à 19h30 • Full Of Hell & The Body & Jarhead Fertilizer & Jad
Ven. 17 à 19h30 • Dynamite Shakers
Sam. 18 à 19h30 • Psychonaut + Guest
Ven. 24 à 19h30 • Okis + Kéroué
Dim. 26 à 19h30 • Exhumed & Gruesome
Mai
Mar. 12 à 19h30 • Paledusk
Lun. 18 à 19h30 • Sun
Mer. 20 à 19h30 • Earthless
Mar. 26 à 19h30 • Nasty & Guests
Septembre
Sam. 20 à 19h30 • Einar Solberg & Guest
Dim. 27 à 19h30 • Forever Nu
La Gespe • Tarbes 05 62 51 32 98 lagespe.com
Février
Sam. 21 à 20h30 • Rue de la Commune
Mars
Ven. 13 à 21h • Manu Lanvin
Ven. 20 à 21h • B.R.E.T.O.N.S
Sam. 28 à 21h • Guiz
Avril
Ven. 17 à 21h • Antes & Madzes
Novembre
Sam. 14 à 21h • Bertrand Belin " Watt "
Zénith • Toulouse
05 52 74 49 49
zenith-toulousemetropole.com
Février
Ven. 13 à 20h • Goldmen
Sam. 14 à 20h • Ultra Vomit
Sam. 21 à 20h • Les musiques des Studios
Ghibli
Ven. 27 à 20h • Santa
Sam. 28 à 20h • Mika
Mars
Mer. 11 à 20h • The World of Queen
Jeu. 12 à 20h • Stars 80 Forever
Dim. 15 à 18h • The Rock Symphony
Orchestra
Mer. 18 à 20h • I Gotta Feeling
Jeu. 19 à 20h • Jean Baptiste Guegan
Sam. 21 à 20h • Theodora
Dim. 22 à 18h • Lara Fabian
Lundi. 23 à 20h • The Australian Pink Floyd
Show
Mar. 24 à 20h • Black Legends
Mer. 25 à 20h • Jeremy Frerot
Jeu. 26 à 20h • Marvel Infinity Saga
Sam. 28 20h • Kendji Girac
Dim. 29 à 19h • Ben Mazué
Lun. 30 à 20h • Zaz
Avril
Ven. 3 à 20h• Dirty Dancing in concert
Dim. 5 à 19h • Florent Pagny
Mer. 8 à 20h • Damso
Sam. 11 et dim. 12 • Le Roi soleil
Ven. 17 et Sam. 18 à 20h et Dim. 19 à 19h •
Bigflo et Oli
Mai
Dim. 3 à 18h • Lorie
Mer. 6 à 20h • Amel Bent
Ven. 8 à 20h • Electro Symphony Vol.2
Sam. 9 à 20h • Vanessa Paradis
Jeu. 14 et Ven. 15 à 20h • Bigflo et Oli
Sam. 16 à 19h • Saxon
Ven. 22 à 20h • Star Academy
Sam. 23 à 20h • Les Années 80 Juin
Ven. 5 à 20h • 15 000 voix pour les légendes du rock
Sam 6 à 20h30 • Gospel pour 100 voix
Dim. 14 à 20h • Star Academy
Ven. 26 à 20h • Kendji Girac
Septembre
Jeu. 24 à 20h • Star Wars par l'Orchestre
National Capitole Toulouse
Sam. 26 à 20h • Nej
Octobre
Jeu. 1er à 20h • Djadja & Dinaz
Sam. 3 à 20h • Christophe Maé
Sam. 10 à 20h • La Légende De Monte Cristo
Dim. 25 à 15h • Chantal Goya
Novembre
Jeu. 5 à 20h • The World of Hans Zimmer
Ven. 6 à 20h • Joe Bonamassa
Sam. 7 à 20h • Helena
Ven. 13 à 20h • PLK
Jeu. 19 à 20h • Gaëtan Roussel
Ven. 20 à 20h • Disney en Concert
Sam. 21 à 20h • Dub Inc + Danakil
Mer. 25 à 20h • Eric Serra Live
Décembre
Mar. 1er à 20h • David Hallyday
Mer. 2 à 20h • Disiz
Ven. 4 à 20h • Claudio Capeo
Ven. 11 à 20h • The Dire Straits Experience
Mer. 16 à 20h • Feu! Chatterton
Sam. 19 à 15h et 20h30 • Monte-Cristo, Le
Spectacle Musical
Mar. 29 à 19h30 • K-POP Forever
Janvier 2027
Mar. 5 à 20h • One Night of Queen
Mar. 21 à 20h • Grand Corps Malade
Mer. 27 à 20h • So Floyd
Février 2027
Mar 2 à 20h • Christophe Mae
Jeu. 4 à 20h • Forever
Sam. 20 • Keen’v
Mar. 23 à 20h • Veronic Dicaire
Mer. 24 à 20h • Celtic Legends
Ven. 26 à 20h • Hoshi
Mars 2027
Ven. 5 à 20h • L2B
Dim. 14 à 18h • Marine
Sam. 13 à 20h • Deluxe
Jeu. 25 à 20h • Ibrahim Maalouf
Ven. 27 à 20h • Patrick Fiori
Septembre 2027
Sam. 18 à 20h • Julien Clerc
Mer. 22 à 20h • Génération Céline
Cri'Art • Auch
05 62 60 28 17
cri-art.fr
Février
Sam. 14 à 21h30 • SMAConnexion : Mélanie
Lesage + Noé Extrat + Cazelle Café
Ven. 20 à 21h • Zentone
Mars
Ven. 6 à 21h • Didier Super & Dicount
Ven. 27 à 21h • St Graal
Avril
Ven. 10 à 21h • Komodor
Ven. 17 à 22h30 • Asna + Shahzenxxx + Hefka + Tommy M.
Mai
Ven. 29 à 21h • Sun + Grandma’s Ashes
Le Métronum • Toulouse
05 32 26 38 43 lemetronum.fr
Février
Ven. 13 à 20h • Cryptopsy + 200 Stab Wounds + Inferi + Corpse Pile
Sam. 14 à 20h • Flora Fishbach
Mer. 18 à 20h • Baboucan & the Fine Asses
Jeu. 19 à 20h • Gérald Toto + Friends
Ven. 20 à 20h • Bamby + Sound Brother's
Ven. 27 à 20h • Damantra + Marie Sigal + Julii Sharp
Sam. 28 à 20h • Soldier Side + Blind + The Roadies of the D
Mars
Jeu. 5 à 20h • After Geography + Kieran Thorpe
Ven. 6 à 20h • Les Hurlements d'Léo
Sam. 7 à 20h • Pi Ja Ma + Gildaa
Mer. 11 à 20h • Arma Jackson
Sam. 14 à 20h • St Graal + Matisse
Jeu. 19 à 20h • Strong 8
Ven. 20 à 20h • Ajar
Sam. 21 à 20h • Rori + Justine
Mer. 25 à 19h • Kimia + scéne ouverte
Sam. 28 à 20h • Marguerite
Avril
Ven. 3 à 20h • Jeune Morty
Ven. 10 à 20h • Antes & Madzes
Dim. 12 à 20h • Lord of the Lost + Dogma + League of Distortion
Mar. 14 à 20h • Infected Rain + Butcher Babies + Black Spikes
Ven. 17 à 20h • Michel Cloup + Katcross + Montevideo + Mauve
Jeu. 23 à 20h • Debout sur le Zinc + Les Croquants
Octobre
Sam. 17 à 20h • Alea Jacta Est
Casino Barrière
Toulouse
05 61 33 37 77 casinosbarriere.com
Mars
Jeu. 5 à 20h30 • Jimmy Sax
Mer. 10 à 20h30 • Légende Balavoine
Mer. 11 à 20h30 • Linh
Mar. 17 à 20h30 • ABBA Gold
Avril
Mar. 14 à 20h30 • Jérémy Hababou
Mer. 15 à 20h30 • The Simon & Garfunkel
Story
Mar. 28 à 20h30 • Les Fo' Plafonds
Mai
Sam. 30 à 20h30 • Poetic Lover Tour
Juin
Jeu. 4 à 20h30 • Laurent Voulzy
Mar. 23 à 20h30 • Les comédies musicales
Juillet
Mer. 1er à 21h00 • John Williams Symphonique
Octobre
Jeu. 1er à 20h30 • Letz Zep - Zeppelin's Resurrection
Jeu. 8 à 20h30 • Worlds Appart
Mer. 14 à 20h30 • Joe Jackson + Band
Sam. 24 à 20h30 • Pink Martini
Dim. 25 à 15h • BREL !
Ven. 30 à 20h30 • Tina Arena
Novembre
Dim. 1er à 18h • The 5 Rosies - Tribute to AC/DC
Sam. 21 à 20h30 • The Depeche Mode
Experience
Mar. 24 et mer. 25 à 20h30 • Garou
Janvier 2027
Dim. 24 à 15h • Jonathan Dassin
Mars 2027
Dim. 14 à 14h30 • The U2 Experience
Mai 2027
Mer. 19 à 20h30 • Covertramp
Agenda Concerts
68
Les Docks • Cahors
05 65 24 13 60 lesdocks-cahors.fr
Février
Jeu. 12 à 21h • The Boo Radleys +Jack the Lad
Sam 21 à 21h • SMAConnexion : La faille + Le Zine + Genre Genre
Ven. 27 à 21h • Les Croquants + Saf Feh
Mars
Ven. 13 à 21h00 • Shannon Wright + Inflatable Dead Horse
Ven. 20 à 21h • Les Wampas + Radical Kitten
Sam. 28 à 21h • Sinclair + Tropic Hotel
Avril
Ven. 17 à 20h30 • Davy Kilembe visite Brassens
Mai
Ven. 22 à 21h • La Chica + Okali
Octobre
Sam. 24 à 21h • Ensemble !!! + première partie
Sam. 14 à 21h • Sniper
Jeu. 26 à 21h • Broken Back
Lo Bolegason • Castres 05 63 62 15 61 bolegason.org
Mars
Sam 14 à 20h30 • Shannon Wright ..
Ven. 20 à 20h30 • Taïro + Bijo
Jeu. 26 à 20h30 • Marie Amali..
Ven. 27 à 20h30 • Sinclair + Fredd
Avril
Ven. 3 à 19h30 • Furax Barbarossa...
Ven. 10 à 19h30 • Lubiana + Saf Feh
Ven. 17 à 19h30 • SmaConnexion
Mai
Jeu. 7 à 19h30 • La Maison Tellier + Boucan
Ven. 22 à 19h30 • 2L + Raoul + Open Mic
Jeu. 28 à 19h30 • Sam Sauvage + Prade
Novembre
Ven. 27 à 20h30 • Broken Back + 1ère partiew
Confluence • Avignon confluencespectacles.fr
06 13 58 44 72
Février
Jeu. 12 à 20h • Roberto Alagna
Sam. 21 à 20h • Linh
Mars
Sam. 14 à 20h • Le Seigneur des Anneaux et le Hobbit en concert
Dim. 15 à 16h • The Music of Hans Zimmer & Others
Jeu. 19 à 20h • The Depeche Mode Experience
Dim. 22 à 17h30 • With U2 Day
Avril
Sam. 4 à 20h30 • The World Of Queen
Dim. 12 à 16h • Formidable ! Aznavour
Ven. 17 à 20h30 • Totalement 80
Sam. 18 à 20h • Sergio Cortes présente
Micheal Celebration
Ven. 24 à 20h • The Simon & Garfunkel
Story
Mai
Sam. 23 à 20h • Tribute 100% Johnny
Ven. 29 à 20h • Yannick Noah
Octobre
Ven. 16 à 20h • Julien Clerc
Ven. 23 à 20h • The Voice of George Micheal
Novembre
Jeu. 5 à 20h • Belinda Davids the Greatest of all, Tribute to Whitney Houston
Dim. 15 à 17h • The Official Blues Brothers
Revue
Dim. 22 à 19h • Garou
Ven. 27 à 20h • France Gall & Michel Berger l'hommage
Sam. 1er • Gaël Faye + Jean – Louis Aubert + Keny Arkana + Antes et Madzes
Dim. 2 • Feu! Chatterton + Julien Doré + Rilès + La Cafetera Roja
Festival de Carcassonne
Aude festivaldecarcassonne.fr
Juillet
Mer. 1er à 21h30 • Ludovico Einaudi
Jeu. 2 à 21h30 • Clair Obscur
Sam. 4 à 21h30 • Laurent Gerra
Jeu. 9 à 21h30 • Jean- François Zygel
Dim. 12 à 21h30 • Carmina Burana
Lun. 13 à 21h30 • Ben Mazué
Mer. 15 à 21h30 • Feu! Chatterton
Jeu. 16 à 21h30 • Chris Isaak
Ven. 17 à 21h30 • Bigflo & Oli
Sam. 18 à 21h30 • Christophe Maé
Lun. 20 à 20h30 • Airbourne
Mar. 21 à 21h30 • Héléna
Mer. 22 à 21h30 • Tom Odell
Jeu. 23 à 21h30 • Booba
Ven. 24 à 21h30 • Gaëtan Roussel
Sam. 25 à 20h30 • Alonzo + Bouss
Lun. 27 à 21h30 • Franz Ferdinand
Mar. 28 à 21h30 • Sex Pistols
Mer. 29 à 21h30 • Asaf Avidan
Jeu. 30 à 20h30 • Zaz + Claudio Capeo
Ven. 31 à 21h30 • Kool and the Gang
Théodora
Tom Odell
Sean Paul
Arts plastiques
L’École des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière MUSÉE FABRE ET MO.CO.
Montpellier, Hérault Jusqu’au 3 mai
En rendant hommage à l’École des beaux-arts, le MO.CO. et le musée Fabre rappellent qu’elle a participé au rayonnement de notre cité montpelliéraine, définissant son identité. Et que ses locaux furent son premier asile, dès la fin du XVIIIe , en attendant François-Xavier Fabre. Ainsi, cette opération tripartite est amplement justifiée. Si le MO.CO. se veut avant tout rétrospectif, puis prospectif, le musée Fabre mêle les époques et ouvre son patrimoine aux artistes émergents ou « émergés ». Le public découvrira donc le dialogue entre patrimoine et actualité des artistes de demain, tandis que les amoureux du contemporain redécouvriront le riche patrimoine ancestral.
Au MO.CO., trois axes temporels sont convoqués : le premier met en exergue le passé, dès le premier niveau, et la chronologie des directeurs émérites (Charles Matet, Georges Dezeuze ou Camille Descossy), enseignants (Dominique Gauthier) ou étudiants notables, dont certains demeurent familiers par les noms de rue (Ernest Michel, Max Leenhardt, Frédéric Peyson…).
Dessinateur, affichiste, lithographe et illustrateur, Henri-Gabriel Ibels (1867-1936) est membre fondateur des Nabis et proche des célèbres
Toulouse-Lautrec, Bonnard et Vuillard. Avec un trait vif et rythmé, il mêle humour, critique sociale et modernité graphique pour capter la vie parisienne, ses cafés-concerts, cirques et rues populaires. Son style combine lignes nerveuses, couleurs franches et compositions audacieuses, annonçant d’ores et déjà le langage visuel du XXᵉ siècle. Acteur de la lutte dreyfusarde et fondateur de l’hebdomadaire Le Sifflet, H.G. Ibels refuse l’art neutre, revendiquant à l’inverse le crayon comme arme. La rétrospective du musée Toulouse-Lautrec rassemble plus de 230 œuvres – peintures, dessins, affiches, illustrations et costumes –révélant la liberté et l’inventivité de cet artiste moderne et engagé. Tél. 05 63 49 48 70. musee-toulouse-lautrec.com
Philippe Mohlitz
MUSÉE RAYMOND LAFAGE
Lisle-sur-Tarn, Tarn
Jusqu’au 31 mai
Le musée Raymond Lafage rend hommage à Philippe Mohlitz, dessinateur, sculpteur et buriniste, disparu en 2019. L’occasion à travers cette rétrospective de découvrir l’univers fascinant de cet artiste. Ses tableaux gravés, sombres et énigmatiques, foisonnent de paysages mystérieux, d’avions, de forêts luxuriantes… et témoignent d’une grande sensibilité et d’une imagination sans limite. Philippe Mohlitz intègre dans ses créations des références à des chefsd’œuvre ou à l’histoire de l’art classique. Le burin est une technique de gravure qui consiste à ciseler des lignes dans une plaque de zinc ou de cuivre, formant des sillons où l’encre s’immisce. La plaque nettoyée est ensuite pressée sur un papier humide pour créer l’estampe finale. Un talent et une maîtrise exceptionnels à découvrir. Tél. 05 63 40 45 45. museeraymondlafage.wifeo.com
Depuis le XVe siècle, plus d’une centaine de systèmes ont été inventés pour noter le mouvement dansé. Nés à la Renaissance afin d’assurer la transmission des chorégraphies, ces procédés se sont progressivement transformés, jusqu’aux écritures contemporaines où chaque artiste développe une manière singulière de fixer sa danse. Reflets d’esthétiques, d’intentions et de contextes variés, ils révèlent une remarquable diversité de formes graphiques et d’usages. L’exposition explore cette histoire à travers plusieurs exemples de partitions chorégraphiques. Des documents manuscrits et imprimés, prêtés par le Centre national de la danse, éclairent la richesse des supports employés et les choix propres à chaque chorégraphe.
Tél. 05 65 50 31 08. musee-champollion.fr
Lumières de Montauban et Céramiques du monde
MUSÉE INGRES BOURDELLE
Montauban, Tarn-et-Garonne Jusqu’au 24 mai
Un double voyage pour les visiteurs : le musée Ingres Bourdelle présente deux expositions d’œuvres provenant de ses réserves. Lumières de Montauban invite à une plongée au cœur de l’évolution urbaine et architecturale de la ville à travers des peintures, des photographies, des gravures et des dessins. Quant à l’exposition Céramiques du monde, elle réunit quarante pièces de Chine, d’Iran, du Japon ou encore de la manufacture des émaux de Longwy dans l’est de la France. Ces poteries vernissées, ces faïences, ces porcelaines chinoises ou de Limoges témoignent de la diversité des arts décoratifs. Le plus, à l’occasion du 100e anniversaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 qui consacra le style Art déco, le musée présente quelques vases et flacons de Maurice Marinot, figure majeure du renouveau de l’art du verre au XXe siècle. Une exposition à ne pas manquer.
Tél. 05 63 22 12 91. museeingresbourdelle.com
Réattu Réinventé
MUSÉE RÉATTU
Arles, Bouches-du-Rhône Jusqu’au 29 mars
Le musée Réattu renouvelle ses parcours en mêlant les époques, les médiums et les genres, de manière à impulser une approche nouvelle de ses riches collections. D’abord, en confrontant les œuvres vouées au passé, pour la plupart académiques, à des expressions nouvelles, plus particulièrement empruntées à la photographie que chérissent les conservateurs successifs, on comprend aisément pourquoi. D’autant que Réattu a été le premier musée à lui ouvrir ses portes (on retrouve d’ailleurs Lucien Clergue en cours de visite). Mais pas seulement : on croise aussi la vidéo (Christine Crozat, Mélina Jaouen), la sculpture (Richier, Pagès, Zadkine), et la peinture (Alechinsky, Picasso) … Ainsi, le public attiré par les vestiges et créations du passé pourra vérifier que le présent n’a rien à lui envier. Et inversement, les happy few et autres mordus d’art contemporain, de découvrir le patrimoine et les sources fondamentales. Ensuite, en réservant certaines salles à des productions spécifiques : celle de Julie Rousse en la chambre d’écoute pour un « work in progress » électro-acoustique, inspiré des métamorphoses du Rhône voisin ; celle de Katerina Jebb investissant la galerie gothique de ses nus sans titre, à échelle humaine, dans des positions diverses, empruntées à des réminiscences picturales, selon une technique du fragment scanné tout à fait surprenante. Celle de Corinne Mercadier, laquelle présente ses Annonces 1 glanées dans la ville camarguaise, dans un esprit surréalisant et insolite. JeanPierre Formica intervient dans le salon des Commandeurs avec une impressionnante cargaison de multiples colonnes plus ou moins achevées, en céramique émaillée ou brute, disposées en forme de bateau et dialoguant avec l’Alcibiade mourant de l’ancien résident des lieux, et notamment son atelier, Jacques Réattu soi-même. Enfin, en regroupant les œuvres anciennes jouxtant les plus récentes en cinq thèmes : l’Histoire, le Portrait, le Corps (et son corollaire : la Vanité !), le Paysage et l’Image. Vaste programme. Un Réattu-peintre est définitivement restauré : Narcisse et son Echo nymphique. Christine Crozat essaime des copeaux de savon d’Alep devant un superbe portrait de la fille du maître, mécène et légataire du musée. On retrouve Formica au rez-de-chaussée, avec des bronzes de modelage manuels, un Georges Rousse en anamorphose et une œuvre en arc de cercle de Toni Grand. Réattu joue décidément dans la cour des grands. Comme son écrin citadin : la ville d’Arles. BTN Article complet sur lartvues.com Tél. 04 90 49 37 58. museereattu.arles.fr
Conversation avec
CAMILLE BERTRAND-HARDY
Directrice du pôle des musées de Sète
"Le musée doit jouer un rôle dans la cité, être un cœur battant"
Nommée à la direction du Pôle des musées qui inclue le musée Paul Valéry et l’Espace Brassens à l’été 2025, Camille BertrandHardy amorce une nouvelle étape pour ces deux institutions majeures de la vie culturelle sétoise. Politique des publics, place des artistes locaux, acquisitions, partenariats et grandes expositions à venir dessinent les contours d’un projet en construction, entre rayonnement national et ancrage territorial.
Depuis votre arrivée à la direction en juillet 2025, comment percevez-vous aujourd’hui l’identité du musée Paul-Valéry, celle de l’Espace Brassens, et leurs publics respectifs ?
Je dirige à la fois le musée Paul Valéry et l’Espace Brassens, deux lieux dotés d’une forte attractivité touristique. Le musée attire un public parfois venu de loin, tout en s’adressant aux visiteurs de passage à Sète. À Brassens, la fréquentation est marquée par la saison touristique et touche des profils variés. Le musée Paul Valéry entretient aussi un lien fort avec les habitants ; pour Brassens, ce rapport au public local reste davantage à construire.
Comment votre parcours nourrit-il votre vision pour le musée ?
J’ai travaillé à Marseille, Martigues, Salonde-Provence et Montélimar sur la production d’expositions et sur des missions scientifiques. Le fil rouge de mon parcours est le dialogue entre art du passé et art du présent, notamment lors de projets menés dans des sites patrimoniaux à l’occasion de Marseille-Provence 2013. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est la façon dont on s’ancre dans le passé tout en regardant vers l’avenir, pour rester en phase avec les questions du présent.
Quels sont vos principaux axes de réflexion pour le musée Paul Valéry?
Le projet scientifique et culturel se construit avec les équipes et les décideurs politiques, mais certains points de vigilance sont déjà clairs. Il s’agit d’abord d’affirmer l’identité et l’ambition d’un musée d’art allant du XVIIIᵉ au XXIᵉ siècle, présent sur la scène nationale tout en accompagnant les artistes locaux. L’enjeu est de trouver un équilibre entre ambition nationale et ancrage territorial. Il y a aussi la politique des publics : comment inscrire le musée dans le XXIᵉ siècle, développer l’hospitalité et renforcer les interactions avec les habitants de Sète. Enfin, le bâtiment, labellisé architecture contemporaine remarquable, vieillit et nécessite aujourd’hui une réflexion.
Comment envisagez-vous l’équilibre entre ouverture nationale, accompagnement des artistes locaux et politique d’acquisitions ? Cet équilibre fait pleinement partie de l’identité du musée. Il faut maintenir une ouverture vers des expositions à visibilité nationale ou internationale, tout en accompagnant des artistes locaux dans
le développement de leur carrière. La politique d’acquisition se poursuit selon des lignes structurantes cohérentes avec les collections existantes, notamment en lien avec certains artistes exposés.
Souhaitez-vous renforcer les partenariats avec les acteurs culturels du territoire ?
Nous avons la volonté de travailler largement avec des partenaires culturels et associatifs. Le musée doit jouer un rôle dans la cité, être un cœur battant, porter une dynamique : cela passe nécessairement par des échanges avec les autres acteurs du territoire.
Comment se décline aujourd’hui la programmation du musée Paul-Valéry, entre actions culturelles et grandes expositions à venir ?
La programmation accompagne les expositions temporaires, valorise les collections et s’appuie sur l’association des Amis du musée. Elle investit aussi les grands rendez-vous de l’année : Journées du patrimoine, Nuit des musées, Nuit de la lecture, Printemps des poètes. Du côté des expositions de 2026, Carambolage d’André Cervera, fin mars, proposera quarante œuvres nouvelles portant un regard rétrospectif sur plusieurs décennies de travail. Suivra, cet été, Les couleurs de Jean Vilar, en partenariat avec la Maison Jean Vilar d’Avignon, autour des liens entre peinture et théâtre, avec un écho lors des Journées Jean Vilar. En décembre, Chourouk Hriech présentera son travail immersif mêlant dessin, vidéo et textile, poursuivant le lien fort de l’artiste avec Sète.
Enfin, quels sont vos axes de travail pour la programmation et les publics de l’Espace Brassens ?
Les collections se sont récemment enrichies, notamment de manuscrits, et un projet d’exposition temporaire est en cours. La programmation 2026 sera articulée autour du rapport de Brassens à la littérature, en écho au don récent de Jeanne Corporon. Conférences et concerts mettront en valeur cette dimension, tout en travaillant l’héritage de Brassens, l’actualité musicale et l’accompagnement de jeunes chanteurs partageant la même exigence littéraire et musicale.
Recueilli par Eva Gosselin
Daniel Dezeuze
MUSÉE PAUL VALÉRY
Sète, Hérault Jusqu’au 8 mars
À quelques encablures à peine de sa demeure du Mont Saint-Clair, Daniel Dezeuze se sent comme chez lui au musée voué au grand poète. Ainsi nous invite-t-il à suivre un parcours raisonné d’œuvres récentes, des singulières Peintures qui perlent aux exotiques Mesooamerica et Mayas, Elles permettent de mettre en exergue un certain nombre de clés pour mieux aborder son œuvre. D’abord la forme, toujours originale au regard de ce que l’on attend traditionnellement d’un peintre. Rhombique (en losange), dans la série inaugurale, elle échappe ainsi aux conventions du rectangle et du carré, liés aux genres convenus. Un peu plus loin, ce sont les duos d’échelle qui rappellent le développement que Dezeuze, tout au long de sa carrière, a su donner à la notion de support… Ensuite, l’appel du volume, évident dans les Tableaux-valises, opaques ou transparents, et qui fonctionnent au mieux quand ils sont présentés au sol de manière groupée. Toutefois les œuvres murales ne sont pas en reste. Troisièmement, le matériau, en règle générale récupéré et plus précisément dans le milieu du travail manuel : des clous, lesquels dessinent des signes sur les blasons ; des serre-joints qui maintiennent les bois manufacturés des Janus. Ou encore, des cornières métalliques intégrant la composition des Tableaux-Ecrans. Des stores enfin qui se transforment en Torah. Moins discrètement, des planches de ski sont réquisitionnées afin de confectionner de Grandes calligraphies. On ne peut pas ne pas évoquer l’omniprésence de la couleur : elle décline de manière généreuse et luxuriante, celles de la Forêt profonde dans les grands assemblages horizontaux inspirés par l’Amérique latine. Plus universelles encore,
L’École des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière
MUSÉE FABRE ET MO.CO.
Montpellier, Hérault
Jusqu’au 3 mai
En rendant hommage à l’École des beaux-arts, le MO.CO. et le musée Fabre rappellent qu’elle a participé au rayonnement de notre cité montpelliéraine, définissant son identité. Et que ses locaux furent son premier asile, dès la fin du XVIIIe, en attendant François-Xavier Fabre. Ainsi, cette opération tripartite est amplement justifiée. Si le MO.CO. se veut avant tout rétrospectif, puis prospectif, le musée Fabre mêle les époques et ouvre son patrimoine aux artistes émergents ou « émergés ». Le public découvrira donc le dialogue entre patrimoine et actualité des artistes de demain, tandis que les amoureux du contemporain redécouvriront le riche patrimoine ancestral.
Au MO.CO., trois axes temporels sont convoqués : le premier met en exergue le passé, dès le premier niveau, et la chronologie des directeurs émérites (Charles Matet, Georges Dezeuze ou Camille Descossy), enseignants (Dominique Gauthier) ou étudiants notables, dont certains demeurent familiers par les noms de rue (Ernest Michel, Max Leenhardt, Frédéric Peyson…). Le premier niveau consacre un espace important aux époustouflantes œuvres de jeunesse de Claude Viallat (Bœuf écorché, Scènes de guerre, portraits de famille, nature morte) et à son épouse tout juste disparue, Henriette Pous-Viallat (intérieurs intimistes). Ces tableaux méconnus et inattendus, mais proches des années de formation, voisinent avec eux de Vincent Bioulès (paysage aérien et maritime) ou de Daniel Dezeuze (Retour du Mexique). On rejoint vite les années Supports-Surfaces et les pliures de Saytour, l’apparition de la forme chez Viallat, les avatars du support chez Dezeuze. Le rez-de-chaussée met en exergue les quatre artistes du groupe ABC (sculptures anamorphiques d’Alkema, toiles abstraites d’Azemard, bandes verticales de Bioulès, triptyque mono-tonal de Clément) puis des personnalités marquantes telles que Rouan ou Bernard Frize. On retrouve Supports-Surfaces et les spectaculaires rouleaux de sangles de Saytour, les râteliers à bambous et les instruments de cueillette de Dezeuze, confrontés aux premiers Combas, période Mickey. On imagine le choc des générations. Enfin, le sous-sol propose un riche panel (forcément non exhaustif. Moi-même en ce texte je ne puis citer les 105 artistes recensés). Nous sommes accueillis par une installation sonore de Ganaëlle Maury puis par les vidéos de bivouacs anglais de Grout/Mazéas. Première surprise : des œuvres in situ, telle la fresque murale, entre BD et surréalisme d’Alain Lapierre et Jimmy Richer, un triptyque à quatre mains signé Benchamma et Miquelis, un autre triptyque plus modeste, modulant des cristaux de sulfate de cuivre, de Marie Havel et Clément Philippe. Deuxième surprise ; le brassage des générations puisque aux toiles très colorées de Marc Aurelle ou aux rouleaux percés et dessinés de Caroline Muheim, pas loin de petits tableaux du regretté Joël Renard et d’une photographie pleine de dérision de Joachim Mogarra (à redécouvrir !), se mêlent les velours brossés de Samuel Spone (cf. Boite noire), une fresque murale de Toma Dutter (cf. Iconoscope, avec Benoît Pype, l’homme aux nichoirs d’oiseaux), une toile à grille de Chartier-Poyet (cf. Vasistas) ou les fumées sur bois manifestantes de Pablo Garcia (Al/Ma). Celui-ci, présent au musée Fabre (triptyque néo-pop), se taille la part du lion tout comme Rodolphe Huguet, ses bidons bosselés de terre cuite sur le parvis, ses photos de SDF dans le hall et ses simulacres de cagettes cassées dans la coursive. Espace qu’il partage avec le cyanomètre de Gwendolyne Samidoust et les panonceaux mexicains d’Agnès Fornells.
Le cinéaste Jean-Baptiste Durand n’est pas oublié.
On a pu voir au MO.CO. certaines œuvres actuelles se glisser parmi les « historiques » : la boîte à outils de Marie Havel, une vidéo de Lucas Mancione, des subtils assemblages muraux de François Dezeuze... Le parti pris devient systématique au musée où nous accueillent d’un côté une projection numérique de Michel Martin, de l’autre une volumineuse sphère planétaire, suspendue, de Bruno Peinado (une immense toile tournante au miroir nous avait déjà frappés au MO.CO.), tandis qu’au sol les mains de Geoffrey Badel nous font quantité de signes. Ainsi, des œuvres de jeunesse d’artistes célèbres se mêlent aux collections : Dezeuze, Henriette Pous-Viallat, Soulages ou Toni Grand (copiant Moïse), face à des dessins académiques… Bioulès peignant le domaine de Méric au milieu de paysages de ses aînés (dont Couderc). Parmi les surprises : Un immense tableau, les potes aux bains de Gaétan Vaguelsy, fait face aux Baigneuses de Courbet. Un triptyque sculptural et sonore d’Alba Sagols toise en trois temps de vie un célèbre Ribeira. Ici les travaux préparatoires de Mona Young-eun Kim pour le plafond des Halles Laissac se mêlent aux œuvres d’Ernest Michel, ailleurs entre deux étages, une vidéo ensorcelante de Chloé Viton, précède les cactées artificielles de Nicolas Aguirre cerné de paysages exotiques. Les céramiques de Joëlle Gay se glissent parmi les œuvres majeures de Germaine Richier. Une bataille de Combas s’interpose entre les grands tableaux de la longue galerie des colonnes où nous attend le cheval géant de Sébastien Duranté, tandis que la pionnière Valentine Schlegel fait face aux vitrines de la Réunionnaise Gabrielle Manglou. 105 artistes en tout et beaucoup d’œuvres exhibées pour l’événement. Et bien sûr les éternelles absences à déplorer. Mais rien, ni nul, n’est parfait. BTN
Jean-Charles de Castelbajac. L’imagination au pouvoir
LES ABATTOIRS
MUSÉE-FRAC OCCITANIE TOULOUSE
Au musée de Lodève, l’exposition Anatomie comparée des espèces imaginaires, présentée pour la première fois dans le sud de la France, invite petits et grands à explorer les liens entre science et fiction. Un attachant bébé Marsupilami, Totoro de Miyazaki, des dragons, des sirènes ou encore Wolverine : ces créatures fantastiques trouvent ici une approche inédite, entre paléontologie et biologie évolutive. L’exposition s’amuse à appliquer une démarche scientifique à l’imaginaire, en interrogeant les origines réelles de ces êtres chimériques. Le parcours permet également de découvrir une pièce exceptionnelle issue des collections du musée : un squelette fossile de crocodile vieux de 180 millions d’années, retrouvé dans l’Hérault et présenté aux côtés de dix-neuf squelettes d’animaux réels prêtés par l’Université de Montpellier. Une exposition ludique, à découvrir en famille, entre fiction et science. Tél. 04 67 88 86 10. museedelodeve.fr
Toulouse, Haute-Garonne Jusqu’au 23 août
Les Abattoirs invitent le créateur de mode Jean-Charles de Castelbajac à dévoiler près de 300 œuvres. Des vêtements bien sûr, mais aussi des objets de design, des dessins et des photographies, qui permettent d’explorer les liens et dialogues mutuels entre la mode, l’art et la culture de manière générale. Revenant sur plus de cinquante ans de création, l’exposition met en exergue les ponts tissés entre pop-culture, sacré, art conceptuel et couture. Chez Jean-Charles de Castelbajac, le vêtement est tout autant une parure, une armure qu’un manifeste. L’upcycling, l’accumulation et le collage sont autant de gestes qui entrent en écho avec les grands mouvements de l’histoire de l’art. L’exposition s’organise à travers un parcours thématique et montre un travail de la collaboration, du détournement mais aussi de la rupture avec notre époque et ses enjeux. S’adressant à tous et toutes, elle permet de redécouvrir la mode comme un terrain de jeu et une expression artistique à part entière. Tél. 05 34 51 10 60. lesabattoirs.org
L'art du tissage
Pour aborder au mieux l’œuvre tissée de celui qui se fait appeler Anepou (tel l’Anubis de la mythologie égyptienne), il convient de tirer le fil rouge de ses origines : né en Afrique, ses spécificités et ses couleurs, familier du Moyen-Orient et de ses merveilleuses mosquées, il possède ce que l’on peut appeler la fibre africaine et sans doute quelque peu au-delà.
Ses réalisations frappent ainsi, dès l’abord, par l’impression de luxuriance ou de profusion qui s’en dégage comme si l’artiste restituait dans chacune d’elles les sensations accumulées dès l’enfance et durant toute une vie. Et puisque toute vie a une fin, on notera que l’artiste entend faire de ce terme qui semble inéluctable l’amorce d’un re-commencement. Car les tissus qu’il utilise ont déjà un vécu que leur inclusion dans une pièce nouvelle pérennise. On comprend mieux son identification au dieu égyptien qui préside à la momification des corps. L’œuvre métaphorise ainsi le passage d’un lieu à l’autre, du corps à l’esprit.
Et quitte à parler de mythologie égyptienne rappelons que la déesse Isis réunit et ressuscite les morceaux épars de son frère Osiris.
Elles frappent également par la variété des tissus sollicités en fonction de leur texture et bien évidemment de leur couleur. Anepou les découpe et les reporte sur la pièce nouvelle un peu comme un peintre contemporain accumulerait les dripping ou les masses colorées sur le tableau. Le travail de couture interviendra ensuite. Ainsi le travail manuel est mis en évidence. Il rejoint les pratiques artisanales émanant d’une collectivité diffuse. Sauf que l’artiste s’en fait le porte-parole en l’individualisant. Le travail se fait à plat sur un support, ou sur le plateau de la machine à coudre. Le passage au mur, ou en suspension, lui accorde la grâce d’un redressement. On quitte le manuel pour la sphère contemplative.
ou le souffle venu d’Égypte Anepou
Ce mélange des morceaux de tissus utilisés correspond au métissage des cultures. Il frappe par l’impression de mouvement ou de dynamisme qui s’en dégage, que l’on associe au mode de vie sévissant dans les centres des grandes villes africaines. Cette évidence est à mettre en rapport non seulement avec la multitude des corps en déplacement qui caractérise le mode de vie africain, mais avec la vie tout court, dans sa force foncière. On sait toutefois que toute vie est fragile. On dit qu’elle ne tient qu’à un fil. Les œuvres d’Anepou témoignent de cette fragilité. Elles misent autant sur la transparence de la trame qu’à l’opacité et tendent leur matérialité non seulement sous nos yeux, mais à portée de main. À la diversité des couleurs, les bleus et les rouges en dominante, correspond la diversité des matières : le coton, la soie, les cordes de papier, le lin, les fibres et graines. On est dans une économie des moyens qui confine au recyclage circulaire. La démarche au fond est écologique. Elle est également ouverte sur le monde et non repliée sur une identité. Elle s’exprime à travers des activités que l’histoire de l’art contemporain, du moins occidental, semble en train de redécouvrir et que l’on a plutôt jusque-là associée à l’ancestral artisanat tisserand. Elle s’ouvre également à des pays invisibilisés du point de vue de leur reconnaissance universelle. Elle s’approprie également une activité dite féminine, la couture, et ainsi se joue des exclusions et prétendues normalités. Elle n’a pas de frontières. Et la seule que l’on nous impose, la mort, elle se sent à même, métaphoriquement, de passer outre. Elle s’inscrit donc tout à fait dans ce que l’art contemporain produit en dernier cri. Expression qui relève de la mode, dont Anepou est si proche. D’autant qu’il confectionne des vêtements pour les corps de même qu’il habille les sols de tapis et l’espace de tentures. De paravents, de têtes de lits, de luminaires.Car les œuvres d’Anepou ne sont pas vouées qu’à des espaces d’exposition. Elles sont destinées à cohabiter dans notre espace domestique. C’est sa manière à lui d’insuffler un peu de sa philosophie, partant un peu d’Afrique, à une vie quotidienne qui manque souvent de couleur, de matière rassurante et de formes animées. Anepou ou le souffle venu d’Égypte. BTN Showroom-atelier 2, rue Philippy, Montpellier Tél. 06 72 91 88 52. anepou.com
Anepou
Expositions
Sarah Tritz, Inconscient archaïque
CENTRE D’ART CONTEMPORAIN CHAPELLE SAINT-JACQUES Saint-Gaudens, Haute-Garonne Du 14 février au 13 juin
Il est des artistes qui se sont graduellement inventé un univers bien à elles (eux), de sorte que, visiter l’une de leurs expositions, c’est accéder à un peu de leur intimité. Sarah Tritz fait partie de celles-ci. Elle sollicite la mémoire, le vécu, les sensations et bien évidemment l’imaginaire. Même si l’on peut considérer le dessin, aux crayons de couleurs, comme base de sa prolifique production, elle recourt fréquemment à l’installation d’objets qu’elle déploie dans l’espace. Ils peuvent s’avérer modestes, notamment sur les murs, tout en s’intégrant dans un ensemble de dimension plus volumineuse, lequel frappe par son hétérogénéité. Parfois, au contraire, on y croise des géants. Il s’agit avant tout de présenter des personnages, qui semblent proches du monde de l’enfance : incisés, modelés et bien sûr dessinés, parfois érigés en sculptures ou empruntés à l’univers du spectacle (marionnette, cirque, théâtre…). Les matériaux vont des plus simples, et même pauvres, carton ou emballages alimentaires, pâte à sel, tissus, béton, au buis massif, à la faïence émaillée voire au bronze peint. Encore ce souci de variété. Ne nous y bernons pas toutefois. Les dessins au crayon paraissent spontanés alors qu’ils sont souvent le fruit d’une réflexion et de choix, opérés directement sur le Net. À mieux y regarder, Sarah Tritz emprunte à divers corps de métier, manuels artisanaux ou au spectacle, sans pour autant exalter le monde du travail comme peine et labeur, plutôt pour le tirer du côté du plaisir-passion, de l’enchantement permanent lié à la découverte du monde à travers les yeux d’une enfant. Ses dinos, ses ponettes, ses montres molles, ses camions, ses maisons et ses arbres stylisés marquent la variété de ses thèmes récurrents. On a parlé de bricolage, en se référant à LeviStrauss, à propos de cette artiste qui donne à voir, en dessin et volume, l’expression de sa pensée. Ceci dit, il ne faudrait pas prendre l’artiste pour l’adepte d’un art naïf. Le titre retenu Inconscient archaïque, nous incite à parler sinon d’ironie, du moins de distanciation. L’enfance fascine comme un paradis perdu, mais chacun sait qu’il contient ses angoisses et ses désillusions précoces. C’est le tout qui forme le secret. Il s’agit ainsi davantage d’une réinvention, d’une relecture du monde de l’enfance que de jouer avec l’idée que l’on s’en fait, en général, sans doute trop idéale pour être vraie. Cette expo devrait dialoguer avec l’espace connoté de l’ancienne chapelle et jouer avec les genres traditionnels, notamment le portrait. BTN. Article complet sur lartvues.com Tél. 05 62 00 15 93. lachapelle-saint-jacques.com
Nicolas Daubanes, Sur le fait, par erreur et au hasard
MAISON SALVAN
Labège, Haute-Garonne Du 11 mars au 2 mai
Nicolas Daubanes s’est imposé, ces dernières années, comme l’un des artistes-phare de la région et bien au-delà. Exposition personnelle au musée de Céret, Les Abattoirs, Le LAC, le CACN, résidence à la Villa Médicis à Rome, Biennale de Lyon, Invalides, Panthéon, Palais de Tokyo… La Maison Salvan ne s’y est pas trompée, qui l’invite 13 ans après une première intervention, pour fêter ses vingt années d’existence. Sur le fait, par erreur et au hasard, ce sont trois des modes d’appréhension de l’acte de création tel que le conçoit cet artiste d’origine perpignanaise. L’accident en fait partie et enrichit l’expérience. On s’en apercevra en considérant ses pratiques photographiques récentes qui stabilisent des étincelles produites à la meuleuse et les figent dans l’espace et le temps. Mais Nicolas Daubanes, c’est avant tout ce travail sur la limaille de fer aimanté qui aboutit à ses sombres dessins inspirés surtout de l’univers carcéral ou de façades prestigieuses, marquées par l’exercice du pouvoir et, souvent, ses prestiges. L’œuvre de Daubanes est hantée par des lieux emblématiques de la coercition que celui-là ne manque pas d’exercer. Ce sont ces lieux qu’il donne à voir. Et ce n’est pas par hasard si l’on retrouve en la Maison Salvan un personnage aussi contraint que Galilée, l’homme qui taisait l’indubitable vérité (« Et pourtant elle tourne ! ») afin d’éviter l’enfermement, la surveillance ou la punition, pour paraphraser Foucault. Ou l’écrivaine italienne Goliarda Sapienza, laquelle a lutté contre le fascisme, transgressé tous les tabous et a tâté tant de la prison (où elle découvert paradoxalement L’art de la joie), de l’hôpital psychiatrique ou du couvent par héroïne interposée. La limaille renvoie aux barreaux de prison et au monde industriel ayant fomenté le système dans lequel nous vivons. Le béton est un autre matériau du même acabit. Il permit à des prisonniers de faire acte de résistance en y mêlant du sucre pour le fragiliser et lutter ainsi contre l’oppression nazie. C’est ce Sabotage que la Maison Salvan avait présenté il y a 13 ans. Nicolas Daubanes s’est essayé, à la Villa Médicis romaine, à des expériences sous forme de photographies, qu’il fera alterner avec des œuvres que l’on peut qualifier, dans sa production, d’historiques. Une porte et son œillet surveillant réduite en poussière comme propice à l’évasion. Ou la lumière de l’espoir dans un lieu dont ce n’est sans doute pas la mission majeure. La prison est également métaphorique pour lui. Sans nous en rendre compte, nous vivons en prison. L’art, un moyen d’en, de s’en, sortir ? BTN Tél. 05 62 24 86 55. maison-salvan.fr
Du 21 mars au 14 juin
!) Jean-Charles Massera, lequel s’adonne également à une recherche artistique très prolifique composée de vidéos, de photos, de dessins numériques et de panneaux publicitaires (Québec) détournés de leur fonction. On se souvient de son (une femme au maquillage, un couple de dos pieds nus face à un paysage . Pour Albi, il , film réalisé avec la complicité d’apprentis ? La résistance face à un système mondialisé qui broie les actions et pensées des individus, acculés à la fuite notamment ? Vers la ? Un voyage dans le temps à la recherche de moyens de modifier les consciences afin que chaque (Ad naturem ratio), on pourra découvrir les subtiles séries de photos mettant en scène une fillette (… l’avenir) face à des voitures de course, miniatures (la voiture symbolise la puissance entre autres, l’aliénation aussi). Ou des impressions sur Dibond représentant des êtres hybrides, mi-hommes mi-équidés, ou mi-belles mi-bêtes, illustrant la pensée ? Les dessins vectoriels, s’avèrent simples, directs, satiriques et porteurs de messages d’une redoutable efficacité, à partir desquels méditer. Car l’art n’est pas seulement un outil de distraction. Il sollicite aussi le mental. Le titre de l’expo semble de prime abord énigmatique Après, on peut aussi se dire que…, sauf si l’on considère qu’il signifie la place accordée au visiteur, que l’on souhaite tout sauf passive, suite à sa confrontation à une œuvre qui se veut déclencheur (se) de réflexion. Car la question que l’artiste pose est la plus large que l’on puisse imaginer : l’avenir du monde. Vaste programme.
Avec ses aquarelles, encres et dessins sur papier, Carita Savolainen invite à éprouver le paysage de l’intérieur plutôt qu’à le contempler à distance. Ses séries ne représentent pas la nature : elles en traduisent la sensation, l’humidité de l’air, la brume, le souffle du vent, la porosité entre le corps et l’espace. Formats carrés ou panoramiques ouvrent une traversée sensible, guidée par des courbes et des gestes tantôt amples, tantôt minutieux. L’artiste mêle traces liquides, squelettes végétaux et surfaces diaphanes pour évoquer un monde fragile, traversé par l’absence et la mutation. Photographies et dessins dialoguent ainsi dans une méditation vibratoire sur la biodiversité menacée, où le regardeur est convié à s’immerger plutôt qu’à observer. Tél. 04 68 40 43 13. portlanouvelle.fr
Félix Vincent
CHÂTEAU L’HOSPITALET
Narbonne, Aude
Du 2 février au 3 mai
Fort de plus de cent œuvres présentes dans des collections privées et muséales à travers le monde, Félix Vincent présente une exposition rétrospective au Château l’Hospitalet, en partenariat avec Art Conseil Invest. Une trentaine de pièces issues de sa période d’Art naïf côtoient des abstractions réalisées en 2012 ainsi que des œuvres figuratives récentes, hommage sensible aux paysages des Corbières. L’artiste y déploie un regard poétique sur une nature vibrante, traversée par la lumière, le mouvement et des couleurs éclatantes. Instants de contemplation, joie picturale et lien intime avec le territoire composent ce parcours où s’exprime la rencontre entre un créateur et une terre qui l’inspire profondément.
Tél. 06 50 22 01 92.
Narbonne is beautiful, Mr Brainwash
CHAPELLE DES PÉNITENTS-BLEUS
Narbonne, Aude Jusqu'au 24 mai
Honneur à l’une des figures emblématiques et provocatrices du street art, Mr Brainwash. À travers Narbonne is Beautiful, le célèbre graffeur français montre une trentaine d’œuvres provenant du musée, le Brainwash Art Museum, situé à Beverly Hills en Californie et inauguré en 2022. De son vrai nom Thierry Guetta, cet artiste a su se démarquer par son style unique et inimitable. En effet, Mr Brainwash, via ses graffitis, mêle l’iconographie de la culture populaire à l’histoire de l’art. Il détourne ainsi les pochoirs noirs de Bansky, les collages d’Obey, les Marilyn de Warhol… puis les sature de couleurs et de messages positifs. Le graffeur engagé présente à Narbonne une sculpture grand format, Vandalized ride, ou encore une Fiat entièrement taguée. Une exposition impressionnante, qui plaira à toute la famille.
Tél. 04 68 90 30 30. narbonne.fr
Agata Ingarden,
Au grand jour / In broad Moonlight COLLECTION LAMBERT
Avignon, Vaucluse
Du 1er février au 3 mai
Déjà repérée au MO.CO. Panacée, la Franco-Polonaise Agata Ingarden démarre l’année avec une double exposition, l’une au centre d’art contemporain Triangle-Astérides de Marseille, l’autre à la Collection Lambert d’Avignon pour sa première monographie institutionnelle en France. Son travail procède essentiellement par installation et sollicite ainsi la sculpture que l’on peut qualifier d’hybride puisque la jeune artiste mêle des éléments technologiques (prothèse, ascenseurs, caméra de surveillance domestique, panneaux solaires) à des allusions au vivant (fragments de corps humains, notamment vertèbres, référence à des champignons, aide indirecte de la mer qui roule). On peut y ajouter l’architecture puisqu’il est fréquent d’y trouver du verre et de l’acier, à l’instar de ses maisons de la série Hermits d’un côté, ou des ascenseurs récupérés qui seront présentés dans la spacieuse salle en L de l’hôtel Montfaucon. Ces derniers s’accommodent de la présence de bras articulés en branche et fil de cuivre, de tringles et vis, de cordes d’instruments de musique, comme pour donner un peu de poésie à des matériaux et objets sur-connotés. Ils sont allégés de leur activité fonctionnelle, réduits à l’immobilité au point que des champignons de vis semblent y pousser. Si les ascenseurs frappent par leur dimension sur-corporelle, les petites maisons de pierre invitent à aller y voir de plus près afin d’en partager la lumineuse intimité. Des stores de bureau les prolongent vers le bas, telles de fragiles fondations, à moins qu’elles ne suggèrent les vagues ayant modelé les pierres ramassées. Des peintures, sur cuivre également, montrent comment l’association de mixtures, d’oxydations et d’éléments disparates peuvent aboutir à des compositions visuellement abouties. Il s’agit d’un parcours tentaculaire d’une chambre à l’autre, en images, à travers la matière cuivrée. Des maisons de rêve, selon l’artiste. Le corps est omniprésent même s’il brille par son absence ou sa réduction métonymique à la vertèbre de bronze qui vient quelque peu habiter le métal galvanisé. Celui pourtant de notre vie quotidienne et moderne face auxquelles on a bien envie de jouer les bernard-l’hermite dans les maisons que propose cette jeune artiste trentenaire et qui font penser aux monastères grecs, les Météores et leurs pitons rocheux. BTN Tél. 04 90 16 56 23. collectionlambert.com
Lumières et couleurs : un voyage immersif
CENTRE D’ART CONTEMPORAIN
Carcassonne, Aude Jusqu’au 29 mars
L’exposition Lumières et couleurs : un voyage immersif propose une traversée sensible au cœur des perceptions, où la lumière et la couleur deviennent matières premières de l’expérience artistique. Réunissant des créateurs venus d’horizons variés – de la sculpture cinétique à la photographie, du textile à la vidéo – le parcours privilégie l’émotion plutôt qu’un discours imposé, invitant chacun à projeter ses propres souvenirs et sensations. En redonnant à la lumière sa force originelle, l’exposition rappelle que regarder engage autant le corps que l’esprit. Elle se déploie comme une exploration contemplative du monde, où éclats chromatiques, mouvements suspendus et jeux de perceptions ouvrent un espace de réflexion intime et poétique sur notre rapport au temps, à l’espace et au visible. Tél. 04 68 77 73 96. carcassonne.org
Ode à la femme
MAISON DES MÉMOIRES
Carcassonne, Aude Du 13 mars au 9 mai
Avec Ode à la femme, la sculptrice Éliette Chalet célèbre le corps féminin à travers une pratique du modelage entièrement manuelle, héritée de son parcours entre peinture et travail sur modèle vivant. Argile chamottée, terre cuite, enfumage, raku ou patines successives composent un processus exigeant où chaque pièce devient unique. Inspirée par la lumière glissant sur les courbes, l’artiste façonne bustes et silhouettes dans un élan spontané, retirant le superflu pour faire surgir le mouvement, l’équilibre et l’émotion. Entre réalisme et abstraction, ses figures expriment une vitalité intérieure et une quête d’harmonie, faisant de la matière brute un vecteur sensible capable de toucher profondément le regardeur. aude.fr
Salon de
la gravure
CHAPELLE DES PÉNITENTS ET GRAND HALL
Nant, Aveyron Du 8 au 10 mai
Pour sa 8ᵉ édition, le Salon de la Gravure et de la Micro-édition de Nant rend hommage à André Stengele, artiste bruxellois installé de longue date en Aveyron, figure engagée de la transmission et de la pratique de l’estampe. À la Chapelle des Pénitents, le public découvre Recommande-moi à la Nuit, ultime livre d’artiste associant ses bois gravés à un poème de Jean-Yves Tayac, ainsi qu’une présentation issue de collections privées mêlant œuvres, archives et documents sonores. Au Grand Hall, un collectif d’artistes graveurs et éditeurs accompagne cet hommage, tandis qu’au Petit Hall, une sélection de l’Artothèque de Millau dialogue avec la genèse de ce livre testamentaire, entre mémoire et création partagée. salondelagravure-nant.jimdofree.com
Picasso, l’art en mouvement
Frida Kahlo, en plein cœur
CARRIÈRES DES LUMIÈRES
Les Baux-de-Provence
Bouches-du-Rhône Dès le 13 février
Les Carrières des Lumières proposent une nouvelle création immersive consacrée à Pablo Picasso, pensée spécifiquement pour l’architecture monumentale et la minéralité du site. Images géantes, couleurs et musiques enveloppent les parois calcaires pour offrir une traversée de l’œuvre de l’artiste cubiste, fondée sur plus de 450 projections mêlant peintures, dessins, archives et vidéos. Le parcours embrasse les multiples facettes de l’artiste, de la gravure à la sculpture, des papiers collés à la céramique, et retrace son itinéraire de l’Espagne à la France. Des cabarets parisiens aux arènes, des Demoiselles d’Avignon à Guernica, se déploie une galerie de figures, musiciens, acrobates, muses, qui glissent vers un univers surréaliste.Pensée comme un voyage émotionnel rythmé par la musique, cette expérience numérique renouvelle la rencontre avec l’un des fondateurs de l’art moderne.
En contrepoint, un programme court est dédié à Frida Kahlo, dont les projections monumentales explorent identité, douleur et passion, offrant un dialogue intense entre deux figures majeures du XXᵉ siècle. carrieres-lumieres.com
Gustave Fayet et ses jardins imaginaires
ABBAYE SAINT-ANDRÉ
Villeneuve-lès-Avignon
Gard Du 1ᵉʳ mars au 2 août
Après l’exposition Gustave Fayet en Provence, l’abbaye Saint-André invite à découvrir Gustave Fayet et ses jardins imaginaires. Ce second volet, qui dévoilera un autre pan de la production artistique du peintre, collectionneur, bibliophile, décorateur et viticulteur, s’inscrit dans le cadre de la Saison du centenaire Gustave Fayet initiée en 2025 organisée à l’occasion des cent ans de sa disparition (1865-1925). Un nouveau temps fort qui propose une lecture inédite de l’œuvre de l’artiste, en suivant les chemins de ses jardins réels et imaginaires. Le point d’orgue sera la rétrospective consacrée à Gustave Fayet en tant que collectionneur d’art moderne et créateur dans le domaine des arts décoratifs, à la Fondation Louis Vuitton à l’automne 2026.
Tél. 04 90 25 55 95. abbayesaintandre.fr
Yves Gallard
LE SPOT
Nîmes, Gard Jusqu’au 18 avril
Le Spot présente Spectre du visible, exposition d’Yves Gallard réunissant peintures murales et travaux d’atelier qui interrogent la couleur comme expérience perceptive. L’artiste y explore reflets, ombres et vibrations chromatiques pour créer des surfaces sensibles au déplacement du regard. Issu du graffiti, Gallard a progressivement orienté sa pratique vers une abstraction géométrique nourrie d’outils d’architecte, mêlant précision, transparences et superpositions tout en conservant une part intuitive. Installé à Bruxelles, il développe aussi des projets collectifs dans l’espace public avec le groupe Les Frères Poulet. Cette exposition prolonge ses recherches sur la répétition et la vibration des teintes, invitant le visiteur à éprouver physiquement la lumière et l’espace.
Tél. 04 66 36 85 64. lespotnimes.com
Terres d’encre, entre le ciel et l’eau
ATELIER GRANDEUR NATURE
Nîmes, Gard Du 6 au 27 février
Vouloir peindre la suggestion mystérieuse et vibrante plutôt que le sujet… Et, d’un coup, sans retour, ni le moindre espoir de correction, jeter l’encre sur le papier chinois (ou le Washi japonais) d’un geste pur qui éclaire le dialogue infini de l’ombre et de la lumière. Le travail de Mathéa Ponge célèbre en mille variations les noces du noir profond et du blanc flottant… Nous voilà embarqués entre les nuages et les escarpements de la montagne, entre le ciel léger et les vagues d’encre de la mer, entre le vide et le plein si chers à cette grande amatrice d’art d’Extrême-Orient, de peinture Chan (dite zen) ou Sumi-e (peinture à l’encre en japonais) …
autour de l’ultime livre d’artiste «Recommande-moi à la nuit» exposition artistique : estampes, gravures, images/papiers, livres d’artistes exposition collections privées et témoignages avec la participation de Jean-Yves Tayac, écrivain
10h > 12h30 · 13h30 > 19h dimanche 10
10h > 12h30 · 13h30 > 18h
8 · 9 · 10 MAI 26 vernissage vendredi 8 à 18h vendredi 8 à partir de 17h samedi 9
Vincent Dezeuze parrain permanent
Bravo, Felipe Romero Beltran
Disco, Vivian Suter
CARRÉ D’ART
Nîmes, Gard Jusqu’au 29 mars
Après le Brésil, Carré d’art se met à l’heure sud-américaine puisque Vivian Suter, née en Argentine vers le milieu du siècle dernier, travaille dans son atelier guatémaltèque et que le photographe Romero Beltran nous vient de Colombie. Vivian Suter recourt à la toile libre dans tous ses états, qu’elle expose sciemment aux agressions du vent ou intempéries, à la terre et à la boue, aux pattes de son chien (le fameux Disco, premier assistant de l’artiste), aux brindilles et insectes, bref à tout ce que normalement un artiste soigneux exclut de son champ d’action. L’œuvre devient ainsi quelque peu hybride et inclut son environnement de création. Elles sont toutes différentes et témoignent de la richesse du réel dont elles émanent. Des œuvres de sa maman Elisabeth Wild seront également exposées. F. Romero Beltran s’exprime par la photo que l’on dit documentaire. Un peu aussi par la vidéo. Tout tourne autour du Rio Bravo, fleuve et frontière entre Mexique et États-Unis, qui incarne cette réalité à laquelle bon nombre d’individus se trouvent confrontés, sauf qu’au réel géographique se mêlent le politique et les décisions humaines. Carré d’art s’ouvre à cette cause migratoire qui nous renvoie à nos valeurs, nos exclusions, nos privilèges… BTN Texte complet sur lartvues.com Tél. 04 66 76 35 70. carreartmusee.com
Arthur Yang
LA GALERIE ÉLECTRIQUE
Montpellier, Hérault
Exquise autopsie
CHAPELLE DU QUARTIER-HAUT
Sète, Hérault Du 14 février au 15 mars
Pensée comme une exposition à deux voix, Exquise Autopsie explore le corps dans ses dimensions physiques, mentales et symboliques. Le parcours transforme l’architecture en organisme monumental que le visiteur traverse à la manière d’un cadavre exquis, du viscéral à la pensée. Les sculptures-fontaines de Pauline PagèsLloberas évoquent la circulation des fluides, les tensions de la matière et des formes héritées de l’histoire (gargouilles, jarres, amphores) conçues comme des archives vivantes. Sarah Guiraudon, fondatrice du mouvement Dépressionniste, interroge quant à elle la psyché, les failles intérieures et l’introspection, mêlant peinture, poésie, encre et sculpture pour traduire l’ombre et l’émotion brute. Entre espace spirituel et chair sensible, l’exposition propose une autopsie artistique du corps comme lieu de mémoire, de métamorphose et de résonance entre visible et invisible Tél. 04 99 02 87 62. sete.fr
Jusqu’au 29 mars
Artiste contemporain international, Arthur Yang construit depuis plusieurs décennies une œuvre marquée par la spontanéité, la couleur et l’improvisation. Formé entre Erevan et Moscou avant de s’installer à Paris, il a développé un langage pictural personnel fondé sur le geste, l’énergie chromatique et la frontière poreuse entre abstraction et figuration. Performances, séries de peintures, recherches sur le format, sculptures ou expérimentations collectives nourrissent un parcours placé sous le signe de la liberté et du dialogue entre les arts. Ses travaux figurent aujourd’hui dans de nombreuses collections à travers le monde. Pour cette présentation, Arthur Yang a choisi La Galerie électrique et ses 250 m² afin de déployer un large panorama de sa création et de partager avec le public les multiples facettes de son univers artistique. lagalerieelectrique.fr
Patrick Danion-spasp,
50 ans de peinture
CELLIER DES CHANOINES
Lodève, Hérault Du 4 avril au 7 juin
Cette rétrospective consacrée à Patrick Danion retrace cinquante ans d’une création foisonnante et polymorphe. Né en 1950 à Paris, l’artiste a exploré sans relâche peinture, gravure, photographie, vidéo ou écriture, passant définitivement à l’acrylique au début des années 1990. Connu localement pour ses toiles très en relief des années 2000, saturées de couleurs et de matière, il révèle ici des œuvres plus anciennes ou inédites qui soulignent son goût pour l’expérimentation et la diversité des supports. Autour de cette présentation centrale, plusieurs lieux culturels de la ville prolongent le parcours à partir de la mi-mars : séries picturales Effigies et Fauteuils, portraits photographiques en clair-obscur, œuvres cinétiques sous plexiglas. Un véritable circuit urbain qui permet d’appréhender toutes les facettes d’un créateur imprévisible, toujours en quête de nouvelles formes et d’intensités chromatiques. lodevoisetlarzac.fr
Événement
OUVERTURE DE MILLE FORMES À MONTPELLIER
Centre d'initiation à l'art pour les 0-6 ans
Conversation avec Lydie Marchi
"La découverte artistique est un moyen de cultiver le lien parent-enfant"
Centre d’art entièrement dédié aux 0–6 ans, mille formes a ouvert ses portes le 6 février à Montpellier avec une ambition claire : initier les toutpetits à la création contemporaine en associant étroitement artistes, enfants et parents. Espaces conçus à hauteur d’enfant, partenariat avec le Centre Pompidou, programmation inaugurale et actions autour de la parentalité : Lydie Marchi détaille les fondements d’un projet inédit dans le paysage culturel local.
À qui s’adresse mille formes et quelle est sa philosophie ?
mille formes est un centre d’initiation à l’art pour les 0 à 6 ans. On y retrouve les missions d’un centre d’art — soutien à la création, diffusion, éducation artistique et culturelle — adaptées à cette tranche d’âge. Les propositions sont imaginées par des artistes pour les tout-petits, par le jeu, la manipulation, le faire et le défaire. L’enfant devient souvent co-auteur de l’œuvre. Les enfants sont toujours accompagnés d’adultes, et nous cherchons à cultiver une relation parent-enfant plus horizontale, fondée sur la découverte conjointe.
Les espaces ont été spécialement conçus pour ce jeune public. Comment ont-ils été pensés ?
Quinze enfants d’un centre de loisirs ont même renommé les lieux, tant la scénographie a été pensée avec eux en tête. Nous avons travaillé avec Sarah Deguy, plasticienne et architecte, sur la transformation d’un bâtiment existant conçu par Ricardo Bofill. Il y avait des contraintes fortes, notamment de grands poteaux, et Sarah est partie du jeu et de la couleur, avec un geste très marqué et des matériaux adaptés à la petite enfance, comme un sol souple. J’ai vraiment la sensation que l’on entre dans une œuvre d’art totale, capable d’accueillir différents projets dans plusieurs espaces.
Quels sont ces espaces et comment fonctionnent-ils au quotidien ?
mille formes s’inscrit dans un partenariat avec le Centre Pompidou. Quel rôle a-t-il joué ?
Le Centre Pompidou nous a accompagnés dans la rédaction du projet, l’ingénierie et la formation des équipes de la Ville pendant trois ans, et ce travail continue. Nous bénéficions aussi de prêts de dispositifs artistiques. Le hors-les-murs, mené depuis trois ans, nous a permis d’expérimenter et d’adapter certaines choses, notamment en intégrant des créneaux pour des adultes souhaitant visiter seuls. Montpellier possède déjà une tradition forte autour de la petite enfance : le modèle ne peut pas être calqué sur celui de Clermont-Ferrand.
Quelle sera la programmation pour l’ouverture ?
Quatre expositions sont prévues, dont une autour de dessins d’enfants avec Nathalie Trovato, en écho à une donation récente au Centre Pompidou. Pour les 0–2 ans, Stéphanie Laleuw propose Happy Pop, une forêt textile immersive, avec des visites accompagnées par des médiateurs mêlant contes, comptines ou musique. Dans l’atelier, Damien Poulain proposera un grand jeu de construction totémique. Une autre proposition s’inspire du cirque de Calder, avec des photographies de Nancy Wilson-Pajic issues du FRAC Montpellier et des sérigraphies conservées au musée Fabre.
Quels rendez-vous et actions autour de la parentalité accompagneront ces projets ?
1, place Paul Bec à Montpellier montpellier.fr
L’accueil, « Bonjour », ouvre sur plusieurs zones : le Café Miam Miam, dédié à la parentalité, un atelier appelé la Formilière, puis à l’étage une cabane de lecture, un sas émotionnel et la galerie des 2–6 ans, le Mimule, où des groupes d’enfants sélectionnent des œuvres issues de collections publiques et réalisent des cartels vocaux. Il existe aussi une Bulle aux bébés pour les 0–2 ans, un espace allaitement et une salle de spectacle, la Boîte bleue nuit, dont le nom a été inventé avec les enfants.
Des formats réguliers sont imaginés : ateliers de cirque avec la compagnie Balthazar, temps de lecture, chants prénataux, projections suivies de déambulations lumineuses pendant les vacances, spectacles au printemps et en été. Les scolaires, crèches, centres de loisirs et assistants maternels sont également concernés, avec déjà de nombreuses demandes. Tout ce que nous faisons est lié à la relation parent-enfant : la découverte artistique est un moyen de cultiver ce lien autrement. Des cycles de rencontres seront aussi proposés au Café Miam Miam, autour de questions concrètes du quotidien.
Recueilli par Eva Gosselin
Balade artistique en Méditerranée
Sète et alentours
Hérault
Sète, qui compte moins de 50 000 habitants, s’est acquis une réputation artistique que peuvent lui envier bien des métropoles plus ambitieuses. Cette balade parmi des œuvres pérennes en est une preuve nouvelle, qui irradie toutefois vers l’agglomération, de Mireval à Marseillan et de Villeveyrac à Frontignan. L’étang de Thau en est l’épicentre, ainsi que le prouvent les quatre itinéraires proposés : Les versants de Thau (avec en particulier un « parcours dans le parcours » que nous fait effectuer André Cervera dans son village de Poussan en sept bronzes plats inspirés de la culture vernaculaire), Les étangs (l’observatoire à oiseaux, blanc, sur pilotis, qu’a conçu Eve Laroche-Joubert, à Vic-La-Gardiole), Les rivages de Thau (la sculpture antique a inspiré Elisa Fantozzi pour son ensemble en résine et marbre, Psyché et le gladiateur, l’âme féminine et le corps masculin, dans le parc Sévigné de Balaruc-les-Bains), Sète enfin, son Mont Saint-Clair (l’Octo en bronze de Johan Creten, une raie géante qui peut faire penser à un oiseau marin délavé par les éléments et tempêtes, ou les drôles de Bears Kenpis, de Fabrice Hyber, place Aristide Briand). Quatorze communes sont sollicitées dont certaines bénéficient d’un patrimoine exceptionnel : l’abbaye de Valmagne à Villeveyrac (Robert Combas doit ériger dans le village L’Homme à tête de branches, en bronze), le Château de Girard à Mèze (où nous attendent six grandes feuilles en bronze de Bob Verschueren tandis qu’Elise Morin a érigé son Dédale de roches près de la plage déserte), la villa gallo-romaine de Loupian (près de laquelle découvrir le Bosquet enchanté, toujours en bronze, de François Liguori), ou encore le moulin de Montbazin (où l’argentin Pedro Marzorati a installé ses modules O’assis, en jouant sur les mots). Certains ont privilégié l’insertion dans un environnement spécifique (l’Ombrière en acier de Jean Denant, à la fois arborescente et cadastrée, sur la Gardiole, à Gigean, et qui fait office de belvédère). D’autres ont puisé dans les spécificités locales (Ostraria, les colonnes d’huîtres chromées sur barres de palétuvier, de Maxime Lhermet, au bord de l’étang à Marseillan). D’aucuns recourent à la figure allégorique, telle Françoise Pétrovitch et sa femme à l’oiseau, dans le parc Simone Veil à Sète. Agnès Rosse ajoute à ce panel sa touche d’humour avec ses Curieuses et curieux en argile qui nous observent du toit, au Centre culturel de Mireval. Ces œuvres permettront à un nombreux public de résidents ou de touristes de découvrir incidemment divers aspects de la création contemporaine, plus particulièrement l’identité sétoise. BTN Article complet sur lartvues.com archipel-thau.com
L’esprit de l’atelier
MO.CO. PANACÉE
Montpellier, Hérault
Jusqu’au 3 mai
La Panacée demeure dans le domaine des beaux-arts (en écho au MO.CO.) puisqu’elle invite seize artistes formés à ceux de Paris par Djamel Tatah néo-montpelliérain émérite, récent invité du musée Fabre. L’esprit de l’atelier nous permet de vérifier la bonne santé de la peinture, majoritairement figurative en France. La bataille autour de son retour semble gagnée, du moins temporairement, comme celle des savoir-faire réhabilités autour de la tapisserie ou de la céramique. Les artistes sont jeunes et les beaux-arts de Paris pérennisent le caractère cosmopolite des différentes écoles qui s’y sont succédé : Djabril Boukhenaïssi ouvre la voie et donne le ton, lui qui semble peindre avec légèreté et transparence son univers familier et ses souvenirs intimes dans une atmosphère à la Redon. Lui succède, Mathilde Denize qui surprend par ses deux hautes sculptures sur céramique où le vêtement se fait armure tandis que ses peintures font la part belle à la figure du cercle, dynamique et dansant. L’énigme picturale demeure dans les Jardins secrets de Clémence Gbonon qui joue avec ferveur sur l’effacement et la révélation, un peu comme dans nos rêves au réveil où certains objets se maintiennent. L’Algérien Bilal Hamdad puise dans la réalité quotidienne du monde contemporain quand il peint les terrasses de cafés urbains, ou dans la grande peinture dans ses séries inspirées d’Ophélie sur fond sombre. Pierre Pauze présente une installation de smartphones géants, sur fond de fresque, recourt à des images bricolées au montage ou grâce à l’IA dans une volonté de créer la surprise, sans doute aussi l’amusement et la distanciation critique. Blaise Schwartz perturbe nos repères en décalant des portraits d’animaux ou en réduisant les paysages à des miniatures accumulées. Léo Dorfner voue un intérêt évident aux images qu’il collecte et répertorie dans des compositions soignées. Dans les coursives, Kenia Almaraz Murillo nous vient de Bolivie et pratique le tissage matriarcal, Tristan Chevillard met en exergue les enseignes lumineuses sollicitant les animaux fabuleux de notre territoire. La Sri-Lankaise Nina Jayasuriya dépose des seaux de terre cuite et des pièces à vœux qui s’oxydent. Elle travaille la céramique et fait aussi intervenir des colliers de gélules qui nous rappellent que nous sommes dans une ancienne école de pharmacie. Dans la grande salle : Zélie Nguyen se démarque nettement du minimalisme en peinture et fait penser à des enluminures médiévales, quelque peu oniriques et fraîchement naïves. David Mbuyi est congolais et pratique une peinture qui nous rend proches à notre tour des personnes qu’il affectionne et qu’il place dans un environnement naturel… Fabien Conti, d’origine franco-martiniquaise, propose sa vision singulière de la nature, notamment des Herbes, les arbres ou des grands paysages, avec un soleil enflammé. Dora Jeridi revisite brillamment et en grand format, en le rajeunissant le Guernica de Picasso dans une débauche d’énergie qui lui vient sans doute de sa vie new-yorkaise. Elle aussi révèle en effaçant. Les toiles de Raphaëlle Benzimra sont saturées de références et de figures, à la boxe, au Paradis Perdu de Milton, à l’enfer et à sa symbolique. Elles peuvent rappeler l’art moderne des années 20. Et pour finir, Rayan Yasmineh cherche à combiner Orient et Occident, modernité et tradition dans des portraits majestueux ou des scènes grouillantes. Il suffit de regarder les toiles dépouillées de Djamel Tatah (il en est une dès l’entrée) pour réaliser que son influence n’est guère écrasante, que les élèves se démarquent du chef d’atelier et que chaque artiste a su développer sa propre singularité. BTN Tél. 04 99 58 28 09. moco.art
La Supers Expo
ESPACE LOUIS FEUILLADE
Claudie Sauvan
LE KIASMA
Castelnau-lez-Lez Hérault Jusqu'au 27 février
Cette rétrospective consacrée à Claudie Sauvan, figure locale dont l’œuvre n’a cessé d’évoluer durant plus d’un demi-siècle, retrace cinq grandes périodes de l’artiste.
Des Lagunes figuratives inspirées par Carnon et Venise aux Tissages abstraits mêlant laine, corde et coquillages, où la matière devient presque sculpturale.
Les Bâches colorées témoignent ensuite de son intérêt pour Supports-Surfaces et la toile libérée du châssis, tandis que les Collages, nourris de papiers récupérés, expriment une dimension plus intérieure et spirituelle. Enfin, les Cages transforment restes d’animaux peints en installations troublantes. Une œuvre saluée pour son attention aux matériaux et sa sensualité tactile, comme l’a souligné Vincent Bioulès lors du vernissage.
castelnau-le-lez.fr
Lunel, Hérault Jusqu'au 21 mars
À travers une centaine de planches et de dessins originaux, le travail du dessinateur Dawid invite petits et grands à plonger dans un univers foisonnant et narratif. Derrière ce pseudonyme se cache David Cathelin, passionné de bande dessinée depuis l’enfance, qui remplissait déjà ses cahiers d’écolier d’histoires et d’aventures avant de faire des bulles son métier. L’exposition met particulièrement en lumière Supers, la série jeunesse qui l’a révélé, mais aussi des originaux du roman graphique Les cheveux d’Edith, de la série muette Les Mômes et de créations plus personnelles, révélant toute l’étendue de son talent.
Tél. 04 67 87 83 00. lunel.com
Peau d’âme
CARRÉ D’ART LOUIS-JEANJEAN
Mèze, Hérault Du 14 février au 5 mars À l’occasion de sa première exposition en solo, l’artiste peintre Nathalie Haggiag livre quelques-uns de ses secrets. « Dans la toile, prenez une attente. Ajoutez une perte, un drame. Mettez-y un soupçon de suspense, saupoudrez d’un regard tendre, d’une pincée de larme et d’une bonne dose d’envie d’embrasser. Mélangez le tout avec maladresse mais conviction, et parfois, quelque chose de bizarre apparaît ou disparaît comme un souffle sulfureux figé dans la pierre ». Une exposition qui s’inscrit dans l’itinéraire culturel « Des femmes des des arts », dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.
Tél. 04 67 18 30 30. ville-meze.fr
Vivre la guerre en Hérault (1939-1945)
DOMAINE DÉPARTEMENTAL DE PIERRESVIVES
Montpellier, Hérault Jusqu’au 9 mai
À l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Domaine départemental de Pierresvives consacre une grande exposition à la vie quotidienne dans l’Hérault entre 1939 et 1945. Elle s’appuie sur les fonds des Archives départementales ainsi que sur de nombreux prêts régionaux et nationaux. Le parcours aborde le conflit à hauteur d’habitants : départ des prisonniers, exode, occupation allemande, rafles, propagande, rationnement ou marché noir. Organisée en quatre volets — Sauver ?, (Sur)Vivre, Collaborer vs. Résister, Reconstruire — l’exposition montre les dilemmes ordinaires, les fractures du territoire et les transformations de l’aprèsguerre, jusqu’au retour des prisonniers et aux premiers élans de solidarité. Une riche programmation accompagne la visite : visites guidées et contées, audioguides, projections d’archives, rencontres, conférences, atelier olfactif ou encore le serious game Opération Hérault libre Pierresvives proposera également une présentation rare de films amateurs tournés lors de la Libération en août 1944. Tél. 04 67 67 30 00. pierresvives.herault.fr
Nouvelle galerie
GALLERY 1951
Béziers, Hérault
Installée au cœur de Béziers (14 rue des Anciens Combattants), la Gallery 1951 ouvre un nouveau chapitre de la vie artistique locale en revendiquant un positionnement ouvert et accessible. À l’origine du projet, Laure Deogracias, entrepreneuse biterroise revenue investir sa ville natale après un parcours international. « La galerie porte le nom de 1951, l’année de naissance de son père. Il y a une vraie connotation émotionnelle », confie Mathieu Bassez, artiste et directeur du lieu.
Pensée comme un espace de rencontres autant que de découvertes, la galerie refuse toute ligne esthétique figée. « Nous n’avons pas de spécialité spécifique. Ce qui compte pour nous, c’est que ça touche le cœur des gens », affirme-t-il, revendiquant une programmation volontairement éclectique. Peinture, sculpture, mosaïque, installations ou design s’y côtoient. « Nous présentons du pop art, des mosaïques traditionnelles italiennes, de l’art spirituel… une diversité très large d’artistes », poursuit Mathieu Bassez.
La Gallery 1951 s’appuie aussi sur un noyau de signatures fortes qui en dessinent l’identité. « Le cœur de la galerie, ç›a commencé avec nous trois », explique-t-il en citant le duo francobrésilien Léo & Steph, Sarah Tassier et le verrier Jean-Marie Le Goff. À ces noms s’ajoutent des artistes locaux reconnus, comme Lou Rognier. « C’est un vrai Biterrois », rappelle Bassez, évoquant ses collages mêlant bois et fragments narratifs. La galerie revendique également son soutien aux jeunes créateurs : « On stimule aussi les artistes émergents… le plus jeune a neuf ans et il a déjà vendu une œuvre. Quand on fait partie d’une galerie, on est plus motivé pour développer son talent. »
Dans les mois à venir, la Gallery 1951 entend aussi affirmer sa présence hors de ses murs, avec notamment une participation annoncée à un événement artistique à Metz. Une façon, pour son équipe, d’inscrire cette jeune structure dans un réseau plus large et de faire rayonner au-delà de Béziers cette aventure naissante.
Tél.06 66 09 74 27. gallery1951.fr
Lucy McKenzie
Plastic Newspaper CRAC
CENTRE RÉGIONAL D’ART CONTEMPORAIN OCCITANIE
Sète, Hérault Du 21 mars au 6 septembre
L’exposition Plastic Newspaper constitue le troisième volet d’un projet itinérant de Lucy McKenzie, après Hasselt et Vienne. L’artiste écossaise y poursuit une réflexion approfondie sur les relations entre peinture, artisanat, médias de masse et dispositifs de pouvoir. Elle intègre notamment des mannequins en cire issus de la collection du musée anatomique du Dr Spitzner, figures historiques oscillant entre savoir scientifique, attraction populaire et mise en scène du corps. Formée au trompe-l’œil décoratif à Bruxelles, Lucy McKenzie travaille dans un champ élargi de la peinture, qu’elle met en dialogue avec le design, l’architecture, la mode et l’histoire des vitrines. Elle développe une pratique critique attentive aux hiérarchies culturelles, aux représentations féminines et aux formes de circulation des images. L’artiste propose un parcours qui articule ainsi illusion picturale, codes de la présentation muséale et stratégies issues de la vitrine commerciale. Tél. 04 67 74 94 37. crac.laregion.fr
Noir Intérieur
Michel Domerg
LOGE DE MER Perpignan, Pyrénées-Orientales Jusqu’au 28 mars
Reconnu pour ses grandes toiles noires, Michel Domerg a vu naître sa vocation dans une période marquée par l’épreuve et le deuil. Sa rencontre avec le peintre André Torreilles, dans sa jeunesse, agit comme un déclencheur : nourri par Capdeville, Soulages ou Tàpies, il explore le geste et la trace à l’aide de bâtons, spatules ou brosses. Longtemps réservé, il choisit aujourd’hui d’exposer ces œuvres intimes. À Perpignan, Noir intérieur invite le public à pénétrer cet univers sombre mais vibrant, où la couleur affleure peu à peu comme une lueur dans la nuit.
mairie-perpignan.fr
Alain Goujon
ESPACE DES ARTS
Le Boulou, Pyrénées-Orientales
Jusqu’au 13 mars
Né en 1951 à Toulouse, Alain Goujon s’est formé à l’École supérieure d’arts graphiques à Paris avant d’obtenir son diplôme d’architecte d’intérieur en 1972. Depuis les années 1980, il expose régulièrement dans le Sud, mais aussi à Nice et à Paris, et a ouvert à Eus son ateliergalerie « À l’écart ». Son œuvre puise dans l’observation attentive du végétal et du minéral : herbes, feuilles, roches ou nuages structurent ses compositions. Il privilégie la mine de plomb et ses subtils dégradés de gris, travaille aussi l’huile en noir et ocre jaune. Par un jeu de hachures, il suggère la lumière, la pluie ou le souffle du vent, développant une écriture graphique sensible et poétique. Tél. 04 68 83 36 32. espacedesarts.pro
Les Toutemps et Léa Ducos
GALERIE LES HOSPICES
Canet-en-Roussillon
Pyrénées-Orientales Jusqu’au 8 mars
Réunissant l’Atelier Les Toutemps (Benoit Szczurek et Bernadette Chaix) et Léa Ducos, l’exposition croise pratiques artisanales et expérimentations contemporaines. Pierre, textile, céramique ou supports numériques dialoguent avec des assemblages poétiques issus de matériaux récupérés. Entre dessin, sculpture et installations, les œuvres explorent la transformation, la mémoire des gestes et la sensibilité des formes, dans un parcours où savoir-faire et invention
Marie-Anne Casel, la couleur à fleur de peau
CAMPO SANTO
Perpignan, Pyrénées-Orientales Jusqu’au 29 mars
Cette exposition de Marie-Anne Casel met en lumière une peinture dont les formes vibrantes et ondoyantes interrogent la condition humaine et l’énergie vitale. L’artiste travaille sur des tissus anciens chargés d’histoire, assimilés à une peau, tandis que le châssis en devient l’ossature. Coutures, broderies et déchirures témoignent du temps et nourrissent une dimension sensible, particulièrement visible dans la série Envol, où les étoffes cousues évoquent un corps en suspension. Pour Casel, la couleur est jubilation et geste, équilibre entre esprit et matière, donnant naissance à des compositions tantôt douces, tantôt graphiques, baignées de lumière intérieure. mairie-perpignan.fr
Et pour quelques expos de plus... par BTN
Chaque saison comporte son lot de mauvaises nouvelles. Ainsi, en ce début janvier, vient-on d’apprendre la disparition de l’alésien Jean La Gac, l’une des figures de proue de l’art français des années 70, que Jean Clair rangeait dans l’esthétique du comportement tout comme Boltanski ou les Poirier. On avait pu découvrir son œuvre au musée PAB de sa ville natale, au Palais des archevêques à Narbonne, à la galerie perpignanaise d’ACMCM ou encore à Aigues-Mortes, le long des remparts. Jean Le Gac [ 1 ] faisait intervenir le texte plus ou moins fictif en commentaire de ses photos, puis de ses dessins au pastel, dans lesquels il relatait les pérégrinations de son double : l’artiste-peintre du dimanche. Il s’inspirait ouvertement de l’imagerie populaire de son enfance et notamment des premiers dessins illustrés, comics et BD. Certains le classent dans la nouvelle figuration qui s’opposait alors à la mainmise de l’art abstrait sur l’ensemble du marché de l’art. On espère une rétrospective conséquente dans une grande institution de la région…
DANS LES BOUCHES-DU-RHÔNE
Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, tandis que nous bouclions ce numéro, nous avons appris la disparition du dramaturge Valère Novarina [ 2 ], que l’on a beaucoup vu performer et exposer à Montpellier, ou à Baillargues-Aldébaran, dans les années 80, plus récemment à la Chapelle du Quartier-Haut (Sète). Ses pièces inpayables ont été jouées à Sète, Avignon (Palais des papes), Marseille… et bien entendu Montpellier (et même à la Comédie Française). Un passionné de la langue et de ses tragédies ! L’un des derniers grands écrivains prospectifs, assurément. Nous espérions pour lui le Nobel… Il a renouvelé les lois du genre théâtral, le rôle même de l’acteur et a inventé un langage bien à lui, identifiable entre tous. Une perte irréparable pour la littérature française. Et, pour ce qui me concerne d’un ami de plusieurs décennies.
De l’autre côté du Rhône, face à sa rivale gardoise Beaucaire, Tarascon s’enorgueillit de son patrimoine : château du roi René, collégiale Sainte-Marthe et musée Souleiado qui fleure bon la Provence. L’antre de la tarasque hante également quelque arcade protégeant du soleil. L’art contemporain n’y est pourtant pas oublié. L’Atelier des arts plastiques, sur le quai Branly, offre son lieu d’exposition à la Montpelliéraine Anaïs Pélaquier [ 3 ]. Anaïs a fait de la langue, organe et moyen d’expression, souvent brimée, son sujet de prédilection. En témoigne ses aquarelles sur le thème des langues arrachées, aux couleurs vives, florales ou minérales. L’organe s’accommode du thème de l’huître, laquelle, peut demeurer fermée ou nous réserver la surprise de sa surface nacrée, outre sa chair marennine, et peut rappeler une langue dans la bouche. L’artiste ne se prive pas de substituer l’une à l’autre au besoin. De l’huître hybride à la pierre, il n’y a qu’un pas, d’autant que les mythes, via Ovide, nous ont habitués à l’anthropomorphisme. Anaïs aime à la soulever afin de la mettre à hauteur humaine, lui faire partager ce fameux redressement dont parle Freud à propos de l’accès de l’homme à la civilisation. On trouvera dans la série Soulèvements les traces de la saisie manuelle sur la surface du minéral. Ainsi s’origine un alphabet primitif des signes. La pierre peut également se modeler. Un triptyque photographique montre des modelages en terre crue flottant dans le vide et rappelant, agrandis, des corps en torsion, bien mis en valeur par le clair-obscur (Les doigts dans la chair des pierres). Par ailleurs, Anaïs perfore à l’aiguille de manière à donner de la lumière et de la vie à de vieilles
photos familiales d’anonymes oubliés (Broderies). Les reproductions de chefs-d’œuvre se voient transformées par l’adjonction de lignes plus ou moins déliées et compactes (Raphael, Vélasquez, Ramette, Dijksta…) dans la série des Ingérences Outre la photo, Anaïs Pélaquier, issue du monde du théâtre avec lequel elle collabore, pratique la vidéo (la lente métamorphose d’une grenade), l’installation (La part restante, dans une chambre japonaise), le volume (des bogues de châtaigne avec œil de poupée et langue, sous cloche en verre) ou encore le dessin sur carton intérieur d’emballages médicaux. Voire à l’intérieur de ses livres de prédilection. Tel un geste d’appropriation, revendicatif. Du 11 février au 26 mars.
DANS L’HÉRAULT
Du côté de l’étang de Thau, à Balaruc-les-Bains, au Centre culturel le Piano-Tiroir, Isabelle Piron [ 4 ] nous invite en son Jardin intime jusqu’au 7 avril. On sait que cette néo-sétoise recycle les tissus de récupération, notamment ceux qui viennent des fameux trousseaux qu’apportait la promise en dot en se mariant. L’artiste les réintègre, dans toutes leurs textures, et les magnifie en leur redonnant vie, tout en rendant hommage au quotidien féminin des obscures héroïnes du passé. Elle restitue leurs lettres de noblesses à des savoir-faire longtemps occultés par l’art officiel et en cours de réhabilitation. Tel le fil rouge de sa démarche. Elle coud, brode ou tisse après avoir plié ou froissé, de sorte que l’on peut dire qu’elle pratique le dessin à l’aiguille. La forme universelle du sein féminin, et son téton (bouton ou perle), a longtemps incarné sa production revendicative, laquelle emprunte à Louise Bourgeois son concept de « réparation émotionnelle ». Ainsi sa pratique du textile prendelle un aspect anatomique, d’autant qu’au sein vient s’ajouter l’utérus, dont la forme s’est imposée à partir d’une fleur d’hibiscus découverte sur place. Comme quoi botanique et anatomie ont des rapports secrets qu’il convient de révéler. Au sein (immaculé ou rétro), à l’utérus (et à L’ovaire star), s’ajoute le visage, anonyme et universel. Par ailleurs, les objets domestiques tels que le fer à repasser et la jeannette s’hybrident et s’émancipent de leur fonction usuelle. Leur association à la matière textile leur attribue de la délicatesse et un aspect ornemental (recours aux perles, couleurs chatoyantes), qu’on ne leur soupçonnait guère. L’objet joue comme une métonymie des corps absents (ceux des servantes du temps jadis) et des vêtements qui les enveloppent. On est certes dans une démarche féministe, avec pour emblème la culotte récupérée de la pionnière Colette Richarme, (l’une des rares femmes peintres des années 4070 dans la région à qui sont dédiés un Bouquet
floral et un étendard). Le vêtement retrouve une seconde vie, dans une économie de moyens qui s’inscrit dans une conscience écologique : textile cousu sur papier déchiré rehaussé d’aquarelle, technique mixte. La botanique n’est pas loin, de l’hibiscus à l’utérus, d’autant qu’on la retrouve dans les gravures, essentiellement consacrées aux arbres. Les fleurs stylisées jouent aussi un rôle important. La notion même de Jardins intimes prouve que la nature occupe une grande place dans l’univers créatif d’Isabelle Piron. À deux pas du jardin méditerranéen, sa revendication ne manque pas de prolongements inouïs.
La Pop Galerie (Sète) fait régulièrement des miracles en partenariat avec la galerie Zoom : elle révèle des artistes méconnus, rassemble des antagonistes supposés (Supports-Surfaces et la Figuration libre), et suscite des mini-rétrospectives méritées (Cosentino)… Pour ce printemps, elle ramène à Sète l’un de ses fidèles résidents, parti s’installer au Canada. François Michaud [ 5 ] y enseigna plusieurs décennies, à l’école des beauxarts. Il nous revient, du 16 février au 7 mars, tout imprégné de la luxuriance des forêts de sa Colombie Britannique d’adoption. On est frappé par les motifs animaliers qui animent ses découpages figuratifs. Ils sont placés dans un milieu naturel, sur une sorte de barque ou dans un intérieur sédentaire incarné par la présence d’une chaise. Il s’agit d’animaux sauvages : des ours aux rennes en passant par des éléphants ou des phoques. Michaud pratique l’hybridité et les associe par couple, le perroquet au cerf ou le cheval au bouquetin, le plus petit sur le plus grand. Il crée ainsi un sentiment d’harmonie qui nous renvoie au paradis perdu du fait des activités humaines. On conçoit leur désir d’aller voir ailleurs que suggère la barque. Le symbole est évident quand deux ours, un blanc un brun, jouent dans un triptyque au ballon avec le globe terrestre. Le message est clair : il faudrait insuffler un peu de la légèreté des jeux d’enfant à une planète qui laisse
l’humanité la surcharger de complications graves et suicidaires. Michaud joue la carte du nomadisme contre la sédentarité, sclérosante et destructrice. Les vertus de la sauvagerie contre les menaces de la civilisation. Techniquement, il fait montre d’une incroyable prouesse en recourant à de minutieux découpages de papier. L’œuvre, à même d’être marouflée, peut se glisser le long des murs et semble facile à transporter (nomadisme). Elle témoigne de la fragilité des choses humaines tout en exhibant une nature qu’il faut protéger - et ces unions des contraires dont on peut toujours rêver. Trouver un équilibre entre le nomade et le sédentaire. Tel semble le but de François Michaud qui aime les arborescences complexes et les couleurs naturelles des animaux, confondues avec leur environnement. Par ailleurs, Michaud recourt aussi à la sculpture, à la gravure, à la peinture sur toile et même à la fresque. Une impression de fraîcheur et d’innocence qui peut surprendre, par les temps qui courent, et qui relèvent de l’esprit de l’enfance, à commencer par celle du monde, éternel recommencement.
Du côté de Montpellier, la galerie chantiers Boîte Noire célèbre, avec la série vouée au Blue Monday, de Samuel Spone [ 6 ] (Kiasma, Capion, Moco etc.), une journée et période considérée comme déprimante en tout début d’année (à ne pas confondre avec le standard Blue Moon). Alors que bon nombre de ses contemporains s’adonnent aux charmes rassurant de la figure, ce jeune artiste pratique une quête que l’on peut dire alchimique, tournée à la fois vers le monde intérieur et vers la matérialité de son medium de prédilection. Bien que s’inspirant d’images réelles, de l’histoire de l’art, de la photo, du cinéma ou de la littérature, les tableaux de Spone donnent une impression d’indétermination car l’image se voit systématiquement déformée tant par des procédés numériques que par l’emploi de matières dissolvantes, à l’instar de la javel. Il faut y ajouter la récupération de l’éventuel accident, source d’inventivité.
Les formes qui apparaissent sont en effet suggestives et renvoient à un univers en gestation auquel les dominantes colorées apportent une dimension cosmique. Tout acte créatif renouvelle après tout la gestation originelle. Pour cette expo à Boîte noire (qui, comme on le sait, suit ses artistes), c’est le bleu qui est mis en exergue, sans doute parce qu’on l’associe à l’écran, omniprésent dans notre existence, ce qui prouve que l’artiste tient compte de la réalité environnante et du contexte dans lequel il revendique sa postulation picturale. Cela dit, il y a sans doute aussi de sa part une volonté d’apaisement, d’invitation à la pause et à la méditation. C’est ce qui explique que ces peintures à l’acrylique aient pour titres des noms des substances sédatives. Jusqu’au 21 mars. La lutte continue, pour la cause des femmes, réfugiées ou en situation d’exil, grâce au truchement de Christine Masduraud [ 7 ], d’origine allemande mais aux aïeules limousines et ainsi familiarisée avec les savoir-faire artisanaux de la broderie ancestrale. Ainsi, en l’Espace Dominique Bagouet, à Montpellier, des créations collectives entrent en dialogue avec l’œuvre singulière de cette artiste concernée, du 11 février au 5 avril. Cette ancienne psychanalyste accorde une grande place au texte, mot lié à la notion de tissu. Ainsi, sa série Baltimore
au lever du jour, est inspirée de Jacques Lacan qui illustrait, en se référant à cette ville, sa conception de l’inconscient. On l’a vu mettre à l’honneur l’activité manuelle dans La main des songes, présentée à la galerie Agnès B. À Lodève, plus récemment, au Cellier des chanoines, elle associait des visages de femmes exilées à des paysages (Visages/Villages). On voit ainsi se dessiner, ou plutôt se broder, une œuvre cohérente dont le fil rouge est la féminité, laquelle passe par le récit de vie, et donc du texte, qu’il est facile d’associer à du tissu. À l’Espace Bagouet, ce sera Là où commence la mue, quand la chrysalide se fait papillon et donc couleur, quand la femme se fait créatrice et s’inscrit dans une tradition qui rime avec relation, quand les barbelés se couvrent de douceur (et non douleur) bienveillante, afin de se transmuter en matériau d’accueil, et quand l’acte collectif enfin se fait réparation des diverses blessures que la vie inflige à ceux qui ne sont pas nés au bon endroit au bon moment. Exigeante et engagée, l’œuvre de Christine Masduraud, dialoguant avec les femmes soutenues par l’association B comme Bombyx, n’en accorde pas moins d’importance à la finalité esthétique. De même que son atelier n’est pas seulement un lieu de parole partagée. Il est un lieu de création commune, chacun apportant son savoir-faire et ses références culturelles.
Toujours à Montpellier, hommage est rendu à l’œuvre gravée du grand Patrice Vermeille [ 8 ], par la galerie associative Artel, installée rue Leenhardt, jusqu’au 28 février. Il y est accompagné d’une vingtaine d’artistes, de diverses générations, de styles différents et d’origines multiples parmi lesquels on reconnaîtra les noms familiers de Walter Barrientos et trois graveurs latinoaméricains, Vincent Dezeuze (Maison de la gravure méditerranéenne, tout comme Caroline Rochette) ou encore Jean-Pierre Rose, Pascal Mahaud, Chloé Persillet ou Caroline Charbonnier, orfèvres de l’estampe.
La Galerie de l’Ancien Courrier remet, du 13 mars au 7 avril, Colette Richarme [ 9 ] à sa vraie place centrale. C’est un peu de nature,
domestiquée par l’humain, qui entre en effet en ces lieux urbains auxquels ils apportent de la couleur, de la profusion et de la lumière. Il s’agit essentiellement de gouaches de petites dimensions, intimistes donc, sur le thème des Fleurs et Jardins qu’elle affectionnait tant. Richarme, c’est un peu du passé montpelliérain qui nous revient en pleine face, puisqu’elle a connu et habité une ville aux limites alors circonscrites. C’est un attachement profond à son environnement immédiat, quand nature et milieu urbain faisaient encore bon ménage. On peut s’en apercevoir Dans le Jardin en fleur, où la maison sert d’arrière-plan à la subtile osmose entre la végétation et la présence humaine. Un petit chat peut devenir le gardien d’un tel trésor, incarnation d’un paradis perdu. Architecture classique, nature et promeneuse surprise se combinent harmonieusement sous le ciel de Paris en la Rotonde du parc Monceau Richarme a été dès l’enfance sensibilisée à un motif qui lui est devenu familier et sur lequel elle aime se pencher, telles ces précieuses Boules de neige, d’autant plus éclatantes qu’éphémères, et qui nous offrent généreusement et gratuitement, en all over et gros plan, des bouquets de beauté.
Une autre expo est programmée Espace Rio, 11, rue Jacques Cœur, jusqu’au 22 février, intitulée Aux sources de l’inspiration. Elle est à mettre en rapport avec Guimet +, Hôtel Sabatier d’Espeyran. Un dernier mot pour la galerie Al/ma qui, avant sa fermeture en juin (expo collective), présente, en février, les fumées combatives de Pablo Garcia [ 10 ] (cf. Moco, musée Fabre, et Fort St-André à Villeneuve-lez-Avignon), inspirées des récentes manifestations du peuple non résigné et qui demeure en éveil. Peintures acryliques, aquarelles, pastels, encre de Chine, d’un côté, bas-reliefs de bois ou métal de l’autre, elles prouvent que le détail peut représenter l’ensemble et y gagner en puissance suggestive. D’autant que le « nuagisme » n’est pas sans rapport avec la nature qui produit ses fumées sans moyen artificiel. L’œuvre de Garcia se veut en prise avec l’Histoire, et son Combat ordinaire. Il n’est pas du style à regarder ailleurs quand la maison brûle…
DANS LE GARD
À Nîmes, le CACN propose les fruits d’une réflexion conduite par la graphiste Marion Cachon [ 11 ] autour de la main gauche, associée jadis au diable mais encore et toujours synonyme d’erreurs et de maladresses (la fameuse « gaucherie » !). Elle se présente de manière hétérogène (affiches, planches typographiques, reproductions d’œuvres, témoignages, publications…), à l’instar d’un parcours dans les diverses pièces du centre, transformé en espace domestique où le public pourra manipuler et interagir avec les objets. Une nouvelle fois se voit posé le problème de la norme et de l’exclusion. Les œuvres présentées ne seront pas forcément abouties et mettront au contraire en exergue les écarts ou variantes, ou si l’on préfère, le travail de tâtonnement, qui accompagne la production d’une œuvre. Le titre La gauchère désigne ce projet de recherche et de création amené à voyager, notamment à La Fenêtre, de Montpellier. Cherchant à restituer à la main gauche ses lettres de noblesse, et à interpréter la gaucherie comme forme
créatrice, la designer multiplie les recherches calli et typographiques mais aussi picturales. Ses œuvres nous mettent parfois dans l’embarras et c’est un peu l’enjeu de la démarche. Éprouver à notre tour la difficulté de lecture, entre autres. Son projet se veut d’un certain point de vue total, puisqu’il inclut l’oralité des conférences et la manipulation du livre imprimé. Jusqu’au 17 avril.
DANS LES PYRÉNÉES-ORIENTALES
Le centre perpignanais ACMCM continue courageusement ses activités ainsi qu’en témoigne l’invitation faite, du 14 février au 17 avril, au Franco-canadien Hervé Fischer [ 12 ], chantre de l’École sociologique depuis les années 70, et ad vitam aeternam. L’artiste-philosophe s’y est montré interrogatif d’un art sous l’emprise d’un marché mondialisé et de la mainmise de quelques spéculateurs sur le milieu concerné. Ses expos (cf. Beaubourg, ou musée de Céret) présentent des accumulations de codes-barres, des panneaux de signalisation assortis d’une question dérangeante, des dessins de montagne d’actions en bourse et, sans doute, son œuvre la plus connue : les essuiemains témoignant de sa conception de l’Hygiène de l’art.
De l’hygiène à la main, la distance est minime et ce thème domine la production actuelle, sans doute pour rappeler d’où vient l’homme avant que le toutnumérique et les prétendus progrès n’occupent le champ des réalisations artistiques. La couleur aussi prend de l’importance, comme si l’artiste considérait que la question de la mort de l’art est apparue avec l’art moderne (Matisse et Picasso). L’espace du centre sera divisé en douze régions d’une constellation qui brasse toutes les époques de l’artiste, lequel aime à se situer dans ce qu’il nomme les Li-mythes. Depuis ses débuts et de multiples apparitions en Catalogne française, Fischer se sera, et nous aura, demandé : Art, avez-vous quelque chose à déclarer ? Visiblement oui, ainsi que le prouvent de nombreux documents et une vidéo, outre ses œuvres passées et plus récentes.
Expos Photos
Raymond Depardon, Extrême Hôtel
PAVILLON POPULAIRE
Montpellier, Hérault
Jusqu’au 12 avril
Montpellier a noué des relations particulières avec ce photographe qui s’honore de ses origines rurales et entame cette exposition hivernale avec un hommage à La terre des paysans. Après tout, la surdouée conserve parmi ses enfants des descendants issus de villages des alentours ou de cet arrière-pays que Raymond Depardon a parcouru (ainsi qu’on peut le constater dans la série Communes, laquelle fait partie, avec la série Rural justement, de la donation récente au musée Fabre). Cela dit, et cette exposition Extrême Hôtel est aussi là pour le vérifier, l’appareil photographique de Depardon ne s’est pas cantonné à l’exploration d’un milieu en pleine mutation. Il a parcouru le monde (Chili, Afrique du Sud, communautés du Brésil), ses guerres (Beyrouth, l’Algérie, le Viêtnam…), ses événements (l’enlèvement de Françoise Claustre), ses récessions (Glasgow)… Tout en prenant le temps d’errer, à la recherche d’une lumière inédite (à Tokyo), d’une station-service fantomatique ou d’un restaurant isolé (USA), voire d’un hôtel où se retrouver et photographier pour le plaisir (AddisAbeba). Loin des clichés, tapageurs et alimentaires, qui font la couverture des magazines people à grand renfort de couleurs. Il ne s’agit pas seulement de découvrir le grand reporter, et photographe de presse, mais de révéler l’homme, sa vision du monde, son sens de l’observation, son rapport à la solitude qu’il transforme en esthétique et en œuvre d’art. Celui-ci s’attache aux détails de la vie quotidienne, un coin de toile cirée dans une maison de gens simples, quelques Siciliennes assises sur un banc public (en deux clans, les jeunes et les vieilles), un café isolé dans un coin perdu du NouveauMexique… Unifiée par le recours à la couleur, l’expo se déploie dans les trois espaces du Pavillon populaire fraîchement restauré. Couloir gauche, passé l’hommage au milieu paysan, Press Color nous plonge dans les grands reportages d’un passé qui connut des heures de gloire et de dépression, avant que les premiers signes d’une relation plus intimiste au monde se manifestent dans la mission confiée au photographe par la DATAR (Aménagement du Territoire). Au centre, le cœur ouvert au monde dans la traversée des USA du Sud, avec ses routes interminables parsemées d’hôtels, cafés, stations services, apparitions à la fois inédites et salutaires… Au centre aussi, l’Extrême Hôtel, lequel donne son titre à cet ensemble, choisi par le propre fils de Depardon, Simon. La réalité brute, et ses travers, nous rattrape en pleine évasion vers la solitude, dans les quartiers de Glasgow, en pleine crise économique Le couloir de droite, qui nous ramène à la sortie, revient sur des souvenirs de jeunesse, à Carthagène et Tokyo. L’accès à la vieillesse s’accompagne d’un relâchement des tensions qui laisse place à la surprise. Enfin, on quitte l’expo sur divers lieux de la Méditerranée, en Grèce, en Sicile ou à Beyrouth, partagé entre la guerre et la nécessité de continuer à vivre. On sort sur une note d’espoir qui n’exclut pas la lucidité. On en tant besoin. BTN Tél. 04 67 66 13 46. montpellier.fr
Concours photo amateur
LE GRAU DU ROI Gard Jusqu’au 20 mars
La Ville du Grau-du-Roi lance la sixième édition de son concours photographique dédié aux amateurs autour du thème « d’ombres et de lumières ». Les participants sont invités à explorer les contrastes de la cité balnéaire : jeux d’ombres sur le port, lumières rasantes sur les plages, atmosphères crépusculaires ou éclats méditerranéens. Le jury sélectionnera une série d’images qui seront présentées en plein air, sur le parvis de la mairie, dans un dispositif accessible à tous. Les lauréats recevront une journée aux Rencontres d’Arles, référence internationale de la photographie contemporaine. Une invitation à porter un regard sensible et personnel sur un territoire aux multiples visages. ville-legrauduroi.fr
Figure essentielle de la photographie documentaire, Bertien van Manen a traversé le monde pour rendre visible la vie ordinaire et quotidienne, en marge des récits dominants. Les Échos de l’ordinaire réunit quatre séries majeures - des femmes migrantes des PaysBas aux familles des Appalaches, des intérieurs postsoviétiques aux confidences de la Chine contemporaine - qui incarnent ses recherches autour de l’intime. Au fil des années et des séjours, la photographe tisse de véritables relations de confiance avec ses sujets, les invitant dans leurs cuisines, leurs salons et leurs chambres. Son appareil 35 mm est l’instrument d’une empathie profonde, révélant la fragilité, la force et la dignité des existences simples. Féministe, engagée, mais toujours pudique, l’œuvre de Bertien van Manen transmet un regard empreint d’une grande justesse. Tél. 05 62 68 83 72. centre-photo-lectoure.fr
Marilyn, mon amour
LES COLLECTIONS DE SAINT-CYPRIEN
Pyrénées-Orientales
Jusqu’au 31 mars
L’exposition photographique Marilyn mon amour réunit près d’une centaine de clichés rares ou inédits de l’icône hollywoodienne, réunis par David Lawrence, qui remet la star sous les projecteurs. Le parcours retrace la vie de l’actrice, ses histoires d’amour, ses amitiés et d’autres facettes plus intimes de son existence. L’itinéraire plonge dans l’histoire de Marilyn Monroe jusqu’à en révéler les zones d’ombre, éclairé par des textes originaux signés David Lawrence, mêlant poésie, faits réels et fragments de carrière pour tisser un lien sensible avec le public. Spécialiste des grandes figures populaires, le commissaire s’est déjà illustré avec des expositions consacrées à Freddie Mercury, David Bowie ou encore Andy Warhol.
L’ABBADIALE, MAISON DES ARTS Arras-en-Lavedan, Hautes-Pyrénées abbadiale.fr
Conversation avec
SAMUEL LUSSEAU
Sacerd'Art
"Pour les collaborateurs, comme pour les visiteurs, la présence d'œuvres d'art dans une entreprise crée une image forte et singulière"
Fondateur de Sacerd’Art, Samuel Lusseau revient sur seize années d’activité consacrées à la location d’œuvres pour les entreprises. Fonctionnement du dispositif, encadrement fiscal, accompagnement artistique, développement par le réseau et impact sur les galeries partenaires : il décrit les ressorts d’un modèle aujourd’hui bien installé dans le paysage du marché de l’art.
Pouvez-vous expliquer ce qu’est le leasing d’œuvres d’art chez Sacerd’Art et ce que cela change concrètement pour les entreprises ? On parle de leasing d’œuvres d’art, mais il s’agit en réalité d’un système locatif adapté aux œuvres. Lorsqu’elles entrent dans une entreprise, elles changent de destination : elles deviennent des éléments de décoration. Ce fonctionnement permet aux chefs d’entreprise d’éviter une acquisition en trésorerie immédiate. Plutôt que d’immobiliser du cash, ils créent une charge locative étalée dans le temps. Il existe bien une valeur de revente, mais elle est juridiquement séparée du contrat : l’œuvre peut être rachetée par la société ou par un tiers. Avec des contrats d’environ vingt-quatre mois et un panier moyen de 25 000 €, ce système favorise aussi le renouvellement des œuvres. Dans les entreprises, cela modifie profondément l’atmosphère : pour les collaborateurs comme pour les visiteurs, la présence d’œuvres crée une image forte et singulière et contribue à rendre les espaces plus vivants.
Comment se déroule concrètement un projet, et en quoi votre parcours artistique influe-t-il sur cet accompagnement ?
Deux cas existent. Soit l’entreprise a déjà trouvé une œuvre et nous intervenons uniquement sur le montage financier. Soit nous l’accompagnons de bout en bout, avec la recherche dans notre réseau de galeries partenaires, une sélection, puis une orientation vers la galerie retenue pour la négociation finale. Certains dirigeants prospectent eux-mêmes dans des ateliers ou sur des foires, et nous nous chargeons alors uniquement de la partie financière. Je suis autodidacte en finance, mais je viens du milieu artistique : mes parents travaillaient déjà dans ce domaine. J’ai suivi des études d’architecte d’intérieur, d’histoire de l’art, de médiation culturelle, puis un master en marché et commerce international de l’art, avant de travailler deux ans dans une galerie parisienne. L’outil financier est ensuite devenu un moyen au service de ce projet.
Comment encadrez-vous les aspects fiscaux et juridiques, et pourquoi avoir étendu ce modèle au mobilier design ?
Nous sommes entourés de fiscalistes et d’une avocate spécialisée dans le métier de l’art. Après seize ans d’activité, le cadre est aujourd’hui solide. Comme la charge locative est totalement déductible, nous veillons à maintenir une équité fiscale raisonnable, afin qu’elle reste proportionnée à l’activité de l’entreprise. Ce principe s’applique désormais aussi au mobilier design haut de gamme, une offre développée récemment pour répondre au besoin de cohérence entre œuvres et aménagement.
Votre développement passe beaucoup par les salons et le réseau. Pourquoi ce choix est-il central dans votre stratégie ?
Nous participons souvent aux salons comme partenaires officiels, parfois au même niveau que des banques, ce qui renforce la crédibilité du montage. Depuis près de dix ans, notre croissance repose surtout sur la recommandation et une forte présence sur le terrain. Ce rapport humain fait partie de l’ADN de l’entreprise.
Comment l’activité a-t-elle évolué et quel impact ce modèle a-t-il sur les galeries et le marché de l’art ?
Au départ, nous faisions un contrat par semaine. Aujourd’hui, nous en réalisons entre soixante et soixante-dix par mois. Nous avons soutenu un marché fragilisé en 2024-2025 et qui semble repartir en 2026. Avec certaines galeries partenaires, nous représentons jusqu’à 60 % de leur chiffre d’affaires, et environ 85 % des acheteurs en galerie sont des chefs d’entreprise.
Accompagnez-vous aussi certains clients dans la constitution de collections ?
Oui, lorsque la relation s’inscrit dans la durée. Avec la confiance, certains clients nous sollicitent pour du conseil artistique. Le financement reste 80 à 90 % de notre activité, mais l’accompagnement et la mise en relation avec les galeries se développent.
Recueilli par Eva Gosselin
Escale à Sète
HÉRAULT
Et aussi...
Escale à Sète
Hérault Du 31 mars au 6 avril
Le port de Sète accueille une nouvelle édition d’Escale à Sète, grand rendez-vous international dédié aux traditions maritimes. Plus de 120 navires venus du monde entier, villages thématiques, concerts, ateliers et démonstrations rythment cette semaine placée sous le signe de la culture, de la transmission, de la solidarité et de l’environnement.
L’Italie, invitée d’honneur, déploie ses délégations, ses grands voiliers et ses musiques populaires, tandis que les quais s’animent de parades nautiques, joutes languedociennes, concours culinaires et chants de marins. Chaque jour met en lumière un thème fort : arrivée spectaculaire des flottilles, rencontres patrimoniales, symposiums écologiques, opérations de sauvetage, grand défilé des équipages ou batailles navales historiques. Une immersion festive au cœur de la Méditerranée, entre héritage maritime et ouverture internationale.
Tél. 04 30 17 42 09. escaleasete.com
Expériences
Maison natale de JEAN-HENRI FABRE
Saint-Léons, Aveyron
La maison natale de Jean-Henri Fabre vient d’être labellisée « Maison des Illustres », soulignant l’importance fondatrice de ce lieu dans le parcours du grand naturaliste du XIXᵉ siècle. Entomologiste majeur et auteur des Souvenirs entomologiques, Fabre a marqué l’histoire des sciences par une méthode fondée sur l’observation patiente et par son talent pour transmettre la connaissance, jusqu’à correspondre avec Charles Darwin. Après la reconnaissance de l’Harmas, sa demeure de Sérignan-le-Comtat, cette distinction renforce la visibilité de son héritage. À Saint-Léons, la proximité de Micropolis permet d’articuler mémoire du savant et médiation scientifique autour des insectes et de la biodiversité. Maison modeste mais symbolique, le site rappelle l’ancrage rural d’un parcours scientifique hors norme. micropolis-aveyron.com
Ambrussum
VILLETELLE
Hérault
Avec ses 2 500 ans d’histoire nichés au cœur de la garrigue, Ambrussum rouvre sa saison en multipliant les propositions pour explorer autrement ce site gaulois et romain dominé par le pont Ambroix et les vestiges du forum. Visites guidées classiques, parcours tactiles au musée ou immersion en réalité augmentée grâce à des tablettes 3D permettent d’imaginer la cité antique en pleine effervescence. Autre rendez-vous phare : le retour des ateliers LEGO, invitant enfants et adultes à bâtir une spectaculaire maquette du relais routier romain, de la Via Domitia et de ses auberges à partir de 50 000 briques, en collaboration avec des spécialistes de la modélisation archéologique. Jeux-découverte, applications immersives et ateliers complètent cette offre pensée pour conjuguer rigueur scientifique et plaisir de la découverte, faisant d’Ambrussum une porte d’entrée vivante sur l’Antiquité méditerranéenne. Tél. 04 67 02 22 33. ambrussum.fr
Dimanches du patrimoine
LODÈVE ET ALENTOURS
Hérault Jusqu’en juin
Le Pays d’art et d’histoire du Lodévois et Larzac propose, chaque premier dimanche du mois, les Dimanches du patrimoine, une série de visites pour parcourir autrement paysages, villages et mémoires locales. Chaque rendez-vous explore une singularité du territoire. En mars, la visite De l’autre côté suit les traces de la cité de la gare, quartier disparu dont ne subsistent que les récits. Avril conduit à Celles, village renaissant après la création du lac du Salagou. En mai, Soumont met en lumière l’agropastoralisme et la filière laine, tandis qu’en juin, Saint-MauriceNavacelles évoque la figure du sculpteur Paul Dardé, intimement lié aux paysages du Larzac. Autre nouveauté cette année : un samedi par mois, l’ascension commentée du clocher de la cathédrale Saint-Fulcran à Lodève.
Tél. 04 67 88 86 44. tourisme-lodevois-larzac.fr
Journées européennes des Métiers d’art
EN RÉGION
Du 7 au 12 avril
Les Journées européennes des Métiers d’art célèbrent leur 20ᵉ édition autour du thème « Cœurs à l’ouvrage ». Portée par l’Institut pour les SavoirFaire Français, la manifestation invite le public à pousser la porte d’ateliers, de manufactures, de lieux de formation, de musées ou de monuments pour rencontrer celles et ceux qui perpétuent des gestes d’exception. Mode, ameublement, patrimoine, arts de la table ou architecture composent un vaste panorama de 281 métiers. Portes ouvertes, démonstrations, conférences et événements participatifs rythmeront cette semaine placée sous le signe du collectif, de la transmission et de la vitalité des territoires. journeesdesmetiersdart.fr
Les aventuriers de l’extra-monde
MAISON ROUGE, MUSÉE DES VALLÉES CÉVENOLES Saint-Jean-du-Gard
À partir du mois de février, Maison Rouge invite le public à plonger dans un jeu d’aventures immersif aux accents de Jules Verne et de steampunk. Direction l’ExtraMonde, territoire suspendu au-dessus des nuages, où il faut explorer six continents pour réunir les ingrédients d’un mystérieux élixir. En incarnant l’un des membres de la famille Tournemuse, guidée par le jeune Charlie et l’énigmatique M. Renard, les visiteurs résolvent des énigmes, décryptent codes et déjouent pièges. Chaque parcours dure environ quarantecinq minutes et peut se vivre en une ou plusieurs sessions, jusqu’à recomposer l’Élixir de soie pure au terme d’une quête aussi poétique que périlleuse.
La Cinémathèque de Toulouse consacre sa nouvelle « galaxie » à Akira Kurosawa, figure majeure du cinéma mondial, en explorant les multiples échos que son œuvre a fait naître à travers les décennies. Trois films phares – Ran, Les Sept Samouraïs et Rashômon – servent de points d’ancrage à un vaste parcours reliant Shakespeare, le western américain ou encore le thriller contemporain. De John Ford à Sam Peckinpah, de Quentin Tarantino à Wes Anderson, la programmation révèle comment l’esthétique et les récits du cinéaste japonais ont irrigué des genres entiers, jusqu’à influencer Ridley Scott ou Park Chan-wook. Entre tragédie, film de sabre et jeux vertigineux sur les points de vue, ce parcours invite à redécouvrir un auteur intemporel, passeur entre cultures et inventeur de formes. Ce cycle marque aussi la dernière programmation hors les murs avant la réouverture de la Cinémathèque, prévue du 10 au 12 avril et accompagnée d’un week-end inaugural Tél. 05 62 30 30 10. lacinemathequedetoulouse.com
Rencontres Internationales
Traverse
TOULOUSE, HAUTE-GARONNE Du 11 février au 31 mars
Dédiées au cinéma expérimental et aux formes élargies de l’image en mouvement, les Rencontres Traverse réunissent, pour leur 29e édition, projections, performances, installations et rencontres. De la pellicule au numérique et à l’IA, les œuvres interrogent la matérialité des images, le geste artistique et notre rapport sensible au réel. Films, dispositifs et actions performatives composent un parcours attentif aux formes marginales, aux récits intimes et aux enjeux politiques qui « traversent » notre société.
Tél. 05 62 26 48 51. traverse-video.org
Traversées
ESPACE GEORGES BRASSENS ET ARÈNES
Lunel, Hérault Du 3 au 11 avril
42ᵉ édition pour le festival de cinéma indépendant Traversées. Porté par l’association Pêcheurs d’Images, il programme vingt invités, réalisateurs, scénaristes, acteurs, chefs opérateurs… plus de soixante-dix séances programmées, des rencontres, des débats, des expositions et des concerts. Parmi les thèmes, un Focus Méditerranée, À l’heure espagnole, Échos du monde… Moment fort de la manifestation, la projection de La couleuvre noire d’Aurélien VernhesLermusiaux, en présence du réalisateur. Tél. 04 67 83 39 59. pecheursdimages.fr
63e Rencontres cinéma de Pézenas
Hérault Du 20 au 26 février
Portée par la Fédération des Ciné-Clubs de la Méditerranée, cette édition célèbre l’esprit de découverte avec 45 films projetés et un focus exceptionnel sur la Grèce. Costa-Gavras en est l’invité d’honneur, accompagné d’Edwy Plenel qui lui consacre une série documentaire. Le public pourra aussi rencontrer le documentariste grec Yannis Youlountas et découvrir l’élan d’un nouveau cinéma grec avec Sofia Exarchou. Les sections parallèles prolongent cette exploration : carte blanche à Dominique Abel et Fiona Gordon, réflexion autour du regard féminin, plongée dans la mémoire de la pellicule et sélection de cinéastes indépendants issus de l’ACID. Expositions et rencontres complètent une semaine dédiée au partage et à la transmission.
Tél. 06 82 98 61 05. rencontrecinemapezenas.com
Les Sept Samouraïs
Ciné-Palestine
TOULOUSE
Haute-Garonne Du 9 au 17 mars
La 12ᵉ édition du festival Ciné-Palestine Toulouse Occitanie invite à découvrir la Palestine à travers le cinéma, entre récits intimes, fresques historiques et créations contemporaines. Film d’ouverture, Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis sera présenté en présence de la réalisatrice, tandis que Pour l’honneur de Gaza d’Iyad Alasttal clôturera le festival. Autre temps fort, Palestine 36 d’Annemarie Jacir, en lice pour les Oscars. Concert d’ouverture, débats, lectures et deux expositions photographiques (Les yeux de Gaza de Fatma Hassona et Gaza, enfants en quête de vivres d’Hussein Jaber) complètent la programmation. L’Irak est également invité avec Irkala –Gilgamesh Dream présenté par Karim Traïdia. Un hommage sera rendu à Mohammad Bakri, figure majeure du cinéma palestinien, et plusieurs cinéastes, dont Rashid Masharawi ou Carol Mansour, accompagneront les projections. cine-palestine-toulouse.fr
Cycle
« Zéro de conduite pour tout le monde »
INSTITUT JEAN VIGO
Perpignan, Pyrénées-Orientales
Intitulé Zéro de conduite pour tout le monde, ce cycle célèbre un cinéma de l’insoumission et de la jeunesse en rupture, dans le sillage de Jean Vigo. Le programme s’ouvre avec Nowhere de Gregg Araki, projeté mardi 10 février, plongée hallucinée dans une bande d’adolescents en errance à Los Angeles. Vendredi 13 février, Zéro de conduite de Jean Vigo sera suivi d’une rencontre avec Blanche Martire autour de son livre consacré au cinéaste. Mardi 24 février, Typhoon Club de Shinji Sōmai explore l’attente fiévreuse d’un groupe de collégiens pris dans la tempête. Enfin, mardi 3 mars, Rita, Sue and Bob too! d’Alan Clarke brosse le portrait cru de deux jeunes femmes de la classe ouvrière anglaise. Quatre regards radicaux pour interroger désir, révolte et liberté. Tél. 04 68 34 09 39. inst-jeanvigo.eu
Itinérances
ALÈS
Gard
Du 20 au 29 mars
Une invitée de renom pour le 44e festival de cinéma Itinérances et une rétrospective thématique d’une quarantaine de films de fiction sur le thème, « Les Magnifiques ! », les losers grandioses et les héros du quotidien. À ne pas manquer, la présence de l’actrice et réalisatrice Yolande Moreau, prix Itinérances 2026. Parmi les temps forts, la cinéaste espagnole Carla Simón présente, Romeria, et un focus sur le grand réalisateur japonais Shôhei Imamura avec la projection de trois de ses films tout juste restaurés. Également deux ciné-concerts, des rencontres autour des métiers du cinéma, une journée autour d’Annie Ernaux… À noter encore, la présence de la comédienne Juliette Binoche qui présentera le film qu’elle a co-réalisé, In-I In motion
Tél. 04 66 30 24 26. itinerances.org
Art de vivre
Tribu
UNE ADRESSE CONVIVIALE
Roquemaure, Gard
Dans le village gardois de Roquemaure, à deux pas d’Avignon, Mathieu et Émilie
Desmarest ont imaginé avec Tribu une adresse conviviale et sincère, où l’on vient comme chez des amis partager une cuisine réconfortante. Après Pollen et Bibendum, le couple prolonge ici son esprit de maison vivante, ancrée dans le terroir. Sous la houlette du chef Thibault Ladarre, la carte courte célèbre la simplicité et l’émotion du goût, tandis que la sélection de vins met en lumière les vignerons voisins. Cuisine ouverte, gestes visibles, atmosphère chaleureuse : Tribu revendique l’authenticité, le plaisir d’être ensemble et des assiettes familières sublimées par un savoir-faire précis. tribu-roquemaure.fr
Château l’Hospitalet
DISTINGUÉ PAR LA LISTE
Narbonne, Aude
Distingué parmi les Tables à Explorer 2026, le groupe Gérard Bertrand voit consacrée sa vision d’un art de vivre mêlant gastronomie, vin et hospitalité. Basée à Narbonne, la maison viticole, reconnue pour son engagement en faveur des terroirs et de la biodynamie, est ainsi saluée pour l’ensemble de son écosystème, du Château l’Hospitalet aux domaines répartis en Occitanie et dégustés aujourd’hui dans le monde entier. Cette reconnaissance internationale souligne la place singulière occupée par Gérard Bertrand sur la scène œnologique et culturelle, entre excellence des savoir-faire, innovation et valorisation durable des paysages méditerranéens. chateau-hospitalet.com
L’Île de la lagune
PARENTHÈSE MÉDITERRANÉENNE
Saint-Cyprien, Pyrénées-Orientales
Posé entre ciel et Méditerranée, L’Île de la Lagune cultive une vision singulière de l’hospitalité haut de gamme. Ce Relais & Châteaux cinq étoiles, entouré par les eaux tranquilles de la lagune, associe art de vivre, gastronomie et bien-être dans un cadre préservé. Son Spa Marin panoramique, ouvert toute l’année, déploie en 2026 de nouvelles cures inspirées des rituels venus d’ailleurs, tandis que la table étoilée L’Almandin, orchestrée par le chef Frédéric Bacquié, sublime les produits du Roussillon. Suites et villas prolongent cette parenthèse méditerranéenne, pensée pour les séjours en couple, en famille ou entre amis, dans une atmosphère élégante et apaisante. hotel-ile-lagune.com
I-motion, une expérience immersive gastronomique
PASINO PARTOUCHE
La Grande Motte, Hérault
C’est au cœur du Pasino Partouche, à l’entrée de La Grande-Motte, qu’a ouvert en janvier dernier un restaurant immersif.
I-Motion réunit deux univers : celui du casino, de ses fastes et de ses jeux emblématiques, et celui du chef étoilé toulousain Michel Sarran. Le temps d’un repas, les convives sont invités à plonger dans une atmosphère scénographiée mêlant effets visuels, sonores et art culinaire. La table accueille quatorze personnes autour d’un dispositif où, dans la salle comme dans les assiettes, les symboles et les codes du jeu se déclinent pour surprendre les yeux autant que les papilles. Ambiance lounge, salle des coffres, grande roulette… Le menu et les plats réinterprètent ces références pour composer une expérience entre gastronomie et partage.
casino-grandemotte.partouche.com
Livres
Le Printemps des poètes
En région Du 9 au 31 mars
Le Printemps des Poètes place sa 28ᵉ édition sous le signe de « La liberté. Force vive, déployée », invitant à faire de l’écriture et de la pensée des fils poétiques affranchis des censures, des peurs et des amnésies collectives. L’affiche officielle, une photographie d’Áris Messínis réalisée en partenariat avec l’Agence France-Presse, incarne cette énergie vitale ancrée dans le réel. Autre temps fort annoncé : Isabelle Adjani sera la marraine de l’édition. Emmanuel Hoog salue « sa liberté, son talent et son engagement », appelant à une mobilisation poétique nationale. Lectures, rencontres et créations feront ainsi vibrer cette aventure collective qui célèbre la parole comme acte de résistance et d’élan vital. printempsdespoetes.com
La semaine littéraire
MURET,
Haute-Garonne
Du 21 au 29 mars
La Semaine littéraire du PJE fait vibrer Muret et plusieurs communes de Haute-Garonne autour de rencontres, lectures musicales, tables rondes et performances. Invitée d’honneur : la Suisse, avec notamment une soirée « plateau suisse » mêlant littérature et dégustation. Parmi les temps forts figurent des lectures avec Léonor de Récondo, Rim Battal, Maylis Adhémar ou Natalia Urzúa, un BD-concert de Fred Nevché à Toulouse, ainsi qu’un « samedi littéraire » rassemblant Hugo Boris, Blaise Hofmann ou Bérénice Pichat. La manifestation s’achève par « Seysses en livres », journée dédiée au public familial et aux dédicaces, offrant une large traversée des écritures contemporaines et des formes de transmission du livre. pjef.net
Habiter le silence suivi de Oui mais après
Jacques Clauzel
Sur l’écran blanc de nos nuits blanches, certains se font du cinéma. Sur fond régulier d’insomnies récurrentes, Jacques Clauzel découpe, avec une précision d’orfèvre, ses grains perlés de poésie. C’est sa façon à lui d’Habiter le silence, car chacun sait que le silence bruit. Sans tambour ni trompette, sans pognon et sans caméra, simplement avec des mots qu’on lui arrache, au silence, et qui sont comme la récompense ou le solde de ces inévitables veilles, toujours recommencées. Ne restent que quelques mots, quand le matin venu pointe ses premières lueurs, à restituer. Le style se veut simple, accessible à tous. Quelques images sans doute, mais sans artifices, de celles qu’Éluard qualifiait d’évidentes. L’expérience est d’ordre intimiste certes. Le tutoiement est de rigueur, ce qui embarque, au sens pascalien, littéralement le lecteur. Or tout être portant en soi la forme entière de l’humaine condition, elle accède à l’universel. L’absence de ponctuation, la suppression des majuscules en début de vers, concourt d’une part à l’émergence d’une authentique spontanéité qui émerge du néant, d’autre part à une totale liberté, laquelle rejaillit sur le lecteur et les prolongements qu’il peut fournir aux mots choisis par le poète. L’écriture se déploie par fragments, par strophes peu nombreuses et courtes. Vers la fin de cette première moitié du livre, l’idée d’une disparition prochaine se fait jour. On voit bien que, pour le poète, la poésie est d’une autre nature, se soutient d’une autre fonction et jouit de certains privilèges. Dont celui d’« apprivoiser la mort ». L’écriture du poème, ciselé comme un joyau, c’est comme graver des signes, pour l’éternité « dans le granit ».
La seconde partie semble s’articuler à la première autour de cette thématique obsédante. Son titre sonne comme une question implicite : Oui mais après. Tout en accentuant encore la concision, l’auteur insiste sur la prise de conscience qui équivaut à une acceptation : « Que tu flânes/ou que tu marches vite/chaque pas t’en rapproche », « viendront quand même les vers ». Toutefois, la présence du monde pérenne, que l’on est amené à rejoindre, sonne comme un apaisement. C’est qu’il est un temps pour l’homme et un temps pour le monde, celui des pierres ou du renouvellement des saisons, voire du jour à venir. Le poète est à l’affût des signes éphémères qui métaphorisent la condition humaine (l’orage, l’oiseau envolé, les traces de pas sur la neige, « l’éphémère rosée »…). La fin est une expérience individuelle dont chacun peut rendre compte avec ses mots propres. Il en est de même pour la poésie, qui possède « la force de la modestie » qui convient si bien à Jacques Clauzel, poète, photographe et peintre. BTN
Des événements ailleurs
Eugène
Onéguine
PALAIS GARNIER PARIS
Ile-de-France Jusqu’ au 27 février
Le jeune Onéguine séduit la timide Tatiana, qui lui écrit une lettre passionnée, avant d’être cruellement repoussée. Des années plus tard, les rôles s’inversent lorsqu’il tombe amoureux d’elle, désormais mariée. La mise en scène sobre et élégante de Ralph Fiennes donne toute sa force au drame intime. Un spectacle intense sur une histoire d’amour manquée operadeparis.fr
Pour toujours
GALERIES LAFAYETTE HAUSSMANN
Paris
Île-de-France Du 10 mars au 27 avril
Pour toujours est le prolongement horsles-murs de l’exposition Dimanche sans fin, du Centre Pompidou aux Galeries Lafayette Haussmann. Quatre artistes majeurs réinventent l’espace à travers des œuvres qui se répondent, montrant que l’art peut surgir du quotidien, de la ville et de son énergie. Ici, l’art surprend un public non-captif et éveille mémoire et désirs.
Art Brut en Suisse
LA COLLECTION DE L’ART BRUT
Lausanne
Suisse Du 28 février au 27 septembre
À cette occasion, le musée retrace, à travers des expositions, projections, rencontres et autres événements culturels, le lien entre Jean Dubuffet et la Suisse, pays où est né il y a 50 ans le concept d’Art Brut. Plus de 300 œuvres, réalisées par des artistes suisses ou ayant créé en Suisse, offrent un aperçu de cet art. artbrut.ch
Le Trésor des Bâtisseurs
CENTRES ECLIPSO
Paris, Bordeaux et Lyon
Excurio poursuit son exploration de l’Égypte antique à travers le mystère de la Grande Pyramide de Khéops. Du rivage de la mer Rouge jusqu’au sommet de la pyramide, cette expérience immersive invite le spectateur à vivre un voyage unique dans l’histoire et la culture, rendant le patrimoine accessible et vivant à tous. eclipso-entertainment.com
SÉLECTION DE LA RÉDACTION
Rock the Pistes 2026
LES PORTES DU SOLEIL
Auvergne-Rhône-Alpes
Du 15 au 21 mars
Situé à plus de 1 500 mètres d’altitude, ce festival offre une expérience singulière en combinant ski, sports de montagne et musique rock en live. Avec la participation d’artistes tels que Superbus, Nèg’ Marrons, Boulevard des Airs, et bien d’autres, les sommets se transforment en scènes éphémères, faisant de la montagne un véritable terrain de jeu culturel. rockthepistes.com
WIMFEST
MAUSSANE-LES-ALPILLES
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Les 6 et 7 mars
Et si le rock et la littérature se rencontraient ? Ce festival unique réunit deux univers afin d’offrir des expériences inédites : concerts, rencontres, tables rondes, débats et séances de dédicaces. Une célébration de la culture sous toutes ses formes, qui devient une source essentielle de lien, de sens et d’émotion dans le monde contemporain. wimfest.fr
La Redoute, un temps d’avance.
LA PISCINE
Roubaix
Hauts-de-France Du 7 mars au 5 juillet
Marque visionnaire fondée en 1837 à Roubaix, La Redoute est au cœur d’une rétrospective qui illustre son rôle dans l’évolution de la société et des modes de consommation. À travers des archives, objets, photographies ou encore vêtements, l’exposition met également en lumière les collaborations avec des couturiers et créateurs renommés. La Redoute se révèle comme un pionnier du commerce moderne. roubaix-lapiscine.com
Hamlet
ODÉON, THÉÂTRE DE L’EUROPE
Paris, Île-de-France
Jusqu’au 14 mars
Après Les Damnés, Électre / Oreste ou Tartuffe, Ivo van Hove retrouve la troupe de la Comédie-Française pour une lecture intense d’Hamlet. On y explore la tourmente intérieure du prince danois, entre deuil, trahison familiale et quête de vérité. Chaque scène révèle le glissement de la jeunesse humiliée vers la violence, jusqu’à ce que la vengeance devienne inévitable.
theatre-odeon.eu
Ouverture de la Galerie nationale du design
CITÉ DU DESIGN
Saint-Étienne, Auvergne–Rhône-Alpes Mercredi 10 juin
1000 m² d’expositions et d’espaces d’expérimentation mettent en lumière la richesse des collections publiques de design. Chaque année, une exposition majeure et d’autres événements exploreront le design, entre art et industrie. L’exposition inaugurale Design en main. Du langage à l’objet, menée par Laurence Mauderli, reliera l’histoire locale et internationale du design. galerienationaledudesign.fr
Expos, spectacles, concerts, festivals…
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