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Nos rendez-vous avez l'histoire de l'été : dans les pas de la Renaissance

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LES ROUTES DE L’HISTOIRE CAHIER ÉVÉNEMENT

LUNDI 31 JUILLET 2023

CAHIERDEÉVÉNEMENT LES ROUTES L’HISTOIRE

LUNDI 31 JUILLET 2023

Au début du XVIe siècle, la terrasse sud est aménagée, de larges fenêtres sont ouvertes et l’escalier monumental construit. © RODOLPHE MARTIN

Dans les pas de la Renaissance ■ 3 QUESTIONS A... z

Philippe Chareyre N professeur émérite d’Histoire moderne à l’UPPA

Le château de Pau magnifié par Marguerite d’Angoulême

« Henri II d’Albret C’est à la Renaissance que d’honneur et la terrasse du pre­ mier étage ». prépare ses l’architecture du château par Gaston Fébus au Pau, ancienne forteresse XIVÉrigé siècle, avec un donjon en descendants à devenir de médiévale de Gaston briques typique des construc­ rois de France » Fébus, est transformée tions de Sicard de Lordat, le châ­ e

Quel rôle a joué le Béarn dans le contexte de la Renaissance en France ? Le Béarn est un état indépen­ dant et souverain depuis 1512 après la perte du royaume de Navarre. Il devient la principale résidence royale, entraînant un transfert de souveraineté. État frontalier avec la France et l’Es­ pagne, il joue un jeu d’équilibre entre les deux. Les rois de Na­ varre résidant désormais à Pau. Le vieux château fort se trans­ forme en un château de la Re­ naissance. Henri II d’Albret modernise la principauté avec une admi­ nistration centralisée et des modes de gouvernement résis­ tants. Il a donné les moyens, à ses descendants de la fin du siè­ cle, de devenir rois de France. Quels changements sociaux, culturels ou économiques ont été observés pendant cette période ? Le développement de l’admi­ nistration offre des débouchés aux familles locales, principa­ lement les notaires béarnais. Un conseil souverain, futur Parlement, et une chambre des comptes gèrent les finances, établissant Pau comme centre administratif et politique. L’ad­ ministration de la justice est ré­ formée avec une séparation en­ tre justice civile et criminelle. À l’intérieur du Béarn, une uniformisation des péages, des poids et mesures, une synthèse des différents fors du Béarn et le transfert des ateliers moné­ taires à la Tour de la Monnaie par Henri II d’Albret contri­ buent à une économie pros­ père. L’agriculture et l’indus­ trie textile se modernisent éga­ lement. Quelles ont été les conséquences des guerres et des alliances politiques sur la région du Béarn pendant cette période ? Les tentatives de reconquête contribuent à la construction d’une des premières forteres­ ses bastionnées construites par les Italiens entre 1542 et 1549, à Navarrenx. Le Béarn ne connaît qu’une seule guerre de religion. Elle ne dure que six mois, mais elle est très violente. Malgré les provinces ligueu­ ses hostiles, Jeanne d’Albret parvient à récupérer son terri­ toire, mettant fin aux guerres de Religion dans la région. Et, bien que des sièges aient eu lieu en 1569, il n’y a pas eu de guerre de grande ampleur. PROPOS RECUEILLIS PAR EMMANUELLE GABILLAT I

pour devenir un palais élégant et raffiné.

Si l’histoire du château de Pau remonte au Moyen Âge, c’est à la Renaissance qu’il est transfor­ mé en une résidence somp­ tueuse. Au XVIe siècle, la reine Marguerite d’Angoulême, sœur du roi François Ier et épouse d’Henri II d’Albret, transforme le château de Pau en une élé­ gante résidence.

Transformé en palais Renaissance « Au château de Pau, on parle­ ra de Renaissance avec Henri II d’Albret et Marguerite d’Angou­ lême », resitue Nathalie Floch, à la fois conférencière, guide et médiatrice. « Ils y font rentrer un décor, un aménagement, une circulation… La marque Re­ naissance du château est vrai­ ment incarnée par la travée de la cour d’honneur, l’escalier

teau de Pau est adapté par Mar­ guerite d’Angoulême au goût de l’époque. « Il ne faut pas oublier qu’Henri II était un compagnon de François Ier et que Marguerite d’Angoulême était sa sœur », rappelle Nathalie Floch. « Elle est élevée avec son frère et va aussi recevoir toutes les influen­ ces de l’Italie. Tout cela va con­ duire à modifier la perception du château et de sa circulation ». Le sud du château s’ouvre sur le Pyrénées. Pour valoriser ce ta­ bleau majestueux, une terrasse

est construite au premier étage – l’étage noble – où se trouvent les appartements du roi, mais aussi toutes les salles prestigieuses de réception. « De grandes portes et fenêtres sont percées », dé­ taille la spécialiste. » Les deux murailles sont ouvertes pour la traversée de cette terrasse, véri­ table balcon sur ces montagnes à la fois craintes et fascinantes. »

Des médaillons d’anonymes Pour accéder aux étages, l’édi­ fication d’un escalier d’honneur droit tranche avec les escaliers en colimaçon jusque­là de ri­ gueur. Le long du mur, une frise alterne les initiales des souve­ rains de Navarre, H et M. La voûte en anse de panier à motifs de nervures croisées en forme de losanges et de clés circulaires aux intersections constituent aussi une innovation. Enfin, passage obligé pour les visiteurs d’un jour, la cour d’honneur en accès libre, reste

Surprise au château Et si les visiteurs décidaient des œuvres ou des lieux qui leur seront présen­ tés ? Mardi 1er, jeudi 3 et vendredi 4 août à 14 h 30, les visiteurs sont invités à venir lancer un dé qui désignera le thème de leur visite­surprise (l’archi­ tecture du château ou encore le donjon, les tapisseries, les vitraux, les jar­ dins…). Privilégié à pouvoir visiter certains lieux secrets choisis par le ha­ sard, le groupe, très restreint, est accompagné par Nathalie Floch, confé­ rencière, qui commente avec une foule d’anecdotes ces visites insolites. Réservation obligatoire sur https://chateau­pau.fr/agenda/evenement/sur­ prises­au­chateau ou au 05 59 82 38 02 ou 07 61 61 63 83. Tarif : 5 € + tarif réduit du droit d’entrée.

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un élément central de la cons­ truction. Ses façades se parent de médaillons qui « ne représen­ tent personne en particulier », dévoile Nathalie Floch souli­ gnant que « ce n’est que du dé­ cor. Néanmoins, ces médaillons très caractéristiques n’apparais­ sent qu’à cette époque ». Autre détail remarquable : « On aligne les fenêtres, on les superpose et, surtout, on souli­ gne les étages, ce qui est très im­ portant à la Renaissance. Tous ces embellissements, comme l’apparition de l’alternance des frontons, simples et triangulai­ res, donne un rythme, une élé­ gance, un raffinement à cette ar­ chitecture ». Le lien le plus célèbre du châ­ teau avec la Renaissance est sans aucun doute le roi Henri IV, né ici en 1553. Il restera un lieu cher à son cœur tout au long de sa vie. Aujourd’hui encore, le château présente une reconsti­ tution minutieuse de la cham­ bre où il est né avec son berceau légendaire : une carapace de tortue. Les visiteurs peuvent aussi ex­ plorer les appartements royaux, les salles d’apparat, les galeries d’art et les jardins. Des collec­ tions d’objets d’art, de meubles, de portraits et d’objets person­ nels des rois de France font revi­ vre l’atmosphère de la Renais­ sance. EMMANUELLE GABILLAT I

INSOLITE

La vie d’Henri IV sur les murs du château de Pau

© ARCHIVES MARC ZIRNHELD

Un son et lumière est proposé ce mois d’août dans la cour d’honneur du château de Pau. L’occasion de redécouvrir le spectacle créé spé­ cialement pour le château de Pau autour de l’histoire du roi qui y na­ quit, le bon roi Henri. Les projections sur les murs de la cour d’honneur illustrent les mo­ ments phares de la vie d’Henri IV, de sa naissance le 13 décembre 1553 à son assassinat le 14 mai 1610. Ces événements sont expliqués par une voix qui résonne dans la cour et qui accompagne le spectacle. Projections les 3, 4, 5, 10, 12, 17, 18, 19, 24, 25 et 26 août. Durée : 12 min. Diffusion de 22 h à 13 h 45 (entrée boulevard des Pyrénées). Gratuit.

XVe siècle

début du XVII siècle e

L’escalier d’honneur du châteu de Pau. Le berceau légendaire d’Henri IV : une carapace de tortue. © RODOLPHE MARTIN

© RODOLPHE MARTIN

SARE­ZUGARRAMURDI

NAVARRENX

Partir sur les traces des sorcières...

LA RENAISSANCE EN IMMERSION

Une randonnée raconte les «chasses aux sorcières» menées au début du XVIIe siècle dans le Labourd et la Navarre.

La Compagnie des Écharpes Blanches organise des visites guidées insolites en évoquant l’histoire de Navarrenx à partir de1571. Au XVI siècle, Navarrenx a été entièrement reconstruite sur des vestiges anciens et fortifiés selon les principes les plus modernes du moment. En effet, pour défendre son royaume, Henri II d’Albret fait appel à l’architecte ita­ lien Fabricio Siciliano qui adapte cette construction aux nouvelles techniques de combat imposées par l’artille­ rie. La Compagnie des Écharpes Blanches organise des visites guidées insolites en évoquant l’histoire de Navar­ renx à partir de 1571, deux ans après l’épisode d’une guerre de Religion éclair entre les huguenots béarnais et les troupes françaises. « La reine Jeanne d’Albret revient à Navarrenx pour voir si tout se passe bien », commente Richard Lacazette, président de l’association. « Mais rien ne se passe comme prévu avec une attaque surprise de la ville. Nous autres, les officiers de la ville très peu nombreux, n’avons pas eu le temps de sonner le tocsin ». Le public sera donc invité à devenir soldat. Pendant deux heures, il passera par la poudrière, le tunnel des Contremines, le bastion Pierre et Vestige (le théâtre) et, enfin, par l’Arsenal, ancienne demeure des rois de Na­ varre. N Visites avec la Compagnie des Écharpes Blanches, les e

© NICOLAS SABATHIER

ORTHEZ Navarrenx, première cité bastionnée de France, devient le théâtre d’une balade originale commentée par la Compagnie des Écharpes Blanches. © D.R. samedis 19 et 26 août. Rendez­vous à 17 h 30, à la Porte Saint­Antoine.

La Renaissance comme si vous y étiez L'application Cinquecento, accessible gratuitement àl'office de tourisme de Navarrenx, ravive, en 3D, la vie de la ville lors de cette période fascinante. Elle présente une reconstitution virtuelle de la ville peu après la création de la place forte, vers le milieu du XVIe siècle. Le visiteur, en totale immersion dans la cité fortifiée, découvre l’histoire et l’architecture de Navarrenx grâce à une série de mini­ jeux. Des explications sur les lieux, mais aussi sur les ha­ bitants et les commerçants de l'époque complètent cette visite virtuelle et originale. N Office de tourisme du Béarn des Gaves, 2 place des Casernes, à Navarrenx. Tél. 05 59 38 00 33. Site : https://www.tourisme­bearn­gaves.com/offres/cin­ quecento­navarrenx­fr­2947442/

Quatre siècles de protestantisme au musée Jeanne­d’Albret Situé au cœur d’Orthez, le musée Jeanne­d’Albret invite les visiteurs à découvrir quatre siècles de l’histoire du protestantisme béarnais, des origines de la Réforme au début du XXe siècle. Abrité dans une gentilhommière du XVe siècle, flanquée d’une riche façade et d’un jardin à la française et, bien que Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV, ne soit jamais rentrée dans cette maison, le musée porte son nom pour rappeler son rôle essentiel en tant que calviniste convaincue. Le musée relate les guerres de Religion, les persécutions, la clandestini­ té et met en lumière les figures notables de cette période. N Musée Jeanne­d’Albret, ouvert tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, jusqu’au 26 août, au 37, rue Bourg­Vieux à Orthez. Vi­ site guidée à 10 h 30 et 15 h (durée : 1 h). Ac­ cessible aux groupes sur rendez­vous. Tarifs : de 3,50 € à 5 € (+2 € pour les visites gui­ dées). Renseignements : Tél. 05 59 69 14 03.

Julien Cauzëre propose une ran­ donnée­guidée qui mêle histoire et légendes, entre les grottes de Sare et celles de Zugarramurdi. Une ran­ donnée qui se scinde en deux par­ ties. La première concerne la chasse aux sorcières de la province du La­ bourd commandée par Henri IV en 1609. Une fois passée la frontière, le guide se focalise sur l’inquisition es­ pagnole à partir de 1610. « Sur la province du Labourd, en­ tre Bayonne et Sare, il y a eu 700 ar­ restations pour sorcellerie dont 80 brûlées, rappelle Julien Cauzëre précisant que, du côté espagnol « en Navarre, il a eu 3 000 arrestations, 80 procès et 12 personnes brû­ lées… ». Côté français, les juge­ ments étaient pratiqués par le tribu­ nal laïque et non par l’église. Les ju­ ges viennent de Bordeaux et s’ins­ tallent à Saint­Pée­sur­Nivelle où les personnes, lorsqu’elles étaient arrêtées, étaient interrogées, jugées

La Marche aux Sorcières est une vraie mission de mémoire où chacun repart avec « la Sorcière qu’il aura voulu se forger » suggère le guide Julien Cauzëre. © D.R. et brûlées. « Tout cela se passe pen­ dant que les hommes sont en mer. Les marins partaient généralement au printemps au Canada. C’est à ce moment­là qu’on déclenche la chasse aux sorcières en représailles contre les Basques parce qu’ils étaient partis en Amérique. Henri IV voulait agrandir les terres de France au Canada justement… » Le départ de cette « Marche aux Sorcières » se fait depuis le parking des grottes de Sare chaque mercre­

di, samedi et dimanche à 9 h et 14 h 30 (et vendredi 4 août, à 14 h 30). Compter environ 3 h 30 de marche (boucle) jusqu’aux grottes de Zu­ garramurdi (5,5 km) puis 3,5 km pour le retour, soit une marche de 9 km avec un dénivelé de 205 m. Cette randonnée est déconseillée aux enfants de moins de 7 ans et aux personnes à mobilité réduite. N Tarifs : 16 € et 12 € ­ 12 ans (paiement à effectuer sur place). Site : https:// www.herrialde­marche.com/


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