ZÉNITH
2021
Murray Head a assuré le show PAGES 2-3 ■
© NICOLAS SABATHIER
© NICOLAS SABATHIER
Supplément au journal n°23434 de La République des Pyrénées et n°23415 de l’Eclair Pyrénées en date du 17 décembre 2021
Les Béarnais de l’année en pleine lumière ÉVÉNEMENT X Revivez les grands moments de la soirée des Béarnais de l’année 2021
au Zénith et découvrez les portraits des lauréats.
SUPPLÉMENT 12 PAGES ■
II
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
L’ÉDITO
Le sens de la fête Sur un fil. Comme d’autres organisateurs d’événements, en cette fin d’année où le Covid sera encore malheureusement au menu des fêtes, nous avons dû croiser les doigts pendant quelques semaines en espérant pouvoir honorer le rendez-vous que nous vous avions fixé au Zénith de Pau ce 11 décembre pour la grande soirée des Béarnais de l’année. Nous avons attendu avec une certaine fébrilité, il faut bien l’avouer, les dernières annonces gouvernementales en matière de mesures sanitaires liées à la 5e vague de la pandémie. La soirée a pu se tenir dans le strict respect des règles en vigueur (pass sanitaire, port du masque et gestes barrières notamment). Et malgré ce contexte compliqué, malgré une concurrence événementielle exacerbée (matches de la Section, du Pau FC, de l’Elan, fête des lumières à Pau, et même le concours toujours très suivi de Miss France à la télévision), vous avez été plus de 700 à partager avec nous ce grand show dédié aux Béarnaises et aux Béarnais qui ont marqué l’année. Et plusieurs milliers à suivre cette soirée événement sur notre site internet. Vous avez été nombreux à nous le confier après coup : ce moment de bienveillance (non, non, ce n’est pas un gros mot) collective et de divertissement vous a fait un bien fou. Confidence pour confidence, ce fut la même chose pour nous. Comment ne pas être touché par l’émotion d’Ahmed Andaloussi au moment de remercier son fils pour son soutien de tous les instants, par la joie pure de la jeune Mélina Beausseron sous les yeux remplis de fierté de sa maman Noëlle, la simplicité et l’humilité de David Diop, ou encore la fraîcheur et la générosité du streamer Yann Latapie, espoir de l’année 3.0 ? Eux et beaucoup d’autres ont su rappeler au cours de cette soirée pourquoi il était si essentiel de se rassembler et partager. Car ce samedi 11 décembre au Zénith de Pau, il faisait très bon être ensemble. La fête avait du sens. Et pour reprendre, toujours dans l’univers Bacri-Jaoui, un autre titre de film, on est tous ressorti de cette soirée avec « le goût des autres ». Partenaires, spectateurs et lecteurs, on tenait à vous en remercier. ERIC BÉLY I
Président directeur général : Patrick Venries Directeur de la publication et rédacteur en chef : Nicolas Rebière Coordination : Eric Bely Rédaction : Florence Chevalier, Anne Pouchan, Kévin Estrade et Eric Bély. Photos : Nicolas Sabathier et Ascencion Torrent. Imprimerie : PP, zone industrielle de Berlanne, 64160 Morlaàs.
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Béarnais de l’année : le plein Mariant spectacle, partage et émotions, la 3e soirée des Béarnais de l’année a touché le public du Zénith. Pour tout dire, cela faisait quand même sacrément plaisir de se retrouver « en vrai ». Certes, le 19 décembre 2020, nous étions parvenus à célébrer, malgré le couvre-feu, les Béarnaises et Béarnais qui avaient marqué l’année, depuis le Palais Beaumont de Pau en format « distanciel ». Mais le fait de vous inviter « physiquement » pour retrouver les joies collectives d’une soirée festive au Zénith de Pau, et de voir qu’il y avait plus de 700 personnes dans la salle malgré une kyrielle d’événements concomitants, cela nous a fait chaud au cœur. En ouverture, la troupe de la comédie musicale « Je vais t’aimer » a donné le ton en égrenant quelques tubes de Michel Sardou. Orchestrée par les équipes de Pyrénées Presse et celles de Créa Sud (dont son PDG Eric Dournès à l’animation), la soirée allait être placée sous le double signe du spectacle et des bonnes vibrations. Du spectacle, il y en a eu tout au long du show, avec le grand parrain de la soirée Murray Head, chanteur et acteur britannique, mais désormais également citoyen de Saucède (commune proche de Navarrenx) pour l’éternité. L’interprète des hits « Say it ain’t so, Joe » et « One night in Bangkok » a alterné morceaux intimistes accompagnés à la guitare et dé-
C’EST GRÂCE À DE TELLES PERSONNALITÉS QUE L’OPÉRATION DES BÉARNAIS DE L’ANNÉE PREND TOUTE SA SIGNIFICATION.
ambulations effrénées dans les travées du Zénith au milieu du public. Les deux finalistes de notre concours de talents n’ont pas été en reste dans des registres différents. Bravo aux vainqueurs, les jumeaux palois Jules et Caroline (Lesmicho), mais aussi à Kombo Loco dont la joie de jouer sur la scène du Zénith a fait plaisir à voir. De même que le sourire de Murray Head, enchanté de parrainer ainsi la nouvelle génération.
Le talent des lauréats Les artistes n’ont pas eu le monopole des bonnes vibrations (ou du cœur comme certains auraient dit en d’autres temps…) ce samedi soir au Zénith. Le public et les lauréats ont eu aussi du talent pour partager d’intenses moments d’émotion. On pense naturellement à ces mots d’Ahmed Andaloussi qui, juste après avoir reçu le trophée de Béarnais de l’année (décerné de concert à la nageuse Emeline Pierre) des mains de notre partenaire Christian Pouyanne, a tenu à rendre un hommage poignant à son fils : « C’est le seul qui a vraiment cru en moi. Depuis l’âge de 16 ans, il est à fond derrière moi », a confié le triathlète paralympique de 49 ans, qui a déjà les Jeux de Paris 2024 dans le viseur. Il y a eu aussi les regards échangés entre une jeune femme atteinte de trisomie 21, Mélina, et sa maman Noëlle, fière de la voir recevoir notre prix « Coup de cœur » sur la scène du Zénith et sous les applaudissements nourris de tout le public. Difficile de résister également au sourire « rayon de soleil » de Syrine Ben Elhadj Ha-
mida, doctorante à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et présidente de l’Épicerie sociale étudiante, qui a eu un rôle si important en terme d’entraide et de soutien psychologique pour les jeunes pendant la pandémie. La soirée aura permis de mettre en avant, comme les deux précédentes, les initiatives de ceux qui se battent pour faire avancer et bouger le territoire. Citons ce pompier oloronais, Patrick Bouissou, dont l’invention permet de lutter efficace-
ment contre les nids de frelons asiatiques et qui est parvenu, après un long parcours du combattant, à faire breveter sa création par l’INPI (l’Institut national de la propriété industrielle). La commune de Lasseube (et son maire Laurent Keller), exemplaire dans sa volonté de promouvoir la biodiversité, a été mise à l’honneur. De même que l’atelier Le Soulor dont le savoir-faire « made in Béarn » commence à séduire la capitale. D’ordinaire discret et réservé, l’écrivain à la notoriété désor-
Tony Estanguet, le patron des JO 2024, a ouvert la soirée avec un message vidéo adressé au public du Zénith. © NICOLAS SABATHIER
Chowh1 et Ahmed Andaloussi posent ensemble pour cette photo qui symbolise à elle seule l’esprit de partage de la soirée des Béarnais de l’année. © NICOLAS SABATHIER
La troupe de la comédie musicale «Je vais t’aimer» s’est produite en avant-première au Zénith
LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021 CAHIER EVÉNEMENT
VENDREDI 19 FÉVRIER 2021
de bonnes vibrations au Zénith
qui nous ont accompagnés sur cette opération. Troisième en partant de la gauche, Marcela Lassus, Béarnaise de l’année 2020. © ASCENCION TORRENT mais mondiale David Diop a exprimé publiquement et de façon assez surprenante son amour du Béarn et des Béarnais.
Vent de fraîcheur Et terminons par le Palois Yann Latapie, plus connu par sa communauté de 900 000 personnes sous le nom de Chowh1. Devenu une des stars françaises de la plateforme Twitch, il nous a expliqué avec fraîcheur comment il profitait de sa notoriété pour mener des actions de solidarité de très grande ampleur.
Avant de poser, ravi, pour un cliché avec Ahmed Andaloussi, qui résume à lui seul l’esprit qui a régné sur cette belle soirée. C’est grâce à de telles personnalités (dont nous vous proposons des portraits plus développés dans ce supplément collector) que l’opération des Béarnais de l’année prend toute son importance et sa signification. Nous remercions nos partenaires et tous ceux qui nous ont soutenus une fois encore dans cette démarche éditoriale. ERIC BÉLY I
Murray Head n’a pas caché son bonheur de se produire sur la scène du Zénith de Pau. © NICOLAS SABATHIER
avant sa venue le 15 janvier. © ASCENCION TORRENT
Un des grands moments de la soirée, «One night in Bangkok» chanté au milieu du public. © NICOLAS SABATHIER
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CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Ahmed Andaloussi et Emeline Pierre sont vos Béarnais de l’année Tous les deux ont été gravement blessés dans leur chair par un accident, mais ont su, au courage et à force de travail, surmonter l’obstacle pour réaliser leur rêve : participer aux Jeux Paralympiques cet été. Une belle leçon de vie. Ils étaient initialement nommés dans la catégorie des Béarnais 2021 les plus médiatiques. Car s’il est bien une année où l’on parle des athlètes de haut niveau en handisport, c’est lorsqu’elle est olympique. Ahmed Andaloussi, 49 ans, d’Artigueloutan, et Émeline Pierre, 22 ans, originaire de Billère, ont participé l’été dernier à leurs premiers Jeux Paralympiques, à Tokyo. Ahmed Andaloussi, en paratriathlon, a décroché la 5e place. Émeline Pierre, en natation, a atteint la finale du 100 m dos, sa spécialité, dans laquelle elle a également décroché le bronze européen en mai dernier. Au-delà de la performance sportive, c’est surtout la leçon de courage et de résilience que le jury a retenue au moment de choisir celui et celle à qui serait décerné le titre honorifique de Béarnais de l’année. Ahmed Andaloussi, c’est l’homme à qui la vie tend un piège, mais qui au lieu de s’apitoyer sur son sort décide de redresser la tête, accepte son handicap, et va au bout de ses rêves. Ahmed a perdu l’usage de ses jambes alors qu’il n’avait pas 20 ans… « J’ai eu un accident de voiture le 30 août 1993. Je suis paraplégique, paralysé à partir du nombril. En dessous, je ne sens plus mon corps, jusqu’en bas », a témoigné le paratriathlète samedi soir sur la scène du Zenith de Pau, comme il le fait régulièrement auprès de publics jeunes, dans les collèges ou les écoles, pour les sensibiliser au handicap, à l’importance de croire en ses rêves et aux bienfaits du sport pour le corps et l’esprit.
« J’ai mis 20 ans pour y arriver » « Quand j’ai eu cet accident, il y a 30 ans, j’étais sur mon lit d’hôpital et je me suis dit : ‘Un
Les Béarnais de l’année, Ahmed Andaloussi et Emeline Pierre, représentée ici par sa mère car elle-même était en compétition. © A.T. jour, je ferai les Jeux paralympiques. Je n’étais pas du tout sportif. J’ai tenté ma chance dans plusieurs sports : le basket, l’escrime, et j’y suis arrivé dans le paratriathlon. J’ai mis plus de 20 ans pour y arriver, j’ai été accompagné par pas mal de personnes, que ce soit mes sponsors, la société Übi de Philippe Cazes-Carrère notamment…, et je remercie surtout mon fils (Mehdi) qui a vraiment cru en moi depuis le début. Il a été à fond derrière moi. Il a sacrifié ses vacances, il a tout sacrifié pour m’accompagner dans ce rêve olympique», a lâché, très ému, le paratriathlète.
« Le podium à Paris 2024» Ahmed Andaloussi n’a pas seulement été bien entouré. Il s’est aussi donné les moyens d’atteindre ses rêves, adoptant le rythme d’un athlète de haut niveau, s’entraînant quasiment chaque jour dans l’eau, sur route et sur piste, du matin au soir… lui qui ne savait pas nager avant de tenter l’aventure du paratriathlon il y a 8 ans. Du courage, il lui en a fallu
également lorsque en 2016 la fédération française de handisport ne l’a pas retenu pour disputer les Jeux de Rio. Âgé de 44 ans à l’époque, Ahmed Andaloussi a cru un temps voir son rêve se défiler… avant de se remettre à l’ouvrage et mériter amplement sa qualification pour les Jeux 2021. « J’ai vécu quelque chose d’énorme à Tokyo. Je ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps pour y arriver. Et même si j’ai 49 ans, j’ai envie d’aller jusqu’aux Jeux de Paris 2024. J’ai envie de faire mieux que ma 5e place à Tokyo, je veux monter sur le podium. » , a confié Ahmed Andaloussi.
Emeline Pierre, le rebond Pour y parvenir, le nouveau Béarnais de l’année a repris la préparation de plus belle avec un nouvel entraîneur, Nicolas Boyer. Il sait qu’il ne lui faut pas perdre de temps. Que la fédé voudra très vite mettre le paquet sur les « médaillables » pour Paris 2024 et qu’il devra refaire ses preuves très tôt en 2022 pour être accompagné.
Samedi soir, lors de la soirée des Béarnais de l’année, la jeune nageuse de 22 ans Emeline Pierre était représentée par sa mère, car elle-même disputait durant tout le week-end les championnats de France de natation handisport à Marseille. Même si elle a été moins gravement touchée qu’Ahmed, Émeline Pierre aussi a su rebondir. La Billéroise avait 13 ans et pratiquait la gymnastique lorsqu’un accident de poutre l’a handicapée du coude et du poignet droit. Un traumatisme pour la jeune sportive qu’elle était. La natation, son autre sport, et le handisport l’ont aidée à rebondir. Émeline Pierre a aussi su faire de sa faiblesse une force. Athlète de haut niveau au sein de l’académie Philippe Croizon à Vichy (pour nageurs handisports), elle mène en parallèle des études de psychomotricité. Une autre façon d’apprivoiser et de surmonter son accident de vie. Tout comme Ahmed, elle poursuit ses efforts et ses rêves, avec Paris 2024 dans le viseur. A.P. I
NOTRE PARTENAIRE
Christian Pouyanne, directeur général de la Banque Pouyanne : « Faire du bien à tout le monde »
Vous êtes partenaire des Béarnais de l’année, et de la catégorie reine de la Béarnaise ou du Béarnais de l’année, depuis le premier jour. Pourquoi ce choix ? Parce que, tout simplement, nous avons 118 ans d’existence. Nous faisons partie de l’histoire du Béarn de tout temps à jamais, qui plus est dans un métier particulier où n’existent pratiquement et malheureusement que de gros établissements. Nous avons toujours voulu marquer cette caractéristique familiale et indépendante d’une pierre blanche. Nous sommes plutôt, c’est vrai, orientés sur le secteur économique. Mais le fait d’accompagner les Béarnais de l’année, compte tenu de notre ancrage, est très important pour nous. Car notre image est celle d’une banque présente dans tout le Béarn et la Soule depuis longtemps pour accompagner les entreprises à Nay, Mauléon, Salies, Orthez… Et quel que soit le profil de la personnalité lauréate, économique, sportive ou culturelle, c’est très fort pour nous de parrainer le Béarnais ou la Béarnaise de l’année. Que retenez-vous de toutes ces initiatives ou personnalités mises en avant depuis 3 ans ? Ce qui me frappe, c’est que les Béarnais de l’année mettent en lumière des gens qui ponctuellement font l’objet d’un article ou d’un reportage et que l’on pourrait oublier par la suite. Or, il y a des choses formidables qui se font et qui méritent d’être suivies sur la durée. Au-delà de la photo à l’instant T, ce qui est intéressant, c’est le parcours qui a été initié, qui va continuer, et évoluer dans le temps, au bénéfice du Béarn. En 2019, quand l’arbitre international de rugby Jérôme Garcès a été désigné Béarnais de l’année, il ne savait pas trop quelle direction prendre ensuite. Là, il se retrouve dans l’encadrement de l’équipe de France de rugby pour la Coupe du Monde 2023. Je trouve cela vachement bien, et très intéressant à suivre, car cela fait parler du Béarn. La période reste compliquée. Quel message souhaitez-vous faire passer ? Par les temps difficiles que nous vivons, les gens sont à cran et deviennent de plus en plus individualistes. Les Béarnais de l’année, et les initiatives mises en avant, sont pour moi un espace de lumière qui doit faire chaud au cœur et du bien à tout le monde.
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Prix des créatifs : le pompier d’Oloron chasse le frelon asiatique avec efficacité
V
NOTRE PARTENAIRE
Nicolas Patriarche, président de La Fibre 64 : « La créativité donne du sens à notre action »
Pascal Bouissou a gagné le premier prix des « créatifs », grâce à son invention pour chasser les frelons asiatiques sans faire de dommages écologiques. Samedi soir, Pascal Bouissou a gagné le premier prix des « créatifs ». Cet inventeur d’un appareil destiné à éliminer plus efficacement les nids de frelons asiatiques se dit « surpris d’avoir remporté cette catégorie ». En ajoutant, presque aussitôt: « Mais moi, ça fait huit ans que j’y crois. Samedi, c’était agréable de voir que mon message était relayé. »
« Une invention de bon sens » Il y a huit ans donc, Pascal Bouissou, par ailleurs sapeurpompier depuis une vingtaine d’années à la caserne d’Oloron, crée son auto-entreprise pour mettre au point un appareil révolutionnaire dans la chasse aux frelons asiatiques. « Comme souvent en France, on avait le bon produit mais pas le bon matériel. Je constatais, à chaque fois qu’on aspergeait les nids, que cela entraînait une pollution environnementale dommageable. Les dégâts collatéraux sur les autres insectes étaient visibles. Sans compter que la poudre est également nocive pour les opérateurs ». Dans une démarche écoresponsable, Pascal Bouissou invente donc un appareil qui réduit la quantité de neurotoxique. Son compresseur à air muni d’une perche équipée d’un embout avec un clapet anti-retour envoie la juste dose de produit. Au lieu des 800 grammes de poudre préconisés par les industriels, il parvient à n’utiliser que 40 grammes grâce à une diffusion ultra-précise. « Je ne suis pas un Géo Trouvetou, mais je pense qu’on peut travailler plus proprement. C’est une invention de bon sens. Je suis d’ailleurs surpris que les industriels ne se soient jamais emparés de la question », confie-t-il, un peu ironiquement. C’est donc Pascal Bouissou qui s’y colle. Après avoir obtenu le brevet pour son invention de la part de l’Insti-
Pascal Bouissou, sapeur-pompier, a inventé il y a huit ans un appareil pour lutter contre les frelons asiatiques. © NICOLAS SABATHIER tut national de la propriété industrielle (INPI), il attend le verdict des instances européennes. « Sûr à 98 % d’obtenir ce certificat », Pascal Bouissou cherche des partenaires.
« Des talents en France » « Je sais fabriquer l’appareil, mais j’ai besoin d’un industriel pour mettre l’insecticide en dosettes. J’aimerais travailler en Béarn et profiter du bassin d’entreprises de l’aéronautique du secteur ». Mais attention, pas à n’importe quel prix. Un peu échaudé par certaines pratiques, Pascal veut être prudent. « J’ai reçu des propositions commerciales par des personnes intéressées par mon invention. Mais, juste avant de signer, j’ai compris qu’elles n’é-
«J’AIMERAIS TRAVAILLER EN BÉARN ET PROFITER DU BASSIN D’ENTREPRISES DE L’AÉRONAUTIQUE DU SECTEUR» taient là que pour se faire de l’argent sur mon dos. Je suis plus vigilant maintenant », reconnaît-il. Le Béarnais regrette un manque d’accompagnement des auto-entrepreneurs, qu’il soit financier ou administratif. « En France, nous avons beaucoup de talents, mais c’est compliqué si on n’a pas un peu d’argent. Pour monter mon dossier de brevet, des cabinets me demandaient entre 3 000 et
5 000 euros. Et ça, sans être certain de l’obtenir », racontet-il. En 2019, en remportant le concours de Bordeaux Métropole, Tremplins I’nov pro, dans la catégorie bricolage, vie pratique et habitat, il pensait encore qu’il serait épaulé. « Avec mon procédé, on évite de polluer l’environnement. Tout le monde vous félicite, mais personne ne vous dit vers qui aller ou comment s’organiser », regrette-t-il. En attendant de trouver les bons partenaires, Pascal Bouissou conserve son poste au centre de secours et d’incendie d’Oloron. « C’est un beau métier », lance-t-il, fier de son travail quotidien, qu’il n’abandonnera que si le développement de son activité l’y oblige. FLORENCE CHEVALIER I
Pourquoi avez-vous voulu nous accompagner dans cette opération de proximité et de lien des Béarnais de l'année ? C’est un rendez-vous qui a trouvé sa place dans le cœur des Béarnais. Se retourner sur l’année qui s’achève et saluer celles et ceux qui l’ont rendue singulière est naturel. La Fibre64 était à vos côtés l’an passé, une année marquée par des confinements exceptionnels. A leur manière, les solutions numériques et les réseaux de communication permettent de faire face à la crise sanitaire : santé, poursuite de la vie économique, éducation, loisirs… Il était donc normal que La Fibre64 soit là, à nouveau, en 2021 ! Vous parrainez la catégorie « Créatifs » . Pourquoi est-on au cœur du sujet avec le déploiement de la fibre et de ses usages ? L’accès au très haut débit dans les Pyrénées-Atlantiques s’est intensifié en 2021. Le très haut débit par la fibre optique est une priorité mais, sans attendre, La Fibre64 investit aussi dans les solutions d’attente efficaces (VDSL, 4G, satellite, ...). La fibre pour tous est un chantier d’une telle ampleur qu’on se doit aussi de proposer des solutions là où elle n’est pas encore arrivée. A mesure que le très haut débit se déploie, des pratiques nouvelles apparaissent. Ce souffle d’innovation et de créativité donne du sens à notre action. Nous avons, du reste, récompensé certaines initiatives récemment avec l’appel de projet « De la fibre dans les idées ». Doté de 100 000€, il appuie les innovations numériques du quotidien. Nous renouvellerons cet appel à projet l’an prochain. La période reste compliquée. Quels messages souhaitez vous faire passer en cette fin d'année ? L’épidémie se renouvelle et le Béarn n’y échappe pas. Nous sommes nombreux à le constater autour de nous. Les fêtes arrivent et nous retrouverons bientôt ceux qui nous sont chers. Pour en profiter le plus possible, chacun peut agir. Outre le vaccin, les gestes barrières nous protègent et protègent ceux que nous aimons.
VI
LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021 CAHIER EVÉNEMENT
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
L’écrivain à succès David Diop : « Mon «país», c’est le Béarn»
NOTRE PARTENAIRE
Philippe Cazes-Carrère, PDG d’Übi : « Chaque action positive est bonne à saisir »
Sacré personnalité béarnaise médiatique de l’année, le romancier billérois David Diop s’est fendu au Zénith d’une déclaration d’amour au Béarn et aux Béarnais. Depuis 2018 et l’obtention du Goncourt des lycéens, David Diop collectionne les prix littéraires, même à travers la planète tant le succès de son roman « Frère d’âme » est mondial, avec ses 23 traductions. Un phénomène couronné en 2021 par l’obtention du prestigieux Booker Prize International, une première pour un écrivain français. N’ayons pas peur des mots, l’enseignant-chercheur de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour est devenu une figure de la littérature bien au-delà de nos frontières, au point que l’ancien président des Etats-Unis Barack Obama a fait savoir en juillet que « Frère d’âme » se situait en tête de ses recommandations de lecture pour l’été. Une forme de consécration, mine de rien. Dans la foulée, le troisième roman de David Diop, « La porte du voyage sans retour », une superbe histoire d’aventure et d’amour, à la fois puissante et poétique, séduit de nouveau les critiques et le grand public.
Sincèrement touché David Diop aurait donc toutes les raisons de la terre de se prendre au sérieux et de se voir aussi important qu’il est, au fond, devenu au fil d’une trajectoire sensationnelle. Ce n’est pas le genre du bonhomme, et on a encore pu s’en apercevoir ce samedi lors de la soirée des Béarnais de l’année, où il a tenu à faire honneur, avec une humilité et une simplicité confondantes, à son prix de Béarnais le plus médiatique de l’année. Une distinction plus que méritée et difficilement contestable quand une icône mondiale comme Barack Obama se charge personnellement de vous faire de la publicité. Bardé de prix littéraires, le
Pourquoi avoir choisi de nous accompagner pour cette opération ? Chez Übi Care, notre principale mission est de veiller sur les personnes et leur environnement. Nous prenons soin des gens et apportons des solutions pour améliorer le bien-vivre à domicile. Les Béarnais de l’année mettent en lumière des personnalités de l’ombre qui œuvrent, elles aussi, pour le bien-être et le bien-vivre, donc tout naturellement nous sommes sensibles à leurs projets et leurs missions. À l’époque où nous vivons, chaque action positive est bonne à saisir pour faire du bien au moral des gens.
En quelques années seulement, David Diop est devenu un romancier à la notoriété planétaire. © NICOLAS SABATHIER citoyen de Billère est apparu, pourtant très discret et pudique de tempérament, très sincèrement touché par cette manifestation locale de reconnaissance. Il s’est même fendu devant le public d’une véritable déclaration d’amour à sa terre d’accueil depuis 1998, lui qui est né à Paris et a grandi au Sénégal. « Je voyage beaucoup, et je suis béarnais aussi, a-t-il confié au micro. Mon « país », c’est le Béarn. Plus je voyage, et plus je me rends compte de la chance que l’on a de vivre ici. Et je fais donc partie de ceux qui aiment le Béarn et de ceux qui, je l’espère, et ce prix en est d’ailleurs peutêtre la preuve, ont été adoptés ici en Béarn ».
Points de repère Ce qui est certain, c’est que David Diop a depuis long-
temps été « adopté » par la rédaction de Pyrénées Presse. Le romancier avait remis un prix lors de l’édition 2019 des Béarnais de l’année. Il figurait d’ailleurs déjà parmi les nommés de la catégorie des médiatiques. Et au mois de juin dernier, il avait répondu très gentiment à notre proposition d’être l’invité de la rédaction dans nos locaux. Pendant plus de deux heures, il avait d’abord accepté de livrer ses points de vue sur différents sujets de l’actualité béarnaise, puis avait répondu à nos questions sur son parcours, sa
«PLUS JE VOYAGE, ET PLUS JE ME RENDS COMPTE DE LA CHANCE QUE L’ON A DE VIVRE ICI.»
construction comme écrivain à cinquante ans passés, sa gestion du succès, sa façon d’aborder les questions du racisme et de la colonisation, son métier d’enseignant qu’il tient à continuer d’exercer… Car cet ancrage béarnais, que ce soit dans sa vie universitaire à Pau, dans sa vie personnelle auprès de ses proches, David Diop assure en avoir besoin. Comme des points de repère qui, peut-être, lui permettent entre deux voyages à l’autre bout de la planète de garder les pieds sur terre. Et à voir la joie inscrite au fond de son regard samedi soir, on sent bien que pour David Diop, écrivain au succès mondial, il est important et ressourçant de se sentir un peu « prophète » en son « país ». ERIC BÉLY I
Pourquoi avez-vous opté pour la catégorie « personnalités médiatiques » ? Etant moi-même un autodidacte, je suis toujours sensible aux personnes qui savent s’investir et se dépasser pour porter des projets hors du commun. Ce sont des personnes exceptionnelles qui accomplissent de grandes choses, et même à petite échelle. Cette catégorie des Béarnais de l’année leur rend hommage et nous permet de découvrir leur parcours. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers cette opération après une année 2021 encore très particulière ? Je rencontre tous les jours des personnes, et même les plus jeunes, pour qui la crise du Covid n’a pas été un frein mais plutôt un déclencheur pour réaliser les projets les plus fous. Des personnes qui croient encore en l’avenir. « On n’a qu’une vie ! », c’est une phrase simple mais qui prend tout son sens en cette période. Alors profitons-en pour briser les barrières et accomplir ses rêves, à l’instar de nos Béarnais de l’année !
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
L’immense coup de cœur pour la leçon de vie donnée par Mélina À 23 ans, Mélina Beausseron, atteinte de trisomie 21, a reçu le prix « coup de cœur ». Une récompense qu’elle partage avec sa maman Noëlle qui s’est battue pour que sa fille ait une vie normale. À 23 ans, Mélina Beausseron prend tous les matins le bus pour aller travailler dans une crèche, fait ses courses pour remplir son frigo et préparer ses repas, gère son argent. Une jeune adulte, comme bien d’autres. À une petite différence près, ou plutôt un chromosome, car Mélina est atteinte de trisomie 21.
Un monde d’amour
Cette anomalie, qui touche plus de 60 000 personnes en France, peut engendrer des difficultés intellectuelles, des troubles du tonus musculaire, des caractéristiques morphologiques et des malformations et autres maladies. Chaque personne trisomique étant différente, certaines peuvent lire, écrire, se déplacer de manière autonome, vivre seules dans un logement, avoir un travail en milieu ordinaire ou protégé. « Ils vivent dans un monde extraordinaire, fait d’amour, sans médisance ou critique », explique Noëlle, la mère de Mélina. Samedi dernier, ce sont d’ailleurs ces deux femmes, mère et fille, qui ont été mises à l’honneur dans la catégorie « coup de cœur ». Seule sur scène, Mélina a remercié sa famille et ses amis. « La voir sur scène, c’était le Graal. C’est la preuve que la société reconnaît le handicap. C’est aussi une grande fierté pour son frère. Aujourd’hui, dans la vie tout est possible. C’est une question de volonté, une envie d’avancer », confie Noëlle qui, malgré les difficultés, n’a jamais rien lâché. « Quand Mélina est née, je lui ai parlé et je lui ai promis qu’à 25 ans, elle serait autonome », se rappelle cette mère courage. Et de raconter une anecdote aussi terrible que poignante: « Un jour que je faisais des
Mélina, atteinte de trisomie 21, vit seule et travaille. Une fierté pour sa mère qui s’est battue pour sa fille. © NICOLAS SABATHIER
« AUJOURD’HUI, DANS LA VIE TOUT EST POSSIBLE. C’EST UNE QUESTION DE VOLONTÉ, UNE ENVIE D’AVANCER. » courses avec Mélina bébé dans son landau, une femme s’est penchée sur elle. J’ai lu du dégoût sur son visage. Ce jour-là, je me suis dit : soit tu t’écroules, soit tu fais de cette différence une fierté. J’ai pris la deuxième option. »
Travailler et vivre seule
Aujourd’hui, notamment grâce au Centre de ressources Trisomie 21, Mélina a pu choisir ce qu’elle voulait faire de sa vie.
Et à 23 ans, elle a été embauchée à temps partiel comme Atsem à la crèche Libellule à Assat. « Je change les couches, je joue avec les enfants, je les mets à la sieste, je mets le couvert », énumère la jeune femme qui « aime » son travail. Depuis octobre, Mélina vit également seule, dans un petit appartement à Pau. « C’était impressionnant au début », avoue-t-elle. Heureusement, l’un de ses voisins n’est autre que Benjamin, son petit ami depuis trois ans. Keely, son éducatrice, l’accompagne deux jours par semaine, les lundi et jeudi, pour aller faire les courses, préparer ses repas et gérer son argent. Quand elle ne travaille pas, Mélina s’adonne à sa grande
passion : le chant. Entre son cours de comédie musicale le mardi et celui de chant, elle n’arrête pas. Autant dire que samedi soir, elle a été comblée par les différentes prestations et qu’elle sera, avec sa mère Noëlle, dans le public lors du spectacle « Je vais t’aimer », au Zénith en janvier. Si la jeune Paloise a dû arrêter les séances de flamenco pour cause de Covid, elle suit des leçons de poterie. « J’aime bien la terre et tout ce qu’on peut faire avec. Je fais des personnages et des animaux », raconte-t-elle, visiblement très amusée par cette nouvelle activité. Bref, « tout roule » pour Mélina aujourd’hui. FLORENCE CHEVALIER I
VII
NOTRE PARTENAIRE
François Bayrou, président du Pays de Béarn : « Une démarche de rapprochement et de liberté»
Ce Pays de Béarn, c’est un peu votre bébé, comment granditil ? Il grandit très bien, il grandit en liberté. Il y a deux façons de concevoir l’organisation politique d’une région comme la nôtre. Ou bien on oblige tout le monde à entrer dans le même moule (je n’en vois pas et n’en ai jamais vu l’intérêt), ou bien on propose à toutes les collectivités du territoire une alliance libre. C’est ce que nous avons mis en place avec ce pôle métropolitain (qui n’est d’ailleurs ni un pôle, ni métropolitain) mais qui est une fédération des différentes communautés de communes et de la communauté d’Agglomération de Pau. Elles ont décidé de travailler ensemble sur des sujets communs comme la communication autour du Béarn, la politique touristique, la politique universitaire, tout ce que nous mettons en place autour de l’hydrogène...Nous faisons tout cela en demandant de l’efficacité et sans dépenser inutilement l’argent qui va devenir rare dans les années qui viennent. Nous sommes dans une démarche de rapprochement et de liberté. Pourquoi avez-vous décidé de soutenir l’opération des Béarnais de l’année ? Parce que le Béarn est une région formidable, mais que tout le monde ne le sait pas. Le fait de défendre son identité, de mettre en avant ceux qui peuvent faire connaître cette diversité, dire la richesse, l’originalité et le caractère précieux de ce territoire, mérite d’être soutenu. Et c’est ce que vous faites avec Les Béarnais de l’année. Nous vivons de nouveau une période compliquée. Quel message souhaitez-vous faire passer en cette fin d’année ? La période est compliquée et comporte de grands risques. Mais plus il y a de risques, mieux s’en sortiront les régions qui savent être solidaires, créatives, imaginatives ... Tout le monde sent bien que derrière cette épidémie, il va y avoir une renaissance. Mais cela se prépare avant. C’est le moment pour nous tous, notamment en Béarn, de réfléchir à ça.
VIII
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
La doctorante humaniste Syrine remporte le prix «Solidaires»
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
NOTRE PARTENAIRE
Olivier Subra, DG de Pau Béarn Habitat : « L’humain au cœur de nos actions»
Syrine Ben Elhadj Hamida, présidente de l’Épicerie solidaire des étudiants de Pau, a été distinguée pour son engagement. Samedi dernier, Syrine Ben Elhadj Hamida avoue avoir vécu « une soirée parfaite » lors des Béarnais de l’année, au Zénith de Pau, et pas seulement parce qu’elle a reçu le prix « solidaires ». « On s’est régalé avec le show. J’étais un peu stressée au moment de prendre la parole, surtout parce que je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde. Mais c’était génial », confie-t-elle, visiblement ravie. Lors du vote du public, la candidature de la trentenaire a recueilli de très nombreux suffrages. Et elle croit savoir pourquoi. « J’ai parlé à tout le monde de ce concours, j’ai joué le jeu à fond et toute ma famille a voté », plaisante-t-elle.
Une thèse en génie pétrolier Plus sérieusement, Syrine Ben Elhadj Hamida est devenue une figure du campus de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA). En 2018, la jeune femme quitte sa Tunisie natale pour intégrer le master de génie pétrolier. Deux ans plus tard, elle commence sa thèse sur la précipitation des sels dans les roches, dirigée par Hannelore Derluyn et Peter Moonen, au centre d’imagerie à rayons X de l’UPPA. « Je devrais normalement la soutenir en septembre 2023 », annoncet-elle, en espérant ensuite rentrer en Tunisie, avec un emploi et un salaire en adéquation avec ses études. Si elle peut aujourd’hui entièrement se consacrer à sa thèse, Syrine n’oublie pas les temps difficiles. À son arrivée en France, elle a pu profiter de l’Épicerie solidaire des étudiants de Pau. À partir de son panier récupéré le samedi, elle se mitonnait des plats pour la semaine. Pour rendre ce qui lui a été donné, la jeune femme a pris, en janvier 2020, la présidence de cette association soutenue par la Banque alimentaire et le Rotary. « Avec le Covid, les particuliers, la mairie, le CCAS sont venus nous aider. Les particuliers nous appor-
Pourquoi nous soutenez-vous dans cette opération ? Pau Béarn Habitat est, depuis plus de 2 ans, l’opérateur immobilier historique de l’agglomération paloise et du Béarn. A ce titre, elle est fortement attachée à son territoire qu’elle porte fièrement jusque dans son nom et dans celui de son projet d’entreprise intitulé « En daban 2025 ! ». Premier bailleur du Pays de Béarn, cette société d’économie mixte, détenue majoritairement par des collectivités locales, est propriétaire et gestionnaire d’un parc immobilier de 9 000 logements locatifs répartis sur 24 communes. (...) Il est donc tout naturel pour nous de s’inscrire comme partenaire de cet événement qui a vocation à mettre en lumière des Béarnais et des Béarnaises qui, au travers de leurs actions, mettent en avant les valeurs de notre territoire. Que représente pour vous la notion de solidarité ? Pau Béarn Habitat loge environ 16 000 personnes, principalement sur le territoire béarnais. Une grande partie de celles-ci ont des ressources limitées ou peuvent rencontrer des difficultés sociales temporaires ou plus durables, ce que nous avons très bien constaté lors de ces deux dernières années. Elle a par conséquent dans sa gestion quotidienne une obliSyrine Ben Elhadj Hamida, qui attend un heureux événement, est aussi chaleureuse et lumineuse sur scène qu’à l’Epicerie gation morale d’assistance envers solidaire où elle distribue colis alimentaires et conseils aux étudiants. © NICOLAS SABATHIER ses locataires. C’est dans ce but que subventions à tous les orga- nous nous efforçons chaque jour de taient spontanément des dons. « IL FAUT DE LA VOLONTÉ nismes possibles, l’association répondre à leurs besoins avec l’objecJ’ai été très surprise par le grand possède aujourd’hui quelques tif de maintenir le lien social le plus cœur des Palois et des Béarnais. ET CROIRE EN SOI. » fonds. « Ils sont, aujourd’hui, durable possible et de lutter contre Des gens qui étaient euxmêmes émus par la situation bution de colis alimentaire. Le suffisants pour qu’on puisse l’exclusion en détectant les situations des étudiants », constate Sy- samedi, je discute beaucoup passer des commandes direc- à risque. En mettant l’humain au avec les autres étudiants. Cer- tement afin d’augmenter la cœur de nos actions, nous ambitionrine. tains sont déçus, il faut les re- qualité et la quantité des pa- nons de porter toujours plus haut la motiver. J’essaie de raconter ce niers », explique Syrine Ben El- valeur de l’intérêt général propre à Un modèle pour les étudiants notre société. Aujourd’hui, 200 étudiants que j’ai vécu moi-même. Il faut hadj Hamida. D’ici la fin du mois de janvier, Quels messages souhaitez-vous bénéficient d’une carte pour de la volonté et croire en soi. Je accéder à l’Épicerie solidaire. Et suis une femme, une étudiante elle présidera l’assemblée gé- faire passer en cette période ? entre 130 et 140 viennent, du Maghreb dans une filière du nérale de l’association, dont le Aujourd’hui plus que jamais, la notion chaque samedi, récupérer le fa- génie pétrolier. Je veux passer bureau se compose de six per- de solidarité est primordiale. Nous meux panier. « Avant la pandé- l’information : il n’y a pas de sonnes. « Nous aimerions ac- traversons une période qui nous de nouveaux prouve, chaque jour, que nous devons mie, nous étions plutôt 50 à 70 à différence dans ma tête entre cueillir en profiter. Ce chiffre est en homme et femme, quel que soit membres », précise-t-elle. agir avec et pour les autres. La solidatrain de tripler », constate la le lieu d’où l’on vient. On peut Avant de saluer la dizaine de bé- rité est un devoir social, une obligation présidente. D’autant plus que même faire mieux ! », encou- néficiaires de colis qui, après d’aide et d’assistance. A travers la vales étudiants étrangers, tout rage la doctorante. Avant de avoir récupéré leur panier le sa- lorisation d’actions exemplaires dans juste arrivés, peinent à trouver lancer, dans un cri du cœur : medi matin, restent à l’Épicerie ce domaine grâce aux Béarnais de « Notre religion, c’est l’huma- pour aider à la distribution. Un l’année 2021, nous espérons contrides petits boulots. beau modèle de solidarité cir- buer à porter haut cette valeur, pour Syrine sublime sa fonction de nité ». qu’à l’avenir les initiatives solidaires Ayant profité de l’année de culaire. présidente. « L’Épicerie solisoient de plus en plus nombreuses et daire, ce n’est pas qu’une distri- pandémie pour demander des FLORENCE CHEVALIER I exemplaires.
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
L’incroyable année 2021 du streamer palois Yann « Chowh1 » Latapie
IX
NOTRE PARTENAIRE
Jean-Jacques Lasserre, président du conseil départemental : « Des jeunes créent et s’investissent »
Le streamer palois Yann Latapie, alias Chowh1, vient d’être élu Espoir béarnais de l’année. Une distinction qui vient clore une année exceptionnelle pour le vidéaste. Ils sont parfois 10 000, 15 000, voire même plus de 20 000 à suivre assidûment les directs qu’anime tous les jours le Béarnais Yann Latapie sur Twitch. Un succès phénoménal, qui fait de celui que tout le monde connaît sous le nom de Chowh1, l’une des références en la matière en France. Joueur sur « Call of Duty : Warzone », il a su allier sa science du « first person shooter » (jeu de tir à la première personne) avec des qualités d’animateurs qui lui permettent aujourd’hui de fédérer une importante communauté derrière lui.
Pourquoi le Conseil départemental a-t-il choisi de nous accompagner depuis le lancement de l’opération des Béarnais de l’année ? L’opération les Béarnais de l’année est une magnifique opportunité de mettre en lumière les initiatives et les engagements de femmes et d’hommes dont on ne parle pas forcément. Cette opération a également une vertu d’émulation et d’encouragement. Enfin, elle signifie que notre société porte aussi du positif. Et, in fine, notre territoire s’enrichit de ces initiatives.
Un Béarnais au grand cœur Ces dix-huit derniers mois, sa popularité a explosé dans des proportions qui font aujourd’hui de lui l’un des dix plus gros streamers français. Un statut qui lui a permis d’intégrer pour la première fois l’équipe du Z Event, un événement au cours duquel des streamers collectent des fonds pour une association caritative. Pendant trois jours, cinquante des plus importants d’entre eux se sont donc retrouvés à Montpellier - où vit d’ailleurs aujourd’hui Chowh1 - pour streamer sur leur chaîne et motiver leurs spectateurs à donner. Avec sa communauté, ce Palois de 29 ans a ainsi permis d’engranger 253 000 euros sur les 10 millions collectés le temps de l’événement pour l’association Action contre la faim. Une somme colossale qui a valu aux streamers du Z Event les encouragements puis les félicitations du président de la République, Emmanuel Macron. Quelques semaines plus tôt, c’est encore sur le front caritatif que ce tourneur fraiseur reconverti streamer à 24 ans s’est illustré. « On a été contacté il y a six mois par un
Yann « Chowh1 » Latapie a remporté le prix de l’espoir béarnais de l’année. © NICOLAS SABATHIER hôpital niçois qui voulait équiper une aile avec des jeux vidéo. Avec le Covid, les parents ne pouvaient pas forcément rester avec les enfants, donc ils s’ennuyaient », rembobine ce Palois au grand cœur. Avec sa communauté, ils parviennent alors à réunir 25 000 euros pour financer des Xbox, des Playstation 4, Playstation 5 et des PC. De quoi redonner le sourire aux enfants de l’hôpital.
Quelques semaines plus tôt, c’est sur le plan « e-sportif » que le streamer béarnais pose son empreinte. Il remporte alors les « World series of Warzone solo », sorte de championnat du monde de « Call of Duty : Warzone ». Une victoire qui lui a permis de repartir avec la bagatelle de 100 000 euros, et surtout le respect infini de toutes celles et ceux qui se sont un jour ou l’autre essayés au titre d’Activision.
LE STREAMER PALOIS S’EST NOTAMMENT ILLUSTRÉ EN PARTICIPANT AU Z EVENT. IL A PERMIS DE COLLECTER 253 000 EUROS SUR LES 10 MILLIONS ENGRANGÉS PAR L’ÉVÉNEMENT.
Une star au milieu des stars De quoi encore accélérer sa popularité. Avec 100 000 abonnés sur Twitter, 500 000 sur Twitch et 200 000 sur Youtube, ChowH1 est désormais une véritable star. Il s’en est d’ailleurs sûrement un peu plus rendu compte dimanche dernier au lendemain de la soirée des Béarnais de l’an-
née. Alors qu’il patientait dans la salle d’embarquement de l’aéroport de Pau, il a croisé les footballeurs de Quevilly-Rouen-Metropole (QRM) sur le retour après leur victoire contre le Pau FC. L’occasion pour certains d’entre eux de prendre fièrement la pose à ses côtés. Des photos que l’on retrouve sur les réseaux, comme celle postée par le gardien de QRM, Louis Pelletier, tout fier de prendre la pose « avec le king ». Les stars du foot, il les connaît de toute façon plutôt bien. On l’a ainsi récemment vu jouer contre André-Pierre Gignac ou encore Valentin Rongier. Lundi dernier, il a reçu le biathlète Émilien Jacquelin sur un live. Une course de fond de plus pour Chowh1, dont l’ascension semble aujourd’hui inarrêtable. KEVIN ESTRADE I
Pourquoi avez-vous opté pour la catégorie « espoirs ? » Parce que je vois dans cette catégorie un indicateur très concret de la façon dont la jeunesse s’engage. Certes, nous rencontrons les jeunes, nous développons des politiques qui leur sont directement destinées, mais cette fois, ce sont eux qui nous disent leurs envies, leurs projets, leurs initiatives. Au travers de leurs engagements, les jeunes nous racontent aussi leur vie, leurs préoccupations, leurs centres d’intérêt. Il est essentiel de les écouter. Quel message souhaitez-vous transmettre à l’occasion de cette opération ? Nous vivons une période extraordinaire au sens propre du terme. Avec des moments d’interrogation, d’incertitude. Or, en ces temps pas toujours optimistes, des femmes, des hommes, des jeunes créent et s’investissent. Ces exemples sont intéressants et ont valeur d’encouragement pour ceux qui n’osent pas franchir le pas. C’est donc un message d’espoir en un lendemain plus radieux que je souhaite porter à la lumière des projets de ces Béarnais qui croient en l’avenir.
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CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Développement durable : Lasseube veut préserver sa richesse environnementale
NOTRE PARTENAIRE
Monique Sémavoine, présidente de Valor Béarn : « Parler aux citoyens »
La commune de Lasseube a été récompensée pour son engagement en faveur de la biodiversité. « Il n’y a pas que les champignons à Lasseube ! » C’est avec humour que le maire Laurent Keller a reçu samedi dernier, lors de la soirée des Béarnais de l’année, le prix du développement durable. Depuis l’élection de la nouvelle équipe municipale en mai 2020, la commune s’est, en effet, lancée dans plusieurs projets en faveur de la protection de l’environnement.
Une fusée à trois étages « À Lasseube, nous sommes des privilégiés », estime Laurent Keller. Et de se lancer dans une description bucolique de sa commune, « du piémont pyrénéen », avec « ses coteaux, ses forêts entretenues par les agriculteurs, et ses cours d’eaux perfusant la plaine ». Conscient qu’il y a là un environnement exceptionnel à protéger, Laurent Keller en fait un de ses arguments lors de la campagne municipale de 2020. Mais, prévient-il, « ce n’est pas un projet politique mais participatif. Je ne voulais pas que cela vienne d’en haut, mais que les citoyens eux-mêmes s’approprient cette idée et s’investissent dans la préservation de leur environnement ». Cette initiative est soutenue par l’Office français de la biodiversité (OFB) dans le cadre de la transition écologique du plan France Relance, par le conseil régional, le programme européen Leader. Élu en mai 2020, en pleine crise Covid, Laurent Keller doit quelque peu adapter son projet. « Nous n’avons malheureusement pas pu organiser de réunions publiques », regrettet-il. Car il est sûr d’une chose, « pour que le citoyen adhère, tout le monde doit être partie prenante. Et comment créer un sentiment d’appartenance ? En connaissant bien son environnement. On défend mieux ce que l’on connaît », développe le maire. Il a alors élaboré son projet comme « une fusée à trois étages ». « La base , c’est la
Laurent Keller, maire de Lasseube, est heureux d’avoir réussi à réunir les habitants autour de ce projet commun. © NICOLAS SABATHIER création d’un atlas de biodiversité », commence-t-il. Des scientifiques du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) vont compter, repérer et nommer les nombreuses espèces animales qui vivent sur le territoire communal. « C’est le premier en France à toucher autant d’espèces avec 12 groupes taxonomiques », n’est pas peu fier d’annoncer le maire. Un ouvrage de vulgarisation sera publié fin 2022, début 2023. « Si on s’émerveille, on sera plus à même de préserver cette biodiversité », insiste Laurent Keller.
Se former à tout âge Le deuxième étage de la fusée, ce sont toutes les actions de formation. Les enfants des écoles maternelle et primaire et les collégiens vont profiter du club nature et de séances de découverte. Les adultes ne seront pas oubliés. Ils sont notamment invités à s’informer
« JE NE VOULAIS PAS QUE CELA VIENNE D’EN HAUT, MAIS QUE LES CITOYENS EUX-MÊMES S’APPROPRIENT CETTE IDÉE ET S’INVESTISSENT DANS LA PRÉSERVATION DE LEUR ENVIRONNEMENT. » sur les chauves-souris. Le maire inclut dans cet étage la trame noire. À l’occasion de la réfection de l’éclairage public en 2022, les lumières de l’espace public vont être repensées pour ne plus perturber les animaux nocturnes.
Treize projets écologiques Tout en haut de la fusée trônent treize projets qui doivent cimenter la cohésion sociale et mobiliser toute la population, « des chasseurs aux néo-ruraux
en passant par les vieilles familles et les agriculteurs ». Au programme : potager pédagogique, verger écologique, sentiers de la biodiversité (deux vont être balisés en 2022), journée de la biodiversité, groupe d’étude des chauves-souris et des prairies… Preuve que la mayonnaise prend, même des agriculteurs « assez suspicieux au départ car ils avaient peur d’être à nouveau montrés du doigt » ont adhéré au projet. « Les scientifiques ont constaté que leurs pratiques n’avaient pas dérangé la faune et la flore des prairies. Ils ont même découvert des espèces rares. Les agriculteurs ont été rassurés, ils sont des partenaires de la biodiversité », raconte Laurent Keller. Son « plus grand bonheur » est ainsi d’avoir mis autour de la table tous ces « passionnés » de Lasseube. FLORENCE CHEVALIER I
Le syndicat mixte Valor Béarn, présidé par Monique Sémavoine, est l’acteur majeur pour la valorisation des déchets autour de Pau et des vallées pyrénéennes. Il s’est doté récemment de la compétence communication au profit des EPCI adhérentes (les communautés de communes et l’Agglo de Pau). En décembre, chacune des collectivités membres a dû renouveler son plan local de prévention des déchets avec une consultation publique. Valor Béarn a tenu à accompagner chaque EPCI dans cette démarche au plus près des habitants et du terrain. « J’ai compris que nos adhérents étaient inégaux en taille et en moyens pour communiquer, explique la présidente Monique Sémavoine. Or, notre intérêt est que ces plans locaux de prévention réussissent. Valor Béarn a une force de frappe et un budget. Nous avons donc lancé une campagne de stratégie de communication. Le soutien aux Béarnais de l’année s’inscrit làdedans. C’est une manière de donner de la visibilité à cette démarche. Parrainer les meilleures initiatives pour le développement durable, cela a du sens. On a besoin d’échanger et de comprendre pour parler aux citoyens. Il faut que chacun sache ce qu’il peut et doit faire ». Avec un message clair et limpide qui tient dans le slogan de Valor Béarn : « Plus vous triez, plus nous valorisons ». Très concrètement, plus le tri est bien réalisé et efficace, plus les déchets génèrent de la matière recyclable à destination des unités de traitement. Pour la présidente de Valor Béarn, soutenir une opération célébrant le lien de proximité avec les Béarnaises et les Béarnais est une manière de leur parler directement et de les mettre au centre de la démarche du développement durable : « Cela part des gens, cela commence chez eux, même si les collectivités ont le rôle d’accompagner tout cela. Mais chacun, chez soi, peut trier et nous aider à valoriser les déchets ou même les valoriser soimême. Le meilleur déchet de jardin est celui qui reste dans le jardin !».
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Avec ses chaussures de montagne, Le Soulor représente le Béarn jusqu’à Paris Le Soulor 1925, atelier de fabrication de chaussures de montagne, a reçu le prix « Ambassadeurs ». Pour ses deux dirigeants, l’important est de maintenir un savoir-faire quasi centenaire et créer de l’emploi en Béarn.
NOS PARTENAIRES
Jacques Pédehontaà, président de l’Aadt : « Le virage des 1 000 ambassadeurs »
« Nous atteignons le virage des 1 000 ambassadeurs du Béarn, et nous en sommes ravis. C’est quelque chose que nous avons créé il y a 3 ans avec la CCI car on ressentait le besoin de fédérer ceux qui portent haut et fort les couleurs de ce territoire. Petit à petit, la mayonnaise a pris, et dans les premiers mois de 2022, nous allons créer la première ambassade du Béarn à Bordeaux chez Julien Camdeborde. Ce sera un grand moment. Nous sommes très heureux d’implanter cette tête de pont du Béarn dans la capitale régionale de la NouvelleAquitaine. Maintenant, le prochain virage à négocier sera, au-delà des moments de rencontres que nous pouvons organiser, de faire de ces 1 000 ambassadeurs (qui demain j’espère seront 2 000) les véritables acteurs d’une dynamique de réseau. Ce projet des ambassadeurs et Les Béarnais de l’année sont deux opérations cousines !»
De l’aveu même du jury, décerner le prix « Ambassadeurs », cette année, n’a pas été aisé, du fait de la qualité des nommés. Au final, c’est Le Soulor 1925, atelier de fabrication de chaussures de montagne, installé à Nay, qui décroche le trophée. Et c’est chaussé d’un nouveau modèle citadin et coiffé d’un béret que Philippe Carrouché, l’un des deux dirigeants de l’entreprise, est monté sur scène samedi dernier pour récupérer son prix. « Nous avions l’impression d’être entre amis », confie le Béarnais.
Les mêmes gestes depuis 1925 Créé à Pontacq en 1925, l’atelier fabriquait des brodequins cloutés à semelles de cuir, dont la fameuse « Vignemale » destinée aux travailleurs et toujours vendue. D’autres modèles plus habillés complétaient la gamme et étaient vendus à la Samaritaine et au Bon Marché à Paris. Mais en 2016, le dernier descendant de la famille fondatrice de l’atelier part à la retraite, sans successeur. C’est alors qu’entrent en scène le Béarnais Philippe Carrouché et le Basque Stéphane Bajenoff. Comme ils le racontent sur le site Internet de l’atelier, ils se sont rencontrés sur un marché nocturne, discutant des produits « made in ailleurs et de piètre qualité ». Alors ingénieur agronome en Asie, Philippe Carrouché veut rentrer en Béarn. Les deux compères souhaitent créer de l’emploi « dans un territoire auquel ils sont très attachés ». En quelques années, ils repensent l’atelier, sans changer ce qui en fait un modèle unique et durable : le montage à la main. En 2016, il ne restait plus qu’un seul salarié pour une
XI
Pierre Nerguararian (CCI) : « Attirer des talents en Béarn »
Philippe Carrouché, l’un des deux dirigeants du Soulor 1925, a fait la promotion de ses chaussures, à destination des bergers des montagnes ou des villes. © NICOLAS SABATHIER production de 200 paires par an. Aujourd’hui, en décembre 2021, douze personnes, des jeunes et des expérimentées, confectionnent plus de 3 000 paires par an, vendues de 170 à 450 euros. « Nous n’allons sûrement pas tarder à recruter une personne supplémentaire », peut déjà annoncer Philippe Carrouché.
Des chaussures sur commande Car il en faut du temps pour créer à la main une chaussure de montagne. Selon les modèles, près de 120 opérations peuvent être nécessaires à sa fabrication. Comme chaque pièce est faite à la demande (ce
« REPRÉSENTER LE DÉPARTEMENT, C’EST UNE FIERTÉ » qui évite le sur-stockage et le gâchis), il faut aujourd’hui compter trois mois entre la commande et la réception du produit. Le site de production a également déménagé à Nay, en 2020, pour des locaux plus grands. La même année, la société recevait le label « Entreprise du patrimoine vivant ».
Une boutique à Paris A
cette
distinction
s’en
ajoute une plus récente. Le Soulor 1925 a représenté les Pyrénées-Atlantiques, cet été, lors de la grande exposition du Fabriqué en France, organisée à l’Élysée. « Avec mon associé basque, Stéphane Bajenoff, nous représentions vraiment tout le département. C’était une fierté », explique-t-il. Le Soulor ne quitte pas Paris, puisque l’atelier vient d’ouvrir une boutique dans la capitale, rue de Turenne. Essayages, mesures et prises de commande pour des modèles… Les Parisiens se croiront un temps au pied des montagnes, en Béarn. F. C. I
« Ce qui nous intéresse à terme, c’est, même si se rencontrer crée du lien, de développer le côté business. Nous voulons que nos ambassadeurs permettent un jour d’attirer des talents en Béarn, qu’ils aient les antennes affûtées pour détecter les entreprises qui pourraient venir s’implanter chez nous. Mais cela prend du temps. On passe le cap des 1 000 ambassadeurs, on va ouvrir une première ambassade à Bordeaux, c’est bien. Car le Béarn a besoin de vivre et s’exporter. Maintenant, nous allons structurer ce réseau avec des gens chargés de rayonner à l’extérieur, d’autres d’accueillir en Béarn... On voudrait aussi créer un comité des sages. On pourra alors vraiment lancer des opérations ciblées. 2022 sera l’année de la concrétisation. »
XII
CAHIER EVÉNEMENT LES BÉARNAIS DE L’ANNÉE 2021
VENDREDI 17 DÉCEMBRE 2021
Lesmicho : un duo palois au zénith
Les jumeaux et Murray Head réunis par un même sens de la simplicité. © NICOLAS SABATHIER
Jules et Caroline ont décidé de tout miser sur la musique. L’aventure commence bien ! © NICOLAS SABATHIER
Le duo des jumeaux palois, Jules et Caroline, a été élu talent musical de l’année après leur prestation rafraîchissante sur la scène du Zénith de Pau. « Si on nous avait dit il y a sept mois qu’on se retrouverait ici….» Avant de démarrer leur morceau samedi soir sur la prestigieuse scène du Zénith de Pau, les jumeaux palois Caroline et Jules Michaud se sont brièvement retournés sur cette année 2021 qui restera sûrement comme un des tournants de leurs jeunes vies. A 25 ans, après de longues études, ils ont, en effet, « fait le pari fou de se lancer dans la musique » et de « vivre intégralement » de leur passion. Designer et ingénieur de formation, ils ont donc effectué le grand saut artistique, sans filet, et ont décidé, il y a sept mois, de monter leur groupe dont ils ne sont pas allés chercher le nom très loin, (« Les-
micho »). C’est également en Béarn, à Lourdios-Ichère, qu’ils se sont retirés pour composer leur premier album, « Détour », comme celui qu’ils ont fait prendre à leur existence.
La générosité de Kombo Loco A les voir évoluer sans complexe sur la scène du Zénith samedi, ils ne semblent guère regretter leur choix. Le duo fait preuve d’un enthousiasme et d’une fraîcheur qu’ils ont su communiquer avec beaucoup de simplicité au public palois, porté par un de leurs titres, le très dansant « Danser ». Et c’est avec 67 % des suffrages qu’ils ont remporté notre 3e concours de talent des Béarnais de l’année. Mais les autres finalistes, les membres du
groupe Kombo Loco, n’ont pas été en reste question fougue et talent, emmenés par le chanteur Stef’ Ganchou et un cocktail efficace mariant la poésie de la chanson française, la révolte du rock et un groove coloré, de même qu’un goût prononcé pour le partage avec le public. Eux aussi se sont diablement amusés, et cela s’est vu et ressenti. Bravo à eux. Voilà qui ne pouvait que ravir notre parrain de la soirée, et de ce concours de talents, Murray Head qui, après avoir lui-même régalé le public de ses tubes légendaires et d’une énergie qu’on aurait dit juvénile, semblait particulièrement heureux de transmettre le témoin à la nouvelle génération. E.B. I
La générosité du groupe Kombo Loco sur la scène du Zénith a donné le ton de la soirée. © NICOLAS SABATHIER ET ASCENCION TORRENT