Skip to main content

Vive Boesmans! – Stéphane Degout & SImon Lepper

Page 1


DEGOUT & SIMON LEPPER

Dans le cadre de / In het kader van Boesmans Wave 26

philippeboesmans.be

La Monnaie est subventionnée par l’État fédéral et bénéficie du soutien du Tax Shelter et de la Loterie Nationale. /

De Munt wordt gesubsidieerd door de Federale Overheid en geniet de steun van de Tax Shelter en de Nationale Loterij.

FLEUR STRIJBOS STÉPHANE DEGOUT & SIMON LEPPER

VIVE BOESMANS

FLEUR STRIJBOS

Soprano

STÉPHANE DEGOUT

Baritono

SIMON LEPPER

Piano

Production / Productie

LA MONNAIE / DE MUNT

13 MARS / MAART 2026

LA MONNAIE / DE MUNT

PROGRAMME PROGRAMMA

PHILIPPE BOESMANS (1936-2022)

- Sonnet XVII (William Shakespeare), extr. de / uit Love and Dance Tunes (1993)

CLAUDE DEBUSSY (1862-1918)

Fêtes galantes II (Paul Verlaine), (1904)

- Les ingénus

- Le faune

- Colloque sentimental

NOAH SENDEN (°1998)

- Il pleure dans mon cœur (Paul Verlaine), (2020)

CLAUDE DEBUSSY

- Green (Paul Verlaine), extr. de / uit Ariettes oubliées (1885-1887, rev. 1903)

- Des pas sur la neige, extr. de / uit Préludes (I), pour piano (1909-1910)

BENOÎT MERNIER (°1964)

- Dans l’interminable ennui de la plaine (Paul Verlaine), extr. de / uit Deux mélodies (2010)

CLAUDE DEBUSSY

Trois mélodies (Paul Verlaine), (1891)

- La mer est plus belle que les cathédrales

- Le son du cor

- L’ échelonnement des haies

PHILIPPE BOESMANS

- Sonnet CLIII (William Shakespeare), extr. de / uit Love and Dance Tunes (1993)

Entracte / Pauze

PHILIPPE BOESMANS

- Que vaudrait la douceur ? (Rainer Maria Rilke), (2000)

ROBERT SCHUMANN (1810-1856)

Dichterliebe (Heinrich Heine), op.48 (1840) (extraits / uittreksels)

- Im wunderschönen Monat Mai

- Aus meinen Tränen sprießen

- Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne

- Wenn ich in deine Augen seh’

BERNARD FOCCROULLE (°1953)

Zauberland (Martin Crimp), (2016-2018) (extraits / uittreksels)

- Ah – dead – even so

- Red rose – bomb-fall – winter snow

- I walk in the dark to a tree

- Your sweet smell of jasmine

PHILIPPE BOESMANS

- Sonnet LIV (William Shakespeare), extr. de / uit Love and Dance Tunes (1993)

FRANCIS POULENC (1899-1963)

Chansons gaillardes (anon.), (1925-1926) (extraits / uittreksels)

- Chanson à boire

- Madrigal

- Invocation aux Parques

- L’ offrande

- Sérénade

PHILIPPE BOESMANS

- Sonnet LXII (William Shakespeare), extr. de / uit Love and Dance Tunes (1993)

HOMMAGE À PHILIPPE BOESMANS

STÉPHANE DEGOUT

Le programme de ce soir s’inscrit dans la Boesmans Wave 2026, une semaine d’hommage portée par plusieurs institutions culturelles bruxelloises afin de célébrer les 90 ans que Philippe Boesmans aurait eus cette année. Cette initiative émane de compositeurs qui lui furent proches – Bernard Foccroulle, Benoît Mernier et Kris Defoort – et témoigne de l’attachement profond que beaucoup d’entre nous lui vouaient.

Pour ma part, je garde le souvenir d’un homme d’une grande sérénité, à la fois détaché et intensément présent. Il assistait aux répétitions de ses œuvres sans jamais s’imposer. À Aix-en-Provence, lors de la préparation de Pinocchio, les techniciens lui avaient installé un transat au fond de la salle. Il écoutait. Il percevait tout. De temps à autre, une remarque précise, toujours formulée avec douceur, venait éclairer le travail des interprètes. Cette bienveillance alliée à une exigence absolue m’a profondément marqué.

Philippe n’a jamais cherché à être un maillon d’une chaîne historique. Il s’est tenu à distance des dogmes, refusant l’intellectualisme parfois dominant de la fin du XXe siècle. Il absorbait tout – les recherches, les langages – pour façonner une musique profondément personnelle, immédiate, faite pour toucher. Chez lui, il n’y a rien d’expérimental au sens froid du terme. Au contraire, il nous offre une musique travaillée, exigeante, mais d’une spontanéité évidente, qui ne cherche pas à démontrer mais à émouvoir.

Ses opéras sont conçus comme des formes continues, rarement divisées en airs autonomes. Il nous a donc semblé plus pertinent de nous tourner vers un cycle qu’il composa dans les années 1990 sur des sonnets de William Shakespeare, Love and Dance Tunes, dont la thématique centrale est

l’amour impossible. Nous en proposons les pages vocales, lesquelles subdiviseront la soirée en quatre moments distincts. Dans ces sonnets, on retrouve une couleur quelque peu mélancolique, mais jamais pesante. L’ écriture vocale est directe, naturelle, toujours respectueuse de l’instrument. Philippe connaissait intimement les voix ; il savait en épouser la respiration, les zones de fragilité, les élans. Quelques passages en falsetto apparaissent brièvement, comme des éclats intérieurs.

Autour de ce noyau, nous avons imaginé un parcours en résonance avec les affinités (ou ce que nous imaginons être les affinités) de Philippe.

Claude Debussy y occupe une place essentielle. Dans ses mises en musique de Paul Verlaine, la ligne vocale semble naître de la parole ellemême. Rien n’est forcé. Le lyrisme surgit seulement lorsqu’il devient nécessaire. Dans Colloque sentimental, le dialogue entre deux ombres se dessine au moyen de simples contrastes de tessiture ; dans Le faune, l’ironie affleure sous la grâce. Cette attention à la psychologie du texte, à sa couleur intime, rejoint profondément l’esthétique de Philippe.

Les mots de Paul Verlaine émaillent d’ailleurs toute la soirée comme un fil discret. Sa poésie possède une fluidité naturelle qui a inspiré de nombreux compositeurs. De Noah Senden à Benoît Mernier, chacun d’eux en révèle une facette singulière.

Il nous paraissait également important d’associer à cet hommage des musiciens qui ont travaillé aux côtés de Philippe, notamment Benoît Mernier mais aussi Bernard Foccroulle. En 2018, Zauberland, sur un texte de Martin Crimp, est né d’une volonté très claire : instaurer un dialogue entre Dichterliebe de Robert Schumann, sur des poèmes de Heinrich Heine, et un cycle nouveau, écrit aujourd’hui. Bernard Foccroulle ne cite pas Schumann, il ne le commente pas ; il compose seize pièces originales qui se placent en regard des seize lieder romantiques. À l’itinéraire amoureux imaginé par Heine répond le texte contemporain de Crimp, qui évoque la voix d’une femme déplacée, confrontée aux fractures de l’Europe actuelle. Pour ce récital, nous reprenons ce principe de mise en regard. Nous ne donnons pas l’intégralité des cycles, mais des extraits des deux œuvres. J’interpréterai des pages du Dichterliebe, tandis que Fleur Strijbos donnera voix aux pièces de Bernard Foccroulle.

Enfin, il était impensable de conclure sans une touche d’humour.

Philippe avait un regard malicieux, une manière légère de déjouer la gravité.

Les Chansons gaillardes de Francis Poulenc apportent cette respiration. Leur esprit voisin du cabaret, leur liberté de ton, rappellent que la musique peut sourire sans perdre sa profondeur.

EEN HOMMAGE AAN

PHILIPPE BOESMANS

STÉPHANE DEGOUT

Het programma van vanavond maakt deel uit van de Boesmans Wave 2026 waarmee verschillende Brusselse culturele instellingen gedurende een week eer betuigen aan Philippe Boesmans, die dit jaar 90 zou zijn geworden. Het is een initiatief van componisten die dicht bij hem stonden – Bernard Foccroulle, Benoît Mernier en Kris Defoort – en getuigt van de diepe genegenheid die velen van ons voor hem koesteren.

Ikzelf herinner me hem als een bijzonder serene man, die tegelijk afstandelijk en intens aanwezig was. Hij woonde de repetities van zijn werken bij zonder zich ooit op te dringen. In Aix-en-Provence hadden de technici tijdens de repetities van Pinocchio achter in de zaal een ligstoel voor hem neergezet. Hij luisterde. Niets ontging hem. Af en toe gaf hij een precieze opmerking, steeds vriendelijk geformuleerd, over het werk van de vertolkers. Die welwillendheid, in combinatie met een zeer grote veeleisendheid, heeft een diepe indruk op mij gemaakt. Philippe heeft nooit betracht een schakel in een historische keten te zijn. Hij hield zich ver van alle dogma’s en van het intellectualisme dat het einde van de 20ste eeuw overheerste. Hij absorbeerde allerlei stijlen en invloeden en distilleerde daaruit een zeer persoonlijke, directe muziektaal die bedoeld was om te raken. Bij hem vind je niets experimenteels in de kille zin van het woord. Integendeel, hij schreef uitgewerkte, veeleisende muziek: maar met een duidelijke spontaniteit, muziek die niet wil bewijzen maar ontroeren.

Zijn opera’s zijn doorgecomponeerd en slechts zelden verdeeld in afzonderlijke aria’s. Het leek ons dan ook meer aangewezen om een liedcyclus te brengen die hij in de jaren 1990 componeerde op sonnetten van William

Shakespeare. In Love and Dance Tunes staat het thema van de onmogelijke liefde centraal. We brengen daaruit de gezongen stukken, die het recital in vier delen opsplitsen. In die sonnetten hoor je een ietwat melancholische toon, die weliswaar nooit zwaarmoedig wordt. De zangpartij is heel direct en natuurlijk. Philippe hield altijd rekening met de stem, een instrument dat hij goed kende. Hij wist zijn schriftuur aan te passen aan de ademhaling, aan de fysieke en technische mogelijkheden... Er zijn enkele korte passages met falsetstem, als innerlijke uitbarstingen.

Rondom die kern hebben we een programma bedacht met muziek die aansluit bij de geest van Philippes oeuvre (of waarvan wij toch denken dat ze er goed bij aansluit).

Claude Debussy bekleedt een belangrijke plaats. In zijn toonzettingen van Paul Verlaine lijkt de zanglijn uit de woorden zelf voort te komen. Niets voelt geforceerd aan. Alleen waar nodig wordt het lyrisch. In Colloque sentimental krijgt de dialoog tussen twee schimmen gestalte door middel van eenvoudige contrasten in toonhoogte; in Le faune is sierlijkheid doorspekt met ironie. Die aandacht voor de psychologie en intieme kleur van de tekst sluit nauw aan bij Philippes esthetiek.

De poëzie van Paul Verlaine loopt als een discrete rode draad door de avond. Zijn verzen, met hun natuurlijk vloeiend karakter, hebben vele componisten geïnspireerd. Van Noah Senden tot Benoît Mernier laten ze allen een uniek facet ervan zien.

We vonden het ook belangrijk om bij dit eerbetoon muzikanten te betrekken die met Philippe hebben samengewerkt, met name Benoît Mernier, maar ook Bernard Foccroulle. In 2018 ontstond Zauberland, vanuit een zeer duidelijke intentie: een dialoog tot stand brengen tussen Dichterliebe van Robert Schumann, op gedichten van Heinrich Heine, en een nieuwe, hedendaagse cyclus op een tekst van Martin Crimp. Bernard Foccroulle citeert Schumann niet en geeft er geen commentaar op, hij componeert zestien originele stukken die tegenover Schumanns zestien romantische liederen staan. Heines liefdesverhaal wordt door Crimp beantwoord met de stem van een ontheemde, vreemde vrouw, die geconfronteerd wordt met de breuklijnen in het hedendaagse Europa.

Tijdens dit recital plaatsen we deze composities naast elkaar. We brengen niet de volledige cycli, maar fragmenten uit beide werken. Ik zal stukken uit Dichterliebe vertolken, terwijl Fleur Strijbos de stukken van Bernard Foccroulle zal zingen.

Tot slot wilden we absoluut afsluiten met een vleugje humor. Philippe had een ondeugende blik, een luchtige manier om de ernst te doorbreken. De Chansons gaillardes van Francis Poulenc zorgen voor die adempauze.

Hun cabaretachtige sfeer en vrijpostigheid herinneren ons eraan dat muziek ook kan glimlachen zonder haar diepgang te verliezen.

— Vertaling: Jeroen De Keyser

BIOGRAPHIES BIOGRAFIEËN

FLEUR STRIJBOS

Soprano / Sopraan

FR La soprano belge Fleur Strijbos s’est formée au chant au Koninklijk Conservatorium d’Anvers, auprès d’Anne Cambier. Elle s’est ensuite perfectionnée auprès de Barbara Bonney au Mozarteum de Salzbourg.

Elle est actuellement artiste en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. En 2024, elle a été présentée comme l’une des jeunes voix les plus prometteuses de Belgique dans la série De Twintigers de la radio Klara. Lauréate de plusieurs concours internationaux, elle a notamment remporté le Premier Prix du Concours Lyrique International Bell’Arte en 2024 et le Troisième Prix des Symphonies d’Automne en 2023. Elle s’est déjà produite à Flagey, à l’Opera Ballet Vlaanderen, au Gran Teatro Puccini à Torre del Lago et au Teatro Zoco à Santiago (Chili). On a notamment pu l’entendre dans le Requiem de Mozart et le « Pie Jesu » du Requiem de Fauré, ainsi que dans des œuvres contemporaines telles que Proverbia Bruegheliana (Marinus De Jong) et Jubilate Deo (Dan Forrest). Fleur Strijbos interprète en récital un répertoire allant du lied roman -

tique allemand aux mélodies françaises et aux canciones espagnoles.

La musique de chambre occupe une place importante dans son parcours.

Sélectionnée avec la pianiste Babette Craens pour suivre les Udo Reinemann International Masterclasses, elle fonde avec elle un duo en 2022.

Elle crée ensuite, en 2024, le Duo Leora avec la guitariste Emma Wills.

NL De Belgische sopraan Fleur Strijbos volgde een opleiding zang bij Anne Cambier aan Koninklijk Conservatorium Antwerpen. Nadien vervol-

maakte ze zich bij Barbara Bonney aan het Mozarteum in Salzburg en momenteel is ze Artist in Residence aan de Muziekkapel Koningin Elisabeth. In 2024 werd ze door Klara opgenomen in de selectie van De Twintigers als een van de meest veelbelovende jonge Belgische musici. Ze was laureate van internationale wedstrijden en behaalde onder meer de eerste prijs op het Concours Lyrique International “Bell’Arte” (2024) en de derde prijs op de Symphonies d’Automne (2023).

Ze was reeds te gast in Flagey, bij Opera Ballet Vlaanderen, het Gran

Teatro Giacomo Puccini in Torre del Lago en het Teatro Zoco in Santiago (Chili). Als solist was ze te horen in onder meer Mozarts Requiem en het ‘Pie Jesu’ uit Fauré’s Requiem , maar ook hedendaagse werken zoals Proverbia Bruegheliana (Marinus De Jong) en Jubilate Deo (Dan Forrest).

Als liedzangeres vertolkt Fleur Strijbos een repertoire dat reikt van het

Duitse romantische Lied tot Franse mélodies en Spaanse canciones. Fleur Strijbos voelt zich ook thuis in kamermuziek. Met pianiste

Babette Craens werd ze geselecteerd voor de Udo Reinemann International Masterclasses en in 2022 richtten ze samen een liedduo op. In 2024 stichtte ze samen met gitariste Emma Wils het Duo Lora.

STÉPHANE DEGOUT

Baryton / Bariton

FR Le baryton français Stéphane Degout a étudié au Conservatoire de Lyon et à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Lyon. Ses débuts au Festival d’Aix-en-Provence en 1999 dans le rôle de Papageno (Die Zauberflöte, Mozart) ont lancé sa carrière internationale. Depuis lors, il chante sur les scènes les plus prestigieuses, parmi lesquelles l’Opéra de Paris et l’Opéra-Comique à Paris, la Staatsoper de Berlin, le Theater an der Wien, le Royal Ballet and Opera à Londres, le Chicago Lyric Opera, le Metropolitan Opera à New York, le Teatro alla Scala à Milan, le Nationale Opera & Ballet à Amsterdam, la Bayerische Staatsoper à Munich, l’Opernhaus Zürich ainsi que les festivals de Salzbourg, Glyndebourne, Édimbourg et Aix-en-Provence. Il se distingue dans un vaste répertoire. Il a ainsi chanté les rôles mozartiens de Guglielmo (Così fan tutte) et Conte Almaviva (Le nozze di Figaro) ; les rôles rossiniens de Raimbaud ( Le Comte Ory) et Dandini (La Cenerentola), ou encore les rôles verdiens de Rodrigue (Don Carlos) et Ford (Falstaff ) ; Oreste (Iphigé nie en Tauride, Gluck), Wolfram von Eschenbach (Tannhäuser, Wagner), Thé s é e (Hippolyte et Aricie, Rameau), Mercutio (Rom é o et Juliette, Gounod), Albert ( Werther, Massenet), Frank et Fritz ( Die tote Stadt , Korngold), Chor èbe ( Les Troyens, Berlioz), Valentin (Faust , Gounod). Il a également incarné les r ôles-titres de Wozzeck (Berg), Il ritorno d’Ulisse in Patria et L’ Orfeo (Monteverdi), et plus r é cemment, de Guercœur (Magnard).

Depuis sa première apparition à la Monnaie dans L’ Orfeo en 2002, Stéphane Degout y est un hôte très apprécié. On a pu l’entendre dans les rôles-titres de Pelléas et Mélisande (Debussy) et de Hamlet (Thomas), ainsi que dans des créations de Benoît Mernier (La Dispute) et de Philippe Boesmans ( Au monde et Pinocchio). En 2023, Stéphane Degout est revenu sur notre scène pour ses débuts dans le rôle-titre d’Eugène Onéguine (Tchaïkovski). Très attaché au lied et à la mélodie, il a donné de nombreux récitals dans notre maison. Avec l’Orchestre symphonique de la Monnaie, il a interprété les Kindertotenlieder ainsi que les Lieder eines fahrenden Gesellen de Mahler et le Requiem de Fauré sous la direction d’Alain Altinoglu.

Sa discographie s’est récemment élargie à des enregistrements de Ein deutsches Requiem (Brahms) et du Requiem de Fauré, Mein Traum avec Pygmalion sous la direction de Raphaël Pichon, un cd de lieder, Epic. Lieder & Balladen , avec le pianiste Simon Lepper et un autre de mélodies, La Bonne Chanson & L’ Horizon chimérique (Fauré), avec le pianiste Alain Planès. Depuis 2023, Stéphane Degout est maître en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

NL De Franse bariton Stéphane Degout studeerde aan het Conservatoire de Lyon en het Atelier lyrique de l’Opéra de Lyon. Zijn debuut als Papageno (Die Zauberflöte, Mozart) op het Festival d’Aix-en-Provence in 1999 lanceerde zijn internationale carrière. Sindsdien zingt hij op de belangrijkste podia, waaronder de Opéra de Paris en de Opéra Comique in Parijs, de Staatsoper Berlin, het Theater an der Wien, de Royal Ballet and Opera in Londen, de Chicago Lyric Opera, de Metropolitan Opera in New York, het Teatro alla Scala in Milaan, de Nationale Opera & Ballet in Amsterdam, de Bayerische Staatsoper in München, het Opernhaus Zürich alsook de festivals van Salzburg, Glyndebourne, Edinburgh en Aix-en-Provence. Hij onderscheidde zich in een uitgebreid repertoire: de Mozartrollen Guglielmo (Così fan tutte) en Conte di Almaviva (Le nozze di Figaro), de Rossinirollen Raimbaud (Le Comte Ory) en Dandini (La Cenerentola) en de Verdirollen Rodrigue (Don Carlos) en Ford (Falstaff), maar ook Oreste

(Iphigénie en Tauride, Gluck), Wolfram von Eschenbach (Tannhäuser, Wagner), Thésée (Hippolyte et Aricie, Rameau), Mercutio (Roméo et Juliette, Gounod), Albert (Werther, Massenet), Frank en Fritz (Die tote Stadt, Korngold), Chorèbe (Les Troyens, Berlioz) en Valentin (Faust, Gounod). Daarnaast vertolkte hij de titelrollen in Wozzeck (Berg), Il ritorno d’Ulisse in patria en L’Orfeo (Monteverdi) en, recenter, in Guercœur (Magnard).

In de Munt is Stéphane Degout een graag geziene gast sinds zijn debuut in L’Orfeo in 2002. We denken daarbij aan vertolkingen van Pelléas ( Pelléas et Mélisande, Debussy) en van de titelrol in Hamlet (Thomas), naast de creaties van Benoît Merniers La Dispute en van Philippe Boesmans’ Au monde en Pinocchio. In 2023 was hij nog in Munt voor zijn roldebuut in de titelrol van Jevgeni Onegin (Tsjajkovski).

Zijn voorliefde voor de Franse mélodie en het Duitse Lied uitte zich in diverse recitals in de Munt en als concertzanger vertolkte hij met het Symfonieorkest van de Munt onder leiding van Alain Altinoglu niet alleen Fauré’s Requiem maar ook Mahlers Kindertotenlieder en Lieder eines fahrenden Gesellen .

Zijn discografie werd recent uitgebreid met opnamen van Brahms’ Ein deutsches Requiem en Fauré’s Requiem, Mein Traum met Pygmalion onder leiding van Raphaël Pichon, de lied-cd’s Epic, Lieder & Balladen met pianist Simon Lepper en Fauré’s La Bonne Chanson & L’Horizon chimérique met pianist Alain Planès.

Sinds 2023 is Stéphane Degout master in residence bij de Muziekkapel Koningin Elisabeth.

SIMON LEPPER

Piano

FR Le pianiste et accompagnateur de mélodistes Simon Lepper a étudié la musique au King’s College à Cambridge, puis l’accompagnement au Royal College of Music à Londres et à la Fondation Royaumont. Il est actuellement coresponsable de la formation à l’accompagnement au Royal College of Music, où il enseigne aussi le répertoire du lied. Depuis 2003, il est le pianiste accompagnateur officiel de la BBC Cardiff Singer of the World Competition ; il a donné des master classes au Mozarteum, à la Fondation Royaumont, au Samling Institute for Young Artists et à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

Entre autres temps forts de sa carrière, notons un programme de concert en triptyque autour de lieder de Joseph Marx à l’invitation du Wigmore Hall, des récitals avec le ténor Stéphane Degout aux festivals de Ravinia et d’Édimbourg, avec la mezzo-soprano Karin Cargill et la soprano Sally Matthews au Carnegie Hall à New York ou encore avec le baryton-basse Christopher Purves à la Frick Collection à New York. Il a été invité à plusieurs reprises à la Schubertiade de Hohenems avec le ténor Mark Padmore et le baryton-basse Gerald Finley ; il a aussi accompagné la soprano Christiane Karg lors de récitals à la Oper Frankfurt, à la Schubertiade de Schwarzenberg et au Rheingau Musik Festival.

Simon Lepper est bien connu du public de la Monnaie : il y a déjà accompagné les récitals d’Angelika Kirchschlager (2013), Sally Matthews (2010 et 2015), Stéphane Degout (2017) et Mark Padmore (2018 et 2022).

Il y a en outre proposé, en 2016, avec Sally Matthews et Dietrich Henschel, le mélodrame Enoch Arden de Richard Strauss.

Parmi ses récents enregistrements, mentionnons les cd Epic. Lieder and Ballads et Poèmes d’un jour avec Stéphane Degout, repris dans la sélection

Gramophone Editor’s choice ; des lieder de Schubert avec le ténor Ilker

Arcayürek ; et Burnished Gold avec la soprano Robyn Allegra-Parton.

NL Pianist en liedbegeleider Simon Lepper studeerde muziek aan het King’s College in Cambridge en vervolgens pianobegeleiding aan het Londense Royal College of Music en aan de Fondation Royaumont. Hij is momenteel medeverantwoordelijk voor de opleiding pianobegeleiding en docent liedrepertoire aan het Royal College of Music. Sedert 2003 is hij de officiële begeleider van de BBC Cardiff Singer of the World Competition en gaf hij masterclasses aan het Mozarteum, de Fondation Royaumont, het Samling Institute for Young Artists en de Muziekkapel Koningin Elisabeth. Als voorlopige hoogtepunten in zijn carrière vermelden we: een driedelig concertprogramma rond liederen van Joseph Marx op uitnodiging van Wigmore Hall, recitals met tenor Stéphane Degout op de festivals van Ravinia en Edinburgh, met mezzosopraan Karin Cargill en sopraan Sally Matthews in Carnegie Hall in New York, en met bas-bariton Christopher Purves in de Frick Collection aldaar. Hij werd meermaals uitgenodigd op de Schubertiade in Hohenems voor liedcycli van Schubert met tenor Mark Padmore en met bas-bariton Gerald Finley, en begeleidde recitals van sopraan Christiane Karg in de Oper Frankfurt, op de Schubertiade Schwarzenberg en op het Rheingau Musik Festival.

Voor het Muntpubliek is Simon Lepper al lang geen onbekende meer: hij begeleidde de recitals van Angelika Kirchschlager (2013), Sally Matthews (2010 & 2015), Stéphane Degout (2017) en Mark Padmore (2018 & 2022). Samen met Sally Matthews en Dietrich Henschel bracht hij ons in 2016 het melodrama Enoch Arden van Richard Strauss. Van zijn recente opnames vermelden we de cd’s Epic. Lieder and Ballads en Poèmes d’un jour met Stéphane Degout (Editor's Choice van Gramophone), liederen van Schubert met tenor Ilker Arcayürek en de cd Burnished Gold met sopraan Robyn Allegra-Parton.

TEXTES CHANTÉS

GEZONGEN TEKSTEN

PHILIPPE BOESMANS

Sonnet XVII

Who will believe my verse in time to come, If it were fill’d with your most high deserts? — Though yet, heaven knows, it is but as a tomb Which hides your life and shows not half your parts.

If I could write the beauty of your eyes

And in fresh numbers number all your graces, The age to come would say “this poet lies; Such heavenly touches ne’er touch’d earthly faces.”

So should my papers, yellowed with their age, Be scorn’d, like old men of less truth than tongue, And your true rights be term’d a poet’s rage And stretched metre of an antique song.

But were some child of yours alive that time, You should live twice: in it, and in my rhyme.

Qui, dans les temps à venir, croira mon poème s’il est rempli de vos mérites ? Si je parvenais à décrire la beauté de vos yeux et à énumérer toutes vos grâces, on dira que je mens. Mes justes louanges seraient jugées exagérées. Mais si, en ces temps, un enfant de vous vivait, vous vivriez deux fois : en lui et dans mes vers.

Wie zal in de toekomst mijn gedicht over jouw schoonheid geloven? Ook al kan ik je mooie ogen en je bevalligheid beschrijven, men zal zeggen dat ik lieg. Mijn terechte lof zal als overdrijving worden afgedaan. Maar als een kind van jou dan leeft, zou je tweemaal leven: in die nakomeling en in mijn poëzie.

CLAUDE DEBUSSY

Les ingénus

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,

En sorte que, selon le terrain et le vent,

Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent

Interceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes.

Parfois aussi le dard d’un insecte jaloux

Inquiétait le col des belles sous les branches, Et c’étaient des éclairs soudains de nuques blanches,

Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.

Le soir tombait, un soir équivoque d’automne :

Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,

Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,

Que notre âme, depuis ce temps, tremble et s’étonne.

De argelozen. Onze jonge ogen waren vol van het zicht van de mooie meisjes, die geplaagd werden door de wind of door insecten. Wanneer de avond viel, fluisterden de meisjes, die dromend aan onze arm hingen, zacht zoete woordjes waarvan onze ziel nog steeds natrilt.

Le faune

Un vieux faune de terre cuite

Rit au centre des boulingrins,

Présageant sans doute une suite

Mauvaise à ces instants sereins

Qui m’ont conduit et t’ont conduite, Mélancoliques pèlerins, Jusqu’à cette heure dont la fuite

Tournoie au son des tambourins.

De faun. Een oude faun van aardewerk staat lachend midden in het grasperk. Hij voorspelt wellicht een slechte afloop van de mooie momenten die mij en jou als weemoedige pelgrims tot op dit moment hebben gebracht.

Colloque sentimental

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux spectres ont évoqué le passé.

– Te souvient-il de notre extase ancienne ?

– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.

– Ah ! les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand l’espoir ! – L’ espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Sentimentele dialoog. In het oude park roepen twee schimmige oudjes het verleden op. “Herinner je je mijn oude liefde? Klopt je hart nog sneller bij het horen van mijn naam? – Nee! – Ach, die mooie dagen waarop we elkaar kusten… – Het is mogelijk…” Wat was de hemel toen blauw, en de hoop groot!

NOAH SENDEN

Il pleure dans mon cœur

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville,

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie,

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure.

Quoi ! nulle trahison ?

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

Sans amour et sans haine,

Mon cœur a tant de peine !

Het huilt in mijn hart, zoals het regent op de stad. Vanwaar

dit verdriet, deze rouw zonder reden? Dat is de ergste pijn: niet weten waarom mijn hart zo lijdt, zonder liefde noch haat.

CLAUDE DEBUSSY

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches, Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée,

Que le vent du matin vient glacer à mon front.

Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,

Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein, laissez rouler ma tête

Toute sonore encore de vos derniers baisers ;

Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Green. Hier bied ik je fruit, bloemen, en mijn hart dat alleen voor jou klopt. Verscheur het niet met je blanke handen, en laat dit nederige geschenk jouw mooie ogen bekoren. Laat mijn hoofd, waarin je kussen nog weerklinken, op je borst uitrusten van deze weldadige storm, en laat mij wat slapen terwijl jij rust.

BENOÎT MERNIER

Dans l’interminable ennui de la plaine

Dans l’interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Corneille poussive

Et vous, les loups maigres,

Par ces bises aigres

Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Op de eindeloze vlakte glinstert de sneeuw, de lucht is koperkleurig en de eiken zweven als wolken tussen de nevels.

Kraaien en wolven, wat overkomt jullie toch?

CLAUDE DEBUSSY

La mer est plus belle que les cathédrales

La mer est plus belle

Que les cathédrales,

Nourrice fidèle,

Berceuse de râles,

La mer sur qui prie

La Vierge Marie !

Elle a tous les dons

Terribles et doux.

J’entends ses pardons

Gronder ses courroux.

Cette immensité

N’a rien d’entêté.

Oh ! si patiente, Même quand méchante !

Un souffle ami hante

La vague, et nous chante :

« Vous sans espérance, Mourez sans souffrance ! »

Et puis sous les cieux

Qui s’y rient plus clairs, Elle a des airs bleus, Roses, gris et verts…

Plus belle que tous, Meilleure que nous !

De zee is mooier dan kathedralen, met haar verschrikkelijke en zachte gaven. Een bries waait over de golven: “Jullie die geen hoop meer hebben, sterf zonder te lijden!” Met haar blauwe, roze, grijze en groene tinten is de zee mooier, beter dan wij.

Le son du cor

Le son du cor s’afflige vers les bois

D’une douleur on veut croire orpheline

Qui vient mourir au bas de la colline

Parmi la bise errant en courts abois.

L’ âme du loup pleure dans cette voix

Qui monte avec le soleil qui décline

D’une agonie on veut croire câline

Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plaine assoupie

La neige tombe à longs traits de charpie

À travers le couchant sanguinolent,

Et l’air a l’air d’être un soupir d’automne,

Tant il fait doux par ce soir monotone

Où se dorlote un paysage lent.

De hoorn weerklinkt in het bos, als de doodstrijd van een wolf, die blij en droef maakt tegelijk. De sneeuw valt in lange slierten over het avondlandschap.

L’ échelonnement des haies

L’ échelonnement des haies

Moutonne à l’infini, mer

Claire dans le brouillard clair

Qui sent bon les jeunes baies.

Des arbres et des moulins

Sont légers sur le vert tendre

Où vient s’ébattre et s’étendre

L’ agilité des poulains.

Dans ce vague d’un dimanche

Voici se jouer aussi

De grandes brebis aussi

Douces que leur laine blanche.

Tout à l’heure déferlait

L’ onde, roulée en volutes,

De cloches comme des flûtes

Dans le ciel comme du lait.

De heldere zee stuwt de mist over de heggen, bomen en molens. Lenige veulens en witte, zachte ooien huppelen over de groene wei. Het klokkengelui galmt door de melkwitte lucht.

PHILIPPE BOESMANS

Sonnet CLIII

Cupid laid by his brand and fell asleep. A maid of Dian’s this advantage found, And his love-kindling fire did quickly steep In a cold valley-fountain of that ground,

Which borrow’d from this holy fire of Love. A dateless lively heat, still to endure, And grew a seething bath which yet men prove Against strange maladies a sovereign cure.

But at my mistress’ eye Love’s brand new fired, The boy for trial needs would touch my breast. I, sick withal, the help of bath desired, And thither hied a sad distemper’d guest,

But found no cure; the bath for my help lies Where Cupid got new fire: my mistress’ eyes.

Cupidon s’étant endormi, une nymphe de Diane lui vola son flambeau et le plongea dans une fontaine, produisant un bain bouillonnant, remède à d’étranges maladies. Mais ce bain n’a pas guéri mon mal. Il n’est pour moi de soulagement que là où Cupidon alluma son flambeau : dans les yeux de ma maîtresse.

Toen Cupido in slaap was gevallen, stal een van Diana’s nimfen zijn toorts en doopte die in een bron. Zo ontstond een heet bad dat aandoeningen uit den vreemde voorgoed geneest. Maar het biedt geen remedie tegen mijn verlangen; de enige genezing vind ik daar waar Cupido zijn toorts aanstak: in de ogen van mijn geliefde.

Que vaudrait la douceur ?

Que vaudrait la douceur si elle n’était capable, tendre et ineffable, de nous faire peur ?

Elle surpasse tellement toute la violence que, lorsqu’elle s’élance, nul ne se défend.

Wat zou tedere zachtheid waard zijn, als ze niet in staat was, ons bang te maken? Ze overtreft zozeer alle geweld dat niemand zich ertegen verzet.

ROBERT SCHUMANN

Im wunderschönen Monat Mai

Im wunderschönen Monat Mai,

Als alle Knospen sprangen, Da ist in meinem Herzen

Die Liebe aufgegangen.

Im wunderschönen Monat Mai,

Als alle Vögel sangen, Da hab’ ich ihr gestanden

Mein Sehnen und Verlangen.

Au merveilleux mois de mai, l’amour s’est épanoui dans mon cœur, et je lui ai déclaré ma flamme.

In de mooie maand mei is mijn passie opgebloeid en heb ik haar mijn liefde verklaard.

Aus meinen Tränen sprießen

Aus meinen Tränen sprießen

Viel blühende Blumen hervor,

Und meine Seufzer werden

Ein Nachtigallenchor.

Und wenn du mich lieb hast, Kindchen, Schenk’ ich dir die Blumen all’,

Und vor deinem Fenster soll klingen

Das Lied der Nachtigall.

De mes larmes naissent des fleurs, mes soupirs se muent en un chœur de rossignols ; si tu m’aimes, je t’offrirai ces fleurs, et le rossignol chantera pour toi.

Uit mijn tranen bloeien bloemen, mijn zuchten klinken als de nachtegaal; als je van mij houdt, schenk ik je die bloemen en zingt de nachtegaal voor jou.

Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne

Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne, Die liebt’ ich einst alle in Liebeswonne.

Ich lieb’ sie nicht mehr, ich liebe alleine

Die Kleine, die Feine, die Reine, die Eine; Sie selber, aller Liebe Wonne,

Ist Rose und Lilie und Taube und Sonne. Ich liebe alleine

Die Kleine, die Feine, die Reine, die Eine.

La roses, le lis, la colombe et le soleil que j’aimais jadis ne sont plus rien pour moi. Je n’aime plus qu’elle, si petite, si pure, si distinguée, si unique. Elle est ma rose et mon lis, ma colombe et mon soleil.

Ooit hield ik van de roos en de lelie, van de duif en de zon.

Nu hou ik nog alleen van haar, die kleine, fijne, reine, want zij is mijn roos en mijn lelie, mijn duif en mijn zon.

Wenn ich in deine Augen seh’

Wenn ich in deine Augen seh’, So schwindet all’ mein Leid und Weh; Doch wenn ich küsse deinen Mund, So werd’ ich ganz und gar gesund.

Wenn ich mich lehn’ an deine Brust, Kommt’s über mich wie Himmelslust; Doch wenn du sprichst: ich liebe dich! So muß ich weinen bitterlich.

Quand je plonge mon regard dans tes yeux, ma peine disparaît ; quand je t’embrasse, je suis guéri. Mais quand tu dis « je t’aime », je pleure amèrement…

Als ik in jouw ogen kijk, verdwijnt al mijn pijn; als ik je kus, word ik weer gezond, maar als jij zegt “ik hou van jou”, ween ik bittere tranen…

BERNARD FOCCROULLE

Ah — dead — even so

Ah — dead — even so this — kiss — is — for you: long — dark — slow.

Mort – et pourtant, ce baiser est pour toi : long, sombre et lent.

Dood – en toch, deze kus is voor jou: lang, duister en traag.

Red rose — bomb-fall — winter snow

Red rose — bomb-fall — winter snow — a love-song — listen ! — on the radio:

“You taught me how to cry why not how to smile? Why teach me love only to leave me?”

I’m melting snow. Oh — this must be where you watch me rinse cement-dust from my hair.

Une rose rouge, une pluie de bombes, la neige d’hiver, une chanson d’amour à la radio : « Pourquoi m’as-tu appris l’amour si c’est pour me quitter ? » Je fais fondre de la neige. Tu me vois rincer la poussière de ciment de mes cheveux.

Rode roos, een bommenregen, wintersneeuw, een liefdeslied op de radio: “Waarom leerde je me wat liefde is, en verliet je me dan?” Ik smelt sneeuw… Nu zie je hoe ik cementstof uit mijn haren spoel.

I walk in the dark to a tree I walk in the dark to a tree I speak to the tree root: Why do the women here have flower names while each man’s dressed in a black suit?

This one — says the root — eats Poppy this man cries out for Rose and this one cuts down Lily — yes — look — in her wedding-clothes — and dressed in his black suit instructs: LAY HER DOWN ON THE PATH SPREAD OUT HER RED HAIR SIDEWAYS PLEASE I’M TAKING A PHOTOGRAPH.

So the men spread the bride’s hair out in a ring of flames and flood with electric light the women with flower names.

And moving — carefully — with love — each poet tries to cleanse his mind — selects his image through the automatic lens — bends — frames — selects a petal of the Lily or the Rose — white skin — but broken open — and the wood — the wood is burning — NO !

I wake — dark — on my hard white pillow. Is this where it — dream — began?

Am I the woman? — tree-root?

— or poet-man?

Je marche dans le noir jusqu’à un arbre et demande à sa racine : « Pourquoi les femmes ici ont-elles des noms de fleurs et les hommes portent-ils un costume noir ? » Celui-ci pleure

Rose, dit la racine, celui-là abat Lily dans sa robe de mariée et donne des ordres : allongez-la sur le chemin, déployez sa chevelure rousse, je prends une photo. Les hommes s’exécutent et inondent de lumière électrique les femmes. Chaque poète essaie de purifier son âme, sélectionnant à travers l’objectif un pétale de Lily ou de Rose ; et la forêt brûle. Non !

Je me réveille. Est-ce ici que le rêve a commencé ?

Suis-je la femme ? la racine ? ou l’homme-poète ?

In het donker loop ik naar een boom en spreek zijn wortels aan: “Waarom hebben de vrouwen hier bloemennamen, terwijl elke man gekleed gaat in een donker pak?” Deze hier huilt om Rose, zegt de wortel, die daar hakt Lily neer, in haar bruidsjurk, en deelt bevelen uit: leg haar op het pad, spreid haar rode haren uit, ik maak een foto. De mannen gehoorzamen en overspoelen de vrouwen met elektrisch licht. Elke dichter tracht zijn ziel te zuiveren en selecteert door de lens een bloemblad van Lily of Rose; en het bos brandt. Nee! Ik ontwaak. Is dit waar de droom begon? Ben ik de vrouw, een boomwortel of een dichter-man?

Your sweet smell of jasmine

“Your sweet smell of jasmine perfumes my bed like scent from a hidden garden. Now wake up.” — the police said.

« Ta douce odeur de jasmin parfume mon lit comme les effluves d’un jardin caché. Réveille-toi maintenant », dit la police.

“Jouw zoete jasmijngeur parfumeert mijn bed als de geur van een verborgen tuin. Wakker worden,” zei de politie.

PHILIPPE BOESMANS

Sonnet LIV

O how much more doth beauty beauteous seem

By that sweet ornament which truth doth give! The rose looks fair, but fairer we it deem For that sweet odour which doth in it live.

The canker blooms have full as deep a dye

As the perfumed tincture of the roses

Hang on such thorns and play as wantonly

When summer’s breath their masked buds discloses;

But, for their virtue only is their show, They live unwoo’d and unrespected fade; Die to themselves. Sweet roses do not so; Of their sweet deaths are sweetest odours made:

And so of you, beauteous and lovely youth, When that shall fade, by verse distills your truth.

La beauté semble plus belle, parée de la vérité. La rose paraît plus charmante grâce à son doux parfum. L’ églantine a le teint aussi vif, mais comme l’apparence est sa seule vertu, elle meurt tout entière. De la douce mort des roses naissent les plus doux parfums. De même, charmante jeunesse, quand vous perdrez votre éclat, ma poésie chantera votre vérité.

Ware schoonheid lijkt op een roos die niet alleen mooi is, maar ook zoet geurt. Hondsrozen zien er hetzelfde uit, maar dat is slechts schijn. Echte rozen leven voort na hun dood dankzij hun zoete parfum. Zo ook leeft jouw jeugd voort als mijn poëzie van haar deugd getuigt.

FRANCIS POULENC

Chanson à boire

Les rois d’Égypte et de Syrie

Voulaient qu’on embaumât leurs corps

Pour durer plus longtemps morts.

Quelle folie !

Buvons donc selon notre envie, Il faut boire et reboire encore.

Buvons donc toute notre vie,

Embaumons-nous avant la mort.

Embaumons-nous ;

Que ce baume est doux.

Drinklied. De koningen van Egypte en Syrië lieten hun lichamen balsemen om langer dood te blijven. Wat een zotternij! Laten we dus ons hele leven drinken, laten we ons voor onze dood met dit zoets balsemen.

Madrigal

Vous êtes belle come un ange, Douce comme un petit mouton ; Il n’est point de cœur, Jeanneton, Qui sous votre loi ne se range.

Mais une fille sans tétons

Est une perdrix sans orange.

Madrigaal. Je bent mooi als een engel, zacht als een lam. Er is geen hart, Jeanneton, dat zich niet aan jouw wet onderwerpt. Maar een meisje zonder borsten is als een patrijs zonder sinaasappel.

Invocation aux Parques

Je jure, tant que je vivrai,

De vous aimer, Sylvie.

Parques, qui dans vos mains tenez

Le fil de notre vie, Allongez, tant que vous pourrez, Le mien, je vous en prie.

Aanroeping van de schikgodinnen. Ik zweer dat ik altijd van je zal houden, Sylvie. Schikgodinnen, verleng mijn levensdraad zoveel als jullie kunnen, alstublieft.

L’ offrande

Au dieu d’Amour une pucelle

Offrit un jour une chandelle,

Pour en obtenir un amant.

Le dieu sourit de sa demande

Et lui dit : Belle en attendant

Servez-vous toujours de l’offrande.

Het offer. Een meisje brandde voor de god van de liefde een kaars om een minnaar te vinden. De god glimlachte om haar verzoek en antwoordde: “Schone, maak in afwachting goed gebruik van je offer.”

Sérénade

Avec une si belle main,

Que servent tant de charmes,

Que vous tenez du dieu malin,

Bien manier les armes.

Et quand cet Enfant est chagrin

Bien essuyer ses larmes.

Serenade. Met zo’n mooie hand en zoveel charmes, dien je goed met wapens om te gaan.

En als dit Kind chagrijnig is, droog dan goed zijn tranen.

PHILIPPE BOESMANS

Sonnet LXII

Sin of self-love possesseth all mine eye, And all my soul, and all my every part; And for this sin, there is no remedy, It is so grounded inward in my heart.

Methinks no face so gracious is as mine, No shape so true, no truth of such account, And for myself mine own worth do define, As I all other in all worths surmount.

But when my glass shows me myself indeed, Beated and chopp’d with tann’d antiquity, Mine own self-love quite contrary I read; Self so self-loving were iniquity,

’Tis thee, myself, that for myself I praise, Painting my age with beauty of thy days.

J’ai pour péché de m’aimer en tout et par-dessus tout, de me croire supérieur à tout un chacun. Mais quand mon miroir me renvoie mon image, je me découvre marqué par la vieillesse. Mon amour-propre est inique : c’est toi, mon autre moi, que je loue, peignant mon âge avec la beauté de tes jours.

Ik zondig door mezelf zo hartgrondig te bewonderen en te beminnen. Ik denk dat ik alle anderen in alles overtref.

Maar kijk ik in de spiegel, dan zie ik hoe ouderdom en verval mij tekenen. Mijn eigenliefde stinkt: wat ik in mezelf wil zien, is de charme van jouw jeugd.

Régisseur de scène / Toneelinspiciënt LAURENT LE BEC

Responsable de la production artistique / Artistieke productieleiding AGATHE KESTELOOT

Responsable dramaturgie / Verantwoordelijke dramaturgie MARIE MERGEAY

Dramaturge responsable du programme / Dramaturg verantwoordelijk voor het programmaboek

SÉBASTIEN HERBECQ

Rédaction / Redactie

CARL BÖTING

Avec la collaboration de / Met de medewerking van BRIGITTE BRISBOIS, JEROEN DE KEYSER, LALINA GODDARD, MAXIME SCHOUPPE, KATRINE SIMONART, ÉMILIE SYSSAU

Conception graphique / Grafische vormgeving SOMETHING ELS

d’après la charte graphique de / naar het grafisch charter van BASE DESIGN

Éditrice responsable / Verantwoordelijk uitgever CHRISTINA SCHEPPELMANN

Bruxelles / Brussel 2026

Musiq3 soutient la saison de La Monnaie

Votre rendez-vous avec la voix et l’Opéra, c’est aussi sur Musiq3.

Avec Nicolas Blanmont, le mardi à 7h30 dans la Matinale et chaque samedi à 20h dans la Soirée Opéra.

VOCALISSIMO 25 26

XAVIER SABATA & LE CONCERT DE L’HOSTEL DIEU 8.5.2026 LA MONNAIE / DE MUNT

Le mythe d’Orlando, le chevalier emporté par la déraison amoureuse, revisité à travers les compositions de Haendel, Vivaldi et leurs contemporains.

Een frisse kijk op de legende van Orlando, de ridder die door liefdeswaanzin werd meegesleept, door de ogen van Händel, Vivaldi en hun tijdgenoten.

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook