La premiĂšre Ă©cole publique de garçons de Canteleu Le « hameau » de Canteleu, prĂšs de la Haute-DeĂ»le et le long de la route dâArmentiĂšres, connaĂźt alors un fort essor dĂ©mographique liĂ© Ă lâarrivĂ©e dâouvriers et de leur famille, Ă la suite de lâimplantation dâusines sur des prairies libres et de lâagrandissement de Lille dĂ©crĂ©tĂ© en 1858. Câest en 1869 que naĂźt une classe de garçons Ă lâinitiative de Guislain Michel, sacristain de lâĂ©glise St-SĂ©pulcre de Canteleu, dans sa grande maison de la rue de lâĂ©glise (disparue, Ă situer de nos jours place du Nouveau Canteleu). Il reçoit une subvention de six cents francs par an de la part de la municipalitĂ© pour lâinstruction des enfants indigents, plus une indemnitĂ© de deux cents francs pour la classe et le logement. 50 Ă©lĂšves frĂ©quentent la classe. Sa maison est achetĂ©e par la commune en 1879, devenant Ă©cole communale et il est remplacĂ© au poste dâinstituteur. Une extension de lâĂ©cole (classe pour les petits) et un prĂ©au sont construits en face en 1880, Ă lâentrĂ©e de la rue du St-SĂ©pulcre, renommĂ©e rue de lâabbĂ© Desplanque ensuite (extension disparue car remplacĂ©e en 1926 par le dispensaire dâhygiĂšne sociale et bureau de bienfaisance). La convention de 1878 qui met ïŹn Ă la sĂ©cession des trois hameaux de Canteleu Ă Lambersart, Lille et Lomme, stipule que les enfants âforainsâ de ces communes devront ĂȘtre accueillis dans lâĂ©cole de garçons agrandie de Canteleu Lambersart. Le conseil municipal de Lambersart entend les Ă©carter en 1881 mais le prĂ©fet rappelle les obligations et le conseil municipal consent Ă accueillir ces 50 enfants lillois et lommois de Canteleu. LâĂ©cole primaire est agrandie en 1883 (2e classe), 1890 (3e classe) et 1898 (4e et 5e classes et cour) par lâarchitecte communal Henri Boudin et prend alors le nom dâĂ©cole Victor Hugo. En 1923, la vĂ©tustĂ© de ces locaux entraĂźne une obligation de construire de nouveaux bĂątiments dâĂ©cole et la municipalitĂ© rachĂšte des terrains de lâancienne briqueterie Dumoulin et ses jardins ouvriers attenants. AprĂšs lâĂ©diïŹcation du groupe scolaire Victor Hugo (garçons) & Maintenon (ïŹlles) en 1927-28, signĂ© de lâarchitecte communal Jules Lesaffre, lâancienne Ă©cole de garçons de la rue de lâĂglise abrite jusquâen 1939 des cours techniques prodiguĂ©s par lâunion philanthropique. Elle est rasĂ©e vers 1953, remplacĂ©e par le parking de la place devant lâĂ©glise, qui sera Ă son tour rasĂ©e en 1992, sauf le clocher datant de 1900.
Maison dâĂ©cole, rue abbĂ© Desplanque
Dessin de la façade de lâĂ©cole primaire, rue de lâEglise â H. Boudin, 1898
BULLETIN HISTORIQUE DE LAMBERSART N°18 - septembre 2019 La relique de Saint Calixte
Classe de 1905 dans la cour avec le directeur Désiré LadriÚre
BĂątiments dâĂ©cole de part et dâautre de la rue de lâEglise vue dans les 2 sens (Ă©glise et usine Nicolle-Verstraete)
Recherches du comitĂ© historique (Ăric Parize, Gilbert Pattou, Didier Delval, Catherine Meersdam, Soizic LĂ©ger, Dominique Pagliaro, JoĂ«l Marquizeau, HervĂ© LĂ©pĂ©e, Claude Reynaert). Pour nous contacter : Bulletin-historique@ville-lambersart.fr Mairie de Lambersart 19, avenue Clemenceau 59130 Lambersart www.lambersart.fr/bulletin-historique Parution chaque mois sauf juillet-aoĂ»t. Versions numĂ©riques disponibles dans la rubrique « retour sur notre histoire ». Responsable de publication : Claude REYNAERT SecrĂ©taire de publication : Ăric PARIZE Impression ville de Lambersart
Le culte des reliques fut certainement le fondement de lâimplantation du christianisme dans la sociĂ©tĂ© antique tardive et celle du haut moyen Ăąge. Il fallait rendre la religion « populaire » et indirectement, ïŹxer durablement des hommes autour dâune chapelle ou Ă©glise et ainsi coloniser lâespace. LâarrivĂ©e Ă Lambersart, en provenance de lâabbaye de Cysoing, dâune partie des ossements de saint Calixte, ramenĂ©e par Evrard de Frioul, gendre puis beau-frĂšre de lâempereur dâOccident et fondateur de cette abbaye au IXe siĂšcle, eut Ă nâen pas douter cette fonction. Le lieu-dit sâagrandit par dĂ©frichement : Lamberti sartum est le sart de Lambert en latin. Une communautĂ© sây ïŹxa : le lieu de culte est citĂ© dans un texte de 1101, au retour de la 1Ăšre croisade du comte Robert II de Flandre. LâĂ©glise mĂšre de Lambersart, la seule avant 1870, est dĂ©diĂ©e Ă ce saint qui nâa plus aujourdâhui la notoriĂ©tĂ©. Calliste 1er, car câest bien de lui quâil sâagit, fut pape au dĂ©but du IIIe siĂšcle. Fils dâun esclave chrĂ©tien, esclave lui-mĂȘme, sarde dâorigine, il est affranchi par le pape ZĂ©phyrin lorsque, venu Ă Rome, il lui fut conïŹĂ© lâadministration du premier cimetiĂšre chrĂ©tien, qui portera son nom. Il ïŹt de ce cimetiĂšre le lieu ofïŹciel de la communautĂ© chrĂ©tienne de Rome oĂč furent ensevelis tous les papes pendant plus dâun siĂšcle. Devenu souverain pontife, il eut Ă faire face Ă lâopposition dâun thĂ©ologien qui contestait la foi en la sainte TrinitĂ© et le caractĂšre divin du Christ. Calixte fut massacrĂ© en 222, prĂ©cipitĂ© dans un puits, une pierre de meule autour du cou ! Ce qui ne le prĂ©disposait pas vraiment, reconnaissons-le, Ă une rĂ©putation de guĂ©risseur des flux de ventre et de fluxions de poitrines auprĂšs des pĂšlerins flamands se rendant Ă lâĂ©glise de Lambersart au moyen Ăąge. Il est surtout connu comme le saint patron des fossoyeurs et tous mĂ©tiers liĂ©s aux cimetiĂšres, fĂȘtĂ© le 14 octobre. De lĂ le record de quatre cimetiĂšres Ă Lambersart !? Sa tombe fut retrouvĂ©e en 1961 au cimetiĂšre de Calepode Ă Rome mais il ne devait y rester que peu de chose si lâon en croit les tribulations de ses ossements au cours des siĂšcles ! Vers 1600 il faut de nouvelles reliques venues de Cysoing car dĂ©truites Ă Lambersart par les Hurlus protestants ; aprĂšs la RĂ©volution française, Cysoing et Lambersart se partagent lâos de la mĂąchoire supĂ©rieure (voir photo) venu de la cathĂ©drale de Reims ! EnïŹn, ne confondons pas Calixte 1er avec le pape Calixte II, descendant lointain de la ïŹlle dâEvrard par les comtes de Bourgogne (dâoĂč le blason de Cysoing) et crĂ©ateur du pĂšlerinage vers St-Jacques de Compostelle (câest cependant lui sur le vitrail dans le transept de lâĂ©glise !) et Calixte III, un Borgia qui a bĂ©atiïŹĂ© Jeanne dâArc. On notera que la relique nâa pas subi le test au carbone 14 pour la dater. Dans le cadre des JournĂ©es du Patrimoine, des visites de lâĂ©glise sont organisĂ©es chaque annĂ©e par Gilbert Pattou du Syndicat dâInitiatives de Lambersart, le dimanche 22 septembre de 15h Ă 17h.
SOMMAIRE :
p.1 : la mùchoire miraculeuse de Saint Calixte - dossier central : la tentative de sécession de Canteleu - p.4 : la premiÚre école publique de garçons de Canteleu