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Un été capricieux (Rozmarné léto francouzsky) (Ukázka, strana 99)

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Blažej Okurka, dit le Cornichon, qui vivait dans le même hameau, leur donna un mauvais exemple. Il manifesta ses faveurs à une veuve et lui offrit une rente mensuelle de vingt florins. C’est alors que madame Okurka, pour prévenir à jamais tous les maris infidèles, mit sa robe de dimanche et, arrivée devant le maire, lui demanda d’appeler les deux coupables, la veuve friponne et son méchant mari. Quand ils vinrent, la dame se fâcha et se mit à crier de sa voix claire et forte : Regardez-la, la coquine ! Regardez-le, le dépensier ! Elle levait les bras au ciel et ses pleurs déchiraient l’âme du maire. Il lui fallut user de beaucoup de mots gentils pour qu’elle se calme, mais dès que cela fut le cas et qu’elle maîtrisa son chagrin (les yeux brillant toujours de larmes), elle se mit à rosser la scélérate sur les joues, sur le joli pli de son menton et sur les fesses. Arrachant le sceptre maïoral du mur, elle visa la mâchoire du mari et

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tapa les deux complices de toutes ses forces où elle put jusqu’à ce qu’ils fussent battus comme plâtre. – Assez ! s’exclama le maire constatant qu’une demi-heure venait de passer. Nous sommes déjà assez vieux, on va se pardonner et se réconcilier. Embrassons-nous. Sur ces mots, il embrassa la veuve. Quand le fermier Okurka, dit le Cornichon, arriva à la maison, il se coucha, alors qu’il n’était même pas midi, et ne demanda ni à manger ni à boire. Sa dame, dont les larmes commençaient à sécher dans les fentes de sa charmante gorge, sans oublier la trahison et la souffrance qu’il lui avait causées, se coucha près de lui et le força à la fidélité aussi longtemps qu’il la pria de lui pardonner et lui promit d’être dorénavant sage. Cette histoire est connue du commun des mortels, et pourtant madame Dura, sous le coup de l’émotion, n’avait pas la sagesse d’en tirer la mo-

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rale que les histoires anciennes nous inspirent. Par conséquent, le cerneau resta dans la noix et la moelle dans l’os. Traversant les saulaies, Catherine entendit quel­ques soupirs qui, selon toute apparence, ne venaient pas de la bouche d’Antonin. Son pas s’accéléra. La lune, cette étoile des amants, brillait encore, mais les buissons résonnaient déjà du chant des oiseaux et tout permettait de croire qu’une belle journée s’annonçait. Mais madame Dura ne voyait rien de cela. De son pas décidé et coléreux elle traversa la passerelle et apparut devant la porte de la grande cabine où se trouvait le lit d’Antonin. Il existe bien des sentences qui apaisent l’exaspération et l’explosion de la colère, mais la femme du maître ne s’en souvint point et ne pensa pas non plus à l’histoire des pommes de terre.

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