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Études de prosodie contrastive (Ukázka, strana 99)

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L’INTONATION ET L’UNITÉ INTONATIVE

4.1 Les évènements intonatifs L’étude contrastive des deux systèmes intonatifs à laquelle nous entendons nous livrer dans le présent chapitre repose sur les choix méthodologiques suivants, dont la plupart ont été exposés et justifiés plus haut, dans les parties 1.1 à 1.6 : a) L’objet sur lequel porte l’analyse intonative est la courbe lissée de la f0, et notamment son évolution sur les noyaux syllabiques (voir partie 1.1). b) Le cadre fondamental de l’analyse des variations mélodiques est l’unité intonative (ι), laquelle est divisée en parties nucléaire, prénucléaire et postnucléaire (voir partie 1.5). c) Pour rendre compte des variations intonatives, nous adoptons un système de transcription phonologique qui s’inscrit dans le courant de la théorie autosegmentale, mais qui reste proche de la forme observable de la f0 et qui évite des solutions trop abstraites (voir Avant-propos). d) Les évènements intonatifs – accents mélodiques (AM) et tons de frontière (TF) – sont associés aux endroits phonologiquement saillants de l’unité intonative (début, fin, syllabes accentuées). e) Pour ce qui est du positionnement vertical des cibles intonatives (échelonnage tonal), préférence est donnée à l’échelonnage autonome pour les accents nucléaires et les tons de frontière, et à l’échelonnage relatif (à certaines exceptions près) pour les accents prénucléaires. Dans le premier cas, il s’agit donc avant tout de situer le ton dans l’espace tonal du locuteur (H dans la zone supérieure, L dans la zone inférieure, M dans la zone moyenne), et, dans le second, de le situer par rapport au ton précédent ou, éventuellement, au ton suivant (par exemple, H sera plus haut que le ton précédent, indépendamment de sa position dans les limites de l’espace tonal). Pour la définition de l’espace tonal et celle des deux types d’échelonnage, voir partie 1.6, point d). f) Nous concevons les accents mélodiques et les tons de frontière comme des « phonèmes intonatifs » plutôt que des « morphèmes intonatifs » (voir partie 1.2). En revanche, les contours nucléaires, chacun composé d’un AM et d’un TF final, revêtent un caractère morphémique.

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g) La classification fonctionnelle des contours nucléaires se fait selon deux axes. D’une part, la valeur modale et phonosyntaxique nous permet de distinguer trois grands types de contours (Di Cristo 1998 ; Daneš 1957) : conclusifs (ce terme désignant toutes les configurations compatibles avec les fins d’énoncés déclaratifs et injonctifs, ainsi qu’avec des interrogations partielles, et, dans le cas du français, les interrogations totales introduites par est-ce que), interrogatifs (qui se limitent aux interrogations totales, à l’exception, dans le cas du français, de celles introduites par est-ce que) et continuatifs, qui marquent des ι situées à l’intérieur de l’énoncé et sur lesquelles l’opposition de modalité ne se réalise pas directement. D’autre part, nous divisons les contours, à l’instar de Daneš (1957 : 47), en non marqués, qui n’ajoutent pas de valeur supplémentaire à la division tripartite mentionnée plus haut, et marqués, qui indiquent soit l’emphase, soit l’expressivité. h) Nous nous intéressons aux configurations systématiquement attestées et considérées comme centrales dans les deux systèmes intonatifs, laissant de côté, entre autres, les contours stylisés (les « clichés mélodiques »), une grande partie de la variabilité émotionnelle, ainsi que la variabilité intonative régionale. Le système tonal que nous avons adopté pour l’analyse de l’intonation française est une synthèse des modèles proposés par Post (2000) et Jun & Fougeron (2000). Le répertoire des contours nucléaires reprend entièrement celui de Post (2000 : 150), avec toutefois une transcription tonale différente. La validité du système de transcription retenu a été vérifiée sur nos échantillons 1-FR (673 AM prénucléaires et 315 noyaux) et 2-FR (1 609 noyaux). En ce qui concerne le tchèque, nous nous basons sur le système de contours nucléaires proposé par Daneš (1957 : 46 et infra), qui, malgré son ancienneté, fait toujours référence (Palková 1997 : 306 et infra), n’ayant été surpassé par aucune analyse plus complète. Les principes de transcription tonale ainsi que l’analyse des accents prénucléaires, problème encore récemment inexploré, se fondent sur nos propres recherches (Duběda 2007 ; Duběda 2010b ; Duběda 2011). La validité du système d’annotation a été vérifiée sur nos échantillons 1-CS (862 AM prénucléaires et 287 noyaux) et 2-CS (1 461 noyaux). Dans les paragraphes suivants, nous allons étudier, successivement, (1) le répertoire des accents prénucléaires, (2) celui des accents nucléaires, (3) les tons de frontière, (4) les combinaisons d’AM nucléaires avec les TF, autrement dit, les contours nucléaires, et (5) l’alignement des contours nucléaires avec le texte. 4.1.1 Accents prénucléaires

En français, l’inventaire des accents prénucléaires comprend cinq éléments : H*, LH*, L*, Hi* et LHi* ; les trois premières étiquettes correspondent aux accents finaux, et les deux dernières, aux accents initiaux. L’accent H* est défini comme une cible tonale relativement haute, qui n’est pas précédée d’une vallée intonative. Cet accent apparaît le plus souvent sur les monosyllabes situés au début de l’ι (voir les deux occurrences du mot soit dans la figure 16) et dans des contextes d’« encombrement tonal » (tonal crowding), où il n’y a pas assez d’espace pour un ton L intermédiaire (voir le mot centaines dans la figure 17). L’accent LH*, de son côté, cor-

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