
Pour notre Souveraineté Agricole, votez contre la dérégulation des OGM !
Mesdames, Messieurs les Députés européens,
Nous, citoyens, jardiniers, agriculteurs, chefs cuisiniers, acteurs, journalistes, scientifques et personnalités, engagés pour une agriculture saine et durable, nous adressons à vous solennellement pour vous demander de rejeter le règlement sur les plantes issues des Nouvelles Techniques Génomiques (NGT) lors du vote en séance plénière du Parlement européen.
Adopté en trilogue en décembre 2025 et approuvé par la Commission ENVI le 28 janvier 2026, ce texte prévoit de déréguler la quasi -totalité des plantes modifées par ces nouvelles techniques (mutagenèse dirigée, cisgenèse, etc.), en les assimilant à des variétés conventionnelles, sur la base de critères arbitraires sans aucuns fondements scientifques.
Cela supprimerait ainsi pour ces nouveaux OGM :
• L’évaluation des risques environnementaux et sanitaires systématique s ;
• La traçabilité et l’étiquetage obligatoire pour les consommateurs ;
• Les protections contre la contamination des cultures non-OGM, y compris biologiques.
Ces mesures constituent un recul majeur et elles auront, sans aucun doute, des conséquences très graves :
1. Menace pour la biodiversité : Les NGT génèrent des effets imprévus sur le génome des plantes (mutations, interactions génétiques et conséquences métaboliques inattendues, contamination, etc.). Ces traits génétiques nouveaux, sans aucune évaluation, menacent les écosystèmes sauvages, les pollinisateurs, mais aussi la diversité génétique des semences paysannes et traditionnelles. Sans évaluation rigoureuse, nous courons le risque d’une uniformisation, et d’un appauvrissement irréversible de la biodiversité sauvage et cultivée.
2. Risques pour l’agriculture biologique et paysanne, les flières sans -OGM et les labels de qualité, y compris les indications géographiques : L’agriculture biologique sera la première impactée par les contaminations génétiques et des flières entières (producteurs, transformateurs, distributeurs) sont menacées par ce texte. L’absence de méthodes de détection, de toute traçabilité, de mesures de coexistence, rendent les contaminations inévitables.
3. Perte de souveraineté alimentaire et dépendance accrue : Le texte issu des trilogues n’interdit pas les brevets qui accompagnent ces nouvelles technologies, contrairement à la position initiale du Parlement, et ces brevets toucheront toutes les semences commercialisées. La plupart des brevets déjà existants sont entre les mains de géants américains (CORTEVA notamment) et nos sélectionneurs seront contraints de signer avec eux de coûteux contrats de licence. La liberté d’action de nos agriculteurs sera égale ment gravement réduite. Nous abandonnerons ainsi toute souveraineté alimentaire !
4. Déni inacceptable du choix des consommateurs : Sans traçabilité ni étiquetage, les Européens ne pourront plus exercer leur droit fondamental à faire un choix éclairé sur leur alimentation et de refuser éventuellement ces « nouveaux OGM » dans leur assiette.
Alors que des centaines de milliers de citoyens ont déjà signé des pétitions contre cette dérégulation et que les études, notamment celles de l’Anses, soulignent les incertitudes scientifques, nous demandons que notre agriculture et notre souveraineté ne soient pas sacrifées au nom d’une compétitivité totalement fctive en l’état actuel des portefeuilles de brevets et d’une bien fallacieuse transition agricole, impulsée par des technologies coûteuses, propriétés de quelques opérateurs étrangers, et totale ment incontrôlées.
Nous avons déjà entendu ces sirènes mensongères il y a 30 ans, avec les OGM “classiques” !
Nous vous invitons donc à faire preuve de prudence et de responsabilité , à honorer la position du Parlement en première lecture, à voter CONTRE ce règlement en plénière et surtout à défendre :
• Le maintien de l’évaluation systématique et au cas par cas des variétés concernées
• Une obligation d’étiquetage et une traçabilité rigoureuse ;
• L’interdiction effective des NGT en agriculture biologique , avec toutes les conséquences procédurales de rigueur ;
• Des mesures fortes contre le brevetage du vivant ;
• Des mesures fortes pour protéger les variétés cultivées de contaminations génétiques (isolement des cultures NGT, principe du pollueur-payeur, etc.).
La France – leader européen en production de semences – a une responsabilité très particulière dans cette affaire et a toujours voté contre les OGM Et si le gouvernement Macron a, une fois de plus, trahi la France et les Français en votant POUR au Conseil de l’UE, votre vote peut encore bloquer ce texte et défendre un avenir agricole sain et souverain.
Nous comptons donc sur votre engagement pour défendre l’intérêt des paysans et des consommateurs.
Avec nos salutations respectueuses et déterminées,
Ananda Guillet - Président de l’Association Kokopelli