Le journal officiel de langue française du département des Langues, Littératures et Cultures 18ème édition
Cher·eslecteur·rices,
Bienvenue à la 18e édition de Des Nouvelles, Héloïse? !
On considère ce projet comme l’occasion pour tout le monde de mettre en avant ses talents, et cette édition n’est pas une exception L’équipe éditoriale a soigneusement élaboré et conçu ce magazine afin de mettre en valeur nos rédacteur·rice·s. Nous sommes absolument ravies de vous présenter une édition pleine de sujets très captivants - de la littérature à la photographie, de la mode à la politique, de la musique à la culture Nous espérons que quelque chose suscitera votre intérêt ou même vous inspirera à faire preuve de créativité !
Il faut admettre qu’on avait une grande responsabilité ce semestre grâce à notre concours de rédaction ! Toutes les soumissions reçues étaient de très haute qualité, et après beaucoup de débat, nous avons choisi nos vainqueur euse s - félicitations à Isabella Hagen-Zanker, Amalya Boz et Amy Xu, vous pouvez tou·te·s être fier·e·s de vous !
En tant que co-rédactrices en chef, nous avons conscience de tout Nous voyons le travail acharné de notre équipe de conception; le temps et les efforts qu'elle consacre à la réalisation de ce projet Sans elle, nous n'aurions pas de magazine, et celui-ci ne serait certainement pas aussi beau qu'il l'est. Un grand merci en particulier à Grace Napier, qui a fait preuve d'une grande initiative et qui a transformé nos idées, autrefois modestes, en œuvres d'art Chaque page a été traitée avec soin et attention, et toute l'équipe a été formidable
Nous tenons également à remercier notre équipe chargée des réseaux sociaux. Elle s'est investie à fond, s'est montrée très désireuse d'apprendre et a apporté une grande énergie à chaque publication. C'est un honneur de vous confier le magazine, et nous sommes impatientes de voir ce que vous ferez lors de votre dernière année à King’s
Nos remerciements à tou·te·s celleux qui ont contribué au magazine doivent également être exprimés. Nous tenons à remercier tout particulièrement nos relecteur ice s : nous vous avons envoyé de nombreux emails, et votre coopération et votre souci du détail ne passent pas inaperçus Nous tenons à exprimer notre gratitude à Siobhán McIlvanney pour son soutien sans faille, ses connaissances infinies et son efficacité exceptionnelle dans la production de l’édition précédente. Et bien sûr, nous ne pouvons pas oublier Alice Hazard, qui a très gentiment pris la tête de notre équipe ce semestre C’était une expérience formidable de travailler avec vous et vous ferez toujours partie de l'équipe DNH? !
La grande majorité de notre équipe est composée d'étudiant·e·s en dernière année, et cette édition marque la fin de notre parcours ici à King's Des Nouvelles, Héloïse ? a été un plaisir à diriger et un incroyable échappatoire au stress et à l'anxiété que cette année a apportés Même si c'est un moment doux-amer, nous avons passé des moments formidables grâce à ce magazine et nous attendons avec impatience le futur !
Enfin, merci à vous, cher es lecteur rices, de nous suivre et de nous soutenir Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à lire ces œuvres que nous en avons pris à les créer !
Bonne lecture !
EtianeetLauren
La langue française au Québec : Une histoire de fierté et de répression pages 4-5
Sous les néons du Salon : la France cherche sa voie......................................................................................pages 6-7
« Euh c’est normal que y’a un mec qui dort dans les poubelles ? » :
La situation de sans-abrisme en France...........................................................................................................pages 8-9
L’esprit non conformiste de Poitiers......................................................................................................................page 10
Prendre le temps à la française.................................................................................................................................page 11
Un week-end en France : Les tenues parfaites pour chaque moment...................................................pages 12-13
Marie-Antoinette : Quand le V&A célèbre l’héritage esthétique d’une reine.......................................pages 14-15
Traces du monde francophone à Londres.....................................................................................................pages 16-17
À table avec les chevaliers : une odyssée gourmande au Moyen Âge pages 18-19
Des mers aux cieux : L’écologisme dans la science-fiction de Jules Verne pages 20-21
L’ère de l’impressionnisme : rupture esthétique et affirmation d’une identité française pages 22-23
Instantanés du monde francophone pages 24-25
Concours de Rédaction 2026 pages 26-29
Mon échange à l’université de Genève : À la découverte de la suisse romande pages 30-31
Ma Ville pages 32-33
Chevreuse : une destination idyllique pour une excursion d’une journée...................................................page 34
On pense le Canada comme étant bilingue, tout simplement. Mais la réalité ne s’aligne pas toujours aux lois
Les origines du français canadien
Les premiers colons canadiens étaient français Jacques Cartier a « découvert » la terre du Canada en 1534, et les premières colonies ont été établies en 1604 à PortRoyal, en Acadie (aujourd’hui appelée Nouvelle-Écosse), et au Québec en 1608 Dirigés par l’explorateur Samuel Champlain, les colons du Québec (pas encore connus sous le nom de «Québécois », mais en France comme « Canadiens » tout simplement) se sont alliés aux bandes autochtones des Algonquins, des Montagnais et des Hurons, ennemis historiques des Iroquois Ces derniers ont formé une confédération de cinq, puis six Premières Nations, qui s’est battue contre les Français pendant un siècle Un traité français-iroquois a été établi en 1701
La plupart des Français bourgeois sont rentrés en France après la conquête britannique du Canada en 1760 La population qui est restée venait d’origines variées en France Ils ont apporté avec eux différentes langues et dialectes français, qui ont tous contribué au français canadien qu’on connaît aujourd’hui, avec un peu d’influence anglaise
La domination croissante de l’anglais
Après la conquête, le Canada a connu un afflux d’immigrés anglais, et cette langue s’est répandue de plus en plus au Québec. Au cours du vingtième siècle, l’anglais est devenu de plus en plus important dans le monde du travail La plupart des industries étaient gérées par les États-Unis De ce fait, l’anglais était la langue du commerce international. Jean Lesage, le premier ministre du Québec de 1960 à 1966, a tenté de créer plus d’emplois en langue française afin de maintenir sa dominance linguistique dans la province Néanmoins, il a tout de même reconnu l’importance de voir parler l’anglais Il a ainsi affirmé que parler avec es Canadiens anglais dans leur langue maternelle émontrerait « l’assurance de soi ou même la supériorité Dans les usines, l’anglais était utilisé parmi les rigeants et les superviseurs Dans ce contexte, certains ots se sont intégrés dans le français des ouvriers À ontréal, le produit de ce mélange fut le joual
e joual – la langue des québécois
e joual a été important pendant les efforts nationalistes es années 1960 et 1970. Face à la maltraitance du ouvernement canadien, des Québécois en colère herchaient la souveraineté de la province, et ils ttaient d’une façon parfois violente pour l’atteindre poiler alert : ils n’ont pas réussi.) Ce mouvement dépendantiste était francophone à son origine, mené ar la classe ouvrière du Québec, en particulier les
Lauren Wake au Québec : et de répression
Le québécois, alias ‘Le bilingue de naissance’
Selon le recensement de 2021, la majorité (77,1%) de la province de Québec est francophone, c’est-à-dire que le français est leur langue maternelle Malgré le fait que la moitié de la population totale (51,96%) parle anglais, les anglophones (ayant l’anglais comme langue maternelle) représentent seulement 7,45% de cette population Ainsi, la majorité de cette moitié a appris l’anglais comme deuxième langue.
Dans son poème-prose « Le bilingue de naissance », l'écrivain québécois Gaston Miron parle d’un « sentiment d’insécurité pour [sa] propre langue » qui s’est développé pendant son apprentissage de l’anglais. Comme le suggère le titre du poème, Miron décrit la façon dont le Québécois devient « bilingue de naissance », même s’il ne parle pas l’anglais. Sa vie doit être bilingue. Dans tous les magasins, tous les menus des restaurants, tous les produits sont écrits deux fois, en deux langues Cela semble être une expérience d'aliénation de sa propre langue maternelle. L’anglais est omniprésent, comme un fantôme du passé colonial. Les sentiments de conflit personnel qui sont présents dans ce poème montrent la complexité des relations linguistiques au sein de la province.
Après avoir évoqué la répression linguistique du français au Canada, il faut aussi reconnaître la répression encore plus courante des langues des Premières Nations dans ce pays Avec un but d’intégration, le gouvernement national du Canada et les gouvernements provinciaux ont cherché à réprimer plus de 70 langues de Premières Nations encore parlées au Canada. Ils ont rendu obligatoire l'école francophone aux enfants De ce fait, de moins en moins de jeunes membres de bandes de Premières Nations parlent leurs langues ancestrales Ce n’est seulement qu’au XXIème siècle qu’on se concerte pour préserver et raviver ces langues
Un changement de nos jours ?
Après avoir vécu en tant qu’étudiante à Montréal en 2024, j’ai trouvé que la majorité des personnes de mon âge (les étudiants universitaires) parlait confortablement les deux langues. J’ai entendu beaucoup de « franglais », le mélange fluide des deux langues Cela m’a beaucoup plu Si je doutais d’un mot en français, je pouvais utiliser le mot anglais sans perdre le rythme de ma phrase et personne ne le questionnait.
Ce bilinguisme peut être vu de deux façons : soit comme outil de connexion et de collectivité, soit comme répression de la langue française parmi les francophones. Avec la croissance des réseaux sociaux, l’anglais est de plus en plus au courant dans la vie des jeunes francophones Il faut donc se rappeler de l'importance de la langue dans son identité personnelle et nationale. Pour les anglophones, il faut plus apprécier les autres langues et la joie d’en apprendre plus
Depuis le début de l'année 2026, la France évolue dans une étrange atmosphère d'attente et de tension diffuse. Rien n'explose, mais rien ne se résout non plus. Les débats politiques se succèdent, les négociations s'éternisent, et pourtant le pays semble tourner en rond, comme si chaque décision était reportée à plus tard. Il ne s'agit pas d'une crise spectaculaire, mais d'une lente érosion de la confiance collective.
Depuis l'échec de l'élaboration du budget à l'automne dernier, la situation politique ne s'est pas clarifiée. Les trois blocs – la gauche, le centre et l'extrême droite – continuent de se neutraliser. Les tentatives de formation d'une coalition se sont multipliées en janvier, sans résultat concret. Selon un sondage publié début février, 72 % des Français estiment que le gouvernement « n'a pas les moyens d'agir efficacement », un record en près de dix ans C i i d l i f i dé i i
Les tensions sociales n'ont pas disparu. Depuis décembre, plusieurs manifestations ont rassemblé entre 40 000 et 60 000 personnes dans les grandes villes, principalement autour du coût de la vie et des coupes dans les services publics Dans les zones rurales, le mécontentement est encore plus profond : plus de 60 % des habitants se disent « abandonnés par les autorités » et près de 70 % considèrent que les normes environnementales sont « déconnectées de la réalité du terrain » (Institut français d'opinion public)
e secteur agricole, en particulier, traverse une rise silencieuse mais persistante Un agriculteur ur trois gagne moins de 1 000 euros par mois, et es coûts de production ont augmenté d'environ 20 % entre 2021 et 2025 (Agreste). Au Salon de Agriculture, cette détresse est palpable. Les tands sont animés, mais les conversations sont ourdes, souvent teintées d'inquiétude. Beaucoup e croient plus aux promesses politiques. « Ils iennent pour les caméras », dit un agriculteur. Demain, on nous aura oubliés. » (Le Monde).
Et au milieu de tout cela, les jeunes obser écoutent et questionnent. Les étudiants visitent le salon – venus pour des stages, écoles agricoles ou simplement par curiosi parlent d'écologie, de transition et de ju sociale. Ils ne nient pas la détresse du sec agricole, mais rejettent l'idée que l'aveni résume à un choix impossible entre s économique et urgence climatique. Une enq récente montre que 74 % des 18-25 considèrent que la politique climatique est « lente », mais 55 % affirment également qu transition écologique ne doit pas « sacrifier les moyens de subsistance des populations rurales » (Statbox)
Ce contraste est frappant D'un côté, il y a une communauté rurale qui se sent abandonnée ; de l'autre, une génération qui veut réinventer la relation entre l'agriculture, l'environnement et la société Entre les deux, il y a une classe politique qui peine à articuler une vision cohérente
Le Salon International de l’Agriculture 2026 n'a apporté aucune réponse Mais elle a révélé quelque chose d'essentiel Le clivage n'est pas seulement économique ou territorial, il est aussi imaginaire La France ne sait plus ce qu'elle veut être Un pays productiviste ? Un pays écologique ? Un pays de traditions ? Un pays d'innovation ? Peut-être un peu tout cela à la fois, mais sans savoir comment l'assumer
Dans les allées de l'exposition, on voit des visages fatigués et des regards inquiets. Mais on voit aussi des jeunes engagés dans des discussions passionnées, des associations proposant des alternatives, des visiteurs cherchant à comprendre plutôt qu'à juger. C'est là, dans ces échanges discrets, qu'une voie possible semble se dessiner. Celle d'un pays enfin prêt à affronter ses contradictions.
La France est immobile, dit-on souvent. Mais sous les néons de l'exposition, on voit aussi une société en mouvement. Hésitante mais vivante, pleine de tensions mais riche en idées. Une société qui, malgré tout, continue de chercher des moyens d'avancer
Zara Ioras
Faites gaffe y’a un gars dans le local poubelle
Ce message était le début d’une série de messages dans le groupchat de ma résidence universitaire en France, au sujet de personnes sans domicile fixe Les étudiants racontaient que, chaque année, il y a des sans-abri/ sans domicile fixe qui entrent dans la résidence pour passer la nuit au chaud. Ils disaient que le moins que nous puissions faire était de les laisser rester s’ils ne sont pas violents et ne causent pas de problèmes
Selon le dictionnaire Larousse, un sans-abri est ‘une personne qui n’a pas de logement’
Un SDF (sans domicile fixe) est une ‘personne qui ne dispose pas de logement personnel stable et durable, l'obligeant à dormir dans la rue, dans des lieux de fortune (squats, gares) ou dans des centres d'hébergement d’urgence’ (Entourage social)
Aujourd’hui en France il y a plus de 350 000 personnes considérées comme sans-abri selon la Fondation pour le Logement d Déf i é (2026) U b i augmenté d (INSEE) Cet aussi affecté impacte tou domicile si s’inscrire à l adresse est administrativ ces enfants doivent surm
« Euh c’est norm « Euh c’est norm « Euh c’est norm que y’a un mec que y’a un mec que y’a un mec qui dort dans les qui dort dans les qui dort dans les poubelles ? » : poubelles ? » : poubelles ? » : s
En 2026, la fondation pour le Logement des Défavorisés a rapporté qu’il y avait 1,9 million de demandes pour logements sociaux. Au sein de l'Union Européenne, c'est en France que le taux de sans-abrisme est le plus élevé : 30,7 personnes par 10 000 d’après un rapport de l’OCDE en 2023. Cependant, les données montrent que les services d’hébergement temporaire sont saturés ce qui signifie que beaucoup de perso ces situations précaires
Il y a plusieurs raisons pour lesqu personnes sans-abris a augmenté A la vie s’élève, les salaires n’ont pas a rythme. Selon un rapport du Monde les prix de l’immobilier aient grim salaires n'ont augmenté que de 18 %
La situation La situation La situation
de sans- de sans- de sansabrisme en abrisme en abrisme en nce nce ce
g p posait des logements temporaires, ces déplacements ont compliqué le processus légal pour beaucoup de personnes De plus, les services sociaux les mettaient dans des lieux isolés où elles ne pouvaient pas recevoir l’aide dont elles avaient besoin.
la méfiance envers le gouvernement, que des services sont disponibles, ersonnes hésitent à les accepter De ont exprimé un manque de sécurité et ans des centres d’hébergement, ce qui s rebutants. Aussi, de nombreux centres loin, ce qui complique la vie des Bien qu’il y ait la mise en place en hiver nd froid’, qui augmente le nombre de lits disponibles, cela reste insuffisant.
nement français a introduit quelques vec l’objectif de combattre ce problème d’abord (Housing First) est une stratégie quinquennale mise en œuvre par la et à rise nis, ’est t le r le
Dans les villes comme Lyon, les groupes locaux ont organisé des « sites humanitaires » qui offrent des produits essentiels (eau, produits d’hygiène etc ) Ils créent des espaces communautaires pour les personnes vulnérables en dehors du système de logement traditionnel. Ces espaces et initiatives permettent l’inclusion de ces personnes qui se sentent isolées ou exclues par la société Les initiatives locales ont l’intention de compenser les lacunes des plans gouvernementaux en adoptant une approche pragmatique et de terrain En plus, ces initiatives sont plus accessibles et flexibles que les centres d’hébergement traditionnels.
Bien qu’il y ait des efforts pour résoudre le sansabrisme, la situation continue d’affecter une grande partie de la population française. Il est important que les autorités n’essaient pas seulement de s’adapter aux conséquences de la réalité socio-économique française mais aussi de s’attaquer aux causes profondes du problème. Lorsque des personnes cherchent un abri dans une résidence étudiante pour simplement survivre, ce n’est pas une réalité marginale, mais une situation qui pourrait concerner un nombre croissant de personnes si les conditions économiques ne s’améliorent pas.
L’ESPRIT NON CONFORMISTE DE POITIERS
Entourée de paysages ruraux et magnifiques, riches en histoire, en églises, en châteaux et en nature, Poitiers est une petite ville universitaire située dans l’ouest de la France Elle est très connue à l’échelle internationale pour son parc d’attractions : le Futuroscope.
Malgré sa taille et sa population modeste, Poitiers abrite plusieurs établissements de l’enseignement supérieur. L’établissement principal est la plus vieille université de France, L’Université de Poitiers, fondée en 1431. La ville accueille également un campus de Sciences Po, et des écoles spécialisées notamment dans le domaine de l’ingénierie. Poitiers est donc la ville qui compte le plus d’étudiants proportionnellement à sa population en France. Cette démographie dominante dans cette petite ville rurale a des implications fortes sur le mode de vie des habitants et sur la mentalité collective.
Poitiers a vu une mobilisation étudiante massive. Les étudiants universitaires occupaient et bloquaient les bâtiments institutionnels en perturbant l’enseignement et le déroulement des examens. Ce blocus s’est déroulé pendant quatre mois, dont les deux premiers ont été ininterrompus Les participants les plus actifs ont même pris l’initiative de former les dortoirs dans les salles de conférences et les amphithéâtres pour assurer la longévité de la campagne.
Un soir, je me suis rendue au bâtiment principal du blocus où se sont retrouvés et ont dormi les instigateurs. Au cours de ma visite, j’ai vu une grande quantité de graffitis à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment en incitant des slogans révolutionnaires provenant de la révolution de mai 68, comme “le capitalisme tue”, “le capitalisme ne tombera pas tout seul, aidons-le” Les manifestants de 2025 avaient repris les mêmes stratégies et le même discours mobilisant ceux de 1968.
Pendant mon année à l’étranger à Poitiers, le gouvernement a annoncé une réduction du budget alloué à l’enseignement supérieur, notamment dans les domaines des lettres et des langues Dans la même semaine, le Président de la République, lors du sommet de l’IA à Paris, a annoncé l’investissement français d’un milliard d’euros dans le secteur de l’IA. En observant la baisse du budget de l’enseignement dans ce contexte plus large, les habitants de Poitiers ont aperçu un changement des priorités de l'État en faveur du développement de nouvelles technologies, tout en négligeant l’éducation des nouvelles générations
À Poitiers, l’esprit non conformiste ne relève pas du mythe historique : il continue de s’écrire sur les murs, dans les amphithéâtres et dans les voix de celles et ceux qui refusent de rester silencieux. Cette tradition sousjacente de mobilisation étudiante constitue un pilier identitaire de cette ville universitaire. Pour moi, cette expérience a révélé que, même dans une petite ville rurale, l’engagement étudiant peut encore faire vibrer l’histoire
Prendre le tempsàlafrançaise
Une culture du vivre plus lentement existe en France: la « joie de vivre » Elle promeut un mode de vie qui permet aux gens d’apprécier les choses quotidiennes de la vie. Cette manière de vivre montre le rejet d’un mode de vie plus moderne, dans lequel l’instantanéité et l’efficacité priment sur le fait de prendre le temps
Le concept de « joie de vivre » s’est affirmé au XVIIe siècle et s’est ancré durablement dans la société et la culture françaises Cette philosophie de vie a gagné en popularité au XIXe siècle, notamment dans les œuvres de Victor Hugo et dans l’art d’Henri Matisse. On l’utilise pour décrire un certain bonheur, séparé de la richesse matérielle En formant un lien entre cette philosophie et la culture, cette théorie est devenue une façon de vivre bien connue.
Au cœur de la vie française, la culture du café et la gastronomie incarnent l’idée du vivre lentement en France. Le café fonctionne comme un lieu où les gens se rencontrent et socialisent, mais aussi comme un espace où l’on peut acheter et apprécier de la nourriture et des boissons
Les personnes peuvent s’asseoir et parler pendant des heures autour d’une simple tasse de café Ce phénomène fait preuve d’une reconnaissance de l’importance de vivre dans le moment présent. De cette manière, les Français semblent trouver le bonheur au sein des plaisirs simples.
La gastronomie française reflète cette philosophie Les repas sont considérés comme de vrais rituels, qui donnent la priorité au temps passé en famille et avec des amis, également le partage de la nourriture et de la conversation autour de la table On met aussi l’accent sur la qualité des ingrédients et la préparation des plats en général. La gastronomie, donc, devient un emblème de la « joie de vivre », vu qu’elle encourage les gens à prendre le temps de profiter de bons repas, entourés de bonnes personnes.
En France, il y a aussi le concept de la flânerie, l’acte de marcher et d’observer sans but précis Cette personne qui marche, le flâneur, peut prendre le temps de faire l’expérience du monde qui l'entoure et de le voir Cet acte de reconnaissance illustre aussi l’art de vivre lentement, et la « joie de vivre », puisqu’elle invite les gens à trouver de la beauté dans la vie quotidienne.
Antonia Wallis
EN FRANCE Mll
veste e sans
es DRAMA boots en cuir nt cette touche de auffe la palette, équilibre vivante. Ceci dit, cette c des ballerines pour un
Paris change de texture La lumière se fait plus douce, les rues plus calmes, les silhouettes plus nettes C’est un moment où l’on peut se permettre un geste un peu plus affirmé, sans jamais tomber dans l’excès. Pour le dîner, je choisis une pièce qui incarne parfaitement cette idée : la robe en tweed brillant de Maje et les ballerines de Balzac de Paris. Elles captent la lumière sans la voler, scintillent sans s’imposer, et offrent cette élégance parisienne qui repose davantage sur la matière que sur la mise en scène
Le tweed, revisité ici, apporte une sophistication discrète. La coupe est nette, la silhouette précise, mais l’ensemble reste facile à porter, une robe qui accompagne le mouvement plutôt qu’elle ne le contraint C’est exactement ce que j’aime pour un dîner à Paris! Pour les accessoires, je reste fidèle au principe du ‘less is more’. Je laisse la robe occuper l’espace et j’ajoute simplement quelques joncs dorés ou argentés, des bijoux qui ponctuent le look sans le saturer Leur éclat dialogue avec celui du tweed, créant un jeu de lumière subtil, presque intime.
Marie-Antoinette
Quand le V&A célèbre l’héritage esthétique d’une reine
Détestée de son vivant, célébrée aujourd’hui par les musées et les industries créatives, MarieAntoinette n’a jamais cessé de fasciner.
Marie-Antoinette est une figure complexe dont le style et la notoriété ont contribué à forger sa légende Son histoire est celle d’une femme trop jeune et trop frivole pour régner, d’une jeune reine rejetée en raison de ses origines étrangères et du symbole monarchique qu’elle incarnait Marie-Antoinette est une figure historique ambivalente au destin tragique, ancrée dans une période tourmentée de l’histoire française. Néanmoins, son héritage demeure aujourd’hui inspirant et intemporel En effet, cette reine de France ne doit pas simplement être associée à un excès de frivolité, mais aussi à une référence de style non seulement dans la mode mais aussi le design, les arts décoratifs, la littérature et bien d’autres formes artistiques.
Cette femme à la modernité provocatrice et controversée opéra un basculement réfléchi vers une esthétique plus moderne en rupture avec la rigidité du passé Son style, à la fois élégant et féminin, se caractérisait par une palette de couleurs pastel et lumineuses, des motifs floraux, de la dentelle ainsi que des soies richement brodées Néanmoins, cette esthétique assumée s’accompagnait de dépenses considérables qui participèrent à la construction de la mauvaise réputation de la reine, alors même que la France était déjà dans une situation financière désastreuse, fruit de décennies de dépenses initiées par les précédents monarques ayant progressivement fragilisé le royaume
s mois, au travers de l’exposition “Marie yle”, le Victoria and Albert Museum a célébré ersistante de Marie-Antoinette, mettant en pact intemporel de son esthétique sur les industries créatives, de sa disparition jusqu’à nos jours En explorant l’univers artistique de cette reine, l'exposition révélait la force durable de son héritage stylistique.
Par exemple, c’est Marie-Antoinette qui, dans les jardins de Versailles, donna naissance à la robe-chemise appelée alors « chemise de la reine ». Souhaitant se vêtir d’un vêtement vaporeux à même de supporter les chaleurs de l’été, la reine adopta cette chemise de couleur blanche Cette tenue à l’aspect « négligé » choque à une époque où la sophistication s’imposait comme norme vestimentaire. La chemise blanche est pourtant aujourd’hui un essentiel du vestiaire féminin De même, la tendance du cottagecore, apparue sur les réseaux sociaux suite à la pandémie de COVID-19, idéalise une vie rurale plus sobre que Marie-Antoinette défendait déjà au Petit Trianon Cette tendance se manifeste notamment par un style champêtre rappelant les chemises blanches de la reine.
L’exposition du Victoria and Albert Museum retraçait l’évolution stylistique de Marie-Antoinette, de sa jeunesse frivole et son style exubérant et rococo à son désir de simplicité arboré les dernières années passées à Versailles, à l’écart de la cour et des règles strictes de l’étiquette, dans son refuge du Petit Trianon.
Les visiteurs ont ainsi eu la chance de pouvoir admirer des robes portées par la reine et d’autres accessoires de mode comme des chaussures, des bijoux (dont une reproduction du bijou au centre de la fameuse affaire du collier) et autres éventails D’autres objets ayant accompagné la vie de la reine étaient exposés : tableaux, livres, pièces de mobilier L’originalité de l’exposition résidait finalement dans le dialogue établi entre ces objets historiques et des œuvres contemporaines inspirées du style de la reine, notamment des robes créées par Vivienne Westwood, Valentino ou encore Chanel.
Cette exposition permet de mesurer l’influence profonde de MarieAntoinette sur son époque, non seulement sur les plans social et politique, mais également artistique. Le style qu’elle a développé au fil des années inspire encore aujourd’hui des artistes du monde entier tant dans la mode, les arts visuels, le design que la littérature
Traces du monde
Dans les chemins sans fin, les rues bondées, devant des bâtiments discrets, des images et des noms nous attirent, symboles d’une longue histoire. Le monde francophone s’y révèle. Des chuchotements de proches, relations éternelles et ambivalentes : les francophones font entièrement partie de la culture londonienne
La Liberté en plein air, attirant les foules, The French House, 49 Dean St. London, W1D 5BG
La multiplicité de la langue française, Librairie La Page, 7 Harrington Rd, South Kensington, London, SW7 3ES
Café et histoire, Algerian Coffee Stores, 52 Old Compton St., London W1D 4QE
Francophone à Londres
L’homme pensif, Librairie La Page, 7 Harrington Rd, South Kensington, London, SW7 3ES
Un faible pour les sucreries, Maison Berteaux, 28 Greek St. London W1D 5DQ
Les cadeaux de Rodin, Victoria and Albert museum, Cromwell Rd, London SW7 2RL
chevaliers et de q q p p e geste, romans courtois, fabliaux, vies de saints… tous accordent à la nourriture un rôle bien plus savoureux qu’un simple décor. Dans un monde corseté par des hiérarchies sociales, politiques et religieuses, ce que l’on mange, comment on le partage ou si l’on choisit de le refuser, devient un langage à part entière Manger, ne pas manger, partager un banquet ou tromper quelqu’un avec un plat modeste, voilà autant de gestes investis d’une signification symbolique forte.
Dans ces textes, la nourriture révèle qui est puissant, qui est humble, qui est pieux ou qui est rusé Les œuvres médiévales, de La Vie de saint Alexis à La Chanson de Roland, du Conte du Graal au Roman de Renart, des fabliaux à Christine de Pizan, témoignent d’une véritable culture culinaire où le rapport à la nourriture devient un révélateur du corps, de la société et du lien humain Comprendre ces scènes culinaires, c’est plonger dans la tête d’un Moyen Âge gourmand et malicieux, qui savait autant savourer un repas que jouer avec ses symboles
Banquets aristocratiques et petites cuisines du peuple
Dans les grandes épopées, comme La Chanson de Roland ou Élie de Saint-Gilles, le banquet aristocratique est bien plus qu’un simple repas : c’est une démonstration de pouvoir. Le roi ou le seigneur s’y affirme par la qualité du vin, le choix des viandes et la finesse du pain blanc Chaque plat est un marqueur social : il dit qui commande, qui obéit, qui est digne de respect Les festins sont rares, souvent cérémoniels, et chaque bouchée participe à un rituel d’ordre et de prestige.
Mais à côté de ces mets de roi, il y a la nourriture du peuple, celle qui fait rire Les fabliaux et contes populaires comme Aucassin et Nicolette mettent en scène oignons, lard, bouillies et stes servent souvent de ressort comique et permettent de , substituer un plat médiocre à un mets noble devient un hiérarchiques et de ridiculiser les prétentions sociales Dans amais anodine : elle raconte des tensions, des astuces et des diévale : le seigneur savoure son vin épicé, le paysan grignote rt le renard s’empresse de voler les deux Le contraste entre oujours raconté avec humour et finesse
de courtois
des romans de Chrétien de Troyes ourriture pour explorer le désir, la ociaux : savoir apprécier un mets repas devient un art, un code, une gance dictent la conduite.
Prenons Tristan et Iseut : ici, le plat décisif n’est pas un repas copieux, mais un philtre d’amour Avaler cette boisson transforme les amants de l’intérieur Manger ou boire devient un acte performatif : ce qui entre dans le corps peut littéralement changer le destin. Le goût, l’ingestion et les sensations deviennent ainsi des outils narratifs pour interroger les limites entre plaisir, morale et passion
Rire et excès : la nourriture qui déraille
La nourriture est aussi une source de comédie Dans le Roman de Renart, le renard glouton fait du vol et de la tromperie un moteur narratif : voler, tromper, dévorer, tout est prétexte à subvertir l’ordre symbolique. La table devient champ de bataille : celui qui mange triomphe, celui qui est mangé perd son rang
Les fabliaux s’en donnent à cœur joie avec gloutonnerie, ivresse et gourmandise pour dénoncer hypocrisie religieuse, avidité bourgeoise ou crédulité masculine Le fameux pays de Cocagne, avec ses murs de pâtés et ses rivières de vin, montre à quel point le rêve d’abondance peut devenir humour et critique sociale. Ces excès comiques révèlent la créativité médiévale : rire de la nourriture, c’est aussi rire de la société
Conclusion : le Moyen Âge, un monde gourmand et symbolique
Dans la littérature française du Moyen Âge, la nourriture n’est jamais un simple décor Elle est un langage, un marqueur social, un instrument spirituel et un outil narratif. Des fabliaux à Chrétien de Troyes, de La Vie de saint Alexis au Roman de Renart, la nourriture révèle la société, le corps et les liens humains. Étudier ces repas, ces privations ou ces excès, c’est comprendre un Moyen Âge qui pensait l’humain à travers ce qu’il mange, partage ou désire Et surtout, c’est découvrir un univers où le goût, l’humour et le symbolique se mêlent pour raconter la vie avec saveur
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Des mers aux cieux: la science-fiction
Tout le monde connaît les contes de fées de Cendrillon et Blanche-Neige Pourtant, dans la France du XIXe siècle, un autre type de conteur captivait l'imagination des jeunes lecteurs, un conteur qui remplaçait la magie par des machines et les châteaux par des laboratoires. Jules Verne est devenu une figure emblématique de la littérature d'aventure, écrivant des histoires qui célébraient la découverte, le voyage et l'ingéniosité scientifique. À première vue, l'œuvre de Verne semble incarner la foi dans le progrès Les bateaux à vapeur traversent les océans, les trains sillonnent les continents et les sous-marins glissent sous les vagues. Cependant, la lecture de Verne aujourd’hui révèle quelque chose de plus complexe Sous l'excitation se cache un malaise discret, le sentiment que le pouvoir croissant de l'humanité sur la nature a un prix. Dans Le Tour du monde en quatrevingts jours et Vingt mille lieues sous les mers, Verne offre non seulement de l'aventure, mais aussi une réflexion précoce sur les coûts environnementaux de la modernité.
La vitesse, la science et le monde moderne
Peu de romans capturent aussi vivement le frisson du mouvement mondial que Le Tour du monde en quatrevingts jours Le pari qui anime l'histoire est simple : un homme peut-il faire le tour du monde en seulement quatre-vingts jours ? Pour Verne, la réponse dépend de la science et des transports. Le voyage de Phileas Fogg se déroule à travers un réseau étroitement synchronisé de trains, de bateaux à vapeur et d'infrastructures coloniales qui rendent soudainement le globe petit Verne se réjouit clairement de cette nouvelle maîtrise du temps et de l'espace Chaque départ et chaque arrivée sont calculés avec une précision mécanique, transformant le voyage en un triomphe de l'ingénierie Pourtant, cette célébration de la vitesse a un coût environnemental tacite.
Les icônes de la révolution industrielle, telles que les bateaux à vapeur et les chemins de fer alimentés au charbon, laissent derrière elles de la fumée, de la pollution et une demande toujours croissante en carburant. Dans ce monde, la nature n'est plus un partenaire de la vie humaine, mais un obstacle à surmonter
Les tempêtes retardent les horaires, les paysages ralentissent les trains et les animaux deviennent des outils d'efficacité. Lorsque les chemins de fer tombent en panne en Inde, un éléphant remplace la locomotive, réduit d'un être vivant à une machine de substitution Verne ne condamne pas ouvertement ces moments, mais d'un point de vue contemporain, ils révèlent une vision du monde dans laquelle la nature existe pour servir l'ambition humaine Plus le voyage est rapide, plus la domination sur le monde naturel est grande
l'ecologisme dans de Jules Verne
Josh James Josh James Josh James
Sous les mers
Si Le Tour du monde en quatre-vingts jours célèbre le mouvement à la surface de la terre, Vingt mille lieues sous les mers plonge les lecteurs dans un univers totalement nouveau. Le sous-marin Nautilus est l'une des créations technologiques les plus marquantes de la littérature : un navire autonome fonctionnant uniquement grâce à la science. Grâce à lui, le capitaine Nemo échappe aux systèmes politiques et économiques terrestres et se réfugie dans l'océan, espace de liberté Le monde sous-marin de Verne est à couper le souffle Les forêts de corail, les créatures lumineuses et les vastes paysages marins sont décrits avec admiration et soin Les lecteurs sont invités à s'émerveiller devant la beauté d'un environnement encore largement méconnu au XIXe siècle. Pourtant, le Nautilus n'est pas seulement un véhicule d'observation C'est aussi une machine d'extraction Nemo chasse les créatures marines, récolte des perles et exploite les ressources de l'océan pour maintenir son indépendance.
Bien que le capitaine Nemo méprise les puissances impériales sur terre, sa relation avec la mer reflète la logique de l'empire. L'océan devient un autre territoire à explorer, à classer et à exploiter Les connaissances scientifiques ne conduisent pas à la protection, mais à un contrôle plus profond Le roman de Verne anticipe ainsi les préoccupations modernes concernant la surpêche, l'épuisement des ressources et l'illusion que la maîtrise technologique peut exister sans conséquences écologiques
Un avertissement du XIXe siècle au monde moderne ?
Jules Verne est souvent considéré comme un prophète de l'innovation, un écrivain qui a imaginé les sous-marins, les voyages spatiaux et les réseaux mondiaux bien avant qu'ils ne deviennent réalité Pourtant, ses romans contiennent également un message plus discret Lus aujourd'hui, Le Tour du monde en quatre-vingts jours et Vingt mille lieues sous les mers semblent toujours d'actualité Ils reflètent les prémices d'un état d'esprit qui façonne encore notre monde : la conviction que la science peut résoudre tous les problèmes et que la rapidité et l'efficacité justifient tous les coûts Jules Verne n'a peut-être pas écrit explicitement sur le changement climatique ou l'effondrement environnemental, mais ses récits révèlent les racines de ces crises.
L’ère de l’impressionnisme:
Clairdelune Gymnopédien°1 Miroirs:III
rupture esthétique et affirmation
rupture esthétique et affirmation
une identité française une identité française
rupture et affirmation une identité française
Stella Grayson
Toutes ces chansons figurent dans les playlists de travail quand on les cherche sur Spotify. Comment un mouvement musical caractérisé par la douceur et l’évocation sensorielle
Une introduction de nos co-rédactrices en chef...
Chaque année, le Département de Langues, Littératures et Cultures ici à King’s College London organise un concours de rédaction pour les lycéen·ne s, et cette année ne fait pas exception C'est l'occasion pour les jeunes écrivain e·s de lycée de développer leur créativité, d’affiner leurs compétences linguistiques et d'explorer les aspects de la culture francophone qu'ils n'abordent généralement pas dans le programme d'études de A-Level
La question proposée de cette année était: ‘Symbole d’unité nationale et d’identité culturelle, la langue française occupe une place centrale dans la société Favorise-t-elle réellement la cohésion ou exclut-elle certaines communautés ?’
En effet, la richesse du thème de cette année résidait précisément dans son ouverture. La question invitait les élèves à envisager de multiples perspectives possibles Certain e·s participant e·s ont choisi d'écrire sur la nature de la langue française dans un monde en constante évolution D’autres se sont intéressé·e s à divers pays francophones et à leur longue histoire linguistique. D’autres encore ont abordé le sujet de manière créative, en créant leurs propres œuvres pour illustrer les difficultés d’apprentissage d’une langue. Quelle que soit l'approche choisie, nous avons pris beaucoup de plaisir à lire chacune des contributions
Avec la mondialisation croissante, il ne fait aucun doute que les langues jouent un rôle essentiel, non seulement dans la communication, mais aussi dans la façon dont nous comprenons les cultures, les histoires et les idées. En particulier, nous avons eu la chance de partager toutes ces idées avec les entrant e·s du concours à notre atelier de langues à KCL en mars Nous avons accueilli près de 50 étudiant·e s de français qui ont participé à notre concours sur notre campus, où iels ont pu discuter avec nous, nos professeur·e·s, et découvrir à quoi ressemble l'étude du français à l'université. Iels ont tou·te·s eu un aperçu de cette édition Des Nouvelles, Héloïse ? avant sa publication et, surtout, nous avons organisé une remise de prix pour nos gagnant es
Cela nous amène tout naturellement à présenter les gagnant·es du concours de cette année : Isabella HagenZanker, Amalya Boz et Amy Xu. Ces trois travaux se distinguent par leur créativité, leur précision et leur originalité Bravo ! Vos travaux incarnent la curiosité intellectuelle et l'énergie créative que DNH? cherche à promouvoir chaque année
Et à tou·te·s nos participant·e·s, merci d'avoir partagé vos idées avec nous. Nous espérons sincèrement vous voir participer à DNH? comme étudiant e à King’s très bientôt !
Félicitations encore à tou.te.s !
EtianeetLauren
Co-rédactrices en chef de Des Nouvelles, Héloïse ?
Symbole d’unité nationale et d’identité culturelle, la langue française occupe une place centrale dans la société.
Favorise-t-elle réellement la cohésion ou exclut-elle certaines communautés ?
Historiquement, le français est indissociable des concepts d’unité et d'universalisme républicain, qui affirment l'égalité de tous devant la loi. L'égalité équivaut à une similitude ; la cohésion s'obtient par l'assimilation, plutôt que la reconnaissance des différences Ainsi, l'existence de sous-groupes sociaux, et de leur riche diversité linguistique est idéologiquement inconcevable – une approche qui a considérablement marginalisé les locuteurs des dizaines de dialectes, langues régionales, et divers accents parlés en France Avec des politiques assimilatrices, une résistance aux réformes linguistiques, voire de la glottophobie, il est clair que l’unité encouragée par le français se fait au détriment des communautés linguistiques minoritaires
ISABELLA HAGEN-ZANKER
Godalming College, Y12
Le droit français, cependant, continue à discriminer les locuteurs de langues minoritaires L’article 2 de la Constitution, « la langue de la République est le français », est souvent utilisé pour limiter les droits des langues régionales, au motif qu'elles menacent l’indivisibilité et la laïcité du pays En 2017 encore, un couple breton a été poursuivi pour avoir nommé leur fils Fañch plutôt que Fanch La diversité linguistique, même exprimée par un simple tilde, reste incompatible avec un Hexagone uni
« Parlez français, soyez propre »
La Révolution française a marqué le premier pas vers une politique linguistique exclusivement française, faisant la promotion du français comme langue unificatrice et condamnant les autres langues minoritaires comme symboles dépassés du féodalisme Selon le révolutionnaire Bertrand Barère, « Chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous ». Dès 1794, Henri Grégoire a publié un rapport sur la nécessité « d’anéantir le patois », et cette idée d'égalité assimilée à une uniformité linguistique a perduré
Entre les années 1880 et 1950, une série de politiques ciblant ce même « patois » a été mise en œuvre, contribuant à un déclin de la transmission des langues régionales qui continue aujourd'hui. À l’école, les enfants étaient punis lorsqu’ils parlaient une langue régionale : comme l'indiquait une pancarte : « Parlez français, soyez propres » L'occitan possède même un mot pour désigner cet héritage : « vergonha », signifiant « honte ».
Socialement, tout écart par rapport à la norme, qu’il s’agisse de langues, de dialectes ou d’accents, est perçu comme un obstacle à l’intégration D’après une enquête de 2020, un quart des Français déclarent avoir subi des moqueries à cause de leur accent, surtout pour la population migrante ou celle des banlieues Malgré l’existence d’une loi interdisant cette « glottophobie », elle demeure un problème majeur.
Ces dernières années témoignent d'une volonté croissante de concilier les aspirations monolingues de la France avec sa réalité multilingue, et une minorité d’écoles, notamment en Bretagne et en Corse, proposent désormais un enseignement bilingue Cependant, les accents régionaux ou noneuropéens restent largement absents des médias, relégués à des domaines comme le sport ou la météo. Des récents efforts de modernisation, tels qu’avec le « langage inclusif », demeurent controversés Paradoxalement, dans un pays fier de son riche patrimoine, la langue reste si rigidement codifiée que la diversité est perçue comme une menace pour la même culture qu'elle doit exprimer
Il est indéniable que la langue française occupe une place sacrée au sein du monde francophone. La France possède une histoire et une culture si riche que l’on ne pourrait pas imaginer un monde sans la langue française Elle maintient indéniablement la cohésion de la société. Toutefois, cet essai présentera un argumentaire équilibré sur la question suivante : le français favorise-t-il réellement l'inclusion sociale ou, au contraire, constitue un environnement qui encourage l'exclusion ?
onale et d’identité çaise occupe une place ent la cohésion ou mmunautés ?
L'élévation de la langue française au rang de symbole national, ancrée dans la Révolution française, a servi de catalyseur à l'unité et à l'égalité. Lorsqu'elle a été dispersée dans les pays francophones, la langue française a agi comme un moteur puissant de modernisation et de mobilité sociale En établissant une langue standardisée, la France a offert un pont universel entre des cultures diverses, particulièrement en Afrique du Nord Cela a progressivement aidé à briser l'isolement social et à donner un sentiment d'identité partagée entre différentes ethnies. Elle a ouvert de vastes perspectives de promotion professionnelle, donnant accès à une éducation supérieure et à un réseau administratif mondial En fin de compte, le français a aidé à créer une communauté interconnectée, fournissant des clés linguistiques essentielles à la réussite professionnelle et à la coopération internationale Cependant, pour les défenseurs d’une langue ‘pure’, l’arrivée massive d’immigrés lors de la reconstruction des villes après la Seconde Guerre mondiale (notamment venant d'Afrique du Nord) est souvent perçue comme une menace pour le français dit traditionnel Alors, au lieu d’une unification par la langue, une fracture identitaire et patrimoniale s’installe
L’introduction de mots dérivés de l’arabe ou de l’argot est souvent dénoncée comme de la « pollution » qui ternit la clarté de la langue de Molière Le Verlan (un forme de l’argot consistant à inverser les syllabes de certains mots) peut être utilisé comme « bouclier linguistique ». Il fonctionne comme un code secret et permet aux jeunes de s'approprier la langue française tout en excluant les figures d'autorité comme la police ou les journalistes qui parlent un français classique Les mots tels que « keuf » (flic) ou « vénère » (énervé) marquent leur territoire social, c’est-àdire le groupe social auquel ils appartiennent, et renforcent la cohésion de groupe face à l'extérieur Bien que cela puisse jouer en faveur de ceux qui s’expriment en verlan, cela peut également leur poser un problème: en imposant un idéal de pureté linguistique inatteignable, la société finit par marginaliser ceux dont la façon de parler est jugée impure ou dégradée Ainsi, un outil de cohésion se transforme en un instrument de tri social et de rejet de « l'autre ». En fin de compte, cette vision conservatrice stigmatise des communautés entières
Enfin, le succès de la langue française se confirme à travers sa présence dans les médias populaires, qui servent de cadre à de nombreux chefs-d'œuvre cinématographiques et comédies musicales acclamés mondialement Parmi eux, le film La Haine, réalisé par Mathieu Kassovitz, a joué un rôle fondateur en révélant la dualité entre la banlieue et les beaux quartiers. Le succès du film a généré une attention considérable, montrant que la langue française peut être un outil de connexion, plutôt qu'une source d'exclusion
Ainsi, il est clair que la langue française occupe une place centrale dans la société; malgré ses défauts, elle favorise véritablement la cohésion
Favo exclu
La France a une seule langue officielle : le français. Une langue commune permet la communication et représente un symbole d’unité Les médias nationaux sont accessibles par tout le monde, les écoles peuvent enseigner le même programme scolaire et les débats politiques peuvent avoir lieu collectivement Sans langue partagée, la participation à la société peut devenir fragmentée Comme le français est associé à la littérature, à la philosophie, au cinéma et à d’autres aspects culturels, parler français connecte les gens à une communauté francophone mondiale En prenant tout cela en compte, on peut penser que l’unité grâce à une langue signifie que tout le monde peut y avoir accès de manière égale
Il n’est pas surprenant qu’un riche vocabulaire et une bonne grammaire soient essentiels pour s’intégrer dans la société, mais l’accent change aussi la manière dont les gens vous perçoivent La glottophobie est le terme utilisé pour décrire la discrimination linguistique Il semble exister une hiérarchie sociale où l’accent peut influencer les opportunités de carrière, l’autorité intellectuelle et même le pouvoir politique Actuellement, il y a environ 75 langues régionales et 28 accents régionaux en France Pourtant, le français parisien est la norme utilisée à la radio et télévision nationales Les variations régionales ont longtemps été critiquées par l’élite parisienne Par exemple, les accents du nord sont souvent moqués dans le cinéma et les médias, et associés à un manque de « raffinement ».
On a beaucoup parlé de l’ancien Premier ministre Jean Castex à cause de son accent du sud-ouest et en 2018, l’homme politique influent Jean-Luc Mélenchon s’est ouvertement moqué d’une journaliste pour son accent du sud, ce qui a choqué nombre de personnes Ce jugement social et la pression pour se conformer à une norme peuvent mener à une exclusion, à des inégalités et à une perte d’identité culturelle.
En novembre 2020, une loi a été proposée pour lutter contre la glottophobie en considérant la discrimination basée sur l’accent comme une forme de discrimination comparable au racisme Ces dernières années, il y a plus de sensibilisation à ce problème et même s’il existe une tendance à le minimiser dans le système éducatif, les cours d’élocution et les écoles d’art oratoire, l’ouverture envers les accents reste plus importante que jamais
Alors, l’unité exige-t-elle que tout le monde parle de la même manière ? L’unité donne le sentiment d’appartenir à la même société, de partager des valeurs et d’y participer de manière égale. Cependant, parler exactement de la même façon, à mon avis, est de l’uniformité, pas de l’unité Une uniformité complète est irréaliste car même dans une même région, les personnes peuvent avoir des différences dans leur façon de parler Une langue commune est peut-être nécessaire pour communiquer, mais une prononciation identique ne l’est pas. Les accents et les variations n’empêchent pas la compréhension La langue n’est pas neutre La suppression de l’identité linguistique est subtile mais puissante, et si on impose une uniformité linguistique, la langue devient un outil de contrôle plutôt qu’un moyen de connexion En outre, la diversité peut enrichir l’identité, permettant le respect mutuel et à une société d’accepter la différence sans la peur.
deGenève: deGenève: deGenève: à la découverte de la Suisse romande KristinaKrylova
L’année dernière, j’ai passé mon échange universitaire à l’Université de Genève. Cet échange en Suisse, au bord du lac Léman, a été bien plus qu’une expérience universitaire : ce fut une expérience profondément transformatrice. Entre les cours, les voyages et les rencontres, j’ai découvert une nouvelle manière de penser et une nouvelle manière de regarder le monde.
Étudier au cœur de l’Europe
Genève occupe une position unique en Europe. Située au carrefour de plusieurs cultures et frontières, la ville est à la fois suisse et internationale. Étudier à la Faculté des Lettres dans ce contexte m’a permis d’explorer l’histoire moderne de l’Europe et celle de la Suisse, je l’ai vu sous un nouveau jour Au-delà des cours universitaires, j’ai appris sur le terrain, en visitant d’autres villes suisses Mais le plus important pour moi était le paysage qui m’entourait, qui était visible depuis les salles de classes mais aussi mon logement universitaire
Mais au-delà de la vie urbaine, des bibliothèques et des musées, c’est le lac Léman et les Alpes suisses qui étaient au cœur de mon expérience. Ces paysages, fondamentaux dans l’histoire et la culture suisse, m'ont véritablement fascinés
Apprendre à voir : la photographie comme mémoire
Passionnée de photographie depuis longtemps, j’ai trouvé à G d’exploration exceptionnel. Mon échange m’a offert le temps et l’espace pour pratiquer cette passion de manière plus régulière Photographier est devenu ma façon de conserver les instants, de fixer les variations de lumière et la météo, les saisons, ou encore les reflets changeants de l’eau
L’un de mes souvenirs les plus marquants reste l’ascension du Mont Salève, qui culmine à 1 379 mètres Certains choisissent le téléphérique ; j’ai préféré la randonnée L’effort physique rend la vue encore plus saisissante Arrivée au sommet, le panorama s’ouvre sur Genève et le lac Léman. (Photo 1) Au quotidien, ce lac est également accessible par la public grâce aux « mouettes genevoises », ces bateaux-bus qui traversent les bords du lac (Photo 2) Par beau temps, on peut admirer les montagnes au loin et apercevoir le célèbre jet d'eau s’élever au-dessus de l’eau. (Photo 3)
Le lac est immense Sur l’autre rive se trouvent des villes comme Lausanne et Montreux, très populaires auprès des visiteurs Pourtant, certains aspects de la région restent moins connus à l’étranger Ce fut le cas pour moi de la culture viticole suisse. Dans le canton de Vaud, les vignobles en terrasses de Lavaux, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, offrent un paysage spectaculaire Avant mon séjour, je connaissais très peu les vins suisses et je n’en voyais presque jamais dans les caves à vin à Londres. Cette découverte a été une surprise.
Chaque année, les vignerons des cantons de Genève et de Vaud ouvrent leurs caves au public lors des « caves ouvertes » J’ai eu la chance de participer à cet événement comme bénévole à Lavaux. L’an dernier, plus de 80 000 visiteurs y ont été accueillis Cette expérience inoubliable m’a permis de me plonger dans la culture locale et goûter les vins les plus délicieux de ma vie
Une transformation personnelle
Mon échange à Genève m’a offert bien plus qu’un enrichissement académique Il m’a permis de voyager, de m’engager comme bénévole, d’explorer de nouveaux paysages et de développer un regard plus attentif sur le monde qui m’entoure. Aujourd’hui encore, lorsque je regarde mes photographies, je repense à la façon dont cette année de transformation, d’ouverture et de découverte m’a appris à voir les moments précieux de tranquillité et de beauté Comme Robert Doisneau l’a dit, « l’une des caractéristiques très remarquables de la photo, est son instantanéité La photo est en mesure d’immortaliser l’instant de la prise de la photo et de représenter la réalité étincelante et perceptible dans la photo, la réalité éphémère qui change immédiatement après la prise ». Le moment devient donc précieux parce qu’on ne peut jamais le reproduire Mais en regardant les photos, on peut garder le souvenir d’un sentiment éphémère Si je pouvais donner un conseil à quelqu’un qui va partir pour l’échange, ce serait : n’oubliez pas de prendre un moment pour ressentir la chance que l’univers vous offre d’explorer ce monde vaste et magnifique, ainsi que la riche culture de ce pays, et d’en profiter pleinement.
Je lui rends visite une semaine de janvier. Il fait soupçonneusement beau, et je me promène le long d’un de ses fleuves dont l’eau traîne un faux hiver J’enlève mon manteau pour lui dire bonjour Comment va-t-elle? Ça fait un peu de temps depuis la dernière fois que j’étais à l’intérieur de ses frontières Des anciens souvenirs me frappent quand je passe par certains endroits, comme des reliques qu’elle m’offre pendant mon voyage Elle et moi, nous avons tant d’histoires ensemble que je pourrais remplir un livre Pas d’histoires aujourd’hui, par contre Aujourd’hui, je ne fais que marcher
Les joggers perpétuels me dépassent, leurs pas surgissent derrière moi et me font sursauter Il me semble qu’il y a toujours quelqu’un qui court en elle, peu importe l’heure – une respiration continue, obstinée Je longe un chantier : un homme lâche un « putain » au milieu du fracas Autour de moi, les fumeurs, les promeneurs Un gars avec son chien crache par terre
Les gens normaux qu’elle a placés et qu’elle dirige avec une tendresse exacte, créant son orchestre banal et sublime J’avais moi aussi une vie banale ici J’étais une présence anodine parmi les siennes, intégrée à son rythme, un minuscule point sur la toile de son immense h f d’ A j d’h i j i l ù t l
Ma
la portion du quai où des couples et des amis sont éparpillés le long du rebord, comme des oiseaux alignés sur un fil électrique, leurs pieds suspendus à quelques centimètres de l’eau grise Je m’y asseyais aussi, autrefois, avec mes amis Je me souviens de mon dos endolori, de mes fesses engourdies, de mes doigts gras à cause d'une pizza de Più Bella, regardant le soleil orange descendre lentement et se dissoudre en éclats scintillants à la surface du fleuve Je me souviens de l’hiver, du froid mordant, quand nous venions quand même nous asseoir là, simplement pour pouvoir apporter notre alcool et boire ensemble quelque part, plutôt que de le payer trop cher Je me souviens m’y être assise le jour où j’ai fait pleurer un ami, dans mon français maladroit.
Qu’est-ce que je veux d’elle ? Je poursuis une mémoire qui se dérobe Chaque fois que je crois la saisir, elle se dissout. Elle n’existe que lorsque je ne la regarde pas directement, comme une présence périphérique, toujours prête à disparaître Pourtant, je lui fais face Je suis dedans Et pourtant quelque chose cloche Les lieux me reconnaissent mal, comme si mon passage n’y avait jamais laissé de trace Tout est là, exactement à sa place, et cependant tout m’est étranger Je ne sais plus laquelle de nous deux s’est éloignée
Depuis mon année ici je suis revenue à la réalité: à mon
Ville
Eve Leslie-Carter
Je franchis le pont rouge, sa structure massive grandissant à mesure que je m’en approche. Je me souviens d’un ami qui m’avait raconté y avoir sauté un jour J’en projette maintenant l’image : sa silhouette gracieuse suspendue dans l’air, portée par des cris mêlés de joie et d’appréhension - une soirée d’été. Ce pont est aussi celui que j’ai traversé en courant avec un homme, un jour de pluie, serrés sous un parapluie trop étroit, avançant dans un contretemps déjà installé Il était arrivé en retard, comme s’il fallait toujours attendre quelque chose de plus, un peu plus longtemps que prévu Elle m’en envoyait quelques-uns comme cela : des présences provisoires, promises au passage, qui ne faisaient que traverser. Aujourd’hui, ils se confondent avec elle, dissous dans ses rues, ne laissant derrière eux qu’une trace légère: des anecdotes que je raconte parfois, et des leçons que je porte avec moi
Est-ce que je n’aurais pas dû revenir? Je voulais la revoir, et maintenant j’ai l’impression qu’elle me regarde sans me reconnaître J’ai envie de courir, moi aussi, de travailler ici, de crier « putain » sur un chantier, de cracher par terre, d’avoir une fonction claire dans son paysage À la place, je marche, prise entre le désir presque désespéré de croiser quelqu’un que je connaissais autrefois et la crainte que cela arrive, comme si je vacillais entre la nécessité de preuves qu’un jour j’ai réellement vécu ici, qu’elle avait alors une place pour moi, et la peur de rencontrer quelqu’un de mon passé et, ce faisant, d’affronter la réalité : que tout est bien derrière moi, que cela ne pourra jamais être à nouveau
Le temps a travaillé en elle comme en moi, séparément Aujourd’hui, je refais une dernière fois le tour de sa presque-île, un trajet que j’ai parcouru tant de fois autrefois pour apaiser mes pensées, pour être avec elle Je ne ressens plus les choses comme avant, mais ce temps-là, au moins, demeure intact. Mon histoire avec elle est désormais à l’abri du temps qui passe. Lorsqu’une chose demeure à jamais prisonnière du passé, elle accède à une forme de transcendance, échappe à l’usure du présent et à la dispersion des possibles. Le passé ne s’altère pas : il demeure. Et c’est peut-être pour cela que je ne peux pas revenir, parce que ce que j’aimais appartient désormais à un temps qui est éternel. Elle continue pourtant de vivre, de respirer, d’accueillir d’autres vies que la mienne. Je ne la vis plus au quotidien, mais elle circule encore sous ma peau
Ellerestelà,maville
Etmoi,jecontinueàmarcher.
Chevreuse: une destination idyllique
pour une excursion d’une journée
Niché dans le paysage rural du département des Yvelines, le village pittoresque de Chevreuse et ses environs constituent une destination idéale pour une excursion d'une journée pour tous ceux qui souhaitent échapper à l'agitation de Paris et à la vie urbaine Pour vous y rendre, prenez le RER B jusqu'à la gare de Saint-Rémy-lès-Chevreuse Le trajet depuis Paris dure moins d'une heure Depuis la gare, empruntez le chemin de Coubertin, où après une promenade idyllique, vous vous retrouverez dans le village de Chevreuse
L'une des principales attractions du village est la Promenade des Petits Ponts, qui longe une partie de la rivière Yvette. De petits ponts en bois et en pierre rattachés aux bâtiments riverains ont valu au village son surnom de « petite Venise des Yvelines » En vous promenant dans les charmantes rues de Chevreuse, vous pourrez visiter le célèbre L'Alchimiste, un atelier-boutique et un bar à sirops artisanal réputé pour ses créations naturelles aux saveurs originales
Perché au-dessus du village, le château de la Madeleine est un autre site incontournable. Ce château du XIe siècle est un vestige de l'histoire et de la culture médiévale française Il surplombe la vallée de Chevreuse et offre une vue imprenable
Si vous avez l'œil attentif, vous apercevrez une plaque sur laquelle est inscrit un poème de Jean Racine s'émerveillant devant les caractéristiques du paysage local
La vallée de Chevreuse est également idéale pour les amoureux de la nature Profitez d'une balade dans les bois voisins, comme la forêt départementale de Méridon, où vous découvrirez le sentier des onze chênes remarquables Enfin, pour terminer votre excursion, faites une halte à la Ferme de Coubertin, où vous pourrez acheter divers produits laitiers. La ferme dispose également d'un kiosque, un distributeur pour les produits laitiers, au cas où la boutique serait fermée lors de votre visite
Ainsi, si vous vous trouvez en Îlede-France, ne manquez pas de visiter Chevreuse et ses environs pour découvrir par vous-même le charme de la France rurale.