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Rav Yossef-'Haïm Sitruk : Famille Juive

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Rav Yossef-’Haïm SITRUK La famille juive


AUTEUR Rav Yossef-’Haïm SITRUK • ADAPTATION & RELECTURE Rav Eliezer SHARF • RELECTURE Sarah GUEITZ • COUVERTURE Zelda LEOTARDI • DIRECTION Binyamin BENHAMOU

Publié et distribué par les

EDITIONS TORAH-BOX France Tél.: 01.80.91.62.91 Israël Tél.: 077.466.03.32 contact@torah-box.com www.torah-box.com

© Copyright 2016 / Torah-Box

• Imprimé en Israël Ce livre comporte des textes saints, veuillez ne pas le jeter n'importe où, ni le transporter d'un domaine public à un domaine privé pendant Chabbath.


Note de l’éditeur Les Editions Torah-Box ont la joie de vous présenter le deuxième livre de Torah émanant de celui qui fut le Grand-Rabbin de France pendant 21 ans, Rav Yossef- ’Haïm Sitruk. A l’heure où la famille moderne connaît une véritable érosion, cet ouvrage a pour vocation de redonner à la famille juive ses lettres de noblesse. A travers ses cours, le Rav nous rappelle avec finesse et esprit que la famille selon la Torah est avant tout une construction sur du long terme, un édifice, ayant pour mission de transmettre avec fidélité sur des générations la connaissance et le respect de la Torah. En abordant des thèmes aussi riches que variés, ce livre répond aux questions que l’on se pose sur ce sujet : -

Quel est le rôle de la femme juive ? Sur quels critères choisir son partenaire ? Comment vivre un bonheur véritable au sein du foyer ? Quels sont les fondements d’une éducation réussie ? En quoi la notion de respect du prochain est essentielle ?

Dans cet ouvrage, nous retrouvons cette proximité avec le « Grand-Rabbin Sitruk », lui qui a été l’éclaireur du Judaïsme français. Par son humour légendaire, sa capacité à nous transmettre avec brio les messages les plus profonds de notre tradition, le Rav Sitruk nous a guidés et a su insuffler en nous un esprit de Torah véritable. ‫להגדיל תורה ולהאדירה‬ L’équipe Torah-Box


TABLE DES MATIÈRES PREMIÈRE PARTIE : LE COUPLE 1 - La femme juive Une « femme actuelle »

2 - Epouser l’âme et le corps Eclairer le couple

3 - La vie commune L’équilibre parfait

p.11 p.21 p.31

4 - Sanctification du couple et Mikvé

p.41

5 - Fabriquer le bonheur

p.51

6 - Amener l’autre à se réaliser dans le couple

p.59

7 - Se marier et s’aimer

p.67

8 - Le Mikvé

p.75

9 - Conversion et mariage mixte

p.83

Le retour « aux sources » Accepter les différences

La relation humaine sublimée L’amour avec un « A » Tradition et modernité Ne pas se tromper d’amour

DEUXIÈME PARTIE : L’ÉDUCATION DES ENFANTS 10 - L’éducation

p.95

11 - L’éveil de l’enfant

p.105

Les fondements Comment transmettre ?


12 - Enseigner aux enfants

p.115

13 - L’exemple pour construire

p.125

Bâtir les adultes de demain Parfaire nos actes

TROISIÈME PARTIE : LES PARENTS 14 - Honorer son père et sa mère

p.137

15 - Nos anciens

p.147

Deux tables, trois associés La couronne de la famille

16 - L’héritage

Perpétuer le « bien » du disparu

p.157

QUATRIÈME PARTIE : LES RELATIONS HUMAINES 17 - La paix

p.169

18 - Moi et mon prochain 1

p.179

19 - Moi et mon prochain 2

p.189

20 - Le respect de l’autre

p.199

Faire rayonner l’harmonie Deux directions compatibles Faire du bien, tout simplement Gravité du préjudice moral


Préface de l’auteur Depuis des années, de nombreux fidèles souhaitaient disposer par écrit des cours donnés à la grande synagogue de la Victoire. Bien que favorable à ce projet, je n’avais pas pu le concrétiser essentiellement pour trois raisons : 1) Il fallait, parmi près de 200 cassettes audio et CD, sélectionner certains cours. 2) La mise par écrit littérale donnait une matière considérable (chaque cours correspondait à plus de 30 pages dactylographiées). 3) « L’Oral » me paraissait beaucoup plus intéressant que l’écrit, et j’éprouvais des réticences à me lancer dans cette aventure coûteuse en temps et en énergie. Le projet restait donc à l’état de projet. C’est là qu’intervient l’association « Torah-Box » qui accomplit par ailleurs un travail remarquable dans la diffusion de la Torah. Les responsables m’ont donc suggéré certains cours, et surtout, m’ont proposé un résumé accessible des cours en question. Leur enthousiasme a achevé de me convaincre, nous avons décidé de commencer ensemble. Si cette initiative reçoit un bon accueil, nous pourrons éditer si D. le veut plusieurs tomes, toujours dans le même but : permettre au plus grand nombre d’accéder à la richesse inestimable que constitue la Torah. Tout comme au Mont Sinaï, l’écrit deviendra le support de la parole. C’est vous qui déciderez de l’avenir de cette initiative, menée avec l’aide d’Hachem et pour grandir Son nom, Amen. Grand Rabbin Joseph ’Haïm Sitruk.


première partie

LE COUPLE Les quatre conférences qui suivent ont été données de façon suivie en janvier et février 1998. Elles constituent un discours structuré sur la vision juive du couple.

a b

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1 - La femme juive « Une femme actuelle »

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la femme juive

Cours donné le 12 janvier 1998

Le principe de la dualité La question la plus immédiate que l’on puisse se poser en abordant la vision de la femme selon la Torah, concerne la raison pour laquelle D. a-t-Il créé homme et femme. Il est évident que ce n’est pas uniquement pour un besoin de procréation car les textes présentent l’être originel comme étant « bisexué », et D. l’a littéralement « coupé en deux », comme des frères siamois (d’autres textes disent un peu différemment). Cette dualité, le Zakhar et la Nékéva, c'est-à-dire la notion-même du masculin et du féminin, est d’ailleurs un constante dans notre Tradition. La première lettre de la Torah est le Beth, la deuxième de l’alphabet hébraïque, et nos Maîtres diront que si D. n’a pas choisi la première pour commencer le texte de la Torah, c’est en raison justement de la « dualité » que la deuxième suggère. Dans la Création aussi cette dualité se retrouve, les données même de la science au plan le plus élémentaire nous présentent la vie comme une cellule qui se divise. C’est ce que les savants appellent la mitose, la division en deux d’une cellule, puis encore une fois en deux, et ce à l’infini, jusqu’à donner naissance au monde organisé. D. a voulu que ce monde soit celui de la retrouvaille : lorsque deux choses sont distinctes et séparées, elles appellent au retour, elles aspirent à se retrouver. La bipolarité n’est pas une finalité mais une nécessité, l’existence de deux extrêmes pour parvenir à la synthèse. Lorsque les différences disparaissent, s’estompent et s’unissent, et lorsqu’elles s’unissent, c’est la naissance de la vie.

Rôles spécifiques La Birkat Cohanim, la bénédiction référentielle, de base, celle qui est la source de toutes les autres, commence par les mots : « Yévarékhékha Hachem Véyichmérékha », « que l’Eternel te bénisse et te protège ». Et le Midrach Rabba interprète ainsi ce verset : « Yévarékhékha Bazékharim 13


le couple

Véyichmérékha Banékévot », « que D. te bénisse, en te donnant des garçons, et qu’Il te garde, en te donnant des filles ». Il y a donc un parallèle entre le Zakhar et le Barèkh, entre le Nékéva et le Chamor, la vocation de l’homme c’est Barèkh, bénédiction, et la vocation de la femme c’est Chamor, garde. Et cette dimension implique des rôles spécifiques, c’est le mot-clé de notre propos. Un monde qui ne connaitrait que la dimension de l’homme ou celle de la femme, serait non seulement « non viable » pour des raisons évidentes, mais serait un univers complètement atrophié, voué à un échec total. La civilisation chrétienne est outrancièrement féministe. Dans son mythe fondateur, l’homme n’existe pas, la naissance même du père de la religion chrétienne s’entend sans participation masculine. La femme est fécondée par « l’esprit saint », une manière « d’évacuer » l’homme. A contrario, vous trouverez dans la civilisation musulmane, une volonté de rendre au contraire l’homme particulièrement présent, alors que la femme est une sorte de garniture, de couronne.

La femme « conservatrice » Le verbe Chamor, exprimé dans le verset : « Véyichmérékha », signifie garder ce qui existe. Si la création humaine est très noble, encore faut-il conserver notre œuvre et c’est précisément la dimension de la femme. Le rôle que le judaïsme a voulu lui donner plus particulièrement, c’est effectivement celui de conserver, de garder les valeurs. Son rôle est aussi de les transmettre, de transmettre la judéité, et non pas pour des raisons uniquement biologiques comme on a voulu l’affirmer à tort, mais c’est parce que, fondamentalement, sa nature est de protéger, de garder. Lorsqu’une femme attend un bébé, on dit qu’elle est enceinte, ce qui exprime qu’elle crée une muraille autour de l’enfant, elle le protège, c’est finalement sa vocation. L’autre aspect de cette vocation profonde est une notion de limite et de retenue, qui consiste à demander à la femme un effort considérable. Il est effectivement beaucoup plus valorisant de bouger, de conquérir, 14


la femme juive

de jouer un rôle public. La civilisation occidentale considère comme beaucoup plus gratifiant d’être mis en avant plutôt que d’être celui qui préserve, celui qui garde, celui qui protège, c’est un rôle qui semble être passif. Mais nous allons voir que s’il n’y avait pas cette « passivité » nécessaire, le monde n’aurait jamais pu exister.

La passivité Autrement dit, le sacrifice fondamental de la femme dans ce monde, c’est d’avoir un rôle procédant du côté passif de l’existence, et qui semble être un côté secondaire. Ce que je voulais essayer d’exprimer par ce premier propos, c’est que la passivité n’est pas secondaire, elle est égale et tout aussi primordiale que l’autre dimension. Celui qui fait avancer une colonne de chars pour aller conquérir un territoire et n’assure pas les arrière-gardes, se voit constamment en train de reperdre ses acquis et il en est de même pour toutes les dimensions de la vie. Nos Maîtres disent par exemple que celui qui apprend sans réviser, est comme quelqu’un qui sème mais qui ne récolte pas. Ainsi, la révision qui peut apparaitre comme secondaire est en fait indispensable. Si c’est l’homme qui « sème », donc est actif, c’est bien la femme qui « récolte » le fruit de l’investissement. Chacun a donc un rôle qui est parfaitement équivalent à celui de l’autre, mais qui est d’une nature différente.

Le ’Hessed et le Din Cette bicéphalie, cette bipolarité que j’ai définie par la lettre Beth, s’exprime à travers une autre dimension. Hachem a voulu qu’il y ait deux sexes et nos maîtres de la Kabala enseignent à ce sujet qu’il y a essentiellement deux données en ce qui concerne les rapports entre D. et le monde. Par moments, D. a une relation vis-à-vis du monde qui est définie par l’Attribut que l’on appelle ’Hessed, l’amour, la générosité. A d’autres moments, D. a une relation avec le monde qui s’appelle Din, la rigueur, le jugement.

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le couple

Nos Sages affirment : « Au début, Hachem a créé le monde en ayant l’intention que n’y soit présent que par l’Attribut de la Justice mais voyant que le monde ne pourrait se maintenir avec la seule rigueur, Il lui a associé la dimension de la générosité ». La Torah nous relate ainsi l’action divine à son origine avec le mot Elohim, qui désigne D. en tant que Maître des lois du monde, qui « n’admettent pas » d’approximation. Or il est certain que si la rigueur est nécessaire pour bâtir, est elle par contre dangereuse si on l’applique à l’homme. L’homme n’est pas une équation mathématique. Le caractère irrationnel qui est un paramètre incontournable dans l’individu a besoin de l’introduction de l’autre dimension qui s’appelle le ’Hessed. Vous ne pouvez pas comprendre un être humain en l’analysant selon la rigueur scientifique, vous ne seriez alors confronté qu’à un superbe « cadavre », ce n’est pas la définition de la vie. La vie est par son essence imprévisible, ingérable, elle regorge de ces choses qui donnent précisément cette dynamique à l’existence : l’appréciation des sentiments, l’intelligence du cœur, toutes sortes de données qui ne sont pas nécessairement des mathématiques et rigoureuses et prévisibles. La Torah dit que dans le monde, c’est la femme qui est dépositaire de la dimension du Din, cette rigueur nécessaire à la création du monde. Si elle l’utilise en l’intériorisant, c'est-à-dire en ayant pour les valeurs suprêmes et profondes de ce monde une rigueur nécessaire, elle maintient le monde car le Din en est absent. Comment ? La Torah demande à la femme d’avoir un comportement décent, pudique, cette attitude que l’on appelle la Tsniout qui signifie quelque chose de « caché ». Ce qui signifie que les valeurs, pour être conservées, ont besoin, d’être protégées en étant intériorisées.

Discrétion princière Lorsque la femme véhicule, puisque c’est elle qui est la gardienne, ces valeurs avec pudeur, pudeur vestimentaire, pudeur de comportement, pudeur de la volonté de préserver, je pense d’abord qu’elle véhicule le 16


la femme juive

véritable amour. Le Talmud raconte que Rav ’Hisda avait cinq filles et avant le mariage de chacune d’entre elles, il posait sur la commode de sa chambre un écrin superbe, et il lui disait : « Je te montrerai le contenu le jour de ton mariage ». Le jour venu, la jeune fille était non seulement impatiente de se marier, mais aussi de savoir ce que contenait l’écrin. Lorsque le père l’ouvrait, la fille n’y voyait qu’un vulgaire caillou, elle n’était pas déçue mais simplement surprise. Il lui disait alors: « Tu vois ma fille, je fais cela pour te donner une leçon dont il faudra que tu te souviennes tout le temps avec ton mari : ce qui compte dans la vie, ce n’est pas ce que l’on montre, c’est ce que l’on cache, et si tu sais le faire avec ton mari, il te désirera jusqu’à ton dernier jour ».

Les femmes de la Méguila Pour illustrer cela, je voudrais me servir de l’exemple d’Esther. Pourquoi ? Parce qu’un des traits marquants de la personnalité d’Esther, c’était justement cette discrétion dont elle a fait preuve tout au long de son histoire. Elle a réussit l’exploit de vivre pendant cinq ans dans le palais royal sans dévoiler sa propre identité. Esther signifie « caché » en hébreu, la femme qui se cache, celle qui a la capacité de se contenir. Quelle est la leçon d’Esther ? Nous enseigner que l’exubérance est un manque de sentiments intérieurs vécus. Nos Maîtres disent de façon très explicite : « Les tonneaux vides sonnent creux », lorsque quelqu’un fait beaucoup de bruit, il faut se demander s’il a quelque chose à l’intérieur de lui, tandis que les gens pleins, au sens propre du terme, font rarement de bruit. Il est intéressant de comparer Esther aux autres femmes dont la Méguila parle. La reine Vachti, quelle était sa conduite ? Elle fait de l’anti-Assuérus. Vachti n’est pas une bête qui s’est exposée, elle a refusé, elle s’est carrément opposée à son mari et n’a pas essayé de lui faire comprendre qu’il était dans l’erreur. Elle a exclu le dialogue et de ce fait, le couple est brisé et elle l’a payé de sa vie. La Torah n’envisage pas ainsi le rôle de l’épouse. 17


le couple

Zérech la femme d’Haman, a contrario, est toujours d’accord avec son mari, mieux, elle exacerbe même ses sentiments. Par exemple, lorsqu’il lui confie toute la haine, toute la colère qu’il a contre Mordékhaï, que fait-elle ? Elle l’incite de suite à ériger une potence, elle lui dit « oui, tu as raison, vas-y, il faut aller tout de suite le pendre etc. etc. » Lorsqu’ensuite son mari revient brisé et il lui dit « malheureusement, voilà ce qu’il s’est passé avec Mordékhaï qui m’a humilié », elle lui présage sa ruine, elle ne le pondère en aucun cas, elle ne tempère pas son mari, elle va toujours dans le même sens que lui quand elle ne le précède pas. Ce n’est pas non plus la femme telle que la Torah la voit. Enfin, Esther, comment s’est-elle conduite ? Elle est une orpheline, son unique soutien est Mordékhaï, et elle lui voue une fidélité inconditionnelle, une admiration considérable. Mais lorsqu’il va avoir un comportement ostentatoire en prenant le deuil devant le palais etc. elle va le lui reprocher, elle va marquer son désaccord avec Mordékhaï, elle a tellement finalement de force intérieure, que c’est elle qui va prendre les décisions graves. C’est elle qui va décider des jours de jeûnes, c’est elle qui va décider de se rendre devant Assuérus, c’est elle qui va rentrer dans son palais, c’est elle qui prend les décisions, et c’est Mordékhaï qui va les exécuter. En nous montrant la petite Esther fragile, qui semble au départ être simplement l’orpheline dont on prend soin, elle va devenir la reine qui s’impose d’elle-même. Cette dimension-là de la progression de son caractère est caractéristique de sa stabilité.

La « femme actuelle » Alors, par rapport à ce que nous venons de dire, comment la femme est-elle perçue, dans le monde actuel ? Il me semble que l’on peut distinguer trois tendances. Une première, qui exalte son rôle comme une mère, une épouse, une femme d’intérieur, au détriment d’autres dimensions. J’affirme que ceux qui estiment que telle est la vision du judaïsme se trompent. 18


la femme juive

La deuxième tendance met en relief le côté sexuel de la femme, elle est l’objet de la mode, l’illustration des feuilletons, les publicistes en font leur affaire. Elle accepte de jouer « au chat et à la souris », elle appâte, séduit. Elle a voulu se libérer, elle s’est emprisonnée elle-même. Enfin vous trouverez une vision qui nie l’existence de différences fondamentales entre l’homme et la femme, qui les présentent comme deux entités quasi identiques, simplement différenciés par un « accident génital ». Ce que nous voulons dire, c’est que lorsque D. a créé l’homme et la femme, Il l’a conçue comme « Ezèr Kénégdo », littéralement : « Une aide - opposée à lui ». Elle est effectivement cette aide à son côté, l’être humain qui est l’équivalent de l’homme et D. les a appelés, au pluriel, « Adam », « homme ». Autrement dit, Adam c’est homme et femme, au jour de leur création, il n’y a pas de verset plus clair et plus explicite de cette notion d’égalité. Mais elle aussi est « opposée à lui » ! Cela ne signifie pas que dès qu’un homme dit quelque chose, sa femme doive dire le contraire par principe, mais que la qualité fondamentale de la femme doit être l’originalité, celle qui amène dans le monde la fécondation de l’imagination, la capacité de dépasser les problèmes, les soucis considérables qui nous terrassent. Ce flair extraordinaire dont ont fait preuve nos mères Sarah, Rébecca, Yaël, Ruth etc., pour aplanir les difficultés de la vie est le nécessaire complément qui permet à chacun de s’équilibrer par rapport à l’autre, et dès lors qu’on l’atteint, on a une chance de réussir.

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