Skip to main content

Torah-Box Magazine n°98 Israël - Hayé Sarah

Page 1

JORDANIE CHASS

SIM'HA

TRUMP

TARÈF

VENISE FOULARD

SYDNEY

n°98 I 20 Novembre 2019 I 22 'Hechvan 5780 I 'Hayé Sarah

Roquettes Après les violences, retour progressif au calme pour Israël > p.6

M A G A Z I N E

Je suis religieux et je n'arrive pas à être "Saméa'h" (joyeux) > p.11

HONG-KONG MICHNA BROURA

Dois-je forcer mon fils à se lever prier ? > p.24


22 508 5 160 8 316

paniers alimentaires

782

opérations urgentes

Appel gratuit de France :

aides médicales

bourses pour nécessiteux

1 748 4 292 2 689

soins dentaires

veuves et orphelins

subventions scolaires

Appel gratuit d'Israel :

0-800-106-135 1-800-22-36-36 Un reçu sera envoyé pour tout don.

5 possibilités pour transmettre vos dons au Vaad haRabanim : 1. Appelez ce numéro pour un don par carte de crédit : 0-800-106-135 en Israël: 00. 972.2.501.91.00 2. Envoyez votre chèque à : Vaad haRabanim 10, Rue Pavée 75004 Paris 3. Envoyez votre don à l'un des Rabanim de votre région (demandez la liste au numéro 0-800-106-135). 4. Envoyez votre don dans l'enveloppe jointe. 5. Sur notre site : www.vaadharabanim.org Site sécurisé

Un reçu sera envoyé pour tout don.

5 possibilités pour transmettre vos dons au Vaad haRabanim : 1. Appelez ce numéro pour un don par carte de crédit : 1-800-22-36-36 en Israël: 00. 972.2.501.91.00 2. Envoyez votre chèque à : Vaad haRabanim 2, Rehov Yoel, Jerusalem 3. Envoyez votre don à l'un des Rabanim de votre région (demandez la liste au numéro 1-800-22-36-36). 4. Envoyez votre don dans l'enveloppe jointe. 5. Sur notre site : www.vaadharabanim.org Site sécurisé


Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Entrée

15:57

16:18

16:19

16:17

Sortie

17:16

17:17

17:18

17:16

Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Nets

06:14

06:16

06:16

06:17

Fin du Chéma (2)

08:49

08:51

08:51

08:51

'Hatsot

11:25

11:27

11:28

11:27

Chkia

16:36

16:37

16:38

16:36


L'ÉDITO DE LA SEMAINE par Une fille à marier... De tout temps, les parents se sont souciés de marier leurs enfants. On mettait de l’argent de côté pour doter les filles, toute la famille participait à la recherche de bons partis et on faisait également appel au Chadkhan, au marieur, qui servait d’intermédiaire. Les grands Rabbanim eux-mêmes s’investissaient dans cette Mitsva, car il était question de la pérennité du peuple d’Israël. Cette approche est aujourd’hui perçue par beaucoup de jeunes comme démodée : on veut du “spontané”, du “naturel”, on recherche le coup de foudre, le romantisme, le feeling... Tout un lexique qui ne semble pas rentrer dans le cadre d’un Chidoukh (rencontre arrangée en vue d’un mariage). Notre Paracha nous rapporte dans les moindres détails les faits et gestes déployés par Eliezer, serviteur d’Avraham, pour trouver une femme digne d’Its’hak. Si la Torah, en général avare de mots, s’allonge autant sur ce récit, et le répète par deux fois, c’est qu’il est porteur de messages fondamentaux. En effet, nous y apprenons les critères à chercher chez une jeune fille en vue du mariage (les bons traits de caractère et le raffinement), l’importance d’un bon intermédiaire, l’impact de la prière pour trouver son Mazal, et on relèvera aussi que lorsque le Destin décide du moment de la fusion entre l’homme et sa future femme, rien ne peut s’y opposer, les obstacles disparaissent d’eux-mêmes. Il y a lieu dès lors de se demander pourquoi nos Sages nous enseignent d’autre part tout le contraire en affirmant : “Il est aussi difficile de créer un couple que d’ouvrir la mer Rouge” (Talmud, traité Sota 2a).

important de jeunes hommes et jeunes filles qui prennent de l’âge mais ne se marient pas. Les raisons sont diverses : certains attendent de rencontrer le conjoint de rêve qui déclenchera en eux l’envie de se marier, d’autres hésiteront, envahis par la peur de s’engager (d’autant plus que nous sommes entourés de divorcés), la femme moderne est moins encline à perdre son indépendance et enfin des parents refusant certains partis qui ne sont pas “de leur rang”, peuvent empêcher la concrétisation d’une union. La Parachat 'Hayé Sarah, chaque année, nous lance un appel silencieux : et si nous revenions à la définition juive de ce qu’est un mariage ? Penchons-nous sur la Paracha et repensons les choses. Débarrassonsnous des stéréotypes et des carcans que justement le monde moderne nous a imposés et parlons-en en famille.

La Rédaction Torah-Box Magazine

La réponse à cette contradiction est que la difficulté ne provient pas de D.ieu, car l’Eternel désire cette union, mais ce sont les êtres humains qui souvent mettent les embûches, par leur imagination débordante ou leur caractère difficile. Nous sommes témoins aujourd’hui du nombre très Magazine I n°98

5


ACTUALITÉ Après les violences, retour progressif au calme pour Israël

Retour progressif au calme pour Israël, même si les responsables sécuritaires restent vigilants : Les hostilités avaient commencé le 12 novembre, après qu’un missile israélien avait éliminé Baha Abou Al-Ata, un commandant de haut-rang du Jihad Islamique qu'Israël connaissait comme étant "l’instigateur principal" des actes terroristes émanant de Gaza l’année passée et le décrivant comme une "bombe à retardement". Une pluie de roquettes s'était alors abattue sur Israël dès le lendemain, atteignant jusqu'à Tel Aviv et contraignant les résidents des zones du centre à courir aux abris à intervalles rapprochés. L'armée avait annoncé "plusieurs jours d'affrontements" et les zones concernées étaient restées paralysées jusqu'à au moins vendredi matin, une première pour Tel-Aviv depuis 2014. En réaction, l’armée israélienne

La trêve annoncée jeudi matin a rapidement été violée par les groupes terroristes de l'enclave et des tirs ont été effectués sur Béer-Chéva pendant Chabbath, bien que les Israéliens se sont levés dimanche matin dans un calme relatif. Malgré l'envoi de pas moins de 450 engins sur Israël en l'espace de quelques jours, on ne dénombre grâce à D.ieu aucune victime. 58 Israéliens ont été légèrement ou modérément blessés, certains ayant été pris en charge pour choc traumatique.

Un vaste exercice militaire aérien effectué

Venise redoute une nouvelle marée haute

par 5 puissances en Israël Un vaste entraînement militaire aérien organisé à partir de la base d'Ovda, dans le sud d’Israël, s’est achevé jeudi, a indiqué l’armée israélienne. L’exercice, baptisé Blue Flag, s'est étalé sur dix jours et s'est déroulé comme prévu, en dépit de la situation sécuritaire tendue. "Il y a eu quelques adaptations pour des raisons professionnelles et de sécurité", a noté Tsahal dans un communiqué.

dévastatrice dimanche Après avoir été touchée ces derniers jours par deux marées hautes qui l’ont dévastée et placée en état d’urgence, Venise, qui a connu un bref répit samedi, était à nouveau sur le qui-vive dimanche.

Cette simulation a réuni 70 avions de combat en provenance de dix pays, et notamment des appareils F-35 israéliens qui effectuaient leur vol inaugural, qui se sont affrontés au cours de 19 sorties aériennes qui ont eu lieu à six endroits différents du pays. 6

a réalisé des dizaines de frappes sur des cibles du Jihad Islamique. D’après des sources palestiniennes, 34 Gazaouïs ont été tués dans la riposte israélienne qui a suivi les tirs de roquettes. Israël a indiqué que la majorité des victimes étaient des terroristes, l'armée agissant avec une "précision chirurgicale", d'après Israël.

Magazine I n°98

Les services météorologiques prévoyaient en effet une nouvelle "acqua alta" à 1,60 mètre, un niveau toujours jugé dangereux. Vendredi, les eaux avaient atteint 1,54 mètre et entrainé la paralysie de la ville. Quelques jours plus tard, la cité des Doges avait connu sa pire marée haute depuis 1966, à 1,87 m. L’eau a alors envahi les commerces, les musées et les hôtels, les dégâts ayant été estimés à un milliard d'Euros par le maire, Luigi Brugnaro.


Étiquetage implantations : Washington déplore la décision de l’Union européenne Une décision de la Cour de justice de l’Union européenne impose désormais que les produits alimentaires importés depuis les territoires disputés en Israël doivent porter la mention de leur provenance, et le cas échéant, préciser qu’elles proviennent d’une implantation israélienne. "Les circonstances entourant les critères de labellisation [...] suggèrent un parti-pris anti-israélien", a écrit Morgan Ortagus, porte-parole du département d’Etat américain. En parallèle, la décision de la Cour a été "rejetée fermement" par Israël. Pour la diplomatie américaine, cet étiquetage "sert uniquement à encourager, faciliter et promouvoir" le mouvement BDS contre Israël. "L’Amérique est aux côtés d’Israël contre les efforts visant à lui imposer une pression économique, à l’isoler ou à le délégitimer", poursuivait encore le communiqué.

Un mystérieux sous-marin russe aperçu il y a 3 mois au large des côtes israéliennes

Le site israélien Ynet a rapporté début de semaine passée qu'un navire de la marine israélienne a repéré il y a environ trois mois un sous-marin russe à une distance de 8 milles marins au large des côtes du Gouch Dan (centre), à l'intérieur des eaux territoriales d'Israël. Lors du repérage du sous-marin, les officiers israéliens ont interpellé leurs homologues russes, activant le mécanisme de coordination navale par le biais du centre de planification de l'étatmajor. L'appareil naval a rapidement quitté les lieux vers l'ouest. Cet incident pourrait avoir des conséquences à long terme sur les tentatives d'ingérence de la Russie en marge de la guerre civile en Syrie. L'armée israélienne n'a pas souhaité commenter.

Hong-Kong : La colère s'envenime, un policier blessé

Un policier hongkongais a été blessé ce dimanche au mollet par une flèche tirée par un manifestant lors de heurts proches de l’Université polytechnique (PolyU) de la péninsule de Kowloon, secteur devenu la principale ligne de front de la contestation pro-démocratie. Au terme de la semaine la plus violente depuis le début de la contestation, la situation avait semblé s’apaiser vendredi soir, mais les violences ont repris de plus belle début de semaine. Le mouvement avait débuté en juin suite au rejet d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine mais a considérablement élargi ses revendications pour demander le suffrage universel ou encore une enquête sur les violences policières. Magazine I n°98

7


ACTUALITÉ La classe politique US divisée sur la venue d'Erdogan à Washington Après des semaines d'échanges tendus, Donald Trump a reçu mercredi, Recep Tayyip Erdogan à Washington pour évoquer la Syrie et le sort des prisonniers jihadistes. Mais la visite du président turc a divisé la classe politique américaine autant qu'elle a indigné les réfugiés kurdes aux Etats-Unis. "Nous pensons que le moment est particulièrement mal choisi pour recevoir le président Erdogan aux États-Unis, nous vous exhortons à retirer votre invitation", ont écrit des élus démocrates et républicains dans une lettre au président américain, alors que le retrait des troupes US du nord-est de la Syrie est vécu par certains comme un abandon des Kurdes. "Quittez le Rojava et arrêtez de tuer le peuple kurde", ont quant à eux scandé des représentants de la communauté kurde expatriés aux Etats-Unis devant la Maison Blanche.

La bibliothèque nationale d’Israël en partenariat avec Google pour numériser 120.000 livres Dans le cadre du projet numérique Google Books, qui comprend 40 millions de livres provenant de plus de 70 grandes bibliothèques à travers le monde, la bibliothèque nationale d'Israël vient de conclure un partenariat avec Google afin de numériser 120.000 livres émanant de ses rayons. Le processus a été qualifié de "complexe", vu que les livres doivent être expédiés dans des conteneurs répondant à des exigences strictes depuis la bibliothèque à Jérusalem jusqu’au centre de numérisation Google, en Allemagne. La collection comprend des livres qui n’ont jamais été numérisés et dont environ 45 % sont en hébreu, en yiddish et en ladino.

NOUS RECRUTONS SUR JERUSALEM (TALPIOT) DANS LE DOMAINE DE L’INTEGRATION DES SYSTEMES TELECOM. NUMERIS - VOIP - CENTREX - FIBRE 8 5

Télévendeurs Commerciaux Hommes/Femmes Temps plein ou Mi-temps

FIXE + COM + PRIME Possibilité d’évolution

Contactez-nous au 054-6051128 ou 058-7032626 8

Magazine I n°98


La Jordanie applique sa souveraineté sur deux territoires prêtés à Israël

La Hollande va restaurer ses cimetières juifs à hauteur de 2,5 millions d'Euros

Le Roi Abdallah II de Jordanie a annoncé officiellement, devant le Parlement, "la fin de la validité des annexes de l'accord de paix concernant Naharaïm et Tsofar, et le rétablissement de (notre) souveraineté totale sur ces territoires." D'une superficie de 6 et 4 km², ces deux territoires sont exploités par des paysans de kibboutz voisins en vertu de deux annexes au traité de paix israélo-jordanien signé en octobre 1994. Naharaïm est situé au confluent du Jourdain et du Yarmouk à la frontière Nord entre les deux pays, et Tsofar également à la frontière, mais au Sud.

Le gouvernement hollandais va allouer un budget de 2,5 millions d’Euros pour l’entretien et la restauration de ses cimetières juifs. C'est ce qu'a annoncé Ingrid Van Engelshoven, la ministre hollandaise de la Culture, la semaine dernière dans une lettre adressée à la chambre basse du Parlement. La communauté juive locale a été décimée presque entièrement pendant la Shoa, en partie à cause de la collaboration locale et peine à se reconstituer et à entretenir ses vestiges.

Ce geste est vu comme une façon de protester contre la politique d'Israël, mais Amman a précisé qu'elle autorisait les paysans israéliens à récolter leur production pendant une période de 4 mois.

L’Organisation des communautés juives aux Pays-Bas (le NIK) s'est dite "très contente de la décision du ministre et du ministère de l’Education, de la Culture et de la Science pour traiter la question" des lieux de sépulture juive négligés.

TREE CALL LTD ASHDOD

3

RECRUTE Société incourtounable dans son domaine depuis plus de 20 ans, nous recherchons 3 télécommerciaux seniors pour gérer ses portefeuilles clients

Très bonnes conditions-fixebonus-transport-retraite

télé-

commerciaux seniors H/F

75 ₪

Salaire moyen constaté

Venez rejoindre notre équipe et intégrer enfin une vraie société sérieuse.

054 631 50 66 ou 058 400 68 54 Magazine I n°98

9


ACTUALITÉ Une vente aux enchères proposera des effets ayant appartenu à... Hitler ! Une démarche "impensable", un "crime moral" : c'est en ces termes qu'a dénoncé le Rav M. Margolin, président du Centre rabbinique d'Europe, la vente aux enchères prévue pour cette semaine à Munich, lors de laquelle la société Hermann Historica entend proposer des effets ayant appartenu aux dignitaires nazis, dont le plus tristement célèbre d'entre eux, A. Hitler.

Photos, argenterie, bijoux ou encore lettres personnelles, autant d'objets que le Rav Margolin a qualifiés de "gorgés de sang". "Nous venons de marquer le 81ème anniversaire de la nuit de Cristal. Ces objets seront probablement acquis par ceux qui adulent et justifient les crimes nazis", écrit-il dans une lettre adressée à la société et dans laquelle il demande l'annulation de la vente.

Flambée de violences pour le premier anniversaire des gilets jaunes Le premier anniversaire des gilets jaunes, qui espéraient donner un second souffle à leur mouvement, a été marqué samedi par le retour du chaos dans la capitale. Abribus détruits, poubelles en feu, voitures renversées et incendiées, c'est la place d'Italie qui a été cette fois le théâtre des assauts de quelques centaines de manifestants. "Ce qu’on a vu, c’est peu de manifestants mais des

voyous, des brutes qui étaient venus pour se battre, en découdre avec les forces de l’ordre, empêcher les pompiers d’agir et de préserver quelque fois des vies", a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner. La préfecture de police a fait état de 264 personnes interpellées, et le parquet de Paris de 129 personnes en garde à vue. Elyssia Boukobza

Nous recrutons

COMMERCIAUX JUNIOR SUR JÉRUSALEM Mi-temps uniquement

de 09h30 à 13h30 ou de 15h00 à 19h00

VENEZ REJOINDRE UNE EQUIPE DYNAMIQUE

SALAIRE DE 5 000 ₪ A 10 000 ₪

Vous aimez communiquer, Après phase de formation Vous maniez l’outil informatique Vous êtes sérieux, dynamique et apprenez rapidement. Nous apprécierons la qualité de votre travail Vous apprécierez votre rémunération dans un environnement convivial et Tsanoua.

Contactez-nous : 058-7995109 10

Magazine I n°98

rh@my-ic.net


VIE JUIVE Je suis religieux et je n’arrive pas à être Saméa’h (joyeux) ! Question de Raphaël T.

Bonjour Rav Scemama, j’aimerais vous soumettre mon problème : Ma femme et moi avons fait Téchouva ensemble il y a 3 ans. Je prie mes trois prières quotidiennes, consacre tous les jours un moment pour l’étude et je m’efforce d’accomplir correctement les lois juives. Mon problème est que je ne suis pas très joyeux et rentre généralement à la maison le visage "sombre". J’ai entendu que la joie dans la Torah est très importante. On m’a indiqué des conseils donnés par Rabbi Na’hman de Breslev pour être Saméa’h. Je les ai appliqués, mais cela n’a rien changé à ma réalité quotidienne. Ma femme me fait remarquer que, pour les enfants, il est très important qu’ils voient un père heureux et souriant. J’en suis conscient, mais je n’arrive pas à sortir de mes états d’âme.

Réponse du Rav Daniel Scemama

Bonjour Raphael, Il semble, d’après votre question, que ce dont vous souffrez est lié à la Téchouva et c’est donc ce que nous allons développer, avec l’espoir de vous aider. Le manque de joie est un handicap dans 1 la vie et représente une défaillance dans le judaïsme : la Torah (Parachat Ki Tavo) reproche à l’homme de ne pas servir Hachem dans la joie. Dans la littérature juive, l’accent est très prononcé sur l’importance de cet attribut (cf. Or’hot Tsadikim, Chaar Hasim’ha ; Pélé Yoets, Atsvout). Dans la ‘Hassidout – comme celle de Breslev – on considère la Sim’ha comme un élément primordial pour toute démarche d’élévation. Votre préoccupation et celle de votre femme sont donc complètement justifiées. En fait, la joie fait naturellement partie de la vie de ce monde et n’est pas quelque chose qu’on doit créer : ainsi, on peut 2

observer qu’un nourrisson est toujours joyeux (sauf lorsqu’il souffre bien sûr) et cette joie – au fur et à mesure que l’être humain grandit – se perd à cause de la façon dont il perçoit la vie. Celui qui possède une bonne philosophie de vie est capable de conserver la joie de vivre et celui qui est pris par des états d’âme est forcément sous l’emprise d’une mauvaise conception de l’expérience humaine. Si une personne est triste à cause d’un événement auquel elle est confrontée – comme une maladie, une perte d’argent ou d’un travail, une rupture – mais qu’en général elle est gaie, seule la Emouna (foi en D.ieu) peut l’aider. 3

Elle doit mettre sa confiance en son Créateur qui l’aime, qui ne cherche que son bien et qui a tous les pouvoirs pour l’aider. Plus la foi sera ancrée, mieux l’homme surmontera l’épreuve. Il pourra s’aider aussi d’une démarche "extérieure", comme se changer les idées, sortir Magazine I n°98 11


VIE JUIVE avec des amis, se confier, etc., mais le principal restera le travail sur la Emouna. Tout ceci est vrai lorsque la tristesse est liée à un événement ponctuel (la preuve : si ce dernier disparaît, on retrouve sa gaité). Mais dans votre cas, où vous souffrez de tristesse constante, le problème est beaucoup plus profond. Nous allons proposer quelques possibilités qui pourraient justifier votre état : 4

a) Il est possible que vous accomplissiez la Torah comme un joug sans y trouver de satisfaction. Si c’est le cas, vous devez vous faire aider par un Rav compétent pour parvenir à ressentir la beauté et le plaisir de l’étude de la Torah et des Mitsvot, appelées dans les Psaumes (19,9) : "Ceux qui réjouissent le cœur". b) Peut-être exigez-vous de vous-même un engagement au-dessus de vos capacités. Un Baal Téchouva doit avancer pas à pas, doucement et sûrement. S’il se trouve en décalage avec son véritable niveau, non seulement il ne se réalise pas dans son judaïsme, mais va se créer un malaise qui peut mener à la dépression, voire à une chute spirituelle. c) La troisième explication de votre état est celle qui est la plus répandue. Le Rav Arié Munk de Bné Brak, qui dirige un centre de soins psychiques pour le public religieux, a rapporté dernièrement qu’il s’est trouvé devant des dizaines de cas de personnes qui souffraient de tristesse chronique et qui cherchaient une solution à leurs maux. Le point commun de toutes ces personnes est qu’elles avaient adopté un choix de vie qui ne leur correspondait pas, la raison principale en étant la pression sociale.

Ainsi, certains consacraient toute leur journée à l’étude de la Torah, alors qu’elles en étaient incapables, d’autres étaient dans l’enseignement, alors qu’elles étaient dénuées de patience. Des femmes avouaient qu’elles rêvaient de rester à la maison pour s’occuper de leur famille, mais qu’elles se sentaient obligées de sortir travailler à cause du regard des autres, etc. Or, D.ieu a donné à chacun des qualités qui vont lui permettre de se réaliser. Imiter son entourage ou faire ce que la société considère comme bienséant ne peut provoquer que des frustrations qui, avec le temps, amèneront à des déprimes. On doit donc prendre en considération ses qualités et s’investir dans des activités qui permettront de s’épanouir et rayonner. Il est possible qu’en faisant ce choix, notre entourage nous déprécie et nous freine. L’homme doit courageusement faire le choix vrai qui s’impose à son entendement car au final, c’est son bonheur et celui de sa famille qui est en jeu. En ce qui concerne l’exemple à donner à vos enfants, votre femme a absolument raison. Sachons que le phénomène de ces adolescents qui quittent la Torah est quasiinexistant dans les familles où règnent la joie et qui sont épanouies dans leur judaïsme. 5

La Sim’ha est un ingrédient indispensable pour qu’un enfant se développe et réussisse sa vie. Elle lui donnera les forces nécessaires pour surmonter les épreuves de la vie en consolidant sa confiance en lui.

Rav Daniel Scemama

Dépression - Conflits parentaux - Solitude - Négligence - Harcèlement - Violence - Dépendance etc...

Une équipe de Thérapeutes & Coachs à votre écoute du matin au soir de manière confidentielle et anonyme.

01.80.20.5000 (gratuit) 02.37.41.515 (gratuit) www.torah-box.com/ecoute 12

Magazine I n°98


M A G A Z I N E

Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

'Hayé Sarah : L’intégrité exemplaire d’Avraham ! Parmi les différentes tentations qui menacent l’homme, celle de l’argent est particulièrement forte. En règle générale, la relation au profit financier est un baromètre efficace du Bitah’on, de la confiance en D.ieu de l’homme…

La Paracha 'Hayé Sarah détaille le voyage du serviteur d’Avraham, Eliézer, parti chercher une épouse pour Its’hak. Il se rend à Our Kasdim, dans la ville d’origine d’Avraham, auprès de la famille du Patriarche. Une telle expédition impose donc à Eliézer d’être accompagné par une dizaine de chameaux. Rachi nous indique que les chameaux d’Avraham avaient quelque chose de spécifique, à savoir : "Parmi les chameaux de son maître (24,10) : Ils se distinguaient des autres chameaux en ce qu’ils sortaient muselés pour qu’ils ne puissent

pas voler et qu’ils n’aillent pas brouter dans les champs d’autrui (Beréchit Rabba 59, 10 ; Pirké Dérabbi Eliézer 16)." Une même précision intervient une deuxième fois, un peu plus tard : "Il déchargea les chameaux (24,32) : Il a détaché leur muselière, qu’il avait fixées pour qu’ils n’aillent pas brouter dans les champs d’autrui." Avraham et le respect d’autrui Rachi nous rappelle à deux reprises l’importance accordée par Avraham au respect de la propriété d’autrui. Il était inconcevable

Supplément spécial Chabbath I n°98

13


pour Avraham de profiter de quelque chose qui ne lui appartenait pas et qu’il n’avait pas acquis légalement. Cette attitude avait déjà été à l’origine de sa séparation avec Loth, dont les bergers laissaient leurs animaux brouter où bon leur semblait, ce qui était insupportable pour les bergers d’Avraham habitués à la droiture morale. De même, Avraham avait refusé de tirer profit de tout don d’autrui, que ce soit au début de notre Paracha lorsqu’il insiste pour acquérir le caveau de Makhpéla, ou encore lorsque le roi de Sodome voulut lui offrir de grandes richesses. Il les refusa catégoriquement en disant : "Je jure que fût-ce un fil, fût-ce la courroie d’une sandale, je ne prendrai rien de ce qui est à toi ; que tu ne dises pas : ‘C’est moi qui ai enrichi Abram !’" (14,22). Nos Sages nous enseignent que cette attitude vaudra aux descendants d’Avraham le mérite de deux Mitsvot supplémentaires : le "fil" d’azur des Tsitsit et les "courroies" des Téfilin. Ces deux Mitsvot ont notamment pour vocation de distinguer Israël des Nations, en leur offrant des attributs extérieurs de grandeur et de majesté, en récompense de leur désintérêt pour les richesses matérielles. Intégrité contre-nature Parmi les différentes tentations qui menacent l’homme, celle de l’argent est particulièrement forte. Nos Sages mentionnent dans la Guémara que l’homme a une attirance permanente pour le vol et les unions interdites, et qu’il doit, par conséquent, prendre toutes les mesures pour ne pas se trouver face à de telles tentations (‘Haguiga 11b). De même, les Maîtres du Talmud nous rappellent que la première question qui sera posée à l’homme après sa mort sera : "As-tu mené tes affaires avec honnêteté ?" (Chabbath 31a). Cette vertu est essentielle car elle témoigne du niveau de crainte de D.ieu de l’homme. Pensons à l’interdit de la Torah (Vayikra 19, 35-36) de faire usage de poids et mesures "truqués", qui permettraient de léser les clients. Cet interdit 14

Magazine I n°98 Supplément spécial Chabbath I n°98

est si grave que la Torah interdit même de posséder chez soi de tels poids et mesures. En effet, celui qui fait usage de tels objets témoigne d’un grave défaut dans sa crainte de D.ieu, car il pense pouvoir échapper à toute sanction dès lors que son prochain l’ignore. De fait, il semble négliger que son forfait est connu de D.ieu. En règle générale, la relation au profit financier est un baromètre efficace du Bitah’on, de la confiance en D.ieu de l’homme. Il ne s’agit pas de remettre en cause la nécessité de travailler pour assurer sa subsistance, mais l’homme est menacé par le sentiment que ses revenus dépendent de l’intensité (parfois déraisonnable) de son travail, ou bien de ses astuces, pour ne pas dire, D.ieu nous en préserve, de ses stratagèmes illégaux… Or, nos Sages nous enseignent que les revenus de l’homme sont fixés par D.ieu d’un Roch Hachana à l’autre, et en trichant, l’homme ne gagne pas plus ! La raison d’être du peuple juif L’intégrité et l’honnêteté ne sont pas seulement des "contraintes" nécessaires pour permettre la vie en société, il s’agit d’une raison d’être du peuple juif, celle d’être "un peuple saint et une nation de prêtres". Il est significatif que le verset relatif à l’obligation d’avoir des poids et mesures justes se conclue sur le rappel "Je suis Hachem votre D.ieu qui vous ai fait sortir d’Egypte". Le but de la sortie d’Egypte est effectivement de bâtir une société juste qui respecte le droit et la justice, dans laquelle l’honnêteté est une vertu existentielle. Cette idée jette une lumière nouvelle sur la volonté d’Avraham de ne pas marier son fils avec une famille cananéenne, le Midrach enseigne effectivement que ce peuple a une balance truquée dans ses mains ; son projet de vie est donc fondamentalement incompatible avec celui d’Avraham. A notre génération, qui affronte un Yetser Hara fort dans ce domaine, d’être à la hauteur !

Jérôme Touboul


Venez decouvrir le nouveau feuillet de Torah-Box sur : www.torah-box.com/avot-oubanim

x

www.torah-box.com/avot-oubanim

Supplément spécial Chabbath I n°98

15


2

E

PARACHA SUIT

? Quelqu’un sait comment Eli’ézer a procédé pour choisir la jeune fille idéale ? Bravo ! Il s’est mis devant le puits et il a prié Hachem : « Celle à qui je demanderai de boire de sa cruche et qui me dira : “Bois et je donnerai le reste aux chameaux” sera la femme d’Its’hak ».

? Rivka a dépassé ce qu’Eli’ézer attendait d’elle. Qui sait pourquoi ? Bravo ! Elle ne s’est pas contentée de vider la cruche dans l’abreuvoir. Elle lui a dit : « Je puiserai jusqu’à ce que tous les chameaux aient bu ! ».

? Savez-vous combien de chameaux il y avait ? Bravo ! 10 chameaux !

? Savez-vous combien de litres boit un chameau ? Bravo ! Entre 60 et 100 litres.

? Combien de litres peut contenir la cruche ? Bravo ! Une dizaine de litres maximum

? Donc, combien de fois Rivka a puisé ? Bravo, entre 60 et 100 fois. ? Que faisait Eliézer pendant tout ce temps-là ? Bravo ! Il regardait Rivka faire.

? Est-ce que Rivka lui a demandé de l’aider ? Non, elle a puisé toute seule sans rien lui demander.

? Au fait, pourquoi Eliézer s’était adressé spécialement à

Rivka et pas à une autre jeune fille ? Bravo ! Rachi nous dit, parce qu’il a vu que l’eau du puits était monté vers elle pour qu’elle ne se fatigue pas à puiser au fond du puits.

? Quand elle a puisé pour donner à boire aux chameaux,

est-ce que l’eau est montée vers elle ? Non! L’eau n’est pas montée vers elle. C’est pourquoi le verset 20 dit : « Elle a puisé pour tous ses chameaux ».

? Qu’est-ce qu’on peut apprendre du fait que l’eau n’est pas montée, lorsqu’elle a puisé pour les chameaux ?

Quand elle a puisé pour ses propres besoins, Hachem lui a fait un Ness, un miracle, pour ne pas la fatiguer. Mais quand elle puise pour faire un ‘Hessed, du bien aux autres, Hachem lui laisse faire la Mitsva entièrement pour que sa récompense soit totale. Hagiographes

KETOUVIM Alors les enfants nous continuons à nous intéresser au sefer Tehilim ! Prenez tous vos Tehilim en mains.

? Avant tout, Savez- vous , combien il y a de psaumes dans

? Puisque nous en sommes là, savez-vous quelle est la

? Savez-vous quel est le tehilim le plus long du Sefer

? Et maintenant, sans chercher, essayez de deviner

? Savez-vous que le Téhilim 119 a un surnom ? Quel est le

? Alors, continuons, quel est le traité le plus long du

le sefer Tehilim? Bravo 150 !

Tehilim ? Bravo, le Kouf Youd Tèth, le 119. surnom de ce Téhilim ?

On l’appelle le alpha beta .

? Pourquoi ?

combien il y a de versets dans la Parachat Nasso. Bravo, petit malin, il y a 176 versets !

Chass, du Talmud ? Baba Batra!

? Il est maintenant facile de répondre à la question : combien y

Car il est constitué de petits paragraphes et chaque paragraphe commence par une lettre de l’alphabet. Le Alef, puis le Bèth, le Guimel, etc. Il y a ainsi 22 paragraphes de 8 versets qui forment tout l’alphabet !

? Avec tout cela combien il y a-t-il de psoukim, de versets, dans ce Tehilim ? Il y en a 176 (22 x 8 versets)

16 AVOT OUBANIM

plus longue Paracha de la Torah ? Bravo ! La parachat Nasso.

a-t-il de pages dans le traité, la Massékhèt Baba Batra ?

176, bien sûr ! Voyez comme c’est intéressant : le Téhilim le plus long a 176 versets, la Paracha la plus longue, Nasso, 176 versets, la Massékhèt la plus longue, Baba Batra, 176 pages. Je ne sais pas pourquoi c’est comme cela, il faudrait se renseigner.

spécial Chabbath I n°98 Hayé Sarah -Supplément n°5 www.torah-box.com/avot-oubanim

20 nov. - 22 ‘Hechvan 5780


3

M IC H N A

Traité Brakhot chapitre 7, Michna 1 et 4

La Michna dit : 3 personnes qui ont mangé ensemble (sous-entendu du pain) doivent faire le Zimoun.

? Savez-vous ce qu’est le Zimoun ?

? A partir de combien de personnes présentes certaines

Bravo ! C’est un texte que l’on dit pour se préparer à faire ensemble le Birkat Hamazone.

? Donc, lorsque 3 personnes mangent ensemble, l’un des trois peut-il partir avant le Zimoun ? Non ! Il doit rester pour ne pas casser la possibilité de faire Zimoun.

peuvent se retirer du groupe ?

A partir de 6 personnes, 3 qui veulent se retirer peuvent faire Zimoun entre eux et les 3 autres faire Zimoun entre eux.

? S’ils sont 9, combien de Zimoun peut-il y avoir ? Evidemment, 3 Zimoun.

? S’ils sont 4 ou 5 personnes, une ou deux peuvent-elles ? S’ils sont 10, combien de Zimoun peut-il y avoir ? partir puisque de toute façon il reste 3 personnes pour faire Zimoun ? Bravo ! Ils ne peuvent pas partir, car eux-mêmes ont une obligation de Zimoun.

Un seul Zimoun, car à 10, on dit le nom d’Hachem dans le Zimoun, et on ne peut pas se séparer, car sinon, on perd la possibilité de dire le nom d’Hachem.

Réponse de la semaine précédente Réponse: La Michna nous enseigne que, dans le cas où une maison brûle, celui qui a allumé le feu sera responsable de rembourser tout ce que la maison contient, et même les objets enfouis à l'intérieur. Car si la Torah exempte celui qui brûle un objet enfoui dans un tas de blé, c'est parce que personne ne dissimule une bourse d'argent dans une meule de foin, alors que, dans une maison, il est habituel de dissimuler ses affaires.

GUEMAR

A

Baba Métsia 27a et 21 b

A présent , étudions un nouveau cas! De retour de son match de foot, David se rend à l'épicerie pour acheter une boisson. En s'approchant des étalages, il s'aperçoit qu'il y a un billet au sol ! David sait très bien qu'il y a une Mitsva de Hachavat Avéda, et donc, normalement, il devrait publier ses coordonnées afin que celui qui a perdu sa monnaie le contacte pour récupérer son argent. QUESTION: Qu'en pensez-vous, ce billet, doit-il le rendre ou peut-il le garder pour lui ? RÉPONSE: Normalement, lorsqu'on trouve un objet qui a été perdu, il faut publier sa trouvaille, afin que celui qui a perdu son objet puisse le récupérer. Mais si, au moment de notre trouvaille, on sait pertinemment que le propriétaire s'est déjà rendu compte d'avoir perdu cet objet et qu'il désespère de le retrouver, la Guémara (Baba Métsia 27a) nous enseigne que l'on considère qu'il a fait Yéouch, qu’il y a renoncé ! Celui qui trouve cet objet peut le garder pour lui. La Guémara (21b) nous dit qu'il y a certaines choses sur lesquelles on est persuadé que la personne s'est déjà rendu compte de les avoir perdus. Par exemple : la monnaie, la Guémara dit qu'un homme a pour habitude de vérifier ses poches très régulièrement. Dans ce cas, David a le droit de prendre le billet pour lui ! QUESTION: Mais, peut-être, se dit David, devrais-je le rendre à l'épicier ! En effet, si une trouvaille se trouve dans une propriété privée, son propriétaire l'acquiert (Kinyan 'Hatsèr). Etant donné que ce billet, je l'ai trouvé dans la propriété de l'épicier, peut-être c'est à lui ?

A toi!

Voir Guemara Baba Metsia (26a). Rambam (Aveda 15:4). Roch (2; 10).

Réponse dans le prochain numéro!

A votre avis, les enfants, David peut prendre le billet pour lui, ou doit-il le rendre à l'épicier ?

> AVOT OUBANIM

Hayé Sarah - n°5

Supplément spécial Chabbath I n°98

www.torah-box.com/avot-oubanim

17

20 nov. - 22 ‘Hechvan 5780


4

H IS T O IR E Une histoire formidable ! En Amérique, il y a un journal très célèbre , le « New York Times », l’un des journaux les plus réputés du monde entier. Une fois, un juif s’est dit qu’il serait quand même formidable que le New York Times publie tous les vendredis l’heure de l’entrée de Chabbath avec un rappel pour les femmes juives d’allumer les Nérot (bougies). Avec cette idée en tête, il a cherché un donateur qui accepte de payer chaque semaine 2000$ pour qu’un petit encart figure dans ce journal avec les horaires d’entrée de Chabbath et rappelle aux femmes juives d’allumer les Nérot. Ceci se passait durant les années 1990, et cela dura pendant 5 ans, donc jusqu’en 1995, ensuite, il ne put plus payer et cette histoire s’arrêta là. Voici que le 1er janvier 2000, le New York Times fit une édition spéciale qui contenait 3 pages. La première page était la reproduction de la première page de l’édition du 1er janvier 1900. La deuxième page était la première page de l’édition du 1er janvier 2000, sans bien sûr aucune mention de l’heure d'entrée du Chabbath, puisque le donateur avait cessé de payer depuis 5 ans. La troisième page montrait la parution du 1er janvier 2100 et les

journalistes s’étaient mis à imaginer ce qui se passerait dans 100 ans. Ainsi, Il y avait de nombreux articles où les gens discutaient si on donnait le droit de vote aux robots, ils parlaient également du 51e état des USA qui n’en comptait alors que 50, et d’autres articles imaginaires… Puis, incroyable, dans un petit encadré, les horaires du Chabbath, avec un rappel pour les femmes juives d’allumer les veilleuses de Chabbath. Personne n’avait payé pour cela et tout le monde alla se renseigner. Le directeur du journal, qui était un fervent catholique, a expliqué que tout ce qui apparaissait dans cette page sur ce qui se passerait dans 100 ans avait été imaginé, mais qu’il fallait quand même mettre une information vraie. Il réalisa alors que ce dont il pouvait être sûr était que dans 100 ans, les femmes juives continueraient à allumer les Nérot de Chabbath. Cela était une information vraie, réelle et absolue qui doit apparaître dans tout journal sérieux. Un juif curieux est allé chercher dans un calendrier et a trouvé que le 1er janvier 2100 serait justement un vendredi. Incroyable ! A toi!

Nous avons vu que le Téhilim le plus long a 176 versets, la Paracha la plus longue, 176 versets, la Massékhèt la plus longue, 176 pages.

Quizz Répondez à 5 questions parmi toutes : 1 Que faisait Eliezer, pendant que Rivka puisait de l’eau?

3 Quelle est la paracha la plus longue de toute

2 8 personnes mangent ensemble 4 peuvent se séparer et faire zimoun 6 peuvent se séparer et faire zimoun ils ne peuvent pas se séparer

4 Dans le cas de la Guémara que nous avons

Il l’aidait il donnait à boire aux chameaux il la regardait faire

la Torah

Hayé Sarah Nasso Baba Batra

Celui qui trouve la raison à cela se verra remettre un cadeau de la main même de Rav Uzan!

vu, David peut-il prendre le billet pour lui ? oui non

Sous la direction spirituelle du Rav Eliahou Uzan Responsable de la Publication : Esther Smietanski Rédaction : Rav Eliahou Uzan, Rav Nathanael Sénior, Esther Smietanski Mise en en page : Sarah Lascar Vous souhaitez dédicacer un numéro de Avot Oubanim : Yann Schnitzler yann@torah-box.com / 04 86 11 93 97

01 77 50 22 31 18 AVOT OUBANIM

Pour tous renseignements : 00972 58 42 809 53 support@torah-box.com

spécial Chabbath I n°98 Hayé Sarah - Supplément n°5 www.torah-box.com/avot-oubanim

20 nov. - 22 ‘Hechvan 5780


Un amour enflammé de la Torah "La porte s’ouvrit largement et j’aperçus six petites têtes. ‘Qui est là ?’ demanda la veuve sur un ton joyeux. Les petits me prirent par la main et me poussèrent à l’intérieur. Sept assiettes étaient posées sur la table branlante, sur six d’entre elles était posée de la nourriture et la septième était… vide."

Aux Etats-Unis, vivait un homme célèbre pour sa générosité, qui ne renvoyait jamais aucun solliciteur les mains vides et soutenait largement les Yéchivot. Il dévoila un jour la raison de sa conduite : "J’ai perdu mon père lorsque j’étais petit. Nous vivions seuls, ma mère et moi, dans une petite localité à proximité de Vilna. A 13 ans, je suis allé étudier à la Yéchiva. Au bout de quelques heures d’étude, la faim commença à me tirailler. Je demandai, honteux, à l’un des élèves : ‘Où mange-t-on ?’ Il me répondit : ‘Tu ne sais pas ? On mange Tag !’ J’appris que la Yéchiva n’avait pas de salle à manger mais que les membres de la communauté de Vilna offraient des repas aux élèves, et ces élèves mangeaient ‘Tag’, c’està-dire ‘au jour’, chaque jour dans une autre maison !" Pas de repas, pas de répit "Je me présentai donc au responsable du Tag pour qu’il m’indique où je devais manger ce

soir-là. Il consulta son carnet et répondit : ‘Une seule adresse est libre pour ce soir, il s’agit d’une veuve très pauvre, mère de six orphelins. Elle est heureuse de nourrir un élève de Yéchiva, mais je te demande instamment : ne demande pas à être resservi ! Sache que chaque miette de nourriture qui entre dans ta bouche est une portion en moins pour l’un de ces pauvres orphelins !’ L’envie de m’enfuir pour rentrer chez moi me saisit. Je n’étais pas un élève spécialement brillant et les propos de la Guémara ne pénétraient pas dans mon esprit rapidement. Mon chez-moi me manquait ainsi que ma mère, et lorsque je compris que je ne pourrais pas trouver de repas, ma tolérance fut à bout. J’eus le sentiment que toutes les difficultés au monde s’accumulaient devant moi en une fois, et je ne pus plus le supporter. Je réfléchis amèrement à mon triste sort et décidai de manger ce soirlà chez la veuve, mais uniquement ce soir-là. Demain, je ne serai plus là, me disais-je.

Supplément spécial Chabbath I n°98

19


Demain, je prends le train et retourne chez ma chère maman…" Six assiettes pleines et une autre vide "Le trajet jusqu’à la maison de la veuve dura une demi-heure, alors que quelques pas seulement séparaient le Beth Hamidrach de sa maison. J’y allais, puis revenais sur mes pas à plusieurs reprises, je n’étais pas capable d’entrer et de prendre place à table. N’étais-je pas moi-même un orphelin ? Je connaissais bien la faim dont souffre un orphelin… Comment pouvais-je sans scrupule prendre part à un repas d’orphelins ? Mais au final, la faim l’emporta et je frappai doucement à la porte branlante. La porte s’ouvrit largement et j’aperçus six petites têtes. Les orphelins m’observaient, les yeux brillants et le visage avenant. ‘Qui est là ?’ demanda la veuve sur un ton joyeux, et les enfants répondirent allègrement en chœur : ‘Der Talmid ‘Hokhom, Der Talmid ‘Hokhom !’ ‘Allez, entre, Talmid ‘Hakham !’ Les petits me prirent par la main et me poussèrent à l’intérieur. S’ils ne m’avaient pas tenu par la main, je me serais enfui aussi vite que j’étais venu face à la vision qui s’offrit à moi. Sept assiettes étaient posées sur la table branlante, sur six d’entre elles était posée de la nourriture et la septième était… vide. Alors retentit la voix de la veuve : ‘Mes enfants, à qui appartient l’assiette vide ?’ Et les enfants de répondre en chœur : ‘Au Talmid ‘Hakham !’ Et avant que je ne puisse comprendre ce qu’un Talmid ‘Hakham de 13 ans pouvait bien faire avec une assiette vide, on m’assit à table. Et la mère demanda aux enfants : ‘Alors, les enfants, que devons-nous faire ?’ Et comme s’ils obéissaient à un signal convenu d’avance, chacun des enfants prit son assiette et transféra une partie de son contenu dans la mienne." L’homme pleurait à chaudes larmes… "Comprenez-vous ce que cela signifie ? Six orphelins affamés transfèrent joyeusement de la nourriture de leur assiette dans celle d’un jeune érudit." 20 20

Plus que d’être rassasié, grandir en Torah "Mais l’histoire n’est pas finie, poursuit notre protagoniste, ces tout-petits m’entouraient et ne me laissèrent pas avant de s’être assurés que j’avais mangé à ma faim." ‘Talmid ‘Hakham, tu n’as pas encore mangé mon cornichon !’ prétendit l’un d’eux. "Et ma boulette, alors, Talmid ‘Hakham ?’ lança un autre, etc. Ils ne s’arrêtèrent pas avant que je ne sois rassasié, chacun vérifiant que j’avais tout mangé tandis qu’eux-mêmes n’avaient pas encore touché à leur part. Après m’être restauré et avoir récité le Birkat Hamazon, je remerciai de tout cœur la veuve au bon cœur et ses gentils enfants. La maman s’adressa alors aux enfants : ‘Les enfants, le Talmid ‘Hakham veut partir, que lui demandez-vous ?’ J’étais prêt à exaucer chacune de leurs demandes ! Je tendis l’oreille pour écouter les demandes de ces pauvres orphelins au cœur si pur et généreux, et voici ce qu’ils me demandèrent : ‘Talmid ‘Hakham, bénisnous pour que nous grandissions en Torah !’" La voix de l’homme tremblait. "Puissionsnous grandir en Torah !" répéta-t-il sur un ton plein de nostalgie avant de conclure : "Cette demi-heure passée auprès de ces orphelins imprégnés d’amour de la Torah a allumer dans mon cœur un amour brûlant pour la Torah, flamme qui brûle jusqu’à aujourd’hui." "Bien entendu, je ne quittai pas la Yéchiva, ni le lendemain ni par la suite. Je restai attaché à mon pupitre et à ma Guémara, alors que dans mes oreilles résonnait la requête des orphelins : ‘Puissions-nous grandir en Torah !’" "Si j’étais resté à la Yéchiva, je serais certainement devenu un Talmid ‘Hakham, mais la guerre éclata et je dus fuir. C’est ainsi que je me retrouvai aux Etats-Unis, et j’entrai dans les affaires. Mais personne ne pourra jamais m’enlever cet amour de la Torah que m’ont inculqué ces orphelins !"

Supplément spécial Chabbath I n°98

Equipe Torah-Box


FLASH CHABBATH Hiloula du jour Dimanche 26 ‘Hèchvan (24/11/19) tombe la Hiloula du Rav Réfaël Zisskind Hakohen d’Hambourg. Elève du Gaon de Vilna et du Chaagath Aryé, Rav Réfaël fut au XVIIIème siècle le Rav d’Hambourg, d’Altona et de Wandsbek en Allemagne et ce, pendant 23 ans. Ces trois centres juifs importants étaient le lieu de résidence de nombreux érudits et personnalités juives célèbres, telles que Rav Yonathan Eibchütz, Rav Tsvi Ashkénazi et Rav Yaakov Emden. Rabbi Réfaël est également célèbre pour avoir vigoureusement combattu le mouvement de la Haskala. Il fut l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le plus important est le du Torat Yékoutiel. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

HALAKHOT

1. Se laver le corps à l’eau chaude, Chabbath, permis ? > Non, interdit de laver l’intégralité du corps pendant Chabbath, même membre après membre. Mais permis de se laver : visage, mains, pieds et autres membres s’ils ne représentent pas la majorité du corps (Choul’han Aroukh 326). 2. Réciter la bénédiction sur un café en plein repas ?

> Non, pas au milieu ou à la fin d’un repas composé de pain. Le mieux est de le boire après le Birkat Hamazone afin de pouvoir réciter la bénédiction. (Yabia Omer V, Ora'h ‘Haïm, 17) 3. Une femme a-t-elle la Mitsva “d’écrire un Séfer Torah” ? > Non, cette Mitsva ne concerne que les hommes. Néanmoins il est conseillé aux femmes d’acheter des lettres d’un Séfer Torah et ce sera considéré comme une Mitsva pour elles (Téchouvot Véhanhagot II, 520). 22

Magazine I n°98

Une perle sur la Paracha Le verset 11 du chapitre 24 dit : "Il [Eliézer] fit s’agenouiller les chameaux hors de la ville, près d’un puits d’eau, à l’approche du soir, au moment où sortent les puiseuses" (‫ ְל ֵעת‬,‫ ְל ֵעת ֶע ֶרב‬,‫ב ֵאר ַה ָּמיִם‬-‫ל‬ ְּ ‫ ֶא‬,‫" ַו ּי ְַב ֵר ְך ַה ְּג ַמ ִּלים ִמחוּץ ָל ִעיר‬ "‫)צאת ַהּׁשֹ ֲאבֹת‬. ֵ L’auteur du Kissé Ra’hamim offre sur ce verset un commentaire allégorique intéressant : il explique en effet que ce verset fait allusion à la Birkat Hagomel, bénédiction qu’une personne doit réciter après avoir été sauvée de quatre types de danger : 1. après un voyage en mer ; 2. après la traversée du désert ; 3. après avoir été libérée de prison ; 4. après avoir recouvré la santé suite à une grave maladie. Comment ?"‫" ַו ּי ְַב ֵר ְך ַה ְּג ַמ ִּלים‬ ("Vayavrekh haguémalim") fait allusion à la "Birkat Hagomèl", que doivent prononcer ceux qui ont été "hors de la ville" (c’est-àdire dans le désert), ceux qui ont été dans "l’eau" (qui ont fait un voyage en mer), ceux qui ont été "à l’approche du soir" (le soir faisant allusion à la mort) et ceux qui sont "sortis" (de prison). Quand cette bénédiction doit-elle être récitée ? La réponse se trouve en allusion dans le mot "‫"הּׁשֹ ֲאבֹת‬ ַ ("les puiseuses") dont les initiales forment l’expression ‫"( הטוב שיברך אחר ברכת תורה‬Il est bon de faire la bénédiction après la bénédiction de la Torah").

Les lois du langage Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il est interdit de faire l’éloge d’une personne auprès de son associé ou de son conjoint (par exemple en révélant à ces derniers qu’elle a généreusement accordé un prêt ou fait un don) puisque ceux-ci risquent de lui reprocher sa prodigalité. Ceci est également considéré comme de la Avak Lachon Hara, de la "poussière de médisance".


La Yéchivat Porat Yossef de Jérusalem – Le fleuron des Yéchivot séfarades

Nous vous avons présenté la semaine passée la Yéchiva de Poniewicz de BnéBrak, l’une des plus célèbres du monde ashkénaze. Cette semaine, nous vous proposons de découvrir la Yéchivat Porat Yossef, fleuron des Yéchivot séfarades contemporaines.

Rav Ovadia Yossef, Rav Yéhouda Tsadka, Rav Mordékhaï Eliahou, Rav Chalom Cohen, Rav Ben-Tsion Aba Chaoul : voici quelques-uns des plus grands noms du judaïsme séfarade ayant été formés dans cette prestigieuse institution. Aujourd’hui encore, lorsque l’on se trouve au Kotel Hamaaravi, l’on peut entrevoir le bâtiment de cette célèbre Yéchiva ayant abrité en son sein les plus grands Sages séfarades d’Erets Israël depuis près d’un siècle. Fondée en 1923 sur les conseils du Ben Ich ‘Haï, qui préféra sa construction à celle d’un hôpital, la Yéchiva compte aujourd’hui plusieurs centaines élèves, principalement originaires des communautés perses et irakiennes. C’est non sans difficulté qu’elle fut fondée – le terrain sur lequel elle fut construite était divisé en effet entre quelque 70 propriétaires musulmans, qui ne voyaient pas d’un bon œil l’acquisition du terrain par des Juifs. Ils entravèrent les pas du Rav ‘Hazan (l’élève du Ben Ich ‘Haï mandaté par lui pour concrétiser le projet) par toutes sortes de stratagèmes. Une tentative d’assassinat contre le Rav ‘Hazan échoua miraculeusement et si les travaux furent encore freinés par le déclenchement de la

Première Guerre mondiale, la Yéchiva put enfin ouvrir ses portes en 1923 et est depuis considérée comme l’un des hauts lieux de l’étude de la Torah du monde séfarade.

On raconte qu’en 1970, la Yéchivat Porat Yossef était à la recherche d’un Roch Yéchiva à même d’encadrer les nombreux étudiants et assurer qu’un haut niveau d’étude soit maintenu dans son enceinte. Les élèves et les enseignants de la Yéchiva, couronnés de la Mida d’humilité, ne se considéraient pas assez grands en érudition pour assumer ce poste… Vers qui se tourna-t-on ? Vers le Rav Chlomo Zalman Auerbach, à l’époque Roch Yéchiva de la célèbre Yéchiva Kol Torah ! Celui-ci demanda tout d’abord à connaitre de plus près la Yéchiva et c’est ainsi qu’il se rendit à la Vieille Ville de Jérusalem pour se faire une idée des lieux. Lorsque le Rav Auerbach pénétra dans les bureaux de la direction, il aperçut un jeune enseignant – le Rav Yéhouda Tsadka – occupé à coller des timbres sur les courriers de la Yéchiva. Il entama avec lui la conversation et réalisa rapidement qu’il avait affaire à un érudit d’une ampleur inégalée… "Si ce sont là vos colleurs de timbres, je n’ose imaginer le niveau de vos étudiants !", s’exclama le Rav Auerbach. "Vous possédez de telles perles et c’est moi que vous venez solliciter pour prendre la tête de votre Yéchiva ? Nommez ce jeune homme Roch Yéchiva !", conseilla le Rav Auerbach et c’est ainsi que la Yéchiva profita pour de nombreuses années de l’aura du Rav Yéhouda Tsadka, qui prit la tête de l’institution aux côtés du Rav Ben-Tsion Aba Chaoul… Magazine I n°98 23


FAMILLE ÉDUCATION FEMMES

Dois-je forcer mon fils à se lever prier ?

COUPLE

J’ai mis de côté ma culpabilité de mère juive et ai décidé que mes enfants se lèveraient chaque matin à l’heure pour aller prier à la synagogue. Cela fait partie de nos valeurs, de nos batailles et nous ne céderons pas devant la difficulté du moment, déguisée en fausse culpabilité ! Laissez-moi partager avec vous les quelques conseils avisés qui m’ont permis de faire de ce moment de Téfila un moment privilégié et important. Moins de concentration pour plus d’effet !

Mon fils étant fraîchement Bar Mitsva, je suis confrontée à un problème qui me tiraille. Tous les matins, lorsque je dois l’arracher de son lit pour qu’il aille rejoindre son père à la synagogue et prier avec un Minyan, je suis envahie de culpabilité. Je ne sais pas si je ne devrais pas, au moins les dimanches et jours de vacances, le laisser se reposer, casser un peu avec le rythme que je trouve, personnellement, très dur pour des jeunes hommes de son âge, et le laisser prier un peu plus tard. Mais j’ai peur : comment mon fils, et ses frères et sœurs par la même occasion, interpréteraient mon changement ? Vont-ils penser ”Si elle ne nous réveille plus, c’est que ce n’était pas si important que cela” ? J’ai donc mis de côté ma culpabilité de mère juive et ai décidé que mes enfants se lèveraient chaque matin à l’heure pour aller prier à la synagogue. Cela fait partie de nos valeurs, de nos batailles et nous ne céderons pas devant la difficulté du moment, déguisée en fausse culpabilité. J’ai demandé des conseils à tout le monde, mes voisines, ma mère, mes grandes sœurs, la Rabbanite, tout le monde y est passé. 24

Magazine I n°98

Dès que l’occasion se présentait, je parlais de l’importance de la Téfila à mes enfants, je racontais des histoires, des anecdotes qui mettaient en avant le pouvoir de la prière. Elle nous protège, elle nous permet de garder un lien d’exception avec notre Créateur. La prière crée une enveloppe de protection autour de la personne que rien ni quiconque ne peut percer. Je décidai désormais de prier au moins une fois par jour devant mes enfants. Avant, je me levais plus tôt et ils ne me voyaient jamais prier. Certes, cette prière-là perdait un peu en concentration mais elle gagnait en influence et en répercussion. J’arrêtais tout pour me mettre à prier ; si j’étais en train de me reposer, je me levais, si j’étais en train de cuisiner, j’éteignais les feux. Je voulais marquer l’esprit de mes enfants et lorsqu’ils voyaient que je n’étais pas prête à perdre ce moment de sainteté privilégié, ils comprenaient alors son importance. J’ai également fait une croix sur mes grasses matinées du dimanche. Je me levais pour réveiller mes garçons mais après, je ne me recouchais pas comme j’avais l’habitude de le faire. Je m’affairais en cuisine, je préparais le petit-déjeuner pour leur retour. Quelques fois, il y avait une petite attention particulière, des crêpes, des gaufres ou j’allais acheter des viennoiseries, mais généralement,


je gardais ce petit plus pour les matins de Roch ‘Hodech. En tout cas, même sans ces petites attentions exceptionnelles, le petit-déjeuner était posé sur une table propre et accueillante. C’était un peu comme le festin d’honneur que le guerrier retrouve à son retour du combat.

parler autour d’eux et s’ils évoluaient au sein d’un groupe d’amis qui partageait ces mêmes valeurs. Pour cette étape, j’ai mis mon mari dans la confidence, lui qui est plus souvent avec les garçons que moi, pour qu’il ouvre l’œil sur les personnes avec qui nos fils parlaient.

C’était une marque d’affection et de fierté que je leur montrais. Et je vous assure que les récompenses qui passent par le ventre font leur effet, chez nos garçons.

La prière est le moment où nous nous connectons avec notre Créateur, nous ne pouvons en aucun cas l’annuler ou même la repousser à un autre moment.

Dis-moi qui tu fréquentes…

Lorsque nous comprendrons ce que la prière représente, nous nous presserons pour nous rendre à ce rendez-vous quotidien qui nous est accordé avec miséricorde.

Enfin, j’ai ouvert les yeux sur les fréquentations de mes enfants. Je ne voulais pas que mes efforts soient souillés par des jeunes qui ne partageaient pas ce même amour envers la Téfila. Je voulais que mes enfants comprennent le privilège de ce moment et ils ne pourraient y arriver que s’ils n’avaient pas honte d’en

Et nous, en tant que mamans, ferons tout pour que les hommes de notre maison honorent ce rendez-vous quotidien avec le respect et l’engouement qu’il mérite !

Myriam H.

D IR E C TE M E N T DA RE S

NS X LE TT VOTR E BO IT E AU S LE S SE M AI N ES !

T O U TE

Des contenus exclusifs Des articles pour toute la famille Pour agrémenter votre Chabbath

Renseignements : www.torah-box.com/magazine/abonnement Magazine I n°98 25


Pose ta question, un rabbin répond !

Sentir un plat Taref en mangeant un plat Cachère Est-il autorisé de sentir le fumet d’un plat non-Cachère tout en mangeant un aliment Cachère ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Apparemment, vous faites allusion aux vapeurs et aux odeurs agréables qui se dégagent des aliments non-cachères pendant et après leur cuisson. Il n’est pas interdit de sentir le fumet d’un plat non-Cachère étant donné qu’il ne s’agit pas d’un parfum destiné à être senti et qu’apparemment, il n’y a pas de risque que l’on en vienne à consommer le plat en question (Chakh, 27 sur Choul’han Aroukh, Yoré Déa 108, 7 ; Pit’hé Téchouva 5 ; Arokh Hachoul’han 25 ; ‘Hokhmat Adam, 62, 10 ; Ohel Yaakov, Taarovet [5772], p. 616, 24 ; Biour Halakha, début du chap. 443 ; Vayizra Its’hak, Taarovet, p. 271-275). Mais, attention, ce n’est pas une Mitsva d’en tirer profit (Avot Dérabbi Natan 16, 2, à propos de Rabbi Akiva). D’après certains décisionnaires, si l’on se trouve dans un endroit où le fumet est réalisé pour être senti [si cela existe], il ne faut pas en tirer profit (Ohel Yaakov, Bassar Bé’halav, Taarovot [5772], p. 616, 24).

Prêter son lit conjugal Est-il permis de prêter notre lit conjugal à mes beaux-parents qui viennent passer les fêtes chez nous et qui sont en mauvais état de santé ? En vous remerciant de votre réponse. Réponse de Rav Avraham Garcia Il n’y a aucune interdiction halakhique de prêter son lit conjugal à ses parents. La seule interdiction que nous trouvons est de ne pas dormir sur les draps qu’un homme aurait utilisé en dormant dessus auparavant, mais, une fois le drap lavé, cela ne pose plus de problème non plus.

Continuer à porter le foulard en France ? J’habite en Israël et je dois voyager chez ma famille en France quelques jours. Je mets le foulard, mais je ne sais pas comment faire en France avec l’antisémitisme et le regard des autres, et entre une partie de ma famille qui n’a pas accepté le fait que je me couvre la tête. Comment dois-je faire ? Tout simplement faire comme si de rien n’était et porter le foulard ? Réponse de Rav Israël-Méïr Cremisi Le Rama (Ora’h ‘Haïm 1, 1) rapporte au nom du Beth Yossef qu’une personne ne doit jamais avoir honte de personne dans le service divin, même de celui qui se moque d’elle. Je comprends que se retrouver dans sa famille où l’on peut récolter certains commentaires pouvant être négatifs n’est pas agréable, mais si on commence à changer sa façon de se couvrir la tête, après, ce seront les vêtements qui changeront, etc. A l’inverse, vous devez montrer que vous êtes fière de la couronne sur votre tête et Hachem sera fier de vous. 26

Magazine I n°98


"Chass", de quoi s’agit-il ? J’aimerais savoir de l’étude de quels livres exactement il est question lorsque l’on parle du Chass ? Réponse de Rav Shimon Griffel Le terme de Chass (les initiales Chin Samekh) est l’acronyme des mots "Chicha Sédarim", les six ordres. Il fait référence à l’ensemble des Michnayot qui a été ordonné par Rabbi Yéhouda Hanassi et qui est partagé en six Sédarim, qui portent chacun sur un thème différent. Zéraïm traite des lois agricoles et des bénédictions sur la nourriture (et, par extension, des bénédictions en général) ; Moèd, des lois relatives au Chabbath et aux fêtes ; Nachim, des lois maritales (et, par digression, des vœux en général) ; Nézikin, des lois de la société et du système judiciaire ; Kodechim, des lois relatives au Beth Hamikdach (et, par digression, des lois de la Che’hita et de la Cacheroute) ; et Taharot, des lois relatives à la pureté et à l’impureté. On parle alors de Chass Michnayot. Cet ensemble fut commenté, enrichi et interprété par les Sages de la période suivante, les Amoraïm. Ces ajouts furent rassemblés dans deux ensembles, le Talmoud Yerouchalmi, le Talmud de Jérusalem et le Talmoud Bavli, le Talmud de Babylone. Etant donné qu’ils sont des commentaires sur la Michna, on les appela aussi Chass. Dans la langue courante, lorsque l’on utilise le mot Chass, on fait généralement référence à l’ensemble du Talmoud Bavli, soit les trente-six traités qui le constituent.

Bénédiction : quelle main pour le gaucher ? J’aurais voulu savoir dans quelle main un gaucher devra-t-il tenir l’aliment ou la boisson quand il récite dessus la bénédiction ? Réponse de Rav David Haddad Selon le Michna Béroura (Ora’h ‘Haïm 206, 18), un gaucher devra tenir l’aliment dans la main gauche lorsqu’il récite la bénédiction ; tel est l’usage suivi par les communautés ashkénazes. Mais le Kaf Ha’Haïm (ad loc. 30), s’inspirant des prescriptions de la Kabbala, considère quant à lui qu’un gaucher devra tenir les aliments dans la main droite, comme un droitier. Le Or Létsion (tome II p. 184) émet sur ce point une distinction entre deux types de bénédictions : pour celles désignées comme les "bénédictions des Mitsvot" (comme le Kiddouch du Chabbath par exemple), le gaucher devra tenir le verre de vin précisément dans la main droite ; mais pour les "bénédictions de satisfaction" (que l’on récite avant de consommer un aliment ou une boisson), il pourra tenir l’aliment dans la main de son choix.

Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...

Une équipe de Rabbanim répond à vos questions (halakha, judaïsme) du matin au soir, selon vos coutumes :

01.80.20.5000 (gratuit)

02.37.41.515 (gratuit)

www.torah-box.com/question Magazine I n°98 27


La Yéchiva Episode 9 : Quand Tsahal s’intéressait à Avraham... Chaque semaine, Déborah Malka-Cohen vous fait plonger au cœur du monde des Yéchivot pour vivre ensemble les intrigues passionnantes de quatre étudiants, sur fond d’assiduité et d’entraide… Dans l’épisode précédent : Après avoir discuté Chiddoukhim, nos amis se sont rendus à la bibliothèque de la Yéchiva pour préparer un devoir. C’est sous leur regard médusé qu’Avraham s’est livré à un petit exercice de piratage informatique, avant que ses trois amis ne s’élèvent catégoriquement contre ce genre de plaisanterie… Avraham promet à Yossef, le plus courroucé, de ne plus recommencer.  Yossef avait hésité et lui avait tendu la main comme pour sceller leur accord. Plus tard, Yossef et Avraham s’étaient tous deux retrouvés sur le petit balcon qui donnait sur le patio, là où quelques Ba’hourim avaient l’habitude de prendre leurs collations. Avant il servait de fumoir, mais depuis huit mois, la loi sur l’interdiction de fumer dans des lieux publics était entrée en vigueur. “Au fait, comment connais-tu tous ces trucs informatiques ? – Disons que depuis tout petit, j’ai une sorte de don pour ça. Tu me crois si je te dis qu’avant ces quelques minutes, je n’étais jamais allé aussi loin ? – Pourquoi as-tu voulu faire ce test ? – Juste comme ça. Pour être tout à fait honnête, l’année dernière, j’ai été convoqué par Tsahal. Au début, j’avais été surpris qu’ils souhaitent me voir car j’avais dépassé l’âge requis pour faire mon service militaire. De plus, à dix-huit ans je m’étais déjà présenté et avais obtenu un report puisque je leur avais expliqué que je consacrais ma vie à la Torah. – Qu’est-ce qu’ils te voulaient ? 28

Magazine I n°98

– Ils m’ont proposé d’intégrer leur section de cyber-renseignement. – Comment ont-ils su que tu étais doué en informatique ? – Ah ça, c’est une autre histoire. L’été passé, ma tante, toute désolée de voir son fils ne pas décoller de ses jeux vidéos, m’avait appelé pour que j’essaye de convaincre mon cousin de décrocher et de venir étudier avec moi. Il jouait à un jeu en ligne très connu, je ne me rappelle plus le nom... Pour l’inciter à me suivre, je lui avais lancé un défi : si je gagnais la partie, il repartait avec moi, si je perdais, il pouvait rester et jouer comme il le faisait du matin au soir. Si tu savais quel gâchis intellectuel ! Par chance, il accepta mon challenge. N’ayant jamais joué à ce jeu de ma vie, je t’avoue que je n’étais pas très sûr de moi. Juste après avoir posé mon chapeau, m’être assis sur la table basse et avoir posé mes mains sur la manette, je me souviens avoir prié Hachem pour qu’Il m’aide, dans le seul but d’aider mon cousin. C’est alors que j’ai eu une idée : je ferais encore mieux que de bêtement gagner la partie… Comme il m’avait fallu deux minutes pour comprendre comment ce jeu fonctionnait, j’employais le reste de mon temps - soit vingt minutes - pour hacker


la plateforme. Si j’avais pu filmer la tête d’Igal qui me regardait trafiquer les codes-source, je me serais passé ce moment plus d’une fois tant c’était drôle ! On aurait dit que sa mâchoire allait se décrocher. Bon joueur, il avait avait compris qu’il n’en mènerait pas long… Il avait éteint son PC et m’avait suivi. Sur tout le chemin qui mène à la Yéchiva, il n’avait pas arrêté de commenter chacune de mes actions. Pour être tout à fait honnête, je ne savais quasiment pas de quoi il parlait. – Fascinant ! Du coup comment t’es-tu retrouvé en tête-à-tête avec Tsahal ? – Mon oncle, qui est officier de réserve pour les services de renseignement militaire, nous avait scrutés silencieusement pendant toute cette petite séance de piratage à pied levé. Il avait alors informé ses supérieurs qu’il y avait là une pépite à aller chercher et c’est comme ça

que quelques semaines après, j’avais reçu une nouvelle convocation, très amicale cette fois... – Que leur as-tu dit ? – Simplement qu’une carrière dans l’armée, aussi prometteuse soit-elle, ne m’intéressait pas. J’étais déjà dans l’armée complémentaire de Tsahal, celle des textes, et leur rappelais que l’une ne peut pas exister sans l’autre. – On s’y remet ? Notre ‘Haboura ne va pas s’écrire toute seule. – Allez.” En réalité, pendant toute la durée de leurs recherches, Avraham n’arrêtait pas de penser à ce qu’il venait de se passer. Le hackage n’avait pas été une simple plaisanterie, mais bel et bien une première lueur d’espoir pour lui et sa famille…

Déborah Malka-Cohen

Magazine I n°98 29


IngrĂŠdients


LE COIN SYMPATIK Une bonne blague & un Rebus ! Chaque soir, Yosselé est importuné par ses voisins du dessus, qui écoutent très fort la musique. Un jour, il a une idée : il leur rend visite et leur dit qu’il aimerait bien lui aussi profiter de leur belle musique. Il leur propose un euro par jour, s’ils veulent bien augmenter un peu le son. Les voisins acceptent.

Rebus

Par Chlomo Kessous

Pendant une semaine, Yosselé se met des boules Quies et tous les matins, à 8 heures, il dépose sa pièce d’un euro. Le huitième jour, Yosselé ne leur apporte pas l’euro. A 8h05, les voisins viennent chez lui réclamer leur argent mais Yosselé leur explique qu’il n’a plus les moyens de payer pour la musique. Alors les voisins s’exclament : "Plus d’argent, plus de musique !" chauffe toi au feu des Sages et fait attention a ne pas te brûler avec leurs braises

Cela ne lui a coûté que 7 euros mais maintenant, cela fait des mois que Yosselé dort tranquille...

Editions Prions pour la guérison complète de Eliyahou ben Simha

Claudia Beya bat Reine Tefaha

Liat bat Galit

Tinoket bat Deborah

Raphael ben Zora

Shira Tsipora bat Gaelle

Myriam bat Zorah

Emmanuel Haïm ben Leslie Noémie Odette

Meïr ben Tsipora

Ora bat Sarah

Mireille Esthere bat Guemara

Yael bat Fortuné Mazal Daniel ben Zahra Jeannette

Laurence Rachel Jean Luc Itshak Haïm ben bat Fortunée Messaouda Messaouda

présente

Les Inboxables

60₪

L’association Torah-Box est heureuse de vous présenter son nouveau jeu, Les Inboxables. Révisez, apprenez et soyez épatés par le savoir de vos enfants avec 350 questions-réponses consacrées à la Torah, à nos lois, à la vie et à la culture juive.

Dans une atmosphère ludique et conviviale, jouez en famille avec ces fiches cartonnées à emporter partout ! A vous de jouer !

Vous connaissez un malade ? Envoyez-nous son nom

www.torah-box.com/refoua-chelema Magazine I n°98 31


‫בס"ד‬

* Par personne en chambre double

DU 6 AU 8 DÉCEMBRE 2019 PRÈS DE PARIS

RAV SHIMON

RAV ISRAËL-MÉÏR

BINYAMIN

GOBERT

CREMISI

BENHAMOU

RAV DAVID

avec la présence de la rabbanite DanielIe SITRUK

riptions Pour insc le

avant re b 15 Novem

199 €* 240 €

ICHAY

le Dimanche

LE ‘HAZAN RAV MORDE’HAI SEBBAG

Le Chabbath Torah-Box à ne pas rater AU MANOIR DE GRESSY 

COUPLES

CÉLIBATAIRES

Des moyens concrets pour booster mon couple

Les clés pour réussir ma vie

 Chambres tout confort  Un plein de spiritualité  Cadeaux pour chaque participant  Une ambiance d’exception  Repas copieux & Gastronomique Réservez dès maintenant Places limitées Renseignements au :

+972.58.555.18.26 |

+331.80.20.50.02 |

voyage@torah-box.com

Perle de la semaine par

"Je ne pense jamais à ce que je peux faire mais à ce que je dois faire." (Rav Sim’ha Zissel - Saba de Kelm)


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook