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Torah-Box Magazine n°370 Israël - Devarim

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Dévarim

n°370

15 juillet 2026 I 1er Av 5786


L'ÉDITO DE LA SEMAINE Nous avons retrouvé la terre... pas le Temple Il est connu que Napoléon Bonaparte avait l’habitude de circuler incognito, vêtu d’une tenue discrète, afin d’observer de près le peuple et de connaître ses opinions. C’est ainsi qu’il serait passé, le jour de Tich’a Béav, près d’une synagogue et aurait entendu les Juifs pleurer la destruction des deux Temples. Impressionné, il aurait déclaré que "si un peuple pleure encore sa terre et son Temple après tant de temps, il finira par les retrouver". Il ne s’est pas trompé, puisque l’époque contemporaine a effectivement vu le retour des Juifs sur la terre de leurs ancêtres, après près de deux millénaires d’exil. Pourtant, il manque encore une chose... la reconstruction du Temple, qui tarde à venir. On peut avancer à cela deux raisons, qui sont en réalité liées. Tout d’abord, il est beaucoup plus facile d’espérer retourner sur la terre de nos ancêtres que de pleurer l’absence du Temple. On ne parvient pas toujours à comprendre ce que ce Temple avait de si particulier pour que l’on regrette autant sa destruction. En revanche, la souffrance des Juifs en exil était, elle, palpable. Ainsi, lorsqu’ils ont appris qu’un nouvel État hébreu allait voir le jour en Terre sainte, beaucoup ont décidé d’y monter. (Précisons que cette ‘Alya ne s’est réalisée que parce qu’il s’agissait bien de la terre d’Israël. Jamais les Juifs n’auraient abandonné le Maroc, le Yémen ou l’Argentine pour un gouvernement dirigé par Ben Gourion dans un tout autre pays, comme l’Ouganda, qui avait alors été proposé par les Nations.) De plus, il est impossible de construire le Temple, même si l’on parvenait à surmonter les problèmes techniques et géopolitiques qui se posent. Le Temple est un sanctuaire sacré où D.ieu faisait résider Sa Présence. D’après la Tradition, il ne sera rebâti qu’avec l’avènement du Machia’h. Que doit-on donc faire pour mériter de voir le troisième Temple reconstruit ? Nos Sages ont institué une période de deuil collectif qui dure

trois semaines et dont l’apogée est le jour du 9 Av. Une institution étonnante en soi, car on sait que tout événement commémoratif du calendrier juif est beaucoup plus court. Même la fête de Pessa’h ne dure que sept jours. Mais en réalité, cette période n’a pas pour seul but d’entretenir le souvenir : elle vise à susciter un ressenti fort, semblable à celui que provoque la perte d’un être très cher. Assis par terre, à jeun, privés de la possibilité de nous laver, de nous vêtir proprement et de tout plaisir, nous récitons, le 9 Av, les Kinot (les Lamentations). Ces textes, qui relatent les tragédies vécues par le peuple hébreu depuis l’exil, sont chantés sur une mélodie nostalgique. Ils nous aident à nous imprégner de cette catastrophe nationale que fut la destruction du Sanctuaire, âme du peuple hébreu. Le but est de réveiller nos consciences, de nous interroger sur les raisons qui ont provoqué ce désastre et de chercher ainsi à améliorer notre conduite. Les lamentations de Tich’a Béav font écho à notre éloignement de notre véritable identité juive, dont le Temple était le symbole. Ce travail d’introspection et de recherche de notre identité, perdue dans l’exil, devrait également se manifester dans la société israélienne, où l’abandon des valeurs juives se fait hélas ressentir dans de nombreux domaines. L’éclat de la société juive des temps anciens, lorsqu’elle représentait un phare de morale et de piété pour toutes les nations, a disparu. Il nous reste encore du chemin à parcourir pour retrouver cette gloire, qui représente notre spécificité en tant que peuple. Ces jours de Ben Hamétsarim sont également propices à cette prise de conscience. En définitive, la reconstruction du Temple ne dépend que de nous ! Rav Daniel Scemama Magazine I n°370

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SOMMAIRE Daniel Scemama 03 Rav L'Édito - Nous avons retrouvé la terre... pas le Temple 07 Actualités 14 Réflexion Israël, la seule terre qui reconnaît ses enfants

18 Hommage Rabbi Amos Goeta - Portrait d’un homme qui fuyait les honneurs

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Culture Se préparer aux Kinot de Tich’a Béav

Benhamou 22 Binyamin À Tich'a Béav, je pleure notre fierté nationale : l’époque du Beth Hamikdach !

Yehonathan Gefen 25 Rav Parachat Dévarim - L’honnêteté dans les affaires prouve la conscience du divin

27 Shabatik 31 Histoire Le rabbin de Géorgie contre Staline 33 Flash Chabbath juive 34 Histoire Les ultimes jours de la Jérusalem du Second Temple Ron Chaya 38 Rav Ben Hamétsarim : La parole, une arme à double tranchant !

juive 42 Vie Études autorisées le 9 Av

44 Devinettes sur la Paracha Jonathan Mergui 46 Rav Le message d'un rabbin d'Herzliya 48 Femmes "La Cacheroute gâche ma vie de famille !" 50 Questions au Rav Paracha pour les enfants 52 LaLa remarque qui fait du bien 54 Recette Couscous revisité aux légumes rôtis

Responsable publication David Choukroun Rédacteurs Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Rav Chalom Guenoun, Binyamin Benhamou, Binyamin Tagger, Rav Yehonathan Gefen, Rav Nathaniel Mimoun, Sarah Kisielewski, Rav Ron Chaya, Rav Gabriel Dayan, Rav Jonathan Mergui, Nathalie Seyman, Rav Emmanuel Boukobza, Rav Mordehai Bitton, Murielle Benainous Couverture Jacky Kouhana Mise en page Dafna Uzan Secrétariat 02.37.41.515 Publicité Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306 Distribution diffusion@torah-box.com Remarques & commentaires magazine@torah-box.com Abonnement torah-box.com/magazine

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sous la responsabilité de leurs annonceurs  Ne pas lire pendant la prière  Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle


15 juillet 1er Av

JEU

16 juillet 2 Av

Daf Hayomi 'Houlin 77 Michna Yomit Kélim 17-16

VEN

Roch 'Hodech

Daf Hayomi 'Houlin 76 Michna Yomit Kélim 17-14

17 juillet 3 Av

Daf Hayomi 'Houlin 78 Michna Yomit Kélim 18-1

SAM

MER

CALENDRIER DE LA SEMAINE

18 juillet 4 Av

Parachat Dévarim

DIM

19 juillet 5 Av

Daf Hayomi 'Houlin 80 Michna Yomit Kélim 18-5

LUN

20 juillet 6 Av

Daf Hayomi 'Houlin 81 Michna Yomit Kélim 18-7

MAR

Daf Hayomi 'Houlin 79 Michna Yomit Kélim 18-3

21 juillet 7 Av

Daf Hayomi 'Houlin 82 Michna Yomit Kélim 18-9

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Entrée

19:05

19:27

19:27

19:27

Sortie

20:26

20:29

20:28

20:29

Zmanim du 18 Juillet Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Nets

05:46

05:47

05:48

05:46

Fin du Chéma (2)

09:15

09:17

09:17

09:16

'Hatsot

12:45

12:47

12:48

12:47

Chkia

19:44

19:46

19:46

19:47


ACTUALITÉS Israël et les États-Unis renforcent leur coordination face à l’Iran Israël et les États-Unis préparent plusieurs scénarios d’opérations conjointes face aux tensions croissantes avec l’Iran. Tsahal maintient un niveau de préparation élevé et poursuit sa planification avec les forces américaines. Parmi les options étudiées figure une

intensification des frappes américaines contre des objectifs iraniens, à laquelle Israël pourrait être associé. Cette coordination intervient alors que Washington et Jérusalem redoutent une nouvelle escalade régionale provoquée par Téhéran.

Israël : Les législatives fixées au 27 octobre

Les prochaines élections législatives israéliennes se tiendront le 27 octobre, a

annoncé la Knesset. Le scrutin aura lieu à la date prévue, une première depuis 1988, tandis que le gouvernement Netanyahou deviendra le premier à achever un mandat complet depuis 1973. La Knesset sera dissoute automatiquement le 17 juillet. Ce vote, le premier depuis le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, s’annonce décisif pour Binyamin Netanyahou, qui brigue un nouveau mandat.

Magazine I n°370

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ACTUALITÉ Golfe : Le ton se durcit contre l’Iran Face aux attaques répétées de l’Iran et aux menaces visant les dirigeants du Golfe, le ton change dans la région. Un ancien parlementaire émirati a affirmé qu’il n’y avait “aucune confiance” à accorder à Téhéran, appelant à lui “donner une leçon sévère”. Selon lui, les

Gardiens de la révolution ne comprennent que le langage de la force. Ces propos interviennent après l’attaque d’un port à Oman, peu après une visite du ministre iranien des Affaires étrangères, et alors que les menaces iraniennes visent aussi les Émirats, Bahreïn et le Koweït.

Iran : Paris exclut toute levée des sanctions Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réaffirmé la fermeté de Paris face au régime iranien. Interrogé sur BFM TV/RMC après des menaces relayées par un quotidien ultraconservateur iranien visant notamment Emmanuel Macron et la France, il a refusé de commenter directement

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Magazine I n°370

ces propos, mais a rappelé que Téhéran n’avait “aucune intention bienveillante” envers Paris. Le chef de la diplomatie a exclu toute levée des sanctions tant que l’Iran n’aura pas renoncé à son programme nucléaire, à ses missiles balistiques, à ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient et à la répression de sa population.


L’UE envisage des sanctions contre les localités israéliennes de Judée-Samarie

Décès de Lindsey Graham, grand ami d’Israël Le sénateur républicain Lindsey Graham est décédé soudainement samedi soir à l’âge de 71 ans. Selon les

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne examinent plusieurs pistes pour limiter les échanges commerciaux avec les localités israéliennes de Judée-Samarie. Selon Reuters, trois options sont sur la table : licences d’importation, droits de douane rédhibitoires ou interdiction totale des produits concernés. Aucune décision n’est attendue dans l’immédiat, les VingtSept restant très divisés sur la question. Israël rejette fermement cette position et rappelle que la Judée-Samarie est un territoire disputé.

premières conclusions médicales, il aurait succombé à une dissection de l’aorte liée à une maladie cardiovasculaire. Figure influente du Sénat américain et proche de Donald Trump, Lindsey Graham était considéré comme l’un des plus grands soutiens d’Israël

à

Washington.

Son

engagement

constant en faveur de l’État hébreu avait fait de lui un interlocuteur majeur des dirigeants israéliens. Binyamin Netanyahou envisagerait de se rendre à ses obsèques aux États-Unis.

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ACTUALITÉ Pays-Bas : Slogans antisémites après l’élimination du Maroc Des

7 octobre : Sinwar envisageait une riposte nucléaire

supporters

marocains ont scandé des slogans antisémites et pro-'Hamas dans les rues de La Haye, après l’élimination de leur équipe face à la France au Mondial. Selon i24NEWS, des cris comme “Les Juifs au gaz” ou “Les Juifs sont un cancer” ont été rapportés. La foule s’était rassemblée devant un centre médical, pensant viser un lieu où séjournaient des Israéliens. Des bénévoles communautaires sont intervenus, avant l’arrivée de la police, qui a dispersé le rassemblement.

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Un document manuscrit récemment dévoilé et attribué à Yé'hya Sinwar révèle que le chef du 'Hamas avait anticipé plusieurs scénarios de riposte israélienne avant l’attaque du 7 octobre 2023, jusqu’à évoquer une possible réponse nucléaire. Selon i24NEWS, la note, rédigée en août 2022, détaille les préparatifs d’une vaste offensive visant à pénétrer en Israël, prendre le contrôle de zones stratégiques et capturer des otages. Sinwar misait sur l’effet de surprise et le chaos initial pour mener l’opération à bien.


ACTUALITÉ Guiv'at Zeev officiellement reconnue comme ville La localité de Guiv’at Zeev, en Judée-Samarie, a officiellement obtenu le statut de ville israélienne après la signature d’un décret par le chef du Commandement central de Tsahal, le général Avi Bluth. Fondée en 1977 et située au nord-ouest de Jérusalem, elle compte aujourd’hui près de 35 000 habitants.

Cette reconnaissance marque une nouvelle étape dans son développement et doit permettre d’adapter plus efficacement les infrastructures, les services municipaux et l’aménagement urbain à sa forte croissance démographique. Guiv’at Zeev rejoint ainsi le cercle des villes israéliennes à part entière.

Au front ukrainien, des soldats juifs renouent avec la Brit Mila

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En Ukraine, plusieurs dizaines de soldats

pour organiser sa circoncision au plus vite.

juifs mobilisés sur le front demandent à

Depuis, d’autres militaires ont formulé la

accomplir la Brit Mila, dans un élan de retour

même demande, affirmant vouloir renforcer

aux racines en pleine guerre. Le mouvement

leur lien avec la tradition juive et bénéficier

aurait commencé il y a un mois et demi,

du mérite spirituel de cette Mitsva, affirmant

lorsqu’un soldat juif basé près de Soumy, dans

vouloir "mourir en tant que Juifs" si jamais la

le nord du pays, a sollicité le Rav de la ville

chose devait se produire.

Magazine I n°370

Elyssia Boukobza


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RÉFLEXION par Rav Chalom Guenoun Israël, la seule terre qui reconnaît ses enfants Comment la Torah pouvait-elle prédire que la terre serait désolée, que l’étranger n’y ferait pas moisson ? Une telle prévision est-elle envisageable pour une terre censée ruisseler de lait et de miel ? Beaucoup d’historiens font le même constat de la terre biblique en ruine… jusqu’à ce que se réalisent les prophéties du retour !

Prédites longtemps avant qu’elles ne se réalisent dans leurs moindres détails, les prophéties de la Torah nous dévoilent l’aspect divin de la Torah. La Torah et les prophètes regorgent de textes stupéfiants sur l’abondance ou, au contraire, sur l’absolu dénuement censés caractériser la terre d’Israël en fonction de nos actions. Les prophéties de désolation de la terre d’Israël "Je ferai de vos villes des ruines, de vos lieux saints une solitude, et Je ne respirerai point vos pieux parfums. Puis, Moi-même, Je désolerai cette terre, si bien que vos ennemis, qui l’occuperont, en seront stupéfaits. Et vous, Je vous disperserai parmi les nations, et Je vous poursuivrai l’épée haute, votre pays restera solitaire, vos villes resteront ruinées" (Vayikra 26, 31-33) "Ainsi parle l’Éternel : de nouveau, on entendra dans ce lieu-ci qui, dites-vous, est ruiné, privé d’hommes et d’animaux, dans les villes de Juda et les rues de Jérusalem, désolées faute d’hommes, faute d’habitants et faute de bétail" (Yirmiyahou 33, 10) Na’hmanide, qui a vécu il y a plus de 750 ans, commente le verset "et vos ennemis en seront stupéfaits" ainsi : "C’est une nouvelle positive concernant tous nos exils. Car notre terre n’accueillera point nos ennemis, et c’est également une preuve de la Providence divine : 14

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tous ceux qui essayeront de s’y installer et de la faire fructifier n’y parviendront point." Ainsi, la Torah nous dévoile des siècles auparavant que nous serons exilés, mais que notre terre ne laissera pas les étrangers la cultiver de manière significative. Ainsi, en 1867, l’écrivain Mark Twain témoigne, à son retour d’un voyage en Israël, dans son livre "The Innocents Abroad" : "Il me semble que de tous les pays ayant un sombre paysage, la terre d’Israël détient la palme. Les collines sont chauves, les couleurs sont fanées, et ses formes sont loin d’attirer l’attention. Les vallées sont désertiques, décorées d’une nature pauvre dont la vue inspire tristesse et désespoir…" Le Ramban lui-même, lors de son voyage en Terre Sainte, écrivit à son fils en ces termes : "Que puis-je te dire au sujet de la terre ? Grande est sa désolation autant que sa ruine, ainsi est la règle, tout celui qui est plus saint que son prochain est plus sujet à la ruine. Jérusalem est plus en ruine que les autres, la terre de Juda plus que celle de la Galilée." Comment la Torah pouvait-elle prédire que la terre serait désolée, que l’étranger n’y ferait pas moisson ? Une telle prévision est-elle envisageable pour une terre censée ruisseler de lait et de miel ? Beaucoup d’historiens font le même constat de la terre biblique en ruine… jusqu’à ce que se réalisent les prophéties du retour !


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RÉFLEXION par Rav Chalom Guenoun Les prophéties de retour vers la terre d’Israël Après avoir prédit, contre toute logique, que le peuple juif sortirait d’Israël et que personne ne s’y installerait en masse, la Torah prédit que le peuple reviendra sur la terre, et qu’alors, la terre redonnera ses fruits comme auparavant !

Israël demeure aussi un leader en matière d’innovation agricole. Dans le secteur de la mangue, par exemple, les exportations israéliennes ont atteint 16 400 tonnes en 2024, soit une hausse de 14 % par rapport à 2023. Épiphénomène tout à fait singulier puisqu’au début des années 1980, il n’y avait pas un seul manguier en Israël ! (Ynet 01.09.12)

"

"L’Éternel, ton D.ieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et Il te rassemblera du sein La grandeur et la des peuples parmi lesquels décadence de notre Il t’aura dispersé." (Dévarim 30, 3)

Sur le retour de l’exil, Jérémie prophétise : "(on entendra) des accents d’allégresse, des cris peuple, ainsi que de joie, le chant du celle de notre terre, fiancé et le chant de la ont été relatées dans fiancée…" (Yirmiyahou 33, 11)

Et dès ce moment-là, des événements miraculeux sont annoncés : "Et vous, montagnes d’Israël, vous les textes sacrés À ce sujet, quelques chiffres donnerez votre frondaison et vous porterez votre fruit pour : au 31 décembre 2025, la par l’Éternel Mon peuple d’Israël, car il est près de population d’Israël était estimée à 10,178 millions d’habitants. Le taux de revenir. (…) Les villes seront repeuplées et les ruines rebâties. (…) Je vous repeuplerai comme fécondité était de 3,06 enfants par femme dans les temps d’autrefois et vous ferez plus de chez les femmes juives, contre 2,75 chez les bien qu’à vos débuts, vous saurez ainsi que Je femmes musulmanes, et 2,86 pour l’ensemble de la population. suis l’Éternel" (Yé’hezkel 36, 8-11) Selon Rabbi Abba, ces événements décrivent les temps pré-messianiques (Sanhédrin 98a). D’une précision sans équivoque, le verset dit que, "près de revenir", la terre donnera déjà ses fruits au peuple arrivant ; et dans les faits, nous savons bien que dès l’arrivée des pionniers, les kibboutzim agricoles se développèrent rapidement. C’est d’ailleurs à ce momentlà que fut créée la société Jaffa Orange, qui exporta alors ses oranges vers toute l’Europe. Aujourd’hui, avec le retour en masse des Juifs sur leur terre, nous sommes témoins d’un développement remarquable de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire israéliennes, qui exportent partout dans le monde. Selon les données récentes, les exportations agricoles et alimentaires d’Israël ont atteint 2,8 milliards de dollars en 2024 ! 16

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Terre & peuple : une relation spéciale La grandeur et la décadence de notre peuple, ainsi que celle de notre terre, ont été relatées dans les textes sacrés par l’Éternel, qui maîtrise parfaitement la trame de l’histoire humaine, prédisant avec exactitude les événements à venir pour Sa nation. Divulguant, par là, que Son palais – la terre d’Israël – est une terre singulière, reconnaissant le peuple de D.ieu, le rejetant si son comportement n’est pas conforme au dessein divin, ainsi qu’il est dit : "Craignez que cette terre ne vous vomisse si vous la souillez…" (Vayikra 18, 28), mais offrant à celui qui y respecte la Torah le loisir de louer l’Éternel pour toutes les bénédictions qu’Il déversera sur lui dans cette terre. Rav Chalom Guenoun


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HOMMAGE Rabbi Amos Goeta Portrait d’un homme qui fuyait les honneurs L’assassinat de Rabbi Amos Goeta, dans sa propre Yéchiva à Natanya, a bouleversé le monde juif. Figure discrète, grand kabbaliste fuyant les honneurs qui avait fondé sa Yéchiva dans un quartier sensible, Rav Amos consacra sa vie aux jeunes perdus, aux âmes en peine et aux plus démunis. L’annonce a stupéfié la communauté : Rabbi Amos Goeta est décédé tragiquement ce mercredi 1er juillet 2026 à l’âge de 75 ans dans sa propre Yéchiva, à Natanya en Israël. Une nouvelle qui a suscité une vague d’émotion, mais qui a aussi révélé un homme que l’on connaissait finalement assez peu. Considéré comme l’un des grands kabbalistes de notre génération, il fuyait les honneurs et interdisait que l’on publie sa photo. Chaque année, des milliers de personnes venaient le consulter, en quête d’un conseil, d’une bénédiction, ou simplement d’un peu d’espoir. Éléments biographiques Rabbi Amos est né en Libye le 19 Adar 1951. Lors de son immigration en Israël, il s’est d’abord installé dans le quartier Chikoun Séla, à Natanya, avant de déménager dans celui de Chikoun Vatikim, puis de s’établir définitivement à proximité de la rue Einstein, à quelques pas de sa maison d’étude, toujours à Natanya. Ses débuts l’ont conduit vers des voies bien éloignées de celles qu’on lui connaîtra plus tard : il a exercé comme facteur et entrepris des études de médecine pendant environ quatre ans, avant de se renforcer spirituellement et d’abandonner ce cursus pour se consacrer exclusivement à D.ieu et Sa Torah. Il a alors rejoint le Collel "Or Hatorah" où il a étudié notamment auprès de Rabbi Chimon Gabay, 18

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une figure majeure du monde toranique de Natanya. Un bâtisseur de vies Plusieurs Avrékhim du centre d’étude de Torah-Box à Jérusalem en témoignent aujourd’hui : c’est chez Rabbi Amos que tout a commencé pour eux — une vie de Torah, un foyer, une famille. Et ces témoignages ne sont pas isolés. C’est là toute la singularité de sa Yéchiva. On y trouvait, bien sûr, des étudiants sérieux. Mais on y trouvait surtout ceux dont plus personne ne voulait : des jeunes sans toit, des garçons rejetés par leur famille, d’anciens marginaux, des personnes en grande souffrance psychique. C’était précisément vers eux que Rabbi Amos se tournait. Quelques histoires parmi tant d’autres - Un samedi soir, on lui amène un homme dans un état de détresse profonde, sous traitement médicamenteux lourd. L’homme lui dit simplement : "Rabbi, je veux me marier." Il ne demande ni bénédiction, ni Ségoula. Rabbi Amos lui répond : "Va nettoyer toute la vaisselle de la Yéchiva." L’homme s’attend à quelques assiettes… Il découvre 200 assiettes et des marmites immenses ! Il y passe la nuit entière, jusqu’au


lever du jour. Rabbi Amos le regarde faire, puis passe à autre chose.

pas Cachère — on ne va pas profiter de quelque chose d’interdit !"

Quelques semaines plus tard, on présente à cet homme une jeune fille. Cinq rencontres suffisent. Ils se marient. Aujourd’hui, cet homme vit à Jérusalem, a fondé une famille, étudie, travaille — et n’a plus besoin des médicaments qu’il prenait alors. Rabbi Amos lui a rendu la vie.

Quand cet ami est allé voir Rabbi Amos peu après, le Rav l’a regardé et lui a dit, sans qu’on ne lui ait rien raconté : "Je lui ai dit de ne pas conclure l’affaire."

Au-delà des récits extraordinaires que l’on raconte souvent sur les grands Tsadikim, c’est peut-être ailleurs que se trouve l’essentiel : les gens Une autre anecdote circule, Les gens importants, riches ou influents tout aussi marquante. Un l’impressionnaient pas. En homme venu de France lui importants ne nerevanche, un jeune qui venait rend visite mais s’inquiète de lui dire simplement "Rabbi, j’ai l'impressionnaient rater son vol. Rabbi Amos obtenait immédiatement lui dit simplement : "Reste." pas. En revanche, faim" un repas, un lit, une oreille L’homme insiste, mais Rabbi attentive, un peu d’espoir. un jeune qui Amos répète : "Reste". Puis, Là où d’autres voyaient un finalement, il lui annonce : venait lui dire problème, lui voyait une âme. "Maintenant, tu peux partir." simplement Arrivé à l’aéroport, l’homme Deux disparitions, un même découvre que son avion a trois héritage "Rabbi, j'ai heures de retard… faim" obtenait En l’espace de quelques jours, Un homme m’a raconté que le peuple juif vient de perdre son père a fait un arrêt cardiaque. immédiatement deux géants : Rabbi Amos Goeta Les médecins ont constaté son un repas... et le Rav Ron Moché Chaya. Deux hommes que tout semblait opposer décès, et son corps a été placé en — l’un fuyant toute médiatisation, chambre froide. Puis, Rabbi Amos est entré. Il a fait sortir tout le monde de la pièce, l’autre utilisant pleinement les outils modernes est resté seul avec lui — et son père est revenu pour diffuser la Torah. Et pourtant, ils accomplissaient la même mission : relever des à la vie... Juifs éloignés, leur redonner confiance et les Un ami en France avait l’habitude, avant rapprocher d’Hachem. chaque grande affaire, de demander la bénédiction de Rabbi Amos par téléphone, Le plus bel hommage que l’on puisse peut-être par l’intermédiaire d’un ami sur place. Un jour, leur rendre n’est pas seulement de parler d’eux, une très belle opportunité se présente : une mais de prolonger, chacun à son niveau, un affaire de vin. Il demande à son ami de poser la fragment de leur mission : inviter une personne à un cours de Torah, redonner espoir à qui question au Rav. traverse une période difficile. Le lendemain matin, il rappelle son ami, qui Rabbi Amos et Rav Ron Chaya nous auront lui répond, gêné : "Excuse-moi, je n’ai pas eu montré qu’une seule personne peut changer le temps de demander au Rav." Mais l’autre la vie de milliers d’autres. À nous, désormais, répond : "Ce n’est pas la peine. Le Rav est venu d’essayer d’en changer au moins une. me voir cette nuit, dans mon rêve. Il m’a dit de Binyamin Benhamou ne pas faire cette affaire, parce que ce vin n’est

"

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CULTURE par Binyamin Tagger Se préparer aux Kinot de Tich’a Béav Quasiment toutes les Kinot se terminent par des paroles de consolation et d’espérance : car c’est du deuil lui-même que le peuple juif puise sa force de résilience ; la destruction quelle qu'elle soit, personnelle ou collective, n’est jamais le bout du chemin ! Comme tous les grands (ou moins grands !) événements du calendrier hébraïque, la journée de Tich’a Béav nécessite une préparation : comprendre l’événement, en saisir le sens et les enjeux, et en connaître au préalable le déroulement. S’agissant de ce jeûne redoutable, vient en outre s’ajouter un exercice souvent difficile : un temps considérable y est en effet consacré à la récitation de Kinot ou Lamentations. Et cet exercice est difficile, car si nous ne sommes guère accoutumés à exprimer des lamentations, nous avons encore moins l’habitude de leur langage poétique, d’une telle richesse lexicale que leur lecture peut parfois nous faire problème.

auteurs se sont lamentés sur les douleurs de l’exil, les persécutions, les expulsions et les pogroms qui ont frappé les Juifs en terre de chrétienté comme en terre d’Islam. On peut alors distinguer quatre thèmes récurrents : Le ‘Hourban, c’est-à-dire les destructions successives de Jérusalem et des deux Temples et, à leur suite, le départ en exil du peuple juif.

"

Le martyre aux mains des Romains des plus grands maîtres de l’époque, désignés sous le nom des "dix victimes du royaume impie", notamment dans la célèbre Kina "Elé Ezkera".

terribles massacres De nombreux Les perpétrés par les Croisés sur messages sont leur route vers Jérusalem, notamment à l’encontre des véhiculés par ces grandes communautés des bords textes ancestraux : du Rhin (Mayence, Worms) et du Aux origines nord de la France, en 1096. Ou ils nous semblent le brûlement du Talmud, comme Les Kinot sont un corpus de poèmes liturgiques rédigés au pourtant évoquer celui de Paris en 1242. Ou encore la poignante élégie sur le cours des siècles, afin d’exprimer martyre des Juifs de Blois, le 20 parfois des à l’origine la douleur du deuil Sivan 1171. national face à la destruction des réalités bien deux Temples, à la même date Hors des communautés de fatidique du 9 Av ; mais dans proches et même l’aire achkénaze, d’autres Kinot la suite des générations, sous viennent pleurer les affres de actuelles. le coup des épreuves qui ont l’Exil en terre d’Islam ou celles de

Alors que pouvons-nous savoir de ces Kinot et de leurs rédacteurs ? Quelles réflexions peuvent-elles nous inspirer ?

frappé le peuple d’Israël dans ses nombreuses Galouyot (communautés en exil) à travers le monde, d’autres lamentations sont venues s’y ajouter. Depuis l’époque des Guéonim (du 7e au 11e siècle de l’ère courante, dans une aire géographique allant essentiellement de la Babylonie à Erets Israël et à l’Égypte), leurs 20

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l’expulsion, en 1492, des Juifs d’Espagne. Les auteurs Ces textes impressionnants, tant par leurs qualités littéraires que, surtout, par la force des émotions et du deuil national qui s’y expriment, ont été composés par des auteurs divers et en des lieux divers. Mais le plus


Spécial 9 Av important et le plus renommé, sans doute aussi le plus ancien (6e-7e siècle de l’ère courante), est assurément Rabbi Él’azar Hakalir, l’un des plus grands poètes liturgiques d’Erets Israël. Ses œuvres constituent l’essentiel des Kinot du monde achkénaze. Mais on y retient aussi les noms de Rabbi Él’azar de Worms ou de Rabbi Kalonymos Ben Yéhouda. Dans le monde séfarade, les textes de Rabbi Yéhouda Halévy et de Rabbi Chlomo Ibn Guevirol occupent une place de choix. Il existe cependant des variantes nombreuses, depuis les communautés d’Afrique du Nord jusqu’à celles d’Orient ou du Yémen. Notons que de nombreuses Kinot ont été rédigées très rapidement au lendemain de la Shoah. Mais il y a toujours débat sur le fait de les intégrer ou non dans les recueils traditionnels : concrètement, seules quelques communautés, essentiellement ‘hassidiques, en font la récitation. Les plus célèbres sont certainement celle composée par Rabbi Yéhouda Leib Byaler "Éli, Éli Nafchi Békhi", et celle de Rabbi Chlomo Halbershtam "Zikhrou Na Vékonenou".

juif puise sa force de résilience et d’attente active de la Guéoula finale ; le ‘Hourban quel qu’il soit, personnel ou collectif, n’est jamais le bout du chemin ; il n’est qu’une étape, certes douloureuse, vers le terme ultime de cette longue marche, entamée il y a plus de trois mille ans, au pied du mont Sinaï. Et c’est le jour même de Tich’a Béav que naît le Machia’h. Ajoutons un dernier point, mis en valeur par nos plus grands Maîtres : réciter les Kinot de ce jour redoutable, ce n’est pas se plonger et s’enfermer dans l’affliction et la douleur, dans une autoflagellation stérile. C’est apprendre la puissance rénovatrice du deuil, c’est plonger dans les profondeurs de notre identité afin de se sentir plus que jamais maillon d’une chaîne prodigieuse, afin de mériter enfin la réalisation des promesses prophétiques et vivre concrètement l’enseignement de nos Sages : "Quiconque prend le deuil de Yerouchalayim mérite de la voir dans la joie". Binyamin Tagger

Thématiques et points de réflexion De nombreux messages sont véhiculés par ces textes ancestraux : ils nous semblent pourtant évoquer parfois des réalités bien proches et même actuelles. Ce qui s’impose tout d’abord, c’est que dans la vision de l’histoire du peuple d’Israël exposée par ces grands Maîtres, la notion de ‘Hourban ne peut se restreindre à un événement ponctuel, aussi traumatique soit-il, tel que la destruction du Second Temple et de Jérusalem il y a près de deux mille ans. Persécutions et massacres, pogroms et expulsions s’inscrivent dans une longue chaîne d’épreuves, qui scandent la marche du "peuple éternel" sur sa route faite de montées sublimes et de descentes tragiques, vers la réalisation des promesses divines et la venue du Machia’h. Et il est impressionnant de constater que quasiment toutes les Kinot se terminent par des paroles de consolation et d’espérance : car c’est du deuil lui-même que le peuple Magazine I n°370

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Le billet de Binyamin Benhamou À Tich'a Béav, je pleure notre fierté nationale : l’époque du Beth Hamikdach ! Le jour de Tich’a Béav, je reçois énormément de messages : "Est-ce qu’on a le droit de préparer nos bagages pour les vacances ?", "On a le droit d’aller se promener ?", "On a le droit de se teindre les cheveux ?" Comment peut-on poser de telles questions ?

La destruction du Second Temple de Jérusalem eut lieu il y a plus de 2000 ans. Cela remonte certes à des temps reculés, mais cet événement est extrêmement chargé de sens pour notre peuple. Nous le commémorons chaque année lors d’un jour national de deuil, le 9 Av ; plus que cela, nous le rappelons chaque jour dans nos prières… À l’approche de ce jour redoutable, cette année essayons de ne pas vivre Tich’a Béav de manière enfantine. Préparons-nous. Si nous récitons ce jour-là les Kinot, les Lamentations, ces paroles du prophète Jérémie qui décrivent la destruction, la souffrance et la détresse du peuple, à la synagogue assis à même le sol comme notre peuple le fait chaque année depuis des millénaires, c’est déjà bien. Les comprendre, c’est encore mieux. Mais le mieux est de réfléchir profondément à ce que nous avons perdu. Le roi Salomon écrit : "Il y a un temps pour tout [...] un temps pour pleurer et un autre pour rire." (Kohélet 3, 1-4) Tich’a Béav est le temps des pleurs : plus on prend le deuil, plus on atteint la perfection. Ce n’est donc pas le moment de regarder sa montre pour savoir dans combien de temps on 22

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pourra enfin consommer son gâteau tunisien, ce n’est pas non plus le moment (D.ieu préserve) de se désolidariser de son peuple en visionnant des films ou en passant sa journée au lit pour "tuer le temps". Le jour de Tich’a Béav, je reçois un nombre incalculable de messages : "Est-ce qu’on a le droit de préparer nos bagages pour les vacances ?", "On a le droit d’aller se promener ?", "On a le droit de se teindre les cheveux ?" Comment peut-on poser de telles questions ? On passe à côté de l’essence du 9 Av ! Un jour à l’époque du Temple En ce jour, nous devons réfléchir à l’essence même du Temple. Lorsque le roi Salomon construisit le Beth Hamikdach, la Présence divine emplissait l’espace. D.ieu résidait parmi nous : une simple visite à Jérusalem transformait la personne qui y passait. Le Temple était notre fierté, il était impensable qu’il puisse être détruit, mais malheureusement ce jour tant redouté finit par arriver. Souvenons-nous du Sanhédrin, cette assemblée composée de 71 Sages à partir de laquelle l’ensemble de la Torah se répandait dans le peuple. Nous avions les Prophètes, ces guides


Spécial 9 Av capables de nous révéler la vérité sur nousmêmes et de nous replacer sur le droit chemin. Nous connaissions le bonheur national de voir tout le peuple se rendre à Jérusalem trois fois par an dans l’intention d’approcher un sacrifice à D.ieu. Les Juifs étaient vêtus de leurs plus beaux apparats, ils jouaient des instruments de musique, chantaient en chemin. Ils étaient rejoints par un autre groupe d’une autre ville qui jouait également de la musique, et tous les habitants de chaque ville se réunissaient dans l’allégresse. Certes, les routes étaient quelque peu encombrées, mais personne ne s’en plaignait, tout le monde était heureux. On oubliait le temps ; personne ne voyait les minutes défiler. Les gens consommaient ensuite la viande des sacrifices accompagnée de vin, tous dansaient, l’esprit de D.ieu reposait sur quelques-uns d’entre eux qui, ensuite, prophétisaient. Les gens vivaient des expériences spirituelles intenses : à Souccot par exemple, ils dansaient 7 jours et 7 nuits sans interruption, animés par le service divin. Les fruits de la terre d’Israël étaient de toute beauté, les nations reconnaissaient la suprématie et la sagesse d’Israël, elles venaient à nous pour solliciter notre aide et non pas pour nous opprimer. Et nous ne parlons même pas du niveau spirituel des Juifs de l’époque… Le Gaon de Vilna disait qu’il était certes capable d’appréhender quelque peu la grandeur d’un Sage du Talmud, mais certainement pas celle d’un simple Juif au temps du Temple qui se levait le matin immaculé de toute faute, puisque celles-ci étaient effacées par le Korban Tamid, le sacrifice perpétuel. La marque de cette époque était la vraie joie qui n’était comparable à aucune autre. Se remémorer pour reconstruire Malheureusement, la maison de D.ieu fut la proie des flammes… Nos ennemis détruisirent notre Sanctuaire, nous ont ridiculisés, incendiés, assassinés, profanés, et notre fierté s’est envolée. Plus tard, de fausses doctrines religieuses ont été inventées et se sont moquées de nous. On nous a faussement accusés de tous les maux, et

comme nous nous trouvions en exil, loin de notre terre, nous avons gardé le silence. Au lieu de vivre dans l’ombre du Temple, nous avons vécu dans l’ombre des maisons d’idolâtrie. Un pape après l’autre émettait des décrets antisémites. Lors de Tich’a Béav, lorsque vous serez à terre, gardez bien en tête tout ceci. Nous commençons par nous remémorer et pleurer l’époque passée, celle du Temple que nous aimerions tant revivre… C’est la première chose à faire. Passons maintenant à la seconde étape à entreprendre en parallèle : reconstruire ! Quand nous ressentons intensément la perte d’un objet, nous faisons tout pour le remplacer. A l’époque de la destruction du Temple, alors que le Temple se consumait, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï rencontra et obtint du général romain Vespasien la petite ville de Yavné, où il fonda un centre d’étude, qui permit la préservation et la transmission de la Torah après la destruction du Temple. Comment ce Sage était-il capable de penser à rebâtir, alors qu’il était probablement en proie au désespoir suite à cette tragédie ? Saisir le sens du deuil, c’est déjà préparer l’avenir. Alors qu’il aurait été logique qu’il sombre dans le désespoir à la vue de ses frères meurtris et de sa ville anéantie, Rabban Yo’hanan, bien que très âgé, encouragea déjà les autres à semer l’avenir avec lui. Il avait déjà nommé Rabban Gamliel comme jeune Nassi, chef spirituel. C’est de cette même manière que nous portons le deuil aujourd’hui : l’après-midi du jeûne, au moment même où le Temple était consumé par les flammes, nous pouvons de nouveau nous asseoir sur une chaise et non plus à même le sol. Au moment de notre affliction la plus profonde, nous préparons l’avenir en avançant. Le Temple immatériel est indestructible Rabbi Yéhouda Hanassi, qui se trouvait à Beitar, entreprit une tâche titanesque. Il rassembla tous les Sages vivants et ordonna et compila toute la tradition orale de la Torah. À Babylone, Abayé, Rava, et Rav Achi bâtirent à leur tour un nouveau Temple en compilant la Torah orale, le Talmud, classé en différents traités. Voyez chaque page du Talmud comme une pierre dans l’édifice du Temple. Dans leur peine, nos Sages Magazine I n°370

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Le billet de Binyamin Benhamou C’est cela, la construction concrète du Temple aujourd’hui : "Ce type d’enfant est sculpté dans le modèle du palais" (du Temple !). Une femme Car finalement, qu’espère-t-on de la Délivrance a donné sa vie pour élever ses enfants dans la finale, du Machia’h ? D’habiter en "Izraël" ? De Torah, elle s’est assurée que son mari étudie et consommer les juteuses oranges de Jaffa ? De ne perde pas son temps, elle a encouragé chacun flotter dans la mer Morte ? De manger des à bien se comporter. Le mari a travaillé de falafels bien garnis ? Maïmonide enseigne longues heures pour payer les frais d’étude que de la Délivrance, nous et veiller sur ses enfants, à ce attendons d’être libérés du joug Chaque page du qu’ils apprennent toutes les lois des Nations pour enfin accéder à la perfection de l’esprit, pour être Talmud, voyez- et les appliquent. Le Talmud enseigne que c’est comme s’ils enfin libres d’étudier la Torah et de la comme une reconstruisaient le Temple. travailler à l’acquisition de notre (Pessa’him 87a) monde futur. Car aujourd’hui, pierre du Temple. érigèrent un Temple immatériel, accessible uniquement par l’étude de la Torah.

"

nous sommes toujours sujets des Nations : en tant que contribuables, nous participons au financement de nombre d’idées et de pratiques immorales d’après la Torah. Nos impôts servent à diffuser la théorie de l’évolution, à permettre aux enfants de choisir s’ils préfèrent être un homme ou une femme, certains se considèrent même non-genrés, se disant être animal... Bref, nous finançons la décadence du monde ! Espérer en la Délivrance finale et en l’avènement du Machia’h, c’est œuvrer pour retrouver la pureté d’antan de la terre d’Israël et du peuple d’Israël. Finis les séries TV et les films, ça n’existera plus. Finis les sodas sucrés ou gorgés d’aspartame possiblement cancérigène, vous ne consommerez plus que des aliments et des boissons saines pour votre corps. Les femmes joueront leur rôle de femmes, et les hommes leur rôle d’hommes, dans une parfaite complémentarité. Pour notre part, nous nous devons de rebâtir le Temple à l’intérieur de nous. Ainsi que le dit le roi David (Téhilim 144, 12) et que l’explique le Talmud (Pessa’him 87a), nos enfants sont comparables à des plants : lorsqu’on les arrose, ils deviennent de beaux arbres, de beaux garçons humbles et réservés qui étudient la Torah et d’agréables filles pudiques, loin de la faute et la perversité. 24

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Pourquoi le Talmud enseigne-til que "Lorsque l’on réjouit les mariés (dans un mariage Cachère, hommes et femmes chacun de son côté), c’est une manière de reconstruire les maisons détruites de Jérusalem" ? Parce que, à l’époque, en plus du Temple détruit, ce sont les familles juives d’un très haut niveau de sainteté qui furent anéanties ! Rav Miller disait qu'aujourd'hui, à chaque mariage entre deux juifs Cachères, nous devrions être des centaines de milliers à nous réunir dans un stade pour y participer, pour témoigner de l’importance et de la responsabilité de leur acte. Ils sont en train de fonder un Temple miniature où la Présence divine peut reposer. Faites un beau chèque aux mariés et, si vous n’avez pas d’argent, dansez de toutes vos forces pour démontrer la valeur de leur action. Et pour ceux qui ont la chance d’être déjà mariés, ils peuvent participer à la reconstruction du Temple en améliorant leur approche du couple, en augmentant en sainteté car finalement, l’objectif du Beth Hamikdach était d’assurer la sainteté au sein du peuple. Il n’est jamais trop tard, bâtissons le Temple de cette façon et le temps viendra où D.ieu fera de nouveau régner Sa présence à Jérusalem, Amen. Binyamin Benhamou


M A G A Z I N E

Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Dévarim - L’honnêteté dans les affaires prouve la conscience du divin En dépit de toutes les justifications que l’on peut trouver pour gagner de l’argent, il faut se souvenir que tout ce qu’un Juif fait doit être basé sur ce qu’Hachem nous a transmis au mont Sinaï. "N’ayez crainte d’aucun homme, car le jugement est à Hachem." (Dévarim 1, 17) La Torah enjoint aux juges de ne pas être intimidés par les personnes influentes quand ils tranchent un Din Torah. Que signifie la raison rapportée par le verset, à savoir que le jugement est à Hachem ? Rachi explique que lorsqu’une personne vole de l’argent, elle commet une injustice qui doit être rectifiée. Hachem doit donc faire en sorte que la somme revienne au véritable propriétaire : le jugement est "placé" entre Ses mains pour rétablir l’équité. La tentation du vol L’interprétation de Rachi nous apprend également que celui qui transgresse une ‘Avéra sur le plan monétaire ne souille pas seulement ses relations Ben Adam La’havéro (interpersonnelles), mais aussi Ben Adam Lamakom, avec D.ieu. Or les gens ont tendance à adopter une attitude différente envers les Mitsvot liées à l'argent : un Juif pratiquant vérifiera le label de Cacheroute d’un aliment, et posera la question à un Rav en cas de doute, mais ce même individu agira peut-être sans se poser de questions au moment de payer ses impôts. S’il réalise que l’argent relève aussi du Ben Adam Lamakom, il sera peut-être plus motivé à faire attention. On peut facilement justifier le fait de vouloir échapper à la fiscalité, mais cela implique une

violation de Dina Démalkhouta Dina, l’injonction de suivre les lois du pays dans lequel nous nous trouvons (à condition qu’elles ne soient pas antisémites ou contraires aux valeurs de la Torah). Une femme demanda un jour au Rav Kamenetsky pourquoi sa famille ne pouvait déclarer un faux salaire pour obtenir plus de bons alimentaires, alors que tout le monde agissait ainsi dans son pays. "C’est simple", répondit le Rav, "vous étiez présentes au mont Sinaï, pas eux." Cette réponse est la première étape – et la plus importante – de la vigilance dans les affaires monétaires. En dépit de toutes les justifications que l’on peut trouver pour gagner de l’argent, il faut se souvenir que tout ce qu’un Juif fait doit être basé sur ce qu’Hachem nous a transmis au mont Sinaï. Tout vérifier Dès que l’on a l’opportunité de gagner ou d’épargner de l’argent, il faut d’abord vérifier dans le Choul’han ‘Aroukh si ce comportement est permis, plutôt que de présumer qu’il l’est. Et même si l’habitude locale est douteuse, ce n’est pas une preuve qu’elle est autorisée, même si d’autres Juifs pratiquants se comportent ainsi. La deuxième étape consiste à être conscient de la force impressionnante du Yétser Hara’ dans ce qui touche à l’argent. La Guémara nous enseigne que le vol est une tare pour laquelle le désir est très puissant. Il convient donc d’être

Supplément spécial Chabbath I n°370

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extrêmement vigilant et de placer des barrières qui nous empêcheront de trébucher. Rav Israël Salanter rendit un jour visite à un homme très riche. L’hôte dut quitter la pièce quelques instants, et laissa Rav Israël seul. Quand il revint, ce dernier n’était plus là : il le trouva debout, à l’extérieur. Rav Israël expliqua qu’il y avait dans la salle une grosse somme d’argent non comptée, et qu’il ne voulait pas rester seul avec. De même que l’interdit de Yi’houd empêche un homme de s’isoler avec une femme par peur de la débauche, il devait, à plus forte raison, éviter de s’isoler avec de l’argent, tare bien plus répandue. Si un homme comme lui ressentit ce besoin, nous devons faire preuve d’autant plus de vigilance. Nous sommes à présent dans la période des "neuf jours", durant lesquels nous pleurons la destruction du Temple et le Hester Panim (l’absence de Providence divine flagrante) qui s’ensuivit. Rav Matityahou Salomon estime que le manque de rigueur dans les affaires d’argent est une cause directe de Hester Panim. En effet, la Torah nous ordonne d’utiliser des poids et mesures justes (Dévarim 25, 13-16), et le paragraphe suivant parle de ‘Amalek (Dévarim 25, 1719). Une grande faille avec Hachem Quel rapport entre ces deux sujets ? Le Natsiv explique que tricher en affaires brise le principe de base de la Émouna et du Bita’hon (la foi en D.ieu) : celui qui est confiant qu’Hachem pourvoira à ses besoins ne désirera pas transgresser la Torah pour s’enrichir, tandis que celui qui triche montre qu’il ne croit pas en la Providence. Mesure pour mesure, Hachem dit : "Si tu agis comme si Je suis absent, Je ne serai plus à tes côtés pour te protéger." Sans aide divine, nous devenons la proie de nos ennemis. Ainsi, une négligence dans Diné Mamonot ne constitue pas seulement une transgression interpersonnelle, mais montre une sérieuse faille dans notre lien avec Hachem. Essayons d’être plus vigilants et souvenons-nous que chaque détail doit être conforme au Choul’han ‘Aroukh. Quelle récompense pour celui qui fait preuve de rigueur dans les affaires monétaires ? Le Yérouchalmi affirme que, puisque le Yétser Hara’ du vol est extrêmement puissant, le salaire de celui qui le surmonte est proportionnellement important : "Celui qui se détache du vol en tirera profit, lui et ses descendants, jusqu’à la fin des temps." (Yérouchalmi, Makot 2, 12, 9b) Puissions-nous tous mériter de voir la fin du Hester Panim et de faire entrer Hachem dans nos vies. Rav Yehonathan Gefen 26

Magazine I n°370 Supplément spécial Chabbath I n°370

Résumé de la Paracha Quarante ans après la sortie d’Égypte, Moché fait des reproches en douceur aux Hébreux en leur rappelant tout ce qu’il s’est passé pendant leur séjour dans le désert, depuis la sortie d’Égypte.

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Moché rappelle aux Bné Israël qu’ils seraient entrés en Israël immédiatement après avoir reçu la Torah sur le mont Sinaï s’ils n’avaient pas commis la faute du Veau d’or.

2

Il revient sur la nomination des juges chargés de l’épauler.

3

Il parle aussi de la faute des Explorateurs qui ont parlé négativement de la terre d’Israël. Hachem décrète la mort de cette génération qui n’entrera pas en Israël.

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À la demande d’Hachem, les Bné Israël entament un long périple dans le désert vers l’est. Ils contournent les frontières sud du mont Sé’ir jusqu’à arriver sur le territoire de Moav. Puis ils se dirigent vers le nord en longeant les terres de Moav et de ‘Amon.

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Les Bné Israël combattent Si’hon, roi de Émori et ‘Og, roi de Bachan, ils prennent possession de leurs terres.

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Moché remet ces territoires conquis aux tribus de Réouven, Gad et la moitié de Menaché, à la condition d’accompagner les Bné Israël pour livrer la guerre aux sept peuples résidant en terre de Canaan.

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SHABATIK

N°485 Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALESédité : par

USTENSILES À NE PAS OUBLIER :

Bougies de Yom Tov : s’assurer qu’elles sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

Un étui pour ranger l’Afikomane

Dévarim 5786

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Une Haggada par personne (si possible, la

1 JEU PAR ÉQUIPE

même pour tout le monde)

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de Si Pessah tombe undeux jeudi, ne pas oublier le au cours Formez équipes qui s’affronteront desl’énumération jeux des pages 1,des 2, 310etplaies 4! “Erouv Des récompenses (friandises, fruits secs,...) JEU tavchiline” pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

1

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : Les Tapis aroou Les Tomates Turbulentes MDoux 3. r 2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 poin ts pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes f du euconvaincants, 2 points pour les.Oplus 2 points pour les plus drôles) les plus forts. ( r le d

7

(rondes, faites à la main)

LE FAST DUEL

4.

Karpass 6

2

2. Épaule d’agneau 3. Maror

’ag

2.

1. 3 Matsot chemourot

au ne

au Ép

Harossè .‘ t

az

Pour chaque question, le premier qui trouve re qui répond à la H unemot (laitue romaine) t 5. question 4. Karpass (céleri) et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné. (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)

tC so at 1. M

5. ‘Hazeret

faire un peu peur > Tarentule, taureau, tigre…

Un objet qu’on trouve dans une trousse

Un animal qu’on ’e peut voir dans 8. Bla ol d mer

> Turquie, ou Tunisie, Thaïlande, ro t > Taille-crayon, Tanzanie, Tchad, > Thon, tortue de QUANTITÉS OBLIGATOIRES DEtrombone, MATSA tube & MAROR mer, turbot… Togo… de colle…

au s

Un pays

em

h

6.‘Harossèt 7. Oeuf dur animal qui peut 8. BolUn d’eau salée

alée

(laitue ou endives)

MATSA

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

Etapes du Séder Minimum Un aliment qu’on mange Standard sur le pouce Hidour (au mieux)

Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun (fin du repas) Un métier Un moyen 1 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit 2 Kazayit > Tailleur, 1 Kazayit de transport sans 1 Kazayit moteur 2 Kazayit technicien, 1 Kazayit 2 Kazayit

> Tricycle, trottinette, > Toast, tarte, tandem, traîneau, traducteur… tortilla… MAROR Etapes du Séder Maror Kore’h (sandwich) tuk-tuk (non, La quantité de Maror

1 Kazayit

moteur)... 1 Kazayit

Supplément spécial Chabbath I n°370

1

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SHABATIK

32 JEU

3

UNE FAMILLE EN OR

JEU EN ÉQUIPE (SUITE)

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point

pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Citez un animal qu’on aimerait voir en vrai mais de loin

Citez quelque chose qu’on ne prête jamais à personne

Prendre son téléphone

Lion / Requin

Sa brosse à dents

Vérifier qu’on a ses clés

Ours polaire

Son téléphone

S’habiller / mettre ses chaussures

Éléphant

Sa brosse à cheveux

Éteindre la lumière

Baleine / Crocodile

Ses sous-vêtements

Prendre son sac

Gorille

Ses chaussures

Citez quelque chose qu’on fait toujours en dernier avant de sortir de chez soi

JEU

4

JEUX EN VRAC Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• On me dresse ou on me récite par cœur.

• Escalier horizontal pour gens pressés.

> La table

> Le toboggan

• Je suis la petite case que tes doigts frappent pour écrire, et la ligne que le ballon ne doit pas franchir.

• Morceau de nuit qu’on accroche à sa fenêtre pour faire semblant que le soleil n’existe pas.

> La touche

> Le rideau

JEU

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DISCUTONS JUSQU’À ÊTRE D’ACCORD On vous propose une question et plusieurs réponses possibles. À vous de discuter pour vous mettre tous d’accord sur LA réponse qui correspond le mieux au critère indiqué. 3 points. Sinon, personne ne gagne. Si tout le monde est d’accord, chaque équipe gagne

Laquelle de ces choses emporteriez-vous en priorité si vous deviez quitter votre maison en urgence ? Votre téléphone

Vos papiers d’identité

Vos médicaments

Une photo de famille

De l’argent liquide

À vous de vous mettre d’accord : quelle est la chose qu’on oublie le plus souvent dans cette liste ? 28

Supplément spécial Chabbath I n°370


SHABATIK

3 JEU

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JEUX

LA DRÔLE D’HISTOIRE

On choisit un convive qui sort de table. On lit une histoire interrompue à 4 moments, avec 3 choix possibles à chaque fois. On doit deviner quelle réponse ce convive choisira pour chacun des 4 moments. Le convive revient, on lui lit l’histoire et il donne sa réponse pour chacun des 4 moments. On gagne 1 point par bonne prédiction.

Le touriste égaré Tu visites une ville inconnue en vacances. Ton téléphone est mort, tu n’as pas de plan, et tu réalises que tu ne sais plus du tout où est ton hôtel.

Moment 1

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu demandes ton chemin à la première personne que tu croises B. Tu montes en haut d’une colline pour mieux voir la ville C. Tu entres dans un café et tu demandes à charger ton téléphone

> Une vieille dame t’indique une direction. Tu marches vingt minutes et tu te retrouves dans un village de pêcheurs au bord de la mer.

Moment 2

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu décides que c’est tellement beau que tu restes et tu oublies l’hôtel B. Tu demandes à quelqu’un d’appeler l’hôtel pour toi C. Tu vas faire un tour en bateau > Un pêcheur te prête son téléphone. Tu appelles l’hôtel, mais personne ne répond.

Moment 3

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu appelles ta famille pour qu’elle cherche l’adresse sur internet B. Tu cherches un autre hôtel C. Tu demandes au pêcheur de te ramener en bateau en ville > Ta famille te donne l’adresse. L’hôtel est à 3 minutes à pied de l’endroit où tu t’étais perdu au départ.

Moment 4 Qu'est-ce que tu fais ? A. Tu ris de toi-même et tu racontes l’aventure à tout le monde B. Tu es soulagé mais tu n’en parles à personne C. Tu vas faire une grosse sieste dans ta chambre

Supplément spécial Chabbath I n°370

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SHABATIK

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JEUX

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions. Qu’ont décidé les autorités suédoises pour sauver la ville de Kiruna ?

La ville qui s’enfonce L’histoire : En 1888, la ville suédoise de Kiruna est l’une des plus grandes villes minières du monde. Elle est construite directement audessus d’un immense gisement de minerai de fer, ce qui fait sa richesse. Mais au XXe siècle, un problème colossal est apparu : l’exploitation minière creusait le sol si profondément que la ville entière commençait à s’enfoncer. En 2004, les autorités ont pris une décision incroyable.

Elles ont décidé de déplacer la ville entière ! Des milliers de maisons, des routes, des commerces et même un hôtel de ville ont été déplacés ou reconstruits à plusieurs kilomètres de là. C’est le plus grand déménagement de ville de l’histoire moderne. Et la mine continue de fonctionner !

B

Réponse de la semaine dernière

Crier sur les toits

Indice : jetable La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche 30

Supplément spécial Chabbath I n°370

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Le rabbin de Géorgie contre Staline "Si tu avoues tes injures, tu iras 15 ans au goulag dans le cercle polaire. Sinon, on te fusille cette nuit..."

Nous sommes en 1924 en Géorgie, alors intégrée de force dans la République socialiste soviétique. Depuis la révolution de 1917, le nouveau pouvoir bolchevique a progressivement instauré un régime autoritaire fondé sur l’idéologie marxiste, marqué par une hostilité croissante envers la religion. Les lieux de culte sont surveillés, parfois fermés, et la pratique religieuse devient de plus en plus difficile. Dans ce contexte, la vie des Juifs de Géorgie, terre natale de Staline, se transforme peu à peu en un quotidien d’incertitude et de contrainte. Nous sommes à la sortie de Chabbath, par une nuit froide à Koutaïssi, ville du centre-ouest de la Géorgie. Pourim approche, et les habitants juifs de la ville s’affairent à préparer cette fête qui célèbre le sauvetage miraculeux des Juifs de Perse. Au cœur de cette communauté éprouvée vit ‘Hakham Ya’akov Dabrashvili, pilier du judaïsme géorgien, dont la sagesse, la Émouna et le courage face à l’adversité en font un guide spirituel respecté de tous. La statue ne rigole pas Ce soir-là, Rabbi Ya’akov sort pour étudier la Torah avec un voisin lorsqu’il croise un ami en plein centre-ville, juste devant la nouvelle

statue de Staline qui vient de remplacer celle de Lénine, déboulonnée sans explication. Son ami lui demande pourquoi on a changé la statue. ‘Hakham Ya’akov chuchote avec un sourire en coin : "Mieux vaut un chien vivant qu’un lion mort…" Un mot innocent, une plaisanterie, rien de plus. Le lendemain matin, des hommes vêtus de noir défoncent sa porte et l’emportent avec brutalité. Un agent du Guépéou, l’ancêtre du KGB, avait entendu la remarque la veille. L’accusation est lancée : il aurait insulté publiquement Staline de chien. Le verdict ne tarde pas. ‘Hakham Ya’akov subit les pires tortures. Il tient bon, mais sa cellule est infecte et le repos pratiquement impossible. La nuit de Pourim arrive, des soldats le tirent de sa cellule et le traînent devant des officiers de haut rang. L’atmosphère est tendue, on n’entend que le bruit des bottes sur le sol. Un officier s’avance : "Si tu avoues tes injures, tu iras 15 ans au goulag de Vorkouta, dans le cercle polaire. Sinon, on te fusille cette nuit." L’histoire providentielle Le choix est terrible, on lui propose deux morts en perspective : l’une immédiate et certaine,

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l’autre lente dans un goulag glacial. ‘Hakham Ya’akov garde son calme, lève la tête et dit : "Permettez-vous que je vous raconte une histoire ?" Les officiers échangent un regard, déstabilisés par cette demande insolite. Devant leur silence, il inspire profondément et commence : "Il y a de nombreux siècles, à Madrid, une terrible accusation est portée contre les Juifs : on les accuse d’avoir tué un enfant chrétien. Le vieux rabbin de la communauté est arrêté avec dix notables. Ils sont torturés, mais aucun ne plie, jusqu’au jour où le rabbin, épuisé et à bout de forces, avoue un crime qu’il n’a pas commis, suppliant ses compagnons d’en faire autant pour abréger leurs souffrances." ‘Hakham Ya’akov marque une pause. Il remarque que les officiers sont absorbés. Il relève alors légèrement son pantalon et laisse voir ses jambes couvertes de blessures et de brûlures. Le temps semble s’arrêter. Un officier détourne les yeux. Un autre regarde le bourreau avec dégoût, comme pour lui dire : "Comment as-tu pu lui faire ça ?" Il poursuit : "Le roi d’Espagne condamne les prisonniers à un supplice atroce : enfermés dans des tonneaux de bois cloutés, ils seront roulés dans les rues. Mais quand le bourreau tente d’introduire le premier prisonnier dans le baril, il fait un malaise cardiaque. En reprenant ses esprits, il suspend l’exécution et ordonne une nouvelle enquête. Celle-ci démontre que tout était faux : le crime monté de toute pièce, les aveux arrachés sous la torture. Les Juifs sont innocentés." Les officiers soviétiques se regardent avec inquiétude. L’un d’eux ose briser le silence : "Que voulez-vous dire ? Que nous souffrirons comme ce bourreau ? Dans ce cas, pourquoi notre enquêteur n’a-t-il pas déjà été frappé par votre D.ieu ?" 32 32

Dramatique sauvetage ‘Hakham Ya’akov le fixe avec calme et dit, avec une détermination qui inspire la crainte : "Je ne suis pas digne d’un miracle comme celui de mes glorieux aïeux à Madrid. Mais je sais une chose : D.ieu ne laissera pas ma souffrance impunie. Je suis prêt pour le goulag en Arctique." Les officiers ont obtenu l’aveu qu’ils voulaient. ‘Hakham Ya’akov est reconduit en cellule en attendant son transfert. Le matin de Pourim, les gardes viennent le chercher. Ils le conduisent par un long couloir sombre, éclairé de quelques bougies dispersées, dans une atmosphère sinistre. Il se met à trembler, le cauchemar prend forme. Il entre dans une grande pièce. Les gardes ont le visage fermé, personne ne dit mot, un silence lourd remplit l’espace. Un officier de la veille prend la parole d’une voix grave : "Quelque chose de grave s’est passé. La petite fille de l’enquêteur est tombée hier soir dans une bassine d’eau bouillante, et elle n’a pas survécu à ses blessures. Sa femme, apprenant le décès, s’est donné la mort dans un élan de désespoir." Les officiers regardent ‘Hakham Ya’akov. Il ne jubile pas, ne s’exclame pas, il éprouve même de la peine pour cette tragédie. Mais il contemple avec crainte et pudeur la justice divine. Il sait que ses larmes et ses blessures ont provoqué une clameur dans le Ciel. Dans le silence épais de cette pièce, une vérité s’impose à tous : nul ne peut impunément frapper un innocent serviteur de D.ieu. Un siècle a passé depuis cette histoire. Les noms ont changé, les idéologies aussi, mais la haine demeure, dissimulée sous d’autres drapeaux, et répète les mêmes erreurs. Cette histoire rappelle une leçon essentielle : la vérité et la foi ne se brisent pas sous les coups. Ceux qui gardent leur intégrité dans la souffrance finissent toujours par être relevés par la justice divine, comme le dit le livre de Choftim : "Ainsi périront tous Tes ennemis, Éternel."

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Alexandre Rosemblum


FLASH CHABBATH Une perle sur la Paracha Fuir l’apparence de la faute "Vous ne favoriserez personne dans un jugement, vous écouterez le petit comme le grand [...]" (Dévarim 1, 17) La Torah nous enseigne que l’homme doit être d’une droiture parfaite, sans chercher à distordre la vérité selon ses intérêts. Cette exigence ne concerne pas seulement les grands jugements, elle s’applique aussi aux petites situations du quotidien. Un jour, Rabbi Eliahou Duschnitzer monta dans un autobus avec deux connaissances. Il paya son trajet au conducteur, mais celui-ci oublia de lui remettre un ticket. Lorsqu’il s’en aperçut, le Rav fut très embarrassé. Il expliqua à ses accompagnateurs : "Si je demande maintenant un ticket au conducteur, il risque de croire que je n’ai pas payé, ce qui pourrait provoquer un ‘Hiloul Hachem. Mais si je reste sans ticket, un contrôleur pourrait monter et me soupçonner d’avoir voyagé sans payer." Après réflexion, il décida de pardonner au conducteur le premier paiement, puis de payer une seconde fois afin de recevoir un ticket en bonne et due forme. Nous apprenons de là jusqu’où un Juif doit veiller à sa conduite. Il ne suffit pas d’être honnête aux yeux de Hachem ; il faut aussi s’éloigner de toute situation pouvant donner l’apparence d’une faute. La perfection dans le service divin commence parfois dans ces petits détails que beaucoup auraient négligés.

Les lois du langage J’y crois, c’est pas grave ? Le 'Hafets 'Haïm nous enseigne qu'il est interdit de croire ce que les rumeurs colportent, quelle que soit la nature du méfait prétendument commis. Il est interdit de propager ces rumeurs, à plus forte raison lorsque les dommages causés risquent d’être accrus.

Halakha x 3 Acheter un nouvel habit le 9 Av après-midi, permis ? Absolument interdit ! Se laver, se raser et se couper les cheveux dès la fin du jeûne du 9 Av ?

Lorsque le 9 Av est un Jeudi (comme cette année - 2026), pour les Séfarades, dès la sortie du jeûne : jeudi soir, 23 juillet 2026. Ashkénazes : certains décisionnaires permettent dès la sortie du jeûne. Selon d'autres, il faut attendre le lendemain matin. À partir de quand manger de la viande et boire du vin après le 9 Av ?

Séfarades : vendredi soir, 24 juillet 2026. Ashkénazes : vendredi 24 juillet 2026 à partir de 'Hatsot.

Rabbi Its’hak Louria Ashkénazi, le Arizal Ce lundi 5 Av (19/07/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rav Its’hak Louria Ashkénazi, connu comme le Ari Hakadoch, le Arizal ou encore Rabbénou Haari. Né à Jérusalem en 1534, il passa de nombreuses années à étudier au Caire, avant de s’installer à Tsfat en 1570, où il vécut deux ans jusqu’à son décès prématuré à l’âge de 38 ans. Bien qu’il ait quitté ce monde jeune, il révolutionna et popularisa l’étude de la Kabbale et est considéré par tous comme la figure la plus importante de la Kabbale du dernier millénaire. De très nombreux Juifs se rendent sur sa tombe à Tsfat et s'immergent dans son Mikvé, au sujet duquel le Arizal promit la Téchouva à ceux qui s’y tremperaient. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous ! Magazine I n°370

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HISTOIRE JUIVE ÉDUCATION Les ultimes jours de la Jérusalem du Second Temple Jérusalem, été 70. Assiégée par les légions de Titus, affamée et déchirée de l’intérieur, la Ville sainte livre son ultime combat. Des remparts du Kidron jusqu’à l’embrasement du Sanctuaire, revivez les derniers jours du Second Temple par un récit saisissant de bravoure, de tragédie et d’éternité. Beaucoup connaissent les récits de nos Maîtres relatant la seconde destruction de Jérusalem, mais peu connaissent en détail la suite. Après Kamtsa et Bar Kamtsa, après la négociation de Rabban Yo’hanan Ben Zakaï et Vespasien, nous vous proposons de revivre les derniers jours héroïques et dramatiques du Second Temple. Acte I : L’offensive du Kidron et la fureur du tyran Lorsque Vespasien s’embarqua pour Rome pour accéder à la pourpre impériale, il laissa le destin de la Judée entre les mains de son fils Titus, un tyran dont la cruauté n’eut pas d’égale. Animé par un plaisir diabolique et une verve destructrice, Titus refusa d’attendre les fruits passifs d’un long siège et préféra engager une guerre active, immédiate et sans merci. Déployant son armée au sommet du mont des Oliviers, d’où il pouvait observer le Temple à sa guise, son premier geste fut de concentrer les tirs de ses catapultes sur le Sanctuaire. Le tyran pressentait une vérité mystique : il ne prendrait la ville qu’en faisant cesser le service divin et le flux sacré des sacrifices. Pour mener son offensive, Titus choisit la difficulté en attaquant par le côté est, le long de la vallée abrupte du Kidron. Tandis que ses projectiles devaient tenir les défenseurs éloignés des fortifications, ses légionnaires s’activèrent à abattre les arbres, niveler le sol et dresser des machines de guerre. Du haut des remparts, le commandant juif Yo’hanan Ben Lévi de Gouch ‘Halav (Jean de Giscala) observait 34

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ces préparatifs avec une sombre appréhension. Face au scepticisme de ses lieutenants qui jugeaient le terrain trop accidenté pour un assaut, Yo’hanan comprit la tragique réalité : dominée par les balistes romaines, la muraille resterait déserte et l’ennemi grimperait sans encombre. Il fallait tenter l’impossible : une sortie préventive. Alors que les soldats romains, épuisés par un dur labeur sous un soleil brûlant, enviaient leur chef qui se prélassait à l’ombre en dégustant du vin frais, les portes de Jérusalem s’ouvrirent discrètement. Une multitude de combattants juifs s’élança sur les berges du Kidron, submergeant le campement romain et mettant les légionnaires en fuite. Tiré de sa torpeur, Titus intervint lui-même, frappant ses propres soldats du plat de son épée pour les contraindre à faire front. Pris au piège entre les vagues romaines, les Juifs furent repoussés vers le lit impétueux du torrent. Mais c’est alors que vinrent à la rescousse les défenseurs de la ville. Les romains, pris de panique, chutèrent dans le torrent et s’y noyèrent. Les combattants juifs investirent le camp romain du mont des Oliviers et en ramenèrent de pleines charrettes de provisions à la ville affamée par le siège. Acte II : Le fracas des murailles et le piège des braves Loin de l’assagir, cet affrontement excita l’orgueil de Titus qui jura d’anéantir la cité. Déplaçant ses troupes vers l’ouest face à la triple muraille, l’armée romaine dévasta le


Spécial 9 Av paysage verdoyant, transformant les arbres fruitiers en machines de destruction. Sous le pilonnage incessant des béliers, les défenseurs juifs firent preuve d’un héroïsme farouche, s’exposant pour incendier les structures en bois. Pour neutraliser cette résistance, Titus fit ériger des tours gigantesques de cinquante coudées de haut, recouvertes de plaques métalliques pour résister au feu. Du haut de ces monstres d’acier, les Romains écrasaient des pierres sur quiconque osait s’exposer. Mais au lever du jour, alors que les catapultes romaines reprenaient leurs tirs, un événement stupéfiant se produisit : les bases des deux tours géantes s’affaissèrent subitement, et les structures s’écroulèrent dans un fracas titanesque, écrasant les archers et plongeant le camp romain dans une panique généralisée. Ce résultat d’une opération commando secrète devait offrir aux défenseurs un précieux répit, mais c’est alors que le drame intérieur de Jérusalem se noua : alors que les étudiants des Yéchivot faisaient résonner l’écho de leurs prières, les Sadducéens, opposés aux Sages d’Israël, tentèrent une incursion fratricide vers les portes de ‘Houlda. Yo’hanan Ben Lévi, sonnant le rassemblement au son du Chofar, dut détourner ses forces des Romains pour protéger le "Royaume de la Torah" contre cette trahison interne. Titus, observant ces déchirements depuis la colline, se convainquit que le D.ieu des Juifs voulait l’anéantissement de Son propre peuple et qu’il était l’instrument du destin. Profitant de la guerre intestine, les béliers romains enfoncèrent la première muraille. Les Juifs se replièrent derrière la deuxième fortification, où s’engagèrent trois jours de combats acharnés sous un pilonnage incessant, épuisant et sans merci. Au quatrième jour, le mur se fissura, et les troupes romaines, ivres de victoire, envahirent la place basse remplie de boutiques abandonnées. C’est alors que le Chofar retentit à nouveau. les défenseurs surgirent en masse des hangars, encerclant l’ennemi dans un traquenard sanglant. Titus ne dut son salut

qu’en tuant ses propres soldats pour s’ouvrir un chemin de retraite à travers l’étroite brèche. Blessé et fou de rage, brandissant une épée souillée du sang de ses hommes, il hurla aux remparts. "Si je suis resté en vie, maudits Juifs, c’est que votre D.ieu m’a protégé pour que je puisse vous détruire !" Acte III : Les entrailles de la terre et le mont du Temple Après trois jours de combats supplémentaires, la deuxième place fut rasée et les Juifs se retranchèrent derrière la troisième et dernière muraille, le point le plus fortifié de Jérusalem, bâti sur les fondations de David et Salomon. Ses pierres de taille monumentales et ses soixante tours semblaient invincibles. Pour briser la résistance, Titus fit entourer la ville d’un rempart, dressant 500 gibets pour supplicier cruellement les malheureux qui sortaient glaner quelques brins d’herbe pour survivre à la faim. Deux nouvelles tours d’assaut colossales, s’élevant jusqu'à 120 coudées, furent mises en chantier sous une surveillance de jour comme de nuit. C’est alors que, dans le secret le plus absolu, Yo’hanan et ses hommes entreprirent un travail de titans : creuser un tunnel souterrain s’étendant sous les fondations des tours romaines. Dans une chaleur accablante, étouffés par la poussière et le manque d’air, ils étayèrent la galerie avant de l’enduire d’un mélange inflammable de poix et de soufre. Une nuit, alors que le sommet des tours se perdait dans les cieux obscurs, un grondement sourd s’éleva des entrailles de la terre. Les étais consumés s’effondrèrent, et une flamme gigantesque jaillit du sol, transformant les tours romaines en d’immenses torches pourpres. Le rêve de Titus s’évanouissait à nouveau en cendres, et le découragement gagna ses troupes, humiliées par une cité affamée que rien ne semblait pouvoir soumettre. Poussé au bord du suicide par l’éventualité d’une désertion, Titus supplia ses hommes de lui accorder une ultime chance. Faute de bois aux alentours, les légionnaires durent Magazine I n°370

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HISTOIRE JUIVE ÉDUCATION porter des poutres à dos d’homme sur quinze kilomètres à travers les montagnes pour ériger quatre nouvelles tourelles face à la forteresse d’Antonin. Sous les coups répétés, la forteresse céda, mais derrière les décombres apparut un nouveau mur de pierres édifié en secret par les Juifs. Terrassé, Titus s’apprêtait à chercher la mort sur le champ de bataille lorsque, au milieu de la nuit, le miracle inverse se produisit : le tunnel précédemment creusé provoqua l’affaissement soudain du sol sous le poids des énormes pierres de taille. La muraille s’enfonça d’elle-même en terre, ouvrant une brèche béante. S’engouffrant dans ce passage nocturne, les Romains firent face aux défenseurs dans une mêlée d’une obscurité totale où l’on s’entretuait sans distinction au milieu des ruelles. Le 17 Tamouz, jour fatal où la muraille s’écroula, le sacrifice perpétuel cessa au Temple, les Cohanim blessés étant désormais inaptes au culte. Retranchés sur l’esplanade du mont du Temple, les derniers combattants juifs repoussèrent encore, pendant sept jours d’une tuerie inégalée, les assauts de 30 000 soldats d’élite. Épuisés, les Juifs se replièrent derrière l’enceinte même du Sanctuaire, transformant les bâtiments abandonnés en un piège de cèdre et de cyprès enflammés pour l’ennemi. Les légionnaires, terrorisés, refusèrent de continuer à se battre contre un D.ieu qui livrait leur multitude dans les mains d’une poignée de défenseurs affamés. Pour les convaincre qu’Hachem avait abandonné Jérusalem, Titus ordonna une ultime expérience : un soldat s’avança vers la porte Ouest, faisant face au Saint des Saints, et en approcha une torche. Dans un embrasement tragique, l’or qui recouvrait le portail sacré s’enflamma instantanément comme du bois pourri, ouvrant toutes grandes les portes du Sanctuaire à l’envahisseur. Acte final : Dans la poussière, la chute C’est au cœur du 9 Av, jour prédestiné aux plus grands malheurs de l’histoire, que s’est joué l’ultime et tragique acte de la Jérusalem du 36

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Second Temple. En ce jour funeste, les sacrifices interrompus reprirent un court instant, comme le dernier éclat d’un soleil couchant avant les ténèbres. Depuis le toit du Beth Hamoked, le général Yo’hanan Ben Lévi crut d’abord apercevoir un signe d’espoir du Ciel face à ce renouveau du service. Mais soudain, il blêmit d'effroi en écoutant les Lévites chanter : alors que la tragédie se déroulait un dimanche, les chantres du Temple entonnaient, par une tragique erreur, le psaume du mercredi, dont les versets funestes annoncent la destruction. "Ô D.ieu vengeur, daigne paraître, lève-Toi, Juge de la terre et défends Ton peuple ! Jusqu’à quand les impies triompheront ? Ils écrasèrent l’orphelin, ils disent que le D.ieu de Ya’akov ne voit pas. Il n’y prête aucune attention..." Les mots étaient encore sur ses lèvres quand les Romains pénétrèrent dans la ‘Azara. Dans la ‘Azara envahie par un ennemi sans pitié, les Cohanim continuèrent d’assurer le service divin au milieu du sang qui recouvrait le sol, tandis que le chant des Lévites s’élevait, dominant le fracas terrifiant des combats. Entonnant avec ferveur les psaumes, proclamant que le ToutPuissant n’abandonnerait jamais Son héritage, ils furent égorgés un à un, emportant dans leur souffle les versets inachevés. Depuis le toit du Beth Hamoked, les défenseurs assistèrent, impuissants et le cœur brisé, au sacrilège absolu. Titus fit son entrée triomphale dans un Sanctuaire pourtant interdit par décret divin aux nations étrangères, marchant fièrement dans des mares de sang. Aveuglé par un orgueil sans limite et convaincu d’avoir vaincu par sa seule puissance, le général romain ne reconnut pas que D.ieu avait Luimême permis la brèche. Face au Chandelier d’or encore allumé et à la Table des pains de proposition, il fendit le rideau sacré de son glaive et y fit amasser les ustensiles sacrés avant de livrer le Saint des Saints à une torche incendiaire. Alors que le Temple se transformait en un gigantesque brasier où des milliers de prêtres choisirent de se jeter, le feu dévora les fondements de Sion sous les cris d’agonie de ses derniers héros.


Spécial 9 Av La chute fut totale. Plus d’un million de Juifs périrent par le glaive et par la faim. La basse ville fut incendiée, et les captifs furent jetés dans des geôles ou livrés aux bêtes féroces des cirques pour nourrir la vanité du vainqueur. Pensant triompher de D.ieu, Titus s’embarqua pour Rome avec ses trophées, défiant le Ciel au milieu d’une mer déchaînée. Mais le châtiment divin l’attendait sous la forme d’une créature minuscule : un moustique qui pénétra ses narines et lui perça le cerveau durant sept années, le réduisant au néant. Nos Maîtres témoignent de son châtiment éternel : dans le monde de vérité il est, chaque jour, selon sa propre demande, réduit en cendres qui sont jetées aux sept mers. Epilogue : L’éternité d’Israël Pourtant, des décombres encore fumants de la cité sainte, une lueur impérissable allait

jaillir. Là où Rome pensait avoir anéanti l’âme d’un peuple, la flamme de la Torah refusa de s’éteindre. À Yavné, suite à sa négociation avec Vespasien, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï avait déjà posé les jalons indestructibles de la foi et de la survie du peuple juif, rassemblant autour de lui les Sages et une myriade d’élèves. Des Tanaïm aux Amoraïm, des compilateurs de la Michna et du Talmud jusqu’aux Maîtres des générations futures, la chaîne de la transmission s’est allongée, invincible. Rabban Yo’hanan Ben Zakaï s’éteignit à l’âge de cent vingt ans, accueilli dans l’éternité par le roi ‘Hizkiyahou. Des orgueilleux tyrans romains et de leurs armées, il ne reste aujourd’hui qu’un lointain souvenir de poussière ; mais la Torah préservée à Yavné par Rabban Yo’hanan et ses disciples continue d’éclairer le chemin du peuple juif pour l’éternité. Rav Nathaniel Mimoun

La viande : oui, avec modération ! Pendant le début du mois de Av, notre alimentation change : interdit de consommer viande et volaille, et beaucoup se retrouvent bouleversés. Comme si, sans poulet ou sans viande, le repas n’était plus vraiment un repas. Pourtant, cette période peut nous apprendre quelque chose : la viande a sa place, mais elle ne devrait pas prendre toute la place. La viande n’est pas à diaboliser. Elle fait partie intégrante de nos repas de Chabbath et d’occasions. Mais on croit à tort que c’est l’une des seules sources de protéines et de fer, alors qu’il existe d’autres aliments très intéressants. Et non, on ne parle pas de la remplacer par du fromage à foison et des féculents ! Voici des idées de repas super riches en protéines, fibres et vitamines : salade ou soupe de lentilles, omelette avec salade et fromages comme feta, ricotta ou cottage, poisson et légumes, chakchouka, riz mujadara, aubergines avec ‘houmous et t’hina maison… L’idée est de garder une vraie source de nutriments, de la couleur, des fibres, et qui rassasie autant voire plus qu’avec des protéines animales. Cette période maigre permet de sortir de nos automatismes. Elle nous rappelle qu’un repas sans viande peut être complet, bon, même plus léger et sain ! Moins de viande ne rime pas avec plus de privation. C’est au contraire l’occasion de revaloriser sa consommation de manière plus juste, et de composer son assiette différemment. Sarah Kisielewski Magazine I n°370

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PENSÉE JUIVE par le Rav Ron Chaya Ben Hamétsarim : La parole, une arme à double tranchant ! Souiller sa bouche revient à se comporter comme un Mohel qui prendrait, pour circoncire un enfant, un couteau rouillé. Comment s’adresser à Hachem avec une bouche souillée par la médisance, par l’humiliation infligée à autrui, par des plaisanteries vaines ou des propos déplacés sur des jeunes filles ?

Le Talmud rapporte que D.ieu a dit : "Je suis prêt à pardonner l’assassinat, l’adultère et l’idolâtrie, mais pas le Lachon Hara’, la médisance." Qu’est-ce que la médisance ? C’est dire une chose vraie sur quelqu’un, mais de façon négative - qu’il est casse-pieds, qu’il est sot, ou n’importe quel autre trait défavorable.

Le ‘Hafets ‘Haïm et les lois du langage

Cela semble difficile à comprendre. Imaginons un Roch Yéchiva (directeur d’une école talmudique) auprès duquel deux élèves viendraient postuler pour intégrer son centre d’étude. Le premier dirait : "Il m’arrive de dire du Lachon Hara’." Le second dirait : "Il m’arrive de m’énerver au point d’étrangler à mort celui qui m’a provoqué." Faudrait-il, selon cette logique, accepter le second élève à la Yéchiva et refuser le premier ? D.ieu serait-Il prêt à pardonner le meurtrier, mais pas le médisant ?

Cet ouvrage rassemble et met en ordre l’ensemble des lois relatives au Lachon Hara’, jusque-là dispersées ci et là dans les écrits saints. Dans son introduction, l’auteur cite un autre livre de Moussar (morale juive) qui complète le sien : le Chemirat Halachon, lui aussi traduit en français et dont je recommande vivement la lecture.

Ce serait pourtant dangereux d’accueillir un tueur parmi les élèves : on ne sait jamais ce qui peut le pousser, une nuit, à passer à l’acte. Que D.ieu préserve ! Et l’on touche là au cœur du problème : un meurtre est objectivement bien plus grave qu’une médisance. Pourquoi D.ieu s’exprime-t-Il donc ainsi ? 38

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Le ‘Hafets ‘Haïm a écrit un ouvrage sur le thème des lois du langage. Son auteur, de son vrai nom Rabbi Israël Meïr Kagan Hacohen de Radin, fut surnommé le ‘Hafets ‘Haïm d’après le titre de ce livre.

C’est précisément dans cette introduction qu’il explique le pourquoi de la sévérité divine envers la médisance. Notre essence même, en tant qu’êtres humains, dit-il, est la parole. Ce qui distingue l’homme de l’animal, du végétal ou du minéral, c’est sa faculté de parler : un chien aboie, mais l’homme s’exprime. La Torah elle-même l’atteste lorsqu’elle décrit la création de l’homme : "Vayipa’h Béapav


Spécial 9 Av Nichmat ‘Hayim", "D.ieu lui insuffla une âme vivante".

Chabbath, définit ainsi le Niboul Pé : tenir des propos déplacés sur les jeunes filles.

Qu’est-ce que cette âme vivante ? Le Targoum, traduction araméenne réalisée il y a deux mille ans par Onkelos, rend cette expression par Roua’h Mémaléla, "un esprit parlant". Notre essence, l’âme qui nous anime, est donc une âme parlante. Le corps, en lui-même, n’est qu’une masse inerte ; c’est l’âme qui lui donne vie.

Il y est rapporté l’image suivante : un homme se voit décréter au Ciel soixante-dix années de bonheur - une femme belle et bienveillante, un beau-père fortuné, des affaires prospères, des enfants droits, la Bérakha, le statut de Talmid ‘Hakham, les honneurs. Puis il prononce une parole inconvenante sur une jeune fille croisée dans la rue. Au Ciel, c’est aussitôt la sanction : le décret de bonheur est déchiré.

Cela explique pourquoi la parole touche à notre essence même. Lorsqu’un homme pèche par son corps - l’idolâtrie, l’adultère - c’est le corps qui est atteint, non l’essence. La parole, elle, est notre essence même, notre Néchama. Les paroles inconvenantes Aux mensonges, à la médisance et aux insultes s’ajoute le Niboul Pé, les grossièretés - un sujet que les jeunes gens devraient particulièrement approfondir. La Guémara, dans le traité

Oulpan

À sa place ? Misère, maladie, épouse acariâtre, stérilité, relations familiales difficiles - tout cela pour une parole de trop, que D.ieu préserve. Rien n’est pourtant irréparable, la Téchouva permet de tout réparer, à condition d’être sincère - reconnaître sa faute, la regretter et cesser de la commettre. Aussi, lorsque dans une conversation quelqu’un se met à parler des filles de cette manière, il ne s’agit évidemment pas de l’étrangler, mais de

: ‫ֵּב�ּ ין ַ​ַהְּמ�ּ ָ​ָצ ִ​ִרים‬ Ben Hamétsarim : ַ ‫ְ​ְל ַ​ַה ְ​ְרּבּ ֹ​ֹות‬ augmenter l’unité ‫ְּב�ַּא ְ​ְחדּות‬

,‫יֵמי ּ �ֵּבין ַ​ַה ּ�ְּמ ָ​ָצ ִ​ִרים‬ ֵ ּ�‫ִּב‬ ‫ַ​ַהְרְ ּ �ֵּבה ִ​ִמ ְ​ְנ ָ​ָה ִ​ִגים � ׁ​ֶׁשל‬ ‫ֲ​ֲא ֵ​ֵבלּות ּ �ָּב ִ​ִאים‬ ‫ְ​ְל ַ​ַהְזְ ִּכ�ּ יר ָ​ָלנּו ֶאֶ ת‬ . ׁ‫ֻ​ֻח ְ​ְרַּב�ּ ן ּ �ֵּבית ַ​ַה ּ�ִּמ ְ​ְק �ָּדּׁש‬ : ‫ְוְ ִ​ִאם ַ​ַא ּ�ֶּתם ׁ​ׁש ֹ​ֹו ֲ​ֲא ִ​ִלים‬ ‫ָּב�ֶּנה ? ָ​ָאז‬ ֶ ִ‫ָ​ָמ ַ​ַתי ּ�ְּכ ָ​ָבר ִי‬ ׁ ‫ַ​ַה‬ : ‫ּוָטה‬ ָ ‫ּוָבה ִ​ִהיא ְּפ ּׁׁש‬ ָ ‫ְּת�ּׁש‬ ‫ִ​ִה ְ​ְרּבּ ּו ּ �ְּב ַ​ַא ְ​ְחדּות ּוְבְ ַ​ַא ֲ​ֲה ַ​ַבת‬ !‫ִ​ִחָּנ�ּ ם‬

Pendant les jours de Ben Hamétsarim, de nombreuses coutumes de deuil viennent nous rappeler la destruction du Beth Hamikdach. Et si vous demandez : quand sera-t-il enfin reconstruit ? Alors la réponse est simple : augmentez l’unité et l’amour gratuit !

Vocabulaire

• ‫ימי‬ ֵ ‫( ִ ּב‬Bimé) – dans les jours de • ‫( ִמ ְנ ָה ִגים‬Minhaguim) – coutumes • ‫( ֲא ֵבלּות‬Avélout) – deuil • ‫( ְל ַה ְז ִ ּכיר‬Lehazkir) – rappeler • ‫‘( ֻח ְר ַ ּבן‬Hourban) – destruction • ‫( ׁש ֹו ֲא ִלים‬Choalim) – demandent • ‫( יִ ָ ּב ֶנה‬Yibané) – sera construit • ‫ּובה‬ ָ ‫( ְ ּת ׁש‬Techouva) – réponse • ‫ּוטה‬ ָ ‫( ְּפ ׁש‬Pechouta) - simple

• ‫( ִה ְרבּ ּו‬Hirbou) – augmentez, multipliez • ‫( ַא ְחדּות‬A’hdout) – unité • ‫( ַא ֲה ַבת ִח ָ ּנם‬Ahavat Hinam) – amour gratuit, amour désintéressé

D’autres mots avec la racine ‫ה‬.‫נ‬.‫ב‬. (construire)

• ‫( ִ ּב ְניָ ן‬Binyan) – bâtiment, immeuble, construction, forme verbale

• ‫( ִמ ְב ֶנה‬Mivné) – structure, bâtiment • ‫( ּת ֹו ֶס ֶפת ְ ּב ִניָ ּה‬Tosséfet Bniya) – extension de construction

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PENSÉE JUIVE par le Rav Ron Chaya l’empêcher fermement de s’exprimer de la sorte.

mais il persiste à plaisanter ; et c’est alors, dit-on, que le Ciel se voit contraint de le corriger autrement - par une épreuve, une maladie, un malheur - pour qu’il cesse enfin. Qui souhaiterait s’infliger de tels maux ? La plaisanterie gratuite fait partie des paroles qu’il faut savoir s’interdire.

Ceux qui s’adonnent au Niboul Pé, à la flatterie et à la moquerie systématique font partie des quatre catégories de personnes qui, selon nos Sages, ne reçoivent pas la Face de la Chékhina (la Présence divine) - l’expression même Il existe cependant une nuance. Il est du ‘Olam Haba (le monde futur), dont rapporté que Rabba ouvrait sa classe par jouissent les Tsadikim. Pour les menteurs, un mot d’esprit, pour détendre les médisants, les flatteurs et les moqueurs invétérés, cette Qui souhaiterait l’atmosphère avant d’aborder un enseignement exigeant – c’était lumière reste voilée : c’est s’infliger de là une façon de désamorcer le l’obscurité. Chacun, à divers Yétser Hara’ avant l’étude. Moidegrés, porte en soi un peu de tels maux ? même, lorsque je donne un cette Mida (trait de caractère). La plaisanterie cours, j’use parfois de l’humour, Plaisanterie : attention rapproche et ouvre les gratuite fait partie cela danger ! cœurs. J’avais un collègue, de mémoire bénie, avec qui j’ai des paroles Une plaisanterie de temps en commencé à organiser des temps, un mot d’esprit par-ci parqu'il faut savoir séminaires pour amener les là ne sont pas interdits en soi. gens à la Téchouva. Il comparait s'interdire Mais les Français, en particulier, cela à un enfant à qui l’on veut ont un goût prononcé pour la faire avaler sa bouillie : s’il refuse et serre les plaisanterie, et c’est précisément ce qui pose lèvres, on le chatouille pour le faire rire, et problème : la légèreté systématique chasse le l’on profite de l’instant où il ouvre la bouche sérieux de l’existence. Nous n’aimons pas être pour lui glisser la cuillère. Il en va de même sérieux, nous cherchons à nous échapper ; pour la Torah : on n’impose pas Chabbath ou pourtant la vie est sérieuse ! Notre passage la Téchouva de front, au risque de passer pour ici-bas est compté, et le temps qui nous est un rabbin pesant - l’humour, lui, fait passer le imparti est destiné à l’accomplissement des message. Le grand rabbin Yossef-‘Haïm Sitruk Mitsvot - un temps qu’il ne faut pas dilapider. et le Rav Benchetrit doivent une bonne part La plaisanterie incessante fait perdre cela de de leur réussite à leur humour fin. Je suis vue. moi-même d’un tempérament sérieux, mais Nos Sages enseignent qu’une centaine de sans une part d'humour, l'enseignement ne réprimandes constructives peuvent être passerait pas - c'est, en un sens, indispensable. balayées d’un revers de main par une seule Raconter une anecdote pour illustrer un blague. On sort d’un cours d’éthique juive propos, donc, ne pose pas de problème. bouleversé, prêt à faire Téchouva - et il suffit Mais rire pour rire est différent : nos Sages qu’une blague fuse pour que tout l’effet enseignent que cette habitude mène à la ‘Erva, s’évapore en l’espace d’un instant. La vraie à la débauche. Rien ne rapproche en effet joie, quant à elle, est intérieure ; ce n’est pas la davantage un homme et une femme qu’une plaisanterie qui doit en tenir lieu. complicité de rires partagés. Cette proximité, L’auteur de l’ouvrage d’éthique Messilat aussi agréable soit-elle, prépare le terrain à Yécharim décrit la fin du plaisantin invétéré : des rapprochements qu’il vaudrait bien mieux de terribles souffrances. On le met en garde, éviter.

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Spécial 9 Av La bouche, cet organe sacré La bouche est donc, en ce sens, sacro-sainte. Rabbi Chim’on Bar Yo’haï, dans le Zohar, pose une question saisissante : pourquoi D.ieu ne nous a-t-Il pas créés avec deux bouches - l’une pour les propos profanes (l’heure qu’il est, le prix d’un article, le trajet en taxi), l’autre réservée à la parole sainte (l’étude, la prière) ? S’Il a voulu que nous n’en ayons qu’une seule, c’est pour nous rappeler à quel point cet organe est sacré, la majorité des Mitsvot s’accomplissant par la bouche. La prière et l’étude de la Torah, à elles seules, représentent quatre-vingt-dix pour cent de la vie d’un Juif pratiquant ! Souiller sa bouche revient à se comporter comme un Mohel qui prendrait, pour circoncire un enfant, un couteau rouillé. Comment s’adresser à Hachem avec une bouche souillée par la médisance, par l’humiliation infligée à autrui, par des plaisanteries vaines ou des propos déplacés sur des jeunes filles ? La prière prononcée avec une telle bouche risque fort d’être rejetée plutôt qu’accueillie. Tout, bien sûr, demeure réparable par la Téchouva - mais à condition de changer véritablement. La bouche est notre organe premier, celui qui nous définit. Il appartient à chacun de la sanctifier. Celui qui sanctifie sa bouche voit ses paroles entendues par D.ieu. C’est ainsi que certains grands Tsadikim n’ont besoin que d’un seul mot pour être entendus en Haut : leur bouche, sainte et sacrée, est préservée avec une vigilance constante. La Bérakha étonnante du Rav Ben Tsion Aba Chaoul Voici une histoire que je raconte volontiers, au sujet de mon Maître, Rav Ben Tsion Aba Chaoul. Un jour, un élève lui amena un menuisier venu réparer une armoire. Le Rav lui demanda combien il lui devait ; l’élève intervint : "Rav, donnez-lui plutôt une Bérakha pour qu’il ait un garçon cette année." Mais le menuisier protesta : il avait déjà un fils et il aurait préféré

une fille. Trop tard - la parole était dite, et elle s’accomplit telle quelle ! Je rapproche souvent cette histoire d’une autre, concernant une femme venue demander au Rav Ben Tsion une Bérakha pour un enfant. "Un enfant cette année", dit le Rav. "Ce n’est pas pour moi, précisa-t-elle, c’est pour ma fille." Finalement, la mère comme la fille accouchèrent le même jour ! Comment expliquer un tel pouvoir ? Son fils, Rav Eliahou Aba Chaoul, raconta que son père lui avait confié : "Voilà 38 ans qu’aucun mensonge n’est sorti de ma bouche." Une telle rigueur ne s’acquiert pas en un seul jour ; elle commence, modestement, par tenir un jour sans mensonge. On acquiert ainsi, peu à peu, des anticorps, en travaillant patiemment le Moussar sur ce point. D.ieu ne demande à personne d’être parfait du jour au lendemain - mais chacun doit, à son rythme, commencer à y travailler. Rav Ron Chaya

L’homme doit s’habituer à la confiance absolue, conscient que Hachem gère tout et qu’il est entre de bonnes "mains". Il sait que sa Parnassa est fixée à Roch Hachana et que Hachem agit pour son bien. Sa sérénité et sa concentration pendant la Téfila et l’étude de la Torah révèlent son véritable niveau de Bita’hon. Recevez-la chaque jour sur WhatsApp : torah box.com/whatsapp/join/15 Magazine I n°370

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Spécial 9 Av

VIE JUIVE Études autorisées le 9 Av

Le jour de Tich’a Béav est un jour de deuil pour le peuple Juif. La Torah ayant la vertu de réjouir le cœur de celui qui l’étudie, l’étude de la Torah est fortement restreinte en ce jour. Torah-Box vous a préparé la liste complète des textes sacrés qu’il est permis d’étudier le jour de Tich’a Béav. Ces études traitent de passages tristes et dramatiques : destruction du Beth Hamikdach, deuil... En attendant avec impatience la Délivrance qui transformera ce jour de deuil en Yom Tov, voici les passages en question.

1

Le troisième chapitre du traité de Mo’ed Katan traitant essentiellement des sujets concernant le deuil

2

Le traité de Guitin à partir de la page 55b jusqu’à la page 58a, traitant essentiellement de la destruction du Beth Hamikdach

3

Les recueils traitant des lois de deuil

4

Le livre de Iyov (Job) et les commentaires de nos maîtres s’y rapportant

5

La Méguilat Eikha et les commentaires de nos maîtres s’y rapportant

6

Les Kinot (Lamentations) commentaires

et

leurs

7

Il est également permis d’étudier les livres de Moussar (Méiri sur Talmud, Mo’ed Katan 21a)

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Certains permettent les Téhilim. (Pné Baroukh 16, 5) Rav Gabriel Dayan

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Du mardi 14 Juillet au De samedi 18 Juillet au soir jusqu'au vendredi soir jusqu'au mercredi 22 Juillet 2026 17 Juillet 2026


Parachat Devarim par Michaël Lumbroso Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

(moitié) ‫חצי‬

(fleuve) ‫נהר‬

(détours) ‫סיבובים‬

‘Hatsérot était l’endroit ou Myriam avait été frappé de … pour avoir calomnié Moché.

A l’époque des explorateurs, les Bné Israël ont accusé Hachem que c’est à cause de la … qu’Il avait envers eux qu’Il les a fait sortir d’Egypte. (haine) ‫שנאה‬

‫פנים‬ (vous ne reconnaîtrez pas un visage) (allusion) ‫רמז‬ Magazine I n°370

(lèpre) ‫צרעת‬

(Moav) ‫מואב‬ Moché a adressé des reproches par … aux Bné Israël, pour ne pas trop les offenser. 44

Les Bné Israël ne sont pas rentrés en Israël par la route la plus direct, ils ont fait beaucoup de … .

Og était un … , la Torah nous décrit les dimensions gigantesques de son lit.

Si’hon était un roi … habitant une région … .

Le lit en fer d’Og mesurait … coudées sur quatre de largeur, d’après sa coudée. (neuf) ‫תשע‬

(mains) ‫ידיהם‬

(Calev) ‫כלב‬ Perat, Arnon Yabok sont des noms de … .

Hachem a dit à Moché de ne pas provoquer les enfants d’Amnon car c’est aux enfants de … qu’Il leur a donné cette région,

(dur) ‫קשה‬

De toute la génération qui est sortie d’Egypte, seuls Yéhochoua et lui verront la terre d’Israël.

(géant) ‫ענק‬

(jetait) ‫זרק‬ Cette expression veut dire qu’un juge ne doit pas faire du favoritisme, lo takirou … .

Moché a nommé des chefs, juges et policiers car il ne se voyait pas supporter leurs … , fardeaux et querelles. (contestations) ‫טרח‬

(rien) ‫דבר‬

(montagne) ‫הר‬ Les terrains conquis à l’Est du Jourdain ont été donné aux tribus de Gad et de Réouven ainsi qu’à la … de la tribu de Ménaché.

Pendant ces 40 ans dans le désert, Hachem a bénît toutes les oeuvres des … des Bné Israël.

Et de ne pas provoquer ce peuple qui sont aussi les descendants de Loth.

‫ויקצוף וישבע‬ (Il Se mit en colère et fit un serment)

... puis Og la ... en direction des Bné Israël mais Moché l’a stoppé avec son bâton.

Ce qu’a fait Hachem lorsqu’Il a entendu les mauvaises paroles du peuple et des explorateurs.

(Loth) ‫לוט‬

(mille) ‫אלף‬

(verrou) ‫בריח‬

Le Midrach dit que Og a déraciné une ... entière et la soulevée au-dessus de sa tête ...

(frontière) ‫גבול‬

Pendant 40 ans dans le désert, le peuple d’Israël n’a manqué de … .

Il y a discussion si les Bné Israël ont traversé la … du pays de Séir ou ont du la contourner .

Les villes fortifiées de la région de Bachane étaient fermées avec des portes et … .

Moché a bénit le peuple juif qu’il soit … fois plus nombreux.


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MERCREDI 22 JUILLET 2026 18h45

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DEPUIS LA DESTRUCTION DU BETH HAMIKDACH OÙ SE TROUVE HACHEM ? Rav Eliahou UZAN

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GOG & MAGOG : QU’EST-CE QUI NOUS ATTEND AVANT LE MACHIA’H ?

Rav Avraham Nakache

21h55 22h35

UN JOUR SANS SALUTATIONS...

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TICHA BÉAV TOUTE LA NUIT DONNER UN SENS À SA VIE

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SE DÉCONNECTER POUR CONSTRUIRE

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LA HAINE GRATUITE ET LA A’HDOUT L’ATTENTE DE LA VENUE DU MACHIA’H Rav Yossef Mordéhaï Brand

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LA COUPE DU MONDE & TICHA BÉAV

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LE TEMPLE N’ÉTAIT PAS UN BÂTIMENT

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JEUDI 23 JUILLET 2026 10h00

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LA CONSTRUCTION À TRAVERS LA DESTRUCTION SE BÂTIR… POUR BÂTIR LE 3ÈME TEMPLE

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LE BETH HAMIKDACH : FUSION ENTRE L’HOMME ET HACHEM Rav Ouri Levy

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LE MESSAGE D'UN RABBIN D'HERZLIYA L’art de savoir dire les choses La Parachat Dévarim ouvre le dernier livre de la Torah par un long discours de Moché. À la veille de sa disparition, il s’adresse aux Bné Israël et leur rappelle certains épisodes douloureux de leur traversée du désert. En réalité, Moché leur adresse une forme de remontrance. Mais une question s’impose : pourquoi a-t-il attendu si longtemps ? Pourquoi ne pas leur avoir dit les choses au moment même où elles se sont produites ? La réponse touche à un sujet délicat : l’art de remontrance. La Torah nous demande de reprendre l’autre lorsqu’il se trompe : “Hokhia’h Tokhia’h Et ‘Amitékha.” Mais nos Sages enseignent aussi qu’il faut savoir se taire lorsque l’autre n’est pas capable d’entendre. Dire une vérité n’est pas suffisant. Encore fautil qu’elle puisse être reçue. Moché nous apprend que la remontrance ne dépend pas seulement du contenu, mais du moment, de la manière et de l’intention. Il attend la fin de sa vie dans un souci de précision. Il sait qu’à ce moment-là, ses paroles auront un poids particulier. Il ne parlera pas dans la colère mais dans un moment solennel, où le peuple sera capable d’écouter. Nos Sages expliquent aussi que Moché voulait éviter d’humilier les Bné Israël. S’il leur avait adressé ces reproches plus tôt, ils auraient ensuite dû continuer à vivre face à lui, peutêtre dans la honte ou la gêne. Il attend donc le moment où il n’y aura plus de face-à-face prolongé, afin que la vérité puisse être dite sans écraser celui qui l’entend. C’est là une leçon essentielle. On peut avoir raison dans le fond, mais tort dans la manière. Une remarque dite trop vite, devant les autres, 46

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ou dans un moment de tension, peut fermer le cœur au lieu de l’ouvrir. On raconte à ce sujet que Rav Moché Feinstein, en entrant dans une voiture, eut la main coincée dans la portière par un élève. Il ne dit rien. Plus loin, il demanda simplement au chauffeur de s’arrêter, ouvrit la porte, libéra sa main, puis continua son chemin. Il avait préféré souffrir quelques instants plutôt que de faire honte à son élève. Voilà jusqu’où peut aller l’attention à l’autre. Mais il y a une autre condition plus importante encore : celui qui reçoit une remontrance doit sentir qu’elle vient d’un véritable amour. Moché avait porté le peuple pendant quarante ans. Il avait prié pour lui, souffert avec lui, défendu Israël même lorsque cela lui coûtait personnellement. Les Bné Israël pouvaient donc entendre ses paroles, parce qu’ils savaient qu’elles venaient d’un homme qui les aimait. C’est vrai aussi dans nos relations. Avec un enfant, un conjoint, un ami, un élève, une remarque ne passe réellement que lorsqu’elle est portée par une bienveillance évidente. Si l’autre sent qu’on veut le dominer, le corriger pour avoir raison, ou lui faire sentir sa faute, il se ferme. Mais s’il sent qu’on cherche son bien, alors même une remontrance peut être accueillie de manière positive. La remontrance n’est donc pas l’art de dire ce que l’on pense. C’est l’art de dire ce que l’autre a besoin d’entendre, au moment où il peut l’entendre, avec une intention pure. Rav Jonathan Mergui, Rav de la communauté de Herzliya Pitoua’h (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)


FEMMES FAMILLE ÉDUCATION

"La Cacheroute gâche ma vie de famille !"

FEMMES COUPLE

Je suis une femme traditionaliste et, chez moi, nous avons toujours gardé certains principes : Kiddouch du vendredi soir, deux vaisselles (lait et viande), pas de cuisine à Chabbath...

Mais mon fils a décidé de faire Chabbath depuis qu’il est étudiant à la fac, puis s’est marié avec une femme encore plus religieuse que lui. Au début, ça a été (mais je sentais qu’ils mangeaient du bout des doigts), et il y a quelques semaines, il m’a annoncé qu’ils ne pourraient plus manger chez moi, parce que ce n’est pas "assez Cachère". Je lui ai demandé : "Quoi par exemple ?", et il m’a répondu : "Chez toi, il y a du beurre Président". "Mais c’est sur la liste !", lui ai-je répondu. Il m’a dit que, même sur la liste, ça ne correspondait plus à leurs standards. Je suis perdue... Pour moi, la religion a toujours été un moyen de se réunir en famille et voilà que ça devient quelque chose qui nous sépare ! Il m’a proposé de venir, mais que sa femme ramène à manger. Je trouve ça frustrant de les recevoir et de ne plus avoir la joie de lui faire des petits plats comme avant... Je suis perdue et triste. Aidez-moi !

Réponse de Mme Nathalie Seyman :

Lorsqu'ils sont petits, les enfants se laissent naturellement guider par leurs parents. Devenus adultes, quand ils prennent leurs propres décisions, la relation peut devenir difficile, malgré l’amour et le respect des uns envers les autres. Comment la gérer au mieux et retrouver l’équilibre qui permet de vivre parents et enfants en harmonie ? La relation parent / enfant adulte Pour beaucoup de parents, un enfant, quel que soit son âge, reste leur "bébé". Ils ont du mal à accepter que ce petit a grandi, vit sa propre vie et fait ses propres choix. Or, devenir adulte, c’est être capable de se différencier et de trouver la bonne distance par rapport aux désirs et aux peurs de nos parents. C’est loin d’être facile, mais c’est 48

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nécessaire. Hélas, souvent, les parents y voient une attaque personnelle : "S’il se différencie de nous, c’est qu’il n’accepte pas la façon dont on l’a élevé." Or rien n’est plus faux, car l’enfant que vous avez élevé a déterminé l’adulte qu’il est devenu ! Si votre fils a choisi de se renforcer dans la Torah, c’est que vous lui avez transmis cet amour d’Hachem, et vous pouvez en être fière ! La Cacheroute et respect des parents

le

Le respect que l’on doit à ses parents ne doit pas connaître de limite. C’est un commandement de la Torah, et rien n’est plus audessus. Mais il y a certaines choses que l’on ne peut pas demander à nos enfants, et ne pas respecter ce qu’ils souhaitent pratiquer de la Halakha en est une. Il y a différentes pratiques : certains suivent la liste du Beth-Din, pour d’autres, elle ne correspond pas à leurs critères. Le plus


important est que, comme vous le dites, l’amour de la Torah. Il y a quelques obstacles, la religion ne sépare pas les familles. Ce c’est normal, mais ils ne seront pas difficiles à n’est évidemment pas le but, je dirais même franchir avec la bonne volonté de chacun. le contraire ! Les valeurs familiales sont Renseignez-vous auprès d’un Rav sur ce primordiales dans le judaïsme. Vous devez faire qui convient ou non. Connaître les lois de la chacun un pas l’un vers l’autre : votre fils doit Cacheroute vous évitera de vous sentir respecter votre façon de vivre, mais vous impuissante quand votre fils dira devez aussi accepter son choix de que tel mets est interdit. Peutvie. Si sa santé exigeait un régime spécial, ne vous efforceriezBeaucoup être même lui apprendrezvous pas de préparer les plats vous le contraire ? En tant de familles prescrits par la médecine ? Ce que traditionaliste en n’est finalement pas différent, connaissent ce France, beaucoup de règles tout est une question de peuvent échapper à notre cas et trouvent volonté. compréhension, comme des solutions Ne soyez pas triste : c’est juste certains fruits d’Israël le compromis qui manque relevant de la Chémita, non satisfaisantes: encore. Une fois en place, consommables. oubliez vos vous verrez que tout cela sera Conseil à votre fils oublié. Un changement dans une angoisses ! famille demande toujours un temps Renseignez-vous d’abord auprès d’adaptation. Mais du moment que l’on d’un Rav sur ce qui est permis, pour ne critique pas les choix de chacun et que l’on met tout en place pour que chacun se ne pas risquer de vexer votre mère pour rien. sente bien, tout ne peut que bien se passer. Avant d’appliquer les règles de la Cacheroute, Beaucoup de familles connaissent ce cas et il y a le Kiboud Av Vaèm : le respect scrupuleux trouvent des solutions satisfaisantes : oubliez de l’honneur des parents. Votre mère serait très malheureuse si elle ne pouvait plus vous vos angoisses ! recevoir et vous concocter de bons petits Conseils plats, en particulier dans notre culture juive ! Communiquez ! C’est le maître-mot ! Mais si vos parents constatent que votre Parlez de vos doutes et de vos craintes, afin affection pour eux a augmenté avec votre que chacun écoute ce qui dérange l’autre, dans évolution, ils sauront l’accepter avec joie. Il le respect de tous. ne faut pas qu’ils croient que votre Téchouva Trouvez ensemble des compromis. Par remet en question l’éducation qu’ils vous ont exemple, une vaisselle en plastique ou une donnée, ou que vous les jugez d’une quelconque vaisselle juste pour lui, pour qu’il soit assuré manière. Ne vous disputez jamais avec eux que rien n’aura touché ses couverts. Qu’il vous pour défendre votre point de vue. Trouvez conseille aussi où faire vos courses quand ensemble des compromis qui ne les gêneront vous l’invitez, ainsi il ne doutera pas de la pas au quotidien et qu’ils ne prendront pas Cacheroute. pour des leçons. Ne prenez pas sa nouvelle façon de vivre pour un choix contre vous. Il a envie d’évoluer Vous êtes une famille qui s’aime, vous avez avec sa femme, et vous ne pouvez qu’être fière tous les outils pour une vie sereine et dans le d’avoir un fils qui veut construire un foyer dans Chalom. Béhatsla'ha !

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Pose ta question, un rabbin répond !

Faire sa 'Alya malgré la solitude Quel est le meilleur choix à faire entre vivre en Israël, mais sans famille ni amis, ou en France, entouré des parents ? Sachant qu’en France on ne voit que peu d’avenir pour les enfants, surtout lorsque les parents ont un niveau de pratique moins avancé, tandis qu’en Israël on s’y sent bien, on a trouvé plus ou moins notre équilibre, mais on est trop isolé ? Ce qui devient "pesant" et de plus en plus dur à la longue (et plus particulièrement le Chabbath), surtout moralement ? Réponse de Rav Emmanuel Boukobza De vos propos, il semble ressortir que vous êtes déjà installés en Israël. Si c’est le cas, vous avez fait le plus difficile, à savoir quitter l’exil doré de la Galout (exil) pour venir vous installer en terre sainte. De ce que vous dites, vous vous sentez bien, vous avez plus ou moins trouvé votre équilibre, et le problème qu’il vous reste à résoudre est celui de la solitude. Ce n’est pas un problème insurmontable si vous tissez un réseau de relations sociales avec des gens qui vous ressemblent. Assurez-vous de donner suffisamment d’importance à l’étude de la Torah (mari, femme et enfants), qui donnera un sens très clair et très fort à votre Veillez à vous créer un cercle d'amies en allant à la synagogue et à des cours de Torah.-vous de construire un avenir spirituel et économique pour l’ensemble de votre famille et vous bénéficierez de l’aide d’Hachem.

Embrasser son neveu sur la bouche pour une femme Est-il permis pour une femme d’embrasser son neveu âgé d’un an sur la bouche ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Ce n’est pas interdit jusqu’à l’âge de 2-3 ans. (Gan Na’oul 452-450 ,3)

Comment savoir si l’on fait les bons choix de vie ? Comment peut-on savoir si l’on fait les bons choix dans la vie ? Y a-t-il une manière, selon la Torah, de discerner si une décision correspond vraiment à la volonté d’Hachem, que ce soit dans les études, les relations, ou les projets personnels ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Pour savoir si l’on fait les bons choix dans la vie, il n’y a pas deux solutions. Il faut étudier la Torah et s’attacher à un Rav, ou à des Rabbanim, et assister régulièrement à des cours de Torah (et, bien entendu, ne pas cesser de prier Hachem). La Torah est comparée à la lumière. (Michlé 6, 23) Ce n’est pas une image poétique : c’est une réalité concrète. Quand une personne se trouve dans le doute, elle est comme dans l’obscurité : elle ne sait pas où aller, elle hésite, elle craint de se tromper. La lumière, elle, a le pouvoir de dissiper cette obscurité. Elle éclaire le chemin, elle révèle les obstacles et permet, donc, d’avancer avec assurance. De la même manière, la Torah éclaire notre vie. Plus on l’étudie, plus on connait et plus on comprend la volonté d’Hachem. Elle nous aide à distinguer ce qui est bien de ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Et lorsque cette lumière pénètre en nous, les doutes s’en vont naturellement. C’est pourquoi la seule véritable manière de savoir si nos choix plaisent à Hachem, c’est d’être guidé par la Torah et par ceux qui la connaissent et la vivent profondément. Alors, nos décisions ne seront plus le fruit de nos impressions, mais le reflet d’une direction claire d’Hachem, lumineuse et apaisante. 50

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Une Brakha d’un érudit en Torah vaut plus ? J’aimerais avoir des preuves sourcées qu’il est bon de recevoir une bénédiction, particulièrement d’un grand en Torah ou d’un simple étudiant en Torah, en m’expliquant pourquoi cette Brakha serait plus grande que celle d'un homme plus simple ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Comme vous le faites remarquer, la Brakha octroyée par une personne grande en Torah est bien plus importante que celle octroyée par une simple personne. (Talmud Bavli Baba Batra 116a) Cependant, il ne faut jamais négliger la bénédiction donnée par une personne quelconque. (Talmud Bavli Méguila 15a) Le Zohar rapporte que la Torah est considérée comme la fille de Hakadoch Baroukh Hou. Plus on est proche de la Torah, plus on est proche de la source de toutes les bénédictions. D’autre part, nos Sages affirment : Tsadik Gozer Véhakadoch Baroukh Hou Mékayem, "Le Tsadik décrète et Hachem Se fait un plaisir d’exaucer." Plus on est proche de la Torah, plus on l’étudie et plus on l’apprécie, plus nos paroles auront un impact sur le déroulement des évènements dans ce monde. Hachem a livré le monde entre les mains des Tsadikim, c’est une des manières choisies par Sa sagesse, pour diriger le monde. De même que, malheureusement, les méchants sont assez souvent à la une de certains événements...

Dire "Tu as longue vie" à une personne à qui l’on pense Existe-t-il une raison pour laquelle on a l’habitude de dire à une personne qu’elle aura une longue vie lorsqu’elle entre dans une salle ou qu’elle nous appelle au téléphone alors qu’on parlait d’elle ou qu’on pensait à elle ? Y aurait-il un problème de superstition dans cette habitude ? Réponse de Rav Mordehai Bitton Il n’y a pas de superstition dans ce type d’accueil. C’est plutôt une manière de pratiquer un accueil positif vis-à-vis de nos proches et de nos relations, comme nous le recommandent nos Sages. En effet, Beth Chamaï nous enjoint de recevoir chacun avec un visage agréable (Bessever Panim Yafot) ; c’est précisément ce que l’on fait en disant ce genre de bénédiction. À l’inverse, on sait que dire du Lachone Hara’ provoque aussi des accusations dans le Ciel contre la personne visée. On peut donc comprendre que penser ou dire quelque chose de positif sur l’autre et recevoir un coup de téléphone de cette personne à ce moment-là est une conjonction qui permet de lui signifier de l’affection, ou, à tout le moins, de l’empathie. Or, Beth Chamaï nous enjoint de recevoir tout le monde avec "un visage agréable". Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...

Une équipe de Rabbanim répond à vos questions du matin au soir, selon vos coutumes :

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LA PARACHA POUR LES ENFANTS La remarque qui fait du bien Les enfants, cette semaine, apprenons à faire une remarque sans faire honte à personne.

L'HISTOIRE En colonie de vacances, les garçons préparent une grande chasse au trésor pour les plus petits. Chaque équipe doit cacher des indices, puis écrire les consignes sur des cartes. Ben est responsable des cartes. Il écrit vite pour terminer avant les autres. Quand Yoni lit une des consignes, il voit des erreurs. "Ben, on ne comprend rien ! Tu écris n’importe comment." Les autres se retournent, Ben rougit et il baisse les yeux. Le moniteur appelle Yoni, ils se mettent à l’écart et il lui dit : "Tu as raison, il faut corriger. Mais est-ce que Ben avait besoin d’entendre ça devant tout le monde ?" Yoni ne répond pas tout de suite, le moniteur continue : "Quand quelqu’un fait une erreur, on peut l’aider. Mais si on lui fait honte, il n’a plus envie d’écouter." Yoni regarde Ben, toujours silencieux près de la table. Il comprend. Il revient vers lui et dit plus calmement : "Ben, pardon, j’ai parlé trop fort tout à

l’heure. En fait, ton idée est bonne, mais il y a deux phrases à rendre plus claires. Je peux t’aider ?" Ben relève la tête. "Ok... merci." Les deux garçons relisent les cartes ensemble. Yoni ne se moque plus. Il montre les erreurs une par une, le tout dans la discrétion. Ben corrige, et il retrouve le sourire. Quand la chasse au trésor commence, les petits courent d’indice en indice, et tout fonctionne. Yoni comprend alors qu’une remarque peut vraiment aider quelqu’un, mais seulement si elle est dite de la bonne manière.

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L'ENSEIGNEMENT Au début du Séfer Dévarim, Moché parle aux Bné Israël avant leur entrée en Erets Israël. Il leur rappelle ce qu’ils ont vécu dans le désert, et aussi certaines erreurs qu’ils ont faites. Mais Moché ne les humilie pas. Rachi explique qu’il évoque plusieurs fautes par allusion, en citant des lieux, pour ne pas faire honte au peuple. Il veut les aider à comprendre et à s’améliorer.

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La Torah nous apprend ici qu’une remarque peut être nécessaire, mais qu’elle doit être dite avec respect. Corriger quelqu’un ne veut pas dire le blesser devant tout le monde, se moquer de lui ou le faire se sentir nul. Si ton frère, ta sœur ou un ami fait une erreur, tu peux l’aider à s’améliorer, mais avec des mots qui relèvent, pas des mots qui rabaissent.


Nos maîtres montrent l’exemple Dans le livre de Chmouel, il est écrit que le roi David a commis une faute très grave. Hachem envoie alors le prophète Nathan pour lui parler. Mais Nathan n'adresse pas sa remontrance en criant. Il ne rentre pas dans le palais en disant : "Tu as très mal agi !" Il ne cherche pas à humilier le roi devant tout le monde. Il veut que David comprenne vraiment. Alors Nathan lui raconte une histoire. Il lui parle de deux hommes : l’un est très riche, avec beaucoup de troupeaux, et l’autre est pauvre. Le pauvre n’a qu’une petite brebis. Il s’en occupe avec beaucoup d’amour, comme d’un trésor précieux. Un jour, le riche reçoit un invité. Au lieu de prendre une bête de ses propres troupeaux, il prend la seule petite brebis du pauvre. En entendant cela, David est bouleversé. Il comprend tout de suite que ce comportement est injuste. Il dit que cet homme a très mal agi. Alors Nathan lui répond avec des mots très forts : "Cet homme, c’est toi." À ce moment-là, David comprend. Nathan ne l’a pas humilié par plaisir. Il ne s’est pas moqué de lui. Il ne l’a pas écrasé devant tout le monde. Mais il ne s’est pas tu non plus. Il a trouvé une manière de faire entrer la vérité dans le cœur du roi. Et David accepte la remarque. Il ne cherche pas à se défendre. Il dit : "J’ai fauté devant Hachem."

Cette histoire nous apprend une immense leçon. Faire une remarque à quelqu’un, ce n’est pas chercher à gagner, à montrer qu’on a raison ou à faire honte. Le but, c’est d’aider l’autre à comprendre et à revenir sur le bon chemin. Si un ami se trompe, si un frère fait une bêtise, si quelqu’un ne respecte pas une règle, il est parfois juste de parler. Mais comment ? On peut dire : "Tu as fait n’importe quoi !" devant tout le monde. Ou bien on peut s’approcher, parler doucement, et dire : "Je crois qu’il y a quelque chose à corriger." Les deux phrases ne font pas le même effet. Nathan Hanavi nous montre qu’une vraie remarque doit aider l’autre à grandir. Une parole peut être ferme, mais rester respectueuse. Elle peut dire la vérité sans blesser inutilement. La grandeur est d’aider une personne qui s’est trompée à retrouver le bon chemin, pas à lui faire honte.

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RECETTE Couscous revisité aux légumes rôtis, pois chiches croustillants et huile aux herbes Un couscous revisité, coloré et parfumé, où les légumes rôtis rencontrent le croquant des pois chiches et la fraîcheur des herbes.

Ingrédients Pour les légumes rôtis  2 carottes épluchées  2 courgettes grattées  1 patate douce épluchée  1 fenouil nettoyé et vérifié  1 oignon rouge  4 cuil. à soupe d’huile d’olive  Sel, poivre  1 cuil. à café de cumin

Pour la semoule

 1 cuil. à soupe d’huile

 400 g de couscous moyen  400 ml de bouillon de

légumes chaud  30 g de beurre ou de

margarine  Sel

Pour les pois chiches croustillants  1 boîte de pois chiches égouttés

d’olive  1 cuil. à café de paprika  ½ cuil. à café de cumin Pour l’huile aux herbes  1 bouquet de coriandre nettoyée et vérifiée  1 bouquet de persil nettoyé et vérifié  100 ml d’huile d’olive  Le jus d’un demi-citron

Réalisation - Préchauffez le four à 200°C. - Coupez les légumes en morceaux réguliers. Mélangez-les avec l’huile d’olive, le cumin, le sel et le poivre. Enfournez pendant 35 à 40 min, jusqu’à obtenir une belle coloration. - Mélangez les pois chiches avec l’huile d’olive et les épices. Déposez-les sur une plaque et faites-les cuire 20 à 25 minutes, jusqu’à ce qu’ils deviennent croustillants. - Versez le bouillon chaud sur la semoule. Couvrez pendant 5 minutes, puis égrainez à la fourchette avec le beurre ou la margarine. - Mixez les herbes, le citron et l’huile d’olive jusqu’à obtenir une sauce verte parfumée.

Cuisson : 25 min

- Dressez la semoule dans une grande assiette creuse. Disposez harmonieusement les légumes rôtis, parsemez de pois chiches croustillants et terminez par quelques gouttes d’huile aux herbes.

Difficulté : Facile

Chabbath Chalom !

Pour 6 personnes Temps de préparation : 25 min

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Murielle Benainous


Perle de la semaine par

"Il est plus facile de briser mille atomes qu'un seul préjugé." (Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel de Apta)


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