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Torah-Box Magazine n°368 Israël - Pin'has

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n°368 1er juillet 2026 I 16 Tamouz 5786

L'ÉDITO DE LA SEMAINE

Au-dessus du mépris

Les accords entamés dernièrement en Suisse entre l’Iran et les États-Unis ont constitué une démonstration du mépris que porte Téhéran envers le gouvernement américain. La délégation iranienne a refusé de participer à la séance protocolaire précédant les discussions. Elle n’a pas non plus accepté de serrer la main des représentants américains et de se faire photographier avec eux. Du jamais vu ! Sur leur compte en ligne, certains dirigeants du régime iranien ont traité Trump de perdant, de bluffeur et d’imbécile. Il faut rappeler que, dans les mentalités orientales, l’honneur et la dignité sont des valeurs de première importance. L’attitude du chef d’État américain, acceptant de se plier à leurs exigences, a vite été perçue comme de la faiblesse, faute impardonnable ! Si la force, le courage et le sang-froid appellent l’admiration et le respect, leur absence fait naître le mépris. On connaît Trump comme un homme fier, qui développe un culte extrême de sa personnalité, et pourtant, l’attitude du régime iranien ne semble pas l’avoir touché outre mesure. En réalité, il a bien d’autres calculs en tête et, dès lors qu’il a décidé de signer un traité de paix, rien ne peut le freiner. Ce n’est donc pas qu’il soit insensible à l’honneur, mais il a tout simplement ses priorités. Nous avons devant nous un exemple concret de l’évolution des valeurs humaines : de nos jours, la honte publique a perdu de son impact. Rappelons que, dans un passé pas si lointain, la dignité et l’honneur étaient des valeurs universelles. La réputation s’acquérait au prix de nombreux efforts. Dans certaines civilisations, comme chez les samouraïs, perdre son honneur était considéré comme pire que mourir, et certains n’hésitaient pas à pratiquer le hara-kiri (forme de suicide). Même en Europe, les duels étaient fréquents à la suite d’un affront. Si, en Orient, on continue à cultiver ces valeurs, en Occident, elles ont été remplacées par la célébrité, la richesse et la réussite. L’exemple le plus frappant est

celui de ces politiciens qui se lancent dans la course au pouvoir, sachant pertinemment qu’ils seront critiqués, salis et associés à des scandales.

Le peuple hébreu, quant à lui, a subi, au cours de son histoire, de nombreuses formes de discrimination et d’exclusion –sans oublier les persécutions et les massacres. Le dénigrement a constitué une arme redoutable pour l’abattre, et il se perpétue jusqu’à aujourd’hui, sous une forme plus subtile. Comment les Juifs sontils parvenus à se protéger de ce harcèlement psychologique sans se laisser véritablement atteindre ?

C’est surtout la conviction d’avoir contracté une alliance avec D.ieu qui leur a fourni un cadre de sens dépassant les épreuves. C’est ainsi qu’à chaque prière, dans le ‘Alenou Lechabea’h, nous exprimons "notre reconnaissance envers D.ieu de pouvoir Le servir, alors que les nations ne croient qu’à des vanités et des vacuités". Cette conviction les a, en quelque sorte, placés bien au-dessus de tout dénigrement, avec la certitude qu’en réalité, c’est chez eux que se trouvent les valeurs éternelles.

À notre époque, le peuple d’Israël a eu le mérite de retourner sur la terre de ses ancêtres. Pourtant, le jeune État cherche éperdument, mais en vain, à être accepté et reconnu parmi les nations. Malgré ses capacités et ses talents, il est souvent mis à l’écart, sans véritable explication. Il fait malheureusement fausse route, car les exploits sportifs, artistiques ou militaires, pas plus que les inventions scientifiques, ne suffisent à procurer une reconnaissance profonde et durable.

Celui qui fonde sa valeur sur le regard des autres devient dépendant de leur approbation ; celui qui fonde sa valeur sur une identité profonde devient invulnérable au mépris.

Rav Daniel Scemama

SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - Au-dessus du mépris

Actualités

Yohan Souffir

Un autre 7 octobre à Eilat est-il réellement possible ?

Femmes

L’autre visage de la maternité

Devinettes sur la Paracha

Couple

Question au psy - Mon "petit ami" a des difficultés à s’engager !

La Paracha pour les enfants

En mode "Je m’explique"

Rav Yehonathan Gefen

Parachat Pin’has - Les filles de Tsélof’had

Shabatik

Histoire

Ton fils ne connaît pas la moitié du Talmud !

Flash Chabbath

Rav Eliahu Zrihen

Le message d'un rabbin de Montréal

DOSSIER Les vacances

La plus belle des destinations

Israël : Ces écoles où les enfants étudient même

Chabbath et les vacances

Liste des plages séparées en Israël

Où sortir cet été en Israël ?

Liste des parcs aquatiques Cachères en Israël

Vacances : l’heure de vérité du couple

Israël, le pays qui ne dort jamais

Questions au Rav

Recette

Pavés de bar sur mousseline de céleri

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel Marciano, Yohan Souffir, Orilia Korchia, Nathalie Seyman, Rav Yehonathan Gefen, Rav Eliahu Zrihen, Rav Israël Méir Cremisi, Léa Nabet, Rav Gabriel Dayan, Rav Yona Ghertman, Murielle Benainous

Mise en page Dafna Uzan

Couverture @shimonperlstein

Secrétariat 02.37.41.515

Publicité

Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306

Distribution diffusion@torah-box.com

Remarques & commentaires magazine@torah-box.com

Abonnement torah-box.com/magazine

 Les annonces publicitaires sont sous la responsabilité de leurs annonceurs

 Ne pas lire pendant la prière

 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

Daf Hayomi 'Houlin 62

Michna Yomit Kélim 14-8

Daf Hayomi 'Houlin 63

Michna Yomit Kélim 15-2

Daf Hayomi 'Houlin 64

Samedi 4 Juillet

Rav Its'hak Halévi Herzog

Rav Ben-Tsion Abba Chaoul

Rav Avraham Halévi Patel

Dimanche 5 Juillet

Rav Avraham 'Haïm Naé

Mardi 7 Juillet

Rav Moché Cordovero

Jeûne du 17 Tamouz Horaires du Chabbath

Michna Yomit Kélim 15-4

Parachat Pin'has

Daf Hayomi 'Houlin 65

Michna Yomit Kélim 15-6

Daf Hayomi 'Houlin 66

Michna Yomit Kélim 16-2

Daf Hayomi 'Houlin 67

Michna Yomit Kélim 16-4

Daf Hayomi 'Houlin 68

Michna Yomit Kélim 16-6

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Entrée 19:08 19:31 19:30 19:31

Sortie 20:31 20:34 20:33 20:34

Zmanim du 4 Juillet

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Nets 05:39 05:40 05:41 05:39 Fin du Chéma (2)

Rav Ron Chaya nous a quittés, à l'âge de 66 ans

C'est avec une immense tristesse que nous apprenons le départ prématuré de ce monde du Rav Ron Chaya, ce dimanche 28 juin 2026, à l'hôpital Hadassa 'Ein Karem de Jérusalem, entouré des siens. Depuis deux semaines, il luttait entre la vie et la mort après une opération difficile. Il nous a quittés à l'âge de 66 ans. Né en Suisse, Rav Ron Chaya avait fait sa 'Alyah à 19 ans et consacré toute son existence à Erets Israël et au peuple juif.

les fondations de la Yéchivat Yéchou'ot Yossef sur les collines de Jérusalem, où des dizaines d'élèves venaient chaque année se former à ses côtés.

En 1987, à seulement 27 ans, il fondait Leava — un organisme de séminaires pensé pour faire découvrir le judaïsme au grand public francophone. C'est ainsi que quelque 120 séminaires seront organisés à travers le monde et que des milliers de vies seront transformées. En 1994, il posait

Un lien très fort unissait le Rav Ron Chaya et TorahBox. Son fondateur, Binyamin Benhamou, est l'un de ses élèves — que le Rav a lui-même marié. Il avait conçu et diffusé au grand public les enseignements du Rav Ron Chaya à travers le site Leava.fr, contribuant ainsi à diffuser sa Torah à une échelle inédite. Le départ du Rav laisse un vide immense dans le monde juif francophone et au-delà.

Le décès étant survenu peu avant le bouclage du magazine, nous lui consacrerons, avec l'aide de D.ieu, un dossier la semaine prochaine.

Le capitaine David 'Hazout est tombé au combat au sud Liban

Le capitaine David ‘Hazout, 21 ans, commandant de peloton dans le 12e bataillon de la brigade Golani et originaire d’Achkelon, est tombé au combat dans le sud du Liban, a indiqué Tsahal dimanche matin. D’après les premiers éléments de l’enquête militaire, les faits se sont déroulés vers 2h du matin dans le village de Deir Siryan. Des

soldats de Golani entraient dans un bâtiment lorsqu’ils ont été confrontés à un terroriste du 'Hezbollah. Un échange de tirs s’est alors engagé. Le capitaine ‘Hazout a été mortellement touché au cours de l’affrontement. Un autre soldat a été légèrement blessé et évacué vers l’hôpital pour y être soigné.

Israël, le Liban et les États-Unis signent un accord-cadre à Washington

Israël, le Liban et les États-Unis ont signé vendredi à Washington un accord-cadre visant à poser les bases d'une "une paix et une sécurité durables". L’annonce a été faite par le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Peu après la signature, Binyamin Netanyahou a indiqué qu’Israël autoriserait l’armée libanaise à se déployer dans deux "zones pilotes" définies par Tsahal, soulignant

VISION PARFAITE

toutefois qu’Israël maintiendrait sa présence dans la zone de sécurité destinée à tenir le 'Hezbollah à distance de la frontière israélienne et à couvrir la portée de ses missiles antichars. Il a également affirmé que ni le 'Hezbollah ni les civils libanais ne seraient autorisés à pénétrer dans cette zone tant que le groupe terroriste ne serait pas désarmé.

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Mondial 2026 : l’Iran éliminé dès la phase de groupes

L’Iran est éliminé de la Coupe du monde 2026 après avoir terminé troisième de son groupe, avec trois points obtenus en trois matchs nuls contre la Belgique, la Nouvelle-Zélande et l’Égypte. La sélection iranienne pouvait encore espérer se qualifier parmi les meilleurs troisièmes, mais le nul arraché par l’Autriche face à l’Algérie dans les dernières secondes l’a définitivement sortie de la compétition. Le parcours iranien s’achève donc sans victoire, sur fond de tensions diplomatiques liées aux restrictions de déplacement imposées aux joueurs iraniens aux États-Unis.

Trump menace l’Iran d’une disparition en cas de reprise de la guerre

Donald Trump a haussé le ton samedi contre Téhéran, affirmant que l’Iran "cessera d’exister" si les États-Unis devaient reprendre les combats. Le président américain accuse la République islamique d’avoir une nouvelle fois violé le cessez-le-feu. Dans un message publié sur Truth Social, il a déclaré que "des avions américains viennent de frapper des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des stations radar côtières, pour avoir violé, ENCORE UNE FOIS, l’accord de cessez-lefeu !" Trump a ensuite lancé un avertissement direct au régime iranien : "Il se peut qu’un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison (…) Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister !"

ACTUALITÉS

Séismes au Venezuela : la colère monte face à la lenteur des secours

Trois jours après les deux violents séismes qui ont frappé le Venezuela, la colère grandit parmi la population dans les zones sinistrées. Le bilan provisoire fait état de 1 430 morts et 68 900 disparus, tandis que les habitants dénoncent la lenteur des secours.

Le gouvernement affirme avoir mobilisé plus de 14 000 militaires et policiers, ainsi que 1 600 secouristes internationaux. Israël a également proposé son aide, malgré l'hostilité diplomatique de Caracas envers le pays : plusieurs organisations israéliennes, dont NATAN, IsraAID et ZAKA se sont mobilisées en envoyant équipes et matériel sur place.

Gaza : des centaines de Palestiniens manifestent contre le 'Hamas

Plusieurs centaines de Palestiniens ont manifesté vendredi dans la bande de Gaza contre le 'Hamas, une première depuis près d’un an. Malgré les menaces du groupe terroriste, des habitants sont descendus dans la rue avec des slogans comme "Si Allah le veut, le 'Hamas hors d’ici", "Nous ne sommes pas des pions" ou encore "Nous voulons vivre".

Selon le Times of Israel, des hommes armés affiliés au 'Hamas ont été déployés pour tenter d’empêcher les rassemblements, tandis que des journalistes locaux auraient reçu l’ordre de ne pas couvrir la mobilisation.

Noam Shazeer quitte Google pour rejoindre OpenAI

Noam Shazeer, l’un des grands noms de l’intelligence artificielle moderne et co-responsable du projet Gemini chez Google, a annoncé son départ pour OpenAI. Ce chercheur juif orthodoxe américain est notamment connu pour avoir participé au célèbre article scientifique Attention Is All You Need, considéré comme l’une des bases des

modèles d’IA actuels. Son départ a provoqué une forte réaction des marchés : l’action d’Alphabet, maison mère de Google, a reculé de plus de 5 %, effaçant des dizaines de milliards de dollars de capitalisation. Shazeer avait déjà quitté Google en 2021 pour fonder Character. AI, avant d’y revenir en 2024 dans le cadre d’un accord estimé à 2,7 milliards de dollars.

Bahreïn dit avoir été ciblé par des missiles et drones iraniens, en représailles de frappes américaines

Bahreïn a annoncé dimanche matin que ses défenses antiaériennes avaient été mobilisées face à des tirs de missiles et de drones attribués à l’Iran, dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran, malgré le cessez-le-feu en vigueur. Selon l’armée bahreïnie, les systèmes de défense ont "intercepté et détruit un certain nombre de projectiles utilisés dans ces attaques iraniennes perfides". Un peu plus tôt, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient revendiqué des frappes visant Bahreïn et le Koweït, en riposte à des bombardements américains. Les deux parties s’accusent mutuellement de ne pas respecter le cessez-le-feu.

Un autre 7 octobre à Eilat est-il réellement possible ?

La semaine dernière, le chef du Chin-Beth, David Zini, aurait évoqué l’hypothèse qu’un prochain "7 octobre" puisse un jour venir d’Eilat. Une déclaration qui, sans provoquer de panique, semble néanmoins prise au sérieux dans certains cercles sécuritaires israéliens. Comment en est-on arrivé là, après presque trois années de guerre ?

Le mardi 22 juin 2026, plusieurs médias israéliens ont révélé qu’environ deux semaines auparavant, un jet-ski en provenance de Jordanie aurait été intercepté au large des côtes d’Eilat.

Selon ces informations, il aurait pu s’agir d’un test destiné à évaluer le temps de réaction de Tsahal dans le cadre d’un scénario d’attaque des ‘Houthis visant notamment les hôtels de la ville.

À première vue, l’idée peut sembler improbable : le Yémen est éloigné géographiquement et l’hypothèse d’une

Il faut rester calme face aux épreuves : Rabbi Na’hman de Breslev comparait ce monde à un pont très étroit et enseignait : "L’essentiel est de ne pas avoir peur et de se renforcer dans la confiance en Hachem"

attaque coordonnée depuis le sud paraît difficile à imaginer.

Pourtant, certains responsables étudient différents scénarios mêlant infiltration maritime, cellules implantées localement ou utilisation du territoire jordanien via Aqaba. Cela ne signifie pas qu’une telle attaque soit imminente ni même probable, mais que le principe israélien de préparation impose d’envisager même les hypothèses les plus extrêmes.

Eilat constitue depuis longtemps une cible sensible : ville balnéaire, éloignée du centre du pays, disposant d’une géographie particulière et d’un accès relativement isolé. Cette vulnérabilité structurelle pousse naturellement les services de sécurité à ne rien exclure.

Plus largement, une question demeure : comment en est-on arrivé à vivre dans l’idée qu’un nouveau traumatisme puisse être envisagé ? Parce que malgré l’affaiblissement considérable de plusieurs organisations hostiles à Israël, aucune alternative stable n’est réellement apparue. L’histoire montre souvent que lorsqu’un vide se crée, d’autres forces tentent de l’occuper. La menace évolue, se transforme, se disperse— mais elle ne disparaît pas automatiquement.

Certains observent également que plusieurs facteurs rappellent des mécanismes déjà connus : retour des divisions internes, climat politique tendu, campagne électorale en arrière-plan, sentiment d’usure après des années de conflit. Tous ces éléments viennent

rappeler qu’aucune société n’est totalement immunisée contre l’erreur stratégique.

Mais il faut aussi dire une chose : Israël n’est plus celui du 7 octobre 2023. La vigilance sécuritaire n’est plus la même. Ce que beaucoup ont appelé la "conceptzia" — cette croyance dans une stabilité supposée — a été profondément remise en cause. Les réflexes ont changé, l’attention s’est renforcée et les institutions restent mobilisées. Cela ne veut pas dire que le risque est nul, mais qu’il ne faut ni céder à la peur ni retourner à la complaisance.

La guerre n’est pas officiellement terminée. Les débats politiques ont leur place dans une démocratie, mais les citoyens attendent aussi une vision : comment protéger durablement les populations civiles et comment réduire les menaces qui demeurent autour d’Israël.

Et au-delà de la dimension militaire, il reste la question spirituelle.

Le Rav Arouch déclarait récemment que nous traversions "une situation spirituelle parfois plus préoccupante encore qu’avant le 7 octobre". Que chacun partage ou non ce constat, son appel est clair : ne pas céder aux divisions.

Enfin, je ne peux refermer cette tribune sans avoir une pensée pour la famille du Rav Ron Chaya, dont nous avons appris le décès pendant la rédaction de ces lignes. Lui qui fut pour beaucoup une voix annonçant une lecture spirituelle de son époque, son œuvre aura marqué de très nombreux francophones. Que son mérite éclaire ceux qui poursuivent son chemin. Et que son rêve puisse se réaliser, avec la résurrection des morts ainsi que construction du troisième Beth Hamikdach.

Yohan Souffir Journaliste et éditorialiste politique

FEMMES

COUPLE

L’autre visage de la maternité

La dépression post-partum ne définit rien de votre valeur en tant que mère. Elle ne veut pas dire que vous êtes faible. Ni que vous n’étiez "pas faite" pour avoir un enfant. Vous passez simplement une période difficile, de vulnérabilité, et vous avez besoin d’être soutenue et accompagnée.

Vous étiez persuadée que l’arrivée d’un bébé était "le plus beau moment d’une vie". Mais dans l’immédiat, vous êtes en train de pleurer après avoir interminablement bercé votre bébé. Vous vous demandez ce qui ne va pas chez vous. Et puis on vous dit de profiter, parce que "ça passe tellement vite". On vous félicite, on vous demande des photos, on vous parle de bonheur immense… Mais vous, vous regardez ce tout petit bébé en vous demandant comment vous allez tenir.

Quand ce n’est pas “juste la fatigue”

Après un accouchement, il est fréquent de traverser un baby blues. Vous vous retrouvez à pleurer "pour un rien", vous passez d’une émotion à une autre et vous vous sentez submergée. Alors un body impossible à fermer, bébé qui se remet à pleurer ou une remarque maladroite et hop, les larmes se mettent à couler.

Demander de l’aide n’est pas un échec. Au contraire c’est un premier pas vers un mieux-être. "

Par contre, la dépression post-partum, elle, ne passe pas, elle s’installe. Elle peut arriver à tout moment dans la première année qui suit la naissance du bébé. Elle peut se produire pour un premier enfant ou alors pour les naissances suivantes, même si la mère est expérimentée et que les précédents post-partum se sont bien passés (cela dépend de nombreux facteurs et du contexte de la naissance).

En même temps, votre vie entière vient d’être bouleversée en quelques heures, votre corps est épuisé et les hormones vous jouent des tours. Pas étonnant de se sentir chamboulée. Mais cet état de baby blues passe au bout de quelques jours.

Là, vous avez l’impression d’être constamment "sous l’eau". Chaque tâche devient énorme. Vous vous réveillez déjà fatiguée. Le soir vous angoissez et redoutez la nuit à venir. Vous vous sentez écrasée par la responsabilité d’un si petit bébé. Vous n’arrivez plus à profiter de quoi que ce soit. Et puis il y a ce sentiment de vide à l’intérieur de vous. Le vide de ne plus savoir qui vous êtes, de ne plus vous reconnaitre. Avant vous aviez des centres d’intérêt, des envies, maintenant toute votre énergie passe dans le fait de "tenir". Il y a aussi ces pensées et idées noires récurrentes, et comme un sentiment de distance avec votre bébé. Alors vous vous sentez coupables de ne pas ressentir ce fameux "amour immense" dont tout le monde parle. Vous vous dites : "d’autres y arrivent bien", "je devrais être heureuse", "je n’ai pas le droit de me plaindre". Vous avez peur

d’être jugée et honte de ce que vous ressentez. Alors vous vous taisez.

Le silence aggrave la souffrance

Quand on traverse une dépression post-partum, on a tendance à s’isoler. Plus vous pensez que ce que vous ressentez est "anormal" et plus vous essayez de le cacher. Certaines mamans vont jouer un rôle : sourire, dire que "tout va bien", répondre que c’est "juste la fatigue". De façade tout semble normal, le "job" est fait : les couches changées, les repas donnés, les rendez-vous pris. Mais à l’intérieur, c’est l’effondrement.

Vous pensez que ça finira forcément par passer tout seul. Vous laissez trainer votre mal, et plus vous vous isolez, plus vous allez mal. Pourtant, vous avez besoin d’aide, d’être accompagnée, de comprendre ce que vous traversez et ce qui vous angoisse. Il y a des professionnels formés et outillés pour diagnostiquer la dépression postpartum et soutenir les mamans en souffrance. Médecins, sages femmes, psychologues…

Ils peuvent vous aider et vous écouter sans minimiser, sans comparer, sans donner des conseils dans tous les sens. Pour aider à apaiser ce qui reste à vif et permettre de s’en dégager un peu. Car la grossesse, l’accouchement, et l’arrivée d’un bébé sont des périodes de grands bouleversements pouvant faire ressortir des fragilités, des traumatismes. Selon le contexte et la manière dont ils se sont passés et ont été vécus, ils peuvent être source de souffrance. Parfois aussi la dépression est sévère et s’accompagne de pensées plus sombres, d’idées noires et d’une impossibilité d’être en lien avec son bébé. Alors il y a une nécessité de prendre des traitements adaptés qui permettent temporairement de reprendre des forces pour guérir.

Le lien avec votre bébé peut prendre du temps

Peut-être que vous ne ressentez pas immédiatement cet amour inconditionnel qu’on voit partout dans les films ou sur les réseaux sociaux. Et que ça vous inquiète. Mais rassurezvous, l’attachement n’est pas instantané. Il se

FEMMES

COUPLE

FEMMES construit à travers les habitudes, les regards, les moments du quotidien et même les nuits à bercer bébé. Pour certaines ça peut prendre plus de temps que pour d’autres. Tout est à construire, dans les moments faciles comme dans le plus difficiles. Mais la dépression post-partum ne définit en rien votre valeur en tant que mère. Elle ne veut pas dire que vous êtes faible. Ni que vous n’étiez "pas faite" pour avoir un enfant. Vous passez simplement une période difficile, de vulnérabilité, et vous avez besoin d’être soutenue et accompagnée pour développer votre relation mère-enfant de manière plus sereine. Vous êtes juste une mère qui essaie de faire de son mieux alors que vous êtes déjà à bout de forces. Essayez de ne pas avoir trop d’attentes envers vous-même, ne vous fixez pas d’objectifs trop élevés, car

plus vous vous mettrez la pression, plus vous culpabiliserez de ne pas y arriver.

Alors…

Demander de l’aide n’est pas un échec. Au contraire c’est un premier pas vers un mieuxêtre. Être une bonne mère c’est surtout savoir avancer même quand c’est difficile, oser solliciter un soutien pour soi et pour son bébé. Et en ressortir plus forte grâce au chemin et au travail accompli.

La dépression post-partum n’est pas une fatalité. Même si, sur le moment, elle donne l’impression qu’on n’en sortira jamais, il y a un après dans lequel on va mieux. Il est possible de retrouver du lien, de la confiance et du plaisir dans la relation avec son enfant. Alors continuez de lever les yeux vers Hachem car au milieu de votre souffrance, vous n’êtes pas seule.

Orilia Korchia, psychologue clinicienne

Carton rouge au salon !

J’attendais ce match du Mondial 2026 comme on attend une finale : une écharpe autour du cou, des pépites sur la table, et zéro projet de me lever du canapé. Au moment précis où l’attaquant a tiré au but, ma femme s’est mise devant l’écran avec le menu d’un restaurant et a dit : "Joyeux anniversaire de mariage !" — j’ai raté le but, et j’ai reçu un carton rouge dans le salon !

Vocabulaire

(Mis’hak) – match, jeu

(Gmar) – finale

(Tsa’if) – écharpe

(Gar’inim) – pépites, graines

ס (Sapa) – canapé

(’Halouts) – attaquant •

(Cha’ar) – but, cage

(Massakh) – écran

(Tafrit) – menu

(Miss’ada) – restaurant

(Kartiss Adom) – carton rouge

D’autres mots avec la racine ר.מ.ג. (finir, terminer)

(Proyekt Gmar) – projet de fin d’études

(Guimour) – finition

(Ani Gamour/a) – je suis épuisé(e) / je suis

Parachat Pin'has

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

Le nombre d’agneaux à offrir en élévation chaque jour de .

À titre de récompense pour avoir vengé l’honneur d’Hachem, D.ieu accorda cela à Pin'has.

Ses fils s’appellent Tsifion, ‘Hagui, Chouni, Etsbon, Eri, Arodi et Aréli.

Si un homme décède sans laisser d’enfants, ni de frère, ni de père, c’est ce proche qui héritera de lui.

Nom, commun aux fils de Chim'on et de Yéhouda.

Le nom de la princesse Midyanite qui a fait fauter Zimri.

Le nom du père de Zimri.

C’est à partir de vingt ans que les hommes sont appelés à servir à l’… .

Le sacrifice de Moussaf de ce jour est le plus simple : uniquement deux agneaux.

(Mon alliance de paix)

La fête de Chavou'ot est appelée dans notre Paracha le jour … .

(des prémices)

Ce que la Torah nous demande de faire à Yom Kippour.

personnes)

Il est la septième génération entre Adam et Noa’h, et c’est aussi le nom d’un de fils de Réouven.

Dans la Paracha, on découvre quel a été le sort des enfants de Kora’h.

ne moururent pas)

Le nom de la fête du huitième jour de Souccot.

Pour les plus nombreux, il faut accroître leur héritage de la terre, et pour les … , il faut le leur réduire.

(moins nombreux)

On en a un bon et un mauvais, et c’est aussi le nom d’un des fils de Naftali.

Dû au changement de trois lettres dans les offrandes de Souccot, nos Sages ont appris qu’il fallait en offrir une d’eau pendant cette fête.

d’eau)

C’est littéralement de cette manière que le tirage au sort s’est effectué pour répartir la terre d’Israël.

Cette Paracha traite des … de Moussaf offerts au Temple durant Chabbath et les fêtes.

Le nom d’une des filles de Tsélof’had.

la bouche)

Yéhochou'a est désigné comme un homme qui a cela en lui.

Le nombre de morts lors du fléau qui s’est abattu sur ceux qui ont fauté avec les Midyanites est le même que celui des élèves de Rabbi 'Akiva qui sont décédés.

FEMMES

COUPLE FAMILLE

Question au psy - Mon "petit ami" a des difficultés à s’engager !

J’ai 28 ans et j’ai rencontré un garçon il y a un an. Tout se passe bien et je suis prête à me marier : je n'attends que ça ! Mais lui au contraire a visiblement décidé de prendre son temps. Après un an, il n’a toujours pas manifesté de proposition de mariage... Je ne sais pas quoi faire : ne pas lui mettre de pression pour ne pas risquer de le faire fuir, ou bien mettre les choses à plat, voire même lui poser un ultimatum afin de le "bouger"

alors qu’il suffit à la femme de faire une prière personnelle.

Comme toujours dans les relations hommes/ femmes, les choses ne sont pas simples. Vous semblez prête pour l’étape suivante ; or vous êtes deux. Que se passet-il dans sa tête ? Pourquoi prend-il son temps ? Comment procéder pour avancer ?

Comprendre la différence entre l’homme et la femme

Les femmes sont, en général, tournées vers l’avenir, alors que les hommes sont davantage ancrés dans le moment présent. Elles pensent avec leurs émotions, et les hommes plutôt avec la réalité.

Nous comprenons mieux le mystère qui fait qu’un homme prenne plus son temps qu’une femme à s’engager : une difficulté à se projeter dans l’avenir, vivre plus l’instant présent, se baser sur les événements extérieures plus que sur ses sentiments… Tout cela reste général, réfléchissons désormais aux possibilités qui peuvent freiner votre ami.

Comprendre ses raisons

Parfois, il n’est pas utile d’aller chercher loin les raisons des hésitations d’un homme à s’engager.

Peut-être a-t-il peur d’un échec, ayant vécu le divorce de ses parents par exemple.

Le Talmud dit que la femme fut créée avec plus de Bina, de perception ou de compréhension, donc avec une capacité à pénétrer en profondeur dans un sujet donné et à l’appréhender de l’intérieur. A contrario, l’homme fut créé avec plus de ‘Hokhma, c’està-dire une compréhension issue d’une vision extérieure de la réalité, donc reliée aux faits et apparences.

Elles sont davantage portées sur leur monde intérieur alors que les hommes sont enclins à se tourner vers le monde extérieur. Cela explique pourquoi l’homme a besoin d’être au sein d’un groupe de dix personnes pour prier,

Peut-être croit-il qu’il devra renoncer à sa liberté en tant qu’homme marié.

Il se peut aussi qu’il ait encore des doutes sur votre relation et attend d’avoir plus confiance en lui pour se déclarer.

Il ne s’agit peut-être pas d’un moment propice pour lui (vie personnelle ou professionnelle).

Ou encore n’avez-vous pas la même perception de votre relation ni de son avenir.

Ou il pense que vous êtes bien comme ça et il ne songe pas que vous avez besoin de passer à l’étape suivante.

Il va vous falloir agir de façon subtile pour comprendre ses motivations et permettre à votre couple d’avancer.

Que faire ?

1

Assurez-vous d’abord simplement que vous êtes sur la même longueur d’onde au sujet de votre relation. Pour cela, communiquez. Par exemple, sur un ton positif et serein, vous pouvez lui dire : "J'aime passer du temps avec toi, je suis heureuse à tes côtés. Mais je veux juste vérifier qu'on est sur la même longueur d'onde. Mon but est de me marier et fonder une famille et je veux être sûre de me projeter avec quelqu’un qui partage mes valeurs. Es-tu assez bien avec moi pour envisager de te marier avec moi ?"

2

couple et donnera à votre ami l’envie de passer à l’étape supérieure bien plus rapidement. Ne pas se donner entièrement et le laisser découvrir graduellement votre personnalité, sans ce rapprochement intime qui finalement l’empêche de vous voir réellement, donnera à votre partenaire le désir d’avancer toujours plus avec vous.

"Une difficulté à se projeter dans l’avenir, vivre plus l’instant présent, se baser sur les événements extérieures plus que sur ses sentiments…

Ensuite, si sa réponse a été positive – car s’il vous répond non, je ne peux que vous conseiller de mettre un terme à la relation –, il va vous falloir parler ensemble sur les raisons possibles de son absence d’envie de s’engager. Pour chaque réticence, réfléchissez ensemble si elle est légitime ou non. Ne vous braquez pas, essayez de comprendre. C’est peut-être la dernière chose qu’il attend de vous pour savoir s’il doit aller plus loin : si vous savez l’écouter ouvrir son cœur. En retour, parlez aussi de vos sentiments. Diteslui à la fois les choses que vous trouvez positives et négatives. La clé d’une relation, à ses débuts et tout au long du mariage, est de communiquer.

3

Mettez l’accent sur la notion de bonheur et de bien-être que lui apportera le mariage. Prenez ce temps où il ne se déclare pas pour construire un véritable amour. Essayez dès aujourd’hui et vous en percevrez les effets positifs avec une rapidité étonnante. Vous préserver vous aidera à solidifier votre

Conseil : ne prenez pas trop les choses en main ou alors faites-le de façon subtile. Certains hommes ont besoin d’un peu plus de temps pour se lancer. En poussant un homme à prendre une décision sans qu’il n’en ait vraiment envie, vous le rendez indécis. Gardez en tête que, s’il vous aime, il aura peur de vous perdre et finira par se déclarer, mais cela sera de sa propre volonté et c’est finalement ce que vous désirez.

Conseil à votre ami

Monsieur, il faut tout d’abord que vous ayez conscience de quelque chose. Vous avez trouvé un trésor que tout le monde recherche : celui d’être avec une personne qui vous aime vraiment et se projette avec vous dans un avenir proche.

Mais vous n’avez pas encore l’envie ou la possibilité, selon vos raisons, de passer à l’étape supérieure avec votre amie. Essayez d’étudier en vous-même les raisons pour lesquelles vous souhaitez prendre votre temps. Sont-elles liées à votre relation ou sont-elles extérieures ? S’il s’agit de la première solution, il vous faudra être honnête avec cette femme qui vous aime et décider ensemble du futur que vous voulez donner à votre couple. Si elles sont extérieures, vous pouvez trouver ensemble une solution, un compromis ou un combat à mener ensemble. Tout est plus facile à surmonter lorsque l’on est soutenu par la personne que l’on aime. Ne risquez pas de la perdre !

Béhatsla’ha !

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

En mode "Je m’explique"

Les enfants, cette semaine, entraînons-nous à ne pas bouder, mais à parler clairement et calmement.

L'HISTOIRE

Chabbath midi, toute la famille est réunie chez Papi et Mamie. Chacun attend le petit jeu de Paracha que papi prépare chaque semaine.

Cette fois, papi annonce : "Chaque enfant va poser une question sur la Paracha." Il donne une carte à Mikhaël, une à David, une à Avi, puis il se tourne vers Esther. "Toi, tu aideras mamie à distribuer les cartes."

Esther baisse les yeux. Elle aime aider mamie, mais cette semaine, elle a préparé une vraie question. Elle voulait la poser devant tout le monde. Sa cousine lui chuchote : "Dis à papi que tu veux participer !" Esther sent qu’elle pourrait répondre fort, devant toute la table, mais elle se retient.

Un peu plus tard, quand papi se lève pour chercher un livre, Esther s’approche de lui. "Papi, je peux te dire quelque chose ?

- Bien sûr.

Papi la regarde avec un grand sourire. "Tu as très bien fait de me le dire. Je n’avais pas compris que tu y tenais autant."

Quand tout le monde revient à table, papi dit : "Avant de continuer, Esther va nous poser sa question."

Esther se redresse. Sa voix tremble un peu, mais elle pose sa question. Les cousins l’écoutent, et papi lui dit : "Très belle question !"

Esther est contente. Elle n’a pas boudé, elle ne s’est pas plainte, elle a expliqué calmement à son grand-père ce qui lui a fait de la peine.

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

Est-ce qu’il t’arrive de garder une peine sans oser parler ?

Comment peux-tu expliquer quelque chose calmement ?

- Je veux bien aider mamie. Mais moi aussi, j’avais préparé une question sur la Paracha J’aurais aimé la poser.

L'ENSEIGNEMENT

Dans la Paracha, les filles de Tsélof’had viennent parler à Moché. Leur père est mort sans laisser de fils, et elles risquent de ne recevoir aucune part en Erets Israël. Elles auraient pu se taire ou se mettre en colère. Mais au lieu de ça, elles exposent leur demande de façon calme et respectueuse devant Moché, El’azar et les grands du peuple.

Moché présente leur question à Hachem, et Hachem répond qu’elles ont raison.

À qui pourrais-tu parler avec respect cette semaine ?

La Torah nous apprend qu’on a le droit de parler quand quelque chose semble injuste, mais il faut le faire sans crier, sans manquer de respect, en disant clairement la vérité.

Quand tu te sens oublié ou que tu ne comprends pas une décision, tu peux parler : pas pour te révolter mais pour expliquer calmement ta vision des choses.

Nos maîtres montrent l’exemple

Le livre de Chmouel raconte l’histoire de ‘Hanna, une grande femme d’Israël. Depuis longtemps, ‘Hanna attend un enfant. Chaque année, elle monte au Michkan (sanctuaire) de Chilo le cœur lourd.

Un jour, elle entre prier. Elle ne crie pas, elle ne fait pas de bruit. Elle parle à Hachem dans son cœur : seules ses lèvres bougent, mais sa voix ne s’entend pas. ‘Éli Hacohen, le grand Cohen, la voit prier ainsi. Il ne comprend pas ce qui se passe. En la regardant, il pense qu’elle a bu du vin. Il lui adresse des paroles dures : "Jusqu’à quand serastu ivre ? Éloigne le vin de toi !"

Qu’Hachem t’accorde ce que tu Lui as demandé."

‘Hanna nous apprend la même chose que les filles de Tsélof’had : quand quelque chose nous blesse ou nous semble injuste, nous avons le droit de parler. Il ne faut pas toujours garder le silence, mais la façon de parler change tout.

Imaginez la peine de ‘Hanna. Elle est déjà triste. Elle vient au Michkan pour ouvrir son cœur à Hachem, et voilà qu’on la juge mal. Elle aurait pu se vexer, répondre, ou dire : "Comment osez-vous me parler ainsi ?" Mais

‘Hanna répond avec respect : "Non, mon maître. Je n’ai bu ni vin ni boisson forte.

J’ai seulement déversé les sentiments de mon âme devant Hachem."

Elle ne se tait pas, parce qu’il faut expliquer la vérité, mais elle ne crie pas non plus. Elle parle avec dignité sans manquer de respect à ‘Éli.

‘Éli l’écoute, il comprend qu’il s’est trompé. Il répond alors : "Va en paix.

Parfois, les enfants, il peut arriver qu’un adulte vous comprenne mal, qu’un camarade vous accuse de quelque chose que vous n’avez pas commis, qu’une décision vous paraîsse injuste. À ce moment-là, on risque de s'emporter : "Mais c’est faux !", "Ce n’est pas juste !", "Vous ne comprenez rien !"

‘Hanna nous montre une autre voie : respirer, garder le respect, puis expliquer. Dire la vérité avec calme est une grande force. Grâce à cette parole, ‘Éli comprend, bénit ‘Hanna, et son histoire prend un nouveau tournant.

L'exercice de la semaine

Cette semaine, les enfants, si quelque chose vous semble injuste ou si vous vous sentez mal compris, essayez de l’expliquer avec des mots calmes : "Je voudrais expliquer", "Ce n’est pas ce que je voulais dire"...

Supplément spécial Chabbath MAGAZINE

Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Pin’has - Les filles de Tsélof’had

À première vue, la demande des filles de Tsélof’had n’a rien d’extraordinaire, mais en réalité, elle revenait à demander à Hachem de réformer les lois de la Torah !

La Paracha présente les cinq filles de Tsélof’had, qui décéda sans avoir eu de fils. (Bamidbar 27) À cette époque, la Torah avait établi que seuls les garçons pouvaient hériter des terrains de leur père. Quand les Juifs entrèrent en Erets Israël, ces orphelines n’étaient pas censées obtenir de parcelle de terrain dans le pays. Elles se rendirent chez Moché Rabbénou avec une requête : recevoir le lopin de leur père.

À première vue, cette demande n’a rien d’extraordinaire, mais en réalité, elle revenait à demander à Hachem de réformer les lois de la Torah ! C’est incroyablement audacieux, cela frôle même l’insolence, puisque cela signifie en quelque sorte qu’Hachem a oublié de mentionner ce cas quand Il donna la Torah. Plus étonnant encore, Hachem accepta immédiatement leur requête et enjoignit à Moché de modifier la Loi et de permettre aux filles d’hériter d’un terrain s’il n’y a pas de fils.

Réformes

Ce ne fut pas la première fois que des Juifs vinrent voir Moché avec des requêtes saugrenues et intrépides, des demandes d’ajouts dans la Torah. Dans Béha’alotékha, un groupe de gens qui avaient été incapables d’approcher le Korban Pessa’h en son temps dirent à Moché : "Nous sommes impurs par une âme d’homme [mort], pourquoi serions-nous diminués en n’offrant pas l’offrande d’Hachem en son temps parmi les enfants d’Israël ?" (Bamidbar 9, 7) Hachem accepta leur argument et institua une nouvelle fête, celle de Pessa’h Chéni, afin de donner

à ces personnes une deuxième opportunité d’accomplir la Mitsva, puisque le manquement à cette dernière fut contre leur gré.

Dans les deux épisodes, les demandeurs affirment rater injustement quelque chose sans qu’ils n’en soient coupables. Mais dans Béha’alotekha, les hommes demandaient de pouvoir accomplir une Mitsva tandis que dans Pin’has, les filles de Tsélof’had réclamèrent un lopin de terre.

Rachi souligne que les intentions de ces dernières provenaient également de leur amour pour les Mitsvot et non de leur désir de s’enrichir. (Bamidbar 27, 1) Il explique qu’elles aimaient la Terre sainte et voulaient en recevoir une part. Les filles de Tsélof’had étaient motivées par la spiritualité, tout comme les hommes qui étaient impurs à Pessa’h. Dans les deux cas, Hachem accepta tout de suite et avec joie d’exaucer leurs requêtes audacieuses et n’hésita pas à ajouter des Mitsvot à la Torah.

Facteur de succès de nos prières

Quelle fut la clé du remarquable succès de ces deux demandes ? Bien évidemment, on ne peut jamais savoir pourquoi Hachem répond parfois positivement et parfois négativement à nos prières, mais ces événements nous aident à comprendre le secret des prières efficaces.

Dans les deux cas, la requête n’était pas égoïste, mais provenait d’un désir ardent d’accomplir la Volonté divine – offrir un Korban ou recevoir une part en Erets Israël. Hachem veut que nous

effectuions Sa volonté et que nous nous rapprochions de Lui ; quand nous faisons une telle demande sincèrement, quand on implore : "Laisse-moi accomplir Ta volonté ", les chances qu’Il réponde par l’affirmative sont bien plus grandes que si nous avions supplié : "Exauce mon souhait".

’Hanna est un parfait exemple de l’idée développée. Le verset affirme qu’elle alla prier au Michkan Chilo pour mériter d’avoir un enfant : "L’âme remplie d’amertume, elle pria devant (‘Al) Hachem et pleura longtemps." (Chmouel I 1, 10) La Guémara souligne l’emploi inhabituel de l’expression ‘Al Hachem, au lieu de El Hachem, qui aurait semblé plus logique. (Brakhot 31b)

Le Néfech Ha’haïm explique qu’elle pria pour l’honneur d’Hachem. Elle ne supplia donc pas d’être épargnée de sa souffrance personnelle, mais implora pour la douleur d’Hachem face à ses propres épreuves.

Tout pour D.ieu

Le Doudaïm Bassadé affirme que l’intention de ’Hanna était Léchem Chamaïm ; elle ne demanda pas d’avoir des enfants pour en éprouver de la satisfaction, mais pour que ceux-ci servent Hachem. (Michbetsot Zahav, Chmouel I, 28) Sa promesse de "donner son fils à Hachem pour tous les jours de sa vie" le prouve bien. (Chmouel I 1, 11) Elle souhaitait consacrer toute la vie de son enfant à la ‘Avodat Hachem. D’ailleurs, elle tint son engagement et envoya son enfant servir ‘Éli, le Cohen Gadol à Chilo depuis son plus jeune âge. Ainsi, elle renonça au bonheur qu’un parent éprouve habituellement en éduquant son enfant, parce que son but était l’honneur d’Hachem. En récompense, elle mérita que son fils devienne l’un des plus grands serviteurs d’Hachem, son niveau est comparable à celui de Moché et Aharon.

Ces trois exemples montrent des prières pures, récitées par d’illustres personnages, et qui furent exaucées. Bien entendu, il est très difficile d’atteindre un tel niveau de pureté dans nos prières, mais il ne faut pas pour autant se démoraliser. On doit désirer accomplir les Mitsvot avec de bonnes intentions, même si nous ne sommes pas encore à ce niveau. Si quelqu’un souhaite une bonne Parnassa, il doit demander à Hachem de l’aider à vouloir une Parnassa qui le stimulera dans son service divin.

Puissions-nous tous mériter de prier de la meilleure façon possible.

Résumé de la Paracha

1 Hachem annonce que Pin’has et sa descendance seront Cohanim.

2 L’ordre est donné de rejeter Midian qui a incité les Bné Israël à pratiquer l’idolâtrie et à se débaucher.

3 Hachem demande à Moché de compter les Bné Israël suite à l’épidémie qui les a frappés.

4 Hachem ordonne de partager la terre d’Israël entre les tribus par tirage au sort.

5 Les 5 filles de Tsélof’had, décédé dans le désert sans avoir de garçon (susceptible d’hériter), se présentent devant Moché afin de solliciter une part dans la terre d’Israël. Moché ne sait pas résoudre ce cas, il se tourne vers Hachem qui confirme qu’elles peuvent hériter de leur père défunt.

6 Hachem informe Moché de monter sur le mont Névo et d’observer la terre d’Israël qu’il ne pourra pas connaître, pour avoir désobéi avec Aharon lors de l’épisode du rocher.

7 Moché demande à Hachem de nommer un dirigeant digne de lui succéder. Hachem demande à Moché de nommer Yéhochoua’ comme son successeur.

7 La Paracha parle des sacrifices apportés à des moments fixes : Korban Tamid journalier, Moussaf de Chabbath, Moussaf de Roch ‘Hodech, Moussaf des trois fêtes, Moussaf de Roch Hachana et Moussaf de Yom Kippour.

N°483

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Pin’has 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

1

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline”

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES 1 JEU

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

3. Maror

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : Les Tortues Fusées ou Les Fromages Volants

2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 poin ts pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants, 2 points pour les plus drôles)

1. 3 Matsot chemourot (rondes, faites à la main)

2. Épaule d’agneau

LE FAST DUEL

3. Maror (laitue romaine)

4. Karpass (céleri)

5. ‘Hazeret (laitue ou endives)

7.Oeuf dur

4.Karpass

2.Épaule d’agneau

Pour chaque question, le premier qui trouve un mot qui répond à la question et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné. 2 (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)

6.‘Harossèt

7. Oeuf dur

8. Bol d’eau salée

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder 1

Un animal qui peut faire un peu peur

> Requin, rhinocéros, rat

6.‘Harossèt

5.Hazeret

Un endroit dans la nature où il y a de l’eau

> Rivière, ruisseau, réservoir

Un objet qu’on trouve dans une trousse

> Règle, rapporteur

QUANTITÉS OBLIGATOIRES DE MATSA & MAROR

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun

Un animal qu’on peut voir dans la mer

Un objet qu’on trouve dans une cuisine

Un métier

MAROR

> Requin, raie

Etapes du Séder

> Râpe, robot, réfrigérateur

> Réparateur, routier, restaurateur

8. Bold’eau sa l é e

UNE FAMILLE EN OR 3 JEU

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Citez une chose que l’on fait en premier le matin

Dire le Modé ani

Se lever

Aller aux toilettes

Faire Nétilat Yadaïm

Se brosser les dents

JEUX EN VRAC

Citez un animal qu’on ne voudrait PAS avoir comme voisin

Lion / Crocodile

Araignée géante / Serpent

Cochon

Chèvre / Singe

Ours

Citez quelque chose qu’un enfant oublie souvent à l’école

Cartable

Trousse

Cahier / Livre

Veste

Clé / Casquette

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

On me presse pour allumer la lumière, on me coud pour fermer un manteau

> Le bouton

> Je scintille au-dessus de vous, et je classe votre séjour

> l’étoile

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

Boîte à morceaux de vie transportables.

> Valise

> Fenêtre qui ne donne que sur toi.

> Miroir

L’Intrus Malin

On vous donne 4 mots du même univers. Trois vont ensemble, un est l’intrus.

Trouvez pourquoi ! (exemple : Violon, alto, violoncelle, guitare. La guitare est l’intrus car c’est le seul instrument à cordes qu’on pince et non qu’on frotte avec un archet.)

• Belote, bridge, tarot, poker

Pourquoi le poker est-il l’intrus ?

> C’est le seul jeu de cartes qui ne se joue pas en équipe.

5 JEU

3

JEUX

DISCUTONS JUSQU’À ÊTRE D’ACCORD

On vous donne une liste à classer selon une règle. Vous devez discuter pour vous convaincre et vous mettre tous d’accord sur le premier élément du classement. Si tout le monde est d’accord, chaque équipe gagne 3 points. Sinon, personne ne gagne.

Laquelle de ces raisons de retard est la plus acceptable selon vous ?

Problème de transport Imprévu familial Réveil raté Mauvaise organisation “J’avais la flemme”

À vous de vous mettre d’accord : quelle est la chose qu’on oublie le plus souvent dans cette liste ?

JEU

6

LA DRÔLE D’HISTOIRE

On choisit un convive qui sort de table. On lit une histoire interrompue à 4 moments, avec 3 choix possibles à chaque fois. On doit deviner quelle réponse ce convive choisira pour chacun des 4 moments.

Le convive revient, on lui lit l’histoire et il donne sa réponse pour chacun des 4 moments. On gagne 1 point par bonne prédiction

La journée scolaire qui dérape

Tu arrives à l’école un lundi matin. Ton cartable est lourd, tu as mal dormi et tu réalises que tu as oublié ton goûter.

Moment 1

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu appelles ta mère pour qu’elle l’apporte B. Tu demandes à un copain de partager le sien

Moment 2

C. Tu décides que tu n’as finalement pas faim

> En classe, le prof annonce une interro surprise sur une leçon que tu n’as pas révisée.

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu fais semblant d’être malade pour aller à l’infirmerie B. Tu tentes ta chance et tu réponds n’importe quoi avec confiance C. Tu demandes poliment si on peut la reporter

> Soudain la porte s’ouvre. C’est un chien errant qui entre dans la classe en portant une boîte contenant ton goûter dans la gueule.

Moment 3

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu éclates de rire B. Tu cours récupérer ton cartable en le suppliant de le lâcher C. Tu restes figé sans comprendre ce qui se passe

Moment 4

> Le chien s’installe sur la chaise du prof et attend calmement.

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu lui poses une question de cours pour voir ce qu’il répond B. Tu proposes au prof de le garder comme mascotte de classe

C. Tu sors discrètement en espérant que personne ne t’a vu

La règle du “Côté Gauche”

En Angleterre, au Japon ou en Australie, on roule à gauche. À l’origine, au Moyen Âge, tout le monde (à pied ou à cheval) circulait à gauche sur les chemins. Ce n’était pas par caprice, mais pour une question de sécurité très précise.

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions.

Pourquoi était-il plus sûr de croiser quelqu’un en restant sur la gauche du chemin ?

Pour garder sa main droite (celle qui tient l’épée) du côté de l’inconnu. Si le passant se montrait agressif, on pouvait dégainer immédiatement pour se défendre. S’il avait été à droite, son épée (portée à gauche) aurait été du mauvais côté pour réagir vite !

Réponse de la semaine dernière

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

L’arroseur arrosé
Indice : Tatami

Ton fils ne connaît pas la moitié du Talmud !

Le père est sous le choc : lui qui était venu chercher une bénédiction pour la guérison de son fils, il repart de chez le Rav avec une remarque désobligeante...

Avraham est un petit garçon scolarisé dans un Talmud Torah de la ville de Bendin, en Pologne au 19e siècle. Il montre des prédispositions étonnantes pour l’étude de la Torah.

Un jour, son père va le chercher à l’école et il lui dit avec une voix pleine d’émotion : "Mon fils, viens avec moi ! Aujourd’hui, tu vas rencontrer mon maître, le grand Rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk." Le garçon est émerveillé et impressionné à l’idée de rencontrer un si grand Rav.

Incollable et incurable

Quand la porte s’ouvre, Avraham avance dans la pièce, intimidé. Il baisse les yeux mais il a confiance en ses connaissances en Torah. Le père dit : "Maître, vous pouvez poser à mon fils la question que vous voulez, c’est un prodige."

Le Rabbi de Kotzk dit d’une voix sèche : "Ton fils connaît toute la Torah ?! Il n’en connaît même pas la moitié !" Le Rabbi lui fait signe de partir sans ajouter un mot.

Le père est sous le choc : lui qui était venu chercher une bénédiction pour la guérison de son fils, il repart avec une remarque désobligeante. De retour à la maison, le père ne révèle pas les propos du Rabbi de Kotzk, il ne veut démoraliser personne.

Et voilà que quelques jours plus tard, l’état du petit Avraham commence à s’améliorer, il reprend des forces, doucement mais sûrement. Jour après jour, il va mieux, et deux semaines plus tard, il a complètement guéri, comme si la maladie n’avait jamais existé. C’est un véritable miracle que le médecin ne comprend pas.

Le Rabbi de Kotzk lui pose quelques questions, auxquelles le petit répond sans hésitation. Sa rapidité et sa précision émerveillent le Rabbi : "Quelle belle Torah tu maîtrises !"

Quelques jours après, le garçon tombe subitement malade. En quelques heures, la fièvre monte, son état se dégrade, les traitements sont sans effets. Sur les conseils de son épouse, le papa repart chez Rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk sans perdre une minute.

"Rav, vous vous souvenez de mon fils qui connaît toute la Torah ? Il vient de tomber malade et son médecin pense qu’il ne va pas survivre."

Le remède du Talmud

Un soir, le père et le fils étudient ensemble. Ils mesurent le bonheur inestimable de se retrouver ensemble autour de la Torah, alors que cette scène semblait irréaliste il y a encore quelques jours, comme appartenant au passé.

Pendant qu’ils étudient, le fils observe son père, il sent que quelque chose le travaille, il lui demande ce qui ne va pas. Le père essaie d’éviter le sujet, mais devant l’insistance de son fils, il finit par tout dire. "Quand tu étais malade, je suis allé voir le Rabbi de Kotzk pour demander une Brakha pour toi, mais au lieu de me bénir, il m’a repoussé. Il a prétendu que tu ne connais pas la moitié de la Torah."

Le visage d’Avraham s’illumine : "Mais papa... c’est écrit dans le Talmud !"

Le père ne comprend pas la réaction enthousiaste de son fils qui dit : "Dans le Talmud de Jérusalem, il est rapporté que Rabbi Tarfon honorait sa mère de façon exceptionnelle. Il allait jusqu’à mettre ses mains sous ses pieds pour ne pas qu’elle ne se fatigue en marchant. Il faisait tout pour elle, sans jamais se plaindre.

vie ici-bas. C’est grâce à cela que j’ai pu guérir de façon aussi inattendue."

En disant qu’il n’avait pas fini son devoir de respect des parents, c’est comme s’ils lui
avaient ouvert un nouveau chemin.

Un jour, Rabbi Tarfon est tombé gravement malade. Sa mère est allée trouver les Sages en pleurant : ‘Priez pour mon fils, regardez combien il me respecte !’ Les Sages lui ont répondu : ‘Tout ce que ton fils a fait jusqu’à aujourd’hui, ce n’est même pas la moitié de ce que la Torah demande en matière de respect des parents.’

Un chemin nouveau

Tu comprends l’histoire, papa ? Si on avait dit à sa mère qu’il avait accompli son devoir, il aurait terminé sa mission sur terre, et il aurait quitté ce monde. En disant qu’il n’avait pas fini son devoir de respect des parents, c’est comme s’ils lui avaient ouvert un nouveau chemin. Papa, c’est exactement ce que le Rabbi de Kotzk a fait pour moi."

Le père regarde son fils, bouleversé par son savoir et par cette explication que le fils poursuit. "Quand tu es allé voir le Rabbi de Kotzk alors que j’étais souffrant, il a compris que j’étais en danger. Il savait que si on disait de moi que j’avais fini l’étude de la Torah - ce qui est de toute façon impossible, surtout à mon âge ! -, j’étais perdu.

En répondant que je ne connaissais pas la moitié de la Torah, il m’a laissé une ouverture et m’a en quelque sorte permis de continuer ma

Des années plus tard, le petit Avraham est devenu... Rabbi Avraham Bornsztein, Admour de Sokhatchov, fondateur de la dynastie ‘Hassidique éponyme. Il est aussi connu sous l’appellation Avné Nézer, du nom de l’ouvrage de Halakha de référence qu’il a écrit et qui est toujours abondamment utilisé aujourd’hui.

À première lecture, on aurait pu croire que le Rabbi de Kotzk a tenu des propos durs envers l’enfant. Au contraire, en disant que le jeune Avraham ne connaissait pas toute la Torah, il lui a ouvert les portes de la vie.

Tant qu’une personne rencontre des épreuves, tant qu’elle fait face à des obstacles, cela prouve qu’elle n’a pas encore terminé sa mission sur terre. Elle a encore du travail à accomplir.

Quand les difficultés arrivent, il ne faut pas se décourager. Il faut relever la tête et dire avec confiance : "Merci Hachem ! Si je traverse cette épreuve, cela veut dire que Tu me donnes encore l’opportunité de grandir, d’avancer et de me rapprocher de Toi."

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le plus grand cadeau n’est pas tant d’éviter les épreuves, mais de pouvoir les franchir avec succès, les unes après les autres.

Avec le don de la Torah, Hachem nous a transmis une source de vie éternelle. Chlomo Hamélekh écrit dans le livre des Proverbes :"Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent" (Michlé 3, 18). Comme la Michna le dit : "Étudier la Torah équivaut à tous les commandements", et nous donne la vie. (Michna Péa 1, 1)

Alexandre Rosemblum

Une perle sur la Paracha

L’intention de Pin’has

"Pin’has Ben Eléazar…" (Bamidbar 11 ,25)

Pourquoi l’acte méritoire de Pin’has apparaîtil à la fin de la Paracha Balak, tandis que la récompense de cet acte n’est mentionnée qu’au début de la Paracha Pin’has ?

Le Admour de Tsanz explique que Pin’has a réalisé un acte de vengeance. Or, un tel acte peut être motivé par deux raisons : soit il est le résultat de pensées sincères en l’honneur d’Hachem, soit il est le fruit de raisons personnelles, ce qui est alors très néfaste.

Ainsi, puisqu’il nous faut vérifier à de nombreuses reprises quelles sont les véritables motivations de Pin’has, la récompense ne peut

Rabbi Ben-Tsion Abba Chaoul, le Ba’al Or Létsion

Ce Chabbath 19 Tamouz (04/07/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Ben-Tsion Abba Chaoul.

Né à Jérusalem en 1924 dans une famille originaire d’Iran, il fut l’un des plus grands maîtres séfarades de sa génération. Élève éminent de la prestigieuse Yéchiva Porat Yossef, dont il devint par la suite Roch Yéchiva, il était réputé pour sa maîtrise exceptionnelle de la Halakha, sa profonde humilité et son immense dévouement envers chaque élève.

Auteur de l’ouvrage de référence Or LéTsion, il fut consulté par des milliers de personnes et de nombreux rabbins sur les questions les plus complexes de la loi juive. Son influence continue aujourd’hui à travers ses livres et les nombreux disciples qu’il a formés. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

FLASH CHABBATH

Halakha x 3

Déménager pendant Ben Hametsarim, permis ?

Oui, mais seulement du 18 Tamouz au 1er Av. Certains déconseillent. (Né’hamat Israël 4-6)

A partir du 1er Av (lendemain de Roch ‘Hodech Av), soit cette année le 16 juillet 2026. Ben Hametsarim : quand ne plus manger de viande ?

Oui, pour un Séfarade entre le 17 Tamouz et Roch ‘Hodech Av inclus. Interdit pour un Ashkénaze pendant les "3 semaines". (Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 559)

Les lois du langage

J’ai mal parlé, mais ça n’a pas fait de dégât

Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’une déclaration diffamatoire demeure défendue même lorsqu’elle n’est suivie d’aucun préjudice pour la victime. Ce principe s’applique également dans le cas où le locuteur sait qu’aucun dommage ne résultera de ses paroles. La Torah interdit la médisance, qu’elle soit nuisible ou inoffensive !

Peut-on se marier fin du mois de Tamouz ?

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE MONTRÉAL

Le courage de ne pas détourner le regard

Après avoir mis fin à la faute de Zimri en le frappant avec Kozbi, Hachem annonce à Pin’has : “Voici que Je lui donne Mon alliance de paix.”

À première vue, cette récompense accordée à Pin’has est surprenante. Pourquoi Pin’has méritet-il une distinction aussi exceptionnelle ? Après tout, de nombreux grands dirigeants ont consacré leur vie au peuple juif. Pourquoi est-ce précisément Pin’has qui reçoit cette récompense unique ?

La réponse se trouve peut-être dans ce qui distingue Pin’has de tous les autres. Car au moment où la situation dégénère, beaucoup voient le problème. Beaucoup comprennent la gravité de ce qui se passe. Mais un seul homme décide d’agir.

La véritable paix naît parfois du courage
d’intervenir lorsque tout le monde se tait.

Pin’has n’est ni le chef du peuple, ni un ancien du Sanhédrin, ni un personnage central de l’histoire à ce moment-là. C’est un jeune homme qui voit une catastrophe se dérouler sous ses yeux et qui refuse de se dire : “Ce n’est pas mon problème.”

Il aurait pu détourner le regard. Il aurait pu attendre que quelqu’un d’autre intervienne. Il aurait pu craindre les critiques ou les conséquences. Au contraire, il prend ses responsabilités alors même qu’il risque sa vie. Après son intervention, certains veulent d’ailleurs s’en prendre à lui et d’autres se moquent de lui. Pourtant, rien ne l’arrête.

C’est précisément cette attitude qui sauve le peuple. La Torah souligne que son acte met fin à l’épidémie qui frappait Israël.

Pin’has nous enseigne ainsi qu’il existe parfois des situations où l’on ne peut pas rester spectateur. Lorsqu’un problème touche la collectivité, chacun est concerné. Les Sages comparent souvent Israël à un bateau : si un passager perce un trou sous son siège, ce n’est pas seulement sa cabine qui sera inondée, mais l’ensemble de l’embarcation. Nous avons souvent tendance à penser : “J’ai déjà assez de soucis”, “Quelqu’un d’autre s’en occupera”, ou encore “Ce n’est pas mon rôle”. Pin’has nous rappelle qu’un Juif ne vit jamais uniquement pour lui-même. Il porte aussi une responsabilité envers son peuple.

C’est sans doute cela le véritable sens de l’alliance de paix. La paix ne consiste pas à fermer les yeux sur les problèmes. La véritable paix naît parfois du courage d’intervenir lorsque tout le monde se tait.

Le nom de Pin’has est resté attaché à cette Paracha pour l’éternité parce qu’il a accepté d’assumer une responsabilité que personne ne voulait prendre.

Chaque époque connaît ses défis. Chacun rencontre des situations où il serait plus confortable de rester passif. La leçon de Pin’has est que le courage commence souvent par une simple décision : refuser de détourner le regard.

Rav Eliahu Zrihen, Roch Kéhila Ateret Torah (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

DOSSIER

Les vacances sont enfin là et avec elles, nos espoirs de pouvoir souffler et changer d’air. Et puis les vacances arrivent et les plans sont bousculés : elles testent le couple, mettent à l'épreuve notre patience et interrogent notre rapport au temps, au repos et à l’effort. Dans ce dossier, direction Israël, ses sorties en famille, ses parcs aquatiques, son rythme qui ne ressemble à aucun autre — et même ces écoles où l’étude continue quand tout le monde est en train de bronzer ! Un été à vivre pleinement, sans oublier ce qu’il peut aussi nous apprendre.

La plus belle des destinations

Avant de partir, on se raconte tous, avec une conviction remarquable, la même belle histoire : une fois les valises fermées, le décor changé, les contraintes laissées derrière la porte, ce sera différent. On s’imagine des journées suspendues, une maison soudainement apaisée, des enfants qui — miracle — auraient décidé de coopérer, et des parents enfin détendus, disponibles, zen. Charmant, non ?

La réalité, elle, a le sens de l’humour — et elle se charge généralement assez vite de nous rappeler que le changement de lieu, hélas, ne suffit pas à changer l’homme. Un embouteillage,

une valise oubliée, une sortie qui déraille, une remarque de trop — et le masque tombe. Ce qu’on croyait avoir laissé derrière soi avec les dossiers du bureau est là, bien présent, fidèle au poste : l’impatience, l’irritabilité, ce besoin irrésistible que tout se passe exactement selon nos plans. L’été en fait, vient bien souvent révéler nos faiblesses.

Quand le cadre disparaît

Tout au long de l’année, nous sommes astreints à une structure invisible. Les horaires, l’école, le travail, les obligations, les rendez-vous fixes, tout cela cadence nos journées avec une

DOSSIER

précision à laquelle on ne prête guère attention tant elle nous semble évidente. On sait ce qu’on doit faire, quand, et dans quel ordre — et cette prévisibilité fait aussi office de filet. Ce cadre, pour monotone et ennuyant qu’il peut paraitre, vient en réalité délimiter notre vie et canaliser notre énergie. Discrètement mais efficacement.

Or l’été, avec son cortège de relâchement et d’activités alternatives, vient effacer une bonne partie de tout cela. Les journées sont moins prévisibles, les enfants envahissent la maison, les repas sont pris à toute heure du jour et de la nuit, les projets dépendent du bon vouloir de la météo, de la fatigue ou de l’humeur de chacun… Or c’est justement là, lorsque les limites naturelles s’estompent, que le cadre intérieur devient indispensable.

avant de répondre est justement le signe le plus concret qu’on est en train de travailler nos traits de caractère !

Des Midot en congé ?

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Celui qui a du mal à patienter le reste de l’année ne deviendra pas par enchantement patient parce qu’il se retrouve au bord de la mer

Rav Avraham Twerski (psychiatre, auteur prolifique et spécialiste de développement personnel), évoque cette idée fondamentale : l’homme ne doit pas vivre en mode "action-réaction", comme si chaque contrariété devait automatiquement déclencher une perte de contrôle. Entre ce qu’on ressent et ce qu’on fait, il existe un espace — et cet espace, c’est justement là que se niche le travail sur nos Midot

Il est légitime de ressentir de l’agacement devant un imprévu, mais beaucoup moins de déverser notre frustration sur ceux qui nous entourent et que nous aimons. On peut être épuisé sans proférer de paroles blessantes, déçu sans faire payer notre déconvenue à nos proches. Ce petit décalage entre l’émotion et la réaction, ce temps de pause que l’on marque

Alors certes, on aimerait peut-être que ce soit réel — que les vacances suspendent tout, les responsabilités, les exigences, les efforts. Mais ne nous faisons pas d’illusion : les Midot, elles, ne prennent pas de repos et nous suivent partout où nous allons ! Celui qui a du mal à patienter le reste de l’année ne deviendra pas par enchantement patient parce qu’il se retrouve au bord de la mer ; celui qui s’emporte facilement ne sera pas miraculeusement apaisé parce que son agenda est moins chargé ; les femmes qui ont besoin de tout contrôler seront probablement davantage mises à l’épreuve face à tout ce qui peut échapper à leur maîtrise en cette période pleine d’inconnues dans l’équation.

Notre propos n’est pas de juger ni de condamner, ni même de nier la réalité de la fatigue et de la charge familiale. Nous ne sommes pas censés réagir en robot. Ce que la Torah exige de nous en revanche, c’est de jeter un œil sur nos mécanismes intérieurs et de ne pas nous laisser emporter par la première émotion qui surgit.

Le mot d’ordre ? Pause ! Avant de répondre, marquez un temps d’arrêt. Avant de s’énerver, respirer un coup. Avant de transformer un imprévu en tragédie, se demander honnêtement : ma réaction en vaut-elle la chandelle ? Mes cris vont-ils arranger ou au

contraire envenimer la situation ? Mes enfants, mon conjoint, les gens autour de moi ontils besoin de mes nerfs ou de mon calme ? La réponse, nous vous la laissons !

Transformer l’été en ‘Avodat Hachem

Vous avez préparé vos vacances avec minutie : la destination, le budget, les activités… Mais il existe une autre façon de les aborder : et si ces vacances étaient aussi l’occasion d’accomplir un travail intérieur ? Pour l’un, ce sera l’occasion d’apprendre à moins critiquer ; pour un autre, d’accepter qu’un programme change sans en faire une catastrophe ; pour un autre encore, de parler plus posément, d’écouter davantage, de ne pas réagir à chaud.

Les vacances deviennent ainsi, au-delà de leur potentiel apaisant, un véritable laboratoire de Midot, un espace où l’on peut apprendre à mieux se connaître et, peut-être aussi, à mieux se maîtriser. C’est là la conception profondément juive des vacances : le repos n’est pas une fuite mais au contraire une merveilleuse opportunité

de rencontrer ce qui en nous, demande à être affiné.

Bien sûr, personne n’exige de vous la perfection. Il y aura sans doute des moments d’agacement, des paroles prononcées trop vite, des réactions trop impulsives. Mais l’essentiel n’est pas d’être parfait ; l’essentiel est de ne pas vivre en pilote automatique et au contraire de voir en chaque situation un tremplin pour grandir.

Au fond, les vacances ne nous posent pas seulement la question de savoir où l’on va partir. Elles nous posent aussi – surtout – celle de savoir quel genre de personne nous serons hors cadre habituel.

Alors oubliez l’idée de vacances parfaites sans accroc ni fatigue. La plus belle destination de l’été n’est pas celle que vous rejoindrez en voiture ou en avion, mais celle que vous trouverez à l’intérieur de vous !

Rav Israël Méir Cremisi & Elyssia Boukobza

Israël : Ces écoles où les enfants étudient même Chabbath et les vacances

Dans les écoles Zilberman de Jérusalem, l’étude ne s’interrompt jamais. Pas de grandes vacances, pas de jours “off”, sauf lorsque la Halakha interdit d’étudier la Torah – c’està-dire un jour dans l’année, celui de Tich’a Béav . Pour comprendre ce modèle éducatif à contre-courant, nous avons interrogé Yossef Lesser, enseignant depuis de nombreuses années au sein de ce réseau de Talmudé Torah .

À l’heure où beaucoup d’entre nous seront occupés à siroter un cocktail tropical à l’ombre d’un cocotier, certains enfants, eux, se lèveront tôt comme à l’accoutumée, ils emporteront leur cartable et prendront le chemin de l’école comme si, dans leur agenda, le mois d’août et les grandes vacances n’apparaissaient guère.

Le réseau scolaire Zilberman, bien connu dans le milieu orthodoxe, repose sur une idée simple : la Torah est le centre vivant de l’existence ; à ce titre, elle doit être étudiée sans discontinuité. Dans ces écoles de garçons, les enfants étudient toute l’année, sans vacances scolaires au sens classique du terme. Seule exception notable : le 9 Av, jour où l’étude de la Torah est interdite.

Certaines familles françaises installées en Israël ont même fait le choix d’inscrire leurs enfants dans ce système. Si certains y voient trop d’exigence, ceux qui le vivent de l’intérieur

décrivent pourtant ce cadre comme joyeux, structurant, où l’enfant apprend très tôt la valeur du temps, de l’effort et de la fidélité à ses idéaux.

Yossef Lesser enseigne depuis de nombreuses années à la Yéchiva Zilberman située en Vieille Ville de Jérusalem. Lorsque sa famille découvre ce système, Yossef se montre enthousiaste et souhaite y étudier. Français fraîchement installés en Israël, habitués à un système scolaire où les vacances sont omniprésentes, le pari est loin d’être gagné d’avance.

Mais Yossef sera finalement admis (c'était une veille de Yom Kippour, précise-t-il), s’intégrera parfaitement, et l’histoire prendra même une tournure inattendue lorsque des années plus tard, il épousera la fille du Roch Yéchiva, tandis que son frère épousera la fille de l’enseignant de Yossef !

Quel est le principe qui se cache derrière ce système sans vacances ?

Le principe est simple : un jour sans étude est un jour perdu. Pas dans le sens culpabilisant du terme, mais parce que la Torah est notre vie. Lorsqu’un enfant grandit avec cette conscience, il ne vit pas l’étude comme une contrainte extérieure, mais comme quelque chose qui fait partie de lui-même. J’ai moimême étudié neuf ans dans ce Talmud-Torah.

Durant toute ma scolarité, je n’ai manqué que cinq jours d’école ! Aujourd’hui, avec le recul, je pense qu’un enfant peut tout à fait vivre cela sans ressentir de manque, à condition que les parents portent eux-mêmes cette vision.

Tout dépend beaucoup du regard des parents. Dans d’autres milieux scolaires, on entend souvent des phrases comme : “Aujourd’hui, les enfants ont été libérés plus tôt”, ou “ils ont enfin un jour libre”. Cela révèle une certaine manière de voir l’école et l’effort, comme si le temps libéré était forcément un gain et le cadre forcément une contrainte.

Or, dans notre vision, la difficulté n’est pas forcément négative. Au contraire, elle construit. Lorsqu’un enfant est constamment habitué aux vacances, aux pauses, aux interruptions, cela lui transmet aussi un message sur ce que nous pensons de ses capacités.

Chez Zilberman, les enfants ont bien sûr des sorties, des excursions, des moments plus légers. Il ne s’agit pas de les enfermer dans une pression permanente. Mais il n’y a pas, a priori, de vacances au sens habituel. Et ce cadre offre à l’enfant une stabilité, une colonne vertébrale, un rapport très fort au temps.

Les enfants ne sont-ils pas fatigués d’étudier tous les jours ?

Pour certains, cela peut être difficile, surtout lorsque les frères sont scolarisés ailleurs et qu’ils ont des vacances. Mais la plupart des enfants intègrent qu’ils ont une mission. Ils savent que leur étude de Torah maintient le monde, ils en sont imprégnés.

Bien sûr, cela ne signifie pas que les enfants sont des robots. Un enfant peut être malade, fatigué, avoir besoin d’un aménagement ponctuel. La direction ne nie pas cette réalité et sait se montrer compréhensive. Il arrive aussi que des dispenses occasionnelles soient accordées, notamment dans des situations familiales particulières.

La plus grande difficulté, en réalité, survient lorsque le reste de la famille part en vacances. Là, l’enfant peut ressentir davantage le décalage. Mais lorsque toute la maison est alignée avec le projet éducatif, l’enfant le vit généralement très bien.

Quelle spécificité voyez-vous chez ces enfants ?

Ce qui frappe, c’est leur rapport à l’étude. Le verset dit : “car ils (Tes préceptes) sont notre vie et la longueur de nos jours”. Ces enfants ressentent que la Torah est réellement la vie. Ils comprennent que l’étude n’est pas seulement

DOSSIER

une obligation scolaire, mais quelque chose qui maintient le monde et donne du sens à l’existence.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas un système basé sur la pression. L’équipe pédagogique fait tout pour que les enfants aiment l’étude. Il n’y a pas cette course permanente à la compétition qui peut parfois exister dans d’autres cadres.

Les enfants viennent avec le sourire. Ils ont une relation joyeuse à l’école.

Comment se passe concrètement l’étude pendant Chabbath et les fêtes, lorsqu’il est interdit d’écrire ?

Le Chabbath et les jours de fête, l’étude est organisée de manière plus légère et tourne essentiellement autour des révisions. Des cadeaux qui viennent récompenser l’effort sont offerts aux élèves. Ces moments créent une cohésion sociale très forte. Toute une classe, tout un groupe, toute une communauté avance dans la même direction.

Et cela irradie sur les familles. L’enfant revient avec quelque chose de cette ambiance. L’étude du Chabbath entre dans la maison.

Ce système est-il aussi une manière de protéger les enfants des écrans ?

La plupart des familles qui sont chez nous n’ont pas d’écrans à la maison. Cela fait partie d’un choix de vie plus global.

Une fois, on a demandé à un grand Rav quel sens il y avait à maintenir une distance avec la technologie, alors que ces développements semblent inévitables et que, tôt ou tard, il deviendra peut-être impossible de vivre totalement sans ces outils.

Il a répondu par une image très forte : lorsqu’un train est lancé à toute vitesse vers le néant, il n’y a aucune raison de se précipiter dans le premier wagon. Ceux qui se trouvent dans le dernier wagon subiront forcément moins de dégâts.

Plus un enfant est préservé longtemps, plus il construit d’abord son monde intérieur, ses repères, sa sensibilité. Ensuite, il sera mieux armé pour affronter ce qui l’entoure.

Que répondez-vous à ceux qui trouvent ce concept extrême ou peu adapté aux réalités modernes ?

Je leur réponds que celui qui voit les choses ainsi ne peut probablement pas faire partie d’un tel système. Ce n’est pas un reproche, c’est une réalité. Pour que cela fonctionne, il faut y croire sincèrement.

Ce sont les parents qui fixent beaucoup de choses chez leurs enfants. Si un parent pense que son enfant ne peut pas tenir, qu’il a constamment besoin de pauses, l’enfant finira par intégrer cette image de lui-même. Mais si on lui transmet qu’il est capable, qu’il peut porter une responsabilité, qu’il peut vivre pour quelque chose de plus grand que son confort immédiat, alors il peut se révéler étonnamment fort. Tout est une question de responsabilité et de message que l’on fait passer.

Qu’est-ce que ce système enseigne sur la valeur du temps ?

À mes yeux, cela dépasse largement la question des vacances. La vraie question est : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour nos valeurs ?

Si quelque chose est vraiment important pour une personne, elle doit être prête à faire des sacrifices pour l’obtenir.

Dans le monde occidental, le confort passe souvent avant. On cherche d’abord ce qui est agréable et facile. Mais l’expérience montre que, bien souvent, plus il y a de vacances, moins il y a de valeurs derrière.

Viktor Frankl disait bien : “Celui qui sait pourquoi il vit peut supporter presque tous les comment.”

Rav Yossef Lesser

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

DOSSIER

Où sortir cet été en Israël ?

L’été arrive, et avec lui l’éternelle question : où emmener les enfants en évitant les sentiers battus ? Pour ce dossier vacances, nous avons interrogé le guide touristique Alexandre Gutman, qui nous a partagé une sélection de sites à découvrir ou redécouvrir en Israël.

Au programme : Jérusalem souterraine, archéologie, balades familiales, jets d’eau, musée gratuit, téléphérique avec vue spectaculaire et escapade dans le Chomron. Des sorties variées, abordables – voire gratuites – et surtout pensées pour créer de beaux souvenirs en famille.

Impossible de parler de sorties familiales à Jérusalem sans mentionner la Cité de David. Ce site archéologique majeur permet de remonter aux origines de la ville, à l’époque du roi David, tout en proposant une sortie adaptée aux enfants.

La grande nouveauté à ne pas manquer : la Route des pèlerins, un parcours souterrain fascinant, qui suit l’ancien chemin emprunté par les Juifs montant vers le Temple à l’époque du Beth Hamikdach. On marche littéralement dans les profondeurs de Jérusalem, au milieu de pierres et de vestiges chargés d’histoire.

dans un tunnel antique creusé il y a plus de 2700 ans ! Une sortie à la fois historique, ludique et rafraîchissante.

Pourquoi y aller en famille ? Parce que c’est pour les enfants l’occasion de marcher, d’explorer et de s’émerveiller face à notre histoire qui prend vie.

À savoir : Prévoir chaussures adaptées à l’eau, vêtements de rechange, lampe et téléphone chargé. Vérifiez à l’avance que les parcours sont adaptés à l’âge des enfants.

Cité de David, près de la Porte des Maghrébins, Jérusalem Téléphone : 077-9966726. Réservation conseillée.

Autre moment fort : le tunnel de ‘Hizkiya où, les pieds dans l’eau et lampe à la main, on chemine

Le Campus national d’archéologie à Jérusalem : dans les coulisses de l’Histoire

Encore peu connu du grand public, le Campus national d’archéologie d’Israël, situé à Guiv’at Ram, est l’une des belles nouveautés de Jérusalem. Il a été ouvert récemment par l’Autorité israélienne des Antiquités et permet de découvrir l’archéologie autrement.

Ici, non seulement on admire des vestiges, mais en plus on entre dans les coulisses du travail archéologique, une expérience complètement inédite. Le campus présente des découvertes anciennes, des mosaïques, des objets

restaurés, mais aussi les laboratoires où les pièces sont étudiées et conservées.

Pourquoi y aller en famille ? Parce que le lieu permet de transmettre aux enfants le goût de l’histoire d’Erets Israël d’une manière concrète, moderne et visuelle.

À savoir : Certaines visites se font uniquement sur réservation, et certaines expositions peuvent être plutôt destinées aux adultes.

Campus national d’archéologie, Guiv’at Ram, Jérusalem, à partir de 20 ₪ Réservation en ligne recommandée

La Cité de David : Jérusalem sous vos pas

Le téléphérique de ‘Haïfa : une vue à couper le souffle au prix d’un ticket de bus !

À ‘Haïfa, le Cable Express, aussi appelé Rakhbalit, offre une expérience originale : un téléphérique intégré aux transports publics. Le trajet relie notamment la station Merkazit Hamifrats, le Technion et l’Université de ‘Haïfa.

L’intérêt ? Le trajet lui-même devient l’attraction ! Les cabines passent au-dessus de la ville et offrent de merveilleuses vues sur la ville de ‘Haïfa, le Carmel et la baie. Le tout fonctionne avec le système de transport public,

Rénové récemment, Na’hal Hachofet est l’une des sorties nature les plus agréables pour les familles. Situé dans la région de Ramot Ménaché dans le nord du pays, le parcours longe un petit cours d’eau, dans un cadre verdoyant et ombragé.

Le grand avantage du site : il est facile, court, adapté aux poussettes et gratuit. On y trouve de petits coins d’eau, des passerelles, des zones ombragées et une ambiance très agréable pour une sortie d’été. Si vous n’êtes pas amateur de randonnées harassantes, ne cherchez plus, vous venez de trouver !

Voici une idée de sortie gratuite, climatisée (!) et intelligente : le Centre des visiteurs de la Banque d’Israël, à Tel Aviv.

La visite permet de découvrir l’histoire de la monnaie en Israël, depuis les pièces anciennes jusqu’aux billets modernes. On y trouve aussi des stations interactives, des jeux pédagogiques et des explications sur le rôle de la Banque d’Israël dans l’économie.

ce qui rend l’expérience bien plus abordable qu’une attraction touristique classique.

À l’arrivée à l’Université de ‘Haïfa, on peut compléter la sortie par une montée au 30e étage de la tour Echkol, célèbre pour sa vue impressionnante sur la région.

Pourquoi y aller en famille ? Simple, économique, inédit. Les enfants vont adorer !

À savoir : Prévoir une carte Rav Kav chargée par personne.

Téléphone Université de ‘Haïfa : 04-8240111

Pourquoi y aller en famille Parce que c’est accessible, gratuit, rafraîchissant, et que les enfants peuvent aussi profiter.

À savoir : Venir tôt en période de vacances, car le site peut être très fréquenté. Prévoir eau, chapeaux, chaussures confortables et vêtements adaptés.

Forêt de Ramot Ménaché, près de Yokné’am Téléphone KKL : 1-800-250-250

Pourquoi y aller en famille Parce que c’est gratuit, instructif, original et idéal pour une journée très chaude où l’on cherche une activité en intérieur.

À savoir : Âge conseillé : à partir de 8 ans.

Musée de la Banque d’Israël, 37 rue Lilienblum, Tel Aviv

Téléphone : 03-564-0781 / 03-564-0782

Rakhbalit ‘Haïfa
Na’hal Hachofet : nature, eau et balade effortless
Le musée de la Banque d’Israël à Tel Aviv : comprendre l’argent autrement

DOSSIER

Park Teddy à Jérusalem : les jets d’eau face aux murailles

Au pied des murailles de la Vieille Ville, juste en face de la Porte de Yaffo, Park Teddy est une sortie sympathique, gratuite et très appréciée des familles.

Son attraction principale ? Une grande fontaine musicale avec jets d’eau, lumière et musique. En été, les enfants peuvent s’y rafraîchir, pendant que les parents profitent de l’un des plus beaux décors de Jérusalem.

Dans les Monts de Judée, après Beth Chemech, ‘Hourbat Midras est une randonnée familiale qui combine nature, histoire et aventure. Situé dans la région du parc Adoulam-France, vous y découvrirez des vestiges anciens, des grottes, des citernes et surtout des galeries souterraines de l’époque de Bar Kokhba. Les enfants vont adorer avancer dans les tunnels une lampe à la main, comme de véritables explorateurs !

Pour une sortie plus originale, direction Elon Moré, en Samarie, au cœur d’un paysage biblique impressionnant. Le site de Yekev Kabir réunit plusieurs expériences au même endroit : cave à vins, vignoble, restaurant ‘Halavi Laméhadrin, vue spectaculaire sur la ville de Chekhem, le mont Garizim et le mont Eibal, ainsi que des activités de terrain sur les hauteurs, notamment balades en club et en easy rider (à réserver à l’avance).

Pourquoi y aller en famille ? Parce que c’est gratuit, central, rafraîchissant, et parfait si vous souhaitez enchaîner sur une balade dans la Vieille Ville de Jérusalem, au Kotel ou à Mamilla.

À savoir : Vérifier les horaires, car ils sont variables. Prévoir serviettes, vêtements de rechange et chaussures qui ne craignent pas l’eau.

Park Teddy, près de la Porte de Yaffo, Jérusalem

Téléphone municipalité de Jérusalem : 02-6296666

Pourquoi y aller en famille ? Parce que c’est gratuit, dépaysant, proche du centre du pays, et que c’est une expérience inoubliable.

À savoir : Torche obligatoire (prévoyezen une par personne). Prévoir chaussures fermées, eau, chapeaux, et éviter les heures de grande chaleur. Si vous êtes claustrophobes, passez votre chemin !

Parc Adoulam-France, région de Beth Chemech Renseignements : Autorité des Parcs et de la Nature, *3639 / 02-5006261

Pourquoi y aller en famille ? Parce que c’est une sortie différente, entre nature, histoire biblique, agriculture juive et panorama exceptionnel.

À savoir : La visite, le restaurant et les activités doivent être coordonnés à l’avance.

Yekev Kabir, Derekh Hayayin 1, Eloné Téléphone : 055-986-8020 / 052-796-6638

Alex Gutman, guide touristique : +972 54-420-5504

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

Elon Moré, en Samarie : vignoble, vue biblique et activités sur les hauteurs

Liste des parcs aquatiques Cachères en Israël

Quand le thermomètre grimpe, rien de tel qu’une sortie aquatique Cachère pour se rafraîchir !

Parc aquatique ‘Hafets ‘Haïm

Kibboutz ‘Hafets ‘Haïm, près de Guédéra et Kiryat Malakhi

Un grand classique du public religieux, avec piscines, toboggans et espaces adaptés aux familles. Le parc fonctionne généralement avec des créneaux séparés ou réservés selon les périodes, à vérifier avant le départ.

Entrée payante, horaires variables en été.

‘Hafets ‘Haïm Water Park

08-8593939

Parc ‘Harbaji

Nazareth, nord d’Israël

Un grand centre de sport et de baignade comprenant plusieurs piscines, dont une piscine extérieure d’été, ainsi que des installations aquatiques.

Bien vérifier à l’avance les horaires séparés, les conditions d’entrée et la Cacheroute disponible sur place.

‘Harbaji Water Park 04-6562188

‘Hof Ganim, Tibériade, au bord du Kinéret

Un parc aquatique flottant sur le lac de Tibériade, avec parcours d’obstacles, châteaux gonflables géants et activités sur l’eau.

Les créneaux de baignade séparée, changent selon les semaines.

Aqua Kef - Tiberias 04-3811118

Kass Splash

Derekh Yamit 10, Ma’alé Adoumim, près de Jérusalem

Nouveau parc aquatique couvert du complexe Kass, avec toboggans, espaces splash et attractions pour enfants.

Horaires et tarifs à vérifier uniquement auprès du parc ou sur le site officiel ; réservation conseillée en période de vacances.

Kass Splash 02-3811138

Aqua Kef

DOSSIER

Vacances : l’heure de vérité du couple

Pourquoi les congés révèlent, et parfois creusent, les fissures du Chalom Bayit et surtout comment les colmater.

Déborah attend les vacances comme une femme à bout qui a besoin d’air. Depuis septembre, elle cumule. Elle travaille, ses journées sont longues et en rentrant, c’est reparti : les devoirs du soir, les chamailleries des enfants, les rendez-vous médicaux, les courses, le linge. Raphaël fait des choses, bien sûr. Mais le poids mental de la maison, c’est elle qui le porte. Elle qui pense à ce qu’il reste dans le frigo, elle qui sait que le grand a un contrôle jeudi, elle qui a appelé le médecin. Son mari rentre fatigué — elle ne lui en veut pas, elle comprend — mais il ne voit pas tout ce qu’elle gère. Et elle, elle tient parce qu’il faut tenir.

Pour elle, les vacances représentent enfin un moment où elle pourra souffler. Son mari sera davantage présent, les responsabilités seront mieux partagées et la pression retombera un peu.

là. Que pour une fois, elle ne serait pas seule à tenir la maison.

Le deuxième jour, ça commence à frotter. Le troisième, il y a une pique. Le quatrième, une vraie dispute. Et à la fin de la première semaine, ils sont tous les deux meurtris — lui qui ne comprend pas ce qu’on lui veut, elle qui n’arrive pas à croire qu’il ne voit pas. Les enfants sentent la tension et se chamaillent encore plus. Et ces vacances si attendues ressemblent à tout sauf à des vacances.

Raphaël attend lui aussi les vacances. Mais il les imagine autrement. Après une année de travail intense, il aspire à ralentir, dormir davantage, lire, se détendre et retrouver sa famille sans courir après les horaires. Dans son esprit, les vacances sont avant tout un temps de récupération.

Ils s’aiment sincèrement. Pourtant, dès les premiers jours, quelque chose se grippe.

Déborah se lève, les enfants ont déjà envahi le salon. Elle jette un œil vers Raphaël — il dort encore. Elle commence à préparer les petitsdéjeuners. Elle attend. Il descend, café à la main, s’installe dans le canapé, attrape son téléphone. Les enfants lui sautent dessus cinq minutes, il rigole, puis il se pose un peu. Il décompresse. Pour lui, c’est exactement ce qu’il était censé se passer.

Pour Déborah, quelque chose se serre. La déception s’installe. Elle qui pensait que ce matin serait différent. Que lui serait là, vraiment

Entre Déborah et Raphaël, l’amour est bien là. Ce qui coince, c’est que chacun est arrivé en vacances avec une attente différente.

Des vacances révélatrices

Durant l’année, le couple est porté par une structure extérieure : travail, école, obligations familiales, horaires fixes. Cette organisation laisse peu de place pour regarder en profondeur l’état de la relation. Les vacances viennent effacer cette structure.

Soudain, il y a davantage de temps ensemble. Or quand on se retrouve ensemble, certaines choses refont surface : les besoins oubliés, les fatigues accumulées, les attentes jamais formulées.

Les petites frustrations accumulées pendant des mois remontent à la surface. Une femme qui s’est sentie seule dans la gestion familiale peut voir resurgir sa souffrance à la première déception. Un mari qui espérait enfin se reposer peut vivre les critiques comme une remise en cause injuste de ses efforts.

En réalité, les vacances mettent souvent en lumière ce qui existait déjà. Pendant l’année, le rythme quotidien permet parfois de passer à côté, mais quand tout ralentit, les tensions deviennent difficiles à ignorer.

Est-ce que nous nous connaissons encore ?

Une autre question peut aussi surgir : connaissons-nous encore réellement notre conjoint ?

Pendant l’année, beaucoup de conversations tournent autour de la logistique : enfants, finances, emploi du temps, obligations diverses. Sans s’en rendre compte, deux personnes peuvent vivre côte à côte tout en s’éloignant intérieurement. Les vacances rendent cette distance visible.

Prendre conscience de cette distance peut être vécu difficilement. C’est le moment où l’on comprend qu’il faut recommencer à se parler autrement, à être plus authentique et plus attentionné.

Le regard de la Torah

Le Maharal de Prague explique que le mot Nissayon (épreuve) provient de la racine Nassa, qui porte une idée d’élévation. L’épreuve oblige l’homme à faire émerger des forces qui restaient jusque-là enfouies en lui. Une difficulté révèle ce qui était caché. Elle fait apparaître les forces, les faiblesses et les potentiels qui demeuraient invisibles dans la routine. Mais en fait, les tensions des vacances sont un signal qu’un sujet attend d’être identifié et travaillé. Et c’est quand les conjoints cessent de chercher un coupable et acceptent de regarder ensemble ce qui ne va pas qu’un vrai travail de fond peut être entamé.

Un plan d’action concret

Avant les vacances

Organisez une soirée-conversation pour aligner les attentes.

Répartissez clairement l’organisation : qui s’occupe de quoi ?

Convenez d’un signal d’alarme : un mot ou une phrase codée qui signifie "je suis au bout, j’ai besoin qu’on s’arrête et qu’on parle." C’est bien mieux que d’exploser !

Fixez au moins une soirée ou une demijournée de couple dans l’agenda.

Pendant les vacances

Appliquez la règle des 24h : toute frustration doit être verbalisée dans les 24 heures, doucement, en "je" et non en "tu".

Protégez le temps de repos de chacun.

Faites au moins un geste de reconnaissance par jour envers votre conjoint.

Évitez les discussions de fond dans les moments d’irritabilité (après une longue route, quand les enfants ont été difficiles).

Attendez le calme.

Si la tension monte fort : sortez prendre l’air cinq minutes avant de répondre et discutez en plus tard.

Si les vacances révèlent un malaise plus profond, il peut être utile de consulter un Rav ou un thérapeute conjugal versé dans la Torah. Demander de l’aide à ce stade permet généralement d’éviter que l’incompréhension s’installe durablement.

Les vacances comme rendez-vous avec sa moitié

Les vacances ne seront jamais parfaites. Il y aura des journées grisâtres, des enfants capricieux, des moments où chacun aurait préféré être ailleurs. C’est normal. C’est la vie. Mais elles peuvent devenir un moment privilégié pour enfin retrouver son conjoint, derrière les rôles, les responsabilités et les habitudes du quotidien.

Le Chalom Bayit se construit dans ces moments précis : quand deux personnes fatiguées, déçues ou blessées trouvent encore la force de se parler avec respect et de chercher un chemin commun.

Les vacances montrent parfois où en est le couple. Elles ouvrent aussi une question essentielle : que sommes-nous prêts à reconstruire ensemble ?

Fondatrice du Centre de la Famille Juive Tel : 00 33 7

Israël, le pays qui ne dort jamais

En Israël, peut-on vraiment parler de vacances selon la définition française ?

Il existe en France un "art de vivre" qui tient en un mot : décrocher. La France a élevé le droit au repos au rang de conquête civilisationnelle. 5 semaines de congés payés, le week-end, les RTT, les jours fériés, les fameux "ponts", ces jours "bénis" où, entre un jeudi de fête chrétienne et le week-end, l’on accepte de ne rien faire quatre jours consécutifs. Poser une semaine en mai avec deux RTT et un pont, c’est un sport national.

Le grand écart des congés

Allez dans une entreprise en France et écoutez la discussion à la machine à café ou au restaurant d’entreprise. La question "Tu as prévu quelque chose pour les vacances ?" tombera inévitablement.

Ce n’est pas une critique, c’est même tout à fait compréhensible : pendant qu’un salarié français bénéficie de 25 jours de congés payés par an auxquels s’ajoutent 11 jours fériés, les RTT et parfois des jours de congés farfelus selon les secteurs, en Israël, les congés légaux démarrent à... 12 jours. Il n’y a pas débat.

En France, les 35 heures sont une institution, un argument de campagne électorale. En Israël, la semaine légale représente 45 heures. Dura lex, sed lex !

Le dimanche, ce grand absent

En France, "après le samedi, le dimanche" : on ne travaille pas. Les débats sur "l’ouverture des magasins le dimanche" font régulièrement trembler l’Assemblée nationale comme si l’on touchait aux fondements de la République.

En Israël, le dimanche est un lundi. Métro, boulot, pas dodo. Le jour de repos légal, c’est le Chabbath, du vendredi soir au samedi soir, et encore : nombreux sont ceux qui ouvrent leur Gmail dès le verre de la Havdala posé. Quant aux "ponts", c’est un concept qui n’existe tout simplement pas. Ici, quand il y a un jour férié, il est travaillé "sous le manteau", et le lendemain, on reprend. Officiellement.

Les vacances scolaires : deux mondes irréconciliables

En France, les écoliers bénéficient en moyenne de deux semaines de vacances toutes les

6 semaines et d’un été qui s’étire sur deux gros mois, de fin juin à début septembre. Soit environ 16 semaines annuelles au total !

En Israël, dans l’éducation religieuse, peuton seulement parler de vacances selon l’acception française du terme ? Il y a bien 3 semaines débutant quelques jours avant Ticha’ Béav et s’arrêtant à Roch Hodech Eloul. Plutôt une respiration dans le calendrier qui n’obéit pas à des logiques oisives, mais au rythme de l’année juive, pour construire sa vie toujours plus haut. Plus pratique pour les parents qui s’arrachent moins les cheveux pour occuper les enfants, sans dépenser des milliers en colo et en Gan Israël !

D’ailleurs, vous avez certainement déjà envoyé un email en août en France. Pour une fois, vous recevrez une réponse rapide, instantanée même : la fameuse réponse automatique d’absence du bureau ! Une

institution : "Je suis en congés du 3 au 26 août. En cas d’urgence, contactez personnequi-est-aussi-en-congés." En Israël, cette option de messagerie est inutilisée.

Alors, les Français, bien reposés ? Pas si simple. On entend au retour les sempiternels "C’était trop court !", "J’ai besoin d’une semaine de plus pour récupérer de mes vacances."

Le jour de la reprise n’est pas vraiment travaillé : il faut "traiter les centaines d’emails (inutiles, ndlr) reçus pendant les vacances" et bien sûr, on papote vacances et concours de celui qui a le plus d’emails. Début septembre a ce parfum particulier de pré-rentrée, des pas qui traînent et des réunions de reprise qui ressemblent à des séances de procrastination collectives.

Le modèle français a ses vertus : soucieux de la vie familiale, il veut démentir le concept

Recycler les restes de Chabbath intelligemment

Après Chabbath, le schéma se répète, on ouvre le frigo et on découvre une armée de boîtes : poulet, riz, pommes de terre, salades, poisson… Tout est bon, tout a été préparé avec amour, et évidemment, on n’a pas envie de jeter. Mais entre ne pas gaspiller et se forcer à manger lourd pendant trois jours, il y a une vraie différence.

Le piège, c’est de remettre les restes à table exactement comme ils étaient : même plat, mêmes accompagnements, mêmes quantités. Résultat : on prolonge Chabbath jusqu’à mercredi, et notre corps n’a pas le temps de récupérer !

• Premier réflexe : trier tout de suite après Chabbath. Ce qui se congèle part au congélateur : poulet, viande, ‘Hallot… Pratique pour les semaines où on est plus débordés !

• Ensuite, on allège le décor : un reste de poulet peut devenir une grande salade complète. Un reste de poisson peut se manger avec des légumes frais, sans forcément ajouter pain, pommes de terre et sauces.

• On peut aussi transformer : taboulé avec les restes de semoule, légumes cuits dans une omelette au four, poulet effiloché dans un wrap, salade de riz.

Chabbath revient chaque semaine, et on mange forcément plus. Le corps a ensuite besoin de revenir à une alimentation plus simple, plus légère. Les restes sont là pour nous faciliter la semaine et éviter de gaspiller, mais sans nous plomber.

de l’homo economicus, l’homme n’est pas une machine faite pour produire, rationaliser et maximiser. Le judaïsme l’a compris depuis le don de la Torah. Le Chabbath, les fêtes, la Chémita élèvent le repos constructif au rang de Mitsva

Il y a aussi la différence entre un pays établi et vieillissant, et un pays jeune en mode survie, en construction permanente, avec une économie qui accélère et une psychologie nationale qui considère l’arrêt comme un risque.

"Le judaïsme l’a compris depuis le don de la Torah. Le Chabbath, les fêtes, la Chémita élèvent le repos constructif au rang de Mitsva.

Alors, qui a raison ? Si l’on cherche un argument pour départager les deux modèles, les statistiques offrent une conclusion piquante : avec une espérance de vie de 83,8

ans, Israël devance la France d’une année de vie supplémentaire. Mais le Français rêve toute sa vie de la retraite : il la prend à 64 ans pendant qu’en Israël, on attend 67 ans. Le travail, c’est la santé !

Une réponse moins sarcastique et plus vraie se trouve sans doute dans le calendrier hébraïque luimême : une année rythmée de fêtes et de jeûnes, où le repos est circonscrit mais sacré, rare mais intense. Ni la langueur de l’été français, ni l’hyperactivité sans fin. Quelque chose entre les deux, quelque part entre Paris et Jérusalem.

Alexandre Rosemblum

Écrire des vulgarités, permis ?

Je sais que dire des gros mots est interdit d’après la Torah, mais est-il interdit de les écrire, notamment dans une discussion sur WhatsApp ? La tentation est forte en ce qui concerne le fait de les dire, donc les écrire fait du bien et, d’après moi, ne salit pas la Néchama (âme), non ? Qu’en pensez-vous ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Écrire de telles choses, c’est y penser (inévitablement), donc, c’est aussi interdit.

Si une relation vous fait plus soupirer que sourire, c’est peut-être un bon indicateur qu’il est temps de prendre un peu de distance – poliment, mais fermement.

Il serait peut-être temps que vous preniez un peu de recul vis-à-vis de certaines fréquentations qui, de toute évidence, nuisent à votre sérénité.

Il n’est nullement nécessaire de maintenir des liens – en présentiel ou par messages – avec des personnes qui suscitent systématiquement chez vous irritation, agacement ou tension. Votre bienêtre mérite mieux que des échanges déséquilibrés ou des présences perturbatrices.

Fréquenter des individus néfastes dans l’espoir qu’ils deviennent un jour agréables revient à s’acharner à faire entrer un cube dans un cercle : inutile, épuisant et, avouons-le, quelque peu absurde.

Vous avez tout à fait le droit – et même le devoir envers vous-mêmes – de privilégier les relations apaisantes, respectueuses et saines. La distance, parfois, est une forme de lucidité.

N’oubliez pas : il n’y a aucun mérite à supporter l’insupportable. Il arrive un moment où même la patience ne justifie plus l’inconfort.

Préservez-vous. C’est sans doute l’un des gestes les plus nobles que vous puissiez poser envers vous-mêmes.

Arriver en retard au travail, est-ce voler ?

Est-ce que arriver tout le temps en retard (au moins 10/20 minutes) est considéré comme du vol ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Le seul habilité à répondre à cette question, c’est votre employeur.

C’est lui qui fixe les règles : les horaires, ce qu’il attend de votre présence et la façon dont le travail est organisé.

Si arriver régulièrement avec 10 ou 20 minutes de retard est accepté, explicitement ou non, alors on ne peut pas parler de vol, puisqu’il n’y a pas de problème de son point de vue.

Par contre, si le contrat suppose une présence à heure fixe, alors la question ne se tranche pas devant le tribunal pénal, mais devant la pointeuse. Bref, ce n’est pas la montre qui décide, mais celui qui signe le chèque.

Est-ce qu’une personne convertie au judaïsme peut être une de nos Mazal ?

Réponse de Rav Yona Ghertman

Dans son ouvrage, le Rav Moché Klein (plus connu en France comme le Admour de Ungvar) rapporte des sources semblant déconseiller le mariage entre les Juifs de naissance et les converties (Michnat Haguer 18 ,24). Cependant, il rapporte d’autres sources semblant dire le contraire, et il conclut finalement :

"Si un homme trouve une femme Cachère lui convenant selon sa valeur, il ne faut pas l’empêcher de l’épouser en raison de sa filiation. En effet, beaucoup de grands Tanaïm et Amoraïm proviennent de familles converties. Or, sommes-nous plus grands que le roi David, lui-même descendant de Ruth la Moabite ? Et ne voyons-nous pas que Moché et Yéhochoua’ ont épousé tous deux des femmes converties ?

En outre, il est écrit dans le Séfer ‘Hassidim (377) : ‘Celui qui a un bon cœur et veut se marier avec une femme convertie ayant aussi un bon cœur, étant Tsanou’a, avec des qualités de bonté, et honnête dans son travail, il vaut mieux se marier avec elle, qu’avec une femme issue d’une famille juive n’ayant pas ces traits de caractère’ [...]"

Il ressort donc de ses propos qu’une personne convertie au judaïsme peut totalement être le Mazal d’une personne juive de naissance.

Jeune couple et déplacements professionnels : ne pas habiter ensemble tous les jours ?

Si, pour le travail, on doit faire des déplacements fréquents, est-il permis pour un jeune couple marié de ne pas habiter tous les jours sous le même toit, si les deux mariés sont d’accord avec ça ? Par exemple, habiter ensemble quatre jours par semaine, et le reste j’irai en déplacement ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Ce n’est absolument pas l’idéal, mais s’il n’y a pas le choix, la Halakha n’interdit pas une telle chose si cela se fait d’un commun accord.

Dans une telle éventualité, le mari ne manquera surtout pas de contacter son épouse plusieurs fois par jour ! (‘Arokh Hachoul’han Even Ha’ézer 64, 4 ; Min’hat ‘Hinoukh sur Séfer Ha’hinoukh 582 ; Michnat Yéhochoua' I, 311, 2)

Vous pouvez, éventuellement, proposer à votre épouse, lorsque les conditions le permettent, de vous accompagner dans vos déplacements professionnels. Cette option permettrait d’éviter qu’elle reste seule, ce qui pourrait être difficile et source de tristesse.

RECETTE

Pavés de bar sur mousseline de céleri et beurre citronné

Un plat raffiné et savoureux, où la finesse du bar rencontre la douceur du céleri et la fraîcheur d’un beurre citronné.

Ingrédients

 4 pavés de bar

 1 petit céleri-rave

 2 pommes de terre

 60 g de beurre ou margarine

 Le jus d’un citron

 1 échalote

 150 ml de crème liquide ou crème Parvé

 Quelques pousses d’herbes fraîches

 Sel, poivre

Pour 4 personnes

Temps de préparation : 25 min

Cuisson : 25 min

- Épluchez le céleri-rave et les pommes de terre, puis faites-les cuire dans de l’eau bouillante salée avant de les mixer avec la crème afin d’obtenir une mousseline lisse et légère.

- Faites revenir l’échalote finement ciselée avec la moitié du beurre, puis ajoutez le citron afin de préparer une sauce parfumée.

- Saisissez les pavés de bar côté peau dans une poêle chaude avec le reste du beurre, puis terminez la cuisson quelques minutes au four à 180°C.

- Déposez la mousseline dans les assiettes, ajoutez le poisson, puis nappez délicatement de beurre citronné avant de décorer avec quelques herbes fraîches.

Chabbath Chalom !

Murielle Benainous

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"Lorsque tu enseignes à un enfant, tu le gagnes, et lorsqu'il apprend, il gagne." (Rabbi Méir Ba'al Haness)

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