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Torah-Box Magazine n°361 France - Béhar Bé'houkotaï

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L'ÉDITO DE LA SEMAINE

Peut-on parler de justice sociale sans D.ieu ?

Au cours d’une lecture, j’avais été saisi par ce témoignage : nous étions dans la première moitié du XXe siècle en France, et des communistes se déplaçaient de ville en ville pour faire de la propagande. Dans un village, ils rencontrèrent des agriculteurs, et l’un de ces derniers leur lança : “Si le communisme me fait tomber la pluie, je suis preneur ; sinon, je continuerai à me tourner vers D.ieu !”

Ce récit illustre parfaitement la faiblesse d’une idéologie face à la Émouna (la foi), d’autant plus que le communisme se voulait justement le pendant de la religion en proposant des lois sociales et en promettant d’aider l’indigent, tout comme le judaïsme — et, à sa suite, la chrétienté et l’islam — le prônent.

Si, en apparence, on peut percevoir des similitudes entre cette doctrine marxiste et la Torah sur la question des ‘‘injustices’’, dans le fond, elles sont diamétralement opposées. Sur le plan politique, le régime communiste a toujours cherché à détenir le pouvoir afin d’imposer ses conceptions, écartant par tous les moyens les religions, perçues comme des rivales. Sur le plan idéologique, il repose sur une vision matérialiste du monde et considère que la seule manière d’apaiser la souffrance des pauvres est de combattre les causes “réelles”, à savoir les inégalités économiques. Enfin, concrètement, pour le communiste, tous les moyens peuvent devenir légitimes pour imposer son idéal, ne reculant ni devant le vol, ni devant le crime.

Sur ces trois plans, la Torah adopte une approche radicalement différente. Dans la pensée juive, l’inégalité sociale est voulue par D.ieu. L’Éternel, dans l’absolu, pourrait créer un monde sans pauvreté. En revanche, la Torah ordonne à celui qui en a les moyens de donner à l’indigent : dans le

champ, certaines parts lui reviennent (Lékèt, Péa, Chikhe’ha) ; certaines années, une dîme supplémentaire lui est destinée. Durant toute la septième année (la Chémita), la récolte n’appartient plus au propriétaire, et chacun peut venir se servir. Dans le quotidien, chacun s’efforcera d’aider celui qui est dans le besoin, en particulier à l’approche des fêtes ou pour les frais de mariage. Mais il reste formellement interdit de voler le riche, que ce soit par le biais du pouvoir ou individuellement.

Toutes ces Mitsvot poursuivent plusieurs objectifs : elles permettent d’acquérir de bons traits de caractère, de valoriser le don et de s’éloigner de l’égoïsme. Elles nous enseignent également qu’en réalité, rien ne nous appartient pleinement et que tout dépend de la bénédiction de D.ieu. Ainsi, durant l’année chabbatique, le propriétaire d’un champ permet à chacun de profiter de sa récolte, tout en se trouvant lui-même soumis à l’interdit de semer et de cultiver (Parachat Béhar). Une telle Mitsva exige une véritable force de Bita’hon (confiance en D.ieu), d’autant plus que cette épreuve revient tous les sept ans.

À l’inverse, le communisme n’a jamais raffiné le caractère. Au contraire, les régimes qui s’en sont inspirés ont souvent fait souffrir leur peuple tout en s’appropriant ses biens. Lorsqu’on écarte D.ieu, il n’existe plus de morale.

Aujourd’hui, le communisme n’est plus une force politique dominante, mais son héritage intellectuel continue d’influencer la manière dont on pense les inégalités et la justice sociale. Il est donc essentiel de prendre conscience que la Torah constitue une voie unique vers un monde meilleur, car elle est la source des valeurs authentiques à partir desquelles une société peut se construire harmonieusement.

Rav Daniel Scemama

SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - Peut-on parler de justice sociale sans D.ieu ?

Actualités

Rony Hayot

Vers un séisme immobilier en Israël ?

Rav David Raphaël Banon

Le message d'un rabbin de Montréal

Devinettes sur la Paracha

Éducation

Question au psy : Mon mari est trop sévère avec nos enfants !

Mise au point

Quelle sainteté à Jérusalem pour les musulmans ?

Rav Yehonathan Gefen

Parachat Bé’houkotaï - Soyez innovant !

Shabatik

Histoire

Rumeurs au Gan de Jérusalem

Flash Chabbath

DOSSIER Jérusalem ville éternelle

Des origines jusqu'à l'éternité

De -965 au Moyen Âge : Jérusalem, de la splendeur à l’exil

Après 2000 ans d’absence, le retour inespéré

Jérusalem aujourd’hui : derrière la ville sainte, une métropole moderne

Questions au Rav

La Paracha pour les enfants

J’ai pas la force !

Verrines

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Sarah Kisielewski, Rony Hayot, Rav David Raphaël Banon, Nathalie Seyman, Rav David Baum, Rav Yehonathan Gefen, Rav Nathaniel Mimoun, Rav Gabriel Dayan, Murielle Benainous

Mise en page Dafna Uzan

Secrétariat 01.80.20.5000

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Yann Schnitzler yann@torah-box.com 04.86.11.93.97

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 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

6 mai 19 Iyar

8 mai 21 Iyar 10 mai 23 Iyar 7 mai 20 Iyar 9 mai 22 Iyar 11 mai 24 Iyar 12 mai

25 Iyar

Daf Hayomi 'Houlin 6

Michna Yomit Kinim 3-4

Daf Hayomi 'Houlin 7

Michna Yomit Kinim 3-6

Daf Hayomi 'Houlin 8

Michna Yomit Kélim 1-2

Parachat

Béhar Békhoukotaï

Daf Hayomi 'Houlin 9

Michna Yomit Kélim 1-4

Daf Hayomi 'Houlin 10

Michna Yomit Kélim 1-6

Daf Hayomi 'Houlin 11

Michna Yomit Kélim 1-8

Daf Hayomi 'Houlin 12

Michna Yomit Kélim 2-1

Mercredi 6 Mai

Rav 'Ezra Attia

Rav Chmouel Abi'hssira

Jeudi 7 Mai

Rav Yossef Valtoukh

Grand Mazal Tov à Mme Elyssia Boukobza pour le mariage de sa fille Tsofia !

Horaires du Chabbath

Paris Lyon Marseille Strasbourg

Entrée 20:58 20:38 20:30 20:35

Sortie 22:14 21:50 21:38 21:51

Zmanim du 9 Mai

Paris Lyon Marseille Strasbourg

Nets 06:18 06:17 06:22 05:57

Fin du Chéma (2) 10:02 09:57 09:58 09:41

'Hatsot 13:47 13:37 13:35 13:26

Chkia 21:17 20:58 20:49 20:54

Les États-Unis lancent le "Projet Liberté" pour sécuriser le détroit d’Ormuz, annonce Trump

L'armée américaine a confirmé ce lundi le lancement du "Projet Liberté" pour venir en aide aux navires bloqués dans le détroit d'Ormuz. "La mission, dirigée par le président, apportera son soutien aux navires marchands qui cherchent à transiter librement par ce couloir commercial international essentiel", a déclaré le CENTCOM dans un communiqué,

après que Donald Trump a annoncé plus tôt cette opération destinée à escorter les navires bloqués dans le détroit d'Ormuz. "Toute ingérence américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu", a réagi Ebrahim Azizi, chef de la commission de la sécurité nationale au Parlement iranien.

Lors de son discours à l'occasion de Yom Ha'atsma'out, le consul général d’Israël à New York tance les détracteurs d'Israël

Depuis la tribune où il se tenait devant plusieurs centaines d'invités à l'occasion de Yom Ha'atsmaout, Ofir Akounis a vertement tancé les critiques d'Israël : "À ceux qui nient notre existence, nous disons : nous n'avons pas besoin de votre reconnaissance. Nous savons qui nous sommes et nous sommes fiers de nous-mêmes !" Insistant sur la

nécessité de dépasser les divisions internes, le diplomate a ajouté : "Nous devons être unis. L'unité est un rempart inébranlable de notre succès". Au cours de la soirée, Dedi Sim'hi, dont le fils a trouvé la mort le 7 octobre, a également pris la parole, rendant hommage aux victimes et aux soldats morts au combat.

Face à la menace du 'Hezbollah, les célébrations de Lag Ba'omèr annulées et dispositif sécuritaire renforcé

Les autorités israéliennes ont annoncé l’annulation des célébrations annuelles de Lag Ba'omèr, notamment sur le mont Méron, dans le nord du pays, en raison de craintes d'attaques du 'Hezbollah voisin. Le commandant du district nord de la police, Méir Eliahou, a insisté sur l'objectif des forces de sécurité : "Nous ne sommes pas

en guerre contre le public, nous sommes là pour lui".

Un important dispositif sécuritaire a ainsi été déployé, incluant la police et la police des frontières, afin de sécuriser la zone et d'empêcher tout accès non autorisé. Les forces sont également positionnées sur les principaux axes routiers menant au site.

Un réseau de contrebande d’armes entre la Jordanie et la Judée-Samarie démantelé

Le Chin Beth, Tsahal et la police israélienne ont annoncé avoir démantelé un important réseau de contrebande d’armes, après une longue enquête ayant impliqué les trois services.

La cellule utilisait notamment des drones pour faire passer des armes à travers la frontière jordano-israélienne. Cinq

suspects ont été arrêtés, dont deux ont été interpellés en flagrant délit de possession de dix pistolets ainsi que de chargeurs. 44 armes à feu auraient été introduites par leur biais en Israël.

Un trafic de drogue vers la Jordanie aurait également été mis en place par la même cellule.

J’ai tout essayé ! Pourquoi ça ne marche pas

C’est une phrase qu’on entend souvent. Régimes, sport, jeûne… Sur le papier, tout est là. Et pourtant, les résultats ne tiennent pas. On perd, puis on reprend. Parfois même plus.

Très vite, on se dit que le problème vient de soi : pas assez de volonté, pas assez de discipline. Mais en réalité, le problème est ailleurs. Ce n’est pas que vous n’avez pas essayé. C’est que vous avez répété des approches qui ne sont pas faites pour durer.

Ce qu’il faut restructurer :

• Arrêter les méthodes trop restrictives : elles fonctionnent à court terme, jamais sur la durée et encore moins lorsqu’on prend de l’âge ;

• Comprendre que le corps s’adapte : moins on mange, plus il ralentit.

• Éviter le “tout ou rien” : trop strict… puis abandon total. Effet boule de neige garanti.

• Ne pas traiter uniquement l’assiette : le stress, la fatigue et les émotions jouent un rôle clé !

• Accepter que le changement prenne du temps : “Une richesse acquise trop vite diminue, mais celui qui amasse petit à petit l’augmente.” (Michlé)

• Construire des habitudes simples, que vous pourrez vraiment ancrer.

Ce qui ne fonctionne pas, ce n’est pas vous, c’est la manière dont vous avez appris à faire. Revenir à quelque chose de plus simple, plus stable, plus respectueux du corps… C’est là que les choses commencent vraiment à changer.

Le Rav Chlomo Sénior élu grand rabbin de Paris

Le Consistoire de Paris a élu au poste de grand rabbin de Paris le Rav

Chlomo Sénior, l’une des fonctions rabbiniques les plus prestigieuses du monde juif francophone. Ayant occupé depuis 40 ans plusieurs fonctions importantes au sein des différentes communautés juives de France, le Rav Senior est un important Talmid 'Hakham lui-même issu d'une prestigieuse lignée rabbinique et est aussi le gendre du Rav David Bouskila, traducteur du Tanya en arabe.

Nous lui souhaitons un grand Mazal-Tov, beaucoup d'aide du Ciel et de réussite dans ses nouvelles fonctions !

Israël approuve l’achat de 2 escadrons supplémentaires d’avions F-35I et F-15IA aux Etats-Unis

Israël va acquérir deux escadrons supplémentaires d’avions de combat F-35I et F-15IA provenant des États-Unis, a annoncé dimanche le ministère de la Défense. "Ces avions serviront de pierre angulaire au développement à long terme des forces israéliennes, leur permettant de faire face à l’évolution des menaces régionales tout en préservant la supériorité aérienne stratégique d’Israël", a indiqué le ministère. Cette commande portera ainsi à 100 le nombre d’appareils de la flotte de F-35I de l’armée de l’air israélienne et à 50 celui de la flotte de F-15IA (la variante israélienne) dans les prochaines années.

ACTUALITÉS

Israël appréhende quatre Palestiniens qui planifiaient des attentats inspirés de Daech

Quatre Palestiniens, dont un mineur, ont été appréhendés puis inculpés ce dimanche après avoir planifié des attaques terroristes inspirées de l’organisation Daech, a annoncé le parquet israélien. Les suspects, dont un jeune de 16 ans, originaires de Jérusalem-Est, sont poursuivis devant le tribunal de district de Jérusalem pour une série d’infractions sécuritaires. "Les accusés ont œuvré pour faire avancer leur plan, notamment en collectant des renseignements sur des cibles potentielles, en apprenant à utiliser des armes et en envisageant un entraînement de type militaire", a indiqué le parquet.

Oulpan

À la gare routière centrale, j’ai perdu ma carte Rav-Kav et j’ai demandé aux gens où se trouvait le bureau des objets trouvés. On m’a envoyé d’un endroit à l’autre. Finalement, je l’ai retrouvée dans ma poche arrière, mais entre-temps j’ai eu le temps de faire connaissance avec toute la gare !

Vocabulaire

Un professeur musulman dans une université norvégienne qualifie les massacres du 7/10 de "plus belle chose du siècle"

Bassam Hussein, enseignant en gestion de projet à l'Université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU) à Trondheim, a suscité la polémique après avoir qualifié les massacres du 7 octobre commis par le 'Hamas de "plus belle chose qui soit arrivée au cours de notre siècle". Il a en outre affirmé que l'État d'Israël cherchait "s'emparer de l'empire occidental".

Eytan Halon, chargé d'affaires à l'ambassade d'Israël à Oslo, a dénoncé une "glorification choquante du terrorisme", estimant qu'un universitaire tenant de tels propos ne devrait pas être autorisé à enseigner et appelant implicitement à des sanctions.

(Ta’hana Merkazit) –gare routière centrale

(Ibadeti) – j’ai perdu

(Chaalti) – j’ai demandé

(Anachim) – gens, personnes

(Ma’hlékèt Avédot Oumétsiot) – service des objets trouvés

•

•

(Makom) – endroit, lieu

(Bassof) – finalement, à la fin •

(Matsati) – j’ai trouvé

(Kiss A’hori) – poche arrière

(Bentayim) – entre-temps

(Hispakti) – j’ai eu le temps de

(Léhakir) – connaître, reconnaître, faire connaissance

mots avec la racine .ז.כ.ר (centre / concentration)

(Merkaz) – centre

/

(Rakaz / Rakézèt) – coordinateur / trice, responsable

Le démantèlement d’un mur de l’époque hasmonéenne à Jérusalem met au jour des remparts vieux de 2000 ans

Une impressionnante section des remparts de Jérusalem datant du IIe siècle avant l'ère vulgaire a été découverte dans l’enceinte du complexe de la Tour de David, dans la Vieille Ville de Jérusalem, ont annoncé lundi l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA) et le Musée de la Tour de David à

Jérusalem. Longs de plus de 40 mètres et larges d’environ 5 mètres, ces vestiges ont été découverts dans la zone connue sous le nom de complexe Kichlé, qui servait de prison pendant le mandat britannique, notamment pour les membres de la résistance juive.

Flottille pour Gaza : La Cour prolonge de 2 jours la détention de 2 activistes

Un tribunal israélien a approuvé dimanche une prolongation de deux jours de la détention de deux activistes étrangers de la flottille anti-Israël à destination de Gaza qui avaient été amenés en Israël pour être interrogés, a déclaré à l’AFP le groupe qui les représente. Les deux activistes, l’Hispano-Palestinien Saif Abu Keshek et

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le Brésilien Thiago Avila, faisaient partie des quelque 170 activistes anti-Israël interpellés par Israël la semaine dernière, lorsque la marine israélienne a intercepté la flottille dans les eaux internationales. Les autres ont tous été relâchés vendredi en Grèce.

Trump sur la grâce de Netanyahou : "Nous avons besoin d'un Premier ministre concentré sur la guerre, et non sur des bêtises"

Dans une interview accordée à Kan News, le président américain Donald Trump a vivement critiqué la poursuite des procédures judiciaires à l'encontre du Premier ministre Binyamin Netanyahou, estimant que la situation actuelle, où le chef du gouvernement doit comparaître à la Cour à plusieurs reprises chaque semaine,

nuit à la gestion de la guerre. Il a demandé à ce que ces "absurdités" soient retirées de l'agenda politique. Trump s'est à plusieurs reprises exprimé en faveur d'une grâce de Netanyahou, déclarant à l'intention du président Its'hak Herzog : "Il deviendrait un héros national s'il graciait Bibi. Je lui en serais très reconnaissant."

Le chef de la police londonienne : "Il est totalement inacceptable que les communautés juives vivent dans la peur"

Le commissaire de la police londonienne, Mark Rowley, s'est adressé aux membres de la communauté juive sur les lieux où deux hommes orthodoxes ont été poignardés le 29 avril à Golders Green. Dans un entretien accordé au Jewish Chronicle, il a déclaré : "Il est totalement inacceptable que les communautés juives de Londres vivent dans

la peur. (...) En tant que chef de la police, je tiens à le dire clairement et sans détour : nous vous voyons, nous vous entendons et nous sommes à vos côtés." Rowley a déclaré avoir pris des mesures pour renforcer la protection des communautés juives, dans une ville qui est le théâtre quotidien d'agressions antisémites.

Elyssia Boukobza

Vers un séisme immobilier en Israël ?

Pour la première fois depuis deux décennies, le pouvoir de négociation a changé de camp. Pour le consommateur, c’est une fenêtre d’opportunité historique.

Israël a longtemps été le théâtre d'une anomalie économique : un marché immobilier où la demande semblait structurellement incapable d’être étanchée, propulsant les prix vers des sommets stratosphériques. Pourtant, en ce printemps 2026, le paysage urbain raconte une tout autre histoire. Derrière la forêt de grues qui s’élève de Tel-Aviv à Jérusalem se cache une réalité brutale : un stock d’invendus qui frise désormais les 140 000 unités. Ce chiffre marque un tournant historique. Comment en sommes-nous arrivés là, et que nous réserve l’avenir ?

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut d’abord lever le voile sur la bataille des chiffres. Si le Bureau des Statistiques fait état d’environ 86 000 appartements en construction non vendus, ce calcul omet une partie immergée de l’iceberg. En intégrant les projets dont le premier coup de pioche est retardé par des promoteurs fébriles, ainsi que le "stock fantôme" — ces appartements terminés depuis plus de 15 mois qui disparaissent administrativement des inventaires du neuf — on franchit la barre psychologique des 140 000 logements.

Ce surplus n’est pas le fruit d’une surproduction soudaine, mais celui d’une collision entre des taux d’intérêt tenaces et une érosion brutale du pouvoir d’achat. Les investisseurs, autrefois moteurs du marché, ont déserté, effrayés par des rendements locatifs qui ne couvrent plus le coût du crédit. Quant aux jeunes couples, ils se retrouvent spectateurs d’un marché dont ils ont été exclus par l’inflation des prix et la rigidité des banques.

Face à ce stock massif, les promoteurs se retrouvent dans une position de vulnérabilité inédite. Le coût du service de la dette est devenu un fardeau insoutenable. Pourtant, les prix affichés ne s’effondrent pas encore — une baisse frontale provoquerait une réévaluation des garanties bancaires, menaçant leur solvabilité même. À la place, nous assistons à une ingénierie marketing agressive. Les formules de type "10/90" ou "5/95" — où l’acheteur ne débourse qu’une fraction du prix à la signature, le reste étant dû à la livraison sans indexation — se sont généralisées. C’est une baisse de prix déguisée, offrant des remises réelles de 10 à 15 % via le financement. Mais avec 140 000 appartements sur les bras,

cette stratégie ressemble de plus en plus à une course contre la montre.

Sur le terrain, cette mutation se traduit par une complexification des transactions. Pour Me Illana Bensoussan, avocate et notaire spécialisée à Jérusalem, la prudence est de mise malgré l’attractivité des offres. "Nous voyons de plus en plus de contrats où l’ingénierie financière prend le pas sur la réalité de la construction", explique-t-elle. Selon elle, si les formules de paiement différé sont de puissants leviers, elles imposent une vigilance absolue sur la pérennité de la Garantie Loi de Vente (‘Hok Hamekher).

aujourd’hui pour sauver leurs marges, les constructeurs préparent la pénurie de demain — un cycle de volatilité dangereux pour l’économie nationale.

"
Le pouvoir de négociation juridique a basculé en faveur de celui qui possède la liquidité.

L’experte souligne également un changement de paradigme : "Aujourd’hui, l’acheteur n’est plus un simple demandeur. Nous intégrons des clauses de protection beaucoup plus strictes concernant les délais de livraison et les pénalités de retard. Le pouvoir de négociation juridique a basculé en faveur de celui qui possède la liquidité." Ce stock massif force les promoteurs à des concessions contractuelles qu’ils auraient refusées il y a encore deux ans.

On ne peut analyser cette crise sans prendre en compte le contexte sécuritaire. Le manque criant de main-d’œuvre étrangère a considérablement allongé les délais de construction, augmentant mécaniquement les coûts pour les promoteurs. Parallèlement, l’incertitude économique pousse les ménages à la prudence. L’immobilier, traditionnellement valeur refuge en Israël, subit une crise de confiance inédite.

Le risque aujourd’hui est celui d’un gel prolongé. Si les promoteurs ne parviennent pas à écouler ce stock, les nouvelles mises en chantier vont s’effondrer. En freinant

L’avenir du secteur dépendra de trois facteurs cardinaux : la trajectoire des taux de la Banque d’Israël, l’intervention de l’État et l’évolution démographique. À court terme, une correction est inévitable. Si le stock continue de croître, certains promoteurs endettés n’auront d’autre choix que de liquider leurs actifs, entraînant une réaction en chaîne sur les prix. L'État se retrouve devant un dilemme : laisser le marché s’ajuster, au risque de fragiliser le secteur bancaire, ou intervenir pour subventionner l’achat ou transformer ce stock en logements locatifs.

À moyen terme, le besoin structurel de logements en Israël reste immense. La démographie n’a pas faibli. Ce stock de 140 000 appartements finira par trouver preneur — mais à quel prix ? Le marché sortira de cette crise transformé, probablement vers une consolidation où seuls les grands groupes dotés de fonds propres solides survivront.

Le chiffre de 140 000 appartements invendus est le symptôme d’une fin de cycle. L’époque où l’on achetait "sur plan" les yeux fermés, certain d’une plus-value immédiate, est révolue. Pour la première fois depuis deux décennies, le pouvoir de négociation a changé de camp. Pour le consommateur, c’est une fenêtre d’opportunité historique. Pour l’économie israélienne, c’est un test de résilience majeur. Le béton ne ment jamais : il est temps pour les décideurs de regarder ces inventaires en face.

Rony Hayot

Journaliste et analyste politique

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE

Quand la Torah devient une partie de nous

La Parachat Behar s’ouvre par une formulation étonnante : “Hachem parla à Moché au mont Sinaï…” avant d’énoncer la Mitsva de Chemita, l’année sabbatique de la terre. Immédiatement, Rachi pose la question : quel est le rapport particulier entre la Chemita et Har Sinaï ? Après tout, toute la Torah a été donnée au Sinaï. Pourquoi préciser ici ce que l’on sait déjà ?

Rachi répond que, de même que la Mitsva de Chemita a été donnée avec tous ses détails au Sinaï, ainsi toutes les Mitsvot y ont été données dans leurs moindres détails. Mais derrière cette réponse se cache un message plus profond.

Mais pourquoi relier l’étude de la Torah au terme ‘Hok, qui évoque la gravure ?

C’est ici que se trouve toute la clé.

Au moment où cette Mitsva est donnée, les Bné Israël sont encore dans le désert. Ils vivent de la manne, ne travaillent pas la terre et ne sont même pas encore entrés en Erets Israël. La Chemita apparaît donc comme une Mitsva très lointaine, presque théorique : elle ne sera applicable que des années plus tard.

C’est précisément cela que la Torah veut souligner. Même une Mitsva qui semble éloignée doit être reçue avec la même force que les Mitsvot immédiatement concrètes. Car au Sinaï, Israël n’a pas accepté seulement des commandements pratiques ; il a accepté un lien total avec la parole divine, y compris lorsque cette parole ne touche pas encore sa réalité du moment.

Cette idée éclaire la Paracha suivante. Au début de Be’houkotaï, la Torah déclare : “Im Be’houkotaï Télékhou” — “Si vous marchez dans Mes statuts”. Rachi remarque aussitôt qu’il ne peut pas s’agir ici simplement de l’observance des Mitsvot, puisque le verset poursuit déjà : “et vous garderez Mes Mitsvot”. Alors de quoi parle-t-on ?

Rachi donne une réponse célèbre : que vous vous donniez de la peine dans l’étude de la Torah.

Nos Sages distinguent entre une écriture posée sur un support et une gravure creusée dans la matière. Lorsque l’on écrit à l’encre sur du parchemin, il y a toujours deux éléments : l’encre d’un côté, le parchemin de l’autre. Même s’ils sont collés ensemble, ils restent séparables. Mais lorsqu’une lettre est gravée dans la pierre, elle ne fait plus qu’un avec elle. On ne peut plus dissocier la lettre de son support.

La Torah nous dit donc : ne faites pas seulement de la Torah une connaissance posée sur vous. Faites-en une gravure intérieure.

Il est possible d’étudier, de connaître, de retenir, et malgré tout de garder la Torah à l’extérieur de soi, comme une information supplémentaire. La Torah demande bien davantage : qu’elle devienne notre manière de penser, notre manière de réagir, notre manière de vivre. Qu’elle ne soit pas simplement apprise, mais intégrée au point de devenir inséparable de notre identité.

C’est cela que la Mitsva de Chemita vient déjà enseigner au Sinaï. Même ce qui paraît loin doit être accueilli comme proche, parce que la Torah n’est pas seulement un ensemble de règles utiles selon les circonstances. Elle est une réalité qui doit s’imprimer en l’homme.

Le Juif n’est pas censé porter la Torah comme on porte un livre sous le bras. Il est censé la porter en lui, gravée profondément.

Et lorsqu’elle devient ainsi une partie de nous, elle cesse d’être un texte que l’on consulte : elle devient une vie que l’on respire.

Rav David Raphaël Banon de Montréal (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

Parachat

Béhar Bé'houkotaï par Michaël Lumbroso

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

Lorsque le peuple juif garde bien la Torah et les Mitsvot, alors cinq Juifs poursuivront cent d’entre eux.

(leurs ennemis)

L’année du Jubilé, on proclame cela pour tous les esclaves juifs.

Un ciel comme cela, c’est une expression pour dire qu’il n’y aura pas la moindre goutte d’eau qui en tombera.

Lorsqu’on vend un bien à son prochain, il est interdit de gonfler trop le prix, ça s’appelle l’interdit de … .

Lorsque le peuple juif garde bien la Torah et les Mitsvot, alors Hachem les fait disparaître, mais si ce n’est pas le cas (à D.ieu ne plaise), elles seront suscitées contre les enfants et le bétail.

(bêtes sauvages)

Lorsqu’il n’y a pas la Brakha, on fait des efforts et on ne voit pas de résultats, alors elles s’épuisent.

(les forces)

Et ce, même si c’est un serviteur juif qui est … à son oreille.

Pour fixer l’année du Yovel (Jubilé), il faut compter sept années sept … .

Il est interdit de prêter de l’argent avec cette condition

Lorsque le peuple juif garde bien la Torah et les Mitsvot, alors elles tomberont en leur temps.

En terminant

Parachiot, on clôture aussi ce Séfer.

Comment un animal pur qui a un défaut et donc se trouve disqualifié pour servir d’offrande est-il appelé dans notre Paracha ?

S’il n’y a pas la Brakha, dix femmes cuiront leur … dans un seul four.

L’année de la Chémita, ce genre de pousses a été interdit à la consommation par les sages.

Il y a la dîme des animaux à prélever, qu’il s’agisse de gros bétail ou de … .

Une autre désignation de l’année de la Chémita, qui met en relief que cette année est la septième d’un cycle.

(les pluies)

Ce terme agricole qui désigne le fait d’enlever les branches superflues d’un arbre a la même racine que le mot désignant les chants de Chabbath.

(élagage)

Mot qui désigne ce que la terre donne.

Un serviteur juif ne travaillera pas indéfiniment ; l’année du Jubilé, il retournera vers sa …

(sa famille)

S’il n’y a pas la Brakha, alors le léger bruit de cela poussée par le vent fera fuir de nombreux Juifs.

(une feuille)

Lorsque le peuple juif garde bien la Torah et les Mitsvot, Hachem le fait marcher de cette manière (mot cité dans les Hara’haman du Birkat Hamazone).

(la tête haute)

Le contraire de l’étranger qui est de passage dans le pays où il se trouve, c’est le … .

ÉDUCATION

ÉDUCATION

FEMMES

COUPLE FAMILLE

Question au psy : Mon mari est trop sévère avec nos enfants !

Je me retrouve face à un grand problème. J’aime mon mari mais il a des comportements que je ne supporte pas. Il crie sans cesse sur nos enfants, n’a aucune patience avec eux, ne prend jamais le temps pour les sortir… Mais le pire, c’est que j’ai l’impression qu’il ne supporte pas notre fils aîné et cela devient de plus en plus dur. Il lui dit non à tout, l’ignore quand il lui parle...

Je sais pourtant qu’il adore nos enfants mais il leur parle très souvent avec mépris et fait des différences, à l’égard d’une en particulier qu’il affectionne plus. Je ne sais pas quoi faire car j’ai peur de perdre mon amour pour lui. J’ai l’impression que tout peut amener à des frictions ou des disputes. C’est surtout son approche trop stricte dans l’éducation que je déteste : on dit non à tout ! Surtout, je n’ai pas envie que nos enfants grandissent comme ça.

Réponse de Mme Nathalie Seyman, psychologue

Dès qu’une femme apprend qu’elle est enceinte, le processus de la maternité se déclenche : avant l’arrivée du bébé, elle est déjà mère. Il faudra évidemment des ajustements, mais elle a la capacité de ressentir les besoins de son enfant de l’intérieur du fait de ses neuf mois de proximité avec lui. Pour un homme, c’est bien plus difficile. Il agit un peu plus à l’ "aveugle". Il ne devient père que progressivement, par la pratique et guidé par l’amour qu’il porte à ses enfants et son envie de bien faire. Comment réagir en tant que maman face à ses erreurs Comment l’aider à se parfaire ?

Le rôle du père

modèle… Quoiqu’il en soit, son influence sera très forte, qu’elle soit consciente ou non. Dans nos textes, il est d’ailleurs écrit : "Les actes des pères sont un repère pour les fils." (Sota 34a) On comprend donc l’importance d’être un excellent modèle pour ses enfants en tant que père, dans le comportement et aussi dans l’apprentissage. Si c'est la mère qui transmet la judéité, c'est le père qui transmet la Torah.

Parfois, avec les soucis du quotidien, le rôle éducatif qu’ont les parents se perd pour faire place à une exaspération envers les demandes répétées de leurs enfants et cela peut évidemment se comprendre, car qui n’a jamais été dans ce cas ? Mais l’important est de savoir se remettre en question et de se réajuster sans cesse pour ne pas perdre de vue cet objectif initial.

Autorité contre autoritarisme

À l’arrivée d’un enfant, les pères se sentent souvent maladroits, ne trouvant pas forcément tout de suite leur place entre la mère et l’enfant. Par la suite, ils puisent dans leur expérience personnelle afin de se positionner, leur modèle étant leur propre père. Modèle ou contre-

Un père doit être la figure de l’autorité de la maison. Une mère, même autoritaire, fonctionnera toujours plus avec ses sentiments. Elle a donc besoin de ce soutien "extérieur" que lui apporte le père de ses enfants.

Mais avoir de l’autorité, ce n’est pas forcément être autoritaire. Il faut savoir dissocier l’autorité de l’autoritarisme. Exiger quelque chose d’un enfant pour sa sécurité, c’est de l’autorité. Exiger pour exiger, c’est de l’autoritarisme. Il est très facile de déborder et ce n’est pas toujours simple de trouver le juste milieu. Le père et la mère doivent avoir deux rôles bien différents l’un de l’autre pour que l’enfant s’y retrouve ; et chacun des parents doit aider à réguler l’autre. L’important à retenir est qu’il est essentiel d’instaurer un vrai dialogue au sein d’une famille. Rien n’est pire que les nondits et les silences provoqués par la peur d’une crise de la part de l’un des parents. Tout d’abord parce que c’est le rôle des enfants de sans cesse demander de l’aide à leurs parents sur tous les sujets de la vie, et s’ils ne le font pas par peur de la réaction de leurs parents (mépris, indifférence, colère), alors les conséquences peuvent être désastreuses. Ensuite, parce que cela peut générer un climat familial étouffant qui fera fuir les membres de la famille.

Mes conseils

exprimez-vous sur la meilleure façon de réagir selon vous et débattez ensemble.

- Proposez-lui d’aller consulter ensemble un coach en éducation. C’est très instructif et permet de bien progresser en se posant les bonnes questions. Cela peut vous éclairer sur différentes méthodes éducatives à mettre en place afin de faciliter la vie familiale.

À l’arrivée d’un enfant, les pères se sentent souvent maladroits, ne trouvant pas forcément tout de suite leur place entre la mère et l’enfant.

Conseils à votre mari

Monsieur, je n’ai pas votre version des faits mais si je me base sur les dires de votre femme, il est important pour vous de réaliser qu’il faudrait une autre méthode de transmission des valeurs à vos enfants. Je suis persuadée que c’est en voulant bien faire que vous agissez ainsi, pour que vos enfants, en particulier votre fils aîné pour lequel vous avez de grands projets, deviennent des êtres humains accomplis et épanouis.

- Ne lui jetez pas trop la pierre. C’est un père qui aime ses enfants mais qui les éduque de manière maladroite. Il n’y a rien qui ne peut être redressé car c’est ce qui est merveilleux avec les enfants : ils nous permettent sans cesse de nous parfaire et nous avons mille chances avec eux de faire toujours mieux.

- Ne renoncez jamais à vous faire entendre, ayez le courage de parler à votre mari lorsque vous trouvez qu’il n’a pas bien réagi, mais évidemment jamais en présence de vos enfants. Lorsque vous êtes tous les deux, sans un ton accusateur mais en mode "débriefing",

Or la fin ne justifie pas les moyens car les méthodes pour parvenir à cet objectif sont bien plus importantes que l’objectif lui-même. Il est impératif d’instaurer un climat familial harmonieux afin que les enfants puissent suivre votre voie, non dans la peur mais dans l’amour. Peut-être faut-il fouiller dans votre passé pour comprendre d’où vous vient cette colère ? Cela vous permettra de mieux vous comprendre et ainsi de réajuster votre comportement vis-àvis de vos enfants. Rabbi Na’hman de Breslev disait : "Quand le père est coléreux, les enfants sont stupides."

N’hésitez pas à vous remettre en question en ce qui concerne l’éducation. Et je vais vous rassurer : nous en sommes tous là, chacun à son niveau et avec ses défauts !

Quelle sainteté à Jérusalem pour les musulmans ?

Si Jérusalem avait une quelconque importance, religieuse ou politique, pour l’islam, n’y aurait-il pas eu un califat de Jérusalem ?

Pour commencer, le Coran ne mentionne jamais Jérusalem par son nom. Au moment de la rédaction du Coran, la ville de Jérusalem avait été appelée par ce nom – Jérusalem – depuis au moins 1000 ans, remontant à l’époque du roi David. C’était une ville assez célèbre avec une histoire dense et il n’y a aucune raison pour que le Coran ne l’appelle pas par son nom.

De nombreuses autres villes sont mentionnées dans le Coran, toutes par leur nom usuel. Notre Bible, pour sa part, fait référence à Jérusalem par son nom 667 fois...

Les musulmans prétendent que lorsque le Coran parlait d’Al-Aksa, il faisait référence à Jérusalem. Le terme Al-Aksa signifie littéralement “la plus éloignée” ou “la plus lointaine”, elle n’est mentionnée dans le Coran qu’une seule fois et de manière vague. Le verset déclare : “Béni soit-Il qui a amené Son serviteur de nuit du sanctuaire sacré au sanctuaire le plus extérieur (Al-Masdjid AlAksa)”. Et c’est tout. Voilà tout l’amour du Coran pour Jérusalem.

la base de ce verset, il est devenu une partie du folklore arabe bien après la mort de Mahomet. Quand il est supposé avoir fait cela, en 632, il avait déjà conquis toute l’Arabie et établi l’islam comme religion d’État.

La religion tournait alors, comme aujourd’hui d’ailleurs, autour des lieux saints de La Mecque et de Médine, toutes deux en Arabie. Jérusalem et le reste de la terre d’Israël étaient loin. En fait, les Arabes ne conquirent la terre d’Israël qu’en 638, six ans après la mort de Mahomet, lorsqu’ils la prirent à l’empire Byzantin (chrétien) et l’intégrèrent à un empire arabo-musulman. Les Arabes n’avaient pas de nom particulier pour désigner cette région et adoptèrent simplement le nom romain Palestinae, qu’ils prononçaient “Falastin”, car le son “p” n’existe pas dans la langue arabe. Après cela, une grande partie de la population mixte de Falastin se convertit à l’islam et adopta la langue arabe.

Jérusalem ? Pas au Coran

Les musulmans prétendent que cela fait référence au moment où Mahomet serait monté au ciel vivant sur son blanc destrier. Ce que l’on ignore, même pour de nombreux musulmans, c’est que cet événement supposé n’est pas du tout mentionné dans le Coran. Sur

Ne semble-t-il pas un peu étrange que Mahomet s’envole soudainement de l’Arabie, le cœur de l’islam, vers Jérusalem, une ville byzantine qui ne faisait pas partie de son empire et où il n’y avait pas un seul musulman ou mosquée, et quitte la terre depuis le mont du Temple où se trouvait une église à l’époque ? Il aurait pu tout aussi bien partir d’Athènes, de Rome ou de toute autre ville chrétienne.

Alors, comment “la mosquée la plus éloignée” et Jérusalem sont-ils devenus synonymes ?

En 638, lorsque Jérusalem fut conquise par les Arabes, le calife, Omar Ibn al-Khattab, demanda à Sophrone, le patriarche grec qui gouvernait la ville, de lui montrer la Masdjid Dawud ou mosquée de David (le terme arabe pour le Temple juif). Il fut emmené dans un bâtiment à l’extrémité sud du mont du Temple, dont les historiens pensent qu’il s’agit d’un bâtiment juif datant de la période du Second Temple. Il entra et, selon la tradition arabe, nettoya certains des déchets accumulés à l’intérieur au cours de centaines d’années de négligence et y pria.

La vraie ville

Cependant, la construction d’une véritable mosquée ne commença qu’au moins 50 ans plus tard sous le calife de Damas, Abd al-Malik, et ne fut achevée que plus tard par son fils, Al-Walid, qui régna également à partir de Damas, en l’an 705. C’est le site qui est maintenant revendiqué comme le troisième le plus saint de l’islam. Ce n’est PAS la mosquée au dôme doré au milieu du mont du Temple, mais la mosquée au dôme gris à son extrémité sud. Al-Malik l’appela la mosquée AlAksa pour des raisons politiques. Il était dans une lutte de pouvoir avec ses homologues en Arabie et tentait de leur arracher le contrôle du monde musulman. Jusqu’à cette époque, il n’y avait aucune tradition dans l’islam selon laquelle le terme “Al-Aksa” faisait référence à Jérusalem. Al-Aksa était simplement un lieu mystique inconnu. En 691, Al-Malik acheva la mosquée au dôme d’or qui orne maintenant tous les dépliants touristiques. Il construisit cette mosquée à l’emplacement exact des deux Temples juifs. Pourquoi fit-il cela ? Pour la même raison, les chrétiens y avaient également construit une église : pour démontrer qu’ils représentaient

la vraie religion. Une église sur le site du Temple juif prouvait que le christianisme avait supplanté le judaïsme et une mosquée sur ce site prouvait que l’islam avait supplanté les deux. Tous deux avaient saisi que Jérusalem représentait la vérité.

Les Arabes n’avaient pas de nom particulier pour désigner cette région et adoptèrent simplement le nom romain
Palestinae, qu’ils prononçaient
“Falastin”

À ce jour, les musulmans se tournent vers La Mecque lorsqu’ils prient, et non vers Jérusalem comme le font les Juifs du monde entier. L’ironie est qu’au moment de prier, ces Arabes du mont du Temple tournent le dos à la mosquée, s’agenouillent et prient vers La Mecque. Pendant environ 1200 ans, la terre resta en friche. Les dirigeants arabes ne tentèrent jamais de reconstruire ou embellir la ville, pas plus que les Turcs ottomans musulmans, qui régnèrent pourtant sur le pays pendant 400 ans (de 1517 à 1917). En 1099, des Croisés chrétiens d’Europe conquirent la Palestine lors de la première Croisade. Au cours des deux siècles suivants, chrétiens et musulmans se battirent pour le contrôle de la terre, qui oscilla entre eux. Même à leur apogée, les royaumes croisés ne développèrent jamais d’identité nationale. Elle resta un avant-poste militaire de l’Europe chrétienne – aucun pionner n’arriva ni même l’envisagea – et dura moins de 200 ans avant de finalement s’effondrer sous l’assaut arabe.

Une ville sans aucune importance

Les Arabes, même après avoir reconquis la Palestine, ne lui attribuèrent aucune signification religieuse ou nationale particulière. C’était simplement une partie de la zone continentale musulmane. Lorsque SalahA-Din (Saladin en français) arracha Jérusalem aux Croisés en 1187, il ne lui accorda aucune importance ; en fait, il ne permit même pas de reconstruire ses murs détruits. Au lieu de cela,

il choisit Ramla comme capitale régionale. (Les Croisés avaient désigné Akko [Acre] comme la leur. Plus tôt dans l’histoire, les Romains avaient choisi Caesaria. Seuls les Juifs ont établi Jérusalem comme capitale.)

En 1249, le sultan égyptien Al-Kamil, souverain de Palestine, céda Jérusalem, ainsi que Nazareth et Bethléem, à l’empereur Frédéric II du Saint-Empire romain germanique dans le cadre d’un traité de paix mettant fin à la sixième Croisade. Rien que cela était l’aveu incroyable que Jérusalem n’avait aucune signification réelle pour les musulmans. Mais les propos du Sultan sont encore plus éloquents. À l’époque, il déclara : “Je n’ai cédé que des églises en ruine et des bâtiments détruits.” Les gens qui y vivaient étaient toujours les sujets d’un calife lointain qui les gouvernait depuis sa capitale, qui était à l’origine Damas. Plus tard, ce fut Le Caire, puis Bagdad et enfin Istanbul. Si Jérusalem avait une quelconque importance,

religieuse ou politique, n’y aurait-il pas eu un califat de Jérusalem ?

Jusqu’en 1900, Jérusalem était encore une petite ville isolée apparemment abandonnée par l’histoire. Elle n’a jamais été une destination de pèlerinages religieux pour les musulmans. Même pendant la période de 1948 à 1967, lorsque le mont du Temple était aux mains des Jordaniens, très peu de chefs religieux islamiques de quelque statut que ce soit ne s’y sont rendus, et certainement aucun membre de la famille royale saoudienne. Un musulman qui fait le Hajj, le pèlerinage à La Mecque, peut ajouter le titre honorifique d’Al-Hajj à son nom pour le reste de sa vie. Un voyage similaire à Jérusalem ne comporte absolument aucune signification religieuse.

Ce qui ressort clairement de toutes les archives historiques, c’est qu’à partir du moment où les Juifs ont été exilés par les Romains, la région connue sous le nom de Palestine n’a jamais été la patrie d’une autre nation. La Palestine n’a jamais existé en tant que pays. Il n’y a jamais eu de terre connue sous le nom de Palestine qui ait été gouvernée par des Palestiniens. Elle n’a jamais eu de frontières définies ni de culture autochtone. Vous pouvez chercher dans toutes les bibliothèques du monde, vous ne trouverez pas un seul volume sur l’histoire du peuple palestinien. Il n’a jamais existé.

Étudiez les différentes cartes du MoyenOrient des années 1800, il n’y en a pas deux qui montrent les mêmes frontières. Certains incluent le Liban dans le cadre de la Palestine et certains incluent même la Syrie. La Palestine avait le même sens vague que le Maghreb ou le Midwest américain. C’était un terme géographique, utilisé pour désigner la région à cette époque de l’histoire où il n’y avait ni nation ni État. Chaque livre publié avant les années 1950 décrit la Palestine comme une région.

Rav David Baum, extrait du Guide du judaïsme orthodoxe expliqué aux non-orthodoxes, bientôt édité aux Editions Torah-Box

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Et pourquoi, si l’on suit cet ordre d’idées, Avraham est-il plus élevé qu’Its’hak ? Bé’houkotaï -

Comment comprendre que la vertu de Ya’akov ne suffise pas à délivrer le peuple juif ?

Tout en adressant Sa sévère réprimande dans cette Paracha, Hachem nous réconforte en disant : "Je Me souviendrai de Mon alliance avec Ya’akov, et de Mon alliance avec Its’hak et Je Me souviendrai aussi de Mon alliance avec Avraham…" (Vayikra 26, 42)

Une question évidente se pose : pourquoi les patriarches sont-ils mentionnés dans un ordre anti-chronologique ? Rachi explique que si le mérite de Ya’akov, qui est le plus "petit" des Avot, ne suffit pas, celui d’Its’hak aidera, et si même lui n’est pas suffisant, le grand mérite d’Avraham conviendra. (Torat Cohanim 26, 49) Ainsi, Ya’akov est mentionné en premier, car les patriarches sont classés par ordre ascendant de mérites.

Le patriarche le plus grand est...

On peut comprendre la "petitesse" de Ya’akov de deux façons. Certains écrivent qu’il était le plus jeune, mais plusieurs estiment qu’il était en effet celui du niveau spirituel le plus bas. (Maskil Lédavid 24, 42) Pourtant, nos Sages affirment que Ya’akov était l’élite des patriarches, le seul dont toute la progéniture fut vertueuse, tandis qu’Avraham et Its’hak eurent des enfants qui ne méritèrent pas de faire partie du peuple juif. Alors, comment comprendre que la vertu de Ya’akov ne suffise pas à délivrer le peuple juif ? Et pourquoi, si l’on suit cet ordre d’idées Avraham est-il plus élevé qu’Its’hak ?

La perfection des Midot (traits de caractère) de Ya’akov ne lui octroie pas pour autant le plus

grand mérite. Celui-ci grandit en fonction de la difficulté de la tâche accomplie. En quoi la mission de Ya’akov fut-elle plus simple que celle d’Its’hak et en quoi celle de ce dernier fut-elle moins ardue que celle de son père ?

Celui qui a ouvert la voie

Avraham naquit dans une société idolâtre ; il dut commencer sa mission à partir de rien et créer un nouveau mode de vie, une nouvelle idéologie, une nouvelle "ère" de l’histoire. La Guémara affirme que l’Histoire juive se divise en trois époques bimillénaires. La première s’appelle les "deux mille ans de néant", la deuxième est connue comme les "deux mille ans de Torah", et cette période débute au moment où Avraham commença à diffuser la Torah à travers le monde. (‘Avoda Zara 9a)

Un tel travail nécessite un effort incroyable, car cela demande d’aller à l’encontre de tous et de commencer quelque chose de lent et à petite échelle, puis de le développer patiemment. Its’hak est né dans un monde où cette nouvelle conception existait déjà. Mais il dut tout de même inaugurer quelque chose : le concept de tradition, le fait de suivre loyalement les directives fixées par le père. (Matnot ’Haïm 30)

Ya’akov n’eut pas besoin d’innover une religion ou l’idée de Massoret, de tradition ; il eut certes de grandes épreuves dans sa vie mais, en un sens, sa tâche fut plus simple que ses aïeux. Son mérite pour aider au salut du peuple juif, bien

qu’immense, était donc moins élevé que les autres. Évidemment, les épreuves que Ya’akov dut affronter furent très difficiles, voire décourageantes ; il ne s’agit pas de déprécier ses combats pour les surmonter, mais uniquement de montrer que dans le domaine de l’innovation, sa tâche fut plus aisée que celle de ses prédécesseurs.

Rav Matityahou Salomon parle longuement de cette force innovatrice chez Avraham Avinou. Il écrit qu’Avraham était un Mat’hil, un initiateur. Il fut un révolutionnaire, un pionnier, le fondateur du peuple juif. Quand nous tentons de suivre sa voie, nous nous inspirons généralement de son ’Hessed. Nous apprenons d’ici une autre Mida (qualité) qu’il nous faut développer : la capacité d’innover.

Tenir bon, quoiqu’il en coûte

L’individu a une tendance naturelle à s’habituer à un certain mode de vie, à son observance des Mitsvot, à son comportement, à ses relations avec autrui… Il est parfois bénéfique de prendre du recul et d’analyser la situation pour détecter la nécessité d’une nouvelle approche dans ces domaines. Les nouveautés peuvent s’avérer particulièrement salutaires, surtout quand elles visent le bien-être du Klal Israël. Prenons l’exemple de Sarah Shenirer : son idée d’ouvrir une structure éducative pour filles basée sur l’étude de la Torah fit face à une forte opposition. Néanmoins, elle continua obstinément et son entreprise eut un impact incroyable sur le peuple juif.

Pour prouver que les projets novateurs peuvent être bienfaisants, on remarque que le Yétser Hara’ sait rendre ce genre de nouveautés très difficiles à mener à bien, d’où la fameuse expression Kol Hahat'halot Kachot, "Tous les débuts sont difficiles". Il est connu que tout ce qui est réellement important est difficile à conclure, parce que le Yétser Hara’ fait son possible pour empêcher cet aboutissement. Quand on prend une décision d’innovation, il est important de la mener à bonne fin, malgré les défis que l’on risque de rencontrer en route.

Avraham Avinou n’est pas décrit comme l’élite des patriarches, mais par son côté précurseur, il ouvre la marche. Puissions-nous tous mériter d’apprendre de lui et de concrétiser les projets que nous entreprenons, quand cela s’avère nécessaire.

Résumé de la Paracha

1

2

La Paracha contient des commandements agricoles et liés à la propriété : la Chémita, le repos septennal de la terre, et le Yovel, le jubilé observé tous les 50 ans avec le repos de la terre, le retour des terres à leurs propriétaires d’origine et l’affranchissement des serviteurs. Hachem promet une surabondance de la terre avant ces périodes de jachère.

Sont évoquées des interdictions de prêter de l’argent avec intérêt, de léser son prochain financièrement ainsi que la Mitsva de soutenir l’indigent.

3

La Paracha parle aussi des lois relatives au serviteur et à sa libération.

4

L’interdiction de pratiquer la ‘Avoda Zara, l’idolâtrie, est rappelée, tout comme la Mitsva d’observer le Chabbath et de respecter le Beth Hamikdach

5

La Paracha précise les bénédictions promises en cas d’observance des Mitsvot de la Torah.

6

On évoque les lois relatives au Ma’asser Chéni, la "seconde dîme" devant être consommée à Jérusalem, et au Ma’asser Behéma, la "dîme des animaux" devant être offert sur le Mizbéa’h, l’autel.

N°475

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Béhar Bé’houkotaï 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

1

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline”

1 JEU

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

3. Maror

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : La Bande à Panda vs Les Rigolos de l’Eskimo. 2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 points pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants, 2 points pour les plus drôles)

1. 3 Matsot chemourot (rondes, faites à la main)

2. Épaule d’agneau

LE FAST DUEL

3. Maror (laitue romaine)

4. Karpass (céleri)

5. ‘Hazeret (laitue ou endives)

7.Oeuf dur

4.Karpass

2.Épaule d’agneau
6.‘Harossèt
5.Hazeret

Pour chaque question, le premier qui trouve un mot qui répond à la question et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné. 2 (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)

6.‘Harossèt

7. Oeuf dur

8. Bol d’eau salée

Un animal qui vit dans l’eau.

> Daurade. Dauphin.

Une nourriture de chabbath

Un métier où l’on soigne les gens.

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder 1.MatsotChemourot

QUANTITÉS

> Dafina

OBLIGATOIRES DE MATSA & MAROR

Un aliment sucré.

> Dentiste. docteur. dermato.

> Donut. Dragée. Datte.

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun

Petit objet qui sert à jouer.

> Dé. domino

MAROR

On en trouve dans le frigo

Etapes du Séder

> Danette, Dinde, Dessert.

Une qualité.

> Dynamisme. Douceur. Discrétion. Détermination.

8. Bold’eau s

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Cite une chose dont on parle à table en famille.

La journée à l’école ou au travail

Un dvar Torah

Les nouvelles / l’actualité

Les vacances

Le repas lui-même

JEUX EN VRAC

Cite une chose qui peut énerver les parents pendant le repas.

Jouer avec la nourriture / Dire “je n’aime pas ça”

Ne pas manger ce qu’il y a dans l’assiette

Parler la bouche pleine

Renverser un verre

Se disputer avec un frère ou une sœur

Termine la blague : Deux fous marchent dans la rue.

L’un ramasse un morceau de miroir, le regarde et dit :

— Cette tête me dit quelque chose…

L’autre prend le miroir, regarde et que répond-il ?

> Normal : c’est moi !

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• Plis du visage quand le cœur est content.

> Sourire.

• Petit patron à moustaches qui dort toute la journée.

> Chat.

Cite une chose que les parents ne comprennent pas chez les enfants.

Les modes / tendances

Le langage des jeunes / l’argot

Les blagues entre amis

Passer beaucoup de temps au téléphone ou sous la douche

Les chansons / musiques modernes

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

1. Je peux t’élever dans les airs… ou te condamner devant la loi.

> Le vol

2. Je peux résonner dans l’air… ou m’inscrire sur ton bulletin.

> La note À peu près... : Combien d’os compte le corps humain adulte ?

> 206.

JEUX

DANS LE BON ORDRE

Mets dans l’ordre de durée de gestation croissante ces animaux : > Chat (≈ 65 jours). Chien (≈ 63 jours). Mouton (≈ 150 jours). Vache (≈ 283 jours). Rhinocéros (≈ 480 jours),

• rhinocéros, chat, mouton,chien, vache, éléphant d’Afrique.

Éléphant d’Afrique (≈ 660 jours).

Plus ou moins

Le cerveau humain consomme plus ou moins d’énergie qu’une ampoule allumée ?

Réponse :

Plus : Cerveau : ≈ 20W. Ampoule LED : 7–10 W

Paris. Madrid.Londres. Rome. Budapest. Le Caire. L’intrus

Quel e st l’intrus dans cette liste ?

Réponse : : Seule Madrid n’est pas traversée par un fleuve.

HALAKHA QUIZ

Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses. Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.

Pourquoi a-t-on la coutume de décorer la synagogue avec des fleurs à Chavou’ot ?

1. Car la Torah est comparée à des fleurs

2. Car Hachem décora le mont Sinaï avec des fleurs

3. Car la fleur est un signe de bénédictions

Réponse : 2

Que nous enseigne le Rambam à propos de Chavou’ot ?

1. Qu’il faut manger des produits lactés

2. Qu’il faut s’acheter un beau costume en l’honneur de la fête

3. Qu’il est bon de lire des Téhilim

Réponse : 3

SHABATIK

Retour vers le futur

En 1700, la Suède décide de changer de calendrier. Mais le passage se passe si mal qu’ils se retrouvent avec un calendrier qui ne correspond à aucun autre pays. Pour corriger l’erreur en 1712, ils ont dû prendre une mesure unique dans l’histoire de l’humanité concernant le mois de février.

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions.

Quelle était la particularité du calendrier suédois cette année-là ?

février.

C’est la seule fois au monde qu’une telle date a officiellement existé.

Réponse de la semaine dernière

Ballon de football.

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

Indice : Douleur

Rumeurs au Gan de Jérusalem

Toute sa vie, elle a investi son cœur et son énergie dans ce travail. Comment tourner la plus belle page de sa vie du jour au lendemain ?

Dans un quartier religieux de Jérusalem se trouve un jardin d’enfants qui se distingue parmi d’autres de la capitale israélienne. L’ordre, la propreté, mais surtout la qualité de l’éducation et l’atmosphère de grande sérénité qui en découle sont régulièrement distingués par des prix en Israël. Le résultat est que les dossiers d’inscription y sont très nombreux, pour un nombre de places réduit.

Ce succès repose avant tout sur l'investissement de la directrice, éducatrice passionnée qui se consacre corps et âme à ce Gan, et son assistante fidèle et dévouée. Les deux femmes travaillent main dans la main depuis de nombreuses années et, ensemble, elles ont bâti un lieu où l’on entend toujours des rires d’enfants et où l’apprentissage se fait dans un environnement sain et chaleureux.

Merci, au revoir

Après des années de bons et loyaux services, l’assistante arrive à l’âge de la retraite. La directrice, qui connaît bien les lois et les différentes formalités administratives, convoque l’assistante : "Je ne te remercierai jamais assez ; mais tu as atteint l’âge de la retraite, le temps est venu pour toi de partir. Tu continueras à recevoir un salaire à peu près équivalent à ce que tu touches aujourd’hui."

L’assistante est littéralement sciée par cette demande, qu’elle refuse immédiatement.

Comment pourrait-elle abandonner ce Gan, les enfants, ce lieu qu’elle aime tant ? Toute sa vie, elle a investi son cœur et son énergie dans ce travail. Comment tourner la plus belle page de sa vie du jour au lendemain ? C’est impossible.

La directrice reste imperturbable et, malgré ce refus, insiste à plusieurs reprises avec douceur. Face au refus catégorique de l’assistante, elle contacte la municipalité afin de procéder officiellement à son départ en retraite.

Les parents se demandent pourquoi la directrice insiste tant pour faire partir son assistante, cette employée exemplaire, de confiance, appréciée de tous, et qui est tout autant responsable du succès du Gan. Il ne faut pas longtemps pour que des rumeurs circulent sur la gestion du Gan. Beaucoup de parents sont outrés — on le serait dans une telle situation — et ne comprennent pas pourquoi la directrice a poussé sa fidèle assistante vers la sortie.

L’incompréhension tourne à la colère

Dans la tourmente, certains parents sont pris de panique. Ils se disent que cette retraite forcée cache peut-être de graves dysfonctionnements. Par précaution, ils décident de désinscrire leurs enfants. Le résultat est dramatique : ce jardin d’enfants qui était, il y a encore deux petites semaines, le symbole de l’excellence éducative, s’effondre sous le poids des rumeurs qui se répandent comme une traînée de poudre.

Quelques jours plus tard, un drame inimaginable survient : l’assistante tombe gravement malade et décède. Le quartier est sous le choc, et tous les regards se tournent vers la directrice, accusée d’avoir sa mort sur la conscience. Elle ne tient pas le coup et sombre dans une profonde dépression. Le Gan est contraint de fermer temporairement.

Une semaine après l’enterrement a lieu, à la synagogue, la cérémonie de clôture des Chiva’. La synagogue est bondée et l’émotion est à son comble. Lorsque les Hespédim sont terminés, l’officiant s’apprête à prier ‘Arvit lorsqu’un homme se lève : c’est le fils orphelin de l’assistante.

Belle mais terrible vérité

la directrice n’a plus eu d’autre choix que de lui demander de partir."

Le fils pleure, mais continue : "La nuit dernière, ma mère m’est apparue en rêve. Elle se trouvait devant le tribunal Céleste, où on lui a montré tout le bien qu’elle avait reçu de la directrice. Mais il restait un point d’ombre : ici, sur Terre, personne n’est au courant. Les gens jugent la directrice avec dureté, lui font beaucoup de mal, et cela pèse sur son âme. Dans mon rêve, elle m’a supplié de rétablir la vérité. Je vous en prie, demandez pardon à cette femme."

Beaucoup de parents sont outrés et ne comprennent pas pourquoi la directrice a poussé sa fidèle assistante vers la sortie.

Il prend la parole d’une voix tremblante : "Je vais vous dire quelque chose qui va vous paraître étrange, mais j’estime que vous devez connaître la vérité."

Tous les regards convergent vers lui. "Ma mère était malade du cœur depuis très longtemps.

Très peu de gens le savaient — elle ne voulait pas qu’on s’apitoie sur elle, et souffrait donc en silence. Mais une personne connaissait son état de santé : la directrice. Elle voyait combien il était difficile pour ma mère d’accomplir son travail malgré la meilleure volonté du monde. Pour cette raison, elle a fait venir ses propres filles qui, chaque jour après l’école, venaient l’aider à nettoyer et à ranger le Gan. Ma mère continuait à recevoir son salaire, même si elle ne pouvait plus travailler comme avant. La directrice a tout fait pour préserver son emploi, coûte que coûte."

Un silence pesant s’installe. Le fils poursuit : "Les années ont passé. Les filles de la directrice ont grandi, se sont mariées et ont fondé leur foyer. Il n’y avait plus personne pour aider ma mère. Quand elle a atteint l’âge de la retraite,

Un silence de plomb s’installe. La prière du soir se déroule dans les sanglots et un sentiment de culpabilité envahit la synagogue. Immédiatement après l’office, la communauté va rendre visite à la directrice, à qui on avait fortement déconseillé d’assister à la cérémonie. On l’entoure, on la réconforte, on lui demande pardon et on pleure avec elle la perte de l’assistante.

Depuis, le Gan a rouvert ses portes, et une nouvelle assistante marche sur les traces de la précédente, pour le bonheur des enfants et des parents.

Souvent, lorsque nous traversons certaines situations, notre perception est incomplète. Nous nous laissons influencer par notre entourage, nous jugeons trop vite et nous nous fabriquons des idées préconçues. Nous croyons détenir la vérité, mais combien de fois avonsnous été induits en erreur par des apparences trompeuses ? La réalité est toujours plus complexe qu’il n’y paraît. En apprenant à voir le bien en l’autre, les autres verront le bien en nous ; et le Talmud nous enseigne que D.ieu nous jugera ainsi favorablement.

Une perle sur la Paracha

La terre de vos ennemis vous mangera

Ce verset évoque, en apparence, une punition très sévère liée à l’exil. Pourtant, la Torah précise ailleurs qu’Hachem ne rejettera jamais totalement Son peuple, même dans les moments les plus difficiles.

Le Agra Dekala explique que l’expression "la terre vous mangera" n’est pas une destruction, mais une transformation. Comme la nourriture dans le corps, l’exil "trie" l’homme : il garde ce qui est bon et fait remonter à la surface ce qui doit être corrigé.

Ainsi, les épreuves et la dispersion deviennent un processus de construction intérieure : elles obligent l’homme à se dépasser, à affiner ses Midot et à révéler le meilleur de lui-même. Ce qui semble être une chute devient en réalité

Rabbi Chlomo Éli’ezer Alfandari, le Saba Kadicha

Ce samedi 22 Iyar (09/05/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Chlomo Éli’ezer Alfandari, grand maître séfarade connu sous le nom de Saba Kadicha. Ayant vécu il y a plus d’un siècle, il fut l’un des plus grands décisionnaires de son temps, servant notamment comme grand rabbin à Damas puis à Jérusalem, et marquant profondément le monde de la Halakha par sa rigueur et sa sainteté. Sa vie de restrictions et son attachement absolu à la Torah ont laissé une empreinte durable sur toutes les générations suivantes. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

FLASH CHABBATH

Halakha x 3

Gâteaux spéculoos de la marque Lotus, Cachères ?

Non, il faudra les acheter uniquement avec un certificat rabbinique. (Rav Michaël Gabison)

Effacer le nom de D.ieu sur un téléphone, permis ?

Oui, il n’a pas le statut d’écriture définitive puisque sur un téléphone, chaque millième de seconde, une décharge électrique est envoyée pour réécrire à nouveau les lettres (‘Hazon Ich, Yoré Dé’a 164, 3)

Couper de l’aluminium le Chabbath, permis ?

Non, il devra avoir été coupé avant Chabbath. (Rav Gabriel Dayan)

Les lois du langage

Je n’y crois pas, je peux écouter ?

Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il est interdit d’écouter du Lachone Hara’, même sans y croire, car le simple fait de prêter l’oreille renforce celui qui parle dans sa faute. Se détourner ou manifester son désaccord permet non seulement de se préserver, mais aussi d’empêcher la propagation de paroles interdites.

DOSSIER

Le lien entre le peuple juif et Jérusalem ne relève pas de la simple géographie, mais d’une passion amoureuse. Comme deux amants séparés, le peuple juif chérit chaque souvenir, chaque anniversaire et chaque symbole qui le rattache à sa bien-aimée.

Des origines jusqu'à l'éternité

L’histoire de Yérouchalaïm ne s’écrit pas seulement dans la pierre, mais dans le souffle de siècles de prières et le mystère des origines du monde.

Son origine se fond avec les premiers instants de l’humanité, car, selon le Midrach Rabba, l’homme fut façonné "à l’endroit même de son expiation", c’est-à-dire là où s’élèvera plus tard l’autel du mont Moria, à Jérusalem. Maïmonide confirme cette tradition : "C’est sur cet emplacement qu’Adam offrit son premier sacrifice dès sa naissance, car c’est de cette poussière-là qu’il fut pétri."

Quand paix et vision se rencontrent

Le nom de Jérusalem résonne comme un refrain sacré tout au long du Tanakh, de la Bible,

où il apparaît pas moins de 669 fois. Dans la Torah, elle est pudiquement appelée "le lieu que l’Éternel, ton D.ieu, choisira". Malki-Tsédek, roi de Chalem, accueille et bénit Avraham à son retour victorieux de la campagne contre les 4 rois et la libération de Loth. Plus tard, c’est sur le mont Moria qu’Avraham s’apprête à offrir son fils Its’hak, nommant ce sanctuaire Hachem Yiraé, car c’est là que "D.ieu voit et Se laisse voir".

Selon nos Sages, D.ieu a façonné le nom de la ville en mariant Yira (la vision) et Chalem (la plénitude ou la paix), créant ainsi Yérouchalem : "La paix sera vue". En hébreu, on la prononce Yérouchalaïm, une forme plurielle qui suggère un mystère sublime : il existerait deux Jérusalem, une cité terrestre et son jumeau

Jérusalem ville éternelle

spirituel, la Jérusalem d’En-Haut, qui veillent l’une sur l’autre.

Mais, bien avant que les rois n’en fassent leur capitale, la cité habitait déjà la mémoire des hommes. Les archéologues, en quête de ses racines, ont remonté le cours du temps jusqu’en Égypte. C’est là, sur de fragiles tessons de faïence vieux de quatre millénaires, qu’apparaît pour la première fois le nom de Jérusalem. Ces débris, issus d’un vase brisé lors d’un rite magique, témoignent de la crainte qu’inspirait déjà cette cité rebelle au pouvoir des Pharaons. La terre de Canaan devient le théâtre de rivalités et de batailles entre l’Empire égyptien et les puissances de Mésopotamie. Jérusalem, alors cité-État cananéenne sous tutelle égyptienne, apparaît aussi dans les célèbres lettres d’Amarna, où son souverain, Abdi-Heba, adresse à Pharaon des appels au secours pressants.

L’épopée de David

"En ce point de rencontre où les deux frères finirent par s’embrasser sous la lune, D.ieu décida d’établir
Sa demeure

Vers l’an mille avant l’ère vulgaire, l’histoire bascule. Le roi David, figure de proue des tribus d’Israël, marche sur Yévous. Les défenseurs de la ville, drapés dans une arrogance suprême ou une détermination désespérée, raillent le conquérant en prétendant que même les "aveugles et les boiteux" suffiraient à le repousser. Les historiens, tels Flavius Josèphe mais aussi Rabbi Avraham Ibn ‘Ezra, y voient une confiance absolue dans les remparts naturels de la cité, mais nos Maîtres dans le Midrach voient ici une allusion à l’alliance scellée entre nos patriarches et Avimélekh, rappelant Its’hak Avinou devenu aveugle et Ya’akov Avinou devenu boiteux. Pourtant, David s’empare de la forteresse de Sion, la rebaptise Jérusalem et en fait le cœur battant de son royaume.

Au chapitre 10 du Livre de Yéhochoua’, AdoniTsédek, roi de Jérusalem, prend la tête de la coalition des rois du Sud pour affronter Yéhochoua’ et l’armée d’Israël. Au terme de ce conflit, les Hébreux l’emportent et conquièrent toute la région montagneuse, à l’exception de Jérusalem. Bien que le texte ne mentionne pas explicitement la chute de la ville à ce momentlà, le Livre des Juges rapporte que la tribu de Yéhouda l’aurait conquise. Il est probable que cet affaiblissement ait attiré de nouveaux habitants, les Jébuséens, que certains chercheurs rattachent aux ‘Hittites. Dès lors, la ville est désignée sous le nom biblique de Yévous. On retrouve une évocation de la cité, alors enclave étrangère au cœur des montagnes peuplées par les tribus d’Israël, dans un épisode plus tardif du livre de Yéhochoua’.

Stratège visionnaire, David comprend que pour unifier les tribus, sa capitale doit avoir un statut particulier. Jérusalem devient ce centre neutre et sacré, enclave de Binyamin dans le territoire de Yéhouda. Il y transfère l’Arche d’Alliance dans une liesse indescriptible, dansant de toutes ses forces au son du cor et des sacrifices, transformant la place-forte militaire en une capitale religieuse sans égale.

Au crépuscule de sa vie, après quarante années de règne, David achète au roi jébuséen Aravna l’aire de battage située sur le sommet du mont Moria. Bien qu’il ait unifié les territoires et érigé un autel à Hachem, la construction du Temple lui fut refusée : ses mains, trop marquées par le sang des batailles, devaient laisser la place à un homme de paix.

La terre de la fraternité

Une légende, rapportée par Zéèv Vilnaï et beaucoup d’autres, prête à la fondation de Jérusalem une origine empreinte d’une poésie

DOSSIER

spirituelle profonde. On raconte qu’en ce lieu s’étendait autrefois un champ cultivé par deux frères. L’un, riche d’une nombreuse famille, et l’autre, solitaire et pauvre. Dans le secret de la nuit, mus par une compassion mutuelle, chacun transporta ses sacs de blé dans le champ de l’autre : le riche pour soulager la solitude du pauvre, le pauvre pour nourrir les bouches du riche. Ce miracle de l’amour désintéressé, où les stocks de grain ne diminuaient jamais malgré les dons nocturnes, toucha le cœur de l’Éternel. En ce point de rencontre où les deux frères finirent par s’embrasser sous la lune,

D.ieu décida d’établir Sa demeure, consacrant ainsi cette terre comme le sanctuaire de la fraternité humaine.

Cette belle légende des deux frères qui s’échangent leur blé dans la nuit apparaît pour la première fois, à notre connaissance, sous la plume de Lamartine dans son Voyage en Orient (1835). Il y rapporte, comme un conte arabe, que D.ieu choisit ce champ de générosité silencieuse pour y établir Sa demeure, à l’emplacement de

Jérusalem. Malgré nos recherches, avec toute mon affection pour la beauté de l’histoire, nous n’avons trouvé aucune source midrachique ni talmudique à ce récit qui a voyagé de sermons en livres pieux, de Lamartine à Tolstoï, du juif allemand Berthold Auerbach au livournais Rabbi Israël Costa, et est devenu un sourire fraternel de la mémoire juive autour de la Ville sainte.

Jérusalem : l’union sacrée

Dans des sources plus solides, l’idée est bien plus profonde car l’édification de Jérusalem se base sur des fondations combinant le droit et la paix, la justice et la bonté. Le prophète Yicha’ya (54, 12) promettait à la cité des fondations de saphir et des créneaux de rubis, mais les Sages nous révèlent une lecture plus profonde : il ne faut pas lire "tes fils" (Banayikh), mais "tes bâtisseurs" (Bonayikh). L’essentiel est là : ce ne sont pas les pierres qui font la ville, mais les enfants qui y étudient. En se tournant vers la sagesse divine, chaque génération devient l’architecte vivant de Jérusalem.

Un principe fondamental

du Bita’hon est d’accepter pleinement la conduite de Hachem, sans plainte ni rébellion. On reste convaincu que tout ce que fait le Tout-Puissant est juste et parfait, pour notre bien, même si nous ne le comprenons pas immédiatement.

Cette construction spirituelle repose sur un équilibre délicat entre deux forces opposées : la Bonté et la Rigueur. Le Talmud (Baba Batra 75a) illustre ce concept par un débat entre les anges Mikhaël et Gabriel sur la nature des pierres précieuses de la cité. L’un voulait le Choham (l’onyx), l’autre souhaitait le Yachpé (le jaspe). Hachem trancha : "Que ce soit comme l’un et comme l’autre". Selon le Maharal, Yérouchalaïm est la fusion de ces deux volontés, celle de Mikhaël, ange de Bonté et celle de Gabriel, ange de rigueur, et ne peut exister que si elle unit la vérité stricte à la paix profonde. Elle est, selon les Psaumes, cette ville "dont toutes les parties sont liées ensemble", le lieu où toutes les tribus se rejoignent.

Cet idéal de synthèse fut incarné par le roi David. L’Écriture souligne qu’il exerçait à la fois le Droit (Michpat) et la Charité (Tsédaka). Pour résoudre la contradiction entre la rigueur de la loi et l’élan du cœur, David privilégiait le compromis. Lorsqu’il devait condamner un pauvre à payer une dette, il rendait son droit au

Jérusalem

Jérusalem ville éternelle

créancier, mais remboursait parfois la somme de sa propre poche au pauvre condamné. Ainsi, le droit était respecté, mais la charité triomphait.

David et Jérusalem ne forment qu’une seule et même entité. C’est pour cette raison que la tradition insiste : on ne peut prier pour la reconstruction de la cité sans invoquer la royauté de David. Car Jérusalem n’est pleinement elle-même que lorsqu’elle parvient, à l’image de son roi, à transformer la justice en un acte d’amour.

C’est bien le roi David qui a forgé le destin de Jérusalem. En fusionnant les tribus désunies en un royaume puissant, il a gravé dans la mémoire du peuple juif une ère de sainteté et de puissance qui, trois mille ans plus tard, continue de résonner comme l’âge d’or d’une cité devenue éternelle.

Jérusalem au centre de chaque instant

Le lien entre le peuple juif et Jérusalem ne relève pas de la simple géographie, mais d’une passion amoureuse. Comme deux amants séparés, le peuple juif chérit chaque souvenir, chaque anniversaire et chaque symbole qui le rattache à sa bien-aimée.

Cette présence est quotidienne. À chaque fois qu’un Juif rompt le pain ou goûte aux fruits de la terre d’Israël, la figue, la datte, la grenade ou le raisin, il murmure une bénédiction où le nom de la cité s’invite avec tendresse : "Relève Jérusalem, la ville sainte, promptement et de nos jours... et fais-nous nous y réjouir."

La littérature rabbinique redouble d’éloquence pour chanter ses louanges : "Jérusalem est la lumière du monde, et qui est la lumière de Jérusalem ? Le Saint, béni soit-Il !" Cette centralité infuse chaque geste de la vie. Dans

notre prière où trois fois par jour, quel que soit l’endroit du globe, les cœurs et les visages se tournent vers elle. Sous le dais nuptial, le marié brise un verre pour rappeler que tant que Jérusalem n’est pas pleinement restaurée, notre bonheur reste inachevé. Dans chaque maison, on laisse traditionnellement un carré de mur brut, sans peinture, en souvenir de la cité éternelle.

Un désir inextinguible

De la poésie médiévale de Rabbi Yéhouda Halévi, "Mon cœur est à l’Orient, tandis que je suis aux confins de l’Occident", aux mélodies contemporaines de Rabbi Chlomo Carlebach, ou bien ‘hassidiques de Avraham Fried et Mordekhai Ben David, Yérouchalaïm est une muse éternelle.

L’écrivain Chay Agnon, recevant son prix Nobel, résuma magnifiquement cet état d’esprit. Interrogé sur sa prochaine destination, il répondit : Jérusalem. Alors qu'on lui rappelait sa tournée mondiale de conférences, il répondit : "Il est vrai que je voyage, mais où qu’aille un Juif, il va toujours vers Jérusalem." C’est ce même élan qui clôt chaque fête de Pessa’h et chaque jour de Kippour par ce vœu plein d’espérance : "L’an prochain à Jérusalem reconstruite !"

Le prophète Chemouel dit un jour : "L’Éternel d’Israël ne ment point." En hébreu, Netsakh Israël signifie à la fois la gloire, la victoire, et l’éternité d’Israël. Le Talmud nous enseigne que Netsakh est aussi l’un des noms de Jérusalem. Car elle est, par excellence, la cité de l’Éternité, le témoin immuable d’une histoire d’amour qui dure depuis des millénaires et qui ne s’éteindra jamais.

Rav Nathaniel Mimoun

De -965 au Moyen Âge : Jérusalem, de la splendeur à l’exil

De la construction du Premier Temple sous le roi Chlomo à sa destruction par les Babyloniens, puis à la reconstruction du Second Temple et aux bouleversements des périodes grecque et romaine, Jérusalem traverse une succession de conquêtes, révoltes, reconstructions et exil. L’histoire de la ville retrace les grandes étapes du destin du peuple juif jusqu’à son retour sur sa terre.

Jérusalem n’est pas une ville que l’on habite ; c’est une ville qui nous habite. À travers les millénaires, elle est demeurée le point focal de la conscience juive, le lieu où le ciel embrasse la terre. Plongeons dans les détails de cette épopée, là où chaque pierre porte le sceau du Divin.

Salomon et l’éveil du mont Moria

Le règne du roi Chlomo (965-928 av. l’ère vulgaire) marque l’entrée de Jérusalem dans une dimension métahistorique, dépassant l’histoire. En héritant du trône de son père David Hamelekh, Chlomo ne se contente pas de gouverner ; il bâtit. Sous son impulsion, la cité connaît une expansion prodigieuse, sa superficie étant multipliée par trois pour accueillir une population croissante et une administration florissante.

la guerre, ne pouvait toucher les pierres de la paix. L’inauguration fut le point culminant de l’histoire biblique : lors de l’installation de l’Arche d’Alliance, la nuée divine remplit la maison, manifestant la satisfaction du Créateur. Dans une prière d’une humilité poignante, Chlomo Hamelekh reconnut que même les cieux des cieux ne peuvent contenir D.ieu, et pourtant, il L’implora de faire de ce Temple le réceptacle des prières de tout homme, qu’il soit d’Israël ou d’une nation lointaine.

L’avertissement des prophètes

La splendeur de Jérusalem n’était pas un acquis, mais un contrat. D.ieu avait prévenu Salomon : la présence de la Chékhina dépendrait de l'obéissance aux commandements. Si Israël s'égarait, cette maison magnifique deviendrait un désert.

Mais le cœur de son œuvre bat sur le mont Moria. Pourquoi ce sommet aride ? Les Sages rapportent que le Tout-Puissant a délibérément modelé ce relief pour qu’il domine les collines environnantes, afin que Sa demeure soit visible aux yeux de tous, telle une sentinelle de l’esprit. Le nom même de "Moria" est un hommage à la crainte révérencielle (Yira) que ce lieu inspire.

La construction du Premier Temple fut un chantier sans précédent, mobilisant des ressources extraordinaires. Chlomo fit appel à l’expertise phénicienne pour le travail du cèdre et de la pierre. Fait remarquable, aucun instrument de fer ne fut utilisé sur le site même de la construction, car le fer, métal de

Hélas, après le décès du roi Chlomo et la scission du royaume, Jérusalem vit ses rues se remplir d’injustices. Le prophète Yécha’ya, avec une éloquence de feu, fustigea une ville qui, autrefois fidèle, était devenue un repaire d’oppresseurs. Pourtant, même au cœur des reproches, la promesse demeurait : Jérusalem resterait la "Montagne du Seigneur" vers laquelle toutes les nations afflueraient pour apprendre la paix.

Des moments de grâce survinrent, comme sous le roi ‘Hizkia. Menacé par l’invincible armée assyrienne de San’hériv, le roi s’organisa en vue du siège. Face à la menace assyrienne,

Jérusalem ville éternelle

il renforça ses fortifications et sécurisa son approvisionnement en eau grâce à une ingénieuse stratégie de siège. Cette prouesse technique a consisté à creuser un tunnel de plus de 500 mètres à travers la roche, reliant la source du Gi’hon au réservoir de Chiloa’h par la rencontre précise de deux équipes de mineurs. Une inscription historique, aujourd’hui conservée à Istanbul, commémore cet exploit architectural unique où les ouvriers se sont rejoints au cœur de la montagne, guidés par le seul son de leurs pioches. Mais surtout, le roi ‘Hizkia se tourna vers Hachem. Le miracle fut foudroyant : un ange du Seigneur anéantit 185 000 soldats ennemis en une seule nuit, sauvant la ville sainte de la destruction. Mais la chute finale était proche. En 586 av. l’ère vulgaire, l’armée de Nabuchodonosor finit par briser les remparts. Le Temple de Salomon, joyau du monde, fut livré aux flammes le 9e jour d’Av, et les chants des Lévites furent étouffés par les cris de l’exil.

Le triomphe de la fidélité

fut achevé en -515, dans une atmosphère mêlant cris de triomphe et larmes de nostalgie chez les anciens qui avaient connu la splendeur du premier édifice.

"
D.ieu

avait prévenu

Salomon : la présence de la Chékhina dépendrait de l'obéissance aux commandements.

L’arrivée de Né’hémia et de ‘Ezra fut décisive. Né’hémia, gouverneur courageux, organisa la reconstruction des murailles dans des conditions périlleuses, les bâtisseurs tenant l’épée d’une main et la truelle de l’autre. ‘Ezra, quant à lui, comprit que des murs de pierre ne suffiraient pas. Il réunit le peuple pour une lecture solennelle de la Torah, plaçant la Loi divine au fondement de la structure sociale de la cité.

Si Israël s'égarait, cette maison magnifique deviendrait un désert.

L’exil ne fut pas la fin, mais un creuset de transformation spirituelle. Sur les rives des fleuves de Babylone, les exilés pleuraient en se jurant : "Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service !" C’est là que le prophète Yé’hezkel reçut la vision des ossements desséchés, métaphore d’une nation que D.ieu allait faire revivre pour la ramener sur son sol.

Le miracle du retour se produisit avec l’édit de Cyrus en -536, une reconnaissance diplomatique inédite de la mission d’Israël. Sous la conduite de Zeroubavel, une modeste structure fut d’abord érigée. Le Second Temple

De la paix perse à l’ombre de Rome

Après un siècle et demi de silence, Jérusalem renaît sous l’Empire perse, retrouvant sa splendeur religieuse et son rôle de cœur spirituel pour le peuple juif. Bien que vassale, la cité célèbre avec faste la reconstruction de ses murailles et le rétablissement du service du Temple, attirant les fidèles du monde entier vers le culte du D.ieu unique. Cependant, cet équilibre est rompu par l’irrésistible ascension d’Alexandre le Grand. En 332 avant l’ère chrétienne, le conquérant macédonien s’empare de la ville, marquant le début d’une lente mais profonde imprégnation de la culture hellénistique au sein des élites juives. Le Midrach raconte que le prestige de Chim’on Hatsadik, le Cohen Gadol, vêtu de blanc, fut tel qu’il arrêta les velléités destructrices du roi, lequel reconnut en lui l’ange qui guidait ses victoires.

À la mort d'Alexandre, Jérusalem devient l'enjeu d'une lutte acharnée entre les dynasties ptoléméenne et séleucide. Si les Ptolémées d’Égypte maintiennent une certaine autonomie politique et religieuse, les Séleucides de

DOSSIER

Syrie, sous Antiochus IV Épiphane, rompent brutalement ce pacte de respect. En imposant par la force le mode de vie grec et en profanant le Temple, le souverain déclenche une insurrection héroïque : la révolte des Makabim Menés par une lignée de prêtres résistants, les Hasmonéens, guidés par Matitiahou puis par son fils Yéhouda Hamakabi, ils parviennent à purifier le sanctuaire en -164, un miracle de lumière immortalisé par la fête de ‘Hanouka, où une fiole d’huile sacrée brûla miraculeusement durant huit jours.

Cette victoire inaugure une ère d’indépendance retrouvée, où la Judée, sous Chim’on Makabi et ses successeurs, s’étend jusqu’à rivaliser avec le royaume du roi Chlomo. Jérusalem se transforme, se divisant entre une Ville Haute aristocratique et une Ville Basse laborieuse. Pourtant, cette apogée porte en elle les germes de son déclin. L’hellénisation, autrefois combattue par le fer, s’insinue désormais dans les mœurs de la cour, tandis que des fractures religieuses irréconciliables divisent le peuple : les Pharisiens prônent une piété vécue, mais les Sadducéens n’acceptent que la Loi écrite et rejette la Loi orale, et de nombreuses sectes comme les Esséniens choisissent l’exil spirituel dans le désert.

Le crépuscule de la dynastie hasmonéenne est marqué par des luttes fratricides entre Hyrcan et Aristobule. Tragique ironie de l’histoire, c’est en sollicitant l’arbitrage de Rome pour résoudre leurs querelles que les princes juifs ouvrent les portes de la cité au général romain Pompée en -64. Cette intervention marque la fin de la souveraineté retrouvée et l’avènement d’une nouvelle ère dominée par l’influence romaine, dont le premier acte majeur sera l’ascension fulgurante d’Hérode, converti d’origine iduméenne, sur le trône de Judée.

L’apogée hérodienne : Un palais pour le Créateur

Sous le règne d’Hérode le Grand, Jérusalem connut une révolution architecturale qui la plaça parmi les plus belles cités de l’Empire romain.

Mû par un génie du grandiose autant que par une hantise de la trahison, il restructure la ville en trois secteurs : la Ville Haute, la Ville Basse et le Mont du Temple. À l’ombre des trois tours monumentales, Phasaël, Hippicus et Marianne, s’élevait un palais d’une magnificence inégalée, paré d’or, d’argent et de jardins suspendus où jaillissaient des fontaines de bronze.

Toutefois, le véritable chef-d’œuvre d’Hérode demeure la reconstruction du Temple, entreprise colossale s’étendant sur vingt ans. Désireux d’immortaliser son nom, et d’obtenir le pardon pour l’assassinat des Sages d’Israël, il donne au Second Temple des proportions titanesques.

Il commença par élargir l’esplanade du Mont du Temple, créant une plateforme de 144 000 mètres carrés soutenue par des murs cyclopéens. Le Temple lui-même était une structure éblouissante de marbre blanc et de dorures. Le Talmud témoigne de cette splendeur : "Celui qui n’a pas vu le Temple d’Hérode ne sait pas ce qu’est un bel édifice". Fait de marbre blanc, jaune et bleu dont les reflets rappelaient les vagues de la mer, le Temple était entouré du Soreg, une clôture où seuls les Juifs purifiés pouvaient pénétrer pour offrir des sacrifices. Hérode lui-même n'osa pénétrer dans l'enceinte sacrée, laissant aux seuls prêtres le soin d'y travailler.

Pourtant, malgré cette splendeur, une tension sourde régnait : du haut des quatre tours de la forteresse Antonia, les soldats romains surveillaient chaque geste des prêtres et des fidèles.

Le déclin s’amorça sous l’oppression des procurateurs romains, tel Ponce Pilate qui défia la Loi en voulant introduire des statues de l’Empereur, ou Gessius Florus qui pilla le Trésor du Beth Hamikdach. En 66, le refus de l’offrande impériale scella le début de la Grande Révolte. Malgré un courage héroïque qui stupéfia Titus, les légions romaines finirent par enserrer la ville dans un siège impitoyable, condamnant la population à une famine dévastatrice.

Jérusalem ville éternelle

L’apocalypse dans le Temple

Jérusalem

Le dénouement tragique survint le 9 du mois d’Av de l’an 70 (ou 67 selon nos sources) mettant fin à 420 ans de lien privilégié avec Hachem à l’intérieur du Beth Hamikdach. Dès l’instant où nos fautes, nos discordes et nos haines gratuites eurent ébranlé les fondations de la Jérusalem d’en haut, la chute de la cité terrestre entre les mains de nos ennemis devint l’inéluctable écho d’un sanctuaire intérieur déjà dévasté. Un soldat romain, emporté par la fureur des combats, projeta un tison enflammé dans le sanctuaire. Flavius Josèphe décrit alors une scène d’apocalypse : le sang coulait en ruisseaux sur les degrés du Temple tandis que les cris des Juifs s’élevaient, voyant leur "superbe et sainte maison" dévastée par les flammes. La Ville Haute résista encore un mois avant d’être rasée ; il n’en resta que les trois tours d’Hérode pour témoigner de la puissance déchue de Jérusalem. Après soixante ans de ruines, l’empereur Hadrien tenta d’effacer jusqu’au nom de la ville en fondant la colonie païenne Aelia Capitolina. Cette ultime provocation déclencha la révolte de Bar Kokhba en 132, qui permit un bref retour à l’indépendance et l’espoir d’un Troisième Temple. Hélas, la défaite de 135 marqua le début d’un exil rigoureux : Hadrien interdit tout accès à la cité aux Juifs sous peine de mort, excepté le soir du 9 Av, où les Juifs avaient le droit de venir pleurer leur Temple détruit. Un temple dédié à Jupiter fut érigé sur l’emplacement du Sanctuaire, et la ville fut redessinée selon un plan romain, avec son célèbre Cardo traversant les quartiers de part en part. Jérusalem devint alors une "ville morte" pour ses enfants, mais leur exil, interprété comme un châtiment pour leurs dissensions, forgea dès lors l’aspiration millénaire au retour vers la Montagne sainte.

À ce tournant de l’histoire, le destin de la cité et de son peuple semblait irrévocablement scellé. Tout espoir paraissait s’être évanoui pour cette nation exilée et meurtrie, au cœur d’une ville où toute trace de présence juive avait été effacée. Le Mont du Temple n’était plus qu’un champ

de ruines labouré, arrachant à Na’hmanide, en 1267, ce constat douloureux : "Plus un lieu est saint, plus il est désolé."

Elle ne dort ni ne sommeille

C’est dans l’ombre de ce néant que se révèle l’incroyable prodige de notre présent. Deux millénaires ont passé, et loin de s’éteindre, le peuple juif est devenu ce phénix renaissant de ses propres cendres. Il a retrouvé le chemin de Jérusalem, cette cité qu’il portait fidèlement en lui, au gré de ses prières, de ses deuils et de ses joies. Car dans les ténèbres de l’exil, le Créateur n’a jamais rompu Son alliance : Il est descendu à nos côtés en exil, nous accompagnant sans jamais nous abandonner.

Chaque jour, Il rebâtit Jérusalem, posant pierre après pierre les fondations de la promesse ultime : la restauration absolue du Beth Hamikdach. Jérusalem n’a jamais été aussi étendue et peuplée qu’aujourd’hui, dépassant le seuil du million d’habitants, dont 600 000 Juifs, nombre tellement évocateur. Qui pourrait retenir ses larmes d’émotion en contemplant la lumière d’or qui baigne aujourd’hui les pierres neuves de cette cité juive, éternelle et ressuscitée ?

Jérusalem n’est pas un musée, mais un témoignage vivant. De la prière de Salomon à la rigueur de ‘Ezra, de la vision de Yé’hezkel à la splendeur d’Hérode, elle demeure le pivot de notre existence. Elle nous rappelle que la grandeur matérielle n’est que le reflet de l’intégrité morale.

Aujourd’hui, alors que nous évoquons ces détails, nous ne faisons pas que de l’histoire ; nous préparons l’avenir. Car selon les paroles prophétiques, "de Tsion sortira toujours la Torah, et de Yérouchalaïm la parole du ToutPuissant", pour éclairer un monde qui attend sa Délivrance.

Que nous ayons le mérite de voir la reconstruction finale, où la paix de Jérusalem deviendra la paix du monde entier.

Rav Nathaniel Mimoun

DOSSIER

Après 2000 ans d’absence, le retour inespéré

De la destruction du Beth Hamikdach à sa réunification de 1967, Jérusalem traverse les siècles comme le peuple juif, c’est-à-dire sans jamais disparaître. Détruite, interdite, convoitée, elle reste au cœur de l’histoire juive. Retour sur deux millénaires d’absence… et de fidélité.

En l’an 70, sous le règne de l’empereur romain Titus, les légions romaines détruisent le Beth Hamikdach et mettent fin à la révolte juive contre l’Empire romain.

C’est l’épisode particulièrement sanglant de la destruction du Second Temple, tant redouté par nos prophètes. C’est alors que Jérusalem cesse d’être une capitale. Elle devient une absence. Quelques décennies plus tard, après la révolte de Bar Kokhba (132-135), l’empereur

Hadrien transforme la ville en colonie romaine sous le nom d’Aelia Capitolina et interdit aux Juifs d’y résider.

La cité autrefois décrite comme la plus sublime parmi les joyaux n’est plus qu’une ville ruinée, vidée de son essence, dont l’accès est désormais officiellement proscrit. Pourtant, malgré la dispersion, malgré les siècles d’exil, Jérusalem, qui est appelée à renaître tôt ou tard, ne disparait jamais. Elle maintient son statut de cité forte dans la conscience collective juive, portée par la prière, les rites et les textes saints.

Une ville détruite aux mains d’étrangers

Commence alors pour Jérusalem une longue période d’errance. Les siècles qui suivent sont en effet marqués par une présence juive réduite et souvent fragile. Sous domination romaine puis byzantine (IVe–VIIe siècle), l’installation des Juifs dans la cité est rendue difficile, parfois interdite, notamment après les mesures prises par l’empereur Hadrien. Malgré cela, des Juifs continuent de vivre à Jérusalem ou d’y revenir dès que les conditions, certes rudimentaires, le leur permettent.

Un tournant intervient en 638, lorsque le calife Omar Ibn Al-Khattab conquiert la ville et autorise les Juifs à s’y réinstaller, après plusieurs siècles de restrictions. Sous la domination musulmane, à partir du VIIè siècle, une certaine continuité s’instaure mais reste précaire.

La ville change ensuite de mains à de nombreuses reprises : prise par les croisés en 1099, qui massacrent une grande partie de la population juive et interdisent sa présence,

Jérusalem ville éternelle

reconquise en 1187 par Saladin qui permet leur retour, puis intégrée successivement aux empires mamelouk et ottoman (1517). Sous l’Empire ottoman, une présence juive stable se maintient, malgré la pauvreté galopante et les difficultés inhérentes à cette terre qui persiste à refuser son fruit aux propriétaires étrangers. Une tradition rapporte qu’au XVIe siècle, à l’initiative du sultan Souliman le Magnifique, de grands travaux de nettoyage furent entrepris dans la ville. Les habitants furent appelés à déblayer les amas de détritus accumulés depuis des générations (le monarque les y encourageant en dissimulant parmi les immondices des pièces d’or que les volontaires étaient invités à récupérer…), notamment au pied du Mur occidental, qui faisait face à son palais. Ce déblayage permit de redonner un accès au lieu saint, qui devint ainsi un point de rassemblement central pour la prière.

Des siècles de va-et-vient

Malgré la dispersion, malgré les siècles d’exil, Jérusalem, qui est appelée à renaître tôt ou tard, ne disparait jamais.
Elle maintient son statut de cité forte dans la conscience collective juive

soutenir les habitants de Jérusalem. Malgré tout, sous l’impact de Rabbanim comme Rabbi ‘Ovadia de Bartenora, puis plus tard le Or Ha’Haïm ou le Chla Hakadoch, une structure communautaire stable se met en place. Les institutions religieuses, les maisons d’étude et les organismes de bienfaisance n’ont que faire des circonstances misérables et fleurissent aux quatre coins de la ville. Rabbénou ‘Ovadia de Bartenora, installé à Jérusalem à la fin du XVè siècle, écrit dans ses lettres que les Juifs de la ville manquent du strict nécessaire et dépendent presque entièrement des dons venus de l’étranger pour survivre. Malgré cela, il décrit une communauté profondément attachée à la ville, refusant de l’abandonner même au prix de grands sacrifices.

À partir du Moyen Âge, mais surtout après l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, décrétée par les Rois Catholiques, la ville sainte connaît un renouveau démographique progressif. Des familles séfarades s’y installent, souvent après un passage par l’Empire ottoman qui leur offre refuge, suivies par d’autres communautés débarquées du bassin méditerranéen et d’Europe.

Sous la domination ottomane, à partir de 1517, la ville accueille ces nouveaux arrivants malgré des conditions de vie rudes. Le quotidien reste marqué par une grande pauvreté, quoique partiellement soulagée par le système de la ‘Halouka, ce fameux système de dons envoyés par les communautés de la diaspora pour

C’est dans ce contexte que se développe une vie spirituelle intense. Au XVIᵉ siècle, la région de Jérusalem devient un centre majeur du judaïsme, alors qu’à la lointaine Tsfat, le saint Ari diffuse les enseignements de la Kabbale et forme de nombreux élèves.

L’épopée des disciples du Gaon de Vilna

Le XVIIIè siècle marque un tournant avec l’arrivée des disciples du Gaon de Vilna. C’est ainsi qu’à partir de 1808–1812, plusieurs groupes de ses élèves quittent l’Europe de l’Est pour entreprendre le périple périlleux mais plein d’espoir de s’installer en Erets Israël, d’abord à Tsfat puis à Jérusalem.

Citons parmi ces disciples Rabbi Ména’hem Mendel et Rabbi Israël de Shklov, qui prennent la tête du groupe et en structurent l’arrivée. Mais les disciples du Gaon ne viennent pas seulement établir une présence physique à Jérusalem ; ils portent un véritable projet

DOSSIER

spirituel inspiré par l’enseignement de leur maître, qui voyait dans le retour en Terre d’Israël une étape du processus de la Délivrance finale.

L’installation de ces groupes contribue à réorganiser favorablement le Yichouv juif et à développer l’étude de la Torah dans la cité, jusque-là largement dominée par la présence des communautés séfarades. Ils reconstruisent notamment la célèbre synagogue de la ‘Hourva, après des décennies d’abandon et de dettes.

"Qui enrichit le pauvre…"

Au XIXè siècle, Jérusalem commence à sortir de ses murailles, dans un épisode qui va constituer un tournant décisif dans son histoire. Jusqu’alors, la population juive vivait en effet presque exclusivement à l’intérieur de la Vieille Ville, dans des conditions de surpopulation et d’insalubrité extrêmes.

Le premier grand projet d’expansion est lancé en 1860 avec la construction du quartier de Michkénot Chaananim, financé par le philanthrope britannique Sir Moses Montefiore. Situé à proximité immédiate des murailles, ce quartier est initialement déserté par crainte des attaques des hordes arabes, au point que le philanthrope décide d’offrir une bourse à tout celui qui accepte de venir y vivre. Sur place est bâti le célèbre moulin à vent de Montefiore, destiné à offrir une source de revenus autonome à la population juive (une attraction touristique toujours très prisée !).

Ce premier projet ouvre la voie à une expansion rapide. Dans les années suivantes, de nouveaux quartiers voient le jour. C’est le cas de Ma’hané Israël (1867), fondé par la communauté nord-africaine, Na’halat Chiv’a (1869), l’un des premiers quartiers juifs construits par des habitants locaux, puis Méa Ché’arim (1874), qui devient le cœur battant du judaïsme orthodoxe et ‘hassidique de la ville. Peu à peu, Jérusalem s’étend au-delà de ses remparts et c’est toute son organisation urbaine qui se voit remodelée.

Parallèlement, à partir des années 1880, les premières vagues d’immigration liées au mouvement sioniste, notamment la Première ‘Alyah (1882–1903), viennent modifier le paysage humain et idéologique de la région, ce qui ne sera pas sans heurts.

Cette année à Jérusalem reconstruite

La création de l’État d’Israël en 1948, avec la guerre d’Indépendance, marque une période particulièrement douloureuse pour Jérusalem, en proie à la division (la frontière avec la Jordanie passe tout près des murailles, près de l’actuelle Mamilla) et aux bombardements incessants. Jérusalem-Ouest passe sous contrôle israélien, tandis que Jérusalem-Est, incluant la Vieille Ville et le Mur occidental, est contrôlée par la Jordanie. Pendant près de vingt ans, les Juifs n’ont plus accès au Kotel. Le centre spirituel du judaïsme leur est fermé, malgré la souveraineté retrouvée sur une partie de la ville. Les Jordaniens, qui n’ont que faire de la sainteté du lieu, s’empressent de le souiller par des immondices et autres humiliations.

La guerre des Six Jours en 1967 viendra pourtant transformer radicalement la situation. En quelques jours, Israël reprend le contrôle de Jérusalem-Est et rétablit enfin l’accès au Kotel. C’est le célèbre cliché des trois soldats de Tsahal levant leurs regards ébahis face au mur qui se tient devant eux. Jérusalem est enfin réunifiée !

Depuis lors, la ville n’a cessé de se développer. De nouveaux quartiers ont été construits, la population a fortement augmenté et s’est diversifiée, les infrastructures se sont modernisées sous l’impulsion des différents maires. Aujourd’hui une métropole dynamique, religieuse, culturelle et même politique – les gouvernements cherchant de plus en plus à lui redonner son statut de capitale –, Jérusalem peut être fière de son histoire.

Elyssia Boukobza

DOSSIER

Jérusalem aujourd’hui : derrière la ville sainte, une métropole moderne

Habituellement présentée à juste titre comme la ville sainte, Jérusalem s’affirme aussi comme une métropole en forte croissance, à la croisée des dynamiques politique, diplomatique et économique.

Capitale déclarée du pays, elle concentre les principales institutions nationales et fait l’objet, depuis la fin des années 2010, d’une évolution notable de son statut diplomatique.

Un tournant intervient lorsque le président américain Donald Trump reconnaît officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, y transférant en 2018 son ambassade. Plusieurs pays emboîtent le pas avec des déclarations d’intention, des ouvertures d’ambassade ou de représentations diplomatiques comme le Guatemala, le Honduras, le Paraguay, la République tchèque, tout récemment l’Argentine et, plus audacieux, le Kosovo, pays à majorité musulmane. Si la majorité des pays reconnaissant Israël maintiennent leur ambassade à Tel Aviv, cette évolution marque néanmoins une rupture partielle avec la position internationale dominante.

Car de Jérusalem sortira la Torah…

Sur le plan démographique et religieux, Jérusalem constitue le principal centre mondial de l’étude de la Torah. La ville accueille plusieurs centaines de Yéchivot et de Collelim,

attirant chaque année des dizaines de milliers d’étudiants d’Israël et du monde entier. Des institutions de Torah majeures, comme la Yéchiva de Mir ou Or Ha’haïm pour ne citer qu’elles, considérées comme les plus grandes au monde avec des milliers d’étudiants, s’y trouvent. Jérusalem est aujourd’hui le premier lieu mondial d’étude de la Torah, où les décisions en matière de Halakha, les grands tribunaux rabbiniques et les réseaux éducatifs exercent une influence globale. Torah-Box et ses Collelim y ont pignon sur rue !

Cette centralité religieuse s’accompagne d’un dynamisme démographique soutenu. La population de Jérusalem dépasse aujourd’hui le million d’habitants, avec un taux de fécondité notable : tandis les femmes juives en Israël comptent près de 3 enfants – ce qui est déjà nettement au-dessus du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme), leurs homologues ont en moyenne largement plus de 4 enfants à Jérusalem.

Foi et économie font bon ménage

Sur le plan économique, il convient de souligner la mutation rapide de Jérusalem. Longtemps en

Jérusalem ville éternelle

retrait comparée à Tel Aviv, phare incontesté de la start-up nation, la ville sainte développe depuis une quinzaine d’années un écosystème technologique. Des zones comme Har ‘Hotsvim ou le Jerusalem Technology Park accueillent des entreprises dans les secteurs de la cybersécurité, des biotechnologies, de la medtech et de l’intelligence artificielle. Des multinationales telles qu’Intel, Mobileye –dont le siège est à Jérusalem – ou encore des centres de R&D internationaux y sont implantés.

Jérusalem est aujourd’hui le premier lieu

Par ailleurs, Jérusalem reste un centre touristique majeur, une gageure après avoir affronté pandémie, attentats et guerres. La ville attire, en période stable, plusieurs millions de visiteurs par an. Le tourisme génère des revenus significatifs et soutient des secteurs entiers de l’économie locale, au rang desquels l’hôtellerie, la restauration et les services.

Dans le wagon de tête

mondial d’étude de la Torah, où les grands tribunaux rabbiniques et les réseaux éducatifs exercent une influence globale.

Arrêtons-nous un instant sur le cas emblématique de Mobileye : l’entreprise fondée à Jérusalem et spécialisée dans les technologies de conduite autonome est devenue un acteur mondial majeur après son rachat par Intel pour plus de 15 Md$ en 2017. Elle emploie aujourd’hui plusieurs milliers de personnes et contribue à fermenter le bassin d’emploi local.

Cette dynamique est soutenue par des politiques publiques actives. L’Autorité israélienne de l’innovation et la municipalité de Jérusalem financent incubateurs, programmes d’accélération et infrastructures destinées à attirer entrepreneurs et investisseurs. Le Jerusalem Venture Partners (JVP), l’un des fonds de capital-risque les plus influents du pays, joue également un rôle clé dans le développement de start-ups locales.

Au niveau macroéconomique, Jérusalem bénéficie du fameux "miracle économique" israélien qui, en dépit d’une guerre extrêmement douloureuse et coûteuse, parvient à maintenir un taux de croissance de 3% pour 2025. À titre de comparaison, l’économie française ne franchit pas les 1% sur le même exercice.

Les infrastructures accompagnent cette croissance. Le réseau de tramway de Jérusalem a été étendu et continue de se développer avec de nouvelles lignes en construction visant à relier les différents quartiers de la ville, eux aussi en forte expansion. Des investissements importants sont également réalisés dans les routes, les transports publics et les logements afin de répondre à une demande haussière.

Enfin, Jérusalem joue un rôle croissant dans l’enseignement supérieur et la recherche. L’université hébraïque de Jérusalem figure parmi les institutions académiques les plus reconnues du pays, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques. Jérusalem présente aujourd’hui un profil composite dynamique : capitale mondiale de l’étude de la Torah, centre politique en consolidation diplomatique et pôle économique en forte croissance, intégré dans la marche en avant d’une économie israélienne toujours innovante. Ce n’est pas un hasard si Jérusalem est une destination de choix pour nombre de ‘Olim ‘Hadachim, et où plus de 9 habitants sur 10 se déclarent heureux d’y vivre.

Alexandre Rosemblum

La gouttière de blanchiment est-elle permise

durant Chabbath ?

Mon dentiste m’a prescrit une gouttière de blanchiment. Peut-on la porter pendant Chabbath, sachant que blanchir les dents par procédé chimique pourrait s’apparenter à l’interdit de teinture ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

1. Dans la rue : il n’est pas permis de sortir avec la gouttière en question étant donné qu’il ne s’agit ni d’un bijou, ni d’un vêtement nécessaire au corps pour le recouvrir ou le protéger. (Or’hot Chabbath III, 179-180)

2. À la maison ou dans une ville où il y a un ‘Erouv : on ne peut pas interdire car il ne s’agit ni d’un soin, ni d’une action permettant de teindre les dents. Le "gel de blanchiment" n’est pas un médicament, c’est de l’oxygène actif qui pénètre dans l’émail des dents pour décomposer les pigments responsables des taches. Ainsi, les dents paraissent plus claires au fur et à mesure du temps.

3. Attention ! Le produit en question n’est pas liquide ; en général, c’est un gel. Le fait de l’étaler sur la gouttière pose un problème durant Chabbath. Donc, avant de vous coucher, vous déposerez, d’une manière inhabituelle (par exemple en posant, tout d’abord, le gel sur le manche d’une petite cuillère) des petites noisettes de gel sur vos dents afin qu’il s’étale indirectement lorsque vous mettrez la gouttière en place. (Nafchénou Ba’haïm 337)

Bracelet Whoop connecté, permis durant Chabbath ?

Je porte un bracelet connecté Whoop en permanence, qui analyse continuellement ma santé et mon sommeil. Je ne le touche pas pendant Chabbath, il reste sur mon poignet et continue passivement à collecter des données. Est-il permis de le garder pendant Chabbath ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Durant Chabbath et Yom Tov, il n’est pas permis de porter le bracelet Whoop car ce type de bracelet fonctionne en mesurant en permanence les réactions du corps (comme le rythme cardiaque, les mouvements, etc.) et en réagissant directement à ces données. Certaines de nos actions ou changements physiques entraînent immédiatement une activité dans le bracelet (mesure, enregistrement, transmission d’informations).

Pendant Chabbath et Yom Tov, il est interdit de provoquer le fonctionnement d’un appareil électronique.

C’est pourquoi il faut le retirer avant l’entrée de Chabbath / Yom Tov, afin d’éviter la moindre interdiction, même si l’on se trouve à la maison.

Nos Sages, les ‘Hakhamim, affirment que durant Chabbath, il y a, en fait, 1560 actions interdites. Chacune des 39 interdictions du Chabbath a 39 dérivés. On obtient donc un total de 1560 actions interdites durant Chabbath [39 + (39 x 39 = 1521) = 1560]. C’est au bout de trois ans et demi d’étude que Rabbi Yo’hanan et Rech Lakich sont arrivés à ce résultat. (Talmud Yérouchalmi Chabbath 7, 2, rapporté par le Mélekhet Chlomo)

Lorsque l’on sera certain que le fonctionnement du bracelet en question n’est lié à aucune de ces 1560 interdictions, il y aura lieu de réfléchir à une éventuelle "permission".

Peut-on repousser une Brit-Mila pour attendre des convives ? C’est un Mohel qui a donné cette version à quelqu’un de la famille en France.

Réponse de Rav Gabriel Dayan

On ne repousse jamais une Brit-Mila au neuvième jour si c’est dans l’intention d’attendre un membre de la famille et lui permettre d’y assister.

En cas de vrai besoin (après avoir consulté un Rav) : le huitième jour, on peut, à la rigueur, repousser la Brit-Mila en fin de matinée ou au début de l’après-midi, mais repousser au neuvième jour pour faire plaisir à tonton Jacob, ce n’est pas permis ! (‘Arokh Hachoul’han Yoré Dé’a 261 ; Michnat Yéochoua’ Brit-Mila 25, 8 ; Yabi’a Omer 2, Yoré Dé’a réponse 18, etc)

Une femme mariée a-t-elle l’obligation de porter son alliance ?

Est-ce qu’une femme mariée a l’obligation de porter son alliance ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

C’est une belle chose de porter son alliance, mais ce n’est absolument pas une obligation selon la Halakha.

Si votre épouse a perdu la sienne, ce serait bien sûr une bonne occasion de lui en offrir une autre, mais ce n’est pas une obligation non plus.

On m’invite au restaurant : réciter la bénédiction de l’invité ?

Je suis invité au restaurant, est-ce que je peux faire la Brakha de l’invité dans le Birkat Hamazon ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Oui, il faut réciter la Brakha de l’invité dans votre Birkat Hamazon bien qu’il ne s’agit pas du lieu de résidence de la personne qui vous invite. Après tout, on bénit essentiellement, le Ba’al Hasé’ouda (celui qui offre le repas) et pas uniquement le Ba’al Habayit (le propriétaire du lieu - Le maître de maison). (Michna Broura 201, 7 ; Piské Techouvot 5781, 201, 1)

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

J’ai pas la force !

Les enfants, cette semaine, entraînons-nous à ne pas abandonner, même quand on est fatigué ou qu’on a moins envie.

L'HISTOIRE

Au Talmud Torah, la journée touche à sa fin. Les élèves rangent leurs cahiers, certains parlent déjà de rentrer jouer. Mais le maître annonce : "Les enfants, n’oubliez pas : aujourd’hui, il y a Matmidim supplémentaire extrascolaire) après l’école." David soupire. Il est fatigué, la journée a été longue. "Franchement, j’ai pas envie aujourd’hui..."

Son ami Élie lui dit : "Tu viens - Je sais pas, je suis épuisé - Moi, j’y vais", répond Élie en haussant les épaules.

cours, David se sent différent. Fatigué, oui… mais content.

En sortant, Élie lui demande : "Alors ? Content d’être venu ?"

David sourit : "Ouais, en fait, ça valait le coup !"

Le lendemain, le maître pose une question sur ce qu’ils ont appris. David lève la main et répond juste. Le maître le félicite, David sent une petite fierté monter en lui. Il a compris quelque chose d’important : ce n’est pas toujours facile de faire un effort, mais c’est souvent là que se passent les plus belles choses.

David s’imagine rentrer chez lui, se poser et jouer… Puis il repense à ce que le maître a dit le matin. Il souffle, et il dit : "Bon… j’y vais."

Ils s’assoient dans la salle. Au début, David a du mal à se concentrer, il a envie de bouger. Mais petit à petit, il commence à suivre. Le Rav explique une idée intéressante, Élie pose une question, David écoute. Soudain, quelque chose fait "tilt" dans sa tête. "Ah… j’ai compris !", murmure-t-il. À la fin du

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

Est-ce qu’il t’arrive de vouloir abandonner quand c’est difficile ou que tu es à bout de forces ?

Quelle petite chose pourrais-tu continuer à faire, même quand ce n’est pas facile ?

Dans Parachat Bé’houkotaï, Hachem nous dit : "Si vous marchez dans Mes lois […]"

Que veut dire "marcher" dans la Torah ? Les Sages expliquent que cela signifie faire des efforts. Ne pas faire les choses seulement quand c’est facile, mais persévérer même quand c’est difficile : aller à un cours de Torah même si on est fatigué, écouter en classe même quand on n’a pas envie...

Dans le Talmud, on raconte qu’un Rav avait oublié une partie de la Guémara. Au lieu de faire venir son élève, il s’est déplacé luimême pour aller apprendre chez lui, afin de faire un effort. Grâce à cela, Hachem l’a aidé à s’en rappeler. (Ména’hot 7)

La Torah nous apprend à quel point les efforts comptent. Ce n’est pas seulement le résultat qui est important, mais le fait de s’accrocher, de ne pas abandonner. Chaque effort que tu fais compte.

Nos maîtres montrent l’exemple

À Jérusalem vivait un immense maître de Torah, Rav Yossef Chalom Elyashiv, de mémoire bénie. Toute sa vie, il a étudié la Torah avec une régularité incroyable. Chaque jour, il avait un programme d’étude très précis. Peu importe la fatigue, le temps ou les circonstances, il s’y tenait. Ceux qui le connaissaient racontent qu’il ne laissait jamais un instant passer sans avancer dans son étude.

Un jour, alors qu’il était déjà âgé, quelqu’un vient le voir tôt le matin. Il trouve Rav Elyashiv assis devant ses livres, en train d’étudier comme d’habitude.

La personne lui dit : "Rabbi, vous pourriez vous reposer un peu. Vous avez déjà tellement étudié…"

maintenant, c’est difficile. Et c’est là que l’effort compte." Il explique alors que quand tout est facile, tout le monde peut avancer. Mais quand c’est difficile, quand on est fatigué, quand on n’a pas envie, c’est là que l’on construit quelque chose de vrai et de solide.

Il ajoute encore : "Un petit effort, dans un moment difficile, peut valoir plus qu’un grand effort quand tout est facile." Ces paroles restent gravées dans le cœur de ses élèves.

Rav Elyashiv lève les yeux et répond simplement : "Chaque jour est un nouveau jour." Puis il ajoute : "Si à cet instant, je ne fais pas l’effort d’étudier, alors cet instant est perdu." Ces mots marquent profondément la personne. Elle comprend que pour Rav Elyashiv, chaque seconde compte vraiment.

Un autre élève raconte qu’un soir, Rav Elyashiv était très fatigué. On voyait qu’il avait du mal à rester concentré. Pourtant, il ne ferme pas son livre. Il continue, ligne après ligne, mot après mot ; lentement, mais sûrement.

Un élève lui demande : "Rabbi, pourquoi ne pas vous arrêter ?" Rav Elyashiv répond : "Parce que justement,

Grâce à Rav Elyashiv, on comprend une grande leçon : ce n’est pas seulement ce que l’on fait qui compte, c’est l’effort qu’on met dedans. Même un petit effort, quand il est difficile, a une grande valeur.

Vous aussi, les enfants, vous pouvez déjà vivre cela : continuer un devoir, écouter en classe, faire une Mitsva même quand vous n’avez pas envie. C’est comme cela que l’on grandit, jour après jour.

L'exercice de la semaine

Les enfants, cette semaine, choisissez une chose qui vous demande un effort : un devoir, un moment d’étude ou une Mitsva, et essayez de la faire même quand c’est difficile.

Verrines coco, mangue et crumble amande

Un dessert fruité, tropical et plein de pep’s pour clôturer en saveur un repas de Chabbath ! Pour 6 personnes

Ingrédients

• 2 mangues mûres

• 400 ml de crème de coco

• 3 cuil. à soupe de sucre

• 1 cuil. à café d’extrait de vanille

• 80 g d’amandes en poudre

• 60 g de farine

• 50 g de margarine

• 2 cuil. à soupe de miel

Préparation : 20 min

Cuisson : 15 min

Réalisation

- Coupez les mangues en petits dés.

- Mélangez la crème de coco avec le sucre et la vanille.

- Préparez le crumble en mélangeant la farine, les amandes, le miel et la margarine.

- Emiettez le mélange sur une plaque recouverte de papier cuisson et enfournez 15 minutes à 180°C.

- Dressez en verrines : placez les dés de mangue, versez la crème coco, puis émiettez du crumble. Réservez au frais.

Ajoutez un zeste de citron vert dans la crème coco pour réveiller toutes les saveurs !

Chabbath Chalom !

Murielle Benainous

Astuce

LE COIN SYMPATIK

Prions pour la guérison complète de

Makhlouf ben Messaoud Catherine

Guemara bat Yvette Simrah

Chalom ben Annette

Jason ben Angela

Messaouda ben Sultana

Yossef Haim ben Hannah

Raphaël Barouh Amram ben Revital Soulika

Yonathan

Yossef Ytshak ben Karine

Hanna Bayla bat Esther

Hanna Bayla ben Esther

Guy Binyamin

Chalom ben Zaïra Suzy

Ruth bat Rina Yaacov ben Saada

Yechoua ben Sarah Alain ben Louise

Vous connaissez un malade ? Envoyez-nous son nom www.torah-box.com/refoua-chelema

Quatre bonnes blagues

J’ai fait une blague sur Carrefour.

Elle n’a pas supermarché.

"Je suis inquiet, je vois des points noirs.

– Tu as vu l’oculiste ?

– Non, des points noirs !"

"David, penses-tu que je suis un mauvais père ?

- Moi, c’est Jonathan."

Certains ont peur du vide. Moi vu le prix de l’essence, j’ai plutôt peur du plein !

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Torah-Box Magazine n°361 France - Béhar Bé'houkotaï by Torah-Box - Issuu