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Torah-Box Magazine n°359 Israël - A'haré Mot - Kedochim

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L'ÉDITO DE LA SEMAINE

La grandeur dans la simplicité

Il y a quelques jours, nous a quittés un grand homme : le Rav Eliahou Abitbol. Il fait partie de ces Maîtres qui ont marqué le judaïsme français durant des décennies, en particulier dans les années tumultueuses 1960-70. Cette époque a vu émerger des révoltes étudiantes un peu partout dans le monde, avec un point commun : une volonté de changements fondamentaux dans des domaines établis. On s’oppose à la guerre et aux discriminations raciales, on revendique la libération des mœurs, on aspire à une société plus laïque, tout en remettant en question l’autorité familiale et l’ordre social ; c’est aussi le début du féminisme moderne. Ces contestations ont profondément transformé les sociétés occidentales, même si toutes les revendications n’ont pas abouti. Dans ce contexte de bouleversements, le croyant se trouvait en position défensive, et le Juif ébranlé dans ses valeurs ancestrales.

Le Rav Abitbol, lui, se tient solidement dans ses racines, puisées à la source de la Torah. Il a grandi au Maroc, puis étudié dans des Yéchivot en France et en Israël. Bien qu’il n’ait aucune formation universitaire, il cherche, dès son arrivée à Strasbourg, à entrer en contact avec les étudiants juifs, pour étudier avec eux des passages du Talmud et de la pensée juive. Grand érudit, il parvient à révéler la richesse du judaïsme, la profondeur intellectuelle du Talmud et la force des enseignements de nos Sages, vieux de millénaires, qui apportent des réponses aux grandes questions existentielles et philosophiques à toutes les époques. Il forme ainsi des centaines d’élèves, dont certains faisaient partie des meneurs de Mai 68. Il transmet son enthousiasme pour l’étude de la Torah à tous ceux qui le fréquentent, suscitant chez plusieurs l’élan d’ouvrir plus tard des Baté Midrach (centres d’étude).

À titre personnel, je n’ai pas eu le mérite de faire partie de ses élèves. Le Rav Chlomo Wolbe – auprès duquel le Rav Abitbol avait étudié – m’avait pourtant encouragé à rejoindre sa Yéchiva à Strasbourg, mais cela ne s’est pas concrétisé. Quelques années plus tard, j’eus l’occasion d’en faire une courte expérience, qui me marquera à vie. La qualité de l’étude y était d’un niveau intellectuel très élevé : on ne sentait pas le temps passer, guidés dans notre réflexion par le Rav Abitbol, qui ne supportait pas le superficiel. Sa manière d’aborder un livre de Moussar était du même ordre : interroger, scruter, pour cerner précisément ce à quoi l’auteur fait référence, en écartant toute compréhension erronée.

Le Rav était d’une humilité absolue, faisant fi de toute marque de Kavod (d’honneur). Il était lui-même, sans fard ni calcul ; peut-être aussi parce qu’il avait conscience que les étudiants face à lui ne pouvaient s’attacher qu’à une vérité entière. D’ailleurs, vouloir l’imiter était voué à l’échec : on ne copie pas l’authenticité. Derrière ses blagues et sa bonne humeur, se cachait une sensibilité profonde pour son prochain, qui s’exprimait notamment lors des mariages, où il dansait sans complexe pour réjouir les mariés. Invité à sa table le Chabbath, je remarquais la dévotion qu’il mettait dans les Zémirot (chants de Chabbath), comme lors des prières de Yom Kippour. Un véritable ‘Hassid qui se cachait !

Il est certain que si aujourd’hui la ville de Strasbourg est une référence nationale dans l’étude de la Torah, c’est en grande partie grâce au Rav Abitbol, qui a labouré et semé, avec ses élèves, un terrain fertile pour la Torah et le ‘Hessed !

"Dommage pour ceux qui nous quittent sans laisser de remplaçant". Que son souvenir soit une source de bénédiction !

Rav Daniel Scemama

SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - La grandeur dans la simplicité

Actualités

Mise au point

Où acheter son 'Hamets après Pessa'h 2026 ?

Yohan Souffir

Israël : frapper… sans conclure ?

Enseignement

Le compte du ‘Omer : 3 raisons pour s'élever chaque jour

Culture

Les sirènes : entre mythe et réalité

Rav Yehonathan Gefen

A’haré Mot – "Sacrifier" un enfant pour le bien des autres

Shabatik

Histoire

La tombe de Binyamin Cohen à Meknès

Vie juive

Même au bord du gouffre, la tête haute

Devinettes sur la Paracha

Rav Moché Boyer

Depuis que je suis religieux, je me sens en décalage avec mon entourage…

Hommage

Rav Réouven Elbaz d'Aix-les-Bains

Rav Yossef Pinson

Le message d'un rabbin de Nice

Retour en date

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Rav ‘Ofer Guissin, Ariel Marciano, Binyamin Benhamou, Rav Moché Boyer, Rav Yossef Pinson, Jocelyne Scemama, Sarah Kisielewski, Batya Berdugo, Rav Yehonathan Gefen, Rav Gabriel Dayan, Murielle Benainous

Mise en page Dafna Uzan

Couverture @eitan_asraf

Secrétariat 02.37.41.515

Publicité

Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306

Ça s’est passé un… 26 avril 1986 - Explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl

Yedia

Du Nil à l’exil : la longue histoire des Juifs d’Égypte

Femmes

Ma crise de la quarantaine : entre moi et moi...

Questions au Rav

La Paracha pour les enfants

Faire attention aux autres, ça a de l’avenir !

Recette

Bœuf caramélisé aux dattes et vinaigre balsamique

Distribution diffusion@torah-box.com

Remarques & commentaires magazine@torah-box.com

Abonnement torah-box.com/magazine

 Les annonces publicitaires sont sous la responsabilité de leurs annonceurs

 Ne pas lire pendant la prière

 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

Daf Hayomi Mena'hot 101

Michna Yomit Midot 3-4

Daf Hayomi Mena'hot 102

Michna Yomit Midot 3-6

Daf Hayomi Mena'hot 103

Michna Yomit Midot 3-8

Parachat A'haré Mot Kédochim

Daf Hayomi Mena'hot 104

Michna Yomit Midot 4-2

Daf Hayomi Mena'hot 105

Michna Yomit Midot 4-4

Daf Hayomi Mena'hot 106

Michna Yomit Midot 4-6

Daf Hayomi Mena'hot 107

Michna Yomit Midot 5-1

Jeudi 23 Avril

Rav Lévi Ben Gerchon (Ralbag)

Vendredi 24 Avril

Rav Chlomo Efraïm Luntschitz

Dimanche 26 Avril

Rabbi Messa'oud Zerbib (de Constantine)

Lundi 27 Avril

Rav Its'hak Elfassi (Rif)

Mardi 28 Avril

Rav Naftali Tsvi de Ropchitz

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Entrée 18:34 18:56 18:56 18:56

Sortie 19:54 19:56 19:56 19:56

Horaires du Chabbath Zmanim du 25 Avril

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Deux soldats tués et 9 autres blessés au Sud-Liban

Tsahal a annoncé dimanche matin le décès, au Sud-Liban, du sergent-major de réserve Lidor Porat, 31 ans, originaire de la ville d’Achdod. Son véhicule du génie militaire a été touché par un engin explosif posé par le 'Hezbollah, dans une zone pourtant censée avoir été assainie depuis 2024. Neuf

autres militaires ont également été blessés lors de cet incident, dont un grièvement. Cette annonce intervient après celle de vendredi, ayant confirmé la mort d’un autre réserviste, le sergent-major Barak Khalfon, 48 ans, tué lors d’une opération similaire dans le sud du Liban.

Une seconde phase de discussions entre Israël et le Liban prévue à Washington ce jeudi

Une deuxième réunion entre des représentants d'Israël et du Liban est prévue ce jeudi à Washington, avec notamment la participation de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ye'hiel Leiter, et de son homologue libanais. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de premiers échanges engagés récemment sous médiation

américaine. Un cessez-le-feu est récemment entré en vigueur à la frontière entre les deux pays, où le 'Hezbollah continue d'être présent. Les pourparlers porteront sur des mécanismes de désescalade, la sécurisation tout au long de la frontière et l’application des accords en vigueur.

"L'Iran conserve d'importantes capacités de tirs", prévient le renseignement américain

D’après une récente analyse des services de renseignement américains, l’Iran disposerait encore d’une part importante de ses capacités militaires, en dépit des frappes menées depuis le début des hostilités en février.

Ces estimations, rapportées par le New York Times, indiquent que Téhéran aurait conservé environ 40 % de ses moyens de lancement de drones et près de 60 % de ses lanceurs de missiles. Donald Trump a accusé l’Iran de tenter de "jouer un double jeu".

"Ils essaient de nous duper", a-t-il déclaré, alors que Washington a mis en garde contre une reprise rapide des hostilités en l’absence d’avancées diplomatiques.

"Accords d'Isaac", la nouvelle alliance stratégique Israël-Argentine inspirée des accords d’Abraham

Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou et le président argentin Javier Milei ont annoncé dimanche à Jérusalem le lancement des "accords d'Isaac", une nouvelle alliance diplomatique et stratégique visant à renforcer la coopération entre Israël, l’Argentine et plusieurs pays du continent américain partageant des valeurs communes.

Ce nouveau cadre stratégique entend rassembler des nations autour de la défense de la liberté et de la démocratie, ainsi que de la lutte contre le terrorisme, l’antisémitisme et le narcotrafic. Inspirés des "accords d’Abraham" promus par Donald Trump, les Accords Isaac visent à créer une dynamique de coopération régionale renforcée.

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Famille juive empoisonnée : L'accusée écope de 2,5 ans d'emprisonnement, l'antisémitisme non retenu

Le tribunal de Nanterre a condamné jeudi une Algérienne sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) à deux ans et demi d'emprisonnement, après l'avoir reconnue coupable de tentatives d'empoisonnement d'une famille juive de Levallois, dont elle gardait les enfants. La plus jeune des enfants avait raconté avoir

vu l'employée verser de l'eau de Javel dans les boissons et les flacons de cosmétiques et frapper plusieurs fois la Mézouza de leur maison, ce qui avait poussé la famille à alerter la police. Le parquet n'a pas retenu la circonstance aggravante d'antisémitisme, estimant qu'elle n'avait pas été clairement établie.

Londres : Après une association juive, c'est au tour d'une synagogue d'être visée par un incendie criminel

Une synagogue du nord-ouest de Londres a été victime d’un incendie criminel dans la nuit de samedi à dimanche, ont indiqué les autorités de la ville. Le grand rabbin britannique Rav Ephraim Mirvis a qualifié cet acte de "campagne soutenue de violences et d’intimidation contre la communauté juive". "D.ieu merci, aucune

vie n’a été perdue, mais nous ne pouvons pas, et ne devons pas, attendre que cela change pour comprendre à quel point tout ceci est dangereux pour notre société », a-til ajouté. Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est, pour sa part, dit "choqué par les récentes tentatives d’incendies criminels antisémites".

L'Iran affirme n'avoir "aucun projet pour un nouveau cycle de négociations" avec les États-Unis

Alors que le Pakistan multiplie les efforts pour ramener les Etats-Unis et l'Iran à la table des négociations, le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant une éventuelle participation à un prochain cycle de discussions avec les États-Unis. Lors de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole Esmaeil Baghaei a indiqué que Téhéran n'avait, à ce stade, "aucun projet pour un nouveau cycle de négociations" et qu'aucune décision n'avait été arrêtée sur ce dossier.

Le président Herzog fustige les propos du Premier ministre espagnol à l'égard d'Israël

Le président israélien Its'hak Herzog a fustigé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l’accusant de tenir des propos "hypocrites et mensongers" à l’égard d’Israël, dans une interview parue dans El Mundo. Sanchez avait récemment accusé Israël de violer le droit international.

"Certains responsables politiques tentent de faire oublier leurs problèmes domestiques par des attaques verbales à l’étranger, et c’est exactement ce qu’il a fait", a-t-il déclaré, faisant référence aux récentes accusations de corruption dirigées contre l’épouse de Sanchez.

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Affaire d’espionnage : deux Israéliens arrêtés, l’un préparait une formation dans un pays arabe

Le Chin Beth et la police israélienne ont annoncé avoir appréhendé deux suspects, l'un âgé de 19 ans et l'autre de 21 ans, pour espionnage au profit de l'Iran. Les deux hommes devaient être inculpés lundi devant le tribunal de district de Lod. Sagui Haïk, de Ness Ziona, est soupçonné d'avoir entretenu pendant plusieurs mois des contacts en ligne avec un agent iranien et d'avoir exécuté diverses missions sous ses instructions. Lors de son interrogatoire, il a reconnu avoir sollicité l'aide d'un second suspect, Assaf Chetrit, de Beth 'Oved, pour accomplir une mission demandée par l'agent étranger. Chetrit a lui aussi été arrêté et interrogé par le Chin Beth.

Oulpan

Quelle effervescence dans le groupe de ma famille

Ma sœur a souhaité

Mazal Tov à ma tante pour son anniversaire et tout le monde a commencé à répondre et à envoyer des emojis. Moi aussi j’ai répondu et ajouté plein de cœurs… jusqu’à ce que je réalise que j’écrivais en fait dans le groupe du travail !

Vocabulaire

(Tessissa) – agitation, effervescence

(Kevoutsa) – groupe

(Michpa’htit) – familiale

(I'hela) – a souhaité

Israël développe des bactéries capables de produire des médicaments dans le corps

Des chercheurs israéliens du Technion à 'Haïfa sont parvenus à mettre au point une méthode innovante permettant de fabriquer des médicaments directement à l’intérieur du corps. Cette approche pionnière, qui n'a pour l'heure été testée que sur des souris, repose sur l’utilisation de bactéries vivantes inoffensives ensuite transformées en minuscules usines capables de produire des protéines thérapeutiques là où elles sont nécessaires.

Le Pr Bo'az Mizrahi, du laboratoire des biomatériaux du Technion, explique que cette technique ouvre la voie à un nouveau type de traitement, notamment pour les brûlures graves, les blessures de guerre, les plaies liées au diabète et les maladies inflammatoires de la peau.

Elyssia Boukobza

Un message WhatsApp de trop

(Imojim) – emojis

(Lévavot) – cœurs

(Hévanti) – j’ai compris

(Kotévèt) – écrire (féminin)

D’autres mots avec la racine .

(écrire)

(Hit’hilou) – ils ont commencé

(La’anot) – répondre

(Lichloa’h) – envoyer

(Ketiva) – écriture

(Mikhtav) – lettre

(Katouv) – (c’est)

Où acheter son 'Hamets après Pessa'h 2026 ?

Après la fête de Pessa'h, le Choul'han 'Aroukh nous interdit de consommer du 'Hamets Gamour (pain, pâtes,...) ayant appartenu à un Juif durant Pessa'h ou dans lequel un Juif posséderait des actions pendant Pessa'h ( Choul'han 'Aroukh, Ora'h Haim 448-3).

Les grandes surfaces (non-Cachères)

Voici une liste de supermarchés, éditée par Torah-Box, dans lesquels il est permis d'acheter son 'Hamets après la fête, compte-tenu de la non-judéité de leurs propriétaires :

• Aldi

• Leader Price

• A2Pas*

• Auchan (grande surface uniquement)

• Leclerc

• Carrefour (grande surface, City, Market)

• Intermarché

• Lidl

• Metro

• Cora

Et même si durant Pessa'h, ces magasins étaient ouverts et vendaient du ‘Hamets, cela n’invalide pas la vente du ‘Hamets restant sur les rayons et il est permis de s’y rendre APRÈS

Pessa'h pour y acheter du ‘Hamets. (Iguerot Moché, Ora’h ‘Haïm, volume 1, réponse 149 et Ora’h ‘Haïm, volume 2, réponse 91).

Les supermarchés Cachères

• Match

• Simply Market

• Monoprix

• Franprix

• Promocash

• Transgourmet

• Le Mutant

• MoCash

• Naturalia

• Casino

Pour les autres magasins, veuillez attendre le délai de réapprovisionnement (après le 9 Mai 2026).

* sauf si le supermarché est franchisé et que le magasin appartient à un Juif qui n'a pas vendu son 'Hamets (à vérifier).

Il est d'usage qu'ils affichent dans le magasin leur contrat de vente du 'Hamets validé par une autorité rabbinique. S'il n'est pas affiché, demandez-leur.

Ces magasins sont loin de chez vous ?

Dans le cas où les supermarchés cités vous sont difficiles d'accès, veuillez nous contacter afin de trouver une solution personnalisée à votre cas : +33.1.80.20.5000 ou +972.2.37.41.515.

Israël : frapper… sans conclure ?

Une question extrêmement légitime se pose : la guerre est-elle vraiment finie ou estce une énième pause dans les combats ? Ou bien cette fois-ci, "l’axe du mal" a-t-il été réellement et définitivement vaincu ? Cette question mérite plus que jamais de prendre un immense recul.

Il y a une formule qui revient depuis 1967, voire depuis 1948, lorsque l’on parle des guerres menées par l’État d’Israël contre ses voisins : "victoire militaire, défaite diplomatique". Mais il y a désormais carrément un slogan qui revient : "ne jamais aller au bout".

Pourtant, on sait tous que lorsque l’on fait une Mitsva, il faut aller jusqu’au bout, sinon elle n’est pas valide. Alors, a fortiori, pour la défense du pays. Analysons d’un peu plus près ce que veut dire cette affirmation et ce nouveau cri du cœur qui revient sans cesse depuis près de 925 jours (depuis les guerres liées au 7 octobre 2023).

Que se passe-t-il vraiment ? Pourquoi ce sentiment de frustration, voire de lassitude, chez certains ? On ne peut pas tout dire, mais certains responsables israéliens semblent se satisfaire de la manière dont on envoie des hommes au combat, pour ensuite provoquer un arrêt brutal des hostilités.

Les négociations à Islamabad sont si peu protocolaires et diplomatiques que toutes les parties dévoilent le contenu des discussions et que l’on assiste à des démentis à chaque déclaration. Par exemple : qui peut dire si le vice-président JD Vance assistera à un éventuel deuxième round de négociations ? Où aura-t-il lieu, et à quelle date ? Quid des 450 kilos d’uranium enrichi ? On n’y comprend plus rien.

On s’habitue hélas à tous ces "miracles" parce que, pour beaucoup d’entre nous — y compris en diaspora — la guerre est devenue une routine.

Donald Trump dit clairement que "l’ère de Monsieur Gentil est terminée", reconnaissant — soit dit en passant — qu’il est à la fois Docteur Jekyll et Mister Hyde.

Autre exemple : les négociations avec le Liban. On rappelle qu’une rencontre doit avoir lieu, théoriquement à Washington, entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien. Négociation qui commence par le refus du premier de prendre l’appel du second, juste avant le cessez-le-feu imposé par le président américain.

On a ce sentiment que tous les belligérants font une pause pour recharger leurs batteries, comme une mi-temps dans un match de football. D’après le New York Times, la République islamique d’Iran aurait conservé 40 % de capacité de missiles balistiques et 60 % pour les drones. Israël rencontre des problèmes avec le Dôme de fer, et le Pentagone s’inquiète de l’épuisement des missiles de croisière de type Tomahawk.

On a tous l’impression de revoir le même scénario en boucle depuis trois ans. Mais alors, pourquoi oublie-t-on si vite les éliminations ciblées du guide suprême Ali Khamenei, du chef du Conseil stratégique de défense Ali Larijani et d’autres encore ? On s’habitue hélas à tous ces "miracles" parce que, pour beaucoup d’entre nous — y compris en diaspora — la guerre est devenue une routine.

Le seul objectif fixé par le cabinet de sécurité atteint à 100 % est sans doute celui sur lequel on n’aurait pas parié : le rapatriement de tous les otages. Mais pour le reste, le bilan est plus mitigé : des démonstrations de force qui s’arrêtent au moment de conclure.

Pourtant, on a tous le sentiment que la face du monde a changé, ou du moins celle du MoyenOrient. Ce paradoxe permanent dans lequel nous sommes plongés doit prendre fin. Un jour, il faudra bien aller au bout. Cela se fera peutêtre par des pourparlers (qui n’ont jamais rien donné pour le moment) ou par la force militaire.

Alors qu’au moment où vous lirez cette tribune, Yom Ha’atsmaout sera célébré, il est peut-être plus que temps que l’État d’Israël se comporte en État responsable.

Personne ne prône la guerre. Je ne connais personne qui souhaite un troisième round. Mais malheureusement, l’histoire récente nous a montré que c’était souvent la meilleure

ATERET HEN

INSCRIPTIONS OUVERTES

Possibilité d'intégrer l'école en cours d'année

option — et parfois la seule — car imposée par nos ennemis.

David Barnéa, chef du Mossad, a déclaré que "la guerre sera terminée lorsque le régime iranien s’effondrera".

S’il y a bien un bilan à tirer de cette opération "Rugissement du lion", c’est que, loin d’avoir isolé Israël du reste de la région, les frappes contre les pays arabes modérés sunnites voisins ont, au contraire, constitué un magnifique ciment des Accords d’Abraham. Mais à l’inverse, elles l’ont bien isolé de certains de ses alliés européens.

Il faudra peut-être attendre l’opération "Griffe du lion" (nom que je viens de lancer, non officiel bien sûr) pour parvenir à la fin de cet axe du mal.

Quoi qu’il en soit, certains ont bien raison : Israël ne connaîtra point de tranquillité jusqu’à Machia’h.

Yohan Souffir

Lycée privé de jeunes filles

Rav Sion Guez Shlita

Directeur du Talmud Thora Romema - Éducateur reconnu - Francophone

Parcours Thorani & Haredi

Bac complet 4 Yehidot + français au Bac

Petits Effectifs Coordinatrice Francophone

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Le compte du ‘Omer : 3 raisons pour s'élever chaque jour

La Mitsva du ‘Omer vient nous rappeler que chaque jour est compté, et qu’il faut l’exploiter le mieux possible...

Le Zohar explique que les sept semaines du décompte du ‘Omer correspondent à la sortie des 49 portes d’impureté vers la pureté, afin de nous préparer, dans la sainteté et la pureté, au don de la Torah – le fondement essentiel de notre existence en tant que peuple juif.

Nos Sages mentionnent trois raisons fondamentales à la Mitsva du décompte du ‘Omer. Chacune d’elles éclaire un aspect essentiel de cette période et de ce qu’elle nous demande de vivre intérieurement.

L’attente ardente du don de la Torah

La première raison ressemble à celle d’un homme qui compte les jours le menant à un événement formidable. Le peuple juif se prépare avec nostalgie et ardeur au jour du don de la Torah. Tout se joue depuis le jour de la sortie d’Égypte (Pessa’h) jusqu’au don de la Torah (Chavou’ot). Ces sept semaines constituent une période d’attente et de préparation, empreinte d’un désir sincère d’accueillir la Torah.

Élever la dimension matérielle

La deuxième raison s’articule autour d’une distinction fondamentale entre le blé et l’orge. Le blé est l’aliment de l’homme par excellence, à l'origine du pain et de toutes les pâtisseries, comme il est dit : "Le pain qui fortifie le cœur de l’homme." L’orge est certes consommée

par les hommes, mais elle sert principalement à nourrir les animaux. Elle est considérée comme une céréale d’un niveau inférieur, une nourriture destinée au monde animal.

Avant de commencer le décompte qui nous mène au don de la Torah, le principe essentiel consiste à élever le matériel : on prend la mesure d'orge et on en fait une offrande à Hachem, on l’élève vers le Ciel.

C’est ainsi que l’homme doit se conduire à l’égard de sa propre dimension "animale", autrement dit son intérêt excessif pour les questions matérielles. Cette dimension est impossible à éliminer ; elle est une part inséparable de la nature humaine. Mais l’homme doit s’en servir et l’élever vers le haut, en faire une offrande à Hachem.

Comme l’a tranché le Choul’han ‘Aroukh : mange, bois, pars en vacances, profite, passe un bon moment — mais fais tout cela en ayant à l’esprit un but unique : s’adonner à tous ces plaisirs pour être sain, joyeux et heureux, afin de pouvoir servir Hachem de toutes nos forces. L’homme a besoin de se détendre, de bien manger, de profiter — mais cette détente doit avoir pour but ultime la ‘Avodat Hachem, le service divin. Car pour servir Hachem, il faut être en bonne santé et heureux, utiliser toutes

ses forces et tous ses sens. On prend ainsi cette nourriture animale et on l’élève vers le haut.

Chaque jour est compté

La Torah nous enseigne qu’il ne faut pas négliger le temps. Elle nous exhorte à ne pas nous laisser pas prendre dans le piège de la culture qui nous incite à "tuer le temps" ; à savoir que chaque jour de notre vie est un jour important, unique.

Dans notre langage, lorsque nous voulons dire que nous n’accordons pas d’importance à quelque chose, nous disons littéralement : "Je ne le calcule pas". Tout ce qui est compté dans ses moindres détails est important, et ce qui n’est pas compté n’a pas d’importance. En conséquence, au cours de ces 49 jours, la Torah nous prescrit de compter chaque jour – et également chaque semaine –distinctement : "Aujourd’hui est tel jour, de telle semaine du ‘Omer."

prend un tout autre sens. Toutes les banalités et la routine n’ont plus aucun intérêt, car il faut faire le maximum. Or chacun d’entre nous vit cette histoire, puisque l’homme ignore combien de temps il lui reste à vivre.

"C’est d’ailleurs le sens de la Michna : Chouv Yom E’had Lifné Mitatékha, "Repens-toi un jour avant de mourir." Les élèves du maître l’interrogèrent : comment savoir quel jour allons-nous mourir ? Comment faire Téchouva le jour qui précède la mort si nous ne savons pas de quel jour il s’agit ? Il leur répondit : "Considère chaque jour comme si c’était le dernier, et fais Téchouva chaque jour."

Faire Téchouva, c’est redevenir l’homme bon que l’on aurait dû être. C’est revenir vers Hachem, vers la Volonté divine.

Il ne faut pas qu’un jour passe sous l’effet de l’habitude et de la routine, de sorte qu’à la fin de la journée, un proche vous demande : "Comment ta journée s’estelle passée ?" et que vous répondiez : "Ah, une journée sans plus..."

Je vous invite à faire le calcul suivant : combien d'années souhaitez-vous vivre ? Disons 120 ans. Multipliez ce chiffre et découvrez combien de jours cela représente, puis déduisez les jours que vous avez déjà vécus, selon votre âge. Vous découvrez que le nombre de jours qui reste, même jusqu’à l’âge de 120 ans, n’est pas aussi élevé qu’il n’y paraît. Chaque jour qui passe est déduit de ce total. Et bien sûr, tout le monde ne mérite pas de vivre jusqu’à 120 ans en bonne santé et dans la lucidité. Désormais, vous comprenez mieux la portée de chaque jour.

Il existe de nombreux livres ou films mettant en scène des personnages à qui l’on annonce qu’il leur reste quelques mois à vivre. Soudain, la vie

Faire Téchouva, c’est redevenir l’homme bon que l’on aurait dû être. C’est revenir vers Hachem, vers la Volonté divine. Qu’estce que Hachem attend de moi ?

Il est écrit dans la Torah : "Fais ce qui est juste et bon aux yeux de l’Éternel ton D.ieu." Comme le prophète l’exprime : "Ce que Hachem demande de toi : d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton D.ieu."

Ces idées sont essentielles et très simples. Mais le mauvais penchant, la routine et le tourbillon de la vie nous font oublier ces valeurs. La Mitsva du décompte du ‘Omer vient nous rappeler que chaque jour est compté, et qu’il faut l’exploiter le mieux possible.

La période du décompte du ‘Omer n’est pas une simple comptabilité de jours : c’est une transformation intérieure. Élever le matériel, désirer la Torah, vivre chaque journée pleinement... ces trois mouvements ne font qu’un : ils nous préparent à recevoir. Comme une épouse qui se purifie, le peuple juif se purifie pour Hachem. Et à l’issue de ces 49 jours, la Torah n’est pas seulement donnée, elle est accueillie.

Rav ‘Ofer Guissin

CULTURE

Les sirènes : entre mythe et réalité

Elles fascinent depuis des siècles, à la frontière entre le réel et l’imaginaire. Présentes dans les récits antiques, les traditions populaires et les légendes maritimes, les sirènes semblent appartenir à ce monde flou des créatures que l’on raconte… sans vraiment y croire. Et pourtant, certaines sources anciennes, y compris dans la tradition juive, évoquent leur existence avec un sérieux qui interroge : jusqu’où peut-on reléguer ces descriptions au simple mythe, et à partir de quel moment faut-il accepter qu’elles posent une véritable question ?

Une trace dans le Tanakh ?

Si les sirènes semblent appartenir au monde des légendes, certaines sources laissent pourtant entendre que leur origine pourrait être bien plus ancienne, et surtout, bien plus enracinée. Car de manière surprenante, l’idée d’une créature mi-homme mi-poisson ne se limite pas aux récits antiques : elle apparaît, en filigrane, jusque dans les textes mêmes du Tanakh.

À plusieurs reprises, le Tanakh mentionne une divinité centrale des Philistins : “Dagon”. On le retrouve notamment dans le livre des Juges, lorsque les Philistins célèbrent leur victoire sur Chimchon : “Les princes des Philistins se rassemblèrent pour offrir un grand sacrifice à leur dieu Dagon” (Juges 16, 23). Plus tard, dans le livre de Chmouel, le texte raconte : “Les Philistins prirent l’Arche de D.ieu et la placèrent dans le temple de Dagon… Le lendemain matin, ils se levèrent, et voici que Dagon était tombé face contre terre devant l’Arche de D.ieu” (Chmouel I; 5, 2–4).

Un mythe aux voix envoûtantes

Dans le traité Békhorot (8a), nos Sages évoquent une espèce appelée Dofinin. La Guémara précise qu’on les nomme également Bné Yama, “les gens de la mer”, et ajoute que ces créatures vivent dans l’eau comme les poissons, tout en se reproduisant à la manière des humains.

À première vue, l’identification semble aller de soi : il s’agirait des dauphins que nous connaissons aujourd’hui, ces mammifères marins qui mettent bas, à l’instar de l’homme, et non en pondant des œufs comme les poissons. Mais cette lecture, en apparence évidente, se heurte à l’interprétation proposée par Rachi (Rabbi Chlomo Its’haki, 1040–1105).

Commentant ce passage, il écrit : “Ainsi doiton lire : les Dofinin se reproduisent à partir des humains ; car si un homme s’unit à eux, ils conçoivent de lui.”

Mais un détail essentiel vient éclairer toute cette histoire. Rabbi David Kim’hi (Radak, XIIe–XIIIe siècle), dans son commentaire sur ces versets, explique explicitement la forme de cette idole : “Dagon avait la forme d’un poisson à partir du nombril vers le bas, et c’est pourquoi il était appelé Dagon (qui vient du mot Dag –poisson) ; et la forme d’un homme à partir du nombril vers le haut”.

Une telle affirmation ne saurait s’appliquer à de simples dauphins. Elle suggère, au contraire, l’existence de créatures bien plus proches de l’homme. C’est d’ailleurs ce que Rachi précise explicitement dans la suite de son commentaire : “Il existe des poissons dans la mer dont une moitié est à la forme d’un homme et l’autre moitié à la forme d’un poisson ; ils sont appelés sirènes en ancien français.”

Une description qui correspond, de manière troublante, à l’image classique de la sirène. Certains dictionnaires relèvent d’ailleurs que ce commentaire de Rachi est à l’origine du mot “sirène” dans plusieurs langues européennes.

Dans le même esprit, les Tossafistes (disciples et descendants de Rachi) livrent une description encore plus saisissante : “Il s’agit d’une créature marine qui ressemble en partie à un être humain : depuis le nombril vers le haut, elle est semblable à une femme en tous points — elle possède un corps et de longs cheveux — et depuis le nombril vers le bas, elle est un poisson. Et elle chante agréablement, d’une belle voix.” (Mochav Zekénim; Lévitique 11,10). Ce dernier détail n’est pas anodin : cette voix envoûtante pourrait bien être à l’origine même du terme “sirène”, qui vient du mot Chira, le chant.

"
L’homme se sanctifie icibas un tant soit peu et, là-haut, on le sanctifie d’autant plus. Car chaque effort se répercute là-haut dans une mesure infiniment plus grande.

Plus tard, Rabbi ‘Haïm Yossef David Azoulay (grand érudit séfarade du XVIIIe siècle) reprend cette description en y ajoutant une dimension plus mythique : “Elle vit dans des zones rocheuses et dangereuses. Lorsque des navires passent, elle commence à chanter d’une voix très agréable, jusqu’à ce que les hommes à bord s’endorment ; alors elle monte sur le navire, puis tue et dévore tous ses occupants.” (Midbar Kedemot, Ma’arekhet Dalet).

Au large des certitudes

Et si tout cela pouvait encore sembler relever du domaine de la théorie, le Sefer Ha’aroukh (‘Erekh Sironi) rapporte un récit fascinant : “On m’a rapporté que le roi des régions du nord, qui régnait sur le Danemark et la Norvège, en passant en bateau près du royaume de Norvège, vit une telle créature assise en plein jour sur un banc de sable dans la mer. Lorsque la créature entendit l’officier du navire appeler : ‘Mon maître le roi, tourne-toi et regarde cette grande merveille !’, elle plongea immédiatement dans la mer. Mais l’officier et les marins témoignèrent qu’il s’agissait bien d’une sirène et qu’ils l’avaient vue.”

Et si un certain scepticisme pouvait encore subsister, Rabbi Chlomo Avi’ad Sar Chalom Basilia (vers 1680–1749), kabbaliste italien, en rend lui-même compte dans son ouvrage Emounat ‘Hakhamim (chap. 5). Il rapporte d’abord l’opinion dominante de son époque : “Sache que les savants non juifs ont tous affirmé qu’elle (la sirène) n’existait pas, et qu’il ne s’agissait que d’une invention des poètes grecs. L’un des philosophes de notre peuple m’a même dit que nos Sages avaient suivi les Grecs et s’étaient trompés, car les naturalistes ont recherché ces créatures sans les trouver.” Mais il ajoute aussitôt : “L’an dernier, des hommes du roi de France naviguant en mer ont trouvé une créature dont le visage et tout le corps ressemblaient à celui d’un homme. Les marins l’ont tous vue et ont envoyé un rapport dans toute l’Europe, et ainsi les paroles de nos Sages ont été confirmées !”

Son contemporain le médecin Touvia Cohen précise lui aussi que les Sages du Talmud croyaient en son existence, et ajoute avoir lui-même interrogé des personnes dignes de confiance qui affirmaient en avoir vu. Il en conclut qu’”il est approprié de s’appuyer sur leur témoignage”, tout en reconnaissant que cela lui paraissait tout de même difficile à admettre.

La mer n’est pas toujours ce que l’on croit voir

Lorsque Christophe Colomb approchait de la fin de son premier voyage vers les Amériques, il consigna dans son journal une observation pour le moins surprenante. Au large des côtes d’Haïti, lui et son équipage aperçurent trois créatures qu’il identifie comme des sirènes. Il note, avec une certaine sobriété : “Elles ne sont pas aussi belles qu’on les peint, bien qu’elles aient en partie une apparence humaine au

CULTURE

niveau du visage… “ (Journal de bord, 4 janvier 1493).

Avec le recul, ces observations ont été relues à la lumière des connaissances modernes. Historiens et zoologues y voient aujourd’hui des animaux bien réels : les lamantins et les dugongs, deux mammifères marins regroupés sous le nom de siréniens. Leur silhouette, leur manière d’émerger à la surface de l’eau, ainsi que certains traits de leur visage, peuvent, dans certaines conditions, évoquer une forme vaguement humanoïde - en particulier pour des marins fatigués, après des semaines de navigation sans repère.

C’est précisément cette confusion qui est souvent avancée pour expliquer la naissance des récits de sirènes. Plutôt que d’y voir des créatures hybrides, certains auteurs proposent ainsi une lecture plus rationnelle : le terme même de “sirène” ne désignerait rien d’autre que ces animaux marins mal identifiés, dont l’apparence aurait été, au fil du temps, amplifiée et transformée par l’imaginaire humain.

Une autre lecture du Talmud

Pour de nombreux décisionnaires, il est tout à fait possible, et même plus cohérent, de comprendre que le texte ne fait pas référence à des créatures hybrides, mais simplement au dauphin tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Un premier élément va dans ce sens : l’étymologie même du mot Dofinin. À l’époque talmudique, le dauphin était bien connu dans le monde grécoromain sous le nom de delphin (ou delphus). La proximité linguistique entre Dofin et delphin n’a rien d’anodin : elle suggère fortement que le terme employé par le Talmud désigne en réalité cet animal précis.

Un second point, concerne la version même du texte talmudique. Comme le soulignent le ‘Ein Ya’akov (Rabbi Ya’akov Ibn ‘Habib, XVe–XVIe siècle) ainsi que d’autres grands commentateurs, la formulation correcte ne serait pas que les Dofinin se reproduisent “à partir des hommes”, mais “comme les hommes”. Cette nuance est décisive. Là où Rachi comprend une relation directe avec l’homme, d’autres y voient

simplement une analogie dans le mode de reproduction.

Or, sur ce point, la biologie moderne apporte un éclairage intéressant. Comme l’homme, les dauphins ne pondent pas d’œufs, mais mettent bas, allaitent leurs petits et les élèvent pendant une longue période. Ce mode de reproduction, très différent de celui des poissons, explique pourquoi les Sages ont pu les rapprocher de l’homme.

Dans cette perspective, l’expression talmudique “se reproduisent comme les hommes” prend un sens parfaitement cohérent, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à l’existence de créatures hybrides.

Entre tradition et observation

Faut-il alors conclure que les sirènes existent nécessairement, au motif que Rachi et d’autres grands Richonim les décrivent explicitement ? L’argument se tient tout à fait. L’histoire a en effet montré que certaines affirmations des Sages, parfois incomprises à leur époque, ont trouvé un écho inattendu dans des découvertes ultérieures. Et il faut reconnaître que le monde marin demeure encore largement inexploré : une part importante des océans reste inconnue, et de nouvelles espèces continuent d’être découvertes. Cependant, force est de constater qu’à ce jour, rien ne permet d’établir l’existence des sirènes. Aucune preuve scientifique n’a jamais été apportée. Aucune créature correspondant à cette description n’a été capturée, étudiée, ni même retrouvée morte.

Certes, des “découvertes” ont régulièrement fait surface. On pense notamment aux fameuses sirènes exposées dans certains musées au XIXe siècle, comme la “Feejee Mermaid” présentée par P. T. Barnum, ou encore à des images virales plus récentes, comme la prétendue “sirène du tsunami” en 2004, censée montrer un corps retrouvé sur une plage. Dans tous les cas, ces “preuves” se sont révélées être des canulars, souvent fabriqués à partir d’assemblages d’animaux ou de créations artistiques destinées à tromper le public. Mais après tout, “l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”...

Ariel Marciano

Supplément spécial Chabbath

Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

A’haré Mot – "Sacrifier" un enfant pour le bien des autres

En dépit de la dépravation des idolâtres, comment un père pouvait-il être amené à tuer son fils pour la ‘Avoda Zara ?

Parmi les diverses sortes de ‘Avoda Zara, la Torah évoque le service d’une divinité appelée Molekh. Elle interdit de faire "passer son enfant au Molekh". Le Séfer Ha’hinoukh décrit le rituel prohibé : les parents de l’enfant l’amenaient au prêtre du Molekh et montraient l’enfant à l’idole, puis ils allumaient un grand feu devant elle. Le prêtre ramenait ensuite l’enfant à son père qui le faisait passer à travers le feu, devant le Molekh.

Tuer un enfant ?!

Le ’Hinoukh rapporte un débat entre les Richonim quant au sort de l’enfant lors de cette pratique. Rachi et le Rambam estiment que l’enfant passait rapidement dans le feu et n’était pas tué. Cependant, le Ramban pense que l’enfant mourait brûlé. Selon cet avis, en dépit de la dépravation des idolâtres, il convient d’expliquer le but de cet acte barbare et comment un père pouvait tuer son fils pour la ‘Avoda Zara.

Pour répondre à ces questions, analysons une autre loi de la Torah concernant le culte du Molekh. Le ’Hinoukh souligne que la punition n’était appliquée que si la personne sacrifiait une partie de ses enfants. En revanche, si elle sacrifiait tous ses enfants, elle n’était pas sanctionnée. Comment cela se fait-il ? Le Rachba propose une explication. (Téchouvat Harachba 4, 18) Nous nous focaliserons sur celle du ’Hinoukh

Il explique ce paradoxe, ce qui nous aide à comprendre comment un individu pouvait tuer son fils en servant le Molekh. Il précise que les prêtres du Molekh promettaient aux parents que s’ils sacrifiaient l’un de leurs enfants pour ce dieu, ils bénéficieraient d’une "bénédiction" pour leurs autres enfants, qui auraient tous une belle vie. Évidemment, c’était faux, mais nombreux furent ceux qui tombèrent dans le piège et qui furent prêts à sacrifier un enfant en faveur de ses frères. Puisque le culte classique consistait à ne pas sacrifier tous ses enfants, celui qui agissait de la sorte n’était pas sanctionné malgré son acte odieux.

La symbolique du sacrifice bien présente

Ceci explique comment des parents pouvaient faire tuer leur enfant : ils se souciaient en réalité du bien-être de leurs autres enfants. En quoi est-ce pertinent dans notre vie ? Nous ne sommes aucunement tentés de servir des idoles, surtout si cela demande de tuer des enfants. Pourtant Rav ’Hanokh Plotnik affirme que cette idée peut s’appliquer dans nos vies, quoique de façon moins drastique.

Les parents désirent parfois "sacrifier" un enfant pour le bien-être de ses frères et sœurs. La vie ne peut rien garantir et l’on ne choisit pas ses enfants. Nous souhaitons tous voir chacun de nos enfants réussir leur vie, devenir des exemples pour les autres. Mais tous les enfants

ne sont pas forcément destinés à cela. Parfois, une Yéchiva de premier, voire de deuxième rang, n’est pas adaptée à l’enfant ; celui-ci n’est pas en mesure de tenir le rythme d’une étude si intensive. Mais certains parents s’entêtent : "Non ! Notre fils doit étudier dans CETTE Yéchiva. Parce que s’il entre dans un autre type d’institution, ses frères et sœurs auront du mal à se marier." Bien qu’il vivra une expérience difficile dans cette Yéchiva, les parents estiment qu’il doit y entrer pour le bien-être de ses frères et sœurs.

Rav Plotnik montre que parfois, l’erreur est de vouloir – consciemment ou non – placer l’enfant dans un danger spirituel pour le bien des autres. Ce cas n’est qu’un exemple. Il existe d’autres situations où un parent n’agit pas pour le bien de l’enfant, mais pour la réputation de la famille et pour mériter la considération des autres. Rav Avi Fischoff affirme : "Nous devons nous préoccuper de la Chékhina (Présence divine) plus que des Chkhénim (voisins)."

Amour inconditionnel en toutes circonstances

Cette idée s’applique également quand un enfant est en déclin spirituel et qu’il y a lieu de craindre que les autres enfants en soient affectés. Dans un tel cas, les parents se demandent s’il est acceptable, voire conseillé, de faire sortir cet enfant du foyer. Cette question est complexe et chaque cas est à traiter individuellement. Toutefois, si les parents montrent qu’ils acceptent et qu’ils aiment cet enfant en dépit de ses choix de vie, non seulement ce dernier verra qu’on lui voue un amour inconditionnel, mais ses frères et sœurs le comprendront également.

Par conséquent, ils réaliseront que l’amour des parents à leur égard est également inconditionnel. En revanche si les parents font preuve de moins d’amour et d’égards envers l’enfant qui fait "fausse route", les autres auront moins confiance en l’amour de leurs parents. Ainsi, le fait de sacrifier un enfant en le renvoyant ostensiblement de la maison "pour le bien des autres", peut avoir un effet négatif également sur ces derniers.

Puissions-nous tous mériter d’élever chacun de nos enfants de la façon qui lui est la plus adaptée.

Rav Yehonathan Gefen

Résumé de la Paracha

1 Yom Kippour est instauré pour toutes les générations.

2 Des règles sont données concernant les offrandes au Temple, l’interdiction de la consommation du sang et d’un animal non abattu rituellement, et le devoir de recouvrir le sang.

3 Certaines relations comme l’inceste, les relations hors mariage, l’homosexualité sont interdites. Des "barrières" sont instaurées afin d’éviter de transgresser ces interdits.

4 Kédochim contient de nombreuses Mitsvot : respect des parents, Chabbath, faire un reproche à celui qui enfreint un interdit de la Torah, jugement équitable, aimer son prochain, se lever devant un sage en Torah et respecter une personne âgée, honnêteté dans le commerce.

5 Les interdictions suivantes sont évoquées : idolâtrie, vol, mensonge, faux serment, retarder la paye d’un employé, maudire, mettre une embûche devant une personne, se venger, procéder à certains mélanges végétaux, animaux et vestimentaires, comme le Cha’atnez, la laine et le lin, ne pas porter assistance à une personne en danger.

6

Les lois agricoles et l’obligation de céder une partie de la production aux nécessiteux sont évoquées.

7 Il y a aussi plusieurs interdictions concernant les pratiques idolâtres comme la divination et la sorcellerie, et certaines pratiques non-juives comme certaines coupes de cheveux ou type de rasage, tatouage, débauche…

N°473

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

A’haré mot Kédochim 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE 1

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline”

1 JEU

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

3. Maror

1. Donnez un nom qui sonne futuriste ou mystérieux à votre équipe. 2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 points pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants, 2 points pour les plus drôles)

1. 3 Matsot chemourot (rondes, faites à la main)

2. Épaule d’agneau

LE FAST DUEL

3. Maror (laitue romaine)

4. Karpass (céleri)

7.Oeuf

dur
2.Épaule d’agneau

2 (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)

6.‘Harossèt
5.Hazeret

Pour chaque question, le premier qui trouve un mot qui répond à la question et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné.

5. ‘Hazeret (laitue ou endives)

6.‘Harossèt

7. Oeuf dur

8. Bol d’eau salée

Un moyen de transport qui avance sur l’eau ou dans les airs.

> Bateau, Barque, Ballon (montgolfière).

Un endroit où on n’a pas le droit de crier ou de courir.

Quelque chose qui apparaît sur ton visage et que tu détestes.

QUANTITÉS OBLIGATOIRES

> Bibliothèque, Bureau, Banque.

> Bouton, Bave, Bleus.

DE MATSA & MAROR

Un accessoire ou une partie du corps indispensable pour être un vrai pirate.

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

> Barbe, Bandana, Bottes, Bras en bois.

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun

Un vêtement épais qu’on sort quand il neige.

> Bonnet, Blouson, Bottes.

MAROR

Un objet qui n’existait absolument pas au temps des chevaliers.

Etapes du Séder

> Brosse à dents, Basket, Bicyclette, Batterie.

Un son qui fait sursauter tout le monde d’un seul coup.

> Boum, Bruit, Bébé (qui hurle), Bravo.

8. Bold’eau

UNE FAMILLE EN OR

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Cite une chose qu’on prête et qu’on ne récupère jamais.

Un stylo / Une gomme. De l’argent.

Un livre.

Un chargeur.

Un pull / vêtement.

JEUX EN VRAC

Cite une chose qu’on demande “encore un peu”.

Du dessert.

Des frites / de la pizza.

Du jus.

Des bonbons.

Une histoire le soir.

Termine la blague : Monsieur Michu grille un feu rouge.

- “Vous n’avez pas vu le feu rouge ? demande le policier.

Que répond monsieur Michu ?

> Si… c’est vous que je n’avais pas vu !”

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

1. Je me creuse pour extraire… et je m’use pour écrire.

> La mine.

2. Je peux aspirer l’eau… ou briller aux pieds.

> La pompe.

Cite un pays où il fait très froid.

La Russie. Le Canada.

La Norvège. La Suède. La Finlande.

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• Un carré de ciel accroché au mur.

> Fenêtre.

• Avion qui chante sans moteur.

> Oiseau.

Le plus proche : Combien de pays dans le monde ont une population inférieure à Paris intra-muros (2,07 millions d’habitants) ?

> 70.

JEUX

DANS LE BON ORDRE

Classe ces mers dans l’ordre de la moins salée à la plus salée :

• Océan Atlantique. Mer Noire. Mer Méditerranée. Mer Morte. Mer Rouge.

340 g/L).

Méditerranée (≈ 38 g/L) ; Mer Rouge (≈ 40 g/L) ; Mer Morte (≈

> Mer Noire (≈ 18 g/L) ; Océan Atlantique (≈ 35 g/L) ; Mer

Plus ou moins

Un Japonais vit en moyenne plus ou moins longtemps qu’un Brésilien

Réponse : Plus

Japon : 84-85 ans ; Brésil : 74-76 ans

L’intrus

Quel est l’intrus dans cette liste ?

2 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11.

Réponse : : Seul le 9 n’est pas un nombre premier.

Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses. Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.

Dans quel cas est-il permis de se venger ?

1. Lorsque le préjudice qu’on a subi est d’ordre financier.

2. Si la vengeance ne cause pas à l’autre un préjudice financier.

3. Cela n’est jamais permis

Réponse : 3

Un enfant dont les parents ont un différend avec un ami doit-il leur obéir s’ils lui interdisent de lui parler ?

2. Non.

3. Ça dépend si c’est son père qui lui ordonne ou sa mère.

Réponse : 2

HALAKHA QUIZ

SHABATIK

Convaincre à tout prix 4

Dans les années 1980, un chercheur australien est persuadé de tenir une découverte médicale majeure.

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions.

Qu’a-t-il fait pour prouver sa théorie ?

Il se vaccina / infecta lui-même pour prouver sa théorie.

Pour convaincre ses pairs sceptiques, Barry Marshall décide d’employer la méthode la plus directe possible…

Le docteur Barry Marshall s’est volontairement infecté avec la bactérie H. pylori en 1984 pour prouver qu’elle causait les ulcères gastriques, contredisant la théorie dominante de l’époque. Sa démarche audacieuse lui a permis de confirmer son hypothèse et lui a valu plus tard, avec Robin Warren, le prix Nobel de médecine.

Réponse de la semaine dernière

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Indice : A voir.

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

La tombe de Binyamin Cohen à Meknès

Il saute dans le premier avion pour le Maroc, entre dans le vieux cimetière de Meknès, et ce qu’il voit le fait trembler : la tombe de son père est là, intacte...

Binyamin Cohen vit au Maroc mais il rêve de s’installer en terre d’Israël.

Les années passent, mais ses affaires, sa famille et sa santé fragile le freinent à se lancer dans cette aventure. Puis le temps fait son œuvre : Binyamin meurt paisiblement dans son sommeil.

Quand son fils unique aisé qui vit en France apprend le décès de son père, il prend le premier vol pour le Maroc et assiste à l’enterrement dans le vieux cimetière juif de Meknès. Il se rend compte que le rêve de son père de s’installer à Jérusalem ne s’est pas réalisé, alors qu’il l’avait pourtant tellement espéré.

Un vœu réalisé pour l’éternité

À la fin de la période de deuil, le fils ne peut se résoudre à laisser ce rêve s’éteindre avec son père. Il prend la décision de réaliser son vœu à titre posthume, et décide de transférer sa dépouille du Maroc vers la Terre sainte.

Le fils contacte une entreprise spécialisée dans le rapatriement des défunts vers Israël, exigeant que chaque étape soit conforme à la Halakha, la loi juive. Il paie sans hésiter la somme importante qui lui est demandée : pour son père, rien n’est trop grand.

À l’époque, une telle procédure est difficile à mettre en place : les démarches sont complexes, les experts sont rares et les nombreuses autorisations à obtenir auprès des différents

organismes et ministères sont délicates. Une telle opération peut durer des années.

Mais de manière incroyable, tout se débloque en seulement quelques semaines. Le fils y voit un signe du Ciel, une approbation divine. Il achète très vite une concession à Har Hazétim, au mont des Oliviers, face au Har Habayit, le mont du Temple, à Jérusalem, pour un montant conséquent.

Une cérémonie est organisée à Jérusalem avec tout le respect et la dignité dûs à son père. Certains grands rabbins d’Israël, émus par cette histoire peu commune pour l’époque, décident d’y assister, prennent la parole et saluent le mérite immense du fils qui a œuvré sans relâche pour honorer son père. Des centaines de personnes se joignent aussi à cette Lévaya exceptionnelle. L’émotion est à son comble et le fils ressent une petite consolation, avec le sentiment du devoir accompli.

Un homme peut en cacher un autre

Quelques semaines plus tard, le fils croise à Paris un ami qui revient d’un pèlerinage au Maroc. "C’était magique, on a visité le cimetière juif de Meknès. J’ai prié sur la tombe de ton père !" Le fils s’étonne, et l’ami renchérit : "Évidemment, tu penses que je serais allé à Meknès sans aller me recueillir sur sa tombe ?"

Le fils appelle immédiatement l’entreprise qui s’est chargée du transfert et exige des

explications : tout a été fait dans les règles de l’art.

Mais cette réponse ne suffit pas. Il sent qu’il n’aura pas la paix tant qu’il n’aura pas tiré cette affaire au clair. Il saute dans le premier avion pour le Maroc, entre dans le vieux cimetière de Meknès, et ce qu’il voit le fait trembler : la tombe de son père est là, intacte.

Il court en colère chez les responsables de la ‘Hévra Kadicha locale : "Comment est-ce possible ? J’ai payé l’exhumation, j’ai vu le caveau vide, j’ai assisté à l’enterrement en Israël et mon père serait toujours ici ?!" Les responsables sont autant choqués que lui. Ils reprennent tous les documents, vérifient les procédures : le corps exhumé et transféré est bien celui de Binyamin Cohen.

Une question lui occupe toutefois l’esprit : pourquoi cette erreur est-elle arrivée ? Pourquoi cette autre personne a mérité un tel honneur, une place sur le mont des Oliviers, un enterrement avec autant de monde et de Rabbanim présents ?

Une question lui occupe l’esprit : pourquoi cette erreur est-elle arrivée ?

Comment expliquer ce mystère ? Après vérifications, la terrible vérité éclate : un autre Binyamin Cohen est enterré dans ce cimetière de Meknès, et celui qui a été transféré à Jérusalem n’est pas le Binyamin Cohen de notre histoire… mais un homonyme, un Juif inconnu, sans famille, mort dans la solitude.

Le fils est bouleversé mais il n’a pas le temps de se lamenter sur cette erreur épouvantable. Sa mission n’est pas terminée, il faut désormais réparer cette erreur. Plutôt que de se lancer dans des procédures pour obtenir réparation, il décide de relancer le transfert de la dépouille de son père en Israël ; mais maintenant, il supervise lui-même chaque détail.

Grâce à D.ieu, tout se met en place très vite. Cette fois-ci, la Lévaya est modeste, il n’y a pas de grands Rabbanim présents, et le fils arrive à peine à rassembler un Minyan, dix hommes pour pouvoir réciter le Kaddich. Mais enfin, il a réalisé le rêve de son père d’être en Israël.

Il décide de se rendre à nouveau à Meknès pour ses prochaines vacances afin de mener sa petite enquête. Cet autre Binyamin Cohen est un homme discret, pauvre et simple, attaché à une Mitsva particulière, celle de réjouir les mariés. Il parcourt le pays pour l’accomplir : à chaque mariage, il danse, chante, fait rire, sans jamais rien demander en retour. Il dit toujours : "Dans le Talmud, il est écrit que celui qui réjouit les mariés reconstruit les ruines de Jérusalem. Ma seule récompense, c’est que vous priez pour moi, pour que j’ai le mérite de voir le Temple reconstruit de mon vivant, ou si ce n’est pas le cas malheureusement, que je sois enterré au mont des Oliviers à Jérusalem afin d’être en première ligne lorsque les ruines de Jérusalem se relèveront à l’époque du Machia’h. Hachem paiera Lui-même mon enterrement !"

Le fils comprend maintenant le fil des événements. Ce n’est pas une erreur humaine, mais c’est la volonté divine qui est à l’œuvre. Hachem a vu la vie modeste de ce Juif, mais aussi sa capacité à se dépasser pour donner de la joie aux autres.

Rien n’échappe à la Providence divine. Chaque Mitsva, chaque acte de bonté, chaque avancée dans la Émouna, l’attachement du peuple juif à la terre d’Israël… tout compte et Hachem n’oublie absolument rien. Un homme est récompensé non pas pour ce qu’il possède, mais pour ce qu’il donne.

Même au bord du gouffre, la tête haute

Rav Elh’anan Wasserman (1875–1941), élève du ‘Hafets ‘Haïm et l’un des plus grands maîtres de la Torah d’Europe, dirigeait la Yéchiva de Baranowitch lorsque les nazis envahirent la Lituanie. Arrêté à Slobodka avec ses élèves, il aurait pu fuir. Il refusa. Ce qu’il leur transmit dans ses derniers instants reste l’un des témoignages de foi les plus bouleversants de la Shoah.

Durant la Shoah, en juillet 1941, lorsque le Rav

Elh’anan Wasserman fut arrêté par les nazis avec ses élèves à Slobodka (Lituanie) et mené vers la mort, il est rapporté qu’il dansa avec ses disciples et chanta des chants de Emouna, de foi.

Puis, juste avant la fin, il leur dit :

"Il semble qu’au Ciel on nous considère comme des Tsadikim (justes), puisqu’on veut que nous

expions par nos corps l’ensemble de peuple d’Israël. Nous devons faire Téchouva maintenant, nous repentir, immédiatement, sur place, car le temps est court… Nous devons nous souvenir que nous allons véritablement sanctifier le Nom de D-ieu. Marchons la tête haute, et qu’aucune pensée impure n’entache notre esprit — car elle serait comme un Pigoul, une tare qui invalide le sacrifice. Nous accomplissons en ce moment la plus grande des Mitsvot : celle de Kiddouch Hachem."

Nos épreuves, notre sacrifice

Un instant avant la mort, Rav El’hanan Wasserman n’y voyait pas une fin — mais une mission. Il enseigna à ses élèves, et à nousmêmes, quelque chose de bouleversant :

De même qu’un sacrifice au Temple ne peut avoir de défaut, de même il ne peut y avoir de fissure dans la foi — même dans les moments les plus douloureux.

Ne pas douter. Ne pas se briser. Mais marcher avec une foi entière jusqu’au dernier instant.

Si lui a pu conserver une foi entière face à la mort, nous pouvons certainement garder la nôtre face aux épreuves de nos vies.

Nos difficultés quotidiennes sont notre "sacrifice" à nous — et notre réponse doit être la même : la tête haute, sans douter.

Binyamin Benhamou

Parachat A'haré Mot Kédochim par Michaël Lumbroso

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

Chacun a la Mitsva de craindre ces deux personnes

(sa mère et son père)

Même là-bas, il est interdit de haïr son prochain, même si on ne lui fait rien de mal.

Le jour de Kippour, le Cohen Gadol devait en prendre une pleine pelle et y jeter dessus l'encens.

Dans le passage des Kétoret, on explique qu’on remettait l’encens dans le mortier la veille de Kippour pour qu’elle soit sous cette forme.

(fine de chez fine)

Le jour du Kippour, le Cohen devait parfois porter des vêtements blancs, parfois de tels vêtements

(en or)

Il est interdit de se tourner vers eux pour prédire l'avenir : Ov et ... .

(Yidéonim, "augures")

Au sens littéral, il est interdit d'en placer un devant un aveugle.

(une embûche)

(dans son cœur)

Si on n'accomplit pas cette Mitsva, on sera considéré fautif de la faute commise par son prochain, bien qu'on n’y ait pas pris part.

(tu le réprimenderas)

La Torah interdit de maudire telle personne, à plus forte raison, ceux qui entendent.

(sourd)

C'est interdit d'en planter et aussi interdit de porter un vêtement fait avec

(mélange interdit)

(des braises ardentes)

Rabbi ‘Akiva l'a dit, c'est un principe général de la Torah.

(tu aimeras ton prochain comme toi-même)

En faisant des fautes, la terre d'Israël devient ainsi, et alors vomit ses habitants.

Dire "oh la la, j'ai vu un chat noir, c'est pas bon signe", c'est l'interdit de ...

(divination / superstition)

Si un sacrifice a été abattu dans une intention de le consommer après la limite de temps autorisée, il devient ainsi, et est tout de suite disqualifié.

Il est interdit d'aller ainsi, de répéter à une personne ce qu'un tiers a dit à son insu.

(en colporteur)

À Kippour, on ne doit pas en porter à ses pieds.

(chaussure)

Kippour est un jour de ...

La Torah appelle le jour de Kippour aussi de cette manière

(impure)

Celui qui refuse de prêter un objet à son voisin parce que ce dernier ne lui a pas prêter le sien, transgresse cet interdit

(tu ne te vengeras pas)

À Kippour, il était effectué un tirage au sort entre deux boucs identiques, un pour Hachem et un autre pour ... .

(Azazel)

C'est interdit d'en dessiner sur son corps.

(tatouage)

Les habitants d'Erets Israël pratiquaient ce genre d'actions, Hachem a averti les Bné Israël de ne pas les reproduire.

suprême) (abomination)

par Rav Moché Boyer

Depuis que je suis religieux, je me sens en décalage avec mon entourage…

"Je travaille beaucoup sur moi-même, je progresse dans ma pratique du judaïsme et mon service divin. Mais quand je me retrouve avec ma famille ou des amis de longue date (qui ne sont pas au même niveau spirituel que moi et sont même parfois très éloignés), je ressens que mon niveau spirituel me coupe de mon entourage et de mes connaissances. Je n’ai pas vraiment de sujet de conversation avec eux, ils n’ont pas les mêmes notions en Torah, et leur compréhension générale est plus limitée. Je me sens comme isolé de mon environnement. Est-ce que je dois abandonner mes anciennes relations sociales et en chercher de nouvelles qui me correspondent davantage ? Dois-je quitter mes amis et ne plus me joindre aux événements familiaux ? Comment trouver le bon équilibre ?"

Réponse de Rav Boyer :

La réponse à cette question se trouve dans nos livres saints. En effet, on peut observer certaines situations sociales où quelqu’un se trouve avec sa famille, ses amis et ses proches lors de réjouissances, et il converse avec eux comme l’un d’entre eux. Puis vient le moment de la prière. À ce moment-là, il se retire et prie à part, se recueillant devant son Créateur, comme s’il s’agissait d’une personne totalement différente, qui n’est plus du tout de leur monde. Et lorsqu’il termine sa prière, il revient vers les autres, dans l’esprit du verset : "Moché redescendit de la montagne vers le peuple". Il en va de même lorsqu’il ouvre un livre pour étudier un peu seul : il semble se séparer de son entourage.

Mais la réalité est tout autre.

Au Temple, les gens apportaient des sacrifices, untel pour expier ses fautes, ou encore les obligations ou vœux non tenus. Dans tous ces commandements de la Torah, le texte est toujours formulé au singulier. Si l’on observe la

Paracha de Tsav, on voit par exemple : "Voici la loi du sacrifice de paix qu’il offrira à l’Éternel", "S’il l’offre en offrande de reconnaissance…"

Dans tous ces passages, la Torah s’exprime précisément au singulier. Cependant, les versets qui résument l’ensemble des sacrifices sont formulés différemment : "Voici la loi de l’holocauste, de l’offrande, du sacrifice expiatoire, du sacrifice de culpabilité, des offrandes d’inauguration et du sacrifice de paix, que l’Éternel ordonna à Moché sur le mont Sinaï, le jour où Il commanda aux enfants d’Israël d’offrir leurs sacrifices à l’Éternel dans le désert du Sinaï." Ici, on parle de l’ensemble des sacrifices et ce n’est plus formulé au singulier.

Les livres saints expliquent que la Torah veut nous enseigner ici une chose très importante. Plus une personne s’élève spirituellement, plus elle atteint “le secret de l’unité” ; plus elle s’élève, plus elle découvre combien auparavant elle n’était rien.

Pourtant, si quelqu’un s’élève spirituellement et que, par conséquent, il ressent qu’il possède

un statut particulier et qu’il regarde de haut les personnes qui sont en dessous de lui, c’est un signe que sa voie n’est pas la voie de la vérité. À son sujet, il est dit que s’il n’a pas de mérite, la Torah devient pour lui un poison mortel, à D.ieu ne plaise (Yoma 72b). C’est une situation très dangereuse.

Beaucoup de personnes sont confrontées à cela. Lorsqu’elles sentent qu’elles se sont renforcées spirituellement, elles ne peuvent s'empêcher de regarder les autres de haut et de faire des comparaisons avec leur entourage.

"Regardez mes voisins et mes anciens amis : que comprennent-ils vraiment ? Quels sont leurs concepts en matière de Torah ? Comment sont leurs prières et comment est leur table de Chabbath, comparées à la mienne ?…" Ce type de comportement révèle que tout le moteur du renforcement spirituel de cette personne n’est en réalité que son ego et son orgueil. Ce qui est certain, c’est qu’à un moment donné on l’arrêtera du Ciel, exactement comme la tour de Babel : elle monte, elle monte… et finalement elle se retrouve vidée et très bas. En général, ces personnes n’ont d’ailleurs pas beaucoup de joie de vivre, ni de satisfaction dans ce qu’elles font.

La voie correcte pour s’élever est tout autre : plus une personne s’élève, plus elle ressent qu’elle n’est en fait rien.

Moché, notre maître, a atteint des sommets spirituels précisément parce qu’il se considérait au même niveau que le peuple d’Israël. Il se souciait toujours d’eux et voyait en toute situation seulement le bien. "Moché redescendit de la montagne vers le peuple", est-il écrit. Plus une personne s’élève spirituellement, plus elle découvre en vérité qu’elle n’est rien par elle-même. Ce n’est qu’ainsi qu’elle apprend à apprécier chaque Juif et qu’elle parvient au secret de l’unité.

Elle ressent simplement de l’amour pour ses amis. Elle ressent précisément le besoin de rencontrer sa famille et cela, avec une grande joie. Même s’ils ne sont pas exactement à son

niveau spirituel, elle désire avoir une influence positive sur eux, afin qu’eux aussi puissent s’élever, se renforcer et atteindre un niveau plus élevé. Lorsqu’une personne apportait un sacrifice au Temple pour ses fautes, il faut savoir que le Temple était le lieu du secret de l’unité, comme au moment du don de la Torah au mont Sinaï, à propos duquel il est dit : "Israël campa là face à la montagne — comme un seul homme avec un seul cœur."

C’est pourquoi, au Temple, les Juifs se tenaient serrés mais se prosternaient avec espace.

Le Gaon Rabbi Aryeh Schechter disait que lorsqu’il y a de l’espace dans le cœur, même si l’on est serré physiquement, on ressent de l’espace. C’est pourquoi le verset qui résume les sacrifices parle au pluriel : "leurs sacrifices". Cela vient souligner que lorsque les enfants d’Israël arrivaient au Temple, bien que chacun ait son sacrifice personnel, chacun ressentait l’unité du peuple d’Israël et l’élévation collective de tous. C’est cela qui leur apportait une grande joie.

C’est le secret à connaître : plus une personne s’élève spirituellement, plus elle ressent en réalité son humilité et l’unité avec les autres. Elle ressent le besoin de se lier aux autres afin d’avoir une influence positive sur eux, pour qu’eux aussi puissent s’élever. Elle mérite alors de voir toujours en eux les points positifs. Et en réalité, il arrive souvent que lorsqu’une personne ouvre les yeux, elle découvre soudain que ces gens, qu’elle pensait ne pas être des érudits comme elle, possèdent pourtant de nombreuses qualités, énormément de bonté et de joie de vivre… Alors que, paradoxalement, lui-même, avec toute sa Torah et son service de D.ieu, se trouve parfois plongé dans la tristesse. Ce travail n’est pas simple du tout.

La Paracha de Tsav nous enseigne que les sacrifices unissaient tout le peuple d’Israël en un seul point de proximité avec D.ieu. C’est d’ailleurs le rôle du Temple : élever le monde de la séparation vers le monde de l’unité…

Rav Moché Boyer

HOMMAGE

Un géant de la Torah nous a quittés : Rav Réouven Elbaz d'Aix-les-Bains

C’est avec une immense douleur que la communauté juive francophone, l’association TorahBox et le monde juif tout entier, apprend le décès de l’une de ses grandes figures : Rav Réouven Elbaz, le Maguid Chi’our emblématique de la Yéchiva d’Aix-les-Bains, pilier de la Torah et de la transmission pour des générations entières. Baroukh Dayan Haémèt.

Du Maroc à Aix-les-Bains

Né en 1943 à Telouet, pittoresque village du Haut Atlas marocain, Rav Réouven Elbaz a manifesté dès son plus jeune âge un vif attachement à l’étude de la Torah. Il commença à étudier dès l’âge de 9 ans, puis rejoignit la Yéchiva Névé Chalom de Casablanca, dirigée par Rav Méïr Elbaz, qui lui transmit un amour profond pour l’étude de la Guémara

Il rejoignit ensuite la Yéchiva d’Aix-les-Bains, où il évolua dans le groupe de Rav Réfaël Its’hak Wasserman — époque à laquelle de nombreux jeunes Marocains étaient envoyés dans cette ville pour y recevoir une formation de haut niveau, parmi lesquels Rav Aharon Monsonégo, Rav David Messas, et bien d’autres.

Sur les conseils de Rav Wasserman, qui encourageait ses meilleurs éléments à poursuivre leurs études dans les grandes Yéchivot d’Erets Israël, Rav Elbaz se rendit en Israël dans le but d’intégrer la Yéchiva de Slabodka. N’y ayant pas été admis, il fit la rencontre providentielle de Rav Chmouel Greineman — beau-frère du ‘Hazon Ich — qui lui proposa de rejoindre le Collel ‘Hazon Ich. Il y étudia environ un an et demi.

Contraint de retourner à Aix-les-Bains pour renouveler son passeport marocain — démarche qui s’étira sur près de huit mois — Rav Elbaz reprit contact avec Rav Wasserman, entretemps installé à Londres où il avait fondé le Collel Rabinov. Invité à le rejoindre, Rav Elbaz accepta. Il y étudia une année en tant que

célibataire, avant de rentrer au Maroc pour s’y marier. Le jeune couple s’installa ensuite à Londres pour six années, durant lesquelles naquirent leurs quatre premiers enfants.

En 1969, de passage à Aixles-Bains pour une collecte en faveur du Collel Rabinov, Rav Elbaz fut accueilli par Rav Guerchon Cahen dans la cour de la Yéchiva. Après lui avoir demandé si ce lieu lui plaisait, ce dernier lui proposa un poste de Maguid Chi’our. Rav Elbaz accepta — et c’est ainsi qu’il devint l’un des piliers de l’enseignement de la Yéchiva d’Aix-les-Bains, responsable pendant plus de cinquante ans du cours de haut niveau (la classe dite "Koulo Kodech"), dispensant une Guémara d’une rigueur et d’une profondeur rares.

L’humilité, écrin de sa grandeur

Ses anciens élèves le décrivent unanimement comme un homme d’une extrême humilité, dissimulant derrière une discrétion absolue une grandeur exceptionnelle. Au fil des décennies, il a transmis à des centaines d’élèves une méthode d’étude pénétrante, analytique et méthodique, accordant une attention particulière à la précision des termes de la Guémara et des Richonim, et reconstituant l’architecture complète de chaque Sougya avec une rigueur exemplaire.

Mais ce qui frappait peut-être le plus ses élèves, c’est le contraste saisissant entre son génie exceptionnel et son humilité unique. Père de quinze enfants (Bli Ayin Hara’), il formait des

générations de Talmidim qui devinrent euxmêmes des grands — au point que ses élèves étaient acceptés automatiquement à la Yéchiva de Slabodka, la même qui lui avait fermé ses portes des années auparavant.

Parallèlement à son enseignement, Rav Elbaz incarnait un modèle vivant de Yirat Chamaïm et de strict respect de la Halakha, jusque dans les moindres détails. Son sourire constant, son accueil chaleureux et son dévouement sans faille ont laissé une empreinte durable dans le cœur de tous ceux qui l’ont approché.

Même après avoir été victime d’un AVC, il reprit très rapidement ses cours — désormais dispensés autour de la table de sa salle à manger, toujours entouré d’élèves avides de ses enseignements.

En 2022, Rav Elbaz fit son Alyah et s’installa à Bayit Vegan, à Jérusalem. Il conserva des liens étroits avec ses anciens élèves, dont certains continuaient à venir étudier avec lui deux à trois fois par semaine.

La Rabbanite Elbaz évoque avec émotion et reconnaissance le dévouement exceptionnel de tous les grands Rabbanim qu’ils ont côtoyés à Aix-les-Bains : Rav Chajkin, fondateur et âme de la Yéchiva, Rav Chmouel Errera, infatigable même passé 90 ans, ainsi que Rav Guerchon Cahen. Elle remercie Hachem de leur avoir permis d’élever leurs enfants dans un lieu de Torah préservé des influences extérieures, et exprime toute sa gratitude envers la Yéchiva et la communauté d’Aix-les-Bains.

Atteint d’une pneumonie depuis plusieurs semaines, l’état de santé du Rav connaissait des hauts et des bas, suscitant une inquiétude croissante parmi ses proches et ses disciples. Durant Pessa’h 5786, son état s’est considérablement dégradé, plongeant dans l’angoisse tous ceux qui lui étaient attachés. Ses proches et ses élèves priaient ardemment pour qu’il surmonte cette épreuve — mais la volonté du Ciel en décida autrement : le 19 avril 2026, 3 Iyar 5786, il s’éteignit à Jérusalem.

Un de ses élèves témoigne : "Il savait redonner du sens, remettre de la lumière là où il y avait de l’ombre, et m’aider à tenir. Il m’a transmis la foi simple et profonde, la confiance totale en Hachem dans chaque étape de la vie, même quand on ne comprend pas. Il m’a appris à rester accroché à l’essentiel : la Émouna et la persévérance. Il répétait toujours : ‘Avec Hachem on ne discute pas.’ Cette phrase résume tout un chemin de vie : accepter, avancer et comprendre que tout vient d’une sagesse supérieure."

Il laisse derrière lui la Rabbanite, ses nombreux enfants, petits-enfants et arrière-petitsenfants, ainsi qu’une multitude d’élèves qui se retrouvent aujourd’hui orphelins de leur maître. Sa disparition laisse un vide immense et douloureux, au sein de sa famille comme au cœur de la communauté juive francophone — à Aix-les-Bains et à Jérusalem — à laquelle il avait consacré sa vie entière.

Puisse son souvenir être source de bénédiction !

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE NICE

La sainteté… chez soi

La Parachat A’haré Mot décrit en détails l’un des moments les plus intenses de l’année : la ‘Avoda du Cohen Gadol le jour de Yom Kippour. Tout est minutieusement organisé. Le Cohen Gadol se prépare pendant une semaine entière afin d’être prêt à accomplir ce service unique. Ce jour-là, il est le seul à pouvoir entrer dans le Saint des Saints, lieu le plus sacré qui soit.

On pourrait penser que le sommet de cette journée réside dans ce moment extraordinaire, lorsqu’il pénètre dans cet espace où la Présence divine se dévoile avec une intensité incomparable. Pourtant, un détail rapporté par le Rambam attire l’attention. Une fois son service terminé, le Cohen Gadol ne reste pas dans cette sphère spirituelle. Il rentre chez lui. Le peuple l’accompagne, et il organise un repas de fête avec ses proches pour remercier Hachem d’être sorti vivant du Saint des Saints. Pourquoi ce moment, qui semble personnel, est-il intégré dans les lois de Yom Kippour ? En réalité, il révèle le cœur même du message.

prie pour des choses très concrètes : la pluie, la subsistance, la santé, des enfants en bonne santé, la stabilité du peuple. Autrement dit, il parle de la vie matérielle.

Ce choix est loin d’être anodin. Il nous enseigne que le but de Yom Kippour n’est pas de fuir le monde, mais de le transformer.

Le Cohen Gadol atteint le sommet de la spiritualité, mais il ne s’y installe pas. Il y entre brièvement, puis il en ressort. Et surtout, il revient dans sa maison, dans sa vie quotidienne, auprès de sa famille. C’est là que tout se joue. La sainteté n’est pas faite pour rester enfermée dans le Temple ou dans un moment exceptionnel. Elle doit descendre dans la réalité.

C’est précisément cela que Yom Kippour vient construire. Pendant une journée, l’homme se détache du monde matériel. Il se consacre entièrement à la prière, à l’introspection, à la recherche de pureté. Mais cette parenthèse n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen. Elle permet de s’imprégner de sainteté pour ensuite la réintroduire dans la vie de tous les jours.

Un autre élément va dans ce sens. Le Talmud enseigne que le Cohen Gadol doit impérativement être marié pour accomplir la ‘Avoda. Le verset parle d’un sacrifice expiatoire “pour lui et pour sa maison”, et nos Sages précisent : “sa maison, c’est sa femme”. Là encore, la question est frappante. Pourquoi insister sur la dimension familiale au moment le plus spirituel de l’année ?

La réponse apparaît encore plus clairement dans la courte prière que le Cohen Gadol prononce dans le Saint des Saints. Il n’y demande pas une élévation spirituelle exceptionnelle, ni des niveaux de prophétie. Il

C’est dans ce sens que nos Sages disent : “Dans toutes tes voies, connais-Le”. Le service de Hachem ne se limite pas aux moments élevés. Il se trouve aussi, et surtout, dans les actions les plus simples : travailler, construire une famille, vivre avec droiture et conscience.

C’est peut-être cela, au fond, la réussite de Kippour : ne pas rester en haut, mais savoir redescendre et amener avec soi la sainteté dans le monde réel.

Rav Yossef Pinson, Chalia’h ‘Habad à Nice-Cote d’Azur. (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

Ça s’est passé un… 26 avril 1986 - Explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl

Des dizaines de milliers de personnes seront évacuées trop tard de la région contaminée, et parfois sans aucune information sur les risques encourus. Parmi elles, de nombreux Juifs qui vivaient encore dans ces villes ou villages de l’ancien shtetl d’Ukraine et de Biélorussie.

Le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, explose, provoquant l’une des plus graves catastrophes nucléaires de l’histoire de l’humanité.

L’accident est dû à une expérience mal contrôlée effectuée par les ingénieurs de la centrale. Le cœur du réacteur surchauffe, entre en fusion, puis explose, projetant dans l’atmosphère des tonnes de matières radioactives, qui contaminent une large partie de l’Europe de l’Est.

Bien avant de devenir synonyme de catastrophe nucléaire, Tchernobyl fut l’un des plus brillants foyers du judaïsme ‘hassidique.

Le nuage radioactif touche l’Ukraine, la Biélorussie, la Russie, mais aussi la Pologne, la Scandinavie et, plus tard, l’Europe de l’Ouest.

À l’époque, l’Ukraine est encore une république soviétique sous la coupe de Moscou. Elle est dirigée par Volodymyr Shcherbytsky, premier secrétaire du Parti communiste d’Ukraine, un fidèle du régime.

Quelques jours seulement après l’explosion, Shcherbytsky maintient le défilé du 1er mai à Kiev, malgré la présence du nuage radioactif. Des milliers d’enfants et de familles sont envoyés dans les rues pour "montrer que tout va bien", alors que les niveaux de radiation sont déjà dangereux.

Ce geste est aujourd’hui considéré comme l’un des plus cyniques de l’ère soviétique.

Conséquences pour les Juifs d’URSS

Des dizaines de milliers de personnes seront évacuées trop tard de la région contaminée, et parfois sans aucune information sur les risques encourus. Parmi elles, de nombreux Juifs qui vivaient encore dans ces villes ou villages de l’ancien shtetl d’Ukraine et de Biélorussie.

Certaines familles juives ont été irradiées, d’autres relogées dans des zones précaires, et beaucoup ont vu là un signe de plus qu’il fallait quitter l’Union soviétique.

L’accident de Tchernobyl, ajouté à la répression culturelle et religieuse, à la montée de l’antisémitisme et à l’effondrement à venir de l’URSS, a précipité une vague de ‘Alyah massive dans les années 1990.

On estime que près d’un million de Juifs d’URSS ont fait leur ‘Alyah entre 1989 et 2000, dont de nombreux originaires de la région de Kiev, de Jytomyr ou de Gomel, toutes situées dans le rayon de la catastrophe.

Héritage vivant malgré les cendres

Bien avant de devenir synonyme de catastrophe nucléaire, Tchernobyl fut l’un des plus brillants foyers du judaïsme ‘hassidique.

C’est là que naît, au XVIIIème siècle, Rabbi Mena’hem Na’houm de Tchernobyl, élève du Ba’al Chem Tov et fondateur d’une dynastie ‘hassidique influente, qui marquera la vie juive d’Europe de l’Est.

Mais durant l’invasion nazie, la communauté juive est exterminée, comme tant d’autres shtetls d’Ukraine.

Aujourd’hui, la dynastie de Tchernobyl perdure dans le monde : à Bné Brak, Jérusalem, Monsey ou New York, les descendants des Rebbe de Tchernobyl continuent de transmettre leur enseignement.

Ils portent toujours le nom de la ville, rappelant que même des lieux meurtris peuvent porter une mémoire sacrée.

On mange quoi après un repas trop lourd ?

Des occasions de repas copieux, on en a à la pelle : Chabbath, fêtes, évènements… ou pas. Souvent, on ressort en se disant qu’on a vraiment abusé. Et généralement s’ensuivent culpabilité et mauvaises décisions. Sauter le repas suivant, ou au contraire craquer encore plus. C’est là que tout se joue : ce n’est pas ce repas qui pose problème, c’est la réaction derrière.

On adopte de vrais réflexes :

• Éviter de culpabiliser : un excès ponctuel ne définit pas notre hygiène de vie à long terme

• Ne pas sauter le repas suivant : cela dérègle la faim et pousse à trop manger ensuite

• Revenir simplement à une alimentation légère : légumes + protéines au repas suivant

• Bien s’hydrater pour soutenir le travail digestif et compenser les excès

• Aller marcher 10 à 20 minutes pour relancer la digestion

• Bannir le "tout ou rien" : on ne compense pas, on rééquilibre

Votre corps est bien plus intelligent que vous ne le pensez. Il sait gérer un excès ponctuel. Ce qu’il ne gère pas, ce sont les extrêmes et les variations brutales. L’équilibre, lui, se construit dans la durée.

Du Nil à l’exil : la longue histoire des Juifs d’Égypte

Pendant des millénaires, l’Égypte et le peuple juif ont été liés par une histoire étrange, presque paradoxale. Une histoire qui commence par l’esclavage, et qui se termine par la disparition presque totale d’une communauté vieille de deux mille ans.

Dans la mémoire juive, tout commence avec un récit fondateur. La Torah raconte comment les Hébreux, installés en Égypte, deviennent peu à peu des esclaves du pharaon. C’est là que naît l’un des récits les plus puissants de l’histoire humaine : la sortie d’Égypte, la libération, et la marche vers la Terre promise. Après cet épisode, un commandement étonnant apparaît : les Juifs ne doivent plus jamais revenir vivre dans ce pays, comme si l’Égypte représentait un monde dont il fallait définitivement s’éloigner.

Retour en Égypte

Pourtant, l’histoire ne suit pas toujours les injonctions. Quelques siècles plus tard, après la destruction du Premier Temple de Jérusalem par les Babyloniens, des Juifs prennent la route de l’Égypte. Certains fuient la guerre, d’autres

cherchent refuge dans une terre plus stable. Peu à peu, une nouvelle présence juive apparaît sur les rives du Nil. Viennent les Grecs, puis les Romains. Alexandrie devient l’une des plus grandes villes du monde antique. Dans ses rues, les cultures se mêlent : philosophes grecs, marchands égyptiens, fonctionnaires romains… et une immense communauté juive. C’est là que la Torah est traduite pour la première fois en grec, dans une version connue sous le nom de Septante. Pendant des siècles, Alexandrie est l’un des centres intellectuels les plus importants du judaïsme.

Développement exponentiel

Les siècles passent, les empires changent, mais les Juifs restent. Sous les dynasties musulmanes puis sous l’Empire ottoman, ils vivent dans

plusieurs villes d’Égypte. Commerçants, artisans, traducteurs, parfois conseillers auprès du pouvoir, leur histoire se mêle à celle du pays.

Au XIXè siècle, l’Égypte s’ouvre au monde. Les ports se modernisent, les échanges explosent, et de nouvelles populations arrivent.

Les siècles passent, les empires changent, mais les Juifs restent "

Des Juifs venus d’Italie, de Grèce, de Syrie ou de Turquie s’installent au Caire et à Alexandrie. Beaucoup parlent plusieurs langues : arabe à la maison, français dans les affaires, parfois italien ou anglais. La communauté devient cosmopolite, raffinée, profondément intégrée dans la vie économique du pays.

Au début du XXè siècle, près de 75 000 Juifs vivent en Égypte. Le Caire et Alexandrie possèdent leurs synagogues, leurs écoles, leurs journaux. Des familles juives dirigent des banques, des entreprises, des grands magasins. Certains deviennent même des figures importantes de la culture et du commerce.

L’histoire bascule

En 1948, la création de l’État d’Israël déclenche des tensions dans tout le monde arabe. En Égypte, les Juifs se retrouvent soudain pris dans une tempête politique qui les dépasse. Les soupçons grandissent, les violences apparaissent. Beaucoup commencent à quitter le pays. Le véritable tournant survient en 1956, lors de la crise de Suez. Après l’intervention militaire franco-britannique et israélienne contre l’Égypte, le gouvernement égyptien prend des mesures radicales. Des milliers de Juifs sont expulsés. On leur ordonne souvent de signer des documents affirmant qu’ils quittent le pays de leur plein gré, tout en abandonnant leurs biens.

En quelques années seulement, une communauté vieille de plusieurs siècles disparaît presque entièrement.

Les familles partent vers la France, Israël, l’Italie ou les États-Unis. Les synagogues ferment les

unes après les autres. Les quartiers juifs se vident. Aujourd’hui, il ne reste presque plus de Juifs en Égypte. Là où vivaient autrefois des dizaines de milliers de personnes, il n’en subsiste qu’une poignée. Et pourtant, chaque année, lors de la fête de Pessa’h, les familles juives racontent encore la sortie d’Égypte. Le récit biblique de l’esclavage et de la libération continue de se transmettre de génération en génération, comme si l’histoire entre les Juifs et l’Égypte n’avait jamais vraiment cessé.

Une relation vieille de plus de trois mille ans, faite d’exil, de retour, de prospérité, et de départs forcés. Une histoire qui commence dans les pages de la Bible, et qui se termine, presque, dans les mémoires.

L’équipe Yedia

FEMMES

COUPLE FAMILLE

Ma crise de la quarantaine : entre moi et moi...

Je levai les yeux vers un tableau d’une photo de mon mariage accrochée au mur. Mon cœur se serra, je me sentais si loin de celle que j’étais…

Ça y est, je viens d’avoir quarante ans ! Bon, pour être honnête, j’ai un peu du mal à y croire. Malgré mon statut de mère de famille nombreuse, une partie de moi reste obstinément "ado" : ma façon de marcher, de parler, de m’habiller… Je n’arrive toujours pas à me comporter comme une "dame". Mais ce n’est pas grave, je ne pense pas que ce soit le but quand on atteint cet âgelà.

Quel est l’enjeu alors ? Je m’accorde le luxe d’une bonne crise de la quarantaine pour y réfléchir. Ça fait six mois que je m’y prépare. Tout a commencé le soir d’une journée bien mouvementée…

Il était tard, je me dirigeai vers mon lit, épuisée et un peu déprimée. Mon mari n’était pas là, personne à qui raconter la torture psychologique que mes enfants m’avaient fait subir aujourd’hui… ni ma façon pas très pédagogue d’avoir réagi, à bout de force et de nerfs. Entre épuisement et culpabilité, je récitai machinalement Kriat Chéma’ ‘Al Hamita et posai enfin ma tête sur l’oreiller.

Alors que je commençais à m’endormir, je levai les yeux vers un tableau d’une photo de mon mariage accrochée au mur. Éblouissante dans ma robe de mariée, un large sourire et les yeux pétillants, pleine de bonheur et de foi dans un avenir merveilleux. Mon cœur se serra, je me sentais si loin de celle que j’étais…

Une discussion animée

Soudain, la mariée de la photo a tourné la tête et m’a regardée droit dans les yeux. Avant que je ne réalise ce qui se passait, elle a commencé à me lancer : "Eh ben, t’as l’air en pleine forme !"

Bien que choquée, je n’allais certainement pas me laisser faire par cette petite impertinente, même si c’était moi !

"Oui, c’est sûr, je ne viens pas de passer trois heures à me faire maquiller et coiffer, moi !

- C’est vrai, mais tu vois bien que ce n’est pas que le maquillage qui me rend belle sur cette photo.

- Ah oui ? Quoi alors ?

- J’irradie ! Je rayonne de bonheur, de fraîcheur. Toi, désolée de te le dire, mais tu sembles un peu… éteinte !"

J’accusai le coup. Je regardai mon mari sur la photo, en guise de soutien, mais il restait figé, ébloui par la mariée.

"Quand tu auras les mêmes journées que les miennes, on verra si tu continues à illuminer le monde, j’en doute fort !

- Ok, c’est sûr que moi, je ne sais que m’occuper de ma pomme et que toi tu excelles dans la gestion de ta tribu.

- Merci de le reconnaître…

- Bon, parfois tu t’énerves un peu vite quand même !

- C’est vrai…

- Tu devrais calmer un peu la cadence et… sourire ! Regarde comme ça te va bien !"

Je la regardais interloquée. Comment sourire comme elle quand on croule sous la charge mentale ?

Nécessaire recentrage

"Tu sais quoi", continua-t-elle, "ça fait 11 ans que tu donnes tout pour les enfants, c’est super mais tu t’oublies dans ce tourbillon. Et ta petite mine, ça vient aussi du fait que tu as oublié ce que c’est que de prier et d’écouter des cours. C’est ce qui te nourrissait à l’époque et tu le négliges maintenant."

Elle touchait un point douloureux mais elle avait raison, je n’avais rien à répondre.

Tu vas avoir quarante ans !
C’est le moment de te recentrer un peu sur toi, de reprendre ce que tu aimais et de retrouver ta connexion avec Hachem. "

"Dans six mois, tu vas avoir quarante ans ! C’est le moment de te recentrer un peu sur toi, de reprendre ce que tu aimais et de retrouver ta connexion avec Hachem.

- J’aimerais mais je n’ai pas le temps…

- Le temps, ça se trouve, même dans ton cas. Et je suis sûre que le nouveau toi illuminera et que ça rejaillira sur ta famille. N’oublie pas ce que je t’ai dit !"

Je suis restée là, allongée, les yeux ouverts sur la version de moi-même que j’avais laissée de côté. Est-ce qu’il fallait que je me reconnecte à mon ancien moi pour devenir mon nouveau moi ?

Crise ? Opportunité !

Depuis ce jour, je réfléchis et je fais le point. Non, je ne redeviendrai pas cette jeune fille idéaliste et insouciante mais je veux regagner sa fraîcheur, sa spontanéité, sa spiritualité et ses passions. Et j’y ajouterai la force de l’expérience de vie acquise au cours de ces onze dernières années.

Pour nous, les femmes juives, faire une crise de la quarantaine, ce n’est pas s’abonner au

Botox, divorcer et croire qu’on a de nouveau 20 ans. C’est plutôt un super cap à passer où l’on peut être fières de ce qu’on a déjà construit en sachant que plein de belles choses nous attendent encore. C’est un âge où l’on peut s’affirmer ou se radoucir, gagner en confiance en soi ou en humilité, se connaître, répondre à ses besoins. Et surtout, oser être vraiment nous-mêmes, ou essayer du moins !

Alors profitons de chaque passage de dizaine pour faire une belle crise comme il se doit. Que ce soit à 20 ans pour se découvrir et être prête à accueillir toutes les promesses de la vie, comme à 70 ans pour profiter de tout ce qu’on a semé et se renouveler en tant que femme. Et là on peut dire que franchement, on le vaut bien !

Batya Berdugo

Appartement 5 pièces 125 m2 1er étage.

Très bel appartement d'angle, spacieux, lumineux, sans vis à vis, très bien entretenu.

Terrasse soucca 7 m2

Cave 38 m2 inscrit au cadastre (Tabo) + parking inscrit au cadastre (Tabo)

Pour visite contactez Yaakov 052 766 58 93

Mitsva d’avoir des enfants malgré le mal qui règne sur terre ?!

Pourquoi est-ce une Mitsva d'avoir des enfants alors qu’il y a du mal dans le monde, et que celui-ci ne risque pas de disparaître du jour au lendemain ? N’est-ce pas livrer sciemment des innocents au mal ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

La réponse à votre question a été donnée dans le Talmud : notre devoir est d’accomplir la Volonté d’Hachem. Nous n’avons pas à faire des calculs dont le résultat est une désobéissance à Sa volonté. (Brakhot 10a)

D’autre part, nos Sages affirment : "La Torah n’a pas été donnée aux anges". Cela signifie qu’Hachem attend de chacun d’entre nous de faire ce qui est possible (une bonne éducation, une bonne école juive, des prières...). Il attend que nous agissions le plus parfaitement possible (conformément à la lettre de la Halakha), mais Il ne nous en voudra pas si nous ne finissons pas le travail car nos capacités sont limitées (à condition qu'il ne s'agisse pas de négligences ou de laisser-aller). (Talmud Brakhot 25b, Yoma 30a, Kidouchine 54a, Mé’ila 14b ; Pirké Avot 2, 16 [en termes différents] ; Midrach Rabba 5, 2 sur Chir Hachirim)

Infirmière, comment

allumer les bougies quand je travaille Chabbath ?

Je suis infirmière en Israël, j’ai commencé à travailler Chabbath. À l’entrée de Chabbath, comment dois-je faire pour les bougies ? Je suis dans un service où les femmes ont le droit d’allumer à un même endroit. Dois-je faire la Brakha ? Je suis Séfarade.

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Étant donné que vous êtes Séfarade, vous pouvez allumer les bougies mais sans réciter de Brakha. (Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 263, 8 ; Halakha Broura 292) Si, avant d’allumer, vous pouvez répondre Amen suite à la Brakha récitée par une femme Ashkénaze, c'est une bonne chose.

Chanter pour endormir un enfant : bonne habitude ?

Un enfant de 3 ans a pris l’habitude de s’endormir avec les chants de sa mère, est-ce une bonne chose ou faut-il qu’il s’habitue à s’endormir seul ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Si cela ne dérange vraiment pas la maman, elle doit poursuivre sur cette lancée, tous les soirs, jusqu’au mariage de l’enfant. Le temps que vous pensez "perdre" et les efforts que vous y mettez apportent en réalité un immense bien. Quelques minutes chaque soir pour accompagner l’enfant avec calme et attention lui donnent l’affection dont il a besoin et renforcent la confiance qu’il a en vous.

Grâce à cela, il sera beaucoup plus réceptif à votre éducation et vous pourrez le guider facilement, comme une pâte que l’on façonne avec douceur et cela le construira dans la tranquillité pour longtemps. Ces moments ne sont donc pas du temps perdu, mais un véritable investissement pour son bien-être et son équilibre. Le temps que l’on croit perdre aujourd’hui est insignifiant si on le compare à ce que l’on pourrait perdre plus tard pour corriger les conséquences si l’enfant manque de ces moments de calme et d’attention. Quelques minutes maintenant peuvent éviter bien des efforts par la suite.

Si une femme descend au Miklat (abri anti-missiles) et se retrouve seule avec un homme, doit-elle sortir ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

1. Dans un tel cas, l’homme devrait sortir et laisser sa place à la femme en question. "Noblesse" oblige. Il se placera en dehors du Miklat, proche de la porte. On pourrait déduire une conclusion différente de ce qui est mentionné dans le Talmud Horayot 13a.

2. Si l’homme n’est pas assez fin et ne comprend pas les allusions, la femme se placera en dehors du Miklat, proche de la porte.

3. Agir ainsi constitue un immense mérite, non seulement pour les personnes en question mais aussi pour tous les occupants de l’immeuble.

4. Il est à noter que selon de nombreux décisionnaires, l’interdiction du Yi’houd est repoussée face aux risques encourus en dehors du Miklat. (Léinyan Halakha 571, 2 ; Gan Na’oul, Yihoud 9-23 ; 1, 39) ; Dibrot Yéhouda 299 ; Hilkhot Az’aka 170-174)

5. Il est à noter, également, que si à chaque instant, un locataire / propriétaire peut arriver, l’interdiction du Yi’houd n’est plus en vigueur mais il faudra alors réfléchir à la manière dont il faut réagir face à la nouvelle situation.

6. Si la femme est mariée et que son mari se trouve dans la ville, l’interdiction du Yi’houd n’est pas en vigueur. Elle pourra donc entrer dans le Miklat. (Talmud Kidouchine 81a ;Choul’han ‘Aroukh Even Ha’ézer 22, 8 ; ‘Hokhmat Adam 126, 6)

Deux articles ne figurent pas sur mon ticket de caisse !

J’ai fait des courses la veille de Pourim à Osher Ad (chaîne de supermarchés israéliennes) et en relisant le ticket de caisse, je réalise que deux articles ne m’ont pas été facturés. Dois-je retourner au magasin pour le leur dire et payer ces articles ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Il est obligatoire de vous rendre au magasin afin de faire part de l’erreur et de payer ce qu’il faut. (Techouvot Véhanhagot 1, 816). Cette obligation relève de la Mitsva de Hachavat Avéda. (restituer une perte à son propriétaire) La valeur des articles qui n’ont pas été facturés constitue, d’une certaine manière, une perte pour le propriétaire du magasin. Il faut donc lui signaler l’erreur et lui restituer ce qui lui revient. À ce stade, il ne s’agit absolument pas d’un vol, mais de l’obligation de restituer une perte. Par contre, si l’on garde ces articles sans rien dire, cela deviendrait alors également un vol.

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

Faire attention aux autres, ça a de l’avenir !

Les enfants, cette semaine, essayons de nous mettre à la place des autres avant d’agir ou de parler.

L'HISTOIRE

Dans la cour du Talmud Torah, les élèves jouent au ballon. La partie est intense. Dan court, passe, tire, et marque un but. "Ouiiii !" crie-t-il.

Mais juste après, Sam arrive en courant. "Hé ! j’étais démarqué ! Pourquoi tu ne m’as pas passé la balle ?" Dan hausse les épaules : "Parce que je voulais marquer." Sam se tait, un peu vexé. Il recule et ne touche presque plus le ballon.

Le jeu continue, mais l’ambiance n’est plus la même. À un moment, Dan rate un tir facile. Eli rigole : "Franchement Dan, tu aurais dû passer !" Dan se fige. Il n’aime pas du tout ce qu’il vient d’entendre. "Moi non plus, j’aime pas qu’on me dise ça…", pense-t-il, en repensant à ce qu’a dû ressentir son copain Sam.

Le jeu s’arrête quelques secondes. Dan s’approche de Sam. "Euh… tout à l’heure… j’aurais pu te faire la passe." Sam le regarde, Dan continue : "Si j’étais à ta place, j’aurais été énervé aussi."

Après un instant de silence, Sam lui dit : "Ok, c’est bon…" Dan lui tend le ballon et lui dit : "Tiens, vas-y. On joue ensemble."

Le jeu reprend. Cette fois, Dan fait une passe et Sam marque. "Bravo !", crie Dan. Et d’un coup, toute l’équipe joue mieux. L’ambiance est plus agréable, plus sympa.

Dan comprend quelque chose d’important : aimer son prochain, ce n’est pas juste une expression jetée en l’air, c’est savoir se demander : si j’étais à la place des autres, comment je voudrais qu’on agisse avec moi ?

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

Est-ce qu’il t’arrive de penser à ce que les autres ressentent ?

Est-ce que tu agis toujours comme tu aimerais qu’on agisse avec toi ?

Quelle petite chose pourraistu faire demain pour être plus attentif aux autres ?

Dans la Paracha de Kédochim, la Torah nous donne la fameuse Mitsva : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Mais qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Cela ne veut pas dire aimer tout le monde parfaitement. Cela veut dire : traiter les autres comme on aimerait être traité. Par exemple, si tu n’aimes pas qu’on se moque de toi, ne te moque pas des autres. Si tu aimes qu’on t’aide, alors aide les autres.

Si tu aimes qu’on te parle gentiment, parle gentiment.

La Torah nous apprend que la manière dont on se comporte avec les autres est très importante. Ce n’est pas seulement entre nous et Hachem, mais aussi entre nous et les autres. Chaque action, partager, encourager, respecter, est une façon de vivre cette Mitsva. Aimer son prochain, c’est faire attention à ce que l’autre ressent.

Nos maîtres montrent l’exemple

À Jérusalem vivait un grand Tsadik connu pour son amour des autres : Rav Arié Levin. On l’appelait "le Rav des prisonniers", car il passait beaucoup de temps à visiter des Juifs enfermés, à les encourager et à leur parler avec respect.

Un jour, un jeune élève marche avec lui dans la rue. Ils avancent tranquillement quand ils entendent une dispute. Un homme parle très durement à un autre. Le ton monte, les mots sont blessants.

L’élève fronce les sourcils : "Rabbi, cet homme est vraiment méchant." Rav Arié Levin s’arrête. Il regarde la scène quelques secondes, sans juger, puis reprend sa marche. Après quelques pas, il dit calmement : "Il traverse sans doute une épreuve difficile."

Un prisonnier lui dit un jour : "Rav, pourquoi vous venez nous voir ? Personne ne vient. Personne ne nous respecte."

Rav Arié Levin le regarde avec fraternité et lui répond : "Parce que tu es important."

Il prend ensuite un peu de temps pour étudier avec lui quelques lignes de Torah. Le prisonnier écoute, pose une question, puis une autre. Petit à petit, son visage change.

Ce jour-là, l’élève comprend une leçon qu’il n’oubliera jamais : aimer son prochain, ce n’est pas seulement dans les grandes situations. C’est dans les petits moments du quotidien : comment on parle, comment on regarde, comment on réagit.

L’élève est surpris. "Mais Rabbi, il a mal parlé !" Rav Arié Levin répond : "Dis-moi, si tu étais à sa place, avec ses difficultés, estu certain que tu aurais réagi autrement ?"

L’élève reste silencieux. Il n’avait jamais pensé de cette façon.

Le Rav continue : "La Torah nous demande d’aimer son prochain comme soi-même. Cela veut aussi dire d’essayer de comprendre ce que l’autre ressent."

Un autre jour, Rav Arié Levin se rend comme d’habitude à la prison. Les gardiens le connaissent bien et le laissent entrer. Il s’assoit avec les prisonniers, leur parle, demande des nouvelles de leur famille. Il ne regarde pas leurs erreurs, mais les personnes qu’ils peuvent encore devenir.

Grâce à Rav Arié Levin, on apprend que chacun peut faire un effort : être un peu plus patient, un peu plus compréhensif, un peu plus gentil à l’égard des autres. Et c’est de cette façon que l’on construit un monde meilleur.

L'exercice de la semaine

Les enfants, cette semaine, avant de répondre ou de vous énerver si quelqu’un ou quelque chose vous agace, prenez une seconde et demandez-vous : "Si j’étais à sa place, comment j’aimerais qu’on me parle ?" Puis essayez de répondre comme vous aimeriez qu’on vous réponde.

Bœuf caramélisé aux dattes et vinaigre balsamique

Bœuf fondant, douceur des dattes et touche acidulée du balsamique… une alliance subtile et pleine de caractère, idéale pour un plat à la fois simple et raffiné.

Pour 6 personnes

Difficulté : facile

Préparation : 15 min

Temps de cuisson : 20 min

Ingrédients

• 800 g de bœuf en lamelles

• 2 oignons

• 200 g de dattes dénoyautées

• 4 c. à soupe de vinaigre balsamique

• 2 c. à soupe de miel

• 3 c. à soupe d’huile d’olive

• 1 c. à café de sel

• 1/2 c. à café de poivre

Réalisation

- Faites revenir les oignons émincés dans l’huile d’olive.

- Ajoutez le bœuf et saisissez à feu vif.

- Incorporez les dattes coupées, arrosez de vinaigre balsamique et de miel.

- Laissez caraméliser quelques minutes, salez, poivrez et servez chaud.

Ajoutez une poignée d’amandes grillées au moment de servir pour un côté croquant irrésistible.

Chabbath Chalom !

Murielle Benainous

Astuce
Perle

de la semaine par

"Confie-toi en D.ieu de tout cœur ; ne te repose pas sur ton intelligence."
(Roi Salomon)

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