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Tel-Aviv
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Après l’annonce de l’arrêt (momentané) de la guerre avec l’Iran, une grande partie du pays d’Israël — à l’exception du Nord — s’est mise à souffler, après ces 40 jours de tirs intensifs de missiles balistiques qui ont contraint les citoyens à se réfugier, parfois plusieurs fois par jour, dans des abris. Dans une situation où l’on a vécu continuellement en danger, l’impact psychologique aurait dû être ressenti en conséquence. Pourtant, la réalité s’avère bien différente, loin de tout ce que, de l’extérieur, on pourrait s’imaginer. En effet, si durant toute cette période de tension, beaucoup d’activités ont dû être interrompues (comme les écoles et certains secteurs professionnels, les rencontres de sport ainsi que les concerts), le pays, dans son ensemble, a continué à se conduire “presque” comme s’il n’y avait pas de guerre. Les jeunes couples se sont mariés sans différer la date fixée, les transports publics furent globalement assurés, les magasins ouverts, y compris certains restaurants et cafés ; on n’a pas relevé de panique pour se ravitailler en vue d’une éventuelle carence de denrées élémentaires.
Durant les fêtes de Pessa’h, de nombreuses familles sont sorties pour se promener (à proximité d’un abri) et beaucoup de lieux de vacances ont assuré le programme prévu. Si l’aéroport fut perturbé, les Israéliens sont passés par l’Égypte et la Jordanie pour voyager. Bien que les gens aient suivi les directives du Pikoud Ha’oref (Commandement du front intérieur), ils n’ont pas été paralysés pour autant.
Comment fait-on pour garder son sangfroid dans une telle situation, et continuer son train-train quotidien dans de telles conditions ? Il est vrai qu’Israël en a connu d’autres, mais en définitive, un homme reste un homme, avec toute sa fragilité.
En réalité, c’est toute l’existence d’un Juif qui relève de la haute voltige ! Cela
commence déjà par la double activité qu’il doit assumer tous les jours. D’un côté, chacun d’entre nous a ses propres devoirs professionnels, familiaux, sociaux. D’un autre, la Torah nous demande de respecter les Mitsvot, qui couvrent tous les aspects de l’existence. Ainsi, on s’arrête de travailler pour prier, et si possible à la synagogue avec la communauté ; ou encore, les affaires sont remises à plus tard lorsque le Chabbath approche. Là où l’on se trouve, on cherche à manger Cachère, et on se doit de se fixer un moment, jour et nuit, pour étudier la Torah.
De plus, l’histoire a appris au Juif, face aux dangers de l’exil, à “voltiger”. Il lui a fallu parfois prendre des voies tortueuses, ou innover avec des solutions invraisemblables pour gérer des situations délicates dans lesquelles, malgré lui, il se retrouvait. Le peuple hébreu a dû tenter l’impossible et rebondir là où personne ne l’attendait, comme seul un acrobate sait le faire. Là où l’on pouvait penser qu’il allait s’effondrer, on le voit refleurir. Comment comprendre que, seulement trois ans après la Shoah, Israël retourne sur la terre de ses ancêtres, y créant miraculeusement un État ? On ira jusqu’à attraper Eichmann en Amérique du Sud, le chef nazi responsable de la Solution finale, et l’amener en Israël pour le juger. L’économie israélienne deviendra aussi l’une des plus importantes du monde, alors que le pays est confronté continuellement à des menaces d’extermination.
De tout temps, le Juif a donc été un équilibriste étonnant, et il continue dans cette dynamique, comme on a pu le constater durant cette guerre. Alors, ne nous étonnons pas si, durant un mariage, à l’alerte d’une alarme, les invités se sont déplacés avec le ‘Hatan et la Kala dans un abri anti-missiles mais ont continué à chanter et à danser avec eux dans ce cadre irréel !
Rav Daniel Scemama

Rav Daniel Scemama
L'Édito - Le Juif est un équilibriste
Actualités
Rony Hayot
Washington : De gendarme à patron du monde
Interview
Entretien : Les coulisses du quotidien de Baba Salé, révélés par sa fille
Hommage
Rav Eliahou Abitbol nous a quittés
Devinettes sur la Paracha
Rav Schlomo Cohen
Le message d'un rabbin d'Epinay
Rav Yehonathan Gefen

Responsable publication
David Choukroun
Rédacteurs



Tazria’ - L’homme grand est celui qui désire s’améliorer
Shabatik
Histoire
Mon père, un nazi zélé de la Gestapo
Flash Chabbath
DOSSIER La résistance spirituelle pendant la Shoah
Ce que ces résistants nous disent de l’âme juive
Une guerre contre la foi
Résister par la Torah et les Mitsvot
Femmes
Les trois voleurs de joie
Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Sarah Kisielewski, Ariel Marciano, Rony Hayot, Rav Schlomo Cohen, Rav Yehonathan Gefen, Rav Nathaniel Mimoun, Rav Mordekhaï Neugarschel, Rav Gad Allouche, Rabbanite Léa Bennaïm, Rav Gabriel Dayan, Murielle Benainous
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Daf Hayomi Mena'hot 94
Michna Yomit Midot 1-5
Daf Hayomi Mena'hot 95
Michna Yomit Midot 1-7
Daf Hayomi Mena'hot 96
Michna Yomit Midot 1-9
Roch 'Hodech
Roch 'Hodech
Parachat Tazria' Metsora'
Daf Hayomi Mena'hot 97
Michna Yomit Midot 2-2
Daf Hayomi Mena'hot 98
Michna Yomit Midot 2-4
Daf Hayomi Mena'hot 99
Michna Yomit Midot 2-6
Daf Hayomi Mena'hot 100
Michna Yomit Midot 3-2

Possibilité d'intégrer l'école en cours d'année
Mercredi 15 Avril
Rav Avigdor Miller
Rav Chabtay Horowitz
Vendredi 17 Avril
Rav Ya'akov Emden
Rav 'Haïm Vital
Rav Ya'akov Berav
Samedi 18 Avril
Rav Tsvi Hirsch Achkenazi ('Hakham Tsvi)
Rav Mena'hem Mendel
Achdod Natanya
Entrée 18:29 18:51 18:51 18:51
Sortie 19:48 19:50 19:50 19:51

Directeur du Talmud Thora Romema - Éducateur reconnu - Francophone

JD Vance : "Nous repartons sans accord, c'est une mauvaise nouvelle pour l’Iran"
Le vice-président des États-Unis, JD Vance, a annoncé dimanche que les pourparlers avec les représentants iraniens au Pakistan n'avaient pas porté leurs fruits. À l’issue de ces discussions, la délégation américaine a quitté Islamabad sans avoir pu mettre au point un accord. "Nous repartons sans accord, et c'est une

mauvaise nouvelle pour l’Iran", a déclaré Vance. "Nous sommes venus avec une proposition très simple, qui est notre offre finale et la meilleure possible", a-t-il ajouté, indiquant que Téhéran avait rejeté les conditions posées par Washington, notamment l'engagement iranien à abandonner son programme nucléaire.
Après une nuit calme, le 'Hezbollah renouvelle ses attaques sur le nord d'Israël ce dimanche
Les alertes ont été déclenchées tôt dimanche matin en Haute-Galilée en raison d'une possible intrusion de drone hostile. Plus tôt dans la nuit, des sources libanaises avaient fait état de vastes frappes dans le village de Qana, dans la région de Tyr. En parallèle, Tsahal a annoncé avoir détruit dans la même nuit un lanceur de roquettes
chargé et prêt à être utilisé contre Israël, localisé dans la région de Joya, au sud du Liban. Le porte-parole de Tsahal a indiqué que l’engin avait été identifié à temps puis immédiatement frappé lors d’une opération éclair, avant qu’il ne puisse être utilisé contre le territoire israélien.

Source israélienne : "Le cessez-le-feu est fragile, nous nous préparons à reprendre les combats"
Israël se préparerait à une possible reprise des hostilités, selon un haut responsable sécuritaire israélien. Selon cette même source, le cessez-le-feu en vigueur serait "extrêmement fragile" et l’état d’esprit en Israël serait "plus pessimiste qu’optimiste". Dans ce contexte, les préparatifs militaires s’accélèrent, avec la perspective d’une reprise des combats avant même la fin de la période
de trêve de deux semaines actuellement en place. L’armée américaine renforce pour sa part sa présence au Moyen-Orient en coordination avec Israël, avec le déploiement de nouveaux avions de combat, de munitions et de milliers de soldats supplémentaires. Un responsable israélien a averti qu'en cas de reprise des frappes, celles-ci seraient "massives et globales".
Selon un sondage, 55 % des Juifs victimes d'antisémitisme envisagent de quitter la France
Une étude de l’Ifop menée en France révèle que 55 % des Juifs ayant été victimes d'antisémitisme déclarent avoir déjà envisagé de quitter la France. Ce chiffre très élevé témoigne d’un malaise profond au sein de la communauté juive de France, en proie à une forte recrudescence des actes antisémites. Un Juif sur deux affirme avoir
été confronté à de tels comportements au cours des cinq dernières années. En outre, une part importante des victimes exprime une perte de confiance envers les institutions publiques, un impact psychologique notable et l'adoption de stratégies d’évitement, comme éviter certains lieux ou dissimuler des signes identitaires.

Explosion d'une effigie de Netanyahou lors d'une manifestation en EspagneIsraël accuse Madrid d'attiser la haine
L’explosion d’une gigantesque effigie du Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou dans une commune du sud de l’Espagne a déclenché l'ire des responsables israéliens. La poupée haute de sept mètres et remplie de 14 kilos de poudre explosive, a été détruite lors d’une fête traditionnelle organisée le 5 avril à El Burgo, près de Malaga. Israël s'est empressé de convoquer l'ambassadeur espagnol à Tel Aviv pour lui adresser un blâme. Depuis le 7 octobre 2023, Madrid a multiplié les critiques contre Israël. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Guid'on Sa'ar, a récemment annoncé que l’Espagne serait exclue du centre de coordination civilo-militaire en Israël, invoquant ses positions antiisraéliennes.
Tulkarem : Un laboratoire d'explosifs découvert et détruit par Tsahal

Tsahal a annoncé avoir mis au jour puis détruit un laboratoire de
fabrication d’engins explosifs à Tulkarem, en Judée-Samarie, à la suite de renseignements précis. L’opération, conduite par la brigade Efraïm avec l’appui d’unités du génie, a aussi permis de mettre la main sur une quantité importante de matériel, parmi lequel figurent 200 engins explosifs improvisés, plus de 50 kg d’explosifs artisanaux, ainsi que des dispositifs conçus pour piéger des véhicules. Selon l’armée, ces équipements étaient destinés à viser aussi bien des soldats israéliens que des civils.

Le Kotel réouvre ses portes après un mois et demi de fermeture
Avec l'entrée en vigueur du cessezle-feu avec l'Iran, les lieux saints d'Israël ont pu réouvrir leurs portes aux fidèles.
Avec la réouverture notamment du Kotel en Vielle ville de Jérusalem, ce sont des milliers de fidèles qui ont afflué pour venir prier, après 40 jours où l'accès au lieu saint avait été presque totalement fermé. "Je suis si heureuse de pouvoir revenir. Ici on se sent comme à la maison", dit dans un grand sourire Ayala, une jeune femme de 19 ans. Une joie partagée par Yehouda Bandel, un enseignant à la retraite de 70 ans originaire de Tel-Aviv, venu avec toute sa famille pour fêter la future Bar-Mitsva de son petit-fils.
Après Pessa’h, le "moment le plus important" arrive : le premier sandwich.
Soudain, un simple pain avec du fromage donne l’impression d’un repas de rois. Certains ne perdent pas de temps et courent directement à la boulangerie
Après une semaine sans ‘Hamets — chaque bouchée est une petite fête.
(A’haré) – après •
(Réga’) – moment
(‘Hachouv) – important
(Lé’hem) – pain •
Trump malgré l’échec des négociations avec l’Iran : "Nous gagnons quoi qu’il arrive"

Le président américain a dressé un tableau positif de la guerre avec l'Iran et ce, malgré l'échec des négociations en cours. "Nous verrons ce qui se passe. Nous sommes dans des négociations très approfondies avec l’Iran. Nous gagnons quoi qu’il arrive", a-t-il déclaré devant des journalistes. Trump a longuement mis en avant la supériorité militaire américaine, affirmant que l’Iran avait été sévèrement affaibli. "Nous les avons battus militairement. Ils n’ont plus de marine, 158 navires sont au fond de la mer… ils n’ont plus de radar, plus d’aviation".
Il a également affirmé que les dirigeants iraniens avaient été éliminés, évoquant notamment le guide suprême Ali Khamenei. "Avec tout cela, voyons ce qui se passe, mais de mon point de vue, peu importe", a-til conclu.
Le premier sandwich après Pessa’h

מ (Maafiya) – boulangerie
(Bis) – bouchée
(’Hagiga) – petite fête D’autres mots avec la racine .

(Gvina) – fromage •
(ressentir/émotion)
(Arou’ha) – repas
בְמ (Mébazbézim) – ils perdent, gaspillent
(Ratsim) – ils courent
Le blocus naval américain est entré en vigueur alors que l'Iran menace
La tension est montée d'un cran dans le Golfe lundi en fin d'après-midi.
Les États-Unis ont annoncé que le blocus naval décrété par le président Donald Trump entrait en vigueur à 17h00, heure israélienne. Cette décision marque un tournant, passant d'une

confrontation diplomatique et militaire implicite à une mesure coercitive beaucoup plus forte. Selon un communiqué du CENTCOM, le blocus s'appliquera à tous les navires, quelle que soit leur nationalité ou leur pavillon, entrant ou sortant des ports iraniens.
Pete Hegseth : "Nos soldats méritent le crédit, mais D.ieu mérite toute la gloire"
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth a présenté mercredi au Pentagone le bilan de l’opération "Colère Formidable" (Mighty Fury). Il a détaillé les accomplissements impressionnants de l'US Army contre le régime terroriste iranien, avant de conclure

par un vibrant hommage au Maître du monde : "Nos soldats méritent le crédit pour cela, mais D.ieu mérite toute la gloire. Des dizaines de milliers de sorties et de frappes menées sous la protection de la Providence divine. L’effort fut immense et la protection miraculeuse."

Après l'appel du Liban à normaliser ses relations, Netanyahou affirme vouloir un accord de paix durable
Lors d'une allocution télévisée samedi soir, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a déclaré que le Liban avait demandé à plusieurs reprises à Israël, au cours du mois dernier, d’entamer des pourparlers de paix directs. "J’ai donné mon accord", a-t-il ajouté, précisant qu’il avait posé deux conditions préalables : le désarmement du 'Hezbollah et un "véritable accord de paix"
qui durera plusieurs générations. Il a affirmé que d’autres pays tendaient également la main à Israël, à la suite de ses victoires et de sa position de force. Il a ajouté que la propagande iranienne tentait de minimiser les réalisations d’Israël et que cette désinformation trouvait "un écho dans nos médias, de même que la propagande de nos rivaux politiques trouve un écho en Iran".
ONU : Des ONG fustigent la nomination de l'Iran à un organe lié aux droits des femmes
La désignation de l’Iran au sein d’un organe des Nations unies lié aux droits des femmes et des droits humains a suscité des critiques, notamment de la part de l’ONG UN Watch. L’organisation a appelé les États démocratiques à justifier leur position après cette nomination. Les États-Unis ont été les seuls, selon ces éléments, à exprimer
une opposition formelle au sein de l’organe concerné, estimant que certains pays ne répondaient pas aux critères attendus pour ce type de fonctions. L’ONG a, de son côté, appelé plusieurs pays occidentaux — dont le Canada, la France, le Royaume-Uni ou encore l’Australie — à préciser les raisons de leur position.
Elyssia Boukobza
On pense souvent que manger équilibré demande énormément de temps. Alors, quand les journées s’enchaînent, on saute un repas, on mange sur le pouce… Pourtant, ce n’est pas le manque de temps qui déséquilibre l’alimentation, mais le manque d’anticipation. Sortez un stylo et un carnet, c’est l’heure de remédier à cela !
• Miser sur des aliments rapides : œufs, thon, fromage blanc, crudités, charcuterie maigre…
• Identifier des repas rapides et rassasiants : légumes au four + protéines, wraps complets, woks de toutes sortes (avec des légumes surgelés pour gagner du temps)
• Composer une assiette simple : une protéine + des légumes + une portion de féculents
• Avoir toujours des "bases" à la maison : conserves de qualité (vérifiez les ingrédients !), crudités, fruits, oléagineux
• Préparer dès que possible de grandes quantités : à congeler et sortir au besoin
• Ne pas chercher le repas parfait : un repas simple vaut mieux qu’aucun repas ou qu’une commande à la pizzeria du coin !
Notre corps a besoin de régularité. Des repas trop espacés ou désorganisés perturbent la glycémie, favorisent les fringales et nous poussent à manger plus que nécessaire au repas suivant. Simplifiezvous la vie : bien manger n’est pas une question de temps mais de choix. Vous gagnerez en énergie et en charge mentale !
Sarah Kisielewski






Les deux puissances divergent sur le pourquoi, mais convergent absolument sur le comment. Washington veut briser l’hégémonie chinoise en asphyxiant ses fournisseurs énergétiques. Israël veut briser la menace existentielle iranienne pour garantir sa survie à long terme.

Dans la guerre moderne, la communication n’a jamais eu pour vocation d’informer le citoyen. Elle sert à déstabiliser l’adversaire. Ce que les médias lisent comme de l’improvisation — objectifs flous, volte-face diplomatiques, silence sur l’après-guerre — est en réalité une arme à part entière. L’imprévisibilité totale est une doctrine, pas un aveu d’échec. Aucun étatmajor digne de ce nom ne livrera ses intentions réelles au journal de vingt heures. Il faut donc lever les yeux du terrain pour saisir la logique profonde à l’œuvre.
Tout commence par une collision frontale entre Washington et Pékin. La guerre commerciale totale a tout fait basculer.
Dès son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a imposé des taxes douanières massives sur les exportations chinoises. En réponse, Pékin a abattu sa carte maîtresse : le blocage des exportations de terres rares. En verrouillant le raffinage du dysprosium et du néodyme —
ces métaux invisibles mais indispensables — la Chine a pris en otage l’industrie de pointe américaine. Sans eux, plus de missiles guidés de précision, plus de semi-conducteurs avancés. Le chantage technologique était posé sur la table.
Washington n’a pas tardé à riposter avec ce qu’on pourrait appeler son arme absolue : le contre-chantage énergétique. La logique est d’une clarté chirurgicale — puisque Pékin contrôle les composants du futur, les ÉtatsUnis contrôleront le carburant du présent.
C’est ici que le conflit irano-israélo-américain prend sa véritable dimension stratégique.
En imposant un blocus total à Téhéran, l’administration Trump ne répond pas seulement à la menace nucléaire iranienne — elle pose un garrot sur la gorge de l’industrie chinoise. Ces routes alternatives où le pétrole iranien et vénézuélien se négocie en yuans,
hors du système dollar, représentaient pour Pékin une voie de contournement précieuse. En les coupant, Washington force la Chine à revenir vers des fournisseurs alignés, où les factures se règlent exclusivement en dollars. L’objectif est limpide : une re-dollarisation forcée de l’économie mondiale par la contrainte énergétique.
Mais la manœuvre ne s’arrête pas au Golfe persique. Elle s’étend désormais à la Méditerranée, visant l’Algérie — autre pilier de la rente fossile et fournisseur gazier stratégique de l’Europe du Sud. En menaçant ce robinet gazier sous prétexte de collusion avec l’axe sino-iranien, Trump frappe simultanément deux cibles. Il s’approprie les clés de l’économie européenne en forçant les industries d’Italie, d’Espagne et de France à abandonner leur ambiguïté vis-à-vis de Pékin pour se tourner vers le gaz de schiste américain. Briser le lien Alger-Europe est, pour Washington, une opération de nettoyage du ventre mou du continent.
une condition de réorganisation de l’ordre mondial. Pour Israël, c’est la condition d’une paix durable — celle que l’on ne gagne pas par la négociation, mais par la victoire.
"
L’alliance entre
Dès lors, gardez cela en tête face aux prochaines déclarations : qu’il s’agisse des discours sur un hypothétique effondrement interne de Tsahal, ou des hésitations apparentes de Trump sur une paix avec l’Iran, tout n’est que mise en scène calculée. Nous sommes en guerre, et dans ce type de conflit, la vérité est le premier des secrets. Les objectifs ne sont pas encore atteints, et les gesticulations diplomatiques ne sont qu’un rideau de théâtre.
Israël et les ÉtatsUnis repose sur une convergence de calendriers rare et puissante
Dans ce grand échiquier, l’alliance entre Israël et les États-Unis ne repose pas sur une fusion idéologique. Elle repose sur une convergence de calendriers rare et puissante... dont seul D.ieu peut en etre l'auteur.
Les deux puissances divergent sur le pourquoi, mais convergent absolument sur le comment. Washington veut briser l’hégémonie chinoise en asphyxiant ses fournisseurs énergétiques. Israël veut briser la menace existentielle iranienne pour garantir sa survie à long terme. Ces deux objectifs, menés de concert par Tsahal et le Pentagone, se nourrissent mutuellement dans une guerre totale contre le régime des mollahs.
L’effondrement des régimes vassaux du Parti Communiste Chinois est, pour Washington,
Nous ne sommes qu’au début d’une refonte complète de la géopolitique mondiale. L'Europe devra clarifier ses positions et s'aligner sur les exigences américaines. La Chine devra mettre fin à sa stratégie de dédollarisation, renoncer au chantage aux terres rares, et ouvrir réellement ses marchés intérieurs. La Russie devra être coupée de ses soutiens et contrainte d’abandonner son rôle de perturbateur systématique.
Trump a commencé son grand ménage en Amérique du Sud avec le Venezuela. Il est passé au Proche et Moyen-Orient avec l’Iran. La Méditerranée et l’axe Alger-Europe seront vraisemblablement les prochaines pièces du puzzle. Et quand tout cela sera visible, il deviendra évident que l’essentiel des critiques déversées contre Washington dans les grands médias obéit à des agendas politiques précis — pas à une analyse rigoureuse des faits.
Les États-Unis ont décidé de passer de gendarme du monde à patron du monde. Cela prendra du temps. Mais pour l’instant, la stratégie globale se déroule comme prévu.
Rony Hayot
Découvrir un grand Tsadik à travers les récits de miracles est déjà impressionnant.
Mais comprendre qui il était dans l’intimité, dans son foyer, dans son rôle de père, c’est une tout autre dimension.
Torah-Box a rencontré la Rabbanite Avigaïl
Bousso, fille du légendaire Baba Salé. À travers ses souvenirs, elle nous livre un témoignage rare et authentique sur l’homme derrière la figure publique : sa vie quotidienne, son comportement à la maison, sa manière d’être, loin des regards et de la foule.
Qui était Baba Salé à la maison, en tant que père ?

“En réalité, ne le voyait presque pas. On le voyait de Chabbath à Chabbath, c’est tout. Sinon, on le voyait simplement passer du Beth Hamidrach à sa chambre, enfermé pour étudier. Il était soit dans sa chambre, soit au Beth Hamidrach avec ses élèves. Sa Yechiva était d’ailleurs reliée à la synagogue, avec une fenêtre, et c’est de làbas qu’il écoutait les Tefilot. Mon père priait uniquement avec des gens simples, les plus simples. Il y avait seulement une condition pour prier avec lui : avoir la barbe, car il y a des secrets très profonds liés à la barbe.”
Vous ressentez une crainte de Baba Salé ?
“Oui, toujours. C’était une crainte de la Chékhina. Dès qu’on le voyait, on ressentait un immense respect. Tout le monde le disait : il avait la Chékhina sur lui en permanence. Quand on venait le voir, on ne pouvait pas détourner le regard. Même nous, qui étions ses enfants et habitués à sa présence, on ressentait qu’il y avait quelque chose qui nous attirait. Mais en même temps, on ne pouvait pas vraiment le regarder directement, c’était trop fort. C’était
comme lorsque les Leviim portaient le Aron Hakodech : ils ne pouvaient pas regarder à l’intérieur, c’était interdit, c’était lié à la Présence divine. Toute personne qui entrait le voir ressentait cela.”
Que signifie le nom “Baba Salé” ?
“C’est simplement un surnom. Son vrai nom était Rabbi Israël. Le mot “Salé” est en réalité une forme dérivée d’“Israël” en arabe, une sorte de diminutif. Contrairement à ce que beaucoup pensent, cela ne signifie pas “le père qui prie”. Cette interprétation est venue plus tard, parce qu’il priait énormément, toute la journée, pour le peuple d’Israël.
Même le soir, après que beaucoup de gens soient venus le voir et qu’il les ait bénis, on l’entendait prier. Chaque soir, il pleurait aussi, souffrant du fait que les gens le considéraient comme un grand Tsadik. Il disait : “Les gens pensent que je fais des miracles. Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas grâce à moi, mais au mérite de mes ancêtres. Et après, ils croient que c’est moi… malheureusement, à cause de mes grandes fautes.”
Pourquoi Baba Salé était-il si unique ?
“Parce qu’il était d’une immense simplicité. Il ne voulait jamais montrer ce qu’il était réellement, il ne mettait jamais en avant sa grandeur. Il était toujours plongé dans l’étude de la Torah, et il vivait comme si de rien n’était. Sa véritable grandeur, c’était son humilité.
J’ai entendu de ses élèves qu’une fois, on lui a demandé de faire un discours avant la sonnerie du Chofar, à Roch Hachana. Il a demandé qu’on lui apporte un livre, justement pour ne pas paraître savant ou arrogant au moment le plus important.
un espace pour les femmes, un espace pour les hommes, même lorsqu’il s’agit uniquement de la famille.
"
Même dans la vie de tous les jours, on voyait cette simplicité. Quand il était chez nous en France et qu’il devait aller au bain rituel, il descendait simplement, accompagné de mon mari et de mon fils. Un jour, mon mari avait un peu de retard. Mon fils lui a dit : “Mais tout le monde vient te voir de partout, on ne va pas aller à pied comme ça, on va prendre un taxi.” Il a répondu : “Mais qu’est-ce qu’on est, nous ?”
Dès qu’on le voyait, on ressentait un immense respect. Tout le monde le disait : il avait la Chékhina sur lui en permanence
Il faut bien comprendre que lorsqu’il y a un mélange entre hommes et femmes, la présence de D.ieu disparait, on la chasse. Et cela vaut pour tout. Même dans un mariage, s’il y a un mélange, la Présence divine n’est plus là. Ce n’est pas un détail, c’est quelque chose de grave. On voit déjà dans la Torah que pour faire tomber le peuple d’Israël, Bil‘am et Balak ont utilisé cela. Ils savaient que le point faible, c’était cela.”
C’était ça. Une simplicité totale. Il ne faisait rien pour se mettre en avant. Au contraire, tout ce qu’il faisait, c’était pour montrer qu’il n’était rien.”
On sait que Baba Salé mettait beaucoup l’accent sur la séparation entre hommes et femmes. Dites-nous en davantage.
“Dès mon enfance, j’ai vu que mon père, et toute la famille Abi’hssira, étaient très clairs sur ce point : nous ne voulons pas de mélange, ni avec les Arabes, ni entre garçons et filles. Nous voulons une véritable école juive, uniquement pour les filles. Alors il a pris les choses en main, il a fait venir des professeurs de l’étranger et a créé une école pour filles, avec l’accord des autorités. Il était très intransigeant sur ces sujets, c’est quelque chose de connu. Pour lui, dès qu’il y a un mélange entre hommes et femmes, la Présence de D.ieu disparait. C’est quelque chose de très profond, bien plus que ce que l’on peut imaginer. Nous, on en comprend seulement une petite partie, mais en réalité, c’est très grave. Cette exigence, il l’a gardée toute sa vie. Même aujourd’hui, à Netivot, dans la famille, il y a toujours une séparation :
Jusqu’où Baba Salé allait-il pour préserver la pureté du peuple ?

“Mon père est parti une fois dans une ville en Algérie. Il voulait aller au Mikvé. On lui a dit : “Il n’y a pas de Mikvé.” Il a répondu : “Comment ça, il n’y a pas de Mikvé ? Comment font les femmes ?” On lui a expliqué qu’elles devaient parcourir 100 kilomètres pour y aller. Alors mon père a décidé de ne pas quitter la ville tant qu’un Mikvé ne serait pas construit. Il est resté sur place tout le temps nécessaire, le temps de récolter l’argent et de construire le Mikvé.
Idem au Maroc, à Boudniv, où il n’y avait pas de Mikvé non plus. Alors il a pris les choses en main et a décidé d’en construire un. Mais c’était en plein été, et au Maroc il ne pleut pas à cette période. Malgré cela, il a tout préparé, tout construit comme il fallait, puis il est sorti et a déclaré : “Nous, nous avons fait notre part. Maintenant, Hachem fera le reste.” Il n’avait même pas fini de prier qu’un véritable déluge est tombé, en plein été.
Ensuite, il est allé vérifier le Mikvé, et a remarqué qu’une certaine exigence n’avait pas été respectée lors de la construction. Il s’agissait d’une mesure de piété. Alors il a dit : “Videz le Mikvé.” Tout le monde a commencé à trembler : après un tel miracle, comment pouvait-on tout recommencer ? Mais pour lui, c’était évident. On avait fait cela pour l’honneur de D.ieu, donc il fallait que ce soit parfaitement conforme. Et encore une fois, il a déclaré : “Nous avons fait ce que nous devions faire, maintenant c’est à Lui.” Et la pluie est revenue !
Comment se passaient les rencontres avec Baba Salé ?
“Il y avait du monde, énormément de monde. Des files d’attente partout. Mais mon père avait une règle très claire : tous ceux qui étaient là devaient être reçus. Peu importe l’heure. Même lorsqu’il était fatigué, il refusait de renvoyer quelqu’un. Il disait : “Ils se sont donné du mal, ils sont venus de loin, on ne peut pas les renvoyer. On ne doit pas les faire revenir une deuxième fois.”
Un jour, il a entendu son assistant dire aux personnes qui attendaient dehors que le Rav était fatigué. Il l’a immédiatement repris et lui a dit : “Tu dis à tous ceux qui sont là que je vais les recevoir. Fatigué ou pas fatigué. Eux ne se fatiguent pas en venant de loin jusqu’ici pour rien.”
Quel était le rapport de Baba Salé à l’attente du Machia’h ?
“Pour Baba Salé, il n’y avait pas besoin d’événements exceptionnels pour parler du Machia’h. Il vivait chaque jour avec cette attente. C’est un principe fondamental de la Torah : croire avec une foi parfaite en la venue du Machia’h, et même s’il tarde, on se doit de l’attendre chaque jour.
Et cela ne concerne pas seulement les grands Tsadikim, c’est une obligation pour chacun. Il faut l’évoquer au quotidien, au moins une fois par jour. Par exemple, quand un enfant dit : “On va acheter quelque chose demain”, il faut répondre : “Avec l’aide de D.ieu, si le Machia’h ne vient pas d’ici là !”
Même dans les actes les plus simples, on doit intégrer cette attente. Quelqu’un qui va au bain rituel doit dire qu’il s’y rend pour se purifier en vue de recevoir le Machia’h. C’est une manière de vivre avec cette conscience, chaque jour.”
Que faut-il faire lorsqu’on se rend sur la tombe d’un Tsadik comme celle de Baba Salé ?
“On prie Hachem, en demandant que le Tsadik intercède en notre faveur. On ne s’adresse pas directement au Tsadik, on n’en a pas le droit. Il faut bien comprendre que l’on s’adresse uniquement à Hachem. Simplement, le Tsadik, parce qu’il est proche de Lui, a une force particulière dans sa prière.
Donc, en français, on pourrait dire : on n’invoque pas le Tsadik, on l’évoque. On demande à Hachem d’utiliser son mérite.
Moi-même, quand je vais sur la tombe de mon père, je m’adresse à Hachem. Je Lui demande que mon père prie pour moi. Mais je ne m’adresse pas directement à lui.”
Quel message souhaitez-vous transmettre aujourd’hui ?
“Il faut comprendre une chose essentielle : l’éducation de nos enfants relève de notre responsabilité. On ne doit pas penser seulement à soi, mais aussi à ce que l’on transmet à la génération suivante. Nos enfants doivent grandir dans un cadre qui leur inculque les valeurs de la Torah, la crainte de D.ieu, dans la pureté et la sainteté.
C’est pour cela qu’il faut faire très attention aux choix que l’on fait. On ne peut pas envoyer ses enfants en tous lieux. Il faut veiller à un cadre sérieux, une véritable éducation, avec des enseignants qui transmettent des valeurs de Torah et de crainte du Ciel. Pas un environnement mixte, où tout est mélangé, et où l’on peut intégrer, parfois sans s’en rendre compte, des idées contraires à la foi. Cela influence profondément.
Chaque effort que l’on fait pour nos enfants a une valeur immense. Rien n’est perdu. D.ieu voit chaque effort, et Il récompense chacun selon
ses actions, mesure pour mesure. Même si, au départ, on ne pensait pas mériter certaines bénédictions, ces efforts peuvent tout changer. Il ne faut pas non plus s’inquiéter pour leur avenir matériel. La subsistance de chacun est fixée dès sa naissance. On a vu des personnes avec d’excellentes situations tout perdre du jour au lendemain, et d’autres réussir sans que cela ne soit prévisible. Cela ne dépend pas uniquement de nous.
En vérité, il n’existe rien d’autre que la Torah, la Torah et la Torah. Bien sûr, on peut leur apprendre un métier, ce n’est pas interdit, mais cela ne doit jamais se faire au détriment de la Torah. Il faut garder les priorités. Aujourd’hui, il existe des structures qui permettent d’allier les deux, d’apprendre un métier tout en restant ancré dans la Torah.
Ce qui compte, c’est de ne jamais perdre de vue l’essentiel : tout vient de D.ieu. C’est Lui qui donne la vie, la santé, la réussite. Et c’est en transmettant cela à nos enfants que l’on construit véritablement leur avenir.”


C’est avec une immense tristesse que Torah-Box s’associe à la douleur de la famille et des élèves du Rav Eliahou Abitbol de Strasbourg.
Il était l’une des personnalités les plus importantes du judaïsme francophone depuis 60 ans — un guide intellectuel exigeant, qui cultivait chez ses élèves l’esprit critique et le refus des réponses toutes faites.

dans les grands centres talmudiques Beer-Yaacov, Jérusalem et Bné-Brak.
Notamment élève du Rav Wolbe et du Rav Bretler (lui-même élève du ‘Hazon Ich), c’est à la demande du Steipeler qu’il s’installe en France, avec une mission claire : former des cadres capables d’accueillir les Juifs d’Afrique du Nord.
Né à Casablanca en 1936, il quitte le Maroc à 16 ans pour aller étudier en France, à la YéchivaLycée d’Aix-les-Bains, avant de poursuivre

Dans le sillage de Mai 68 et de la Guerre des Six Jours, il fonde la première "Yéchiva des Étudiants" à Strasbourg — un lieu unique, où de jeunes Juifs idéalistes, souvent issus des mouvements estudiantins, découvraient la profondeur des textes talmudiques avec une liberté de ton et une chaleur rares. Parmi ses étudiants : le philosophe Benny Lévy.
Toujours souriant, à l’écoute de chacun, capable d’apporter des réponses constructives à toute question — il aura marqué de son empreinte une génération entière et toute la communauté de Strasbourg. Son œuvre a essaimé bien au-delà : des élèves ont fondé dans son sillage des centres d’étude à Paris, Marseille, Jérusalem.
Le Rav Abitbol a eu un impact considérable sur la diffusion de la Torah dans le monde francophone — un rayonnement qui se perpétue aujourd’hui encore dans chaque cours donné, chaque foyer juif éveillé, chaque vie transformée par son enseignement.
Torah-Box présente ses condoléances sincères à la famille, aux Talmidim et à tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer.

Tazria' Metsora' par Michaël Lumbroso



Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

Symbole d’humilité, cette branche de cet arbrisseau fait partie du bouquet qui sert à purifier le Métsora.

Si des poils jaunes ayant cet aspect se trouvent sur une plaie, c’est impur.


Celui qui est Métsora devra demeurer … , sa résidence sera en dehors du camp.

Une maison infectée de Tsara’at sera examinée par le Cohen puis mise en … pendant sept jours.


Si une femme accouche d’un …, elle sera impure pendant sept jours.

(garçon)
Sur des vêtements ou sur des murs, il peut y avoir Tsara’at de couleur rouge intense ou de cette couleur.


Si une lèpre apparaît sur le mur d’une maison, le Cohen ordonnera que l’on fasse cela aux pierres atteintes et qu’on les jette en dehors de la ville.

intense)
Lorsqu’on fait la Ché'hita de l’oiseau pour la purification du Métsora, il faut tenir l’oiseau au-dessus d’un récipient en argile contenant cela

Lorsque quelqu’un pense qu’il y a de la Tsara’at sur sa maison, il doit appeler le Cohen et lui dire qu’il est apparu dans sa maison … , mais pas de façon catégorique.

Des fois la décoloration de la Tsara’at donne l’impression que la tache est plus … que la peau saine environnante.

Après avoir mis de l’huile sur l’oreille, le pouce et l’orteil Métsora, le Cohen versera le reste qu’il a dans sa paume sur … .


Lors de sa purification, le Métsora devra se raser tous ses poils, y compris ceux de l'élément de son visage situé au-dessus de ses yeux.
Cherchez un des versets les plus courts du ‘Houmach (trois mots) dans la cinquième montée de la Paracha Métsora.
(et pour la Tsara’at du vêtement et pour la maison)

On amènera alors d’autres pierres et on mettra du … pour les fixer.

plaie)
Les lois de purification de la femme qui a accouché varient en fonction qu’il s’agisse d’un nouveau-né garçon ou d’une
Les lois du Métsora nous apprennent à faire attention à ce qui sort de notre … .

Une sorte de Tsara’at qui était une des dix plaies d’Égypte.

Si un vêtement est infecté de Tsara’at maligne, ainsi on devra faire avec.

Lors d’une BritMila, le monsieur qui tient le bébé s’appelle ainsi.

Pour la première étape de purification du Métsora, il faut en prendre deux. n’a pas ou plus de cheveux.

Ce petit insecte servait à colorer la laine utilisée pour la purification du Métsora

Les Parachiot Tazria' et Métsora', souvent lues ensemble, semblent à première vue traiter de sujets techniques : l’apparition de la Tsara’at, cette forme de lèpre spirituelle liée à la médisance, puis le processus de purification de la personne atteinte. Pourtant, derrière ces lois se cache une idée beaucoup plus profonde.
La Torah décrit un homme qui, du jour au lendemain, voit apparaître une tache sur sa peau. Lui qui était en parfaite santé se retrouve soudainement impur, contraint de quitter le camp, de s’isoler, et de déclarer publiquement son état. Une situation difficile, presque brutale. Puis, dans la Paracha suivante, cet homme entame un processus de purification qui lui permettra de réintégrer le camp et de retrouver sa place.
Mais un détail intrigue. Avant même de parler de la Tsara’at, la Paracha de Tazria' s’ouvre sur un tout autre sujet : la naissance d’un enfant et la Mitsva de la Brit Mila. Quel lien peut-il y avoir entre ces deux thèmes ?

est aussi une opportunité. L’isolement, la mise à l’écart, l’obligent à réfléchir, à prendre conscience de ses actes, notamment de l’impact de sa parole. Ce qui apparaissait comme une chute devient alors le point de départ d’un retour.
Rabbi Eiger va encore plus loin : il explique qu’un homme peut transformer ses erreurs passées en quelque chose de positif. Non pas en les effaçant, mais en les utilisant comme point d’appui pour progresser. La faute elle-même devient un levier de Téchouva. Ce principe se retrouve dans toute la Torah. Le Chabbath, jour de sainteté, n’existe que parce qu’il est précédé de six jours de travail. De la même manière, la lumière n’a de sens que parce qu’elle succède à l’obscurité. Sans contraste, il n’y a pas de perception.
Un homme peut transformer ses erreurs passées en quelque chose de positif. Non pas en les effaçant, mais en les utilisant comme point d’appui pour progresser "
Rabbi Arié Yéhouda Eiger propose une lecture très intéressante. La Torah ne juxtapose pas ces sujets par hasard. Elle vient enseigner une idée essentielle : même ce qui semble difficile ou négatif peut devenir la source d’une élévation.
La naissance elle-même en est l’exemple. La grossesse et l’accouchement sont des moments éprouvants, douloureux. Pourtant, ils aboutissent à une immense joie : la venue au monde d’un enfant, et la Brit Mila, symbole d’alliance et de Kédoucha. Ce qui était pénible devient porteur de sens.
C’est exactement le message du Métsora'. Sa situation n’est pas seulement une punition. Elle
Ainsi, les moments difficiles ne sont pas des parenthèses inutiles dans une vie. Ils en font partie intégrante. Mieux encore : ils peuvent devenir la base d’une transformation réelle.
Le Métsora' incarne précisément ce parcours. La tache, l’exclusion, la difficulté… puis la prise de conscience, la purification, et le retour. Ce qui semblait être une rupture devient en réalité un chemin.
C’est peut-être là l’une des leçons les plus fortes de ces Parachiot : rien n’est définitivement perdu. Même les moments les plus sombres peuvent être transformés, à condition de les regarder en face et d’en tirer les bonnes conséquences.
Rav Schlomo Cohen, Rabbin à la communauté "Ohr Yossef Paris" (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)
Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...
Tazria’ - L’homme grand est celui qui désire s’améliorer
Ce qui différencie l’homme respectable des autres individus n’est pas la fréquence de ses échecs ou de ses fautes, mais plutôt son désir d’admettre son erreur et de s’améliorer…
La Paracha parle des lois relatives à la lèpre et elle nous informe du processus de purification et de repentir que celui qui est touché doit entreprendre. Le verset précise : "Quand une personne (Adam) aura dans la peau de sa chair une Séet ou une Sapa’hat ou une Bahéreth, qu’il y aura dans la peau de sa chair une affection de Tsara’at, il sera amené à Aharon le Cohen." (Vayikra 13, 2)
Le Natsiv souligne l’emploi de terme Adam quand on parle du lépreux. Il rapporte un passage du Zohar qui liste quatre terminologies pour parler de l’être humain : Adam, Ich, Guéver et Énoch. La plus élogieuse et élevée de ces appellations est Adam, qui fait référence à un homme respectable.
"
Le fait même qu’il ait peut-être décidé de s’améliorer montre qu’il peut
respectable des autres individus n’est pas la fréquence de ses échecs ou de ses fautes, mais plutôt son désir d’admettre son erreur et de s’améliorer. Le lépreux, qui est prêt à entreprendre le long processus de purification et de repentir, est quelqu’un qui est disposé à changer et à s’élever ; c’est l’élément qui détermine la grandeur de l’individu. On ne distingue pas forcément celui qui n’a jamais commis de faute.
devenir Tsadik en un instant
Pourquoi la Torah parle-t-elle ainsi du lépreux ? On sait que celui-ci est puni pour avoir commis de graves fautes, comme le Lachon Hara’ ou pour avoir fait preuve de mesquinerie ou d’arrogance. Il doit entamer un long processus de purification lors duquel on lui montre ses erreurs. Il ne s’agit donc visiblement pas de l’individu le plus vertueux qui soit. Alors, pourquoi lui réserver les plus nobles attributs ?
Je veux changer !
Rav Nissan Alpert propose une réponse intéressante. Ce qui différencie l’homme
Cette idée revient souvent dans les commentaires de nos Sages. La Guémara présente le cas de celui qui fait dépendre des Kidouchine (fiançailles) d’une certaine occurrence. (Kidouchine 49b) Par exemple, un Racha’ (mécréant) invétéré qui veut établir des Kidouchine à condition qu’il soit Tsadik. On aurait pensé que cet engagement n’est pas validé étant donné qu’il est connu pour être Racha’ et que concrètement, son comportement n’a aucunement changé. Pourtant, la Guémara tranche que ces Kidouchine sont valables, car cet homme eut peut-être des pensées de repentir. Notons que pour effectuer une véritable Téchouva, l’individu doit passer par plusieurs étapes, dont celle du Vidouï (aveu de sa faute) ; or cet homme ne s’est pas confessé explicitement. Néanmoins, le fait même qu’il ait peut-être décidé de s’améliorer montre qu’il peut devenir Tsadik en un instant. Sa volonté de
changer et de s’élever semble donc être l’élément clé pour définir sa vertu.
Aller de l’avant
Prenons un autre exemple qui illustre bien cette idée. Toute l’année durant, nous disons, après le verset de Chéma’ Israël, les mots Baroukh Chem Kévod Malkhouto Léolam Vaed à voix basse. Ceci, parce que quand Moché Rabbénou monta aux Cieux pour recevoir la Torah, il entendit les anges louer Hachem en ces termes. Par égard pour leur éloge, nous les disons également, mais du fait du niveau sublime des Malakhim – par rapport à celui de l’être humain – nous les récitons à voix basse.
Cependant, à Yom Kippour, nous les disons à voix haute, car nous sommes comparés aux anges en ce saint jour. On comprend difficilement pourquoi dès le début du jeûne, dès ‘Arvit de Kippour, nous les récitons à voix haute, bien que nous soyons juste après un repas copieux et que notre niveau angélique ne soit donc pas des plus évidents ; tandis qu’à la fin de cette journée, juste après le pinacle de Kippour – qui est atteint lors de la prière de Né’ila – nous recommençons à dire Baroukh Chem… à voix basse dans la prière de ‘Arvit qui suit Yom Kippour
Question d’opportunités
Il semblerait qu’après avoir jeûné et prié durant toute une journée, nous soyons plus spirituels, plus élevés qu’au départ. Les commentateurs expliquent ce qui fait toute la différence : au début de Yom Kippour, nous sommes portés par la volonté de nous amender, d’amorcer le chemin vers la Téchouva et la pureté alors qu’à la fin de cette journée, nous retournons à notre situation initiale, dans laquelle nous n’avons plus les mêmes opportunités de nous améliorer. C’est donc notre dynamique qui est déterminante – allons-nous de l’avant ou non ?
Ce qui définit la grandeur de l’homme n’est dons pas sa vertu, sa perfection, mais son désir de s’améliorer et d’apprendre de ses erreurs. Puissions-nous mériter d’intérioriser cette leçon.
Rav Yehonathan Gefen

1



2


La Paracha précise les lois liées à l’impureté et à la purification de la femme qui accouche d’un garçon ou d’une fille.




Elle contient les lois relatives aux plaies sous forme de taches blanches sur la peau d’un homme qui le rendaient impur. Seul le Cohen était habilité à déterminer si la nature de cette tache rendait l’homme impur ou non.

3 Parfois, le porteur de la tache était isolé pendant sept jours afin de suivre l’évolution de cette tache. Si la personne était déclarée impure, celle-ci devait sortir du camp jusqu’à la disparition de la plaie.

4
On parle des lois relatives aux taches de couleur rouge ou verte qui touchent les habits. Ils devaient être brûlés s’ils étaient déclarés impurs.

5
La Paracha précise le processus de purification de la personne atteinte de Tsara’at (taches blanchâtres).

6
Elle parle aussi des lois relatives à l’impureté d’une maison dont les pierres sont atteintes par des taches de couleur rouge ou verte. Elle devait être démolie et les pierres jetées hors de la ville si elle était déclarée impure.

7
La Paracha décrit les lois relatives à l’impureté liée aux écoulements chez l’homme et chez la femme.
N°472
PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :
Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane
Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête
Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)
Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »
Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline”
1 JEU
Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)
Un verre (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !
Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies
Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder
:
1. Donnez un nom de chef indien à votre équipe. 2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 points pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants, 2 points pour les plus drôles)
1. 3 Matsot chemourot (rondes, faites à la main)
2. Épaule d’agneau
3. Maror (laitue romaine)
4. Karpass (céleri)

2.Épaule d’agneau
2 (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)
6.‘Harossèt
5.Hazeret
Pour chaque question, le premier qui trouve un mot qui répond à la question et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné.
5. ‘Hazeret (laitue ou endives)
6.‘Harossèt
7. Oeuf dur 8. Bol d’eau salée
Un truc qui réveille tout le quartier quand il démarre.
> Avion, Alarme, Aspirateur.
Un ingrédient qui donne une haleine de dragon après manger.
Une créature (réelle ou imaginaire) qui pourrait se cacher dans le noir.




Quelque chose qui fait “Aïe !” quand on s’assoit dessus par mégarde.

> Ail, Anchois, Alcool.
> Araignée, Alien, Abominable homme des neiges.
A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main
> Aiguille, Abeille, Arête de poisson.
Etapes du Séder Motsi (sandwich) Tsafoun
Un animal petit ou grand, mais très impressionnant.
(au mieux)
> Alligator, Aigle, Abeille tueuse.
MAROR


Un travail où on passe son temps loin du sol.
> Astronaute, Acrobate, Alpiniste.




Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.
Cite un mot qu’on dit quand on a peur.
Aaaah ! Maman !
Au secours !
Oh non !
Hachem !

Cite un moment qu’on attend avec impatience.
Les vacances.
La récréation.
Son anniversaire.
L’été.
Le Chabbath.
Termine la blague : Un fainéant à un ami :
- “Que fais-tu ?
- Rien !
Que répond le fainéant ?
> Super ! Je peux t’aider ?”
Le double sens : Donne 2 sens au mot proposé.
1. Point.
> Signe de ponctuation fondamental marquant la fin d’une phrase.
> Score.
2. Pile.
> Batterie.
> Un des côtés d’une pièce.

Cite une chose qu’on fait quand on ne veut pas répondre.
On fait semblant de ne pas entendre.
On change de sujet.
On dit “je sais pas”.
On regarde ailleurs.
On rit nerveusement.
La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :
• Petite bête qui saute dans la tête.
> Idée.
• Un fil invisible entre deux cœurs.
> Amitié.

Le plus proche : Qui donnera la réponse la plus proche de la bonne ?
Combien de capitales existent dans le monde ?
> 195.


Classe ces lacs dans l’ordre croissant de leur volume d’eau :
• Lac Victoria. Lac Baïkal. Lac Léman. Lac Tanganyika. Mer Caspienne.
Lac Tanganyika (≈ 18 900 km³), Lac Baïkal (≈ 23 600 km³)
> Lac Léman (≈ 89 km³), Lac Victoria (≈ 2 760 km³),



Une cuillère à soupe contient plus ou moins qu’un bouchon de bouteille ?
Réponse : Plus : Cuillère : 15 ml ; Bouchon : 5-7 ml.


Quel est l’intrus dans cette liste ?
Vendeur - Acteur - Chanteur - Danseur - Nageur - Coureur.
Réponse : : Ils ont tous un feminin en “euse” sauf acteur (actrice).

Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses.
Dans la Mézouza, il y a :
1. 1 paragraphe du Chéma’
2. 2 paragraphes du Chéma’
3. 3 paragraphes du Chéma’

Réponse : 2
Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.


Une femme peut-elle poser la Mézouza avec la bénédiction ?
1. oui.
2. non.
3. que si on veut la boire.

Réponse : 1




Énigme

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions.



Quelle mesure surprenante ont-elles mis en place ?
Elle paie les habitants pour ne pas utiliser leur voiture.
Les résidents qui laissent leur véhicule au garage peuvent recevoir jusqu’à trois euros par trajet en transports publics.
Pour vérifier le respect des règles, des radars urbains contrôlent que la voiture n’a pas circulé de la journée avant d’accorder la récompense.


Réponse de la semaine dernière
Mettre les petits plats dans les grands.




La réponse, la semaine prochaine ! diminuer la pollution.

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box
Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche



Quand sa mère lui confie une révélation sensationnelle, le choc est brutal : le jeune homme comprend qu’on lui a caché la vérité toute sa vie…

Hermann grandit en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Sa mère l’élève seule, son père étant mort pendant la guerre.
C’est un élève sérieux, appliqué, qui obtient d’excellents résultats, en particulier en histoire. À l’université, il poursuit naturellement dans cette voie et se spécialise dans l’histoire de son pays, et plus précisément la Shoah.
Hermann se distingue rapidement par ses capacités. Brillant, rigoureux, passionné, il obtient une bourse lui permettant d’effectuer des recherches à Yad Vashem, à Jérusalem. Ce centre, fondé en 1957, est à la fois un institut de recherche, d’archives et un lieu de mémoire mondialement reconnu.
Un nouveau centre d’intérêt
Il se rend donc en Israël, et quelques jours après son arrivée, un changement inattendu s’opère en lui. Au contact du pays, de son atmosphère et de ses habitants, il se découvre une nouvelle attirance : la religion juive.
Cette attirance grandit progressivement jusqu’à devenir une véritable aspiration. Hermann entame alors un long parcours de conversion, partagé entre Israël et l’Allemagne, où il termine ses études. Après plusieurs années d’efforts, il entre officiellement dans le peuple juif en passant par les eaux du Mikvé. Ce jour marque pour lui un tournant décisif : Hermann devient Avraham et s’installe en Israël.
Diplômé d’un doctorat en histoire juive, spécialisé dans la Shoah, Avraham partage désormais son temps entre l’étude en Yéchiva à Jérusalem et ses recherches académiques.
Un jour, l’un de ses enseignants lui propose de rencontrer une jeune femme au parcours similaire au sien, en vue d’un mariage. La rencontre se passe bien, le lien se crée, et les fiançailles sont rapidement conclues. Le mariage est fixé quelques mois plus tard.
Avraham invite sa mère à la cérémonie. Malgré son passé en Allemagne nazie, celle-ci ne manifeste aucune hostilité envers le judaïsme. Elle ne s’oppose pas au choix de vie de son fils, bien que ce cheminement soit exceptionnel, surtout pour un Allemand à cette époque.
Avant le mariage, Avraham et sa mère passent quelques heures ensemble. Désormais engagé dans la construction de sa propre famille, le futur marié ressent le besoin de comprendre son passé pour mieux s’engager dans son avenir, et il interroge sa mère à propos de son père.
Mon père, ce héros ?
Sa mère tente d’éviter le sujet, arguant qu’il s’agit d’un jour heureux et qu’il serait préférable de ne pas évoquer des souvenirs douloureux. Mais Avraham insiste, estimant qu’au moment où il s’apprête à fonder son foyer, il a le droit de connaître ses origines.
Finalement, sa mère cède, et lui confie une révélation sensationnelle : "Ton père n’est pas mort !"
Le choc est brutal, Avraham comprend qu’on lui a caché la vérité toute sa vie. Lorsqu’il demande des explications, sa mère lui annonce que son père est en prison, condamné à perpétuité. Le choc est double pour le fiancé, et devant son insistance, sa mère finit par raconter toute l’histoire.
Son père était un agent de la Gestapo, particulièrement zélé, qui a participé à l’extermination de nombreux Juifs sur le front de l’Est. Jugé après la guerre, il a été condamné à mort, peine finalement commuée en prison à vie.
est immense. Avraham ressent du dégoût, de la colère, mais il parvient à se contenir quelques instants avant que la tension ne le fasse finalement exploser : il exprime toute sa haine, sa douleur, et interroge son père sur ce qu’il a fait pour mériter une descendance juive.
Avraham souhaite que son père voie de ses propres yeux que le peuple juif vit toujours
Pour Avraham, spécialiste de la Shoah et désormais Juif pratiquant, la nouvelle est insoutenable. À quelques heures de son mariage, il apprend que son propre père est un meurtrier nazi. Il décide de couper court à cette conversation et de ne plus jamais entendre parler de lui.
Le mariage se déroule dans une grande joie. Sa mère retourne ensuite en Allemagne, tandis qu’Avraham fonde son foyer en Israël.
Les années passent. Un jour, Avraham reçoit un télégramme de sa mère, lui annonçant que son père est mourant et qu’il lui reste peu de temps à vivre. Avraham refuse catégoriquement de le rencontrer. Pour lui, son père ne mérite rien. Sa femme intervient alors avec sagesse, elle lui explique qu’il ne s’agit pas de faire cela pour son père, mais pour sa mère. Après réflexion, Avraham accepte, mais à une condition : emmener ses deux enfants avec lui. Il souhaite que son père voie de ses propres yeux que le peuple juif vit toujours, qu’il n’a pas été détruit.
Geôles allemandes
Il se rend donc en Allemagne avec ses enfants et se présente à la prison. Lorsqu’il voit son père pour la première fois au parloir, l’émotion
Le vieil homme affaibli prend la parole. Il raconte qu’au cours d’une opération en Pologne, après avoir participé à une rafle, son commandant lui avait ordonné de vérifier une grange. À l’intérieur, il découvre deux enfants juifs cachés sous du foin. Contre toute attente, il ne les exécute pas et déclare à son commandant que la grange est vide. Il conclut en disant que c’est probablement cet acte qui lui a valu d’avoir des petits-enfants juifs.
De retour en Israël, Avraham est profondément bouleversé. Lors d’un cours, il partage cette histoire et en tire une conclusion forte : si un homme ayant commis de tels crimes reçoit une récompense pour un seul acte de miséricorde, il est impossible d’imaginer la récompense réservée à celui qui sauve des âmes juives en les rapprochant d’Hachem.
Nous pourrions prendre un engagement en souvenir de tous nos frères et sœurs morts assassinés. Cet engagement, ce serait celui de donner du temps et de la foi à notre entourage qui n’est pas proche d’Hachem. Cela peut se traduire par des missions de bénévolat auprès d’un organisme comme Torah-Box (par exemple), ou directement auprès de vos amis, de votre famille, y compris de vos propres enfants. Cherchez bien et ramenez auprès d’Hachem ces âmes en peine. Vous ne pouvez même pas imaginer votre récompense ! Continuons le combat contre le nazisme et ramenons à Hachem Ses enfants.
Alexandre Rosemblum
Pour nous-mêmes
"Voici la loi du Métsora’ le jour de sa purification, et il se présentera devant le Cohen." (Vayikra 14, 2)
Afin de corriger sa faute, le Métsora’ (lépreux) doit passer par un processus, et notamment le jour de sa purification, il doit se présenter devant le Cohen.
Le Kéli Yakar nous explique que cette démarche a pour but de demander comment guérir et qu’il prenne leçon de son comportement. Il aurait dû se soucier, dès le départ, d’être un élève de Aharon Hacohen, c’est-à-dire d’aimer la paix, poursuivre la paix et de se garder de la médisance. Mais au lieu de cela, il a parlé sans pitié sur son prochain, ce qui a provoqué cette lèpre.

Ce Chabbath 1er Iyar (18/04/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi ‘Haïm Vital. Très célèbre kabbaliste, il fut l’élève du Arizal. Il vécut à Tsfat essentiellement au 16e siècle de l’ère commune, au cœur du renouveau de la Kabbale, où il reçut et structura l’essentiel de l’enseignement du Arizal en transcrivant ses enseignements dans l’ouvrage 'Ets ‘Haïm Son œuvre constitue aujourd’hui la base de la Kabbale étudiée dans le monde entier.
N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

Changer son boîtier de Mézouza, permis ?
Oui, et sans réciter de bénédiction Likvoa' Mézouza ni Chéhé’héyanou si l’échange est immédiat et sans longue interruption. L’ancien boitier sera utilisé pour une autre Mézouza ou déposé dans une Guéniza. (Yabia’ Omer III, 164

Purée de pommes de terre : quelle Brakha ?
On récitera Boré Péri Haadama même si le légume de base n’est plus reconnaissable. (Yabia’ Omer VII, 29)

Oui, car cette aide financière de l’État pour les nouveaux immigrants israéliens est à considérer comme un gain. (Béora’h Tsédaka 3, 4-5)

Reverser le Ma’asser sur le Sal Klita ? Allez, dis-moi !
Les lois du langage
Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne que la Rékhilout, le colportage, demeure interdit, que l’information soit livrée spontanément ou sous l’insistance de notre interlocuteur.


À l’occasion de Yom Hashoah , prenons un instant pour regarder autrement cette période sombre de notre Histoire. Au-delà des souffrances indicibles et des tragédies innombrables, il existe une autre dimension, plus discrète mais tout aussi essentielle : celle de la résistance spirituelle. Dans les ghettos, dans les camps, dans les situations les plus extrêmes, des Juifs ont continué à vivre en tant que Juifs — à prier, à observer les commandements, à rester fidèles à leurs valeurs. À travers les paroles du Rav Neugarschel, ce dossier propose de redonner une voix à ces héros silencieux, et de découvrir comment, même face à l’anéantissement, l’âme juive a su rester debout.
Le jour de Yom Hashoah a été fixé comme jour de commémoration où nous honorons la mémoire des six millions de Juifs, dont un million et demi d’enfants, victimes de l’Holocauste. Nous nous souvenons de chaque âme battue, torturée, pendue, fusillée, brûlée ou gazée durant ces six années d’obscurité absolue. L’ampleur défie l’imagination : là où le pogrom de Sim’hat Torah 2023, encore gravé dans notre chair, nous arracha 1 200 vies, la Shoah en ravit 3 000 chaque jour pendant
cinq ans et demi. Unique par sa précision scientifique, son échelle monstrueuse et sa haine gratuite, les Nazis détournant même des trains du front russe, elle incarna le mal pour le mal, comme l’écrivit Emil Fackenheim.
Beaucoup connaissent les détails des terribles souffrances de nos frères durant la Shoah, nombreux sont ceux qui se sont émus du courage des combattants désespérés comme Mordekhaï Anielewicz et ses partisans du
ghetto de Varsovie, mais aussi dans au moins 91 ghettos de Biélorussie ou dans certains camps d'extermination nazis, à Sobibor, à Janowska voire même à Auschwitz.
Mais, il serait fallacieux d’ignorer les trésors de forces d'âme déployés par tant de Juifs qui ont résisté sans avoir les armes à la main.
Tout d’abord, car, comme l'écrit Georges Bensoussan, survivre est la première des formes de résistance. Mais encore, parce que garder son humanité, ou encore mieux, son image divine face à ceux qui veulent nous en priver mérite toute notre admiration. Nous nous devons de mieux connaître le courage incroyable de ceux qui se battirent en silence pour un instant de Torah, une petite Mitsva, une main tendue à un autre déporté, un comportement juste et moral qui paradoxalement, leur donnait encore plus de forces pour survivre, en résistant au processus de déshumanisation.
Ce dossier a pour but d’évoquer ces aspects parfois oubliés, tout particulièrement certaines facettes d’un héroïsme spirituel silencieux, manifesté par de très nombreux de nos frères, parfois restés dans l’ombre du courage de ceux qui osèrent se lever contre la puissance de la barbarie.
Le fait qu'un Juif cherche à connaître la Volonté divine au milieu de la tourmente montre de façon éclatante le niveau moral des questionneurs et du Rav censé y répondre, "
Cimetière ou lieu de vie ?
Au-delà de l’Histoire, quel pourrait être le regard d’un Juif d’aujourd’hui sur une tragédie de cette ampleur ?
La tradition juive nomme le cimetière de trois façons paradoxales : Beth Hakvarot ("maison des sépultures"), Beth ‘Olam ("maison de l’éternité") et Beth Ha’haïm ("maison des vivants"). Ces noms reflètent trois visions de la mort, miroirs de nos conceptions de la vie.
Les responsas halakhiques de l'époque, comme le Chout Mima’akim du Rav Ephraim Ochri du Ghetto de Kovno ou le Chout Miguey Tsalmavet (Responsas de la vallée de la mort) du Rav Aharonson sont particulièrement poignantes. Le fait qu'un Juif cherche à connaître la Volonté divine au milieu de la tourmente et se pose des questions telles que : "Puis-je me faire passer pour catholique pour avoir la vie sauve ?" ou "Est-il permis de s’évader d’un camp de concentration, en sachant que les prisonniers qui y demeurent souffriront ou seront assassinés en conséquence ?" montre de façon éclatante le niveau moral des questionneurs et du Rav censé y répondre, souvent sans livres à sa disposition.
Si la vie n’est que pure matière, la mort est fin tragique : le cimetière, maison des sépultures, clôt le chapitre. Mais si la vie embrasse l’esprit, l’âme immortelle transcende le corps. La mort est douloureuse ? Oui. Signe-t-elle la fin de l’histoire ? Sûrement pas. Le cimetière devient maison de l’éternité, passage vers un autre plan divin. Cependant, il y a plus profond encore : si nous, les héritiers de ces générations disparues, vivons leurs passions et valeurs, il se mue en Beth Ha’haïm, maison des vivants : leurs rêves persistent en nous, touchant enfants, proches et communautés.
Le Yizkor de Yom Hashoah interroge notre souvenir. Dirons-nous adieu au vide palpable, en pleurant ceux qui ne sont plus et leurs atroces souffrances ? Honorerons-nous l’âme céleste et éternelle qui réside désormais tout proche du Trône de Gloire divin ? Ou feronsnous revivre dans nos actes quotidiens l’idéal
juif, le rêve juif et la vision juive qu’on souhaitait annihiler et assassiner à travers ces six millions de Juifs ? Nos pas sur ces trois chemins, tous authentiques, résonnent dans le cœur de chacun, chacun à sa manière.
Nous, peuple juif, pouvons choisir : laisser Auschwitz et Treblinka comme tombes figées, ou embrasser ces vies disparues, aspirations et passions ? Créer des mémoriaux pour des morts, ou les ranimer par notre vie et notre mémoire ? Nous seuls, gardiens du souffle vital, déciderons si ces montagnes de cendres redeviendront foyers de vie. Aurons-nous le courage d’offrir un sourire aux ancêtres qui sacrifièrent tout pour notre survie ?
Fermez les yeux et écoutez leur murmure : "Donnez à vos enfants une vie juive vibrante, de Torah et de bonté, avec la joie d’un Chabbath, ou la beauté d’un acte de Tsédaka. Remplissez vos foyers de sainteté. Par une éducation juive riche et humaine, nous vivrons en eux." Cela n’apaise pas la tragédie infinie, mais dénie à Hitler toute victoire.
La Shoah nous interroge et nous interpelle. S’il est incontestable que Hachem était avec nous dans les camps, peut-Il vraiment laisser son peuple se faire exterminer ? Pour pousser plus loin notre réflexion, je voudrais partager avec vous le regard d’un survivant, ramené par Reb Chmouel Greinman, témoignage merveilleusement chanté par Motty Weiss.
Un vieil homme est assis à la table du Séder de Pessa’h. On l’appelle Reb Anshel Broïde, il vient de "là-bas", des camps, de l’enfer. Lorsqu’il en est sorti vivant, le monde entier, y compris le sien, n’était plus que ruines. Toute sa famille était restée là-bas : dans les fosses communes, les crématoires, les chambres à gaz. Et lui… lui s’est relevé des décombres fumants et a reconstruit son univers. Aujourd’hui, il contemple sa descendance, une forêt de visages aimés, fils et filles et petits-enfants surgis des cendres de la Shoah, qui chantent "Ma Nichtana". Des larmes de bonheur glissent sur sa barbe blanche.
Yosselé, le plus petit, finit de chanter puis surprend tout le monde : "Zeidy, grand-père, je sais qu’il n’y a que quatre questions… mais moi, j’en ai une cinquième qui n’est pas dans la Hagada."
"Demande, mon enfant, demande", répond Reb Anshel avec douceur.
"Toi qui as vu l'enfer, comment as-tu pu garder ce sourire ? Comment as-tu fait pour ne pas sombrer ?"
Le vieux ‘Hassid ferme les yeux. Il se revoit soixante ans plus tôt, à la table du saint Rabbi Yissakhar Dov de Belz. Le Rabbi multipliait les gestes étranges pour susciter la curiosité de son fils, mais l'enfant restait muet. Quand son père lui demanda pourquoi il ne questionnait rien, l'enfant répondit avec une simplicité bouleversante : "Père, tout est bizarre, mais tu m'as appris qu’on ne questionne pas les agissements de son père."
Rabbi Anshel regarde alors sa famille, le cœur vibrant. "Dans l'horreur des camps, j'avais moi aussi mille questions déchirantes. Je voulais hurler de douleur face à la faim, face à la perte de ma femme et de mes enfants. Mais dans ce noir absolu, je me répétais sans cesse ces mots : c’est mon Père qui agit. Au bout du compte, tout vient d’un Père qui aime d’un amour éternel. Il sait mieux que quiconque ce qui est juste pour nous. Et on ne questionne pas les agissements de son père."
C’est ce secret, cette confiance d'enfant envers le Ciel, qui lui a permis de traverser les flammes et de reconstruire, aujourd'hui, ce monde de lumière. Le fait que nous n’ayons pas de réponse ne signifie pas que celle-ci n'existe pas. Le sourire de cet homme admirable n'est pas une absence de souvenirs, c'est l'étreinte retrouvée avec son Créateur.
Rav Nathaniel Mimoun
Si l’on parle beaucoup de la courageuse résistance armée des partisans et du Ghetto de Varsovie, peu connaissent la courageuse résistance spirituelle et morale de millions de Juifs des shtetls.
Pour l’illustrer, nous nous baserons en premier lieu sur un extrait du journal de Moché Flinker, un adolescent de 15 ans. Moché Flinker faisait partie d’une famille pieuse d’érudits en Torah installée en Hollande, pays qu’ils fuirent pour Bruxelles. Ils seront plus tard capturés par les Allemands avant d’être envoyés dans les camps de la mort où une partie, dont Moché, furent assassinés. D’autres membres de la famille survécurent.
"
Lorsque les Juifs virent le courage de leur Rav, la procession de la honte se transforma en un cortège d’honneur qui sanctifia le Nom de D.ieu.
Lorsque les filles de la famille sont revenues de l’enfer, elles ont trouvé quelques cahiers cachés dans leur grenier à Bruxelles. C’était le journal de leur frère Moché. Ce journal est un document remarquable écrit par un très jeune garçon en plein cœur de la tourmente. Il contient des réflexions profondes et sublimes. On y voit l’état d’esprit d’un jeune garçon en pleine Shoah et ses paroles résonnent comme des prophéties.
Avec Moché, d’innombrables Juifs observant la Torah et les commandements partagèrent cette perspective spirituelle, et beaucoup ont sanctifié le Nom de D.ieu dans leur vie et par leur mort, en ne s’éloignant jamais du Créateur ni de Sa Torah.
Voici notamment ce qu’il y écrit : “La plupart des Juifs pensent que la rédemption et le salut dépendent de la victoire ou de la défaite de l’Angleterre. Ainsi, lorsque l’Angleterre remportera la victoire, la plupart des Juifs ne
diront pas que D.ieu les a sauvés, mais que l’Angleterre les a sauvés. C’est pourquoi je ne pense pas que cette guerre, dont nous sommes les témoins aujourd’hui, se terminera par la victoire de l’une des parties. Ni l’Angleterre ni l’Amérique ne remporteront cette guerre. Mais le Saint béni soit-Il, le D.ieu d’Israël, sortira victorieux de cette guerre. Je pense qu’avant la victoire finale, l’Allemagne aura le dessus sur presque tous les fronts. Et quand il semblera qu’elle a presque gagné, alors D.ieu interviendra et remportera la victoire.”
L’un des autres exemples les plus frappants est cet extrait du livre d’Isaiah Trunk, Le Ghetto de Lodz, où il est rapporté le récit suivant : un des rabbins âgés de Lodz fut traîné de sa maison à la synagogue. On sortit un Séfer Torah et on lui ordonna de cracher sur ce livre saint. Le rabbin refusa d’exécuter cet ordre. Furieux, les nazis déchirèrent le rouleau de Torah et ordonnèrent au rabbin de le piétiner. Lorsque le rabbin refusa également, on lui ordonna de se revêtir d’un Talit et de mettre ses Téfilin. Comme punition, on le plaça dans un chariot qui fit le tour des rues de la ville pour l’humilier. Mais lorsque les Juifs virent le courage de leur Rav, la procession de la honte se transforma en un cortège d’honneur qui sanctifia le Nom de D.ieu.
Le comportement de ces Juifs-ci, comme de bien d’autres, était exemplaire, non seulement d’un point de vue religieux mais aussi d’un point de vue moral. Ces tortures, ces oppressions et cette cruauté n’ont pas brisé moralement les Juifs religieux. Les Allemands leur interdisaient de prier en public, alors ils priaient en secret, risquant leur vie. Ils organisaient des offices

clandestins en se faufilant dans des ruelles avec leurs Talit et Téfilin cachés sous de longs manteaux pour prier dans des appartements.
D’autres auteurs décrivent que dès le premier Kippour de la guerre, les Juifs ont prié malgré les avertissements sévères des Allemands contre les rassemblements pour la prière de ce saint jour. Les offices ont alors été organisés dans les maisons, dans les cours et dans les synagogues qui existaient encore. Il s’agit de la période précédant la mise en place du ghetto à Lodz. Un autre auteur, Yéhouda Leib Guirsht, écrit : “Kippour 5700, 1939, marqua le début de la résistance juive. Les Juifs devaient se soumettre à tous les décrets cruels. Cependant, les Juifs religieux refusaient de céder sur la prière en commun. Ils se sont dressés contre les ordres du diable nazi, même si cela impliquait des châtiments et des tortures. Ils se rassemblaient dans d’autres maisons pour ne pas être suivis. Mais surtout, les ‘Hassidim se rebellaient. Ils se rassemblaient dans des maisons privées et priaient ensemble comme d’habitude. Dans les rues, les nazis rôdaient à la recherche de leurs proies. Mais ils ne trouvèrent que peu de proies ce jour-là. Comprenant la raison à cela, ils pénétrèrent dans les maisons où ils trouvèrent de nombreux Juifs en pleine prière. Ils les arrêtèrent et les conduisirent à des travaux forcés et des tortures.” On pouvait alors voir des scènes telles que des Juifs enveloppés de Talit et de Kittel, béret sur la tête, marcher pressés et pourchassés, entourés de soldats nazis en uniforme, arme à la ceinture. Le Talit blanc, la ceinture de prière et le béret de soie d’un côté, et les uniformes arrogants et les
ceintures de munitions en cuivre de l’autre côté. Deux mondes s’affrontaient ici. Les forces de la sainteté et de l’impureté s’opposaient frontalement.”
Tadeusz Pankiewicz, pharmacien polonais non juif du ghetto de Cracovie, raconte : “Immédiatement après le décret interdisant les barbes, tout le ghetto semblait souffrir d’une épidémie de maux de dents. Les Juifs enveloppaient leurs têtes et leurs visages, afin de ne pas toucher à leurs barbes. La tradition a triomphé des Allemands.”
Détruire la synagogue, atteindre le cœur
Autre exemple de résistance spirituelle : la synagogue de Lodz. Sidney Zusha Harcsztark, dans son livre Sang et larmes dans le ghetto de Lodz, à propos de la grande synagogue fondée par Israël Poznanski, raconte : “Selon une vieille tradition juive, dès que quelques familles juives s’installent dans une nouvelle ville, elles commencent immédiatement à penser à la construction d’une synagogue. Cette tradition n’était pas différente dans cette ville, où les Juifs étaient nombreux. Bien au contraire, Lodz était célèbre dans le monde juif pour être la deuxième plus grande communauté juive d’Europe de l’Est. Elle comptait de nombreuses synagogues et maisons d’étude, y compris celles des ‘Hassidim de toutes les cours ‘hassidiques de Pologne qui y étaient présentes en grand nombre.
Mais cela ne satisfaisait pas les ambitions d’Israël Kalman Poznanski, le légendaire industriel du textile. Son rêve était de construire une synagogue centrale d’une beauté et d’une envergure comparables aux célèbres synagogues historiques construites en Italie à l’époque de l’apogée de la vie juive de ce pays. Il a fait venir les architectes les plus renommés d’Europe. En effet, cette synagogue ressemblait vraiment à un petit Temple. Elle était immense, avec des milliers de places assises pour les hommes et les femmes, dont la galerie comportait deux étages. Il est difficile de décrire l’allure de la grande synagogue,
par la suite connue sous le nom de la vieille synagogue de la ville.
De nombreux artisans de divers métiers ont contribué à ce que la synagogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ravisse l’œil du spectateur. Ainsi, lors de la fête de Sim’hat Torah, lorsque l’Arche Sainte était ouverte, on pouvait admirer une salle immense contenant 150 Sifré Torah. Une vision inoubliable.” Le président de l’Agoudat Israël à Lodz, Rav Leibel Minsberg, prononçait des discours dans cette synagogue. “Les excellents discours de Rav Leibel Minsberg, l’autorité spirituelle de Lodz, résonnent encore dans mes oreilles”, écrit Sidney Zusha Harcsztark. “Ses discours, tant par leur forme que par leur contenu, laissaient une impression durable, même sur les représentants du gouvernement polonais qui participaient à diverses cérémonies.”
Quelle est la première chose que les nazis ont fait lorsqu’ils sont arrivés dans le ghetto de Lodz ? “Les bottes souillées des nazis conquérants entrèrent dans Lodz en marche triomphale. L’un de leurs premiers plans fut de détruire la synagogue de la vieille ville. Seulement cinq jours passèrent, et les charges explosives, accompagnées de scènes répugnantes de profanation et de moquerie, détruisirent le magnifique bâtiment qui était la couronne de la communauté juive de Lodz et le réduisirent en ruines. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants pleuraient, désespérés devant le spectacle. Le cœur se brisait de voir ce magnifique bâtiment anéanti, avec ses Sifré Torah et ses objets de culte. Les pierres, les fragments de murs et les meubles de la synagogue se mêlèrent aux parties de la splendide Arche Sainte. Ici et là, on pouvait voir des fragments des somptueux chandeliers. Tout le monde avait l’impression qu’un massacre avait eu lieu ici.”
Humilier les Juifs ? Vraiment ?
En parlant de la Shoah, beaucoup de gens parlent de l’humiliation des Juifs. “Ils ont humilié mon grand-père”, dit un petit-fils.
“Ils ont humilié ma mère”, dit une fille. Mais réflechissons sur cette définition. Les actes se voulaient humiliants, certes. Les nazis et leurs acolytes ont fait tous les efforts pour humilier. Mais ont-ils réussi leur objectif ?
Aujourd’hui, les Juifs du monde entier sont préoccupés par ce que les non-juifs disent de nous. Mais en vérité, lorsque les non-juifs parlent, ils parlent de D.ieu.
L’histoire populaire de Moïchké, le Juif du seigneur local, est bien connue. Ce dernier le convoque vendredi parce qu’il fête son anniversaire. Moïchké se présente alors que tous les invités sont déjà à moitié ivres, voire totalement. Ils le maltraitent. Ils le salissent. Ils l’obligent à porter une peau d’animal et à danser devant eux pour les divertir. Ils le fouettent au visage tout en continuant à boire. Moïchké est recouvert de saleté, de sang et d’immondices. Il baisse la tête et coopère. À la fin, quand ils en ont assez de lui et le jettent dehors, il s’approche du noble. Il lui baise la main en lui disant : “merci seigneur”. Cette scène semble dépeindre un homme dénué de toute dignité. Mais ensuite, cet homme va se nettoyer le visage. Il se lave en l’honneur du Chabbath et revêt ses plus beaux vêtements. Puis il se rend à la synagogue. Essayez de le faire s’asseoir à une place qu’il juge indigne de lui, il s’indignera. Si vous lui donnez une montée à la Torah qu’il trouve insuffisamment honorable ou si vous vous adressez à lui sans utiliser un titre convenable, il fera un scandale. On se demande de quel genre de personne bipolaire il s’agit là ! Auprès du seigneur, il n’avait aucun respect pour lui-même. Et ici, il a l’égo surdéveloppé…
La réponse est la suivante : si un homme sort de chez lui et qu’un chien aboie, il ne se sentira pas offensé. Si un oiseau lui envoie un “cadeau” d’en haut, il ne se sentira pas offensé, même s’il trouve cela répugnant. En effet, un chien ne peut pas offenser un homme. Un oiseau ne peut pas offenser un homme. De la même manière, un vieux noble ne peut pas offenser un Juif. Ce que le seigneur lui a fait subir ne l’a pas atteint.
Il l’a peut-être blessé, sali, ridiculisé. Mais il ne l’a pas humilié.
À la synagogue en revanche, on peut l’humilier. Car c’est là que se trouve sa vie ! Quand les Juifs ont commencé à se sentir humiliés par ce que les non-juifs pensaient et disaient d’eux, alors l’exil a vraiment commencé. Jusque-là, le Juif était certes en exil, mais maintenant l’exil est entré dans les Juifs.
Le Rabbi de Klausenburg et le président de la banque de Hongrie
Comme ce Juif, président de la banque hongroise, qui est arrivé au camp d’Auschwitz, au bloc du Rabbi de Klausenburg. Ce dernier s’est approché de lui et lui a demandé : “Dismoi, ta femme non-juive est-elle ici avec toi au camp ?” Il a répondu : “Non, bien sûr que non, elle n’avait pas besoin de venir.” “Quelle sorte de femme est-ce qui laisse son mari souffrir seul ? Et tes enfants, où sont-ils ?” “L’un est professeur dans telle université, l’autre professeur làbas…” “Sont-ils au moins venus t’accompagner à la gare ?” “Non.” “Et le président de la Hongrie, où est-il ?” lui demanda le Rabbi. Ce Juif, dans sa douleur, a répondu : “Et vous alors ?” C’est alors que le Rabbi a dit : “Je suis un Juif qui ne leur a rien donné et ne me suis jamais laissé impressionner par eux. Alors quand ils me dénigrent et essaient de m’humilier, cela ne m’affecte en rien. Mais qu’en est-il de toi ?”
Les enfants du Rabbi interrogèrent leur père : “Pourquoi fais-tu cela ? N’est-ce pas déjà assez difficile pour lui ?” Le Rabbi répondit : “Je sais ce que je fais.” Quelques jours plus tard, ce Juif, qui avait déjà un pied dans la tombe, s’est approché du rabbin et lui a dit : “Rabbi, j’ai réfléchi à ce que nous avons dit. Je pense que tu as raison. J’ai eu tort toute ma vie.” Le rabbin de Klausenburg dit alors à ses fils : “Vous voyez, il va maintenant mourir dans la repentance. C’est ce que j’ai réussi à faire avec lui.”
Il est important que nous connaissions ces définitions. Les nazis ne voulaient pas seulement tuer les Juifs. Bien sûr, c’était le principal. Mais ils voulaient aussi les humilier.
Pourtant, ce sont justement ces Juifs qui ont gardé leur apparence et n’ont rien changé de leurs coutumes qui ont montré qu’un non-juif ne pouvait pas les humilier. Cela inclut ces Juifs barbus, défiant l’ordre des nazis de ne pas porter de barbe. Dans les derniers instants du ghetto, dans les derniers jours de la guerre, dans ce combat contre les résistants mené par le général SS Jürgen Stroop, ceux-ci ont été découverts dans un bunker en train d’étudier la Torah. Il y a une photo où on les voit, portant des barbes. Ils ont montré aux Allemands, avec un regard perçant : vous n’aurez jamais notre âme. Vous ne nous humilierez jamais.
Une guerre contre le peuple élu
À Lodz, il n’y a pas eu de révoltes comme à Varsovie. Ni même d’actions de résistance locales comme celles de l’organisation Ayal dans le ghetto de Cracovie. Cependant, Lodz était une mine d’or en termes de courage spirituel, de maintien des valeurs humaines, de la foi et des commandements religieux, de solidarité et d’entraide. La bravoure spirituelle était une vision courante parmi les Juifs qui connaissaient sa juste valeur.
Wolf Jasny, journaliste et activiste politique polonais, écrit que les héros du ghetto étaient ceux qui réussissaient à préserver leur judaïté, leur dignité humaine et leurs valeurs. Même dans des conditions difficiles, ils n’oubliaient pas leurs racines ni leur souci pour leurs frères. Malgré le fait qu’il était particulièrement difficile d’être religieux dans le ghetto, car les nazis persécutaient ceux qui portaient une barbe et portaient des vêtements traditionnels juifs. Partout où le régime hitlérien s’installait, ceux qui avaient une apparence religieuse étaient les plus persécutés, les plus maltraités et les plus torturés. Ils souffraient de violences et de tortures spécifiques destinées à briser leur esprit et leur corps. Car cette guerre n’était pas seulement une guerre de race. Mais une guerre spirituelle, une guerre contre le peuple élu. Par conséquent, une guerre contre la foi juive.



Les tortures, les oppressions et la cruauté des nazis n’ont pas brisé moralement les Juifs religieux. Les Allemands leur interdisaient de prier en public, alors ils priaient en secret, risquant leur vie. Voici quelques exemples de cette bravoure.
Des offices ont été organisés dans les maisons, dans les cours et dans les synagogues qui existaient encore. Il s’agit de la période précédant la mise en place du ghetto à Lodz.
David Blum, dans ses mémoires gardées au Musée de Yad Vachem, décrit par exemple comment son père essaya d’organiser une prière clandestine pour Roch Hachana. L’idée était qu’au moment où le concierge activait la pompe à eau pour remplir la cuve de l’immeuble, ils sonneraient du Chofar. Le bruit de la pompe était censé recouvrir celui du Chofar. Il est vrai qu’ils durent prier et sonner du Chofar hâtivement. Mais au moins, ils réussirent à prier et à sonner du Chofar.
Il décrit également : “À la veille de la fête de Souccot, un couvre-feu a été imposé au ghetto. Mais le matin du premier jour de la fête de Souccot, mon père s’est précipité dans la rue Prodjejna, au numéro 5, où vivait un ami de la famille, Shmuel Weizman. Cet ami avait transformé le balcon de son appartement en Soucca. Mon père a couru chez son ami pour réciter la bénédiction de ‘Lachévet Bassoucca’. C’était un acte de grande bravoure, mais il n’était pas le seul. De nombreux Juifs sont
venus à la Soucca de Weizman pour réciter cette bénédiction.”
Reb Noa’h Klein raconte pour sa part que malgré le danger immense, il a annoncé à tous ceux qui étaient prêts à l’entendre que sa maison était ouverte pour l’étude et la prière pendant la fête de Souccot. Il a ainsi construit une petite Soucca dans sa maison. Et de nombreux Juifs sont venus y manger un morceau de pain. Pendant ce temps, un des enfants faisait le guet pour vérifier qu’aucun regard mal intentionné ne découvre la situation.
Isaiah Trunk, écrit qu’au début, les fêtes juives dans le ghetto de Lodz étaient des jours de congé officiels. Cependant, par la suite, Kippour est devenu une journée de travail obligatoire. Mais les Juifs pieux prenaient des risques. Ceux qui ne pouvaient pas se libérer du travail se rendaient aux ateliers. Et si le directeur était tolérant, ils se tenaient à côté des machines pour prier. Un certain Moderkhaï Guterman témoigne : “Nous avons observé 7 jours de deuil, les Chiva’, après le décès d’un proche, à la maison dans le ghetto. Nous priions trois fois par jour en Minyan. Comme nous avions commencé ainsi,
nous avons continué à organiser des prières chez nous, même après la période de deuil. Ces offices ont perduré pendant plus de quatre ans, presque cinq. Pas seulement en semaine, mais aussi le Chabbath et les fêtes. Ces jours-là, ma mère et ma sœur se tenaient devant la maison pendant les heures de prière pour nous protéger de tout danger. Il est certain que nous avions peur d’être découverts. Mais par miracle, il ne nous est arrivé qu’une seule fois de devoir nous disperser pendant la prière.”
prier. Certaines d’entre elles reflètent un lien extraordinaire avec la prière. Comme cette affiche concernant la protection de la santé, où il est demandé aux personnes malades de s’abstenir de venir prier en public pour éviter la propagation des maladies. Entre les lignes, on peut y lire l’attachement des Juifs à la prière, qui même malades, voulaient venir prier.
"Israël Leibush rapporte : “Les offices du matin et du soir étaient organisés à la maison. Après la prière, nous discutions des événements et nous lisions le journal pour comprendre les événements autour de nous. Nous calculions également, selon les valeurs numériques, que le Messie était sur le point de venir et que les Allemands subiraient bientôt une défaite. En plus des souffrances générales que tous les Juifs enduraient sous les Allemands, nous, les Juifs religieux, souffrions particulièrement. Au milieu de la prière, on nous annonçait soudain que des ‘attaquants’ approchaient. Dans ces cas-là, nous nous dispersions rapidement, parfois avec nos Talit sur les épaules. Cela s’est produit lors du premier Yom Kippour sous l’occupation. Ils nous ont conduits au travail forcé encore enveloppés dans nos Talit. En cas de telles rafles, nous subissions des humiliations extrêmes. En plus des coups que nous recevions, ils se moquaient de nous et blasphémaient le D.ieu d’Israël.”
En cas de telles rafles, nous subissions des humiliations extrêmes. En plus des coups que nous recevions, ils se moquaient de nous et blasphémaient le D.ieu d’Israël.
Il décrit l’évolution des prières après que les offices soient devenus clandestins. Les questions talmudiques les plus étranges comme celles concernant celui qui sonne du Chofar dans une fosse ou dans un tonneau devenaient d’actualité. On voulait sonner du Chofar sans être entendu à l’extérieur. Mais cela n’a pas empêché le déroulement de nombreux offices tôt le matin de Roch Hachana. On y sonna même du Chofar avec la bénédiction. Birman écrit que même lorsque le danger augmentait, les prières, élément essentiel chez les Juifs, furent préservées selon les conditions et les possibilités.
Yérah’miel Birman était l’un des employés de l’archive du ghetto. Il a tenu une liste secrète intitulée “Où et comment prie-t-on dans le ghetto” ou “Informations sur la prière dans le ghetto”. Il y décrit un monde de prière vibrant de vie sous la surface du ghetto. Il recopie de petites affiches murales collées dans les coins des pièces où les gens se réunissaient pour
En 5703, 1943, après la grande déportation, les offices se déroulaient principalement à l’aube. Des centaines de personnes disant le Kaddich cherchaient un office. À cette époque, le ghetto avait déjà été déclaré camp de travail, donc les prières se tenaient dans les arrière-salles des usines et les greniers étaient utilisés pour cela. Dans une synagogue de fortune appelée “l’office des Gardiens”, des groupes se relayaient 24h/24 pour prier. Les ‘Hassidim dans le ghetto maintenaient leurs Shtieblach comme à leur habitude. L’état de ces lieux de prière reflétait les événements. Les tables et les bancs étaient rares. Mais il y avait de nombreux Talit ayant appartenu à des morts ou à des déportés. Il y avait également beaucoup de Sifré Torah, souvent apportés par ceux déportés à Lodz. Dans certains endroits, des vêtements de soie étaient suspendus pour l’officiant ou pour toute
personne importante arrivant directement du travail. Même la presse clandestine du ghetto de Lodz a immortalisé la multitude de ces offices. Alter Schnor, dont le vrai nom était Israël Dov Itzinger, était un enseignant et écrivain. Il écrit dans son journal que les offices étaient organisés dans les bâtiments et les cours, principalement pour les prières de l’après-midi et du soir. Entre les prières, il y avait l’étude du Daf Yomi. Ces prières nécessitaient la mise en place de guetteurs pour prévenir d’une action des nazis.
Étudier, encore étudier
Les étudiants de la Torah du ghetto de Lodz étaient ceux qui avaient le plus à résister. Certains étudiaient en permanence, sans interruption. Ainsi décrit Trunk : “Un groupe de jeunes hommes resta une longue période dans une cave du 47 rue Marianska, étudiant la Torah. Ils ne profitaient pas des rations de pain et des autres provisions que recevaient les employés des ateliers. Au début, ils étudiaient la Torah jour et nuit dans le ghetto, ne se séparant jamais de leur Talmud. Ils étudiaient dans un appartement au troisième étage du 42 rue Khelm, principalement la nuit pour ne pas être remarqués.”
Guirsht raconte que les Juifs orthodoxes ont sanctifié le nom de D.ieu par leur rigueur spirituelle et leur bravoure morale, de manière spectaculaire et unique. C’était un exemple édifiant de voir la force morale de ces Juifs simples. Les jeunes hommes ‘hassidiques se distinguaient particulièrement, alors qu’ils étaient les plus démunis. Ils ne flattaient pas les tyrans du ghetto pour obtenir des privilèges. Et ils profitaient encore moins du vol et du pillage des vivres au détriment des affamés. Les décrets des nazis n’ont pas réussi à faire plier ces hommes aux visages creusés par la faim. Parmi eux, se trouvaient deux neveux de Guirsht qui ignorait même qu’ils appartenaient au groupe des étudiants de Torah clandestins dans le ghetto. Un soir, il a réussi à découvrir leur cachette.
Il écrit : “J’ai cherché mes neveux et les ai trouvés dans une maison abandonnée près du cimetière,
lui-même comme enterré sous la neige et la glace. Seules des tombes étaient visibles de loin. Je suis arrivé devant cette maison et j’ai frappé à une porte en haut de marches branlantes. Une scène étrange, d’un autre monde, s’est alors révélée à moi. Autour d’une table, assis sur des bancs faits de planches non taillées, il y avait environ vingt jeunes hommes à longues papillotes. Dans le ghetto ! Ils étaient penchés sur des livres, débattant des subtilités du Talmud. Leurs visages étaient maigres, leurs gorges asséchées comme les figues de Rabbi Tsadok. Mais leurs fronts étaient plissés par l’étude des livres, et dans leurs yeux brillaient des lumières cachées, empreintes d’obstination et de courage suprême. En regardant leurs visages pleins de pureté et de douceur, j’ai vu une rébellion contre le monde vil autour d’eux. Ils semblaient tels des fleurs vigoureuses en automne, éclatant de leur dernière lueur. Là, ils oubliaient l’étoile jaune, les barbelés et les clôtures. Ce nid merveilleux semblait comme un rocher mystérieux au milieu de vagues déchaînées dans une mer agitée. Parmi ces jeunes hommes extraordinaires se trouvaient mes deux neveux. Ils étaient tellement absorbés qu’ils ne m’ont même pas remarqué. Ils finirent par être exterminés.”
Reb Zélig Pick, rescapé de la Shoah, écrit que Rav Mendele Alter, le plus jeune fils du Admour de Gour, le Sfat Emet, a ordonné l’organisation de cours publics de Torah dans le ghetto. Il note que souvent, ils ressentaient de façon évidente que la Torah protégeait et sauvait. Même ceux qui étudiaient en cachette un chapitre de Michna ou une page de Guémara, ou disaient une parole ‘hassidique, ressentaient une étincelle de confiance en D.ieu s’allumer en eux.
Mme Anna Ellenberg Eibeshitz décrit : “À une heure fixe, dix jeunes hommes venaient chez nous dans le ghetto. Chacun apportait un peu de nourriture. Une fois cette nourriture déposée sur la table, je pensais : maintenant, ils vont commencer à manger. J’en avais moi-même l’eau à la bouche. Je ne comprenais pas comment ils pouvaient attendre alors que la nourriture était sur la table. Mais ils étaient assis tranquillement
autour de la table et, à ma grande surprise, au lieu de manger, ils commençaient à étudier la Torah. Mon frère avait préparé trois copies du traité qu’ils étudiaient à ce moment-là. Une vive et animée discussion se déroulait entre eux. Ce n’est qu’après avoir terminé leurs études qu’ils se lavaient les mains pour manger. Puis ils chantaient des chants. Leur enthousiasme ‘hassidique éclairait notre maison.”
Mme Horowitz décrit : “Méir Horowitz a été déporté de Pavenitz au ghetto de Lodz, chez sa grande sœur. Il avait 16 ans. Dans le ghetto, il se plongeait dans la Torah. Il étudiait avec le rabbin Leizerzon, qui était responsable de la collecte des livres dans le ghetto. Leur étude se déroulait dans la cave de la maison des Leizerzon. Ils se plongeaient dans l’étude comme si rien ne se passait dehors. Meir faisait très attention à ne pas consommer d’aliments interdits, et bien sûr s’abstenait de viande du ghetto. Il ne voulait pas se souiller avec des aliments interdits, même si cela aurait pu être permis dans le ghetto. Il était par conséquent extrêmement faible. Dans le train dans lequel Meir a été déporté avec sa mère, on leur a fait passer une boîte de nourriture contenant de la viande. Il a refusé d’en manger. Il a dit à sa mère : ‘Est-ce le moment de m’avouer vaincu ? Si je survis à cela, je ne me le pardonnerais jamais. Et si je suis condamné à mourir, est-il convenable de céder dans mes derniers moments de vie ?’ Il est décédé sur le quai d’Auschwitz à sa descente du train.”
Reb Avraham Falloch raconte : “Quand la guerre a éclaté, j’étais en septième année au ‘Héder Yessodé Hatorah. Nous avons été forcés d’entrer dans les ruelles étroites du ghetto. J’ai grandi du jour au lendemain. Avec quelques jeunes garçons, nous avons trouvé une chambre au 47 de la rue Marideski. Notre chef était Binyamin Abramovitch. Moi, j’étais son bras droit. De l’extérieur, l’endroit semblait rudimentaire. Mais à l’intérieur, c’était un véritable paradis. Nous y étudiions avec beaucoup d’assiduité, priions ensemble avec une grande dévotion, et pratiquions la ‘Hassidout comme auparavant. La nuit, les fenêtres étaient recouvertes de planches. C’était un excellent camouflage. Une
fois, notre cachette a été découverte par la Zunder, la police spéciale du ghetto. Ils sont venus inspecter et ont perçu des sons de Torah. En entrant, ils sont restés debout, étonnés : ‘Vous n’êtes pas de ce monde’, ont-ils dit. Ils soupçonnaient avoir trouvé un repaire secret de criminels et de contrebandiers, mais devant eux, c’était un groupe de ‘Hassidim.”
Les jeunes filles étudiaient également dans le ghetto de Lodz. Il y avait une enseignante d’un séminaire de Cracovie, nommée Feiga Zelitska. Elle s’occupait de son père malade. Une famine terrible régnait dans leur maison. Les jeunes filles cherchaient un moyen de l’aider dignement. Elles lui ont alors demandé de donner des cours en échange d’un peu de nourriture.
Mme ‘Haya Erlinger raconte : “Après un certain temps, j’ai décidé de me joindre au cours. Dès la première rencontre, j’étais fascinée par son haut niveau et par la manière dont elle expliquait les sujets, avec clarté et profondeur. Son influence sur nous était extraordinaire. Pendant les heures passées dans sa chambre - une pièce misérable et sans aucun mobilier - nous écoutions ses paroles comme si nous étions dans un autre monde, sublime et élevé. L’élévation spirituelle nous rafraîchissait l’âme, nous extrayait de la tristesse et de la dépression, du quotidien pénible de nos vies dans le ghetto. Sa maison ne comportait qu’une seule pièce, dont les murs étaient humides à cause des fuites du toit. La distance entre chez moi et sa maison nécessitait une marche de plus d’une demi-heure. Je devais souvent marcher la nuit dans un froid glacial de -10 à -15 degrés. Les vêtements et les chaussures n’étaient pas adaptés à de telles conditions météorologiques.
En réalité, marcher jusqu’à elle, pour moi et pour mes amies, demandait un grand sacrifice. De plus, nous allions généralement le ventre vide, vraiment affamées. Même si nos corps étaient maigres et fragiles, que nos jambes marchaient avec peine et souvent fléchissaient, cela en valait vraiment la peine. C’était un grand mérite de mon point de vue. Feiga avait un charme
particulier qui nous attirait vers elle et vers sa maison éloignée.
Pendant les cours, elle nous guidait sur la manière de comprendre les événements tragiques que nous traversions. Elle nous enseignait à réaliser combien, dans notre limitation humaine, nous ne pouvions comprendre ni saisir les voies de D.ieu ni Ses actions. Il ne nous restait qu’à accepter, comme nos ancêtres avant nous, les épreuves envoyées pour affiner notre peuple parmi les nations du monde. En même temps, Feiga nous donnait une autre perspective sur la vie. Elle enracinait en nous l’espoir que des jours meilleurs viendraient, des jours où la terre serait remplie de la connaissance de D.ieu.
En ces temps difficiles, beaucoup d’entre nous étaient déjà orphelines, sans réel soutien familial. Feiga était notre enseignante et notre guide spirituelle. Elle savait comment atteindre l’âme de chacune de ses élèves. Elle savait allumer en chacune d’entre nous notre propre étincelle. Elle ne nous enseignait pas seulement la Torah. Elle nous incitait et nous orientait à agir non seulement envers D.ieu, mais aussi envers notre prochain. À faire du bien à autrui, à aider ceux dans le besoin, même dans les conditions du ghetto. Elle nous enseignait à pratiquer la bonté envers les autres, même avec peu de moyens, comme une cuillère de sucre, de café ou d’huile. Nous ne pouvions pas ne pas suivre ses instructions, autant que possible.”
Feiga Zelitska est restée dans le ghetto avec son père jusqu’en Eloul 5704, septembre 1944. Elle faisait pour lui bien plus que ses forces ne le permettaient, tout en ayant constamment l’impression de ne pas faire assez et de ne pas honorer suffisamment son père. Un jour, ils sont venus prendre son père pour le déporter à Auschwitz, car il ne pouvait plus travailler. Elle l’accompagna pour lui apporter son aide là où ils iraient. Ils arrivèrent tous les deux à Auschwitz. Et là aussi, elle le suivit jusqu’à la chambre à gaz.
Chabbath, fêtes, Pessa’h
Les fêtes juives étaient respectées. Ainsi, Rabbi Efraïm Greenblatt écrit dans ses mémoires,
rapportées dans les Archives de Yad Vashem : “Nous avons essayé de célébrer les fêtes juives à leur date et, dans la mesure du possible, selon les règles. Une partie de l’huile que nous recevions dans le cadre de la distribution quotidienne des rations alimentaires était conservée pour les bougies de ‘Hanouka. Des Souccot étaient construites pour la fête. Et des Matsot, pains azymes, étaient également cuites à partir d’une sorte de farine noire accumulée au fil du temps.”
Isaiah Trunk raconte comment on faisait des Matsot de farine de seigle pour Pessa’h. La quantité de Matsot était de deux kilos et demi pour huit jours. C’était juste assez pour accomplir le commandement de manger de la Matsa. Cependant à Pessa’h, les Juifs pieux jeûnaient plus qu’ils ne mangeaient. À la place du vin, ils utilisaient du jus de betterave rouge. La seule chose que nous avions en abondance était le Maror, l’herbe amère, mais pas sur la table… Il se trouvait dans le cœur de chacun d’eux. Lorsqu’on mentionnait l’esclavage ou la délivrance pendant la récitation de la Hagada, les gens éclataient en sanglots comme à Kippour
Ma mère m’a raconté que mon grand-père n’a pas mangé de pain pendant les huit jours de Pessa’h au camp. Il n’a pas non plus échangé ce pain car il est interdit de profiter du ‘Hamets Même après Pessa’h, il n’a pas touché au pain qu’ils avaient gardé pour lui car c’était du ‘Hamets ayant été gardé pendant Pessa’h et qui est interdit à la consommation. J’ai demandé à ma mère pourquoi mon grand-père ne l’avait jamais raconté, et elle m’a répondu : ‘Qu’est-ce que tu voulais que je raconte ? Qu’un Juif n’a pas mangé de ‘Hamets à Pessa’h ? Il ne pensait pas du tout avoir une histoire digne d’être racontée.”
Rabbi Efraïm Greenblatt écrit : “Au début de la guerre, lorsque j’ai commencé à travailler, j’ai réussi à m’absenter de l’usine les Chabbath et les jours de fête. Ma sœur, paix à son âme, refusait de travailler le Chabbath. Quand on ne lui a pas accordé cette dispense, elle a éclaté en sanglots. Le doyen des rabbins du ghetto, Yossef Feiner, en a été ému. Il est allé voir le kapo et lui a expliqué que, au moins un jour par semaine,
une ouvrière de l’usine pouvait être exemptée de travail. Le kapo a accepté, et elle a eu la chance de ne pas travailler le Chabbath.”
Yaakov Krieger raconte dans son livre Tu m’as fait vivre : “Comment sanctifions-nous le Chabbath ? Il n’y avait ni bougies, ni vin. Chacun mangeait sa maigre ration de pain dès le matin. Sur la table, il y avait une nappe blanche en l’honneur du Chabbath. J’ai dit la prière du soir en terminant par ‘Ce jour-là, le Seigneur sera Un et Son Nom sera Un’. J’ai souhaité Gut Shabbes, Chabbath Chalom, tandis que mes sœurs étaient assises patiemment sur le lit. J’ai sorti la ration de pain que j’avais gardée depuis le matin et j’ai récité le Kiddouch dessus. Je l’ai rompu en trois morceaux pour mes sœurs et moi. Mais elles ont refusé de manger.
Comment pouvaient-elles se permettre de manger ma ration de pain ? Ce n’est qu’après leur avoir promis une agréable surprise qu’elles ont accepté de manger du pain. J’ai sorti la marmite de soupe dont l’odeur s’est répandue dans toute la pièce. Le matin du vendredi suivant, après une nuit de travail, j’ai trouvé une note sur la table avec quelques morceaux de pain à côté. Sur cette note, il était écrit : ‘À notre très cher frère, tu nous as rendu un trésor précieux, le Chabbath, que nous aurions oublié sans ce Chabbath dernier.’”
Yehuda Leib Guirsht écrit sur le Chabbath dans le ghetto : “Le Chabbath après-midi, l’élévation spirituelle atteignait son apogée dans cet atelier. Dans une pièce réservée à la prière, les ouvriers religieux se réunissaient pour le troisième repas. Bien sûr, la plupart du temps, ce repas n’était composé que d’ingrédients spirituels. Les voix chantant ‘Bné Heikhala’ résonnaient doucement comme des eaux tranquilles. Et il semblait que l’esprit de Rabbi Yo’hanan le Cordonnier du temps de la Michna flottait parmi eux, parlant aux âmes tourmentées de ces pieux cordonniers.”
Dans cette situation d’urgence sans précédent, qui n’avait aucun équivalent dans l’histoire du peuple martyrisé, il y eut une élévation spirituelle. Tandis qu’à l’extérieur régnaient la terreur des événements et les policiers… Dans
cette pièce, un jeune homme émacié et affamé chantait : “À l’extérieur, ils sont là sans entrer, ces chiens effrontés.” Puis ils entonnaient le Psaume du roi David. Les mots “Même si je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi”, résonnaient dans leur bouche à plusieurs reprises, avec obstination et douleur brûlante.
Cacheroute, ‘Hessed et refus de céder
Guirsht écrit encore : “Parmi toutes les couches de la société juive, ce sont les Juifs religieux qui ont réussi à résister relativement bien au fil du temps. Ils n’exploitaient pas les denrées alimentaires pour leur propre bénéfice et ne les gaspillaient pas sans raison. Il est évident qu’ils ne participaient pas aux actions des policiers et des surveillants cruels. Aucun d’eux ne s’est rendu coupable du grave crime de dénoncer des Juifs aux nazis. Les Juifs craignant le Ciel ont réussi à préserver leur image divine en toutes circonstances. C’est pour cette raison qu’ils ont beaucoup souffert. Ils furent les premiers à être déportés et exterminés.”
À cause de la détresse et de la haute mortalité, les rabbins ont permis la consommation d’aliments interdits, leur vie étant en danger. Néanmoins, de nombreux Juifs religieux n’ont pas accepté cette permission. Ils ne pouvaient eux-mêmes s’expliquer pourquoi.
Il y avait une association “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”, “ qui distribuait du pain et du café aux nécessiteux, en échange de la récitation des bénédictions de Nétilat Yadaïm et du Birkat Hamazon. On y trouvait des groupes de Daf Hayomi, qui après une journée de travail épuisante, se réunissaient pour étudier une feuille recto-verso du Talmud, comme en temps normal. Rabbi Efraïm Fishel Rabinowitz, un des rabbins du ghetto de Lodz, a déclaré que seule la force de l’étude de la Torah leur permettrait de supporter les souffrances qui les frappaient.
Rav Mordékhaï Neugarschel, adapté par Rav Gad Allouche



FEMMES
COUPLE

Être joyeux est loin d’être facile. Il s’agit d’un réel travail, essentiellement autour de nos pensées.

Pourquoi redoubler de joie pendant le mois de Adar ? Il y a plusieurs raisons, comme par exemple la joie des miracles de Pourim et de Pessa’h, la joie de l’annulation du mal représenté par ‘Amalek et Haman.
Le Sfat Emet aborde également la joie des Parachiot lues à cette période de l’année, décrivant la construction du Tabernacle. D.ieu a ordonné de Lui construire un Tabernacle afin qu’Il y réside. En réalité, c’est en nous que D.ieu veut résider, dans nos cœurs, siège de nos sentiments. Et la Guémara nous enseigne : "La Présence divine ne réside que là où il y a de la joie". Les Sages parlent de la joie comme d’une clé magique, une Ségoula extrêmement puissante ouvrant des portes verrouillées et qui, comme le dit le Ba’al Chem Tov, a le pouvoir de briser des murailles. Néanmoins, être joyeux est loin d’être facile. Il s’agit d’un réel travail, essentiellement autour de nos pensées. D’ailleurs, le mot Bésim’ha (dans la joie) contient les mêmes lettres que Ma’hchava (la pensée). Un dicton connu nous dit : "Un homme averti en vaut deux."
C'est pourquoi, pour parvenir à préserver et développer notre joie, il nous faut connaître les "voleurs de joie".
1 Le "tout ou rien"
Dans l’histoire de Pourim, nous découvrons
Haman, descendant d’Amalek, qui cherche
à exterminer tout le peuple juif en un seul jour - un terrible décret comme le peuple juif n’en avait jamais connu. La Méguila décrit la colère d’Haman lorsque Mordekhaï refuse de se prosterner devant lui. Tous se prosternent, sauf un homme. Et cet unique refus suffit à faire exploser sa rage. L’expression employée par Haman est une grande leçon de vie : "Tout cela ne vaut rien." Haman est riche, honoré, puissant, proche du roi, entouré d’amis, adulé par tous… mais un seul homme ne se prosterne pas, et tout son monde s’effondre. Plus rien n’existe.
Cette attitude peut, malheureusement, être la nôtre. Nous rencontrons un problème, une difficulté, une épreuve… et tout notre monde s’écroule. Toute notre attention est happée par ce point noir, au point de ne plus voir tout le reste. Voici un voleur de joie : le danger du "tout ou rien". Si une chose ne va pas, alors rien ne va. Honnêtement, qui ne traverse pas d’épreuves ?
Le Chomer Émounim nous révèle que joie, foi et confiance en D.ieu sont intimement liées. L’épreuve est une invitation à chercher D.ieu et Son message, et non un piège. Bien sûr, une personne doit être à l’écoute de ses sentiments. Cela peut faire mal. Mais il est essentiel de préserver une vision globale de son existence et de remettre chaque chose à sa juste proportion.




La multiplication des réseaux rend les vies de plus en plus publiques. Nous sommes rapidement tentés de regarder et de tomber dans la tristesse née de comparaisons nocives. Les gens vivent par procuration. Ils ont l’impression que la vie des autres est plus belle que la leur. Le jardin des autres est toujours plus vert. Pour contrer ce fléau, il est indispensable d’aimer sa vie, d’apprécier ce que D.ieu nous donne et de travailler sa foi : tout est pour notre bien. Plus une personne développe la gratitude pour ce qu’elle est et ce qu’elle possède, plus elle devient heureuse, sans comparaison aucune.
Rabbi Na’hman, dans le conte du sage et du simple, raconte l’histoire d’un simple cordonnier. Sa femme tente de le convaincre que les autres cordonniers gagnent plus que lui et qu’il devrait augmenter ses prix. Sa réponse est aussi simple que grandiose : "Pourquoi devons-nous parler des gens ? C’est leur vie, et c’est ma vie." Deux phrases qui, si on les adopte, ont le pouvoir de transformer nos vies.
mari avec un grand sourire, sa tristesse risque de doubler.
Le mauvais penchant lui chuchote : "Quelle chance elle a (2e voleur de joie), moi, mon mari ne me comprend jamais !" Réellement jamais ? (1er voleur de joie, voir tout en noir)
Les deux premiers voleurs sont déjà à l’œuvre tandis que le troisième arrive : se laisser aller à ses pensées négatives, au lieu d’essayer de les transformer.
Honnêtement, qui ne traverse pas d’épreuves ? "
Si une chose ne va pas, alors rien ne va.
Il s’agit d’aller à contre-courant, de refuser le laisser-aller, de travailler son focus sur le bien, de relativiser, de juger favorablement, de chercher un moyen de faire la paix. Nous avons le libre arbitre. Nous avons la possibilité de choisir nos réactions. Lorsque nous tombons dans la passivité, la dégringolade peut devenir dangereuse pour notre équilibre, notre couple et notre avenir.
Le Admour de Slonim définit la joie comme ce sentiment profond que D.ieu est notre père aimant qui nous protège à chaque instant. Si nous développons en nous cette certitude, l’autre ne nous bouleversera plus autant, car notre vie est dirigée de la meilleure manière qui soit.
Le ‘Hazon Ich révèle qu’il existe une seule mauvaise Midda (trait de caractère) : la négligence de la vie naturelle dans son déroulement naturel, le laisser-aller.
Imaginons une femme qui vient de se disputer avec son mari. Naturellement, elle ressent de la peine et de la tristesse. Si, en plus, elle croise sa voisine qui souhaite une bonne journée à son
Une arme puissante contre l’enlisement consiste à sortir de son ego en donnant, en cherchant à réjouir l’autre, à apporter, à comprendre ses sentiments, à développer l’empathie. Plus une personne sort des quatre murs de son "moi" – "je veux", "je suis blessée", "je suis incomprise" –, plus elle apprend à regarder l’autre, à faire du bien et plus rapidement elle retrouve sa joie intérieure.
Il y a malheureusement d’autres voleurs de joie. Mais face à ces voleurs, nous détenons de précieux conseils de nos Sages : travailler sa foi, utiliser son libre arbitre, sortir de son ego et développer la gratitude ! Ces outils peuvent nous aider à augmenter notre joie tout au long de l’année.
Bon travail et bon courage à toutes !
Rabbanite Léa Bennaïm

Quand on allume les bougies de Chabbath, doit-on penser à recevoir Chabbath ou, au contraire, ne pas recevoir Chabbath ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
1. Si la femme est Ashkénaze (ou mariée à un Ashkénaze) : l’accueil du Chabbath et de ses interdictions se fait avec l’allumage des bougies. (Rama sur Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 263, 10 ; Halakha Broura 15, 329)
2. Si la femme est Séfarade (ou mariée à un Séfarade) : l’accueil du Chabbath et de ses interdictions ne se fait pas avec l’allumage des bougies. Mais si elle a besoin de faire un travail après l’allumage, il est bon de penser "Ne pas recevoir le Chabbath" avec l’allumage. (Yabia’ Omer 2, Ora’h ‘Haïm 16, 3-4 ; Halakha Broura 15, 327)
Si elle est certaine d’avoir terminé tous les préparatifs de Chabbath et qu’elle n’aura besoin de faire aucun travail, il est bien de dire, après l’allumage, "qu’elle accueille le Chabbath et ses interdictions" (afin d’accomplir la Mitsva d’accueillir le Chabbath avant l’heure et de le prolonger dans la semaine).
Écrire au crayon et gommer des paroles de Torah, permis ?
Y a-t-il un problème d’écrire des notes de Torah ou un brouillon d’un Dvar Torah au crayon à papier puis de les effacer ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
Il est interdit d’effacer des paroles de Torah sauf s’il s’agit de phrases n’ayant pas un sens réel.
Les Sages nous disent qu’acheter notre tombe rallonge la vie. Est-ce que ce n’est pas ici un manque de Émouna pour la Guéoula ? On dit qu’à la fin des temps, il n’y aura plus de morts et il y aura même la résurrection. Comment expliquer cette contradiction ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
Il n’y a pas de contradiction entre acheter un emplacement pour sa tombe et croire en la venue imminente du Machia’h. La mort fait partie de la vie, c’est une réalité pour chacun d’entre nous. Se préparer pour la fin de la vie, c’est être prévoyant et non un manque de Émouna.
Croire à la résurrection des morts ne veut pas dire que nous n’allons jamais mourir avant l’arrivée du Machia’h. La résurrection des morts concerne, justement, ceux qui sont déjà morts et qui reviendront à la vie.
Même si nous devons garder en tête que le Machia’h peut arriver à tout moment, réfléchir à nos 120 ans et prendre des dispositions concrètes n’enlève rien à cette Émouna. Ya’akov Avinou a pensé à l’emplacement de sa tombe de son vivant. (Béréchit 50, 5 ; Techouvot Véhanhagot IV, 274, 3 [p.309, note de bas de page 11] ; II, 604 ; Divré Bénayahou 34, 75, 6 ; Yaskil ‘Avdi Yoré Déa 8, 32 ; Or’hot Rabbénou IV, 108, 38)
Peut-on cacher la mort d’un enfant à sa mère ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
S’il y a le moindre risque que la mère fasse un malaise, subisse un choc grave, ou que sa vie soit mise en danger, il est permis, et même obligatoire, de garder le secret. Sauver une vie (Pikoua’h Néfech) prime sur tout, y compris sur l’obligation de dire la vérité dans un tel cas. La Halakha ne demande jamais de dire une vérité lorsque celle-ci risque de provoquer un danger immédiat. (Chévet Halévi 2, 266 ; ‘Hazon ‘Ovadia Avélout 2, 291 ; Choul’han ‘Aroukh Yoré Déa’ 402, 12)
J’ai un très bon ami qui fête son anniversaire des 18 ans, mais il le fait dans une salle avec des filles sûrement pas Tsni’out. Ai-je le droit d’y aller ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
1. Il est strictement interdit de se rendre à un tel évènement !
2. Nous sommes en pleine guerre !
3. Nous avons besoin d’Hachem à nos côtés. Donc, il faut redoubler d’attention et surtout lorsqu’il s’agit de manquements à propos desquels il est dit qu’Hachem n’interviendra pas pour nous sauver des mains de nos ennemis. (Dévarim 23, 15 ; Sifri ; Talmud Sota 3b)
Existe-t-il une Halakha exigeant que le Mohel soit juif ? Pourquoi un non-juif ne pourrait-il pas pratiquer la Brit-Mila s’il en connaît toutes les lois ? Et si un chirurgien non-juif réalise une circoncision complète pour raison médicale, le bébé juif est-il considéré comme circoncis ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan
1. La Halakha indiquant que le Mohel doit obligatoirement être Juif se trouve dans le Choul’han ‘Aroukh. (Yoré Dé'a 264, 1)
2. La raison ? Elle est déduite de deux versets de la Torah (voir ‘Arokh Hachoul’han, Yoré Dé’a 264, 1). La Brit-Mila n’est pas un simple acte technique, mais une Mitsva qui crée une alliance ; elle doit donc être accomplie par quelqu’un lui-même soumis à cette Mitsva. Un non-Juif, n’étant pas membre de cette alliance, n’est pas habilité à y faire entrer autrui. Autrement dit, la Mila est le signe du lien particulier entre Hachem et Israël ; la confier à un non-Juif en affaiblirait la portée symbolique.
3. Si un chirurgien non-juif a pratiqué la Mila, il faudra procéder à une Hatafat Dam à un endroit bien précis du membre du bébé. (Rama, Choul’han ‘Aroukh Yoré Dé’a 264, 1) La Hatafat Dam consiste à faire couler quelques gouttes de sang à l’aide d’un instrument approprié.














Une tarte simple et délicate, garnie d’une crème d’amande légère et d’abricots caramélisés à la vanille.
Pour 6-8 personnes
Difficulté : Facile
Temps de préparation : 25 min
Temps de cuisson : 35-40 min


Pâte
• 250 g de farine
• 100 g de sucre glace
• 120 g de margarine froide coupée en morceaux
• 1 œuf
• 1 pincée de sel
Pour la garniture
• 1 grande boîte d’oreillons d’abricots au sirop, égouttés
• 100 g de margarine ou beurre végétal
• 100 g de sucre
• 100 g de poudre d’amande
• 2 œufs
• 1 cuil. à café d’extrait de vanille
• 1 cuil. à soupe de miel
• 1 cuil. à soupe de sucre supplémentaire
• Amandes effilées (facultatif)

Réalisation
- Mélangez la farine, le sucre glace et le sel. Ajoutez la margarine froide et sablez du bout des doigts jusqu’à obtenir une texture de sable grossier. Ajoutez l’œuf et mélangez juste assez pour former une pâte homogène, sans trop la travailler.
- Étalez sur un moule de 24 cm, puis piquez le fond à la fourchette. Réservez au frais 30 min.
- Mélangez la margarine, le sucre, la poudre d’amande, les œufs et la vanille, puis étalez sur la pâte.
- Disposez les abricots égouttés sur la crème. Saupoudrez d’un peu de sucre, arrosez de miel et ajoutez quelques amandes effilées si désiré.
- Enfournez à 170°C pendant 35 à 40 min. Laissez refroidir avant de servir.
Conseils :

* Servez nature ou ajoutez un léger nappage pour une finition plus brillante.
Chabbath Chalom !
Murielle Benainous


Le cursus scolaire qui allie l’Etude et les études


BAC ISRAÉLIEN 4 & 5 Yehidot en hébreu ou en français
CURSUS OLIM CURSUS YESHIVA
12h de Kodech 12 h d’Oulpan intensif
AVEC L’APPROBATION DE
Rav Yehia Teboul chlitaAv Beith-Din de Lyon et Région
Rav Alain Shlomo Senior chlita Grand Rabbin de Paris 16e
Rav Yossef Eliahou chlita Rosh Collel à Jerusalem
Kodech intensif 25h hebdomadaire
M. Nissim BENTSVI
Téléphone et Whatsapp
Pour plus d’informations scannez ici >>




Perle
de la semaine par

"Plus encore que les Juifs ont gardé le Chabbath, le Chabbath a gardé les Juifs."
(Rav Chimchon Raphaël Hirsch)