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Torah-Box Magazine n°351 France - Michpatim

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n°351 14 février 2026 I 24 Chevat 5786 I Michpatim

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L'ÉDITO DE LA SEMAINE

“D.ieu m’a tout appris”

Une question nous a été posée par un internaute : “Comment considérer un Ba’al Téchouva (personne qui s’est rapprochée du judaïsme) qui a progressé sans l’aide d’un maître, mais uniquement grâce à l’enseignement que D.ieu lui aurait prodigué personnellement ?”

Est-ce que cette personne fait référence à quelqu’un en particulier ? Nous ne le savons pas ; d’autres indications font également défaut pour saisir pleinement la pertinence de ses propos. Mais comme il touche à un sujet général et important, à savoir comment reconnaître un véritable érudit, nous allons tâcher de le développer.

Précisons tout d’abord qu’un homme, quel que soit son passé, peut en un court instant devenir un véritable Tsadik intègre, s’il décide à ce moment de se conformer à la volonté de D.ieu, telle qu’elle nous a été transmise au mont Sinaï. Peu importe si, à ce moment-là, il ne connaît pas encore les lois juives — et va donc forcément faire des erreurs — car D.ieu scrute le cœur. Il devra évidemment à l’avenir étudier ces lois et tâcher de les appliquer.

Mais pour acquérir précisément cette connaissance qui lui fait défaut, il devra apprendre auprès de maîtres, qui l’ont eux aussi reçue de maîtres, au cours d’une transmission fidèle depuis Moché Rabbénou. Prétendre comprendre les finesses du Talmud et de la loi à partir de simples lectures est un leurre ; affirmer les avoir reçues de D.ieu Lui-même relève soit du mensonge grossier, soit de la démence. La Torah ne peut s’acquérir qu’en fréquentant des Sages et leurs élèves, et en investissant beaucoup de labeur et d’abnégation. Cette transmission est inévitable pour comprendre véritablement la volonté de D.ieu, car ce savoir ne constitue pas une science comme tant d’autres, mais représente la possibilité de s’attacher à D.ieu, comme en avait fait l’expérience Moché Rabbénou.

De façon générale, comment fait-on pour reconnaître un grand Sage ? Tout simplement par un contact avec d’autres Sages reconnus, ces derniers étant à même de définir son niveau d’érudition. C’est ainsi qu’à chaque génération, les Guédolim (les plus grands Sages) ont fait connaître ceux qui prendront leur relève. Précisons aussi que c’est toujours dans le domaine de la Torah dévoilée (Niglé), comme le Talmud et le Choul’han ‘Aroukh, que l’on juge un Sage, et non sur la partie cachée (Sod). Car tout kabbaliste qui se respecte est avant tout un érudit dans le Niglé. De plus, la partie ésotérique de la Torah constitue l’apanage d’une élite qui, en général, ne se dévoile pas ; très souvent, ceux qui prétendent l’enseigner au grand public n’y comprennent pas grand-chose, ou pire encore, sont des imposteurs.

Nous vivons dans une génération où d’un côté, le nombre d’étudiants en Torah s’est considérablement multiplié, mais où, d’un autre côté, la qualité s’est appauvrie. La Shoah, ainsi que l’assimilation, ont provoqué un manque de géants en Torah capables de transmettre la Torah sous toutes ses formes, comme il en existait tout au long de l’histoire. La modernisation, la technologie et la facilité de vie que nous connaissons aujourd’hui réduisent encore davantage la possibilité de voir éclore des Sages de la stature des générations précédentes. C’est pourquoi il n’est pas évident aujourd’hui de devenir un grand maître, à plus forte raison lorsque l’on étudie seul.

En conclusion, ajoutons que le meilleur moyen de comprendre, même partiellement, ce qu’est un véritable Talmid ‘Hakham (érudit), est de venir étudier dans une Yéchiva en Israël. On pourra ainsi, à la fois, côtoyer les Rabbanim qui y enseignent, et aussi en profiter pour aller rendre visite aux grands Sages qui nous guident.

Rav Daniel Scemama

SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - “D.ieu m’a tout appris”

Actualité

Yohan Souffir

Israël/‘Hezbollah : La reprise de la guerre est inévitable

Réflexion

Le pouvoir caché de la parole

Rav Réouven Coriat

Le message d'un rabbin de Strasbourg

Femmes

La nomination d’un bébé fille : qui, quand, comment, pourquoi ?

Rav Yehonathan Gefen

Parachat Michpatim - Sensibilité et offenses verbales

Shabatik

Histoire

La Jeep sortie avec les honneurs

Flash Chabbath

Vie juive

Maduro : l'orgueil précède la chute

Devinettes sur la Paracha

DOSSIER La visite aux malades

Le Bikour ‘Holim, un acte médical d’une valeur unique

Les héros discrets des hopitaux

"Les bénévoles Torah-Box rallument la flamme chez nos malades !" – Interview d'Adi Guil, chef du service gériatrie à Cha'aré Tsédek

Rencontre avec Yaël Farhi, clown médical et tante du soldat Nadav Farhi z'l

Questions au Rav

La Paracha pour les enfants

Envie de bien faire !

Recette

Cabillaud

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel Marciano, Yohan Souffir, Elie Marciano, Rav Réouven Coriat, Rav Yehonathan Gefen, Rav Nathaniel Mimoun, Sarah Kisielewski, Rav Aharon Sabbah, Rav Gabriel Dayan, Rav Avraham Garcia, Murielle Benainous

Couverture @miki.spitzer

Mise en page Dafna Uzan

Secrétariat 01.80.20.5000

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Yann Schnitzler yann@torah-box.com 04.86.11.93.97

Distribution diffusion@torah-box.com

Remarques & commentaires magazine@torah-box.com

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 Ne pas lire pendant la prière

 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

Daf Hayomi Mena'hot 31

Michna Yomit Temoura 6-5

Daf Hayomi Mena'hot 32

Michna Yomit Temoura 7-2

Daf Hayomi Mena'hot 33

Michna Yomit Temoura 7-4

Parachat Michpatim

Daf Hayomi Mena'hot 34

Michna Yomit Temoura 7-6

Daf Hayomi Mena'hot 35

Michna Yomit Kritout 1-2

Daf Hayomi Mena'hot 36

Michna Yomit Kritout 1-4

Daf Hayomi Mena'hot 37

Michna Yomit Kritout 1-6

Roch 'Hodech

Jeudi 12 Février

Rav Israël Lipkin Salanter

Vendredi 13 Février

Rav David Halévi Segal

Samedi 14 Février

Rabbi Ya'akov Edelstein

Lundi 16 Février

Horaires du Chabbath

Paris Lyon Marseille Strasbourg

Entrée 17:49 17:46 17:48 17:29

Sortie 18:58 18:51 18:52 18:37

Zmanim du 14 Février

Rav Nathan Tsvi Finkel (Saba de Slabodka) Paris Lyon Marseille Strasbourg Nets 08:01 07:45 07:38 07:39

13:05 12:55 12:53 12:43 Chkia 18:09 18:05 18:07 17:48

Nucléaire : Téhéran défie Washington et affirme refuser de cesser d'enrichir de l’uranium

L’Iran ne renoncera "jamais" à l’enrichissement de l’uranium, a déclaré son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, affirmant que Téhéran n’acceptera aucune injonction extérieure concernant son programme nucléaire. S’exprimant lors d’un forum, deux jours après une rencontre à Oman avec l’émissaire américain Steve Witkoff, il a également assuré que le

déploiement militaire américain dans le Golfe "ne faisait pas peur" à l’Iran.

Ces déclarations interviennent alors que Donald Trump a de nouveau brandi la menace d’un recours à la force pour obtenir un accord. Avant la guerre avec Israël, l’Iran enrichissait l’uranium jusqu’à 60 %, un niveau proche du seuil militaire.

Polémique à New York : Mamdani nomme une militante anti-Israël à la tête de la lutte contre l’antisémitisme

La nomination de Felicia Wisdom à la tête du bureau municipal de New York chargé de la lutte contre l’antisémitisme suscite une vive controverse. Selon le New York Post, cette femme a par le passé tenu des propos critiques envers Israël et attaqué des responsables politiques ayant condamné le 'Hamas. En mai 2021, lors de tirs de roquettes

sur Israël, elle avait dénoncé le soutien exprimé par Andrew Yang à l’État hébreu. Ancienne dirigeante de l’organisation progressiste New York Jewish Agenda, elle est nommée dans un contexte marqué par une forte hausse des actes antisémites dans la ville.

Le maire Zohran Mamdani défend toutefois sa décision.

Antisémitisme : Trois jeunes Juifs agressés dans les jardins du Trocadéro

Trois jeunes de confession juive ont été victimes d’une agression dans les jardins du Trocadéro, ce week-end à Paris. Aucun blessé n’est à déplorer. Dans un message publié sur le réseau X, Jérémy Redler, le maire de l'arrondissement, a condamné "avec la plus grande fermeté" cette agression, apportant son soutien total aux victimes. Jérémy

Redler a également réaffirmé son engagement personnel et politique dans la lutte contre l’antisémitisme.

"Je continuerai à combattre sans relâche l’antisémitisme", a-t-il déclaré, rappelant que la haine et les violences ciblant une communauté n’ont pas leur place à Paris.

Gaza : Une première réunion du Conseil pour la paix envisagée le 19 février à Washington

Une première réunion du "Conseil de la paix pour Gaza" pourrait se tenir le 19 février à Washington, selon des sources citées par i24News. Cette initiative américaine viserait à réunir plusieurs acteurs internationaux autour des questions liées

à l’après-guerre dans la bande de Gaza. Les discussions porteraient notamment sur la stabilisation du territoire et la coordination internationale, sans confirmation officielle à ce stade de la date ou de la composition exacte du forum.

ONU : Pour Francesca Albanese, "l’humanité a un ennemi commun : Israël"

Lors d’un forum organisé par Al Jazeera, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les droits humains dans les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a attaqué Israël en affirmant à propos d'Israël que "l’humanité a maintenant un ennemi commun" et condamné la politique de l’État juif. Albanese a tenu ces propos lors d’un panel aux côtés de Khaled Mashaal ('Hamas) et d’un haut responsable iranien.

La participation d’une experte onusienne à un événement associant l’un des dirigeants d’un groupe terroriste a été vigoureusement condamnée par l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, qui a dénoncé l’usage de la tribune onusienne pour "relayer la propagande terroriste et l’antisémitisme".

Les forces israéliennes se préparent au mois du Ramadan

Les forces de sécurité israéliennes se préparent à l’approche du mois du Ramadan, dans un contexte de guerre et de fortes tensions sécuritaires. La police et Tsahal ont annoncé des mesures de prévention renforcées afin d’empêcher toute tentative de violences, d’incitation ou de troubles à l’ordre public, en particulier à Jérusalem et sur le Mont du Temple. Les autorités israéliennes affirment vouloir permettre la pratique des rites religieux tout en assurant la sécurité des fidèles et des habitants.

Cette préparation intervient alors que le 'Hamas et d’autres organisations terroristes cherchent régulièrement à exploiter cette période pour provoquer des affrontements.

Pour 2 milliards de dollars, Apple acquiert une startup israélienne Q.ai

Apple a conclu le rachat d’une start-up israélienne spécialisée dans l’analyse des micromouvements faciaux, Q.ai, pour un montant estimé à 2 milliards de dollars. Cette société développe une technologie capable de décrypter les micro-expressions du visage à l’aide de l’intelligence artificielle. L’acquisition s’inscrit

dans la stratégie d’Apple visant à renforcer ses capacités dans les domaines de la reconnaissance faciale et de l’interaction hommemachine. Israël confirme ainsi son rôle central dans l’innovation technologique mondiale, avec un écosystème de start-up régulièrement ciblé par les grands groupes internationaux.

Elon Musk surprend avec une réflexion sur l’argent et le bonheur qui fait écho aux Maximes des Pères

Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, dont la fortune est estimée à plus de 800 milliards de dollars, a créé la surprise en publiant un message personnel sur son compte X. "Celui qui a dit que l’argent n’achète pas le bonheur savait de quoi il parlait", a écrit le milliardaire, déclenchant une large

réaction sur les réseaux sociaux. En quelques heures, le post est devenu viral, cumulant plus de 71 millions de vues. Il a également suscité une forte interaction, avec environ 450 000 mentions “j’aime”, plus de 45 000 partages et près de 35 000 enregistrements par les utilisateurs.

Opération israélienne au Liban : Un cadre djihadiste capturé

Une opération conjointe terrestre et aérienne de Tsahal a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans le sud du Liban contre des combattants djihadistes. Selon le récit officiel, une unité spéciale de l’armée israélienne a pénétré plusieurs kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, ciblant un cadre supérieur d’un groupe

terroriste en lien avec les Frères musulmans. Après plusieurs heures d’intervention, les forces ont neutralisé le cadre terroriste, le capturant plutôt que de l’abattre, dans le but de recueillir des renseignements sur les activités du réseau ennemi au Liban et en Syrie.

Israël : Vers des sanctions beaucoup plus sévères pour les infractions routières

Le gouvernement israélien a approuvé un renforcement important des sanctions pour diverses infractions au code de la route, dans un contexte d’augmentation du nombre de décès sur les routes. Parmi les principaux changements proposés : l'utilisation du téléphone, le non arrêt au feu rouge et l'excès de vitesse seront sanctionnés d'une amende de 5 000 Chékels et de 10 points, 10 000 chékels en cas de récidive.

Le croisement d’une ligne continue ou conduite sur la bande d’arrêt d’urgence : 5 000 Chékels et 10 points. Le non-respect de la priorité aux piétons : amende de 3 000 Chékels la première fois, et 6 000 Chékels à la seconde, avec points.

Vague anti-israélienne en Australie avant la visite du président Its'hak Herzog

La prochaine visite du président israélien Its'hak Herzog en Australie provoque une forte mobilisation hostile. Des groupes anti-israéliens appellent à manifester contre sa venue et exercent des pressions sur le gouvernement australien pour qu’il prenne ses distances avec Israël. Selon la presse locale, les autorités ont choisi de communiquer avec une grande discrétion sur le programme de la visite afin de limiter les tensions, tandis qu’un dispositif de sécurité renforcé est prévu autour des rencontres officielles et communautaires.

Une famille juive parvient à s'exfiltrer hors d'Iran et arrive en Israël

Le soutien de la communauté locale s’organise déjà : des collectes de vêtements, de meubles et d’autres besoins essentiels ont été lancées pour les aider à s’intégrer et reconstruire leur quotidien.

Une famille juive pratiquante de 5 personnes a réussi à fuir l’Iran et est arrivée en Israël avec pour seul effet personnel les vêtements qu’elle portait, après un long et périlleux voyage par la frontière avec l’Arménie, la Géorgie, avant d’atterrir à l’aéroport de Ben Gourion. Selon eMess, la famille a quitté Téhéran face aux violences internes, abandonnant derrière elle une entreprise familiale et toute une vie. Installés dans une ville à forte population orthodoxe, la famille doit recommencer sa vie à zéro.

Boukobza

Israël/‘Hezbollah : La reprise de la guerre est inévitable

On parle depuis novembre d’une possible reprise de la guerre entre Israël et le ’Hezbollah. En réalité, elle n’a jamais cessé. Elle était simplement en pause, larvée, différée. Aujourd’hui, elle redevient plus que probable.

Longtemps groggy après les affrontements avec Tsahal en 2024, le ‘Hezbollah semblait affaibli, presque neutralisé. Beaucoup voulaient y croire. Beaucoup ont cru voir un mouvement en fin de cycle, désorganisé par les frappes israéliennes, endeuillé par la mort de son chef historique, ‘Hassan Nasrallah. Une erreur classique : confondre le silence d’un ennemi avec sa défaite.

Le ‘Hezbollah n’était pas mort. Il était blessé. Et il attendait.

Car le ‘Hezbollah n’est pas une milice ordinaire. C’est une organisation idéologique, messianique, structurée par le temps long. En bons chiites duodécimains, ses cadres savent attendre. Ils attendent le retour du Mahdi, le douzième imam. Le temps n’est pas un obstacle pour eux, c’est une arme. Comme nous attendons Léhavdil l’avènement du Machia’h, eux attendent leur heure.

On les croyait désarmés. Ils ne l’ont jamais été. L’armée libanaise n’a jamais réussi — et souvent jamais vraiment essayé — de les neutraliser complètement. Le ‘Hezbollah reste un "État dans l’État", avec toujours cinq ministres au sein du gouvernement libanais. Une organisation terroriste, proxy direct de l’Iran, intégrée aux institutions d’un pays qu’elle prend en otage depuis plus de quarante ans.

Après le cessez-le-feu conclu entre Israël et le ‘Hamas en octobre 2025, l’attention s’est logiquement déplacée vers le nord. Et les conclusions des services de renseignement israéliens sont sans appel : le ‘Hezbollah se réarme plus vite que prévu, plus vite même que ce qu’Israël parvient à freiner. On parle même d’une opération à grande échelle en profondeur sur le territoire libanais.

D’où l’élimination de Haythem Ali Tabatabai, figure centrale de la branche armée et de la reconstruction des infrastructures militaires. D’où l’intensification des frappes aériennes et des opérations terrestres au sud-Liban. Tsahal ne dramatise pas, elle anticipe.

Fondé en 1982 à la faveur de l’intervention israélienne contre l’OLP, le "Parti de Dieu" n’a jamais accepté de déposer les armes, pas même après les accords de Taëf. Ceux qui pensaient le ‘Hezbollah devenu un fantôme ont sous-estimé deux choses : l’argent iranien et l’économie criminelle. Le ‘Hezbollah est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs du narcotrafic mondial (20% du trafic mondial). Cette manne finance missiles, tunnels, drones et fidélités.

À la tête du mouvement, Naïm Qassem change de ton. Lui qui se voulait prudent affirme désormais qu’"une attaque contre l’Iran serait une attaque contre le ‘Hezbollah". Ce

durcissement n’est pas idéologique, il est politique. Qassem est fragilisé, sur la sellette car jugé trop modéré par Téhéran qui songe très sérieusement à le remplacer. Deux hommes se disputent déjà en interne sa succession et les faveurs du guide suprême Khamenei : Wafiq Safa et Mohammad Raad.

L’équation est simple et dangereuse.

Soit Israël frappe préventivement.

"des proxys, terrorisme régional. La diplomatie offre des miettes, pendant que l’axe iranien prépare la suite.

Le ‘Hezbollah est aujourd’hui l’un des acteurs majeurs du narcotrafic mondial (20% du trafic mondial).
Cette manne finance missiles, tunnels, drones et fidélités.

Soit le ‘Hezbollah attaquera, tôt ou tard — surtout si les États-Unis décident de frapper l’Iran, hypothèse que Donald Trump a publiquement évoquée à plusieurs reprises.

Pendant la Guerre des Douze jours, le ‘Hezbollah est resté en retrait. Non par faiblesse, mais par calcul. Il reconstruisait, restaurait, stockait. Pendant ce temps, Israël frappait et frappe toujours depuis les airs, détruisait les tunnels, neutralisait les caches d’armes (comme avec l’unité Alexandroni récemment), consolidait ses positions sur cinq collines stratégiques du sud-Liban. Une guerre invisible, mais bien réelle.

Il ne faut jamais crier victoire trop vite, surtout au Moyen-Orient. Encore moins face à nos ennemis qui vivent dans le long terme. Le scénario d’une guerre totale multi-fronts n’est pas une fiction : c’est une hypothèse de travail pour Tsahal depuis des années et qui revient sur la table ces dernières semaines.

Le volte-face des négociations américanoiraniennes, relancées ce vendredi 6 février à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, en est une nouvelle illustration. On parle de nucléaire, on distribue des promesses, mais on évite soigneusement les sujets centraux : missiles balistiques, répression interne, financement

Dans ce contexte, une seule attitude est possible : vigilance, lucidité et détermination. Nous, peuple juif, savons que nos efforts doivent être investis dans la prière, l’étude et la pratique des Mitsvot, et surtout, nous ne le répéterons jamais assez, notre unité.

Le lion ne dort jamais vraiment. Il observe. Et quand il rugit, c’est qu’il est déjà trop tard pour négocier.

Yohan Souffir

RÉFLEXION par Elie Marciano

Le pouvoir caché de la parole

De même que la parole de D.ieu est créatrice, ainsi la parole de l’homme est créatrice et subsiste à jamais. Ce pouvoir de la parole, on le discerne tout particulièrement chez les Justes, car : “Lorsque le Juste décrète, le Saint, béni soit-Il, exécute.” Quant au commun du peuple, il possède ce pouvoir dans une moindre mesure. Mais il le possède tout de même !

“Les paroles de D.ieu sont pures, de l’argent sept fois raffiné” ; “Ta parole, ô D.ieu, subsiste à jamais dans les Cieux” (Psaumes) ; “Béni soit Celui qui a dit, et le monde a été créé”.

La parole divine est au cœur de la création ; le verbe de D.ieu est la condition de toute vie, la source même de toute existence. La parole, c’est le secret de la Création, le mystère que les kabbalistes n’ont cessé de sonder et qui, dans son principe, échappe à la raison humaine.

Parmi tous les commentaires et toutes les spéculations, l’on peut au moins retenir une chose : la parole divine possède un pouvoir créateur.

La couronne de D.ieu

Puisque l’homme a été créé à l’image de D.ieu, il s’ensuit que sa parole possède les mêmes facultés que la parole de son Créateur. De même que la parole de D.ieu est créatrice, ainsi la parole de l’homme est créatrice et subsiste à jamais. Cette notion trouve une expression privilégiée dans le domaine de la prière. Plus qu’une activité, la Téfila est pour les Juifs un art et une vocation. Mais aussi une arme. Les mots de la prière sont efficaces et infaillibles. Et précieux. L’ange Métatron tresse, à son Créateur, une couronne avec les prières d’Israël.

Dans la nature, rien ne se perd. Et de même, affirme le Zohar, “aucune parole ne se perd” mais chacune se répercute inévitablement ici

ou là, tôt ou tard. C’est dire que toute prière, quelle qu’elle soit, produit inexorablement un effet.

L’on cite souvent, à titre d’exemple, l’intercession d’Avraham. Il avait en effet supplié, “prié” D.ieu de ne pas détruire Sodome et Gomorrhe, et d’en épargner les justes. Et ce qui nous avait semblé être un échec, une vaine demande, s’est révélé par la suite une prière salutaire. En effet, par son intervention, Avraham a obtenu que soit gracié son neveu Loth, celui-là même qui allait donner naissance à Moav, l’ancêtre du roi David, et partant au roi Messie lui-même !

Pour mieux comprendre ce pouvoir de la parole, rappelons tout d’abord une maxime de nos Sages : “Une alliance a été conclue avec les lèvres” (traité Mo’èd Katan). D.ieu a conféré au langage humain un pouvoir créateur. Rachi ajoute que le simple fait de prononcer, même involontairement, une parole, “ouvre la porte” à sa réalisation. Car la parole joue un rôle de “médiateur” entre l’esprit et la matière, elle permet de concrétiser ce qui est à l’état spirituel, d’amener à l’existence physique ce qui n’était jusque-là qu’à l’état de potentialité.

L’Admour Hazaken raconte que son maître, le Maguid de Mezeritch, communiquait systématiquement toute révélation spirituelle qui lui venait à l’esprit. Il l’énonçait oralement, alors même que ses auditeurs étaient incapables de la saisir. Mais il estimait que

toute idée verbalisée est finalement attirée dans ce bas monde, celui des réalités concrètes, et finit tôt ou tard par être comprise.

Le poids du silence

Inversement, l’absence de parole peut “bloquer” et empêcher la réalisation d’un événement. C’est pourquoi un rêve qui n’a pas été raconté ne peut tout simplement pas se réaliser. Selon les termes du Talmud : “Tout rêve qui n’est pas interprété est tel une lettre qui n’a pas été lue”, dont les consignes ne seront jamais exécutées.

(C’est d’ailleurs un remède contre les mauvais rêves : il suffit de ne pas les raconter, et de s’en remettre à D.ieu.)

En témoigne cette anecdote savoureuse : Rav Houna se tenait devant Rav (son maître). Celui-ci remarqua que son élève portait en guise de ceinture une espèce de natte autour des hanches.

“Où donc est passée ta ceinture ? lui demanda Rav.

— J’ai dû la mettre en gage afin de pouvoir m’acheter du vin, pour les besoins du Kiddouch. (Rav Houna était pauvre à ses débuts.)

— Plaise au Ciel que tu sois entièrement couvert de soie !” répondit Rav avec admiration. Ces paroles finirent par se réaliser. Tandis qu’il célébrait le mariage de son fils, Rav Houna était étendu sur un divan. Lorsque ses filles et ses belles-filles firent leur entrée, elles ôtèrent leurs parures de soie et les déposèrent négligemment sur le divan, sans s’apercevoir que Rav Houna s’y trouvait, car il était de petite taille. Le Sage se trouva littéralement enfoui sous la soie. Témoin de cette scène, Rav Yossef observa : “Voilà enfin exaucée la bénédiction de Rav…” Lorsque Rav l’apprit, il en fut à la fois content et contrarié. Content du bonheur de son disciple, mais contrarié parce que, lui dit-il : “Quand je t’ai béni, tu aurais dû me répondre : ‘Et toi aussi’ (Vékhen Lémar) et j’aurais été riche moi aussi.” Se taire n’est donc pas toujours la solution…

Une bénédiction irrésistible

Ce pouvoir de la parole, on le discerne tout particulièrement chez les Justes, car comme “l’image de D.ieu ne quitte jamais leur visage,” ils conservent intact ce pouvoir. “Lorsque le Juste décrète, le Saint, béni soit-Il, exécute.” Quant au commun du peuple, il possède ce pouvoir dans une moindre mesure. Mais il le possède tout de même. De fait, il arrive souvent que “l’on prophétise sans savoir ce que l’on a prophétisé.” Même la parole d’un homme simple est précieuse, note le Talmud. “Rabbi Elé’azar a dit au nom de Rabbi ‘Hanina : Ne prends pas à la légère la bénédiction d’un individu ordinaire ! Deux grandes personnalités — le roi David et le prophète Daniel — ont reçu la bénédiction d’un homme quelconque, et elle s’est réalisée. Pour ce qui concerne David, c’est Aravna qui l’a béni : Aravna dit au roi : Que ton D.ieu te soit favorable ! (Alors que sévissait une épidémie provoquée par le recensement, les intercessions et l’offrande de David n’ont été finalement agréées qu’à l’instant de cette bénédiction). Pour Daniel, c’est Darius : Puisse ton D.ieu, que tu sers avec persévérance, te délivrer !” (Ces mots, qui se voulaient bénédiction, ont pesé dans la balance lorsque D.ieu résolut de sauver Daniel dans la fosse aux lions.)

Ne pas “ouvrir la bouche au Satan”

L’inverse est tout aussi vrai : le même Sage (Rabbi Elé’azar, au nom de Rabbi ‘Hanina) affirme qu’“il ne faut pas non plus prendre à la légère la malédiction proférée par un laïc. Avimélekh a maudit Sarah, quand il lui a dit : ‘Ce [présent] te sera un voile sur les yeux.’ Et cette malédiction a atteint ses enfants (à elle), car il est dit d’Its’hak devenu vieux, que ses yeux avaient faibli et ne voyaient plus (Genèse).

Aussi doit-on se garder de prononcer la moindre parole négative, même si elle n’est pas catégorique, même si elle ne fait qu’exprimer un simple doute ou une crainte. Cela pourrait “ouvrir la bouche au Satan”, c’est-à-dire attirer

par Elie Marciano

sur soi l’attention de l’accusateur et fournir un prétexte à ses attaques.

Le Talmud nous en donne une illustration, effrayante certes, mais instructive : Chemouel était venu rendre visite à son frère Pin’has pour le consoler de la perte d’un enfant. Il vit les mains de son frère et constata que ses ongles avaient considérablement poussé.

“Tu devrais les couper…, dit Chemouel.

— S’il t’advenait un malheur pareil — perdre un être cher — renoncerais-tu à cette manifestation de deuil ?” rétorqua Pin’has.

Peu après, Chemouel perdait un être cher…

Quand on dit à un élève ou à son enfant
qu’il est intelligent, on attire chez lui, à fleur de peau, cette faculté.

Lorsque Pin’has vint lui rendre visite, Chemouel ne put réprimer cette remarque : “Ne savais-tu pas que les mots ont un pouvoir redoutable ?!”

C’est pourquoi les Sages nous exhortent à ne pas être de “ces individus qui rapportent de mauvaises nouvelles à qui les a délégués.” S’il y a une mauvaise nouvelle à annoncer, il faut plutôt la communiquer par allusion ou bien par l’entremise d’une autre personne. C’est ainsi que Hatakh (autre nom du prophète Daniel) s’est refusé à aller annoncer à la reine Esther (qui l’avait chargé d’une mission) la mauvaise nouvelle que Mordekhaï lui avait communiquée.

La force du compliment

Autant de précautions qui, toutes, indiquent clairement que le langage possède un pouvoir créateur, outre sa fonction de communication. Car la parole a le pouvoir “d’éveiller” les mondes supérieurs, dit le Zohar : “L’éveil d'enbas (la parole) suscite l’éveil d'en-haut (une réaction divine correspondante)”.

Ce phénomène est particulièrement visible dans les éloges ou compliments que l’on adresse à autrui : ces éloges provoquent chez

le destinataire une manifestation active des qualités qu’on lui prête. Par exemple, quand on dit à un élève ou à son enfant qu’il est intelligent, on attire chez lui, à fleur de peau, cette faculté. On donne ainsi une existence concrète à ce qui n’était qu’une étincelle. Car oui, chaque individu possède des étincelles de sainteté et des vertus en puissance qui, tant qu’elles ne sont pas nommées ou désignées comme telles, restent à l’état de “potentialités”. Et quand on les souligne, on donne “forme” et “corps” à des vertus qui jusque-là, étaient latentes, enfouies et invisibles.

Blâmer le blâme

Il en va de même dans l’autre sens. Quand on critique les manières d’agir de quelqu’un (gratuitement, et sans aucune intention bienveillante), quand on “nomme” ses défauts, on leur confère une existence plus dense et prononcée. D’où l’importance de toujours rechercher chez autrui cette fameuse Nékouda Tova, cette parcelle de bien, comme l’a dit souvent Rabbi Na’hman de Breslev, car de cette façon, l’on peut même faire “passer un impie — pour peu qu’on ait débusqué chez lui un trait de caractère positif — du côté du mérite”, selon le conseil du Maguid de Mezeritch.

À la lumière de toutes ces réflexions, on comprend d’autant mieux ce propos de Maïmonide qui, du coup, prend un sens beaucoup plus profond : “C’est une Mitsva d’aimer chaque juif… C’est pourquoi l’on doit toujours parler favorablement d’un juif […] L’on reconnaît un Sage à sa manière de parler : il fait toujours l’éloge de son prochain et ne médit jamais de lui”. La bonne parole finit toujours par se réaliser, elle fait rejaillir le bien, lui donne une dimension concrète et, somme toute, assure sa prééminence.

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE STRASBOURG

Une justice qui façonne l’homme

La Parachat Michpatim peut surprendre. Juste après la Révélation de D.ieu au mont Sinaï et des Dix commandements, la Torah change de registre. Elle aborde des lois civiles très concrètes : dommages, emprunts, dépôts, responsabilités, procédures juridiques, affranchissement de l’esclave juif. Un ensemble précis et détaillé, qui forme un véritable code civil.

La Torah elle-même insiste sur le lien. La Paracha commence par les mots “Véélé Hamichpatim”, “Et voici les lois”. Rachi s’arrête sur ce simple Vav, ce “et” de liaison, et en tire un enseignement fondamental. Il ne s’agit pas d’un nouveau chapitre détaché de ce qui précède. Ces lois ne sont pas annexes. De même que les Dix Paroles ont été données au Sinaï, ces lois civiles en procèdent elles aussi. Elles font partie du même message. C’est là que se révèle la particularité des Michpatim.

Michpatim ne visent pas seulement la réparation matérielle. Ils visent la rééducation morale. "

Le premier sujet de la Paracha, l’esclave juif, en est une illustration. La Guemara explique qu’il s’agit d’un homme qui a volé et qui n’a pas les moyens de rembourser ce qu’il a dérobé. Dans de nombreuses sociétés, la réponse serait l’incarcération. Or la Torah ne connaît pas la prison comme solution. Enfermer un homme ne répare rien et ne construit rien. Le Beth Din adopte une autre voie : il loue les services de cet homme afin qu’il rembourse sa dette par son travail.

Mais c’est dans la manière dont cet homme est traité que le droit hébraïque révèle toute sa singularité. L’employeur doit être choisi avec soin. Aucun travail dégradant, aucune brutalité n’est tolérée. La Torah exige même qu’il soit “bien avec toi”. La Guemara précise : comme ton égal. Même nourriture, même boisson, même niveau de confort. Les Tossefot vont jusqu’à dire que s’il n’y a qu’un seul matelas dans la maison, c’est à l’esclave juif qu’il revient. La loi en arrive ainsi à une formule étonnante : celui qui acquiert un esclave juif, c’est comme s’il s’était acquis un maître.

Pourquoi tant d’égards pour un homme qui a fauté ?

Parce que les Michpatim ne visent pas seulement la réparation matérielle. Ils visent la rééducation morale. Cet homme, qui a méprisé le bien d’autrui, va vivre dans un cadre où il est respecté, considéré, honoré. Peu à peu, une sensibilité qu’il avait perdue se reconstruit.

C’est là la force des Michpatim. La Torah ne se contente pas de rendre la justice. Elle façonne des consciences. Elle ne juge pas seulement des actes : elle éduque des hommes.

Rav Réouven Coriat, Rav de la communauté séfarade de Strasbourg (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

FEMMES

COUPLE

La nomination d’un bébé fille : qui, quand, comment, pourquoi ?

Il est important de donner un nom à sa fille au plus vite car selon la tradition, l’âme juive de l’enfant attend que ce dernier soit nommé pour prendre place dans son corps.

Vous venez d’avoir une magnifique princesse : Mazal tov ! Si les règles sont bien établies lors de la naissance d’un garçon quant à la Brit-Mila et à sa nomination, elles le sont bien moins lors de la naissance d’une fille. Tout est assez flou et les personnes ne savent pas trop quand nommer, comment ou pourquoi. Pourtant, il existe des règles et des raisons même dans ce cas.

1 Qui nomme le bébé ?

L’habitude est que le père effectue la nomination de sa fille à la synagogue en présence d’un Minyan.

2 Quand nommer le bébé ?

La nomination se fera le lundi, le jeudi ou le Chabbath suivant la naissance, car le père doit monter à la Torah, sortie uniquement ces trois jours, pour pouvoir nommer son enfant. Il est important de donner un nom à sa fille au plus vite car selon le Rabbi de Loubavitch, l’âme juive de l’enfant attend que ce dernier soit nommé pour prendre place dans son corps. Lorsque nous prenons conscience de cela, nous ne voulons assurément pas repousser cet instant, ne serait-ce que d’une seule journée. Le Rav de Munkatch (connu sous le nom de Min’hat Élé’azar), mentionne également que la

seule raison pour laquelle nous attendons huit jours pour nommer un garçon, est le fait que la nomination se fait avec la circoncision qui est un commandement de la Torah. Sinon, nous l’aurions également nommé au plus vite dès sa naissance.

Nous nous devons néanmoins de préciser qu’il existe des coutumes différentes concernant le délai de nomination de la fille : nommer le jour-même ; attendre le Chabbath suivant la naissance ; attendre au moins 5 jours ; attendre 1 mois plein après la naissance ; attendre le Chabbath où la jeune maman est apte à se déplacer à la synagogue pour assister à la nomination de son enfant, peu importe le temps que cela prend ; attendre 40 jours après la naissance.

Si la famille n’a aucune de ces coutumes mentionnées, elle fera donc comme la majorité des gens, c’est-à-dire qu’elle procédera à la nomination au plus vite, à savoir le lundi, jeudi ou Chabbath suivant la naissance.

3

Quel nom donner au bébé ?

Le nom que les parents choisissent pour leur enfant est très important car il aura une

influence certaine sur le caractère et le Mazal de celui-ci. (Séfer ‘Hassidim 24 ; Midrach Tanh’ouma Parachat Haazinou). Il est donc important d’opter pour des noms de personnes justes, qui ont marqué notre histoire, à l’instar de Sarah, Léa, Mikhal, Esther… Si les parents ont du mal à se décider, ils n’hésiteront pas à demander l’avis d’un Rav qui saura les guider dans leur choix. On a beau chercher un nom durant les mois de grossesse, c’est généralement lorsque nous voyons notre bébé pour la première fois que nous savons quel nom lui donner. Il s’agit d’une inspiration divine qui nous est insufflée à ce moment précis. (Cha’ar Haguilgoulim, Hakdama 23)

Aussi, il est très important que le père prononce distinctement le nom de son enfant lorsqu’il le nomme à la Torah, car ce sera ce nom qui sera retenu comme nom principal. Par conséquent, il ne faut surtout pas donner de diminutif au moment de la nomination.

4

Doit-on faire une Sé’ouda pour accompagner la nomination de sa fille ?

Ce n’est en aucun cas une obligation mais il s’agit d’une Sé’oudat Hodaya, un repas de remerciement envers Hachem afin de rendre public le miracle dont nous avons été gratifiés d'avoir mis cet enfant au monde.

Il n’y a pas de délai à respecter pour offrir cette Séouda mais le plus tôt sera le mieux. Néanmoins, si pour une raison ou une autre, on se rend compte des années plus tard que la Sé’ouda a été omise, on pourra la faire afin de ne pas retarder le Mazal de la jeune fille. De nombreuses histoires relatent le rapport entre un Mazal long à venir, et une Sé’ouda de nomination oubliée. Ce n’est pas anodin. Il n’y a pas de règles sur ce qu’il convient d’offrir à cette Sé’ouda, mais comme toutes les Sé’oudot Hodaya, il est bon de faire Motsi, de réunir Minyan et évidemment de dire quelques mots de Torah durant le repas, afin de glorifier le nom d'Hachem en public.

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Michpatim - Sensibilité et offenses verbales

Tant que le risque existe – même s’il est négligeable – que quelqu’un se sente blessé d’un propos que l’on projette de dire, mieux vaut s’en abstenir, de la même façon que l’on aurait évité de manger un aliment dont la Cacheroute est douteuse.

"Si des hommes se disputent et que l’un frappe l’autre avec une pierre ou son poing sans qu’il en meure, mais qu’il doit s’aliter ; s’il se relève et marche de ses propres forces, celui qui a frappé est absous. Néanmoins, il paiera pour le chômage et les frais de guérison." (Chémot 21, 18-19)

Dans notre Paracha, la Torah détaille les lois de paiement pour un dommage causé. Si un individu blesse délibérément son prochain, il doit payer pour tout préjudice provoqué, ainsi que pour la gêne subie par la victime à cause de sa plaie. Le ’Hafets ’Haïm rapporte une Guémara dans Kétoubot : dans une situation où l’ensemble du tort causé représente moins d’une Prouta (la plus petite unité monétaire utilisée par nos Sages, sa valeur correspond à moins d’un Chékel), il n’y a pas de paiement mais le coupable est puni de flagellation (sanction uniquement applicable à l’époque du Sanhédrin, ndlr).

Une offense qui laisse sans défense

Le ’Hafets ’Haïm fait une remarque surprenante : si la somme des dommages causés à la victime, y compris l’aspect émotionnel (l’embarras occasionné), s’élève à moins d’une Prouta, le coup infligé aurait dû être une toute petite tape, à peine ressentie. Or la sanction est bien plus sévère. Le ’Hafets ’Haïm en déduit la gravité de causer un quelconque tort, physique ou émotionnel. Cela nous montre à quel point une personne doit se soucier du bien-être de son prochain et éviter toute offense, aussi minime soit-elle. (Michoul’han Gavoha, Chémot, p. 146)

On retrouve cette idée dans les exemples de Onaat Dévarim - l’interdiction d’offenser son prochain par la parole - proposés par la Guémara. Celle-ci stipule qu’il est interdit de regarder avec attention les articles en vente dans un magasin si l’on n’a aucune intention de les acheter, parce que le vendeur espèrera que ce client potentiel fera l’acquisition de sa marchandise ; et il sera déçu du contraire. Un vendeur est habitué à ce que certains clients entrent dans le magasin sans acheter, et la perte ne sera pas excessive si cela se produit, mais le fait de se montrer intéressé par la marchandise sans intention d’acheter est tout de même défendu par la Torah. (Baba Métsi’a 58b)

Plaie d’argent n’est pas mortelle

La Guémara affirme d’ailleurs que la Onaat Dévarim est pire que la Onaat Mamon, le tort causé par l’argent. Cette dernière est transgressée si le vendeur d’un produit le vent à un prix exagérément élevé ou si un client propose délibérément un prix bien moindre que la valeur du produit à acheter. L’une des raisons rapportées est que la Onaat Mamon affecte uniquement les biens de l’individu, tandis que l’autre le touche profondément, affecte son être.

La sensibilité des Guédolim quant aux sentiments des gens est exemplaire. Peu avant sa Brit-Mila, un bébé tomba soudainement malade et les parents devaient prendre la décision de faire voyager – ou non – l’enfant dans un autre pays pour une opération délicate. On posa la question

à Rav Steinman qui conseilla le voyage. Baroukh Hachem, l’intervention réussit et le bébé se rétablit rapidement.

Dès qu’il fut prêt à être circoncis, les parents proposèrent à Rav Steinman, en signe de gratitude, d’être le Sandak (personne honorée pour tenir le bébé lors d’une circoncision), mais il refusa catégoriquement, expliquant que la Brit-Mila ayant été repoussée très peu de temps avant la date prévue, les parents avaient certainement déjà proposé ce rôle à quelqu’un d’autre. Rav Steinman ne voulait pas offenser cette personne en lui retirant cet honneur. Le Sandak en question n’aurait sûrement pas été dérangé d’être remplacé par le Gadol Hador, mais Rav Steinman ne voulut tout de même pas prendre un tel risque.

Pas de peine, ce n’est pas la peine

Un jour, Rav Chakh fut désigné au poste de Sandak pour l’un des jumeaux d’un élève. Il n’était prêt à accepter cette requête que pour les deux enfants. Il expliqua que s’il était Sandak seulement pour l’un des nourrissons, quand ils grandiraient, l’autre jumeau se sentirait déprécié de ne pas avoir eu un Sandak du même niveau que Rav Chakh.

On apprend donc l’importance de faire attention à chaque parole ou acte capable de causer même la plus petite offense à notre prochain. Tant que le risque existe – même s’il est négligeable – que quelqu’un se blesse d’un propos que l’on projette de dire, mieux vaut s’en abstenir, de la même façon que l’on aurait évité de manger un aliment dont la Cacheroute est douteuse.

Certaines personnes ont tendance à faire des blagues "inoffensives" sur les autres, les critiquant volontiers, ou sont un peu agressives ou rigides (en particulier dans l’étude) quand elles sont en désaccord avec ce qui a été dit. Ces diverses attitudes sont très risquées, d’autant qu’il est difficile de savoir qui est plus sensible aux blagues, aux critiques ou aux paroles piquantes ; le grave interdit de Onaat Dévarim peut facilement être transgressé.

Terminons par une remarque du ’Hazon Ich : l’homme le plus heureux est celui qui n’a jamais causé de peine à son prochain. Puissions-nous mériter de ne faire que du bien à travers notre parole.

Rav Yehonathan Gefen

Résumé de la Paracha

1 Hachem transmet à Moché de nombreuses lois civiles et morales destinées aux Bné Israël.

2 Les lois relatives aux serviteurs hébreux précisent leurs droits et les obligations de leurs maîtres.

3 Des règles détaillées sont données concernant les crimes tels que le meurtre, l’enlèvement, les violences contre les parents et les coups portés à autrui.

4 Les lois des dommages, qu’ils soient causés par des animaux, des fosses ou des incendies, sont exposées, ainsi que celles liées au vol et aux différentes formes de restitution.

5 La Torah interdit la sorcellerie, la zoophilie et l’idolâtrie.

6 L’oppression des convertis, des orphelins et des veuves est formellement prohibée.

7 L’interdiction du prêt avec intérêts et les règles sur les gages sont énoncées.

8

Les lois judiciaires rappellent l’interdit du mensonge et du faux témoignage, ainsi que la nécessité d’une justice impartiale.

9

La Torah ordonne le respect de la Chémita, la sanctification du Chabbath et les trois pèlerinages annuels au Beth Hamikdach.

10 Moché écrit les paroles d’Hachem, réalise des sacrifices et monte sur le mont Sinaï pour recevoir les tables de la Loi et les explications de la Torah, séjournant quarante jours et quarante nuits auprès d’Hachem.

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Michpatim 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE 1

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le

2

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 points pour Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants,

‘Harossèt

Le premier qui donne la bonne réponse remporte le point . Pour chacun des éléments suivants, qui saura donner la bonne réponse en premier parmi les réponses suivantes ? En Adar - En Nissan - En Schnitzar. (Dans ce jeu, tous nos ancêtres et leurs descendants sont considérés comme juifs.)

• On augmente la joie.

> En Adar.

• On mange accoudé.

> En Nissan.

• On fait la danse des schnitzels.

> En Schnitzar.

• On est sortis d’Égypte.

> En Nissan.

• Moché Rabbénou y est né.

> En Adar.

• On y fait des Mitsvot particulières, mais un peu tirées par les plumes.

> En Schnitzar.

QUANTITÉS OBLIGATOIRES DE MATSA & MAROR

• On y a pendu Haman.

> En Adar.

• On a un Chabbath Hagadol.

> En Nissan.

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

• On se déguise en schnitzels.

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich)

> En Schnitzar.

• On fête Pourim.

• On a la Mitsva de manger des herbes amères.

> En Nissan.

• On commence à étudier les Halakhot de Pessa’h.

> En Adar.

> En Adar.

• On est avant le mois de Friandouze.

Hidour (au mieux) 2 Kazayit 1 Kazayit

• On vient de terminer le mois de Adar.

MAROR

> En Nissan.

> En Schnitzar.

• On a la Mitsva de manger de la Matsa

Etapes du Séder Maror

> En Nissan.

La quantité de Maror 1 Kazayit

8. Bold’ea
8. Bol d’eau salée

JEU

UNE FAMILLE EN OR 3

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Où a-t-on l’habitude de retrouver ses lunettes après les avoir perdues ?

Sur la tête.

Dans les poches.

Sur la table ou le bureau.

Dans la voiture.

Près du lit.

JEU

4

Nommez quelque chose qu’on garde “au cas où” pendant des années.

Des câbles / chargeurs.

Des vêtements trop petits

Des papiers administratifs.

Des boîtes vides

Des vis, clous, outils inutilisés.

LES DÉFIS DE LA SEMAINE

Répète sans te tromper, 7 fois, la phrase

• Combien de pays d’Europe ont un nom qui commence par un “B” en français ?

> 4. La Belgique, la Bulgarie, la Biélorussie et la Bosnie-Herzégovine.

LE CURIO QUIZ

Les pratiquants d’arts martiaux qui sourient avant le début d’un combat ont plus de chances :

1. De gagner.

2. De perdre.

3. De se blesser.

> De perdre, car un sourire traduit souvent la peur ou la soumission en phase de stress.

“Alerte, Arlette allaite !”

Citez une raison pour laquelle on n’ose pas dire la vérité.

Peur de blesser quelqu’un.

Peur des conséquences Honte.

Pour se protéger soi-même.

Parce que “ce n’est pas le bon moment”.

• Quel est le contraire du mot “infrangible” ?

> Fragile

• Quel pays d’Europe utilise l’euro comme nouvelle monnaie à partir du 1er janvier 2026 ?

> la Bulgarie.

On se souvient mieux de ses rêves lorsqu’on :

1. Dort mal.

2. Dort bien.

3. Dort de bonne heure.

> Dort mal, car on se réveille plus souvent.

3

DANS LE BON ORDRE

JEUX

Classe les éléments de cette liste par ordre de peur croissante :

• Perte matérielle, sentiment de “vide de sens”, bruit soudain, regard des autres (social), échec personnel.

> bruit soudain (réflexe immédiat), perte matérielle (mesurable), regard des autres (social), échec personnel (identitaire), sentiment de “vide de sens” (existentiel).

course de vélos, l’homme qui est arrivé deux places avant le dernier a fini une place devant l’homme qui est arrivé cinquième.

Combien y avait-il de concurrents ?

Réponse : Il y avait 6 concurrents. L’homme est arrivé 4ème.

L’intrus

Quel est l’intrus dans cette liste : thermomètre, baromètre, chronomètre, hygromètre, anémomètre, altimètre.

Réponse : : Seul le chronomètre ne mesure pas un paramètre météo.

HALAKHA QUIZ

Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses. Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.

Pour quelle raison nos Sages ont-ils institué de boire du vin pendant Pourim ?

1. Pour se souvenir des miracles de Pourim.

2. Pour réciter le Kiddouch

3. Pour faire la fête.

Réponse : 1

Les femmes doivent-elles aussi boire du vin ?

Oui, mais avec modération.

2. Oui, sans limite.

3. Non.

Réponse : 1

SHABATIK

Énigme 4

Dans un vaste empire d’Orient, un souverain voyait d’un très mauvais œil les lieux où l’on discutait, jouait et débattait autour d’une boisson à la mode.

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant.

Craignant que ces rassemblements n’encouragent l’agitation populaire, il prit une mesure radicale…

Quelle boisson fut ainsi interdite, sous peine de mort ?

Le café.

Au XVIIe siècle, le sultan ottoman Murad IV interdit le café, persuadé que les cafés étaient des foyers de contestation. La consommation de cette boisson pouvait être punie très sévèrement, tant il la voyait comme un ferment de rébellion.

Réponse de la semaine dernière

J’ai grand appétit.

Indice : Monument.

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

La Jeep sortie avec les honneurs

Ya’akov, conscient que la relation avec sa fille ne tient qu’à un fil, accepte sa demande à titre exceptionnel. Sauf que sa fille ne lui a pas dit toute la vérité…

Ya’akov est un homme modeste et pratiquant qui consacre sa vie aux actions de bienfaisance, distribuant chaque semaine des produits de première nécessité aux familles les plus démunies de Jérusalem. Ya’akov ne compte pas ses heures ni ses forces, conscient que chaque action de ‘Hessed correspond aux valeurs fondamentales de la Torah.

Ya’akov décide d’investir dans ses actions en faisant l’acquisition d’une Jeep pour optimiser la distribution des colis alimentaires, et il fait teinter les vitres par souci de discrétion.

Un jour, sa fille, qui s’est malheureusement détournée du chemin de la Torah, demande la voiture à son père pour aller chez des amies pour les fêtes de Sim’hat Torah. Son père fait la moue, elle insiste avec désinvolture. Ya’akov, conscient que la relation avec sa fille ne tient qu’à un fil, accepte à titre exceptionnel.

Une sortie mortelle

Sauf que la fille de Ya’akov ne lui a pas dit toute la vérité... Elle ne va pas faire les fêtes de Sim’hat Torah chez des amis, mais elle se rend au festival de musique Nova, à Ré’im. Vous connaissez malheureusement la suite tragique avec le pogrom du 7 octobre 2023… Sous le feu nourri des terroristes, la fille de Ya’akov vit les pires minutes de sa vie. Elle comprend qu’elle doit s’enfuir à tout prix, et elle court le plus vite possible en direction de la voiture, son seul espoir de quitter le massacre.

Dans le chaos, elle parvient à monter dans le véhicule avec d’autres personnes, toutes terrifiées. La voiture démarre en trombe, la jeune fille se cramponne au volant, consciente que sa vie et celles des autres passagers en dépend. La Jeep s’élance à travers les dunes, soulevant des tourbillons de sable sous les rafales de tirs ennemis. Chaque impact fait trembler le véhicule, comme un avertissement de mort imminente, mais la voiture continue sa course de plus belle. Dans la voiture, des pleurs et des prières sont murmurées à voix basse : "Hachem, sauve-nous…"

Après quelques instants, le bruit des armes automatiques semble s’être arrêté : la jeune fille se rend compte qu’elle a réussi à sortir de l’enceinte du festival. Mais rapidement, un autre danger apparaît devant les jeunes en fuite : les terroristes du ‘Hamas ont dressé un barrage sur la route, leurs armes prêtes à tirer sur tout ce qui bouge.

Quand les terroristes deviennent amicaux

À ce moment précis, la fille de Ya’akov ne peut plus faire demi-tour. Elle aperçoit dans son rétroviseur des véhicules suspects qui progressent à vive allure, certainement ceux des terroristes. Elle n’a plus le choix, elle prend une grande inspiration, elle fixe la route et appuie sur l’accélérateur. Son cœur bat à tout rompre, tandis qu’elle murmure des prières simples, des mots qu’elle avait appris à l’école et qu’elle n’a pas dit depuis trop longtemps.

Alors qu’elle arrive à portée de tirs des terroristes palestiniens, ils lui font signe de passer avec un geste presque amical. Les passagers du véhicule ne comprennent pas : que veulent ces gens, tuer ou sauver ?

Juste après avoir franchi le barrage sans encombre, deux terroristes se rapprochent de la jeep. C’est la frayeur dans le véhicule : les passagers se cachent et récitent le Chéma’ Israël, acceptant sur eux le joug divin avant de rejoindre l’autre monde. La jeune fille tremble mais elle accélère, et il se trouve que les terroristes voulaient juste saluer le chauffeur qu’ils n’ont pas bien vu grâce aux vitres qu’avait teinté Ya’akov. C’est à nouveau un miracle pour la fille de Ya’akov et les passagers qui se sont entassés dans le véhicule pour fuir le désastre.

Nos soldats nous tirent dessus !

Son cœur bat à tout rompre, tandis qu’elle murmure des prières simples, des mots qu’elle avait appris à l’école et qu’elle n’a pas dit depuis trop longtemps.

Une enquête dans les jours qui suivent, caméras de sécurité à l’appui, permet de comprendre la situation. De nombreux terroristes ont utilisé des voitures semblables, le même modèle que celle de Ya’akov, armées de mitrailleuses et sans plaques israéliennes, puisque les plaques de Gaza étaient blanches avec des écritures en arabe. Lors de la fuite à travers les dunes, la plaque avant de la Jeep de Ya’akov fut décrochée par les tirs. Ensuite, une fois que la fille de Ya’akov réussit à s’extraire du site du festival, les terroristes pensèrent que ce véhicule était l’un des leurs et c’est ainsi qu’ils le laissèrent passer. À l’inverse, les soldats de Tsahal étaient persuadés qu’ils s’agissaient de terroristes et ont pris toutes les mesures de sécurité nécessaires.

Personne n’arrive à croire ce qui se passe, que ce soit le massacre ou leur fuite qui semble complètement sécurisée. Tout autour d’eux, ils voient des véhicules israéliens criblés de balles, détruits, des cadavres sur la route… Mais eux continuent à rouler, presque comme si de rien n’était.

Ils arrivent enfin dans une ville israélienne retirée du front du sud, quand soudain, un 4x4 de Tsahal leur ordonne de s’arrêter avec autorité. Les soldats israéliens se montrent particulièrement agressifs et menaçants, et les passagers doivent sortir les mains sur la tête avant de s’allonger au sol. Les militaires mènent des fouilles au corps puis font exploser le véhicule.

La fille de Ya’akov s’emporte contre les soldats : "Je ne comprends pas ! Les Palestiniens nous ont laissé la vie sauve et vous, vous nous traitez comme des terroristes ?!"

Les larmes de ces survivants coulent et leurs voix s’élèvent dans un cri de gratitude : "Hachem, merci de nous avoir sauvés !" Certains qui n’ont jamais prié de leur vie s’engagent même à se rapprocher de la Torah.

Ya’akov revient sur ces terribles événements et sur le miracle vécu par sa fille : "J’avais acheté ce véhicule quelques jours avant Sim’hat Torah pour améliorer la distribution alimentaire auprès des familles dans le besoin. Je n’ai même pas eu le temps de l’utiliser pour cette Mitsva que Hachem l’a transformé en un véhicule de salut pour ma fille et d’autres personnes."

Nous ne sommes pas dans les comptes d’Hachem et toutes nos victimes du terrorisme ont sanctifié le Nom divin. Le Talmud nous enseigne que le ‘Hessed qu’on accomplit envers les autres nous protège, nous et notre descendance, jusqu’à la fin des générations. La générosité de Ya’akov a amené la miséricorde d’Hachem, et mesure pour mesure, D.ieu a sauvé sa fille et ses amis d’une mort certaine...

Alexandre Rosemblum

FLASH CHABBATH

Une perle sur la Paracha

La vérité si je mens

"Tu t’éloigneras des paroles mensongères […]"

(Chémot 23, 7)

La réprimande du Steipler, au sujet de l’importance de dire la vérité en permanence, est célèbre. Et nous pouvons tous en tirer un enseignement. La réprimande est arrivée lorsqu’un monsieur lui remit un petit papier pour avoir une bénédiction du Rav, sur lequel était écrit : "Ma femme désire une bénédiction

Rabbi Nathan Tsvi Finkel, le Saba de Slabodka

Ce lundi 29 Chevat (16/02/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Nathan Tsvi Finkel, le Saba de Slabodka, l’une des figures les plus marquantes du judaïsme lituanien et du mouvement du Moussar. Né en 1849 en Lituanie, Rabbi Nathan Tsvi Finkel fut l’un des plus proches disciples de Rabbi Israël Salanter, fondateur du mouvement du Moussar. Il consacra toute sa vie à l’élévation spirituelle de ses élèves, en mettant au centre de son enseignement la grandeur de l’homme, la noblesse intérieure et la responsabilité morale de chaque Juif. Il fonda et dirigea la célèbre Yéchiva de Slabodka, qui devint un modèle unique alliant étude approfondie de la Torah, raffinement des Midot et développement de la personnalité. Plus tard, cette voie se poursuivit à travers la Yéchiva Knesset Israël, implantée d’abord en Europe puis transférée à Jérusalem, où il quitta ce monde en 1927. Les élèves du Saba de Slabodka devinrent les géants de la génération suivante.

N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

Quand donner le don Zékher Léma’hatsit Hachékel ?

Du 1er Adar jusqu’au jeûne d’Esther avant la lecture de la Méguila (moment privilégié). En cas d’oubli, jusqu’à la fin du mois d’Adar. (Piské Techouvot 694, 3). Don en ligne sur torah-box.com/zekher

Une femme doit-elle donner le Ma’hatsit Hachékel ?

Oui, même les femmes ont la coutume de donner avant Pourim de l’argent (environ 21€ en 2026) à la Tsédaka en disant "en souvenir du demi-sicle".

(Yéhavé Da’at 1, 86)

Porter un sonotone Chabbath, permis ?

Oui, si on l’allume avant Chabbath et qu’on n’y touche pas pendant Chabbath. On pourra le porter dans un lieu public sans ‘Erouv tant qu’il est porté sur l’oreille et pas dans la poche. (Rav Gabriel Dayan)

Les lois du langage

Mais il a mal parlé de moi !

Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il est interdit de dénigrer une personne qui a tenu des propos médisants sur notre compte, et ceci pour deux raisons : première raison, il est interdit de croire qu’on nous a dénigrés.

Deuxième raison, l’objectif visé n’est certainement pas constructif, mais motivé par un désir de vengeance.

Halakha x 3

Maduro : l'orgueil précède la chute

À quoi sert le pouvoir ? Pourquoi D.ieu décide-t-Il de le confier à un homme, et comment doit-il être utilisé ? On reçoit de la grandeur pour diffuser de la grandeur, pour faire grandir ceux qui nous entourent.

Une image a fait le tour du monde : Nicolás Maduro, président du Venezuela, menotté, presque kidnappé — si l’on peut dire — par un autre chef d’État, puis conduit en prison. En 24h, l’homme qui se croyait intouchable après 13 années de règne est tombé. Intouchable, il pensait l’être parce qu’il n’avait peur de personne, qu’il avait écrasé toute opposition, qu’il gouvernait par la force, la corruption et la peur.

Cette image illustre parfaitement le verset du roi Salomon : "L’orgueil précède la chute." Et une vraie question se pose alors : à quoi sert le pouvoir ? Pourquoi D.ieu décide-t-Il de le confier à un homme, et comment doit-il être utilisé ? Je réfléchis avec vous. Le pouvoir n’est certainement pas donné pour imposer des lois inhumaines, créer un système immoral, participer à des trafics internationaux, institutionnaliser la corruption, la violence et les abus de force, ni pour écraser un peuple par des arrestations arbitraires, la répression et l’intimidation.

Vinnie, le nain devenu géant

demande-t-il. Hanna Léa acquiesce. Alors il lui confie : "Je le cherche depuis deux ans. Votre père s’arrêtait souvent ici. Contrairement à tous les autres, il m’encourageait : ‘Tu as toutes les raisons de te sentir victime, et pourtant tu viens travailler chaque jour avec le sourire. Tu es un géant pour moi.’ Il racontait même mon histoire à ses élèves, en me citant comme exemple de résilience. Votre père a été la première personne à me faire sentir grand." Bouleversée, Hanna Léa lui annonce que son père est décédé dans un accident. Vinnie fond en larmes.

Du bon usage du pouvoir

Le contraste est saisissant. Maduro utilisait son pouvoir pour dominer, le père de Hanna Léa, lui, bien qu’il dirigeât une Yéchiva de 200 élèves, descendait de sa voiture à chaque fois. Il se mettait à la hauteur de Vinnie pour le rendre plus grand. On reçoit de la grandeur pour diffuser de la grandeur.

Pour comprendre ce qu’est un pouvoir bien utilisé, il faut observer le contraste entre celui qui le détourne et celui qui sait en faire un outil d’élévation. À Brooklyn vivait Rav Leizer Geldzahler, Roch Yéchiva de la Yéchiva Ohr Yisroel, avec plus de 200 élèves. Un jour, sa fille Hanna Léa roule sur la Garden State Parkway, le réservoir presque vide, et s’arrête à la sortie 127. Un employé de station-service nettoie son pare-brise. Il s’appelle Vinnie. C’est un nain. Des centaines de clients passent chaque jour devant lui : certains l’ignorent, d’autres le regardent avec pitié.

Ce jour-là, Vinnie s’arrête net en apercevant une photo dans la voiture. "C’est votre père ?"

Moché, petit-fils adoptif de Pharaon, possédait un statut princier et un pouvoir immense. Pourtant, il sort vers ses frères et défend un esclave torturé.

Nous aussi, nous avons tous nos moments de "supériorité" : dans un couple, face à un enfant, en tant que patron. Le réflexe “Maduro”, c’est d’écraser. Le réflexe “Moché”, c’est de descendre, regarder l’autre, l’écouter, l’élever et partager sa force.

Le pouvoir qu’Hachem nous donne n’est pas fait pour se contempler dans le miroir, mais pour faire grandir ceux qui nous entourent. Alors cherchons, autour de nous, qui a besoin de notre regard pour se sentir, enfin, comme un géant.

Rav Gad Allouche

Parachat

Michpatim 5786 par Michaël Lumbroso

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

En général, un homme frappe son prochain avec cette partie de son corps.

Si l’esclave juif ne veut pas sortir libre, on l’emmènera lui poinçonner son oreille à cet endroit

La Chémita ne concerne pas que les champs, elle concerne aussi les arbres comme la vigne et l’… .

Il est interdit de la cuire ou de la manger avec du lait.

Ce terme désigne une femme qui est sur le point d’accoucher (et non pas une montagne au féminin).

Ainsi est désignée la fête de Souccot dans notre Paracha.

(fête de l’engrangement)

La Torah a employé ce mot, mais l’interdiction de cuire la viande et le lait concerne aussi le gros bétail.

Ce qu’ont fait les nobles des Bné Israël lorsqu’ils contemplaient Hachem.

(oliveraie)

Ce que le présent corrupteur provoque aux clairvoyants.

(aveuglera)

Qu’elle vole sur un balai ou non, elle doit être mise à mort.

sorcière)

Si un voleur a été retrouvé, il devra payer cette somme au propriétaire.

(le double)

(le livre de l’alliance) (porte)

Un gardien bénévole, c’est seulement s'il en commet une, qu’il sera tenu de rembourser ce qu’on lui a confié.

Si le bœuf d’un homme fait cela au bœuf d’autrui, son propriétaire le dédommagera de la moitié de sa perte.

(négligence)

Il y a en a trois dans l’année, et chaque Juif a l’obligation de venir à Yérouchalaïm à ces occasions.

(fêtes de pèlerinage)

(ils mangèrent et burent)

Si un voleur a volé un bœuf puis l’a vendu ou fait cela, il devra rembourser au propriétaire cinq fois sa valeur.

De ce mot du premier verset de la Paracha, nous apprenons que Moché devait transmettre la Torah de la meilleure manière, telle une table dressée et prête pour le repas.

Ainsi est désigné dans la Paracha le parchemin contenant les Parachiot depuis Béréchit jusqu’au don de la Torah.

Hachem enverra ces bestioles pour chasser de devant les Bné Israël les peuples qui résident sur la terre promise.

(essaim de frelons)

Si un gardien ne restitue pas le gage, il ne pourra être exempté de le rembourser que s'il est prêt à faire cela.

(devant eux)

Par ces mots, la Torah nous enjoint d’aider notre prochain qui a son âne qui ploie sous sa charge.

de l’aider ?)

Petits végétaux, en général secs, qui facilitent la propagation des incendies sur les terrains.

(des ronces)

Il y a deux catégories de taureaux, celui qui n’est pas réputé pour encorner, il est appelé le Chor … , et celui qui a déjà encorné trois fois, il est appelé le Chor mouad.

(non-averti)

DOSSIER

Rendre visite à un malade. À travers sources de notre Torah, récits de terrain et témoignage médical, ce dossier explore l’impact réel du Bikour ‘Holim sur le corps et sur l’âme d'un patient. Quand la présence humaine devient un véritable soin...

Le Bikour ‘Holim, un acte médical d’une valeur unique

Beaucoup se rappellent de cette terrible soirée de décembre 2001. Alors qu’il célébrait le mariage de la fille de sa secrétaire à Sarcelles, le grand-rabbin de France Joseph Sitruk s’effondre soudainement. Frappé par un très grave accident vasculaire cérébral, Rav Sitruk est emmené en urgence à l’hôpital tandis que les médecins préviennent la famille qu’il n'a que 1% de chances de survivre la première nuit après l’attaque.

Mais les prières de tout le monde juif, francophone et au-delà, l’accompagnent, et transformeront, selon les mots du Rav, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, en celui de "la piété salle de prière". Après 26 jours, Rav Sitruk se réveille. Petit à petit, il reprend ses esprits, sa parole et toutes ses facultés mentales, et

attribue ce miracle aux milliers de prières récitées pour sa guérison. Il se voit comme un "survivant de la prière".

C’est alors que vient lui rendre visite, comme un vieil ami qu’il est effectivement, Mr Jacques Chirac, Président de la République française. Le président, qui avait préparé sa visite, aura ce mot mémorable : "Monsieur le grand-rabbin, dans votre tradition, on dit que celui qui rend visite à un malade lui retire un soixantième de sa maladie. Avec moi, c’est 60 millions de français qui vous rendent visite."

Dans cette chambre d’hôpital, il n’y avait ni tribune ni drapeaux, seulement un maître de Torah et un ami, qui était aussi chef d’État. La phrase de Chirac, à la fois affectueuse

La visite aux malades

et profondément républicaine, disait tout simplement : "Nous sommes là avec vous et la France a besoin de vous encore longtemps."

Rendre visite au malade lui fait-il vraiment du bien ?

C’est le premier rôle de la visite : prendre soin du malade, l’encourager, et se soucier de combler tous ses besoins pour accélérer sa guérison. "

Nous pouvons retrouver cette notion du soulagement de la douleur d’un malade, lors de la visite qu’un autre Yossef, Yossef Hatsadik, fit à un autre "Ya’akov", Ya’akov Avinou. On nous dit que l’on annonça à Yossef Hiné, "voici que ton père est malade". À l’entrée de Yossef, Ya’akov se renforce et s’assoit à la tête de son lit, Hamita. Nous nous émerveillons alors avec le Alchikh Hakadoch qui note que la valeur numérique de Hiné, 60, est passée à celle de Hamita, 59, avec la visite de Yossef. C’est bien ce que nous enseigne le Talmud : si quelqu’un partage le même Mazal que le malade (comme Yossef qui a traversé les mêmes épreuves que son père), sa visite peut le libérer d’un soixantième de sa maladie, passant de 60 à 59. (Nédarim 39)

Essayons ensemble de comprendre comment une simple visite peut aider un malade et le soulager en partie.

Au XIXe et au début du XXe siècle, les hôpitaux transformaient les malades en quasi-prisonniers, limitant les visites à un rare instant hebdomadaire. Le visiteur est un élément perturbateur, voire un vecteur de contamination. Seul le Dr Max Sandraczki, fondateur en 1872 de l’hôpital pédiatrique de Jérusalem, osa penser que "non seulement l’enfant est malade, mais la famille tout entière", installant des lits pour les parents auprès des petits. Conception visionnaire, elle précéda de loin notre époque où familles et amis sont vus comme des associés à la guérison du patient.

La Torah, dans sa profonde sagesse, a encore plus d’avance : un disciple bien-aimé de Rabbi ‘Akiva tomba gravement malade ; les sages délaissèrent son chevet, mais le maître, touché par sa détresse, s’y rendit avec tendresse. Il nettoya la maison et le mit à l’aise. Honoré et revigoré par sa venue, l’élève s’écria : "Rabbi, vous m’avez rendu la vie !" (Nédarim 40)

C’est le premier rôle de la visite : prendre soin du malade, l’encourager, et se soucier de combler tous ses besoins pour accélérer sa guérison. Rav Its’hak Hutner, se basant sur le Radak, explique que le terme Bikour ‘Holim n’est pas seulement une visite mais provient de

DOSSIER

Bikoret, vérification où l’on vérifie l’état et les besoins du patient.

Le second rôle est encore plus profond : Rav Dimi nous enseigne que celui qui rend visite au malade lui insuffle la vie, car cela poussera le visiteur à prier pour sa guérison. D’après le Ramban, il s’agit même de l’essentiel de la Mitsva

On prendra soin de prier pour ce malade en l’incluant parmi tous les autres malades d’Israël. En sa présence, il n’est pas nécessaire de mentionner le nom du malade et la prière peut être récitée en toute langue, vu que la Présence divine se trouve à la tête de chaque malade.

Allô ?

Pour pousser plus loin notre réflexion, il est intéressant de juger la valeur d’un appel téléphonique comme humble remplaçant d’une visite aux malades.

Malgré la pluie et le froid, les mariages ne s’arrêtent pas. Presque tous les deux jours, j’ai une fête – grâce à D.ieu ! La grande question n’est pas quel cadeau apporter, mais quoi mettre :)

Vocabulaire

(Lamrot) – malgré

(Guéchem) – pluie

(Kor) – froid

Le Rav Elyashiv remarque qu’en l’absence d’une vraie rencontre, l’émotion n’est pas au rendezvous et l’on ne saurait prier convenablement pour le malade. Il est difficile aussi de l’aider à distance. Si l’on peut considérer cela comme de la Guemilout ‘Hassadim, de la bienfaisance, comme l’écrit Rav Acher Weiss, on ne peut appeler cela du Bikour ‘Holim.

À l’opposé, pour le Rav Its’hak Hutner, cité plus haut, il est évident que même par une conversation téléphonique, on peut accomplir la Mitsva de Bikour ‘Holim, car tout acte qui allège sa souffrance entre dans cette Mitsva, et il n’y a aucune différence entre une conversation téléphonique et une autre intervention pour porter secours au malade.

Au final, de nombreux décisionnaires comme Rav Moché Feinstein, Rav ‘Ovadia Yossef, Rav Chlomo Zalman Auerbach ou encore Rav Its’hak Weiss dans son Min’hat Its’hak, tranchent que même si une visite est préférable

(‘Hatounot) – mariages

(‘Otsrot) –s’arrêtent

(Kim’at) – presque

C’est la saison des mariages ! תונֻתחה

(Chéni Va’hamichi) – litt. lundi et jeudi, expr. pour dire : tous les deux jours, sans cesse

(Sim’ha) – fête, réjouissance

(Merkazit) – centrale, principale

Matana) – cadeau

(Lilboch) – porter, s’habiller

D’autres mots avec la racine .

(s’habiller)

(Lévouch) – tenue, habit

(Titlabèch/ Titlabchi)

habille-toi (masc. / fém.)

(Halbacha Ta’htona) – sous-vêtements

La visite aux malades

et permet d’accomplir la Mitsva parfaitement, en cas de difficulté particulière, un appel téléphonique permettra d’accomplir la Mitsva de façon partielle, car certains aspects sont bel et bien accomplis.

La Mitsva de Bikour ‘Holim est toujours une des caractéristiques de la communauté juive dont nous pouvons être fiers. Les fraternités de Bikour ‘Holim, ardentes sentinelles au chevet des malades, sont attestées dès 1335 à Saragosse, et s’épanouirent en Europe au XVe siècle, sans oublier les cercles féminins des "femmes Tsadkaniot", les femmes justes. À leurs côtés veillait la Koupat Bikour ‘Holim, caisse réservée à cette Mitsva, afin de régler médecins, apothicaires et sages-femmes en lieu et place des démunis souffrants.

Divine Mitsva

C’est aussi par cette Mitsva que le peuple d’Israël proclame sa ressemblance avec le

Tout-Puissant. En effet, nos Sages expliquent que : "Vous marcherez à la suite de l’Éternel votre D.ieu" (Dévarim 13, 5) signifie : puisqu’on ne peut pratiquement suivre la Chékhina, il convient d’imiter les voies d’Hachem. Puisqu’Il visite à Avraham lors de sa maladie, nous aussi, nous rendons visite aux malades. (Sota 14a) Cette Mitsva figure même parmi les actes dont l’homme savoure les fruits en ce monde, tandis que le capital subsiste intact pour l’autre monde.

Ainsi, de Rabbi ‘Akiva au grand-rabbin Sitruk, la Mitsva de Bikour ‘Holim relie l’homme à la Présence divine : une visite n’est pas un simple geste, mais un souffle divin qui ranime l’âme et défie les ténèbres de la peur et de la maladie. Par la tendresse et la prière, nous pouvons guérir ce que la médecine seule ne saurait accomplir.

Rav Nathaniel Mimoun

La satiété : apprenez à vous écouter !

Manger est un besoin fondamental, mais savoir s’arrêter l’est tout autant. On mange souvent trop, non par faim réelle, mais parce que les signaux de satiété sont brouillés ou ignorés.

• La satiété arrive progressivement, mais manger trop vite empêche de la percevoir : Ralentir le rythme du repas en posant ses couverts entre chaque bouchée permet au corps d’envoyer ses signaux à temps.

• Les distractions coupent l’écoute du corps : La position debout ou les écrans font automatiquement dépasser la satiété : Manger en étant pleinement présent aide à mieux ressentir quand le corps a assez.

• La peur de manquer pousse à finir l’assiette, par habitude ou automatisme : S’autoriser à laisser un reste n’est pas un gâchis mais une preuve d’attention envers soi-même, comme l’explique le Rambam.

• La satiété n’est pas synonyme de lourdeur. Elle correspond à un confort digestif, pas à un ventre trop plein : S’arrêter dès que la sensation de confort apparaît permet de mieux digérer.

• Le corps apprend avec la répétition. Plus on l’écoute, plus les signaux deviennent clairs : Faire confiance au corps renforce naturellement cette capacité. Apprendre à reconnaître la satiété, c’est respecter les limites naturelles du corps. En écoutant ce signal, on mange avec plus de justesse, de confort… et plus de sérénité !

Sarah Kisielewski

Depuis plusieurs années, les bénévoles du service Bikour ‘Holim de Torah-Box sillonnent les services, instruments à la main ou simplement par leur écoute et leur chaleur humaine. Dans l’émission Panim el Panim , ils se confient au micro de Joseph Berrebi et racontent ce qui se joue, chaque vendredi, dans les chambres d’hôpital : des rencontres bouleversantes, des instants de joie inattendus et une lumière qui redonne vie aux malades comme à leurs proches.

Service Bikour ‘Holim de Torah-Box

: Les héros des hôpitaux qui redonnent la vie

Une chambre d’hôpital, qu’est-ce que ça vous évoque ? Pour le malade, c’est généralement un lieu de solitude, d’attente et d’angoisse.

Pour la famille, il s’agit d’un espace suspendu entre l’espoir, le désespoir et la fatigue. Mais depuis plusieurs années, un groupe de bénévoles sillonne chaque semaine les hôpitaux d’Israël avec une mission simple et immense à la fois : redonner de la vie là où elle s’est presque arrêtée. Guitare, tam tam, violon, harpe ou simple présence humaine, le service Bikour ‘Holim de Torah-Box ne se contente pas de rendre visite aux malades : il recrée un lien, ravive l’étincelle et rappelle à chaque malade qu’il n’est pas seul. Au micro de Joseph Berrebi, quatre bénévoles – Rav Eli’ézer Naccache, Chlomo Dahan, Déborah Bitton et Noémie Mimoun – nous livrent un témoignage bouleversant sur ce qui se joue chaque vendredi dans les hôpitaux d’Israël grâce à leur présence auprès des malades.

Comment est né le service Bikour ‘Holim ?

Rav Eli’ézer Naccache : Je dirais que tout a commencé bien avant le corona. Il y a plus de 30 ans, mon père, de mémoire bénie, a subi une opération difficile et avait beaucoup de mal à s’en remettre. Un jour, un ‘Hassid est entré dans sa chambre avec une guitare. Il lui a demandé son prénom, puis il a commencé à chanter en l’intégrant dans la mélodie. Je me souviens très bien de ce moment : mon père marchait avec peine à l’aide d’un déambulateur, la tête baissée, épuisé. Et tout à coup, je l’ai vu relever la tête et sourire. Cela faisait des semaines que je ne l’avais pas vu comme ça. À partir de là, on a vu une amélioration réelle, progressive. Cette scène ne m’a jamais quitté. J’ai compris à quel point la musique pouvait toucher l’âme et insuffler des forces.

Des années plus tard, cette idée est revenue pendant la période du corona. Les malades ne recevaient plus aucune visite, ils étaient seuls,

La visite aux malades

parfois pendant des semaines. On s’est posé une question simple : est-ce qu’on peut aller les voir sans danger et leur apporter un peu de vie, un peu de joie ? On a vérifié, et on a vu que c’était possible. Alors on a pris la guitare et on est partis.

On allait dans les hôpitaux avec des combinaisons, des masques, des gants, parfois dans des services très sensibles. On passait de lit en lit. Les gens étaient souvent surpris en nous voyant arriver. Et très vite, on a eu des retours incroyables. Des malades nous disaient qu’après ces momentslà, ils se sentaient relevés intérieurement. Parce que quand le Néfèch, l’âme, retrouve de la joie, elle donne aussi de la force au corps.

Est-ce qu’il vous arrive de voir des choses incroyables lors de vos visites ?

commencé à ouvrir les yeux, à bouger. Peu de temps après, il a été transféré en maison de rééducation. On est même revenus le voir quelques semaines plus tard, et ça lui a fait énormément plaisir.

"
On est passés d’une mélodie à une autre, de plus en plus joyeuses, et à un moment, le malade a commencé à ouvrir les yeux, à bouger

Mais il faut être très clair : ce n’est pas nous. Tout dépend de l’aide d’Hachem. Comme Yossef l’a dit à Pharaon : "Bil’aday", ce n’est pas moi. Nous, on fait ce qu’on peut, et Hachem fait le reste.

Oui, ça arrive. Il y a une histoire qui a particulièrement marqué les gens. On était à Netanya, et en entrant dans un service, j’ai remarqué un homme accoudé au comptoir, en jean et blouson en cuir, avec un visage très fermé. Sans trop savoir pourquoi, je lui ai parlé en français. Il m’a dit que son père était en réanimation, inconscient depuis plusieurs jours, et que la situation était très grave. Je lui ai demandé si on pouvait aller le voir. Il nous a redirigés vers les infirmières, et Baroukh Hachem, elles ont accepté.

C’était juste avant ‘Hanouka. On est entrés dans la chambre, on a commencé à jouer des chants de ‘Hanouka. Chlomo était avec son violon. On est passés d’une mélodie à une autre, de plus en plus joyeuse, et à un moment, le malade a

Avec le temps, on a aussi ressenti quelque chose de très fort : les malades nous attendent. Mais pas seulement eux. Les médecins et les infirmières aussi. Comme on revient chaque semaine dans les mêmes services, ils nous connaissent. Ils nous orientent vers les personnes qui ont le plus besoin de nous. Et il y a un vrai suivi. En gériatrie notamment, ce sont souvent des personnes âgées qui ont peu, voire pas du tout de visites. Pour certaines, notre passage du vendredi est le moment qu’elles attendent toute la semaine.

Et ce qu’on fait ne se limite pas à jouer de la musique. Bien sûr, la musique a un effet très fort, mais il y a aussi la parole, l’écoute. Je commence toujours par des questions simples : comment vous appelez-vous, d’où êtes-vous, pourquoi êtes-vous là. Et très vite, la personne s’ouvre. Un lien se crée. On leur montre qu’ils comptent, qu’ils existent. Pour quelqu’un qui est hospitalisé depuis longtemps et qui se sent parfois invisible, c’est essentiel.

DOSSIER

Vous ne vous occupez pas seulement des malades, mais aussi de leurs proches. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

Très souvent, les accompagnants et les familles ont encore plus besoin de soutien que les malades eux-mêmes. Leur rôle est extrêmement difficile. Ils sont là jour et nuit, parfois sans avoir où dormir, dans des conditions compliquées, avec une fatigue physique et surtout morale énorme. Voir un proche dans un état difficile, rester dans l’attente, dans l’incertitude, ça use énormément.

Alors nous, on vient aussi pour eux. Bien sûr, la musique les aide beaucoup, comme elle aide les malades, mais on essaie surtout de leur redonner des forces. On parle avec eux, on les encourage, on leur apporte parfois un petit cadeau, un geste simple, mais qui peut faire beaucoup.

qu’il fallait transformer cette chambre en lieu de joie. On leur a fait comme un deuxième mariage. On a chanté, on a dansé, on a rejoué les chansons de leur mariage. Ça leur a donné une joie immense.

Chlomo, on vous a vu jouer du violon face à des patients de tous horizons, parfois même des musiques arabes. Comment choisissez-vous ce que vous jouez ?

Il vous arrive parfois de vivre des scènes complètement inattendues à l’hôpital… Racontez-nous.

Il y a des rencontres très belles, et parfois aussi des situations complètement insolites. Un jour, on est entrés dans une chambre à Cha’aré Tsédek, et on a vu deux lits collés, avec un homme et une femme allongés. Tout de suite, on a été surpris. À l’hôpital, les chambres sont séparées : hommes d’un côté, femmes de l’autre. On n’avait jamais vu ça.

"Si notre enfant retrouve la vue, on développera encore plus le Bikour ‘Holim". Notre fils a subi six opérations très lourdes. Et, contre toute attente, il a retrouvé la vue "

Chlomo Dahan : En réalité, on ne demande presque jamais. On s’adapte. Quand j’entre dans une chambre, j’essaie de ressentir qui est la personne en face de moi. Parfois, il y a un journal en russe sur la table, parfois une ambiance particulière. À partir de là, on devine. On essaie vraiment de faire plaisir. Il y a une vidéo qui a beaucoup circulé où je joue face à un patient arabe. Ce jour-là, j’ai joué des mélodies d’Oum Kalthoum, c’est une musique très forte émotionnellement. Les patients arabes adorent ça, et même les Juifs y sont très sensibles. On prend la mélodie, l’émotion, sans aucune barrière. D’ailleurs, il y a un infirmier arabe qui, à chaque fois qu’il me voit, me demande en souriant : "Allez, s’il te plaît, un petit Oum Kalthoum !"

Mme Déborah Bitton, comment fait-on concrètement pour entrer dans un hôpital ? Est-ce facile d’obtenir les autorisations ?

On leur a demandé s’ils étaient frère et sœur. Ils nous ont expliqué qu’ils venaient de se marier. Ils avaient eu un accident de voiture juste après leur mariage, et tous les deux se retrouvaient là, plâtrés, allongés côte à côte. On a compris

Déborah Bitton : Au départ, ce n’est pas simple du tout. Un hôpital est un lieu sensible, et c’est normal. On commence par contacter la direction de l’hôpital. On a essuyé plusieurs refus. Certains hôpitaux sont très attachés au calme, d’autres n’ont pas l’habitude de voir

La visite aux malades

des groupes de bénévoles intervenir de cette manière.

Mais on ne s’est pas arrêtés là. On a commencé à envoyer de courtes vidéos, très concrètes, pour montrer ce que l’on fait réellement : comment on entre dans les chambres, l’impact sur les malades, l’atmosphère que cela crée. Et souvent, c’est là que les choses changent. Par exemple, à l’hôpital Laniado, la directrice administrative m’a contactée après avoir vu ces vidéos. Elle m’a demandé de lui expliquer plus en détail notre démarche et nous a proposé de venir faire un essai. Elle a vu des musiciens qui redonnent de la vie aux malades, et elle a compris que cela valait la peine d’ouvrir les portes de son hôpital.

profondément marqués : "Il y a une Mitsva très spéciale que tu accomplis, c’est elle qui sauvera la vue de ton fils." Mon mari lui a répondu : "Je rends visite aux malades le vendredi." Le Rav lui a dit : "C’est ça qui te sauvera de cette épreuve, et qui rendra la santé à ton fils."

À partir de là, on a recommencé à espérer. Et on s’est fait une promesse : si notre enfant retrouve la vue, on développera encore plus le Bikour ‘Holim, on s’y investira totalement. Notre fils a subi six opérations très lourdes. Et, contre toute attente, il a retrouvé la vue progressivement. Aujourd’hui, il porte des lunettes, mais il voit parfaitement. À la suite de ce miracle, nous avons ouvert un deuxième groupe, puis un troisième, un quatrième, un cinquième.

Votre engagement est aussi lié à une histoire personnelle très douloureuse. Pouvez-vous nous en parler ?

Un jour, notre enfant a eu un accident très grave. Nous nous sommes retrouvés à l’hôpital en pleine fête de Pessa’h. Tout est allé très vite. Bloc opératoire, psychologues, annonces très dures. On nous a expliqué que notre enfant sortirait probablement avec un handicap grave. Nous avons traversé une période extrêmement difficile. Mon mari, les enfants à la maison, et notre fils hospitalisé pendant plusieurs mois. Les opérations se sont enchaînées, l’une après l’autre. Les médecins nous ont dit qu’ils n’avaient plus beaucoup d’espoir pour la vue du premier œil, et que souvent, quand un œil est touché, le deuxième suit. À ce moment-là, j’étais enceinte, très affaiblie moralement, et donc physiquement aussi. On est allés chercher des forces, des Brakhot, chez des Rabbanim. Et un grand Rav a dit à mon mari quelque chose qui nous a

Mme Noémie Mimoun, vous jouez différents instruments et faites partie de l’équipe Bikour ‘Holim. Vous avez aussi vécu des moments assez incroyables… Racontez-nous.

Noémie Mimoun : Je me souviens d’une scène très forte. Une maman était avec sa fille de 15 ou 16 ans. Je lui ai proposé de choisir entre plusieurs cadeaux, dont un jeu de dames. En voyant ce jeu, la maman s’est mise à pleurer. Je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a expliqué que quelques minutes plus tôt, elle venait de raccrocher avec sa sœur, à qui elle avait demandé d’apporter précisément un jeu de dames pour passer Chabbath à l’hôpital. Et à ce moment-là, nous toquions à la porte avec exactement ce qu’elle avait demandé. Elle m’a dit : "Je n’ai pas d’autres mots : vous êtes vraiment des messagers, envoyés au bon endroit, au bon moment, avec la bonne chose."

DOSSIER

"Les bénévoles Torah-Box rallument la flamme chez nos malades !" Interview d'Adi Guil, chef du service gériatrie à Cha'aré Tsédek

Au service gériatrie de Cha’aré Tsédek, les journées sont rythmées par les soins, la fatigue et souvent la solitude. Mais chaque vendredi, quelque chose change. Des chants, des sourires, de la musique et surtout une présence chaleureuse viennent bousculer la routine. Adi Guil, infirmière responsable du service, raconte comment les bénévoles de Torah-Box redonnent vie, semaine après semaine, à des patients que l’on croyait parfois éteints.

Adi Guil, Chalom. Présentez-vous en quelques mots, ainsi que le service duquel vous êtes en charge.

Cela fait près de 10 ans que je travaille à l’hôpital Cha’aré Tsédek de Jérusalem. Je suis chef-adjoint du service gériatrie de l’hôpital. Il s’agit du service en charge des patients de plus de 75 ans, généralement très malades, souvent alités ou même paralysés. Nos patients souffrent souvent de plusieurs maladies chroniques combinées telles que diabète, Alzheimer, problèmes cardiaques, chutes, hypertension, accidents cérébraux, etc. C’est un service difficile qui exige un travail éreintant, très professionnel et très appliqué de la part de l’équipe soignante. Et hélas, il s’agit d’un service dans lequel les patients ne reçoivent souvent pas beaucoup de visites, le plus souvent ils sont seuls la plupart de la journée.

Vous connaissez bien le service Bikour ‘Holim de Torah-Box qui œuvre au sein de votre département depuis plusieurs années, en plus des bénévoles d’autres associations

qui viennent périodiquement. Quel effet ces visites produisent-elles sur les malades ?

Tout d’abord, j’aimerais si vous le permettez m’attarder plus spécifiquement sur l’équipe de Torah-Box, avec laquelle nous entretenons un lien très cher et particulier. Ces gens si spéciaux ont un beau jour atterri au sein de notre service, comme des anges venus d’ailleurs, apportant bonheur et bonté avec eux. Certes de nombreuses associations œuvrent ci et là pour alléger le quotidien des malades, mais l’action de Torah-Box est toute autre. Peu importe la situation sécuritaire – et D.ieu sait qu’elle est souvent pas simple – peu importe les conditions météorologiques, peu importe que Chabbath rentre tôt ou que c’est veille de fête, ils arrivent avec leurs chants, leurs déguisements, leurs cadeaux, leurs sourires et leur musique et le plus simplement du monde, ils redonnent vie à ce service souvent morose. Ils rentrent dans chaque chambre, s’arrêtent et offrent de l’attention à chaque malade, ils n’oublient personne. Aucun mot au monde ne peut décrire ce que cela produit aussi bien sur les malades que sur les soignants. Ces visites ravivent la flamme de nos

La visite aux malades

malades et de leurs familles, elles leur redonnent joie et espoir, c’est indescriptible ce qu’il se passe ici chaque vendredi. Nos malades sont des gens qui sont souvent alités depuis des semaines, parfois des mois ! Ils sont souvent repliés sur eux. Certains ont très peu de visites, d’autres n’ont même pas d’enfants du tout. Pour certains, ils attendent le vendredi avec impatience ! Voir une personne de près de 100 ans, malade et alitée depuis des mois, se mettre à taper des mains, chanter et parfois même danser au son de la musique, c’est une image indélébile.

Tout ce remue-ménage doit déranger les médecins et certains malades qui aspirent à du calme, non ?

Je vais vous faire une confidence : nous aussi les soignants avons besoin d’un peu de vie dans ce service. Nous sommes si occupés à courir d’une chambre à une autre, d’une réunion à une autre, que nous oublions parfois qu’il y a une vie en-dehors des murs de l’hôpital. Voir cette équipe arriver avec leur bonne humeur et leurs instruments de musique, c’est quelque chose qui nous insuffle à tous, personnel et patients, une bouffée d’énergie nouvelle, cela fait un bien fou. Et pour tout vous dire, nous attendons avec impatience ces visites chaque semaine ! En plus des malades, la troupe a une attention particulière pour chaque membre du personnel, ils s’arrêtent à côté de chaque infirmière et chaque médecin pour offrir un bonbon, un petit cadeau… C’est la première fois, vraiment, qu’on vit ça.

depuis plusieurs jours, il ne bougeait ni ne parlait et semblait être dans un état nébuleux. C’est alors qu’est arrivé le vendredi et les bénévoles de votre association avec. Ils sont entrés dans la chambre en jouant des merveilleuses mélodies de Chabbath, tout en chantant et en dansant. Et là, nous avons vu cet homme, âgé d’environ 90 ans, commencer à bouger et à fredonner les chants familiers.

Voir une personne de près de 100 ans, malade et alitée depuis des mois, se mettre à taper des mains, chanter et même danser au son de la musique, c’est une image indélébile.

J’ai immédiatement filmé la scène et l’ai envoyée à sa famille afin qu’ils voient ce qui était en train d’arriver à leur grand-père et père. C’était un instant unique qui est resté gravé dans mon esprit. Mais je peux vous dire qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Nous sommes devenus familiers de ces instants où l’on voit les constantes des patients remonter subitement au son de la musique. C’est comme si leur âme captait la musique et les énergies positives diffusées par l’équipe et qu’elle se réveillait à la vie ! En fait, cela dépasse de loin le cadre médical, cela touche à l’âme en elle-même et nous savons aujourd’hui à quel point l’âme influe sur le corps. Même le professeur le plus occupé prendra une pause de quelques minutes pour profiter de la musique et voir le service s’illuminer.

Un mot pour la fin ?

Un souvenir particulier de ces visites ?

Le service gériatrie comporte une unité de surveillance médicale, où sont hospitalisés les patients qui nécessitent une surveillance et des soins intensifs. Je me rappelle d’un patient qui s’y trouvait dans un état apathique

Oui – personnellement, je ne suis pas spécialement pratiquante. Lorsqu’avec ma famille, nous nous réunissons le vendredi soir pour le repas traditionnel du Chabbath et que je leur raconte ma journée – comment j’ai vu des gens qui ne reçoivent aucune récompense en retour, qui ont certainement tous beaucoup à faire chez eux et qui vendredi après vendredi depuis des années, viennent offrir tout le bien du monde et redonner vie dans ce service, cela ravive vraiment quelque chose chez nous !

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

DOSSIER

Rencontre avec Yaël Farhi, clown médical et tante du soldat Nadav Farhi z'l

Depuis 17 ans, Yaël Farhi parcourt les couloirs des hôpitaux pour offrir plus qu’un sketch : une échappée hors de la peur, de la douleur et du désespoir. Tante de Nadav Farhi de mémoire bénie, elle raconte comment le rire peut devenir un refuge, une thérapie, parfois même une planche de salut — pour les malades, leurs proches… et pour elle-même.

Depuis 17 ans, Yaël Farhi, affublée de son gros nez rouge et de ses tours de magie, parcourt les hôpitaux d’Israël pour redonner le sourire aux malades.

Ni psychologue ni meilleure amie, ellemême éprouvée par la vie puisque son neveu l’adjudant-chef Nadav Farhi a été tué lors des combats à Gaza en 2023, elle s’emploie à "faire s’évader", selon ses dires, les malades et leurs familles loin de l’angoisse et du désespoir des couloirs d’hôpital le temps d’un sketch ou d’un tour grotesque.

Yaël Farhi bonjour. Comment devient-on clown en milieu médical ?

Pour ma part, il y a environ 17 ans, je me suis trouvée à une période de ma vie où j’aspirais à

faire du bénévolat. Une pub pour une formation de clown médical a attiré mon attention.

Lorsque je suis arrivée à la première rencontre, j’ai tout de suite compris que ma vie allait prendre un autre tournant. Très vite, j’ai appris, j’ai exercé et je suis même devenue formatrice, puisque j’anime des ateliers de clown médical à travers tout le pays. En fait, mon clown est devenu l’histoire de ma vie. Je pense que pour exercer un tel métier, il faut découvrir le clown qui est en soi.

Comment faire rire des gens à qui on vient d’annoncer une terrible nouvelle ? Des parents au chevet de leur enfant malade ?

Je ne m’adresse jamais à la douleur, au désespoir, à la maladie. Je vais plutôt aller

La visite aux malades

à la rencontre de l’enfant qui se cache en chacun et j’essaie de le révéler aux yeux du malade lui-même. L’espace d’un instant, je les touche, j’essaie de les emmener ailleurs, de les extirper des couloirs froids et impersonnels de l’hôpital pour les faire voyager à la rencontre du héros qui est en eux. Le lâcher prise, c’est le mot d’ordre. Et les études prouvent que les hormones du rire stimulent l’organisme et le rendent plus réceptif aux traitements. Par exemple, les taux de réussite des traitements pour la fertilité augmentent considérablement les jours où un clown est venu faire rire les femmes ! Ce n’est pas seulement logique, c’est physiologique !

Peut-on faire rire tout le monde ?

"J’essaie de les emmener ailleurs, de les extirper des couloirs froids et impersonnels de l’hôpital pour les faire voyager à la rencontre du héros qui est en eux.

Il faut dire que j’emploie les gros moyens… Si ma blague est trop nulle, j’ai toujours un tour de magie (complètement grotesque, vous l’avez compris), un mime, un sketch. Ça finit toujours par marcher. Après le 7 octobre, je me suis produite devant des jeunes qui étaient des rescapés de Nova. Autant vous dire que les faire rire n’était pas ce qu’il y avait de plus simple… Eh bien grâce à D.ieu, j’y suis arrivée. À la fin de ma représentation, une jeune fille qui semblait vraiment traumatisée est venue me voir et m’a confié que c’était la première fois qu’elle riait depuis la tragédie et que ça lui avait fait un bien fou, qu’elle se sentait libérée d’un poids, comme une thérapie.

Justement, parlez-nous de votre 7 octobre, puisque vous faites hélas partie des familles éprouvées par la guerre.

Mon neveu Nadav Farhi, le fils de mon grand frère Eric, est tombé au combat le 23/12/2023, lorsqu’un engin explosif a été déclenché sur le chemin de sa jeep, alors que lui et ses amis

étaient en chemin pour une opération militaire. Son meilleur ami a également été tué. Soldat exemplaire décoré de nombreuses fois, il était un fils, un frère, un mari, un papa et un ami admiré et apprécié de tant de gens. La perte de Nadav a été une épreuve terrible pour tous ceux qui l’ont connu. Et moi sa tante, au niveau personnel, je peux dire que les années que j’ai passées à travailler sur les émotions, à les étudier, à vivre en paix avec les paradoxes de la vie sont ce qui m’a aidée à me relever après la tragédie. Je peux vraiment affirmer que c’est mon clown qui m’a sauvée.

Une belle anecdote pour la fin ?

Il y a quelques années, à Cha’aré Tsédek, je suis rentrée dans la chambre de parents à qui on venait d’annoncer que leur bébé était né avec une trisomie. Il se trouve que le papa luimême était clown médical, mais là, il n’avait pas vraiment la tête à faire le pitre. Je suis rentrée dans cette chambre et… que vous dire ? Je n’ai jamais autant ri, et les parents avec, de toute ma vie. Les parents venaient de décider qu’ils feraient face, qu’ils seraient forts, et mon clown s’est tout simplement fait l’écho de cette décision héroïque.

C’est ça le clown en fait : il ne fait pas de visite au malade, mais il crée un nouvel espace où la maladie n’existe plus et où l’on se réapproprie son destin et ses rêves.

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

Prénom "Harry" pour un garçon

Peut-on attribuer le prénom Harry pour un garçon ? J’ai entendu dire que Ari voulait dire "lion" en hébreu, et c’est la même racine phonétique.

Réponse de Rav Aharon Sabbah

Le prénom "Harry" est à éviter, et ce même s’il possède la même racine phonétique que Ari, car finalement c’est un prénom à consonance laïque, et non biblique.

Le Midrach nous enseigne que l’un des mérites qui permit à nos ancêtres d’être sauvés d’Égypte fut qu’ils ne changèrent pas leurs prénoms hébraïques. (Vayikra Rabba, Emor 32, 5) Cet enseignement nous permet de prendre conscience de l’importance extrême des prénoms hébraïques, puisque le simple fait de ne pas avoir cédé à la pression sociale environnante en adoptant des prénoms égyptiens a constitué une raison suffisante pour mettre un terme à l’exil égyptien.

L’assimilation commence bien souvent par l’adoption des prénoms locaux qui, parfois, n’est qu’un prélude à l’adoption des mœurs et de la culture environnante.

Si vous souhaitez rester dans le même style de prénom, je vous conseille fortement le prénom Arié. D’ailleurs, le ‘Hida rapporte que ce prénom est bénéfique pour protéger l’enfant de maladie. (Chémot Baarets 5772, 37-38 ; Véyikaré Chémo Béisraël 173)

Naissance de jumeaux : nommer la fille avant le garçon ?

Nous avons récemment accueilli des jumeaux, une fille et un garçon. La Brit-Mila du garçon devrait être repoussée de quelques jours à cause d'un poids trop faible.

Est-ce qu’il est important de nommer la fille au plus vite ou est-ce qu’on peut attendre d’être plus ou moins proche de la Brit-Mila du garçon ?

Par ailleurs, si on doit nommer la fille rapidement, est-ce qu’on est pour autant obligé de diffuser le prénom aussitôt à la famille notamment, ou est-ce qu’on peut le garder secret jusqu’à être proche de la Brit-Mila pour annoncer les prénoms plus ou moins en même temps ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

1. Il faut nommer la fille sans plus attendre.

2. De suite après sa nomination, il est possible d’informer vos proches, il n’est absolument pas nécessaire d’attendre la Brit-Mila de son frère.

Nommer un garçon par le prénom de son oncle

Nous souhaiterions appeler notre fils Refaël. Cependant, Refaël est le deuxième prénom du frère de ma femme, donc l’oncle direct de l’enfant à naître. Est-ce autorisé ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Il est permis d’attribuer le prénom Refaël à votre bébé, même si c’est le prénom de son oncle. Il n’existe aucune restriction à ce sujet !

Faire entrer Chabbath 20 minutes plus tôt à Jérusalem ?

Est-ce une obligation de faire entrer Chabbath 20 minutes avant à Jérusalem, un horaire différent des autres villes en Israël ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

À Jérusalem, dans de nombreuses communautés (séfarades et ashkénazes), il est habituel de fixer l’allumage des bougies du Chabbath 40 minutes avant l’heure de la Chki'a, le coucher du soleil. Mais il y a de nombreuses communautés (surtout séfarades) dans lesquelles l’heure est fixée 20 ou 30 minutes avant la Chki'a.

Dans les autres villes d’Israël, c’est 20 ou 30 minutes avant la Chki'a, pour tous.

En ce qui vous concerne personnellement, si vous êtes Séfarade, il est bien d’allumer 40 minutes avant l’heure de la Chki'a, mais ce n’est pas une obligation.

Déconseiller une babysitter, Lachon Hara’ ?

J’ai contacté une jeune fille pour garder mes enfants à la maison un soir car nous avions un mariage, mais elle n’a pas été sérieuse. Je n’ai pas voulu lui faire de réflexions, mais simplement je ne la recontacterai plus. Cependant, je me demandais si c’était du Lachon Hara’ de la déconseiller à mon entourage. Je suppose que oui, mais il s’agit de la sécurité d’enfants tout de même...

Réponse de Rav Avraham Garcia

Il est évident que vous pouvez informer votre entourage sur le manque de sérieux de cette babysitter lorsqu’il est question de la sécurité des enfants. Néanmoins, votre entourage n’a pas le droit de vous croire sur parole, il doit juste être sur ses gardes.

Pour cela, vous devez raconter la chose en n’émettant pas trop de convictions et de certitudes, car certaines personnes qui vous sont proches vous croiront sur parole. Par exemple, vous pouvez dire : "Je crois qu’elle n’est pas trop sérieuse".

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

Envie de bien faire !

Les enfants, cette semaine, choisissons une Mitsva ou un bon comportement et faisons-le, même si nous n’en comprenons pas encore le sens.

L'HISTOIRE

Nathan est dans sa chambre, assis sur son lit. Il a été marqué par ce qu’a dit papa à table et il s’accorde un moment de réflexion. Son papa a raconté que dans la Paracha de la semaine, Michpatim, les Bné Israël ont dit Na’assé Vénichma’, "Tout ce que D.ieu dira, nous le ferons puis nous le comprendrons."

Nathan ne connaît pas encore toutes les Mitsvot, mais cette phrase lui reste dans la tête. Les Hébreux s’engagent à obéir à la Torah avant même de comprendre tous ses détails, montrant une foi totale et une acceptation volontaire de la Volonté divine.

Le lendemain matin, après la lecture du Chéma’ Israël, Nathan ferme les yeux quelques secondes. Il se dit en silence : "Moi aussi, j’aimerais faire tout ce qu’Hachem aime." Il ne sait pas exactement comment, ni quand, mais il le pense vraiment.

parfois énervé, mais il a essayé de bien faire. Il prend encore un moment et se demande : "Qu’est-ce que je pourrais faire un peu mieux demain ?"

Nathan sourit. Il comprend que servir Hachem ne commence pas par de grandes choses compliquées, mais par un désir sincère puis par un petit pas, chaque jour.

Plus tard dans la journée, à la maison, sa petite sœur renverse un verre d’eau. Nathan s’apprête à râler, puis il s’arrête. "Si je veux faire plaisir à Hachem, je peux commencer par là." Il éponge le sol sans se fâcher.

Le soir, avant de dormir, Nathan repense à sa journée. Il n’a pas tout réussi, il s’est

L'ENSEIGNEMENT

Dans notre Paracha, les Bné Israël acceptent la Torah avec un enthousiasme incroyable, montrant qu’ils sont prêts à servir Hachem de toutes les manières possibles, même sans tout connaître à l’avance.

Rabbénou Yona explique que quand une personne désire sincèrement accomplir toutes les Mitsvot, Hachem la récompense comme si elle les avait déjà réalisées.

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

As-tu déjà voulu bien faire, même sans savoir exactement comment ?

Pourquoi le désir de bien faire estil déjà important ?

Quel petit geste pourrais-tu essayer demain pour faire plaisir à Hachem ?

Pourquoi ? Parce qu’Hachem regarde le cœur. Rav Miller ajoute que servir Hachem, ce n’est pas seulement étudier la Torah, mais aussi vouloir vraiment mettre en pratique ce que l’on apprend. Même si on ne peut pas tout faire tout de suite, le désir compte énormément.

La Torah nous enseigne ainsi qu’un petit moment de réflexion sincère peut déjà nous rapprocher beaucoup d’Hachem.

Nos maîtres montrent l’exemple

Rabbi ‘Akiva est l’un des plus grands Sages de toute l’Histoire juive. Pourtant, son parcours commence très loin de ce que l’on pourrait imaginer. Pendant de longues années, Rabbi ‘Akiva ne savait ni lire ni écrire. Il travaillait comme simple berger et pensait que la Torah n’était pas faite pour lui. Il voyait les érudits étudier et se disait "Moi, je n’y arriverai jamais."

Mais au fond de son cœur, Rabbi ‘Akiva avait une grande qualité : un désir sincère de servir Hachem. Il ne savait pas encore comment, ni par où commencer, mais ce désir était bien présent.

Rabbi ‘Akiva avançait très lentement, sans se décourager et avec un cœur entier. Il ne disait pas : "Quand je comprendrai tout, je servirai Hachem." Il disait, sans même le formuler ainsi : "Je veux servir Hachem, et j’apprendrai comment au fur et à mesure."

C’est exactement l’esprit de Na’assé Vénichma’ Le désir précède la compréhension.

Avec le temps, Rabbi ‘Akiva devint un immense maître entouré de milliers d’élèves. Mais il n’a jamais oublié ses débuts.

Un jour, alors qu’il gardait les troupeaux près d’un ruisseau, il remarqua une grosse pierre, creusée profondément en son centre. Intrigué, il demanda ce qui avait pu faire un trou pareil. On lui répondit : "C’est l’eau. Elle tombe goutte après goutte, jour après jour, sans s’arrêter." Rabbi ‘Akiva resta longtemps à observer cette pierre, puis il se dit : "Si de l’eau, si faible en apparence, peut creuser une pierre si dure, alors la Torah peut aussi pénétrer mon cœur."

Ce jour-là, il prit une grande décision. Il ne savait pas encore lire une seule lettre, mais il était prêt à essayer. Il alla apprendre l’alphabet avec de jeunes enfants. Imagine un homme adulte, assis à côté de petits garçons, répétant les lettres une par une ! Lui n’avait pas honte ; au contraire, il était heureux. Chaque lettre était pour lui une victoire.

Les Sages expliquent que Rabbi ‘Akiva a été récompensé pour chaque effort, même les plus petits, parce que son cœur était sans réserve. Hachem voyait qu’il voulait tout accepter, même ce qu’il ne comprenait pas encore.

Grâce à Rabbi ‘Akiva, nous apprenons une leçon très importante : servir Hachem commence par un vrai désir, puis par un pas, puis un autre. Et même les plus grands commencent toujours par une toute petite goutte.

L'exercice de la semaine

Les enfants, cette semaine, prenez chaque jour un moment pour penser à une Mitsva ou un bon comportement que vous aimeriez faire ou mieux faire, puis choisissez un tout petit geste pour commencer.

Cabillaud fondant en cocotte, légumes d’hiver et sauce douce au citron

Une cocotte simple, parfumée et équilibrée, idéale pour un repas de Chabbath tout en finesse.

Ingrédients

• 900 g de cabillaud ou de lieu noir

• 3 poireaux

• 5 carottes

• 4 pommes de terre

• 2 oignons

• 2 gousses d’ail

• 30 cl de crème végétale (avoine, soja)

• 2 citrons bio

• 1 grand verre de bouillon de légumes

• 3 cuillères à soupe d’huile d’olive

• Sel

• Poivre

• Thym et/ou laurier

Pour 6 personnes

Préparation : 20 min

Cuisson : 35 min

Difficulté : Facile

Réalisation

- Épluchez les carottes et les pommes de terre, puis coupez-les en fines rondelles. Émincez les oignons et l’ail.

- Nettoyez et vérifiez les poireaux, puis coupez-les en tronçons.

- Faites chauffer l’huile d’olive dans une cocotte. Faites revenir les oignons et l’ail à feu doux jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides.

- Ajoutez les carottes, les pommes de terre et les poireaux. Mélangez, puis laissez suer quelques minutes.

- Versez le bouillon de légumes. Ajoutez le thym ou le laurier. Couvrez et laissez mijoter à feu doux pendant 20 min.

- Déposez les morceaux de poisson sur les légumes.

- Salez et poivrez légèrement. Ajoutez le zeste des citrons, puis pressez un peu de jus. Versez la crème végétale. Couvrez et laissez cuire doucement encore 10 à 12 min, sans faire bouillir.

- Servez bien chaud, avec du riz, du quinoa ou des langues d’oiseau.

Chabbath Chalom ! Murielle Benainous

LE COIN SYMPATIK

17 €

Seulement Seulement

Lois : Toutes les Mitsvot de la fête.

Récits : Toute l’histoire de la Méguila d’Esther.

Réflexions : Le sens profond de la joie.

Pour commander

https://boutique.torah-box.com

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Deux bonnes blagues

Deux vieux se rencontrent dans la salle d’attente du médecin. "Bah alors, Bébert, on t’a pas vu ici hier, où tu étais ?

Rachel bat Allegra Yaacov ben Sarah

Étoile bat Fernande

Nelly Myriam bat Viviane Zarie

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Yaël Francine Louise bat Maissa Liliane

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Gmimra ben Laila Éric Haim ben Ghozala

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Michel Mordechai ben Sarah Jeannette

Hanah Beila bat Tziporah

Ourida bat Hafsa Tsipora bat Malka

Vous connaissez un malade ? Envoyez-nous son nom www.torah-box.com/refoua-chelema

- Hier ? ah non, j’étais malade…"

Un homme sort en courant du bloc opératoire en criant : "Ce sont des fous, des fous !!"

"Que se passe-t-il ?, lui demande un infirmier.

- J’étais allongé sur le lit en attendant l’anesthésiste et à ce moment, j’entends l’infirmière dire : ‘Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer, c’est une toute petite opération, allons, un peu de courage…’ - Où est le problème ? Elle voulait vous rassurer !

- Mais elle ne parlait pas à moi, elle parlait au chirurgien !!"

Perle de la semaine par

"L'ange a une qualité et un défaut : il est incorruptible mais il ne peut pas s'améliorer. L'homme a un défaut : il est corruptible, mais il a une qualité : il est perfectible..." (Rabbi Bounam de Peschiskha )

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