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Torah-Box Magazine n°349 France - Bechala'h

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n°349 28 janvier 2026 I 10 Chevat 5786 I Béchala'h

L'ÉDITO DE LA SEMAINE

Juifs d’Iran : Une délivrance à double tranchant

Pendant plusieurs jours, les yeux du monde entier étaient tournés vers l’Iran, s’interrogeant : "Allons-nous assister enfin à un changement de régime ?"

Les manifestations qui s’étendaient dans tout le pays, "soutenues" par Trump, ont laissé penser qu’après quelque 50 ans durant lesquels l’islam radical s’était imposé dans ce pays, nous allions revenir à la vieille époque, avec le fils du Chah Reza Pahlavi reprenant les rênes du pouvoir que son père avait dû abandonner pour partir en exil. Un tel scénario – s’il se réalisait – verrait l’apparition d’un gouvernement pacifique, moderne, occidentalisé et laïque, remplacer l’actuel, qui est à son antipode.

"Est-ce qu’un tel changement serait bénéfique pour les Juifs vivant en Iran, ou non ?" Cette question, a priori assez étonnante, est posée par un Juif d’origine iranienne, Chlomo Zvi, qui est resté en contact étroit avec la communauté locale, leur fournissant régulièrement des objets de culte. Il s’explique : "En Iran, les lois de l’islam sont imposées pour tous : pas d’alcool, pas de cinéma, pas de boîtes de nuit, les femmes sont habillées avec pudeur, la télévision est ‘Cachère Méhadrin’. D’autre part, on permet aux Juifs la liberté de culte, les synagogues sont ouvertes, l’enseignement de valeurs juives est permis, à condition qu’il ne s’agisse pas de propagande sioniste. La communauté se trouve quelque part protégée spirituellement, dans une sorte de ghetto culturel, sans véritable contact avec l’Occident. Un retour à un régime moderne pourrait mettre en péril leur judaïsme, comme cela fut le cas à l’époque des conquêtes de Napoléon".

Ce monsieur fait référence à ce grand roi de France qui, lors de ses conquêtes en Europe, était porteur d’idées novatrices et cherchait à imposer un nouvel ordre, dans lequel les Juifs, soumis jusque-là à

des discriminations, obtiendraient une véritable liberté et des droits égaux. Mais à quel prix ? Le Rabbi de Lyadi, le Ba’al Hatanya, avait très peur de lui et pressentait la catastrophe qu’il représentait pour le judaïsme. L’histoire lui a donné raison, et la majorité du peuple hébreu s’est éloignée de ses racines et ce, jusqu’à maintenant.

La même problématique avait été relevée au début du XXe siècle lorsque les Juifs quittèrent la Russie et l’Ukraine pour l’Amérique, abandonnant leur patrimoine dans le Nouveau Monde.

On peut être d’accord ou non avec Chlomo Zvi concernant la situation des Juifs d’Iran, surtout après les révélations de la barbarie de ce régime fondamentaliste à l’encontre des manifestants. Ses propos ont été rapportés ici car, dans une perspective plus large, ils nous concernent tous.

Par exemple, lorsque se présente à nous l’occasion d’un nouvel emploi mieux rémunéré et plus intéressant, mais dans une ambiance éloignée des valeurs juives.

À plus forte raison lorsqu’il s’agit d’artistes, d’écrivains ou de sportifs qui se produisent dans des cercles protégés, alors que leur talent pourrait les propulser sur la scène nationale, voire mondiale. Combien d’adolescents, après avoir grandi dans des écoles juives, vont après le bac dans des campus universitaires, et les parents, très vite, crient au secours, remarquant qu’en très peu de temps ces jeunes ont abandonné leur judaïsme.

D’un autre côté, il n’est pas évident de refuser toute option permettant d’arranger son quotidien financièrement et socialement pour rester dans un cocon protecteur, au risque d’en sortir éteint. Il s’agit de choix difficiles qui demandent de bien analyser les enjeux, de prendre conseil auprès d’un Rav, d’avancer prudemment et de bien prier avant de prendre sa décision !

Rav Daniel Scemama

SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - Juifs d’Iran : Une délivrance à double

tranchant

Actualité

Pr Daniel Sebag

Vers une frappe en Iran ? Dans la tête de Donald Trump

Devinettes sur la Paracha

Hiloula

Rabbi Its’hak Abi'hssira, une vie et une mort pour D.ieu

Chants traduit & expliqué

A'oufa Echkona

Réflexion

La Hiloula, mode d’emploi

Rav Yehonathan Gefen

Parachat Béchala’h - Car le peuple d’Israël est proche...

Shabatik

Histoire

Maman, je n’ai pas le temps !

Pensée juive

Tout ce que vous devez savoir sur le Cantique de la mer Rouge

Rav Michael Morali

Le message d'un rabbin de Jérusalem

Quiz Spécial Tou Bichvat

Histoire juive

Rabbi Yossef Its’hak : un héros de résistance

Femmes

Témoignage : Pourquoi j’ai arrêté de faire Chabbath...

Questions au Rav

La Paracha pour les enfants

En avançant, je positive !

Recette

Spécial Tou Bichvat : Rôti de bœuf farci aux dattes et herbes fraîches

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Pr Daniel Sebag, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel

Marciano, Rav Méir Chalom Busso, Sarah Kisielewski, Moshé Haïm Sebbah, Rav

Nathaniel Mimoun, Rav Yehonathan Gefen, Elie

Marciano, Rav Raphaël

Sadin, Rav Michael Morali, Aurélie, Rav Gabriel Dayan, Rav Avraham Garcia, Murielle Benainous

Mise en page Dafna Uzan

Secrétariat 01.80.20.5000

Publicité

Yann Schnitzler yann@torah-box.com 04.86.11.93.97

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 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

Daf Hayomi Mena'hot 17

Michna Yomit Temoura 1-1

Daf Hayomi Mena'hot 18

Michna Yomit Temoura 1-3

Daf Hayomi Mena'hot 19

Michna Yomit Temoura 1-5

Daf Hayomi Mena'hot 20

Michna Yomit Temoura 2-1

Daf Hayomi Mena'hot 21

Michna Yomit Temoura 2-3

Parachat Béchala'h Tou Bichvat

Daf Hayomi Mena'hot 22

Michna Yomit Temoura 3-2

Daf Hayomi Mena'hot 23

Michna Yomit Temoura 3-4

Mazal Tov à Binyamin & Noémie Benhamou pour la Bar-Mitsva d'Azriel !

Mercredi 28 Janvier

Rav Ra'hamim 'Haï 'Houita Hacohen

Rav Yossef Its'hak Schneerson

Dimanche 1er Février

Rav Its'hak Abi'hssira (fils du Abir Ya'akov)

Horaires du Chabbath

Paris Lyon Marseille Strasbourg

Entrée 17:26 17:25 17:29 17:06

Sortie 18:37 18:32 18:34 18:16

Zmanim du 31 Janvier

Paris Lyon Marseille Strasbourg

Nets 08:22 08:04 07:55 08:00

Fin du Chéma (2) 10:43 10:29 10:23 10:21

'Hatsot 13:04 12:54 12:52 12:43

Chkia 17:46 17:45 17:49 17:25

Plus de 36 000 personnes tuées par le régime de Téhéran en deux jours, selon un média

Le média d'opposition iranien Iran International, a rapporté que plus de 36 000 personnes ont été tuées par le régime lors du mouvement de protestation de ces dernières semaines, un chiffre qui avait déjà été évoqué par le magazine Time qui citait deux hauts fonctionnaires anonymes du ministère de la Santé iranien.

Ces chiffres, qui pourraient être encore bien en-deçà de la réalité, reposent sur des données compilées à partir de "documents classifiés, de rapports de terrain et de témoignages de personnel médical, de témoins et de familles de victimes".

Le site indique que ces chiffres font de cette répression "le massacre le plus sanglant de civils jamais perpétré lors

de manifestations de rue". Iran International affirme en outre détenir des preuves, notamment des photos, que certaines personnes ont été exécutées par les forces de sécurité alors qu’elles étaient soignées à l'hôpital à la suite de blessures. D'autres ont fait état d'exécutions au domicile même des victimes, alors que les policiers se faisaient passer pour des livreurs.

Pour l'heure, le régime n'a reconnu que 3117 morts, un chiffre qui inclut des membres des services de sécurité. "Les exécutions organisées à travers l’Iran montrent que la répression brutale a été menée avec l’accord et la coopération des institutions étatiques et sur ordre des plus hautes autorités de la République islamique", conclut le site.

Allemagne : Arrestation d’un terroriste du 'Hamas soupçonné de préparer des attentats contre des cibles juives

Les autorités allemandes ont arrêté à l’aéroport de Berlin-Brandebourg un ressortissant libanais soupçonné d’être lié au ’Hamas et d’avoir participé à la préparation active d’attentats visant des cibles juives et israéliennes en Europe. Selon le parquet fédéral, il aurait notamment contribué à l’acquisition de 300 munitions destinées à ces attaques et entretenu des liens avec

une cellule terroriste déjà démantelée en Allemagne. Le terroriste doit être présenté à un juge, tandis que les autorités rappellent que le ’Hamas est interdit en Allemagne depuis le 7 octobre 2023.

L’enquête a été menée dans un contexte de vigilance renforcée autour des menaces visant les communautés juives.

Gaza : Israël soutiendrait des clans armés opposés au 'Hamas

Selon une enquête relayée par i24News et le Wall Street Journal, Israël aurait établi des contacts indirects avec des groupes armés palestiniens hostiles au 'Hamas dans la bande de Gaza, notamment dans le sud de l’enclave. Parmi eux figure le clan dirigé par 'Hossam Al-Astal, actif dans la région de Khan Younès, connu pour ses rivalités violentes avec le 'Hamas. Des responsables

américains cités par le quotidien expliquent que ces contacts visent à affaiblir le contrôle du 'Hamas sur certaines zones et à perturber ses capacités logistiques et sécuritaires. Des vidéos diffusées en ligne montreraient par ailleurs des membres de cette milice équipés de matériel israélien, ce qui semble confirmer une coopération étroite.

Respirer est un acte automatique. Pourtant, dans notre quotidien souvent stressant, la respiration devient courte, rapide et peu efficace. Sans s’en rendre compte, on respire moins bien, et le corps en pâtit.

• Une respiration trop haute fatigue le corps : Respirer uniquement par la poitrine limite l’oxygénation. → Prendre quelques instants pour laisser le ventre se gonfler à l’inspiration permet déjà de respirer plus efficacement.

• Une respiration rapide entretient le stress : Elle maintient le système nerveux en alerte. → Ralentir volontairement l’expiration aide le corps à s’apaiser.

• Le diaphragme est souvent peu mobilisé : Résultat : respiration peu profonde et tensions musculaires. → S’allonger quelques minutes, une main sur le ventre, favorise une respiration plus profonde.

• La respiration influence la digestion : Un souffle court freine le bon fonctionnement digestif.

→ Respirer calmement avant un repas aide le corps à mieux digérer.

• Le souffle reflète l’état mental : Stress et respiration s’alimentent mutuellement. → Observer son souffle sans le forcer permet déjà de rompre cette habitude.

Mieux respirer ne demande ni performance ni technique complexe. Revenir à une respiration plus lente et plus ample suffit souvent à apaiser le corps, clarifier l’esprit et retrouver de l’énergie. Respirer correctement, c’est offrir au corps un soutien simple… mais essentiel !

Respirez… Vraiment !

Tsahal annonce avoir identifié le corps de Ran Gvili, dernier otage à Gaza

Tsahal a annoncé lundi dans l'après-midi avoir retrouvé et identifié le corps de Ran Gvili, dernier otage à Gaza. Sa famille a été informée par les représentants militaires. Sa dépouille doit prochainement être rapatriée et inhumée en Israël. C’est la première fois depuis l’opération Bordure protectrice de l’été 2014 qu’aucun otage n’est retenu dans la bande de Gaza. Ce sousofficier de 24 ans passionné de moto était membre de Yassam, une unité d’élite de la police. En arrêt maladie le jour du 7/10, il prit l'initiative d'aller combattre pour défendre les habitants du kibboutz 'Aloumim. Il sauva ainsi des dizaines de jeunes du festival Nova, avant d'être gravement blessé puis capturé par les terroristes.

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Tsahal détruit un tunnel de 4 km de long dans le sud de Gaza

La semaine dernière, à l’issue d’un échange de tirs dans le sud de la bande de Gaza, 6 terroristes ont été éliminés par les forces israéliennes. Lors des fouilles menées dans la zone, les soldats ont découvert plusieurs équipements militaires, dont un engin explosif, des chargeurs, un manuel de fabrication d’explosifs, cinq rampes de lancement de missiles non opérationnelles et divers moyens de combat. Par ailleurs, l’armée israélienne a achevé la destruction d’un tunnel souterrain d’environ 4 km. Le réseau comprenait des salles de séjour et des stocks d’armes. Tsahal précise que ses forces restent déployées dans le secteur sud conformément aux modalités du cessez-le-feu et poursuivront leurs opérations afin de neutraliser toute menace immédiate.

Elyssia Boukobza

ASHDOD

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L'Affaire
Coup de fusil

Vers une frappe en Iran ? Dans la tête de Donald Trump

La semaine écoulée sur la scène internationale aura, une fois encore, mis en lumière l’effet de souffle provoqué par le retour de Donald Trump au pouvoir.

Un quotidien allemand résumait la semaine dernière l’état d’esprit européen par un titre sans appel : "Encore trois ans". Trois années durant lesquelles l’ordre international, déjà fragilisé, est soumis à une diplomatie américaine plus frontale, plus imprévisible, mais aussi débarrassée de certaines illusions.

"La paix par la force" est le credo revendiqué de cette administration. Elle choque par sa brutalité, mais elle a le mérite de la clarté. Les revendications sur le Groenland, territoire autonome du Danemark et membre de l’OTAN, ont rappelé aux Européens une vérité longtemps éludée : les alliances ne sont pas éternelles et la sécurité ne peut plus être entièrement sous-traitée à Washington.

Le dossier ukrainien avait déjà acté ce basculement, en contraignant l’Europe à envisager, enfin, sa propre autonomie stratégique.

pourrait-elle frapper l’Iran ? Quand, et avec quels objectifs ? Sept mois après la "guerre des douze jours", Téhéran est à nouveau sous pression, alors que le régime fait face à une contestation intérieure d’une ampleur inédite, née de l’hyperinflation avant de se transformer en remise en cause existentielle du pouvoir chiite.

Une méthode contestable, mais cohérente avec sa vision du monde, "
Sidérer pour mieux satisfaire ses intérêts.

Dans ce contexte, Donald Trump utilise une arme qui lui est familière : la pression maximale. Menaces économiques, démonstrations militaires, déclarations abruptes — autant d’outils destinés à forcer l’adversaire à choisir entre le compromis et l’affrontement. Sidérer pour mieux satisfaire ses intérêts. Une méthode contestable, mais cohérente avec sa vision du monde, où seuls les rapports de force produisent des résultats durables. C’est cette logique qu’il applique aujourd’hui à l’Iran.

Depuis deux semaines, la question n’est plus marginale : l’administration américaine

Les chiffres donnent le vertige. Selon une enquête du Time, jusqu’à 30 000 personnes auraient été tuées par les forces de sécurité iraniennes les 8 et 9 janvier derniers, lors d’une mobilisation touchant près de 4 000 localités. Les témoignages issus du ministère iranien de la Santé décrivent une violence systémique : infrastructures saturées, corps transportés par semi-remorques plutôt que par ambulances, pénurie de sacs mortuaires.

Il ne s’agit plus de maintien de l’ordre, mais d’une terreur d’État assumée.

Un rapport produit par un chirugien irano-allemand compare déjà ce massacre à certains épisodes les plus sombres du XXᵉ siècle, notamment les exécutions de masse de Babi Yar (Ukraine) les 29 et 30 septembre 1941, à Babi Yar : plus de 33 000 juifs tués par balle puis jetés dans un ravin. La comparaison interroge surtout notre capacité collective à tolérer l’intolérable, dès lors qu’il se déroule loin de nos frontières.

La lecture des Parachiot de l’esclavage en Égypte et des plaies infligées au régime du Pharaon rappelle que les systèmes fondés sur

la peur et la violence finissent toujours par se consumer eux-mêmes. "Renvoie ces hommes ! N’as-tu pas compris que l’Égypte est perdue ?" interpellèrent les serviteurs de Pharaon leur monarque(Chémot 10, 7). Cette phrase éclaire tragiquement la stratégie d’Ali Khamenei : réprimer sans limite pour retarder l’inévitable. Au-delà du Guide suprême, c’est tout un appareil idéologique structuré autour de la haine de l’Occident et d’Israël qui se maintient par la force brute.

Face à cette dérive, Donald Trump a adopté une posture mêlant avertissements publics et calcul stratégique. Très tôt, il met en garde le régime iranien contre les exécutions sommaires et appelle les manifestants à ne pas céder. "Amis iraniens, l’aide américaine est en route", lançait-il le 13 janvier. Nombre d’Iraniens ont aussi vécu comme une dérobade le satisfecit de Trump devant l’annulation des pendaisons prévues, trois jours plus tard. Pour Washington, il s’agissait surtout d’un signal.

Car dans le même temps, les États-Unis renforcent méthodiquement leur dispositif militaire. Le porte-avions Abraham Lincoln et ses 75 aéronefs s’approchent du golfe Persique. Jusqu’à 10 000 soldats supplémentaires pourraient rejoindre les quelque 50 000 déjà stationnés dans la région. Le message est clair : la patience américaine a des limites, et le régime iranien le sait.

Téhéran a répondu par la surenchère symbolique. Une affiche géante place Enghelab (Révolution) à Téhéran, installée dimanche dernier, montre un porte-avions américain détruit, recouvert de sang. "Si vous semez le vent, vous récolterez la tempête." Dans le même temps, le chef du pouvoir judiciaire iranien promet des procès expéditifs et des sanctions "sans la moindre clémence". Téhéran parie sur l’hésitation occidentale, convaincu que la peur de l’escalade l’emportera une fois encore sur la défense des principes. Le régime iranien ne défie pas seulement Washington : il teste la lâcheté du monde libre. Mais ce n’est

pas pour autant un signe de force, mais plutôt l’aveu d’un pouvoir acculé.

Reste la question centrale : quelle décision prendra Donald Trump ? Frappes ciblées contre les Gardiens de la Révolution ? Nouvelles attaques sur les infrastructures nucléaires et balistiques ? Pression maximale par un blocus ? Ou ouverture contrôlée de négociations, sous la menace permanente de la force ?

Pendant que les compagnies aériennes suspendent ou dévient leurs liaisons vers le Moyen-Orient, les états-majors se consultent. Le chef du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, rencontrait samedi le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir. Le détail de leurs discussions n’a pas été rendu public. Etait-ce nécessaire ?

Daniel Sebag, professeur de relations internationales

Parachat Béchala'h 5786 par Michaël Lumbroso

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

L'ennemi avait dit : "Je poursuivrai, je les rejoindrai, ... le butin".

partagerai)

La Manne avait la saveur d'un gâteau frit au ...

D'apparence, la Manne ressemblait à cela.

de coriandre)

Les Bné Israël sont retournés en arrière camper devant cette idole, faisant croire à Pharaon qu'ils s'étaient égarés.

(Ba'al Tséfon)

Lorsque Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer, Israël ... ... que Hachem avait déployée contre l'Égypte (extrait de la Chira).

Sous l'ordre de Moché, c'est lui qui est parti mener la bataille contre 'Amalek.

grande main)

De ce mot, nos Sages déduisent que seulement un cinquième des Bné Israël sont sortis d'Égypte, le reste ayant péri lors de la plaie de l'obscurité.

Dans ce Téhilim que l'on récite le Chabbath matin, on loue Hachem qui a fait cela à la mer des Joncs.

"C'est mon D.ieu et je Lui édifierai un Sanctuaire, le D.ieu de mon père et ... ... " (extrait de la Chira).

Lors du combat contre 'Amalek, les mains de Moché devaient être supportées car elles se faisaient ... .

"Il a fait passer Ses enfants dans les sentiers asséchés de la mer des Joncs, tandis que leurs poursuivants, leurs ennemis, dans les abîmes Il les ... " (extrait de 'Arvit).

noyés)

Certains affirment que la bénédiction qu'il fallait réciter avant de consommer la Manne était : "Hamotsi ... ... ".

(et je veux L'exalter) (Yéhochou'a)

À cet endroit, l'eau qu'ont trouvée les Bné Israël était très amère.

C'est le premier qui s'est jeté dans l'eau, avant même qu'elle ne s'ouvre.

fils d'Aminadav)

C'est une Ségoula pour en avoir une bonne, de lire la Paracha de la Manne chaque jour.

'Amalek est venu s'attaquer aux Bné Israël lorsqu'ils campaient à cet endroit

Lorsque les Bné Israël se sont plaints d'avoir faim, ils ont mentionné qu'en Égypte, ils s'asseyaient près de la ... ... et mangeaient du pain à satiété !

Moché devait le frapper pour qu'en jaillisse de l'eau qui abreuverait les Bné Israël.

Ce jour là, il ne descendait pas de Manne.

(le pain du ciel)

La quantité de Manne que chacun devait ramasser par jour.

Les Égyptiens qui ont été les plus cruels envers les Bné Israël ont été agités comme de la ... avant de finir noyés dans l'eau.

Les femmes ont sorti cet instrument de musique et ont aussi chanté lors de la traversée de la Mer.

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Une vie et une mort pour D.ieu

A l’occasion de la Hiloula de Rabbi Its’hak Abi’hssira (fils du Abir Ya’akov) ce dimanche 14 Chevat (01/02/2026), voici une brève biographie de ce grand saint. Reconnu comme un érudit et capable de prodiges depuis sa plus tendre enfance, Rabbi Its’hak vécut et mourut en sanctifiant le Nom de D.ieu. N’oubliez pas d’allumer une bougie et de prier par son mérite !

Rabbi Its’hak Abi'hssira, plus jeune fils de notre maître le Abir Ya’akov, vint au monde en l’an 1859. Dès le sein maternel, il était sanctifié et mérita une âme d’une très haute élévation, une étincelle issue de la racine de l’âme de Rabbi Its’hak Louria, le Arizal.

Selon la tradition familiale, notre maître le Abir Ya’akov s’était séparé (sans divorcer) de son épouse pendant environ sept ans, avec le plein accord de celle-ci, après la naissance de leurs trois fils et deux filles, se consacrant entièrement à l’étude de la Torah et au service divin avec une sainteté exceptionnelle. Il envisageait de maintenir cette séparation jusqu’à ce qu’il bénéficie d’une révélation particulière du Ciel lui annonçant qu’il avait la capacité de faire descendre dans ce monde une âme très élevée, une étincelle de celle du Arizal. Il se sanctifia alors intensément afin d’attirer cette âme sublime, revint vers son épouse, et son fils né dans sa vieillesse vit ainsi le jour, qu’il nomma "Its’hak" du prénom du Arizal.

Un enfant prodigieux

Dès son plus jeune âge, Rabbi Its’hak fut reconnu comme un juste et un saint dont les bénédictions se réalisaient, et tout ce qui sortait de sa bouche se réalisait. Son grandpère lui enseignait la Torah dans la sainteté, et lui portait un amour et un respect profonds.

Un événement marquant survint alors qu’il n’avait qu’environ huit ans : à la sortie de Yom Kippour de l’an 1868 (5628), tous les membres de la communauté de Tafilalet sortirent, sous la conduite du Abir Ya‘akov, pour réciter la bénédiction de la lune. Mais la lune demeurait cachée derrière les nuages.

Rabbi Ya’akov se tourna alors vers son jeune fils et lui demanda d’ordonner à la lune de se dévoiler. Rabbi Its’hak leva la tête et s’adressa à la lune : "Mon père se tient ici et souhaite réciter la bénédiction de la lune, ainsi que toute la communauté avec lui – et toi, tu te caches ?" Aussitôt les nuages se dissipèrent et la lune apparut. Le Abir Ya’akov et toute la communauté récitèrent alors la bénédiction avec une grande joie.

fixée pour l’étude. En réponse, Rabbi Its’hak lui présenta le poème "A’oufa Echkona" qu’il venait tout juste de composer. Rabbi Ya’akov lut le poème, rempli d’élans d’inspiration, de nostalgie et de désir ardent envers la Présence divine. Profondément impressionné, Rabbi Ya’akov loua la grandeur spirituelle de son fils et déclara à ses disciples que tout ce qu’ils avaient étudié ce jour-là n’égalait pas la sainteté de ce poème.

Un génie dans tous les domaines de la Torah

Rabbi Its’hak étudiait la Torah avec une immense assiduité, sans la moindre interruption, dans la sainteté et la pureté. Il bénéficiait d’un amour particulier de la part de son père, Rabbi Ya’akov, jusqu’à sa mort, en l’an 1880 (5640), alors que Rabbi Its’hak n’avait que vingt ans.

On peut mesurer la force du lien qui les unissait à travers ce qu’écrivit Rabbi Its’hak après le décès de son père, dans une lettre adressée à Rabbi Avner Hatsarfati :

"Tant que mon père, de sainte mémoire, était en vie, je ne manquais de rien. Jamais il ne m’attrista, jamais il ne rejeta ma demande et il faisait pour moi tout ce que je désirais. (…) Mon amour était gravé dans son cœur, et moimême, je ne lui ai jamais refusé rien de ce qu’il souhaitait."

En plus de sa maîtrise de la Torah révélée, il se consacra dès sa jeunesse à la sagesse ésotérique. Son père lui permit même d’y accéder très tôt, après avoir constaté l’acuité

caché, un élan exceptionnel pour la proximité avec D.ieu et un service divin empreint de sainteté et de pureté.

Des années plus tard, Baba Salé raconta qu’il avait appris de Rabbi Its’hak à ne jamais se laisser envahir par la fatigue au milieu de l’étude, bien qu’ils étudiaient jour et nuit, durant de longues heures ininterrompues. Il disait : "Moi, je me fatiguais ; lui ne se fatiguait jamais, bien qu’il fût plus âgé que moi, et que moi, j’étais encore jeune."

Il avait tellement purifié son corps et son âme par le service du Créateur, par l’étude constante, les jeûnes et les ascèses, qu’il avait acquis une véritable vision prophétique : il lui suffisait de regarder le visage d’une personne pour la reprendre sur ses actes et sur les pensées de son cœur, lui énumérant tout ce en quoi elle avait fauté. En raison de cette proximité avec l’esprit prophétique, on le surnommait : "Le Prophète".

Quand Rabbi Its’hak arrêta une armée entière

Baba Salé a rapporté l’histoire qui suit : Lors de l’un de ses voyages, Rabbi Its’hak devait se rendre dans une certaine ville où le gouverneur, ennemi farouche des Juifs, imposait aux habitants juifs des décrets fiscaux extrêmement lourds. Avant son arrivée, Rabbi Its’hak envoya une lettre au chef de la communauté juive pour l’informer de sa venue.

À cette époque, lorsqu’un grand rabbin arrivait dans une ville afin de la renforcer

spirituellement ou de collecter des fonds, tous les habitants sortaient à sa rencontre, l’accueillaient avec les honneurs dus à un roi, et l’accompagnaient en grande procession, au son des instruments, jusqu’à sa demeure – comme pour l’intronisation d’un Séfer Torah

Cette fois-ci, en recevant la lettre, le chef de la communauté fut saisi de panique : comment accueillir Rabbi Its’hak selon l’usage sans provoquer la colère du gouverneur, qui risquait d’alourdir encore les décrets ? Il décida intérieurement de ne prévenir personne et d’accueillir discrètement le Rav.

Or, cette nuit-là, le Abir Ya’akov, père de Rabbi Its’hak, lui apparut en rêve et lui dit : "Comment oses-tu envisager de ne pas accueillir mon fils avec l’honneur qui lui revient ? N’aie crainte : recevez-le avec les honneurs royaux qui lui sont dus, et il ne vous arrivera aucun mal."

Au matin, le chef de la communauté informa tous les habitants qu’ils devaient sortir avec

lui pour accueillir le Tsadik. Ils sortirent à sa rencontre et l’accueillirent avec une grande joie.

À l’entrée de la ville, le chef de la communauté voulut conduire Rabbi Its’hak par des ruelles secondaires, afin d’éviter la colère du gouverneur. Mais Rabbi Its’hak déclara : "Nous marcherons par la voie royale, sans nous détourner ni à droite ni à gauche." Ils continuèrent donc par la rue principale. Le chef de la communauté, inquiet, pressait Rabbi Its’hak d’accélérer pour que la procession s’achève rapidement. Mais, arrivés sur la place centrale, juste en face de la maison du gouverneur, Rabbi Its’hak s’arrêta et déclara : "J’aimerais m’asseoir et me reposer un peu du voyage".

Toutes les supplications du chef de la communauté demeurèrent vaines. Rabbi Its’hak s’assit, entouré de toute la foule, et demanda qu’on lui prépare du thé. Aussitôt, on

s’empressa : on amena du bois, on fit chauffer de l’eau, etc.

Lorsque le gouverneur apprit que tous les Juifs étaient rassemblés au centre de la ville, il envoya immédiatement un détachement de soldats pour les disperser. Alors un grand miracle se produisit tel le verset de la Paracha que nous lisons cette semaine, Béchala’h : "Par la grandeur de Ton bras, ils se figèrent comme une pierre" – tous les soldats restèrent immobiles, pétrifiés, incapables de faire un pas.

On courut prévenir le gouverneur. Furieux, il ne crut pas ces allégations et dépêcha une nouvelle troupe. Mais elle aussi se figea sur place. Le gouverneur décida donc de se rendre en personne sur les lieux. Arrivé sur la place, il demeura stupéfait devant ses soldats immobiles tels des statues.

Il s’approcha aussitôt de Rabbi Its’hak, se prosterna à ses pieds, et le supplia de lui pardonner et de libérer ses soldats de cette entrave invisible. Rabbi Its’hak répondit : "J’ai entendu dire que tu fais souffrir mes frères les Juifs. Je ne te pardonnerai pas tant que tu n’auras pas annulé tous les décrets que tu as imposés contre eux."

Le gouverneur répondit : "D’accord, je les annule." Rabbi Its’hak poursuivit : "Je n’accepte tant que tu n’auras pas approuvé ici et maintenant que tu abroges tout, que tu les autorises à rouvrir leurs commerces et que tu les aides." Le gouverneur s’assit aussitôt, écrivit tout ce que Rabbi Its’hak lui dicta et signa de sa main. Ce n’est qu’alors que Rabbi Its’hak ordonna aux soldats de partir. Ils semblèrent sortir d’un profond sommeil et s’enfuirent. Pour les Juifs, ce fut une immense délivrance !

Vivre et mourir pour sanctifier le Nom divin

La vie merveilleuse et élevée de Rabbi Its’hak prit fin soudainement, alors qu’il se trouvait au sommet de sa force et de sa splendeur. Il fut tué ‘Al Kiddouch Hachem, en sanctifiant le Nom divin.

C’était un vendredi, veille de Chabbath, Parachat Bechala’h, le 14 Chevat 1912 (5672) ; il n’avait alors que 52 ans.

Il expliqua qu’il attendait volontairement les pillards arabes qui projetaient d’attaquer les Juifs de la ville voisine de Gourama, et qu’il préférait recevoir leurs coups à leur place, afin que les criminels renoncent à leur projet de pogrom. Ainsi sauverait-il de nombreux Juifs et mourrait-il en sanctifiant le Nom divin.

C’est précisément ce qui lui arriva : il donna sa vie ‘Al Kiddouch Hachem et, ce faisant, sauva les Juifs de la région.

Cela rejoint étroitement ce que rapporte la Guémara (Brakhot 61b) au sujet de Rabbi ‘Akiva : tandis qu’il était exécuté en sanctifiant le Nom divin, il disait : "Toute ma vie, j’ai attendu que ce verset ‘de toute ton âme’ se présente à moi pour que je puisse enfin l’accomplir."

Rav Méir Chalom Busso

La Hiloula, mode d’emploi

Que signifie ce terme de Hiloula ? Et surtout, pourquoi se réjouir à l’anniversaire du décès d’un juste ?

L’année juive, comme une route avec ses étapes, est jalonnée d’un certain nombre de Hiloulot. La Hiloula est une fête pendant laquelle des kabbalistes, à l’origine, puis des ‘Hassidim, voire aujourd’hui tous les Juifs, célèbrent l’anniversaire du décès d’un grand maître de la Torah. Beaucoup connaissent la Hiloula de Rabbi Chim’on Bar Yo’haï à Lag Ba’omer, ou de Rabbi Méir Ba’al Haness le 14 Iyar, mais de plus en plus nombreux se joignent aux Hiloulot des maîtres de la famille Abi’hssira : Rabbi Ya’akov Abi’hssira, le Abir Ya’akov le 20 Tévet, Rabbi Israël Abi’hssira, Baba Salé, le 4 Chevat, ou encore Rabbi Its’hak Abi’hssira le 14 Chevat.

Cette cérémonie qui permet aux participants de se connecter à l’héritage, à l’enseignement, aux actions du maître reste néanmoins surprenante. Que signifie ce terme de Hiloula et surtout, plus perturbant encore, pourquoi se réjouir à l’anniversaire du décès d’un Juste ?

Une source antique

Le témoignage le plus ancien sur les Hiloulot apparaît dans le commentaire de Rachi, au nom des Guéonim : le jour du décès d’un grand maître, les sages et le peuple se rassemblent annuellement sur sa tombe pour y tenir une séance d’étude en son honneur. (Yébamot 122a) Ce passage atteste que dès l’époque

très reculée des Guéonim (IXe -XIe siècles), la coutume existait de marquer la date de décès d’un maître par un rassemblement d’étude près de son tombeau.

Hiloula, un mariage ?

Le terme Hiloula signifie littéralement "grande joie" ou tout simplement "mariage". Sa première apparition est une source kabbalistique, dans la Idra Zouta, section du Zohar qui nous décrit le jour du décès de Rabbi Chim’on Bar Yo’haï. Ce texte, inséré dans la Parachat Haazinou (267b-276b), relate comment Rabbi Chim’on obtient l’autorisation de dévoiler de profonds secrets de la Torah dans ses dernières heures, avant de quitter ce monde dans une "mort par baiser". Un feu sacré entoure Rabbi Chim’on toute la journée, empêchant ses disciples de s’approcher, jusqu’à ce que son corps soit porté dans la grotte de Méron. Une voix céleste proclame alors : "Venez vous rassembler à la Hiloula de Rabbi Chim’on. Voici celui qui ébranle la terre et trouble les royaumes. Les accusateurs célestes se taisent aujourd’hui par son mérite. Tel est Rabbi Chim’on Ben Yo’haï, dont D.ieu Se glorifie chaque jour." Ce texte constitue le fondement mystique de la célébration joyeuse du jour de décès des Tsadikim. Le décès d’un juste est comparable à un mariage car s’y opère la nouvelle rencontre

fusionnelle entre l’âme du Juste et sa Source, Hakadoch Barouh Hou.

Se réjouir pour un décès ?

Pour comprendre la raison de notre célébration, nous devons nous rappeler que le jugement divin se divise en deux parties : le Din, jugement proprement dit, et le ‘Hechbon, ou calcul. Le jugement s’applique sur l’état spirituel d’une âme à l’instant T du décès. Mais le calcul prend en compte l’évolution des initiatives lancées ici-bas de son vivant : ses enfants, ses élèves, les personnes qu’il a aidées ou inspirées qui continuent à faire du bien grâce à lui, gratifiant son compte spirituel de bénéfices sans cesse renouvelés. C’est ce qui fait que l’âme d’un

Juste est appelée Méhalekh, évolutive, au milieu des anges, qualifiés de ‘Omdim, statiques.

Le jour anniversaire du décès d’un juste, un nouveau jugement a lieu, qui lui permet, par le biais des fruits nouveaux de ses actions passées, de monter encore plus dans le jardin d’Eden. Lorsque nous nous attachons au Juste ce jourlà, son ascension peut entraîner l’évolution de toute personne qui s’est connectée à lui. Comme nous écrit le Mahara Ashkenazi, la lumière spirituelle qui a brillé lors du décès de Rabbi Chim’on Bar Yo’haï renaît à Lag Ba’omer, et les accusateurs célestes se taisent par son mérite.

Contrairement au jour de décès de Moché et de Aharon, commémoré par des jours de jeûne, le jour de Lag Ba’omer, ainsi que les autres Hiloulot sont des jours de joie débordante. Rabbi Tsadok Hacohen de Lublin (1823-1900) nous explique que ce choix étrange est en fait très profond. Lorsqu’un maître de la Torah écrite nous quitte, sa plume se pose et son enseignement s’arrête. Par contre, un maître de la Torah orale voit de son vivant son enseignement limité à ses élèves qui s’abreuvent à sa source. Lorsqu’il disparaît, les élèves diffusent son enseignement qui se trouve appartenir au peuple tout entier. Les Hiloulot sont des jours de joie car elles fêtent la nationalisation de l’enseignement de Rabbi Chim’on Bar Yohai, de Rabbi Méir ou du Abir

Ya’akov qui peuvent désormais se développer et s’approfondir encore et encore.

Les coutumes de la Hiloula

Si le but d’une Hiloula est la connexion au Tsadik, différentes coutumes qui nous en rapprochent sont adoptées, jusqu’à trois jours avant et trois jours après la date d’anniversaire, si besoin.

Étude de la Torah du Tsadik : étudier ses enseignements, raconter des histoires et hauts faits de sa vie pour s’en imprégner. C’est une composante essentielle de la Hiloula.

Sé’oudat Mitsva : repas public près du tombeau, mêlant étude, chants et récits.

Pèlerinage au tombeau : récitation de Téhilim, prières et dépôt de Kvitlekh, demandes écrites sur le tombeau, même pour ceux qui n’ont pas pu s’y rendre. On prie pour que, par les mérites immenses du Tsadik, Hachem agrée nos prières.

Allumage de bougies en l’honneur du Tsadik : voire même de brasiers, à Lag Ba’omer à Méron. Ces allumages sont accompagnés de prières par le mérite du Tsadik

L’allumage des bougies nécessite un approfondissement supplémentaire. Le sens simple, malheureusement parfois oublié, était que l’on donnait de l’huile pour éclairer les maisons d’étude. Ceci permettait ainsi aux Sages d’étudier la Torah jusqu’aux petites heures de la nuit, gratifiant l’âme du défunt de précieux mérites dus à cette étude, impossible sans ces précieuses bougies.

Un sens plus kabbalistique se base sur le verset du livre des Proverbes : "Car la bougie divine, c’est l’âme de l’homme." (Michlé 20, 27) Le Rav Tikochinsky, dans son Guécher Ha’haïm, donne à cela une explication absolument lumineuse, dans tous les sens du terme…

La flamme d’une bougie incarne le lien sacré entre le corps et l’âme. La combustion, cette réaction exothermique où un combustible charbonneux, tel la cire ou l’huile, s’unit à l’oxygène aérien sous l’étincelle initiale, engendre une lumière qui illumine l’obscurité, à

Nathaniel Mimoun

l’image de la clarté primordiale antérieure aux astres. Comme le corps matériel évoque la cire tangible et l’âme, l’oxygène impalpable, leur union, nourrie par la Torah, source d’énergie divine, fait jaillir une lumière spirituelle qui éclaire le monde. Cette similitude entre l’âme et la bougie cause la satisfaction de l’âme lorsqu’elle contemple une bougie.

La vie est un mariage

Pour parfaire notre réflexion, il nous faudrait enfin comprendre le lien qui relie l’anniversaire du décès du Tsadik et le mariage.

La source en est, encore une fois, talmudique. La vie, enseigne le Talmud, est comme un mariage. (‘Erouvin 54a) Chmouel, le Sage, murmure à son brillant élève Rabbi Yéhouda : "Hâte-toi de manger, hâte-toi de boire, car ce monde que nous traversons n’est qu’une noce passagère." Il ne parle pas de festin ni d’excès, mais de la nécessité d’utiliser, de goûter l’instant avant qu’il ne s’efface. Car nul ne sait ce que demain réserve, et la vie, telle une légère musique, s’éteint avec le dernier son de la fête.

Ce mystère habite chaque existence : lors de la conception, l’âme s’unit au corps. Deux contraires s’épousent : le divin et la poussière, le désir de ciel et le poids de terre. Et dans cette tension sacrée, l’âme trouve sa mission : révéler la lumière dans la matière, sanctifier la chair, transformer le fugitif en éternel.

Cette similitude entre l’âme et la bougie cause la satisfaction de l’âme lorsqu’elle contemple une bougie.

Ainsi se révèle le paradoxe humain : celui qui veut demeurer libre et sans attaches s’enferme dans sa finitude ; celui qui accepte les liens et la responsabilité touche à l’infini. En se donnant, l’homme trouve sa grandeur. Cette dynamique dépasse le mariage humain : elle reflète l’union même de l’âme et du corps, le "premier mariage" de tout être. L’âme, souffle divin aspirant à la lumière, épouse un corps terrestre, limité et vulnérable. Par ce lien, elle accède à une profondeur que les sphères célestes ne connaissent pas : la possibilité, dans ce monde de matière, de servir, d’aimer, de réparer et de se lier à D.ieu par des actes concrets.

Pourquoi, pourtant, cette image du mariage ? Parce qu’il est la métaphore la plus fidèle de l’existence. Se marier, c’est accepter la limite, la présence d’un autre qui nous façonne. Le "je" cède la place au "nous ", la liberté pure s’incline devant la rencontre. Ce qui semblait nous restreindre devient l’ouverture vers l’infini. C’est dans le lien, dans le tissage patient de deux âmes, que se révèle la grandeur d’un être.

De cette union naît la vie, la seule œuvre humaine qui défie le temps. Tous nos empires se défont, toutes nos gloires s’évanouissent, mais l’enfant prolonge le souffle de ses parents dans la lumière des générations. Ainsi, l’homme qui se lie devient éternel. Celui qui refuse toute limite demeure seul et mortel ; celui qui accepte de laisser sa place à l’amour du couple touche à l’immensité.

Alors, oui, c’est ce que Chmouel enseigne : "Saisis et vis !" Chaque jour, chaque instant icibas est une noce sacrée, un portail vers l’infini. Dans nos efforts, nos luttes et nos fidélités, nous transformons la fugacité de la vie en éternité. Car sur terre uniquement, dans nos gestes, nos paroles et nos Mitsvot, l’âme atteint sa véritable union avec le divin. Cueille chaque instant comme une coupe de vin sous la ‘Houpa, car chaque souffle est une alliance. La vie, comme un mariage, est un rendez-vous unique entre le fini et l’infini, une danse éphémère dont la beauté réside dans sa profondeur. À chaque jour offert, la vie nous invite à cette noce divine où celui qui choisit le fini embrasse l’éternel, et où, dans un battement de cœur, l’homme devient la demeure de D.ieu.

MAGAZINE

Supplément spécial Chabbath

Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Béchala’h - Car le peuple d’Israël est proche...

Hachem observe et dirige tous les peuples, mais pas comme Il le fait avec nous. Les autres nations sont soumises aux lois de la nature, tandis que la Providence avec laquelle Il dirige Son peuple dépasse les lois de la nature...

"Ce fut, lorsque Pharaon eut renvoyé le peuple, [que] D.ieu ne les conduisit pas par le chemin des Philistins, Ki Karov Hou [parce qu’il était proche], car D.ieu dit : "De peur que le peuple ne se ravise lorsqu’ils verront une guerre et qu’ils ne retournent en Égypte ‘." (Chémot 13, 17)

Le Da’at Zékénim explique que Ki Karov Hou signifie "Le peuple est proche d’Hachem", comme il est dit : "Israël, le peuple qui est proche de Lui" et c’est pourquoi, Il ne les a pas dirigés selon les voies naturelles du monde.

Une proximité particulière

Notre Paracha commence en nous précisant qu’Hachem n’a pas fait passer le peuple juif par la terre des Philistins, bien que ce fût le chemin le plus court pour sortir d’Égypte. La raison avancée est Ki Karov Hou et les commentateurs proposent diverses interprétations quant à cette expression. Rachi explique que la proximité entre l’Égypte et la terre de Canaan (s’ils étaient passés par celle des Philistins) aurait présenté le risque que le peuple juif veuille retourner en Égypte, dès lors que leur périple présenterait des difficultés. C’est pourquoi Hachem les fit passer par un chemin plus tortueux, afin qu’il leur soit plus laborieux de faire demi-tour.

Mais le Da’at Zékénim explique autrement ces mots. Hou se réfère ici au peuple juif et le verset indique que du fait de la proximité des Bné Israël avec Hachem, Il ne les fit pas passer par

le chemin le plus court. Rav Sim’ha Zissel Brody souligne que le peuple juif a un lien particulier avec Hachem, que prouve la Hachga’ha Pratit, la Providence divine. (Sam Dérekh)

Hachem observe et dirige tous les peuples, mais pas comme Il le fait avec nous. Les autres nations sont soumises aux lois de la nature, tandis que la Hachga’ha avec laquelle Il dirige Son peuple (tout au long de l’Histoire) dépasse les lois de la nature. Rav Brody compare la Hachga’ha des autres nations à celui qui tire à l’arc ; une fois la flèche lancée, elle suit une trajectoire rectiligne et ne peut plus changer de direction. En revanche, la Hachga’ha vis-à-vis du peuple juif ressemble à celui qui manie un objet avec sa main ; il peut à tout moment changer de direction. Hachem est constamment lié au peuple juif et dirige les événements d’une façon qui ne cadre pas aux autres nations.

Pour revenir au début de la Paracha, Hachem avait une raison de faire passer les Juifs par un chemin différent. Ainsi, ils se retrouvèrent devant la mer, dans le besoin urgent d’un grand miracle, tandis que les Égyptiens se rapprochaient. Cette route bien plus périlleuse leur fit expérimenter l’un des prodiges les plus extraordinaires de l’Histoire. En effet, les autres miracles étaient nécessaires afin d’assujettir les Égyptiens, tandis que celui de l’ouverture de la mer se produisit simplement parce qu’Hachem voulut montrer Son lien étroit avec le peuple juif

et qu’Il préféra ne pas les faire passer par la terre des Philistins.

Deux épreuves équivalentes à l’ouverture de la mer

Rav Brody ajoute que deux choses sont comparées par ’Hazal, à l’ouverture de la mer ; les Chiddoukhim, les rencontres en vue d’un mariage (Sota 2a) et la Parnassa (Pessa’him 118a). Rav Issakhar Frand explique que parfois, les jeunes hommes et les jeunes filles doivent endurer d’éprouvantes tribulations quand il s’agit de Chiddoukhim. Les enfants et les parents en souffrent. Ils se demandent ce qu'il se passe ; ce sont des gens "bien", issus de "bonnes familles", alors pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi D.ieu leur fait-il subir ces épreuves ? Chacun doit garder en tête que Ki Karov Hou. Hachem veut peutêtre leur faire expérimenter une "ouverture de la mer". L’heureuse nouvelle est peut-être proche.

Il en est de même en ce qui concerne la Parnassa Ce domaine touche tout le monde et nous savons combien cela peut être pénible. Là aussi, nous nous demandons souvent ce qu'il se passe, pourquoi ces soucis surviennent précisément en cette période, pourquoi on ne parvient pas à joindre les deux bouts, pourquoi on a été licencié, etc. La réponse est Ki Karov Hou. Hachem a Ses raisons.

Sauvé par une mauvaise nouvelle

Rav Frand raconte une histoire fascinante, pour illustrer cette idée. Un Juif pratiquant travaillait pour une société au World Trade Center. Le vendredi avant le 11 septembre 2001, il fut renvoyé et informé qu’il devait revenir le lundi pour récupérer ses affaires et s’en aller définitivement. Il plia bagages et rentra chez lui, se demandant comment il obtiendrait un autre emploi. Il ne parvint pas dormir toute la nuit suivante, soucieux et déprimé de ce qui lui était arrivé. Le lendemain, à 8h46, le monde s’écroula. Parfois, Hachem nous fait dévier et passer par un chemin plein d’embûches et nous nous en demandons la raison. Ce n’est que plus tard que nous réalisons que c’est par amour, parce qu’Il est proche de nous, qu’Il nous fit prendre ce détour.

Résumé de la Paracha

1

Hachem conduit les Hébreux dans le désert pour arriver en Israël. Ils prennent avec eux les ossements de Yossef. Les Bné Israël sont guidés par une colonne de nuée le jour et de feu la nuit.

2 Pharaon rassemble son armée pour rattraper les Bné Israël dont il regrette la libération. Coincés entre la mer et l’armée égyptienne, les Hébreux redoutent le pire.

3 Hachem demande aux Bné Israël d’entrer dans la mer et Il réalise le miracle de l’ouverture de la mer que les Bné Israël traversent à pied sec. L’armée égyptienne les poursuit, la mer se referme et elle se noie.

4

Les Bné Israël expriment leur reconnaissance envers Hachem en chantant.

5 Rapidement, ils se plaignent de l’eau amère et de la faim, demandant du pain et de la viande. Hachem leur envoie des cailles et la Manne.

6 Hachem ordonne de ne pas mettre la Manne de côté et d’en ramasser une double part le vendredi car elle ne tombera pas le Chabbath.

7

Les Bné Israël mangent de la Manne pendant 40 ans.

8 Moché frappe un rocher duquel jaillit de l’eau car les Bné Israël sont assoiffés.

9

Les Bné Israël sortent victorieux de la guerre contre ‘Amalek, premier peuple à les défier après la sortie d’Égypte. Hachem promet d’effacer le souvenir d’Amalek.

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Béchala’h 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE 1

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

slogan à votre équipe. ( 2 points pour le slogan le 2 points pour les plus convaincants, 2 points

LUI, PAS LUI, QUELQU’UN D’AUTRE.

2.Épaule d’agneau 6.‘Harossèt ret aror

En Égypte - Dans le désert - Sur la planète Zorg.

Le premier qui donne la bonne réponse remporte le point Pour chacun des éléments suivants, qui saura donner la bonne réponse en premier parmi les réponses suivantes ?

8. Bol d’eau salée

Les Bné Israël ont chanté un chant.

> Dans le désert.

• Les Bné Israël ont travaillé dur.

> En Égypte.

L’armée de Pharaon a poursuivi les Bné Israël

> Dans le désert.

• Les Bné Israël ont fait la Brit-Mila

> En Égypte.

• Le Rambam y a vécu.

> En Égypte.

• On y parle le Zorgyplaf.

> Sur la planète Zorg.

QUANTITÉS OBLIGATOIRES DE MATSA & MAROR

• Les Bné Israël ont sacrifié un agneau.

• Yossef a retrouvé ses frères.

> En Égypte.

> En Égypte.

• Moché Rabbénou y est né.

> En Égypte.

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

• On y mange des frikashploufs.

• Yitro y a rejoint les Bné Israël

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun (fin du repas) Minimum

• Les Bné Israël ont mangé de la Manne.

> Dans le désert.

Hidour (au mieux)

• Il y a des chameaux à trois bosses.

> Planète Zorg.

MAROR

• Il y a des pyramides.

> En Égypte.

> Sur la planète Zorg.

• Il n’y a pas d’eau.

> Dans le désert.

• Il y coule le Nil.

> En Égypte.

Etapes du Séder

• On y rencontre des Zorguiens

Maror

La quantité de Maror 1 Kazayit

> Sur la planète Zorg.

> Dans le désert.

UNE FAMILLE EN OR 3

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Que fait-on avant d’offrir un cadeau ?

Le choisir soigneusement.

L’acheter.

L’emballer.

Mettre une carte.

Enlever le prix.

4 JEU

LES DÉFIS DE LA SEMAINE

Répète sans te tromper, 7 fois, la phrase

• Quel est l’ami que l’on ne supporte pas ?

> L’ami graine.

Citez des noms de plats que l’on trouve dans un restaurant de sushis.

Maki, Tempura, Sashimi. Sushi / Nigiri. Yakitori.

Citez des animaux qui habitent des endroits où il fait très froid..

Ours polaire. Phoque.

Morse / Pingouins. Caribou / Rennes.

Renard polaire / Loup.

“La mouche rousse touche la mousse.”

• Quels sont les 2 mots qui ouvrent beaucoup de portes dans la vie ?

> Pousser et Tirer

JEU

• • 5

LE CURIO QUIZ

Quelle est la particularité d’environ 80% des chats roux ?

1. Ce sont des mâles.

2. Ils vivent en bord de mer.

• Le saviez-vous : Quelles machines présentes en général dans les campagnes tuent un grand nombre d’oiseaux ?

> Les éoliennes. (machines composées d’un mât et d’un rotor avec des pales qui transforment l’énergie du vent en électricité)

3. Ils vivent en Chine. > 1. Cela s’explique par la génétique.

3

DANS LE BON ORDRE

Classe ces animaux du plus rapide au plus lent :

JEUX

• Guépard, Faucon pèlerin, Lévrier (type de chien), Autruche, Libellule, Lièvre.

km/h, Autruche 70 km/h, Libellule 55 km/h, Lièvre 40 km/h.

> Faucon pèlerin 320 km/h (en piqué), Guépard 110 km/h, Lévrier 70

piégé dans une pièce. La pièce n’a que trois sorties possibles : trois portes. Derrière la première porte, il y a une pièce construite en verre grossissant. Le soleil brûlant y calcine instantanément tout ce qui entre. Derrière la deuxième porte, il y a un dragon cracheur de feu. Derrière la troisième porte, il y a une piscine pleine de requins.

Comment

l’homme s’échappe-t-il ?

Réponse : Il attend la nuit, puis passe par la première porte.

L’intrus

Quel est l’intrus dans cette liste : Suisse – Autriche – Italie – Hongrie – Slovaquie – Tchéquie.

Réponse : : Seul l’Italie a un accès maritime.

HALAKHA QUIZ

Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses. Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.

Pourquoi faut-il éviter de déplacer un Koumkoum électrique pendant Chabbath ?

1. De crainte qu’il ne s’éteigne.

2. Car il est Bassis Lédavar Ha’assour (l’électricité).

Réponses : 2 et 3

Peut-on mettre du parfum sur un vêtement pendant Chabbath ?

3. Car il est fait d’une seule pièce. Oui.

2. Non.

3. Comme on veut.

Réponse : 2

SHABATIK

Au Moyen Âge, un souverain anglais trouva qu’un certain divertissement causait bien trop de désordre.

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant.

Il le jugeait bruyant, dangereux… et surtout peu compatible avec l’entraînement militaire qu’il exigeait de ses sujets.

Quel loisir interdit-il alors dans son royaume ?

Le football.

Au XIVe siècle, le roi Édouard III d’Angleterre interdit le football, estimant que ce jeu tumultueux détournait la population de la pratique du tir à l’arc, indispensable pour la défense du royaume.

Réponse de la semaine dernière

Sens dessus dessous.

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

Énigme

Maman, je n’ai pas le temps !

"Dans le fond, pourquoi j’étudie ? À quoi sert mon étude si je n’applique pas ce que j’ai appris ? Et quand l’occasion se présente, je fais exactement le contraire ? Pourtant, tout le but de l’étude est de transformer notre comportement..."

Dans la ville de Peschiskha, en Pologne, à la fin du XVIIIe siècle, se trouve la Yéchiva de Rabbi Ya’akov Its’hak, surnommé le Yéhoudi Hakadoch, le Juif saint. Rabbi Ya’akov Its’hak est le fondateur de la ‘Hassidout de Peschiskha, dont les plus célèbres disciples sont Rabbi Sim’ha Bounam et Rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk.

Un passage particulièrement difficile

Un jour, Rabbi Ya’akov Its’hak étudie avec ses élèves un passage de Guémara particulièrement complexe. Le Tsadik est entièrement absorbé par son étude et ne prête plus attention à ce qui l’entoure. De longues minutes s’écoulent dans un silence total, tandis qu’il est plongé dans la Souguia, le sujet du passage qu’il étudie et ses commentaires.

Les élèves sont assis autour de lui et attendent que le maître poursuive son cours. Mais le temps passe, et le Rav reste figé sur ce passage difficile. Pendant ce temps, l’un des élèves commence à avoir faim. Il réfléchit de la façon suivante : "Je vois que le Rav va encore rester longtemps sur cette partie. J’ai vraiment trop faim. Plutôt que d’attendre sans rien faire, je pense que je vais rentrer rapidement chez moi manger quelque chose. De toute façon, si je ne mange pas, je ne pourrai pas me concentrer correctement sur un sujet aussi complexe."

L’élève se convainc lui-même, et il se lève discrètement pour ne pas déranger son maître. Une fois sorti de la Yéchiva, il rentre rapidement chez lui. Il avale à la hâte deux pommes de terre, puis il s’apprête à repartir. Mais alors qu’il se trouve sur le seuil de la porte, il entend : "S’il te plaît, mon fils, puisque tu es là, peux-tu monter au grenier me chercher du foin ? Cela me fatigue beaucoup trop, et j’en ai besoin tout de suite."

C’est la voix de sa mère qui l’appelle depuis le cellier. L’élève hésite. Il a peur de rater l’explication du Rav. Alors, il répond à haute voix : "Maman, excuse-moi, je dois retourner immédiatement à la Yéchiva. Le Rav est en train de décortiquer un passage très difficile, il va l’expliquer d’un instant à l’autre."

Sa mère lui dit doucement : "Très bien, mon fils. Retourne étudier. Pardonne-moi de t’avoir sollicité… mais tu sais, ce n’est pas facile d’être veuve…" Et sa voix se brise dans un sanglot étouffé.

La Torah ou maman ? La Torah et maman !

L’élève est troublé. Son père est décédé depuis un peu plus d’un an. Mais son esprit est déjà retourné à la Guémara. Il sort de la maison en essayant de se rassurer : "Maman exagère ! Du foin, tout de suite ? Allons ! Cela peut attendre. Après tout, à cette heure-ci, je suis à

la Yéchiva. Et puis, dès mon retour, je monterai au grenier pour l’aider. La Torah, elle, ne peut pas attendre."

Il marche d’un pas pressé, mais bien qu’il ait essayé de se rassurer, les paroles et les sanglots de sa mère résonnent dans sa tête. Il ralentit le pas, et d’un coup, il s’arrête. Des questions l’envahissent : "Dans le fond, pourquoi j’étudie ? À quoi sert mon étude si je n’applique pas ce que j’ai appris ? N’ai-je pas étudié les lois de Kiboud Av Vaèm, de respect dû aux parents ? Et quand l’occasion se présente, je fais exactement le contraire ? J’ai pris le temps de manger, mais pas celui d’aider ma mère ? Pourtant, tout le but de l’étude est de transformer notre comportement."

Il s’assoit un instant sur une pierre, puis il se lève d’un bon et retourne chez lui. Il est résolu à aider sa maman. Il monte au grenier, cherche le foin et le descend au cellier. En partant, il dit : "Maman, voilà ce que tu m’as demandé. Pardonne-moi de ne pas l’avoir fait immédiatement."

regarde derrière lui, ne voit personne et reste confus. Les autres élèves échangent des regards étonnés. Le Rav poursuit : "Mais dis-moi quelle Mitsva tu as accomplie aujourd’hui pour que nous ayons mérité un invité aussi prestigieux ?"

L’élève reste silencieux, le Rav explique alors : "Lorsque tu es entré, j’ai vu Abayé, l’un des grands Sages du Talmud, à tes côtés. Il m’a éclairé et m’a aidé à résoudre la difficulté sur laquelle je bloquais. Mais je ne comprends pas pourquoi il t’accompagnait."

L’élève raconte alors ce qu'il s’est passé et conclut : "J’ai compris que j’ai gravement manqué au respect dû à ma mère, et je suis revenu l’aider."

Dis-moi quelle Mitsva tu as accomplie aujourd’hui pour que nous ayons mérité un invité aussi prestigieux ?"

Le visage de sa mère s’illumine. "Merci, mon fils. Maintenant retourne étudier. J’espère que tu n’as rien manqué."

L’élève repart vers la Yéchiva, le cœur léger. En chemin, il murmure une prière : "Hachem, aide-moi à ne rien perdre des paroles de mon maître."

Un nouvel arrivant de prestige

Il entrouvre la porte de la Yéchiva avec précaution et laisse échapper un léger cri : son Roch Yéchiva, le Yéhoudi Hakadoch, est toujours plongé dans son étude. Sa prière a été exaucée.

Soudain, le Rav relève la tête et sourit. Il s’approche de l’élève et lui demande : "Saistu qui t’accompagne en ce moment ?" L’élève

Le Rav se tourne vers ses élèves et dit d’une voix émerveillée : "Tout s’éclaire ! Abayé était orphelin de père et de mère. Son nom forme les initiales de la phrase : Acher Békha Yérou’ham Yatom, ‘Par Toi, l’orphelin trouvera la consolation.’ N’ayant pu accomplir de son vivant la Mitsva d’honorer ses parents, il accompagne ceux qui la réalisent."

De cette histoire, nous apprenons l’importance fondamentale du respect des parents, quel que soit notre niveau d’étude. Ce commandement figure sur les tables de la Loi du côté des Mitsvot entre l’homme et D.ieu, pour souligner sa portée essentielle.

Même les érudits ne sont pas épargnés par le Yétser Hara’. Si l’étude protège des tentations matérielles, elle peut parfois faire oublier les priorités. Mais lorsqu’elle est sincère, elle permet de faire les bons choix et de mériter des aides divines extraordinaires.

PENSÉE JUIVE

Tout ce que vous devez savoir sur le Cantique de la mer Rouge

Pourquoi le Cantique de la mer Rouge occupe-t-il une place si unique dans le judaïsme ?

Entre délivrance, élévation et révélation, ce chant dépasse le simple souvenir de la sortie d’Égypte. À travers les enseignements des Sages, découvrez la profondeur, la portée et l’actualité étonnante de la Chirat Hayam !

Notre Chabbath porte le nom de Chabbath Chira parce que la section hebdomadaire qui lui correspond — la Parachat Bechala’h — contient la Chirat Hayam ou Cantique de la mer (des Joncs). Ce cantique est si important qu’on le lit quotidiennement à l’office du matin. Et pour cause !

Il célèbre une étape fondatrice de l’histoire juive, la toute première délivrance, survenue au terme de 210 ans d’exil, dont les 86 derniers ont été marqués par une servitude particulièrement âpre. Après maintes souffrances et angoisses, le peuple juif comprend enfin qu’il est débarrassé à tout jamais de ses oppresseurs. Les dix plaies l’ont certes impressionné, réconforté, mais pas totalement rassuré. Ce n’est que lorsqu’il découvre les cadavres des Égyptiens rejetés par le rivage qu’il s’abandonne enfin au bonheur indicible de la libération, et accueille résolument cette lumière intense qui succède à l’obscurité. Sa joie est grande et elle le porte à chanter une louange à D.ieu.

C’est la Chirat Hayam

réelle et authentique est étroitement liée à la prophétie, observe Maïmonide. Ou, pour reprendre l’adage de Rabbi Chnéor Zalman, "le cantique est la plume de l’âme." Contrairement à la parole qui subit les filtres de l’intellect et de l’émotion, le chant émane tout droit de l’âme, il est son expression directe, et annonce généralement un état de pureté spirituelle et d’inspiration sublime.

Le chant est un instrument efficace du culte, et c’est pourquoi on le trouve au cœur de nombreux rituels du judaïsme, en particulier la lecture hebdomadaire de la Torah, toujours accompagnée de cantillation (Té’amim).

La place unique du Chabbath Chira

Après maintes souffrances et angoisses, le peuple juif comprend enfin qu’il est débarrassé à tout jamais de ses oppresseurs

Avant d’entrer dans le détail, rappelons tout d’abord que le chant occupe une place à part entière dans le judaïsme. "Seul chante un fidèle qui éprouve de la joie" dit Rachi. Or une joie

Dès lors, on ne s’étonnera pas que les Sages aient manifesté un si grand intérêt pour la Chirat Hayam. Ils lui ont consacré de nombreux commentaires, qui tous soulignent le miracle, mais aussi la foi et le sentiment de gratitude qui ont animé Israël à cet instant.

Prenons pour exemple ce Midrach éloquent (Chémot Rabba) qui commente ainsi l’emploi inusité du mot "alors" ("Alors Moïse et les enfants d’Israël entamèrent un chant...") au tout début du passage : "Depuis la création du monde, l’on ne trouve personne qui ait adressé un cantique à D.ieu, sauf Israël au bord de la mer. Le Saint, béni soit-Il, a créé Adam, mais ce dernier n’a pas

récité un cantique (…) Avraham non plus n’a pas dit de cantique (…) Mais quand Israël a vu de ses propres yeux la mer s’ouvrir, il a dit un cantique : alors ils entamèrent un chant."

Ailleurs, le Midrach (Mekhilta) observe que cette attitude était extrêmement louable car elle témoignait d’une foi pure et entière qui, seule, pouvait donner lieu à un cantique. Foi pure et entière, car les Hébreux n’ont pas hésité à suivre D.ieu dans un désert aride et dangereux, et "par le mérite de cette foi si profonde, ils ont eu le privilège de réciter le Cantique, et l’esprit saint a reposé sur eux."

Impressionnés par la conduite d’Israël, les anges officiants, chantres par excellence (ils consacrent toute leur existence à chanter !) "ont souhaité alors adresser eux-mêmes le cantique au Saint, béni soit-Il. Mais Il leur a dit : Mes enfants d’abord !"

en quelque sorte du doigt car ils avaient la conscience très nette de Sa présence.

"D.ieu préfère le cantique des hommes, qui naît de l’épreuve, de la difficulté et de l’effort, au cantique habituel et spontané des anges

(Pirké Dérabbi Eli’ézer). C’est que D.ieu préfère le cantique des hommes, qui naît de l’épreuve, de la difficulté et de l’effort, au cantique habituel et spontané des anges. Comme l’homme dispose du libre-arbitre, ses choix, librement consentis, n’en sont que plus méritoires.

Foi, prophétie et révélation

À cet instant, les barrières qui séparent le monde matériel des sphères spirituelles se sont estompées. Et les Juifs, plus grands que les prophètes, plus précieux que les anges, ont été visités par un don prophétique extraordinaire, si bien que "la servante a vu sur la mer ce que le prophète Yé’hezkel lui-même et d’autres [grands hommes] n’ont pas vu." À cette occasion, l’individu le plus simple de notre peuple a atteint un degré de prophétie supérieur à celui du grand prophète Yé’hezkel qui, pourtant, a “vu” le Char céleste. Le Cantique l’atteste : " Voici mon D.ieu, je veux Le glorifier" — ils Le désignaient

De fait, note le Talmud (au traité Sota), ce sont les fœtus qui, depuis le ventre de leur mère, ont prononcé cette réplique ! Car la révélation du divin avait profondément imprégné tout Israël. En effet, le Cantique ne fut pas seulement un événement historique, mais aussi un phénomène qui a touché l’âme collective du peuple d’Israël ; et aussi une expérience que l’on renouvelle chaque matin quand on récite ce même passage dans la prière.

D’autre part, le cantique n’a pas été limité aux seuls êtres humains. La nature tout entière s’est jointe à l’événement : "Lorsque les bêtes sauvages et les oiseaux ont vu se fendre la mer (…) tous ont ouvert la bouche et récité le Cantique avec Israël" (Pirké Dérabbi Eli’ézer).

De là vient la coutume, pour certaines communautés, de nourrir les oiseaux à l’occasion du Chabbath Chira (voir encadré) : c’est une réminiscence de la participation du règne animal au bonheur d’Israël.

Mais le Yalkout Chim’oni va encore plus loin. Même les êtres inanimés ont pris part à l’événement : "Lorsque les pierres et les rochers de la mer ont vu Israël prononcer le cantique, eux aussi s’y sont joints." Israël étant le but ultime de la Création, il était normal que la Création tout entière s’associe à cet hommage rendu au Créateur.

Il n’est pas excessif d’affirmer que cet événement a eu des répercussions sur l’humanité toute entière puisque, comme le signale le Cantique lui-même, "les peuples l’ont entendu". Le traité Zéva’him nous brosse ce tableau saisissant : lorsque la récitation du Cantique a pris place sur la mer, tous les rois d’orient et d’occident ont frémi (…) Ils sont allés consulter Bil’am l’impie :

"Quel est donc ce vacarme ? Serait-ce un déluge qui s’abat sur le monde ?

— Non, répondit Bil’am, ce n’est pas un déluge. C’est le Saint, béni soit-Il, qui donne de la force à Son peuple (par le biais du Cantique)."

Une élévation collective sans précédent

Il faut ajouter que le Cantique de la mer des Joncs a été un prélude au don de la Torah. Il apparaît, dans les sources, comme étant une “préparation” à l’avènement de la Torah. Il a contribué à guérir Israël de la grande frayeur que lui avait causée le spectacle de l’armée égyptienne lancée à ses trousses. Le Cantique a donc été un remède : "Dès qu’Israël a dit 'Je veux chanter à D.ieu', la crainte s’est délogée des cœurs et l’amour s’y est engouffré" (Midrach Téhilim). Par sa vertu, le Cantique a transformé une foule d’esclaves apeurés, en une nation libre, désormais capable de goûter à la quiétude que procure le sentiment réconfortant de se savoir proche de D.ieu. Le cantique a concrètement préparé le peuple à recevoir la Torah. "À quoi ressemble la chose ? À un roi qui considérait son fils et se disait : ‘S’il ne sait pas chanter, comment pourra-t-il étudier la Torah ?’”

Selon Rabbi ‘Akiva, Moché seul récitait le Cantique, mais à la récitation de chaque vers, les Juifs répondaient invariablement par le même refrain : "Achira Lachem Ki Gao Gaa" (le tout premier hémistiche du cantique).

Selon Rabbi Eli’ézer, Moché prononçait chaque hémistiche (demi-vers) et le peuple le répétait après lui.

Selon Rabbi Ne’hémia, après que Moché eut donné le ton (prononcé les premiers mots), tout le monde, animé par l’esprit Saint, a lu le Cantique en même temps que Lui.

"Après maintes souffrances et angoisses, le peuple juif comprend enfin qu’il est débarrassé à tout jamais de ses oppresseurs

Car le chant est la meilleure garantie d’un esprit ouvert et d’un cœur réceptif. Donc après s’être attachés au Créateur grâce au Cantique, les Juifs ont pu dire : "Nous ferons [d’abord] et nous comprendrons [ensuite]" (Midrach Chir Hachirim).

À la question de savoir de quelle façon les Juifs ont chanté le Cantique, l’on trouve trois réponses :

Les exégètes (Maharal de Prague, Sfat Emet et autres) expliquent que chaque opinion correspond à une approche différente : Rabbi ‘Akiva privilégie la soumission et l’obéissance au chef. En l’occurrence le peuple, qui n’a pas assez de mots pour dire ce miracle extraordinaire, s’en remet à Moché qui, en sa qualité de chef et “tête des enfants d’Israël,” est le canal spirituel. Il arrive en effet que des périodes de grande intensité spirituelle subjuguent le fidèle qui, annihilé et dépourvu de toute conscience, se contente d’acquiescer, tel un “écho,” aux paroles du Juste.

Rabbi Eli’ézer, pour sa part, met l’accent sur les notions de collaboration et croissance conjointe. Quand le peuple répète l’un après l’autre les vers que prononce Moché, il assimile et intériorise une à une les répliques. Il adhère ainsi à son maître et s’élève progressivement à la suite de Moché qui, lui aussi, le “hisse” petit à petit à son niveau.

Quant à Rabbi Ne’hémia, il y voit une prophétie collective indifférenciée. Tous ont chanté spontanément et simultanément les mêmes couplets, sans se concerter. Et ce, pour une raison très simple : les Juifs, au bord de la mer, se sont unis et fondus parfaitement pour ne former qu’un “seul cœur”. Aussi, l’esprit saint n’at-il pas reposé sur chaque individu séparément

mais sur la collectivité prise comme un tout. Les paroles du Cantique émanaient d’une seule et même source, l’âme divine, qui avait perçu directement le divin. Car lorsque règne l’unité absolue en Israël, la Majesté divine s’exprime à travers le peuple sans médiation, puisqu’elle résonne de manière égale et simultanée dans chaque esprit.

Voici quelques coutumes que certaines communautés ont adoptées relativement au Chabbath Chira

• Nourrir les oiseaux

L’usage est de répandre des grains de blé, miettes de pain ou autre nourriture, pour les oiseaux. Il y a (au moins) deux raisons à cet usage :

(1) Les oiseaux sont le symbole du cantique perpétuel adressé à D.ieu (comme il ressort du Pérek Chira). Aussi convient-il, le Chabbath Chira, d’user de bienveillance à l’égard de ces créatures qui louent spontanément leur Créateur.

(2) Moché avait déclaré que la manne ne tomberait pas le Chabbath. Datan et Aviram ont tenté de le dénigrer et, pour démentir ses paroles, sont allés discrètement la nuit déposer au-dehors de la manne pour faire croire qu’elle était tombée le Chabbath. Mais des oiseaux sont venus, qui ont mangé la manne et gardé ainsi saufs l’honneur et la réputation de Moché. Pour les récompenser, on les nourrit le Chabbath dont la section hebdomadaire contient le chapitre de la manne (et aussi celui de la Chira).

N.B. : Quelques décisionnaires (notamment le Maguen Avraham) soulignent qu’il n’est pas permis de nourrir le Chabbath un animal qui ne dépend pas de nous. Dans ce cas, l’on déposera la nourriture avant l’entrée du Chabbath.

• La lecture du Cantique, une mélodie spéciale

À l’office du matin, on lit très solennellement le Cantique de la Mer, sur un air différent

du mode habituel. Chaque congrégation (ashkénaze, séfarade, yéménite etc.) possède sa propre mélodie traditionnelle, relative à la lecture du Cantique, et différente de la cantillation usuelle employée pour la Torah. Certaines communautés ont pris l’habitude de se lever pendant cette lecture, mais tel n’est pas l’usage des Séfarades. Les couplets mêmes de la Chira sont disposés de façon particulière sur le parchemin. Les vers se succèdent tel un assemblage de briques, où des lignes à trois vers alternent avec des lignes à deux vers.

• Repas du Chabbath

Les communautés ashkénazes ont coutume de manger le traditionnel kasha (bouillie d’épeautre) ou autres grains, en souvenir de la manne dont la texture ressemblait à celle des graines de coriandre. Certains agrémentent le repas de mets particuliers et le ponctuent de chants qui célèbrent la sortie d’Égypte et la traversée de la mer des Joncs.

• Récitation du Pérek Chira

Beaucoup ont l’usage de lire le fameux Pérek Chira, ce recueil poétique (que certains attribuent au roi David) qui prête des louanges aux divers éléments de la faune et la flore, lesquels s’adressent successivement au Créateur. Il est donc approprié, ce Chabbath, de lire cette somme de louanges que la Création entière dédie au Saint, béni soit-Il.

Elie Marciano

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE JÉRUSALEM

Quand

la conviction remplace la passion

La Paracha de Béchala’h est inséparable de la Chira, ce chant que Moché et les Bné Israël entonnent après la traversée de la mer Rouge. C’est un moment de soulagement, de reconnaissance, presque d’évidence : après tout ce qu’ils viennent de vivre, comment ne pas chanter ?

Mais en lisant la Chira de plus près, un détail étonne. Une de ses phrases les plus fortes n’a pas été dite pour la première fois par le peuple juif, mais par Pharaon lui-même.

Pharaon reconnaît : “Mi Khamokha Baélim Hachem” — qui est comme Toi parmi les puissances ? Cette même idée réapparaît ensuite dans la Chira, sous une forme très proche : “Mi Kamokha Néédar Bakodech” - qui est comme Toi, glorieux dans la sainteté ?

Pourquoi entendre deux fois la même reconnaissance ?

pas toujours dans le temps. Une conviction, elle, s’installe quand l’émotion retombe.

La Torah nous apprend ici que tout ne se joue pas dans l’intensité du moment. On peut agir avec enthousiasme, avec ferveur, parfois même avec sincérité, mais si tout repose sur l’émotion, cela reste fragile. La passion est forte, mais elle peut s’épuiser. La conviction, elle, s’enracine.

"Une Mitsva accomplie par élan est précieuse. Une Mitsva accomplie par conviction l’est encore davantage, parce qu’elle ne dépend pas des circonstances.

Le Midrach raconte que Pharaon prononce ces mots au moment où il se noie, le souffle coupé, envahi par la peur. Sa déclaration est réelle, mais elle est arrachée par l’urgence. Hachem ne veut pas d’une parole née de la panique. Il le sauve un instant, lui redonne de l’air, pour qu’il puisse redire ces mots dans le calme. Les mots n’ont presque pas changé, mais l’homme qui les prononce, lui, n’est plus le même.

Et c’est précisément là que se situe l’enseignement de la Paracha. Il y a une différence immense entre une reconnaissance née de la contrainte et une reconnaissance née de la conviction. On peut dire des choses vraies sous la pression, mais ces paroles ne tiennent

C’est ce que la Chira met en évidence. Le peuple juif ne chante pas seulement parce qu’il vient d’être sauvé. Il transforme ce qu’il a vécu en parole durable, en chant transmis de génération en génération. Ce n’est plus une réaction spontanée, c’est une foi qui commence à se construire.

La Torah nous invite ainsi à nous interroger : pas seulement sur ce que nous faisons, mais sur ce qui nous fait agir. Une Mitsva accomplie par élan est précieuse. Une Mitsva accomplie par conviction l’est encore davantage, parce qu’elle ne dépend pas des circonstances.

C’est aussi ce que suggère Tou Bichvat, qui accompagne souvent cette Paracha. Tou Bichvat ne célèbre pas le fruit visible, mais un mouvement discret, intérieur : la montée de la sève. Rien ne se voit encore, mais tout est déjà en place. Sans cette force invisible, aucun fruit n’apparaîtra.

Rav Michael Morali, Roch Collel Yedid Léyedid à Jérusalem (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

TOU BICHVAT

1. Que veut dire Tou Bichvat ?

A. 15 Chevat

B. Fête des fruits

C. Tout le mois de Chevat

2. Qui a instauré le Roch Hachana des arbres à Tou Bichvat ?

A. Le KKL

B. Nos Sages

C. Les agriculteurs

3. Quel comportement est particulièrement recommandé durant Chevat ?

A. Rétablir la paix et éviter la médisance

B. Manger plus de fruits secs que d’habitude

C. Bien se couvrir

4. Lorsqu’on mange un ver (dans un aliment), on est susceptible de transgresser :

A. Un interdit de la Torah

B. 28 interdits de la Torah

C. Entre 4 et 6 interdits de la Torah

5. Après avoir consommé un des sept fruits d’Israël, on récite :

A. Boré Néfachot

B. Brakha Mé’ène Chaloch

C. Birkat Hamazon

6. Quelle plaie eut lieu durant la première moitié de Chevat ?

A. Les sauterelles

B. Les fourmis

C. La panne générale d’électricité

7. À Tou Bichvat, nous avons la coutume de :

A. Préparer une tarte aux fruits

B. Manger 40 fruits

C. Manger des fruits d’Erets Israël

8. Les 7 espèces ou fruits d’Israël sont :

A. Raisin, olive, datte, figue, grenade, blé, orge

B. Kiwi, ananas, fraise, grenade, raisin, blé, avoine

C. Olive, datte, pastèque, figue, grenade, melon, avoine

9. La raison pour laquelle on récite la bénédiction Boré Péri Haadama sur une banane est que :

A. La banane pousse sur la terre et pas sur un arbre

B. Beaucoup jettent l’écorce par terre

C. La branche sur laquelle pousse le régime de banane flétrit chaque année et les fruits de l’année suivante poussent sur une nouvelle branche

10. Pourquoi le Maharil appelle-t-il le mois de Chevat "le roi des mois" ?

A. Parce que le 15 Chevat est le Roch Hachana des arbres

B. Parce qu’il contient plus de jours que les autres mois

C. Parce que les arbres y portent des couronnes

11. À quoi est comparé l’homme dans le contexte de Tou Bichvat ?

A. À un cactus susceptible

B. À une carotte motivée

C. À l’arbre des champs

Moshé ‘Haïm Sebbah

Rabbi Yossef Its’hak : un héros de résistance

A l’occasion de la Hiloula ce mercredi 10 Chevat (28/01/26) du Rabbi Rayats de Loubavitch, découvrez une brève biographie de cet illustre Rabbi ‘hassidique ainsi que quelques uns de ses enseignements. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur et de prier par la force de son mérite !

Ce 10 Chevat marque la 76ème Hiloula (anniversaire de décès) de Rabbi Yossef Its’hak ou Rayats (acronyme), sixième de la prestigieuse dynastie Schneersohn. Il est celui que les ‘Hassidim appellent affectueusement le “Rabbi précédent” (Frierdiker Rebbe, en yiddish), sans doute parce qu’ils l’ont connu ou découvert grâce aux enseignements de “l’actuel” Rabbi de Loubavitch (Rabbi Ména’hem Mendel). En fait les deux, le beau-père et son gendre, sont intimement liés. Si le Rabbi actuel a communiqué une vigoureuse impulsion au judaïsme d’aprèsguerre, le Rabbi précédent, lui, en a été l’instigateur et le promoteur, celui qui a lutté de toutes ses forces contre les persécutions religieuses et qui, au prix de grands sacrifices, a préservé la braise du judaïsme soviétique qui menaçait de s’éteindre.

Rappelons brièvement quelques faits historiques.

A l’ombre de la Ïevsektsia

Le régime bolchévique voit le jour dans les années 1920. Cette faction radicale du parti ouvrier social-démocrate organise une révolution qui, à terme, mènera à la naissance du communisme. Lénine, son chef, estime qu’il faut absolument assimiler les Juifs, et s’acharne à briser le judaïsme de l’intérieur. Il est aidé en cela par quelques juifs anti-religieux (originaires, pourtant, de familles très pieuses) qui forment une sorte de services secrets, agence de délation nommée Evreïskaïa sektsiia (litt. section juive du Parti communiste). Le prétexte de Lénine est tout trouvé : on ne doit pas inculquer la religion aux jeunes enfants mais leur laisser le soin de choisir eux-mêmes leur propre voie, une fois adultes ; aussi faut-il éradiquer l’enseignement élémentaire de la Torah et supprimer ses institutions.

Rabbi Yossef Its’hak prend immédiatement la mesure du danger et s’empresse de réagir. Son message est on ne peut plus clair : plutôt

mourir que sacrifier la religion ! Dans le second cas, on aura tout perdu ; dans le premier, on aura au moins gardé l’essentiel, à savoir la vie future. Il refuse toute concession et organise un vaste réseau de résistance clandestine. Ses disciples, qui lui sont dévoués corps et âme, répondent à l’appel malgré les lourdes menaces qui pèsent, les sanctions qui sévissent, les nombreuses déportations et exécutions. Le Rabbi s’emploie à relocaliser les écoles dans des lieux souterrains et secrets, fait réaménager des bains rituels (Mikvaot) et poursuit ses œuvres de bienfaisance. Son mot d’ordre est terrible : "Lorsque le corps brûle, en proie au feu, il faut songer à préserver la tête et ne pas se soucier du reste…"

Très vite, le Rabbi est pointé du doigt par les autorités, mais il ne s’en inquiète pas. C’est un héros de résistance, téméraire et courageux. Il fait cinq séjours dans les geôles bolchéviques et, à chaque fois, reste imperturbable face aux enquêteurs. Il ne mâche pas ses mots lors des interrogatoires. Quand un agent sort une arme et ose lui rappeler que “ce jouet a délié bien des langues,” le Rabbi lui fait cette réponse célèbre : "Cette arme effraie les individus qui se vouent à plusieurs déités et croient ne vivre qu’une fois. Pour moi, c’est l’inverse : je n’ai qu’un seul D.ieu et deux vies à vivre."

Un juif errant

Kook en Israël, alertent l’opinion internationale et, finalement, la condamnation à mort est commuée en peine de travaux forcés pour une période de dix ans ; puis cette peine elle-même est réduite à trois ans d’exil à Kostroma, ville de l’Anneau d’Or (au nord-est de Moscou).

Les événements se précipitent : il est officiellement libéré neuf jours plus tard, soit le 12 Tamouz (jour de son 47ème anniversaire) et quitte la ville le lendemain. Il est autorisé à retourner chez lui, à Leningrad (aujourd’hui S. Pétersbourg) mais il y est harcelé par la police secrète et, peu après, décide d’aller à Malakhova, banlieue située au sud de Moscou où il tente de poursuivre ses activités.

Il fait cinq séjours dans les geôles bolcheviques et, à chaque fois, reste imperturbable face aux enquêteurs

Quelques mois plus tard, il s’installe à Riga, en Lettonie, où il fonde une Yéchiva et maintient secrètement des contacts très actifs avec les Juifs de Russie. Il effectue quelques voyages en Israël et aux États-Unis, où il est notamment reçu à la Maison Blanche par le président Hoover. De retour en Europe, le Rayats établit sa demeure à Varsovie (Pologne) où il met sur pied un réseau de Yéchivot. Il échappe de justesse à l’occupation nazie et finalement, en 1940, émigre aux ÉtatsUnis. Loin d’être intimidé par la mentalité de la bourgeoisie locale, le Rabbi relève le judaïsme américain, consolide ses racines et l’assoit sur des bases plus solides. Son œuvre est immense et se perpétue jusqu’à nos jours.

Mais l’étau se resserre. La tension culmine lorsque le mardi 14 juin 1927, peu avant minuit, tandis que le Rabbi termine d’accorder ses audiences privées, des agents du GPU (l’ancêtre du KGB) font irruption à son domicile et lui signifient son état d’arrestation. Il est emprisonné et soumis à la torture. Le verdict tombe peu après : condamné à mort.

Mais il reçoit, de l’extérieur, un soutien énorme. Des télégrammes, notamment du grand Rav

Il convient, en ce Youd Chevat (mercredi 28 janvier), de se pencher sur la personnalité exceptionnelle de ce grand homme.

Sixième des chefs du mouvement ‘Habad, le Rabbi était prédestiné à l’être depuis sa plus tendre enfance. Juste après sa circoncision, alors même qu’il pleurait, son grand père Rabbi Chemouel (le Maharach, 4ème maître de ‘Habad) lui aurait dit : "Pourquoi pleurer ? Quand tu seras grand, tu seras Rabbi et tu diras

des commentaires limpides de ‘Hassidout." Jeune enfant, il était d’une beauté angélique.

Le secret du Rabbi pour aborder les rapports humains

Rabbi Yossef Its’hak était un érudit exceptionnel et un écrivain remarquable, mais aussi un homme très pragmatique, qui avait une prédilection pour l’action. Il avait fait sien cet adage de son père (le Rachab) : "Une action vaut mieux que mille soupirs !" Pour lui, la pratique primait sur la théorie. Il estimait qu’il faut agir, au sens le plus concret, pour rendre service à autrui, peu importe la nature du service : spirituelle ou matérielle. Au contraire, lorsque le service est d’ordre matériel, son bénéficiaire n’en est que plus reconnaissant et réceptif. Il accueille alors favorablement les conseils moraux. "Notre maître Moïse, rappelle le Rabbi précédent, n’a admonesté son peuple qu’après avoir combattu le roi Si’hon." Autrement dit, il a d’abord prodigué un bienfait matériel, et seulement après adressé à ses frères une exhortation spirituelle. Nous devons suivre son exemple. Nous pourrons d’autant mieux récupérer les âmes égarées.

De toutes façons, remarque le Rayats, il ne faut user de reproches qu’avec parcimonie et beaucoup de précautions. Un reproche est comme une “injection” que l’on administre à un patient pour le guérir. Il faut au préalable bien anesthésier la région à piquer pour réduire la douleur. De même, avant de faire un reproche il faut savoir complimenter son interlocuteur et lui montrer toute son affection.

Ce sens très fin de la psychologie se retrouve dans plusieurs de ses dissertations (Maamarim). À titre d’exemple, il rappelle le fameux adage talmudique : "Rabba, avant d’entamer son propos, disait une plaisanterie et les disciples en riaient, puis il se recueillait avec gravité et commençait la leçon." Quand un chef, un sage, un éducateur, un patron, doit établir un rapport ou une conversation avec son subordonné, il doit au préalable préparer son interlocuteur à recevoir ses propos, ses enseignements ou ses consignes. Il doit le rendre réceptif, “ouvrir” et affûter ses sens. Et pour ce faire, il établit d’abord un rapport “superficiel,” et ensuite va à l’essentiel.

Que fait le père qui souhaite jouer avec son petit enfant ? Il abaisse d’abord ses bras sous les aisselles du nourrisson, plus bas que la tête, puis soulève l’enfant et l’amène à lui. Ensuite, il va à l’essentiel : il le cajole. Il faut procéder ainsi dans tous les échanges humains : se mettre au niveau de l’interlocuteur, c’est-à-dire se placer à son point de vue, puis le “hisser” à soi, et ensuite établir le rapport. D’ailleurs D.ieu Lui-même agit ainsi. Il est dit : "Et Moi, J’ai dirigé les pas d’Efraïm [le peuple juif], Je les ai pris sur les bras." En effet, D.ieu S’est “abaissé” dans le monde de la matière, pour ainsi dire, et nous a donné des préceptes purement physiques et matériels qui, quand on les observe, nous “hissent” et nous élèvent jusqu’à Lui !

Les "fous" de D.ieu

Parmi les thèmes qui lui étaient chers et qu’il a développés dans le dernier essai légué à la postérité, intitulé Bati Légani, figure celui de la “folie du sacré.”

Le Rabbi part du principe que les domaines du bien et du mal sont en quelque sorte symétriques. Ce que l’on trouve dans l’un se retrouve dans l’autre, mais sous une autre forme. Par exemple, il y a l’amour du bien comme il y a l’amour du mal ; il y a la rigueur du bien (ascèse et pureté morale) comme il y a la rigueur du mal (cruauté et méchanceté) ; il y a obstination à bien faire et obstination à mal faire ; il y a l’intelligence des hommes pieux (qui s’évertuent à bien faire) et l’intelligence (ou la ruse) des individus mal intentionnés (qui s’ingénient à faire le mal). De même, enseigne le Rabbi, il existe une folie du mal et une folie du sacré.

Il précise qu’en hébreu, le mot folie vient de la même famille que le mot déviance, et explique que tout écart par rapport à ce que la société tient pour convenable, c’est-à-dire par rapport à un comportement jugé raisonnable et conforme au bon sens, tout écart de ce genre, disions-nous, est en quelque sorte une folie dans la mesure où il est déraisonnable. Quand donc on s’écarte du droit chemin, quand on désobéit aux préceptes de la Torah, on commet pour ainsi dire un acte de folie. "Un homme ne commet une faute que lorsqu’un esprit de folie s’empare de lui", affirment nos Sages. Cette folie

est d’autant plus grave que les préceptes de la Torah sont empreints de sagesse et de lumière, sont authentiques et garantissent une longue vie. En somme, celui qui s’en écarte choisit les ténèbres…

Mais pourquoi commet-on cette erreur ? Qui voudrait abandonner la vie et choisir la mort ? Tout simplement parce que la passion, la force du désir, aveugle temporairement l’homme. Elle lui fait perdre, le temps d’une pulsion, la notion de sainteté et la valeur précieuse du divin ; elle corrompt et dévie ses sentiments vers l’objet de son désir. Mais de même que l’on peut s’écarter de la raison vers le mal, se conduire en deçà de la raison, c’est-à-dire agir de manière grossière et primitive, l’on peut, inversement, s’écarter en bien de la raison, se conduire au-delà de la raison, c’est-à-dire faire plus que ce que la lettre du droit exige, agir avec plus de zèle et de scrupule qu’il ne nous est commandé.

Comme en effet les voies du Créateur sont impénétrables, il faut parfois mettre de côté sa raison pour obéir aux injonctions divines ou

Oulpan

J'étais juste sorti prendre une petite pause, et voilà que le coach me crie déjà de reprendre l’entraînement. Tapis, haltères, abdos heureusement que j’ai pris mes écouteurs avec moi !

Vocabulaire

(Hafsaka) – pause •

(Madrikh) – coach, instructeur

pour accepter les épreuves. L’on met de côté réflexions et sentiments, et se lance à corps perdu dans la mission sacrée, avec courage et détermination.

C’est une folie “saine”, qui dépouille l’esprit de certaines influences néfastes de la raison et des sentiments. La raison, avec ses “calculs et prévisions” peut parfois altérer le courage et la motivation d’un individu et le retenir ou l’empêcher d’agir. Il faut alors s’en débarrasser pour laisser libre cours à l’étincelle divine qui, désormais, agit seule et anime le fidèle, lequel est alors à même d’atteindre l’essence divine. Dans le meilleur des cas, il aura transformé la folie du mal en folie du sacré et établi, touche après touche, une demeure ici-bas pour la Majesté divine. Et quand toutes les actions individuelles auront convergé dans ce sens et, de la sorte, préparé et posé les bases de l’ère messianique, on verra le troisième Temple apparaître.

Elie Marciano

À la salle de sport

(Mazal) – chance, heureusement

(Ozniyot) – écouteurs

D’autres mots avec la racine .ל.ק.ש (peser, évaluer)

(Tso’èk) – il crie •  רֹזֲחַל (La’hzor) – reprendre, revenir, retourner, réitérer

(Imounim) – entraînements •

(Mizran) – tapis •

(Michkolot) – haltères

(Kfifot Bétèn) –abdominaux (exercice)

(Michkal) – poids (nom commun), utilisé pour le corps, la musculation, la grammaire…

(Ani Chokel/Chokélèt) –je pèse/je considère/j’envisage

(Chikoul Daʿat) – réflexion, prise en compte réfléchie (souvent dans le sens de “jugement raisonné”)

FEMMES

COUPLE

Témoignage : Pourquoi j’ai arrêté de faire

Chabbath...

Les mots ne sont pas assez forts pour vous dire toute la tristesse et la vexation que j’ai ressenties. J’ai passé ce premier Chabbath en Israël seule, à pleurer dans mon appartement vide.

On entend souvent de très beaux témoignages de personnes qui font Téchouva. Mais pour certains, tout n’est pas si rose… Même si ce n’est pas facile de prendre la parole aujourd’hui, je voudrais vous raconter mon histoire pour vous alerter sur un danger qui nous guette tous.

Je m’appelle Aurélie et j’ai 25 ans. Il y a 2 ans, j’ai fait ma 'Alya à Jérusalem. Je suis partie d’une petite ville du sud de la France, où la communauté juive était minuscule. C’est donc pour me rapprocher de mon peuple et de la Torah que j’ai choisi de m’installer en Israël et de suivre mes études.

Un point de chute pour Chabbath

Dès mon arrivée, j’ai cherché un appartement dans un quartier de Jérusalem où la population francophone était assez présente. Je me suis dit : "Comme ça Aurélie, tu pourras être invitée pour Chabbath et les fêtes." Je ne connaissais personne, mais j’avais hâte de me créer un nouveau cercle d’amis juifs.

Avant mon départ, on m’avait donné le numéro d’une dame, mon seul contact dans la ville. Je suis très timide de nature, mais j’ai vraiment fait cet effort de la contacter, parce que c’était très important pour moi que je puisse vivre un beau Chabbath. Je l’ai appelée en début de semaine et elle m’a assuré qu’elle allait trouver une gentille famille pour me recevoir. J’étais contente ! Une source de stress en moins et l’excitation de rencontrer de nouvelles personnes.

Mais les jours passaient et je n’avais pas de nouvelle. Quand je l’appelais, elle me disait : "Ne t’inquiète pas, je vais te trouver une famille pour t’inviter." Quand vendredi est arrivé, toujours rien. Je l’ai rappelée une nouvelle fois. Et là, quelques heures avant Chabbath, elle m’a dit sans remords ni culpabilité : "Ah non, il n’y a aucune famille !" Et elle a raccroché.

Alors que Chabbath approchait, je me suis retrouvée complètement seule, chez moi, à 4000 km de ma famille, sans rien de prêt. Les mots ne sont pas assez forts pour vous

dire toute la tristesse et la vexation que j’ai ressenties. J’ai passé ce premier Chabbath en Israël seule, à pleurer dans mon appartement vide.

Après la 'Alya, la Yérida

Je n’ai plus osé appeler cette personne. Et l’angoisse a commencé : du dimanche au jeudi, cette pensée revenait en boucle dans ma tête : "Chabbath va arriver et tu vas encore te retrouver toute seule." J’avais des amis à l’université, mais personne ne pensait à m’inviter. Et moi, j’avais tellement honte, je n’en parlais pas. Même quand j’allais à la synagogue du quartier, on me faisait des sourires, mais personne ne venait vers moi.

"Pour celles et ceux qui ont envie d’être invités ou pour les familles qui souhaitent recevoir pour Chabbath, contactez-moi ! Finis les plans galères et le stress des Chabbath sans invitation !"

Renaissance

"
L'angoisse a commencé : du dimanche au jeudi, cette pensée revenait en boucle dans ma tête :
"Chabbath va arriver et tu vas encore te retrouver toute seule."

Les semaines sont passées et les Chabbath se sont répétés. En plus de ma honte, j’ai commencé à culpabiliser à me dire que j’étais responsable de tout ça et que j’avais été bête de faire la 'Alya !

Avec le temps, je me suis résignée. Et j’ai commencé à détester Chabbath. C’était devenu un jour de punition où ma solitude ressortait de façon insupportable. Ce silence de rester entre quatre murs était tellement lourd... que j’ai fini par téléphoner à ma mère. Oui, j’appelais ma maman restée en France pendant le Chabbath pour lui parler, entendre sa voix et me sentir moins abandonnée.

Voilà ce qu’est devenue mon expérience en Israël. Au lieu de me rapprocher de D.ieu en m’installant ici, c’était tout le contraire. J’étais à Jérusalem, mais j’avais l’impression que D.ieu m’avait complètement laissée tomber. Et du coup, moi aussi j’avais laissé tomber.

Jusqu’à un jeudi soir, un an plus tard, par le plus grand des hasards, j’ai vu un message sur un groupe WhatsApp de Français de Jérusalem.

Sans trop y croire, j’envoyais un message et quelques minutes plus tard, je recevais un appel. J’étais finalement moins gênée de raconter mon histoire à une inconnue et je n’attendais pas grand-chose de cet échange. On était jeudi soir, il était 23 heures. De l’autre côté du téléphone, sans me connaître, la jeune femme me dit : "Vous avez fait le plus dur, maintenant Hachem S'occupe de tout. Je vous rappelle demain matin."

Le lendemain à 9h, j’ai à peine eu le temps d’ouvrir les yeux que mon téléphone sonnait. La femme de la veille me disait à toute vitesse mon programme du Chabbath : dîner le vendredi soir chez une famille à 200 mètres de chez moi et le samedi midi chez un jeune couple ! J’étais trop choquée pour répondre. Je n’y croyais pas. J’ai passé le plus merveilleux Chabbath depuis mon arrivée en Israël. Je me suis sentie accueillie, appréciée et ce moment a définitivement restauré ma foi en D.ieu.

La jeune femme m’a rappelée le dimanche pour connaître mes impressions et elle avait déjà une autre famille qui voulait m’inviter la semaine suivante. Depuis ? C’est moi qui invite les nouvelles étudiantes pour Chabbath, parce que je ne voudrais que personne vive la même expérience que moi ! Quand à la femme qui m’a appelée, elle continue son projet "Les tables de Chabbath" sur tout Israël !

Fréquenter un homme de père non-juif

J’ai rencontré un homme. Sa mère est juive, son père ne l’est pas. Il a fait sa Brit-Mila et sa Bar-Mitsva. De mon côté, je suis juive de mes deux parents. Ai-je le droit de fréquenter cet homme ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

1. Le mariage avec un homme dont la maman est juive est permis étant donné qu’il est Juif.

2. Si vous fréquentez l’homme en question dans le but de vous marier, la fréquentation est permise (encore faut-il qu’elle soit conforme aux exigences de la Halakha). Vous êtes sensée, brillante et intelligente. Donc, il n’est pas nécessaire de développer davantage.

Brakha sur la pizza épaisse de Pizza Hut

Quelle Brakha fait-on sur la pizza épaisse de Pizza Hut (en Israël dans les pizzeria Méhadrin) ? J’ai entendu dire que même si on en mange une entière, ce sera toujours Mézonot et ‘Al Hami’hia car elle est frite dans le four ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

1. S’il s’agit d’une pâte à pizza, frite dans une huile profonde : la Brakha est Mézonot même si on en consomme une quantité supérieure à 220 grammes. (Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 168, 13) Celui qui en consomme uniquement dans un repas est digne de louange.

2. Si la pâte n’est pas frite dans une huile profonde, la Brakha de la pizza est Hamotsi même si la pâte est riche en huile et matières grasses.

3. Attention !! Les rumeurs, c’est comme la crème sur le fromage : ça se répand vite, mais ce n’est pas toujours comestible !

Façonner un bonhomme de neige, permis ?

N’y a-t-il pas un problème à construire un bonhomme de neige ?

Réponse de Rav Avraham Garcia

La semaine, cela ne pose aucun problème, et puisqu’il manque toujours quelque chose au visage, cela n’est pas considéré comme une statue. (Ohel Ya’akov 136). Mais pendant Chabbath, mise à part la question à savoir si la neige est Mouktsé ou non, même si nous décidons qu’elle n’est pas Mouktsé (Michna Beroura 338, 30 ; Min’hat Chabbath 80, 56 et autres), il y a un interdit clair de confectionner des bonhomme de neige pendant Chabbath. (Rambam Hilkhot Chabbath 7, 6 rapporté dans le Michna Beroura 63, 319 ; Cha’ar Hatsiyoun 303, 68 ; Choul’han ‘Aroukh 320, 9 et 11)

Machia’h, un homme dyslexique ou qui bégaie ?

Machia’h est-il obligatoirement un homme ? Aura-t-il une dyslexie ou un bégaiement ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Le Machia’h sera un homme très intelligent et ne sera atteint ni de dyslexie ni de bégaiement. (Rambam, Hilkhot Téchouva 9, 2 ; Hilkhot Mélakhim 11, 1 et 4)

Compromis entre Chabbath et l’équipe de football d’Algérie

J’habite Paris et je suis juif pratiquant. Chabbath Chémot se finit à 18h08, or le match Algérie-Nigéria, comptant pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations, commence à 17h. Étant fervent supporter de la sélection algérienne :

- ai-je une dérogation pour installer une minuterie qui allumera mon poste de télévision samedi à 17h ?

- pour ne pas rater la seconde mi-temps, puis-je à titre exceptionnel prier ‘Arvit Béya’hid à la fin du match (après 18h45 ou vers 19h45 selon le scénario de la rencontre), en me contentant de dire Baroukh Hamavdil Ben Kodech Le’hol à 18h08 ? Cela me permettra de ne pas rater une minute de la retransmission sportive, et de trouver un juste compromis entre ma foi et ma passion pour l’Algérie ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Le Chabbath est un jour de sainteté mis à notre disposition pour élever l’âme et se rapprocher du Créateur. C’est pourquoi regarder la télévision est interdit durant ce jour, que ce soit chez soi à la maison ou ailleurs, qu’elle soit allumée par un non-juif ou par le biais d’une minuterie. Cette interdiction est détaillée dans les écrits de nos maîtres.

Regarder la télévision transforme le Chabbath en une simple extension de la semaine. Or, nous avons l’obligation de réciter le Kiddouch à l’entrée de ce grand jour et la Havdala à sa sortie, ce qui signifie que le Chabbath ne peut pas être vécu comme un jour ordinaire. Le Kiddouch (la sanctification) et la Havdala (la séparation) ne sont pas des simples formalités rituelles, mais représentent une rupture radicale entre le domaine du profane et celui du sacré.

En intégrant des divertissements comme la télévision au cœur de ce grand jour, on efface la frontière que ces deux prières ont justement pour but de tracer. Sanctifier le Chabbath, c’est accepter que ce temps soit "autre", et que nos activités reflètent la distinction que nous proclamons par la parole. Sans cela, la spiritualité du jour s’efface au profit d’une routine profane. Le Chabbath doit être dédié à la famille, à l’étude et à la prière. Les images et les sons de la télévision cassent cet isolement spirituel nécessaire.

Installer une minuterie pour que la télévision s’allume automatiquement ne rend pas l’acte permis, bien que la programmation soit faite avant l’entrée du Chabbath (mis à part l’interdiction du Marit ‘Ayin : un observateur extérieur pourrait penser que l’appareil a été allumé manuellement).

Prier Béya’hid afin de ne pas rater la seconde mi-temps est strictement interdit même si on dit, au préalable, "Baroukh Hamavdil Ben Kodech Le’hol".

(Iguerot Moché Ora’h ‘Haïm 4, 60 ; Chémech Oumaguen 2, 64 ; ‘Aroukh Hachoul’han 338, 5 etc.)

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

En avançant, je positive !

Les enfants, cette semaine, observons comment le fait d'aller de l'avant plutôt que se décourager ouvre des portes inattendues.

L'HISTOIRE

À la maison, toute la famille est encore joyeuse après la belle sortie de la veille.

Hier, ils ont passé une journée incroyable : promenade, jeux, rires, tout s’est parfaitement déroulé. No’am, 9 ans, en parle encore avec des étoiles dans les yeux.

Mais ce matin, l’ambiance change. Il pleut, le ciel est gris et la sortie prévue est annulée. No’am soupire. "De toute façon, rien ne marche jamais comme je veux !", dit-il en traînant les pieds.

Maman le regarde et lui demande : "Tu es sûr, No’am ? Tu as déjà oublié la journée d’hier ?" No’am hoche la tête. "Oui, mais aujourd’hui c’est nul." Plus tard dans la journée, le goûter est prêt, un jeu de société est sorti du placard, et papa propose une activité surprise à la maison. Peu à peu, No’am retrouve le sourire.

No’am réfléchit. Il comprend que ce n’est pas parce qu’une journée ne se passe pas comme prévu qu’elle est mauvaise. Rester positif, ce n’est pas seulement quand tout est incroyable… c’est aussi quand rien ne se passe comme on l’avait pensé. Il va se coucher rassuré, en se disant que Quelqu’un veille sur lui... et demain aussi.

Le soir, papa dit : "Parfois, on vit de très beaux moments, et juste après, on a l’impression que tout devient difficile. Pourtant, même quand on ne voit rien d’extraordinaire, Hachem continue de s’occuper de nous, à chaque seconde."

Dans la Paracha de Bechala’h, les Bné Israël vivent un immense miracle : la mer Rouge s’ouvre devant eux. Ils traversent à pied sec, tandis que les Égyptiens s'y noient. Pourtant, juste après ce moment extraordinaire, le peuple commence à se plaindre. Les Bné Israël ont peur, ils ont soif, faim, et demandent sans cesse : "Que va-til nous arriver ?"

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

As-tu déjà été inquiet ou contrarié juste après un très beau moment ?

Pourquoi est-il parfois difficile de garder confiance quand les choses deviennent plus difficiles ?

Comment peux-tu te rappeler que tu n’es jamais seul et que Hachem veille sur toi ?

La Torah nous apprend ici une grande leçon : même après avoir vu des miracles, il n’est pas toujours facile de faire confiance à Hachem. Hachem accompagne pourtant les Bné Israël à chaque instant : Il leur donne de l’eau, puis la manne chaque jour. Bechala’h nous enseigne que la Émouna, la confiance en Hachem, ne se construit pas seulement dans les grands miracles, mais surtout dans le quotidien, jour après jour.

Nos maîtres montrent l’exemple

Lorsque les Bné Israël arrivent devant la mer Rouge, la situation semble impossible. Devant eux, une immense étendue d’eau. Derrière eux, l’armée égyptienne qui se rapproche. Autour d’eux, la peur, les cris, les questions. Certains prient, d’autres se plaignent, d’autres encore restent immobiles, sans savoir quoi faire. Tout le monde attend un miracle… mais rien ne se passe.

Les Sages racontent qu’à ce moment précis, la mer ne s’ouvre pas tout de suite. Pourquoi ? Pour nous enseigner une grande leçon. Hachem attend que quelqu’un fasse le premier pas.

C’est alors qu’un homme se détache du peuple : Na’hchon Ben 'Aminadav, le chef de la tribu de Yéhouda. Na’hchon ne prononce pas de long discours. Il ne se décourage pas ni ne regarde en arrière. Il avance simplement vers la mer, convaincu qu'Hachem fera un miracle.

Il entre dans l’eau. D’abord jusqu’aux chevilles. Puis jusqu’aux genoux. L’eau monte encore, jusqu’à la taille. Les vagues bougent, la peur pourrait l’envahir… mais Na’hchon continue d’avancer avec Émouna. Ce n’est qu’au moment où l’eau arrive presque à sa bouche que le miracle se produit : la mer s'ouvre !

À cet instant, tous comprennent que la délivrance n’arrive pas toujours

instantanément. Parfois, Hachem attend que l’homme reste confiant même quand la situation semble désespérée. Les Sages expliquent que Na’hchon n’était pas certain que la mer s’ouvrirait à ce moment-là. Il n’avançait pas parce qu’il était sûr du miracle, mais parce qu’il faisait confiance à Hachem, quoi qu’il arrive. Et c’est justement cette confiance qui a déclenché le miracle pour tout le peuple.

Grâce à lui, les Bné Israël ont traversé la mer à pied sec. Et pour toujours, son geste est resté un exemple : même après avoir vu des miracles, la confiance doit demeurer, pas seulement dans les moments extraordinaires, mais aussi quand on ne voit encore rien.

La Émouna, ce n’est pas attendre que tout soit facile ; c’est avancer même quand on ne voit pas encore la délivrance pointer à l'horizon.

L'exercice de la semaine

Les enfants, cette semaine, quand quelque chose vous inquiète ou vous semble difficile, essayez de faire un petit pas de confiance au lieu de vous décourager.

Spécial Tou Bichvat : Rôti de bœuf farci aux dattes et herbes fraîches

Tou Bichvat est l'occasion parfaite pour les fruits de s'inviter dans nos assiettes, et pas que pour le dessert !

Ingrédients

• 1 kg de rôti de bœuf (épaule ou tranche grasse)

• 8 dattes Medjool dénoyautées et vérifiées

• 1 bouquet de coriandre fraîche nettoyée ou vérifiée (ou type

Gouch Katif)

• 1 bouquet de persil (idem)

• 2 gousses d’ail

• 1 oignon

• 1 cuil. à soupe de miel

• 2 cuil. à soupe d’huile d’olive

• Sel, poivre

• 1 verre de vin rouge

• Ficelle de cuisine

Pour 6 personnes

Préparation : 25 min

Cuisson : 2h

Difficulté Facile

Réalisation

- Préparez la farce : hachez les dattes, l’ail, le persil, la coriandre et l’oignon. Mélangez avec le miel, un peu d’huile d’olive, le sel et le poivre.

- Ouvrez le rôti en portefeuille et étalez la farce à l’intérieur.

- Roulez le rôti et ficelez-le.

- Saisissez le rôti dans une cocotte avec un peu d’huile d’olive afin de le dorer sur toutes les faces.

- Déglacez avec le vin rouge, couvrez et laissez mijoter 2h à feu doux.

- Laissez refroidir avant de découper afin d’obtenir de belles tranches.

- Servez chaud, accompagné de légumes rôtis ou d’un riz aux amandes.

Tou Bichvat Saméa’h !

Murielle Benainous

Glatt Cacher Lamehadrin

Glatt Cacher Lamehadrin

RAV

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