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Torah-Box Magazine n°176 France - Yitro

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MICHNA BROURA

PRISE D'OTAGES

RAV OVADIA YOSSEF

LIKOUD

YITRO

HALAKHOT

BAREL 'HARARIA

n°176 I 19 Janvier 2022 I 17 Chevat 5782 I Yitro

BAHREÏN KOTEL

M A G A Z I N E

Sarah Halimi : Désaccords après une commission d'enquête mouvementée

Yortzeit du Rabbi Mena'hem Mendel de Kotz : enseignement

> p.8

> p.11

Mon enfant me parle mal ! > p.24


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CALENDRIER DE LA SEMAINE 19 au 25 Janvier 2022 Mercredi 19 Janvier 17 Chevat

Mercredi 19 Janvier Daf Hayomi Mo'èd Katan 7 Michna Yomit Brakhot 8-7 Limoud au féminin n°116

Rabbi 'Haïm Falaggi Rav Binyamin Vitali Hakohen

Samedi 22 Janvier Rav 'Ovadia Hadaya

Dimanche 23 Janvier Rav Moché Galante

Jeudi 20 Janvier 18 Chevat

Daf Hayomi Mo'èd Katan 8

Lundi 24 Janvier

Michna Yomit Brakhot 9-1

Rav Mena'hem Mendel de Kotzk Rav Yéhouda Arié Leib Eiger

Limoud au féminin n°117

Mardi 25 Janvier Rav Its’hak ‘Haï Boukhobza

Vendredi 21 Janvier 19 Chevat

Samedi 22 Janvier 20 Chevat

Daf Hayomi Mo'èd Katan 9 Michna Yomit Brakhot 9-3 Limoud au féminin n°118

Parachat Yitro Daf Hayomi Mo'èd Katan 10 Michna Yomit Brakhot 9-5 Limoud au féminin n°119

Rav Its’hak ‘Haï Boukhobza

Horaires du Chabbath Dimanche 23 Janvier 21 Chevat

Lundi 24 Janvier 22 Chevat

Mardi 25 Janvier 23 Chevat

Daf Hayomi Mo'èd Katan 11 Paris

Lyon

Marseille

Strasbourg

Entrée

17:12

17:12

17:17

16:51

Sortie

18:24

18:21

18:23

18:03

Michna Yomit Péa 1-2 Limoud au féminin n°120

Zmanim du 22 Janvier

Daf Hayomi Mo'èd Katan 12 Michna Yomit Péa 1-4 Limoud au féminin n°121

Daf Hayomi Mo'èd Katan 13 Michna Yomit Péa 1-6 Limoud au féminin n°122

Paris

Lyon

Marseille

Strasbourg

Nets

08:33

08:13

08:04

08:10

Fin du Chéma (2)

10:47

10:32

10:26

10:25

'Hatsot

13:02

12:52

12:50

12:41

Chkia

17:32

17:32

17:37

17:11

Responsable Publication : David Choukroun - Rédacteurs : Elyssia Boukobza, Rav Jean ‘Haïm, Jérôme Touboul, ‘Haya Esther Smietanskicely, Rav Gabriel Dayan, Rav Emmanuel Bensimon, Binyamin Benhamou, Rav Avner Ittah, Déborah Malka-Cohen, Murielle Benainous - Mise en page : Dafna Uzan - Secrétariat : 01.80.20.5000 Publicité : Yann Schnitzler (yann@torah-box.com / 04 86 11 93 97) Distribution : diffusion@torah-box.com


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L'ÉDITO DE LA SEMAINE par La source de la haine du juif - sa vérité Yitro, humain L’être le beau-père se distingue de Moché des autres créatures parprosélyte la parole Rabbénou, fut un (cf. BéréchitIl 2, Onkelos). exemplaire. fut7prêtre chez Celle-ci est l’expression de les idolâtres mais après avoir son intelligence et de sa pensée, elle lui expérimenté les différents cultes païens de permet de communiquer avec son époque, il se retirera deson sa prochain, fonction, de formuler de commercer. convaincu deses leursentiments, inconsistance. Sa décision Cetcoûtera "outil" qui a été donnése à l’homme en lui cher, puisqu’il retrouve est banni réalité à double tranchant : on peut l’utiliser de sa société, mais il assumera ses choix. pour faire du bien autour de soi (consoler Son rapprochement au judaïsme va se les endeuillés, encourager ceux qui enfaire ont en deux enseigner étapes. la Sagesse, transmettre besoin, nos messages à noss’ils enfants…), mais par que des Certains idolâtres, reconnaissaient propos vexants, humiliants, le mensonge et l’Eternel avait créé le monde, pensaient la calomnie, on peut également causer des qu’Il S’était ensuite retiré, laissant les dommages irréversibles. pourquoi astres comme le soleil et laC’est lune le diriger la Torah, à plusieurs reprises, nous met en (c’est pourquoi selon cette optique erronée, garde contre ces interdits qui se font par la il y aurait lieu de servir les “valets du roi”, parole. les astres, qui détenaient un pouvoir par Le Rav Israël Méir Kaganlaa révolutionné le “procuration”). Lorsque première plaie monde juif il y a plus d’une centaine d’années frappe les Egyptiens et que les eaux se avec son fameux livre "’Hafets ‘Haïm" transforment en sang, Yitro comprend alors (qui d’ailleurs est devenu son éponyme), que rien n’est fortuit et qu’Hachem, D.ieu concernant les lois sur la médisance. Il d’Israël, juge mesure pour mesure. Ces y relevait qu’on pouvait transgresser 17 mêmes eaux dans lesquelles les Égyptiens commandements négatifs et 14 positifs noyaient les phrase nouveau-nés juifs Depuis, étaient avec une seule malveillante. frappées, preuve flagrante qu’Hachem par la lecture de ce livre, les gens ont pris intervient Son monde, se consciencedans de l’importance depréoccupant la parole et sans cesse de créatures. s’efforcent de Ses respecter ces lois. Beaucoup de Rabbanim encouragent l’étude Le deuxième événement qui va l’amener journalière du "’Hafets ‘Haïm" ; lois sont à se convertir sera l’impact deces l’ouverture approfondies dans les conséquences. maisons d’étude de la mer Rouge et ses Au (Beth Hamidrach), certains les les étudient en moment du miracle, toutes eaux du ‘Havrouta (binome) par téléphone, chaque globe s’étaient ouvertes et les peuples année sontprirent organisées des soirées avoisinants peur. Edom, Moav, pour ainsi grand public au cours desquelles on éveille que les habitants de Canaan savaient par l’assistance à se dans ceau domaine, tradition que ce renforcer pays reviendrait peuple particulièrement à l’approche de Tich’a juif, descendant des Patriarches. Béav. On sait en effet que le second Temple Cependant existait unhaine peuple, qui n’était fut détruit àilcause de la gratuite, dont l’une des expressions le et Lachon (la pas menacé par les Bnéest Israël n’avaitHara’ a priori médisance). aucune raison de se sentir concerné par ce qu’il se déroulait Il se déplacera Un autre moyen: ‘Amalek. nous permettant de pourtant contrée éloignée, dans contrôler d’une ce qui sort très de notre bouche, le but de refroidir deslaHébreux estseul le Ta’anit Dibour, lel’ardeur jeûne de parole. qui devaientpasse recevoir la Torah s’installer Lorsqu’on toute une etjournée à s’abstenir totalement parler, on réalise à en terre sainte. Yitro, de observateur attentif,

quel àpoint, même s’en rendreillogique, compte, face cettesans réaction surprenante, il est facile une plaisanterie comprit alors de que lancer ‘Amalek, le mal incarné, vexante, de raconter "petit": Lachon Hara’ ne cherchait qu’uneunchose entamer le ou se moquer d’un défaut d’un confrère. Bien sur terre, représenté par Israël. C’est Ce self-control que nous impose le Ta’anit alors que Yitro décidera de lier son destin Dibour nous permet de réfléchir avant avec le peuple hébreu. Il méritera même de d’ouvrir la bouche et de s’assurer qu’il ne voir son nom associé à la Paracha des Dix s’agit pas de paroles désobligeantes. commandements et restera la référence Il est vrai qu’il est difficile de prendre sur d’une conversion parfaite et authentique. soi un tel engagement à titre individuel, surtout onque se mèneront trouve dans La lutte quand acharnée tout un au entourage professionnel qui ne nous le long de l’Histoire de nombreux peuples permetIsraël pas. est l’une des preuves les plus contre C’est pourquoi puissantes de labeaucoup véracité de de communautés la Torah, que organisent un jeune de la parole les Bné Israël représentent. Sanscollectif, raison à la synagogue ou dans une de fête, apparente, on cherchera à lessalle détruire ou avec au programme des cours de Torah à les convertir à des cultes étrangers. Très de différents intervenants, la lecture proche de nous, après la Shoah qui a décimé du livre des Téhilim, le tout dans une un tiers de conviviale, notre peuple, les Nations, dans ambiance repas et boissons un geste de “compassion”, vont accepter de assurés. L’un des pionniers de ces réunions laisser les survivants, se retrouvant sans communautaires fut le grand rabbin Yossef patrie et sansil famille, se réinstaller dans Sitruk quand était encore à Marseille et le pays de leurs ancêtres. Ce retour se depuis, l’initiative s’est étendue unnepeu partout. fera pas facilement et beaucoup de juifs trouveront la mort coursundes On a l’habitude de au choisir desdifférents jours de Chovavim (semaines la Parachat affrontements avec séparant les pays arabes Chemot de celle de le Michpatim) car on ac’est une avoisinants. Mais plus étonnant, tradition du grand kabbaliste le Arizal selon l’attitude de Nations nullement concernées laquelle jours sont réparer par ces ces conflits qui opportuns prendront à position les fautes de l’attribut du Yessod – c’estgénéralement au détriment d’Israël, à-dire ce qui un rapport avec la semence sans qu’aucune explication géopolitique masculine – or le Ta’anit Dibour équivaut à logique ne puisse être avancée. La raison 84 jeûnes de la nourriture ! de ce phénomène est la même que celle En France, le jour propice est dimanche qu’avait décelée Yitro : Israël éveille les puisque tout le monde est en congé et on ressentiments même lorsqu’elle pas fait d’une pierre 3 coups : toutn’est d’abord uneaccomplit menace. la C’est la lutte dudu mal contre on Mitsva en soi jeûne de le parole, bien engagée depuis de trois la d’autre part on plus transforme le millénaires. dimanche, jour triste et oisif, en un moment d’élévation. De plus, on se déconnecte de Cette constatation doit nous renforcer la dépendance au portable, chose difficile à dans notre mission d’être un peuple saint, réaliser dans un contexte normal. lumière pour les Nations, jusqu’au jour où la Faites l’expérience du Ta’anit Dibour et vous Vérité éclatera au grand jour avec la venue attendrez avec impatience le rendez-vous du Messie,prochaine ! qu’on espère pour très bientôt. de l’année

La RédactionRav Torah-Box Daniel Magazine Scemama

Magazine I n°176

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ACTUALITÉ Coronavirus/Israël : Le nombre de cas graves monte en flèche, positivité de 15% des tests Des chiffres encore jamais vus en Israël : Avec près de 40.000 nouveaux cas de coronavirus détectés sur une seule journée fin de semaine passée et un taux de positivité avoisinant les 15%, la situation semble bien hors de contrôle pour un gouvernement qui s'était targué d'enrayer rapidement la pandémie. Des responsables du ministère de la Santé devaient discuter en début de semaine de la possibilité de raccourcir la durée d'isolement d'une semaine à 5 jours, alors que près de 200.000 élèves et professeurs sont en quarantaine et que les experts prévoient des pénuries de denrées suite au confinement de travailleurs vitaux sur les chaînes de production. La Cour suprême israélienne décide de reporter la suppression des allocations pour la garde des enfants La Cour suprême israélienne a statué mercredi dernier sur la décision discriminatoire de l'actuel ministre des Finances israélien Lieberman de pénaliser les familles orthodoxes en les privant de subventions pour les crèches - cette loi ne pourra pas être appliquée au moins jusqu'à la rentrée prochaine, selon le verdict. Durant les débats, les juges s'étaient déjà interrogés sur le laps de temps extrêmement court qui séparait l'adoption de la loi et la date où elle devait être appliquée, "ne laissant aucunement le temps aux parents de s'organiser en fonction", selon les trois juges chargés du dossier. 6

Magazine I n°176


Tragédie de la Vallée du Jourdain : le "tir ami" serait dû à un manque de coordination Selon le chef du Commandement central de Tsahal, le Général de division Y. Fuchs, mercredi soir, deux patrouilles distinctes de l’unité d’élite Egoz auraient, sans coordination, parcouru la zone du drame de la Vallée du Jourdain afin de retrouver le responsable d'un vol nocturne ayant eu lieu dans leur base peu auparavant. Une patrouille

était composée de trois commandants et d’un soldat, tandis que la seconde était un officier agissant seul. Un échange de tirs entre les deux groupes - chacun tenant l'autre pour suspect - aurait abouti à la mort des deux soldats. Fuchs a assuré que l'enquête se poursuivait pour faire toute la lumière sur cette tragédie.

L'entrée "Barel 'Hadaria Chmoueli" supprimée de Wikipédia suite à un vote "Une claque en pleine figure" : c'est dans ces mots qu'Hilla Ra'himi, la sœur du soldat Barel 'Hadaria-Chmoueli, tué par un terroriste palestinien à la frontière de Gaza fin août 2021, a décrit les sentiments de la famille après qu'un vote organisé parmi des contributeurs au Wikipédia en hébreu aient décidé de la suppression de l'entrée concernant le

soldat sur l'encyclopédie en ligne. "Depuis sa mort, je ne pensais pas qu'il puisse y avoir de souffrance pire... Que ceux qui ont voté pour la suppression de son souvenir, la seule chose qu'il nous reste de lui, sachent qu'ils viennent de nous donner une claque en pleine figure", a-t-elle commenté.

Magazine I n°176

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ACTUALITÉ Prise d'otages au Texas : le forcené abattu, aucun blessé parmi les membres de la congrégation La prise d'otages dramatique qui s'est déroulée Chabbath matin dans la congrégation à Colleyville, au Texas, s'est grâce à D.ieu soldée sans blessés du côté de la communauté. Le forcené a été abattu lors d'un raid par les forces de l'ordre. Selon les médias, il réclamait la libération d'Aafia Siddiki, une scientifique pakistanaise condamnée en 2010 à New York à 86 ans de prison pour avoir tenté de tirer sur des militaires américains, alors qu'elle était détenue en Afghanistan. Le président Joe Biden, s'exprimant sur l'incident, s'est engagé à "faire face à l'antisémitisme".

S. Halimi : Désaccords après une commission d'enquête mouvementée Le désaccord persiste, quatre ans après le meurtre Sarah Halimi : alors que le président de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale a pointé des "d y s f o n c t i o n n e m e n t s abyssaux" de la police et de la justice, la rapporteure LREM Florence Morlighem assure pour sa part que les règles ont été respectées. Selon les députés Constance Le Grip (LR) et François Pupponi (MoDem), les policiers arrivés sur place la nuit du drame auraient dû pénétrer dans les lieux plus rapidement. Mais la rapporteure LREM évoque un "respect strict de la doctrine d'intervention". M. Habib a en outre déploré qu'il n'y ait pas eu de reconstitution des faits ni d'exploitation des téléphones des assassins.

Une campagne en faveur de la restauration du cimetière juif de Bahreïn

L’Association des communautés juives du Golfe (AGJC) s'apprête a lancer ce dimanche une collecte de fonds pour permettre de

restaurer le cimetière juif de Bahreïn, le seul cimetière juif à être encore utilisé dans la région du Golfe. Dans le cadre de cette initiative qui commencera le jour de Tou Bichvat, des arbres seront plantés dans le cimetière. La communauté juive de Bahreïn existe depuis environ 140 ans. Au mois d’octobre, la communauté a célébré son tout premier mariage juif depuis plus de 50 ans.

Une députée du Likoud, cible d’espionnage iranien, se dit "en état de choc" Kety Chetrit, une députée du Likoud qui aurait été la cible d’une opération d’espionnage iranienne, se dit "en état de choc total" face au reportage télévisé ayant révélé l'affaire. Selon les renseignements israéliens, plusieurs Israéliennes d'origine iranienne auraient été recrutées à leur insu par un agent 8

Magazine I n°176

iranien, qui leur aurait demandé d'effectuer plusieurs missions en contrepartie d'argent, notamment en lui fournissant des plans de différents lieux, des images vidéos, mais aussi d'infiltrer l'une des unités du renseignement de Tsahal via l'entremise de la députée Chetrit, une tentative qui a heureusement échoué.

Elyssia Boukobza


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VIE JUIVE Hiloula de Rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk – Découvrez un enseignement de ‘Hassidout avec Rav Jean ‘Haïm A l’occasion de la Hiloula de notre maître Rabbi Ména’hem Mendel Halperin-Morgenstern, surnommé le Rabbi de Kotzk, Rav Jean ‘Haïm est heureux de vous faire profiter de l’un de ses enseignements. Puisque notre Paracha traite du don de la Torah sur le mont Sinaï après la libération des Hébreux d’Egypte, il n’est pas inutile de rappeler un enseignement fort singulier du Rabbi de Kotzk à ce sujet. Au sujet de la liberté, le Rabbi, célèbre pour sa rigueur et sa recherche sans compromis du Emet, enseignait : "La liberté personnelle de l’homme a une valeur plus grande que la valeur de l’étude de la Torah, et un homme d’Israël s’efforcera de se fatiguer davantage dans ‘l’affaire’ de notre liberté et de la sortie d’Egypte que dans le passage le plus difficile du Talmud." Nous sommes, face à cette parole du Rabbi, dans la perplexité. Le Rabbi nous étonne en effet sur deux points : premièrement, y aurait-il plus important que la Torah ? En outre, y auraitil un fondement plus important que l’étude de la Torah ? Pourtant, nous savons tous l’importance primordiale de l’étude de la Torah, à propos de laquelle les Sages ont enseigné : "Grande est l’étude de la Torah qui nous amène à la pratique des Mitsvot" (Kiddouchin 40b) ! Comment comprendre les paroles du Rabbi ? La liberté fatigante ! Comme à son habitude, le Rabbi nous prend par surprise. Certes, Pessa’h est une fête difficile avec tous ses nettoyages et ses préparatifs, mais une fois accoudés le soir de

la fête, reconnaissons que nous nous sentons comme des fils de prince, libérés d’office. Nous nous réjouissons et chantons notre délivrance. C’est facile et agréable ! S’il en est ainsi, tentons tout d’abord de comprendre de quelle sorte de liberté et de fatigue le Rabbi veut-il donc parler lorsqu’il nous enjoint de nous "fatiguer" pour l’acquérir. Deux sortes de liberté Nous rencontrons dans la société religieuse de Torah deux sortes de liberté. La première, plus rationnelle, s’exprime en étudiant et pratiquant la Torah. "Ne peut être libre que l’homme qui s’occupe de la Torah", disent les Sages dans les Maximes des pères (6, 2). La seconde, ouverte sur le monde, essaye de profiter de toutes les libertés et ambitions personnelles en respectant les règles et valeurs de la Torah. "Belle est l’étude de la Torah quand elle s’accompagne de l’usage (la façon, les coutumes) du monde", nous enseignent en parallèle les mêmes Maximes des pères (2, 2). Le chemin difficile En réalité, chacun des partis, celui de l’attachement à la loi et celui de l’attachement au monde dans le respect de la Torah, nourrissent tous deux l’âme et l’histoire juive. Nous connaissons des personnes de grande qualité qui appartiennent à chacun des deux camps, qui vivent en parfaite harmonie et respect les uns avec les autres. Pas de radicalisation car Magazine I n°176

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VIE JUIVE "qu’il en fasse peu ou beaucoup (de l’occupation dans la Torah), l’essentiel est d’aligner son cœur vers le Ciel", nous dit le Talmud (Brakhot 17a). Mais alors, si les deux chemins de liberté sont connus de tous et possibles, où se trouve le chemin de liberté cachée et difficile dont parle le Rabbi ? La liberté de l’âme Il me semble que la liberté réelle et difficile dont parle le Rabbi de Kotzk est une liberté de l’âme. Une connaissance et une considération pour ce que nous sommes vraiment, ce que nous pouvons et aimons faire vraiment. Il s’agit de rester honnête dans notre cheminement de Torah, de dégager notre essence et notre mission de vie et d’éviter la radicalisation et les pièges aussi bien de la "religiosité" que de la "modernité". L’air pur Dans le jubilé (Yovel), année de la liberté, la Torah a choisi un oiseau pour symboliser l’idée

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Magazine I n°176

de la liberté. Cet oiseau est le moineau. Oui, vous ne rêvez pas ! Liberté se dit aussi "moineau" (Dror) dans la Torah. Le Ibn Ezra nous explique que le moineau ne chante (ce qui constitue donc son essence et sa mission) que s’il est libre ; si on le capture, il refusera la nourriture et se laissera mourir. Sur ce que nous sommes vraiment, notre liberté intérieure, il en relève de notre survie de le découvrir et de l’exprimer. C’est une question de vie et de mort ! C’est sans doute la raison pour laquelle le Rabbi de Kotzk invite l’individu à s’atteler, à "se fatiguer" littéralement, à l’acquisition et le maintien de cette liberté.

Rav Jean ‘Haïm

Cet article est extrait du livre "La joie pure", la pensée du rabbi de Kotsk écrit par Rav Jean Haim aux éditions Thora-Box.


M A G A Z I N E

Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

La quête du bonheur au fil de la Paracha - Yitro "Tu ne convoiteras pas" est le dernier des 10 commandements. Or si on peut exiger de l’homme de contrôler ce qui est en son pouvoir, comment en revanche lui demander de dominer des émotions qu’il ne maîtrise pas ?

La Parachat Yitro représente une étape décisive dans la constitution du peuple juif. En effet, le don de la Torah constitue l’aboutissement du processus de libération de l’esclavage. Comme chacun le sait, la liberté dans le judaïsme ne se résume pas à une licence de pouvoir faire ce que l’on veut et d’être le seul maître de sa vie. La finalité de la sortie d’Egypte résidait dans le don de la Torah et dans l’acceptation de tous les commandements divins, seuls garants de l’épanouissement de l’homme et de sa liberté. Les commandements de la Torah ont en effet vocation à libérer l’homme des mauvais instincts qui peuvent naitre en lui. Mais précisons d’emblée que le corps et la matérialité ne sont pas disqualifiés pour autant, ils sont au contraire de précieux cadeaux

qu’il convient de chérir et de sanctifier, en les mettant au service de la spiritualité. Les Sages du Talmud nous enseignent ainsi que D.ieu a créé la Torah précisément pour faire échec aux tentatives incessantes du Yétser Hara’ de faire fauter l’homme et d’empêcher son épanouissement : "J’ai créé le Yétser Hara’ et J’ai créé la Torah comme antidote" (Kiddouchin 30a). Grille de lecture des Dix paroles Notre Paracha nous présente donc les Dix paroles. Nos Sages nous proposent plusieurs grilles de lecture de ces commandements et notamment des deux tables qui les contiennent. Une première analyse consiste à voir dans la première table les commandements dédiés aux relations entre l’homme et D.ieu, alors

Supplément spécial Chabbath I n°176

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que ceux de la seconde table sont relatifs aux relations entre l’homme et son prochain. Une seconde analyse consiste à voir dans les trois premiers des commandements relatifs à D.ieu, dans les trois suivants des principes relatifs à la notion de "création" (de l’univers ou de l’homme), et dans les trois suivants les fondements de la société (mariage, respect de la propriété privée, justice) (Rav J. Sacks). Le dernier des 10 commandements est surprenant dans la mesure où il prétend réguler un domaine qui ne relève ni de l’action ni de la parole, mais des sentiments : "Tu ne convoiteras pas …" Or si on peut exiger de l’homme de contrôler ce qui est en son pouvoir, comment en revanche lui demander de dominer des émotions qu’il ne maîtrise pas ? Enfin, était-il si important, parmi l’éventail de tous les périls qui menacent l’homme, de placer dans le corpus des lois essentielles la jalousie qui ne représente finalement qu’un sentiment qui peut rester sans concrétisation matérielle ? L’envie, la jalousie… La Torah attire notre attention sur un écueil pernicieux qui naît dans le cœur de l’homme et parasite son existence, sa relation aux hommes et sa relation à D.ieu. En effet, l’esprit humain est porté naturellement à la comparaison avec autrui, regrettant de ne pas avoir ce qui lui échappe. L’homme a tendance à valoriser ce qu’il n’a pas et à sousestimer l’importance de ce qu’il possède. Or ce que l’homme ressent a un impact sur ce qu’il est et s’incarne dans ses paroles et dans ses actes. En outre, l’envie et la jalousie sont les principaux moteurs de la violence et de la haine entre les hommes. Aussi, la convoitise n’est pas une simple vue de l’esprit, elle contribue à détruire le psychisme de l’individu mais aussi sa relation aux autres. Ces éléments seraient suffisants pour justifier l’inscription de ce dixième commandement. Mais il y a plus. 14

L’envie et la jalousie traduisent une vision erronée de la vie. Tout se passe comme si l’homme considérait comme acquis et normal ce dont il dispose, et comme une anomalie injuste ce qui lui manque. Or, seul l’Eternel est susceptible d’appréhender l’ensemble des tenants et aboutissants d’une existence et, au-delà, de l’économie générale du monde et de l’univers. Chaque chose qu’un homme possède, chaque évènement qu’il vit a été précisément mesuré et adapté à ses besoins. Un seul mot : merci A quoi bon alors regarder ce que les autres possèdent ? Nous sommes au contraire invités à regarder toutes les richesses que nous possédons et dont Hachem nous a gratifiées, et à nous demander comment les exploiter au mieux. Une telle disposition fera jaillir dans le cœur de l’homme un sentiment de gratitude et il n’a plus qu’un seul mot à la bouche : "Merci !" C’est là l’une des clés de la foi juive : la gratitude. La racine même du mot "juif" (Yéhoudi) tire sa racine du remerciement et de la gratitude (Hodaa). Nous commençons la journée par cette petite prière mais ô combien significative : Modé Ani ("Je te remercie"). Rappelons-nous cet enseignement de Ben Zoma dans les Pirké Avot : "Qui est heureux ? Celui qui est heureux de ce qu’il possède". Le véritable bonheur ne réside ni dans l’accumulation des richesses, ni dans le fantasme d’obtenir ce qui nous manque, mais bien au contraire dans la capacité à être conscient de tout ce que nous possédons et à en concevoir une profonde gratitude pour Celui qui nous a tout donné. Cette disposition d’esprit est de nature à nous permettre de voir, avec l’aide d’Hachem, de nombreux miracles et des réussites que l’on ne soupçonnait pas ! Chabbath Chalom !

Magazine I n°176 Supplément spécial Chabbath I n°176

Jérôme Touboul


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Parachat Yitro

Chapitre 16, verset 26

•

précède la question

• La réponse est sur fond de couleur •

les indices précédés d’une bulle

•

Les remarques et commentaires sont en retrait Ainsi, le parent pourra directement visualiser les questions, les points essentiels à traiter, et les parties qu’il souhaitera développer avec l’enfant.

Dans ce Passouk, la Torah nous dit que les affaires difficiles étaient amenées devant Moché Rabbénou, et les petites affaires pouvaient être jugées par les nombreux juges qui avaient été nommés. Ceci a été mis en place suite à un conseil donné par Yitro, lorsqu’il a constaté que Moché Rabbénou jugeait seul toutes les affaires, du matin au soir, et que les gens devaient faire de longues queues avant de pouvoir enfin lui parler. Yitro a dit à Moché : “A ce rythme-là, tout le monde finira par être épuisé ! Il faut déléguer le pouvoir de juger à d’autres juges !” Et le conseil de Yitro a été écouté, mais pas entièrement. En effet, Yitro avait dit à Moché : “Les GRANDES affaires, ils les amèneront devant toi”. Et ici, nous lisons que c’était les affaires DIFFICILES qui étaient amenées à Moché Rabbénou. Quelle différence y a-t-il entre une grande affaire et une affaire difficile ? Du point de vue de Yitro, une grande affaire est une affaire dans laquelle les sommes contestées sont des fortunes ; et seul Moché Rabbénou est apte à la juger. Suite page suivante

AVOT OUBANIM

Yitro - n°107

Supplément spécial Chabbath I n°176

20 Janv. - 18 Chevat 5782

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Selon la Torah, une affaire concernant une pièce est toute aussi importante qu’une affaire qui concerne beaucoup d’argent. La différence réside dans la difficulté de l’affaire : • même lorsque cette dernière ne concerne qu’une seule pièce, il peut être difficile de la juger, s’il y a

des arguments des deux côtés ; • même lorsque cette dernière concerne beaucoup d’argent, il peut être facile de la juger. Moché Rabbénou (et, par la suite, les grands érudits en Torah) s’occupait donc des affaires difficiles, et déléguait à d’autres juges (moins érudits) les affaires faciles.

La Torah a donc accepté la proposition d’organisation de Yitro, tout en conservant sa spécificité à elle, qui consiste à classer les affaires selon leur niveau de difficulté, et pas selon le critère qui serait sans doute choisi par la plupart des gens : le montant de la somme d’argent qu’elle concerne.

Choul’han Aroukh, chapitre 90, Halakha 20

Le Choul’han ’Aroukh rapporte une Guemara (Brakhot page 8) qui dit qu’un homme doit rentrer une mesure de deux portes avant de prier. Qu’est-ce que cela signifie ? La Guemara parle ici de la distance qu’il faut parcourir à l’intérieur de la synagogue avant de s’asseoir. Cette distance correspond à 8 coudées, soit environ 80 cm. C’est une manière de dire qu’il ne faut pas s’asseoir juste à l’entrée de la synagogue, car cela donnerait l’impression qu’il est pénible d’y entrer, et qu’on en fait donc le minimum.

D’autres expliquent encore que c’est une image, et qu’on ne parle pas d’une distance, mais d’un certain temps. On veut dire qu’il ne faut pas commencer à prier immédiatement après être entré à la synagogue. Il faut attendre un certain temps (celui qu’il faut pour passer deux portes), pour pouvoir ensuite prier sereinement et avec concentration. Le Choul’han ’Aroukh conclut en disant qu’il faut tenir compte de toutes ces explications.

Le Choul’han ’Aroukh, dit que, d’après cette raison, celui qui a sa place fixe à l’entrée de la synagogue peut s’y asseoir sans problème. Car tout le monde sait qu’il s’y assoit parce que c’est sa place fixe, et pas parce qu’il n’a pas envie d’entrer à la synagogue.

C’est pourquoi, en résumé : 1. il ne faut pas rester prier juste à l’entrée de la synagogue (et à fortiori dans le vestibule qui mène à cette entrée). Il faut bien y entrer, pour montrer qu’il n’est pas pesant pour nous de s’y trouver ;

D’autres expliquent l’importance de ne pas s’asseoir à l’entrée de la synagogue par le fait qu’on serait alors tenté de voir ce qu’il se passe dans la rue, et on n’arriverait donc pas à se concentrer sur notre prière.

2. si l’entrée de la synagogue donne sur la rue et qu’on est tenté de voir ce qu’il s’y passe au lieu de se concentrer sur la prière, il ne faudra pas rester prier à l’entrée de la synagogue ;

Le Choul’han ’Aroukh, dit que d’après cette raison, si l’entrée de la synagogue ne donne pas sur la rue, on peut s’y asseoir sans problème.

3. il ne faut pas commencer à prier dès qu’on est assis, mais attendre un peu pour pouvoir “poser son esprit”.

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Voici une histoire extraordinaire, qui a été racontée sur la ligne téléphonique “Hachga’ha Pratit”. Une famille a commandé un taxi pour arriver à temps à un mariage de proches. Mais le taxi a beaucoup tardé, et la famille (et surtout la mère de famille) était donc très triste, persuadée d’avoir raté la ’Houpa… Le mari avait cependant, récemment écouté un cours sur le thème de “Kol Ma Déavid Ra’hmana Létav Avid (Tout ce qu’Hachem fait est pour le bien)”. Et il en parla à sa femme, pour l’aider à ne pas s’attrister. Lorsque le chauffeur a entendu ce que le mari disait, il lui a dit : “Si vous voyez les choses ainsi, je vais vous raconter mon histoire qui, elle aussi, montre à quel point tout est pour le bien : J’étais une fois dans une station de taxi à Jérusalem. J’espérais avoir des clients, mais il n’y en avait aucun… A ce moment-là, la centrale a demandé aux chauffeurs : “Qui est prêt à aller à Ramot pour une course ?” Ramot se trouvait à une dizaine de kilomètres de l’endroit où j’étais mais, puisque je n’avais de toute façon pas d’autres clients, j’ai accepté. Lorsque je suis arrivé à Ramot, j’ai vu les gens qui ont commandé le taxi monter dans un autre taxi, qui venait de passer. J’ai compris qu’ils avaient trouvé le temps trop long, qu’ils étaient montés dans le premier taxi qui s’était présenté à eux, et que ma course était donc annulée… J’étais brisé en pensant à ce qu’il m’arrivait : aucun client à la station de Jérusalem, tellement d’efforts pour venir à Ramot, pour finalement voir de mes propres yeux la course m’échapper… J’ai continué à rouler à Ramot, ne sachant pas trop

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Yitro - n°107

quoi faire… Soudain, deux personnes m’ont arrêté, et m’ont demandé de les amener en urgence à l’hôpital Cha’aré Tsédek. J’étais franchement content : enfin des clients et une belle course (puisque la distance jusqu’à l’hôpital était assez longue) ! En la faisant, j’avais, de plus, l’occasion de soulager leur peine et de les aider, et cela aussi me réjouissait ! Lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital, je les ai accompagnés jusqu’à l’accueil. Et à cet endroit, je me suis effondré… Je venais de faire une crise cardiaque ! Je ne souhaite à personne d’en faire une. Mais si déjà on en fait, le meilleur endroit pour la faire est le service des urgences d’un hôpital ! L’équipe médicale s’est immédiatement occupée de moi, et j’ai été sauvé. Les médecins m’ont révélé que je suis arrivé à l’hôpital dans un état grave, que je ne soupçonnais pas… Et si j’étais arrivé à l’hôpital quelques instants plus tard, ils n’auraient plus pu me prodiguer les soins nécessaires, car je serais déjà dans l’autre monde… Hachem avait préparé mon sauvetage depuis le début de l’après-midi. Et, à travers cet enchaînement d’événements (qui, au départ, m’attristaient), Il a mis en place tout le nécessaire pour me sauver la vie !” Cette magnifique histoire nous rappelle la Hachga’ha Pratit d’Hachem, c’est-à-dire le fait qu’il veille sur chacun d’entre nous à chaque instant, et dans les moindres détails.

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Question ’Haïm et Yehouda, deux camarades de classe, jouent dans la cour de récréation de l’école. ’Haïm joue au ballon et Yéhouda s’amuse avec sa voiture télécommandée. Yéhouda demande plusieurs fois à ’Haïm de ne pas jouer à côté de lui car le ballon risque de tomber sur sa voiture et de la casser. ’Haïm s’éloigne pour quelques instants mais revient après. Ce que Yéhouda craignait arrive : le ballon s’écrase sur sa voiture, la rendant inutilisable. Yéhouda demande alors à ’Haïm de la lui rembourser, mais ’Haïm lui dit qu’étant donné qu’il est juridiquement mineur

Est-ce que Haïm doit dédommager Yéhouda du dommage causé maintenant qu’il est majeur ?

A toi

(moins de 13 ans), il n’est pas responsable de ses actes. Yéhouda sait que ’Haïm a raison et accepte malgré lui. Un mois plus tard, ’Haïm fête sa Bar Mitsva et est donc alors juridiquement majeur. Yéhouda vient alors le voir et lui dit que maintenant, ayant atteint sa majorité, il doit lui rembourser la voiture. ’Haïm lui répond qu’il ne voit aucune logique à cela, et que s’il ne lui devait rien au moment du dommage il n’y a aucune raison qu’il lui doive maintenant quelque chose.   Baba Kama 87a “Hérech Choté Vékatan” jusqu’à la fin de la

!

phrase.

  Rambam Hovel Oumazik chapitre 4 alinea 20.   Hagaot Hachri (sur le Roch) Baba Kama chapitre 8 alinéa 9.   Taz, Ora’h ’Haïm chapitre 343 alinéa 2.

Réponse

Notre question fait l’objet d’une discussion entre les commentateurs. Selon le Rambam, même une fois majeur, il n’est pas dans l’obligation de rembourser les dommages causés quand il était mineur. Par contre, selon le Hagaot Hachri, son exemption n’est valable que tant qu’il est mineur ; par contre, une fois qu’il est majeur, il est obligé de rembourser les dommages causés. Le Taz, lui, est d’avis que bien que selon la loi stricte il n’y a pas d’obligation à cela, cependant celui qui veut se conduire au-delà de la stricte loi remboursera quand même les dommages causés quand il était mineur (et ainsi tranche le Michna Beroura chapitre 343,9).

en histoire

Le Gaon de Vilna nous enseigne : “On ne peut pas imaginer l’ampleur des souffrances et des malheurs qui frappent la personne même pour une seule parole malheureuse. Aucun mot n’est perdu, tout est consigné.” (Iguéret Hagra)

Le Cas de la semaine

Léa parle avec ses amies du papa de Sarah, qui étudie la Torah au Collel tous les jours à temps plein. “Il étudie la Torah tous les jours pendant trois heures.”

Question

Chmirat Halachone

Léa tient-elle des propos relevant du Lachon Hara en parlant du papa de Sarah de cette façon ?

Réponse

Oui, les propos de Léa sont bien assimilables à du Lachon Hara. Sachant que le papa de Sarah est un Collelman, dire de lui qu’il n’étudie que trois heures par jour, que l’information soit vraie ou fausse, n’est guère valorisant.

Responsable de la publication : David Choukroun Rédaction : Rav Eliahou Uzan, Rav Elh’anan Moche Smietanski, Alexandre Rosemblum

+972 54 679 75 77

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AVOT OUBANIM

spécial Chabbath I n°176 Yitro -Supplément n°107

Retranscription : Léa Marciano

avotoubanim@torah-box.com

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"Papa m’est apparu en rêve et a étudié la Guémara avec moi" Yaïr et Ariel se rendaient tous les jours de Kiriat Ono à Péta’h Tikva et adoptèrent un mode de vie orthodoxe. La transition s’était effectuée facilement, ils excellaient dans leurs études. Mais lorsqu’ils commencèrent l’étude de la Guémara, Ariel eut des difficultés…

L’histoire s’est déroulée il y a 35 ans, lorsque les jumeaux Yaïr et Ariel sont arrivés à l’école Chéérit Israël après avoir quitté leur école laïque. Derrière ce changement d’établissement scolaire, se dessinait une tragédie familiale survenue quelques mois plus tôt, alors que la famille était en vacances aux États-Unis. Un grand malheur – et un grand miracle C’était une famille heureuse, un couple de parents, des jumeaux âgés de 8 ans et demi, et une petite fille de 2 ans et demi. L’excursion avait été soigneusement planifiée. Ce qui n’avait pas été prévu, c’est la grande quantité de neige et les conditions de visibilité réduites. A l’un des virages, la catastrophe se produisit. Les membres de la famille perdirent connaissance un court moment. La mère fut la première à se réveiller. Elle était sérieusement blessée, mais pensa immédiatement aux autres membres de la famille. Elle lança un regard en direction de son mari. Il n’était pas à sa place. Elle appela ses enfants par leur nom à plusieurs reprises. Ils répondirent les uns après les autres. "Où est papa ?", demandèrent les enfants. "Il est certainement parti prévenir les secours", répondit la maman, bien que son cœur lui indiquât le contraire.

Soudain, elle aperçut son mari gisant inerte, sans vie. D’un côté, un grand malheur, et d’un autre côté, un grand miracle, inexplicable. Puis les secours affluèrent vers le lieu de l’accident. Ils sauvèrent la mère, grièvement blessée, prirent le corps du père et s’occupèrent des trois enfants, sains et saufs. La mère lutta pour guérir pendant plusieurs mois. Pendant ce temps, son père et son frère vinrent s’occuper des enfants. Pendant sa longue hospitalisation, une transformation eut lieu chez la mère. D’un côté, elle avait vécu un grand malheur, la perte de son mari dans la fleur de l’âge, mais, d’un autre côté, elle avait vécu un grand miracle et elle comprit qu’elle devait opérer un changement. Grâce à D.ieu, elle guérit, retourna avec sa famille en Erets Israël et commença à se rapprocher du judaïsme. Elle fit passer ses enfants à l’école Chéérit Israël de Péta’h Tikva. L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais en réalité, ici commence une incroyable histoire. Des difficultés avec la Guémara Yaïr et Ariel se rendaient tous les jours de Kiriat Ono à Péta’h Tikva et adoptèrent en tous points un mode de vie orthodoxe. La transition

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s’était effectuée facilement, ils excellaient dans leurs études. Mais lorsqu’ils commencèrent l’étude de la Guémara, Ariel eut des difficultés. Ariel faisait l’effort d’écouter pour comprendre, mais rien n’y fit, et la veille du premier examen de Guémara, il annonça à sa mère qu’il ne voulait pas aller à l’école. Sa mère décida de ne pas le forcer, elle lui proposa de rester à la maison, elle se renseignerait de son côté pour trouver une solution à ce problème. Ariel alla se coucher en sachant que le lendemain, il resterait à la maison, mais il se réveilla le lendemain dans un tout autre état d’esprit. Sa mère le vit habillé, son sac sur le dos, et elle lui demanda : "Que s’est-il passé, Ariel ? Tu voulais rester à la maison !" Ariel répondit : "C’est vrai, mais il s’est passé quelque chose cette nuit." Ariel se mit à raconter un récit incroyable. Etude nocturne

L’enseignant téléphona plus tard à la mère d’Ariel, pour lui annoncer les excellents résultats de son fils. "Dites-moi, demanda-t-il, quelqu’un a étudié avec lui ?" A sa grande surprise, il entendit des pleurs à l’autre bout du fil. "Vous ne croirez pas si je vous dis qui a étudié avec lui. Son père lui est apparu en rêve et a étudié avec lui. Vous ne me croyez pas, n’est-ce pas ? Je vous conseille de lui parler." "Les actions des pères sont un signe pour leur descendance" L’enseignant appela donc Ariel et lui demanda des explications. Ariel détailla précisément de quoi son père avait l’air et comment il lui avait enseigné le sujet.

Je lui ai répondu : 'Mais Papa, tu ne connais pas la Guémara, comment pourrais-tu étudier avec moi ?’

Beaucoup d’entre nous avons des parents qui ont quitté ce monde et nous comprenons le sens de ces propos. Bien qu’on nous ait éduqués à l’idée que nos actes ont un sens ici et dans l’Au-delà, nous n’avons jamais eu sous nos yeux la preuve vivante de cette idée.

Et Papa m’a répondu : ‘C’est vrai, mais grâce à toi et à ton frère Yaïr, j’ai le privilège de me trouver au paradis, et tout ce que vous étudiez, je l’étudie aussi. C’est pourquoi je peux te l’enseigner.’

La fin de l’histoire : la mère se remaria et la famille déménagea de Kiriat Ono à Ramat El’hanan à Bné Brak. Ariel et Yaïr grandirent, se marièrent, et ils sont aujourd’hui de remarquables Avrékhim.

"Papa m’est apparu en rêve. Il portait une barbe et m’a dit : ‘Je vais étudier la Guémara avec toi.’

C’est ce qu’il s’est passé, raconta Ariel. Toute la nuit, Papa a étudié avec moi, et je pense connaître toute la matière, je peux passer mon contrôle." La mère le regarda, abasourdie. "Papa m’a transmis aussi quelque chose, ajouta Ariel. ‘Dis à maman que la voie qu’elle a choisie est excellente, et qu’elle continue à éduquer les enfants dans cette voie.’" 20 20

La mère éclata en pleurs. D’un côté, elle redoutait beaucoup qu’Ariel aille à l’examen et bute finalement sur des difficultés. Mais Ariel était si déterminé qu’elle le laissa partir. Il passa son contrôle, il connaissait parfaitement bien le sujet.

C’est une histoire essentielle, qui illustre le lien entre ce monde-ci et le monde à venir, et encourage chacun d’entre nous à procurer de la satisfaction à notre Père céleste ainsi qu’à nos parents décédés et montés au Ciel. Nous savions que "les actions des pères sont un signe pour leur descendance", mais aujourd’hui, nous savons désormais que les actes des fils sont un signe pour leurs parents.

Supplément spécial Chabbath I n°176

Equipe Torah-Box


COMMUNAUTÉ

Visite aux malades by Torah-Box : "Des gens reliés à des tuyaux chantent, dansent et explosent de joie !" Si vous suivez l’actualité Torah-Box, les récentes vidéos montrant l’équipe– restreinte pour cause de covid – rendant visite à des malades ne vont ont probablement pas échappées… Entretien avec Déborah Bitton, qui chapeaute ce merveilleux projet. Déborah Chalom, nous avons vu ces derniers jours des vidéos extrêmement émouvantes où l’on aperçoit l’équipe Torah-Box réjouir des malades. De quoi s’agit-il exactement ? Chaque vendredi, une équipe composée de 4 personnes (à cause des restrictions sanitaires) se rend à l’hôpital de Cha’aré Tsédek de Jérusalem pour rendre visite et réjouir les malades, notamment les plus isolés. Nous leur parlons, nous occupons d’eux, leur chantons des chants du Chabbath et leur déposons un petit cadeau. A chaque fois, il s’agit d’un moment inoubliable pour eux comme pour nous. Effectivement, cela apparait clairement à travers les vidéos… Qui compose votre commando ? Rav Naccache apporte soutien et réconfort aux malades comme s’il s’agissait de membres 22

Magazine I n°176

de sa propre famille. Plusieurs fois, il m’est arrivé de penser qu’il connaissait les malades personnellement, tant sa sollicitude et sa compassion sont grandes, mais non, c’était la première fois qu’il les rencontrait ! Notre guitariste Yoël et Noam Abiton entonnent quant à eux des chants de Chabbath avec un enthousiasme et une Sim’ha sans pareille. Même des personnes âgées, des malades reliés à des tuyaux en soins intensifs se mettent à danser, à taper des mains, c’est incroyable. Il faut le voir pour le comprendre. Comment l’idée de venir rendre visite avant Chabbath aux malades vous est-elle venue ? A plusieurs reprises au cours des dernières années, Torah-Box a effectué des visites aux malades. Or le vendredi, nous nous sommes aperçus que les visites sont rares et que


pratiquement aucun bénévole ne se déplace, surtout en hiver où Chabbath rentre tôt. Certains malades se retrouvent donc complètement seuls à l’approche du Chabbath. C’est précisément là que l’équipe a décelé un réel besoin, besoin qui s’est encore amplifié avec l’apparition du covid et son lot de malades isolés. Pour ceux-là, vous ne pouvez certainement rien faire, vu les conditions très strictes d’admission au sein des unités corona des hôpitaux. C’est mal connaître Torah-Box ! (rires). Vendredi dernier, nous avons voulu rendre

Torah-Box en France pour un Chabbath à Gressy version 2.0 ! Torah-Box a profité d’une légère accalmie des restrictions sanitaires pour organiser une 2nde édition du fameux Chabbath au manoir de Gressy ! Au total, ce sont 180 personnes – familles, couples, célibataires – qui auront profité d’un Chabbath inoubliable animé par l’infatigable Lionel Robine, les Rabbanim Sadin & Benchetrit et le thérapeute de couple Albert Elkrief. Au programme : cours, repas, chants, Tisch et pour clôturer le tout, un Mélavé Malka avec danses et jeux pour une Sim’ha débordante une ambiance inoubliable. On notera la présence exceptionnelle de membres de la communauté de sourds Beth Siman qui ont même remporté la finale de Question pour 1 Tsadik !

visite à un francophone de Jérusalem hospitalisé en unité de soins covid. Avec l’équipe médicale, nous avons eu l’idée de le réjouir via Facetime : nos chants, danses, rires ont su lui insuffler des forces renouvelées à l’approche du Chabbath ! Merci Déborah et souhaitons à ce merveilleux projet de pouvoir encore se développer à travers toute la capitale et pourquoi pas, à travers tout le pays ! Pour participer : +972 53 34 53 960 https://www.torah-box.com/tsedek

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

Rav Shimon Gobert à Marseille pour 5 jours de Torah intensifs ! Quelque 600 Juifs issus des communautés de Marseille & alentours ont pu profiter d’une semaine riche en Torah avec la venue exceptionnelle du Rav Shimon Gobert, accompagné de Lionel Robine. 5 jours durant lesquels ils ont inlassablement parcouru les synagogues et les écoles pour y apporter de la Torahet de la chaleur. Et fidèles à leur habitude, les Marseillais ne sont pas restés redevables, déversant sur l’équipe Torah-Box leur gentillesse, leur hospitalité mais aussi leur gratitude. "Grâce aux cours pleins de dynamisme du Rav Gobert, on a senti les gens heureux et revigorés. Ils en redemandent et nous supplient de revenir !", explique Lionel Robine, qui a organisé le séjour. Magazine I n°176

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ÉDUCATION FAMILLE

Mon enfant me parle mal !

ÉDUCATION FEMMES COUPLE

Hachem nous confie un enfant en en dépôt, afin que nous prenions soin de lui. Puis, un frère ou une sœur, et encore un autre. Chaque enfant doit savoir qu’il doit du respect à son aîné. Et par-dessus tout à ses parents.

Au cours des différentes conversations avec des mamans à propos des soucis qu’elles rencontrent avec leurs enfants, j’ai relevé un point que je souhaite partager avec vous. Les mamans me téléphonent pour me dire, l’une que ses enfants sont toujours excités, l’autre que son fils n’est jamais content quoi qu’il reçoive, une troisième que son ado a reçu un avertissement de l’école. Bref, des questions classiques. Mais bien souvent, le fait que l’enfant réponde à sa maman n’est pas relevé. Un petit de 3 ans qui pointe le doigt vers sa maman et lui dit "me coupe pas la parole", c’est mignon et cela prête à rire, mais à 5 ans, cela peut devenir "tu me soules !", et à 12 ans "t’es une menteuse". Ces exemples sont des témoignages réels, pris parmi tant d’autres afin d’analyser puis de résoudre le problème. Essayons de comprendre pourquoi ces faits ne sont pas relevés et pourquoi ils sont importants à traiter. Ensuite, nous expliquerons comment parvenir à ce que nos enfants s’adressent à nous correctement, tant sur le fond que sur la forme. Mon but à l’instant T Les parents vivent des situations qui, bien qu’étant normales, sont parfois difficiles à appréhender : lever et coucher difficiles, disputes entre frères et sœurs, chambre en désordre, etc. Vous vous reconnaissez toutes ! Lorsque nous tentons de résoudre l’une de ces situations, notre seule préoccupation est d’arriver à résoudre CE point-là. Voilà pourquoi, lorsque l’enfant nous parle mal, cela nous dérange certes, mais ce n’est pas là le but du moment et nous le mettons de côté. Voilà pourquoi aussi c’est souvent au détour 24

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d’une conversation que la maman me dira que son enfant lui manque de respect. Par ailleurs, nous vivons dans un monde où la façon de s’exprimer est dénaturée, le sens du respect galvaudé, de telle sorte que nous ne nous rendons même plus compte qu’il y a un manquement dans la façon dont nos enfants s’adressent à nous. Pourtant, en agissant de la sorte, nous passons à côté de conduites qui peuvent devenir graves, car un enfant qui parle mal à ses parents risque de leur tourner le dos à 18 ans, ‘Hass Véchalom ! D’une part, il convient de résoudre les problèmes sans engendrer de conflits. C’està-dire de façon ferme et gentille car sinon, l’animosité entraine les écarts de langage. D’autre part, notre objectif de résoudre un problème ponctuel (comme celui des disputes) ne doit pas reléguer au second plan un comportement insolent de mon enfant. Le problème que nous tentons de résoudre aujourd’hui en regroupe en fait 2 : le fait qu’un enfant s’exprime mal, et que ce soit envers ses parents. C’est sur ce deuxième point que je souhaite m’attarder. La hiérarchie, dans le peuple juif comme à la maison La Torah nous montre une hiérarchie, une pyramide, tout en haut de laquelle se trouve Hakadoch Baroukh Hou, qui est E’had, Un. Hachem a envoyé des émissaires pour transmettre Ses commandements : Moché Rabbénou, qui a dirigé le peuple juif, puis Yéhochou’a, et ainsi de suite. Pour diffuser la Torah et guider le Klal Israël, nous avons les Guédolim, les grands Rabbanim. Plus bas dans la pyramide, les Rabbanim de notre quotidien à qui nous pouvons poser nos questions.


Nos enfants doivent avoir conscience de cette hiérarchie. Elle existe aussi au sein de la famille. Hachem nous confie un enfant en dépôt, afin que nous prenions soin de lui. Puis, un frère ou une sœur, et encore un autre. Chaque enfant doit savoir qu’il doit du respect à son aîné. Et par-dessus tout à ses parents. Laisser un enfant mal nous parler, c’est lui dire de façon implicite qu’il a le droit de ne pas nous respecter. C’est le laisser enfreindre un des 10 commandements qu’Hachem nous a donnés directement. Rav Matitiyahou Salomon, un des Grands de notre génération, directeur spirituel de la Yéchiva de Lakewood aux Etats-Unis, réprime avec vigueur le fait que les parents, au nom d’une soi-disant proximité avec les enfants, ne demandent pas le respect qui leur est dû. Attention, le respect ne vient en aucun cas réduire la proximité avec nos enfants. Au contraire, elle la place dans un schéma plus protecteur. "Je suis très proche de mon papa et de ma maman, et je sais qu’ils me protègent et savent ce qui est bien pour moi. Je les admire pour cela." Un copain l’est pour un mois, un an, peut-être plus, mais rarement pour la vie. Un papa, une maman sont un rocher pour toujours. Attention, le parent doit aussi respecter son enfant. Le Kavod Habriot (respect des créatures) est une des bases de notre Torah. Hachem a demandé conseil aux anges avant de créer le monde. C’est une marque de Kavod, mais cela ne remet bien entendu pas en cause la position suprême d’Hakadoch Baroukh Hou ! Reconstituer la pyramide Alors, concrètement comment faire si mon enfant me parle mal ou fait preuve d’insolence ? Tout d’abord, ne pas m’emporter pour autant, lui parler toujours gentiment, sinon, je lui montre moi-même une attitude que je réprime. Ensuite, bien lui expliquer : "Ce n’est pas une façon de parler à sa maman (ou son papa),

JAMAIS un enfant ne doit s’exprimer ainsi. Je ne suis pas ta copine, je suis ta maman, c’est mieux ! Même à tes amis tu ne dois pas parler comme cela, alors encore moins à tes grands frères ou sœurs, encore moins aux adultes, à tes professeurs, aux Rabbanim". Vous pouvez lui dire gentiment et fermement, en le regardant droit dans les yeux : "C’est grave de manquer de respect à papa ou maman". Ainsi, vous lui reconstituez la pyramide. Cela ne va pas le frustrer mais au contraire, le rassurer ! Il faut terminer sur une note positive, avec un ton plus doux : "Cela a dû t’échapper, je suis sûre que ça ne se reproduira pas !" En faisant attention à ce que la façon de s’exprimer dans la maison soit agréable et respectueuse, j’instaure un climat dans lequel chacun trouve sa place et peut s’épanouir. Béhatsla’ha !

‘Haya Esther Smietanski

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Pose ta question, un rabbin répond !

Mon lapin a le covid, lui donner des médicaments Chabbath ? Mon lapin est malade, puis-je lui donner ses médicaments durant Chabbath ? Il faut les mélanger à l’un de ses aliments. Réponse de Rav Gabriel Dayan 1. Durant Chabbath, il n’est pas interdit de donner des médicaments à son animal. Les détails concernant l’administration de médicaments concernent uniquement les êtres humains et non les animaux (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 332, 3 ; Michna Broura passage 5 ; Piské Techouvot 332, 2). 2. Il est à noter que, durant Chabbath, tous les animaux sont Mouktsé. Donc il est interdit de les porter ou de les caresser, même s’il s’agit d’animaux domestiques (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 308, 39). 3. Si le lapin est souffrant, il est permis de lui faire avaler le médicament sans le soulever entièrement. Michna Broura 308, 151 et 305, 70).

Ouvrir une bouteille ou un paquet le Chabbath En ce qui concerne le fait d’ouvrir des bouteilles et des paquets le Chabbath, je suis un peu perdue. Y a-t-il des avis qui permettent de tout ouvrir, même les bouteilles en verre ? Ou a priori doit-on tout ouvrir et a posteriori il n’est permis d’ouvrir qu’en détériorant la bouteille en verre, le paquet ? Réponse de Rav Emmanuel Bensimon Le Choul’han ‘Aroukh (Hilkhot Chabbath 314, 8) permet de déchirer un panier en osier contenant des dattes pour les manger Chabbath. De cette Halakha, la majorité des décisionnaires permettent d’ouvrir tous les paquets contenant de la nourriture que l’on souhaite manger le Chabbath. Le Rav ‘Ovadia Yossef (Yalkout Yossef 2 p.521) permet d’ouvrir tous les paquets, en particulier lorsqu’on le fait en les détériorant. Le ‘Hafets ‘Haïm (Michna Broura 314, 25) permet également de déchirer le paquet en le détériorant. Pour les bouteilles en verre (jus de raisin...), il y a différents avis : il est méritoire de les ouvrir avant Chabbath, mais sinon on peut les ouvrir directement pendant Chabbath (Yalkout YossefII p.517). Conclusion : 1. Pour les paquets de nourriture : vous pouvez les ouvrir directement pendant Chabbath, si possible en détériorant l’emballage. Pour les Ashkénazes, il faut impérativement détériorer l’emballage. 2. Pour les bouteilles en plastique ou bouteilles de vin : vous pouvez les ouvrir directement pendant Chabbath. 3. Pour les bouteilles en verre : de préférence les ouvrir avant Chabbath mais sinon, on peut s’appuyer sur les avis permettant de les ouvrir avant Chabbath. Pour les Ashkénazes, il faut se montrer plus strict et les ouvrir avant Chabbath.

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Apprendre la Torah en Côte d’Ivoire Puis-je avoir un contact ici en Côte d’Ivoire pour apprendre la Torah ? Réponse de Binyamin Benhamou Aucune synagogue fiable ne nous est connue en Côte d’Ivoire. Il faut également faire attention à ce qui est appelé là-bas "synagogue", ce sont parfois des lieux tenus par des pasteurs qui n’ont rien à voir avec le judaïsme. En revanche, le lieu de Torah le plus proche pour vous se situe au Ghana, dirigé par Rabbi Israël Noa’h Majesky. Son téléphone est le +233-54-3290055. Voici le site Internet de leur communauté : www.jewishghana.org

Appeler son fils "Yitro" Peut-on appeler son fils Yitro ? Je ne vois pas le problème en soi vu qu’il est converti, que c’est le père de Tsipora et que c’était un sage, mais je ne connais personne qui porte ce prénom… Réponse de Rav Gabriel Dayan Yitro avait sept noms : Ré’ouel ("l’ami d’Hachem"), Yéter, Yitro, ‘Hovav ("qui a aimé la Torah"), Héver, Kéni, Poutiel ("qui a engraissé des veaux pour en faire des sacrifices idolâtres") (voir Rachi sur Chémot 18, 1). De nombreux décisionnaires pensent qu’il est possible d’attribuer les prénoms ‘Hovav et Ré’ouel, étant donné qu’ils ont une connotation positive. Par contre, les prénoms Yitro et Yéter font allusion à sa situation alors qu’il était idolâtre (la lettre Vav de Yitro a été ajoutée à son prénom Yéter, après sa conversion), c’est pourquoi ils sont à éviter. Dans les communautés tunisiennes, il est habituel d’attribuer le prénom Yitro (Véyikaré Chémo Béisraël p. 161 et 325).

Halakhot à connaître en vue d’un Chiddoukh J’aimerais savoir s’il y a des Halakhot particulières à savoir lors d’un Chiddoukh avec un Ba’hour Yéchiva, mis à part les Halakhot de Yi’houd ? Réponse de Rav Avner Ittah Il n’y a pas de Halakhot particulières mais des manières de faire (Hanhagot), comme par exemple : - ne pas aller dans des endroits obscurs ou peu fréquentés - ne pas faire des entrevues trop longues (2h30 maximum) - ne pas être trop familiers l’un envers l’autre - être en contact avec un Rav qui peut vous guider pendant le Chiddoukh à prendre les bonnes décisions. Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...

Une équipe de Rabbanim répond à vos questions (halakha, judaïsme) du matin au soir, selon vos coutumes :

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HISTOIRE A SUIVRE Chronique d’une famille presque comme les autres Chapitre 5 : La rencontre avec Né’hama Chaque semaine, Déborah Malka-Cohen vous fait découvrir les aventures passionnantes et intrigantes d’une famille… presque comme les autres ! Entre passé et présent, liens filiaux et Téchouva… Dans l’épisode précédent : Arrivée à l’hôtel BeauRivage des Alpes d’Huez, Myriam réalise avec effroi que le couple qui discute derrière elle n’est autre que… celui de ses parents ! Peu préparée à une telle rencontre après 12 ans de rupture, Myriam est totalement déstabilisée. Elle se remémore ses premiers pas dans la Téchouva…

Je venais tout juste de recevoir les résultats de mon Brevet. Pour me récompenser de l’avoir obtenu, j’avais eu l’accord de mes parents pour partir avec mes cousines pour les grandes vacances. Elles s’étaient inscrites auprès d’un organisme juif pour découvrir des endroits inédits d’Israël, peu connus des touristes. Avant de partir pour ces trois semaines pleines d’aventures, je connaissais Israël davantage pour ses plages, sa nourriture, ses longues promenades sur la Tayélèt de Tel-Aviv et pour déguster une bonne glace italienne sous de grosses chaleurs. Avec le groupe, j’ai découvert un tout autre aspect de notre pays, avec un gros bonus auquel je ne m’attendais pas du tout : l’histoire de notre peuple, qui est mon histoire avant tout. Ce qui m’avait le plus marquée lors de ces trois semaines hors du temps, c’était ce fameux Chabbath en plein Jérusalem en immersion totale dans une famille 'Hassidique. On nous avait placées par groupe de deux ou trois filles par famille dans des appartements d’apparence exiguë. La maman qui nous avait reçues venait de Montréal, Né’hama, et parlait très bien français. Moi qui avais une image des religieux et de leur milieu, comment dire… peu glorieuse, je me suis retrouvée face à une femme coquette et distinguée, qui me servait un plat original 28

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qu’elle avait appris à cuisiner auprès des sœurs de son mari. Le vendredi soir, une fois que nous avions tous fini de manger, Né’hama nous proposa une petite promenade digestive. J’étais assez étonnée de cette proposition, étant donné qu’elle venait de recevoir une douzaine de personnes en plus de sa famille à elle ! Nullement fatiguée, elle avait insisté pour nous montrer, en compagnie de quelques-unes de ses filles, des petites rues de la vieille ville de Jérusalem dont seuls les locaux ont connaissance. Le lendemain matin, j’avais bien évidemment été au Kotel où, pour la première fois depuis que j’avais quitté le Talmud Torah, j’avais ouvert un livre de prière. Il était clair que je n’avais jamais été encline à la Téfila ni au port de la jupe. Pour moi, à cette époque, je ne me sentais absolument pas concernée. Dans l’après-midi, contrairement au reste du groupe, j’avais préféré rester auprès de notre hôtesse. Tout en jetant des rapides coups d’œil à son petit dernier et en me faisant la conversation, elle m’avait servi un thé avec des gâteaux délicieux. Je ne savais pas si c’était le goût des biscuits, l’atmosphère paisible qui régnait sur ce petit balcon, ou bien la vue époustouflante du quartier sur les rues dallées de pierres de Jérusalem, mais je me sentais bien. Pourtant j’étais si jeune ! Je n’avais pas de soucis majeurs, mis à part mes tracas d’adolescente. J’avais mes parents, mes grands frères, un confort matériel des plus agréables dans notre appartement parisien et pourtant, je n’aspirais qu’à rester assise à écouter cette femme pleine de vie. Au fil de notre discussion, Né’hama m’était apparue comme une personne pragmatique,


pleine de caractère, mais aussi une mère poule attentive aux besoins de chacun et même des miens ! Alors que je n’étais même pas sa fille ! Je n’étais qu’une étrangère de passage dans sa vie et pourtant elle avait écouté mes remarques, me donnant le sentiment que mes confidences étaient importantes. En ayant conscience du milieu différent duquel je venais, à bien des égards, elle s’était montrée très ouverte et respectueuse. J’avais été surprise qu’elle ne me juge pas, car moi, avant même de la connaître, je l’avais jugée ! Je l’avais mise dans une sorte de bocal qui disait : femme religieuse, barbante, va vouloir me faire la morale, à fuir de toute urgence ! Je venais d’un milieu dit moderne, pourtant j’avais eu ce réflexe archaïque de mettre tout le monde dans le même panier. À la fin du Chabbath, Né’hama représentait à mes yeux une sorte de superwoman 'Hassidique qui arrivait à concilier travail et famille nombreuse. D’ailleurs, elle s’était rappelée

en riant, la fois où, alors qu’elle traînait sa marmaille dans une poussette triple qu’elle appelait son " tchou-tchou-train ", des voisines l’avaient arrêtée pour lui dire : “Vous savez qu’on vous admire ? – Pourquoi donc ?” demanda-t-elle. Pour Né’hama, rien n’était plus naturel que d’avoir ses enfants autour d’elle et d’avoir la grande chance de s’en occuper. Ce qui m’avait grandement déstabilisée, c’est qu’au fil de la conversation, elle disait tout ce qu’elle pensait, sans chichis, sans fard. Cette douce franchise faisait voler en éclats mon idée reçue sur la femme religieuse orthodoxe, totalement soumise et apeurée que je m’étais construite dans mon imagination. De retour à Paris, je savais exactement ce que je voulais faire plus tard : devenir Né’hama.

Déborah Malka-Cohen

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RECETTE Brisket de bœuf tendre au four Une savoureuse recette de poitrine de bœuf cuite au four lentement, avec sa marinade savamment acidulée… Pour 8 personnes Temps de préparation : 15 min + 4h de repos

Difficulté : Facile Temps de cuisson : 6h

Ingrédients Réalisation

  2 kg de poitrine de bœuf

Pour la marinade :   ¼ de verre d’huile d’olive   4 c. à soupe de miel de dattes   1 verre de bon vin rouge   1 c. à soupe de poudre d’ail   2 oignons émincés   1 c. à café de sel   1 c. à soupe de paprika

- Commencez par préparer la marinade. Dans un petit bol, mélangez tous les ingrédients de la marinade. Versez-la dans un sac de cuisson. - Mettez-y la poitrine de bœuf et enduisez-la bien de marinade. Réfrigérez pour au moins 4h, idéalement toute une nuit. - Mettez la poitrine avec la marinade dans un plat allant au four. Recouvrez de papier aluminium et enfournez à 135°C. Laissez cuire environ 6h. - Une fois la cuisson terminée, sortez la viande du four et laissez-la reposer 1h. - Avant de servir chaud ou froid, découpez la viande en tranches fines à contre-fibres. Servez avec du riz, des tagliatelles ou des légumes. Bon appétit !

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Les délicatesses de Murielle by Murielle Benainous


Perle de la semaine par

"Construire un foyer juif, c'est non seulement se soucier de ceux qui y vivent, mais aussi de toute personne qui y entre." (Rav Yigal Avraham)


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