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APPENDICE LA P H IL O S O P H IE DU LA N G A G E , par Albert Dauzat, docteur és lettres, chargé de cours á i’École Pratique des Hautes Études. — París, E. Flamma-
rion, 1917. — On peut lire dans cet important et intéressant ouvrage scientifique que «Les objets sont désignés» dans le langage «á l’aide d’images qui évoquent l’un de leurs aspects les plus frappants»... «L’inventeur... qui a baptisé la bicyclette» (petite machine á deux roues) «a procédé exactement comme les Gallo-Romains qui on dénommé la béroueíte. Aujourd’hui brouetie. Le mot désignait á l’origine une chaise á porteur á deux roues.» En lisant, entre autres, les pages 27 et 37 de les Causeries Brouettiques, et les chapitres vil, viii et ix de leur Premiére Partie et B vi de leur Supplément, on se rendra compte, pensons-nous, de la valeur historique et étymologique des affirmations de ce texte. Nous croyons démontrer dans notre essai que la dénommination de broueite vient, au véhicule ainsi appelé, par synecdoche, et, précisément, du fait caractéristique de sa roue unique et parce que «l’aspect» de son monocyclisme est «frappant»; mais que le B de la syllabe Brou du mot B ro u ette n’a aucun rapport avec le B du mot latin, Bis, deux.
INDICATIONS TABLE des matiéres de la Premiére et de la Seconde Partie (Mythologie, Histoire, Littérature, Art, Sport). De la page 256 á la page 263. (Rossini, Le Barbier de Séville et la brouette.Page 190.) CONCLUSION. — P. 48. TABLE synoptique ou guide de l’ouvrage et autres tables: De la page LXXVIIl á la page LXXXVI du Supplément. EXPLICATION DU siGN
O: Pages 254 et 265-266. *
E rreur TECHNIQUE. P r e u v e s DE SON EXTENSION.
IIP Partie. Du n° 73 au n° 103.
P a s c a l e t l a b r o u e t t e . Pages 17, 18, 232 á 238.
Partie IV«, n° 230 et Supplément
A 111, LXIX et LXXIII. La
brouette
c h in o is e .
Partie IV^. Du n° 232 au n° 250.
B r o u e t t e d ’é t u d e e t d e d é m o n s t r a t io n : du paragraphe 252 doit étre redressée.
Pargraphe 252 ti Supplément'D, XXL (La ¡mage
PAGiNATION Une partie de ce livre est paginée de 1 á 267.—Dans la suivante la numération des paragraphes (de 1 á 252) remplace celle des pages.— Le Supplément est ordenné alphabétiquement, mais les lettres (de A á Z) y sont suivies du chiffre romain correspondant á chaqué page (de 1 á LXXXVI).
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HOMMAGE A S. M. LA REINE CHRISTINE
CAUSERIES BROUETTIQUES Notes, croquis, schémes, dessins pour un traité hlstorlque, bibliographique, étymologique, philologique, théorique, comparatif, technique, p h ilo s o p h iq u e ,
poétique, artistique,
critique, sportif tourismique et pittoresque
de
LA B R O U E T T E
536
933
PAGES
FIGURES
K LE PRINCE DE GALLES BROUETTE A MALTE PAR LORD MOUNTBATTEN. VOYAGE DE S. A. AUTOUR DU MONDE.
D'aprés une photogravure publié dans The Tatlerá\x 16nov. 1921. Le cliciié original appartient au Central News¡ de Londres,
(V. Gymkhamas brouettiques, ps. 213, 218 et n° 240.)
^ I
I bis.
Aprés rimpresion de sa premiére partie, faite par les imprimeurs Blass et Cié, ce livre a été imprimé, á M a d r id , simultanement, par tranches, dans les imprimeries; Artes gráficas, Asilo del Sagrado Corazón, Blass y C.®, Marzo, Maten, Reus et Su cesores de Rivadeneyra.
(Un livre écrit en frangais, dont I’auteur nest pas frangais, est-il frangais?)
TOUS DROITS RÉSERVÉS
'II
Duplessis-Bartaux.--Ce«í su/efe divers.—{V. IVe Partie n»» 125.*, ¡27.')
(Ce recueil porte en tete ou au pied de chaqué page un résumé du texte de celle-cl. La lectüre préliminaire de cet extrait, prépare, croyons-nous, et rend plus facile et claire celle de ce texte. Cette lecture préliminaire permet aussi á la personne qui les feuillette de sauter, en connaissance de cause et sans perte de temps, les pages dont le sujet ne l’intóresse pas.)
POST
SCRlPTUM
Nous disons implicitement, á la pagé 267 de ces Causeries, pourquoi ce livre a deux frontispices oú sont Inscrites deux dates différentes. Cette page-ci, les précédentes et celles ásla. Deuxíéme Partie et du SupplementontétémpúméQS en 1923-1924. La Premiére Partie avait été sous presse de 1914 á 1915. Plusieurs personnes nous ont déjá demandé, d’autres voudront peut-étre savoir aussi, pour quelle raison l’une des colonnes de chaqué page est plus large que l’autre dans la Pre miére Partie de ces Causeries. Leur auteur imagina cette ordonnance pour mieux utiliser la superficie des pages; les plus grandes gravures devant occuper la plus ampie des deux colon nes. Comme l’égalité de celles-ci rend un peu plus facile á l’imprimeur la composition, dans notre'háte d’eu finir, en méme temps que nous distribuámes des tranches de la seconde par-
II bis.
tie et du suplément de notre manuscrit entre sept imprimeries, nous renongámes aux colonnes de différente largeur. Le manque d’unité de la forme et la variété et dissemblance du type des caractéres n’a pas d’importance et ne saurait nuire á cet ouvrage, nous sommes nous dit; car, aprés tout, aucune des pages d’un llvre n’est pareille á une autre du méme ouvrage et, d’ailleurs, quand on les lit, on ne saurait les comparer entre elles; puis qu’on n’en a qu’une seule á la fois sous les yeux. Nous serions moins indulgen! pour les errata de cet essai, si ce livre n’avait pas l’excuse d’avoir été imprimé en Espagne par des espagnols. D’autre part, nous nous en consolons en nous disant que les bibliophiles et les bibliomanes, pour qui les singularités de la partie matérielle du livre ont tant de charme, rechercheront peut-étre un jour, précisément á cause de leurs défauts, les exemplaires de cette édition, de «l’édition fautive de Madrid» diront-ils. A quelque chose malheur est bon. D’ailleurs nombre de fautes de ces Causeries, fautes plus pittoresques peut-étre qu’agagantes, sont, souvent, tellement grosses visibles ou absurdes qu’elles n’auraient nul besoin d’étre signalées. Nous n’en donnerons pas moins une table, quoique incompléte, á la fin de ce livre suceptible de fáciles corrections et de perfectionnements ultérieurs; mais qui, pour le moment, posséde, á notre avis, l’essentiel; c’est-á-dire l’existence. Ajoutons que beaucoup de croquis de cet ouvrage ne sont ni corrects ni artistiques. lis disent cependant, croyons-nous, tant bien que mal, ce que leur auteur a voulu leur faire dire. Une plus grande perfection, düe á l’emploi du compás, de la régle et du tire-ligne, aurait demandé trop de temps. Notre plume a tracé ces schémas uniquement pour éclairer le texte. Ces dessins ne feraient pas trop mauvais effet dans un manuscrit ou sur le tableau noir d’une salle de classe; mais leur négligence ou leur sans gene ressort peut-étre d’une fagon un peu trop disparate et impertinente entre les lignes, si correctes, si droites et si géometriquement paralléles d’un imprimé. Heureusement l’opinion d’Henri Poincaré nous rassure. Un cercle dit-il, par maniere d’exemple, un cercle qui est une courbe fermée, ne saurait étre figuré par une ligne en forme de C, plus ou moins ouvert. Implicitement, en effet, ce grand géométre rappelle ainsi qu’il importe peu que les dessins faits pour des explications soient tres imparfaits ou qu’ils soient tracés de main de maítre, pourvu qu’ils repr-ésentent ce qu’on doit y voir. ( A propos de la géometrie analysis sitas.—Cernieres SPensées). — D’ailleurs, comme nous venons de l’indiquer, les croquis et schémes de cette premiére édition pourront étre facilement remplacés, dans une autre, par des figures plus soignées (*).
(*) Bien qu’il y ait dans tout notre ouvrage des données et des particularités qui, á notre avis, ne figurent dans aucun autre, un signe spécial marque souvent, mais seulement dans la partie théorique des Cause ries brouettiques, des paragraphes dont la matiére, d’aprés nous, serait inédlte. Cependant, córame, dans la notre pensée, la vulgarisation est l’objet de ce livre, cette partie, plutót technique, n’est que qualitative. C’est une exposition, sans chiffres, ni symboles, ni formules mathématiques, de faits, d’observations et de raisons.
III
(“Les pages
et 24.2 - 4.9 des Causeries BroueUiques disent commenf vinf á leur auteur l’idée d’écrire ce livre.)
(A l’ocasion de la commémoration du lile centenaire de la naissance de Pascal, en 1923, beaucoup de Revues et de journaux ont parlé de la brouette ou fait allusion á cett voiturette, entre autres Le Temps, dans un article signé par M. Maurice d’Ocagne, de l’Academie des Sciences. Le Bottin de 1923 dans sa section de fabricants de brouettes donne l’adresse d’une industriel ou commer^ant—qui ne doit pas exagérer puisque Tune de ses sucursales est á Marseille—pouvant livrer inmédiatement aux acheteurs un million de brouettes. C’es que la brouette est douée de qualités, dont quelques unes assez cachées, qui la rendent digne de ce succés. Pour désigner ces propriétés nous avons adopté les mots postirisme, verticalisme, ariétisme, motusminorisme, etc. Les lecteurs de la seconde partie de ce livre admettron, probablement, que ces appellations sont Utiles et que la brouette, du moins celle de la théorie et de l’école, a vraiment besoin de cette nomenclature ou d’une autre analogue.)
(V. m
partie, t f 198.)
Curte postule polychrome et brouettique.— «Hets Crevet. N ° 309 926.»— Les disques a et h, en minee curton, sont entre deux para lélogrammes c ans iesque s s.,nt les axes de ces disques, dont une partie est visible, grace aux découpures d e l’un des parallélogrammes. En faisant rouler, sur une table, par exemple, les disques (dont les circonférences son lég¿rement ondulées, pouréviter la glisement) on voit la roue de la brouette tourner et le pousseur de ce le-ci courir. Les rais de la loue sont figures dans le cercle a. Le ercle h porte les images de cinq jambes, donttrois invi sibles. (V. ps. 502 , 203 «optique» et n ° 112 de ces Causeries.)
IV
XV^siécle (V. p. XXIX du Supplément de ces Causeriesj.—Sculpture brouettique da choeur de la cathédrale de Plasencia (Prononcez: Pla-scéne-cia).—Image inédite. (¿é com m én tá ire^xp ^ demémoire, qué renferment les Itgnes 13,14 et 15 de la primiére col. de la p. X XX du Supplément, n’est pas exact.)
Espuerta. t)u iatin, spofta: patiier. (í*, 4°-) Supplément A. 11.—Lagrange et non pas Arago. Arago a raconté l'anecdote. (T. Cholet et P . M ineur (Traite de Géometrié Dcscriptive).
On ne regarde, on n’étudie pas ce dont on ne soupconne pas l’existence. L’omission est done, croyons nous, dans des livres comme celui-ci, pire que 1‘erreur. Celle-ci ne tarde pas á. étre vue, signalée et corrigée. Elle [peut méme fournir im motif de satisfaction au lecteur qui la découvre. ___
'■ Aux pages 9 et 25 de ces Causeries on peut voir des croquis faits d'aprés un tablean de M. Moreno Carbonero représentant La fondation de Buenos-Ayres. Sur la demande de cet peintre, cette oeuvre d'art est revenue de la capitale de l’Argentine á Madrid, d’oü elle s’en ira bientSt pour reprendre sa place dans
l'une des salles de l'HStel de Vilí^de Buenos-A.yres. Moreno Carbonero a légérement remanié la prirnitive composition de son tablean et il en a supprimé quelques détails. La brouette flairée par un chien et celui-ci ont disparu. L'autre brouette, celle de gau che, subsiste. ( 15 janvier ip 24 .'‘
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Histoire. gtvmologi?. ^aiís, oí)inions, obser» uations. erreürs, omissions...
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Rerüeil oü coHecíioR noles, de croQü^, de dessins, de schérRas, poür ün íraité historiqüe, tbéorigüe, pratiqüe. philosopt^ qüe, philologiqüe. poétiqüe, sportit, a c ro b ^ qüe, íoürismiqüe. aríistiqüe eí pittoresqüe de la
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S.M. LA REINE MARIE-CHRISTINE
«THE INVENTION ALL ADMIR’D» (Toüs avaient admiré l’invention) mais «SO EASY IT SEEM’D = ONCE FOUND WHICH YET UNFOUND WOULD HAVE THOUGHT = IMPOSSIBLE.» ( Ce quiavaitparu chimérique avantd’avoir été trouvé, une fois inventé semblad, déjá, Chase banale). — M ilton . Paradis Perdu. —
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S. M. LA REINE MARIE-CHRISTINE
M adam e:
autographe d’une incomparable messagére de Votre Majesté honore ce recueil et orne le haut de cette page. C’est comme le témoignage, aussi précieux qu’irrécusable, de l’encouragement—de la collaboration, allais-je dire—que Votre Majesté a daigné accorder á l’auteur d’un livre dont le sujet, Madame, avait, d’abord, excité votre royale gaíté. La télégraphie sans fíl, la vertigineuse rotation des turbines et des dynamos, la vitesse de Tautomobilisme terrestre, aquatique et aérien attirent et absorbent l’attention et accaparent l’admiration. II n’est done pas surprenant que l’idée de prendre la plume pour la consacrer á l’un des plus lents et, á premiére vue, des plus connus des véhicules, puisse paraitre aussi inopportune que N
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SilVlili'fJ:
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peu sérieuse. Le plan, beaucoup des dessins et des.chapitres du livre, dont j’ose apporter aujourd’hui l’offrande á Votre Majesté, furent tracés et écrits, il y a bien des années. lis me procurérent méme une oceupation qui me fit trouver courte la longue convalescence d’une dangereuse, mais curíense et intéressante maladie pendant laquelle Votre Ma-
jesté daigna, souvent, faire prendre de mes nouvelles:touchant honneur que je ne saurais oublier. Avant de quitter ma chambre de malade^ je serrai, le croyant á peu prés fini, mon manuscrit dans une boíte faite, sur commande et sur mesure, par un bon relieur; livre feint, recouvert de simili-chagrin rouge, dont la forme est celle d’un gros dictionnaire. Le dos, en maroquin, rouge aussi, de ce livre creux, porte, en lettres d’or, comme titre, ces mots; LA BROUETTE, mon nom et la date: 1 8 9 7 . Lorsque treize ans aprésje relusá Madrid mon écrit, je ne regrettai pas, á tort ou á raison, le temps que j’avais consacré á la brouette et je décidai de publier immédiatement ce recueil; mais des événements imprévus vinrent bientót interrompre le travail de retouche et les soins qu’exige un manuscrit quand il doit, enfin, aller á l’imprimerie, méme lorsqu’il a trait á la brouette. Mes papiers et mes cahiers rentrérent done dans l’ombre. Je dois, cependant, á leurs longues éclipses d’avoir pu intercaler dans leur texte primitif un grand nombre de faits et de dessins, surtout de dessins, düs soit á Votre Majesté, soit au hasard,soit au Marqués de la Torrecilla, soit á d’autres amis ou parents qui n’ont, presque jamais, manqué de rehausser la valeur de leurs précieux renseignements d’un indulgen!, mais aimable sourire ou d’un franc et sympathique éclat de rire. D’autre part, ces interruptions et ces renvois á plus tard m’ont permis de constater que, jusqu’á présent, je n’ai eu aucun émule, que rien d’analogue á ce que renfermait en 1897 l’étui rouge, maintenant trop étroit, n’a été publié depuis et que les mémes fausses doctrines et les mémes erreurs, que je signalais alors, ont été postérieurementréimprimées souvent et rééditées (sous la.méme for me ou sous une autre peu différente) dans les journaux, dans des revues et dans des livres. L’essai que je me permets d ’offrir á Votre Majesté est done, me semble-t-il, d’une actualité aussi fraiche, aujourd’hui, qu’elle l’était il y a plus de vingt ans.
LA
REINE
Malheureusement la publication de ce livre a été trop retardée pour que la lecture de beaucoup de ses pages, écrites gaiement, ne semblen! pas aujourd’hui á leur auteur bordées de noir. Des parents et de charmants amis qui, pleins de santé, me demandaient, jovialement, de ne pas les oublier lorsque j’imprimerais mon ouvrage, jouissent deja du prlx de leurs vertus et de leurs bonnes oeuvres, dans un séjour incomparablement beau, en compagnie de deux séduisantes Princesses, instruites, bonnes et intelligentes, que l’Espagne pleure encore. Votre Majesté m’excusera, je l’espére, d’associer leur souvenir á celui de leur auguste et inconsolable mére, dans la dédicace d’un livre dont le projet les égaya aussi et les intéressa. Comme rien de ce qui de prés ou de loin touche á l’Espagne ne vous est indifférent, il est possible, Madame, que Votre Majesté désire savoir pourquoi ce livre n’a pas été écrit dans notre idiome national. Bien que le nom du grand Saint Isidore, Évéque de Séville, soit, depuis tant de siécles, inséparablement uni á celui de la brouette, les écrivains ne se sont pas occupés spécialement chez nous, de ce véhicule. La littérature et la bibllographie brouettiques sont, jusqu’á présent, plutót étrangéres. D’un autre cóté, le nombre mondial des lecteurs sachant le franjáis est peut-étre plus grand que celui de ceux qui comprennent ou parlen! l’espagnol. j ’ose done croire que Votre Majesté ne me reprochera pas d’avoir suivi l’exemple de Saint Isidore. Pour taire connaítre aux lettrés de son temps les différents genres de voitures connues, ce savant espagnol écrivit en latin, langue qui, probablement, n’était déjá plus parlée, méme dans la région de l’Espagne méridionale, bien que cette partie de la péninsule ibérique eüt été, pendan! plusieurs siécles, une province romaine trés policée. D’ailleurs, notre recueil pourrait se traduire, plus tard, á notre belle langue si le succés de sa premiére édition venait á prouver qu’il le mérite, malgré des défauts, bien visibles. Beaucoup de ses gra vares reproduisent, par exemple, des croquis ou des dessins (dont ma main et ma plume sont les seules coupables), tellement rudi-
mentaires, tellement négligés et imparfaits qu’ils ne devraient pas figurer dans un livre dont l’auteur se permet d’offrir la dédicace á une Reine. La bonté de Votre Majesté saura, je l’espére aussi, excuser ma hardiesse et regarder ces images, si elle leur fait cet honneur, avec indulgence. Bien qu’imparfait et incomplet, je crois, Madame, que s’il ne contribue ni au progrés de la brouette, ni á celui de la Science de cet appareil ou de la Science en général, ce recueil pourra du moins rappeler le lecteur á la prudente méfiance des apparences et á celle, non moins sage, de l’autorité des imprimés: peut-étre aussi á des sentiments d’indulgence ou plutot de justice. Je signale en effet dans ces Causeries, des erreurs techniques et historiques, relativement graves, commises par des hommes instruits, par des publicistes, par des professeurs. Or il s’agit de la brouette. 11 est done possible qu’on se dise en refermant ce livre: «Puisque, le char de l’État est, incontestablement, bien plus compliqué qu’une brouette, il n’est pas étonnant que le mécanisme de ce grand véhicule politique et administratif soit si difficile á comprendre et, partant, si facile de détraquer». Mais lira-t-on ces Causeries? Aujourd’hui, comme au temps d’Horace, les opuscules ont, eux aussi, leur chance, bonne ou mauvaise. Le succés des livres dépend, en général et surtout, de leur mérite. En tout cas, et quelle que soit la valeur de ce recueil, je prie Votre Majesté de ne voir dans sa dédicace que l’hommage le plus sincére d’attachement et de reconnaissance que le respect pulsse, Madame, déposer á vos pieds. Le Comte de Mariana, Marquis de Cilleruelo, Marquis de Camarasa,
LA B R O U E T T E SON ORIGINE, SA DÉFINITION, SON PRINCIPE, LES RAISONS DE SON MÉRITE ET DE SON SUCCES
CAUSERIES BROUETTIQUES OU
RECUEIL DE NOTES POUR L’ÉTUDE DE LA BROUETTE
PLAN GENERAL DE CE RECUEIL: PREMIÉRE PARTIE. Histoire (civile et militaire, cnecí/o/es^.—Bibliograhie. Littérature (prose,poésie, théátre, román...) —Étymologie.— Art. (peinture, sculpture, miniatures, estampes, orfévrerie...) Sport (voyages, acrobatie...)
DEUXIÉME PARTIE ou Préface de la premiére partie. Comment vint á l’auteur de
ce livre l'idée de Técrire. Pourquoi ii l’a écrií, etc., etc.
TROISIÉME PARTIE ou Introduction á la quatriéme partie. Notions préliminaires {marche, équilibre, jeu de la carde en Carée, tricheurs, etc., etc.)
QUATRIEME p a r t ie
ou
partie principale. Principe de la Brouette, définition,
origine et affinités techniques, travail, fausse théorie, chars antiques et autres véhicules, brouette chinoise, viéangustisme, cliquetage, ariétisme, etc., etc.
SU PPLÉM EN T.
La brouette de la Cathédrale de Beauvais, points lumi-
neux, etc., etc.
P R E M IE R E P A R T IE CAUSERIE PREMIERE BROUETTE figure dans le Paradis Perdu... de Milton; mais passons au Déluge. On voit ce petit véhícule dans une scéne de l’inondation universelle de Van Sturen (1644) Toutes les brouettes furent-elles victimes de ce grand chátiment? Surnagérent-elles? Noé en sauv a-t-il un couple dans Tarche? C’est possible; car nous retrouvons des brouettes, travaillant á la construction de la tour de Babel, dans Tune des premiares pages de la Bible á encadrements style Louis XV ou plutót á enjollvements, genre rococo ou rocaille, de Jean et de Joseph Klauber, livre curieux et non des moins artistiques, dont le titre est: Hisiorice Biblicce veteris et novi Tesíamenti. On peut y voir, au pied de l’orgueilleux monument, une brouette et une poulie; les deux monocyL a
b r o u e t t e
de
d es les plus connus encore aujourd’hui. D’aprés un dictionnaire biographique, Joseph Klauber serait né en 1710; il serait m o r t __________ en 1768; maisnous Í-Jí j TOKíac ignorons Bí,K «E la source des documents d ’ap rés lesquels ont été reproduites les images de cete brouette, de cette poulie et de la pelle qui compléte le groupe. La Biblia Ectypa, éditée en 1730 par Cristophoro Weigelio, renferme aussi l’image d’une brouette prétant le concours de ses bras á ceux des constructeurs de la tour de Babel. La brouette fut, bien entendu, témoin des prodiges du Nouveau Testament. Aux approches de la NoSl, un peu partout en Espagne, á Madrid, á la place de Santa Cruz notamment,en plei-
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T e s t a m e n t
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE PREMIÉRE
14
ne rué ou dans de froides baraques, on vend des nacimientos tout faits et, aussi, des roches, du sable, de la mousse, des brebis, des chameaux, des arbres, des margelles de puits, des moulins, des forteresses, des étoiles, etc., etc., ainsi que des bergers, des rois mages et d’autres personnages en terre cuite peinte. Gráce á ces éléments et aidés, surtout, par leur bonne volonté et leur imagination, nullement génés par les lois de la proportion et de la perspective, enfants et parents peuplent, meublent et animent des paysages ingénus, souvent ingénieux et artistiques oú le spectateur peut voir, sans fatigue, d’un seul coup d’oeil, toute la Palestine topographique, orographique, hydrographique, pittoresque, monumentale et ethnographique, sous une couleur lócale plus fraíche, plus verte et plus gaie que celle de la Terre Sainte des géographes, des pélerins et des voyageurs. Le commerce de ces objets, si divers, pour les nacimientos, est, probablement, fait par des artistes et des antiquaires connaissant, á fond, les moindres détails des mceurs et de l’archéologie bibliques. Ces savants, cachés sous les dehors de petits marchands et de «camelots», offrent aussi aux passants, des hommes de peine, á large chapean de feutre, en culotte courte, bien entendu, gens de Bethléem ou de ses environs. Ce sont des réductions plastiques, á une petite échelle et, n’en doutons pas, tres exactes, des brouettiers, en chair et en os, de la Judée du temps d’Hérode: ils poussent de solides brouettes. On pourra les pla cer prés d’une hotellerie du nacimiento ou sur Tune des routes sablées aboutissant á l’endroit (étable, bosquet, grotte. b
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portique, bara q u e ,ru in e etc.)oúleboeuf etráne,árinstinct aussi touchantque poétique, réchauffent, de leur souffle légendaire, l’enfant Jésus. Bien que les Évangélistes et l’historienjoséphene m entionnent pas les brouet tes, il y en avait á Naza~~~ reth, á l’époque oú la Sainte Famille habitait, cette ville. Hiles y étaient construites ou réparées par le charpentier Joseph (d’aprés le tablean d’Edouard Toudouze exposé au Salón de 1896). Cette peinture authentique nous fait voir une brouette, bien mélancolique, dans la cour de la maison oú travaillait le pauvre, mais tres no ble, petit-fils de tant de rois. Se rend-elle compte de l’abandon oú va la laisser, incessamment, «la Fuite en Egypte»? Le Saint Joseph du peintre en a déjá fait les derniers et peu compliqués préparatifs. Mais de toutes les brouettes évangéliques, la plus célebre est celle de «Jésus guérissant les malades», la fameuse *piéce aux cent écus», de Rembrandt -il
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A ussi rem a r q u a b le que la précédente mais moins connue, est la brouette, chargée de légumes, á cóté de laquelle la Madeleine, aprés la Résurrection, se jette aux pieds du Sauveur, apparu á cette sainte femme, sous la forme d’un jardinier. Tel est en gR O U 6 T t f effet le sujet d’un ^■P>E C $üE tablean brouettique du palais de Liria,somptueuse et artistique dem eure du duc d’Albe á Madrid C ette toile fut. peinte, en collafsTsLSÉVittg -D E ^R fS. boration, par RubensetJeanBreughel. Rubens, vraisemblablement auteur de la composition, en peignit les figures. Cette collaboration est bien connue. L’auteur de ce recueil posséde un tablean, des plus authentiques dú, aussi, aux pinceaux de ces deux artistes. Malheureusement, on n’y voit aucune brouette.
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lus et de Rémus, dessinée, croit-on, par Van Orley, vers 1524 de Tere chrétienne, Cette femme porte, sur son dos, un charmant enfant, tandis qu’elle pousse une brouette flamande dont la lettre capitale de ce paragraphe reproduit l’image. On peut voir celle-ci, dessinée á une plus grande échelle,dans ce méme recueil, au bas de la derniére page de la dédicace á S. M. la Reine. *
* *
Nous voici á Athénes ou dans sa région. Un bel enfant grec, antique pousse dans l’une des peintures murales de l’Hótel de ville de Paris, une brouettée de fleurs grecques, sur une brouette non moins grecque. * A'
Plus de quatre cents ans se sont écoulés depuis le jour oú, sous les apparences d’un jardinier, apparut á MarieMadeleine, glorieusement ressuscité,son
Et le monde paíen? Et l’Égypte? Et la Gréce? Et ritalie ancienne...? * * *
l’encadrement ou bordure de Tune des tapisseries de la série «La fondaiion de Rome» appartenant á la couronne d’Espagne, on voit, en bas, á droite, une robuste sabine, contemporaine de Romu-
ANS
La
brouette
des
R om ains,
divin Maítre,á coté d’une brouette, (d’aprés Rubens et Breughel.) L’empire romain appartient, done, á l’histoire. L’Es-
des
G r e es
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des
G o t hs
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE PREMIÉRE
pagne, qui en fut une province, est telles ou telles machines (entre autres, de la brouet un royanme. Nous sommes au com- te), d’articles de dictionnaires des langues, ou mencement du Moyen Age; vers le techniques, artistiques etc.; de catalogues et de VI' siécle de l’ére chrétienne. Saint Isi- prcspectus distribués au public par des invendore, Évéque de Séville, frére de Saint teurs ou par des fabricants; d’articles de revues Léandre,de Sainte Fulgence et de Sainte et de journaux; d’annonces et de réclames, de Florentine, beau-frére du roi Léovigilde, poésies, etc., etc. On trouve, dans le catalogue de cette bibliograonde du roi Récaréde, est un des plus grands savants de son temps. 11 posséde phie brouettique, des noms célébres dans le monde les langues anciennes, est excellent ora- de la Science, des lettres et des arts. Ceux de Milteur, mathématicien, théologien (cela va ton, Rembrandt, Rubens, Saint Isidore de Séville sans dire) grammairien étymologiste, etc. et d’autres ont déjá projeté leur éclat sur les pages La premiére et la meilleure, la plus précédentes; mais les personnages qu’on peut précise et la plus conciso des définitions ajouter á ceux qui ont été déjá nommés sont tout e _____________ de la brouette se trouve dans les impor aussi brillants. L tantes éditions des oeuvres de cet illus- m athém aticien tre andalou, oeuvres dont le chapitre Jacques Besson, «De vehiculis» est consacré aux voitures. le comte de Lasteyrie,!eseigneur ♦ duCange,Viollet* ^ Le-Duc, le com Nous ne connaissons aucune mono- te de Coulomb, graphie de la brouette. Notre recueil se Henry Havard, ra, croyons-nous, du moins par son poids Víctor Hugo, le et par le nombre de ses pages, le premier comte de Gaspaimprimé brouettique digne du nom de rin, Rostand, le livre.Cependant.si on entend par biblio- Maréchal de Vauban, Delille, Ménage, etc., formenti graphie de la brouette l’ensemble des autour de la brouette, une constellation dont semanuscrits, des livres, ou des imprimés raient fiers d’autres astres moins obscurs et moins dans lesquels on peut trouver quelques modestes. La partie historique des articles brouettiques pages ou quelques ligues ou des allusions consacrées ou appliquées á la des encyclopédies et des dictionnaires, tels que celui brouette, on peut dire que la biogra- de rAmeublement frangais de Viollet-Le-Duc (1871) phie de ce véhicule est aussi consi- ou celui de Henri Havard, dont le projet fut congu dérable que disséminée. Cette biblio- en 1878, ou le Glossaire de V. Gay (1887), sont graphie se compose, principalement, de fort intéressants. On trouve dans ces beaux livres paragraphes de traités d’agriculture, des textes, des citations, etc., recueillis par ces de pbysique et de mécanique; d’étu- éminents érudits dans les archives, les bibliothédes ou de mémoires relatifs á l’utilisa- ques, les musées, etc. etc. Le champ de leurs re tion des torces de Thomme et á la cherches est, malheureusement, limité. Leur travail quantité, plus ou moins grande, de tra- ne va guére au déla du XIII' siécle, du moins vail qu’il peut fournir en se servant de pour la brouette. Quant aux images brouettiques, B
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elles sont assez rares dans ces ouvrages oú cha qué auteur n’en a publié qu’une ou deux, tout au plus. Bien que leurscourtes notices historiques n’aient d’autre but que celui d’établir, á l’aide d’exemples, que la brouette existait aux époques que comprend leur livre, ces données sont bien plus exactes et bien plus útiles que les indications et renseignements techniques, relatifs á ce véhicule, fournis par quelques-uns de ces ouvrages ou par d’autres, trés nombreux.
Nous parlerons ailleurs du cas de cette légende, de ce conte enseigné encore aujourd’hui, de l’invention de la brouette par Pascal. Dés 1864, des correspondants de l’Intermédiaire des chercfieurs et des curieux ont envoyé, mais en vain, á ce périodique,des documents pour combatiré cette fable. L’Intermédiaire n’est pas une publication illustrée. Exceptionnellement (exception flatteuse pour la brouette), ce Journal publia méme une image de cette voiturette. Pendan! plus de trente ans, les abonnés, lecteurs ou correspondants de l’Intermédiaire, lui envoyérent, on ne peut pas dire péle-méle, (puisque les envois arrivaient les uns aprés les autres) mais sans aucun ordre, au fur et á mesure des découvertes, des notes concernant des brouettes d’époques antérieures á la date de la naissance de Pascal. Ces renseignements étaient trouvés, par ces correspondants, au hasard de leurs lectures ou de leurs travaux sur des sujets quelconques; car la brouette n’a été l’objet d’aucune étude historique spéciale. Les répétitions sont fréquentes: on retrouve dans ?In te rm é d ia ire ,brouet tes signalées déjá, une ou plusieurs fois, dans les numéros de sa collection. La direction du Journal doit avoir une certaine expérience. Publier une Pascal.
La
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communication n’a aucune importance, surtout pour un périodique du genre de i’Intermédiaire; ne pas la publier peut mécontenter ou éloigner la personne qui s’est donné la peine de l’écrire et de l’envoyer. Sans souci des rediles, L’Mermédiaire publia done toutes les notes relatives á la brouette, qu’il regut pendan! les années 1864, 1868, 1883 et 1891. (Tomes de la collection I, II, XVI, XXIV.) Nous ignorons si la question des brouet tes prépascaliennes est encore á l’ordre du jour pour cet intéressant et utile Journal. On a probablement observé que nous avons fait suivre d’un -i- (voulant dire Intermédiaire) certaines phrases ou certains mots. Ce signe indique que nous devons le renseignement á ce périodi que dont nous avons exploré la collec tion. Nous utiliserons ce méme •/■, dans la suite, pour signaler Ies brouettes que i’Intermédiaire mentionne. AJoutons que ses indications et renseignements sont exaets. Rien n’est plus facile d’ailleurs que de les vérifíer ou de les compléter et de voir ou admirer les images si gnalées, en allant aux sources qu’indiquent les correspondants de ce Journal. Nous y avons été, le crayon ou la plume á la main.
Eugéne Emmanuel Viollet-Le-Duc (1814-1879), le fameux architecte de la Basilique de Saint-Denis, professeur d’Histoire de l’Art, á l’École des BeauxArts, restaurateur de tant de monuments du Moyen Age, dans un article que l’indignation rend amusant de son Dictionaire de l’ameublement, se tache parce
L'intermédiaire.
Viollet-le-Duc
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que l’invention de la brouette a été attribuée á un sieur Dupin. II y tance d’importance les auteurs qui attribuent á un personnage du XVII' siécle l’honneur d’avoir, le pre mier, imaginé ou construit une brouet te. Cette erreur est un mensonge prémédité, donne-t-il á entendre, inventé par ceux qui voudraient toutes les gloires pour le seul siécle de Louis XIV! Cette saillie a, certainement, fait rougir la brouette dont on sait la modestie, mais elle ne nous dit pas vers quelle époque Viollet-Le-Duc croyait que ce véhicule eüt été inventé. Nous lisons dans le Glossaire da Mayen Age de M. Victor Gay, que «l’invention de la brouette est fort ancienne». Mais, qu’entend cet érudit par «fort ancienne?» Nous ne connaissons personne qui, aprés avoir vu la brouette, dans des tableaux ou des gravares représentant des scénes antiques, bibliques, etc., ait essayé de condamner, d’excuser ou d’expliquer sa présence, en alléguant l’ignorance ou le caprice des artistes. Personne n’a prononcé les mots d’invraisemblance ou d’anachronisme. Viollet-le-Duc et V. Gay, archltecte également, pensaient peut-étre que la brouette est, au moins, aussi ancienne que les chars de combat qu’on trouve dans la Bible et dans Homére et dont on volt les images sur des monuments construits il y a plusieurs milliers d’années. La
Bible
et
Homére.
Les
Ni les aristarques, ni les érudits, ni les chercheurs ne semblent avoir été nullement étonnés de la présence de la brouette dans des tableaux ou des estampes étudiés ou signalés par eux. Comme les auteurs de ces oeuvres d’art et comme les faiseurs, vendeurs et acheteurs de brouettes pour naci mientos, tout le monde parait admettre que l’invention de la brouette est, pour le moins, contemporaine de celle de la quenouille, des tissus, du panier, du báton pour la vieillesse, etc., et, bien entendu de l’invention de la roue. ♦
La campagne des curieux et des chercheurs de rIntermédiaire avait eu comme but principal de démontrer que la brouette avait été inventée bien avant 1623. Ces curieux et ces chercheurs, comme Du Cange, Viollet-Le-Duc, V. Legay, etc., ont borné leurs recherches au Moyen Age, á la Renaissance et au xvii' siécle. La petite opinión qu’on a généralement de la brouette et le préjugé qui porte á croire que son invention doit étre antique, a dú arréter les investigations. On ne cherche pas l’origine historique d’un objet, surtout si on le juge relativement peu important, lorsqu’on croitque cette origine doit se perdre «dans la nuit des temps». ♦ * ^
Les Assyriens, les Perses, les Égyptiens, les Grecs et les Rumains connurent-ils la Brouette? Saint Isidore de Séville connut-il la brouette, pour l’avoir vue,ou bien en eut-il connaissance com me érudit, par ses lectures ou par ouí-dire? Existait-elle de son temps? a n c i e n s et
Isidore
de
Séville
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H© y iT ría u E S
C A U S E R IE S E C O N D E Je ne crois pas exagérer le moins du monde en avangant que, avec les documents düs aux artistes, avec les árd eles de certains traités et les définitions des encyclopédies et des dictionnaires, on pourrait faire une définition et une monographie de la brouette pires que le «petit poisson rouge qui marche á re bours» et moins excusables, puisque leurs éléments proviendraient d’ouvrages techniques et didactiques.
s’explique que l’écrevisse serve tous les jours de terme de comparaison ou de qualificatif qiiand il s’agit de progrés au rebours ou de teint plus ou moins rouge. Pour les nombreux naturalistes qui ne l’étudient que sur leur assiette, la béte est bien de cette couleur; sa marche, pour des observateurs de la méme forcé, peut passer pour rétrograde, et, aprés tout, les animaux qui vivent dans l’eau sont, plutót, des poissons. L’indulgent savant pour qui, cependant, le comestible en question était, tout simplement, un crustacé fluvial, décapode, macroure, de la famille des astacidés ou astaciens, sourit, raconte l’histoire, en lisant la célébre définition, pourtant si claire: «Écrevisse: petit poisson rouge qui marche á reculons. «Cette défi nition» dit finement notre Buffon «ne serait pas, scientifiquement, mauvaise, si l’écrevisse était un poisson, si elle était rouge et si elle marchait á re culons». Et ce bon savant, en maniére d’atténuation et d’excuse, aurait ajouté: «II va sans dire que tout dépend du point de vue oú Ton se place. Comme le pélican, le cygne ou la salamandre, l’écrevisse de la conversation, de la tribune et, en général, des lettres, est, il faut en convenir, d’une espéce assez différente de celle de la Science et de l’histoire naturelle».
Je m’attendais á voir, dans le nouvel Hótel de Ville de Paris, comme sujet de décoration intérieure des murs, et des plafonds des salles, exclusivement, des scénes et des épisodes de l’histoire de la cité et l’image de personnages et de panoramas et perspectives du Paris des amis de Paris; du Paris actuel et de celui de la légende et de l’hlstoire. Paris a dicté, dicte et impose encore la mode au monde. On aurait pu donner une certaine place, aussi intéressante que pittoresque, au costume. Les vétements manquent dans bien des peintures de l’HStel de Ville, peintures telles qu’on peut en voir n’importe oú; telles que, d’instinct, par
Autant
L ’H ó t e l
de
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d ’e r r e u r s .
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de V i l l e
de
Paris
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crainte d’effaroucher la clientéle, l’en- doit ajouter que, sans ces vandales, l’image d’une treprise ou la direction (méme á l’ima- brouette, méme grecque, ne se verrait pas, comme ginatlon libre et au goút douteux) d’un sujet décoratif, dans l’une des piéces de la magni casino quelconque n’en aurait pasvoulu. fique maison de la municipalité parisienne. Dés que j’eus fait cette émouvante découverte, La brouette ne dépare pas un charmant paysage dej. Vernet, (xviii® siécle) des démarches impatientes me fournirent le nom et représentant le pavage d’une route. On l’adresse de l’artiste évocateur (et trés documenté, aurait vu aussi cet utile petit véhicule, pensai-je) de cette belle chose hellénique. Bientét sans surprise, peut-étre méme avec plai- aprés, j’éíais dans l’atelier de M. Barrías. Comme sir, sur la surface de l’un des murs de tant d’autres, il était persuadé que, de tout temps, l’Hótel de Ville, prenant part á d’inté- les hommes avaient poussé la brouette. Lorsqu’il m’eut dit que le modéle qui avait posé ressants travaux de voirie municipale ou de débardage, par exemple, au bord de pour l’étude du gentil brouettier était un enfant de la Seine, dans l’un de ces splendides son quartier, le fils d’un charbonnier, si j’ai bonne décors comme on peut en admirer tant mémoire, lorsque l’aimable artiste m’eut avoué, indans la capitale baignée par ce fleuve. génument, que, sans méme avoir songé á faire la moindre recherche historique, il avait capricieusement peint le véhicule auquel je devais le plaisir ♦ d’avoir fait sa connaissance, lorsqu’il m’eut expliqué C’était á l’époque oú j’étais tout á la que deux bátons ou cannes quelconques avaient brouette et telles étaient les réflexions tenu lieu, dans son atelier, des bras du véhicule, dont j’étais assailli en visitant, pour la mais qu’il n’avait vu que dans sa tete le reste premiére fois, le nouveau palais muni de la voiturette, je lui exposai mon opinión sur cipal de la Ville de Paris lorsque la l’áge de la brouette. Monsieur Barrías bondit sur brouette grecque, á laquelle j’ai fait un volume (le premier du dictionnaire de Dupiney allusion dans la causerie précédente, et Vorepierre) et aprés y avoir lu, á haute voix, que frappa mes regards et électrisa mon l’invention de la brouette est attribuée á Pascal, il systéme nerveux: sensation analogue á arréta, net, sa lecture et me regarda ébahi. «Ni si celle qu’éprouve le chasseur lorsqu’il vieille, ni si jeune, lui dis-je......» Sa surprise fut de est surpris par l’apparition subite d’un courte durée. II se prit bientSt á rire, franchement, beau liévre auquel il ne songe que va- de sa brouette et, probablement, in petto, des édiles et de tous ceux qui avaient trouvé á son véhicule guement, á ce moment précis. un art et un air réellement antiques et attiques. Loin de m’en vouloir, M. Barrías poussa la Les travaux de reconstruction de complaisance jusqu’á tirer, spontanément, de ses l’HStel de Ville de París, commencés en cartons, pour me la faire voir, une légére étude, l’année 1873, n’étaient terminés qu’une au crayon, qu’il avait faite devant l’enfant qui lui dizaine d’années aprés. On a pardonné leurs crimes aux bar avait serví de modéle. Sur ma demande, sans se bares de la Commune. Les arts, l’ar- faire prier, il m’en tra?a un calque, en quelques chéologie et les amis de Paris n’ou- coups de crayon, calque qu’il me remit et dont la blieront probablement jamais leurs in gravure 6 (bien que réduite, á peu prés, au cincendies. Et, pourtant, pour étre juste, on quiéme) donne une idée suffisante. La brouette. La
b r o u e t t e
Gr e c q u e
de
la
Ville
de
Par i s
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nous l’avons indiqué,fut peinte de «chic»; autrement dit, pour tracer sa figure, de cette voiturete l’imagination de l’artiste ne se fit aider par aucun modéle pal pable et réel. Le tout petit croquis á gauche, dans la méme gravure 6, est une minia ture de la brouette grecque de rH6teldeVille;mais ce cro quis n’est pas de M. Bardas. Outre le précieux cadeau, j’emportai de ma visite la charmante impression d’avoir eu affaire aun homme intelligent et (ce qui est encore plus séduisant) ouvert et d’une exceptionnelle bonté. Je pensai aussi que M. Bardas doit á son monocycle grec et á son petit brouettier de se trouver en glorieuse compagnie et qu’il peut étre fier de s’étre rencontré avec les Van Sturen, les Van Orley, les Rembrandt, les Rubens, etc., illustres anachronistes, gráce auxquels l’histoire de la brouette ne se perd pas, comme l’histoire de tant d’autreschoses, «dans la nuit des temps». En effet, les artistes nous font voir la brouette á cóté, pour ainsi dire, du «berceau de l’humanité», «faite sans doute», aurait ajouté le judicieux Monsieur Prudhomrne, «du méme bois dont fut construit ce berceau fameux».
des premiers siécles du Moyen Age. Nous avons donné une place d’honneur á cette brouette. Nous l’avons mise entrelesmainsdel’évéqueespagnol,dans le premier encadrement de la dédicace de ce recueil. Cet artifice rend peut-étre cette dédicace moins indigne d’une Reine d’Espagne. Tout le monde sait assez de latin pour comprendre que la légende de la gravure, représentant la statue d’Isidore, Évéque d’Hispalis, de ce méme encadrement, signifie: La brouette ( p a b o , p a b o n is ) est un véhicule á une roue; ou plutot: Le pabo est le véhicule á une roue, c’est-á-dire le véhicule par excellence, ou l’unique vé hicule, ou le véhicule, par antonomase, á une seule roue. Cette définition devrait se graver, en belles lettres d’or, sur le monument auquel a droit la brouette. Si j’avais connu á temps, cette définition, si j’avais compris et médité le sens que renferment ou peuvent renfermer les trois mots dont elle se compose, je n’aurais pas commis des erreurs qui me firent perdre beaucoup de temps; mais ce livre, qui peut éviter á d’autres de les commettre, n’existerait pas, probablement.
^❖ *
Je crois avoir lu que lorsque Saint Isidore parlait, ses auditeurs l’écoutaient avec autant d’attention que de plaisir. Si l’orateur répétait ce qu’il venait de leur dire, il les enchantait. 11 les rendait ivres, d’admiration et d’enthouslasme, si trois fois il disait la méme chose. Telle était son éloquence. C’est dommage que le Ciel ait refusé ce charme aux rabácheurs! * * *
Nous remontons le cours des siécles. Avant de donner les raisons qui nous portent á croire que Íes peuples de la haute antiquité, ainsi que les Orees et les Romains, ignorérent l’usage de la brouet te, ou, plutdt, la brouette méme, arrétons-nous un moment á cóté de celle de Saint Isidore de Séville, brouette, avons-nous dit,
Le
pabo,
pabonis
d u glossaire
de
S .
Isidore
PREMIÉRE PARTIE, CAUSERIE SECONDE
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Par ce qui précéde, on comprendra notre peine d’étre, probablement, le pre mier, á contester au savant polygraphe de Séville la paternité du Pabo dont l’invention ou méme la seule définition ferait honneur á notre patrie.
Le nom de Baréme (de Bárreme, auteur d’un Livre de comptes tout faits) aprés la mort de ce mathématicien(décédé au commencement du xviii^ siécle) a servi á désignertouslesmanuels du mé me genre. Pareillement, aprés la mort de l’Evéque de Séville, on a donné le titre de Glossaire de Saint Isidore á des dictionnaires similaires ou au méme lexique de cet auteur; mais en l’enrichissant de mots nouveaux. D’autres livres, celui de Sextus P. Festus, par exemple, ont souffert de semblables additions; déplorables au point de vue historique. Depuis longtempson a observé que, dans de vieux lexiques portant le titre de «Glossaire de Saint Isidore» il y a des mots que ce lexicographe ne dut pas écrire, pour la bonne raison que ces mots correspondent á des choses qui n’existaient pas encore lorsque cet au teur mourut. Les oeuvres de Saint Isidore ont été luxueusement éditées á Madrid, á Paris (1618) et á Rome. Sinon la plus belle (la plus belle aux yeux d’un bibliophile est celle de Madrid), du moins la plus com plete de ces éditions est celle de l’espagnol Arévalo (Rome, 1770-1778) impri mée par ordre et aux frais du Cardinal, Archevéque deToléde, Lorenzana. Cette édition renferme une dissertation sur
La
b r o u e t t e
e t
les
l’authenticité des lexiques «qui courent le monde sous le nom de Saint Isidore». De Glosariis quce süb Isidori nomine circunferuntur. Le Pére Aré valo, cependant, ne nous y dit rien du mot FABO, auquel correspond la définition: Véhiculum unius rotee. Ni Ducange, ni Ménage (dans ses Origines de la langue frangaise (1650), ouvrage cité par L’lntermédiaire des Chercheurs et des Curieux), ni les correspondants de ce périodique n’indiquent rien qui puisse faire croire qu’ils mettaient en doute la source et l’authenticité du mot pabo et partant l’existence de la brouette au vi' siécle de l’ére chrétienne. Nous croyons néanmoins que pabo est un des mots qui ont éte ajoutés au Glossaire. Isi dore, en effet.dans ses Origines ou Etymologies (sorte d’encyclopédie) cite, au chapitre «Des véhicules», une douzaine de voitures parm i le sq u e lle s ne f ig u r e cep en d an t pas le Pabo. Dans le chapitre oü ce savant décrit certains instruments dont on se sert pour ba 3 6 5 tir, il n ’en p a rle pas non plus. La superbe édi-
=.PflV lSE cR
ce u v r e s
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
tion de Madrid fut imprimée par ordre de Philippe II. La Bibliothéque Nationale de cette ville en posséde un tres bel exemplaire. Cette édition renferme une liste alphabétique des mots employés dans ce livre. lis remplissent 102 pages de trois colonnes, dont chacune est formée d’une trentaine de mots: Pabo ne s’y trouve pas. Du molns nous l’y avons cherché en vain et nous croyons que l’attribution á Saint Isidore du pabo (CUM B) constitue un gros anachronisme. * Cum b, lit-on, en effet dans l’édition deParis, autrement dit: «le mot pabo doit s’écrire avec un b et non pas avec un v;» ce qui signifie: «Gare á l’orthographe!, n’allez pas confondre un oiseau avec une brouette.y> On le sait, pavo, en latin, signlfie: paon. Or, les Espagnols, prononcent les voyelles immédiatement précédées de la lettre b comme si elles étaient régies par la consonne v, et réciproquement. Ajoutons que, s’ils n’ont pas eu la chance d’inventer la brouette ou pabo, lis ont eu, du moins, la gloríense fortune de découvrir le pavo. Aujourd’hui, dans la patrie de Saint Isidore, pavo signifie dindon, á moins que ce mot ne soit suivi du qualificatif real (prononcez réal). En Espagne, oü, comme partout les paons font la roue, les dindons la font aussi. Le dindon, (découvert par les Espagnols en Amérique) doit, probablement, á cette habitude si caractéristique et á cette similitude, son nom de «pavo» (cum v) et, par-
Pabo
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tarit, l’honneur d’étre homonyme, du moins en espagnol, du magnifique oiseau, symbolique, de l’orgueilleuse Junon. * * Pavo comme Ganso (oie) ou Perro (chien), etc., est devenu un qualificatif peu charitable et souvent appliqué, en Espagne — et ailleurs — improprement, á des individus de notre espéce, gens de l’espéce humaine manquant cependant, quelquefois, de la prudence^t d’autres qualités des bétes, et dont la chair n’a, probablement, méme pas la succulence de celle des sujets de la famille des gallinacées et des palmipédes. Mais, dans leur injustice, les hommes n’en sont-ils pas arrivés jusqu’á profaner le nom de la gentille brouette en appliquant, ironiquement, ce nom aux carrosses mal attelés, détraqués, ridicules?
Brouet t e
* ** L’espagnol se préte bien moins aux calembours que le franjáis. Real, cependant, a trois sens dont deux correspondant á des adjectifs étymologiquementtrésdifférents.i?an/(derex)signifie: royal; tandis que real (de res) veutdire: réel. Appliqué au pavo, ou dindon, pour le différencier du pavo, ou paon, l’un ou l’autre de ces deux adjectifs, est également bien choisi; quoique leur signification soit si différente. Pavo real, en effet, veut dire, soit: pavo royal, (le pavo par excellence) soit: pavo réel (le vrai pavo; l’oiseau auquel correspond, proprement, réellement, le nom, d’origine latine, de: pavo).
Paon
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dindon
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
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Tout le monde sait que, comme l’orthographe latine, l’orthographe espagnole est relativement facile; incomparablement plus simple et plus facile que la frangaise. Cependant lorsque le son ne la guide pas, lorsque certaines consonnes font sonner de la méme maniere les voyelles, la plume hésite et trébuche facilement devant \’h, par exemple, quand cette lettre est phonétiquement inutile, comme son qualificatif de muette l’indique et surtout devant l’application, secundum legen, du^" et du j, du b et du v. II est vrai que trés nombreux sont les espagnols pour qui les difficultés de l’orthographe n ’existent pas, parce qu’ils les tranchent—et peut-étre ont-ils raison — avec un superbe mépris des régles dues á l’autorité ou á l’usage, dédain digne de celui qui poussa Alexandre le Grand á trancher — sans s’arréter á étudier les régles de sa combinaison— le nceud gordien si inutilement compli qué. Or comme en langue de Castille pavo et pavo se prononcent exactement de la méme maniere, le nom de Toiseau, est orthographié, par beaucoup d’éleveurs et de consommateurs de ce lourd, mais savoureux plumifére: pavo ou pa to, indistinctement. Comme ceux des es pagnols dont les rapports avec l’orthographe sont hautains ou dégagés n’ont ja máis pu songer que pabo puisse signifier, dans aucune langue, ni une brouette, ni un véhiculequelconque, leur insouciance et leur manque de préférence pourle Vou pourleB,dans cecas,sontfortnaturelles. * ♦* Le Comte de Lasteyrie de Saillant (1759- 1849) ami de Lafayette, fondaL a s t e y r i e
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l es
teur du Journal des Connaissances nouvelles et pratiques, vulgarisateur de l’art nouveau, de la lithographie, vit, en Espagne, á Alicante, un modéle spécial de brouettes et il en reproduisit l’image dans sa collection lithographique d’instruments agricoles. C’est la brouette des porteurs d’eau, dont on se sert encore dans beaucoup de villes de la Péninsule Ibérique, á Oliva et á Toléde, par exemple. Le plateau de ce véhicule est ajouré. On y enchasse autant de petits tonneaux ou de grandes cruches qu’il y a de trous. Ces trous sont ronds ou c a rré s. La brouette qui attira en Espa gne l’attention de Lasteyrie, était aménagée pour vases de tefre cuite ou cantaros; du moins c’est celle que représente sa lithographie. Ce type de brouettes est trés répandu dans les anciens royaumes de Valence et de Murcie aux-
quels appartiennent, géographiquement, les villes de Alicante et de Carthagéne. Or, Saint Isidore naquit á Carthagéne. Cette brouette de porteurs b r o u e t t e s
E s p a g n e
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
d’eau ne serait-elle pas, pourrait-on se demander, le Pabo? Nous ignorons l’époque vers laquelle on commenga á se servir de ce genre de brouettes dans ces provinces de l’Espagne oriéntale. II nous sem ble que si le savant Evéque de Séville avait connu la brouette dessinée par Lasteyrie, il n’aurait pas manqué d’en signaler l’objet, c’est-á-dire l’usage, trés précis, tres spécial, trés exclusif auquel elle est destinée et appliquée. Pabo, aurait-il dit, par exemple, vehiculum unius rotee ad aquam ferendam. D’aprés sa large définition, le pabo des glossaires semble étre plutót un véhicule pour transporter n’importe quoi. On voit á Toléde des brouettes du type de celle de Lasteyrie. D’aprés des recherches» faites obligeamment pour nous, par ordre du Marquis de la Torrecilla, propriétaire dans cette ville si ancienne, ces brouettes n’y firent leur apparition qu’en 1862. * * II est indubitable que, á quelque date que ce soit, celui qui, pour la premiére fois, a introduit, dans le Qlossaire, le mot pabo et sa défi nition, connaisait bien la brouette. Or, comme nous l’avons indi qué, l’absence de ce vé hicule dans la partie technique des ceuvres de Saint Isidore dont l’authenticité n’a pas été discutée, semble prouver, jusqu’á l’évidence, que cet érudit ignora l’existence de la brouette ou, plu tót, que la brouette n’existait pas de son temps. Léonard de Vinci, par exemple, lorsqu’il a songé á faire une liste d’instruments spéciaux pour le Brouette
de
Toléde,
du
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transport et la bátisse, n’a pas pu oublier la brouette. Dans un de ses manuscrits, á titre d’aide mémoire, probablement, le peintre de la Joconde a tracé les schémas ou légers croquis de six véhicules dont quatre sont des brouettes dedifférents types, sous le titre: Instruments pour enlever et transporter les choses á destination des édifices. La brouette existait lorsque le peintre, architecte, ingénieur, etc., écrivit ces mots et dessina les cinq petits véhicules qu’on voit dans la gravure ci-jointe. Le seau, n’y est pas déplacé, bien entendu. C’est un instrument fort utile pour porter et monter de l’eau et certains matériaux, extraire de la boue, etc. Léonard de Vinci naquit en 1452 et mourut en 1519. Bien des noms peuvent échapper á un lexicographe au moment de former les listes alphabétiques; mais est-il admissible qu’un savant puisse se souvenir de la brouette pour placer ce substantif dans un dictionnaire, parmi des milliers de mots se rapportant aux notions et aux objets les plus hétérogénes et qu’il oublie ce précieux instrument lorsqu’il s’occupe, spécialmente, ex professo, des moyens de transport et des appareils et Instruments employés pour la construction des édifices? Cette omission serait d’autant plus étrange, dans ce cas, que l’un des chapitres du livre des Origines (ou des Étymologies) chapitre oúle pabo ou brouette ne figure pas, porte ce titre: des véhicules. (De vehiculis.) Or, précisément, le mot vehiculum, est le premier des trois avec lesquels les glossaires attribués á Saint Isidore définissent la brouette. (Pabo. yEmzvuiUuniusrotee.) D’un autre cóté, non seulement on
Qlossaire
de
L .
de
Vinci
&
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
sait que des mots ont été ajoutés au lexique de Saint Isidore mais nous n’avons trouvé le nom et l’image de la brouette que dans des écrits dont la date est postérieure de plusieurs centaines d’années á celle de la mort de l’évéque de Séville. On peut done, je crois, conclure hardiment que le pabo, avec un b, est un mot barbare et apocryphe. * ** Le latín, pendant le Moyen Age et bien aprés,fut presque exclusivement, la langue des lettrés occidentaux du vieux monde. Pour qu’iis pussent étre déclinés, selon les régles de ia grammaire latine, on donna á tous les noms, propres ou communs, nouveaux ou anciens, de n’importe quel idiome ou dialecte, un certain aspect latín, une désinence latine. Nous croyons done qne la brouette monoeyele existait lorsque le mot Pabo fut imaginé et qu’il n’est, tout au plus, qu’une forme, latinisée, d’un mot queleonque. Du Cange et Ménage ont admis eomme ehose ¿vidente que pabo signifie brouette. On pourrait objeeter á eeei que les glossaires oú le mot pabo figure sont des dietionnaires, exelusivement, purement latins, avee des définitions en latín. On n’y lit pas que Pabo signifie brouette. On y voit que Pabo veut dire: «Véhieule á une roue», et pas autre chose. Pourquoi Pabo ne serait-il pas le nom d’un autre véhieule queleonque, monoeyele, différent de la brouette, vé hieule á traetion anímale, par exemple; véhieule en usage au vi' siéele dont Saint Isidore aurait eu eonnaissanee; véhieule disparu depuis, eomme le char
á faux des Perses, ou d’autres voitures dont les noms sont seuls arrivés jusqu’á nous, gráee á l’Evéque de Séville et á d’autres auteurs? Un Evéque ne se sert-il pas aujourd’hui pour ses voyages diocésains d’un véhieule á une roue unique, appareil qui, eependant, n’est pas une brouette? Dans une autre partie de ee reeueil, nous exposerons les raisons pour lesquelles nous sommes persuadé que le lexieographe, eopiste ou éditeur qui introduisit le mot pabo et sa définition dans le Glossaire de Saint Isidore, entendait bien parler de l’appareil auquel on donne aujourd’hui, en Franee et en franjáis, le nom de brouette. * * Le mot de Pabo ne fut pas, et pour cause, le seul néologisme, de forme latine, employé par les écrivains de la fin du Moyen Age et de la Renaissance, pour désigner ce véhieule. Un dictionnaire latin-fran?ais du xv' siéele lui donne, ainsi qu’á la civiére, le nom de manuvectorium, c’est-á-dire transporteur á main. Des écrivains ont eu aussi recours, nous le verrons, aux noms de voitures romaines avec lesquelle la brouette peut avoir une vague ressemblance lorsque, vues de cóté, une roue cache l’autre et, partant, n’en a qu’une dans l’image qui représente, sur le papier ou en bas relief, cette voiture. Les mots pabo et manuvectorium durent étre appliqués á la brouette á peu prés vers la méme époque. Pabo est peut-étre postérieur. En effet, si l’auteur du dictionnaire latín-franjáis, cité . par V. Gay (sans commentaire) avait connu le mot pabo et sa définition il l’aurait probablement adop té, au lieu de choisir ou d’inventer celui de manu vectorium. if *Sf Ce qui précéde était imprimé lorsque l’idée m’est venue de consulten, á la Bibliothéque Nationale de Madrid, le fameux manuscrit de Toléde:
L a t i n i s a t i o n . Le p a b o e s t la b r o u e t t e .
Codex
t o l e t a n u s . E tym o lo g ice.
PREMIERE PARTIS. CAUSERIE SECONDE
«¿es Étymologies^y de Saint Isidore. Le mot pabo ne figure pas dans le glossaire de cet exemplaire extraordinaire, ágé de plus de mille ans. Notre thése maintenant nous semble encore plus exacte.LePafto ne peut étre qu’un postiche anachronique. A notre avis, la brouette n’existait pas encore lorsque fut faite cette copie des oeuvres de l’Evéque de Séville, cent cinquante ou cent quatre-vingts ans peutétre, súrement deux cents ou deux cent soixante ans aprés la mort de cet auteur. («Unde» codex toletanus— nm c matritensis R. 15-8— «acf saeculum octavum médium vel eius sceculi partem alteram esse probatura) dit Rodolphe Beer dans la savante préface de sa splendide édition phototypique; gráce á laquelle un fac-similé du manuscrit de Toléde peut se voir dans toutes les grandes bibliothéques (Isidore Etymologia. Codex toletanus... Lügdunum Batavorum (Leyde), 1909. h- Si nous avions commencé par aller á cette sour ce, notre petite dissertation sur le Pabo, aurait été plus bréve. Mieux vaut, cependant, tard que jamais. Pour l’histoire de la brouette, d’ailleurs, il impor te relativement peu que ce véhicule figure ou ne figure pas dans les oeuvres techniques ou autres de Saint Isidore. Bien que la chose soit peu vraisemblable ce savant aurait pu connaítre la brouette et la passer cependant sous silence, par oubli ou parce qu’il aurait pu croire inutile de parler d’un objet trop peu important á ses yeux, ou trop connu. Notre Evéque aurait pu aussi en avoir parlé sans que, par la négligence d’un copiste, par exemple, son texte brouettique fut arrivé jusqu’á nous. II est bien plus intéressant, croyons-nous, de prouver, comme nous essayons de le faire, que Saint Isidore n’a pas pu dire un seul mot de la brouette, parce que ce véhicule n’avait pas encore été inventé lorsque ce polygraphe mourut, vers le sixiéme lustre du VP siécle. t *
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roulent et plus on en construit. On con serve la brouette et on la renouvelle; mais partout oú elle a été, une fois connue, loin de disparaítre, elle croit en importance et se multiplie et le nombre de ses applications et, partant, les types, dans sa famille, augmentent. Elle est si utile, sa construction est si facile et son prix est si modique! Si les Orees et les Romains avaient connu la brouette, Saint Isidore l’aurait connue, et si Saint Isidore et ses concitoyens l’avaient connue, le pabo aurait été, depuis longtemps, aussi connu, aussi populaire que Test, dans toute l’Espagne, le pavo. Or, pabo est un mot qui n’a aucun sens, pour ceux du moins qui connaissent l’orthographe. Pour les autres,on le sait, il signifie, comme pavo, dindon. Ceci, d’autre part, semble prou ver que le mot pabo fut anachroniquement introduit dans le vieux Glossaire, non pas en Espagne, mais á l’étranger. Pour signaler un objet, le nommer et donner une définition de son nom, il faut connaítre cet objet. Or on ne troave rien, jusqu’aux temps modernes, ni dans les dictionnaires, ni dans d’autres livres espagnols, dont on puisse dire, comme du pabo des neo glossaria Sancti Isidori: «II s’agit, indubitablement, d’une brouette. L’auteur de cet écrit, de ce ma nuscrit ou de ce livre, ou de cet article, ou de cette allusion, entendait bien par ler du véhicule qu’on nomme aujourd’hui, en frangais, brouette.»
On pourrait appliquer á la boule de neige et aux brouettes le fameux crescit eundo. Plus celles-ci
L’image de la brouette ne figure sur aucun monument ancien de l’Asie, de l’Egypte, de la Gréce ou de l’Italie
Noire preuve.
est é t r ange r .
Cr e s c i t eundo. P a b o
Les anciens.
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PREMIERE PARTIE.
Les Egyptiens, les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains ne con-
nurent-ils doncpaslabrouette? Onpeut, ou plutót on doit, croyons-nous, répondre, négativement á cette interrogation. Les anciens ne parlent pas de ce véhicule dans des ouvrages oú il est question de construction, d’agriculture ou de castramétation, livres oú la brouette aurait certainement été nommée et méme décrite, si elle avait été connue par leurs auteurs. Les traités, auxquels nous venons de faire allusion, nous parlent du panier, de la civiére, des barres et de petites voitures á deux roues, telles que le plostellum, mais il est inutile d’y chercher un instrument pour transports pouvant étre une brouette. * ÜI* H é l i o g a b a l e
CAUSERIE SECONDE
Héliogabale était un paíen dont les orgies scandalisaient méme ceux qui, bien que nés et élevés dans la gentilité, conservaient la notion de la décence et de la beauté des vertus naturelles, dont l’origine divine a laissé quelque chose d’indélébile dans l’áme humaine oú sont gravés des sentiments tels que celui, par exemple, qui portait les Romains á respecter et admirer la virginité des vestales. Ne représente-t-on pas, fréquemment, le vice sous la forme d’un enfant aussi charmant que le nom qu’on lui a donné? Trop souvent des qualités aimables et de belles aptitudes, bien qu’étouffées et stérilisées par le vice, rendent, malgré tout, séduisants des hommes sans moeurs. Comme beaucoup d’autres libertins, de tous les temps, Hélioga bale essayait de couvrir sa corruption, á ses propres yeux, et pour tromper ceux des autres, sous les sympathiques séductions de l’art; art, dans des cas comme celui-ci, d’autant plus dangereux qu’il est de meilleur goút. Un mantean, un coffre peuvent étre trés beaux et artistiques et cacher cependant, ou renfermer de trés vilains dessous et du linge trés sale. Ne voyonsnous pas beaucoup d’«artistes» (écrivains, auteurs de théátre, peintres, sculpteurs, etc., «professionnels» ou amateurs) arriver á donner le change au public et (gráce á l’art, c’est-á-dire, gráce á de belles choses mélées aux vilaines) á faire admettre aux gens que le tout, que l’ensemble de l’oeuvre, souvent détestable, est bon, beau, et méme moral? Les hommes corrompas voudraient que tous fussent comme eux et que les bonnes moeurs, qu’ils traitent de préjugés hypocrites, n’existassent pas. Pour que les vices de l’empereur fussent plus acceptables et pour qu’ils fussent plus facilement partagés par une haute société et une cour, bien disposées d’ailleurs pour la complicité, Héliogabale eut done recours á cet artífice, trés vieux, toujours actif, consistant á entourer ses désordres des raffinements les plus éblouissants du luxe, de la toilette, de l’élégance et de la munificence. 11 revétit, probableraent, tout ce trompe-rceil de procédés et de sen-
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d e s
b r o u e t t e s ?
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
timents feints (mais séducteurs) de naturalité et de générosité, d’aspect spontané, cachant admirablement le profond (mais trompear) égoísme dont est possédé le cceur de la plupart des débauchés. Comme aujourd’hul, 11 y avait, pendant le régne de cet empereur, des trains spéciaux de luxe et de plaisir. Du molns, les six cents voitures qui transportaient, lorsqu’il se dépla^ait, Héliogabale, sa suite et ses invités peuvent rappeler nos longues files de wagons. La brouette figura-t-elle dans les écuries et les vastes remises exigées par cet immense attirail? S’en servait-on, comme dans nos gares, pour le transport des bagages et la manutention des colis impériaux? Louis Quicherat, dont tant de jeunes franjáis ont feuilleté les pages des deux dictionnaires, l’un latin-frangais et l’autre, dont la premiére édition est de 1852, fran^ais-latin; Louis Quicherat (il le dit dans la préface) consacra neuf années de sa vie á ce dernier livre, qui suppose, chez l’auteur, une préparation beaucoup plus longue encore. Dans ses dictionnaires, Quicherat cite avec le plus grand soin les sources oü il a puisé les locutions et tous les mots latins qui figurent dans ces gros livres. La liste des auteurs ou livres latins cités par Quicherat et auxquels il a fait des emprunts, comprend cent un noms ou titres! Pour la traduction des mots pabillus et brouette on trouve brouette et pabillus, dans ses dictionnai res latin-frangais et frangais-latin. «Brouette », dit ce lexique, «Petit tombereau qui n’a qu’une roue en avant. Pabillus, i. m.=LAMPR.» Cette abréviation indique que le mot est tiré de l’écrivain Lampride. Dans l’autre dictionnaire, monument colossal de travail et de connaissances classiques, Quiche rat assigne au mot pabillus le méme sens et la méme origine. L’auteur, de ce livre (ou celui d’un autre lexi que), precise méme et indique que le substantif Crain
impérial.
Pabiiiers .
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pabillus est extrait de la vie d’Héliogabale, écrite par Lampride. ./EliusLampridius vivait au commencement du IV siécle, sous les régnes de Dioclétien et de Constantin, auxquels il dédia ses écrits, c’est-á-dire les vies de Commode, de Diaduméne, d’Héliogabale et d’Alexandre Sévére. Ces écrits portent le titre de Historice Augustce. Poussé par la brouette, je les ai lus d’un bout á l’autre pour y chercher le mot PABILLUS. Je ne l’y ai pas trouvé. M’a-t-il échappé? Lampride parle complaisamment des voitures et véhicules d’Héliogabale, qui étaient trés riches et fort nombreux. Tantót il y attelait des tigres, ou des femmes, tantót des chiens. La voiture que tiraient ces femmes «de toute beauté», était ornée d’or et de pierres précieuses. Héliogabale était galant á sa maniere. C’est par Lampride que nous savons que le «train» impérial se composait de six cents voitures. Héliogabale fut, certes, un dévergondé fastueux et magnifique, qui n’aurait été, probablement, que dévergondé, s’il n’avait été qu’un simple citoyen, comme Lampride; car on dirait que l’historien ne devait guére, valoir mieux qu’Héliogabale; du moins sous le rapport de la corruption de Timagination. Lampride, semble, en effet, avoir voulu profiter des désordres de l’empereur romain pour augmenter le scandale en l’exposant et en le perpétuant; en l’exagérant, proba blement, au profit du goút dépravé des lecteurs dépravés de son temps et des temps futurs. Agissait-il en paíen corrompa ou bien ce manque de convenance est-il, dans les Historice augustce, un artífice corrupteur du genre de Quicherat.
Lampride.
PREMIÉRE PA RTIE. CAUSERIE SECONDE
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celui exploité, malheureusement, encore aujourd’hui, par beaucoup d’auteurs et surtout par un trés grand nombre de romanciers. lis écrivent cependant pour des chrétiens qiii n’ont pas comme Lampride l’excuse d’étre nés dans le paganisme. Prétextant des exigences de la vérité historique et de TeXactitude sin cére et minutieuse des tableaux, des descriptions ou des analyses, ils se font les serviteurs, les «entremetteurs» ou «galéottes», aurait dit le Dante, des bas instincts des lecteurs: Galeotto fu ’il libro e chi lo scrlsse. (Enfer. Ch. V). * ** Pour des personnes sérieusement instruites, (auxquelles d’ailleurs il n’est pas destiné) leur travail est toujours cousu de fil blanc. 11 n’en est pas moins dangereux, gráce á l’imprudente confiance et á Tincroyable séduction qu’inspire et exerce un livre lorsqu’on ne connatt pas, le degré d’instruction, les sentiments, la situation et les mobiles de la fa^on d’agir de son auteur. Galeotto fu ’il libro, le coupable fut le livre; et celui qui l’écrivit, é chi lo scrisse. L’ignorant qui veut apprendre á lire ou l’ignorant sachant lire et bien d’autres un peu plus instruits, ou méme relativement instruits, ne peuvent ni s’imaginer ni admettre qu’un chose aussi merveilleuse et, á leurs yeux, aussi difficile á taire qu’un écrit un peu long, qu’un imprimé ou qu’un livre, puisse avoir un but autre que celui de distraire, d’instruire ou d’amuser licitement. lis sont portés á croire que, du moment qu’elle est sortie de l’imprimerie et qu’elle est livrée au public, la matiére de l
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l’imprimé doit étre sainé ou, du moins, ne doit pas étre réellement mauvaise; puisque sa vente est autorisée par «la loi». Notre imagination préte, d’autre part, á l’auteiir inconnu, les dons moraux et physiques que doit avoir, nous semble-t-il, l’écrivain dont nous avons lu le livre. Lorsque, pour la premiére fois je vis le portrait de Jules Verne, déjá ágé, et que je connus les détails de sa vie, plutót bourgeoise et sédentaire, je souffris une désillusion. Je m’en étais fait une sorte de Livingston, ou de Stanley, possédant, outre la jeunesse, toutes les qualités physiques et morales de ses plus séduisants héros. Cette bonne foi chez le lecteur; cette fagon de voir; le mystére qui entoure á ses yeux l’auteur, sont, á notre avis, l’une des raisons de la puissance du livre, et des imprimés. D’ailleurs le livre est, rien que par lui-méme et en tant que livre, séducteur. Son charme inspire souvent la violente passion de la bibliophilie á des amateurs qui ne le lisent pas; mais qui l’achétent, á poids d’or ou plus cher. Heureusement il ne rend pas, ainsi, malade tout le monde; mais son attraction est incontestable; sans doute, parce que, com me l’arbre du Paradis, il offre la Science et le plaisir; Science du bien, du vrai, du beau, et Science du mal. Les fruits du livre sont bien différents les uns des autres. La reliure, le papier ou le parchemin; l’écriture manuscrite ou les caractéres d’imprimerie; les mi niatures ou les images, la date, le titre et le nom de l’auteur etc., séduisent le bibliomane; mais, pour ceux qui lisent, le texte d’un livre immoral est le vrai galéotte; bien que le relieur et, surtout, l’imprimeur, le dessinateur et le graveur soient, trop souvent, les cómplices de l’écrivain. Les stratagémes des galéottes (malgré des différences et des variantes) ont toujours été et sont encore analogues. Ces artifices consistent á parfumer le plus possible les pages du livre de senteurs ayant la crapuleuse prétention d’étre «grisantes»; á offrir á l’imagination (sur des plats, quelquefois f
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
réellement bien travaillés et dans des coupes fai tes, souvent, de matiéres précieuses, artistiquement
Tapisserie. Catalogue des G. Mgs. du Louvre. París.
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des natures fortes et viriles, des natures de conquérants. Ne serait-il pas plus logique de soutenir que de deux hommes, Fierre, qui se moque de la délicatesse et mange des mets confiés á sa garde (parce qu’il croit que son acte de gourmandise ne sera jamais connu ou parce que, effrontément et égoi'stement, il se proclame «au-dessus des préjugés») est plus énergique que Paul qui, placé dans les mémes circonstances, agit honnétement, bien que doné d’une santé et d’un appétit semblables á ceux de Fierre? Un célebre poéte, espagnol, qui écrivit en latin, comme son onde le fameux philosophe Sénéque (andalou aussi de Cordoue) Lucius Annseus Lu-
ciselées et enrichies de pierreries) des mets flattant la vue l’odorat et le goút—mais relevés d’épices excitantes et vénéneuses—et des boissons malsaines ou empoisonnées; á colorér ou décolorer, adroip tement, et á mélanger et á confondre les notions du vrai, du bien, du faux, du mauvais; á donner, au vice, toutes les gráces aimables; á la vertu, toutes les humeurs chagrines, maussades, jalouses et tou tes les hypocrisies. Les galéottes font aussi un emploi aussi fréquent qu’abusif de l’euphémisine et de la litote, fi gures dont la charité peut tirer un si aimable parti pour adoucir et atténuer la vérité sans l’offenser. Gráce en effet á ces tropes, les auteurs et les pu___ _________________ blicistes rendent moins répugnant, en le cachant, par exemple, sous des appellations «d’amour libre», de «vie maritale», de «caprice» ce que Ton condam- cain nous montre, dans sa Pharsale, un nerait et repousserait si on lui donnait son vrai homme de guerre victorieux, vulgairenom, son nom «technique», dirons-nous; pour évi- ment vaincu par sa passion pour une ter, ici, Tadjectif «propre». femme. Vaincre les autres, lorsqu’on est Une autre ruse du galéottisme littéraire consis le plus fort est chose facile. La difficulté te á changer la notion du mérite enseignée aux et le vrai mérite consistent á se vaincre mortels par le bon sens et la morale. Des étres dont soi-méme. la volonté est affaiblie par des passions auxquelles ils obéissent en esclaves, sont presentés comme Les écrivains galéottes obscurcisL e
g a l é o t t i s m
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sent les consciences et empoisonnent les coeurs; ou inconsciemment, faute de principes ou pour le plaisir de donner á l’imagination des autres ce qu’ils ont de plus vilain dans la leur; ou parce que leur talent, et leur Science sont incapables de soutenir l’attention du lecteur; ou encore, et presque toujours, pour gagner de l’argent. II est si facile de vendre une marchandise qui, malheureusement, se vend pour elleméme et trouve aussi bien des acheteurs lors qu’elle est offerte, sans art, sans appréts, crue; telle que l’offrait Lampride á ses lecteurs! Paiens, ils ignoraient la délicatesse des préceptes chrétiens régissant la pensée et le désir, comme semblent la méconnaitre, certains criminalistes modernes, pour lesquels il n’y a que le fait accompli. On dirait que, pour ceux-ci, la pensée, le dessein, l’exemple, le conseil, la suggestion, et tout ce qui constitue l’ensemble des causes de l’acte, ne comptent pas, Ces penseurs prétendent que le galéotte qui charge et met l’arme dans la main d’un enfant en lui conseillant de la décharger, par exemple, contre son frére ou son maítre, n’est pas coupable. Le galéottisme littéraire et la propagande des mauvaises moeurs par la parole, l’image, le crayon, etc., ne doivent parattre á des philosophes et á des psychologuesde cet acabit,quedes moyens honnétes de gagner leur vie. Ils doivent teñir, aussi, pour un pauvre homme celui qui a pu écrire. «Le latin dans les mots brave l’honnéteté; mais le lecteur frangais veut étre respecté», vers dont le premier hémistiche est parfaitement applicable á Lampride. La brouette nous attend; bien étonP
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née, probablement, de se voir mélée aux «Histoires augustes» de l’historien d’Héliogabale. ❖ íH Nous ne pouvons pas croire qu’on ait pris papilla pour pabillus ou vice versa; car ce qui pro quo serait de la forcé de celui du Pirée pris pour un nom d’homme. J’en suis á me demander si le texte de Lampride que j’ai eu sous les yeux est différent de celui d’oú Quicherat dit avoir tiré le mot pabillus? Faut-il mettre sur le compte de ma maladresse de ne pas avoir trouvé pabillus, dans les Historice Augustce? Les deux mots, pabilla et pabillus flgurent-ils dans la Vie de Héliogabale et dans celle d’un autre empereur du livre de Lampride? Toujours estil que nous y avons trouvé papilla et non pabillus. Papilla se lit dans une phrase qui pourrait faire croire qu’il y est question d’un véhicule; mais nous pensons que, probablement, il s’y agit, plutSt, d’un harnachement, ou d ’une piéce de harnais, ou d’un mode d’attelage. Traduction du texte latin: Héliogabale «attela, quatre á quatre, des femmes de toute beauté; deux ad papillam^. La papilla est-elle la pabillus ou la brouette de Quicherat? Ce texte signifie-t-il que deux de ces femmes étaient attelées á quelque véhicule et qu’elles le traínaient attachées, «par la poitrine» ou «á la poitrine» comme on dit en franíais porter á l’épaule; «attaché au joug». Etaient-elles attelées d un véhicule, au char. e t
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SECONDE
á un char portant les noms de pabillus ou de pa pilla; noms bien ou mal écrits par les copistes? Étaient-elles attelées á ce véhicule ou á autre chose? Ces femmes furent-elles attelées, par exemple, á cette piéce du harnais qui s’applique sur le poitrail des bétes de trait ou de somme; piéce appelée, selon le cas, soit tricóle soit polirail? En la tin , le mot papilla qui p o u rra it av o ir plusieurs autres sens (ou étre pris au figuré) signifie, vulgairement, couramment, tout autre chose qu’une voiture. En Espagnela papilla est une bouillie faite de lait et de mié de pain ou de farine qu’on donne aux nourrissons ou bien lorsqu’ils commencent á manger ou bien pour aider la mére dans la derniére période de l’allaitement, etc. Papilla a, aussi, en espagnol le méme sens technique que le terme franjáis de papilla et signifie partant: petite protubérance (Les papilles de la langue, les papilles des champignons, etc.) Ajoutons qu’en latin, le poitrail des bétes, des sphynx des centaures, etc., se dit pedas et, en espagnol, pec/zo; mots qui ont le sens de poitrine. Pecho veut dire, aussi, sein. La bricole du harnais d’une béte de trait s’appelle pechera ou pecho-petral. Le poitrail du harnachement pour bétes de selle ou de bát, porte, en espagnol, le non de petral ou pretal, (prononcez pétral ou prétal,) abréviation ou corruption de pec toral, dont l’étymologie et le sens sont les mémes qu’en fran9ais. Les chevaux des chars antiques portaient des bricoles; mot dont j’ignore l’équivaBr i c ol e .
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lent latin. Dans le chapitre «des Instru ments pour chevaux». (De instrumentis equorum) de Saint Isidore on trouve
bien antella et postella, poitrail et croupiére; mais par le contexte on dirait que l’antella et la postella sont plulot des piéces d’un harnais pour béte de selle ou de somme. L’objet de ces courroies, on le sait, est d’empécher que la selle (ou le bát) ne se déplace vers le cou ou vers la croupe de la béte. * Si Héliogabale faisait tirer un char par des femmes, aujourd’hui, encore, celles-ci se croient attelées par les hommes non seulement (comme dirait une féministe ou une suffragette) au joug des travaux forcés du ménage» ou «au char du vice», par exemple, mais á la charrue(sans métaphore) á lavraie charrue des champs. En effet, dans un but plus utile et plus décent que celui qui inspira á Héliogabale son attelage á femmes, au Maroc, l’africain mahométan, emploie, aussi, encore, ses aimables compagnes á tirer la charrue attelées généralement á c6té d’un áne. Ce genre d’attelage se voyait, pa-
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raít-il, aussi, naguére, en Algérie. Notre petit croquis est fait d’aprés une photographie dont la photogravure a été publiée dans la Géographie de la Frail ee et de ses colonies, par F. Schrader et L. Gallouédec. (París, Librairie Hachette). II est vrai que les Instruments «avec lesquels» les Marocains «grattent, plutót qu’ils ne fendent, le sol» sont du type antique. * Lampride prétend qu’Héliogabale attelait des femmes «quatre á quatre», «Quatre á quatre» est bientót dit; mais cette donnée est fort Insuffisante pour pouvoir déterminer (d’aprés l’ordre de formation des unités composantes de ce moteur, de forcé de quatre femmes) quel était le genre du véhicule auquel ces belles étaient attelées. On peut, en effet, á l’aide de quatre quadrupédes ou de quatre bipédes combiner bien des modes d’attelage, modes dont le graphique suivant peut donner une idée, bien qu’incompléte.
Lorsqu’on attéle «á quatre», deux des bétes (bincee) sont attelées au timón ou au palonnier. Les deux autres (bince), devant, á la volée mobile ou «volée d’atB i n a e
a d
telage». Deux peuvent tirer au collier (avec le collier, étre attachés aa collier ou par le collier) et deux autres peuvent travailler «au poitrail» (avec le poitrail ou á l’aide du poitrail) comme dans l’attelage dit á la postillonne: bien, qu’en général, dans l’attelage «á quatre» á moins de raisons spéciales, les quatre chevaux, ceux de devant et les timoniers, portent, uniformément, soit des colliers soit des bricoles. Nous savons que dans l’attelage á femmes d’Héliogabale la symétrie n’était que relative, puisque deux, seulement,(W/2CE) étaient attelées adpapillam. * * * Dans l’image publiée par Sarader et Gallouédec, le misérable harnais de l’áne se compose d’une corde, garnie dans sa partie formant boucle, d’un chiffon. II est assez difficile de déterminer si cette piéce, hybride, de ce misérable harnachement, appartient au genre á collier ou au genre á bricole. Admettons, pour rendre plus claires nos explications, qu’il s’agit d’un harnais á bricole-poitrail. Les forces combinées des deux femmes et de l’áne actionnent l’instrument dont l’arabe tient, empoigné, l’unique mancheron, appelé stiva en latín et esteva en espagnol. En latín ou pourrait dire que la béte est attelée pectore ou ad pectus, c’est-á-dire «par le poi trail» ou «au poitrail». On peut dire, de méme, pectore ou ad pec tus, en parlant du mode d’attache ou de har nachement de la femme qui est á droite de l’áne. Lampride aurait dit: ad papillam ou papilla ou ad papillas. Dans ce cas papilla aurait le sens de sein ou de poitrine. A moins qu’il n’y ait eu á Rome, un har-
p a p i l l a m
A d
p a p i l l a m
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nachement pour hommes, appelé papilla, du genre de la bricole ou du poiirail de nos selleries, ou du genre, par exemple, des bretelles ou des bricoles des brouettiers, des brancardiers et des halleurs. # ** Les Halleurs du tableau d’un peintre liégeois publié, pour son numéro de Noel 1913, par le Jour nal illustré La Mease, représente, des étres humains attelés pectore; ou ad pedas ou adpapillam ou pectore ou ad pedas ou adpedora ou pedoribas ou ad papillam vel ad papillas. On pourrait appeler «poitrails» les bricoles sur lesquelles agissent les poitrines de cet homme et de cette femme, sorte de sangles dont j’ignore le nom technique ou usuel. En regardant l’image du Journal non seulement Je l’ai Jugée utile pour mes explications; mais elle m’a fait penser que M. Edward Masson aurait pu
donner á son tableau le nom ou titre de: Philémon et Bauds sur les bords de la Mease. Telle est l’atmosphére de laborieuse.courageuseetsereine résignation et de douceur qu’on respire sur la rive du P o i t r a i l .
B r i c o l e .
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fleuve, auprés des deux vieillards s’entr’aidant. Mélancolique idylle! Notre gravure n’est que le scliéma d’un fragment de cette composition oú, bien entendu, ne figurent pas les deux chevaux qu’on voit, á droite, devant les halleurs. On pourrait ajouter que si l’homme et la femme avaient la bricole en bandouliére l’expression ad papillam, au singulier, aurait été encore plus précise. Le harnais des halleurs est souvent porté ainsi, en bandouliére. Les deux femmes de Lampride le portaient-elles de cette fagon qui Justifierait encore davantage le sens de; atíachées á la poitrine; ad papillam papillave? N’oublions pas que la propriété des termes ne génait nullement les romains, comme le dit, si bien Boileau, dans le vers que nous avons cité. * ** La Renaissance oublia que,lorsqu’on se propose copier ou imiter un modéle «c’est par ses beaux cótés» comme l’a dit un poete, qu’il faut essayer de lui ressembler et non par ses fautes, ses difformités, ses laideurs, ses vices, et ses défauts. La Renaissance crut, trop sou vent, se rapprocher davantage de la perfection de l’art antique en imitant son mépris paíen de la pudeur. II existe une gravure de cette époque, que nous ne voulons pas reproduire. Le hasard, chez un relieur, l’a mise sous nos yeux. Elle réprésente l’Amour sur un char, fustigeant les deux femmes qui le traínent. Le harnachement de celles-ci res semble fort á celui des halleurs. On pourrait done employer aussi, pour dé-
P a p i l l a .
R e n a i s s a n ce
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crire cet attelage, le terme deadpapillam dont s’est servi Lampride. * ** Pour nous pabiUus n’est qu’un diminutif d’un mot, ayant existé ou n’existant pas. Probablement c’est un diminutif du oabo, attribué, á tort, á Saint Isidore. Le latin a été et est encore une langue universelle. II lui faut des mots correspondant á ceux des langues vivantes. On comprend que pour dire en latin des choses nouvelles on ait imaginé des mots á tournure latine; mais nous ne comprenons pas qu’on ait donné á un véhicule, défini: «véhicule á une roue», un autre nom que celui, auquel personne ne semble avoir songé, de unirotum ou celui de unirota. En bon latin, en vrai latin, tout véhicule á deux roues est, cependant, un birotum ou une birota.
nage prétend que birotetta signifierait brouette et serait un diminutif de birota, voiture mentionnée dans la loi VIH du Code Théodosien. Que birotetta vienne de birota (comme voiturette vient de voiture) fort bien; mais ceci ne nous dit pas oü se trouve, avec le sens de brouette, ce mot birotetta; tandis que nous verrons que birotetta a été inventé, a posteriori, pour taire venir étymologiquement de ce mot celui de brouette. Si Théodose le Grand (qui ne serait devenu ni empereur, ni grand, s’il n’avait pas acquis l’existence en Espagne, l’an de Gráce 346) ou si un autre législateur romain s’était occupé de la brouette,no\x% le saurions positivement, comme nous connaissons, par exemple, le texte et.la date des ordonnances régissant les brouettes de la Corporation parisienne des VJnaigriers, dont nous dirons plus loin quelques mots. La birotetta de Ménage ou d’un autre auteur, n’est, en tous cas, croyons-nous, qu’un néologisme —•du genre de manuvectorium ou de pabo ou de pabillus, etc. — inventé par un latiniste chrétien quelconque, dans les derniers siécles du Moyen Age ou au commencement de la Renaissance.
*
■Je *
Méme en admettant que papilla et pabillus soient des mots synonymes ou que la papilla et pabillus soient les noms de deux voitures, différentes l’une de l’autre; méme en admettant tout ceci, il y a bien des raisons pour ne pas admettre que ni pabillus ni papilla, dans ce cas, signifient le «petit tombereau á une roue devant», de Quicherat, autrement dit: brouette (selon cet auteur, selon le Lexique latin-frang-ais de L. Baise et, proba blement, selon d’autres dictionnaires). Ajoutons, pour mémoire, á la liste des noms inventés pour désigner, en la tin, la brouette, le mot Birotetta. Dans ses Origines de la langue frangaise, MéU n i r o t a
II est évident que si le mot pabillus ou un autre ayant le sens indubitable de brouette (sens dú á une définition ou au contexto) se trouvait dans une phrase, authentique, de Lampride ou d’un autre écrivain latin du IIP ou du IV® siécle de N. S., il faudrait reconnaitre l’existence, á cette époque, de la brouette. Or, s’il n’y a, croyons-nous, aucun mo til pour admettre que les ouvriers de ce temps connurent cette voiturette, il y a de fortes raisons, á notre avis, pour pouvoir soutenir que les Romains ne l’ont jamais connue. * * Une trentaine de véhicules sont mentionnés ou figurés dans le dictionnaire des antiquités de Rich. On n’y trouve aucun nom, ni grec ni latin, ayant le sens de: brouette; mot qu’il est inutile de chercher
P a b i l l u s
B i r o t e t t a
R i c h .
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B 01^^O
r í ( y
dans ce livre, au ssi intéressant queprofusément illustré.
Pom péi disparutran 79 de notre ere et ses ruines nefurent découv e rte s que 1610 an s a p ré s. Un écrivain par le ainsi, dans une description de cette ville: »Tout le monde connaít cette nuée de petits *génies, qui s’abattant sur les murs des demeures »pompéiennes tissaient des couronnes ou des guir«landes; péchaient á la ligne; dressaient des oiseaux; «sciaient des planches; rabotaient des tables; cou»raient dans des chars, ou dansaient sur la corde »en tirant des chars, ou dansaient sur la corde, en sportant des thyrses pour balanciers; l’un accroupi; sl’autre agenouillé; l’autre faisait jaillir un flot de vin »dans un vase; un quatriéme jouait de la lyre; un xcinquiéme de la douce flúte, sans quitter la corde xtendue qui fléchissait sous leurs pieds adroits».
fdM
Est-il admissible que si les génies et lesamours pompéiens avaient connu la brouette, ils ne se fussent pas servi d’un véhicule si coquet qui, poussé par eux, n’aurait été que fort gracieux? Les artistes pompéiens en auraient, súrement, tiré un excellent parti. D’ailleurs, par son instabilité, la brouette se préte bien aux espiégleries et aux farces de l’amour.
Pompéi.
Amours.
Génies.
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És que la brouette fut connue l’art s'en empara, et bien entendu Pierrot et Arlequin, né farceur, ne durent pas se mettre en retard pour en taire leur profit. On a vu (page 6) reproduits d’aprés des documents photographiques, le petit Prince des Asturies et son frére l’infant Don Jaime, jouant sur la plage de la Concha, á Saint-Sébastien, á cóté de leurs brouettes. Certains jeux sont partout et toujours les mémes. Le premier roseau qui tombe sous la main des enfants leur sert de cheval; ou á chevaucher, comme dirait Horace. {Equitare in aruncUne lan ga). Aujourd’hui ils veulent des brouet tes ou des automóviles en miniature. Autrefois, comme on peut le voir sur un vase appartenant au Briiish Museum, ils faisaient rouler de petits véhicules, vrais chars ou vrais chariots aux yeux de l’imagination des marmots grecs et romains. Évidemment, les enfants, les amours et génies pompéiens auraient joué á la brouette, si elle avait existé de leur temps, et dans ce cas nous l’eussions vue décorant les murs, dans des scénes du genre de celle que reproduit la partie haute de l’un de nos croquis (331. Page 38). *** Le seul document qui puisse, á ma connaissance, taire naitre quelque doute sur l’existence de la brouette antique est
Arlequin.
Briiish
Mu s e u m.
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l’image ancienne d’un amour qui aiguise ses fléches defeu au contact d’une meule sanglante «Ardentes acuens sagittas cote cruenta» dit Horace. Le véhicule, sur lequel l’Amour transporte sa meule, est-il une brouette? Dans son Dictionnaire des Antiquités, Rich a publié une image de cet amour, á la meule. Ce serait, d’aprés cet auteur la copie d’une pierre gravée. J’en ignore l’origine et l’époque, je ne sais pas si l’enfant est grec ou romain, mais d’aprés le dessin, ce rémouleur, aiguisant des fléches brúlantes, n’appartient certainement pas á une époque de mauvais goút. Quoi qu’il en soit, notre Cupidon
porte sa meule sur une machine á deux ro u es, dont on ne voit qu’une. Celle de gauche est masquéeparl’élégante enveloppe qui cache, coquettement, le vase á eau, son support, et la meule dont cet écran arréte leséclaboussures. Un de nos amis, Don José Garnelo, homme instruit, artiste éminent, nous sígnala comme pouvant étre des brouettes les petits chars du British Museum. Pour mieux faire saisir ce que les minuscules véhicules du British Museum prétendent représenter, nous avons tracé, audessus de l’image de l’un des jouets du vase antique, celle d’un char á chevaux. Nous donnerons ailleurs les raisons techniques pour lesquelles ni le véhicule de l’Amour á la meu le, ni les chariots du vase du Bri tish Museum ne sauraient étre considérés comme des brouettes; bien qu’il y ait des brouettes á deux roues. Ajoutons que le savant au teur du Dictionnaire des Antiquités ne dit pas que le véhicule du charmant rémouleur est une brouette, «sH4; Laissons les suppositions. Georgias Agrícola (Georges Landmann, saxon, né en 1490) est
Amour
á
la
meule.
F a us ses
brouettes.
G.
Agrícola.
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l’auteur du trés intéressant et trés important ouvrage De re metallica. Quelques lignes aprés avoir parlé de la brouette, ce savant rappelle que, dans les mines, les anciens, d’aprés Pline, transportaient, á dos d’homme, la terre, les minerais, etc., «/uf/o che si cavava» lit-on dans la traduction italienne, de 1563, imprimée á Bale. II est évident que si la brouette avait eté en usage du temps de Pline ce savant en aurait parlé.
brouettes du Comte de Lasteyrie mentionnées dans l’important ouvrage que nous venons de citer. (Cette gravure reproduit un croquis fait á une échelle beaucoup plus petite que celle des dessins de Lasteyrie. Voyez p. 40). A Carresse (Cantón de Salies de Béarn) j’ai entendu dire au frére du charron Jeantine Péreuil, au charpentier Jéróme (mort, á l’áge de quatre-vingtquatre ans en 1908) que, dans ce coin du département des Basses-Pyrénées on En 1821, les membres de la ne vit et on ne fit des brouettes qu’aprés section d’Agriculture de l’lnsti- la construction de la grande route de Vase du British Museum. tut de France, dans leur Grand Peyrehorade á Salies. Avant cet événeCours Complef d’Agriculture, se plaignent de ce ment, qui eut lieu il y a quelque soixanteque la brouette ne soit pas connue dans toute la quinze ans les paysans de la région ne France!!! Cet ouvrage se compose d’un grand nom se servaient que du panier et de la cibre de volumes. «La brouette», dit ce Grand dic- viére, pour des besognes qu’ils confient, tionnaire «est un des mille exemples qui prouvent aujourd’hui, á la brouette. comme les inventions útiles ont de la peine á pénéL’expansion mondiale de ce véhicule trer dans les campagnes, car bien est due aux Communications rapides et que ses qualités eussent dü la fáciles et aux grands travaux publics faire adopter, partout, tandis contemporains tels, surtout, que ceux qu’elle est d’un usage journalier des chemins de fer. dans certains cantons de la L’expression «Condamné á la brouet France, ELLE EST PRESQUE te», c’est-áINCONNUE DANS D ’AU- dire aux tra vaux forcés, TRES.» Et le méme ouvrage ajoute: n’estprobable«En 1820 M. de Lasteyrie ment pas bien dans sa curieuse Collection de vieille. Tout sem machines útiles, a figuré dix sortes de brouettes, p e u c o n - ble pro u v er Enchainé á la brouette. Sibérie. (Nuevo Mundo, n.° 220.) qu’en Italie, NUES EN F r a n g e , et qu’il serait comme en Espagne, la brouette n’a été bon d’y introduire». connue que longtemps aprés son ini dos d’homrae.. . Ces témoignages ont, me vention. En Espagne et en Italie, la brouette semble-t-il, une grande importance pour l’histoire de n’a pas de noms á elle. On lui a donné, la brouette. En 1821 Louis XVllI régnait en fort tard, ceux de carriola ou carretto, France. Nous avons réuni dans la gravure 12”; les en Italie, et de carretilla en Espagne. Ce 18 2 1 . E n F r a n c e .
Lasteyrie.
S ibérie. Espagne
et
Italie.
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PREMIERE PARTE. CAUSERIE SECO N DE
sont des diminutifs qui signifient, dans les deux langues: «petit chariot, petite charrette». L’édition ¡talienne du livre de Georges Agrícola, De re metallica porte, le titre: Dell’arte di cavare. Le traducteur y a donné á la brouette le nom de carriala. A Saint Sebastien, «carretilla» est un mot á double sens. La «carretilla» c’est la brouette et, aussi, c’est une voiture á deux roues, légére, pour le Service du port et de la gare. On s’en sert surtout pour le transport de la marée. Elle est attelée d’un cheval. Le mot «carretilla», figure, souvent, avec le premier de ces deux sens, dans les jornaux de la vitle tels que la Voz de Guipúzcoa (numéros du 23 et 24 mars 1897, par exemple). Nous avons déjá dit un mot de Toléde á propos des brouettes spéciales pour le transport de l’eau. On s’y sert aussi de brouettes ordinaires, pour l’entretien de rúes; presque toutes en pente. La brouette, m’avait-on dit, était venue á Toléde avec le bagne ou presidio. D’aprés les renseignements que m’a fourni le Marquis de la Torrecilla, ren seignements qu’il tient de son fondé de pouvoirs dans cette ville, Don Antonio Reus, les galériens ou presidiarios, qui firent leur entrée á Toléde, en 1832, n’avaient pas de brouettes. Pour le Ser vice de la voirie, dont ils étaient chargés, ils employaient de petits chariots auxquels s’attelaient, á l’aide de cordes, plusieurs de ces malheureux. Aujourd’liui la brouette fait partie de l’arsenal muni cipal de cette ville si intéressante. Le presidio fut transféré de Toléde á Ocana en 1879. Carriu la.
Saint
On ne trouve le mot carretilla, avec le sens de broutte (bien que le mot y figure avec d’autres acceptions), que dans la troisiéme édition du Dictionnaire de VAcadémie (1791). Et pourtant, nous sommes dans la patrie de Saint Isidore de Séville!
Brouttes de Lasteyrie, 1820,
Encoré aujourd’hui il existe de nombreuses localités en Espagne oú on ne s’en sert ou presque pas, tandis qu’il y a beaucoup de régions oú, pour le transport de terre, de sable, etc., on fait un grand usage du panier et de la espuerta, panier mou, d’alfa tressé. La espuerta d’ailleurs y travaille encore, souvent, méme á Madrid, á cóté de la brouette.
- Sébastien.
Toléde.
1791.
Espuerta.
C A U S E R IE T R O IS IÉ M E
Sous l’action d’une dome ivresse, le gros et bon tutear du petit Bacchus, suéne, jette un regard un peu vague et hébété, mais béat et satisfait, sur le faune qai brouette le charmant pupille. UX yeux de la raison, comrae á ceux de la foi, tout ce que les hommes sont, tout ce qu’ils possédent est dú, soit immédiatament, soit médiateL ’ o r i g i n e
de
la
b r o u e t t e
ment, á un Principe extérieur. Cérés fitelle connaítre directement la brouette au grec Triptoléme, comme le laisse entendre le Dictionnaire de la Conversation? La brouette a-t-elle une origine nettement divine? Les dieux aimaient les hommes et e s t - e l l e
d i v i n e ?
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TROISIÉME
voulaient que ceux-ci s’aimassent les uns les autres; aussi récompensalent-ils magnifiquement la pratique désintéressée de Thospitalité. Les grands dieux et les dieux moins grands descendaient souvent de l’Olympe et du Parnasse. Immortaliser un mortel chéri en lui accordant le prlvilége de renaítre tous les printemps métamorphosé, par exemple, comme Narcisse, en fleur, était un de leurs moindres prodiges. «Baucis devint tilleul; Philémon devint chéne.» II faut chercher le secret de ces énigmatiques et mystérleux miracles dans l’amour des dieux pout l’Humanité, pour la Nature et pour tout ce qui est la parure et la richesse de la Terre. On a pu dire, (sans hyperbole, bien entendu) d ’une mortelle ibérique que lorsque ses paupiéres et leurs cils longs et soyeux s’abaissent, la sensation du crépuscule semble se produire autour de sa personne. L’image est-elle nouvelle? Les yeux de la belle duchesse d’Arion ont-ils inspiré ces paroles ou ne s’agit-il, dans ce cas, que d’une heureuse application? Toujours est-il qu’on aurait pu en dire autant de la jeune veuve qui, par la fraícheur de son éblouissante beauté, paraissait étre la soeur plutSt que la mere du charmant Triptoléme. L’existence de cette femme, pleine de foi et d’espérance, était remplie par l’accomplissement de ses devoirs religieux et par ceux de son état. Elle donnait á l’éducation et á l’lnstruction de son fils une grande partie de son temps. Les dieux l’aidaient. lis lui avaient accordé la jouissance d’une santé et d’une égalité d’humeur inaltérables ainsi que le don, si aimable, de la gaité et de l’enjouement. P r o d i g e s .
La
mé r e
La mere de Triptoléme n’avait pour tout bien qu’un coeur d’or, une douceur et un charme délicieux comme le parfum que répand, aussi naturellement qu’inconsciemment, la violette. La bonne volonté et la bonté sont ingénieuses. Bien que pauvre, la mere de Triptoléme exer^ait néanmoins l’hospitalité, tandis que des gens mille fois plus riches trouvaient toujours des motifs ou des prétextes pour refuser l’entrée de leur logis á de malheureux voyageurs égarés ou surpris par la nuit et le mauvais temps. La mére de Triptoléme avait une ame de poéte. La Nature correspondait á son amour. Son commerce avec les nymphes des bosquets, des coteaux, des grottes, des riviéres et des ruisseaux des environs lui faisait oublier l’éloignement de ses semblables; car sa demeure était loin de la ville, assez loin de toute habitation humaine. Le coin de la campagne oú s’élevait la cabane de Triptoléme et de sa mére produisait une grande variété d’arbres, de plantes, de fleurs et de fruits. Les animaux domes tiques, les arbres, les fleurs étaient des amis pour la mére et pour son fils. Peu de temps aprés la visite de Júpiter et de Mercure á Philémon et á Baucis, Cérés parcourait la terre. Comme ces dieux et comme tant d’autres, Cérés aimait voyager sous un incógnito plus impénétrable et bien plus trompeur que celui dont se couvrent nos demi-dieux lorsqu’ils désirent, aujourd’hui, par exemple, visiter, plus á leur aise, les pays étrangers. Paute de données suffisantes, les cartes de la terre (dressées au Parnasse sous la direction de la nymphe Uranie) étaient encore fort incomplétes. Celles dont se servit Cérés pendant son voyage contribuérent á l’égarer. Un soir, lorsque déjá un peu inquiéte Cérés commengait á craindre d’avoir á passer la nuit sous le froid regard de la palé Phébé, une faible lueur s’échappant d’un point placé au-dessous de la som bre ligne de l’horizon frappa les yeux de la déesse, lui rendit sa majestueuse sérénité et lui servit de de
T r i p t o l é m e
C é r é s
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guide. Cérés fut bientot aprés devant la pauvre, mais ríante, chaumiére de la mére de Triptoléme. L’ingénieux déguisement de Cérés trompa l’ingénuité de la belle mortelle. La mére de Triptoléme et son fils ne virent devant eux qu’une pauvre voyageuse épuisée de fatigue. Celle-ci fut immédiatement captivée par le charme de ses botes et par la gráce et le ton de sincérité de leurs compliments. Pendant que Cérés, enchantée, les écoutait s’excuser simplement de ne pouvoir lui offrir un accueil moins modeste, sa divine personne était l’objet de soins aussi intelligents que discrétement empressés. Bien que les dieux et les déesses crussent posséder des aptitutes pour tous les roles cependant chacun jouait le sien et avait sa spécialité dans l’Olympe. Comme le portefeuille de la Beauté avait sa titulaire inamovible celui de l’Agriculture était échu, on se le rappelle, á Cérés. Tout le monde sait aussi que, dans ces temps mythologiques, le mérite et les Services rendus recevaient des récompenses moins sollicitées que nos croix, cordons et décorations, mais bien plus enviables. Non content d’avoir accordé le bonheur á Philémon et á Baucis, Júpiter, par exemple, avait méme noyé tous leurs voisins. Par ce simple moyen, le maitre des dieux écarta de ces époux, faits l’un pour l’autre, et se suffisant l’un á l’autre, les inévitables genes, obligations et tracas de l’existence dans une société composée de plus de deux individus. Philémon et Baucis s’aimaient tendrement. Le mari et la femme étaient également sains et forts. Leurs goüts, leurs intéréts, leurs aspirations étaient les mémes. Dans ces conditions Philémon et Baucis atteignirent facilement la limite extréme de la longévité; ce qui n’étonna personne. Cérés n’ignorait pas l’aventure de ces braves gens. lis vivaient encore. La Déesse voulut imiter la conduite de Júpiter. La forcé de l’exemple, surtout lorsqu’il vient d’en haut, est presque irrésistible. Le souvenir de Tinondation et de la générosité du maitre des dieux suggérérent á la Déese de l’AgriT r i p t o l é m e
e t
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culture la pensée de faire périr, préventivement, (avant d’accorder une magnifi que récompense á ses botes) tous les mécontents et tous les jaloux que cette faveur, quoique juste et méritée, engendrerait súrement. Ce projet ne fit que traverser l’esprit de Cérés. Sa sagesse le rejeta. L’envie n’était jamais entrée dans son cceur. Pendant longtemps elle n’avait connu que de nom cette pasión. Tous ses sentiments étaient nobles; mais elle avait dú se rendre á l’évidence et elle avait fini par bien connaitre les dieux et les hommes. Elle se dit que la mort de tous les envieux dépeuplerait presque totalement une région oú l’agriculture allait avoir besoin de bras. Elle préféra étendre le bénéfice de sa munificence au monde entier. Elle pensa qu’un bienfait qui profiterait á toute l’humanité augmenterait la beauté et le prix de la récompense aux yeux du futur roi d’Eleusis et de sa mére et rendrait cette récompense bien plus agréable á leur coeur aimant, droit, généreux. Cérés enseigna done á ses hótes des méthodes nouvelles de jardinage, leur fit connaitre quelques Instruments précieux; la charrue, par exemple, et leur donna (en méme temps que des moyens fort extraordinaires pour l’exécuter) la mission de répandre la connaissance du bló et d’autres graines útiles dans les régions de la terre oú étaient ignorées ces semences, appelées, depuis, céréales; en mémoire, cela va sans dire, du nom de la déesse de l’Agriculture. Les moins versés en mythologie savent que les dieux et les déesses jouissaient du don de prophétie et de double vue. Comme cebe de nos médiums et
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de nos voyants cette vue était assez trouble. Cérés n’était pas plus myope, comme devineresse, que les autres habitants de l’Olympe; mais, á l’époque oü cette déesse connutles Triptoléme, l’invention de la brouette était encore trop loin dans l’avenir pour que l’éclat de ce petit véhicule fut visible, méme aux yeux des meilleurs devins et des plus perspi caces astrologues. Le roi de l’Olympe ne posséda ja máis aucune brouette dans ses domaines; pas méme dans cette fameuse métairie dont la Fontaine a dit: Júpiter eut jadis une ferme á donner. Mercure en fit l’annonce et gens se présentéFirent des offres, écoutéren t.. . [rent,
A notre point de vue, la morale non pas de la fable d’oú sont tirés ces vers, mais de ce qui les précéde est celle-ci:
aussi, croit que cette invention est des plus anciennes.» Pour cet écrivain, évidemment, la bacchanale de Grégoire Lazzarini ne saurait étre moins classique, quoique le dieu du vin y soit promené dans une brouette, que si ce grand peintre avait représenté Bacchus sur l’un de ses chars caractéristiques, chars tirés par des tigres. * A l’erreur qui attribue á la brouette une anti quité fantastiquement réculée, — erreur si générale — l’auteur de l’article du Dictionnaire de la Conversation en ajoute d’autres. Ce ne sont pas les seules, nous l’avons indiqué, dont brouette a été la victime. Par exemple, dans sa descriptlon du tableau de Rubens et de Breughel dont nous avons parlé á la page 15, l’auteur du beau «Catalo gue de la Collection de Peintures de son Excellence le duc de Berwick et d ’Albe» ne donne-til pas le nom de «carretón» (grosse charrette) á la carretilla (brouette) dont il avait cependant l’image sous les yeux? Or ce cas, nous le verrons, n’est ni l’unique ni le plus grave de cette sorte de cécité qu’on pourrait qualifier de brouettique. íjs
«En mélant la mytologie et le nom de Triptoléme á l’histoire de l’invention de la brouette l’auteur de l’article: B r o u e t t e , du Dictionnaire de la Con versation, avoue, implicitement, que lui. Mor al e
Céci t é
«On attribue á Pascal» dit encore Le Dictionnaire de la Conversation, «l’invention de cette espéce de petit tombereau», et il ajoute: «que les anciens, á ce que l’on croit, en avaient eu l’idée...» que «Ygin amid’Ovide et affranchi d’Auguste, dans les Rei auctores agrarice parle de petits chariots qui auraient eu chez eux la méme destination...» Comme tant d’autres espagnols, comme Saint Isidore, Yginus naquit en Espagne, bien des siécles avant l’invention de la brouette; six cents ans avant
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Ygi n
P a s c a l
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
la naissance de Saint Isidore; mille six cents ans avant celle du savant frangais Blaise Pascal. L’in-’ vention d’une fable ou d’un véhicule merveilleux est plus facile á imaginer que l’invention de la brouette. Si Cérés ne fit pas connaitre la brouette á Triptoléme, et pour cause, en revanche, tout le monde le sait, elle lui fit cadeau d’un char tiré par des serpents. Les chars, ailés ou sans ailes, dans ce temps de merveilles, étaient d’un usage assez fréquent. La brouette n’entra au Parnasse que bien des siécles aprés que l’Olympe eut fermé ses portes. PhilippedeMousqueSjl’auteur de l'Honeste Fortune, Milton, Gregoire Lazzarini, etc., ne l’y introduisirent que lorsque les dieux n’avaient plus d’autre cuite que celui qui sera toujours rendu, par les admirateurs de la poésie classique, á ces ingénieuses incarnations et á ces vivantes et charmantes personnifications des sentiments, des passions et des idées les plus métaphysiques. Nous venons de faire allusion á la bacchanale brouettique de Lazzarini. Nous pourrions ajouter que le croquis qui la représente dans cette causerie (page 41) n’aurait pas été déplacé dans la causerie précédente. Nous avons en effet indi qué, dans cette cau serie seconde, que les artistes de 1’anti quité au“"^ient tiré un excellent parti de la brouette si la brouette avait été connue de ces devanciers de Laz zarini, lorsqu’ils peignaient leurs dieux, leurs déesses, leurs Amours et leurs Génies, á Athénes, á Rome, á Pompéi ou ailleurs. La tres belle composition de Lazzarini donne en effet une idée de ce qu’auMy t h o l o g i e . B a c c h a n a l e
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raient pu étre ces tableaux á brouettes, idée plus parfaite que celle que peut suggérer notre croquis de la page 38 de ce recueil. * * Évidemment, puisqu’il y avait des chars dans les temps mythologiques, la roue existait. La roue d ’ailleurs est, historiquement, fort ancienne, et subvertit rotas curruum «et II renversa les roues des chars» dit la Bible, dans la description d’un drame qui effraya l’Égypte vers le XIV® siécle avant l’ére chrétienne. Bien que l’invention de la roue et celle de la brouette semblent, á premiére vue, devoir étre contemporaines et n’en faire pour ainsi dire qu’une seule, des milliers d’années les séparent l’une de l’autre. La brouette n’a, probablement, que quelque six cents ans d’existence. Le char á roues est vieux, au moins, de quarante centuries; mais, par contre, l’invention de la brouette n’a dú précéder l’invention de la poudre á canon que de deux cents ans, tout au plus. Cet explosif étail connu, partout, avant la fin du XVI® siécle. Deux cents ans plus tard, la brouette étail encore un objet rare ou inconnu dans la plupart des régions de la terre. On se moquerait cependant de la Science historique d’un peintre qui aurait, ingénument, garni la ceinture de Duguesclin ou celles du Prince Noir ou dejeanne d’Arc d’une paire de pistolets. Pourtant cet anachronisme serait infiniment moins anachronique que celui (qui a le privilége de ne choquer personne) consistan! á faire rouler des brouet-
brouettique.
La r o u e .
Anachronisme
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
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tes dans des tableaux á sujets anciens: bibliques, grecs ou romains. ** ¡k La Gréce et l’Italie anciennes ont produit un grand nombre d’architectes et d’entrepreneurs de grands travaux. La brouette leur eút eté fort uüle. Si ce véhicule avait été connu dans la Gré ce classique la langue grecque aurait eu un mot pour le désigner; mot qui, d’ailleurs, s’il avait existé, serait passé, soit tel quel, soit traduit ou latinisé, á la langue de Virgile, de Vitruve, de Pline, et de Columelle.
carrucha), mot qui signifie voiture, charrette. Si au lieu de carrucha le mot vehiculum avait figuré dans la traduction d’Henri Estienne on verrait, croyonsnous, le mot véhicule, á la place de celui de char rette, dans le Dictionnaire grec-frauQais d’Alexandre. *
Puisque monos veut dire unique et trokos signi fie roue, il va de soi que monotrokos est un adjectif composé, masculin, dont le neutre, pris substantivement, signifie une chose, un objet á une seule roue. Monocycle est aussi un néologisme. On pourrait le remplacer par celui de monotroque, qui ne serait pas plus mauvais. La poulie á une seule roue serait done une poulie monotroque ou un monotroque. La brouette se rait de méme un véhicule monotroque ou un monotroque. Or, dans la traduction ou définition de monotrokos, du Thesaurus Mals, pourrait-on objecter, le mot d’Henri Estienne, nous lisons: carraca. La carruca grec MovóTpo'/.oa ne figure-t-il pas, avec le était cependant une voiture á deux ou á quatre roues sens de carrucha unius rotee, c’est-á-dire et méme un sleeping-cart. Les romains en effet appelaient, parait-il, caravec le sens de voiture monocycle, dans l’extraordinaire, dans le prodigieux The- ruca dormitoria une voiture aménagée pour y passaurus grcecce linguce d’Henri Estien ser une bonne nuit. (Rich. Dictionnaire des Antine, l’un des grands savants, l’un des quités.) Cependant, de méme qu’en espagnol le diminugrands hellénistes franjáis de la Renaistif de carro, carrete (petit char), veut dire bobine sance? Effectivement le mot se trouve dans pour fil et carretilla, diminutif de carreta, signifie ce livre grec-latin ainsi que dans d’au- brouette, il est possible que carrucha ou carruca tres plus modernes tels que l’important signifiát, autrefois, par extensión, en grec et en la Dictionaire Grec-Fran^ais d’Alexandre. tin, un instrument quelconque pour porter, pour «Movóxpoyw» dit cet auteur «Monotrokos, transporter, pour véhiculer. charrette á une roue; sorte de brouette». II est évident qu’Alexandre n’a adop té le mot charrette que parce qu’il a En langue espagnole, carruca, carrucha o\x gar trouvé á cóté du mot grec novótpoyoo, du rucha sont des mots qui ont servi ou servent encore Dictionnaire Grec-latin d’Henri Estien ne, le mot latin carraca (qu’on écrit aussi á désigner la poulie, instrument qui est bien, aussi, Monotrokos.
Monotroque.
Sleeping-cart.
Garrucha.
Carrucha.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TROlSIEME
une sorte de véhicule, souvent monocycle (Dictionnaire de Fernández Cuesta. Barcelona, 1886. Dictionnaire de Salvá, 1846, etc.) De méme, en Italie, tandis que carriola veut dire brouette, carrucola signifie poulie. (Dictionnaire de Ferrari et de J. Caccia. París, 1877.) Dans quelques régions du Nord-Est de l’Espagne on entend aussi t^zx carrucha un «chariot d’enfant» d’un genre spécial. Au lieu de glisser sur le sol ou d’y évoluer sur des roulettes, la carrucha de la province de Lérida ou du Haut-Aragon esí soutenue et guidée par deux longues barres paralléles et fixes. L’objet de cet appareil est d’apprendre á ____ ___ marcher aux enfants. Le bébé trottine et fait CflRRücA-A ouG-flRROf/l/U£) la navette entre les extrémités des barres, le long desquelles glisse la carrucha. D’ailleurs carrucha et carretilla sont des diminutifs de mots tres UL__ proches parents. cwreT e Longtemps av an t qu’il n’eüt été adopté pour désigner la brouette, le diminutif carretilla s’employait dans Tidiome espagnol et fígurait dans les vocabulaires de cette langue; mais avec des acceptions tres différentes de celle de brouette. Decir de carretilla) par exemple, est une locutlon qui voulait dire et signifie actuellement: réciter machinalement par coeur; tout d’un trait. Le roulement d’une charrette et sa marche monotone ont dú inspirer cette expression pittoresque. * ** Un mot encore á propos de la carraca, unius rotee, d’Henri Estienne, et de la charrette á une roue; sorte de brouette, d’Alexandre. Puisqu’une brouette n’est pas une sorte de charrette et comme Carrucha.
Carreti l l a.
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celle-ci n’est pas, non plus, une sorte de brouette, on pourrait se demander si Alexandre n’aura pas voulu dire que Movó-cpoy.oa Signifie charrette á une roue, aussi bien que brouette; mais brouette d’un genre spécial. Cette interprétation nous semblerait cependant d’autant moins justifiée qu’Alexandre ne parait pas avoir donné beaucoup d’importance au mot qui, d’aprés son dictionnaire, signifie: sorte de brouette. On y trouve en effet dans son ouvrage, devant la traduction et la définition de ce mot, le signe « f» et l’abréviation Gl. Or dans la table pour VExplication des signes et des principales abréviations (table placée au commencement de ce dictionnaire Grec-Frangais) on voit que le signe f devant un mot y veut dire: Mot ou peu usité ou qui ría pas d’autorité suffisante; tandis que l’abréviation Gl signifie: Mot tiré des Glossaires, sorte de vocabulaires composés par les grammairiens anciens Hesychius. Suidas, etc., et pour Vexplication des mots peu usités. Monótrokos est un mot inventé par un helléniste. On l’a forgé, croyonsnous, comme on a forgé pabo, manuvectorium; pabillus ou comme on a emprunté, nous l’avons indiqué les noms de voitures anciennes, — celui d’essedum, par exemple — pour désigner la brouette lorsque ce véhicule avait déjá une certaine importance dans quelques coins de l’Europe, vers la fin du MoyenAge, quand l’aube de la Renaissance n’éclairait encore qu’imperceptiblement l’horizon de l’Age-Moderne.
S i g n e
* ** f .
Mots
f o r g é s
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Les textes et les inscriptions de l’antiquité ont été scrupuleusement fouillés et disséqués par les philologues et les archéologues. Le nom grec, latín ou gréco-latin ou barbare du véhicule appelé aujourd’hui, en France, brouette ou méme la description de ce véhicule, ne se verraient-ils pas dans quelque texte, de l’époque classique ou néoclassique, si la Gréce s’était servie de la brouette? Alexandre donne á entendre, nous l’avons vu, que le mot monótrokos a dú étre créé par un grammairien du MoyenAge; mais ni Henri Estienne ni Alexan dre ne disent quoique ce soit qui puisse taire supposer que ces savants admettaient que les anciens n’ont pas connu la brouette.
Forcellini (1688-1771) est un de ces savants dont l’oeuvre est si considérable qu’elle semble étre le produit du travail d’une génération d’érudits. Le Pére de Vit a donné au XIX® siécle une nouvelle édition, revue et augmentée, du Lexicón de l’abbé Egidio Forcellini. Dans son Lexicón iotius latinatis Forcellini dit qu’il ignore l’étymologie du mot pobo, mot qui signifie d’aprés Saint Isidore, véhicule á une roue, et qu’il y a des personnes qui lisent (dans le Glossaire?) pavo ou qui préférent pavo á pabo. ahí legunt pavo. Legere veut dire aussi bien lire que choisir. Peu importe du reste, dans ce cas, que pabo soit orthographié avec un b ou avec un V, puisque pabo est un nom inventé, mortné, apocryphe que Saint Isidore n’a jamais écrit ni défini. (V. page 26 et 27.) * **
CONCLUSION.—Le manque de mots pour désigner la brouette en grec et en latín classiques, l’absence d’images anciennes de la brouette, á Pompéi, par exemple, l’emprunt du nom de carretilla et de carriola, noms déjá vieux et ayant un autre sens en Espagne et en Italie, la tardive apparition de la brouette dans les manuscrits du Moyen-Age, les regrets dont nous avons parlé, exprimés en 1821 par les membres de la section d’Agriculture de rinstitut de France sont, avec quelques autres, des faits á l’aide des quels on peut soutenir qu’il serait probablement inutile de chercher des preuves de l’existence de la brouette au-delá de certaines limites, relativement peu éloignées de celles du XIII' siécle. Encoré faudrait-il ne pas s’écarter de quelques régions peu nombreuses et peu étendues. Dans toutes les autres on n’a connu pratiquement la brouette, qu’au XIX' siécle; siécle de l’invention de la locomotive, de la bicyclette, etc. ** La nécessité (sa nécessité á lui, pas celle d’autrui) aiguillonna un jour, pro bablement, l’imagination de l’anonyme inventeur de la brouette. S’il avait pu connaitre les brevets d’invention, il est Silence.
For cel l i ni . Pavo.
possible que cet homme ingénieux eüt méme essayé d’exploiter jalousement, égoístement, sa découverte. Les bons résultats de celle-ci durent attirer l’attention de ses voisins. La construction de la nou velle machine était facile. lis ne tardérent probableConclusión.
L ’i n v e n t e u r
de
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
ment pas á la copier ou á rimiter. Ces suppositions sont-elles invraisemblables? Tous ceux qui comme Alphonse Karr (.i.) ont attribué le mérite de l’invention de la brouette á Pascal ne semblent avoir vu dans ce véhicule qu’un de ces outils de travail á l’aide desquels on fait plus rapidement ou á meilleur compte un ouvrage que si on ne se servait que des ongles, des doigts, des mains et des bras. Pour surprendre et étonner le lecteur par l’émission d’une pensée d’aspect paradoxal et génialement profond; pour taire une phrase á effet, — effet devant sans doute résulter, selon les prévisions de leur rhétorique, d’une antithése, d’un contraste, — des écrivains ont presenté l’inventeur de la «misérable et tres humble brouette» comme l’un des bienfaiteurs de l’humanité ou peu s’en faut. (Edmond About. - Le XIX^ Siécle. Avril, 1883. - Gui de Maupassant - Sur l’eau - 189x). Ces auteurs n’auraientils pas pu citer, aussi bien, l’inventeur de la pelle ou ceux de la scie, du panier, de la civiére ou du balai? A chacun le sien. Les Jean de Dieu, les Vincent de Paul, les Jean Baptiste de la Salle, i Abbé de l’Epée,
Parmentier, Jenner, Dom Bosco, Pasteur, etc., etc., sont des bienfaiteurs de l’humanité; mais l’inventeur de la brouette? La brouette n’évite á l’homme ni la
brouette
bienfaiteur
et
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peine ni fatigue. D’autre part il est assez probable que l’invention de ce véhicule ne dut pas étre inspiré par l’amour du prochain, par l’esprit de charité. Comme la hotte et tant d’autres Instruments, la brouette est utile, trés utile, cependant son usage ne contribue guére, généralement, au délassement moral ni au soulagement physique de ceux qui ont á la pousser. Néanmoins nous n’hésiterions pas á accorder — mais á un autre titre, diffé- rent de celui de bienfaiteur de l’humanité — una place d’honneur, dans le Panthéon des génies inconnus, si ce temple existait, á l’inventeur de la brouette. L’invention de la brouette est com parable á celle de l’hélice, qui remplaza les deux roues des bateaux á vapeur par un organe unique. L’inventeur de la brouette avait compris, sans doute, que l’équilibre de son appareil unirotique pourrait étre conservé et maintenu par le conducteur lors méme que le poids de la charge portée sur le véhicule ne serait pas exactement partagé et ne serait pas placé moitié á droite et moitié á gauche de l’axe longitudinal de la ma chine. S’il se rendit compte a prior!, de ceci, sans que le hasard y füt pour den; s’il ne plaga la roue á l’avant du véhi cule qu’aprés avoir prévu et raisonné les avantages qui résulteraient de ce dispositif nouveau, l’intelligence de l’in venteur de la brouette est digne de celle des Archiméde, des Galilée, des Watt, des Stephenson, des Cugnot, des Bréguet ou des Foucault.
homme
* * digne
du
Panthéon
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
Si la Science des Egyptiens, des Babyloniens, des Perses etc., ne s’éleva pas jusqu’á l’invention de la brouette, si ce véhicule ne se révéla ni au génie de la Gréce archaíque, ni á celui de la Gréce historique, ni á celui de Rome, par contre, des la plus haute antiquité, on sut tirer fort rationnellement parti, au profit de certains véhicules á roues, du principe mystérieux auquel la brouet te dut plus tard et doit encore la plus grande partie de son mérite. Nous pensons méme que le résultat de l’application du principe auquel nous faisons abusión, frappa si fort l’imagination des habitants d’Argos qu’ils crurent qu’il s’agissait d’un miracle. Dans une autre partie de ce recueil nous essayerons de justifier cette opi nión et nous reviendrons sur ce prodige, attribué par les argiens á l’intervention de la déesse Héra, et sur le principe de mécanique, gráce auquel deux jeunes hommes, attelés á un char, purent paraítre aussi forts qu’une paire de boeufs. Ce principe, á l’aspect paradoxal, est tellement caché, que des ingénieurs, des savants sont passés, sans les comprendre, á cóté de véhicules oú ce principe est appliqué, tandis que d’autres, aprés les avoir examinés ont condamné le dispositif exigé par cette application et l’ont qualifié de défaut de construction! Ce prétendu défaut donne, cependant á la brouette et á ces voitures, d’un genre presqúe disparu, une supériorité, sur leurs congénéres, comparable á celle que posséde une arme á feu, á canon rayé, sur une autre semblable, mais dont le canon est á ame lisse. Analyser et signaler les particulariPrincipe
caché.
Déesse
tés techniques de la brouette est l’objet principal de ce recueil. * ** Quant á notre histoire, déjá commencée, de ce véhicule, elle a été jusqu’ici négative. Dans les pages précédentes nous avons essayé, en effet, d’établir Vinexistence, c’est-á-dire, la non existence de la brouette dans l’antiquité et dans tes dix ou onze premiers siécles de l’ére chrétienne. Aprés cette dissertation en faveur du long néant de la brouette, dissertation dont la thése et les arguments sont, nous semble-t-il, nouveaux, nous ne suivrons pas cette voiturette jour par jour (et pour cause, á partir de celui de sa naissance) mais nous groupperons autour d’elle des données, des images, etc.; documents épars édités ou inédits, connus, peu connus ou point connus, dont la collection liendra lieu d’histoire et donnera une certaine idée de l’importance du role joué par la brouette dans le monde de l’industrie, de l’agriculture et de l’art. Ne la voit-on pas aujourd’hui, au XX® siécle, dans les gares, dans mille chantiers, dans les exploitations de toute sorte, travaillant á cóté des machines modernes les plus perfectionnées? On ignorera probablement toujours, entre autres choses, le nom de l’inventeur de la brouette et la date précise de l’invention; mais pour ce qui est de cette date nous pouvons nous consoler de ne pas connaítre l’année, le jour et l’heure exactes oú, pour la premiére fois, une brouette roula sur la surface de notre planéte. Tout est relatif. Lorsqu’il s’agit, par exemple, de la formation de l’Univers, la date d’un phénoméne cosmiqne ou géologique, á mille ans prés, serait une donnée d’une invraisemblable précision. La premiére enfance de la brouette, a été trés longue. Une différence de cinquante ou de soixante ans, en plus ou en moins, n’a, á notre avis, dans cette phase de l’existence de la brouette, aucune importance; surtout si on considére qu’il est, H era.
Long
néant.
La
date
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
ici, question d’une voiture spéciale, sui generis, dont la lignée ágée, peut-étre, tout au plus de sept cents ans, est, dépuis peu d’années seulement, aprés plusieurs siécles de vie chétive, en pleine vigueur, en plein développement. Les Services de plus en plus variés, qu’on de mande depuis quelque quatre-vingts ans á ce véhicule, ont engendré une multitude de types et de L o n g u e
e n f a n c e .
En
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modéles nouveaux dont plusieurs ont été imaginés dans ces derniéres années. Nous en parlerons; mais ne l’oublions pas, il y a sur la terre des vieillards nés lorsque la brouette était une rareté absolument ignorée dans des milliers d’endroits oú elle fourmille á présent.
p l e i n
d é v e l o p p e m e n t
C A U S E R IE Q U A T R IÉ M E A brouette est un instrument de travail dont le souvenir évoque plutót des pensées bucoliques, agricoles, industrielles, pacifiques. II serait bien inutile d ’aller chercher son origine dans les armées et dans les camps. Cependant nous parlerons de la brouette militaire avant d’en avoir fini avec les fiches pour l’histoire civile de la brouette. Placée aprés un chapitre consacré á la brouette des chantiers, des champs, de la Science, des lettres et des arts cette causerie aurait pu paraítre un hors d’ceuvre ou une note. D’ailleurs la derniére impression laissée par la lecture d’une étude de la brou ette, doit-elle étre guerriére? En 1895, je me rendis chez le Commandant t
t
du Génie de la garnison de Versáilles, Je lui demanda! s ’il pourrait me dire la date vers laquelle la brouette était entrée réglementairement dans 1’armée. Je n’avais pas l’honneur de connaitre cet officier. J’étais pour lui un inconnu. Avec une grace et une amabilité charmantes, en riant d’un rire accueillant, il m’avoua qu’il n ’était guére préparé pour répondre á une question á laquelle il ne s’attendait certes pas; mais qui ne lui sembla nullement saugrenue. II me donna méme l’adresse d’un de ses amis qui «pourrait peutétre me renseigner». Malheureusement cet officier était á Paris et l’occasion l
m
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERÍE QUATRIÉME
de nous mettre en rapport ne s’offrit pas. Je ne revis plus le commandant du Génie. Si jamais je publie le livre, dont ces lignes sont une parenthése, Texemplaire qu’il en recevra luirappellera une visite aussi imprévue qu’elle est déjáloin dans son passé et dans le mien. ** * Le sol de la France porte encore des traces nombreuses des terrassements de César. Cependant César ne connut pas la brouette. César était courageux, impétueux, froid, maitre de lui, prudent, prévoyant. II évitait á ses soldats tes dangers inútiles, limitait autant que possible les probalités d’un surprise et savait compenser rinfériorité du nombre par le choix des positions et par l’abri et la protection dont il couvrait ses troupes en les plagant, systématiquement; derriére des fortifications naturelles, ou improvisées, ou permanentes; souvent légéres, toujours suffisantes. César dut á cette tactique une grande partie du succés de ses campagnes dans les Gaules et dans la Grande-Bretagne. Si la brouette avait existé, cet appareil aurait rendu á ce capitaine d’inappréciables Services pour la construction des tatus et des fossés dont il fut si sagement prodigue. Assurément les troupes de l’antiquité se passérent de la brouette et tout porte á croire qu’elle ne fut adoptée par l’armée que plusieurs siécles aprés l’introduction de ce véhicule dans l’économie civile. * * Cé s a r .
Froi ssart .
Pi llage.
L’initiative privée a presque toujours devaneé l’action officiellle. LUSIEURS siécles avantl’admission de la brouette dans les armées réguliéres, un soldat pillard et maraudeurse servait déjá de ce véhicule pour le transport des richesses dont il avait fait mainbasse au sac dé la petite ville d’Alost, en 1381, s’il faut en croire une miniature tirée des ehroniques de Froissart = 1461 = (1483) = (Ms. de la Bibliothéque du roi, n.° 6.321 Bibtioth. Nationaie ) .r - /- ; L’artiste auquel nous devons cette brouette y a attelé son soldat á l’aide de la bretelle: harnais brouettique d’invention ancienne, on le volt. Cette brouette, convenons-en, appartient moins auChroniqueurqu’auminiaturiste. Elle aurait eu une valeurplus grande encore pour l’histoire des moeurs et des usages si Froissard nous en avait dit un mot. S’agit-t-il ici d’un cas exceptionnel? Cette brouette est-elle due exclusivement á l’imagination de l’artiste illustrateur? C’est peu probable. En tout cas ce dessinatenr a figuré la brouette dans le méme róle qu’elle jouera plus de trois cents ans plus tard dans un drame militaire dont le narrateur fut et témoin et l’acteur. D’ailleurs ces deux cas de trans port de butin sur des brouettes ne sont pas les seuls. Bien que le titre d’un autre manuscrit du XV® siécle, oú l’on voit des brouettes, évoque des idées belliqueuses, le róle qui y jouent ces véhicules est plutót pacifique. Poussées par des hommes de peine civils, elles prétent leur concours aux préparatifs de deux expéditions militaires, dont l’une contre Charlemagne. Observons que dans les appréts Bretelle
Brouettes
du
XV^
siécle.
PREMlftRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
de celle de Charlemagne contre le ville de Trémoigne, un brouettier soutient les brancards de la brouette et en garde réquilibre, tandis, qu’attelé devant le véhicule, un autre ma•i í x y f tf-' noeuvre la tire á l’aide d’une corde. Nous reviendrons sur ce procédé de travail. «Les conquestes de Charles Mag ue» est le titre du manuscrit auquel nous devons de tai re allusion. Une de ses brouettes fut signalée comme prépascalienne par un collaborateur de Vlntermédiaire des chercheurs et des curieux. Si l’objet du correspondant de ce périodique ne s’était borné qu’á démontrer que la brouette existait déjá lorsque Pascal vlnt au monde, il aurait ajouté que dans ce méme manuscrit des Conquestes de Charles Mague une autre brouette roule á cóté d’un traineau; que ce manuscrit appartint á un futur roi d’Espagne, á l’archiduc Philippe le Beau; que Ton connait les noms de l’écrivain et des artistes (dont l’un relieur) qui collaborérent á l’éxécution de ce manuscrit, et que ses trois volumes ont, á la Bibliothéque Royale de la Belgique, les cotes: 9.066, 9.767, 9.068.
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dont fut un jour victime le brave Don Quichotte.
Nous savons done qu’un roi d’Espagne qui vécut les cinq derniers lustres du XV' siécle connaissait la brouette. Le pére de Charles-Quint aurait done pu avoir la gloire d’introduire dans ce pays l’usage de cette utile voiturette. La monocycle des Conquestes de Charles Mague ne se vulgarisa cependant en Espagne que lorsque déjá, depuis trois cents ans, tournaient, dans les plaines de la Manche, les ailes des moulins á vent; importation hollando-flamande
La petite ville fortifié du Hainaut, Chátelet, joua un certain role dans la campagne dont le fait culminant fut la bataille de Saint-Quentin, livrée le 10 aoút 1557. Dans le grandiose monument de l’Escurial, construit, on le sait, en m ém oire de la victoire de Philippe II, JÍVÍí un tablean du temps porte le titre de .lE CHATrilT (• estuaiflL) le de Chátelet. Celui de combat serait plus exact. Don José Moreno Carbonero m’envoya un croquis fait d’aprés la brouette qui figure dans ce tableau. Un homme la pousse en courant. Don José Florit, conservateur, aussi érudit que bon dessinateur, de I’armeria Real, m’en fit un dessin, plus complet; car dans celui D. José Moreno Carbonero on ne voit que le véhicule, sans brouettier. Nous venons d’écrire le mot Escurial. En franjáis on orthographie et on prononce ce nom comme il est écrit ici. Palais de l’Escurial, Monastére, de VEscurial lit-on dans Ies auteurs et les imprimés frangais. Pourquoi done Escurial? Escurial en langue de Castille n’est ni un nom commun, ni un nom propre ni un nom géographipue. En espagnol un escorial est un endroit oü on jette, oü on a déposé la scorie, les scories (esco ria, escorias) d’une forge ou d’une exploitation quelconque. Mais revenons á nos brouettes.
Philippe
1’ E s c O r i a l
le
Beau.
Brouette
de
XVI ^
siécle.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
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Le peintre du tableau de l’Escurial (en espagnol Escorial) connaissait la brouette: c’est indubitable. Mais sa brouette ne fígure-t-elle dans le tableau qu’á titre fantastiquement pittoresque ou bien (et ceci est plus probable) son image estelle lá parce que cette représentation graphique est le reflet d’un souvenir, d’une donnée authentique, d’un fait réel observé sur le champ du combat? Cette brouette de Chátelet port-t-elle de l’eau aux combattants? Son tonneau renferme-t-il de la poudre? Les brouettes figuraient-elles, réglementairement, déjá dans les armées ou bien ne s’agit-il dans ce cas, comme nous le croyons, que du véhicule de fortune, improvisé, d’un fournisseur, d’un vivandier? Les armées en campagne ont partout enfanté et des pillards et cette sorte de petits spéculateurs, souvent témérairement braves, dont elles sont toujours suivies. Dans les tapisseries du Palais de Li ria représentant les campagnes du fameux duc d’Alba, tapisseries á trés petites figures, et d’une grande richesse de détails, on ne voit pas une seule brouette. II nous semble done que la brouette du tableau de l’Escurial et celle du manuscrit des chroniques de Froissart sont la représentation de choses réelles et vues; mais que cette brouette du combat de Chátelet, comme les brouettes anaehroniques de Charlemagne et celle de la prise d’Alost étaient des brouettes civi les et qu’elles ne jouérent qu’accidentellement un role á l’armée. * ** D uc
d ’Albe.
Militaires?
Nous devons á Christophe Colomb et á ses collaborateurs, entre autres bonnes choses ou cho ses bonnes, le chocolat, la pomme de terre et le chinchina, mot qui lu á l’italienne se prononce quin quina et est une corruption du mot chinchona (qui sonne á l’oreille: chinchiona), apellation ou dénomination tirée de chinchona, par allusion á la personne et au titre de la comtesse de Chinchón. (Prononcez, á peu prés, tchine-tchion). Cette dame fut guérie au Pérou par l’emploi de l’admirable fébrifuge qu’est la quina, et la quinina, nom (corruption de quinquina) qu’on donne, aujourd’hui en Espagne á la précieuse drogue. Pour d’autres étymologistes, qui d’ailleurs ne nient pas que ce médicament fut appelé chinchona aprés la guérison de la comtesse de Chinchón, quina et quinquina, serait des mots péruviens. Chinchón est le nom d’une petite ville de la province de Madrid. Tous les ans on envoyait d’Amérique de grandes quantités de chin chona, quinina ou quina ou quinquina et de tabac aux rois d’Espagne. L’Espagne, il est vrai, avait porté au Nouveau Monde le christianisme, la langue de Castille et une civilisation rapide et durable á laquelle contribuérent puissamment le zéle, la Science et le dévoúment des communautés religieuses et la foi des conquistado res, cqs conquérants qui dans des régions immenses, plus vastes que celles qui furent le théátre des cam pagnes d’Alexandre Grand, á des milliers de licúes de leur patrie, eurent á lutter contre l’inconnu, contre la nature, contre ses monstres et contre les hommes. Leurs exploits surpassent souvent ceux des héros de la mythologie. Nous les admirons. Néanmoins nous hésitons á admettre que ces capitaines, que ces soldats extraordinaires, que ces explorateurs et colonisateurs de contrées devenues des territoires trés étendus de grandes nations, que ces fondateurs de tant et de tant de villes aient fait connaitre la brouette á l’Amérique latine. Cependant Don José Moreno Carbonero, excellent peintre, a mis des brouettes dans son beau ta bleau «La fondation de Buénos-Aires» événement
Conquistadores.
Fondation
de
Buénos-Airs.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
qui eut lieu en 1580. A cette date il y avait déjá, dans quelques régions, quoique en petit nombre, des brouettes en Europe. Quelques-unes traversérent-elles l’Atlantique? Les brouettes de D. José Moreno Carbonero, sont-elles vraisemblables? Cet aimable artiste a bien voulu dessiner pour nous le croquis reproduit au bas de la page 9 de ce recueil. 11a done agi aussi complaisamment que M. Bardas. M. Barrías inventa sa brouette grecque de l’Hotel de Ville de París. Lorsque le maítre espagnol agrémenta de brouettes son grand tablean, peint pour l’Hótel de Ville de Buénos Aires, il eut devant lui
-’V'-'Á l ll'i *I
des modéles. II avait fait construiré, en grandeur naturelle, d’aprés les données fournies par le tableau «Bataille de Chátelet» du palais de l’Escurial, une brouette en bois. On voit l’image de celle-ci dans la peinture de D. José Moreno Carbonero. L’autre, qui y figure aussi, est le portrait de cette meme brou ette légérement modifiée. Son platean avait été entouré d’une claie du genre de celle qui garnit quelques brouettes de l'ouvrage de /?e metallica d’Agrícola. Probablement ce genre de brouettes existait déjá, depuis un certain nombre d’années, lorsque Qeorges Agrícola publia son livre en 1551. II est possible que des espagnols, comme il y en Vraisemblables?
Premier
55
avait tant alors, ayant vécu longtemps dans les Flandres, ou des flamands ou des allemands, au Service de TEspagne, eussent pris part, comme l’avait fait précédemment le bavarois Ulric Schmidh, á l’expédition qui aboutit á la fondation de la Ville de Buénos-Aires. La présence probable de ces sujets espagnols ou étrangers, du roi d’Espagne, ou de ces étrangers, sur les rives du Rio de la Plata rend plus acceptable celle des brouettes du tableau de D. José _______Moreno Carbonero. La brou ette, en effet, fut de bonne heure en usage en Allemagne et dans les Flandres: peutétre y fut-elle inventée. Ulric Schmidh ou Schmidel revint en Europe vers 1533. Cet aventurier a écrit un récit de l’expédition de D. Pedro de Mendoza dont il avait été soldat. Les brouettes de D. Jo sé Moreno Carbonero sont done vraisemblables. Nous devons, cependant ajouter que le hasard nous mit en rapport, vers 1911, avec un argentin, en core jeune, qui nous affirma qu’un de ses grand’parents avait été l’importateur de la brouette á Buénos-Aires, Timportateur princeps. Crescit eundo, avons nous déjá dit. Le souvenir de la brouette ne se perd pas dans une région lorsqu’une fois on l’y a vu travailler. Si quelques brouettes étaient allées en Amérique avec les espagnols, elles y seraient, pro bablement, devenues nombreuses; elles s’y seraint multipliées, comme s’y mul-
importateur.
Crescit
eundo.
56
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
tipliérent, en sauvage liberté, dans les herbeuses pampas, les quelques chevaux et juments importés d’Espagne par Don Pedro de Mendoza. Le nombre considérable des descendants de ces bétes étonna Don Juan de Garay (dont le nom se prononce en espagnol Garaí) et ses sompagnons lorsque, plusieurs années aprés l’expédition de Mendoza, ¡Is allérent fonder, sur la rive droite du río de la Plata, la ville de Buénos-Aires. Un autre artiste de grand talent, ami de Don José Moreno Carbonero et mon ami, Don Alejandro Ferrant,a fait figurer la brouette dans un grand tableau historique, dont le principal personnage, espagnol né en 1436, mort en 1517, appartient done á une époque antérieure á celle de la fondation de Buenos-Aires. Ce tableau se trouve á Illescas oú l’on peut admirer aussi l’un des plus célébres peintures du Greco. La brouette, dont tes formes et les moeurs ne rappellent pourtant pas celles des sirénes, ont souvent exercé sur les peintres une attraction compara ble au charme de ces beaux monstres. D’autre part son apparente simplicité a fait, aussi, tomber dans l’erreur (nous le verrons) des hommes dont l’imagination est, généralement, moins libre que celle des artistes. Errare humanum est!
Les italiens ont prétendu, á tort ou á raison,qu’enfait de fortifications Vauban n’a fait que les suivre. 11aurait imité Marchi et Pagan. D’ailleurs les fortifications des plans du manuscrit, de 1609, de la
Bibliothéque Nationate de Madrid, dont nous diron bientot quelques mots, rappellent aussi celles de Vauban. Mais les travaux, par exempte, du physicien Marconi ne rappellent-ils pas ceux d’autres physiciens nés avant ce fameux italien? Quoit qu’il en soit, le capitaine Francesco del Marchi Botónese, dans son livre sur les fortifica tions (Brescia. In-fol), s’occupe minutieusement de l’art de défoncer le sol, de transporter la terre et de creuser des fossés (chap. XLIl). 11 y sígnale comme moyens de transport la charrette traínée par des boeufs, des chevaux ou des buffles; une petite voiture á deux roues tirée par deux hommes; la hotte, le seau; le panier, porté á bras ou sur la tétte et la civiére. Serait-il admissible qu’un officier du Génie püt oublier, aujourd’hui, dans une énumération de ce genre, la brouette? Súrement il capitano Francesco del Marchi BoBolonesse, Gentilhomo Romano, ne connut pas la brouette, dont l’absence dans sa liste d’instruments brille d’un si vif éclat. La brouette, tout semble l’indiquer, n’avait pas encore fait son entrée officielle dans l’armée, vers les derniéres années du xvF siécle. Le livre du Ca pitaine Francesco porte la date de 1599.
Notre ami le lieutenant-colonel D. Manuel Gon zález Simancas, professeur á l’école de Guerre, á Madrid, auteur d’un curieux et savant ouvrage sur tes fortifications des places fortes portugaises du Moyen-Age,nous a faitconnaitre un trés intéressant manuscrit du commencement du xviF siécle, appartenant á la Bibliothéque Nationale de Madrid. C’est un gros volume, in-folio, relié en parchemin teinté en vert, dont le dos porte, en lettres d’or, le titre de: Máquinas y arquitectura militares. Le titre authentique manque á ce manuscrit, coté, á la Biblio théque Nationale, Ce., 12. La légende explicative de ses images est écrite en frangais. C’est un ouvra-
Chevaux. A. Ferrant. A n t e a r italien du X V F siécle. Manuscrit de 1609.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
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Passim. Réduction au 5o a peu prés
I Croquis
ge de génie militaire et d’artillerie, de317feuilles. Ses innombrables dessins, faits á la plume, sont l’oeuvre d’un excellent dessinateur. La com position du frontispice, des trophées, des allégories etc., est artistique. Si l’encre n’était pas devenue un peu rousse on prendrait ces des sins pour de fines gra vares sur cuivre.
Des brouettes figurent dans ce traité á cóté de la hotte et de la civiére; ce qui semble indiquer que la brouette n’avait encore qu’une importance relative. La hotte et la civiére sont citées, avonsnous dit, par Francesco del Marchi. Leur emploi á la guerre ou dans les travaux de fortifications anciennes est incon testable. De tout temps la civiére ou brancard a dú étre teint par le sang du soldat. Un brancard s’improvise facilement. D’ailleurs la brouette a servi aussi, nous le verrons bientót, aprés une bataille, pour le transport des blessés.
On y voit des brouettes ordinaires etméme une brouette bizarre á haute caisse étroite, remplie de sable; sorte de rempart ou de parapet roulant. Cet appareil probablement, n'est qu’un produit de l’imagination.qu’une invention de l’ingénieux et savant dessinateur et dont Tarmée ne s’est, probablement, jamais servi. Sur deux des canons dessinés dans ce livre on lit les dates 1609 et 1610. Ces dates sont sans doute celles de ce manuscrit.
Le manuscrit flamand de la Bibliothéque Nationale de Madrid est-il le premier ouvrage militaire oú figure la brouette? Y figure-t-elle comme un outil qui peut rendre des Services, ou comme l’une des unités réglementaires des pares d’artillerie et du génie militaire des pre miéres années du xvii® siécle? Nous l’ignorons.
L’une de ses premiéres pages porte, comme encadrement, des écussons aux armes des Etats des Flandres et leurs noms. Le livre est done flamand et bien qu’il ne soit pas signé, il n’est pas tout á fait anonyme. On y voit un monogramme, et un écu aux armes, probablement, de l’auteur de ce travail remarquable. Un casque, une épée, d’autres Instru ments tels qu’une pelle et un cordeau disent clairement la profession de l’écrivain. Brouette-rem part.
Monogramme
et
* ** Comme nous le verrons dans la partie technique de ce recueil, l’automobilisme est l’une des propriétés génériques de la brouette européenne; mais le cas d’un guerrier se portant lui méme sur une brouette est bien un cas spécial de séipsumvéhiculisme ou d’automobilisme brouettique et militaire. II est done évident qu’on doit classer historiquement parmi les brouettes de guerre celle dont se servait le général des Impériaux, vainqueur de Nordlingen (1634) pendant la guerre de Trente Ans. Ce capitaine transportait lui-méme une partie de sa
ar m e s .
Unité
des p a r e s ?
Gallas.
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PREMIERE PARTIE. CAUSERlE QUATRIÉME
p e rs o n n e dans ce vé------hicule, d’ap ré s une gravure fai a/ríi te lorsqu’il abandonna la FrancheCom té et p a ss a en Allemagne. On peut voir un fac-similé de cette caricature et sa légende dans une histoire de Turenne publiée il y a quelques années. Mais la priorité de l’invention de ce moyen d’auto-transport brouettique appartient-il au XVIF siécle? La brouette de ce soldat constitue-t-elle un cas de coíncidence dans une méme invention? Le dessinateur de cette caricature ignoralt-il celle de la Renaissance dont nous publierons un croquis dans une autre causerie? Les beaux esprits se rencontrent, assez souvent, fortuitement. Sans parler de rencontres naturellement produites par le souvenir inconscient, l’imitation et le plagiat, les ren contres des beaux esprits produites par le hasard, sont nécessairement nombreuses. La matiére, le milieu, les besoins, l’éducation, etc., étant les mémes ces rencontres sont bien explicables. On peut accomoder les mets de tant de faqons et á tant de sauces! A la cuisine et ailleurs Toriginalité ne consiste pas tant á taire différemment qu’á faire mieux; car l’originalité absolue n’existe pas. Parmi tant de types de brouettes y en a-t-il une seule, méme la premiére, qui soit absolument origínale? Lorsque cette premiére brouette vit le jour ses Seipsumvéhiculisme.
éléments véhiculaires, dont l’un la roue, existaient depuis longtemps. Faire aussi bien que les meilleurs est difficile et méritoire, mais faire autrement que les autres est facile. La vraie, la bonne originalité (celle de l’inventeur de la brouette, par exemple) consiste á avoir fait mieux, á étre alié un peu plus loin, vers la perfection, sur le chemin du progrés. Or la cari cature brouettique de la guerre de Trente Ans a une valeur artistique inférieure á celle du ventripotent á la brouette du XVP siécle qu’on trouvera plus loin. La légende de la caricature du général du XVIF siécle est en frangais; mais cette brouette et l’autre á laquelle nous venons de faire allusion, sont du type nettement allemand. II s’agit, il est vrai, ici, d’un guerrier qui commendait des soldats, dont la plupart allemands et qui rentraient en Allemagne; mais il n’en est pas moins vrai qu’á l’époque á la quelle correspond la caricature du général Gallas, les brouettes étaient encore rares en France et qu’elles y sont et y étaient d’un genre bien différent de celles dont nous venons de parler. En Allemagne on se sert encore de brouettes du type que représente l’image du gros général ou, plutdt, du général grossi. Ce genre de brouette y était déjá connu méme avant la naissance du caricaturiste auquel nous devons cette facétie brouettique. * m Du type flamand, mais de la méme époque á peu prés de celle de la brouette du général des Impériaux est le véhicule monocycle du rémouleur, ou gagne-petit du peintre Antonio Puga. Notre ami le professeur et sénateur Don Elias Tormo rapporta de Saint-Petersbourg une photographie de la toile de cet artiste espagnol du XVIP siécle. M. Tormo ne songeait certes pas á la brouette ni á notre ouvrage lorsqu’il exhiba, comme ceuvre d’art et pour l’histoire de l’art, le tableau du peintre espagnol, dans une conférence agrémentée de projectionscinématographiques. Celle de l’établi roulant du remouleur de
L ’ O r ig i n a l it é .
Monocycl e
de
Puga
PREMlfiRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
Puga nous f ut signalée, quelques jours aprés, par l’un des auditeurs du savant conférencier. Mr. Tormo eutla bonté de nous confier le petit «cliché» «pris» par lui-méme, croyons-nous, au palais imperial de l’Ermitage. Nous le lui rendimes accompagné d’une «positive» sur papier, dont est une copie,
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militaire qui justifie, croyons-nous, sa place dans cette section de notre collection. * **
Aujourd’ hui encore, malgré l’inv en tio n de la voie á rails, proD ’ A.^P R E S A N T O N I O P U G A . visoire, extensible etdémontable PALAIS DE L’ERMITAGE. étroite ou large, S A IN T - P É T E R S B O U R G . la notion de terraXVIIE SIÉCLE sement et de celle • de brouette sont pour ainsi dire JEAN corrélatives. Les MARTÍgrands terrasse" nez ments militaires DELT. ont dú contribuer ál’extension de la brouette comme ceux des chemins de fer, des canaux et des routes modernes ont contribué au perfectionnement de ce petit véhicule et á sa agrandie, le dessin, á'la plume, de Don Juan Martí propagation dans le monde entier. nez, mon malheureux et regretté ami. La gravure «Le prompt et terrible effet du ca qui accompagné ce texte dit le talent de cet artiste auquel ce recueil doit, entre autres, les dessins pour non», dit Carmontaigne, disciple de Vauban, «contraignit le peuple á terrasser ses gravures des pages 8, 10, 23, 31, etc. On sait peu de chose paralt-il de la vie et de »les murs d’enceinte en y joignant un «rempart pour y placer rartillerie.» l’oeuvre de Puga. Carmontaigne aurait pu ajouter que Le monocycle brouettique du Palais de l’Ermitage fut-il peint en Flandre ou en Espagne, d’aprés la brouette civile, assez connue déjá, dans certaines régions, ne pouvait pas, des souvenirs ou d’aprés un croquis? En tout cas le soldat qui suit du regard, avec dés lors, rester inapergue aux yeux tant d’intérét, l’opération de l’aiguisage d’une arme des ingénieurs militaires. blanche, donne au tablean de Puga un certain aspect *** Martínez
Terrassements
militaires.
Carmontaigne
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
«Vauban», écrivait le duc de SaintSimon, «le plus honnéte homme de son siécle, le plus simple, le plus vrai» et le mordant écrivain décoche ces mots qui blessent deux des trois personnages visés: «II est inconcevable qu’avec tant »de droiture et franchise, incapable »de se porter a ríen de faux ni de »mauvais, Vauban ait pu gagner, au »point qu’il le fit, la confiance du roi »et de Louvois.» Le compliment est beau, pour Vauban.
était petit fils d’un officier. II fut professeur á l’Ecole de la Fére, devint Commissaire provincial d’artillerie et fut nommé plus tard inspecteur d’artillerie á l’Arsenal oú il mourut en 1761. (Biographie Universelle, 1827.) Dans son ouvrage: La Science des ingénieurs dans la conduite des travaux defortiflcation et d’architecture civile (dont Didot a donné en 1830 une nouvelle édition, annotée par Navier, membre de l’Académie) Bélidor appelle l’attention sur les énormes dépenses inútiles qu’entraínent les transports de terre mal ordonnés et á ce propos il publle un mémoire ou rapport que Vauban avait écrit pour D’aprés Mr. Allent, Louis XIV fit faire sentir les défauts d’un anden «réglement» qui construiré 33 places neuves et batir de fut fait, autrefois, en Alsace pour prix des travaux nouveaux ouvrages dans 300 forteres- aux soldats. ses (1661-1705). Vauban, dirigea ces Le livre de Bélidor fit connaitre au «citoyen» immenses travaux «Vauban* dit E. Col- Coulom, plus tard comte Coulomb, aujourd’hui Cou lignon, «l’habile ingénieur, á qui la lomb, le rapport de Vauban. Ce savant examina les »France doit ses ligues de places fortes observations du maréchal dans une étude qu’il fit *qui l’ont si longtemps défendue sur Ies sur le rendement du travail physique de l’homme. »frontiéres du Nord et de l’Est, possédait Ces observations sont consignées dans le paragra»des notions mécaniques exactes sur la phe XXII de son étude, paragraphe dont le titre est: »stabilité des diverses parties de ses De la quantité d’action que les hommes peuvent »constructions. L’expérience et les theo- fournir dans leur travail journalier lorsqu’ils trans»ries modernes s’accordent á justifier les portent des fardeaux sur des brouettes. «regles qu’il a suivies... II réalisait ses (Mémoires de VInstituí National (Académie Na»conceptions avec la moindre dépense tionale) des Sciences mathématiques et physi«possible.» Trente mille hommes tra- ques. T. II. Fructidor, an VII). vaillaient, dit-on, á un certain moment, «A l’égard des reíais» (du travail á la brouette) sous les ordres de Vauban. dit Vauban «il n’y a pas de meilleur moyen de les régler Vauban non seulement connut la »qu’en les établissant a 15 to ises de distance les uns des brouette et s’en servit pour la construc- •autres. A ce dessus on doit fixer la dlstances des reíais á tion de ses ouvrages, mais il prit méme »15 to ises en plain pays et á 10 oii 11 faut monter des ramla peine d’étudier le travail de cet outil »pes. La raison est que l’expérience faite et plusieurs fois en staticien, en économiste et en ingé iréitérée une toise cube de terre peut étre m enée en 250 nieur, et il détermina et établit les con- »brouettées qui est la tache commune que nous assignons á ditions dans lesquelles le travail á la »un ouvrier de moyenne forcé et pour les mener en place 11 brouette peut atteindre son máximum de ífaudra qu’il fasse 15.000 to ises de chemin, dont la moitié rendement utile. »chargé et 10.000 en montant et d’étendue, c’est-á-dire »6 lieues, de 2.500 to ises chacune, en plaine.»
* **
Bélidor (Bernard Forest de Bélidor), Vauban.
Bélidor.
Coulomb.
Mémoires
de
l ’I n s t i t u t .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
Note ou parenthése: L’ouvrage de Bélidor est un de ceux que Paul Louis Courier demandad á sa mére dans Tune de ses charmantes le ttre s oú il dit qu’en fait de connaissances il préfére, pour lui, la profondeur á l’étendue. * * Vauban, d’aprés le méme rapport, désirait que les ouvriers travaillassent dix heures et qu’ils eussent trois heures de repos pen dan! la journée. En hiver le travail ne serait que de sept heures. On le volt, le maréchal n’était pas trop exigeant et les pauvres brouettiers, comme les autres manoeuvres, ne devaient pas regretter de travailler sous les ordres d’un tel ingénieur. II est vrai que de méme qu’il y avait alors, com me aujourd’hui fagots et fagots, il y avait, á cette époque, comme á la nótre, travail et travail. Qu’entendait Vauban par ce mot de travail? Sept heures de travail énergique, d’un homme de conscience, laborieux et de bonne volonté, valent vingt heures et méme plus d’un ouvrier qui croir avoir fait tout son ______ devoir en travaillant le moins possible et en es sayant d’obtenir qu’on ^ - ’„CÍtcflUC, ne travaille pas davantage autour de lui. Ne faut-il pas arracher les livres des mains de certains éléves trop studieux et leur imposer la récréation et les jeux? II est plus que probable que le senti-
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ment, qui porta Vauban á vouloir limiter á sept les heures de travail, lui fut inspirée par la vue d’hommes honnétes et consciencieux, s’épulsant en efforts trop généreux et non pas par la fagon d’agir de paresseux perdant leur temps et le faisant perdre aux autres, ou, essayant par des moyens violents, d’intimidation ou sous pretexte d’égalité et de solidarité, de ne pas laisser travailler et produire autour d’eux plus qu’ils ne travaillent et ne produisent eux-mémes. *** Dans son ouvrage De Fattaque et de la défense des places. (La Haye, chez P. de Hondt, 1737.) Vauban étudie la défense hypothétique d’une place d’une importance donnée. Pour réussir dans cette entreprise, purement théorique,ilvoudrait beaucoup d ’arg e n t, de grands magasins, beaucoup de munitions «car le »plus ne pourrait rien gáter, le moins »peut faire manquer l’entreprise; pou»dre, boulets, méches, mortiers, affúts »de rechange, cries, chévres, traíneaux... »et DEUX-CENS (sic) BROUETTES.* La planche IV p. 19 du méme ouvra ge est une gravure qui figure l’image des «Machines et outils qui doivent se trouver dans le pare». La brouette qui y est représentée est probablement du type de celles de Vauban. Ce n’est pas encore la brouette des terrassiers
P. L. Courier. Vauban et les heures de travail. Les 200 brouettes de Vauban.
PREMIERE PARTIE, CAUSERIE QUATRIEME
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du XIX® siécle, mais elle en a quelque chose. >» * * Nous savons, done, gráce á cet ouvrage trés rare, d’une fagon suffisamment approximative, á quelle époque la brouette dut étre adoptée réglementairement par le génie militaire. Ce fut probablement vers le milieu ou le commencement du XVII® siécle, lorsque ce véhicule devait étre déjá d’un usage courant, depuis de longues années, dans quelques régions de Flandre, d’Allemagne et du nord de la France. Vauban errployait des paysans, en grand nombre, á ses travaux. L’armée, probablement, doit á ces ouvriers ruraux d’avoir fait connaitre et apprécier á ce savant maréchal lesqualités de la brouette. Nous croyons étre le premier qui ait recueilli des données suffisantes pour qu’on puisse ajouter aux autres titres de gloire de Vauban celui d’avoir étudié non pas, il est vrai, la brouette; mais les conditions les plus économiquement fa vorables du travail á la brouette. L’image d’une brouette dans un monument élevé á la mémoire de Vauban y serait done plelnement justifiée, tandis que ce véhicule serait tout á fait déplacé dans un bas relief, par exemple, du piédestal d’une statue de Pascal. *** Une brouette qui avait pris part á l’exécution de l’un des plus importants travaux de ce grand ingénieur, une brouette qui a été en contact réel et immédiat avec des fortifications de Vau ban pendant plus de deux cents ans... La
brouette
dans
l'a r m é e .
On ne doit pas dire aux gens — La Fontaine nous le conseille — «écoutez un bon mot, oTez une merveille». Pourtant j’ose annoncer comme trés curieux le récit suivant, sans crainte d’en diminuer l’intérét. Le concours de circonstances qui ont dú se combiner pour que le fa it auquel je viens de faire allusion se soit produit et pour que sa connaissance soit arrivée á mon oreille est tellement singulier que ce concours, dú au hasard, semble étre plutót un arran g em en t imaginé par un romancier. Si la démolition d’une demeure seigneuriale n’avait pas eu lieu á Madrid, si un étranger n’y avait pas acheté le terrain sur lequel avait été construit cet hotel, si, un certain jour, j’étais sorti de chez moi en voiture, au lieu de le faire á pied, si j’avais quitté mon logis deux secondes plus tót ou deux secondes plus tard, si j’avais marché d’un pas plus lent ou plus léger, jamais je n’aurais entendu cette phrase, dite par un belge á un autre belge: La brouette était dans le mar. Ces paroles se seraient perdues comme tant d’autres prononcées dans la rué. C’était en mars de 1911. Les travaux pour la construction du vaste Palace-Hótel, báti, pour le compte d’un financier belge, sur une partie de l’emplacement de l’ancien palais et du jardín des ducs de Medinaceli, étaient commencés depuis peu de temps. On fouillait encore le sol et on le débarrassait des restes des vieux murs. Je passais devant le chantier au moment précis oú venaient d’en sortir deux hommes; juste á l’instant oú l’un des deux inconnus disait á l’autre, en franjáis: «La brou ette était dans le vieux mur.» Je ne pus me contenir. «Pardon, Monsieur», dis-je, á l’étranger qui venait de prononcer ces mots: «Une brouette a été trouvée, id, dans les vieux murs?» Sa surprise me parut plus
Vauban
et
Pascal.
Brouette
*em mu ré e.
PREMIERE PARTIS. CAUSERIE QUATRIEME
grande encore que celle produite sur moi par les mots que je venáis d’entendre. II me regarda. Je ne dus pas lui faire l’effet d’un mauvais plaisant. «Non, pas ici. A Lille.» me répondit, aprés le court moment de silence consacré á l’inspection de ma personne, l’étranger auquel je venáis de couper la parole. C’était un jeune et intelligent contre mattre ou conducteur des travaux du Palace-Hótel. Peu de jours aprés je me rendís au chantier oü travaillait mon nouvel ami. II me donna, comme il me l’avait promis, la photographie de l'endroit oú fut mise á jour la brouette qu’on pourrait appeler de Vauban. M. Laurent Depoorter avait eu la bonté de joindre á cette image, dont la gravure T est un croquis, la suivante note explicative: «En mille neuf cent huit »nous étions occupés á démolir »les fortifications de Lille pour »le passage des tramways. Le »mur avait une épaisseur »de huit métres au niveau 5>de la rué des Buisses; ce »mur avait été construit du temps de Vau»ban. En plein mur nous découvrimes une »brouette qui avait été trés probablement mise »á dessein á cet endroit pour «faire du cube», »ce qui semble indiquer qu’á cette époque, »déjá les ouvriers faisaient des nlches á leurs «patrons. Ci-joint, une photographie de l’en»droit oü nous découvrimes cette brouette. »Samedi 15 Avril 1911. Laurent Depoorter.» Des ouvriers, des tácherons et des entrepreneurs peu scrupuleux ont eu souvent recours au «truc» auquel fait allusion cette note. On a enterré des tronos d’arbre et des arbres entiers et de la broussaille ou des matériaux de qualité inférieure dans des terre-pleins; on a laissé des vides á Tintérleur de murs qui auM,
Depoorter.
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raient dú étre massifs; ou bien on a rempli ces vides de matiéres moins résistantes et coúteuses que celles du de vis, etc. «Faire du cube» et faire un remplissage frauduleux et substituer malhonnétement des vides á des pleins sont done des expressions équivalentes. M. Laurent Depoorter suppose que la brouette de Lille fut mise oú elle fut trouvée pour ennuyer le patrón. J’hésite á croire que cette explication soit la bonne. Le «cube» produit par une brouette de ce temps et par le vide de son coffre, recouvert d’une planche ou placé sens dessus-dessous, ne peut-étre guére supérieur á 220 décimétres cubes. Un volume équivalent de sable, de terre ou de moellons a done une valeur bien infé rieure á celle d’une brouette. Partant, quel intérét aurait pu conseiller la substitution d’une brouette á ces matériaux
Un coln de Rome en 1899. Croquis fait de mémoire par 1’artiste en 1914. Un petit chien a été oublié: ií figurait dans le tablean. D. J. Prado est un excellent portraltíste.
Palace-Hótel.
Lille.
< í F ai r e
du
cube-»
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
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ou á d’autres analogues? II est vrai que la brouette pouvait ne pas appartenir au fraudeur. L’État ou «le patrón» pouvait en étre le propriétaire. Ne s’agirait-il pas, plutót, d’une «niche», d’une mauvaise farce faite par des ouvriers á un de leurs camarades? serait-ce un cas de «sabottage? L’odieux, criminel et sauvage procédé auquel on donne aujourd’hui le nom de sabottage était alors inconnu; du moins comme arme systématique de mécontentement, d’intimidation, de vengeance ou de coaction. «L’emmurement» de la brouette de Lille dut obéir á une raison d’un ordre tres différent; mais nous sommes, ici, réduit aux conjectures. N’aura-t-on pas voulu á Lille, rendre un hommage á la premiére brouette qui prit part á la construction de nouvelles fortifications? La brouette «emmurée» servit peut-étre au transport du cadavre d’un homme victime d’un accident et par respect pour la mort et pour le mort elle fut peut-étre ensevelie, aussi. Dieu sait si Vauban ne serra pas dans ses mains les manches de cette brouette lorsqu’il fit son étude sur le travail á la brouette. Dans ce cas il était bien naturel qu’on donnát á cette brouette un lieu de repos digne de l’honneur que ce grand homme lui avait fait.
sert de mausolée á ces oublié de Don José Prado? vénérables voitures. A centcinquante ou deux cents métres du lieu, oú reposent, bien en paix, ces machines, se trouve la muraille oú fut découverte une image, en pierre, de la Sainte Vierge. Pour éviter de probables proFait vera 1850. Colín, de la Csse. de Mirasol, fanations, á l’approche des sarrasins, cette image avait été cachée dans le murd’enceinte déla forteresse quidéfendalt MadridPlusieurs siécles aprés on la retrouva, dans des circonstances plus surprenantes encore que celles qui entourent et la découverte de Lille et le prodigieux hasard gráce auquel n’a pas été perdu et peut figurer dans ce recueil le récit de la trouvaille, fait au XX^ siécle, de la brouette d’un ouvrier de Vauban; brouette enchassée dans un mur de place forte construit sous la direction de ce maréchal, de cet ingénieur, de cet homme de bien. On doit á l’amour de la Trés Sainte Vierge et au cuite des souvenirs le temple magnifique que les madrilénes élévent á Notre-Dame de l’Almudena. La brouette de Lille aurait dú figurer aujour d’hui dans quelque musée de France; dans celui de l’Armée, par exemple, ou dans celui des Arts et Métiers. On ne prit aucune photographie de cette étonnante brouette. II faisait froid. Les ouvriers la brúlérent. ❖ *❖
A Madrid, au palais royal báti par Philippe V, au dernier étage au-dessous du sol de ce somptueux édifice, on voit encore aujourd’hui deux lourds et gros véhicules contemporains de Louis XIV. La légende ou la tradition veut qu’ils aient servi au transport des premieres pierres du royal et magnifique monument qui La
brouette
de
Vauban?
La brouette, me semble-t-il, ne se voit au musée de Versátiles que dans des tableaux militaires représentant des faits d’une époque postérieure á celle de la moitié du XVIIP siécle. Les délicieuses gouaches vraies et admirables miniatures, de Van Blaremberghe (Musée de Ver sátiles) nous font voir la brouette au siége de Berg-
Brülée!
B ro uet te s
de
Van
Blaremberghe.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
op-Zoom et á celui de York, en Amérique. Le siége de Berg-op-Zoom eut lien en 1747, mais le tablean ne fut peint qu’en 1786. * ** dioses équivalentes sont, en général, révolution, révolte, «sabottage», haineuse et aveugle destruction, renversement et usurpation. La révolution n’a été trop souvent qu’une évolution, gátée, atrophié, retardée et souillée par la violence et par le sang. La notion, l’idée de Science et celle de précision n’en font qu’une seule pour ainsi dire. L’ambigüité, l’équivoque. Ter rear et le mensonge sont fréres et soeurs. Le double ou triple sens des mots tels que ceux de liberté et de révo lution rend ces mots dangereux. Tant qu’il y aura des hommes t’ambigüité des termes sera exploitée et on tirera aussi parti du vieux sophisme de la «fausse cause» c’est-á-dire du post hoc ergo propter hoc des philosophes. Malgré les avis de la raison, du bon sens, du sens commun et de ceux des sages, anciens et modernes, malgré La logique de Port-Royal et de tant d’autres Logiques, la coíncidence et la suite ou succession plus ou moins immédiates des faits et des événements seront toujours prises et données pour la cause de ces faits et de ces événements, bien que le rapport, hétérogéne, entre ceux-ci et cette cause ne soit que d’ordre chronologique. Le flambeau de la raison ne s’éteint jamais tout á fait. Le progrés, de la Science et des Sciences marche, quoique gene, méme pendant les périodes les plus violemment 1747. F a u s s e
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agitées, mais alors, et méme aprés, des sophistes attribuent ce progrés aubouleversement révolutionnaire. Que n’affirment-ils que les torrents de lumiére, de chaleur et de vie répandus par le so led sur le théátre des désordres et des crimes de la révolution avaient aussi leur source dans celle-ci! Bien qu’á contre-coeur la brouette prit part aux travaux de la démolition de la Bastille. Une gravure ancienne, dont le fac-similé a été reproduit par le numéro du 5 février 1914 de la revue Historia, nous montre ce modeste véhicule dans les fossés de la forteresse, assaillie de tous cotés par les démolis-
seurs. Que de millions ont laissé en France la curiosité et le plaisir de visiter le cháteau et le pare de Versailles! La démolition de la Bastille et celle du Tem ple ont privé la France et Paris d’un bien gros revenu. D’ailleurs méme au point de vue révolutionnaire ces monuments d’un autre age auraient dú étre sacrés. Leur masse et leur superbe éloquence auraient toujours rappelé la tyrannie et les hontes de Tancien régime aux hommes libres et régénérés.
C a u s e . L a r é v o l u t i o n . L a b r o u e t t e et l a B a s t i l l e .
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
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La brouette dans cette causerie est plus ou moins intimmement mélée á des souvenirs militaires. Celles dont on volt les images figurérent dans un ^ lieu consacré au dieu méme de la guerre, c’est-á-dire au cham p de M a r s , devenu le théátre de la féte de la Fédération. (Juillet 1790). D’aprés un tableau de cette époque (peint par L. P. Debricourt) qu’on peut voir au Musée Carnavalet, une brou ette a travaillé aux fiévreux préparatifs de la féte tirée par deux enfants etpoussée par leur mére, riche et élégante bourgeoise ou femme d’un noble.
ele. Notre gravure ne reproduit qu’un tout petit coin de cette toile de C. A. Coéssin de la Fosse: Louis X V I á la féte de la Fédération.
B ro uet te s
Ent housiasme
Comme la mére et le moine et l’homme du peuple de ces tableaux, comme ceux qui poussaient des brouettes, tous travaillent au Champ de Mars altérés, surtout, de solí d’égalité, fous d’enthousiasme; les hommes et les femmes: femmes et hommes, tetes de linotte, dont le vide avait été facilement rempli de sophismes, de paradoxes et d’á-peu-prés; incapables de voir que les nouvelles doctrines étaient fort vieilles; incapables de prévoir que les conséquences de ces théories, aprés avoir assagi, mais trop tard, les inconscients cómpli ces de la révolution devaient leur faire di re sur la charrette fatale: «Révolution! tu »es stérile, tu es un «obstacle. Tu tiens »de rancien régime la «Science de tes sa»vants, celle de tes «administrateurs, cél ale de tes économisUn moine méme D’Horace Vernet »tes, celle de tes homaurait aussi poussé une brouette au Champ de Mars, á cette »mes de guerre. O liberté, que de passions honteuoccasion, »ses, que d’appétits, on cache sous ton noml Que si nous »de crimes on commet en ton noml» en cro * yons un He « ta b le a u On a attribué le commencement de la fortune de exposé á l’un des Napoléon au siége d’une ville. En tout cas il se «Salons» fit remarquer au siége de Toulon. Cependant les de París, fortifications, l’attaque et la défense des places, dans le les tranchées, les épaulements, les paralléles, d e r n ie r etc., n’ont qu’une importance trés secondaire, dans quart du l’histoire stratéglque de ce capitaine. Les brouettes XIX' sié- ne durent faire vraiment bonne figure que dans les da
champ
de
Mars.
et
désillusion.
Napoléon.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
grands travaux civüs exécutés pendant son régne. On n’en voit pas une seule dans aucune des cinq cents gravares dont est illustrée, par Horace Vernet, l’Histoire de Napoléon, écrite douze ou quatorze ans aprés la mort du prisionnier de Sainte-Héléne, par P. M. Laurent de l’Ardéche. Horace Vernet est un peintre et un dessinateur consciencieux et «documenté». II ne dédaigne pas la synthése allégorique. Pour symboliser, par exemple, l’épuisement de la France aprés les campagnes de TEmpire il n’a pas songé á la brouette. Dans l’ouvrage que nous venons de citer, le crayon
Horace Vernet
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un rocher perdu dans l’immensité de rOcéan. Pourtant la brouette, ne man que pas totalement á l’épopée napoléonienne. Outre la santé et probablement la vie, nous devons au docteur Paul Re cias de nous avoir fait connaitre un texte brouettique du barón Larrey, le fameux chirurgien des campagnes de l’Empire. Paute de compétence nous ne pouvons apprécierla Science professionnelle du docteur Reclus, panégyriste de Larrey, que d’aprés notre guérison et d’aprés d’autres succés analogues; mais la Science de ce membre de l’Académie de Médecine doit étre grande si elle est á la hauteur de l’intelligence si cultivée, de la délicatesse, de la finesse, de l’esprit, de la bonté et du charme de notre cher ami. «J’accélérai», dit Larrey, «ma marche »pour voir les blessés de Bautzen. Les »deux tiers avaient été transportés á »Dresde par les habitants pleins de
de cet artiste a tracé l’image d’un frangais''d’aspect famélique, tenant les mancherons d’une petite charrue tirée par une femme et par un áne; tablean á peu prés semblable á celui dont nous avons parlé á propos d’Héliogabale et des mcEurs des pauvres marocains ou plutdt des marocains pauvres. (Page 34). Napoléon aurait pu se servir de la brouette dans rile de Sainte-Héléne, car il y jardina. Napoléon mourut en effet en 1821, lorsque la brouette était déjá assez connue en Europe; mais la brouette ne caractérise ni l’époque oú Ton commenga á voir que Bonaparte avait des ailes, ni celle oú il planalt au-dessus des morlels, ni celle de sa chute effroyable et grandiose sur
»zéle et d’humanité, lesquels, d’aprés »mon conseil, avaient appliqué, pour »cette circonstance, une espéce de »brouette, trés en usage dans le pays^ »fort commode pour le transport des
La
D octeur Reclus.
brouette
et Vépopée Na poléonienne.
Barón
Larrey.
PREMIERE PARTIE, CAUSERIE QUATRIEME
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»blessés et des malades, chaqué particu»lier en a plusieurs. Comme le chemin »de Bautzen á Dresde est toujours plus »ou moins incliné, la marche des »brouettes, n’éprouvait aucun obstable. »Nous en avons vu jusqu’á 100 et 150 »filant toutes les unes á la suite des au»tres. Nul transport ne pouvait étre ni »plus prompt ni plus expéditif. Cela »prouve rintérét qu’il y a pour un chi»rurgien en chef de bien étudier les en»droits que les armées parcourent pour »qu’il sache taire tourner au profit des »blessés, les ressources que la locali»té peut offrir.» (Mémoires de Chirurgie Militaire de Campagne da Barón D. J. Larrey, t. IV, p. 167 et 168. Pa rts 1817.) II ést probable qu’on trouverait en core aujourd’hui dans la campagne des environs de Bautzen et Dresde des brouettes du genre de celles de Larrey. Un petit modéle de ces grandes brouettes ne devrait-il pas figurer au Musée de l’Armée, aux Invalides? *:l!*
rappelle les champs, la vie et les travaux de la cam pagne ne le laisse indifférent. En m’envoyant le texte de Larrey n’a-t-il songé qu’á me taire plaisir? II n’en aurait pas moins rendu un Service á I’histoire: á celle de la France et de l’Allemagne, de la chirurgie, et á celle de l’agriculture. Larrey le dit implicitement: les brouettes tourragéres étaient déjá nombreuses en Allemagne en 1813, du moins dans la région de Dresde oú leur nombre étonna le chirurgien trangais. Ces grandes brouettes existaient déjá, nous le verrons, en Allemagne au XVI® siécle. * * * A Moscou la brouette avait joué un róle bien dittérent de celui dont Larrey est si satistait. Les lignes suivantes sont du général comte de Ségur. «L’armée», dit-il, dans son Histoire deNapoléon et de la Gran de Armée pendant l’année 1812 (libre IX, chapitre I), «l’armée »sortait de Moscou depuis la »veille sans interruption... C’é»tait sur trois ou quatre tiles une »contusión de caléches, de cais»sons, de riches voitures et de »chariots de toute espéce... On voit des hommes »trainant á torce de bras jusqu’á des brouettes plei»nes de tout ce qu’ils ont pu emporter... Ces insen»sés n’atteindront pas ainsi la tin de la premiére »journée; mais devant leur tolle avidité huit cents »lieues de marche et de combats dispara!ssent.»
E docteur Reclus ne connait ni le titre ni le manuscrit de ce recueil. Pour jo u ir plus tard de sa surprise je ne lui ai dit de mon tra v a il que juste ce qu’il faut pour ne pas paraítre cachottier aux yeux d’un ami. Son activité, lui permet d’étre méme agriculteur. II ne fait pas de vers; mais il est poete et rien de ce qui
En 1870 le lamentable spectacle décrit par Sé gur se renouvelle sous une autre torme et la brou ette joue encore le méme pénible róle. «A perte de vue les voitures de déménagement »se touchaient, les hommes conduisaient á la main »leurs chevaux et les temmes étaient assises avec »leurs entants au milieu du mobilier.
M o s c o u
C o m t e
B a u t z e n
* * *
de
e g u r
M e t z
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
«Des malheureux poussaient leur avoir dans des sbrouettes. De Metz á la frontiére il y avait un en»combrement comme á París dans »les rúes.» (Maurice Barres. Colette Baudoche.) * * II me semble avoir lu qu’en 1860, aprés l’absurde pillage et Tinexplicable incendie du Palais d’Eté oü Ies empereurs de la Chine avaient accumulé des curiosités et des richesses artistiques et autres, d’une valeur incalculable, les soldats frangais et anglais emportaient ou faisaient porter sur des brouettes di io- ¿¿oc/ry^-^ leur part du butin. La chose d’ailleurs n’a rien d’extraordinaire. La C hine est le pays des brouettes: Elles y sont employées á destransportsde tout genre. Que de fois la brouette dans ce pays de guerres et de pillages, a dú servir á des besognes de ce genre, longtemps avant le sac de la ville de Moscou et, peut-étre, méme avant celui de la ville d’Alost!
1913. Carte póstale viennoise d’aprés le tableau du prof. [.Jungwirth «Le déménagement».
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poléon n’y figure pas, mais son souvenir remplit le dessin. On y voit des officiers et des soldats en uniforme étudiant des plans, sciant de grandes piéces de bois, ou transportant des matériaux. Au centre du chantier, un enfant, le roi de Rome, est tres entouré, tandis que sous son grand bonnet de poil, un voltigeur de la garde pousse une brouette. Le Colonnel Combes (mort glorieusement á Ben-Aissa. =PefíYe Gironde 12 Oct. 1902) adjudant major dans le carré de Cambronne á Waterloo, fondateur,avec le Géneral Lallemand,du fameux Champ d’Asile, figure-t-il dans cette gravure? Malheureusement, nous l’avons perdue. La Bibliothéque Nationale de París, n’en avait aucun exemplaire il y a quelques années. Lfne rué de París porte ce nom de Champ d’Asile. Des travaux d’excavation, dont l’objet était bien différent, y mirent á jour, il y a quelques années un vaste ossuaire inconnu. D’abord ou songea aux victimes de la guerre de 1870 et á celles de la Commune. Mais on sut bientot que les ossements découverts
* !l: J ’ai possédé une gravure allégorique de Garneray (maniére noire) représentant la construction á ’Aigle-Ville, au Texas, par les vétérans de l’empire. Na-
Palais
d’Et
La Nature (fragmenl). La brouette delaVallée dejosaphat.
A ig l e - Ville.
Champ
d ’ Asile
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
étaient ceux d’un cimetiére improvisé á l’époque du terrible choléra qui en 1832 diminua d’un septiéme, parait-il, le nombre des habitants de Paris. La peste et les épidémies onttué infiniment plus d’hommes que la guerre. Le Journal La Matare publia une gravure faite d’aprés une photographie de ce lieu qui fut un épouvantable charnier. Une brouette semble y méditer sur la visión d’Ezéchiel et on dirait aussi que celle de la Vallée de Josaphat s’offre á sa pensée comme elle s’offre á la nótre. J’éprouve en regardant cette image une impression comparable á celle que je ressentis un soir d’une belle journée d’été, un dimanche, en entrant dans l’une des cours du solitaire et poétique Cháteau de Manzanares. Je m’y trouvai en face d’une brouette remplie d’ossements humains laissée lá le samedi par les ouvriers qui les avaient découverts fortuitement, en exécutant des travaux de restauration, aux frais du duc de rinfantado. Ces restes allérent-lls au ci metiére sur cette pieuse brouette? Moi, je rentrai en automobile á Madrid. La brouette trouvée dans le mur des fortifications de Lille n’aurait-elle pas servi, comme nous l’avons indiqué, á l’accomplissement d’une ceuvre de miséricorde analogue á celles dont furent les Instruments la brouette de la rué du Champ d’Asile et celle du beau Cháteau de Manzanarés? Manzanares est le village d’oü la riviére qui passe á Madrid tire son nom. Le cháteau du XV® siécle appartient au Marquis de Santillana, duc del Infanta do, au talent duquel Madrid et sa province doivent des installations hydrauliques et électriques d ’une grande importance.
On voit, dans l’un des croquis de cette page, la brouette á l’école espagnole d’artillerie de S ég o v ie; (la brouette á pieds pliants Parra) et dans l’autre la brouette de l’école militaire frangaise de St.-Cyr.Entrer á l’école de Ségovie ou á celle du génie, installée á Guadalajara, exigeait naguérej deSj^preuves de noblesse de sang. En sur tir a toujours été comme l’équivalent d’un brevet d’intellig e n c e, de S c i e n c e et d’honneur. St. Cyr. (L'Illustration, 1847.)
Jeu n esse, enthousiasme, esprit de dévoúment, amour de la patrie, courage, talent! Le prestige des écoles militaires, terrestres et navales est partout tres grand; mais je ne sais pas s’il brille encore de cet éclat in comparable qui rejaillissait sur chacun des éléves de l’école, par exemple de Saint-Cyr ou de l’École polytechnique lorsque le mot meeting n’était prononcé, sur le continent, que par ceux qui parlaient Tangíais,
B r o u e tt e d ’Ezéchiel. Celle de Manzanarés. Ségovie. St.-C yr. Écoles militaires.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
lorsque les ennemis de l’ordre, de la religión, des religions, du décalogue et de Tarmée étaient rares oü cachaient leurs idées et n’en avaient pas encore fait une doctrine, avec credo á l’usage des masses. * » Un jour deux brouettes, dont Tune militaire^, causaient ou plulót Tune parlait. L’autre, son amie d’enfance, ne faisait qu’approuver. Invariablement les derniéres paroles de chaqué période du mono logue étaient soulignées par ces cinq mots, dits par la brouette militaire, d’un ton profondément convaincu: «Ma payse, vous avez raison.> *Or done» — poursuivait la brouette civile — «or done la besogne des sophistes et des rhétheurs est assez facile quand ils ont affaire á des ames sim ples ou á d es gens in téressées á se laisser tromper. On peut, sans Science ni effort d’intelligence combatiré les meilleures ch oses ou défendre les pires. Toutes ont leurs bons et leurs cótés faibles, ou relativement mauvais. ü n lá sait, le plus dangereuse des erreurs est celle qui renferme une certaine quantité de vérité. Les antimllitaristes prétendent, et ils ont bien raison, qu’il n’y aurait rien de mieux qu’un monde sans frontiéres. Le ciel est beau, entre autres causes, parce que l’on y jouit d é la réalisation de cet idéal. Le ciel est la patrie commune de toutes les ámes d es justes, trépassés; mais l’enfer vaut-il mieux par ce que les damnés n’y sont pas séparés par des frontiéres; parce que ce lieu e st leur patrie commune?»
— Ma payse, voas avez raison. »L’unification de l’heure et l’internationalisation des méridiens, l’unification, en voie de réalisation, de la législation de la lettre de change; l’uniflcation Internationale de la législation póstale; la neutralisation de certains p assages du monde, les expositions universelles; les congrés internationaux; l’uniformité des costumes; celle de la forme des brouettes terrassiéres et autres, les essa ls de langues uni verselles, etc., etc., sont des sign es et des sym ptóm es. »Les antimili aristes que gene l’existence de l’armée et les pacifistes naifs, sim plistes et intempestifs voient ces signes évidents d’un ordre de ch oses qui flatte des sentiments, d’ailleurs fort légitiraes, chez les pacifistes, et ceuxci et les antimllitaristes se disent que ce grand mouvement dépend d’eux, de leurs agissem ents, de leur propagando. La mouche du coche qui agagait l’attelage de se s bourdonnements ne croyait-ellepasqu’ellecontribuait puissamment á la marche de la lourde machine? Un ordre de bourse, une nouvelle parcourt la distance qui sépare Paris de Ber lín ou de Saint-Pétersbourg, ou de Pékin, ou de Buénos-Aires, ou de Calcutta plus vite que n’allait autrefois de Paris a Rouen un ordre du roi. Ce fait tres récent devait produire, a déjá produit et produira, inévitablement, des conséquences. La solidarité, le mélange intime, «l’interindé-
Patrie
commune.
Antim ilitarism e
et
71
pendance» des intéréts sociaux, industriéis et commerciaux de tous les sujets de lous les pays de la terre devient de plus en plus étroite. »Les antimilitaristes e t le s pacifistes, leur mentalité, leurs théories, auraient été incapables de produire rien de semblable. »La réduction de la grandeur du monde e st due á des moyens mécaniques et physiques, á la vapeur, aux chemins de fer, aux báteaux á moteur inanimé, á l’électricité, aux mathématiques purés et appliquées, á la physique, á la chimie, etc., etc., toutes choses avec lesquelles l ’antimi.itarisme n’a aucun rapport.»
— Ma payse, vous avez raison. «Les intéréts de l’armée et de la nation loin d’étre opposés sont les mémes. L’ordre est la base de l’existence de i’armée et de cel le de la nation. «Dans une nation l’armée fait vivre des milliers de soldats et des centaines de milliers de citoyens fourrisseurs ou producteurs de tout ce dont a besoin l’armée. L’armée vit de la nation et celle-ci vit de l’ordre. La nation périrait sans l’armée qui a tout intérét á con server et á im poser l’ordre.»
— Ma payse, vous avez raison. «Les antimilitaristes ou des économ istes m yopes exagérent ou plutót présentent sous un faux jour les charges que l’armée fait peser sur une nation.» «En trente ans — disait M. Andrée Lefé»bre á la Chambre des dépuiés, á une séance »dum ois de juillet 1814» — en trente ans l’Alle»magne a dépensé pour son armement quatre »mille sept-cents millions. La France n’en a »depensé que deux mille sept-centeinquante «m illions.i L’armée allemande et l’armée franQaise ont done des brouettes militaires, des fuslls, des canons, et caetera, qui ont coüté 7.450.000.00U franes, c’est-á-dire 4.750 millions de franes. E st-ce que cette somme, aussi sé duisante que formidable, de millions est á l’ar mée? Ces millions ne se trouvent-ils pas dans les caisses ou les poches et les porte-monnaies de milliers de citoyens absolum ent civils? A qui profitent, partant, le s m illions de l’arraée? • Pendant ces trente ans des millions et des millions d’hommes ont été soldats. D es mi llions et des millions d’hommes et de familles ont vécu et vivent de la profession des armes. Proportionnellement, comparativement, peu de soldats sont allés á la guerre: beaucoup plus petit encore est, proportionnellement, le nombre de ceux qui sont tom bés sur les champs de bataille.»
— Ma payse, vous avez raison. »Presque toutes les nations ont besoin
Pacifism e.
7.450.000
millions.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
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sMalgré les progrés de la civilisation, malgré les de l’armée pour défendre leur existence napréceptes de la raison et de la réligion, malgré l’institionale centre l’ennemi extérieur et leur vie tution des tribunaux de justice les hommes se frapsociale, (encore plus précieuse puisque de pent ou s ’égorgent celle-ci dépend l’aule s uns le s autres tre) contre les enpour des questions nem is de l’intérieur e g o i s t e s d’intérét qui ne sont pas touou d ’amour projours les moins danpre, etc., questions gereux. qu’ils appellent per»La Commune TOUTES SORTES DE CHOSES EN IMAGES. sonnelles ou d’honcausa plus de rui neur. M a lg r é les . on rctoli [es Uvralsoos i domicile. — Chaqué Ihraln nes en q u e lq u e s conseils de la raison jours que n’en avait ZsB CA B N A V A Zs O B 1850. et de la religión il y produit une longue aura des guerres; invasión étrangére. mais c e s guerres Les richesses attiseront des cas exrérent les barbares ceptionnels, isolés, áR om e. Trop souuniversellement révent les barbares prouvés. aujourd’hui s o n t »Dans les villes dans Rome méme. et dans les nations Si le gouvernement les plus policées et du Mexique, si Por les mieux gouverfirio Díaz avait créé n ées la lutte des inou avait pu créer téréts produit, inéune puissante ar v it a b le m e n t , des mée, que de malc o n f lit s , des déheurs causés par sordres, d es souses c o n c ito y e n s lévem ents et mé n’aurait-il pas évité me d es guerres ci á son pays! viles. >L’id é e d’une »Nomo homini grande société hulupus. Quand l ’amaine, d’une grande mour-propre ou l’innation sans armée t é r é t le p o u s s e serait aussi incohél’hom m eestu n loup rente, aussi absur ou pour son concide que celle d’une toyen ou pour l’égrande vilie sans t r a n g e r . Dans la pólice armée. Les Grande - Bretagne, frontiéres militaires dans ce pays de la p a s s e r o n t peuttoléran ce,d el’ordre étre, mais tant que et du parlementale monde sera mon risme les citoyens de l’armée ne pasde l’Ulster ne se sera pas et elle aura Y fío c lh s ^ sont-ils pas armés? toujours, comme la L e s vignerons de pólice, d e s a m is l’Aube, il y a deux éclairés et des enáf c-5 /ciTÍ ^VNE DHOLE DE NL^CAIL^ÜE — U M.IJOUITK p¿HA!iUUt£ ou trois ans, n’aunemis peu recomraien t-ils p as, s’il mandables ou maul ’avaient pu, dévais p h il o s o p h e s Une brouette represente le char de l’Etat ou plutOt de la politique claré la guerre á parlamentaire. Son eonducteur. Thiers, essaie de mantenirréqulllbre ou tristes éconosocial mais en écrasant la mlnorlté. Dans la brouette la lutte, sur le ceux de la Marmistes.» dos du peuple, entre la bourgeoisie louisphlippiste et les impériallsne á p r o p o s de tes et les royantes qui tous veulent étre en haut. Que de causes de — Ma payse, la question de la conflits intérieures! ■ vous avez raison. d é lim it a t io n des territoires producteurs du vin de Champagne? »Bien entendu, le dangner d'un conflit saníC ependant il n ’est pas moins vrai que, comme glant ou d’une guerre ne disparaitra jamais. conséquence, répétons-le, du rapetissem ent de la terre, Malgré les vaccins et le progrés de l’hygiéne dú au transport rapide et facile des id ées, d es peret de la médecine il y aura probablement sonnes et des choses, il est advenu et il adviendra un toujours des cas mortels de rage, de fiévre état d’interindépendance et de solidarité d’intéréts intetyphoide et de varióle.
mUSÉE COMIO
Les
barbares
de
l ’i n t é r i e u r .
Homo
homini
lupus.
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME nationaux qui rendra de plus en plus difficiles, rares, anachroniques et absurdes les grandes guerres.»
— Ma payse, vous avez raison. íGuerre et Armée sont d es choses tres différentes. Gráce á l’armée on peut réduire les chances de guerre surtout deguerre civile. Les chances de guerres extérieures finiront par étre tres diminuées et pourront, gráce au systém e fédéral, étre promptement étoufíées. Les nations telles que celle du Maroc, oü le droit des gens et la juste réciprocité exigent qu’on im pose l’ordre intérieur et le respect des personnes et d es propriétés des étrangers, deviennent de plus en plus rares. Les guerres de conquéte ou des guer res comme celle de Vopium sont odieuses et les arm ées fédéro-mondiales pourront les éviter facilement ou en diminuer l’importance et les conséquences désastreuses».
— Ma payse, vous avez raison. >Chaque ville, chaqué commune s ’administre elleméme. >On n’est pas citoyen de toutes le s villes d’une nation: on peut avoir des préférences pour telle contrée ou pour tel endroit de cette nation. On n’en est pas moins citoyen de cette nation. Le citoyen romain se sentad citoyen du monde. Le civis romanas sum est l’expression d’une légitim e satisfaction. Les romains de Rome, d’Ostie, ou de Pompéi, par exemple, en aimaient-ils moins ces villes. Les hommes commencent á se sentir citoyens du monde; un jour ils le seront ou á peu prés, parce que l’étranger jouira dans toutes les nations d’une liberté et d’une súreté compara bles á celles dont il jouit dans son propre pays, d’ou il sera partout peu éloigné, grdce á l’électricité et á la vapeur, c’est-á-dire gráce á la Science fruit de la raison, don de Dieu>.
— Ma payse, vous avez raison. »Siradjetif m ond/a/avait vu le jour dans les pages d’un román il y serait resté. Ce mot est de plus en plus em ployé parce qu’ll correspond a un état de choses aussi nouveau que réel. 11 est vrai que l’adjectif universel existait: mais le mot universel avait acquis dans l’usage un sens trop large et trop étroit. Appliqué, par exem ple, á lacosm ologie il embrasse tous les soleils et tous le s astres, tous les mon des: appliqué á la mécanique il indique un dispositif sp écial, et coetera. »Ces mots; «une renommée universelle», par exemple, á la fin du XVIIR et méme du milieu du XlXe siécle auraient-ils voulu dire une renommée aussi grande á Paris qu’á Chicago, qu’á Saint-Pétersbourg, qu’en Sibérie, qu’au Japón, qu’au Transwaal, qu’au Cañada, qu’en Amérique du Sud et qu’en Australie? >Dans le langage courant,vers 1870, l’adjectif, nniverse/, pris dans le sens géographique, n’évoquait encore que le souvenir de quelques capitales ou grandes villes d’Europe et de deux ou trois v illes des Etats-Unis. »Cet adjectif mondial, inútil ou trop gros autrefois correspond á la grandeur ou plutot á la p etitesse du monde dont la superficie devient de plus en plus p etite, de jour en jour. C’est un fait positif, un résultat magnifi que dont le mérite correspond, ne nous lassons pas de le répéter á la Science. Le socialism o internationaliste et les modernos théories antim ilitaristes ne sont que des reves suggérés par un état de ch oses que ces théories sont incapables d’enfanter. Le socialism e International, l’antimilita-
Guerre
et
armée.
Civis
ro ma na s
sum.
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risme et les scories sont des effets et non pas d es causes. Si les hommes étaient des anges les nations sans armée seraieni possibles».
— Ma payse, vous avez raison. >Lorsque la fédération m ondiale des États-Unis Mondiaux, avec congrés intermondial pour régler les questions d’intérét commuu existera ou plutót pour que cette fédération mondiale d’états autonomes, com posée de républiques et de monarchies, puisse exister, les armées ne seront pas moins in dispensables qu’elles ne le sont aujourd’hui. »Les hommes ne sont pas des anges: il peuvent user de la liberté et en abuser et voilá pourquoi ordre, Science, armée, justice, intelligence, raison, sont des mots qui renferment des id ées communes. La plus sublime personnification de l’ordre, jéhovah, le Maitre de la nature, a toujours daigné accepter com me un hommage le titre de Dieu des armées, que lui offrent dans les tem ples des prétres et des vierges absolument pacifiques, prétr s et vestales qui sincérement, ardemme t, demandent tous les jours au ciel d’accordei aux hommes le bienfait de la Paix.
— Ma payse, vous avez raison. »On ne sau'^ait nier les effets suggestifs de la parole. La propagande, le conseil, la prédication produisent la suggestion et la convictiort et souvent ménent aux actes. Mais les Congrés de la Paix ne servir' nt qu’á ém ettre des voeux et il n’en sortira aucun résultat pratique que si la fédération d es Etats-U nis Mondiaux est disposée á appuyer, avec les armes d es armées confédérees, les Solutions pacifiques ou guerriéres d’intérét général, d’intérét mondial. Or done, voyez-vous, l’ar mée est et sera toujours indispensable et il convient á t us qu’elle soit forte, honorée e t bien payée.»
— Ma payse, vous avez raison. * La brouette du Musée Coniique, Jour nal de tendances démocratiques et républicaines avancées (on sait ce que ce mot signifie) aurait peut-étre pu figurer aussi parmi les brouettes de l’épopée napoléonienne parce qu’on y volt un vieux grognard, un soldat á la jambe de bois, un invalide victime des guerres de l’Empire, enthousiaste quand méme de Napoléon et de son aigle. Mondial.
Etats-Unis
Mo ndia ux .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
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En tout cas nous croyons que le plus athlétique et le plus habile des équilibristes serait incapable de faire le tour de forcé et surtout d’adresse, exécuté, sur rimage, par Thiers, le plus petit des grands hommes de France, comme disaient ses flatteurs, par allusion á la petite taille de cet homme politique, de cet écrivain. En revanche les invraisemblables exercices vélocipédiques de Hacker et de Lester furent admirés dans tous les cirques et ont été, depuis, reproduits par d’autres équilibristes. Le fait est que souvent ce qui semble faisable n’est pas réalisable, tandis qu’on peut réaliser ce qui semblait impossible. Napoléon fit des choses d’apparence impossible parce que son génie et son prestige ensorcelaient ses serviteurs, ses lieutenants et ses soldats. Comme celui de la gravure, le pére de Jéróme Péreuil, premier ou l’un des premiers constructeurs de brouettes á Carresse, (page 39) était un éclopé des guerres de l’Empire. Jéróme me disait que cet homme á la jambe de bois ne souffrait pas qu’on émit devant lui la moindre critique désobligeante á l’adresse de Na poléon, de son empereur, de son idóle. * ❖ La démolition du mur d’enceinte des fossés, glacis, etc., des fortifications de Paris est décrétée. L’augmentation de la population et, probablement, la spéculion ont du suggérer de bonnes raisons pour les faire démolir. Pendant la construction de ces fortifications et de celles du Mont-Valérien, sous Louis-Philippe, la brouette rendit d’excellents Services. Dans une gravure de Illustration, de l’année 1843, on voit des brouettes du
vieux type travaillant au pied du Mont Valérien. On y voit aussi, sur une tour du fort qui couronne ce mont, l’ossature et les grands bras d’une station du systéme Chappe, ossature et bras mobiles remplacés aujourd’hui par l’immobile antenne. Aprés tout la télégraphie optique n’est que de la télégraphie sans fils. * ** Les ascenseursremplagantl’escalier des demeures particuliéres n’existaient pas encore et les monte-charge étaient rares sous LouisPhilippe. On admira done alors l’ingéniosité d’un procédé de terrassement adopté pour transporter les brouettes remplies de terre, du fond des fossés au haut du mur d’enceinte de certains points des fortifications de Paris et de celles d’un fort á Vincennes. r Deux plateaux semblables étaient reliés l’un á l’autre au moyen d’une corde passant sur une grande poulie, placée dans la partie supérieure d’un é c h a fa u d a g e . Une échelle donnait accés á une plate-forme située au dessous de la poulie. On plagait la brouette á monter sur le plateau inférieur, tandis que l’homme de l’une des brouettes vides oceupait l’autre p la te a u avec son véhicule. Leur poids faisant monter la brouette, chargée, dont le conducteur accomplissait son ascensión le long de l’échelle, tan dis qu’un autre monoeuvre, réglait la vitesse
Thiers. Equilibristes. Napoléon. Fortifications de Paris. Ascenseur brouettique.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
et compensait les différences de poids en agissant sur la corde. (Manuel du Chauffournier. Collection Roret.=Collignon. Bibliothéque des Merveilles. Lib. Hachette. * * Üi Notre croquis n’est qu’un schéma de la charmante caríe pósta le polychrom e: «Le vaisseau Pírate» (The Pírate Ship). Elle me fut adressée, de Bellagio, par mon fils. La composition d ’Ernest Ibberson, porte la date 1910 et prouve que cet artiste anglais connait les enfants, leurs goúts, leur amour des armes, des aventures, de funiforme et du panache, leur ten-
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choses aussi facilement qu’un morceau de verre teinté, interposé entre l’oeil et les objets, modifie la couleur de ceux-ci. Un plancher, le couvercle d’une caisse d’emballage posé á plat sur l’herbe, une brouette reposant sens dessus-dessous sur ce plan cher, un báton, un chiffon, un bout de ficelle et voici un báteau, son pont son entrepont, son bastingage, son mát, son gréement, sa voile. La roue de la brouette est devenue celle du gouvernail. Le capitaine des forbans, dont la ceinture est un arsenal d’armes blanches et á feu, cherche ou obser ve la proie á l’aide d ’un télescopique rouleau de papier. La prairie est l’océan. La ligne de l’horizon est cel le du haut d ’un rideau d ’arbres. Un canon, deux caronades et des fusils rendent redoutable ce petit navire qui, comme celui de la chanson, n’a ja «ja, ja, jamais navigué.» Cette invention, du genre aquaticobrouettique, n’est, cependant, ni la premiére de ce genre ni la plus extraordinaire. =ií
dance á l’imitation, et surtout, la puissance de leur imagination. Obéissante au désir, la fantaisie enfantine métamorphose la matiére et la forme des The
Pírate
Ship.
Fant aísles
Dans les encadrements ou bordures des tapisseries du XVP siécle de la «série» La Fondaiion de Rome, dont nous avons déjá dit quelques mots,on peut voir une sorte de brouette halée par un faune qui aide un autre faune. Ce dernier personnage, patrón de cette singuliére embarcation monocycle (nous allions dire á hélice), y rame ou plutót y pagaie. Ne serait-il pas niais d’ajouter que cette
b r o a et t i q u e s
du
XV F
siécle.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
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trouvaille artistique et celle du terrible Pírate Ship sont de puré fantaisie? En revanche, douze ans avant la construction imaginaire du brouettique báteau d’Ibberson, un soldat du XIX® siécle avait déjá inventé la brouette-báteau, vraie brouette flottant sur de l’eau non moins réelle et dont le pilote fut ce méme soldat, vrai guerrier en chair et en os. ***
brouette triangulaire, á laquelle deux tonnelets formaient flotteurs. Le pilote de cet invraisemblable báteau, assis sur une planche, ramait avec deux bouts de bois. Le second concurren! montait un pétrin... un autre était dans un ba que!...» * ^
M. Duval dans un arricie illustré du Nous ne sommes Musée des Familles, du 30 Avril 1896, plus en 1821. Des 1830 raconte la chose en ces termes: «Per- OU un peu avant les sonne n’ignore qu’en temps de guerre, brouettes de différents Croquis d'aprés la gravure du M. desF. pour arréter l’ennemi, les armées dé- types abondaient déjá truisent méthodiquement les ponts, tun- en France et en Europe. Comme partout et toujours nels, etc. II faut done qu’une armée trou- la brouette dut faire son devoir pendan! la guerre ve en elle méme les ressources nécessai- de 1870. Ce véhicule n’aurait done pas pu étre tores pour établir des Communications... talement oublié par Edouard et qu’il est bon d’exercer les soldats á se Detaille, p e in tre d’histoire tirer eux-mémes d’affaire. En Allemagne militaire comme Horace Veroú ce principe est tres en faveur, les net et non moins scrupuleuchefs ont ordre de multiplier ces sortes sement documenté. d’expériences en laissant á leurs hommes Le léger croquis qu’on une tres grande latitude pour le choix des voit dans cette page n’est moyens. II leur est méme prescrit de don- qu’un fragment d’un tablean ner á ces exercices la forme de jeux pour de Detaille: La barricade intéresser le soldat. Nous avons assisté de Villejüif. Cette barricade est un terre-plein, l’été dernier á une joute de cette nature. á la construction duquel des brouettes civiles, C’était sur l’Elbe, non loin de Dresde. réquisitionnées par les défenseurs de cet ouvraNous assistions á une course de ponton- ge, travaillent militairement, pous niers. Dans chaqué compagnie on dési- sées par ceux-ci. gne, á tour de role, une vingtaine de sol (‘R^crS.0h) dats qui, á un signal donné, doivent, en * * * employant ce qu’ils trouvent, construiré des embarcations, les mettre á l’eau et La brouette du croquis — fait gagner un point désigné. d’aprés un document photographi»Un des concurrents était arrivé au que publié le 5 octobre 1912, au but, á dix métres á peine de nous et plus fort de la guerre turco-hellenous púmes distinguer l’hétéroclite com- no-bulgare,—lutte homérique pen position de son embarcation. C’était une dan! laquelle on vit, une fois de L ’Elbe et la brouette. B r o u e tt e s de Detaille. Guerre des B a l k a n s (1912).
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
plus, que le courage n’a pas de patrie et que tous ces grecs, tures et bulgares qui s’entretuaient sont dignes d’étre fréres. Cette brouette est civile comme celles de Villejuif; mais son role á l’armée est assez différent. Elle est devenue la boutique ambulante d’un vivandier. La balance, symbole de l’équité et de la justice, que le marchand tient á la main ne lui sert, probablement, que pour mieux tromper ses acheteurs, deux soldats bulgares, deux héros, dont l’un marchande, pendant que son camarade se fourre le pouce dans le nez et donne ainsi á la scéne, un cachet qui doit paraítre tout á fait délicieux et artistique aux maítres de l’école réaliste.
Hiñe populum,laíeregem superbum — Venturum excidio Libyce... La brouette Débarquement de brouettes en Afrique. aaccompagné, naturellement les italiens dans leur expédition de la Tripolitaine. Cyréne, la Libye, la CirénaTque, la brouette, des fusils, des canons! O manes de Virgile et de Lucain!, quel mélange de noms harmonieux, de souvenirs classiques et de choses néo-italiques!
Le nom de brouette fut donné de bonne heure á plusieurs appareils militaires, ressemblant plus ou moins á des brouettes. Froissart, a p p e lle ainsi une espéce de mitrailleuse en usage dans les armées de son
Ribaudeau ou orgue.
La
brouette
en
T r ip olit ai ne .
B r o u e tt e
77
temps (XV*= siécle). C’étaient des voitures bicycles blindées, qui abritaient sous leur cuirasse deux petits canons. Ces engins s ’appelaient R i b a u d e a u x , de leur vrai nom. En 1827 on en pecha un dans le port de Calais. (Magasin Pittoresque, 1836). «Les gantois», dit Froissart, «arrivés devant Bruges, pour combattre le comte de Flandre, se mirent en ordonnance de combat et ils se quatirent tous entre leurs ribodeaux. Ces ribodeaux sont des brouettes bardées de fer avec longs picots de fer devant en pointe, qu’ils ont coutume par usage de mener et brouetter avec eux puis les assemblent devant les rangs et lá dedans s’enferment.» Les gantois arrivérent devant Brugesen 1382. ** * Mr. Bazin donna aussi le nom de brouette á un appareil moins meurtrier, en lui-méme, mais devant servir au transport de l’équipement militaire du soldat en campagne. C’est un petit véhicule, dont deux fusils tiennent lieu de brancards, qui de-
vait contribuer, dans la pensée de Mr. Ba zin á soulager le soldat en marche. Pour former cette brouette il faut deux roues: un essieu en acier, une entretoise en acier, un platean de bois el les deux fusils. Le Magasin Pittoresque, (1876) qui en donne une gravure, ne croit pas de
Froissard.
Br o u e tt e
Baz in.
PREMIERE PARTIE. CAUSERlE QUATRIEME
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que cette machine soit adoptée par l’armée, «car» dit-il «la routine est bien forte et bien rétive á l’endroit des innovaíions.» D’aprés la Petite Gironde du 22 juin 1903 cette brouette militaire figura á l’Exposition Universelle de 1878. Le Bulletin de la réunion des ojficiers de cette époque en donna, parait-il, aussi un dessin. Le colonel Denis, auteur de l’article de la Petite Gironde, ne doit pas connaítre celui du Magasin Pittoresque. Par contre il nous donne la description d’un cyclosac ou sac á roulettes. D’aprés le colonel Denis cette pseudo-invention d’un italien ne serait qu’un plagiat de la brouette Bazin, plagiat signalé dans France Militaire du 16 décembre 1896. Le colonel Denis ne semble pas admettre que la coi'ncidence fortuite dans les mémes inventions est assez fréquente. Mais, on le volt, de grands peuples se disputent la priorité de l’invention d’un objet dont le mérite principal est d’avoir quelques points de contact avec la brouette.
de: Bombenschubkarren. Dix-huit lettres! Anticonstitutionnellement, il est vrai, en a vingt-cinq. * ** La 6rouette á obús cylindroconique, est naturellement beaucoup plus moderne. II y a déjá longtemps un frére de mon pére, feu le général Don Mariano Fernández de Henestrosa, demanda á son ami le colonel d’artillerie Parra de m’envoyer un dessin ou un croquis de la brouette qu’il avait in ventée. L’ingénieux et aimable colonel adressa á mon cher onde la description et un plan tres complet de cette brouette pour le maniement des obús. L’inventeur aurait voulu qu’elle portát le nom de brouette-chameau, parce que, comme la béte du désert, elle plie docilement ses jambes et se baisse lorsqu’on la charge pour éviter á l’artilleur des efforts inútiles. A l’alde d’une manoevre tres simple, en s’aidant de l’un de ses pieds, le soldat brouettier fait tomber ceux de la brouette, l’un aprés l’autre. Ces chambriéres reprennent leur position nórmale des qu’on reléve les bras du véhicule. Le succés a couronné cette invention dont on est, paraít-il, trés satisfait en Espagne.
* * * Le maniement peu aisé des bom bes et des lourds obús a enrichi les pares d’artillerie et méme les vaisseaux de guerre, de brouettes exclusivement militaires peu connues des civils. G. J. Vernet dans sont Port de Toulon, XVIIP siécle, a représenté des galériens transportant des bombes sur l’une de ces brouettes, tandis qu’un des forgats soulage de son fardeau un de ces appareils auxquels les allemands ont donné le nom horripilant Invention
i t a l i en n e?
Brouettes
de
l ’Artillerie
iíW S im E S :3 3 R © y t T r i a U E S C A U S E R IE C IN Q U IÉ M E ES plus anciens document brouettiques ne vont pas au de la fin du XIE siécle ou du commencement du XlIK On ne peut cependant pas en déduire logiquement que la brouette n’existait nulle part avant les derniéres années du XII® siécle. A cette époque elle devait rouler depris un certain nombre d’années dans certaines contrées. L’adoption des nouvelles inventlons était probablement alors assez lente. Cependant au XIII® sié cle le petit véhicule monocycle a déjá un nom á lui, des miniaturistes reproduisent et enluminent son image, les bourgeois parisiens profitent de ses Ser vices, et des artistes, qui tiennent á bien faire comprendre au peuple le sujet de leurs sculptures, la représentent, dans de fantastiques allégories, comme la voiture du diable; voiture qu’on volt dans un bas-relief d’une église des Cordeliers, aux environs de Guingainp. Ce bas-relief représente, paraít-il, un diable qui fait son métier. 11 emporte, dit-on, en brouette, un moine pécheur, impénitent, tandis qu’un autre démon, farceur ou compatissant, cher che á arréter la roue du véhicule. • i •
Aprés avoir décrit dans sa revue La Nature (1892) une de ces diableries, qui représente un roi, un évéque, et un homme du peuple menés á l’enfer dans une brouette tirée et poussée par deux démons, dont l’un á jambe de bois, notre ami Gastón Tissandier disait aux lecteurs de sa revue que cette miniature est, sans nul doute, une allégorie représentant la justice de Dieu égalepourtous. On le voit, Bossuet n’aurait pas mieux
Malgré le précepte sancta sunt sánete tractanda le Moyen-Age aimáit ces figurations grotesques dont la forme seule est drólatique et qui, aprés tout, peuvent nous porter aux pensées les plus graves.
dit. Tissandier a done immédiatament saisi le cóté sériéux de cette peinture qui peut inspirer bien des réflexions. Si un éditeur contemporain s’avisait d’orner un livre de piété, destiné au peuple, (un cathéchisme, par exemple) d’une gravure représentant (symboliquement, pour faire sentir aux enfants que la justlce de Dieu égale pour tous) un feu président de la République, un feu préfet, et un feu électeur voiturés dans cet équipage diabolique, quedes clameurs n’en-
X I I I e
La
s i é c l e
S y m b o l e s .
j u s t i c e
d i v i n e
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
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tendrait-on pas dans le camp des défenseurs de toutes les licences! Les francs-magons permettraient-ils á un artiste symboliste, qui se serait inspiré du souvenir de la sculpture de Guingamp d’orner leur temple d’un bas relief figuratif d’un des leurs allant au diable dans cet équipage. lis ont beau étre des esprits forts, ils craindraient trop que le public ne vit toute la classe représentée dans la personne de ce seul compagnon. Les réligieux cordeliers de Quingamp étaient plus libéraux, plus cránes et plus humbles. * ** Pour que tant de dessinateurs aient représenté la brouette aussi fidélement, á partir du XIII siécle, ne faut-il pas qu’elle füt déjá assez connue dans leur pays, ou dans leur ville? II serait ab surde de supposer que ces artistes ont fait son portrait, le méme jour ou la méme année de sa naissance. Ils ne reproduisirent probablement son image que lorsque la brouette était déjá bien connue d’eux et de leurs contemporains,
puisqu’ils l’ont fait figurer dans les scénes les plus diverses. II n’en est pas moins probable que la marche de ce véhicule vers le succés dut étre peu Esprit
de
tolérance.
rapide. Les inventions marchent ordinalrement avec lenteur, ainsi que le font observer les savants qui, en 1821, en étaient á regretter que la brouette ne fut pas encore connue dans toute la France. Quoi qu’il en soit, l’áge de la brouette est encore assez respectable, si elle remonte, comme nous le croyons, au XII siécle, mais cette date doit paraitre bien peu éloignée á tous ceux ceux qui on cru ou croient que ce véhicule a toujours existé. Bien que VIntermédiaire des chercheurs et des Curieux ne soit pas, nous l’avons dit, une publication illu stré e , ce périodique reproduisit, dans son pre mier volume, en 1864, l’image d’une brouette du XllF siécle qui avait été publiée dans VIllustration (T. 34. 1859). ( Gravare 33). Cette brouette, ou plutot cette scéne brouettique (car un homme pousse ce véhicule, dans lequel est transporté une jeune femme, une jeune chátelaine, peut-étre) ressemble beaucoup á celle d’une gravure du Dictionnaire du mobilier de Viollet-le Duc. Dans les deux cas la brouette est pouseé délicatement, avec toute sorte d’egards et de précautions, par un jeune homme. Victor Gay, dans son Glossaire archéologique du Moyen-Age, publie aussi une brou ette sur laquelle un enfant est charrié parun homme barbu dont l’attitude et l’aspect sont bien dfférents de ceux du faune, de Lazzarini, brouettant Bacchus. Dans ces miniatures, surtout dans celles oú des dames sont ainsi transportées, les personnages paraissent, par l’incorrection naíve du dessin, n’avoir
Brouettes
pour
personnes
du
X I I B siécle.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE CINQUiÉME
81
que la tete et le buste. Ces brouettes sont du XIII siéclc. On le volt, á cette époque la brouette était déjá une voiture de transport et de voyage. Un jour viendra oú ses courses étonneront le monde, un monde dont une grande partie était encore inconnue au XIII® siécle.
longs et droits. Observons cependant que pour contrebalancer ce soi-disant avantage, la roue est petite et que la caisse est plutót une sorte de plateau. Cette brouette servait au transport des briques, probablement.
* **
Les dessinateurs anciens reprodui sent, c’est plus que probable, d’une fa gon trés exacte, la forme des brouettes Courhur^-^S'^ d’alors. lis nous apprennent qu’en général les bras des brouet tes étaient courbes et que la roue en était d’un diamétre relativament petit; mais au cu n e de ces brouettes du Moyen-A ge n ’est a u ssi co n cav e que celle de la prise d’Alost (page 52). Cette petitesse de la roue et la courburedes brancards comportent cependant des exceptions, com me ou pourra s’en rendre compte en examinant les gravares de ce recueil.
D’aprés un témoin oculaire, de la fin de ce siécle, OU du commencement du XIV® d’aprés le notable et riche bourgeois, auteur du «Menagier de París», il y avait dans cette ville des ouvriers, dont les Services n’étaient utilisés que d’une fagon inter mitiente, comme ceux de nos commissionnaires, portefaix et frotteurs. L’auteur du «Menagier» cite comme exemple de ces ouvriers les «brouettiers» et les «lieurs de fardeaux» ou emballeurs de ce temps. (Ménagier de París. Crapelet. 1846. 2 vol. in-8°). ^ Hí* Des poétes chanteront aussi, plus tard, la brou ette, mals dés le XIII siécle on la trouve dans les chroniques rimées de Mouskes, chanoine et évéque et dans celles du Chroniqueur frangais Guiart, natif d’Orléans. ❖ Le Manuscrit frangais du XV siécle, Antiquités des Jaifs (Biblioth, Nat. 405-406) nous fait voir dans une de ses minia tures un magon poussant une brouette. Elle est du type que conseillent á nos ouvriers, encore aujourd’hui, les théoriciens. Les brancards de cette machine du Moyen Age sont tres
* ** Un Quinte-Curce illustré duXV sié cle nous fait voir non seulement que dans ce temps les magons parlaient, si non chapean bas, du moins tete découverte, á leurs supérieurs; mais aussi que les brouettiers étaient harnachés de la bretelle ou bricole. (Ms. fr. R 20311.) Déjá au XV® siécle cet usage était
X l V ^ e t X V ^ s i é c l e . B r o u e t t e s á b r a s d r o i t s et co u r b e s . B r e t e l l e .
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
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vieux. Nous savons, graceáde nombreuses mi niatures, que des le XIII siéclelabricole était en faveur dans le mo n d e des pauvres p o u sse u rs on traíneurs de véhicules, á une ou á deux roues, tels que la brouette et les voitures á bras. Cet harnais peut se voir dans les manuscrits de la bibliothéque Nationale de París: Miracles de Notre Dame. {Ms. fr. 9199.)= Vita et passio St. Dionisii Areopagitae, X V siécle. = Manuscrits fr. 5256. De Vigne, Vade Mecum.=(LU Est. Ob. 36).
D’aprés les Comptes de la Ville d’Amiens (1401) «Jehan et Remy carón refit par deux fois la brouette qui sert aux paveurs á lequel il fist le cavech le fons, les barres et une grant def en bois.» (Havard). A en juger par le détail de ces réparations, la ville d’Amiens ne les faisait faire qu’á la derniére extrémité, quand il ne restait plus, de la malheureuse brouette, que la roue et l’essieu. Est-elle municipale aussi la brouette solitaire de la scéne d’inondation de février 1810, qu’offre l’hé-
4: íH * A la fin du XIV siécle, peut-étre avant, il y avait déjá des brouettes mu-
nicipales: elles étaient méme, comme les nótres, sujettes á des accidents de travail, ou autres, et á des réparations. B r o u e t t e
m u n i c i p a l e .
liogravure faite d’aprés un cliché photographique publié dans le Parts inconu? Le Cours-la-Reine est sous l’eau du fleuve débordé. La roue brisée et l’abandon d’une brouette, qui a travaillé á la construction de la digue, au pied de laquelle elle git renversée, contribuent puissamment á augmenter le sentiment de désolation et de meláncolie qu’inspire ce sombre paysage, dont le croquis que nous publions, fait d’aprés le Parts inconnu, ne donne qu’une faible idée. Le Paris inconnu est un álbum publié au profit des «sinistrés» de l’Inondation de 1910, sous le patronnage de la Croix Rouge, par la Société anonyme de rimprimerie de Vaugirard, société d’éditions artistiques de tourisme et de sport. L ’i n o n d a t i o n
de
1910
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
La brouette que nous signalons se trouve á la page: «Les Champs Elysées»; sous la légende: «Barrage du Cours-la-Reine». Le sous-titre de cette image pourrait étre «ou la brouette cassée». * *^
f l
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et d’extraction de la terre, Agrícola en vient á décrire la brouette. Cet auteur qui connait le latin est un érudit; mais il ignorad certainement l’existence des mots pabo, manuvectorium, etc., il est embarrassé, il ne trouve pas, et pour cause, un nom franchement latin pour désigner le véhicule dont il a á parler et il finit, moyennant une explica ron indispensable, par baptiser la brou ette du nom de cisium. Le cisium romain était une sorte de tilbury, une voiture bicycle. Agrícola le sait; mais, dit-il: «Ce que nous désignons id sous le nom de cisium, est un cisium qui n’a qu’une seule roue et non deux, comme le cisium auquel on attele des chevaux». (Quod auíem nunc cisium appellamus, vehiculum est unam habens rotam, non duas ut id quod cequi trahunt).
Moyen-Age a introduit dans les oeuvres de Saint Isidore, une définition de la brouet te qui ne permet p as de confondre celle-ci avec aucun autre véhicule; mais 11 Laufkarren (voiture courante) est le était réservé á la Renaissan- nom allemand de la brouette, d’aprés le ce d ’en taire glossaire du livre d’Agricola. De nomune descrip- breuses gravures reproduisent dans tion accompa- son ouvrage Tiniage de ce monocycle gnée de plans qui y est d’un type dont on volt encore et de dessins. partout en Allemagne de tres nombreux La b ro u e tte sujets. Cette brouette doit étre lá-bas, est done re- me semble-t-il, á en juger par les gra présentée d’u- vures et les caricatures contemporaines ne fagon tech- oú elle figure encqre aujourd’hui, la nique p o u r brouette populaire, par excellence. Elle la prem iére est caractériséeparles cdtésverticaux du fois, vers le coffrequlvontens’amincissantjusqu’aux Brouettes de Touvrage d*Agrícola. Cisium. milieu du XVI poignées, et vers l’axe de la roue sur leLaufkarren. quelle ils reposen!. Ces cotés, perpendisiécle. Le traité des mines et de métallurgie de Geor- culaires au fond horizontal du coffre, ges Agrícola, fut imprimé á Bale en 1561. (Geor- tiennent lieu des barres qui, dans d’augii Agricolce, De re metallica). C’est un ouvra- tres brouettes, font l’office de bras ou ge oú fourmillent les brouettes. Aprés avoir énumé- brancards. La brouette porte, aujourd’hui plus ré les Instruments propres au travail d’excavation ----R e n a i s s a n c e A g r i c o i a . C i s i u m . L a u f k a r r e n
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
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généralement, en Allemagne le nom de Schubkarren (voiture poussée).
La petite dissertation d’Agríco la á propos du nom de la brouette ne prouve-t-elle pas que ce véhicule était encore dans l’e n fa n ce ? Elle prouve aussi.implicitement, que les noms latins qu’on avait donnés á la /o /? ]'fw brouette n’étaient ni universellement admis, ni adoptés par tous les latinistes du XVL siécle, siécledel’épanouissementdelaRenaissance. * ** Schubkarren.
NOTE. Nous devons á Vlnierme-
m i cA
Noms
diaire des Chercheurs et des curieux. La brouette de la letre E de la page 77 du De Orbis sita de P o m p o n iu s Mela, et celles de Georg es A g r íc o la , bien que V Inter mediaire n’en cite qu’une de c e t a u te u r . Comme les c o r r e s p o n dants de ce period iq u e n e v o u la ient, comme nous 1’ avons déjá dit, que prouver l ’existence de la brouette avant la naissance de Pas c a l, le s réflexions, dont lis a c c o m p a gn en t quelquefois leurs en vols, n ’ont aucune valeur pour l’hlstoire générale ou critique ou technique de la brouette. L e s indications de VIntermediaire nous ont été cependant bien útiles par ce qu’en nous faisant chercher les im ages ou les textes signaíé-', fort intéressants, il nous ont mis sur les bonnes p istes et nous ont fait trouver d’autres documents brouettiques.
latins.
íim slR Íes:
D
l
des
Ch.
H©li ¥ Tfl aUFS!
C A U S E R IE PRÉS l’ouvrage d’Agricola et á partir de la Renaissance, la brouette a sa place assurée dans les traités de construction, de terrassement et de jardinage. Des ingénieurs étudient
L ’I n te r m é d ia ir e
S IX IÉ M E
les conditions de son travall. On essaye de la perfectionner; elje a ses étymologistes et elle joue un róle des plus considérables dans tous les travaux oú s’impose le transport de terre, sable, etc., á petite distance. Les applications de la brouette á depuis le XVP X
V
l
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
siécle s’étendent de plus en plus; quoique lentement. La brouette semble enfin á tel point in d isp e n sa b le dans les grands chantiers que les peintres, }j Wy. croyant qu’il a dú en i-G étre toujours ainsi, la font anachroniquement figurer, nous l’avons (¿nc í2Í_ ^ I vu, dans les grandes e n tre p rls e s comme celle de la construction de la to u r de Babel, par exemple, ou d a n s des scénes de la vie privée ou publique de l’a n tiquité. A u jo u rd ’hui elle roule sous tous les climats, dans les jardins, La brouette et la construction de la place de Cánovas, du Translbérien et du canal dans les mines, dans la de Suez. Au Cap. de B. E. campagne, etc.; mais nous le savons, cette extensión et le grand développement de ce véhicule n’ont commencé que dans les derniéres années de la premiére moitie du XIX siécle, c’est-a-dire, quelque trois cents ans aprés la publication du livre d’Agricola. Quoi qu’il en soit il est done bien naturel que depuis le dernier quart du XVI siécle la brouette ait une place assez large non seulement dans les livres techniques mais aussi dans des ouvrages d’histoire et dans la littérature et dans les
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productions des beaux arts: dans celles de la peinture, de la sculpture et méme de la musique. ** * Le celébre dictionnaire de Trévoux des PP. Jesuites (Paris, 1771), nous apprend qu’il y avait dans les mines des brouettes dont la roue était piacée au centre de la machine: il n’en dit pas davantage. Cette brouette devait étre du genre qu’on a appelée d charge équilibrée. La plupart des brouettes tonkinoises (p. 68) et chinoises (p. 69) sont de ce genre. La Grande Encyclopédie (XIX^ sié cle) parle d’une brouette á trois roues. Cet important dictionnaire ajoute que le brouettier n’a qu’á la pousser; que la fatigue des bras est supprimée. Mr. Hebert fut, l’inventeur de cette brouette tricycle qui figura á l’Exposition Universelle de 1878 (nous en possédons un prospectus de cette date) mais rien n’est nouveau sous le soleil. A C Q U E S Besson. Dauphinois, «docte mathématicien», naquit á Grenoble et professa les mathématiques á Orléans, vers 1569. Dans son Théátre des instrumenís mathématiques (in-folio publié á Lyon 1593) en face d’une gravure représentant un homme qui traíne un véhicule á trois roues on lit: «Nouvelle fagon de brouette, laquelle, par l’oeuvre d’un hom me, en lieu plan ou penchant,peut autant transporter faix et fardeaux que deux ou
E xtensión. A charge équ ilib ree 1771. Á tro is roues. ja e q u e s B esso n . 1593.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
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trois pourraient avec toute autre machi ne et instrument.» Voici le texte que Besson a mis sous ce titre: «Ce qui nous est ici proposé on peut comprendre par la figure mesme que les deux grandes roues esmues apportent tres grand soulagement; pour ce qui leur Diamétre est bien plus grand que le Diamétre de la petite roue; car est trois fois plus grand.» Le dessinateur ne comprit pas bien la pensée du savant. Dans la gravure l’homme tire la brouette; il aurait du «la pousser», mais le docte mathématicien devait étre un personnage de bonne compositipn. II se dit done que le brouettier a bien pu faire volte-face pour descendre plus aisément la cote. Le paysage en effet représente une colline. «Le peintre ici», fait-il observer, «a »mal posé le conducteur de la brouette »le visage tourné en arriére, d’autant »que la petite roue doit aller devant, et »bien avoir son visage droit vers elle. »Sinon qu’en descendant bas d’une co»line, il se serait ainsi viré pour sa com»modité. Quoi, bien entendu, cette ma»chine, ne sera point obscure». Autrement dit: Si le lecteur tient compte de cette erreur du dessinateur il comprendra facilement la machine. Dans le dessin de la lettre capitale J du paragraphe consacré á jeaeques Besson nous avons retourné la figure de l’homme. Le brouettier y pousse le véhicule au lieu de le tirer. Tout vient á point á qui sait attendre. Cette téte-áqueue posthume a dú faire tréssaillir d’aise, dans leur tombeau, les os du bon et docte mathématicien. Avait-il entrevu la vérité? C’est peu B r o u e t t e
de
B e s s o n
probable. Cependant de vue sa brouette n’est pas tout á fait dépourvue d’interét. Nous en dirons probablement quelques mots encore dans une autre causerie; mais les essais de perfectionnement b ro u e ttiq u e faits par Besson Dauphinois et par d’autres hommes intelligents amateurs de géométrie et de mécanique n’ont généralement abou ti qu’á des désillusions. Leurs appareils soi-disant perfectionnés valent moins que celui rendre meilleur. *** Les artistes du Moyen-Age construisirent, on le verra, de petites brouettes de luxe et d’ornement dont quelques unes devaient étre de grande valeur artistique et intrinséque. Je posséde un bibelot de ce genre mais moins ancien. II doit a p p a rte n ir aux p rem iéres aunées du XIX siécle.Jel’ái ache té chez un marchand de bric-ábrac. Ce petit vé hicule ra p p e lle beaucoup letricycle de Besson et, un peu,la brouette des porteurs d’eau espagnols signalée par le Comte de Lasteyrie (ps. 39 et 40). Toutes celles du méme genre dont on se sert en Espagne, sont á une seule roue. Notre petit véhicule porte quatre vases. T r i c y c l e
e n
a r s e n t.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
87
Le costume de l’homme se réduit á une sorte de toque écossaise et á un calegon ou plutót á une culotte courte ornée de quelques boutons placés á la partie inférieure et extérieure de la couture de chaqué jambe, audessus du genou. De quel pays peuvent bien étre l’objet qui a serví de modéle et l’orfébre qui a exécuté celui-ci? Un lion du genre de celui des armes de Belgique y est poinconné entre deux mots. Plusieurs lettres du second sont illisibles. ( león. a ste ... ou
Deux brouettes fígurent dans le Recueil de Grollier (aux pages 85 et 130, édition de Paris) dont voici le titre complet d’aprés un exemplaire, de cette édition appartenant á la riche bibliothéque de notre excellent ami Don Joaquín Sánchez de Toca, ancien maire de Ma drid, ancien ministre, sénateur, etc., dont l’intelligence est á la hauteur de sa vaste instruction.
LEON ASIE...)
RECUEIL D’OUVRAQES CURIEUX DE MATHÉMATIQUES ET DE MÉCANIQUE OU DESCRIPTION DU CABINET DE MONSIEUR GROLLIER DE SERVIERES, avec Cent plan
Sjí ❖ «N ic o l á s G r o l l ie r d e S e r v ié r e s , étaitfils d’un militaire et diplómate qui servit sous Charles IX et Henri IV. Notre inventeur, naquit á Lyon en 1595. II appartient done au XVI et au XVII siécle. II embrassa la profession des armes fit le s cam pagnes d’Allemagne et d’ltalie, perdit un oeil au siég e de Verceil et re^ut sep t coups de feu dans sept batailles. »11 apprit en Allemagne l’art du tourneur. D e retour á Lyon, il constrisit beaucoup de machines de son invention et en forma un curieux cabinet que visita Louis XIV, á son passage dans cette ville. »Parmi se s neuf enfants, Gaspar Grollier, qui avait hérité le goút de son pére pour la mécanique, surpassa l’adresse de celui-ci dans l’art du tour. II était né á Lyon en 1646.11 mourut en décembre 1716. II réunit son cabinet, qui reníermait des piéces rares á celui de son pére. íNICOLAS GROLLIER, Comte de Serviére, neveu de Gaspar, et petit fils de N icolás, né á Lyon en 1677, entra á l’age de 19 ans dans le régiment de Piémont. II se sígnala á la bataille de Luzzara et obtint en 1702 le grade de lieutenant colonel. En 1708 il acheta la charge de Comraissaire provincial des Guerres. Le régent le chargea de plu sieurs com m issions de confiance. II fut recom pensé par une pensión 3.000 frs. En 1726, Le Comte de Serviéres de manda sa retraite et s’appliqua dés lors avec beaucoup d’ardeur á la culture d es lettres et contribua á l’établissement de la société d es beaux arts de Lyon, dont 11 fut plusieurs fols président. »I1 mourut le 26 février 1746.
»Grollier publiaun Recudí cTouvrages curieux de Mathématiques ou description du Catalogue de Ni colás Grollier de Serviéres (Lyon, 1719 á 1732. Paris, 1751.) »L’ouvrage est divisé en trois parties. La premiére comprend les objets simplement agréables. La deuxiéme ceux qui, á l’agrément, joignent quelque utilité. La troisiéme, les machines útiles. (Bibliographie Universelle. Paris, 1817). r o l l i e r
d e
S e r v i é r e s
ches en taille douce par Grollier de Serviérs, son petit-fds, ancien Lieutenant Colonel, l’un des vingt-cinq de l’Académie des Sciences et belles Lettres de Lyons. — Seconde édition, Revue, corrigée et augmentée de nouvelles machines á Paris Rué Dauphine. — Chez Ch. AntJombert. Librairie du Roi pour l’Artillerie et le Génie. A l’Image de Notre Da me. - MDCCLI. «Avec les autres brouettes», dit Gro llier, les hommes ont la peine de porter tout le fardeau et la peine de le pousser; mais gráce á la nouvelle invention «ils
Brouette de Grollier de Serviéres.
n’ont plus d’autre peine que celle de pousser, encore cette peine qui est la moindre des deux que nous avons remarquées, est diminuée par la partie du fardeau qui est en avant... On conS e s
b r o u e t t e s
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
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viendra facilement, pour peu qu’on fasse réflexion, que puisque le manceuvre qui se sert de la brouette n’a plus la peine de porter le fardeau dont elle est chargée, on peut augmenter considérablement le fardeau, sans que cependant il en soit plus fatigué. Ainsi la caisse de ces brouettes est plus grande que celle des brouettes ordinaires.» Ce texte sur lequel nous reviendrons serait intéressant pour une histoire des hérésies brouettiques. * ** La fameuse Encyclopédie Méthodique du XVIIl siécle ou du moins l’auteur de l’article brouette , dut cependant le trouver parfait. Ce grand dictionnaire fait allusion á une brouette perfectionnée dont les avantages sont ceux que sígna le Grollier. L’article copie les paroles de Grollier mais ne cite ni l’ouvrage dont elles sont tirées ni le nom de l’auteur. Serait-ce parce que Tune des máximes
éi.o'aÚ. t —. cvv>g-
Brouettes sans roue et monocyclisme.
de celui-ci était qu’il faut préférer la réligion á l’honneur? Le silence tue un livre ou un auteur beaucoup plus súreL ' E n cy clo p é d ie .
Silence
ment que la critique méme injuste et hostile. Le silence, on le sait, est deveuu une arme, un systéme, une organisation, une conjuration. La presse et les agences, par exemple, d’un parti laissent ignorer aux lecteurs ou au public ce qui ne convient pas á ce parti. Ces lecteurs, ce public jugent done ainsi du son comme s’il n’y avait qu’une cloche. On a donné le nom de «conspiratlon du silence» á ce vilain procédé. L’envie aussi fait un usage fréquent d’un mutisme spécial dont la cause est bien différente du sage et discret silence gardé lorsque la dignité ou la droiture ou la conscience ne permet ni l’éloge ni l’approbation soit d’une parole, soit d’un acte, soit d’une fagon de voir ou d’agir. La charité garde aus si, souvent, le silence. Dans ces cas celui qui se tait regrette vivement de ne pas pouvoir louer, tandis que le jaloux se tait pour ne pas louer ou pour éviter qu’on ne loue. * ** La brouette sans roue est certainement moins connue que sa soeur á une roue ou á deux roues. II y a ou il y a eu, en effet des brouettes acycles, monocycles, bieyeíes, tricycles, tétracycles et méme pentacycles. «La brouette» du docte mathématicien Brouettes (?) á 0, 1, 2, 3, roues. Besson Dauphinoisest, nous l’avons vu, á trois roues. Les brouettes á deux roues sont bien connues. La brouette sans roue est une sorte de traineau ou plutót une sorte de civiére dont l’une des extremités porte et glisse sur le sol. Pour que ce glisse-
systé m a tiq u e.
A c y cle ,
á
une,
2,
3,
4
roues.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
ment soit assuré ces extrémités sont légérement relevées en queue de canard. (XV® siécle). Cet appareil simple et ingénieux destiné probablement au déplacement des fardeaux et des tonneaux, peut-étre utile en temps de neige ou de verglas. Comme le platean de cette brouette est bas, il va de soi qu’on peut la charger et la décharger facilement. En revanche elle doit exiger pour bien travailler un sol sans aspérités, dallé ou pavé, etc., ou un plancher qu’on ne trouve pas partout, Existe-t-il encore quelque exemplaire ce type de véhicule?
L’Encyclopédie du XVllI siécle, ce grand «Dictionnaire raisonné des Sciences et des Arts et Métiers», nous Catedrale de Tornai apprend qu’il y a deux espéces de (Havard) brouettes, «les ordinaires et d’autres á quatre roues qui sont nécessaires au travail des mines». Sürement ces brouettes tétracycles n’avaient de la brouette que le nom, nom qu’on avait déjá emp ru n té á to rt. nous le verrons, pour l’appliquer á des voitures, á des véhicules des . lAL genres les plus différents.
\m o u E T r e a ^
La brouette á cinq roues existe aussi. Elle a été inventée incónsciemment par les m arch an d s de jouets. Les enfants qui en sont
"kca ss
Tétracycle découvert chez un brocanteur par le auc de Santo Mauro.
Brouettes:
sa n s
roue
et
á
4
et
5
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favorisés par leurs parents «n’ont plus la peine de porter le fardeau dont elle est chargée». Comme aurait dit. Grollier de Serviéres: ils n’ont qu’á tirer. «Cette peine est la moindre des deux.» L’image 46 est tirée de l’ouvrage «Vie et Miracles de Saint Dominique». {Vita et miracula sancti Dominici, prcedicatoris ordinis. Anvers, 1611.) Cette image avait été publiée par le Musée des familles, d’aprés cet ouvrage, pour démontrer que la brouette existait onze ans au moins avant la naissance de Pas-
cal. Cette gravure me fut signalée par mes filies Cristina et Maria-Josefa. La brouette qu’on y voit est flamande, naturellement, et appartient au XVII siécle ainsi que le cadre de la scéne oú elle figure; bien que cette scéne se passe au XII siécle, en Espagne, patrie du no ble et Saint espagnol fondateur de l’ordre des Dominicains. II y avait on le voit en Flandre, au commencement du XVII siécle et bien longtemps avant, probablement, des brouettiersqui,comme ceux du Ménagier de París, devaient se louer á la course ou á l’heure ou a la tache. II saute aux yeux que cette brouette,
roues.
B ro u e tte
de
S.
D om inique^
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE SIXIÉME
90
bonne á tout faire, rendait facile par sa par l’apparence de la boutique devant laquelle on petite taille le chargement des gros et voit le Saint, le jeune gentilhomme a affaire á un brocanteur gérant aussi une de ces maisons de préts lourds fardeaux. Sous ce rapport la brouette sans roue sur gages oú la brouette était deja allée, nous le dont nous avons reproduit rimage (pa- verrons, faire une saison. ge89),ti&n haut de la i{c* Hit gravure 46) L’ouvrage du sieur Liger Nouveau théatre d’agrlest encore préférable. culture etménage des champs, fut imprimé en 1713. Elle v au - L’adresse du libraire est une évocatlon du Vieux drait aussi Paris: Chez Damien Beugnie, dans le grande salle, mieux pour au pilier des Consultations, au Lian d’or. II y a loin de l’abréviation des adresses télégraun tra n s port exécu- phiques modernes á la délité sur un sol cieuse longueur de celle-ci. Les dessins qui accomglissant, car les roues ne pagnentletextedu sieur Liger serventqu’á semblen! indiquer que la diminuer le construction de ses brouetfrottement lorsqu’elles ne sont pas mo tes était assez primitive, astrices. La ressemblance de la forme de sez rustique. Cet auteur recommande ces deux véhicules est tellement frappante qu’en les regardant j’ai songé á au maítre d’une maison de ces voitures dont on supprime les roues campagne d’avoir deux ou trois brouettes faltes d’un dans les pays froids, pour en faire pro- bois bien choisi. La ferme doit en posséder une visoirement des tramaux lorsque la nei- ou deux «pour porter la terre des tranchées qu’on ge ou le verglas couvrent le sol. Mais peut avoir faites et pour óter le fumier des étables». Ces explications du sieur Liger donnent clairenous sommes en été. Le jeune Dominique de Quzman vend tout ce dont 11 n’a ment á entendre que la brouette, la vraie brouette, pas absolument besoin pour en distri- la brouette monocycle, était peu connue dans. Ies buer le prix aux pauvres. A en juger campagnes vers 1713. Brouette
á
roue
tres
petite
de
1611
et
ce l i e
de
Liger.
1713.
C A U S E R IE S E P T IÉ M E E mot brouette revient continuellement
dans ces causeries. Les causeries précédentes en sont constellées. II figu rera aussi souvent dans Ies suivantes. Quelle est l’étymologie de ce nom? Lorsque je commenqai á m’occuper de la brouette je ne songeais pas á cette question. Si peu passionant qu’il paraisse, je ne me suis pas mgins laissé entrainer par le sujet. Quelques prétendues origines du mot brouette ni’ont semblé si amusantes qu’elles m’ont fait deve nir étymologiste. D’ailleurs, on le sait, et ceci peut encourager n’importe qui, les étymologistes ont souvent été victimes de so'mnolences plus profondes encore que celles du bon Homére. lis souffrent méme quelquefois des assoupissements moins explicables, pen dan! lesquels ils révent et font rever. Napoléon Landais, par exemple, ne fait-il pas venir le mot brouette de celui de bouette parce que la brouette sert au nettoyage des routes et des rúes oú il y a de la boue! Le dictionnaire de Trousset nous dit: Brouette, singulier, féminin. Du latín bis, deux, rota, roue. Petit tombereau qui ría qríune roue et qu’on pousse devant soi. La méme défínition ou du moins son sens se trouve dans leBescherel (1845) dans le Littré (1875) et dans de tres nombreux dictionnaires grands et petits de la langue frangaise. Cette étymologie de deux roues, appliquée á une voiturette dont la caractéristique et l’originalité, d’aprés leurs défínitions, consisten! á n’avoir qu’une seule roue, n’a pas laissé de paraítre quelEt y mol ogi e
du
mot
brouette.
que peu audacieuse. Pour la justifier les auteurs de ces livres n’ont rien trouvé de mieux que de parodier l’explication du faux médecin de Moliere quand ce personnage veut dissiper la surprise produite par sa legón d’anatomie. «La brouette, il est vrai» nous disent les étymologistes de ce véhicule, pour sauver leur étymologie, «n’a plus aujourd’hui qu’une seule roue; mais autrefois elle en avait deux.» (Littré, Larousse, etc., etc., etc.) Bouilletdit,parexempledelabrouetter «C’était autrefois un petit véhicule á deux roues. C’est aujourd’hui un petit tombereau ou une caisse de bois... á l’extrémité de laquelle est placée une roue...» (Dictionnaire des Sciences, des Lettres et des Arts. Hachette. 1859.) Si Bescherel, Littré, Bouillet, La rousse et tant d’autres savent que primitivement la brouette était bicycle, on devrait savoir vers quelle époque et dans quelles circonstances la brouette á deux roues en perdit une. Or la brou ette n’était pas connue avant le MoyenAge et nous voyons que ce véhicule n’a qu’une seule roue dans toutes les minia tures, de cette époque, qui représentent des brouettes. Les documents, d’oú l’on veut bravement, tirer que la brouette a commencé par avoir deux roues, sont probablement postérieurs á l’époque oú levéhicu-
Comme
le
mé dec i n
de
Moliere.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEPTIEME
92
le, qui ne peut étre qu’une brouette, avait déjá été défini: Véhiculum unius rotee. (V é h i c u l e á u n e r o u e .) (p. 21)
Non seulement aucun texte anden connu ne contredit cette définition unirotique des glossaires de Saint Isidore, mais les documents qu’on cite ne renferment rien d’oú Ton puisse, méme avec de la bonne volonté, déduire qu’il y eut primitivementdes brouettesá deuxroues. La brouette á deux roues, enfantée par des besoins spéciaux, loin d’etreplus ándem e que celle á une seule, est notre contemporaine ou á peu prés. En tout cas son usage ne s’est répandu que de nos jours et meme pardmonieusement. Ceci est un fait dont la vérité en facile á prouver. Dans bien des régions, oú la brouette monocyde ahonde, la brouette bicycle est tout á fait inconnue. Quelle peut done étre l’origine de cette plaisante étymologie admise malgré sa drSlerie par les plus sérieux dictionnaires étymologiques: Brouette (de bis deux; rotee, roues) petit véhicule qui ríen a qu’une? Évidemment il faut chercher le point de départ de cette prétendue étymo logie dans l’erreur de quelque écrivain, et dans la paresse qui nous porte á reproduire un texte cité sans en vérifier l’exactitude. L’autorité tres grande, tres, méritée de Du Cange, cité á tort, a fait le reste. Un lexicographe ou un philologue dut en effet se souvenir vaguement que dans un article du magnifique Glossarium ad scriptorem medice et infimee ilatinitatis il est question d’un véhicule á deux roues (birotum) et de brouettes, et il fit dire á ce livre que le mot brouette vient de birotum, mot qui signifie véhicu Le
birotum
et
la
brouet t e.
le á deux roues, A forcé d’étre répétéé et attribuée á Du Cange, cette surprenante histoire du mot Brouette est devenue classique. Pour établir l’accord entre le nom de la brouette, la forme de celle-ci et l’étymologie forgée, on a fini par écrire que les pre mieres brouettes étaient bicycles. Littré cite Du Cange dans son article brouette qu’il définit: Petit tombereau (sic) á deux roues aujourd’hui presque toujours á une seule. Et ce lexicographe ajoute; Le bi rotum est un véhicule á deux roues dont le nom a passé á la brouette qui ríen a plus qu’une. Ce n’est pas seulement par sa taille (beaucoup plus petite, en général) que la brou ette se différencie des birota ou véhicules á deux roues. La roue ou les roues de la brouette est ou sont placées devant ou vers le devant de la caisse du véhicule, tandis que celles des birota et des tombereaux sont á droite et á gauche de ces voitures. Done techniquement, pas plus qu’étymologiquement, la brouette ríest ni de la famille du birotum, ni de celle du tombereau. Dans l’article brouette du beau, savant et utile Dictionnaire de la langue frangaise de Hatzfed, Darrastaler et Ant. Thomas, éminents professeurs de littératurefranqaise et de philologie romane, on trouve, «Brouette... composé avec le latín bis, deux fois, et roue, et un suffixe diminutif. XI11<= s... Bourouaite, M ouskes... Chroniques...» Ces philologues ne citent pas Du Cange, mais l’article Birotum de celu i-ci se refléte dans ces quelques mots. L’autorité de Du Cange, aussi grande que bien méritée, appuyée d’arguments historiques et de documents de premiére forcé auraient dú cependant étre á peine suffisante pour faire admettre cette étym ologie. M ais Du Cange, répétons-le, a donné dans son Glossaire latín l’étym ologie de birotum et non pas celle de brouette: il n’y fa it pas venir,
brouette de birotum. Personne n’ignore qu’au M oyen-A ge, on habillait en la tín les mots les plus étrangers a la langue des Cicéron et des Horace pour les faire ainsi passer dans les contrats et dans d'autres documents qu’on n’écrivait guére qu’en tres mauvais latín, en bas latín, en latín de cuisine. Charles du Fresne, seigneur Du Cange, mourut á Pa rís en 1688. II était né en 1610 á Amiens oü, nous le savons par les com ptes de cette ville, en 1401 il y avait déjá au moins une brouette (page 82). Savant helléniste et latiniste et numismate, Du Cange a étudié un nombre prodigieux de documents, d’instruments privés ou publics du Moyen-Age. A vec les mots tirés de ces vieux parchemins, avec ces leurs m ots latins
Li t t r é .
Hat z f ed.
Du
Cange
i nnocent .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEPTIÉME ou latinisés il a com posé son dictionnaire, de la moyenne et de la plus basse latinlté ( Glossariam ad scriptores medice et infimce latinitatis) monument admirable de travail, de patience, d’érudition et de sagaclté. Personne n’ignore que comme dans d’autres langues déíivées du latín la syllabe bis ne varié pas le sens du nom qu’elle précéde; mais elle indique que la ch ose que sign ifie et représente le nom auquel e st accolé ce préfixe bis est une chose double. (Bipes, bicolor, bigamus, etc.) Birotum comme Birota sont done d es mots latins signifiant: choses á bis, a deux ou á double roue. Ces mots ont été appllqués dans l’antiquité á toute sorte de véhlcules á deux roues. Les chars de guerre, par exem ple, ainsi que les charrettes bicycles étaient des birota. Dans les vieux écrits du M oyen-A ge qui passérent sous les yeux de Du Cange, b ir o t u m a son sens latin propre. II y est exclusivem eut appliqué á d es churretes tirées par des animaux. Du Cange le déflnit Vetiiculum duabus rotis constans.* C’est-á-dire: véhicule caractérisé par deux roues, ou tout véhicule á deux roues. II va sans dire que les mots du dictionnaire ou glossaire de Du Cange y sont ordonnés alphabétiquement. En dehors de cet ordre alphabétique, dans le méme article en latin dont le premier mot e st b ir o t u m , figurent le mot franqais ( Gallum) (sic) Brouette, écrit en lettres minuscules, et deux strophes de la chronique rimée de M ouskes. Le mot franqais brouette, au pluriel, e st un de deux de chacune de ces strophes; mais il y a été orthographiéde deux faqons différentes: Brouroiiaites et Brouetes, ce qui n’a rien d’étonnant; car l’orthographe jouissait alors de toute sa liberté. Du Cange cite, done, ces mots et le mot brouette; mais il n’établit aucun rapport étym ologique entre Birotum et brouette; comme l’ont falt depuis tant de lexicographes, croyant que Du Cange avait attribué a l’un de ces m ots la paternité de l’autre. On pourrait se demander pourquoi Du Cange a introduit, dans son artlcle latin b ir o t u m , un texte en franqais et \e moi brouette. B ir o t u m est une machine pour le transport, c’est un véhicule: la brouette aussi. Le mot birotum, par association d’ldées, lui rappela, croyons-nous, celui de brouette. Du Cange devait avoir présent á l’esprit et ce mot et la chronique de M ouskes. II a donné une traduction de celle-ci,faisan t suite a la Conqueste deConstantinople de Villehardouin. Du Cange dut se dire qu’on aimerait connaitre un vieux texte franqais oii figure le mot brouette. II ne voulut done que signaler, que relever la présence de ce mot dans un écrit du XIV^ siécle: il ne l’étudia pas, il n|en chercha pas I'étym ologie, du moins dans son Glossarium latin-franqais. Le Glossaire de Du Cange s ’est enrichi. D es érudits, dans des éditions salvantes y on introduit beaucoup de mots, beaucoup de documenta justificatifs qu’on ne trouve pas dans l’ouvrage primitif.La méme ch ose advint au Q lossaire de Saint Isidore. La brouette sous le nom de P a b o y fut introduite anonymement sans y indiquer la date de cette addition. Les continuateurs de Du Cange, entre nu tres (ou plutót les premiers) les bénédictins de Saint-Maur qui firent une superbe édition du Glossaire, y placérent fort sagement des signes conventionels devant les articles
Un
quiproquo.
Mot s
frangais
93
tres importants et devant les mots, tres nombreux, ne figurant pas dans l’ouvrage primitif. Dans les éditions des Bénédictins et dans celle de Didot on trouve le m oiBirota suivi de l’indication: imérne sens que Birotum.» A premiére vue, il sem ble que certains mots des documenta qui figurent dans les Glossaires de Du Cange sont latins, gráce au travestissem ent qui leur donne un certain air italique. Exemples: BRUERIA, du franjáis bruyére (document de 1200), BROUETTA, de BIROTEA (1205) la charge d’une charrette. (Item pro una magna brouetta M il sois.) Dans l’édition Didot, de Du Cange, on trouve placés, par ordre alphabétique, outre Birotea, Broeta et Broetarius, respectivem ent appliqués a une grande voiture et au conducteur de ce véhicule. Loin de donner leur nom á la brouette ces voitures durent le recevolr de celle-ci. Le nombrede voitures auxquelles onadonné improprement le nom de brouette est, on le sait, tres grand. D’ailleurs les déviations du sen s primitif du nom de nombreux véhicules son fréquentes. II est dú, souvent, á des causes inconnues, quelques fois a la plaisanterie. La brouette existait déjá quand furent écrits le s documents d’oü l’on a tiré brouetta, broe tarius, broeta, broeetta (brouettée). L’on a vu dans cette brouettée la charge d’une charrette. Pourquoi cette brouettée ne seralt-elle pas la charge d’une brouette? On a peut-étre cru qu’une brouettée est troppeu de chose; mais il y a de bien grandes brouettées.
Est-ce que I’étymologie du mot brou ette serait un mystére? Nous croyons, au contraire, qu’elle saute aux yeux. Continuellement nous désignons une cho se, un acte, un fait, un objet par l’une des parties dont il se com po se, dont il est formé. S T -I l nécessaire de rap-
peler que les grammairiens nomment synecdoche cette faqon de parler qui nous fait dire, par exem ple, monter á cheval un lieu d’aller a cheval; ou qui nous porte á appeler un báteau une voile; une horloge un coucou et coucou l’oiseau méme d o n tlech a n test imitépar cette horloge? Une roulette (XVIP et XVIIP ) siécle était un trycicle;
latinisés.
Notre
ét y m o l o g i e .
102
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEPTIEME
une roulotie au XlXe est une voiture, une sorte de maison roulante. Une ROE, au M oyen-A ge était une espéce de guéridon tournant dont on pouvait régler la hauteur comme on régle celle du siége de nos tabourets pour piano. On peut en voir une image dans le Dictionnaire de l’ameublementáe Havard. Parce que le plateau du gué ridon tournait, ou parce que ce plateau rond ressem ble á une roue, on lui donna, par synecdoche, le nom de roe; comme on donna celui de tribunal d éla Rota, en latin, en frangais de la Rote á un tribunal ecclésiastique de Rome, parce que le s affaires y décrivent une sorte de cercle, de cycle, de roue, en passant d’une section á une autre section. Le birotum ou la birota sont deux excellents exem ples de synecdoche. Par synecdoche en France on dit un monocycle, un bicycle, une bicyclette, un tricyde, au lieu de dire un velocipéde, ou un instrument, ou un véhicule á une roue, á deux, á trois roues. Les frangais ont done fait comme les romains. Ceux-ci appelérent birotum ou birota un instrument, un appareil, une chose á deux roues. Si les ro mains avaient connu la brouette ils lui auraient donné le nom de unirotum ou de solirotum, de unirota ou de soiirota. (Instrument, chose á une seule roue.) En France cet instrument a pris le nom frangais dont le sens est celui du nom latin qu’on lui aurait donné á Rome. La roue uniqiie, une roue relativement petite, une <roette», comme on disait autrefois, une rouette, comme on dirá plus tard. est la partie la plus frappante, la plus caractéristique de la brouette. N’est-il pas naturel que ce véhicule ait tiré son nom de cette particulariié, comme le rouet? Un rouet est un instrument, un outil á une roue. Au XV^ et méme au XVP siécle on devait dire ung rouet. Bien qug venant du latin unus (ou plutót parce que venant de unum), UN s ’est prononcé et écrit ung, au M oyen-Age et longtemps aprés. (On a dú dire aussi um, ume.) C’est un fait bien connu que jusqu’á la fin du XVR siécle, peut-étre méme aprés, on écrivait l’adjectif numéral ou indéfini un a v ec u n g final; Par exemple en 1587, le 13 mai, Cháteauneuf écrivait á Henri 111 une lettre oíi il parle de «plaider UNO long procés>, et l’un des objets de l’inventaire de Charles V (XIV^ sié cle) est «UNG brotier (en metal précieux) qui méne une broéte oü est u n g home malade.» Ceux qui écrivaient ung home, ung chacun, ung malade, u n g r o u e t devaient dire ou entendre dire souvent, anegue femme, anegue
roe, UNEGUEROETE OU UMEROETTE. Cet anegue ou ume, appliqué au véhicule á petite roue, devait aboutir á la UNEGUEBROETTE ou á u m e b r o e t t e et finalement
á une brouette, et á brouette.
R o u l o t t e . Roe.
Rouet
Méme en laissant de cóté le g, la une roette et une rou ette n’ont pas beaucoup á rouler pour devenir: UNEROUETTE, UNEBROUETTE, BROUETTE.
Le mot brouette est done, croyons-nous, synonime de une roette. Sa labiale B, á notre avis, est exclusivement euphonique et il mous semble que: B r o u e t t e signifie rouette et, que, comme rouet, par synecdoche, brouette veut dire un appareil une cho se une machine á une petite roue. Unguerouette ou umebrouetie sont d’une prononciation légérement plus difficile que une-brouette, comme ou peut s'en rendre com pte en disant rapidement plusieurs fois de suite chacun de ces mots. On observera ainsi que une tend á disparaltre lorsqu’on répéte de cette maniére: une brouítre, une brouette... et qu’il ne reste que brouette. Personne n’ignore qu’en linguistique il ya la loi ou tendance qu’on appelle en mécanique de la moindre résistance.L a plus grande facilité pour la prononciation a déterminé la déformation et la formatlon d’un trés grand nombre de mots. Ceux de ROE et de ROUE, par exem ple, se prononcent avec moins d’effort que celui de rota d’oü ils découlent. Du Gange probablement ne se serait pas senti flatté s’il avait su qu’on lui attribuerait un jour d’avoir découvert que le mot brouette a été engendré par celui de birotum, mot dont la seconde lettre est un i. Pour arriver á perdre quelque chose ne faut-il pas commencer pas l’avoir p ossédée? Or, de méme que la brou ette du M oyen-A ge n’a pas pu perdre une de se s roues, puisqu’elle n’én avait qu’une seule, de méme son orthographe n’a jamais pu perdre ni le Bi ni l’i (de btrotum), parceque la brouette n’a jamais eu ni un I ni un B1 dans l’arbre généalogique de sa famille. C a p r ic o r n e o u c a b r io l e (capr volte, la volte de la chévre, ou du cabri) sont-ils devenus caprorne, par exem ple, o u cabrole? En a-t-on supprimé l’i? B i SCORNU (qui a deux com es) a -t-il perdu son i? PiROUETTE a-t-elle perdu le sien? Ce mot est-il devenu PROUETTE? Au Béarn on dit biroulette; faire la biroulette. PiROUETTE a conservé son i. Pourquoi Brouette aurait-elle perdu le sien? En passant par birroto et par birrocho, b ir r o t u m , en espagnol, sans perdre l’i, est devenu birlocho. (Voiture á deux roues, cabriolet.) Si l’origine du mot brouette était birotum, la brouette s ’appellerait une birotte et labrouettée une birottée. Birotte est méme d’une prononciation plus douce que brouette et d’ailleurs une voiture birotte ou birottique ou trirotte est bien une voiture á deux ou á trois roues pour toute oreille dont le propriétaire a décliné rosa rosee, rota rotee.
II me semble done que lesmuses déla Technique, de l’Histoire, de la Linguistique, de TÉtymologie, de la Logique et celle de la Brouette doivent sourire lorsque le hasard met cette étymologie du nom de ce véhicule sous leurs beaux yeux: «Brouette (de bis, deux; roía, roue) voiture qui n’a qu’une seule roue.» (II est probable que quelques autres réflexions sur ce sujet étymologique seront ajoutées dans lesupplementde celivreácellesquenous venonsd’exposer.)
et r o u e t t e .
U m e r o u e t t e . B e u p h o n i q u e . L ’i.
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2
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T f l a U F S j
C A U S E R IE H U IT IE M E OUS venons d’exposer notre collection de fleurs de l’étymologie brouettique, cueillies ga et lá. Incidentellement nous y avons cité l’Académie frangaise. Les rapports de la brouette et de l’Aréopage de la langue frangaise sont intéressants. Le dictionnaire d’un idiome n’est ni une encyclopédie, ni un traité technique. Ses définitions n’ont pas besoin d’étre complétes. II sufit qu’elles correspondent exclusivement á l’objet défini. II faudrait un volume pour expliquer, par exemple, tout ce que le mot soleil renferme. Les trois mots l’astre dujour définissent suffisamment le nom de cet astre dans le dictionnaire d’une langue. Chicaner et plaisanter les définitions d’un dic tionnaire est d’autant plus facile qu’elles sont formées de mots dont chacun peut étre discuté, mots qui ne sont bons ou mauvais, exacts ou impropres, qu’en vertu de va gues conventions et de n u a g e u se s acceptations tacites régies par l’inconstant usage, par la mode capricieuse ou par le respect d’une autorité que ne défend aucune sanction. Brouette et tombereau. Quand le procédé est possible, placer, dans un dictionnaire, l’image de ce que signifie un mot á coté du mot est le plus sur et le plus bref moyen pour donner une idée précise Défi ni ti ons.
La
brouette
et
du sens de ce mot. La définition graphlque est naturellement d’autant meilleure que le dessin est plus complet. La nature et la 'forme d’un objet ne changent pas avec la forme ou le son du nom qu’on peut lui donner. Cette chose est la méme bien qu’on l’appelle ici barotte, lá barrow ou wheelbarrow, ailleurs carretilla, ou schubkarren, ou pabo, ou manuvectoriun, ou laufkarren, ou brou ette, etc, La définition du mot brouette du Dic tionnaire de l’Académie ne permet pas de confondre l’objet défini avec un autre quelconque. Elle serait done bonne si on n’y lisait pas que la brouette est une sorte de petit tombereau. ALORÉ ce petit tombe reau, la définition est acceptable offerte dans un dictionnaire de ce genre. Elle serait mauvaise dans un dictionnaire ou dans tout autre ouvrage purement technique. Ce véhicule, dans l’édition de 1694 et suivantes du Dictionnaire de l’Académie, est une voiture á porter de la terre et des fardeaux; une voiture qui n’a qu’une roue et que l'on fa it rouler devant SOL On trouve dans les premieres éditions, la brouette du jardinier et cell ’Académi e
frangaise.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE HUITIEME
104
le des vinaigriers; on y lit qu’on a appliqué aussi le mot brouette, par dérision, á un petit carosse. Les mots brouettée, broueteur, et brouettier, ne figuren! pas dans cette édition. Dans la 3me., 4me., 5me., et 6me. éditions, on trouve le participe passé masculin et féminin, «brouetté, ée», mais pas b r o u e t t é e , substantif féminin. Pour la quatriéme édition, la brouet te est un petit tombereau qui ría qu’une roue et qii’un homme pousse devant luí. La Brouette du jardinier et du vinai^r/eryfigurent. La brouette est aus si une sorte de charrettetiréepar un homme. Brouetteur celui qui traíne des hommes dans la brou ette qu’on appela populairement vinaigrette. «Brouetter: porter terres et fardeaux dans les brouettes qui n ’ont qu’une roue.» Edition de 1718. On n’y^ouve pas les mots brouetteur ni brouettier. La brouette sert aussi á transporter de «moelons». Brouetter dit par raillerie. «Se faire brouetter dans la villeen caros se de louage.» 1740. — Le mot brouettier est appliqué ártiomme qui pousse une brouette. Le BROUETTEUR est le moteur d’une chaise roulante, «á deux roues, appelé brouette, pour le transport de personnes». Septiéme édition, 1878.—«Espéce de tombereau qui n’a qu’une roue et qu’on pousse devant soi: on s’en sert pour le transport des terres, pierres, fumier. B
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et autres matiéres. B. du Jardinier; B. du Vinaigrier.» Selon le dictionnaire de Littré, (1873) le mot brouetteur servirait á désigner l’homme transpor tan! sur la brouette des personnes: le brouettier est le m anoeuvre dont l’instrument est la b ro u e tte m onocycle. Ce dictionnaire renferm e le mot Brouettée accompagné d’un signe conventionnelqui indique que ce mot ne se trouve pas dans le Dic tionnaire de l’Académie. Vauban, on le sait, qui s’occupa pratiquement et théoriquement de la brouette, se sert du mot brouettée qui devait étre, déjá vieux. Du Cange cite un document en fran?ais latinisé du Moyen-Age, nous l’avons dit, oú il est question d’un grande brouettée.
L’Académie et Littré, etc., nous disent que la brouette est un tombereau OUune sorte de petit tom bereau. É ty m o lo g iq u em en t tombereau vient de tomber, mais tout ce qui tomTomberettes (?) be OU fait tomber n’est pas un tombereau. On trouve chez les marchands de jouets des tombereaux en miniature, (réduction des grands) que personne ne confond t
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PREMIARE PARTIE. CAUSERIE HUlTIÉME
105
avec des brouettes. Un petit tombereau n’est pas Dictionnaire de VAcadémie frangaise. Ceplus une brouette qu’une brouette grande, tres pendant il n’est pas moins vrai que lorsgrande, ou méme colossale, comme celle du Car que la brouette est vide les ouvriers la font naval de Nice de 1896, n’est un tombereau. généralement rouler derriére leur per Depuis le XVIII siécle, au moins, il existe, ce- sonne, c’est-á-dire en lui tournant le dos. pendant, des brouettes dont le mécanisme et l’objet Dans les définitions du mot brouet sont, á peu présies mémes que te, de plusieurs éditions du Dictionnai ceux des tombereaux. Hiles re de VAcadémie, et dans bien d’autres pourraient porter le nom de ouvrages du tout genre, on lit done que brouettes-tombereau, brouet l’on «pousse» ce véhicule. tes á bascule ou celui de tomL’usage a admis que la brouette est berettes. On les appelle brou- poussée: Nous serions bien sot de le chiettes-autoverses. caner, mais en réalité, pousse-t-on une brouette? Lorsqu’il s’agit du travail á la * ** brouette, le motpousser est-il techniqueAutre question. ment exact? S’il le permettait, nous adresVAcadémie et certains serions cette question á M. H. Poincaré auteurs disent que la brouette puisqu’il est non seulement un philosoest un petit tombereau qu’on pousse devant soi. phe, un grand géométre et un écrivain, La personne qui se sert d’une brouetite la pous- mais aussi membre de l’Académie franse-elle? PoussE-/-on la ?aise et de I’Académie des Sciences. La brouette? brouette serait bien difficile si elle n’acW & O N POUSSÉ Sans oser rendre cordait pas son assentiment á l’opinion - I I ----une s e n te n c e , nous de cet homme de Science et de lettres. penchons; on le verra, vers la négative, en ** * vue de raisons qui ont, croyons-nous, en l’esAutre probléme philologique: BROUpéce, une certaine va- ETTEUR est l’homme qui brouette des leur. Ne dit-on pas que personnes et BROUETTIER celui qui l’écrevisse marche á transporte des choses sur une brouette: reculons? on peut done d’aprés le Dictionnaire de VAcadémie. Í D E l / A N T S o l^ ^ bien dire, en littératuCeux qui brouettaient des personnes re, et dans le langage au Moyen-Age (pag. 80) étaient-ils des ÍM K R ÍE K ^ 5 o r courant, qu’on pousse brouetteurs? une brouette; mais de Le chinois transporte soit des per fait, on ne la pousse sonnes, soit des marchandisses, sur sa Hommes qui poussent. pas.Cependanten alle- brouette á grande roue, qui est, tantót mand la mot qui sert á désigner ce véhicule signifie voiture de voyage, tantot fíacre etc., etc. «voiture qu’on pousse». En chinois aussi, parait-il. Le chinois e s t - i l b ro u etteu r ou Véhicule «qu’on fait rouler devant soi» disait plus brouettier selon que la nature de la exactement la premiére édition, celle de 1694, du charge de sa brouette est humaine, véPousse-t-on
la
brouette?
Brouettier
et
brouetteur
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE HüITIEME
106
gétale ou minerale? Lorsqu’il transporte sur le méme véhicule monocycle des homraes,des femmes, des colis,qu’est-il brouetteur ou brouettier? L’appellation de brouetteur n’étaitelle pas exclusivement réservée aux gens
nr XVH^S.
J-XVIllé SIE.
12 5.
INSTIÍ £rU5A(
Brouettes ou Vinaigrettes
dont le métier consistait á véhiculer les personnes sur la petite voiture á deux roues désignée, au XVII et XVIII siécle, sous le nom de vinaigrette ou de brouette? Encoré un doute que seule l’Académie pourrait dissiper. A Shang-HaT, parait-il, il y a des cochers-moteurs de brouettes publiques exclusivement destinées au transport des personnes. Le titre de brouetteurs semble devoir leur appartenir de plein droit; mais l’Académie est-elle de cet avis? Le fait est que jamais nous n’arrivons á épuiser un sujet et que nous ne savons *le tout de ríen» comme a dit, philosophiquement, Brouettier
ou
Montaigne, avec tant de précision, de concisión et d’élégance. •J: * Une brouette signifie probablement une rouette et par synecdoche un véhicule á une roue; mais pour BICYCLETTE ainsi que pour birotum le doute n’est plus possible: Ce sont des choses á deux roues. La congregation des R ites, á Rome, dont la langue est, on le sait, toujours le la tín, appela done birota celérrima ou velocissima la bicyclette dont elle eut á s ’occuper, Chinois brouettant des personnes. D'apris une caríe póstale que nous fui envoyée donnant ainsi au vieux de Chine par le duc de Medinaceli. birotum une forme féminine. Nous devons cet intéressant renseignement á l’érudition de notre ami l’abbé Gabriel Pal mer, chapelain de S. M. le Roi d’Espagne. Comme bicycle, birotus, birota, birotum est un a d jectif applicable á n’importe quel objet á deux roues; mais qui aurait jamais pu croire que ce qualificatif, designant généralement de lourdes voitures tirées par des chevaux ou par des boeufs, serait un jour pris substantivementparlaCong rég atio n des Rites Birota celérrima. et élégamment appliqué au vélocipéde? II me semble cependant que plus extraordinaire encore est le fait de l’acceptation, nemine discrepante, pas méme l’Académie, de l’étymologie: Brouette, de bis et rota (double roue) voiture qui n’en a qu’une.
brouetteur?
Birota
velocissima
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IC IU E S :
C A U S E R IE N E U V IÉ M E París, une vieille rué porte le nom de «Rué des Vinaigriers». De nombreux corps de métiers se servaient autrefois de la brouette. II y avait la brouette des jardiniers, des paveurs, des mégissiers, des charbonniers, des ardoisiers, etc. (Encyclopédie du XV IE siécle), mais la plus connue á París étaít la b r o u e t t e d e s v in a ig r ie r s . Elle vendaít en pleíne rué sa marchandise ou elle allaít de maíson en maíson approvísíonner les clíents. Des artístes, de dífférentes époques, nous ont laíssé d’assez nombreuses images de ce véhícule: le nombre de ces portraíts que nous avons pu collectíonner témoígne de sa popularíté. D’aprés le dictionnaire Universel de Commerce, histoire natarelle des arts et métiers — par Jacques Savary des Bruslons. Inspecteur Général des ma SDf LA nufactures pour le R oí, a C O K P G -^T i.OM la Douane (Nouvelle édítíon, 1762. Copenhague) «la communauté des ví»naígríers fut érígée en »corps de jurande au XIV »siécle, so u s le régne ílustr I »de Charles VI, et les »premíers statuts quí fu»rent donnés par le Prévót de París furent homo»logués et enrégístrés au Chátelet par sentence du »28 octobre 1394.» «...En 1658 íls étaíent 200 maítres ayant cha¿e
brouette
des
VINAIGRIES.
»cun troís garQons ou travaíllans (síc) »chez eux ou allant par les rúes vendre »du vínaígre et de la moutarde dans des »moutardíers de boís faíts en forme de »petíts boísseaux couverts...» Voící, d’aprés les Cris de París de Guíllaume de Vílleneuve, quel étaít celuí des Vinaigriers au XV® siécle: Vinaigre qui est bon et biau Vinaigre de moutarde ia Dieux a il point de lie la.
❖ ** Les siéges de la plupart des choeurs des églises se relévent. Les miséricordes ou patiences sont de petites consoles formant c o rp s avec la planche á charn ié re s de ces siéges. La consolé, faisant saillie sur le c6té inférieure du siége, (plus prés du bord extérieur de celui-ci que de celui que garnissent les charniéres) permet, á la personnne qui se tient devant, d’y prendre, lorsque le siége est relevé, un Vinaigre!
Miséricorde.
PRBMIÉRÉ PARTIE. CAUSERIE NEUVIÉME
108
appui, gráce auquel cette personne est plutót assise que debout. Le nom de miséricorde dit clairement que ce dispositif fut une concession faite á la faiblesse de la chair. Tous les moines et chanoines ne se servent pas des patiences, mais parmi eux il y a souvent des vieillards et des infirmes. L’Eglise de Saint Spire, de Corbeil, qui a été reconstruite, plusieurs fois, est fort ancienne. Une de ses miséricordes, dontle MagasinPittoresque publia l’image, était décoré d’un bas relief. II repré sente, croyons-nous, un vinaigrier du XV siécle. Le Magasin Pittoresque en donna une image en 1834. Cette revue parle de la brouette mais ne dit rien du métier du bonhomme brouettier. L’escarcelle ou sacoche, indispen sable á un marchand ambulant pour la récolte des sois, le pot-mesure ou á moutarde qu’on voit sur la plan che de la boutique d’oú il sort, ScoiO . Henr¿jií le tonneau et la brouette d isen t clairement, croyons n ous, que aH.Efl OcL n o tre h o m m e n’est p e u t-é tre pas un vinaigrier, en gros; rnais que sürement c’est un vinaigrier gros, gras, cossu, de la fin du XV^ siécle.
Nationale Est. Oa.) nous fait conK/iat’q, naítre le vinaigrier du XVL siécle. iuLcau Guérard nous a laissé, dans f'ot.ltf ses Cris de París, une autre grava u )m re du vinaigrier. Gráce au Musée Carnavalet, nous connaissons la brouette á vi¡(/ ^ría.ynai/ahi naigre du XVIII siécle, qu’on peut l / o I y tc6 vi»ritaW(iu'i étudier aussi dans le beau dessin de Mouilleron (d’aprés Poisson, 1774), ou dans les Cris de Paris, de Boucher (Bibliot. Nationale). Parmi les curiosités, du musée Carnavalet, se trouve aussi une jolie enseigne (en bois sculpté, je crois) d ’un Vinaigrier frangais du XVIII siécle: l’homme, le tonneau et la brouette y sont. (Page 110; fig. 58.) * * * Paris cette brouet te des vinaigriers était si connue que le nom de brouet te et de vinaigrette fut donné par allusio n , malicieuseXVII» siécle. ment, á une sorte de chaise á porteur sur roues; véhicule tiré par un homme, pour le transport des personnes (XVIP siécle). L’image de la lettre capitale de ce paragraphe re présente un médecin allant visiter ses malades en brouette ou vinaigrette. Cette caricature fut publiée par le Magasin pittoresque. Sa grayure est un fac símile d’une estampe du XVIP siécle. ** *
* **
'£ ii c r is J t. T a r t í
1-n‘^c/í VirAtd.<ínwtfrOaLl3í'“ B ro u e tte
de
G a ig n iéres, dans son recueil de Costumes sous Henri ///(Bibliot.
La filie du marquis de Miraflores (ministre et ambassadeur, etc., sous le régne d’Isabelle II, grand’ mére de S. M. le Roi d’Espagne Alphose XIII), dont la carte et l’autographe se voient en haut de la pre-
S[. S p ire. V in a ig rie rs
des
siécles
XVP,
XVII‘
et
XVI I P-
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE NEUVIÉME
miére page de la dédicace de ce recueil, la Marquise de Pontejos et de Martorell posséde un fort beau et trés curieux paysage d ’éventail, anden. Cette peinture représente une riche cuisine du XVII siécle oú un ? ? ? est entré avec sa brouette. Une servante est entrain de lui acheter une pinte de sa marchandise. Cette intéréssante oeuvre d’art a dú taire partie, du moins on le croit, d’une collection de paysages d’éventail de la Couronne d’Espagne, dite «Collection Farnése». Elle appartint, paraít-il, á Isabelie Farnése, femme du roi Philippe d’Espagne, petit-fils de Louis XIV. Cette collection exis J. Boucher. Cris de París te-elle? A-t-elle existé réellement? Beaucoup d’objets précieux sont partis indúment, á différentes époques des cháteaux royaux; mais, comme nous le disait feu le duc del Sesto, grand-maitre du Palais sous Alphonse XII, souvent de trés belles dioses ayant appartenu á quelque cháteau royal en sont sorbes parce que Ies rois en ont fait cadeau. Dans bien des cas ceci explique comment certains objets d’art son légitime ment diez des sim ples particuliers et Cuisine et b ro u ette du
XVI I ^ siécle.
Cris
109
q u e lq u e sfois diez les marcliands de cu rio sités. !(:** Noussavons qu’en 1658, les inaitres vin a ig r ie r s é ta ie n t, á P aris, au nombre de 200 et que chacun avait trois commis pouvant aller par Ies rúes vendre du vinaigre et de la moutarde. II n’est done pas étonnant que la voie publique ait eu á souffrir de tant
Marquise de Pontejos, grand mere de la Marquise de Martorell. Un des plus beaux portraits de Goya.
et em barras de
P a ris.
Goya.
lio
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE NEUVIÉME
de brouettes. Elles devaient contribuer pour une forte part aux encombrements. Aussi «Les embarras de París», de Guerard, (vis-á-vis la fontaine Saint Séverín. A l’image de notre Dame) nous font-ils assister á un combat acharné — livré á c5té d’une brouette de vinaigrier renversée—entre un jeune homme et une femme qui, fu rieu se d ’a v o ir été / 1 <T«. / -^.y trompee sur la rf'apifcs qualité de la Poi 550t\ mi marchandise, s’en est ven5b gée. La légende qui accompagne cette scéne luí fait dire: «Je te BOMViriAt6lttt peignerai si tu XVIIle siécle. ne me rends mon argent! Ton vinaigre ne vaut pas le diable», á quoi son antagoniste répond: «Tu as renversé mon vinaigre, mais ton chignon le payera». Voici les autres exclam ations et légendes de notre image (trop réduite) des Embarras de París, exclam ations et légendes oü il n’est plus question de la brouette ni du vinagre. 1. — Pompe, pour apaiser le feu qui étail pris
dans la maison la nuit! Mon pére nous sommes ruinés: tout brüle diez nous! — Au volear! au guet! 2. — Laron pris par le guet la nuit et mené en prison. 3. — Un mattre d’hótel repassé oar une haranguére. 4. —f a i pris ma part. 5. — Si la dame est blesséee je te tuerai. Je te donnai cent coups de couteau de boutique.—Pourquoi le quereller? nous ne som mes pas blessés du tout. 6. Au secours et vite! mon fils est també (dans l’e a u )./e payerai. 7 et 8. — Je sais perdu ce maudit chien m'a mordu. II est enragé. Tape tant que tu pourras sur la tete et táchons de le tuer.
La
b ro u ette
et
les
em barras
Q.—Appreuds coquin á tes dépens á ne plus valer á présent. — Laissez m’en une!{oreille). 10.—Brouette renversée, lutte etc. (XVII® siécle).
*íji Une ville ne se fait jamais d’un seul coup. 11 faut, un jour ou l’autre, construiré un nouvel édifice, ouvrir une nouvelie rué, etc. L’actiondu temps et de l’usage accomplissent incessamment leur oeuvre de destruction: Des travaux de reconstruction, de réparation, etc., etc, ysont indispensables. lis entrainent de petits inconvenients passagers tels que les barrages, les détours á faire, un peu de boue,de poussiére et de bruit. Les citadins pesonnables supportent ces útiles tracas philosophique ment, en silence, en se disant que ce désordre préParis. 1913. liminaire est transitoire et qu’il annonce une amélioration prochaine, bonne ou indispensable, exigée parle bien du plus grand nom bre. D’autres s’obstinentá n’y voir que ce qui gene leur égoísme et ils se plaignent, et ils maugréent et ils boudent et ils bougonnent, et souvent la presse fait l’écho de leur mauvaise humeur et dénonce cet intolérable état de choses á ___________ _ L’O pinion, (cette dame ¿nconnue, qui ne dit point son nom et qu’on ría point revue) ou a qui de droit (autre personnage mystérieux).
Dans une gravure, faite á l’aide de documents photographiques, du journal Excelsior, un parisién, un piéton, semble faire des prodiges d’équilibre pour ne pastomber dans un des trous ouverts par la de
P aris
au
XVIP
et
au
ITri'ftiynediJMi’ vinaigrier. (v. p. nsi
XX^
siécle
111
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIÉME
construction du Métropolitain. Dans les embarras de París, du XVIP siécle, il n’y avait qu’une brouette. On en voit six dans la gravure des embarras de cette méme ville en 1913. * * La journée d’un balayeur parisién, de Job, image Les
em barras
de
P a rís
au
ES:
XVI I l ^,
polychrome publiée en 1895 par l’éditeur Hachette et C.= dans le périodique Mon Journal, est un des plus amusants tableaux des embarras de París. Cette gravure pourrait porter, en sous-titre, la légende: ou Le balayeur sans-géne etsa brouette maitres de la me (page 109.) au
XXP
et
au
XX^
siécle ■
R © U E T t I aUFS:
C A U S E R IE D I X I E M E On peut voir dans VEncyclopédie Méthodique les images d ’un c ertain nombre de types divers de b ro u e tte s du temps. (XVIIP siécle.) Danslesplanches si intéressantes de cette Encyclopédie se trouve une gjravure re Brouettes des charbonníers et du gnóme d’une forét. présentant la brouette des charbonníers, c’est á dire des ouvriers fabricants de charbon de bois et la brouette á pompe Encyclopédie.
D ic tio n n a ire
d ’A g ric u ltu re .
pour jardins dont les types et les mode les abondent tant aujourd’hui. La petite culture se sert, dit le Dictionnaire d ’Agriculture de Barral, de se-
N.” 2. Brouette-Pompe du XVIIIs s.
moirs á brouette «dont le type le plus connu en France est le semoir Dombasle.» La société des engins de pesage de Sem oirs
á
brouette.
P esage.
112
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
Grenoble construit la brouette PesoChargeur, systéme H. David et H. Trophéme (fig. 83.) Nous ne la connnaissons que par le prospectas de l’inventeur, d’aprés lequel cette brouette se recommande spécialementaucommerceetárindustrie, par cet avantage, entre autres: l.° un seul homme, une femme méme, peut charger transporter et Semeur chinois. peser n ’importe quel colis dans la méme manoeuvre...» Avulso uno non déficit alter. Si cette brouette pése, une autre brouette, sorte
betón et pour séparer le sable du gravier; celle pour marquer sur l’herbe des prairies, á la chaux, les rales du grand échiquier ou tableau spécial du jeu du tennis, etc., etc. Les coupe - bordures, á un manche ou á deux, sont plutót des monocycles. II y a aussi, naturellement, la brouette-poulailler. La «brouette-poulail1er» est peu connue; mais elle peut rendre, des serBrouette-crk. vices. Le dessin de son prospectas en donne une idée suffisante (page 113). La brouette extensible ainsi que la brouette ou plutót le monocycle chasse-neige sont des appareils beaucoup plus modernes (page 113). En général les Instruments ou les objets de la maison, les véhicules á plusieurs usages, etc. ne valent r th
(lí Ya-lS-Jr
a
Brouettes marqueuses po«i '3- je u de LownTennis.
CtU
.
■
fr o u J t< L a 7/ -
Brouette-balance.
de cric roulant, souléve les fardeaux, soit, égoTstement, pour son propre Ser vice, soit pour aider á charger des caisses sur les camions (fig. 84).
n o M
3. Brouette bicycle hachenavets ymUt.
( ¿ r s
Brouette - se moir.
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2. XVIIB siéele (Encych\\
oU.UA¿¿ñio.
Jlrcm ^A» 'Eií’oh oÁ
I . Do m b asle.
Sh í^h en ^ * * Les applications de la brouette á l’agriculture et dans l’industrie sont in nombrables. II y a la brouette á grille pour laver les cailloux, pour faire le
Brouette-pompe. (Eftcjicloll
£éa/2/L fe^eY -
5. Coupe-boid u res pour jar dín, etc.
j - ¿ c í e r-
P eso -ch a rg eu r. — B ro u ette-cric. — B ro u e tte -p o u la ille r . — B ro u e tte «praüqui'.
113
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIXIÉME
pas ceux qui ont été fabriqués pour une seule spécialité. Néanmoins, la brouette extensible,qu’on pourrait appe1er á tout tai re, dont leseotés du coffre Brouette-Poulaller. peuvent se rabattre tout á fait, est croyons nous pratique. On peut lui demander des Services variés. Elle transporterait du linge, des feuilles ou du sable aussi bien qu’une caisse ou une malle. Le mérite de cette invention est d’autant plus grand qu’elle est venue au monde lorsqu’il semble impossible de pouvoir trouver, en fait de brouettes, autre chose que des modifications et des variantes insignifian^ d t t tes. La revue qui a publié son image sous l’épigraphe Brouette pratique, la décrit sans en taire un plus long éloge. Ce periodique ajoute cependant que cet te brouette est «comme toutes les autres» mais qu’on peut en rabattre les cótés. VAl r e d e d o r del Mundo garde le silence le plus protond sur la pa A Brouette-pratique. trie de cette brouette et de son inventeur dont nous ignorons le nom.
La crainte de la rédame gratuite inspire á la presse, en général, un dégoút qui la prive souvent d’étre intéressante et qui lui fait cacher, continuellement, mille choses, que ses lecteurs seraient en Brouette-poulailler.
B.
extensible.
chantés de connaitre ou qu’il leur conviendrait de savoir. Cette tendance de la presse á taire au lecteur ce qui n’est pas payé augmente de jour en jour. Les chroniques et les faits divers des vieux journaux étaient plus intéréssants que ceux d’aujourd’hui parce que la plume de leurs rédacteurs n’était pas rete nue par ce souci de ne pas faire de la rédame autour des personnes ou des choses. lis racontaient ce qui valait la
CflRTE Pís t a l e
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peine d’étre su. Souvent les journaux locaux ou de province sont d’une lecture plus agréable et plus instructive que les grands journaux de la capitale, parce qu’ils ne craignent pas de parler gratuitement de ce qui peut étre utile ou agréa ble au lecteur. Que de fois á la mort d’un personnage, d’un lettré, d’un savant, d’un industriel etc., on apprend avec surprise qu’il fit telle chose digne d’éloge ou d’admiration. Que ne nous en a-t-on pas parlé plus tót puisqu’on le savait? Pourquoi ne nous a-t-on pas fait connaitre, á nous les abonnés, á nous les lecteurs qui payons pour étre renseignés, cet homme et ses travaux? Lors qu’il est absolument impossible de taire certaines choses, comme ces grands La
rédame
et
la
Presse.
114
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIÉME
journaux louvoient et s’ingénuent pour cacher les noms et les adresses! L’incendie á eu lieu, par exemple, «dans un grand magasin de la rive gauche». Le fait est arrivé «chez un industriel bien connu». On volt ceci ou cela cdans une ville du nord», etc., etc. Ce procédé cousu de gros til blanc, qui agace le lecteur, qui enléve au Journal une grande partie de son intérét et de son utilité, qui le rend peu sympathique, convient-il réellement á la presse? * *# Bien entendu les Services municipaux des villes font un emploi considérable de brouettes.
En 1913, un jour férié et chaud, j’étais, en touriste, á Oviedo. Poussé par la curiosité, j’entrai dans la cour dé-
serte d’un anclen et bel édifice, lé Palais de Justice. A l’ombre, dans un coin, sommeillait une brouette bicycle d’un genre que j’ignorais. La solitude nous enveloppait done de son silence si favo rable aux profondes émotions. Dominant la mienne et profitant de rimmobillté du véhicule j’en fis un portrait assez fidéle, que d’ailleurs je perdis au cours de mon voyage. Quelques mois aprés, rentré a Ma Brouette
drid, je m’adressai á l’auteur d’un coin de Rome en 1899 (page 63) tablean dont le prix de vente avait permis á l’artiste, alors tres jeune, de faire un voyage á Paris. Gráce á l’obligeance de M. Prado et á la bonté du marquis de Canillejas (bonté et obligeance passablement étonnées de mon désir) je posséde de bonnes photographies d’une des soeurs de la brouet te du Palais de Justice d’Oviedo. Comme je l’avais supposé celle-ci appartient á la ville. Le cantonnier municipal du quartier l’avait placée sous l’égide de Thémis. Elle reposad, en effet, en toute súreté, dans la cour du temple de cette déesse le jour de féte oú je l’y vis. On n’observe pas ce qu’on a tous les jours sous les yeux. Ni M. Prado, né á Oviedo, ni le marquis de Canillejas, propriétaire dans cette ville et dans la province dont elle est ia capitale, tous deux fort charitables, n’avaient jamais songé a faire l’aumone d’un regard á ces pauvres brouettes qui contribuent cependant activement á la toilette d’une ville aussi pittoresque et belle que coquette et bien tenue. II est vrai que si tant d’autres dans le monde entier n’étaient restés aussi froids et indifférents en présence des brouettes, non livre n’aurait aucune raison d’étre, car la brouette serait bien connue et admirée depuis longtemps. * * * Parmi les brouettes municipales, si nombreuses et de types si divers, la brouette nouvellle (1912) du cantonnier parisién mérite une mention spéciale. On peut en voir une photogravure, faite d’aprés une photographie, dans le Journal Excelsior du 4 Octobre 1912. L’auteur du texte, tres court, qui accompagne cette image y dit que la vue de celle-ci rend inútiles les explications. Évidemment le cantonnier ou le balayeur peut, lorsqu’il le juge utile relever la planche ou porte de derriére, sorte de plan incliné, (lorsqu’elle est abaissée) qui remplace, dans bien des cas, la pelle.
M u n i c i p a l e d ’O v i e d o .
Brouette
d e ¡m
Ville
de Pari s-
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
II n’est pas facile de modifier pratiquement et utilement les types de brouette connus. La forme de la nouvelle brouette etdeson ingénieux dispositif de plan incliné sont réellement dignes d’éloge. Si notre croquis tombe sous les yeux de l’inventeur, auquel nous adressons nos compliments,il verra que nous y avons introduit une légére variante qui rendrait, peut-étre, en core plus pratique cette invention (N. ° 2 du Croquis 89). * * * Nous avons signalé des brouettes du XVIII® siécle qui figuren! dans VEncyclopédie Méthodique, énorme dictionnaire dont la partie soi-disant philophique combattit, on le sait, si rudement les croyances chrétiennes et catholiques et prépara l’avénement du cuite et des fétes impies et ridicules de la Raison, au nom de laquelle les fils et les disciples des encyclopédistes commirent tant de crimes et firent tant de folies. Les articles scientifiques et techniques de ce livre étaient comme un appát et un rideau dont se servirent les sectaires ( l’encyclopédiste La Harpe l’a ávoué) pour attirer les lecteurs et pour cacher la manoeuvre de cette gran de machine de démoliBrouette etjdyle. tion. Les articles scien tifiques de VEncyclopédie ne firent faire aucun progrés ni aux Sciences ni aux arts. Les effets des ar ticles philosophigues furent déplorables. Naturellement la brouette figure dans la partie sainé, et intéressante (surtout aujourd’hui, gráce au temps) de cet ouvrage.
Br o u e t t e
L
de
la
Vi l l e
de
Par i s .
B.
115
La brouette á bascule, sorte de petit tombereau, appelé plus tard auíoverse ouculbuianíe, n ’est paslamoins curieuse de L ’ EncycíoDédie Méthódique. La Ville de P a ris possédeacBrouettes-tomberettes. tuellem ent (nous écrivions ceci en 1897) des brouet tes en fer de ce genre, d’une contenance de 100 litres, pour l’entretien et le curage de certains égouts. (fig. 50.^) Leur devanciére du XVIII siécle était de bois, á claire-voie. (fig. 50.^) * Personne n’ignore que les blanchisseurs, les blanchisseuses, les blanchisseries et les lavoirs sontaussi des clients tres im p o rta n ts des constructeurs de brouettes. II est évident que les mots: lessive, savon, blanc h isse u se etc., év o q u en t des idées de saleté et de propreté. Choses qui par les sensations, les impressions et les effets qu’elles produisent (düs á leurs rapports intimes avec l’oeil, le nez et le contact) jouent un role si importan! dans la vie économique et hygiénique de l’individu et de la société.
aut overse.
Saleté
et
propreté.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
116
Un vaisseau de guerre espagnol por te le nom de Joaquín Bustamante. Les restes morteis de Bustamante reposent glorieusement en paix dans le Pan-
théon des marins ¡Ilustres d’Espagne. Don Joaquín Bustamante y Quevedo était le digne cousin (digne par son intelligence et l’étendue de ses connaissances techniques) de notre ami et parent, á la mode de Bretagne, Don Leo nardo Torres (prononcez Torreés), bien connu dans le monde de la Science et dont nous retrouverons, dans une autre causerie, une élégante démonstration brouettique. A propos de je ne sais quoi, qu’on avait qualifié de sale, Bustamante me dit avoir lu dans un auteur anglais que ríen n’est sale, que la saleté n’est que désordre. L’observation me parut profonde. Aucun objet, aucune substance en effet n’est sale lorsque cette susbtance et cet objet sont á leur place. Le fumier, par exemple, n’est pas repoussant lorsqu’il est sur un champ ou dans le jardín potager, au pied d’un chou. Les cheveux, ornement charmant d’une jolie tete seraient répugnants sur Joaqi i i n
Bust amant e.
une table de salle á manger. L’encre ou le beurre ne disent rien qui vaille sur les doigs ou dans les pages d’un livre. Vue dans l’encrier l’encre ne repousse personne, tandis que l’assiette au beurre est «le séduisant objet de bien des convoitises». Ordre et propreté sont done des termes philosophiquement synonimes. L’industrie du fer sans étre sale est salissante. Elle répand en effet de fines poussieres de terre, d’oxydes métalliques et de L'Illustration ou L e M n . Pilt. 1847. charbon dont les particules vont indiscrétement se poser hors de la place qui correspond á leur matiére. Aujourd’hui dans les grandes usines on voit de bonnes installations de lavabos et méme de bains pour les ouvriers; mais on ne se serait pas attendu á trouver, dans un article sur la fabrication du fer, écrit en 1847 une brouette servant de meuble de toilette. Un cyclope, qui en a fait son siége a déjá livré sa face aux mousseuses et blanchissantes caresses du blaireau d’un Fígaro, opérant en plein vent, mais en habit. Le rasoir va á entrer en jeu... Le blaireau ou brosse de barbier n’est qu’un pinceau et jusqu’á ces derniers temps, les grosses brosses, ou gros pinceaux, voire méme les balais, étaient les Instruments indispensables á l’aide desquels les magons, les peintres en bátiment et les amateursblanchissaient les murs et les fagades. Ces brosses et ces balais étaient souv en t emm anchés de gaules ou de longs roseaux. Des échelles ou échafaudages étaient né-
Brouet t e
et
barbier.
Brosses
á
bl anchi r .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIÉME
cessaires dans bien des cas. Tout cet attirail semblait indispensable «insubstituable». Cependant dans l’amusant prospectus-réclame de la maison Stephan’s Fix on volt qu’á la grande joie de la fermiére, du fermier, de leurs poules et de leur cochon, une brouette-pompe rend les murs de la cour de la ferme d’une blancheur éclatante. * * Tout change. Les rasoirs classiques á la lame de couteau commencent á étre éclipsés par les rasoirs mécaniques ou américains, les tondeuses ont rem placé dans bien des cas les ciseaux et, sous prétexte d’hygiéne, on a adopté pour les personnes, chez quelques coiffeurs, le procédé qu’on applique aux bétes dans les écuries bien tenues. On y brüle en effet le poli des chevaux á l’aide d’un appareil spécial. La chose, cependant n’est pas absolument nouvelle. Le fameux Denis l’ancien, le Denis de l'épée de Damoclés, Denis, tyran de Syracuse, se faisait briiler, par ses filies les poilsde I’a barbe á l’aide de. l’incandescence de coquilles de noix. Cicerón le ra c o n te dans ses Tusculanes, si je ne me trompe. Nos grand’méres en voyant des jarretiéres m odernes en comprendraient-elles l’usage? Les leurs consistaient en bandes d’une largeur approximative de deux centimétres aboutissant á de so lid es rubans beaucoup plus étroits, longs d’une vingtaine de centimétres. Les belles jarretléres étaient en soie blanche ou teintée. Elles étaient souvent ornées de grecques, etc. etméme de figures et d’incriptions plus on moins dignes d’étre recueillies Brouette
S t e p h a n s ’ F i x.
Honi
soit
117
par l’histoire; par l’histoire du costume. Ces jarretiérres étaient du genre de celle qu’on volt, á cóté du roi Edouard Vil, á la premiére page de ce recueil. Cette jarretiére porte la légende: Honi soit qui mal y pense. Honi y est écrit avec un seul n parce que telle est l’orthographe de la fameuse devise de l’ordre anglais etdes sceaux officiels de la Grande Bretagne. Cette question, de l’orthographe de la devise de l’ordre de la jarretiere n’a probablement jamais préoccupé le jeune homme qui attache la sienne, assis sur une brouette dúe au pinceau du peintre anglais Morland. Ce jeune, homme, bien entendu, n’est pas un chevalier de l’ordre. Le Ileu oú on le volt et le titre du tableau (La páture aux pares) sem blen!, du moins, dire que c’est plutCt un gargon de ferme. *** Morland naquit en 1763, il mourut, d’aprés les dictionnaires bibliographiques, en 1804. La gravure en couleur a
c.
Bon Point.
rendu populaires ses scénes charmantes de la vie familiére á la ville et á la campagne. La brouette figure souvent dans ses toiles, par exemple, dans celle de l’Écurie (The Stable). II est probaqui
mal
y pense.
Morland.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
!1 8
ble qu’au XVIII' siécle, en Angleterre, á la campagne, les brouettes les plus répandues devaient étre du type de celles dont Morland a fait les portraits, type massif, lourd, peu gracieux. Cet artiste á done droit á une place spéciale dans ce recueil et á un bon point; bon point qui pourrait étre du genre de celui que ma filie Casilda gagna, au pensionnat oú elle était exter ne, lorsqu’elle n’ayait pas encore six ans. Je le conserve d’autant plus précieusement que la petlte gravure, C repré sente la brouette travaillant dans une tuilerie (page 117). Casilda m’a fait cadeau d’uné carte póstale dont l’image a été falte d’aprés le tablean Master Henry Hoare, de Rey nolds (1789). Reynolds, peintre de cette école anglaise si séduisante dont les por traits sont charmants, fut probablement enchanté d’avoir á faire celui d ’un wheelbarrow et d’un enfant jouant, dans un pare, á cóté de son chien, avec cette petite brouet te. Ce jouet doit étre une Brouette de Reynolds. réduction des brouettes contempoiaines. Sa caisse et sa roue sont de ce type, épais, mastoc, que peignlt plus tard Morland. * *í!* Bien que le roi de la Qrande-Bretagne Edouard Vil, régnát dans un pays Bon- point.
Reynolds.
Le
oü il y a tant de brouettes, le sourire, qui réjouit toutes les figures, dans la scéne que représente le croquis n.° 34, de l’excellent dessinateur Gascón (fait d’aprés un document photographique), sem5>)M£Di ¿.Tu)L.<5o9
34. Le roi Edouard VII et la brouette.
ble indiquer que les spectateurs trouvent plus dréle de voir leur monarque la pelle á la main, á c8té d’une brouette de jardinier, que s’ils l’avaient vu assis prés une brouette á bagages, par exemple, dans une gare d’une de ces lignes anglaises de chemin de fer, dont la construction doit tant aux brouettes. II est vrai que la brouette doit plusieurs de ses plus útiles perfectlonnements au chemin de fer. * íj< * Les b ro u e tte s de tout genre abondent dans le Royaume-Uni. On y inventa méme au siécle dernier, la brouette pour terrassements dont la taille élevée et les bords bas et trés évasés, rendent facile et rapide le déchargement, surtout celui de la terre mouillée, grasse, enllante. Le róle de ce type de brouette est trés important dans tous les grands roi
et
la
brouette.
B.
t e r r a s s i’e r e ■
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
travaux du monde entier. Naturellement on la construit en bois en fer, et en fer et bois (fig. 31). * ■■f- * Les Etats-Unis ne pouvaient pas rester en arriére. Toujours plus. Si, pour construir des echemins de fer, John Bull a perfectionné la brouette, l’oncle Sam l’a réperfectionnée. Dés que le président Wilson saura (parnotre recueil) qu’un roi d’Angleterre a été photographié á coté d’une brou ette en bois, il se fera photographier sur une 31, Brouette de terrassier. b ro u ette ou au-dessus d’une brouette en argent, naturellement; tres-gran de, beaucoup plus grande que celle du collége de Rugby fondé par lé’véque anglican Temple, chapelain de la reine Victoria. Edouard Vil assista en 1909 á une féte de ce collége et y planta l’arbre qu’on voit á cóté de la brouette, dans la gravure quireprésente cette scénecommemorative (pag. 118). Notre ami Sir Maurice de Bunsen, embassadeur d’Angleterre á Madrid, fut un des nombreux éléves dont ce collége est fier á juste titre. Les yankees sont des européens qui ont nos défauts et nos qualités. lis doivent á l’Europe leur sang et tout ce qu’ils ont de bon d’excellent, de passable et de mauvais. Bien qu’ils aient indignement spolié ma patrie je reconnais qu’il y a eu et qu’il ya aux Etats-Unis de l’Amérique du Word des hommes
The American Trackbarrow, LoweII, Mass. Dandy car.
1o h n
Bull
et
l ’oncle
Sam.
119
ingénieux, de talent et méme de génie qui ont contribué et contribuent au progrés des Sciences et des arts et á celui de la brouette. Leur Trackbarrow ou brouette pour rail, par exemple, est ingénieuse et dans certains cas peut étre utile.
Le plan du cercle de la large roue du Dandy car forme avec l’axe longitudinal du véhicule un angle qui permet á l’homme de marcher á cóté du rail, en suivant une ligne paralléle á celle que suit normalement la roue sur ce rail. Deux de mes amis, l’ingénieur Don Antonio Prieto y Vives et Don Luis Bustamante y Quevedo, digne frére du marin Don Joaquin, me firent, connaítre, presque en méme temps le prospectos de \a. Trackbarrow, d’aprés lequel: It rides the rail, it saves muscles, men, money. C’est bien possible. La Compagnie américaine du Trakbarrow ou brouette pour rail, exploite l’invention Dandy car.
J’ai dit compagnie américaine-. c’est l’adjectif qu’elle se donne. Bien entendu ici américaine signifie: des États-Unis de l’Amérique du Nord. Les États-Unis du Brésil sont-ils moins américains? 11 est curieux qu’il y ait une nation, un peuple dans le monde qui n’a pas de nom. Pour bien des gens le surnom de yankee est réellement le nom ethnographique, ou géographique, ou national de ce peuple, de cette nation á laquelle nous faisons allusion. Améric Vespuce ne découvrit pas le territoire des ÉtatsUnis de l’Amérique du Nord. On ne voit done pas pourquoi ce territoire La
trackbarrow.
Yankees.
120
PREMIERE PARTIE, CAUSERIE DIXIEME
porte plus spécialement un nom qui ne devrait méme pas étre celui du continent dont ce territoire n’est qu’une fraction. Lorsque des espagnols ou des portugais parlent entre eux dans leur langue maternelle et qu’on prononce le mot américano, jamais l’idee de yankee ne s’offre á leur esprit. Pour ceux-lá les américains sont les habitants de l’Amérique latine et c’est bien naturel. Dans le midi de la France on appelle américains les individus qui ont des affaires dans l’Amérique latine ou qui en sont reve nus aprés fortune faite. Je veux bien admetre que les yankees sont aussi américains que les amé-
1
(E st-ce que les canadiens ne sont pas des américains du nord?)
Ijlt J'trWotWL
*
ricains des autres parties de l’Amérique; mais ils ne devraient pas s’appeler, par autonomase, Íes américains. Se donner á soi méme un titre qui ne correspond pas á celui qui le prend est un abus de mauvais goút, en Europe, et souvent ridicule. Qui peut ignorer que les yankees ont été les derniers immigrants de l’Amérique? Les sujets de chacune et de toutes les nations d’Europe sont, c’est évident, des Européens. Mais ne trouveraint-on pas, tout a faitdróle et comiquequelesRusses
Américains?
Dandy
par exeraple, se donnassent officieílement le nom d’européens? Est-il plus logique, parce qu’ils occupent une région de l’Amérique, que les yankees, (il faut bien les désigner par un nom quelconque) se fassent appeler les américains? N’y a-t-il pas aussi la quelque chose d’humiliant pour les autres nations du continent américain? Que n’adoptent-ils pour leur patrie et pour leur territoire le nom de yankeeland et pour eux celui de yankees qu’ils ont rendu fameux? Est-ce á dire qu’ils ne doivent pas s’appliquer, lorsqu’il est de mise, l’adjetif américain? Point. Ne nous appelons nous pas européens? Ne sont-ils pas américains comme nous sommes européens? Dans le dandy car américan ou américan Dandy car par exemple, l’adjectif américain est parfaitement appliqué. 11 indique en effet qu’il s’agit d’un appareil qui n’est ni asiatique, ni européen, ni océannien, ni* africain. Mais le yankee qui a choisi cet adjectif pour sa machine a-t-il voulu dire ceci?
Le Dandy américain de la Compagnie yankee Jrackbarrow roule sur des rails, indépendants de cet appareil, tandis qu’une brouette espagnole se les a fournit á elle méme. La brouette porte-rail ou á rail-continu ou á rail sans-fín d’un ingénieux inventeur espagnol a existé ou existe peut-etre encore; car son fonctionnement mécanique était parait-il, parfait. Don Al fonso Cristelly, l’intelligent chef de l’atelier de photogravure de la maison Mateu, (prononcez Matéou) d’oú sont sortis la plupart des clichés de ce recueil, m’a parlé de cette brouette. L’appareil fut construit vers 1909 dans les ateliers (disparas) de la «Socie dad de coches automóviles» oú M. Cristelly était alors employé. N’ayant pas eu affaire á la construction de la machine sa mémoire ne conserve qu’un tres vague souvenir des détails du mécanisme de ce curieux véhicule.
car.
Brouette
rail
-
cantina
PREMIERE PARTlE. CAUSERIE DIXIEME
L’organe le plus original de la brouette á rail-continu était, parait-il la roue. Les joues de celle-ci étaient entaillées comme l’indique le croquis» pour livrer passage, alternativement, au rail venant du cóté droit ou á celui du cóté gauche. Un axe por tan! deux manivelles traversait cette roue. M. Cristelly se souvient aussi d’une sorte d’étrier ou de coulisse qui montait et descendait et de bielles qui ____________ avaient, croit-il, un de leurs points d ’attache sur la caissede la brou ette. Nous avons tracé, aidé par M. Cristelly, le croquis-schéma que reproduit une de nos gravures. Les amateurs de problémes de mécanique en tireront peutM m \d étre quelque profit. mi L’objet de l’invention était de rendre plus facile le roulement de la brouette, surtout sur un sol mou. II nous sem ble que ce résultat peut s’atteindre plus pratiquement á l’aide d’une roue á jante plus ou moins large ou gráce á des planches jetées sur le sol. La plus grande facilité du déplacement de la brouette sur son rail serait, croyons-nous, annulée par l’augmentation du poids de la machine, dú au mécanisme, et par la complication de celui-ci. Sur un sol uni le mécanisme du rail-continu et ce rail méme sont inútiles. Sur un sol qui n’est pas uni, ce mécanisme fonctionnerait-il bien? L’un des mérites de la brouette ordinaire est sa simplicité.
R a i I
121
Champs-Élysées, á Paris, une voiture tirée par des chévres (un modéle-réclame probablement): des rails-continus venaient se placer devant ses roues. *
* * *
Le procédé le plus simple et le plus élégant de rail-continu est celui d’une roue relativement petite roulant, excentriquement, á l’interieur d’un grand cercle qui fait l’office de rail sans fin. Comme tout cercle, vertueux ou vicieux, cette sorte de rail n’a ni commencement ni fin (fig. 15). Ce systéme qui a été appliqué á un petit véhicule automobile et á une bicyclette et dont la revue La Nature faisait les plus grands éloges (aoGt 1902) n’a pas obtenu, que je sache, la sanction du succés, ce qui ne m’étonne pas trop. Pourquoi en effet mettre une roue dans une autre? Pour arriver au méme résul tat n’est-il pas plus simple de donner á la petite roue le diamétre de la grande et de supprimer celle-ci ? On éviterait ainsi des frottements, une complication dans le mécanisme et un poids-mort tout á fait inútiles. Ce rail a-t-il été appliqué á la brouette? Nous ne le croyons pas. Cependant pour des raisons spéciales, dont il sera question ailleurs, la brouette est probable ment le véhicule qui en tirerait le meilleur parti; mais, méme pour la brouette, une grande roue serait, pensons-nous, a priori, plus avantageuse que deux roues, dont l’une grande et l’autre petite, tournant l’une dans l’autre.
L’idée de rails-continus portés par le véhicule qui doit s’en servir est séduisante. Mon fils a vu aux
* * L’artillerie a adopté pour les roues des piéces de gros calibre des espéces de sabots ou plutot de semelles relati-
c a n t i n a
R o u e s
s e m e l l e s
122
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
vement mobiles fixées aux jantes. Ce dispositif constitue aussi une sorte de rail sans fin. C’est encore un artífice pour combatiré la mollesse du sol par l’interposition (entre celui-ci et la jante de la roue) d’un corps dur uni et offrant, conime le rail et ses traverses, et pour la méme raison, une résistance á l’enfoncement plus grande que celle de la roue reposant dire c tem e n t sur uneroute ou sur un champ. Ces semelles en effet augmententd’une fag o n consi dé ra bie les points de contact des roues qui en sont munies et du sol: elles ne s’enfoncent pas lá, oú toutes dioses égales, des roues semblables, mais dépourvues de cet artífice, produiraient de profun des orniéres. * * * On volt la brouette dans un numéro de l’Illustration de l’année 1844. Une image représente une vue de la foi._____________ _ re si fameuse de Beaucaire. C ette foire, nous dit/7//üsiration, exista it déjá en 1167. En 1780 on yfaisaitdes •mav.cKc affaires pour plus de vlng Brouettede la foire de Beaucaire m illio n s de et B. d’Amsterdam. Brouettes
de l a f o i r e
de
francs. Certains auteurs parlent de soixante et quatre-vingts millions. L’heureux préfet de Marseille jouissait, et probablement jouit encore, d’une allocation de dix mille francs pour préter á la foire l’éclat de sa présence et donner un bal dans cette ville que les élucubrations de Bonaparte et le lion rugissant de Tartarin de ___________________ Tarascón ont rendue encore plus célebre. Autrefois on allait aux foires pour y acheter des marchandises: aujourd’hui celles-ci vont chercher T ach eteu r chez lui. A Beaucaire, en 1843, de grands para seis, fixes, á longs manches, couvraient de leur ombre les vendeuses. Au marché de Burgos, ville si intéressante de la Vieille-Castille (dont la cathédrale, extérieurement et intérieurement, est, sans conteste. Tune des plus belles du monde) au marché, les paraseis des marchandes et le suppor de leur balance font pour ainsi dire corps avec les brouettes remplies de légumes et de fruits. On voyait il y a quelques années á Burgos de longues files ou de pittoresques rassemblements de ces brouettes venues de la campagne, dont chacune était accompagnée de sa propriétaire. Ces véhicules, et c’est bien dommage au point de vue de l’art, tendent á disparaítre. fig. 85 Le croquis fait par Martínez, d’aprés des photographies que nous possédons, donne une idée suffisante de ces monocycles. Quelquefois, rarement, j’ai vu de ces brouettes, sorte de boutiques ambulantes, mais sans parasol, á Madrid. Comme les cometes, elles ne tardent pas a disparaítre peu de temps aprés qu’on a observé leur présence (fig. 85).
Beaucaire,
du
marché
de
Burgos.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
123
En Hollande la brouet- completes. (Marché des herbes (p.l22)ó te a joué á peu prés le Amsterdam. M. du Louvre (■/■), etc. méme role de boutique * ** ambulante. Dans les marEn Angleterre, á Londres, spécialechés et ailleurs, les brou- ment, il y a des voitures de petits marettes chargées de fruits et chands ambulants de comestibles; les de légumes des tableaux voiturettes á café, á buitres, á fleurs (coliollandais et flamands fee stall, oysters stall, flowers stall, etc.) sont nombreuses, mais il Ce sont des débits ambulants, des petites nous semble (tout chauvi- voitures á deux roues, en général, assez semblables á celles des marchands parisiens «des quatre saisons», véhicules auxquels on donne aujourd’hui, á Paris, le nom de baladeuses. J’ignore ce que peut bien ven dré la bonne femme á la brouette, au stall monocycle, du cro quis que nous avons fait d’aprés une estampe, des premieres années du XIX® siécle, dont nous possédons un exemplaire. L’aimable ambassadeur d’Anglete rre á Madrid (aujourd’hui am bassadeur áVienne) Sir Maurice Bunsen ne sut pas nous dire quel genre de commerce exercc la marchande ambulante de cette image. Vend-elle des marrons? Du café? Des pommes de terre bouillies? (flg. 84) Ce sfa//estpeut-étre d’un type disparu ou tres rare, aujourd’ hui; mais le tableau de F. Wheatley, Pain d’ápice chaiid!, proüve qu’il y avait á Londres des brouettes monocycles baladeuses de marchands de friandises, á la fin du XVIIL siécle. (Cries of London.) V. pkge 125. H: * * L’extension prodigieuse de V en
d eu r s
ambulants
a n g l ais .
PREMIERE PARTIE. CAUSERÍE DIXIEME
124
la brouette a naturellement donné naissance á des fabriques, á des ateliers oú Ton construit par milliers des véhicules de ce gente. L’adresse de ces maisons se trouve dans tous les dictionnaires commerciaux nationaux et étrangers. Leur liste est longue. D’aprés le Bottin de 1893 une seule de ces fabri ques aurait construit en une année, 7.000 brouettes.
il est question d’une grande brouettée d’une valeur de 13 sois. Pour Ducange la brouette de cette brou ettée n’est pas une brouette; c’est une charrette. Il> est vrai que de méme que le mot brouette aprés l’invention de ce véhicule a servi á désigner des machines de genre et de prix tres variés.
** Dans les catalogues et les prospectas que ces maisons distribuent aux visiteurs des expositions agricoles, etc., on voit que les prix de la brouette contemporaine varient en tre 12 á 90 frs. Ceux de la brouette ordinaire oscillent entre 12 et 20 ou 22 frs.; les prix les plus élevés correspondent á f í v t c h v ‘a . ^ c a ic L j certaines brouettes bicyidi cles á bagages, en fer ou á des brouettes fourragéD’aprés le catalogue d’un fabrlcant. res, en bois ou en métal á deux roues. J’ai sous les yeux un la valeur du sol ou sou et sa forcé ou puisautre prospectus du concours agricole sance pécuniaire sont passées par bien des degrés. de Paris (mai 1897) d’aprés lequel une II y a eu le sol d’or le sol d’argent et le sol de cuivre, brouette monocycle en bois et fer pour et il est difficile de dire aujourd'hui quel est le raple transport des légumes vaut 34 francs. port exact entre ,1a valeur de chacun de ces sous d’autrefois et celle du sou actuel de cinq centimes. Nous voilá bien loin de la boruette L’Académie des Sciences Morales et Politiques de 5 sois des c o m p t e s d u c h a t e a u couronna une étude sur la valeur de la terre en DE GAlLLON (p. 5) «d Jacques Thibaut pour 22 brouettes, á 5 S. piéce». (1501). France, du vicomte D’Avenel. D’aprés les útiles inDu Cange cite un texte de 1402 oú formations de cet intelligent chercheur, auteur, de Brouettes
á 5 sous.
L'industrie
de
la
brouette.
Prix.
125
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
tant d’ouvrages aussi útiles qu’intéressants, vers 1790, á París, un tomberau coútait 36 frs.; mais méme á cette date l ’argent avait une valeur tres différente de celle d ’aujourd’hui. Voici les prix de quelques brouettes d’aprés le prospectus (1896) d’un industriel, cent fois médaillé, de Fontenay-aux-Roses, imprimé dont le titre, Brouettes de jardins maralchers et fleuristes, est bien approprié á ce joli nom géographique: Francs.
18 «Brouettes pour fleuristes . > » renforcées..................... 20 «Petites brouettes pour enfants de 12 á 15 a n s ......................... 16 «Petites brouettes, pour enfants 14 de 8 á 12 a n s............................. «Brouettes d’enfants.....................12 «Brouettes á barrettes pour le transport de légum es maratc h e r s .......................................... 25/30/35 «Brouettes avec hausses mobile s .................................................. 24/28/30 «Ordinaires de jardinier. . . . 14d6/18/20
D’aprés le catalogue d’un fabricant.
Bien entendu le prospectus, de cet ami de l’enfance, de ce dévot de Flore et de Pomone, est imprimé sur des feuilles de papier bleues, blanches, roses. Pr i x
de
la
brouette
pour
enfants,
fleuristes
Cries of London. H o t s p ic e g in g e r ftread/parWheatleyR. A.(v. p. 123)
et
j a r d i n i e r s.
ir u s lH I E S : 28R© y ¥ Trí a U is C A U S E R IE O N Z IE M E S U T se borner ..... ne sut jamais écrire.» L’excessive abondance nuit á l’auteur: elle fa tigue lelecteur. Ellepeut facileÍC-^tíí'-, ment faire méo n d e j (fe 111é á ¡} riter auné con■Z o ñ d ¿ ($ 1 ^: v e rsa tio n , á une causerie le nom plus exact de verbiage, voire méme de rabáchage ou de radotage; mais ce recueil, on le volt, n’est qu’une collection plus ou moins homogéne, de notes, et de dessins pour un traité, qui n’existe pas encore, de la brouette. Ce livre futur pourra n’avoir que quelques pages; mais la grande quantité des matériaux accumulés dans ses feuilles ne fait-elle pas
©4 f-—
L’incendie por A. Bretón (L’llustralion 1861).
Ce
livre
est
une
collection.
ressortir, aux yeux de ceux qui ne l’ont jamais observée, l’importance de la brouette? Un objet ou un cas isolé peut n’étre qu’une exception: Ungrosfaisceau d’objets du méme genre ou de cas analogues permet de conclure. * ** Depuis la fin du XIV^ siécle l’existence déla brouette est méle á la vie des gens et á des scénes qui n’ont pas attiré l’attention des chroniqueurs, et dont 11 faut demanden l’histoire aux dessins, aux tableaux, aux testam en ts, aux inventaires, aux locutions et dictons populaires, etc. Cette histoire a méme or p arfo is, l’avantage d ’étre m moins sujette á caution que '(i '■Qum celle, écrite trop souvent par ToifiSS) des é criv ain s inconsciemment suggestionnés par le Bataille de Chatelet (p. 53.) milieu oú ils ont été élevés ou par celui oú ils vivent et qui tiennent á donner aux faits, objet de leur narration la forme et la couleur qui conviennent á leur thése. Incendies, inondations, guerres... la brouette én a été témoin muet; mais elle n’en a pas moins senti la chaleur des flammes ou le froid de l’eau; elle n’en a pas moins entendu le bruit, les appels, les clameurs, les imprécations, les invocations au Ciel, les plaintes, les malédictions,f les blasphémes.
Hi s t oi r e
m u e tte .
Services
et
droleries.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE ONZIEME
Les affouillements et les effondrements qui se produisirent aux abords de certains chantiers du Métropolitain, á Paris á la suite de l’épouvantable orage du 15 juin 1914, sont trop récents pourqu’il soit nécessaire de les narrer. París porte encore le deuil des victimes de cet e catastrophe. Les travaux de sauvetage et de répaParis. Inondation du quai de Bercy. ration ne se firent pas (L’I llu s ir a tio n , 1876.) attendre. Presque tous les jornaux illustrés ont publié des vues des lieux sinistrés oú Ton voit, sur les bords des gouffres, des équipes, plus ou moins nombreuses, de brouettes et de pompiers. {Clichés des journaiix de Madrid IM B C 19 juin.—Blanco y Negro 21 juin.— Mundo Gráfico 24 juin.) * * * La brouette a, quelquefois, rendu des Services á la pólice. Un jour, par exemple, á Villebonde, ses agents chargérent un ivrogne sur une brouette et le transportérent au violon dans cet équipage. (Petit Journal 28 mai 1897.) Ce méme journal, le 26 octobre 1896, avait déjá ra c o n té , sous l’épigraphe Une captu re difficile, celle dont le th é á tre fut une cartonnerie de l’Avenue de Paris, á SaintDenis, d’un malfaiteur, enfin maítrisé aprés Caricature politique, (L e P é le r in .) une longue résistance; mais: «Ce n’était pas tout. II fallait encore con*duire le forcené au commissariat de la circons*cription sud de Saint-Denis, distant trois kilomé»tres environ de l’endroit de la scéne. »On ne troup
I
L
o
l
l
127
»va rien de mieux que de requérir une »brouette sur laquelle, dument ligotté, sAlexandre Se.... fut déposé et, á la *grande joie des gamins, véhiculé jus»qu’au commissariat.» %* La pólice, cependant, n’a pas toujours été aimable pour la brouette. Défendre aux cyclistes, de par l’autorité, de pédaler sur le trottoir ou méme
XVII. siécle. Ivrogne brouetté par sa femme, d’aprés
sur certaines places, cela se comprend. Leur défendre de rouler sur les toits serait une prohibition plutót superflue; mais il est des défenses concernant la brouette á premiére vue plus singuliéres encore, et d’autant plus extraordinaires, qu’elles ont été gravement élaborées dans des officines oú l’on n’irait pas chercher la plaisanterie. Le Fígaro, du 8 janvier 1896, dit ironiquement qu’il existe, á l’entrée du pont d ’Argenteuil, un étroit escalier en pierre, tres raide, qui donne accés á la berge.A cóté un poteau porte cet avis: P ar arrété municipal il est interDIT AUX brouettes ET VOITURES QUELCONQUES DE PASSER PAR CET ESCALIER SOUS PEINE D’AMENOE
Ce journal, si malin, si bien ren0
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE ONZIEME
128
seigné, ne nous dit pas le nombre de de marches de cet escalier. A Saint-Cloud celui qui relie le pla tean de la Gare d’en haut, avec l’espla-
‘S ^ a o j j d .
:
nade de l’Hospice, en est riche de 79, des plus pénibles. A cóté de sa premiére et de sa derniére, en haut et en bas, deux plaques émaillées, dont l’une a comme support la colonne d’une lanterne, laissent pensil le passant qui ignore que cette mesure de la pólice est justifiée par unecurieuse propiété de labrouette dont nous dirons plus tard quelques mots. Voici le texte de ces plaques: ARRÉTÉ MUNICIPAL IL EST DÉFENDU DE PAIRE DESCENDRE
ou
de Jésus, fut á moitié scalpé par une brouette chinoise, pendant une de ses courses apostoliques. Aprés avoir porté une fausse tresse, il lui pousa derriére la tete, une queiie, bien á lui, dont aurait été fier plus d’un mandarín. La tresse était si longue qu’elle fut prise par la roue du monocycle, s’enroula autour de l’axe et fut arrachée avec un bon morceau de cuir chevelu. Le malheureux Pére Dechevrens, envoya ou rapporta ces débris á ses compagnons d’Europe avec le récit de l’accident, récit que je tiens du R. Pére Pierre Durouchoux, de la méme Compagnie. A en croire le joll dessin spirituellement humoriste publié par le jo u rn al am éricain The Judge, pareille avenime,mutatis mutandis, serait arrivée aussi, á un singe. En roulant sur les pistes des cirques, á bicyclette, ou su r des patins, comme des hommes, les singes si connus Cónsul et Maurice n’ont-ils pas prouvé qué l’histoire de leur congé nere n’a rien d’invraisemblable? J’ignore si le malheureux missionnaire, le R. Pére Dechevrens, est le méme qui, directeur de l’observatoire de Zi-Ka-Wei, a rendu de si grands Services aux navigateurs et l’inventeur du «campylographe» (La Nature, 28 octobre 1884). Ce curieux et savant appareil figure dans les comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences du 11 juin 1900. Le
monter des brouettes par les
ESCALIERS (1896)
* ** Toutes les histoires de brouettes ne sont cepedant pas aussi amusantes. En Chine un missionnaire, le bon Pére Dechevrens, de la Compagnie A r r é té
municipal
de
Saint
Cloud.Histoire
de
deux
q ueues
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE ONZIEME
129
Pére Dechevrens est, croyons-nous, aujourd’hui, directeur de l’observatoire de Saint Louis de Jersey (La Nature, 18 octobre 1884 et 21 octobre 1900). Le campylographe est construit par la célebre maison Cháteau, dirigée et gérée par deux fréres, deux ingénieurs, Etienne et Cyprien Chá
teau, aussi in te llig e n ts et savants qu’aimables. ( Instruments de piécision. Catalogue. Hotel des Sociétés Savantes, 28, rué Serpente, París, p. 277, 278, 219.
L e P . D e c h e v r e n s
c a
e t
le
m p y I o g r a p h
fl'USlM ESSaSR-O ü E T t IGUES: C A U S E R IE
D O U Z IÉ M E
et la rédame sont les hérauts vantards et souvent menteurs, parfois sinceres et sympathiques du commerce de l’industrie et, fréquemment, des chevaliers de celleci. L’annonceet la rédame ont recours á l’Art qui fait tout son possible pour les rendre insinuantes, agréables et suggestives. On s’explique done que la publicité n’ait pas dedaigné la brouette. Ce recueil, á sa page 116, renfermáit déjá la ríante image du prospectus de la brouette-pompe pour blanchir les murs. D’autres brouettes-réclames sont aussi gales et amusantes. L ’a n n o n c e
*
* * La pólice arréte la circulation des voitures dans l’une de plus belles rúes de LdYidres pour que le plus élégant des singes et sa brouette puissent traverser la chaussée, majestueusement, sans crainte et sans danger. Ce tablean enfanté par la muse de L
b r o u e t t e
d e
l
la rédame ne fait-il pas concevoir une haute opinión de l’excellence de la
a n n o n c e - r é c l a m e
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
130
marchandise brouettée et de l’importance de la maison dont ce beau quadrumane et cette brouette sont l’agent et rinstrument?
UT passeici-bas; mais comme la eunesse des dieux et des d é e s s e s , la brouette semble se rire de l’action du temps, Laprésenced’un ómnibus á chevaux donne déjá á la scéne oú figure le beau singe un caractére archaíque. L’image d’une autre
compter Detaille lorsqu’il mit au présent de l’indicatif le verbe du titre qu’il donna á sa peinture. Celle-ci est d e v e n u e _____________________ un trés intéressant doquiy! cument historique. C Z'n/nonft ~ ~ Pour rajeunir la ré dame du singe et de la |_2" brouette de Londres, il faudrait placer une automobile et un autobus derriére le policeman. Les ómnibus tirés par des bétes, á Lon dres et á Paris, sont aujourd’hui des objets démodés, anachroniques. Les fameux et caractéristiques agiles et coquets cabs ou hansom dont on peut voir un exemplaire á cóté de Fomnibus dans l’image-annonce; sont devemus á Londres, qui en était peuplé lorsque cette image fut faite, des objets rares et curieux. Seule, jusqu’á présent, la brouette est toujours aussi jeune. * **
voiture publique donne aussi ce méme aspect de chose du temps jadis, au tableau de Détaille: Le régiment qui passe. Et cet artiste (c’est plus que probable) lorsqu’il le peignait ne croyait pas que l’omnibus Madeleine-Bastille et ses percherons (au lieu d’étre comme un point de repére invariable, typique et caractérlstique) enléveraient á la toile, dans un avenir trés rapproché, la fraícheur et le parfum de l’actualité perpétuelle; fraícheur sur laquelle devait Le
Temps
et la b r o u e t t e .
La brouette a joué aussi un role politique, un role électoral. Les brouettes sont, puisqu’elles se taisent, indiscutablement plus discrétes que bien des gens et leur compétence en fait de v o tes et d’élections est a b so l u me nt la méme que celle de la plupart des électeurs. La Loi d u Moderne T e s t a me n t Role
électoral
de
la
brouette.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
veut qu’il en soit ainsi. On ne demande aux brouettes que ce qu’elles peuvent faire, on n’exige d’elles que les besognes dont elles sont capables, tandis que cette loi confie á des milliers d’électeurs une mission au-dessus de leur capacité et en dehors de leur compétence. lis vont aux élections parce qu’on les y conduit, parce qu’on les pousse. La brouette, ainsi conduite et poussée en ferait autant. Elle porterait aussi bien qu’eux un bulletin de vote á la salle oü se trouve Turne électorale. D’ailleurs aucune brouette n’a jamais prétendu que toutes les brouettes sont semblables, égales et que, grandes ou petites, de grande contenance ou de petite capacité, saines et solides ou brisées, rouillées ou vermoulues, toutes ont, comme nos électeurs, la méme valeur. Au moment de faire imprimer nos vieilles notes du XIX siécle, nous avons trouvé dans le numéro de L’lllustratíon, du 22 janvier 1912, tombé entre nos mains par hasard, une gravure représentant un épisode des derniéres élections en Angleterre. Un électeur infirme se rend aux comices sur une brouette. A en juger par Tattitude du personnage brouetté, cet infirme est plus qu’un citoyen, soucieux de ses droits. C’est un zélateur, héroique, et enthousiaste du droit de suffrage, droit sublime á ses yeux. D’un beau geste il léve son chapean et sa Brouette et électeur. íne la foule. Ce mouvement laisse découvertes non seulement toute sa tete, mais aussi une partie de son buste que drapait une prudente couverture, car la scéne se passe au mois de janvier. La rué acclame cet électeur et sa brouette. Partout sur leur passage le cri de Wheelbarrow fo r ever est mille fois répété. La
brouette,
les
élections
131
La brouette a-t-on dit est un levier. Oui, on le volt, un levier merveilleux, á double effet, comme celui qu’on peut voir dans le Fígaro du 23 mai 1896: «Levier qui souléve les coeurs, qui enflamme les courages.» On comprend cet enthousiasme. Gráce á Tadmirable invention de Tégalité du vote, tout imbécile, tout ignorant, peut, de par la loi, se sentir au moraent de Télection, non seulement Tégal de son curé, de son alderman, de son maire ou de son préfet, mais aussi Tégal des plus grands économistes, des plus savants agriculteurs ou des plus hábiles industriéis, et des plus grands hommes d’Etat. Admirable systéme oíi tout se tient oú tout sé paie. Le ministére dépend des députés: les députés dépendent des électeurs. Pour vivre, le ministére est obligé de donner aux députés ce qu’il ne leur accorderait pas s’il n’obéissait qu’aux conseils du patriotismeou á ceux de la logique et du bon sens, c’est-á-dire s’il était indépendant. Les députés son trés nombreux et les exigences de leurs électeurs plus nombreuses et plus insatiables encore. Pour les faire taire dans une certaine me sure on a imaginé, entre autres moyens, celui de discuter á Taveuglette, en fermant les yeux, le budget des dépenses nationales avant de connaítre le valeur des ressources qui peuvent faire face á ces ressources. Oui tout se tient dans ce systéme oú tout se paie soit avec Targent de tiers, soit en sacrifiant les plus chers intéréts de ceux-ci. Les députés forment entre eux ces coteries, ces coalitions
et notr e systéme
élect ora l .
132
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
oculateurs) n’avait pas encore pollué, troublé et empoisonné les sources du bon sens et par conséquent n’avait pas encore sapé la base d’une société dont l’existence méme prouvait que les principes sur lesquels elle reposait (depuis tant de siécles) ou bien étaient la cause de cette existence ou du moins qu’ils n’étaient pas contraires á son développement, á sa prospérité. Le monde electoral du suffrage universel est nécessaireraent loin de la lumiére et dans En Angleterre comme partout, une atmosphére trop souvent différente de celle de la nation. Autour de ce centre gráce au vote, en jouant sur le obscur le systéme parlementaire décrit un cercle videux. sens des mots loi, légal et légitime qu’on appelle des groupes. lis savent et Juste on est arrivé oú on arrivera peu á peu á que l’union est la forcé. lis se donnent donner un aspect légal a ce qui est illégitime, ou in des chefs. Cetíe organisation, fruit natu- juste, ou immoral en faisant que Moíse et Celui qui rel du régime, n’est pas pour aider le dicta la loi á Mo’íse ne soient plus rien. Le pouvoir ministére, mais pour lui vendre des Ser et le savoir legislatifs passent ainsi á cette foule que vices et pour l’empécher de gouverner Moi'se, son sauveur, trouva adorant stupidement ou pour le faire tomber s’il n’accorde une idóle absurde. En Angleterre comme partout la théorie de la loi pas ce qu’on demande. La construction d’un appareil d’hor- tend de plus en plus á teñir dans cette formule, logerie exige du temps et des connais- dans ce syllogisme: La loi, sa sainteié, sa forcé sances. Rien n’est plus facile que d’arré- sont dans le nombre. Nous sommes nombreux, Moíse ter la marche d’une horloge ou de dé- n’est qu’un; done Moíse ríest rien. C’est á nous d faire le décaloguei traquer ou de briser un chronométre. Le systéme de la loi dont la base est le nombre * ** a été principalement imaginé pour détruire hypoLa patrie de l’électeur á la brouette critement ces articles de la loi naturelle et du Décade 1912, l’Angleterre, est le pays clas- logue: «Le bien d’autrui, la femme d’autrui tu ne sique des élections et des électeurs. prendras», et pour donner un aspect légal á cette Le systéme y a produit des résultats manceuvre dont le but est surtout de permettre á heureux, ou a peu prés, tant que de ses ceux qui les convoitent de jouir immédiatement et deux chambres l’une (dont nos sénats légalement des biens et des droits acquis honnétene sont qu’une singerie) a été réellement ment par d’autres, gráce aux facteurs: justice, droit et positivement au-dessus et en dehors temps, fructification, épargne, et travail. (Travail matériel ou intellectuel ou musculaire et intellectuel; du vote populaire. La révolution anglaise se fit lorsque visible ou invisible, familial, individuel ou collectif). le sophisme (dont l’imprimerie et surtout L’essence du systéme qui régit des millions la presse sont les plus redoutables inLes gr oupes.
L ’A n g l e t e r r e .
L o i et j u s t i c e . L e n o m b r e . Le u r b u t .
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PREMtÉRE PARTIE. CAUSERIE DOUZIÉME
d’hommes depuis une centaine d’années consiste dans l’art de couvrir les apparences et de donner la couleur de Thonneteté á ce qui n’est que légal (légal selon la loi conventionelle dont la base ab surde est le nombre). Dans un pays et sous un régime oú la majorité théoriquement est tout, si les préceptes de la morale ou de la religión de la majorité réelle génent, le systéme dispose de moyens pour qu’une majorité fíctice et parlementaire puisse déclarer ces préceptes, cette morale et la religión d’oú ils découlent, dioses méprisables ou négligeables et parlementairement, légalemeni non existantes ou abobes. Sic de cceteris. * * La révolution anglaise respecta une grande partie de l’édifice social existant. Elle ne toucha pas á ce qui en était bon jadis et sera bon toujours, partout oú le Décalogue conservera cette forcé qui lui vient surtout de ce que sa base est la méme que cebe de la loi naturelle que tout homme apporte au monde en naissant écrite dans sa conscience: conscience qu’on peut, malheureusement, aveugler, fausser ou pourrir. Les réformes et les nouveautés de la révolution anglaise affectérent plutót la forme que le fond des institutions. L’amour de la tradition et la raison firent qu’on y restát attaché. Mais aujourd’hui, dans le Royaume-Uni, le bon sens n’est plus déjá une colonne aussi solide de l’édifice social. Le sophisme en a entamé la base. On commence á admettre des prémisses dont les conséquences logiques aboutiront, tót ou tard, indéfectiblement, comme partout ailleurs, á un amandrissement de la valeur nationale et á un bouleversement social, dont le mouvement en faveur du droit de vote pour la femme est un des symptómes.
derniérement gráce aux suffragettes, d’une fagon qui jusqu’á présent démontre que les amazones du suffrage sont incapables d’exercer raisonnablement la fonction qu’elles demandent. Les suffragettes veulent le droit de vote pour toutes les femmes précisément lorsque l’expérience démontre que le progrés et le bien pubbc exigeraient qu’on enlevát ce prétendu droit électoral á beaucoup d’hommes qui sont incapa bles de l’exercer convenablement. Est-il bien nécessaire que la femme soit électeur lorsqu’elle a un champ si vaste pour l’emploi des bebes quabtés dont la nature l’a douée? Pourquoi, d’autre part, veut-elle étre électeur puis qu’elle peut librement excercer son influence et sur l’électeur et sur le député et sur le pair ou sur le sénateur? Aprés tout si on exigeait des conditions raisonnables d’aptitude chez l’électeur il n’y aurait pas un grand inconvénient á acoorder le droit de voter aux femmes qui justifieraient la possession de ces conditions. Ne pourrait-on pas tirer parti de ce mouvement en faveur du droit de vote féminin pour faire une réforme genérale du suffrage? Ce serait pratique et habite. Le droit serait égal, en théorie, pour tous et pour toutes; mais légalement et pratiquement n’en seraient investis que ceux et cebes qui seraient capables de l’exercer. * *c
Si l’idée du droit de suffrage pour les femmes est né ailleurs, elle s’est developpée en Angleterre
D. Joaquín Sánchez de Toca a été l’un des meilleurs maires de Madrid;
M ajorité fic tiv e . S im p to m e s. Les s u fr a g e tíe s et la réform e to ta le du su ffra g e .
PREMiftRE PARTIE. CAUSERIE DOUZIÉME
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plusieurs fois député et ministre. Aujour d’hui M. Toca est sénateur. II est done parlementaire.Malgré cela (ou pourcela méme) cet homme qui préfére les actes aux paroles et l’action aux discours, bien qu’il soit orateur, vient de publierun livre dont le titre, étant donnée la situation politique de l’auteur, est vraiment courageux. Dans cet ouvrage, dans la Clise de notre parlementarisme, monsieur Toca, bien entendu, condamne non pas le systéme parlementaire; mais sa fagon de fonctionner. Cette fagon dit-il «aidée, par un systéme de suffrage universel dont la base est un homme, un vote», met les choses publiques á la merci d’oligarchies, de groupes parlementaires dont le mobile, trop souvent, est l’intérét privé (p. 25 et 26). Commel’auteur prend les choses telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient étre, ce trait est le seul qu’il lance contre le suffrage universel; autrement dit, c’est la seule pierre, bien petite, qu’il jette dans la source du mal. Non! ni le parlementarisme, ni la discussion, ni le systéme représentatif ne sont de mauvaises choses. Ce qui est déplorable c’est que les conditions .indis pensables pour le bon exercice de la fonction de député et pour l’exercice du droit d’élire ne soientpas demandé es aux candidats et aux électeurs, comme on demande des titres de capacité et d’autres garanties á qui veut étre officier, fonctionnaire ou employé. Ce qui est déplorable c’est que les votes se comptent et ne se pésent pas. Ce qui est absolument lamentable, c’est que tout dans une nation, sa vie sociale et politi que, sa morale et sa religión dépendent La
cri s se
du
l.° du fait que tous les hommes arrivés á l’áge de 25 ans peuvent voter et 2 ° de cette prémisse, de cette majeure: «Tous les votes électoraux ont la méme valeur»; principe renfermé dans cette formu le: «Un homme, un vote». Cet absurde postulat, traduit en langage mathématique signifie que le zéro (ou le moins zéro) et l’unité ont la méme valeur: soit, algébriquement, 0, ou — 0, = 1; d’oú: « 0 = u 1 et « 0 done 0 X 1000
^ ^^^*^C’est-á-dire que, puisque
une nullité et une capacité ont la méme valeur, un nombre illimité de nullités vaut autant que le méme nombre illimité de capacités; mais qu’un millier d’incapacités, mais qu’un millier d’ignorants ou de crétins ou d’hommes nuls ou incompétents, ou que ríen ne rattache solidement au pays dont les destinées vont dépendre de leur vote, a une valeur électorale deux fois plus grande, par exemple, que celle de cinq cents hommes instruits, compétents, savants et, surtout, unis á leur patrie et á son sol méme par de termes attaches. Pourquoi? Parce que le nombre mille est deux fois plusgrand que le nombre cinq-centsü Pourtant tous les zéros imaginables, des
Satyre du régime.
(D 'a p r é s u n e c a r íe p ó s ta le p o ly c h r o m e . D e s s in d e Tliéod. Gasea.) Assaut d’un buffet, c’est-á-d¡re du budget (vulgo: assielte >«
L e s P a r l e m e n ta ir e s .
parlementarisme.
beurre.)
La
lo i
absurde
du
nombr e.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
millions et des millions de zéros ne valent pas une unité. En fait de mathématiques, par exemple, la somme de I’ignorance de tous ceux qui ne savent pas l’algébre vaut-elle la Science du dernier des mathématiciens? La somme des nombreux votes de ceux qui condamnérent le systéme de Copernic avait-elle plus de valeur que le vote unique de Galilée? Dix sous sont plus nombreux qu’une monnaie de un franc. Valent-ils davantage? Si dans les assemblées de membres du conseil ou d’actionnaires d’une société financiére ou industrielle, des étrangers amis, ou ennemis de cette société, avaient le méme droit de vote que ceux qui en possédent les actions, quelle durée aurait la vie de cette société? Est-il possible que la marche des intéréts moraux et sociaux, qui dépend principalement du suffrage universel, fassent les mémes progrés que ceux que l’on observe dans les sociétés privées et partout oú l’on suit une régle et des procédés plus raisonnables?
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remplis de sagesse, de Science et de compétence, que si ce sont des vases vides ou pleins de germes délétéres, c’est-á-dire que si ce sont des 0 ou des — 0. Le suffrage universel repose sur cette égalité de la valeur des votes, et ce non-sens, dans la plupart des pays, au XX® siécle, est la base de leur édiffice social!! ** A tout effet il faut une cause logique et suffísante. L’absurde suffrage univer sel ne peut pas produire le progrés scientifique ou autre. Le progrés des Sciences, de l’hygiéne, de l’industrie suit son cours. II avance malgré le suffrage universel, malgré le régime parlementaire dont la base est ce suffrage: mais ce suffrage et ce systéme retardent sa marche.
Quelle idée concevrait-on d’un tribun ou d’un économiste, d’un législateur ou d’un épiDans le monde de la Science, des cierqui affirmeraitque, lettres, de l’art, de l’industrie, de parce que ce sont des l’agriculture, des finances, etc., cerbouteilles, toutes les «üsbouteilles de sa nation (grands, petites, intactes, félées, remplies de vent, d’eau corrompue, de vin commun ou généreux, ou de néctar) doivent avoir, indistinctement la méme valeur? Cet étre est foti, dirait-on. La Lo¡ moderne a cependant établi que par le fait d’étre des hommes, tous les électeurs taines signatures ont une grande ont la méme valeur poHtique et sociale el valeur. La signatura de beaucoup qu’ils sont aussi bons et útiles, s’ils sont de ceux qui déposent dans Turne L ’a b s u r d i t é
n e
p e u t
pas
e n f a n i e r
le
p r o g r é s
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électorale leur bulletin de vote vaut moins que ríen. Les bulletins de Turne valent cependant absolument la méme chose les uns que les autres. De ces bulletins va dépendre la Science, la flnance, la législation, Tarmée, la morale, la famille, etc. d’une nation. Livrer au hasard du nombre les So lutions qui correspondent au jugement c’est taire á la raison humaine la plus grave des offenses; c’est taire une honteuse abdication des plus nobles tacultés humaines; c’est prétendre que la valeur morale du troupeau est plus grand que celle de ses bergers parce que les individusdu troupeau sont Ies plus nombreux. C’est sous pretexte d’égalité sacritier la Science, le mérite et la valeur des uns á l’incapacité jalouse des autres.
auront pervertí les sentim ents et obscurci totallement intelligence de la manjorité, quels seront les effets du suf frage universel? Quels seront ces effets lorsqu’on aura détruit ce qu’on appelle les préjugés; lorsque la masse d es électeurs aura perdu la notion du bien et du mal, du juste et de l’injuste définis selon le s regles de la loi du mont Sinaí? Quels seront les effets du suffrage univer sel lorsque loglquement (étant donneés les prém isses) la majorité des citoyens admettra qu’il ne peut plus exister d’autre loi que celle qu’elle aura faite ou que celle que cette majorité peut faire? Le suffrage universel ne fut pas une invention du peuple parce que ce systém e répugne au bon sen s et au sens commun. II fut Imaginé par des sophistes jaloux et ambitieux qui n’ayant que ce systém e pour pouvoir monter voulurent qu’il y eut beaucoup de votes pour qu’ils pussent étre plus facilem ent élus. Artificieusement, pour le besoin de leur cause, ils arrivérent trop facilement, aidés par l’envie, á faire admettre que le suffrage est un droit, un droit sacré inhérent á la nature humaine. Le suffrage universel a été et est encore un instrumeiit
** * On peut, répétons-Ie sans que l’égalité en souffre, du moins jusqu’á présent, exiger des conditions de capacité et de compétence á celui qui doit exercer une profession, un emploi ou un métier; mais sans blesser l’égalité on ne peut pas exiger ces conditions d’aptitude ni á l’électeur ni au candidat! Le suffrage universel ne fonctionne que de puis un tem ps relativem ent tres court, et il fonctionne dans un milieu oü des sentim ents et une mentalité, fruits d’áges passés, et produit d’une éducation morale basée sur le D écalogue, font encore sentir leur influence sur des consciences oü n’est pas complétement éteint l’amour de la justice et de la logique donna á l’homme, avec l’intelligence, la mémoire et la volonté, lorsqu’il le fit á son image et ressemblance. Quand le sophisme, le paradoxe et la flatterie servís quotldiennement dans le Jour nal á des gens incapables de s’en défendre,
Of f e n s s e á
la raison.
Le
Les représentants du peuple, membres de la Chambre des Communes, au XVIIIe siéde; d’aprés un tableau de Hogarth, leur contemporain.
suf f rage
U est
un
in stru m e n t
redoutable.
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DOUZIÉME inconscient, un esclave flatté; mais il tend á devenir une hydre monstrueuse. La majorité com m ence á avoir des mouveraents propres et conscience de sa forcé. Elle se dit que jusqu’á présent on l’a m enée et qu’on l’a souvent trompée. «Simpliste» elle ne volt que la satisfaction égo'íste et immédiate de se s besoins ou de se s appétits; son instinct est suffisant pour la conduire vers ce qu’elle désire. Aveugle et aveuglée elle ira vers ce but avec un entrain d’autant plus irrésistible qu’aucune appréhension, qu’aucun scrupule ne l’arrétera.Ayantperdu la notlon sacrée du bien et du mal, gráce aux sop histes, pour cette majorité, que n’arrétera par la crainte de tuer la poule aux oeufs d'or, il n’y aura d’autre bien que la réalisation immédiate de se s voeux ni d’autre mal que la privation ou l’atermoiment de ce qu’elle désire. Gráce á la formule absurde: «un homme, un vote» (ou, ce qui revient au méme, un homme qui saitlire et écrire, un vote), le sufírage universel est l’arme la plus formidable dont puisse dlsposer la forcé pour assomraer irresponsablement la ralson et pour détruire de fond en comble une civilisation ou la civilisation. II s’agit d’une chose tellem ent irrationnelle qu’aucune intelligence humaine n’est capable de prévoir quelles seraient les conséquences du sufírage universel dans une nation sans frein religieux le systém e électoral serait pratiqué librement, selon la théorie, sans obstacles, ni entraves, ni tricheries, ni presslon pendant cent cinquante ans. Heureusement la logique de la raison, don divin, est au dessus de cett chose béte et m auvaise. Le suffrage uni versel, la majorité et se s législateurs issus de ce suffrage n’arriveront pas á faire admettre que deux plus deux font cinq. Peut-étre aussi l’excés du mal fera-t-il trouver lereméde; mais en attendant que de coups porte cette invention au bon sens et aux intéréts moraux et m atériels du pays! Quel ob stacle il est et il sera pour la marche du vrai progrés! La réforme la plus urgente pour tout bon patrióte devrait étre celle du systém e électoral. M alheureusem ent on n’y songe guére ou on n’o se pas y penser. Cependant ne faut-11 pas bien plus de courage pour accepter le suffra ge universel comme base d’un régime qu’il n’en faudrait pour le détruire ou le modlfier? La satisfaction de la prétention des fem m es qui veulent étre électeurs et du désir d es hommes qui appuient cette prétention «féministe» fourniraient, répétons-le, une occasion excellente et peut-étre unique d’aborder la question et de contrebalancer par d es restrictions et des com pensa. tions raisonnables et salutaires l’entrée d es fem m es non
m ariées ou veu ves dans le corps électoral.
La brouette qu’on retrouve dans le livre de M. Sánchez de Toca, serait probablement aujourd’hui l’objet d ’un cuite spécial en Allemagne si elle avait été marquée, mise de coté et conservée. «Je dus attendre, dit Bismarck.assis sur u n e BROUETTE RENVERSÉE.» 11 attendait son roi et, assis sur cette brouette, il choisit.
«Je dus attendre assis sur une brouette renversée.»
pesa et calcula probablement l’effet immédiat et les futures conséquences des fortes paroles qu’il fit entendre á son maítre un jour du mois d’octobre 1862, parolesd’oúnaquit l’empired’Allemagne oudu moins la puissance militaire de la Prusse. (Bismarck, Pensées et souvenirs, t. I, chap. XII.) M. de Toca rappelle dans sa Crise de notre parlementarisme que Guillaume I" effrayé de l’attitude du parlement et de celle de son ministre dit á celui-ci que cette lutte pourrait men eretle roi et Bismarck á l’échafaud. Bismarck obtint de son souverain la promesse d’un appui indispensable en lui
Le vote p o u r les hom m es e t p o u r les fe m m e s . L a b r o u e tte de B ism arck. 10
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DOUZIÉME
répondant qu’étant donnée la beauté de la cause cette morí serait glorieuse. La brouette sur laquelle Bismarck attendit le rol pour lui demander de lui permettre de teñir tete aux députés, et surtout la brouette électorale d’Angleterre nous ont entraíné peut-étre un peu loin; mais non pas hors du sujet, croyons-nous. Tout se tient. Du suffrage universel d é pend, malheureusement aussi, l’avenir de l’industrie, des travaux publics, de l’agriculture.... et partant de la brouette qui en est un si précieux instrument. Pouvions-nous done ne pas dire quelques mots du régime parlementaire actuel dans cette monographie? D’ailleurs ne voit-on pas, á la page 72 de ce recueil, un grand écrivain, un orateur, un trés habile parlementaire, Thiers, le premier président de la République frangaise se servant adroitement d’une brouette dans la Chambre des dé putés en 1850? Mais il y a, heureusement, bien d’autres brouettes, outre la brouette politique. * Les modes et manieres de se servir de la brou ette, les US etcoutumes b rou etti ques, ne sont pas, cr o y o n s nous moins intéressants que ce qui se rapporte á l’histoire, á la forme, au mécanisme ou á la valeur La
brouette
marchande de ce véhicule. NE gravure du tome XIX de Vlllustration, p. 312, reproduit une autre de M. Blanchand faite d’aprés un dessin de M. de Marbat, mérite done d ’attirer l’attention. Deux brouettes en marche animent pittoresquement le paysage. L’une est poussée par un ouvrier. Attelé devant, un chien tire l’autre dont les bras sont, soutenus par ceux du brouettier. Ce genre d’attelag e homme chien n’attire ni les regards des passants ni ceux des pr omeneurs. L’auteur de l’article oú se trouveenchassée la gravure ne fait pas la moindre allusion ni au vé hicule, ni á son moteur á quatre pattes. On peut done en conclure qu’il nes’agitpasici d’uncas exceptionnel et que la brouette á Bruxelles, en 1852, savait profiter de la traction canine appliquée si profusément en Belgique á toute sorte de petits véhicules á deux et á quatre roues, sans que d’ai-
e t la p o l i t i q u e .
Us et coutumes
brouettiques.
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DOUZIÉME
lleurs, l’ami de l’homme paraisse y voir ni un signe d’esclavage, ni une marque d’ingratitude: pas méme un léger manque d’égards. Les chiens de trait sem blen! plutót enchantés de rendre ce Service á leur maitre. Voyez le petit croquis fait d’aprés l’image de \’Illüstration: le tracteur de notre brouette porteraitil la queue plus haute si, pour son propre plaisir, il chassait devant un roi? Déjá le comte de Lasteyre avait signalé ce procédé qui devait étre vieux en 1820. La peine de tirer, selon l’expression de Grollier de Serviéres (page 87) correspond, dans cette méthode, au chien; celle de porter á l’homme. Les dessins lithographiés du comte nous disent que des femmes aussi se sont attelées, en Belgique, devant la brouette; mais, á en juger d’aprés ces mémes dessins, on dirait que pour ce travail leur entrain est moins grand et que leur air moins satisfait que celui des chiens de trait. L’attelage d’une brouette firée et poussée peut d’ailleurs étre fort artistique et gracieux. Ce procédé de brouettage á deux est tres intéressant; mais moins curieux que celui d’un seul homme faisant rouler devant lui une file ou un train de trois brouettes monocycles, gráce á un artífice, imaginé en Espagne, dont nous aurons á dire quelques mots. ❖ * Les troupes fédérales lors de la guerre de Sécession (1860) se servirent, pour la premiére fois, croyons-nous, dubrancard-dévidoi r pour l’installation provisoire de lignes télégraphiques de fortune. On emploie encore aujourd’hui ce systéme pour tendre le fil électrique, besogne pour laquelle une brouette portebobine serait probablement Brouette
tirée
e t p o u ssé e .
utile dans certains cas. J’ignore si cette brouette existe; mais dans la revue La Nature du 13 novembre 1909 on peut voir l’image d’une brouette spécialement construite pour le transport des appareils de mesure électrique nécessaires á l’installation ou á la vérification des lignes et des cables «Voici done, la len»te brouette», aurait dit M. Prud’homme, «voici done la brouette aux prises »avec les ondes d’un des états vibratoi»res le plus effroyablement rapides et »mysterieux dont frémit, physiquement, l’univers».
La glaciére-brouette ou timbre-brouette est aussi une invention digne d’éloges. Nous l’avons souvent vue fonctionner en 1914 sous les arbres du jardín de LasSalesas, áMadrid. Elle était pous sée et gérée par un marchand ambulant de glaces ou de sorbets. Nous avons né-
1
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gligé de lui demander s’il est, comme nous le supposons, l’inventeur de cette ingénieuse machine frigorifique. N ote: J’ai rencontré derniérement cet homme et son rafralchissoirbrouettique. II en est m’a-t-il dlt l’inventeur. Pour quoi ne lui ai-je-pas demandé et son nom et l’histoire de son invention! (1915.)
B ro u e tte s p o u r
V é le c tric ité ,
pour
la
glace.
ÍTUSIRI E S * . ©y ¥ Tt í GUES: C A U S E R IE T R E IZ IÉ M E le lecteur de ce recueil la brouette ne sera plus le misérable, le petit véhicule presque négligeable slnon méprisable qu’elle est pour tant de gens. En deviendra-t-elle vaniteuse? Ce serait déplorable.Jusqu’á présent la brouette ig nore ce qu’est l’orgueil. Jamais elle n’z eu á se reprocher méme la plus légére faute de vanité. Elle aurait cependant le droit d’étre fiére. Elle a ses miniaturistes, ses dessinateurs, ses peintres, ses orfévres, ses sculpteurs, ses poetes... La brouette a figuré, comme objet d’art á un«salon», c’est-á-dire á une «exposition», á Paris probablement, il y a une cinquantaine d’années, dans un groupe sculptural auquel elle a donné son nom. Celui de l’auteur de cette oeuvre d’art semble espagnol. Est-elle grande ou petite, en marbre ou en plátre? Les personnages en sont-ils de grandeur naturelle? Qu’est-elle devenue? Son auteur est-il notre compatriote, ou un hispano-américain, ou un frangais portant un nom espagnol? Cette sculp-ture représente une brouette, deux enfants et un chien. Celui-ci voudrait le morceau de pain que tient dans sa main le marmot assis sur la voiturette monocycle, tandis que son frére ainé léve le ’OUR
poing pour menacer ou punir leur trop gourmand camarade. J’ai acheté diez un marchand d’estampes la photographie dont notre gravure, faite d’aprés celle-ci, est une reproduction fidéle (fig. 63). Une pancarte dont la légende dit: «Médaillé antérieurement» est attachée au socle du groupe. Ce socle porte aussi le numero 2.907 et le millésime 1864. En bas, sur le fond sombre et uni de la photographie on lit, écrit en lettres blanches: «842. De Tavera. La brouette.-^ ** Vers 1895 on voyait encore sur la fagade de la maison numéro 170 du faubourg Saint-Honoré, á Paris, au-dessus d’une fenétre de la boutique d’un coutelier, un artistique petit médaillon circulaire, d ’un d i a mé t r e d’une cinquantai ne de centimétres. Ce bas-relief en pl átre représentait un rémouleur de la fin du XVIIP siécle et son établi monocycle; le tout probablement modelé ou moiilé d’aprés une oeuvre d’art d’un peintre ou d’un sculpteur de cette époque. Nous en primes un léger croquis dont la gravure XX de ce de recueil est une reproduction trés réduite (fig. 62).
L a s c u l p t u r e e t l a b r o u e t t e . G r o u p e . B a s - r e l i ef
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PREMIÉRE PARTlE. CAUSERIE TREIZIEME
L’homme dispose de la matiére et d’éléments que son intelligence faite á l’image de celle de Dieu peut disposer et combiner d’innombrables fagons. Dire qu’il ríy a ríen de nouveaa sous le soled c’est rendre un juste hommage á l’Auteur de la création. La máxime moderne: «rien ne se perd, rien ne se détruit; il n’ya que des modifications et des transformations» n’est aprés tout qu’une paraphrasedu mot biblique ríen n’esf nouveau sous le soled que nous devrions méditer, me semble-t-il, toutes les fois qu’une combinaisondes dioses crééesnoussurprend par sa relative nouveauté ou nous étonne par son étrange coíncidence ou par sa répétition, en apparence fortuite... Tout ce que l’homme peut faire, inventer ou découvrir existe soit réellement soit virtuellement, potentiellement depuis que Dieu fit rUnivers et lui dicta ses lois. Cette réflexion s’est offerte á nous á propos de plusieurs autres sculptures brouettiques dont chacun des auteurs croyait peut-étre faire une oeuvre absolument originale dans son genre. * Hs * Au coin de la rué de l’Hótel de Ville et de celle des Nonnains d’Hyéres, on peut admirer une autre scuipture (grandeur naturelle) plus ancienne et vraiment singuliére. C’est aussi un rémouleur, un gagne-petit, jeune, robuste. La polycromie qui l’enjolive donne au bonhomme et á son attirail un aspect plus vi van! et plus réjouissant. Les pierres oú ce ré mouleur est sculpt é font corps avec la maison dont ilrendintéressant le coin ou l’angle arrondi (si tant est qu’on puisse dire qu’un angle est arrondi). La scuipture est amusante. Au-dessous, beaucoup plus bas, au rez-de-chaussée, est un cabaret. En venant s’éta-
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blir lá, le prétre de Bacchus a-t-il pensé que les adeptes seraient attirés par la bouteille á moitié vide et par le verre rempli qui va renouveler un plaisir probablement souvent goúté á en juger par l’expression et la couleur du rubicond brouettier á la superbe chevelure? La rué est étroite; l’image est hautplacée. Un dévot du dieu des buveurs ne pourrait, sans danger de tomber á la renverse, regarder cette oeuvre d ’art qu’avant l’orgie ou en s’adossant au mur. d’en face. Cette scuipture fut-elle originairement une enseigne ou n’est-elle qu’un caprice décoratif dont un marchand de vin a su profiter pour mettre son commerce sous la protection et sous «la ré dame» d’une image si suggestive? Ce rémouleur fut-il sculpté pour servir d’enseigne á un cabaret? L’important édifice dont il fait partie n’a pas l’air d’avoir été báti ni par un petit marchand de vin, ni pour un cabaretier. Au point de vue de l’art classique et de la puieté du dessin le rémouleur de la rué des Nonnains d’Hyéies ne vaut pas celui de l’enseigne d’un grand magasin de l’Avenue de l’Opéra; mais le gagne-petit du quartier de l’Hótel de Ville est plus original, plus anden, plus amusant et inieux placé: mieux placé, par rapport á l’édifice oú il se trouve. La rué des Nonnains d’Hyéres est, en effet, plus intéressante pour les amis du pittoresque et du vieux Paris que l’avenue de rOpéra; mais comme voie publique elle lui est incomparablenient inférieure. Edouard Fournier sígnale cet impor tan! morceau d’art brouettique, dans ses Enseignes de París (Dentu. Edr.) Si Fournier avait mieux regardé il n’au-
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PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE TREIZIÉME
rait pas assigné á la maison une fausse date. L’édifice n’est pas, comme le dit cet iiitéressant auteur «de la premiére moitié du XVIII® siécle», mais de 1767. Cette date est gravée, il est vrai, prés du toit, sur la corniche. «II n’est pas facile á voir ce chiffre, me dit la boulangére d’en face», tandis que je preñáis un croquis du mirobolant gagne-petit. «Je Tai souvent fait voir á des messieurs comme vous.» II est possible que sans l’obligeance de ce complaisant cicérone, je n’eusse pas lu, non plus, cette date fameuse. Un repére en fonte du Nivellement général de la France (scellé prés du sol, dans le mur de la maison), indique que le point coté n’est qu’á 36 métres et 75 centimétres au-dessus du niveau de la mer. C’est vraiment trop peu! í* *M La brouette sculptée dans l’archivolte de l’un des ares de la cathédrale de Beauvais n’a attiré l’attention que depuis quelques annés: depuis 1895, á peu prés, m’a-t-on mandé de cette ville oú l’on vend aujourd’hui des cartes posta
si microscopiquement qu’on ne la regarde que par ce que la légende de la gravure attire sur elle l’attention. II est possible que cette image n’ait été, jusqu’á présent, publiée dans aucun livre. Deo juvante, nous en reparlerons. Dans la caaserie IX^ nous avons dit que le musée Carnavalet posséde une jolie enseigne sculptée représentant un vinaigrier (haut d’une quarantaine de centimétres) et sa brouette. Comme cette ensei gne est de couleur sombre, et comme elle se trouvait, en 1896, mal placée, á contre-jour, devant une fenétre, on n’en pouvait guére apprécier que la jolie silhouette lorsque j’en fis le croquis dont la gravu re est á la page 110 de ce recueil. Quant á la sculpture de l’Avenue de l’Opéra á laquelle nous venons de faire allusion dans la colonne étroite de la page précédente elle est aii moins de grandeur naturelle. C’est une belle statue qui reproduit en pierre, en marbre peut-étre. Le Rémouleur, de David Teniers, que posséde le Musée du Louvre. Le hasard a enrichi notre collection d’un exemplaire gravé par Pitteri, vieille estampe faite d’aprés le tableau de Te niers. Cette image est agrémentée de ces deux légendes, impreintes d’une douce philosophie qui la rendent plus vivante et dont l’une n’est qu’une traduction libre de l’autre: In m ezzo alie fatiche lo contento.
Sudat rotaíor sua sorte contentas.
les dédiées á ce véhicule épiscopal. L’image de cette sculpture y figure; mais
Ce gagne-petit sculptural sert d’enseigne Au Gagne-Petit, magasin fondé á la fin du XVllL siécle et transféré á l’Avenue de l’Opéra lorsque cette belle rué fut percée. L’image 63” de la gravure de la premiére page de cette causerie XIIL a été faite d’aprés Le Ré mouleur de Teniers. La figure 63' de la méme gra vure est un fac-similé, un peu réduit, d’une petite gravure qu’on voyait en 1895, qu’on volt probablement encore dans les catalogues de cette maison de commerce á l’enseigne brouettique.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE TREIZIEME
su Toutes ces brouettes, sculpturales méme la petite du musée Carnavalet sont gigantesques, colossales, tout á fait colossales si on les compare aux petites brouettes chinoises en ivoire ou en argent, charmants bibelots liliputiens ou breloques qui représentent la réalité avec une miriutieuse et microscopique exactitude. Mais ne quittons pas encore l'Europe.
L’orfévrerie et la bijouterie sont des branches ou des rameaux de la sculpture. Le brouette attira de bonne heureTattentiondes orfévres. Elle leur sembla pittoresque. «De la» dit Henri Havard l’auteur si érudit, du beau Dictionnaire de l’Ameublement «de la ces petits brouettiers ou conducteurs de brouettes» que l’on rencontre parmi les piéces d ’orfévrerie des anciens Porcelaine. inventaires. Havard cite: «Un bróetier d’argent oú il a escrit en la broéte pesant y mares (a) XV liv. Xs le marc» (lequel figure dans l’inventaire de Clément de Hongrie: (1326). Voici d’aprés le méme Dictionnaire le texte de l’inventaire du duc d’Anjou, (notice des éinaux du Louvre) texte qui, en 1368,décrit la brouette émaillé, á laquelle nous avons fait allusion un peu plushaut. Elle faisait partie d’un superbe surtout de table, comme on dit aujourd’hui, á en juger par cette description: Un broiiéte séant sur un pied cizelé a fueilles de vignes et siet sur IV Lyonceax et eust pointu le dit pied devant et derriérement y a un des bouts un homme qui maine la dite brouéte et devant Brouettes minuscules.
La
brouette
143
a unefemme qui en sa main destre tient la brouéte et en la senestre tient une ha che danoise... et sur la dite brouéte a un tonnel lié de plusieurs souages et les deux fons sont esmaillés de vert et d’azur á plusieurs bestelettes et les fons de la brouéte et le siége en gobelet sont de cest mesures esmail sans différence. Et pése le pied, l’omme et la femme IV mares I once, et le tonnel, la brouéte et le siége du dit gobelet IV mares V et demie. Et le gobelet et le comercie pesent III mares II onces, pésent tout X I Í mares I once. Si tu existáis encore quel serait aujourd’hui le curieux assez riche ou le musée assez heureux pour te donner une place dans ses collections, ó belle brouette á fonds esmaillés de vert et d’azur! La valeur d’un métal trop riche,
Vl£f^
_
2. Bouton de hanap.
trop séduisant t’a, sans doute, livrée depuis longtemps au creuset d’un fondeur ignorant. Le bouton dont était orné un hanap de l’inventaire de Charles V a dú souffrir ce méme sort. Ce bouton représentait un brotiei qui méne une brouéte ou est ung homme malade (1430).
l’orfévrerie et
les vieux
inventaires.
144
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE TREIZIEME
Le méchant croquis num. 2 est un essai de reconstitution de ce bouton. La brouette et Thomme malade on été dessinés d’aprés une miniature du manuscrit frangais La Vie et Miracles de Notre Dame (Bibl. n. París-9199). La brouette a eu done affaire aux arts plastiques. Les orfébres comme les dessinateurs virent des le Moyen-Age le parti qu’on peut en tiren D’autre part les textes cités prouvent qu’au XlVe siécle elle oceupait déjá, nous l’avons indiqué, une place assez large dans le monde et qu’on s’était rendu compte de l’aspect graciex de ce véhicule dont a su profiter aussi l’art moderne.
rimée á París en 1530. .i. Encoré une fois, les fréres aines, grecs et romains, de cet amour n’auraientils pas joué avec des brouettes si l’invention de ces véhicules s’était produite plus tót? (page 37). Au XVIIP siécle on aime les génies, les amours et, pour les amuser, les artistes leur livrent la brouet te. J’ai sous les yeux un charmant bibelot, appartenant á la duchesse de Santo Mau ro: c’est une lorguette, en or, de la fin de ce siécle; petit télescope de théátre ou de poche dont le tube extérleur est émaillée. Sur un fond vert des génies dorés y jardinent. L’un transporte une plante dans une brouette. Une des arriére-grand’mére de ce!le-ci avait déjá été émaillée au XIV® siécle; nous le savons gráce á l’inventaire du duc d’Anjou. Répétons le nihil novum sub solé de Salomón. La Sagesse lui fit voir qu’aprés la Création il ne peut y avoir rien d’absolument, de radicalement nouveau et original sur la terre.
A Renaissance fit
revivre tout un peuple de dieux de déesses, de nymphes, de tritons, de faunes et d’amours comme celui qui pousse une brouettedans XVI une lettre capitale «E» du De Orbis sita ouvrage, de Pomponius Mela imBouton
de h a n a p .
Amour
et
brouette.
Brouette
et
lorgnette.
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) ñ m m m s ^ n o u^TriauES: C A U S E R IE
Q U A T O R Z IE M E
On pourrait former une importan te collection avec les objets plus ou moins artistiques oü l’industrie a fait figurer la brouette comme sujet déPorcelaine. coratif principal ou accessoire. Je posséde des cartes postales de souhaits de bonne année, gauffrées et découpées en forme debrouettes chargées de fleurs, etc. ■Bis"cu)\r iDÉcené La porcelaine, la terre cuite et la faience, les métaux ont représenté des brouettes poussées par des en f a n t s , des amours, des chinois et par des animaux. Des boites á poudre pour bureau, des cendriers pour fumeurs, des boites d ’a l l ume t tes, des porteflacons pour eaude senteur, etc. Ont aussi adop té la forme brouettique, et on vend, chez les marchands de fleurs, des paniers, dont l’aspect est celui du véhicule á une roue. L’image brodée au petit point d’un r t
e t
la
b r o u e t t e .
brouettier enrubanné, brouettant deux tonnelets, décore le dossier d’un fauteuil du Palais royal de Madrid. L’étoffe
ancienne a été appliquée á ce meuble il y a quelques années.Leducde S a n t o Mauro attira mon attention sur ce fauteuilquifait par t i e d ’un mobilier orné d e broderies dont le bonhomme á la b r o u e t t e est l’un des sujets décoratifs. La taille de
É t o f f e s
b r o u e t t e s .
146
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUATORZIÉME
ce personnage est de vingt centimétres, á peu prés. Notrecollectiond’objets brouettiques n’est pas riche, cependant elle renferme un mouchoir de poche entouré d’une bordure de brouettes rougescharriant un bonhomme bleu pousées par des brouettiers bleus (p. 45). Mas en fait d’étoffes á brouettes il y a mieux et meilleur. Des liens trop étroits et trop nombreux de parenté m’unissent á la duchesse de Santo Mauro pour que les éloges que je pourrais ajouter aux remerciments que lui doit l’auteur de ce re cudí ne pussent pas paraítre (bien que tres sincéres et mérités) entachés de partialité el d’une sorte de faveur. Cette charmante soeur du marquis de la To rrecilla m’a envoyé un demi-métre carré d’un trés beau satin double broché, constellé de pois et de jolies brouettes chargée s de fleurs.Notre croquis de la page 145 n’en donne qu’une idée trés imparfaite. II est p r o b a bl e que l’artiste et le fabricant qui ont produit áLyon sans doute, cette riche étoffe ne se sont jamais doutés qu’un jour elle servirá, Deo volente, pour embellir la reliure de deux exemplaires de nos cauMouc h o i r , bi l l et
series brouettiques, exemplaires dont Texistence est, bien entendu, hypothétique, puisque notre recueil n’est pas encore imprimé. C’est d’ailleurs un cas auquel La Fontaine n’a pas dú songer. Nous possédons la peau de la béte, mais l’ours n’est pas encore abattu. Quelle morale aurait tirée de ceci le fabuliste? * ** Je n’ai dans ma collection que l’image de celle d’une brouette qui orne une émission ou série de billets de mille pésétas de la Banque d’Espagne. On le sait, mille pésétas ont le méme poids que mille francs en argent.Nous verrons bientót d’autres images de la brouette dont la valeur est incontestablement plus grande que celle d’un billet de mille pé sétas de cette édition dont les exemplaires sont, aujourd’hui, extrémement rares. En revanche les brouettes-jouet sont trés nombreuses. II y ámeme des brouettes pour enfants qui sont presque de grandeur naturelle. J’ai vu aussi, quai du Louvre, vers 1896, á París,un petit aquariun d’appartement dont la caisse transparente est montée sur une brouette. II faut bien qu’il y en ait pour tous les goúts. La brouette figure aussi dans les feuilles d’éventail, etc. J’en ai admiré une en dentelle. Une brouette y roulait poussée par un papillon volant. En voyant entre les mains de la conitesse de Vilches un éventail á brouette la jolie et aimable marquise de Valdeolmos pria son amie de le lui donner pour m’en faire cadeau et elle me l’en-
de b a n q u e , j o u e t s ,
éventails,
br o u e t t i q u e s .
PREMIERE PARTIE, CAUSERIE QUATORZIEME
voya. L’image de ce petit éventail représente, les phases d’un accident. La brouette y joue un ro le secondaire mais important. To u s ces menus objets font pour ainsi dire partie de la vie sociale et de famille et en sont comme des images, comme des reflets et des échos plus ou moins faibles. lis disent cependant le role si considérable de la brouette dans l’économie moderne, plus éloquemmentque nepourrait le taire la parole CANNE-BROUETTE d’un Démostliéne. * Objets et larmes. Le sunt lacrymce rerum semble avoir été inspiré au poétepourétre inscrit sur la faQade du Mont-dePiété. Ne s er ai t - ce qu’en raison du sentiment de compassion que le Mont-de-Piété inspire,ilestdommage que cet établissement ne s’appell e pas: Mont-de-Pitié.Le mot pieta a conservé le double sens de Piété et| B r o u e t t e - c a n n e .
La
147
de Pitié en Italie, oú il fut appliqué aux établissementsdont le moineTerni fut le fondateur. II n’en fut cependant pas l’inventeur. Des le XIIP siécle, en effet, des personnes charitables avaient, parait-il, fondé quelque chose d’analogue en Baviére. Dans un intéressant árdele sur le Mont-de-Piété de Paris l’Illustration de 1853 publia l’image de la brouette d’un des magasins de cet établissement. La brouette figure-t-elle dans les tristes régistres de nantissement de cede maison? C’est probable. Les épaves de toute sorte qui y sont inscritos sont aussi in nombrables que variées; mais l’auteur de l’article de VIllustration ne dit pas un mot des brouettes mises en gage ni de celle dont nous reproduisons l’image. Rarement la parole «ELLE GIST d’honneur et les proEN WAGES* messes verbales ou écrites ont semblé une garande suffisante au préteur et á l’usurier. La brou ette done, le cas échéant, n’a pas hésité á se porter répondant de son maitre et á lui rendre caution au dépens de sa liberté. Nous savons en effet qu’il yavait en 1340 á Bruges un homme qui «solait estre brouetteur le meilleur de la ville».Cethomme,cetexcellent ouvrier possédait une bonne brou ette mais ilaimaitla biére. «Ils’avait bonne brouette; mais elle gist en wages pour un tonnel de hopenbier.» (Micheland.Le livre des métiers.) L’histoire ne dit pas quel fut enfin le sort de cede brouette, pauvre otage qui «gít en gages» et adend d’un buveur |du XIV® siécle sa rangon, sa délivrance.
brouet t e
e t le
Mo n t - d e - Pi é t é
C A U S E R IE Q U ÍN Z IÉ M E ’assez nombreuses images faites d’aprés des manuscrits par des artistes anonymes, d’aprés des estampes et d’aprés des tableaux figurent déjá dans ce recueil oú nous avons aussi
Lazzarini (ps. 41, 44). Moreno Carbone ro (ps. 9, 54, 55). A. Ferrant (p. 56). Antoine Ruga (p. 59). Joseph Prado (ps. 63, 64, 114). Jungwirth (p. 69). Ibberson (p. 75). Van Orley (ps. 10, 15, cité des noms de beau75). Détaille (p. 76). coup d’artistes et signalé Parra (p. 78). Agríco leurs oeuvres brouettila (p. 83). Grollier de ques. Mo rl and (p. 1.17). Jean et Joseph Klauber, ChristoRe ynol ds (p. 118). J. phe Wergelio (paB o u c h er ge 13). Van Stu(p.l09) etc., ren (p. 13). Edoua r d Toudouze, etc. Re mb r a n d t Si le nom (p. 14). Rubre des miniaturistes bens, Breuet des enlughel (p. 15). mineurs qui Barrías (paont reprége 21). Léosenté l’effin a r d de gie de la Vinci (p. 25). brouette, au Jul es GirarMoyen-Age det (p. 31). est assez grand, E. von Keller celui des estam (p.32). Córa pes, des gravures te de Lasteyrie (ps. 24, XVII^ siécle. D’aprés Lazarini ou Lazzarini. La perfection de son dessin et la gráce ou des tableaux de ses compositions fit appeler ce maitre le Raphael de Venise (S ir e t). á brouettes des 40, 81, 82, Notre photogravure est la réduction (Va, p e u p r é s ) d’un fragment de la trés belle es tampe (0,m 465 + 0,m 308) gravéedans cette ville par J. Wagner. (Voyez p. 41.) temps modernes 85).Grégoire La
b r o u e t t e ,
ses
p e i n t r e s
e t
ses
g r a v e u r s
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUINZIEME
149
et contemporains est incalculable. On en possédel IA. de Neuville (Bataille de Champigny); Morland (The Stable, The Happy cottage, e tc .). Camile Boulanger (l'Idyle, p. 115), etc., etc. L’énumération complete desimages et des tableaux contempo rains oú figure la brouette serait aussi longue qu’inutile. Les listes que nous venons de former sont, nous semble-t-il, suffisantes pour faire ressortir l’importance de la place occupée par ce véhicule dans la peinture et dans la gravure.
peints par: Lucas Cranach (La fontaine de Jouvence); Teniers L’émoufO L r E ® = Pa M M E S pE Tér , leur;{.i) Rembrand .i. s (L a piéce aux cent écus); Gérard Daw (Le '¡W k Charlatán ) M o r e a u ; (C o te a u x de SaintCload); Lepicé (La cour d’uneferme). C. J. _ /" Vernet (La construction d’une route); Hogarth; Horace Vernet; Brouette
des
rémouleurs.
Les
Le nombre des images d’établis ambulants et roulants monocycles de ce recueil proclame aussi l’importance de la brouette des émouleurs OU autrement dit des rémouleurs OU des gagne-petit, dans les arts: dans l’art de la coutellerie et de la culsine comme dans ceux de la sculpture,de la peinture etméme de la photographie. L’un des dessins photogravurés de cette page a été en effet executé d’aprés un rémouleur pour de vrai dont l’art des Niepce et des Daguerre a fixé les traits. Héraclite et Démocrite. Jean qui grogne et Jean qui rit. Optimisme et pessimisme... II y a tant de fa?ons d’envisager et de prendre les dioses et la vie! Ce qui donne aux uns lapaix et le contentement aigrit l’áme des paresseux, des jaloux, des hommes sans foi et partant sans résignation, sans espérance. La légende: J e SUIS CONTENT MALQRÉ LA FATIGUE OU
gagne-petit
Héraclite
et
Démocrite.
150
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZIÉME
M<lu
F. Whealley.
C rie s o f L o n d o n .
(Variante. V. p. 125,)
D’aprés Arthur Eisle.
T a b le a u
X
b r o u e t í i q u e s
de
g r a n d s
p e i n t r e s
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZIEME
151
L a F o ir e . Fragment d’un grand beau et intéressan* tableau (d’école hollandaise, XVII® siéde) apparte nant au Marquis d’Ivanrey.
Muñoz Lucena.
L a B a v a r d a g e á la f o n faine. C o rd o u e . (Du B la n c o y N e g r o .)
Polychrome.
Redudion d’un dessin á la plunie de Mlle. Inés de Brunetti (soeur de la duchesse de Mandas) fait d’aprés la gravure du tableau bien connu.
LE GAGNE P E T IT C O N T E N T D E SO N S O R T , gravée par Pitteri au dessous de rémouleur de Teniers, sont la contre partie, rantithése et comme le revers de la médaille de Tinscription d’une plaque de fai'ence polychrome que possédelemusée Carnavalet. Évidemment cet-
T a b l e a u X
e t
polychrome)dupedódlque
m o n fo u r n a l.
Les embarras de París au XX® siéde et la brouette.
teintéressantepiécedecéramique,marquéeau coin de l’époque, est une petite enseigne. Son
g r a v u r e s
b r o u e t
t i q u e s .
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUINZIÉME
152
/S97,
^.nüM d% monchtXW C
¡¡n^i^v^iaf:dU>
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pO>r<^__
s onnage, fait du bois ou plutSt de la méme páte dont on fagonn e r a un jourleségalitaires e tplus tard, L e s embarras d e P a r í s e t la b r o a e tte (au XVlIe siécle) par Que- facilement, rard. V. p. 109 et 110, les socialisdessin et ses enjolivures, dont l’exécu- tes, les gréviscahle^ dej tes, les furieux tion est assez inp Paii n r ^(o'»' *W on Jffpartof des meetlngs et génue, sont c e p e u t - é t r e mé pendant artisti me les sabottagistes. Voici done ce ques. que dit ceprécurseur, auXVIl® siéUn coquetpetit 3. Expédition du Dahom e y . 1 8 9 2 . Oénéral cle: rémouleur y traD odds. Béhanzin, etc. vaille dans l’ovaimage d’Epinal. mon état e st déplorable le de la letre Q, En tous temps et tous lieux la misiére pr e mi é r e d ’un L’on ferait cependant sotte figure, quatrain qui est Sans le secours du gagne-petit, á table. comme le reflet ou l’expression de l’étatd’áme de ce perCet émouleur est dans le vrai lorsqu’il prétend,
Ijj E
Imag erie
brouettique.
Le
gagne-petit
g rin cheux •
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZIEME
implicitement, que des couteaux ne coupant pas ne feraient pas l’affaire de la cuisine ni celle de la table; mais comme tous ceux de son espéce 11 exagére son importance. Son humeur jalouse lui fait oublier qu’il n’a inventé, ni fabriqué, ni les couteaux, ni les pierres, ni les meules, ni les machines á aiguiser; qu’il n’est pas indispensable et qu’on peut se passer assez facilement des Services d’un rémouleur désagréable. L’Héraclite gagne-petit(XVlIP siécle) du musée Carnavalet sera done de plus en plus mécontent, de plus en plus antipathique, tandis que l’autre émouleur se verra de plus en plus recherché, et sera toujours content d’un sort qu’adoucissent, outre les gages de son métier, les pourboires, les petit verres et les bons morceaux qu’il regoit á la maison et á la cuisine, oú il est le bien venu. Ses clients l’aiment. D’aprés Cicéron il n’y a pas de sottise qui n’ait été dite par quelque philosophe. Pyrrhon dont le nom a servi a en donner un au doute et au scepticisme soit-disant philosophiques, (doctrine qui a besoin de bien des réserves et des distinguo pour n’étre pas en opposition radicale avec les données du sens commun) Pyrrhon done, on le sait, fut disciple de Démocrite, ce moraliste qui trouvait dans toute chose quelque motif de contentement et de joie. Le Pyrrhonisme n’est pas la doctrine du Jusie milieu parce que le pyrrhonien ne peut méme pas arriver á savoir si ce juste milieu existe, OU s’il peut exister, ou si l’excés en degá ou en de la de ce juste m.ilieu ne vaut pas mieux que ce milieu. Peut-étre oui, peut-étre non. Rhéteur etsophiste Pyrrhon émet sur toute chose des opinions positives et des opinions négatives, de signe contraire et de forcé égale, dont la somme, par tan!, est zéro. Le rémouleur ambulant de Bonnat (cris de Pa rís XVIP siécle, B. N.’^) tient de Démocrite et de Pyrrhon. II a du apprendre par coeur et méditer la P y r r h o n
e t
153
fable Le Savetier et le financier. II pése les avantages et les inconvénients des grandes affaires et des petites enteprises. Ce sage pyrrhonien n ’oser pas se prononcer. II redoute cependant l’excés de richesse. Pas trop n’en faut.
AGNER petit ou gagner gros
D es deux je ne sais lequel prendre. Pour moi d’avoir le gros lots J ’aimerals autant m’ailer pendre. ( b . N.'e)
Qu’on vienne aprésceci noús parler de l’opinion! Trois hommes du méme métier et trois fagons de penser différentes, trois avis. Bon sens, logique, mathématiques, Science ne font qu’un, On parle de tel-
le ou telle hypothése ou de l’opinion d’un tel ou d’un tel dans le monde des Sciences: on y ignore l’opinion; l’opi nion cette abstraction fantastique qui représente un total, une somme ab surde homogéne composée d’unités de différentes espéces, hétérogénes; l’opinion que chacun a pour soi et dans son partí; l’opinion qui a si bon dos, qui est si docile; l’opinion que les publicistes.
l ’ é m o u l e u r
O p i n i ó n
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZIÉME
154
L’astre du jour se couche. II a éclairé encore une tois quelques heures de notre vie: bonnes ou mauvaises elles ne reviendront plus. La rétraction de la sereine atmosphére retient encore la lumiére du so LeMagasin p/ttoresguepubliaen 1894 led déjá parti. une belle image gravée par Blanadet La campagne, (v. p. 149j. Elle représente la récolte á ce moment, des pommes de ierre, de M. Laugée e x e r c e sur pére. Malheureusement nous ne pos- rhomme qui L’ANGELUS. Ecce a n c illa Domlni... sédonsque desreproductions monochro- a i m e l e s mes de ce tableau. Le Magasin Pittores- champs, la nature et la méditation une émotion douque\üi adressa les plus grands éloges.La ce, partois mélancolique; comme celle que produit composition et les dessins ne laissent la tin de toute belle chose. C’est l’heure de Vángelus ríen á désirer. Je n’ai pas vu cette toile. du soir. La cloche nous redit, pour la troisiéme, pour Le fils de l’auteur de La récolie des pom la derniére tois dans la journée qui s’éteint, la visite mes de ierre, peintre lui méme, homme taite par un messager des cieux á la plus belle, á la charmant, d ’un caractére tres gai, ne plus aimable des temmes. Elle nous rappelle une se souvient peut-étre plus de la visite scéne et des paroles partumées de la plus touchante que j’eus leplaisier de lui tairevers 1896. poésie: scéne admirable que le pinceau de bien des Toujours est-il que je n’ai oublié, on le peintres, celui de Era Filippo Lippi, entre autres, a verra, ni l’explosion de rire que pro- essayé de rendre. La candeur, le sentiment de toi, le voquérent en cet artiste, au tempérament charme et la beauté du tableau L’Annonclaiion, de trés gai, mes explications de certaine cetartiste,sonttelparticularité technique de la brouette, ni les qu’onle dirait le conseil qu’il me donna á ce propos. peint par un ange les politiciens, et les gouvernements de íendances les plus diverses ont tous, toujours, de leur coté; bien que l’opinion soit une et indivisible. Et, cependant: tot capita toi sensus...; mais que cette parenthese n’aille pas nous taire oublier la brouette et ses peintres. Revenons á leurs pinceaux. ***
La composition du tableau La récolie des pommes de ierre, á en juger par la gravure, est plus importante et plus intéressante que celle de L’Angelas, autre tableau brouettique á pommes de terre. Une prodigue largesse, qui rappelle plutót la prodigieuse richesse de Crésus que la discréte muniticence de Mécéne, a tait de cette toile un objet curieux. La
r é c o l t e
des
(Pinacothéque de Munich.)
Luce lucebai aliena, dit Cicéron, en parlant de la lune.«Elle bril lad d’une lumiére empruntée.» Le tableau de Millet brille aussi, croyons-nous, d’un éclat extrinséque; sans compter celui du prestige qui lui vient d’étre payé 800.000 trancs.
p o m m e s
de
terre
e i
l ’A n g e l a
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZIEME
L’Angelus, de Millet, est un des exemples á Taide desquels on pourrait démontrer que le dicton le nom ne fa it ríen á la chose (cousin germain du proverbe l'habit ne fait pas le moine) perd, comme ceIui-ci,son exactitude si on neTapplique pasprudemment. Ici le titre a porté bonheurau tablean du peintre de Barbizon: L’Angelus! Ce nom si suggestif, si doux, si poétique frappe notre imagination, nous fait entendre les tintements de la cloche, évoque nos souvenirs, réveille nos sentiments et par sa seule signification nous fait voir ce qui n’est pas dans cette peinture. Si Tépigraphe de la toile de Millet était, par exemple; Les pieux paysans de Barbizon et leur brouette ou La piété á Barbizon, y verrait-on autre chose qu’un cas particulier? Croirait-on que ce ta blean est Tallégorle ou le symboie de VAngelas? Les personnages de la scéne ne nous laisseraientils pas encore plus indifférents, plus froids á leur égard? lis sont peints á contre-jour, ce qui n’est pas un défaut; mais leurs silhouettes sont peu attrayantes, surtout celle de Thomme, maigrelet, ¿triqué, mal ________________ báti et dont la tignasse est si étrange qu’on dirait qu’il a son bonnet sur la tete bien qu’il le tienne entre sesmains. II y avait, il y a en Tran ce des paysannes et des pay sans aussi pieux; mais de formes plus artistiques, plus sympathiques; plus gradea ses dans la femme, plus vi riles surtout dans Thomme. L’attitude de la jeune épouse et de son mari, devant le pacependant TEiégie... ¿g pommes de terre, serait absolument la méme devant la tombe de leur petit enfant. lis ont Tair d’accomplir un devoir pénible, sous le poids d’une accablante tristesse. La scéne rappelle d’ailleurs, bien plus que l’Angelus, des vers bien connus: Cependant l’Élégie, en courts habits de deuil, Sait, les cheveux couverts, pleurer sur un cercueil.
An g e l us de M i l l e t . G r o t t e s q u e s
155
Ou serait moins exigeant, moins sévére si cette peinture avait cofité dix ou douze mille francs. Elle fut payée avonsnous dit, 800.000 francs, dont 100.000, au moins, correspondent done á la brou ette. II en reste encore 700.000 pour le paysage, le paysan, la paysanne et les pommes de terre. V a n O r l e y fut un de ces peintres flamands appelés romanistes, qui voyagérent et admirérent Raphael; mais chez lesquels Tétude de Tart ancien et de celui de la Renaissance italienne n’effaga pas les qualités qu’ils tenaient de leur tempérament et de Técole hollando-flamande, si scrupuleuse, si minutieusement belle.Au XVT siécle,la brou ette devait étre bien connue en Flandre. II n’est done pas étonnant que cet appareil se soit offert á Timagination de Van Orley comme sujet de capricieux grotesques: fantastiques, et artistiques motifs ornementaux et décoratifs du genre de c e u X q u ’ a Va i t mis álamode la d é c o uve r te des peintures anciennesdequelques ruines. T o u t le m onde le sait: Timag in a t i o n p o p u la ire Éventail peint par Sala. 1895 Appartient a M. Augn. Lhardy. avait donné en Italie le nom de grottes á ces ruines, parce qu’elles étaient enfouies sous le sol. Les fantastiques enlacements, dans leurs peintures, de choses réelles avec b r o a et t i q u e s
de Va n
Or í
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE QUINZlkjVlE
156
d’autres imaginaires, et les étres singuliers qui en résultent firent prendre plus tard au mot grotesque son second sens de dróle, risible, bizarre. Van Orley donna done a ses brou-
ettes une couleur dorée et un aspect greco-romain et en fit les véhicules de personnages mythologiques comme on a pu s’en rendre compte par les croquis qu’on voit Tun ci-dessus et l’autre dans la Causerie quatriéine, prés de celui du fantastique báteau pirate (page 75). La brouette semblad done déjá, au XVI® siécle, dans les régions oú elle était connue, si indispensable, qu’on croyait que les dieux eux-mémes n’avaient pas pu s’en passer. II est done assez naturel que d’autres artistes, aprés Van Orley, aient fait figurer cette voiturette monocycle dans des travaux comme ceux de la construction de La Toar de Babel et méme dans l’Oíympe; chez Siléne Bacchus, par exemple. (P. 41-148.) ** * Les dessinateurs et les graveurs qui ont crayonné ou buriné la brouette sont encore plus nombreux que les peintres dont le pinceau en a reproduit les traits. La
b r o u e t t e
d a n s
L’imagerie populaire dont font partie les Cris de París, de Boucher et d’autres, l’imagerie d’Épinal, les cartes postales, etc. ont souvent représenté des sujets brouettiques. Nous avons déjá signalé des éventails ornés de brouettes. Le fait est que comme cette causerie X V ^ e st plus spécialement consacrée á la peinture nous aurions pu y dire aussi bien les quelques mots que nous avons dédiés, dans la précédente, aux éventails á brouettes. 11 ya des montares d’év e n tail d’un fiOiU g ran d p rix; mais bien que la peinture de la feuille ne so it que la partie accessoire de cet f' ‘9131 objet d’utilité, de toilette, de coquetterie et de luxe, souvent cette peinture constitue son principal mérite. T o u t le monde ne sait pas,ál’étranger,qu’en Espagne la feuille d’éveniail porte le nom de país de abanico (país, c’est-ádire pays, région d’éventail) lors méme que les images de la feuille représentent des personnages, des fleurs, des animaux, etc. ou une cuisine, par exemple, comme celle de la collection de la marquise de Martorell, oú figure la brouette dont la grava re se trouve á la page 109 de la causerie IX ‘ , pein ture á laquelle nous avons donné improprement le nom de paysage: nous nous en sommes apergu en nous relisant. II est vrai qu’on y voit un coin de paysage á travers la porte ouverte de la cuisine, le
f e u i i i e s
e Ve n t a i i
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUINZIÉME
157
mateur allemand. Elle tleht, prudemment, en lesse le symbole de la fidélité. Le caricaturiste était-il catholique ou protes tan!? Dans les premiers temps de la Réforme bien des gens, comme Érasme, n’étalent ni tout á fait catholiques, ni tout á fait protestants. D’ailleurs tous
morceau qui suffirait pour faire comprendre que
LUTHf K £T Lfl RIÍFORN;
cette officinen’est pas celle d’une hotellerie. Le beau pare du cháteau est dig ne de sa cuisine et, réciproquement, le chá teau doit étre digne de celle-ci. A CARICATURE, elle aussi, a su tirer parti d’un véhicule dontl’aspect et les moeurs sont cependant bienau-dessus des atteintes du ridicule (v. p. 72). Nous avons suivi á travers les ages la plaisanterie de l’homme, brouettant son propre corps. Lá doit-on a trois inventeurs isolés d’un méme procédé de locomotion ou bien se sont-ils copiés les uns les autres? La brouette de Luther est d’un type franchement allemand comme celle, dontnous avons parlé, du général Mathieu Gallas (p. 58, 83, 84).
les protestants ne sont pas luthériens. Nous avons emprunté cette image au magnifique ouvrage Historia general del Arte. (Montaner y Simón, Edrs., Barce lona, 1897.) Ces transports d ’avant-trains par leurs propriétaires sont assurémentingé-
Luther transporte, outre sa personne, des livres, une tiare et des images: objets cultuels de la confession romaine. II est aidé dans ce déménagement par la malheureuse réligieuse excloitrée dont l’exmoine augustin a fait sa femme; sans doute pour prouver que ses théories sur le célibat canonique sont desintéressées. Catherine de Bore suit le réforb r o u e t t e
l a
nieux; mals meins réels que celui du chien mutilé qui véhicule, lui-méme. a t u r e
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE QUINZIÉME
158
son arriére-train; cas intéressant d’orthop éd ie aní male dont les jo u rnaux ont parlé. Une Vo i t u r e avait coupé les jambes de la pauvre béte. Elles furent ingénieusement remplacées par une paire de roues. Un chien cul-de-jatte!; mais Tingéniosité et l’esprit d’invention et l’orthopédie sont
allés encore plus loin dans l’application de la brouette. D’aprés Timage polychrome, dont la gravare ci-contre est une copie, beaucoup plus petite que Toriginal, on voit que la surprise produite par la perte d ’un procés a allongé tellement le nez. de M. R....r que le pauvre homme en est réduit á se taire aider par une brouette pour le transport de son appendice nasal. M. Jaurés, qui figure sur l’image á cóté de la République, jubile. Je ne crois pas que Thémis puisse étre aussi satisfaite du jugement dont le résultat a produit etce phénoméne d’allongement et l’utile intervention de la brouette. Laissons Thémis dans son lit de justice, M. Jaurés dans la joie et prenons congé des peintres et des dessinateurs. Les poetes et les prosateurs nous attendent.
C A U S E R IE S E IZ IE M E brouette a joué un role de plus en plus considérable,depuisleXIV^ siécle, dans la vie domestique, économique, militaire et artistique des hommes. II aurait été étrange qu’elle n’eút laissé aucune tra ce dans les lettres. De nombreuses pages, des articles assez longs, sont dédiés á la brouette dans les encyclopédies et dans certains A
La
brouette
dans
les
traités techniques, mais cette littérature spéciale n’est pas la seule, bien entendu, oú figure cet intéressant véhicule. Milton nous fait voir, dans le chant troisiéme de son Paradis pcrdu(./.), un vautour qui dirige son vol vers le Gange et l’Hydaspe, fleuves de l’Inde», mais descend dans «les plaines arides de Sériane oú les chinois, aidés par la voilettres.
S es
poetes.
Milton.
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE SEIZIÉME
le et les vents font rouler leurs légéres voitures faites de roseaux.» Ces roseaux sontlesbambous,dontlesfils de l’Empire du Milieu font probablement encore aujour d’hui dans certains cas et dans certaines régions les bras et d’autres piéces de leurs brouettes. Mais le poete de la brouette fut, avant Rostand, cet abbé D elille que ses contemporains considérérent comme l’égal de Virgile, dont il fut, on le sait, le traducteur. Son «Homme des champs» aurait été par trop ignorant s’il n’avait pas connu la brouette. Le maréchal de Vauban, lorsqu’il s’occupa de ce véhicule, le fit en termes infínement moins militaires, moins guerriers, que ceux des vers suivants: Non loin est un ruisseau, mais de ce mont jalous Le rempart ennemi le sépare de vous. Eh bien! osez tenter une grande conquéte! Venez! de vos sapeurs déjá l’armée est préte. Sous leurs coups redoublés le mont cede croulant.
535í
159
llons enfants de la brouette!
Le jour de gloire est arrivé. Au premier chant de l’alouette Combien de g^ns sur le pavé!
Au XIB siécle, Philippe Mousques disait dans sa chronique rimée, Philippe Augüsie: Karaites ont q u isses et cars Brourouaites, rlbaus soumiers Roncis et jument et caliers.
Dans le manuscrit de 1’Honeste Fortune la brouette figure'aussi dans ces vers du manuscrit l’Honeste Fortune: Car pour le repos j’ai enfollure Pour le beau temps j’ai engreslure Pour provisión des pouetes Pour charriois branlans b roettes. (Xm^ siécle.)
ROUETTE aux longs bras, qui gémit en roulant, Qui partout se írayant un faclle passage,
Du Cange, dans son Glossarium medice el infimce latinitatis, cite encore ce distique de Eill Quiart:
S’em plissant, se vldant, allant, venant cent fois, D es débris entassés, transporte, au loin, le poids.
Bien que leur origine so it peut-étre ancienne,les ateüersnationaux furent surtout en honneur en 1848. On y chantait, d’aprésLouisReyAllons enfants de la brouette!... baud, l’auteur des spirituels romans dont Jéróme Pafourot est le héros, cette parodie brouettique de La Marseillaise: Les
poetes
de
la
brouette.
Viandes mettre sur brouettes Et i! oist bruire charrettes (1304).
Vers 1908, le Monde illustré publia una sorte de légende en vers de M. Edmond Rostand, titulée La Brouette. Dans la causerie V//«(page 102), nous avons observé un ouvrier de la parabole évangélique de VAvare qui transportait des gerbes de blé dans une brouette. Celle de Edmond Rostand y transporte des gerbes de rayons de so led et ce poéte raconte ce miracle dans une centaine de vers: plutót plus que moins. Notre Seigneur et Saint Fierre descendent sur la terre, un jour d’hiver: Delille,
Mousques,
etc
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEIZIEME
160
«Saint Fierre eut bien voulu s ’asseoir au coin de l’átre. «Saint Fierre répétait: mais cette femme est folle.> >Fierre crie soudain: Maitre, fiis de nion roi, »Regardez, regardez, par ici, cette femme. >N’est-eIie pas stupide ou folie! Surm onám e, ♦Elle veut ramasser du soleil. Voyez-la. »Jésus íeva les yeux. Une vieille était lá,
>De ces vieilles des champs au dur profil de chouette» »Et cette vieille avec une énorm ebrouette ♦Essayait d’attrapper un rayón de ♦Soleil. ♦ Mais toujours, ♦Le soleil échappait de la brouette.... ♦ ♦Et Fierre s’esclaffalt ....♦ «Mais voici que Jésus, dont l’intérét s’éveille, ♦ S’approche et, doucement, interroge la vieille.♦
Elle lui répond que son petit-fils est malade. L’enfant lui a dit le «matin au réveil: ♦Je serais bien content si j'avais du soleil.»
Et alors Jésus, s’adressant á Fierre, Fenslf, ayant revé sur cette femme un peu:, «On ne sait», dit-il, «ce que l’amour des simples peut.»
Le
p o é m e
d e
R o s t a n d
«Soudain 11 s’arréta, «Fresque aussi confondu que quand le coq chanta; ♦Car la vieille á présent cheminait sous les branches ♦Et les rayons, dans l’ombre étincelaient encore, ♦Et paraissantpousser devant elle un tas d’or, ♦Sans s ’étonner la vieille, im passible et muette, ♦Emportait le soleil dans son humble brouette.»
La présence de la brouette, le rabelaisien .esclaffement» et l’attitude lourdotte et préaposlolique du «portier du ciel» égayent le recit. Évidemment ce conte n’a pas été écrit par Boileau pi Bossuet; mais il n’en est pas moins touchantet charmant. La brouette du poéte est á coffre. Celle de notre gravure est á claire-voie. Si notre véhicule ajoiiré retient les rayons du soleil la tocade delagrají, mére et l’éclat du miracle n’en paraitront que plus grands. Pauvre paysanne au coeur d’or! Sa folie et stérile poursuite a dú épuiser ses torces. Dans notre image elle vient de s’asseoir, fatiguée presque découragée. Si nous avions essayé de moiivementer notre dessin,d’une mimique plus ou moins vive, notre bonne femme y aurait eu, peut-étre, l’air de danser. Cette attitude agitée aurait pu nuire á la vraisemblance du songe de Rostand. Nous l’avons dit, la brouette pourrait logiquement figurer dans un monument dont TorganisateuF du corps du génie militaire en France, Vauban.serait le héros. Ce véhicule sera aussi á sa place dans le monument que ses nombreux admirateurs éléveront, probablement, un jour á l’auteur de Cyrmo. M. Rostand n’est-il pas le premier qui aitplacéune poésie sous l’épigraphe et les auspices de la brouet te? A ce propos on pourrait se demander si, enfaisant pousser á sa vieille une brouette, Rostand n'a cherché qu’á augmenter l’effet de la partie coinique de la scéne ou bien s’il a vu dans la brouette le cote artistique qui a attiré vers ce véhicule tant L a
b r o u e t t e
PREMIÉRE PARTlE. CAUSERIE SEIZIEME
de peintres. Si la grand’mére avait essayé de rete ñir les rayons de soleil dans sa jupe, par exemple, ou dans son tablier relevé, aurait-elle été plus plttoresque? La muse a probablement soufflé á l’oreille du poéte que la brouette, lorsqu’elle est dans le cadre qui lui convient, ne dépare pas un tablean. Répétons-le: si les Homére, les Lucréce, et les Virgile avaient connu la brouette on la verrait dans leurs poésies. Ces observateurs, ces artistes auraient-ils méprisé ce véhicule s’ils l’avaient vu por tan! des branches, des fleurs ou des fruits, dans les jardins de Priam, dans ceux d’Académus, ou dans les alléesd’une belle villa des environs de Rome ou de Capone? N’en auraient-ils pas dit un mot s’ils avaient vu la brouette dans le chantier d’un palais ou dans celui d’un temple en construction, vigoureusement poussée par un jeune et bel esclave gaulois, germain, parthe ou africain? Aprés d’autres M. Rostand a fait parler les bétes. Que ne chantet-il pas le premier la brouette qui travaille dans les clairiéres des bois á cóté des meules fumantes du charbonnier, et celle du débardeur des rives de la Seine, et celles des jeux athlétiques et funambulesques et celle des jardins, de la ferme et des vergers, et celle de la Chine et tant d’autres qui roulent dans des paysages aussi beaux que variés! II est vrai que la brouette ne saurait se plaindre et ne se plaint pas de Rostand; mais laissons les poétes et passons aux prosateurs. Nous avons, on le volt placé les poétes avant ceux-ci, ou plutót nous avons commencé par parler de ceux qui ont dit en vers quelque chose de la brouette avant de nous occuper de quelques auteurs qui en parlen! en prose. II fallait bien commencer ou par les uns ou par les autres. *
* * L’agriculture doit áux Hésiode, aux Virgile aux Columelle, etc., des ouvrages didactiques ou á peu prés. 11 n’existe aucun traité spécial de la brouette. Lfis p r o s a t e u r s
et
la b r o u e t t e .
Les
161
ni en vers ni en prose, traité qui d’ailleurs n’aurait pu étre écrit, croyons-nous, que dans les temps relativement modernes puisque la brouette, á notre avis, est en core jeune. Nous avons déjá dit (page 16) qu’il y a une grande quantité de textes épars auxquels on peut, avec de la bonne volonté, donner le nom de blbliographie brouettique. Dans la causerie précédente et dans celle-ci nous n’avons pas eu, nous n’aurons pas la prétention de citer les noms de tous les auteurs profanes (profanes quant á la technlque de la brouette, voulons-nous dire) dont la plume a tracé quelques phrases ou quelques mots ayant trait á cette volturette. lis en ont laissé ainsi, dans leurs écrits, sans chercher á le faire, quelques vestiges historiques. Des traces analogues d’objets qui ont joué un role quelconque dans la vie d’un peuple se retrouvent de cette fagon dans sa littérature. On pourrait, je crois, désigner, métonymiquement, sous le nom de vestiges historico-inconscients ceux de ce genre, souvent si Utiles. **❖ Parmi les prosateurs, les romanciers ont su tirer bon par;i de la brouette. Qu’on en juge: Deux déserteurs (les hommes á la brouette), dans les Aventures de ierre et de mer, du capitaine Mayne-Reid, prennent sur leurs épaules ce véhicule pour éviter d’étre trahis par la trace de sa roue. (Les deux filies du Squatter). romanciers.
Mayne-Reid.
162
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEIZIEME
établie sur les caiques qui font le Ser vice des passagers entre l’Asie et l’Europe; mais Jule Verne, s’inspirant probablement du souvenir des hauts faits de funambules célebres, fait franchir le détroit des Dardanelles, en brouette, á cet entété, sur une longue corde, tendue au-dessus de la mer. Les Aventures tirées des Voyages extraordinaires (publiés par J. Helzel etc.' nous apprennentnonseulement que Jules Verne, a beaucoup d’imagination, q u ’il est au ssi a m u sa n t qu’ingénieux; mais aussi, que cet auteur connaít mal l’histoire de la brouette européenne, á laquelle il n’accorde qu’une existence d’un peu plus de deux siécles, dans les Tribulations d’un chináis en Chine. «Craig et Fray, y dit-il, finirent par »découvrir un véhicule... c ’était une «brouette — la brouette de Pascal—, »peut-étre inventée, avant lui, par ces «antiques inventeurs de l’écriture, de la «boussole et des cerfs-volants.» II s’agit maintenant de la naissance, au XIX' siécle, d’une brouette dans une forét de l’Amérique du Sud. Un ingénieur des Voyages involontaires, de Luden Jules
Verne.
Lu.
Briart, vient de la construirre, et il la fait évoluer devant un monsieur aussi ignorant qu’incrédule. «Comprenez-vous, enfin» dit alors Mr. Pinson á Pablo, «qu’une machine qui 'permet á un enfant »de transporter oú bon lui semble un fardeau que »vous avez peine á porter, mé»rite autre chose que de la mo«querie?» (Les trois croquis de cette page oni été faits d’aprés des gravares des romans que nous venons de citer.)
«II a ma foir aison cettte in génieur des Voyages involontai res aurait dit Tartarin de Tarascón, dont l’attirail fut porté vers la gare sur deux brouettes quand il quitta sa ville natale. En Algérie d’autres brouettes l’attendaient, lui et ses bagages. Tant de brouettes devaient laisser dans l’imagination de Tartarin une profonde impression. Comme elle dut étre affreuse cette sorte de visión, ce songe, ce cauchemar oú il se vit fracassé, en lambeaux, au pied d’un précipice, ramassé dans une brouette, sous forme derestes informes etpantelants! (Tartarin sur les Alpes, Alph. Daudet). Victor Hugo, a souvent préché la bonté; mais il semble que ce poete philanthrope devenait peu ai mable quand il avait á donner des pourboires un peu répétés á des brouettiers. «Le plaisir», dit-ü, «dans sa X IT lettre du Rhin, »de voir toutes ces choses belles et curieuses... est «tempéré, il faut le dire, par la grave importuni»té du pourboire. Tout le monde en veut»... «an»dis qu’un autre dróle met le bagage sur une brou»ette, vous demande á quel hotel vous allez et »se met á courir devant vous, poussant sa brou»ette.» Quelle n’aurait pas été l’humeur du poete s’il se fut trouvé au Cap (Hai'ti) oú, d’aprés le récit d’un voyageur, cinq drdles s’emparérent de ses bagages et les placérent sur une brouette! Cinq pourboires á
Briart.
Víctor
Hago.
E .
Recias.
163
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEIZIEME
ce recueil, oü son absence aurait été déplorable, á un marin, á un capitaine de frégate. Ni Dickens, ni la navigation, ni Personne n’ignore dans le Royame-Uni que le la guerre, ni les lettres, ni les Sciences, ni p- septembre 1813 l’épique Mr. Pickwick et ses les arts n’ont aucun secret pour le saamis Wardle, Trundle et Winkle déjeúnérent et bu- voir et pour l’intelligence privilégiée de rent copieusement, sans la permission du maítre de notre parent et ami le Marquis de Macéans, á l’ombre d'un chéne, sur le gazon d’un gaz, l’un des savants traducteurs et anchamp appartenant au capitaine Boldwig, militai- notateurs d’un intéressant ouvrage itare aussi fat et soigneux que grincheux et brutal. lien sur la télégraphie sans fil. II nous L’amusante maladresse et l’insouciante et comique avait déjá signalé le texte brouettique imprudence des chasseurs avait failli, plusieurs de Gui de Maupassant auquel nous fois, rendre tragique la chasse qu’avait suivie Mr. avons fait allusion, á la page 49 de ce re cueil. Lorsque Magaz nous le cita de Pickwick dans une brouette. Les émotions de la journée, la chaleur, le punch mémoire, il y avait quinze ans que et les toasts plongé- l’exemplaire de Sur l’eau, oú il l’avait lu, rent le héros de Dic- gisait ensanglanté au fond de la mer kens dans un assou- des Antilles, en face de Santiago de pissement contre le- Cuba. Gui de Maupassant maudit la guerre. quel ne purent ríen ni l’inutile effort de Qu’aurait-il dit de celle de 1898 oú un mémoire q u ’il fit ennemi, aussi injuste et égoíste que puispour c h a n te r una sant, noya son livre malgré l’héroi'sme de vieille chanson, ni Magaz et de ses compagnons d’armes et la rigidité des plan écrasa l’Espagne, faible, abandonnée de ches de le brouette toutes les Puissances et la dépouilla en quifavorisérent l’im- Asie et en Amérique, d’un empire colo périeux besoin de nial dont la valeur est incalculable; em sommeil de M. Pick pire découvert, conquis, christianisé, ciwick, m ieux que vilisé par les espagnols! Maupassant n’auraient pu le faire les coussins les plus moel- préfére l’inventeur de la brouette á celui leux. Ainsi narcotisé, immobilisé par le rhumatis- des armes. Les bátons, les cailloux et les me et par la boisson, moulu de coups de báton, le couteaux, la corde et la strangulation malheureux dormeur fut, on le sait, conduit sur sa ont-ils commis, depuis le commencement brouette á la fourriére oú il se réveilla, enfín, ahur! du monde, moins d’homicides que les et lapidé par des gamins qui hii lancérent des quo- moyens de destruction les plus perfeclibets et des projectiles plus solides, parmi lesquels tionnés? L’invention des armes est belle et bonne, comme celle de la brouette. un oeuf et un navet. Le mauvaisusage des armes, des explo* sifs et de toute chose estseul mauvais. * * Les habitants d’Alost et ceux de Mos La brouette de Mr. Pickwick doit de figurer dans cou, par exemple (p. 52), qui voyaient distribuer! (République de Haíti. E. Reclus. Toar du Monde. 1879.)
¡dickens.
Gui
de
Maupassant.
Ar me s
e t
b r o u e t t e s
164
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE SEIZIEME
leurs richesses sur des brouettes poussées par des pillards auraient-ils pu, á
ce moment, bénir la mémoire de l’inventeur de cette petite voiture, si ingénieuse, si utile?
ü 'V S i m E S : 28iiO ü ¥TTiaU ES: C A U S E R IE D IX -S E P T IE M E A brouette a -t-e lle laissé aussi des traces dansla littérature espagnole?
Ne pas introduire, au moins, ce point d’interrogation brouettique dans ce recueil écrit par un espagnol serait impardonnable. N olis avons dit quelques mots du pabo ou vehicalum unías rotee attribué á l’Evéque de Séville (pages 21, 22, 23, 26 et 27). Dans les pages 39 et 40 nous avons parlé de la carretilla ou brouette, de la brouette des porteurs d’eau, des brouettes de Toléde, et indiqué que le mot carretilla ne figure avec le sens de brouette que dans la troisiéme édition du Dictionnaire de la langue espagnole de l’Académie fondée par Philippe V, ex-duc d’Anjou. La premiére séance de cette Académie eut lieu au mois de Juin de 1713, D. Manuel Fernández Pacheco, marquis de Villena, duc d’Escalona, fut, á cette occasion, en Espagne, ce qu’avait été, quatre-vingts ans plus tót, le cardinal de Richelieu en France. L a
b r o u e t t e
dans
la
L’Académie espagnole nous dit, dans la premiére édition de son dictionnaire, qu’en Andalousie (comme aujourd’hui á Saint-Sébastien (p. 40) on donnait le nom de carretilla á de petites charrettes. Dans cette méme province, d’aprés ce livre, publié en 1725, figu ren! plusieurs sighifications du mot corretón entre autres celle de: véhicule á une roue des émouleurs,et celle de: voi ture monocycle dont on se sert en Anda lousie pour porter de l’eau dans des to n n eau x . C ette brouette est du mé me genre que celles que remarqua á Ali Les nous des véhicules ont toujours'été victinisíi cante, le comte de toute sorte d’abus dus soit á la liberté, soit i 1 (v. p. 36). L e F e i i t J o u r n a l publia le grandessinpoi|' Lasteyrie (p. 24). chrome, d’aprés lequel a étéfaitce croquis, sousKf graphe:
U n e n o c e e n brouette.
Dans cette premiére édition de son Dictionnai re, l’Académie dit encore que carretón est un mot qu’on appliquait á une petite voiture á quatre petil i t t é r a t u r e
e s p a g n o l e .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
tes roues «sans rayons» aussi bien qu’á une gran de voiture sur laquelle se présentaient au public les acteurs qui jouaient les autos sacramentales (sorte de mystéres), le jour de la féte-Dieu, á Toléde. Trop souvent les lexicographes ont introduit, sans les peser, dans leurs glossaires et dictionnaires des mots qu’ils ont trouvés, bien ou mal appliqués, dans de vieux livres, unlquement parce que ces livres sont vénérables par l’áge ou parce que leur auteur (qui, dans bien des cas, n’avait pas cherché le mot propre et technique) passe pour étre un écrivain digne de ce nom. Goya est un grand peintre. La brouette de son émouleur constitue-elle un document technique? Pour justifíer le sens des acceptions du mot ca rretón, les collaborateurs du Dictionnaire de 1726 citent quelques phrases de différents auteurs, entre autres de Colmenares, de l’évéque et numismate D. A. Agustín, et de D. Francisco de Quévédo. Quévédo (1580-1645) se sert en effet (mais une seule fois) du mot carretón dans son ouvrage La fortuna con seso, c’est-á-dire la fortune avec cervelle. Le terme carretón était-il le mot spécial employé dansl’art de l’émouleur? Nous ne le pensons pas. Quévédo, croyons-nous, s’en sert, comme nous l’ávons indiqué plus haut, faute d'un autre. Nous-méme ignorant le mot servant á désigner, en frangais, le véhicule des gagne-petit, ne l’avons nous pas appelé, á l’aveuglette, brou ette de rémouleur et établi roulant d’émouleur ou de gagnepetit? A M a d r id plusieurs vieilles maisons de coutellerie, d’affutage et d’aiguisage sont frangaises; mais depuis un certain temps,dont il neseraitpas
difficile de rechercher et de préciser la date, le méCarretón.
La
piedra
et
la
165
tier de gagne-petit est exercé par des espagnols des provinces de Gallee et surtout de celle des Asturies. lis vont méme par groupes, souvent assez nombreux, en Amérique: á Cuba, á l’Argentine, etc. Deux d’entre eux (dontl’un avait été á la Havane) m’ont dit, répondant á ma question, que dans ces provinces en appelle la piedra, la meule et on donne au báti et á la grande roue en bois de l’établi roulant monocycle le nom de rueda, roue. Ce fait, entre parenthése, nous confirme dans l’opinion que: une brouette signifie, par synecdoche, une rouette. (Pages 92 et 93).
Produire une impression et étre compris sufit souvent á Ooya ív. L o s C a p ric h o s ). Peignit-11 son rémouleur á Bordeaux, oú ü vécut, ou en Espagne? Son homme est pittoresquement beau. La pierre et la brouette ont été peintes évidemmentde mémoire. La roue, trop petite, montée en porte á faux, seraít inévitablement écrasée par la meule, trop lourde méme pour un hercule.
Dans l’édition de 1914 l’Académie espagnole reproduit presque littéralement l’aríicle carretón de la premiére édition. Néanmoins les sens de ce mot ont beaucoup changé. Un carretón est peut-étre encore dans certains endroits une petite caisse portée sur des roues á rueda
des
gagne-petit
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
166
l’usage des culs-de-jatte, des enfants, etc. Dans beaucoup d’autres lieux «un carro», est un charrette, et un carretón devrait étre une grosse charrette. En général la désinence on appartient aux augmentatifs, en espagnol, comme la terminaison illa, illa correspond aux diminutifs. Exemple: carreta, charrette; carretilla, petite charrette; carro, chariot et charrette; carretón, grande et solide charrette pour le transport des blocs de pierre de taille, etc. (en maints lieux d’Espagne). Carretoncillo: petit chariot. Les académiciens de 1799 décrivent la brouette monocycle des émouleurs sans oublier le vase dont l’eau tombe goutte á goutte sur la meule. lis l’appellent carretón. Cette description minutieuse indique qu’il s’agit d’un appareil assez rare, assez peu connu, assez nouveau. 11 est probable que méme en 1726 le mot ca rretón ne fut appliqué qu’excepcionellement et faute d’un autre á la brouette des gagne-petit, et non pas par le peuple (le mot, dans ce cas, n’aurait pas perdu son sens) mais par l’écrivain auquel l’Académie l’emprunta, écrivain qui ayantá parlerde cette brouetten’avait pas trouvé un mot mieux approprié pour la désigner. La 1= édition du Dictionnaire de l’Académie est connue sous le nom de Dic cionario de Autoridades (Dictionnaire d’autorités). Le livre justifie en effet la présence de certains mots dans ses colonnes ainsi que la définition de ces mots á l’aide de citations empruntées á des écrivains ayant quelque autorité. En 1728, le Dictionnaire de l’AcadéDictionnaire
d ’A u t o r i t é s .
mie parle, avons-nous dit, des brouettes d’Andalousie pour le transport de l’eau. Y étaient-elles nombreuses et en usage depuis longtemps? Et celles d’Alicante dont Lasteyrie dessina l’image vers la fín du XVIIE siécle ou au commencement du XIX® ? La matiére brouettique est, on le voit, aussi vas te qu’inexplorée: elle n’est qu’entamée; elle renferme bien des points obscurs. Nous contentan! d’en indiquer quelques-uns nous laisserons á d’autres la tache de les élucider. Leurs travaux peuvont modifier notre opinión. Jusqu’á présent nous persistons dans cette croyance: la brouette n’a commencé á étre connue en Espagne que vers la fin du XVIII® siécle. Ajoutons que le terme carretón, ne signifie jamais brouette, dans ce pays, au XX® siécle (page 44). Ségovie est, on le sait, comme Avila et Toléde, une des vieilles cités historiques peu éloignées de Madrid. C’est une ville, fort intéressante. Son église métropolitaine est, dans l’ordre des dates, la derniére des grandes cathédrales construites en Espagne. C’est un temple superbe dont la Renaissance peut étre fiére. Sa premiére pierre fut solennellement posée et bénie le 8 juin 1521. D. Antonio Diego de Colmenares dans son Historia de Segovia (1640) raconte que tous les habitants contribuérent avec leur argent et leur travail á la construction de cette magnifique église. «Nobles et plébéiens», dit-il, pris d’une sainte émulation, offrant leur travail á Dieu, transportaient des matériaux. Pour bien marquer le caractére de l’entreprise, ils plagaient méme des cierges sur les pierres qu’ils portaient á l’aide de civiéres et de chariots (carretones). Le bonnet phrygien, par exemple, ou des cocardes tricolores auraient eu une signification symbolique analogue, placés sur les matériaux ou couvrant les débris de la Bastille, débris et matériaux que traínaient ou portaient sur des brouettes, sur des civiéres, etc. (page 65) des citoyens dont l’enthousiasme était mí*par des ressorts bien différents de ceux qui faiCarretones
et
cierges
al l umés .
167
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIÉME
saient agir les habitants de Ségovie. Ici, l’amour éclairé de Dieu et du prochain adoucissait les inévitables différences entre hommes et hommes; ici le Ciel, le travail fécond, une construction belle etbonne. La, la Terre, la destruction, la poursuite sanglante et haineuse de Timpossible égalité... mais quelle sorte de véhicules étaient ces carreto nes sur lesquels les ségoviens portaient pieusement des pierres et des cierges allumés? Colmenares n’était ni un architecte, ni un entrepreneur, ni un ouvrier: il était curé de l’une des paroisses de Ségovie. Le Dictionnaire de l’Académie cite Colmenares dans son article carretón. II serait impossible de déduire des définitlons de ce mot, données par le lexique de l’Académie, le genre de voiture auquel appartenaient les carretones de l’historien de Ségovie. Carretón, en tous cas, répétonsle ne veut pas dire brouette, bien qu’il ait été appliqué (accidentellement, capricieusement, croyonsnous), á la brouette des rémouleurs dans La fortuna con seso. Tous les chariots, méme le chariot pour apprendre aux enfants á marcher, sont des carretones oudes carretoncillos, d’aprés de vieux dictionnaires. Les carretones de Ségovie pouvaient bien étre des voitures á roues comme les diables des chantlers^ auxquels peut s’atteler un grand nombre d’hommes á l’aide de cordes. Pline parle de véhicules de ce genre, d’aprés Agrícola qui cite cet auteur dans son ouvrage de Re Metallica. Les galériens, de Toléde, dont nous avons dit un mot, faisaient usage de ce raéme procédé funiculaire de traction. Le rapport de M. A. Reus adressé au Marquis de la Torreci lla nous l’a appris (p. 40). P ar ordre de Godoy (lisez: Godo'í), le célebre prince de la Paix, on imprima en Espagne un périodique hebdomadaire (semanario; prononcez: sémane-ario) dont les numéros réunis forment vingttrois volumes. Nous n’en possédons que qulnze. On trouve á la Blbliothéque Nationale la collection compléte de ce Journal. Ce semanario, devenu rare, est fort intéressant. Les emprunts á des auteurs Carret ones.
Pline.
A g r i e o l a.
étrangers, surtout franjáis, y sont fréquents. Le but de la publication, adressée aux curés (párrocos)áts diocéses de la Monarchie espagnole était de fournir á ceux-ci des matériaux pour qu’ils pussent enseigner á leurs paroissiens l’agriculture et les arts útiles. Le Journal porte le titre de: Semanario de Agricultura y Artes. Son premier numéro correspond á la date du 5 Janvier 1797. L’invasíon de l’Espagne parles trou pes de Napoléon dut interrompre cette utile publication, en 1808. Dans son numéro du 17 mai 1798 le Semanario dédiaun peuplus dedeuxpages á la brouette. L’auteur de l’article dit aux lecteurs de ce Journal que Ton doit «aux mathématiques» les régles pour la construction d’une bonne brou ette. Cet écrit est, á notre avis, une sorte de traduction libre d’un travail étranger dont les gravures méme sont tirées d ’un ouvrage franqais. On y trouve quelques observations exactes, mais l’article «La carretilla» renferme les mémes erreu rs b r Oue tti q ue s,
SEMANARIO
qui, á n o tre avis, se trouvent dans bien R r JE s d’autres écrits, D ¡. E A K R O C o a e rre u rs que n o u s essayerons de signa1er etderéfuter d an s la troisiém e partie de ce recueil. Aprés d’autres om, 202X om, 127. auteurs frangals, le Semanario répéte qu’il y a des x)j?
AGa I c Vi TVn.í
ir ig id o
a
Semanario
lo
de
Agricultura .
168
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
brouettes á une, deux, trois et quatre roues. II est possible, qu’á tort ou á raison, on ait donné en Espagne le nom de carretilla, comme on a donné en France celui de brouette á des véhicules polycycles. Aucune de ces machines, c’est probable, n ’était pas, techniquement de la famille véhlculaire de la brouette ou carretilla monocycle, machine qui co ns ti tue cependant l’objet exclusif de l’article du Semanario. (V. p. 100 et p. 40.) II est vrai que le Se Brouette du S e m a n a r io . Tomo III. Planche n.° 6. manario, aprés avoir dit qu’il y a des brouettes, des carretillas á trois et quatre roues, atténue cette affirmation, qui lui semble sans doute un peu raide, en ajoutant que les brouettes á quatre roues sont plutót appelées carretoncillos: petit chariots. (D’aprés ceci, et c’est bien notre humble avis, le véhicule du carreau de Séville de la page 89 de ce recueil, serait done un carretoncillo). Le Semanario dit aussi aux curés, et ceci est exact,«qu’en Espagne» on se sert de brouettes spéciales pour le transport de l’eau, «dans des cruches». «Et dans des petits tonneaux»,aurait-il pu ajouter. Lasteyrie n’a parlé que des vases en terre. Avait-on déjá mentionné ce genre espagnol de transport dans quelque publication étrangére lorsque l’article du Semanario vit le jour? Nous l’ignorons. L’Académie, de Madrid, signalait, en 1726, avons-nous dit, l’usage dans cerBrouettes
des
porteurs
taines régions «de l’Andalousie» de véhicules monocycles porteurs de tonneaux. Si le rédacteur ou l’arrangeur espagnol de l’arti cle du Semanario en avait été I’auteur, s’il avait étudié pratiquementet personnellement, de visu, la brou ette, il n’auraitpas manqué, croyons-nous, d’indiquer et les lieux principaux et les villes d’Espagne oü ces brouettes pour I’eau, étaient en usage. L’emploi de ces véhicules n’était pas général en Espagne et ne s’y est pas encore généralisé. Lastéyrie eut bien soin de préciser. Les brouettes qu’il vit, avaient attiré son attention á Alicante, dit cet auteur, cet observateur. * ** Les principaux émouleurs á poste fixe de Ma drid, descendants probablement des gagne-petit ambulants, sont, aujourd’hui encore, ou franjáis ou d’origine frangaise assez rapprochée, connue par exemple, ceux de deux établissements d’émoula-
Nous pensons que seul l’auteur du rémouleur d’Antonio Puga est espagnol d’Espagne. Lethéatre déla scéne de son tableau, en tout cas, est croyons nous, comme celle de la toile de Velázquez, dite de L a s L a n z a s , dans un lieu quelconque des Flandres.
ge et de coutellerie de la rué d’Esparteros et des rúes de Hortaleza, Fuencarral, Luna et Colegiata.
d ’e a u .
Puga.
Les
émouleurs
frangais.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
Le gagne-petit frangais a méme éíé chansonné dans de vieux couplets populaires. Quévédo dans La fortune douée de cerveau, se montre protectionniste, comme ondiraitaujourd’hui. 11y fait rosser trois frangais, dont l’un est un gagnepetit qui pousse sur les routes sa brouette ou ca rretón Quévédo l’appelle ainsi. Les autres sont des marchands ambulants: ils vendent des souriciéres, et des épingles. D’aprés Quévédo tous trois contribuent á l’appauvrissement de l’Espagne. L’émouleur non seulement empoche l’argent du pauvre peuple espagnol, mais il use, en les aiguisant plus que de raison, les couteaux; obligeant ainsi leurs propriétaires á en acheter d’autres en France. A cette époque notre industrie était fort en retard sur I’étrangére. Celui-ci en profitait pour drainer tout l’argent et tout l’or qui venait en Espagne de l’Amérique. L’irlandais Ward conseillait, fort prudemment, á Ferdinand VI, pour éviter ce mal, de favoriser la fondation d’ateliers et d’usines nationales; car disait-il au roi la perte qu’éprouve l’Espagne du fait de ces achats á l’étranger« équivaut, Sire, á la perte, chaqué dix ans, de l’une des provinces de votre royaume.» Toujours est-il que le gagnepetit et le carretón de Quévédo Le Musée du Louvre posétaient frangais et que tout tend séde, on le sait, le gagne petit de David Teniers, á prouver que des frangais fule jeune, sujet du roi d’Espagne comme l’avait été rent les premiers qui exercérent son pére David, dit le vieux. Si l’établi rouen Espagne le métier d’émoulant bicycle et antique dont on trouve l’image leur ambulant et qu’ils y introdans le D ic tio n n a ir e d e s A n tiq u ité s, de Rich, est duisirent la brouette p o rte authentique (et nous n’en doutons pas, bien que meule lorsque ce véhicule ou nous ne connaissions pas la source de cette image) toute autre brouette n’avaient l’invention de ces véhicules porte-meule ne sérait pas encore de nom spécial en naturellement, ni flamanae» ni fran^aise, ni allelangue espagnole. Bien entendu niande, ni hispano-flamande. (P. 38.) la carretilla ne figure ni dans la premiére édition—1611—du dictionnaire de Covarrubias (Tesoro de la lengua española) ni danssa seCarretón de
Quévédo.
W ard.
Aniers
169
conde—1674—, de Noyens. (V. p.: La brouette en France.)
T o l é d e est báti sur une péninsule, sur une colline assez élevée enclavée dans une boucle du Tage. La ville au XVF siécle et au commencement du XVIF était populeuse. Le fleuve et quelques fontainesde la plaine lui fournissent l’eau. Une puissante machine éléve aujourd’hui celle du Tage. Les ániers porteurs d’eau et leurs ánes (dont le simple harnais devait étre du genre de celui dont on voit encore des exemplaires á Toléde) y étaient nécessairement nombreux. Cervantés, l’auteur de Don Quichotte, áanssa. nouvelle L ’illustre marltorne ou L’illustre servante (La ilustre fregona) fait jouer,á ces ániers et á leurs bétes, un role important. On ne trouve dans cet écrit la moindre allusion ni aux carretones ni aux brouettes des porteurs d’eau dont nous avons parlé (p. 24 et 40). C. Antonio Agustin membre longtemps á Rome du Tribunal de la Rote, Archevéque de Tarragone,hommefort instruit, numismate distingué, mourt en 1586. II était né á Saragosse. Dans ses dialogues sur les médaillesW dit qu’áRome, d’aprés Tite-Live il y eut des monnaies tellement de
Cervantés.
D.
A.
Agustín12
PREMIERE PARTIS. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
170
lourdes qu’on ne pouvait pas les porter dans la bourse eí que leur empli exigeait des sacs et des carretones. Evidemment ni Tite-Live ni le prélat de Tarragone ne songérent aux brouettes lorsqu’ils par ieren! du mode de transport de cette encombrante monnaie et encore moins aux brouettes des émouleurs. Carreto nes, ici, s’ignifie voitures,"Véhicules, etc. L ’É v a n g il e ne nous dit pas que le paralytique guéri par Notre Seigneur se servait d’un véhicule quelconque avant sa guérison. Dans deux ouvrages anciens, oú l’on trouve une sorte de paraphrase du fait raconté par les apotres, on suppose, implicitement, que le gra ba! (grabatum) du Nouveau Testament étaitplacé sur un chariot: carretón. (Fray Fernando Valverde: Vida de Jesu cristo. 1600; réimprimé á Barcelone en 1884. Meditaciones, del P. Luis de la Puente. Valladolid, 1605.J La traduction frangaise du P. Jennesseaux a négligé le mot carreídu-Méditations par le V. P. L. du Pont—2.e édn. 1899. L a B ib l io t h é q u e Nationale de Ma
drid posséde des manusc rits m erveil leux. On peut y ad mire!' un Missel suL f P flR íiL Y T i P p f ' ívfíHO, i r o Q u i s 7) ‘( X p r ‘ Í 5 CLUC D perbe ayant (0<'& C O u f C u i C s ) X V I f e S 'l f c L F OvflFKlfPñ'iTrnil-aMrKl ClSHERogj appartenu au fameux Cardinal Ximénez de Cisnéros (14361517), personnage auquel nous avons fait allusion á la page 56 de ce recueil. Notre croquis n’est qu’un indigne schéma trés réduit de l’une des magnifi ques lettrines de ce missel. On y volt u f
l
l
Carretón,
paralytique
et
le paralytique, couché dans l’hypothétique carretón OU carretoncillo, imploran! la bonté du Sauveur et lui demandan! la santé. Cette voiturette nous a été signalée comme pouvant étre une brouette, par l’abbé D. Martin de la Torré y Villar, tres aimable et trés érudit bibliothécaire de la section des Manuscrits. A notre avis ce petit véhicule á deux roues n’est pas une brouet te. Nons le retrouverons plus loin; mais avant de quitter la Bibliothéque Nationale de Madrid il ne sera peut-étre pas hors de propos de dire encore un mot, dans cette causerie consacrée á la brouette et á l’Espagne, du manuscrit Máquinas y arquitec tura militar, oú figure la brouette-rempart, ou brouette-bouclier. (V. page 57.) Nous pouvons considérer cet ouvrage, ce traité comme un livre á peu prés espagnol, moins parce que son titre apocryphe est en espagnol; moins parce que ce manuscrit est sur l’un des rayons de la Bibliothéque Nationale que parce qu’ll dut étre écrit ou plutot dessiné par un sujet du roi d’Espagne par ordre d’un roi d’Espagne ou pour un roi d’Es pagne. L’une de ses premieres pages est entourée d’écussons dont chacun porte, au dessous,l’une des légendes suivantes: Duche (duc) de Brabant. Duche (duc) de Luxembourg. Conte (sic) de Flandre. Duche de Gaeldre. Duche de Luxembourg. Conte d’Arthois. Conte de Hollande. Conte de Zélande. Conte de Namur. Conte de Zutphen, Seigneur de Frize. Seigneur de Utrecth. Margrave de Anvers. Seigneur de Malines. Seigneur de Owerysel. Si nous assignons á l’ouvrage la date de 1609 ces titres de duc, comte, etc., ne peuvent correspondre qu’au roi Philippe 111. Cette date, avons-nous dit, se lit sur l’un des canons dont les images se volent dans ce manuscrit: elle correspond á l’année oú l’Espagneperditles septprovinces des Pays-Bas. Les Flandres étaient encore, politiquement espagnoles. Le pére de Charles-Quint y avalt possédé le beau manuscrit orné de miniatures, Les conquestes de Charles Magne, dont nous avons dit quelques
Évangi l e.
Má qui nas
y
arquitectura
militar.
171
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-SEPTIEME
mots (page 53). D’ailleurs, nous l’avons indiqué, pour nous la brouette dut naítre dans les Flandres ou sur les bords du Rhin; entre le Rhln et l’Elbe. En tout cas les brouettes y abondaient, alors qu’elles étaient inconnues ou trés rares par tout ailleurs.
Lalssons aux chercheurs et aux érudits le soin de corriger ou de compléter cette causer/e.Dans d’autres nous retrouverons la brouette roulant en Espagne;,mais la brouette-de notre temps, la brouette contemporaine.
C A U S E R IE D IX -H U IT IE M E les auteurs des Mystéres, la brouette futlavoiture du diable. Ces dramaturges primitifs lui assignérent un role analogue á celui qu’avait joué jadis la lúgubre barque de Carón, le fameux nocher de l’Achéron. La brouette roula done sur les planches des trétaux au Moyen-Age. Moyennant le secours de la gráce, des anges et des saints te diable était souvent, alors, rossé sur la scéne par Thomme. Le diable y représentait les mauvaises suggestions, les mauvaises pensées, les mauvais passions. L’homme lui livrait des combats meurtriers oú la vertu, la bonne volonté et le repentir avaient finalement le dessus. Le démon ne perdjamais ce qu’il appelle probablementses droits. Aprés la bataille le diable recueillait ses victimes et les brouettait vers l’antre affreux. [OUR
(Histoire de la littérafure frangaise, par G. Théátre au XV.^ siécle. Hachette 1895.) La
brouette
au
Lanson. Le
théatre.
Nous avons déjá vu (Causerie cinquiéme, page 79) dans cet équlpage monocycle, charrlés vers l’enfer, trois contempteurs des avis de leur conscience et des secours de la gráce, trois pécheurs impénitents qui n’avaint cependant, probablement, ni tué ni volé personne, condamnés, malgré leur apparence et leur renommée d’hommes bons, d’honnétes-liommes, au feu éternel. L’un fut roi, l’autre évéque et le troisiéme qualifié parTissandier deplébéien, futpeutétre un noble ou un bourgeois. Le dessinateur Malatesta (dont le crayon évoque spirituellement et sou vent avec exactitude les choses du Mo yen-Age) a représenté, dans le Pélerin du 29 mars 1896, une scéne oü tes morts et les malades victimes de la peste sont emportés en brouette. Cette image pourrait, peut-étre, donner aussi une certaine idée des brouetteries diaboliques
— Brouette
des
mystéres.
172
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIEME
des Mystéres (figure 102, page 171). Lamiral, crurent trés spirituel de promener son caAprés une absence de deux cents davre dans les rúes, sur une brouette en criant ans ou davantage; aprés la Renaissance, «Vinaigre et moutarde á vendre!» (La Vie et le aprés avoir joué un role réel et sanglant trépassement de Caillette, 1572, cité par Havard.) dans un drame de la Ligue, aprés le sié- drame historique dont la ville de «Meaux en Brie» cle d’or des lettres frangaises, la brouette fut le théátre. réapparait au théátre oú lui échoit cette fois le role de boite á surprise, de deus ex machina. Sébastien Mercier dont le fatuité ne fut pas égalée par le succés qu’eut sa brouette au théátre, pensa que le fait d ’avoir été le pre mier, il le croyait, áfaire rouler cette voiturette sur la scéne constitue un trait d’héro'ísme littéraire ou plutót un trait de génie créateur. 11 méprisait trop et Racine et Corneille pour ne pas couvrir d’un dédain encore plus hauIn sp iré p a r C rem ier. tain les temps «gothiques» M.*. R t / a n k c o m m e i l n *x e n a p o i n t . du Moyen-Age. Jamais ne Pea m’importent les chefs-d'ceuvre de toas les Arts, pourvu que f ¿erase, serait venue á sa vanité la que je m’éléve, et que le chardon ne me manque pas. pensée d’avoir eu les précurO G e n s d e g o ú t re c o n n a is s e z la b é te ! seurs brouettiques dans cette (L'image, sans la légende; 0,"^ 25 X 0»”^18.) période de barbarie et d’ignorance. Au XVIII® siécle comme au XVI® les brouettes Les viNAiQRiERS ou «leurs gargons des vinaigriers étaient done garnies d’un tonneau et et ou travaillans» vendaient, dans les rúes de Paris de la moutarde qu’ils por- de moutardiers. Celle que fit rouler Louis Sébastien taient «dans des moutardiers de bois en Mercier au théátre, était de ce genre, á en juger par forme de petits boisseaux» au cri, du la gravure, du temps, que nous possédons. A tout selgneur tout honneur. Puisque ce recueil moins au XV® siécle, de: Vinaigre et moutarde ial (p. 109). Ce souvenir, cro- est consacré á la brouette on ne s’étonnera pas yons-nous, est indispensable pour goú- que nous ayons parlé de celle-ci avant de dire ter tout le gros et méchant sel de l’al- quelques mots de la comédie oú elle figura, sous lusion á la brouette des vinaigrlers, al- Luis XVI, et de l’auteur de cette comédie, dont le tilusion renfermée dans le cri de ces li- tre est: La brouette du vinaigrier. La filie d’un financier ruiné aime le fils d’un vigueurs qui, aprés avoir assassiné Josse Drame
brouettique
de
1572.
La
brouette
d u v i n a ig r i er.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE CIX-HUITIEATE
naigrier dont le petit tonneau roulant ca che les riches économies. Au moment opportun, le mystérieux trésor fait son entrée en scéne. Le tonneau tire-lire y est brisé et son contenu aplanit les obstacles que la vanité opposait au mariage des deux jeunes gens. Tel est, exposé en peu de mots, l’argument de La brouette du vinaigrier. L’auteur de cette comédie, Louis Sébastien Mercier, naquit á París en 1740. 11 nous apprend que le sujet de sa piéce de théátre est tiré d’une «aventure assez commune arrivée á París au commen-
173
r . j " Cí ■■■;\
i í 'Ai?
cement duXVIlP siéc!e...»etil ajoute«que lesplaintes sur de prétendues mésaliances ne sont ordinairement que leen de la cup id it é t r o ñ i pé e ». . . Kquetous ce q u i r approchelescitoyensest le ciment qui unit les nombreuses familles d’un véritable état».«Qu’on ne calomnie pas ma brouette, dit ailleurs ce déclamateur, elle renferme et cache l’objet des voeux ardents de tous les mortels.» «La brouette da vinaigrier. Draime en trois actes, par M. Louis Mercier; prix, 30 sois. A Londres et se trouve á Paris chez les libraires qui A r gu m e n t ,
thés e
et
prix
de
la
comédie
de
Mercier
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIEME
174
«vendent les nouveautés. 1775». (Biblioth. Nle., th. 2.346.) Cette comédie á thése, comme on diraitaujour d’hui, eut parait-il un grand succés. Mercier avait assez de goút, de tact et de géniale hardiesse pour remplacer par son vinaigrier et par sa brouette Ies héros de Racine et de Corneille qui, d’aprés ses théories, exposées dans ses Essais dramatiques, sont des personnages qui ne peuvent plus reparaítre sur la scéne et, tout au plus, bons pour un peuple d’enfants. Ce novateur écrivit «sur rimpossibilité des systémes de Newton et de Copernic et se varita d’avoir détruit ces théories, simplement ridicules-». Toutes ces sottises ne Tempéchérent pas d’étre membre de la Convention, du Conseil des Cinq-Cents, et de rinstitut, depuis sa fondation. II est vrai que Mercier, qui ne vota pas la mort du roi, mais son emprisonnement perpétuel, est un des historiens des moeurs parisiennes de son temps. (Tableaux de Paris.) * Le hasard, un prodigieux hasard, nous a fait connaitre et nous a rendu propriétaire d’un portrait satyrique de Mercier. Nous l’avons trouvé dans un cartón d’un marchand qui ignorad, bien entendu, le sujetde Testampe. Cette image est probablement rare. En tout cas elle doit étre peu connue. Le croquis de la page 172, en fait voir l’ensemble. Les gravures de la page 173 reproduisent des fragments, un peu trop réduits pour donner une idée tout á fait exacte de la finesse de l’original dont le dessin est impeccable. Aujourd’hui une telle corLes
o p i n i o ns
rection et une telle perfection dans l’exécution d ’une caricature sembleraient excessives, disproportionnées. Mercier est représenté dans cette estampe sous l’aspect d’un áne á tete d’homme. De trés longues oreilles caractérisent cette tete. Deux faisceaux lumineux, symbole de la sagesse et du génie, ornent aussi ses tempes de législateur, comme les deux rayons qui éclairaient le front de Moíse. L’animal fantastique de notre image porte un bát sur lequel et autour duquel sont attachés des plumeaux et des balais, et une étrille, Instruments nécessaires au nettoyage littéraire dont il s’est donné la mission. On y voit aussi un soufflet indispensable, probable ment, pour faire tourner les moulins qu’on aper^oit au loin, sur les coteaux. Le baudet pousse une brou ette. Les pots á moutarde et rlnscription «Au bon vinaigre» du tonneau que cette brouette transporte ne permettent pas le moindre doute: c’est la fameuse «Brouette du vinaigrier-». L’áne-centaure brise la roue de sa voiturette monocycle contre une pile de livres, placés devant d’appétissants chardons. Et, tandis que de ses pieds de devant elle fouie les cEuvres ;de Racine, Athalie entre autres, la béte á tete d’homme envoie des ruades au tablean «La Transfiguration», de Raphaeletelle salit grossiérement les plusbelles et les plus su blimes productions de l’art de la statuaire et de la sculpture, representées parla Croquis d’aprés D. R. Knight. 1; Arth. j Eisley 2 et. ? 3. tete de l’Apollon du Belvédére et par le traité de Vignole, ouvert á la page des colonnes des différents ordres de l’architecture classique.
s c i e n t i fiques
Si Mercier ne comprit rien á la Science des Code
Mercier.
La
caricature.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIÉME
pernic, des Képler et des Newton il fit du moins applaudir la brouette au théátre, á une époque oú l’apparition de ce véhicule sur la scéne sembla, a Ten croire, une nouveauté d’un réalisme audacieux, révolutionnaire, contraire au vieux conventionnalisme classique. Mercier se croyait done le créateur de ce qu’on appelle aujourd’hui le réalisme: mais le réalisme a bien marché depuis. S’il était aussi facile de faire des oeuvres d’art belles et finies que d’en faire de laides ou d’imparfaites, le réalisme, Timpressionnisme et le cubisme ne seraient aux yeux, méme de leurs inventeurs, que des passe-temps ou des tours de forcé et des jeux plus ou moins dróles ou ingénieux. En matiére d’artceux qui s’arrétent á mi-chemin ou en dehors du cheminet cherchent la notoriété et Toriginalité dans la bizarrerieprouvent ainsi qu’ils sontincapables de faire mieux que les maitres. Uncalligraphe voudraitil écrire de travers, avec des lettres inégales et in formes? Malheureusement, car leurs sophistiques théories font des victimes, les efforts des réalistes
Brouette du genre allemand mais avec pieds (p. 185.)
des lettres et des arts tendent á dépraver le goútdes acheteurs pour Taccommoder á leur genre de production. lis veulent effacer, á leur profit, les notions du vrai, du beau et du bon pour qu’on arrive á tolérer ou á priser ce que repoussesoit legoút, soitla Bizarreries
et l e u r
cause.
175
morale, soit l’un et l’autre. II y a mille manieres de faire mal un ouvrage quelconque: il n’y en a qu’une, dans chaqué cas concret, de le faire excellemment. II est done plus facile de produire une oeuvre d’art imparfaite ou laide qu’une parfaite ou belle; comme il est plus facile d’étre original en faisant différemment qu’en faisant mieux. Si le talent et l’étude avaient rendu Mercier l’égal d’un Racine, aurait-il tant péroré? Aurait-il essayé de prouver sa supériorité autrement que par celle deses propres oeuvres? L’apparition de la brouette sur la scéne á la fin du XVIIL siécle constituetelle vraiment un fait nouveau, risqué, audacieux? La perversión ou le raffinement du goút en étaient-ils arrivés á un tel point de précieuseté et de miévrisme que la seule présence de ce véhicule dans une piéce de théátre put paraítre une nouveauté dangereuse ou admirable? II n ’y a aucune raison pour que la brouette puisse effaroucher l’art et faire faire la grimace au goút. Aprés les auteurs des Mystéres du Moyen-Age des peintres flamands et hollandais et d’autres tres admirés, comme Lazzarini, ou Hogarth, avaient-ils craint, bien avant la naissance de Mercier, de faire figurer la brouette dans des tableaux de la vie réelle et dans des scénes grandiosos telles que celles du Déluge et de la construction de la tour de Babel? Pour nous il est hors de doute que si Caldéron de la Barca ou Lopé de Véga, par exemple, ou Shakespeare, ou Corneille, ou Racine avaient eu besoin d’une brouette pour une tragédie, pour une comédie, oú cette voiturette aurait été á sa place, ils n’au-
Nouveauté
dangereuse
o u sa ge?
176
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIEME
raient méme pas hésité á l’y faire figuren
sais oú, sur une brouette. II y a loin de la coupe aux lévres. Les auteurs furent obligés de cherEn affrontant les feux de la rampe cher un autre moyen de transport. La malle et la brouette de Mercier fut-elle vraiment le reste n’émurent pas les spectateurs: mais la héroíque? fut-elle téméraire ou coura- brouette, si. L’attitude indignée et menagante de la geuse? Les applaudissements du pu- salle obligea la direction du théátre á supprimer la blic semblent prouver que celui-ci ne cause de la tempéte. La brouette ne reparut plus devait pas se trouver dans un état d’á- sur la scéne les jours suivants. Au bureau de locame hostile á la brouette, du moins á cel- tion du théátre d ’Apollon on me dit que le fait le des vinaigriers. En aurait-il été de que j’avais lu dans le journal est exact. L’un des méme s’il se fut agí de la brouette des auteurs de la piéce fit la méme réponse affirmative ardoisiers, des charbonniers ou de celle á une personne qui l’lnterrogea de ma part. des jardiniers, par exemple? Le public crut-il que ce mari ne méritait «ni cet excés d’honneur, ni cette indignité»? Le transport La mentalité d’une salle de spectacle sur brouette lui sembla-t-il une intolérable aggrasemble quelquefois étre sujette á des vation de l’offense? je ne vois pas la nuance. Que pouvait bien faire á ce malheureux, une fois enfermé lubies. dans la malle, qu’on le véhiculát sur une brouette ou autrement? Le public voulut-il éviter á la brouette une besogne qui lui parut indig ercredi 20 avrii ne de cette pauvre mais hon1910 fut jouée á Ma néte voiturette? C’est peu drid pour la premiére probable. A Madrid, comme fois, au théátre d’A- ailleurs, la brouette ne jouit polo, au bénéfice de pas encore du respect, de l’esl’actrice Marie Palou, time et du prestige qu’elle une petite piéce: El mérite. Mais alors? Mystére? amo de la calle (Le Un parterre de rois, d’hommes du monde, de gens maítre de la rué). ’ M. M. Arniches et instruits et intelligents, sürs d’eux-mémes et des regles López-Silva sont les auteurs de ce «saznéfé» M. M. Calleja et G arda- du goút aurait regardé cette brouette avec indifféAlvarez en ont composé la partie musi- rence. Un parterre de brouettiers aurait peut-étre vu dans ce moyen de transport une allusion. Les ap cale. ( Saynéte.) Je lus dans je ne sais quel journal plaudissements ou les sifflets d’un meneur auraient, le compte rendu de la premiére ú’El amo facilement, fait siffler ou applaudir á ces hommes. Pour ceux qui ne le possédent pas naturellede la calle dont l’un des roles est celui d’un mari outragé qu'on a, par-dessus le ment et qui ne voient pas oú commence et oú Añi marché, enfermé dans une malle. Selon le bon ton, la recherche de la distinction constitue le plan des auteurs de la pléce cette cage souvent une obsession et un travail; généralement improvisée devait étre transportée, je ne stériles. Dans les réunions, au théátre ces malheuLa
brouette
au
théátre
d ’A p o l l o n
á
Madrid.
My s t
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIEME
reux cherchent á faire concevoir d’eux á des voisins inconnus une opinión favorable. Si des chuchotements, des toux ou d’aütres manifestations émises par des personnes qu’ils considérent compétentes ou de bon goút leur font s’imaginer qu’on leur sert un spectacle qu’on n’oserait pas offrir á des gens de distinction et du meilleur monde, gare á l’auteur, aux acteurs et á l’administration du théátre! Vanité, ignorance, perversión du bon sens, moutonisme de Panurge. II est dommage qu’il ne soit pas aussi facile d’agir individuellement avec sagesse que de faire follement ce qu’on voit faire aux autres. Fouler c y n i q u e me n t aux pieds les préceptes les plus élémentaires de la conscience, de la religión et de l’éthique, bafouer un mari et le coffrer dans une malle avaient paru des exploits du goút le plus pur et raffiné. En revanche un fl done! un la, lá! ou un coup de sifflet, peut-étre mal interprété, déchaina proBrouette de Venise. bablement le vacarme dans la salle de spectacle du théátre d’Apollon et y fit crien haro sur la brouette! Ce fut alors: Un haro général Sur ce véhicule Q rotesque, ridicule, D ’oú venait tout le mal.
L’un des auteurs de VAmo de la calle déclara á la personne qui Vinterviewa de notre part que s’il n’avait pas eu des collaborateurs accomodants, s’il avait été le seul maitre il s’en serait tenu á l’énergique quod scripsi scripsi du faible Pílate, refus plus bref mais moins clair que le fameux: sint ut sant aut Moutonisme. Sus á la
brouette!
177
non sint c’est-á-dire: «qu’elle soit comme elle est ou qu’elle ne soit pas». Ce collaborateur n’aurait ríen changé á la piéce. Celle-ci serait tombée; mais la brouette n’y aurait pas joué le róle de boucémissaire. II est done possible que Mercier se rendant compte de ce que sont les masses et connaissant mieux que nous le public de son temps, crut avoir fait quelque chose de grand en lui imposant sa brouette. Mercier eut de la chance, aprés tout.
XVIS siécle. Brouette allemande d’Agricola. (V. p. 83)
de frapper juste; car, naturellement,iln’y a pas de régle fixe lorsqu’ils s’agit d’humeur, de caprice, de bétise et d’ignorance, surtout d’ignorance. *slí» On l’a vu, si un mari brouetté ne dit rien qui vaille, par contre une épouse promenée triomphalement par son mari dans une brouette, sur la scéne, fut un spectacle qui porta, nous le verrons, vers ce trio brouettique les applaudissements du public, dans un théátre de Venise, en 1895. Cependant, la brou ette est á Venise la rivale de la gondole. Comme nous le fitobserver le comte de Ribadavia, la brouette en effet est probablement la seule voiture qui roule dans cette ville, patrie de Grégoire
Pile ou f a c e .
La
brouette de
Venise.
178
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIEME
Lazarini, I’auteur du Bacchus brouetté. On composait á rimprimerie les lignes qui précédent (2 mai 1915) lorsqu’on nolis a dit qu’une compagnie italienne chante á Madrid au Teatro Es pañol, l’opérette Amor di tzingaro, de Lehar. Le public y voit, avec plaisir rou1er une brouette. La distance entre ce théátre et celuid’i4po/o doit étre inférieure á cinq-cents métres. Id, des siffets; la, des applaudissements.
les possédions pas encore lorsque nous fimes taire, il y a longtemps, le dessin 23 d’aprés une héliogravure de la toile de Coéssin (p. 66). Sous le rapport historique Tintéret de ces images A et B n’est pas moindre que celui de la superbe gravure de Monnet, peintre du roí, représentant la tete de la fédération; mais au point de vue de l’art elles n’ont aucune valeur. Leur dessin, en revanche et leurs légendes, dont quelques-unes grossiéres, traduisent bien les sentiments de leur auteur et représentent la scéne du champ de Mars telle qu’il désirait qu’on la vit. L’exemplaire B de notre collection a été privé
**❖ Le méme jour et du méme coup le hasard mit entre mes mains la .Jñ'iWíl ’ltvVuJi dít fíh (3L 1^0- C3^. ¿70L ca, brouette de 'Wheatley (page 150) ttíxyaii&otj et le portrait et la brouette de Sébastien Mercier etdeux images poCite' pulaires et révolutionnaires, A et B, représentant les préparatifs de la tete de la Fédération. Leur auteur y a fait figurer dix-sept brouettes. Ce nombre additionné á celui des précédentes donna un total de dixneu} brouettes documentaires trouvées á Pau, un jour oú, de SaintSébastien, j’étais alié passer quelques heures dans la ville Béarnaise pour une affaire qui n’avait aucun rapport raisonnable avec Mercier, ni avec la tete du Champ de de l’inscription, probablement vilaine, qu’il portait Mars, ni avec la brouette! en haut, au-dessus de la ligne qui l’encadre. Les Nous ignorons les sources oú Coes- ciseaux d’un de ses possesseurs l’ont retranchée sin de laFosse puisa lesmatériaux de sa presque totalement et ce qui en restait fut soigcomposition historique Louis X V I et la neusement recouvert d’encre. Cette inscription deféte de la Fédération. Connaissait-il les vai tétre digne de celle qui lui faisait pendant. No images A et B, oú figurent quatre capu- tre petite photogravure n’a pas rcproduit celle-ci. cins, lorsqu’il peignit son tablean? Elles Pour les rendre plus visibles nous y avons tracé, audurent étre dessinées etgravées á la háte dessous de la ligne horizontale supérieure, les paro pendantl’exécution des travauxdu champ les qui sontsenséesétre prononcées par les personde Mars ou peu de jours aprés. Nous ne nages qui figurent dans l’original. Dans celui-ci Sifflée et applaudie.
Une découverte. Moines brouet í ant s. Les épigraphes.
7
(Colotiíe.)
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIÉME
elles sont placées á cóté de ces personnages, ou devant, comme si elles sortaient de leur bouche. Parmi ces figures un abbé de sa main gauche soutient sa traíne. II travaille chargé d’une hotte. Une minee et minuscule calotte couvre á peine une partie de sa tete tonsurée, que défend un parasol centre les rayons du soleil. En bas, á gauche, un citoyen dont le chef est bien protégé par un chapean á larges ailes, dit (ou chante á l’abbé, sur l’air du ira, (a ira, les aristocrates á la lanterne): «A bas le parasol et g.a ira mieux.» Le comte de Ségur raconte que lorsqu’il revint
(Coloriée.)
á Paris, de Saint Pétersbourg, oú le surprit la nouvelle de la Révolution il observa que des trois abstractions, Liberté, Egalité, Fraternité, dont les noms couvraient les murs, l’Egalité seule avait, dans le peuple, de vrais dévots. La légende inférieure, hors-cadre, de chacune des deux gravures est un peu longue surtout celle de l’image A. En voici quelques phrases, dont nous respectons l’orthographe: «des Citoyens de tout age et de tout état se sont presentés pour accélerer les travaux et c’est vraiment admirable que le zele avec lequel ces bons Patrióles ^
h as
le p a r a s o l !
De
Ségur.
179
employent la pelle, la piache et la brouette... toas... les habitants de Paris et méme des envitons..., hommes femmes et Enfants et toas les Ordres Réligieux ce sont employés á ces penibles Travaux... et le refrain chirle de tous ces bons frangais était, Ahí ga ira, ga ira, etcette chanson patrióte était le délasement de tous ces infatigables travaileurs...^ Si on en ignorait le sujet on aurait pu donner au spectacle que représentent les images A et B le titre de: La féte des brouettes. C’était plutót la féte des malins, des sots, et des aveugles. Le champ de Mars en était le théátre. Dans toutes les révolutions politiques modernes il y a l’auteur ou les auteurs, la salle de specta cle, et de sombres coulisses; les décors, les travestissements, et la scéne. Sur celle-ci,fardés, vétus de costumes empruntés, ou le visage couvert d’un masque, les acteurs cachent habilement leur personne, leur intérét propre (et sur tout celui des auteurs) sous de beaux discours. Sur la scéne ils sont généreux: ils ne travaillent que par amour de ¡l’art, pour la gloire de cet art, pour l’humanité. La salle révolutionnaire de spectacle, bien peinte et dorée, ornée de fleurs, peut offrir un coup d’oeil artistique et méme pittoresquement beau. Moralement, philosophiquement, en général, tout cela est déplorablement láid. La population sage et utile de la cité, aprés le labeur de la journée, fatiguée, ne songe qu’au repos: elle n’est pas dans le théátre oú personne ne pense á elle. Les spectateurs y forment une masse igno rante ou pire. Ils sont le nombre aveu-
Le t h é á t r e
de
la
Révolution-
180
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE DIX-HUITIÉME
gle, amorphe, absurde. lis admirent, ils honnissent, ils crient, ils se croient maítres de leur raison et de leur coeur qui cependant obéissent aux suggestions de l’auteur invisible de la piéce, et aux meneurs et aux gens de la claque habilement mélés et distribués dans la salle, gens qui rient dans leur barbe en voyant comme il est facile de donner le change, de cacher le jeu et de tai re prendre des vessies pour des lenternes. Le public avale tout. Les sophismes et les mensonges n’ont pas besoin d’étre hábiles, ingénieux. Quelques femmes, quelques moines poussaient des brouettes au champ de Mars. On pourra done imprimerque toutes les femmes, que tous les moines y poussaient des et brouttes. On le croira. La masse des citoyens ne se de mande pas si les réformes qu’on leur offre, executées par d’autres, plus savants, plus honnétes, plus aptes, ne seraient pas plus réalisables, plus désintéressées, plus viables. Cette masse ne veut pas comprendre que les révolutionnaires détesteraient la révolution et les r'éformes qu’ils préchent si la révo lution et ces mémes réformes devaient, se taire par d’autres qu’eux et satis eux. Elle ne comprendra pas que toute la philosophie de la plupart des mouvements révolutionnaires se réduit á la formule:
Ote-toi de la que je m’y mette. On peut en dire autant de la p h i l o - ______________________ sophie de beaucoup des partís politiques. II est presque évident que Sébastien Mercier dut prendre une part active aux préparatifs de la tete de la Féderation. (Cequi rapproche les citoyens n’est pas toujours dubon ciment, p. 184.) Si Mercier ne poussa pas lui méme une brouette au champ de Mars, ce qui n’est pas prouvé, il est plus que probablequ’en y voyant tant de brouettes il dut songer á la sienne.Il est probable qu’á ce moment il dut attribuer á celleci et á son propre génie et á ses doctrines et á sa propagande legermefécondqui avait engendré ces pré paratifs. Sa Brouette du vinaigrier n’était-elle pas un instrument d’apostolat et un symbole? N’avait-il pas écrit «que tout ce qui rapproche les citoyens est un vérltable ciment dans un État véritable et que ce qu’on entend par mésaliance n’est qu’un mot hypocrite in venté pour cacher une vilaine passion? Jours splendides, jours de triomphe durent paraitre á Sébastien Mercier ceux oú il vit enfin au champ de Mars l’aurore d’une ere nouvelle, toute d’amour, de fraternité et de bonheur. La, devant ses yeux, il avait les classes sociales confondues, en apparence, dans une aspiration commune et comme soudées les unes aux autres par son fameux«ciment».
A v e u g l e m e n t . Me r c i e r , s a b r o u e t t e
e t l a f é t e d e l a f é d é r a t ion.
wre r n un
l T o- t o n
o- ^ t £ ) Hogarth. Le docteur Faustus (p. 184).
Ü 'U S IR ÍE S : 2SR 0 y t T t Sa u i s
C A U SER IE D IX -N E U V IE M E A délicatesse est une fleur: la fleur
des bons et nobles sentiments. Un rien lui fait perdre son parfum et ternit ses couleurs, un den la fane l’étiole, la flétnt, la desséche. La pede de la délicatesse, c’est-á-dire la pede du respect de soi-méme et de celui des autres, la pede de la honte, de l’honneur, de la pudeur, est le premier degré menant au crime. On n’arrive á celui-ci que graduellement. D’aprés Milton le démon prépara le terrain soigneusement, savamment. Sous la forme d’un serpent il apparut á Eve en reve, pendant plussieurs nuits. Celle-ci finit par s’habituer á sa présence et par trouver naturel qu’il lui parlát. II excita d ’abord la curiosité d’Eve. Peu á peu il fit naítre en elle le désir et il attisa le feu de cette passion. Sophistiquement il écarta les objections de la conscience et vainquit les Enseigite de la foire de Southw ark scrupules. En face de la réalité, la satisfaction de la brülante curiosité parut légitime et honnéte á Eve ainsi préparée. Cette malheurese succomba des qu’elle fiit sous l’arbre. Une faute d’indélicatesse, d’ingratitude, plutót qu’un crime, causa le malheur des homines. Adam et Eve se moquérent égoi'stement du désir et des En
Angleterre.
La
brouette
indications paternelles d’un Etre sublime qui n’aurait dü leur inspirer que le plus grand respect et le plus grand amour. Tout bien considéré, méme ou surtout les fautes vénielles devraient paraítre odieuses et d’autant plus laches, á une conscience et á un coeur délicats, que leur peine est plus légére. L’amour de Dieu, leur créateur, leur maitre, leur pére, a fait agir les saints bien plus que la crainte du feu de l’enfer. Dans l’histoire de la chute de l’homme le décor est trés beau; les personnages y sont grands et intéressants. II n’est pas étonnant que le sujet de ce fait biblique ait de bonne heure attiré l’attenttion des dramaturges et des poétes, celle de Milton par exemple. La présence de la brouette dans son Paradis perdu n’est pas déplacée das un poéme oú méme les anges et les démons se livrent des combats ou l’artillerie fait entendre sa voix et lance des boulets. Nous ne connaissons pas suffisamment l’histoire de la littérature d’outreManche pour oser émettre une affirmation sur le rdle joué sur la scéne anglaise du Moyen-Age par la brouette. Ce rSle proau
th é á tr e
et
ailleurs
182
PREMIARÉ PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIÉME
bablement fut le méme qu’en France (p. 171).
des tableaux est placé au-dessus de l’autre. Le tableau du haut représente le paradis terrestre, l’arbre de .la Science du bien et du maf, le serpent, et Adam et Eve commettant lepremier peché. Le chátiment est figuré dans le tablean inférieur sous une forme plus ou moins drolatique, allégorique et allusive. Le Dante a mis quelques-uns de ses ennemis dans son Enfer. 11 se peut que Hogarth, toujours facétieux, ait¡ placé sur la brouette diabolique (poussé par Punch ou par le grand-pére de ce personnage) l’un des héros de Butler, un presbytérien ou un puritain, par exemple. Toujours est-il que cette malhereuse brouette va droit vers l’antre flamboyant de Satan; gouffre représenté par la gueule d’un monstre affreux, attendant impatiemment sa prole.
L’amour de la traditlon a été Tune des forces du peuple anglais ou, si Ton veut, Tune des caractéristiques de sa for cé. Jusqu’á ces derniers temps les an glais ont aimé et res pecté c e qu’avaient goüté ou respecté leurs peres. En voyant de l’autre W kS't^f coté du déf-íiM A) <2- - <üEj / i :fA0^^«rsti^ít^í ÍA-^tH^uL’enfer a souvent été figuré sous cette méme troit une br o u e t t e forme symbolique par les artistes du Moyen-Age. remplir, au Un bas-relief de l’une des entréesde la superbe Moeurs nouvelles anglaises. XVllF sié- cathédrale espagnole de Léon est un des nombreux cle, le role attribué en France á la brou- exemplaires de cette vieille et terrible allégorie. ette diabolique des Mystéres on peut Onpeut en voir un autre du XIIF siécle, á Troyes, done, raisonnablement, se dire que dans en France, dans l’Eglise de Saint-Urbain. les siécles précédents, d ’autres brouet❖ .1:^ tes avaient dú jouer ce méme róle dans William Hogarth, né en 1697, est le peintre des la patrie des Milton et des Hogarth. Hogarth n’est certes pas un dévot ni scénes de la vie politique et sociale, et des moeurs, un mystique; mais il ne semble pas pas toujours bonnes, de son temps. Hogarth fustige avoir été un sectaire bilieux, ni un im volontiers l’lvresse et la paresse, la superstition et le pie, puisqu’il a méme peint quelques fanatisme. On sait le sens de ces deux deniers mots sujets religieux. Cet artiste ne devait in- chez les protestants et chez les esprits forts. Sous venter que l’ordonnance et l’arrange- prétexte de corriger les mauvaises moeurs, Hogarth ment de ses tableaux lorsqu’il y peig- retrace des scénes ríen moins qu’édifiantes qui nait des théátres et des scénes de la vie parlent quelquefois trop peu décemment aux réelle. II est évident, par exemple, qu’il yeux. a «photographié» la foire de Southwark Hogarth est assez connu en Espagne, du moins et les tableaux enseignes des baraques par les bibliophiles. J’ignore s’il se fit spontanémment de cette foire. L’une de ces enseignes, plus haute nilustrateur de Don Quichoüe de la Manche ou si que large, est de forme rectangulaire; quelque éditeur lui mit le crayon dans la main. II est c’est une sorte de grandiptique dont l’un certain que si ce fin observateur avait connu l’Esl ’ e nf e r
e n
b r o u e t t e .
Wi l l i a m
Ho g a r t h
183
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIEME
pagne, son illustration du chef-d’oeuvre de Cervantes serait aussi intéressante que celle de Hudibras le poérae héroi-pomique de Butler. Le drolatisme sérieux de ce peintre, de ce dessinateur, de ce graveur, est d’un excellent comique. Cet artisteestaussi spirituel et amusant que bonobservateur. II est méme tres spiri Adroitc une mére allaite son nourrisson avec de l'eau-de-vie, etc. tuel et tres amusant: mais néanmoins cet «humourist» ne figureraitpas dans ce recueil (oú l’absence de son souvenirseraitimpardonnable) sisón crayon ou son burin n’ava ie n t pas tra cé d’a ssez nomb re u X portraits de brouettesdela premiére m o i ti é duXVIIL siécle. II mo u r u t en 1764.
ríffillHe
Execution capitule a Tyburn.
chés oules placespubliques d’innombrables figures parmi lesquelles nous sommes allés chercher la brouette. Perdu dans la foule, ce véhicule n’a probablement pas attiré, jusqu’á présent, d’une fapon spéciale l’attention des admirateurs de l’oeuvre de Hogarth, précieuse pour eux, mais á d’autres titres que celui qui donne entrée, de droit á ce peintre dans notre ouvrage. Hogarth peut étre considéré comme l’un des historiens de la brouette. *** Nous avons dit un mot et méme donné le portrait de quelques brouettes municipales, aux pages 82, 114 et 115. A la page 109 Job nous a fait voir un balayeur parisién de la fin du XIX® sié cle pour qui la gene et le publlc ne comptent pas. Dans un coin de la gravure, oú Hogarth représente la fameuse procession du nouveau maire de la Cité de Londres, l’artiste a placé un bala yeur des rúes. Cet agent municipal londonien du XVIII® siécle ne dérange personne. II souléve respectueusement le bord de son chapean lorsque le carrosse du Lord Mayor passe présde sabrouette.
SeS ta
bleaux sont, on le sait, peuplés comme Ies mare s
b r o u e t t e s
a n g l a i s e s
Hogarth a peint, gravé ou dessiné bien d’autres gravures dont deux ont un rapport assez étroit avec les mceurs de son temps: par exemple celle de Tyburn. On y conduit, sur une charrette, au dernier supplice un malheureux que la paresse a mené au crime. Les fllous profitent de toutes les occasions, surtout de celles qui, á leur avis, doivent absorber l’attenttion du public. Caché dans la foule venue pour voir d e
W.
Hogarth
184
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIEME
Texécution du paresseux, un autre paresseux, placé entre l’alternative de ne pas manger des oranges, faute d’argent, ou de les manger gratuitement, essaie de voler une marchande de fruits. Celle-ci faisait bonne garde sur le contenu de sa brouette: elle cloue cinq de ses ongles sur la figure du filou. La lutte entre cette femme et le voleur rappelle le combat livré entre une acheteuse de vinaigre et un vinaigrier au XVIL siécle, dans les mes de París. La brouette du vinaigrier fut renversée: celle de la fruitiére anglaise va peut-étre souffrir le méme sort de celle des ambarras de París de Guérard (page 109 et 180.) Hogarth nous a laissé des tableaux intéressants des ambarras de Londres au XVIIP siécle, mais je ne crois pas que la brouette y figure. On la voit, cependant, dans «La radie», tres fréquen-
tée, mais allégorique «de l’eau de vie», en face de la meurtriére distillerie de Kilman. Un buveur impotent et impénitent s’est fait rouler dans une brouet te jusqu’á la porte de cette distillerie. On le sert charitablement en pleine rué. Cette coquine d’eau-de-vie! un jour, plus tard, elle clouera, aussi, traitreuseLes
ment sur une brouette Mr. Pickwick qui pourtant l’aimait bien (page 163.) La marchande de Hogarth qui prés de la Porte de Burligton vend les piéces de théátre comme vieux papiers, bons uniquement á en faire des cornets pour les boutiques, se sert d’une brouette du genre de celles des balayeurs de la City. Hogarht voulut accentuer l’oubli méprisant dans lequel ces écrits (entre autres ceuxdeSchakspere (sic) étaient tombés depuis que le docteur Faustus accaparait le public. II est done naturel que la verve s at yr i que de Hogarth, choiBrouette de balayeur. sit p o u r le transport de ces papiers le véhicule rappelant le plus possible la brouette servant á débarrasser la rué de ses souillures. Les brouettes des balayeurs de Londres en 1723 étaientáfond et brancards courbes (v. p. 180). Trois des cótés de leur caisse étaient courbes aussi et évasés. La courbe et l’évasement du front, plus prononcés que ceux des parois latérales, surplombaient au-dessus de la roue. Nous avons fait suivre d’un sic le nom de Sha kespeare pour indiquer que nous l’avons copié fidélement dans l’estampe de la Porte de Burlington. J’ai lu, je ne sais oú, qu’il existe un opuscule dont le titre est, ou á peu prés: Les quatre mille manieres (je cite de mémoire) d’orthographier le nom de i’antear de Hamlet. Nous avons vu la brouette contribuant á l’extinction d’un incendie dans la causerie XP (page
ce u v r e s de S h a k e s p e a r e
sur
un e b r o u e t t e
de H o g a r t h
PREMlltRE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIÉME
126). La brouette de VIncendie, de W. Hogarth, est du type allemand du XVI^ siécle; du genre, par tan!, d’AgricoIa et de celles, plus modernes, de Rey nolds et de Morland (pages 83, 84, 117, Í18, 150). Des brouettes analogues figuren! aussi dans la Radie de l’eau-de-vie, dans VEyécution d’un paresseux á Tyburn e! dans le Jardín royal du temps qui court {Times ofthe day). Les broueües de ce genre devalen! done é!re communes en Angle!erre au coramencemen! du XVIIL siécle. Elles son! encore nombreuses en Allemagne. Le plan horizon!al du pla!eau de la broueüe de \’Incendie es! de forme légéremen! !rapézoidale: son coffre es! plus large devan! que prés des poignées. La broueüe de la Foire de Souihwark es! une broueüe comme celle de nos jardiniers: assez semblable par conséquen! á celle, du collége de Rug by (p. 118). ** II y a quelques années la broueüe reparu! au
A gauche. Femme-pouleácótédel’é-
norme brouette.
A u c e n tre .
A d r o ite .
Actrice á coté d’une brou ette ordinaire,
Femme-poule derriére la roue de rénorme brouette.
Ihéátre sous une forme ou du moins avec des proporüons e! dans un bu! que Sébasüen Mercier, qui Brouettes
de
Hogarth.
Grande
185
se croyai! si for!, n’aurai! cer!es pas pu soupgonner. La broueüe fu! un des obje!s accessoires colossaux des bellesdécoraüons encadran! l’oeuvre de Ros!and: Chantecler (!i!re qui nous rappelle les mo!s: Chante clerc! Chante-clair e! Chant clair). L’idée de rendrevraisembablela !aille des ac!eurs eí des ac!rices üavesüs en coqs, poules, poussins, hiboux, e!c., en les placan! dans un milieu renferman! des obje!s plus grands que na!ure, es! une idée for! lieureuse e! qui du! con!ribuer á produire l ’illusion voulue, l’illusion que désirai! produire l’au!eur de Chantecler. Le *Théátre» 'du 11 fevrier 1910 a publié des héliogravures représen!aní quelques scénes de Chantecler e! ses décors. A en juger d’aprés ces !émo¡gnages ne parlan! qu’aux yeux, le bu! fu! aüein!. L’illusion es! aussi complé!e que possible: les poules son! des poules e! non des femmes dans ces images. II nous semble qu’une fable longue comme l’Énéide ou comme une piéce de !héá!re serai! bien fa!igan!e e! que le con!e, par exemple, du Meunier, son flls, et l’áne serai! moins in!éressan! si on remplagai! par un grand singe e! son rejeton les personnages humains de ce! apologue don! le !i!re deviendrai! ainsi: Le singe, son fds et l’áne. En revanche, rimmense collier de cheval, le colossal jeu de quilles, le gigan!esque sabo! e! la mons!rueuse broueüe son! une üouvaille que nous applaudissons sans réserve: aussi ne regreüons-nous pas qu'on ai! réalisé ceüe énorme fan!aisie pour grands enfan!s, pas !rop exi-
brouette
scénique.
Chantecler. 13
186
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIEME
geants, qu’est Chantecler. Sans Chantecler en effet, jamais probablement la brouette n’aurait atteint au théátre de si belles proportions; jamais elle n’y aurait joué le róle de terme de comparaison. Le «truc» est digne d’éloges et 11 a été présenté d’une fagon artistique. On en tire du moins cette impression en regardant, faute de mieux, les images du Théátre. Celles-ci en outre nous disent clairement que la grandeur absolue n’existe pas dans ce monde; que la gran deur, n’y est qu’un rapport et que, gráce á l’agrandissement de la brouette et d’autres objets, une poule grande comme une femme semblad petite sur la scéne du Théátre de la Porte Saint-Martin,
Carrosse gigantesque du carnaval de Nice de 1911. La brouette de grandeur naturelle, placée en bas, peut servir de terme de comparaison.
C han tecler.
tandis que cette méme poule aurait paru gigantesque dans le poulailler de M. Rostand, á Cambo. En résumé la brouette de Chantecler est grande comparée á une brouette ordinaire: elle est petite á cóté de celle du Carnaval de Nice de 1909. Cette La g r a n d e u r
n ’e st
q u ’un
brouette néanmoins et celle de Chantecler son infinement moins merveilleuses que celle qu’avait fai pousser Rostand á la bonne femme de son poéme La brouette (page 160).
au théátre, n’est qu’un miroir qui réfléchit avec plus ou moins d’exactitude les personnes,les scénes et les chases de la vie réelle. II n’est done pas étonnant que la brouette ait roulé sur les planches des tréteaux; mais elle ne dut pas y monter á peine née comme le fit le vélocifére, pére du velocipéde, arriére grand pére déla bicyclette.L’histoire de ces machines-ci, ^iryUL. Vd^'i/etdebien que ne remontan! pas y<)L.Jiaüia'Ko. au-delá des derniéres années du XVIIP siécle, a cependant des ombres. Elle est néanmoins mieux connue que celle de la brou ette. Balbina Vslverdc ri D’aprés Baudry deSaunier, une piéce intitulée «Le Vélocifére» fut representée au Vaudeville le 19 mars 1804: Plus récemment d’aprés cet intéressant auteur, on joua, á la Gaité, á Paris: «Les Bicyclistes en Voyage». Depuis on a vu souvent sur la piste du cirque et sur la scéne du théátre le vélocipéde et 1895 la bicyclette. Ceux-ci et la brouette sont aujourd’hui fréquemment projetés aussi sur l’écran du cinématographe. ❖ *Ht SCENE,
Le HASARDnousafourni la plupart des données
rapport.
Le
vélocipéde
et
le
théátre.
187
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIEME
etdes images de cette causerie XX^ et de la précédente. Dans celle-c¡ nous avons attribué au hasard la découverte, á Pau d’un véritable trésor brouettique. Le hasard est un mot qui sert á voiler notre ignorance des causes qui ont amené un résultat imprévu. Si par ce mot on entend la cause cachée ou l’ensemble des causes inconnues qui ont produit un fait inattendu, le hasard existe. Des faits, qui sem blen! surprenants parcequ’on en ignore les causes raédiates et immédiates, frappent,tous les jours, no tre imagination. Ce livre aurait une causerie de plus, méme assez longue, si j’y racontais tout ce que son auteur doit au hasard. On s’étonnerait, je m’étonne du nombre de brouettes qui sont venues comme d’elles mémes á notre recueil, entre autres celles de Hogarth dont nous ne connaissions que l’illustration de Hudibras et celle de Don Quichotte, oú, il n’y a pas la moindre brouette. Tout bien considéré notre cas de trouvailles fortuitos de brouettes est cependant assez explicable. Le pécheur ou le chasseur, par exemple, ne songe pas continuellement et exclusivement á la peche ou á la chasse méme en chassant ou en péchant; mais il voit des vestiges et des animaux lá oú ces Biouettedu Mont-de-Piété. (V. p. 147.) traces et ces bétes sont invi sibles pour ceux que ne se soucient pas aussi passionnément de cette partie pratique de l’histoire naturelle. Le collectionneur accidentel ou professionnel est aussi un chasseur, ainsi que l’homme dont l’espritobservateur a été frappé, en apparence fortuitement, par un phénoméne, par un fait. Sans s’en rendre compte, tout en se livrant á d’autres occupations, le chercheur cherche, le chasseur chasse, l’observateur observe. Le
hasard.
Na i s s a n c e
de
deux
A ceux qui lui demandaient conment il faisait ses admirables découvertes, Newtonrépondait, paraít-il, qu’en y songeant continuellement. Néanmoins, il faut en convenir, certains résultats «fortuits» ne peuvent se produire sans une prodigieuse combinaison de circonstances fort nombreuses. Les deux cas brouettiques suivants sont, entre mille, des exemples de ces étranges coincidences. Les établissements, auxquels le langage administratif moderno a donné en Franco le nom de bureaux de l’Assistance publique, sont, comme les Montsde-Piété, des institutions debienfaisance publique et des Services officiels de secours aux indigents, Services oú on ne nomme jamais officiellement la charité et d’oú théoriqueraent, la religión, et la politique sont administrativement ignorées ou exclues. Devant la porte d’un de ces bureaux á Paris, dans la me, une pauvre mere mitau monde,en 1896, deuxjumeaux,sur la brouette d’un cantonnier. «C’était une »de ces brouettes évasées, courtes sur «pattes qui serven! á charrier du sable »et des cailloux» brouette que le canton nier «avait laissée sur le trottoir pour al»ler boire un verre...» disait le Journal La Presse dans son numéro du 11 juillet 1896 ou 1897. Le cas de la naisanse des enfants de Léda n’est pas beaucoup plus merveilleux. On congoit cependant que Júpiter accordát l’immortalité á Castor et á Pollux. lis avaient vu la lumiére du jour aprés avoir brisé la coque des deux jume aux
sur
une
brouette.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE DIX-NEUVIEME
188
oeufsmythologiques ponduspar leur me re. Que seront devenus les deux pauvres petits nés sur une brouette? En juillet 1916 ils auront ving ans. La pitié et l’imagination en auraient probable mente fait des dieux dans la Gréce que chanta Homére. Longtemps aprés cette triste aventu re j’en retrouvai le récit parmi de vieux papiers. Je le mis sous les yeux de ma femme. Elle n’en avait pas finí la lecture lorsqu’on me remit un carte póstale que le facteur venait d’apporter. Le signataire en était le jeune duc de Medinaceli. C astor
et
Pollux
La naissance de CastoretdePollux sur une brouette de cantonnier est unévénementpeu o rd in a ire , mais cette carte pós tale polychrome, d’un fort joli dess in , représente uneautreéclosion brouettique bien singuliére aussi: celled’unpoussin sortant, plein de vie, d ’un oeuf; oeuf brouetté par un lapin! A u tre
brouettiques.
cas,
p lu s
m e rveilleu x
encore.
C A U S E R IE V IN G T IE M E ANS l e s deux derni ér es Causeries nousavons signalé des rapports historiques entre la brouette et le théátre, Ceux de ce véhicule et de la musique ne sont pas Le
son
de
la
moins réels et intéressants: fait assez naturel puisque les muses de la comédie, de latragédie etcelle qui accordait la lire d’Orphée sont soeurs. D’ailleurs dans la causerie V' nous avons vu passer une brou ette oú, malgré la mitre et la couronne, sont charriés vers l’enfer un mauvais prétre et un mauvais roi, compagnons, dans ce triste voyage, d’un mau vais chrétien qui fut de moindre catégorie sociale.
brouett e,
s a
v o i x
e t
la
m u s i q u
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQTIEME
De la roue, de cette brouette maudite partent súrement des grincements aigres et sinistres, tandis qu’une cornemuse diabolique contribue á l’éniission de bruits effrayants, accompagnés de grognements de démons et de damnés. L’horrible cacophonie, y est, bien entendu, dominée par le son puissant, terrible, mais juste et harmonieux de la trompette d’un ange, hérault du tribunal divin. Le fait est que Tincompatibilité entre la brouette et la m usique (auxquelles nous dédlonscette causerie) n ’ex iste pas. On voit, par exem ple, dans une carte póstale polychrom e de notre collection une truie, encore jeuneetbelle, élégamment m ise, mener joyeusement á la féte, dans une brouette enguirlandée, sestrois petits. Ceux-ci commeleur mére sont parés de riches ceintures. L’un de ces mar------- ------------------------------- 1 mots joue de l’acordéon et l’autre de la clarinet■ÍIBUi' te. Le troisiéme chante.
189
nait les bras de cet harmonieux monocycle; véhicule qui, dans ce cas, avait cinq roues, comme le joujou des pages 85 et 156 de ce recueil; mais cinq roues qui roulaient, toutes, en méme temps. Dans la brouette, un coq, de tallle proportionnée á celle du porc, bat des ailes au-dessus de la fanfare composée de musiciens travestís en animaux de basse-cour. Six chevaux, dont trois montés par d’énormes chats, faisaient marcher ce monstrueux jouet. * Plus simple, plus pauvre, de moindre taille, grande cependant et tirée par quatre mules, la brouette des balayeurs de la Ville de Madrid, du carnaval de
Le carnaval de Nice de 1896 rejegap r o m e n a un grand orchestre D’aprés TIllus. dans la brouette gigantesque á laquelle nous avons fait allusion dans la causerie XVIII^ (page 103, 104). Un énorme porc ailé, sorte de Cupidon fantastique, soute-
1912, ne jouait pas de la musique; mais plus spirituelle que la nigoise, elle riait et elle faisait rire. Elle portait en effet un grand écriteau avec cette inscription «VA-RIENDO» qui renferma deux opportunes allusions: Tune á l’état joyeuxde son ame; l’autre au métier des employés de la ville auxqueis, en cette occasion, elle servait de carrosse. La prononciation de VA RIENDO, en espagnol est la méme que celle du gérondif BARRIENDO. Barriendo veut dire: en balayan!, tandis que va riendo signifie elle «va en riant».
Mus I c i e n s e t b r o u e t t e .
carnaval.
'Jont
* **
Celle
du
Ni c e . Madri d.
190
PREMlERE PARTIE. CAUSERIE VINGTIEME
L’égalité parfaite entre le son que produisent le 6 et le v suivis d’une voyelle et l’identité, de la puissance phonétique de l’r simple du commencement et \’r de l’intérieur d’un mot, rendent possible ce calembour. Nous avions deja vu (page 23) que du fait de ces égalités phonétiques du v et du b, de l’r et des deux r on peut confondre le pabo, brouette des pseudo-glossaires de Saint Isi doro de Séville, avec pavo, dindon (page 100) et qu’on a dü prononcer, en Espagne, bis-rota bl-rota, bis-rotum ou bi-rotam comme birrota, birrotum et birroto; d’oü on a tiré birlocho (page 100).
La brouette, done, du moins celle des balayeurs de Madrid, sait méme taire des jeux de mots et plaisanter agréablement; mais la brouette a-t-elle une voix propre et générique? Émet-elle un son spécial ou des sons caractéristiques? La poésie et lamusiquenesont pas ici d’accord. Delille (page 159) prétend que la brouette, lorsqu’elle travaille, fait entendre des gémissements, tandis que le son de la voix de ce petit véhicule a inspiré des notes fraíches et joyeuses á Rossini. * * * Renforcé par la caisse, le bruit produit par la brouette est assez fort lorsque vide et poussée par un brouettier jeune et presséelle roulesurun sol pavé. Est-il admissible que ce bruit produit exceptionellement, dans des conditions toutes spéciales, ait pu donner son nom á la brouette? On l’a prétendu aussi. Dans le tomel.,p.27,de VIntermédiaire des chercheurs et des curieux. M. H. de rile demanda quelle peut bien étre l’origine du mot brouette et on lui répondit que l’origine du mot brouette est une onomatopée engendrée par le bruit de la roue.
La syllabe roa de brouette vient de ro, rot et rota. Le ro, racine de roía (roue) est une allusion au bruit ("roooo) de la roue d’un véhicule qui roule plus ou moins vite sur un sol peu uni. Comme dans rotatif et dans d’autres mots, dont celui de rota est la ra cine, ce ro et ce rot se voient clairement dans les substantifs synonymes: brouette etbarotte. Mais si la roue ou plutót la rota doit son nom á ce rooooo, le nom dé la brouette ne doit, á notre avis, rien au bruit que celle-ci produit quelquefois en roulant. L’étymologie onomatopéenne de la roue (étymologie qu’o-n trouve dans le troookos grec comme dans la rooota latine) était déjá vieille de bien des siécles lorsque naquit la brouette. Avant l’invention de la bicyclete et des roues caoutehoutées, la brouette était peut-ére le plus silencieux de toutes les voitures. La brouette, faute de graissage, geint, il est vrai, péniblement; quelquefois, rarement; mais les notes mélancoliques et monotones de son gémissement n’ont rien qui rappelle un roulement, un rooooolement, un rououlement, un bruissement ou un broutement spécial. Nous croyons done, répétons-le, que l’harmonie ou plutót le bruit imitatif ne sont pour rien dans ce mot: brou ette. * ** Un peu plus haut nous avons dit: broutement Ce nom malgré une certainne ressemblance avec celui de brouettement et de brouette ne doit rien, non plus, á celle-ci; ni vice versa. B r o u te m e n t est une onomatopée (née de brououou...) que tous íes amateurs de l’art du tourneur connaissent, du moins de fait. En argot d’atelier le broutement est le nom d’une vibration, souvent bruyante, toujours fácheuse, qui se produit au contact de la piéce á tourneravec l’instrument tranchant, s u r t o u r t lorsque la piéce est un peu longue. (La Science Frangaise: 27 mars 1896.) Si les étymologistes brouettiques avaient déniché broutement on trouverait probablement aussi
B et V. R e t R R . D e l i l l e et R o s s i n i . On o ma t o p é e ' ? R o o o t a . Bro utement.
191
PREMIÉRE PARTlE. CAUSERIE VINQTIÉME
ce mot dans quelque dictionnaire, accolé á la définition du nom de la brouette. Aprés tout, de broutement á brouetfement et á brouette, la distance est plus courte que de boue á brouette, ou méme que de brouette á birotum. (Bis roto—deux roues—: Petit véhicule qui n’en a qu’une.) (V. p. 92.) Duc de Valencia regrette la perte d’un livre oú il avait lu que la brouette avait inspiré au cygne de Pesaro un morceau de musique. Letitrede l’ouvrage égaré, pas plus que le nom de l’auteur, ne revient pas á mon ami. Plus tard Valencia entendit dire que Rossini devait les notes de ce morceau á la poulie d’un puits. Toute poulie depuits a une gorge; mais le son de la voix de la poulie ne peut pas étre le méme que celui de la voix de la brouette: bien que celle-ci et la poulie soient monocycles Tune et l’autre. Brouette? Poulie?, Va lencia aime la précision: il voulut savoir á quoi s’en teñir. II s’adressa á M. Espin y Guillen (prononcez Espine et Quillenne. Ll mouillées; enne comme dans Guyenne). Le doute n’était pas possible pour cet éminent professeur de chant, pour cet organiste de la chapelle royale. La réponse de M. Guillen fut accablante pour la poulie. La femme de cet excellent musicien, niéce de madame Colbran, épouse de Rossini, avait vécu avec celle-ci, avant son mariage. Or madame Espin tenait de sa tante qu’une brouet te avait dicté au grand compositeur les notes dont il s’agit, une brouette qu’il y avait dans le jardín de la maison de Rossini á Pesaro, dit le duc de Valencia dans l’aimable lettre qu’il m’a adressée. 11 est déplorable que cette brouette n’ait pas été conservée et ne soit pas aujourd'hui á cóté d’un
stradivarius ou d’un violon de Pagani ni, dans le musée de quelque conservatoire? Que de dioses qui hier n’avaient aucune valeur l’ont grande maintenant. La lettre du duc de Valencia est aussi intéressante pour l’histoire de la brouette que pour celle de la musique. Notre ami nous y rappelle que le Barbier de Séville (dont la premiére représentation eut lieu á Rome, en 1816, au théátre dell’Argentina) ne se composait alors que de deux actes et que le choeür, oú se trouvent les notes de la brouette, , figurait á la fin du premier. Le duc ajoute que ce choeur, depuis la división de l’opéra en trois actes, se chante á la fin du second.
'T i/ y i d u .
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Valencia m’envoya aussi, sous l’enveloppe de sa lettre, un graphique oú figurent les notes que la brouette fit entendre á Rossini. La gravure ci-dessus reproduit, en plus petit, ce morceau, ce document brouettico-musical. *** Le frottement de axes en bois des charrettes sur des coussinets, en bois aussi, produit (tous ceux qui ont vécu dans certaines régions montagneuses d’Espagne le savent) une sorte de gémissement ou de chant pergant qu’on entend de loin. Pour éviter ce bruisse-
Le barbier de Séville. Poulie ou brouette?
La
musique des charrettes.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQTIÉME
192
ment on graisse ou on savonne les parties frottantes. J’ai lu, je ne sais oú, que l’empereur Joseph {premier, je crois) d’Autriche, ne pouvait pas souffrir cette onomatopée. II faisait imposer ou ¡mposait lui-méme une amende aux charretiers dont les voitures chantaient ou émettaient ce gémissement, ce grincement, cette vibration classique. Rich, en effet, dans l’artícle Plaustrum de son Dictionnaire des Antiquités rapelle que des grands poetes, Virgile dans Les Géorgiques, Ovidedans Les Trisíes, font allusion á ce bruit qu’ils qualifient de strident (stridens). Quelques brouettes pour une cau se ou pour une autre, peuvent gémir en roulant; mais, en général, la brouette ne se plaint pas lorsqu’elle roule. II est vrai que dans beaucoup de vieilles brou ettes (il y en a encore de ce genre) l’axe de la roue était en bois, comme celle, par exemple, du rémouleur de A. Ruga (page 59) ou celles de Burgos (page 122). Le diamétre de la partie frottante des axes de ce genre est relativement grand. Les grosses fusées de l’essieu de l’antique chariot immobilisé dans le sous-sol, du Raíais Royal de Madrid (page 64) sont, comme le reste de l’essieu, en bois. Cette voiture, bruyante peut-étre jadis, est aujourd’hui, cela va sans dire» aussi silencieuse que le carrosse de la Belle au bois dormant. ífj
Un chanoine de la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle, D. Ra fael Tafal, excellent musicien, passait, tous les étés, quelques semaines diez mes
chers parents le Marquis et la Marquise de San Miguel dans leur beau cháteau de Oca, appartenant aujourd’hui á la marquise de Camarasa. Oca se trouve dans la pittoresque et délicieuse vallée de laUlladont les, échos so n t souvent réveiH Bllés par le c/eruc chant des charrettes montéessur des axes en bois to u rn an t avec 1e s roues. Cesvéhicules sont gé- | néralement tirés par deux bétes de race bovine dont le joug re pose sur leur garrot: leur tete est ainsi relativement libre. D. Rafael Tafal s’amusait á dire le ton musical de chaqué charrette qu’i! entendait ou bien il en imitait le son sur l’harmonium. Ce bon, spirituel, vertueux et charmant saint homme (dont l’áme est súrement au ciel) ignorait, comme nous l’ignorions alors, que des sons moins puissants, dús á une cause analogue, mais d’un rythme plus vif et produits par une brouette, figurent dans l’oeuvre glo ríense de Rossini.
Le sexe de la brouette ne dut pas préoccuper Rossini. Que lui importait que les sons qu’il a immortalisésfussentsortisd’unétrearbitrairementmasculinisé ouféminisé par la grammaire? Rour un autre homme célebre, pour un autre grand musicien, pour Saint-Saens la chose a son importance. L’auteur de Samson et Dalila, d’Ascanio, de Henri VIH, etc., etc., couvre souvent et fort agréablement de sa
B r o u e t t e s q u i p e u v e n t g é m i r . Un c h a n o i n e . Le s e x e de la brouette.
193
PREMIERE PARTIS. CAUSERIE VINGTIEME
voitures) est logiquement, grammaticalement, philosophiquement, du genre neutre. Pour le comptable de la Ville d’Amiens de 1401, la brouette devait étre du genre masculin. En effet, i! dit en parlant de celle-ci, «á lequel il fist le cavech, le fons, etc.»Il est vrai que ce modeste fonctionnaire municipal ne devait pas étre grand clerc. Peut-étre, quoi que bon grammairien, ou par cela méme, attribuait-il mentalement le pronom lequel non pas á une voiture, non pas á la PoUR des anglais ne connaissant que leur langue, brouette; mais á ung véhicule ou á cette question serait incompréhensible puisque leur ung instrument, lequei outil avait eu bebrouette (comme tous leurs véhicules et toutes leurs soin de réparations. (Page 82).
prose une ou deux colonnes de VÉcho de París. Ses articles sont des causeries intéressantes. II s’y écarte souvent, á une grande distance, de ce qui se rapporte plus ou moins á la musique. Euterpe qui Taime de tout son coeur le lui permet. Saint-Saéns disait done un jour (vers 1912) aux lecteurs de YEcho qu’il n’avait jamais compris qu’on eút pu discuter á l’Académie frangaise le genre d'automobile. Auto mobile, ajoutait-il, ne peut-étre qu’unmot du genre féminin puisque c’est une voiture; une voiture automobile. Le maítre, évidemment, avait oublié que Tobjet en question est aussi bien un véhicule qu’une voiture. Pouvait-il Tignorer?
Un v é h i c u l e
automobile.
Le g e n r e
d ’ un e b r o u e t t e
en 1 4 0 1
C A U S E R IE V IN G T -E T -U N IÉ M E BROUETTE a figuré sur la s c é n e au théátre: elle a mille emplois á la vil le et á la campagne; m ais elle semble, cependant, se plaire particuliérement et étre tout á fait á son aise dans les jardins, oú elle roule
chargée, par exemple, de plantes, deterre, de sable. 0
u
t
t
de gravier, de fumier, de feuilles ou de fleurs. Bien des idées, que ne semblait rattacher entre elles aucun rapport, paraissent avoir des liens intimes lorsqu’elles ont fini par s’associer dans des cervaux privilégiés. Un de ces émules de Le Nótre, qui s’intitulent, modestement, en France, créateurs de pares et jardins, a songé á la brouette pour en faire un motif décoratif. La brouette-massif ou le massif-brouette existe done ou du moins on peut en voir un dessin et une desl
J
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n
194
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT-ET-UNIEME
cription dans un álbum de sujets ornementaux pour jardins. Cette brouette ' a le numero 241 dans le Goctz Album. Teppichgártnerei Blumenhaine (Ausgeführt von Jos. Wolf Handelsgartner in Mainz.) Mais la brouette, aime-t-elle voir son image immobilisée, plus ou moins décorativeou purement décorative.comme ces statues qui habitent certains lieux peuplés d’arbres et de plantes de toute sorte? Le role de la brouette en général est bien différent. Néanmoins cette broueíte-massif n’est pas le seul exem-
ple brouettique de deux choses qui paraissaient incompatibles ou du moins qui étaient fort loin les unes des autres dans notre pensée avant de n’y former qu’une seule. L’une des belles et charmantes fil ies de la belle et charmante marquise de Castrillo me dit gentiment un jour qu’elle avait le regret d’avoir oublié le nom d’un Journal qu’elle avait lu á Gibraltar. Elle y avait vu une brouette BANC pour jardins. D’aprés les explications de l’aimable Émilie je fis, sous les yeux de celle-ci, un croquis qui renB r o u e t t e - m a s s i f
dait d’une fagon tres satisfaisante, á son avis, l’objet représenté par l’image du Journal anglais. II s’agit (la gravure de ce recueil faite d’aprés ce croquis, l’indique d’une fagon suffisante) d’un bancbrouette facilement déplagable, qu’une seule personne peut, sans effort,transporter d’un lieu á un autre ou lui donner une orientation qui mette á couvert sesoccupantsde l’éclatetde la chaleur des rayons du so led. O n p o u rr a i t co n trebalancer les poids du dossier de c e t te BROUETTEBANC en plagantleplan du cercle de la roue en dehors de l’axe longitudinal du véhicule. La discréte Émilieapassé, soussilence, ce détail; mais, ávraidire, ce dispositif n’est pas indis pensable. De toute fagon cetB r o u e t t e - b a n c
195
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-ÉT-UNIEME
tecombinaison de bañe et de brouette nous a sem blé des plus ingénieuses. Que de fois nous avions vu, méme dans des dessins et des tableaux la brouette servant de siége! Cependant, avant de connaitre la brouette BANC d’Émilie, l’idée de ce meuble pour jardins ne s’était jamais offerte á nbtre pauvre imagination. On pourrait, je crois, modifier utilement le mo déle de banc- brouette , d’Émilie. On remplacerait la roue unique par deux roues placées, comme dans la bicyclette, dans le méme plan vertical. Pour des raisons fáciles á saisir, quatre roues au lieu de deux, rendaient, pensons-nous, encore plus parfait ce bañe brouettique. Les bras verticaux B B de ce meuble pourraient, en se rabattant couvrir les quatre extrémités des deux barres hori zontales surlesquelles repose le siége. Oes extrémités joueraient leur role de man ches ou poignées lorsqu’on ferait rouler cette sorte de brouette á deux tetes. Ce dispositif en cas de be____ soin, augmenterait, cela va sans dire, la longueur du siége (Voyez schéma S. 2. 2'. 2 " ) Quatre personnes, quatre amis, par exemple, au lieu de trois, y seraient á l’aise. ¡l:
Sjt íj!
Le banc-brouette d’É milie fut pour moi une surprise, une nouveauté curieuse et utile. Pourtant, depuis mon enfance, je connaissais une autre combinaison analogue: analogue en tant que t
t
combinaison; mais fort différente quant á sa fin, quant á so it but. Pendant de longues années, au jardin chez mes parents, á leur maison de campagne de Las Fraguas (prononcez: Lass Fragouass), on se servit, d’une ÉCHELLE-BROUETTE.
J’ignore l’origine de cette échelle. Mon pére, dont l’espritétait inventif, l’imagina-t-il?En avait-il vu dans quelque livre de jardinageou en Italie ou ailleurs, le modéle? L’objet est pratique. Cette échelle roulante pourrait méme servir pour le transport d’une brouettée de branches, dúment fagotées et attachées sur l’appareil. * La brouette-échelle et la brouettebanc réalisent des associacions, des conibinaisons de choses á double emploi. Cette échelle réunit en un seul objet deux applications dont chacune semble méme, á premiére vue, en opposition avec l’autre. La brouette implique l’idée de transport, de déplacement et de mouvement: tandis que celles d’échelle et, surtout, de bañe de jardin, sont presque inséparablement unies en nous, au concept d’immobilité, de repos: ces objets ne bougent pas pendant qu’on s ’en sert. En raison de cette opposition apparente, il n’est done pas étonnant que l’invention de ces choses á double effet ne s’offre pas toujours tout de suite á notre esprit. En revanche, le besoin et la difficulté de transporter un bañe et une échelle peut engendrer l’idée de faire de ces objet des sortes de brouettes. De méme le besoin de tailler correctement une haie a certainement inspiré l’inl
l
196
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-ET-UNIEME
La BROUETTE á RESSORTS et la brou ette á roue garnie de caoutchouc existaient depuis longtemps. II y a bien des années que nous nous arrétámes pour faire, en pleine rué, á Passy, un croquis d’aprés une brouette suspendue qui attira notre attention. Un marchand de charbon s’en servait (v. p. 195).
stravaileurs, était restée l’engin rudimentaire des »paysans des siécles écoulés. Un grand perfectionne»ment vientd’y étre apporté. L’amortisseur, cet ac»cessoire indispensable de l’automobile, vient d’étre »appliqué ala brouette.» L’invention, ajoute le pros pectus, a obtenu déjá des félicitations et des médailles aux expositions et concours agricoles régionaux.Ledessln qui accompagne le texte de l’anonce re présente deux Jardiniers p o u s sa n t des brouettes dont l’une est garnie d’amortisseurs Desmons. Elles rencontrent un obstacle contre lequel leur roue vient butter. Le choc n’a aucune conséquence táchense pour la brou ette á amortisseur á tandis qu’il brise tous les pots de fleurs dont l’autre était chargée. * * *
Plus de seize ans aprés notre ami M. Mhail constructeur de machines agricoles bien connu dans la région d ’Orthez, nous sígnala l’annonce (publiée dans la Science et la Vie, vers 1913) des amortisseurs pour brouette de Jardin. Ces amortisseurs «Desmons» sont des ressorts á boudins interposés entre la civiére de la brouette et l’axe de la roue: «Une invention» dit ce prospectus «que le populaire attribue á Pascal, »mais qui en réalité se perd dans la »nuit des temps, la vieille brouette, cet »auxiliaire indispensable d’une foule de
Utile dulcí. Sauf l’anachronisme, l’image M, de la page 197, pourrait illustrer VArt poétique d’Horace. Moitié femme, moitié brouette, c’estun composé harmonieux: utile et charmant. Cette gravure M a été faite d’aprés une photogravure du périodique Alrédédor del Mundo (13 Juillet 1910). Elle est probablement la reproduction d’un portrait publié par d’autres revues ou Journaux il18. Brouette-gabarit. lustrés étrangers. Cette gentille brouettiére, directrice d’une importante exploitation de Jardinage et de floriculture d’Angleterre,
vention que nous pourrions appeler: la RÉQLE-BROUETTE OU la BROUETTE-QABARiT. Cette brouette ou plutót cette application de la brouette est décrite dans VAlrededor del Mundo, Jour nal pour amateurs de choses bizarles, curieuses ou ingénieuses glanées qa. et lá. Malheureusement, cette intéressante petite revue n’indique presque jamais ni le lieu oú ses champs de cueillette se trouvent, ni les noms, ni l’adresse de leurs propriétaires. Le Marquis de la Scala nous envoya d’Andalousie la coupure de ce Journal reproduite par la gravure de notre recueil(f. 18). A'
Brouette-Gabarit.
Brouettes
& T V I /X O
ressorts.
Brouettiére.
'i'
197
PREMIERE PARTIS. CAUSERIE VINGT-ET-UNifeME
est, parait-il une jeune filie aussi intelligente et belle qu’instruite et énérgique. Nous admettons la justice et la justesse de ces éloges, néanmoins á la fa?on dont ses mains empoignent les manches de la brouette on dirait que cette gentille personne ne pousse ou ne tire cette voiturette qu’en amateur ou depuis peu de temps. On peut en dire autant du moine qui travaille á la construction d’une église en Angleterre. S’ils s’agissait de gens du m étier, de vrais brouettiers, la partie intérieure des poignées, ou manches de l’app a re il serait embrassée et serrée, par les pouces de la prétresse de Flore et par ceux du bon moine anglais. L’un et l’autre laissent leurs gros doigts inactifs, paresseux. L’une des mains du brouettier d’Agricola (page 177) est ouverte: Mais le vieux manoeuvre, nous le verrons, connait son métier rfliiujjE w osar et Vattitude de cette main a sa C íh fe p i raison d’étre. II y a aussi de beaux brouettiers et, probablement, de be lies jardiniéres aux États-Unis de l’Amérique du Nord (que c’est longl), il y a, disions-nous, en Yankeeland (p. 120) de beaux jardiniers et probablement de belles brouettiéres: en tout cas on y construit d’excellentes brouettes, pour jardin et pour le reste (p. 119). (Sphere).
On a probablement observé que la brouette tiManque
d ’habitude.
Hausse.
rée par la jeune anglaise directrice d’un jardin est réhaussée d’une rebord évasé. Cette piéce porte le nom de hausse. Les hausses sont ou pleines ou á claire-voie, ou fixes ou mobiles.Naturellement leur em ploi aug m ente considérablementla' cap acité du véhicule et le rend e n co re plus pratique pour le transport des feuilles séches, par exemple, dont le volume est grand et le poids relativement petit. La CHUTE DES FEUiLLES est redoutable pour les jardiniers.
A certains moments de l’année le travail dans les jardins est, en effet, comparable á celui si ingrat de Pénélope, de Sisyphe et des Dana'ídes. A peine le jardinier accompagné de sa fidéle brouette at-il fini de b a 1a y e r d’un bout á l’autre une a ilé e , que les feuilles recouvrent déjádenouveau tout le sol de cette méme alJardinier yaukee. lée. L’image biblique comparant le nombre des pécheurs tombant dans les enfers á celui La
Chute
des
feuilles.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VlNGT-ET-UNlÉME
198
produit par la chute des feuilles en automne est done forte. En tout cas la tombée des feuilles et ces feuilles mémes
Fragm ent. Dessin á la p 1u m e de Ml l e . I n é s Br unet t i . D’aprés un t abl aut r es connu. (V.p. 151, i a
^'
sont mélancoliquement poétiques: elles marquent la fin de la belle saison, la fin
d’un temps qu’on ne reverra peut-étre plus; elles sont les messagéresdesfrimas.
La
c h u t e
des
Les jardiniers, en général, ne connaissent d’autres feuilles d’automne que celles du livre de la Nature; ils ignoren! l’existence de celles des peintres, de celles de Víctor Hugo et bien d’autres choses; le tango, par exemple, dont nous possédons la brouette dans notre collection (fig. T). Un (?) auteur fort érudit, directeur d’une grande bibliothéque en France» prétend que le mot tango vient de celui de la ville indochinoise Tan-Ho, d’oü cette danse alia á l’Argentine. El le est passée ensuite de la en Europe (A B C, de Ma drid, 1914.) Le tango a été condam né et par les empereurs, les rois, les prlnces et par les évéques et par la médecine: condamnations qu’un «professeur de danse», naturellement,considéracontraire á ses intéi éts. II se proposait méme de porter plainte contre Monseigneur l’archevéque de París. Que n’assigna-t-il, en justice, le roi d’Angleterre, par exemple, ou celui de Baviére, ou l’empereur de Russie? (L’Echo de París: 8 6 F fév., 7 janvier, 28 janvier, 14 janvier. Petite Gironde: 11 janvier, 22 janvier 1914, etc.) Sous le titre Preñez garde!, La Correspondencia de España du 5 juin 1914 rappoTte, d ’ap rés un journal Pour le lavage du gravier... scientifique, qu’un grand nombre de pieds de danseurs et de danseuses de tango ont été victimes d’une maladie de forme nouvelle, maladie appartenant selon le docteur Boehine á la famille pathogéne de l’arthrite. «lis ne boitaient pas tous; mais tous étaient frappés.»
f e u i l l e s
L e
t a n g o
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-ET-UNIEME
La tangomanie avait acquis les proportions et les caracteres d’une épidémie des plus contagieuses, dans le monde oúl’on danse, lorsque Le publia le 24 juillet 1913 D'aprés une g ra v u une image satyrique saule polychronie d e Blanco y N e g ro . poudrée du plus pur sel attique. On y volt une brouette: la brouette du tango. Dans un pare, devant labalustrade d’une terrasse d’oú la vue doit s’étendre bien loin, un jardinier tra-vaille á cote de cette brouette. La filie du chátelain ou peu-étre une cousine ou une amie de celle-ci; belle enfant aussi Dessimá la plume de Mlle. 1. Brunetti. flexible que distinguée, se livre insouciante, á des considérations qui en suggéreraient bien d’autres á un p h ilo s o p h e . Nullement généedans l’élegant et étroit costum e qui e n se rre s a charmantepersonne, comme le fourreau de soie enveloppe une riche ombrelle, pendant quelques instants, devenue sérieuse, elle déplore au ___________ P a r ís á la c a m p a g n e . nom du bon f^oncesttropdróle... le jardinier ne sait pasee que c’est que le tango! goút et de la décence que le port d’étoffes flottantes, de la crinoline et méme de la cuirasse ne soit pas imposé aux t a n g o m a n i e
e t
la
199
personnes fortes ou mal tournées, com me sa tante, par exempee, Simone, sa cousine Sophie ou madame de la Grosseéronde. Sous prétexte de suivre la mode (une mode irnaginée pour d’autres) elles s’obstinent á étre ridicules et peu convenables. Elles osent s’emmailloter dans des costumes comme le sien! «Malgré les glaces!» soupire-t-elle. «On se connait si peu et si mal!» Mais tout á coup les pensées et l’imagination obsesionnée de la jolie moraliste s’envolent vers Paris et ses salons. A cet instant ses beaux yeux voient á cóté d’elle le jardinier. Cet étre humain, cet homme XX® siécle, ce citoyen d’un des pays les plus civilisés ignore probablement méme le nom du tango! La chose est tellement extraordinaire, si bizarre, si comique que notre parisienne en y songeant part d’un éclat de rire accompagné—intérieurement—de délicieuses paroles rec eu illles par M. Faivre. Celui-ci les a placées au bas de l’im age publiée p a r le Fígaro: «Non c’est trop drole... le jardinier ne, sait pas ce que c’est que le tango!» Cette pauvre fleur de la ville saura bientót (et elle en tiendra compte; car elle n’a pas oublié son catéchisme) que la grande brouette, auprés de laquelle travaille son étonnant jardinier, serait trop petite pour contenir tous les anathémes fulminés contre le tan go. Pour cette na'íve mondaine comme pour beaucoup d’autres vierges folies
b r o u e t t e
d u
t a n g o
200
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE VINOT-ET-UNIÉME
le tango n’était qu’un exercice, un sport á la mode tel que le tennis ou le golf. Nous nous sommes permis d’ajouter á l’artistique composition de M. Faibre la visión ou l’évocation du tango dont le danseur et la danseuse nous ont été fournis par une carte póstale de l’année 1913, oú ne figure aucune brouette. Ce véhicule d’ailleurs ne joue qu’un role muet sur la terrasse de ce beau jardin oú il assiste á la scéne retracée et sténographiée par le crayon et la plume de Faivre. Cependant, comme nous l’avons vu dans la causerie vingtiéme, la brou ette n’a pas toujours été aussi silencieuse. * * * Nous avions écrit les lignes qui précédent il y a deux ans. Souvent femme varié: et ses modes aussi. Bientót les antiquaires, les historiens et les archéologues serontseuls capablesde saisir l’allusion de la spirituelle légende de Faibre et de comprendre les pa roles de son héroine. Des jupes larges flottantes, mais courtes, ont rem placé en Europe, en Amérique, partout, Tonta
p a s s é :
le
les étroites gaines oú la mode avait enfermé nos contemporaines. D’autre part les professeurs de tango (Petit Gironde, 1915) on été expulsés de Paris oúon avait enseigné cettedanse méme á l’école po-
- '- E
^
'
lytechnique (Petit Gironde, 1913 ou 1914). Une res te, done, du dessin de Faivre que le jardin, le jardinier et la brouette. Passeront-ils aussi?
c o s t a m e
a i n s i
que
le
t a n g o
□ g fio y ^ T T ia u is C A U S E R IE V IN G T -D E U X IE M E ’Aivu,il yadéjá longtemps, chez M. Planchón, horloger, savant, artiste, ama teur et constructeur de cu-
riosités, une pendule, style Louis XVI, authentique, surmontée d’un génie en bronze doré. Cet araour aiguise une fléche. La meule est montée sur un vé hicule monocycle de rémouleur. Le mécanisme de
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-DEUXIÉME
la pendule fait tourner la pierre. D’ailleurs l'Amour á la meule est un motif qui a été souvent appliqué á la décoration des pendules. (V. p. 145.)
Le musée de Cluny posséde une petite brouette mécanique. C’est un jouet du XVIII® siécle, probablement: une femme y voiture un pantin. La caisse sculptée et dorée cache le moteur de ce joujou. (B.) *** cmy-)
Siécle et au XX® on a imaginé des jouets mécaniques, á la portée de toutes les bourses, dont l’ingéniosité, et le bon mar ché sont vraiment prodigieux. Leurcollection compléte formerait un musée aussi considérable qu’intéressant. Le brouettier á la brouette bicycle n’est pas le moins amusant de ces objets curieux. II a, gráce au mouvement de ses jambes, I’air de marcher ou plutót de trottiner. On vendait ce jouet á Madrid, en 1812. On le llvrait á l’acheteur dans une boíte en car tón ornée d ’une image dont notre gravure est la copie faite par feu Jean Martinez. Le comte de las Navas nous envoya ce charmant automate brouettlque. Notre ami l’avait acheté dans la rué. *** La mécanique n’a done Brouette et
mécanique.
Pendule. Jouets.
201
pas dédaigné la brouette. L’optique et la géodésie non plus. Celle-ci a su profiter de la forme et de l’agencement des piéces essentielles de la brouette pour adapter ingénieusement á ses besoins, comme l’a fait l’Agriculture pour ses semoirs et pour d’autres appareils (pgs. 111,112 et 202, fig. S). Dans son Recudí d’ouvrages curieux de mathématiques et de mécanique, le comte de Serviéres (v. p. 87) décrit une brouette mécanique sous l’épigraphe: Machine faite en forme de brouette pour toiser au juste la d i s t anee qu’ilyad’un lieu á un autre. Le nom Brouette h toiser. (C r o q u is d 'a p r é s Vo r ig in a l.) bre de tours de la roue de cette brouette se lit sur des cadrans portant des aiguilles, cadrans qui font corps, cela va sans dire, avec la machine. On peut lire sur ces cadrans la longueur du chemin parcouru. * ** Aujourd’hui on trouve chez les marchands d’instruments pour ingénieurs, cartographes, dessinateurs, etc. (et méme dans un grand nombre de papeteries) des curvimétres ou campylométres ou cartométres qui, aprés tout, ne sont que des réductions minuscules de la brouette á toiser de Grollier de Servié res. On emploie ces instruments, personne ne l’ignore, surtout pour mesurer les distances sur les cartes géographiques.
Brouette
á
toiser.
Cartométres, etc 14
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-DEUXIEME
202
Le principe de l’invention de la brouette á toiser était connu bien longtemps avant le trait d’ingéniosité, sinon de gén ie , qui enfanta la brouette, la b ro u e tte desmanoeuvres et des jardiniers. :
Lescharrons se ser ven!, p ro bablement depuls bien des siécles, de la «r o u l e t TE». Ce campylométre rappelle le cerceau á manche pour enfants qu’on trouve chez les marchands de jouets. La roue de la roulette des charrons (et des forgerons qui ferrent ou cerclent des roues) est beaucoup plus petite que
celle de ce cerceau. Son diamétre n’a guére plus d’unevigtaine de centimétres. (P. 201).
Par contre la brouette d’arpentage Roulette
des
charrons.
dont on se sert dans rinde Alrededor del Mundo porte, outre deux bras, une roue beaucoup plus gran de que celle du cerceau-jouet á manche.
Le principe de la brouette métrique de Serviéres était done bien connu avant la construction de cet appareil. On sait l’état florissant de la géométrie (mot qui signifie mesure de la terre), en Gréce. Vitruve emprunta á la Gréce les éléments de son ouvrage. Le rapport mathématique entre le rayón et lacirconférence n’était plus une nouveauté dans la pa trie des Pythagore etdes Euclide longtemps avant la venuede N.-S. J.-C.; maislln’estnullement nécessaire de connaitre la valeur de ce rapport pour mesurer des longueurs á l’aide d’une roulette ou d’une roue. En Qréceou ailleurs l’emploi de la roue pour cette mesure a dü précéder, de plusieurs siécles, la naissance de Vitruve (et de celle de Balthasar Capra, bien entendu); mais la brouette de Grollier de Serviéres n’en est pas moins ingénieuse et digne de respect. La BICYCLETTE avec ou sans compteur de tours de roue, est, dans ce genre, une machine pour mesurer, des plus pratiques. Comme la roue du pédalier tourne plus lentement que la grande roue, avec laquelle elle est intimement unie, le compte des tours de Tune des pédales est facile á taire; soit qu’on procéde á pied en poussant la machine, soit que Ton roule dessus. Vitruve.
Copra.
B ley clette.
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-DEUXIEME
*** Vitruve, on le sait, vécut dans le siécle qui précéda celui de la naissance de Notre-Seigneur JésusChrist, c’est-á-dire il y a deux mille ans. D’aprés la description qu’il fait d’un compteur métrique roulant, le savant milanais Capra, éditeur de Vitruve, fit au XVP sié cle, une reconstitution de cette ma chine et il lui donna la forme d ’un carros'se (Magasin Pittoresque: 1847.) Btouetle odométrique. (Diamétre de la roue: 0 m. 80.) Au XVI^ siécle la distance entre Paris et Amiens fut mesurée, trés exactement, á l’aide d’une voiture analogue par le, médecin et mathématicien Fernel—1497 + 1558— (Mag. Pitt. 1847.) Aprés tout, ces voitures de la Chine, celles de Vitruve, de Capra, de Fernel et la brouette du comte de Serviéres sont de vraies machines a calcaler: á calculer la distance parcourue, distance séparant deux points. La roue brouette de rinde et la ______ ___________ ^ roulette des c h a rro n s ne sont que des mesu re s p o u r longiueurs, comme le métre ou le pied.
203
roue de la brouette que pousse un chat dans l’une des gravures de ce recueil est, de méme, un disque imaginé pour produire un phénoméne moins frappant, il est vrai, que celui du cercle de New ton, mais qui n’en constitue pas moins une illusion d’optique basée, aussi, sur la persistance des images et des sensations lumineuses sur la rétine, persistance sans laquellele cinématographe n’existerait pas. (V. p. 186.) M. Candide Pedrosa m’envoya l’image du chat brouettier, publiée par la revue Jeanne d ’Are en 1913 (avril ou mai) sous l’épigraphe: «La brouette qui roule). «£'fi imprimant un mouvement de va-et-vient a la page» dit la légende de la gravure«vous verrez la brouette rouler.» Nous avons suivi la méthode de cet te explication au pied de la lettre; mais en vain. Nos yeux n’ont pas vu tourner la roue. Celle-ci n’a commencé á rou ler que lorsque nous avons fait décrire á un point de l’image une courbe fermée trés allongée, ellipsoíde, á une allure assez rapide. (V. le schéma de cette courbe au pied de l’image du chat). Le résultat cherché est, je crois, plus visible lorsqu’on remplace les cercles concentriques de la roue de la brouet te par une ligne en spirale, dont les spires vont en croissant de l’axe á la jante.
* * A l’aide d’une sorte de roue, á l’aide d’un disque, le génie de Newton produisit l’illusion de la synthése de la lumiére blanche. La Odométres.
Op t i q u e
e t
La dynastie des Tsin régna de l’année 265 á l’année 418 aprés N.-S. Dans ses chroniques on trouve, parait-il, la description d’un odométre assez parfait. On parle d’un compteur métrique, appliqué aux voitures de voyage, dans des b r o u e t t e .
En
Chine
204
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-DEUXIEME
pre initiative, un enfant peut construiré des grues, des ponts roulants, etc., et toute sorte d’appareils, aussi solides que mignons, dont l’un des plus sim ples est la brouette á une ou á deux roues. Aurionsn o u s pu mieux te r minar cette causerie, dont le sujet est la mécanique et la brou ette, qu’en faisant mention de ces brouettesdes petits amateursde mécanique, des futurs ingénieurs?
écrits chinois des années 815, 820 et 987 aprés J.-C. Un autómata signalait le parcours d’une lis en faisant entendre un coup de tambour: une autre figure sonnait une cloche lorsque le véhicule avait couvert dix lis. (Alrededor del Mundo. 20 Déc. 1911.)
Nous connaissions le M e c c a n o ; mais non pas sa brouette. Le comte de las Navas nous a fait connaítre celle-ci. Le mécano est un jouet fort ingénieux ima giné en Angleterre ou aux États-Unis de l’Amérique du Nord, ou plutót la boíte du meccano renferme des barres ou la mes d’acier B, de difiérante longueur; des roues, des axes, des anneaux A, des équerres etc., pour faire des jouets. Gráce á ces piéces et aidé par le «Manuel d’instrucíions» ou livré á sa proB
t
M
t
C A U SER IE V IN G T -T R O IS IE M E II y a déjá quelques années, je lus dans un journal, qu’un malade était alié de fort loin á Lourdes, sur une brouette poussée par un homme aus si pauvrequecharitableet aussi ro busta, probablement, que sa foi. C e mode de Co u rs es ,
Vlfft
JY ^Dnne
promenades,
_ I'
transport pour infirmes, devait étre fort usité autrefois, á en jugar par les documents graphiques que le Moyen-Age a laissés. Nous avons vu que le bouton dont était orné le hanap de l’inventaire (1380) de Charles V, représentait «ung hom me malade brouetté dans une broéte». (P. 143.)
v oy a g e s
brouettiques
PREMlftRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-TROISIÉME
Lucas Granach (1472-1563) dans son tablean dit La Fontaine de Jouvence (musée de Berlín) re présente des ®Scénés qui semblent trés réelles. Des malades sont portés á une source médicinale ou miraculeuse. Aprés le bain lis sontinvités, parle seigneur de l’endroit oú se trouve cette sorte depetit lac, á prendre part á un repas dont la table est dressée sur l’un des bords. La filie ou la femme du chátelain, comme les brancardiéres de Lourdes, aide au transport des malades, qui se fait á dos d’homme, sur civiére ou en brouette. (Fig. 93.)
* * Au Moyen-Age (comme aujourd’hui en Chine) la brouette était probablement un véhicule dont devaient souvent taire usage les voyageurs: ____________________________ C’était méme une voiture de promenade et de luxe joliment décorée, á en juger d’aprés certaines miniatures, (v. p. 80.)
Voiture de prom enade? La brouette l’a étédenosjours comme au bon vieux temps. M ademoiselle Borniche, était la filie d’un commerganten bois. Malades
sur
brouette.
Promenades
de
205
amateur de peinture, dont la demeure, á sa mort, était encombrée de 24.000 tableaux qui se vendirent, l’un dans l’autre, un franc chaqué. Mademoiselle Borniche, riche de plus de trois millions, rendit le dernier soupir en 1895. Son testament dlspose que son beau cháteau de Mary-sur-Marne, soit convertí en hospice deconvalescentes, de jeunesméresou de femmes ayant subi des opérations chirurgicales. Ses héritiers demandaient á la justice de révoquer ce testa m e n t pourtant, si raisonnable.Ils alléguaient d evant les tribun a u X, queMlle. Borniche M. John Stalen et sa femme. Qouverneur ne jouisde Qeorgie (E. U. de l’A.d.N.), se promennantsur une troulette» poussée par un nésait pas gre. ( F o t. H u g e lm a n n . M u n d o Q rá fic o , J u n io 1915.) desesfacultés,etcomme preuve ál’appuide cette imputation ils prétendaient que ridiculement pudique, á leur avis, elle avaitaffublé les statues de son pare de tutus en andrinople,qu’elle faisait compter par son jardinier les cerises et autres fruits de ses arbres, voulant en connaitre exactement le nombre, et que son passe-temps favori était de taire le tour du village en brouette. D’aprés la revue Je sais tout, 15 aofit 1911, l’actrice Mlle. Polaire se tait brouetter par son jardinier dans sa proBorniche
et
Pol ai re.
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE VINQT-TROISIÉME
206
priété d’Agay. Se serait-elle fait faire sa photographie dans cet ;équipage si elle avait su que, á tort ou á raison, ce genre de sport avait passé pour étre un si gne de folie plutót qu’un caprice expli cable, plutót qu’un trait d’originalité de bon aloi? II est vrai que cette actrice ne sortpasdeson ja rd in lorsquelle fait de la bro u ette. Mlle. Borniche parcourait le village sur cet te m onocyclette. On connait d ’ailleurs Tinscription tracée á la craie, par un passant goguenard, sur la porte d’un hópital de fous. «M están todos los que son ni son todos los que están.-» (Ni tous ceux qui le sont y sont ni tous ceux qui y sont le sont.» On a prétendu, á tort, á notre avis, que la ligne qui sépare la folie de la raison n’est pas facilement visible. La femme qui parcourut les rúes de Madrid en poussant une petite brouette était-elle folie? Essaya-t-elle plutót, par ce moyen, d’attirer l’attention sur el (D’aprés phot.) L a N o ch e. le, sur ses malheurs, sur les injustices dont elle se croyait victime? [L a N o c h e , L a E p o c a , 22 ras. 1912.) Mais revenons au cas brouetticolitigieux de Mlle. Borniche etlaissons laparoleauPeí/f/ourna/ou plutótaux avocats. Brouettes
de
Madrid.
«M.'^ Droz, au nom du légataire universel, et M.' Demombynes au nom de l’exécuteur testamen-
PROMENADE EN BROUETTE
Porcelaine polychrome donnée á l’auteur de ces CflUícn'es par le Mis. de LaTortmlli
(D e s s in á la p liim e d e D o n J o s é P r a d o . ~ V . p a g e s 6 3 , 6 4 , 114.— D iam étre de laroiiti p e a p r é s 0 , m 0 4 e s.)
taire, ont répondu que, fussent-elles prouvées, les maníes de Mlle. Borniche n’établiraient nullement que la demande füt fondée. On reproche á la testatrice de s’étre fait promener en brouette; il faut pourtant reconnaítre qu’elle était trop ágée pour se mettre á la bicyclette.» {Petit Journal, janv. 1897). En allant contre la routine, et de sots préjugés, en adoptant malgré une critique nullement fondée, le moyen de locomotion qui lui convenait, ne prouva-t-elle pas que son jugement était indépendant et au-dessus de celui de ses censeurs? Que la demoiselle ne se pliait pas aux usages de l’endroit? Qu’el le suivait l’exemple des belles dames du temps ja-
Pr é t e n d u e s
manies
de
Borniche.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-TROISIEME
dis dont on voit Ies miniatures et sur les parchemins des manuscrits et sur les laques des paravents? La brouette! N’est-elle pas en Chine l’équivalent du fíacre et de la voiture de voyage? L’avocat défenseur de la validité du testament ne manqua probablement pas de dire leur fait aux c o n tem p teu rs de ce noble véhicule et de l’excellente demoiselle qui s’en servait. Le fínaud «opportunisme», la crainte du qu’en-dira-t-on, le respecthumain, etc.—non pas la sagesse—ont dicté le proverlee: ü vaut mieux étre fo u avec toat lemonde que sage toüt seul. M adem oiselle Borniche laissait dire et rire; m ais elle V o i 1a les images qui 1u i s e mblaient peu con v e n a bles, elle se Paraventduduc de Veragua.
p r o m e n a
en brouette et elle fit un beau testament. ** Si les courses en brouette de cette charitable personne avaient été quotldiennes et d’une longueur, chaqué jour, de 1 kilométre et 706 métres, au bout de deux ans elle aurait couvert un trajet de Brouettes
chinoises f a u x
207
1245 kilométres. Telle est la longueur de la distance parcourue par une brouet te, poussée alternativement par trois parieurs, qui s’y voiturérent, á tour de role, pendant trente journées. lis avaient quitté Vienne le dimanche 7 juillet (Journaux de Vépoque. L’exposition de Pa rís de 1889. Librairie illu strée. 7 R. du Crois sant.) C’étaitun bel exploit, mais il restaitáfairele tour d u monde en 5 ■ 3C_JOUfiS. brouette. Cette entreprise aséduit depuis quelques années presque autant de champions que celle de la traversée, á la nage, du canal de la Manche.
Sous l ’épigraphe le TOUR DU MONDE EN BROU ETTE, le Fígaro du lundi 3 février 1896, écrivait ce qui suit: «Le coureur C a l íais, mem»bre de la société de Géographie de «Bordeaux, partirá ce matin, á dix heures, de la place de la Concorde, pour
dictan. Vienne-Paris.
Circumbrouettation.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-TROISIEME
208
»accomplir son voyage autour du mon»de en brouette, voyage interrompu á «Belgradepar ledécés de Mme. Galláis. »Le trajet á parcourir en deux ans »est de 32.825 kilométres. L’enjeu est »de 25.000 francs.»
tée d’une bache en toile, sur laquelle sont fixés de petits drapeaux, a pris place Mme. Dita Galláis..».
La Petite Gironde, le journal de Bordeaux, dédia une tres longue causerie (saLe méme journal, dans son numéro m edi 11 janvier 96) á ses comp a trio te s. Elle nous apprit en tre au tres ch os es qu’un journaliste pa risién avait rencontré á Padoue et «Deux globe-trotters M. M. Van der Elst et Bruy-nimex, de áVeniseles nationalité belge, parcourent actuellement le monde en rouiant alternativement une brouette. De passage á París, le voyageurs mois dernier lis ont visité J e s a is to u t» . ( f e s a is io u i, 15 déc. 1910.) á la brouet du 7 octobre 1895, raconte, tout au long, te. «Ce soir, le départ des voyageurs, de la place de dit ce jourla Concorde. n a 1i s t e , Lors de leur «l’obsédant premier voya explorateur ge ilavaitdon- a fait une né quelques conférence au théátre Malibran. 11 est entré en d é t a i l s sur scéne, brouettant sa femme et souriant au puleurs person- blic. Oh! ce sourire! je l’ai vu jadis, sur les lévres nes ainsi que de plusieurs jeunes premiers, á la Gaieté Montparsur l’itinéraire nasse. Puis le brouetteur franjáis, faisant deux pas Autre Champion du tour du monde qu’ils devaient vers la rampe, a grasseyé un petit discours que l’on en brouette d’aprés un document photographique publié p a r un suivre: ildécri- peut résumer ainsi: «Je voyage comme membre acjournal iilustré entre 1900 et 1915. (Je s a is to u t? L e c tu r e p o u r to a s? ) vait aussi la tif de la Société de géographie de Bordeaux, je suis brouette, les costumes des personnages, chargé, par cette société de passer dans des endroits oú Bonvalot, qui est mon ami (sic) n’a pas et disait les paris engagés. «Le spectacle était, ma foi, assez in- réussi a passer. Le 14 juiliet, mesdames et mestéressant á ce moment: dans la brouette sieurs, jour de la féte nationale des Franjáis, annipeinte á couleurs frangaises et surmon- versaire de la prise de la Bastille, je traverserai les Champion
du
tour
du
monde
en
brouette.
V enise .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT - TROISIEME
déserts salés de la Perse «Vive l’Italie!»... Puis il remméne sa brouette tricolore avec sa femme dedans.» «On aura beau dire, ce cabotin, de la brouette»— ajoute le journal de Bordeaux—, «n’est qu’a moitié risible. Fourrer dans son affaire les couleurs nationales, l’explorateur Bonvalot et la société de géographie de Bordeaux, et rendre ridicule, du méme coup aux yeux peu bienveillants de l’étranger, des hommes et des choses éminemment respectables, cela passe les bornes du cabotlnage et appelle méme la répression...» Et l’article continué sur un ton de plus en plus exaspéré: il est signé Simplice. C’est le pseudonyme d ’un journaliste q ui, en général prend les choses par leur coté cocasse; homme de beaucoup d’esprit, dont les chroniques et causeries so n t presque toujours des plus gales. Sa mauvalse humeur et la faQon solennelle etquelque peu prud’homesque de prendre la chose rendent plus dróle l’histoire. On sent le dépit: sa plume est nerveuse. La déception et l’indignation des journalistes, dont l’ingénuité a présenté á leurs lecteurs ces turlupinesques trotte-globers, comme des personnes sérieuses, sont en effet fort amusantes. »Fumistes! s’écriait déjá le Vélo du 30 novembre 1895. Décidément, le monsieur, la dame et le frére, partís pour le tour du monde en brouette, nous Lrtd / g n a t i o n d e s j o u r n a l i s t e s .
209
avaient simplement voulu emmener en batean. «On se rappelle leurs récents démélés avec un tambour de ville, incident qui avait déjá mis des bátons dans leur roue. »Or, voici que le Nouvelliste vaudois apprend que le «fameux couple frangais» qui se vante de taire le tour du monde, au grand ébahissement des gogos, a passé á la Souste lundi. Seulement, il était, ce couple, tout bonnement juché sur une charrette á foin, la brouette renversée sur le foin, avec ses drapeaux sens dessus-dessous.» Mais voici qui est moins gai. On lit sous l’épigraphe «L’h o m m e a la b r o u e t t e », le télégramme suivant, dans la Petite Gironde du 21 janvier 1896: «Belgrade 20 janvier.—M. Ch. Gal láis, le Frangais qui avait entrepris un voyage á travers le monde, en poussant une brouette, s’est pendu hier á un arbre du pare de la forteresse Kalimegdan. II a toutefois pu étre sauvé, la corde ayant été coupée á temps.» L’énergie de cet homme, énergie qui aurait pu étre mieux employée, était épuisée. Quelle déception! Quelle souffrance! quelle détresse, quel manque de principes religieux, laissent deviner ces quelques lignes, mandées de la lointaine capitale de la Serbie! L’exemple de ce malheureux n’a pas rebuté d’autres champions du tour du monde á la brouette; mais jusqu’á présent aucun n’a réussi, croyons-nous, dans ce voyage de circumbrouettation. Lasteyrie dans ses lithográphies des
Triste
é p i l o g u e.
Lasteyrie.
210
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-TROISIEME
machines útiles, a figuré, avons-nous dit 83) et les faunes de Van Orley en usaient au XVI' (p. 138) une femme et un chien travail- siécle (V. p. 75). Le diable, bien entendn, lorsqu’il se servait jadis lant devant deux brouettes des charde la brouette, n’avait garde d’oublier l’emploi de bonnages Belges. Le Little Folks Magazine (Cassel Cié. London-Paris) pu- ce systéme si pratique de roulage (V. p. 79). blia il y a quelques années une fort jolie gravure d’enfants dont l’un pousse une Les champions du tour du monde á la brouette, brouette, l’autre la tire. Le plus petit y ceux qui furent traités de farceurs, auraient peutest voi- étre été acclamés comme des héros s’ils avaient t u r é á songé á ce genre d’attelage. cóté de z'fi * ** sa soeur. V o i 1á II ya quelques années, vers 1911, nous avons une ma rencontré á Salies de Béarn et, peu aprés, sur la niere de route de Salies á Peyrehorade (B. P.) deux voya tra v a il geurs qui prétendaient faire le tour du monde en b ro u etpoussant devant eux un tonneau qui leur servait tique in- de gíte. lis avaient déjá parcouru ainsi un grand telligennombre de kilométres. Vingt mille trois cents, en 38 teetpramois,disaitune tique. carte póstale Nousl’aTonneau des globe-trotters de la p. 209, dont ils distrivons débuaient des já signalée dans la causerie XIF ). Je ne e'xemplaires. m’explique pas que les brouetteurs du Z anardi, Attour du monde et les voyageurs en brou tilles et Viaette au long cours, lorsqu’ils étaient plus nello, E u g e de deux, n’aient pas adopté, pour l’accomne et leur tonplissement de leur entreprise le systéme neau avaient de traction et de propulsión simultanées, quitté Venise employé aussi, dans le tablean de M. d’aprés ce doLaugée. La lécolte des pommes de ierre cument, le 20 (p. 149). L’homme est aux bfancards, juin 1909. Ils tandis que la femme est attelée devant avaient visité le Nord de l’Italie, la Suisse, une le véhicule. partie de la France, l’Angleterre, la Belgique Gráce á ce moyen l’un des voya et la Suisse. Ce tonneau aprés tout est un véhi geurs aurait toujours pu prendre son cule du genre approximativement monocycle, com tour de repos dans la brouette, simultame la plupart des brouettes. nément «poussée» et «remorquée», ou plutót soutenue et tirée. **❖ Le procédé cependant était déjá conNous avons vu un manchot qui gráce á la brenu et employé au Moyen-Age (V. p. 53, Brouettage
á
deux.
Gros
monocycle.
La
b r e t elie.
211
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT-TROISIEME
telle pouvait gagner sa vie en faisant rouler une brouette chargée. * ** Nous ignorons si William Greaves et Camerman, firent usage de cet accessoire si pratique et si souvent négligé. Le premier, habitant de Birmingham, en douze semaines fit le voyage, aller et retour; de Londres á Dundee derriére une brouette, _______________________ _______ qu’il poussait. C amME R MA N ,
yank ee , parcourut, en faisant m . j . '* rouler devant lui une b r o u e tte , chargée de 100 briques, centquarante kilométres en cinq jours. Feu Camerman était alors ágé de quatrevingMreize ans. (Alrededor del Mundo, 12fv. 1913.) Pictoribus atque poetis... L’imagination et et crayon son allés tres, tres loin. Gráce á la bretelle, des artistes assez nombreux ont fait pousser la brouette á des animaux sans mains (v. p. 120,
152). D’autres dessinateurs ont, dans ce cas, négligé jusqu’á la bretelle, si utile á l’homme, et méme aux quadrumanes (V. p. 129). Notre ami l’ex-ministre, G. de Osma posséde un manuscrit, un beau petit livre d’heures du commencementduXVF siécle, dont Tune des miniatures repré sente un singe harnaché d’une bretelle. II brouette un gros chat. Évidemment ¡1 s’agit des a'íeux de Bertrand et de Ra tón. «...l’un singe et l’autre chat» arriére grand’péres des deux futurs héros de l’aventure des marrons tirés du feu, fable oú le role agréable correspond á Bertrant: le chat s’y brúle la patte. Ici Ratón est assis sur la brouette: Bertrand la pousse. Malheureusement nous igno rons l’histoire de ce voyage brouettique. II est probable qu’aucune tentative de suicide ne vint Tassombrir. Quant á la morale, celle-ci pourrait étre que l’une des extrémités de la brou ette a une roue et que l’autre n’en a pas; que l’égalité n’est pas de ce monde oú il y aura toujours des Bertrand et des Ra tón, des trompeurs et des trompés, des brouetteurs et des brouettés.
Greaves et Ca me r ma n . Brouet t e, bretelle, sin g e et c hat du X V P
siécle.
ü'"VSlllIES:38R© y ETt ÍCIUES: C AU SER IE V IN G T -Q U A T R IE M E
FORT, brouette, acrobatie: tel peut étre le titre de cette causerie.
II y a eu probablement enFrance ouailleurs des courses de brouettes, avant celles que París a vues, vers 1910. Annoncé, vérifié par les yeux de nombreux témoins,photographié,«chronométré», ce concours parisién a toutes les conditions et garandes exigées par la critique savante pour qu’un fait puisse étre admis par la postérité comme incontestablement historique. Ces brou ettes de París étaient poussées, en plein air, et en plein jour, par des acteurs en renom dont le vaniteux cabotinage ou la noble ambition ne se contentait plus des applaudissements d’une salle éclairée á la lumiére artificielle. Conditions? Enjeu? Personnes? París? Péripéties? Les journaux parisiens et d’autres ont donné de minutieux détails de ces jeux. L’importance du fait est pour nous celleci: «II y a eu des brouettes qui á l’instar des chars antiques, devant la foule et des juges se sont disputé le prix de vitesse». Le gazon, le turf verdoyant sur lequel roulaient les monocycles ne rappellent, il est vrai, que peu les arenes Sport
et
a c r o b ai i e
dorées du Stade d’Athénes ou du Colisée de Rome. *'--r J -7 í£ G N fl ^f t e U T F L t . R £ C § R ^
Courses brouettiques d’acteurs et d’actrices d’aprés rimage d’un journal qui nous fut envoyée de París par la Mqse. de üerbéviller, vers 1910. í'V. jo u r n a u x d e S p o r t e t d e th é á tr e ,) ^ 2 )
En revanche la brouette a, nous leverrons,des liens d’affinité, et une réelle ressemblance techniqueavec les intrépides bigues ou quadriges de course ou de combat. Les images n.“ 2 et 3 faites d’aprés des photographies donnent une idée suffisante du type de la brouette adopté par les organisateurs de ce mémorable concours, plus sportif et surtout bien moins dangereux que certains exercices auxquels ce véhicule s’était précédemment soumis. * Les préjugés sur la noblesse des voitures ont-
br o u e tt iq u e s .
C o u rs e s
de
brouettes.
213
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIEME
ils exercé une influence quelconque sur les appréciations du ju ry? La décoration de la b ro u e tte du concours de Houlgate étaitelle réellement moins réussie que b o n n e avait été l’idée d’y faire figurerce monocycle? Le fait est que la brouette n’y obtint que le second prix; mai s 11 n’en ParedesPrinces. Coursebrouettique d’acteurs et d’actrices organiséepar le Journal de París C om eedia. ( A B C d e M a d r id . Phoreste p a s tog. B o l. 2 1 j u i n . 1 913.) moins que la brouette peut faire bonne figure aüx concours de voiíures artistiques et fleuries. (je sais mt. Aoút ign.) * Son róle,cependant,seraitplus brillant,croyonsnous, dans un carroussel de petits brouettiers et brouettiéres, de gentils jardiniers et fleuristes, á la Watteau, par exemple, exécutant des évolutions analogues á celles exécutées plus virilement, c’est probable, dans le cirque taurique de Barcelone, par vingtquatre balayeurs de la ville. Leurs brouettes étaient, au Concours de Houlgate. V o itu r e s fle u r ie s moins, aussi fleuries que le (V. l'image de la page 214.) fut, quelques mois plustard, celle d’Houlgate; á en juger d’aprés unephotogravuredu N ° 1829 du Journal VA 5 C de Madrid Jn. 1910. (V. p. 214.)
^
Avant l’invention des aéroplanes les manieres C o u r se s e t
concours
de traverser l’espace sans appui extérieur (ou presque isolément) étaient, en dehors de celles qu’offre la balistique: le bailón, le parachute, le cerfvolant, la chute du haut d’un point ¿le vé au-dessus du sol ou de l’eau, la corde des funambules et les trajectoires dúes á des effets d’inertie, entre autres celle produite p a r le trapéze, Concours de Houlgate. ( E n h a u t.) d it volant, dont Léotard, lorsque nous étions enfant, fut le plus célebre virtuose. J’ai su depuis que Léotard a d’autres titres de gloire. II fonda le VéloceClub de Toulouse et, seize ans avant
Avant rinvention de l’aéroplane. Isolement complet et pres que complet dans l’atmosphére.
rinvention de la bicyclette et de ses roues á chambre d’air, il gagna, sur vélocipéde en bois et fer, la course de 54
brouettiques.
Trapéze
et
brouette.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIÉME
214
kilométres «couverts» en 3'': eí 9 de Toulouse á Caraman, aller et retour. Petite Gironde 5 nov. 1910). Le fond de la brouette est souvent de forme trapezo'ídale ainsi que le profil transversal des brouettes de terrassement, par exemple. Le gymnaste tourne sur lui-méme autour de la barre ou
Carrousel brouettique de Barcelone.
trapéze: on décharge les brouettes en les retournant sens dessus - dessous. Nous sommes cependant le premier á reconnaítre que ces faibles rapports entre le trapéze, Léotard et la brouette sont des liens du genre, uniquement, de ceux qui font que toute chose se rattache aux autres dans ce monde par quelque coté ou méme par de nombreux cotés. En revanche, quoique cachés, ou par ceci méme, les points de contact entre le vélocipéde et la brouette sont intéressants: nous en dirons quelques B r o u e t t e
e t
mots; mais cette causerie est consacrée aux sports brouettiques, á l’acrobatie brouettique et á leurs héros. * ;K Si l’histoire de Blondin le merveilleux funambule du XIX® siécle n’existe pas, ce que j’ignore, il serait probablement assez facile de la ffeconstituer: On en recueillerait les éléments dans lesvieux journaux du nouveau et de l’ancien monde. La Correspondencia de España, du 8 avril 1863 par exemple, raconte les exercices funambulesques exécutés á Barcelone par le fameux équilibriste. Le corps dans un sac, les yeux bandés, il marcha, s’assit et se coucha sur la corde tendue au dessus de la «plaza de toros». «Prouvant ainsi»—ajoute le journal— «que la renommée qu’il avait acquise en Amérique et en Europe est justifiée». II prit en suite sur son dos un homme, plutot gros que maigre et ainsi chargé «monsieur Blondin» (sicj traversa diamétralement le cirque á une grande liauteur au-dessus de l’aréne.» On peut lire dans le Dictionnaire des dictionnaires de Guérin que le «véritable nom de Blondin était Gravelet» et, «que personne n’ignore, que Blondin se rendit célebre en traversant le Niagara sur une corde ten due au-dessus de la chute» que non seulement il cuisinait des «omelettes» perché sur soncable,que non seulement il y «transportait son fils» mais que méme il y faisait rouler, «les yeux bandés, une brouette». Blondin mourut en 1889 mais en 1876 il éxecutait encore les exercices qui l’ont rendu fameux. «Blondin, nous dit aussi le Dictionnaire des dictionnaires, eut de nombreux imitateurs», etce livre ajoute que son fils suivit la trace aérienne laissée par son pére. D’aprés Mr. Cristelly, vers 1880, Blondin por-
t r a p é z e .
B l o n d i n
en
E s p a gne
PREMIERE PARTIE, CAUSERIE VINGT-QUATRIÉME
Ij2)
ta son fils, ágé de quelques jours dans une brouette qu’il fit rouler á une grande hauíeur sur une corde tendue entre THótel-de-Ville et une maison de San-Fernando, en Espagne. Le maire, paraít-il, hésiía longtemps. 11 n’osait pas accorder á l’acrobate une permission qui pouvait le rendre cómplice, luí le maire, d’un absurde infanticide. Blondin dut beaucoup insister. 11voulait probablement rendre célébres, du méme coup, son fils et la ville r oú celuici venait de naí tre. Gu i l la u m e Tell n’av a i t - il pas contribué á la gloire de son enfant, á Lithographie de Gerbéviller. (0, m. 32 X Oj ni. 22.) la sienne propre et á celle de sa patrie en décochant une fle che, au péril immédiat de son fils, sur la pomme légendaire?
215
de corde et un enfant poussant une brou ette sur un cable, au-dessus d’un torrent. Cette image nous fut envoyée du Cháteau de Gerbéviller par la comtesse de Lambertye, marquise de Gerbéviller, née Virtudés Martínez de Irujo, filie du duc et de la duchesse de Sotomayor. Le costume de la courageuse ballerine et le style du dessin de la lithographie semblent appartenir á une des derniéres années du premier quart du XIX.® siécle: Blondin aurait done eu un précurseur. Les curieux et les chercheurs diront peut-étre, un jour, si l’image de Gerbé viller est de l’époque que nous venons de lui assigner; si elle est connue ou rare; si elle fut un prospectus ou programme-réclame muet; si ce qu’elle re présente est un fait de puré imagination ou si, au contraire, comme tout porte á le faire croire, cette gravure représente un fait réel. Dans ce cas nous saurons quelles étaient les héros de la scéne que le dessinateur nous fait voir, quel fut le lieu et la date d’un exploit brouettique qui a bien pu suggérer á Blondin celui de pousser lui aussi une brouette entre ciel et terre; mais... les yeux bandés: (les yeux de Blondin bien entendu). lit**
L’image n.° 2 est la reproduction héliographique réduite, d’une litographie, malheureusement, sans légende ni date. Elle représente une danseuse
La brouette funambulesque de Jules Verne, celle de Kéraban, passa au-des sus du canal qu’avaient traversé á la nage Lord Byron et d’autres en souvenir de Léandre et de la belle Héro. La nymphe Europe elle aussi l’avait passé... sur le dos, il est vrai, d’un boeuf bon nageur; exploit d’oú le Bosphore, tout le monde le sait, a tiré son nom. Lorsque Verne écrivit son román il y avait déjá longtemps, répétons-le, que l’acrobate
Mai r e
Gerbéviller.
Ce Blondín déla ville andalouse, était-il le Blon din du Niagara? Son fils? Un acrobate quelconque affublé de ce nom glorieux? D’aprés le Dictionnaire des dictionnaires, Blondin a eu des imitateurs; mais fut-il le premier qui osa faire rouler une brou ette sur la corde raide?
scrup uleux.
Brouette
de
Le
Bosphore.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIEME
216
de la gravare de Gerbéviller et Blon dín s’étaient rendus célébres par des exercices brouettiques aussi dangereux
les utopies. Cette pensée est devenue banale parcequ’elle est exacte et parceque qu’on en vérlfie tous les jours l’exactitude. L’habitude et la routine émoussent Tadmiration produite méme par les plus belles choses, physiques et morales. Ceux qui ne se lassent jamais d’admirer tout ce qui estbon et beau appartiennent, je crois, á une légion d’élite. Selon les théologiens l’inlassable admiration déla source du vrai, du beau et du bon est l’un des bonheurs du del. ** MADRIDne vit roulersurune cordela brouette de Blondín que vers la sixiéme décade du XIX' siécle. Ce véhicule passa au-dessus de la belle piéce d’eau du Rétiro.
que celui de Kéraban; mais exécutés sur des cables de.longueur moins fantastique (V. p. 162).
Non loin de cette piéce d’eau, dans le pare méme du Rétiro, la fabrique de porcelaine, dite porcelaine du Rétiro, était encore au commencement
Les esprits les plus inventifs doivent toujours, á quelqu’un á ou quelque chose une partie plus ou moins grande de ce qu’ils inventent. Jules Verne, contemporain de Blondín, ne pouvait pas ignorer les tours audacieux qui avalent rendu fameux cet acrobate. Ceux des jeunes lecteurs de Verne qui neconnaissent pas les «hauts» faits funambulesques du grand Blondín doivent trouver que l’imagination du romancier dépasse les limites du vraisemblable et du possible lorsqu’elle fait rouler, á une gran de hauteur, sur une corde tendue, une brouette. Cependant le brouettier imaginaire du romancier ne porte pas un ban dean sur Ies yeux. «Le vrai» est non seulement «aimable» mais souvent il est aus si plus invraisemblable que les plus fol-
du XIX' siécle un lieu aimé de l’art. A l’approche des troupes de Napoleón les anglais la détruisirent. La légende attribue cette destruction de «la Casa de la China-» á de vilains motifs de jalousie et de concurrence commerciale. Nous pensons que des raisons d’ordre exclusivement stratégique inspirérent cette lamentable mesure á nos alliés. Quoi qu’il en soit nous profitons de l’occasion, que nous
Blondín
Blondín
et
la
brouette.
E.
Embarcadére.—X. Casa de la China.—O. Observatoire,
Madri d.
Le
Retiro.
217
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIEME
offrent Blondín et sa brouette, pour publier le dessin fait par feu J. Martínez, d’aprés une peinture á la détrempe qui décore le pavillon de la ménagerie du pare du Rétiro ( Casa— résidence, maison— d & fieras—de fauves). C’est probablement la premiére fois qu’une image de la fabrique du Rétiro ( casa de la china) figura dans un livre. {Porcelana etchina furent, en Espagne des mots synonymes). Nous dédions cette image á notre ami D. Fran cisco de la Igle sia, membre de l’académie royale d'histoire, auteur de nombreux et importants ouvrages indispensables pour bien connaítre CharlesQuint et l’Espagne du XVI® siécle et surtout la vie
duits dont il posséde une riche collection. La gravure n.° 2.° n’est pas de sour ce authentique; mais elle peut donner une idée suffisante du fait d’acrobatie brouettique dont le vieux pare du Rétiro fut le théátre. Un témoin oculaire nous a dit que Blondín portait un balancier, placé horizontalment sur la brouette, lorsqu’il accomplit cet exploit. *** Quel enfant de la ville ne connaít pas, tout au moins de visa, les chevaux de bois des manéges mécaniques? Le jeu des anneaux consiste, tous les jeunes sporment, le savent, á essayer, lorsque la machine tourne, d’enfiler, á l’aide d’une grosse et longue aiguille á man che de bois, des anneaux placés tangentieilement, á cóté de la piste circulaire suivie par les animaux ou les véhicules rotatifs. Cet exercice est passé (c’est évident), des vrais manéges, á chevaux en chair et en os, á ceux oú l’imagination des enfants préte aux bétes en bois ce qu’il leur manque pour étre vivantes: peu de chose, aprés tout, puisqu’elles se meuvent. Vita est in mota, dit Cicéron. La vie c’est le mouvement.
(...L e s p e d t e s m é s a v e n tu r e s ...) Leurs manches introduits dans des trongons de gros bambous creux plantés dans le sol, ^ semblables á d'énormes champignons multicolores, ses para- ^ sois séchaient au soleil, lorsqu’un coup de vent... La surprise et la rage du peintre, son exclamation profondément gutturale ^ M a -h a -h a h , fit rlre plus d’un passant. (J a p a n e s e , p ic tu r e s o f J a p o n e s lífe -tO H iy o s h ic h o - T o k i o )
L’équitation s’est servie de l'épée et de la lance pour cueillir, au grand ga lop, soit des anneaux, soit d’autres objets: des tétes de ture, par exemple, en toile remplie de laine, de crin, d’étoupe etc. (V. p. 218.)
économique de celle-ci. M. la Iglesia a publié, aussi, un intéressant et beau livre illustré sur l’histoire de la fabrique du Rétiro et sur ses pro^ g
/ abrigue
de
Souvent on égaye les fétes locales ou autres á l’aide d’exercices d’adresse analogues, mais pratiqués sur l’eau.
porcelaine.
Jeu
des
anneaux. 15
218
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIEME
Les chevaux y son remplacés par des báteaux. Pour rendre ce jeu plus divertissant on a imaginé de faire passer les barques et leurs équipages sous une corde ou sous un montant horizontal, sorte de passe oú l’anneau á enfiler et á décrocher est suspendu au-dessus d’un seau prét á basculer. Si le Champion ne vise pas bien, s’il rate ¡son coup, si de l’extrémité de sa lance il touche le vase il en reqoit sur la tete le contenu liquide. Cette douche amuse les spectateurs s’ils sont de ceux (fort nombreux) que les petites mésaventures du prochain font rire. (v. p. 217.) La brouette s’est prétée, aussi, docilement, á étre 1’ instrument de joutes du genre de celles des courses d’anneaux. Elle s’en est tirée á son honneur. Gráce á ses admirables qualités d’adaptation elle a avantageusement remplacé dans ce cas et la barque, et le cheval de manége, et le cheval de guerre, et le cheval de bois. J’ignore si l’idée premiére de cette substitution d’une barque par une brou ette appartient en propre á l’Espagne, pays intelligent et de brillante imagination. Nous avons déjá cité (page 121) Mr. Cristelly, dont le nom de famille devrait s ’écrire Cristelli, puisque ce nom est d’origine italienne. Mr. Criste lly a passé son enfance en Andalousie, dans la province de Cadix. Vers 1886 ou 1887 11 assista aux fétes de la vela da de N.“ S.“ del Carmen (la Veillée de Notre Dame du Mont-Carmel) dans la ville de San Fernando. Nous avons fait d’aprés sa description le croquis reproduit par l’image B de cette cauLa b r o u e t t e
serie, gravure représentant approximativement le jeu brouettique qui agrémentait ces fétes. II
m o jí)
s’agit, on le voit, d’une variante du jeu des anneaux. La longueur de la lance, le plan incliné, la difficulté de garder l’équilibre sur la pente ren den! peut-étre plus glorieuxle succés de l’entreprise. Les champions, á tour de role, essayent d’obtenir le prix décerné au vainqueur, prix acquis au risque d’étre trempés par l’eau du seau á bascule au-dessous duquel est l’anneau qu’il faut décrocher.
Les beaux esprits se rencontrent. Ces rencontres sont souvent absolument fortuitos. L’histoire des inventions est remplie de coincidences. II est done possible que la trouvaille (celle du jeu brouettique d’anneaux) soit dú á l’ingéniosité de 1’Andalousie et á celle de l’lndoustan ou á celle des anglais de rinde et que ce sport ait été imaginé simultanément, mais indépendamment, ici et lá et peut-étre ailleurs. Le fait est qu’en 1911 le Marquis de Pue bla de Parga nous fit connaítre un sport analogue, brouettique aussi, et plus facile; offrant cependant le méme danger d’inondation. La brouette de San Fernando roule d’elle-
de S a n - F e r n an d o. A q u i en a p p a r t i e n t l ’ i n v e n t i o n ?
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIÉME
méme; il faut probablement l’empécher d’aller trop vite; mais son parcours ne va guére au-delá du pied du plancher en pente. On devra probablement taire des efforts pour entraver les effets d’accélération düs á la descenÍÍortPFÍl.Lyi5T/s te, c’está - dire pour re teñir le véhicule s u r le plan in cliné et pour en régler la course. Les brouettes signalées par Puebla de Parga évoluent sur un sol horizontal ou á peu prés.
219
commander Duncam F. Vines. Bombay.
Les futurs officiers de marine royale, en Angleterre, sont soumis á des exercices pendant lesquels chaqué éléve.transporte une partie du poids de son corps sur une roue garnie d’un axe. Ce procédé ne rappelle que peu celui du seipsumvéhiculisme du général Gallas et d’autres personnages (V. p. 58 et 157.) Chaqué roue représente, á Woolwich une unité navale plus ou moins impor tante: le futur marin en est le commandant. Ces unités navales'sont done com-
posées d’un homme et d’une roue. Ces deux éléments constituent une sorte de brouette humaine ou de brouette vi vante monocycle et automobile, á gran de roue. Nous dirons probablement plus loin encore quelques mots de ces curieuses manceuvres á la roue ou Wheel-manceuvres.
Un seul Champion pousse la lance et la brouette; mais celle-ci est vide. Le titre de l’image que nous devons á Puebla de Parga porte cet épigraphe ‘^Bombay gymkhama dthletic sport. Tilting at the Bucket. Photog. by ^ rou e t t e s
d ’ un
g ym k ha ma .
L’amusement de taire taire la brou ette sans roue aux bétes et aux personnes a-t-il inspiré les tours brouettiques de ce genre aux virtuoses du cirque? Wheel-manceuvres
220
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINOT-QUATRIÉME
Nous connaissions ces brouettes vi vantes (v. p. 138). Ce mode de brouettage, avec ou sans roue, probablement vieux dans le monde des acroba-
voya vers 1913 une image; faite d’aprés une photographie publiée, croyons-nous, dans le Badminton Magazine représentant une course de ces brouettes vivantes. Les athlétes, les sportmen que jouent le role de brouetteurs ont les yeux bandés. La brouette y voit. Elle se sert de l’axe de la roue comme d’un gouvernail, comme d’un guidon de vélocipéde ou de bicyclette. Cete brouette vivante guide la marche aveugle du brouetteur qui la pousse. D’aprés une image, d’aspect véridique, d’un livre que nous possedons on aurait méme appris ce genre d’acrobatisme á un singe. N’a-t-on pas vu un ours faire adroitement du cyclisme; des phoques se lancer alternativement, sans le laisser tomber, un bailón, comme si les La brouette au théátre Victoria á Saint-Sebastien (c r o q u is d ’a p r é s u n prog r a m m e .) tetes de ces amphibies avaient été des tes, des saltimbanques, des clowns et raquettes intelligentes et adroites, et le bailón un despaillasses.est ingénieux;maisne tait obéissant v o l a n t ? _______ _______ ón pas dans les cirques un cheval, un N’a-t-on pas vu áne ou un éléphant á l’aide d’une hous- des singes fumer, se et de deux hommes? jouer au billard Le sport a emprunté au clrque les ou parcourir á bi brouettes humaines, á une roue et á cyclette, sansrendeux athlétes. L’un de ceux-ci brouette verserlesbouteill’autre dont les jambes id font les fonc- les, un labyrinthe tions des bras ou brancardsdes brouettes dont les sentiers en bois ou en fer. Les mains de cet hom- enétaientbordés? me reposent sur l’axe d ’une petite roue, Néanmoins avant beaucoup plus petite que celle des whe- d’avoir connu l’iel-manoeavres. Cet axe, comme celui des mage que nous envoya Puebla de Parga nous igbrouettes ordinaires soutient une par- norions que des courses d’hommes-brouette broutie du poids de cette brouette vivante. ettés, eussent été organisées et eussent eu lieu en Le brouetteur fait rouler le fardeau et, plein air, sportivement. comme tout brouettier, il porte une frac*** tion importante de la charge qu’il brou ette. (Portar et pousser, v. p. 8.) Une de nos gravures-croquis représente un tour de gymnastique ou d’acrobatie que nous avons vu ** faire, á un garlón épicier, á Versailles, vers 1896, Le marquis de Puebla de Parga m’en- dans une rué dont le sol descendait légérement. Brouettes
humaines. Brouettier
aveugle
et b r o u e t t e
v o y ante.
221
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VlNQT-QUATRlfeME
Nous y passions par hasard. (V. fíg. A B, p. 212.) Cet amateur faisait rouler devant lui, á toute la vitesse de ses jam -^ bes, une b ro u e tte monocycle, mais celleci a lla it á re c u lo n s . Autrement I. Miniature d’un livre d'heures (V. p. 211).—2. Brouette simienne dit, les poidanslapiste d 'u n cirque (Dressage).—3. Brouette de cirque d’aprés g n é e s de rae chromolithographie ornantune boite d’allumettes (signalée par M. J. Lazaro, ingénienr,) ses b ra s pointaient l’espace comme des fers de lances tenues en arrét. Les brancards formaient avec l’horizontale un angle de 3.5 á 40 degrés. Lorsque cet équilibriste im pro visé jugeait que la vitesse é tait suffisante, appuyé sur ses mains et celles. ^cirque Price Madrid. Ours; foire de St-Sébas«en1914. Singejo u eu r d e b illa r d : Le rairoir. Aoút 1914. ci reposant sur le 1P5bord supérieur du front de la brouette, il se laissait
tants. En le voyant je songeai á la For tune et á son unique roue. Cette capricieusedéesse, paya-t-elle un jour cet exploit de ses faveurs? Notre gargon épicier serait peut-étre devenu célebre dans le monde de l’athlétisme si l’axe de la brouette de son pa trón avait été garnie de pédales, comme celui d’une brouette que nous avons admirée au cirque Price á Madrid, vers 1911, dans des éxercices acrobatiques de bicyclisme,de monocyclisme et de vélocipédisme de haute fantaisie. (Fig. T.) *^ BROUETTE estelle pour ou c o n t r e les courses espagnolesde taureaux?
Je ne crois pas qu’elle soit jamais descendue dans l’aréne pour affronter la fureur d’un taureau, exploit qui a été accompli par la vélocipédie (L’Illustration 3 janv. 1867, V. fig. Z. n.° 1). Néanmoins, si la brouette n’a pas pris part á ces jeux sanglants elle a fait son po sible pour en diminuer le danger en contribuant á l’enseignement des moyens et des régles gráce auxquelles un homme intelligent et agüe se jouer sans courir trop de risques, de la rage et de la vites se des taureaux. Tel un petit et maigrelet maitre d ’armes se rit '?‘0 6 R 0 U E T T P fP /tP t.-,!- ■ des bottes les plus furieuses porT. Brouette á pédales. Le gargon épider de Versailles (A d r o ite , V. p. 216), etc. tées contra sa faible personne par aller sur cette machine et roulait ainsi, sans que ses un géant ignorant les régles de l’espieds touchassent au sol, pendant quelques ins- crime. Aerábate im provisé.
B rouette
á p é d a les.
P our
ou
contre
les
taureaux.
222
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRI ME
ti’admire des courses de taureaux que ce qui n’en constitue pas la lutte sanglante. Le taureau, par exemple, est de toute beauté lorsqu’il se présente dans l’aréne, ébloui, fier, furieux. Certains détails des courses sont pénibles, répugnants,comme le sont bien des détails de la cuisine, méme chez le plus soigneux etle plusdélicat gourmet. Des passes que relévent l’adresse et le courage des champions sont d’une belle élégance. Néanmoins j’ai toujours préféré une promenade á pied ou á cheval, á vélocipéde ou á bicyclette, etc., á la plus magnifique course de taureaux. On a beaucoup écrit pour et conire. La passion ou l’intérét ont trop souvent dicté les arguments favorables ou adverses. Les professionnels de la plume, auteurs de drames et de comédles, qu’effarouche, et pour cause, toute concurrence, méme celle du cinématographe, sont, en général, des ennemis irréconciliables des courses de taureaux comme ils le sont de tout ce qui peut empécher l’argent d’aller aux caisses du théátre ou du libraire.
étres exceptionnels feraient preuve de bien peu de jugement et ne seraient pasee qu’ils sont s’ils n’attribuaient pas leur fa?on d’étre au tempérament qu’ils ont regu de la nature, á des circonstances spéciales, au milieu oú ils ont été élevés, á l’éducation et á l’instruction qu’ils ont regues. L’instruction des masses ne peut étre que faible. Comme les enfants les masses ont besoin qu’on les amuse qu’on leur construise et qu’on leur donne des jouets. Méme pour le savant, pour lequel il n’y a rien en dehors de ses chéres études, méme pour celui qui sé livre spontanément, librement, volontairement au travail, et, á plus forte raison pour l’employé, par exemple, qui a passé la se-
Des hommes á l’esprit cultivé, doués d’imagination peuvent se passer d’aller chercher au dehors de chez eux et en dehors d’eux des distractions, s’ils disposent de quelques livres, de plumes, de crayons, de pinceaux et de papier etc. Ils ne craignent pas la solitude. L’observation, la méditation, la vue de mille spectacles divers, l’admiration de la nature ou des oeuvres de l’homme, l’étude des routines de leurs semblables etc., rendent fort agréables leurs promenades á la ville, á la campagne au désert ou dans les milieux les plus peuplés. Ces
ou préservatif, physique ou moral. Le spectacle des courses de taureaux, est pour la plus part des spectateurs, «empoignant».
P art i s a ns
courses.
Je
et
ennemi s
des
m aine dan s son bureau fa tig u é surtout par la monotonie de son tr a v a il, une distraction facile, mais pouvant absorber suffisamment l’attention, devient ou est, souvent,un re mede tonique
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Evidemment, á ne considérer la chose que sous certains points de vue mieux vaudrait aller á l’église, á vépres, au sermón et au salut par exemple, que d’aller aux courses de taureaux mais, en général On ne peut pas toujours travailler, prier, tire: 11 vaut mieux aller voir les taureaux que médire;
comme dit Boileau. Une partie de la population d’une ville a un be soin, d’autant plus impérieux qu’elle est plus laborieuse, de distractions pas fatigantes et suffisamII
f aut
d e s d i s t r a c fio n s .
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIÉME
ment attrayantes. Les amateurs des courses de taureaux en éprouvent la jouissance longtemps avant, pendan! et aprés la course, gráce aux émotions, aux commentaires, au souvenir, á la critique. llestdifficile d’imaginer un spectacle quiretienne une masse de peuple de dix ou douze mille ames, d’une fagon plus captivante, sans jeu, sans parís, pendantune longue aprés-midi d’un dimanche d’été. Ceux qui écrivent des livres dont ils rougiront quand ils seront ágés, quand ils seront peres ou grand’péres; des auteurs, des «intellectuels», les galeottes, se montrent, en général, adversaires des courses de taureaux. Elles sont, cependant infiniinent moins dangereuses (au point de vue de la morale, qu’ils osent invoquer), que leurs doctrines, que leurs ouvrages empoisonnés et que les fétes, les jeux, les lectures, les bals et spectacles qu’ils voudraient substituer á ces courses. L’opinion de ces moralistes rend celles-ci plus acceptables sinon plus sympathiques. Le danger pour les toreros ('íauréado/'sjsansétre négligeable n’est pas plus grand que celui auquel s’exposent les jockeys. Le spectacle se livre á ciel ouvert et iln’exige ni silence ni p ro fonde attention, et il ne contribue ni peu ni prou á la perversión, á la corruption des moeurs, c ’est-ádire á la corrup tion et á la dégradation de l’imagination, de la déli. «On le faisait autrefois...» catesse delapen(IJ aprés un cul-de-lampe d’im imprimé de 1887.) seé, du coeur. ACES courses, des chevaux sont,il estvrai,éventrés, tués publiquement. On pourrait épargner ces pauvres bétes sans pour cela porter atteinte á ce qui constitue la partie intéressante et essentielle de Prétendus
moralistes.
Les p a u v r e s
223
la fétc. On le faisait autrefois. On pour rait done éviter aux spectateurs la vue de cette phase sanglante, toujours pénible, souvent écoeurante de ces jeux. Des moyens ont été proposés pour empécher d’une fagon presque absolue et les graves blessures dont est victime le cheval et sa mort coram populo. On protégeait jadis les palefrois á l'aide de la cuirasse. Des poitrails et des souventriéres, le tout en cuir durci, suffiraient dans ce cas-ci. Personne n’ignore qu’étymologiquement cuirasse signifie: chose en cuir. A-t-on jamais pu faire une omelette sans casser des oeufs? Quel tablean n’a aucune ombre? Les courses de taureaux ont des ombres. La vue du sang, par exemple, y fait fermer, á certains moments, bien de beaux yeux et pálir bien de beaux visages. Les anges n’aimeraient pas ce spectacle tel qu’il nous est offert; mais les anges n’ont pas besoin de casser des oeufs pour faires des omelettes. Voir du sang, voir couler du sang ne porte pas plus, croyons-nous á faire couler le sang que l’habitude ou l’acte de soigner des malades ne porte au désir de voir les gens tomber malades, en core moins á celui de les rendre ma lades. Est-il vrai qu'aux courses de tau reaux on s’habitue, á la vue du sang, á voir couler le sang? Je ne le crois pas; mais admettons que cela soit. S’habituer á la vue du sang dans ce monde oú il y a, malheureusement tant d’occasions de le voir couler, est-ce quelque chose de mauvais? La personne qui, á forcé de se vaincre, qui, gráce á l’accoutumance, est capable de voir, sans trembler ni páchevaux.
La vue
du s a n g .
224
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIEME
lir, couler le sang d ’une hete ou d’un homme vaut-elle moins, au point de vue pratique, que l’individu, homme ou femme qui, incapable de dominer ses nerfs, faute d’habitude, tombe en faiblesse s’il volt son voisin saignant du nez, ou la patte d’un chien écrasée par une voiture? Cette personne sensible ne portera aucun secours ni á cet homme ni á ce chien. La sensibilité est une bonne chose, comme tant d’autres sentiments, comme tant d’autres passions, comme le feu... lorsqu’on en est maítre. Des chevaux réformés, vieux serviteurs de l’homme, sont done tués á ces courses. Souvent leur mort est affreuse comme l’était celle des gladiateurs, et peu digne d’envie, bien que ces bétes tombent, «blessées par un monstre su»perbe, devant des milliers de specta»teurs, tandis que, autrement, elles au»raient regu, (aprés de longues souffran»ces ddes á l’áge ou aux infirmités) obs> »curément un coup de gráce obscur, »dans quelque autre, de la main d’un »obscur et peu ragoútant équarrisseur», disait un cónsul général étranger, résidant á Madrid. II raffolait de ces cour ses oú tout lui semblait admirable, justifiable, justifié. Cet optimisme nous semble cependant excessif; mais quelle médaille n’a pas de revers? Les paris, sans lesquels les courses de chevaux manquent d’intérét pour la foule, ne sont-ils pas considérés comme une véritable plaie sociale? Que de suicides n’ont-ils pas produit! Jamais personne n’a cherché la mort aprés avair assisté á une course de taureaux. Des milliers et des milliers de
spectateurs y assistent pourtant en Espagne, tous les ans, depuis des siécles. Partout on est porté au sophisme de la généralisation. Pour leur évlter de commettre des erreurs ________ relativesál’influence qu’ont pu exercer les cou rses de taureaux sur les moeurs ou sur le caractére, on doit, je crois, taire obse rv e r a u x étrangers que le nombre d’espagnols jeu nes ou ágés qui n ’ont ja mais assisté, qui n’assisteront jamais á uneseuledeces courses ou qui ne lésontvues qu’une fois ou deux, est infin im en t, incom parableBrouettes-taureaux, etc. m ent p lu s grand que le nombre de ceux qui vont aussi sou vent qu’ils le peuvent á ce spectacle estival. Allez done dire á un chasseur que les bétes souffrent, que son amusement est cruel, qu’il s’habitue á voir couler le sang. Dans les pays de chasseurs on devrait étre indulgent pour les courses de taureaux. Aprés la course on vend la viande de ces animaux comme on vend celle des chevreuils, ou des sangliers aprés la chasse; comme l’on vend ailleurs de la viande de cheval. Celle des taureaux tués dans l’aréne a méme un prix élevé.
La sen sib le rie. O pinión d ’un étranger. É vitons une erreur. Les chasseurs.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIEME
Diane était fort sensible bien qu’elle fut chasseresse. J’ai connu, je connais des personnes remplies de bonté qui assistaient, qui assistent souvent aux courses de taureaux. Leur cceur ne fut pas, n’est pas endurci par leur propre habitude ou par des effets d’atavisme. Leur pére et leur mére, leur grand-pére et leur grand’mére, leurs aíeux avaient vu avec plaisir, des courses de taureaux. D’autres personnes qui n’assistent jamais á ces courses n’en sont pas plus aimables; souvent méme elles sont acariátres et plus redoutables pour leur prochain que ces pauvres taureaux auxquels elles accordent toute la pitié dont elles sont capables.
On n’a pas observé que le spectacle des courses de taureaux ait dépravé ou gáté la conscience ni les bons sentiments des enfants. Aprés la course, ceux-ci et méme les jeunes gens ne songent qu’á se livrer á des jeux virils, exigeant de la souplesse et souvent du courage, tels que le saut á l’aide d’une perche ou le saut d’une barriére ou d’autres exercices du genre de ceux que représente notre croquis de la figure Z fait d’aprés un cartón de Bayeu, (1734 + 1795; prononcez: Baíéou) beau-pére de Goya (lisez: Gota). Ces amusements sont méme,trop souvent, assez dangereux en raison de la pointe des comes, (vrais comes) du bipéde qui joue le rdle de taureau. Mais le foot-ball et te fox hunting sans une pointe de danger, auraient-ils tant de charme? 11 y a, on le sait, des courses de taureaux pour spor//nen(oülesamateurs,«aficlonados», jouentdans l’aréne, sous les yeux de nombreux invités, de nombreux spectateurs, le róle de toreros). Elles ont aussi des partisans enthousiastes et des détracteurs acharnés. Des jeunes gens de toutes les classes de la société et des jeunes taureaux sont les hérosde la féte. Chez les bétes, comme chez les romains de Corneille, tres fréquemment <La valeur n’attend pas le nombre des années.
Le bon
cceur
et
les
co u rses.
Toreador.
225
Souvent done malgré leur jeunesse, ces taureaux seraient des adversaires dignes des plus courageux professionnels. On apprend et la gymnastique, et le pugilat, et rescrime. Pourquoi n’apprendrait-t-on pas l’art du toreo comme l’on dit en Espagne, c’est-á-dire l’art du «toreador» mot á peine espagnol, qu’on n’entend jamais prononcer en Espagne ni chez los professionnels, ni chez les spectateurs des courses de taureaux, ni danS les plazas? rptoas; cirques pour genre despee*lacle). Tout a une couleur lócale aussi jus te et exacte que ce mot tauréador, qu’on y chante,dans le fameux opéra-comique, «Carmen»,de Bizet; métodramique bouffonnerie musicale dont les paroles appartiennent, on le sait, á Meilhac et á Halévy, et le fol argument á Prosper Mérimée: argument qui, au point de vue de la morale, de la morale du catéchisme. est bien au-dessous de celle d’une course de taureaux. * II existe, il a existé des academias (sic) ou écoles oú l’on enseigne, oú l’on a enseigné, l’art du jeu taurique aux amateurs et aux futurs toreros. On s’y sert méme pour les leqons de certains appareils á une ou a deux roues «qu’on pousse devant soi» et qui peuvent partant étre classés dans la famille de la brouette ou du moins dans celle des schubkarrens Z.) Je ne conqois pas qu’on ne se soit pas servi dans ces petites écoles d’une vraie brouette monocycle portant á l’avant une téte de taureau placée á une hauteur convenable. II nous semble que C arm en.
B ro u e tte s-ta u re a u x .
226
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINOT-QUATRIÉME
les appareils monocycles de tauromachie doivent, en tout cas étre préférables á ceux de deux roues. lis sont plus élastiques, plus dóciles: ils permettent une plus grande variété de mouvements analogues á ceux de la béte (fig. n.° 4).
Encoré un sport, encore l’Espagne; mais un sport, ou une sorte de sport ou de tour de forcé que seul le génie a pu enfanter. II était, croyons-nous, réservé par le Destín á l’Espagne, ma bonne patrie, oú les idées lumineuses surgissent partout comme ailleurs les mauvaises herbes, de réaliser la solution d’un probléme qui tient du sport brouettique (autrement il serait déplacé dans cette causerie) et de bien d’autres choses encore. Son énoncé non seulement ne s’offre pas fácil mente á la pensée, mais il paraitra méme probablement, absurde á tous ceux qui n’auront pas vu la gravure qu’on trouve plus loin dans ce recueil, grávure qui dit aux yeux la solution de ce probléme. Je regrette encore aujourd’hui de n’avoir pas faitarréter la voiture d’oú je vis, par hasard, le fait que représente cette image. J’aurais été heureux de connaitre les circonstances qui donnérent lieu á l’invention du procédé et le nom de l’inventeur. Demandez á un ingénieur, á un conducteur de travaux publics, á un chef de chantier, de ceux qui sont continuellement en contact avec des brouettes et des brouettiers, comment il s’arrangerait pOUr, PAIRE ROULER, SIMULTANÉMENT, A LA FOis, (sans le secours d’aucune corde, d’aucune barre, d’aucune chaine) pous-
é n i g m e
SÉES PAR UN SEUL HOMME, PLUSIEURS BROUETTES MONOCYCLES CHARQÉES. Cet ingénieur, ce conduc-
teur auquel vousaurez adressé cette demande croira que vous plaisantez ou que vous vous moquez de lui. La gravure á laquelle nous venons de faire allusion n’a pas été enchassée dans ce texte, dans cette page, á sa place, pourque les amateurs de devinettes puissent exercer leur sagacité... s’ils n’ont pas commencé, avant de lire ces causeries, par regarder leurs images. Dire que les images de 1. Qrue.—2. Aéroplane. certains livres sont des ar mes á deux tranchants serait littérairement une déplorable métaphore: il n’en est pas moins vrai que l’illustration augmente, généralment, la valeur d’un ouvrage; mais souvent aussi, la vue d’une ima ge tue l’intérét d’un récit, d’un román dont le prin cipal mérite consiste á teñir la curiosité du lecteur en éveil. Quoi qu’il en soit nous croyons que le probléme brouettique dont il s’agit et son élégante solution pourraient bien devenir classiques au méme titre que l’énigme, par exemple, posée á Edipe par le Sphynx: Cette solution est donnée par le croquis ou schéma S de la page 237 de ce recueil. Je la vis, pratiquement, réellement,palpablement, cette solution, á Madrid, en 1913, dans la rué de Fortuny oú était établi, provisoiserment, un chan tier de la voirie municipale. L’admiration pour le gé nie de ma race s’en accrut. Uniquement aux yeux des mythologues et des poétes la devinette du Sphynx peut avoir, gráce aux fabuleuses et pittoresques circonstances qui l’entourent, une valeur supérieure á celle de l’énigme brouettique de la rué Fortuny.
b r o u e t t i q u e
de
la
rué
F o r t u n y
227
PREMIÉRE PA RTlE. CAUSERIE VINGT-QUATRIÉME
«Nous savons bien* dit le sage Horace aux Pisons «que l’imagination des peintres et des poetes, aussi puissante chez ceux-ci que diez ceux-lá, a toujours joui d’une liberté sans limites.» Des poétes ontchanté la brouette; des peintres en ont reproduit l’image. Auraient-ils jamais pu s ’imaginer, ni les uns, ni les autres, que l’acrobatie, l’athlétisme et le sport et méme l’aviation p u ssen t avoir des rapports aussi variés, aussi sérieux avec ce véhicule? La brouette-aéroplane.
L’extréme limite de ces rapports, la limite frontiére qui sépare la broutte de l’aéroplane a-t-elle été franchie? Le con tad entre la brouette et cet appareil a été bien prés de s’établir. A ses débuts dans l’aviation de sport, l’aviateur Brin de Jone brisa son appareil de vol, par suite d’un arrét du moteur, sur le bras hori zontal d’une énorme grue á Auteuil. Si l’appareil n’était pas resté entre ciel et terre, accroché á cette grande machine, il aurait probablement écrasé la brouette qu’on volt au pied de cette grue dans une photographie que publia la revue Je sais toiit en septembre 1913. Le rapport entre la brouette el l’aéroplane aurait été dans ce cas purement... accidentel etpourrait, je le congois, paraitre recherché, tiré par les cheveux. Le fait n’en laissera pas moins le lecteur pensil et impressionné. Le cas fut grave et le courageux Brin de Jone ne s’en tira vivant et indemne que gráce á un véritable miracle, dont probablement il ne manqua pas de rendre gráces á Dleu et á son ange gardien: nous les en remercions aussi. Quoiqu’il en soit nous avons mieux pour démontrer, pour prouver, l’existence de ce rapport entre l’aéroplane et la brouette. N’oublions pas La
b r o u e t t e - a é r o p l a n e .
que cette causerie est consacrée á la brouette et au sport et que la bouette, avons-nous dit figure souvent sur l’écran si vivant du cinématographe. Les affiches et les annonces á iniages de cette lanterne vraiment magique sont souvent de véritables oeuvres d’art. Nous reproduisons dans cette page l’image de l’annonce polychrome d’un film de la maison Pathé, ñlm dont le titre est: May Linder se livre á tous les sports (1913.) Ce personnage est depuis quelques années l’un des idoles des «ciné». On le voit dans cette image vogant dans l’atmosphére, au-dessus des mortels, sur une brouette-aéroplane. (Nous ignorons si c ’est Max Lin der qui, dans un film ou pellicule, joue le role d’un jeune prodigue privé d’une trop couteuse automobile par sa famille. Pour faire honte á celle-ci, ce charmant polisson se rend, nous a-t-on dit, á la plus élégante des promenades, sur une brouette poussée par un laquais engran de livrée.) On voit á quelle hauteur on a fait s’élever la brouette. II semble qu’aprés la brouette-aéroplane il ne res te qu’á faire l’application de l’expression familiére «11 faut tirer l’échelle». Et pourtant il y a encore mieux et plus glorieux. Les chroniques de la brouette sont une mine inépuisable. Deux reines et la brouette, que dis-je deux reines, la brouette, les rois, les reines, les princes, etles princesses ^)ourraint étre le ti tre de ce qui suit. D’ailleurs cette causerie athlétobrouettique aurait pu renfermer quelques paragraphes dédiés aux jeux sportifs des enfants de" toutes les classes sociales. E n c o r é
p l u s
¡i a u t
228
PREM1ÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIÉME
Des images telles que celle Litüe Folks de la page208 de cette causerie ou celle deReynolds, page 118 de ce recueil auraient été á leur place dans ces paragraphes. Les enfants, tnéme assez grands, jouent rarement avec les brouettes des ouvriers et des chantiers; mais ils aimení les petites brouettes proportionnées á leur taille et á leurs torces. Peu de boutiques dejouets pour enfants en manquent. Mais á la ville la brouette pour enfants n’a qu’une application fort limitée: á la campagne et á la plage c’est autre chose. Un de mes amis a écrit qu’il consi dere malheureuse l’enfance de ceux qui ne l’ont pas passée á la campagne. Je partage cet avis; mais comme l’entrée au collége et la régle de celui-ci est pénible lorsqu’on a savouré sans entraves la liberté des Csse. de Ségur. Les malchamps! heurs de Sophie. Dessin de Bertall. En Angleterre Íes enfants jouissent trés largement de la campagne et de cette liberté. S. M. la reine d’Espagne, notre jeune, belle et auguste souveraine, a vécu une grande partie de sa vie, comme sa mére, com me ses oncles et ses tantes, á la cam pagne. Les enfants connaissent tous les objets, tous les coins et tous les meubles de la maison paternelle, et de celles et des lieux qu’ils fréquentent. Un jour ils oublieront des dioses bien plus im portantes vues ou connues plus íard; L es
enfants,
la
c a m p a g n e , la
mais l’image de ces objets, des étres de la maison, de ses meubles, de ses tableaux et de mille petits riens du foyer familial et des maisons de leurs proches ou de le u rs p e tits amis, restera nettement e t indélébilement gravée d a n s leur imagination etsouvent dans leur coeur. On s’attach e aux choses méme petites et sans valeur intrinséque; parfois trop; mais elles éveilient tant de souvenirs! Sunt lacrymce rerum. S. M. la reine Victoria nous dit un jour, il y a quatre ou cinq ans, qu’on conserve dans les dépendances.du cháteau d’Osborne des brouettes avec lesquelles avaient joué tes enfants de la reine d’Angleterre, sa grand’mére et plus tard elle-méme et ses frére's. Notre reine ajouta qu’elle me ferait faire une photographie de ces brouettes par Butcher, homme précieux, exceptionnel, factótum de sa mére la princesse Béatrice, le mellleur, te plus utile, te plus devouéet le plus aimédes serviteurs du Royaume-Uni. Plein de reconnaissance je n’oubliai pas cette intéressante et flatteuse promesse. Je n’ai jamais douté de la royale sincérité de celle-ci; mais d’autre part, comme le temps passait et la mémoire et l’attention des princes, sollicitées de tous cótés, sont tellement lassées, tellement surmenées... Bref, que S. M. me pardonne, mais je ne comptais plus depuis longtemps sur la photographie de Tile de Whigt (dont la reine m’avait parlé en 1910) lorsqu’au mois d’aoút 1915 je Tai regue par l’entremise du duc de Santo-Mauro. brouette
et les b r o u e t t e s
d ’ Osborne.
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-QUATRIEME
Derriére Texcellente photographie de Butcher, S. M. la reine a tracé au crayon quatre lignes. Nous publions dans cette causerie le fac-similé de la premiére dont voici la traduction: «Brouettes de ma mére, de mes tantes et de mes oncles.» Les autres lignes du royal autographe, écri'es en anglais, donnent les noms des petits prin-
229
lipse propre de la langue espagnole suffirait pour prouver jusqu’á quel point la reine s’est assimilé Lidióme de sa nouvelle patrie. Elle le parle á la perfection. En espagnol ou peut dire, par exem ple, au pluriel masculin, mis tíos (mes oncles), los tíos (les oncles), mis padres (mes péres), los
V «Prince de Galles, princesse royale, prince Alfred, princesse Héléne, princesse Alice, princesse Louise, prince Arthur, prince Léopold, princesse Béatrice.»
ces et des petites princesses fils et filies de S. M. la reine Victoria d’Angleterre. Carretillas... de mis tíos.^ Entre parenthése, cette phrase doublement elliptique, renferme un mot masculin (tíos) employé au genre épicéne, c’est-á-dire, comme si le genre, de ce nom était masculin-féminin. Cette sorte d’elLes
brouettes
des
e n f a n t s de la
Re i n e
reyes (les rois), los condes (les com tes), etc., etc., au lieu de; mi tío y mi tía ó mis tíos y mis tías (mon o n d e et ma tante ou mes oncles et mes tantes), mi padre y mi madre (mon pére et ma mére), el rey y la reina (le roi et la reine), el conde y la condesa (le comte et la com tesse). On dit de méme en frangais les parents ou mes parents; íes époux, l’homme, au
Vi c t or i a. A u t o g r a p h e
r oy al .
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PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIEME
lieu de dire le páre et la mére ou mon pére et ma mére; l’époux et l’épouse, l’homme et la femme,
Lavue déla charmante photographie des petites brouettes d’Osborne me remet en mémoire un souvenir d’ordre héliographique ayant trait á la marraine de la reine d’Espagne. L’anglais Talbot n’avait pas encore rendu pratique en le perfectionnant le procédé de Niepce et de Daguerre: la photographie sur papier n’existait pas encore. II est possible que S. M. la reine d ’Espagne ignore que sa marraine, que la tres noble et trés belle comtesse deTéba, future impératrice des Franjáis, fut une des pre mieres et des trés rares personnes qui possédérent á Madrid une machine daguerréotipique. Elle fit quelques photographies sur plaque argentée brillante dans le jardin du feu comte de Corrés, marquis de Valmédiano, de qui nous tenons ce fait. D’aprés Valmédiano les portraits daguerréotypiques faits par la charmante comtesse de Téba, du moins ceux qu’il vit, ne valaient pas grand’chose, ce qui est naturel. Le procédé primitif de photographie exigeait parait-il des soins et un tour de main spéciaux et une pose immobile, longue, trop longue, énervante, aga^ante pour le modéle vivant. Les amateurs de ladaguerréotypie furent peu nombreux... mais ces souvenirs photohistoriques nous éloignent de l’íle deWightet d’Osborne House, Quel délicieux petit groupe de véhicules de différents genres dont deux brouettes! Ces voiturettes sont parquées á cSté d’un massif de fleurs, devant un abri mignon au toit de chaume, leur re mise probablement. L a c o m t e s s e de
«Souvent un beau désordre est un effet de l’art»; mais ici ces voitures á une, á deux et á quatre roues, toutes ces voitures-jouet dont l’une est attelée d’un cheval de bois, forment une sorte de coquet et pittoresque petit troupeau. Chaqué voiturette porte peintes en lettres majuscules romaines, blanches, carrées, bien visibles, bien anglaises, les initiales de son possesseur. L’une des brouettes est placée de telle sorte dans la photographie qu’on ne voit pas les lettres du nom de celui-ci. Appartenait-elleau prince de Galles? Évidemment bien que chacun de ces véhicules eút, en principe, son propriétaire légal, elles devaient constituer, de fait, un bien de famille et fraternellement commun, córa me semble le prouver la réunion égalitaire et l’enchevétrement de ce «meeting» véhiculalre. Les individus dont il se compose sont restés unis, inséparables, malgré leur age dépassant la soixantaine, malgré la dispersión ou la mort des princes et des princesses leurs maitres ou plutót leurs gentils ca marades des beaux jours d’Osborne Housse. Le «prince de Galles», de l’autographe royal,devait porter un jour, dans la liste des rois d’Angleterre, le nom de Edouard VIL Dans le frontispice de ce recueil et á sa page 118 on voit ce puissant souverain, peu de mois avant sa mort, travaillant á cóté d’une brouette á Rugby. Songea-t-il alors á celles d’Osborne House, á celle de son enfance? Don Téodoro Gascón (prononcez: Gasconne) avait bien voulu faire pour nous, d’aprés un document photographique. Le roí Edouard VII et la brouette, un dessin á la plume dont la gravure est gravée á la page 118 de ce recueil. Nous devons aussi á ce méme artiste la gravure politicosatyrique de la causerie XIE ; p. 134. La plume de M. Gascón a interpreté et traduit d’une fa9on remarquablement légére, artistique et exacte la photographie brouettique que nous devons á la bonté de S. M. la Reine. Nous en félicitons le
Téba p h o t o g r a p h e .
Y pensa-t-il?
T . Gascón.
231
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINGT-QUATRIEME
spirituel dessinateur: nous nous en félicitons aussi et nous en félicitons la brouette. Au pied de la 2^ page de la dédicace de ce livre á S. M. la reine Christine, on voit un dessin fait á la plume d’aprés des gravures photographiques. S. M. la reine d’Espagne est, dans cette itnage, á Saint-Sébastien, sur la plage, á coté des brouettes de deux de ses enfants, arriére-petits fils de la Reine Victoria d’Angleterre, petits-fils de la princesse Béatrice, l’une des propriétaires des mignonnes voitures du pare d’Osborne. Dans cette dédicace que nous avons osé adresser á S. M. la reine Christine nous avons fait allusion á la collaboration, á l’encouragement que la plus distinguée des femmes, que celle qui fut la plus gracieuse des princesses régnantes a bien voulu accorder á l’auteur de ces causeries. L’image d’a prés laquelle a été faite la gravure de la page 206 de ce livre nous fut remise, de la part de la méredu roi par la Marquise de Martorell en 1910. Nous ne connaissions méme pas de nom le Journal qui l’avait publiée. En 1912 la Reine Christine chargea le duc de Santo-Mauro de nous faire parvenir la gravure d’a prés laquelle a été faite la photogravure, assez peu réussie, des courses brouettiques d’acteurs et d’actrices au Pare des Princes (page 213 de ce recueil). Les
brouettes
de
la
rei ne
"O.
Ch r i s t i n e .
Nous l’avons déjá dit: tout vient á point á qui sait attendre. Voici done la brouette comblée des plus hautes, des plus enviables, des plus honora bles, des plus louangeuses attentions royales. Quel que soiFramour ou l’indifférence des gens enve^sl ^ brouette, quelles que soient leurs opinions brou ettiques, gráce á deux reines d’Espagne, jamais personne n’osera dire, comme on le dit de tant d’autres livres, que ce recueil manque totalement de valeur et que son sujet, la brouette (son héros,' allais-je dire), est complétement dépourvu d’intérét. La brouette qui, ne l’oublions pas, a servi de batean (V. pages 75 et 76), peut done se consoler d’étre autre chose qu’un aéroplane. Vraiment si ce véhicule se laissait aller á la fierté et á l’orgueil il serait excusable. Dans le royanme oú se trouve Osborn House la jarretiére est devenue un symbole envié. L’Ordre de la brouette n’existe pas encore; mais la de vise de ce véhicule pourrait étre dorénavant: Honni ou honi soit qui mal y pen se. Ces paroles d’Edouard III, lorsqu’elles furent prononcées devant les rieurs déla légende, n’avaient-elles passurtout le sens de: rira bien qui rira le dernier? La
valeur
de
ce
r ec ue i l .
C A U SER IE V IN G T -C IN Q U IÉ M E «L e g é o m e t r e P a sc a l en inventant la broiiette a économisé plusieurs milolards de journées de travail aux terrassiers du monde. Par l’invention du ha»quet, cette voiture admirable dans sa simplicité, ce méme savant a rendii un «immense service au commerce des vins qui ne s’en douteguére.» (E. Aboiit. Le X IX siécle, 12 avril 1883.) I D’aprés A. Kar {i.), d’aprés le Dictionnaire raisonné d’Agriculture, de A. Richard, 1884, d’aprés la Pratique de l’Art de construiré, par J. Claudel, ingénieur, etc. Pascal est l’inventeur de la brouette. I «C’était la brouette—la brouette de Pascal.» (Jules Verne. Tribulations d'un chináis en Chine.—V. Causerie XVE page 162.) Z Pascal «fut le type méme du savant et de l’inventeur» dit un journal qui cite á l’appui de cette affirmation les paroles suivantes d’un membre de l’Académie. «S’il voit son pére accablé des travaux de financier, il construit la machine á »calculer; s’il monte au Puy de Dóme il en rapporte le barométre; s’ilvientá »Paris, il invente l’omnibus et, á la campagne, la brouette». (L’Echo de París, 24 mars 1911.) Z Pour provoquer une réponse, M. Edmond, s’adressant á deux enfants, leur dit que sürement ils savent ce qu’est une brouette. Henri répond affirmativement. »Francinet ajoute que «les ouvriers seservent tous de brouettes; c’est bien moins »lourd qu’une charrette et c’est bien plus commode que s’il fallait porter les »choses sur les bras ou sur le dos», et il demande á M, Edmond si «cela n’a pas toujours été connu.» M. Edmond répond que «quoique la chose semble »si facile aujourd’hui elle n’en est pas moins due aux calculs d’un grand génie. «L’inventeur est l’illustre Pascal...» On doit done á ce savant «l’invention de »la brouette instrument qu’on n’a pas grand peine á taire et qui ne coute pas »bien cher: le difficile était de l’inventer. Nous jouissons gratuitement tous de »cette invention; car ce que nous payons en achetant une brouette, c’est le bois »et le travail de l’ouvrier mais nous ne payons point du tout l’idée et les calculs »de Pascal...» (Cours complet de lecture et d’instruction morale et civique. Francinet. Ouvrage couronné par l’Académie frangaise, 12P édition. París. Librairie classique Eug. Belin.) I
«Pascal a inventé la brouette.» Erreur ou mensonge? S’il y avait eu l’intention de tromper il s’agirait, cela va sans dire, d’un mensonge. Dans ce cas concret, c’est-á-direlorsqu’on attribue á Pascal l’invention de la brouette, nous croyons fermement qu’on n’a pas man E r r e u r s
e t
qué sciemment á la vérité. II n’en reste pas moins que les erreurs comme les mensonges historiques ont la vie dure. Condorcet, qui était alors, je crois, en Angleterre, composait un ouvrage sur Pascal. Voltaire lui écrivit qu’il ne manquát pas d’y affirmer que le géométre de Port-Royal s’était convertí sous l’influence
m e n s o n g e s
h i s t o r i q u e s
PREMIARE PARTIE. CAUSERIE VINGT-CINQUIÉME
de la folie. Evidemment les philosophes tenaient au penseur, á l’auteur des Provinciales, á rtiomme de génie. lis ne voulaient pas du chrétien chez qui la haute raison et la foi sincére étaient d’accord. «Mon ami», écrivait done Voltaire á son compére, «mon ami, ne vous lassez pas de répéter que »depuis Taccident du poní de Neuilly le cerveau »de Pascal étalt détraqué». Biographie Universelle ancienne et moderne (tome 33, chez Michaud, 1823). L’auteur de l’article de cette biographie, ajóute _____________________ que des études telles que celle de la roulet— Les oumers se ‘servenl lous de brouelíes, dil Ff<mcincl; c'eslbicn inoins loiird qu’ une charrelte, el te, et d’autres travaux c'est bien plus cominode qué s'il faltaii porter los choses ítíclcs bms ou sur le dos. Mais, inousieur, cst-ce que aussi nombreux qu’imcela n'a pus loujours cié contui? portants, sont sortis de M. E -— Non, mon chor ce cerveau malade Francincl. Quo»" aprés l’accident de voijoiird'bui. elle n'en esj pas.nioins alue nux caictils d’un grand génie. ture, auquel fait alluL'intenlcur esl riilusiro Pascal, né é ClcmuuiL Tq "ft-* rjííPascal,ii‘csi*cc pas, lleurl? sion Voltaire. Le mensonge n’en a pas moins Reduction photograpliifait son chemin. dmond
que d’un passage illustré de l’un des livres intéressantscitésá lapageprécédente.
On peut lire, en effet dans la Revue des Reviies du l.“ Février 1897 (section des revues frangaises et étrangéres): la note suivante: «Revue de l’Hypnotisme. Le Dr. Ch. Binet a quel»ques données intéressantes sur la suggestion re»ligieuse réclproque dans la famille Pascal. Blaise «Pascal était atteint de la folie mystique...» Bien entendu, quoique leur revue n’en dise rien, avantdelácher cette calomnieusesottise en 1897, les devins et les voyants de l’hypnotisme avaient probablement lu le livre, publié en 1846, du docteur Lelut: De l’amulette de Pascal, étude sur les rapports de la santé de ce grand homme á son génie. Pour ce docteur Pascal était fou. Déjá Cousin, aprés Vol taire, bien entendu, dans un rapport lu á l’AcadéMensonges
et
calomnies.
Pascal
233
mie en 1842 avait qualifié la ferveur religieuse de Pascal de «dévotion ridicule et convulsive.» Les erreurs el les mensonges historiques ont la vie dure; mais, que de moyens, on le volt, il y a aujourd’hui, pour la leur donner et pour la leur assurer! Méme l’hypnotisme et sa presse! «Ferrer, l’homme des journées d’incendie, de terreur et de meurtres, dont une grande ville d’Espagne a été le théátre pendant une semaine, n’est-il pas en train de devenir un martyr du fanatisme, de l’ignorance et du cléricalisme, gráce au systéme conseillé par Voltaire á Condorcet? En Espagne, la liberté d’écrire n’a pour ainsi dire d’autres limites que celles, trés élastiques, de la conscience de l’écrivain. En matiére de moeurs et de religión cette liberté est trés large aussi. On peut impunément parlér et écrire contretes prétresou en faveur des prétres; on peut aller á la messe ou la remplacer par un tour de promenade, ou par une visite au café, au cabaret, etc. Dans ce pays de liberté, en Espa gne, oú l’enseignement officiel est laíque, Ferrer voulut fagonner selon ses théories des intelligences et des coeurs. II ouvrit des écoles et, pour leurs malheureux éléves, il fit imprimer des livres. II le fit librement. Ceux qui prétendent que sa mort est due á ses doctrines, á leur propagande ou á leur enseignement mentent. Ni la propagande ni 1’ensei gnement nesont pour rien dans la mort de Ferrer. Ferrer a été condamné parce qu’il a commis un crime défini par un code dont lesarticles sontfaits pourtous les espagnols.» Nous écrivímes les paragraphes qui et
l ’h y p n o t i s m e .
Ferrer. 16
234
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VlNGT-CINQUIÉME
précédent et quelques autres, que nous intercalámes dans le vieux manuscrit de ce recueil, en 1909, sous l’impression d’événements alors récents. Ferrer ne fut jamais en Espagne le héros et l’apótre qu’en fit á l’étranger une monstrueuse et menteuse campagne depresse Ne pas opposer la vérité á l’erreur cha qué fois que l’occasion de le taire s’offre á nous c’est contribuer á la diffusion de l’erreur. Non! Ferrer ne fut pas condamné pour la propagande de ses doc trines. Ceci ne veut pas dire, qu’á nos yeux, cette propagande et ces doctrines ne soient pas plus coupables que les actesmatériels qu’elles produisirentetplus criminelles que les auteurs des crimes suggérés par elles et par leur enseignement: crimes cependant odieux, crimes égoístes, commis par une bande pour essayer d’imposer, au nom de la li berté, par le sanget la terreur, a toute une nation ce qui convenaitauxappétits du moment d’un chef et de quelques cómplices. Ferrer n’avait dü qu’á de laches et honteuses protections politiques,bien connues, de n’avoir pas été poursuivi aprés l’horrible attentat du 31 inai 1906 dirigé contre le roi. Les blessés autour du roi et de la reine d’Espagne furent innombrables. Des chevaux de leur sui te et du carrosse royal furent tués, la voiture fut endommagée. La liste des morts civils et militaires gravée sur le
monument commémoratif, élevé á deux pas du lieu oü éclata l’engin meurtrier, renferme 24 noms, parral lesquels ceux d’une filie et de la charmante épouse de notre ami le marquis de Tolosa, fils aíné du Marquis de Péralés et une filie de la marquise de Adanero. Morral nefut, commetous ceux de son espéce qu’un instrument. II faut lire dans l’ouvrage Mor ral, de M. Salillas, homme politique d’idées avancées, le moyen diabolique, infáme dont seservirent Ferrer et sa compagne, paraít-il, pour armer le bras de l’assassin. Celui-ci était un de leurs disciples, un de leurs amis (de leurs cómplices veux-je dire), un dévot naturellement, de cette chose honteuse dont on a couvert le nom sous ceux d’amour libre. Cependant aprés l’insurrection de 1909, l’accusation, le procureur, le représentant de la vindicte publique ne tint aucun compte du crime du 31 raai 1906, dont l’impunité avait préparé pourtant ceux dont Barcelone fut le théátre. Quoiqu’on dise et quoiqu’on prouve, á l’étranger, dans le monde des sectaires, les juges de Ferrer seront des assassins, les assassinés et les incendiés de Barcelone, seront les coupables; seul Ferrer sera grand. Ferrer sera une victime de la haine religieuse, et de l’obscurantisme, comme Tintelligence de Pascal, d’aprés Voltaire et ses cómplices, futía vic time fatale de l’accident de Neuilly. La puissante intelligence de Pascal disparutalors étoiifféeparlapeur du diable e td e l’enfer; «par la folie mystique»,com me dit la Revue de l’hypnotisme. Les erreurs historiques, politiques et autres, ont des racines si profundes, que surement et malgré tout, les petits-fils de ceux qui croient encore que Pascal a inventé la brouette, le haquet et la vinaigrette attribueront, sans hésiter, á ce fameux écrivain non seulement la découverte de ces ma chines roulantes et du barométre, mais aussi «la fo lie mystique». 4c « Des curieux n’ont pas manqué de se demander.
Ferrer ne dut sa m orí ni á ses doctrines ni á l’a tte n ta t du 31 mai
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINOT-CINQUIÉME
quelle peut bien étre l’origine de la fable qui attribue á Pascal l’invention de la brouette; mais leurs explications, sont á notre avis, si peu sérieuses que leurs auteurs nous semblen! vouloir se jeter, de propos délibéré, de Charybde en Scylla.
235
SAINT BRICE Pompée? II n’est pas mort de la main de César.
M. DE CRAC S’il ne tua Pompée il en tua bien d’autres. (M. de Crac dans son petit castel... Comédie en un acte... représentée pour la premiére fois parles comédiens franjáis le 4Mars 1791... Théátre... de F. F. Collin d’Harleville membre de l’Institut. A Pa rís... rué de la Harpe núm, 78.—1805.>
Pascal disent-ils étudia la courbe qu’on appela plus tard, cycloide, courbe á laquelle il donne dans ses écrits, le nom de roulette.
«S’il ne l’inventa pas il la perfection-
De roulette, á rouette, et á brouette, la distance est fort courte: elle n’aurait pas tardé á étre franchie (d’aprés cette versión) par des gens peu instruifsou ayant l’oreille dure. Gráce á cet á peu prés —roulette, ftrowetíe—Pascal serait devenu l’inventeur de la brouette. II n’est pas absolument impossible que le point de départ de l’erreur soit ce quiproquo, ce coq-ál’áne; mais cette méprise est-elle vraisembable? Tout porte á croire que les travaux de Pascal et l’origine de la brouette devaient étre parfaitement indifférents á des gens capadles de confondre avec ce véhicule une courbe géométrique. Je me suis demandé si des instruments monocycles á manche, tels que la roulette des charrons, des corroyeurs, et, ou si la roue de la brou ette n’auraient pas servi á Pascal pour ses démonstrations et explications de la cyclo’íde. On aurait, dans ce cas, pu confondre un peu plus vraisemblablement l’invention de la roulette avec celle de la brouette. Mais n’a-ton pas adjugé aussi á Pascal, á tort, outre l’invention du barométre, et de la brouette, celle d’autres véhicules et méme celle de la courbe dite roulette? Pascal attribua la découverte de celle-ci au pére Mersenne, ce qui d’ailleurs n’est pas exact non plus. Personne que je sache n’a jusqu’á présent prété á Pascal l’invention de la roulette des maisons de jeu. C’est étonnant. M. DE CRAC On volt encore suspendue au plafond son épée L’épée avec laquelle il a tué Pompée.
Charybde
en
Scylla.
na», répondent ceux qui veulent que la brouette figure, malgré tout, dans l’histoire de Pascal á ceux qui leur disent que l’auteur des «P ensées de M. P ascal SUR LA RELIGION ET SUR QUELQUES AUTRES sujETS». (Purls 1660.) n’a pas pu
inventer la brouette. (Bouillet, Dictionnaire des Sciences, des lettres et des arts. J.Trousset, Dictionnaire encyclopédique). La Grande -Encyclopédie (XIX= siécle), dans son huitiéme volume, letre B, article «Brouette», nous dit que le philosophe de Port Royal, «a donné la théorie de la brouette» ce qui est faux aussi. «II y a la une confusión. Lorsqu’il est question de la brouette inventée par Pascal» disent d’autres écrivains «il s’agit d’une sorte de chaise roulante ti-
Roulette.
Brouette.
Vinaigrette.
236
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINQT-CINQUIEME
rée par un homme, il s’agit de la vinaigrette» On aurait pu aussi bien attribuer á Pascal rinventlon des couchettes á roues dites roulettes ou celle des véhicules qui aux XVIP et XVllP siécles furent appelés roulettes. C’étaient des tricycles, pour se promener dans les grands pares et jardins; tricycles suspendas et poussés par un ou deux suisses. Une estam pe du temps représente le duc et la Duchesse de Bourgogne se promenant en roulette aux Tuileries (Henry Havard. Dictionnaire de Vameubl ement.) Pascal, malade, pour éviter les souffrances que lui causaient le s c ahots etle r o u 1 ement de la vinaigrette aurait R o u le tte . Le duc et la duchesse de Bour done gogne. (V . G o a v e r n e u r de V irg in ie , p. 205.) t r o u vé un dispositif ingénieux de suspensión qui amortissait les soubresauts de cette voiturette, appeléedérisoirement d’abord brouette et puis vinaigrette, par allusion á la brouette, si populaire á París, des vinaigriers. (V. causerie XP .) Un collaborateur de L’Intermédiaire des chercheurs, y décrit méme l’artifice imaginé par Pascal: «La calsse du véhicule pouvait monter et descendre sans toucher l’essieu, qui était placé dans une coulisse, ménagée sous le siége: un ressort était interposé entre l’essieu et le corps de la voiture.»
II est grand dommage que ce correspondan! de VIntermédiaire, se soit gardé de nous dire oú estce qu’il a trouvé que Pascal est l’auteur d’un dispo sitif, dont VArt du Menuisier-Carrossier de l’Encyclopédie, (XVllP siécle), qu’il ne cite pas, donneles détails les plus complets et les plus techniques, ainsi que des plans, sous la légende: Coupe et élévation d’une brouette avec ses développements. Le nom de Pascal, bien entendu, ne figure pas dans l’article de l’Encyclopédie. D’un autre coté, Madame Périer, soeur du philosophe, dit que son frére: «avait cette grande máxime de renoncer á tout plaisir et á toute superfluité», qu’il «n’avait plus EUyflTICj de tapisseries dans sa í'iiU EBKffU' chambre», qu’il «nepermettait pas qu’on lui fit aucune sauce ni ragout, non pas méme de l’orange et du verjus», qu’il «ne pouvait encore souffrir qu’bn cherche avec soln les commodités, coinme d’avoir toutes les choses prés de soi» et qu’il disait «qu’il n’y avait rien de si capable d’éteindre l’esprit de pauvreté comme cette recherche curieuse des commodités...» Est-il admissible qu’un chrétien, qu’un ascéte, qu’un stoícien si l’on veut, ennemi par principe et par accoutumance de toutes les douceurs, qu’im homme que dominad l’esprit de sacrifice ait employé son temps et son intelligence et sa volonté á chercher le moyen de s’éviter quelques secousses en adoucissant le mouvement de la vinaigrette, dans laquelle, probablement, il n’est jamais entré? Le haquet, cette longue, étroite machine roulante, qui sert au transport des tonneaux, fut, dit-on, inventée aussi par Pascal. Encoré une erreur. Le haquet était connu au XIV^ siécle. On peut en voir
L e s r o u l e t t e s . P a s c a l ne p e r f e c t i o n n a p a s la v i n a i g r e t t e .
Le haquet .
PREMIÉRE PARTIE. CAUSERIE VINGT-ClNQUlfeME
le modéle du bon vieux temps dans le manuscrit latín de la Bibliothéque Nationale Vita et passio S. Dionissii Areopogitce. (V. fíg. P.) Pascal perfectionna-t-il le haquet en lui ajoutan le treuil et le mouvement de bascule qui évite d’avoir á détteler le cheval et dont le binard, ou diable des magons, n’est qu’une variante? On a gratuitement prété á Pascal assez d’inventions qui ne sont pas de lui pour qu’il soit prudentde rejetercomme fausses ou apocryphes toutes celles dont il ne fait pas mention dans ses écrits, Or, il n’y dit rien ni de la vinaigrette, ni du haquet, ni de la brouette. Madame Périer, non plus, n’en parle pas, mais Haquet. 1,1’, 1” ; croquis d ’aprés des m iniatures du XlVe siécle (Vita et passio. S. D ionisii B, N.) elle fait allusion á l’en2, Haquet d’aprés une gravure de I’Encyclopédie duXVlile siéde. 2. H aquet du XX^ siécle. 3. Bitreprise des carrosses nart. á cinq sois, dirigée par son frére. Ne serait-ce pas parce qu’il s’est occupé de cette entreprise, d’oú sont peut-étre nés (on l’a dit) les ómnibus et les fiacres qu’on lui a attribués, á tort, l’invention de tant de véhicules? Pour des milliers de gens, Pascal sera longtemps encore, peut-étre méme jusqu’á la consommation des temps, l’inventeur de la courbre cycloíde, du barométre, de la presse hydraulique, du haquet des onmibus, des fiacres et de la brouette, surtout de la brouette. Y peut-on quelque chose? On enseigne ces erreurs á l’école; on les trouve dans les dictionnaires, l’Académie couronne l’auteur d’ouvrages classiques oú cela se dit et ces choses se lisent, peut-étre, méme dans la revue de l’hypnotisme... Tous les plus importants dictionnaires n’ont-ils pas accepté, n’accepteront-ils pas encore, pendant longtemps, comme bonne et raisonnable l’étymoloSilencie
de
Pé r i er .
Faux;
ma i s
237
gie «BIS cteux, ROT/E roues.-petit véhicule qui ríen a qríune seule^ parce que, un jour, quelqu’un a attribué cette ori gine du mot brouette au Glossaire de la moyenne et de la plus basse latinité du grand Du Cange, ouvrage oú cette fantastique étymologie brille par son absence? (V. causerie VIP .) Comme le disait fort bien le numéro du 20 mai 1895, des Inventions Nouvelles, á propos d’une expérience d’électrochimie, qui n’avait jamais été réalisée:
V n '5 ± u f^ o ^ ri S a r l t Y o u JP irí tr^ol
h v o u e tif s S
(V. p. 226.)
«...On raconte quelque chose aujour»d’hui; demain on l’imprime; les livres »reproduisent le récit tronqué, inexact, faux d ’un bout á l’autre et cela reste: rien ne l’effacera». *«í» La courbe que décrit dans l’espace le clou d’une roue de voiture en marche Roulette. XVII'^ siéde. (clou que nous supposons fixé au cercle de fer qui entoure cette roue) depuis le moment oú ce clou cel a
restera.
La
c y c l oí de .
PREMIERE PARTIE. CAUSERIE VINQT-CINQUIEME
238
quitte le sol jusqu’á l’instant oú sa tete y laisse de nouveau son empreinte est, on te sait, une courbe cycloíde: la roülette du XVII' siécle. La cycloíde jouit de certaines propriétés curieuses. C’est ainsi que de tous les chemins qu’on peut tracer pour qu’un mobile livré á lui-méme, descende rapidementle long des flanes d’une colline, d’un point de la hauteur á un autre . point de la plaine, le chemin á profil concavocycloídal, est «le chemin de la plus rapide descente». La cycloíde doit á cette particularité d ’ordre odométrique et chronométrique lequalificatif de brachistochrone, motdont la forme lourde semble á premiére vue en opposition avec son sens empreint de vitesse et de légéreté. Le procédé d’une brouette, descendant verticalement vide, qui fait monter une autre chargée n’est pas nouveau. Nous l’avons signalé dans ja Causerie / V ', page 74; mais pouvons-nous admettre, autrement que sous bénéfice d’inventaire, qu’on ait tracé un chemin á profil cycloi'dal exclusivement pour favoriser le travail de ce véhicule? La chose en elle-méme, théoriquement n’est pas tout á fait absurde; mais a-t-elle été réaliLa
descente
cycloidale
et la
sée? M. Gérardin docteur-és-sciences, agrégédel’Université, etc., dans son «Cours de Mécanique expérimentale» (librairie Eug. Belin), dit que la propriété tautochronique et brachystochroniquede la cycloíde «est employée par les ouvriers terrassiers pour reti»rer lesterresdufond d’une tranchée. Deux ouvriers »menant des brouettes, s’attachent aux extrémités »d’une corde, passant par une poulie, fixée au ni»veau supérieur. Le poids de l’ouvrier qui descend, »avec une brouette vide, aide á remonter l’ouvrier j>qui tient la brouette chargée. Le premier descend »suivant un are de cycloíde, le second remonte sur »un plan incliné.» M. Gérardin s’est-il bien renseigné? Ce savant n’a-t-il pas pris un reve, une idée, un projet pour un fait accompli? La brouette a été victime de tant d’erreurs que lorsqu’on a affaire á sa bibliographie on devient méfiant.
Nous voici arrivés á ia fin de la premiére partie de ces causeries. Nous avons essayé d’y établir que l’antiquiténe connut pas la brouette que broueüe signifie roulette, que les emplois et applications de la brouette sont nombreux, et que, en l’espéce, le sujet est intéressant. Leschercheurs, les érudits etles curieuxavaient démontré que l’invention de la brouette est antérieure á la naissance de Pascal. Le lieu précis et la date exacte de cette invention au Moyen-Age devront désormais étre l’objet de leur érudition et de leurs recherches. Nous espérons que, gráce á celles-ci, nous saurons un jour á quelle époque re monte l’usage des premieres brouettes en France, dans les Flandres, en Hollande, en Angleterre, en Allemagne et dans d’autres pays. Ainsi soit-il. brouette.
La
par ol e
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
est
aux
érudits.
SECONDE PARTIE PRÉFACE OU AVANT-PROPOS DE LA PREMIÉRE PARTIE
C A U SER IE P R E M IE R E Au moyen d’un peu d’étymologie, d’un semblant de bibliographie, d’une trés légére couche de phyloíogie, d’un rien d’histoire; en faisant appel au cóté anecdotique et pittoresque ou artistique des autour de la brouette, á l’aide de quelques croquis, de quelques gravures, nous avons essayé d’attirer les regards des indifférents sur cette voiturette et de la rendre intéréssante á ceux dont l’attention n’a pas été suffisamment frappée par sa singularité et par son mérite. La brouette affirme et démontre tous les jours sa valeur en imposant ses Services et en les rendant indispensables, á la maison, dans les chantiers etexploitations de toute sorte, dans les gares de chemins de fer, ala ville, á la campagne. Partout elle travaille, sans en étre éclipsée, avons-nous dit ailleurs, á cóté des machines roulantes ou autres, les plus ingénieuses, les plus simples, les plus compliquées ou les plus parfaites, qu’ait inspiré á l’homme le génie de la mécanique. Paire l’éloge de la brouette et surtout exposer clairement, pour la premiére fois, croyons-nous, les 0 bj e t
de
cette
préface,
de
vraies raisons, á notre avis, et les cau ses secretes, et le pourquoi mystérieux du mérite de ce véhicule, tel est l’objet principal de ces notes, de ces causeries, de ce recueil. L’objet de cette seconde partie de notre livre, de cette préface, est cependant différent. L’auteur y va dire; comment lui vint l’idée de s’occuper de la brouette et pourquoi il a écrit ce livre. >)■*>i> ' La marche de la vérité, ou de l’erreur, n’est-elle pas toujours intéressante á suivre, méme quand il s’agit de brouettes? L’histoire d’une idée, d’une invention, d’un livre nous attire autant et souvent plus que cette idée méme, que cette invention, que ce livre, parce que nous aimons, et pour cause, égo'ístement, á connaítre, sous l’empire de quedes circonstances ou de quedes incette
seconde
partie.
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11^ PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA lére PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
fluences, une intelligence, faite comme la nótre, s’est écartée, peu ou prou, de son chemin ou de la voie commune, pour s’élever ou pour descendre. Peu impor te en effet, qu’il y ait eu succés ou chute: celle-ci pourra méme causer plus de jóle, qu’un résultat heureux car l’homme trop souvent, est hélas! un loup pour son semblable: c’est Tune des conséquences dit la théologie du péché originel. L’amour du théátre, la curiosité qu'éveille un crime, celle qui nous pousse á vouloir connaítre le mobile d’un acte, la genése d’un ouvrage littéraire ou scientifique, ou les étapes d’une invention sont des preuves de la vérité que renferme cette pensée si connue: l’homme est le spectacle le plus intéressant pour rhomme.
D’autre part, placé en face des oeuvres ou des actions de ses semblables, l’observateur, le lecteur, l’homme veut savoir si elles son dues á une sorte d’inspiration, ou au talent, au génie, ou bien á des recherches oú il n’y a que de la patience et de la ténacité. II veut savoir si ces choses faites par un autre homme ne sont que le résultat du hasard ou le fruit de l’éducation ou du milieu et si n’importe qui, si lui lecteur, par exemple, n’aurait pas fait aus si bien ou méme mieux s’il avait regu la méme instruction ou s’il s’était trouvé dans Ies mémes circonstances que l’auteur de l’ouvrage qu’il a sous les yeux.
Supposons que, sans avoir jamais songé particuliérement á la brouette, un beau jour je me fusse réveillé avec une sensation insolite á la téte ou ailleurs. Aprés m’étre habillé á la háte, (d’aprés cet te supposition) je me serais assis devant une table garnie d’encriers, de plumes et de papier. En quelques semaines, ou en quelques mois, ou tout d’un De méme que la création, de méme jet j’aurais enfanté ce livre. Si cette hypothése, si que l’univers réfléchit les attributs du ce réve était une réalité, á mes propres yeux je Créateur, de méme les oeuvres de l’hom- serais un homme de génie. Mais il faut en rabattre et méme beaucoup. Je me sont, aussi, comme un miroir qui réfléchit le portrait de leur auteur, Nous sais, mieux que personne, _______________ _ y voyons, le degré de la forcé et du comme la chose s’est passée. mérite de celui-ci. Miroir magique, glace Le calcul savant, l’intuition merveilleuse dans laquelle apparait, á géniale ne sont pour rien cóté de l’image regardée, celle de l’ob- dans mon affaire. Malgré moi servateur. Consciemment ou sans que sans m’y attendre, avec surcelui qui regarde s’en rende nettement prise,j’ai regu des legonsque compte, la comparaison s’établit d’elle- j’ai dú forcément comprenméme et fait naitre l’admiration, ou la dre, comme Balaam, le propitié ou la sympathie, ou le mépris, etc. phéte entété, comprit les pa Si le théatre a toujours eu tant d’ama- roles que lui adressa l’áne teurs n’est-ce pas parce que non seule- ou comme le serpent entenCroquis d’aprés une gravure de la B i b lia E c ty p a . ment le spectateur y voit l’homme sur la dit la dure legón de la lime. scéne et en scéne, mais parce qu’il s’y **^ voit aussi? L’enfant brise ses jouets pour voir, pour savoir On pourrait en dire autant du román ;<ce qu’il y a dedans». La raison a soif de connaítre: et peut-étre méme de l’histoire. Le
spectateur
et
le
spectacle.
Comme
Balaam.
Curiosité.
PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA
elle voudrait savoir le pourquoi et le comment de toute chose. Cette condition de la nature humaine nous porte irrésistiblement á remonter de l’effet á la cause et á la cause de la cause. C’est un besoin inhérent á rintelligence humaine, un facteur indis pensable de la Science, une tendance énergique dont l’un des résultats est le déisme. Les coryphées de la Révolution frangaise se prociamérent déistes pour essayer de démontrer qu’ils étaient des pliilosophes, qu’ils ne donnaient pas dans l’absurde d’admettre que TUnivers visible et invisible existe sans avoir été produit. Leur fiévre de tout changer leur fit donner le nom d’Etre Suprime á ce qui nécessairement, d’aprés les données de la raison, doit occuper le degré supréme, le premier degré d’en haut dans l’échelle des causes et de l’existence. lis nommérent done ainsi la cause premiére de tout ce qui est. lis ne voulaient plus ni un Dieu révélé, ni dire, comme leurs peres: Dieu Créateur, Dieu Tout-Puissant ou tout simplement Dieu. Le fait est que cette démangeaison de curiosité, que ce besoin souvent impérieux, qui nous forcé pour ainsi dire á poursuivre les causes, semble avoir été donné á l’homme pour que, partant de n’importe oú, de n’importe quoi, méme de la brouette, la créature raisonnable, dont l’intelligence n’a pas été complétement aveuglée, puisse s’élever vers la Cause primordiale, d’elle-méme, naturellement comme l’une des extrémltés de l’aiguille aimantée se dirige vers le nord; súrement, comme l’explorateur va vers la source lorsqu’il remonte la riviére. 11 est vraisemblable que sur cent personnes instruites, aimant la lecture, auxquelles parviendra la nouvelle de la publication d’un livre, assez gros dont le sujet est: La Broueíie, quatre vingt-quinze, au moins, n’éprouveront, en tout cas, que le désir, plus ou moins faible, plus ou moins vif, de savoir comment la pensée d’écrire ce livre sur un tel sujet a pu germer dans la tete de son auteur. J’en parle sciemment. }’ai été interrogé. Les questions D a n ^ce m onde to u t a une cause.
PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
241
de la plupart des miens et de mes amis n’ont porté que sur ce point lorsqu’ils ont su que la brouette absorbait une partie de mon temps. Quant á la brou ette ou bien ils n’en ont cure ou bien ils pensent que l’obscurité de son existence et la simplicité méme de son mécanisme placent ce modeste véhicule audessous ou en dehors de l’histoire, de l’étude, de l’analyse et du besoin d’explications. Si des circonstances exceptionnelles ne l’avaient pas modifiée en moi, cetté fagon de voir serait aussi la mienne: par tant elle ne m’étonne pas. Par cela méme que l’idée d’écrire un livre sur un tel sujet ne semble pas une chose qui puisse s’offrir d’elle-méme á l’esprit on voudrait, cela se comprend, savoir comment elle s’est offerteau mien. Mes parents et mes amis (c’est évident) soupgonnent done que, bizarre ou non, la pensée d’avoir songé á m’occuper de la brouette et l’idée d’oü est sortie ce livre, bon, mauvais, médiocre ou insignifiant, ne peuvent pas devoir leur existence á une sorte de génération spontanée; génération aussi impossible dans le monde métaphysique que dans celui des réalités visibles et tangibles. Ils ont bien raison. Pas d’effet sans cause, aurai-je ajouté sentencieusement si ce dicton ne me semblait digne de figurer dans la liste des meilleurs exemples des plus vicieuses fagons de parler. Puisque le sens du mot effet im plique le concept de cause, «pas d’effet sans cause» est de la forcé de pas de bossu sans bosse ou de pas d’aveugle sans cécité. Nous préférons la formule: nihil nihili, ou: tout a une cause. Oui tout a une cause et je trouve tres
On désire connattre celle de ce livre.
II' PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA I '" PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
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naturelle la curiosité de ceux qui voudraient connaítre la cause, de ce livre; c’est-á-dire que le désir de ceux qui voudraient savoir comment m’est venue l’idée de m’occuper de la brouette me parait raisonnable; mais au lieu de leur dire, en deux mots, que leur curiosité C e t t e
c u r i o
i t é
et leur désir ne m’étonnent nullement ou d’avoir commencé par satisfaire ce désir je leur ai expliqué quelle est, á mon avis, la cause de cette curiosité, de ce désir. Je viens done d’agir, je m’en rends compte, comme un fácheux qui se mettrait maladroitement á disserter sur la soif au lieu d’étancher celle d’un ami qui lui aurait demandé un verre d'eau. e s t
b i e n
n a t u r u l l e
ÍT\IS1RI e s : ^ ñ O y i T r l QU¥S C A U SER IE S E C O N D E par les apparences, affinités techniques. Elle me dit aussi, ingénument, sur la foi d’une fausse ses avantageSjSes défauts etlaraison de l’insuccés et théorie (de la théorie ad des mécomptes de ses perfectionneurs. J’ai écrit ses mise) imprudemment, legons, pour ainsi dire, sous sa dictée. Ce livre n’est aprés jaeques Besson Dauphinois, doc- done que le fruit d’une collaboration dont ma part te mathémathicien, aprés Grollierde Ser- est bien petite. viéres et d’autres dont j’ignoraisalors les **« essais; avant d’autres dont j’ai connu C’etait, peu de temps aprés ma sortie du collége, depuis les mécomptes, j’entrepris de á Las Fraguas. Avec l’assentiment de mes trés chers perfectionner la brouette. Comme les précédentes et les sui- parents et á leurs frais, bien entendu, je fis construi vantes du méme genre, mon entreprise ré d’aprés mes plans, et sous ma direction une gran aboutit, naturellement, á l’insuccés et á de brouette á deux roues pour le transport des feuill’étonnement plutót qu’au chagrín; mais les mortes, du fumier d’écurie, etc. Ma brouette, dans ma pensée, était une brou la brouette n’est pas ingrate: c’est lá sa moindre qualité. Dés qu’elle sentit que ette, devant rouler devant l’ouvrier; mais une brou je me mettais franchement, directement ette dont tout le poids du fardeau seraitsoutenu par en rapport avec elle, que je la poussais l’essieu et non par les bras de l’homme. J’obtins ce résultat si facilement réalisable. Ma moi-méme, que je la faisais pousser ou tirer sous mes yeux elle me livra, peu á machine était parfaite d’équilibre. Seules les roues peu, le secret de sa nature et de ses supportaient tout le poids du contenu. ROM PÉ
J ’es s a i e
de
perfectionner
la
brouette.
Ma
brouette.
II' PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA 1 ''' PARTIE. CAUSERIE SECONDE
A ma grande surprise je ne tardai pas á m’apercevoir que ma brouette bicycle était toujours tirée; que Jorgé, Atanasio, Bernardo et d’autres bra vea ouvriers ne la «poussaient» pas, comme ils propulsaient les brouettes monocycles, dont ils se servaient continuellement. Ils s’étaient méme fabriqué, avec une corde, une grossiére bricole. Ce harnais facilitait singuliérement la traction de mon pauvre véhicule, qui me faisait l’effet d’aller, piteusement, á reculons. Luí n’en paraissait nullement humilié. Tirée, ma brouette portait allégrement un fardeau sous lequel elle roulait assez péniblement quand on la poussait. A cette méme maison de campagne de Las Fraguas oü tout m’était cher, les personnes et les choses, ma brouette avait une rivale. C’était unevoit urette á bras. Ses roues d ’occasion, peintes en rouge avec des restes de filets noirs, roues reformées, légéres ayant appartenu á une voiture tétracycle de promenade, en usage encore, alors, chez nous. Leur diamétre était beaucoup plus grand que celui des roues de ma brouette. La voiture á bras jouissait de la préférence des ouvriers surtout lorsque la charge á transporter était assez lourde et la distance á parcourir relativement longue. J’en étais plutót étonné que vexé. «Cela s’explique» me disais-je. «Bien qu’elle soit plus lourde, gráce á ses grandes roues rouges, elle »est plus roulante que ma brouette; mais pourquoi »donc poussent-il les autres brouettes tandis qu’ils »tirent la mienne?» Quand, dans un cas comme celui-ci, on en arriMa brouette
avait
une
rivale.
243
ve á se poser une question de ce genre, la chose est á moitié comprise. Je ne tardai pas, en effet, á me l’expliquer. J’en conclus que mon véhicule n’est pas une brouette, et qu’en tant que voiture á bras elle ne vaut pas grand’ chose, malgré sa bonne construction. * 5^ * La brouette m’avait livré un de ses secrets, le principal: mais j’en ignoráis bien d’autres. Je ne sus que trés lotigtemps aprés ce qu’est ce véhicule, et tou tes les causes de son mérite et de son succés. On ne s’arréte pas á chercher te pour quoi de ce qui semble évident; on ne tient pas á augmenter ses connaissances sur un point lorsqu’on les croit suffisantes ou complétes. Si nous connaissions toute l’étendue de notre ignorance celle-ci n’existerait pour ainsi dire pas. El le serait une aide puissante au lieu d’étre un obstacle. La Science d’investigation et de progrés se réduirait á chercher par des moyens connus la solution de problémes dont les données seraient connues aussi. Connaítre les noms des auteurs et les titres des ouvrages d’une grande bibliothéque, bien qu’on ignore complétement ce que ces livres renferment, c’est étre assez prés d’en posséder le contenu, résultat imposible si on ne soupQonne pas l’existence de cette bibliothé que, de ses ouvrages, de leurs auteurs. ¡t-
** Douze ou treize ans aprés la cons truction de ma pseudo-brouette á deux roues, en 1885, sous le titre: Curieux
P r e m i é r e l eg. o n.
En
1885
244
II® PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA F® PARTIE. CAUSERIE SECONDE
véhicule Américain, le périodique La Nature, publia une gravure, empruntée au Scientiñc American, «représentant un «singulier véhicule monocycle qui a été construit récemment», disait la Revue de Mr. Gastón Tissandier, «aux États-Unis.
»11 est probable que le conducteur de ce «véhicule est rompu á l’équilibre du vé«locipéde et doit savoir se teñir bien »droit. (En 1885 la bicyclette n’existait pas encore). La Nature ajoutait; »Nous ne saurions prononcer un ju»gement au sujet de cet attelage, que »nous n’avonspas expérimenté. Si quel»qu’un de nos lecteurs prenait la peine »de construiré un systéme de ce genre »nous lui saurions gré de nous commu»niquer les résultats obtenus dans ses »essais. *11 ne nous paraít pas tres difficile »de réaliser une telle construction á peu »de frais. II est nécessaire de la taire »fonctionner sur une route unie pour »éviter les cahots». Le dessih du Scientific American me combla de joie. Mon imagination partit immédiatement sur ce monocycle auquel je trouvais toute sorte d’avantages. C’était merveilleux. Je parcourais déjá sans difficulté les chemins, les senCurieux
monocycle.
tiers les plus étroits. Je passais sur ce véhicule partout oú pouvait passer un cheval. (N’oubUons pas que la bicyclette á chaine ne commenga á étre connue que vers 1890.)
Gastón Tissandier, á mon avis se trompait. Quel besoin y a-t-il d’étre un excellent vélocipédiste «rompu á l’équilibre» pensais-je, pour se servir de ce véhicule. Quel besoin est-il de le taire rouler sur une route «unie.*? Décidément le directeur de La Nature n’y avait rien compris. «S’il est tache de *garder l’équilibre, sur un vélocipéde ordinaire*me disais-je, «sans avoir recours á un point d’appui ex«térieur, autre que celui du contact des roues avec »le sol, quelle ne sera pas la stabilité d’un véhicule »á trois points d’appui, non en ligne droite, dont *deux peuvent étre solidement appuyés sur les «flanes d’une béte solide? Ce monocycle ne peut «tornber que si l’animal tombe: il n’y a aucune rai»son pour qu’il tombe. Une belle route! mais «pourquoi taire? L’équilibre du vélocipéde craint-il »les cahots? Précisément l’avantage du systéme *est de pouvoir passer, aisément, dans les sen»tiers les plus rugueux, les plus étroits, gráce á son «unique roue; dans les chemins Jes plus en pente,
»gráce á l’appui pris sur le cheval,'gráce á la torce, »presque intelligente, de ce moteur. Le plan de «l’unique roue de cette machine est toujours d’a»plomb, toujours vertical, par conséquent l’appareil «américain peut passer méme sur le versant d’une «colline si on prend la pente en travers». «Cettein«génieuse invention*, disais-je, encore «est une
Objections
et
réfutation
de
celles-ci.
II® PARTlE. AVANT-PROPOS DE LA I'*'® PARTIE. CAUSERIE SECONDE
»sorte de terme moyen entre la voiture et l’équita»tion. Un fossé coupe-t-il la route? on descend de »la légére machine, on la souléve, et pourvu que le »cheval puisse passer, l’obstacle est franchi. C’est »unebrouette tirée:celle-ci verse si les bras dubrou»ettier cédent; mais des brancards bien fixés aux »flancs d’un cheval, gráce á un harnais convenable »assurent au véhicule une stabilité parfaite.» Je fis partager á mes fréres mon opinión, mon optimisme et presque mon enthousiasme. II faut
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Le monocycle américain á cheval, ne pouvait done me laisser insensible; j’étais, en apparence, préparé pour en saisir tous les avantages. J ’en attendais monts et merveilles. Cependant je n’en devais faire l’essai que bien plus tard. **H! Plusieurs années aprés la publication de l’article de La Notare, las, sans doute, d’attendre mes essais ou désireux de jouir de la merveilleuse machine dont nous avions tant parlé, un de mes fréres (le duc de Santo Mauro) fit cons truiré á Madrid un monocycle á traction chevaline. Je n’asslstai pas aux expériences faites avec cet appareil que d’ailleurs je n’ai jamais vu. Elles ne furent pas, parait-il, brillantes. Impossible de maintenir l’équilibre du véhicule, méme sans fardeau. C’était encore bien pis lorsqu’on essayait d’y monten Quand, queiques mois aprés son fiasco, Mariano me dit son insuccés, je le mis, fraternellement, sur le compte de la maladresse. II s’y était mal pris.
dire que je sembláis étre dans d’assez bonnes conditions pour bien apprécier le mérite de l’invention américaine. Pendant les grandes vacances de 1869, j’avais essayé avec succés un systéme analogue, mais dont l’instabilité, á premiére vue,semble bien plus redoutable. Mon vélocipéde, en bois, fer et acier, un solide Clément, trés bonne marque d’alors, était pour ainsi dire libre. Une assez longue corde le reliait á une légére volée á laquelle j’attelais une paire de fort jolis poneys. Je fis en cet équipage des courses pendant ces vacances et aprés ma sortie du collége. J’avais ima giné quelques dispositifs qui rendaient mon systé me plus commode et moins dangereux, tels qu’un décliquetis pour séparer, au moment du danger le moteur du mobile, et des étriers spéciaux sur les- Les flanes du cheval sont representés par le pouce et l’luTéperon et sa moíette représentent les quels je pouvais, pendant la marche, poser mes dex: Ies branches debrancards et la roue. pieds comme sur des pédales immobiles etc. D’ailleurs avant et aprés ce sport j’en avais essayé d’au- il avait négligé certains détalls... Pen tres tels que le cyclisme á voile. etc. dant que je faisais rouler sur une table A v a n t a g e s
da
m o n o c y c l e .
Mon
f r é r e
en
f a i t
l ’ essai.
24 6
II' PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA I^*'' PARTIE. CAUSERIE SECONDE
la molette d’un éperon dont je teñáis Textrémité des branches entre le pouce et l’index «Voici» lui dis-je, en miniatu re le véhicule. «Cette roulette, cette mo lette, représente la roue. Trois points d’appui: un á la roue, les autres aux bouts des brancards. Pourquoi cette sorte de brouette (tirée, non poussée) ne serait-elle pas stable si le harnais est bien fait, si les limons sont solides». «Je n’en sais rien, me répondit Mariano, mais le fait est qu’ll ne tient pas debout. Tu peux en faire l’essai.» Ma foi resta intacte. j ’étais au Cháteau de Carresse. Je repris les expériences. Je construisis un appareil á brancards en acier; puis un second á timón presque semblable á celui du Scientific American. L’harnachement, en cuir et fer, était des plus réussis pour le systéme á brancards comme pour celui á timón. Le véhicule formait pour ainsi dire corps avec la béte. Un sellier bandagiste n’aurait pas fait un appareil mieux ajusté ni plus solide, L’échec, cependant, n’en fut pas moins complet. Quel nombre et quelle variété d’essais, toujours infructueux, ne fis-je pas alors! L’appareil du Scientific American n’était-il qu’un bluff, qu’un canard transatlantique? C’était un canard, croyonsnous, mais aux apparences de réalité tellement trompeuses, qu’il avait dü commencer par surprendre la bonne foi, de son inventeur. Pour moi, celui-ci avait vendu la peau de l’ours vivant. II avait probablement imaginé l’appareil et s’était empressé de communiquer sa trouvaille au Scientific. II avait donné comme une chose faite, ce qui n’était pas réalisé. II la croyait, je n’en doute pas.
excellente. Le Scientific American s’y laissa prendre et plus tard La Matare, on l’a vu, malgré quelques réserves, accueillit l’invention. El le lui parut peu pratique; mais cette revue ne la r e p o u s s a pas comme unechose fantastique. Le monocycle sem bla si peu absur de á ce périodique que Tissandier pria ses lecteurs deleurcommuniqúer leurs i.—Sillette en fer garnie de cuir et de crin.-*C. Culcron boucles aboutissant aux courroies latérales.—S S. Équer* essais. Je ne fus et res rigides en fer.—e, c, e. Tringles et vis deserrage etde (Ce systéme serait croyons-nous pratique pour cacodone pas, la seu- réglage. lets et surtout pour le transport d’affüts, de canons de campagne et de caisses de munitions, etc. Gráce á la formeovale le victime des sé- de l’anneau qui enveloppe la béte le glissement des jangles est évité gráce á l’appui latéral rigide de lapartieinduisants dehors férieur de cet etanneau allongé sur le ventre l'animal, Tintensité des effets si fácheux du ballottement du fardeau serait de ce véhicule; considérablement réduite.) mais je seraipeutétre le premier á affirmer et á démontrer qu’il s’agit d’un appareil paradoxal, utopique. Le meilleur des équilibristes n’en pourrait pas garder l’équilibre. Je ne regrettai pas trop ma déconvenue. Ce mécompte me surprit, mais ne me découragea pas: j’étudiai les causes de l’échec, je tournai la difficulté et j’obtins des résultats vraiment curieux, dont je parlera! peut-étre un jour. Ces recherches m’inspirérent méme, alors, l’idée des roulettes sphériques á mouvement universel qui furent décrites dans La Matare 6 octobre 1894. Vers la méme époque mon frére André, découvrit chez le Marqüis de la Romana, petit-fils du célébre général des guerres de l’Empire, un dessin (n.° 31) fait vers 1850 dont le sujet semblair symboliser ou synthétiser mes amusettes du moment: roulettes pour meubles et monocycle pour
Ma d e m o n s t r a t i o n . Mo n i n s a c c é s . R o a l e t t e s . En c o r é un m o n o c y c l e .
II' PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA 1^"^' PARTIE. CAUSERIE SECONDE
247
systéme,» dit l’auteur de l’article, «c’est »de rendre la voiture apte á passer par »tous les sentiers oú un porteur peut marcher; d’escaladerfacilement des mémes obstacles tels que troncs d’arbre, »rochers, passerelles etc. Cette manoeu»vre est impossible avec une voiture á »deux roues, exigeantdes cheminssuf«fisamment larges... Avec ce moyen de De pu i s stransport il est possible, en quelques j’ai su que »minutes, d’assembler plusieurs caisses M. A. Hof- »de voitures pour former un batean dont f m e y e r »les brancards seront les avirons. L’exavaitluiaus- »plorateur, pourra ainsi traverser les si construit »riviéres, avec, sécurité et transporter á Bilbao un »tous les bagages de l’expédition.» Cet explorateur avait done vu á peu monocycle du genre de celui du Scientific American. II en eut prés les mémes avantages que moi dans prétend-il, spontanément la visión avant la publica- l’emploi d’un véhicule monocycle á traction de l’article de cette revue, visión qu’il qualifie au- tion anímale; mais son imagination l’ajourd’huide vait mieux serví encore. Sa machine det o c a d e . vait étre á deux fins. Selon le cas elle J.CLA INE. Nousallons serait ou voiture ou batean... Peut-etre vo i r que Mr. Claine aurait pu franchir sur son cette inven- invention quelque cours d’eau, mais sütion a eu rement il ne serait pas alié, en roulant d’autres in- dans son monocycle, au Cap, oú, m’at-on dit, il a exercé les fonctions de vice vcnteurs. cónsul. (Bmcírds-rames) Le Magasin Pitíoresque parle cepenNous citons souvent dans ce recueil le Magasin Pittores- dant sérieusement de ce véhicule. II en que, cet intéressant journal doyen des journaux parle comme d’une chose non seuleillustrés de France. Dans l’un de ses numéros ment possible, mais réalisée. «Cet appade 1893 (dont je n’ai eu connaissance, par hasard, reilen aluminium n’est ni plus ni moins», qu’en décembre 1895) sous le titre de «Matériel se sera-t-il dit, «qu’une grande brouetd’exploration^. «Voiture et bateaux combinés en te.» L’auteur de l’article aurait été bien aluminium» on trouve une longue description, acétonné s’il lui avait été répondu: «Une compagnée d’un assez grand dessin d’une voiture monocycle «due á l’ingéniosité d’un explorateur brouette? mais voilá précisément pourbien connu. Monsieur Jules Claine. C’est une caisse quoi la voiture Claine est theóriquequi peut devenir batean: les rames en sont les ment et pratiquement absurde». Il EST plus que probable que de brancards. «Le résultat le plus considérable de ce cheval. II m’en envoya une copie polychrome. Le personnage de cette caricature est un onde du marquis, le comte Dénés Széchényi, sportman téméraire, héios d ’in v r a i semblables a vent ur es hippiques.
Monocycie
Széchényi.
Monocycle
colonia l
Claine.
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n ' PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA 1^''® PARTIE. CAUSERIE SECONDE
méme que Tinventeur du monocycle du Scientific American, Mr. Claine a cru avoir fait aussi une magnifique invention, dont il a parlé avant d’en fairel’essai. 11 s’est trompé et il a induit en erreur le Magasin Pittoresque et probablement la plupart des lecteurs de ce périodique: peut-étre tous ceux-ci. La machine n’aurait pas été beaucoup plus pratique si l’explorateur l’a. vait munie d’une roue (semblable á celle de devant d’un vélocipéde) roue, placée derriére, entre les deux branches d’une fourche mobile munie d’un guidon. Cependant, gráce á ce dispositif, montée par un vélocipédiste et trainée par une béte cette voiture aurait pu cheminer sans tomber. (Fig. M.) 11 n’est pas étonnant, cependant, il faut en convenir, que l’idée n’en soit pas venue á Mr. Claine; et pourtant quelque singuliére que la chose paraisse, á premiére vue, le véhicule á roue pivotante et á guidon, peut teñir debout et rouler tandis que celui de l’explorateur est, je le répéte, nécessairement versable. J’en parle en connaissance de cause. Peu de temps aprés mes essais de monocyclisme á moteur animal, mon frére Santo Mauro vint á Carresse oú je me trouvais. Je lui fis voir les restes de ma malheureuse machine. A cóté se trouvait un vieux vélocipéde en bois qui lui suggéra l’idée d ’improviser, en utilisant la roue et les brancards de mon monocy cle, le bizarre véhicule dont le dessin qui accompagnent ce texte donnent une idée, croyons-nous, suffisante. Les pédales, ne devant servir que pour y appuyer les pieds, furent placées A roue p i v o t a n t e . Monocycle
sur l’axe méme de la roue. Un cheval aurait pu tirer cet appareil, mais l’expérience n’en fut pas fai te. Le dessin, d’aprés une photographie, représen te le jeune duc de Médinaceli, alors enfant, aujourd’hui sénateur roulant sur la machine, tirée par Niño Castéra, ex-cocher, aujourd’hui mécanicien émérite d’automobile. (V. la figure au bas de la page 249.) Ce monocycle ne réalisait pas mon idéal, tant s’en faut. Je n’y vis qu’une variante du systéme á poneys que j’avais jadis pratiqué. Une main est inévitablement employée au guidon et des qu’il y a un arrét ou des qu’on l’abandonne á luiméme, l’appareil chavire. Nous n’attachámes alors, son inventeur et moi, lui surtout, que peu d’importance á cette voiture. Pourtant bien que peu pra tique, c’est le seul monocycle, á brancards ou á ti món sur lequel quelqu’un sachant monter passablement á bicyclette peut rouler, si le moteur est un homme, ou une béte bien dressée. Depuis j’ai trouvé intéressante cette machine, comme appareil de démonstration, car la fagon d’en garder l’équilibre se rapproche beaucoup de celle que demande le maniement d’une brouette en marche. Nous retrouverons plus loin ce monocycle, quenous appellerons monocycle Santo Mauro. L’idée d’une voiture monotroque, sorte de brouette tirée par une béte, pour le transport des matériaux ou des personnes dans les pays ou les endroits oú les routes seraient mauvaises ou manqueraient, ne me vint á l’esprit que bien plus tard. La béte tirerait: l’homme, placé derriére, maintiendrait l’équilibre latéral du systéme comme le brouettier garde celui de la brouette. Cette voiture posséderait croyons-nous un certain nombre des avantages que notre imagination prétait á la machine du Scientific American; mais San to - M a u r o . Monocycle
pratique.
II® PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA I“ ® PARTIE. CAUSERIE SECONDE
sans en avoir l’inévitable instabilité. Bien que lente elle pourrait rendre des Services dans certains endroits, da ns certaines régions, comme il y en a beaucoap, oü les chemins sont bordés d’orniéres, mais dontle milieu est en assez bon état. La vitesse de ce véhicule ne peut étre que celle d’un homme marchant plus ou moins vite, mais au pas. Ce n’était pas ce que nous cherchions lorsque le monocycle du Scientific American frappa notre attention. On pourr ai t donner á ce monocycle le nom d ’u n iro tte; s e s avantages compenseraient largement ses inconvénients dans les cas de promenade, de tourisme, de voyage et de transport oú son emploi serait justifié. Üi*;ií Ma premiére pseudo-brouette de Las Fraguas, m’a vait done donné vers 1873, une bonne premiére legón. L’insuccés du monocycle á traction chevaline L ’u n i r o ti e . P o u r q u o i
la b r o u e t t e
249
porta pour la seconde fols mon attention sur la brouette, véhicule á traction vi vante, lui aussi, véhicule tout aussi unirottique que celui du Scientific Ameri can. J’en vins á me demander pourquoi le monocycle transatlantique ne tient pas debout tandis que la brouette «sur son unique roue agilement chemine» comme a dit Delille. Involont ai r ement je la regardais lorsqu’ elle passait á portée de ma vue; souvent lorsque son type ou les Monocycle imaginé vers 19C7 par un officier argentin. Invention admirable conditions dirent alors plussieurs journaux qui publiérent Vimage d’aprés laquelle a de son traété faite cette gravure. «Le poids du fardeau placé a u -d e s s o a s de l’essieu V a i1 me rend stable rappareil...> etc., etc. frappaient j’en saisissais les poignées et je l’actionnaismoi-méme. J’admirai deplusen plus elle et son anonyme inventeur. Vingtsept ans aprés mon essai de Las Fraguas, la brouette me suggéra d’écrire ces causeries. Tantee molis eratromanam Conderegentemi
roule-t-elle?
Aprés
27 ans.
.O C 'íc 'f's L L y o ¡v ¡
( 3 7)
Niño.
Duc de Medinaceli.
17
I ñ V S M n m S 13 SR 0 U t Tt í G U ES: C A U SER IE T R O IS IE M E D E LA S E C O N D E P A R T E 'OPINION générale, peut-
étre méme universelle, admet que la théorie et la technique de la brouette sont bien connues et ne sont pasbeaucoup moins claires ni beaucoup plus compliquées que la logique des vérités de La Palice, Que d’années, cependant, que de circonstances, répétons-le, que d’événements ontété nécessaires, onl’a vu, pour qu’un homme, pour que l’auteur de ce recueil en arrivát á s’écarter de cette Opinión générale qu’il avait partagée! La causerie précédente renferme l’accomplissement de ma promesse. J’avals promis á mes parents et á mes amis de leur dire comment m’était venue l’idée de m’occuper déla brouette.Parmi ceuxci plusieurs, d’autres personnes encore, m’ont demandé aussi si je ne croyais pas perdre le temps employé á écrire un livre sur un tel sujet: interrogation d’ailleurs courtoise et méme gentilement tournée; mais cachant á peine leur opinión. Qe recueil sera, si Dieu le permet, bientót imprimé. Sa publication leurfournira-t-elle la preuve de l’exactitude de leur appréciation sur l’utilité ou plutSt sur l’inutilité de ces causeries? Jusqu’á présent personne ne m’a de P o u r q u o i
j ’ ai
écrit
ces
mandé pourquoi j’ai écrit cet ouvrage. Pourquoij’ai écrit cet ouvrage ou pro domo mea ne serait pas un mauvais titre pour cette causerie. La brouette est á mon avis un sujet digne d’étude, mais en écrivant ces causeries je n’ai pas songé á taire une oeuvre indispensable ni méme á peu prés nécessaire. Les arts, les lettres, l’histoire et la brouette auraient parfaitement pu s’en passer: je le sais, je regretterais cependant que ce livre ne pút étre considéré que comme le témoignage irrécusable du temps qu’il a fait perdre á son auteur. Les découvertes les plus extraordinaires sem blen! naturelles et simples peu de temps aprés que leur nouveauté nous émerveilla. Milton l’a dit, en d’autres termes, á propos de la poudre á canon. La vue de la premiére brouette ne causa probablement pas le méme ébahissement que celle de la premiére locomotive ou du premier vélocipéde, machines dont la brouette n’a pas l’aspect merveilleux, paradoxal, presque surnaturel. Mais quels Services n’a-t-elle pas rendus et ne rend-t-elle pas tous les jours au génie civil, au génie militaire, á l’industrie et á l’agriculture! De toute fa^on, voiton déjá passer une locomotive, une automobile, ou une bicyclette avec plus d’admiration ou moins d’indifférence qu’une brouette? J’ai dit ailleurs que la rédaction du brouillon de ce recueil, faite á l’aide de notes et d’un canevas que je possédais déjá, m’avait fait trouver courte une convalescence longue de plusieurs mois. Bien qu’au point de vue utilitaire, ce résultat ne soit pas causeries
ou
pro
domo
me a
II® PARTIE. PRÉFACE DE LA I^’’® PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
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méprisable il aurait pu m’étre fourni par la lecture peut étre qu’une brouette. L’équilibre ou par une autre occupation. d’une voiture monocycle á traction aní J’ai écrit ce livre en m’amusant; mais non pas male (ou du moins á traction ou á pro exclusivement pour m’amuser ni pour me distraire. pulsión chevaline) ne peut étre gardé Lorsque j’en tragai les premiéres lignes, avant de que par une aide extérieure, indépentomber malade, je ne sentáis pas le besoin de dis- dante de celle que peut fournir la béíe traction. D’ailleurs si je l’avais éprouvé, cet ouvrage qui tire ou pousse cette voiture. {siof* n’existerait probablement pas: je me serais amusé á l’aide d’un dispositif peu pratique que nous sígnalcroní.) Toute autre machine simple á une autre chose, avant, pendant et aprés ma convalescence. 11 n’existerait pas non plus si j’avais pensé seule roue, á traction ou á propulsión qu’une plume autre que la mienne pourrait l’écrire exclusivement animale du genre brouet et si je ne m’étais mis dans la tete, á tort ou á rai- te ou du genre de I’appareil du Scienson, qu’il contribuerait peut-étre á taire connaitre tiñc American, toute autre machine moquelques vérités et á effacer quelques erreurs; véri- nocycle digne du nom de vehiculum, tés et erreurs brouettiques, cela va sans dire; mais, (c’est-á-dire auquel peut correspondre en fin de compte, erreurs et vérités. Étre le Cham la désignation de voiture pour transport, pion de la vérité, rompre des lances en faveur de voyaye ou promenade) n’a pu exister celle-ci, est une belle et noble chose. J’aime de tout ni au Moyen-áge ni antérieurement: mon coeur la vérité; mais je ne serais pas sincére théoriquement et p ra tiq u e m e n t elle si j’essayais de taire croire que ce livre doit exclu n’aurait pas tenu debout. Done, encore sivement son existence á l’amour de la vérité et á une fois, le véhicule, auquel on a donné l’amour de la brouette; ces amours furent aidés par arbitrairementou pour un motil que nous d’autres stimulants, par d’autres motits d’ordre plus ignorons le nom de p a b o , était bien une ou moins élevé dont je parierais peut-étre, si au lieu brouette et pas autre chose. Nous osed’écrire une monographie de la brouette j’écrivais rions l’affirmer aujourd’hui et le dire aux antiquaires, aux philologues et aux armes confessions. «Pourquoi PABO ne serait-il pas le nom d’un au chéologues. Ce livre leur fera connaitre tre «véhicule quelconque, monocycle, différent de la les raisons sur lesquelles repose notre ^brouette, véhicule á traction anímale, par exemple, thése pabobrouettique. ■ovéhicüle, en usage au VP siécle, dont saint Isidore Ce recueil servirá peut-étre aussi á »aurait eu connaissance; véhicule dispara depuis, avertir les inventeurs el á les mettre en *comme le char á faux ou d’autres voitures dont les garde pour qu’ils n’essaient pas de réin»noms sont seuls arrivés Jusqu’á nous grace á l’É- venter l’appareil monocycle du Scienfifíc »véque de Séville, et a d’autres auteurs?» disions- American et du Magasin pittoresque. II nous dans la causerie IX®, page 26, leur évitera peut-étre des dépenses plus La brouette, nous croyons l’avoir prouvé, n’ex- ou moins fortes et une assez grande istait pas encore lorsque saint Isidore de Séville perte de temps. était de ce monde. Pabo, mot apocryphement introduit dans les oeuvres de ce savant y est suivi de sa signification. Pabo veut dire: véhicule á une roue. Les histoires particuliéres comme l’hisNos expériences et la théorie nous permettent, d’at- toire générale ne peuvent s’écrire qu’á firmer maintenant, que ce véhicule á une roue ne l’aide de documents empruntés ou trouBut de ce l i vre. Le Pav o et la brouette. Les i nventeurs. L ’ hi stoi re. . .
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11= PARTIE. AVANT-PHOPOS DE LA 1=''= PARTIE. CAUSERIE TROISIÉME
vés, connus ou ignorés ou inédits. L’historien ne peut y mettre, honnétement, du sien que la forme, la critique, sa sagacité et le résultat de recherches visant des faits et des actes produits par une cause indépendante desa volonté et n’ayant aucun rapport direct avec sa vie; á moins qu’iln’écrive sa proprebiographie ou qu’il ne raconte des événements oú il a joué un r61e. N’ayant été ni acteur dans l’invention de la brouette, ni témoin de sa naissance, ni contemporain de l’existence qu’elle a menée á travers les siécles, je n’ai pu que recueillir quelques matériaux pour l’histoire de ce véhicule et réunir des faits épars et des documents connus ou ignorés ou d’aspect nouveau parce qu’ils sont généralement ignorés. La premiérepartie decetouvrage renferme done une assez bonne gerbe de choses glanées. Par contre il serait, je crois, inutile de chercher en dehors de notre recueil l’ensemble (ou méme bien des parties) de ce qu’il renferme dans sa section principale (4.= partie) consacrée á l’étude de l’instrument qui fut si bien défini: «la voiture á un eroue», appareil qui, en frangais, porte le nom de brouette. Souvent, lorsqu’on met la main sur un objet que Ton croyait perdu, presque toujours lorsqu’on connait le mot d’une énigme ou la solution d’une devinette ou celle d’un probléme on ne s’étonne que de ne pas avoir trouvé plus tót. Poser un probléme c’est le résoudre, dans bien des cas. Lorsqu’il s’agit de petits problémes, du genre de ceux de ce recueil (ayant trait á des choses banales, á la vue desquelles nos yeux se sont habitués) il faut souvent un remarquable concours de circonstances favorables L ’h i s t o r i e n .
pour qu’on arrive á se poser ces problémes. Leurs So lutions restent, naturellement, inconnues tant qu’on ne soupgonne méme pas leurs énoncés. Placé dans des circonstances analogues á celles qui nous ont favorisé, ayant regu une instruction moyenne semblable á la nótre, et possédant, au méme degré, assez bas, les mémes facultés men tales que l’auteur de ce livre, n’importe qui aurait pu en écrire un pareil. L’ouvrage de cette personne, évidemment, aurait été d’autant plus supérieur á notre recueil que l’instruction de l’écrivain aurait été plus haut au-dessus de la mienne. Ces circonstances, concurrentes et intégrantes, d’éducation, d’instruction et autres sont nombreuses Elles sont accidentelles, toutes; fortuitos, extrinséques et partant dénuées de mérite. Leur réunion, leur combinaison est cependant d’une réalisation difficile. II me semble done que si j’étais mort avant d’avoir écrit cet ouvrage il se serait passé bien des années, peut-étre méme bien des siécles, avant qu’un mien sosie, qu’un alter ego, entouré de circonstan ces semblables á celles de ma vie, eüt l’idée d’écrire, sur le méme sujet, un livre analogue á celui qui contient ces causeries. Notre livre se compose en grande partie, de trés petits problémes insoupgonnés et de leur so lution. La plupart des faits et des explications de la quatriéme partie de ce recueil sont d’une telle simplicité qu’á peine exposés et données, toute la matiére de cette partie paraitra un tissu de faits évidents, de choses copnues dont on a toujours été en possession. De lá á penser, aprés l’avoir lu, que ce livre est absolument inutile il n’y a que l’épaisseur d’un cheveu. Telle est ma crainte; car ilest vrai que je l’ai écrit en m’amusant; mais je ne l’aurais pas écrit pour le seul plaisir de l’écrire. Je n’aurais pas écrit non plus ce livre pour faire un ouvrage qui ne dut se différencier d’un autre analogue que par la forme matérielle ou littéraire et par l’arrangement et l’ordonnance de sa matiére. J’aurais laissé ce soin aux vulgarisateurs, aux gens de lettres ou aux
C o m b i n a ison de c i r c o n s t a n c e s . P r o b i é m e s i ns ou p g o n n és .
PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
II« PARTIE, AVANT-PROPOS DE LA
253
trines, ces procédés sont bons et que nous nous les sommes assimilés. * Hí Se demande-t-on, lorsqu’on croit ces Un certain nombre de pages * de la premiére assimllations, logiques, naturelles, compartie de ce recueil renferment des allusions á celle ment elles se sont produites? Se demande cet ouvrage qui a trait álabrouette et á sescarac- de-t-on raison de ce qui paraít évident téristiques, á ses particularités. Bien peu de lecteurs et axiomatique? de cette premiére partie saisiron ces allusions. Hi Se demande-tles auraient, cependant, sauté aux yeux de tous, s’ils on, par exemple: avaient commencé la lecture de ce livre par sa quaOURQUOI (bien que triéme partie. ( * Pages 11, 50, 57, 81, 87, 97, 105, ses points d’ap194, 147, 203, 209, 210, 211, 214, 215, 219, etc.) pui déterminent Quoiqu’il en soit la matiére de ce recueil est telleunelarge base de ment simple, répétonsde, d’aspeet tellement axiomasustentation(Uotiqueque lorsque le lecteur sera arrivé,s’il en a le couyez figure, P.-A. rage, á la fin du volume il est possible qu’il c'roie qu’il a’ b' c’-e i2) une n’ignorait, avant ded’avoir lu, rien de ce qui y est dit. brouette, solidement attelée aux flanes auteurs d ’ouvrages d ’enseignement technique.
La vérité et la réalité sont comme des aliments assimiiables. Sans que nous nous en rendions comp_____________________ te ceux-ci deviennent notre chair et notre sang. Nous ne leur en savons aucun gré: á pei ne ingurgités[nous les oublions. Quant á ceux qui ont produit ces ali ments á la sueur de leur front nous n ’y songeons que rarement á table. Lorsque des doctrines ou des faits nous paraissent aussi clairs, aussi évidents, aussi axiomatiques que des vérités de La Palice, lorsque nous ou blions la source oú ip véhlcules du genre 1 r et 2,2' peuvent-iis nous les avons puisés res et poussés yides ou chargés tandis que labrouette n esttirée que lorsqu’elle est vide? ou le maitre qui nous les a enseignées, lorsque nous croyons que nousne les avons jamais ignorés c’est que ces faits, ces docAllusions.
Verités
de
la
Palice.
d’un áne sage et bien dressé, ne peut teñir debout que lorsqu’elle neroule pas. Pourquoi les ouvrierstirent lesbrouttes vides tandis qu’ils les poussent lorsqu’elles sont chargées. Pourquoi la roue d’une brouette tirée franchit plus facilemen les petits obstacles les aspérités du chemin qu’une brouette poussée. Pourquoi une grande encyclopédie en cours de publication se trompe et induit probablement en erreur ses lecteurs lors qu’elle affirme catégoriquement que les brouettes á deux roues sont pius stables que les brouettes á une roue. Je ne crois pas que ces pourquoi et d’autres analogues se trouvent dans au cun livre: mais dés que le lecteur de ce recueil y aura répondu, (parce qu’il y aura réfléchi un moment, en lisant cette page, ou bien parce qu’il en aura trouvé la réponse dans les pages suivantes) il est probable qu’il croira que personne ne peut ignorer les Solutions «évidentes, de ces prétendus problémes» ou d’autres du méme genre extra-ingénu.
Petits
problémes.
Pourquoi...?
254
II® PARTIE. AVANT-PROPOS DE LA 1“ ®PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
La crainte de ce résultat et le souci d’essayer de justifier la raison d’étre de ce recueil m’ont suggéré l’idée de placer, plus loin, un signe spécial á c6té des « paragraphes dont je crois la matiére inédite ou ignorée ou nouvelle. Christophe Colomb ne dut-il pas avoir recours á l’argument fameux de
Gravure de Hogarth (V. p. 182). Sujet: C h r is to p h e C o lo m b p r o iiv e p a r r a is o n d é m o n s tr a tiv e q u e le s S o lu tio n s d e c erta in s p r o b lé m e s n e p a r a i s s e n t tr é s s im p le s o u ¿ v id e n te s q u e lo r s q u 'e lle s s o n t c o n n u e s On a contesté Tauthenticité
de l’anecdote adjugée á Colomb. Elle est pourtant ancienne. M. Muller, bibliothécaire á la bibliothéque de l’Arsenal, publiavers a fin du XlXe siécle dans le Musec d e s fa m i l l e s une ¿elle gravure du XVie siécle dont le sujet est V c e u f de C o lo m b . Celle de rhumorlste et plaisant Hogart est plutót une caricature. Colomb y réduit á Tadmiration ses détracteurs et les chercheurs de la solution du probléme en posant sur la ta¿le, la section en bas, la coque d'un oeuf coupée en deux. Hogarth pouvait-il ignorer que Christophe Colomb en frappant iégérement la table avec Textrémité la plus allongée d’un ceuf produisit dans la coque une toute petite bosselure. un imperceptible applatissement polaire qui permlt au navigateur de placer l’axe de l’osuf en position verticale d’équilibre stable?
l’oeuf pour prouver (á ceux qui, a posteriori, contestaient le mérite de sa découverte) que son entreprise n’était pasaussi banale qu’elle pouvrait le paraítre aprés coup, et qu’il fallait au moins y avoir songé? SI parva licet componere magnis... bien qu’il soit permis d’établir des comparaisons entre des choses insignifíantes et des choses trés importantes, entre des choses trés petites et des choses L ’ceuf de
C o l o mb .
trés grandes, ce souvenir historique, cette allusion á un fait de la vie de Christophe Colomb ne constitue pas, dans notre pensée, une comparaison. Toute comparaison cloche: celle-ci ne tiendrait pas debout. D’abord la brouette n’est pas le continent américain et d’autre part l’auteur de ces causeries n’a pas la gloire d’avoir découvert ce précieux petit véhicule. Explorer ce n’est pas découvrir. Voici done la brouette arrivée, non pas au terme de son voyage, mais á la fin de la préface de la premiére partie de ce recueil. Les cinq propositions suivantes sont comme le résumé ou l’analyse de cette premiére partie. 1®. La brouette est un appareil relativementmoderne: (conclusión exposée en quelques ligues d’une longueur exceptionnelle á la page 48). 2®. Les anachronistes et apocryphistes de la brouette sont nombreux parmi les lexicographes, nombreux et intéreressants parmi les dessinateurs et les peintres. Les erreurs brouettiques abondent. 3®. Saint Isidore ne connut pas la brouette. 4®. L’étymologie admise du mot brouette (bis rota, deux roues), appliquée á un véhicule dont Tu ne des caractéristiques est de n’avoir qu’une seule roue, semble inadmissible. 5®. L’importance de la brouette se refléte dans les lettres, dans les arts et dans les sports. Nous avons aussi, on Ta vu, exposé et expliqué Torigine et la raison d’étre de ces causeries dans la préface de cette méme premiére partie du livre. La troisiéme partie de ce recueil, est une introduction ou avant-propos qui correspond á sa quatriéme partie. C’est une sorte d’aide-mémoire un ré sumé de petites connaissances, des plus rudimentaires; mais indispensables pour que les personnes qui les auraient oubliées puissent lire sans le moindre effort les causeries suivantes ayant trait aux particularités, aux caractéristiques de la brouette, cau series dont Tobjet, est done la brouette elle-méme, considérée comme machine.
Les 5 p r o p o s i t i o n s
de
la
FIN DE LA SECONDE PARTIE
7.^''® p a r t i e .
LallL^
CAUSERIES BROUETTIQUES
Q UELQ UES UNES DES ERRATA DE
LA P R E M IÉ R E E T D E LA S E C O N D E P A R T IE l P. Page. Explication des abréL. Ligne. viations....................J CE. Colonne Étroite. ( CL. Colonne Large. (La faute á corriger, imprimée en caractéres iíaliques, précéde la correction) P. 24, P. 25, CE, pavo ef pavo: pavo et pabo.—P. 29, L. 18, CL. L. Quicheraf doní tant: L. Quicherat auteur de deux dictionnaires dont tant.—P. 29, Épigraphe: Train, Pabilleis: Train, Pabillus.—P. 40, L. 8, CL. s’en sert: se sert de la brouette.—P. 47, L. 5, CE. brouette: chaxrette.—P. 52, L. 28, CL. dessinatenr: dessinateur.—P. 52, L. 31, CL. Vadear: acteur.—P. 56, L. 2, CE. ont: a.—P. 57, L. 14, CE. une: la.—P. 61, P. 30, CL. croire: croit.—P. 63, L. 16, CL. gravare T: le T. manque.—P. 68, L. 7, CL. déjá nombreuses: nombreuses.—P. 69, L. 29, CE.—différent y mirent: différent du lúgubre résultat obtenu y mirent.—P. 71, L. 17. CL. la: le.—P. 71, L. 40, CE. 4.750: 7.450.—P. 74, L. 8, CL sans fils: sans til.—P. 76, L. 19, CE. et qa’il: et il.—P. 90, L. 26. CL. explicaiions: conseils.—P. 96, L. 14, CE. tableaux: tableau.—P. 110, L. 18, CE. personnables: raisonnables.—P. 111, L. 1, CL. dans les: dans l’image des.— P. 111, L. 8, CLE. XXI: XIX.—P. 114, L. 25, CE. immobillté: immobilité.—P. 117, L. 18, CL. Va: la.—P. 117, L. 23, CE. bibliographiques: biographiques.—P. 126. P. 21, CE. ses: ces.—P. 130, CL. L. 20. hansom: hansoms.—P. 131, L. 34 et 35, CE. resources: dépenses.—P. 137, L. 25, CL. religieux /e; religieux ou le.—P. 141 L. 11, CL. des: de.—P. 141 et 142. L’épigraphe manque.—P. 146, L. 25, CL. aquariun: arpizúam.— P. 150, légende; Eisle: Eisley.—P. 152, L. 18, CL. XVIP^: XVIIP .—P. 156, CE. L. 23. effacez Bacchus.—P. 159. L. 23. Ajoutez le vers: S ur son unique roue aoilement voyage.— P. 162, L. 34, CL. andis: tan d is.-P . 167. L. 5, CE, ceax-ci: ces prétres.—P. 167, L. 36, CE. troisiéme: quatriéme.—P. 168, L. 7 CE. n’éiaií pas techniquement: n’était techniquemeni—P. 176, CA.—P. 176, CL. L. 35. Les: les. L. 36. menear aaraient: menem les auraient. L. 37. effacer a d ces hommes.—E .\^3 . CE. L. 30.¿ravures;images.—P. 186, L. 36, CL. ceux-c/;celui-ci.— P. 187, L. 33. CE. 1896: 1897.—P. 188, L. 4, CE. 1916: 1897.—P. 190, L. 4, CE. Vr: l’r doub'e.—P. 190, (épigraphe).— R et.—P. 195, L. 27, CE. unies en nous au: unies au.—P. 205, CL. L. 11. sorte de petit lac: piscine.—P. 208, épigraphe. Champion: champions.—P. 214, L. 9, CE. carroüse/; carroussel.—P: 215 (passim) Ger^év/V/er; Gerbeviller.—P. 217, C. E. L. 15. sporment: sportmen.—P. 224, L. 26, CE. autre: antre.—P. 225, L. 16. CE. y chante: chan te.—P. 230. L. 33. Ch,.. est gravée á la: est á la.—P. 246, CL. (Image) sillette: sellette.
CAUSERIES BROUETTIQUES
TABLE DES MATIERES DE
LA P R E M IÉ R E E T D E LA S E C O N D E P A R T IE
PREMIERE PARTIE DÉDICACE A S. M. LA REINE CHRISTINE:
Un autographe encourageant. Ouvrage écrit en 1897; mais dont le sujet n’a pas vieilli. Pages bordées de noir. Pour quoi ce recueil est écrit en frangais. Enseignements. La brouette el le char de l’Etat. Brouettes de princes petits-fils de S. M.; du peintre Moreno Carbonero; de Van Orley. Pages 7, 8, 9 et 10. CAUSERIE PREMIERE
La brouette de rancien testament. Celles du Paradis Perdu, du Déluge, de la Tour de Ba bel. Les Klauber. Biblia Ectypa. Noel. P. 13.—La brouette ^de l’Évangile. Les Nacimientos. Brouettes de la Judée, de Saint Joseph, de la Piéce aax cent Écus. P. 14.—La brouette des romains, des Orees et des Goths. Brouette de la Résurrection de N. S. Rubens et Breughel. Brouettes de la fondation de Rome. Brouette grecque de 1’ Hotel de Ville de París. Brouette des goths. P. 15.—Bibliographie brouettique. Saint Isidorede Séville (VP siécle). Hommescélébres et la brouette. Quelques ouvrages.Peu d’images. P. 16.—Pascal, et la brouette. L’ intermédiaire. Viollet-le-Duc. L’intermédiaire des curieux et des chercheurs et la brouette. Violletle-Duc se tache. P. 17.—La Bible et Homére. Les anciens et Isidore de Séville. Víctor Gay et l’áge de la brouette. P. 18. CAUSERIE SECONDE
Autant de mots autand d’erreurs. L’Hdtel de Ville de París. P. 19.—La brouette grecque de la Ville de París. Surprise du peintre Barrías. P. 20.—Le pabo, pabonis, du Gossaire de San Isidore. Bonhomie et croquis de M. Barrías. Le pabo, véhicule á une roue. P. 21.—La brouet te et les oeuvres de S. Isidore. Glossaire. Les Origine ou Étymologies. Ducange et Ménage. P. 22.—pabo et pavo. Brouette, paon et dindon. Absence du pabo dans une liste alphabétique. Avec un b. Pabo et pavo. Carrosse mal attelé. Pavo et Pavo réal. P. 23.— Lasteyrie et les brouettes d’Espagne. Le pabo est inconnu en Espagne: le pavo y est tres connu. Brouet te pourle transport des «cantaros» (cruches). P. 24.—Brouette de Toléde. Brouettes du Glos saire: de Leonard de Vinci. P. 25.—Latinisation. La pabo, c’est la brouette. Codex toletanus. Éty mologies. P. 26.—Notre preuve. Crescit eundo. Pabo est étranger. Les anciens. Pabo ne figure pas dans le Codex. II ne peut pas y fígurer. La brouette une fois qu’elle y est connue ne dis-
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parait pas d’un pays. P. 27.—Héliogabale eut-ü desbrouettes? Héliogabale, son élégance. P. 28. Train impérial. Pabillus. Quicherat. Lampride. Les voitures d’Héliogabale. Quicherat et la brouette. Histotres augiistes. P a b il l u s . Lampride. P. 29.— Galeotto fu ’il libro. La forcé du livre. P. 30.—Le galéottisme et ses armes. Pierre et Paul. Tapisserie á brouette. La brouette et les oies. P. 31.—La papilla et le pabillus. Les moralistes du fait accompli. La papilla étaitelle l’antella de Saint Isidore? Femmes attelées. Le mineur au repos de Keller. P. 33.— Une voiture d’Héliogábale ou un harnais? P. 32.—Bricole. Poitrail. S. Isidore. AuMaroc. 5fnae ad papillam. Adpapillam. P. 34.—Poitrail. Bricole. Papilla. Haleurs de Ed. Masson. Renaissance. P. 35.— Unirota. Pabillus. Birotetía. Rich. P. 36.—Pompél. Amours. Génies. Arle quín. British. Museum. P. 37.—Amour á la meule. Fausses brouettes. Vase grec du British museum. G. Agrícola. P. 38.—1821. En France. Lasteyrie. Sibérie. Espagne et Italie. Sous Louis XVIII la brouette était peu connue en France. «Condamné á la brouette». P. 39.—En Espagne et en Italie. Carriula. Saint-Sébastien. Toléde. Le mot carretilla et le diccionnaire de l’Académia. La «espuerta». Brouettes de Lasteyrie. P. 40. CAUSERIE TROISIÉME
Bacchus etla brouette. L’origine de la brouette est-elle évidemment divine? P. 41.—Prodiges. La mere de Triptoléme. Cérés. P. 42.—Triptoléme et sa mere récompensés. P. 43.— Morale. Cécité bruettique. Ygin. Pascal. Bacchus sur son char. P. 44.—Mythologie. Bacchanale brouettique. Génies de Pompéi. La roue. Anachronisme. P. 45.—Monotrokos. Monotroque. Sleepingcar. Garrucha. Carrucha. P. 45.— Carrucha. Carrétilla. Mots douteux. Mots forgés. P. 47.—Silence significatif, Forcellini. Pavo. C o n c l u s ió n . L’inventeur de la brouette. Cetinventeur n’est pas l’un des grands bienfaiteurs de l’humanité, mais il a droit á des honneurs. La connaissance et l’usage de la brouette ne se sont généralisés qu’au xix' siécle. P. 48, 49.—Prin cipe caché. Déese Héra. Long néant. La date de l’invention de la brouette. P. 50.—Longue enfance et plein développement de la brouette. P' 51. CAUSERIE QUATRIÉME
La brouette ñ l’armée. Un commandant du génie á Versailles et la brouette. P. 51.—César. Froissart. Pillage á la brouette. La bretelle du Moyen-Age. Brouettes du xv' siécle. P. 52.— Philippe le Beau. Brouette de L’Escurial (XVP siécle). Brouette des Conquestes de Charles Mague. Brouette de la bataille de Chatelet. Escurial et Escorial. P. 53.—Brouettes militaires? Conquistadores. Fondation de Buenos-Airs. P. 54.—Les brouettes du tableau. «La fondation de Buenos-Aires» sont-elles vraisemblables? Premier importateur. Le nombre des brouettes tend toujours áaugmenter. P. 55.—^Multiplication des chevaux dans L’Argentine. La brouette. de A. Ferrant. L’ouvrage d’un ingénieur militaire italien énumére les moyens pour le transport de la terre, mais ne parle pas de la brouette. Manuscrit de 1609 de la Bibliothéque Nationale de Madrid. P. 56.—Brouettes de ce manuscrit. La brouette-rempart. Monogramme et symboles de l’auteur. L’armée possédait-elle des brouettes dans ses pares? La civiére á la guerre: á Fontenoy. P. 57. — Seipsumvéhiculisme. L’originalité. Tableau de Puga. P. 58.— Martínez. Terrassements militaires. Carmontaigne. P. 59.—Vauban. Bélidor. Coulomb. Mémoires de. l’Institut. P. 60.—Paul-Luis Courier. Vauban et les heures de travail. Brouettiers qui ne travaillent pas. Les 200 brouettes de Vauban. Une brouette de son «Attaque et défense des places-». P. 61.—^La brouette dans l’armée. Vauban et Pascal. Brouette «emmurée». P. 62. M. Dépoorter. Palace-Hótel. Lille. «Faire du cube». Un coin de Rome. P. 63.—La brouette de Vauban? Brulée! Deux vieux véhicutes. Notre Dame de L’Almudena. Brouettes de Van Blaremberghe. Le chien brouetté. P. 64.-1747. Fausse cause. La Révolution. La brouette et la démolition La Bastille. P. 65.—Brouettes du champ de Mars. Enthousiasme et désillution. Napoléon. P. 66.—La brouette et l’épopée napoléonienne. Un dessin d’Horace Vernet. Le ba rón Larrey. Dr. Paul Reclus. P. 67.—Brouettes de Moscou et de Bautzen. Comte de Ségur.
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TABLES DES MATIERE DE LA PREMIÉRE ET DE LA SECONDE PARTIE
Brouettes de Metz. P. 68.—Brouettes du pillaje du Palais d’Eté. Brouette d’Aigle-Ville. Champ d’Asile. Les pssements et la brouette. Le Déménagement á la brouette (tableau) P. 69.— La visión d’Ézéquiel. La brouette du cháteau de Manzanares. Ségovie. St. Cyr. Ecoles militaires. P. 70.—Deux brouettes, Tune civile, l’autre militaire. Antimilitarisme et pacifísme. P. 71.—Le danger intérieur. Homo homini lupus. La brouette de Musee (1850). P. 72.—Guerre et armée. Civis romanus sum. Mondial. États-Unis mondiaux. P. 73.—Thiers. Équilibristes. Napoleón. La brouette et les fortifications de París. Ascenseur brouettique. P. 74.—Brouette-báteau. The pírate Ship. Fantaisies nauto-brouettiques du XVP siécle. P. 75. La traversée de l’Elbe en brouette. Brouettes de Détaille. Brouettes de la guerre des Balkans (1912). P. 76.—La brouette en Tripolitaine. Brouette de Froissard. Brouette porte-sac de Bazin. P. 77.—Italienne? Brouettes Parra (ou chameau) de rartillerie espagnole. P. 78. CAUSERIE CINQUIÉME
La brouette civile. XIIF siécle. Miniatures. Symboles: la justice divine. P. 79.—Esprit de tolérance. Brouettes pour personnes du XIII' siécle P. 80.—XIV' et XV' siécle. Brouettes á bras droits et courbes. Bretelle. P. 81.—^Brouette municipale de l’an 1401. L’inondation de París de 1910 et les brouettes. P. 82.—Renaissance. Agrícola. Cisium. Laufkarren. Quelques brouet tes de l’ouvrage d’agricola. P. 83.—Schubkarren d’Agrícola et contemporain. Mots latins. L'lntermediaire des chercheurs et des curieux. P. 84. CAUSERIE SIXIÉME
La brouette depuis le XVI' siécle. P. 84.—Extensión de la brouette. Brouette á charge équilibrée de Trévoux 1771. Brouette á trois roues. Madrid. Suez. Sibérie. Le Cap.-Jacques Besson. 1593. P. 85.—Brouette de Besson. Erreur d’un dessinateur. Petite brouette bicycle. P. 86.—Grellier de Serviéres. ses brouettes. P. 87. —Autre brouette á charge équilibrée. Silence systématique. Brouette acycle; á une, deux, trois et quatre roues. P. 88.—Brouettes: sans roue et á plusleurs roues. Brouette de S. Dominique. P. 89.—Brouette á roue trés petite de 1611 et celle de Liger. 1713. P. 90. CAUSERIE SEPTIÉME
Étymologie du mo^ brouette. Trousset, Bescherel, Littré, Larousse, etc. Comme le faux médecin de Moliére. Étymologie en contradiction avec ce qu’enseignent les documents histrioques. P. 91. - La brouette á deux roues est moderne. Origine de la singuliére étymologie ad mise. Du Cange. auquel on l’attribue n’y est pour rien. La brouette et le birotum ne sont pas de la méme famille. Le Glossaire latin-frangais de du Cange. P. 92.—Du Cange n’établi aucun rapport étymologique entre brouette et birotum. Continuateurs de Du Cange. Mots latinisés. Synecdoche. P. 93.—Notre étymologie. Synecdoche. Roe, Roette et rouette. B euphonique. V i de birotum. P. 102. CAUSERIE HUITIEME
Définitions. La brouette et L’Académie frangaise. P. 103.—Brouette. Petit tombereau et grande brouette. P. 104.—Pousse-t-on la brouette? Brouettier et brouetteur. Schubkarren d’Albert Durer. P. \05.—Brouettier ou brouetteur? Brouetteur chinois. Birota velocissima. Brouetteurs des vinaigrettes. P. 106.
TABLE DES MATIERES DE LA PREMIÉRE ET DE LA SECONDE PARTIE
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CAUSERIE NEUVIEME
La brouette des vinaigriers. Vinaigre! Cris de París XV^ siécle. Miséricorde. P. 107.— Brouette de S. Spíre de Corbeil. Vinaigriers des siécles XVP XVIP et XVIIP . P. 108.—La brouette du docteur. Cuisine et brouette du XVIP siécle. Les embarras de Paris. Un portrait (Goya). P. 109. La brouette et les embarras de Paris au XVIP et au XX® siécle. Les embarras de Paris au XVIII® au XI® et au XX® siécle. Brouette de J. Boucher. P. 110. CAUSERIE DIXIÉME
L’Encyclopedie. Dictionnaire d’agriculture. Semoirs á brouette. Brouette des charbonniers, etc. P. 111.—Semoir chinols. Brouette peso-chargeur. Brouette-cric. Brouette-marqueur pour jeu de tennis.Brouette-crible. Brouette hache-navets. Brouette-semoir du XVIII® siécle. Brouette-spmoirDumbasle. Roulette coupe-gazon: bordures. Brouette-pompe. Brouette-couteau. La brouet te et le singe. P. 112.—Brouette-poulailler. Brouette extensible. La rédame et la Presse. P. 113. Brouette municipale d’Oviedo. Brouette des balayeurs de la ville de Paris (1912).P. 114.— Brouette et idyie. Brouette autoverse. Saleté et Propreté. P. 115.—Brouettes du peintre Jimé nez et d’un magazine. Joaquin Bustamante. Brouette et barbier. Brosses á blanchir. P. 116.— Brouette Stephans’fix. Honni soit qui mal y pense. Brouette de Morland. P. 117,—Bon-point et brouette. Reynolds. Le Roí Eduard VII d’Angleterre et la brouette. Brouettes anglaises. Brouet te terrassiére. P. 118.—John Bull et l’oncle Sam. La Trackbarrow. Yankees. Lapins et brouette d’aprés une carte póstale. P. 119.—Américains? Dandy Car. Brouette á rail continu. P. 120.— Rail-continu. Roues á semelles. P. 121.—Brouettes de la foire de Beaucaire et du marché de Burgos. P. 122. — Brouettes hollandaises et des vendeurs ambulants anglais. Gravure: brouettes du catalogue d’un fabricant. P. 123.—7000 brouettes. P. 124.—Brouettes á 5 sous. L’industrie de la brouette. Prix d’une brouette. (Figures d’aprés un catalogue). P. 124.—Prix de la brouette pour enfants, fleuristes et jardiniers. Brouette de Wheatley. Cries o f London. P. 125. CAUSERIE ONZIÉME
Ce livre est une collection. L’histoire, muette. P. 126.—La pólice et la brouette. P. 128.— Arrété municipal de Saint-Cloud. Histoúe de deux queues. P. 128. CAUSERIE DOUZIÉME
La brouette et l’annonce-réclame. P. 129.—Le temps et la brouette. Róle électoral de la brouette. P. 130.—La brouette, les elections et notre systéme électoral. P. 131.—Les groupes. L’Angleterre. Loi et justice. Le nombre. Leur but. P. 132.—Majorité fictive. SymptOmes. Les suffragettes et la réforme totale du suffrage. P. 133.—«La crise du parlementarisme». La loi du nombre. P. 134.—Ce qui est absurde ne peut pas enfanter le progrés. P. 135.—Offense á la raison. Instrument redoutable. P. 136.—Le vote pour les hommes et pour les femmes. La brouette de Bismarck. P. 137.—La brouette et la politique. Us et coutumes brouettiques. P. 138.—Brouette tirée et poussée. Brouette et électricité. Brouette frigorifique. P. 139. CAUSERIE TREIZIÉME
La sculpture et la brouette. Groupe. Bas-relief. P. 140.—L’art et la brouette. Nihil novum. Sculpture de Beauvais; du musée Carnavalet; de l’Avenue d el’Opéra. P. 142.—Brouettes mi-
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TABLE DES MATIERES DE LA PREMIARE ET DE LA SECONDE PARTIE
nuscules. La brouette, l’orfévrerie et les vieux inventaires. Brouette émaillée. P. 143.—Bouton de hanap. Amour et brouette. Brouette et lorgnette. Brouette d’Arthur Eisley. P. 144. CAUSERIE QUATORZIÉME
L’art et la brouette. Étoffes á brouettes. P. 145.—Mouchoir, billetde banque, jouets, éventails brouettiques. P. 146.—Brouette-canne. La brouette et le Mont-de-Piété (XIV^ et XIX' siécle). P. 147. CAUSERIE QUINZIÉME
La brouette, ses peintres et ses graveurs. P. 148.—Brouette des rémouleurs. Les gagne-petit. Héraclite et Démocrite. P. 149.—Tableaux brouettiques de grands peintres: nons etimages. P. 150.—Tableaux et gravures brouettiques. (noms et images). P. 151.—Imagerie brouettique. Le gagne-petit grincheux. P. 152.—Pyrrhon et Témouleur. L’Opinion. P. 153.—La recolte des pommes de terre et Vángelus. P. \5A.—UAngelus de Millet: sa brouette. Luce Lucebat aliena. Grottesques brouettiques de Van Orley. P. 155.—La brouettte dans les feuilles d’éventail P. 156.—La brouette et la caricature. Transport sur brouette de leur propre personne et d’un nez. P. 157. CAUSERIE SEIZIÉME
La brouette dans les lettres. Poésie. Milton. P. 158.—Les poétes de la brouette. Delille, Mousques. La Marseillaise et la brouette, etc. P. 159.—Le poeme de Rostand: «La Brouette» P. 160.—Les prosateurs et la brouette. Les romanciers. Maine-Reid. P. 161.—Jules Verne. Briart. Victor Hugo. E. Reclus. P. 162.—Dickens. Guy de Maupasant: l’inventeur des armes et celui de la brouette. Tout abus est mauvais. P. 163. CAUSERIE DIX-SEPTIÉME
La brouette dans la littérature espagnole. Une noce «en broueite-»? P. 164.—Canelón. La piédra et la rueda des gagne-petit. L’émoleur de Goya. P. 1^5.— Dictionaire d’autorilés. Car retones et cierges allumés. P. 166.—Carretones. Pline; Agricola. Semanario de agricultura. P. 167.—Brouettes des porteurs d’eau. Puga. Les émouleurs frangais. P. 168.— Carretón de Quévedo. Bernard Ward. Aniers de Cervantés. Don A. Agustín. P. 169.—Carretón, paralytique et l’Evángile. Maquinas y arquitectura militar, manuscrit flamand á brouettes de la Bibliothéque Nationale de Madrid. P. 170. CAUSERIE DIX-HUITIEME
La brouette au théátre. Brouette des Mystéres au Moyen-Age. P. 171.—Orame brouettique de 1572. La brouette du Vinaigrier (comédie). P. 172.—Argument, thése et prix de la comédie de Mercier. P. 173.—Les opinions scientifiques de Mercier. Sa caricature. P. 174.—L’art, la bizarrerie etla cause de celle-ci. L’apparition de la brouette sur la scéne, au XVIIP siécle, fut-elle une nouveauté risquée? P. 175.—La brouette au théátre d’Apollen á Madrid. Mystére? P. 176. Moutonisme. Sus á la brouette! Pile ou face. La brouette de Venise. Brouette d’Agricola. P. 177.—La brouette sifflée et applaudie. Images révolutionnaires á brouettes. Leurs légendes. Moines brouettant. P. 178.—A bas le parasol! De Ségur. Le théátre de la révolution. P. 179.— Mercier, sa brouette et la féte de la Fédération. P. 180.
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CAUSERIE DIX-NEUVIÉME
La brouette au théátre et ailleurs en Angleterre. P. 181.—A l’enfer en brouette. William Hogarth. Qréve et brouette. Moeurs nouvelles alglaises. P. 182.—W. Hogarth peintre de brouettes anglaises. P. 183.—Les oeuvres de Shakespeare sur une brouette de Hogarth. P. 184.— Brouettes de Hogarth. Grande brouette scénique. Chantecler. P. 185.—La grandeur n’est qu’un rapport. Le vélocipéde au théátre. P. 186.—Le hasard. Naissance de de deux jumeaux sur une brouette. P. 187.—Castor et Pollux brouettiques. Autre cas plus rnerveilleux encore. P. 188. CAUSERIE VINTIÉME
Le son de la brouette sa voix et la musique. P. 188.—Musiciens et brouette. Brouettes du carnaval de Hice et du carnaval de Madrid. P. 189.—Le b et le v. l’r et les tr. Opinión d,e Delille, celle de Rossini. Onomatopée? Rooota. Broutement. P. 190.—Le Barbier de Séville. Poulie ou brouette? La musique des charrettes. P. 191.—Brouettes qui peuvent gémir. Un chanoine bon musicien. Le sexe de la brouette. P. 192.—Un véhicule automobile. Brouette dugenre masculin de Tan 1401. P. 193. CAUSERIE VINGT-ET-UNIÉME
La brouette et les jardins. P. 193.—Brouette-massif. Brouette-banc. P. 194.—La brouetteéchelle. P. 195.—Brouette-gabarit. Brouettes á ressorts. Brouette et jeune jardiniére. P. 196.— Manque d’habitude. La Aawsse. La chute des feuilles. P. 197.—La chute des feuilles. Le tango, Brouette-crible. P. 198.—La tangomanie et la brouette du tango. Brouette pompe á moteur. P. 199.—Tout passe; le costume ainsi que le tango; la brouette passera-t-elle? P. 209. CAUSERIE VINGT-DEUXIEME
La brouette et la mécanique. Pendule. P. 200.—Jouets brouettomécaniques. Brouette á toiser de Grollier de Serviéres. Cartométres. P. 201.—Roulette des charrons. Voitures ácompteurs de Vitruve et de Capra. Bicyclette métrique. P. 202.—Autres brouettes odométriques. L’optique et la brouette. Taximétres chinois. CAUSERIE VINGT-TROIXIÉME
Courses, promenades, voyages, brouettiques. P. 204.—Malades sur brouette. Promenades en brouette de Mmlles. Borniche et Polaire. P. 205.—-Brouettes de Madrid. Prétendue manie de Mlle. Borniche. Promenade sur brouette en porcelaine. P. 206.—Brouettes chinoises. Faux dicton. De Vienne á Paris en brouette. Tour du monde en brouette. P. 207.—Champion du tour du monde en brouette. A Venise. P. 208.—Indignation des journalistes. Triste épilogue. Brouettes tirées et poussées du comte Lasteyrie. P. 209. Brouettage á deux. Gros monocycle et bicyclette tonneau. P. 210.—Greaves et Camerman héros de la brouette. Bretelle, singe et chat du XVP siécle. P. 211. CAUSERIE VINGT-QUATRIEME
La brouette du sport et de l’acrobatie. Courses de brouettes. P. 212.—Courses et concours brouettiques. Carroussel de Barcelone. Moyens de traverser l’espace sans appui ex-
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TABLE DES MATIERES DE LA PREMIARE ET DE LA SECONDE PARTIE
térieur ou presque isoélment. Léotard velocipédiste. P. 213. Brouette et trapéze. Blondín en Espagne. P. 214. — Maire scrupuieux. Brouette de Qerbeviller. Le Bosphore. P. 215.— Blondín et la brouette. Blondín á Madrid. Le Rétíro. P. 216.—La fabrique de porcelaine du Rétiro. Jeu des anneaux. P. 217.— La brouette de San Fernando. A qui en appartient l’invention? P. 218.—Brouettes d’un gymkhama. Wheel-manceuvres P. 219.— Brouettes humaines. Brouettier aveugle et brouette voyante. P. 220.—Acrobate brouettique improvisé. Brouette á pédales. Pour ou contre les taureaux. P. 221.—Partisans et ennemis des courses. II faut des distractions. P. 222.—Prétendus moralistes. Les pauvres chevaux. La vue du sang. P. 223.—La sensiblerie. Opinión d’un étranger. Évitons une erreur. Les chasseurs. P. 224.Le bon coeur et les courses. Toréador. Carmen. Brouettes-taureaux. P. 225.—L’énigme brou ettique de la rué Fortuny de Madrid. P. 226.—La brouette-aéroplane. Encoré plus haut. La brouette. Les princes et les rois. P. 227.—Les enfants, la campagne, la brouette et les brouet tes d’Osborne House. P. 228.—Les brouetes des enfants de la Reine Victoria d’Angleterre. Autographe royal. P. 229. La Comtesse de Téba, la future Impératrice, photographe. Edouard VII y pensa-t-il? T. Gascón. P. 230.—Les brouettes de la Reine Christine. La valeur de ce recueil. La devise de la brouette. P. 231. CAUSERIE VINGT-CINQUIÉME
Erreurs et mensonges historiques: Pascal et l’invention de la brouette. P. 232.—Pascal calomnie. Pascal et l’hypnotisme. Ferrer. P. 233.—Ferrer ne dut sa mort ni á ses doctrines ni á l’attentat du 31 Mai. Quel est l’origine de l’erreur attribuant á Pascal l’invention de la broutete? P. 234.—Hypothéses. De Charybde en Scylla. Roulette. Brouette. Pascal n’a pas inventé la brouette, il n’en a pas donné la théorie. P. 235.—Pascal n’inventa pas et ne perfectionna pas la vinaígrette ni le haqnet. P. 236.—Silence de madame Périer. Faux; mais cela restera La cyclo'íde. P. 237.—La descente cyclo’ídale et la brouette. La parole est aux érudits. P. 238
SECONDE PARTIE PRÉFACE OU AVANT-PROPOS DE LA PREMIÉRE PARTIE
CAUSERIE PREMIÉRE
Objet de cette préface, de cette seconde partie. P. 239.—Le spectateur et le spectacle. Comme Balaam. Curiosité. On voit l’auteur dans les ouvrages d’autrui: l’on s’y voit. P. 240. Tout méne au Créateur; méme la brouette. Déistes. Dans ce monde tout a une cause. On désire connaítre celle de ce livre. P. 241.—Cette curiosité est bien naturelle. P. 242. CAUSERIE SECONDE
J’essaie de perfectionner la brouette. Ma brouette. P. 242.—Ma brouette avait une rivale. Je regois de la brouette une legón: la premiére, P. 243.—Curieux monocycle du Scientific American (1885). Objetions que souléve l’invention et leur réfutation. P. 244.^—^Avantages de ce monocycle, á mon avis. Mon frére en fait l’essai. Son insuccés. P. 245.—Méme résultat, malgré ma démonstration, malgré mon excellent harnais. Roulettes pour meubles. Monocycle Szechenyí. P. 246.—Monocycle colonial Claine (sorte de brouette monocycle tirée). P. 247.—Mo-
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nocycle á roue pivotante. Monocycle Santo Mauro. Monocycle practique. P. 24S.—L ’unirotte ou solirotie. Pourquoi la brouette rouie-t-elle tandis que le monocycle du Scientific American et autres du méme genre ne tiennent pas de bout? Aprés 27 ans. P. 249. CAUSERIE TROISIÉME
Pourquoi j’ai écrit ces causeries ou pro domo mea. P. 250.—But de ce livre. Le Pavo nc peut étre que la brouette. Ce livre pourra éviter, des mécomptes aux inventeurs. L’histoire. P. 251.—L’historien. Combinaison de circonstances ayant enfanté ce livre qui se compose de tout petits problémes insoup^onnés. P. 252.—L’oeuf de Colomb. Les 5 propositions de la premiére partie de ce recueil. Ce qu’est sa IIP partie. P. 254.
ERRATA Quelques unes des errata de la
p r e m ié r e
et da
seconde
partie. P. 255.
FIN DE LA PREMIERE ET DE LA SECONDE PARTIE
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CAUSERIES BROUETTIOUES TROISIEME PÁRTIE AVANT-PROPOS ou AIDE-MÉMOIRE DE
BROUE°TT°E CONSIDEREE COMME MACHINE NUMER ATION
Les numéros d’ordre des pages sont remplacés par la numération des paragraphes ou de morceaux dans cette III® partie, dans la IV® et dans le supplément de ce livre. LE SIGNE
SPÉCIAL:
O
On verra souvent ce signe dans Ies pages suivantes, pour índiquer les chapitres, phrases ou paragraphes dont l’affirmation ou Tidée ne se trouve dans aucun des auteurs que connait celui de ce livre.
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L’absence de ce signe ne veut pas dire que les textes qui ne le portent pas sont des copies ou des reproductions plus ou moins fidéles. Cette absence peut indiquer que Tidée n’est pas nouvelle ou qu’elle est courante, ou nindique rien du tout. La brouette á une ou á deux roues est trop vue pour qu’on la regarde. Les personnes croyant savoir ce qu’est cette voiture doivent étre nombreuses. Bien d’autres, si jamais le titre de ce livre tombe sous leurs yeux, penseront ou bien qu’il n’y a rien á dire de ce véhicule ni sur un tel sujet, ou que tout ce qu’on peut dire de la brouette a dú étre dit depuis longtemps et que partant cet ouvrage ne peut-étre, en tout cas, qu’un ramassis d’emprunts et de redites. D’autre part, dés qu’on sait la réponse á une devinette ou le mot d’une énigme, lorsqu’on retrouve un objet cherché, nous l’avons dit: on ne s ’étonne que de n’avoir pas trouvé plus tot. De méme lorsqu’on connait une solution, une explication exacte, on croit qu’elle est évidente, qu’on la possédait déjá ou qu’il s ’agit d’une vérité de la Palisse. Pour essayer done d’éviter dans les limites du possible, que le lecteur ne nous prenne pour un enfonceur de portes ouvertes, ou pour un commentateur ou pour un compilateur sinon pour un copiste ou un plagiaire, nous avons imaginé ce signe. II ne rend certes pas meilleur ce livre; mais peutétre le fera-t-il trouver moins inutile. (Voyez p. 252, 2® c.)
BROUETTE,
LA
BROUETTE
Lorsqu’il n’est accompagné d’aucun adjectif ou d’aucune explication ce mot, brouette, dans cet ouvrage, signifie la brouette á une roue, la brouette monocycle européenne. Nous dédierons d’ailleurs une ca u serie á la brouette mono cycle chinoise et, bien entendu, la brouette á deux roues ne sera pas oubliée dans les pages suivantes. Note premiere II est facile et méme agréable d’écrire un livre lorsqu’on est relativement maitre de son temps et lorsqu’on n’a á compter que sur soi-méme. Tout change dés qu’on dépend de l’imprimerie. Ses lenteurs, le fastidieux travail de la correction d’épreuves quand on fait imprimer
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du frangais á Madrid, etc., firent de ce qui n’avait été qu’un amusement une corvée qui m’inspira la fácheuse pensée —pour m’en reposer— de laisser dormir L a Brouette et d’entreprendre pendant son repos, en collaboration avec un de mes parents, un de mes amis (le marquis de la Torrecilla) la composition et la publication d’un livre utile, puisqu’il manque, dans les grandes comme dans les petites bibliothéques, curieux et, á notre avis, agréable; ouvrage qui aurait dú étre términé au bout de cinq ou six mois — original, images et impression— . Mal nous en prit; mal m’en advint. La guerre européoasiaticoaméricaine étant déclarée, ses effets et conséquences, dont Tune la pénurie ou le manque de papier, atteignirent le monde entier. Nous avons aussi été victime d’un incendie qui détruisit foutre de nombreux tableaux, livres et objets de valeur, outre notre collection de dessins et d’estampes brouettiques dont beaucoup tres rares^ peut-étre uniques) le premier manuscrit du catalogue illustré et raisonné de bibliographie hippique hispanoportugaise auquel je viens de faire allusion. Le feu ou Teau des pompes, en les rongeant ou en les souillant, rendirent illisibles, de tres nombreuses pages du manuscrit de cette Troisiéme partie (de la Brouette) dont les derniéres lignes de la seconde partie avaient été imprimées au commencement de 1916. Aprés cinq ans —Béni soitDieu qui nous a permis de les compter dans ce monde qu’ont quitté, naturellement ou violemment, pendant ce temps^ tant de millions d’hommes!— aprés une attente de cinq ans la Brouette et ces causeries reprennent le pénible et lent chemin de Timprimerie, d’oü sortira, dit-on, dans quelques jours Tédition du Catalogue hippique, c’est-á-dire, «A/ Catálogo Torrecilla-», ouvrage (il est vrai in-folio, riche en documents inédits, de plus de quatre cents pages profusément illustrées) dont Timpression d’aprés nos calculs et ceux des imprimeurs, aurait cependant dú étre finie il y a plus de quatre ans. {Torrecilla. V. p. 40.) L ’avis placé en tete de cette troisiéme partie indique une modification, dont Tobjet est de tácher de regagner un peu du temps perdu. C’est un moyen, un essai qui nous oblige á remplacer par des chiffres, mis devant les paragraphes, les numéros des pages et á faire fi, au besoin, de Tuniformité du type des caractéres, de celle de la qualité du papier, etc. (Février, 1921.)
Note seconde I / Un i placé dans cette troisiéme partie prés des gravures ou dans celles-ci indique que leurs originaux ou les ,dessins faits d’aprés ceux-ci furent la prole de Tincendie dont nous venons de parler et que les croquis explicatifs faits de mémoire, que sígnale cette lettre i, ne sont pas lo reproduction des images disparues et n’en donnent qu’une idée, bien qu en général suffisante. (LV indique autre chose dans le ire Partie de ces
Causeries.— V. p. 17).
TROISIEME PARTIE Si Ton avait eu toujours présentes á la mémoire les notions élémenlaires rappelées dans ce chapítre, les hé-
CAUSERIE PREMIERE
résies brouettiques seraientelles si répandues?
AVANT-PROPOS ou AIDE-MÉMOIRE
ne parle guére de la théorie de la charrette, ni de celle de la civiére, ni du principe du camión, etc., tandis que dans maints ouvrages on prétend que Pascal a découvert «le principe» ou la «théorie» de la brouette (V. p. 232) ou bien on y expose, sans en attribuer la paternité á personne, comme chose admise, cette théorie, ce principe. A coté ou au-dessus de l’art de se servir de la brouette, il y aurait done, d’aprés cela, une Science: la Science de la brouette. N
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II est plus facile de parler que d’étre écouté et plus facile encore d’écrire un livre que de le faire lire. Nous le savons. J ’écris cependant celui-ci comme s ’il devait étre lu, avec intérét, par des lecteurs —de tous les mondes, de tous les états et professions— dont les connaissances brouettiques seraient moins completes encoie que les nótres. Ce point de départ nous méne á admettre, hypothétiquement aussi, que quelques uns de nos lecteurs ne se rappellent plus bien le sens précis de certains termes de physique ou de mécanique élémentaires qu’on leur ensei-
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S c i e n c e }
L e c t e u r s
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
gna jadis et que d’autres n’ont possedé que nébuleusement les quelques fáciles rudiments auxquels nous venons de faire allusion; notions útiles cependant pour bien comprendre la brouette et quelques-unes des nos causeries de cette troisiéme partie. Ceux, súrement les plus nombreux de ces futurs hypothétiques lecteurs, diez qui les mots, par exemple, de levier du deuxiéme genre, de base de sustentation, d’équilibre sur deux points d’appui, ou d’adhérence réveillent nettement des idées correspondant á ces expressions, n’ont qu’á sauter les quelques paragraphes de cette causerie; sorte d’aide-mémoire oü figureront, sommairement exposées les notions attachées á ces expressions, notions extrarudimentaires, mais indispensables, si Ton essaie de réfuter la théorie brouettique courante ou d’en établir une autre. La brouette considérée comme machine est, avons-nous dit, le sujet de cette 3 '“ ® partie de nos causeries brouettiques.
instrument. Un balai est une machine, une scie de méme, une brouette aussi, un levier aussi, etc., ainsi que nos ongles que nous appliquons á différents travaux et que nous employons méme souvent comme des leviers: du premier genre, lorsque par exemple nous ouvrons,á l’aide de l’ongle du gros doigt, le boitier d’une montre).
1. Un instrument mécaniquement consiDans sa forme la plus simple, le levier réel déré est un intermédiaire matériel agissant est une barre, un corps rigide, supposé infle entre une forcé motrice et une résistance qu’il xible, pouvant tourner autour d’un de ses faut vaincre pour obtenir un résultat cherché. points, sur un autre point relativement fixe et extérieur, appelé point d'appui. Les barres longitudinales qui soutiennent le plateau ou la caisse des brouettes peuvent UT objet, sans l’aide duquel on ne pourrait pas tourner au tour de Laxe de la roue de ces faire un travail ou grace véhicules. Ce sont done des leviers s’est-on auquel en un temps don- dit et l’on a attribué au levier, au principe du né on produit une quan- levier du deuxiéme genre, dans des livres tité de travail plus faci- sérieux, le mérite de la brouette. Que de mélement ou plus rapide- prises dues aux apparences depuis qu’on crut, ment ou avec p lus de perfection qu’on ne le sur le témoignage des yeux, que le soleil marferait sans cet appareil, est une machine, un chait au-dessus d’une terre immobile!
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE TREMIERE
2. Un enfant á l ’aide d ’une simple barre, d’un point d’appui relativement fixe, indédépláce un bloc cyclopéen. Archiméde a-t-on pendant de cette barre, pour produire les prétendu, ne demandait qu’un simple point résultats qu’étudia Archiméde. Cette división d’appui pour soulever le monde á l’aide du en trois genres est pratiquement, trés utile; levier. Le grand géométre a-t-il prononcé la elle sert á s ’entendre et peut rendre plus fáci fameuse phrase? En tout cas elle a été dictée les certaines explications et descriptions con par une imagination frappée par la dispropor- cretes: théoriquement elle n’est pas essentielle. La mécanique mathématique a renfermé tion semblant exister entre la cause et les effets, á premiére vue prodigieux, produits dans une formule unique tous les cas de par une forcé agissant sur une simple barre l’équilibre du levier. de bois ou de metal reposant sur un point Personne n’ignore qu’on a donné le nom d ’appui. de bras de levier aux deux longueurs, aux
Voulant faire entendre que le levier est une machine primitive dont tout le monde connaít l’usage, Voltaire dit: «Le paysan le plus igno ran! sait, partout, remuer les plus gros fardeaux avec le secours d ’un levier». La tliéorie ou l'hypothése, la généralisation, la loi, la mesure sont venues, personne ne l’ignore, former ou enrichir le domaine de la Science gráce, généralement, á l ’observation et á l ’étude de faits et de phénoménes connus ou entrevus precédemment ou depuis longtemps. Des l ’antiquité la plus reculée on a dú se servir du levier, et en faire usage de différentes manieres, Sans s ’arréter á les compter ou á les classer, l'homme employait, selon les cas, Tune ou l’autre de ces manieres, fort adroitement méme, c’est plus que probable, lorsqu'un obseryateur, un savant du temps jadis en fit la classification et les divisa en trois genres. II y a en effet, tout le monde le sait, trois fagons de se servir d’un levier, c ’est-a-dire d’une barre rigide, pouvant tourner autour
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deux parties du levier séparées par le point d’appui, dans le levier du premier gem'e; par le point d’application de la résistance, dans le levier du second genre. Sur le levier mécanique, pratique, agissent deux forces dont l’une entrame l’autre. Arbitrairement on donne généralement le nom de puissance á celle-ci. Le magon applique géné ralement sa puissance, c'est-á dire, sa forcé, son action, son énergie sur l'extrémité du bras le plus long du levier. Mais la puissance ou forcé motrice et agissante n'actionne pas toujours le levier, tant s’en faut, de cette maniere. Souvent aussi son action s'exerce sur l'extrémité libre du petit bras de levier. Dans ce cas, pour contreba-
g e n r e s
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b r a s
TRIOSIEME PARTIE, CAUSERIE PREMIERE
lancer une forcé relativement petite ü en faut une autre d'autant plus grande que le bras de la résistance est plus long. On souléve, par exemple, un inarteau par rextrimité li bre du manche moins aisément lorsque celuici est long que lorsqu’il est court. Pour vaincre une résistance de i kilogramme il faudra 6 kilogrammes et une fraction de gramme, de forcé, si le bras sur lequel on agit est six fois plus court que celui de cette résistance.
nombre infini de machines ou de dispositifs mécaniques. II ahonde dans le corps humain et dans celui des animaux; on le trouve dans la brouette, véhicule dont on pourrait dire, dont nous dirons, qu'il est formé d'un systéme assez compliqué de leviers réels ou virtuels, visibles ou invisibles.
^
3. Une poutre fixée á un point d'appui, portant un poids á son extrémité; mais ne pou-
Quand la puissance desoend la résistance monte ou Dice-versa, si oes torces agissent verticalement.
11 n'y a personne qui ne sache, qui n'ait vu que lorsque la marchandise á peser descend les poids montent, et vice versa, quand on se sert d'une b alan ce dite romaine ou de la balance á bras égaux, a ttrib u t et symbole de la Justice. Un phénoméne analogue se produit si on agit, par exemple, de haut en bas sur la corde de la poulie d'un puits: le seau dans ce cas se déplace de bas en haut. L’une des propriétés du levier, propriété dont la mécanique pratique et la brouette font un tres fréquent usage, est done celle de changer la direction d'une forcé. II serait superflu d’ajouter que la poulie est un levier du premier genre ou du moins qu'on peut y voir le levier du premier genre, aussi bien que dans la balance et qu'au besoin on pourrait remplacen cette balance par une poulie. En mécanique pratique le levier, qui en est pour ainsi dire l'áme, se trouve réellement sous toutes formes ou virtuellement dans un ^ p
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D i r e c t i o n
vant pas se mouvoir autour de ce point, ne serait pas un levier, ne serait pas une ma chine. Ce serait un soutien en porte-á-faux, de ce poids, c'est-á-dire, un dispositif incapable de produire un certain effet en un temps donné; incapable par conséquent de produire du travail. Bien entendu il est facile, gráce á des formules qui ont un proche degré de parenté avec celle du levier, de calculer la fati gue que subissent chacun des points de la poutre et son soutien vertical. Comme la brouette, bien qu'elle soit un détestable exemple de l ’application du prin cipe du íevier, est un excellent instrument de travail, laissons un professeur exposer, avec grande clarté, ce que la mécanique entend par t-.avail. Aprés l'explication, on trouvera encore plus étrange qu'on ait pu voir dans la brouette le principe du levier. «II y a travail toutes les fois qu'une forcé >surmonte une résistance qui se renouvelle á. «chaqué instant, tandis que son point d'apc h
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
»plication se déplace. Lorsqu’il n'y a pas de »résistance vaincue ou de cliemin décrit par »le point d'application de la forcé, il n'y a pas »de travail. »La valeur du travail mécanique dépend, »donc, de la grandeur de deux éléments: effort »et chemin. Lorsqu'on éléve un fardeau dou»ble á une hauteur on produit un travail »double. Pousser un rabot, avec un méme »effort, le long d'un chemin double, c’est »produire un travail deux fois plus grand. »0n peut, done, dire que le travail mécani»que est proportionnel á l'effort et au che»min». {Cotirs de mécanique pa r Ph. Moulean, Professeur de fnécanique á Vécole industrielle de Seraing. P arís, Librairie polytechnique, Ch. Béranger.—Liege, 2 1, rué de la Régence). L'application de la forcé dans la brouette, considerée comme levier, se fait sur les poignées de ses bras. L'homme les soutient. Or, pendant le travail, les mains restent invariablement á la méme hauteur au-dessus du sol: il n'y a, done, point de chemin parcouru verticalement par le point de l'application de la forcé de la « p u issan ce» du le vier. Done pas de tra v a il pu isqu'il n'y a pasdemouvement. Du fait de soutenir les poignées ile la brouette l'homme ne travaille pas plus (lorsque la brouette n'est pas attelée et ne roule pas), que ne travaillent les pieds de bois ou de fer de cette voiture; bien qu'ils soutiennent une portion considérable du poids du véhicule, ou de celui-ci et de son fardeau, si la brouette est chargée. Or d'aprés de nombreux auteurs le
S es p ie ds
de
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point d'application de la puissauce dans le levier, qui d'aprés eux donne sa valeur spéciale á la brouette, en tant qu'instrument de travail, ce point dis-je d’application est aux poignées du véhicule (Jig. M). En realité, dans leur fonction de puissance de ce levier, c’est-á-dire dans leur fonction, dans leur role de soutenir, de faire un effort vertical, de bas en haut, les mains du brouettier ne travaillent pas, au sens mathématique du mot travail, la brouette roulant ou non. Comment done, dans ces cas, le principe de la brouette, instrument de transport et de tra vail pourrait-il bien étre celui du levier.i’ Pour le role passif et inactif de soutenir un support quelconque produirait le méme effet que celui dú aux mains du brouettier. On peut d'ailleurs remplacer les mains de cet homme (on y a vu la puissance du levier) ou par la b r e t e l l e , harnais fort anclen, d'un usage courant; ou par des patins; ou par des roues placées, aux pieds de la brouette, moyen tres judicieusement em p lo yé sur des chemins oü de longues descentes font suites á de fortes montées. A la page 89 de ces causeries il y a l'image d une brouette á quatre roues. Sa vue a dú suggérer au lecteur les réflexions que nous venons d'exposer ou d'autres analogues. {Bretelle. V. p. 81, 82, 85.) Lorsque Horace écrivit bis repetita placent —les répétitions plaisent au lecteur —il voulut probablement dire que ce résultat s’obtient lorsque le sujet des répétitions est agréable. Je n'ose done pas espérer ce beau succés pour l'exemple suivant et pour les commentai-
font
4.
autant .
La
bretelle-
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
res qui raccompagnent; il ne s'agit ici en effet que d'une redite de ce qui a été exposé dans les paragraphes précédents. Deux ouvriers montent des matériaux en se servant d'un treuil dont l'un des supports
TRAVAIL. Or la main de Fierre fait, lorsqu'elle maintient le treuil dans une position horizontale, une poussés de bas en haut d'une intensité égale á celle que produit la moitié du poids du treuil et de sa charge dans la direction contraire, c'est-á-dire de haut en bas. C'est le cas de la main du brouettier: elle soutient la poignée et la maintient dans un plan, invariablement paralléle á celui du sol, en excerpant une poussée verticale, de bas en haut. Le travail á la brouette se produit dans un sens horizontal. On dit cependant, que cette voiture est une application du principe du levier!
5.
i (2.) i ne travaille pas, non plus
est brisé. Un des manoeuvres, Fierre, rem place ce support. L’axe du treuil repose, done, du cóté de la manivelle, sur un appui ver tical, dans une entaille de cet appui. Fierre soutient l'autre extrémité de l'axe du treuil á l'aide d'une boucle ou collier de corde bien suiffée. Fierre travaille-t-il, en donnant au mot travail le sens qu’il a en mécanique.'* Four faire plaisir aux théoriciens de la brouette-levier admettons que cet axe soutenu par ses deux bouts est un levier du deuxiéme genre, dont Fierre est la puissance et le poteau, le point d’appui, ou vice-versa. Fierre, dans ce cas, ne travaille pas plus que ne travaille le poteau passif et immobile. Fierre cependant se fatigue á cet exercice de soutenir, comme le brouettier se fatigue lorsqu’il soutient, les poignées de sa brouette chargée; mais il ne faudrait pas confondre le travail avec la fatigue. Fierre ne travaille pas: il remplace un poteau. Fierre ne travaille pas parce que DEUX FORCES EN EQUILIBRE NE F R O D U ISE N T AUCUN
P i et r c n e tra v a ille
pas
EN qu'en général ils n'aient jamais entendu pro n o n cer les mots: centre de gravité, les vanniers et les potiers les moins savants ne manquent pas de placer les anses du panier ou du vase qu'ils fabriquen! au-dessus du plan horizontal oü se trouvera le centre de gravité de ces objets lorsque les mains les soutiendront, pleins ou vides, par ces anses.
Deux forces en equilibre
C. Centre de gravité
Le centre de gravité d'un corps suffisamment consistan! pour qu'il ait une forme est, selon une définition qui parle aux yeux, le C e n t r e
de
g r a v i t é .
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
point par lequel il faudrait faire passer la sus pensión si on voulait que ce corps restát immobile dans tqutes les positions qu'on pourrait lui faire prendre autour de cette suspensión. Le centre de gravité est, done, le point unique oü semble étre concentré tout le poids d'un objet. Si celui-ci est suspendu et si la suspensión passe par le point oú se trouve le centre de gravité, les parties de cet objet plus OU moins compactes, pesantes et saillates les unes que les autres, se contrebalancent autour de cette suspensión comme si elle était le point d’appui d'un nombre infini de leviers imagi-
de la forme de cet objet et de la distribution plus ou moins symétrique et parfaite des molécules composant sa masse.
6. Naturellement b ien que le fardeau d'une brouette et la brouette puissent former un tout volumineux, cet ensemble n'a qu'un seul centre de gravité, situé dans un seul des points de ce tout. On peut en dire autant de Tunité homme-brouette-fardeau.^ lorsque le brouettier soutient les poignées de la voiture et que celle-ci est chargée. Bien entendu il en est de méme lorsque la brouette est vide et il va sans dire que le centre de gravité n'est pas á la méme place lorsque la brouette ne porte rien que lorsqu'elle est alourdie par les poids de son chargement, et que cette place varié selon la nature et la hauteur de celui-ci, etc.
C. C entre de yravíté
naires du premier genre. Les bras de ces leviers sont en équilibre d'un cóté et de l'autre^ de ce point d'appui, comme le sont les rayons diametraux d'une roue qui peut tourner librement sur un axe horizontal. Personne n'ignore ce qu'on entend par le terme de forcé résultante ou résultante. Une forcé résultante est un résultat, parce qu'elle doit son intensité au concours de deux ou de plusieurs forces qui la composent, forces dites composantes. Or le centre de gravité d'un corps, est le point d'application de la résul tante de l'action de la pesanteur sur chacune des parties visibles ou cachées qui composent ce corps. Et, bien entendu, le point de cet objet oü se trouve le centre de gravité dépend
C e n t r e
de
g r a v i t é
Comme il y a un assez grand nombre de formes et de types de brouettes il n'est pas possible de signaler le point de la brouette oü se trouve le centre de gravité. Dans la brouette ordinaire de jardinier vide, le centre de gra vité est á peu prés dans un plan horizontal situé un peu au dessus du fond de la caisse et dans un plan vertical passant vers le miiieu de celle-ci, plus prés de sa partie fermée í l'avant, que du coté opposé de cette caisse.
de
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b r o u e t t e
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
D’aprés les catéchismes de physique et de 7. Les vanniers et les potiers auxquels nous venons de faire allusion placent les mécanique il y a trois genres capitaux d'équianses du vase et du panier au-dessus du cen libre, dont l'un l'équilibre stable] l'autre: tre de gravité de ces objets, par des raisoiis réquilibre instable, et le troisiéme: l’équilibre d’équilíbre et, par ces mémes raisons, ils élar- indifférent. giront la base ou assiette des vases ou des 9. Le corps peut étre suspendo par un paniers s'ils tiennent á ce qu'ils soient plus point uuique ou porter sur un point uniqu: stables, lorsqu’on les pose á terre. lorsqu'il ne s’appuie que sur un seul point et lorsque son centre de gravité est dans le méme plan que son point d'appui ou au-dessous de ce point d'appui unique, le corps —un objet quelconque— est dans un état d'éqüilibre instable. L'équilibre dans ce cas est instantané et n'a lieu que lorsque le centre de Par la méme r a is o n , 11 semble que la gravité du corps se trouve dans la verticale brouette á deux roues ou á une roue tres passant par le point de contact de ce corps large devrait étre, lorsqu'elle porte sa charge? avec celui qui le supporte. Abandonné á lui-méme cet objet á un seul plus stable que la brouette á une seule roue. point d'appui tend á s'écarter de sa position II n'en est pas toujours ainsí. Dans la brouette d'équilibre, c'est-á-dire, á s'éloigner de la ver tout est exceptionnel et ses apparences en ceci, on le verra, ont induit en erreur ses ticale passant par ce point et á tomber vers n'importe quelle direction par rapport á ce écrivains. point d'appui: vers le nord aussi bien que vers II va sans dire que la théorie du centre de gravité est intimement unie á celle de l'équi- le sud, vers l'est ou vers l'ouest, etc. libre des corps solides.
10. Pour réaliser les conditions d'équilibre d'un corps s’appuyant sur deux points, il faut que son centre de gravité se trouve dans le plan vertical dans lequel sont ces 8 Les corps sont en équilibre quand ils points d'appui. Comme le précédent, l'équilibre sur deux se maintiennent dans certaines positions.
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
points d'appui —ou sur un plus grand nom bre de points d'appui, placés en ligne droite— est du genre instable. Les échasses, la bicyclette et la brouette ont affaire á ce genre d'équilibre. Le corps, l'objet, n'ayant que deux points de contact avec le plan qui les soutient, avec le sol, par exemple, abandonné á lui-méme tend á tomber latéralement, c'est-á-dire, d'un coté ou de l'autre du plan vertical dans lequel sont ces deux points d'appui. La bicyclette a été in ventée vers 1888. Le cycliste aujourd'hui, gráce á cette invention n'a á garder que l'équilibre la teral. Lorsqu'on montait sur des «bicycles» sanschaine, en acier, ároues caoutchoutées dont l'invention précéda celle de la bicyclette et suivit celle des vélocipédes, á roues de bois cerclées de fer, presque tout le poids du cacavalier portait sur la tres grande roue de devant. Les chútes du bicycle monté pouvaient se produire et se produisaient souvent longitudinalement., surtout aux cotes descendantes, si l'on venait á freiner un peu brusquement ou si la roue de devant buttait contre un gros caillou. Le bicycliste avait done á garder l'équilibre latéral et á se préoccuper de la conservation de l'équilibre longitudinal de sa machine.
Les brancards, limons ou bras de la brouette, nous le répéterons, et de tous les véhicules á deux roues ont plusieurs roles dont l'un est celui de soutenir le fardeau et un autre celui de la conservation de l'équilibre longitudinal. Seuls les bras limons ou bran cards de la brouette ont eu cependant l'honneur d'attirer l'attention lorsqu’il a été question du levier; mais non pas á ce titre d'agents ou de facteurs de la conservation de l'équilibre.
1 1 . Une sphére, une boule dont la matiére est homogéne, flottant dans un liquide, ou re posan! sur un plan horizontal dur et uni, est peut-étre le plus parfait exemple de l'équilibre indifférent. Quel que soit le point de sa surface en contact avec un autre quelconque de ce plan, son centre géométrique qui, cela va sans dire, coincide avec con centre de gravité, reste invariablement á la méme hauteur au-dessus de ce plan. La roue d'une brouette (celle-ci renversée et placée sur le sol sens dessus dessous) pouvant partan! tourner librement sur son axe, est encore, un bon exemple d'équilibre indifférent, si la symétrie des parties et l'homogénéité de la matiére de cette roue sont parfaites. 12 . Pour que la condition caractéristique de l'équilibre stable d'un corps se réalise, au cas oü le corps est supporté par trois ou un plus grand nombre de points, non en ligne droite, le centre de gravité du corps de l'objet doit étre sur une verticale passant dans la figure ou polygone que forment des droites
Équilibre
longitudinal
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latéral.
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stable
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE PREMIERE
réelles ou imaginaires, rattachant les uns aux autres les points d'appui, figure ou polygone qu'on E.5’TfíBILE_ c '3 ■pÓ¡illy‘'!]ppw appelle de sustentation ou base de sustentation. Ici, encore, l'apparence cause d'erreur. Des auteurs, nous le v e rro n s, ont manqué d'exactitude lorsqu'ils ont signalé le p o in t d 'a p p u i de leu r brouette-levier et méme les points d'appui de celle-ci.
plus exposée á verser. Par contre il n'est pas plus difficile, si la peur n'intervient pas, de con server l'équilibre sur un vélocipéde trés haut que sur une bicyclette á petites roues, ou bien sur des patins á roulettes qui, aprés tout, ne sont que des véhicules á tréspetites roues. 14. La raison par laquelle, aprés un trés court apprentissage, il n'est pas plus difficile de garder l'équilibre d'une brouettc á roue haute que celui d'une brouette á petite roue ou bien
13 .
L'équilibre présente dans certains cas des anomalies apparentes qui, á premiére vue, paraissent en contradiction avec ses lois fun damentales. Un corps, un objet est d'autant plus stable qu'il est moins haut, que sa base est plus large celui d'un vélocipede plus élevé que les ordiou que son centre naires, est la méme que celle qui explique de gravité se trouve aussi pourquoi il est moins difficile de mainte plus prés de son nir en équilibre, sur un doigt, une canne, point d'appui. Cequ'un bátonnet d'un longueur de vingt ou trente centimétres. pendant il est beaucoup plus facile de Supposons que l'angle que forment avec la maintenir en équiliverticale passant par leur point d'apui deux bre dans une posibaguettes, l'une courte et l'autre longue, est semblable. (V. l’image.) tion v e rtic a le , sur Un écart a b dehors de la verticale, de la l'extrém ité d 'u n petite canne, écart qui mettra en danger l'équidoigt, une longue baguette, á bout pointu, qu'un court baton- libre de cette petite canne, sera presque nénet et il sera tres difficile de maintenir en gligeable, insignifiant dans le cas de la grande equilibre, de la méme maniere, une lourde canne. Pour maintenir le centre de gravité de canne de tambour major, la pomme en bas; ces cannes dans la verticale, passant par leur tandis que l'exercice n'aura aucum mérite, si point d'appui sur la main, celle-ci, est obligée de faire des mouvements horizontaux qui on la fait porter sur son petit bout. De deux voitures semblables, á deux ou á dans le cas de la petite canne doivent étre plusieurs roues; mais dont la charge est diffé- plus petits et plus rapides, sans étre brusques, rente ou différemment disposée, celle dont le et par conséquent d'une commande et d'un centre de gravité est plus loin du sol, sera la réglage plus délicats, plus difficiles.
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Cas
p a r a d o x a u x
TROISIEME PARTIS. CAUSERIE PREMIERE
Nous voyons tous les jours des jongleurs dont l’adresse, fruit d’un long- travail et de qualités personnelles spéciales, triomphe de toutes les dificultés de réquilibre. A une exposition, oü á je ne sais plus á quel Salón du Cycle un bicycle gigantesque attira l,attention, á París. Sa hauteur — du sol á la selle—^ devait étre au moins. de 3 m. 50 c. La maison á laquelle cette machine servait de rédame lui donna le nom de bicydette Tour-
Eiffel. Nous en avons possédé Timage et un cliché fait d'aprés celle-ci. (Une gravure de ce bicycle, faite d'aprés une.photographie, fut publiée par la revue L a Nature). Au mois de novenibrej 1919, á Saint-Sebastien, un équilibriste de premier ordre, un acrobate des plus agiles faisait, pendant le jour, son propre éloge sur un bicycle de quatre métres de hauteur en annongant, silencieusement, mais suggestivement, du haut de cette éloquente tribune (á l’aide d'une pancarte et d’un écriteau, suspendus á 1 énorme cadre de l'appareil), le spectacle dont lui-méme serait, le soir, le héros, sur la scéne du théátre. Ce remarquable artiste acrobatocycliste est mécanicien. II a construit, lui-méme, de ses propres mains, les singuliéres machines de ses exercices. II s’exhibait au théátre et sur une bicydette naine, dont les roues no doivent pas
L es
acrobates
cyclistes
avoir plus de 25- centimétres de diamétre, et sur une bicydette á surprise, et sur un monocycle (á roue d'un diamétre de o m. 70) dont la selle est á un peu moins de trois métres audessus du sol, monocycle á tige du haut duquel son paradoxal cavalier semble démontrer et prouver,. par ses évolutions et l'aisance avec laquelle ils les exécute, que de tous les véhicules sa perche á roue est celui dont-il est le plus facile de garder l'équilibre. Le frangais, qui se fit applaudir dans les rúes et au théátre Victoria Eugenia de Saint-Sebastien, s ’appelle, á moins que ce nom n'en cache un autre, Joe Combret’s. Répondant aimablement á mes questions ib me dit, comme je le supposais, que l'équilibre est plus difficile á garder sur la bicydette naine que sur son bi cycle géant et que celui-ci, en ce qui se rapporte á l'équilibre, est aussi facile á monter que la bicydette ordinaire. , II n'est pas en effet nécessaire d'étre grand'clerc pour se rendre compte a priori^ qu'il doit en étre .ainsi1 5 . Bien entendu le secret de tous ces tours d'équilibre consiste soit á garder ou á ramener le centre de gravité dans la verticaie ou dans le plan vertical passant par les points d'appui, soit á ramener et á garder ces points d'appui dans la verticaie ou dans le plan ver tical oú se trouve le centre de gravité; centre auquel n'ont probablement jamais songé la plupart des meilleurs équilibristes. La théorie, pour ces sortes-d'exercices, n’est en général que d’une trés minee utilité, quand elle n'est pas absolument inutile.
16. II est des cas, avons nous dit, ou l'équilibre semble offrir des anomalies. S'll avait réfléchi l’auteur des paragraphes du Petit Parisién^ que nous allons copier, n'aurait rien vu de paradoxal dans ce qui cependant le surprit si vivement. II est vrai, que la pre-
Apparente
anomalie.
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE TREMIERE
miére fois qu’on voit un cycliste on croit voir un audacieux acrobate et cependant, de tous Ies exercices, le plus facile, peut-étre, á apprendre, celui dont Tapprentisage est plus court, est celui de monter á bicyclette. Porter une cruche sur la tete sans le secours des mains est un sport qui exige un apprentissage beaucoup plus long: de méme celui de mon ter bien á cheval ou de danser avec gráce. Toujours est-il que — au moral comme au physique — nous sommes continuellement victimes des apparences. Voici done ce qu'on peut lire dans le Journal L e Petit Parisién du 3 juin 1896: , « . . . Nous humions le bon air chaud precurseur de l'orage, et nous nous disions que vraiment c’était une volupté de pédaler dans ce site admirable de l'allée des Acacias, quand nous fumes dépassés par un tándem bien extraordinaire. Une bicyclette portant deux cavaliers assis, l'un á coté de l'autre et se tenant en équilibre: voilá ce que nous vímes non sans un certain étonnement, nous l'avouons, sans peine, car á rtieure qu'il est nous ne comprenons pas encore bien comment il se fait que deux poids inégaux placés de part et d'autre d'un plan vertical, puissent faire teñir le systéme en équilibre. Le petit dessin ci-dessus donnera á nos lecteurs une idée de ce qu'est ce tándem. . . » Si l'auteur de l'article du Petit Parisién avait réflechi il n'aurait pas dú trouver cet équilibre plus étrange que celui d'un cycliste, portant, á bicyclette, un lourd paquet, sur Tune de ses épaules, ou á la main, un fardeau dont lout le poids porte á gauche ou á droite de la ma chine. Les dessins V. V. V. suffisent pour faire comprendre que Tartifice de cet équilibre con
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sociable
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siste aussi á maintenir le centre de gravité dans un plan vertical passant par les deux
C. Centre de gravité.—V. Verticale
pcints d’appui. Aujourd'hui les cyclistes ne se démontent-ils pas lorsque la bicyclette a roue libre est lancée pour se laisser aller, debout, sur Tune de ses pódales?
17. Deux pódales et une roue voilá le plus simple attirail du cyclisme. Les clowns n'ont pas besoin d'une machine plus compliquée. II y en a, cependant qui simplifient encore cette machine: ils suppriment, séance tenante, dans les cirques, la jante de la roue. Pour faire tourner celle-ci le clown s'appuie alternativement sur chacune des pódales. Si pendant sa marche on observe la roue, on voit que son plan n'est vertical que pendant un tres court moment: il oscille de droite á gauche et réciproquement sur son point d'appui, á chaqué coup de pó dale. Le paillasse se balance aussi; mais le centre de gravité de l'unité homme-roue, se maintient dans la verticale passant par le point d'appui de la roue. Les exemples de la sociable, du cycliste, et de l'acrobate sur une roue, ont la méme explication. Nos croquis rendent superflues de plus ampies explications. Ils représentent des cas curieux d'équilibre. La brouette nous en fournira un autre non moins intéressant.
Parisién»
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RO U ¥ Tri GUFS: TROISIEME PARTIE CAUSERIE SECONDE 18. A notre connaissance, tout ce qui été écrit de la brouette est entaché d’erreur ou tout au moins d'omission. Sic voluere futa. II était dans la destinée de ce véhicule d'étre tres connu, mais peu ou point compris. On sait que les bons chevaux de selle
sont plus rares que les bons chevaux de trait. Un médiocre cheval de selle fait un bon cbeval de voiture et le collier est souvent imposé aux réformés de la selle. D'autre part, tous les jours on voit des hommes et des animaux traíner des voitures chargées d'un poids sous lequel ils seraient súrement écrasés, ou haler des bateaux énormes; il semble done lo-
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agique d'en conclure que Taction de traíner, de tirer ou de pousser est moins pénible que celle de porter. Au XVII® siécle, Grollier de Serviéres prétendit que ceux qui se servent de la brouette ordinaire ont «deux fortes peines» celle de porter une partie du fardeau dont elles sont chargées et celle de le pousser; il ajoute «que cette peine est la moindre des deux» et il accompagne le texte d'une gravure roprésentant une brouette á charge équilibrée^ inventée par son grand pére, gráce á laquelle, dit-il, un manosuvre peut aisément, faire une besogne beaucoup plus considérable. (V. p. 87). Cette opinión qui est celle de l’auteur de l’article Brouette de XEncyclopédie (du xviii® sié cle), celle des théoriciens qui considérent la brouette comme un levier, celle de tous les perfectionneurs de ce véhicule; cette opinión, dis-je, est-elle exacte? est-il réellement moins pénible de pousser, de traíner ou tirer que de porter? C'est une question á laquelle il n'est pas facile de répondre, surtout en peu de mots. Les moyens de transport les plus rudimentaires ne sont pas toujours les plus fatigants, ni les moins bons. Si les ralis manquent, une mauvaise diligence ou une litiére fera mieux notre affaire que la locomotive la plus perfectionnée. Si la route est mauvaise
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TROISIEME PARTIR. CAUSERIE SECONDE
et tres accidentée une pauvre béte de selle ou de bát nous sera plus utile que la voiture la mieux attelée. Quand Ies chemins sont mauvais ou n'existent pas oii s'apergoit que des moyens de transport á dos qui á premiére vue paraissent détestables, á ceux qui ont l'habitude des belles voies de communication, sont dans certains cas, les meilleurs.
19.
Je ne crois pas qu’il soit pc'ssible de dire, d’une fagon absolue, en un seul mot, méme pour des cas également favorables aux deux sj^stémes, s'il est plus facile, moins fatigant, de traíner, de tirer que de porter. Voyez cet ouvrier |que j ’ai dessiné d'aprés
nature dans trois cas et trois attitudes différentes. La barre, pese 12 kg., á peu prés. La marche de riiomme, lorsqu'il porte ce petit fardeau sur son épaule, est franche et libre. Elle est déjá plus embarrassée quand il le porte et il le traíne; raais l'allure la plus fatiguée est celle du troisiéme cas, lorsque la barre est tirée ou trainée, et cependant une seule de ses extremités porte sur le sol. L'homme qui avait été le sujet de cette expérience, ne manqua pas, des que je le congédial, de partir emportant spontanément, motu proprio, le ba ten, lestement, sur son épaule {fig. §g).
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Quelle que soit la nature d'une route, quelque parfait que soit son état d'entretien, quand la déclivité de la cote dépasse un certain angle, quand elle devient tres raide, une personne ou une béte pourront y transporte!sur leur dos des poids qu’elles ne parviendraient pas á y déplacer á l'aide d'une voi ture. II en sera de méme si le sol est mou, défondé, etc.
20 .
«On cite», dit Mr. Henry Mangón, dans la partie du G énie Ru ral, oíi cet auteur traite de la forcé de Thomme e t d e la quantité de travail utile que cette forcé peut produire, «on cite l’exemple d'un homme qui portait sur ses épaules trois sacs de farine de Paris et pouvait marcher sous cette charge de 468 kg. II paria qu’il pourrait en porter quatre. Cette imprudente gageure lui couta la v ie : il tomba écrasé sous cette charge de 636 kg. Des acrobates portent, sans se déplacer sensiblement, un poids de 800 á 900 kg. attaché á leur ceinture ou placé sur une table sous laquelle ils s'arquevoútent». Ailleurs le méme auteur rapporte des observations de traction ou de halage. II cite le cas de deux haleurs dont l'effort mesuré au dynamométre, était de 26 kg. 155 par homme, «mais, ajoute rauteur, ils ne parcouraient que 8.000 métres par journée de i i heures...» Un homme porte facilement et pendant de longues marches 26 kg. sur son dos. »On voit souvent un seul homme tirer, sur les voies pavées des grandes villes, des voitures á bras pesant au moins 500 kg., charge-
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ment compris. L’el'fort de traetion est alors de 1 2 kg. 5 en virón. La fatigue, dans ces conditions, devient bientot excessive et I'espace pa rc ou ru ne peut dépasser quelques kiloniétres. En général Teffort de traetion exercé par un homme sur une voiture á bras ne doit pas dépasser 4 á 5 kilograrames, si I'espace á parcourir est un peu considérable. II peut s'élever á 10 ou 12 dans les passages difficiles et exceptionnels». D'aprés Coulomb l'effort qu’exige le déplacement de la brouette serait de 2 á 3 kg. Un homme habitué porte facilement sur son dos ou sur sa tete pendant de longues marches non pas, 3 kg., non pas 12 kg., non pas 26 kg., mais 30, 40 et 50 kg., et non pas sur plaine, mais dans des regions montueuses. Bien entendí!, l’effort de traetion qu’un cheval peut exercer, d'une fagon s o u t e n u e , en plaine, sur une route, est bien inférieur (réduit á kilogrammes) au poids qu'il peut portel’. Le résultat de l’effort de traetion diminue tres rapidement
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avec la mauvaise qualité de la route. L’état du sol, ses cotes, ont une influence bien plus grande sur la traetion véhiculaire que sur le transport á dos. Des pentes, insensibles pour un porteur, sont fort pénibles pour un traineur. La traetion animale devient á peu prés impossible sur les fortes pentes aseen-
1. Am érique du sud; Voyag^eurs.—2A. Madagascar d'aprés une image d'un Journal.—3. Transport d'une poulie dans une región sans routes.—4. En Turquie: A. Chiens transportan! du mineral au XVJe siécle. (Agrícola. V, p. 83).
dantes. Son rendement utile décroit á mesure que la déclivité de la route augmente dans une proportion incomparablement plus rapide et plus grande que pour le transport á dos. Le croquis du numero 1 9 représente un ouvrier, essayant, pour me faire plaisir, de gravir á grand peine, en poussant una brouette vide, une pente formant avec l’horizontale un angle d’á peu prés 35 degrés. «Je monterai facilement cette cote, me dit-il spontanément, en portant la brouette sur mon dos». Le poids de ce véhicule était de 30 kilogrammes.
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE SECONDE
21 . Pour résoudre le probléme, pour dé- vons, les ouvriers n’ont pas voulu des mo cider si la traction á l'aide d’un véhicule á deles de brouettes inspirés par la théorie de roues est moins pénible que le transport á Grollier, modeles ou types gráce auxquels le dos, 11 faudrait teñir compte de bien de cir- brouettier ne porte ríen et la roue soutient constances et poser un grand nombre de dis- tout le poids du fardeau brouetté. tingiws. p e toutes fapons, 11 est bien certain II est vrai qu’il n’est pas facile de penser á qu'on ne peut exercer qu’un effort de traction qui, ¿valué en kilogramnies et mesuré au dynanometre, est bien inférieur au poids quun homme, et surtout un cheval^ peut porter; puisqu'une traction de lo kg. équivalente á un poids qu'un enfant de 1 2 ans peut facilement porter, fatigue Thomme de trait le plus robuste. G ro llie r deServiéres et d’autres ont tranché la question, á peu prés tout. Un jour á Auteuil, dans la rué, je de comme Ale- manda! á un marchand des quatre saisons, á xandretran. s'il luí était plus ou moins fatigan! de traíner cha le fameux noeud gordien: d’un seul coup. que de pousser sa voiture á légumes. «Mon«II est plus facile de porter que de tirer ou sieur, me dit-il, pour riioi, le plus pénible de traíner», ont-ils proclamé. Or, nous le sa- c’est de crier le marchandise».
Ce dessin fait d'aprés nature correspond au numero 22 de la page suivante
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TROISIEME PARTIE CAUSERIE TROISIEME 22 . Gráce á son poids, lean qui est, com- 2 3 . Sur un chemin á pente tres raide parativement grand et lourd a plus d'adhé- (14 % ) je fis charger une pétite voiture á deux roues, attelée d'un áne, jusqu’au point oü le poids du véhicule et du fardeau entralnérent en a rrié re la p a u v re béte malgré ses ef(Voyez Timage de la page precedente) forts; car c'était Un rence que Paul, voilá pourquoi Paul sera en b au d et p lein de tramé, vaincu, s’ils se livrent á Texercice que bonne volonté. Au représente rimage ci-jointe; mais 11 n'en sera moment oü il partait, malgré lui, á reculons, pas toujours ainsi si Paul connait un certain je fis monter sur son dos un gargonnet et imsecret, un certain «truc». II proposera, dans médiatement, et sous ce poids d'une quarance cas, á son antagoniste victorieux de recom- taine de kilos, l'áne reprit sa marche en avant mencer la lutte portant, lui le plus faible, et gravit la cote aisément. J ’obtins le méme résultat démonstratif en lui le vaincu, sur son dos, Petit Pierre qui assiste á ce jeu athlétique. Cette condition suspendan! deux poids de 20 kilogrammes étant acceptée par Jean, non sans un sourire chacun aux deux extremités des brancards de moque Lir, ne tarde pas á modifier les résul- la méme voiture. Les rustiques n’en revetats de la lutte. Gráce au poids de son petit naient pas de voir la béte devenir plus forte á cavalier, Paul triomphe sans difficulté de son mesure qu’on augmentait sa charge. Deu.x vainqueur de tout á l'heure, á la surprise de d'entre eux montérent dans la voiture et purent constater que s’ils se plapaienl sur le celui-ci et des spectateurs. Un jour, á la campagne, vers 1892, je don- devant l’áne montait bien la rampe, tandis nai un tour nouveau á cette expérience, au que le résultat devenait négatif s’ils se metgrand ébahissement de quelques paysans taient vers le milieu et surtout á l’arriére du véhicule. qui en furent témoins.
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24 . Propriétaire d’un petit báteau á fond axiomes ou des vérités de la Palisse! Que de plat, mon fils, gargon alors de treize ans, choses nous paraissent aujourd'hui évidentes, réalisait des croisiéres, pendant les vacances, qui ont été ignorées, pendant des siécles, par sur une piéce les plus belies intelligences! Mais souvent en d’eati dont le core on passe á cóté d'effets d'adhérence sans can al d 'a li- en saisir la cause. Je ne citerai que deux mentation est exemples de ce genre d'incompréhensibilité. tra v e rs é par J'ai sous les 3^eux le numéro du mois de un petit pont. Juin 1895, du Memorial de Artillería^ revue Entre ce pon- technique du corps espagnol d'artillerie. Ce ceau et la sur- numéro publia le rapport tres détaillé de la face de l’eau, marche de deux batteries de Madrid á Vallal'espace n'est que de quelques centimétres. dolid et de cette ville á la capitule d’Espagne. 11 est insuífisant pour le passage de la bar- Le rapporteur fait observer que sur les tres que. L'enfant un jour voulant naviguer en fortes cotes les chevaux trainaient plus facileamont de l'obstacle, décida de le tourner en ment le matériel roulant lorsqu'ils étaient faisant passer son navire sur la prairie. II se montés par leurs conducteurs. Cet officier, mit done á tirer de toutes ses forces, sur la qui certainement est instruit, croit, d'aprés le chaine d'attache, fixée á la proue du báteau. texte du rapport, qu'il faut peut-étre en attriPeine perdue: la barque se refusait á quitter buer la cause á ce que les conducteurs^ lors l'eau. Le jardinier n'était pas la. Se souve- qu'ils sont d cheval^ peuvent mieux exciten les nant alors des expériences dont nous venons hites. de parler, auxquelles il avait assisté, mon fils 2 6 . Les harnais d’un poids plus lourd alia chercher sa petite soeur, Casilda, la prit que celui qu’exige leur solidité ont, parait-il, sur ses épaules et se remit, ainsi chargé, á haler le báteau qui, cette fois, le suivit sur des partisans á la campagne. Les chevaux trotteurs de course sont génél'herbe jusqu’á l'endroit choisi d'oü une légére ralement attelés á des véhicules d'une grande poussée le fit glisser dans le canal. légéreté. Leur harnachement est aussi tres léger parce 25. qu’on veut t r a n sfo rmer en vi-
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nous semblent simples, claires, évidentes, axiomatiques des que nous les avons apprises ou comprises, qui cependant sont loin d'étre des
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1'a n im a l; mais pour les gros chevaux de trait, dont le travail est lent, un harnachement solide et lourd, dont le poids est nécessairement ré-
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
partí sur une grande surface, non seulement ne peut pas gener la béte, mais il est méme tres probable qu’il luí soit utile; précisément parce qu'il ajoute du poids á l'animal sans l’embarrasser. Dans le Génie Rural^ important ouvrage,l’ingénieur Hervé Mangón dit un mot des harnais lourds, et il ajoute: «C’est une surcharge don»née au cheval en sus de ce qui est nécessaire »pour assurer la solidité et la bonne confection »des harnais et une cause de fatigue...» Je ne saurais étre, sans réserve, de l'avis de ce savant ingénieur, sur ce point; mais son observation me sert á essayer de faire voir, encore une fois, et non la derníére, que je n'exagerais pas; je crois en avangant que les effets d’adhérence ou leur cause ne sautent pas aux yeux. 27 . Beaucoup de miniatures du Moyen Age et postérieures représentent des voitures conduites par des hommes montant des bétes dont l'allure ne pouvait étre que lente. A cette époque oü les chemins étaient généralement fort mauvais, ce systéme (qu'on a con servé, dans toutes les armées, pour d’autres raisons, il est vrai, que pour celle d'alourdir les bétes de trait) devait donner de bons résultats, d'autant meilleurs que le danger qu’offrent pour la selle des chevaux faibles de jambes de devant disparait en grande partie gráce á l'appui, au soutien que leur offre le collier. (V. n° 39). Cette méthode, qui fut sans doute d’abord adoptée parce qu'elle fournit un systéme facile de conduire l'attelage, surtout lorsque celui-ci est formé d’un grand nombre de chevaux, n’aurait pas été en usage pendant tant de siécles si elle avait offert des inconvénients évidents. Mais ces inconvénients sont, je crois plus grands que ses avantages, lorsqu'il s’agit de véhicules légers qui doivent rouler rapide-
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ment sur de bonnes routes; aussi cette mé thode a-t-elle été presque universellement abandonnée. Aujourd’hui, en dehors des ar mées, on ne remploie plus guére que pour les équipages de luxe dits á la D'Aumont, ou á la postillonne et pour la h'action de certains vé hicules exotiques dont je dirai probablement ailleurs quelques mots, á cause de leur ressemblance avec la brouette. 2 9 . Lorsqu'on se sert d'un tilbury, d'une voiture á deux roues, il est avantageux de déplacer les voyageurs vers l'avant, aux cotes montantes pour rendre plus lourde la partie du véhicule, qui est plus ’prés des brancards. II en résulte une plus grande charge sur ceux-ci et par conséquent sur le dos de la béte dont on augmente ainsi l'adhérence. Que de fois j'ai fait cette expérience! Les charretiers, á c e rta in s moments, devraient monter sur la béte du v é h ic u le au lieu de b ran d ir leur fouet. II n'y a pas longtemps un aurige dans l’embarras a daigné suivre mon conseil, á une cote. 11 s’en est bien trouvé. Les o ffic ie rs d'artillerie du train, etc., pourraient aussi, dans certains cas, faire monter un et méme deux soldats sur chacun des chevaux de l'attelage. C'est une manoeuvre qui, je n'en doute pas, rendrait des Services, sur des rampes tres fortes ou dans les mauvais chemins. Un procédé analogue vient en aide, nous les verrons, aux brouettiers.
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CAUSERIE QUATRIEME La substance de la brouette, naturellement, est de la matiére formée de molécules dont le total est la masse de ce corps. Ces m olécules sont plus prés les uns des autres d a n s le s broLiettes en fer que dans celles en bois. P a r t a n t , de trois brouettes abso lum;e nt s em bllabfes, ex t é ri'eu r e ñí e n t ( d o n t l'une en peuplier, la seconV- n 33.—A et F . — Boís sur íer, fer sur bois, etc. Générül Morín et de eh chéne et autres. l'autre (dediée á Hercule) en fer; la plus lourde sera la derniére: la plus légére la premiére. La matiére dont se compose l’univers est toujours en mouvement. Un corps queld h ér en c e
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conque tomberait-il 'dans le néant si les molécules dont est fait ce corps devenaient absolunient immobiles.'’ Bien entendu, nous ne tOLicherons pas á cette question de physique et métaphysique. Or, s’il est difficile de savoir si la matiére dont se compose la brouette est incompatible ou non avec le repos absolu, il n'est pas douteux que cette machine est faite pour le mouvement visible et pour le mouvement relatif et comparable; comparable avec celui d'un point relativement fixe ou avec un mobile de vitesse connu. En fait de mesure, cela va sans dire, tout est nécessairement relatif: de méme en fait de vitesse. Celle d’une brouette semblerait, súrement, effrayante á des tortues ou á des limagons sachant comparer et mesurer. Quoi qu'il en soit personne n’ignore que par elle méme, et abandonnée á elle méme, une brouette ne bouge pas. Elle reste en place, á moins que le brouettier n'en souléve les poignées et ne la fasse mouvoir, ou qu’un tremblement de terre, une inondation, un vent violent ou toute autre cause externe ne la secoLie ou ne la remue.
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
31 . On nous a conté qu’une brouette descendait d’un lien élevé sur une courbe brachistochrone (V. p. 238). Supposons, ce qui est plus simple, une brouette á pieds garnis de patins livrée á elle méme, aprés avoir été poussée sur un plan incliné. Si la cause extérieure á laquelle nous venons de faire allusion ne modifiait pas la vitesse de la descente du véhicule, cette vitesse serait invariablement uniforme et ne diminuerait pas ou n’augmentarait pas lorsque la voiture arriverait au bas du plan incliné. Si un plan horizontal ou ascendant, sans limites, faisait suite á celui-iá, notre brouette ne s'y arréterait qu’á la consommation des siécles. Personne n’ignore que les causes extérieures, qui rendent impossible cette course monotone et sans fin, sont: l’action de la gravité, la résistance qu’offre la densité de l'air, le vent, le frottement des roues et des pieds á patins de notre brouette sur le sol, le frottement, moins sensible, des roues sur celui-ci et de leur moyen sur leur essieu, les rugosités visi bles ou invisibles et les imperfections du cliemin, telles que ses petits cailloux, etc. Sans ces forces ou obsta cl es extérieurs notre brouette ne se serait pas arrétée, tous le savent, parce que: L a matiére posséde ou semble posséder la propriété á laquelle o h donne le nom ¿'inertie, propriété qui fa it que les corps, qui en sont/t me's ne puissent ni se mettre en mouvemeyit^ dieux mémes; ni s'arréter d’eux mhnes^ une fois mis en inouvetnent. (O’aprés une théoríe contem poraine, l'inertie d'un corps serait Tefíet d'une cause extérieure.)
32 . Le brouettier est en général la cause extérieure qui met en mouvement relatif la brouette, conserve celui-ci et barrete, parfois non sans effort. Heureusement, gráce á des propriétés, á l'une desquelles nous donnerons le nom á'arie'tisme^ la brouette et sa cliarge aident le brouettier dans sa tache. La brouette est
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secourable autant que laborieuse et humble.
33. í
physique on donne, p e r s o n n e ne l ’ig■■ nore, le nom d’adhérence á un curieux phénoméne d’affinité ou d'attraction apparentes de la matiére; mais, ici et dans ces notes nous nous servirons de ce mot pour désigner la résistance due principalenient aux actions combinées de la pesanteur et du frottement, actions qui empéchent qu'iiii corps ne glisse ou ne soit déblacé, parallélement a^i blan sur lequel il repose, sans un effort plus ou moins grand. L'adhérence d’un flotteur sur l'eau est faible; aussi est-il facilement déplacé, méme pal le vent le plus doux. Le déplacement d'un énorme bateau n’exige qu'un effort insignifiant. Si une locomotivo, d’une grande forcé, mais trop légére, est attelée á un train lourd, les roues de la machine tournent sur place, faute d’adhérence suffisante: elles patinen!, dit-on. Si on chargeait cette méme machine d’un certain poids, elle partirait entraínant les -wmgons. Néanmoins la forcé de son moteur est identique dans les deux cas.
I
34. Tout le monde sait que l’huile, le savon, la glace, interposés entre deux surfaces adoucissent considérablement leur frottement. L ’effort nécessaire pour les déplacer, l’une sur l’autre, devient ainsi plus petit parce que les substances, dites lubrifiantes, aux molécules roLilantes, font l’effet de petites billes ’mobiles, de petits rouleaux, placés entre les deux surfaces. Non lubrifiées, celles-ci opposeraientune résistance bien plus grande á ce déplacement. 11 existe certaines voitures, dont il suffi^
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
La traction que nous appellerons par adhérence^ c’est-á-dire, celle qui est principalement fondée sur le poids du moteur et sur le frotte ment est la seule sur laquelle on doive compter, en dehors des cas oü un effort exceptionnellement violent est indispensable ou pour 35 . La locomotive peut trainer un train reteñir un véhicule qui tend á s’en aller en ou son propre poids, soit sur des ralis, á sur arriére, ou pour le tirer d’une orniére, etc. face lisse (c'est le cas ordinaire), soit sur des *** ralis á crémailléres, adoptés, sur les tres for tes rampes, pour aider la simple adhérence 36. On entend par «rapport du tirage et due á l’action du frottement et de la pesande la charge» le rapport qui existe entre la teur. forcé de traction et la résistance qu’offre un Dans les voies á crémaillére, les dents de véhicule au déplacement. celle-ci engrainent dans celles de la roñe denA des vitesses relativement faibles, le rap tée du moteur. Si celui-ci a assez de puisport du tirage et de la charge est á peu prés sance pour fonctionner, pour marcher, il avanle méme pour des charrettes que pour des cera et ses roues ne giisseront pas, ne tourvoitures suspendues; comme certaines brouetneront pas follement sur place. tes, du reste; car il existe aussi des brouettes Dans la traction, dans le tirage d'un véhiá ressorts, nous le savons. (V. ps. 195 et 196.) cule, par un homme ou par un animal, on trouve, isolés ou combinés l'un avec l'autre, 37. Sur un plan horizontal il faut faire un ces deux systémes. On peut appeler l'un effort d’environ 6 kgs. pour en faire rouler 200 d'adhérence, l’autre (qui correspond á celui de sur un véhicule á quatre roues (Général Morin). la crémaillére) de point d'appui ou de fixage D’aprés Coulomb, il faut une forcé de 2 á 3 ou d'ancrage; parce que le pied de 1’homme kilogrammes pour mouvoir une brouette. ou de la béte cherche les inégalités, les aspéMais le procédé auquel eut recours ce savant rités du terrain, et il tache de s’y fixer mopour établir ces deux derniers nombres est mentanément, d’y enfoncer le bord du soulier défectueux, et s’écarte ou est en dehors de la ou du sabot. C'est ce qu’on appelle en espafagon spéciale de travailler á la brouette et gnol, en style propre et figuré, faire pied de semble indiquer aussi que Coulomb n'avait clou, c’est-á-dire, fixer le pied, aussi solidepas bien saisi le mécanisme de ce travail et ment que possible, á son point d’appui: «ha le secret du mérite 'de notre petit véhicule. cer hincapié». Ce fixage du pied une fois obtenu, la béte Bien entendí!, le rapport du tirage et de la se raidit entre ce point d’appui et le joug charge augmente tres rapidement lorsque la ou le collier, etc.: la voiture avance; mais, á ce traction véhiculaire a lien sur des plans injeu, les forces du moteur s’épuisent vite. II ne clinés ascendants. peut étre employé que pour des coups de 38. «L’accroissement de l’effort de tirage collier de courte durée, comme par exemple pour celui qui détermine le «démarrage» ou »—dit Mr. Hervé-Mangon—, d’aprés la théorie la mise en mouvement d'une voiture arrétée. »du plan incliné, est proportionnel au sinus de
d'enlever les roues pour en taire des traineaux. Les voitures ordinaires aprés tout ne sont que des traineaux á roues et le role de celles-ci est de diminuer le frottement des véhicLiles sur des surfaces non glissantes.
Ene r a g e et a d h é r e n e e .
L
Rapport
du
t i r a g e et de l a charge.
TROISIBME PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
»l’angle que fait la surface, quand les angles »sont petits ou tres petits. On peut done dire, »avec une exactitude suffisante pour les rou»tes dont la déclivité ne dépasse pas o,o8 que »la forcé nécessaire pour trainer la charge sur »une rainpe est exprimée par cette rampe elle»méme. Si la route a une déclivité de o,oí
pu, je crois ajouter que malheureusement, l'adhérence des chevaux de trait décroit dans les pentes montantes, lorsque le contraire serait si utile. On admet généralement que l’adhérence du bois sur du bois est á peu prés de i /c de la pression; celle du fer sur du fer de 1/4 et d’un cinquiéme celle du bois sur du fer. Mais cette donnée ne serait utile que pour l’étude de la brouette sans roue dont nous avons dit un mot á la page 88.(V. la fig. du n° 30.)
F est le sinus de Tang-le b a b.—¥ ' sin. de 1 ang^le C a D.—F " sin. de Tangle D a D
Croquis fait d'aprés un Virgile de 1517 (Bib. de l'Arsenal. Paris ).—Cette image correspond aux números 25 et 26.— L'homme aui tient dans ses m ains le mancheron de la char rúa n 'a a s^oecuper que du bon fonctionnem ent de celle-ci, mais non pas de sa direction. Avait-il saisi l'avantage de rendre plus lourd au m oins un des chevaux? Le cavalier, en montan t á tour de role i'un e t Tautre de ceux-ci, pouvait leur fournir alternativem entun utile repos; car le sol mou;labouré ou .labourable esL on le sait, d 'autant plus fatigent que la hete de b at ou de selle e st plus lourde ou plus chargée
»métre par métre l’effort á exercer est égal á »un centiéme du poids á trainer. Si la décli»vité est de 0,02 m. par métre, l’effort est égal »á daux centimétres (9/100) du poids total et »ainsi de suite... Quand un cheval attelé ren»contre une rampe, l’effort qu’il aávaincre est »égal á celui qu’il exercerait en marchant en »plaine augmenté de celui occasionné par »l’élévation du plan incliné... »Avec une voiture pesant 1.500 kilogram»mes ayant á franchir une rampe de o m. 045 »centimétres par métre, la résistance au roule»ment sera 1.500 X 0,028 = 42 kilogram»mes. La résistance produite par la pente »sera 1.500 X 0,045 = 67 kgs. 500 gr. Un »cheval ordinaire ne .saurait soutenir un pareil »effort... Quand les rampes dépassent 0,10 á >>0,15 habitúenement dans une contrée les »transports se font á l’aide de bétes de »somme».
39.
L ’auteur que je viens de citer aurait
7 z r a g e
s u 7
r a m p e
40. es grandes roues sont plus lo urdes et rendent les véhicules moins stables, plus hauts et par conséquent plus difficiles á charger et á décharger, á moins de les monter sur des essieux coudés. Leá inconvénients des grandes roues sont cependant compensés par de trés réels avantages. Non seulement les roues des véhicules tournent plus lentement pour des vitesses égales, non seulement chacun des points de leur circonférence revient moins fréquemment frotter sur le sol ou sur le sabot du frein, ce qui en rend leur usure moins rapide, mais elles sont surtout plus roulantes, «moins dures au tirage», comme disait déjá Vitruve, principalement sur des voies défectueuses et les terrains mous, tels que ceux des prairies humides, etc.
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE QUATRIEME
Telle dépression du terrain, une pierre, telie inégalité qui est un obstacle insignifiant pour une grande roue est souvent une bar riere infranchissable, pour des roues d’un
marche, c'est-á-dire, conime si la roue n’avait qu'un seul rais; le rayón vertical inférieur. On peut représenter ainsi analytiquement les roues au repos ou pendant un instant de leur roulement, mais il est des cas oü la roue de la brouette, nous le verrons, ne peut pas étre flgurée schématiquement de la sorte: la brouette est un véhicule exceptionnel. Néanmoins la représentation de la roue réduite au seul rayón actif rendra plus fáciles quelques unes de nos explications.
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CSiÉroLie coivscderee
€íte n a qu’ure-
G randes eí p etites roues. En bas: Brouette européenne et brouette chinoise.
petit diamétre. Des aspérités qu’un véhicule surmonte sans secousse, gráce á ses grandes roues, causent de violents soubresauts á une voiture dont les roues son petites. 4 Í. Si la largeur des jantes est la méme, les petites roues s'enfoncent plus facilement dans des terrains inconsistants et, d’autre part, la difficulté pour les tirer de la concavité (qui s'est produite sous elles) augmente á mesure que leur diamétre diminue.
Les brouettes primitives avaient en général de petites roues. La brouette chinoise, dont les parcours sont longs et qui roulentsur de mauvais chemins, sont d’un diamétre beaucoup plus grand que celui de nos brouettes. 4 . De méme qu'on peut se figurer la poulie dont le plan du cercle de la roue est ver tical comme un levier á bras égaux (V. n'’ 2), de méme on peut se ñgurer la roue d’un véhicule au repos, ou á chaqué instant de sa
Petites
et
grandes
roues:
1 . A crobate sur une roue de 18 rais.—3 et 4. Roues a deux
rais. Un seul rais, des roues 1,2, 3, 4, porte sur le sol.
43. L'acrobate cycliste ne remplace-t-il pas ses jambes d’abord par une roue cerclée, et ensuite par une roue sans jantes, c’est-ádire par une sorte de roue á palettes ou plutot par une roue á échasses? Le centre de gravité de ce clown éprouvera des montées et des descentes á chaqué passage d’un rayón á l’autre, d’autant plus accentuées que les rayons seront plus espacés^ c’est-á-dire, dautantplus marquées que la roue sera garnie d’un moindre nombre de rayons. Le ccrps du marcheur éprouve aussi ces mon tées et ces descentes, allons nous dire. Peu importe qu’il marche nu pieds ou chaussé de souliers ou d’échasses.
roue
sans
1 ant e et
a 2 rais
TROISIEME
PARTIE
CAUSERIE CINQUIEM E
Yolanda de la Havane, d’aprés une gravure de L'Tllustration (du milieu du IX siécle). Le <fardeau>, córame dans la brouette-bicyde, est place entre l’essieu et la «puissance» (flanes du cheval).
44.
II ne faut qu'un effort insignifiant pour la quantité qui représente cette fraction de la ouvrir ou fermer une tres lourde porte bien forcé perdue est á retrancher, á déduire, suspendue. Un effort considérable est néces- comme déchet, dans le cal cu 1 du travail saire pour la faire tourner si, par usure, ou par utile foLirni par l'homme qui marche. une autre cause, un de ses points, situés en De nombreux auteurs ont étudié la marche. dehors de ses gonds ou de ses charniéres, Depuis i'invention de la photographie instanporte sur le sol, niéme sur un sol dur poli, tanée on a fait souvent des graphiques phograissé ou savonné; mais mal aplani. C’est tochronométriques de ses phases. Personne á que dans le premier cas on n'a pas eu á élé- notre connaissance, n’a qualifié, dans ces étuver le centre de gravité de cette porte. des, d’inutiles ou de nuisibles les oscillations Les oscillations verticales de la marche exi verticales. On a dú les considérer comme in gen!, á chaqué pas, un effort plus considé dispensables ou inévitables. Nulle part, crorable qu'on ne le croierait, á priori, surtout si yons-nous, on ne trouve les exemples ou comelles se réalisent sous le poids d'un fardeau. paraisons qui figurent dans cette Causerie^ Cet effort est nuisible. Le chiffre ou le symbole dont le fond s'écarte, á notre avis, moins que qui peut le representer est de signe négatif. la forme, de ce qu'on trouve dans les livres Cet effort, en effet, absorbe stérilement une auxquels nous venons de faire allusion, oupartie de la forcé employée, et par conséquent vrages savants tres intéressants, bien qu’ils
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINOUIEME
ne disent ríen, á notre coniiaissance, ni de la chúte originelle du centre de gravité, ni du travail suivi de repos, ni des graphiques nuiraux populaires, ni de la bicyclette, ni du parapluie, ni des oies, ni du travail stérile perpendiculaires au sens de la marche, e tc \ Bien entendu, les auteurs de ces études, pas
plus que ceux qui ont écrit de la brouette, n’ont pas indiqué, non plus, les rapports —intimes, comme nous essayerons de l'établir— lattachant, le travail de la marche á celui de ce véhicule: intimes, puisque le corps de l'homme brouettant et celui de sa brouette n’en font qu’un.
45 . Avez-vous observé un gamin qui, armé d’un morcéau de craie ou de charbon, trace le long d'un mur une de ces vilaines raies qui déparent souvent le bas des édifices? A un
certain moment, il se retourne, parait étonné de voir que sa ligne est sinueuse, au lien d’étre droite; puis, sans s'arréter pour en étudier la cause, il poursuit son chemin. S'il n'a pas jeté son crayon improvisé, si celui-ci n’est pas usé, malheur aux fapades que longera cet insouciant artiste. II s'en va ainsi, sans s'en douter, tragant la représentation graphique de l'une des deux pirases de la marche de riromme Les balancements de celleci nous font penser aux ondoiements d'un serpent, ou bien, aux ondulations des flots; quand d'un point élevé, nous voyons passer un régiment marchant au pas. Nous n'apprendrons ríen á personne en ajoutant que de flot on a fait flottement et qu'on a donné ce dernier nom á ce mouvement ondulatoire des troupes en marche cadencée.
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m a r c h e
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Si notre dangereux peintre suit les quais, á París, ou passe sur le pont Royal, dont les parapets sont larges, il ne manquera pas d'y promener sa craie ou son charbon, II laissera sur la surface supérieure horizontale, ou á peu prés horizontale de ces parapets, une ligne pareille, á premiére vue, á la rale dont il avait enjolivé le mur. Cependant si on les compare on volt aussitót que les vallées des lignes tracées par l'enfant sur le parapet, c'est-á-dire, sur un plan horizontal, sont beaucoup plus profondes que celles qu'il traga sur la surface verticale du mur. (Croquis A: i et 2.) 46. Les quais et le pont Royal me sont venus á la mémoire parce que j'y ai vu de ces tracés horizontaux. On peut les produire ausrí en trainant une canne sur une allée
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s c i t c a t
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TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
sablée ou sur une plage ou sur un sol poudreux, etc.
oies. Leurs jambes sont beaucoup plus séparées l'une de l'autre que celles des poules, par exemple. Cette séparation relativement 47 . Les ondulations de la ligne ainsi tracée excessive est la cause du dandinement produit est due, cela va sans dire, aux oscillations latépar le déplacement latéral, forcément tres accentué, de gauche á droite et de droite á A. Ligne suivie par le m archeur. D. Pied gauche du centre de gravité de ces lourds droit. (Le pied gauche marcheurs. (Fig". B. c . C entre de g ra v ité , v. Verticale). n ’est pas signalé par une lettre). Les pieds D et G sont dans des plans verticaux paralléles á la ligne AA.— Bn bas: Projection sur le sol de la m arche, en zig-zag, du centre de gravité du m archeur.
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rales de la marche, indispensable pour garder l’équilibre du marcheur. Elles sont produites par le passage du centre de gravité de celui-ci de l'un á l'autre des deux plans verticaux (droit et gauche) oü se trouve, alternativement, á tour de role, l'un ou l'autre des pieds; au moment ou l'un des deux repose sur le sol et soutient seul tout le poids du corps. Etant donnée la hauteur du centre de gravité au-dessus du sol, les inégalités et rugosités de celui-ci, l’étroitesse de la plante du pied on peut considérer comme du genre de l'équilibre sur deux points celui de l'homme deboLit. Lorsqu’il marche un 'seul de ses pieds porte sur le plan ou le point qui le sou tient. (V. 3 de la fig. du n° 45.)
Par la méme raison, un dandinement analogue caracterise la marche des personnes atteintes d’obésité. 50. Marcher est un exercice qui exige un long apprentissage. Nous l'oublions. Les enfants, n'y deviennent hábiles qu’aprés plusieurs années de pratique incessante, bien que
48.
49 .
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Tout le monde a observé les balancements typiques de la marche des canards et des
leur poids soit petit et leur centre de gravité peu élevé. (N° 2 de la fig. C.) Si vous essayez de faire teñir debout un petit mannequin ou méme une poupée, vous sentirez la difficulté de l'entreprise. Que serait-ce s'il s'agissait d’un mannequinpesant 75 ou 80 kilogrammes sur un plan méme hori zontal.? 51. Pour marcher (par un acte de volonté, tendant á vaincre la forcé d'inertie) l'homme porte en'avant, en dehors de sa position d'équilibre, son centre de gravité. (V. le n° 4 de la fig. B
O s c i l l a t i o 71s l a t é r a l e s .
D e s c e 7it e
c CTitr e de
gravite.
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
et la fig. G.) Le marcheur tomberait sur la face si la jambe sur laquelle ne porte plus aucune portlon du poids de son corps, n’avangait pas. Cette jambe releve le centre de gravité qui retombe au pas suivant, en décrivant un are de cercle. Le rayón de celui-ci est la distance qui sépare ce centre de la partie de la plante du pied qui se trouve au-dessous de la racine du gros doigt, en contact avec le sol (si le pied est déchaussé).
D escante du centre de gravité représente par le point G et sa m ontée.—D: droit. G: grauche.
5 . On peut comparer les jambes, pendant la marche, á deux rais d'une roue sans jan tes et sans cercle. Si on enléve la jante entre deux des rais d'une roue qu'on fait rouler il se produit une descente (suivie d'une mon tée) du centre de cette roue, c'est á dire, de son centre de gravité. Ceci a lieu chaqué fois que le point d'appui de la roue sur le sol passe de l'un á l'autre de ces rayons. (V. fig. du n° 50).
cette particularité, est le méme’ que celui du podométre. 5 4 . On peut méme percevoir, auriculairement pourrait-on dire, les montées et les des centes de la marche á pied. Pour obtenir ce resultat il faut: un jour sans vent et une pluie ahondante, tombant sur le parapluie protecteur, dont on tient le manche d'une main ferme et invariable pendant qu'on marche. La pluie en frappant la soie tendue de l'appareil produit un bruit analogue á celui que ferait du sable fin tombant sur la pea,u peu tendue d'un tambour; bruit sourd, alternativement et relativement plus fort et plus faible. Plus fort, au moment de la montée du corps, pendant la marche; plus faible pendant le temps correspondant á la descente. (V. fi gure du n° 55.) 5 5 . Cependant ni le podométre ni le para pluie ne fournissent aucun renseignement sul la hauteur á laquelle s'élévent le corps du marcheur et, par conséquent, son centre de gravité (ou de celui du marcheur et du fardeau qu'il porte) pendant ces montées de la marche. Cette donnée fort interessante peut, naturellement, étre obtenue par d'nutres moyens.
53 .
Les descentes et Ies montées de la 56. Bien entendí!, cette hauteur á la marche font fonctionner l'appareil bien connu appelé podométre et elles remontent aussi quelle s'éléve le centre de gravité á chaqué pas des montres spéciales, sans clef ni remontoir est variable de marcheur á marcheur et varié, extérieur, dont le principe, en ce qui a trait á chez le méme marcheur, avec la fatigue, ou
O s c i 11 a t i o n s
verticales.
Podométre.
Age
et
fatigue.
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
avee le poids du fardeau qu'il porte. Cette hauteur dépend aussi de l’áge. (v. n= 50,fig. A: 2 et 3 .) L'homme fatigué ou le vieillard traine, en marchant, plus ou moins les pieds pour s'éviter le plus possible ou totalement l'effort qu’exige, á chaqué pas, aprés la descente, le relévement de son centre de gravité. (V. fi gure D. 3).
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considérable pour le marcheur, insignifiant pour le cycliste.
59. Non seulemeut á cause du faible frottement, mais aussi comme conséquence de la persistance du centre de gravité dans un plan horizontal invariable, le déplacement d’un traineau sur la surface d’un lac, ou le déplacement d'un báteau, d’un poids 5 7 . Le marcheur sur plan horizontal ou énorme, n'exige qu'un tres petit effort; car le sur plan incliné monte toujours un escalier centre de gravité de ce traineau ou de ce ba imaginaire dont les marches ont la largeur tean et de son chargement se maintient invade son pas. riablement dans un plan horizontal paralléle Leur hauteur est égale á celle qu'atteint le á celui qui le soutient. De méme la locomorelevement, dont nous avons parlé, du centre tive, malgré des frottements considérables peut de gravité. (V. fig. G du n° 50). tirer, sur plaine, un convoi ti'és lourd parce 58. Par contre, le centre de gravité de que le centre de gravité des wagons dont il ’homme á bicyclette se maintient dans un se compose n'éprouve pas les montées et les descentes caractéristiques de la marche á plan paralpied. On peut en dire naturellement autant lele á celui de la traction d’une voiture bien graissée sur sur leq uel un plan horizontal. Les orniéres, trous, cailroule la ma loux, dépressions et inégalités de la route chine. Le produisent, et pour le marcheur et pour les pieton travéhicules á roues, un excés de montées de vaille done leur centre de gravité et partant, de ce fait, beau coup une augmentation de résistance exigeant une plus que le augmentation importante d’effort de la part cycliste (sur un plan ho- Le cycUste trace une ligne paralléle au de l’homme ou du moteur animal ou mé. plan su r lequel roule sa m achine. Si ce canique. ri ZOnt c l i plan e st horizontal la ligne tracée sera ,
une droite horizontale. La ligne tracée sur
OU l é g e r e un m ur par un piéton qui m arche, est toujo u rs sinueuse. ment montant, de o á 6 ou 7 p. °/° de déclivité). Par conséquent telle est la principale raison de la fatigue incomparablement moindre du cy cliste que celle d'un marcheur parcourant la méme distance sur une méme route, á une vitesse de cinq kilométres, par exemple, á l'heure — pour l’un et pour l’autre— . L ’augmentation d ’ effort qu'exigerait le passage de cette vitesse á une de six ou huit kiloraétres á l'heure serait, par le méme motif
Marche
a
pied
et
a
60. Des qu’on connait le nombre de pas faits en un temps donné et la moyenne de la hauteur des montées correspondant á l’un des pas, il est facile de calculer et de traduire en kilogrammétres la forcé exigée par chacune de ces montées ou bien la forcé totale qu’a employée le marcheur pour ce travail, pendant un parcours d’un nombre donné de pas. Travail stérile et évitable puisque un 0 patineur ou un cycliste l’évite s’il parcourt, á bicyclette, la méme distance, sur le méme chemin que suit l’homme a pied et sans pa-
bicycle.
Gr a n d e u r
de
l ’ ef f o r t .
TROISIEME PARTI E. CAUSERIE CINOUIEME
tins —mais convenablement chaussé, pour ne pas glisser, s'il marche sur une surface glacée— .
*** 6 1 . Pour ne pas tomber dans l'exagération prenons des chiffres faibles pour l'hypothése suivante. Supposons un marcheur, Fierre (portant ou non un fardeau), d'un poids total, habits compris, de 75 kilogrammes. Supposons que Fierre fait deux pas á la seconde et que, á chaqué pas, la distance séparant les plans horizontaux, supérieur et inférieur, entre lesquels oscille son centre de gravité, est de 3 millimétres Cette distance de 3 mm. est naturellement égale á la hauteur á laquelle Fierre doit élever son centre de gravité, aprés chaqué descente de celui-ci. Cette élevation est done de 6 mil limétres á la seconde (puisque Fierre fait deux pas en une seconde). 62. N
Du fait des oscillations verticales de
o te.—
la marche, lorsque Fierre aura fait, sur une route, mille pas, il aura réalisé un supplément d’effort absolument stérile, un supplément de travail complétement perdu et inutilement fatigant qu'il se serait évité s'il avait parcouru le méme trajet á bicyclette ou méme en trainant ses pied. (V. n° 56.) Nous avons supposé, non seulement que Fierre pese 75 kilogrammes; mais aussi qu’il fait 120 pas á la minute. On pourrait admettre que la longueur de chacun de ses pas ést de 75 centimétres. Mais quoiqu’il en soit, il est évident que, puisque la brouette est un moyen de transport mi-partie homme, mi-partie voiture, on ne peut pas négliger l'étude de la marche de l’homme lorsqn’on étudie le travail de l’unité homme-brouette-fardeau, c'est-á-dire, le travail á la brouette. Nous reviendrons sur cc sujet. 63. La bicyclette supprime les oscilla tions verticales et horizontales de la marche. La brouette en atténue les effets.
II est mutile de rappeler, tout le monde le sait, que H. P. est une abréviation anglaise qui signifle: forcé,
puissance d'un cheval, d'un cheval-vapeur. Une forcé qui éléve un kilogramme en une seconde
a la hauteur d’un
métre est une forcé d'un .kilogrammétre. S’il s’ agit d’une machine, capable de réaliser ce travail, consistant á élever mille grammes, c’est-á-dire, un kilogramme, á la hauteur ü’un métre, en une seconde, on dirá que c’est une machine d’un kilogrammétre de forcé. Si la forcé d’une autre machine peut élever á la méme hauteur, pendant ce méme temps d’une seconde, un gramme, cette machine est de forcé d’un grammétre. Un kilogrammétre est done une forcé égale á celle de la
soixante quitiziéme partie de la forcé d’un H. P. Un grammétre est la soixante-quinzemilliéme partie de la
forcé d’un H. P. et la milliéme d’un kilogrammétre. Bien entendu, au point de vue de la forcé, élever 75 kilogrammes á la hauteur d’un métre en une seconde ou un kilogramme á la hauteur de 75 métres, pendant le méme temps, c’est la méme chose. L a forcé nécessaire pour accomplir
ces élévations est, cela va sans dire, égale á celle qu’exigerait l’élévation d’un gramme, en une seconde, á la hau (V. Travail n ° 4.)
teur de 75 mille métres.
65. Si Fierre (V. n° 61) avait élevé en une seconde son centre de gravité, á i.ooo milli métres (c,est-á-dire, á un métre) de hauteur —en sautant á la perche ou autrement— , il aurait accompli un exploit bref, mais herculéen, d’une forcé équivalente á celle développée par un cheval H. F., pendant une seconde; puisque le poids du coi'ps de cet homme est, avons nous dit, de 75 kilogrammes.
M ar ch e .
Iniensité
de
i ’ ef f o 7 t
en
s en s
vertical.
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
Comme, lorsqu'il marche, Fierre n'éléve son centre de gravité qu’á deux fois trois raillimétres (6 en une seconde, et non pas á un métre (looo millimétres), il fait á chaqué pas un effort égal au six milliéme d'un H. P., ou autrement dit, au sixmilliéme de 75 kilogrammétres. C'est comme s’il élevait la sixmilliéme partie de 75.000 grammes á la hauteur d’un métre en une seconde. Or 75.000 grammes divisés par mille et multipliés par six donnent un résultat de 450 grammétres. Lorsque Fierre a fait mille pas il a travaillé autant que s'il avait fait des efforts dont le total est égal au produit de 450 grammes multipliés par mille (450 X i.ooo). Ce total est done de 450.000 grammes, c'est-á-dire, de 450 kilogrammes. Autrement dit, cet effort est égal á six fois le poids du corps de Fierre, puisque Fierre pese 75 kilogrammes. Ce travail énorme Pierrele fait en 8 minutes et 20 secundes, puisqu'il fait deux pas á la se 1.000 secondes = 500 secondes = 8 m inutes 20 secondes^. conde (
66. Chaqué pas de Fierre a, avons nous dit, une longueur de o ™ 75. Cet homme fera done 1.333,33 pour couvrir la longueur de mille métres, c'est-á-dire d'un kilométre, á raison de deux pas á la seconde. En ne tenant compte que du travail absorbé par les oscillations verticales, ce travail, réalisé dans les conditions indiquées, est de plus de 666 kilogram mes, élevés á 8 métres en 1 1 minutes et 6 secondes. 6 7 . Pour rendre plus simple l'exposition des faits nous avons supposé que pendant la marche, le relevement du centre de gravité du marcheur a la méme durée que celle d'un pas. A titre d'exemple nous avons adopté aussi le chiffre: 3 millimétres pour representer concrétement la hauteur de chaqué oscillation verticale, c'est-á-dire, la longueur verticale de ce relévement du centre de gravité. Pour étre plus exact il nous faut ajouter que le travail exigé par le relévement du centre de gravité, á chaqué pas, est beaucoup plus considérable que celui que nous avons indiqué; méme en adoptant, pour la hauteur de l'oscillation verticale, un chiffre inférieur á celui de 3 millimétres. En effet, et ceci est facile á observer, le relévement du centre de gravité du marcheur n’a pas la durée du pas pendant lequel ce relévement se produit. La durée de ce relévement est, á peu prés, celle d'un tiers du temps nécessaire pour faire un pas. Si ce temps est d'une demie seconde la montée du centre de gravité du marcheur se produit done en un sixiéme de seconde. Les chiffres adoptés nous donnaient un travail de six kilogrammétres. Puisque Fierre releve son centre de gravité en trois fois moins de temps que celui que nous lui avons signalé jusqu'ici, ce travail, cela va sans dire, est trois fois plus énergique, trois fois plus grand. Le produit de 450 grammétres multipliés par trois est de un quilogrammetreplus un tiers. L'effort dépensé pour rélever le centre de gravité pendant mille pas, serait (en adoptant ce coefficient 3, dans le cas de Fierre) équivalent á celui qu'exigerait l'élévation de 1.350 kilo grammes, montés á la hauteur de 3 métres, en 8 minutes et 20 secondes. Mais il y a des hommes dont le poids individué! est bien supérieur á 75 kilogrammes.
68 . Le
Ce rapide relévement du centre de gravité peut étre consideré comme la détente
t r a Va i í ,
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F ie rre .
TROISIEME PARTIR. CAUSERIE CINQUIEME
d'un ressort ou plutot comme un saut précéde et suivi de quelques instants de repos, relatif, pour chacune des deux jambes. L'effort fait par l’homme pour marcher est grand; mais le travail d'un oiseau qui volé, á certains moments, est encore plus prodigieux. 6 9 . Le Createur a donné á l'homme, aux animaux terrestres, aériens et aquatiques un organisnie et des moyens gráce auxquels ils réalisent des efforts mécaniques surprenants. 11 le font instinctivement, sans effort apparent, naturellement, insensiblement. L'homme sait marcher, l’oiseau sait voler. L ’homme marche sans se rendre compte de la grandeur des efforts qu'il est obligé de développer. II ne s’en apergoit que lorsque l,áge. Finfirmité ou la maladie lui rendent pénible ou accablant le moindre déplacement, le moindre mouvement. 70 . Seulement les machines peuvent fonctionner sans des alternatives de travail et de repos. L'homme et les animaux ont besoin de ces alternatives. Dans le travail de la respiration Fexpiration nous repose de l'effort exigé par l'aspiration. Un homme ne peut soutenir que pendant quelques secundes, á bras tendu, un poids qu’il soutiendra, de la méme fagon, pendant des heures, en le passant, alternativement, d’un bras á l’autre. Le búcheron ne travaille guére que lorsqu’il léve ses bras, son buste et sa hache. Le charpentier se repose relativement lorsqu’il recule, aprés avoir poussé le rabot. Le faucheur, l'homme qui sert d’une lime, celui qui scie, celui qui fait un trou avec une vrille, etc., etc., ne travaillent que pendant la raoitie du temps durant lequel ils se sei'vent de leurs Instruments. Huit heures de travail corporel, méme conciencieux, généralement, n’en font done que quatre. (V. Travail, n° 3.) 71 .
Comme nons l’avons indiqué, Fierre á chaqué pas éléve son centre de gravité gi'áce á un effort considérable, rapidement fait, comparable á celui qu’exige l’exécution d’un saut. Cet effort réalisé pendant un tiers du temps correspondant á un pas, est accompagné —al ternativement au profit de chaqué jambe— d’un repos relatif de deux tiers de ce temps. Le but que se propose le marcheur, dans une plaine, est de se déplacer, de déplacer son centre de gravité en sens horizontal. Or le travail que nous venons de soumettre au calcul produit le déplacement du centre de gravité en sens vertical. Ce travail est du travail perdu, et partant, nuisible. Le piéton se déplace dans des conditions analogues á celles d’un cycliste roulant sur une bicyceltte dont Fuñe des roues serait excentrique ou de forme elliptique, par exemple. On peut voir, á la page 221 de ces Causeries, Fimage d'un clown évoluant sur une roue de ce genre. (V. n° 43.) 7 2 . Chute originelle. P remier pas . Le centre de gravité de l ’homme qui, partant du repos, commence á marcher, tombe de lui méme au premier pas, sans effort. II est relevé au second, moyennant le travail violent dont nous avons parlé. Pourtant le proverbe frangais dit; «II n’y a que le premier pas que coúte». Pris au pied de la lettre ce proverbe pro uve que son inventeur ne valait rien comme observateur, du moins comme observateur de la marche de l’homme. En effet, non seulement le marcheur est nécessairement plus dispos, plus ingambe avant le premier pas et
Alternatives.
*: 11
n y
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p r em t e1
pas
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
pendant celui-ci que pendant les suivants; mais ce premier pas ne lui coúte que l’effort de vouloir marcher. Métaphoriquement, pris dans son sens figuré, ce dicton est-il d'une application plus exacte? N o n , pourrait-on répondre, me semble-t-il, pour certains cas ou dans certains cas de la vie réelle. Oui, pour d’autres ou dans d'autres.
7 2 b is.
P a r e n t h e s e
o u
C o q -a - L ’a n e
Origine de ia draisienne Nous avons, nous allons comparar I’équilibre de la brouette á celui du vélocipéde. L ’idée de la possibilité de garder l’équiübre et de rouler sur deux roues placees l’une devant I’autre (c’est-á-dire, sur deux roues ayant les plans de leurs careles dans un méme plan), comment a-t-elle pu germer dans l’esprit d’un inventeur? L ’homme ne peut ni creer ni anéantir. II n’y a aucune idée absolument origínale et n’ayant aucun rapport aveo d’autres déjá congues. L ’idée de toutes les inventions est plus ou moins visiblement renfermée dans d’autres, dans des connaissances courantes ou non vulgarisées, dans des observations déja faites ou dans des besoins ou des aspirations attendant une satisfaction ou une réalisation, etc.
Ea haut: Croquis d'aprfes une g ravure du Viaje (voyage) cientíñeo y pinto resco , d e Ezquerra. 7830 .—En bas: M aitre de poste qui se moque de la nouvelle invention. —Tandera.
En voyant passer une draisienne, le maitre de la poste aux chevaux qui est, sur la grande route, devant la porte de l’écurie, d’aprés une vieille image, se moque de l’invention et de l’inventeur. Celui-ci, le barón Drais de Sauerbrun, était allemand. En 18 30 — et probablement depuis longtemps— en Allemagne les visiteurs des mines de sel de Hallein en parcouraient les étroites galeries, montés l’un derriére l’autre, sur une longue poutrelle soutenue par deux paires de grandes roues, á l’essieu tres court. II est probable que, pour maintenir l’équilibre latéral de cette minee machine, pour aider Ies hommes placés devant ct derriére, pour ne pas rester inactifs ou pour l'appui de leurs pieds les visiteurs de la mine devaient pousser le véhicule á l’aide de ceux-ci, comme le barón poussait sa draisienne. L ’invention de ce véhicule de Hallein est-elle antérieure á celle du barón? Celui-ci oonnaissait-il la machine de HaÜMn lorsqu’il imagina la sienne? II est difflcile probablement de répondre á cette seconde question. II n’en reste pas moins que l’appareil de Hallein et celui du barón Drais ont une étrange ressemblance et les mémes moyens de propulsión et de direction. En effet, le levier de celle-ci pourrait étre gouverné par le premier des cavaliers du «tán dem» de Hallein; et probablement elle le fut quelques fois. Cette direction est, bien entendu, du genre de celles des tricycles pour malades, des premieres automobiles, etc.
Origine
d u
v e l o c i p e de.
La
mine
de
Hallein.
TROI SI EME CAÜSERI E
PARTIE
C I NQUI E ME
PIÉCES J U S T I F I C A T I V E S 73
Un homme brouette un de ses semblables dans la brouetteA. Si cette brouette est une application du principe du levier du deuxiéme genre les combinaisons B, Q, D: D. E, W, sontaussi des applications du méme principe. (Ces croquis, sauf B et D out ete faits, ou directement, d’aprés nature, ou d’aprés des photographies.
Si la brouette était une application du principe du levier du deuxiéme genre, ce que représente le croquis numero 2 serait aussi l’ application de ce méme principe. Ou peut en dire autant des nú meros 3 , 4, 5, 6 ou d’une table ou d’une civiére, etc. (v. n. 3).
(Les croquis de cette page pourront peut-étre contribuer á effacer de Limagination et des llores rim age et la théorie de la brouette-leoier.)
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
74
(Dans un avenir tres proche il sera indispensable, nous semble-t-ii, d’examiner Íes pieces justificatives dont est faite cette causerie, ou d’autres anaiogues, pour arriver á admettre que la théorie brouettique qui y est exposée ait pu étre conque, enseignée et acceptée.) 75
l’inquiétante allure du ue/o—lisons nous dans notre v ieu x manuscrit de 1896, rédigé lorsque l’automobile et la m o to c y c le tte n’existaient pas encore, lorsque la bicyclette était la reine de la vitesse sur toutes les routes, lorsque les chiens ne s ’étaient pas encore rendu compte du danger de cette vitesse et de celui qu’ils faisaient courir aux cyclistes — «n’était l’inquiétante allure du ue/o, beaucoup de nos contemporains passeraient déjá á coté de cette audacieuse machine avec la méme émotion que s’il s’agissait de la brouette, machine inoffensive, bien digne ce pendant d’intéréf, et qui, elle aussi (n’en déplaise á la Fortune), «sur son unique roue agilement voyage». (Delille.) L’original etle cliché de l’image ou caricature falte vers 1900 ou Ton voyait des piétons essayant, affolés, d’éviter d’étre atteints par un ué/o, ont disparu dans l’incendie auquel nous avons fait allusion á la page 267. (Seuls, les vieux cyclistes, les vieux vélocipédistes, disent en core quelquefois, vélocipéde et vélo lorsqu’il s’agit de la bicyclette). ’é t a it
76
S alón des Champs-Elysées
(1895), la brouette figurad au moins dans sept tableaux. Ai-je été le seul á les compter? L’ac c ro isse m e n t du nombre des brouettes est extra ordinaire. Je ne crois pas exagérer, en La
b r o u e t t e
disant qu’il y a maintenant, dans le monde, plusieurs milliers de brouettes pour chaqué brouette d’il y a cent ans. Des qualités et des particularités plus ou moins visibles ou cachées, qui seront l’objet de ia IV.® partie de ces causeries, justifient ce succés et prouvent que cette voiturette est digne d’attirer i’attention. L’ouvrier qui saits’en servir n el’étudie pas et beaucoup de ceux qui en ont parlé, ne l’ayant pas vue dans leur imagination d’une fa p n suffisamment claire, ou ne l’ayant pas fait rouler de leurs propres mains, sembient ne pas i’avoir comprise; á en juger du moins par ce qu’iis en ont dit et par ce qu’ils ont passé sous siience, lorsqu’ils en ont parlé. Quant au public, il l’a trop vue pour qu’elle attire ses regards. 77
É li
lU J
PP'T de voir, méme d’un ceil distrait, passer une brouette
pour saisir que sa charge est placée entre la roue et l’homme, et que par conséquent une portion du fardeau porte sur la roue, tandis que l’autre partie pese sur les bras du brouettier. Si par profession ou par goút on est porté á raisonner sur ces choses, on ne tarde pas á se demander, pourquoi la roue, qui n’est pas sujette á fatigue, ne supporterait-elle pas, seule, tout le poids. De lá á décider que la machine est mal construite et qu’une disposition plus raisonnable de ses parties un effort inutile aux ouvriers, il n’y a éviterait que la largeur d’un cheveu
i n c o m p r i s e :
e l l e
e s t
m a l
f a i t e
TROISIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
78
1 AjouTER au nombre inventeurs, et des perfectionn e u r s , de la brouette celui des écrivains, professeurs, ingénieurs^ industriéis, etcétera, pour qui le principe de cette voiturette est celui du levier du second genre; «parce que les bras ou brancards de ce véhicule sont des leviers du deuxiéme genre dont lepointd’appui est sur l’axe de laroue».Donc, la puissance, c’est-á-dire, la main du brouettier, aura á soutenir, d’aprés ces théoriciens, une quantité du poids du fardeau d’autant plus petite, d’autant mois fatigante, que, toutes choses égales, les brancards de la brouet te, seront plus longs á partir du fardeau jusqu’aux manches du véhicule. Telle est la doctrine de ceux pour qui le principe de la brouette est celui du levier. De méme que la meilleure faqon d’avoir du crédit est de payer comptant le plus souvent possible; pour étre cru, il n’y a rien de tel que de prouver ce qu’on avance, lorsqu’on a affaire, cela va sans dire, á la bonnefoi. Si celle-ci manque, si on se trouve devant l’orgueil ou l’intérét, la preuve, le témoignage, la démonstration, et la discussion sont au moins stériles; peu importe qu’il s’agisse de principes, de doctrines, d’affaires ou de brouettes. Nous aurions done pu renvoyer les piéces justificatives á la fin de ce livre, mais puisque leur réfutation est l’une des raisons d’étre de sa troisiéme partie, il nous a semblé plus logique de les placer avant celle-ci. 79
TTE causerte, qui va é tre rem p lie de textes justificatifs disant tous á peu prés la méme chose, peut se résumer en ces quelques mots: S e l o n l a d o c t r i n e e n s e i g n é e e t g é n é r a l e m e n t a d m is e , l e p r in c ip e d e l a b r o u e t t e e s t c e l u i d u l e v i e r d u D E U X IE M E g e n r e ; m a i s l e s
T h é o r i é
a d m i s e :
OUVRIERS ONT TROUVÉ MAUVAIS LES MODELES DE BROUETTES INSPIRÉS PAR CETTE THÉORIE.
Les images de cette causerie, réproduction de celles des imprimés cités, auraient peut-étre enlevé un peu de monotonie aux repétitions des textes copiés: malheureusement les clichés de ces figures disparurent dans 1incendie, dont nous avons dit un mot (á la p. 267). Nous en avons remplacé quelques unes par des croquis faits de mémoire; mais de toute faqon le résumé que nous venons de faire suffit. D’ailleurs le lecteur peut considérer cette causerie comme une note et... la sauter. 80
ous avons reproduit, aux pages 86 et 87 de ce li vre, l’image de brouet tes soi-disant perfectionnées du XVI.® et du XVll.® siécle. L’un des réformateurs de la brouette, Grollier de Seviéres, disait done que le brouettier a deux peines; celle de «porter et celle de pousser». Nous ignorions la brouette de Grollier et d’autres inventeurs ou réformateurs, lorsque, victime aussi des mémes apparences, nous construisimes á notre tour le véhicule sujet de la causerie seconde de la II.® Partie de ce livre (p. 243), oú nous avons raconté comment nous est venue l’idée de l’écrire.
81
OMME les Encyclopédies sont des recueils assez complets des connaissances les plus répandues et des théories courantes de leur temps, je les cite, en premier lieu, d’autant plus complaisamment que la rédaction, «la confection» de leurs articles scientifiques ou techniques est, on le sait, confiée généralement á des spécialistes, ou á des Drofesseurs. Ces articles sont des résumés, 3lus ou moins complets, plus ou moins bien aits; mais ce sont des échos assez fidéles.
T e x t e s
q u i
le
p r o u v e n t
TROISIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
qui disent Tenseignement, la leqon que leurs auteurs ont reque á l’école ou la Science qu’ils ont acquise depuis. Une excedente preuve des erreurs brouettiques que je síg nale, m’est done fournie par ces ouvrages encyclopédiques, trés útiles; mais qui trop souvent, sont de formidables machines de propagande politique, philosophique et antireligieuse, derriére lesquelles, des sectaires répandent leurs doctrines en les mélant á beaucoup de vérités et empoisonnent traitreusement le lecteur, cachés ainsi derriére un brillant et séduisant étalage d’articles techniques et artistiques. Leurs auteurs, la plupart du temps, ignorent le role qu’on leur fait jouer, comme l’a dit La Harpe, aprés sa conversión, en parlant des encyclopedistes du XVIIL" siécle. 82
grand, V antichrétien, Vantic a th o liq u e d ic tio n n a ir e (plus de 20 volumes in folio), a valu k F ie rre Larousse d’avoir k París une rué portant son nom et d’étre condamné k Rome; mais non pas cor tes á cause de son article sur la brouette qui est intéressant. Cette encyclopédie décrit une brouette «á charge équilibrée», dont l’inventeur eut «l’heureuse idée de repórter sur la roue de sa nouvelle machine le poids de la charge qui, pour la brouette ordinaire, porte su rtes bras... La brouette k charge équilibrée double, dit-on, letravail de l’ouvrier, tout en diminuant sa fatigue». 83
ous lisons dans l’h o n n é te e t consciencieuse ^ e u iTv'g' tV'gCon-E n c y c lo p é d ie Si universelle de Düpiney et Vorep Ierre'. «On peut considérer la brouette comme un levier du deuxiéme genre; en effet, le point d’appui se trouve k l’axe de la roue; le poids du corps qui forme la charge constitue la résistance. La puissance 1
est la résultante des deux puissances exércées de bas en haut, par les bras de Thomme qui tient les manches ou brancards... La brouet te, telle qu’on la construit actuellement et habituellement est fort mal disposée, attendu que le centre de gravité y est situé á une trop grande distance du point d’appui; il en résulte que le brouettier est obligé de supporter une partie plus ou moins considérable du fardeau, par conséquent il lui faut déployer un plus grand effort pour mettre la machine en mouvement. Ce défaut a fixé de bonne heure l’attention des mécaniciens, et d’utiles modifications ont été plusieurs fois indiquées. Parmi les brouettes perfectionnées nous citerons celle de Person que représente la fi gure ci-dessous (/). Dans cette brouette, le plus grand bras du levier se trouve beaucoup moins chargé que dans la brouette ordinaire. En effet, le centre de gravité de l’appareil porte le plus directement possible sur l’axe de la roue qui constitue le point d’appui. Le brouettier dépense done une forcé bien moins considérable et peut en conséquence faire beaucoup plus de travail dans le méme espace de temps.» Ailleurs ce méme ouvrage cite la brouette comme exemple du levier du deuxiéme genre (art. levier). 84
E dictionnaire encyclopédique e t biographique del’industrie et des arts industriéis de E. O. Lami, 1881., aprés une description de la brouet te ordinaire ajoute: «qu’on fait aussi des brouettes oü la roue est placée dans le milieu de la caisse, de maniére qu’elle porte seule tout le fardeau; le manoeuvre n’a d’autre peine que celle de pousse r la brouette dont le poids s’est allégé par la partie du fardeau qui est en avant et qui fait équilibre». 85
CONSTRUITdes brouettes» dit a
TROISIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
l’important Dictionnaire de l’Agriculture de Baral (Í886), dont la roue est plus rapprochée du centre de gravité de la brouette chargée; le poids qui pese sur les manches diminue et le rendement peut augmenter dans des proportions notables». 86
,1
constractian de ce véhicule est hasée sur le principe da levier. La brouette permet á l’homme de transporter sans beaucoup de fatigue un fardeau relativement --------------- -------lourd.» Mgr. ^Guerin, Dictionnaire des dictionnaires, 1893.
87
A Grande Encyclopédie., im m ense et important ouvrage, plus récent, est de la méme Opinión en ce qui concerne la brou ette, que ses prédécesseurs. L es erreurs brouettiques y sont plus accentuées peut-étre encore. Des membres de l’Institut, des professeurs du Collége de France et du Conservatoire des Arts et Métiers en sont des collaborateurs. «Les brouettes, lit-on au VIH.®, volume de cette Encyclopédie (lettre B), sont généralement mal construites dans ce sens que le centre de gravité de la brouette char gée devrait se trouver sur la verticale» passant par A K... «On a méme conseillé de pla cer sur le prolongement des brancards, au delá de l’essieu de la roue^ des masses pe santes, de maniéfe a rapprocher le centre de gravité de la verticale du milieu de l’essieu. En vue de rapprocher le centre de gravité de la verticale du milieu de l’essieu, il convient de placer la plus grande partie de la charge vers A K...» «II y a intérét a adopter une petite roue parce que le manoeuvre en soulevant les brancards fait avancer le c e n tre de gravité vers la vertica le de l’essieu.» L’article d’ou nous avons copié les lignes précédentes a été écrit par
un ingenieur, répetiteur á l’Ecole Céntrale. (A K axe de la roue.)
88 ANS le Dictionnaire d’Agricul ture Pratique et d Agriculture Générale, chimique, etc. (//brairie Fume Fournet et Cié.), l’article «brouette» est signé d’initiales qui correspondent, d’aprés la table de ses collaborateurs, á celle du Directeur général des Etudes á l’Institut National Agronomique. On y lit que la brouette «est une ingénieuse application de la théorle du levier; la chargé est á'autant plus fa d íe á porterqne. les bras sont plus longs, mais ceux-ci ne devraient pas dépasser une certaine limite au-delá de laquelle la brouette deviendrait difficile h manier». 89
A brouette est un véhicule á
une roue destiné á transporter des fardeaux. Elle est construite de telle sorte qu’elle peut étre comparée á un levier dans leqUel la puissance a l’avantage sur la résistance, parce qu’elle agit á une distance du point d’appui plus gran de que celle á laquelle agit la résistance {Nouoeau dictionnaire des Sciences et des iettres, par MM. Paul Pavie et d’autres professeurs de Sciences physiques. Ed. Perrier, membre de l’Institut; Alix Janus, professeur de la Faculté de Sciences de TUniversité de Paris.) 90
ROUETTE a charge équilibrée.»«Elle a éié inventée par un ouvrier dont on ne fait pas connaitre le nom et qui a eu l’heureuse idée de repórter sur la roue de sa nouvelle brouette le poids de la charge qui sur les brouettes ordinaires porte sur les bras. Pour obtenir ce résultat l’inventeur á substitué á la roue simpie, deux roues minees, tournant isolément /
a
TROISIÉME PARTIE. CADSERIE CINQUIÉME
sur le méme axe et séparées Tune de l’autré de 8 á 10 centimétres. Ces roues penchent dans la caisse et sont placées sous cette der«niére, dans une direction paralléle á celle du centre de gravité. La brouette á charge équilibrée double, dit-on, le travail de l’ouvrier tout en diminuantla fatigue». (Nouoeau Dictionnaire des Sciences et des Lettres, par MM. Paul Pavie, professeur de Sciences physiques. Ed. Perrier, membre de l’lnstitut; Alix Janus, professeur de la Faculté des Sciences de l’Université de Paris. Librairie Ch. Delagrave, 15, Rué Soufflot, Paris.)
91
est aussi un Ingénieur), signalait en 1895 parmi les nouveautés dignes de mention de l’exposition annuelle d’Agriculture du Palais de rindustrie, une nouvelle brouette, la brouet te Aubry, Mr. Aubry anden éléve de l’Ecole Polytechnique, ingénieur bréveté de l’Ecole Supérieure des Mines de Paris, est un constructeur de machines agricoles á Corbeil. Je posséde un prospectus oü cette brouette est figurée et immédiatement au-dessous de la gravure il y a quelques lignes de texte dont voici la premiére phrase: «Depuis l’origine de la brouette on lui a apporté différentes modifications; mais on a oublié le point essentiel: celui de réduire la charge sur les bras du manoeuvre.» (i), 94
CTOR Gay, savant architecte, dans son tré s intéressant Dictionnaire illustré du Moyen-Age, dit qu’on a «perfectionné» la brouette «de nos jours par le rapprochement de l’axe du véhicule de son centre de gravité». (V, p. 80.) 92
LE Magasin Pittoresque publia sous le titre de «broue tte singuliére», un article oü l’on dit; «une portion consídérable du po id s á rouler, au moins la cinquiéme, est soulevée par Thomme qui pousse la brouette.,. en établjssant l’essieu de ia roue au milieu de la caisse, l’ouvrier n’a plus d effort appréciable á exercer pour soulever les bras de la brouette: c’est 10 ou 20 kilogrammes de moins á supporter en supposant que le véhicule tout chargé pese de 90 á 100 kilogrammes. 93
GÉNiEUR Ringelman, directeur de la Station N atio n ale d’Essais de Machines Agricoles, dans un article publié dans la Revue Universelle des Inventions Nouvelles (dont le directeur J
PORTANTE publication es\)egno\&Revista de Obi as publicas, La Revne des Travaux Publics, du 22 Juin 1897 (Organe des ingénieurs des Ponts et Chaussées.) D ans un article
illustré, dont le titre est Brouettes de grande ca pacité, l’auteur décrit des véhicules bicycles, roulant sur rails, pour le service des quais du port de Séville. «Avec les brouettes ordinaires—dit la Revista da Obras Públicas, en s’appliquant h soutenir une grande portion du poids transporté, l’homme perd sans profit la plus grande partie de son effort musculaire... »Par contre, si Ton dispose les choses de telle sorte que le centre de gravité de la brouette, chargée et en ordre de marche, soit trés prés du plan vertical qui passe par l’axe de la roue, ou des roues, tout change. Les bras de l’homme, n’ont plus á supporter qu’une fraction insignifiante du poids total.» 95
I
l.'C
Srand Catalogue Général de la Société Anonyme des Etablissements Usine L. Paupier, au capP tal de 1.500.000 francs, une gravure repré sente une brouette: «Nouvelle brouette, dit la légende, toute en fer, á roue céntrale évíf
a
TROISIEME PARTIE. CAUSERIE CINQÜIÉME
tant la charge sur le bras en la roulant.» cubes, c’est á dire, d’un cinquiéme plus gran «Monsieur», dit un autre prospectas de des que celles qui existent actuellement. J, Marcean et G. Bertrand, membre de la »I1 ya done bénéfice considérable pour les Société Nationale d!Horticalture de France administrations, entreprises ou industries et (2, rae Yvon Villarceau, Passy, Exposition amélioration immense-daas le travail da terUniverselle de Í889, Groupe VI, classe 63), rassier...-» «Monsieur, depuis bien longtemps, déjá on fait usage de brouettes qui étaient défectueu97 ses parce qu’elles laissaient une énorme char ge sur les bras des travailleurs. Nous avons ous lisons dans les Eléments réussi á supprimer cet inconvénient par la de Mécanique, de Mr. J. construction du modéle dont le croquis est Pichot, «anden éléve de ci-dessus. Dans notre systéme, le fardeau — l’Ecole Polytechnique, an se trouvant placé en équilibre sur la roue, den professeur du Lycée Louis le Grand, et l’ouvrier n’a plus qu’á la maintenir et á la cétera, et M. Ch. de Batz, anden éléve de pousser: ce qu’il fait beaucoup plus aisément l’E co le Nórmale Supérieure, agrégé des puisque ses bras sont débarrassés du port de Sciences Mathématiques, etc., ouvrage faila charge. Cette disposition nous permet de sant partie du cours complet de Mathémati donner á nos brouettes les plus grandes di- ques á l’usage des candidats au baccalauréat mensions, tout en produisant moins de fati és-Sciences, aux Écoles de Saint Cyr, navague aux travailleurs...» le et forestiére (Librairie Hachette), nous li 96 sons, dis-je, dans cet ouvrage fait, en collaxposiTiON Universelle de 1878. boration, par deux professeurs, au chapitre Brouette-bicycle, systéme He- des machines simples: «Classification deslebert, Brévetés. g. d. g. Veune >viers... second genre\ La puissance et la Bernier et Gompagnie. Cons »résistance sont d’un méme coté du point tructeurs. 12,14 et 7, rué Cor- »d’appui. La puissance est plus éloignée que beau (Faubourg du Temple, »la résistance. Exemple: la brouette.» Paris.Tels sont le titre et l’adresse d’un pros98 pectus dont voici les premiéres lignes: «Nous recommandons á l’attention de mesE Traité de Physiqae, de sieurs les Ingénieurs, Industriéis et EntrepreMM. E. Drincourt, an neurs la modification importante apportée den éléve de l’Ecole par M. Hébert dans la construction des broue Nórmale Supérieure, et ttes ordinaires au moyen de notre systéme C. Dupays, ancien élé qui consiste dans l’adjonction d’une roue ar- ve de l’Ecole Nórmale de Cluny, est, pour ticulée, placée entre les deux pieds de la ainsi dire, un résumé trés précis et trés com brouette F. 2. plet de la théorie exposée par tant d’autres. »Au repos cette roue se loge d’elle méme «La brouette, dit ce livre, á la page 493, entre le coffre et la ligne de terre F. 1 et 2, est un exemple du levier du deuxiéme genet ne change rien á la position nórmale de re (fig. 357). Le casse-noisettes en est un au l’engin. tre. Les avirons d’un bateau constituent des »En fonctionnement, F. 3, il suffit que l’ou- leviers du deuxiéme genre.» D’aprés la figu vrier léve les brancards pour que la roue de re qui accompagne le texte, l’axe de la roue décharge vienne prendre sa position de tra- est le point d’appui: la puissance est l’effort vail sans aucun moyen mécani que et «soula- musculaire exercé á l’éxtremité des bras de »ge instantanément les bras de rhorrime» qui la brouette. La gravure représente la brouet n’a plus qu’á diriger son véhicule. te dans sa position de travail. »Cette innovation nous permet de fabri<íLepointdappnb ajoute l’auteur«est l’axe quer des brouettes contenant 80 décimétres de la roue. La puissance est l’effort muscuu
f
a
TROISIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
laire exercé á Textrémité des bras de la brouette. La résistance est le poids du fardeau á transporter. Si Ton a, BC== ^ il faudra développer un effort égal au tiers (y) du fardeau. La pression sur l'axe de la roue sera de deux tiers ( y ) du fardeau. Dans le méme ouvrage se trouve ce probléme: «Dans une brouette la distance de l’axe de la roue á la main de l’ouvrier est égale á 120 centimétres. Une pierre pesant 30 kilogrammes est placée dans la brouette á 40 centimé tres de la roue. Quel est l’effortqu’il faudraemployer pour que la brouette soit équilibrée?» iiiiiniin iu iiiiim iiiiiiiiiiiii
99 Nle volt: la croyance doit étre générale. Les dictionnaires, les encyclopédies et les auteurs de traités iiiiiiiiiin u iiiiin iiiiiiiiiiin ii d'éléments de physique ou de mécanique n’ont fait que recueillir la doctrine admise et ensé^née. Si tous n’affirment pas d’une faqon péremptoire que le principe de la brouette est celui du levier, tous implicitement admettent cette théorie. Dans le but de diminuer la fatigue de l’ouvrier et d’augmenter la quantité de travail utile qu’il produit, les auteurs auxquels nous faisons abu sión recommandent de porter le poids du fardeau sur le «point d’appui», sur l’axe de de la roue: autrement dit, ils font appel aux lois du levier pour aider le brouettier.
o
100 ERVÉ Mangón, m e m b re de l’Institut,Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, professeur á l’Ecole des Arts et Métiers, dans son excellent et tréo utile ouvrage Génie rural ( Vue. Dunod, éditeuf), constate, sans commentaires ni explications, que les perfectionnements qu’on a essayé d’apporter a la construction de la brouette n’ont pas été couronnés de succés. T ^ /I S T e"
FTTTftJTÉ-'pv ^
101 lí Traité du Chaufournier, de la collection Roret (ouvra ge écrit par un Ingénieur, et corrigé et augmenté par un anden éléve de l’Ecole Po-
lytechnique [1881]), fait aussi observer que les ouvriers ont toujours repoussé ces modifications et il ajoute «qu'il ne serait pas difficile d’en donner la raison». II n’en dit pas davantage. Si la crainte d’offenser la sagacité de ses lecteurs, en leur offrant des raisons trop ¿videntes, a arrété ses explications, cet te réticence, qui dirait tacitement qu’on a maladroitement butté contre ce qu’il était facile d’éviter, n’en est que moins flatteusse pour des chercheurs, pour des ingénieurs, pour d’anciens camarades de l’Ecole Polytechnique, qui ont échoué en essayant de construi ré une nouvelle machine d’aprés les princi pes d’une théorie admise. «// ne serait pas difficile d’en donner la raison, dit l’auteur auquel nous faisons abu sión. En moins de mots que n’en renferme cette phrase soulignée, il aurait pu donner cet te raison. D’ailleurs s’il avaitdonné une expli caron, probablement celle-ci n’aurait pas été la bonne; a en juger d’aprés cette phrase, si peu claire, oú aprés avoir dit que le brouettier porte une partie du poids du fardeau et en pousse une autre, il ajoute: «cet homme a done a la fois á supporter la derniére portion de ce poids, et á pousser la brouette, horizontalement, pour vaincre la résistance qu’occasionne la premiére portion.» «Ce que l’on sait bien s’énonce clairement, etc. Boileau.» (V. núm. 101.)
Quoi qu’il en soit, les inventeurs de nouvelles brouettes probablement n’ont pas manqué de mettre leurs écheos sur le compte de la routine ou de la mauvaise volonté. 102
N
on
, les ouvriers ont raison. D’ail
leurs n’ont-ils pas accepté pour le terrassement, laissant de cóté les brouettes primitives, le type de brouette moderne dont nous avons parlé a la page 118 oú est figurée son image? 11 est vrai que, contrairementá la théorie admise, les bras de cette brouette terrassiére sont plus courts que ceux desvieilles brouettes. D’autres, telles que Ies brouettes dites diables ou á sa c s, manquant presque totalement de bras, rendent aujourd’hui partout, aussi, les plus grands Services. Les
o u v r i e r s
ont
raison
QUATRIÉME PARTIE
103
LA BROUETTE CONSIDÉRÉE
COMME
MACHINE
{V o yez le sens da signe Q
á la p. 265.)
II est utile, croyons-nous, de lire le résumé placé au bas de chaqué page avant la lecture de celle-ci.
QUATRIÉME
PARTIE
iíy S im E S :28R 0 U¥TTÍQUESi C A U S E R I E P R E MI E R E 104
j
ES causeries septiéme et huitiéme, de la premiére partie, ont trait á des définitions littéraires de la brouette et á réthymologie de ce mot. Ces définitions, appartenant au Dictionnaire de tAcadém ie et a d’autres, sont assez pauvres, méme sous le rapport de la description de l’aspect et de la forme extérieure. Autrement dit, la description de la voiturette y est faite (sans la moindre tendance vers la généralisation); telle que pourrait la faire un enfant qui aurait sous les yeux une brouette réelle d’un certain type. Ces définitions sont peutétre suffisantes pour des livres du genre de ceux oü on les trouve. Elles seraient inadmissibles dans une notice technique, méme légére, de la brouette. j
105
Nous laisserons de coté dans ces causeries ce qui se rapporte á la fabrication ou au commerce de la brouette et les perfectionnements, d’ailleurs relativement peu importants, dont elle á été l’objet. Les anciennes brouettes étaient de bois. Aujourd’hui on les coni-truit en bois, ou en métal, ou en bois et en méial, et on leur donne la forme qui correspond á l’objet spécial pour lequel elles sont faites (v. p. 124). 106
Des ingénieurs et des entrepreneurs de travaux de terrassement, etc., et des savants ont étudié le travail utile qu’on peut réalisar L es
définitions
de
la
á l’aide de la brouette. lis ont aussi établi, des comparaisons entre ce moyen de transport et d’autres d’un usage courant. Vauban le premier a déterminé les cas oú le travail á la brouette doit étre adopté et les conditions dans lesquelles doit étre fait ce travail pour son meilleur rendement. Nous avons indi qué, croyons-nous, qu’étant donnée la compétence de ces observateurs et l’interét économique de la question, leurs calculs doivente étre exacts. On les trouve dans de nombreux ouvrages de construction et de terrassement; nous n’en parlerons pas, dans ces causeries; nous en avons dit suffisamment pour en donner une idée (p. 60). 107
Des objets de tout genre, des machines mobiles sont, on le sait, montés sur des bátis, ou chassis, á une ou á deux roues, dont la forme est celle des brouettes et qui, partant, considérés techniquement, au point devue de la locomotion, sont des brouettes (v. p. 104, 111,112, 113, 123, 125, 139, 141, 146, etc.) 108
Qu’est ce qu’une brouette? La plus courte et la meilleure réponse á cette question á été pendant longtemps la vieille, mais anachronique définitionduClossaire de Saint Isidore dt Séville; vehicuíum unius rotcee, c’est-á-dire Aujourd’hui encore, la brouette est la voiture monocycle, par excellence. Le Moyen Age, nous le savons ne connut que cette brouette; mais depuis le commen-
bro u ette.
Celle
d u
Gl os s ait e
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE PREMIÉRE
cement du XIX® siécle il y a (bien que leur application soit plus limitée) un nombre immense de brouettes á deux roues (v. p. 92). Quoi qu’il en soit, la définition faussement attribuée á Saint Isidore de Séville (v. p. 22) ne nous dit pas ce qu’est une brouette au travail; c’est-á-dire ce qu’est une brouette en action, une brouette employée comme ma chine. 109
Techniquement considérée quant á son objet, c’est-á-dire comme machine, comme instrument de transport:
relativement petites. La roue de la brouetta chinoise de voyage et de gros transport est beaucoups plus grande. Tout, dans ce mon de, a ses avantages et ses inconvénients. La petitesse de la roue de notre brouette, qu’en général on fait mouvoir sur un sol dur et suffisamment uni ou sur des planches, a l’avantage, non seulement de rendre le véhicule plus íacilement chargeable et déchargeable; mais encore celui de taire acquerir á la brouette une considérable augmentation
LA BROUETTE EST UNE CIVIERE, UN BARD OU BRANCARD DONT L’UN DES PORTEURS A E T E REMPLACE PAR UNE OU PAR DEUX ROUES.
(V. Dedicace, p. 9 .)
de la propriété á laquelle nous donnerons, sérieusement, plus loin, le nom d’automobilisme. 111
O
LA BROUETTE MONOCYCLE E S T UN BRANCARD, UNE CIVIERE, DONT LE PO R TEU R DE DEVANT A ETE REMPLACE PAR UNE ROUE. Ces deux définitions ne porteront certainement pas le nom de l’auteur de ce livre á l’immortalité; mais il a la prétention de croire (il ne s’agit que de la brouette) qu’elles lui survivront.
lio Les roues de la brouette européenne sont
q U
est
la
Bien que les éléments dont elle se compose se retrouvent dans d’autres voitures; bien qu’elle n’ait été imaginée par l’ingéniosité de l’homme que lorsque celui-ci, depuis des siécles se servad de moyens de transport á deux ou á quatre roues, la brouette, croyons-nous, n’est ni une voiture modifiée ni une voiture perfectionnée. Nous l’av o n s dit á la p a g e 92 la brouette n’a pas commencé par avoir deux roues. La place de celle qu’occupe la sienne est exceptionnelle. C e tte p lace ne peut étre comparée qu’á celle de la roue de devant du tricycle et, peut étre mémeaussi, du vélocipede; appareils beaucoup plus jeunes, d’ailleurs, oü le fardeau est placé derriére cette roue proéminente.
b r o u e t t e .
Roue
proéminente
O
OUATRIÉME PARTIE. CAÜSERIE TREMIERE
La brouette constitue done, á notre avis, une invention aussi utile que remarquable. 112 Selon que celui qui lui accorde un regard, est un littérateur, un ouvrier, un économiste, un industriel constructeur de brouettes, ou bien un observateur qui étudie celles-ci, dans leurs rapports avec la mécanique, la vue d’une brouette peut donner lieu á des définitions de célle-ci, différentes les unes des autres. On peut ne voir, dans une brouette qu’une voiture relativement petite dont la forme est plus ou moins spéciale; mais si on présente á l’esprit la fapon dont l’homme s’en sert, on
II existe une parentée, aussi réelle que pro che, entre la brouette et la civiére: celle-ci est la mere. La brouette put étre inventée le jour ou un porteur de civiére dans l’embarras songea a remplacer l’autre porteur, absent, malade ou rétif, par une roue. 113 Si on n’avait qu’une brouette ordinaire pour le transport d’un fardeau sur une surface glacée on pourrait supprimer la roue piéce accessoire destinée á adoucir le frottement. Ainsi modifiée notre brouetten’en serait que plus légére et plus stable. Or une brouet te sans roue est-elle autre chose qu’une civié re á un seul porteur? D’ailleurs nous savons qu’il y a eu des brouettes sans roue (p. 88 et 89).
X V .^ 'S i é a t Brouette pousée.'
Brouette tirée. D arwinisme ou t r a n s f o r m i s m e brouettique . — 2 . Unité homme-brouette.— 1 et 4 . Chien amputé et chien sans pattes de devant. (D’aprés de photoffraphles.)—3. Chien du Hvre d’Agrícola (Xvl'^ siécle) transportant du minera!. (Gewe cí'o/ere.J— 3 >. Civiére devenue brouette.- 4 . Brouette poussée.—1. Brouette tirée.
O
voit, que, pendant le travail, la brouette fait corps avec le brouettier, comme le fait le por teur d’un fardeau avec celui-ci, et que l’homme et la brouette forment une unité, On en concluera done que de méme qu’il ya l’unité hommes-brancard-fardeau il ya l’unité h o m ME-BROUETTE-FARDEAU, uuité ayaut des points d’appui et un centre de gravité commun á l’homme et aux deux autres éléments qui composent ce tout. * L a
b r o u e t t e
Les dimensions et le poids d’une brouette et ceux d’une civiére sont á peu prés les mémes. Le poids du fardeau qu’on peut y transporter e s t á peu pres égal aussi, A
Brouette tirée. — Brouette pousée.
La position, l’attitude, la démarche, de ^ l’homme soutenant les brancards d’une civiére vj ou les poignées d’une brouette, sont identi-
n ^e s t q u ' u n e c i v i é r e
a v e c
roue
QÜATRIÉME PARTIE. CAUSERIE PREMIÉRE
ques. D’ailleurs le harnais ou brícele du brancardier est le méme que celui du brouettier. Nons le verrons, le hasard seul n’a pas fait
Bretelle. Brouettier d’aprés. Job. Brancardiers d’aprés une photographie.
Sangle. Anden porteur suisse.
remplacer le porteur de devant plutot que celui de derriére par une roue, dans ce véhicule dont Bossuet, avec son admirable proprieté d’expression, aurait dit: «Son action est tellement unie á celle de celui qui le méne qu’il ne s’en suit plus qu’une seule et méme action.» Ces paroles du grand orateur, oü la répétition des noms et des pronoms contribuent d’une faqon si frappante á faire sentir que deux sujets distincts ne forment plus qu’une,unité, sont tirées de ses Méditationssur l'Évangile. On retrouve cette phrase, non sans surprise, appliquée á la bicyclette dans le Manuel Vélocipédiste, livre anonyme édité á Paris par de La Rué, vers 1889. 114
On peut, en apparence ou réellement, étre bien prés d’un objet, méme cherché, d’une vérité ou d’une solution et ne pas les voir. Les deux nombres immédiats au numero gagnant d’une tómbola ou d’une loterie, ne semblent-ils pas prés de l’heureux numero bien qu’un nombre, tres grand parfois, de probabilités puisse s’étre interposé entre l’un et l’autre? Le travail á la civiére exige deux hommes, le travail á la brouette n’en demande qu’un seul, dit l’auteur de l’article du Cours Complet dAgricülture. Comprit-il que la brouette n’est qu’une civiére á un seul portenr? II est plus que probable que si cette idée l’avail frappé il l’aurait émise. Le coté économique Mé me
attitude,
méme
du procédé semble avoir, uniquement aüiré son attention. Puisqu’il n’exige qu’une seule personne le travail á la brouette est moins couteux, dit-il.
Toujours est-il que le brouettier et la brouette sont une sorte de combinaison moi tié homme moitié voiture. Le centre commun de gravité est, dans ce composé, plus haut au dessus du sol que celui de la brouette chargée, mais non soutenue par le brouettier, et plus bas que celui de l’homme pris isolément. La hauteur et la p la p de ce centre de gravité commun varient d’ailleurs avec le poids, la hauteur et la position de la charge, etc. Nous verrons bientót que cette faqon de considérer la voiturette, en tant qu’instrument de transport, comme faisant co rp s a v ec le moteur, e st in d isp e n sa b le si on veut se rendre LONITÉ h o m m e -BROUETTEÍt compte de la raison pour laquelFontaisie et, A, realité. le les ouvriers on rejeté les brouettes dont les inventeurs ont porté le cen tre de gravité du fardeau sur l’axe de la roue ou trés prés de celui-ci: pour soulager, disaient-ils, «les bras des brouettiers.» (V. n.°95.) Súrement ces inventeurs n’auraient méme pas songé á la modification, repoussée par ceux qu’elle devait favoriser, s’ils avaient connu le prodige dont nous allons parler et s’ils en avaient pénetré le secret.
bretelle.
Un it é homme-brouette
QUATRIBME CAUSERIE 115
De tous les véhicules á roues, á brancards limons, bras, ou á timón, la brouette est la seule voiture, avons nous dit, jouissant da privilége d’étre signalée comme une application d’un principe, parce qu’elle a, en général des bras, ou brancards. La brouette est-elle, exceptionellement, l’application d’un principe? Oui certes, croyons nous pouvoir répondre; mais ce princi pe est trés différent de celui, toujours le méme, á notre connaissance, qu’on lui a assigné jusqu’á présent. Nous allons essayer d’établir dans cette causerie dont le titre sera: L e p r i n c i p e d e l a b r o u e t t e , quel en est le vrai. 116
Nous voici done h Argos, au VIII.® siécle avant l’ére chrétienne. C’est un jour de féte. Au temple de la déesse Héra on n’attend que Cydippe, la plus exacte de ses prétresses, pour commencer la cérémonie. La foule donne déja des signes d’impatience. Les amis de Cydippe, sont inquiets: lorsque ce cri de soulagement: «La voilá!:>, parti d’un groupe est bientot joyeusement répété par tous. Elle est encore loin. La distance qul sépare le temple de l’équipage de la prétresse diminue rapidement; mais quelle n’est pas la surprise générale lorsqu’on se rend compte de l’étrangeté de l’attelage qu’on volt venir. On reconnait Cléobis et Biton. Les fils de Cy Le
p r i nc i pe
de
la
PARTIE
SECONDE dippe remplacent ses deux boeufs blancs, bien connus, qui s’étaient enfuis et couraient la campagne. Les dieux, on le sait, récompensérent la piété et l’amour filial de Cléobis et de Biton. Ces deux jeunes hommes, dit la fable, furent pris d’un sommeil sans réveil, délicieux, plein de reves enchanteurs. On le crut: comme on avail cru que Héra (Junon), avail favorisé sa prétresse en augmentant la forcé de ses vertueux enfants pour qu’ils pussent remplacer les boeufs égarés. Qalilée, dans le fameux dialogue sur les grands systémes du monde, ne nie pas les miracles et leur possibilité. Mais, dit-il, on n’a pas besoin d’y avoir recours pour l’explication de bien des phénoménes. La Nature, c’est-á-dire Dieu son auteur, fait des mira cles á tous les instants. 117
Le mérite de la brouette est évident. Quelle en est la cause? En disant que le princi pe du levier est celui de la brouette, les auteurs ont voulu faire entendre que le secret du mérite de la brouette est dans ses brancards,^ dans ses barres ou leviers: comme le mystérieux pourquoi de la forcé de Samson était dans sa chevelure.
brouette.
Le
p r o d i g e d' A r g o s
QUATRIÉME PARTIR. CAUSERIE SECONDE
Jeu de la Corde. Le camp le plus lourd gaguera. iV. ii.“ 125.)
118
0
Bien que dans la brouette il y ait des leviers cette machine n’est pas une application du principe du levier. En effet, méme en ne tenant compte que des brancards, seuls organes qui, cutre l’axe de la roue, semblent avoir attiré l’attention des théoriciens; méme en adoptant les termes de paissance et de résistance pour les appliquer comme ils l’entendent, on constate (v. n.os i-ioo-ioi) que les ouvriers rejettent comme mauvaises les brouettes qui les privent «de la résistance» (c’est-á-diré, selon la théorie courante, de la pression d’une partie du fardeau sur leurs mains). Peu leur importe que ce soit gráce á l’allongement des bras de la paissance (v. n. 88), ou au raccourcissement de ceux de la résistance, ou á l’équilibre de «la puissance et de la résistance-» \ autrement dit, gráce á l’équilibre de ce que les auteurs désignent par ces mots, lorsqu’ils parlent de la brouette et du levier. Non: ella n’est pas une application dü prin cipe du levier: la brouette est une éiégante application da p r in c ip e d e l ’ a d h é r e n c e : c ’ e s t UNE M A CH IN E PONT le principe est celui de i ’ad h éren ce.
On peut done admettre que toute brouette ou plutot que tout véhicule roulant á bran cards dont les poignées n’ont á supporter rien du poids du chargement n’est pas une brouette. Celle de Las Fraguas n’en était pas une (v. p. 243). 119
Au número 101 de la Causerie V, de cet te troisiéme partie nous avons rapporté le mot suggeré á un auteur par la constatation L'adhérence.
Ce
mot
du refus opposé par les ouvriers á l’emploi de brouettes qualifiées de perfectionnées. (á charge équilibrée, etc.). II ne serait pas difficiie, dit-il, de donner la raison de ce refus. Cependant avons nous répondu, en commentant ces paroles, cette raison aurait pu étre donnée en moins de mots que n’en renferme cette phrase. S’il i’avait saisie, il aurait en effet suffi á cet auteur de dire que cette raison doit étre cherchée dans le principe de l’adhérence et dans le manque d’adhérence. Ce seul mot d’adhérence, tout seul, aurait méme eté suffisant, pour faire comprendre que cet auteur avait compris. 120 La brouette est une voiture faite pour le transport en sens horizontal ou se rapprochant du sens horizontal. La brouette est un instrument, qui doit aider le moteur á vaincre une résistance, résis tance bien différente de celle des auteurs qui ont admis que la brouette est une application du levier. La brouette est un véhicule h roue ou á roues, et á bras et brancards, comme tant d’autres voitures chez lesquelles on n’est pas alié chercher le principe du levier et pour cause, car ce principe et ce levier, n’ont aucune influence sur le déplacement d’aucun de ces véhicules. C’est évident. (V. fig. H, n.°i20.) On a signalé l’endroit de la brouette oü est la «résistance». La résistanceríest pas toute dans la brouette elle méme. La résistance que doit vaincre le brouettier, aide par son instru ment, répétons-le, est celle qu’opposent au roulement de la roue le frottement, les obstacles, les inégalités et imperfections du chemin á parcourir, et ses pentes ou cotes et la résis tance de l’air ou celle du vent, et Tinertie de la masse de la brouette, du brouettier et de leur charge, et surtout leur pression sur le sol, produite par la gravité ou, autrement dit, produite par leur poids. Le levier, le principe du levier ou l’application de ce principe, telle qu'on Va presentée ne sont d’aucun secours pour vaincre cette résistance; ces résistances, dont le total ou résaltante est la r é s i s t a n c e , dans le travail á la brouette.
aurait
s u f f i .
La
r é s is ta n c e
QUATRIÍ5ME PARTIE. CAÜSERIE SECONDE
Evidemment, nous l’avons déja dit, dans la brouette on a entreva quelque chose; une qualité, une propriété, une vertu singuliére, car un seul homme aidé par la brouette fait le travail de deux. Comme la caisse de la brou ette et le íardeau de celle-ci reposent généralement sur des barres et comme ces barres
122 Le principe de la brouette existe. Le mérite exceptionnel de ce véhicule dépend deplusieurs particularités ou caractéristiques, dont la plus cachée et la plus impor tante a sa source dans le p r in c ip e d e l ’ a d h é r e n c e . C
e TTE
PARTICULARITÉ PRÉCIEUSE LUI VIENT DE C6
dispositif gráces auquel la chai ge, le far- p j deau, au lien de peser totalement et miguement sur la roue, est soutenu, en partie, par le brouettier. C e m o t e u r , d e c e f a i t , req o it une a u g m e n t a t io n
SIDÉRABLE
H
que
d e p u is s a n c e
d ’ a u t a n t p l u s con -
CETTE PARTIE DE LA CHARGE, QUI
PESE SUR LUI, EST PLUS GRANDE.
123
Trols charrettes et une brouette bicycle. N.” 4: Charge equ¡librée. N.° 3: levier du premier genre? N.“ 1 et 2: leviers du second genre?
121 sont des leviers pouvant tourner sur l’axe, c’est-á-dire sur un point d’appui, il n’en a pas fallu davantage pour attribuer au levier, au principe du levier, la cause invisible qui rend la brouette si utile gráce á sa forme ou malgré celle-ci. La forme de la brouette, en effet, oblige le brouettier k se fatiguer en lui faisant porter, inutilement, en apparence, une partie du fardeau. Cependant malgré la critique, malgré des essais de réforme, cette forme se conserve, et sous cet aspect défectueux et imparfait, l’importance de la brouette ne fait que croitre. L’extension de ce véhicule dans le monde entier, k partir du second quart ou de la moitlé du XIX.® siécle a été prodigieuse, disions nous aux pages 27 et 50 de ces Causeries. Nous y ajoutions qu’on trouve l’adresse de ses constructeurs dans tous Ies dictionnaires commerciaux; qu’un seul fabricant, en un an, en avait fait sept mille et que la brouette, aujourd’hui, se volt dans les gares des chemins de fer, dans les usines, dans toutes les exploitations, dans tous les chantiers á coté des machines les plus parfaites qu’ait, dans ces derniers temps, imaginé le génie de l’homme. La
f o r m e
de
la
Sans essayer d’en approfondir la cause, sans méme paraítre frappé par la vue du fait, le Cours Complet d' Agriculture (que nous avons cité á la page 39), nous dit qu’une femme peut transporter sur une brouette autant de terre que deux hommes sur une civiére. Le secret de la forcé de cette femme est le méme de celui du miracle d’Argos. Cléobis et Biton avant de s’atteler au char de leur mére avaient couru la campagne et s’étaient fatigués k la recherche des boeufs. lis accomplirent l’exploit; mais les forces physiques d el’homme ont des limites. Tombérent-ils, celles-ci étant épuisées, dans un profond sommeil qui donna lieu k la légende? Respectons leur assoupisSement; laissons Ies dormir; mais gravons dans notre imagination l’image de la voilure qu’ils tirérent et la for me brouettique de ce char, telle qu’elle est naivement figurée dans l’antique médaille, vieille, peut-étre, de plus de 2.500 ans. Pour s’expliquer le prodige attribué á Héra on n’a qu’á examiner la vieille médaille grec- Q que qui le represente. Ce char, quefontrou1er les fils de la prétresse, n’est-il pas une grande brouette bicycle, tirée, non pousée? Le poids de Cydippe et de la plus grande par tie de la machine, sauf celui des roues, agit entre celles-ci et la forcé motrice. C’est á peuprés l’ordonnancedes piéces de la brouet te. L’emplacement de la charge est aussi presque le méme et dans ce char et dans la
b r o u t t e e t
c e l l e d u c h a r
d ’A r g
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE SECONDE
brouette, emplacement producteur du prodi ge d’Argos, emplacement non compris et condamné par tant de théoriciens modernes, lorsqu’ils ont jugé la brouette.
Cydippe, Cleobis et Biton.—3. Personne brouettée dans une brouet te bicyde.—2. Brouette moderne k deux roves.
Cléobis et Biton, robustos, habitués á porter des fardeaux d’un poids supérieur á celui dont ilss’étaient alourdisen soutenant l’extremité du timón, étaient devenus, en apparence, forts comme des boeufs, parce qu’ils étaient suffisamment pesants, parce qu’ils étaient, devenus suffisamment adhérents. { Her a. V. p. 50, § 3, 4 et 5.) 124 L’image du char de la prétresse de Héra n’était peut-étre plus dans la mémoire de tous leslecteursdecettecauserie. Maintenant tous ont dú saisir le rapport existant entre nos argiens, rhistoire de Petit Fierre, du báteau de Carresse et cellos de l’áne sur la cote, des chevaux de rartillerie espagnole et des harnais lourds d ’Hervé Mangón. II ya sans dire que la méme explication conyient á tous les faits auxquels nous faisons allusion et que chacun de ceux-ci est unexemple de l’effet produit par l’augmentation de d’ a d h é r en ce due á Taugmentation du poids du moteur. (V. n.°s 22, 23, 24, 25, 26.) Les argiens, contemporains de Cliton et de Biton, connaissaient le levier; mais comme tant de millions de nos contemporains, répandus dans les cinq partios du monde, ils croyP h e n O m
n
d a s
aient que le levier augmente la forcé, qu’il rend plus fort Thomme qui s’en sert. Comme tant de gens qui font de la musique sans en connaitre la théorie, qui parlent sans savoir qu’il existe des grammaires ou qui mangent du pain sans se soucier de sa composition chimique, les argiens, pratiquement, empiriquement, tiraient parti, on peut le prouver, de ce á quoi nous donnons ici le nom d’AOHÉRENCE. Ils avaient, sans s’en rendre compte, tous les jours des rapports inévitables avec ce phénoméne. Leur Science ce pendant-n’en avait pas, remontant de l’effet á la cause, pénétre le mystére, mystére que n’ont pas pénétre encore, au XX.® siécle de notre ere, tous ceux qui mettent, sur le comp te du mérito du levier, celui de la brouette. Pourtant, tous les jours, on voit, sans étonnement un gros cheval traínant une voiture qu’un petit cheval serait incapable de faire bouger, ou une mére qui prend par le bras son enfant desob e iss a n t et entétéetl’entra in e sans effort, malgré la resistancedumarm ot; m ais: «Ce gros cheval e st plus fo rt: c e tte D’aprés üiie pierre gravée antique. mére aussí», se dit-on, et cette explication suffit á la philosophie du plus grand nombre; si tant est que les unités conscientes qui le composent aient jamais songé á se demander le pourquoi d’un phénoméne dont la cause est, avons nous dit, dans le poids, propre ou additionné, du moteur. 125 D’aprés le récit d’un voyageur, les coréens se livrent au sport d’origine antique, de la corde: mais souvent les femmes cachent parait-il, sous leurs tuniques, de gros cailloux dont le poids leur donne la victoire, si les lutteurs du camp contraire ignorent le stratagéme (Badminton Magazine cité dans La Revue des Reoues, qui en a traduit l’article. (v. le croquis du n.° U5)
l
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r e n e
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE SECONDE
^
Malgrécette fatigue produitepar laportion, du fardeau á transporter, qui pése sur lui, le brouettier peut vaincte aisément une résistance donnée que, malgré des efforts beaucoup plus fatigants, vaincra trés péniblement ou ne pourra pas vaincre, Thomme se servant d’une de ces brouettes «perfectionnées» oü tout le poids de la charge agit exclusivement sur la voiture. Voilá pourquoi nous disions qu’il ya dans le travail fatigue et fati gue: fatigue stérile et fatigue récompensée par le résultat obtenu (n.° 4). C’est h l’adhérence que je fais allusion á II
y
a f a t i g u e
la page 243 et dans la causerie oü j’explique comment m’est venue l’idée d’écrire ce livre. Gráce á ma voiturette de Las Fraguas j’avais saisl l’un des secrets de la brouette, le principal: celui de l’adhérence. L’essa’i malheureux du m o n o cy cle du Scientific American me forqa á ouvrir les yeux. Plus tard je compris, entre autres choses, que l’adhérence, malgré le ro le prépondérant qu’elle joue dans le mécanisme du travail á la brouette ne peut pas s’attribuer a elle seule tout le mérite et tout le succés de la ma chine.
e i f a t i g u e .
O u t r e l ' a d h é r e n c
125-4
Un seul des bras de l’homme qui travaille á la brouette peut étre légérement, presque invisiblement coudé. L’autre jamais. Le brouettier, dont on voit l’image au milieu de la petite gravure placée au dessus de ces lignes, a été dessinée d’aprés une photographie. L’attitude de cet homme est bien différente de celle des brouettiers dont nous aurons á dire quelques mots.
125-3
Duplessis-Bartaux, excellent dessinateur et graveur naquit en 1747. L’image du croquis de la page 65 de nos Couseries: La de^traction de la Bastille^ été fait --------------------------------d’aprés une gravure de cet ar- -------------------— — iste qui illustra le grand ouvrage historique Tableaux de la Réüolation.
D’aprés la théorie du levier et de celle de sa classification en genres, les ouvriers de la scéne que représente la gra vure de Bartaux jouent le role de la «puissance» d’un levier du premier genre. Le timón du véhicule y est en effet employé comme le v ie r de ce genre. L’essieu de la voiture est le point d’appui de ce levier. Ouvriers chargeant une pierre de taille sur un charriot du genre de diables, dans les chantiers de construction. Cent Dans cette hypothése la par- ceux qu’on apelle sujets, par Jean Duplessis-Bartaux, 1818. tie du timón, allant de l’essieu aux points de celui-ci sur lesquels agissent les ouvriers, est le bras de la puissance. Plusieurs de ouvriers de l’image de Bartaux excercent leurs efforts, plus ou moins loin du point d’appui du timon-levier, sur différents points de celui-ci. Ce sont autaut de torces compasantes. Leur total en est la résultante (puissance). V. n.°3. Le bras de la résistance s’étend de l’essieu jusqu’au point oú le centre de gravi té de la pierre excerce son action sur le levier. Celle-ci et celle de la puissance (dans le cas que répresente l’image de Bartaux) agissent verticalement, tandis que le levier n’est pas dans une position horizontale. II faudrait done teñir compte de cette circonstance pour le calcul de l’équilibre des torces agissant en-de^a et au-delá du point d’appui du levier. Derriére le véhicule l’ouvrier, Paul, se sert d’un levier de la maniere á laquelle on a donné le nom de second genre, on le sait, auquel appartiendrait la brouette, d’aprés la théorie qui lui attribue le principe du levier. Les ouvriers du timón agissent de haut en bas: Paul de bas en haut. Le point d’appui du levier de Paul se trouve sur le plateau méme du véhicule. II n’essaie pas de soulever la pierre: son ettort tend é la pousser vers l’avant. 125-5
Ces deux gravures publiées en 1818, pouvaient représenter un chantier de terrassernent du XVIII.® siécle, aussi bien que des ouvriers et des brouettes du commencement du XIX.® Dans ce genre de travail, on le sait, la hotte, le panier et d’autres moyens ont précédé de beaucoup ou de plusieurs siécles celui du transport á la brouette (V. dans ces Causeries, les pages 28, 36, 37, 39, 52 et 48). La gravure de Bartaux est intéressante, non seulement parce que l’on y volt les deux rivales, la hotte et la brouette, travaillant encore, sirnultanément, en 1818; mais aussi parceque les tigures des brouettiers de cette image semblent prou-
ver, une fois de plus, que le mécanisme de la brouette ne saute pas aux yeux. Bartaux est un dessinateur de premir ordre. C’est un observateur qui aime reproduire mémede trés petits détails avec une exactitude minutieuse, mais, lorsqú’il ne s’agit pas de la brouette. Ja máis un brouettier qui tire une brouette vide, en lui tournaut le dos, n’a les bras coudés et raccourcis comme les a le b ro u e ttie r de la gravure de Duplessis-Bar taux. Toujours, sauf dans les images, comme dans celle de la destruction de la Bastille, parexemple (V. pag e 6 5 ), vus de coté les brouettiers semblent porter leurs bras allongés et pendants le long de leur corps (V. n.° 24 bis). Néanmoins Duplessis-Bartaux: Les métiers. il ya de nombreux dessins brouettiques oü de cette attitude, résulte cet aspect faussé; entre autres celui qui représente le brouettier et la brouette dans un article, si je ne me trompe, d’un ouvrage d’agriculture de Barral. Déja au XVI.® siécle le dessinateur du beau livre d’Agricola, De re metalllca, commit la méme erreur. Ce défaut de précision semble indiquer que l’artiste, auteur de cés images, n’est pas bon observateur, ou (s’il a fait son dessin par coeur) qu’il n’a pas bonne mémoire, ou bien que, pour lui, notre véhicule n’est digne que de peu d’égards et qu’on ne lui doit pas toute la vérité; on bien encore, c’est le plus pro bable, que le dessinateur n’avoit pas bien saisi le mécanisme du travail h la brouette. Dans l’une des causeries suivantes nous verrons qu’un autre artiste de talent, Job, n'a pas su éviter ce manque brouettique d’exactitude, manque qu’on peut signaler aussi dans le portrait de la brouette de Grollier de Serviéres (XVII.® siécle. V. p. 87). Le brouettier de la destruction de la Bastille de Duplessis-Bartaux, soutient fantastiquement, h. bras-tendus, pour ainsi dire, les manches de la brouette. On peut en dire autant de celui de VIncendie de Hogarth (V. p. 184). 125-6 On pourrait ajouter que le bras gauche, de l’ouvrier de Bartaux qui est en tram de décharger sa brouette, devrait étre tout á fait tombant et verticalement allongé. Nous dirons un mot de la manoeuvre qu’exige ce déchargement. A moins de l’ávoir observée soigneusement il n’est pas facile d’en avoir l’image parfaite dans la mé moire. 125-7 Quoi qu’il en soit, comme Job et tant d’autres portraitistes de la brouette, Duples sis-Bartaux est un artiste. Ses compositions et ses dessins sont souvent admirables. Nos reproductions ne donneut qu’une faible idée de la finesse des gravures de ce maitre, et de la súreté et de la pureté de leurs traits. Ce sont des miniatures extraordinairement détaillées, malgré la petitesse, des figures. Celle de l’unlté hommebrouette, est moins exacte; mais la brouette ne s’en plaint pas. D’ailléurs son sort, elle le sait, est de n’étre pas comprise, méme, ou surtout, lorsqu’elle est sous les yeux. Nos deux photogravures Duplessis-Bartaux, ont, á peu prés, une hauteur et une largeur é gales á celles des gravures originales.
QUATRIÉM E PARTIE CAUSERIE TROISIÉME 125 ’Académie des Scien ces de París proposa comme sujet de concours pour l’un de ses prix, «de 1877, l’équilibre du vélocipéde». Cette admirable ma chine faisait beaucoup parler d’elle alors, ce sujet parut done bien choisi et d’actualité. En aurait-il été de méme si l’énoncé de la dissertation avait été: «De l’équilibre et des propriétés caractéristiques de la brouette et des rapports de son genre d’équilibre et de celui du vélo cipéde»? Des qu’un auteur la regarde pour en parler, l’humble brouette trouble la vue de l’indiscret. On le dirait du moins. (V. p. 19.)
126. Dans le Dictionnaire Raisonné de l'aweublementfrangais, Viollet-le-Duc définit ainsi la brouette: «Petit véhicule á une roue, muni de deux bras qui servent á maintenir l’équili bre et á pousser le fardeau placé sur un pla tean garni de rebords.» (Vi-1-Duc, V, p. 17.) Cependant, lorsque ce fameux architecte prit la plunae pour faire cette définition il ne pou'’ait pas ignorer l’existence de brouettes á U
ne
d éf i n ¿ i i o n }
L es
deux roues, á plateau sans rebord et méme sans plateau. Pousse-t-on la brouette? Ses bras sont ils faits exclusivement pour «pousser et maintenir l’équilibre». II est certain que Violletle-Duc pendant l’exercice de sa profession avait vu mille et mille fois des ouvriers, le dos
Quelques brouettes qui ne sont pas d’accord avec la défínition de V.-le-Duc: 1 et 2. A deux roues. — 2’. Sans plateau. — 3. Sans rebords. — 4. Chinoise.— 3 et 2’. Tirées;"non epoussées».
tourné á leur brouette vide, se servant des brancards de celle-ci, comme ils l’auraient fait de ceux d’une voiture á bras, tirée. Les bras de la brouette servent-ils, comme le dit Viollet, á garder l’équilibre? Les brancards de la brouette, comme ceux de toutes les voitures á deux roues, servent, entre autres chases et surtout, á garder l’équili-
bras
de
la
brouette
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
bre longitudinal de ces voitures, répétons-le (v. la fig. du n° lo); cependant l’auteur, probablement, n’entend faire ici allusion qu’au raaintien de l’équilibre latéral: or cet équilibre se garde non pas «á l’aide» des brancards ou bras de la brouette, mais malgré ceiix-ci. Plus ils sont courts et mieux on le conserve. (Laléral et longitudinal, v. n° lo et n° 2, bras.) sait que les brouettes d ites «diables» ou «á sacs> n’ont pas de bras lorsqu’elle so n t c h a rg é e s: elles n ’ ont que des poignées. Sur les brouettes agricoles les branches, la paille, le foin et d’autres fardeaux volumineux occupent souvent, comme dans la civiére, lorsqu’elle est appliquée á des transports de ce genre, toute la longueur des barres, depuis la roue, et méme au déla jusqu’aux manches. C’est absolument comme si la brouet te n’avait pas de bras saillants, comme si elle n’avait que les barres servant, comme celles de la civiére ou du bar, á soutenir et á porter le fardeau. On emploie aussi les bras de la brouette pour la direction de celle-ci. D’ailleurs dans toutes les voitures á bras ou á brancards ceuxci jouent ce méme role de facteurs ou agents de la direction. La définition du fameux architecte pourrait done servir á démontrer que Viollet-le-Duc n’ignorait pas ce qu’est une brouette monocycle, mais elle ne prouverait pas qu’il a su ce qu’est la brouette.
127.
L’imagination ou un examen superfi cie! nous portent trompeusement á croire que la brouette est une machine á équilibre stable, á trois points d’appui; mais, nous l’avons répété.
Brouettes
sans
bras.
il faut se méfier des apparences de ce véhicu le. Quoi qu’il en soit, le fait est (faitnon axiomatique; mais facilement démonstrable) que la brouette monocycle est un appareil á équilibre instable. Bien entendu par brouette nous en tendeos dire l’unite homme-brouette monocycle, T en marche. L ’équilibre de ce moyen de transport, réunit en effet les conditions qui caractérisent techniquement l’instabilité. L’équilibre de cette unité est, comme celui de l’horame á bicyclette, du genre instable á deux points d'appui. (V. n° 10.)
128. L’homme, gráce á son intelligence est capable de garder l'équilibre de la brouette; mais ce véhicule est á ce point instable, pendant sa marche que, placés entre ses brancards, le cheval ou l'áne le mieux attelé, ne saurait en gar der l’équilibre. On en conviendra: la possibilité de faire tirer une brouet te par un áne s a g e , bien dressé, solidement attelé en tre le s d e u x brancards du véhicule, á priori, semble chose plus admissible que le fait de l’impossibilité de garder l’équilibre de la voiturette ainsi attelée. II n’en est pas moins vrai que l’équilibre de l’unité homme-brouette n’est pas plus stable que celui de l’unité homme-bicyclette. L^n cycliste finit par ne plus sentir qu’il se trouve dans un état d’équilibre instable. On peut en dire autant du brouettier.
129. Théoriquement et souvent dans la pratique on peut remplacen deux forces com posantes agissant parallélement sur un corps par une seule résultante dont l'effet est el meme.
Composantes
et
résultanit.
QUATRIEME PARTIE.
On peut, par exemple, remplacer deux ánes attelés de front á une voiture par une mulé ou un cheval de forcé égale á celle de ces deux bétes et vice versa. II est toujours possible de remplacer les deux brancards ou limons d’une voiture par un timón unique, exQ íf/Jíí lorsqu’il s’agit de la brouette monocycle. Cette substitution rendrait en effet cette voiturette absolument inutile, absurde. Tous ceux pour qui le principe de la brouet te est celui du levier, tous ceux, maitres et disciples, qui la donnent ou l’acceptent comme exemple d’une application du principe du le vier, entendent parler de brouettes réelles et du levier-machine. Implicitement ou en toutes lettres, de nombreux auteurs ont dit que la résultante (v. n° 5) des deux brancards de la brouette est un timón unique idéai, un timon-résultante dont le point d’appui fixe est sur l’axe de la roue; axe auquel ils prétent gratuitement les mémes conditions de stabilité que s’il s’agissait d’un point de l’axe stable d’une brouette bicycle ou d’un autre véhicule quelconque á deux roues.
0
CAUSERIE TROISIEME
les gamins pourraient s’y véhiculer á tour de role. Nous l’avons indiqué, le brouettier doitgarder l’équilibre longitudinal et l’équilibre latéral de son véhicule. Lorsque Viollet-le-Duc attribue aux brancards le role de garder l’équilibre, s’il veut parler de l’équilibre latéral, il se trompe. On voit eependant, par les quatre ou cinq mots de sa définition, que cet auteur avait entrevu qu’il y a de l’équilibre á garder dans le travail á la brouette. On peut en dire autant des membres de l’Institut de France, au Grand Cours complet d ’Agriculture. L ’auteur de l’article brouette y dit qu’il faut de la forcé et de l’adresse pour faire rouler une brouette. II en faut aussi pour bien se servir d ’une hache. On sent eependant en lisant son article que cet auteur avait essayé de faire rouler une brouette, et que, empiriquement, il avait senti la difficulté d’en garder l’équilibre (adressej. En effet, cette difficulté existe: elle est surtout tres marquée dans des cas dont nous aurons á parler. La forcé joue un role insignifiant dans la fonction de la conservation de l’équilibre lateral. L ’apprenti cycliste fatigue beaucoup ses bras pour gar der cet équilibre. Le cycliste le maintien sans méme se servir de ses mains.
131. Jusqu’á présent personne, que nous sachions, n’a exposé que la brouette, ou que l’unité homme-brouette, lorsqu’elle travaille, est une machine ou un systéme á équilibre in stable. Personne, croyons-nous, n’a prononcé, jusqu’á ce jour, en parlant du transport á l’aide 130. Les enfants qui touchent á. tout, et sont de cette voiture, le mot áinstabñite'. Pouramateurs des sports véhiculaires, s’amusent ra- quoi.^ rement á jouer, et pour cause, avec les brouet On n’a pas prononcé ce mot parce que les tes des jardins, terrassiéres ou autres. On dirait apparences de la brouette á une roue (ne eependant que ces voiturettes relativement lé- nous lassons pas de le redire) sont trompeuses. geres, dussent étre des jouets bien séduisants, Parce que ce moyen de transport, bien qu’émigráce auxquels, tantót chevaux tantót cochers. nemment instable, parait étre un systéme á
Les partisans de cette théorie éliminent, done, la roue. Ils n’en consentent que l’axe. L ’axe et les mains et les bras du brouettier, pour soutenir, les poignées du véhicule, leur suffisent, ils oublient ses pieds. (F. n° 132, III, H.)
1-nstabiliié
broueitique
n ’ es t
pas
evidente
Q
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
équilibre stable. On n’a pas qualifié d’instable la brouette parce que son instabilité, au sens technique du mot, n’est pas ¿vidente. On l’a entrevue celle-ci, on l’a soupgonnée, on l’a sentie peut-étre; mais á notre connaissance on ne l’a pas signalée comme caractéristique et comme la conséquence nécessaire de la roue unique de l’unité homme-brouette. Considérée isolément, c ’es t- á- d ir e indépendamment de Thomme qui s'en sert, la brouette est une sorte de trépied dont les points d’appui sont aux trois points de contact de ses pieds et de sa roue avec le sol. La base de sustentaron triangutaire, déterminée en rattachant les uns aux autres ces trois points, est absolument rassurante quant á la stabilité. (Fig. H, IV.) Lorsque la brouette ne roule pas bien que ses poignées soient soutenues par les mains du brouettier, les pieds de bois de la machine sont remplacés par ceux de l’homme. Le systéme homme-brouette, dans ce cas, est aussi une sorte de trépied. (Fig. G et H, IV'.) (V. figs. G du n° et H, III.) Si, comme dans la théorie de la brouette-levier, on ne tient compte que des mains soutenant les poignées et du point d’appui, de l’avant du véhicule, sur l’axe de la roue, la brouette offre l’aspect d’un plateau triangulaire soutenu par ses trois angles. Vue de la sorte la brouette monocycle semble encore offrir toutes les conditions et garanties d’une excedente stabilité. Les apparences done de cette voiturette ne font pas naítre dans celui qui la regarde l’idée d’instabilité: au contraire.
Équilibre
sur
deux
points
132. Un jour, on le sait (p. 246), nous crümes qu'un monocycle dont les brancards trouveraient sur les flanes d’un cheval des points d’appui comme ceux qu’offrent aux bras de la brouette les mains du brouettier, serait aussi stable^ au moins, qu’une brouette. Nous n’avions lu nulle part, nous n’avions pas saisi qu’une brouette est forcément instable. Considérée isolément, la brouette est un appareil stable. L’unité homme-brouette en marche est instable. L’homme-brouette, lors que celle-ci roule, n’a pratiquement que deux points d’appui, dont l’un á l’extremité inférieure du diamétre de la roue. L’autre point d’appui ou les autres points d’appui si l’on # veut, sont sous le pied en contact avec le sol du brouettier. II va sans dire en effet qu’un
seul des pieds du brouettier s’appuie sur le sol, pendantsa marche, c’est-á-dire pendan! la marche de l’unité homme-brouette.
de
Vunité
h o mme - b r o u e t t e .
QUATRIEME PARTIE.
133.
Etant donnés le poids et le volume de l’homme et de la brouette et les aspérités du sol et la hauteur du centre de gravité au-dessus de ces deux points d’appui et la distance D relativament grande qui les sépare, on peut considérer comme un seul point Vétroite plante du pied du brouettier chaussé souvent d’ un rigide sabot, reposant sur un sol rugueux et inégal. (V. n° 3 de la fig. du n° 43.) La dist anc e a b (fig. L) fait que la base du triangle a, c, b, soit tres petite comparativement á sa hauteur. Méme dans le cas le plus favorable, c’est-á-dire dans le cas d’une brouette á bras courts et d’un sol parfaitement plat et uni, permettant á la plante du pied une assiette complete, ménie dans ce cas, la base de suslentation de l’unité homme-brouette-fardeau doit étre considérée comme négligeable. En effet, á cette cause d’instabilité produite par l’étroitesse de la plante du pied, c’est-á-dire produite par la petite base et la grande hauteur du triangle a, c, b (fig. L), il faut ajouter les
CAUSERIE TROISIEME
nous d iro n s un mot d ’ une autre cause de Hinstabilité brouettique.) La brouette livrée a elle méme á deux zones n’ayant qu’un seul pied serait stable. L’equilibre de la brouette á une zone et á un pied unique serait du genre instable.
134.
L’équilibre de l’unité homme-brouette n’est pas plus stable que celui de l’unité homme-bicyclette. Un cycliste finit par ne plus sentir qu’il se trouve dans un état d’équilibre instable. On peut en dire autant du brouettier.
135
RÉSULTANTE:
nal de la brouette. 21 á g-auche.
deux causes principales suivantes: 1° L ’inégalité de la repartition du chargement de la brouette sur le coté droit et gauche de l’axe longitudinal de la brouette. 2° Les oscillations latérales de la marche. (D'une autre causerie
Ch a c u n
des
bras
de
la
Selon la théorie de la brouette-levier, les deux mains sont deux forces composantes agissant de bas en haut sur les deux bras de la brouette. Cette doctrine remplace ensuite ces deux forces par une seule égale á la somme de celles-ci, forcé unique ou résultante soutenant ce timón idéal. D’aprés cette hypothése le centre de gravité, «la résistance» agit verticalement sur ce timón unique.
136. Or, pratiquement il est impossible de remplacer les deux bras de la brouette monobrouette
a
sa
fonction.
^
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
cycle (celle que ces auteurs donnent comme exemple) par un seul timón, parce que, á certains moments, et dans la plupart des cas, pendant le travail, chacun des b?'as de la brouette a sa fonction spe'ciale. En deux mots: la brouette monocycle ordinaire (dont le centre de gravité du fardeau est généralement au dessus des brancards et toujours au - d e s s u s des points d’appui), ne peut pas étre représentée schématiquement, synthétiquement. par une seule ligne figurant une barre ou un levier. Pourrait-on représenter schématiquement un instrument du genre tourne-vis, vrille ou tire-brouchon par une seule ligne droite? 137 . Le timon-re'sultante, timón brouettique imaginaire, rempla^ant les deux bras de la brouette, levier fantastique des auteurs auxquels nous faisons allusion, peut se voir dans le croquis fait d’aprés un joli dessin de Mon Journal (n° 27, mai 1893). L ’excellent et charmant dessinateur qui l'a signé représente cet enfant trainant sa brouette monocycle á l’aide d ’ une ficelle perpendiculaire á une autre rattachant en tre elles les poignées du véhicule. Si le fait était á pr ou ver , ce dessin pourrait contribuer á, établir que le mécanisme de la brouette et la nature de l’équilibre ne se saissisent pas du premier coup. Ce dessinateur, tres certainement a du talent, de l’intelligence, croit savoir ce qu’est une brouette. II a voulu représenter une scéne de la vie réelle.
T i m o n
i d é a l
Sa petite image est jolie, artistique. Mais au point de vue de l’équilibre, absurde. Bien soit qui s’en plaindrait. Horace est la pour dire que les peintres et les poetes ne sont pas des professeurs de statique qu’ils ont toute liberté,
138 . Le systéme des deux forces agissant sur les deux brancards d’une brouette mono cycle doit étre considéré comme celui auquel Q en mécanique on donne le nom de couple. Le timón idéal en est l’axe perpendiculaire.
En effet, non seulement pour décharger la brouette, mais aussi pour en maintenir l’équilibre lateral, lorsque la charge n’est pas idéalement équilibrée; pour faire évoluer le véhicule en inclinant plus ou moins l’axé de la roue, et aussi pour maintenir dans sa position nór male une brouette méme vide, parfaitement équilibrée, l’homme agit sans cesse en séns contraire sur chacune des 'boignées: de bas en kaut sur Tune, de haut en bas sur íautre, et vice-versa. Au point de vue de l’équilibre, une brouette monocycle á un seul timón est une machine paradoxale, absurde, répétons-le. Étani donnée la position de ses points d’appui, cette brouette doit inévitablement tomber de cóté, malgré la forcé et l’adresse du brouettier.
139 . Le croquis i -2 de la figure Ma été fait d’aprés une gravure publiée par la revue La Nature le 2 février 1895. II représente une brouette réduite á sa plus simple expression, C’est une canne porte-paquets. Ce serait á peu prés la réalisation du timpn-résultante, s’il ne portait pas une poignée horizontale perpendi-
C o u p l e .
C a n n e - b r o u e t t c
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE TROISIEME
culaireau plan oü se trouve celui du cercle de la roue. Grace á cette poignée, ce type de brouette rentre dans la sphére des choses réelles et possibles. On pourrait parier gros que l’inventeur ne songea á cet artífice, á cette poignée horizontale, qu’aprés coup, c’est-á-dire, aprés des essais infructueux. Une canne droite aboutissant á la roue constituerait un dispositif dont l'équilibre ne serait pas facile á garder, pour peu que le paquet fút un peu lourd: étant donnée la petite épaisseur de la canne. Et pourtant, le paquet y est placó au dessous du point qui, s’il s’agissait d’une brouette, correspondrait á un plan horizontal inférieur á celui du pla tean. Pour que cette canne-brouette ne soit pas paradoxale, si on la prive de la poignée, il faut que la canne soit grosse et que le paquet soit tres léger. Le diamétre horizontal de la section perpendiculaire á l’axe longitudinal de cette canne, jouerait virtuellement le role de la poi gnée. Ce diamétre serait une sorte de levier ou plutot il y aurait autant de leviers que de diamétres perpendiculaires á l’axe longitudinal de la canne; c’est-á-dire perpendiculaires au levier unique, ou fantastique levier-résultante, de la théorie brouette-levier. (Fig. M, 3.)
né le volume du corps de l’homme, etc., etc. Voulez-vous vous rendre en chambre, expérimentalement, compte de l'instabilité de la brouette, sans brouette et en laissant de cóté les procédés graphiques, empiriques ou mathématiques á l’aide desquels on peut déter-
miner le centre "de gravité d’un objet ou d’une figure quelconque? Découpez dans une carte de visite la sil140. Dans la théorie de la brouette-levier houette d’une brouette, á caisse placée aula brouette repose sur trois points d'appui re- dessous des brancards, c'est-á-dire du type le duits á deux, gráce á l’inadmissible fiction du plus stable. Donnez á la partie représentant la caisse une grande profondeur, une profondeur timon-résultante remplaqant les brancards. Nous l’avons indiqué, orsque l’unité hom- égale á la longueur de la figure, par exemple, me-brouette se déplace, lorsque l’homme mar et faites la reposer sur deux de ses points d’apche sur un sol uni (cas le plus favorable tou- pui, dont l’un á l’extrémité du bras, á sa poi tes choses égales, au maintient de l’équilibre) gnée; l’autre sous la roue, comme l’indique le la base de sustentation (instantanée, pourrait croquis. Le plan de votre brouette se mainon dire) du systéme est un triangle dont le tiendra dans une position verticale. II n’en sommet est sous le rayón vertical inférieur de sera plus ainsi si vous la replacez dans la la roue et dont la base est la plus grande lar- méme position, aprés avoir retranché á l’aide geur de l’un des pieds du brouettier. Cette lar- de vos ciseaux, une bande large de trois ou geur est négligeable avons nous dit, étant don- quatre millimétres, pour diminuer la profon-
Démonstration.
R esum é .
Instabilité
et
c o up l e .
QUATRIEME PARTIE.
deur de la partie que représente, d’une fa§on exagérée, la caisse. Aprés le découpage d’une seconde bande á peu prés d’égale largeur, le plan de la brouette tendrá á se placer ou se placera dans une position horizontale, c’est-ádire dans un plan perpendiculaire á celui oü elle était au commencement de l’expérience. Vous en concluerez que pour faire teñir dans sa position nórmale une brouette vraie et réelle, de vrai, il faudrait baisser le fond de sa caisse jusqu’au dessous du sol et creuser un trou, dans celui-ci. (V. I I de la mime fíg.)
CAUSERIE TROISIEME
faire un effort de haut en bas, tandis que l’autre agit en sens contraire. Gráce á quelques réserves et en établissant certaines différences on peut comparer cette manoeuvre des mains á celle qui fait tourner une grande vrille qu’on entonce dans du bois, dans une poutre, par exemple. Dans ce cas de la vrille, si sa tige travaille horizontalement ou á peu prés, l’une des mains monte pendant que l'autre descend. (V. avant dernier paragraphe du n° 3,) RÉSUMÉ
1° On admet en mécanique que le couple n'a II est, cela va sans dire, á peu prés pas de résultante. Or la théorie de la brouette impossible, dans la pratique, que le fardeau levier a pour base la résultante ou levier ou ti món idéai remplagant idéalement les deux bransoit exactement réparti á cards sur lesquels agissent dans le méme sens, droite et á gauche de l’axe de bas en-haut, les deux forces composantes-, longitudinal de la brouet c'est-á-dire les mains. En réalité les deuxforces te, D’autre part, le centre du couple brouettique sont, algébriquement ande grav ité du systéme notées, forcé -j- et forcé — . homme-brouette se dépla2° L'homme-brouette en marche est nécessaice á chaqué pas du brouetrement instable, principalement parce que le cen tier. Ces circonstances, ces tre de gravité de ce tóut se trouve au dessus de conditions engendrent (invisiblement pour l’observateur) le couple que ses deux appuis, quon peut considérer commt nous avons signalé. Pour soutenir la charge deuxpoints. (Pieds du brouettier et Textrémité ou pour garder l’équilibre latéral du systéme inférieure du rayón vertical de la roue.— homme-brouette, l’une des mains doit en effet V. n° 10.)
141.
A P P A R E N C E S E T R É A L I T É . — Le travail de l’homme (que nous appellerons pére La Puissance) se fait, á l’aide d’une planche, de bas en-haut en sens contraire á celui de l’action de la gravité. Le travail du brouettier est sensiblement perpendiculaire á celui de la gravité. On peut done dire que pére La Puissance travail le verticalement tandis que le brouettier agit hori zontalement. L’effort de la main droite de pére La Puissance est á peu prés égal, ou égal, á celui de sa main gauche. Les deux efforts s’additionnent: leur somme est un seúl effort (résultante), En supposant que l’un des cotés du fardeau transporté est plus lourd que l’autre, une seule des deux mains du brouettier est employée á la fonction de soutenir; une seule de ses mains fait done un effort en sens de bas en-haut. Cette main est celle qui correspond, au coté (droit ou gauche) Q de la brouette sur lequel l’intensité de la pren sión du fardeau est plus petite {sic). Dans le cas concret que représente le croquis, si Ion admet que le brouettier brouette un bloc de pierre dont la forme est celle d’une pyrafflide, tronquée et si l’on suppose que sa partie la plus lourde, c’est-á-dire sa base, est á droite, la main gauche est celle qui joue le role de soutenir.
De
la
barre
á
la
brouet t e,
v o i t a r e
sai
g e n e r i s
:ifV S lR I E S :3 8 E W lT ií QUFSl Erratum de l’image 2 2 de Ja page precedente. II faut entendre q ue le plus lourd coté dn bloc est k droite.
142
QUATRIÉME Py^RTIE CAUSERI E
QUATRI ÉME
/.—Le b ü to n
c o m m e m a y e n d e tr a n s p o r t . B ,g y p te. 4 , R o m e . I n d e , C h in e , e tc .
Des bátons ou des barres rustiques soutenues par deux hommes sont les ancétres de la civiére. La brouette doit son origine á cette machine á laquelle nous dédions cette causerie, cette parenthése: parenthése qui, á notre avis, ne nous éloigne nullement du sujet de notre livre. En effet, des liens de parenté trés solides rattachent •’une á l’autre la civiére et la brouette, et on peut démontrer,croyons nous, que les rapports, loin d’étre purement apparents, ont leur origiPour tou- Q
I I I . —B a rres e t roñes.
ne dansla nature méme de ces deux appareils. La brouette, avons nous dit, n’est pas une voiture modifiée. Sa roue unique y est exceptionnellement placée. (V. l’image du n° 111.) -te la page.
QUATRIÉME
L a
c i V i e r e
e t
p a r t i e . c a u s e R ie
s e s
La brouette n’a pas commencé par avoir les deux roues qui ont été inventées, a posteriori, pour mettre d’accord la chose avec une
q u a t r ié m e
p o i n t s
d ’ a p p ü i .
culture théorique et pratique» (1821) donne la préférence á la brouette sur la civiére. «Naturellement—ajoutent les savants auteurs de cet importan! ouvrage—, il y a des cas ou la civiére est indispensable et ne saurait étre remplacée par la brouette.»
1. L i t i é r e d e v o y a g e d e s f e m m e s d a s u l t á n . — 2 e t 3 . D e ¡a litié r e á la v o l t u r e ( f a n t a l s l e ) .
fausse et fantastique étymologie linguistique. (V. p.91.) L’invention de la brouette consista á remplacer un homme, un brancardier, par une rcue. II est peu probable que l’inventeur ait prévu et pesé toutes les conséquences de
B a r, bara ou branca rd des m a f o n s . M ayen - A ge X X e s ié c ie .
cette substitution. Son invention n’en est pas moins ingénieuse et bienfaisante. Comme presque toutes les inventions, celle-ci se rattache á une au'.re antérieure. La civiére est la mére de la brouette, on peut, croyons nous, raffirmer.Le«Nouveau Cours Complet d’AgriPour tou- O
Mais ces auteurs qui, de leur dictionnaire, dans l’article «Brouette» disent que le maintient de l’équilibre d’une brouette «exige de la forcé et de l’usage», ne font pas observer que ces conditions de forcé et d’usage ne sont pas moins indispensables pour le transport, sur une civiére, d’un fardeau lourd, surtout quand le centre de gravité de ce fardeau est un peu haut, au dessus du platean de l’appareil. Doit-on conclure de ce silence qu’ils n’avaient pas compris que la civiére est un véhicule á équilibre qu’on peut qualifier aussi d’instable? lis ne devaient cependant pas ignorer, bien qu’ils n’en disent rien, que comme ceux de certaines brouettes les barres du bard ou civiére des mafons sont souvent recourbées. Cette courbure rend les civiéres plus stables. 143
Au repos, l’unité Iiommes-civiére ou hommes-civiére-'ardeau, a, comme le quadrupéde portan! ou non une cliarge, quatre points d’appui. -te la page.
QUATRIÉME
Ins t a b i l i t é
de
la
p a r t ís .
CALÍSERIE
c i v i é r e
í- La civiére prend sur les hommes quatre póints d’appui, placés aux quatre mains des porteurs ou aux quatre extremités de leur bretelles. A premiére vue, qu’elle soit considerée independamment des hommes ou comme faisant corps avec ceux-ci, la civiére parait done jouir d’une excedente stabilité. (V. n° 12.) II n’en est ríen cependant. Le centre de gravité de l’unité hommes-fardeau-brancard est tres au-dessus de la base de sustentation. Cette base est trés étroite, pendant la marche, méme lorsque trois des pieds des porteurs sont en contact avec le sol. Or, fréquemment, les points d’appui de cette unité, en marche, ne sont que deux, comme ils ne sont que deux pour la brouette, lorsque celle-ci roule. D’ailleurs, les brancardiers adoptent souvent l’allure, qu’en termes d’équitation on appelle ramble. C’est comme si les jambes droite
q u a t r ié m e
e t
de
la
br oue í t e .
144
Comme cede de la brouette, la charge de la civiére repose entre les points d’appui de devant et ceux de derriére des barres lon gitudinales de cet appareil. Personne, cepen dant, n’a songé á considérer la civiére comme une appdcation du principe du levier. Néanmoins le fardeau (résisíance de la théorie brouette-levicr) est placé entre les deux homnies dans la civiére; entre l’homme et la roue dans la brouette. Les porteurs forment corpS avec la civiére, comme le cavalier avec son cheval, comme le cycliste avec la bicyclette ou le brouettier avec sa brouette. Le systéme hommes-civiére, comme le sys téme homme-brouette, sont, on peut le dire, á équilibre instable. Dans les deux cas, le degré d’instabilité dépend du poids de la charge, de la hauteur, du centre de gravité du fardeau au-dessus du sol et la distance plus ou moins grande de ce centre de gravité aux mains des porteurs ou á celles du brouet tier.
et gauche du cheval (ou des brancardiers) étaient unies Tune á l’autre par un lien ou une bielle, forgant Ies hommes (ou l’animal) á mouvoir alternativement les deux jam Q u a d ia p é íle s . bes du coté droit et cedes du cóté gau che. (Pour apprendre au cheval á marcher á l’amble on relie á l’aide d’un trait d’union en Les oscillations de la marche, surtout les corde ou en cuir la jambe droite de la béte á latérales, compromettraient á chaqué pas sa jambe droite ou sa jambe gauche á sa jambe l’équilibre de la civiére. On ne le maintient gauche Cette adure douce, assez rapide, que que gráce á des manceuvres et á des procéles chevaux peuvent soutenir pendant de lon- dés analogues á ceux qu’emploie le brouet gues marches, est prisée dans beaucoup de tier. Lorsque le centre de gravité est élévé et régions de l’Amérique.) que la charge est lourde, un bloc de pierre, En réalité le systéme hommes-civiére-fardeau pesant, par exemple, 90 kilogrammes, l’équi done aussi une grande ressemblance, au libre, avons nous dit, devient d’une conservapoint de vue de la marche et de l’équilibre, tion trés difficile. Dans ce cas, les porteurs se avec cede d’un quadrupéde, tel que l’áne, par rapprochent le plus gu’ils peuvent l’un de l’autre exemple, dont le centre de gravité, (que la et ils se baissent (ils le font pour abaisser le béte soit chargée ou libre de tout fardeau), est plus possible le centre de gravité), et ils écartoujours loin du plan qui la soutient. tant l’une de l’autre leurs jambes et, partant, Pour tou- O
-te la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE QUATRIÉME
M ém es p ro céd és pour g arder
l’équilibre de la civiére et de la brouette.
dans les mémes cas, ils ont recours aux mé mes artífices employés par les brouettiers. La démarche et l’attitude de porteurs de ci viére sont analogues. Comme ceux du brouettier, les bras des hommes de la civiére, pour obtenir le maintien de l’équilibre de celle-ci, agissent (mais trés parcimonieusement et trés prudemment aussi), tantót de haut en bas, tantót de bas en haut, soit sur l’une, soit sur l’autre des barres.
Done, une fois la position des mains réglée, on modifie celle du centre de gravité du fardeau et du systéme en baissant légérement l’une ou l’autre des épaules et gráce á des déplacements latéraux de la civiére. Les por teurs en éloignent plus ou moins les brancards de leur corps, horlzontalement, vers la droite ou vers la gauche: manége familier au brouettier, ainsi que celui qui consiste á poser le pied, qui doit toucher terre, plus ou moins
Brouette.
C iviére,
Z lg - z a g s d e la m a r c h e .
prés, á droite ou á gauche de la ligne suivie, ou sur cette ligne ménie, afin de maintenir le centre de gravité du systéme dans un plan passant par deux des points d’appui ou entre deux de ceux-ci et le troisiéme. Pour tou- Q
145
Pour bien se rendre compte de la similitude des manoeuvres exigées par le maintien de l’équilibre de la brouette et de celui de la civiére on n’a qu’á suivre, á quelques pas de distance d’abord une brouette, puis une civiére ou vlce versa. La marche de ces deux appareils, surtout celle de la civiére, est toute en zig-zags. Tandis, par exemple, que le porteur de devant se tient sur l’axe longitudinal du chemin suivi, celui de derriére s’en écarte vers la droite ou vers la gauche, ou vlce versa. Dans le cas oú le porteur de devant est celui qui s’éloigne de l’axe longitudinal du chemin, á gauche ou á droite, l’autre porteur s’y maintient. L’un des hommes se porte ainsi vers un coté tandis que l’autre va vers l’autre. Tout, dans, ce cas, rappelle la marche ondulatoire d’un quadrupéde qui se serait grisé. L’axe longitudinal de la civiére et celui de la route ne se superposent ou ne sont paralleles, comme on croirait á premiére vue que cela devrait étre, que de temps en temps, et momentanément; quand te hasard le veut. Le poids du fardeau est, rarement réparti d’une fagon symétrique et parfaite sur le plateau de la civiére. Aussi la position d’équilibre du plateau, n’est-ellelatéralmenthorizontale que rarement. Ce plateau est incliné vers la droite ou vers la gauche; mais il ne faut pas qu’il dépasse le degré exact d’inclinaison correspondan! á sa position d’équilibre. Les écarts doivent se corriger avec douceur et précaution pour que le but ne soit pas dépassé. Les brancardiers seraient, en effet, incapables de maitriser la forcé cinétique accélerée, pouvant étre déchainée par des mouvements non pas brusques, mais insuffisamment doux et mesurés (si la masse transportée est pesan te et si le centre de gravité de celle ci est relativement haut, au-dessus du plan passant par les quatre poignées de la machine). Nous avons indiqué que le maintien de I’équilibre de la civiére exige souvent que l’une des mains de chaqué brancardier agisse de bas en haut, tandis que l’action de l’autre se produit en sens contraire, ou vlce versa. Ou -te la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
Coupl e .
C i v i é re
á
col.
T e r m i n o l o g i e
b r o u e t i i q u e
doit done en conclure, logiquement, que, comme ceux de la brouette, pour ce qui se rattache á la conservation de réquilibre latéral, les manches de la civiére peuvent étre considerés aussi (V. n°^ 138 et 141), dans bien
146 C0L=Celle qui dans les églises sert á porter le pain bénit, la statue de la Sainte Vierge ou une chásse, parce que ceux qui la portent ont le cou passé entre les h a
des cas, comme des élémenís de couple. Les rapports entre les procédés pour la conservation de l’équilibre latéral de la civiére et ceux de la brouette paraitront encore plus étroits lorsque nous aurons exposé dans une autre causerie les moyens employés par le brouettier. (Voyez m otusm inorism e, 173-174.)
verses.» (Dicíionnaire Des Diciionnaires.)
ñ ysEM
«C iv ié r e
á
La bretelle repose aussi sur le col et on Templóle souvent, pouraider les mains, lorsqu’on se sert de civiéres de ce genre. Ne faudrait-il paschercher dans Templo!, fort anden, de la bretelle Tétymologie de la civiére á col?
ES*,s h o tw tti auFSi QUATRIÉME PARTIE CAUSERI E
C I N Q U I É ME 147
TERMINOLOGIE OU NOMENCLATURE BROUETTIQUE
Comme les Sciences, les arts el les métiers ont leur langage. II serait assez difficile de posséder des idées nettes et complétes sur ce qu’est la brouette et plus difficile encore de les fixer chez les autres et de parler de ce véhicule en termes concis (dans une école professionnelle par exemple) si on ne commen?ait pas par choisir et faire accepter des mots spéciaux, au sens convenu, pour désigner les particularités de cette voiture d’un genre si spécial. En bonne logique tout nom est suffisant pour la désignatioq <í’wne chose, ppqrvu qu’on
la définisse. En cas de besoin il est préférable, cependant, d’avoir recours, quand la chose est possible, á des termes existants, connus, parlant d’eux mémes á Timagination et ayant un sens qui ne soit pas trop éloigné de celui qu’on va leur donner. ♦ ♦ ♦ L’adhérence (radical d ’ adhérentism e), joue un role prépondérant dans le mécanisme de la brouette; mais nous Tavons dit, cette voiture doit aussi son mérite et son succés á d’autres propriétés plus oú moins exceptionnelles
pour to u -;Q -te la page,
QUA TRIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
Nomenclatura.
Unirotisme.
Sans celles-ci elle ne serait pas ce que’lle est. Pour les désigner nous nous servirons de mots dont nous donnerons le sens au fur et á mesure, lorsque nous en ferons l’application. Voici d’ailleurs la liste de ces mots dont chacun indique une des propriétés remarquables de la brouette.
Verticalisme.
D eux
r o ues .
U nirotisme . V erticalisme . V iésteictism e . AriéTISME. PoSTIRlSME. A d HÉRENTISME A u TOAí OBiLisME. M otusminorisme . C liquettisme .
Ces noms représentent des caracteristiques ou des causes dont les effets, calculables, peuvent étre l’objet de formules précises.
UNIROTISME OU MONOCYCLISME
148
(U N A =U N E , R 0 T A = R 0 U E )
En dehors des chaises á porteur auxquelles, au XVIP siécle, on donna le nom de brouet te (V. p. 106), depuis le XIX® siécle il y a de vraies brouettes bicycles destinées á des usages spéciaux. La brouette á une seule roue est cependant « la b r o u e t t e », la brouette par excellence, par antonomase. L’unirotisme est done, pour nous, cette spécialité, cette caractéristique de la brouette consistant á
n’avoir qu’une roue, caractéristique féconde en heureux résultats. En effet, le verticalisme ainsi que l’ariétisme sont dús á cette propriété précieuse de 1’unirotisme et en sont des conséquences gráce auxquelles la brouette monocycle doit sa supériorité sur la brouette á deux roues; bien que la forme de celle-ci, au premier abord, paraisse un peu plus raisonnable. On pourrait dire; verticalisme ou paradoxe brouettique. A premiére vue il semble, en effet, qu’une brouette á deux roues est plus stable qu’une brouette monocycle, comme il semble qu’un tricycle doit posséder, partout et tou jours un degré de stabilité bien supérieur á celui du vélocipéde. En réalité, la stabilité du tricycle et celle de la brouette á deux roues dépendent de conditions beaucoup moins nombreuses que celles dans lesquelles on peut assurer la stabilité de la brouette mono cycle ou de la bicyclette.
149
ou
Propriété gráce á laquelle Le plan du cercle de la roue de la brouette monocycle roule toujours en position verticale ou proche de celle-ci. Dans sons sens le plus large dans ces causeries, le Verticalisme est la propriété gráce á laquelle un yéhicule á équilibre instable peut étre maintenu en (.quilibre pqr ¡a farce qui le transporte. Pour tP«- ^
2,2 affcwLX La stabilité de la brouette bicycle dépend du degré de déclivité du profil latéral de la route, de l’obstacle qui peut soulever Tune de ses roqe? plit§ que l’aqtre, du choQ -te la page,
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE CINQUIEME
V e r t i c a l i s me
V i e s t r i c i i s m e .
r e l a t i f .
regu par l’une de ces roues de l’obstacle, de la hauteur du centre de gravité de la charge et de la répartition de celle-ci sur le plateau du véhicule. En thése générale la brouette monocycle est plus stable que la brouette á deux roues et on peut dire que l’instabilité de la brouette á une roue, comme rinstabilité de la bicyclette assurent paradoxalement leur propre stabilité.
de ces oscillations, bien qu’atténuées par la distance, plus ou moins grande, des poignées á l’axe de la roue. (V. n° 63 et n° 1 7 1 mo tas minorisme.) 150
(Strictum, étroit; vi$ du chemin.)
Le verticalisme est une conséquence im- _ médiate de ce que nous avons appelé uniro- ^ tisme, unirotisme brouettique.
X V I s ié c le . ( A g r íc o la .)
R . R o u e .— A . V e r t i c a l i s m e .— B e t C. V e r tic a lis m e r e t a t i f .
Á vrai dire, le verticalisme vélocipédique et le verticalisme brouettique généralement ne sont que relatifs et approximatifs. Le vertica lisme parfait du plan de leurs roues est en effet exceptionnel et ne se produit que dans le cas fort rare oú l’action verticale de la masse du Lrdeau agit avec la méme mathématique intensité á droite et á gauche de ce plan. En dehors de ce cas, par des ralsons d’équilibre, la roue forme toujours, des angles plus ou moins aigus avec la verticale, soit du cóté droit, soit du c6té gauche. Bien entendu, la grandeur de ces angles dépend de celle de la différence entre l’intensité du poids du fardeau agissant plus lourdement sur l’un que sur l’autre des cótés de la machine. D'ailleurs les oscillations de la marche du brouettier (V. n° 45-40) engendren! des mouvements qui influent sur le verticalisme de la roue et imprimen! á celle-ci un certain balancement latéral plus ou moins intense. Sa grandeur (lépend, g?!a ya sans dire, de celle Pour tou- Q
X X t s ié c le .
Le viéstrictisme (étroitesse du chemin) est la propriété, du vélocipéde et de la brouette monocycle, en vertu de laquelle ils peuvent se contenter d’un chemin pas plus large qu’un rail. On peut partan! choisir pour le roulage de ces machines les parties les moins mauvaises d’un mauvais chemin. II est rare en effet qu’on n’y trouve pas, quel que soit l’état de la route, l’étroite bande qui leur suffit. Qui n’a vu la brouette lourdement phargeé, rouler agüe sur des viaducs improvisés, sur des planches formantdesplans inclinés ou horizontalement jetées sur deux tréteaux, par exemple, planches á peine assez larges pour Ies pieds du brouettier?
II est vrai que de méme que le danseur de corde s’aide du balancier et^ de l’inertie de -te la page
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
A
r i e t i s m e
e t
p o s t i r i s m e
cette barre, le brouettier, rompu au maintien de l’équilibre laíéral de sa machine, prend sur la masse de celle-ci un certain appui. L’homme qui marche, chargé ou non, n’a qu’un seul point d’appui sur le sol. L’unité hommebrouette, comme le marcheur qui s’appuie sur une canne, a deux points d’appui.
ARIÉTISME 151
Personne n’ignore ce qu’est la machine de guerre appelée a r i e s en latin, bélier en fran jáis; machine dont les anciens se servaient pour battre les murailles des forteresses assiégées. L’un des éléments princlpaux de l’aries est, on le sait, une lourde poutre suspendue. L’instrument portait ce nom de a ries non seulement parce que Tune des extrémités de cette poutre frappait des coups rappelant á l’imagination ceux, trés sonores, tres caractéristiques, que se portent deux béliers qui luttent l’un contre l’autre; mais aussi parce que, souvent, le bout frappant de la poutre était garni d’une masse de bronze á laquelle l’art donnait la forme d’une tete de bélier. L’homme qui taille un morceau de bois á l’aide d’un couteau ou de tout autre instrument tranchant, et celui qui perce, par exemple un morceau de cuir, en se servant d’un instrument pointu, produisent, dans chacun des deux cas le máximum de l’effet utile correspondant á la pression excercée sur ces Instruments; parce que tout l’effort de ces personnes, tout l’effet de la pression qu’elles font vient á aboutir á une ligne sans largeur ou á un seul point. Tout l’effort du brouettier, une partie de la ITi^sse de l’unité homme-brouette et toute la f onr tou- ^
b r o u e t t i q u e
masse de la brouettée monocycle convergen! vers le point unique de la roue en contad avec les résistances ou les obstacles du chemin. On comprendra done que le mot ariétisme nous soit venu de lui-méme á la pensée pour désigner cette propriétéquedonneá labrouette monocycle, une si grande partie de sa valeur, propriété düe á l’ u n iroiism e. Gallilée appela forcé vive te produit de la masse d’un corps en mouvement par sa vitesse. Aujourd’hui on donne á ce produit, ou plutót á celui de la masse par l’accéléralion, le nom de forcé cinétique. Quoi qu’il en soit il suffit de signaler cette convergence, vers un point de la forcé et de la masse de l’unité homme-brouette pour que toute personne possédant des notions de Mécanique ou uniquement de mécanique pratique se rende compte du bienfait trés positif, trés calculable, que le brouettier regoit de l’ariétisme brouettique. Ajoutons que la bicyclette jouit aussi, au méme degré, de la propriété á laquelle nous avons donné le nom d’ariétisme, propriété qui établitun lien de plus d’affinité entre des moyens de transport si différents. Nous avons dit que l’effort et une de la forcé cinétique de la masse de l’ouvrier s’ajoutent á celle de la brouette dans ce cas d’ariétisme. Toute la masse du brouet tier agirait ariétiquement au moment oü la roue rencontre un obstacle si la brouette faisait rigidement corps avec le brouettier, si elle n’était pas su spen du e des bras de l’homme. Néanmoins le mouvement de recul dú á cette suspensión produit, par son élasticité, un avantage nullement méprisable. N ote .
p a rtie
152
PO ST -IR ISM E OU POSTIRISM E BROUETTIQUE (posT = aprés;
ir e =
aller.)
«Un professeur explique á ses éléyes qu’ij -te la pap,
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
La
cause
aprés
l ’effet.
Pousse-i-on
la
brouetle?
n’y a pas d’effet sans cause et que la cause ralement l’hélice des báteaux, la brouette, justifie le nom de schubkarren (v. ps. 83 et 84). précéde I’effet. Un de ceux-ci se met á rire. —Pourquoi riez-vous? Pouvez-vous me citer un seul cas oü l’effet ne vienne pas aprés 154 sa cause? lui demande le maítre. Dans la causerie huitiéme de la premiére —Oui, monsieur: celui de la brouette— repond l’éléve aussitót—. La cause—poursuit partie de ce livre, nous demandions si le mot imperturbablement notre jeune logicien —•y pousser est techniquement exact, lorsqu’il vient aprés Veffet; c’est-á-dire, aprés la brouet s’agit du travail á la brouette. La lente impression de ces causeries était loin d’étre terte qui roule devant cet homme.» minée quand la France eut le malheur de per-, N o t e . Le facsímile d’une carte qui fait le dre le savant que nous y désignames comme plus grand honneur á la brouette figure á la pouvant étre expert en la question. (V. p. 105.) page 7 de ce livre. La brouette á laquelle Monsieur d’Arsonval, membre de l’Institut, cette carte fait allusion est celle de la page universellement connu, que la Science appli206. La cause (une pauvre femme) y suit quée préoccupe autant que la Science puré et l’effet. Voulant sans doute donner á entendre, théorique, est un physicien et un physioloune fois de plus, que l’intérét qu’Elle porte á giste de premier ordre. La brouette ne saurait la brouette est toujours aussi vif, S. M. la récuser sa compétence. S’il voulait bien dire Reine Christine (le 30 Octobre 1915) daigna si réellement, si mécaniquement on pousse la remettre á l’auteur de ces Causeries, sous la brouette ou bien s’il ne s’agit ici que d’une forme d’une coupure du Journal X, la legón locution admise, mais peu ou pas justifiée, de philosophie brouettique qui précéde cette techniquement, l’avis de ce savant serait, note. croyons nous, un arrét sans appel. 153
En tant que véhicule roulant, évidemment la caractéristique de la brouette á une roue, est celle d’étre monocycle: mais ce qui saute moins aux yeux c’est que brouette á une roue et voiture poussée, de fait, sont des termes, sinon synonimes, du moins corrélatifs. En effet, la brouette monocycle, portant son fardeau, et travaillant normalement, ne peut rouler, pratiquement, que devant son brouettier.
Ce
v é h ic u le d ’A l b e r t D arer e s t b ie n u n e v o i ture q u ’o n p o u s s e . E st-c e u n e b r o u e tt e ?
Í I 5 2 2 l^ j^ H .V B K a'K P v ^ rr *
POUSSE-T-ON LA BROUETTE?
Si, par voiture poussée on entend que le nioteur y agit derriére, Qomnie le fait généPowr
Le brancardier, á premiére vue ne fait que porter. Le brouettier a deux peines—disait au XVII® siécle Grollier de Serviéres—: celle de porter et celle de pousser. II est évident que le brouettier porte une partie du véhicule et du fardeau. Pousse-t-il? Déplace-t-il en la poussant, l’autre portion de la charge et de la brouette? Le dictionnaire de Trévoux, au XVII® siécle, faute d’un mot vraiment latin pour désigner la brouette, donna á cette voiture le nom de vehiculum irusatile (vehicule poussé). En allemand avons nous dit ailleurs, Schub karren veut di re, aussi, voiture poussée. (Véase p. 84.) En chinois on dit, parait-il, pousser la brou ette. L’anglais fait rouler la brouette. Littéralement il la roule. (To (wheel) wheel barrow.) En espagnol on ne pousse pas, on ne fait pas rouler la brouette; on la méne ou on la por te. On y dit llevar las andas, llevar la angarilla, -te la page,
QUATRIÉME PARTIE. CAb'SERIE CINQUIÉME
Poasse-t-on
la
brouette?
llevar la carretilla. Ceci veut dire: porter le brancard ou le bard; porter la civiére; porter ou mener la brouette.—Le verbe llevar a le double sens de mener et de porter. II nous semble d’ailleurs que si un écrivain trancáis dit, par exemple, qu’il a vu un homme men int une brouette, ce verbe mener semblera bien choisi. D’autre part on peut voir, dans notre causerie XIIB de la premiére partie que, d’aprés des textes, dont l’un de 1368 et l’autre de 1430, on disait alors mainer, ou mener, la brouette. (Mainer, de main: teñir en main, manier.) (v. p . se.- m a n u v e c to r e u m .)
Brouettier
et
brancardier.
lorsqu’il se proméne á pied. (v. lig. n.« lu.) Si l’effort n’est pas exceptionnel, l’attitude, la démarche et l’aspect du brouettier sont s'emblables,avons-nous dit, á celles du marcheur et du brancardier; c’est-á-dire celles de rhomme qui porte. L’attitude d’un homme qui pousse est différente. En général, le brouettier ne fait pas l’effet de pousser á celui qui l’observe.
Toldes ces fagons de dire sont défendables ou acceptables. Cepedant, on ne trouvera, croyons-nous, aucunmotmeilleur, en frangais, que celui de broueiter pour bien signifier le genre spécial de travail et de transport exécuté par le brouettier qui brouette une brouettée. Pour pousser ou exercer généralement la pression sur l’objet poussé, la poitrine et la face sont tournées vers cet objet. En dehors de toute autre considération, la seule position de l’homme ayant devant lui la brouette a valu súrement á ce véhicule, en Allemagne son nom si pittoresque. Cette position a certainement fait aussi adopter en France le verbe pousser, pour dire faire rouler, ou faire mouvoir, ou faire aller, lorsqu’on parle de la brouette.
Lorsqu’il ne brouette pas d’une fagon nór male, naturelle; lorsqu’il doit faire un grand effort pour faire monter une forte c6te au véhicule, lorsque son adhérence devient trop faible, les bras du brouettier exercent une traction trés marquée, d’arriére en avant, ils s’écartent de la position verticale: ses mains restent en airiére. Son aspect est alors celui de l’homme qui tire et son attitude s’éloigne de celle qu’éxige la poussée et la pression pour le déplacement horizontal d’un objet; d’une voiture, par exemple, de malade.
D e s s in f a i t d ’aprés u n e p h o to g r a p h ie d ’u n o u v r ie r q u i ig n o r a n q u ’o n le p h o t o g r a p h ia it.
P o r te u r s .
P o u sseu rs.
Le brouettier se déplace et déplace l’appareil dont il est le moteur en portant son corps gn svant gorrimg Iprsqu’il marche librement, Pourítou- ^
Ajoutons que les altitudes forcees correspondent á des cas rares, exceptionnels, qui sont en dehors du travail brouettique courant. Elles dépendent qussi (lu poid^ du fardeay, -te la page
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
Ti r e r
et
p ous s er .
Le
brouettier
l ev i er
du
g enre
de celui de l’homme et de sa taille, etc. En général, quand l’effort de Thomme n’est pas tres prés de la limite de la forcé, le brouettier a plutót l’air, croyons nous, de porter que de pousser.
II est probable qu’on ne pousse la civiére dans aucune langue: on la porte. Or la brouette, avons nous dit, n’est qu’une civiére. II est vrai que c’est une civiére á roue.
155
II ne s’agit, bien entendu ici que d’une question de langage et de propriété des mots. Pousser et tirer en mécanique théorique sont des termes á peu prés synonymes puisqu’on peut toujours remplacer théoriquement (et souvent dans la pratique) quant aux effets,,le tirüge par le poussage, c’est-á-dire la traction par la pression.
En Chine d’ailleurs, selon des gravures et des photographies, dans ces cas oú le travail exige un grand effort, ou lorsque l’adhérence du brouettier est insuffisante, celui-ci fait passer une bricole, une corde sur ses épaules et sous ses bras, et il tire sur cette corde. On tíre; mais on ne pousse pas á l’aide d’une corde, objet des plus flexibles.
156 bis.
LE BROUETTIER-LEVIER ,'
C h in á is t i r a n t s a b r o u e tt e .
H a l e u r s c h in o is .
(D ’aprcs des photographies.)
Les haleurs de bateaux, bien qu’ils tirent, prennent l’attitude de pousser: de méme que les chinois lorsqu’ils tirent sur la bricole attachée a l’extrémité des brancards. Mais l’atti-
Les m im e s h a l e u r s c h in á is s ’iis p o a s s a ie n f.
H a le u r s
(V. p. n“ 18.)
tude et l’aspect des haleurs en se rapprochant de celle de l’homme qui pousse ou qui tire s’écarte d’autant plus de celle de Thomme qui brouette.
f M
e
ú
:
—
L e m a r i q u i p o u s s e . D ’a p r é s u n e c a r ie p ó s t a l e . N o u s y a v o n s a j o u t é le p o i d s , e tc . L ' a l t i t u d d e ce b o n m a r i s e r a i t ü p r é s la m i m e s ’i l tir a it.
P0(ir tou- ^
A P . P u i s s a n c e . — Q. R e s i s t a n c e . —A . P o l n t d 'a p p u l.
Nous ne voudrions pas qu’on vit dans les paragraphes suivants une recherche d’antithése ou une boutade sophlstique. Pour nous, on le sait, la brouette n’est pas un levier du deuxiéme genre et le principe de ce véhicule n’est pas celui du levier. Néanmoins, en considérant les choses sous un aspect tout á fait différentáe celui qui a fait voir ce principe du levier de ce genre dans la brouette, on peut dire que le principe du moteur des unités homme-vélocipéde et hommebrouette, est celui du levier du deuxiéme genre. II est vrai que pour que le principe de la brouette puisse étre considéré comme celui du levier il faut considérer l’homme, le brouet tier (et non la brouette) comme un levier, comme un levier du second genre. En prenant ainsi la chose, en admettant cette fagon de voir, indispensable croyons nous pour résoudre le probléme, on est acculé á la nécessité d’admettre que la civiére est réellement, poussée et que Thomme pqu§sq s?i broyqtte; -te la pag^.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUIÉME
C as
o ii
le
broueítier
consideré
comme
l ev i e r
p o u s s e.
quoiqu’il y ait des cas, nombreux, oú il ne la pousse pas, lors qu’elle roule, chargée ou non devant lui, sur palier ou méme lors qu’elle remonte, ainsi, des plans inclinés de faible pente. (V. automobilisme.)
1. H a t e a r d e b á íc a u c o n s id e r é c o m m e le v ie r d a d e u x i é m e g e n r e . L a r é s is ta n c e R e s t a u b o u t d e la c a rd e á d r o ite . R : r e s is ta n c e . P A : p o i n t d 'a p p u i . 2 . B r a n c a r d ie r s c o n s ld é r é s a u s s i c o m m e le v ie r s d a d e u x i é m e g e n r e .— 3 . B r o u e ttie r - le v ie r .—V E L O C I P E D E . L e d ia m é tr e v e r t i c a l d e ta r o u e c o n s id e r é c o m m e u n le v ie r d a d e u x i é m e g e n r e . P : p a is s a n c e . Q: r e s is ta n c e . A : p o i n t d ’a p p u i.
(Voyez la premíére phase de la marche de l’homme (núm. 51.)—Leviers da deuxiéme genre. —Le centre de gravité de ces leviers descend.—Le levier 1 pousse. Le levier 2 tire.—P. Puissance. — 2. Résistance.— 3 ét 6 composantes. La quantité de forcé utilisable (petite fleche) est faible ( K. Adhérence, n." 33 et 35.)
Prtnc¿peí ctii: ÜV
P e d a lie r e tr o u e m o tr ic e d e l a b i c y c le tte .
C iv ié r e e t vélocip é d e. L e v ie r d ’a r g u illa g e .
156 N o t e . Pour calculer (sans le secours d’un dynamométre ou de tout autre moyen mécanique (V. n° 20) la grandeur de la poussée exercée par le brouettier á un certain moment, il faut conn^jtre l’angle que forment les
barres longitudinales (que nous supposerons droites) et le platean du véhicule avec le sol, la distance qui le sépare des mains de l’homme et de l’axe de la roue. 11 faut connaitre aussi la moindre distance du centre de gravi té de l’unité brouette-fardeau au plan oú se trouve l’axe de la roue et au plan vertical quj
Pont tou- Q -te Ip page,
OUATRIÉME P A R tiE . CAÜSEpIE CINQUí ÉMÉ
Le
p r
O
d ig e
d
’A r p o s
e s i
passe par les mains qui soutiennent les poignées; le poids du brouettier, celui que lui
un
cas
d ’a d h é r e n t i s m e .
fournit la brouette, et, nous le verrons, la s¡tuation relative du centre de gravité.
157
ADHERENTI SME BROUETTI QUE Pour nous, dans ces causeries broueííiques, est l’ensemble des effeis dont l’adhérence est la cause et des qualités que la brouette doit d cette cause. 1’a d h é r e n t ism e
Nous avons donné de nombreux exemples d’adhérentisme, mot qui, aprés tout, signifiera id á peu prés, ce que généralment on en-
tend par: rapport du tirage et la charge; mais ce terme d’adhérentisme est, on le verra, croyons nous, sinon indispensable, en tout cas, fórt utile. II résume en effet synthétiquement, plusieurs partlcularités brouettiques dues á la méme cause. Un cas d’adhérentisme se produit lorsq’un homme, lorsqu’une femme accomplit á l’aide d’une brouette, un travail qui, exécuté avec la civiére, exigerait le concours de deux hommes. Id le moteur-homme est devenu, en apparence, deux fois plus fort, gráce á la brouette.
Si on adopte le méme coefficient 2 pour l’exploit de Cléobis et de Bitont ces deux jeunes hommes seraient devenus forts comme quatre (2 X 2 = 4). (V. n.° 123.) Le prodige d’Argos n’est qu’un cas d’adhé rentisme. On s’explique que le fait ait paru mystérieux et merveilleux. Les effets de l’adhé rence sont moins visibles que ceux, par exemple, produits par le levier. lis peuvent méme paraítre paradoxaux, absurdes. Des hommes ou des bétes n’en pouvant plus, qui deviennent plus forts ou plus puissants lorsqu’on les surcharge d’un poids qui va absorber, dirait-on, le peu de forcé qu’il leur reste, est un phénoméne qui peut déconcerter. L’explication, simple, technique, du prodige, du phé noméne qui á immortalisé Cydippe et ses enfants, était alors au dessus des connaissances de la plupart des prétres, des guerriers, des bourgeois et des paysans d’Argos. Les expériences, que nous allons faire connaítre, les auraient ébahis aussi. Elles ren den!, croyons nous, évident le principe de la brouette et justifient l’adoption du terme d’adhéreniisme broueitique: parce que cette désignation embrasse tous les cas, semblables ou différents, du méme genre; tous les faits de ce genre dont la cause est la méme, c’est-adire, dont la cause est le principe de l’adhé rence.
158 EXEMPLES D’ADHÉRENTISME BROUETTIQUE Un jour je questionnai des paysans pour savoir sur quelle partie du plateau brouette Pour tou- O
lis placeraient deux poids en fonte de 20 kilogrammes chacun, s’ilsavaientá les brouetter -te la page.
QÜATRIÉME PARTÍE. CAÜSERIE CINQUIÉME
Le
principe
de
la
brouette
jusqu’au haut d’une c6te dont le pied était assez proche de l’endroit oú ils se trouvaient. Tous signalérent la partie de la caisse de la brouette la plus rapprochée de la roue, la plus éloignée des poignées. L’ expérience leur démontra que s’ils mettaient les poids sur le devant du véhicule, ils devaient, pour le taire rouler, exercer un effort qui diminuait lors-
n ’es t
p as
celu i
du
l ev i e r .
plus considérable que l’enfant véhiculé est plus loin de leurs poignées. II va sans dire que le résultat de ces expériences aurait été diamétralement opposé si le principe de la brouette était celui du levier. Nous croyons que l’expérience suivante,
BIBELOT en par célame de Saxe. La fllleüe faute d'adhérence ne peal pas fairebougerla brouette. Si sonfrére s’y plagait p l u s prés d’elle.... (Ce bibelot apparíient á la de Fefiñanes.)
Valncu par 70 kgs. Vainqueur de IIO kgs.
qu’ils pla^aient ces poid le plus prés possible de leur personne. Les dessins 1, 2, 3, 4 (d’aprés des photographies), représentent deux brouettes maintenues par le brouettier sur un plan incliné. La charge des brouettes des croquis 1 et 3 est plus prés de la roue. L’attitude de l’homme fait comprendre clairement que l’effort pour maintenir ces brouettes sur ce plan est d’autant Pour tou- O
faite á Carresse, est encore plus démonstrative et qu’elle est l’effet d’une cause qui ne peut étre que l’adhérence y brille d’une fa^on en core plus éclatante. La roue de la brouette (fig. n° 27 B) re posad sur une plan incliné avec déclivité de 20 pour cent, á peu prés. La charge du véhicu le (une caisse remplie de cailloux et de vieille férraille) fut placée sur la partie du plateau de la brouette la plus éloigné des poignées de celle-ci. On augmenta alors la charge de la -te la page.
OUATRIÉME P A lítlE . CAÜSERIE ClkQUlÉME
Adhérence
et
vélocipéde.
Adhérentisme
voiturette jusqu’á un point oú la brouette et la brouettée firent reculer le brouettier. Celuici pesait 72 kilogrammes; la caisse, 75 kilogrammes, et la brouette, 25; á peu prés. Lorsque Thomme fut vaincu, on ajouta á la charge de cette brouette deux poids de 20 kilogrammes, chacun. Ces 40 kilogrammes furent placés aussi prés que possible de l’ouvrier. A sa grande surprise et á celle des spectateurs, aidé par le surcroit de charge, cet homme put, facilement taire monter le plan incliné au véhicule dont le seul fardeau pesait 95 kilogrammes. Le cycliste du vé locipéde OU de la bicycleíte o b tie n t l’augmentation d’adhérence dont il a besoin en tirant sur les manches ou poignées du guidon ou gouvernail fqui est á deux fins) faute de quoi ce cycliste serait refoulé hors de la selle ou soulevé au-dessus de celle-ci, ou bien il ne ferait qu’une poussée qui serait insuffísante pour gravir de fortes cótes et pour obtenir de grandes vitesses en plaine.
et
postirisme
Un cheval qui tire une charrette se trouve, cela va sans dire, de vant celle-ci. Aux cdtes montantes la béte perd une partie de son ad hérence. Elle la perd done lorsqu’elle auralt besoin d’étre plus adhérente. La brouette roule devant le brouettier. De cette particularité, de cette caractérisque, á laquelle nous donnons le nom de postirisme ou de postirisme brouettique, nait le secours que la brouette fournit au moteur, placé derriére elle, en lui communiquant automatiquement— discrétement et sagement, pourrait-on dire—plus ou moins d’adhérence, selon le cas et le besoin du brouettier. La brouette est de toutes les voitures celle qui est le mieux disposée pour fournir au moteur de l’adhérence et pour que celui-ci puisse en bénéñcier, gráce, en grande partie.
Une addition á l’adhérence n’est pas moins indispensable au moteur brouettier qu’au moteur-cycliste. Le cycliste emprunte cette ad dition d’adhérence á son vélocipéde, le bro uettier á sa brouette. (v.nosefig.gi.véiodpéde.)
15 9 ADHÉRENTISME ET POSTIRISME COMBINÉS
P l a n é t r o i t e t tr é s I n c lin é q u e la b r o u e tt e m o n te e t d e ic e n d a i s é m e n t g r á c e á l’ U n ir o tis m e , a u V ié s tr ic tis m e , P o s tir is m e , á l 'A d n é i e n t i s m e , á l ’A r ié tis m e e t a u M o tu s m in o r is m e .
La brouette est une civiére á roue. Lorsque la brouette travaille chargée, la roue remplace toujours le brancardier de devant. De ce fait, parce que le brancardier resiant est celui de derriére, cet homme, qui n’est autre que le brouet tier, acquiert l’avantage d’étre favorisé par l’adhérence d’une fagon aussi élégante et admirable que mystérieuse. Pour tou- O
Si le brouettier, s’inspirant de l’exemple des femmes coréennos, (v. n° 125) pouvait se rendre plus lourd et par conséquent plus adhérent, en s’alourdissant, par exemple, á l’aide de plomb, de sable ou de cailloux, por tés dans les pochos ou dans une besace ou autrement, il s’en trouverait bien dans cer-te la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE CINQUI¿Mfi
Augmentaiion
e i di m i n u t i o n a u t o m a t i q u e s
tains cas. Lorsque le transport exigerait moins d’effort, ou aux descentes, raugmentation de poids dü á cet artífice constituerait pour cet homme une surcharge fatigante, génante, peu pratique. La brouette, d’elle méme, produit l’effet de ce plomb ou de ce sable et évite les inconvénients de ce moyen hipothétique.
d ’ adhérence.
raide) se porte d’elle méme sur l’axe de la roue, soulageant ainsi l’homme. Nous avons vu au dépót des machines de la gare St. Lazare (Ouest) des brouettées de 15,20 et 22 briquettes de charbon. Or chaqué briquette pese 11 kilogrammes et lesbrouettes remontaient, pour charger des wagons, des planches, dont la pente certainement n’était pas inferieure á un 22 ®/o- I' va sans dire que le mérite de cet exploit correspond á l’adhérentisme. D’ailleurs, gráce á la combinaison du postirisme avec l’adhérentisme, la brouette est peut étre le véhicule, á moteur vivant, capadle de monter (toutes proportions gardées) la plus forte rampe.
Le point de la caisse de la brouette signifle: centre de gravité—Les ligues verticales representent des plans verticaux paralleles dont l’un passe par le centre de gravité da véhicule, l’autre par celui da brouettier et l’autre par l’axe de la roue. — 1. Brouette poussée. 2. Brouette tirée.—Le plan (appelons le G) qui cor respond au centre de gravité du vehicule se rapproche du plan passant par le centre de gravité de l’hom me dans le cas de la brouette poussée et montante. Ce plan s’éloigne du brouettier aux descentes.—La distance B est plus grande que la distance B’ et la distance C plus petite que la distance C\
Aux montées, lorsque le brouettier a besoin d’une augmentation d’adhérence, la brouette la lui fournit automatiquement. Aux deseentes une quantité du poids de la charge (d’autant plus considérable que la pente est plus
Nous supposons les tiges du pendute suffisamment longues et las masses qu’elles soutiennent suffisam ment lourdes pour que le centre de gravité de la brou ette soit dans le plan horizontal, idéal, qui passe par le centre de ces masses sphériques. Ce centre de gra vité se rapproche automatiquement du brouettier aux montées (2) et s’en éloigne aux descantes (3). Comme pour toute voiture á brancatds, pour la brouette tirée (4), tandis que la résistence augmente aux mon tées l’adhérence du moteur y diminue.
160
Bien entendu l’adhérentisme automatique est une conséquence du postirisme. Les croquis de cette page, font voir, nous semble-t-il que, aux cotes montantes, lá oú les moteurs vivants de tous les véhicules tirés perdent une certaine quantité de leur adhérence, celle de la brouet e y reqoit une augmentation. Celle-ci est d’autant plus grande, toutes choses égales, que le centre de gravité de la brouette est plus haut au-dessns du plan passant par les poignées du véhicule et par l’axe de sa roue. Pour tou-
-te la page.
QUATRIEME CAU S E RI E
PARTIE
S I X I É ME ’
Je. Ra , _ KctctfíttfV XV.® siécle.
ifoSToviaes l>E Nl’M ñ líc f
XVI.® siécle.
XX.® siécle.
P o u r q u o i p o u s s e - t - o n la b r o u e t t e c h a r g é e et la tire-t-on vide? 161. Pourquoi pousse-t-on labrouette? ^ mot pousser appliqué au travail brouettique trouvera probablement des déferi’ seurs; itiais combien de ces philologues nedevraient-ils pas réfléchir avant de d^onner une réponse, si on leurdisait. «D’accord. Admettons que le mot pousser est, dans ce cas, d’une application rigoureusement exacte; et d’autant meilleure qu’elle est admise par l’usage; mais maintenant veuillez expliquer pourquoi, dans la pratique, le brouettier <pousse> et ne itire^ pas? Pourquoi sauf dans le cas ou sa brouette est vide oa á pea prés, trauaiíle-t-il dertiére et non devant le oéhicuíe, méme sur des chemins sans obstaoles, unís, excedents? Pourquoi Vhomme ne s'attelle-t-U pas á une brouette monocycle comme il s’atteHe á une de ces voitures á Iimons, dites charrettes á bras, le dostourné OMVéhiculep (V. n.° 125 —® sartaux et la fig. de la p. 23.) Le nombre, méme des professionnels, qui ne se sont pas rendu compte de cette singularité ou qui du moins ne s’ en sont jamais
demandé la cause, doit étre grand. Toute connaissance, toute raison vraie semble bientót innée et ¿vidente. Voyant la chose clairement aujourd’hui, nous ne saurions affirmer si cette question est de celles qui renferment un de ces petits problémes du genre de ceux dont on dit: «le poser, c’est le résoudre». Lecteur, vous pouvez le savoir. Si vous étes amateur de devinettes, fermez le livre, un instant, et cherchez. En attendant votre réponse, encore une fois, nous osons répéter que l’apparente simplicité de la brou ette cache des secrets. Tout le monde a observé cependant que les ouvriers, aprés avoir déchargé leurs brouettes, pour revenir chercher une nouvelle brouettée, font, trés souvent, ce parcours, le dos tourné á leur voiture. II est évident que dans bien des circonstances, gráce á cette maniére de s ’atteler r ouvrier n’ a pas á faire faire volte face au véhicule, lorsqu’il revient á l’endroit ou il doit
Pour tou -Q -te la page.
QUATKIEME PARTIE. CAUSERIE SIXIEME
Pourquoi
la
brouette
chargée
étre chargé de nouveau. Rentrée au chantier de chargement, les bras en avant, la roñe derriére, la brouette, lorsqu’elle s’arréte, se trouve dans la bonne position pour repartir des qu’ elle aura requ la nouvelle brouettée. On ¿vite ainsi des évolutions in útiles. Ceci pourrait expliquer Jusqu' a un certain point pourquoi dans certain cas la brouette vide est tirée et non poussée; mais cela ne dit pas pourquoi les brouettes vides sont, en dehors de ce cas concret, généralement tirées et, encore moins, pourquoi 1’ ouvrier ne tire jamais les brouettes monocycles chargées.
est
poussée
et
non
tirée.
née vers son instrument. Placé ainsi il ne compromet ni son propre équilibre ni, partant celui du systéme homme-brouette, Nous dirons pent-étre un mot de la ma noeuvre compliquée et difficile qu’exige le déchargement latéral de la brouette. On comprendra, alors que cette opération exécutée convenablement derriére le dos, constituerait un véritable tour de forcé et d’adresse.
162. La position du brouettier derriére le véhicule, obéit é des raisons d’ordre anatornique et aux exigences du maintien de l’équilibre de la brouette qui roule, exigences dont les conditions varient, selont que Thomme est aux brancards, le dos ou la face tournés vers la roue. Le corps de Thomme en l’homme...»=2; «En Orient...»=B: Base de suseffet n’est pas comme un support ou une co- 1: «Le corps detentation=p, p'-. plante du pied. lonne dont le coté tourné vers le sud, par 163. D’autre part l’équilibre du l’uni exemple, est semblable á celui qui regarde homme-brouette, toutes choses égales, est le nord. L’homme n’a que derriére lui cette masse charnue, ce lourd contrepoids, dont il d’autant plus difficile á maintenir que les profite en Europe pour s’asseoir; mais qui points cu le point d’appui de derriére, sur le lui a été donné aussi et plutot pour les be- sol, est ou sont plus éloignés de celui de desoins de son équilibre. En orient, dans l’Inde •vant (c’est-a-dire, du point de contact de la particulierement, les indigénes sont ou debout roue avec le sol) (V. n.“ 132 et 133). Cet ou accroupls: en géneral ils ne se servent l’équilibre est d'autant plus stable, toutes choses égales, que le centre de gravité de que rarement de siéges. Si Thomme se pliait et se courbait aussi l’homme est plus prés du fardeau. Or, la mar bien vers l’avant que vers l’arriére; si les che de l’homme, dont la face est tournée vers bras, les chevilles, les genoux les cuisses la brouette, rapproche: 1.°, le centre de gra avaient des charniéres, leur permettant un vité du brouettier de celui de la brouettée. jeu aussi large et dégagé vers l’arriére que 2.°, le point d’appui de derriére du systéme vers l’avant, le brouettier tirerait plus sou- homme-brouette du point d’appui de la roue. Par contre, la marche de cet homme, lorsvent sa brouette qu’il ne le fait. Cependant, il ne se placerait pas, entre les brancards, le qu’ il tourne le dos au véhicule, éloigne l’iin dos ou Ta face indistinctement tournés vers de l’autre et ces centres de gravité et cés points d’appui. la brouette monocycle chargée. La différence des distances entre ces cen tres de gravité et entre ces points d’appui, La manoeuvre de la brouette, le maintien différence produite par la position du brouet de son équilibre, les changements de sa di- tier regardant le véhicule ou lui tournant le rection exigent des mouvements, des pres- dos, est, toutes choses égales, de la longueur sions, des tractions que l'homme peut exe- d’un pas de cet homme, environ. Cette dif cuter beaucoup plus facilement la face tour- férence est d’un quart, á peu prés, de la lonPour ton-,Q - te la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE SIXIÉME
la plus
stable
de p l u s i e u r s
b r o u e t t e s d t r oi s p o i n t s d'appui.
gueur qui sépare le pied appuyant sur le sol du brouettier du point d’appui de la roue: rapport qui, bien entendu, dépend de la longueur du pas de l’homme et de celle de la brouette. Done, si on tient uniquement com pte du polygone de sustentation on volt que le maintien de l’équilibre d’une brouette doit étre plus facile lorsque l’homme la pousse que lorsqu’ il la tire. (V .lasuiteaun“ lea.) 164. N o t e : Les paragraphes suivants, De deux brouettes, toutes choses égales, la plus stable, que signalent leur encadrement pourraient est la plus courte. 1 En haut de cette image; une brouette: A. La pointe de porter le titre de complement ou de déve- la fleche verticale indique 1-e plan vertical dans lequel se trouloppement. Nous lui donnons celui de note ve le centre de gravité de son fardeau. = La fleche O radique le point oü la verticale passant par le centre de gravité touche pour que le lecteur, s’ il est fatigué, puis- ie plateau P P M M de la brouette. (Image du rnilieu de la figure.) = P M M P est la projection horizontale de la brouet se s’éviter ces quelques lignés. Leur sujet, te A. = P’ est le point d’appui de sa roue. = TUAi M.’ P’ M’ est cela va sans dire, est du domaine de la mé- la projection horizontale de la brouette B. La longueur de l’axe longitudinal de la brouette A est plus canique pratique et théorique. grande que celle de la brouette B; mais la distance M M et a. De deux brouettes ordinaires monocycles, reposant sur leurs propres pieds en bois ou en fer, ou de deux unités homme-brouette européennes ne roulant pas, la plus stable toutes chases ¿gales, sera celle dont le poin t dappui de la roue est plu s p re s des autres points d’appui, c’est-á-dire plu s p rés des points de contact, avec le sol, des p ie d s de rhomme ou de la machine.
M M’ entre les poignées de chacune des deux est la méme ain-
si que la distance entre les pieds de l’une et de l’autre P’ P’ et P A = Cette distance est la base des triangles M P’ M et M’ P ’ AP des deux bases de sustentation triangulaires des brouettes A et B, triangles dont le sommet est au point d’ap pui de la roue P ’. La verticale venant du centre de gravité du fardeau touche le point du plateau que sígnale la fleche diaonale O, point du plateau, á cótés paraTleles, de la grande rouette A. Par conséquent cette verticale passe en dehors de la base de sustentation de ce plateau. Cette brouette, ainsi chargée ne pourra pas teñir sur ses pieds. El tombera.= ' brouette en etat d’équilibre La _______ B est _____ _. _ _ stable; car la verticale venant du centre de gravité du fardeau passe á l’intérieur de sa base de sustentation.
f
b. Par la méme raison, de deux brouettes de méme capacité, du méme genre, également chargées, la plus stable est celle dont les pieds de l’homme sont plus prés du point d’appui de la roue sur le sol. c. La largeur du coffre ou du plateau de ^ chaqué type de brouette varié peu. La largeur du pied de chaqué brouettier et la distance entre son pied droit et son pied gauche, au repos, changent peu aussi. On peut considérer la distance qui sépa re l’un de l’autre les pieds, en bois ou en fer ou en chair et en os, d’une brouette, comme une longueuer invariable, comme une constante. Cette distance est la base du poJygone triangulaire de sustentation de la brouette arrétée, triangle dont le sommet est au point d’appui de la roue. Plus la hauPoijrtoH-|
On suppose que la distance a c est égate pour toutes íes brouettes de ce schéma, et que leurs bras sont soutenus pat les mains de l’homme. M, M (de 1 et 1 ’) au par des pieds au
supports O O (de 2 et 2’), faisant coros avec l’appareil. Dans ces croquis la partie la plus noire indique celle du coffre ou du fardeau qui est exclusivement á l’intérieur de la base de sustentatio.i. Cette partie est d’autant plus étroite que les bras du véhicule sont plus longs.=Si on ne tient compte que des pieds de l’homme P, P (de 3 et 3’) et du point d’appui de la roue sur le sol, cette partie noire est encore plus étroite, et celle en porte-a-faux du coffre est plus considérable encore.
teur de ce triangle sera grande et plus aigu -te la page.
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b r o u e tte s
ch argées
(suite).
nous venons de signaler: elles ne sont pas les seules.
sera ce sommet; car si cette hauteur croit, les grands cotés du triangle tendent á se rapprocher l’un de l’autre. La base de sustentation de la brouette devenant ainsi de plus en plus étroite, pourrait-on dire, au fur et á mesure que cette hauteur s’allonge, le véhicuíe devient de moins en moins stable, du fait de cet allongement. d. Bien entendu cette diminution de stabilité s’accentuérait si on conservait invariable la distance qui sépare l’axe de la roue du cen tre de gravité du coffre plein ou du plateau chargé du véhicuíe, tandis qu’on allongerait ses bras. En effet, au fur et á mesure de cet allongement, les grands cotés du triangle, se rapprochent plus rapidement et d’avantage l’un de l’autre du coté du sommet, (c’est-ádire du coté de la roue et de la caise) que du coté de la base; (c’est-á-dire du coté des poignées de la brouette et des pieds du brouettier). e Nous le savons (V, n.° 132), lorsque la brouette roule, la base du triangle de sustentation est la largeur du pied du brouettier en contact avec le sol; quand le sol est uni. Si le sol n’est pas plat cette base est plus étroi te encore.)
Dans le cas du brouettier poussant, lorsque la roue penche h droite la brouette se dirige vers la droite et olee versa; tandis que lorsque le brouettier «tire» sa brouette au lieu de «la pousser» la roue tend é dévier vers la gauche si elle penche vers la droite; et inversement. (V. n.° .) L ’homme qui «pousse» la brouette rapproche d’autant plus son corps du coffre du véhicule que l’effort qu’il fait est plus grand,
que, et par l’effet de cet effort, ses bras s’écartent plus de la verticale, vers l’arriére. Dans ce méme cas d’un grand effort (mais l’ouvrier tirant sa machine) il se produit une séparation encore plus grande entre le moteur et la brouette. On peut facilement observer ces attitudes lorsque l’ouvrier la tire ou la pousse sur une forte rampe montante.
165. Par une raison facile á saisir, á l’ai- 11 ne s’agit done pas d’une question de cade de la figure n.° 561, lorsque la brouette est price les ouvriers agissent sagement en se derriére le moteur, toutes choses égales, ses plaqant derriére et non devant leurs brouet poignées sont plus loin du sol, plus hautes tes chargées. lorsqu’ils les font rouler. et, par conséquent, le centre de gravité de la D ’ailleurs l’homme n’a des yeux que de brouettée est plus haut aussi. C’est encore une cause d’instabilité ajoutée á celles que vant: il peut, done, aussi, mieux choisir la Pour to u -Q -te la page.
QUATRIÉME PARTIS. CADSERIE SIXIÉME
m o in s
de
m a r ch er
a
reculons.
piste que doit suivre la roue, lorsque celle-ci roule devant lui. Neanmoins de tous les inconvenients que nous venons d’énumerer celui de ne pas voir la roue est le plus petit: ii est peut-étre méme négligeable. Nous signalerons, lorsque nous parlerons de rautomobilisme, un autre inconvénient inhérent au mode de déplacement par traction de la brouette, inconvénient compensé il est vrai, jusqu’á un certain point, par deux avantages. (A ngle d e tira g e , cliquettism e.) D’autre part, comme par des raisons, d’équilibre, principalement, on ne tire la brouette monocycle que vide lorsque, tres légére par rapport á la forcé de Thomme, elle ne porte aucun fardeau, le brouettier qui la tire ne se rend pas compte de l’absence de l’adhérentisme et du manque de son précieux secours. On pourrait ajouter que si la brouette était chargée, puisqu’il en éléve les poignées, le brouettier, qui la tirerait, au lieu de la pousser, placerait le centre de gravité du fardeau dans un plan plus rapproché de celui oü se trouve l’axe de la roue. Ceci augmenterait la difficulté du maintien de l’équilibre, sensiblement, si le centre de gravité d’un fardeau lourd, était dans un plan supérieur, relati-
Vo itur e
p o us s é e.
vement éloigné de celui du plateau du véhicule. Bien entendu il ne s’agit id que d’une hypothése, puisque la brouette monocycle chargée ne peut pas étre, en pratique, tirée á m oins que th om m e ne marche á reculons. 166 . Cette pauvre brouette toutes les erreurs pleuvent sur elle. II y a des millions d’ouvriers qui ne se sont jamais demandé pourquoi il est plus facile de brouetter la charge en l’ayant devant; mais il n’ y en a pas un seul qui ignore qü’il est plus facile de «pousser» que de «tirer» une brouette chargée et qui n’agisse en conséquence. Cependant le Ñouüeau cours comp le t d ’agriculture théorique e t pratique., des membres de la Sección de l’Instituí de France, 1821, dit que «les personnes qui ne sont pas habitués» au maniement de la brouette «ont beaucoup de peine á en garder l’équilibre sur to u t quand elles s'en servent en p o u s s a n h . A moins que ce ne soit un cas de cette sorte d’aveuglement que semble produire la brouette, il s’agit id d’un lapsus. Personne en effet ne tire jamais, en lui tournant le dos, une brouette chargée. Cette voiture lorsqu’elle porte son fardeau est soujours poussée.
D’aprés un de nos amis, témoin oculaire, conduite par un allemand, son inventeur, cette voiture roula, á París, il y a une dizaine d’années (Vers 1912).
Voiture á brancards: poussée? tirée?
Pendant cinq cents ans la brouette a été probablement le seul véhicule roulant á brancards dont le motear alt été placé derriére la voiture; le seul de ce genre qui ait été systématiquement pousé et non tiré. Nous pensions qu’il en est encore, qu’il en serait toujours ainsi. On le volt nous nous trqmpions. II ya quelques mois, notre ami le duc de Miranda qui nous sait amateur de nouveautés (s’en douterait-on en nous voyant áux prises avec la brouette?) nous envoya, dettachée d’un Journal (?) n.“ 0.905 la gravare dont celle qui est au-dessus de ces quelques ligues est la réproduction. D’aprés la légende de cette image, iunventeur du véhicule qu’elle re présente venait d’en prendre brevet en Angleterre. Des péda-
les permettent, paraít-il, de mettre en marche, d’arréter le eheval et de l’épéronner. L ’invention a-t-elle été suggérée par la brouette ou par l’automobile dont Tinventeur á adopté ingénieusemént le mode de direction? Le eheval est á robe blanche: évidemment les poils qui s’en dettachent ne peuvent pas atteindre le conducteur de la nouveile voiture. Ordee aussi á cette invention l’odorat de celui-ci, quelque délicat qu’il soit, ne saurait étre meommodépar l’échappement libre de gaz, par fois peu agréables, produits par une digestión défectuense. Ces légers avantages sont croyons-nous, compenses par les inconvénients de ce systéme d’atteier. Celui-ci complique le véhicule. A quoi bon quatre roues pour une voiture qui, si elle était á bran cards, n'en aurait que deux? Celle-ci ne doit pouvoir tourner qu’en décrivant un courbe d’un trop grand rayón. Cette inven; non n’améliore pas la maniere d’utiliser la forcé du eheval. Si les brancards reposaient directement sur les flanes ou le dos de la béte, aux cótés montantes, celle-ci serait aute matiquement favorisée, comme ¡ ’est le brouettier, par l’adhérentisme dü au postirisme (V. n.° 159). Les éléments de cette invention naturellement son em-
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D e
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pruntés. II n’ya rien d’absolument origina!, sauf l’oeuvre du Créateur gui, virtuellement, potentiellemeut, renferme toutes les inventions des hommes. Néanmoins l’ensemble de l'attelage et l'application á la direction du véhicule et du cheval de la roue du gouvernail, si improprement appelée volant dans l’art de l’automobilisme, sont assez ingenieux et carac-
c h a
r s
a n t i g ü e
s.
téristigues pour qu’on puisse considérer la chose comme une invention nouvelle et pour que son invention ait droit á qu¿ques applaudissements. Qui sait si cette trouvaille un jour, n’en suggérera pas une autre, d’une application pratique. L ’originalité, relative, qui ne tombe pas dans l'absurde, mérite des compliments.
O T ^ r H E SI^ R © l/gTrícaJES CAUSERIE
SEPTIEME 167
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Les chars antiques l’entend ne volt p a s ' et c’est bien naturel. une chose á une autre est assez caché.
On n’a signalé que la broue^^te monocycle comme levier du deuxiéme genre. Pourtant CV. volanta. N ° 44) d’autres véhicules, aux, quels, nous le savons, on n’a pas songé, por ten! le fardeau entre le moteur et l’essieu, sans qu’on leur ait attribué le principe du levier. L’erreur due aux apparences a plus de tétes que l’hydre de Lerne. Nous le savons: les raisons qui justifieñt la forme de la brou ette n’ayant pas éíé saisies on la trouva défectueuse. Les chars antiques ont subi aussi injustement, la méme critique. Les ligues suivantes sont d’un article de Mr. E. M. Prisse d’Avennes, publié par la Science franqaise du 12 juillet 1895. Cet ar ticle est fait de notes et de dessins de l’auteur qui, pendan! une vingtaine d’années, avait étudié l’Egypte,
«Dans ces chars du temps des pharaons»— nous ditM r. d’Avennes— «l’essieu étaitplacé »á l’extremité de la plateforme, de serte que »les chevaux supportaient un poids considé»rable. Le corps du char portait á vif sur >l’essieu ce qui rendait ce véhicule fort in»comode et fatigan!. C ’était lá, cependant, »l’équipage de guerre des héros égyptienset »des héros d’Homére.» Des voitures antiques á deux roues telles que le cisium par exemple, tels que certains chars, ont leur essieu, vers le milieu de celui-ci, á l’endroit oü vraisemblablement on le placerait aujourd’hui si on avait á recons truiré un véhicule de ce genre. (V. ps. 8337-44-45.) Par contre, d’aprés des documents d’uné
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B r a n c a r d s
é l a s t i q u e s .
indiscutable authenticité, des chars de combat grecs, romains, égyptiens et assyriens étaient souvent montés sur des essieux fixés á la partie postérieure du plateau de ces véhicules. Le char de la prétresse HERA était de ce type (v. n.” 115), type anormal qui, á premiére vue, parait défectueux et sem ble ne posséder aucun avantage.
E x p é r i e n c e .
ble que celul de nos charrettes modernos. Cependant cet artífice doit attenuer un peu l’effet des chocs et des cahots; non seulement parce que la place du conducteur est plus prés de la tete du timón; mais aussi parce que cette tete repose sur le joug qui, luiméme a ses points d’appui sur le cou flexible et élastique des chevaux. Mais ce résultat est une conséquence qui n’a pas dü étre cherchée.
168. Le dispositif qui, caractérise le genPourq’un tel systéme, dont l’anomalie et re de véhicules oü la charge, comme dans la brouette, agií entre l’axe ou l’essieu et la la singularité sautent aux yeux, ait été adopté forcé motrice, a visiblement sa raison d’étre il faut, me disais-je, qu’il ait sa raison d’étre.
Sediole. Les volantes de Cuba sont du méme genre. (V. n.° 44).
Louis XIV. Croquis d’aprés un tablean du Musée de Versailles.
lorsqu’il est appliqué á des voitures du genre de la sédiole, par exemple, ou de la volante (voir n.° 44). Les longs et flexibles bran cards, sur lesquels agit le poids de la caisse et des personnes, y tiennent lieu de ressorts. Cette longueur, par sa flexibilité, amortit les effets de secousses verticales dues aux imperfections du sol de la route. II est méme probable que les constructeurs de cette sorte de voitures, relativement modernos, n’aient vu, ni cherché, dans ce dispositif aucun autre avantage que celui de l’adoucissement des secousses produit par l’élasticité des limons. Bien entendu ils n’ont pas dú songer á l’avantage ^du p o id s considérable agissant sur les chevaux^. M . d’Avennes n’y voit qu’une cause d’inutile fatigue, comme celle signalée par tant de critiques, lorsqu’ils jugent la brouette dont l’homme leur semble surchargé d’un fardeau inutile (V . n.° 83, 93, ...). 11 est plus que probable que le dispositif de l’essieu h l’arriére ne fut pas adopté pour augmenter le moelleux des chars antiques dont le timón était aussi rigide et inflexi-
Voiture suspendue du XVII® siécle (v. n.»» 25, 26, 27 et l’image du n.“ 39). Lo longueur des brancards augmentait la souplesse de la suspensión.
II répugne en effet au bon sens d’admettre que sans motif justifié, des hommes sachant construiré des caisses de char, des essieux des roues et des timons, aient systématiquement, dans différentes régions et á différentes époques, disposé les partios de leurs véhicu les d’une faqon anormale. La stabilité est, pensai-je, d’une importance primordiale pour des machines devant rouler et évoluer sur des mauvais chemins et dans des champs de bataille. II est done possible que la forme bi zarro des chars antiques ait un rapport quelconque avec leur stabilité. 169. Puisée dans des considérations n’ ayant pas de rapport avec les lois de l’équilibre, cette déduction aurait pu étre fausse. Elle me mena cependant á l’idée de demander á tout hasard, á l’expérience, le mot de l’énigme.
On me fit, á la scie, deux petits blocs en bois, deux parallelipipédes pareils, longs d’ une trentaine de centimétres; d’une largeur de six et d’une hauteur de douze.
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R ésult at
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co m p a ra iso n .
Des roues d'un diamétre de 12 centimétres et un timón fixés á ces blocs bicycles leur donnait un aspect nettement véhiculaire. Les axes des roues étaient symétriquement cloués aux flanes de ces blocs, á une égale distance de leur face supérieure; mais tandis que, dans l’un, ces axes étaient placés vers le milieu de sa longueur, dans l ’autre, ils l’étaient á l’extrémité opposée á celle d’oü part généralement le timón.
Le premier de ces blocs était done équilibré sur l’essieu cemme le sont nos charrettes ou nos tilburys: l’autre était monté sur ses roues á la maniére de celui de la prétresse de HERA. (V. n.° 115.) La tete des brancards de ces chars était attaché au raoyen de deux ficelles d’égale longueur á chacune des extrémités d’un grand T en bois, sorte de ratean sans dents, dont le manche était tenu par Tune des mains de l’homme qui faisit rouler derriére lui, parallélement, dans des conditions de traction et de vitesse identiques, ces petits chars oü, sauf l’emplacement des roues, tout était semblable, Ces chars eschématiques parcoururent, en di vers sens, á des vitesses, différentes tirés l’un et l’autre, alternativement, por la main droite et par la main gauche et vice versa, un jardin dont les allées étaient couvertes d’une conche de gravier á grains assez gros. Les petits cailloux qui le composaient, étant donné le petit diamétre des roues, constituaientdes obstacles relativement importants. Je suivais l’homme qui tirait ces petits chars et ie comptais les chutes. Celles du char équiíibré étaient plus nombreuses.
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Pourquoi étaient-elles plus nombreuses? L ’expérience m’avait donné un peu moinsque ce qu’elle pouvait me donner: mais je ne lui en avais pas demandé d’avantage. Je savais, g ro sso m odo, a quoi m’en teñir. Le dispositif en question des chars antiques avait done avec l’équilibre le rapport que ma faible perspicacité n’avait que soupqonné. En reculant l’essieu, les constructeurs de ces chars avaient donné á ceux-ci un supplément de stabilité. L ’ empirisme, auquel je m’étais adressé me fit toucher du doigt un fait. La cause de ce fait, cette cause (dont la connaissance aurait rendu l’expérience inutile) m’échappait encore. De toute faqon cette expérience m’avait laissé, sur la bonne voie. Aujourd’hui, il me semble qu’il s’agit d’une chose évidente, mesurable, calculable. Elle Test en effet et son explication, que nous allons essayer d’exposer n’offre, croyons nous aucune, difficulté. 169 bis
Si on léve ou on baisse verticalement l’une des extrémités M d’une droite (ou d’un levier, d’une régle, etc.) dont l’autre extrémité O repose sur un plan fixe, on elévera ou on desceiidra tous les points de cette droite placés entre M et O proportionnellement á l’élévation ou á la descente de l’extrémité mobile M . 2.° Chacun de ces points dans ce cas, montera et descendra d’autant moins qu’il sera plus loin du point d’appui mobile M. A l’observation de ce fait et de ses conséquences, ou aux considérations géométriques ou trigonométriques auxquelles il donne lieu est indubitablement dúe l’invention de l’artifice consistan! á placer l’essieu, dans les chars antiques, á l’extrémité postérieure de leur plateau, pour augmenter la stabilité de ces voitures.
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q u a t r ié m e
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Dans le cas concret dont nous nous occupons le point relativement fixe O représente le point du timón qui repose sur le joug des bétes. M est le point d’appui du char sur l’essieu, char figuré par une droite. Les cailloux sailiants et d’autres défauts du chemin font monter et descendre ce point M.
La tete des timons des chars antique de course et de combat reposad, généraleinent, sur le milieu du joug, c’est-á-dire sur un point placé dans un plan, invariablem entparalM e, pourrait-on-dire, á celui de la surface du chemin.
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teau, ce qui lui donne comme nous l’avons indiqué, une certaine analogie avec la brouette bicycle. Pour le reste il est en tout semblable au premier de ces chars. Lorsque celui-ci franchira le caniveau et lorsqu’il; passera par-dessus la branche, ses roues et son centre de gravité éprouveront une montée et une descente, d’une hauteur égale á celles qui séparent la surface de la route de deux plans, paralléles á cette surface, dont Tune passerait par le haut de l’obstacle saillant et l’autre par le fond de l’obstacle con^ c a v e . (Dans les croquis de cette page le gros point repré sente le centre de gravité).
Les roues des véhicules peuvent avoir á surmonter les obstacles sailiants d’un chemin en mauvais état ou á descendre dans les concavités de sa surface. (Fig. i et 2 , a gauche.)
Supposons qu’un caniveau et plus loin une branche, á peu prés cylindrique, tombée d’un arbre, coupent transversalement le chemin, que parcourent deux chars antiques, á la méme vitesse. L’un de ces véhicules est du genre de nos churretes á caisse et á fardeau equilibré sur l’essieu. Lessieu de l’autre char est placé a l’extrémité postérieure du pla-
Par contre, tandis que ces mémes obs tacles feront monter h la méme hauteur et descendre á la méme profondeur, auxquelles sont montés et descendus les roues du char précédent et son centre de gravité, le centre de gravité du char dont te ssie u se trouoe d te x tré m ité du plateau descendra á une profondeur et s’élévera á une hauteur moindres que celles de l’obstacle en creux ou de l’obstacle saillant. Autrement dit, dans ce cas, sous l’effet de la méme cause, le cen tre de gravité du deuxiéme char oscillera moins que celui du premier. 2 ° Le centre du cercle des roues de ce second char montera plus haut ou descendra plus bas que ne descendra ou ne montera, au méme instant, le centre de gravité de ce méme véhicule. 170. Bien entendu, continuellement sur les mauvais chemins, une seule des deux roues d’un véhicule, tantot celle de droite, tantot celle de gauche, monte sur un obstacle saillant ou descend dans un creux. (v.fig.2, á droite.) Dans l’un comme dans l’autre de ces cas, le centre de gravité non seulement monte et descend; mais il se porte en méme temps; soit vers la droite, soit vers la gauche, au détriment de la stabilité ou du moins avec une diminution plus ou moins grande de celle-ci.
Qu’on suppose une voiture bicycle roulant sur une route dont le profil transversal est horizontal. Admettons que les obstacles se présentent alternativement tantot á l’une des
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roues, tantot á l’autre. Dans ces cas, la grandeur du déplacement latéral du centre de gravité est proportionne! á la hauteur de la montée ou de la descente produite par les obstacles. Or, ces montées et ces descentes et ces balancements latéraux
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luxe repose aussi, on le sait, comme celui de ces voitures espagnoles, sur le milieu d’une barre horizontale perpendiculaire au plan vertical passant par le timón, barre qui est soutenue par les sellettes des deux bétes; c’est-á-dlre par l’échine de celles-ci. Les anciens adoptérent préféremment le premier de ces systémes. Est-ce parce que, le timón, toutes choses égales, devant étre, dans ce cas, plus long, sa plus grande longueur aug mente la distance entre son point d’appui antérieur et le centre de gravité? Les mouvements verticaux de la tete de ce timón sont ainsi moins sensibles pour le centre de gra vité de la voiture. 171
C onclusión: A u point de vue de la stabiliíé, il est avantageux de placer l’essieu des véhicules bicycles á l’arriére. Les Anciens l’avaient compris. du centre de gravité, sont pour les chars, toutes choses égales, d’autant plus faibles que la distance est plus grande entre les plans verticaux oü se trouvent, dans l’un, l’essieu, dans l’autre, le centre de gravité du véhicule et de son chargement.
L’lnventeur des chars antiques du type de celui de la prétresse de HERA était un homme de génie. Son invention ne peut pas étre attribuée au hasard: mais á chacun le sien.
Le toar du Monde, 1864 et 1882 (Librairie Hachette. París).
On peut faire reposer la tete du timón des chars, et de toutes les voitures bicycles, soit sur le cou de la tete, devant le garrot, comme on le fait en France, dans le départemens des Landes, par exemple; soit sur une sellette; plus en arriére, partant; comme cela se pratique dans certaines regions de l’Espagne. (C a n o s de violín. Prononcez: dé bioline). Le timón de certaines voitures bicycles, de
Un copiste ou un réinventeur de cette méme découverte s’est rencontré, nous le savons, en Mongolie. .Copiste, réinventeur ou inventeur peu importe. II a droit aux mémes éloges que son antique devancier, soit parce qu’il a compris l’avantage et l’utilité de la découverte de celui-ci, soit parce que l’ignorant il á eu la méme idée géniale. Cette utilité saute, en efíet, si peu aux yeux
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Aütre a v a n t a g e
de V e s s i e u p l a c e
que de nos jours on a jugé peu raisonnable le dispositif qui la produit, dispositif adopté, par d’autres raisons il est vrai, pour la brouette. Celle-ci, nous obligea á admirer le sien. Le Toar du M onde dit un mot de ces véhicules; mais la particularité de la place qui y occupent l’essieu ne semble pas avoir attiré l’attention de l’auteur des articles de cette importante revue illustrée. Luis XIV , parcourant á tout galop la campagne, ne soupqonnait probablement pas, non plus que son véhicule aurait été moins stable si l’essieu y avait été mis lá oü, á priori, on l’aurait placé si l’exigence de la suspensión ne s’y était opposée. (V, le croquis du n.° 168). Le Toar du Monde^ 1864 et 1882. Lib. Hachette. 171 bis. a) Bien que le dispositif de Ves sieu a F a rrié re ría itp a sé té a d o p té pou r augmenter le m oelleux des chars, il ríen résulte pas moins que cet artifice d o it atténuer teffet des chocs e t d es cahots, non seulement parce que la p la c e du conducteur et plus prés de la te te du timón., m a is a u ssi parce que cette te te repose sur le jo u g qui., lui-méme a ses poin ts d'appu i sur le cou (*) Naturellement, lorsque notre place dans une charrette est dans le plan vertical ou se trovue l’essieu, nous ressentqns les chocs subís par les roues avec une intensité qui diminue á mesure qu’on s ’éloigne de ce plan. C ’est probablement pour adoucir le plus possible Tefiet de ces chocs qu’on plaijait, au XVIIe et au XVlIIe siécle, la caisse de la sédiole etc. devant l’essieu, reposant sur des brancards que leur lon-
d l ’a r r i e r e et non au mi l i e u.
flexible et élastique des chevaux (*). b) P a r la m ém e raison q ríil augm ente Vadhérence du brouettier, le disp o sitif auquel nous fa iso n s allusion augm ente forcément, plu s ou moins., Vadhérence des che vau x; m a is ces a van tages inhérents au systém e répétons-le, río n t p a s e té cherchés p a r son inventeur: probablem ent méme, les anciens r íy on t a tta ch é aucune attention. c) La pa rtie en porte-dfa u x qui e st devant Vessieu dan s les chars du typ e équiíibré A , serva d de contrepoids d la p a rtie antérieure. Evidemm ent aux tornants rapides, p a r Veffet de la forcé, centrifuge la m a sse a a a a pou vait étre un facteur contraríe d la stabilité du véhicule, facteur dont ¡>— Vinfluence plus ou m oins gran ■ de dépendrait du p o id s de la m a sse, d e sa longueur, de la . vitesse du véhicule e t du rayón de la courbe. S u r les bons chemins en ligne droite, les conditions d'équilibre du char 1 e t 2 (v. n.” iro) son t sem blables. rendait flexibles. On peut en dire autant de la caisse f ueur es volantes, et ajouter que du fait d’aooir Vessieu á l’ex-
trémité de leur plateforme les chars antiques du type de celui de la prétresse de la déesse Hera sont nécessairement moins durs pour le voyageur, le guerrier ou l’aurige que ceux oü la caisse, comme dans nos charrettes, est équilibrée sur l ’essieu.
171 ter
MOTUSMINORISME »S {{
^ Si on éléve ou on baisse verticalement l’une des extrémités M d’une droite (ou d’un levier, d’une régle etc.)] dont Tautre] extré-
mité ü repose sur un plan fixe, un point placé entre M et O montera et descendra d’autant moins qu’il sera plus loin du point M.
172. La place qu’ occupent dans cette monographie les chars antiques pourra pa-
raitre un peu trop large. Cependant étant données les ressemblances et les analogies.
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M o tu sm in o rism e
des
qu a d ru p éd es
rattachant, quoique fortuitement, ces vénérables véhicules, á nos modernos brouettes, Ies explications auxquelles ont donné lien les chars rendront moins longue et plus claire, croyons-nous, cette causerie. Nous l’avons dit, mais répétons-le: comme celle de beaucoup de ces chars, la charge ou le fardeau des brouettes, bicycles ou monocycles est systématiquement placé entre l’essieu ou l’axe des roues et le moteur. L ’un des résultats de cet arrangement est celui de diminuer la grandeur et l’intensité des mouvements subis par le centre de gra vité de l’unité homme-brouette. Nous donnons le non de M OTUSM INORISME á ce résultat. (M inor: moindre et m otas mouvement; c’est-á-dire moindre mouvement du centre de gravité.) Nous appliquons done ce mot á la propriété de l’unité homme-brouette, consistant á ce que le centre de gravité de cette unité n’éprouve, que d’une fapon plus ou moins atténuée, l’effet des mouvements verticaux ou horizontaux dus á l’imperfection du sol du chemin ou aux oscillations vertica les et horizontales de la marche de l’homme (Voir n.°s 52 et 72). Par suite de l’arrangemet signalé, ces os cillations sont d’autant plus petites et d’autant moins fatigantes pour le brouettier que les distances sont plus grandes entre les trois plans verticaux et paralléles oü se trouvent, dans l’un, le milieu des poignées; dans l’au-
et
des
bípedes.
cédents á l’unité homme-fardeau-civiére, uni-
De Re metallica
té dont le centre de gravité ressent d’autant moins les oscillations produites par la marche des brancardiers, que les trois plans correspondant aux points d’appui antérieurs et postérieurs et au centre de gravité, sont plus éloignés les uns des autres. 174. N ote : N ous avons signalé l’analogie existant entre un quadrupéde et une civiére
Motusminorisme des quadrupédes et des unités homme-cheval et homme-bicyclette.
tre, l’axe ou l’essieu de la roue ou des roues et, dans le troisiéme, le centre de gravité du fardeau. 173. M atatis mutandis; c’est-á-dire en tenant compte des différences existant entre la brouette et la civiére, on peut appliquer ce qui vient d’étre dit, dans les paragraphes pré-
en marche. Le motusminorisme des quadru pédes; chevaux, chiens, etc..', est compara ble aussi á celui du véhicule á brancardiers. Les oscillations verticales, par exemple, de la course d’un levrier, galopant sur un plan uni ou sur un sol quelconque font éprouver au centre de gravité du coursier, des montées et des descentes insensibles ou beau coup moins sensibles en tous cas que celles, que, pendant cette course, subissent la tete ou la racine de la queue de ce chien. Par contre, tous les points du corps de l’homme qui marche ou court montent et descendent autant que son centre de gravité. Comme l ’unité homme-brouette, 1’unité
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QtíATKIÉME PARTIE. CAUSERIE HUITIÉME
M o tü s m in o r is m e
du
v e lo c ip e d e
et
homme-bicyclette profite aussi du motusminorisme; bien que dans une proportíon moindre que si la selle de la machine était á une distance égale de chacun des axes de ses roues. Le centre de gravité de l’homme mon té á bicyclette est plus prés de la roue motrice que de celle de devant. Néanmoins, la hauteur des montées et des descentes causées par les imperfections du chemin sont sensiblement atténuées non seulement par l’élasticité des caoutchoucs et des chambres á air; mais aussi, par l’effet que, po*ur la clarté et la briéveté de nos explications, nous avons appelé motüsminorisme, effet utile d’une cause mécanique dont le prin cipe est d’ordregéométrique. (V. n.° 172 bis.) Tout se tient. Le motüsminorisme établit done un rapport de plus (il y en a d’autres) entre le fonctionnement de chars romains, la brouette et, surtout entre celle-ci et la bicy clette. Le motüsminorisme se combine d’ailleurs dans certains cas avec une propriété peu vi sible dont la brouette, qui n’en n'a pas l’exclusive jouissance, fait cependant souvent son profit. On nous pardonnera j’espére, de donner a cette propriété, faute d’un autre, le nom de c l iq u e t t is m e . Les cyclistes et les brouettiers qui profitent du cliquettisme, sans lui accorder un seul instant d’attention, doivent étre tres nombreux. Les cyclistes que j’ai questionnés connaissaient pratiquement, mais inconsciement, ces^effetsde cliquettisme auxquels ils n’avaient arrété leur pensée qu’au moment de m’en entendre parler. Par conséquent, bien que les ayant éprouvés, il ne leur était jamais venu a l’idée d’y réfíéchir ou d’en rechercher la cause. On peut, je crois en dire á peu prés autant des rouleurs de brouettes. Ceux-ci pourtant, ont tous los jours des cas de cli quettisme brouettique sous leurs yeux et leur travail en fournit sans cesse, pratiquement, des exemples. Bien entendu le cliquettisme aura, plus loin, sa place dans ces caaseries. 175. Voyez n.° 173. Nous avons rappelé que le mécanisme de la marche produit des
de
la
c io ié r e ,
A u to m o b ili s m e .
deScentes et des montées du centre de gra. vité du marcheur et du fardeau qu’il porteSupposons deux hommes d’égale forcé et taille, porteur chacun, dans des bonnes conditions d’un fardeau pesant 24 kilogrammes. Sur ce méme chemin deux brancardiers, sur une civiére, en se servant de la bretelle pour le soulagement de leurs bras, transportent un poids de 24 kilogrammes (negligeons le poids de la civiére). Dans ce cas, bien que les quatre hommes soient également chargés, les deux brancardiers travaillent moins que les deux porteurs libres. Gráce au motusminorism e les montées et les descentes (dues á la marche) du centre de gravité du fardeau porté sur le brancard sont d’autant plus petites que les bras de celui-ci sont plus longs. Bien entendu, dans cet exemple, nous entendons que le centre de gravité du fardeau est á une distance égale des quatre poignées de la civiére. (V. íes desslns du n.° 90.) Par la méme raison du motüsminorisme, le centre de gravité de la brouette n’éprove que d’une faqon attenuée les oscillations de la marche du brouettier. Cette atténuation comme dans le cas précédent, est d’autant plus grande que les bras de la brouette sont plus longs et que ses manches ou poignées sont plus loin du centre de gravité de l’unité brouette-fardeau.
AUTOMOBILISME DE LA BROUETTE 176. Automobilisme de la brouette. L’adhérentisme et l’automobilisme sont entre toutes les vertus cachées de la brouette celles qui aident le plus le brouettier, celles qui contribuent le plus mystérieusement au mérite de cet admirable véhicule. 177. Nous le savons, les livres qui donnent la brouette comme exemple du levier du deuxiéme genre sont nombreux. Bien que ne valant pas grand’chose, celui de la civiére serait préférable; pourvu que ses poignées
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QUATRIÉME PARTIS. CAÜSERIE HUITIÉME
La lo i du leoier e t la
brouette.
B rouettiers tirés p a r la
soient soutenues par des porteurs (Légale taille p la c é s sur un pla n horizontal. L’un de ces hommes jouerait le role de la puissance l’autre celui de point d’appui. Les auteurs, de ces livres elémentaires de physique ou de mécanique demandent, á leurs lecteurs, á leurs éléves, á des futurs ingénieurs, qu’elle est la pression sur les mains du brouettier, étant donnés telles distances entre les poignées et le plan vertical oü se de gravité trouve du fardeau le centre de la brouette et, entre ce plan et l’axe de la roue. Posé en ces termes ou d'autres analogues, le probléme est insoluble. Les données fournies pour sa solution sont incomplétes. II s’agil d’exercices de calcul dont l’objet est l’appliPage 493. Figure 237. Tres reduite de l’ouvrage cité au n.° 98 de ces causeries. Les bras et le plateau de la brouette y sont représentés, on le volt, formant un angle d’une trentaine de degrés ave l’horizontale. V. E x ce rc ic es , p. 496 (1898) Fig. 493.
catión de la loi du levier, á une machine, dont le principe, leur a-t-on dit, est le principe du levier du deuxiéme genre. La loi du levier á laquelle les eléves doivent avoir uniquement recours pour resoudre le probléme est insuffisante. En effet l ’axe longitudinal de nos brouettes européennes, quand l’homme en soutient les poignées, n ’est presque jamais dans un plan horizontal. L’ínclinaison de l’axe longitudinal du véhicule et la hauteur de son centre de gravité, audessus de cet axe, vont jouer, bien entendu, les roles principaux dans cette note, dans cette causerie dédiée á rautomobilisme brouettique. 178. On volt souvent passer des brouet tes vides, leur brancards en l’air, suivies du brouettier que les maintient dans cette position anormale. II tient les poignées du véhicule dans ses mains ou bien il place celles-ci plus bas, sur les bras de la voiture ou sur le bord de la caisse ou du plateau. Dans ces cas l’homme fait peser sur la brouette une quantité plus ou moins grande
brouette.
M. Laugée.
du poids de sa personne.
Le cycliste qui marche, á pied á cóté de sa machine s’appuie aussi sur celle-ci; mais il doit la pousser; tandis que la brouette tire son homme et l’entraíne avec d’autant plus de for cé qu’il s’appuie plus énergiquement sur elle: méme si le chemin est légérement montant. Pour obtenir ce résultat, pour que le brouet tier soit tiré, les brancards de la brouette doi vent étre maintenus dans une position telle que l’axe longitudinae du véhicule forme, avec la verticale, un angle qui excerce une influence d’autant plus énergique, d’autant plus favorable á l’automobilisme que sa grandeur voisine d’avantage avec le quarantecinquiéme degré. 179. J’avais lu que Mr. D. Laugée, pére, avait peint d’une faqon remarquable un paysage et une scéne rustique dont la figure principóle est une brouette (chargée de saos de pommes de terre) mué par un homme et une femme. Celle-ci, placé devant tire a l’aide d’une corde, l’homme soutient les poig-
J’aime l’art, mais je teñáis sortout á connáitre la región ou cette scéne de transport brouettique se passait. Je ne tardai pas a découvrir l’adresse de Mr. Laugée h Paris. Mr. Langée, fhs, me requt de la fa^on la plus courtoise, m’appnt
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QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE HÜITIÉME
Qaité
et
brouette.
Objets
se
que le tableau avait été peint par son pére et acheté par l’Etat, et qu’il appartient, maintenant, au Musée d’une ville: de celle de
Cette brouette manque d’automobilisme parceque...
„ . . ^ ^ , Rouen, si je ne me trompe. Mon mterlocuteur me fit 1effet d’un artiste aimable, franc, jovial. Quand, repondant á ses questions je lui avouai que l’amour de la peinture n’entrait que pour une quantité trés insignifante dans l’objet de ma visite; que le but principal de celle-ci était l’étude de la brouette et que j’en écrirais peut-étre un jour une monographie; pour laquelle je preñáis des notes, l’étonnement de Mr. Laugée fut grand. L’automobilisme, dans ce temps, commenqait á faire parler de lui. «La brouette, ajoutai-je, est intéressante sous bien de rapports; dans certains cas elle est méme automobile». Le peintre partit d’un irresistible et entraínant éclat de rire. «Non», me dit-il, quand il put parler— , «vous avez, mon cher monsieur, trop d’esprit pour écrire ce livre». Aurait-il pu me dire sous une forme plus spirituellement polie: Ne l’écrivez pas; ne faites pas cette sottise qui ferait croire que vous avez perdu la raison!
180
Tout le monde a observé ce qui arríve lorsqu’on veut faire prendre á une
depla^ant
automatiquement.
échelle á main ou á une longue planche ou á une poutre, couchées sur le sol, une position verticale (ou serapprochant plus ou moins de celle-ci) en soulevant l’un des bouts de ces objets. Lorsqu’ on agit de bas en haut sur Tune de leurs extrémités, l’autre extrémité, celle qui porte directement sur le sol, fuit vers l’avant. Cette fuite, souvent fort génant est d'autant plus difficile d’arréter que le sol est plus uni, plus glissant; mais cette tendance á glisser et á íuir diminue au fur et á mesure que la position de l’échelle ou de la planche qu’ on dresse se rapproche d’avantage de la verticale. De méme que le prisme décompose la lumlére et Sépare 1 UU de 1 autre deUX de S6 S rayons, la déclivité d’un plan incliné décompose l’effet de la gravité. Une partie du poids d’une boule placée sur un plan incliné agit r &
verticalement sur le point d’appui de cette sphére. L ’autre portion de ce poids déplace la boule dans le sens vers lequel est incliné le plan. (Dans notre croquis Tune des fléches représentela composante horizontale: l’autre la composante verticale). Supposons une lourde boule qu’un lien retient sur un plan incliné. La forcé, la quanti té de forcé qui tend á éloigner la boule de la verticale passant par son centre de gravité ou par son point d’appui (losqu’elle est retenue sur le plan incliné) et la traction que subit le lien qui la retient seraient, d a n s ces causeries, ce que nous entendrions par automobilisme de cette boule; si au lieu d’une brouet te il s’agissait d’une sphére, d’une boule. Lors qu’il est question de l’automobilisme de la brouette le plan incliné est dans celleci. Ce plan se déplace avec le véhicule; comme les rails sans fin ou comme le chemin des
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D e f t n i i i o n .
A u t o m o b i l i s m e
d e s
o o i t u r e s.
roues á chenille dont nous avons dit un mot dans la premiére partie de ces caaseries (ps. 121 et 122). C ’est done un plan incliné dont l’effet est, aussi, sansfin. La forcé qui fait descendre une boule sur un plan incliné est la cause premiére de l’automobilisme brouettique. La roue qui, théoriquement, supprime le frottement du véhicule sur le sol en est un facteur. La déclivité du pla n p a s s a n t par les poign ées e t p a r Vaxe de la roue est le principal élément de cet l’automobilisme. La composante horizontale en est l’áme ou le ressort. A l’aide d’un facile graphique, gráce au parallélogramme de Galilée, on peut, avec une précision suffisante, se rendre compte de
moins. Cependant, dans la pratique, seulela brouette unirotique peut en profite pleinement, couramment, systématiquement. Sur un plan tres uni et tres roulant la brouet te bicycle serait automobile, aussi; mais comme elle manque de ce que nous avons appelé verticalism e et de la convergence de la forcé vive sur un seul poin t ou ariétisme, le moindre obstacle cale l ’une des roues! Les pressions et torsions anormales qui en resultent et l’effort qu’ éxige, dans ce cas, le maintient de la direction absorvent, en grande partie, l’intensité efficace de la composante horizontale, cause de «l’automobilis me brouettique». Cependant souvent on voit, mués par des hommes, de grande voitures bicycles et des
la grandeur de cette composante, c’est-ádire de l’intensité de l’automobilisme d’une brouette.
voitures plus petites dites á bras á deux rou es, roulant les brancards, les bras ou le timón en l’air el dont les plateaux forment, avec le sol, un angle qui ne s’écarte pas beaucoup, en plus ou en moins, de 45 degrés.
180 bis Dansces causeries 1’ A t o m o b i l i s m e brouetti que est done: \.° la propriété de la brouette en vertu de laquelle cette üoiiure a une tendance á rouler a'elle m éme ou roule d'elle m ém e des qu'on en soutéoe á une hauteur suf fisa n te les p oig nées; 2.° la traction que, de ce fa it, elle excerce sur son b r o u e ttier; traction qui préte une aide á celui-ci, considéré com m e moteur. 181. La particularité que nous venons de désigner sous le nom d autom obilism e, a vrai dire, n’est pas une propriété exclusive de la brouette monocycle; théoriquement du
Les diplacement de ces voitures, est aidé par leur inclinaison. Leurs roues, gran des pas rapport aux aspérités du sol du chemin, favorisent la tendance au mouvement vers l’avant. Dans ces cas, oii on léve le ti món, ou les brancards, des voitures á deux roues, l’artifice consistant á augmenter l’angle que forme l ’axe longitudinal decesvé-
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QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE HÜITIEME
limite
et
degr és
d 'in ten site
de
V a u to m o b ilism e .
hicules avec l’horizontale aide Thomme qui les déplace.
181 bis Cette inclinaison du plateau des voitures ne rend, répetons-le, vraiment et pratiquement automobile que la brouette monocycle; grñce á l’ariétisme; c’est-á-dire grace a la convergence sur un seul point de la compo sante horizontale. L’automobilisme brouettiques est le résultat de la tendance k descendre du centre de gravité de la brouette (ou de celle-ci et de son fardeau). Les images des deuxl’objets
figurés dans cette gravure, entre l’échelle et la brouette qui est prés du chiffre 60, font voir, pour ainsi dire analytiquement, graphiquement, la cause du déplacement du moyeu et de la tete d’un des rais de la roue d’une brouette. En réalité le moyeu avance; mais ne descend pas, parce qu’un rais réel ou ou virtuel remplace immediatement et instanément celui sous lequel était, k l’instant pre ceden!, le point d’appui de la roue. Théoriquement si on suppose nul le frottement de la roue sur son axe et sur la route, l’automobilisme commence k se produire dés que le plan (appellons ce plan P A) passant par les Poignées et par l’Axe de la roue s’incline longitudinalement lorsqu’on souléve les poignées, c’ est-á-dire lorsque le plateau de la brouette est en position horizontale.
Lorsque le plateau est en position horizontale...
L ’automobilisme disparait théoriquement dés que le plan sur lequel reposent les points d’appui de l’unité homme brouette forme avec l’horizontale un angle égal k celui que le plan P, A forme avec cette ligne.
Pratiquement la manifestaron de l’automobilisme ne commence á étre sensible que bien aprés et bien avant ces limites théoriques. Toutes choses égales le máximum d’intensité de Tautomobilisme se produit, sur palier, lorsque le plan P A forme avec le sol un angle de 45 degrés.
181 ter De deux brouettes, vides ou chargéees la plus énergiquement automobile, toutes les autres choses égales, est celle dont le cen tre de gravité est au dessus du plan passant Dar les poignées et par l’axe de la roue. La Drouette dont le centre de gravité est plus Das au dessous de ce plan est encore plus automobile. Aussi les ouvriers se laissent-ils souvent tirer par leurs brouettes, aprés les avoir tournées sens dessus dessous. Toutes choses égales, l’automobilisme le plus énergique de plusieurs brouettes; correspond á celle dont e centre de gra
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QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE HUITIÉME
A u t o m o b i l i s m e
et
c e n t r e
vité y est plus bas. (V. les deux premiers schemas de cette page.) Le plateau des brouettes de ces croquis schématiques est traversé par une tige rigide fixée vertical e-
de
g r a v i t é .
C liq u e tt is m e ,
Si on éléve les poignées, lorsque la masse M est á une certaine hauteur au dessus du plateau, la pression del’axesurle support S se produit vers le bas, tandis qne la pression sur les mains se fait sentir de bas en haut. Le contraire a lieu, les poignées étant soutenues, losque la masse se trouve en bas; en T, par exemple.
rendra visible, pour ainsi dire, cette raison, assez cachée, qu’on saisirait difficilement en regardant passer une brouette vide ou chargée. Ces croquis disent, croyons-nous, visiblement que l’une des données dont il faut teñir compte pour le calcul de l’intensité de l’automobilisme est celle de la place qu’occupe le centre de gravité de la brouette, vide ou chargée. Toujours est-il que Vautomobilisme est une des qualités qui rendent si utile la brou ette. Grdce á ce don lorsqu’elle est vide,
ment sur ce plateau. On peut fixer sur un point (plus ou moins éloigné du plateau) de la partie supérieure ou inférieure de cette tige, une masse lourde M. Si, pour rendre visible ou sensible l’effet, on fixe alternativement la m asse assez haut, sur la tige supérieure et assez bas sur la tige inférieure, on comprendra, on verra: que l’élévation de la masse tend a augmenten la pression de la roue sur le sol et méme á faire aller la roue vers Tarriére. Le contraire á lieu si la masse se fixe sur la partie inférieure de la tige.
Un coup d’ail jeté sur la partie haute de la figure précédente ou sur la figure suivante
elle sert d’appui á son homme et l’aide á se déplacer. Lorsqu’elle est chargée, bien (|ue sa traction soit moins sensible, celle-ci n en est pas moins secourable, calculable et me surable. (Moins sensible, parceque la déclivité du plateau est plus petite.)
182
(On supposera que la brouette peut tourner autour de son axe placé sur le support S et que la masse M peut se fixer sur un point quelconque soit de la tige supérieure, soit de la tige inférieure, tiges perpendiculaires au plateau de la brouette),=
Une échelle méme assez lourde, dont l’un des bouts repose sur le sol, se laisse trainer facilement. Peu importe que ce sol soit ru-
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l e
c l i q u e t .
E x e m p l e s
gueux, mou ou couvert d’ondulations. 11 serait difficile ou impossible de déplacer cette échelle en la poussant comme une brouette sur un terrain du genre de celui auquel nous venons de faire allusion.
d e
c t i q u e t t i s m e
descentes du bout libre du cliquet et certains effets que produit la traction d’une brouette,
Un enfant pourrait cependant y chevaucher, monté sur un baton. En revanche, le jeu deviendrait dangereux si, au lieu d’y traíner son cheval, il prenait íantaisie au bambin de courir dérriére le báton en en tenant un des bouts á la hauteur de sa poitrine ou de sa tete. Tout le monde connaít le cliquet de la mécanique pratique. C ’est un levier dont Tune des extrémités est fixée h un axe et dont
Dans ces véhicules sans roue la charga est placée comme dans la civiere et comme dans la brouette entre les points d’appui de leurs grandes barres longitudinales. Ce sont en outre des espéces de grands cliquets. Les obstacles et rugosités de la route soulévent leurs extrémites tratnantes.
d’une brouette par conséquent tirée, non poussée; á laquelle le brouettier tourne le dos.
l’autre bout peut monter et descendre, librement. Si cette extrémité libre repose sur une roue convenablement dentée le cliquet permet á celle-ci de tourner dans un sens et non dans l’autre; tandis que si ce bout libre taíne sur le sol, dérriére una voiture, par exemple, il empéche le mouvement de recul de cette voiture. De nombreux camions automobiles sont garnis de ce cliquet. II a la forme d’une barre taillée en biseau, ou en pointe, du coté libre. Le cas de cette barre, celui de la bicyclette, dont la roue de dérriére n’éprouve pas une secousse aussi violente que celle de devant, lorsqu’elles ont á franchir un obstacle; ceux de l’échelle tirée et non poussée et de l’enfant chevauchant sur un báton ou une canne, dont un des bouts traíne sur le sol, sont des exemples de ce que nous appelons ctiquettisme. Paute d’un autre, nous avons adopté ce uiot. Son choix croyons-nous est suffisamment justificie par l’analogie, plus ou moins marquée, existant entre les montées et les
Dans ces exemples le bout trainé du báton, les extrémités inférieures des grandes barres de r óchelle et le bas de la roue de derriére de la bicyclette jouent le role que joue en mécanique le bout libre du levier dit cliquet. La partie en contact avec le sol de ces objets est soulevée doucement, sans secousse vio lente, par les obstacles du chemin. 183. (V. n.° 161.) On peut le dire: la brouette monocycle chargée n’est jamais ti rée. Elle est toujours poussée: c’est un fait. La seule exception á cette régle est tellement invraisemblable qu’elle pourrait étre l’objet d’une devinette. Bien des langues données
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P O u r
f a i r e
p a s s e r
un
au Chat seraient probablement le résultat de ce jeu. Néanmoins l ’exception á laquelle, nous venons de faire allusion, a trait á un cas pratique et á un procédé d’un usage fréquent. On est tellement habitué á ne voir et á n’avoir dans Timagination que des brouettes poussées, non tirées que, nous le savons (V. page 86) au X V I eme siécle, le docte mathématicien Jacques Beson Dauphinois, inventeur d’une brouette perfectionnée (qui est tout juste une brouette) a dit dans le Théatre d es Instrum ents M athém atiques son regret de ce que, son dessinateur et graveur n’ait pas représenté son véhicule roulant derriére l’homme qui le déplace. J’ai raconté que, moi-méme, je fus fort surpris á Las Fraguas, en observant qu’on n’y poussait pas, mais qu’on y tirait la voiturette, que je considérais du genre brouet te, et qui, comme telle, aurait dú, d’aprés ma facón de voir, d’alors, étre poussée. (V. p. 243).
o b s t a c l e
á
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b r o u e 11 e ,
montré qu’ il risqueraient en employant ce procédé de briser la roue de sa machine ou tout au moins de bouleverser le contenu' de la brouette. ’ Pour éviter un accident de ce genre, sans avoir recours au plan incliné, dont l’établissement exige du temps et des éléments que le brouettier n’a pas toujours sous la main, celui-ci a le choix entre deux moyens. Parlons d’abord du moins intéressant. Lorsque la roue de la brouette est trés prés de Fobstacle ou qu’elle le touche, l’homme s’arréte, se baisse et ses mains láchant les poignées des que les pieds de son vé hicule reposent sur le sol. II va alors vers la
Plusieurs brouettiers des gravares du X V F siécle, de l ’ouvrage d’Agrícola (V. n.° 161) aprés avoir vidé leurs brouettes, reviennent, en tirant celles-ci, vers le tas de ierre ou de pierres á transporter pour en prendreunenouvellebrouettée. Les ouvriers, nos contemporains, font de niéme. roue, s’arréte de nouveau, tourne le dos á la 184. Les brouettiers poussant leur brou direction qu’il suivait, place ses pieds l’un a ette chargée ont souvent á faire franchir á droite l’autre á gauche, du cercle de la roue celle-ci, un obstacle haut, par rapport au de sa machine. Quand il est entre ses jam bes, il le souléve, en excerqant en méme temps, sur cette roue, une traction, en sens horizontal, qui fait avancer vers lui la brou ette.
2. Pour I’éviter.
1. Choc.
diamétre de la roue, tel que, par exemple, le bord d’un trottoir. Attaquer de front, face á face, franchement directement cet obstacle serait dangereux. L’expérience leur a dé-
Aprés avoir posé la roue de l’autre coté de l’obstacle creux ou saillant, ou de l’avoir Dosée sur celui-ci (si l’obstacle consiste en une différence de niveau, telle que celle qui sépare le haut du trattoir du sol de la chaussée) le brouettier revient aux poignées de sa voiture, les souléve et se remet en marche. L ’effortexigé par cette manoeuvre est assez grand, puisqu’en méme temps qu’il léve la roue et le poids qu’elle sóutient, l’homme
Pour tou-Q -te la page.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE HUITIEME
A a t r e
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doit vaincre la résistance qu’opposent, par leiir frottement sur le sol, au déplacement horizontal de la brouette, les pieds de celle ci,
s’il n’a pas devant ses yeux un farceur ou un fou? L’étonnement et le doute, quant á l’état mental du brouettier augmenteraient pour cet observateur, si Thomme á la brouette, Ajourons que les brouettiers ont souvent comprenant la surprise du profane, venait á recours au moyen qui vient d’étre décrit et á lui dire que, moyennant un procédé analocelui dont nous allons parler; méme lorsqu’ gue, il pourrait faire gravir á son véhicule Ospoüssent des brouettes vides, s’ils veulent les marches d’un long escalier ou bien faire éviter á celles-ci des chocs trop violents. rouler une lourde brouette pourvue d’une toute petite roue sur un sol raboteux, oü ne (V. p. 196.) passerait pas une brouette du méme genre, 185. II y a en effet un autre procédé, garnie d’une belle et grande roue, parfaiter plus digne d’attirer l’attention, plus ingé- ment graissée et poussée par un solide ounieux, plus élégant, auquel ont recours les vrier. professionnels connaissant bien les ressources 186. Lorsqu’il marche á pied, poussant de l’art brouettique. Ceux-ci peuvent arriver, au méme but en se dételant pas. lis , sa bicyclette á coté de lui et qu’il doit faire n’abandonnent pas les manches de leur ins- passer sa machine par dessus un obstacle, trument, mais ils se gardent bien de heurter placé en travers du chemin, obstacle relatibrutalement, de front, l’obstacle á franchir. vement haut, par rapport au diamétre des roues; lorsqu’il doit, parexemple, faire monArrivés á peu de distance de cet obstacle, ter sa bicyclette sur un trottoir, tout cycliste pour en avoir raison, ils font volte-face et la a dú sentir, ou peut sentir, que le choc de la font faire á leur brouette. lis obtiennent ce roue directrice est uniquement violent ou senrésultat sans lácher les poignées sans chan- siblementet comparativement violent, au moger leur position vis-á-vis de celle-ci, en dé-
Cliquettisme.
Cliquettisme.
crivant un are de cercle, de 160°, dont le centre est le point d’appui de la roue. Aprés avoir parcouru cet ar de cercle, le brouettier, le dos tourné á l’obstacle, mar che alors doucement, á reculons, et, en tirant Ies bras de sa brouette, sans choc, sans violence, il le fait franchir á la roue; remet sa brouette dans la bonne direction, et suit son chemin. En voyant ce brouettier se livrer á ce manége singulier, en le voyant franchir sans raison apparente l’obstacle, le dos tourné a celui-ci, I’observateur profane, ne pourrait-il pas, sans jugement téméraire se demander
ment du contact de cette roue et de l’obstacle. L’autre roue le franchit beaucoup plus aisément, beaucoup plus doucement. Aussi le cycliste n’a pas besoin d’aider celle-ci comme en général, instinctivement, il aide la roue de devant en exerqant sur le guidon, de bas en haut un certain effort tendant á soulever Tavant-train de la machine. Pourtant, il semblerait que les roles sont, id, renversés; puisqu’en, jouant celui de la téte de bélier, la roue de devant devrait, croirait-on, bénéficier avantageusement de toute la forcé vive, cinétique emmagasinée dans l’ensemble de la machine, c’est-á-dire dans sa masse. Ce raisonnement, á priori, parait d’autant
Pourtou-Q -te la poge.
QDATRIÉME PARTIS. CAUSERIE HUITIÉME
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plus juste, que cette masse est inégalement distribuée et que la partie de la bicyclette oü se trouve la roue directrice, est la plus légére et que par conséquent cette partie est celle qui, poussée par l’autre devrait, se dirait-on, étre soulevée plus facilement lorsqu’un point de la roue de devant entre en contact avec l’obstacle. Le contraire a lieu cependant, avons-nous dit. Aussi, pour éviter un choc, dur, sec et dangereux á la roue directrice, gráce á une certaine manoeuvre éxécutée au moment oü cette roue va toucher l’obstacle, le bon cycliste, roulant sur sa bicyclette, faitil cabrer légérement sa machine.
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aplani, une brouette tirée, mais vide. Une brouette, méme sans roue, ainsi tirée monterait aussi bien, sans ditticulté, les marches d’un escalier: entreprise, d’une réalisation impossible pour des brouettes poussées. (Brou ette sans roue.—V. p. 88 et 89.)
Le sport consistant á taire monter des escaliers á des brouettes aurait paru si invraisemblable que si on ne l’avait pas eu sous les yeux, personne n’aurait jamais songé á en taire l’objet d’une détense. On s’est moqué, nous le savons^ des arrétés municipaux oü de la prétecture, menaqant d’une amende, les brouettes qui graviraient certaiens esra187. Le brouettier qui a attaqué et a vain- liers. (Voir P. 127, 128.) cu l’obstacle en lui tourant le dos, doit, en P A R A R R E T E MUNICIPAL IL E S T INTERDIT A U X B R O U E T T E S E T VO ITU RES QUELCONQUES D E P A S S E R P A R C E T ESCALIER SO U S PEIN E D ’ AM EN D E (Prés du pont d’Agenteuil.)
A R R É T É M U N IC IP A L IL E S T D ÉFENDU DE P A IR E DESCENDRE OU M ONTER D E S B R O U E T T E S PAR LES E S C A L IE R S (Escalier de Saint-CIoud.)
grande partie, le succés de sa manoeuvre, au^cliquettisme. Bien entendu nous faisions allusion á ce cas, de marche en arriére lorsque nous disions qu’il n’y en n’a qu’un seul, oü la brouette chargée est tirée et non pous sée par le brouettier. (V. n° 177.) Dans le méme paragraphe nous ajoutions que l’homme de notre exemple se faisait fort non seulement de taire monter les marches d’un long escalier a sa brouette; mais aussi d’en taire rouler une autre a petite roue, lá oü on échouerait si á on essayait d’y pou sser une belle brouette á grande roue. Ce programme est trés tacilement réalisable. Gráce, toujours au cliquettisme, il serait aisé de déplacer ou de taire rouler sur un sol mal
II ne s’agit cependant pas d’une chose absurde. Les arrétés de l’autorité sont justitiés. lis ont probablement été inspirés par la constation des dégradations produites sur les marches par le martelage de la roue de la brouette, sautant de l’une á l’autre. L’escalier de Saint-CIoud évitait aux brouettes un grand détour. Or, lorsque la chose est possible; il est souvent prétérable de taire un ettort violent pendant quelques instants, á en taire un trés petit, mais durant de longues minutes, pour obtenir le méme résultat. MORALE l.°) Les rieurs avaient tort et leur rire est un résultat de leur ignorance es brouettes. Ce rire indique en ettet, que la chose leur paraissant impossible, ces détenses, ces arrétés leur semblaient aussi supertlus que celui dont l ’objet serait de détendre aux habitants d’une ville de se promener sur les bords du toít de leurs maisons.
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QUATRIÉME PARTIE. CADSERIE HUITIÉME
L es
escaliers,
le
cliq u ettism e
et
V a n g le
de
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2°) D ’un cóté, TAdministration avait rai- s’en sert; mais sans l’aide de cette machine son, ces escaliers n’ayant pas été construits cette forcé serait souvent atérile. La brouette pour Ies brouettes. poussée, ne peut pas monter le bord d’un 3. °) D ’autre part, elle a tort car elle au- trottoir. Tirée elle le monte, rait dú songer aux brouettiers, citoyens úti les, aussi dignes d’étre bien servis que s’ils n’étaient que d’oisifs promeneurs. 4. “) L’excuse, (dans l’ordre technique et professionnel) l ’excuse de l ’Administration, pourrait étre que lorsqu’elle fit faire ces es caliers, ses agents n’avaient pas encore songé au cliquettisme, ni á l’ariétisme, etc. Autrement, elle aurait certaienement fait cons truiré ces mémes escaliers; mais avec des L’effort du brouettier qui tire sa brouette, degrés á bord arrondi, ou protégé par une tend á élever celle-ci et sa charge. Gráce garniture métallique. Le Genie civil et ad- done, au cliquettisme et Vangle de tirage, ministratif aurait considéré que la brouette une brouette tirée peut étre facllement dépladoit avoir le droit de monter certains esca cée, lá oú une brouette poussée opposerait liers publics, puisqu’elle sait le faire et qu’en une résistance difficile á vaincre ou invincible. le faisant elle rend Service. Quoiqu’il soit de cette morale et de ces Les chars antiques faisaient usage non escaliers, toujours est-il que le cliquettisme seulement du motusminorisme; mais, comme joue son role lorsque la brouette gravit nos modernos brouettes ils devaien profiter ceux-ci. aussi du cliquettism e et de ce qu’on appelle Nous pourrions ajouter, entre parenthése, Vangle de tirageow de traction, dans l’étude qu’en tombant d’une marche á l’autre, en cas- du déplacement des véhicules. Le tirage excade, la roue d’une brouette qui descend un ercé de haut en bas, tend naturellement á escalier produit des chocs qui détruisent, en augmenter la pression d’un véhicule sur le sol. Exercée de bas en haut ou sensiblement dans cette direction la traction tend á le soulever, á diminuer le frottement. Probablement le platean de ces chars et leur timón et leurs traits formaient lorsqu’ils étaient attelés un angle plus ou moins grand avec le plan de la route. grande partie, la vitesse acquise et empéGráce au cliquettisme, la roue de la brou chent partant, l’accélération: á moins que la ette vide et tirée est facilement soulevée par roue ne soit trop grande pour la largeur des Ies obstados opposés par Ies imperfections marches. Un escalier á degrés suffisamment et inégalités de la route. L ’angle de tirage, larges, estfacilement descendu par une brou en allégeant le poids du véhicule, rend plus ette méme lourdement chargée. petit, plus négligables les frottements, de la brouette bicycle tirée, sur l’axe de ses roues 188. Contrairement h ce qui a lieu dans et de celles-ci sur le sol. Le tirage, trés proles manifestations de l’adhérentisme, le cli noncé, de bas en haut, était favorisé par la quettisme brouettique ne vient pas directe- bretelle dans notre brouette de Las Fraguas ment en aide h la forcé motrice; mais il est (V. la fig. P. 243). 1effet d’un dispositif, d’un arrangement gráee auquel on utilise mieux cette forcé dans 189 certains cas. Le levier non plus n ’ ajoute Instinctivement, inconsciemment, entre aucum degré de plus á la forcé de celui qui deux moyens essayés on adopte le moins Pour to u - Q •te la page.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE HUITIEME
La
broaette
de
L as
F raguas.
Cliquettism e
pénible, celui de la moindre résistance, le plus aisé. Aussi les ouvriers poussent-ils les brouettes chargées tandis qu’ils tirent les brouettes vides; sans qu’ils aient probablement essayé d’ expliquer pourquoi ils agissaient de la sorte. L’adhérentisme ne jouait aucum role en faveur de ma brouette de Las Fraguas, puisqu’elle était á charge équilibrée. Ayant, deux roues les raisons d’équilibre étaient hors de cause. Contrairement á ce que j’avais prévu par des raisons (de cliquettism e et a'angle de tirage) que je n’ai comprises nettement que bien des années aprés sa construction, mon petit véhicule était, spontanément, toujours tiré et non poussé. Sans songer á analyser le motif du fait, les ouvriers avaient senti que ce véhicule roulait plus facilement lorsqu’ils lui tournaient le dos 190
et
brouettes
vides.
Instabilité.
que lorsqu’il était poussé, comme Test une voiture digne du nom de brouette. (V. brouette de L a s Fraguas., p. 243.) , La raison pour laquelle la* brouette vide est généralement tirée et non poussée dépend du cliquettisme et de l’équilibre, ou plutót la recherche de cette raison constitue une devinette dont il faut cherchen la réponse dans des motifs d’équilibre, de cliquettisme et d’angle de tirage. Les plateau, la caisse et toutes les parties d’une brouette vide sont symétriquement équilibrés par rapport á l’axe longitudinal de l’appareil. En outre une brouette monocycle vide est légére et son centre de gravité est relativement bas. II y a done excés de forcé dans l’homme qui la fait rouler pour en maintenir l’équilibre latéral. II le garde sans effort sensible méme lorsqu’il la tire.
Suplement (V. n.° 202) M O T U S M IN O R IS M E .
MiNOR=moindre-!viOTus=mouvement (du centre de gravité).
Nous avions choisi le mot motusminorisme et écrit la causerie dans laquelle nous avons introduit, depuis, quelques lignes pour taire allusion aux chars antiques, longtemps avant d’avoir saisi le motif par lequel l’essieu de ces véhicules, lorsqu’il es place so US 1’ extrémité postérieure du plateau 1 de la voiture, la rend plus stable.
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Si les oscillations de la marche ou les inégalités du chemin font monter ou descendre les poignées ou l ’axe de la roue d’une broaette, ces poignées ou cet axe de la roue s’élévent plus haut et descendent plus bas que le point A, par exemple: d’oü, moindre perte de la torce motrice. Explication de la figure V°: 3. Les extrémités des manches on poignées de la civiére montent plus haut et descendent plus bas que le centre de gravité de la civiére et de son fardeau. 2. Le milieu du bdteau monte et descend moins que ses extrémités. V. Le centre de gravité de l’unité homme fardeau subit des montées et des descentes dues aux oscillations de la marche et aux défauts de la surface du chemin. En supposant que nos hommes (1) marchent dans la méme sentier, la hauteur des montées et des des centes du centre de gravité des porteurs isolés est plus grande que celle du centre de gravité du fardeau de la civiére (3). 2’ Les places privilégiées, (dans les automobiles du genre que représente cette gravure) les moins exposées aux effets du tangage, sont celles du siége. Aussi, trop souvent. les conducteurs de ces v é hicules font-ils subir k leurs victimes de l’intérieur des soubresauts, que ces pilotes ne leur évitent pas, parce que, grdee aa motusmino risme et á l’élasticité du chassis, ou bien ils ne les sentent pas ou bien ils n'éprouvent que des secousses trés atténués. (D’ailleurs nous parlerons bientót de l'automobilisme; mais de rautomobilisme de la brouette.)
Moindre mouvement (dans 2, 3, 4) du centre de gravite representé par un point.
Pour tou-Q -te la page.
3Rlü¥ÍfiaUES E rr a tic c s c ita s
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b e r l u e
b r o u e t t i a u e
QUATRIÉM E PARTIE CAUSERIE NEVIEME 191. On ne voit, dit Diderot, les errata que lorsque ces fautes, souvent monstrueuses, sont irremédiablement imprimées. Nous venon de publier un livre.
Musée Archéelogique de Madrid. — Jouet ibérique en bronze.— Longueur, 0 m. 20 c .— Découvert á Mérida. Ce croquis a été pris daos le Catálogo de Bibliografía Hípica Española y Portuguesa. (In-fol.,441 ps.,34Í gravs.)
Dans l’une des pages de ce livre d’hippologie, mon collaborateur, le Marquis de la Torre cilla, et votre serviteur, nous nous érigeons en professeurs de grammaire pour essayer, humblement, d’en remontrer á l’Acadéraie. Or, su bon endroit, juste á la place précise de la legón, on voit, non seulement le mot aprés, la ou devrait figurer la préposition de sens coniraire, avant; mais on peut aussi y lire que d est une conjonction; etc. II ne s’agit pourtant pas d’une feinte, d’un fait-exprés, d’un lapsus
voulu devant servir á prouver la réalité de l’existence de cette maladie de la vue, pour laquelle, dans le méme ouvrage, dans quelques lignes remplies de raisons et d’exemples, nous proposons (p. i86) le nom düerraticcecitas. Cécité double, pourrait-on ajouter; car aucum lecteur n’a signalé, queje sache, l’ tíi, conjonc tion» de notre bibliographie. On a pu voir la grande quantité d’inexactitudes ou d’erreurs brouettiques (répétées par des auteurs, dont les titres et diplomes disent le savoir), qu’ont recueillie nos précédentes causeries. En s’interposant entre l’objet observé et la vue, la doctrine de la brouette-levier produit l'effet d’un rideau, d’imparfaite transparence, qui déforme ou efface des lignes et empéche les yeux de voir la vraie brouette, telle qu’elle est. II y a done aussi, un aveuglement, une sorte de berlue (brouettique), qui n’épargne, dirait-on, personne. 192. II serait absurde, non pas de croire, mais méme de supposer, que le savant ingénieur, auteur du Génie Rural^ ait pu ignorer que lorsqu'on dresse une barre, une échelle, l’effort de l’homme devient de plus en plus petit et la pression sur le sol de l’extrémité inférieure de ces objets de plus en plus grande,
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QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE NEVIEME
I n f l u e n c e
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t h é o r t e
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h.n rapprochant ses mains de la caisse de la brouette, 1 homme augmente la grandeur de 1 angle que forment les bras du véhicule avec le sol et porte le centre{de gravité de la machine et de son fardeau vers la roue.
au fur et á mesure que leur position se rapproche devantage de la verticale. Pourtant, sous l’influence de la théorie de la brouette-levier, cet auteur écrit les lignes suivantes: «Plus on saisit les bras de la brouette prés de leurs extrémités, et plus est faible la partie du fardeau portée par l’homme et plus est grande la partie portée par la roue.» A la page 378, Le Génie Rural dit: «Quand l’homme rapproche ses mains de la caisse, il supporte une partie plus grande du poids, et le poids sur la roue en est diminué d’au tant.» Cependant, il est évident qu’en rap prochant les mains de la caisse, á moins de se baisser et de prendre une attitude forcée, inévitablement pénible, on éléve les poignées de la brouette, chargée ou non. Par ce moyen du rapprochement des mains á la caisse, on arrive méme, théoriquement et pratiquement, á faire peser tout le poids de l’appareil, ou le poids de celui-ci et de sa charge, tout, absolument tout, sur la roue. Si le centre de gravité du fardeau est prés de la roue et s’il est, relativement, haut
placé, il ne fau t mime pas beaucoup lever les poignées pour obtemr ce résultat. Par contre, il est impossible de l'obtenir, ni théoriquement ni pratiquement, en allongeant, mime démesu-
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rément, les bras de la brouette; (en supposant bien entendu que ces bras, ainsi allongées, n’ont pas de poids propre), Q uels que longs q u ’ ils fussent, ces bras imaginaires, «ces leviers du deiíxiém e enre>, supportenaient toujours ,une ^partie du f a r dé a u , d’ autant plus petite, il est ^ l i ' ^ ¿ $
Le signe # represente le centre de gravité. Ce centre de gravite se porte, lorsqu'on léve les bras de la brouette, d ’autant plus vite, ders le plan vertical, oü se trouve Taxe de la roue, que ce centre est, toutes choses égales, plus haut au dessus du plateau du véhicule.
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q u a t r ie m e p a r t ie .
Le hr o u e t t i e r
qui
c a u s e r ie n e v ie m e
r a p p r o c he
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mains
de
la
brouette.
vrai, qu’ils seraient plus longs. (V. n° 3 de la fig. suivante.) Les ouvriers, pour leur comraodité, ne fontils pas rouler souvent leurs brouettes, les bras de celle-ci en l’air, dans une position presque verticale? (V. n° 178). Leurs mains, dans ce cas, sont aussi loin que possible des poigne'es: parfois méme elles reposen! sur le coffre ou sur le plat e a u de la brouette. Non seulem ent ces mains ne porten! alors aucune char-
193. «Si le chemin est mauvais et présen te une rampe, on voit le brouettier rapprocher ses mains du coffre de la brouette afin de diminuer l’effort p r o p u l s e u r sauf a porter d’avantage un instan!.» Ce texte du Génie R ural signifie, croyonsnous, ce-ci: pour diminuer l’effort propulseur, c’est-á-dire, pour avoir á pousser moins fort, l’homme soulage le véhicule d’une par! du
ge; mais les ouvriers prennent ainsi sur la machine, dont la roue supporte tout le poids, un appui qui les soulage. L’auteur du Génie Rural a trop généralisé dans les lignes citées. Son affirmation, énoncée sur le tout d’un théoréme, y est trop absolue. Entre certaines limites, dans certains cas, elle est vraie; hors de ces limites, dans d’auhes cas, elle n’est plus exacte; done la proposition est, au moins, boiteuse. Dans certains cas et dans certaines circonstances, l’acte de rapprocher les mains du coffre de la brouette augmenterait plus ou moins la pression du fardeau sur les mains de l’horn*'*6; dans d’autres, cette manoeuvre produirait un résultat diamétralement opposé. L ’effet
poids du fardeau, part qu’il fait passer et peser sur ses bras «pendant un instan!». «Pen dan! tout le temps nécessaire», serait, en tout cas, ici une fa§on de dire plus exacte que celle «de pendant un instan!» . Tenu par le prejugé aveuglé par la théorie brouette-levier, théorie admise et enseignée, l’auteur du Génie Rurai n’a pu, n’a osé s’en écarter que «pendant un instan!», en signalant un fait, bien ou mal ob servé; mais en contradiction avec cette théorie. Sans faire, bien entendu, la moindre allusion á l’adhérentisme, aprés la phrase citée. L e Gé nie R u ra lajoute: «En plaine et sur les chemins roulants, l’homme diminue la fatigue de ses bras en pla9ant ses mains aussi loin que pos sible de la brouette.» Ici réaparait íranchement,
pourrait done étre positif ou négatif. II dépend de la hauteur de l’homme et de celle de ses mains au dessus du sol; de la hauteur de la roue et de celle du point d’appui des barres sur l’axe de celle-ci; du degré et du sens de déclivité de la route; de la hauteur du centre de gravité au dessus du sol, etc.
Pour to u -Q -tú tft pms^e.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE NEVIEME
Le
brouettier
recule-t-il
librement, la doctrine de la brouette-levier. L ’auteur est á l’aise. Les bras de la brouette sont des bras de levier. Plus le bras de la puissance est long par rapport á celui de la resistance et plus petite est l’action de la puissance. S’il s’agit d’un levier, cette fa^on de voir est inattaquable. Cependant, étant donnée la longueur des bras de la brouette, surtout s’ils sont relativement longs, un petit déplacement des mains qui les soutiennent, déplacement (vers l’avant ou vers l'arriére) de quelques centimétres ne peut (selon la régle du levier et pa r le seul effet de ce déplacement) débarrasser la brouette que d’une partie du poids du fardeau, insuffisante pour excerser une influence sensi ble sur l’effort qu’exige le soutien des manches —pourvu, toutefois, que l’angle que form ent les barres longitudinales du véhicule avec le sol demeure invariable — . Bien entendu, l’auteur du Génie R u ral n ’a pas songé á cette condition ni á l’adhérentisme, avons-nous dit et encore moins á l’automobilisme brouettiques.
s es
mains .
Pourquoi }
seule toute le charge, ou la plus grande part du poids de celle-ci, est une brouette dont les ouvriers ne veulent pas; comme, sans en donner la raison, le dit, nous le savons, l’auteur du Génie Rural. (V. n° 100 et n» loi) Aussi l’industrie ne donne-t-elle pas aux brouettes des bras trop longs, surtout á celle faites pour le transport de fardaux lourds, mais de petit volume. Le transport de branches, du foin et du fumier, etc., exige, naturellement, des brouettes á longs bras; par d’autres raisons fáciles á saisir.
195.
II nous semble que si la manosuvre d’avancer et de reculer les mains, était utile, elle serait pratiquée habituelle, et, dans ce cas, les manches ou poignées des bras de la brouet te seraient construits ad hoc. Or, en générale, les poignées ne sont guére plus longues que la largeur de la main.
Mais, quoi qu’il en soit, les ouvriers avan cen t-ils, aux cotes montantes, leurs mains vers 194. Pratiquement, on porte cent-ils le coffre de la brouette pendant leur travailf brouette aussi facilement 75 ki logr am m es S ’ils le font est-ce pour augmenter ou pour que 70, Méme pendant un parcours, á une diminuer l’excés de charge, qui peut peser sur vitesse moyenne, pendant un pédalage sur eux, au cotes montantes? un chemin de quelques centaines de métres, le plus sensible des cyclistes serait-il capable Je questionnai dans deux chantiers de terrad’apprécier la différence d’effort due á un sur- sement indépendants l’un de l’autre oü tracroit de poids de 8 ou 10 kilogrammes, placés, vaillaient, á la brouette, une douzaine d’ouvripar exemple, sur son porte-bagage? ers á peu prés, si j ’ai bonne mémoire. «En plaine et sur le chemins roulants», si la La plupart me repondirent qu’ils ne chanbrouettée est lourde, le brouettier a besoin de geaint pas la position de la main. plus ou moins d'adhérence; mais il ne recule Deux de ces ouvriers, cependant, me dirent pas ses mains «.aussi loin quepossible* comme qu’aux fortes rampes montantes ils avanpaient dit L e Génie Rural. II aurait été facile de cons leurs mains vers la caisse et saisissaient les truiré des brouettes avec des bras beaucoup brancards entre les poigné et celle-ci. La tailh plus longs qu’ils ne le sont. On y a renoncé de ces deux hommes était beaucoup moins élevst parce que l’empirisme et l’instinct de la méca- que celle de leurs camarades. nique a fait sentir aux constructeurs et aux J ’étais done en face d’un fait, d ’un exemple á brouettiers, qu’une brouette dont la roue porte l’appui de la théorie de l'adhérence et de l'exPour tou"^^ ■te la pag-e.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE NEVIEME
Artífice
des
ovvriers
cellente propriété de la broutte, grace á laquelle le porteur peut si facilement ajouter ce qui manque á son poids personnel, ou porter sur la roue une partie de la charge, Tout en recevant de la brouette la quantité de la quantité d’adhérence exigée par le déplacement aisé du véhicule, tout en en prenant, involuntairement, plus que B r o u e t t e du x v n i ® s i e c l e . d’autres camarades V. p. 168. Aux pages 123, 124 on de chantier, plus peut avoir T i m a g e de brouettes modernes de ce genre, telles que grands, ces petits celles pour bagages, etc.
Brouette chargée de bagages. Le centre de gravité (1 et 2) du fardeau se porte vers la roue si on léve les poignées.
ouvriers, bien que ráblés et solides, s’évitaient, cependant, l’excés de charge, qu’attirait sur eux ménaes leur courte taille et la declivité montante du chemin, de la «rampe». lis obtenaient ce résultat en saisissant les brancards plus prés de la caisse. Cette manosuvre avait done, nous semblet-il, un but et un résultat defférents de ceux que leur assigne L e Génie Rural. Je n’ai pas poussé plus loin cette trop pauvre enquéte faite en passant. J ’ignore d’ailleurs quelle était exactement la taille et poids de ces hommes, la longueur de leurs bras et
de
t a i l l e
le degré de déclivité de la pente, a laquelle ils faisaient allusion; etc. Malheureusement dans ces deux chantiers les brouettes roulaient sur palier, tous les hommes, petits et grands travaillaient en tenant tous de la méme faqon les poignées, de brouettes semblables, aussi chargées les unes que les autres. La petitesse de la taille de nos deux ouvriers les obligeait, sans doute inconsciemment, aux; cotes montantes, á avancer les mains; a les rapprocher du fardeau. De la sorte, ils augmentaient la grandeur de l’angle, formé par le plan B a C passant par les poignées et le point d’appui de la roue sur le sol, avec le plan de sustentation b a c; c’est-á-dire, avec celui du chemin montant. (Fig. K du n° 196.) Ajoutons que le manége consistant á placer les mains devant les poignées et á saisir les bras de la voiture plus prés du coffre, équivaut á raccourcir ces bras et á rendre la brouet te plus stable; par des raisons déja dites; question de cette causerie. L’objet de celle-ci mais cette considération est en dehors de la est d'essayer de prouver que la cécité brouettique n’est pas un mythe et qu’en rapprochant les mains du coffre ou plateau de ce véhicule, son moteur dévient moins adhérent, dans certains cas. Par contre, l’avance des mains. vers le coffre ou le plateau, peut rendre la brouette plus automobile. L e Genie Rural, on l'a vu est un livre oü se réfléte la théorie brouettique courante, et oü la brouette d’ailleurs, n’occupe relativement qu’une petite place n’en est pas moins un ouvrage important, intéressant et instructif, d’un ingénieur possédant du talent et de la Science.
196. La voiturette, si discréte ne nous gourmandera-t-elle pas si nous ajoutons en core quelques mots á cette lourde causerie? Revenons un peu en arriére.
Pour tou -^^ -te la pago.
L
p e t i t e
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE NEVIEME
7
a
u e t .
A u t o m o b i l i s m e
Au diantier ou travaillaient, parmi des cama rades plus grands, ces deux ouvriers de petite taille dont nous avons dit quelques mots, les brouettes dont tous se servaient étaient des brouettes terrasiéres. Ces brouettes relativement hautes, á brancards courts (v. p. 119) á caisse évasée, peu profunde— dont le fond est dans le méme plan, á peu prés, que les bras — sont, avons-nous dit ailleurs, une invention contemporaine due aux besoins des grands travaux de terrassement du XIX® 'siécle. Elles satisfont á l’exigence d’un déchargement complet prompt et facile des matiéres adhérentes telles que l’argile ou la terre mouillée. Les «taquets» placés audessous de l'extrémité des grandes barres opposée á celle des
poignées, taquets sur les quels ces barres re posen!, augmenten! la hauteur, audessus de laxe de la roue le plateau du véhicule. Ce dispositif (qui pourrait, avantageusement, étre remplacé pa r Vadoption d'une roue dont le diamétre serait plus grand), fait cependant, comme nous venons de l’indiquer, que le déchargement des brouettes terrassieres soit plus commode et plus rapide; parce que ce dispo sitif éléve leur plateau. Sans diminuer la grandeur de l’angle formé par le plan B a C, passant par les mains du
ou
adhe r e nt i s me}
brouettier et par le point d’appui de la roue avec le plan b a c, du chemin, ce dispositif rend done plus petite rinclinaison du plateau de la brouette. Cette dim’inutipn contribue á augmenter
Br«uette de terrassement avec tequet.
l’adhérence de l’homme, en le rendant plus lourd; mais le taquet et Fagrandissement du diamétre de la roue diminuent l’intensité de l’automobilisme brouettique; puisqu’ils font plus petite l’inclinaison du plateau et de la civiére de la brouette. Doit-on f a v o r i s e r l ’ automobilisme brouettique au detriment de l’adhérentisme ou vice versa? Les indications que renferme cette causerie et les précédentes sont suffisantes pour résoudre cet intéressant probléme, théorique et méme pratique, ayant trait á l’adhérentisme en fonction de Tautomobilisme (sur des chemins identiquement roulants); en fonction, aussi, du diamétre de la roue, sur de chemins bons, moins bons ou mauvais; montants descendants ou horizontaux. II serait maintenant bien superflu d’ajouter que ces brouettes terrassiéres trapues, á bras courts, sont une sorte de réfutation materielle, tangible et visible de la théorie de la brouettelevier, selon la quelle plus ses bras sont longs et plus l’effort et la fatigue du brouetier seraient petits.
Pour t* u -Q -te la paye.
Co m m e n t
se
g arde
l ’é q u i l i b r e
brouettique.
QUATRIÉM E PARTIE CAUSERIE DIXIEME Entraíné par le sujet j ’avais donné un grand développement á cette causerie et á lasuivante. Effrayé de la longueur de la précédente j ’ai rédui celle-ci et celle qui vient aprés. 197.
té du fardeau au dessus du plan passant par les points d’appui de l’unité homme-brouette et de la distance plus ou moins grande séparant les poignées du centre de gravité du fa r deau, ou, autrement dit, séparant le centre de gravité de l'homme de celui de la brouette, contenant et contenu. 198. Comme celui de l’homme sur echasses, comme celui de l’homme marchant sur la pointe des pieds, comme celui du cycliste, celui du brouettier, faisant rouler son véhicule, est, nous le savons, un exemple et un cas
Ainsi écourtées, si on tient compte du précepte intelligenti pauca, ces causeries sont peutétre encore trop longues. En tout cas, elles sont plus que suffisantes pour attirer l’attention sur les précautions qu’exigent la conservation de léquilibrede la brouette monocycle et de la mancevre compliquée de son déchargement. La difficulté qu’oppose l'instabilité d’une brouette aux moyens dont dispose le brouettier pour en garder l’équilibre dépend surtout: du poids du fardeau, par rapport au poids, á la forcé et á la taille de cet homme; de la hauteur plus ou moins grande du centre de gravi
d’équilibre instable du genre á deux points d’appui. (V. n° 9.) Pour la conservation de cet équilibre on doit maintenir le centre de gravité dans le plan vertical V passant par l’un et l’autre des points d’appui ou Ty ramé
e o s to u -Q -te la paga.
QUATRIEME PARTIK. CAUSERIE DIXIEME
Déplacement
lateral
de
ner, soit en dépla§ant le centre de gravité, soit en déplapant l’un ou l’autre des points d’appui ou en combinant ces deux moyens, comme le font, par exemple, le cycliste et le brouettier. Le cycliste novice n’emploie pour la conservation de l’équilibre de l’unité homme-bicy-
Equilibre sur 2 points d 'ap p u i. — 1. L'unité homme-bicycle garde réquilibre latéral en faisant faire des zig-zags horizontaux, devant, au poínt d’appui dél a roue directrice. — 2 et 3. Pour garder l’équilibré lotéral, des zig-zags analogues horizontaux sont faits par le poini d'ap pui de derriére de l’unité homme-brouette. — Dans le n® 1, I'échasse gauche est trainée sur la ligne. L’échasse droite fait des zig-zags á droite et á gauche du plan vertical passant par cette ligne. Dans le n® 2 l’échasse droite est celle qui traine sur la ligne: l’autre fait Ies zig-zags. — Comme dans le cas de la bicyclete, quand la brouette est tirée, non poussée, seul le point d’appui de devant fait les zig-zags.
clette que le déplacement latéral, produit á l’aide du guidon, du point d’appui de devant. L'homme sur échasses peut garder son équilibre latéral en ne déplagant latéralement qu’une de ses jambes, aprés avoir mis ses échasses l’une devant l’autre. II ne lui est méme pas difficile d’avancer en attitude analogue á celle de l’escrimeur qui avance, en faisant suivre au pied de devant, ou á celui de derriére, une ligne droite. Si, lorsqu’il se déplace ainsi, c’est le pied de devant de cet échassier celui qui doit faire les écarts á droite et á gauche, pour garder l’équilibre, c’est le cas, approximativement, mutatis mutandi, du cycliste. Cet homme sur échasses gardera son équilibre, par un procédé analogue á celui qu’emploie l’unité homme-brouette pour garder le Pour
1 ’ un
des
p oi n t s
d ’ a p pui .
sien, s’il fait faire des mouvements latéraux á l’échasse, de la jambe qui suit l’autre, tandis que I’échasse de devant, qui représente ici la roue se déplace, vers l’avant, dans un plan ver tical passant sur une droite tracée sur le sol. Le cycliste, il est vrai, ne peut déplacer de cóté, mais non pas perpendiculairement k la ligne suivie, le point d’appui antérieur de l’unité homme-byciclette; c’est-á-dire, le point d’appui de la roue directrice. Les brancardiers et le brouettier disposentde moyens plus nombreux que ceux du cycliste pour la conservation de l’équilibre, outre celui qui leur de permet d’écarter perpendiculairement, du plan vertical passant par la ligne qu’ils suivent, le centre de gravité du véhicule.
199. Quand il pousse sa brouette chargée, pour en maintenir l’équilibre latéral, le brouet tier n’agit pas sur les manches de sa brouette, comme il actionnerait les extrémités de la bar re en bois d’une grande vrille ou les poignées d’ une bicyclette. II ne déplace presque jamais.
L’enfant maintient I’ampore debout d’autant plus facilement qu’il en est plus prés.
simultanément l’une de ses mains, vers en haut tandis qu’il fait descendre l'autre. N’oublions pas, non plus, que la quantité utile de la forcé personnelle appliquée aux manches des bras du véhicule, que le brouet tier peut destiner au maintien de l’équilibre de la brouette et de la brouettée, est inversement ■te la page.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
/ i^ccélératio
n
M a z n
proportionnelle á la distance qui sépare Tune ou l’autre des poignées du centre de gravité de la brouette et de sa brouettée. Rappelons-nous que le poids de la masse qu’il doit maintenir en équilibre se trouve dans iin plan supérieur á celui oú sont les points d’appui de cette masse, et que le intensité, le moment de la for cé — qui fai tomber latéralement le véhioule—, lorsque le plateau de la broüette se trouve en position verticale, est égal, au produit du poids de la masse qui tombe multipliée par la distance qui sé pare le centre de gravité de la brouette, vide ou chargée, du plan passant par les m a i n s de l’homme et par le point d’appui de la roue. (51) Souvenons nous encore de l’intensité perturbatrice et croisante , due ál’accélération, qui se produit des qu’une mass s'écarte de sa position d’equilibre et commence á tomber.
200. Méme sans teñir compte des déplacements du centre de gravité de l’unité hommebrouette produits par le marche de l’homme, en général la verticale passant par le centre de gravité de la brouette chargée tombe á droite ou á gauche de l’axe longitudinal de la brouette, et l’action du poids est plus intense sur l’une que sur l’autre des mains du brouettier, ou bien cette action agit exclusivement ou presque exclusivement, sur l’une de ses mains. Dans ce cas, cette main soutient seule tout
s u s t e n t a t r t c e
le poids correspondan! aux deux poignées et naturellement le bras dont cette main faic partie est toujours allongé. (V. n° 125^.)
Nous avons déjá dit un mot dans une causerie précédente (v. n° 1255), á l ’adresse des artistes peintres ou dessinateurs qui ont représenté les deux bras du brouettier soit coudés, soit tendus (coudés ou non) vers l’avant. Cependant, ce bras allongé, ce bras chargé tomberait verticalement le long du corps si la dis tance qui sépare l’une de l’autre les poignées ne l ’en éloignait pas. Le role de bras et de la main 5" est tellement passif, que (V. S , en haut de la colonne suivante.) le brouettier peut méme les remplacer par sa bretelle, en ne se ser v a n ! qu e d’une seule des deux extrémités de celle-ci, o u comme De re metallica. au XVI® siécle, en faisant porter la poignée á soutenir sur le bas d’une bandouliére en corde ou en cuir. Bien entendu, cette bandouliére repose sur
Pour to u -Q -te a paye.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DIXIEME
F umeur .
L ev i er
h o r i z o n t a l .
celle des épaules du brouettier dont le bras et la main sont du c6té opposé á celui de la main qui soutient. Appelons main sustentatrice ou 5 , 3
i? A
dAyCi-eCÍS:"
cette main qui soutient la partie du
T A N C i;
poids de la brouette, main dont l’action
/ 5Ti
pour le maintien de l’équilibre latéral est presque nulle.
A crobattsme.
■fü/sjáncf
Les deux poignées sont rattachées Tune á l'autre par une barre, par un levitr dont le point dappui est á la main S fixe de la poignée gauche. Ce levier du denxiéme genre soutient une masse pesante en forme de boule. Cette boule (résistance) repré sente, quantitativement, la forcé qui tend á faire tomber latéralement la brouette. La puistance est dans la main droite, main mobile que est dans nn plan porizontal plus elevé que celui ou est la main S,
Le róle de l’autre main est de maintenir le centre de gravité de la brouette dans le plan vertical passant par la main 5 et par le-point de contact de la roue et du sol. Ch acu n e de ces deux mains joue done son róle á l’une et á l’autre des extrémités d’une ligne idéale raBrouettier fumant. — La bretelle joue la role de la main S. ttachant les poignées. Ligne perpendiculaire á Laxe longitudinal de la brouette. II va sans dire que, étant donnée la rigidité du véhicule on peut considérer la
cette barre idéale, qui pourrait étre réelie, est un levier du deuxiéme genre dont le point d’appui est á la main 5 . L’autre main agit comme puissance á l’extrémité opposée de cette barre. La résistance se trouve entre les deux poignées, c'est-á-dire, entre les deux extrémités de ce le vier idéal, plus ou moins loin de la puissance, d’au point ou le plan vertical passant par le centre de gravité de la brouette chargée coupe la ligne I. En dehors de l’emploi de ce levier, le brouet tier ne dispose d’aucun autre moyen mécanique pour la conservation de l’équilibre de la brouette et de la brouettée. Ce moyen estd’un maniement délicat et s’il est employé isolement indépendamment d’autres resources, son effet est souvent insuffisant.
201.
ligne / idéale rattachant Tune á l’autre les poignées comme une barre rigide réelle. D’ailleurs on pourrait remplacer cette ligne I idéa le par une barre matérielle. Les manches ou poignées seraient aux deux extrémités de celle-ci; elles pourraient étre saillantes et rappelleraient ainsi celles du guidon des vélocipédes de i868. Pour ce qui a trait au mécanisme de la conservation de l’équilibre latéral de la brouette,
Le brouettier simultanément, mais préférablement, oppose á la chute de la masse q u i tend á tout instant á quitter sa position d’équilibre des moyens d’adresses, plutót que de forcé ou du moins combinés avec celle-ci, moyens ou artí fices acrobatiques d’équilibriste.
Pour to u -^ ) te U page.
QUATRIEME PARTIE.
Deplacements
CAüSERIE DIXIEME
horizontaux.
M omen t
de
¿a
forcé.
Ces p ro céd és n ’en tren ten je u d 'u n e fa9o n
large trop b r u sq u e o u m al fait d é p a sse r le b u t
bien sen sib le et b ie n v is ib le q u e lo r sq u e le
et e lo ig n e le cen tre d e gravité, u n p e u trop, d e
fardeau est lou rd , par rapport a la forcé du
sa p o sitio n d ’éq u ilib re. D a n s c e c a s, u n e fo is
brouettier, o u m al équilibré; o u lo r sq u e s o n
q u ’u n e certain e lim ite serait d é p a ssé e to u te la
centre de gravité e st á u n e h au teu r relativa-
forcé et to u te l’a d d resse d u brouettier sera ien t
ment grande au d e s s u s d u p lan P p a ssa n t par
in ú tile s p o u r em p éch er la c h u te latérale d u
les p o ig n ées d e la b rou ette et par le b a s d e sa
fard eau , s i le fardeau e st lourd o u s i s o n centre
roue. (Fig. 3 9 .)
d e g ra v ité était, a v a n t la c h u te d a n s u n plan
Tantot, l’h o m m e é lo ig n é p lu s o u m o in s s o n
paralléle a u p la n P , relativem en t e lo ig n é d e celu i-ci. (N ° 2 0 1 ; ñ g . 3 9 .) A v a n t d e partir, co m m e le brancardier, le b rouettier rég le, d ’u n e fa^on á p eu p rés in v a riable, en ra c c o u r c issa n t l’u n d e s e s bras o u en le v a n t p lu s o u m o in s l ’u n e d e s e s é p a u le s, la h au teu r d e s p o ig n é e s. (F ig . 2 5 .) L o r s q u e le centre d e g r a v ité ¿Pune charge lo u rd e e s t h a u t p la c é , il p lie sa cein tu re et il écarte s e s ja m b e s, a u ta n t q u e le lu i p erm et la m arche, et il lé v e a u ssi p eu q u e p o ssib le
í* corps u n e d e s p o ig n é e s d u v é h ic u le e t e n rapproche l’autre o u viceversa ; o u b ien il se porte lu i-m ém e v e r s la d roite o u v ers la g a u c h e , tandis que, sim u lta n e m e n t o u n o n , il lé v e o u baisse lég érem en t la m a in de la p u issa n c e ; m ais il ne la le v e et il n e la b a is s e la p o ig n é e droite ou gauche, o u il n e lé v e l’u n e d e c e s p o ig n é e s tandis q u ’il b a isse l’autre, q u a v e c d iscretio n et précaution, s o it e n é le v a n t lé g é r e m en t l’u n e d e s poignées, g ráce á u n im p ercep tib le h a u sse m e n t de l’épaule c o rresp o n d a n ! au co té d e la m ain que n o u s a v o n s a p p e lé e p u issa n c e , so it en inclinant d e co té la lig n e d e s é p a u les, m o y e n nant u ne leg ére fle x ió n d u corps; m o u v e m e n t dont Tobjet e st ce lu i d ’éle v e r u n p eu T une d e s poignées et d e faire sim u lta n é m e n t d e scen d re
s e s p ie d s a u d e s s u s d u so l, su r le q u e l ils g lis-
lautre. [P u issan ce. V . n ° 2 0 0 ; ñ g . 1 5 1 .)
se n t, p lu tót q u ’ils n e m archent; afin d e rendre
La p récau tion á la q u e lle n o u s v e n o s d e fai
a u s s i fa ib les q u e p o ssib le le s d ép la cem en ts
re allution e st ju stifié e par la crainte d es effets de la forcé v iv e o u c in é tiq u e et d e l’accéleration
vertica u x et latéra u x d u cen tre d e g ra v ité du fardeau, o u p lu tót, d e P u n ité hom m e-brouette-
qui se p ro d u isen t d é s q u ’u n m o u v e m e n t trop
^ardeau. (N ° 2 0 1 ; fig. 3 9 .)
Pour tou-^^ te ia page.
QUATRIEME PARTIE.
CAUSERIE ONZtEME
202.
Le brou ettier fait p a sse r d u p la n V V V a u p la n V ’ V ' V , o u récip ro q u em en t, le p
d ’ap p u i d u c ercle d e la rou e, e n p o u ssa n t la b rou ette et en fa isa n t p e n c h e r c e cercle soit vers la d roite so it v ers la g a u c h e . E n p a ssa n t d e l'un á l ’autre d e c e s p la n s le p o in t d’appui de la rou e trace su r le so l la co u rb e q u i, d a n s n o s cro q u is, rattacha le p la n V W a u plan V V V , L a figu re 1 - 2 , rep résen te u n e sorte d e cercea u d 'en fa n t d o n t le p o in t d e con tact de la sus p e n s ió n et d u m a n c h e e st d a n s u n p lan h orizon tal, p lu s é le v é q u e c e lu i d u s o l su r lequel repo s e la rou e. La p o sitio n d ’éq u ilib re sta b le d e c e cercea u e st c elle q u e rep résen te notre schénia, O n pourrait ap p eler cette p o sitio n , p o sitio n q u a si h o rizon tale. L e p o in t d ‘a p p u i d e c e cerceau , d e c e cercle s e trou vait, lo r sq u e la r o u e était en position verticale, d a n s u n p lan vertical M , p erp en d icu la ire á l’a x e lo n g itu d in a l d e la brouette. Le point d ’ap p u i d e la p o sitio n q u a si-h o rizo n ta le s e tro u v e d a n s u n p la n v ertica l
parallel á ce plan#.
L a d ista n ce R entre c e s d e u x p la n s est, á p eu p rés, la lo n g u e u r d ’u n derai d iam étre du cer cle. (Cette distance est égale a la longueur du rayón quand l’axe longitudinal de l’appareil, est en position horizontale). L ’u n d e s p o in ts d ’a p p u i d u cercea u á m a n c h e ten d d o n e á s'é lo ig n e r et s ’élo ig n e de l’au tre p o in t d’a p p u i d e s q u e te m a n ch e (q u i rep résen te ic i l’a x e lo n g itn d in a l d e la brouette) s ’inclin e p lu s o u m o in s. a. L'axe de révolution est vir* tuel. C'est une ligne passant par la main droite de Teufant et par le point de contact de la roue avec le sol. b. La main gauche fait tourner l’autre barre, de gauche á droite, autour de Taxe de révolution. c. Le point inferieur de l’axe de révolution se deplace continuellement pendant la durée de celle-ci. d. Le point d'appui de la roue s’écarte, du point oú il se trouvait,
la distauce B et la main gauche de celui oü elle était (quand la roue était en position verticale) la dis‘ tance A B.
Enfants á droite de afigare.
а.
La barre droite Ojoue la role
d'axe de révolution. б. La main droite fait tourner l’autre barre autour de cet axe de révolution; de droite á gauche. c. Cet axe a l’un de ses poinh d’appui sur la main de l’enfant 1au* tre sur le sol. d. Le point d'appui inférieur da cet axe ne se déplace pas pendant la révolution; tandis que. e. Un point de la main de Un* fant parcourt la distance A.
QUATRIEME PARTIE.
Direction
a e
l a
CAUSERIE ONZIEME
brouette
On peut diriger v e r s u n b u t o u faire su iv re une direction q u e lc o n q u e á u n e b rou ette m o-
par
inclinatson
h a u t, q u ’il n e c o n v ie n t, a u d e s s u s p latean .
d e ce
nocycle par le m ém e p ro c é d é á l’aid e d u q u el on dirige en a g issa n t h orizon talem en t, su r le s
L e p lu s so u v e n t o n co m b in e c e p ro céd é d e
brancards, u n e b rou ette b ic y c le o u to u t autre
d irection (e x ig e a n t le déplaeem ent la té ra l d u
véhicule, á lim o n s et á d e u x r o u e s. C e p rocéd é
brouettier) a v e c le s y s té m e d e déplaeem ent d u
oblige l'h o m m e á s e d ép lacer latéralem en t, á
p o in t d la p p u i d e d e v a n t d e la brouette. O n p o u -
peu prés p erp en d icu la irem en t á la d irection
rrait a p p eler c e dernier m o y e n , s e u l d o n t n o u s
vers laquelle
a llo n s n o u s o ce u p e r , sy sté m e d e direction
il
veut
d iriger la p ro u e
du
monocycle. L e b rou ettier d o it, d o n e , d a n s ce
p a r in elin aison de la roue o u c e q u i v a u t m ie u x
cas, décrire u n are d e cercle p lu s o u m o in s
p a r inelinaison, (bien q u e la ro u e, p u isse ró u -
grand de coté; are d e cercle d o n t la lo n g u e u r
1er in c lin é e s a n s q u e s o n p o in t d ’a p p u i d év ie
du rayón e st á p e u p rés ce lle q u i sép a re l ’un
latéralem en t).
des pieds d e T h om m e d u p o in t d e c o n ta c t d e la roue a v e c le so l.
L o rsq u ’o n s e sert d e b ro u ettes ordinaires e u r o p é e n n e s le déplaeem en t v e rtie a l des p o ig n ées (de l’u n e, v e r s le h au t, d e l’autre; v e r s le b a s o u viee v e r s a ) p rod u it V inelinaison d e l’a x e d e la r o u e, V inelinaison d u p la n d e c e lle -c i et partant la d é v ia tio n d e s o n p o in t d ’ap p u i et de l’orien ta tio n d e c e p la n . Cette d é v ia tio n d u p o in t d ’a p p u i d e la ro u e, q u i c o in c id e a v e c le ch a n g e m e n t d e l’orien ta tio n d e s o n cercle, év ite a u co n d u cteu r d ’a v oir á s e d ép la cer latéralem en t. II n ’a q u ’á tourner im -
Direction de la brouette par déplaeement latéral de textremiti de son
axe longitudinal opposée á celle de cet axe oü est la roue.
p ercep tib lem en t su r lu i-raém e. Par ce p ro céd é
Ce m o y e n d e d irectio n ,
trés p e u ch a rg ée, o n p eu t o b ten ir par u n e s e u -
déinelinaison, lo rsq u e la b ro u ette e st v id e o u le é v o lu tio n d e la ro u e su r elle m ém e, u n e d é seul p o ssib le p o u r la b rou ette á d e u x ro u es,
v ia tio n , u n c h a n g e m e n t d e d irectio n d e l’a x e
n’est q u ’e x c e p tio n n e lle m e n t
lo n g itu d in a l d e la b rou ette, form ant u n a n g le
e m p lo y é is o le -
ment, quand il s ’a g it d e la b rou ette m o n o cycle.
droit a v e c l’orien ta tio n q u ’a v a it cet a x e a v a n t la m anoeuvre.
En effet, lo r sq u ’o n s e sert d e la b rou ette
L e v é lo c ip é d e , q u o iq u e á u n b ien m o in d re
á une roue, o n n ’y a g u é r e reco u rs q u e p ou r
d eg ré p o s s é d e a u s s i cette p ropriété d e la d irec
des raisons d ’éq u ilib re, c ’est-á -d ire, p ou r é v iter le danger d e c h u te q u e pourrait entrainer
tio n par in elin a iso n . D e to u s le s v é h ic u le s á b rancards, la b rou ette m o n o c y c le est le s e u l
l’inclinaison latérale d u p la teau d e la brouette;
q u i e n s o it d o u é . Cette particularité d e la d i
lorsque celle-ci e st lo u rd em en t c h a r g é e o u lo r s
rection par in e lin a iso n p eu t d o n e étre c o n si-
que le centre d e g ravité d u fardeau e st p lu s
d é r e e c o m m e u n e caractéristiq u e.
Pour tou-^^ •t* la p ag e .
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE ONZIEME
Direction\ 203.
brouette
ti r ée\
L o rsq u e l’h o m m e tien t le s p o ig n é e s
d e la b rou ette, s a face to u rn ée v e r s le v é h ic u le , a u t r e m e n t dit, lorsqu e la bro u et te e s t pousse'e, le
brouette
p o u s s é e.
L’in c lin a iso n d e la ro u e d e la brouette donne lieu , q u a n t á la d irectio n d u v éh icu le, á plusie u r s résu lta ts d ifféren ts s e lo n q ue cette voiturette, p o u s s é e o u tirée, p e n c h e , dans chacun d e c e s d e u x ca s, so it á droite, so it á gauche; ou
d ép la c e m e n t la-
b ie n lo rsq u e s e s bras, s o n t co m m e ceux, des
té r a l
d u p oin t
b ro u ettes d ites á c h a rg e équilibree, dans le
d ' a p p u i d e la
m ém e plan horizon tal. D a n s ce cas á
r o u e se p rod u it d a n s le m é m e
m o i n s de modifier
sen s q u e
c e lu i
l ’h o r iz o n t a lit é des
v e r s le q u e l s ’in c l i n e la r o u e .
bras, en levant ou
L o rsq u e T hom -
b a i s s a n t les man c h e s, le c h a n g e m e n t d e d irectio n par inclinai-
m e tou rn e le d o s á la b rou ette (d an s la p o sitio n d e tir e r et n o n de p o u sse r) la d é v ia tio n d u p o in t
s o n d e la r o u e serait n u l. D ailleurs, nous le
d ’ap p u i d e la ro u e s e prod u it e n s e n s contraire
lo n g itu d in a l d e la b ro u ette co m m u n e joue un
d e c e lu i v e r s le q u e l p e n c h e la ro u e.
role im p ortan ! d a n s le m é c a n ism e et le manie-
B ien e n ten d u , o n p eu t, á l’aid e d e s p o ig n é e s, faire p e n ch er le p lan d u cercle d e la ro u e so it
m e n t d e c e v é h ic u le .
á droite, so it á g a u ch e; m a is la d é v ia tio n d e la rou e d é p e n d
m é d ia te m e n t,
d ’au tres c a u s e s
v erro n s, l’in c lin a iso n lo n g itu d in a le de l’axe
II n o u s se m b le q u ’u n p ro fesseu r de géométrie d escrip tiv e, d ’u n e b elle im agination, trés
d o n t n o u s d iro n s p lu s lo in q u e lq u e s m ots. E n effet, en v o y a n t u n brou ettier diriger v e r s la droite o u v e r s la g a u c h e s a b rou ette o n pourrait croire, á p rem iére v u e , q u e r in c lin a iso n d e la ro u e e st la c a u se im m éd ia te d e la d é v ia tio n latérale d e s o n p o in t d ’ap p u i et d u c h a n g e m e n t d e d irection d e la v o iture. II n ’en est, cep en d a n t, p a s a in si. L o rsq u e Ies ex trem ités su p érieu res d e s m a n c h e s s o n t d a n s le m é m e p lan
Sfitudinal at axe de la roue. — Leur projection horizoutale sur le plan S. — Lesfledu* D indiquent la direction que prendait la roue.
vertical, l ’in c lin a iso n d e la ro u e d e la b rou ette n e c a u se p as le c h a n g e m e n t d e l’orien ta tio n
o b serv a teu r, v o y a n t, g rá ce á l’étude et á l’hab itu d e, en to u t objet, d e s effets d e projection,
d e l’a x e lo n g itu d in a l d e ce lle -c i. P ou r m odifier cette d irection il faut, en m ém e tem p s q u ’o n
d e r é v o lu tio n au tou r d ’u n a x e et de rabatte-
in c lin e le p lan d u cercle d e la rou e, l’orienter
c o u p , le s c a u s e s et le s effets d e la déviation de
e n plagan! s o n a x e d a n s u n p lan vertical per-
la ro u e d e la b ro u ette en fo n ctio n de l’indi-
p en d icu la ire á la lig n e q u ’o n veu t su iv re.
n a iso n d e l’a x e lo n g itu d in a l d e celle-ci et de
m en t, pourrait u n iq u e m e n t saisir, du premier
Pour tou«^^*te la pag’c.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
D i r e c t i o n
q u i
d ép e n d
d e
l a
f o r m e
d e
l a
r o u e
ladistance entre P u n e et Pautre d e s poignées. 204.
U n su p p o r t fixe, form ant
corps avec cet a x e et a v e c la c a is s e de la brouette, su p p o r t e n form e de D, dont la partie c o u r b e serait tournée vers P avan t et c o iiv e n a b le ment aig u isée, p o u r em p é c h e r le glissement latéral, rem p lacerait su r u n e su rfa-
en co n ta ct a v e c la g la ce serait u n e sorte d e
ce glacée, rem placerait la ro u e et perm ettrait
patin, o n priverait la b rou ette d e la propriété
de diriger le v é h ic u le á d roite ou g a u c h e en
de la d irectio n par in c lin a iso n .
levant leg érem en t la p o ig n é e d u có té o p p o sé II en serait d e m ém e s i la rou e était su b s-
á celui vers le q u e l o n v o u d ra it aller. Par contre, s i, au lieu d ’u n cercle, o n m o n -
titu ée par u n su p p o r t d o n t le b as taillé en
tait l'axe de la ro u e su r u n p araléllogram m e,
p o in te o b tu se , rep o sera it, la p o in te en b a s, su r
un carré, par e x e m p le , d o n t le có té inférieur
u n e su rfa ce g la cée.
ifU SlR ieS:2B R O U tlT l GUFS QUATRIÉM E
PARTIE
CAUSERIE DOUZIEME 205.
P ou r étre b ien e x é c u té e , su r to u t si n om b re a sse z c o n sid era b le d e p a g es; d e s d e-
le véhicule e st lo u rd em en t ch a rg é, le d éch a rg ement ex p éd itif d ’u n e b rou ette e x ig e d e Phabitude.
m o n stra tio n s, d es fo rm u les et q u e lq u e s ép u res. P en d a n t l e
d é c h a rg em en t l a t e r a l d e la
Peu de p rofan es, c r o y o n s -n o u s s ’en seraien t douté.
brou ette, sa ro u e n e to u rn e p a s. C ependant, tant
Cependant P étu d e d e scrip tiv e, a n a ly tiq u e,
p o in t d ’a p p u i d e la circo n féren ce d e cette rou e,
niécanique et m a'.hém atique c o m p lete d e c e
v e r s P avant, v e r s u n d e s e s có tés, et, s i P op é-
déchargement, exigerait, co m m e o n le verra,
ration e st c o m p léte, v e r s Parriére, s o n t in c e s-
su p p oson s-n ou s, en lisa n t cette cau serie, u n
sa n ts. E n effet, b ien q u e sa ro u e n e to u rn e p a s
q u e dure cette op éra tio n le s d ép la cem en ts d u
Pour to u -Q ■te la pa^c-
QUATRIEME PARTIE. CAUSEETE DOUZIEME
P
O u
cL
h a
su r s o n a x e , p e n d a n t q u ’o n
r g
d éb arrasse la
l
a
b r
o u
e t t
b rou ette latéralem en t d e s o n c o n te n u , to u s le s
l’h o m m e q u i ju s q u ’alors éta is en g a g é entre les d e u x b ras d u v é h ic u le . (F ig. 2 0 3 - 2 .)
p o in ts d ’u n quart o u d ’u n e m o itié d e la circo n féren ce d e cette ro u e p r en n en t s u c c e s iv e m e n t
P o u r c o m p léter ce d é g a g e m e n t d es poignées
co n ta ct a v e c le so l. U n quart se u le m e n t d e c e s
et p o u r p rendre la p o sitio n d ’équilibre qui
p o in ts to u c h e le s o l s i le d é c h a rg em en t n ’e x ig e
c o n v ie n t a u d é c h a r g e m e n t, le brouettier ou
p a s q u e la b rou ette so it m ise s e n s d e s s u s d e ss o u s , c ’est-á -d ire, s'il su ffit d e d o n n er au p la-
b ie n d é p la c e latéralem en t, v e r s le coté oii le v e r se m e n t d u c o n te n u d e la brouette va avoir
teau d u v é h ic u le u n e p o sitio n verticale.
lieu , ce lle d e s e s ja m b e s q u i correspond á ce co té, o u b ie n ( e t p a rfo is sim u ltan ém en t), il
A partir d e l’in sta n t o u le d é ch a rg em en t
p o u s s e la b rou ette, la lo n g u e u r d ’un pas, vers
latéral c o m m e n c e s e u ls le s p ie d s d u brouettier resten t á p e u p rés im m o b ile s, ta n d is q u e to u s
c e m é m e có té d e faqon á placer l’a x e longitu d in a l d u v é h ic u le d a n s u n e p o sitio n telle qu’il
le s p o in ts d u co rp s d e l ’h o m m e et c e u x d e la
form e u n a n g le d ’á p e u p rés trente degrés
b rou ette en tren t e n m o u v e m e n t. L es d ép la ce-
a v e c le p la n v ertica l p a ssa n t par les lignes
m en t, en d iv ers s e n s , d u cen tre d e g ravité de
d e s é p a u le s d e c-et h o m m e.
l’u n ité h o m m e-b ro u ette s o n t in c e ssa n ts. C on tin u e lle m e n t a u s s i s e p rod u it l ’a c c r o isse m e n t de
In d éfectib lem en t, d a n s to u s le s cas, pour
la d ista n c e q u i sép a re le p o in t d ’a p p u i d e
préparer le d éch a rg em en t, le b ras du brouettier co rresp o n d a n t a u p o in t d u s o l su r lequel va
la ro u e d e s au tres p o in ts d ’ap p u i d e l’u n ité h om m e-b rou ette; c ’est-á-d ire, d e s p i e d s de l’h o m m e. (V. n°® 1 3 2 , 1 3 3 , 1 6 4 .) Cette c a u se
étre d é v e r sé le c o n te n u d e la brouette, balaie d a n s l’e sp a c e (en le parcou ran t latéralment), en
d ’in sta b ilité n ’e st p a s la s e u le n i la p lu s én erg iq u e d e c e lle s q u i co n trib u en t á faire q u e la b rou ette so it d ifficile á m aitriser p en d a n t la m anoeuvre d e s o n d éch a rg em en t. 206.
O n p eu t d é c h a r g e r le s b ro u ettes
c o m m e o n d éch a rg e le s to m b erea u x , d ’u n se u l c o u p o u á p e u p rés, so it lon gitu din alem en t, par d evan t; s o it la tera lem en t á d roite o u á g a u c h e . L e d é c h a r g e m e n t par co té p e u t s e faire la
s e n s o p p o s é d u có té o ü e st c e point, un sec-
b rou ette et le brou ettier étan t arrétés, o u lo rs-
teu r d e cercle co m p ris en tre d e u x rayons for-
q u e la b rou ette a y a n t ro u lé c o n se r v e en co re
m a n t entre e u x u n a n g le d ’u n e quinzaine de
u n p e u d u m o u v e m e n t a c q u is. D a n s le prem ier
d e g r é s. B ien e n ten d u , le cen tre d e ce cercle est
c a s, l'h om m e en s e cou rb an t, e n p lian t sa ce in ture a v a n c e s e s é p a u les, d ’o ü p e n d e n t s e s bras.
le p o in t d ’atta ch e d u b ras d u brouettier á son
II e lo ig n é d o n e a in si d e s o n corp s. L es m a in s
d u co rp s d e l’h o m m e ta n d is q u e l’autre s en
et, par c o n sé q u e n t, le s p o ig n é e s d e la b rou ette, q u i d é g a g é e d e la sorte, pourra étre cu lb u té e
é lo ig n e d a n s le m é m e s e n s . (3 d e la fig. 203.)
latéralem en t s a n s étre g é n é e par le co rp s d e
é p a u le. Ce b ras (a p p e lo n s le I ) se rapproche
2 0 6 b is .
Pour tou-^^-te la paga.
L e b ra s / q u i v ie n t a in si de par-
QUATRIEME PARTEE. CAUSERIE DOUZIEME
B r a s
I
v e r t i c a l
X e
r é v o l u t i o n
courir dans l’e s p a c e ce t are d e cercle, reste, á
au tou r d e l ’a x e A , elle fait tou rn er la b rouette
partir de ce m o m en t, rélativeraen t im tn ob ile.
a U tO U r d e c e t a x e , (V. au n-
202,
U» enfanU.)
Ce bras / s e tro u v e alors d a n s u n e p o sitio n presque verticale, et s a m ain e st d a n s u n plan
O n n e d éch a rg e d o n e p a s le c o n te n u d 'u n e
vertical p erp en d icu laire á la lig n e d e s ép au les;
brouette, co m m e o n pourrait le croire á p re-
plan vertical p a ssa n t sy m é tr iq u e m e n t en tre les
m iére v u e , en fa issa n t tourner le s p o ig n é e s du
deux jam bes d u brouettier. C ette m ain so u tie n t
v é h ic u le d e la m ém e m an iére d o n t o n to u rn e
Tune des ex trém ités d e l’a x e id éa l d e r é v o
ce lle s d e la barre d ’u n e gra n d e vrille lo r sq u ’o n
lution. Le p o in t d ’a p p u i in férieu r d e c et a x e ,
perce u n trou, su rto u t s i la b rou ettée est lourde'.
S i u n cercle C, tra v ersé p erp en d icu la irem en t que nous a p p e lle r o n s a x e A , e st au p o in t d e
par u n a x e A A e st en co n ta ct ta n g en tiel a v e c
contact de la r o u e et d u so l. (Cet a x e e st repré-
u n p lan P , le p a ssa g e d e c e cercle d e la p o si-
senté dans cette figu re par la lig n e d e p o in ts.
tión p erp en d icu la ire á ce p la n , á u n e autre p o
Nous au rion s d ú y dire: ¿es a x e s A . II y en á
sitio n 2 , form an t u n
deux, en effet: ce lu i d e d roite et c e lu i d e g a u c h e .
a n g le a v e c ce p la n P ,
L ’axe A n ’e st p a s l’a x e lo n g itu d in a l d e la
n e p eu t s e p rod u ire, s a u f d a n s un cas,
brouette. (V . la fig. 2 .)
s a n s le d ép la c e m e n t P ed an t la m anoeuvre d u d éch a rg e- latéral d u p o in t d e co n ta ct t a n g e n t i e l , nient de la b rou ette, to u s le s p o in ts d e c e lle -c i d é p la cem en t p ropordécrivent d a n s l ’e sp a c e , a u tou r d e cet a x e , d es 207.
ares de cercle. S e lo n le d eg ré, p lu s o u m o in s
tio n n e l au d eg ré
grand, d’in c lin a iso n latérale d u p lateau o u du
d ’in c lin a iso n d u plan
coffre de la b rou ette, c e s ares d e cercle so n t,
d u c e r c l e . Ce c a s
cela va sa n s dire, d ’u n n om b re p lu s o u m o in s
u n iq u e e st ce lu i o ü
grand de d eg rés, d e 80 á 1 2 0 , á p eu p rés.
p en d a n t q u e le plan du
cercle s ’in clin e,
Cette r év o lu tio n d e to u s le s p o in ts d e la
c e plan n e c h a n g é
brouette au tou r d e l ’a x e A e st p rod u ite par le bras frére d u b ras / (v. u haut de cette colonne) 6t
p as d ’o r i e n t a t i o n .
La ligne pointiilée représente l’axe, de figure ou géornétrique, longitu dinal de la brouette. L'axe de révo lution qui n’est pas indiqué ici) va de ruñe — ou tautre — des poignées au point de contact de la roue avec le sol. Cet axe virtuel est dans un plan vertical coupant diagonalement le plan vertical oü se trouve l’axe longitudinal. II a done deux axes de révolution, mais il n'y en a qu'un longitudinal, de figure.
par sa m ain. C elle-ci s o u lé v e la p o ig n é e q u ’el-
La ro u e s o n a x e et la b ro u ette form en t corps;
le soutient et, en d écriv a n t u n are d e cercle,
or c o m m e l’a x e A d e révo lu tio n n ’e st p a s p er-
P©ur
U p«g«.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
Violente
traction
su
1‘ h o m m e .
S es
causes.
p en d icu la ire á l ’a x e d e la rou e (v . fig. A x e A ) ,
(Ce ra p p ro ch em en t b ie n en ten d u n ’est que
c e lu i-c i n e p e u t s ’in clin er s a n s ch a n g e r s o n orientation; p u isq u e le p o in t d 'a p p u i su p ériéu r
relatif, car l’e n se m b le d e la m a ch in e s ’éloigne d e l’h o m m e.)
d e ¿’axe d e révolu tion s e m ain tien t d a n s u n e
D e u x so n t, a v o n s -n o u s dit, le s causes qui
p o sitio n á p e u p rés in variab le, p en d a n t q u e cette rév o lu tio n ; c ’e st á dire p en d a n t q u ’o n
écarten t a in si la b ro u ette d u brouettier. Nous v e n o n s d ’en in d iq u er u n e.
d éch a rg e latéralem en t la b rou ette. II faut ch erch er l’autre c a u se d an s la forme T ra c tio n de la m ain. — Le b rouettier, m ém e d e la ro u e et d a n s le changem ent de s o n p o in t d ’a p p u i, c h a n g e m e n t q u i se produit au m o m e n t d u d éch a rg em en t, s e s e n t tiré v e r s lo rsq u e le p la n d e s o n cercle s ’incline, soit l’avan t. II e st m étne tiré, d a n s certa in s ca s, trés v e r s la droite, so it v ers la g a u c h e , en méme o u , plutót, trop v io le m m e n t. tem p s q u ’o n v a rié l’o rien ta tio n d e so n axe. 208.
D e u x causes p ro d u isen t le d ép la c e m e n t d es p o ig n é e s v ers l’a v a n t et la traction, so u v e n t
III. Le point d’ap' pui est sous le rais oú rayón 1. — Par incli naison du cercle /i, le point d’appui est sous le rayón 2.
trés é n e r g iq u e a v o n s n o u s dit, d e la m ain qu i so u tie n t l’a x e A . L ’u n e d e c e s c a u s e s est d ú e á la r é v o lu tio n d e la b rou ette au tou r d e l’a x e
IV. L’axe 00chan c e d ' orientation (la roue roulant oii ne roulant pas.)
d e r é v o lu tio n a x e d o n t ¡'un d es p o in ts d 'a p p u i e s t d a n s un p la n p lu s ¿levé que V au tre. C ette in clin aison de V axe fait q u e p resq u e to u s le s p o in ts d e la b rou ette, lo rsq u e celle -c i
L a traction,
tou rn e autour d e cet a x e , s ’é lo ig n e n t d e la pers o n n e d u brouettier, p en d a n t leur a sc e n sió n ,
de
p ou r s ’en rap p roch er p en d a n t leur d éclin a iso n .
m a in s
a á
h
Jk# '
la
m a in ,
du b r a s , des et de
Cet é lo ig n e m e n t et ce
to u t le co rp s,
ra p p ro ch em en t s o n t e n c o re p lu s g ra n d s q u ’ils n e le
p ro d u ite b r u -
seraien t s i l’a x e d e r é v o lu
d o u c e b ro u et
tion était l ’a x e m ém e lo n
te, e st d ’a u tan t
g itu d in a l d e la brouette;
p l u s p ro n o n -
m ais l ’a x e d e r é v o lu tio n A
c é e q u e l ’a n g le q u e form en t le s bras d e c e véhicule avec
d e la b rou ette fait in ev ita b lem en t u n a n g le p lu s o u m o in s gran d a v e c so n a x e
lo n g itu d in a l. II en r ésu lte q u e lo rsq u e l'a x e d e la rou e é v o lu e , to ta lem en t o u p lu s o u m o in s
ta lem en t par la
1-2. Axes de révolution. — L. Axe logitudinal.
le s o l e st p lu s grand; q u e l’a n g le que forme l ’a x e A d e r é v o lu tio n a v e c l ’a x e longitudinal d e la b ro u ette e st p lu s o u v ert et que le diam étre d e la ro u e e st p lu s lo n g .
au tou r d e l'a x e de révolu tion A , Tune d e s e x trém ités d e l ’a x e d e la rou e s ’é lo ig n e d u b ro u et tier, p en d a n t q u e l’autre extrém ité d e ce m ém e
L ’in te n sité d e la traction, to u tes ch oses égale s, e st d o n e fo n c tio n p o id s d e la brouette et
a e s ’en a p p ro ch e.
d e c e lu i d u fardeau et d e la d ista n ce entré l’axe Pour to u -^ )-tc la pajre.
QUAT RIEME PARTIE. CAUSERIH DOUZIEME
E c a r t de j o
degrés.
Abaissement
du
corps.
Conséquences,
de rotation et le cen tre d e gravité d e la b rou et-
c o rp s e st d e p roduire la di-
te chargée, d u diam étre d e la ro u e et d e la
m in u tio n
distance entre le s p o ig n é s.
l ’a x e A de r é v o lu tio n form e
d e l’a n g le q u e
a v e c l’h orizon tale. C ette d iA p eu p rés to u t ce q u i v ie n t d ’étre
m in u tio n c a u se c elle d e la
dit est app licab le á T ex p lica tio n d u d é c h a r g e -
209.
red u ctio n d e la d ista n c e á
ment ou d u m o in s á c e lle d e la th éo rie d u d é -
la q u elle
la in a in — tirée
chargement, en g én éra l, d e la brouette. C ep en -
par la p o ig n é e q u ’elle en -
dant, et c ’e st u n c a s fort fréq u en t, d a n s le s
serre — , s ’e lo ig n é d u corp s
chantiers d e terrassem en t, l’o p éra tio n q u i d oit
d u b rouettier. Or c o m m e
aboutir au résu ltat d e v id er le v é h ic u le com -
cette d ista n ce, a in si réduite,
mence á se p roduire lo r sq u e la b rou ette n ’est
e s t p arcou ru e p en d a n t le
pas encore arrétée.
m ém e e sp a c e d e tem p s q u ’elle le serait sa n s la
cette réd u ctio n , il v a s a n s dire q u e, gráce á
brouette, u n écart á la ro u e d e c e lle -c i et 11
Le brouettier
fait faire,
en
p o u ssa n t
cette réd u ctio n , la v ite sse d e c e p arcours e st
s’arrange p o u r q u e le co m m e n c e m en t d e la
p lu s p etite et par c o n sé q u e n t l’effet d e la trac-
manoeuvre d u d é ch a rg em en t c o in c id e a v e c le
tio n d e la m ain v e r s l’a v a n t e st m o in s v io len t.
moment o ü sa ja m b e d u cóté opposé d celu i oü doit tomber le f a r d e a u e st d e v a n t l ’autre. Cet écart de la ro u e, fait en s e n s contraire, a u ssi,
U n autre effet d u m é m e a b a isse m e n t de la m ain q u i so u tie n t l'a x e A d e r év o lu tio n est
du dit coté, p lace l ’a x e lo n g itu d in a l d e la
c e lu i d e faire q u e le fardeau q u ’o n d éch a rg e
brouette d ia g o n a lem en t, par rapport á la lig n e
n e s e porte p a s, b ru sq u em en t, par su ite la d é -
du chem in su iv i, lig n e a v e c la q u elle cet a x e
clivité d u plateau , v e r s la partie a n térieu re d u
vient ain si á faire u n a n g le d ’u n e tren tain e d e degrés.
la q u elle (co m m e c o n sé q u e n c e d e l’é lo ig n e m e n t
Cette m anoeuvre, e x é c u té e en m ém e tem p s
d e la p u is s a n c e et d e la résista n ce) l ’effet d e la
coffre o u d u p la tea u d e la b ro u ette, p a r tie su r
qu’on plie lé g é r e m en t la cein tu re, d é g a g e le s
fo rcé d u brou ettier e st n é g lig e a b le (v. n ° 1 9 9 ),
poignées, su rto u t c elle q u i d o it so u te n ir l ’a x e A ;
p a r tie p la cée e n p o rte-á -fa u x , en d é h o r s d u
place c elle-ci d a n s le p lan vertical p a ssa n t e n
p lan vertical p a ssa n t par la b a se d e su ste n ta -
tre les p ied s d u brouettier, et d o n n e á c et h o m -
tio n d e la b ro u ette (v. n ° 1 3 2 -il/) et en d eh o rs d u p la n verti
me la p o sitio n la p lu s favorab le au m ain tien
cal p a ssa n t par
de son équilibre.
le s p o in ts d ’ap-
210.
p u i d e l’a x e A .
Q u an d il faut, p o u r la débarrasser
de sa charge totalem en t, q u e la b rou ette s o it mise se n s d e s s u s d e s s o u s , le brou ettier déjá
L’h o m m e q u i
un peu cou rb é v e r s l’avan t, p lie d ’a v a n ta g e sa
e st a u x p o ig
ceinture en m ém e te m p s q u ’il fait p r o g r é ssiv e -
n ées ne
p eu t
m en tp lierses ja m b e s, au g e n o u , et q u ’il in c li
opposer
ne son corp s latéralem en t et p r o g r é ssiv e m e n t
m arch e d e la
aussi, du cote v e r s lequ el d o it tom ber la charge.
c h u te a u c u n e fo rcé su ffisa n te, a u c u n m o y e n
L’un des
a n ta g o n iste ca p a b le d e reteñir o u d e m od érer
résu lta ts d e c e t a b a isse m e n t d u
Pour to u * Q -le lo pnge.
la
QUATRIEME PAR TIS. CAUSERIE DOUZIEME
Impuissance
du
brouettier.
Révolution
le p rogrés d e la r é v o lu tio n d e la b rou ette et d e la b ro u ettée, a u c u n m o y e n a sse z p u issa n t p o u r
e st d éc h a r g é e v e r s le
freiner et régler la v ite sse l’a ccélération ; s a u f
droite, c elle q u i é v o -
compl e t e.
co té g a u c h e , la m ain
c e lu i (utile, m ais in su ffisa n t), c o n sista n t á b a is-
lu e, s e trouvera á g a u
ser le p o in t d ’ap p u i su p érieu r d e l’a x e d e r é v o
c h e d u bras g a u c h e , á
lu tio n A A .
la h a u teu r d u c o u d e d e celu i-ci; d a n s u n p la n v ertica l, u n p eu sép a ré d e la p o itrin e d u b rou ettier. (C ette sép a ra tio n , b ien e n te n d u , d ép e n d de rinclinais o n de l'a x e A d e r é v o lu tio n et de Vangla que fo r m e cet a x e avec l'a x e lo n g itu d in a l du véhicule.) 212.
La d ista n c e p lu s o u m o in s grande
entre le s p o ig n é e s d roite et g a u c h e d e la brouet te n e m a n q u e p a s d ’im p o rta n ce. L’angle que le s b ras d e l’h o m m e fo rm en t a v ec la verticale en d ép en d . D e ce t écart et d e cet angle dépend Schema.
Projection verticale et horízontale de !a courbe tracée daos l’espace par la poignée gauche pendant le déohargement, de gauche á droite, d ’une brouette.
211 .
a u ssi, b ien e n ten d u , ju s q u ’á u n certain point, le d egré d ’in c lin a iso n d e l’a x e de révolution A et d e c elle d u p lateau d e la b rouette, lorsque
S i o n p rod u it la r é v o lu tio n c o m p léte, celle -c i travaille. (V . n ° 19 7 b is et 1 9 1 .)
(lorsq u ’o n v e u t q u e le coffre so it retou rn é s e n s d e s s u s d e sso u s), a p rés
D ’autre part, le brou ettier n e p eu t pas profi-
s ’étre é le v é e e n e x é c u tan t s o n é v o lu tio n au -
ter in d ifférem m en t et é g a le m e n t d e sa forcé et
tou r d e ¿’a x e A , arrivée
m o in s écartés, su r c e u x d e la brouette. La so-
au zén ith d e la r é v o lu tio n au tou r d e cet a xe, la
lu tio n d u p ro b lém e a u q u e l d o n n e lieu cet écart, d ép e n d d o n e d e la structure de Thom-
m ain m o b ile, (p ou rsu iv a n t, en train ée, á partir
m e et d e l ’e x p é r ie n c e . L ’écart des poignées
d e s o n p o id s, s i s e s b ras a g isse n t, plus ou
d e n o s b rou ette varié p eu , l’em pirism e en a d ú fixer, d e p u is lo n g te m p s, et judicieusem ent,
d e c e m o m en t, d a n s le m é m e s e n s , s a m arche) r e d e sc e n d r ecu le et s ’arréter en fin u n p eu au
c ’e st p rob ab le, le m á x im u m et le mínimum. 213.
d e s s u s d u plan horizon tal o u s e tro u v e la m ain fix e, c ’est-á-d ire, ce lle q u i so u tie n t l'a x e A .
L e co rp s d e l’h o m m e n ’est pas une
m a c h in e faite e x p ro fesso p o u r l’opération de d éch a rg er la b rou ette; q u o iq u e so n admirable
D a n s c e c a s d e la r év o lu tio n c o m p lé te d e la
d o n d ’a d ap tation s ’a c c o m o d e a u ssi á cette ma-
b rou ette au tou r d e cet axe, le s bras d e l ’h o m m e
nceuvre. L 'h om m e p o s s é d e d e s m oyen s suffi-
fin isen t, e n p a ssa n t l’u n su r l’autre, par se
sa n ts p ou r ob ten ir le résu lta t v o u lu , sans tom-
m ettre en form e d e cro ix . D o n e, s i la b rou ette
ber lu i-m é m e et s a n s la isser ch oir so n véhicule.
PoUi’ tOU-O't*
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
D ista n c e
e n t r e
les
m a n c h e s .
C o u p l e
et
l e v i e r
2 * g e n re .
D a n s le ca s d e la brou ette, le r a iso n n e m e n t serait ex a ct si o n p o u v a it a llo n g er le s bras d e e l’h o m m e et s o n b u ste p ou r q u ’il p u t profiter a v a n ta g e u se m e n t — p o u r la c o n se r v a tio n de l’éq u ilib re tatéral, et p ou r la m anoeuvre du d éch a rg em en t latéral d e la b ro u ette — d ’u n e sép aration d es p o ig n é e s p lu s g ra n d e q u e celle gén éra lem en , d o m p tée par les co n stru cta ires d e s b ro u ettes eu ro p éen n es. L ’étu d e La forcé et le s p o id s d u brou ettier sera ien t
c o m p lete
de
ce d é c h a r g e m e n t
b ro u ettiq u e d ev ra it d o n e teñir co m p te d u m é-
plus que su ffisa n ts, p o u r q u e l’op ération fut
c a n ism e
douce et aim ab le, s i la p o sitio n relative d e cet
b rou ettier et d e la p o sitio n forcée o ü celu i-c¡
homme — par rapport á la b rou ette — , s i s o n
travaille p en d a n t le d éch a rg em en t d u v é h i-
inséparable u n ió n a v e c Ies p o ig n é e s , s i Tim -
cu le ..., m a is trav a ille-t-il p en d a n t q u e ce d é
mobilité fo rcée d e s e s p ie d s n e ren d aien t p as
ch a rg em en t s e réalise? L u n e d e s m a in s d e c et
inutile et stérile l ’em p lo i d e cette forcé. D e u x
h o m m e, a v o n s n o u s dit, jo u e u n role p a ssif,
du
co rp s h u m a in , et d e c e lu i d u
hommes s ’en traid an t, s a n s em p lo y e r u n e q u a n -
u n role d e su p p o rt. Le je u et l’a ctio n ú tiles d e
tité de forcé su p érieu re á celle d u b rou ettier, réa-
l'autre m a in so n t a n n u lé s d é s q u e l ’a sc é n sio n
liseraient le d éch a rg em en t latéral d e la b ro u et
d e la p o ig n é e q u ’elle tient c o m m e n c e . D é s ce
te d’u ne fagon m o in s v io le n te , m o in s b r u s-
m o m en t le b rou ettier e st á la d é fe n siv e . II
que, m oin s ren v ersa n te o u p lu tót ils le p ou r-
n ’em p lo ie s e s m o y e n s q u ’á faire to u t ce q u ’il
raient faire d 'u n e faqon o b e issa n te et reg lée. (V. n° 206 b is.)
p eu t p ou r garder s o n
éq u ilib re
p erso n n el.
Partant, le ro le jo u e par to u te so n co rp s d e v ien t, ic i, p u rem en t p a ssif.
II sem blerait q u e, p u isq u e le b ras d e c o u B ien e n te n d u , co m m e to u t ce q u i a trait au
ple d’autant p lu s lo n g q u e la d ista n c e entre les poignées e st p lu s g ra n
m é c a n ism e d e la b rou ette et d e s o n d é c h a r
de, la p u issa n c e , c ’est-á-
g e m e n t, to u t est ici ca lcu la b le et le s m ath ém a-
dire, d a n s c e c a s c o n -
tiq u e s p e u v e n t fournir les fo rm u les renferm ant
cret, la forcé d e l’h o m -
u n e r é p o n se p récise p o u r c h a c u n e d e s q u e s-
me qui tien t d a n s s e s
tio n s d e m esu re, d e q u a n tité, d ’in te n sité , q u e,
mains les p o ig n é e s, d e-
d a n s c h a q u é c a s co n cret, p eu su sciter l'etude
vrait étre fa v o r isé e par
d e l’écart p lu s o u m o in s gran d d e s p o ig n é e s.
le p lu s gran d e sp a c e possible e x ista n t entre l’une et l’autre d e c e s poignées.
* **
(V, au. n“ 191: barre idéale. A C, barre.— Amain sustentatrice ou point d ’appui.
214.
Ne to u rn e-t-o n p a s u ñ é v rille a v e c au tan t
O n p e u t n a tu réllem en t d é sig n e r en
moins d ’ffort q u e la barre p erp en d icu laire á la
lu i a p p liq u a n t T adjectif la téra l, le d éch a rg em en t
lige perforatric» e st p lu s lon gu e?
d ’u n e b ro u ette par c6 té droit o u g a u c h e . D iPour tou' ■Q-tc
la paga.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DOUZIEME
T 0u t
est
calculable.
D echar gement
par
d ev a n t .
s o n s u n m ot d u d éch a rg em en t q u ’o n p eu t ap-
A jo u to n s q u e l ’in v e n tio n d e s brouettes auto-
peler lo n g itu d in a l o u par devant.^ c ’est-á -d ire,
v e rse s á b a sc u le , q u ’o n pourrait appeler, cro-
d e la m an iére d e d éch arger u n e brou ette, fa§on
y o n s n o u s, a v e c p lu s d e propriété, tomberettes,
d o n t le résu ltat e st d e faire tom b er le fardeau,
á c a u se d e leu r a n a lo g ie a v e c le s tombereaux, n ’e st p a s nouvelle: elle rem on te au moins
la ch arge d u v é h ic u le d e v a n t celle-ci.
au XVIII® sié c le (v . la m ém e p .) D ’ailleurs il est Ce m o d e d e d é ch a rg em en t e st ex c e p tio n e l. II n ’e st q u e rarem ent pratiqué, parce q u e s o n utilité, trés p o sitiv e , e st co n treb a la n cée et p resq u e a n n u lé e par le s in c o n v e n ie n ts q u ’offre s o n é x e -
a sse z n aturel q u e cette in v e n tio n so it relativem en t a n c ie n n e . E n effet e lle a v o u lu corriger u n in c o n v é n ie n t in h é r e n t a u x m odéles des p lu s v ie ille s b ro u ettes.
c u tio n , in c o n v é n ie n ts d ú s á la m ob ilité et á
P resq u e, tou jou rs, e n m éc a n iq u e le progrés
l ’in sta b ilité d e la rou e a in si q u ’á l ’au to m o b i-
e st sy n o n im e d e sim p lifica tio n . L es brouettes
lism e b rou ettiq u e.
a u to verses s o n t réla tiv em en t com pliquées.
Cette m an iére d e d éch arger la b rou ette e x ig e
U n 1 3 m ai, p en d a n t u n gra n d orage, á Ma drid je cru s q u e l ’in d u strie d e la brouette ven a it d e s ’enrichir d e la p lu s pratiqué et de la p lu s sim p le d e la p lu s éle g a n te d es invetions. C’e st p ou r m o i u n su jet d ’éto n n em en t de ne v o ir figurer, n i d a n s le s ch a n tiers, n i ailleurs, n i ch e z le s fab rican ts d e b ro u ettes, ni dans leu rs c a ta lo g u e s cette d éco u v ert, que je crus alors b revettab le. J’ig n o ra i s o n ex isten ce vieille d e p lu s de
en effet q u e sa ro u e so it ca lée d ev a n t et m ém e
d eu x cents
derriére.
a n s. E lle figu re d a n s d e s C es in c o n v é n ie n ts, certain s b e so in s
ta b lea u x trés
d e travau x s p é c ia u x et le so u v e n ir d e s charrettes á b a sc u le a d ú
c o n n u s du t e m p s des
in sp irer a u x in v e n teu rs l ’id é e d e c e s
T e n ie r s. C e p e n d a n t , je
b ro u ettes m o n o c y -
n e l ’y ai v u e
c le s et b ic y c le s d i te s au toverses, sorte
que
tem p s a p r é s
d e to m b erea u x en
la d ate q u e j e
m in iatu re d o n t la ch arge, a v o n s -n o u s
v i e n s d e cit e r . É v id em -
d it (v. p . I I 5) se d é v e r se par d e s s u s la ro u e. Le b rouettier, sa n s
m en t, c e c i est en c o r e u n ca s d e cette so rte d ’aveuglement
quiter s a p lace, fait b a scu ler la c a isse d e c e s
q u e se m b le p rod u ire la brouette, N ou s en ci-
b rou«ttes.
tero n s b ien tó t d ’autres.
215.
1o ng-
Pour tou'^^'te la pa^e.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE DUOZIEME
¡nconv e n i e n t
corrige
par
une
v i e i 11 e
in v en ti on
Cette in v e n tio n , c e p e rfectio n n em en t q u i n e
L es b ro u ettes ord in aires n e sa u ra ien t étre
complique n i la b rou ette, n i sa fab rication , qu i
d r e ssé e s con tre u n m ur co m m e d e s é c h e lle s,
n’augm ente p a s le prix d e c e lle -c i, ren d fa-
par e x e m p le , á m o in s d e prendre la p réca u -
cile son’d éch a rg em en t par d ev a n t. P ou r q u e la
tion d e caler so ig n e u se m e n t leur ro u e. Cette
brouette terrassiére, par ex e m p le , o u d e jard in , devienne la rivale d e l’a u to v e r se il su ffit en
p récau tio n d e v ie n t in u tile s i le s b ro u ettes so n t d u gen re d e c e lle s d es a n c ie n s ta b lea u x a u x
effet d ’allo n ger, d u ;6té d e l’a x e d e la ro u c,
q u e ls n o u s v e n o n s de faire a llu sio n , Cet a v a n -
les barres lo n g itu d in a le s q u i r e p o se n t su r cet
tage e st lo in d ’étre m ép risab le. On p eu t, en
axe. Celle a u g m en ta tio n d e lo n g u e u r d oit étre
effet, a p p u y er con tre u n m ur la b rou ette á
un peu su p érieu re á ce lle d u d em i diam étre de
barres sa illa n tes co m m e o n dresserait, co m m e
cette roue. Gráce á ce t a llo n g e m e n t d e s g ra n d es barres
a p p u y a n t d e u x d e s e s quatre p o ig n é e s con tre
lorsqu’on lé v e , au d e lá d ’u n e certain e m esu re,
u n e m uraille.
o n im m o b ilisera it u n e civ iére o u u n bard, en
les bras o u b ran card s d u v é h ic u le , le s extrémiíés sa in a n tes in férieu res d e c e s barres to u -
La brou ette, q u i est u n e civ iére á ro u e, se
chent le s o l et im m o b ilise n t la ro u e, en la
m éta m o rp h o se, d a n s ce ca s, et red ev ien t a in si
soulevant. II v a s a n s dire q u e la b rou ette, d e s
sim p le civiére; p u isq u e la ro u e n ’y jo u e p lu s
lors, ne p eu t n i fuir v e r s l ’avan t, n i reven ir,
n i s o n role d e so u tie n , n i a u c u n autre.
dangereusem ent, su r le b rou ettier. N o u s n ’a v o n s p a s ren con tré, d isio n s n o u s tantót, c e ty p e d e b ro u ettes á barres lo n g itu d i n a le s p r o lo n g é e s et sa illa n tes, d a n s n o s ch a n tiers m o d ern es. C ep en d an t, il a d ú y figurer, p lu s o u m o in s e x c e p tio n n ellem en t, á en ju g e r
d 'ap rés la v u e p h o to g ra p h iq u e, d o n t o n p eu v o ir u n cro q u is, fait d ’a p rés u n e p h otogravu re, á la p a g e n o
d e n o s c a u se r ie s. C om b ien d e
n o s lecteu rs, c o m b ie n parm i le s m illiers d e lecteu rs á 'E x c e lsio r y o n t-ils fait attention? C om b ien d e c e s lecteu rs o n t-ils a cco rd é u n m o m en t d ’o b se r v a tio n o u u n e réflex io n á c e s a n te n n e s b ro u ettiq u es lo rsq u e c e Journal p u b lia l’im a g e o ü u n e b ro u ette en e st pourvue.? Pour
Ib pBffe.
QUATRIEME PARTIE.
Aveuglement
spécifique.
CAUSERIE DOUZIEME
Le
n ez
de
la
brouette.
N o u s a v io n s fait d e p u is fort lo n g te m p s le
m a is j é n ’y a v a is o b se r v é q u e le trait d’union
c ro q u is d e la b rou ette d ’O v ied o . L ’artifice q u i
d e s g ra n d es barres p la cé d e v a n t la roue y joue
p erm et d ’e n so u le v e r le s r o u es n o u s a vait paru
o u p eu t y jo u e r le ro le d e frein et q ue ce collier
in g é n ie u x ; m ais 11 n e n o u s in sp ira p a s l ’id ée
e st ap p lica b le et a été p eu t-étre déja appliqué, á d e s b ro u ettes p o u r d e bon, du m ém e genre q u e 'celui d u b ib e lo t T orrecilla. B ien entendu, m o y e n n a n t u n e lég ére m ')dification, indiquée d a n s le c ro q u is sc h é m a tiq u e B , ce trait d’u n io n , c e co llier pourrail étre ad ap té á n ’importe q u elle b rou ette. Q u oi q u ’il so it d e cette ap p lication , notre a v e u g le m e n t n ’est-li p a s u n c a s d e ce mal pour le q u e l n o u s a v o n s p ro p o sé u n n o m spécial?
d e s barres sa in a n tes d e s b ro u ettes d é s ta b lea u x h o lla n d a is. D ’ailleu rs la v u e d e c e u x -c i n'av a it p a s attirée n otre a tten tio n su r ce perfectio n n e m e n t.
Le m a r q u i s
d e La T orrecilla
(v. p. 4 0 - 2 6 7 ) n o u s avait-fait cad eau d ’u n ch arm o n t petit m o d é le d e b rou ette a c h e té j e n e sa is o ü . C ’e st u n cendrier, j e cro is, a u s s i b ien q u ’u n e g e n tille a llu sio n á n o s C au series brouettiq u es. L es b ras et le s c h a s s is su r leq u el r e p o s e la c a ise d e c e b ib e lo t so n t d ’u n e se u le p iéce. Ce c h a s s is , q u i porte l’a x e d e la ro u e, en to u re c e lle -c i diam étralem ent; par d e v a n t et latéralem en t. L orq u ’o n lé v e , á u n e certain e h au teu r, le s p o ig n é e s d u m ig n o n v é h ic u le , la partie sa b ían te an térieu re d e s o n c h a s s is v ie n t porter su r la tab le q u i so u tie n t le b ib elo t. La rou e
Lavaste du sable aurifére.— Croquis d'apres une photogr*P^*®; “ peut y voir que rhomme dirige le sable sur le coin antérieur droit de U caísse de la brouette afín de la faire tomber daos Tétroit canal garni de planches ou passe un rapide fílet d ’au derivé du torrent. Une de ces planches a arrété le déplacementi vers I’avant, de la roue du véhicule Uans ce cas, Tune des mains agit de bas en haut, l’autre de haut en bas, ou vice versa (CoupU v. n® 137 et 138.)
s ’en tro u v e s o u le v é e et im m o b ilisé e . J’a v a is so u v e n t adm iré la b o n n e co n stru ctio n d u petit
U n autre e x e m p le d e c e trou b le de la vue
m o d é le et sa solid ité,. d u e, en gran d e partie,
sera p ro b a b lem en t le su je t d ’u n prochain en-
au d isp o sitif d e s barres lo n g itu d in a le s ratta-
tretien. (V. n ° 1 9 .)
c h é e s l ’u n e á i’autre, d ev a n t la rou e. E n d eh o rs d e l ’id é e d e le ren d re p lu s so lid e ,
E n a tten d an t, a jo u to n s q u ’á notre avis il faut
le con stru cteu r d e c e petit m o d é le a-t-il ch er
attribuer á c e sin g u lie r a v e u g le m e n t la cause
c h é á lu i d o n n er l’a v a n ta g e q u e le s v ie ille s
q u i fait q u e to u te s le s b r o u ettes n e soient pas p o u r v u e s d e l ’u tile a p p e n d ic e , objet de cette
b ro u ettes fla m a n d es d o iv e n t á leu rs barres sainantes.^ T o u jo u rs e st-il q u e la v u e d e ce p etit b ib elot, q u e e st s o u s m e s y e u x d e p u is b ie n d e s a n n é e s, n e m ’a ja m a is su g g e r é l ’id é e d e c e q u e j e crú s étre u n e b e lle in v e n tio n . Ja
ca u serie, a p p e n d ic e a n o n y m e , a u q u el on pourrait d o n n er le n o m d e nez, d e nez de la brouette] n ez b ien d ig n e d ’attirer l’a tten tio n d es constru cteu rs d e cette v o itu re.
P«ur to u -Q -t* la p a ^ .
B
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t
t
u
QUATRIÉME
o
u
PARTIE
C A U SEM E TREIZIEME 216. Si l’on demande á l’improviste a quel- 25, 30, 40, 50 centimétres, il serail assez peu qu ’ un quelle est la différence entre deux commode de dire si nous devons considérer brouettes semblables dont l’une monocycle ce véhicule comme une brouette bicycle ou et I’autre bicycle il croira qu’il s ’agit d ’une comme un monocycle. plaisanterie. Peut-étre prendra-t-il la chose un peu plus sérieusement si on le surprend en donnant á la question la forme suivante, par exemple: Quand est-ce qu’une brouette monocycle peut étre considérée théoriquement, techniquement ou réellement comme une brouette bicycle, et vice versa?
Cercle, cylindre, roue et roues.
On peut monter sur l’axe d ’une brouette deux disques, deux cylindres, deux roues dont la somme des épaisseurs ne dépasse pas l’épaisseur d’une roue ordinaire de brou ette. Ecartons ces disques l ’un de l’autre de quelques centimétres ou de quelques décimétres. Ceci étant fait, cherchons le géométre, le savant qui serait capable de dire quelle est j , . Bain de soleil uans le jardín d'uii sanatorium d’ aprés une photo publiée par la limite de l’écartement de ces disques, une Revue (7e Sais ToutPJ. jusqu’á laquelle la brouette est encore mono 217. Si nous nous imaginons une brou cycle et quel est le degré d ’écartement de ette dont la roue d ’un diamétre de 40 centi ces disques qui la rend bicycle. Oü commenmétres, par exemple, et d ’une épaisseur de ce et oü finit, id, le monocyclisme? Pour to u - 0 " t® p a g e ,
QUATKIÉME PARTIE. CAUSERIE TREIZIÉME
La
b r o u e t t e
m o n o c y c l e
e s t - e l l e
bi cycl e?
218. L ’ axe de la roue, méme en négli- La brouette est, dans ce cas, dans les congeant les oscillations que luí impriment cel- ditions oü elle serait si elle était garnie d’une les de la marche de l’homme, ne se trouve roue aussi minee que possible ou plus minee qu’exceptionnellement dans un plan horizon encore. tal, répétons-le. Cet axe n’est dans ce plan, 219. II va sans dire qu’il ya, qu’il peut y avoir des roues qu’on peut, q u ’on p o u rra it considérer comme des roues sans épaisseur: 1 celle dont la section de la jante serait triangulaire dont la circonference reposerait sur un plan suffisamment dur. 2.° celle qui serait sphérique; ou bien, ce qui revient au méme, celle, comme il y en a beaucoup, dont la section de la jante, a la forme, dans la partie en contact avec le sol, d ’un are de courbe, dont la corde est perpensi la roue est tres minee, que lorsque le poids diculaire au plan du cercle de la roue. Si elles roulaient sur un plan convenabledu fardeau de la brouette agit avec une intensité identique á droite et á gauche de l’axe ment préparé, ces roues y traceraient théori longitudinal de figure de cette voiture. Dans quement des lignes mathématiques, et dans tous les autres cas, le maintien de l’équili- la pratique, ces lignes n’auraient presque pas bre de celle-ci exige que l ’axe de sa roue d’épaisseur. 220. E n r é su m é ; N o u s laissons á d’autres soit dans des plans formant des angles plus la tache d’établir la régle qu’il faut suivre ou moins grands avec le plan horizontal. pour fixer la largeur h partir de laquelle une brouette monocycle doit étre théoriquement Supposons que la partie la plus lourde du fardeau d ’une brouette ou tout le poids de considérée comme bicycle. Pratiquement percelui-ci agit sur l’un des cotés du plateau. sonne ne s ’y trompe. Tout le monde sait La roue de cette brouette a été remplacée, distinguer une brouette á rouleau d ’une brou supposons le, par un cylindre creux. L’axe ette bicycle ou d’une brouette monocycle. 221. Quoiqu’en aient dit les philologues, du cylindre est incliné et celui-ci n ’a qu’un point, tengentiel, de contact avec le plan sur pour justifier leur amusante étymologie du mot brouette, étymologie á laquelle ils donlequel il repose. nent un semblant de respectabilité en l ’attribuant (quoique faussement, répétons-le) á Du Cange,l’usage de la brouette á deux roues, Or, lo rsq u e , par á notre avis, est m oderne, contefnporain, raison d ’equilibre, il pourrait-on dire, puisqu’on ne s’en sert coufaut faire rouler ce ramment que depuis le milieu du XIX® siécle cylindre sur l’une des (V. p. 92). ^ Ceci s’explique. Non seulement la brouette circonf érences de l’un des cercles de ses ba bicycle est d’une construction plus couteuse; ses, théoriquement, mais elle a besoin d’un chemin uni et^ suffila différence qui sé- samment large. Le viestrictisme et l’ariétisme ----I une voi....i pare dans__,__ ce cas, une sont des qualités, nous le savons, dont ne On peut¡rrrtaire rouler ^ sont douées que la bicyclette et la brouette a ture légére bicycle sur la cir- r O U e - C y lín d r e d U n e confereuce de l ’un des cercles _ „ ,,o .p o r í 'I o p c t n iillp de l’une de ses roues. roue cerue c&i uuiic. une roue. Pour to u -Q -te la page-
QÜATRIEME PARTIE. CAUSERIE TRIIZIÉME
Definition.
Différences.
Brouette
222. Comme celle á une roue la brou ette á deux roues est un véhicule á caractéristique. Personne en la voyant ne la prend pour une voiture quelconque, plus ou moins grande, du genre bicycle. Elle n’est pas un fpetit tombereau» (V. p. 104 et n.° 111) ni autre chose. Elle est bien une brouette et cependant les déflnitions de la brouette, des dictionnaires et des encyclopédies et que ncus connaissons, ne se rapportent, qu’au «véhicule á une roue>. La brouette bicycle est, avons nous dit, une ciüiére dont l ' un des porteurs a été remplacé par deux roues. Le porteur de devant est le seul qui peutétre remplacé par une roue dans la brouette monocycle. Les deux roues peuvent remplacer soit celui de devant soit celui de derriére dans la civiére bicycle, 223. Une brouette monocycle ne tiendrait pas debout, nous 1’avons dit, si elle n’avait qu’un pied (V. n.° 133). Un seul pied suffit á la brouette bicycle, bien qu’en général elle en ait deux. La brouette á une roue, chargée, ne peut rouler que poussée. Qu’elle porte ou non un fardeau la brouette á deux roues travaille aussi bien devant que derriére son homme; mais ce véhicule ne jouit pas du précieux avantage de la direction par inclinaison (V. n.°s 202, 203). 224. Ajoutous que les deux brancards de
á
timón
et
a
4
pieds.
des mains ou étant plus long, pour les deux. En revanche une brouette monocycle á un seul timón et á une seule poignée serait un véhicule utopique. Aussi, avons nous dit, bien que de peu de valeur, gráce á des distinguo, une brouette á deux roues pourrait étre entre mille meilleurs, un exemple du levier du deuxiéme genre moins mauvais que 1’exemple classique de la brouette mono cycle. _225. Quand elle ne roule pas, les points d’appui sur le sol, de la brouette bicycle sont au nombre de quatre. En general, ces points d ’appui ne sont, dans ce cas d’immobilité, que trois dans la brouette á une roue. Aussi, sous le rapport de la stabilité est-il plus íacile de charger des caisses ou des malíes, par exemple, sur une brouette á deux roues que sur une brouette ordinaire á une roue, Ordinaire avons nous dit; car bien qu’elle soit peu connue, la brouette monocycle, á quatre pieds, existe; mais les brouettes á qua tre points d ’appui sont, nous ne savons pas pourquoi, plus rares que les autres. Je crois que je n ’en ai vu qu’une. Elle transportad
Brouette tétrapode.
un petit tonneau. La vue de ses quatre pieds nous étonna.
Brouette pour tonneaux.
•a brouette bicycle peuvent étre remplacés par un timón avec un seul manche pour Tune
Je nepus m’empécher d’adresser, inpetto, un sincére éloge á son inventeur inconnu. Pour réussir, en s ’écartant, peu ou prou, du chemin généralement suivi, il faut, au moins, du jugement. Le succés, nous le sa vons, n’a pas toujours couronné les perfectionnements brouettiques.
Pour tou-Q -te la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE TREIZIÉME
La
plus
s t a b l e.
Brouettes
226. Bien entendu, il faut chercher dans r adhérentisme la raison de la forme de la brouette á deux roues, c ’est-á-dire la raison de la place qui y occupe leur essieu á l’exrémité du chassis, extrémité opposée á celle oü sont les poignées. 227. La brouette á deux roues ne possede pas le verticalisme, et ré p é to n s le (V. n.° 149) quoique la chose paraisse parad oxale, la stabilité de la brouette bicycle exi g e des conditions dont sa soeur aínée á une roue peut se passer: celle-ci, bien qu’instable
1, 2, Verse. 3, 4, Ne verse pas.
est plus stable, pourrait-on dire que la brou ette á deux roues, si on ne craignait de paraítre chercher á faire teñir debout un paradoxe. II n’en est pas moins vrai que pour que le centre de gravité du fardeau soit á une hauteur relativement grande au dessus du plan passant par les points d’appui du véhicule, la déclivite latérale du chemin, un choc produit par un caillon et, en un mot, tout ce qui contribue á placer Tune des roues dans un plan horizontal plus haut que celui oü se trouve l’autre est une cause de danger pour la stabilité de la machine. L’effort ou l’adresse du brouettier n’y peuvent ríen. Le point d ’appiication de sa forcé est trop loin du centre de gravité de l ’appareil pour que le brouettier puisse agir utilement pour empécher la chute. Les bras d’une brouette, nous le savons, sont d’autant moins útiles en ce qui a trait au maintien de X'équilibrelatéral de l’appareil qu’ils sont pluslongs.
álables
ou
a
saos 228.
(V. cabrouets et diables i la page 123.)
■Personnen’ignoqu’il ya de petites brouettes ü deux petites roues. La brou ette á sac, la brou ette diable et le cabrouet n ’ont pas de bras: ils n ’ ont que des manches. En levant cu en baissant ceux-ci on place le centre de gra vité du fardeau entre les poignées et l’essieu ou on le porte sur 1’essieu, et, dans ce cas, elles deviennent des brouettes á charge équilibre, lo n g itu d in a le m e n t latéralement éqaÚibrée. Par ce jeu des poignées l’homme qui se sert de ces brouettes prend, selon ses besoins, plus ou moins d’adhérence. Comme le poids des mains de cet 1’ homme est réglable et comme ce poids porte surtout sur Laxe des roues, ce brouettier a généralement ses bras coudés pendant son travail, d ’autant plus coudés qu’il a moins d’effort á faire pour déplacer le véhicule. II agit done comme le chinois dont la brouette est, aussi, a charge longitudinalement équilibrée; mais les bras de l’homme qui pousse des brouettes du genre á saos prennent naturellement, une for me bien différente de celle qu’exige la manoeuvre de nos brouettes monocycles européennes. Gráce a la courbure des bras, l’homme qui actionne ces petites brouettes peut faciiement, en ouvrant plus ou moins l’angle que forment le bras et l’avant bras, ouvrir et fermer l’angle que forme avec la civiére de la machine le plan sur lequel sont ses roues. On ne décharge, cela va sens dire, que par devant, ces petites brouettes. 229. La manoeuvre qu’exige la mise en place du fardeau sur ces véhicules est facile. Elle ne demande q ’un effort assez faible parce qu’on n’éléve qu'á une petite hauteur le centre de gravité du sac ou de la caisse qu’on veut y transporter et parce que dans l’act de les charger on se sert du chassis de la brouette comme d’un levier du premier genre dont le point d ’appui est á l’axe de la
Pour tou-Q -te la page.
q d a t r ié m e
o n
d e m a n d
p a r t i e . c a u s e r ie
u n e
roue, levier dont le bras de la puissance est trois ou quatre fois plus long que celui de la resistance. (V. n.° 125®) Bartaux.
t r e iz ié m e
n o u v e l l e
b r o u e t t e
nus, presque partout, insuffisants. 231
230. II n’y a pas longtemps le Journal Avant de quitter la gare lieu oü la brou Excelsior, cité par la Petite Gironde du 5 ette est presque indispensable, avant de nous septembre 1922 demandait une nouvelle ap- embarquer pour la Chine, p u isq u e nous plication de la brouette, «un perfectionne- avons dit un mot de la brouette monocycle á ment> disait-il, de la brouette «qui aurait plu quatre pieds, nous pourrions ajouter qu’il á Pascal, pére putatif» de ce véhicule. Excel- nous semble que tous les voyageurs ont dú sior désire qu’il y ait dans les gares de che- observer sur les quais des gares que beaumin de fer des brouettes á l’usage des voya- coup de ces petites voitures tricycles pour geurs de bonne volonté et pressés. Ces bagages auxquelles nous venons de faire brouettes devraient étre d’un certain type. allusion sont garnies de quatre pieds, dont On voit, d’aprés son texte, que l’auteur de deux devant, prés de la roue pivotante. Bien l’article donne, comme le font tant d’autres, eníendu l’objet de ces pieds est le méme que le nom de brouette aux petits chariots satelli- celui de ceux de devant déla brouette mono tes du fourgon des bagages. Cet écrivain cycle. Les uns comme les autres rendent plus aurait pu ajouter a l’appui de sa demande, stables ces machines pendant qu’on les charen maniere de précédent, l’exemple des cy- ge. La brouette a deux roues n ’a que deux clistes. Ne leur livre-t-on pas, á ce méme pieds, mais ce bipéde n’en est pas moins stafourgon, leur machine, moyennant la remise ble pendant l’opération du chargement, avant du bulletin de celle-ci? Le fait est que les que les pieds de l’homme, ne remplacen! les chemins de fer leurs accessoires sont deve siens (V. n.° 227).
MONOCYCLES
MflRQüEyp.
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Marqueur du jen de tennis.
A gauche: Indien de I’Hindoustan se servant d ’ une bineuse. (V. le semoir Planet, p. 2 ^ . —Alrededor del Mundo, 23 Sept. 1922.—V. le semoir chinois, p. 112.)
Pour to u -Q -te la page.
l l J ^ E R l ^ ^ ^ S o U O t l ClUgS QUATRIÉMB
PARTIB
CAUSERIE QUATORZIEME 232
La brouette de la Chine a attiré de bonne heure l’attention des voyageurs et des érudits; mais le cóté pratique, utilitaire et surtout
de Pascal; mais 11 suppose que <peut-étre> ce véhicule a été inventé «avant lui» c’est-ádire avant ce savant, par les chinéis «ces
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pittoresque de cette singuliére voiture sem ble avoir été Fuñique objet de leurs regards et de leurs observations. La brouette chinoise doit étre fiére de figurer dans le fameux poéme de Milton (V. ps. 13 et 158). Le populaire auteur des Tribulations d'un chináis en Chine croyait non seulement que la brouette européenne était une découverte
Chine. Du Magasin Pittoresque, 1836.
antiques inventeurs de la boussole et du cerf volant». (V. p. 162). II est incontestable que la Chine est le pays de la brouette ou du moins d’une brouette spéciale, tres répandue. Cependant, d’aprés un diplómate de l’Empire du Milieu, que nous avons questionné, il y a quelques années, á Madrid, les brouettes seraient en Chine, comme en Europe, vieilles de quelques cen-
Pouf tou-Q -te la page.
QÜATRIÉME PARTIE. CAUSERIE QDATORZIÉME
Age de la broaette de Chine.
Le langage chináis et la brouette. Définition.
taines d’années; mais elles ne seraient pas de ces choses dont l’origine, la bas^ «se perd dans la nuit des temps». 233 Les phrases de la conversation et les locutions qu’on trouve dans les dictionnaires pourraient, s’il en était besoin, prouver, eroyons nous, que la brouette chinoise est intimement unie aux moeurs populaires de certaines régions de cet inmense empire. En Chine comme en Europe on pousse la brouette (Post-irisme). En Chine comme en
brouette chinoise ne posséde done ni un sig ne ni un nom exclusivement á elle. Ce manque de nom spécial et de signe caractéristique semblent indiquer que notre di plómate disait vrai lorsqu’il n’assignait pas un age avancé h cette voiturette. Quoi qu’il en soit de cette question de date de naissance, toujours est-il que, malgré des diíférences de forme entre notre brouette et celle de la Chine, l’excellente, bien qu’apocryphe, définition de saint Isidore de Séville
brouette contient (ou porte) des bagages. ............................. Brouetter des grains. GNi t ’o e i it c h ’ e l t z e u .............................. Amener une brouettée de Ierre. t ’ o ie i s ia o t c h ’e l e u l .............................. Brouetter des pains. Y LE ANG
s ia o t c h ’
EL ................................. Une
t ’ o iei s ia o t c h ’ e l e u l
Dictionnaire fi ancais-chináis contenant les expressions les plus usuelles de la langue mandarme par le Pére Séraphin Couüreur S. J. (1884). Dictionary o f the chínese langaage in three parís. By R. Morrison D. D. Macao., 1822.)
THSZE KW A CHAT (pousser voiture). SIAO TCH ’E E (une petite voiture). T ’ O IE I SIAO TCH’ EE T ’ O EI SIAO TEE TSOVO SIAO T H E E EUL
France on dit pousser la brouette. Le mot chinois qui désigne la brouette veut 'dire petite voiture, a peu prés comme en espagnol (de carreta: charrette— carretilla: petite charrette). Ce mot, ce nom chinois est done com posé. On peut remarquer que, dans ce com posé, le signe de l’écriture chinoise qui a le sens de voiture, est une sorte de petit croquis schématique représentant, en projection horizontale, un véhicule á deux roues. On y voit en efiet celles-ci, la caisse et l’essieu. La
est parfaitement applicable á ce véhicule oriental. En effet, si la brouette chinoise n’est pas le pabo méme des vieux lexiques elle n’en est pas moins une voiture monocycle, un véhicule a une seule roue {y. ps. 15, 26 et 27). D’ailleurs notre définition technique de la brouette européenne convient aussi á sa cousine d ’Asie. Peu importe que, dans la brouette oriéntale, la roue, qui y remplace l’un des porteurs, ne soit pas placée, devant la civiére, oü est celle de nos brouettes. Plus
Pour tou-Q -te la page.
1 QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIEME
Base
de
sustentation.
D ist anee
grande que celle de la brouette d’Europe, la roue de la brouette chinoise, on le sait, est au milieu de celle-ci: á la place qu’elle a dans la brouette de Grollier de Serviéres et dans toutes les brouettes dites á charge équilibrée (équilibrée, longitudinalement, auraiton dú ajouter).
séparant
les
poignées.
on prend, en effet, commebase de ce triangle sustentateur, pour Tune et pour l’autre de ces unités, la largeur du pied du chinois, ou celle du pied de l’européen, on voit que la hauteur du triangle européen est plus grande que celle du triangle chinois. Done toutes choses (dans les limites possibles) ¿gales, la brouette chinoise, serait moins instable que la brouette européenne, s’il y avait des degrés dans l’instabilité. L’espace entre les poignées est généralement beaucoup plus grand dans la brouette chinoise que dans la nótre. Ceci revient á dire que le bras de couple servant á la conservation de l’équilibre latéral de la machine y est plus long; mais cet avantage est peutétre plus apparent que réel. La hauteur de l’homme et la longueur de ses membres a des limites. Cet écartement considérable des poi-
FfetL2>
Deuxs points d’appui. En haut b rouette chinoise. Au-dessous b rouette européenne. En marche, Tune et l’autre.—D base de sustentation de la premiére. D base de sustentation de la brouette européenne.
Comparons deux unités homme-brouette, Tune européenne, l’autre chinoise dont la longueur des civiéres est la méme. Comme dans la chinoise la roue est au milieu de sa civiére et dans l’autre elle est á l’extrémité de celle-ci, il est évident, croyons nous, que les points d’appui du systéme chinois-brouette (c’est-á-dire le point de contact du pied du chinois et celui de la roue avec le sol) sont plus prés l’un de l’autre, que dans l’unité européen-brouette. La base triangulaire de sustentation de l’unité chinois-brouette a done ses angles plus ouverts que ceux de la base de sustentation triangulaire de l’unité européen-brouette. Si Explication de la figure M: Ecartement a c des poignées de la brouette européenne (l)= M ém e écartement, mais de la brouette chi noise, c?/(2)=L’angIe a b e du numero 1, est égal á Tangle á b 'c' du numero 3. C e croquis donne une idée de la longueur que devraient avoir le buste et les bras (étant donnée la différence d’écartement des poignées) pour que les bras du 3 travaülassent dans ,les mémes conditions angulaires et mécaniques que ceux du numero 1. Gráce aux déplacements láteraux des poignées ou de ceux des pieds de l’homme (4.4), déplacements dont nous avons parlé au n.° 202, le brouetteur peut agir sur Tune des poignées comme si l’écartement d f (5 et 2) était plus petit qu’il ne Test. II
{Pour comprendre ce qui suit, il faut avoir présent a l’esprit ou retire ce que nous avons dit au n.°s 202, 203 de ces causeries.) Si, comme dans les croquis 4 et 4, une seule des mains joue le róle de soutenir et, excerqant sa forcé de bas en haut, sert de point d’appui, le levier idéal d f [5 et 2), levier da 2e genre—ést plus long; mais non pas plus puissant que ac. (3) de la brouette européenne: parce que dans d f &i dans a c de la brouette d’Eu rope les iongueurs des bras de la puissance et de ceux de la résistance sont dans les mémes proportions. Pour tou-Q -te la page.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIÉME
M oyens
das
á
V a d r e ss e .
S y s té m e
de
b a s c u le .
B r o u e tte
et
le v ie r.
gnées oblige le chinois á écarter ses mains de trouve l’axe de la roue, soit devant, soit deson corps et á les placer daos un plan hori rriére ce plan. zontal plus élevé que celui oü ^se trouve le Ainsi par un systéme de bascule anaíogue centre de gravité de sa personne, personne á celui qu’emploie l’homme qui, en Europe qui, généralement et comparativement, est transporte un sac ou une caisse sur une brou de petite taille. Le bras de couple est done ette (Hable, á deux petites roues, ou l’emploplus long; mais sa longueur méme en est un y é des gares lorsqu’il se sert de certaines gran inconvénient, étant données les proportions du corps de Thomme qui s’en sert. A en juger d’aprés des photographies, cet écartement considérable des poignées forcé souvent le brouetteur chinois a écarter ses jambes pour augmenter la longueur de la base du triangle de sustentation dont le sommet est sous la roue. Le chinois est agüe et súrement il doit savoir tirer excellent parti de tous les moyens que nous avons signalés pour garder l’équilibre de l’unité homme-brouette. Peut-étre méme sait-il profiter de cette plus grande longueur du bras du couple dont 11 vient d’étre parlé. (V. íes personnages du bas de la fig. M de la des brouettes, le chinois peut prendre plus ou colonne précédente) moins d’adhérence et il peut modifier selon D’ailleurs, nous le savons, l’apprentissage ses besoins, l’équilibre longitudinal de sa ma et l’habitude rendent fáciles des exercices chine. (Avantage du postirisme. V. n.ns 159 et 160.) d’équilibre qui sont plus difficiles encore que Puisque la charge peut se placer soit de celui de garder la stabilité de ces machines vant, soit dessus, soit derriére 1’ axe de la (n.°s 14, 15). roue de la brouette chinoise, les ressources 234 pour équilibrer longitudinalement 1’ appareil et pour le réglage de 1’ adhérence du moPar suite de la moindre inteur sont plus grandes que lorsqu’il s’agit de clinaison, ou de Thorizontalité notre brouette á petite roue. des brancards et du plateau il Si le principe d’un véhicule tiré ou poussemblerait, á premiere vue que sé pouvait étre celui du levier, parce que le le p o id s centre de gravité de la charge y oceupe teldu fardeau le ou telle position par rapport á l’axe ou á et de la l’essieu de la roue ou des roues, le principe b ro u e tte de la brouette chinoise serait celui du levier doit a g ir, du premier ou du deuxieme genre. toutes pro portions gardées, avec moins d’intensité sur On peut, en effet, y placer le fardeau soit l axe de la roue de la brouette chinoise que devant la roue, soit entre l’axe de celle-ci sur celui de la nótre. La civiére de la brouette chinoise est peu ou point inclinée. Son point d’appui sur l’axe de sa grande roue est au milieu du chassis, tandis qu’il est á l’extrémité de leur civiére dans nos brouettes communes. L’homme, en levant ou en baissant les brancards, place le centre de gravité de sa voiture et du fardeau de celle-ci, soit dans le plan vertical, oü se et les poignées, soit au dessus de laxe. Pour ton-Q -te la page.
QUATRIÍME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIÍME
B r e le lle .
Le
c h in á is
p o u sse
ou
Dans le premier cas, le désidératum des in v e n te u rs et des perfectionneurs de la brouette est bien dépassé: les bras du brouetteur chinéis n’ ont seulement pas de poids á soutenir; mais subissent méme, une poussée de bas en haut. 235
C om m e les européens, beaucoup plus méme que ceux-ci, h en juger par les images, les chinéis fent usage de la brícele eu bretelle (eu plutot d’ une cerde jeuant ce role); mais, toujours ingénieux, leur brícele est a deux fins. Elle leur sert, en général, comme chez nous, a soutenir les brancards. Dans le cas, oü un eñort considérable est nécessalre, ils exercent une tractlon identique á celle de l’homme qui tire une voiture á bras
Com bináis o n de p o s t i r is m e d ’ adhérentisme e t de tirage spéd al.
tir e .
Son
e n d u ra n c e .
T onkinoise.
merveilleuse. (Brouetteurs ? V. p. 106.) Nous ignorons si ces voyageurs ont éprouvé la curiosité d’essayer, en s’attelant euxmémes á la brouette, ce mode de traction. 236
En 1896 le Musée des Colonies était installé dans un pavillon du palais de l’Industrie donnant sur la Seine.
Brouette tonkinoise du musée des colonies.
européenne. Ce tirage se fait, done, com me si le chinéis était attelé non derriére mais devant sa brouette et il travaille alors, en se raidissant, pour alnsi dire, entre la résistance et le sol (V. num. 35). Dans ce cas la corde qui tient lieu de bricole, quand elle sert á tirer, est attachée aux extrémités libres des brancards. Ces extrémités sont, derriére le dos du brouettier, dans un plan vertical assez éloigné du plan vertical ou se trouve la ligne de ses épaules. N’ayant pas été en Chine, nous ne possédons ces renseignements que gráce aux gravures et aux photographies dues á des voyageurs qui n’ont vu, cela s’explique, dans la brouette qu’un moyen de transport plus ou moins commode, plus ou moins utile. L’énormité du poids du fardeau transporté et la longueur du parcours a, surtout, d’aprés leurs récits, attiré leur attention. L’endurance des brouetteurs est, parait-il.
J ’ y avais vu une brouette tonkinoise du genre des brouettes chinoises. J ’ obtins de l’administration du Musée une permission pour l’étudier et méme pour la faire rouler. Le gardien auquel je fis connaitre cette autorisation en fut surpris. Sa dignité se rebiffa á l’idée de servir de sujet actif ou passif d’une expérience «absurde». 11 ne voulut pas, d’abord, ni me brouetter, ni, encore moins, se méfiant peut-étre de mon adresse, se laisser brouetter. Aprés quelques pourparlers, que je m’efforqai de rendre aussi séduisants que possible par des arguments qu’ on peut bien supposer, la glace étant rompue, nous nous brouettames, en changeant de role, tour á tour, parmi les vitrines et les collections. Le véhicule était roulant. Je pus constater que malgré sa grande roue, il n’ était pas difficile d’en garder l’équilibre. Nous ne reviendrons pas sur la raison qui, malgré les apparences, explique pourquoi, dans certains cas, aprés un bref apprentissage, on garde facilement l’équilibre d’un objet, au n ou á deux points d ’appui, lorsque son centre de gravité est loin, (au dessus) de ce point ou de ces points.
P our to u - Q - t e la page.
QUATRIÉME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIÉME
La
ü O i l e .
B r o tt e t t e s
que lorsqu’il en est prés. (V. n.° 14.) D’ailleurs, en marche, la distance entre les points d’appui de devant et de derriére c’está-dire, entre les points d’appui de la roue et du pied du brouetteur n’est que de 1"',20, lorsqu’on se sert d’une brouette du genre de celle du Palais de l’Industrie, tandis que cette distance atteint souvent 1"’,60 et méme plus, lorsqu’on pousse une brouette européenne.
a
p e t i t e
r o u e
faible qu’il soit.
D’aprés le dessin d’un voyageur.
237 Nous connaissons l’allusion faite au XVII® siécle par Milton, dans son «Paradis Perdu» á la voile des brouettes de Chine. Cette voile, d’aprés certaines gravares, serait carrée. 11 est plus que probable que Ies cas oü les chinois en font usage doivent étre limités. (V. p. 158 et 162.)
Les documents nous manquent pour en dire d’avantage; mais, ne l’oublions pas, l’une des qualités de la brouette monocycle est l’ariétisme; c’est-á-dire la convergence sur un seul point de toutes les torces favorables concourant au déplacement de la voiture. Hiles aboutissent au point de contact de la roue avec le sol, comme les liquides versés dans l’entonnoir affluent vers son orifice inférieur (n.° 151). La brouette, comme la bicyclette, peut done profiter utilement et mieux que tous les autres véhicules á roues, sauf le vélocipéde, d ’un secours extérieur quelque
238 La brouette á petite roue placée devant la civiére existe en Chine. Elle y est appelée, m’a-t-on dit, d’un nom qui, traduit, signifierait brouette en bois ou brouette bois. Pourquoi? Le chinois qui m’a fourni ce renseignement n’en savait rien. L’auteur du Paradis Perdu fait allusion á la construction en roseaux (bambous) de la brouette á voile, de la Chine. Les petites brouettes y étaient-elles primitivement, y sont-elles, généralement, ou presque exclusivement, de bois? C’est possible. Néanmoins la brouette avec roue placée de vant la civiére á petite roue du paravent du
duc de Véragua (V. p. 207) est en batnbou comme celle dontnous verrons plus loin l’image faite d’aprés un document photographique. Qu’elle s’appelle ou non brouette-bois, toujours est-il que la brouette du genre de la
Pour tou-Q't®
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QUATRIEME PARTIE. CAÜSERIE QUATORZIEME
L e
b r o u e t t e u r
de
l a
brouette européenne est un instrument connu en Chine. Roulait-elle anciennement dans ce pays á coté de sa soeur á grande roue ou bien son modéle y a-t-il été importé, postérieurement, d’Europe? Je l’avoue, je n’ai fait aucune démarche, aucune investigation pour essayer de connaítre la réponse á cette question relativo á l’histoire du véhiculisme monocycle chinois: question intéressante qui, d ’ailleurs, n’a, peut-étre, rien de secret pour un orientaliste. 239 L’élégante chinoise de la page 207 de ces Causeries traverso, brouettée, un joli coin accidenté d’un beau jardin. La dame est assise dans le léger et flexible véhicule, loin des poignées, sur un coussin dont l’épaisseur éléve le centre de gravité du fardeau. L’attitude de l’homme dit bien les effcrts que lui coúte le maintien de l'équilibre de sa brouette. Cet oriental doit étre un brouetteur d’une tres grande adresse. Pour satisfaire aux exigences de la conservation de l’équilibre cet homme rapproche ses mains du plateau du véhicule, plapant ainsi son propre centre de gravité plus prés de ceux de la brouette et de l’aimable brou
ettée. II écarte ses pieds, plie ses jambes, se baisse et baisse les bras de la brouette, pour descendre le plus possible son centre de gra vité individué! et celui de la brouette-fardeau. Par ce manége et en coudant ses bras il évite de porter une part trop grande de la charge sur la roue du véhicule, par raison d’équilibre et pour acquérir de l’adhérence. II a d’autant plus besoin de celle-ci qu’il est maigrelet.
h r o u e t t e
V e r a g ü a.
Néanmoins tous ces artífices, et d’autres dont il a été question ailleurs, seraient probablement insuffisants, dans ce cas, si notre adroit jardinier n’avait recours á un moyen probablement bien connu dans la région oü la scéne se passe. 11 ne s’agit pas en effet id d ’une fantaisie artistique. Le dessinateur a voulu tracer l’image de quelque chose réelle, familiére, souvent vue par ceux qui la regarderaient, et représenter l’attitude d’un brou etteur quelconque. Certainement l’auteur du dessin n’est pas l’inventeur du procédé, de l’artifice, du «truc» que nos gravures font voir d’une faqon assez claire, croyons-nous, pour rendre inútiles les explications salvan tes. L’homme tient les brancards á peu prés comme le lancier tient sa lance en arrét; mais au lieu de les passer sous ses aisselles il les passe sous ses coudes et en fait ainsi des leviers du premier genre, dont les points d'appui sont dans les mains. Par des mouvements convenables de sa ceinture et de ses épaules notre chinois peut done exercer sur son coude droit ou gauche, et, par conséquent, sur l’un ou sur l’autre des brancards, une pression puissante, mais réglée et limitée, de haut en bas. II peut aussi, simultanément, excercer une action, moins énergique, il est vrai, mais considérable, de bas en haut sur l’autre brancard, sur l’autre levier, á l'aide de la main et du coude, assez éloignés l’un de l’autre. La main, dans ce cas, répétons le, joue le role de point d'appui. Le coude celui de la puissance. 240 Comparez l’image de cet orienta! avec celles des brouettiers des miniatures du Moyen-Age. Ceux-ci ont affaire á des brouettes rigides et á petite roue. Cependant leur attitude, méme celle de l’homme dont le véhicule est á bras coudés, dit combien ils sont absorbés par la préoccupation des manoevres qu’exige la conservaron de l’équilibre. Les hommes de race jaune, tout le monde le sait, sont des acrobates et des équilibristes de premier ordre. Dans l’image du paravent de Véragua oú la brouette est flexible et á
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QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIEME
Brouetteurs
d ’E u r op e
e t
roue d’un diamétre assez grand, L’homme travaille, visiblement, de tout son corps,
brouetteurs
de
Chine.
ou moins long; surtout s’ils devaient pousser une brouette chargée, du genre de celle de droite.
D ’aprés des photographies. (Haimsivorth?)
On peut comparer aussi 1’attitude aisée des brouetteurs chinois que représente cette gravure avec celle des cavaliers devenues brou etteurs de Dauvilledont l’aspect indique qu’ils sont aussi génés que ceux du Moyen-Age.
pour en garder l’équilibre. Pour un brouetteur aussi habile, la garde de l’équilibre de brouettes du genre de celles des miniatures anciennes (chargées comme ces véhicules le sont), n’aurait été que jeu. Nous en voyons la preuve dans les photographies dont nous donnons un dessin fait par le dessinateur (dont Dieu aít l’áme) Martínez. Avec quelle aisance l’homme, k gauche de ce dessin, ne fait-il pas rouler sa machine á chassis rigide! Le chinois de droite, dont la brouette est en bambou, écarte bien un peu ses jambres, mais il est maítre de lui méme et de l’équili bre. Dans Tune comme dans l’autre de ces brouettes la charge est lourde et le centre de gravité du fardeau est loin de celui de l’homme et haut placé, au dessus de l’axe de la roue. La besogne de ces chinois serait d’une exécution difficíle, pour des brouettiers européens méme professionnels. Ceux-ci ne la réaliseraient probablement, d’une facón convenable, qu’aprés un apprentissage plus
L’épreuve de la course á la brouette. Qymkhama sur le champ
de c o u r s e s de Deauville (Ílírce/síor, 21 Aoüt 1921). Pour g a r der le difficile équilibre de l’unité homme-brouette, le brou e tte u r improvisé, en se baissant, baisse le plus possible le cen tre de gravité de c ette unite et le rapproche ainsi du plan oassant par les deux points d ’ appui du systém e en marche.
(V. ps. 213, 214, 219 et 220.)
Cristóbal Colon, duc de Veragua (prénom nom et titre que porta le fameux navigateur) est le proprietaire, on le sait, de la brouette chinoise objet de nos observations. Le paravent oü elle figure doit étre du commencement du XIX® siécle. Mon jeune ami Cristophe, excellent dessinateur, fut assez surpris en voyant que sa brouette attirait mes regards et mon attention jusqu’au point de lui demander de m’en faire un portrait fidéle. II me le promit. Son oeuvre d’art aurait avantageusement remplacé notre méchant croquis de la page207, si l’artiste avait tenu sa promesse; promesse faite d’ailleurs d’une faqon trop rieuse pour paraítre sincére. (Voir des images de brouettes chinoises aux pa-
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QUATEIEME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIEME
R é c i t
ü
n
o o y a g e u r
ges 68, 106, 128 et 207.) 241 Une revue anglaise va nous dire maintenant ce que sont, dans la pratique, les brouettes chinoises á grande roue céntrale. Les dessins sont faits d’aprés les photogravures qui accompagnent le texte de cet amusant, humoristique et intéressant article écrit par une personne qui eut affaire la bas á ce genre de véhicule. (The Harmsworth Magazine. Oct. 1899.) Malheureusement nous avons perdu, dans l’incendie que fon sait, les clichés des dessins faits par feu Martínez, d'aprés les photographies publiées par la revue Harmsworth.
a n g l a
t s
»La brouette remplace nos charrettes et nos om»nibus. On s ’en sert pour porter toutes les denrées »au marché, sans en excepten les poros. On s’en sert »de méme pour véhiculer les gens d'affaires, en vi-
«La fafon la plus en vogue et la plus commode de »voyager dans les dix-huit provinces de Tempire», y lit-on, «est la chaise á portear ou le palankin, porté THE SHANGHAI W HEELBARROW. «La brouette indigénes, dit la légende anglaise, de la jolie carte póstale polychrome dont ce croquis n’e st qu’un schema, «est l’unique vé hicule gui puisse cisfuler dans les étro ites rúes de la vieille cité chinoise, larg es de 2 m. 60 Elles transportent des marchandises e t des bagages et on peut le voir broueettant deux ou trois voyageurs.» (Tuck's post card. Scénes in Sanghat.
Serie 1.)
»lle, et pour le transport de toute une famille, en spartie de plaisir, á la campagne.» (V. la Carte pós tale de la p. 106.) «Les voyageurs et les colis sont placés, les pre»miers assis, á droite et á gauche de la roue du véshicule qui est au milieu de celui-ci. »Le Service de brouettes publiques n’a pas de ta-
»rif officiel. • par deux, quatre ou huit hommes, selon le rang et »la fortune de la personne transportée. Les fonc«tionnaires et les gens riches n’emploient pas un »autre véhicule. Le palankin correspond k nos voi»tures de luxe et au fiacre.
D ’aprés u n e image d ’un beau livre chi néis d o n t l e t í t r e YanglsQ) s i g n i f i e
R io e s d a F le u r e
d’aprés ce que nous a dit le Secrétaire de la Légation de Chine, oü nous avons vu cet ouvrage, á M adrid, en 1921.
»Le brouetteur commence par demanden six ou »sept fois plus que le prix. Le voyageur offre la »moitié de ce qu’il suppose raisonnable. II s’en suit »une longue et chaude discussion accompagnée de »force gesticulations et de violentes apostrophes. »Vingt minutes se sont passées: on est enfin tombé »d’accord et la brouette part avec son voyageur. »L’absence de tout ressort rend cette maniere de »voyager fort peu agréable. Pour moi, elle consti»tue méme un supplice des plus douloureux. Un eu»ropéen aimera mieux faire vingt milles a pied que »de les parcourir en brouette chinoise. »Dans toute la Chine, ces brouettes sont fort ap»préciés du voyageur, pour le transport de ses effets »et de ses bagages. »Les poids que ces brouettes peuvent transporten »est vraiment incroyable. Une demi tonne est leur »charge ordinnaire. »Peu d ’anglais se soucieraient de brouetter, com»me on le fait en Chine, neuf femmes, sur des rou»tes défoncées, pendant un mil le ou deux, pour la »splendide rétribution d’un pence.» (0 fr. 65centimes.) • L’équivalent du poids de ces neuf personnes est >bien au moins d’une demie tonne.
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QUATRIEME PARTIE. CAÜSERIE QUATORZIEME
Les
ressorts.
Appreciaíions
»Dans le nord de la Chine, les brouettes sont ti>rées par des ánes et des bceufs tandis que le brou»etteur se tient entre les brancards du véhicule et »en garde réquilibre.
(V u n
v oy a g e ur
frangais
fiacre qu’ un ómnibus, qu’ une diligence ou qu’un camión. 11 estétrange que l’ingéniosité chinoise n’ ait imaginé aucun autre moyen d’adoucir le íransport en brouette du voyageur que celui, si sage d'ailleurs, d’endurcir sa chair et d ’habituer les gens á se passer, philosophiquement, de ce qui, aprés tout, compliqueralt la machine. 243 Autre cloche autre son. Un des correspon-
On dit qu’á Pékin et dans les »envlrons de cette ville toutes les marchandises »sont transportées en brouette. L’état des routes »rend impossible tout autre moyen de transport. Les schemins doivent, il est vrai, étre reparés tous les »ans, mais cela n’existe que sur le papier.»
dants du Journal des Chercheurs et des Curieux écrivait á ce périodique les ligues suivantes qu’on peut lire dans son 24®volume.
242
Dans bien des cas il serait difficile de remplacer ce moyen de transport si ingénieux et si économique. II va sans dire que le chemln de fer offre des avantages, en général. Mais lá oü il n’y en a pas, oü il n’y en aura peutétre jamais? Tous les voyageurs ne sont, d’autre part, pas assez riches pour se payer le nombreux personnel qu’éxige le palankin. Les chevaux et autres bétes de somme ont aussi des inconvenients, outre ceux d ’ordre économique. Quant aux voitures, á 2 ou á 4 roues, peuvent-elles passer lá oíi passe Fuñi que roue d’une brouette? Peu importe á celleci que les routes soient détestables: elle les parcourt sous un poids véritablement formi dable. N’est-elle pas un sujet digne d’admiration et d’étude? II ne manque á la brouette chinoise que des ressorts... dit l’auteur de Tarticle. Pourtant, on peut le dire, elle est un appareil des plus élastiques. Elle est, en effet, aussi bien un
«La brouette chinoise, d ontj’ai pu apprécier les »avantages dans une excursión dans le nord de la «Chine, en 1864, présente des conditions de statique >fort bonnes.» {órace, aurait dú ajouter ce correspondant, a V adresse des brouetteurs.) «De chaqué »c6té de sa roue, qui est assez haute, sont ajustées »deux larges banquettes: sur 1’ une s’ instale le vo*yageur et sur 1’ autre on place se s effets. Deux «hommes mettent en mouvement cette singuliére ma«chine. L’un tire avec une corde, 1’autre la souléve »et la pousse suivant la mode européene.»
«Chez les chinois», ajoute l’auteur de cette note «la brouette se perd dans la nuit des temps». Laquelle? La brouette á grande roue ou l’autre? (Voyez ce que nous disons de l’antlquité de la brouette chinoise au n.® 232.)
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QUATRIEME PARTIE, CAUSERIE QÜATORZIEME
La
roae.
Viestr ictisme .
S er a i t - e l l e
244 Le fait est que la brouette á grande roue a rendu et rend encore en Chine de trés importants Services. Comme sa congénere d’Europe elle doit son succés á l’adhérentisme, au monocyclisme, au verticalisme á
P a ssag e d’un canal d ’aprés une photogfaphie=í7m rofe/ne,
postirisme. V iéstrictisme
ut lie
en
E u r ope?
D’aprés les dessins, les photographies et les réclts des voyageurs la remorque se pratique couramment en Chine. Une corde suffisamment longue établit le contact entre la brouette et le tracteur. Celui-ci est un homme, ou une femme, ou une béte solipéde ou á comes. Derriére sa brouette le patrón pilote la machine, en garde l’équilibre et la dirige. 245. L’adoption de brouettes de ce genre á charge latéralement équilibrée, poussées et tirées par des hommes ou par des hommes et des animaux, ne rendrait-elle pas des Servi ces, chez nous, en temps de paix et en temps de guerre? Son viéstrictisme lui permet de passer dans des sentiers, dans des chemins, ou hors de ceux-ci, la oü l’emploi de tout autre moyen roulant de transport serait impossible. La charge de la brouette chinoise á grande roue est considérable. Ce fardeau pourrait étre encore plus grand á 1’armée oü la remorque, et, au besoin, l’équilibre latéral, ne manqueraient ni d’unités motrices ni de bras auxiliaires ou secourables.
Europe. V iéstrictism e. Verticalisme. (Agrícola,)
D’ailleurs on a certainement observé que dans les brouettes chinoises on peut baisser beaucoup le centre de gravité du chargeEurope. Viéstrictisme. B rouettant sa bicyclette. ment, dont une partie est placée a droite et l’ariétisme et a toutes les particularités aux- á gauche de leur grande roue. On n’arrivera quelles doit la brouette européenne sa raison pas, en baissant le centre de gravité du far d’occuper dans l’industrle et dans l’économie deau a rendre stable, per se, ce genre de sociale une si large et si bonne place; au XX ® brouette; mais cet abaissement peut cependand rendre (et il le rend, car il est employé) siécle! Etant données, répétons le, les surfaces plus facile le maintien de l’équilibre de ce si imparfaites sur lesquelles elle roule en véhicule dont le verticalisme joue, un role si Chine, le diamétre relativement grand de la intéressant. Des essais de ce genre de trans roue est le précieux complément de cet port ne seraient ni couteux ni difficiles. lis enheureux concours d’intéressantes et útiles gendreraient súrement des perfectionnements qualités dont le chinois sait si bien profiter. ayanttrait ü la construction de l’appareil. Pour tou-Q -te la page.
QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIBME
F r e i n
R e s s o r t s
R e m o r q u e
246 Des pieds á patins tels que ceux de la brouette Laugée (V. p. 149, fig. 59) pourraient y remplacer le frein sans compliquer la machine. Méme lorsqu’ils se servent de la brouette commune nos brouettiers savent, d’ailleurs, suppléer á l’absence de frein. Souvent en effet, lorsque la déclivité d’une pente qu’il descend est forte, l’homme se baisse et laisse trainer, sur le sol, les pieds du véhicule. On emploie fréquemment ce procédé, sur certaines rampes donnant accés aux quais, dans les gares des chemins de fer; a celle de la rive droite, á Versailles, par exemple.
Ajoutons, á ce propos, que mon frére André vit, dans le département de l’Isére, un cantonnier dont la brouette portait deux petites roues aux pieds. Cet ingénieux véhicu le était done tricycle, aux descentes, et monocycle aux montées. Etait-ce une invention du cantonnier? Mon frére vit la brouette, en passant: elle le fil penser á moi, mais, bien entendu, il ne s’arréta pas pour l’étudier. 247 II y a en Europe des brouettes a ressorts (V. p. 195 et 196), et on y a garni la roue de bandages élastiques; mais le frein, mécanique, n’a jamais, croyons-nous, été appliqué k cette voiture, ni en Europe, ni en Asie.
En échange, la remorque, la petite remor que de la brouette a été employée en Europe, depuis des siécles, méme par le diable. Celui-ci, des femmes et des chiens l’ont re morqué (V. ps. 85, 53, 79, 171, 208, 209). L’uni-
P a l e n k i n
rotisme et l’ariétisme, qui en est la conséquence font, mécaniquement, une élégante et excedente combinaison a v e c la remorque.
248 La Chine touche a la Corée. L’histoire de ces deux pays est intimement unie. II existe ou il a existé, en Corée, des civiéres étranges, á une seule roue et á deux porteurs qui ne ressemblent que peu á des brouettes. Leur roue y joue, plutot, le role de cedes des aéroplanes. Un dignitaire se rendant d la Coar de Corée. Telle est la légende de 1’ étrange vé hicule que nous reproduisons d’aprés un journal idustré. Ce mode de transport, doit donner, lá-bas, une certaine idée du degré d’élevation sociale du personnage véhicule. (Ilus tración Española y Americana, 8 juidet 1894.)
II y a en aussi, en Europe, des chaises roulantes avec brancards devant et derriére; mais la machine de Corée n’a qu’une roue et les barres reposant plutot sur les épaules que
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QUATRIEME PARTIK, CAUSERIE QUATORZIEME
H a q u e t
m o n o c y c l e
B r o u e t t e
sur les mains des porteurs. Les chinois ont, parait-il, construit de méme des brouettes monocycles á quatre brancards dont deux devant. 249 Nous avions écrit depuis des années ce qui précéde lorsque le hasard íit tomber en tre nos mains le numero de l’excellente revue scientifique Le Cosmos du 24 octobre 1908. Nous y vimes avec plaisir une brouette mo nocycle á laquelle son inventeur Mr. Chamarande, administrateur adjoint des Colonies, a donné le nom de haquet monocycle. Le systéme comporte des ressorts. Destiné aux transports coloniaux ce véhicule a été essayé
de
Gr ol l l e r
Grollier de Serviéres n ’ était, aprés tout, qu’une brouette chinoise. Si on compare, eii effet, son image avec celle de la brouette á voile du numero 232, on voit, en laissant la voile de c5té, qu’il n ’y a aucune différence essentielle entre les voitures que représentent ces deux gravures. II est possible que de Serviéres n’ait rien dit de trop, en affirmant qu'on peut transporter avec moins d ’effort dans son véhicule, des masses plus lourdes que celles qu’on peut déplacer sur les brou ettes ordinaires.
V. au n.° 166 le cheTal tirant la voiture qui roule devant lui.
Afrique. Missionnaire. M gr ? en tournée. (V. fig. de la p. 249.)
avec succés, parait-il dans les mauvais chemins du pare colonial de Nogent sur Mame. «Cette voiture á traction humaine, dit Le Cosmos, dont les piéces principales sont en tubes d’acier, n’est, nous semble-t-il, qu’une variante, plus ou moins perfectionnée de la brouette chinoise á brancards devant et derriére. Elle pourra, croyons nous, rendre d’excellents Services aux colonies.» Gráce, pourrait-on ajouter á son viestrictisme et á son verticalisme; mais l’équilibre de cette machi ne ne doit pas étre aussi facile á garder qu’il le semble á premiére vue. Elle doit exiger un certain temps d’apprentissage. 250 La brouette á charge longitudinalement équilibrée et á roue relativement grande de
250 bis II faut cependant ajouter que la théorie de Grollier n ’était pas la bonne. II ne voyait que l’avantage de porter tout le poids du fardeau sur la roue. Le postirisme indispen sable au maintien de l’équilibre latéral s’imposa de luí méme; mais Grollier de Servié res ne put pas songer aux avantageuses combinaisons du postirisme et de l’adhérentisme, puisqu’il considérait que le principal mérite de sa machine consistait en ce qu’elle évitait á l’homme la peine de porter. II donne done ainsi á entendre que la théorie du prin cipe de l’adhérence lui avait échappé. D’autre part le chinois non seulement peut, en levant ou en baissant plus ou moins les bras de la brouette, se rendre plus ou moins lourd, c’est-é-dire plus ou moins adhérent; mais lorsque son adhérence est insuffisante, il a recours au moyen spécial de traction que nous avons signalé au numero 235. Grollier de Serviéres en aurait probablement parlé, s’il avait songé á ce mode de tirage. Celuici concille le besoin d ’une traction énergique avec 1’inevitable postirisme; inévitable
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QUATRIEME PARTIE. CAUSERIE QUATORZIEME
Qu el le
est
la
l o ng u e ur
de
le maintien de réquilibre des brouettes monocycles. D ’ailleurs cette particularité si intéressante du brouettage chinéis ne semble pas avoir attiré l’attention des voyageurs qui ont publié leurs observations. En Europe la
la
v le
d ’une
broa et te?
bretelle, si pratique, dont en se sert trop peu, ne sert qu’ á soutenir les bras de la brouette véhicule aussi remarquable en Orient qu’ en Occident dont la théorie probablement a été encere moins étudiée en Asie qu’ en Europe.
251
ouT a une fin dans ce mon de. Q u elle est la limite de l ’áge auquel, peut attein dre une brouette ayant travaillé depuis sa naissance? Nous n’en savons rien. La longueur de sa vie doit forcément dépendre de bien des circonstances. Sunt lacrym ae rerum. Je revis, non sans émotion, encore sainé, plus de vingt ans aprés sa construction, ma brouette bicycle, á charge équilibrée, de Las Fraguas (V. p. 243), Félix, l’excellent Félix Portilla, l ’ un de ses constructeurs, le comte de Moriana, mon cher pére, ainsi que ses serviteurs, mes amis, Jorge et Bernardo, étaient au Ciel. Atanasio était un vieillard. A combien de braves gens.
(R. I. P.) elle avait survécu! II est vrai que nous avions pris la précaution de peindre ses tenons, chevilles et mortaises, avantl’assemblage de ses piéces et sa peinture totale extérieure. D ’autre part, son travail était intermittent et elle passait ses chómages, et prenait son repos, généralement, á couvert de l ’intempérie. J’ignore ce qu’elle est devenue. «Sur les chantiers, dit le Génie Rural, on ^estime en général qu’une brouette en bois »peut recevoir, avant d’étre mise hors de ser»vice, de 60 á 70.000 chargements et parscourir de 3.500 á 4.000 kilometres.» «Dans les exploitations rurales, ajoute le :^méme auteur, les brouettes ne sont pas sou»mises á un travail continu; leur usure proívient done, souvent, plutót de l’action de »l’intemperie que de leur travail. On ne pa»rait pas s’éloigner beaucoup de la vérité mq»yenne en admettant qu’une brouette, á la ^campagne, peut durer 8 ou 9 ans.»
On trouvera dans le S upplément de ce livre, aux chápitres C, E, F, G, quelques développements ou additions dont plusieurs n’ont qu’un rapport assez faible avec la brouette: iis ne nous ont cependant pas semblé négligeables. La page suivante est la derniére de la IV® partie de ces Causeries. Cette partie est, on la yu, une collection de faits, d’ éléments et 1’observations dont l ’ensemble est une sorte d’étude technique, purement qualitative, de la brouette. La page est pour ainsi dire un mémorandum parlant aux yeus. Son graphique fait voir assez bien, croyons nous, la brouette telle que la théorie doit la concevoir.
252 L a brouette monocycle est une civiére dont le portear de devant a été remplace par une roue. cy. n.° 109.)
BROUETTE D’ÉTÜDE
Principe de la brouette; TADHÉRENCE.
APPAREILS
d
’ ÉTUDE ET DE DÉMONSTRATION
V. les numéros 3 3 et 118 .
Schéma d’un modele, et de quelques variantes de celui-ci, pour l ’étude de la brouette, gráce auquel on peut modifier la longueur et la hauteur du plateau du véhicule, sa déclivité, l’écartement des poignées, la position du centre de gravité du fardeau, etc. Ces croquis font voir, croyons nous, mieux que la lecture de nos causeries, les éléments de la brouette et ce dont il faut teñir compte pour son étude et pour les mesures et calculs que cette étude comporte. EXP LICA TIO N DE L A FIGURE
La barre horizontale perpendiculaire á la tige T peut étre fixée sur un point, plus ou moins haut, de cette tige T. C ette barre ho rizontale peut étre orientée dans toutes les directions par rapport á celle du plan vertical oü se trouve l’axe longitudinal du véhicule. A I’aide de la masse mobile qu’elle porte (masse qui peut étre fixée, á volonté, sur n’importe quel point de cette barre horizontale) (*) le centre de gravité de l’appareil peut étre pla có soit á droite, soit á gauche de ce plan ver tical dans un plan vertical quelconque paralléle á celui-ci, ou dans ce méme plan vertical, oü se trouve l’axe longitudinal du véhicule. (*) Cette barre est horizontale quand le plateau est, comme le représente ce dessin, en position hori zontale. Cette barre (qui soutient un poids, comme les leviers des soupapes de süreté) ne pent étre, géoniétriquement, en position horizontale que dans le cas du dessin et dans le cas, unique, oü le plateau du véhicu le étant incliné longitudinalement (mais non latéralement) la dite barre est en position perpendiculaire au lan vertical oü se trouve l’axe longitudinal de la rouette.
E
L’axe peut se fixer dans l’un des trous de la partie N N , coudée verticalement, des barres latérales. On peut done baisser ou lever plus ou moius, le devant de la civiére ou chassis de l’appareil et, sans modifier la hauteur des poignées au-dessus du sol, augmenter ou diminuer rinclinaison longitudinale de la machi ne. L’effet produit par ce dispositif est analogue á celui d’un taquet, plus ou moins haut, interposé eutre l’axe et le l’extrémité des gran des barres d’une brouette ('T’cque/, v. n.° 196)Bien entendu on pourrait completer la machi ne par l’adjonction d’une série de roues de rechange, de differents diamétres. On peut représenter le fardeau par une masse lourde de forme quelconque sphérique, cylindrique etc (Les croquis plus petits sont des schémas de variantes du modéle des- (PD, D, P). Des disques en bois, marbre, métal etc., siné á une plus grande échelle.) permettent de varier le poids du fardeau en variant leur nombre. lis peuvent étre percés de plusieurs trous pour que, traversés par la tige T excentriquement, leur poids puisse agir avec plus d’intensité sur On pourrait adapter Tune que su rl’autre des grandes barres longitudina les de la civiére. a t o u s c e s appareils
deux pendules dont les II nous semble, que si on a dans l’imaaxes de suspensión segination cet appareil et dans la mémoiraient dans des plans re le sens que nous avons enfermé dans verticaux, perpendicules mots: UNIROTISME, POSTIRISME, laires l’un á l’autre. A V E R T I C A L I S M E , VIESTRICTISME, l’aide de cercles g r a ARIETISM E, ADHERENTISME, Aüdués ces pendules inTOMOBILISME, MOTÜSMINORISME, diqueraient le degré d’inclinaison longitudinale et d’inclinai- ENCLIQÜETTISME, on sait ce qu’est la son latérale de ces machines. brouette.
CAUSERIES BROUETTIQUES
SUPPLÉMENT A p p ren d re 06 que Toa salt. F K O D O M O M B A . I«e Bnlletin da g*ronpe P arisié n de r x . X>e' broaette et lineóle P oiy tech n iq ae. B e M o te a r H am ain .
B Etymolog^ie. Nom a de vo ltn res don ^ont le sena a changué. li a broue tte a-t-elle donné son nom ou la-t-elle re^n? lia bronette de la p a ra b o le . O ran dea bronettes et gran dea bronttées. B A B B O T T E , B A S B O W et W H BEIJB lA.BBO 'W ’.—B a bronette, le s g r é v e s et la negotlorum gestio.
c B es ap p aren ce s de la bronette. B ’adhérentiam e et B r i g g . B ronettes, F a p illó n , Ferson, Ittaroean, H ebert, E abron et.
D B a bron ette et la g n e rre . B e s canses des g n e rre s . TTne uation tbéorlqnem ent nentre. B a bronette In d ia ' Occidentalia. B a bronette de F lasenola.
E •/
B 'A o ad em ie dea sclenoes et la broaette. L 'é q u U ib re de la broaette est-il plu s fa c ile de g^arder que oelle de la bicycletté? T h éorle d a maintien^de ré q u illb re de la bioyolette. G ycliste qui dirigre s a ^ioyolette et en :garde ré q u illb re sana toucher au 'gr^ don , c*est>á-dire san s le secours des m alns — 1623 1923. Bto
L e m onoeyole de rA lm ora'im a. B a a d o o U e re d’Agrxicola. L a m aln de la ja rd in lére , oelle da moine et oelle dii bronettler d’Agrrioola. L a p e an et le s m cnooyoles. B é te s k c o m e s . V é h io a le s m onocyoles et k postiriam e. V oitarea curieusea.
G L a roñe. L e a roñes. U n e rac e de po u les. L e m aroheur et la roue. P oin t Immoblle du cerole d’une roñe 'qoi roule. P a s c a l= B o a e et s p h é r e = L a roñe oonaidéree oomme xn&t de charg^e. B tc.
X . V. Y. z . B ro a e tte á plvot horizontal, B. 8. G. D. G., eto,. etc., eto. (V. ta table dea matférea).
A N ous a v o n s cité d a n s la p re m ié re p a g e de ces le s p a ro le s de M il ton; ■'T h e i n v e n t i o n a l l a d m i r ’ d » etc. Tous avaient
causeries Broüettiques
dit-ü, admiré l’invention; mais ce qui avait paru chimérique avant d’avoir été trouvé, une fots inventé, semblait déja chose hanale,'» C ’est
CAUSERIES BROUETTIQÜES A II
SUPPEMENT DES CAUSE
Arago.
Pascal
en
1911. —L a
brouete
q ue, co m m e nous l'a v o n s dit a ille u rs, q u an d ' a u lie u d’e tre p o s?éd ée fan bien q u e m a l, une v é rité n o u s'p bsséd e, e lle n o u s a l’a ir d’un axiom e ou d ’u n e v é r it é de la P a lis s e . A p r é s n o u s a v o ir a id é , p e n d a n t le s v a c a n c e s de 1921 á c o r r ig e r , le s é p re u v e s de q u e lq u e s p a g e s de la q u a trie m e p a rtie de c e s Causeries Brouettiques, un p ré tre tré s in te llig e n t, m on am i, l’ab b é L a u ílh é , c u ré de S a in t D o s; (B. P .) m e dit q u ’e lle s l’a v a ie n t in té re ssé et il a jo u ta : « C a fa it to u jo u rs p la is ir de se d ire en lisan t: T ie n s c ’est v r a i . O n cro it en e ffe t connaitre .tout c e la ; m ais on n ’y a v a it p a s p e n s é .» T ó u te s p ro p o rtio n s g a r d é e s et si parva Ucet componere magnis, c e s p a ro le s n e so n t-e lle s p as les m é m e s q u e c e lle s du g r a n d s a v a n t A r a g o ? L a G é o m é trie D e s c r ip t iv e v e n a it de n altre. E n so rtan t d’u n e le^on p u b liq u e do nn ée p a r l'in v e n te u r de cette Scien ce, son a m i dit, p a ra itil, q u e M o n g e V en ait de lu i iip p re n d re c e q u 'il ’ c ro y a it sa v o ir.' C e s ré flé xio n s, ce s s o u v e n irs nous s u g g e ré ren t l ’idée du sig n e s p é c ia l dont nóus a v o n s donné l’e xp lica tio n á l a p a g e 265. O n sa it c o m m e n o u s re g re tte rio n s d ’a v o ir é c rit u n liv r e in u tile B ie n q u e des addition s aie n t été a jo u té e s á n o tre re c u e il ce lu i-ci fu t é c rit a v a n t 1897. O f, n o u s le disons d a n s la d é d ica ce a S . M . la R e in e C h ristin e son sujet est to u jo u rs a u s s ije u n e , cro y o n s-n o u s. S o n opp ortunité, nous sem ble-t-il, n ’a p a s p a ssé . C o m m e en 1 8 9 7 c ’est u n liv r e d’a c t u a lit é . A u jo u rd ’hui, c o m m e a lo rs, on ré im p rim e le s erre u rs dont la b ro u ette á été le su jet p lu tdt que la v ictim e ; c a r la b ro u ette n e s ’en p o rte p a s p lu s m al. • . (V . P
a scal
,
pgs. 232 et suivantes.)
D e s d e u x e rre u rs , P a s c a l a in v e n té la b ro u e t te, P a s c a l en a donné la th éorie, la p re m ié re a été co m b attu e; m a is non te rra ssé e . L a seconde, ce lle qui attrib u e im p licitem eiit, m a is fau ssem ent, á F a s c a l d’a v o ir v u , le p re m ie r d an s la brouette, le p rin cip e du lé v ie r du deu ziém e g e n re , n ’a p a s été, q u e n o u s sa ch iq n s d én on cée n u lle p a rt. A n o tre a v fs , nos c a u s e rie s dém on. tren t q u e cette th éo rie de la b ro u ette n ’a u ra it p as e o n trib u é á la g lo ir e du s a v a n t de P o r t - R o y a l ,‘
RIES BROUETTIQUES'
et
le
Groupe
de
l ’X .
si cette th éo rie est la m é m e q u e celle qu'on tro u v e e xp o sée d an s t a n t d ’o u v ra g e s didactiques. O n sa it d’a u tre p a rt, c e q u e nous pensons de la c é cité o u .b e rlu e b ro n ettiq u e: «lis n ’en m o u ra ie n t p a s tous, m ais tous étaient fra p p é s» ; fra p p é s, á toutes les époques: en 1911 co m m e en 19 14 , p a r e x e m p le et en 1923.
B u lle tín d u mois- d ’avrlT 19121 Frag^m ent d ’une »pir itu e lle a llé g o rie , in te llig ib le —com m e cela d o ít e tr e — b ie n c o m p o sé e e t fín e m e n t dessinée (s ig n é e C A R R E Y ),, e n c a d r a n t la c o u v e rtu re de l ’in té r e s s a n t B U L L E T IN M E N S U E L L E DU G R O U P E P A R IS IE N D E L ’X , d o n t la public a tió n e s t su s p e n d u e d é p u is lá ’ g u e rre . (R éduit.) (Juin 1922)
X. D a n s le d o m ain e de la Scien ce et de l’histoire, trop so u v e n t le re s p e c t de l ’a u to rité des m aitres n ’est q u ’ün s u b te rfu g e . II est p lu s com m ode d’adm e ttre c e q u e d jsent P la tó n el A risto te , parce q u ’ils sont P la tó n et A r is to te , q u e de vérifier le bien fon dé de le u rs dires. L ’im p rim e rie et lib ra irie G a u th ie r-V illa rs, inip rim e rie scien tifiq u e de l ’E c o le P o l 3 ^technique et du B b r e a u des L o n g itu d e s (P a rís, 45 rué des G ra n d s A u g u s tih s ) p u b lie la r e v u e Le Groupe Parisién de VX. C e p crio d iq u e est l’organ e de l’asso ciatio n q u i p o rte le m é m e no m que sa re vue,. a s s o d a tio n d’á n c ie n s é lé v e s de cette fa.-
SUPPLEMENT DES CAUSE
E x c u
r s t o ' n
á
—
A III
—
B e a u v a i s
RIES BROUETTIQUES
S e p t
e r r e u r s
nieuse E c o le P o ly te c h n iq u e q u i a donné á la Fran ce tan t d’in g é n ie u rs e éléb res, tan t d’homraes illu stres, tan t de sa v a n ts .
v o u la it son a u te u r, q u e son c a m a ra d e s ’était tro m p é; q u e l a bro uette e x i s t a i t lo n g te m p s a v a n t la n a issa n c e de P a sc a l.
L ’asso ciatio n o rg a n is e tous le s a n s de petites excursions d’a g ré m e n t et dlinstruction, so u s la conduite d’e x c e lle n ts c icé ro n e s. B e a u v a is et ses m onum ents re q u re n t l a v isite d es a n cien s éléves de l ’E c o le P o ly th e c n iq u e e n 1 9 1 1 . lis étaient, p a ra ít-il, d e u x ce n t q u a tr e -v in g t dix neuf (299) U n g r a n d n o m b re d ’e n tre e u x o ccu p e d e s situ atio ns c o n sid é ra b le s d a n s le m o nde de Tadm inistration, de la p o litiqu e, de l’a rm é e et des a ffa ire s. L e s e xcu rsio n n iste s v is ité re n t la cathédrale. A la p a g e 14 2 de n o s Causeríes on peut voir l’im a g e s c u lp té e d ’u n e a n c ie n n e brouette. C ’ est un détail de ’ro m e m e n ta tio n de l ’arch ivolte d’un a r e de T u n e des p o rte s de cette cath édrale. P la c e á u n e t'rés g r a n d e h a u te u r a u d e ssu s du seuil de la p o rte, p e rd u en tre d ’a u tre s cap rices décoratifs, ce h a u t re lie f n ’a été re m a rq u é que depuis 1 5 ou 20 a n a N o u s d e v o n s c e d é tail á. l’obligeance d e M . V . C o is, lib raire -é d ite u r á B e a u v a is . On sig n a la ce t o r n e m e n t d l ’atten tion des visiteurs du G r o u p e P a r is ié n de l’X . L e u r r e v u e n’en a p a s re p ro d u it l ’im a g e d a n s l ’a rtic le publié en ju ille t 1911, a rtic le c o n sa c ré á F e xcu rsio n , du mois d’a v r il, á B e a u v a i s . E n re v a n c h e , l ’auteur de cette ch ro n iq u e , y dit, en ré su m é , lorsqu’il s ig n a le , sa n s la d é c rire , c é tte b ro uette, q u e cette s c u lp tu re n e p eu t p a s é tre du P rim a tic e , comme on l’a p réten d u . C e t a rtiste , en effet, appartient a u X V l £ . s ié c le et ia b ro u e tte n e fu t inventée q u ’a u X V I I ^ «p ar P a s c a l» «qui a droit. á l’adm iratio n p o ly te ch n ic ie n n e tan t p o u r ses études m a th é m atiq u e s q u e p o u r l’in ven tio n d ’un instrum ent de p re m ié re n é c e s s ité .»
« A u X V . e siécle, dit l ’a u té u r de l’a rticle , une v ig n e tte m o n tre un sin g e qui p o rte u n e p e n s é e ' d an s u n e brouette.» N o u s ne con n aisso n s p a s c e t te in té re ssa n te im a g e ; elle est, p ro b ab lem en t, du g e n re de cedle du liv r e d’h e u re s de M . O sm a ( v .p . 254). N o u s a v o n s sig n a lé des bro u ettes m u n icip ale s d a n s c e re c u e il m ais nous n e sa v io n s p a s q u ’á B e th u n e le s bro u ettes «sont m entionn ées d an s les a r c h iv e s de l’H ó tel de V i l le depuis 14 16 á 14 19 .» ( V . p. 82. 19 3 et 147).
Q uelque te m p s a p ré s, d a n s le n u m é ro du mois d’a v r il 19 12 , un des c a m a ra d e s du ehroniqueur de l’e x c u rsio n á B e a u v a is , fa it o b s e r v e r á celui-ci q u e la b ro u ette e x is ta it bien a v a n t la naissance de P a s c a l. L ’a'rticle est illu stré d ’im ages an cien n es bien choisies. E l l e s sont a u n o m bre de huit. L e c o lla b o ra te u r du G r o u p e P a r i sién de r X n ’in d iqu e p a s l’o rig in e de c e s im a g e s et des citatio n s de son a rtic le , m ais il dit q u ’elle s sont dues a u x «re c h e rc h e s d es érudits». L ’a r t i cle, d’a ille u rs, n’a g u é r e p lu s de 1 1 5 ou 120 lig n e s. II est plus q u e su ffisan t p o u r p ro u v e r, c o m m e le
L ’a rticle b ro u ettiq u e du G ro u p e P a risié n de r X n e m é rite ra it done q u e des é lo g e s s’il s ’en était tenu á ce s intére'ssants re n se ig n e m e n ts, et á cette a ffirm a tio n : P a s c a l n ’est p a s l’in v e n te u r de la brouette. L ’a n a ch ro n ism e de l ’excu rsio n n iste de B e a u v a is de 1 9 1 1 est e x c u sa b le : on le tro u v e dans tant d’a u teu rs! On p eu t en dire a u ta n t des sept e rr e u r s q u e re n fe rm e n t les p a g e s de l’a rticle p u b lié p a r le G ro u p e P a risié n de l ’X en rép o n se á c e lu i de l ’e xcu rsio n n iste de B e a u v a is : «1. P a s c a l a étudié d iv e rs vé h icu le s, 2. P lu á ou ihoins a n a lo g u e s (sic) á la brouette. 3. II s ’est o ceu p é du h aq u et. 4. II a m é lio ré la v in a ig re tte . 5. p etite v o itu re des v in a ig r ie rs . 6. II a établi la th éo rie de la b ro u e tte .» II est é v id e n t q u e l ’a u té u r de l ’a rtic le fait, ici allu sio n a u p rin cip e de la b ro u e tte -le v ie r. {théoríe donnée par Pascal. Gde. Eneyp. 8 A r t . B ro u e tte .) R é p e to n s le : F h isto ire des ra p p o rts de P a s c a l et de la b ro u ette est, d’un bout á l’a u tre , un conte; m a is a u rio n s nous p u tro u v e r, en d eh o rs des a rticle s du Groupe Parisién de r X , ni u n e m e ille u re p r e u v e de la v é rité de nos d ire s , ni un h é ra u t p lu s au to risé p o u r p ro c la m e r l ’existe n ce en 1 9 1 2 des e rre u rs q u e n o u s a v o n s re c u e illie s a v a n t 1897, ni un m eille u r a rg u m e n t p o u r ju stifier la p ub licatio n de c e recu eil? E t 7. B ie n entendu, on tro u v e d an s le seqond a rtic le du Groupe Parisién de VX l ’é ty m o lo g ie du m ot brouette, bis rotae d e u x ro u es, et son in d isp en sab le et a m u sa n te atten uation. « C ’était —ajoute, com m e tant d’a u tre s, l’a u te u r de l’artic le — c ’était, á l ’o rig in e, u n e v o itu re tte á deux roues.»
SUPPl.EMENT DES CAUSE
Le
futur
t r ái t é
de
la
—A I V — RIES BROtJETTIQUES
brouet t e.
L e s a u te u rs des a rtic le s du Groupe de l'X ont trop d ’e sp rit p o u r ne p a s en r ir e si c e tte note tom be so us letirs y c u x J ’ai p a rta g é le u rs ap p réd a tio n s . J ’ai éte v ic tim e des m ém es e rre u rs. C e liv r e p o u rra it p o rte r le titre dé Mes Confessions. L a s F r a g u a s , C a r re s s e , L a A lm o r a 'ím a != N o u s a v o n s e v ité , tout ce qui apTait p u donn er á n o tre re c u e il un a sp e ct tech nique. La Physiologie du Goitt de B r illa t -S a v a r in n’est p a s un tra ite de cu isin e. Su p p o so n s q u e ce liv r e tom be' un jo u r sous l e s y e u x d’un m e m b r e ‘du G ro u p e de l’X . C e t a n d e n é lé v e de l’É c o le P o ly te c n iq u e n’é p ro u v e ra-t-il p a s le d é sir ou le besoin, p lu s ou m oins im p é rie u x , d ’é c r ir e Le Traité de la Brouette'í G u id é p a r les ja lo n s q u e nous a v o n s p lan tés. a p ré s a v o ir re d re ssé le lig n e s q u ’ils m arq u e n t, a p r é s a v o ir co n tro lé, re ctifié ou co m p lé té nos o b se rv a tio n s et nos dires, il p o u rrá , sa n s cra in te des éq u atio n s et des fo rm u le s, é c rire un o u v r a g e scien tiíiq u e, m oins, d iffus p lu s p ra tiq u e q u e le nOtre. et, bien entendu , p lu s com p let. N o u s a v o n s p a ssé so u s s ile n c e b ie n des points in té re ssa n ts. N o u s n ’a v o n s ríen dit de la fa b ricatio n de la b ro u ette et p re sq u e rie n du ré s u lta t des études dont l ’objel a été son ren d em en t écon om iq u e d a n s le s c h a n tie rs de te rra sse m e n t, d an s les m in es, a la c a m p a g n e , e tc ., etc. L ’a u te u r du Traité de la brouette a u ra it «droit á l ’ad m ira tio n p o lyte ch n icie n n e .» P a s c a l n ’e n s e ra it p a s ja lo u x .
L E M O T E U R H U M A I N et des uases scienTIFIQUES DU TRAVAIL PROFESSIONNEL, par JtdcS
Amar, Directeur du laboratoire de recherches surle travailprofessionnel au Conservatoire national des Arts et métiers, Docteur és Sciences-, avec une préface de Henri Le Chatelier, membre de Vinstitut, inspecteur général des mines. Ouvrage honoré d'une souscrlption au Ministére du Travail et du Ministére du Commerce —Pa rts. H. Doumond. et E. Pinat éditeurs 47 Quay des Grands Atigustins. 19yc. O."' 13 622 pages. Nómbrense gravures. L e p re m ie r des c h a p itre s de c e tré sin té re ssa n t o u v r a g e , qui p o rte la d ate 'd e 19 14 , con tient
Les
brouet t es
du
Mot eur
Hu maní
d es notions de m é ca n iq u e g e n é ra le . L e c o rp s d e rh o m m e est e n su ite c o n sid é ré com m e machine * L a m ach in e h u m ain e» P u is v ie n t l'étude de.s «lois de la d ép en se é n e rg é tiq u e », des effets physio lo g iq u e s du tr a v a il. e ífo rt, fatigue, etc. Le moteur Humain est u n e collection de méthodes et d ’a p p a re ils m o d ern es de m e su re et de formu les a lg é b riq u e s dont l ’objet p rin cip al est l'étude q u a n tita tiv e de l ’e ffo rt m u sc u la ire et de la dépense d ’é n e rg ie du c o rp s h u m ain dans différentes fonctions e x e r c ic e s et tr a v a u x , com m e ceux e x é c u té s h l’aide du treu il, á l ’aide de la lime, de la p elle, etc., e tc., etü fa id e de la brouette.
Le Moteur Humain ne fáit p as la moindre a llu ,sio n á la fo rm e c a ra c té ris tiq u e et singuliént de la b ro uette, fo rm e so u v e n t critiquée, qui, p o u rtan t, est la c a u s e c a c h e e des qualités auxquelle.s e lle doit son e xisten ce. II ést v r a i que la mesure est l’objet p rin cip a l de c e traité oú néglig e a n t l’in ñ u e n ce du d ia m é tre des roues, du motu sm in o rism e , de F a rié tism e etc, on a r r i v e á co n clu re «que le tr a v a il a la -brouette», la b ro u ette o rd in a ire , est p lu s p énible que celui au «cabro uet, toutes ch o ses é g a le s d ’ailleurs.>/ Le c ab ro u e t est la b ro u ette b ic y c le , á essieu reposa n t s u r d eu x p etites ro u es, q u e nous avons a p p e lé e b ro u ette d ia b le ou á s a c s et dont on p eu t v o ir q u e lq u e s m o d eles á la p a g e 12 3 de ces Causeries. C e rte s la b ro u ette d iab le, á s a c s ou cabroulet oppose, c o m m e dit l ’a u te u r du Moteur Humain¡ u n e p lu s g r a n d e ré s is ta n c e su r les pía n s in clin é s a sce n ^ a n ts, q u e s u r p alier; mais, a u rio n s-n o u s,a jo u té , l ’h o m m e est favorisé, sur ce s p la n s, p a r l ’au g m e n tatio n d ’adhérence due au p o stirism e E t a n t donné le p etit d ia m é tre de leurs roues, les b ro u ettes de c e g e n re , n’ont été faites, aura it-o n p u d ire a u ssi, q u e p o u r ro u le r sur un sol d u r et uni. A m o ins d ’a v o ir á fa ir e un grand e ffo rt e xcep tio n n él de trés co u rte durée, leuis s e r v a n ts p o rten t g é n é ra lm e n t, les b ra s coudés, p lu s ou m oins cou dés, seío n le u r taille el selon le su p p lem en t d ’a d h é re n ce dont ils ont besoin P e u im p o rte done q u ’ils soient g ra n d s ou petits. « E v id e m m e t» , dit, cep en d an t, M , A m a r , «poup é le v e r le s m a n ch e s a sse z h a u t et p o rter le cen-
•SUPI^LKME.NT DES CAUSE
A V-
RIES BROUETTIQUES
La t a i i I e d u b r o u e 11 i e'r . L e s b r o u e t l e s tí d e u x r o ñ e s . ire de g r a v it é d an s la d irectio n de o» {vérs la «il fa u d r a q u e l ’ouv r ie r s o it d e g r a n d e .ta ille . A c e point de v u e l’effort est done p lu s p ro n o n cé de la p a rt des hommes de p etite taille.»
partie haute de la cote)
L ’a u teu r ne dit p a s si ce s h o m m es m oins hauts sont, a u ssi, p lu s lé g e rs . S ’ils sont p lu s lourds pu m én ie au ssi lo u rd s, ils tr a v a ille n t dans d e s co n d itio n s p lu s a v a n ta g e u s e s , que leurs g r a n d s c o llé g u e s, toutes ch o ses é g a le s . Mais m é m e ,s a n s te ñ ir co m p te de l’a d h éren ce, due au p o id s du m o te u r, T e ífo rt u tile s e r a d’autant m oins g r a n d q u e l’a n g le a ig u q u e fo rm e n t les g ran d e s b a r r e s de la b ro u ette a v e c le p lan incliné a sce n d a n t s e ra p lu s petit. L a g r a n d e taille de T h o m m e s e r a it done plutOt d é fa v o ra ble, dans c e ca s, si l ’o u v r ie r n’en c o rrig e a it p a s l’excés en se b a issa n t ou en co u d an t ses b ras.
Coulomb
ture. M a is l ’a u te u r n e p a ra ít p a s a v o ir saisi q u e la p rin cip a le , q u e la m y sté rie u se c a ra c té ristiq u e de la b ro u ette est de re n d re lou rd, g r fic e á sa fo rm e, l ’h om m e qui est lé g e r. S o u s le titre. Cas d'une brouette á deux roues nous ILsons d an s le m é m e o u v r a g e «... F r a n c G ilb re th {Motion Study, L o n d o n , 19 11 ) fa it o b se rve n q u e la brouette á d e u x ro u es o ccasio n n e m oins de fa tig u e p a rc e q u ’elle est m ie u x équilib rée q u e la brouette á une se u lé roue.» O n le voit, l’a u te u r cité ne p a ra ít p a s a v o ir saisi, non plu s, q u ’il fa u t c h e rc h e r le p rin cip a l m é rite de la b ro u ette d an s c e m an q u e d^équilibre lo n g itu dinal, a u q u e l, nous le supposons, fait allusion F r a n c G ilb re th , d’a p ré s M . A m a r ; m ais lo rs m ém e q u ’il s ’a g ir a it de l’éq u ilibre la té ra l, g rfic e á son v e rtic a lis m e et á l’ariétism e, toutes cho ses é g a le s, la bro uette m o n o cy c le n’o ccasion n e p a s p lu s de fa tig u e q u e s a soeur á d eu x roues. A u c o n ira ire . S ’il n ’en était p a s ain.s'i, depuis lon gtem p s il n ’y a u ra it p lu s dans le m onde une seu le bro uette á u n e ro u e. II est c la ir (?), ajo ute cepend an t le Moteur Humatn «m ais il e sc la ir q u ’a v e c d e u x ro u e s le tran sp o rt est p lu s facile ». C e c i. sem ble, en effet, á p re m ié re v u e d e v o ir étre; m ais les a p p a re n c e s sont trom p euses; surtout, on le sait, q uand il s ’a g i t d e la b ro u e tte .,
«D ans la m an o eu vre de la bro utte, le sujet a g itra re m e n t p a r .son seuI e ffo rt m u scu laire . II suffit .de le v o ir m a r c h e r en in cíin a n t son corps (?). p o u r s e do.ut^r (sic) q u e le poids de celui-ci in tervien t. P a r su ite l’h o m m e d ’un poids lourd l’e m p o rte ra , c[uant á l’e ffo rt (?) á fo u rn ir sur Thom m e lé g e r.» Le Moteur Htmiain.
On com p ren d q u e ce s lig n e s re n fe rm e n t u n e
L ’a u te u r du i)/o/e?/.r-//nn/rí/n ra p p e lle les étu-
allusion au ra p p o rt' du tir a g e el de la c h a r g e et k l’a d h é re n ce du m o teu r, a d h é re n ce indispensable p o u r la tractio n de n ’im p o rte q u e lle vo i-
d e s b ro uettiq ues de C o u lo m b el de' V a u b a n . L e p re m ie r, nous l’a v o n s dit, lit su r des m e.suresxle de la brouette, en se s e r v a n t du peson.
SUPl’l.KMKNT DES CAUSK
V a u h a 11 .
,E t y ni o l o g i e
B VI
b r o u e t t i qu e .
L e s e x p é rie n c e s de ce s a v a n t fu re n t m en ees en d eh o rs des conditions du t r a v a il de l’unité-hom m e brouette. C o u lo m b su sp en d it les b r a s 'd ’u n e b ro u ette s y m é triq u e m e n t c h a r g é e , á de lo n g u e co rd e s fix é e s á un p la n a sse z é lo íg n é de c e lu i s u r lequel ro u la it s a v o itu re tte . II in te rp o sa e n tre celle-ci et la tra ctio n q u i la d é p la c a it h o rizo n talem en t up peson, un d yn a m o m é tre . P o u r le m ain tie n d e ré q u ilib re , a u détrim en t de l’au to m o bilism e, il dut in clin e r, fort p eu le p la tean de la b ro u ette, v e r s la' ro u e . L e t r a v a il q u ’ e x ig e le d é p la c e m e n t de l ’un ité h o m m e-b ro uette ne p e u tp a s fitre m e su ré c o m m e le se ra it la g ra n d e u r de la tra ctio n e x c e rc é e , s u r un v é h ic u le q u e lco n q u e a d e u x ou á q u a tre ro u es. L e ré s u lta t du dispositif el de l’e x p é rie n c e de C o u lo m b a u ra it été le m é m e s i c e s a v a n t a v a it su sp en d u l’h o m m e so u te n an t les p o ig n é e s du v e h ic u le .a u lien de su sp e n d re se u le m e n t les m a n ch e s de c e lu i-ci. C e t h o m m e susp en du
B.
KiE-s b k o u p : t t i o u e s
Bi r rot o
L a brouette, no us le sa v o n s, d ’a p ré s de nom b re u x et sé rie u x dictionn a ire s est «un petit tom b e re a u on une petitq v o itu r e á u n a se u le ro u e». L-’é ty m o lo g ie d e c e tte v o itu re serait, d.’a p ré s les a u te u rs de ce s le x iq u e s d e u x et rota, ro u e. L ’é ty m o lo g ie q u e nous a v o n s s ig n a lé e ( V . p. 91) oü on fait v e n ir b ro u ette de bouette, p a r c e q u ’on m et de la bou e d an s cette v o itu re , ne nous s e m b le p a s p lu s m a u v a ise . P e rso n n e n e P ig n o re : birotus, a. um. e st un a d je ctif latin ap p licatíle á n ’im p o rte q u e lle ch o se á d e u x ro u es. P ris su b sta n tiv e m e n t le neutre
Birlocho.
a u ra it a in si p e rd u son co n ta ct a v e c le sol et par co n seq u en t son a d h é re n ce , l'a d h é re n ce dont le ro le est - c a ra c té ristiq u e d a n s le fonctionnem ent et d a n s le t r a v a il de l’u n ité h om m e-brouette.
L ’étu d e de V a u b a n a b e a u co u p plus de vale u r; m a is e lle n ’a tra it q u ’a u tra n s p o n á la bro uette (á la b ro u ette, de so n tem ps) et a u x con ditions les p lu s fa v o r a b le s p o u r tire r du moteur h u m ain actio n n a n t u n e b ro u ette le meilleur p ro fit possible. C ’est u n e e x c e lle n te étude d'un g u e r r ie r in g é n ie u r, d ’uií e n tre p re n e u r. de grand talen t, d’un honnéte h o m m e so u cie u x de l’écono■ m ié du tem p s et de l’a rg e n t d 'a u tru i.
Le Moteur Humain p o rte la d ate 19 14; celle de la g u e r r e . L e m o n te u r m é ca n iq u e y joua.á c ó té d e l ’hom m e, u n r 6 l e exceptionnel. sur te rre et d an s l’a ir, s ú r l’e a u et sous l’eau.
ETYMOLOGIE
O n a im e á co h n a itre le p o u rq u o i d es choses. O n tien t done á s a v o ir l ’o rig in e d es m ots, et des nom s. P o u r toutes les la n g u e s, tfo p so u v e n t, é ty m o lo g ie et fan ta isie so n t des te rm e s s y n o n y m e s ; m ais il y a des é ty m o lo g ie s dont le ra p p o rt des m ots a v e c le u r point de d é p a rt est éviden t.
et
B.
birotum est un v é h ic u le b ic y c le . L a birota était et est u n e v o itu r e á d e u x ro u es, á R om e, et p arto u t oü Ton a p a rlé et o ü l ’on é c rit en latinL e d a tif et l’á b la tif de bisrotum (d’ou birro tum et birotum) est, on le sait, b ir r o to ou birroto. L-’e sp a g n o l en a fa it birlocho, com m e il a fait de tectum, lectum, ou multum (dont le da tif et a b latif, tecto, lecto, multo), techo, lecho, mucho. U n c a b rio le t .á so u p en tes, a v e c capote, qui dut á la fo rm e a rro n d ie de s a caisse son nom fran q ais de bo m bé, s e tr o u v e a u jo u r’hui remisé, ch ez m on fr é r e M a ria n o , á la c am p ag n e . C e v é h icu le b ic y c le fu t a c h e té á B o rd e a u x en 1818, p a r un de nos o n cles, D o n Jo sé O rtiz de Mioño, fu tu r m a rq u is de C ille ru e lo . O n a toujours de sig n é , á la m aison , ce tte v o itu re birotique du nom d e b ir l o c h o ou bien de c e lu i de bombé. Ce c a b rio le ! p o rtait, d e ja, bien entendu, ce dernier nom lo rsq u ’il q u itta B o rd e a u x . L e Diccionario de la Academia, édition de 1899, vo it l ’o rig in e , é v id e m m e n t latine, de nm-
r' SUm:EMENT DES CAUSE
i a
5 r o:u>e t ’t e
donné
-B V II-
son
locho d an s le m o t b iz a rre (a n g la is, dit-il), Whirlecot. N ’a-t-on p a s fa it v e n ir a illé u rs c e lu i de brouette de boue et de birotuml L ’a u te u r de la
définition a jo u te q u e b irlo ch o est u n e v o itu re á quatre ro u es. ül est p o ssib le q u ’on a it donné^ ex■ ceptionnellem ent et á tort, c e no m á q u e lq u e v o i ture té t r a c y c le , a v o n s nous dit; m a is le b ir l o c h o n’a q u e d e u x ro u e s c o m m e -son an cfitre ro m ain : ia it adm is p a r le s a u te u rs d’a u tre s dictionn aires. ■ (Roque B a r c ia : Diccionario etimológico... E . E c h e g a r a y : Diccionario...) L e s m ots o nt d ’a ille u rs so u v e n t c h a n g é de sensisurtou t c e u x d es v o itu re s, d ep u is le s tem ps anciens. ( V . R ic h . Dic des Antiquiíés). N ’a-t-on p a s donn é á u n c a b rio le t du com m encem ent du X I X ® sié le lé nom de cou cou, plaisam m ent, p eu t é tre p a r c e q ü ’il y a v a it d an s ■ cette v o itu re p u b liq u e c o m m e d a n s les nids ou éclosent le s ceufs de c e cu cu lid é, d es o ise a u x, c’est-á-dire d es in d ivid u s de toute sorte. L e triste véh icu le des p o m p es fu n é b re s, le corbillard, n ’at-il p as e m p ru n té son nom á-celu i du co ch e d ’eau
REES BROUETTIQUES
n o ni
d 'a utres
voitures
la b ro u ette est g é n é ra le m e n t co n sid érée c o m m e étant, la d ern iére des vo itu re s, co m m e c e lle qui, s o u s le ra p p o r t d é la n o b le s e ,e s ta u d e r n ie r d e g r é . O n s’e xp liq u e done q u e la m a lic e , l ’iron ie o u l’env ie se se rv e n t de son no m p o u r d é sig n e r o u bafo u e r des v é h ic u le s p a ssa n t p o u r é tre d ’u n e condition m oins m isérab le. N o u s le sa v o n s: p a r a llu sion á la b ro u ette si p o p u la ire d es v in a ig r ie r s on d o n n a le so briq uet de b ro u ette ou de v in a ig r e tte (sobriquet q u i finit p a r en d e v e n ir le nom ) a la c h a ise ro u la n te du X V I R s ié c le et du X V i n ® . A u X V n ® s ié c le le s « v ie u x c a rro s s e s p e u é lé g a n ts ou m a l attelés» fu re n t a p p e lé s, d’a p ré s le s d ictio n n aires de T r é v o u x et de l ’A c a d é m ie (3rí édition), des brouettes. O n a p p liq u a m ém e le no m de la bro uette (d’a p ré s R o q u e fo rt) á la
charrette destinée au transport des condamnés á mort. L e Jo u rn a l
L'Bicho de París,
d an s son nu m éro
du p re m ie r d é ce m b re 1 9 1 1 d é crit «une cu ríe n se e xp érien ce» fa ite de J u v i s y . II s 'a g it d’un prop u lse u r p o u r batean . L 'in v e n t e u r de c e p ro p u lse u r «Pa disposé,» dit c e jo u m a l, « su r un c h a rio t q u ’il a p la isa m m en t a p p e lé brouette». C ’e s t l a ten dance. O n a e n e ffe t g ra tifié du no m de bro uettes m é m e le s trie y e le s p o u r b a g a g e s d e s g a r e s de ch em in de fe r.
■ qui a u tre fo is fa is a it len tem en t, silen cieu sem en t, la n a v e tte e n tre Corbeil et P a rís? E n E s p a g n e on a donné le no m de galera (g a lé re ) á u n e v o i ture de tra n sp o rt tiré e p a r des m u le s et c e lu i de tartana (au tre nom de b a te a n , ta rta n e , en fr a n jáis) á u n e v o itu r e lé g é r e , á d e u x ro u es, dont on se se rt b e a u c o u p , su rto u t dans la p ro v in c e de V a le n c e . O n a done bien p u d o n n er a u ssi le nom de birlocho <i des v é h ic u le s a q u a tre ro u es; m ais indüm ent. B ien q u iá tort, m ais il n’en est p a s m oins ainsi,
L e s lu stre u rs a p p e lle n t brouette le ch a ssis s u r le q u e l ils p la c e n t un p o é le p o u r c h a u ffe r les étoffes. L ’asso ciatio n d’id ées dont il n 'é s t p a s to u jo u rs f a c i l e de s a is ir le s ra p p o rts, a en co re donné c e nom á des m ach in e s tre s différentes, en g e n r e et en fig u re , de c e q u ’est u n e brouette: a un chariot, p a r exe m p le , d quatre roues, en u s a g e au trefo is dan s les m in es {Dictionnaire de Trévoux). et m é m e á des petits w a g o n s ro u la n t s u r un seul ra il: L a brouette monorail (R e v u e U n iv e rs e lle des S c ie n c e s 1895).
L ’a d m ira b le , le p ro d ig ie u x G lo s s a ire de D u C a n g e et de ses s a v a n ts co n tin u ate u rs est, on le sait, le d ictio n n aire du latin el du v ie u x f r a n já i s du M o y e n -A g e , latin oü les p h ra se s et le s m ots, em p ru n tés a u la ifg a g e co u ra n t de l ’époq ue, n ’ont so u v e n t du latin c la ssiq u e q u e la fo r m e, tout au plus.
SUPPLEME.\'T DRS CAUSE —B V I I I — RIES BROUETTIOURS-
B r o-u e t t e
et
h r o ti e t t é e
La
D e s tra d u c te u rs de ce s v i e u x p a rch e m in s n ’ont v u d an s les m ots broetto, broetta, broeítea, (brouettée) q u e des nonas co rre sp o n d a n t k des c h a rre te s á d eu x ro u es. D a n s une de ces chantes, un co n trat, l'u n e des p a rtié s est au to risé e á p re n d re touies les se m a in e s, dan s un c h a m p ne luí a p p a rte n a n t p as, une bro uettée de b ru yé re '. P o u r la trad u cte u r du do cu m en t cette brouettée (birotea) es u n e c h a rre té e P o u rq u o i, p u isq u e la b r o u e t te existait, cette bro u ettée n e se ra it-e lle p a s une b ro u ettée; c ’est-a-d ire la q u an tité de b r u y é r e q u ’on peut tra n sp o rte r dan s une brouette?
M é m e u n e petite b ro u e tté e .... N 'o u b lio n s p a s q u 'e n 18 2 1, les brouettes, su r tout, les b ro u ettes á fo u rr a g e p a r exenaplet n’e x ista ie n t p a s d an s u n e g r a n d e p a rtie de la F r a n c e . E n c o r é a u jo u rd ’hui, q u e de p erso n n es n e co n n aissen t ni ce s g r a n d e s b ro u ettes ni le u rs g r a n d e s bro u ettées. E l l e s so n t in co n n u es, e n c o re, d an s de n o m b reu ses c a m p á g n e s. B e a u co u p de citad in s, des éru d its m ém e, n ’en ont p ro b ablem en t p a s v u . un .seul e x e m p la ire , au X X . « siécle. C e p e n d a n t il y a , il y a eu des bro uettes dont u n e b ro u e tté e h ebd om ad ere, dont q u a tre b ro u e t té e s m en su e lles de b r u y é r e fo rm e ra ie n t un tas q u e bien des p a y s a n s ne m é p rise ra ie n t p as, su rto u t si e lle s le u r étaien t données g ra tu item ent. L ’idée de bro uette ne p o u v a it done p as é vo q u e r, en D u C a n g e , c e lle du trañ sp o rt, s u r u n e v r a ie b ro uette, d’une q u an tité un p e u co n sid érab le de foin, de p a ille ou de bruyére\ c ’e stá -d ire de ch o ses dont un g r o s v o lu m e n’a q u 'u n e tré s ía ib le v a le u r. L e c o n tin u ate u r de D u C a n g e c r o y a it p e u t-é tre q u e c h a r r ie r du fo in ou de la b r u y é r e dans un b ro u ette c 'e s t co m m e si on
b r OH e t t e
de
la-
p a r a b o<l e
tra n sp o rta it de l ’e a u dans- un flacó n p o u r arros e r u n e p ra irie . S ’il en é ta it ain si cet érudit ne d e v a it done p a s c o n c e v o i r , c ’est problable, q u ’u n e b ro u ettée h e b d o m a a d aire de b ru y é re put é tre a u tre ch o se q u e la c h a r g e d 'u n e vo itu re á d e u x ro u e s, du g e n r e birotum, quo iq ue appele e brouette. II est • p ro b a b le q u e les bro uettes q u ’avait vu es le con tin u ateu r, de D u C a n g e étaient de
petites brouettes á c a isse , p o u r le trañsport du sa b le , d e s p a v é s, e tc., d u t y p e de la p lu p art de c e lle s du X V I I .e et du X V I I L ® siécle.
T? i
lí, ^ru fcvJO S d aT n
a íV C t» ! U fct f ¿ í
t y « r C id i 1
J'ig n o r e l'a n n é e de la p u b licatio n d ’une vieille bib le en im a g e s q u e p o sséd e le M arq u is de la T o r r e c illa . L ’o u v r a g e ñ ’est p a s com plet: les p re m ié re s p a g e s m an q u e n t. Q u elq u es unes des im a g e s sont s ig n é e s; d ’a u tre s p o rten t le nom des g r a v e u r s . II s e r a it doiic fa c ile de coñnaitre le titre de í’o u v r a g e le lie n et l ’an iiée de sa pu b lic a tio n . L a g r a v u r e qui co rre sp o n d á la parabo le (St. Luc., X II , 16) du ric h e a v á r e surpris
Q
. ■SUPPLEME.VT DES CAUSE
Brouettée
on
churretée?
par la m ort, est une de c e lle s oü n e fig u re pas le nom de l’a u te u r. C e lu i-ci est p ro bab lement un co n tem p o rain d ’A lb e r t D u r e r (14 71 f 1528). C e t a rtiste n e ro u g ira it ce rta in e m e t p a s si on attribuait á son c r a y o n ou á son bu rin , cette image de la p a ra b o le é v a n g e liq u e dont le m auvais rich e se disait á lu i m em e: «M es g re n ie rs et mes m a g a sin s sont d e v e n u s tro p petits. J^en construirai d’a u tre s p lu s v a ste s.» D ie u dit alo rs: «Insensé tu v a s m o u rir c e tte nuit^. L 'h e u r e lá t a le approche: le soleil descend. P e rso n n e cependant ne soup^onne en co re q u e la m o rt est déja dans la g r a n g e . E l l e attend, invisible, á la p o rte du logis oú le r ic h a rd rit et p la isa n te tandis qu’une g r a n d e b ro u e tté e de g e r b e s de blé, poussée p a r 'u n ro b u ste o u v rie r, fó u le d a n s la cour (figure n.° 2 a). A l’aide de c e rta in s a rtífices, bien con nus des paysans, on p eu t transp orten s u r u n e ch a rre tte une m asse de foin, de p a ille , etc., dont le vo lume est p lu ssie u rs fois p lu s g r a n d q u e celu i de la contenance du v é h icu le . Un p ro ced é a n a lo g u e est e m p lo y é en A l le magne. On p eu t en v o ir l ’ap p licatio n d an s une de nos g r a v u r e s , faite d’a p ré s P im a g e photographique d 'u n e c a r te p ó s t a l e . L a g ra n d e brouette des e n v iro n s dé D re sd e q u i p o rte une churretée p lu tS t q u 'u n e bro u ettée de foin est la petite filie de l’u n e de c e lle s q u e L a r r e y tro u v a si pratiques p o u r le tra n sp o rt des b lessés (p. 67). Cette c a r te p ó sta le m e fu t e n v o y ée d’A lle m a g ne par m a filie R a fa e la , m a rq u ise de P u e b la de P arga. L a b ro u ette de la p a ra b o le du rich e avare est d u m é m e g e n r e ; m ais, e lle a p p a rtie m au com m encem en t du X V I s ié c le dont le s artistes c ro y aie n t, n a tu re lle m e n t, q u e le s bro uettes existaient depuis lo n g te m p s lo rsq u e N o tre S e ig neur Je s u s -C h ris t v in t au m onde. (V . p. 14.) II est p ro b a b le q u e si le trá d u c te u r du v ie u x contra!, db M o y e n -A g e , re cu é illi p o r le -Glossartutn a v a it con nu ce s g r a n d e s b ro u ettées il n’aurait p a s so n g é a u x v o itu re s á d eu x ro u es tirées p a r des a n im a u x, lo rsq u e les m ots brouet ta {brouettée) to m ba so u s se s y e u x : á nioins q u e le te x te o rig in a l n e donne á en ten d re clairement q u e ré e lle m e n t il y est q uestion d’un bírotum, d’une c h a rre tte tiré p a r d es bétes. C ’est peu probable. D e toute faqon ce ci’ ne v o u d rait
—H I * —
Le
KIF.S BROUETTIQUES
tombereau
de
L i tiré-
p a s dire ni q u e ce v é h ic u le n’a v a it p a s req u son nom de la brouette, ni q u e eelle-ci ten ait le sien de cette voiture^ P d u r nous, ju s q u 'á p r e u v e du c o n tra ire , si brouette v e u t d ire b ro u ettée, unebrouette sign ifie ce q u e l’ón a p p e lle e n c o re a u jo u rd ’hui en F r a n c e un bro uettée (sur b ro u e t te tem o m o cycle). II y a bién des brouettes b ic y c le s ; m ais e lle s sont, rép éton s le , d'hier. L e u r u s a g e n e s ’est g é n é ra lisé , q u e de nos jo urs. L e u r ap p licatio n est lim itée. On n e le s e m p lo ie q ue p o u r certain.s tr a v a u x . O ú est p a ssé 1 1 ? D ’ou vien t le B ? N o u s a v o n s ra p p e lé les rép étitio n s q rato ires de sain Isidore de S é v ille . S e s au d iteu rs s’en extasiaien t. «II ra co n ta it si bien les cho ses p a ssé e s q u ’on c ro y a it le s v o ir et ja m á is ses h isto ires n e m ’ont lassé.» (Télémaque Liv, II.) M ais, co n teés p a r nous, nos h isto ires de brouettes et nos red ites n e la s s e r o n t e lle s p a s l a p atien ce; m é m e cellede la brouette? H o ra c e , il est v r a i, conseillede n e p a s cra ifid re les rép étitio n s. E lle s plaisen t ,dit-il; m ais il ra p p e lle aussi, en term es d 'u n tact exq u is, q u e q u elq u es fois H om ére, (qui en est p ro digue) d e v ie n t e n n u y e u x . Quoi q u ’il en soit, tim idem ent, nous nous laisson s en co re e n tra ín e r p a r l’é tym o lo g ie , p a r P étym olO gie, c e la v a sans dire, du m ot brouette.
V o y a n t p ro b alem en t q ue la définition de la brouette: «petite vo itu re á une ro u e», définition p la c é e inm ediatem en t a p ré s l ’é ty m o lo g ie de •‘bis, d eu x; rotee, roues» est risible. L it tr é , a fait un effo rt p o u r q ue son é ty m o lo g ie n e rendep a s rid icu le cette définition; m ais il e.st tom bé de C h a rib d e en S c y llla . U n é ty m o lo g u e ou un é ty m o lo g is te tient autant a c e q u e son é ty m o lo g ie soit a c c e p té e com m e a ce q u 'e lle soit e xa cte . L it tr é , p a r exe m p le , dit, “Brouette s. f, d e b iro tu m . Bis. d eu x, ro ta, rou e. P etit tombereauX deux roues(aujourd^hui, BRESQUE ToujouRS, fl uiie roue) et á deu x petitsb ra n ca rd s qu-’on p ren d dan s le m a in .» , L it tr é d ésire fa ire a d m e ttre q ue lebirotum, une v o itu re g é n é ra le m e n t tírée p a r des bétes, vo itu re a deux roues est le souch e é ty m o lo g iq u e de brouette. P o u rq u e la p a re n té en tre ce v é h ic u le et l’a u tre p a ra isse p lu s étroite, a u lieu de fa ir e co m m e les. v ie u x g lo s s a ir e s d u M o y e n -A g e qui définissent la.
SUPPLEMENT DES CAUSE
M
a
g
—B
n
X — KIES BROUETTIQUES
u
b
I
brouette, •■vciture á une roue* et bien que la brouette ne soit pas un tombereau, Littré lui en donne le nom. II établit ainsi, implicitement, l'affinité de la brouette et du tombereau. Littré prépare de la sorte le lecteur pour que celui-ci en,arrive admettre sa définition; définition qui est en parfait accord avec son étymologie; étymologie en faveur de laquelle il ajdute son «presque», avant son «toujours» pour faire entendre qu’il y a bien encore des brouettes bicycies; mais qu’en général les brouettes, aujour. •d’hui, sont á une roue. Fort bien: mais moins encore que les autres, oes brouettes monocycles
teyrie (1820) on en voit deux qui sont plutót des petits chariots que des brouettes bicycles (V. p 40). Leonard de Vinci n’a dessiné quedes brouettes m o n o cycles et un petit tricycle ( V .p . 25). Littré ignorait. sans doute que les plus anciennes miniatures représentant des brouettes sont d’accord avec cette définition, la plus ancienne probablement de toutes celles dont la brouette a été l'objetr» , ■■ Vehiculum unius rota; vehicule a une roue. Cette définition est applicable aux images de la brouette du XlIIe du X V IF et du commencement du XIX® stécle. ■¡f. ^ , On parlait frangais; on ne parlait pas latin en France lorsque la brouette s’y appelait brouette, lorsque des scribes, des hommes de loi et des écrivains ayant affaire á la brouette, ayant á placer son nom dans leurs écrits, rédigés en latin, le traduissent par ceúx de pobo, pabilhis, manuvectorium, birota, bruetta ou d’autres.
ne sont pas des tombereaux. II ya bien des tombereaux á deux, á trois roues etméme des tom bereaux, automobiles, á quatre roues; mais un tombereau á une roue ne serait pas un tombe reau. II-tomberait. La brouette monocycle ne peut done pas étre un tombereau. Une brouette, qu^elle soit bicycle ou á une seule roue, n’est pas plus un petit tombereau qu’un tombereau n’est une brouette. (V. p. 92 et 104et BXVI.) ' H =* * Bien que vivant assez loin du monde des brou ettes, Littré qui sent le besoin de défendre son étymologie, adúvoir souvent, dans la fue, des brouettes á une roue; jamais á deux roues. II est done forcé, bien qu’á contre coeur, au détriment de son étymologie, de reconnaítre que «aujourdlhui, presque toujours, la brouette n’a qu’une roue». Du t^mps de Littré, né en 1821, la brouette, bicycle était encore á peine connue. Le Magasin Pittoresque de 1836 ou 1846, si je ne me trompe, offre á ses lecteurs, comme une nouveauté, une gravure représentant une brouette fourragére á deux roues. A la page 123, de nos Causeries, en bas, á gauche, onpeut voir une brou ette á fourrages presque-semblable á celle du •aMgasin Pittoresque. Dans la collection de Las-
Faute defliieux on a donné aussi h la brouette les noms d’autres voitures: celui d’exedum (essedum) par exemple. Agrícola l’appelle cisium\ mais dit-il, «le cisium a deux roues; notre cisiun (brouette) n’en a qu’une et n’est pas tirée par des chevaux» (V. p. 83). . Mais comment, a-t-on bien pu aller chercher l’étymologie du mot brouette, véhicule dont la caracteristique la plus visible est de n’avoir qu’une roue, dans le mot latin birotum? Qui est le coüpable de cette étymologie? . La vogue de cette étymologie lui vient de ce qu’ón l’a attribuée au grand Du Cange. S'il ne s’ágissait pas d’une erreur ce serait une calóña me. (V. ps. 92, 93). l'el est notre humble avis. Ménage, homme aussi du XVII® siécle, était, on le sait, un érudit digne de ce nom. II a joui d’une juste autorité qui a fait admettre et a fait enraciner solidenjent l’erreur dont, indubitablement, il est le pére. On trouve, dans son Dictionnaire des Ori gines de la Langue Frangaise, le mot fabo et sa définition: Véhicule á une roue. Sans hésiter il admet que Saint Isidore fle Séville est l’auteur
SUPPLEMENT DES CAUSE
Mé n a g e
et
la
loi
Vil
Le
—B
bros.
de cette définition. II se tro m p e done ( V . ps. 22 •et 23). D ’a u tre p a rt cet é ru d it vo it l ’o rig in e du mot brouette d a n s ce lu i d’u n e v o itu r e b ic y c le romaine: la bir-ota\ et, p o u r m e ttre d ’a cc o rd des choses si co n tra d icto ire s, il im a g in e son «aujourd’hui la b ro u ette n ’a q u ’un e se u le ro u e» q u ’on répété depuis, g r a v e m e n t, le s d ictio n n aires les plus g r a v e s . D an s T a rtic le B rovette, (o rth o g rap h e du mot B rouette au X V IT ® lib e le ) M é n a g e en effedit: «Brovette, dim inu tif de birota q u i se trouve dans la loi V I I I de Cursu publico, a u Gode Théodosien. O n a dit birotum et birofa á c au se des d eu x ro u e s q u i é ta ie n t á cette e sp é c e de ■ carrosse. A u jo u rd 'h u i n o tre b ro u e tte n ’a q u ’une roue com m e le p abo dont le s g lo s s a ire s de S a in t Isidore font m ention: Pobo, véhicultim unius
rotee.^ A jo u to n s q u e la b iro ta de la loi \ T I I du C o d e Théodosien n’a a u c u n ra p p o rt a v e c la brouette, •voiture qui n 'é ta it p a s e n c o re in ven tée.
♦ * Sí: , M é n age ig n o ra it, p ro b ab lem en t, q u ’en v ie u x ■ et m oderne b é a rn a is, b r o s (p ro no ncez b ro ss ou broqj sig n ificie c h a rre tte , á d e u x ro u es, tom bereau, c h a rre tte á boeufs. C 'e s t, done, un biro tum. L e m ot bros n ’est-il q u ’u n e con traction? Notre a m i M . S a n t - M a c a r y , m a ire d’A u t e r iv e , croit au ra p p o rt e n tre bros et birotum (Birotum, brotum, brot, bros.) C e t é ru d it p eu t a v o ir raison; m ais si le bros p o rta it le nom biroteau, le rapport a v e c birotum s e r a it , c r o y o n s -n o u s , beaucoup .p lu s visib le .
X I—
RIES BROUErVIQUES
Barroite
et
Barrow.
Le
Bar
D a n s le tab lean de D a v id L e « S e rm e n t du J e u de P au m e » , u n des p e rso n n a g e s q u i lé v e n t la m ain est le sie u r B I R O T E A U ; d’a p re s le p etit ta b le a n e x p lica tif q u ’on v o it, a u b as du g ra n d , á V e r s a ille s . Q u e le riom de ce m em b re de l ’asse m b lé e des É t a t s G é n é ra u x v ien n e, é ty m o lo g iq u e le n t, de birotum (biroti, génitif; B IR O T O , datif) c e la n ’a u ra it ríe n d’é tr a n g e ; m ais b ro u e tte ...! On p eu t en d ire au tan t de Birotteau le heros d’un ro m á n de B a lz a c . D a n s le D ic tio n n a ire Bottin, 19 19 , dans ses a d re sse s d e P a r ís , on tro u v e le s no m s de fam ille Birou et Birot. C e lu i-c i y fig u re trois fois.
n B A R R O T T E (brouette) B A R R O W (prononcez B A R R O )
B rouette, barrow et barrote. N o u s c ro y o n s q u 'e n tre B R O U E T T E et B I R O T U M l’orth p g ra p h e , le son, ou le sens n ’ont établi d ’a u tre lien q u e celu i du m o n o sy lla b e R O T (roué, rota), q u ’on v o it dans l’un et dan s l’au tre, c e q u i est trbs n a tu re l p u isq u ’il s ’a g it de v éh icu les ro u la n ts ou d’objets q ui ont des roues. N o u s a llo n s sig n a le r, dan s le s p a ra g ra p h e s su iv a n s les ra p p o rts qui seniblent e xiste r én tre le m o tfra n c o b o u rg u ig n o n B A R R O T T E et le m o t u n g ía is B A R R O W . II est fu cile de jo n g le r a v e c les é ty m o lo g ie s. U n e sim p le re sse m b la n ce o rth o g ra p h iq u e ou p honétique, due a u h a sard , a souv e n t été su ffisan te p o u r é ta b lir l ’o rig in e d’un m ot ou la p a re n té e n tie des nom s qui n ’ont ríe n de com m un. C e p e n d a n t les ra p p o rts sont i d si a cc e n tu é s q u ’ils ren dent difficile l’e xp lica tion de le u rs points de con tact p a r c e llé d’une co'íncidence fortuite. D ’ a p ré s L it tr é , d a n s c e rta in e s ré g io n s de la B o u rg o g n e , on d i l B A R R O T T E a u lien de B R O U E T T E . II est inutile de ra p p e le r les ra p port's des u n g ía is et des b o u rg u ig n o n s pendan t la G u e r r e de C e n t A n s . % D ’a ille u rs le n o m bre de m ots fran q ais, q u i ont íra n c h i le détroit de la M a n ch e est con sidérable. D e s v o y a g e s de cette d en rée, en sens conir a ir e , se sont au ssi ré a lisé s fréq u em m en t.
Fragment de Pune des •IS.COO tmages du beau dictioniiaire I l t u s t r é . ( 8 V. iu-fo.) d’oü a été tiré aussl PHOtel de V. de París de la p. 16. ,
^ o u v e a u L u r o u s s e
L e B A R o ü B A R D est un b ra n ca rd de m aqon. C ’est u n e e sp é ce de c iv ié re . (Nouveau diction
naire de la Langue franfaise, par F. Ch. La-
SUPPLEMENT DES CAUSE
L e s
r r e s
-B X II
W h e e l - b a r - y
vaux. París 1834 . Cours complet d'AgriculHire, lettre B ., 1821 , París.) P ro b ab lem en t, le B A R et les B A R R E S sont d es nom s dont l ’o rig in e est la m é m e . B a r r e (bar, barra), est un m ot q u i a p p a rtie n t á un
BfiR
«LES BARRES» Dessin, trés réduit, d'aprés le Conrs. Complet d’Ag ric u ltu ra . g r a n d n o m b re de la n g u e s et de d ia le cte s.
'^(K. éláCüÜtL-TyiOfLC^
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A n o tre a v is, il se ra it d iífic ile 'd ’in v e n te r ou d e com p o Ser un m ot m ie u x a p p ro p rié á l'objet qu^il doit d é sig n e r q u e le m o t B A R R O W , q u i sig n ifié bro uette, si, ce, m ot v e u t d ire . B A R á R O U E j ou B A R á roue. ( L e b r a n c a r ou b a rd des m aq ons, s ’é c rit d ’a p ré s q u elq u es d ictio n n aire s sa n s d).
W hee) R o w
II
no us
M
e l I
(brouette) est une sorte de pléonasme oü figuret deux íois le mot roue. WHEEL-BAR-ROW est ainsi coupé dans les manuels pour apprendreaux enfants á épeler les syllabes et á lire lesmots. (Reading u'ithout Hatchards. Ricadilly, 1884). ; B A R R O W ,t a u j o u r d ’hui h a b illé á Tanglaise, est, cro y o n s-n o u s, p a ssé , d an s s a fo rm e primitiv e , de F r a n c e en G r a n d e B r e t a g n e oü on lui a c o n se rv é s a p ro n o n ciatio n a b o rig é n e et unasp e ct o rth o g ra p h iq u é g r ü c e a u x q u e ls un bourg u ig n o n n e sa c h a n t p a s L a n g la is a u ra it du mal á y v o ir' la B A R R O T T E . B .A R R O W est d ’a ille u rs un sub stantif qui a p lu sie u rs'se n s en a n g la is. L e m ot signifié aussi bien b ro u ette q u e p o rc, q u e tu m u lp s. Ge nom fig u re d an s l ’ H ísto ire et d a n s la g é o g ra p h ie .U n B a r r o w eut la c h a n ce d ’é tre l’un des m aítres de l ’im m o rtel N e w to n . On doit á un é c riv a in de ce nom le récit, Vhistoire d’un v o y a g e q u ’il fit en C h in e . II y v it d es b ro u ettes, m ais il n’y attacha a u c u n e attention ou du m oins il n ’en dit que deux m ots. P e rso n n e n ’ig n o re q u e les m ots d ’une seule s y lla b e sont trés, n o m b re u x en a n g la is . C elu i de W H E E L se p ro n o n ce, á p e u p ré s, ouille et celui de B A R , b a r; m ais on lit le m.ot 'lísheelbarrow co m m e si le s d eu x d e rn ié re s s y lla b e s ne form aien t qu^un seu l m ot, co m m e s ’il y a v ait un tra it d ’union e n tre vche.el et barroiv. O n p ro n o n ce B arrow , barro; á peu p rés com m e le nom s e r v a n t 'a d é sig n e r la ro u e á barres ou to u rn iq u et g a r n i de filets p o u r d ra g u e r les sau m o n s d an s c e rta in s to rren ts p yrén éen s, app a re il (dont nous) d o n n ám e s la description dans la r e v u e La Natiire, 1892. (2m e. sem estre). - M ais, dira-t-on , B A R R O W est un m ot anglais fo rt an cien , p lu s a n d e n ) p e u t-é :re , B A R O T T E , e t q u e l e B A R R O W de W H E E L - B A R - R O W . J e n’en sa is ríen p o sitiv e m e n t; c'e st possible; m ais ce tte iden iité o rth o g ra p h iq u é de pronon ciation n ’im p liq u e rá it p a s n écessairem en t que l’o rig in e des m ots barrow et barrow spit comm u n e. N o u s a v o n s d éja cité (p. ¿3) d eu x mots esp a g n o ls se m b la b le s dont Tun, v e n a n t de rex, sig nifie royal. L ’a u tre sig n ifié réeh So n origine-
ro u e
sem b le
K1 S BROUETTIQUES
q ue
le
m ot
Whfclbarrc'ii'
est
res.
SUPPL MENT DES CAUSE
Barrowfnan,
—B
X II* -
RIES BROUETTIQUES
T r a c k h a r r o w ., o r t h o g y a p h e a n c ' i e n e
L e m ot Muelle a tro is sen s en e sp a g n o l, fort •différents: ou p lu tó t, d e u x n o m s su b stan tifs et un adjetif s’é c riv e n t et se p ro n o n cen t, en E s p a g n e , de la m ém e m a n ie re : muelle. E n ’ ré a lité l ’un des deux su b sta n tifs n’est q u ’un a d jetif p ris substantivem ent., Muelle (l m o u illé e , p ro n o n cez: moueülé) com mfe l'a d je tif latin mollis, molle d ’oü ü descend,
-vQMt dxre: mou, moelleux, flexible. Mouelle, su b stan tif m ascu lin , a le sen s de ressort, p a rce q u ’un re s so rt est flexible. Muelle (m é m e prono n ciatio n) su b sta n tif m a s culin, sign ifie m 61e. en ro ch cm e n t, q u ai, p a rc e qu'en latin moles, (p é re ■ é ty m o lo g iq u e d e ce mouellé) est un m ó le, une m a s se de p ierre, un quai, un e jetée. ■ II y a, done, p e u t-é tre áu ssi en a n g la is des har. rows et des barrows n ’a y a n t e n tre e u x aucun rap p o rt d 'o rig in e .
in su la ire . Le sens prim itif du effacé dan s la la n g u e a n g la is e .
E n a n g la is, B A R R O W sign ifie au.ssi bien une ■ civiére, q u ’une bro uette. E n F r a n c e , de m étne, p arait-il. D a n s ce rta in e s ré g io n s (G u é rin Dictionnaire des dictionnaires) la b ro u ette est une civiére-, tan d is q u ’a ille u rs u n e c iv ié re est une vo itu re . p o u r le tra n sp o rt d u fu m ier. B ie n que B a r r o w v e u ille d ire b ro uette, H a n d b a r r o w (civiére á m ain ; hand, m ain) d é sig n e , p lu tó t, le brancard ou b a r et Wheel-Barrow la c iv ié r e á roue c’est-á-d ire, la b ro u ette. M a is Barrove signifle aussi bro uette. ( V . p. B X I I . ) D a n s le m ot q ui v e u f d ire brouettier «B a r r o w man (liom m e du b a rro w ) le -wheel d isp a ra lt.
Roue
Rove
>not ROW s'est
L e m ot fran q ais R O U E ,o r t h 0 g r a p h ié R O V E , au X V I I sié c le . (mot dont l’o rig in e est rota) s’éc riv a it R O E lo rsq u e Ies a n g la is étaien t en F r a n ce, au M o y e n -A g e , et se prononqait a b so lu m e n t com m e les a n g la is p ronon cent a u jo u rd ’ hui la .syllab e row de barrow ou le m ot row. L a is s o n s de coté le m o n o sy lla b e in su la ire W h e e l, sign ifian t ro u e et v o y o n s com m ent le mot barrow a p u d e ve n ir, de fran q ais a n g la is , et com m en t il p eut sign ifler civiére k ro u e ou bar
á roue. O rth o g ra p h e d 'au jo u rd ’hui, du X W I'^ sié cle et du M o y e n -A g e :
F ranjáis. L e s y a n k e e s ont im a g in é une in g é n ie u se brouette p o u v a n t ro u le r s u r l’un des ra ils des voies fe rré e s: II l ’a p p e lle n t T R A C K B A R R O W , nom Olí le m ot w h e e l est su p p rim é aussi- A jo u tons, en tre p a re n th é se , q u e track sin ig fie aujo ur-d’hui ra il; m a is son sen s p rim itif est piste, et il est bien c e rta in q u 'il a u n e p a re n té assez p ro ch e avec le m ot fra n q a js t r a q u e r . N e traqu e-t-on pas en s u iv a n t á la piste?l ( V . p. 1 1 9 e t B X II).
de
Anglais.
Rourg;uig:non.
Vieille Or• thographe. Ko»í. R o u e .. Rove. R o v e (ro d e o Roveue. R o u e tte R o w el. Broveite. B ro u e tte Brovvette. B a r . B r o , Bar. BroB a r r o t te .. B arro w . uette. 1 yvette. en laiín r o t a x (prononcez; roue) barro) ■ R e tra n c h o n s de B A R S R O V V E 'T 'T 'E ' et le B eu p h o n iq u e et la d ésin en ce fra n q a ise E T T E du dim inu tif et nous a v o n s B A R R O W ou B A R R O V qui se p ro n o n ce com m e B A R R O E ou co m m e le m ot fo rm é p a r les cinq p re m ie re s le ttre s de B a r r o t e . S O U R C E S : R O E rou e. H a v a r d . Dictionnaire de Vameublement, etc. etc. R O V E E l B R O V E T T E . M é n a g e , etc. etc. R o q u e fo rt é crit B R O y V E T T E , o rth o g ra p h ia n t ce m ot tel q u ’il a v a it dü
l’en ten dre p ro n o n ce r dans q u elq u e
rég io n . E n a n g la is , le m ot R O W v e u t dire, M O L L E 'l ' T E ou petite ro u e d’éperonr tan d is q u ’en F r a i l W M E E L sign ifie tpute ch o se en fo rm e ronde (any circuldr thing) ed. ro u e. L itté rá le m e n t, cid ee, mollette sign ifie l’étoile en poil b la n c du pedem litterce, W h e e l b a r e o w est, c ro y o n s- . Iront d’un c h e v a l et bien d’a u tre s d io s e s enco re. P a r co n tre, r o u e t , n ’y v e u t p lu s dire petite roue, nous, une so rte de p lé o n asm e d an s le q u e l 's e tand is q u ’une r o u e l L e est un m ot qui p eu t fain * trouve d eu x fois un m ot sig n ifian t; r o u e , o u r o e v e n ir l’e a u á la bo u ch e p u isq u ’il ne sign ifie p lu s <mots fi-anqais v e h a n t d u latin) et W h e e l , m ot
SUPPL£MENT DES CAUSE
V Ou s
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RIES BROUETTIQÜES
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o l o g i
une roulette, mais une tranche de fruit ou de Tinstrument appelé brouette qu’avec Tétymologie que nous a suggerée le mot Wheelbarrom. saucisson. Bien entendul'ancienneorthógraphede r o u e l - Néanmoins nous donnerions notre préférence á. LE, rovelle, rendait encore plus évidente l’origi- Técymologie UNEbaouETTE, b r o u e t t e , mot qui, ne commune de ROE, ROVE ét ROW E L (RO- par synecdoche, signifie une voiture á une peWel) RO V ELLE WHEEL-BAR-ROW. Ce mot tite roue, á une roue unique comme celle de en resumé, peut signiíier Roue-bar-roue (Véase ' l’historiqué vehicuhim unius rotcie, comme cel p. 163). Tandis que BARRO TE voudrait dire •le du rouet. tf: Jf * (Bar ( á ) R o u e (B a r (á) R o u e t t e , Bararouette, L'ÉTYMOLOGIE qui a notre préférence brouétte?) > ^ (V. p, 102). B is repetita placenta On peut le dire: aucun lien raisonnable ni Les meilleurs diccior.naires donnent au mot logique ne rattache la prononciation á l'ortho BROUETTE l’étymologie b i s , deux et r o t a , toue graphe anglaise. On déchiffre, mais on ne lit Pour justifier ce 6/s, ils ajoutent que la brouet pas Tangíais. Gráce á la mémoire et, á Tusage te acommencé par avoir deux roues. —Quand? on finit par apprenjire á appliquer des idées et Oú?=Et Vi de BIS? Pourquo¿ et quand la brouet des sons á des lettres simples (que souvent Ton te aurait-elle perdu cet i et une de ses deux prononce comme s’il y en aváit deux distinctes) roues; dont Tune inventée par la litterature? et á des groupements de consonnes, et de voyelles (dont chacune se prononce, arbitrairement, de différentes manieres, ou qui ne se prononcent t v n ¿ üoüfTTÉ —:i~ pas). I (je) sejprononce, on le sait; aY; ROULEAU BAR. comme en franqais, et round^ (rond) se dit raound. Janra:noüEiTE. S ’/joüEm f m y r o u e t t i . i:— ItoüfTrE L e m élani íf ET T V o u - V o u \ l ge du franqais - -y du latin et du saxo n , etc , a produit cet étrange r é s u lta t. Le pronom Le rouet a remplacé la quenouille. Lasynec personnel pluriel de la secunde personne en est, doche a donné son nom a cet appareil oü la pe•je crois un curieux exemple. You doit venir du tite roue, la rouetie, est Pune des pieces princi franqais vous (du latin vos.) Une erreur de lec- pales. L ’usage ayant fait qne cet instrument. ture, eje prononciation ou orthographique, un soit masculm afin d’accorder, en genre, TartiY pris pour un V dut faire de vou: you. (vóus cle, le ou un, avec le nomt; rouette est devenue du latin vos). rouet. = U n g r o u b t . (Parceque M«vient du latin, on a prononcé et écrit cet article: ung— On le sait en.Espagne, en Italie etc Vu du la tin se prononce comme on prononce en franqais Unum, un, ung. Le motcomte, est devenu en ou. Les gens du peuple en Galice et en Arturias suédois Kungt tan dis qu ’ en portugais- de prononcent u (ou) To.' Au lieu de dire vos, par . unum on a fait hum. Le b de brouette semble in exemple ils diront UMS (votis ou, plutót, vouss). diquer qu’on a dit unguerouette ou umnerouette * Quoi qu’il en soit unehrouette est d’une pronon L^étvmologie b a r r o u e t t e ne s’éloigne pas de ciation plus douce que celle-de unerouette. La celle qu’on peut assigner á BARROTTE et á- présence du b dans brouette est lógique, raison W HEELBARRO, dont il a été question dans cet- nable et agréable; mais ce b ne vient pas de bts, te sorte de Causerie brouetticoétymologique croymns-nous (Hum bon cavalleiro. Andrade). Cette étymologie BARRES ou BARáROUETTE A ujourd’hui *hutn, un, se d it.et s’écrii, en portugais, est d’accord aussi bien avéc notre définition de Fem'min: urna»
ul
SUPFLEMENT DES CAUSE
—B
X f
RIES BROUETTIQDES
En anglais on supprime souvent le W h e e l de W h e e l b a r r o w . On dit to Wheel (rouler) the^ barrow: rouler la brouette. BARROW, brouette, (V. p B XIII.) Les anglais disent aussi batrowman., l’est-á-dire la brouette-homme; l’homme-brouette, le barrow'sman, 1’ homme de la brouettele brouettier. (Promonces: baromane).
«THE LA D Y OF THE BARROWMiss Emily Brooke dans le róle de la Dame á la brouette (Cróquis d’aprés The Bystander.S^'^t. 10- 1921.)
Un volontaire dans une gare pendant la grande gréve antipatriotique de 1919. Gréves (V. Spto. B VVl). A lord as a BARROWMAN (Un lord faisant le m etier de brouettier.)
«Lord Chomondely with his BARRO W .(Lord Chomondely avec sa bro u ette.)
(Du Jo u ñ ta l Daily. Mail.)
Pickwick's wheel-bar-row. (V. p- 163.) (Dames á brouette: M.'ie BornicVte et M.he Polaire.) (Ts. 2 0 5 e. 2 0 b.) Dames á la brouette du Moyen-Age (p. 80) et de la Chine (p. 207 ). Autres dames á: la brouette. (j>s. 206 , 205 ,. 2 0 7 , 198 , 199 , 2 0 0 ).
SUPPLEMENT DES CAUSE
íL
e q u a s t - c o n t y a t de
la
— IB X V I -
neg ot i or n mg es t i o e t
A l a p a g e 18 2 de ce re c u é il nous a v io n s d éja ■ fait v o ir un b a r r o w m a n w h e e l in g a b a r r o w p en d an t la g r e v e de 19 12 . A la p a g e X V de ce •supplém ent n o u s a v o n s q u a lifié d ’antipatriotiq.ue la g r e v e de 19 19 . T o u te s les g r e v e s sont p lu s ou m oins an tip a trio tiq u e s. E l l e s sont a n tiso cia le s. L e s g r e v e s son tsu rto u t in ju ste s p a rc e q u ’elles sont c o n tra ire s au t droit n a tu re l, dont le d éca" lo g u e est le cod e et dont le d roit ro m ain , .source de nos lé g isla tio n s, est un brilla'n t reflet. L e droit ro m a in p ré v ie n t la g r é v e , l’é v ite o u la re n d c o u p a b le et re s p o n s a b le d u m a l q u ’e lle a ca u sé . D ’a p ré s ce droit, la p e rso n n e q ui, m é m e sp o n ta n é m e n t el sa n s m a n d a t, s’est c h a r g é e d ’u n e b e so g n e ou d ’un tr a v a il d’autrui n e p e u t ab a n d o n n e r c e tr a v a il, ou cette b e so g n e tan t q u e cet ab an d o n p e u t fitre c au se d e p ré ju cid e p o u r le s in té ré ts q u ’e lle a p ris e n m ain . L a g e stió n d 'a ffa ir e s , n ego tio ro m g e s t io , est c o m m e u n c o n tra t im p licite et ta•cite, q ui a la m é m e fo r c é q u ’un c o n tra t écrit. O n p eu t lo u e r son t r a v a il ou se s S e rv ic e s a n’im p o rte q u e l p rix , m ais d é s q u ’il y a cu a c c o r d , d’a p ré s c e p r in c ip e de la gestión des ■nffairés d'autnii, £i m oins d’un c a s de fo rc é m a-
( V.
Suppi.
RIES BROUETTIQUES
la
grave
Je u re , l ’une d es p a rtie s ne p eu t p as, honnétem ent, su sp e n d re c e tr a v a il ou ce s Services. Icile droil n a tu re l, le d r o i l e t l e bon sens sont d’a cc o rd . L e s g r é v e s , c o m m e c e lle s des boulang e r s ou des a g e n ts de S e r v ic e s publics, etc, etc, non .seulem ent c a u se n t d es do m m ag es aux e m p lo y e u rs est a u x e m p lo y é s , m ais aussi á un tiers, c ’est á d ire á la S o c ie té , p o u r laquellé ce s S e rv ic e s ont été in stitu é s et réglem entés. L o in d ’é tre un d roit in d iv id u e l ou so cial lag ré v e est u n e c a u s e de d é so rd re so cia l et un abusa u ssi a n tiéco n o m iq u e q u e d a n g e re u x . L e s g ré v e s n ’ont p ris n a issa n c e q u e lo rsq u e des fauses th éo ries ont fini p a r d é v o y e r et a v e u g le r le bon se n s et la- d ro itu re n a tu re lte des hommes- En s’im p ro v isa n t B A R R O W M A N , lord Chomondel y et s a ou p lu té t et so n B A R R O W , (car en ang la is , p e rso n n e ne l’ig n o re , le s choses inanim ées sont lo g iq u e m e n t neu tres), en s’im provi sa n t b ro u e ttie r, disons n o us, ce noble lord et sa b ro u ette ont m é rité d e le u r p a trie . N ’est-ce p a s C ic é ro n q ui a d it q ue la loi ne p eut p a s fa ire q u e c e q u i e st m a u v a is soit bon L a grfeve a b e a u é tr e a u to ris é e et ré g ie par de loise lie n’en e st.p a s m o in s u n e ch o se m auvaise.
B X .)
T om bereau belge á tro is roues. (Mundo Gráfico.) (Dec. 1918.) B ib e lo ts en biscuit.
B ib e lo t u tile.
SUPPLEMBNT DES CAUSE.
L es
apparences.
-
C XVII
Copernic.
Les apparences...! C e sont elles qui, probablement, ont fait voir des canaux d’irrigation dans la planéte Márs. Elles sont la base des systém es astronomiques primitifs; néanmoins bien des siécles avant la naissance du saint et charitable chanoine de Thorn, du grand astronome Copernic, des penseurs avaient soupponné, avaient entreva les mouvements de rotation et de translation de la terre. D’autres avaiént cbmbattu cette théorie. Noblement, franchement, Copernic a fait connaitre les paragraphes, l’un de Cicéron, l’autre de Plutarque, qui avaient frappé son attention, et avaient été pour lui des traits de lamiere. Que de savants avant Copernic avaient la les paroles de Cicéron et de Plutarque! Seúl C o pernic sut en faire le point de départ d’un systéme complet et raisonné comme celui qu’il exposa dans son De reuotutionibus orbium ccelestiarum. Bien entendu, il faut une préparation pour toute découverte. Aurait-il fait la sienne si des études mathématiqaes et astronomiques ne l’avaient préparée; s’il n’avaitpas observé le ciel, s ’il n’avait pas été capable de se méfier des préjugés et des apparences? La brouette n’inspire aucun souppon, aucune méfiance. Cependant ont dirait qu’elle a tenu á se jouer de ceux<qui en ont parlé ou qui ont essayé de la perfectionner. A premiére vue il semble, que par sa simplicité et par sa popularité la connaisance de cette machine aurait dú étre á l’abri de tant d’inexactitudes et de tant d’omissions. Aujourd’hui nous croyons qu’il faut cherchar la cause de ces oublis et de ces méprises dans l’aspect méme de cette voiture e t dans son apparente simplicité. On n’observe pas, avons nous dit ailleurs, ce qui paraít évident.- Combien sont-ils, par exemple, ceux qui ont observé q’une brouette bicycle, en marche, n’a que trois points d’appui? Qant aux apparences .. Bieu que prévenus et sachant que l’habile prestidigitateur qui fait devant nous des jeux de mains va nous tromper, a l’aide des apparences, ne nous trompe-t-il pas? N e trompe^-t-il pas, du moins, nos yeux? Lorsqu’elle repose normalement sur un plan, la
Les
—
RIES BROUETTIQUES
brouetteur
et l e s
b Ste s
brouette vide ou chargée symétriquement, est un objet, un corps stable, si on la considere indépendamment de l'homme. La brouette est stable aussi quand l’homme, sans la faire rouler, en soutient les poignées, püisque la projection horizontale de se s points d’appui détermine une base de sustentation h l’intérieur de laquelle se trouve aussi la projection horizontale du centre de gravité du véhicule et de son fardeau (V. n° 131, fig. G, y 132, fig. H). La stabilité de la machine n’offre done aucun doute: il s’agit d’un trépied. D ’un autre cóté comme les bras '
de cette voiture sont vislblement des leviers, á prio~ ri on admet que le brouettisr aura a supporter, sur ses mains, une pression d’autant plus petite que les bras de la brouette seront plus longs. Tout change lorsqu’on considére que l’homme et la brouette composent une unité et que les brancards, en fonction de l’équilibrelatéral, constituent une difficulté, pour le maintien de celui-ci, d’aulant plus grande qu’ils sont plus longs. Une forcé quelconque peut reihplacer, théoriquement du moins, l’homme ou la b éte pour le déplacement d’autres voitures. Le moteur de la brouette exige de l’intelligence ou un fin instinct. Tout ceci ne se voit pas á priori. L’adhéren’
SUPPLEMENT DES CAUSE
Brouette
de
Séville.
^Traits
—
C XVIII 'de
tisme, rautomobilisme, le motüsminorisme et méme ' rariétisme et le verticalisme et leurs conséquences sont de choses assez cach ées, ou du moins qui ne sautent pas aux yeux. Si on s’en tient done aux pre mieres données que ceux-ci fournissent, c’est-á-dire aux apparences, la brouette, fórcément, gardera ses secrets. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait tant de fois.
Traíts de lumiére. II ya ioin de sentir á analyser lá sensation. Entrevoir n’est pas voir; soupponner n’est pas savoir. L’attention ne se réveiile souvent que lorsqu’une circonstance spéciale lafrappe ou l’a frappée. Aprés un crime, par exemple, que de personnes ne se rendent compte de tel fait anormal, de telle parole singuliére du criminel que lorsqu’elles connaissent le vol ou l’assassinat qui produit l’émoi dans la ville. Quand un fait est réel, quand par lui méme ou par ses effets médiats ou immédiats un phénoméne quelconque est visible ou sensible il finit par étre entrevu, senti, vu ou regardé, avant d’étre observé et étudié. En 1914, au retour d’un voyage á Séville, oii il avait suivi la cour, mon frére me dit avoir vu chez un marchand de curiosités, a cette ville, une sceaubreloque du xviii® siécle dont le cachet, en porcelaine, représente un bonhomme, en costume Louis XVI, poussant une brouette. Au dessous, cette devise: Je passe partout. Pour nous, q'uel que soit son mérite artistique, sans sa devise, ce bijou brouettique serait beaucoup moins intéressant. Cette devise, á premiére vue un peu hautaine, est cependant'plutét exacte que fiére. O npeut y voir, á notre avis, un de ces traits, un de ces points lumineux dont nous allons dire un mot. Indubitablement la légende: / e passe partout renferme une állusion. L’artiste ou lá personnexiui avait faitfa ire ce petit objet, avait, certainement, compris que la brouette, gráce a sa roue unique, jouissait, seule, alors, parmi tous les véhicules roulants de I’époque (le vélocipéde n’éxistant pas encore) des propriétés auxquelles nous avons donné des noms. Le viéstrisme et le verticalisme, dus á l’unirotisme, permettent en effét á la brouette de passer par tout et de rouler agilemént sur les chemins les plus étroits. fV. D elille 159 et D XXXII.)
♦ Nous ne sommes pas un érudit. f?épétons-Ie: ce que nous savons de la brouette nous le devons a ce véhicule. 11 nous a obligé a le comprendre. Nous n ’avons pas la prétension de connaitre tous les
—
RIES BROUETTIQUES
lumiére.
Adhérence
et
tirage
écrits dont la brouette a pu étre le sujet. Notre bibliographie brouettique e§t méme assez limité. 11 est done possible qu’en France, en Allemagne ou ailleurs il y ait une littérature brouettique plus scientifique. En tout cas sa science ne se refléte pas dansles ouvráges que nous connaissons. Nous n’avons trouvé dans ceux-ci rien d’oü Ton puisse conclure que l’autéur sait ce qu’est la brouette et quel en est son principe; ríen qui indique que l’écrivain est sur le bon chemin. On y trouverait plutot des preuves du contraire. Les points lumineux, les étincelles de véritéy sont, s ’il y en a, á notre avis, bien faibles et isolés. C e qui se rapporte á la traction des voitures, au rapporí du tirage et de lá charge et, par conséquent, á l’adhérence, a eté bien étudié et est bien connu. Les efféts de l’adhérence, cependant, avons nous dit, ne son pas toujours visibles et n’ont pas toujours été vus.
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|J2? Ju i 7^^p^yii°iií En feullletant une collection de vieux numéros de la revue La Matare nous y avons trouvé un article qui nous a remis en mémoire dés expériences que ron connait (V. n^^ 27, 28, 29). Pour bien tirer une Doilure est le titre de cet article du 27 juin 1896. Aprés quelques considérations sur le choix du collier ou de la bricole, dans la traction par bétes, con sidérations suggerées par une étude de M. Chenier, l’auteur de l’article passe á celles de M. Brigg, exposées dans une réuniori de la Society of Engineers tefiue á Whitehall oü il ávait fait connaitre un mode d’attelage nouveau pour les voitUres á quatre roues. Pour étre mieux compris il avait Commencé parpar1er «de la pratique qu’il fáut suivre dans le charge-
SUPPl EMENT DES CAUSE
Brouette
-
C XIX
—
RIES BROUETTIQUES
papillón.
ment des voitures á deux roues.» M. Brigg, dans un journal anglais, «a donné une figure assez curieuse et bien explicite, que nous reproduisons ci-dessus» Jamais, á notre connaissance, on n’a cité comme exemple de cas d'adhérentisme la brouette, dont la forme cependant n’a d’autre raison d’étre que celle de l’augmentation du poids du brouattier. Si le principe de l’adhérence n’était pas un peu mystérieux on l’aurait consideré, depuis longtemps, comme le premier facteur du mérite de la brouette, et M. Brigg n’aurait pas manqué de choisir ce véhicule, préférablement, pour se s exemples et ses démonstrations. M. Brigg, pas plus qué d’autres, ne songea probablement pas á cette voiturette qui est, peut-étre, le chef-d’oeuvre véhiculaire, par excell'ence, sous le rapport de l’utilisation de l’adhérence.
1. 2. 3. «Brouette Nouvelle» (La Matare). Ou brouette Papillón
Dans une sorte de supplement, imprimé en petits caracteres, en dehors du texte de la Revue, entre ce texte et Ies réclames, prés de celles-ci, sous la ru brique «Informations», La Nature, 5. la requéte des inventeurs, croyons nous, fait connaítre hebdomadairement á ses lecteurs des petites inventions, souvent originales, ingénieuses, amasantes ou útiles. Chaqué information y a son titre. C elle du numéro du 17 avril 1909 dont nous allons parler est illustrée et porte le titre de b r o u e t t e No u v e l l e . L’article oít il en est question est, á notre point de vue, intéressant. Son auteur, dirait-on, a entrevu la vérité. II en a été prés: mais il est si difficile de se soustraire complétement a l’influence des préjuges! II est plus
que probable que le méme maítre ou le méme livre qui dans son enfance avait enseigné á cet écrivain que Pascal inventa la brouette lui avait appris aussi que le principe de ce véhicule est celui du levier. L’article qui appartient a la section: «mécanique» commence a in si: «Au concours agricole de Paris (1909) était exposée une brouette dans laquelle la roue pórtense est placée sous le fond, de maniére que. le chargement se trouve porté presque entiérement par la roue et ne fatigue plus les bras de l’homme. Ce n’est pas la premiére fois que les inventeurs cherchent á améliorer l’invention de Pascal.» Comme la roue du véhicule que le collaborateur de La Nature présente aux lecteurs et dont il fait la l’éloge est sous le coffre de la voiture, cet écrivain croit que ceci doit rendre instable la voiture. II ne semble pas avoir saisi que toutes les brouettes monocycles sont instables. Cette question de l’instabilité de la «brouette nouvelle», instabilité qu’il supposa étre l’un des défauts de cette brouette, parait préoccuper plus que le reste l’auteur de l’article. II pense que le maintient de l’équilibre de la «nou velle brouette» doit exiger de grands efforts musculaires. «Les bras de l’homme il est vrai «dit-il» n’ont pas grand’chose á porter». L’adresse et l’habitude, nous osons l’affirmer, jouent dans le maintien de l’équilibre de cette brouette comme dans la garde del ’éqüilibre d’autres brouettes monocycles ou comme dans I’équilibre de de la bicyclette, un rOIe beaucoup plus important que celui de la forcé musculaire des bras. L’auteur de l’article n’a pas dü songer a la brouette chinoise lorsqu’il a émis son jugement.
La Nature avait publié les observatións de Brigg en 1896. L’auteur de l’article «Brouette Nouvelle», publié aussi dans La Nature, les connaissait-il? Le mot adhérence ne se trouve pas dans l’article; mais on voil que son auteur a soupqonné (trait de la miere) que le secours de l’adhérence doit-étre utile au brouettier. En effet; aprés avoir dit que le diamétre de la roue de la «brouette nouvelle» lui semble un peu trop petit, incidentellement il ajoute: «En outre il faut se rappeler que I’homme ou le cheval qui pousse ou traíne une lourde charge a be-
SUPPLEMENT DES CAUSE
Critique
de
la
critique
de
la
-
C XX
brouette
soin d’étre appuyé sur le sol: c’est pourquoi nos charretiers mettent et leurs chevaux des colliers et des sellettes fort lourds et chargent leur tombereau en avant. Essayez de tirer une voiture chargée á cul vous verrez que vous aurez une peine plus grande que si le chargement s’appuie un peu sur vos bras.» Le collaborateur de La Nalure gáte ce que son article avait de meilleur et semble n’avoir attaché que peu d’importance aux paroles que nous venons de citer. II ajoute, en effet, par maniere de conclu sión, que: «Tout compte fait, cette nouvelle brouette est intéressante pour bien des cas, spécialement pour le jardinage et Ies travaux sur route oü elle doit diminuer la fatigue d e.l’ouvrier et faciliter son travail en augmentant sa production. L’appareil est en vente, 52, rué de Paradis, chez M. Denise.» (La Nature, ■17 avril 1909.) Nous possédions, on le sait, quelques prospectas de brouettes singuliéres. Nous désirámes avoir aussi celui de cette brouette. Nous écrivimes, done, á M. D enise. Cet aimable et honnéte homme non seulement répondit courrier par courrier á notre lettre; mais, ne pouvant pas rendre le Service sollicité, il nous renvoya le timbre-poste que nous lui avions adressé pour I’affranchissement de sa rápen se. Dans celle-ci M. D enise nous disait: «J’ai le regret de vous informen que je ne m’occupe plus de la brouette dont vous me demandez la prospectas. C ette affaire n’ayant pas donné satisfactiOn j’ai dú l’abandonner.» Ce résultat ne nous étonna nullement. En revanclie- notre surprise avait été vive lorsque l’en-téte imprimée du papier de sa lettre manuscrite nous avait appris que «la Brouette nouoelle^ (brevetée. S. G. D. Q.) portait le nom de Brouette-Papillon, ét que son inventeur ou l’agent de sa vente n’est, ni un constructeur de machines agKicoles, ni un charron, ou un quincailler, comme nous l’avions pensé. II est antjquaire.', marchand d’objets d’art. Ce nom si séducteur de Brouette-Paaillon proclame que cet appareil a la mobilité et la légéreté de la bestiole ailée dont il porte le nom. II dit bien aussi les illusions et les espérances de l’inventeur. D ’ailleurs Ies connaissances historiques et archéologiques qu’exige l ’exercice de l’artistique profession de M. D enise ne pouvaient pas le mettre á Tabri d’une erreur partagée par tant d’écrivains compétents en matiére de mécanique, de trans porta, de construction et de terrassement,
RIES BROUETTIQUES
Papillon.
Autres
hrouettes
La cécité brouettique n ’est pas un vain mot. Au numéro 192 de nos Causeries nous signalons l’opinion ou plutót le lapsus d’un ingénieur qui a écrit que le poids du fardeau agil avec d ’aufant plus d’intensité sur les bras du brouettier qu’on rapproche d’avantage ceux-ci du coffre ou du plateau de la brouette. Le critique de la Brouette nouoeUe ou Brouette-Papillon ne tomba pas dans cette erreur. Voulant dire sans doute, que, lorsqu’on se sert de cette brouette nouvelle, le soulévement des brancards rapproche de la verticale passant par le point de contact de la roue avec le sol, le plan vertical, oü est le centre de gravité du fardeau (plan parallelle á celui oü se trouve l’axe de la toúe), cet écrivain explique: que du fait de ce soulévement «le centre de gravité se trouve fort rapproché de la pointe du triangle de sustentation qu’est celui du contact de la roue avec le sol.» 11 s’agit indubitablement d’un lapsus catami, dú a la berlue brouettique. Qu’on
léve ou qu’on baisse les poinguées de la brouette la distance du point d’appui antérieur du véhicule au centre de gravité du fardeau demeure invariable. Bien entendu cette invariabilité est la méme si on considere que le point d’appui de la bruette est sur le sol que si on entend qu’il est surl'axe de la roue.
D'apres Dupiney V . n. Ili.o partie.
D’apres le prospectus. Brouette Marcean n. 95. III. partie.
Cependant on peu voir en tout ceci un autre trait de lumiere. L’auteur de l’article de La Nature a qompris que le point d’appui de la machine est oü il
SUPPLEMENT DES CAUSE
Le
Moteur
Humain .
—
D XXI
Cabrouet.
le place: sur le sol et non pas sur l’axe de la roue; axe qui est un des éléments de la théorie de la brouette considéré comme levier du deuxiéme genre.
—
RIES BROUETTIQUES
Instable.
Année
1914
tres divisés», terne, sable, etc. «Le premier de ces instrumente est lourd; d’ailleurs sa manoeuvre exige deux ou trois liommes.» Nous ne connaissons pas ces énormes brouettes. (V. C a b r o u e t s á la p. 123 de
nos Causeries.) Le Moteur Humain ne cite ni la Genie Rural ni
(i) Nous avons retouvé les clichés de cette figure et les deux
derniers de la page précédente correspondant aux brouettes Parson, Marceau, et Hebert. Les dessins de ces photpgravures furent falts d’aprés les documents cites dans nos Causeries. Ces gravares devaient illustrer les números 83, 95 96. Les trois brouettes, qu’elles représentent ont une certaine análogie avec la brouette Papillon.
Bien des années avant 1914 nous avions écrit que les savants auteurs d’un grand Dictionnaire d’Agriculture de 1821 avaient constaté que l’équilibre de «la brouette» est difficile de garder. (Nouveau Cours Comolet d ’Agircul...ou D’’^. Raisonné ... d’Agric... Par les membres de la S" . d’Agri. de l’Inf. de France 1821). Jusqu’en 1915 nous n’avons trouvé dans aucun écrit le mot instable appliqué a ce véhicule (lorsqu’il roule poussé par son homme.) Dans Moteur Humain on peut lire á sa page 370 les,m ot «équilibre... instable», dans un paragraphe de quelques ligues, dont d’ailleurs, cet équilibre n’est pas le sujet. En effet; l’auteur de cet important ouvrage, aprés s’étre occupé de la brouette a deux petites roues, du cabrouet, comme il l’appelle, passe á parler de la brouette monocycle, e t il écrit cette phrase que nous copions: «Dans la brouette au contraire, il existe une seule roue, de plus grand diamétre: l’équilibre latéral est done instable, l’effort de soutien plus considérable, mais aussi l’effort dans la direction fournit une cómposante plus grande suivant l’liorizontale.» Et c’est tout; car voici la phrase qui vient inmédiatement aprés les mots que nous venons de citer: «Le cabrouet est destiné á transporten de lourds fardeaux. La brouette sert & transporten des objets
d'autres ouvrages analogues ou le rendement pratiquement utile de Thomme faisant usage de divers Instruments a été étudié. C'est surtout un ouvrage de physiologie et de chronométrage et d’apparells divers de mesure. Nos causeries sont avons nóus dit une étude purement qualitative. C elle de Mr. Amar est quantitative: aussi est-elle remplie de chiffres et de formules dont bien entendu nous n’avons pas essayé de vérifier l’exactitude. Quatorze pages du Moteur Humain (ouvrage de 622 pages in 8.° imprimées en petits caracteres) sont consacrées, comme nous l’avons dit, á la brouette et surtout au cabrouet ou brouette diable ou a sacs. Ou ne trouve dans ces pages rien ou presque rien de ce qui est l’objet de nos Causeries. Le mot instable peut cependant étre considéré comme un trait de lamiere.
Autre modéle schématique pour l’étude de la brouette (V. celui du n.“ 252 de ces Causeries).
Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins, comme nous l’avons indiqué, que l’objet principal du Moteur Humain n’est pas la brouette et que ce livres, trés bien et profusément illustré, est rempli de savantes études, intéressantes, útiles, variées, (Le Motear Humain V. Supplement A. IV.)
ANNÉE
1914
L’existence du Moteur Humain nous fut signalée, a Madrid, dans l’atelier du peintre Sorolla par un
SUPPLEMENT DES CAUSE
La
brouette
-
D XXII
et
la
médecin, ami de cet artiste dont le musée du Luxembaourg posséde un ou deux tableaux. Le Motear Humain est le dernier des ouvrages tombés entre nos mains oü l’on s’occupe de la brou ette. Sa date: 1914. Quelle date!
RIES BROUETTIQUES
guerre
de
1914
La brouette a vu de prés toutes ces miséres et tous ces prodiges. Elle avait, nous le savons, pris utilement et courageusement part á d’autres guerres. (V. Premiére partie. Causerie qaatriéme.) Dans celle-ci le nombre d’ouvrages de terre, de tranchées, d’épaulement, de remparts de fortune et de souterrains a pris des proportions fantastiques. Les documents photographiques qui reproduisent l’image de ces travaux sont innombrables. On y volt partout la brouette qui, d’ailleurs, a servi á des transports de toutes sortes civils et militaires, outre celui des blessés.
«Les travaux exécutés et arriére de nos ligues nécessitent Teraploi d’un grand nombre de véhicules, prindpalement de brouettess. Legende d’une photogravure d’aprés laquelle, a été fait le croquis qui est ci-dessus. Nous ne possédons plus qu’un morceau rongé par les flammes, de cette image. Elle fut découpée d’un journal (?) pendant la guerre par la reine Christine. S. M. daigna nous la taire remettre par I’entremise de sa dame d’honneur, la duchesse de Moctezuma. Celle-ci joignit á l’envoiuneaimablelettrequelefeurespecta. (V.n.°152.)
Le texte cité aux pages 67 et 68 de ces Causeries, fait comprendre que Larrey ne connaissait pas les grandes brouettes de la région de Bautzen. II est fier d’en avoir profité et d’avoir été l’inventeur, croyait-il, d’un nouveau moyen pour trans; porter les blessés. Vers 1912, pour illustrer le texte emprenté aux Mémoires de ce.chirurgien militaire, nous avions des ainé d’imagination le petit croquis de la page 67. On retrouve ces grandes brouettes de 1813, rendant, pendant la guerre de 1914, le méme Service qu’ elles avaient rendas cent ans plus tót. . Le croquis ci-dessus est fait d’apres un document authentique; d’aprés une photographie du Photopress spécial WarSer vice, représentan les blessés belges des lignes de feux ^n dant la bataille de Saint-Gillies au sud de Termonde. (The Queen du 3 octobre 1914.)
Retour des réfugiés en Belgique. (Mundo Gráfico, 18 dec. 1918|.
Comme dans toute guerre ou plus que dans toutes les autres, on a vu, pendant celle de 1914, des ta bleaux effrayants d’horreur, á coté de choses (mé taphysiques et physiques) magnifiques, grandioses qui s ’imposent á l’admiration de lous. Que de vertus sublimes! Quel courage! Q uelles manifestations de toutes íes Sciences! Que de talent! Que de traits de génie!
Prlsonnier allemands trauaillant prés de Brisley en Angleterie.
«Les Anglais toujours pratiques, tirent parti de la maind ’ oeuvre avantageusement fournie par Ies nombreux convois de prisonniers qui leur arriventdu continent.» (t-e Miroir, Diraanches (sic) 11 et 18 oct. 1914). Ce numéro correspondant á deux dimanches, porte en tete cet avis: «Le miroir paie n’importe quel prix, les documents photographiques relatifs a la guerre, présentant un intéret particulier.»
SUPPLEMENT DES CAUSE
La
S c ie n c e
—
a
D XXIII
r a p p e t is s é
RIES BROUETTIQUES
le
m o n d e
ce texte, entre les deux paragraphes oü elles se trouvent. On le voit par la date de ce discours: c’était a la veilie de la déclaratlon de la guerre! Si on lit cette fantaisie, cette Causerie qúatriéme, on comprendra combien fut grande notre surprise et notre déception. Nous ne regrettons cependant pas, aujourd’hui ni nos paroles ni notre optimisme d’a lo r s. Les États-Unis mondiaux n’existent -pas mais la Société D es Nations donne une certaine idée, bien vague, il est vrai, de leur possibilité et tres nette de la solidarité des intéréts mondiaux.
Ce croquis fait d’apVés une carte póstale photographique (A. Royer. Rueil. París, mar que A N París) représente le beau tablean exposé au Salón de la Guerre, par Paul de Plümen: de T. «Le curé de Menll-sur-Belvltte transportant des blessés» dit la légende de cette Intéreseante carte póstate.
'
I
Le Journal La Croix, du jeudi 5 novembre 1914, publie une lettre de Mme. V ve. D étolle, racontant comment son fils blessé a été sauvé par une vieille femme et par le curé de Douciéres, qui le transporta sur une brouette. (Voyez los gravures des pages 127 et 143 des ces Causeries). Que de fois pendant ces mois, pendant ces années d’angoise n’ai-je pas pensé, aux brouettes, chinoises ou du genre chinois, á grande roue, avec remorque! La prolonga, en c a í de besoin, n’aurait jamais manqué de servants, hommes ou bétes. Si on en avait parlé, lequel parmi tant de belligérants aurait-il pris au sérieux cette vieille nouveauté? Lequel aurait-il cru utile d’en taire des essais? Pour des cas spéciaux... mais peut-étre notre imagination exagere les avantages de ce m onocycle. D’ailleurs nous sommes loin de posséder le don de la perspicacité. C ette guérre nous l’a bien prouvé. Plein d’optimisme nous avions écrit notre causerie qúatriéme de la premiére partie de ce recueil (V. p. 73) sous Timpression, probablement, de quel.que lecture antimilitariste. Avant d’envoyer son texte, écrit depuis longtemps, a Timprimerie, oü était déja, imprimée, la précédente causerie, nous le relümes. Par hasard, ¡es lignes, que nous y citons, d’un discours prononcé á París venaient de tomber sous nos yeux, & Madrid. Nous y vimes un argument fa vorable á notre thése et nous les intercalámes, dans
Bataille de Messines. Transport des munitions pour Tartillerie. Croquistrésréduitd’aprésunebelle photogravure de VIllastrated London News, du 16 juin 1917 (27 X 14 cms.)
D ’ailleurs cette guerre méme, n’a-t-elle pas prouvé d’une faqon évidente la solidarité réelle de tous les peuples et l’interindépendance de ceux-ci? Cette so lidarité, cette interindépendance, nous le disions, est un fait, un résultat qui ne doit rien aux idées poiitiques, socialistas ou autres qui essaient d’en tirer partí. Ce résultat est dü, répétons-le, á la Scien c e qui gráce á la vapeur, gráce ü l’électrídté et, en un mot, gráce á la connaissance de lois physiques
SUPPLEMENT DES CAUSE
Les
causes
de
la
D XXIV -
guerre.
qui régissent le monde, a réduit la grandeur de nore p lanéte.
Ce
RIES BROUETTIQUES
que
mes y e u x
ont
vu
Le nombre énorme de traités prouve le peu de respect que de tout temps on a accordé aux conventions internationales. Carthage n’a pas eu le monopole de la foi punique, malheureusement. Un vieil auteur espagnol dit que les raisons qu’invoquent Ies déclarations de guerre ne sont presque jamais les vrais motifs de celles-ci. Pendant longtemps encore les peuples qui s’y sont engagés repousseront la responsabilité d’une lutte dont les résultats ont été si épouvantables pour Ies vainqueuers et pour les vaincus. Avant cette guerre j’avais lu Ies articles d’un journal politique, articles que leur auteur, directeur fort connu de ce quotidien, reunit, peu de temps aprés, en un volume de 432 pages, dont le litre est: «Ce que mes yeuxont vu.» L’auteur y parle, en témoin ou en acteur,
lanjiic L'Angleterre aiguise le tranchant de son glaive. Le petit génie qui fait tourner la meule, d’aprés la date de sa ceinture, représente l’année 1916. 11 n’y avait eu que des soldats volontaires dans l’armée de !a Grande Bretagne. On venait d’y adoptar le Service militaire obligatoire, auquel on domna le nom de « C o m pu lsió n », mot qu’on peut lire sur le volant de la machine que porte la brouette. (Traduit littéralement, ce mot signifie contrainte.) Beau dessin du célebre artista Bernard Partrige.—Reduction—(Publié par le New York H.)
D ’autres, plus pessimistes que nous pouvaient peut-étre craindre la guerre européenne; mais qui aurait pu prévoir ni las proportions, ni la durée, ni les résultats d’une lutte dont le monde entier ressentira douloureusement les conséquences pendant un nombre d’années qu’il est difficile de prédire? La cause des tempétes et des cyclones est le résultat de mille causes dont la combinaison produit, á un moment donné, ces terribles phénoménes. Aucun peuple ne veut la guerre; mais il y a dans tous les peuplés des ferments de guerre civile ou étranjére. II y a aussi, surtout dans les grands nations, des facteurs occultes et puissants dont la guerre peut servir les convoitises, Ies intéréts, les appétits. Les scrupules ne sont pas un obstacle pour eux. II ne leur manque que l’occasion. D es que la combinaison de circonstances, qu’ils ont aidées, et de gouvernements, qu’ils ont préparés, sont favorables á leurs machinations, tout est á craindre. La cause déterminante, l’étincele qui doit mettre le feu aux poudres est facile á produire. lis n’ont plus alors qu’á exalter adroitement l’honneur national et á faire déployer le drapeau de la patrie. On a vu et on voit les effroyables résultats de cette infernale combinaison.
Blindage et fravaux de protection du Raíais des Doges á Venise. (La Ilustra ción Española y Americana, 12 de julio 1915). (B“ “ de Venise V. p.l77.)
Prisonniers allemands balayant la voie terree á Cháteau-Thierry. (La France du Sud-Ouest, d’apres L’Illustration, 23 oct, 1914.)
8UPPLEMENT DES CAUSE
Do n
Pedro
de
—
D XXV
E sta \la .
un peu de tout. Nous ne faisons id allusion qu’aux pages 113,114,115 et 116 de son livre. C’est de l’histoire commentée par un écrivain qui regrette qu’on ne soit pas prét pour la lutte. II ne s’agit pas dans ce précis ni de conjectureSj ni de prédictions; mais de
RIES BROUETTIQUES
G iiy
de
M au p assan t
méne á l’injustice. iSi le patriotisme consiste á taire du mal a ses voisins, á vouloir les dépouiller de leurs biens et a mettre obstacle a leurs légitimes aspirations, je renie le patriotisme», disait en ces termes ou en d’autres analogues (je cite de mémoife) en 1805 Don Pedro de Estala, qui fut un ardent patrióte. II avait bien raison. L’homme devrait aimer son semblable; mais trop souvent il fait tout ce qu’il peut, dirait-on, pour que la boutade de Hobbes «l’homme est loup pour Thomme» paraisse étre l’expression pittoresque d’une vérité. Le héros de la parabole évangélique, est un samaritain, un étranger.
Soldats hollandaís brouettant des enfants belees dont Ies parents ont cherché un refuge en Hollande, apres la Pnse d Anvers (d’aprés une photographie du n ''Madrid, du23 octobre 1914 et d ífd e M ^ f e e í l Caríe póstale du
aits, d aspirations de projets et de leur préparation. Les sentiments antirépublicainp, feints ou sinceres de l’auteur n’enlévent rien au poids du document; au contraire. La date du premier article; 1910. C elle du recueil; 1911. C elle de la guerre: 1914.
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_____ _ -
Au Maroc. Des fréres des Écoles chréiiennes entérren! les cadavres des soldats espagnols. (ABC, 28 oct. 1921, ExcelSíor, 3 nov. 1921 .'Croquis, reduit. d’aprés VA B Q.
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r>TudC
fa.
l Verdun. Entrée d’une infirmerie souterraine. (Petiie Gironde 26 mars 1916.)
Sans l’amour de la patrie, sans le patriotisme il y aurait índifférence et négligence; mais le chauvinisme et l’éducation chauvine, c’est-á-dire l’exalation produite par l’éducation patrioticoégoTste,
TCl Í'’U -C ^ H
-jl^l
* Polichrome. Croquis, réduit, d’aprés une gentille caríe póstale. (Mademoiselle Polaire que nous avions vue a la page 206, se promenant en brouette, se fit infirmiére peudant la guerre. (Nuevo mundo, 7 janvier 1916.) Auchevet des malades, des mourants, á cote des cada vres, elle a;dü.réfléchir á bien de choses sérieuses.)
A la page 163 de nos Causeries brouettiques, page écrite longtemps avant la guerre mondiale et impri-
SUPPLEMENT DES CAUSE
La
neutralité
de
VEspagne
—
D XXVI
fut-elle
mée plusieurs mois avant la déclaration de cette guerre, nous commentions un texte oü Guy de Maupassant maudit la guerre de 1870. Qu’aurait-il pensé, disions-nous, «de celle de 1870 oü un ennemi aussi »injuste et égo’í ste que puissant écrasa I’Espagne, »faible, abandonnée de toutes les puissances et la »dépouilla, en A sie et en Amérique, d’un empire co»lonial dont la valeur est incalculable, empire dé»couvert, conquis christianisé, civilisé par les es»pagnols.»
Adroite. Coristruction d’abris souterrain dans la section de l’Oise. (A B C, 13 mars 1917. Phot. Hugelmann.)
—
RIES BRÓUETTIQUES
neutralité?
Pro
victoria
vi ctorun
gerie et de la piraterie de se s voisins, ses envahisseurs de jadis, dont le repaire e st uni a ses c5tes, plutot que séparé de celles-ci, par un détroit dont la largeur est moindre que celle de certains fleuves d’Amérique. D ’ailleurs jusqu’á ce que la Conférence Internationale d’Algéciras ne lui eut donné un protectorat et le soin d’une pólice qui lui coútent beaucoup de sang et beaucoup d’argent, 1’Espagne ne possédait en face de se s rivages méridionaux que, quelques forteresses. En revanche (c’ést toujours une belle cómpensation) l’Espagne a fait connaitre, entre autres choses, aux maures, la brouette dont, d’ailleurs, il font en core un usage fort limité. II est vrai que, ce petit véhicule est inséparablement uni á l’histoire de la civilisation modérne. Le progrés matériel d’unpeuple est, croyons-nousy en raison directe du nombre de se s brouettes.
Llenes francaises. Constructlon de passages souterrains (Daily Mait, 2áéceinbre 1914).
Q uelles que fussent ses sympathies, seize ans aprés qu’elle avait été livrée, par l’Europe, á ses détrousseurs, l’Espagne aurait-elle pu décemment combattre dans les rangs des belligérants et verser son sang pour la cause qu’avaient embrassée ses boureaux, en faveur de ceux qui directement par leur consentement (sine quo non) ou par leur complicité l’avaient dépouillée de ce qui lui était échu par droit légitime d’héritage, selon les lois du temps, et ce qu’elle avait acquis par ses découvertes géographiques.? Bien des nations ont des territoires coloniaux ou autres lui ayant appartenu. Elle n’a ríen d’autrui; rien dont l’origine évoque le souvenir du VII= commandement du D écalogue. S es guerres furent faites póur la défense de sa religión ou de son patrimoine ou de son territoire. C elles d’Afrique dont I’objet ne fut jamais commercial ou d’exploitation coloniale, son justifiées. Elle avait, á se défendre de la sauva-
Croquis d’aprés une caríe póstale qui nous fut envogée par le duc de Medinaceli. Serie; scénesdefrontiereslBar P. S. P. Q. Cain) 191^.
Les alliés n’obtinrent aucun autre concours sanglant de l’Espagne que celui de nombreux volontaires agissant pour leur compte, encouragés par le consen tement. tacite du Gouvernement. L’Espagne cependant, ne fut puissance neutre, pendant la guerre, que de nom. Sa neutralité (lui en saura-t-on gré?) fut plus utile aux alliés que ne l’aurail été le sang des espagnols. La guerre, tous les belligérants l’ont bien éprouvé, se fait avec des hommes et avec d’autres
f SUPPLEMENT DES CAUSE
1 9 1 4 -1 8 .
La
plus
—
D XXVII honnét e
choses. Plus nécessaires souvent que les soldats sont les vivres et les matiéres premieres. Les alliés disposérent, en toute liberté, des mines, de l’industrie, des transporta, et tous les produits du sol de l’Espagrie. Nos ports et ceux de nos iles d’Afrique leurfurent ouverts, tandis qu’iis étaient fermés á leurs ennemis. Naturellement ces Services d’une importance immense et d ’autres encore ne furent rendu saux alliés sans que la vie des habitants de la péninsule n’en éprouvát une grande gene." Celle-ci, bien entendu, ne fut pas compensép par la richesse acquise en peu de temps par quelques commenjants et quelques spéculateurs de ceux qu’enfantent toutes les guerrea. Au contraire, les dépenses de ces crésus contribuérent á la chérté du marché. L’Espagne, eut recours au moratorium des loyers. L’État mit l’embargo sur le blé, le pétrole, le charbon, etc. II en fíxa le prix et en limita la dépense, ni plus ni moins que le firent les nations belligérantes. (Le roí d’Espagne organisa, dans son palais méme, des bureaux d’une grande importance pour le Service des prisonniers alliés. Des officiers espagnols naviguérent sur les vaisseaux hopitaux de ceux-cL Le gouvernement espagnol autorisa la France á émettre en Espagne un ou deux emprunts dont le produit favorisa grandement ses achats dans la Péninsule. Une convention secré'te francoespagnole, fort onéreuse pour l’Espagne, enlapa, au Maroc) les intéréts des deux nations voisines pendant la durée de la guerre européenne.)
—
RIES BROUETTIQÜE
devant
l ’ histoire
Y üoir clair n’est pas étre chauvin, aurait dit la Brouette dans une fable si La Fontaine avait fait jouer un role á cette pauvrette dans un de ses charmants apologues. Le fait est que l’histoire moderne extérieure et internationale de l’Espagne est peut-étre la plus hon néte parmi celles de toutes les grands peuples. Les régions d’Allemagne, laB elgique, l’Alsace, l’Artois, la Franche-Comté, par exemple, ont été aux uns et aux autres. .L’Espagne n’a possédé que ce que le
Bombardement d’Ypres. Départ des habi tants. (Petite Gironde, 29 mai 1915). Cliché dii Daily Mail. (Une des brouettes du cliché.)
Ciel lui accorda pacifiquement. Que n’a-t-elle été aussi habile pour se bien gouverner et pour défendre son bien qu’elle a été honnéte dans ses rapports avec les Puissances!
Les.mutilés de la guerre. «Aprés de múltiples essais le-directeur lechnií^ue de l’Ecole professionnelle de blessés de Mpntpellier, a [eussi a créer un appareil... qui permet aux manchots... de conduire la brouettes (Je Sais Tout, 15 novembre 1916). ,
En Espagne, il est vrai, la brouette n’eut pas a transDorter des blessés. Dieu en soít béní!
Pendaut la guerre. Ecole de Hammersmith (Angleterre) pour former des femmes capahies de remplacer utilement les hommes dans les magasins. (Mundo Gráfico, janvier 1916.)
SUfPLEMENT DES CAUSE
1 9 1 4 -1 9 1 8 .
D XXVIII
Un p a r í
entre
-
RIES BROUETTIQUES
des
él ect esas
Les choses les plu s respectables ou les plu s sérieuses on t e té p a rto u t e t toujours le bul des tra its de la sa ty re e t le sujet des bouffonneries de la caricature. Un caricaturiste frangais (?) s ’é ta it déja serví de la brouette pour ridiculiser un gen eral ennemi, au XVII^ siécle (V. p . 58).
L ’offensive du général Joffre (croquis d'aprés une caricature du journai satyriqueliusf/ce Blater, n.“ 49 de sa XXX® année.
Le général Pau en Pologne menant la Russie au précipice.—Légende; Pau in Poien=«Mehr offensive, Sire, mehr offensive!» Tageblatt, 16 fev. 1915. (Croquis d’ aprés ia gravaré de ce iournai)..
cet^homme avait préparée, assis sur une brouette, (V. p. 137) était formidable. Quand nous écrivons ces^lignes, TAllemagne de Bismarck et de Guillaume II, est vaincue, désarm ée, enchainée, ruinée, mutilée. C e résultat est peut-étre dü á cet electeur,
Le citoyen qui se fait ainsi brouetter á travers Ies New-York est le gagnant d’un pari fait aux EtatsUnis. Le brouetteur avait parié que Hugues serait élu Président. Le brouetté a gagné le pari. C ’est un des électeurs dont le vote donnera la victoire. au docteur W ilson. (Je sais Tout. 15 novembre 1916.) Le monde avait déja vu un électeur, un crétin peut-étre, ailant porter á Turne, sur une broue.tte son vote, vote d’oü vont dépendre les destinées de son pays. Lorsque nous signalámes ce fait brouettique, lorsque füt imprimée la page oü figure Timage de Bismarck, la forcé militaire de TAllemagne que
agent électoral probablement, qui aprés avpir assuré par son vote et ceux de se s amis l’élection du doc teur W ilson á la présidence des Eíats-Unis de TAmérique du Nord, se fait promener triomphalementpar le vaificu. L’humiliation et la fatigue, de ceíui-ci con-
SUPPLEMENT DES CAUSE
Aprés
la
guerre.
La
—
D XXIX
brouet t e
tribuent naturellement á la beauté et h la graudeur de la scéne, sorte d’allégorie de la charité évangélique. L’imagination y fait voir, armé de pied en c a p ,' caché derriére un nuage (car a ce moment il était candidat des pacifistes) le docteur W oodroow Wilson, le deas ex machina du plus épouvantable des drames andens et modernes.
du
—
RIES BROUETTIQUES
Perou.
Cel l e
de
Plasencia
allemAnd. Certains détails de ces images disent clairement qu’elles ont eté dessinées, d’aprés des données inexactes, par un artista européen n’ayant jamais été en Amérique. Supposant que des constructeurs d’églises ne sauraient se passer de la brouette, cet artista n’a pas hésité A la faire rouler au Pérou duxvie siécle. Comme on p eu ts’en rendre compte, en comparan! les deux croquis de ce'paraP O S T BELLUM graphe, on les dirait calqués l’un sur l’autre. L’un Notre dignité, la dignité humaine, nous vient de donneuneidéesufce que nous avons l’honneur de posséder une intellifisante du brou gence faite a l’image de Dieu. L’intelligence est le ettier de l’une'des 1 plus beau .des dons que l’homme doit á son Créateur. gravuresdu De Re ..w J A I Agir délibérément contre les indicationsde la raison, Metailica d’Agridonner la préférence á ce qui est absurde, ést la cola. L’autre cro plus grande offense qu’on puisse falre, et á l’intelli quis représente la 2. Agrícola. 1. Nova typis. gence et á la digriité de l’honime. Or l’une des plus brouette du livre absurdes conséquences de cette guerre qui a prode Dom Honorio Philopono, moine de l’O. de Saint duit des ruines que seul le Travail peut réparer,. Benoit. Voici les premieres ligues du titre, fort est d’avoir enchainé celui-ci, et d’avoir imposé interlong, de l’ouvrage de cet auteur, ouvrage pronationalement a la brouette, de ne pouvoir rouler, bablement rare: Nova Typis Transacta Navigatio.— l’été comme l’hiver, que huit héures par jour. Peu N ocí Orbis Indice Occidentalis Admodum Reverenimporte qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, peu importe dissimorum Pp. ac Ff. Reverendissimi ac lilustrissique le brouettier soit yieux ou jeune, que la brouette mi Domini, Don Baelüi Cataloni Abbatis montis Ser porte cinquante ou cent cinquante kilogrammes, rad, in universam Americam, sioe... (1621). qu’il y ait des pentes ou que’elle roule sur plaine, que le chemin soit dur et uni ou qu’il soit m ou, rabo teas, détestable. Quelle que soit la différence des cas, la brouette, de par la loi, pour rendre cuite A On n’a commencé A se servir de la brouette en Esune vilaine théorie aussi contraire A celle de la li pagne que dans les dérniéres années du xviii' siécle berté et de la dignité de l’homme que favorable A avons nous dit. (V. p. 164). La brouette de la Cal’égalité de í'envie et de la paresse, ia brouette ¡¡doit thédrale de Plasencia parait cependant ópposer un obéir A celle ci. Et on semble, s’étouner de ce que la démenti A ces paroles. II semble, en effet, A premiére vie soit'chére! L’homme n’est pas plus sage lorsqu’il vue, que puisqu’il y a A Plasencia une sculpture jouit d’un temps padftque que lorsqu’il demande A la du xve siécle, représentant une brouette, ce véhicuguerre le bien-étre et la prbsperité que ne peut lui le devait étre connu en Espagne A l’époque oü y donner que la paix. fut faite son im age. Comme celle de Saint Spire de Corbeil (p. 107), cette sculpture fait partie des ornements des siéges du chcEur de l’église. Pendan! une halte d’une excursión en automobile, cette brouette Aux pages 54 et 55, A propos de la brouette du attira l’attention de mon fils; mais je n’ai pu en obteishX&avi La fondation de Buenos Aires, nous avons nir una photographie que longtemps aprés qu’il m’en parla. Plasencia est, on le sait une vieille ville de dit quelques mots d e la brouette d e l’Amerique l’Extrémadure. (V. la photogravure de la p. IV ) latine. Derniérement un bibliophile d e M éxico, Plus encore que la, bretelle dont se sert l’homme D. Joaquín García Pimentel, nous a envoyé la phode la sculpture, la position du personnage, par raptographie de deux images, dont l’une est celle du port au véhicule, semble indiquer qu’il s’agit bien froniispice d’un vieuxlivre, imprimé probablemente d’une brouette. Brouette monocycle? Nous la croyons, Anvers. Dans ce frontispice, allégorique, un moine quoique l’extrémité inférieure du brancard gauche. bénédictin pousse upe brouette d u ty p e Agrícola,
PEROU. B % PLASENCIA
SUPPLEMENT DES CAUSE
La
brouette
de
Vivés
D XXX
et
seuI tout á fait visible, laisse complétement libre le c6té extérieur de la roue. D ’autre parí rien n’indique l’existence d’une autre roue; mais tout le monde sait que l’on volt partout, dans les sculptures, des oublis, des ingénuités ou des audaces. Sur les médaillesanciennes, par exemple, au cun charbicycle n’a deux roues ou plutot, on n’y voit jamais qu’une seule roue, faitd on t nous avons déja dit un. mot ailleprs (v. p. 38). II est vrai que dans ces médailles le relief est peu accentué, Leurs images son t, généralm'ent, des sortes de silhouettes, des profils sans perspectiva; tandis que dans la sculpture de Plasencia il ya une certaine perspectiva qui aurait fait- voir la roue de droite, si la brouette eu avait eu deux.
1. V. p. IV. - 2. V. p. 80.
Malheureraent, comme on peut s ’en rendre compte en examinant Timage de la page VI, le temps, ou un accident, a endommagé la sculpture. Étant donné son état actual on ne peut que deviner comment le bonhomme soutient, les poignée.s des brás du véhicule-
En Espagne (o. ps. 164, 165.) ou donna nous le savons, fort tard d’ailleurs, le nom- de carretilla (c’est-a-dire voiturette, petite charrette) k la brouetteL’espagnol Vivés, professeur á Oxford et a Bruges (sur la vie et les ouvrages duquel ou trouve des renseignements, plus ou moins complots, dans tous les dlctionnaires bibliographiques) eut a parlar de la brouette dans un mémoire sur le paupérisme. Pour y désigner ce véhicule, V ivés se sert de la périphrase attribuée, é tort { y . ps. 26 et 27) á Saint Isi dora de Séville. V ivés voudrait que les pauvres recueillis dans des asiles y travaillent dans la mesure
les
—
RIES BROUETTIQUES
brouettes
de
Plasencia
de leurs torces. Le travail au oéhicule á une roñe pourrait, par exemple, dit-il, étre utile dans ces chaVitables maisons. Nous devons ce curieux renseignement k notre excellent ami Don Eduardo Ibarra profeseur á l’Université de Madrid, membre de l’Académie de l’Histoire. Vivés expositeur fort discret des régles de la méthode expérimentale, maitre de Bacon, grand savant fameux humanista, écrivait en latin dans un pays oü Ton se servait de la brouette depuis fort longtemps. II n’y a done rien d’étonnant a ce que, faute d’un mot, classiquement latin, pour désigner cette voiture il ait remplacé ce mot par la périphrase a l'aide de la quelle les vieux glossaires définissaient lé mot pobo dont le sens, d’aprés leur définition, serait celui de brouette. Ce pabo ne disalt probablement rien de bon a ce latiniste de premiére forcé. II ne l’a pas adopté (V. ps. 26 et 84). Quoi qu’ll en soit, le wehicuum unías rotes d de ce philosophe serait, pour nous moins intéressant si le trés-érudit écrivain espagnol Mayans (XVIIP siécle) traducteur de Vivés, n’avait traduit littéralement ces trois mots au lieu de les réduire k un seul, comme l’auralt fait, par exemple, un traducteur franqais. Celui-ci se serait servi du mot brouette. Ou peut done conclure, nous semble-t-il, logiquement que, comme nous l’avons dit, la brouette, á cette époque, était une machine pratiquement ignorée en Espagne, comme dans une grande partie du monde; quelle manquait de nom dans la pénirisule íbérique et que celui de carretilla, dans son sens de brouette, est relativemeht, récent (V . ps. 25, 164-167) = Carretón p. 166). ■ La brouette, la vraie, devait étre á Plasencia un objet qu’on n’y connaissait, tout au plus, que par ouT-dire. C elle de la cathédrale fut probablement exécutée de mémoire, sans n(odéle, de chic comme disent les artistes franqais dans leur argot. Ainsí fut peinte, plus de 300 ans plus tard, la brouette grecque de l’hótel de ville de Paris. (V. p. SO). Comme á Toléde et comme dans tant d’autres vil las et de lieux, la brouette, la réelle, á Plasencia, est un véhicule contemporain, pourrait-on dire. (V. p. 39). Mr. Mélida, le tres érudit et trés-aimable directeur du M usée Archeol'ogique de Madrid, nous mit en rapport avec Mr, Rosado, pharmacien a Plasencla. Son officine est venue a ce chimiste, de pére en fils, de Don D iego Rosado, apothicaire de cette ville et fondateur, en 1703, de la maison.
SUPPLEMENT DES CAUSE
L ’A l l e m a n d
Mattre
D XXXI —
Rodrigo
D’aprés uñé lettre de M. Rosado la brouette était inconnue á P lasenda il ya cinq'uante ans. Elle y fut «importée de Gastille», lui a-t-on dit, il ya 30 ou 40 ans, par des étrangers, entrepreneurs ou constructeurs de routes et du chemin de fer. Mr_ Rosado ajoute,que, aujourd’hui, il n'y a, á Plasenda, d’autres brouettes «que celles que possédent quelques hotelleries» (pour le transport des bagages, probablement). Mr. Mélida a fait une^tude du choeur gothique dp la cathédrale de P asenda qui sera bientot publiée. L’artiste sculpteur qui en fit les boiseries, bien que portant le nom de maítre Rodrigo, était allemand ou fils d’allemand. II dut aller a Plasencia aprés avoir
B rouette des Conquestes de Charles Mague.
trayaillé á la Cathédral de Toléde (1495-1497) pour y terminer l’ouvrage qu’il y avait laissé inachevé.
RIES BROUETTIQUES
ei
Charles- Quint
Nous devons ce détail á Mr. Mélida historien de l’oeuvre du sculpteur de la brouette de P la sencia. Maitre Rodrigo était done originaire d’une région oü l’usage de la brouette était courant; commedl l’était dans les Flandres. Charles-Quint né á Gand, oü il vécut longtemps,' connaissait certainement de Disu ce véhicule. Probablement néanmoins, il n’entendit jamais parler de la vieille brouette du buveur de biére de Bruges (p. 147), bien qu’il soit alié tres souvent a cet^e vi lie pendantson enfance (V. Foron, da; Estancias y viajes.) Par contre, n’en doutons pasil feuilleta (peut-étre méme le lut-il.) le beau manuscrit a images de la bibliothéque de son pére, les Conquestes de Charles Mague, livre, á brouettes anaehroniques, dont nous avbns dit un mot ü la page 53 de ces Caiiseries. Maitre Rodrigo fut aussi l’auteur des sculptures du choeur de l’église du Monastére de Yueste en Extremadura, M onastére que le trés-puisant empereur rendit fameux en s ’y retirant, en vrai sage, aprés avoir librement et spontanément abdiqué, pour s ’y préparer une mort chrétienne.
T oUCHER a la BROUETTE POUSSER A LA ROUE
Rarement \xn eniaxú. toiiche á une brouette, ét s ’il vient á le faire il ne tarde pas á toucher le résaltat de son imprudence. Le brouettier pousse la roue mais il ne pouse pas a la roue. • Certains auteurs prétendent, que les verbes toucher éipousser, lorsqu’ils sont suiyis de la préposition a, deviennent neutras, ni plus ni moins que tomber ou pleuDoir. N ’a-t-on pas affirmé, sans hésiter, que le b de broa dq mót brouette est un reste de bist
II est possible que Ies fabricants de brouettes et la ■plupart de leurs clients ne se soient jamais demandés, faute de temps, s’il n’y a pas plutót dans le cas de ces verbes suivis d’une prépositión, une adjonction mentale et raisonnable d’un régime direct au régime indirect; c ’est-a-dire si on n ’ajoute pas mentalement un accusatif au datif. Autrement dit; ne fait-on pas, dans ces cas, mentalement et inconsciemment une application a quelqu’un ou á quelque chose (régime iudirect, datif) de ce qui est l’objet de l’action du verbe? (régime direct, accusatif).
SUPPLEMENT DES CAUSE
D a t if
Ou
-
a c c u s a t i f .
D xxxn S t a l ,
II nous semble que lorsque la préposition á vient apres toucher et pousser elle a la sens de sur ou de vers (en latín ad). Nous croyons done que toucher á quelque chose veut dire porter á cette chose, vers cette chose, sur cette chose, la mam, le doigt, le tou cher; et que pousser a la roue signi^ie appliquer la poussée, la forcc sur la roue,«‘ á la roue (ad rotam), et que, par conséquent, toucher et pousser sont toujours des verbes actifs, qu’ils soient ou non suivis de á. En espagnol ou emploie, trés-fréquemment, devant le régime direct, c’est-á-dire devant l’accussatif, la préposition a qui, á premiére vue, correspond au ré gime indirect ou datif. Le plus grand des commandements est aimer Dieu sur toutes les choses et le second aimer son prochain comme soi-méme. En espagnol ou dirá aimer Dieu ou mieux aimer á Dieu; aimer son prochain ou, préférablement, aimer a son prochain; c’est-adire porter son amour á Dieu, vers Dieu ou donner
Sous leurs coups redoublés le moni cede croulant. La brouette aux longs bras qui gémit enro ulant., Sur son unique roue agilem ent voyage (1). En se frayant partout un fucile passage (2)'.
B
-
RIES BR0UETTIQUE8
a w l ,
B a l l .
D e l i l le
son amour au prochain. (Amar Dios ou plutót: Amar á Dios. Tocar algo (toucher quelque chose) ou tocar á algo, etc., etc. P o u sser ou tir e r . (V . n.° 21)
1 1
O) XI O ^
Physiologie, linguisti'que e t calem bours. Personne n’ignore qu’en anglais bowl, et baúl, se prononcent á peu prés de la méme facón e t que ball s ’ignifia globe, bailón, baile, bal, etc. (V. p. 123).
(1)
Vers oubllé á la page 159 de ces
C a u s e r ie s .
(2) Vers légerem ent modifié. ü u trouvera plus loin dan ce Supplément — C XVIll — la devise brouettique: Je passe partout, inspirée peut-étre par le quatriém e de ces vers de l’abbé Delille; (1738-1831).
A Fortune, dit Virgile aide les hommes
audacieux. Rarement cependant elle enrichit les acrobates, seuls mortels qui osént, comme cette D éesse et comme la Brouette de D elille voyager sur une roue unique.
SUPPLÉMENT DES CAUSE
E X X X III
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RIES BROUETTIQUES
D e V é q u i l i b r e de la b i c y c l e t t e .
PARTIE E DU SUPPLÉMENT
De réquilibre de la brouette et de la bicyclette.=Force centrifuge.=Le cycliste qui, ses mains dans les puches, dirige sa bicyclete et en garde l’équilibre.=1623-1923.= L a théorie de la brouette et la commémoration de la naissance de PAscAU.=La brouette de Las Fra guas.=Brouette et traineaux brouettiques irlandais, russes et canadiens. La nouveauíé n’est jamais absolue sous le soleil. Noud avons supprimé, on l’aara observé, l’emploie du signe Q dans le supplément de nos causeries, oü, si íout n'est pas absolument nouveau, lien cependant, sauf quelques images, ría été copié, empnmtéoii imité. (Signe 0 - = V . p. 255.)
Ce livre estprobableinent le premier oül’on ait mené de front le brancard, la bieyclette et la brouette. L’une et l’autre possédent le verticalisme, l’ariétisme et la direction par inclinaison. Le fardeau foiírnit au brouettier l’adhérence. Le cycliste l’obtient en tirant sur les manches de son guidon. Je remplace, souvent, avantageusement, cette traction par celle exercée sur une chaíne attachée d’un coté, á un crochet fixé au cadre, de l’autre, á un ceinturon large, derriére; étroit devant. (V. n°M 56—fig. 91—et 158.)
Le genre d’équilibre de la brouette et de la bicyclette est le méme; mais il nous semble que l’étude de celui de la brouette est certainement plus compliqtiée et, peut-étre méme, plus intéressante. Pour l’explication, á notre avis, fort simple,
du maintien de l’équilibre de la bicyclette, on est alié souvent, comme on dit, chercher midi á quatorze heures.
N o s le c te u r s c o n n a isse n t n o tre th é o r ie . Les lig n es su iv a n te s en ren ferm en t un e x p o s é
SUPPLÉMENT DES CAUSE
Le
c o n c o u r s ' de
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E XXXIV
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l ’A c a d é t n i e
RIES BROUETTIQUES
des
Sciences.
un peu plus complet et concret, que nous ne et l’uñité homme-bicyclette sont deux unités aupublierions certainement pas si nous n’étions tomobiles dont chacune repose sur deux póints pas sur, á tort ou á raison, que notre explica- d’appui. Ceux-ci se trouvent dans les plans pastion est la bonne. D ’ailleurs nous avons eu sant par les cercles des roues de la bicyclette ou le temps d’y réflechir; car nous devons par celui de la roue de la brj)uette. Done le genre au cyclisme bien des heures agréables et ''et les conditions d’equilibre de ces deux moyens de transport ou de locomotion doivent étre et bien d’utiles Services.
soní,jnutatis mutandis, les mémes.» L’équilibre du vélocipéde ou de la bicyclette, fut avons-nous dit, le sujet de l’un des concour§ de rAqadémie des Sciences deParis. Ce fait semble indiquer ou prouver que l’on voyait, dans cet équilibre, quelque chose de difficilement ex plicable, q u e 1q u e chose digne d’étude. Si on n’avait pas été ébloui par l’aspect, en apparence paradoxal, du maintien de l’équi libre cyclistique, on aurait choisi probablement un autre sujet de concours. Ne sourirait-on pas si, de nos jours, la thése d’un tournoi analogue, était annoncée et' éhoncée en ces termes: « De la raison par laquelle la colonne barométrique atíeint d un certain monient,dansun certain lieu,unecertaine hauteur et ne ladépasse pas?i' La Théorie du phénoméne d’équilibre, dont Torricelli saisit le premier la cause, n’est pourtant pas plus connue que ne le sont les conditions de l’équilibre d’un corps reposant sur deux points d’appui, genre d’équilibre dont la bicyclette est un cas ou un exemple. Si nous avions pris part au concours de l’Académie il est probable que nous aurions attiré l’attention du monde savant sur notre mémoire, si, dans ses premieres lignes nous avions dit: «L’unité homme-brouette en marche
L’instabilité de la bicyclette est évidente. L’instabilité de la brouette est moins visible. II y a des degrés dans la stabilité. II n’yen a pas dans l’instabilité. Une chose est instable ou n’est pas instable. Par conséquent l’unité homme-brouette en marche et Tunité hommebicyclette sont également instables. La nouveauté exerceuneséduction irrésisíible. On admira raccumulateur électrique tandis qu’on passait sans lui accorder la moindre pemée á coté d’une buche, morceau de bois rustique toujours prét á fournir, d’une facón mystérieuse, une quantité relativement énorme de chaleur de lumiére ou de mouvement. A juste titre, les appareils du genre des vélocipédes, des bicycles et des bicyclettes 'attirérent et attirent encorel’attention, méme des savants ou, surtout de ceux-ci; moins comme instruments pour diminuer la fatigue et augmenter la vitesse de la marche de l’homme, que par le secret, en apparence merveilleux, de la conservation de leur équilibre. Et pourtant, si on regardait'ce qu’on a tous les Jours sous les yeux; si on observait la brouette, par exemple, ou la marche á pied, l’explication du principe de l’equilibre vélccipédique se serait olferte d’elle-méme. Acheter un attiráil de chasse, de peche ou de photographie, par exemple, ne suffit pas pour étre chasseur, pécheur ou photographe. Nous avons connu des personnes qui, aprés avoir vu des cyclistes évoluer sur leurs ma chines avec aisance et rapidité s’étaient imaginées qu’il leur suffirait de posíéder une bi cyclette pour faire immédiatement comme ces cavaliers. Aprés le premier essai ou aprés une chute, elles proclamaient, á tort, que le sport est difficile ou dangereux. Ces personnes ne songeaient pas á l’apprentissage.
SUPPLEMENT DES CAUSE
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RIES BROUETTIQUES
L ’exercice de la brouette est p lu s difficile que celui de la bicyclelte. Etant donnée la hauteur du centre de gravité au dessus du plan qui so u tíen t les points d’appui des unités homniebfouette e t ours-bicyclette le m aintien de l’équilibre de
di C-Yí'jltk!
vnltts - Ho mi ne 'jyrouaU^ ij QO Y S ^ b i c y c U t l celle-ci est beaucoup plus facile que de celle de l’hommebrouette, méme en su p p o san t que l’homme e st un hercule et que l’ours b rouetté est absoluraent immobile. Un brouetteur chinois, de prem iére forcé brouettico-acrbbatique, serait p eu t-étre capable de garder l’équilibre de ce m onocycle, ainsi chargé, en le poussant. La réalisation trés difficile de ce tour de forcé, serait, bien entendu, absolum ent impossible si la b rouette étais tirée au lieu d’étre poussée; tirée, l’homme lui tournant le dos.
Monter á bicyclette n’est pás plus difficile que marcher sur la pointe des pieds. C’est á peu prés la méme chose; car c’est faire, daos les deux cas, de réquilibre sur deux points d’appui et, apprés tout, répetons-le, l’hommeapprend i nc ompa r a bl e ment plus vité á rouler á bicyclet te qu’ábien mar cher ou á courir pédestrement. II n’y a pas, avons-nous dit, de dégrés d’instabilité. II est évident, cependant, qu’il est plus fa cile de garder l’équilibre des objets dans certaines de leurs pc-
sitions d’instabilité q¡ue dans d’autres etplus facile de garder l’équilibre de certains objets, á équilibre insta ble, que celui d’autres qui sont aussi, du genre' instable. En prenant ainsi lachó se on peut admettre que l’instabilité a des ,tíegrés. Quoiqu’ilen soit, est-il plus fa cile de garder l’équilibre de la bicyclette que celui de la brouette? Ces ours énorm es, adm irables cyclistes et patineurs, se so n t fait applaudir á Madrid, a la salle Las Maravillas, au m ois de m ars 1923. Les croquis de cette page ont eté faits d ’aprés des photogravures du journal Excelsior.
L’enfant ne marche sur la pointe des pieds q u e longtemps De l’ouvrage aprés sa naissanDe Re Metallica, d ’Agricola. ce et il amisplusieurs années á bien apprendre á marcher. Nous avons vu un garqonnet gardant bien réquilibre de sa bicyclette aprés un apprentissage de moins d’une demi-heure. D’autre part, nous l’avons dit: si la peur n’intervient pas, peu im porte que le bicycle soit trés haut (V. no 14). Le premier cyclistevenu sait porter á la main ou sur Tune de ses épaules un poids d’une vingtaine de kilogrammes. Uniquement un équilibriste aprés s’étre exercé, serait capable de faire rouler normalement une brouette ordinaire dont on placerait le centre de gravité de son fardeati, á une hauteur d’un métre ou méme
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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RIES BROU¿TTIQUES
M a u v a i s e e x p l i c a t i o n da p r i n c i p e de l’é q u i l i b r e de la b i c y c l e t t e . de cinquante centimétres au dessiis du plan sur lequel il reposait.
publiés á différentes époques, dans les journaux, en un volume dont le titre La Bici cleta y su Teoría. « Ppurquoi la bicyclette » D’ailleurs la bicyclette n’éprouve pas d’une s’y demande Echégaray, «se maintient-elle en fagon aussi sensible les effets des mouvements équilibre? Comment.se fait-il que le cyclisde la marche. La bicyclette n’est pas soumise te ne tombe pas á chaqué instant? Sa chute cependant, á premiére vue, semble inévitable...» Et ce savant adopte pour l’explication du maintien de l’équilibre une thécrie. oü la torce centrifuge joue le principa! role, théorie, dit-il «généralement acceptée». 11 s’était arrété d’abord, avóue-t-il, á celle du giroscope. II avait cru, en voyant des cyclistes, que la machine gardait son équi libre indépendamment de l’action de ceuxLe point de la.caisse représente le centre de gravité. D le ci. Aprés la chute, conséquence de l’essai pied droit. o le pied gauche. fait pour vérifier l’exactitude de cette tagon aux brusques oscillations latérales que subit ' de voir, il renonqa pour toujours au cyclisme. la broLiette par suite du passage (á chaqué pas) de son point d’appui de derriére, d’un plan vertical á un autre, paralléle á celui-ci; d’oíi il revient au premier... On peut done affirmer; que. bien que l’équilibre de la bicyclette soit du méme genre que celui de la brouette, le maintien de l’équilibre de celle-ci offre plus de difficulté que le maintien de l’équilibre de la bicyclette: propositión qui doit, uniquement aux apparences, son air paradoxal. ' L’équilibre du vélocipéde, ou de la bicy clette, fut, avons nous dit le sujet d’un cancours ouvert á l’Académie des Sciences de Paris. Nous ignorons l’histoire de ce Concours, ses résultats,le nom du lauréat etsonmémoire. Cependant, si nous avions á parier, nous gagerions qu’il y est question de la forcé centrifuge et peut-étre méme de la théorie du giroscope, auquel fait abusión D. José Echegaray (prononcez: échégárai). Joseph Echégaray, homme d’une rare intélligence, écrivain, ministre, auteur dramatique, excellent géométre, académicien, ingénieur, etc., a été l’un des meilleurs professeurs de mathématiques qu’ait-eu l’Espagne. Aimant á taire connaitre aux autres ses connaissances et les nouveautés scientifiques, il fut aussi un excellent vulgarisateur. Dans un petit ouvrage. Vulgarización Científica (Ma drid, 1914), on a réu ni des articles d’Echégaray,
Pour que la torce centrifuge ptiisse produire un effet ilfaut que cette torce existe,ouqueson intensité et son action soient proporti'onnées au résultat qu’elle peut produire. Une toupie est un volant. Pour que ce petit volant
tourne, il est indispensable que la torce qu’on y á emmagasinée soit suttisamment grande.
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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E XXXVII
RIES BROUETTIQUES
L a f or cé c e n t r i f u g e d o i t t i r e é l i m i n é e . De méme,il faut que les boules d’un régulateur tournent á un certain degré de vitesse pour qu’elles s’écartent, comme d’elles-mémes, de la tige sur laquelle sont montés leurs leviers.
un plan, qu’on peut considérer comme difticilement variable, par la torce centrifuge. Est-ce que la rotation des roues n’exercerait pas une certaine influence sur l’équilibre des vélocipédes? En général leur poids et leur vitesse sont insutfisants' pour exercer une action sensible, capable demaintenir ou de moditier l’équjlibre de la lourde imité homrriebicyclette. ’Nous dirons cependant un mot du seul cas ou la vitesse de la roue de devant et son inertie contribuent utilement á la direction de cette imité.
Par contre, un cycliste roulant sur sa ma chine se déplace sur celle-ci,s’il le veut,sans difficulté, aussi lentement qu’une personne marchant tres lentement á pied. Quelle quantité de torce centrifuge capadle d’exercer une influence sur son équilibre peut bien engendrer sa marche dans ce cas ? Nous'avons tous vu des cyclistes qui peuv'ent méme garder 1’équi libre de leur bicyclette, pendant un temps Par l’effet de l’inertie, on garde d’autant d’une longueur fo'rt áppréciable, sans que les mieuxl’équilibre qu’on roule plus rapidement; roues tournent. La torce centrifuge ne joue surtout, si, aux descentes, on roule sans pédone aucun role dans le fonctionnement de daler. Dans ce cas, en effet, les oscillations lala bicyclette roulant, á une petite ou moyenne • térales du cercle de la roue ne se produiallure, en ligne droite. sent pas. Pour nous, il est indubitable que l’inertie tend, qiiand la vitesse est suffisamment grande á maintenir le centre de gravité de l’unité homme - bicyclette dans le plan vertical passant par la ligne suivie. Aussi la manceuvre du guidon est-elle d’une amplitude moindie et les mouvements de celui-ci sontils ríioins tréquents lorsque la bicyclette roule vivement que lorsqu’elle le fait avec lenteur. La vitesse et l’inertie peuvent done contribuer plus ou moins (selon le degré de vitesse, et au-delá d’une certaine vitesse), á la conservation (fe l’équilibre, de l’unité homme-bicyclette; mais la torce vive ou cinétique, l’inertie et la torce centrifuge, doivent étre éliminées Sur les chemins dont la courbe est á petit dans l’explication du principe du maintien de rayón, aux tournants, naturellement, le cy l’équilibre de cette unité. cliste est soumis aux mémes effets cíe torce centrifuge qu’il éprouverait s’il marchait á II est évident, en effet, que la vitesse n’est bon pas ou s’il courait á pied. pas nécessaire pour la conservation de cet En dehors de ces cas de courbe et de tour équilibre, puisque la marche de la bicyclette nants du chemin, la torce centrifuge, n’exis- peut-étre aussi lente que la marche de ía plus tantpas, ne peut exercer aucuneinfluence sur paresseuse et de la plus lente des brouettes. le inaintien de l’équilibre de l’unité homme- Dans ce cas qui n’est pas exceptionnel, et á des bicyclette. vitesses de 4, 6, 8, 10 kilométres á l’heure, par exemple, le déplacement est trop lent pourLa torce vive ou cinétique, l’inertie de-, qu’il puisse engendrer, pour le maintien de venue torce centrifuge maintient danS’ un réquilibre,des torces auxiliaires, plus ou moins plan vertical le centre de gravité d’un cercle Utiles, mais jamais indispensables. ou d’un disque qu’on a lancé sur un plan horizontal. D’autre part, nous le savons, non seuleLe tore du G}U'oscope est maintenu dans ment les moyens pour le maintien de l’équi-
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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T h é o r i e de V é q u i l i b r e . S a n s
RIES BROUETTIQUES
t ó u c h e r áu g u i d o n .
libre de la brouette sont indépendants de sa Lorsque le centre de gravité de l’unitévitesse, mais ce véhicule est heureusement homme-bicyclette tend á tomber, parce qu’il plus riche que la bicyclette en procédés pour s’écarte du plan vertical VV passant par la la conservation de l’équilibre latéral. S’il droite DD, pour éviter une chute, il faut que
T ransport difficile.
n’en était pasainsi,pousser une brouette chargée serait un tour aussi bien qu’un titre d.’adresse. Ce tour d’adresseserait d’ailleurs du méme genre que celui qu’exécuterait un acrobate en tirant une brouette bien chargée, le dos tourné á la brouette et á la brouettéé.
H ipothése. La chute ten d á se produire vers la droite. Le centre de gravité G e st p assé du plan vertical V V aun autre plan paralléle situé entre les plans V et V”. Pour eviter la chute le point d’appui i doit se placer sur la droi te D ’D ’ du plan V’V’V’.
l’application du remede soit aussi rapide et méme plus rapide que la marche du mal. Autrement dit pour éviter la chute du centre de gravité ou pour le replacer dans sa position d’équilibre, il est indispensable que le dé placement latéral, commandé, du point d’ap pui de la roue directrice, se produise rapidement, plus rapidement que l’écart laté ral involontaire du centre de gravité, et qu’il se produise bien entendu, dans le méme sens que celui de la chute. (Similia similibus.)
Les déplacem ents latéraux de l’un des points d ’appui m aintiennent l’équilibre. Le point d ’appui mobile se po rte á d ro ite 'si le centre de gravité se déplace vers la droite etc. (V. plus loin: Similia
similibus.)
On peut le dire; De méme que le mouvement de l’un de ses pieds est indispensable pour que Thomme sur échasses puisse conserver réquilibre, de méme la bicyclette a besoin de rouler pour que le déplacement latéral de l’un.de ses points, d’appui, de celui de devant, puisse étre produit d’une fa^on sensible, suffisante et efficace.
Les écarts latéraux dangereux et involontaires du centre de gravité de l’unité hommebicyclette se corrigent volontairement(ou instinctivement) au moyen dü guidon, en général, surtout avant que l’homme ne soitdevenu un cycliste consommé. ❖ ** ' Tout le monde a vu des cyclistes, diriger leur bicyclette et en conserver l’équilibre sans toucher au guidon ; sans taire usage de leurs rhains, roulant sur leur machine les rnains dans les poches. Le maintien de l’équilibre de l’unité homme - bicyclette surprend .tou-
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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E XXXIX
RIES BROUETTIQUES
R o u l e t t e s et f o u r c h e p i v o t a n í e de la b i c y c l e t í e . jours; mais lorsqu’on a présenles á l’esprit les conditions qu’exige la conservation de l’équilibre sur deux points d’appui, l’explication du phénoméne devient simple et facile, aussi facile que celle de la conservation de l’équilibre de l’unité homme - brouette. A l’aide dii guidon, manceuvrépar ses mains ou par Tune de ses mains, le cycliste porte l’un des deux points d’appui de sa machine du cóté vers lequel va se produire la chute et il arréte ainsi celle-ci; mais le cycliste qui a les mains dans ses poches, comment fait-ilpour obtenir
autour duquel évolue leur fourche. Ce dispositif est analogue á celui qui, depuis plus de quarante ans, a été adopté par les fabricants de bicycles. Si la roue directrice de la bicyclette, du cycliste qui nese sert pas de ses mains, rouláit comme celles des meubles (l’ouverture de la fourche, oü se trouve la roue, tournée ' ’arriére), le fait du maintien de l’équi libre du cycliste et de celui de la commande, á distance, de la roiie directrice sembleraient singuliers, mais mqins paradoxaux. .
Qui n’a pas vu des cyclistes, á pied derriére leur bicyclette, faire rouler celle-cien la poussant?llsladirigentsans autre contact que celui de l’une de leurs mains agissant sur l’argon de la selle. La fourche de la roue directrice de leur machine ne prend pas, non plus, la position qu’adoptent les'fourches des
ce résultat? Comment commande-t-il sans renes sa monture dont l’allure aux descentes est aussi rapide que celle d’un cheval indompté? Ce résultat extraordinaire semble encore plus singulier si on examine les conditions mécaniques et visibles dans lesquelles il se prpduit. En effet, la chose parait en évidente opposition ávec les connaissances que nous avons regues, á la maison, des fáuteuils, des tables et de tous les meubles garnis de rou lettes.
roulettes d’un meuble quand on pousse celuici. Le procedéde ces cyclistes n’est pas beaucoup moins digne d’attirer l’attention que celui de l’homme qui monté á bicyclette la dirige et en garde l’équilibre sans toucher au guidon. Y t ouche- t - on, d’aillprs, lorsque, sous l’action d'’unefortepoussée,'la bicyclette, lancée en avant et livrée á elle méme, roule pendant quelques instants sans que sa fourche tourne comme le font celles des roulettes du meuble qu’on déplace?
Nolis pourribns ajouter qu’on n’arrive pas du premier coup á faire rouler devant soi avec aisance et élégance une bicyclette, en la poussant par l’argon de sa selle et que l’on peut - étre bon cycliste sans arriver á Dans les roulettes pour meubles (castor en rouler, sur bicyclette, les mains dans les poches anglais) ou autres du méme genre, telles que •ou derriére le dos. celles des tricycles pour bagages des gares de chemin de fér, le centre de leur cercle, du cerPour ce procédé de cyclisme, comme d’ailcle de ces roues, se trouve dans un plan plus leurs pour la maniere de faire rouler une ou moins éloigné de celui oü est l’axe vertical bicyclette en la poussant (l’homme étant á
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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RIES BROUETTIQUES
D i r e c t i o n de la b i c y c l e t t e sat i s V ai de des m a i n s . pied, derriére) si l’explication ne s’offre pas axe vertical, réel ou virtud, un are de cercle. d’elle méme, si on la cherche, il faut, á notre avis, examiner le phénoméne sous le double aspect de la conservation de Véquilibre latéral et sous celui de la direction de l’appareil (ou de celle de l’appareil et de son cavalier). Comme elle est si marquée et si différente de celle des cyclistes promeneurs to’-t le monde a dü observer l’attitudc, apéciale, du cycliste qui roule, toujours á une allure rapide, sans que ses mains touchent au guidon. Cet équilibriste dresse son buste et le porte en arriére autant qu’il le peut. II rapproche aussi ses mains de sa personne. 11 porte done autant que possible son centre de gravité vers l’arriére: il l’éloigne instinctivement de l’axe de la roue directrice. Pourquoi ? II n’en sait ríen; mais il sent qu’en agissant de la sorte il garde mieux son équilibre et il di rige mieux sa machine.
Dans la bicyclette la tige cylindrique de la fourche (fourche entre les branches delaquelle est la roue), le manche de cette fourche, allais-je dire^ forme, comme on le sait, un angic de 8 á'lO degrés, á peu prés, avec le dia-
P a r e n t h é s e .— Sans toucher non plus au guidon, mais sans que le cavalier dut rejeter son corps en arriére, sans changer de position, on pouvait, á l’aide des pieds diriger les primitifs vélocipédes sans chaíne, dont les pédales
ctaient fixées a l’axe de la roue de devant. La fourche et sa tige étaient dr'oites et fonctionnaient en position verticale. Les roues dé ces appareils étaient cerclées en fer et, partant, leur contactavec un sol dur était tangentiel. On peut 'dire que la roue directrice était p ivotante. Elle pivotait sur l’extrémité iñférieure de son diamétre^ver/íca/. La roue directrice des bicyclettes est, pourrait-on dire, non pas pivotante, mais á charniére. Son point d’apptii décrit autour d’un
métre vertical de cette roue. Les bouts inférieurs de cette fourche sont recourbés. L’effet qui en résulte est le méme que celui qu’on obtiendrait en augmentant la grandeur de cet angle. L’idéede cette inclinaison de l’axe fut, naturellement, inspirée par le souci de placer latige de la fourche dans une position oü elle puisse opposer une plus grande résistance, que si elle était en position verticale, aux effets des choes que les obstacles du chemin font subir á la partie antérieure de la machine. La ’courbure de la fourche évite d’allonger le cadre et permet cependant d’augmenter l’espace entre la pointe des pieds du cycliste et la roue. Ce dispositif éloigne, chasse la roue vers l’avant, il l’écarte du pédalier. D’ici vient, c’est plus que probable, ce nom de chasse, la chasse, dont on se sert pour désigner cette courbure de la fourche. Ce riom, oü on ne saurait voir la moindre abusión a la direction sans les mains, prouve que ceux qui imaginérent cette cour-
SUPPLÉMENT DES CAUSE
E XLI
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RIES BROUETTIQUES
A p p a r e i l s c h é m a t i q u e de d é m o n s t r a t i o n . bure ne songérent pas au rappbrt pouvant exister entre celle - ci et ce mode de direction.
vertical. Gráce á cettexharniére ces manches peuvent tormer, horizontalement, entre eux des angles plus ou moins ouverts. Diriger la bicyclette sans- taire usage du Le manche le plus long est, avons nous dit, guidon est un résultat aussi paradoxal, en celui de la tourche de la roue de derriére. apparence, que celui de commander sans touPour rendre plus simple cette explication cher á la barre du gouvernail la direction nous supposerons, 1°, que le point d’appui de d’unebarque.Ce procédé, aussi imprévu qu’im- la roue de derriére sur le sol esttoujours dans prévoyable, dont personne n’oserait réclamer l’invention, doit étre attribué á I’empirisme, á lapratique. L’apprenti cycliste commencepar fatiguer ses bras en manoeuvrant le guidon. peu ápeu, la torce qu’il emploie auxpoignées, devient insignitiante. De la il en arrive, instmctivement, á ne se servir pour la direction que d’une de ses mains et.tinit par se passer du guidon pendant un parcours plus ou moins long. Ceci n’empéche, répétons-le, qu’il taut plus de temps pour apprendre á rouler sur une bicyclette, les mains dans les poches, que un plan vertical VVV, invariable, dont Fin-' pour étre un cycliste digne de ce nom. Ce résultat c’est - á - dire celui de se servir tersection avec le plan horizontal HHH (qui de moins en moins du guidon, jusqu’au mo- soutient les roues, lorsque leurs cercles sont, ■ ment oü Fon peut s’en passer, prouve, done, dans le plan VVV), est la droite ab. qu’il est possible de commander la roue direc2° Qu’on oriente la manche ou tige de la trice par un moyen autre que celui des tourche de la roue de devant á l’a’de d’un mains. Disons en un mot. disposititdu genre de celui, par exemple, que L’appareil schémotantastique dont nous manoeuvre un malade poussé dáns un tauallons aider nos explications est une sorte de teuil, ou de celui des draisiennes. draisienne. (Y- ie véhicule du croquis n° 17.) Notre appareil de démonstration est done Bien que n’ayant ni pódales, ni chame, la á équilibre instable, reposant sur deux points mere du vélocipéde, grand’ mere de la bicy d’appui. Pour que cet appareil ne tombe pas, clette, la draisienne, roulait tort bien; surtqut son centre de gravité doifétre dans un plan aux descentes. vertical pássant-par ses points d’appui. Nous supposons aussi que le cycliste peut déplacer la roue de devant, soit vers la droite soit vers la gauche de la ligne a b sur laquelle se trouve le point d’appui de la roue de der riére. Bien entendí!, si la chute tend á se produire vers la droite, pour emp écher cette chute On peut considérer schém.atiquement le le point d’appui de la roue de devant doit chássis d’une bicyclette, qui repose normale- étre porté vers la droite. 11 doit étre porté vers ment sur ses roues, comme étant tormé'ide la gauche si la chute tend á se produire dans deux tourches dont les branches sont dans ce sens-ci. un plan horizontal. Le bout du manche de la .Pour les explications,suivantes nous admetfourche de la roue de derriére est uni au manche plus court de la tourche de la roue tons que, pour modiíier la direction de Funité directrice, par une charniére, dont l’axe est homme-bicyclette, ou pour maintenir Féquin-
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P. our quoi le c y c l i s t e p o r t e s on c o r p s ver l ' a r r i é r e libre de celle-ci, le point d’appui, i', de la roue dé devant et, simultanément, la fourche de cette roue ont été portés vers la droite.
prés invariablement, dans le plan vertí cal A V B.
Telle est la raison naturelle, mais assez cachée, de l’attitude spéciale de ce cycliste, si différente de celle qu’il avait avant de lácher le guidon. Par des tatonnements instinctifsee cycliste parvient á placer son centre de gravité dans une position oü celui -ci oscille, lemoins pos sible, latéralement. De la sorte l’homme évite que le centre de gravité de l’unité hommebicyclette, ne sé trouve, á chaqué déplace ment latéral de la roue de devant,,en dehors de sa position d’équilibre. Autrement dit, il place ce centre de gravité aussi prés que possible dii centre d’oü part un rayón qui oscille horizontalement; c’est-á-dire aussi prés que possible du zero (á gauche du croquis 3 cíela figure 29); zero qui est, instantanément, le centre géometrique du cercle dont le rayón est oS’. Les points « de l’appareil sont d'autant plus éloignés(de áoS’)du plan verticalpassantpar c c qu’ils sont plusloin du centre o (3.) Le cycliste qui ne se sert pas du guidon di rige sa machine grace á des déplacements latéraux de son centre de gravité et á des manceuvres exergant des actions latérales sur l’avant train c’est-á-dire sur la tigedelaroue directrice.
Par suite de ce déplacement, la projection horizontale AS et SB des lignes, passant par les manches ou tiges des fotirches ( 1) forme avec la ligne A B (sur laquelle se trouve uniquement maintenant le point d’appui de la -roue de derriére), un triangle (2). L’apgle S' Nous avons dit un mot de la bicyclette est á la projection de l’axe de la charniére qui que, souvent, son cavalier, marchant á pied, relie les manches des fourches (2). fait rouler, devant lui. En méme temps qu’il incline plus ou moins latéralement, le cadre 11 est évident,' qu’á l’exception de deux , de sa machine pour la diriger, ce cycliste aucun autrepointdel’appareiln’est encontact pédestre exerce, dans le méme sens oü il avec- la ligne c c. Le centre de gravité jde la fait pencher, un,certain mouvement de l’unité homme-machine est encore en dehors torsión qu’il réalise horizontalement, á l’aide du plan vertical passant par. cette ligne cc, au de son poignet, de sa main et de son pouce moment que représente la figure 29. allongé. Le cycliste monté dirige sa bicyclet te d ’une fagon analogue. En méme temps Le cycliste qui roule á bicyclette sans se qu’il fait pencher légérement le cadre il maservir du guidon,' rejette done le plus pos- ncEuvre, en pivotant, imperceptiblement, sur sible la partie de son corps qui est au-dessus lui-méme, á peu prés comme celui qui fait de la selle vers l’arriére pour rapprocher ainsi tourner sotis lui le siége d’un tabouret, á vis, le plus possible son centre de gravité de da de piano. verticale passant par le point d’appui de la L’action exercée ainsi sur la selle déplace roue de derriére; point qui démeure, á peu
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L a r oñe o p p o s e de la r e s i s t a n c e á s on d é p la cerne n t l a t é r a l . horizontalement le grand tube horizontal dont choutées épousent la forrhe de la surface sur Textrémlté opposée á celle ou se trouve la laquelle elles reposent. Elles offrent done une selle est en contact avec la partie pivotante grande résistance á leur-déplacement en sens de la fourche. 11 ne faut pas oublier que le perpendiculaire á celui des plans de leurs cycliste prend pas sensible point d’appui sur cercles. Un disque ou une roue roulant liles pédales. brement suivent la ligne de moindre résistance: librement; c’est-á-dire quand leur marche Evidemment ce qui vient d’étre dit n’ex- n’est pas contrariée par une cause extérieure. plique pas pourquoi la fourche et la roue directrice peuvent garder une position diamétralement contraire á celle que prennent automatiquement les roulettes des pieds de nos * ífí meubles. (V. Supp. E XXXIX, fig. R.) Si nous faisons ro'uler un disque ou un cerceau,jamais son point d’appui plan ne sed éplace latéralement, c’est-á-dire,perpendiculairement au sens du chemin suivi. Méme lorsque I’inertie,lorsque laforce que nous avons emmagasinée dans ce disque, en le langant, épuisée, ne le soutient presque plus. Dans ce cas il aime mieux tourner sur lui - méme avant de tomber, avant son arrét complot. Celui-ci se produit sans le moindre glissement déla laté ral de la circonférente sur le plan qui la sou tient, méme si ce plan est dur et poli.
Comme celui des roulettes pour meubles le rdle de la roue des tricycles des gares de chemin de fer est passif. Celui de la roue de devant des fauteuils pour malades est passif et actif: c’est un organe de leur direction. On peut en dire autant déla roue de devant d’une bicyclette (de cette roue de sa fourche et de son guidon, bien entendu) roue dont ledéplacement en sens perpendiculaire á leur cercle, comme nous l’avons déjá indiqué, est á peuprés impossible, de par leur frottément sur le sol.
Poursedéplacer latéralement etperpendiculairement au sens du chemin suivi, un disque Les roulettes pour meubles sont relativeaurait, pour ainsi dire, besoin de racler ment libres. Leur fonction n’est pas celle le sol. Bien que le contact du sol avec le d’orienter la ligne de marche. Elles ont un disque soit tangentiel, théoriquement; pra- role passif et ne serventqu’á adoucirle frottetiquement, par la déformation du chemin sous ment du meuble; sur le parquet, par exemple. e poids du disque, ou par celle du disque. La direction de leur fourche dbéit á une action énergique, extérieure, excercée sur le meuble, actiondont il est inutile de signaler ou d’analyser ici les effets.
Le cycliste qui roule les mains dansF les poches est d’autant plus sur de son équilibre et de la direction de sa rnachine qu’il roule plus rapidement. Aux descentes, oú cette vitesse s’accentue et oü le pédalage n’exerce plus son influence défavorable sur la position verticale du plan de la roue, ce cycliste n’a qu’á se laisser aller. Nous en avons vu un, assis de cóté, comme une ’empreinte de ce,contact a la forme d’une amazone et portant, en équilibre, sur sa tete droite ou plutót d’une bande droite: surtout une bouteille, descendre une forte cote de la si, comm'e c’est le cas partout áujourd’hui route de Saint Jean de Luz á Biarritz, sans la roue est caoutehoutée. Les roues caout- faire, bien entendu, usage du guidon.
SUPPLÉMENT DES CAUSE
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D i r e c t i o n s a n s l ’ a i d e du g u i d o n . produit s’en trouve augmenté d’au moins un sixiéme. (V. le croquis.) , Pour éviter de nous engager dans des explications qui, pour étre claires devraient étre assez longues, nous allons, essayer de taire saisir á l’aide d’un exemple le role que, á notreavis, joue la roue de devant dans la direc tion de la machine, quand le cavalier cycliste ne se sert pas de ses mains. La roue de lá bicyclette ne se déplace pas d’elle méme latéralement; mais en revanche elle est extrémeinent sensible et obeissante á la direction que nous avons appelée par inclinaison flnclinaison et orienta tion combinées). Le cycliste peut ne se servir qu’auxiliairement du guidon ou s’en passer, gráce á ce mode de direction qui établit un rapport de plus entre le vélocipédisme et le brouettisme. (V. n°= 202 et 203.) En haut de la figure; une charrette roulant d'elle méme sur un plan légérement incliné. j est un point dont la clavetteest verticale.=La roue de devant, sorte de tore, est relativerríent peu lourde. L’effet de cette roue, quant á la direction de la voiture, sera d)autant plus actif, d’autant plus efficace que ce timón sera plus long. N’oublions pas que la roue ne peut pas d’elle méme se déplacer latéralement.
On le volt l’attitude des cyclistes qui saris toucher au guidon, roulent, pleins de satisfaction, á bicyclette leurs mains dans les poches ou en les tenant derriére leur dos, est intéressante sous bien des rapports. »**
Le déplacem.ent du point d’appui de de vant joue le principal role dans le manége de la conservation de l’équilibie de l’unitéhommebicyclette. Lorsqu’il s’agit de l’unité homnieLe poids de la roue directrice d’une bicy- brouette la plus grande importance du jen clette est en effet relativement petit. Cepen- corresporid á l’arriére-train de cette imité. dant grace á l’énergie du cycliste ou á celle On peut considérer le point d’-appui de qu’elle regoit de l’action de la gravité (quand elle roule sur un plan incliné) elleiourne, au derriére de l’unité homme-brouette comme ne moins, á une vitesse de plus de deux tours pouvant pas se déplacer latéralement. Par á la seconde. Elle peut done étre considérée contre, le point d ’appui de devant est rela tivement trés changeant, par rapport á celiii comme un volant, comme un tore. de derriére. Le cycliste peut en effet déplacer En portant vers l’arriére, une -quinzaine ce point d’appui de devant gráce á certaines de centimétres, son centre de gravité, le cy manoeuvres de son corps ou de ses mains ou cliste, qui roule, ses mains derriére son dos, de celles-ci et de son corps. La roue de derrié allonge, pour ainsi dire, d’une quinzaine de re obeit á celle de devant et la suit. centimétres la longueur du timón á l’extrémité Comme -nous l’avons indiqué ce déplaceduquel est attelée la roue directrice. Grace á cette augmentation de longueur l’effet qu’elle meni latéral ne peut pas étre produit perpen-
SUPPLEMENT DES CAUSE
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D ép l a c e m e n t l a t é r a l du c e n t r e de g r a v i t é et de la r o ñ e d i r e c t r ice. diculairement á la ligne suivie]DD. Le cycliste déplace le point d’appui anterieur de l’unité homme-brou'ette diagonalement par rapport •á cette ligne DD. (Figure 10) ■J.2. 3. P i n a s VBT^yíCAVyi PflR.AuL£Lg; r OÍS- ,/ i s
í
JL
Supposons qu’aprés que les points d’appui et le. centre de gravité d’une ünité hommebicyclette ont été en position d’équilibre dans !e plan n° 1 de la figure 10, le centre de gra vité se déplace vers la gauche et qu’il tend á fe porter et se porte vers le plan n° 2. La chute serait inévitable si le cycliste ne placait pas tres promptement sur la ligne D”’D”’ le point d’appui de la roue de devant. Des que ce point d’appui est sur cette droite, ce point d’appui,- celui de la roue de derriére et le centre de gravité se trouvent en position d’équilibre dans le plan vertical passant par l’extrémité gauche de la diagonale et par le centre de gravité de l’unité homme-brouette et par le point d’appui de la roue motrice. En examinant la figure 10 on voit que le déplacement latéral du centre de gravité est plus petit que celui (produit, pour iviter la chute de l’appareil) du point d’appui de la roue directrice,—plus petit et,par conséquent il a été réalisé plus lentement—. Un regard jeté sur notre schéme número 10 ^ fait voir la raison de la différence de grandeur de ces déplacements latéraux. Si la tige de la selle du cycliste était placée á une distance égale du centre de chacune des roues, le dé placement latéral du point d’appui de celle de devant seraitdeuxfoix plus grand que celui
du centre de gravité de l’unité homme-bicyclette. La chute du centre de gravité vers la gauche sera arrétée d’autant plus promptement que le déplacement de droite á gauche du point d’appui de la roue de devant aura été plus rapide. Telle est la raison par laquelle les apprentis du bicyclisme sont obligés, pour garder ’équilibre de faire rouler leur machine á une allure, qui, comparée á celle de la marche á pied, est rapide (1). (i) ü^ien entendu le déplacement du point d’appui de devant trace sur le sol une courbe, dont Vare se confond presque, graphiquement, avec sa corde. On peut considérer le tracé auquel nous faisons ici'allusion, comme une droite. En tombant, en se déplaqant latéralement le centre de gravité de l’unité liomme-bicyclette décrit dans l’espace une courbe qui serait un are de cercle si le bicycle ne roulait pas, s’il était arrété. Dans ce cas, naturellement le rayón de cet áre serait d’une longueur égale á celle de la plus courte distance séparant le centre de gravité (de l’unité homme-bicyclette) du plan horizontal passant par les points d’appui des roues, lorsque l’homme-bicyclette est en position d’équilibre. Done: i “ le mouvement de la chute latérale du centre de gravité est plus lent (puisqu’il suit un are de cercle) que s’il suivait un chemin en ligne droite; 2° l’écart lat^al dangereux est d’autant plus facile de corriger que le bicycle est plus haut; par la méme raison qui fait qu’il est plus facile de teñir verticalement en équilibre sur la paume de la main une longue baguette qu’un court bátonnet (v. n.° 14 et sa fig. ).
Y a - 1 - il qtielque nouveauté dans la forme ou dans le fond de nos explications ? N’ayant consulté aucun auteur avant de les donner nous n’eh savons den. Nous ne les avons trouvées nulle part. 11 semble difficile d’admettre que ces choses n’aient pas étél’objet de quelque article, de quelque étude écrite ou faite par les écrivainsfpécialistesdela presse vélocipédiqtie puisque le sport de la bicyclette a ses journaux. II est vrai qu’en dehors de ce qui se rapporte aux courses l’attention du public s’est tournée du coté de l’automobilé et de l’aéroplane. La bicyclette, qu’on admira tant, commence á devenir un objet á peine plus digne d’attention que la brouette.
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L ’ i nv e n t i o n et le p r i n c i p e de la b r o u e t t e Tune on voit Pascal inventant le haquet, dans l’autre, la presse hydraulique, etc. (V. Causeries, p. 237). Le méchant croquis —plus DE 1662 grand que l’original-— qui figure dans ce pa1623 ragraphe a été fait d’aprés l’une de ces iriiages de VAlmanach. Nous en reproduisonslittéralement la légende. La brouette qu'a dessinée (V. ps. 232,233 et 235 de ces Caaseries.) OU qu'examine Pascal est une sorte de brouette Les lecteurs qui nous ont suivi jusqu'id chinoise, du genre, qu’on appela depuis «á n ’ont probablement pas oublié les articles charge équilibrée» dont Grollier de Serviéres du Bulletin mensuel du Groupe Parisién de futou se crut l’inventeur (V. Causeries, p, 87). /’Xdus ala brouette de laCathédrale de Beau« Aprés avoir parlé de sa machine arithmevais (V. Supplement A. II.). fique Lalmanach dit que «Le jeune inventeur Nous accueillons, on le sait, avec empres- »rendit plus de Services encore, peut-étre, sement toute donnée d’oü l’on peut déduire »le jour oú il inventa ou du moins rendit que, ni á l’époque oú nous écrivimes la partie »pratique la brouette...- II n ’y a rien qui principale de ■ces Causeries, ni au moment »dénonce mieux le genie que cette alliance de leur publication, ce livre, sans étre indis »de la simpllcité d ’un principe avec sa fépensable, n ’était,' OU n ’est pas absolument » condité». inutile. Nous possédons aujourd’hui une autre preuve tres récente et solennelle de I’existence actuelle de Tune'des vieilles erreurs que nous y avons signalées. Nous la devons au Marquis de la' Torrecilla, dont le nom figure dans plusieurs passages de ces Causeries. Notre
1623
LE CENTENAIRE 1923 DE LA NAISSANCE
BLAISE PASCAL
CHM M 0fí60L '■ Bien': que les types de véhicules portant leur fardeau, comme le chameau porte sa bosse, entre leurs points d appui de devant et de derriére, ahondent, la brouettemonocycle est la seule voiture qui figure dans les livres, á coté de la rame et du casse-noisettes, comme exemple de l’application du prin cipe du levier du deuxiéme genre. Cependant la brouette européenne monocycle: 1° est un appareil a équilibre instable. 2° Ses brancards ami vient de nous remettre VAlmanach Catholique Frangais pour 1923. Préface de Mgr. Baudrillart de VAcadcmie Frangais'e. Publié sous le Patronage du Comité Catholique á B R o u & T T H l’Etranger. Bloud et Gay, éditeurs, Paris, 1923. Sa page 110, signalée par Torrecilla, et lasuivante sont consacrées á Blaise Pascal. Une n ’ont pas de résultante. 3° L'allongement quinzaine de petites gravures dont plusieurs de ses bras au déla de la longueur que leur sont intéressantes en encadrent le texte. Dans a assignée l’empirisme, n ’offre que des incon-
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P as c a l n ’ y e s t p o u r r í e n .
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La b r o u e t t e de L a s F r a g u a s .
vénients. 4° Le plan passant par son point d'appui de devant et par ses poignées, soutenues par l’homme, forme toujours un angle avec le plan horizontal; souvent deux. Le premier longitudinalement. L'autre latéralement. De Linclinaison longitudinaíe naít nécessairement une composante horizontale
dont la grandeur ne peut pas étre déterminée par la loi du levier. L'attention dps Descartes ou''des Newton, pas plus que' celle de Pascal, ne dút pas étre attirée par la brouette. Si Pascal l’avait étudiée, jamais il n ’en aurait donné la théorie que les admirateurs de l’utilité de cette voiture attribuent á ce savant, á Pascal qui, leur a-t-on dit, fut franpais, mathématicien et inventeur. 11 est plus facile de saisir l’utilité et, partant, le mérite de la brouette que de lire les écrits d’un géométre. Quoi qu’il en soit, attribuer méme á tort, de bónne foi, chauvinement, pour honorer le génie de la patrie, á un grand homme l’invention de la brouette ou la découverte de la théorie de ce véhicule c’est faire honneur á ce grand homme; mais c’est, surtout, rendre hommage á la brouette. Voyez la note de la page suivante.
Sans s’en rendre compte, bien entendu, gráce á son Pascal et á sa brouette, le dessinateur de VAlmanach Catholique Frangais pour 1923, par l’effet de l’association des idées et des rapports entre les images, a réveillé dans notre imagination, celle de notre premiére brouette. Bien que l’idée d ’écrire ce livre ne se soit offerté á notre esprit que longtemps aprés la construction de la brouette de Las Fraguas, celle-ci n ’en est pas moins la plus précise des causes médiates auxquelles sont dties ces cau-
series. J ’en suis l’auteur, pourrait-elle dire. «Ego, ego qui feci...» (V. p. 243 et n“ 117, 251..) C’était une brouette bicycle équilibrée longi tudinalement. Nous ignorionS, alors, on le sait, que d'autres, bien avant nous, avaient eu la méme idée «pour soulager les bras des ouvriers» en faisant que tout le poids, du fardeau porte exclusivement sur la roue. Nous avons dit, aux ns. 100, 101... que ce prétendu perfectionnement et les nombreuses variantes dont il á été l’objet n’ont pas eu bon accueil chez les ouvriers. 11 prive, en effet, le’broúettier de l’adhérence que la brouette fournit á celui-cisi généreusementet si ingénieusement. Au n° 118 nous rappelons que notre brouette n ’était pas, áproprement parler, une brouette et cependant, c’est un fait, les ouvriers s’en servaient volontairement, spontanément. 11 est vrai qu’ils y avaient ajouté une bricole, harnais dont ils faisaient usage indéfectiblement, chaqué fois qu’ils faisaient rouler cette voiturette.
Bien entendu, ce harnais fut appliqué par nos ouvriers á notre brouette, uniquement, cela va sans dire, pour en’ rendre plus aisé son déplacement horizontal. Puisqu’elle était á charge équilibre, naturellement cette bri cole n ’y pouvait pas jouer le role de soutlen des poignées, que jone la bretelle dans la manoeuvre des brouettes usuelles. Je ne saisis pas immédiatement les avantages, résultant de Ladjonction á mon véhi cule—construit on le sait pour étre pousé— de cet accesoire. Je n ’y vis que l’utilité, bien connue, de l’emploi de la bricole appliquée á la traction des voitures á bras. Súrement l’ouvrier qui avait adapté ce harnais á mon bicycle n ’y cherchait pas, non plus un autre résultat. Le fait est que gráce á ce har nais. 1° L'angle de tirage est tres favorable.
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L ’adl i ér ence du mo t e a r a u g me n t é e á l ' ai de de la t r i c ó l e .
(V. n.o 189.)
étant donné le petit diamétre des roues. Le brouettier tend á soulever le véhicule. 2° L’homme, comme lorsqu’il se sert de la brouette ordinaire, devient plus lourd d’une quantité de poids égale á celle dont il la soulage.
Indubitablement, par ces mémes raisons, la bretelle des brouettes ou vinaigrettes du XVIII® siécle, devait rendre le méme Service aux brouetteurs, c’est-á-dire aux hommes-
moteurs de ces chaises roulantes.; Les vieilles gravures qui les représentent,donnent,croyon 3 nous, la preuve de ce fait auquel, c’est pro bable, ne songea pas-l’artiste qui les dessina.
Colombie Anglaise = Alrededor del Mundo, 19 mai 1923 = Amazona canadienne voiturant son nourrisson su r une civiére du genre de celle d’une b rouette san s roue (V ps. 88 y 89). = D es véhicules ru sses et anglais du méme ty p e pouvant se voir aux núm eros 113 et 182 de ces Causeries, tirées de l’intéressant ouvrage de Noussam , La peiite Rusle, e t de la beíle Upublication périodique anglaise Sphere.
P a sca l
NOTE
e t la b r o u e t t e
— (V. la prem iére colonne de la page précédente). C ette page e t la page E XLVll allaient étre impriir.ées lorsque n ous avons regu le numéro 24 de l’annéeX L , du 16juin 1923, deVH orm iga de Oro, Ilustración Católica, dotii T A dm inistration e s t á Barcelone. Ce Journal ¡Ilustré publie, dans ce num éro, sans com m entaires, la traduction de l’article VAlmanach franfais... (V. p. E XLVI). Les gravures so n t les mSmes dans VHormiga que dans VAlmanach; mais celles de VHormiga ont été faites a u n é échelle beaucoup plus grande. Ces images, bien entendu, représentent les inventions qu’on a fantastiquem ent attribuées á P ascal.—Voyez ce que disait, en 1895 la Revue des Inventions Nouvelles, page 237 d é n o s Causeries.—V Alm anach etVHormiga, so n t d ’ailleurs d ’excellentes et de trés honnStes publications.
SÜPPLEMENT DES CAUSE —
E s s a i
P. XLIX
i n f r u c t u e u x
NOTRE MONOCYOLE DE L’ALMOBAIMA A la page 248, écrite il y a longtem ps, nous avons sigiialé les avantages d’une voiture m onocycle, á construiré. La béte tirerait. U n hom m e de forcé, au dessous de la m oyenne, placé derribre le véhicule, com m e ceux qui poussent les fauteuils roulants des m alades, en gardérait trés-facilem ent l’équilibre latéral. II n ’aurait d’ailleurs qu’á aider au m aintien de celui-ci, et á en corriger des légers écarts; puisque, gráce á certains d ispositifs et á l’appui des brancards sur les flanes de la béte, l’óquilibre serait, ou peu s’en faut, du genre stable. L’occupant du siége de la voiture n’aurait qu’á teñir les renes et le fouet.
L'homme, le brouettier allais-je dire, s’appuyerait sur la barre ou poignée postérieure du véhicule. La traction, exercée par l ’áne, l’aiderait á mareher. Mon im agination, on va le voir, s’était, encore, laissée séduire. Entraíné par elle, sans prendre la peine de faire le m oindré calcul, je dessinai, les plans, faits á une grande échelle, de la voiture révée, pour l’offrir á une de m es Alies. Un charmant harnais pour l ’áne qui devait la tirer com plétait le cadeau. Gráce á l ’abaissem ent du centre de gravité et á
d
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u n
m o n o c y c l e
de lourds contre-poids de plom b placés á sa parti© la p lu s basse, le véhicule, attelé et vide, roulait sans inconvenient et l ’effort de l'hom m e placée derriére était négligeable. II en était m ém e lorsque la personne á transporter était dans la voiture; celle-ci ne roulant pas.
II y a loin de la coupe aux lévres et plus loin en core de convoiter la peau d’un ours, qui s’en sert, á la posséder pour s’en servir. La réalité s’im posa. La conservatión de l’équilibre latéral de ce m o nocycle exige des efforts considérables de la part de l’hom m e qui en tient la barre ou poignée horizontale postérieure; comme, en apparence, les nourrices tiennent celle des voitures (á équilibre stable) ou leurs nourrissons sont véhiculés. Oes efforts causent une fatigue qui n’est pas en proportion avec les avantages qu’on peut retirer de ce systém e, partant illusoire, de locomotion; systém e gráce auquel m a fllle Anna devait, parcourir, com m odém ent assise, les plus étroits, les plus accidentós sentiers de l’Alm oraím a, grande et pittoresque propriété du duc de Médinaceli, située á une vingtaine de kilom étres de Gibraltar. Le résultat m e surprit. Js n ’ignorais cependant pas que le centre de gravité de cette voiture utopique était, ou plutot est (puisque cette m achine exis te encore) au dessus du plan passant par les points d’appui des brancards, sur les flanes de l’áne, et par le point de contact de la roue et du sol. L'hom me, pensais-je, en gardérait l ’équilibre, au m oins aussi facilem ent que m aintient celui de sa bicyclette, le cycliste qui marche á c6té de celle-ci en la soutenant. D ’ailleurs l’aide des brancards, bien que faible, n’est pas á dédaigner.
(V . Inertie. X.° 31 et 201, §4. ) Moyennant un rien d’effort il est facile de faire teñir en équilibre sur une de ses arétes une bolte, par exem ple, légére ou m ém e une caisse d’un poids de 20 ou 30 kilogram m es. Par contre si on a affaire á un bloc m assif rectangulaire, pesant 140 ou 160 kilogram m es, par exemple, on le m aintient
SÜPPLEMENT DES CAUSE
P our qui
ce
ve h i e u l e
ne
vaut
en équílibre sur une de ses arétes tant que le plan idéal I passant par l’aréte inférieure et par celle d’enhaut est parfaitem ent vertical. Si ce bloc vient á perdre cette position d’équilibre, s’il penche tant soit peu á gauche ou á droite, il faudra un grand effort pour ram ener le plan I á sa p osi tion verticale et pour ne pas la dépasser.
r.L
RIES BROUETTIQUES
ríen.
Bretelle
bandouliére.
du c6té gauche, le baudrier soutient la poignée tandis que Tautre m ain agit de haut en bas. La réglage du baudrier brouettique d’Agricola ne doit pas étre p lus d ifficile que celui dont on se servait antérieurem ent, au Moyen-Áge, et dont on se sert génóralem ent aujourd’hui. L’inventeur de ce baudrier devait étre aussi in telligen t que bon observateur. Le fait d’avoir trouvé qu’un seul soutien de l ’une des deux poignées suffit, prouve que cet hom m e avait saisi le m écanism e de l’équilib re latéral de ce véhicule. fV. breíelles a deux bouts
auxps. 81, 82, 127, etc.) Bans le cas du manchol, etc., le mouvement des épaules joue un róle tres important pour le maintien de l’équiiibre latéral (y.
La brouette á charge équilibrée de Las Fraguas... le véhicule m onocycle du genre de celui du Scimtific American,.. La voiturette de L’Almoraima! Que d’erreurs! Que de tem ps perdu! BRETELLE BANDOULIÉRE AGRICOLA
V. le fumeur du n'* 200 (verso). II fumait et marchait simultanément. Nous avons TU aussi, vera 1896, prés d ’une gare de la banlieuo de París, un manchot manouoDvrant une crouette charg é - á l’aide d’une bretelle ordinaire, en cuir, dont l’une des boucles soutenait le plus alourdi des deux brancards. L’autre bras, bien q u e p a ssé dans l’autre boucle, était commandé p ar la main. (V. nos 200 et 201.)
COUPLE.—Bans les
c a s que r ^ r é s e n f e ce s c h é m a o n suppose que la p a r t i e la p lu s lo u r d e d e la c h a rg e est á d ro ite d e V a xe lo n g itu d in a l d e l a b rouette. D a n s la b rouette d 'A g r ic o la j r e p r o d u iie á la p . 177 d e ces C a u serfesj l a p a r t i e la p l u s lo u rd e d u fa r d e a u est á d r o ite de cet a x e . L e b ro u ettier d 'A g r ic o la a g it s u r l a p o ig n é e g a u che v er s le b a s. I I p e u t d o n e a v o ir s a m a in g a u c h e o u verte e t teñir Cette p o ig n é e , s a n s la ser re r , e n tre le p o u c e e t V in d ex , le bord des otig le s de ces d r o ig ts é ia n t to u trié tiers le so l.
Tout le m onde connait le harnais de la brouette. La bretelle des brouettiers est fort ancienne. C’est une serte d’étole en corde ou en cuir dont les bouts portent des boucles pour y passer les poignéesDans une des vieilles gravures du Be Metallica d’Agricola l ’un des brouettiers a sa poitrine bar rée, de gauche a droite, par une sorte de baudrier ou de bande reposant sur son épaule gau che. La partie inférieur de cette bande soutient la poignée droite de la brouette. V oulant prouver ou rendre visible l’existence du couple grace auquel le brouettier, dans certains cas, garde l ’équilibre latéral de sa m achine, un disciple du m athém aticien P oinsot n’aurait pas pu tracer une im age plus probante et dém onstrative. La gravure fait voir en effet que com m e la char g e de la brouette est plus lourde du coté droit que
A la page 177 de ces causeries on volt une gravure tiree aussi d’A gricola. La m ain est ouverte, le pouce est en contact avec la face intérieure du m anche. Quant aux autres d oigts de la m ém e main, de la m ain gauche, ouverte, leurs on gles tournés vers le bas, ils ne soutiennent évidem m ent pas le bras gauche de la brouette. La m ain, dans ce cas exerce son action de bas en haut. O’est une sorte de petite fourche dont la p osition indique clairem ent que le plus lourd de la charge agit sur le brancard que soutient l’autre m ain, (la main droite, dans le cas que représente l ’im age de la page 177) m ain droite dont l ’action est aidée ou rem placée par la bretelle en bandouliére de la fi gu re 27. A illeurs nous avons indiqué que ríen qu’a voir leur faQon de teñir dans leurs m ains les manches de leur brouette on peut conclure que la jolie jardiniére travaillant á son jardin et le bon moine transportan! une brouettée de m atériaux pour la
SUPPLEMENT DES CAUSE
L eur s
mai n s
— P. LI
I n c o n Ve n i e n t
consti’uction de son abbaye, ne sont pas des professionnels. (V. p. 197.) L’hom m e du m étier (sauf dans des cas rares),
embrasse de ses cinq doigts chacune des poignées de son m onocycle. Jamais il ne liendra ses pouces en dehors comme le sont ceux de cette jeune filie et de ce saint jeune homme.
N ’étaient l’insouciance, la négligence ou un mauvais conseil de l’économie, m al com prise, il y aurait dans tous les cbantiers brouettiques des bretelles et tous les brouettiers s’en serviraient. Ge harnais rend beaucoup m oins pénible et partant plus fructueux leur travail. Le petit réglage qu’il exige, qui se fait une fois pour toutes, n’est pas un inconvenient. Un petit cadre ou un cerceau quelconque rend facile et commode le transport de l’eau á l ’aide de seaux. fom b ien d’ouvriers s’en passent par la mgme raison qui prive tant de brouettiers de l ’utile secours de la bretelle!
LA PEAU On pourrait définir l’homme: le moteur animal de la brouette m onocycle. Jusqu’á présent Thomme est l’unique m oteur pratique réunissant les conditions de savoir faire qu’éxige la conduite d’un monocycle. L’un des obstaeles qui g’opposent á ce qu’un
RIES BROÜETTIQUES
t m 2^ r 6 t r e
La
peau .
cheval ou un áne solidem ent attelé entre Ies brancards d'une brouette, d’un m onocycle puisse garder l ’équilibre latéral du véhicule (qui l’aurait cru!), est, nous l’apprimes á nos dépens, la mobilité de la peau de la béte.
La boeuf a des com es. Oes com es indubitablement lui ont óté données pour autre chose; mais on s ’en sert pour l’atteler. Ces com es sont solide m ent fixées au squelette de la béte. 11 n’en est pas de mém e de la peau du cbeval et de l’áne. Leur peau (sur laquelle il faut bien placer le harnais) est comme un sac renfermant un corps résistant, m ais glissant. Le moindre effort exercé sur la droite ou sur la gauche du bát, de la selle ou de la sellette d’un harnais quelconque déplace, dans le méme sens, et ces objets et la peau de l’animal, d’une quantité considerable, bien que le squelete de celui-oi reste im m obile. Lorsque l’un des bras de son monocycle descend, le brouettier peut le faire remonter, en monoeuvrant de bas en haut. Mais la peau d’un éne est comme une couverture. La béte est incapable de la relever, lorsque cette converture, tirée par uno for cé, g lisse de cóté. La quadrupéde n’a p a s de mains. A quelles mancsuvres ne devrions nous pas nous livrer pour remettre en place la nceud déplacé de notre cravate si les bras nous manquaient! Un m onocycle a une tendance inévitable á abandonner sa position d’équilibre et á. pencher ou k tomber latéralem ent. Dés que le cheval est attelé entre los brancards d’un véhicule de ce genro; pour peu que le fardeau se porte, (par une différence de la distribution de son poids ou par une autre cause) vers l’un des cotés, le brancard de droite ou celui de gauche descend, par l’effet du m ouvement de la peau de la béte, jusqu'a ce qu’il se place daos un plan horizonial inférieur á celui oh il était. L’autre brancard monte, Gett? descepte e( cette
SUPPI.EMENT DES CAUSE
P o u r qii o i
un
m o n o c y el e
— F. LII —
tiré
m ontée sout lim itées. E lles s ’arrétent lorsque la pean no rem ue plus; m ais alors celle-ci n est plus á sa place et la p osition du vóhicule est inclinée. Cette inclinaison, latérale du plan horizontal passant par les branoards, due au déplacem ent de la peau, form e avec l’horizontale un angle de douzo degrés, au m oins. Comme le glissem en t de la peau sur la chair a une lim ite, les choses en resteraient la si le monocycle ne b ougeait pas, ou si roulant, la béte, ótait rig id e et form ait corps avec les brancards. Dans ce cas quoique penchée, com m e celle d’une brouette dont la charge n’ost pas sym étriquem ent distribuée sur son platean, la m achine roulerait sans tom ber. (v. n” 2 18 .) Mais l ’unité béte-m onocycle n’est pas un tout rigide. Pour peu que le tim ón, pour peu que les brancards form ent un angle avec l ’axe lon gitud i nal de l ’anim al, l’orientation de la roue, dont le cercle est incliné, varié <*). La roue, roulant inclinée, form e un angle (qui s’ouvre de p lus en plus), avec le plan vertical qui coupe longitudinalem ent en deux le cheval. Celui-ci s ’en trouve tenaillé et forcém ent lu i et la machine, ou plutót tous les deux á la fois, tom breraient si la roue continuait á rou1er, c’est-a-dire si la béte marchait.
ne
RIES BROÜETTIQUES
p eut
p as
teñir
d ehout.
la roue se déplace latéralem ennt et Progressive, m ent. L’effet est la m ém e que si elle glissait sur lo plan dur et recouvert de verglas T T (fig. 303). Quand le véh icule m arche l ’axe longitudinal du cheval se m aintient dans le plan vertical V, tandis que la roue se place dans le plan a' a' a'. Oes deux plans form ent entre eux des angles dont l ’un s ’ouvre et l'autre se ferm e de plus en plus.
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í , A lte la g e a b s u rd a .
2. S ch em e de cet a tte la g e .
(*) V. imméros 102 et 103.
E x c m p le s d e V im p u iss a n c e d e s b r a n c a r d s . C e u x -c ie n lr a in é s p a r la c h u te de la m a s s e M sera ie n l in c a p a b le s d 'em p éch er la roulem m l la te r a l d e l'h e m isp h e re G .
(V. Kouo-sphére, F. LXI.)
%a!a~’^?hn'^CjSA:£é¿ Si la roue roulait dans une rainure on éviterait la déplacem ent latéral de son point d’appui. On n’éviterait l ’inclinaison Progressive de son plan qu’a l’aide d’une profunde rainure lu i servant de gu ide et de soutien latéral. Lorsque le véhicqle ronle le point d’appui de
En offet non seulem ent le plan du cercle de la roue, déjá penché, se déplace latéralm ent (comme si cette roue g lissa it sur son point d’appui, comme si elle dérapait); m ais le poids de la m achine agit sur l’axe, en dehors de la verticale passant par cet axe. C’est com m e si ce poids était la puissanee d’un levier du deuxiém e genre dont le bras (de cette puissanee) serait extensib le et s’allongerait au fur et á m esure que la roue s’inclinerait. Le point d’appui de ce levier serait sur le sol. Le point d’application de la resistan ce est á l ’axe de la roue. N aturellem ent (on s‘en rend com pte a priori si on considere la chose de cette fagon), naturelleipent, l ’action de ia puissanee augm ente á chaqué
Les
h et es
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SUPPLEMENT DES CAUSE
— P. LUI — RIES
BROUETTIQUES
comes
hro%i e l l e .
Ghars
et
la
instant parce que la position du levier se rapproche de p lus en plus de l’horizontale, tandis que la composante de ce nom disparaít progressivement.
Le boeuf et la vache partagent avec l ’áne (maís rane n’a pas de com es) une singularité qui, selon le point de vue d’oíi elle est considerée, est une qualité ou un défaut. Ces bétes appellent certainement énergie ou prudence ce qui pour nous, lorsqu’il s’agit d’elles, ou d en os sem blables, est de l’entétement. Leurs rapports avec Thomme les o n f elles, non sans raisons, rendues méflantes? Est-ce dans leur nature?
a n t i q u e s , etc
une torsión plus ou m oins forte et désagreable sur le cou de l’animal. Celui-ci, ne réagirait-il pas? Nc m aintiendrait-il pas le fardeau dans la position la plus commode pour lui, c’est-a-dire, dans la p osi tion d’équilibre la plus convenable? N’arriverait-il pas á acquérir l’habitude de garder cet équilibre? On a bien appris a des éléphantes á rouler sur tricycle et á faire d’autres tours étonnants. Grande, trés grande est la forcé du cou des cornuphdes. D’ailleurs ceux-ci savent parfaitement se servir soit de leur com e droite soit de celle de gauche, quand ils veulent faire usage de l ’une ou de l ’autre, soit de leurs deux com es á la fois. On peut s’en rendre compte aux courses de taureaux, par exemple.
Bien entendu, la longueur des bras ou brancards d’un m onocycle étant inversem ent proportionnelle á leur utilité pour le maintien de l’équilibre latéral il ne serait pas indifférent que la béte fut attelée devant ou derribre le véhicule. Le postirisme s’im poserait done, croyons nous, si on voulait rendre vraisem blable ou possible ce moyen de transport; jusqu’á présent hypothétique. Si elle était pratiquement réalizable, cette voiture a brancards mué par un boeuf, serait peut-étre utile dans des regions á étroits et m auvais chemins. Ajoutons que le boeuf joint k d’autres qualités celle d’étre d’une súreté de jambes extraordinaire: il ne bronche que rarement. L’essai exigerait sans doute quelques thtonneToujours est-il que lorsqu’elles sentent une pres _ m ents et un certain apprentissage; mais cette expérience, mém e indépendamment du succés, se sion ou une poussée anorm ale, en général, elles rait intéressante. Peut-étre la ferons nous un jour opposent de la résistance. Elles ne cbdent que ou l’autre, Deo juvante. lorsqu’elles ont bien com pris qu’il ne va rien leur arriver de facheux. En attendant on les pousse et ai. elles poussent, on les tire ét elles tirent. Les boeufs sont parait-il a peu prés indispensa VÉHICULES bles pour le halage de certains canaux dont le SÍNGULIERS courant est rapide. Au démarrage, les cbevaux, perdent contenance avant de vaincre l’inertie qui UNIROTIQES s’oppose au déplacement du báteau en sens conET Á traire á celui de Fécoulem ent de l’eau. lis sont entrainés; tandis que les boeufs ne se laissent pas POSTIRISME surprendre. Bien plus, lorsqu’ils traínent des charrettes á deux roues, ils savent, aux cótés m ontan tes, baisser la tete, ce qui augm ente leur adhéren. Un certain raport rattache quelques véhicules ce. Si on attachait aux com es d’une vache ou d’un fort différents de la brouette, á celle-ci. Telle est, bceuf un joug sur lequel viendraient reposer l ’exon le sait, laraison par laquelle on voit des chars trémité des brancards spéciaux d’un véhicule monocycle, la p lus légére déviation latérale de la m a antiques de course et de combat dans ce livre, dans ces causeries brouettiques. On y trouve aussi chine produirait certainem ent une certaine géne,
SüPPLEMENT DES CAUSE
Volante
etc.
véhic ules
— P. LIV — RIES
a
une
d’autres voitures ou la charge est systém atiquem ent placée entre l’essieu et leurs points d’appui sur le moteur. D’ailleurs, nous l ’avonts dit la brou-
BROÜETTIQUES
r ou e
et
v éhil s
p ou s s és .
cycles pour le sport ou pour l'acrobatie, soient á une roue, com m e la poulie, oes machines seraient, naturellement, hors de leur place dans un iraité de la brouette, m ém e trbs-acueillant. La Causerie est plus hospitalibre et p lus élastique.
L a H avunc, X l X e siécle. V o la n d ee t brouetle, D 'a p r é s u n e p h o lo g / a p h ie p r is e d a n s u n e m e de L a H a v a n e . L e M énandre d u Vatic a n o u V A 'tisiote de l a V illa S p a d a son iils p lu s n o b l e m e n l a s s is que ce négré?
(V.p. I61.C1.L. 17.)
AUTRES VEHICULES RARES
B tle , m onocycle a 4 p ie d s .
ette n ’est pas, nom plus, la seule voiture qui roule devant celui-ci. Aucun lien technique, sauf la roue unique et sa direction par inclinaison fV. n° 203), ne rattactie cependantau vehiculum unius ro-
«Mettre la charrette devant les bceufs» est un vieil adage. Aujourd’hui on dit préférablement,
X V le
B.N,
siéole.
UNIROTISME
Autres véhicules á une roue.
É p ieiise de P a l-
M om cych á m o teu r.
la d io s.
me
(P etite G ironde de
7jn
me sem ble4-il, mettre la charrue devant les bceufs. Blanc bonnet; bonnet blanc. Toujours est-il que le dessinateur du XVP sibcle qui s’amusa á illustrer quelques proverbes du m anuscrit n° 24.461 de la
1923.)
siécle.
Vlimoi'fdi .di rnoüoerz
toe des -vieux lexiques aucun des appareils que po aus llons signaler. Bien que quelques inono-
'Síiy,.
Bibliothéque Nationale plaga les boeufs derribre la charrette. D ’ailleurs du tem ps de Palladius, á ce qu’il parait, on m ettat non pas des boeufs; mais un boBuf, derribre ce que cet anim al faisait nxaroher.
SUPPLEMENT DES CAUSE
Le
m oteu r
derriere
—
la
Au n“ 166 nous avons reproduit Timage d’une voiture á brancards, poussée. Si nous l’avons présentée comme le seul véhicule á brancards oü la béte est placée derriére, c’est que nous avions cubilé eelui de Palladius. La Maison Pilter publia 11 y a déjá longtem ps, dans un de ses catalogues de machines agricoles, lépieuse de Palladius, ou, du moins, une im age de celle-ci, faite d’apr&s la description qu’en donne, parait-il, cet écrivain du IIP si&cle, dans un de ses ouvrages d’agricul ture. Un bcEuf la pousse. Le pédoncule des épis s’on. gage dans une sorte de peigne qui le tranche. Les épis tombent dans la caisse qui est devant la béte. On peut avoir besoin du grain et ne savoir que faire de sa paille. Le Moyen-Age, parait-il, accorda du respect aux écrits de Palladius. Leur sujet est l ’agriculture. Nous nes les avons pas lus. Pourtant le moteur de l’ingénieuse m oissonneuse est une sorte de brouette á deux roues Mais la béte de P alladius était á pied. Sous le titre Nouveau Systéme de Véhicules, l’auteur d’ün article de la Revue Universelle des invenlions nouvelles (page 316—1892?—) y disait «Tous nos lecteurs connaissent les m anéges á plan in cliné dont l ’em ploi s’est considérablem ent répandu dans ces derniéres années et dont notre colla-
borateur Mr. R ingelm ann (V. n° 93) a m ontré les avantages dans une étude d’ensem ble qui a passé dans la Remie (numero du 5 novembre 1891). Un inventeur a cu idée d’appliquer ce systém e de manége á la traction sur route de véhicules de tout genre. «Le principal avantage qu’il compte tirer de cette disposition est que le cheval se trouvant maintenu dans une caisse fermée de toutes parts, n’y aurait pas ii craindre des accidents permanents, des emballements si fréquents causéspar la peur.s Naturellement, puisque le cheval est deja emballé; «dans une caisse fermée.» (V. flg. 129-3.) A Ontario, Californie, aux deseentes on embar que (ou l’on embarquait, vers 1892), sur une petite plateforme placée devant la voiture de tranway les mules qui en sont le moteur, aux montées. De la
í".
LV —
RIES BEOÜETTIQDES
v oi t u r e
Paconius
etc
sorte les voyageurs, homm es et mules, descendent plus vite et celles-ci se reposent, mais bien enten-
du dans conditions bien différentes de celles oh le brouettier, aux deseentes, est aide par son véhi cule. (Automobilisme n° 179.)
D’aprés Vitruve, Parchitecte Paconius essaya le transport de la base d’une statue colossale en l ’enfermant dans une caisse cylindrique. II s’agit ici d’un enorme rouleau plutot que d’une roue. (V. le n° 216.) L’Illustration dans son numero du 28 septembre 1848, en parle et elle publie aussi l’im age d’un autre appareil, qui mérita «l’approbation de la Société d’Encouragement». Mr. de Thionville en
íu t l’inventeur. «Le véhicule de Mr. de Thionvüle bien qu’on lui ait donnó le nom de monocycle n’en est pas un a proprement parler» disait l’auteur de l ’article de L'Illustraiion. En revanche on n’en dirait p aí autant du véhicule dont un peut voir l’im age á la page 249 de nos causeries. Cest un monycle gigantesqne. P lussieurs périodiques, entre autres. La Naiure, de Paris (avril 1899), le Blanco y Negro, de Madrid, n“ 446, de le méme année, repandirent la nouvelle de l’invention de cette voi ture. «Le capitaine Trapani— disait La Naiure — de l’armée argentino, cherchant á facilitar les trans porta au travers des obstacles qu’opposent les ter-
SUPPLEMENT DES CAÜSE
A b s u r d e m a i s p r ob a n t .
— F. LVI — BIES
Gircu mam bulantes,
rains m ontagneux á la marche des véhicules ordinaires, vient d’inventer un system e á roue unique dont voici le mécanisme: La roue porte, ñxés de part et d’autre, deux bacs inférieurs sur lesquels reposent deux coffres m obiles et le tout est trainé> au m oyen d’un brancard approprié, par un cheval ou un m ulet. La roue m esure 1,50 m. de diam&tre ret p&se 105 kilogram m es; les coffres de forme py amidale, 40 kilogram m es; les bacs inférieurs, 70-kilogram m es. Les d im en sion s extr&mes du véhi cule sont de 1,50 de hauteur sur 95 centim étres de large et 2,75 m. de long; á vide, son poids atteint 746 kilogram m es. La manceuvre n ’exige qu’un seul hom m e et la stabilité est calculée de faQon que cette voiture stratégique puisse mém e ne recevoir le chargem ent que d’un coté et qu’en cas de chute de l’animal, l’équilibre ne soit pas rompu.» Dans sa section «VariaB, sous le titre «Voiture á une roue», un Journal politique, de Madrid, aprés avoir dit á peu prés la m ém e chose, ajóutait, comm e mot de la fin: «C’est la brouette perfectionnée». Le Journal le Blanco y Negro en donna mém e l’im age qu’on peut voir a la page 249 de ces Cause-
ries. Tout sem ble done prouver qu’il n ’est pas facile
de saisir du prem ier coup, qu’un m onocycle á traction exclusivem ent animale, du genre brouet te ou du type «Scientific American» est une chimére.
LA
BROUETTIQUES
KOUE
Nous Tavons dit. Les Jambes des bipédes, et m ém e des cuadrupédes, considérées com m e des rais, ont plus d’un rapport avec ceux de la roue. Les idées qui Jaillissent de la m éditation sur des faits bien observés peuvent m ener á des inventions nouvelles ou faire tirer parti de m oyens au quels personne n’a songé. II avait, c’est probable, sérieusem ent étudié la roue de sa brouette, sa marche á lui et celle d’autres bipédes, ce fermier des Etats-Unis de l’Amé-
Le couplet
rique du Nord qui a crée, dit-on, une race de poules dont Tune des Jambes est p lu s courte que l’autre. Avant ce perfectionnem ent, au grand désespoir de cet observateur, les méres et grand méres
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de ses plum iféres vagabondalent et s’égaraient. Aujourd’hui les poules, les poules de cet homme de génie, ne s’éloignent p lus beaucoup, paráit-il, du poulailler, autour desquel elles tendend a parcourir et parcourent des orbites á peu prés circulaires. «La résislance du sol appliquée a la roue d'une brouette que l’on pousse provoque la rotation de la roue. L’effet produit est le méme que si la roue libre était soumine á un couple. (Oouple V. n° 141.) Telle est la légende d’une im age oh on voit un homm e poussant une brouette du Précis de Physique de M. Chassagny et F. Carré. Les auteurs auraient pu ajouter que la roue glisse sans tourner si l ’intensité du frottement de son axe est plus grande qué l'intensité du frottement du point d’appui de cette roue sur une surface lubrifiée ou glacée. 11 faut done en con dure: 1°, que le frottement de la roue d'une brouette sur le plan qui la soutient est l ’M«e des causes qui font tour ner sa roue; 2“, que la roue d'une brouette devient un organe in utile si la brouette est poussée ou tirée sur une surface trés glissance. (Voyez les gravares de la page 88 et du n° 113.) U ne roue roulant sur un plan dur et uni a deux em plois, outre celui de dim inuer le frottement. E lle sert de support et Joue le role de levier. Une roue est un levier, sans fin, du deuxiéme genre. Le point d’appui de la roue-support est au point de contact de cette roue et du plan sur lequel elle se trouve, inm obile ou en mouvement. Ce point de contact (appelons le tangentiel ou T), peut étre situé ou sur un sol non glissant ou sur une
SüpplbMeñt des cause — í . LVII — ríes brOuettiqueS
B ou e
et
coup l e
I m m o VH i t é
snrface extrém em ent glissante. Une roue se com pose d’un nombre inflni de diamétres, c’est-á-dire d’ün nombre inflni de rayons. Chacun de ceux-ci, á tour de role, jone celui de levier du deuxiém e genre quant cette roue roule. Le point d’appui, i n s t a n l a n é , P, de chacun de de ces rayons-levier est situé d e v a n t 1‘extrem ité inférieure du bras de la réslstence, c’est-á-dire ininértiatement d e v a n t le point d'appui T. Ce point d’appui P est un obstaole souvent m icroscopique, une cale minuscule: c’est le frottement. Sur une surface extrém em ent g lis sante, cet obstacle, ce point d’appui P ou bien n’existe pas ou bien n’offre qu’une réaction de grandeur insuflssante. Dans ce cas la poussée du brouettier fait avancer le véhicule dont le point d’appui T se déplace; m ais la roue ne tourne p as C*).
[ Y . p l u s lo in ,
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m c uv e m e n t
méne étonne m oins si on a présent á l ’esprit le mécanisme, par exemple, des jambes de l’hommo, pendant la marche. Quelle que soit la lenteur ou la vitesse du déplacement, tandis que tout le corps du maroheur avance, son point de contact avec le sol, c’est-á-dire son point d’appui, demeure im m obile pendant un laps de temps dont la longueui-, toujours appréciable, dópend naturellem ent de la vitesse de la marche ou de la course.
¡a p . F . L I X , r a is levier.)
(*) Dans un délieieux petit ouvrage de C. E. Quillaume, directeur-adjoínt du Burean International des poids et mesures (L ibraire Hachette. París, 1909), rem pli de falta et d’intéressantes, curieuses et útiles notes et observations, pittoresquem ent présentées; ce savant et charmant auteur, ami de la bicyclette, s'était servi, comme exemple, avant MM. Chassagny et F. Carré, de la roue en marche d’une voiture, pour donner une idée de ce qu’est le coupie. M. Guillaume a probablement choisi cet exem ple, quoique moins éloquent que d’autres, parce que la rotatiou d’une roue de voiture est un de ces phenoménes auxquels on ne pense pas; parce qu’on l’a tous les jours sous les yeux. II n’y aurait done, ici, rien á dire si lo desslnateur de M. G uillaume avait place l’une des fléches de la figure devant le rayon-levier. Cette fiéche file en sens coutraire de celui du déplacement de la roue. Le dessinatear a figuré cette fleche (dans le plan sur lequel roule la roue) en position horizontale, s’éloignant, vers l’arriéro, du rayón vertical inférieur. Les dessinateurs jouent quelquefois de ces mauvais tours ( V . p . 86). Si on suivait le brouettier et, á l’aide d’une corde assez longue, attachée a l’extrémité inférieure du rais vertical Inférieur (V. I) on tirait dans le sens qu’indique cette maiencontreuse fleche la roue ne tou rn erait pas ou tournera lt sur elle méme, sans faire avancer le véhicule. Si la corde s’attachait, au dessus de l’axe de la roue, sur un point quelconque du diámetro oü se trouve ce rais V. I, la traetion se faisant devant la roue, dans le sens de la marche, cette traetion serait favorable au dé placement norm al du véhicule, elle s’ajouterait efficaoement, á la poussée du brouettier. Si la corde s’attachait au rais vertical inférieur V. I, entre le point d’appui de celui-.ú et l’axe de la roue, la traetion, dans le sens de la poussée du brouettier, arréterait la roue. Le dernier point du tracé d’une cyeloide (par rapport au sens du déplacement de la circonférence qui le trace), est sur une ordonnée, sur uno perpendiculaire a la droite sur laquelle roule la circonférence, et cette perpendicu laire est toujours d e v a n t celle oü se trouve l ’avant-dernier point tracé; j o m á i s d e r r ié r e . —Les rayons qui sont entre cette droite et le centre se déplacent, p a r rap p o rt á celuici, vevs l ’a r r ié r e . ( V . S u p p t . L X I V . )
Le fait de l ’existence d’ün point im m obile, point faisant partie d’un tout qui se meut autour d’un autre point, á prem iére vue surprend. Ce phéno-
C Ci et
C ip o in ls im m o h iles.
Ce point de contact corrrespond done au point im m obile au centre instantanó de la roue qui roule. II est vrai que le point flxe et im m obi'e de l ’homme qui marche non s ulement u’est pas instantané, comme celui de la roue qui roule sur un plan ¡larfait, mais en outre, pendant la duréo de son im m obilité, ce point flxe du pied du marcheur joue un r51e de centre de cercle. Tous les nu tres points de la personne du marcheur décrivent des ares de cercle (et non pas des ares de cycloide) ares de cercle dont le centre est au point immohile, ( S u r to u t sHl m a rch e s u r des échasses d o n t V extrem ité in fé r ie u r e n era it p o in iiie .)
o: P o in t im m o b ile o u cen tre in s ia n ta n n é . S i Von m a rc h e d c6lé d e Vune d es ro u es d 'u n e cha rreite, la v u e pertrés n e tte m e n r e n i m é m e , les m o in d r e s d é la ils de la ja n te - n a d ir , bien que la p a r tie n a d i r de la ro u e so it p lu s éloignée des y e u x et d a n s d es c o n d itio n s de v is ió n bien m o in s fa v o ra b le s que la p a r tie eén ith d o n t le d ép la cem en t tro p r a p id e n e la is e p a s v o ir o u f a i t r o ir c o n fiisém en t ces m é m e s d é la ils , iels que: tétes d e clous, r a ie s d u bois, o u le ttr e s o u c h ifr e s Iracés ad hoc s u r la ja n te .
D’ailleurs, un point quelconque d’une roue, au tre que son centre, lorsqu’elle roule réellem ent
SUPPLEMENT DES CAUSE — P . L V I I I — RIES BROUETTIQÜES
Pascal.
L a r o u e est u n
a u x i l i a i r e p a s s i f et a c t i f .
sur la surface de certains chem ins réels, n < décrit pas toujours dans l’espace des ares de cycloide. Tantdt il y trace des ares de cercle, tantót des ares ce cycloide. PASCAL étudia cette courbe. On a attribué á ce géombtre, nous le savons, l ’invention de la brouette — qu’il n ’inventa p a s —, et la théorie Á r iific e po-ur r e n d r e ou l’étude de ce véhicule, qu'il p l u s v isib les les oscil- n ’étudia pas. Dans la brouette la lio fis d ’u n e hro u ette avons nous dit tout est excepm o n o (^cle en m a rc h e . tionnel, m ém e la marche de sa roue, marche oscillante dont les oscíllations sont dues a la marche de son homme. Si Pascal avait étudié ce véhicule, súrement il se serait gardé de donner comme exem ple de la cycloide, courbe plañe, celle décrite dans l ’espace par un point de la citconférence de la roue d’une brouette en marche. En tout cas il aurait fait des réserves.
Lorsque une voiture se déplace á une vitesse quelconque, que nous supposons uniform e, point donné P de la circonférence, par exem ple, d'une de ses roues tantot descend et tantót monte. Sa vitesse va du m áxim um á zéro et de zéro au m áxim um (ou viceversa). Entre le m oment de la deséente et celui de la montée á l’endroit ou se produit le changem ent de direction, ce point P éprouve un instant d’inm obilité, d'une durée qui, indé" pendam m et de la vitesse de l’essieu, varié si la sur" face de la route n'est pas idéalem ent dure et unic.
En général les chem ins, sur lesquels roulent les brouettes ou d’autres véhicules, sont loin d'étro des plans géom étriques. Souvent les rugosités ou les cailloux saillant y abondants. Lorsque la
Lev-,
er ,
roue doit sortir d’une dépression ou rencontre un obstado saillant, aucun des points de sa circonfé rence ne décrit dans l’espaee, comme nous l'avons dit, (jusqu’á ce que l ’obstacle est franchi) un are de cycloide. Quand elle a affaire á un obstado, tous les points de cette roue, mém e son centre, parcourent des ares de cercle dont le centre est au point de contact de la roue et de la partió haute de l'obstade, si celui-ci est saillant: au point de contad d éla roue et du bord de la concavité, si la roue se trouve dans une dépression du sol du chemin. Dans le cas de la cycloide il y a un point instanianément im m obile tandis que lorsqu’une roue rencontre un obstado l ’im m obilité du point de contact de cette roue avec l ’obstade est d'une du rée d’autant plus grande que l’obstade est plus haut et que le diamétre de la roue est plus grand. O n PEUT DIRE QU’üN CHEMIN EST D’AUTANT PLUS MAUVAIS QUE LES ARCS DE CERCLE DÉCRITS DANS l ’e sp a c e p a r un p o in t q u elc o n q u e d ’un e roue QUI ROULE SONT PLUS NOMBREUX. Les obstacles
sont d’autant plus grands que ces ares de cercle, toutes d io ses égales, sont plus longs.— * S a u f a m p o in t d ’a p p u i.
La roue est un auxiliaire passif et un auxiliaire actif de a forcé motrice; c’est-á-dire de la forcé qui déplace un véhicule en le tirant ou en le poussant. Quand la roue jone le róle de lubrifiant l’objet de cet accesoire est de réduire le plus po sible la résistance que le frottement im m édiat d’un corps, sur le plan qui le soutient, opposerait au déplaeement de ce corps.
La roue est aussi une m achine á lever, don.' cha qué rayón ou rais est un levier ou plutót un levier du 2° genre. (V. ñgs. A et B.)
SÚPPLEMENT DES CAUSE — í . L lX — RIES^BEOUETTIQÜES
LA
ROUE
MACHINE
A
LEVBR
SORTE
DE
MÁT
DE
CHARGE
Si on considére la corde des ares M M et 5 com me des plans inclinés (V. le numero 4) <n voit que le plus long et, par conséquent, le plus doux de ces plans est celui du numero 5, correspondant a la plus grande des deux roues. (Bien entendu ces ares sont identiques á ceux que décriraient les centres géom étriques et de gravité des roue-, représentees dans cette figure—2 et 5—par les plus grandes des courbes pointillées.) P u issa n ce ou forcé m oírice a p p liq u é a u d e s m s d u centre el a u cen tr e de la roue.
■PS. Puissance. •PA;POI!tÍ0Í'l
pUL
Loreque la P u iss a n c e e.-t a p p liq iiée a u centre on p e u t la considerer com m e é ta n l in fm im e n t p r é s de la B ésista n ce. P S 1, 2 , 3, 4, sonl des cas o ú la p u is s a n c e á g il d e p l u s en p l u s lo in d u centre, excen triq u em e n t.
Dans certains cas l ’un ou l ’autre des rais de la roue joue le r51e d’une de ces m achines q u e les m arins appellent máts de charge.
Hotíe fr a n c h ís s a n i u n o h sla d e. T o u ts les p o in U de cñlie ro u e d éa 'iven i dee a res de cercle d a n t le centre e s t a u p o i n i de c o n ta ct d u r a yón S avec le sol. L e c e n tre géenneirique de cette roue {centre oú se irouve so n centre d e g ra vité) d é crit u n a r e de cercle d o n t le r a y ó n eo t S .
L'ascension du centre de gravité d’une roue, toutes choses égales ( en faisant abstratioñ de son poids et de l ’angle do tirage), est d’autant plus lente pour franchir un obstado que lo diamétre de cette roue est plus grand. Par conséquent, dans ce cas de l'obstacle, la forcé motrice peut étre plus petite quand elle est appliquée á la traction d’un véhicule á grandes roues, que lorsque ce méme véhicule est m onté sur des roues plus potites. Nous l ’avons indiqué: la grandeur du diamétre des ro ses est un facteur négligoable dans l ’hypothése d’un chemin parfáit, lorsquil s’agit de voitures ordinaires. On sait que cette grandeur peut m odifier les conditions du travail á la brouette (v. n° 196) méme lorsque celle-ci roule sur un plan dur et parfaitement uni.
Pour en finir avec cette petite note sur les roues nous pourrions ajouter que lorsque le brouettier fait franchir; á reculons, l’obstacle á la roue de son véhicule, un des rais de celle-ci se comporte comme un mát de charge, (V. nos 185)
SÜPPLEMENT DES CAÜSÉ — F . L X — RIES BRODÉTTÍQtJES
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LA BROÜETTE DE BLONDIN En 1916, LaPetile Gironde ayant rappelé l ’exploit funam bulobrouettique de Blondín, l ’un des lecteurs de ce Journal luí envoya une noto, que A. R., collaborateur de La Petite Gironde, com m ente de la fa^on suivante:
«Un lecteur qui signe gaiment:«Un láche anonyme-», me reproche d’avoir écrit que Blondín traversa les chutes du Niagara sur un cáble tendu, en roulant son fils dans une brouette d la roue concave. La concavité de cette roue le plonge dans la perplexité. Si la jante de la roue n'avait pas été concave, il eüt été impossible au funambnle d'exécuter son exercice. Une longue médilation ne parait pas indispensable pour le comprendre.^ A. B. ( L a PelU e Q ironde, 2 2 ju lU e t 1916.) (•) A. R. aurait pu ajouter 1“ qu’il y a lá un cas remarquable de viestrictism e et 2.° que l’exercice du courageux Blondín est plus facílé s’íl est executé á l ’aíde d’une brouett méme sans balancíer que s’íl est faít sans broutte. (Onpeutplacer transversale-
ment le balancier sur la brouette.) En effet, nous l’avons dít aílleurs, le m aíntíen de l’équílíbre sur deux poínts d’appuí est plus facíle que sur un seul. L’homm e sur échasses mai’chant, une canne á la maín, por exem ple, garde m íeux son équílíbre que s’íl déambule les m aínslíbres. Le cyclíste sur bíci’clette est dans des condítíons d’équílíbre p lus favorables que l ’acrobate quí pó dale sur une seule roue. A un m om ent de sa marche le funam bule líbre n’a qu’un poínt d’appuí sur la corde tandís que lorsqu’íl y pousse une brouette, l ’uníté qu’íl for m e avec celle-cí a deux poínts d’appuí. La brouette assure l’équílíbre vers l’avant et vers l ’arríére. La brouette, víde ou trós peu chargée, est équílíbrée, latéralem ent. Le centre de gravité de l’uníté homme-brouette est plus bas que celui de l ’homme seul. D’autre part com m e le funam bule peut déplacer, par la m ouvem ent de ses bras, le centre de gravité du véhicule, soit vers la droíte, soit vers la gauche (V. n° 201), la brouette lu í tient lieu de ba lancier. (*) On comprend qu'en disant roue cóncava A . R . a voulu dire roue ájante avec gorge, comme celle d'une poulie.
BROUETTE GRENOUILLE-TAUREAU Brouettes BULL FROG. América ó industrias Americanas. Abril 1914. (Voyez des brouettes américalnes aux pagea 119 et 97 et n ° 215.)
Lo prospectas du fabricant de cette brouette
B
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E t c .
passe sous silence l'avantage de ce que nous appelons le ne», avantage qu’elle poséde. Ce fabricant
B r o u e tte B u l l F ro g .
ne parait avoir clierclié, dans le dispositif d’oü cet avantage découle, que la plus grande solidité com patible avec la légéretó et la sim plicitó de la construction. Ce procéde de construction est le méme celui du cendrier Torrecilla, le m ém e que de certaines brouettes du prospectas de la page 124 de ces Causeries. Ce prospectas ne sígnale pas, non plus, la supériorité que l’appendice ne» donne aux brouettes qui en sont pourvues. Le dessinateur de la brouette PapiUon sem ble étre le seul qui ait essayé d’attirer l ’attention sur l ’utilité du prolongem ent des grandes barres au-delh de la roue. Quant á nous ce n'est que bien derniérement, aprés avoir cru que nous l'avions découvert, que nous avons vu qu’il y a des ¡brouettes .qui sont
O
‘ V Keinich. La Epoca. V. p. 84.
«GALEOTTO FU’ IL LIBRO»... (V. p. 30.) L a b ro u ette á la q u elle II f a i t j o u e r u n róle, p e u convenable, se rebiffe et recule, T o íd tom be. L a vérité d ép o u illée d 'o rn e m e n ls etnpruníés a p p a r a it. I I se fo u le p ro b a b lem en t les r ein s. J u s te p u n ilio n ... Cepend a n i s i cette brouette a v a it été d u gen re á nez, ou p lu tó t á d e u x nez comwe celles d es T en iers, de G é ra r d D ou, e tc ., V a ven tu re n ’en a u r a it p a s été p lu s m o ra le; m a is le v ie u x et g ro tesq u e R om eo ne sera it pas d escen d u s i b i'usquem enl et s a n s s a p é rru q u e ; ta n d is q u e la fa u sse n a ite de la solté et devergondée J u lie tte s e r a it restée lá oü celle-ci l av a it a tta ch ée á s a p e rso n n e .
(*) NEZ. V. IV« P. n° 215.
pourvues de ce prolongem ent. Cependant nous avions eu sous les yeux, entre autres, les images
(*)
SUPPLEMEMT DES CAUSE
Q r e n o u i l l
— P. LXI —
m u g i s s a n
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RIES BROUETTIQUES
M u s i g u e
Et c
des brouettes de la page 124 et d’autres encere (Cécité brouettique.) L’objet du nez de la brouette pour briques de la page 125 a un autre objet: cette brouette n’est jam ais déchargée par devant.
gracieux, plantait les dards, dits banderillas, dans le coussin de liége qui représente une partie du dos de la béte.
Bull Frog? Ce nona renferm e-t-il une allusion a la forcé et la légéreté de rappareil ou a ce batracien, de certains lieu x hum ides de rAmérique, dont les m ugissem ents font songer, paraíl-il, a ceux du taureau? Quoi qu’il en soit ce nom a éveilló en nous le souvenir de la brouette á téte de taureau.
TORÉADOR
BROUETTE POUR APPREívDRE L'ART DU TAURÉADOR Nous aurions donné la préférenco pour les exercices dont la brouette á téte de taureau est l ’instrum ent—disions nous á la page 225 de cet ouvrag e—a la brouette á une roue. A Tétiian, il est vrai, en pleine rué, on se servait en 1913 (peut-étre depuis longtem ps), de Tappareil monocycle, dont on peut voir l ’im age á la page 224. Tétuan est un gros bourg de la banlieue de Madrid. Toujours est-il que nous n’avons vu la vraie brouette bucépbale m onocycle que vers 1920, a Madrid. Cet
appareil jouait son role de taureau dans une «academie taurine» installée dans un terrain situé en tre le Jardin Botanique et la rué d’Alphonse XII; en contre-bas de cette rué; espace libre qui attend patiemment, depuis longtem ps, Timmeuble qui doit le couvrir. Grace a des trous, percés probablement dans les planches de la cloture par les curieux, on pouvait observer gratuitem ent les exercices fort bien exécutés par deux jeunes hom m es dont l‘un évitai adroitement les com es du taureau, poussé par l ’autre, tandis que le premier, d’un mouvement
«Taureador (ou toreador) mot á peu-prés espagnol qu’on n’entend jamais prononcer en Espagneí) disons nous a la page 225 de nos Causeries, «du m oins aujourd'hui,» aurions-nous dú ajouter. D ’aprés le dictionnaire de l’Académie (Madrid) le torero serait le professionnel, le toréador serait l ’amateur, qui descend dans l ’aréne (??). On trouve, parait-il le mot toréador dans une lettre de Goya. Nous l ’avons lu dans Paris, Londres, Madrid, ve de E. Ochoa.—París, Baudry 1861.—Ochoaet Goya vécurent longtem ps en Franco. Le mot loréador se voit aussi dans un singulier petit livre du capitaine Machuca, opuscule trés i are écrit au m ois do juin 1731. (Mémorial que dan los cavallos al entendi
miento del hombre.) Torrecilla: Bibliografía hípica. Le íTauréador! tauréador!» do Meilhac et Halévy n’est done pas absolument fantastique. Néanmoins si le dictionnaire de l ’Académie ne se trompe pas, comme le personnage des auteurs de Carmen est un professionnel, il est toréro et non iauréador ou toréador-, m ais nous som m es a l ’Opéra... L’Opéra! Les notes du Barbier de Séville inspirées par la brouette nous semblent aujourd'hui m oins gaies Le duc de Valencia est mort avant d’avoir vu son nom dans ces Causeries /¡ a cote de celui de Rossini. L’histoire de ce maílre, cello de la m usique aussi bien que celle du Barbier dé Séviiie, lui doivent un souvenir. Sans les recherches du duc de Valence, jamais, probable ment 0 1 1 n’aurait su d’une fagon p o siti vo, l’origine des promiéres m esures du choeur de la fln du deuxiém e acte du plus joyeux des chefs-d'ceuvre du cygne de Pesare. Que Dieu ait son 5me. BANC-BROUETTE A QUATRE ROUES (V. P. 194.) Dans la causerie XXI de la premiére partie do ce recueil, nous disions, entre autres d ioses, que la caractéristique d’un bañe est sa ñxité. On déplace une chaise. Un bañe reste lá oü il est. Son déplacement, en tout cas, est d’une exécution pénible. En 1915 nous fim es construiré un banc-brouette dont
SÜPPLEMENT DES OAÜSE
B a n s
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le croquis ci-dessus, fait d'aprés une photographie. donne croyons nous, une idée sufflsante. Je fis cadeau de ce meuble roulant á mon cher et regretté frére Mariano (v. ps. 248 e t 249). On s’en sert toujours dans le pare de la Dúchese veuve San to Mauro, á Las Fraguas, oü il a donné et oü il donne, paraít-il, pleine satisfaction. Tantót il est auprés d'un bosquet, tantót sous un arbre, tantot sous un autro, tantót loin de tout abri. Son transport et son orientation étant fáciles, sos oceupants 1‘ont placé dans la position qui leur convient le m ieux, selon qu'ils désirent recevoir ou éviter l ‘action du vent ou des rayons du soleil. Bien entendu, cet enfant de la brouette dit á qui veut l’entendre que l’observation de ce petit véhicule n ’est pas absolum ent stérile. Ce bañe porte d'ailleurs une plaque m étallique gravée, oü 1‘adresse et le nom du fabricant sont rem placés par celui de l’ouvrage et par le numéro de la page oü 1‘auteur des Causeries bromtliques en parle (p. 194 et 195). En tém oignage des bons Services qu’il rend, spontanément, on m ’envoya de Las Fraguas des
Une clavette qu’on peut passer dans des trons <on les voit á gauche) dont l’un dans un des pieds du bañe et l’autre dans la roue, inmobilise le meuble.
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BIES BROUETTIQÜES
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sphériqiie
BROUETTE Á ROUE SPHÉRIQUE II va sans dire que la roue d’une brouette pourrait étre remplacée par une sphére m atérielle, traversée de póle á póle par un axe horizontal. Cette substitution pourrait donner lieu á des cons i d é r a t i o n s d’ordre géométrique; mais ne
changeraü ni peu ni proa, les conditions d’équilibre de la machine. Orense et en acier, cette sph&re pourrait étre aussi solide et légére que la roue de beaucoup de nos brouettes, et bien m oins lourde que celle de la brouette chinoise. Mais puisqu’elle ne pourrait jouer que le mém e róle, absolument le máme que celui de la roue, á quoi bon une encombrante sphére lorsqu’un seul des grands cercles de celle-ci la rem place si avantageusement? La substitution d’un cercle par une sphére, c’est-á-dire la substitution de la roue par une sphére ferait cependant de la brouette, ainsi modiflée, un bon appareil de démonstration. Cette brouette á roue sphérique rendrait p lus visibles les changem ents du point d’appui de celle-ci en fonction des manceuvres faites par le brouettier dans le mode de direction de la brouette que nous avons appelé: «par inclinaison»; procédé dont font usage les cyclistes lorsqu’ils di rigen! et m aintiennent Téquilibre de leur monture sans toucher au guidon et surtout, et exclusivement, les m onocyclistes. (V. les nos 202 et 203.) LA BROUETTE
photographies de ce bañe tétracycle, agrémentées des portraits des personnes qui en font usage. Achacun le sien. L’invention du banc-brouette ne nous appartient pas. Nous n'avons fait que recueillir l ’idée et qu’ajouter trois roues, et d’autres details insigniflants, au bañe m onocycle pour jardin qui nous fút signalé et décrit par Mademoiselle Em ilie Fernandez de ViUavicencio (V. p. 194).
DE L’ESCORIAL OU DE L’ESCURIAL}) (V. p. 53.) II est difflcile de ne pas se tromper; m ais ne pas reconnaítre son erreur est une vilaine chose solon le vieux proverbe. A la page 53 de ces Causeries nous demandions, avec l ’accent du reproche, pourquoi les Frangais disent l ’Escurial, le Monastére de l'Escurial et non pas, comme les espagnols, TEscorial. «Escurial», ajoutions-nous, «est un mot qui
SÜPPLEMENT DES CAUSE
L ’E s c u r i a l
ou
—• F. LXIII —
l'Escorial?
n’est ni espagnol ni géographique. Tandis qu’un es corial est un endroit oü l’on jette les scories d’une forge, d’une exploitation industrielle». En espa gnol, corrme en latin, com m e en anglais, scorie se dit scoria-, nom pas escuria. Assez longtem ps aprés l ’im pression, dans oes causeries, des lignes auxquelles nous venons de faire allusion, revenant sur l ’idée, trouvant étrange que, tant en France com m e en Anglaterre et en Italie, peut-étre ailleurs, on dise, au m oins depuis le XVIe siécle, l'Escurial, nous avons dédié quelques heures á l ’étude de ce petit probl&me étymologique et linguistique. Les étrangers ont-ils tort? Ont-ils entendu de travers? Leur orthographe et leur prononciation du mot Escurial sont-elles illogiques et injustifiables? Les latinistes qui disent et écrivent escurialensis, e, devraient-ils dire scoria-
lensis, e? Escurial est bel et bien un nom espagnol et géo graphique. II y a deux Escurial dans la carte d’Espagne, l'un dans la pro’.’ince de Cacérés, l’autre dans celle de Salamanque. En Portugal il y a un Santhiago del Escourial. Nous disons encore, en Espagne, en parlant de la bibliothéque du fam eux Monastére, la bibliotliéque escurialense, et nous donnons le qualiflcatif de escurialense (non pas celui de escorialense) á l ’art caractéristique des orfévres e t d'autres artistes dont l e talent contribua á em bellir le Monastére et ses accessoires. Escuria lense (du latin escurialensis, e) est l ’adjectif qui correspond á ce qui est de 1'Escorial, com m e par exemple, le qualiflcatif tourangeau s'applique á ce qui est de Tours. Pour justifler l'origine du mot, on a done prétendu qu’il y avait á l ’Escorial des forges qui, naturellement, produisaient des scories. A tort nous l'admimes. II est possible qu'il y ait eu des forges á cet endroit. II y en a eu, il y en a partout; m ais le lieu oü Philippe II bátit son Monastére s’appelait l'Escurial, et non pas l ’Escorial. L’usage a substitué un mot qui parle á l ’im agination á un autre qui, vieilli, n’a p lus de sens ou qui est un barbarisme. Aujourd’hui encere, á la campagne, et jadis, dans des livres devenus classiques, on trouve les mots escuro et oscuridad. (Obscuro, obscuridad.—Obscur, obscurité.) Escurial signiflait lieu sombre, obscur. Escouro, en portugais, a le mém e sens. Si on supprim e un o d’escouro on a: escuro. Tu nos das la noche oscura... (tu nous donnes la nuit obscuro) dit Fray Luis de León’' dans sa paraphrase du psaum e Benedic anima mea. Apostrophant les étoiles il se sert aussi du substantif oscuridad. «Ilendez visible, leur dit-il, votre joie par votre scintil-
RIES BROUETTIQÜES
Brouette
a
p i Vo t
lement, dans cotte obscurité') (escuridad). (V p. •'ISI, 3 7 et 314. Indice do Bibliografía Hípica Española y Portuguesa.) (•) Prononcez: Fraí Louisae dé Léonne.
Offlciellement, depuis longtem ps, en Espagne, rancien Escurial de P hilippe II est devenu l'Bscorial. Bien ne peut centre l’usage. Une lettre adressée <á l'Escurial», á l ’Escorial de la province de Madrid, risquerait, de s’en aller du coté do Oacérés ou du coté de Salamanque. Nous avons vu derniérement dans ún ouvrage anglais, récent, le mot Escorial. Les anglais sont pourtant assez attachés a la tradition. La brouette a entrepris, plus d’une fois, nous le savons, de longs voyages (v. p. 207). Les pi’oblém es de géographie ne doivent done pas lui étre indifférents; mais, ici, serait-elle capable do nous éclairer? Les frangais devraient-ils dire aujour d’hui l ’Escoi’ial ou continuer á dire l ’Escurial comme ils disent Barcelone (Barcelona), Séville (Sevilla), Borne (Boma), ou Londres (London), com m e nous disons Burdeos (Bordeaux) ou Ba yona?
BBOUETTE A PIVOT OU Á JOINT La caractéristique de cette brouette est la rela tivo indépendance entre sa civiére et l ’essieu de ses roues, ainsi que le trés facile maintien (qui en est la conséquence) de son équilibre.
Cet équilibre est non seulem ent du genre stable, méme lors que la distance entre les deux roues est trés petite, m ais il est stable dans des cas oü los brouettes m onocycles ou bicycles ordinaires toinberaient inévitablem ent. L’axe ou l’essieu des brouettes est généralement placé entre les extrém ités sainantes (au déla du coffre ou du plateau) des deux grandes barres lon gitudinales de la civiére, Ngtre véhicule, devant,
SDPPLEMENT DES CAUSE
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n ’a qu’une seule piéce en saillie. Celle-ci est dans le plan vertical passant par l ’axe longitudinal, de figure, de ia brouette. Cette piéce en saillie (que nous appellerons pivot) pout-étre dans le mém e plan du platean ou dans un plan, parallele ácelu ici, au dessus ou au dcssous du platean.
a
RIES BROUETTIQUES
P
t
largeur aussi grande que la longueur de l ’essieu d’une brouette bicycle. Dans le prem ier cas la lar geur de la bobine peut n’étre pas plus grande que la largeur de la roue d’une brouette chinoise. Les
Notre brouette n’a, théoriquem ent du m oins, qu’un seul point d’appui sur l ’axe de la roue ou des roues.
r Bobine
Cette brouette est-etle bicycle ou á une seule roue? Nous n’avons pas osé, on le sait, fixer la lim ite qui sépare le m onocyclism e du bicyelism e dans les brouettes á une et á deux roues. (V. n® 220.) La nótre peut-étre considérée aussi bien comme m onocycle que com m e bicycle. Sa roue, en effet, est une sorte de bobine ou de poulie dont la gorge peut avoir quelques centim etres de largeur ou une
joues de la poulie, c’est-á-dire les deux grands disques de la bobine, peuvent étre rem placés par des roues tournant librem ent sur l ’essieu du véhicule. Au dessus de cette bobine, de cette sorte de poulie, reposant sur le m ilieu de la chape de celle-ci ou de l’essieu des roues, il y a une piéce que nous appellerons le manchón (v. fig. 4). Cette piéce, ce m anchón peut former corps avec l’essieu ou peut tourner autour de celle-ci, dans un plan perpendiculaire á l’axe ou essieu des roues. Ce manchón sert de soutien et de gaine á une l’autre piéce de forme cylindrique: le pivot. Ce pivot, placé devant la caisse cu le platean de la brouette, avec lesquels il fait corps, est comme une prolongation m atérielle et saillante de l’axe lon gi tudinal du véhicule. Comme le pivot peut tourner dans le manchón (ou réciproquem ent celui-ci autour du pivot) il y a dans notre brouette une certaine indépendance entre la civiére et le train des roues. On peut done m aintenir les manches des bras de la brouette dans un plan horizontal, quelque soit l’angle que l’essieu des roues form e avec ce plan. Le résultat, au point de vue de l’équilibre de l’unitéhom m e-
SUPPLEMENT DES CA0SE - -
I n V e r s ah l e .
Nouvelle
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LXVl — RIES BROUETTIQUES
v oit u r e
brouette, est le mem e que si les roues de notre brouette possédaient le verticalisme. (V. n° 149.) On dirige cette brouette comme on dirige les brouettes bicycles. Moyennant un dispositif qui lim ite le jeu de l ’axe longitudinal dans sa gaíne, sa direction pourrait étre á peu prbs com m e celle des brouettes á une roue. Cette brouette ne possbde pas toute la sim plicité de la brouette m onocycle ordinaire, mais elle lui est bien supériure sous le rapport de la facilitó et la perfection du déchargement latéral. Quelle que soit la forme de sa caisse on peut la retourner totalement, sans violence, sans effort, sans danger, doucement, sans en renverser les roues. (V. 205 et 208.) Ce novueau type a sur celui des brouettes ordinaires, á une ou á deux roues la, supériorité de la stabilité. On garde l’équilibre de notre m achine sans la m oindre difficulté; méme si le centre de gravité d’un lourd fardeau, portó par elle, est dans un plan relativem ent tres au dessus de celui de la base de sustentation du véhicule. Cette brouette á pivot jouit m ém e d’un avantage tout á fait exceptionel. Si ses roues viennent á chavrer elles n’entraínent pas la caisse dans leur naufrage. J ’ai pu transporte!', sur l ’unique exem plaire qui existe de cette brouette, un hom m e debout appuyé sur sa canne; transport qui serait tout au m oins acrobatique (si tant est qu’il soit réalisable) sur une brouette m onocycle. Ajoutons que s i la canne avait été remplacée par un appui rigide, formant corps avec le véhicule, lors mém e que les roues et leur essieu auraient versé cet accident, ou plutót cet incident, n ’aurait m odiñé ni la position horizontale du plateau de la brouette, ni celle verticale de son voyageur. Les cas oh l’on pourrait faire avantageusement usage de la brouette á pivot sont, croyons nous, nombreux. On pourrait méme s’en servir, par exemple, utilem ent, pour les petits transports faits sur le tillac des grands báteaux. Cette brouette éviterait les chutes des trop hautes brouettées de bagages, chutes qu’on voit souvent dans los gares. D’ailleurs, il serait facile d’ádapter le systém e de pivot aux brouettes bicycles actuelles des chemins de fer. Vais-je faire breveter cette inven ti on? lló r a le: La mém e que celle de l ’histoiro du banc-brouotte. Une théorie, mém e brouettique, exacto peut enfanter des applications pratiques. Par centre, auraient dit Monsieur de la Palice ou Monsieur Prud’homuie, les faux principes, les fausses théo
p ou r
l ’A l m or a im a .
ríes sont contraires «au progrbs des peuples, S. celu i de la brouette, et á celui du char de l ’État». NOUVEAU PROJET DE VOITURE POUR L’ALMORAlMA En 1885 le m onocycle du Scientific Americmi
SC-g,f¡ h y i E R i C P ' V.
pag.
214.
nous avait suggeré l ’idée d’une voiture légére pouvant roulor sur les sentiers et sur le flanc des collines. Nous ne cherchamos la solution du problém e que dans le m onocyclism e. L’obsession de la
voiture a une roue, du genre de la brouette ou de celui du vélocipéde, absorba nos idées. Celle d’atte1er une béte á un véhicule du type de notre brou ette a pivot ne vint á notre esprit, que longtem ps aprés notre insuccés de l’Almoraíma, plus de quinze ans aprés que nous avions im aginé le disposi tif pivotant. Celui-ci aurait rendu pratique une voiture á laquelle nous dem andions du viestrictisme et du verticalism e. Le m aintien de Léquilibre de notre brouette est aussi facile lors qü’elle est tirée que lors qu’elle est poussée et elle est, repitons-le, inversable... (V. Spt. p F . LXII.)
SDPPLEMENT DES CAUSE — LXV I -
Un
s a Va n t
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E t u d e s
Prlm iére phase du tra v a ll á la brouette.
TOKRES QUEVEDO On peut lire, dans une gravure du numero 164 de ces Causeries Brouettiques, le nom de Léonard Torres Quevedo (prononcez: Tor-esse Québé-do). Avant d'expliquer pourquoi ce nom se trouve dans ces Causeries Brouettiques, rappelons que les paroles que Millón applique á rinvention de la poudre (v. p. 3), sont applicables a;ix inventions de ce célébre ingénieur (comme d’ailleurs elles le sont méme á l’muvre du Tout-Puissant Créateur el a celle de tous les inventeurs). Tout lasse, tout passe, surtout Fétonnement, Fadmiration el la reconnaissanoe. Torres-Quévédo est Finventeur bien connu, dans le m onde des savants, de la m achine á résoudre les équations el de la théorie pour la résolution m écanique de n’im porte quelle équation. II est aussi Finventeur d’autres remarquables appareils, d’un scientiflque joueur d’échecs, du bailón dirigeable rigidofiexible Astra-Torres, etc., etc., et du télékine. Derniérement (aoút 1922) on a manoeuvré, á Faide des ondes herziennes, un cuirassó dans les eaux de la Grande Bretagne et un aéroplane aux États-Unis (fevrier 1921). Nous n ’avons lu n ulle part, á cette ocasión, que (avant qu’on n ’eut fait des essais analogues, á Faide de procédés calqués sur ceux de Finventeur espagnol), Torrfes, en présence de S. M. le Roi et de ihilliers de tém oins, au moyen de son télékine, avait fait évoluer d’abord un tricycle, sur terre, et puis un báteau qui obeissait á distance, avec une rare perfection. De loin on y hissait et on y amenait un pavillon, etc. (1904 et 1905). Mais cette allusion au genie de Torrés ne dit cependant, pas pourquoi le nom de cet ingénieur se trouve dans Fimage á laquelle nous venons de faire allusion. Un jour que je causáis avec lui de m es amusem ents brouettiques, je dis quelques m ots de la stabilité de la brouette en fonction de sa longueur. Torres alors, eommi? pour se rendre bien compte de ce qu’il entendait, sur un bout de papier tra?a le croquis dont nous avons répríduit la réduction. Bien des annóes se sont écoulés depuis. Torres, croyons nous, ne sera pas m oins surpris de voir son nom auprés de celui de la brouette que de retrouver dans ces Causeries Brouettiques un croquis dont, il doit, c’est plus que probable, avoir perdu le souvenir...; mais k chacun le sien. (Sept. 1922.) De 1/3 Pe.'ife Q ironde du 4 aoút 1923.— M ervellles de la T. S F. Un eulrassé sans équlpage, ^uidé h dlstanoe, reusslt p a r sea évolutions h se so u straire aus; bombes des avions. Londres, 3 aoút.—D’Intéressantes expériences... ont été faites au large de l’iie de Wight. Le cuirassé declassé Aga~ m e m tu m d© 18,000 tonneg.................................. ......................»
b r o u et t i q u e s
TORRÉS Y
QUEVEDO (V. p. LXIX.)
Ce travail prélim inaire, exécuté verticalement, est suivi du travail en sens horizontal.
P oints de con tad successifs de la circonférence d’un cerceau d’enfant avec le sol, pendant la chute de le cerceau. Cette chute se produit sans que le cerceau (ou la roue s’il s’agit de la brouette) tourne autour de son axe. L’expérience peut done étre faite aussi bien avec un oouvercle á manche de casserole.
A Faide d’une silhonette découpée dans une carte de visite, par exem ple, on peut étudier Févolution de la roue de la brouette lorsqu’on dirige celle-ci par inclinaison et quand on la décbarge latéralement. (V. n“" 200 et 208.)
SUPPLEMBNT DES CAUSE —
L a
s i t u a t i o n
du
c e n t r e
P.
de
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g r a v i t é
et
l ’a u t o m o b i l i s m e
AÜTOMOBILISME OU
OOMPOSANTB HORIZONTALE Les pieds d’une échelle d’une barre, d’un baten, etc., fuient vers l’avant losqu’on en soulbve l’extrémité opposée; surtout si leurs extrém ités inférieures reposent sur un sol glissant. Nous
1 Char. Automobile. — 1' Ohar pas automob ile .- 2 Brouette automobile. — 2' Brouette non autom obile.—Brouette chinoise. Hypothése: son axe longitudinal forme un certain angle avec l ’horizontale. Si le centre de gravité du fardeau se trouve dans un plan passant par la verticale A, la brouette est autom obile. E lle ne l’es pas si ce centre de gravité est dans le plan oü se trouve la verti cale B. avons donné le nom d’autom obilism e á cette fuite. L’intensité de cet autom obilism e, de cette fuite, de oette com posante horizontale, (lorsqu’il s’agit de ces objets dont l ’épaisseur, étant donnée leur longueur, peut étre négligée), est m axima, comme l ’ndique la théorie, ou comme le fait voir un léger
graphique, lorsque l’angle formé par ces objets avec un sol horizontal est de 45 degrés. II n’en est pas de méme, nous le savons, lorsqu’il s ’agit d’objets de form e plus compliquée, objets tels que voitures á bras, brouettes, etc. Le degré d’intensité de leur autom obilism e, et méme la direction de celui-ci, dépend, entre autres choses, de la position de leur centre de gravité au dessus ou au dessous du plau passant par leurs points d’appui. Le nom bre 45 du numéro 181 (col. 2), est done un erratum. Ce nombre doit étre remplacé par un autre plus petit: par celui de 25 au de 30, par exem ple. II ne s.agit ioi, bien entendu, que d’un á peu prés et non d’une valeur connue et invariable. (V. n° 181 ter).
1, 1", 1' Autom obile.—2, 2' Non automobile.— 2" (Véhicale poussé). Un peu autom obile si le ti m ón se trouve dans le plan de la lign e pointillée. Non automobile dans la position V. Voyez au N° 181 LA GRAVURE FAITE D’aPRÉS UNE PHOTOGRAPHiE. Instinctivem ent, par des tatonnements instinctifs, l ’homme donné aux bras et au platean de la voiture qu’il pousse le degré d’inclinaison le plus favorable au déplacem ent du véhicule. Bien entendu, si l’adhérence de cet hom m e avait été insuffisante, il l ’aurait cherchée dans l’abaissement des bras de la voiture, sacriñant utilem ent l’autom obiliste á l’adhérentism e. (V. l’avant der-
nier paragraphe du n° 196.) Dans ce cas, de com bien de degrés cet homme aurait-il dü fermer l’angle formé par les bras avec
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RIES BRODETTIQÜES
L E V É H I O U L E P O R T E - M E Ü L E DE L ’A M O U R N ’E S T P A S U N E B R O U E T T E l ’horizontale? 11 s’agit ioi d’une question quantitative. Les facteurs, dont il faudrait teñir compte pour la solution du probleme, sont assez nom breux. P oids de rhom m e, poids du fardeau, poids de'fla voiture, position du centre de gravité du fardeau par rapport au plan vertical passant par l ’essieu; horizontalité ou déclivité du ehemin, etc. L’ariétism e, avons nous dit, favorise l’autom obilism e de la brouette á une roue. (V. n° 151 et 181.)
duirait un effet contraire a celui de l’automobilisme brouettique. LA VITESSE DES DRAISIENNES N’était, disons nous ailleurs, la crainte que sa vitesse inspirait aux piétons le velocipéde, le velo, peu de tem ps aprés son invention, n ’aurait pas attiré l’attention de la foule plus vivem ent que la vue d’une brouette.
_n/ R etro u vé.
2, C roquis d 'a p r é s le d e sig n a te u r Joh.
(Mon Journal.)
On sait notre pinion. Les anciens ne connuerent pas la brouette. Cependant dans le Dictionnaire des Antiquités de Rich on voit un genie rem ouleur dont le véhicule, á prem iére vue, peut passer pour une brouette. Nous en avons reproduit l ’im age á la page 38. A cette m ém e page nous disions que nous donnerions les raisons, d’ordre technique par les quelles le véhicule de Vamour á la meule de Rich ne saurait étre considére com m e une brouette. II n ’a pas en effet les caractéristiques de celle-ci. II m anque d’adhérentism e, d’autom obilism e et probablem ent de postirism e. C’est plutSt un véhicule du genre des petits chars du vase du British Museum (v. p. 39). En tout cas ce serait un voiturette bicycle á charge m oins bien équilibrée longitudinalem ent' qaé la notre de Las Fraguas (v. p. 243 et IVe P., passim ). 11 est probable que, comme le notre de Las Fraguas ce petit char était tiré et non poussé. De par la hauteur du centre de gravité et de la place oh il se trouve, loin de fournir de l ’adhérence au genie, les poignées des brancards exercent leur poussée de bas en haut. D’ailleurs si la voitu re était poussée, la eom posante horizontale pro-
(V. n®75.)
Voyez notre hypothése sur l’origine de la draisienne (n° 72 bis). Cette machine, avons nous dit, est la m ere du velocipéde et la grand’mére du bi cycle et de la bicyclette. Peu d’intellectueh saisirent le cOté sérieux du principe de la draisienne. La littérature et la caricature ridiculisérent l’invention. Le hasard a m is entre nos m ains un ouvrage du com te de Ségur oh l’auteur place les plaisanteries inspirées par la vue des draisiennes, au jardín du Luxem bourg, dans la bouche d’un gascón. Le com te a oui dire que ces appareils avaient étéperfectionnés depuis et qu’on disait qu’ils avaient parcouru 40 lin es en vingt-et-quatre heures, résultat qui sem ble lu i avoir donnó á réflechir, á en juger d’aprés la note que nous copions au pied de cette colonne. La donnée qu’elle renferme, que nous n’avons trouvée n ulle part ailleurs, est intéressante. Les draisiennistes auxquels fait allusion de Ségur avaient dtt faire, en m oyenne, 13 Mlométres á l ’heure, á peu prés. Ici, probablement, vingt-et-quatre heures signiflent unejournée d’une douzaine d’heures (*). (Comte de Ségur: La Dispute Interrompue.—Galerie Morale et Politique.—Pa/risAlexia, Emery, 1823.) Les draisiennistes m ontaient á pied les cotes; m ais ils se rattrapaient sur plaine et surtout aux descentes. C) N ote dü Comte de Séodr .—«Ces roitures yélocipíxies pendant quelq es jours, coururent París et le flrent courír. Apréa deux ans d’oubli elles reparaissaient, dit-on, dans le département. L’inventeur les ayant perfectionnées avait parcoura arac elles 40 llenes en vingt-et-quatre heures.»
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ENCORE (V. Suppt. XLVl et XLVIII)
a propos de i’anniversaire de la naissance de Pascal Un article du Journal Le Temps Le 6 juillet dernier le courrier m’apporta un numero du journal Le Temps. Sa date: 22 juin 1923. Un bref article y était signalé au crayon rouge et bleu. Signataire: « M . d ’ O c a q n e , de l’Academie des Sciences». Expéditeur? L’auteur de cet article y dit quelques mots de la «légende» de l’invention, attribuée a Pascal, de la brouette; «invention qui remonte a des temps beaucoup plus reculés». A ce propos M. Maurice d’Ocagne rappalle l’explication d’aprés laquelle cette légende serait née d’un qui pro quo, á notre avis, on le sait, peu probable (V. p. 235). Dans ce Supplément nous avons exposé l’opinion de l’auteur d’un article de VAlmanach Franqais Catholique de propagande.. Ce publiciste croit que l’invention de la brouette pourrait se placer, dans l’ordre du mérite, devant la machine a calculen de Pascal. Pour M.*" d’Ocagne le plus solide titre scientifique de gloire de ce géométre est l’invention de son arithmométre. Le talent et la compétence donnent id de la valeur á cette appréciation, préparée par les profondes études du savant académicien sur les abaques et par ses propres découvertes dans cette branche de la Science, si pro che de celle dont l’objet est le calcul fait á l’aide d’appareils dits machines á calculen. M.r Maurice d’Ocagne, s ’est occupé, aussi, tres sériensement de celles-ci. Depuis de longues années M.r Maurice d’Ocagne est en rapport avec notre ami, et parent á la mode de Bretagne, Torrés y Quévédo. ( V. S u ppt ) 11 a écrit quelque part que personne, eu faít de ma chines á calculen, n’est alié aussi loin que l’ingénieur espagnol. Celui-ci est fort reconnaissant á ce franqais, aux nobles sentiments, qui généreusement a contribué h faire connaítre les beaux travaux de notre compatriote dans les milieux savants étrangers. Ex-polytechnicien, probablement, M .r Maurice d’Ocagne appartient au Groupe Parisién de TX ('V. Suppt A. II). Puisque la fantastiqiie brouette de Pascal ne l’a pas laissé indifférent, pourquoi ne se-
rait-il pas un jour l’auteur du traité théoricopratique de la brouette, auquel nous avons fait allusion fV. Suppt ]V), traité oii seraient á leur place les calculs abstraits, les démoustrations et formules mathématiques qui manquent dans nos bavardages ou Causeries brouettiques? Notre essai n’est qu’un re cueil et une exposition de faits, d’observations et de données concretes. L’objet principal de notre écrit, purement qualitatif, avons-nous dit, est de vulgariser ces faits et ces données et de faire voir jusqu’á quel point une machine, que tout le monde a 'sous les yeux, est peu, ou point, ou mal connue. Un traité de la brouette serait un traité de l’équilibre des forces et par conséquent, pourrait-on dire, un traité de mécanique. D ’ailleurs les brouettes odométriques et autres de cet genre ne sont-elles pas, aprés tout, des machines á calculen? (V. p. 201 et 203).
En recevant l’exemplaire du Temps je crus d’abord qu’il s’agissait d'une gradeuseté de la trés-aimable marquisa de Gerbéviller-Lambertye. (V. p. 215). Ce Service n’aurait pas été le seul, on le sait, dont la brouette aurait été redevable a notre excellente et francoespagnole amie. A la page 157 de ces Cause ries on peut voir une reduction de la copie, faite par la marquisa, alors encore comtesse de Lambertye, d’un l’homme se brouettant lui méme. La gravure, faite d’aprés un dessin de Bertall se trouve dans je ne sais quelle édition de Brillat-Savarin. L'incendie, auquel nous avons fait allusión á la page 267, détruisit l’exemplaire, peut-étre unique, de la litographie dont, heureusement, nous possédons la copie qu’on peut voir dans la premiére colonne de la page 215. Cette lithographie qui, on le sait, re présente (*) un précurseur de Blondin (V. p. 216 et Suppt LIX) avait été pendant de longues années au cháteau de Qerbéviller. Ce beau chéteau á peri avec tout ce qu’il renfermait. La guerre eiiropéenne l’a détruit. (*) (?) Nous faisions fausse route en attribuant k madame de Qerbéviller l’envoi á Madrid de l’article de M.r Maurice d'Ocagne. L’examen de l'écriture de l’adresse et la lecture de l’inscription, tamponnée sur les timbres de la bande du numéro du Temps que j’avais repu, me mirent sur le bon chemin. J’y vis méme l’image du Dr. Paul Reclus, frére du fameux géographe, Elysée, me tendant les mains. Quel plaisir nous eussions eu h faire voir á notre
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X. V. Y. Z. aini ce que nous disons dans ces Causeries de luí et des brouettes dont Larrey fut si fier d’avoir su utiliser les Services! La mort nous a imposé la privation trés Guisante—mais bien petite á coté du malheur qui l’a produite—de cette satisfaction. Le fameux chirurgien des armées de Napoléon était une des idoles de Reclus. Celui-ci fut appelé comme expert dans une cause célébre. L’émotion et l’indignation brisérent, diseut les siens, le cceur extrémement sensible de cet homme remarquable. II mourut la veille de la guerre. Celle-ci, l’aurait probablement íué. 11 aurait succombé á la tache aprés s ’étre donné sans mesure au soin des blessés. Dona ei, Domine, réquiem ceternam et lux perpetua luceat ei! Le nume ro du Temps oii il est question de la brouette nous á été envoyé par Madame V.® Reclus, femme charmante, aujourd’hui inconsolable. Son coeur ne l’a pas írompée s’il lid a fait penser que cet envoi aviveraiten nous des souvenirs et des sentiments d’amitié. (Madrid, 8 juillet 1923).
327 6 a n s a p r é s :: :: E gy p te et A r g o s
Chars de Tutasikham en M o tu s m in o r is m e e t a d h é r e n tis r n e Derniérement, la découverte des chambres mortuaires du Pharaon Tutankhamen de la 18.® dynastie, correspondan!, selon les égyptologues, á l’année 1353, avant notre ere, a produit l’émoi que Ton sait. C es chambres, véritables magasins d’objets de toutes sortes, sont encore (juillet 1923), en partie inexplolé e s. On y a trouvé les chars du roi défunt. L’essieu est placé á l’extrémité pos^érieure du plateau de ces voitures. On peut en voir une photographie dans le journal illustré The Sphére, du 9 décembre 1922. Par ce que, a tort ou á raisón, nous la considérons exacte, et nouvelle, nous avons allongé, peut-étre un peu trop, l’explication du dispositif que nous venons de signaler comme l’une des particularités des chars de Tutankhamen. D ’ailleurs cette explication, si on tient compte des différences, est la méme que celle qui convient a ce que nous avons désigné du nom de motusminorisme de la brouette. (V. n.o 171, 172 et 173 de la IV® Partie.) D ’autre part, on sait quel Service rendit á Cydippe, mere de
Cléobis et de Biton, un petit char argien du méme genre, á peu prés, que ceux du pharaon, gráce au méme dispositif. (V. IV.e Partie, números 116 et 123 e t 157-158; Adhérentisrne. C har de Ramsés Suppt. LUI).
Tout revient. La brouette de Chantecler Tout se tient; Pascal sa fantastique brouettes celle non moins fantastique, mais plus réelle, aprés tout, de Rostand, Chantecler, Clermont-Ferrand, ou Ton vient de célébrer si solennellement la naisance de l’auteur des Pensées. Or, mais nullement par un jeu du hasard, la derniére syllabe de Chante cler et la premiére de Clermont son identiquement orthographiées. Ce oler voulu, est-il plus clair? Donne-t-il au titre de la piéce un air plus gai, plus strident? Quoi qu’il en soit la brouette, súrement, n’oubliera pas Rostand. (R . I. P .) (*) Lorsque, dans ce recueil, nons l’invitions a chanter cetté voiturette, ce poete, alors plein de vie, applaudi, heureux, était á Cambo dans cette prooriété oii nous comptions lui envoyer, un jour, un exemplaire de nos Causeries Brouettiques. Ce domaine vient d’étre vendu au rabais. Non, tout ne revient pas! 11 est vrai que lorsque nous écrivions, plus haut, t o u t r e v i e n t , mentalement nous faislons allusios á ce qui suit. (*) V. p. 160. On annonce, dit La Petite Gironde du 12 juillet, qu’on se propose de reprendre au théátre Mogador des oeuvres de Rostand, entre autres Chantecler. On y supprimera «les animaux géants et le grossissement des accessoires». On n’y verra plus «la brou ette grande comme un tilbury». Que penseront de ces suppressions ceux des spectateurs de jadis qui ne conserven! de la piéce que le souvenir des ani maux, des grossissem ents et de la grande brouette? (V. p. 185 de ces Causeries). —t a & í t í a , i 5 j u u i e t 1923.
Ceinture. — Caime. Nous avons déja fait plusieurs allusion é la cein ture qui, remplaqant la tractions des mains sur le guidon, fournit au cycliste l’adhérence que la brou-
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1.
dont lexolHer garni en'cuir. —2, Crochet'de fortune en fer et cuir.—7. a Direction de la traction de la ceinture F a b r e .-6 de la ceinture Terrón.—G de la n o t r e .- C a n n e . Sa hauteur 1 métre á peu prés. On peut se servir de cannes ordinaires. Le bout pointu a Tinconvenien*' de s’engager facilement dans les joints, entre deux pavés, par exemple. Le bout métallique, le bout tube ouvert ne glisse pas, méme lorsque la canne forme avec un sol dur et glissant un angle de 30 ou 35 degrés. C’est une sorte de gOUge fermée. (On peut se servir utilement de 2 crochets dont I'uu pour les girands efforts est plus prés de la selle. On place l’autre plus prés de la tige du guidon) — 3 . Un des maíllons de notre chaíne. (Grand.r n.Ue)
C rochet,
ette donne, d ’elle méme, au brouettier. La ceinture permet d’exercer u n e action musculaire énergique entre la selle et les pédales. (V. n.° 156 ) L’usage de la ceinture favorise celui de la canne, du parapluie ou de l’ombrelle. Gráce á la combinaison de la canne et de la chaineceinture, ou peut monter, á bicyclette, vite ou, surtout, tres posément, les cétes, s’arréter san quitter la selle et repartir méme, .sur de trés-fortes rampes, suivre des voitures roulant lentément, rester immobile lorsqu’elles s’arrétent, dans les rúes, par exemple, reprendre la marche des que celle-ci est possible; sans des cendre de la machine, sans danger d’aucune sorte. Un imperceptible moulinet, fait en apparence sans malice, avec la canne, en impose aux gamins, aux chiens; surtout aux conducteurs de véhicules plus puissants que la bicyclette et fait garder aux automédons une rassurante distance. On peut, comme si on était sur un tricycle, stopper pour admirer un point de vue pu regarder la devanture d’un boutique
ou pour lire soit une affiche, soit une plaque indicatrice, etc. Je me sers de la canne et de la ceinture, á la vile et a la campagne, depuis plus de vingt ans. J’ai méme pu, h l’aide de la ceinture et de la canne combinées, rouler á bicyclette, aprés la fracture d’un de mes os, quand je ne pouvais pas encore marcher a pied. Ne serait-il pas imposant, le policeman, le gardien de la paix se tenant immobile au milieu de la chaussée, sur sa bicyclette, toujours prét a partir comme un ressort, toujours armé, pouvant disposer toujours d’un de ses bras? La ceinture, en effet, remplapant avantageusement, répetonts-le, l’action de la main sur le guidon, laisse h celle-ci toute sa liberté. Bien entendu, l'usage aissé ei dégagé de ce systéme canne-bicyclette demande u n a p p r e n t i s s a g e ,
aprés lequel on ne tai trouve que des auantages. L’énumération et l’explication de ceux-ci pourrait remplir quelques pages. En me voyant h SaintSébastien, dans les rúes, évoluant á bicyclette avec aisance, dans leurs encombrements et embarras, mon exemple fit adopter la canne (h la quelle on attribuait parait-il, exclusivement ma fafon de faire),
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pour l’usage éphémére d’un cortége de ciclystes tra vestís. Ceux-ci devaient escorterter et escortérentle s carrosses du carnaval de 1900 ou de 1901. On prit des photographies de ces cyclistes cannés. On en conserve peut-étre de exemplaires aux archives de rH6tel-de-Ville de Sébastien. D’ailleurs on en trouverait des traces dans les journaux illustrés ou autres de la région. La photographie du groupe cycliste portecanne, le dessin que feu Martínez avait fait d’aprés cette photographie et le chiché photogravé de ce dessin périrent dan l’incendie que l’on sait. Parmi les figurants de la cyclocavalcade se trouvait un brave garqon, du nom de Becvédére, ancien mécanicien de la flotte frangaise, ancien soldat du Tonkin, employé chez le mécanicien, marchand et loueur de bicyclettes, etc., Comet, bien connu & Saint-Sébastien. Quelques jours aprés le carnaval, Becvédére me dit qu’on avait imité mon procédé; qu’ il avait été chargé de I’instruction des cyclistes; mais que ceux-ci n’avaient pas été tout é fait satisfaits des Services rendus par la canne «sans poignées et trop courte». Je lui explicai que lé n’était pas l'inconvenient; que l’eraploi de la canne n’est bon, sans celui de la ceinture, que sur palier, sur un chemin á surface unie, et quand la reprise du mouvement, aprés l’arrét, n’a pas besoin d’étre vive, rapide. Or les cyclistes du carnaval s’arrétaient et repartaient continuellement.
nément, sans aucun effort. Elle doit étre d’autant plus raccourcie que les c6tes ascendentes sont plus fortes. En plaine on peut s’en passer; on s’en passe méme. En effet bien que nous portions toujours sur nous cette ceinture, nous ne nous en servons pas con tinuellement, tant s’en faut, lorsque nous montons á bicyclette. Elle-méme fait s’entir le besoin et le mo-
Pendant assez longtéms je crus étre l’inventeur de la ceinture, ágée déjá, lorque je i’inventai, de plus de vlngt-cinq ans. Dans de vieilles publications, dans des journaux et des revues on trouverait la description de ceintures ou de bretelles, antérieures ou postérieures á la raienne, d ontcelle de Terrón est peut-étre la plus connue. Aucune de ces ceintures ne porte, je crois une chaine permettant d’allonger ou de raccourcir rapidement la traction. Gráce au mode d’ancrage de la chaine sur la bicyclette, cette traction s’exerce d’une fapon plus nórmale et profitable que lorsque le point d’attache est au guidon: comme il l’est dans les autres systém es de ceinture ou de bretelle que nous connaissons. Dans le nétre le maillon qui convient (de cette chainne) s’engage dans la partie libre d’un crochet fixé, devant la selle, au grand tube ho rizontal de la bicyclette. On raccourcit ou on allonge cette chaine, on l’attache ou on la dettache instanta-
ment opportun de s’en servir. Tautét on en fait usege et tantét pas. C es alternatives, en changeant la position du corps sur la selle le reposent. Souvent, elle offre, méme sur palier, un agréable et utile appui. Je ne saurais, aujourd’hui me passer ni de la ceinture ni de la canne, gráce á laquelle on monte et on descend de sa bicyclette aussi posément qu’on entre ou que l’on sort d’une voiture á équilibre stable D’ail leurs, lorqu’on en est descendu, la canne joue le réle de soutien ou d’étai et permet á la machine de rester, au repos, en position presque nórmale: petit avantage nullement méprisable. Gráce done á la canne, la bicyclette au repos, chargée ou sans cavalier, devient un véhicule á équi libre stable, comme la brouette lorsque celle-ci ne roule pas: d’oü un rapport de plus entre ce monocycle et la draisienne ou la bicyclette, c’est-á-dire entre des véhicules á premiére vue absolument incompa rables Ies uns 0 vec les autres.
La traction de la ceinture, par l’effet de la traction sur la chaine, tend á eiercer une pression latérale sur le corps du cycliste, pression peu ou point génante quand il a affaire á des cétes peu dures ou dures et peu longues. On évite cet inconvé nient á l’aide d’une légére plaque rigide, en acier, vernie ou nikelée ou gam ie en cuir. Le résultat est parfait; mais je ne me suis serví que rareraent de cet accessoire qui est loin d’étre indispensable pour la promenade ou pour des courses de quel ques kilométres; faites méme sur des chemins montants.
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X. V, Y. Z. Je dois ajouler que mon exemple, quoique mal compris, n’a serví qu’aux cyclistes porte-canne du carnaval de Saint-Sébastien. Jusqu’á présent je n’ai eu ni un seul imitateur, ni un seul disciple. L ’apprenTtssAQE rebute ceux qui essaient de se servir de la canne. Celle-ci les géne. D’autre part, on ne trouve ni mon crochet, ni ma ceinture dans le commerce. Quant á les taire taire... Mais les ouvriers ne négligent-ils pas l’emploi de la bretelle bien que ce harnais augmente le rendement du travail h la brouette et le rende moins pénible? (V. F. LI).
FAVRE Dans une plaquette imprimée á M arseille (Typ. et Lith. Feissat, pére et tils) qui doit étre ajourd’hui trés rare, intitulée; L e V élocipede. S a structure. S es ACuEssoiREs indispensables. L e moyen de s ’en servir en
par A. Fabre, fabricant á Voiron (Isére)Breveté s. g. d. Q. 1868.
une hejre ,
Ce constructeurs de vélocipédes y tait connaíte une ceinture du genre de celles auxquelles nous venons de taire allusion. Cette brochure-prospectus (dont nous avons probablement perdu dans l’incendie de 1918 l’eiem plaire que nous en possedions) médit de l’enseignement religieux, vante les avantages du vélocipede et calonnie les tréres des écoles chrétiennes. Son auteur déclare que, puisqu’il prend la plume pour se taire imprimar, il protite de cette rare occasion pour dire ce qu’il pense. II raconte, dans son prospectas, qu’il devint vélo. cipédiste et tabricant de vélocipédes aprés avoir ad miré l’aisance avez laquelle un monsieur ágé de cinquante ans parcourait les routes de la région sur une machine á laquelle cet amateur «avait ajouté quelques pertectionnements» que Fabre ne nous tait pas connaitre. En échange il consacre les lignes suivantes é la ceinture: «Mais si on veut se muñir d’une ceinture de gym«nastique et tixer á la tige de devant du vélocipede «une courroie venant s’accrocher á la boucle de la «ceinture, le cavalier alors tera l’ettort avec les «reins en méme temps que son pied poussera la pé«dale et le poids seul de son corps, appuyant sur la «ceinture lui permettra de tranchir des rampes de «dix centimétres par métre». Bien entendu la cause de cet heureux résultat n’est pas dans «le seul poids du corps» Au contraire, c’est parce que le vélocipédiste manque de poids que la traction de la ceinture (en aidant celle des bras).
donne au corps, trop léger, I’adhérence et la tixité qui correspondent au travail des jambes. Laissons done de cóte l’expllcation et retenons le tait historique. La ceinture ou du moins une ceinture assez pra ctique existait done dejé en 1868. Depuis quand? Fabre en tut-il l’inventeur? S’il l’avait été, communicatit, hableur et vantard, il l’aurait dit.
*«* Les avantages de la ceinture. ne son pas d’une évidence axiomatique; mais ils sont positits. Or. les a done entrevas plus au moins vaguement; mais on tinira peut-étre par les étudier. II se peut done qu’un jour on trouve chez Ies marchands de bicyclettes ou d’accessoires pour celles-ci, des crochets, des ceintures, des parapluis-canne, comme celui que nous possédons et des cannes k bout terré, mais non pointu du genre de celle que l’expérience nous a tait adopier. Ne devrait-on pas trouver la bretelle pour brouettiers chez Ies marchands de brouettes?
L a b r o u e t t e e t l a e y e lo íd e (V. p. 238 e t
Suppt. LV III).
Ce que nous allons dire dans cette note, nous l’avons déja dit en d’autres termes dans nos Causeries. On a tant parlé, ces derniers jours, dans la presse et ailleurs de la roulette, de la brouette de la cycloYde et de Pascal que nous ne résistons pas á la tentation d’essayer d’attirer l’attentiou, sur le regain, sur le renouveau d’opportunité et d’actualité que les récentes tétes en l’honneur du géométre de Port-Royal ont donné é l’objet de ces Causarles. Leurs pages sont cependant écrites depuis de nombreuses années. A ces tétes, les discours otticiels de savants tels que MM. Painlevé, Emile Picard et d’Ocagne ont été applaudis (V . les journaux du9 et du 10 juin. Le Fígaro, La Petlte Glronde, etc.) «Le traité de Pascal sur la cycloide est un prodige de sagacité et de pénétration» a dit, parait-il, un grand mathémáticien du XVIII.e siécle. C es paroles de d’Alembert sont citées par l’auteur de l’article «CycIoTde» du Nouoeau Larouse Illustré (8. V. in-to; trés-utile encyclopédie ornée de plus de 43.000 belles tigures, cartes, etc. Ce magnitique ouvrage a été expurgé de tout ce qui, au point de vue doctrinal répugne é un chrétien et surtout á nn catholique dans la grande encyclopédie Larousse. Le Noiweau Larousse Illustrée mériterail tous nos éloges si le
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V. X. Y. Z. choix de ses images artistiques, fait pour un ouvrage didactique, avait été plus sévére, moins paien. Les yeux sont des fenétres par oü entre trop souvent la mort dans les dmes, disent les moralistes: les moralistes catholiques, d’autres, et bien entendu aüssi, les moralistes jansénistes; dont Pascal fut. La corruption de l’imagination méne a celles de la pensée et du coeur et celles-ci á celle de la doctrine, parce que la bonne doctrine devient génante. L’image pour l’enseignement et la propaganda est une arme á deux fils. «Le véritable Galeotto fut le livre...» (V. p. 30 de ces Causeries). Un regard jeté sur une image, méme imparfaite, en dit souvent plus long qu’une longue lectura. Exemple:
V > •< A
13 poiitions d’un rayón A d’un cercle qui tourne autonr d’un axe fixé et 13 positions correlatives de ce rayón (traversant Tespace) pendant que son extremité extérieure y décrit une cycloíde. Dans le cas I, comme dans le cas II, les positions que prend le rayón A sont infinies, en nombre. Dans ce nombre il ya quatre de ces positions qu’on pourrait appeler cardinales, dont deux perpendiculaires á ia ligne suivie et deux paralletes h celle-ci. On peut se représenter le rayón dont Textrémité extérieure trace une cyclo’ide tel qu’une fléche merveilleuse dont la tige retomberaít verticalement sur son extremité garnie de plumes aprés que sa pointe aurait tracé dans l’espace une courbe symétrique.
Quelle explication littérale, méme t r e s nette, ferait-elle voir aussi vite et aussi bien ce que re presente cette grossiére images 44? Son examen peut ensuite mener facilément á des conception abs traites et théoriques ou á des applications pratiques.
Cycloide est un mot qui a remplacé celui de ra«lette dont s’étaient d’abord servi les géométres. Etymologiquement, cycloíde signifie chose ou propriété du cercle. On a défini la cycloíde en disant que c’est une courbe engendrée par un point situé sur une circonférence roulant, sans glissement, sur une droite; ou bien (Le Temps, 22 juin 1923) la trajectoire d’un point d’une circonférence qui roule, en ligne droite, sur un plan. Aucune de ces définitions de la cycloíde, aucunede celles que nous connaissons ne convient et ne sauraits convenir á celle de la courbe tracée dans l’espace par un point de la circonférence de la roue, qui suit une ligne droite, d’une brouette tirée ou poussée. La cycloíde est une courbe plañe, c’est-á-dire, personV ne ne l’ignore, une > < courbe dont tous les ^ ^ points sont dans un seul plan. Pour que la trajectoire e n g e n d r é e par un pointde la circonfé rence d ’un cercle qui roule su r une droite soit une cy cloíde il est done in dispensable que le plan de ce cercle, se trouve, pendant qu’il roule, dans un pl a n passant par cette droite; condition que ne remplit pas le cercle de la roue, idéalement minee ou á jante arrondie, d’une brouette, travaillant normalement, tirée ou poussée; bien qu’on fasse rouler cette roue sur une droite. La roue d’une brouette qui suit une droite ou en trace une sur un plan, éprouve, pendant sa transrotation, des mouvements continuéis qui placeiit le plan du cercle de cette roue, simultanément ou alternativement, dans des plans formant des angles plus ou moins grands avec le plan passant par la ligne droite que cette roue suit ou quelle trace. En effel la roue de la brouette, poussée ou tirée oscille nécessairement. S es oscillations, cela ya sans dire, sont dues a celles, de la marche de
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X. V. Y. Z. rhomme et á celles, aussi inévitables, produites par les exigences du maintien de réquilibre de Tunité homme-brouette. On pourrait diviser en t r o is genres les nombreux mouvements, dont l ’un de rotation-translation, ou transrotatif, de la roue d’une brouette en marche {*). Les autres mouvements ou oscillations appartiendraient au genre latéraí et au genre orientée (á droite ou á gauche). Les osdlla-, tlons orientées séraient celles causees par des changements d’orientatioh du plan du cercle de la roue; par rapport á la dlrection de la droite qu’elle suit. Les oscillations laterales seraien celles qui se produisent soit vers la droite, soit vers la gauche, de la droite suivie, quand le cercle de la roue est dans des plans passant par cette droite. (*) Nous sommes serví, dans une autre petite étude, des mots transrotütion et transrotarisme. Nous les avons appliqués h la combinaison des mouvements de rotation et de translation et A l’ensemble des phénoménes qui en sont le résultat.
Répétons-le, si Pascal avait étudie la brouette, il se serait bien gardé de prendre, comme exemple de la roulette, le tracé, dans l’espace, de la courbe décrite par un point de la circonférence de la roue de ce véhicule, lorsque celle-ci roule. Cette courbe est d’autant plus compliquée que la longueur des pas du brouettier n’est pas uniforme, et qu’en général cette longueur n’est pas un parfail diviseur de celle de la circonférence de la roue; ou réciproquement. Les oscillations de la marche et celles qu’exige le maintien de i’équilibre ne sont ni synchrones, ni d’égale amplitude. D’autre part il doit y avoir un rapport incommensurable, dans la plupart des cas, entre leurs grandeurs, irreguliéres variables, instantanées, insaisissables et la longueur de la circonférence de la roue. (Madrid, 12 juillet, 1923.)
RECTIFICATION A la page 153 de ces Causeries figure parmi les tableaux brouettiques une peinture de Millet. D ’aprés le titre de celle-ci il s’agil d’une composition symbolique Mais sans ce titre, nous demandions-nous, saurait-on qu’il s’agit, non pas d’une scéne de dévotion quelconque; mais de l’acte de la priére dite VAnge lus, et que cette scéne est une allégorie, rallégorie de VAngelus? Plus loin nous disions que la figure de l’agriculteur est peu agréable et que sa tete est si étrange qu’on dirait qu’il a son bonnet sur la tete
bien qu’il le tienne entre ses mains. Lorsque nous écrivimes ceci il y avait longtemps que nous n’avions
Parodie d’une parodie. Nous avons perdu la caríe póstale, d’aprés laquelle a éié fait le croquis des enfants, avant d’y prendre le nom de Tartiste et l’adresse de l’éditeur. A l’aide de ce croquis il sera facile croyons-nous, de connaitre ce nom et cette adresse. Le titre de ia caríe: L'Angelus.
vu le tablean de Millet. Nous fimes nos observations n’ayant sous nos yeux que la photographie de cette toile. Dans cette photographie le casque á meche rouge que le bonhomme de Millet a sur la tete, se confond avec les cheveux de celle-ci. Le paysan de Millet tient son chapean entre ses mains. Dans l’original de la charmante parodie de cette page (original dessiné et composé avec un goút et un art que ne dit pas notre grossiér croquis), le chapean et le bonnet de l’époux sont représentés d’une faqon si nette qu’elle rend imposible l’erreur ou l’hésitation relativos au chef el aux deux couvrechef du paysan.A notre avis le type de la paysanne et celui du paysan de cette carte-postale sont beaucoup plus gracieux et sympathiques que ceux du tableau. L’attitude et la mine triste des enfants, (triste comme celles des personnages de Millet), peut servir d'excuse, croyons nous, á l ’addition de la pierre tombale qu’un coup de logique nous fit placer entre le bambin et sa bambino pour que leur douleur soit vraisemblable. Bien entendu, dans la jolie paro die, gauchement parodiée par nous, on ne voit pas le groupe que nous avons mis en second termo, groupe oü figure, naturellement, aussi, la brouette de Barbizón.
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Graphiques dont les clichés égarés et retrowués. Lear place aurait da étre ailleurs. INSTABILITÉ LATÉRALE DE LA BROUETTE pointus, représente l’axe idéal longitudinal L, de la brouette. L’extrémité inférieure de cette bárre figu re le point d’appui de la roue sur le sol.
A l’aide d’une canne on peut se rendre compte de l’instabilité de la brouette et de son genre d’équilibre, surtout si on y attache une petite masse d, et si on se sert d’une canne á manche recourbé.
K / ^ S ü SH. "^ñii£R m M o NOCYCLES TIRÉS DU QENRE BROUETTE.
Fausse théorie de la brouette levier du deuxiéme genre. Hypothése: ses bras sont remplacés par un timon-résultante. (V. n.°s 136, 137). Dans ce schéma théorique la barre, á deux bouts
La diagonale represente le plan passant, par les psints d’appui. Le véhicule n’est stable que si son centre de gravité est au dessous de ce plan.
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ries. L’adressd des hommes garde l’équilibre latéral de cette voiture; comme celle du brouettier maintien célui de la brouette.
CANNE-BROUETTE f y . p . 147 e t n.° 139). On peut garder sans effort l’équilibre latéral de cette brouette parce que la roue est petite; 2.°, par ce que son poids et celui du fardeau sont petits; 3.® parce que le centre de gravité de l’appareil et de sa charge est dans un plan inférieur h celui qui passe par l’axe de la roue et par la poignée de la canne; 4.“, parce que la poignée de la canne est perpendiculaire au plan passant par celui du cercie de roue. (V. l'observation de la p. n.“ 139 de ces Causeries) C ette brouette n'est á un seul timón qu’en apparence. Elle ae composse d’une roue, d’un axe et de deux leviers perpendiculaires l’un á l'autre. Bien entendu rien de tout ceci ne fut dit dans la Revue La Natura quand cette revue fit connaítre h ses lecteurs l’invention de cette brouette. COUPLE
Les anneaux et crochets representent les mains des hommes.
Ce qu’il faudrait pour stabiliser le momocycle colonial.
Maintien d e l ’équilibre latéral de la brouette Voyez le second, troisiéme et quatriéme paragraphe du n.“ 101. La main gauche, dans le cas que re présente ce croquis est la main sustentatrice (V. n.“ 202). La manoeuvre du couple se fait avec les épaules. VOITURE COLONIALE (V. le n.® 249 de ces Causeries et Alrededor del Mundo du 15 avril 1921). L’équilibre de ce véhicule est certainement du genre latéralement instable, au méme tire, á peu prés, que celui de la civiére da brouette ou d’autres monocycles dont il a été question dans ces Cause-
Nous n’avons trouvé nulle par le qualificatif d'instable appiqué á cet véhicule. La chose ne saute pas aux yeux; mais il n’en est moins certain que la ma noeuvre de cette machine doit nécessiter un certain apprentisage. La méme cause qui rend pénible le conservation de l’équilibre de la voiture de rAlmoraíma doit rendre plus fatigante et plus difficile encore le maintien de l’équilibre de cette sorte de civiére é roue. (V. Spt. IXL et L ainsi que le n.® 144).
Miniature du B de Qrimaldi. ADHÉRENCE (V oyez; Virgile de 1517. N.° 39).
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CAUSERIES BROUETTIQUES
Table synoptique ou plan métliodipe de i’ouvrage Dédicace á S. M. la Reine Chrlstine E x p lic a tio n du sig n e O (P. 265)
Com m ent vin a l’aiiteu r l’id ée d’ é c riv e ce liv re . (II.e P.)
P re n v e s de l’e x iste n c e de la fa n s s e th éo rie de la b ro u e tte . (Du n.o 73 au n.° 102, III.® P.)
A id e - m é m o ir e p o u r r a p p e l e r á c e u x q u e le s a u r a í e n t o u b lié e s , q u e lq u e s n o ti o n s p lu s q u ’é l é m e n t a i r e s d e p h y s iq u e e t d e m é c a n í q u é , e t la t h é o r i e d e l a m a r c h e á p ie d d e l ’h o m m e , d e l ’o ie e t d u b r o u e t t i e r .
Etude qualítativc de la brouette ou donuées et jalons pour un traite technique de cette machine (III.® et IV.® Partie). Resumé de I’étude qualitative de la brouette européene et de la brouette chinoise. Appareil de démostration. Questions, pourquoi® et problémes brouettiques. Histoire, littérature, étymologie, linguistique, morale, théátre, peinture, sculpture, musique, sports, acrobatie, voyages, etc. P.) SUPPEM EN T
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T A B L E S D E T A IL L E E D E S M A T IER ES:
T A B E E D E L A P R E M IE R E E T D E L A S E C O N D E P A R T IE D e l a p a g e 256 á l a p . 263
Table des maiiéres idé laulILf Partie (III.® Partie de la p. 265, au numéro 103)
Cette III® partie est une sorte d’avant-propos de la page IV® partie: C’est-á-dire de la partie oü la brouette es considerée comme machine.
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ii/i í AiiO
A v is . N o tes e t e x p lic a tio n s p rélim in aires De la page 267 jusqui’á la fin de l’puyrage l_e^ numérqs^dé la ppgipq.tioií spijií'''peiTipIacés par le numérotage des paragraphes. — Explication du signe O — Cause d’un long retard. (Pages 265, 266 et 267)
AIDE MEMOIRE (H ors-d ’ceuvre) — Quelques notions préliminaires et extra-élémentaires de mécanique et de physique. III? P. C a u se rie p rem iére: Un instrument.—Le levier et ses genres (du n.“ 1 au 3).—Le travail. Sa définition. Deux forces en équilibre ne produisent aucum travail (du n.° 3 au 5 .—Centre de gravité (du n.° 5 au 9). Equilibre snr deux points. Équilibre longitudinal e t équilibre latéral des véhicüles á une roue et á deux. Équillibre indifférent et équilibre stable. — Anomalies. — La canne. — Bicyclette géante et bicyclette naine (du n.“ 9 au n.° 16).—Bicyclette SGc/aó/e d u / ’e//fA ’aríSíe/z.—Les clowns (du n.°;16 au n.° 17). ■ - . I?P.
C a u se rie secondet Transport á dos et tranpsorten voiture ou pár.tirage,—Grollier de Serviéres.—
LeGénie /Pura/.—Rapport du tirage et de la charge.—Effort qu’exige le déplacement d’une brouette.— Crier la marchandise (du n.° 17 au n.® 22. . lll? P. C a u se rie tro isié m ei AífAerence.—Expériences.—L’adhérence n’est pasmne chose évident: exemples. Chevaux de trait montés, Augmentation artificielle de la puissance de tirage d’une béte (du n° 22 au n.° 29).
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X. V. Y. Z. in « P. Cauaerie quatrl&met Frottément.—Inertie— Adhérence.—Crémaillére.—Traction due á le forcé musculalre et au poids du moteur.— Rapport du tirage et de la charge,—D éclivité de la route.—Sinus.— Virgile de 1517.—Les grandes roñes.—La roñe de la brouette.—Roñe sans jante et á un seul rais. Montées et descentes (dn n.“ 30 au n.* 44).
in *P . Caaaerle clnqnl¿met La marche de l'homme et de I’o ie .—Oscillations de la m a rch e.-U n des avantages de la marche á blcyclette (du n.* 44 au n.® 71). II n’y a que le premiér pas qui coüte?—Origine de la draisienne et par conséquent de la blcyclette? (du n.® TI au n.® 73).
PIECES JUSTIFICATIVES
(III.* PARTIE)
Auteurs et ouvrages qul ont admis ou enseigné que le principe de la brouette est celui du levier du deuxiéme genre, ou qu'il convient de soulager les bras du brouettier en portant le poids du fardeau exclusivement sur la roue.
QUATRIEME PARTIE La brouette considérée comme machine IV? P. Causererie premlirei (Du n.° 103 au n.® 215). Définitlon technique de la brouette. La brouette parmi les véhicules roulants á bras ou &brancards posséde une forme personnelle et propre caracterisée par sa roue unique ou par la position de cette roue (ou de celle de se s roues si elle est blcycle). — Brouette et brancard.—Attitude du brouettier et celle du brancardier (du n.“ 103 au n.° 115).
IV? P. Causerie secondei (Du n.* 115 a 125-7). La brouette est signalée comme l’application d’un prin cipe.—Principe mystériux comme le secret de la forcé de Sam son.—Le prodige d’A rgos.—La brouette doit son mérite á une ingénuense application du principe de l’adhérence (te lle que celle-ci a été definie au n.° 33). Pourquoi les ouvriers refussent les brouettes á charge équilibrée.—La Résistance.— On a entrevu une vertu.—Malgré la critique, l’expension de la brouette est prodigieuse 121.—Le char de Cydippe á Argos. (V. n.® 16). L’explication de la merveille.—La mére et le cheval (124). Les coréens.— II ya fatigue et fatigue (125). —Duplesis-Bartaux, son levier, sa brouette.
IV? P. Causerie trolsiémet (Du n.® 125 au n.® 142.) L’Académie des S ciences.—Une définition de ja brou ette de Viollet-le Duc—Les bras de la brouette.—Les deux équilibres.—Sont-ce des composantes?—L’lnstabilité de la brouette n’a jamais été proclamé.—L’équilibre de la brouette et sa base de sustentation.—Pas de résultante. —La brouette de Job (n.® 137).—La canne brouette (n.® 138).—Expérience de la brouette en papier.—Le couple.—Apparences et réalité: action horizontale et action verticale. (du n.® 125 au n.® 142).
IV? P. Cauaerie quatii¿mei Du n.® 142 au n.° 147). Las báton, les barres et la brouette.—Instabilité de la ciyiére.—Les procédés pous garder réquilibre sont les mémes pour la civiére que pour la brouette.—Civiére íi col.
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IV» P, Causerle cinqul¿met Du n.° 147 au n.® 159). Terminologie ou nomenclature brouettlque, désignant les différents proprietés auxquelles la brouette doit son m érite.—Vertlcalisme, n.° 149.— Viestrictisme, n.° 150.— Ariétísme, n.® 151.— Post-irisme ou postirisme, n.® 152.— Pouse-t-ou la brouette, n.® 153-177.— Adhérentisme, n.® 157.—Adhérentisme et postirisme combinés, n.* 159.—Motusminorisme, Automobilisme, Ciclettisme (V. Causerie Vil.® et Causerle V lll.e)
IV? P. Causerie sixiémet (Du n.® 161 au 167). Pourquoi pousse-t-on la brouette chargé et la tire-t-on vide? 164-165.—Toutes choses égales la brouette est d’autant plus stable que le plan vertical oü se trouve l'axe de la roue est plus prés de ses points d’appui poatérieurs 168.—Curieuse voiture á postirisme. Tirée? Poussée?
IV? P. Causerie septi&mei (Du n.® 167 au n.» 172). Les chara antiques et d’autres voitures oü tout leur poids et celui de la chargé sont placés, systématiquement entre leur points d’appui de devant et de derriére. Pourquoi fut adopté ce dispositif, ü premiére vue peu rationnel, pour les chars des anciens? 167-169.—Expériences faltes á Carrease, 168-169.—Quelle est la raison de cet ingénieux dispositif des chars antiques, 169 bis 170.—Obstacles et déplacements latéraux du centre de gravité, 170.—L’inventeur du dispositif. 171. Porte-ü-faux, 171 bis.
IV? P. Causerle huiti¿mei (Du n.® 172 au n.® 191). 172. M otusminorisme brouettique.—173,174. Motusmi norisme de la clviére et des quadrupédes.—175. Le motusminorisme favorable aux brancardiers.—176. AuTOMOBiLisME de la brouette.—Ouvriers tirés par leur brouette.—179. Le peintre et rautomobilisme brouetti que.—180. Composante verticale. Composante horixontale et parallélogramm e.- 180 bis. Définition de l’automobilisme brouettique et automobilisme d’autres voitures etc. Conditions favorables ü l ’automobilisme.—181 ter 182. L’automobilisme en fonction de la sltuation du centre de gravité.— 183. C liquettisme. Exemples.—184, 185. Troits méthodes pour faire franchir un obstable ü la roue de la brouette.—Faíon de le franchier de la bicyclette.—Cliquettisme brouettique.—187. Escaliers et arrétés municipaux. Morale.—Cli quettisme et angle de tirage.—188,189. La brouette de Las Fraguas.—La brouette vide tirée.
IV? P. Causerie neuviimei (Du n.® 191 au n.® 197). 191. Errati coecitas.—192. Le Gente Rural. Angle de l’axe longitudinal de la brouette avec l’horizontale. Influence de cet angle sur l’équilibre longitudinal de la brouette ch argée.—195. La taille des brouettiers et ce qu’en dit le Gente ^nra/.—Brouettes terrassiéres.— T aquet.—Automobilisme et adhérentisme.
IV? P. Causerie dixiémei (Du n.® 197 au n.® 202). Commet ou garde l’équllibre de la brouette. -1 9 6 . Equi libre sur deux points. Brouette, bicyclette, échases.—199. Le maintien de l’équilibre latéral est d’autant plus difficele de garder que les bras de la brouette sont plus lo n g s.. . —200. Position des bras. Bras et main sustentateurs S.—Bras de couple et levier 1 perpendiculaire á l’axe longitudinal de la brouette. 201.— Le maintien de l’équilibre latéral de la brouette exige plus d’adresse que de forcé. Moyens qu’emploie le brouettier pour garder cet équilibre.
IV? P. Causerie onziémei (Du n.® 202 au n.® 205). Direction de la brouette par inclinaslon. Déviation latérale de la roue de la brouette monocycle (tirée ou poussée) en fonction de l'inclinaison de l’axe longitu dinal de cet appareil.—204. Hipothéses.
IV? P. Causerie donziémet (Du n.° 205 au n.° 216). Comment on décharge la brouette. Déchargement léral.—214. Déchargement longitudinal. Inconvenient.—215 Brouettes autoverses ou tomberettes. Une ex cedente invention oubliée ou négligée. Brouettes de Teniers, de G. Dou etc. et d’Excelsior.—Le cendrier Torrecilla.—Nez de la brouette.
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I V f P. C a u se rie tre izié m e : 216 et 218, 219, 220. La brouette á deux roues: Différence entre une brouette bicycle et une brouette monocycle-. Roues qui péuvent étre c'oilsidérés córame n’ayant pas d’épaisseur.—221. La brouette á deux roues est rrioderne.—222, 223, 224 Omission. Définition de la brouette bicycle. Caracteristiques et différences.—^Timon et brancards (timón résültanté).—Points d’appui.— Brouette monocycle á quatre points d’appui.—227. L’équilibre de la brouette monocycle est plus fácild de gardeb que celui de la brouette á deux roues; (diables, á sacs, cabrouets).—230 et 231. La brouette pour les gares d’Excelsior. 232. 233. Tricycles á quatre pieds. IV ? P. C a u se rie q u ato rziém e: Du n.° 232 au n.° 251). Les brouettes chinoises.—233. Phrases brouettiques de la largue chinóse. Base de sustentation de la brouette chinoise. Distance entre les p'oignées. Maintrien de l’équilibre. -234. Systéme de bascule permettant au brouetteur chinois de diminuer ou d’augmenter son adhérence.—La brouetté chinoise et lathéorie du jevier.—235. Le chinois tire-il ou pousse-t-il sa brouette?—236. Brouette Tonkinoise dU; musée des coioniés á Paris.—237, La brouette á voiled e la Chine.—245, 239, 240. Brouette chinoise ,du paravent . Veragua. Brouettes a petite roue de la Chine.— Adresse comparée des brouetteurs chinoise e t de ceux d’Europe, Gynkhama de Dauville.—241. Voyages en brouette chinoise a grande roue.;Récit d’un yoyageur.—Remorque.—243. Autre récit d’un voyageur.—245. Pour descendre le centre de gravité.—La brouette chinoise a grande roue ne scrait-elle pas utile en Europe? Civiére á roue, qui n’est pas une brouette, de Corée. Appareils européen de la méme espéce, celui du Cosmos, 250.—La brouette charge équilibre, longitudinalement, de Qrollier de Serniéres et la brouette chinoise.
TOUT A UNE FIN. LONGUEUR DE LA VIE DE LA BROUETTE (IV.® P. N.° ;?51) .
RESUME-GRAPHIQUE, Brouette spéciale ou appareil d ’Étude e t de Démostration (IV.® P. N.° '252)'(*')
(•) L ’imprimeur a placé sens des-
Lé croquis d'aprés J. Vernet, de
sus dessous Vune des deux imanes
la colonne 2.® du n.® 208, correspond
dé ce numéro.
au n.® 210-2.® colonne.
Brouette du remouleur de Decamps. Musée du Louvre. (Brouettes de remouleurs. V . ps, 140, 141,149,151,152,153,168)
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SUPPLEMENT
Les p a g e s du Supplém ent p o rte n t des num éros rom aiiis (n.° I-n.° LVXII)
N .° I . —S O M M A IR É D E S M A T IÉ R E S D U S U P P L É M E N T
TABLE DES MATIÉRES DU SUPPLÉMENT II-IV.—Opinión d’un curé. —Livre d’actualité. La brouette de Beauvais, celle de Pascal et le Grotipe polytechnicien et Parisién d e /’X Le futur traité de la broiiette. IV-VI.—Le Moteur Humain (1814). Sa brouette, son cabroulet.' IV-XVI.—Etymologie du mot brouette et origine du B de la syllabe broa, du mot Brouette.—Múltiples applications du mot brouette.—T révoux.—Roquefort.—L’Écho de París. Les grandes brouettées et le Glossaire de Ducange. La brouette de la parabole du Riche avare. La Birota du Code Théodosien n’est pas une brouette. Ménage s’est trompé et sont autorité a donné du poids et dé la durée &l’erreur. —Du Cange n’est pour rien dans l’étymologie deux roues appliquéé sans motif á un véhicule qui n’en á qu’une.—Le b r o s s béarnais — B i r o t e a u , B i r o t — B a r r o t t e — B a r r o w et W h e e l — b a r — r o c e . B a r r e s a r o u h ? — U i n e r o u e t t e et UNROUET. Littré s ’est égaré parce que son point de départ est imaginaire. La brouette n’a pas commencé par avoir deux roues. L o r d C h o m o n o e l y , barrowman, et la L a í y o f t h e b a r r o w . La gréve de 1919 et toutes les gréves. Autres dames á la brouette. YíA'£{¿8r«o7o¿-/e du mot bróiiette, ps. 91, 92, 93 et 102) XVI-XXIX.—Les apparences.— Entrevoir n’est pas voir.— Basse de sustentaron de la brouette.— Brouette á un pied.—Traits de lumiére.—La revue La Nature et les explications Brigg.. La brouette nouoelle ou brouette Papillon et La Y a/u re.-B rou ettes Person, Marceau et Hebert.—¿ e Motear Humain.— Année 1914. La guerra m ondiale.—Brouettes de cette guerre.—La brouette chinoise (2).—Les causes des guerres.—Ce que mes yeux ont n«.—Le rolé de l’Espagne pendant cette guerre.—P o s t - b e l l u m o u Meliora-
video... deteriora seqiior. XXIX-XXXL—La brouette au Pérou.—La brouette de la cathédrale delPlasencia.—Maítre Rodrigo et la brouette en Flandre et Charles-Quint. XXXI-XXXIL—Pousser á .—Toucher á.—Tocar a.—Amar a. . XXXIII-XLVIIL—L’équilibre de la brouette et celui de la bicyclette. Le quel des deux est le plus difficile de garder?—La forcé centrifuge. Le maintien de l’équilibre de la bicyclette ne dépend pas de la forcé centrifuge. Comment on garde l’équilibre de la bicyclete.—Comment pe.uvent-ils garder l’équilibre de leur machine et diriger celles-ci les cyclistes qui le font sans toucher au guidon? Le cycliste ne peut déplacer le point d’appui de devant de sa machine que diagonalement par rapport au sens de la marche, tandis que le brouettier peut déplacer l’un des points d’appui de l’unité homme-brouette perpendiculairement á cé sens. Associacion d’idées. Pascal et la brouette de Las Fraguas. Adhérence due á l’angle de tirage.—Brouette sans roue de la Colombia A nglaise. XLIX-LV. — Notre monocycle de rAlnioraima. — Bretelle bandouliére d'Agrícola. La main ouverte de son brouettier.—CeUe du moine.et celle de la jardiniére. La bretelle et la négligence.—Pourquoi un
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monocycle tiré par une béte ne peut pas teñir de bout.—La peau de cette béte et son influence dans I’instabilitá des monocycles.—L esb étes á c o m e s et la brouette.—M onocycles singuliers.—Véhicules ou la béte est sur, ou derriére, la voiture dont cette béte est le moteur.—Le monocycle Thionoiíle.—Le monocycle Trapo/?/.—B rouettiers dont l’un fumeur et l’autre manchot. (Suppt. L). LVI-LIX.—L a ROUE.—Poules perfectionnées.—Le point immobile d’une roue qui roule et d’une personne qui marche ou qui court.—Lorsque la roue ne roule pas sur un plan parfait.—La roue est un instrument de levage.—Une sorte de mát de charge d’autant plus puissant que la roue est peut grande. LIX-LXIX.—La brouette du funambule Blondín.—Gorge et équilibre.—La brouette Bull Frog et le nez de la brouette.—Rectification. —La brouette-banc á quatre roues.—La roue sphérique de la brouette.—La brouette de TEsorial ou de rEscurial?—Brouette á pivot.—Projet de voiture.—T orrés Q uévédo. XLVI Csíc).—Le centenaire de la naissance de Pascal et la brouette (v. p. et p. ), VAltnanach Pranpais pour 1923.—Pascal et La Hormiga de Oro. LXIX-LXXI. — Encoré l’anniversaire de la naissance de Pascal. — Un article du journal Le Temps signé Maurice d’Ocagne.—Brouettes odométriques.—Madame de Gerbéviller et Madame R eclus.-C hars de Tutankhamen. LXXIII-LXXV.—«Le traité de Pascal sur la cycloYde est un prodige de sagacité».—Les définitions adraises de la cycloYde et la morale de Port-Royal. Aucune de ces définitions ne convient á la brouette. LXXV. -T o u t revient. La grande brouette de Chantecler. Chantecler el Clermont.—On supprinie cette hrone\.te.—L’Angelus de Millet. Rectification. LXXVI-LXXVIIl.—La ceinture du cycliste et la bretelle Terrón.—Combinaison de la ceinture et de la canne.—Avantages de cette combinaison. La canne des cyclistes du Carnaval de Saint-Sebastien.— Seúl inconvenient: l’apprentissage.—La ceinture de Fabre (1888). Qui était Fabre.—Est-il l’inventeur de sa ceinture? LXVIIL— T able SYNOPTIQUE. LXVII.— A vertissements et T able qénérale des M atiéres. LXXVL—DERNiERE PAOE. Supplément de ces tables des matiéres.
ERRATA ET LAPSUS Dans les premiéres lignes du numero 191 de la IVe partie de ces Causeries, oü nous signalions le phénoméne de l’aveuglemement spécial du correcteur, non professionnel, d'épreuves d’imprimerie, nous laissions passer nevieme , venon, et oii, adverbe, sans accent. Un peu plus loin, dans le méme chapitre on trouve cette incohérente et chaotique suite d e mots dont nous avons fait souligner la traduction: « .................par des raisons dája dites; question d e cette Causerie. L ’objet d e celle-ci mais cette considération est en dehors de la est d’essayer de p rouver...» T raduction : «...déja dites: mais cette considération est en dehors de la ques tion de cette Causerie. L’objet de celle-ci e s td ’essayer de prouver. ..» (IV.e P. C IX.e N.° 195). Que ce charabia soit sorti d’une imprimerie oü on ne connait pas le franjáis, c’est naturel. Qu’ü soit
passé sous mes regards sans attirer mon attention, c ’est un fait du genre de celui qui fit écrire ü Diderot: «Le désespoir c’est qu’on croit avoir vu toutes Ies imperfections et que l’ouvrage imprimé vous en montre qui crevaient les yeux.» (Apud V. R. Gallas. En téte d’une table d'errata de son dictionnaire. Fransch Voordenboke). Bien entendu comme tout phénoméne naturel celui de cette sorte de cécité ü son explication. Les yeux de I’auteur-correcteur lisent par coeur, pour ainsi dire, non pas ce qu’iis voient, mais ce que l’auteur á voulu dire. D ’ailleurs celui-ci est pressé de renvoyer le travail á Timprimerie. II ne veut pas étre accusé d’étre l’une des causes des lenteurs et des retards dont il pñtit. II ya aussi les lapsus non imputables á rimprimeur, tels que pléonasmes ou absurdes oublis de mots ou impropriétés criardes de peux-ci, et étt-
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X. V. Y. Z. tres vilaines choses qu’oti ne voit que trop tard. L’analyse des raisons qui font commetre ces fautes ferait voir qu’elles sout dues á peu prés aux mémes causes qui empéchent de les voir, c’est-á-d ire á I’abstraction ou la distraction. On a dans la téte plusieurs idées ou ímages ou des idées et des images. Leur traduction graphique et grammaticale de mande, par exemple, pour Tune un singulier, pour l’autre un pluriel et la plume, d’elle méme, établit l’accord, non pas avec ce qui corrrespond á la phrase
qu’elle trace; mais avec ce qu’on a dans la pensée ou dans l’imagfnation. Sic de cceteris. Les errata foisonnent dans les vieux livres. Un éditeur, pour essayer de rendre indulgent le public inventa probablement, jadis, le dicton qui bene legit multa mala tegit, dont la traduction pourrait étre: Le bon lecteursait voiler les fautes. C ’est vrai; mais quel lecteur serait capable, par exemple, de saisir ou de rendre intelligible, par une traduction improvisée, le sens du galimatías du numero 195 de ces Causeriesl
Errata et lapsus de la III.* et de la IV.* partie et du supplément.
Quelques errata e t lapsus de la premiére et de la seconde partie. Leur tablet Page 255.
Autres errata et lapsus de ces mémes parties. P. 14, C. 1, L. 2. Nacimiento signifie naissance. On pourrait traduire ce mot espagnol par celui de créche (créche de N o é l.—P . 22, C. 1, L. 28. Effacez: et. — P. 29, C . 1, L. 17. «Quicherat» ajoutez: auteur de deux dictionaires dont. P. 32, C. 1, L. 15. Au lieu de Us\ qui.—P. 35, C. 2, L. 32. Au Heu de halleurs: haleurs.— P. 37, C. 1, L. 40. l’amour; l’Amour.— P. 40, C. 2, L. 8, subertit: subversit.— P. 68, C. 2, L. 7, Effacez: déja.—P. 69, C. 2, L. 22 bien différent: ajoutez, du lúgubre resultat obtenu. P. 117, C. 1, L. 20. Cicerón.—P . 118, C. 1, L. 12 Précieuse —P. 119, C. 1, L. 5, echemins: chem ins.- P. 141, C. 1, L. 11. des: de.—V. 159, C. 1, L. 21. Ajoutez: qui sur son unique roue agilement voyage.—P. 165, C. 1, L. 12. Au lieu de et ou.—P. 167, C. 2, L. 5. Au lieu de ó ceux-ci: á ces prétres. - P . 167, C. 2, L. 38. troisiéme lisez: quatriéme.—P. 168, C. 1, L. 7; effaces p a s.—P, 180, C. 2, L. 20; au lieu de agardré produit.—P. 183, C. 2 L. 29. au lieu de gravare: ím age.—P. 186, C. 2, L. 15; á peine n ée-e n tre .-P , 190, C. L. 4; l’r - r double. Tafall.— P. 195, C. 2, L. 27. Supprimez: en n o u s.-P . ^97, C 2, légende: yankee: yankée.—P, 217, C. 2, L. 15 sportmen.—P. 217, C. 2, L. 32; anneaux. «bagues».—P. 230, C. 2, L. 33. Supprimez ¿'roede. Numéro 4, C. 2, L. 1 Effacez: c’est-á-dire. - N.“ 125, L. 3: donneut: donnent.—N.® 132, C. 2, L. 8; equi libre: équilibre.—N.° 133, C. 2, L. «zotes» roues.—N.° 140, C. 1, L. 32; orsque: lorsque. N.° 191, ligne4, venon -5. -N.® 191, C. 1, L. oíi.—N.° 195, 3.“ C. Dites: mais cette consideration est en dehors de la qiiestiop de cette Causerie. L’objet de celle-ci est d’essayer.—N." 198, oerso, C. 2, L. 6; effacez; ne.—N .“ 215; C. 2, L. 3, Remplacez freln par cale. Suppt. P, XV, C. 2, L. 24-de Lisez: des.
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G upplement
de la Table des matiéres
Dérnostration h l ’aide. d ’une silhouette en papier ou d ’un couvercle, k manche, de casserole.
fS a p p tL V V ). Note sur rautomobilisme brouettique, ou composante horizontale, en fonction de la position du centre de gravité. (Suppt. LXVI). Le véhicule ancien dn dictiOnnaire Rich (V. p. 169) n’est pas une brouette. Le vélocipéde et les vacances de Páques de 1869. (Suppt. F. LVII). Le comte de Segur et les draisiennes. V itesse de la draisienne. (Suppt. LVII). Canne et brouette.—2. Graphique de faisant voir la limite qui sépare la stabilité de l’instabilité dans les monocycles. (Suppt. LXXV). '■ La C á n n e - b r o u e t t e 2 7 -Mohocycle; colonial a*cinq poinís d ’appui; máis á équilibre instable.
(Suppt. LXVXI).
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Combináisón du póstirisme et de l’adhérentisme et ádhérentisraé régulé automatiquement. CV n.°’ 159 et 160.(2 et 3) n.” 193 (4). (V. n.<>118)
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Le petit dessin «.idylle* de la page 115 fut fait d’aprés une image de celles qui ont dú populariser le gracieux tablean d’un peintre dont nous regrettons de n’avoir pas pu citer le nom. (V. p. 267.) Nous pouvons en dire autant de deux ou trois autres des croquis de ces Causeries qui contribueront á attirer l’attention sur certaines peintures, croyons nous, et á faire ressortir le role que le bon goút a fait jouer á la brouette dans les arts. La vue de nos dessins rappelera súrement á beaucoup des lecteurs de notre livre, s’il est lu, le souvenir des artistes auxquels o h doit les charolantes peintures auxquelles nous faisons ici abusión et f. a naitre peut-étre chez d’autres le désir de les connaitre.
Imprimé á Madrid (Espagne) dans les sept imprimeries dont les noms figurent á la page I CAUSERIES
des
BROUETTIQUES
Observations á propos des fautes de ce livre: Page Ubis ¿e l’Avant-propos; numero 191 de sa IVe Partie et page LXXXIV de son Supplément. Addition á la collection d’errata et lapsus calami, typographorum, etc., de la page 255 de la premiére partie: Page 15, colonne 2, ligne 5: Remplacez capitule par ornée. — P. 32, c. 1.1. 15: Lisez qui, au lieu de ils.— P. 35, c. 2,1. 37: Ecrivez haleurs.— P. 38, c. 2 , 1. 25: par et non pour.--P. 39, c. 2,1. 9: Orthographiez, Péreulh.— P. 52, c. 2,1. 31: acteur et non l’acteur.— P. 68, c. 2,1. 7: effacez déja. — P. 92 et 93: birota; lisez birotcB. — P. 93. c. 2,1.56: tricycle.— P. 108, c. 2: Remplacez la ligne 28 par: L’image ci-dessus — P. 133, c. 1,1. 30: Lisez amoin. — P. 136, c. 1,1. 36; Ajoutez que Dieu.— P. 141, c. 1,1. 11: des; lisez de.— P. 165, c. 1,1.12: ou, au lieu de e t —P. 183, c. 2,1. 29: gravures; lisez images.—P. 186, c. 2,1. 37: Celui-ci et non ceux-ci. — P. 192, c. 1,1. 4: Aprés í ’r ajoutez double. — P. 217, c. 2,1. 32; P. 218, c. 2,1. 4, et id. id. I. 15: Au lieu de anneaux, bagues.— P. 221, c. 2, I. 32: Ajoutez peut entre agüe et se. — P. 230, c. 2 , 1. 32: Sup primezgravee.— P. 247, ont doit lire: Cet explorateur et moi nous avions done vu.— P. , c. , 1. : Me, me adsum qui feci = n° 170-171, c. 2,1. 7: Lisez préférablement. Supplément aux listes d’errata de la page L X X X V du Supplément, IVe Partie: Numero 155, colonne 1, ligne avant-derniére: Ajoutez pea entre á et prés.—N. 171 bis^ c. 2, 1. 10: devant, lisez dernere. — N. 199, c. 2, 1 10: Ajoutez utile aprés personnelle.
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