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L'Aéroport Montréal-Trudeau – Champions de la construction volume 9 numéro 1

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DENIS ARSENAULT, ADM

L’A ÉROPORT MONTRÉAL-TRUDEAU

AGRANDIT SES STRUCTURES D’ACCUEIL Par Johanne Landry, journaliste

Un nouveau stationnement étagé et un nouveau débarcadère seront bientôt construits à l’aéroport de Montréal, un investissement de 2,5 milliards de dollars. Le grand défi de ce chantier : maintenir les opérations tout au long des travaux qui s’échelonneront sur huit ans. L’actuel terminal de l’aéroport de Montréal a été inauguré en 1960. L’âge de certaines structures – celles du stationnement étagé et du débarcadère –, la construction d’une station du Réseau express métropolitain (REM), qui reliera directement Dorval et le centre-ville, et l’augmentation régulière du nombre des voyageurs – plus de 18 millions de passagers ont fréquenté Montréal-Trudeau en 2017, lit-on dans le rapport annuel d’Aéroports de Montréal –, rendent nécessaires d’importants travaux de construction.

Un nouveau stationnement étagé « Toute une partie du stationnement arrive à la fin de sa vie utile », constate Pierre Loyer, vice-président, Infrastructures aéroportuaires, qui a accepté ce poste chez Aéroports de Montréal il y a deux ans, en grande partie en raison du défi stimulant que présentait ce projet de construction. Aujourd’hui, l’eau s’infiltre dans le béton du stationnement étagé et fait corroder l’armature. « Pour assurer l’intégrité CHAMPIONS DE LA CONSTRUCTION

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L’hiver dernier, les travailleurs s’affairaient déjà aux travaux, qui s’échelonneront sur une période de huit ans.

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AÉROPORT DE MONTRÉAL

de la structure, nous arrivons au point où il faut le refaire complètement », poursuit Pierre Loyer. Et puis, il ne suffit plus à répondre à la demande. Le mercredi, en effet, moment charnière où des voyageurs ne sont pas encore revenus alors que d’autres partent, il arrive qu’il n’y ait plus de place pour stationner. « Nous sommes alors obligés de faire garer des véhicules en double, et les voituriers gèrent l’espace », précise M. Loyer. L’actuel stationnement sera donc démoli et reconstruit. De 12 000 places, il passera à 14 000 à la fin des travaux. Le P5 de surface sera refait pour lui creuser trois étages souterrains. Il sera coiffé d’un toit vert. « Nous procéderons par étapes ; la coordination et l’échelonnage des phases sont très importants afin de ne jamais des­cendre sous l’offre actuelle de 12 000 places. Déjà dans la rue en face du Marriott, nous sommes en train de cons­truire un stationnement étagé de 3 000 places dont nous aurons besoin dès que nous commencerons à démolir une partie de l’actuelle structure. »

Un débarcadère agrandi, une façade rajeunie La durée de vie utile du débarcadère tire aussi à sa fin. Là également, une partie de la structure sera démolie, l’espace actuel va tripler, et la façade du terminal sera modernisée. Qu’adviendra-t-il du mur extérieur avec ses carrés bleus, qui est un peu l’image de l’aéroport de Montréal ? « À cet égard, les avis sont partagés, répond Pierre Loyer. Certains le trouvent désuet, d’autres y sont attachés. Je fais partie des seconds. Nous n’allons pas mettre ce mur en valeur, mais nous allons le préserver. Comme le débarcadère agrandi s’éloignera de l’actuelle façade, nous allons ajouter une marquise de verre et l’encapsuler à l’intérieur. En souterrain, le terminal va s’avancer jusque de l’autre côté des débarcadères où l’on trouvera le point de jonction avec la station du REM (qui sera construite 35 mètres sous le stationnement étagé) et un terminus d’autobus. Nous sommes en pays nordique, notre objectif est de faciliter la vie aux passagers en faisant communiquer tout cela de l’intérieur via un vaste hall. »

Le grand défi : continuer les opérations Le défi majeur d’un projet de construction d’envergure dans un aéroport, c’est que les passagers vont continuer d’affluer. Leur circulation ne doit pas en souffrir ni être ralentie. « Nous avons pris plusieurs moyens à cet égard », annonce Pierre Loyer. D’abord, le temps de déplacement des passagers entre leur voiture et la porte d’embarquement doit rester connu et prévisible. Donc, pas question de modifier leur parcours chaque semaine. Aussi les débarcadères seront-ils déplacés de l’autre côté de la rue, et les passagers accéderont au terminal en navettes qui seront nombreuses et circuleront sur des voies prioritaires. « Cela allongera le temps de déplacement de huit minutes pas plus, et ce, tout au long des travaux », promet Pierre Loyer. C’était le plan au moment de l’entrevue, mais le gestionnaire de chantier à qui Aéroports de Montréal a récemment octroyé le contrat de gérance, soit le consortium formé de Pomerleau, SNC-Lavalin et Construction Kiewit Cie (PSK), pourra aussi avancer ses propres idées quant à l’organisation en regard de cet objectif important. PSK agira à titre de partenaire et de collaborateur clé tout au long de la réalisation des travaux. « C’est pourquoi nous l’introduisons tôt dans le processus. Il va également participer au design qui n’est pas encore final », dit Pierre Loyer. Les taxis, limousines et navettes d’hôtel continueront d’accéder au terminal au même endroit que maintenant. « Comme le nombre de véhicules qui ont accès directement à la façade sera réduit, ça va aider la fluidité », explique Pierre Loyer. C’est un consortium formé des firmes Lemay et Jodoin Lamarre Pratte architectes qui dessine ce que deviendra l’aéroport Montréal-Trudeau. Une maquette de la nouvelle façade et de l’embarcadère vitré se trouve sur le bureau de Pierre Loyer. « Quand ce sera terminé, dit-il, nous regarderons le produit final et nous dirons : voilà d’où nous sommes partis. » Ce moment devrait survenir en 2027. Il est aussi question, dans les projets d’avenir d’Aéroports de Montréal, d’ajouter une nouvelle jetée à partir de l’aérogare existante, car la capacité actuelle ne suffit plus dans certaines périodes de pointe. Un dossier à suivre.

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