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Hors Série n°1 : Person of Interest

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U N E VA L L É E P L U S I E U R S H I S T O I R E S

T A R E N T A I S E #1

E N

CRÉATEURS

DÉVELOPPEURS

GASTRONOMES

EXPLOITS

INFLUENCEURS

LUC REVERSADE FONDATEUR DE LA FOLIE DOUCE

GRÉGORY GUZZO VAL THORENS 5 WORLD SKI AWARDS

RENÉ & MAXIME MEILLEUR 3 ÉTOILES MICHELIN

LIV SANSOZ 82 SOMMETS DE + DE 4000M

KEVIN ROLLAND ICÔNE DU SKI FREESTYLE

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14 RENCONTRES D'EXCEPTION


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Sommaire Développeurs touristiques 3 7

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GREGORY GUZZO : VAL THORENS 5 WORLD SKI AWARDS NATHALIE GUIDON : ARC 1950 UN VILLAGE RASSEMBLÉ ET SUBLIMÉ VINCENT LALANNE : FÉDÉRATEUR DU DOMAINE DES 3 VALLÉES

Influenceurs montagne

16

LE BON, LE MALIN & LE REBELLE : ENAK GAVAGGIO

16

ICÔNE DU SKI FREESTYLE : KEVIN ROLLAND

20

26

Créateurs de concept

26

LUC REVERSADE : FONDATEUR DE LA FOLIE DOUCE

32

SANDRINE DAVIÈRE : CRÉATRICE DES SPAS Ô DES CIMES

36

ERIC LABOUREIX : CO-FONDATEUR DE L'ENSEIGNE SKIMIUM

42

ALAIN & BERNARD FRONT : CO-CRÉATEURS DU GROUPEMENT SKISET

48

PATRICK BÉRARD : FONDATEUR ZONE COMMERCIALE CARREFOUR

Gastronomie étoilée

52

1ER CHEF PÂTISSIER ÉTOILÉ MICHELIN AU MONDE : SÉBASTIEN VAUXION

52

1ER RESTAURANT 3 ÉTOILES MICHELIN EN TARENTAISE : RENÉ & MAXIME MEILLEUR

58

64

Exploits sportifs

64

LIV SANSOZ : 82 SOMMETS DE + DE 4000M...

70

CHLOÉ ROUX-MOLLARD : PIONNIÈRE EN FRANCE DE LA HIGHLINE

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Édito Pourquoi ? La Tarentaise, cette vallée qui grimpe toujours plus haut vers les étoiles et, quand elle arrive à en saisir… c’est finalement pour les mettre dans les yeux des visiteurs de passage. Comment se forge t-elle son avenir, sur quelles forces et sur quels talents ? Nous voulions mettre en avant des personnalités fortes qui écrivent, cuisinent, développent, représentent et bougent la Tarentaise d’une façon exemplaire. Non pas pour les mettre sur un piédestal, ils n’en n’auraient cure… mais pour vous donner envie de les rencontrer. Ces « persons of interest » sont exceptionnelles par leur parcours et leurs réussites, et dans ce magazine, elles vous offrent les clés de leur épopée. Nous aurions pu en choisir beaucoup d’autres, aussi méritantes, mais vous n’auriez pas eu la place dans vos bagages pour emporter une bible. Alors on a fait un premier choix, ouvrant la voix à de futures suites… toutes aussi captivantes. Bonne lecture à tous et puissent ces quelques lignes inspirer votre quotidien.

Hors série

INFOSNEWS

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Éditeur

INFOSNEWS Siren 818 149 395

Impression

Lorraine Graphic 15 000 exemplaires

Directeur des éditions Gaëtan B.

Coordination

Rédaction Gaëtan B. Aurélie D. Johanne B. Géraldine V.

Graphisme Johanne B. Elisabeth G.

Publicité Gaëtan B. Sabrina M. Romain C. Caroline B.

Aurélie D.

Diffusion

Env. 2 000 points de dépôt en Tarentaise : COURCHEVEL • MÉRIBEL • BRIDES-LES-BAINS • SAINT MARTIN DE BELLEVILLE • LES MENUIRES • VAL THORENS CHAMPAGNY • LA PLAGNE • LES ARCS • PEISEY-VALLANDRY • BOURG SAINT MAURICE • AIME • SÉEZ BOZEL • MOÛTIERS • ALBERTVILLE & ALENTOURS...


Grégory Guzzo

VAL THORE NS 5 WORLD SKI AWARDS

PAR GA Ë TA N B.

Pour participer à la progression de la Montagne et "mettre sa pierre à l'édifice" Gregory s'est lancé à l'assaut de ses rêves sans aucune modération d'énergie. En boulimique de compréhension il n'a eu de cesse d'apprendre pour "ingérer, digérer, comprendre et retranscrire" avec une seule certitude… celle de toujours douter. Il aime apprendre à désapprendre, en permanence…

Un parcours universitaire atypique Avec un bac philo et langues en poche, ce savoyard convaincu décide de travailler pendant deux ans pour se financer ses études en journalisme et communication à l’Université Polytechnic de Cambridge en Angleterre. Il enchaîne les petits métiers qui lui apportent finalement bien plus que des fonds monétaires… un véritable apprentissage de la vie de terrain. Il obtient ensuite son BTS Tourisme à Lyon et sort major de l’académie du Rhône. Il intègre ensuite directement l’IAE de Chambéry en Management des Services. Sous la tutelle de son premier mentor, Nicolas Durochat alors directeur adjoint de l’Office de Tourisme d’Aix les Bains (actuel directeur de l’Office de Tourisme de Chamonix), ils innovent et obtiennent une dérogation pour un « stage en alternance » lui permettant de concilier ses études universitaires et un poste au sein de l’Office. En 2001, Gregory est responsable communication, il obtient alors le titre d’Ingénieur Maitre en management des services, tout en participant activement au repositionnement de la ville avec la création de nombreux évènements dont le désormais célèbre festival Musilac. Dans le grand bain En mars 2004, Grégory devient chargé de promotion et de commercialisation à l’Office de Tourisme de Brides-les-Bains, sous la direction bienveillante de David Chabanal. 4 ans plus tard, il prend la direction de l’Office et se lance à fond dans la création d’une nouvelle stratégie de destination en créant deux entités complémentaires et pourtant presque schizofrénétiquement opposées : brideski.com (l’hiver), le low cost du ski dans le plus grand domaine skiable du monde, et Brides-lesBains, station thermale d’excellence l’été, avec l’objectif de devenir leader français du thermalisme. Il trouve dans le soutien de Didier Le Lostec, directeur des thermes, et d’autres, la force d’aller au bout de la démarche et se retrouve sous les feux de la rampe médiatique mondiale… à 30 ans. La conviction de Greg à l’époque : tracer une feuille de route stratégique bien pensée et s’y tenir jusqu’au bout. Olivier Simonin alors directeur général de Méribel Alpina (actuel directeur général des remontées mécaniques de Val d’Isère) lui dit que la stratégie, c’est un peu comme un filtre à café, c’est une sorte de filtre à décisions permettant de faire des choix. Cette conviction ne le quittera plus et il l’appliquera quelques années plus tard, en 2010, lorsqu’il prendra la tête de l’Office du Tourisme de Val Thorens.

Génération Val Thorens : Live United ! 2010… on change d’échelle, Greg s’attaque à un challenge de taille : Val Thorens, la plus haute station d’Europe, alors en recherche de positionnement. Son aisance relationnelle, son réseau d’amis et des valeurs fortement ancrées dans sa caboche de savoyard, lui permettent de rapidement rencontrer et sympathiser avec des acteurs majeurs comme André Plaisance (Maire), Bruno Gabet (président de l’Office de Tourisme), William Wargniez (directeur des parkings Valthoparc) ou Grand’Guy Hudry (directeur de la Sogevab)… Conforté dans sa démarche par la confiance de ces poids lourds de la station, il entreprend le repositionnement de Val Thorens. Le soutien des visionnaires de la société des remontées mécaniques de la station, comme Pierre Josserand, Jean Bourcet et Jérôme Grelet, l’aide à mettre sa stratégie en place : • 1. F aire de Val Thorens une référence mondiale du ski 5 titres de meilleure station de ski au monde • 2. D évelopper l’attractivité de Val Thorens + 20% de nuitées en 8 ans • 3. D évelopper les ailes de saison (novembre/décembre + avril/mai) Première et dernière station ouverte (avec Tignes) et un taux moyen de remplissage de 80%  • 4 F aire des choses différenciantes et les faire différemment Val Tho, Live United… Et demain ? En rejoignant la Compagnie Des Alpes (CDA) en 2019, Grégory espère porter ses convictions encore plus loin, en œuvrant sur des actions de plus grande envergure. Faire de la CDA demain le meilleur compagnon du territoire, en s’inspirant de cette belle devise du compagnonnage « Servir, sans se servir, ni s’asservir ». Dans un marché de la montagne déjà mature, où les clients créés sont en baisse, où la menace climatique est réelle, il sait qu’il faut inventer de nouveaux modèles et que la CDA doit être un des moteurs durables de ces territoires d’exception. En 2025 l’offre sera multipliée par trois là où la clientèle ne sera que doublée. La clé pour sortir la tête du panier : l’excellence client. « On ne vend pas qu’une descente de ski, mais une rupture avec le quotidien, dans un environnement naturel exceptionnel. C’est une évasion complète et ressourçante. Nous devons prendre soin des clients le mieux possible et ce, quel que soit le porteur de la prestation proposée. Personne ne peut se désolidariser dans une destination, car le client, lui, à une vision unique, et nous lui devons tout ».

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4 Š Michel Battaglia


pour de vrai. C’est toujours un plus pour fédérer et avancer ensemble, car pour Greg, la meilleure réponse à un monde complexe, c’est de maximiser les interactions entre les gens, de créer du réseau. Comme le disent les mathématiciens, la pyramide hiérarchique permet de relier les points d’un tout en minimisant les interactions entre eux… À cela il préfère le management en réseau qui permet de relier les éléments d’un tout en multipliant les intéractions entre les personnes. En tant qu’ancien footballeur, il sait qu’il faut aujourd’hui cultiver le déplacement de fonction. Il faut savoir faire plus que son domaine de compétences. Tout comme un défenseur doit être capable d’attaquer, tous les acteurs d’une destination doivent être capables d’agir sur de multiples fonctions. Être rapide, collectif et singulier pour se dépasser et atteindre le succès, en n’oubliant jamais que « le plaisir n’est pas dans le succès, mais dans le chemin pour y arriver ».

Dans la vie, on ne fait rien de grand sans passion Ses clés de succès ? Pour Greg « la valeur du tout doit être supérieure à la somme des parties en présence », autrement dit : 1+1 = 3 et plus. Il commence donc par impliquer le maximum d’acteurs dans la mise en place de sa stratégie, afin de la faire porter par le plus grand nombre et de la rendre palpable partout dans la station. « Dans l’œuf au bacon, la poule est concernée, le cochon est impliqué… », l’implication sera donc un mot clé. Il cherche à mettre le maximum de monde autour d’une table pour trouver des solutions et créer des synergies de compétences, d’énergies et de moyens. À Val Thorens, il initie alors une véritable « gouvernance de station » en institutionnalisant des temps forts d’échanges avec les acteurs majeurs, des rituels, qui permettent, en deux heures, de tout se dire, de tout purger… pour repartir de plus belle : l’esprit de famille est là, parfois dur, mais c’est le prix de l’excellence. Dans son approche, Greg veut changer les réflexes ancestraux en se tournant vers une communication d’avenir, en cherchant des sources d’inspiration ailleurs. Analyser, comprendre et restituer « ce que les autres pensent de nous ». Pour y arriver, il sait qu’il doit montrer l’exemple, donc il relève ses manches et, aidé par son équipe si importante à ses yeux, il bosse ! 7J/7, presque 24H/24… ensemble ils vivent Valtho, dorment Valtho, mangent Valtho. Sans un soutien inconditionnel de sa famille et de ses amis proches, cela lui aurait été impossible et il le sait… mais dans sa façon de s’impliquer « il n’y a qu’un seul Ego : le projet ». À 40 ans, il se pose deux questions essentielles presque tous les jours : • Est-ce qu’on fait les bonnes choses ? • Est-ce qu’on les fait bien ? Ne jamais oublier pourquoi on les fait et toujours chercher comment bien les faire. Pour lui, différents fléaux menacent notre quotidien comme l’actuel dictat numérique, porteur de temps trop courts, qui souvent sacrifie le « pourquoi je fais les choses ? ». Les « 3 cons », en sont un autre : « La peur de la confrontation crée de faux consensus qui génèrent de vraies conneries… » donc il faut être en mesure de se dire les choses, même les plus dures, pour avancer. Pas de consensus mou, car pour se positionner, il faut savoir souvent renoncer à certaines choses : « ½ décision = bordel2 ». Son arme pour y arriver : il aime les gens,

« Donner du sens, il vous le rendra… » Greg sait que pour réussir, il faut donner du sens à ses actes, et une vision, un cap à tenir. Il sait aussi qu’on ne peut pas le faire seul dans cette fonction, c’est pourquoi son équipe est primordiale à ses yeux. Il se définit lui-même comme un « manager affectif », ce qui correspond en tout point à l’image portée par la station : Live United ! Steve Jobs a dit « qu’on ne devait pas embaucher des gens pour leur dire quoi faire, mais pour qu’ils nous disent comment faire… », c’est un bon point de départ pour débusquer les talents et leur permettre de s’épanouir. L’Office de Tourisme sera donc un laboratoire de compétences où les membres seront en permanence challengés pour avancer… et tant mieux si un équipier bouscule la direction avec une idée, même la plus saugrenue ! Moins de stress et plus de reconnaissance pour créer un environnement sain de proximité, de transparence et de justice sociale, et pour y arriver, faire passer les messages avec simplicité est une clé. La passion pour carburant « Dans la vie, on ne fait rien de grand sans passion » et c’est donc la passion qui anime ce grand bonhomme avec son grand sourire presque inaltérable. Pour animer sa passion, Grégory se fie à de grandes valeurs qui régulent son monde : la loyauté, l’implication, le sens de l’effort, la simplicité et l’empathie. Pour lui, « la passion n’est pas une compétence mais un amplificateur » elle permet de faire de grandes choses, mais amplifie même les petites douleurs… donc c’est un outil dangereux qu’il faut manipuler avec précaution et qui demande une très grande communication. Mais quand on y arrive, il l’affirme, « ça vaut le coup ! ». « Pleurer de joie avec son équipe, c’est merveilleux… parce que finalement, un taf, ne peut pas être juste un taf, non… ? ».

INFOS CLÉS • Actuel directeur marketing & performance client / division domaines skiables CDA • 8 ans directeur de l’Office de Tourisme de Val Thorens (2010-2018) : 5 titres de meilleure station de ski au monde (Best Ski Resort Award). • 5 ans professeur associé à l’IAE Savoie Mont Blanc (niveau master), Sciences Po et Inseec : cours de Marketing, design d’expériences, stratégie de marque & marketing digital • Maitre de conférences internationales et consultant pour plusieurs ministères étrangers du tourisme

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Chamonix

Clermont-Ferrand

Moûtiers

Val Thorens

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Tignes

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Nathalie Guidon

ARC 1950 UN V I LL AGE RASSE MBLÉ E T SUBL I MÉ

PAR AU RÉ L I E D.

Véritable couteau suisse du tourisme, Nathalie Guidon a forgé son expérience durant 27 ans au sein des différents services touristiques de Tignes. Depuis 2015 à la direction générale d'Arc 1950, c'est avec un profond dévouement et une volonté sans faille qu'elle s'attache à porter haut le Village. Rencontre avec une femme de caractère.

Vous avez eu une longue carrière à Tignes, vous nous racontez ? Au terme d’études de tourisme, j’ai effectué un stage de deux mois à la direction de la promotion et de la commercialisation de Tignes au sein du Groupe Schnebelen. J’avais pour ambition de partir à l’étranger, pour améliorer ma maîtrise des langues. Les choses se sont passées différemment, on m’a proposé un poste d’attachée commerciale. De par mon attachement au milieu touristique, j’ai immédiatement accepté. À l’époque, c’était les prémices des négociations avec les tours opérateurs venus des quatre coins du monde, de la promotion internationale de nos stations. Durant sept ans, j’ai eu la chance de travailler avec l’un des pionniers des grands commerciaux des stations de Tarentaise : Pierre Debard. Il m’a très vite donné la responsabilité des Groupes et Séminaires et la gestion du booking hôteliers. Cet épisode de ma vie a été riche en expériences commerciales et relationnelles. Puis, comme j’ai toujours eu l’envie d’apprendre et de ne pas rester sur mes acquis, j’ai saisi l’opportunité d’intégrer l’Office du Tourisme de Tignes, en assistant son directeur sur la communication, les relations presse et les relations publiques. Puis Tignes Développement a été créé. En 2000, Tignes Développement devient le pool touristique de Tignes. Il regroupe tous les services de la station : l’Office de Tourisme, le Club des Sports, les parkings... Dès sa création, je participe aux côtés de Michel Lambert, directeur de la station, à l’élaboration de ce concept touristique unique dans les stations de sports d’hiver françaises. Je l’assiste en utilisant mon expérience, tout en gardant mes missions de relations publiques. Puis en 2002, c’est l’arrivée de Sébastien Mérignargues à la tête de Tignes Développement et le démarrage d’une aventure sans précédent pour la station... et pour moi ! Tignes Développement, qui passait pour une usine à gaz, devient le cœur de la réussite de la station. Très vite, la confiance et le professionnalisme s’installent entre Sébastien et moi. Je passe quelques années à ses côtés à l’assister, tout en coordonnant de grands challenges, comme la venue chaque année de l’Equipe de France de Football et du Stade Français, puis l’arrivée du Tour de France. Sébastien m’offre la chance de coordonner cet évènement majeur qui sera une réussite ! L’histoire continue et les expériences s’enchaînent, toutes plus belles les unes que les autres…En 2007, Sébastien me demande de diriger les évènements et animations de Tignes.

C’est un énorme challenge, riche en relations humains avec les services de Tignes Développement et tous les acteurs de Tignes. Les évènements s’enchainent : X-Games, Les festivités du 31 décembre «Tignes Fire Mix Party», les Concerts Live in Tignes, les SFR Tour, les Sports spectacles estivaux… À ce moment-là Tignes est à son apogée. Jusqu’en 2015 où vous quittez la station. En 2014, des changements d’orientations s’opèrent à la direction de Tignes, qui laissent présager une nouvelle stratégie avec des restrictions budgétaires sur l’évènementiel et l’animation. Dans ce contexte, malgré mon profond respect pour la station, j’ai besoin d’un nouveau souffle. Je ressens le besoin d’utiliser toutes ces expériences qui m’ont forgée et formée. En janvier 2015, la belle aventure se poursuit dans le concept unique d’Arc 1950 Le Village : je prends la direction de l’Association Syndicale Libre (ASL), structure qui gère les espaces communs, la communication, la promotion, l’animation et le marketing du Village. Ma rencontre avec cette station unique et ses acteurs est magique, comme si nous étions faits pour avancer ensemble. Les missions sont diverses et variées, et surtout en phase avec mes expériences passées !

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8 © And y Paran t


Comment était Arc 1950 à votre arrivée ? C’était la Belle au Bois Dormant ! Le Village avait besoin de retrouver de l’harmonie, de la brillance, tant en termes de relations humaines entre les différents acteurs, qu’en termes d’animations et de communication. En clair, le Village avait besoin de dynamisation. Comment avez-vous créé une relation avec les acteurs du Village ? J’ai privilégié les échanges avec les commerçants, je me suis réellement intéressée à eux et à leurs problématiques. L’écoute et le dialogue ont été fondamentaux. J’ai aussi renforcé la collaboration avec Pierre & Vacances, en charge de la gestion locative des appartements du Village et avec les propriétaires. Il était nécessaire d’instaurer une confiance entre tous les acteurs économiques et l’ASL. J’ai également amélioré nos outils de communication, en mettant en place une stratégie digitale. Ce n’était pas évident à l’époque, mais nous avons misé fortement sur les outils mobiles, l’impact a été immédiat. J’ai instauré un dialogue suivi avec les commerçants et les propriétaires sous forme de réunions et de newsletters. Quelles ont été vos premières actions ? Il a d’abord fallu réorganiser les moyens humains de l’A SL pour déployer une nouvelle stratégie orientée sur la dynamisation de l’animation, de la communication et de la promotion. Très vite, j’ai proposé un programme d’animations avec des thématiques chaque semaine pour faire vivre tous les quartiers du Village, pour le bonheur de notre clientèle, mais aussi pour favoriser le commerce. Nous nous sommes servis des animations, comme support de communication sur les Arcs, Paradiski et dans la Vallée, pour augmenter la fréquentation des visiteurs dans le Village. Nous avons également mis en place une communication « Shopping skis aux pieds » pour faire venir les skieurs du domaine Paradiski ; une vraie réussite, car les chiffres ont depuis toujours progressé.

L’hiver dernier, nous avons enregistré une hausse de 30% de visiteurs. Sur les sujets de communication et promotion, j’ai travaillé avec Pierre & Vacances et Les Arcs. Cela nous a permis d’accentuer notre visibilité à l’international, notamment sur les marchés britanniques, belges, hollandais et pays de l’Est. En tant qu’experte en événementiel, quelle a été votre stratégie pour Arc 1950 ? Concrètement, les clients d’Arc 1950 viennent car le Village est unique, dans son architecture, son élégance et ses services, et il est animé tous les jours. Financièrement, il était impossible d’avoir une politique évènementielle comme celle de Tignes ou de créer un évènement au détriment des animations quotidiennes. Nous avons donc opté pour des animations thématiques qui changent chaque semaine en fonction des vacances françaises et internationales. Nous avons souhaité offrir à notre clientèle des animations basées sur les activités, les spectacles et la musique. Et pour finir, nous avons créé des animations simples, participatives qui plaisent à tous, par exemple des batailles de boules de neiges en hiver, du biathlon laser, des courses de trottinette en été… un succès fou ! Impliquer et fédérer les forces vives du Village a permis de faire des choses incroyables : les commerçants pour les défilés de mode ou les courses de garçon de café, les écoles de ski pour des shows, notre DJ local Fred Metral pour des animations musicales en fin de journée… Pourquoi aller chercher plus loin quand nous avons autant de savoir-faire autour de nous ? En été, nous avons multiplié les investissements pour faire vivre les rues du Village, en installant des petits murs d’escalade, des bacs à sables, des tables de ping-pong, des trampolines, des structures gonflables, un practice de golf junior, un terrain de beach volley… Cela fait un carton et contribue à faire venir une clientèle extérieure.

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Et vous ne vous êtes pas arrêtée là… J’aime voir toujours plus loin, et surtout limiter les lits froids à terme. Cet automne, avec l’accord du Conseil d’Administration de l’ASL, j’ai créé la marque arc1950booking.com qui regroupe tous les hébergeurs du Village : Pierre & Vacances, maeva.com, les loueurs particuliers. Les clients peuvent ainsi avoir une visibilité sur tous les hébergements proposés à la location et peuvent réserver plus facilement leurs vacances. Plus récemment, notre nouvelle marque Arc 1950 Conciergerie est venue compléter notre offre. Nous sommes en effet dans un Village haut de gamme, constitué de résidences exclusivement 5 étoiles. Nous nous devons donc d’offrir aux vacanciers l’accès à tous types de services. Pour cela, nous travaillons avec des sociétés locales qui ont signé des chartes de qualité, de services et d’exclusivité avec le Village, et nous assurons leur promotion. Augmenter le niveau de prestations nous donne plus de chances de satisfaire nos clients, et donc de les voir revenir. Et tout cela a porté ses fruits. La Belle Endormie s’est vraiment remise à briller, et aujourd’hui elle est bien éveillée, elle a grandi et elle court ! Le Village est en progression constante chaque saison, notamment en termes de fréquentation des hébergements. Mais je ne m’approprie pas cette réussite, c’est celle de tout le Village. Ici, il y a désormais un véritable esprit de village. Je n’ai jamais vu une station où on se dit autant merci ! Il y a un réel sentiment d’appartenance. Quand quelque chose ne va pas, il ne s’agit pas juste de se plaindre, on travaille tous dans le positif et pour le constructif. En parlant et en échangeant, nous réglons la plupart des problèmes ! Et je n’impose rien, les décisions se prennent ensemble. Je suis fidèle envers les personnes qui m’accompagnent et me font confiance. De toute façon, si on veut réussir dans le tourisme, l’humain est essentiel. La loyauté, l’écoute, la bienveillance, la simplicité et le respect sont la clé.

dire. Dans mon poste actuel, je n’ai pas l’impression qu’être une femme ait pu être une barrière, peut-être parce que je n’ai pas été imposée. Ce sont les acteurs du Village qui m’ont choisie. Et puis je suis très curieuse, j’aime avoir la main sur tout et c’est mon job de coordonner tout ce qui concerne le Village. Je suis autant concernée par un problème de fuite de toiture que par une affaire juridique, ce qui me permet sans doute d’être encore plus légitime. Je ne peux pas me permettre de faire de l’à peu près, j’ai peu de répit mais j’aime ça. Cela fait partie de ma personnalité. Je n’oublie pas que je suis d’ici, originaire de Bourg Saint Maurice. J’aime mes montagnes et j’aime m’investir pour les faire vivre !

ARC 1950 EN CHIFFRES • 89 % de taux de remplissage des lits gérés par Pierre & Vacances et maeva.com pour l’hiver 2018/2019 • 70 % de taux de remplissage des lits gérés par Pierre & Vacances et maeva.com pour l’été 2019 • + 30 % de visiteurs en journée sur l’hiver 2018/2019 par rapport à l’hiver 2017/2018 • + 19 % de visiteurs en journée sur l’été 2019 par rapport à l’été 2018

D’après vous, est-ce que le fait d’être une femme change quelque chose quand on dirige ? Les femmes sont peu présentes sur ce type de poste, et c’est dommage car elles ont un vrai potentiel. Bien sûr, il y a toujours des remises en question, des doutes ; il faut donc savoir s’entourer des bonnes personnes et se dire qu’on a le droit de se tromper. On peut faire des erreurs et on peut le

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Je n'ai jamais vu une station où on se dit autant merci !


Animations féériques et Shopping skis aux pieds

Enchanting entertainment and Shopping on skis

Accès au village skis aux pieds, ou pour les piétons : . par les navettes inter-stations gratuites

Ski in/ski out access to the village, or for non-skiers: . on the free inter-resort buses . on the Cabriolet gondola that runs between

Arc 2000 and Arc 1950, open until 11.30pm.

a rc 1 9 5 0 . c o m

aerocom.eu - Photos : Andy Parant

. par le Cabriolet, depuis Arc 2000, jusqu’à 23h30.


Vincent Lalanne

FÉ DÉRAT EUR DU D OMAI NE DE S 3 VALLÉE S

PAR GÉRALD I N E V.

POUR LE PLAISIR Si les 3 Vallées forment aujourd'hui le plus grand domaine skiable du monde en termes de kilomètres de pistes, mais aussi de notoriété, c'est parce que durant 15 ans, Vincent Lalanne, en tant que Directeur de l'Association des 3 Vallées, en a assuré la promotion d'une manière aussi professionnelle que passionnée. Il a incarné pleinement ces pistes et ces montagnes, les a eu dans la peau, pour en faire une destination ski plébiscitée par les skieurs du monde entier. Aujourd'hui à la tête de l'Office de Tourisme de Val Thorens, il revient sur un parcours qui fait rimer les mots grandeur, bonheur et fédérateur…

Né en Auvergne, élevé dans le Sud-Ouest, rien ne prédestinait Vincent Lalanne à la montagne, au ski, et pourtant c’est devenu la grande passion de sa vie. Dès son arrivée dans la région de Grenoble, encore enfant, il découvre la glisse et semble depuis n’en être jamais rassasié. Alors après des études dans le commerce et la communication puis un premier job à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, le voilà qui signe à Courchevel, à la centrale de réservation. Il y rencontre des personnes qui marqueront à jamais sa carrière, comme le directeur de l’Office de Tourisme Michel Giraudy, visionnaire et tellement rigoureux dans le travail, ou encore Alain Chardon au culot légendaire. « Quand j’ai dit à ma mère que j’allais travailler dans le tourisme, elle m’a demandé : et c’est quand que tu vas te trouver un vrai métier ? », explique celui qui, quelques années plus tard, allait prendre la tête des 3 Vallées… C’était en 2003. À cette époque, le domaine skiable existe depuis 1974 sous la houlette des maires des stations membres et de leurs offices de tourisme respectifs. Seules Courchevel, Méribel, Les Menuires et Val Thorens en font partie. Saint-Martin de Belleville, La Tania (désormais intégrée à Courchevel), Brides-les-Bains et Orelle rejoindront successivement les rangs entre 1992 et le début des années 2000. « J’avais décidé de quitter Courchevel et je m’apprêtais à accepter du travail au Canada lorsque les 3 Vallées sont venues me chercher. Les sociétés de remontées mécaniques avaient alors rejoint l’Association en réalisant le potentiel extraordinaire du domaine, et voulaient mettre un directeur à la tête de la structure ». La première mission de Vincent fut de trouver un lieu où implanter les bureaux. Hub naturel des 3 Vallées, c’est Moûtiers qui fut choisi. Vis ma vie de skieur Pour faire des 3 Vallées ce qu’elles sont aujourd’hui, c’est-à-dire une marque et non plus simplement un produit ski, il a fallu fédérer : être capable de mettre autour de la table tous les membres de l’association en leur insufflant un esprit collectif, afin qu’ils se sentent porte-parole de leur propre station, mais surtout qu’ils « deviennent » le domaine skiable. « Il fallait qu’ils nous fassent confiance à moi et à l’équipe, mais pas en fermant les yeux, chacun devait être intimement persuadé du bien-fondé de cette vision commune. C’est de là que tout part, de l’adhésion du groupe à une idée collective dans laquelle chacun y gagne individuellement ». Cette capacité à fédérer, Vincent la tient non seulement de son côté « je ne lâche rien », mais aussi de sa propension à se mettre à la place du skieur. « Le client est à la base de ma réflexion, c’est lui le juge de paix qui va décider de venir, mais aussi de revenir ou pas ! Je me demande constamment ‘si on me vend ça, est-ce que je l’achète ?’. Il faut prendre ici en compte la valeur des choses : il n’y a pas de notion de cher ou pas cher, tout est lié au plaisir que l’on a à dépenser. La seule consommation réussie c’est celle du désir, sinon, ça s’appelle payer ses factures ! » C’est aux 3 Vallées l’objectif principal qu’il a poursuivi : générer du plaisir.

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Je ne suis pas un solitaire, j'aime montrer, faire découvrir, emmener les gens, leur apporter de l'émotion J’irai dormir dans votre station Des stations et des domaines, il en existe de nombreux à travers le monde, et Vincent les connaît…presque tous ! « Piqué au ski » comme il le dit lui-même, c’est là aussi qu’il passe ses vacances, entouré de sa femme, passionnée de ski et de montagne également, et de leurs enfants à qui ils ont transmis le virus. « C’était mon rêve de vivre à la montagne, d’avoir des enfants montagnards ! J’ai conservé ma capacité à m’émerveiller et tout ce qui me passionne, j’ai envie de le partager. Je ne suis pas un solitaire, j’aime montrer, faire découvrir, emmener les gens, leur apporter de l’émotion ». Alors il parcourt la planète blanche avec sa famille, mais aussi dans un cadre professionnel, afin de faire découvrir d’autres domaines aux acteurs majeurs des 3 Vallées sur des thématiques précises (les consignes à ski en Arlberg, l’après-ski à Ischgl, le partenariat James Bond à Sölden, le traitement des clients dans le Colorado…). À l’étranger, nombreux sont les hommes et les femmes d’exception qui lui transmettent passion, sens de l’accueil et professionnalisme : Wilma Himelfreundpointner à St Anton, Christina Demetz à Val Gardena, Mike Kaplan à Aspen-Snowmass, Kirsten Lynch à Vail Resort… « Nous avons la chance de vivre dans un massif transeuropéen avec des stations aux cultures très variées. Et dans des pays comme l’Autriche ou la Suisse, les traditions montagnardes sont encore plus ancrées que chez nous où le ski est finalement assez récent ». Ces pays sont aussi moins confrontés à la notion de saisonnalité, une problématique qui nous emmène « droit dans le mur si l’on ne s’y attelle pas ». D’après Vincent Lalanne : « il nous faut aujourd’hui réussir l’été, ce que nous avons réussi l’hiver ». Transcender la marque 3 Vallées « Ma politique a toujours été de faire moins, mais mieux, en nous différenciant des autres et surtout en mutualisant entre toutes les stations : dans les 3 Vallées, 1 + 1 ont toujours fait 3, 4, 5 ! ». Les résultats ? Au fil de ses 15 ans au sein de l’Association, ce sont entre autres : la décoration des Galeries Lafayette à Paris, l’organisation des 3 Vallées Party qui permettent d’occuper l’espace médiatique, les tournées Lyon Neige, les évènements festi-sportifs 3 Vallées Enduro et 3 Vallées Addict, le partenariat avec Montagnes en Scène, etc., « en bref, tout ce qui donne une autre consistance au domaine skiable, qui nous permet de nous différencier en véhiculant du bonheur, du rêve, en faisant des 3 Vallées un lieu magique. D’une marque, faire un mythe... ce qu’a parfaitement réussi mon prédécesseur Grégory Guzzo à Val Thorens ». Marqué par les relations qu’il a nouées durant ses années 3 Vallées, d’André Plaisance pour son humanité et ses valeurs à Florent et Carole Lassalle pour leur humilité et leur sens du beau, en passant par Julien Machet pour sa simplicité et son talent naturel, Pierre Josserand pour sa vision toujours avant-gardiste, David Ponson pour son sens de la stratégie politique, Thierry Auzet pour son inépuisable culture…, c’est ce qui l’a décidé à monter à Val Thorens : « non pas l’addition des récompenses, mais celle de toutes les belles personnes qui m’entourent là-haut ! ».

LES 3 VALLÉES CE SONT : • 600km de pistes • 45 000 hectares de nature • 85% du domaine au-dessus de 1800m d’altitude • 160 remontées mécaniques • 7 stations reliées skis aux pieds : Courchevel, Méribel, Brides-les-Bains, Saint Martin de Belleville, Les Menuires, Val Thorens, Orelle. Prochaine édition du 3 Vallées Enduro (premier rassemblement de ski amateur au monde) : Dimanche 5 avril 2020

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Demain, aller plus haut… avec Val Tho ! Aujourd’hui à la tête de la plus haute station d’Europe, Vincent Lalanne poursuit d’autres objectifs mais avec toujours au cœur de la réflexion, le client. « Mon objectif c’est de passer de l’image au produit, et que le produit tienne ses promesses ». Car si en termes de ski, d’après-ski, d’hébergement, tout fonctionne très bien dans la station, il faut désormais aller encore plus loin dans la qualité de service, le souci du détail et l’attention portée au client. « On n’a pas le droit de décevoir quelqu’un qui vient en vacances, qui s’est payé une part de bonheur. Sur les pistes, rien ne ressemble plus à un skieur qu’un autre skieur, alors qu’il s’agisse d’un client lambda ou d’un multimillionnaire, tous ont droit à la même considération ». Outre la qualité du produit, le « nerf de la guerre » ce sont également les données clients : « un outil qui nous a permis de créer un club d’afficionados de Val Thorens comptant aujourd’hui 32 000 membres, à qui nous offrons des expériences uniques et que je compte développer encore plus dans le futur… ».


Enak «Rancho»

Gavaggio

LE BON LE MAL I N & LE RE BE LLE

PAR J O H A NNE B.

C'EST L'HISTOIRE D'UN MEC… Si on l'a choisi c'est d'abord et surtout pour les multiples facettes de sa vie. De sportif de haut niveau à créateur de web-série, en passant par organisateur d'événements, consultant aux J.O., créateur de marque et personnalité reconnue, Enak cultive l'idée d'une existence riche et plurielle animée par l'envie de " jouer ". Entretien sans faux cols avec un rebelle au cœur tendre, épris de liberté et de ce grain de folie qui lui colle à la peau. Son histoire, son parcours ont forgé ce personnage hors du commun dont l'image fédératrice est aujourd'hui et plus que jamais associée à la montagne.

Freak rider ! C’est en Savoie, près de la station de Valmorel que le jeune Enak a grandi, entouré d’un père pisteur et éleveur de chèvre et d’une mère marquée par la génération hippie. De cette vie en plein air, il a gardé le goût de la nature et du grand air. Motivé par un papa, convaincu par le ski - peut-être un peu trop - c’est tout naturellement qu’il fait ses armes au club de la station. Plutôt doué, il devient champion de France à 11 ans, à 16 ans c’est un espoir du ski alpin français. Seulement voilà, l’autorité a quelque chose d’antinomique

avec sa conception de la vie. Vêtu comme un snowboardeur, dans un monde de ‘’racer’’, il dénote et passe pour un ‘’branleur’’. Mais c’est mal connaître le jeune homme qui se qualifie de gros bosseur. « J’ai vécu une injustice entre ce que l’on pensait de moi et ce que j’étais réellement. C’est probablement ce qui a précipité ma rupture avec le monde des adultes et leur autorité… du moins à ce moment-là. » Peu importe ce qu’on pense de lui, sa différence il la revendique et jamais il n’abdique. Et il va découvrir que l’esprit n’est pas forcément binaire dans le ski et qu’on peut y voir d’autres formes d’épanouissement.

En tant que sportif de haut niveau, on a conscience que la carrière est courte, que la performance est éphémère

C’est au Ski Club des Arcs qui l’appelle sous ses drapeaux et grâce à Stéphane Saurel son premier mentor qu’il explorera le «ski dans toute sa largeur». « Avant d’être aux Arcs, ça se passait plutôt mal aves mes entraineurs, si bien qu’à 18 ans je ne voulais plus faire partie de ce monde avec lequel j’étais en conflit. Puis j’ai rencontré Steph : c’était la première fois qu’on me parlait comme si j’étais un adulte et pas comme à un gamin. Il a compris qui j’étais, un mec qui se défonce pour obtenir des résultats. Il a changé ma vision du ski. » Et comme un clin d’œil à la station, un signe qu’il était fait pour elle, Enak se rappelle avoir passé, plus jeune, tous ses après-midis dans un magasin de Valmorel à visionner en boucle les films ‘’A pocalypse Snow’’. Aux Arcs donc, il découvre la peuf, la liberté de s’entrainer dans la diversité et c’est une révélation. Alors puisqu’il est rebelle, souvent taquin, parfois révolté donc persona non grata dans les plus hautes instances du ski alpin, il embraye sur le freeride avec le team « Ça envoie du gros » puis sur le skicross. Pionnier de la discipline en France, il participe à ses premiers X-Games et c’est ainsi que sportivement tout s’enchaine. Il gagne et se fait un nom, le « Dark Lord », et surtout il teste ses qualités de joueur et son aptitude à la communication pour laquelle il se révèle plutôt bon. Et c’est ainsi qu’il navigue pendant dix ans sur les compétitions de skicross, loin de la FIS pour cause de ‘’mésentente’’ avec les boss, dans le freeride aussi à travers la vidéo et sur d’autres sports comme le base jump… Mais toujours là où on ne l’attend pas, libre et indépendant, il prend des décisions parfois surprenantes. Sur les compétitions de freeride c’est au moment où il est bien noté, ‘’surnoté’’ selon lui car il est connu, qu’il décide d’arrêter. Fidèle à un certain sens éthique, il ne conçoit pas de gagner de cette façon : à la loyale ou rien !

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L’âge de raison En 2008, au x X- Games i l se blesse méchamment quand il retombe après un saut de 13m sur la glace. Bilan : six mois alité. Mal en point, on vient pourtant le chercher pour représenter la France aux prochains J.O. à Vancouver. Ce challenge va lui servir de rééducation vitesse grand V. Pendant 2 ans, il va s’entraîner et à force de travail, il va revenir au plus haut niveau. Le jour J il termine 5e. « Ça a été la plus belle compétition et en même temps la plus dure de ma vie. En tant que sportif de haut niveau, on a conscience que la carrière est courte, que la performance est éphémère mais en même temps quand tu te programmes pour gagner et que ça paye, tu tombes dans le narcissisme. Alors quand tu t’arrêtes sur un échec en termes de résultats, il faut savoir se relever. » Et Enak est du genre à gamberger, passant les dernières années de sa carrière à se poser cette question : à quoi ça sert tout ça ? Le haut-niveau, les victoires, les échecs ? Quel est son but à lui ? « J’ai arrêté sans avoir de réponses. Trois mois plus tard, quand j’ai eu l’opportunité d’organiser un événement à destination des enfants et ados : le GMX. J’avais enfin compris, voilà pourquoi pendant dix ans j’avais fait du skicross : pour connaître des gens dans le milieu, pour lever des fonds, pour créer un event pour les jeunes, leur servir de tremplin. » Une vie couteau suisse qu’Enak endosse à la perfection ! Et une maitrise de son image également, sans faire d’effort, simplement parce qu’il suit ses envies souvent un peu folles et qu’il tient à ses valeurs, celles de l’amitié et de la fidélité. Peut-on le qualifier d’ovni ? En tout cas, c’est un mec à part dans le monde du ski, toujours là malgré sa sortie des circuits, sympa et solide sur ses appuis, original et bankable, la suite le confirmera… Le show Rancho Pro rider, il rejoint le team Rossignol il y a neuf ans, qui lui demande de prendre la parole sur le web. Surnommé « Dark Lord » chez Salomon son partenaire d’avant, il doit casser son image et embrayer sur autre chose… Rancho, du nom du premier crossover Matra-Simca,

J'avais envie de casser les codes du ski.

commence à se dessiner. Le concept imaginé avec Dino (Raffault) et Thibault (Gachet) ses deux potes, c’est l’histoire d’un mec qui parle du ski dans toute sa largeur. La baseline placée, la moustache esquissée et les éperons affutés, Rancho tourne son premier épisode : un freerider sur la Transjurassienne qui met à l’honneur le ski de fond, on est en 2014. Il ne se considère pas comme un acteur, il ne peut se glisser dans la peau d’un autre, c’est donc Enak ou son alter ego fantasque, que l’on voit à l’écran. Athlète complet capable de relever les défis sportifs les plus fous, jeté dans un scénario brillamment ficelé mais aussi entouré de tous ses potes du monde du sport : le phénomène est lancé. Premier épisode, c’est le buzz avec plus de 100 000 vues. Les internautes découvrent

ENAK GAVAGGIO EN CHIFFRES • 11 partenaires (Rossignol, Les Arcs, ESI, Julbo, Jean Lain automobile, Alpina Watches, le Groupe Terresens, Racer Globes, Pullin, Ortovox, Chaussette de France) • 7 Médailles aux X-Games de skicross • Médaille d’argent (2001) et de bronze (2007) sur les Championnats du Monde de skicross • 2e Coupe du monde de skicross 2004 • 2 fois 3e et une fois 2e au général de la Coupe du Monde de skicross

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un personnage décalé et truculent qui invite des grands noms du sport venus s’accorder une bouffée de « déconne » et avec qui il entretient une vraie complicité, images à l’appui. « J’avais envie de casser les codes du ski. Quand j’étais en alpin, je ne rentrais pas dans le moule à cause de mon look. Quand j’étais en skicross, j’étais un racer raté… coller des étiquettes ne me plait pas et Rancho fait la nique un peu à tout cela ». Les épisodes et saisons s’enchainent, brisant les frontières du ski pour commencer, du sport en général pour continuer. Rancho, et à travers lui Enak, fédère et rassemble. « Je connais 90% des sportifs que j’invite sur les tournages, les autres je vais les chercher car ils ont toute leur place dans notre histoire. Et quand un sportif rencontre un autre sportif, la connexion se fait toute seule. » Rancho participe donc à une épreuve de Coupe du Monde de géant, une autre de biathlon, mais surf aussi sur les vagues en ski, tente un record en KL, performe sur la Coupe du Monde de skeleton, pédale sur le Roc d’Azur en VTT… Et à chaque fois, il assure, faisant preuve d’un mental à toute épreuve, relevant chaque défi avec humilité et comptant sur l’amitié : un résumé en somme de cette réussite qu’il ne cesse de conjuguer au pluriel.

• 4e et 5e Championnat du monde de freeride en 2001 et 2002

Si on l’interroge sur pourquoi il est aujourd’hui une personnalité connue et reconnue en montagne, un type perçu comme sympa et surtout toujours là malgré l’arrêt de sa carrière sportive, il dira que c’est sa fidélité qui l’a mené là où il est. Depuis neuf ans avec Rossignol, 20 ans avec Julbo, autant avec Les Arcs, il n’a jamais cédé aux sirènes de l’argent, préférant miser sur la qualité et l’écoute d’une relation. « Dans ma vie, j’ai besoin de créer du lien. Quand tu es athlète, il y’a parfois de quoi prendre le melon. L’homme n’est pas conçu pour être une star. Et à une époque où j’aurais pu vriller, où on me changeait les rondelles de mes bâtons, mes copains étaient toujours là pour me rappeler à l’ordre. » Et parmi toutes ses vies, les plus sportives comme les plus créatives, l’histoire d’Enak c’est avant tout l’histoire d’un mec… libre !

RANCHO EN CHIFFRES • 25 jours pour réaliser un épisode • 5000 partages en moyenne par épisode • Entre 150 000 et 300 000 « vraies » vues (jusqu’à la fin) par épisode


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Crédit photo © Sylvain Aymoz

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Kevin Rolland

I CÔNE DU SKI F REE ST YLE

PAR J OHANN E B.

RELÈVE ASSURÉE Ici en Tarentaise, le nom de Kevin Rolland résonne comme le fer de lance d'une génération de freestylers. Grâce à son talent sur les skis, son mental indiscutable et la gestion fine de sa carrière, il s'est inscrit au panthéon des grands sportifs français. C'est au terme d'une année marquée par deux événements forts, personnel et professionnel, que l'on a rencontré cet athlète prêt à prendre un nouveau départ dans sa carrière.

Kevin, on commence par la fin mais tu as été victime en mai dernier d’un grave accident de ski en tentant le record du monde de quaterpipe, avec un saut d’une hauteur supérieure à 11 mètres. Peux-tu nous raconter ? Ça faisait 10 ans que j’avais ce record en tête, depuis que Simon Dumont l’avait lui-même réalisé (10,8m). Comme c’est un peu compliqué à mettre en place, entre les compétitions, le calendrier des shootings photos et vidéos et l’argent que ça demande, il a fallu attendre un peu avant que l’on puisse l’organiser. L’hiver dernier, les planètes se sont alignées ! C’était donc l’occasion inespérée en plus d’être un nouveau défi sportif hyper grisant. Les essais étaient très concluants mais il s’est passé quelque chose d’inattendu, que je n’avais même pas imaginé dans les pires scénarios : je suis tombé avant de sauter. Je me suis fracturé le bassin, j’avais huit côtes cassées, trois vertèbres en vrac, une hémorragie interne, les poumons remplis de sang et un trauma crânien... Je suis resté dans le coma pendant 2 jours. C’était grave, mais je me suis réveillé. On m’a alors expliqué que j’allais devoir penser à autre chose que faire du ski… une douche froide pour moi ! Et pendant que j’étais à l’hôpital, il y a eu la naissance de mon fils : c’est ce jour où j’ai réellement repris mes esprits. Dès lors, les choses sont allées plus vite que

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ce que j’espérais. La rééducation et la réathlétisation se sont avérées plus faciles que prévu. J’ai pu reprendre le ski progressivement ce qui était, quelques mois auparavant, hors de question. Aujourd’hui, je me remets au freestyle. Cet hiver je me consacre à cela, à reprendre mes marques dans les airs pour envisager mon retour en compétition l’hiver prochain. Nous avons par ailleurs tourné un documentaire qui devait être au préalable sur mon record et dont le sujet a été revu et corrigé pour montrer comment je me suis relevé de cet accident et quels sont les enseignements à tirer de ce « petit miracle ». J’espère qu’il sortira cet hiver, au pire, l’hiver prochain.

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© Samy Chardon


Parce que c’est ton souhait de revenir au plus haut niveau ? Je suis un compétiteur, j’aime relever des défis. Je souhaite redevenir un athlète de haut niveau et performer de nouveau. Dans ma carrière sportive, je pars du principe que c’est moi qui choisis ! Mais plus à n’importe quel prix, j’ai une famille et je compte désormais y apporter toute mon attention. Et si je reviens sur le circuit ce n’est pas en faisant n’importe quoi. Je suis suivi par des médecins spécialisés, tout est sous contrôle et c’est pour cette raison que je sais que c’est aujourd’hui possible alors que ce n’était vraiment pas gagné… Ce qui marque quand on suit ta carrière, c’est cette espèce de force que tu dégages quand tu te lances dans un half-pipe. On sent que tu as un mental d’acier qui explique également la longévité de ta carrière au plus haut niveau. Je crois que mon mental est vraiment l’une de mes forces car il m’est rarement arrivé de craquer tout au long de ma carrière. Quand j’étais petit, je gérais mal les compétitions, je me mettais dans des états pas possibles. Puis avec l’expérience, j’ai appris à gérer le stress pour le transformer en énergie. En compétition, le mental c’est 50% du job, c’est une histoire de moment. Je n’ai jamais fait de préparation mentale, en revanche je pratique assidûment l’apnée et grâce à cela j’ai pu mettre en rapport mes facultés de concentration, celle que l’on doit avoir à l’instant T. Ce qu’il y a de plus dur dans le ski freestyle, c’est que tu as 30 secondes pour être focalisé sur ce que tu dois faire : c’est l’instant ou rien. Et pour ma part, j’arrive plutôt bien à gérer ces secondes. C’est aussi pour cette raison que je me foire aux entrainements mais que le jour J je suis là et que je peux faire des résultats. En apnée, on est obligé d’être dans l’instant présent, chaque seconde compte, l’une après l’autre… c’est pareil en ski. Tu es aujourd’hui l’une des figures du ski freestyle dans le monde mais surtout en France où tu es suivi avec passion par de nombreux adeptes de la discipline. Quel regard portes-tu sur ton sport ? Depuis que je suis gamin je suis fan de ski freestyle. Je m’abreuvais de vidéos et je rêvais d’en faire. Mais j’étais avant tout un compétiteur, c’est pour cela que je me suis dirigé vers les contests. Et heureusement pour moi dans ce sport, il n’y a pas que la performance qui compte, il y a aussi l’esthétique, ce qui fait de nous en quelque sorte des « artistes ». L’image, son travail, sa réflexion, permettent de s’évader de l’aspect « performance ». Dans mon cas, je n’ai en général qu’une quinzaine de jours en fin de saison, une fois que le circuit des compétitions est terminé. Mais il a toujours été essentiel pour moi de réaliser un projet artistique : Fast Forward, Oh My Ghost mais aussi Follow us TV… Et dans le contexte actuel, avec l’omniprésence des réseaux sociaux, l’image est un vecteur de notoriété. Sans être adepte de l’exercice, j’essaye d’être présent juste ce qu’il faut en présentant des contenus raccords avec ma vision du ski : créative et pointue. Je pense également que, si je suis connu dans le monde du ski et un peu au-delà, c’est en partie dû à ma longévité : j’ai été champion du monde en 2009 et vice-champion du monde en 2019. Je suis dans le Top 10 depuis 10 ans. J’ai également eu la chance de participer aux European X-Games qui ont eu lieu en France à Tignes, un énorme event dans notre sport, supporté par Canal +. J’ai gagné cette compétition deux années d’affilée, en France et aux USA. Je suis devenu le petit français à suivre. Et puis il y a eu les J.O., les premiers en half pipe (2014 à Sotchi) et j’ai eu la chance de ramener une médaille…

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Pendant que j'étais à l'hôpital, mon fils est né : c'est ce jour où j'ai réellement repris mes esprits


Ton influence sur la jeune génération de skieurs est indéniable. Que dirais-tu à celui ou celle qui souhaite suivre ta trace ? Ça reste un sport dans lequel il faut s’investir à 120%, être complètement passionné pour ne pas avoir à faire de concessions. Sauter et avoir la tête en bas n’est pas sans risque alors pour le faire et le faire bien, il faut le vouloir à fond et prendre du plaisir. Sans cela, c’est trop risqué d’y aller. Je pense ceci dit, que pour être à l’aise en l’air et dans les rotations, il faut commencer gamin car, si ça n’est pas naturel dès le départ, il y a peu de chances que ça le devienne une fois adulte.

Aujourd’hui papa d’un petit garçon, qu’est-ce que la paternité a réellement changé dans ta vie ? C’est un amour viscéral, tout nouveau. Et puis, mon fils est arrivé au moment même où j’ai pris conscience de la fragilité de la vie. Quelque part je crois n’avoir jamais été aussi heureux que les mois qui ont suivi ces deux événements car je me suis dit pour la première fois de ma vie « c’est cool, tout va bien », sans chercher à faire ou à aller mieux ! Et pour le coup, je n’ai eu aucune séquelle grave de l’accident si bien que je le vois comme un nouveau départ. Le ski reste vital et je souhaite revenir au plus haut niveau pour ne pas terminer sur un échec. Ceci dit, ça ne sera pas au détriment de mes proches. Je serai désormais plus attentif et je crois en un véritable équilibre possible entre ma famille et le ski.

Ça reste un sport dans lequel il faut s'investir à 120%, être complètement passionné pour ne pas avoir à faire de concessions

PALMARÈS • J.O. Sotchi 2014 – Half-Pipe Médaille de bronze • Mondiaux Half-Pipe 2009 : médaille d’or 2011 et 2019 : médaille d’argent • US Winter X Games Vainqueur en 2010, 2011, 2016 2e en 2014 et 2015 • European Winter X Games Vainqueur en 2010 et 2011

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Luc Reversade

FONDAT EUR DE L A FOL I E D OUCE

PAR GÉRA LD I N E V.

Avec 8 établissements à son actif et de nombreux projets en cours, Luc Reversade fait partie de ces personnages incontournables de Val d'Isère d'abord, mais aussi des stations des Alpes et de la montagne en général. Créateur d'un concept au succès jamais égalé, qui fait danser les gens tous les après-midis sur les pistes après les avoir régalés d'une cuisine de haute qualité, Luc Reversade est avant tout un perfectionniste qui a mis sa créativité au service d'une aventure qui se veut désormais familiale. C'est là où tout a commencé, à Val d'Isère donc sur les terres de la première Folie Douce, que nous l'avons rencontré avec son fils Arthur, qui travaille à ses côtés.

Racontez-nous un peu votre histoire avant que celle de la Folie Douce ne démarre. Je suis originaire des Charentes, où mes parents étaient tous les deux instituteurs. L’été, ma mère avait une petite colonie de vacances à Autrans dans le Vercors. En 1964 le préfet, qui la connaissait bien, l’a appelée pour lui demander si pour les Jeux Olympiques d’hiver à Grenoble en 1968, elle voulait bien ouvrir son centre. Elle a accepté, à condition que l’Éducation Nationale la détache définitivement afin qu’elle puisse même l’exploiter toute l’année ! C’est donc après beaucoup de travaux que je suis arrivé dans les valises pour l’ouverture en 1968. J’ai appris à skier, j’ai passé mon diplôme de moniteur de ski. Comme je n’étais pas très doué à l’école, un peu turbulent, j’ai fait l’école hôtelière de Grenoble puis j’ai terminé à Thonon- les-Bains parce qu’on était un peu agités ! Tout ça m’a donné le goût de la cuisine. Déjà à cette époque je voulais être hôtelier. J’ai eu deux petits hôtels à Autrans, mais je n’ai jamais réussi à emprunter ce que je voulais pour faire quelque chose de plus grand. Moi j’ai toujours vu grand, petit je ne connais pas ! J’aime le volume, la densité. Si je suis en vacances je vais adorer un petit restaurant intime, mais pour travailler ce n’est vraiment pas mon truc. Ce qui me plait c’est l’organisation, les fiches techniques, les fiches de poste, les gros fonctionnements… Vous êtes ensuite rapidement venu à Val d’Isère.

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Je suis arrivé en 1978 à Val d’Isère avec une culotte et une pomme, rien quoi ! Comme je ne pouvais pas être hôtelier j’ai voulu me lancer dans le sport : moniteur de ski l’hiver et de plongée l’été. J’ai passé premier échelon, deuxième échelon, puis je n’ai jamais réussi mon instructeur ! Alors j’ai basculé vers la restauration avec la Petite Folie en 1980, dans le centre du village. Quelques années plus tard j’ai pris une affaire à Royan, La Grange, le plus grand club de la côte Atlantique ! Je faisais plus de 1000 personnes avant minuit, 3000 personnes le reste de la nuit. C’était gigantesque, sur 7 hectares, avec 3 piscines et 3 clubs : le grand club, le club privé et le club alternatif où je faisais venir Bérurier Noir et d’autres groupes de rock alternatif ! C’est là que j’ai connu Johnny Hallyday. Au début des années 1990 je suis beaucoup parti en voyage avec lui, j’ai suivi la production de ses spectacles, il savait que j’étais bosseur et ensemble on a voulu créer un restaurant. L’établissement n’a pas pu se faire mais ces années m’ont tellement appris.

C’est là qu’arrive la Folie Douce. À Val d’Isère la Petite Folie a été rasée pour cause de travaux dans le centre de la station, alors j’ai acheté la Folie Douce en altitude et on l’a ouvert avec ma mère. Ça faisait 30m² à l’époque ! On avait des toilettes, mais pas raccordées bien sûr. C’était juste un trou dans le ciment à la sortie des télécabines, qu’un jeune nettoyait après que les gens soient passés. Il avait toujours un magazine qu’il lisait dans un coin, et un jour il arrive vers ma mère en disant : « mais regardez, le monsieur sur la terrasse qui vient de sortir des toilettes, il fait la une du magazine ! ». C’était Richard Branson (Virgin Group, ndlr) ! Ma mère m’appelle, je sors et qui je vois ? Luc Besson, Rosanna Arquette… c’était une époque de dingue ! Pourtant sur la terrasse tout ce qu’il y avait, c’était 4 chaises longues ! Mais on faisait juste de la bonne nourriture. Puis le concept de la Folie Douce est né d’un constat simple : j’ai réalisé que si l’été les gens prenaient de vraies vacances, en hiver ils allaient aux « sports d’hiver ». Alors avant tout le monde en France, et après avoir vu un peu ce qu’il commençait à se passer à l’étranger, j’ai perçu cette notion de « vacances au ski ». C’est ainsi que dans les années 2000, pendant trois ans, j’ai réfléchi au concept que je voulais lancer sans faire d’erreur, car c’est la première fois que les banques voulaient bien me prêter de l’argent ! Il s’agissait surtout de régler des questions logistiques : « comment servir des boissons par -20°c, sans que la bière pression ne fige en sortant ? Comment des enceintes peuvent fonctionner aussi bien par grand froid qu’en plein soleil ? Comment mettre en place des ascenseurs pour rentrer au plus vite la terrasse en cas de tempête ? ».

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© La Folie Douce


Quelles sont les pires contraintes auxquelles il a fallu faire face ? On a mis en place la musique, d’abord au tourne-disque. Mais dès que les rayons du soleil tapaient dessus, la musique sautait ! Chaque élément devait être pensé en fonction de ces conditions extrêmes. Les trompettes et les saxos gelaient aussi avec la salive ! Désormais les instruments sont placés sur des tables chauffantes pour ne pas avoir ce phénomène. La danse aérienne c’est pareil. À Val d’Isère on ne la commence qu’au 15 février car avant c’est trop dangereux, mais sur les autres Folie Douce c’est réalisé toute la saison. Arthur : En parlant de conditions météorologiques, quand on a lancé la partie danse, il a fallu trouver des solutions pour les artistes aussi. Au début on les habillait en Odlo, en Damart, mais c’était pas du tout esthétique ! On a essayé des gants chauffants, ça n’allait pas… Alors on a détourné la chaleur des hottes, pour créer le même phénomène qu’avec les grilles de métro ! Comme ça les artistes peuvent performer librement et le public est en extase. Le succès de la Folie Douce a t’il été immédiat ? Le concept est simple : d’abord on mange, et on doit très bien manger. Comme disait Bocuse « il n’y a qu’une seule cuisine, c’est la bonne ». C’est le cas dans toutes les Folie Douce avec de super chefs. Puis la qualité de la nourriture fait qu’on est enclin à bien s’amuser, à être détendu ! Dès qu’on a mis la musique, les gens ont tapé du pied, et c’était parti. Quand une start-up démarre, pour qu’elle réussisse, elle a aussi besoin de chance. La nôtre, ce fut la reprise des remontées mécaniques par la Compagnie des Alpes, qui a investi pour offrir des appareils plus performants. Du coup, combiné à une hausse de la qualité du ski et des pistes, les skieurs ont pu réaliser en 5h ce qu’ils faisaient auparavant en une journée. Et une fois qu’on a skié depuis 9h le matin et qu’il est 14h, on fait quoi ? La Folie Douce s’est inscrite dans ce créneau-là, celui de l’après-ski sur les pistes. Au-delà de ça, quels traits de votre personnalité sont inhérents à votre succès ?

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On apprend un métier et soit on le fait comme tel, soit toute sa vie on a envie de s’améliorer, d’être curieux, ne pas vieillir : c’est ça ! Et moi je suis comme ça. J’ai bossé toute ma vie et aujourd’hui je me sens poussé des ailes, mes enfants disent que je suis éternel ! C’est grâce à la Folie Douce, parce que ça me passionne. J’ai toujours eu envie d’oser, de réussir. Ce n’est pas la finance qui me fait bouger. C’est quelque chose que je peux comprendre bien sûr, ce désir-là, mais moi c’est plus le fait de vivre une aventure qui m’anime. Je suis un créatif, j’adore la possibilité de modeler, de transformer. D’ailleurs c’est un mot que beaucoup ne comprennent pas : dès qu’on veut faire des travaux il faut un permis. Le permis de quoi, d’être créatif justement !? Et puis surtout je voyage beaucoup, je vais voir ce qu’il se passe ailleurs, comment les gens se développent, ce qu’ils font. « Faire » c’est un mot que mes parents m’ont clairement inculqué, on ne fait pas faire, on fait ! Je suis jusqu’au-boutiste aussi. Pour une raison assez simple : le ski n’est pas accessible à tous. Nos clients savent exactement ce qu’ils ont dans l’assiette, ils savent goûter les vins, on doit se mettre à leur niveau. On a aussi beaucoup de jeunes, au fort pouvoir d’achat, on doit leur apporter du service, c’est la clé, la seule !

Arthur : Nos clients étaient hier à Tokyo, demain à New-York, ils viennent là quatre jours, derrière ils repartent à Saint-Moritz… On est obligé d’assurer en termes de standing ! La fidélité des clients, c’est un critère important pour vous ? Nos clients ont commencé à venir chez nous lorsqu’ils avaient 16 ans. Depuis, ils aiment la Folie Douce, sa cuisine, ce qu’on est, notre vérité. Aujourd’hui ils ont 40 ans et continuent de venir, avec leurs enfants ! On en a beaucoup sur la terrasse. C’est ce qui nous sépare de tous les autres concepts de restauration, dans lesquels on ne peut pas emmener ses enfants. Arthur : On s’est développé en dupliquant le laboratoire qu’est Val d’Isère. C’est ce qui explique l’histoire des enfants. Ici, on a une télécabine depuis le début, qui nous permet d’avoir le flux piéton. C’est assez stratégique, on n’est pas un restaurant d’altitude « perdu », tout le monde peut venir en continu. En plus à un carrefour entre Tignes et Val d’Isère, comme c’est le cas pour la Folie Douce Méribel-Courchevel. Du coup notre clientèle n’est pas composée uniquement de skieurs, ce sont aussi les grandsparents, les femmes enceintes… bref la famille ! Le deuxième point, c’est que tous les concepts de restauration au sein d’une même Folie Douce, s’ouvrent aux différentes « catégories » de la famille : une brasserie haut de gamme pour un beau moment à table, un cabaret avec un côté presque « Walt Disney » dans le sens « magique » pour éblouir les enfants… Parlez-nous de la force de ce cabaret justement. Quand on l’a créé il y a 10 ans maintenant, il n’en existait que des ringards, nous on l’a dépoussiéré ! Il faut bien avouer qu’au début les premiers costumes étaient un peu bricolés. Mais dès la deuxième année on s’est amélioré. Maintenant notre chorégraphe est russe, nos costumes sont faits en Ukraine par des couturières professionnelles, on a notre propre compositeur de musique… Chaque année on réécrit un cabaret, nos clients sont tellement modernes qu’on ne peut pas leur resservir deux fois la même chose ! Arthur : Cela nous a permis d’internaliser beaucoup de métiers puisqu’on a créé l’entité Folie Douce Team, qui regroupe près de 60 artistes chanteurs, musiciens, danseurs. Des castings ont lieu deux fois par an à Paris et Londres, puis on forme les artistes sur nos shows et nos cabarets dans notre Folie Douce Hotels à Chamonix. Dès le début des vacances de Noël ils partent dans les différents établissements du groupe. Les artistes font partie intégrante des équipes, toute l’année. Puisqu’une fois que la saison

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Nouveau programme - New development


se termine fin avril, des spectacles Folie Douce (près de 160 l’an dernier) ont lieu partout sur la planète : espace VIP de l’America’s Cup, salon du ski à Pékin avec la construction d’une Folie Douce éphémère, Melbourne Cup, Liban… C’est un rêve pour un jeune danseur ! Comment envisagez-vous le futur de la Folie Douce ? Le développement, on y va avec parcimonie. Les grandes stations de France sont toutes équipées en Folie Douce, alors on se dirige plus vers l’hôtellerie. Avec le Folie Douce Hotels Chamonix, on a réussi à créer quelque chose qui ne ressemble à aucune chaine déjà existante dans le monde. Ce premier hôtel est un grand succès et on espère pouvoir en faire d’autres, mais en prenant notre temps. Ceci dit la Folie Douce qui ouvre aux Arcs cet hiver ne sera pas la dernière, puisqu’il y en a déjà une prévue pour l’an prochain à Verbier en Suisse ! Arthur : il n’y aura pas d’arrêt, puisqu’aujourd’hui c’est une aventure familiale, on bosse tous ensemble main dans la main. Mon frère César et moi à l’exploitation, mon père au développement, ma mère Corinne sur tout ce qui est social, finance, administration. Une grosse partie puisque nous sommes tout de même 700 à travailler sous enseigne ! Nous habitons dans un petit hameau sur les bords du lac d’Annecy, où logent également les directeurs, les managers, les responsables… on travaille vraiment dans un esprit de village tout au long de l’année. C’est en partie une question de stratégie car on est à une demiheure de l’aéroport de Genève, extrêmement bien desservi, qui nous permet de passer l’été à benchmarker, à partir trouver des idées. Vous ne nous trouverez pas dans le sud de la France, à SaintTropez, en train de montrer les chaines en or !

en a fait le Folie Douce Hotels. Nous avons l’intention d’en ouvrir cinq autres dans les Alpes. C’est une vraie valeur ajoutée, un hôtel intégré à l’écosystème de la station, ouvert à tous les clients qui profitent de nos restaurants, de nos bars, des shows artistiques, du spa musical pour se tonifier avant de partir en bringue ! Nous essayons actuellement de trouver d’autres lieux qui s’y prêteraient, des bâtiments en fin de vie à qui on en donnerait une seconde...

C'est le fait de vivre une aventure qui m'anime

Comment nait une Folie Douce ? Arthur : Prenons le cas de la dernière née, celle des Arcs. Il y a un an et demi nous sommes partis un après-midi aux Arcs, où on a vu un restaurant mal exploité qui semblait avoir du potentiel. On l’a reconverti dans l’été en se répartissant les tâches : mon père et César sur les travaux, ma mère et moi sur le montage du dossier financier et le recrutement… En 12 mois, on a reconverti 3000m² et on ouvre cet hiver en créant 70 emplois aux Arcs, c’est merveilleux, on est heureux de le faire ! Chamonix c’est la même chose, on a eu l’opportunité de reprendre un établissement et on

LA FOLIE DOUCE EN CHIFFRES • Val d’Isère en 1974 • Val Thorens en 2009 • Méribel Courchevel en 2012 • Alpe d’Huez en 2013 • Saint-Gervais Megève en 2014 • Avoriaz Morzine en 2018 • Les Arcs Paradiski en 2019

1980 : Ouverture de la Petite Cuisine 1994 : Ouverture de la Fruitière (1200 couverts par jour) 2007 : Lancement des après-skis 2010 : Début du cabaret Décembre 2018 : ouverture du premier Folie Douce Hotels à Chamonix À venir dans les prochaines années : SerreChevalier, La Plagne, Samoëns. Et 200 000 clubbers toute la saison !

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Sandrine Davière

C RÉATRI CE DE S SPAS Ô DE S C I ME S

PAR J OHANN E B.

DAME DE CŒUR Femme haute en couleurs, passionnée par un métier qu'elle érige en art, Sandrine Davière a toujours mis son âme et son cœur dans ce qu'elle entreprend. Portrait tout en courbe, sincérité et volupté, de celle qui est à l'origine et à la tête des Spas Ô des Cimes.

La beauté : un sacerdoce ? Quand on rencontre Sandrine pour la première fois, très vite le ton est donné : c’est une femme qui place la bonté et la féminité au premier plan de son activité. Presque aussitôt, elle évoque sa grand-mère qui lui a donné la force d’aller au bout de ses envies et de ses passions. C’est donc cette figure qui va implicitement la guider dans ses choix et notamment celui de se spécialiser dans le bien-être à travers le métier de spa praticienne. Mais c’est en réalité une rencontre à l’aube de sa majorité qui sera décisive pour sa carrière et sa vie. « Lors d’un week-end à Paris avec des amis, j’ai rencontré Sabine, quarante ans, si belle et avec tellement de présence et de prestance que je suis tombée sous le charme de sa personnalité. Elle travaillait dans un institut et m’a proposé de venir le lendemain découvrir son métier. J’ai passé la journée avec elle, à me familiariser avec l’art du massage, des soins… le soir je savais ce que je voulais et ce que j’allais faire de ma vie. » Elle avait découvert l’art du toucher, celui qui fait voyager et fait du bien au corps et à l’esprit. Convaincue de sa destinée, elle commence sa carrière au cœur de l’excellence, au Royal Monceau

à Paris. C’est aussi là qu’elle rencontre son futur mari. Tous deux font leurs armes dans leurs métiers respectifs : l’hôtellerie pour monsieur, la beauté pour madame. Dans son activité, Sandrine révèle une personnalité travailleuse et battante. Elle aime ce qu’elle fait et y met tout son cœur, son énergie, son temps. Le seul repos qu’elle s’accorde, c’est celui de la maternité, quand elle met au monde ses trois enfants et donc en stand by sa carrière. Femme jusqu’au bout des ongles, c’est là un acte d’amour et de passion pour les siens qui la guident… la condition de son bien-être à elle. Une signature bien-être Sandrine mène donc sa carrière au gré de belles opportunités, se formant ci et là, découvrant très vite les responsabilités et les différents aspects du métier : institut, thalassothérapie, thermalisme, formation… Si bien qu’un jour elle se sent prête à prendre les rennes de son affaire. On est en 2005, le premier spa Ô des Cimes voit le jour. Ethique de travail, valeurs humaines affirmées et un goût certain pour la qualité, il n’en fallait pas plus pour que ses spas deviennent une référence en matière de soins et de massages. À force de ténacité, de labeur, de cœur et de pugnacité, ses spas fleurissent dans les Alpes. Elle se souvient d’ailleurs des débuts avec un sourire satisfait, évoquant avec émotion l’ouverture de son premier établissement. Car en tant que professionnelle, elle a pu mettre à profit ses années d’expériences pour imposer

un style, le style Ô des Cimes, avec cabine unique permettant de réaliser les soins : corps et visage, cabine duo pour partager un moment d’exception, espace et place pour se sentir à l’aise, intégration de cabine de douche et meubles bien pensés pour la praticienne. En tant que cliente, elle a compris que ce qu’on attendait d’un soin, c’était sa qualité, l’assurance que celle ou celui qui le délivre est un vrai professionnel diplômé et passionné. Cette marque de fabrique, cette barre qu’elle place haute dans les sphères du bien-être, elle la porte chaque jour dans son âme et dans sa trentaine de spas qu’elle suit chaque hiver et chaque été, pour être au plus près de ses équipes et de ses clientes. L’art de former Son engagement auprès des autres, elle n’a cessé de le développer à travers son activité. À titre personnel d’abord, dans un investissement quotidien pour soulager les maux mais aussi à travers son entreprise qu’elle porte comme un drapeau. Elle offre une chance pour de nombreuses femmes, de tout âge, de tout profil, d’exercer un métier passionnant et d’être formé à celui-ci. Le monde du spa est un monde d’énergies. « Je m’entretiens avec des femmes qui ont parfois un chemin de vie accidenté, qui trouvent une porte d’entrée dans ce métier. C’est pour cela qu’en 2011 j’ai crée l’Académie Ô des Cimes, dans le but de donner une chance à ces filles. Qu’elles puissent bénéficier d’une formation complète qui leur enseigne l’art de la discipline avec un emploi à la clé. » Une démarche bienveillante pour celle qui considère que le bien-être, c’est sûr, soigne le corps et l’esprit.

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© Foudimages


Dame de cœur, franche et fidèle à ses valeurs, Sandrine exhale et incarne une certaine idée de la féminité, celle à laquelle on accorde volontiers les qualités d’humanité et de bonté, de douceur et de grâce. Des qualités qui l’ont conduit là où elle est aujourd’hui, passionnée corps et âme par ce qu’elle fait. Et depuis deux ans maintenant, accompagnée par sa fille, Sandrine est une femme comblée qui mène sa vie et son action par et avec tout son amour, comme lui a appris sa grand-mère : la boucle est bouclée.

© Foudimages

J'ai passé la journée à me familiariser avec l'art du massage... le soir, je savais ce que j'allais faire de ma vie

LES SPAS Ô DES CIMES EN CHIFFRES • 29 spas dans les Alpes • 1 Académie de formation • 26 spa praticiennes recrutées et formées chaque année

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Éric Laboureix

CO-FONDAT EUR DE L'E NSE IGNE SKI M I UM

PAR AU RÉ L I E D.

L'ENVIE D'AVOIR ENVIE Arrivé à La Plagne à l’âge de 7 ans, ce quintuple champion du monde de ski acrobatique a eu très jeune le désir d’entreprendre. Co-fondateur et président du conseil de surveillance de l'enseigne Skimium, créateur du groupe Elpro, président de la caisse locale du Crédit Agricole… Eric Laboureix est sur tous les fronts. Rencontre avec un entrepreneur qui ne se laisse guider que par une chose : l'envie.

Comment est venue cette volonté de créer votre entreprise ? Je ne m’en souviens pas, tout simplement parce que je crois que ça a toujours été en moi. J’ai toujours eu envie d’avoir ma société. Ma motivation n’a jamais été l’argent, mais l’envie de créer, de manager, de négocier… et je dirais même que j’ai mené ma carrière sportive sous une forme d’entreprenariat. A la fin de cette époque, je savais déjà ce que je voulais faire. J’ai donc très vite créé Elpro pour proposer des activités outdoor, une école de ski et l’organisation de séminaires et d’événements. Puis Elpro a acquis un magasin de sport... Oui, à Belle Plagne, sous l’enseigne Sport 2000 puis sous celle de Twinner. Je me suis énormément investi dans cette structure pour la rendre la plus performante possible, si bien que très vite, j’ai intégré le comité montagne du groupe, puis le conseil d’administration. Au bout d’un certain temps, les parts de marché de l’enseigne ont chuté, il fallait trouver une solution. Avec les autres adhérents Twinner, nous avons envisagé de nous rapprocher d’une autre enseigne. J’ai alors suggéré de se tourner vers Décathlon.

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Je n'ai pas fait d'études, et d'après moi la réussite ne tient finalement qu'à une chose : l'envie

Ce que vous avez fait. Je suis allé rencontrer Yves Claude, le PDG de Décathlon. Il nous a fait une proposition que j’ai soumise au conseil d’administration qui l’a refusée car elle présentait des solutions pour les magasins de montagne mais pas pour ceux en plaine. Du coup, je me suis tourné vers le comité montagne de Twinner, qui l’a rejetée également, probablement par peur de se faire manger par ce géant de la distribution. Mais vous, vous y avez cru ! Oui, à ce moment-là Dominique Chomarat, gérant d’un important magasin de sport à Chamonix, et moi-même, avons décidé de nous associer à Décathlon pour créer Skimium. L’objectif était de devenir leader sur les réservations internet auprès des particuliers grâce aux fichiers clients de Décathlon. La première année, nous comptions déjà quelques adhérents pour un total de 12 magasins. Puis d’année en année, l’enseigne s’est étoffée pour atteindre 170 adhérents et 250 magasins aujourd’hui. De mon côté, j’ai ouvert quatre autres magasins de sport sous l’enseigne Skimium, mais aussi deux boutiques mode. En 2016, avec Dominique Chomarat et Guy Belec, le directeur général, nous avons racheté les parts de Décathlon : Skimium nous appartient donc entièrement. Pourquoi justement continuer à développer toujours plus ? Ce n’est pas pour gagner plus, c’est pour entreprendre tout simplement. Malgré les angoisses et le stress, la satisfaction prend toujours le dessus. Même si j’apprécie mon confort de vie, l’argent n’a jamais été la priorité. J’ai voulu avoir une belle entreprise, agréable à vivre. Qui plus est, aujourd’hui je n’ai plus de raison de ne pas le faire puisque je ne prends plus vraiment de risques financiers dans la mesure où mes structures sont désormais solides. Ça n’a pas toujours été le cas ? Pas du tout ! J’ai passé des années sans dormir la nuit, tant les risques que j’ai pris étaient importants, surtout lors de l’association avec Décathlon. Ma trésorerie était parfois tellement à défaut que ma banque pouvait fermer les vannes à tout moment. Mais j’ai toujours pris les devants et fait face aux problèmes : quand la banque pointait les comptes chaque matin, vous pouvez être sûr qu’elle avait reçu un mail de ma part à 4 heures du matin pour expliquer la situation et comment je comptais la régler. L’anticipation a été mon leitmotiv, et à mon grand étonnement ils m’ont toujours suivi ! C’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui j’assure la présidence locale du Crédit Agricole d’Aime : pour aider les gens dans leurs démarches, comme on l’a fait pour moi. Ça me semble être un juste retour des choses.

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10/2019 - Caisse Régionale de Crédit Agricole des Savoie - 302 958 491 RCS Annecy - ORIAS n°07 022 417. Conception et réalisation : Crédit Agricole des Savoie - Crédit photo : IStock.


Ce qui est sûr, c'est que sans mes équipes je n'aurais rien pu faire Pensez-vous avoir été novateur dans votre domaine ? Absolument pas, je n’ai rien inventé ! J’ai regardé autour de moi ce qui fonctionnait et je m’en suis inspiré, notamment pour créer une identité visuelle commune et cohérente : l’enseigne, les véhicules, les tenues des équipes… J’ai fait en sorte que les magasins soient accueillants, et que les clients soient toujours bien reçus : rien d’exceptionnel donc ! Et puis je ne veux pas avoir la folie des grandeurs : je pourrai avoir de beaux locaux administratifs en vallée, mais je préfère garder mon petit bureau à l’étage du magasin à Belle Plagne. La proximité avec le terrain permet d’être plus fort humainement et commercialement, sans oublier l’économie d’échelle que cela représente. Je n’ai pas fait d’études, et d’après moi la réussite ne tient finalement qu’à une chose : l’envie. Alors peut-être qu’il peut y avoir des aptitudes au départ, mais l’envie c’est la clé. Quel genre de manager êtes-vous ? Je ne suis pas un tendre. Je veux que les personnes qui travaillent avec moi partagent mes objectifs et qu’ils fassent mieux qu’ailleurs. En acceptant de travailler dans mes structures, ils n’acceptent pas seulement un travail, mais une forme de réalisation de leur travail. En revanche, ce qui est sûr c’est que sans mes équipes, je n’aurai rien pu faire. C’est pour cela que je pense qu’il est important de récompenser pour garder les bons éléments. Deux de mes salariés sont d’ailleurs rentrés au capital du groupe, et ils ne le doivent qu’à leur implication… et à leur envie ! Une telle vie professionnelle est-t-elle conciliable avec une vie familiale ? Comme disait Coluche, « ça dépend du mec » ! Sauf que là, ça dépend plutôt de l’épouse. J’ai eu beaucoup de chance, car si j’ai pu faire tout cela, c’est parce que Karin, ma femme, a géré le quotidien, l’éducation de notre fille. Pour moi, ça aurait été un drame de ne pas pouvoir conserver ma vie de famille et mon entreprise. Je n’aurai pas pu être heureux sans l’un ou l’autre.

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ELPRO

SKIMIUM

• Création en 1992 • 4 magasins de sports • 2 boutiques mode • A ctivités d’hiver (motoneige, luge, fat bike…) et d’été (quad, tyrolienne, VTT...) • O rganisation d’événements et de séminaires • 2 bureaux École de ski • Environ 30 salariés en saison et environ 35 travailleurs indépendants (moniteurs ESF…) • Chiffre d’affaires : 3 millions d’euros

• Location de skis en ligne • Création en 2006 • 185 adhérents, 245 points de vente • Chiffre d’affaires  : environ 100 millions d’euros


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PAR AU RÉ L I E D.

Enfants de Méribel, Alain et Bernard Front ont dirigé Sport Boutique durant 40 ans. Au moment où leurs fils prennent la relève, ils reviennent sur ces décennies durant lesquelles leurs choix ont toujours été guidés par la même ferveur : faire vivre leur village, cette terre si chère à leur cœur.

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Un magasin au cœur des générations

SkiSet : unis contre tous

Plus ancien magasin de sport de Méribel, Sport Boutique a été créé en 1947. Plus qu’une entreprise, c’est une histoire de famille, une famille attachée à ses racines, à son village. « Ce sont notre père et nos oncles qui ont créé le magasin du centre qui s’est appelé Méribel Sports jusqu’en 1979. Le logo est d’ailleurs toujours sur la devanture ». Dans les années 50, leur mère, Madeleine Front, championne de ski, intègre l’entreprise qu’elle dirigera avec son mari Maurice. Ensemble, ils la développent à l’unisson avec la station. En 1977, Alain rejoint l’aventure : « Je ne voulais plus aller à l’école, alors mes parents m’ont mis au travail ». Skiman, vendeur… il apprend tous les métiers tandis que son frère, Bernard, vis une carrière de skieur professionnel aux États-Unis. De retour au pays en 1979, ils reprennent ensemble le flambeau pour créer Sport Boutique. Comme leurs parents, ils ne cessent de développer la société. « Nous avons ouvert des magasins à chaque opportunité qui se présentait, à chaque fois qu’il semblait manquer quelque chose pour la clientèle. Nous avons voulu suivre l’évolution de la station ». C’est ainsi que depuis 40 ans, en plus du magasin principal auquel ils sont profondément attachés, plusieurs boutiques se sont succédé que ce soit à Méribel ou à Mottaret. « Nous avons toujours eu à cœur d’améliorer le magasin du centre, c’est ici que nous sommes nés. Depuis ses débuts, il a été amélioré ou agrandi huit fois. Cela a nécessité de trouver des liquidités et comme le meilleur banquier que l’on puisse avoir, c’est soi-même, nous avons parfois cédé des boutiques pour en ouvrir d’autres plus tard ».

Dans les années 90 les enseignes de sport basées en ville commencent à investir les montagnes. Intersport, Sport 2000, Twinner… les magasins de montagne indépendants sont en danger. En 1994, Alain et Bernard, en collaboration avec Annie Famose, Patrick Lepeudry et Léo Lacroix, créent le groupement SkiSet. « Nous nous sommes réunis autour d’une table afin de penser à un moyen de se défendre face aux groupes qui venaient s’installer en station ». SkiSet était né. Son objectif, aider les indépendants, ceux qui vivent de leur commerce en station. « Seul on est faible. En créant SkiSet on a conçu un groupement de montagne qui permet d’être plus puissant et d’avoir une vraie offre commerciale, notamment auprès des Tours Opérateurs ». Après la Tarentaise, la Savoie et les Alpes françaises, SkiSet s’est développé en Suisse, en Autriche, en Italie et dans bien d’autres pays dans le monde. « À travers ce concept nous voulions proposer un service égal partout en termes de niveau de compétences et d’accueil, que l’on soit en vacances ici à Méribel ou de l’autre côté des Alpes ».


© Pierre Jacques

Terre promise

Les experts à Méribel

Avant d’être des entrepreneurs de talent, Alain et Bernard sont d’abord des gens du cru qui s’attachent à perpétuer ce que leurs parents leur ont transmis. Ils n’oublient pas qu’à 17 ans leur père était berger, qu’il a bâti cette entreprise, qu’il a été maire de la commune 17 années durant, notamment pendant les Jeux Olympique d’Albertville. « Notre père est parti de rien, et il a été maire d’une station olympique, c’est tout de même dingue ! Nous avons la chance de vivre dans notre village, de pouvoir rester au pays. C’est de plus en plus compliqué pour la jeune génération ». C’est pour cette raison que derrière l’entreprise, se cache une envie qui dépasse tout : pourvoir rester dans leur vallée, leur village auquel ils sont tant attachés, et conserver un état d’esprit familial autour de la montagne et du ski : « On ne se lassera jamais de se lever face aux montagnes, chaque matin elles sont différentes ». Et avec un papa qui a fait partie de l’équipe de France militaire, une maman qui a participé aux Jeux Olympiques de Cortina d’Ampezzo en 1956, on peut dire que le ski est dans leur ADN. Ce n’est donc pas un hasard si Bernard a remporté 5 fois le Challenge des Moniteurs en 6 années de participation. « Et la fois où il n’a pas gagné, il était 2e ! » souligne fièrement son frère.

« On veut que nos vallées vivent », tel est le leitmotiv des deux frères. Pour cela, ils s’efforcent de toujours proposer le meilleur service à leur clientèle. « Il faut être bon pour que les gens viennent et reviennent. Ils doivent se sentir chez eux. On doit être capable de se plier en 4 pour les satisfaire. Chez nous, le « non » n’existe pas, on doit avoir la reconnaissance du client. On a la chance de vivre avec des gens qui viennent en vacances, qui ont choisi notre destination et qui vont consommer le budget qu’ils ont alloué à ces vacances. On se doit de leur apporter le plus de satisfaction possible. Ce sont eux nos ambassadeurs ». Alain et Bernard s’attachent ainsi à être présents dans leurs boutiques, à expliquer qui ils sont et d’où ils viennent. « Nous sommes des professionnels des sports d’hiver, des skieurs, des gens d’un petit village, nous connaissons nos montagnes. Nous devons pouvoir renseigner les clients sur nos produits mais pas seulement. Nous devons être capables de répondre à leurs questions sur la station, le domaine skiable… ». Un supplément d’âme qui fait toute la différence.

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Nous avons la chance de vivre dans notre village, de pouvoir rester au pays Voir toujours plus loin Quand on leur demande l’important pour réussir, la réponse est unanime et sans appel : travailler. « Ça parait bête mais on l’oublie de plus en plus ». À cela s’ajoute le fait de savoir saisir des opportunités et surtout de toujours regarder ce qui se fait ailleurs. « Pour faire avancer les choses il ne faut pas rester chez soi, il faut aller voir partout, dans les autres pays du monde, observer ». Depuis 40 ans, ils scrutent ce qu’il se passe autour d’eux, participent chaque année au plus grand salon international du sport à Munich sans jamais manquer une édition, connaissent tous les revendeurs des marques qu’ils commercialisent… « De cette façon on est capable d’aller chercher un produit à Courchevel ou à Megève si un client le désire ». Des risques, ils disent bien en avoir pris, ne serait-ce qu’en engageant la société financièrement chaque hiver, car ils ne doivent pas se tromper : les produits qu’ils ont choisis, ils doivent les vendre. « Pour les JO de 1992 nous avions achetés 15 000 pin’s. Vous imaginez si on ne les avait pas vendus ? » Bien sûr, ils ne nient pas avoir rencontré des difficultés mais ils les ont toujours assumées. « Nous sommes optimistes, nous avons le goût du dépassement. Parfois on se trompe, on assume et on avance. Toujours. Évidemment, lors de l’essor de la station les choses étaient plus faciles, il y avait plus de 1000 nouveaux lits chaque année. Depuis 10 ans, il y a une stagnation, il faut s’adapter. Mais même si parfois c’est dur, il faut sourire. Et se satisfaire de ce que l’on a. Il faut se dire que l’herbe est plus verte chez nous, et emmener les gens avec soi ».

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Même si parfois c'est dur, il faut sourire et se satisfaire de ce que l'on a

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Quand on est au sommet, peu importe la montagne, c'est fabuleux Retour aux sources Si récemment ils ont passé la main à leurs fils respectifs, les deux frères sont toujours présents dans les structures et interviennent dans les grandes orientations de la société. « Sport Boutique et les quatre autres magasins de la société sont dorénavant sous la direction d’Emeric et Valentin. Cela fait de nombreuses années qu’ils travaillent auprès de nous, ils sont prêts à nous succéder ». Nul doute que la relève soit assurée puisque les deux fils viennent de créer une autre société regroupant 3 nouveaux magasins. Elle se nomme… Méribel Sports ! Parce que quoiqu’ils entreprennent, les membres de cette famille tiennent à ne pas oublier d’où ils viennent, qui étaient leurs parents, leurs grands-parents… Continuer à se battre pour leur village et se rappeler toujours que « quand on est au sommet, peu importe la montagne, c’est fabuleux ».

SPORT BOUTIQUE • Plus de 40 employés • 5 magasins • 3,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018

SKISET • 930 magasins dans 11 pays (Europe, États-Unis et Canada)

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CHOOSE * YOUR BLAST .

© SALOMON SA. Tous droits Réservés.

*C H O I S I S S E Z V O S S E N S A T I O N S

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Patrick Bérard

FONDAT EUR ZONE COMMERC IALE CARRE FOUR

PAR AURÉ L I E D.

Originaire de Mâcot La Plagne, Patrick Bérard a trouvé très jeune sa vocation : la grande distribution. Si aujourd'hui, et depuis longtemps maintenant, la zone des Salines est devenue le camp de base de nombreuses stations et un incontournable du commerce en Tarentaise, c'est parce qu'il a su la développer avec brio. Rencontre avec un visionnaire.

Comment avez-vous démarré dans la grande distribution ? J’ai fait des études commerciales à Rouen, spécialisées dans la grande distribution. C’était à l’époque la naissance du libre-service. J’ai tout de suite voulu créer mon entreprise donc en parallèle de l’école, j’ai ouvert ma première supérette à Aime 2000 en 1970. À la fin de mes études, je suis revenu vivre à plein temps en Tarentaise, j’avais trop le mal des montagnes. À ce moment-là, j’ai eu l’opportunité d’acquérir un local commercial de 300/400m² au Faubourg de la Madeleine à Moûtiers, alors avec mon père et un cousin nous avons ouvert un supermarché sous une enseigne Système U. Le succès a été immédiat. Est arrivé ensuite le Carrefour que l’on connait aujourd’hui.

plusieurs agrandissements, tantôt pour augmenter l’offre, tantôt pour proposer de nouveaux agencements afin de s’adapter aux habitudes de consommation. Pour continuer d’exister on est obligé de se mettre sans arrêt au goût du jour. C’est pour cela que je vais régulièrement voir ce qui se fait ailleurs, je m’intéresse aux autres magasins un peu partout en France. Dans la grande distribution il faut chercher à s’améliorer en permanence. Sans oublier que la clientèle ici a une particularité : 80% des clients du magasin ne viennent pas de Moûtiers, mais plutôt des stations. C’est une clientèle sensible à la qualité, au bien manger, et qui a un certain pouvoir d’achat. On se doit alors de proposer le meilleur, et c’est pour cela qu’on peut trouver ici certains produits qui ne seraient pas en rayon dans d’autres magasins, comme de très grands vins par exemple.

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Oui mais il était bien différent à l’époque, et s’appelait Provencia. En 1978 la commune de Moûtiers a mis en concurrence toutes les chaines de grandes surfaces sur l’acquisition du terrain où se trouve Carrefour aujourd’hui. Par chance, j’ai rencontré les dirigeants du groupe Provencia, la famille Rosnoblet, avec qui je me suis associé pour créer le futur supermarché qui ouvrit en 1979. Il faisait 1200m² à son ouverture. Peu de temps après j’acquérais une supérette et un magasin de sport à Belle Plagne tous les deux gérés par mes frères et soeurs. Vous n’aviez pas de craintes avec toutes ces acquisitions quasi simultanées ? Non, c’était une autre époque où les affaires marchaient. Les banques prêtaient facilement, et on empruntait sans se poser de questions malgré des taux à 14% ! Bien sûr il y a toujours une part de risque, et c’est vrai que les gens pensaient que Provencia, l’actuel Carrefour, ne marcherait pas. On était dans une impasse, sur un terrain agricole… mais c’était le seul disponible ! Finalement le magasin a tellement été un succès que quelques années plus tard on a dû agrandir car en été, les jours et heures de pointe, on était obligé de faire rentrer les gens par les portes de secours ! Et comme les Jeux Olympiques de 1992 étaient en vue, il fallait être à la hauteur de l’événement. En 1988, le magasin a donc doublé sa surface et son chiffre d’affaires a été multiplié par deux… Et il n’a cessé d’évoluer.

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Dans la distribution il faut se battre en permanence pour ne pas disparaitre. C’est pour cela que le magasin a fait l’objet de

Mon plus grand bonheur c'est de faire évoluer les gens


La proximité du magasin avec le centre-ville, c’est une force ? C’est plutôt une complémentarité. Carrefour est la locomotive du commerce moûtierain. J’ai toujours veillé à ne pas déshabiller le centre-ville, mais au contraire à proposer une offre qui va le compléter pour conforter Moûtiers dans sa position de capitale commerciale. Il est d’ailleurs important pour moi de faire partie de l’association des commerçants. Ces dernières années j’ai également acquis plusieurs bâtiments sur la zone commerciale des Salines car il y avait plusieurs locaux délabrés, ce qui donnait une mauvaise image. En plus, la Chambre de Commerce avait mené une étude sur le commerce à Moûtiers et il s’est avéré qu’il y avait un manque en enseignes de bricolage et de sport. C’est pour cela que j’ai contribué à la venue d’Intersport et que Weldom s’est déplacé dans un local plus grand et mieux configuré que nous lui avons cédé. Cela a libéré une place pour permettre l’installation de Biocoop, qui est aujourd’hui l’un des meilleurs de la région Rhône-Alpes en termes de chiffre d’affaires. Comment vous définiriez-vous en tant que patron ? Mon plus grand bonheur c’est de faire évoluer les gens. J’ai eu plusieurs employés de rayon qui sont aujourd’hui directeurs de magasin, et j’en suis fier. Je n’ai pas peur de déléguer, si quelqu’un peut faire à ma place je ne vais pas me battre. C’est notamment ce qui permet de conserver un équilibre personnel et familial. En tant que patron, je suis plutôt conciliant, chaque personne est différente, il faut donc aborder chaque salarié de manière différente. Et il faut surtout les respecter. En créant un schéma gagnant-gagnant, on peut leur demander n’importe quoi. Bien sûr il y a régulièrement des conflits qui impliquent parfois des prises de décision, mais dans ce cas, et c’est valable pour toutes les grandes décisions que je dois prendre, je m’accorde toujours une nuit de sommeil avant !

Des projets à venir ? Oui, il est prévu d’agrandir le magasin dans les années à venir afin d‘optimiser le confort d’achat de la clientèle et de proposer de nouvelles offres, comme le multimédia par exemple. La zone commerciale aussi devrait évoluer, mais pour le moment c’est confidentiel… Je crois en la grande distribution et je crois en la montagne, hiver comme été, notamment grâce au VTT électrique. Si la montagne n’avait pas un bel avenir, les Club Med ne viendraient pas s’implanter ici. À l’ère d’internet, vous conseilleriez encore de se lancer dans la grande distribution ? Complètement ! Les consommateurs viendront toujours en magasin, et puis les supermarchés vont s’adapter, ils ont déjà commencé d’ailleurs, avec les drives notamment. Les surfaces deviendront plus conviviales et les services de livraison vont se développer. Il y a toujours un véritable avenir dans la grande distribution, il faut faire confiance à la créativité des gens. Ce sont de rares métiers dans lesquels il y a encore du travail, et où on peut avoir une chance sans forcément avoir fait d’études. Il faut être travailleur, aimer les gens, être sur le terrain et surtout le plus important, écouter les clients. Aujourd’hui ils ne sont plus rois, ils sont Dieu.

CHIFFRE CLÉ • Chiffre d’affaires 2018 Carrefour Moûtiers : environ 40 millions d’euros

Aujourd'hui les clients ne sont plus rois, ils sont Dieu

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- l'hypermarche des vallees The hypermarket of the valley Open on Sunday morning

OUVERT LE DIMANCHE MATIN MOÛTIERS - LES SALINES / +33 (0)4 79 24 12 44

TOUS LES JOURS, 8H15 - 20H Everyday, 8.15 am – 8.00 pm VENDREDI : JUSQU’À 20H30 On Friday : until 8.30 pm DIMANCHE : 8H30 - 12H30 On Sunday : 8.30 am till 12.30 pm


Sébastien Vauxion

1 E R CHE F PÂT I SSI ER É TO I LÉ M I CHE L I N AU MONDE

PAR GÉRA LD I N E V.

LE SARKARA*

K2 PALACE - COURCHEVEL 1850 Si 12 étoiles brillent dans le ciel gastronomique de Courchevel, il y en a une qui scintille d'une manière toute particulière : c'est l'étoile obtenue au Guide Michelin par Le SarKara de Sébastien Vauxion. C'est en effet le premier au monde à avoir été récompensé de cette distinction suprême en étant un restaurant… de desserts !

Quel a été votre parcours jusqu’à la naissance du SarKara ? Tout s’est joué à six mois du bac ! J’étais en filière scientifique mais je ne voyais pas ce que je faisais là. Mes parents étaient maraîchers issus du milieu agricole, mes oncles associés dans une boulangerie-pâtisserie à Orléans, et quand j’étais enfant ma mère tenait la boutique. Je crois que les premières notes sucrées sont arrivées à ce moment-là. Je me souviens de mon oncle faisant des fraisiers, des pièces-montées… ça m’a marqué inconsciemment. Alors je n’ai pas passé le bac et à la rentrée suivante, j’ai démarré le cursus pour devenir pâtissier. Après le CAP-BEP, j’ai poursuivi avec un BTEM (brevet des techniques du métier) pour approfondir tout le côté presque scientifique des ingrédients et de leurs interactions. J’ai également développé mes connaissances techniques à l’Ecole Nationale supérieure de la pâtisserie au contact des Meilleurs Ouvriers de France, où seuls 8 candidats étaient retenus chaque année. En parallèle de ma formation, j’étais en apprentissage durant trois ans dans une toute petite boutique à Orléans chez un homme extraordinaire, Philippe Morin, qui m’a appris que la base de notre métier c’était de faire plaisir aux gens. Ensuite direction Paris où j’ai fait Peltier avec Philippe Conticini, Pierre Hermé, Le Meurice avec à l’époque Yannick Alléno, Camille Lesecq… et enfin Pierre Gagnaire. C’est un artiste dans son métier et j’étais captivé par le personnage. J’ai passé 10 ans auprès de lui, de commis à Chef pâtissier pour tous ses restaurants, 12 à ce moment-là. Puis je me suis demandé si moi-même, j’avais une histoire à écrire. Je me suis alors mis en quête d’un lieu, j’ai quitté Pierre Gagnaire sans savoir où j’allais, mais j’avais besoin d’être libre pour faire un choix. Un ami m’a parlé du groupe K2, j’ai pris rendez-vous avec le co-directeur général des établissements, Jean-Alain Baccon, et ce fut un véritable coup de foudre ! Il m’a donné carte blanche sur la partie sucrée des établissements, en tant que Chef pâtissier exécutif. C’est dans la continuité de cette rencontre que le SarKara est né ?

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Inspiré par ces Maisons, et parce qu’au final j’avais pas mal de choses à raconter, tout s’est très vite lancé. Jusqu’à il y a deux ans où à force de réflexion avec Jean-Alain, on s’est dit « mais tiens, il n’existe pas de lieux où l’on peut s’asseoir et déguster un dessert gastronomique, à part dans un restaurant gastronomique où il faut d’abord commander du salé ! » Et puisque je ne savais pas faire de salé, on s’est dit qu’on allait créer un restaurant de sucré ! On en a parlé pendant six mois, puis je me suis mis à réellement cuisiner la pâtisserie. Il ne s’agissait pas de proposer une succession de desserts, mais de créer une chronologie dans l’expérience, des séquences de service au même titre qu’un restaurant gastronomique. Pour les entrées on reste dans quelque chose de doux et cru, pour le plat principal ce ne sont que des desserts chauds où tout est à inventer car le chaud en pâtisserie n’existe pas ! Il y a le fromage également, un fromage pâtissé bien sûr qui reste sur le fil d’un dessert. Pour finir, une fois qu’on a mangé des desserts, que mange-t-on en dessert !? Pour moi ça doit être quelque chose qui dès la première cuillérée, vous ramène à des goûts connus. Ce sont donc des classiques français : une île flottante, une profiterole, un dessert chocolat… là on est sur une petite pépite, le Soufflé Mont-Blanc… Pour agrémenter tout cela, nous avons aussi des cartes de thé (dont des millésimés vieillis à Hong-Kong pouvant coûter jusqu’à 200€ la tasse !), café, vin et même saké exceptionnels.

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Quel est le processus créatif derrière la réalisation de ces desserts ?

Quand on crée un plat c'est à chaque fois une remise en question, c'est aller le chercher loin, avec cette peur que ça ne fonctionne pas

De par mon parcours, je me suis fait une grande palette de goûts. Parfois je goûte des aliments et je sais immédiatement avec quoi cela va marcher. C’est ainsi que le cheminement se fait : une idée, une association, puis les premiers essais qui viennent donner la ligne de conduite du dessert. Je suis également très ouvert à ce que je vois, je mange, j’entends… tout se note dans ma tête et un jour, alors que je suis en train d’écrire un dessert, quelque chose ressort et vient s’associer à une idée qui n’avait rien à voir à l’origine ! C’est un melting-pot entre les goûts dégustés, des imaginations de saveurs, des choses repérées en voyage comme dernièrement au Japon ou en Ouzbékistan... C’est d’ailleurs difficile aujourd’hui de cuisiner avec des produits du monde entier, puisque je travaille dans une démarche de bon sens, avec une attention portée aux produits de la région, à l’empreinte carbone. Nous choisissons uniquement des produits de saison ou qui ont été transformés au moment de leur maturité. Et s’il est difficile d’être complètement locavore du fait de la saisonnalité, une grande partie de nos produits viennent de la région Rhône-Alpes. L’inspiration doit être balancée avec cette réalité. Sauriez-vous nous expliquer les raisons du succès du SarKara ? Tel un électron libre, je suis pâtissier mais je fais un lien entre le monde de la cuisine et celui de la pâtisserie. J’évolue dans un endroit où jusque-là il n’y avait rien, et c’est là où je m’exprime le mieux. J’ai toujours eu cette envie de faire ce qui me plaisait et de croire en ce que j’avais. Quand on a créé ce restaurant il y avait beaucoup de doutes mais finalement il n’y a pas de secret : je fais ce que j’aime, j’essaie de le faire bien, c’est beaucoup de travail, de temps et d’implication, beaucoup de sacrifices sur la vie extérieure. Mais la cuisine c’est mon moyen d’expression. Comme peut le faire un artiste ou un chanteur, mon humeur se reflète dans mes plats. Des choses lumineuses, dansantes, créées dans des moments heureux, viennent s’ajouter à des plats plus denses, corsés, intenses synonymes d’un état plus sombre. C’est une analyse que j’ai depuis peu, mais je sais que tout est lié ! Quand on crée un plat c’est à chaque fois une remise en question, c’est aller le chercher loin, avec cette peur que ça ne fonctionne pas.

L’étoile du Guide Michelin a donc été une véritable consécration ? C’est complètement incroyable une étoile pour un restaurant uniquement de desserts. Et une grosse prise de position du Guide Michelin également, de valoriser un lieu aussi conceptuel. Pour moi c’est un encouragement de dingue, la confiance d’une telle institution. Dans un restaurant « normal », la pâtisserie arrive finalement en dernier, nous avons une part infime dans la responsabilité d’une étoile. Alors que celle du SarKara récompense tout ce travail fait de A à Z. Je me rappelle le premier service, c’était la première fois que dans un restaurant je prenais la responsabilité du début à la fin. J’avais le ventre noué lorsqu’il a fallu que j’aille voir les clients en salle, c’était nouveau pour moi de recueillir leurs impressions sur toute l’expérience. Si ça ne leur avait pas plus, j’aurais été fusillé sur place ! Parce que je me livre dans ce que je fais. Et ça ne s’est pas trop mal passé finalement ! Le fait d’être le premier pâtissier à obtenir cette étoile ajoute une aura supplémentaire à la distinction.

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55€ Profitez de votre journée de ski ou de vacances, pour vous offrir un repas gastronomique dans l’un de nos 2 restaurants étoilés* des 3 Vallées

* Le Farçon - Courchevel – La Tania * Brasserie Le 80 - Méribel * Entrée, plat, dessert (menu unique du jour, hors boissons). Réservé 48H à l’avance.

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Vous avez également réussi à fédérer les grands chefs autour de votre concept, pour l’amener encore plus loin. Expliquez-nous. Lorsque le SarKara a ouvert l’an dernier, nous avons invité des chefs amis, d’autres sont venus par curiosité. Et ils sont devenus mes porte-paroles : désormais ils me sollicitent pour des quatre mains dans leurs restaurants, comme Christophe Bacquié à l’Hôtel du Castellet, Yannick Alléno au Pavillon Ledoyen. Il n’y a pas de rivalité, juste de la bienveillance. C’est marrant car les chefs de cuisine ont tout de suite adhéré au concept, alors que les pâtissiers ont eu plus de mal ! C’est pour ça que l’an dernier, à l’issue de la récompense par le Guide Michelin de 30 Chefs pâtissiers de restaurants étoilés dont nous avons fait partie, nous les avons tous invités à découvrir le SarKara le jour de la fermeture. Il y avait un peu de pression au moment du service ! Même s’ils ont pensé que je venais d’une autre planète, ils ont compris que quelque chose se passait ! Le travail derrière chaque recette est incroyable et confère à la création une singularité exceptionnelle. Quel est le rôle de vos équipes dans ce succès ? Quand ils voient les listes de mise en place, mes employés s’arrachent les cheveux ! L’an passé l’un d’eux s’est amusé à compter que chaque jour, il y avait 180 éléments de recette différents à créer ! Il faut dire que nos desserts n’existent nulle part ailleurs. J’ai cette singularité qui fait qu’aujourd’hui je dois créer et former. Lorsque je recrute des personnes, je cherche des gens qui aient envie et qui soient sensibles, ouverts d’esprit. Je leur explique qu’ils doivent tourner la page de leur livre de formation afin qu’on en écrive un nouveau ensemble. Ma difficulté c’est que j’ai ce pôle hyper singulier dans lequel je suis investi à 200%, et j’ai également tout le reste à gérer ! D’où l’importance encore plus grande d’une équipe qui me comprenne et répercute mes demandes avec plaisir et précision. La cuisine d’altitude et de saison a-t-elle été un frein ou un moteur à votre envol ? C’est surtout un cadre dans lequel on évolue et qui nous challenge : on sait que chaque hiver on va se retrouver avec les mêmes produits, alors à nous d’aller encore plus loin dans la perfection, en allant chercher des produits toujours plus spécifiques grâce à des producteurs locaux qui font des choses extraordinaires. Je pense à des maraîchers au bord des lacs d’Aix-les-Bains et d’Annecy par exemple. On crée des relations d’une telle qualité, surtout du fait que j’ai cet esprit rattaché à la terre avec mes parents maraîchers, que ce sont eux au bout d’un moment qui viennent nous dire « tiens, j’ai pensé à toi pour ce produit ! » Quoiqu’il en soit aujourd’hui, au-delà de la pâtisserie, mes enfants me voient m’éclater avec le sourire au travail, et je pense que ça les impacte. Quand on demande à ma fille de 7 ans ce qu’elle veut faire plus tard elle répond « comme papa, m’amuser au boulot » !

K2 COLLECTIONS En tant que Chef pâtisserie exécutif du groupe K2 Collection, Sébastien Vauxion est à la tête des équipes pâtisserie des restaurants suivants : • Le SarKara* • Le Kintessence** • Le Montgomerie** • Le Base Camp •La Cima

• L’Altiplano • Les espaces bar et tea time du K2 Palace et du K2 Altitude • Le K2 Djola

Cela représente 21 personnes dédiées à la pâtisserie.

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Sébastien Vauxion est le premier chef pâtissier étoilé Michelin au monde.


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Le plaisir de conduire

THE X2

Consommations en cycle mixte selon motorisations de la BMW X2 : 4,1 à 7,1 l/100 km. Émissions de CO2 : 106 à 163 g/km selon la norme européenne NEDC corrélée. BMW France, S.A. au capital de 2 805 000 € - 722 000 965 RCS Versailles - 3 avenue Ampère, 78180 Montigny-le-Bretonneux.

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René & Maxime

Meilleur

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PAR GÉRA LD I N E V.

À DEUX, ON EST MEILLEUR Tout est parti d'un champ de pommes de terre… devenu une quarantaine d'années plus tard La Bouitte, un hôtel de charme 5 étoiles labellisé Relais & Châteaux, abritant le restaurant René et Maxime Meilleur. Auréolé de trois étoiles au Guide Michelin, ce duo d'autodidactes est le seul au monde à avoir remporté toutes ses étoiles ensemble. Leur histoire, aussi passionnée que passionnante, c'est celle de deux savoyards attachés si amoureusement à leur terroir qu'ils ont voulu l'offrir dans l'assiette au monde entier. Pour nous expliquer les raisons de leur succès, ils se sont mis autour d'une table et ont discuté en toute simplicité…

Il était une fois… René : Vers le milieu des années 1970, on voyait arriver des skieurs des 3 Vallées et on a eu envie de les nourrir en montant une affaire. Alors avec mon épouse, nous avons acheté un champ pour construire un premier bâtiment, puis des petites dépendances tout autour. L’idée était de faire notre cuisine et de gagner notre vie, tout simplement. On a ouvert le 4 décembre 1976. Je n’avais pas de formation de cuisinier, mais déjà l’envie de faire plaisir aux gens. Ça a tout de suite marché car les moniteurs nous amenaient beaucoup de clients le midi, le soir ce sont les gens de la vallée qui venaient manger fondues, tartiflettes, raclettes, cuisses de grenouilles…. tout ce qu’on trouve encore aujourd’hui dans les bistrots de montagne. Rapidement j’ai eu envie d’une cuisine plus créative, plus amusante. Et justement en 1981 il y a eu un repas d’anthologie chez Paul Bocuse, où je me suis dit « c’est ça que je veux ramener dans nos montagnes ! ». Sans copier, juste en s’inspirant, on a mis en place cette cuisine plus fine à La Bouitte. Ca n’a pas marché tout de suite, il a fallu du temps avant que les gens comprennent cette cuisine qu’ils ne s’attendaient pas à trouver à la montagne. Et au début des années 1990 on a fait quelque chose qui se faisait étonnamment encore très peu à l’époque : on a ramené un esprit vraiment montagne, avec du vieux bois, à l’intérieur du restaurant. C’est là que La Bouitte a redémarré. Et l’histoire, c’est que Maxime la continue en arrivant en 1996 pour qu’on travaille tous les deux. Lui aussi autodidacte, puisqu’avant ça il était biathlète !

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La liberté de cuisiner… la Savoie Maxime : C’est notre avantage à tous les deux, ce côté « hors du cadre » qui fait que l’on peut s’exprimer librement. On a toujours été très libres en fait, et jamais tributaires de personnes pour nous accomplir : l’argent que l’on a dépensé pour, d’un champ de patates, arriver en famille à trois étoiles au Guide Michelin, c’est celui des banques. Et pas celui d’investisseurs qui auraient eu une emprise sur nous avec des questions de rentabilité. Souvent les gens disent que mon père n’a jamais fait de marketing, mais c’est le ROI du marketing ! Il a su prendre le virage de la qualité quand le tourisme de « masse » faisait qu’il aurait pu aller vers la quantité. Il a voulu faire du savoyard, mais dans un ton et dans un style que personne ne faisait. René : ll faut dire que je ne savais pas cuisiner autrement ! Donc j’ai fait ce que je savais faire et puis ça s’est affiné. Maxime : Et puis attention, à la base on n’est pas formés en cuisine d’accord, mais on est savoyards, c’est important ça ! On a vraiment ces racines qui font une grosse différence. René : Le terroir savoyard c’est ce qui nous attire, c’est nous, nos tripes, ce qu’on ressent au fond du cœur. Cette cuisine elle est ancrée en nous. On pourrait faire de la langoustine et la rendre savoyarde, mais qu’est-ce qu’elle ferait ici ? Les gens ne viennent pas chez nous pour ça et ce n’est pas ce que l’on a envie de leur faire manger. Ici on mange des crozets, de la polenta, du bœuf et du cochon, de la volaille aussi, des poissons, les vins de la Savoie, du lait, les petites herbes, les champignons… tout ce qui nous entoure.

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Le tout élevé au rang de cuisine trois étoiles !

3, 2, 1, go !

Maxime : Mais au fond qu’est-ce que c’est trois étoiles ? Même nous on ne sait pas ! René : Je pense que c’est une cuisine qui est sincère, qui est étonnante, personnelle. Maxime : Trois étoiles c’est une signature, une identité forte. René : Une identité qu’il faut garder et pousser le plus loin possible. Maxime : En fait il ne faut pas se confronter aux autres, et nous comme on ne connaissait personne, on n’a pas eu de référence. On doit être notre propre référence, créer des recettes qui nous ressemblent. Maxime : Cela fait tellement longtemps qu’on travaille ensemble, plus de 20 ans, qu’il y a une grande confiance. Lorsque l’on crée de nouvelles recettes on écoute les envies de l’autre et on améliore ensemble les détails, en modifiant la température, la découpe, l’accompagnement… Chaque saison, à l’image d’un créateur qui aurait une couleur de prédilection pour sa collection, on a un aliment dans un coin de la tête et on se met à en mettre partout ! Au bout d’un moment on se rend compte qu’il est inscrit trois fois sur la carte alors on efface et on rectifie !

Maxime : La plus belle étoile c’est quand même la première. Vous vous rendez compte, ça veut dire que vous rentrez dans la cour des grands ! Quand deux savoyards autodidactes, sortis de nulle part, qui ont construit eux-mêmes leur maison, arrivent à Paris au milieu de tous les autres chefs, c’est chaud ! René : On avait qu’une envie c’était repartir ! Bon on est resté et aujourd’hui on s’est soigné, ça va beaucoup mieux, mais il y avait la timidité des montagnards, c’était difficile ! Les chefs se connaissaient tous, ils avaient travaillé les uns avec les autres dans les belles maisons, nous on s’est fait tout seuls dans le village de Saint Marcel à Saint Martin de Belleville, au milieu des vaches ! Maxime : Ca m’avait rassuré cette étoile. Je m’étais toujours dit avec l’emplacement qu’on a, avec les clients qu’on a, on doit y arriver ! Et la reconnaissance du Guide Michelin ça a été un élan de bienveillance et d’envie de bien faire, surtout dans la mesure où notre cuisine est une volonté personnelle de se dépasser. Comme a dit un Chef « on peut vivre sans étoile, mais on vit mieux avec » et c’est très vrai. Et si le Guide Michelin est la conséquence de notre travail, concrètement ce sont les clients qui nous on faits.

Mon père m'a toujours dit  si tu veux manger faut travailler, et comme j'aime bien manger j'ai beaucoup travaillé

René : Avec Maxime on fait beaucoup de choses nousmêmes ici, on doit tout savoir. Parfois je me pose la question, est-ce que c’est vraiment ça un chef 3 étoiles, qui touche à tout !? J’ai des amis parisiens qui ont la belle vie par rapport à nous ! Maxime : Nous nous sommes aubergistes encore, on ne fait pas que cuisiner, on monte aussi des murs en pierre, on va chercher des champignons… En fait cet endroit c’est nos mains. Au-delà d’une cuisine à 4 mains, c’est une vie à 4 mains. Et même plus car ce sont aussi nos femmes, tous les gens qui nous entourent… c’est si fort. La réussite de La Bouitte c’est beaucoup de travail, de la créativité et l’amour du client. Atteindre trois étoiles c’est bien, mais encore fautil les conserver ! Quand tu es champion olympique c’est acquis pour toujours, par contre ton étoile, tu peux la perdre chaque année, à chaque service, chaque table. Notre travail, c’est 80% de mise en place, d’entrainement. Vous pensez qu’Alexis Pinturault arrive comme ça sans préparation le jour de la course !? Et bien nous c’est pareil, on doit énormément travailler en amont pour être prêt à partir du jour J et tous ceux qui suivent.

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René : C’est aussi dans notre ADN. Mon père m’a toujours dit « si tu veux manger faut travailler », et comme j’aime bien manger j’ai beaucoup travaillé. Maxime a la même éducation. C’est-à-dire qu’on travaille et on va jusqu’au bout des choses, on ne les fait pas à moitié, j’ai horreur de ça. Et puis on a eu une chance dans ces vallées, c’est d’avoir des gens qui avaient une vision sur la suite, c’est à dire sur les 3 Vallées. Qui ont su travailler ensemble pour amener ces stations où elles sont aujourd’hui, c’est à eux qu’il faut dire merci. Il y a eu une entente extraordinaire entre les mairies, les services des pistes… Tout était à faire et tout a été fait intelligemment, humainement. Les 3 Vallées sont une réussite extraordinaire, on n’en serait pas là si elles n’avaient pas existé dans cette mesure.

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Home sweet home

S’il ne fallait retenir qu’un plat ?

Maxime : Ici les gens se sont baptisés, se sont mariés, sont venus faire des repas de famille… étant là depuis des décennies, La Bouitte fait partie de la déco de la vallée des Belleville ! Il y a une histoire, pas féérique puisqu’on l’a créée en bossant comme des dingues, mais quelque chose de naturel chez nous qu’il n’y a pas forcément chez les autres : la volonté de faire avancer une vallée juste par l’envie de bien faire, de recevoir. On n’est pas dans le luxe, on est dans l’art de vivre. Cela fait 40 ans que cette histoire s’écrit et aujourd’hui nous comptons 80% d’habitués. Il me suffit juste d’aller chercher de nouveaux clients pour enrichir cette clientèle existante. René : Ces clients, ils ne viennent pas manger dans un 3 étoiles, ils viennent manger « chez nous, chez les Meilleur ». Et cela devient même un peu chez eux puisque beaucoup nous disent « on se sent comme à la maison ! ». D’ailleurs depuis deux ans La Bouitte c’est le nom de l’hôtel, et le restaurant s’appelle René et Maxime Meilleur. Maxime : La Bouitte, c’est le point de départ de toute l’histoire, qui a vu naitre désormais les restaurants Le Bouche à Oreille il y a 7 ans en altitude, et le bistrot Simple et Meilleur dans le village en 2018. Nous comptons maintenant près de 90 employés et cela fait tellement de choses à gérer ! Au final, nous cuisinons quoi, 20% de notre temps ? Mais on le fait avec tout l’amour qu’on a !

Maxime : Ce serait « Le foie gras de canard en escalope », créé par mon père il y a 35 ans, toujours à la carte aujourd’hui. On l’a travaillé et retravaillé dans tous les sens, pour finalement s’apercevoir que la première recette était la bonne. C’est le seul plat qui ait vu passer toutes les étoiles ! Et finalement cette escalope, c’est une référence qui nous a permis de comprendre notre cuisine, de comprendre qui on était. Du gourmand, du plaisir, un côté rassurant… sans qu’on s’en rende compte, ce plat avait tout. À la carte depuis 2012, « La Truite fario cuisson au bleu » (du nom de la couleur qu’elle prend du fait de sa fraicheur) est également devenue incontournable. On l’a remise au goût du jour, c’était un plat qui se faisait beaucoup dans les villages il y a très longtemps. Tout est source d’inspiration. En ce moment nous regardons les vieux livres de recettes savoyards, afin de retrouver des associations de goûts d’antan, des idées de produits, des petits détails qui continueront de surprendre et de faire la différence…

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RESTAURANT RENÉ ET MAXIME MEILLEUR  • 2003 : 1ère étoile au Guide Michelin • 2008 : 2ème étoile au Guide Michelin • 2015 : 3ème étoile au Guide Michelin • Fait partie des 100 meilleurs restaurants au monde • Les Meilleur forment le seul duo père-fils au monde à avoir remporté les trois étoiles ensemble

LA BOUITTE  • 2016 : La Bouitte est classée 5 étoiles et intègre la lignée des Relais & Châteaux

LES AUTRES ÉTABLISSEMENTS • 2012 : Ouverture du restaurant le Bouche à Oreille en altitude • 2 018 : Ouverture du bistrot Simple et Meilleur à Saint Martin de Belleville

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Liv Sansoz

82 S OMME TS DE + DE 4000 M

PAR J O H ANN E B.

UNE VIE EN MOUVEMENT Multiple championne du monde d'escalade, alpiniste de renom récemment auréolée d'une prouesse à travers les Alpes, Liv Sansoz est une sportive accomplie et nuancée dans sa pratique de la montagne, une montagne qu'elle adore et qu'elle parcourt toujours avec la flamme. C'est avec beaucoup de simplicité et de sincérité que Liv nous reçoit dans un entretien empreint d'humilité : la marque des vrais faiseurs d'exploit !

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Et au début les montagnes de Tarentaise…

Une jeunesse à faire le mur

Car pour tenter de saisir Liv, il faut commencer par le commencement, par cette Tarentaise au cœur de laquelle elle est née, qui compose son passé, son présent et son futur… « Ces paysages font intégralement partie de moi, car c’est ici que sont mes racines. Ma famille est ancrée dans la vallée depuis des générations et mes parents en particulier m’ont transmis une certaine idée de la montagne : la parcourir dans l’amour et la confiance et pas forcément dans la performance. » Car grandir face à ces rocs vertigineux impose forcément le respect et l’humilité, deux qualités qu’elle balade dans ses valises, à chacun de ses défis. « Mes parents marchaient beaucoup en montagne et j’avais à peine 5 ans que déjà ils m’emmenaient passer des nuits en refuge car je montrais beaucoup d’intérêt pour la randonnée. C’était un environnement dans lequel je me sentais bien. » Et à mesure que les années passent, la petite Liv regarde son père sortir en ski de rando avec envie. Etrange pour une jeune fille à peine entrée au collège, que de se prendre d’affection pour ce sport de maturité pratiqué en loisirs, et pour lequel le matériel n’est pas tout à fait adapté à sa taille d’enfant… Qu’importe, elle trouve ça tellement ludique qu’elle accompagne ensuite son père à chaque sortie. Comme si la montagne était son écrin, la parcourir la remplit de joie, son immense terrain de jeu ne cesse de la combler. Dès son plus jeune âge et sûrement plus que d’autres, elle engage entre elle et ces rochers une sorte de contrat à vie, car elle sait désormais que jamais elle ne s’en éloignera. « Dans ma chambre d’ado, j’entassais les livres d’alpinistes à l’image de Gaston Rébuffat ou Maurice Herzog. J’avais 13-14 ans quand un guide local nommé « Picou » a créé le Club d’Escalade de Bourg Saint Maurice. Je m’y suis inscrite et dès les premiers essais, je suis tombée dedans, dans cette passion pour l’escalade. » À 15 ans, elle participe à ses premiers championnats de France où elle finit 3e. « Mon entrainement à ce moment-là n’était pas optimal et je venais de faire l’ascension du Mont Blanc avec mon père la veille. Mais ce podium fut une étape dans ma vie et j’ai eu envie de passer la prochaine étape, de m’améliorer… Pas dans un esprit de compétition où il s’agit de battre l’autre mais plutôt dans celui d’aller plus haut, plus loin, dans un défi personnel. J’ai construit mon parcours de cette façon : un jour je passais un 6a, le lendemain j’attaquerais un 6b et ainsi de suite... » C’est peut-être l’une de ses clés : étape par étape pour y arriver !

Quand la jeune Liv entend ses copines parler du mur d’escalade qu’elles ont chez elles, elle demande à son père de lui en fabriquer un. « On a commencé avec un mur de 4m x 4m et dans sa grande sagesse mon père a construit un plan inclinable pour que je ne me lasse pas et puisse toujours progresser. » Les grimpeurs locaux en entendent parler et viennent le tester créant ainsi une agitation positive dans son univers à elle. « Avec cet outil à domicile, j’ai progressé très vite. Mon objectif : savoir de quoi j’étais capable, jusqu’où je pouvais repousser mes limites. J’ai alors participé à ma première Coupe du Monde à laquelle j’ai terminé 8e. » À la Coupe du Monde suivante, elle finit 4e et intègre donc l’Equipe de France. Elle avale le rythme des compétitions internationales avec appétit et remporte deux Championnats du Monde et trois Coupes du Monde à la fin des années 90. « Dans ma démarche de haut niveau, je m’entrainais dur, je mentalisais ma discipline et je ne m’éparpillais pas car ce que je vivais là était uniquement motivé par la passion. »

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Plus qu'un défi personnel, j'ai appris sur la vie, sur moi et les autres ; la montagne nous fait nous sentir vivants Amortir la chute L’escalade lui permet de se construire, de prendre confiance en elle car symboliquement c’est une discipline où l’on s’élève, on se dépasse. Déterminée, elle veut toujours essayer : essayer d’aller plus loin. Mais le haut niveau s’arrête à la suite d’un accident. « Je travaillais sur un 8c+ aux Etats-Unis, avec une équipe de tournage. J’avais presque atteint le but que je m’étais fixée en finissant cette voie, quand mon assureur a dû être remplacé au pied levé par une jeune fille finalement novice. J’étais tellement excitée pour ce défi que je n’ai pas pris les précautions nécessaires quant au choix de mon binôme. Elle n’était pas assez aguerrie et je n’aurais pas dû grimper ce jour-là avec elle. Je finissais de m’échauffer dans une voie plus facile et au moment où mon assureuse devait me redescendre doucement tout s’est accéléré et je suis arrivée violemment au sol. Elle avait paniqué et avait laisser filer la corde… Je m’en suis sortie avec un nerf sciatique endommagé et des vertèbres fissurées. Mais dès lors, outre le temps de la convalescence, je n’ai pu refaire confiance à qui que ce soit pendant un long moment. J’ai donc arrêté ma carrière de compétitrice et me suis lancée dans d’autres aventures verticales. J’ai testé les Big Walls avec l’ascension en 4 jours d’El Capitan dans le Yosemite. Au programme : bivouac dans la voie et grimpe sur plusieurs jours : l’expérience a été magique pour moi. Et au sommet, je me suis vraiment sentie attirée par ce vide et l’envie de sauter. » Et comme pour toutes ses envies, ses rêves, Liv met un point d’honneur à les rendre palpables. Elle se lance donc dans le parachutisme. Chute libre pour commencer, elle teste ensuite le base jump pour finalement arrêter en 2014 car c’est, pour elle, devenu un sport trop dangereux : elle perd beaucoup trop d’amis.

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Les 4000 fantastiques « C’est naturellement que je me suis mise à l’alpinisme qui comporte de multiples aspects sportifs et montagnards. Celui qui m’attirait plus que tout, c’était l’aspect ‘’compagnon de cordée’’, le fait de partager une tranche de vie avec quelqu’un, quelqu’un en qui tu as confiance. » Il faut dire aussi que Liv avait accumulé quelques années difficiles d’un point de vue physique, où les blessures se suivaient sans se ressembler. Un an avant de partir à l’assaut de son projet, elle a senti qu’elle pouvait de nouveau se lancer dans un challenge alors elle a pris un coach et s’est préparée... À quoi ? À l’ascension des 82 sommets de 4000m d’altitude dans les Alpes. « La genèse vient d’une sortie avec un ami norvégien en Suisse sur un 4000 : le Scherckhorn. C’était en 2015. Quand je suis arrivée au sommet, j’ai vu d’autres 4000 autour de moi, c’était tellement magnifique que je me suis dis ‘’pourquoi partir ailleurs ?’’ En plus, ce projet était en adéquation avec mes préoccupations, à savoir éviter de prendre l’avion, minimiser mon empreinte carbone dans mes déplacements. J’avais donc un projet local, à la découverte des Alpes depuis le bas des sommets. Le seul moyen de locomotion que je m’autorisais c’était la voiture pour relier les vallées. Une des choses importantes également c’est que je voulais partager cette expérience avec mes amis, tout en associant deux de mes passions, le ski et le parapente : le challenge était parfait ! » Il fallait maintenant qu’elle soit capable d’enchainer ces 82 sommets car si elle invitait sur ses cordées quelques amis, elle devait tenir le coup sur l’ensemble du parcours. Elle s’entraîne donc pendant 9 mois pour travailler son endurance, mais aussi mettre en place toute l’organisation, caler les itinéraires avec ses 22 amis, le matériel avec ses marques partenaires. Et elle commence sa première ascension en mars 2017. « Le jour où je suis partie, je l’ai vécu comme une libération. » Le film « Liv along the way » retrace son aventure ponctuée de victoires sur elle-même, de partage intensément vécu, de doutes, de joies et de peines aussi. « Mon ami Ueli Steck qui avait bouclé ces 4000 en un temps record est parti à ce moment-là. Et peut-être pour lui rendre aussi hommage, j’ai eu envie de continuer ce projet, à ma façon, celle qu’il ne cessait d’encourager. » Au 38e sommet, elle commence à accuser le coup : fatigue et froid s’en mêlent. Elle se déchire le muscle derrière le mollet et doit redescendre par hélico. Cette blessure met un léger coup d’arrêt à son projet, d’autant qu’elle a en plus des gelures aux pieds. Mais plus déterminée que jamais, elle repart, bouclant un à un les derniers sommets pour finir à l’été 2018. « Plus qu’un défi personnel, j’ai appris sur la vie, sur moi et les autres… la montagne nous fait nous sentir vivants. »


En pleine conscience Quand on lui demande ce qui l’anime, outre la passion c’est aussi le mouvement. « L’homme est fait pour être en mouvement. Certes, je sollicite peut-être mon corps plus que d’autres, je repousse parfois mes limites mais je crois à une vie en mouvement, celui qui nous fait aller de l’avant au sens propre comme au figuré. » Toujours attachée à sa chère Tarentaise dans laquelle elle revient souvent se ressourcer, elle vit aujourd’hui à Chamonix pour être au plus proche de sa discipline et de la haute montagne. Elle prépare l’examen probatoire du ski pour ensuite se lancer dans la formation de Guide de Haute Montagne. Car l’envie d’accompagner, d’encadrer, la taraude de plus en plus. Alors voici son prochain défi : transmettre et encadrer. Peut-être traduire à son niveau les enjeux environnementaux, militer avec douceur, calme et réflexion, à son image donc, pour ce futur auquel elle croit, plus sain, plus raisonnable. Car de tous ceux qui ont pu la côtoyer, vivre des choses exceptionnelles avec elle ou simplement l’approcher, tous ont pu déceler cette flamme, ce cran et cette force d’aller au bout d’aventures uniques avec ce regard plein de bienveillance.

LIV EN CHIFFRES Escalade • R emporte 3 Coupes du Monde en 1996, 1998 et 2000 • 2 titres de championne du monde en 1997 et 1999

Alpinisme • D e mars 2017 à l’été 2018 : elle a gravi les 82 sommets de plus de 4000m d’a l t i t u d e d e s A l p e s . Retrouvez son parcours s u r y o u t u b e av e c l e documentaire : « Liv along the way »

Sponsors • Salomon • Petzl • Sea to Summit • Haibike • Niviuk • Les Arcs

Je crois à une vie en mouvement, celui qui nous fait aller de l'avant au sens propre comme au figuré

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Chloé

P I ONN I ÈRE E N F RANCE DE L A H IGH L I NE

Roux-Mollard PAR J OHANN E B.

ENTRE LES LIGNES L'amour de la montagne coule dans ses veines, l'envie de se dépasser et l'adrénaline restent son moteur et la liberté d'explorer son carburant… Chloé Roux-Mollard fait partie de ces personnes capables de démontrer que rien n'est impossible. Engagée dans les nombreuses disciplines qu'elle pratique, elle insuffle son esprit de cordée dans chacun de ses projets. Rencontre avec l'une des pionnières de la Skyline qui continue de gravir les sommets…

Slackline : pratique sportive récente apparentée au funambulisme, sur une sangle tendue entre deux points fixes, ne nécessitant pas d’être assurée. Highline : Slackline tendue en hauteur (jusqu’à plusieurs centaines de mètres) nécessitant d’être assuré. Skyline : highline en haute montagne, ayant un lien direct avec l’alpinisme, l’escalade et les marches d’approche. Discipline peu pratiquée à l’heure actuelle. Que ma montagne est belle Ici, aux Arcs, là d’où je viens, on grandit face au Mont Blanc. Plus jeune déjà, à mesure que j’étoffais ma pratique de la montagne notamment en ski, l’envie d’explorer ce massif de haute montagne, à deux pas de chez moi, se faisait de plus en plus pressante. Après avoir arrêté la compétition en ski freeride, je me suis dirigée vers d’autres disciplines comme la highline, l’escalade et depuis quelques temps l’alpinisme, avec pour objectif de mieux connaître ces montagnes qui m’ont toujours attirée… Même si ça reste un univers qui ne cesse de m’impressionner et pour lequel j’éprouve toujours de l’appréhension. Born to be (ski) wild

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Le ski reste mon premier amour. Je viens de l’alpin et j’ai arrêté la compétition à 16 ans car je n’étais pas tout à fait en phase avec l’esprit. Ce qui m’intéressait déjà, c’était de sortir hors des pistes et d’explorer mes montagnes à contre-courant. A ce moment-là, visiblement je ne me débrouillais pas trop mal en freeride, si bien que l’opportunité de faire de la compétition s’est présentée. J’ai donc intégré le World Qualifier Tour pendant 3 ans. Et puis, il y a eu ce moment clé, celui où j’étais super bien positionnée dans le classement pour aller sur le Freeride World Tour et où je me suis fait les croisés (ligament du genou ndlr). Cette blessure a déclenché chez moi une phase d’introspection forte. C’était là où j’étais le plus proche de mon objectif et mon corps m’a dit stop ! Je me suis demandée si j’étais sur le bon chemin, si je faisais de la compétition pour moi ou si finalement mes motivations étaient ailleurs ? Néanmoins cette période sur le circuit m’a permis de développer de nombreuses compétences pour être autonome, comme de savoir lire la montagne pour trouver sa ligne ou encore apprendre à bien sauter… mais dans un autre but que celui de performer. C’est d’ailleurs grâce à cette réflexion et avec l’envie de transmettre une approche du ski différente que nous avons créé

Ski Wild, un groupement de moniteurs indépendants. Notre objectif est d’apporter nos valeurs, notre vision de la montagne dans la pratique du ski. Sensibilisation aux risques du hors-piste, découverte d’une nature exceptionnelle, retour aux sources du ski… font partie de l’esprit de notre accompagnement. La montagne nous pousse à expérimenter, à nous poser beaucoup de questions et ça donne du sens à tout le reste. Eye in the sky (line) Je me suis intéressée à la highline un peu par hasard. Je ne suis pas une grimpeuse à la base et je ne suis pas particulièrement à l’aise dans le vide. Mais quand j’ai assisté à ce festival de la highline en 2010, je me suis dit que ça serait sympa d’essayer, de se lancer un nouveau challenge personnel sans savoir que j’étais en train de prendre part à une nouvelle aventure. Au départ, on appréhende la slackline au sol, on apprend à se lever, à avancer et finalement si on s’accroche et que l’on accroche, petit à petit on passe les étapes jusqu’à se retrouver en hauteur et à se lancer. Là-haut, j’ai eu l’impression que j’allais mourir de peur mais j’ai dompté au fur et à mesure mon appréhension : c’est ce qui a rendu tout cela magique ! Franchement… si je réussis à le faire, tout le monde peut le faire, car je n’ai pas plus d’aptitudes que d’autres, simplement l’envie de me dépasser. Et quand tu réussis à traverser ta première ligne, quel sentiment indescriptible ! Et puis, de ma fenêtre, je voyais le sommet des Deux Têtes, juste sous la remontée du Mont Blanc aux Arcs. Ces deux pics étaient parfaits pour ouvrir une ligne et créer le Winter Festislack. Ici, aux Arcs on sent précisément l’esprit des pionniers, des visionnaires à l’origine de la station, aux mythiques snowboarders d’Apocalypse Snow. Alors quelque part, on continue le job en faisant des premières…

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Ain’t no mountain high enough C’est dans la nature et en montagne que je me sens le mieux, où je passe le plus clair de mon temps, où je reçois toutes les leçons de la vie, où j’aborde de bonnes valeurs notamment sur la préservation de cet environnement incroyable. C’est d’ailleurs pour cela que je suis ambassadrice de POW (Protect Our Winters). Humilité, curiosité, apprentissage sont les maîtres mots de ma pratique de la montagne, car il faut être à l’écoute au sens large, observer la nature, s’écouter et écouter ses intuitions. Et puis le plus important reste l’esprit de cordée, celui qui est au cœur de toutes les décisions en montagne. Ce sont ces valeurs qui me nourrissent. Quant à l’alpinisme, je m’y suis mise plutôt récemment et ça reste une discipline compliquée, qui ne s’improvise pas mais qui s’apprend en pratiquant. J’aurais pu me contenter de suivre, de me laisser guider mais dans ma démarche, il était important que j’apprenne à être autonome, qu’avec mon compagnon de cordée je sois capable d’assurer autant que lui ou elle… pour aller à la découverte d’endroits merveilleux. Many rivers to cross Aujourd’hui mon but est de maîtriser plusieurs disciplines pour aller là où je veux, explorer des lieux qui ne sont pas faciles d’accès. Si je sais grimper, skier, ouvrir des skylines, faire de l’alpinisme… je peux découvrir ce que je veux par moi-même, même si je n’excelle pas dans une discipline en particulier. L’autonomie, l’indépendance et la polyvalence dans les compétences sont mes points forts et c’est dans ce sens que j’avance pour développer des projets complexes, comme ouvrir des skylines. Et plus j’avance, plus j’ai envie de partager, de ne pas garder ça pour moi… c’est une des raisons de la création de Ski Wild et de mes stages d’initiation à la highline. Je suis une trouillarde et sûrement pas une tête brûlée, je pense que je peux en aider certains à passer le cap de leurs appréhensions car je les comprends, je passe moi-même par ces phases. Et si moi je peux le faire, tout le monde en est capable, j’en suis intimement convaincue.

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EXPLOITS EN CHIFFRES Ouverture de ligne • 2018  : 1ère répétition (seconde ouverture) de la Skyline Ravanel et Mummery – 3698/3700m Massif du Mont Blanc (ouverte une seule fois en 2014 par les Flying Frenchies, lanceurs de la discipline) • 2018  : Ouverture d’une Skyline de 60m au Col Maudit – Massif du Mont Blanc - à 4029m d’altitude (avec Pierre Chauffour, Antoine Moineville, Faith Dickey, Michael et Martial Dessay) Record féminin pour Chloé et Faith. • 2 019  : Ouverture d’une Skyline de 100m de l’Aiguille de la République jusqu’aux Grands Charmoz (3305m - 800m d’exposition/hauteur) Sponsors : Zag et Julbo Film à venir : Connection (projet féminin de répétition de la highline de 500m de Castleton-USA)

Et si moi je peux le faire, tout le monde en est capable, j'en suis intimement convaincue


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