L’HEBDOMADAIRE DE LA CONSTRUCTION À L’INTERNATIONAL LE FIL D’ACTU
Espagne : travaux urgents pour l’agora de Calatrava à Valence Six ans après sa livraison, le bâtiment dessiné par l’architecte espagnol présente d’importants vices. Le coût des travaux de réparation est estimé à 10 millions d’euros. Lire page 3
Slovaquie : PSJ pour Twin City B à Bratislava N°1211 - LUNDI 7 SEPTEMBRE 2015 @BEMredac ZOOM
MARCHÉS
HÔTELLERIE
AFRIQUE
Le Club Med reste fidèle DangoteCement au Sénégal poursuit son expansion
Le groupe de BTP slovaque construira cet immeuble de bureau haut de gamme de 23 000 m2, dont le coût est estimé à 50 millions d’euros. Lire page 3
Portugal : l’État renégocie ses PPP autoroutiers
Le groupe de tourisme va investir 63 millions d’euros avec des partenaires locaux pour construire un nouveau village au sud de Dakar. Lire page 2
Le groupe nigérian s’apprête à construire la plus grande cimenterie du Zimbabwe et d’autres usines dans une dizaine de pays du continent. Lire page 7
DOCUMENT SPÉCIAL
ANALYSE
MOYEN-ORIENT
INDUSTRIE
Conseil de coopération Grandes manœuvres du Golfe : les plus grands dans le ciment mondial projets de bâtiment Avec la fusion LafargeHolcim et Malgré la chute des cours du pétrole, les pays du CCG investissent toujours massivement dans le bâtiment. Les organisateurs des salons de la construction Big Five ont publié un recensement des cinq plus gros projets dans chacun des pays de la région. Lire page 9
le rachat d’Italcementi par HeidelbergCement, c’est l’ensemble du marché qui se retrouve chamboulé. Lire page 12
Étranglé par le coût de ses partenariats public-privé, le gouvernement portugais a renégocié avec succès le montant de six concessions d’autoroutes pour une économie totale de 3,5 milliards d’euros jusqu’en 2040. Lire page 4
Japon : vers un doublement du budget alloué aux économies d’énergie Le ministère nippon de l’Économie a demandé à l’État de multiplier par deux son budget alloué aux politiques de soutien aux économies d’énergie dans les entreprises et les logements. Lire page 5
Pologne : Prologis et Panattoni à la manœuvre dans la logistique Les deux promoteurs internationaux maintiennent un niveau élevé d’investissement dans de grands projets de vastes surfaces à travers le pays. Lire page 6
Qatar : Eiffage pré-sélectionné pour la LGV Le groupe français, en groupement avec Six Construct et une société qatarie, figure parmi les 15 consortiums pré-sélectionnés pour réaliser le premier tronçon de 143 km de la nouvelle LGV ferroviaire de l’Émirat. Lire page 6
PROJETS & CONTRATS ......................... 2 LES MARCHÉS ......................................4 ENTREPRISES ......................................6
PRATIQUE ............................................8 DOCUMENT SPÉCIAL ............................ 9 ANALYSE ............................................ 12
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PROJETS & CONTRATS
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ZOOM
Le Club Méditerranée fidèle au Sénégal Le groupe de tourisme va investir 63 millions d’euros avec des partenaires locaux publics et privés pour construire un village sur la "Petite côte", au sud de Dakar. « Le gros œuvre au local et le second œuvre ouvert aux entreprises à l’export ». Telle est la politique du "Club" pour la réalisation de ses "villages" résumée par Grégory Lanter, directeur du développement et de la construction du groupe de tourisme, qui voguent désormais sous pavillon chinois (conglomérat Fosun). Le "4 Tridents" (avec espace 5) de Saraba, à Nianing, à 90 km au sud de Dakar, sur la "Petite Côte", ne devrait pas faire exception à la règle. Après le cultissime club de Cap Skirring (celui dans lequel fut tourné "Les Bronzés") inauguré en 1973, ce n’est que la deuxième implantation au Sénégal (la troisième en comptant le village des Almadies, revendu depuis).
Le 25 août, Mahammed Boun Abdallah Dionne, Premier ministre du Sénégal, et Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Méditerranée, ont signé un protocole d’accord pour le village de Saraba. Photos : Club Méditerranée
Symbole pour un tourisme en panne Un symbole fort pour ce pays d’Afrique de l’Ouest qui veut relancer un tourisme en panne, notamment sur la "Petite côte", cette section du littoral qui souffre depuis quelques années d’une forte érosion côtière. Les plus hautes autorités du Sénégal étaient donc là pour la signature du protocole d’accord, le 25 aout : Mahammed Boun Abdallah Dionne, le Premier ministre, Thierno SeydoNiane, Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations du Sénégal (CDC) et Amadou Hott, Directeur général du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), accompagnaient Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Méditerranée. Le Sénégal a aussi mis "la main à la poche". Il est vrai que l’investissement est de taille : 63 millions d’euros, financés pour la partie fonds propres (40 %) par un pool de partenaires-investisseurs. Aux côtés du Club Med, qui en détiendra 35 %, le sénégalais VACAP (Société Vacances Cap Skirring SA, propriétaire des Almadies) investira à hauteur de 35 %, le FONSIS et la CDC détiendront 15 % chacun. « Le financement bancaire est bouclé à 80% », précise Grégory Lanter, qui se veut rassurant et ajoute : « Pour une fois, nous sommes investisseurs, même si c’est en minoritaire. » Preuve que le Club croit à ce pari de taille et risqué. Si, sur la "Petite côte", l’érosion fait disparaître les plages, le virus Ebola a posé de graves problèmes sur tout le continent africain.
358 chambres et suites Pour ce village de 358 chambres et suites (860 lits), qui s’étend sur un terrain de 30 hectares et est destiné à accueillir
environ 30 000 clients par an, les choses sont en tout cas bien avancées. Un architecte a déjà été désigné, le Portugais RMS Achitects (Rodrigo Machado Soares). Il n’a jamais travaillé pour le Club Méditerranée, mais il est expérimenté en Afrique. La paysagiste française Isabelle Linski, est déjà intervenue sur le Village de la Plantation d’Albion à l’Île Maurice. Quant à l’architecte d’intérieur, le français Studio MHNA (Marc Hertrich & Nicolas Adnet), c’est un habitué du "Club" : il a œuvré sur les villages de Valmorel, de Cancún et Yucatán (Mexique), de Bali, d’Indonésie et de La Plantation d'Albion.
Conseil pour la maitrise d’œuvre Des professionnels que le "Club" a tous recommandés. « C’est la société immobilière locale, donc les Sénégalais, qui pilotent le projet. Nous avons davantage un rôle de conseil, d’assistance technique pour les accompagner », précise Grégory Lanter. Pour l’architecte, le paysagiste et l’architecte d’intérieur, il s’agit souvent d’un choix commun avec le propriétaire. « Pour les constructeurs et le choix des fournisseurs, nous sommes moins directifs ». Pour ce village, comme pour les autres, la partie travaux ne sera pas pilotée par une entreprise générale. « Nous préférons faire le choix d’un chantier en lots séparés. Et on cherche à privilégier les entreprises locales. »
Le groupe de tourisme sino-français n’a toutefois rien contre les entreprises hexagones. « Nous ne travaillons jamais avec des majors du BTP français, mais nous pouvons avoir recours à des PME sur des sujets spécifiques. Il faut toutefois qu’elles soient capables de s’exporter. » Les besoins du club changent en effet d’un village à l’autre. « Nous ne sommes pas comme Novotel, qui utilise des schémas standards. Nous utilisons des matériaux et des éléments de décoration qui changent, souvent locaux pour des questions d’économie, culturelles et de respect de l’environnement, mais nous pouvons avoir des besoins très spécifiques. » Si Grégory Lanter met en avant la politique environnementale du "Club", indiquant que le nouveau village pourrait avoir recours à l’énergie solaire, il reconnait que les villages ne visent par des certifications, en tout cas à l’étranger. Le commencement des travaux pour Saraba est attendu pour début 2016 et l’ouverture prévue pour 2017. Il devait être suivi d’un projet d’extension (250 lits dans des chambres de luxe) pour le village de Cap Skirring. L’étude est bouclée et les travaux devraient débuter en 2016. Décidément, le "Club" n’a pas fini sa lune de miel avec le Sénégal. Hugues Boulet
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PROJETS
ESPAGNE Valence : travaux urgents pour l’agora de Calatrava
Le coût des réparations est estimé à 10 millions d’euros. Photos : Ale À Valence, la dernière construction de l'architecte espagnol Santiago Calatrava est en train de devenir un véritable cassetête pour le gouvernement régional. En effet, après six ans d’utilisation épisodique (tournois de tennis, meetings politiques...), l'Agora présente aujourd'hui d’importants vices. Des fragments de faïence se détachent de la façade, générant des problèmes d’étanchéité. Plus dangereux, les plaques d’acier qui composent la toiture (par ailleurs inachevée) risquent de se détacher. Enfin, les étangs artificiels qui jouxtent le bâtiment ne sont pas étanches. La construction de ce colossal édifice (80 mètres de haut, 5 000 places assises) a coûté 96 millions d'euros, pour une hypothèse de départ de 45 millions. Le nouveau pouvoir régional est embarrassé par cet épineux problème. Le coût des travaux est estimé à 10 millions d’euros. La "Generalitat" est prête à remettre en état l’Agora, mais pas à n’importe quel prix. « Notre priorité n'est pas de dépenser des millions dans des bâtiments pharaoniques qui ne répondent pas à l’intérêt général ».
ROYAUME-UNI La High Speed 2 en retard ? La High Speed 2, le projet de ligne à grande vitesse reliant Londres au nord de l’Angleterre, qui est estimée à plus de 42 milliards de livres sterling (57 milliards d’euros), reste au cœur des controverses. Alors que l’influente Association des constructeurs de matériaux britannique, la "Construction Product Association" (CPA), anticipe un retard de deux ans pour le début des travaux principaux de génie civil, la société de projet de la High Speed 2 réplique : le chantier commencera bien en 2018 comme prévu. La CPA évoque « des retards dans la planification et le financement » du programme.
PROJETS & CONTRATS
CONTRATS
COLOMBIE Ferrovial placé pour un marché autoroutier géant Ferrovial, l’entreprise de BTP espagnole spécialisée dans les infrastructures routières, est en compétition pour remporter le marché de construction d'une autoroute en Colombie. Le montant du contrat est très élevé : 400 millions d'euros. Cet appel d'offres concerne "l'Autopista del Mar", longue de 254 kilomètres (nord-ouest du pays), entre Cañasgordas et Necoclí (département de Antioquía). Le projet prévoit 22 tunnels et 22 ponts et viaducs. Selon l'Agencia Nacional de Infraestructura colombienne, le maître d'ouvrage, ce chantier génèrera 9 300 emplois et permettra de diviser par deux le temps de trajet entre Medellín, la capitale, et Necoclí (quatre heures au lieu de huit). Pour remporter ce marché, Ferrovial est en compétition avec l'entreprise chinoise Harbour Engineering Company ainsi qu’un consortium d'entreprises colombiennes. En juillet dernier, Ferrovial a obtenu son premier contrat en Colombie, relatif à la construction d'une autoroute de 152 kilomètres entre Bucaramanga et Yondó (808 millions d'euros).
POLOGNE Le port de Gdansk, un grand chantier Le port de Gdansk, qui revendique le titre du plus grand nœud logistique de Pologne, estime à près de deux milliards d'euros les investissements nécessaires pour les travaux qu'il va mener d'ici 2020. La majeure partie d'entre eux viendra de sociétés d'oléoducs, de logistique et de transport de conteneurs qui y travaillent, mais le port compte dépenser en direct près de 200 millions d'euros, dont 85 venants de subventions européennes. L’objectif est de développer ses infrastructures routières et ferroviaires. Selon un communiqué de la direction du port, il s’agit du plus ambitieux plan d’investissements de son histoire. Il comprend notamment – outre l’approfondissement et l’élargissement des chenaux du port – la modernisation des infrastructures du Port extérieur : le réseau routier sur 7,2 km et des voies ferrées sur 10 km, pour un montant total estimé à 26 millions d’euros. Ces travaux, qui s’étendront sur 70 hectares, seront suivis d’autres, sur 29 hectares de terrains voisins appartenant à la Ville et estimés à 42 millions. Quant aux investissements des acteurs privés présents sur le port, ils porteront sur un terminal pétrolier à construire par l’entreprise publique PERN, un terminal de conte-
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neurs développé par la société DCT Gdansk, un site de stockage d’une société fabriquant des engrais phosphatés, une halle froide de la société de dépôts réfrigérés PAGO et un terminal avec accès en eaux profondes pour le transporteur côtier et fluvial OT Logistics. Après 2020, les projets de la direction du port s’annoncent encore plus audacieux, portant sur la construction de nouvelles installations portuaires dans la baie de Gdansk.
SLOVAQUIE PSJ pour Twin City B à Bratislava Le promoteur slovaque HB Reavis a obtenu auprès d’une banque tchèque, la CSOB, un financement à hauteur de 43 millions d’euros pour construire Twin City B, un immeuble de bureaux haut de gamme en plein centre du quartier financier de Bratislava. Il s’étendra sur 23 000 m2, dont 1 000 de surfaces commerciales. Le coût total du bâtiment est de près de 50 millions d’euros, a indiqué au BEM le porte-parole de Reavis Slovaquie, Peter Romanak. Les travaux seront menés par l’important groupe de BTP local PSJ, qui a notamment repris en 2014 la filiale slovaque d’Alpine après la faillite du constructeur autrichien. Il s’agit du deuxième des trois bâtiments composant la première tranche du programme Twin City, qui revendique la place du plus important programme de réhabilitation en Europe centrale. Au total, une fois terminée, cette première tranche représentera 65 000 m2 de bureaux, commerces et services, censé obtenir le certificat du cadre bâti britannique "BREEAM Excellent" grâce à des systèmes modernes de traitement des déchets, d’éclairage, d’économies d’énergie et d’eau. HB Reavis a divisé son projet en douze tranches qu’il compte réaliser progressivement pour créer un complexe riche en terrains verts, stationnements pour vélo, sans oublier une gare d’autobus. Le coût total de cet investissement a été provisoirement estimé à environ 500 millions d’euros.
Twin City B sera un immeuble de bureaux de 23 000 m2. Photo : HB Reavis
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LES MARCHÉS
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PORTUGAL
L’État renégocie ses PPP autoroutiers et réalise des économies record Étranglé par le coût de ses partenariats public-privé (PPP), le gouvernement portugais a renégocié avec succès six marchés autoroutiers utilisant ce modèle. Une discussion qui lui a permis d’économiser plusieurs milliards d’euros, selon les déclarations du secrétaire d’État aux Transports, Sergio Monteiro, le 27 août. « Les nouveaux contrats représentent une économie de 3,5 milliards d’euros d’ici à la fin des concessions, qui arriveront à échéance autour de 2040 », a-t-il indiqué. Les six concessionnaires concernés sont Rotas do Algarve Litoral, SPER, AEBT, Ascendi Pinhal Interior, AELO et Ascendi Douro Interior. Cette somme vient s’ajouter aux 3,8 milliards d’euros déjà obtenus après négociation avec d’autres sociétés autoroutières. Au total, ce sont plus de 7,3 milliards d’euros de loyers qui seront ainsi économisés. Un résultat supérieur aux attentes, puisque le gouvernement s’était fixé pour objectif en 2012 d’atteindre 7,2 milliards d’euros. Le recours aux PPP fait plus que jamais débat dans le pays. Les 33 partenariats (dont 21 routiers) contractés par le Portugal sont un véritable gouffre financier. Selon un rapport du ministère des Finances, l’ensemble des dépenses d’État dues à des PPP avoisinerait le milliard d’euros. Une situation qui avait été dénoncée par une commission d’enquête parlementaire en 2013. Cette dernière fustigeait alors « l’utilisation massive de PPP au Portugal », qui plombe les finances alors que ces contrats avaient pour objectif de « réduire les coûts pour l’État ».
POLOGNE
Plus d'argent et de projets pour les routes La Première ministre de Pologne, Ewa Kopacz, vient d’annoncer une augmentation significative du budget alloué au "Programme de construction des routes nationales". Celui-ci augmente de 23 à 25 milliards d’euros pour la période 2014-2023. La nouvelle version fait passer la construction d'autoroutes et de routes express de 2 200 km dans la version initiale à près de 4 000 km, et de 37 à 56 le nombre des contournements de villes. L'augmentation du budget sera couverte par l'État, qui souhaite "achever" le réseau des autoroutes et voies rapides. Pendant la même période, la Pologne compte dépenser 11 milliards d'euros pour l'entretien de son réseau et un milliard pour « l'élimination des endroits dangereux ». Les entrepreneurs du secteur ont accueilli avec satisfaction ces annonces, tout en mettant en garde contre une accumulation excessive des lancements et des attributions d’appels d’offres sur la période 2017-2019. Elles reprochent à la GDDKiA, la Direction des routes nationales et des autoroutes, de "traîner" sur l’attribution des chantiers au début de la période budgétaire européenne, ce qui conduirait les entreprises à tourner au ralenti et parfois à licencier une partie du personnel, puis de lancer brusquement une série d’appels d’offres avec des délais d’exécution serrés, pour plusieurs contrats. Les entreprises se partageant le marché, qui sont peu nombreuses, n’ont pas les moyens de tout faire dans les délais et doivent sous-traiter, embaucher du personnel supplémentaire et parfois payer des pénalités. Un tel phénomène s'est déjà produit il y a quelques années, entraînant d'importantes difficultés pour les constructeurs.
INDE
Le logement neuf s’effondre dans les villes, mais les TP routiers progressent Le gouvernement indien faisait jusqu’ici montre d’un optimisme à tout crin s’agissant de la conjoncture économique dans le sous-continent, mais les clignotants sont aujourd’hui à l’orange, notamment dans le résidentiel. Selon une étude réalisée par le cabinet Knight Frank dans les huit plus grandes villes d’Inde – Delhi, Mumbai, Bangalore, Pune, Chennai, Hyderabad, Kolkata et Ahmedabad –, les mises en chantier de logements ont chuté de 41% au premier semestre 2015, comparé aux six premiers mois de 2014, pour tomber à 95 000 unités. C’est la capitale qui est la plus touchée, avec une dégringolade de 68%. En termes de transactions, les statistiques sont également très mauvaises : au 30 juin, les ventes de logements neufs étaient en baisse de 20% globalement, à 110 300 unités. À Delhi, la baisse est de 50%, souligne l’étude. Seule la ville de Pune a vu les ventes de logements progresser au premier semestre. Les experts de Knight Frank n’entrevoient pas de redressement de la situation avant l’an prochain, compte tenu de l’importance des stocks de logements invendus qui restent à écouler. Rien que dans les huit villes en question, plus de 700 000 unités seraient actuellement vacantes. Dans ce contexte, la filière des travaux publics routiers contrebalance légèrement la situation, grâce aux nombreux chantiers d’infrastructures que le gouvernement Modi entend lancer d’ici à la fin de la législature, en 2019. Durant l’exercice fiscal 2014-2015 clos au 31 mars dernier, plus de 4 400 kilomètres d’autoroutes ont ainsi été construits, soit une progression de 3% sur un an. Au cours des quatre prochaines années, ce sont plus de 1 200 projets qui doivent être réalisés, représentant quelque 37 000 kilomètres supplémentaires, pour un investissement total équivalent à 40 milliards d’euros. Si les commandes dans les TP avaient reculé de 11% l’an dernier, elles sont reparties à la hausse depuis le printemps, avec l’instauration d’un nouveau régime juridique de conception-construction de type "engineering, procurement and construction" (EPC), lequel permet de mobiliser des crédits fédéraux sans attendre que les États de l’Union indienne débloquent des fonds. « Les choses commencent à s’orienter dans la bonne direction, la commande publique est clairement à la hausse », déclarait récemment au quotidien "The Economic Times" le patron local du fabricant de matériel de chantier britannique JCB, Vipin Sondhi. Depuis leur arrivée au pouvoir en mai 2014, les nationalistes hindous affirment construire 13 kilomètres de routes nouvelles chaque jour, contre 3 sous le précédent gouvernement.
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LES MARCHÉS
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ASIE
Sous influence chinoise, la "Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures" choisit un président… chinois Sans surprise, le candidat présenté par Pékin a été nommé, le 24 août, président de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII). Élu à l’occasion de la 6ème réunion des négociateurs de l’établissement, qui s’est déroulée à Tbilissi, en Géorgie, Jin Liqun était le grand favori de cette élection. Selon les statuts signés par les 57 membres fondateurs en juin dernier, la Chine est en effet le principal instigateur et investisseur de la BAII, et détient 26,06 % des droits de vote ainsi… qu’un droit de véto (BEM du 15 juin 2015, p.7). Jin Liqun a pris ses fonctions dès le 1er septembre. Il n’est toutefois pour l’instant que président désigné, et doit encore être élu formellement par le Conseil des gouverneurs de la banque, qui se réunira au cours des prochaines semaines.
Jin Liqun sera le "patron" de cet
établissement qui investira dans la Ancien vice-ministre des Finances de Chine, le nouveau président de la mobilité régionale en Asie. Photo : BAII BAII dirigeait jusque-là le groupe de travail préparatoire pour la mise en place de la banque. Jin Liqun dispose d’une solide expérience dans les institutions financières internationales. Il a dirigé le fonds souverain China Investment Corp, présidé la banque d’investissements China International Capital Corporation Limited, été vice-président de la Banque asiatique de développement et administrateur suppléant pour la Chine à la Banque mondiale. Dans un discours prononcé le 26 août, Jin Liqun a défini deux priorités pour son mandat : garantir une gouvernance transparente, intègre et éthique, et offrir des services adaptés aux besoins des clients et « durables techniquement, financièrement, économiquement, environnementalement et socialement ». Il s’est aussi dit intransigeant sur les délais de financement et de réalisation des projets. La Chine compte bien se servir de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures pour faire contrepoids à la Banque mondiale – contrôlée par les États-Unis – et à la Banque asiatique de développement, sous influence japonaise. Basée à Pékin, la BAII est une institution financière multilatérale qui a vocation à investir dans le développement des infrastructures et de la mobilité régionale en Asie, où les besoins sont énormes en ce domaine. Pékin doit apporter presque 30 milliards de dollars sur les 100 du capital initial de la BAII. Celle-ci devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année. COMMENTAIRE
Une partie des membres fondateurs ne sont pas asiatiques. Citons la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse, la Norvège, la Suède, le Danemark, le Luxembourg, mais aussi l’Égypte, le Brésil, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
JAPON
Vers un doublement du budget alloué aux économies d’énergie Le ministère de l’Économie japonais (METI) a publié, le 28 août, un document préparatoire au budget 2016-2017 demandant un doublement des moyens alloués à la politique de soutien aux économies d’énergie dans les entreprises et les habitations, a rapporté le media américain "Bloomberg". Le METI veut ainsi 243 milliards de yens (1,8 milliard d’euros) pour l’année fiscale qui commencera en avril prochain, contre un budget alloué à cette politique de 128 milliards de yens (940 millions d’euros) cette année. Une partie de cette somme sera utilisée pour soutenir les industries qui veulent améliorer leur "process", ainsi que les entreprises qui veulent renouveler leurs équipements pour gagner en efficacité énergétique dans les bureaux. Par ailleurs, le ministère a aussi demandé des crédits à hauteur de 135 milliards de yens (990 millions d’euros) pour soutenir le développement des énergies renouvelables.
PAKISTAN
Nouveau programme d'aide de l’ADB pour l’énergie et les transports La Banque asiatique de développement (ADB) a annoncé, le 1er septembre, l'approbation d'une aide de 1,2 milliard de dollars (1 milliard d’euros) par an en moyenne au Pakistan afin de développer le secteur énergétique et de remettre à la page les infrastructures de ce pays pauvre de près de 200 millions d'habitants. Pour appuyer le Pakistan, la Banque asiatique concentrera ses investissements annuels de 1,2 milliard de dollars jusqu'en 2019 dans six secteurs, dont l'énergie, les infrastructures pour l’eau (dans les États du Balûchistân, Khyber Pakhtunkhwa et du Pendjab) et autres services urbains, ainsi que les infrastructures de transport, notamment routiers (construction et rénovation d'autoroutes et routes provinciales), ainsi qu’urbain (systèmes de bus rapides à Karachi, la capitale économique du pays, mais aussi dans la ville de Peshawar et dans l’État du Pendjab). La mission de l’ADB est aussi d’aider le Pakistan à renforcer l’environnement règlementaire pour encourager l’augmentation des PPP.
À SUIVRE GABON Bongo en faveur des infrastructures Dans un entretien aux "Échos" du 31 aout, le président de la République du Gabon, Ali Bongo, a indiqué qu’il « importait de développer les infrastructures permettant d’attirer les touristes, l’hôtellerie (…) » et que « la construction d’infrastructures était un levier de développement » essentiel.
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ENTREPRISES
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PROMOTION – INVESTISSEMENT
Logistique : Prologis et Panattoni à la manœuvre en Pologne Les promoteurs internationaux de surfaces logistiques maintiennent un rythme élevé d’investissement en Pologne. Le fonds américain Prologis, déjà leader du marché avec 34% des surfaces de stockage, se prépare à construire dans les mois qui viennent six dépôts totalisant 127 000 m2 à Sokolow (sud de Varsovie), tandis que l’américain Panattoni s’est s’associé au polonais Marvipol pour réaliser un complexe dans la même région, pour près de 23 millions d’euros. La construction de la première tranche du projet de Sokolow, baptisé "Prologis Park Janki", une halle de 38 200 m2, a été confiée à la filiale locale de l'entreprise allemande de construction Depenbrock, très présente depuis 2005 sur le marché polonais. Panattoni s'est, lui, associé au promoteur immobilier varsovien Marvipol pour créer un joint-venture afin d'entamer avant la fin de l'année la construction d'un complexe logistique de deux halles totalisant 45 000 m2. La fin des travaux est prévue vers la fin 2016. Ce projet se trouve à proximité du grand échangeur Konotopa où l'autoroute A2 rejoint le contournement de Varsovie. Marvipol est le principal investisseur de ce projet, tandis que Panattoni Europe se charge de sa commercialisation. Le nom du constructeur n'a pas encore été annoncé.
ARCHITECTURE – INGÉNIERIE
Nissan et Foster travaillent à la station-service du futur La célèbre agence d’architecture britannique Foster + Partners et le constructeur automobile japonais viennent d’annoncer d’un projet exclusif visant à concevoir et développer la station-service du futur. « Le souhait est de remettre en question les conventions habituelles en offrant un aperçu de la manière dont les stations-service s’adapteront à un monde en perpétuelle évolution », indique Nissan. « Pionnier et leader de la mobilité 100% électrique, Nissan est plus à même de proposer une vision de la station-service du futur. Les futures infrastructures de ravitaillement représenteront une formidable opportunité d’innover et d’intégrer les centres-villes, offrant potentiellement ainsi un lieu d’échange et énergétique aux communautés modernes. (…) Le concept démontrera les nombreux bénéfices qui découlent d’un écosystème intelligent où évoluent les véhicules électriques – pas seulement en termes de mobilité, mais également en exploitant le potentiel de stockage des batteries et des véhicules reliés au réseau électrique. » Pour David Nelson, en charge du Design de Foster + Partners, « Il est clair que les véhicules 100% électriques feront partie intégrante de nos futurs paysages urbains, ce qui par conséquent constitue une formidable opportunité pour redessiner les stations-service des générations à venir. Un nouveau design leur permettra d’être davantage intégrées aux villes et d’y assurer une fonction plus communautaire. » Quant à Jean-Pierre Diernaz, Directeur des véhicules électriques de Nissan, « Notre modèle actuel d’infrastructure de ravitaillement est obsolète et se trouve confronté à un avenir incertain, à moins d’être rapidement adapté pour répondre à l’évolution des besoins des clients. D’ici 2020, presque un million de véhicules 100% électriques seront en circulation sur les routes, il est donc impératif qu’une infrastructure soit mise en place pour gérer cette croissance. Dans cette optique, cette initiative constituera le premier pas vers une large refonte du paysage des transports publics et une reconsidération de la mobilité future, préparant ainsi nos villes à un avenir durable. » La présentation de cette station devrait intervenir courant 2015.
CONSTRUCTION – EXPLOITATION
Eiffage pré-sélectionné pour la LGV qatarie Le projet de lignes à grande vitesse qataries accélère et le constructeur français pourrait bien en profiter. Qatar Rail, l’autorité publique chargée du développement du réseau ferroviaire du pays a lancé, fin août, un appel d’offres pour la gestion du projet de construction du premier tronçon de ces nouvelles LGV. Quelques jours plus tôt, la société avait annoncé la liste des quinze consortiums pré-sélectionnés pour la construction de cette première phase. Et Eiffage, en groupement avec le belge Six Construct Limited et le qatari Midmac Contracting Co. W.L.L., est le seul français à figurer sur la liste. L’appel d’offres sera publié fin 2015-début 2016. Dans le détail, le contrat porte sur le premier tronçon du réseau de transport à grande vitesse de passagers et de fret traversera le Qatar de la frontière avec l’Arabie saoudite aux côtes est du golfe Persique sur 143 km. Tracé du projet de LGV au Qatar. Image : Qatar Rail Il comprendra une gare de passagers, trois gares de marchandises, une gare intermodale, 59 ponts et 36 ponceaux. Il ne s’agit que de la première phase du futur réseau à grande vitesse du pays, qui comptera 350 kilomètres de voies répartis sur cinq lignes principales et sera réalisé en quatre phases. Les autorités espèrent que les premiers coups de pioche pourront être donnés sur le premier tronçon d’ici début 2016, pour une livraison de l’ensemble des quatre phases en 2030. COMMENTAIRE
Ce projet ferroviaire à grande vitesse qatari fait partie du vaste programme de construction d’un réseau de LGV reliant l’ensemble des pays du Conseil de coopération du Golfe (BEM du 18 novembre 2013, p.2).
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ENTREPRISES
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INDUSTRIE – DISTRIBUTION
Le cimentier Dangote Cement s’étend encore en Afrique Plus important cimentier d’Afrique (7 sites situés dans 4 pays en 2014 pour une capacité de 34 millions de tonnes et un chiffre d’affaires de 391 milliards de Naira, soit 1,75 milliard d’euros), l’industriel nigérian a annoncé une expansion tous azimuts, par la voix de son président. Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, s’est confié à des journalistes le 31 aout, à la suite d’un entretien avec Robert Mugabe, le président du Zimbabwe. La filiale du conglomérat nigérien veut atteindre les 100 millions Dans le rapport annuel 2014 de Dangote de tonnes d’ici 2020. Photo : Dangote Group Cement, l’objectif d’ici 2017 était d’être présent dans 13 pays via 15 à 17 sites pour parvenir à une production de 44 à 54 millions de tonnes. Selon "Jeune Afrique", Aliko Dangote a indiqué que son groupe prévoyait d'investir et de construire une grande fabrique de ciment au Zimbabwe à partir du premier trimestre de 2016. Le milliardaire nigérian a précisé qu’il souhaitait dépenser près de 400 millions de dollars pour construire la plus grosse usine de ciment du pays, qui pourrait produire jusqu’à 1,5 million de tonnes par an. Selon l’AFP, la filiale du conglomérat Dangote Group a également annoncé dans un communiqué publié le même jour, un contrat de 4,3 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) avec le groupe de BTP chinois Sinoma International Engineering. Celui-ci va construire de nouvelles usines sur le continent. Ces dernières seront implantées dans une dizaine de pays africains (dont le Nigéria, le Cameroun, l’Éthiopie, le Kenya, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Ghana), ainsi qu’au Népal. Ils représenteront une capacité de production de 25 millions de tonnes par an. Selon le président de Dangote, ces nouvelles unités seront opérationnelles sous 30 mois et permettront au groupe d’étendre ses capacités de production annuelles à 70 millions de tonnes. L’objectif, toujours selon l’AFP, est d’atteindre 100 millions de tonnes d’ici 2020 grâce à l’usine du Zimbabwe.
CRH se développe dans le verre en Amérique du Nord L’industriel de la construction irlandais poursuit ses acquisitions à travers le monde. Après avoir finalisé la reprise d’actifs de LafargeHolcim (voir p. 12), CRH a annoncé, le 27 août, avoir conclu un accord de rachat de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) avec CRL. Cette société californienne conçoit et fabrique des produits vitriers et des structures en aluminium sur mesure pour la construction. Elle emploie 1 600 personnes et détient 42 implantations, surtout concentrées aux États-Unis et au Canada, mais aussi en Europe de l’Ouest et en Australie. La direction de CRL est maintenue dans ses fonctions. La société basée à Los Angeles sera intégrée à BuildingEnveloppe, la filiale américaine de CRH, major des produits vitriers pour la construction sur le marché nordaméricain. Cette dernière emploie 4 500 salariés et possède 48 implantations dans la région. « Le chiffre d'affaires prévisionnel de CRL pour 2015 est de 570 millions de dollars pour un EBITDA de 115 millions. Cela sans compter les 40 millions de dollars de synergies attendues avec BuildingEnveloppe », indique CRH. La vente devrait être finalisée début septembre.
Sika/Saint-Gobain : un tribunal rejette le recours de la fondation Bill Gates Une Cour en Suisse a rejeté le recours de la fondation Bill & Melinda Gates qui contestait la clause dispensant le français Saint-Gobain de lancer une offre publique d'achat dans son projet de prise de contrôle du groupe chimique suisse, a annoncé le 2 septembre la société qui représente les intérêts des héritiers. Le tribunal administratif fédéral a confirmé que la clause d'exemption, dite d'opting out, qui est prévue dans les statuts de Sika était « claire et sans ambiguïté » et ne se prêtait pas à interprétation, a indiqué la société de holding Schenker-Winkler (SWH). Cette clause dite d'exemption est au cœur de la bataille entre, d'un côté, les héritiers du fondateur de Sika, représentés par SWH, qui souhaitent vendre leur participation à Saint-Gobain et, de l'autre, les dirigeants de Sika qui s'opposent à l'opération avec l'appui d'investisseurs internationaux. Les parties s'affrontent depuis que Saint-Gobain a proposé, début décembre, 2,75 milliards de francs suisses (2,6 milliards d'euros) à cinq membres de la famille pour racheter leurs parts, qui se montent à 16,1% du capital, mais représentent 52,4% des droits de vote. Le groupe français pourrait ainsi prendre le contrôle de Sika, sans avoir à lancer d'offre publique d'achat grâce à cette clause d'exemption. Cet arrêt est définitif et ne peut pas faire l'objet de recours, a précisé le tribunal, alors que deux autres instances avaient déjà statué sur la question. D'autres procédures sont actuellement en cours, notamment sur les droits de vote.
À SUIVRE CAMEROUN Encore un port pour Bolloré Le conglomérat français Bolloré a annoncé, le 30 aout, avoir obtenu, au sein d'un consortium comprenant la CMA-CGM, la concession d'un nouveau port en eaux profondes au Cameroun. « Le Groupement Bolloré Africa Logistics, CMA-CGM et CHEC (NDLR : China Harbour Engineering Corporation Ltd, déjà présent sur le port d’Abidjan, BEM du 13 janvier, p.6), vient d'être déclaré adjudicataire de l'exploitation du terminal à conteneurs du port en eaux profondes de Kribi », a indiqué l'entreprise. Cette concession est d'une durée de 20 ans. Le président camerounais Paul Biya avait lancé la construction du complexe portuaire de Kribi, dans le sud du pays, en 2011. Il est destiné à l'exportation de minerais et de produits agricoles.
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PRATIQUE
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CARNET
AGENDA
13-15 OCTOBRE 2015 / PARIS (FRANCE)
World Efficiency
À six semaines de la conférence mondiale sur le climat, la COP 21, l’organisateur de salons et de conférences Reed lancera la première édition de son World Efficiency, le 13 octobre. Ce salon couplé à un programme de conférences sur trois jours a pour ambition de présenter aux décideurs publics et privés les solutions développées par les professionnels de l’ensemble des secteurs concernés par le réchauffement climatique et le développement durable pour répondre aux enjeux environnementaux actuels. Les conférences décrypteront les tendances et l’évolution des différents marchés touchés par cette problématique (énergie, transports, construction, architecture, ingénierie…), et présenteront des projets et des modes de gouvernance innovants. L’accent sera fortement porté sur l’international, l’un des objectifs du salon étant de créer un échange de savoir-faire complémentaires des différentes filières et nationalités actives dans le domaine de la durabilité et de l’efficacité énergétique. Enjeux prioritaires selon les organisateurs, l’urbanisation croissante et les enjeux de la ville durables feront l’objet de nombreuses conférences organisées, entre autres, par Bouygues, Syntec Ingénierie, les CSTB, l’Association pour la haute qualité environnementale (HQE). Au programme, des conférences sur « Écoquartiers : des smart grids aux smart cities » ou encore « Mobilité urbaine : réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les grands
chantiers d’infrastructures urbaines ». Les responsables de plusieurs villes durables pionnières, notamment d’Europe du Nord viendront également présenter leurs projets. La rénovation et l’efficacité énergétique des bâtiments seront aussi abordées à de nombreuses reprises. Tout comme les solutions techniques proposées par les fabricants de matériaux. Parmi les thèmes évoqués : « Rénovation énergétique : préserver le patrimoine architectural », « Bâtiments neufs passifs, positifs et énergies renouvelables », « Performance énergétique des bâtiments, exemples de solutions techniques globales pour un résultat optimisé », « Le bois au service de la construction bas carbone », « Réussir la transition énergétique dans le secteur du bâtiment : l’importance de la qualité des prestations d’ingénierie en général, des audits énergétiques en particulier », « Bâtiments : quelles solutions carbone ? » ou encore « Murs et façades, de nouvelles solutions pour une meilleure performance énergétique et un moindre impact environnemental ». À noter que le réseau européen Construction21 dédié à la construction et à la ville durable remettra, le 13 octobre, ses "Green Building Solutions Awards", qui récompenseront les bâtiments et les solutions les plus innovants en matière de construction durable. Programme complet : www.world-efficiency.com/
INDEX Abdulla H. Al Mutawa Sons 11 AECOM ........................... 11 Al Fouzan Trading & General ........................... 10 Al Hassanain Co ............. 11 Allies & Morrison ............. 11 Arabtect Construction ........ 9 Arif & Bintoak Consulting... 9 Birla ................................. 13 Bolloré ............................... 7 Buzzi ............................... 13 Cemex............................. 13 China Harbour Engineering Corporation ....................... 7 Cimpor ............................ 13 Club Méditerranée ............. 2 Consolidated Contractors International ...................... 9 CRH ............................ 7, 13 CRL ................................... 7 Damac Properties ............. 9 Dangote Cement ............... 7 Dar Al Handasah Consultants ..................... 10 DCT .................................. 3
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Depenbrock ....................... 6 Eiffage ............................... 6 Emaar Properties ............... 9 Ferrovial............................. 3 Harbour Engineering Company ........................... 3 HB Reavis.......................... 3 HeidelbergCement ........... 12 Hill International ............... 11 Italcementi ....................... 12 Ithmaar Development Co 11 LafargeHolcim ............. 7, 12 M. Z & Partners................ 10 Manara ............................ 11 Marvipol ............................. 6 Meraas Development ......... 9 Midmac Contracting Co. W.L.L. ................................ 6 Mohammed Abdulmohsin Al Kharafi & Sons Company. 10 Nissan................................ 6 Omagine, Inc. / Consolidated Contractors International Company ..... 11 OT Logistics....................... 3
PAGO................................ 3 Pan Arab Consulting Engineers (PACE) ........... 10 Panattoni ........................... 6 Parsons International ........ 9 PERN ................................ 3 Prologis ............................. 6 PSJ ................................... 3 Rasd.................................. 9 Royal Boskalis Westminster11 Saint-Gobain ..................... 7 Saudi Binladin Group ...... 10 Sayed Hamid Behbehani & Sons ................................ 10 Scott Wilson .................... 11 Sika ................................... 7 Sinoma International Engineering ....................... 7 Six Construct Limited ........ 6 Vicat ................................ 13 Zuhair Fayez Partnership Consultants ..................... 10
BEI Jan Vapaavuori Klaus Trömel Mikołaj Dowgielewicz La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé, le 1er septembre, plusieurs nominations au sein de ses instances exécutives. Le Finlandais Jan Vapaavuori a ainsi été nommé vice-président de la banque d’investissement et membre de son comité de direction à la suite de la démission de Wilhelm Molterer. Il est désormais chargé de superviser, entre autres, les activités de la BEI dans le nord de l’UE (Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie et Suède), ainsi que dans plusieurs pays à l’international. Avant sa nomination, Jan Vapaavuori occupait le poste de ministère des Finances de Finlande. Il a également été ministre du Logement. À titre indicatif, la BEI compte huit viceprésidents. L’Allemand Klaus Trömel a, lui, été nommé secrétaire général de la BEI. Diplômé en ingénierie civil, il a rejoint l’institution en 1989. Il y a notamment occupé les postes de directeur chargé de la division Gestion des risques, et de directeur général chargé des opérations de prêt de la BEI. À noter enfin que le Polonais Mikołaj Dowgielewicz a lui aussi été nommé directeur général, chargé de la représentation de la BEI auprès des institutions européennes, et responsable du bureau bruxellois de la banque.
Bulletin Européen du Moniteur - 17, rue d’Uzès, 75108 Paris cedex 02. Tél. : 01.40.13.30.14. Fax : 01.40.13.52.48. E-mail : bem@groupemoniteur.fr Directeur de la publication: Christophe Czajka - Directeur de la rédactionௗ: Michel Dalloni. Rédacteur en chef délégué : Hugues Boulet. Tél. : (01.40.13.30.14) ; E-mail : hugues.boulet@groupemoniteur.fr. Journaliste : Julie Guérineau. Tél. : (01.40.13.32.06) ; E-mail : julie.guerineau@groupemoniteur.fr. Le Bulletin Européen du Moniteur est réalisé avec la collaboration de la rédaction du Moniteur du BTP et de ses correspondants exclusifs dans le monde. Chargée de diffusion : Nina Yingui. Tél. : (33-1) 40.13.38.12 ; fax: (33-1) 40.13.51.19 ; E-mail : nina.yingui@groupemoniteur.fr Abonnement : 1 an (48 nos) : 1 370 € HT (numérique) ou 1 618 € HT (print + numérique). Prix du numéro : 33 euros. Tarifs valables jusqu’au 31/12/2015. Impression : AB Printed – 6 rue Eugène Barbier – 92400 Courbevoie – Dépôt légal : septembre 2015. Le Bulletin Européen du Moniteur est édité par Groupe Moniteur, SAS au capital social de 333 900 €. Siège social, 17, rue d’Uzès, 75108 Paris cedex 02. RCS Paris B 403.080.823. Code APE 5814 Z. N° SIRET 403.080.823.00012. N° TVA intracommunautaire - FR 32 403.080.823. Principal actionnaire : Info Services Holding. Commission paritaire n°0619 I 85014.
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DOCUMENT SPÉCIAL
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Les plus grands projets de bâtiments au sein du Conseil de Coopération du Golfe Malgré la chute du prix du pétrole, les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) poursuivent leurs investissements dans les grands projets de construction à un rythme effréné. 194 milliards de dollars (172,7 milliards d’euros) devraient ainsi être investis dans le secteur sur l’ensemble de l’année 2015. Dans un document publié le 24 août, les organisateurs des salons de la construction Big5, les plus importants au MoyenOrient, présentent cinq projets majeurs menés dans le bâtiment dans chacun des pays du CCG.
ÉMIRATS ARABES UNIS Nom Mohammed Bin Rashid (MBR) City
Type de projet Usage mixte
État du projet
Akoya by Damac
Usage mixte
Nshama Integrated Community in Dubai (Dubai Town Square) Dubai Parks & Resorts
Usage mixte
Usage mixte
Conception & construction en cours Conception & construction en cours En cours de conception. Appel d’offres pour la construction En cours de construction
Extension de l’aéroport d’Abou Dhabi – terminal central
Aéroport
En cours de construction
Début construction 2e trimestre (trim.) 2013 1e trim. 2014
Fin construction 4e trim. 2023
Consultant(s)
Constructeur(s)
Dubai Holding / Emaar Properties
(multiples)
(multiples)
6 mds$
Damac Properties
(multiples)
(multiples)
2e trim. 2022
3 mds$
Nshama / Mohammed Bin Rashid Foundation
Arif & Bintoak Consulting
Appel d’offres en cours
4e trim. 2014
4e trim. 2023
3 mds$
(multiples)
(multiples)
4e trim. 2012
2e trim. 2017
2,9 mds$
Meraas Development / Dubai Parks and resorts PJSC (DUBAIPARKS) Abu Dhabi Airports Co. (ADAC)
Kohn Pedersen Fox Associates (KPF)
Consolidated Contractors International (CCC) / Arabtect Construction / Tepe Akfen Ventures (TAV)
Consultant(s)
Constructeur(s)
Montant
Client(s)
64,7 mds$
3e trim. 2017
3e trim. 2015
ARABIE SAOUDITE Nom King Abdullah City of Atomic and Renewable Energy 500 000 loge ments dans diverses localisations Al Ruwais Development à Jeddah
En cours de conception
Début construction 1e trim. 2016
Fin construction 1e trim. 2030
Résidentiel
En cours de construction
4e trim. 2009
Usage mixte
En cours de planification
1e trim. 2016
Type de projet Usage mixte
État du projet
Montant
Client(s)
100,2 mds$
King Abdullah City of Atomic and Renewable Energy (KA-care)
Snohetta International, Norvège
Appel d’offres à lancer
3e trim. 2025
68 mds$
Ministère du Logement
Parsons International
(multiples)
4e trim. 2025
13,8 mds$
Al Ruwais Union Company for Real Estate Development / Raysan Al Arabiah (Amlak Al Ruwais) / Jeddah Development and Urban Regeneration Company (JDURC)
Rasd International Group
Appel d’offres à lancer
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DOCUMENT SPÉCIAL
N °1211 7 SEPTEMBRE 2015
Dar Al Hijrah City à Médine
Usage mixte
En cours de construction
4e trim. 2014
2e trim. 2019
13,7 mds$
Dar Al Hijrah Company / Ministère des Finances
Dar Al Handasah Consultants (Shair and Partners) / Zuhair Fayez Partnership Consultants
Al Fouzan Trading & General Construction Company / Saudi Binladin Group
Qasr Khosam
Usage mixte
En cours de conception
3e trim. 2015
3e trim. 2020
13,3 mds$
Dar Al Arkan Development Company, Jeddah / Jeddah Development and Urban Regeneration Company (JDURC) / Khozam Development Company
Dar Al Handasah Consultants (Shair and Partners)
Appel d’offres à lancer
Consultant(s)
Constructeur(s)
KOWEIT Nom Boubyan Island Development
Type de projet Usage mixte
En cours de construction
Début construction 3e trim. 2007
Fin construction 4e trim. 2033
État du projet
Montant
Client(s)
6,6 mds$
Ministère des Travaux publics (MPW) / Mega Projects Agency Autorité publique pour les Logements sociaux (PAHW) Kuwait University Construction Program (KUCP) Ministère des Travaux publics (MPW)
(multiples)
(multiples)
Appel d’offres à lancer (multiples)
Appel d’offres à lancer
Mabanee Company
Pan Arab Consulting Engineers (PACE)
Projet résidentiel d’Al Khairan Université Sabah Al Salem Nouvel hôpital de Jahra
Résidentiel
En cours de planification
4e trim. 2016
4e trim. 2020
3,4 mds$
Éducation
En cours de construction
2e trim. 2010
4e trim. 2018
3 mds$
Hôpital
En cours de construction
1e trim. 2015
2e trim. 2018
1,3 mds$
Extension de l’Avenue Shopping Mall – phase 4
Centre commercial
En cours de construction
1e trim. 2015
3e trim. 2018
914 millions $
(multiples)
(multiples)
Mohammed Abdulmohsin Al Kharafi & Sons Company Sayed Hamid Behbehani & Sons
QATAR Nom Musheireb Development
Valley City Doha Festival City
Type de projet Usage mixte
Usage mixte Usage mixte
Place Vendome à Lusail
Usage mixte
Seef Lusail
Usage mixte
État du projet Conception & construction en cours En cours de conception Conception & construction en cours En cours de construction
En cours de conception. AO pour la construction
Début construction 2e trim. 2010
Fin construction 4e trim. 2018
1e trim. 2016 4e trim. 2011
Montant
Client(s)
Consultant(s)
Constructeur(s)
5,5 mds$
Msheireb Properties
(multiples)
(multiples)
4e trim. 2020 4e trim. 2017
4,8 mds$
SAK Holding Group
1,6 mds$
Bawabat Al-Shamal
Appel d’offres à lancer (multiples)
2e trim. 2015
3e trim. 2017
1,4 mds$
United Developers
M. Z & Partners DP Architects/Arab Engineering Bureau Arab Engineering Bureau / M. Z & Partners
4e trim. 2015
4e trim. 2019
1,5 mds$
Seef Lusail Real Estate Development Company
DP Architects (Master Plan)
Appel d’offres à lancer
Construction & Reconstruction Engineering Company
DOCUMENT SPÉCIAL
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BAHREÏN En cours de construction
Début construction 3e trim. 2014
Fin construction 3e trim. 2019
Usage mixte
En cours de construction
4e trim. 2007
Water Garden City
Usage mixte
Dilmunia Health Island
Usage mixte
Janayen Al Hamala Housing Development
Usage mixte
Conception & construction en cours Conception & construction en cours En cours de construction
Nom Al Madina Al Shamaliya (North Bahrain New Town) Diyar Al Muharraq
Type de projet Usage mixte
État du projet
Consultant(s)
Constructeur(s)
Ministère du Travail et du Logement
AECOM
(multiples)
Diyar Al Muharraq / Kuwait Finance House (KFH) Albilad Real Estate
(multiples)
(multiples)
HOK / Scott Wilson
1,6 mds$
Ithmaar Development Co (IDC) / Economic Development Board
(multiples)
Royal Boskalis Westminster / Al Hassanain Co (multiples)
1,3 mds$
Al Salam Bank
Manara Developments Company
Abdulla H. Al Mutawa Sons Group (AMSG)
Consultant(s)
Constructeur(s)
Montant
Client(s)
4,5 mds$
4e trim. 2020
3,2 mds$
4e trim. 2008
4e trim. 2018
2,6 mds$
2e trim. 2008
4e trim. 2018
2e trim. 2012
2e trim. 2016
Fin de la construction 3e trim. 2016
OMAN Type de projet
État du projet
Aéroport
En cours de construction
Début de la construction 3e trim. 2011
Usage mixte
En cours de construction
4e trim. 2010
Usage mixte
En cours de planification
Sultan Qaboos Medical City Complex
Hôpital
Al Irfan Urban development
Usage mixte
Nom Aéroport international de Mascate – terminal pour passagers Centre de conférences et d’expositions Omran – phase 1 Omagine
Montant
Client(s)
1,8 mds$
Ministère des Transports et de la Communication
Hill International
(multiples)
4e trim. 2019
1,8 mds$
Ministère du Tourisme
(multiples
(multiples)
3e trim. 2016
3e trim. 2021
1,6 mds$
Appel d’offres à lancer
Appel d’offres à lancer
En cours de planification
2e trim. 2017
2e trim. 2020
1,5 mds$
Appel d’offres à lancer
Appel d’offres à lancer
En cours de conception
2e trim. 2017
2e trim. 2021
1,5 mds$
Omagine, Inc. / Consolidated Contractors International Company (CCC) / Royal Court Affairs Ministère de la Santé / Muscat National Development and Investment Company (Tatweer) Omran Office
Allies & Morrison
Appel d’offres à lancer
© Big5 Août 2015
Pour télécharger le document original : http://tinyurl.com/ccgbatiment2015
N°1211 7 SEPTEMBRE 2015
ANALYSE
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N °1211 7 SEPTEMBRE 2015
Grandes manœuvres dans le ciment mondial Avec la fusion LafargeHolcim et l’annonce de l’acquisition d’Italcementi par l’allemand HeidelbergCement, l’ensemble du marché est en pleine reconfiguration. Les nouveaux géants du secteur lorgnent vers le grand international, tandis que de plus petits acteurs prennent de l’ampleur en rachetant les actifs désinvestis. Évoquée depuis 2009 et effective depuis juillet, la fusion des cimentiers français et suisse Lafarge et Holcim a provoqué le déclenchement de grandes manœuvres sur les marchés européens et internationaux des matériaux de construction. C’est ainsi que l’on a appris, le 28 juillet, le rachatsurprise par l’allemand HeidelbergCement de son concurrent italien Italcementi (BEM du 31 août 2015, p.8) pour donner naissance à un nouvel acteur mondial de poids : numéro 1 dans les agrégats, numéro 2 dans le ciment et numéro 3 dans le béton prêt à l’emploi. « Cette transaction est évidemment une réaction à la fusion des concurrents Holcim et Lafarge, ainsi qu’aux nombreux rachats d’usines de ciment par l’Irlandais CRH », estimait Ingo Wermann, analyste de la banque allemande DZ Bank après l’annonce de l’opération. La création du géant LafargeHolcim contraint ses concurrents à prendre eux aussi de l’envergure – et des risques. Pour mener à bien sa transaction, HeidelbergCement sera obligé de creuser encore un endettement déjà conséquent (5,7 milliards d’euros), d’autant plus que les parts d’Italcementi seront acquises avec une prime de 70 % par action par rapport à la moyenne du cours des trois derniers mois. Mais pour de nombreux analystes, le rapprochement des grands acteurs européens du secteur est devenu inévitable. Surtout au vu de la conjoncture du business du ciment continental.
« Ces transactions sont la conséquence logique de la stagnation du marché européen du ciment, qui est revenu à son niveau d’il y a 50 ans », a expliqué au BEM Patrick Pudduy, associé du cabinet de conseil en stratégie Advancy et spécialiste des matériaux. « Les cimentiers sont contraints de s’internationaliser et de tenter de conquérir les marchés émergents en croissance. Mais cette stratégie implique des investissements colossaux et une certaine puissance. Les deux groupes issus de ces fusions ont un réel potentiel international ». La complémentarité géographique des actifs détenus par Italcementi et HeidelbergCement est d’ailleurs largement évoquée par le groupe allemand parmi les trois principales raisons de ce rapprochement. L’industriel italien va en effet permettre à sa future maison mère de prendre pied sur des marchés émergents comme l’Inde, l’Égypte, le Maroc, le Sénégal et le Kazakhstan, tout en renforçant sa position en Amérique du Nord. Or, ces marchés sont les plus prometteurs. Selon un rapport publié en août par Freedonia, la demande mondiale en ciment va augmenter d’un milliard de tonnes par an jusqu’en 2019. Et si le marché d’Europe de l’Ouest devrait rester relativement atone, la croissance sera surtout tirée par le Moyen-Orient et l’Afrique (+5,5 % par an), l’Amérique latine (+4,4 %) et du Nord (+4,3 %). Mais pour Robert Muir, analyste à la
Tableau comparatif LafargeHolcim / HeidelbergCement &Italcementi
10 juillet 2015
HeidelbergCement & Italcementi Fin 2016
27 milliards d’euros
16,8 milliards d’euros
32,6 milliards de francs suisses (30 milliards d’euros)
20 milliards d’euros
386,5
200
265
275
58
49
180
143
1 600
1 724
600 90
636 62
LafargeHolcim Date de fusion CA 2014 (cumulés)
CA 2015 (prévisionnel) Capacité ciment (millions de tonnes) Capacité agrégats (mt) Capacité béton prêt à l’emploi (millions de m3) Cimenteries Usines de béton prêt à l’emploi Carrières d’agrégats Nombre de pays couverts
Les chiffres indiqués pour LafargeHolcim correspondent à la situation au 1er septembre et prennent en compte les désinvestissements effectués au cours de l’année. Ceux d'HeidelbergCement / Italcementi correspondent aux données cumulées des deux groupes au 31 décembre 2014. Ils ne tiennent pas compte des possibles cessions entrainées par la fusion.
« Il est envisageable que les chinois profitent des désinvestissements liés à ces opérations pour se faire une place en Europe. »
ANALYSE
N °1211 7 SEPTEMBRE 2015
banque hambourgeoise Berenberg, le positionnement géographique de son concurrent italien peut aussi poser problème. « Italcementi a un problème structurel sur son marché intérieur et souffre d’une surcapacité en Asie », assure-t-il. « On va certainement assister à une baisse des capacités, mais mieux réparties géographiquement », relativise Patrick Pudduy (Advancy). Une baisse de capacité, qui aura, selon lui, un effet salvateur pour le marché européen en faisant remonter des prix actuellement très bas. Ces deux grandes fusions et leur cohorte de désinvestissements pour satisfaire les autorités de la concurrence entraînent aussi à leur tour de grandes manœuvres chez leurs concurrents. Après que Lafarge et Holcim se soient délestés de nombreux actifs, Heidelberg et Italcementi envisagent 1 milliard d’euros de désinvestissements lors de doublons géographiques, notamment en Belgique et aux États-Unis. Ces actifs disponibles pourraient ainsi faire l’affaire des Chinois. Si les cimentiers nationaux sont pour l’instant centrés sur leur marché domestique, ce dernier est en surcapacité et connaît une forte baisse des prix. Pékin a d’ailleurs pris des mesures encourageant la fusion des industriels afin de faire baisser les capacités de production, mais aussi de leur donner plus de puissance pour s’internationaliser. « Il est envisageable qu’ils profitent des désinvestissements liés à ces opérations pour se faire une place en Europe. Tout comme le mexicain Cemex, d’ailleurs », estime Patrick Pudduy. En Inde, le géant national Birla a en tout cas, lui, déjà repris 650 millions d’euros d’actifs de Lafarge (BEM du 31 août 2015, p.7), mais seulement implantés sur son marché domestique. Et une stratégie d’internationalisation intensive ne semble pas d’actualité.
CRH, le grand gagnant CRH reste à ce jour le grand gagnant de ces opérations. En décrochant la reprise de 6,5 milliards d’euros d’actifs de Lafarge et Holcim qui ont généré un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2014 (BEM du 4 mai 2015), l’industriel irlandais a doublé sa capacité de production de
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Usine Italcementi de Suez, en Égypte. Photo : Italcementi. ciment. Avec 65 millions de tonnes annuels, il se place désormais en quatrième position sur le marché européen, derrière LafargeHolcim, le groupe issu du rapprochement HeidelbergCement /Italcementi et Cemex. CRH est numéro trois en France. Avec ces nouveaux actifs, CRH consolide sa présence en Europe avec 410 nouveaux sites de production (France, Hongrie, Slovaquie, Allemagne, Roumanie et Royaume-Uni), mais prend surtout son envol à l’international avec de nouvelles implantations aux États-Unis et au Canada, et bientôt au Brésil et aux Philippines. « CRH réalise désormais un chiffre d’affaires comparable à l’ancien Lafarge, mais avec une profitabilité moindre », nuance Patrick Pudduy. Les groupes européens moins importants, comme Vicat, Buzzi, ou Cimpor vont eux aussi devoir s’adapter à cette nouvelle donne. « Ils ont plutôt intérêt à consolider leurs activités existantes pour faire en sorte de se faire reprendre par de grands groupes », analyse le spécialiste. Autant dire que la métamorphose du marché du ciment devrait se poursuivre pendant encore quelques années. Julie Guérineau
Capacités et ventes mondiales des principaux groupes cimentiers actifs en Europe
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N°1211 7 SEPTEMBRE 2015
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ANALYSE
N °1211 7 SEPTEMBRE 2015
Implantations mondiales de LafargeHolcim et du futur HeidelbergCement avec Italcementi
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