L’HEBDOMADAIRE DE LA CONSTRUCTION À L’INTERNATIONAL LE FIL D’ACTU
Belgique : le "plan Marshall 4.0" adopté en Wallonie Ce programme prévoit, entre autres, la rénovation de zones d’activités économiques vieillissantes et la construction de routes d’accès. Lire page 4
Russie : l’immobilier de luxe explose à Moscou N°1202 - LUNDI 8 JUIN 2015 @BEMredac ZOOM
MARCHÉS
ÉCOSSE
ROYAUME-UNI
Glasgow rénove ses quartiers pauvres
Les bonnes nouvelles de la reine pour le BTP
165 appartements haut de gamme ont été vendus dans la capitale en avril, soit 66 % de plus que lors du premier trimestre 2015. Lire page 4
Angola : de nouveaux accès routiers et ferroviaires pour Luanda Les futurs tronçons desserviront le port et l’aéroport de la capitale angolaise. Le gouvernement prévoit aussi la conversion d’une des artères principales de la ville en autoroute urbaine. Lire page 4
UE : la Commission planche sur l’économie circulaire L’organe exécutif de l’Union a lancé une consultation publique sur la mise en œuvre d’une « économie verte et compétitive ». Lire page 8
La municipalité a lancé la réhabilitation de huit zones. Les appels d’offres sont en cours pour le plus ambitieux d’entre eux : Sighthill. Lire page 2
Le nouveau programme législatif du gouvernement Cameron prévoit des mesures en faveur de la construction résidentielle et des projets urbains. Lire page 5
ACS et WorleyParsons intéressés par SNC-Lavalin L’inculpation pour corruption du groupe canadien d’ingénierie et de construction pourrait l’entraîner dans de graves difficultés financières. Lire page 9
CITIC et la Banque mondiale financent le logement en Afrique
ENTRETIEN
ENQUÊTE
EMMANUEL MACRON
CHAUFFAGE AUX GRANULÉS DE BOIS
« Le plan Juncker est une occasion à saisir »
Un marché jeune qui cherche ses repères
Le groupe de BTP chinois et l’institution internationale vont investir 300 millions de dollars dans la construction d’habitations abordables en Afrique Subsaharienne. Lire page 9
Tubes et canalisations : Ryb continue de s’étendre en Europe Après la Belgique, le Canada, les États-Unis, Hong Kong et Singapour, l’industriel français va ouvrir une nouvelle filiale au Royaume-Uni. Lire page 10
Interrogé par le BEM, le ministre français de l’Économie est convaincu que ce plan sera très favorable au BTP. Lire page 6
Confronté à la crise, ce type d’énergie renouvelable poursuit difficilement sa croissance. Lire page 12
Lionel Paillet (Nest) : « L’internet des objets est venu au secours de la domotique ». Dans une tribune, le "general manager" Europe de la start-up californienne estime que la promesse de la maison intelligente n’est plus un rêve réservé aux riches technophiles. Lire page 14
PROJETS & CONTRATS ......................... 2 LES MARCHÉS ......................................4 ENTRETIEN ..........................................6
EN DIRECT DE BRUXELLES ..................8 ENTREPRISES ...................................... 9 PRATIQUE ........................................... 11
ENQUÊTE............................................ 12 TRIBUNE ............................................ 14
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PROJETS & CONTRATS
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ZOOM
Glasgow rénove ses quartiers pauvres La ville écossaise a lancé en 2009 un plan de rénovation de ses zones déshéritées. Le projet le plus ambitieux est celui de Sighthill, pour lequel la municipalité vient de lancer l’appel d’offres de génie civil. À l’image de la France, l’Écosse a entrepris à la fin des années 2000 un vaste programme de réhabilitation de ses quartiers sensibles et de ses grands ensembles. Glasgow, dans le centre du pays, a lancé en 2009 huit grands projets de réhabilitation dits TRA ("Tranformational Regeneration Areas"). 600 logements sociaux devraient être créés ou rénovés, ainsi que 6 500 logements abordables et des scolaires, sportives et culturelles. 3 quartiers ont déjà été livrés. Dans le nord de la ville, la transformation du site de Sighthill est le plus important projet mené à Glasgow et l’un des plus ambitieux d’Écosse. L’opération de destructionreconstruction, estimée à 250 millions de livres (344 millions d’euros) sur la période 2015-2019, est menée conjointement par le gouvernement, le Conseil municipal et le bailleur social GHA ("Glasgow Housing Association"), propriétaire du terrain. 1 150 LOGEMENTS Le quartier, construit à la fin des années 1960, est implanté sur un ancien terrain industriel pollué de 50 ha adossé à une colline arborée qui abrite l’un des plus anciens cimetières de Glasgow, à proximité du centre-ville. Après avoir été très convoitées, la vingtaine de barres de grande hauteur et les quelques maisons mitoyennes de Sighthill ont été délaissées par leurs habitants dès les années 1970. Faute d’investissement et d’entretien, les bâtiments se sont rapidement dégradés jusqu’à être quasiment abandonnés au début des années 2000. En 2005, GHA a acquis les terrains et lancé un vaste programme de réhabilitation du site. La plupart des hautes barres d’immeubles noircies ont été démolies entre 2008 et 2014. À terme, le nouveau quartier comprendra 141 logements sociaux gérés par GHA, 650 logements neufs répartis dans des bâtiments de faible hauteur destinés à la vente et à des bailleurs privés, 500 logements étudiants, une école, une crèche, des commerces et des équipements sportifs. Une passerelle piétonne enjambera l’autoroute M8 pour relier le quartier au centre-ville. Un pont routier reliera aussi Sighthill aux quartiers nord de Glasgow, qui seront eux aussi prochainement rénovés. Depuis janvier 2014, l’écossais CCG construit 141 nouveaux logements sociaux gérés par GHA afin de reloger les habitants encore présents à Sighthill. Ils devraient être livrés cet automne.
Les dernières barres d’immeubles encore debout laisseront bientôt place à un quartier résidentiel moderne. Images : RHA et Michael Gallacher. AUCUN CONTRAT ATTRIBUÉ Mais le plus gros du chantier reste encore à mener, et les constructeurs n’ont pas encore été désignés. L’appel d’offres pour le "Contrat 1" de dépollution du site a été lancé par le conseil municipal le 12 mai dernier. Il sera clôturé le 15 juillet, pour une attribution autour du 15 octobre. Le "Contrat 2" est d’une toute autre ampleur. Estimé entre 65 et 72 millions de livres (de 89 à 99 millions d’euros) sur cinq ans, il porte sur la réalisation des travaux de génie civil de l’ensemble du quartier : destruction de plusieurs petites structures, conception et réalisation des infrastructures routières et du réseau de chauffage urbain, terrassement et travaux préparatoires à la construction de futurs bâtiments. Paul Kane, responsable de la communication autour du projet pour la rénovation de Sighthill a indiqué au BEM que l’appel d’offres serait lancé cet automne. Les travaux débuteront au
printemps 2016 pour se poursuivre jusqu’à l’automne 2019. La réalisation des autres infrastructures sera attribuée séparément. Toujours selon Paul Kane, les appels d’offres pour les deux ponts seront lancés avant la fin de l’année, et en 2016 pour le "Community campus" (crèche, école primaire, installations sportives). Le promoteur partenaire chargé de la réalisation des logements étudiants sera choisi à la fin de cette année. Les 650 logements réservés au secteur privé seront également développés par un promoteur privé. Le calendrier d’attribution est en cours d’élaboration. Julie Guérineau Voir questionnaire de préqualification pour le "contrat 2" : www.publictendersscotland.publiccontra ctsscotland.gov.uk Code du projet : GCC003726CPU.
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PROJETS
ÉMIRATS ARABES UNIS Deux nouvelles tours à Dubaï Le promoteur dubaïote Emaar a présenté, le 30 mai, "Forte", son nouveau projet résidentiel. Les deux tours de 50 et 70 étages dessinées par l’architecte japonais Nikken Sekkei seront implantées au cœur de la ville, au sein du futur quartier de l’opéra et à proximité de la célèbre Burj Khalifa. La base de six étages des deux bâtiments abritera des commerces, des restaurants, ainsi qu’un musée d’art moderne. Le calendrier de construction du projet n’a pas encore été annoncé.
PROJETS & CONTRATS
ESPAGNE L'hôtel Ritz de Madrid se refait une beauté Changement de propriétaires pour le Ritz de Madrid. Après de longues négociations, l’hôtel référence de la capitale espagnole vient d'être acheté par le groupe asiatique Mandarin Oriental, avec le concours du fonds d'investissement saoudien Olayan. Les vendeurs, Alicia Koplowitz (sœur d’Esther Koplowitz, propriétaire de FCC) et le groupe hôtelier Belmond recevront, en contrepartie, 132 millions d'euros. Cet hôtel emblématique, ouvert en 1910, a été le premier établissement de luxe de Madrid. Les nouveaux propriétaires annoncent une rénovation totale, estimée à 90 millions d’euros, comprenant l'agrandissement des suites, la création d'un restaurant et d'un spa. Les travaux débuteront en 2017 et devraient durer deux ans. Le groupe hôtelier Mandarin Oriental, dont le siège est à Hong-Kong aura en charge la gestion de l'hôtel. Son vice-président exécutif, Christoph Mares, a déclaré : « L'amélioration de l'économie espagnole nous a décidés pour mener à bien cet investissement ».
ESPAGNE Études préliminaires pour le terminal portuaire de Barreiro
ROUMANIE 393 millions d’€ pour le métro de Bucarest L’exploitant du métro de la capitale roumaine, Metrorex, a annoncé, fin mai, qu’il allait investir 1,74 milliard de lei (393 millions d’euros) dans ses infrastructures dès 2015. Cette annonce intervient alors que la ville doit accueillir, en 2020, quatre matches de l’Euro de football. Mais la décision de l’UEFA ne sera effective que si Bucarest développe et réhabilite ses infrastructures et ses transports publics. Selon le magazine spécialisé "Railway Gazette", 33,5 millions de lei (7,6 millions d’euros) seront investis dans la conception et l’assistance technique pour l’acquisition des terrains nécessaires à la ligne 6. Cette dernière, d’une longueur de 16 km, devrait relier d’ici 2020 le centre-ville à l’aéroport international Henri Coanda. 150 millions de lei (33,9 millions d’euros) seront également investis dans l’extension de la ligne 4, dont l’ouverture est prévue pour 2018. D’autres travaux sont en cours sur la ligne 5 (17,6 km), dont la mise en service est prévue pour 2020.
Un appel d’offres pour les études préliminaires à l’implantation d’un terminal portuaire à Barreiro devrait être lancé en ce début du mois de juin. Il s’agit des études de viabilité et d’impact environnemental en préalable à la construction d’un port en eaux profondes dans cette ville séparée de Lisbonne par le Tage. Le processus devrait durer 8 mois. C’est donc le prochain gouvernement, désigné à la suite des élections législatives fin 2015, qui décidera donc de sa pertinence. En cas de feu vert, la sélection du futur constructeur et concessionnaire devrait être menée au cours du premier trimestre 2016. Le projet du port en eaux profondes de Barreiro et ses liaisons routières et ferroviaires coûterait 1,5 milliard d’euros, dont 600 millions pour le seul terminal. Le Portugal est candidat à des aides européennes à hauteur de 120 millions d’euros pour ce projet (BEM du 9/02, p.2).
CONTRATS
CANADA Vinci pressenti pour le Regina Bypass, 1ère en PPP Un consortium piloté par le Français Vinci Concessions (37,5%) et comprenant le constructeur américain Parsons Enterprises (25%), les fonds canadiens Connor Clark & Lunn GVest (25%) et Gracorp Capital (12,5%) s'est vu désigné attribu-
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taire pressenti par le ministère des Autoroutes et de l'Infrastructure de de Saskatchewan d'un contrat de partenariat publicprivé d'une durée de 30 ans, portant sur la réalisation et l'exploitation de l'autoroute de contournement de Regina, capitale de cette province canadienne. Le Regina Bypass est le premier projet d'infrastructure de transport réalisé en partenariat public-privé dans la province de Saskatchewan. Ce contournement fait partie de la "Route Transcanadienne 1". Le projet consiste à assurer la conception, le financement, la construction, l'exploitation et l'entretien des 61 km du contournement de Regina (en 2x2 voies), dont notamment 37 km à construire, 24 km à rénover et 12 échangeurs avec leurs voies d'accès et 38 ouvrages d'art, pour un total d'environ 400 km/voies. Les travaux, qui devraient durer environ quatre ans, seront réalisés par un groupement constitué de Carmacks – filiale à 100% d'Eurovia (18,75%), Vinci Construction Terrassement (18,75%), Graham (37,5%) et Parsons Canada Ltd. (25%). Après l'achèvement de la construction, l'infrastructure sera exploitée et entretenue par une filiale de Vinci sur 30 ans.
ÉTATS-UNIS La rénovation de LaGuardia pour Meridiam Trois ans après le lancement de l’appel d’offres, les autorités portuaires de New York ont finalement attribué, le 28 mai, le contrat pour le remplacement du principal terminal de l’aéroport de LaGuardia au consortium mené par Skanska. Estimé à 3,6 milliards de dollars, il s’agit du plus gros contrat jamais décroché par le constructeur suédois, qui s’est imposé face au seul groupement encore en lice, mené par Aéroports de Paris (ADP). La France n’est toutefois pas entièrement perdante puisque Meridiam, la société hexagonale d'investissement spécialisée dans les infrastructures publiques, participe à hauteur d’un tiers au consortium. Le groupement comprend également, entre autres, l’ingénieriste américain Parsons Brinckerhoff, filiale du canadien WSP. Le contrat de PPP porte sur la destruction puis la conception, le financement, la construction et l’exploitation du plus grand terminal de l’aéroport situé au nord de Manhattan jusqu’en 2050. Les travaux devraient débuter au premier trimestre 2016, dès la clôture financière du projet et la signature effective du contrat. « Ce projet marque le début de la rénovation nécessaire de tous les grands aéroports américains et constitue une grande première aux États-Unis, où la mode des PPP et des concessions est assez récente », a souligné Thierry Déau, directeur général de Meridiam. « C'est la première fois que les États-Unis font appel au privé pour réparer un aéroport d'importance et cela va nous permettre de nous positionner sur d'autres aéroports du pays ».
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ALLEMAGNE
Le BTP confirme ses objectifs de croissance pour 2015 Malgré un recul de l’activité au premier trimestre (-3%), le Hauptverband (HDB), la principale organisation professionnelle du BTP outre-Rhin, a confirmé une production prévisionnelle en augmentation de 2% en 2015 pour l’ensemble de la branche. La confiance des constructeurs s'explique par la bonne santé de l’économie allemande en générale (croissance prévue en 2015 : +1,8%) et une reprise attendue dans la zone euro. « Le niveau du carnet de commandes des entreprises a atteint en janvier un record pour la troisième année consécutive », insiste le HDB. Le moteur de la croissance restera cette année encore le secteur de la construction et de rénovation de logements (prévision : +3% de la production). COMMENTAIRE
Le BTP allemand risque d’être bientôt confronté à une pénurie de main-d’œuvre (760 000 employés), car le nombre de nouveaux venus sur le marché (10 000 apprentis en 2014) ne permet plus de compenser les départs à la retraite (16 000).
BELGIQUE
Wallonie : le "Plan Marshall 4.0" adopté par le gouvernement Le gouvernement wallon a approuvé le "Plan Marshall 4.0", troisième version de ce programme de redéploiement économique de la Wallonie lancé en 2005. Ce sont 2,9 milliards d’euros y seront consacrés sur la période 2015-2019 dans le but de structurer une véritable politique industrielle à la région belge. Ce plan se décline autour de cinq axes, dont deux intéressent le BTP. L’axe 3 du plan (374 millions d’euros) est dédié à « Mobiliser le territoire à destination du développement économique », dans le but de renforcer l’attractivité économique du territoire wallon. Ainsi, les zones d’activités économiques (ZAE) vieillissantes seront "reliftées", tant du point de vue des espaces publics que de la voirie. Il est aussi prévu d’assainir et de réaménager les friches industrielles situées dans des endroits stratégiques. Un droit de préemption régional sera instauré pour les terrains à potentiel portuaire ou routier. L’accent sera mis également sur les "Routes de l’emploi", à savoir des infrastructures manquantes pour l’accès à des zones d’activité économique, à des pôles urbains ou à des sites hospitaliers. Enfin, les ports autonomes continueront d’être soutenus, avec la poursuite du plan de dragage des canaux pour stimuler l’activité économique liée à la voie d’eau. L’axe 4 du plan, doté de 1,1 milliard d’euros, vise essentiellement l’efficacité énergétique, notamment par la rénovation du bâti, et la transition vers des énergies renouvelables. Ainsi, il s’agit de recentrer les primes et prêts "Énergie" et "Logement" vers des mécanismes plus performants, de promouvoir l’efficacité énergétique, avec une amplification des projets en la matière (soutiens financiers, primes, etc.) et le développement du mécanisme d’autoproduction.
RUSSIE
Moscou : l'immobilier de luxe explose En avril, 165 appartements de luxe ont été vendus dans la capitale russe, soit 66% de plus que sur tout le premier trimestre 2015. Des résultats similaires avaient été observés juste avant la crise de 2008. Le renforcement du rouble aurait redonné confiance à cette catégorie d'acheteurs. Toutefois, la demande principale – environ 83% du total – est concentrée sur des biens d'une valeur maximale de 2 millions de dollars, selon les consultants de Knight Frank. Environ la moitié des 165 transactions enregistrées en avril restait sous la barre des 1 million de dollars. Reste que ces transactions constituent un record historique (159 appartements de luxe avaient été vendus en avril 2008). À titre de comparaison, seulement 19 appartements du même type ont été vendus en avril 2014. Plusieurs raisons à ce record : d'abord l'attractivité que représentent de telles transactions pour des acheteurs du "Top management" rémunérés en dollars. Ensuite, il ne sera plus temps en 2016 de bénéficier de l'exonération de l'impôt sur les transactions immobilières, chose encore possible en 2015 et dans les trois ans suivant l'achat si revente il y a. Enfin, le marché immobilier haut de gamme a bénéficié d'un acheteur sérieux : la société japonaise Unika, acquéreuse de 19 appartements de luxe dans le complexe "Teatralniy Dom" de Moscou. COMMENTAIRE
À court terme, les experts de Knight Frank estiment que la demande dans le secteur de l’immobilier de luxe devrait continuer de croître, hormis lors de la traditionnelle accalmie estivale.
ANGOLA
De nouveaux accès routiers et ferroviaires pour Luanda Le ministre des Transports angolais, Augusto Tomás, a annoncé la réalisation prochaine de travaux pour compléter les réseaux d’accès routier et ferroviaire entre la capitale Luanda et le futur aéroport international. L’infrastructure est actuellement en cours de construction dans la commune de Bom Jesus (40 kilomètres au sud-est de la capitale angolaise), dont le chantier doit s’achever en 2017. Des projets sont aussi prévus autour du port de Luanda. Ainsi, les autorités prévoient la construction de 23,5 kilomètres pour un accès à la capitale par le sud et 23,5 kilomètres pour un accès par le nord. En outre, l’une des artères principales de circulation au centre de Luanda, l’avenida Deolinda Rodrigues, sera transformée en une autoroute urbaine à six voies et sept passerelles pour piétons y seront aménagées. Côté ferroviaire, il est prévu de construire une nouvelle ligne entre aéroport et front de mer, ainsi que six nouvelles gares, dont certaines comporteront des zones commerciales.
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LES MARCHÉS
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ROYAUME-UNI
Les bonnes nouvelles de la Reine pour la construction Quelques semaines seulement après la victoire des Tories et de David Cameron aux élections, la Reine Elizabeth II a présenté, le 27 mai, le programme législatif du nouveau gouvernement conservateur au cours du traditionnel discours d’ouverture du Parlement britannique ("Queen’s Speech"). Outre la confirmation que le Royaume-Uni va organiser un referendum sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne, plusieurs projets de loi ont été annoncés, qui auront un impact sur le secteur du BTP. Parmi ceux-ci, la "Housing Bill" qui vise à doper la construction résidentielle et faciliter l'accès à la propriété. Plus précisément il s’agit d’élargir le programme phare "Right-to-Buy" (Droit à l’acquisition) à 1,3 million de locataires de bailleurs sociaux, qui pourront acheter leur Elizabeth II a présenté, le 27 mai, le programme législatif du logement avec une décote, et d’aider les nouveau gouvernement conservateur au cours du primo-accédant à la propriété en livrant traditionnel "Queen’s Speech". Image : gouvernement britannique. 200 000 nouveaux logements aux moins de 40 ans, avec un rabais de 20% par rapport aux prix du marché. Certains craignent cependant que ces mesures n’exacerbent la pénurie chronique de logements dans les villes. « Nous incitons le gouvernement à se montrer prudent avec le "Right to Buy". Mal appliquée, cette loi a le potentiel non seulement d’exacerber la crise du résidentiel, mais de rendre encore plus difficile la régénération de nos villes », prévient Melanie Leech, directeur exécutif de la Fédération des propriétaires britanniques, la "British Property Federation". En effet, il y a déjà 1,8 million de familles sur les listes d'attente pour des logements sociaux et le "Right-toBuy" diminue le nombre de logements disponibles, car il a pour effet de "privatiser des HLM". Résultat, le nombre de logements disponibles à l'achat se réduit et les prix grimpent ! Les autres projets de loi ont été accueillis beaucoup plus favorablement par les acteurs du BTP, comme la "Cities and Local Government Devolution Bill". Cette loi vise à accorder davantage de pouvoir économique et fiscal aux grandes agglomérations britanniques en termes de transport, de logement, de formation, de santé et de prestations sociales, afin de renforcer la création d’un réseau de villes influentes dans le nord de l’Angleterre (le projet de "Northern Powerhouse̶). Les acteurs du secteur du BTP se réjouissent aussi de la création de la "Enterprise Bill" qui vise à réduire le poids de l’administratif pour les PME et une législation encourageant l’apprentissage, tandis que le secteur souffre d’un manque de main-d'œuvre qualifiée. Enfin, la loi qui permettra la construction de la première phase de la ligne à haute vitesse High Speed 2 (HS2) – un projet de 50 milliards de livres (69 milliards d’euros) – va également être déposée devant le Parlement. Si elle est approuvée, le chantier pourrait démarrer dès 2017.
MAROC
Le Royaume collabore avec la France pour définir sa politique de la ville Au cours de ces dernières années, le Maroc a lancé plusieurs projets d’ampleur, dont la construction de villes nouvelles, et doit également mener de grands chantiers de rénovation de ses centres anciens. Afin de garantir une mise en œuvre optimale de ces projets, les ministères marocain et français chargés de la Politique de la Ville échangent sur l’urbanisme, la construction et l’efficacité énergétique. Ces discussions ont abouti, le 28 mai, à la signature entre Myriam El Khomri, secrétaire d’État française chargée de la Politique de la Ville, et Mohammed Nabil Benabdallah, ministre marocain de l’Habitat et de la Politique de la Ville, d’une convention-cadre générale bilatérale sur la politique de la ville et la rénovation urbaine. Le Maroc souhaite ainsi s’inspirer de l’expérience de la France dans ce domaine, ainsi que de son système législatif qui encadre la production de logement social et de sa politique en matière de construction de logements. « Les parties mettront en place des coopérations bilatérales en matière d’habitat et de la politique de la ville. Ces coopérations seront réalisées à travers des échanges entre les acteurs concernés des deux parties, dans les domaines techniques, scientifiques, opérationnels, juridiques et financiers », précise le secrétariat d’État français en charge de la politique de la ville. L’accord signé fin mai par les deux pays prévoit notamment « un partenariat en matière d’assistance technique » dans les domaines suivants : le plan de relance des villes nouvelles marocaines, avec le développement des opérations d’aménagement urbain et de la maquette numérique ; la promotion de l’efficacité énergétique dans le bâtiment et la rénovation énergétique du parc existant ; la promotion de la qualité et l’innovation dans la construction avec la mise en place d’une procédure d’avis technique pour les procédés innovants ; l’échange d’expérience concernant les mesures de facilitation de la production du logement destiné à la classe moyenne. Le document prévoit aussi que la France accompagne le Maroc dans la création d’une Agence nationale de rénovation urbaine, l’élaboration d’un programme national de rénovation urbaine et la création d’un statut de logement social. Des conventions spécifiques découlant de ce premier document devraient être signées au cours des prochaines semaines.
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EMMANUEL MACRON, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE
« Pour les entreprises du BTP, y compris les PME, le plan Juncker est une occasion à saisir » Le 19 mai, la Banque européenne d’investissement a accordé à la France un prêt de 400 millions d’euros à investir dans la rénovation énergétique de logements privés. Les premières opérations qui pourraient bénéficier de cette manne sont attendues début 2016. Elles seront garanties par le Fonds européen d'investissements stratégiques (FEIS), bras financier du plan de 315 milliards d’euros promu par le président de la Commission européenne. Emmanuel Macron a accepté de répondre aux questions de l’hebdomadaire "Le Moniteur du BTP" sur ce programme, mais aussi sur les autres projets susceptibles de bénéficier du plan Juncker. Nous publions ici les réponses du ministre dans leur intégralité.
En quoi consiste ce programme de financement de la rénovation énergétique de logements ? La Banque européenne d’investissement (BEI) a validé, le 19 mai, une enveloppe de 400 millions d’euros de prêts au profit d’organismes régionaux, permettant d’engendrer 800 millions de travaux, pour la rénovation de 40 000 logements. Le premier projet qui pourra bénéficier de ce financement est celui de la société d’économie mixte (SEM) "Énergie posit’IF", dont la Région Ilede-France est le principal actionnaire. Ce programme profite déjà au secteur du bâtiment en Ile de France, il va être accéléré et amplifié et continuera de se déployer sur les quatre prochaines années au moins. La rénovation énergétique des logements est une priorité du gouvernement et c’est aussi l’une des priorités, défendues par la France, du plan européen d’investissement. C’est une opportunité majeure pour le secteur du bâtiment, pour créer des emplois non délocalisables, sur tout le territoire. D’autres régions mettent en place des programmes similaires et pourront également bénéficier de ces 400 millions d’euros de la BEI, qui concernent la rénovation de logements privés. La région Ile de France, qui s’est mobilisée depuis plusieurs mois pour présenter son dossier, ouvre la voie. Un projet est bien avancé en Picardie. J’invite tous les acteurs, toutes les collectivités à saisir cette chance. D’autres projets portant sur des logements sociaux ou des bâtiments publics sont en cours de préparation afin de bénéficier du plan Juncker.
Comment fonctionne le tiers financement ? Beaucoup de propriétaires, de bailleurs ou de collectivités souhaitent faire des travaux de rénovation pour réaliser des économies d’énergie. Mais cela coûte cher, tout de suite, et les économies d’énergie sont progressives. Au bout de quelques années, les travaux sont largement amortis grâce à la baisse de la facture d’énergie. Il faut donc assurer la transition, grâce à un prêt fait par un « tiers ». C’est ce que proposent des structures comme la SEM "Énergies Posit’IF",
et le plan Juncker apporte des financements peu onéreux pour assurer cette mission. Cette intervention publique est nécessaire, car le marché ne permet pas un financement massif de ces travaux. Le financement est généralement public, et les travaux sont réalisés par des entreprises privées. C’est un schéma gagnant pour tous : pour les propriétaires ou les locataires, dont la facture baisse jusqu’à 50 %, pour le secteur du bâtiment qui augmente son activité. Ici, les financements publics jouent un rôle de déclencheur : c’est exactement comme cela qu’on peut investir plus et mieux.
En quoi le FEIS facilitera-t-il la réalisation du plan ? Pour l’instant le FEIS n’est pas encore en place, il devrait être définitivement voté au tout début de l’été et opérationnel à la rentrée. Mais la BEI, à l’initiative de la France en particulier, pré-finance des projets du plan Juncker, pour soutenir l’investissement sans tarder. Sur ce projet en particulier, le plan européen apporte des prêts à faible coût : une ressource financière abondante et peu onéreuse, c’est le nerf de la guerre dans le système du tiers financement. Donc c’est un apport majeur et je souhaite que d’autres projets
« Le plan européen apporte des prêts à faible coût : une ressource financière abondante et peu onéreuse, c’est le nerf de la guerre dans le système du tiers financement. »
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L’ENTRETIEN
de ce type puissent être soutenus par le plan Juncker partout en France.
Quels autres projets intéressant le BTP pourraient bientôt être labellisés "plan Juncker" par la Commission ? Parmi les priorités du plan Juncker figurent les infrastructures, la transition énergétique, les télécommunications. Autant de secteurs qui sont une chance réelle pour le bâtiment et les travaux publics. Il n’y a pas de liste nationale de projets qui serait labellisée par la BEI et dont le financement serait garanti. Le CDG Express fait partie des pistes de réflexion, parmi d’autres. À ce stade, je veux faire un message de mobilisation : pour les projets d’infrastructure, pour des projets plus petits comme les travaux de rénovation énergétique, qui peuvent aussi bénéficier à des PME, le plan Juncker est une occasion à saisir. Les services de l’État, notamment le Commissariat général à l’investissement ou les Direccte en région, sont là pour informer et accompagner les porteurs de projet.
Emmanuel Macron, le 12 mars à Paris, avec le vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen, chargé de la Croissance et des Investissements. Photo : ministère de l’Économie.
Accord avec le Parlement : 1 milliard en plus pour les réseaux transeuropéens
Moqué au départ comme un "machin" inventé par Jean-Claude Juncker pour se Êtes-vous favorable aux partenariats public-privé (PPP), qui semblent la voie obligatoire pour réaliser de grands projets d'infrastructures dans le cadre du plan Juncker ? De façon générale, je crois beaucoup au partenariat entre le public et le privé pour les projets d’investissement. Il faut l’encadrer pour éviter toute fuite en avant budgétaire, mais ce principe vaut pour tous les outils de la commande publique. Dans la réforme des marchés publics que je porte et qui devrait aboutir au début de l’été, nous définissons un cadre juridique plus sûr et plus clair pour les PPP. C’est un outil d’investissement qui offre de réels avantages s’il est bien utilisé et qui peut s’avérer, pour certains projets, plus adéquat financièrement et techniquement que les outils classiques des marchés publics. Le plan Juncker repose sur cette idée de complémentarité entre investissements publics et privés : on n’atteindra pas 315 millions d’euros d’investissements sur fonds publics, donc le partenariat est une nécessité, il faut utiliser les moyens publics – limités – pour déclencher et amplifier les investissements privés. Propos recueillis par Hugues Boulet
faire élire président de la Commission européenne en novembre dernier, son plan d’investissement de 315 milliards d’euros est en train de devenir réalité. Le 28 mai, un accord a été conclu entre les eurodéputés et le Conseil des ministres sur le sujet. Le programme d'investissement pourra être mis aux voix au Parlement européen lors d'un vote le 24 juin en vue d’être « lancé cet été », selon un communiqué de la Commission européenne. Pour valider cet accord, les négociateurs du Parlement ont fait réduire les coupes prévues au programme de R&D "Horizon 2020" et au "Mécanisme pour l'interconnexion en Europe" (MIE). L’argent "pioché" dans le MIE – qui sert à la réalisation des réseaux transeuropéens d'énergie, de transport et du numérique – doit servir à financer le "Fonds européen d'investissements stratégiques" (FEIS) de 16 milliards d’euros venant en garantie de la participation des acteurs privés à des projets labellisés "Plan Juncker". À l’origine, 3,3 milliards d’euros venaient du MIE. À la suite de l’accord passé avec les eurodéputés, ce chiffre est passé à 2,7 milliards, selon un proche du dossier. Une grande partie de l’argent récupéré ira aux transports. Par ailleurs, et toujours selon la même source, au sein même du MIE, 500 millions d’euros destinés aux instruments financiers vont devenir des subventions. Les eurodéputés ont aussi veillé à ce que « le plan crée un mécanisme de financement stable pour combler le fossé lié aux investissements en Europe, en clarifiant la structure de gouvernance du fonds de garantie et en le rendant plus responsable auprès des représentants des citoyens européens », indique la Commission dans un communiqué.
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La Commission précise les objectifs de son futur programme urbain … L’organe exécutif de l’Union européenne a présenté, le 2 juin, les résultats de sa consultation publique sur son futur programme urbain. Lancée en juillet 2014, cette consultation publique avait pour objectif de rassembler les idées des parties concernées et de préciser les objectifs et les modalités de fonctionnement d’un possible programme urbain harmonisé au niveau européen, et conçu pour répondre aux grands enjeux sociaux, économiques et environnementaux de l’UE. « Vingt ans après les premiers débats sur la question, il n'est plus temps de s'interroger sur la nécessité d'un programme urbain, mais bien de réfléchir aux modalités de sa réalisation. L'Union ne pourra atteindre les objectifs ambitieux qu'elle s'est fixés qu'avec le soutien et la participation active de ses villes », a rappelé Corina Cre܊tu, commissaire européenne chargée de la politique régionale. Selon les premières conclusions de la Commission, « la consultation des parties prenantes révèle le besoin manifeste d’une plus grande coordination de l'ensemble des politiques de l’Union ayant une dimension urbaine ». À l’occasion du 2ème forum européen CITIES, consacré à la politique de la ville au sein de l’UE, l’institution a donné ses premières pistes de travail pour la définition de ce futur programme urbain. Elle considère tout d’abord que l’accent doit être mis sur les initiatives qui favorisent « le passage à une économie à faible émission de carbone, les villes résilientes au changement climatique et l’inclusion sociale », citant en exemple les projets de villes intelligentes. La Commission prône aussi une « amélioration de la cohérence et de la coordination des politiques de l’Union relatives aux villes ». « Si nous voulons que nos villes prennent part activement à la transition énergétique, nous devons rationaliser et simplifier les initiatives urbaines de l'Union », a assuré Maroš Šefþoviþ, vice-président de la Commission chargé de l'Union de l'énergie. L’institution soutient également, entre autres, la production, le partage et l’exploitation de données pour « améliorer l’intelligence urbaine et le suivi des performances des villes ». La Commission travaille en ce moment avec l’actuelle présidence lettone du Conseil de l’UE et les prochaines présidences luxembourgeoise et néerlandaise afin de parvenir à un accord sur un programme urbain consolidé au cours du premier semestre 2016.
… et planche sur l’économie circulaire La Commission européenne a lancé, le 28 mai, une nouvelle consultation publique sur « l’élaboration d’une nouvelle approche ambitieuse en matière d’économie circulaire » au sein de l’UE. L’institution travaille actuellement à l’élaboration d’une politique en faveur de « l’essor d’une économie verte et compétitive et de la protection de l’environnement ». Un nouveau plan d’action sur le sujet doit être présenté d’ici la fin de l’année à partir des propositions élaborées par une équipe menée par Frans Timmermans, premier viceprésident de la Commission chargé de l’amélioration de la réglementation. « Nous voulons proposer un plan d'action global qui encourage les consommateurs comme les entreprises à utiliser les ressources plus efficacement », précise Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne chargé de l’emploi, la croissance, l’investissement et la compétitivité. L’organe exécutif de l’UE a d’ores et déjà annoncé que ses choix stratégiques porteraient sur l’ensemble du cycle de vie des produits, et incluraient des mesures relatives à leur « conception intelligente », au recyclage, à l’utilisation intelligente des matières premières, à la mise en place de marchés plus solides pour les matières premières secondaires ainsi que des mesures sectorielles spécifiques. L’un des objectifs de la mise en œuvre de cette politique circulaire est la réduction de la pression qui pèse sur l’approvisionnement en matières premières.
Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, dirige un groupe de travail chargé d’élaborer les propositions de la Commission en matière d’économie circulaire. Photo : Euranet
Alors que la concurrence mondiale pour les ressources se durcit, les sociétés européennes, contraintes d’importer, sont en effet de plus en plus tributaires de la volatilité des prix, ce qui nuit à leur compétitivité. Selon la Commission, « le passage à une économie plus circulaire peut promouvoir la compétitivité et l'innovation en suscitant de nouveaux modèles d'entreprises et de nouvelles technologies ainsi qu'en facilitant l'innovation sociale, rendant ainsi l'économie européenne plus durable et concurrentielle à long terme ». COMMENTAIRE
Les acteurs qui souhaitent contribuer à l’élaboration de la politique européenne en matière d’économie circulaire pourront participer, le 25 juin, à une conférence sur le sujet organisée à Bruxelles par la Commission. Pour répondre au questionnaire de la Commission sur l’économie circulaire (ouvert jusqu’au 20 août) : tinyurl.com/UEeconomiecirculaire
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ENTREPRISES ENTREPRISES
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ARCHITECTURE – INGÉNIERIE
ACS et WorleyParsons intéressés par SNC-Lavalin Le groupe espagnol de BTP et la société d'ingénierie australienne WorleyParsons ont manifesté leur intérêt pour l'acquisition du groupe canadien d'ingénierie et de construction SNC-Lavalin, selon l'édition du 3 juin du quotidien "Financial Post". WorleyParsons a exprimé récemment sa volonté à accroître sa présence au Canada, tandis que l'Espagnol ACS a eu « des conversations informelles » avec SNC-Lavalin, selon le journal. « Il n'y a pas eu de discussion ouverte », a confié une source non identifiée par le "Financial Post". SNC-Lavalin, « à ce stade, n'est engagée dans aucune discussion » sur une acquisition potentielle par l'un ou l'autre des deux groupes, a indiqué un porte-parole cité par le journal. Au cours des dernières années, le Canadien a été rattrapé par plusieurs scandales liés aux versements de commissions pour l'obtention de contrat. La société est sous le coup d'une inculpation pour « corruption d'agents publics étrangers » et pour « fraude » pour des pots-de-vin versés entre 2001 et 2011 à des dignitaires libyens. La multiplication des scandales a amené la Banque mondiale en 2013 à interdire SNC-Lavalin de toute soumission à ses appels d'offres pour 10 ans. Cette interdiction comme les poursuites en justice sont des freins pour des acheteurs potentiels. Le dossier judiciaire au Canada pourrait, en cas de condamnation, priver SNC-Lavalin pendant 10 ans du droit de soumissionner à des appels d'offres publics canadiens, selon le journal. Robert Card, PDG de SNC-Lavalin avait indiqué à l'automne que les inculpations et un procès éventuel, pourraient être fatal pour l'entreprise et nuire à son activité à l'international.
Le suédois Sweco lance une OPA amicale sur le néerlandais Grontmij L’ingénieriste-conseil suédois et le néerlandais Grontmij sont en passé de donner naissance au nouveau major européen du secteur. Les deux sociétés ont annoncé, le 1er juin, dans un communiqué commun, le lancement par Sweco d’une offre publique d’achat amicale sur son concurrent. La valeur totale de l’offre s’élève à 354 millions d’euros. Le conseil d’administration de Grontmij a déjà approuvé l’opération à l’unanimité et la recommande même sans réserve. Des actionnaires détenant un total de 45% des titres se sont également prononcés en faveur de cette acquisition. Les deux sociétés précisent qu’elles disposent d’implantations géographiques très complémentaires et de systèmes de gouvernance similaires. Grontmij devrait ainsi permettre à Sweco de se développer sur de grands marchés tandis que le suédois est très actif sur les marchés nordiques. Le futur groupe envisage d’ailleurs de consolider fortement sa présence en Europe du Nord, grâce à une croissance organique, mais aussi à des acquisitions. Si l’opération se déroule comme prévu, avec l’autorisation des autorités de la concurrence, la fusion devrait être effective au cours du second semestre 2015. Le groupe issu de cette fusion compterait 14 500 salariés et générerait un chiffre d’affaires annuel avoisinant 1,7 milliard d’euros. Selon les deux sociétés, il s’agirait dès lors du major européen de l’ingénierie-conseil, actif dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, des infrastructures, de l’environnement, de l’industrie, ainsi que dans le ferroviaire, l’architecture et les réseaux d’eau.
CONSTRUCTION – EXPLOITATION
Afrique : le chinois CITIC et la Banque mondiale investissent le logement L’urbanisation rapide du continent africain entraîne une grave pénurie de logements. À titre indicatif, selon les estimations de la "Société financière internationale" (SFI), filiale de la Banque mondiale chargée du développement des activités du secteur privé, 2 millions de logements manquent ainsi au Kenya et 17 millions au Nigeria. Afin d’apporter une réponse concrète à cet enjeu majeur, la SFI a lancé, le 29 mai, en partenariat avec le constructeur public chinois CITIC, une plateforme d’investissement de 300 millions de dollars : CITICC. L’objectif des deux partenaires est d’amorcer le développement du marché du logement abordable en Afrique subsaharienne. Les fonds seront ainsi investis dans la construction de 30 000 logements au cours des trois prochaines années. D’abord Kenya, puis au Rwanda et au Nigeria. Les projets seront menés en partenariat avec des promoteurs locaux qui seront responsables du développement d’entre 2 000 et 8 000 unités résidentielles. Peu de sociétés de promotions africaines ont pour l’instant les compétences et les ressources financières nécessaires pour mener des projets de grande ampleur. Cette opération leur permettra d’acquérir une expérience dans ce type de projet avant de pouvoir en mener sans l’aide de CITICC. LA SFI a indiqué que les logements seraient réalisés selon ses propres normes de construction durable et estime que ce programme devrait entraîner la création de 150 000 emplois à temps plein dans les pays visés. Le projet CITICC prévoit aussi des aides financières et des crédits afin de permettre aux habitants de se loger dans ces nouvelles unités d’habitation. COMMENTAIRE
Depuis sa création en 1956, la SFI a financé des projets de logements à hauteur de 3 milliards de dollars dans 46 pays. De son côté, CITIC, 46ème groupe de BTP mondial selon le classement ENR 2014, a, entre autres, livré en quatre ans un projet de conception, financement, construction et exploitation de 200 000 logements en Angola, dans la ville nouvelle de Kilamba Kiaxi.
À SUIVRE ISOLATION Uralita se sépare d’URSA Le fabricant espagnol de matériaux, sérieusement endetté, a signé, début juin, un nouvel accord avec ses créanciers. Ce dernier prévoit la prise de contrôle d’URSA, sa filiale isolation, par le fonds d’investissement américain KKR. Uralita conservera une participation de 10 % au capital de la société. KKR soutient les activités d’URSA depuis deux ans. En 2013, le fonds mondial d’investissement avait investi 320 millions d’euros dans la société sur sept ans par l’intermédiaire du rachat de la dette d’Uralita. INGÉNIERIE Artelia poursuit sa croissance en 2014 L’ingénieriste français a publié, le 11 mai, ses résultats annuels 2014. L’an dernier, le chiffre d’affaires d’Artelia a atteint 363,8 millions d’euros, en hausse de 3,35 % par rapport à 2013. Son résultat net progresse lui aussi pour s’établir à 9,5 millions d’euros, soit 5,5 % de plus qu’en 2013. Le groupe souhaite profiter de cette croissance pour amplifier ses stratégies de développement à l’international et sur « les grands projets pluridisciplinaires ». Pour rappel, depuis le début de l’année, Artelia a acquis deux sociétés d’ingénierie et de management de projet : le belge Sher et l’italien Intertecno.
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ENTREPRISES
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INDUSTRIE – DISTRIBUTION
Saint-Gobain renforce sa présence au Vietnam Déjà bien implanté en Asie-Pacifique, le groupe industriel français vient de consolider sa présence sur ce marché en plein essor en prenant le contrôle d’une société vietnamienne. Le 1er juin dernier, Saint-Gobain a annoncé avoir porté de 14,8% à plus de 57% sa participation au capital de Vinh Tuong Industriel Corp (VIT). VIT produit dans ses trois usines des solutions murales et des plafonds. Elle distribue également des plaques de plâtre. Avec un chiffre d’affaires annuel proche des 100 millions d’euros en 2015, la société figure parmi les principaux acteurs du marché vietnamien des matériaux de construction, et enregistre une croissance importante depuis plusieurs années. Saint-Gobain est convaincu que le marché vietnamien présente un fort potentiel en raison de la forte urbanisation du pays, et de l’augmentation de la demande en matériaux de construction à forte valeur ajoutée. Le groupe y exploite déjà une usine de plaques de plâtre. L’industriel français indique que l’opération « s’inscrit pleinement dans le cadre de la stratégie du groupe, qui vise à se développer dans les marchés à forte croissance ». COMMENTAIRE
Sur le continent asiatique, Saint-Gobain est déjà présent en Chine, Corée du Sud, Thaïlande, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Singapour, ainsi qu’en Australie et Nouvelle-Zélande. En 2014, le groupe français a enregistré 6% de son chiffre d’affaires en Asie, et ses activités y ont progressé de 6,3% entre 2013 et 2014.
Tubes et canalisations : Ryb continue de s’étendre en Europe Spécialiste français des équipements réseaux polyéthylène, le groupe Ryb tisse sa toile à l’international. Après l’ouverture d’une usine en Belgique au début de l’année, de bureaux et filiales à Montréal, Los Angeles, Hong Kong et Singapour, l’industriel s’attaque au marché anglais. Il y ouvre à nouveau une filiale dédiée à la vente de ses solutions de détection de réseaux et tubes/flexibles pré-isolés. Cette dernière activité est stratégique pour Ryb, qui a créé il y a cinq mois une filiale dédiée à ces produits appelée Terrendis. S’appuyant sur son site de production belge à Gand, Terrendis vise, avec ces produits destinés à lutter contre les déperditions énergétiques, à renforcer le développement du groupe dans le secteur du chauffage et des énergies renouvelables. « L’Angleterre est un pays qui a retrouvé une forte croissance économique, avec de belles opportunités […] Notre stratégie s’oriente vers la recherche de partenariats industriels et de distribution, et de clients finaux installateurs », précise le président du groupe dans un communiqué.
Le groupe français Ryb est un spécialiste des solutions polyéthylène dans les domaines de la construction, de l’eau et de l’environnement. Photo : Ryb.
Réalisant un chiffre d’affaires de près de 60 millions d’euros en 2014, stable par rapport à l’exercice précédent, Ryb a su maintenir son activité dans un marché particulièrement impacté par la conjoncture, notamment grâce à sa technologie de détection de réseaux Eliot. COMMENTAIRE
Ryb a été sélectionnée le 5 mars par le programme "L’Accélérateur PME" de la BPI France, un dispositif qui vise à accompagner pendant deux ans des PME à devenir des entreprises de taille intermédiaire.
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PRATIQUE
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AGENDA
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1 JUILLET 2015/PARIS (FRANCE)
Atelier d’information Émirats arabes unis-Arabie saoudite Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont les deux moteurs économiques de la péninsule arabique. Avec leurs 5 % de croissance annuelle, les Émirats arabes unis lancent régulièrement de grands projets d’infrastructures, et les secteurs de l’énergie et de la construction y croissent rapidement. Le pays organisera également l’exposition universelle 2020. Avec 4,1 milliards d’euros d’importations françaises en 2014, les Émirats représentent le premier marché de l’Hexagone au Moyen Orient. Avec ses 4 % de croissance en 2014, l’Arabie saoudite présente elle aussi de nombreuses opportunités. Les projets industriels d’envergure et la construction de nouveaux centres économiques s’y multiplient. Entre 2008 et 2014, le pays a investi 212 milliards d’euros dans des projets d’infrastructures, et cette tendance devrait se poursuivre sur la période 20142020. Le gouvernement saoudien souhaite également désormais privilégier les cofinancements et les partenariats public-privé pour financer ses projets.
13-14 OCTOBRE 2015/ AMSTERDAM (PAYS-BAS)
Offshore Energy La 8ème édition du salon spécialisé dans les énergies offshore se déroulera à Amsterdam. Il s’adresse à l’ensemble des professionnels actifs dans le secteur, dont les constructeurs, ingénieristes, architectes, sociétés et dragages et fournis-
L’atelier d’information organisé par Business France a pour objectif de présenter le contexte économique et juridique des deux pays et de donner la parole à des entreprises actives sur place afin de se positionner sur des projets et envisager des modalités d’approche. Deux tables rondes seront organisées dans la matinée sur le « Climat des affaires et les perspectives » et la « Pratique des affaires : exportations, investissements, usage et pratiques ». Bertrand Dumon, associé au sein de la Djebel Ali Free Zone (JAFZA), présentera également cette zone franche dans le port de Djebel Ali, à Dubaï L’après-midi, les participants pourront prendre des rendez-vous individuels avec des experts de Business France. Programme et inscriptions : http://tinyurl.com/EAUubifrance2015 Contact : Jacqueline Huguin, chef de projet Business France. Tél. : 01 40 73 37 72 E-mail : jacqueline.huguin@businessfrance.fr
seurs de matériel et matériaux. Sept sessions techniques (payantes) et trois tables rondes sont inscrites au programme des conférences. Parmi les thèmes abordés figureront les technologies adaptées aux hautes pressions, la gestion des données des projets et le démantèlement des installations offshore. Un panel d’acteurs du secteur fera également le point sur les
défis auxquels ils doivent faire face. Les organisateurs attendent 650 exposants, 13 500 visiteurs de près de 80 pays, et 1 500 participants aux conférences. La veille, le 12 octobre, se tiendra au même endroit le salon Offshore Wind, dédié aux projets éoliens offshore. Voir : offshore-energy.biz
INDEX Aéroports de Paris ............. 3 Apple ............................... 14 Artelia ................................ 9 Atlantic ............................ 13 Bosch .............................. 13 CCG .................................. 2 CITIC................................. 9 Connor Clark & Lunn GVest ................................ 3 De Dietrich ...................... 13 Emaar ............................... 3 Eurovia .............................. 3 FCC .................................. 3
GHA .................................. 2 Gracorp Capital ................. 3 Graham ............................. 3 Grontmij ............................ 9 KKR .................................. 9 Knight Frank ...................... 4 Mandarin Oriental.............. 3 Meridiam ........................... 3 Nest................................. 14 Olayan .............................. 3 Parsons Brinckerhoff .......... 3 Parsons Enterprises .......... 3 Ritz.................................... 3
Ryb ................................. 10 Saint-Gobain ................... 10 Skanska ............................ 3 SNC-Lavalin ...................... 9 Sweco ............................... 9 Unika................................. 4 Uralita ............................... 9 URSA ................................ 9 Viessmann ...................... 13 Vinci .................................. 3 WorleyParsons.................. 9 WSP.................................. 3
BAD Akinwumi Adesina
Le ministre nigérian de l’Agriculture et du Développement rural a été élu, le 28 mai, président de la Banque africaine de développement (BAD). Il succèdera, le 1er septembre, au Rwandais Donald Kaberuka. Akinwumi Adesina, 55 ans, agroéconomiste de formation, a travaillé dans de nombreux organismes africains, dont l’Alliance pour une révolution verte en Afrique. Ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Nigeria depuis 2011, il a mené une politique de développement du secteur agricole qui a entraîné une forte baisse des importations et la création de 3 millions d’emplois. L’énergie et la promotion du secteur privé figurent parmi ses priorités pour la BAD. « Elle doit autant promouvoir le projet du barrage du Grand Inga (Congo) que des projets de taille plus modeste dans les énergies renouvelables », a-t-il indiqué. Le nouveau président prévoit aussi de lancer de nombreux projets d’infrastructures et de rénovation urbaine nécessitant des financements innovants.
Bulletin Européen du Moniteur - 17, rue d’Uzès, 75108 Paris cedex 02. Tél. : 01.40.13.30.14. Fax : 01.40.13.52.48. E-mail : bem@groupemoniteur.fr Directeur de la publication: Christophe Czajka - Directeur de la rédactionௗ: Michel Dalloni. Rédacteur en chef délégué : Hugues Boulet. Tél. : (01.40.13.30.14) ; E-mail : hugues.boulet@groupemoniteur.fr. Journaliste : Julie Guérineau. Tél. : (01.40.13.32.06) ; E-mail : julie.guerineau@groupemoniteur.fr. Le Bulletin Européen du Moniteur est réalisé avec la collaboration de la rédaction du Moniteur du BTP et de ses correspondants exclusifs dans le monde. Chargée de diffusion : Nina Yingui. Tél. : (33-1) 40.13.38.12 ; fax: (33-1) 40.13.51.19 ; E-mail : nina.yingui@groupemoniteur.fr Abonnement : 1 an (48 nos) : 1 370 € HT (numérique) ou 1 618 € HT (print + numérique). Prix du numéro : 33 euros. Tarifs valables jusqu’au 31/12/2015. Impression : AB Printed – 6 rue Eugène Barbier – 92400 Courbevoie – Dépôt légal : juin 2015. Le Bulletin Européen du Moniteur est édité par Groupe Moniteur, SAS au capital social de 333 900 €. Siège social, 17, rue d’Uzès, 75108 Paris cedex 02. RCS Paris B 403.080.823. Code APE 5814 Z. N° SIRET 403.080.823.00012. N° TVA intracommunautaire - FR 32 403.080.823. Principal actionnaire : Info Services Holding. Commission paritaire n°0619 I 85014.
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ENQUÊTE
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Chauffage aux granulés de bois : un marché jeune qui cherche ses repères Confronté à la crise et aux conséquences de deux hivers doux successifs, le marché européen de cette énergie renouvelable est toujours en croissance. Mais il a souffert, certes de manière variable suivant les pays, et les stocks ont gonflé. Les atouts de ce carburant écologique ne manquent pourtant pas. Bilan à l’occasion du colloque de la filière en France, qui s’est déroulé les 20 et 21 mai à Chambéry. Après la croissance forte de ces dernières années, les professionnels européens du pellet (granulé de bois) doivent surmonter une phase de turbulences, avec des politiques gouvernementales en dents de scie, une logistique de distribution à consolider et des besoins tributaires des conditions climatiques, mais aussi du durcissement des réglementations thermiques. La cinquième édition de "Propellet Event", le colloque de la filière en France qui s'est tenu les 20 et 21 mai à Chambéry, a ainsi permis de dessiner les contours d'un marché en effervescence sur le Vieux continent. L'usage des granulés s'est développé en Europe à partir des années 1990, via la Suède qui avait fortement taxé les énergies fossiles. D'autres pays ont pris le relais avec maintenant l'Italie largement en tête. À l'échelle mondiale, l'Europe demeure le plus grand producteur avec 12 millions de tonnes sur une production mondiale estimée à 27 millions, et le premier consommateur avec 20 millions, répartis moitié-moitié entre le résidentiel (qualité Premium) et l'industriel. Malgré la crise, une nouvelle usine à granulés voit le jour chaque semaine en Europe.
UN PRODUIT STANDARDISÉ Tout en étant durable et peu émetteur en carbone comme la bûche et la plaquette, le granulé de bois a l'avantage d'être standardisé, plus dense énergétiquement et l'alimentation en combustible de la chaudière peut être automatisée. Ces atouts font que le développement du granulé a été encouragé à des degrés divers par les politiques de l’Union européenne. En Autriche par exemple
la chaudière à granulés est vendue à 70% en remplacement de chaudières à fioul, et ce marché du remplacement n'est pas saturé. Le granulé est aussi choisi depuis une décennie pour des bâtiments neufs. La fabrication de granulés est en grande partie locale, comme coproduit de l'activité des scieries, souvent de petites entreprises familiales. Mais étant faciles à stocker en prenant certaines précautions, les granulés voyagent. Les Autrichiens ont construit des usines chez leurs voisins d'où ils importent des granulés pour leurs besoins et eux-mêmes exportent vers l'Italie. Avec une consommation estimée en 2015 de 3 millions de tonnes, la "botte" est en effet largement tributaire des importations. Du fait de la baisse de l'euro par rapport au dollar, le granulé provenant d'Amérique du Nord est devenu compétitif. Il s'est imposé ces dernières années sur le marché européen, même si son bilan carbone est moins favorable. Les pays pionniers en Europe sont ceux qui ont misé très tôt sur les ENR, comme la Suède, le Danemark ou l'Autriche. L'Italie a pris le relais et est devenue leader en consommation et en fabrication de poêles. Globalement les pays du sud de l'Europe, où le marché a démarré plus tardivement, constituent un gisement de croissance. À des degrés divers, tous ont subi la crise et la conséquence de deux hivers doux successifs et les stocks de pellets ont gonflé. L'Autriche est particulièrement sinistrée, alors que le nombre d'usines continue à augmenter. « Le prix des granulés a chuté, dans un contexte de compétition accrue avec d'autres énergies, mais l'investissement en équipement demeure conséquent,
Hugues de Cherisey, secrétaire général du SNPGB, lors du "Propellet Event", le colloque de la filière en France qui s'est tenu les 20 et 21 mai à Chambéry. Photo : François Ploye.
En Autriche, la chaudière à granulés est vendue à 70% en remplacement de chaudières à fioul.
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aussi le granulé est devenu la deuxième plus mauvaise énergie en terme financier », se désole Christian Rakos, président de proPellets Autriche et de l'European Pellet Council. Par ailleurs, les nouveaux bâtiments passifs consomment beaucoup moins pour le chauffage, ce qui rend le granulé moins compétitif. »
ENQUÊTE
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Poêles et chaudières, deux marchés qui s’essoufflent
DU RÉSIDENTIEL À L’INDUSTRIEL Le marché du granulé demeure ainsi faible en pourcentage, fragilisé par les aléas et encore insuffisamment organisé. Néanmoins un transfert de consommation est possible entre le résidentiel et l'industriel, majoritaire sur certains marchés (Angleterre, Belgique, Pays-Bas...). « Chacun de ces marchés a ses contraintes. Sur le résidentiel, les stocks sont élevés et il existe une forte concurrence. L'industriel représente un gros marché, mais est tributaire de décisions politiques », résume Hugues de Cherisey, secrétaire général du SNPGB. Globalement la croissance du marché du granulé se poursuit, mais en se réduisant d'environ 1% par an en Europe. François Ploye
Les équipements de la filière du granulés de bois couvrent deux segments de marché, celui des poêles à granulés et celui des chaudières. Pour les premiers, environ 470 000 unités sont vendues chaque année en Europe, dont plus de la moitié en Italie qui fournit 93% du marché européen. Mais en 2014, comme le reste de l'Europe, l'Italie a connu une chute de la demande en équipement et le modèle économique est encore fragile. Parmi les grands acteurs, on trouve CVC (Atlantic, Bosch, Viessmann, De Dietrich...). Beaucoup plus faible en volume, le marché de la chaudière est principalement celui du remplacement de la chaudière à fioul, en concurrence avec la PAC gaz. Les pays pionniers furent la Suède, le Danemark et l'Autriche, trois pays où le marché s'est essoufflé pour des raisons diverses (technologie peu coûteuse, mais contraignante en Suède, abandon des aides publiques au Danemark...) En Autriche, les ventes ont dégringolé de 40% en 2014 et devraient encore plonger de 30% en 2015. Au Royaume-Uni, le gouvernement a une politique d'aide inadaptée, plombée par des retards permanents. L'Allemagne constitue le marché le plus important, stimulé par une politique gouvernementale cohérente. Néanmoins la chaudière à granulés demeure à moins de 5% de parts de marché, avec une baisse des ventes sur 2014-2015. En Espagne, le marché assez récent est alimenté en produits peu coûteux et son dynamisme fait figure d'exception. « Plusieurs segments de marché très différents coexistent. Globalement sur l'Europe, le marché est en baisse pour les petits modèles et stable pour ceux avec des puissances audessus de 50 kW. Le risque est que le "low cost" se développe et que les prix des granulés augmentent. Enfin l'Europe est beaucoup moins favorable aux ENR qu'il y a quelques années, ce qui se répercute sur les politiques gouvernementales nationales », confie Christian Rakos. Quelques spécialistes occupent le marché comme ÖkoFEN, Palazetti, Edilkamin, Inovalp, KWB, Viessmann, Fröling, Hargassner, Guntamatic, Herz...
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LA TRIBUNE
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LIONEL PAILLET, "GENERAL MANAGER" EUROPE DE NEST
« L’Internet des objets est venu au secours de la domotique » « Avec un écosystème grandissant de fournisseurs et d’installateurs d’objets connectés innovants, la promesse de la maison intelligente, connectée et consciente n’est plus un rêve réservé aux riches technophiles », estime dans cette prise de position le patron en Europe de Nest, start-up californienne rachetée par Google début 2014, qui fabrique des thermostats et des détecteurs de fumée connectés. Née de la convergence de deux phénomènes – miniaturisation des composants et premiers services de communication numériques – la domotique est née au milieu des années 1980, dans l’objectif d’améliorer le confort, la sécurité et la convivialité des bâtiments. Depuis déjà une trentaine d’années, l’exercice relevait du fantasme. La maison automatisée imaginée par Jacques Tati en 1958 dans "Mon Oncle" symbolise à elle seule tous les rêves d’automatisation de cette époque : « C’est si pratique, tout communique ! » Pourtant malgré les progrès indéniables apportés par la miniaturisation, le marché n’a jamais décollé : longtemps réservée à quelques "happy few" – technophiles passionnés et classes très aisées – la domotique a peiné à se démocratiser pour plusieurs raisons. D’une part, la plupart des fournisseurs poursuivait l’objectif d’offrir une technologie "tout-en-un" qui s’est révélée trop complexe à maîtriser par le grand public. D’autre part, le coût de la technologie restait très élevé, ce qui explique son caractère élitiste. Enfin, les systèmes étaient vite obsolètes du fait du peu d’intelligence logicielle qu’ils embarquaient. Au final, la maison n’a pas évolué aussi vite que la voiture, véritable laboratoire technologique depuis les années 1990.
Domotique 3.0 Le début du 21ème siècle, marqué par la numérisation aboutie de la plupart des activités humaines, aura apporté son lot d’innovation. Tel Apple œuvrant à rendre plus conviviales les technologies informatiques (en masquant la complexité pour se concentrer prioritairement sur les usages), de nouveaux acteurs ont poursuivi la démocratisation de ce que l’on appelle depuis les objets connectés. D’autres facteurs ont contribué à ce renouveau. Avec la fin annoncée des énergies carbonées et des Trente Glorieuses, la facture énergétique des particuliers en France n’aura cessé d’augmenter depuis le choc pétrolier de 1974. À partir de la crise de 2008, la maîtrise des dépenses
d’énergie est devenue une priorité absolue des ménages, phénomène renforcé par une prise de conscience écologique. 78% des Français affirment ainsi dans une enquête de 2014 que la consommation d'énergie représente pour elles « un sujet important » (voire « très important » pour 25% des sondés). Plus grave encore, un Français sur cinq est aujourd’hui en situation de précarité énergétique. Les consommateurs cherchant à mieux maîtriser leur facture énergétique trouvent désormais la réponse dans les rayons des grandes surfaces spécialisées. Non seulement les produits sont particulièrement faciles à utiliser, mais ils sont capables de dialoguer entre eux. Par exemple, un thermostat peut partager, via le Cloud, des "informations de statut" ; s’il est en mode "Absent", le réfrigérateur (ou le chauffage) active automatiquement son mode "éco". L’ensemble des éléments de la maison, depuis les ampoules jusqu’à la chaudière et depuis les fenêtres jusqu’à la voiture dans le garage, peuvent être inclus dans une gestion globale du bâtiment. Et la maison devient "consciente".
Un écosystème de professionnels en cours de constitution Parallèlement, cette nouvelle dynamique est l’occasion pour les professionnels de l’habitat d’acquérir de nouvelles compétences afin d’engager une nouvelle conversation avec leurs clients. Les fournisseurs proposent ainsi des formations gratuites qui les aident à tirer le meilleur parti des produits, et donc à se positionner en tant que conseils auprès des consommateurs finaux. Et comme on l’a vu, les perspectives d’optimisation de la consommation d’énergie sont nombreuses. Améliorer le confort de nos domiciles, tout en maîtrisant la sécurité de tous (une dimension désormais intégrée au niveau législatif avec la récente entrée en vigueur de la loi Morange et Meslot), et en apportant un nouveau souffle aux professionnels du bâtiment, telle est désormais l’ambition de ces objets connectés. L’Internet des objets est venu au secours de la domotique pour concrétiser les promesses de la maison intelligente. C’est pratique, maintenant tout communique !
« Les consommateurs cherchant à mieux maîtriser leur facture énergétique, trouvent désormais la réponse dans les rayons des grandes surfaces spécialisées. »