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2014/15
Pour sa soixante-deuxième édition, L’Année Automobile vous invite à revivre les événements qui ont marqué la vie de l’automobile en 2014. L’industrie automobile commence doucement à reprendre vigueur. Parmi les nouveautés, la voiture électrique reste anecdotique, tandis que le moteur thermique poursuit sa progression. Du côté des concept cars, les constructeurs préfèrent désormais les projets réalistes qui annoncent des modèles de série. Le sport automobile a, quant à lui, été marqué par les modifications technologiques imposées à la Formule 1 : adoption d’un V6 et restriction de carburant. La révolution écologique est en marche, ce qui ne pouvait que changer la hiérarchie entre les équipes et sacrer Mercedes AMG au
championnat des constructeurs 2014. L’endurance a aussi été chamboulée par la création du Blancpain GT Series et une nouvelle victoire de Audi aux 24 Heures du Mans. Quant aux rallyes, la suprématie de Sébastien Ogier sur Volkswagen n’est pas sans rappeler celle de son ancien leader chez Citroën. Cette année, l’automobile était également à l’honneur de plusieurs expositions : les futuristes au Guggenheim ou encore Dream cars à Atlanta. Preuve en est que le secteur automobile soulève des questionnements au sein du monde des arts. Le milieu de la collection a une fois de plus fait tourner les têtes avec la vente d’une Ferrari 250 GTO, adjugée à près de 29 millions d’euros. Une année riche en sensations.
ISBN : 979-10-283-0024-1
9 791028 300241
L’Année Automobile
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Sommaire 5
ÉDITORIAL Serge Bellu
6
PROLOGUE
INDUSTRIE
SPORT
CULTURE
ÉCONOMIE
MONOPLACE
ART
18
94
246
20 22 24 26 28 30
Marché européen Sylvain Reisser Marché américain Sylvain Reisser Marchés japonais et coréen Jeroen Booij Marché chinois Jeroen Booij Marché indien Gautam Sen Marché russe Denis Orlov Marché brésilien Jeroen Booij
PRODUCTION 34
Les voitures de série : Los Angeles, Tokyo, Detroit, New Delhi, Chicago, Genève, New York, Beijing, Moscou, Paris Serge Bellu
96 118 128
148 150
68
Les concept cars : Los Angeles, Tokyo, Detroit, New Delhi, Chicago, Genève, Beijing, Cernobbio, Goodwood, Moscou, Paris Philippe Vigneron
252 258 262
270
274
156
282
164 172
184 190 192 198 200
Les forces en présence Serge Bellu World Endurance Championship Andrew Cotton 24 Heures du Mans Andrew Cotton European Le Mans Series Andrew Cotton United SportsCar Championship Andrew Cotton Asian Le Mans Series Andrew Cotton Blancpain GT Series Andrew Cotton Super GT Andrew Cotton Résultats Serge Bellu
RALLYE 204 206 212 220 224
Les forces en présence en WRC Keith Oswin Analyse de la saison WRC Keith Oswin Championnat du monde des rallyes Keith Oswin European Rally Championship Keith Oswin Rallye-raid Philippe Carles
TOURISME SUR CIRCUITS 228 230 234 238 240
Les forces en présence en WTCC Stéphane Énout World Touring Car Championship Stéphane Énout Deutsche Tourenwagen Masters Thomas Imhof V8 Supercars Championship Stéphane Énout Nascar Sprint Cup Stéphane Énout
Les futuristes au Guggenheim Yves Le Ray Lumières sur l’automobile Serge Bellu Les événements de l’année Yves Le Ray Art de vivre Joël Chassaing-Cuvillier
PATRIMOINE
ENDURANCE
180
CRÉATION
Formule 1: les règles du jeu Cédric Voisard Les forces en présence en F1 Cédric Voisard Analyse de la saison F1 Cédric Voisard Championnat du monde de Formule 1 Cédric Voisard Formules de promotion Cédric Voisard IndyCar Series Stéphane Énout
288 294 300
304
Marché de l’automobile de collection Sylvain Reisser Anniversaire Serge Bellu Dream Cars Gérald Guétat Courses historiques Christian Descombes Chantilly Arts & Élégance Serge Bellu Une année de rendez-vous Serge Bellu Remerciements et crédits iconographiques
Marché européen
C o nva l e s c e n c e Après six années de baisse, la demande européenne de voitures particulières a retrouvé le chemin de la croissance en 2014. Mais il est encore trop tôt pour crier victoire. Tous les constructeurs n’ont pas profité du rebond du marché et de fortes disparités demeurent entre les pays de l’Union européenne. Sylvain Reisser dresse le bilan d’une année où la prudence reste de rigueur. Les prédictions encourageantes de l’industrie automobile pour l’année 2014 se sont confirmées. Le marché européen voit enfin le bout du tunnel. En marge de l’inauguration d’une
usine au Brésil, Carlos Ghosn, président de Renault et Nissan, assurait déjà le 15 avril dernier que l’Europe se préparait à un fort rétablissement. La veille, à l’occasion de la pré-
L’assemblage de la Mini, à Oxford en Grande-Bretagne.
18
sentation du plan de relance de PSA Peugeot Citroën, son nouveau président du directoire, Carlos Tavares, notait pour sa part qu’il avait révisé à la hausse la prévision annuelle du
É CONOMIE
marché européen de + 1 % à + 3 %. Pour le groupe franc-comtois, le redémarrage des marchés de l’Union européenne, dont il est encore fortement dépendant, marquait la fin de la descente aux enfers dans un contexte bien particulier. Pour assurer sa pérennité alors qu’il a accumulé 7,3 milliards d’euros de pertes en deux ans, PSA Peugeot Citroën entérinait, lors de son conseil de surveillance du mardi 18 février, une augmentation de capital massive et la fin du contrôle familial. À l’aube d’une nouvelle ère, le groupe sochalien a validé l’entrée de deux nouveaux actionnaires : l’État français et le constructeur automobile chinois Dongfeng. Articulé autour d’une augmentation de capital de 3 milliards d’euros, ce partenariat permet à chacun des trois principaux actionnaires de détenir une participation de 14 %. Signe qu’une page s’est tournée chez PSA Peugeot Citroën, la présidence du conseil de surveillance n’est plus confiée à la famille Peugeot. Louis Gallois, ancien président de la SNCF et d’EADS, est le nouveau récipiendaire. Dans la foulée, Carlos Tavares a été appelé à succéder, le 31 mars dernier, à Philippe Varin à la présidence du directoire pour mettre en œuvre son plan “Back in the Race”. Après six années de baisse consécutives, l’année 2014 restera celle du rebond du marché automobile. La reprise commencée lors des derniers mois de 2013 s’est poursuivie durant toute l’année 2014, les immatriculations de voitures neuves enregistrant une hausse de l’ordre de 6 %. Si le redémarrage du marché européen est bel et bien engagé, les constructeurs se gardent encore de crier victoire. Certes, après de fortes restructurations, tous les constructeurs commencent à mieux respirer, mais la guerre des prix, intense, n’offre pas un terrain favorable à la restauration des marges de manœuvre financière. En avril dernier, Christian Klingler, membre du directoire de Volkswagen, ne tombait pas encore dans un optimisme béat, soulignant qu’“il ne faut pas oublier que le niveau demeure très faible par rapport à 2007”. Et les études de rappeler que, malgré des chiffres apparemment encourageants, le marché automobile européen est inférieur de près de 19 % à son pic historique de ventes de 2007. La quasi-totalité des pays de l’Union européenne ont participé à cette croissance durant toute l’année 2014. La hausse a été impressionnante dans les pays d’Europe du Sud, qui ont particulièrement souffert ces dernières années, quand la crise financière faisait rage. Le marché espagnol, divisé par deux entre 2007 et 2013, a ainsi vu ses immatriculations bondir de près de 16,4 %
grâce à la prolongation de la prime à la casse et aux effets des réformes de structures engagées par Mariano Rajoy. D’autres marchés, également touchés par la crise, ont repris du poil de la bête, comme le Portugal ou l’Irlande. Parmi les grands pays, le Royaume-Uni, porté par la reprise économique et un indice de confiance largement supérieur à la moyenne européenne, affiche aussi une croissance à deux chiffres, avec 10,1 %. De son côté, l’Italie a poursuivi sa convalescence, affichant une hausse de 3,5 %. Premier marché européen, l’Allemagne a progressé de 2,6 % sur les huit premiers mois, mais le moteur de l’Europe n’est pas à l’abri de quelques accidents de parcours. C’est ainsi qu’au mois d’août ses ventes se sont légèrement tassées à – 0,4 %. Autre grand marché, la France n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise. Sur les huit premiers mois de l’année, la hausse ne dépassait pas 1,6 %. Le moral en berne des ménages et le taux de chômage record ne plaidaient pas en faveur du retour à deux millions de véhicules. Autre sujet d’inquiétude, les cinq modèles les plus vendus appartiennent au segment B. Tous les constructeurs n’ont pas profité dans les mêmes proportions du redémarrage du marché européen. Les marques généralistes affichent des taux de croissance supérieurs aux marques premium. Le groupe Volkswagen a profité de la hausse à deux chiffres de Seat et de Škoda tandis que PSA Peugeot Citroën (+ 4,1 %) était pénalisé par la méforme de la marque aux chevrons (+ 1,7 %). Le groupe Fiat (+ 2 %) a sauvé son exercice grâce à l’envolée de Jeep (+ 44 %). Du côté des marques japonaises, les résultats sont contrastés. Lorsque Mazda affiche une progression de 22 % grâce à une nouvelle génération de modèles brillant par des émissions de CO2 particulièrement basses, Honda chute de l’ordre de 5 % en raison de l’inadéquation de son offre à la demande européenne. D’une manière générale, les automobilistes ont privilégié le prix. C’est ainsi que Dacia, la marque low cost de Renault, a progressé de 30 %. Quant au groupe General Motors, il a reculé de 3 %, subissant les effets de l’arrêt programmé de la distribution de Chevrolet en Europe. Si tous les voyants sont au vert pour que le marché européen poursuive sa croissance en 2015, plusieurs dossiers incitent les acteurs du secteur à faire preuve de prudence. D’une part, le parc automobile européen continue de vieillir, l’âge moyen dépassant 8,5 ans, quand il n’était que de 6,9 ans en 1995. D’autre part, la crise a changé le rapport à l’automobile. Plus d’un Européen sur deux
pense que dans dix ans la voiture sera un bien partagé ou utilisé comme un service. Cela encourage tous les industriels de la filière à revoir leur modèle économique. Autre sujet : l’entrée en vigueur d’un nouveau protocole de mesures de la consommation des véhicules (norme WLTP) dans le courant de l’année 2016, plus exigeant que le système actuel, rend presque illusoire le respect de la moyenne de 95 g/km de CO2 imposée aux constructeurs en 2020. D’ores et déjà, des discussions ont été engagées à Bruxelles. Enfin, le 10 septembre, par un communiqué, Luca Cordero di Montezemolo annonçait son départ de la présidence de Ferrari le 13 octobre, après vingt-trois ans de règne. L’épilogue de divergences de vue avec Sergio Marchionne, administrateur délégué du groupe Fiat, sur la stratégie de la firme de Maranello.
VENTES DE VOITURES PARTICULIÈRES EN EUROPE DE JANVIER À AOÛT 2014 1. Volkswagen Group 2. PSA Peugeot Citroën 3. Renault Group 4. Ford 5. General Motors 6. Fiat Group 7. BMW Group 8. Daimler 9. Toyota Group 10. Nissan 11. Hyundai 12. Kia Motors 13. Volvo 14. Mazda 15. Suzuki 16. Jaguar Land Rover 17. Honda 18. Mitsubishi
2 121 492 914 265 817 562 621 322 612 855 508 418 507 838 445 304 353 385 299 872 271 510 229 215 145 329 107 479 100 552 90 163 83 585 55 197
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r RENAULT TWINGO La troisième génération de la Twingo retrouve un peu de la personnalité qui manquait à la deuxième… sans retrouver le charme et l’originalité de la première. Sa ligne a été esquissée sur les concept cars Twin’Z (avril 2013) et Twin’Run (mai 2013). Par ailleurs, la nouvelle Twingo réserve des surprises : elle offre dorénavant quatre portes et adopte une architecture devenue exceptionnelle avec le moteur placé à l’arrière. La Twingo partagera cette plate-forme originale avec la Smart Forfour. Motorisations essence 3 cylindres 1,0 litre SCe 70 ch ou 0,9 litre TCe 90 ch ; dimensions : 359 x 164 x 155 cm ; empattement : 249 cm.
r TATA BOLD ET ZEST Tata recentre sa gamme populaire après l’échec de la Nano, trop petite, trop rudimentaire. La Bold (carrosserie deux volumes) et la Zest (trois volumes) sont des berlines compactes qui vont affronter la Datsun Go et la Ford Figo. Motorisations 4 cylindres essence 1,2 litre 85 ch et diesel 1,25 litre 75 ch ; dimensions : 382,5 (399,5) x 169,5 x 155 (157) cm ; empattement : 247 cm.
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r CITROËN C4 CACTUS Depuis le premier concept car sur le thème de la Cactus, présenté au Salon de Francfort 2007, l’idée originale n’a pas dévié de sa volonté de frugalité. L’aménagement de l’intérieur se singularise par sa banquette à l’avant. Au final, la C4 Cactus se présente comme une alternative très originale aux crossovers urbains qui, pour la plupart, sont trop convenus. Motorisations essence 3 cylindres 1,2 litre 82 ch et 1,2 litre THP 110 ch ; diesel 4 cylindres 1,6 litre BlueHDi 100 ch ; dimensions : 421 x 175 x 153 cm ; empattement : 260 cm.
w BMW SÉRIE 2 ACTIVE TOURER Présentée au Mondial de l’automobile à Paris en 2012 sous la forme du Concept Active Tourer, ce modèle révolutionnaire dans l’histoire de BMW est désormais figé dans sa forme définitive. C’est le premier monospace de la marque ainsi que le premier modèle à traction avant. Malgré ces choix radicaux, BMW a ménagé un dynamisme et un style qui entendent respecter les codes de la maison. Motorisations essence 3 cylindres 1,5 litre 136 ch (218i) et 4 cylindres 2,0 litres 231 ch (225i) ; diesel 4 cylindres 2,0 litres 150 ch (218d) ; dimensions : 434 x 180 x 155 cm ; empattement : 267 cm.
v PEUGEOT 308 SW Élaboré sur un empattement allongé par rapport à la berline, le break se montre élégant et spacieux. Motorisations 4 cylindres essence 1,2 litre THP 130 ch et 1,6 litre THP 156 ch ; diesel 1,6 litre HDI 92 ch, 115 ch et 120 ch et 2,0 litres HDI 150 ch ; dimensions : 458,5 x 180,5 x 147 cm ; empattement : 273 cm.
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s AUDI TT Pas question de toucher aux icônes. La troisième génération de la TT évolue en douceur. Elle repose sur la plate-forme MQB et elle bénéficie d’améliorations substantielles, notamment au niveau de la structure, qui a été allégée d’une cinquantaine de kilos. Ces progrès se drapent dans une extrême discrétion en matière de style, qui reprend la silhouette générale, les rondeurs et les arches de roues prononcées. À l’intérieur, le changement est plus évident avec l’implantation d’un “cockpit virtuel”. Motorisations 4 cylindres essence 2,0 litres TFSI 230 ch (TT) ou 310 ch (TTS) et diesel 2,0 litres TDI 184 ch (TT) ; dimensions : 417,7 x 196,6 x 135,3 cm ; empattement : 246,8 cm.
w BMW SÉRIE 4 GRAN COUPÉ Reprenant la formule qui a magnifiquement réussi sur la Série 6, BMW inaugure une berline profilée dans la Série 4. Le résultat est ici tout aussi convaincant sur le plan esthétique. Motorisations 4 cylindres essence 2,0 litres 184 ch (420i), 245 ch (428i) et 6 cylindres 3,0 litres 306 ch (435i) ; diesel 4 cylindres 2,0 litres 143 ch (418d) ou 184 ch (420d) ; dimensions : 464 x 182,5 x 139 cm ; empattement : 281 cm.
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P RODUCTION
r MERCEDES-BENZ S-CLASSE COUPÉ Vue sous la forme d’un concept car à Francfort en septembre 2013, le coupé de la Classe S arrive sous sa forme définitive en ayant perdu un peu de son panache. Cette automobile néanmoins superbe prend la succession de la Classe CL. La version S65 AMG arrivera au Mondial de Paris en octobre. Motorisations essence V8 4,7 litres 435 ch (S500), 5,5 litres 585 ch (S63 AMG) et V12 6,0 litres 630 ch (S65 AMG) ; dimensions : 511,5 x 190 x 141 cm ; empattement : 294,5 cm.
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G e n è ve
84 e Salon international de l’auto et accessoires, du 6 au 16 mars 2014 C’est le grand rendez-vous annuel des designers et des carrossiers, et l’édition 2014 n’a pas failli à sa réputation malgré une diminution certaine du nombre de projets. Et malgré le regret d’avoir dû constater la disparition de Bertone… w IED PASSOCORTO C’est le résultat d’un travail mené par seize étudiants de l’Istituto Europeo di Design de Turin, sous la direction de Luca Borgogno, designer chez Pininfarina. Coupé deux places à moteur central arrière aux formes conventionnelles, la PassoCorto se distingue par ses deux cockpits et ses deux tableaux de bord. Moteur 4 cylindres de 1,6 litre biturbo ; dimensions : 410 x 188 x 116 cm.
s MASERATI ALFIERI L’Alfieri reprend le prénom d’un des fondateurs de Maserati et s’inspire très librement de l’A6GCS de 1953 dessinée par Pinin Farina. Le résultat est splendide. Ce coupé 2+2 arbore des lignes aussi fluides qu’agressives, intégrant, par exemple, parfaitement les fines optiques avant et arrière et les extracteurs d’air arrière. Une manière somptueuse de fêter le centenaire de la fondation de la maison Maserati. Moteur V8 de 4,7 litres et 460 ch ; dimensions : 459 x 193 x 128 cm ; empattement : 270 cm.
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C RÉATION
w ZAGATO ASTON MARTIN DBS COUPÉ CENTENNIAL À l’occasion du centenaire de la marque, Zagato rend hommage à Aston Martin avec une interprétation de la Vanquish (moteur V12 de 5,9 litres). Le double bossage cher au carrossier italien est présent, tandis que la calandre intégrant les phares donne un aspect très massif à la face avant.
v ITALDESIGN-GIUGIARO CLIPPER Étude reposant sur la plate-forme modulaire MQB de Volkswagen, le Clipper est un monospace électrique à quatre roues motrices offrant six places. Son design est des plus classiques, seules les quatre portes papillon viennent le distinguer d’un véhicule de grande série. Ses deux moteurs électriques lui assurent une autonomie de 539 km. Deux moteurs électriques de 150 ch ; longueur : 453 cm.
w HYUNDAI INTRADO Premier concept car Hyundai développé par Raphaël Brétécher sous la direction de Peter Schreyer, l’Intrado innove dans le segment des crossovers. Du dessin des ailes qui viennent couvrir les bas de caisse à la forme en pointe de la poupe, l’Intrado fourmille de détails originaux. Sa structure en fibre de carbone renforcée de plastique cache une pile à combustible qui garantit 600 km d’autonomie. Motorisation à pile à combustible de 100 kW (134 ch).
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w VOLKSWAGEN XL SPORT Variante survoltée de la XL1 dévoilée en 2011 et produite en petite série (250 exemplaires), la XL Sport adopte le bicylindre en V de la moto Ducati Superleggera, associé à une boîte de vitesses DSG à double embrayage à sept rapports. Dotée d’un châssis en acier, d’une carrosserie en plastique renforcée de fibre de carbone et de jantes en magnésium, cette étude ne pèse que 890 kg. Très efficiente, avec un Cx de seulement 0,258, elle peut atteindre 270 km/h. Une production limitée à cinq cents unités est envisagée. Motorisation 2 cylindres 1,2 litre 200 ch ; dimensions : 421 x 185 x 115 cm ; empattement : 242 cm.
v TOYOTA C-HR Le succès du Nissan Juke fait des envieux. Toyota présente à son tour un crossover compact hybride aux formes rondes et musclées, incontestablement plus harmonieuses que celles du Juke. Dimensions : 435 x 185 x 150 cm ; empattement : 264 cm.
w PEUGEOT QUARTZ Avec son long capot et sa carrosserie aux multiples facettes, cintrée au niveau des portières, la Quartz affiche un style maîtrisé. Campée sur des roues de 23 pouces au design complexe, elle exprime la force de son système hybride qui totalise 500 ch. Son habitacle, mêlant pierre de basalte, cuir noir et fauve et textile tissé avec du fil de polyester recyclé, est tout aussi séduisant. Motorisation hybride avec 4 cylindres 1,6 litre turbo THP de 270 ch et moteur électrique de 85 kW (110 ch), transmission automatique à six rapports ; dimensions : 450 x 206 cm.
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C RÉATION
s INFINITI Q80 INSPIRATION Majestueuse, la Q80 Inspiration présente des lignes fluides et élégantes, imaginées sous l’autorité d’Alfonso Albaisa, directeur du design d’Infiniti. Pourtant, la simplicité n’appartient pas au vocabulaire du designer avec des flancs aux multiples courbures et un long pavillon vitré qui s’achève en pointe. L’habitacle, associant cuir, Alcantara et touches de métal, est aussi somptueux que classique. Motorisation hybride avec V6 biturbo de 450 ch et moteur électrique ; dimensions : 505 x 202 x 135 cm, empattement : 310 cm.
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Les forces en présence en F1
Mercedes AMG Petronas F1 Team Président non exécutif : Niki Lauda Directeur exécutif : Christian “Toto” Wolff Directeur technique exécutif : Paddy Lowe Directeur technique : Bob Bell Directeur de l’ingénierie : Aldo Costa Directeur de la technologie : Geoffrey Willis Directeur moteurs : Andy Cowell Châssis : Mercedes F1 W05 Groupe propulseur : Mercedes-Benz PU106A
Six décennies après les irrésistibles Flèches d’argent, Mercedes est de retour au sommet de la discipline. La domination de l’étoile de Stuttgart fut nette d’entrée, jamais démentie par la suite puisqu’elle a dominé, plutôt que perdu, les quelques Grands Prix qui lui ont
échappé. Un succès conforme à des essais hivernaux pendant lesquels Lewis Hamilton, Nico Rosberg et leurs ingénieurs ont peaufiné l’exploitation d’une W05 aussi fiable que performante, alors que leurs adversaires peinaient à boucler quelques tours. Aucune autre écurie n’a à ce point maîtrisé la réglementation 2014 et les interactions entre châssis et nouveau groupe propulseur. D’ailleurs, les équipes clientes disposant de la technologie allemande ont également été à leur avantage. Cinq ans après le rachat de Brawn GP, Mercedes a donc mis dans le mille. Après trois premiers exercices décevants, la saison dernière avait permis d’entrevoir de belles ambitions, avec huit pole positions, trois victoires et la deuxième place au championnat
des constructeurs. La W04 fut peut-être même, potentiellement, la monoplace la plus performante du plateau. Mais elle “tapait” trop dans les pneumatiques pour inquiéter la Red Bull RB9 sur l’ensemble du championnat. Restait à voir comment la troupe basée à Brackley, dans le Northamptonshire, allait négocier cette année la révolution technologique de la discipline, et ce après le départ du légendaire Ross Brawn. Pas de soucis de ce côté-là : l’organigramme technique est impressionnant, composé de nombreuses pointures du paddock. Sur la base d’un budget généreux, le résultat est à l’avenant, porté par un binôme de pilotes exceptionnels dont la cohabitation ne fut pas toujours simple à gérer puisqu’il ne pouvait y avoir qu’un champion du monde.
En 1954, Mercedes-Benz exploite deux versions de la W196, un modèle conventionnel (sur la photo Hermann Lang au Grand Prix d’Italie) et un autre à carrosserie enveloppante.
GENÈSE D’UNE ÉCURIE Après deux saisons pendant lesquelles le championnat du monde des conducteurs fut ouvert à la Formule 2, la Formule 1 repartit sur un bon pied en 1954 avec de nouvelles règles et une cylindrée minimale fixée à 2,5 litres. Quand Mercedes-Benz entra en scène, pour la troisième manche du championnat, au Grand Prix de l’ACF, Fangio laissa tomber la Maserati qu’il pilotait auparavant pour enfourcher la nouvelle Mercedes-Benz W196 à carrosserie profilée. Fangio domina la course sur le circuit de Reims ! D’emblée, l’écurie allemande avait retrouvé le niveau de préparation et d’organisation qui avait fait son succès avant la Seconde Guerre mondiale. Trois hommes ont orchestré le retour triomphal des Flèches d’argent : Fritz Nallinger, directeur technique de Mercedes-Benz, Rudolf Uhlenhaut, directeur des essais, et Alfred Neubauer, directeur sportif. Les W196 faisaient appel à des solutions d’avant-garde, comme l’injection directe, l’ensemble boîtepont ou les quatre roues indépendantes… Mercedes-Benz disposait de deux variantes, adaptées aux différentes configurations des circuits : normale (Rennwagen) avec fuselage étroit ou aérodynamique (Stromlinien) avec carrosserie enveloppante. Pour la saison 1955, Mercedes-Benz disposait des mêmes armes encore mieux aiguisées. Après deux années triomphales avec deux titres pour Juan Manuel Fangio, Mercedes s’est retirée. Trente-six ans plus tard, en 1991, la marque à l’étoile est revenue par la porte des motoristes en se cachant sous la marque Ilmor, une société créée en 1984 par Marco Ilien, Paul Morgan et Roger Penske. En 1994, Mercedes prit le contrôle d’Ilmor et le moteur s’est officiellement appelé Mercedes. Dès 1995, elle s’est liée avec McLaren pour vingt longues années. Depuis 2010, le Mercedes AMG Petronas F1 Team implique Mercedes comme constructeur à part entière. Pour ce faire, il absorba l’écurie Brawn GP qui, elle-même, était née en 2009 de la reprise de Honda Racing F1 Team, ex-Tyrell puis British American Racing.
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M ONOPLACE
s NICO ROSBERG
s LEWIS HAMILTON
Lorsque Lewis Hamilton le rejoignit l’an dernier chez Mercedes, Nico Rosberg fut annoncé en ballottage défavorable face au flamboyant champion du monde 2008. Mais l’Allemand ne laissa jamais le Britannique s’installer en leader. Restait à prouver qu’il n’était pas que l’un des meilleurs, qu’il avait l’étoffe d’un numéro 1. Chose faite cette saison, ou presque. Aussi performant en qualifications qu’un coéquipier tenu par certains comme le pilote de référence sur un tour, le fils du champion du monde 1982 se montra initialement plus régulier, moins malchanceux côté mécanique, capable d’une sévère autorité en piste à l’occasion, Nico Rosberg ne laissa pas Lewis Hamilton occuper la tête du classement qu’à une reprise avant l’emballage final outre-mer, au cours duquel la situation lui échappa toutefois progressivement.
Un seul titre au compteur après sept ans d’activité, voilà une incongruité que Lewis Hamilton avait la ferme intention de corriger cette saison au volant de la meilleure monoplace de la grille. Mais rien n’aura été simple pour le Britannique. Premier obstacle, un coéquipier extrêmement performant, pugnace et surprenant, même en qualifications. Ensuite, une relative malchance quant à la fiabilité mécanique de sa W05. Enfin, le champion 2008 continue de présenter les défauts inhérents à son panache, avec quelques séances de qualifications vendangées. En tête du championnat au seul soir du Grand Prix d’Espagne, Lewis Hamilton a passé sa saison à courir après son coéquipier, sans jamais renoncer. Une abnégation récompensée au fil du dernier tiers du championnat, bouclé avec la perfection d’un métronome.
Mercedes W05.
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M ONOPLACE
Page de gauche. Décor éminemment autrichien pour le passage de la Toro Rosso de Daniil Kvyat. Ci-contre. Jean-Éric Vergne sur la Toro Rosso STR9 dans les rues de la principauté de Monaco.
difficultés financières : Kimi Räikkönen, Éric Boullier, James Allison et nombre d’ingénieurs quittèrent le navire, le concept aérodynamique E22 fut un flop, le V6 Renault n’aida pas et Romain Grosjean perdit son temps, impuissant, à batailler en Q1 comme hors des points contre les pilotes Marussia, Caterham et Sauber. Il faut dire que ces quatre écuries sont exsangues. Elles sont même six, si l’on compte Force India et Toro Rosso, à réellement tirer du coup. Deux principales raisons : pour la période 2013-2020, les accords commerciaux ne leur attribuent que 37 % de la part des revenus de la discipline destinés aux équipes, alors que Red Bull Racing, Ferrari, McLaren, Mercedes et Williams se partagent 63 % du gâteau. Un exemple ? L’an dernier, avec treize podiums dont une victoire et la quatrième place des constructeurs, Lotus (315 points) toucha seulement l’équivalent de 60 % des revenus de McLaren (122 points), classée cinquième sans le moindre top 3 ! Une Sauber C33 dans la nuit de Singapour.
En outre, seules les cinq écuries premium sont membres du groupe stratégique chargé de penser la F1. Avec la voix “forcée” de Toro Rosso, qui obéit à sa grande sœur, et soutenues par Bernie Ecclestone, le représentant des ayants droit commerciaux, elles forment une majorité à la commission F1 face à la FIA et aux cinq laissées-pour-compte, bloquant toute réforme de la gouvernance et faisant
traîner les négociations sur la réduction des coûts. La Formule 1 n’étant pas épargnée par la crise et sachant qu’elle a perdu l’an dernier cinquante millions de téléspectateurs dans le monde (tendance à la baisse qui se confirmera pour 2014), les écuries Marussia et Caterham ont jeté l’éponge, absentes sur les trois derniers Grands Prix. Lotus, Force India et Sauber ont pour leur
Page de droite, en haut. Pour son grand retour aux 24 Heures du Mans, Porsche a fait grosse impression avec les 919 Hybrid. Page de droite, en bas. Une fois de plus, malgré la vélocité des TS040, Toyota a manqué de chance aux 24 Heures du Mans.
théoriquement proscrit, mais, tous les concurrents ayant le même dispositif, la FIA a décidé de l’autoriser en course. Un technicien a estimé qu’il permet de gagner trois secondes au tour. On remarque que l’aileron
Même avec trois voitures au départ, contre deux pour ses rivales, Audi ne faisait pas figure de favorite.
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arrière des Toyota s’incline vers l’arrière à grande vitesse pour réduire la traînée et augmenter ainsi la vitesse de pointe, tandis que le système de freinage actif s’avère plus efficace qu’un système mécanique. La TS040 court avec les deux. Pour la deuxième fois, l’équipe privée Rebellion engage sa nouvelle R-One à moteur Toyota conçue par Oreca. Manquant de mise au point pour être vraiment concurrentielle et après avoir couru neuf secondes au-dessous de la vitesse des voitures de tête lors des essais, elle sera autorisée à courir avec des restrictions de carburant moins contraignantes et un poids abaissé à 810 kg, soit 40 kg de moins qu’aux essais. Le mercredi, au cours des qualifications, le Français Loïc Duval retourne son Audi, rappelant l’accident de la Peugeot de Marc Gené en 2008. Les temps des qualifications donnent une pole position au-dessous de 3 minutes
20 secondes. La dernière fois que de tels temps ont été mesurés, une vague d’accidents avait suivi. Après l’épreuve, la FIA et l’ACO rencontrent donc les constructeurs pour entamer des pourparlers. Le pilote Toyota Kazuki Nakajima signe la pole position, sans atteindre toutefois un temps aussi extrême qu’on l’attendait. Un grave accident pour l’une des Aston Martin, après celui de Duval et de nombreux autres, pousse les directeurs de course à prendre des mesures drastiques en testant, le jeudi, des zones de ralentissement limitées à 60 km/h sur les lieux des accidents une demi-heure avant la fin des qualifications. Audi a l’avantage du nombre au départ avec trois voitures, face aux deux Toyota et aux deux Porsche, mais, le samedi, une averse réduit le nombre, Nicolas Lapierre envoyant sa Toyota dans les rails de sécurité dans les Hunaudières, tandis que Marco Bonanomi,
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Page de droite, en haut. Deuxième succès consécutif pour la Bentley Continental GT3, sur le circuit Paul-Ricard, en juin, avec le même équipage composé de Steven Kane, Andy Meyrick et Guy Smith. Page de droite, en bas. Après les 24 Heures du Mans, Audi remporte les 24 Heures de Spa avec la R8 LMS Ultra pilotée par Christopher Mies, Cesar Ramos et Laurens Vanthoor.
Aux 24 Heures de Spa, la meilleure des Aston Martin Vantage a terminé dixième, mais celle-ci, de l’écurie PGF-Kinfaun AMR, n’a pas été classée.
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LA BLANCPAIN ENDURANCE SERIES La Blancpain Endurance Series continue d’attirer une quarantaine de voitures par course, preuve de la popularité de la formule des courses de trois heures sur des circuits emblématiques. La cerise sur le gâteau, au milieu de la saison, est constituée par les 24 Heures de Spa. Initiée en 2011, la série attire la plupart des grands constructeurs : Aston Martin, Bentley, Chevrolet, Jaguar, Nissan, Mercedes et Porsche, auxquels s’ajoutent ceux qui participent aux épreuves de sprint. L’événement de cette année a été l’arrivée de Bentley, représentée par l’écurie M-Sport, associée à Ford en rallye. Les Continental GT se sont d’emblée montrées très rapides, soulevant même la polémique concernant le système d’harmonisation des performances. Deux victoires dans les quatre premières courses (sur un total de cinq) les ont placées en position de remporter le titre. Toutefois, les problèmes mécaniques qu’elles ont connus en début de course aux 24 Heures de Spa ont donné leur chance aux Audi de
l’écurie WRT qui ont pris le commandement avant l’épreuve finale de la saison. Parmi les événements significatifs de la saison, il y eut la création du titre Blancpain GT, une récompense pour les écuries et les pilotes qui courent à la fois dans les épreuves d’endurance et celles de sprint. En outre, en vue d’harmoniser les performances, les circuits ont été classés en trois catégories : appui faible, moyen ou fort. On retiendra aussi l’abandon brutal des pourparlers concernant la “convergence” des GT dans le but de fondre les catégories GTE qui courent en ELMS et les GT3. La FIA et l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) souhaitaient réduire les coûts en autorisant les GT3 à courir au Mans. Des composants communs étaient envisagés, mais les deux parties n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les moteurs. Les uns souhaitaient que les moteurs soient issus de la série, les autres préféraient des mécaniques de compétition, génératrices de plus de progrès. Après deux années de discussion, la FIA mit fin aux négociations en mai. Ces pourparlers avaient
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World Rally Championship
L e s fo rc e s e n p r é s e n c e e n W R C Pour Volkswagen, c’était probablement la routine, mais pour les autres constructeurs un jeu de chaises musicales s’est opéré entre les pilotes changeant d’équipe. Comme l’explique Keith Oswin, l’arrivée d’une équipe Hyundai particulièrement agressive a mis un peu de sel dans la sauce.
Volkswagen En 2013, Volkswagen avait commencé la saison dans l’inconnu, ils étaient les nouveaux venus et avec une voiture que chacun pressentait prometteuse, mais qui devait faire ses preuves. Un an plus tard, l’équipe est arrivée à Monte-Carlo avec à son actif les titres Quatrième saison pour la Citroën DS3 WRC qui a décroché deux titres de championne, en 2011 et 2012.
de champion des constructeurs et champion des pilotes. Volkswagen faisait donc figure de l’équipe à battre. Le champion en titre, le Français Sébastien Ogier, et son coéquipier finlandais, Jari-Matti Latvala, seront à nouveau en tête des pilotes avec le Norvégien Andreas Mikkelsen, une fois encore seul pilote de l’équipe Volkswagen Motorsport II. La surprise aurait pu jouer, mais les victoires ne feront que s’enchaîner pour l’équipe de Wolfsburg.
Deuxième saison pour la Volkswagen Polo R et deuxième titre de championne du monde.
Citroën Après la débâcle de 2013, sans une seule victoire pour l’équipe qui a si longtemps dominé la discipline, il restait beaucoup à faire pour Citroën en 2014. L’équipe officielle (Citroën Total Abu Dhabi) ayant perdu Mikko Hirvonen, parti chez Ford, se retrouve avec le
Quatrième saison pour la Ford Fiesta RS WRC.
Britannique Kris Meeke comme premier pilote, cherchant une rédemption après s’être montré très rapide, mais peu fiable l’année précédente. Le Norvégien Mads Østberg rejoint l’équipe et Khalid Al Qassimi, d’Abu Dhabi, complète l’effectif. Meeke et Østberg démontreront que la DS3 peut encore prétendre à la victoire, mais il manque l’ingrédient principal pour que l’équipe française puisse s’imposer, Sébastien Loeb.
discipline. L’écurie M-Sport de Malcolm Wilson mènera la danse avec son équipe de tête (M-Sport World Rally Team), menée par le revenant finlandais Mikko Hirvonen et le jeune prometteur gallois Elfyn Evans dont c’est la première saison à ce niveau. La seconde équipe (RK M-Sport World Rally Team) ne compte que l’ancien pilote polonais de Formule 1 Robert Kubica, tandis que la troisième équipe (Jipocar Czech National Team) est dirigée par Quirin Müller pour le pilote tchèque Martin Prokop.
Ford Ford est toujours présent, grâce à des écuries privées, à nouveau avec trois équipes pour la saison 2014, mais sans les fonds du Qatar, après le départ de Nasser Al-Attyah de la
Hyundai Hyundai Motorsport, basé à Francfort, débarque dans la discipline en 2014 avec l’ancien ingénieur de Peugeot Michel Nandan aux
commandes. Dès le début, il est clair que la i20 WRC a le potentiel, mais il faudra quelques épreuves pour régler des problèmes de fiabilité, avant qu’elle ne remporte quelques victoires d’étape et quelques podiums encourageants. L’équipe n’est pas là pour prendre la température de la discipline, elle engage deux écuries dans la bataille, la première équipe, Hyundai Shell World Rally Team, avec l’ancien pilote Ford Thierry Neuville (Belgique) et Juho Hänninen (Finlande) et l’Espagnol ex-Citroën Dani Sordo aux côtés de l’Australien Chris Atkinson. Hyundai Motorsport N, la deuxième écurie, a mis en lice le Néo-Zélandais et ancien champion du Groupe N, Hayden Paddon.
Première saison pour la Hyundai i20 WRC.
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Rallye d’Allemagne, du 21 au 24 août 2014 Thierry Neuville, sorti au cours du shakedown, se rachète en donnant à Hyundai sa première victoire en WRC. Dani Sordo, deuxième, complète le doublé pour la firme coréenne, nouvelle venue en 2014. Sébastien Ogier fait une sortie de route alors qu’il est en tête, tout comme Jari-Matti Latavla et Kris Meeke, ce qui permet à Neuville de s’envoler vers sa première victoire. Mikkelsen se classant troisième, seul un pilote Volkswagen peut désormais remporter le titre mondial. - Première victoire en WRC pour Neuville et Hyundai. - Sordo assure le doublé pour la i20 et Hyundai. - Ogier et Latvala sortent tous deux, alors qu’ils sont en tête. - Meeke prend la tête le lendemain matin, mais sort à son tour. - Fin d’une série de douze victoires pour Volkswagen. - Première victoire pour un pilote belge depuis Duval en Australie en 2005. - La troisième place de Mikkelsen pourrait permettre à Volkswagen de s’assurer le titre dès la prochaine épreuve. - Evans, quatrième, égale le meilleur résultat de sa carrière. - La victoire en WRC2 revient à Tidemand devant Tänak dans la dernière étape. - Michelin annonce le prolongement de son partenariat en WRC jusqu’à la fin 2016.
RÉSULTATS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Équipages T. Neuville/N. Gilsoul D. Sordo/M. Marti A. Mikkelsen/O. Fløene E. Evans/D. Barritt M. Hirvonen/J. Lehtinen M. Østberg/J. Andersson M. Prokop/J. Tomanek D. Kuipers/R. Buysmans P. Tidemand/E. Axelsson O. Tänak/R. Mõlder
Voitures Hyundai i20 WRC Hyundai i20 WRC VW Polo R Ford Fiesta RS WRC Ford Fiesta RS WRC Citroën DS3 Ford Fiesta RS WRC Ford Fiesta RS WRC Ford Fiesta RS Ford Fiesta RS
Temps 3 h 07’ 20” 2/10 3 h 08’ 00” 9/10 3 h 08’ 18” 2/10 3 h 08’ 23” 8/10 3 h 08’ 23” 8/10 3 h 08’ 42” 9/10 3 h 12’ 13” 0/10 3 h 16’ 38” 3/10 3 h 18’ 55” 6/10 3 h 18’ 57” 4/10
Rallye d’Australie, du 11 au 14 septembre 2014 Il est étonnant qu’il ait fallu attendre vingt-trois épreuves pour que Volkswagen réussisse un podium complet au cours d’une domination de deux années en WRC. Toujours est-il que ce triplé en Australie passait au second plan face au deuxième titre successif de champion du monde des constructeurs de la marque. Tout ce qui reste incertain à cette date est le nom du pilote qui coiffera la couronne, mais peu se risqueront à parier contre Sébastien Ogier, d’autant qu’il jouera à domicile pour la prochaine épreuve. - Ogier en tête du premier triplé de Volkswagen. - Une domination qui assure à Volkswagen le titre au championnat des constructeurs 2014. - Un mauvais choix de pneumatiques prive Latvala de la victoire. - Mikkelsen, troisième, s’assure une place sur le podium du championnat des conducteurs. - Meeke en tête, mais privé de podium pour avoir coupé dans un virage. - Paddon, le champion néo-zélandais, sixième, en tête du challenge Hyundai. - Atkinson décevant en dixième position. - Al-Attiyah, vainqueur en WRC2, en bonne place pour le titre 2014. - L’Australie cherche à devenir l’épreuve finale en 2016. - La FIA rejette le projet des promoteurs de modifier le championnat 2015.
RÉSULTATS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Équipages S. Ogier/J. Ingrassia J.-M. Latvala/M. Anttila A. Mikkelsen/O. Floene K. Meeke/P. Nagle M. Hirvonen/J. Lehtinen H. Paddon/J. Kennard T. Neuville/N. Gilsoul E. Evans/D. Barritt R. Kubica/M. Szczepaniak C. Atkinson/S. Prévot
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Voitures VW Polo R VW Polo R VW Polo R Citroën DS3 Ford Fiesta RS Hyundai i20 WRC Hyundai i20 WRC Ford Fiesta RS Ford Fiesta RS Hyundai i20 WRC
Temps 2 h 53” 18’ 0/10 2 h 53” 24’ 8/10 2 h 54” 36’ 0/10 2 h 55” 02’ 0/10 2 h 55” 11’ 6/10 2 h 56” 14’ 2/10 2 h 57” 46’ 2/10 2 h 58” 28’ 0/10 2 h 59” 57’ 8/10 3 h 02” 47’ 4/10
R ALLYE
Rallye de France, du 3 au 5 octobre 2014 Un problème électronique et une pénalité ont à nouveau contrarié les plans de Sébastien Ogier qui n’a pas pu assurer son titre de champion du monde sur ses terres. Le Français a dû se consoler avec une victoire au power stage, tandis que son compagnon d’écurie Jari-Matti Latvala remportait sa première victoire sur asphalte et conservait toutes ses chances pour le titre. - Latvala remporte sa première victoire sur asphalte. - Mikkelsen, deuxième, confirme la domination de Volkswagen. - Meeke prolonge une excellente saison 2014 avec sa troisième place. - Ogier est privé de victoire à la suite d’un problème électronique et d’une pénalité. - Sordo quatrième sur Hyundai. - Manque de réussite de Hirvonen qui termine cinquième. - Evans fait usage de ses muscles pour pousser sa voiture à la sixième place. - Une fuite d’huile fait glisser Østberg à la septième place dans les dernières étapes. - Quentin Gilbert vient gonfler la liste des vainqueurs en WRC2. - Stéphane Lefebvre remporte le titre WRC Junior 2014.
RÉSULTATS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Équipages J.-M. Latvala/M. Anttila A. Mikkelsen/O. Floene K. Meeke/P. Nagle D. Sordo/M. Marti M. Hirvonen/J. Lehtinen E. Evans/D. Barritt M. Østberg/J. Andersson T. Neuville/N. Gilsoul B. Bouffier/X. Panseri M. Prokop/J. Tomanek
Voitures VW Polo R VW Polo R Citroën DS3 Hyundai i20 WRC Ford Fiesta RS Ford Fiesta RS Citroën DS3 Hyundai i20 WRC Hyundai i20 WRC Ford Fiesta RS
Temps 2 h 38’ 19” 1/10 2 h 39’ 03” 9/10 2 h 39’ 24” 4/10 2 h 40’ 07” 8/10 2 h 40’ 19” 8/10 2 h 41’ 19” 9/10 2 h 41’ 21” 6/10 2 h 42’ 27” 5/10 2 h 42’ 32” 0/10 2 h 44’ 26” 6/10
Rallye d’Espagne, du 23 au 26 octobre 2014 La victoire au rallye d’Espagne a assuré un second titre consécutif de champion du monde à Sébastien Ogier. Son coéquipier Jari-Matti Latvala était le seul pilote en mesure de lui ravir le titre, mais un départ un peu lent l’a empêché de l’inquiéter. - Ogier conserve son titre WRC de champion du monde. - Cette onzième victoire de Volkswagen égale le record de victoires obtenues en une seule saison, qui avait été fixé par Citroën. - Latvala, deuxième, trop lent sur gravier, ne peut menacer Ogier. - Hirvonen, troisième, enregistre son second podium de 2014. - Østberg, quatrième sur Citroën, après des pénalités qui coûtent la place à Sordo. - Mikkelsen rétrogradé de la sixième à la septième place à la suite d’une pénalisation. - Une double crevaison ravit les espoirs de Meeke dans la troisième manche. - L’étape d’ouverture s’est déroulée dans les rues de Montjuïc. - L’étape de 50 km d’Escaladei marquait le cinquantième anniversaire de l’événement. - Ogier, Latvala et Mikkelsen restent chez Volkswagen en 2015.
RÉSULTATS 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Équipages S. Ogier/J. Ingrassia J.-M. Latvala/M. Anttila M. Hirvonen/J. Lehtinen M. Østberg/J. Andersson D. Sordo/M. Marti T. Neuville/N. Gilsoul A. Mikkelsen/O. Floene M. Prokop/J. Tomanek H. Paddon/J. Kennard N. Al Attiyah/G. Bernachini
Voitures VW Polo R VW Polo R Ford Fiesta RS Citroën DS3 Hyundai i20 WRC Hyundai i20 WRC VW Polo R Ford Fiesta RS Hyundai i20 WRC Ford Fiesta RRC
Temps 3 h 46’ 44” 6/10 3 h 46’ 55” 9/10 3 h 48’ 26” 8/10 3 h 48’ 57” 9/10 3 h 49’ 06” 8/10 3 h 50’ 45” 6/10 3 h 50’ 47” 5/10 3 h 54’ 51” 4/10 3 h 55’ 57” 0/10 3 h 59’ 24” 4/10
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Art de vivre
Horlogerie et sport automobile : u n e c o m p l i c i t é a n c e s t ra l e Depuis toujours, l’horlogerie entretient une complicité étroite avec le même souci de la performance et de l’excellence. Aujourd’hui encore, les horlogers les plus prestigieux s’attachent à associer leurs noms aux compétitions sportives historiques comme aux championnats actuels. Joël Chassaing-Cuvillier fait le point.
Depuis longtemps, Chopard est associé à l’organisation des Mille Miglia historiques. Au départ de l’édition 2014, une des trois Jaguar XK120 de l’écurie écossaise de David Murray.
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L’attrait de l’horlogerie pour le monde automobile n’est pas nouveau. Il est même parfaitement logique dans la mesure où les besoins de mesurer les performances passent fatalement par les horlogers. Ce qui est nou-
veau, c’est la prise en main de ce partenariat naturel par les règles strictes du marketing. On est loin aujourd’hui des accords de chronométrage presque amicaux entre Heuer et Ferrari. Il y eut aussi Longines qui fut un
Pour ses débuts dans la Blancpain GT Series, Bentley bénéficie de la complicité de Breitling signée discrètement au flanc de la Continental GT3.
partenaire privilégié de Ferrari puis chronométreur officiel de la F1. Cela jusqu’en 1988, Tag Heuer prenant alors le relais. Dans le même temps, Tag Heuer devient dès 1985 le partenaire de l’écurie McLaren.
Au-delà de l’aspect sportif, la Formule 1 est devenue un spectacle mondial dont les retransmissions télévisuelles assurent environ cinq cents millions de téléspectateurs. Un filon qui n’a pas échappé aux maisons horlo-
gères toujours avides de visibilité pour leurs produits. Très vite, le cercle restreint des acteurs traditionnels s’est agrandi pour accueillir de nouveaux venus. Une marque jeune comme Hublot signe en novembre 2011 un accord de partenariat global avec Ferrari et Luca di Montezemolo. La Big Bang Ferrari Carbon Red Magic devient alors le symbole de ce partenariat. Elle fournit aussi une bonne occasion de mettre en avant le nouveau calibre maison Unico, ainsi que l’utilisation de la fibre de carbone pour la conception de la boîte. À cet égard, nombreuses sont les marques à utiliser le carbone. Qu’il soit moulé, pressé ou usiné, le carbone apporte une caution technique qui rapproche les marques horlogères de la technologie utilisée dans la compétition automobile.
Dans le WEC 2014, les Porsche 919 Hybrid sont estampillées “Chopard” sur leurs rétroviseurs.
263
Marché de l’automobile de collection
D e s r e c o rd s e t d e s d é c e p t i o n s Cette année, les Ferrari se sont arrogé les plus grosses enchères d’un marché qui a pulvérisé tous les records. Cette euphorie dissimule pourtant quelques contre-performances et des résultats mitigés que Sylvain Reisser analyse à l’aune de l’arrivée d’une nouvelle catégorie d’amateurs. L’année 2014 restera dans les annales comme un excellent cru pour le marché des automobiles de collection. Alors que l’euphorie a gagné les principales places financières, que les investisseurs du monde entier n’ont jamais disposé d’autant de liquidités, que les fusions-acquisitions se sont multipliées, le marché des voitures de collection n’a pas donné le moindre signe de fatigue. Au cours de l’année écoulée, il a même paru pris de folie, certains modèles volant de record en record. Les ventes californiennes qui se sont déroulées au mois d’août, en marge des événements de Pebble Beach, ont largement contribué à l’augmentation du montant des échanges enregistrés au cours de l’année 2014. Rien que sur les rives du Pacifique, les ventes ont généré près de 400 millions de dollars de chiffre d’affaires. Contre toute attente, l’enchère la plus élevée de l’année n’est revenue ni à RM Auctions ni à Gooding & Company, mais à Bonhams. La maison londonienne a bluffé son monde en annonçant, un mois et demi avant sa vente de Quail Lodge, qu’elle allait y disperser quelques joyaux de la succession de la collection italienne Maranello Rosso de Fabrizio Violati. Dans une sélection de dix Ferrari figurait une 250 GTO. Et ce qui était prévisible s’est produit. Adjugée 38 115 000 dollars (28 586 250 euros), la pépite italienne n’a pas seulement pulvérisé le record de l’an passé détenu par la Mercedes W196 R (22 701 864 euros). Elle détient désormais le titre de la voiture la plus chère du monde au marteau. Pourtant, à l’issue de la vente, Robert Brooks, le commissaire-priseur, n’affichait pas une mine réjouie. L’opportunité exceptionnelle d’acquérir l’une des trente-six berlinettes de compétition produites entre 1962 et 1964 aurait dû, selon les experts, engendrer un montant plus élevé. Quelques mois auparavant, une autre GTO n’avait-elle pas changé de mains contre la somme mirobolante de 51 millions de dollars ? Certains spécialistes ont estimé que la
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Née en septembre 1962, les 250 GTO n° 3851GT termine 2e au Tour de France, quelques jours après. Reconstruite en 1963 après un grave accident, elle ne participe plus ensuite qu’à des courses mineures.
mise en scène de la vente californienne n’était pas à la hauteur de l’événement, signe de l’importance de la communication dans la réussite d’une vacation. D’autres ont avancé que l’exemplaire mis à l’encan en Californie n’affichait pas le meilleur parcours de la série. La superstition aurait-elle frappé cette voiture, au volant de laquelle Henri Oreiller, le champion olympique de descente à ski devenu pilote, a trouvé la mort lors des Coupes du Salon sur l’autodrome de Linas-Montlhéry ? Privilégiée parmi d’autres, cette explication témoigne de la primauté accordée au pedigree. Chaque vente rappelle qu’une prime est accordée aux automobiles pouvant se prévaloir d’une histoire singulière ou d’un palmarès sans équivalent. C’est ainsi que la Ferrari 275 GTB/4 ayant appartenu à Steve McQueen a atteint l’enchère effarante de 10 175 000 dollars, soit trois fois la cote du modèle. Cette année, plus que jamais, aucune marque n’a pu contester à Ferrari le titre de reine du marché de la collection. Pour une
maison de vente, proposer dans son catalogue un modèle de la marque, de préférence de course ou appartenant à la lignée des 250 ou des 275, était l’assurance de réaliser une belle plus-value. Mais, dans l’ombre de ces machines phares, un certain nombre de modèles considérés jusqu’ici comme secondaires ont suivi le mouvement haussier. A contrario, aussi surprenant que cela puisse paraître, aucun amateur n’a enchéri suffisamment chez Gooding & Company pour que la fascinante 365 P Berlinetta Speciale à conduite centrale, exemple quasi unique de voiture de Salon pour la route, quitte le garage de la famille Chinetti où elle a élu domicile en 1969. Reste que la remise du best of show lors du concours de Pebble Beach à une automobile d’après guerre, en l’occurrence l’unique Ferrari 375 MM Berlinette châssis 0402/AM de 1954, traduit un changement d’ère. Le marché se détourne de plus en plus des modèles d’avant guerre. Ce virage ne relève
PATRIMOINE
pas seulement d’un phénomène générationnel. “À la différence de modèles plus anciens, les machines des années 1950 et 1960 ne requièrent pas une longue éducation. Dans le même temps, le marché se tourne vers des automobiles à la fois plus sportives, plus faciles à conduire et à entretenir”, explique le commissaire-priseur français Hervé Poulain. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir les Aston Martin de l’ère David Brown, les Mercedes-Benz 300 SL, certaines Porsche (les 356 et les 911 d’avant 1974), mais aussi les Lamborghini Miura et les premières Countach s’attirer les faveurs d’une clientèle décidément de plus en plus
internationale. Les Chinois sont néanmoins encore en retrait, faute de pouvoir importer ces véhicules sur leur sol. Si ce verrou venait à tomber, on peut penser que les prix s’envoleraient. Pour le moment, Matthieu Lamoure, directeur du département Motorcars d’Artcurial estime que le marché possède encore une belle marge de progression. “Les modèles à plus d’un million d’euros bénéficient d’un préjugé favorable qui encourage leur hausse”, affirme-t-il. L’essor du marché des voitures de collection n’a pas empêché quelques accidents de parcours. Ainsi, la vente Bonhams lors du Festival of Speed de Goodwood ou encore
celle de Mecum durant la semaine de Pebble Beach ont enregistré des résultats mitigés. Malgré une abondance de liquidités, les acheteurs font preuve de discernement. Beauté, rareté, pedigree : les trois variables d’une adjudication réussie. L’engouement pour les voitures de collection encouragé par l’envolée des prix entretient l’idée chez de nombreux amateurs de longue date que la bulle spéculative guette. Le meilleur moyen de s’en prémunir est de soutenir la notion de plaisir. De ce point de vue, l’explosion des événements et de réunions de voitures anciennes agissent en exutoire de passions contrariées.
TOP 20 DES VENTES DE L’ANNÉE Vingt vedettes mises à l’encan Nous avons sélectionné une vingtaine de modèles de collection qui ont changé de main au cours de l’année écoulée. La liste n’est pas exhaustive et met l’accent autant sur les valeurs sûres que sur les surprises. Les prix ne sont donnés qu’à titre indicatif (un dollar équivaut à 0,75 euro).
1. Ferrari 250 GTO (n° 3851 GT), 1962 28 586 250 euros (38 115 000 dollars) Bonhams, Quail Lodge Carmel, 14 août 2014 Fleuron de la collection Maranello Rosso du regretté Fabrizio Violati, qui la possédait depuis 1965, la seizième GTO produite, n° 3851 GT, a été achetée neuve par Jo Schlesser et Henri Oreiller. Au volant de la berlinette grise, les deux pilotes français se sont classés deuxièmes du Tour de France 1962. Quelques semaines plus tard, lors des Coupes du Salon à Montlhéry, Oreiller trouvait la mort à son volant. 2. Ferrari 275 GTB/C Competizione (n° 6701), 1964, 26 400 000 dollars RM Auctions, Monterey, 16 août 2013 Appartenant à une série d’au moins trois berlinettes aluminium spéciales développées pour défendre les couleurs Ferrari en GT durant la saison 1965, la voiture de la vente n’a jamais été engagée en compétition à l’époque. Propriété de Michel Poberejsky (plus connu sous le pseudonyme de Mike Sparken) pendant vingt-cinq ans, elle appartenait depuis les années 1990 à Brandon Wang. 3. Ferrari 375 Plus Spider Competizione (n° 0384 AM), 1954 13 534 075 euros (10 753 500 livres) Bonhams, Festival of Speed de Goodwood, 26 juin 2014 Pièce maîtresse de l’histoire de la marque au cheval cabré, ce spider équipé d’un V12 de 4,9 litres et portant la signature du carrossier Pinin Farina est l’une des cinq machines engagées par l’usine Ferrari durant la saison 1954. À son volant, José Froilán Gonzáles a remporté une course à Silverstone en ouverture du Grand Prix.
4. Ferrari 250 GT Spider California (n° 2903 GT), 1961 11 500 000 euros (15 180 000 dollars) Gooding & Company, Pebble Beach, 17 août 2014 Parmi les décapotables les plus désirables, le Spider California s’est imposé comme une valeur sûre de la collection ces dernières années. Proposé à la vente pour la première fois depuis quatorze ans, cet exemplaire est l’un des rares à posséder un hard-top d’origine.
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Une année de rendez-vous
La vie du passionné a u fi l d e l ’ a n n é e Outre Le Mans Classic, le concours de Chantilly, l’exposition du musée d’Art moderne d’Atlanta et celle de la lustrerie Mathieu à Gargas, qui font l’objet d’un sujet dans les pages précédentes, l’agenda de l’amateur éclairé a été ponctué de nombreux événements en 2014. En voici une sélection retenue par Serge Bellu. “LUMIÈRES SUR CES PASSIONNÉS CRÉATEURS DE BOLIDES”, GARGAS, DU 13 DÉCEMBRE 2013 AU 19 JANVIER 2014
de voitures rarissimes extraites des garages des maharadjahs et réunies ici avec la complicité de notre collaborateur Gautam Sen.
AMELIA ISLAND CONCOURS, DU 7 AU 10 MARS 2013
Troisième exposition réalisée dans le cadre de la lustrerie de Régis Mathieu, dans le Vaucluse, elle fait la lumière sur des artisans français singuliers. Voir sujet complet pages 252 à 257.
CAVALLINO CLASSIC, PALM BEACH, DU 23 AU 26 JANVIER 2014 Dans le cadre du Breakers Resort Hotel, le traditionnel concours d’élégance dédié au cheval cabré, qui en est à sa vingt-troisième édition, démarre la saison en célébrant le cinquantenaire de la saga des Ferrari 275 GTB. Deux best of show sont désignés : dans la catégorie compétition, il est attribué à la Ferrari 166 Spyder Corsa n° 016/I de Scott George ; dans la catégorie Gran Turismo, il est revenu à une 400 Superamerica.
Parmi les joyaux des maharadjahs, la RollsRoyce Sports Phantom n° 17EX carrossée chez Jarvis en 1928 à l’attention de Shiman Rajrajeshwar Mahararajadhiraj Sri Sir Hari Singh Indar Mahindar Bahadur, maharadjah du Jammu-et-Cachemire.
Deux récompenses pour deux types d’automobiles très différentes sont remises ici : pour
La 4 CV métamorphosée par le pilote Louis Rosier présentée à la lustrerie Mathieu de Gargas.
VENTE INAUGURALE RM AUCTIONS, PARIS, 4 ET 5 FÉVRIER 2014 La maison de vente canadienne a choisi le Festival automobile international pour organiser sa première vacation sur le territoire français. C’est en effet au lendemain de l’exposition de concept cars, sur le site superbe de l’hôtel des Invalides, qu’une kyrielle de pièces historiques ont été dispersées. Le record a été enregistré par une Jaguar D-Type (n° XKD520) adjugée 3,7 millions d’euros.
RÉTROMOBILE, PARIS, DU 5 AU 9 FÉVRIER 2014
Les adorateurs du Cavallino fêtent en 2014 la naissance de la lignée des 275 GTB.
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Brocanteurs, clubs de marques, galeries d’art, constructeurs, marchands et musées se côtoient pour façonner l’une des expositions les plus attachantes du calendrier. Placée sous la direction de François Melcion, l’édition 2014 montrait une magnifique sélection
La Jaguar D-Type n° XKD520 est un exemplaire au nez court faisant partie de la série destinée aux clients.
PATRIMOINE
Toutes les occasions sont bonnes pour évoquer les bolides de la grande époque des Flèches d’argent, qui, hélas, coïncide avec la montée du nazisme.
pages qui ont parcouru près de 2 200 km, alternant épreuves spéciales, courses sur circuits et parcours de liaison. Départ de Paris dans le cadre du Grand Palais pour rejoindre Marseille, après des étapes à Orléans, Vichy, Albi, La Rochelle et Limoges.
GRAND PRIX HISTORIQUE DE MONACO, MONTE-CARLO, DU 9 AU 11 MAI 2014 l’élégance, l’imposante Horch 853 de Bob Brockington (1937) ; pour le sport, la belle Scarab Mark II de Miles C. Collier (1958).
TECHNO CLASSICA, ESSEN, DU 26 AU 30 MARS 2014 Vingt-sixième édition pour la grande foire de l’automobile ancienne au cœur du land de Rhénanie du Nord. Techno Classica est toujours aussi démesurée par le nombre de ses exposants (mille deux cent cinquante, venus de trente nations) et la profusion de voitures de collection (plus de deux mille cinq cents !). Sur 4 800 m2, Mercedes-Benz y célébrait cent vingt ans d’action dans l’histoire du sport automobile avec une trentaine de vieilles gloires, la plus ancienne étant une Simplex du début du XXe siècle.
TOUR AUTO OPTIC 2000, DE PARIS À MARSEILLE, DU 7 AU 12 AVRIL 2014 La traditionnelle classique française a réuni cette année plus de deux cent quarante équi-
Neuvième édition pour ce Grand Prix soutenu par Chopard et organisé tous les deux ans depuis 1997, deux semaines avant le Grand Prix de Formule 1. Comme à l’accoutumée, une belle sélection de monoplaces de toute époque ont repris la piste à travers la ville. Avec, cette année, une mention spéciale pour Renault qui a invité Alain Prost à s’installer dans le baquet d’une RE40 de 1983.
La Jaguar C-Type (n° XKC005), préparée par JD Classics, a fait grosse impression dans les rues de la Principauté où elle courut ici même en 1952 entre les mains de son propriétaire, Tommy Wisdom.
DREAM CARS : INNOVATIVE DESIGN, VISIONARY IDEAS, ATLANTA, DU 21 MAI AU 7 SEPTEMBRE 2014
MILLE MIGLIA, BRESCIA, DU 13 AU 18 MAI 2014
Le High Museum of Art d’Atlanta présente une exposition consacrée aux concept cars et autres voitures extraordinaires. Voir sujet complet pages 282 à 287.
Ressuscitée en 1977 et devenue annuelle en 1986, la course historique a été prolongée d’une journée pour son édition 2014. Elle est partie le jeudi de la viale Venezia, à Brescia, puis fit escale à Padoue, Rome et Bologne pour un retour à Brescia le dimanche. La firme Mercedes-Benz, victorieuse ici en 1931 avec un modèle SSK mené par Rudolf Caracciola et Wilhelm Sebastian et en 1955 avec la 300 SLR de Stirling Moss et Denis Jenkinson, a toujours été très impliquée dans la course. Elle l’était encore plus cette année pour fêter cent vingt ans de compétition au plus haut niveau.
Une occasion rare de retrouver sous le même toit des voitures de rêve échappées des années 1950. Au premier plan, la Cadillac Cyclone.
La veille du départ, les concurrents du Tour auto se rassemblent dans le cadre grandiose du Grand Palais, à Paris.
Les paysages bucoliques traversés par les Mille Miglia historiques participent à son succès.
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2014/15
Pour sa soixante-deuxième édition, L’Année Automobile vous invite à revivre les événements qui ont marqué la vie de l’automobile en 2014. L’industrie automobile commence doucement à reprendre vigueur. Parmi les nouveautés, la voiture électrique reste anecdotique, tandis que le moteur thermique poursuit sa progression. Du côté des concept cars, les constructeurs préfèrent désormais les projets réalistes qui annoncent des modèles de série. Le sport automobile a, quant à lui, été marqué par les modifications technologiques imposées à la Formule 1 : adoption d’un V6 et restriction de carburant. La révolution écologique est en marche, ce qui ne pouvait que changer la hiérarchie entre les équipes et sacrer Mercedes AMG au
championnat des constructeurs 2014. L’endurance a aussi été chamboulée par la création du Blancpain GT Series et une nouvelle victoire de Audi aux 24 Heures du Mans. Quant aux rallyes, la suprématie de Sébastien Ogier sur Volkswagen n’est pas sans rappeler celle de son ancien leader chez Citroën. Cette année, l’automobile était également à l’honneur de plusieurs expositions : les futuristes au Guggenheim ou encore Dream cars à Atlanta. Preuve en est que le secteur automobile soulève des questionnements au sein du monde des arts. Le milieu de la collection a une fois de plus fait tourner les têtes avec la vente d’une Ferrari 250 GTO, adjugée à près de 29 millions d’euros. Une année riche en sensations.
ISBN : 979-10-283-0024-1
9 791028 300241
L’Année Automobile
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