«LâĂ©quitĂ©, ce nâest pas lâĂ©galitĂ©. Nous voulons donner les mĂȘmes chances Ă tout le monde.»
Thiébaud Groner, Baxter
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«LâĂ©quitĂ©, ce nâest pas lâĂ©galitĂ©. Nous voulons donner les mĂȘmes chances Ă tout le monde.»
Thiébaud Groner, Baxter
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Le consensus est gĂ© nĂ©ral. En cette pĂ©riode de pĂ©nurie des talents, il faut que le travail ait du sens. Pour attirer les candidats. Pour retenir les salariĂ©s. En mĂȘme temps, ce sens est la pierre angulaire de toute politique qui vise Ă favoriser le bien-ĂȘtre du personnel. Mieux, qui cherche Ă installer les conditions du bonheur au travail. Lors de notre table ronde consacrĂ©e au sujet (lire page 20), Eva Deschans (AG Health Partner), affirme dâailleurs que le sens constitue l'une des quatre dimensions de l'Ă©panouissement professionnel, la plus importante, comme la cerise sur le gĂąteau.
ployeurs mettent l'accent sur ce fameux sens, leur personnel ne semble pas y accorder la mĂȘme im portance.
Difficile de trancher ce dĂ©bat. Une chose est sĂ»re: si l'on veut prĂ©server le bien-ĂȘtre des salariĂ©s et en mĂȘme temps, mais les deux sont liĂ©s, conserver ses meilleurs Ă©lĂ©ments, il y a d'autres pistes Ă explorer. On parle beaucoup pour le moment de leadership bienveillant. Sarah Neumann, spĂ©cialiste du changement dans les organisations, prĂ©fĂšre l'appeler au trement: le leadership apprĂ©ciatif (page 18).
Denis Pennel (page 28) se demande ce pendant si ce critÚre est vraiment si fonda mental pour les travailleurs. McKinsey a répertorié les raisons qui ont conduit des salariés à démissionner. Le manque de sens dans le travail arrive en quatriÚme position. Et quand on demande aux salariés ce qu'ils apprécient le plus dans leur job, le sens arrive en septiÚme position, bien aprÚs la stabilité, le salaire, l'équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle⊠«On note par ailleurs des différences minimes entre les générations», affirme-t-il. Autrement dit, alors que les em
En un mot, le leadership apprĂ©ciatif sti mule les Ă©quipes en se focalisant sur les rĂ©us sites, les ressources et les forces en prĂ©sence. «Le monde du travail est bouleversĂ© par les phĂ©nomĂšnes sociĂ©taux et se heurte Ă des styles de management des organisations qui datent de lâĂšre de lâindustrialisation et ne sont plus adaptĂ©s aux besoins dâaujourdâhui», dit-elle. «Plus que jamais nous avons besoin de projets positifs, Ă forte valeur ajoutĂ©e. Des projets qui fĂ©dĂšrent et cherchent la performance col lective pour mieux rĂ©pondre aux enjeux du moment.» Bonheur? Sens? Au minimum, ĂȘtre apprĂ©ciĂ© pour son travail est un premier pas dont tout le reste dĂ©coulera. ¶
ââLe sens du travail est-il vraiment un critĂšre dĂ©cisif?ââ
Animatrice: Lisbeth Imbo
«L'Ă©quitĂ©, ce n'est pas l'Ă©galitĂ©. Nous voulons donner les mĂȘmes chances Ă tout le monde.»
Thiébaud Groner,
INSIDE
Jana Willems, Building Group Jansen
La politique de Baxter
WOMEN
La SNCB cherche des femmes
L'inclusion, source d'innovation
BIENVEILLANCE
La voie du leadership appréciatif
TABLE RONDE
Le bonheur au travail
Le rĂŽle de la culture
MARCHĂ DU TRAVAIL
La grande divergence Tech
TABLE RONDE
La numérisation en marche
SCIENCE
Les situations fortes
HEUREUX Ă LA MAISON
Heureux au travail
FORMATION
Le piĂšge des mythes
La chronique des avocats de DLA Piper
«Un bon leader fera une équipe solide. Le bonheur au travail devient alors une conséquence logique.»
Ingrid Larik, Broederlijk Delen
«Je constate une grande divergence entre les attentes des travailleurs et celles des employeurs.»
Denis Pennel
«Il est normal qu'un mana ger demande à ses collaborateurs comment ils vont.»
Danser, bouger, voilĂ ce qui me rend heureuse. L'Ă©tĂ© dernier, vous auriez pu me croiser dans des festivals comme Rock Werchter, Extrema Outdoor, l'Afro-Latino Festival ou le Pukkelpop. Dans les espaces attitrĂ©s, comme les Boiler Rooms ou les Dance Halls, les rythmes et les beats vous transportent corps et Ăąme. J'ai une personnalitĂ© extravertie, sociale et spontanĂ©e. Je me rends dans les festivals avec des amies du mĂȘme calibre. Nous sommes tout feu tout flamme.
Mon cĂŽtĂ© enthousiaste, positif et Ă©nergique se rĂ©vĂšle le plus vivement dans les festivals. Ces moments sont des soupapes qui me permettent de lĂącher prise, d'oublier le travail. Nous rions, nous dansons et nous goĂ»tons le plaisir d'ĂȘtre ensemble. Je suis exactement la mĂȘme lors des fĂȘtes d'entreprise: je parle Ă tout le monde, j'entraĂźne mes collĂšgues vers la piste de danse. Plus question de timiditĂ© ou d'apprĂ©hension. Chacun peut se montrer tel qu'il est. Dans leur travail aussi, j'encourage mes collĂšgues Ă passer Ă l'action. Les erreurs sont toujours autorisĂ©es. Ă quel estival pourrais-je comparer mon employeur? Ă Tomorrowland, sans aucun doute: soyez crĂ©atif et ambitieux, toutes les idĂ©es sont les bienvenues, the sky is the limit.
J'aime favoriser l'authenticité au travail, il est permis de dévoiler sa vulnérabilité. Un exemple, mon pÚre est trÚs malade. Il souffre d'un cancer à un stade avancé. Le CEO est de mon cÎté: il a soutenu mon souhait de travailler provisoirement à temps partiel . Je peux ainsi passer plus de temps avec mon pÚre pour le conduire à l'hÎpital. Au bureau, nous avons installé une culture de liberté de parole. Il est trÚs courant pour les managers de demander à leurs collaborateurs comment ils se sentent.
Mon pÚre est un exemple pour moi. Il a toujours travaillé dur et m'a encouragée à viser haut, à avoir de l'ambition et à faire ce qui me plaßt. Comme lui, j'essaie d'avoir un impact sur ceux qui m'entourent, pour que chacun puisse exprimer ce qu'il a au plus profond de lui.
Ce talent, je l'utilise dans la GRH mais aussi dans mon hobby de styliste de mode. J'aide mes clientes Ă retrouver leur confiance en elles. Il ne faut pas nĂ©cessairement se soumettre Ă un rĂ©gime draconien ou respecter un programme d'entraĂźnement Ă©puisant pour avoir une belle silhouette. Quand vous faites attention Ă votre style, vous gagnez en assurance, y compris dans l'environnement professionnel . Le plus formidable, c'est que vous pouvez soigner votre apparence tout en restant vous-mĂȘme. ¶
texte: gert verlinden / photo: wouter van vaerenbergh ID â FONCTION Head of HR, Building Group JansenComme de nombreuses multinationales amĂ©ricaines, Baxter a mis au point une politique de diversitĂ© et dâinclusion trĂšs stricte, basĂ©e sur des objectifs chiffrĂ©s et des quotas. Politique quâil est difficile de transposer telle quelle en Europe. ThiĂ©baud Groner , Diversity, Equity & Inclusion Program Manager, prĂ©fĂšre insister sur la richesse des diffĂ©rences culturelles. Et choisir la voie de la sensibilisation. texte: françois weerts / photos: wouter van vaerenbergh
Que signifie la diversité pour Baxter?
ThiĂ©baud Groner: «La stratĂ©gie globale de lâentreprise est basĂ©e sur sa vision: sauver et prĂ©server les vies. S'y ajoutent une sĂ©rie de valeurs et parmi elles, il y en a trois qui ont fait leur apparition il y a quelque temps: la diver sitĂ©, l'Ă©quitĂ© et l'inclusion. Nous donnons une dĂ©finition large au concept de diversitĂ©. Il s'agit de l'Ă©ventail de per sonnes qui travaillent dans l'entreprise, de leur genre, de leurs origines, de leur orientation sexuelle, de leurs opi nions, de leur expĂ©rience, de leur secteur d'origine. Ainsi, nous ne cherchons pas exclusivement des spĂ©cialistes du monde pharmaceutique, nous voulons aussi attirer ceux et celles qui proviennent du secteur de l'Ă©nergie, des produits de grande consommation ou de l'univers des start-ups.»
Pourquoi avoir insĂ©rĂ© lâĂ©quitĂ© parmi la diversitĂ© et lâinclusion?
ThiĂ©baud Groner: «L'Ă©quitĂ©, ce n'est pas l'Ă©galitĂ©. Nous voulons donner les mĂȘmes chances Ă tout le monde. Ici, ce qui compte, c'est l'impartialitĂ© dans le traitement de cha
cun. Une impartialitĂ© stricte. Disons qu'un poste se libĂšre et que dans le dĂ©partement, une salariĂ©e semble tout in diquĂ©e pour l'occuper. Notre exigence d'impartialitĂ© peut aboutir Ă lancer un appel plus large aux candidatures. L'inclusion, elle, renvoie au sentiment d'appartenance. Ce besoin est fondamental pour l'ĂȘtre humain, surtout pour les plus jeunes: nous voulons faire partie d'un ensemble, d'un collectif, qui nous accepte et qui nous accueille.»
Quelles sont les conditions dâune bonne politique de diversitĂ©, dâĂ©quitĂ© et dâinclusion?
ThiĂ©baud Groner: «Un sujet est central dans cette thĂ© matique: la sĂ©curitĂ© psychologique. Quand on se sent en confiance, toute discussion peut ĂȘtre entamĂ©e, toute ac tion peut ĂȘtre lancĂ©e. Dans le contexte de crise que nous connaissons, cette sĂ©curitĂ© est d'autant plus importante. DeuxiĂšme condition: l'engagement des Ă©quipes de lea dership Ă tous les niveaux. Y compris au niveau local, les responsables doivent ĂȘtre conscients de l'importance de la diversitĂ© et de l'inclusion. Ils doivent y croire!»
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à Lessines, un millier de personnes produisent des poches de nutrition pour les prématurés et les patients en coma. Le site comprend aussi un centre logistique qui emploie deux cents opérateurs. Enfin, quatre cents personnes travaillent au siÚge de Braine-l'Alleud.
ThiĂ©baud Groner â FONCTION Diversity, Equity & Inclusion Program Manager de Baxter pour l'Europe, le MoyenOrient et l'Afrique
Quels sont vos grands objectifs?
ThiĂ©baud Groner: «D'abord, nous encourageons les lea ders Ă utiliser le prisme de la diversitĂ©, de l'Ă©quitĂ© et de l'inclusion dans toutes leurs dĂ©cisions. Ils doivent valori ser au mieux le mĂ©lange d'expĂ©riences et de profils dans leur Ă©quipe. Ils doivent aussi se demander s'ils n'excluent personne. Baxter s'est fixĂ© des objectifs chiffrĂ©s prĂ©cis. Ă l'horizon 2030, nous devons compter au minimum 40% de femmes parmi les directeurs et les vice-prĂ©sidents. Par ailleurs, les Ă©quipes de direction doivent aussi ĂȘtre compo sĂ©es d'un quart de reprĂ©sentants des minoritĂ©s ethniques. Pour le premier objectif, l'Europe y est presque. Pour le second, nous avons un effort Ă faire puisque nous n'uti lisons aucun systĂšme de quotas. Ce qui complique notre intervention.».â
Lâapproche amĂ©ricaine est donc diffĂ©rente?
ThiĂ©baud Groner: «Nos collĂšgues amĂ©ricains sont centrĂ©s sur l'efficacitĂ©, ils apprĂ©cient les objectifs chiffrĂ©s et l'obli gation de rĂ©sultat. Comme la politique des quotas n'est pas possible dans nos pays, notre marge de manĆuvre est assez limitĂ©e. Autre diffĂ©rence avec les Ătats-Unis, notre approche ne repose pas sur des bases raciales. Ce n'est pas dans notre culture et la problĂ©matique est trĂšs diffĂ©rente. Ce serait dâailleurs difficile Ă mettre en Ćuvre puisque la sphĂšre de notre intervention recouvre une zone gĂ©ogra phique Ă©tendue, l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Autrement dit, un groupe minoritaire en Belgique sera majoritaire au Maroc, par exemple.»
Pas de quota non plus pour les femmes?
ThiĂ©baud Groner: «Non, nous promouvons la diversitĂ© des genres dans le cadre des candidatures mais la dĂ©ci sion finale appartient toujours au manager en charge du recrutement. Nous nous contentons de proposer une pa lette diverse de candidats. Ă eux de trancher. Bien sĂ»r, cette mĂ©thode nous interdit d'obtenir des rĂ©sultats chiffrĂ©s Ă court terme. Nous devons donc travailler beaucoup plus. Pour prĂ©ciser les choses, si nous nâimposons pas de quo tas, nous avons une exigence: quand on recrute pour un poste de direction ou de vice-prĂ©sident(e), nous voulons que la short list des candidats soit composĂ©e pour moitiĂ© de femmes. MĂȘme si cette liste comprenait deux hommes exceptionnels, nous rĂ©clamons d'y ajouter deux femmes tout aussi valables. Nous n'hĂ©siterons pas Ă rouvrir le pro cessus. AprĂšs, c'est au meilleur, ou Ă la meilleure, d'ĂȘtre choisi(e). Le manager conserve le droit de dĂ©cision. Nous avons lâintention dâĂ©tendre cette approche Ă dâautres fonc
tions. Cela dit, ce n'est pas toujours facile. Il y a une guerre des talents et les profils sont parfois trÚs rares.»
Comment vous assurez-vous dâĂȘtre sur la bonne voie? ThiĂ©baud Groner: «Baxter a créé un conseil de la diver sitĂ©, de l'Ă©quitĂ© et de l'inclusion pour l'Europe, le MoyenOrient et l'Afrique. Il est composĂ© de dix personnes et vĂ©rifie que nous atteignions nos objectifs. Il est chargĂ© aussi d'identifier les freins. En plus de reprĂ©sentants de la communication et des ressources humaines, il com prend les responsables de cinq Business Resources Groups (BRG), des groupes de rĂ©seautage internes pilotĂ©s par employĂ©s volontaires sur des thĂ©matiques prĂ©cises. La crĂ©ation de ces groupes est proposĂ©e et encouragĂ©e par l'entreprise. Mais ils reposent sur des individus passion nĂ©s, qui se dĂ©vouent au niveau local. Un groupe notam ment s'intĂ©resse aux jeunes professionnels. Ceux-lĂ ont des besoins diffĂ©rents, il faut les accrocher et les retenir. Ils ne se contentent plus d'une relation purement tran sactionnelle, faire un certain travail en Ă©change d'un certain salaire. Ce groupe organise des activitĂ©s qui leur sont destinĂ©es. Des confĂ©rences, par exemple. Il a lancĂ© aussi une action spĂ©ciale: le reverse mentoring. L'idĂ©e est d'apparier chaque vice-prĂ©sident avec un salariĂ© de 22 Ă 30 ans. Cet Ă©change avec un jeune permet au responsable d'apprendre beaucoup de choses.»
Existe-t-il un groupe de ressources pour les femmes?
ThiĂ©baud Groner: « LâAlliance for Baxter Women dĂ© fend plus particuliĂšrement le leadership des femmes. Cette alliance est trĂšs active en Belgique. Elle illustre aussi le fonctionnement de ces Business Resources Group qui sont rĂ©partis en chapitres. Certains peuvent com prendre une soixantaine de volontaires et disposent d'un budget pour monter leurs actions. Le groupe des femmes est constituĂ© de 40 chapitres dans notre zone gĂ©ographique et a menĂ© plusieurs actions intĂ©ressantes. Notamment des sĂ©ances d'impro centrĂ©e sur la vie en en treprise, Ă l'image de ce que l'on fait avec des comĂ©diens professionnels. On imagine des situations et les colla borateurs doivent alors jouer des rĂŽles. C'est trĂšs enri chissant. Autre initiative: l'empowerment des femmes qui occupent dĂ©jĂ une fonction de direction pour les aider Ă aller plus loin. La GRH avait lancĂ© un programme sur ce sujet il y a cinq ans mais le relais a Ă©tĂ© partialement pris par ce groupe. Aujourd'hui, cette initiative venue
«Nous envisageons la diversité trÚs largement: du genre aux opinions, en passant par le secteur d'origine.»
Thiébaud Groner
«L'Ă©quitĂ©, ce n'est pas l'Ă©galitĂ©. Nous voulons donner les mĂȘmes chances Ă tout le monde.»
ThiĂ©baud Gronerdu terrain renforce l'action de l'entreprise. Les synergies sont rĂ©elles. Jâinsiste sur le sujet de l'empowerment des femmes. Souvent, leur accession Ă des postes Ă responsa bilitĂ© se heurte Ă un problĂšme: certaines ne s'en sentent pas capables. Pour des raisons variĂ©es, parce qu'elles redoutent de se confronter Ă un monde trop masculin, parce qu'elles ne croient pas possĂ©der les codes nĂ©ces saires⊠Il faut donc les convaincre du contraire et les accompagner. Les aider Ă prendre confiance en elles. Nous y travaillons.»
Quels sont les autres groupes?
Thiébaud Groner: «Il y en a un qui se consacre aux personnes handicapées. Ici, il ne s'agit pas simplement de prévoir les aménagements nécessaires pour facili ter l'accÚs de nos bùtiments. Nous travaillons sur pro gramme centré sur la neurodiversité qui nous conduit notamment à nous demander comment intégrer les personnes autistes. Un autre groupe, le réseau multi culturel, célÚbre explicitement la diversité des origines. En ce mois d'octobre par exemple nous organisons dans notre siÚge de Braine-l'Alleud une semaine interne de la diversité. Pour découvrir la culture des collÚgues, notre cafétéria propose des plats venant de 25 cuisines différentes. J'ajoute que notre siÚge emploie 32 natio
nalités différentes. Les actions du réseau multiculturel ne se limitent pas à ces explorations culinaires. Ainsi, il a monté un programme pour expliquer aux managers ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils doivent surtout éviter quand ils gÚrent une équipe multidisciplinaire. Ici aus si, la synergie avec la GRH est étroite.»
Rencontrez-vous des limites dans lâaction de ces groupes de ressources?
ThiĂ©baud Groner: «Oui, bien sĂ»r, la diversitĂ© et l'in clusion ne peuvent se dĂ©cliner de la mĂȘme maniĂšre dans tous les pays. Il faut tenir compte des sensibilitĂ©s locales. C'est le cas du groupe chargĂ© d'attirer l'attention de notre entreprise sur les personnes et alliĂ©s LGTBQIA+. Nous avions pour projet, lors du Pride Month â le mois de juin, dâarborer le drapeau arc-en-ciel sur la façade de tous nos siĂšges en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Cela s'est avĂ©rĂ© impossible Ă mettre en Ćuvre dans certaines rĂ©gions peu tolĂ©rantes. Nous prĂ©fĂ©rons alors miser sur la prise de conscience et sur lâentraide. Par exemple, via des lignes tĂ©lĂ©phoniques de soutien ou par la dĂ©signation de confiance. Dans ces cas-lĂ , notre objectif est plus modeste: il s'agit de crĂ©er un espace de travail sĂ»r pour tout le monde. Nous ne pouvons pas changer la sociĂ©tĂ© mais nous pouvons avoir un impact sur elle. Plus gĂ©nĂ©ralement, nous voulons travailler en faveur des communautĂ©s locales. C'est une approche trĂšs amĂ©ricaine mais nous l'encourageons aussi dans nos pays. RĂ©cemment, avec lâaide dâune ASBL d'An derlecht, j'ai invitĂ© 25 jeunes de quartiers dĂ©favorisĂ©s Ă assister Ă une confĂ©rence de TEDx Bruxelles. Ceci pour Ă©largir leurs horizons, pour les inspirer. Une initiative Ă rĂ©pĂ©terâŠÂ»
Vous parliez de pĂ©nurie de main-dâĆuvre. Comment Ă©viter les effets indĂ©sirables dâune politique de la diversitĂ©?
ThiĂ©baud Groner: «Nous devons ĂȘtre prĂȘts Ă adoucir certains critĂšres. Quinze ans d'expĂ©rience sont deman dĂ©s? Dix annĂ©es suffisent peut-ĂȘtre. On peut choisir de dĂ©velopper les talents, de centrer nos recrutements sur la capacitĂ© Ă progresser. Ă cet Ă©gard, nous partageons les rĂ©cits de succĂšs de profils atypiques, comme une vice-prĂ©sidente venue du secteur de l'aviation. Ou une opĂ©ratrice qui a pris la direction d'une usine. Finale ment, on en revient au principe de la sĂ©curitĂ© psycholo gique. Elle contient l'idĂ©e que l'on peut avoir de lâaudace parce quâil nâest pas interdit de se tromper.» ¶
La SNCB a lancĂ© cet Ă©tĂ© Women in Rail. Une campagne volontariste qui renforce sa marque dâemployeur et sâinscrit dans une politique structurĂ©e de la diversitĂ©.
Women in Rail est une campagne publicitaire qui cherche Ă attirer des femmes pour des fonctions qui ne semblent pas faites pour elles. Cette opĂ©ration illustre la politique structurĂ©e de diversitĂ© et dâinclusion de la compagnie. Depuis 2018, câest Marieke Arnou qui est lâexperte du domaine pour la SNCB. Elle rend compte devant un comitĂ© spĂ©cial, sous la conduite de la DRH Petra Blanckaert, qui comprend les responsables de chaque business unit. Objectif? Stimuler une culture inclusive auprĂšs des 17.500 travailleurs de l'entreprise.
La politique de diversitĂ© et dâinclusion sâappuie sur trois piliers. «Nous voulons garantir des chances Ă©gales pendant toute la carriĂšre de nos employĂ©s. Notre personnel doit reflĂ©ter la diversitĂ© que nous observons parmi nos voyageurs.
Enfin, nous nous efforçons de mettre en place une culture inclusive qui permette Ă chacun de se sentir Ă lâaise», explique Marieke Arnou.
La compagnie ferroviaire nâĂ©chappe pas au vieillissement de la population et Ă taux de dĂ©parts Ă©levĂ©. «Pour lâannĂ©e 2022, nous devons engager 1.300 nouveaux collĂšgues. Ce qui nous force Ă toucher tous les talents disponibles et Ă nous assurer quâils restent chez nous.»
La SNCB souhaite que son personnel soit à l'image de la diversité de la population belge. Marieke Arnou: «Pour savoir si nous y parvenons vraiment, nous avons besoin de données.»
Afin de cartographier la diversitĂ©, la SNCB analyse des paramĂštres classiques comme le genre, lâĂąge, lâorigine et le handicap. «Nous le faisons par business unit, par niveau de leadership, par catĂ©gorie professionnelle, etc.»
Mais quand on veut classer la population sur la base de lâorigine et du handicap, on ne peut pas faire n'importe quoi. «La trĂšs grande majoritĂ© de notre personnel possĂšde la nationalitĂ© belge, mais cette information ne vous fournit pas nĂ©cessairement une reprĂ©sentation prĂ©cise de la rĂ©alité», souligne Marieke Arnou. «La nationalitĂ© ne dit rien de lâorigine. Or, nous voulons disposer de chiffres objectifs Ă cet Ă©gard. Nous les avons obtenus grĂące Ă un Ă©change de donnĂ©es anonymes avec la Banque-Carrefour de la SĂ©curitĂ© sociale. Selon les critĂšres
«Une campagne de communication pour attirer des profils plus diversifiés n'est pas suffisante en soi.»
Marieke Arnou, SNCBtexte: jo cobbaut / photo: wouter van vaerenbergh
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Marieke Arnou est experte en diversité et en inclusion à la SNCB. Elle a commencé sa carriÚre chez Unia, aprÚs des études en langues et cultures africaines. Elle a pris en charge des dossiers de discrimination dans le cadre de procédures de médiation et de pratiques réparatrices.
officiels, vous ĂȘtes dâorigine belge si vos deux parents et vous-mĂȘmes ĂȘtes belges et quâen plus, cette nationalitĂ© est la premiĂšre consignĂ©e dans le registre national.»
RĂ©unir des renseignements sur le nombre de personnes qui ont un handicap est encore plus difficile. Marieke Arnou: «Les chiffres sont Ă©parpillĂ©s et ne donnent quâune image limitĂ©e. LâONU applique une dĂ©finition trĂšs large de la notion de handicap. Nous prenons aussi en compte les salariĂ©s qui ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s dĂ©finitivement inaptes pour des raisons mĂ©dicales. Ils bĂ©nĂ©ficient dâun accompagnement de notre
Centre des talents qui leur cherchent un autre job dans notre entreprise. Nous voulons donc aller plus loin que la définition du handicap officiellement reconnu.»
Bien sĂ»r, les chiffres ne sont pas tout. La SNCB organise rĂ©guliĂšrement des sĂ©minaires avec le management et sur le terrain. LâenquĂȘte du personnel de la SNCB sonde Ă©galement lâinclusivitĂ© de lâentreprise.
Sur la base de ces analyses, la SNCB a lancé un plan de diversité 20192021 qui a réuni plusieurs actions concrÚtes. Un deuxiÚme plan a été inauguré en juin 2022. «Une campagne de communication pour attirer des profils plus diversifiés n'est évidemment pas suffisante en soi», précise Marieke Arnou. «Nous organisons des actions dans plusieurs domaines.» En matiÚre de formation, les managers et les professionnels RH ont pu affûter leurs compétences en inclusion par le biais de séminaires, de webinaires et de cours à distance. La SNCB a développé aussi des directives et des procédures sur la transition de genre au travail, l'utilisation d'un vocabulaire non genré, le port de symboles religieux, les adaptations raisonnables par rapport aux handicaps, etc.
Les formations s'appuient toujours sur des cas concrets et sont centrées sur l'expérience. «Par rapport à l'accessibilité des gares pour les personnes à mobilité réduite, la SNCB a imaginé, avec des ASBL externes, une mise en situation ludique pour les designers», explique Marieke Arnou. «On leur a demandé de réaliser en petits groupes des
tùches dans une gare et chacun se voyait attribuer un handicap. Ils pouvaient ainsi se rendre compte de ce que cela représente d'aller aux toilettes, de changer de quai⊠Ils ont discuté ensuite de leur expérience avec des experts. Cet exercice a eu beaucoup d'impact.»
Pour ce genre de projets, la SNCB s'adresse gĂ©nĂ©ralement Ă des partenaires extĂ©rieurs. Marieke Arnou: «En collaborant avec des partenaires spĂ©cialisĂ©s, vous ĂȘtes en mesure d'aller plus loin dans votre politique de diversitĂ©. Vous entrez Ă©galement en contact avec des groupes que vous ne touchiez pas jusqu'alors. Un exemple: dans nos deux ateliers techniques de Bruxelles, nous avons organisĂ© des sessions destinĂ©es Ă des jeunes qui n'ont pas les diplĂŽmes requis mais qui ont des affinitĂ©s avec la technique. Une initiative mise sur pied avec Actiris et Bruxelles Formation.»
Tous ces efforts ont déjà donné des résultats: ainsi, les femmes représentent désormais prÚs de 20% du personnel de la SNCB, contre 17% en 2019 avant le lancement du plan d'action et 14% en 2015. Depuis, l'entreprise a été récompensée pour sa politique de diversité: la campagne de l'année derniÚre a reçu l'Award fédéral de la diversité et de l'inclusion. Et en février, la compagnie a obtenu le label bruxellois de diversité décerné par Actiris. «Nous sommes heureux de ces résultats mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Nous allons poursuivre nos actions dans les prochaines années.» ¶
Il y a beaucoup de diffĂ©rences entre Karin Bastin, HR Country Manager de GE Healthcare, et son stagiaire, Yousef Eid Ce sont ces diffĂ©rences qui sont intĂ©ressantes. Le stagiaire personnifie la vision de l'inclusion et de la diversitĂ© de lâentreprise; la responsable RH s'inspire de ses idĂ©es et de sa sensibilitĂ©. texte: gert verlinden
Yousef Eid, étudiant en management dans une haute école anversoise (Karel De Grote Hogeschool), a fait un stage dans l'équipe de Karin Bastin. Le sujet de sa thÚse? Comment la GRH peut-elle favoriser l'empowerment. Conclusion? La diversité et l'inclusion sont des outils puissants pour permettre aux salariés de déployer leurs forces et leurs talents.
Pour ĂȘtre prĂ©cis, Karin Bastin donne dĂ©libĂ©rĂ©ment la premiĂšre place Ă l'inclusion, devant la diversitĂ©. Selon elle, attirer les meilleurs talents ne suffit pas. Il faut s'assurer qu'ils puissent apporter leur contribution parce que chaque petite idĂ©e peut avoir un impact Ă©norme pour l'organisation. De plus, elle est convaincue que la diversitĂ© dĂ©passe des caractĂ©ristiques personnelles visibles, comme la couleur de peau, le genre ou l'Ăąge. Elle recouvre des diffĂ©rences d'idĂ©es et de mentalitĂ©s.
Les entreprises changent, il faut donc disposer d'une politique inclusive pour accueillir les nouvelles idées. «Ne le faites surtout pas pour suivre la mode», recommande-t-elle. «Intégrez-la dans votre stratégie RH.»
Karin Bastin n'appartient pas un groupe minoritaire. Pourtant, comme Yousef Eid, réfugié
palestinien, elle représente aussi la diversité. Elle parle sept langues. Pendant son enfance, elle a déménagé tous les deux ans dans un autre pays à cause de la carriÚre internationale de son pÚre et a toujours suivi les cours dans l'enseignement local. Conséquence: elle est trÚs consciente des différences et de leur richesse.
L'inclusion et la diversitĂ© commencent par l'acquisition des talents. Il faut ĂȘtre capable d'appliquer la plus grande neutralitĂ© dans les recrutements, sans tenir compte du genre, de l'orientation sexuelle, de l'Ăąge, etc. Ce qui rĂ©clame de faire trĂšs attention aux prĂ©jugĂ©s inconscients. Les recruteurs et les managers suivent des formations pour mener des entretiens de façon objective, indĂ©pendamment des erreurs d'apprĂ©ciation automatiques, comme les biais de confirmation. En mĂȘme temps, ils partagent beaucoup d'informations sur les valeurs de l'entreprise et prĂ©sentent longuement l'ouverture de la culture de GE pour que le candidat s'y sente liĂ©.
GE Healthcare encourage les managers à faire le point quatre fois par an avec les membres de leur équipe. Ces entretiens doivent se dérouler en évacuant toute forme
«La diversité et l'inclusion sont des outils puissants d'empowerment des salariés.»
Yousef Eid
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Yousef Eid: «Karin met en pratique le leadership bienveillant dont se réclame GE Healthcare. Elle a veillé à ce que j'aie un impact sur mon environnement. Elle s'est montrée patiente face à mon inexpérience. Elle explique le pourquoi des décisions, elle a donné du sens à mon travail.»
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Karin Bastin: «Yousef rĂ©ussit Ă prendre ses distances par rapport Ă la situation. Il possĂšde une forme de sagesse. Il adopte une autre perspective quand il regarde les choses. Il n'a pas le mĂȘme sens de l'urgence que moi, ce qui m'a rendue folle par moment, je l'avoue. En mĂȘme temps, cette attitude m'a appris beaucoup sur mon propre fonctionnement.»
«Le recrutement de talents diversifiés prend du temps. Il arrive parfois qu'il y ait un écart de quelques semaines dans le planning du personnel.»
Karin Bastin
de biais, conscient ou inconscient. Il faut donc conscientiser les cadres et leur montrer qu'ils peuvent succomber à des stéréotypes. Ils feront alors plus attention aux facteurs contextuels et aborderont de façon proactive les différences dans l'environnement de travail. Ils se concentreront sur la collecte et l'évaluation de faits mesurés et observés, en restant les plus objectifs possible. Le feedback sera direct, mais restera respectueux.
Karin Bastin souligne que travailler sur le thĂšme de la diversitĂ© et de l'inclusion peut ĂȘtre Ă©puisant, surtout aprĂšs la pandĂ©mie et les dĂ©fis qu'elle a entraĂźnĂ©s. Les responsables RH doivent continuer Ă se battre pour un idĂ©al, «mĂȘme si parfois, notre action prend le tour d'une croisade». En mĂȘme temps, elle insiste sur le rĂŽle de la GRH comme partenaire Ă part entiĂšre de l'entreprise. Une stratĂ©gie fondĂ©e
sur les données est cruciale pour générer un impact mesurable. Et la direction générale doit accepter d'élever la diversité et l'inclusion au rang des priorités. Bien sûr, une entreprise comme GE Healthcare souhaite disposer en permanence des effectifs nécessaires, ce qui crée une certaine tension. «Le recrutement de talents diversifiés prend du temps. Il arrive parfois qu'il y ait un écart de quelques semaines dans le planning du personnel.»
Karin Bastin voit des effets positifs dans une bonne politique d'inclusion et de diversitĂ© sur le bien-ĂȘtre. Elle pense aussi qu'elle est un moteur d'innovation. Le contexte belge est complexe mais justement, notre pays fonctionne comme un laboratoire en vraie grandeur. «Si cela marche chez nous, cela marchera ailleurs.»
Karin Bastin s'efforce de créer un
contexte de sécurité psychologique dans lequel chacun puisse s'exprimer librement. Cette liberté, Yousef Eid l'a expérimentée concrÚtement. Il n'éprouvait aucune pression quand il assistait à une réunion du management mais se sentait au contraire inspiré par ces rencontres. Il apprécie d'ailleurs le leadership qu'il a observé parce qu'il crée de la valeur. De son cÎté, Karin Bastin plaide pour un leadership bienveillant, surtout aprÚs la pandémie.
Elle s'inspire ici de son expĂ©rience en Afrique. La population locale ne dĂ©signe par le lion comme le roi de la crĂ©ation mais l'Ă©lĂ©phant. Il est imposant et on le respecte Ă cause de sa force, pas en raison de son pouvoir. Elle pense que grĂące Ă la GRH, on peut abandonner les positions de pouvoir pour s'orienter vers l'empowerment des salariĂ©s. «Nous accompagnons un virage du leadership qui vise Ă permettre aux salariĂ©s de montrer la meilleure version d'eux-mĂȘmes.» ¶
Avec la transition Ă©lectrique actuelle, le TCO des voitures devient plus important que jamais lors de la constitution de votre parc automobile. Car une voiture qui est la plus Ă©conomique Ă l'achat peut ĂȘtre la plus chĂšre en fin de parcours. Pour faire le bon choix, il est essentiel de tenir compte Ă la fois de la situation fiscale actuelle et des coĂ»ts sur le long terme. DĂ©couvrez un aperçu des prochaines Ă©volutions fiscales, avec une comparaison du coĂ»t total de possession de trois modĂšles Audi.
Pour qu'un gestionnaire de flotte professionnel puisse effectuer le calcul complet du coĂ»t total de possession (TCO), de nombreux paramĂštres doivent ĂȘtre pris en compte. Des paramĂštres qui, avec lâĂ©lectrification des voitures, sont dâailleurs susceptibles d'Ă©voluer: les coĂ»ts de carburant sont remplacĂ©s par les coĂ»ts de recharge (Ă domicile et dans les bornes de recharge publiques), les coĂ»ts d'entretien et d'assurance varient et enfin, la dĂ©ductibilitĂ© fiscale et la quantification de la contribution de solidaritĂ© CO2 sont appelĂ©es Ă changer profondĂ©ment dans les annĂ©es Ă venir.
Le 1er janvier 2023, une premiÚre modification fiscale entrera en vigueur: la déductibilité des frais de carburant fossiles sera limitée à un maximum de 50% pour les
voitures commandées à partir de cette date. Cette mesure concerne donc principalement les voitures diesel et à essence, mais aussi les plug-in hybrides rechargeables, pour la partie des trajets qui se fait uniquement avec le moteur thermique.
Cependant, le plug-in hybride reste une option intéressante jusqu'au 30 juin 2023. PremiÚrement, elle donne aux entreprises plus de flexibilité et de temps pour installer leur infrastructure de recharge. De plus, les plug-in hybrides ont généralement un délai de livraison plus court que les voitures 100 % électriques. En outre, un véhicule plug-in hybride peut constituer une premiÚre initiation à la conduite et à la recharge électriques pour les collaborateurs, ce qui favorisera le passage ultérieur à la conduite 100% électrique. Enfin, ceux qui
s'efforcent de rouler principalement à l'électricité avec leur plug-in hybride ressentiront beaucoup moins le changement de taxe susmentionné.
Le grand changement fiscal interviendra néanmoins à partir du 1er juillet 2023. à partir de cette date-là , la déductibilité sera réduite de maniÚre drastique pour tous les véhicules à émissions non-nulles, qu'il s'agisse de voitures diesel ou à essence ou de plug-in hybrides. Si ces voitures sont commandées entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025, elles relÚveront du «Régime de sortie». Dans ce cadre, la déductibilité maximale est réduite par tranches de 25% à partir de 2025. Ainsi, une voiture à émissions non-nulles sera déductible à hauteur de 75% en 2025, 50% en 2026, 25% en 2027 et plus du tout à partir de 2028.
Les véhicules électriquesactuellement déductibles à 100%
Valeur d'acquisition HTVA 33.057,52 ⏠42.156,54 ⏠48.578,51 âŹ
Taux de loyer mensuel HTVA775,00 ⏠901,00 ⏠914,00 ⏠TCO mensuel HTVA 1.273,82 ⏠1.262,02 ⏠1.209,02 ⏠ATN 144,98 ⏠73,71 ⏠83,53 âŹ
- verront également leur avantage fiscal réduire à partir de 2027. Toutefois, cette diminution est plus modérée et se stabilise à 67,5% en 2031.
Pour se faire une idĂ©e claire du TCO, rien ne vaut un exemple concret. Ou mĂȘme trois, pour vous donner un aperçu des modĂšles Audi de diffĂ©rentes catĂ©gories: une Audi Q4 e-tron 100% Ă©lectrique, une Audi Q3 TFSI e plug-in hybride et la variante diesel de l'Audi Q3. Pour chacune de ces voitures, nous Ă©numĂ©rons les diffĂ©rents coĂ»ts liĂ©s au TCO dans le tableau ci-joint. Dans cet exemple, l'Audi Q4 e-tron
apparaßt comme l'option la moins chÚre, avec un TCO qui, à 48 mois, est inférieur de 2 500 ⏠environ par rapport à une Audi Q3 plug-in hybride. Si l'on y ajoute le coût d'une borne de recharge - nécessaire avec un modÚle 100 % électrique comme l'Audi Q4 e-tron - la différence de TCO entre les deux voitures est négligeable. La version diesel de l'Audi Q3 - malgré une valeur d'investissement et un prix de location beaucoup plus bas - semble avoir un TCO plus élevé que celui de la version plug-in hybride, avec également un Avantage de Toute Nature (ATN) nettement plus élevé pour le collaborateur.
En résumé, le constat est déjà le suivant aujourd'hui: une voiture 100% électrique ne doit pas forcément coûter plus cher qu'une voiture à moteur
thermique, alors que celle-ci semble plus avantageuse à premiÚre vue. Sur la base de la fiscalité actuelle, les véhicules plug-in hybrides peuvent encore soutenir la comparaison, mais cela changera aprÚs la grande réforme fiscale du 1er juillet 2023. Le positionnement des véhicules à moteur thermique est quant à lui déjà soumis à une forte pression.
Vous avez des questions sur le choix des véhicules pour votre flotte automobile?
Contactez Audi Fleet sur audi.be
NĂ©e aux Ătats-Unis, la mĂ©thode apprĂ©ciative (Appreciative Inquiry) rompt avec lâapproche classique de la rĂ©solution des problĂšmes. Le leader apprĂ©ciatif stimule ses Ă©quipes en se focalisant sur les rĂ©ussites, les ressources et les forces en prĂ©sence. Et ça change tout!
Certains parlent de leadership positif ou bienveillant. En rĂ©alitĂ©, le leadership apprĂ©ciatif, qui dĂ©coule de lâapproche de lâAppreciative Inquiry, est avant tout une posture. Une maniĂšre de regarder le monde. «Le leader apprĂ©ciatif coconstruit un futur dĂ©sirable en se basant sur les rĂ©ussites, les ressources et les forces prĂ©sentes, plutĂŽt que dâessayer de les embarquer dans la direction quâil a lui-mĂȘme choisie», explique Sarah Neumann.
Cette facilitatrice du changement a effectuĂ© une bonne partie de sa carriĂšre dans lâindustrie, dans des entreprises oĂč la rĂ©solution de problĂšmes Ă©tait la ligne incontournable. Analyse et dĂ©tection des causes (et des
coupables), hypothĂšses de solutions, plan de traitement des problĂšmes⊠Cette approche quâelle dit basĂ©e sur la peur, elle la trouve froide, peu Ă©nergisante, et franchement dĂ©passĂ©e! «Le monde du travail est bouleversĂ© par les phĂ©nomĂšnes sociĂ©taux et se heurte Ă des styles de management des organisations qui datent de lâĂšre de lâindustrialisation et ne sont plus adaptĂ©s aux besoins dâaujourdâhui», Ă©crit-elle. «Plus que jamais nous avons besoin de projets positifs, Ă forte valeur ajoutĂ©e. Des projets qui fĂ©dĂšrent et qui cherchent la performance collective pour rĂ©pondre mieux aux enjeux du moment. Au service de la vie.» RĂ©sultat: elle a dĂ©finitivement tournĂ© le dos Ă cette mĂ©thode pour le leadership apprĂ©ciatif.
LâAppreciative Inquiry est nĂ© dans les annĂ©es 1980 aux Ătats-Unis, Ă Cleveland. Dans le cadre dâune thĂšse, David Cooperrider, cofondateur de la dĂ©marche, rĂ©alisait un audit dans un hĂŽpital de Cleveland. «Qui dit audit dit problĂšmes. Mais il s'est rendu compte que dans cette clinique, les relations humaines Ă©taient assez extraordinaires. Les gens collaboraient, coopĂ©raient⊠Cela lâa amenĂ© Ă changer son sujet. Il sâest dit ceci: plutĂŽt que d'aller chercher ce qui ne marche pas, pourquoi ne pas me concentrer sur ce qui fonctionne bien? Et il s'est rendu compte qu'en posant des questions constructives, il avait ce pouvoir de mener la conversation dans une direction positive. Ensuite il a formalisĂ© sa dĂ©marche. Celle-ci est arrivĂ©e en Europe au dĂ©but des annĂ©es 2000.»
Il ne sâagit pas de nier les problĂšmes, mais de les remettre Ă leur place. «En rĂ©alitĂ©, lâĂ©tude des problĂšmes va augmenter le nombre de problĂšmes, parce que ce sur quoi on porte son attention va grandir», dĂ©crit Sarah Neumann. «Si vous avez une image
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«Ăvidemment, la vie nâest pas rose en permanence, et apprĂ©cier ne veut pas dire tout tourner en positif», explique Sarah Neumann. Selon la mĂ©thode apprĂ©ciative, apprĂ©cier signifie accueillir tout ce qui est lĂ , y compris les situations difficiles.
«AprĂšs avoir accueilli ces situations difficiles, on va essayer dâaller chercher de petites pĂ©pites, les petits moments lumineux oĂč il nây a pas de tension. MĂȘme si ceux-ci ne reprĂ©sentent que 5% de la situation, on va creuser ces 5% pour les renforcer, les faire grandir.»
pleine de points verts et deux ou trois points rouges, votre regard va ĂȘtre attirĂ© par les points rouges. Câest un peu ce qui se passe dans la vie dâentreprise: souvent, il y a plein de points verts, plein de choses qui fonctionnent bien, mais dĂšs quâun grain de sable apparaĂźt, on va tourner le regarder vers celui-ci. Ce nâest pas forcĂ©ment mauvais, mais lâennui est quâon ne voit plus le reste.»
«DerriĂšre ces rĂ©flexions, il y a des fondements issus des neurosciences», poursuit Sarah Neumann. «Le fait de susciter une Ă©motion positive entraĂźne un changement biochimique chez l'individu. Cela gĂ©nĂšre entre autres la production dâocytocine, et de la confiance. Alors les personnes sâouvrent et libĂšrent leur potentiel crĂ©atif.» Câest donc prĂ©cisĂ©ment le rĂŽle du leader apprĂ©ciatif: mobiliser le potentiel crĂ©atif de ses Ă©quipes, crĂ©er de la confiance, de lâĂ©nergie, de lâenthousiasme, extraire tout ce qui marche pour construire sur de nouvelles bases, et mettre tout cela en mouvement au service dâun changement Ă la fois dĂ©sirable et durable.
«La mĂ©thode apprĂ©ciative prend le contre-pied des problĂšmes, elle libĂšre le potentiel dâinnovation et de crĂ©ativitĂ© en explorant les forces positives prĂ©sentes dans les organisations, et facilite ainsi le changement.»
Le pilier de la mĂ©thode apprĂ©ciative, ce sont les questions. LâidĂ©e est dâamener les personnes Ă centrer leur attention sur ce qui marche, ce qui donne sens, en puisant dans leur propre expĂ©rience. «Racontezmoi un moment dâincertitude oĂč vous avez mobilisĂ© vos forces ou vos compĂ©tences. QuâapprĂ©ciez-vous dans telle situation? De quoi rĂȘvezvous?... Ces situations peuvent ĂȘtre banales en apparence. Lâessentiel est dâamener les personnes dans une situation oĂč ça a bien marchĂ© et dans laquelle elles ont Ă©tĂ© actrices. Câest en fait une recherche inlassable de ce qui donne vie, de ce qui fait avancer. Et ça marche dans nâimporte quel contexte, dans toute relation humaine!»
Pour ĂȘtre un bon leader apprĂ©ciatif, la capacitĂ© numĂ©ro 1 est lâĂ©coute. «Il sâagit de ne plus dire âmoi je sais, et je vais embarquer les autres dans ma directionâ, mais âje vais me mettre au service de ceux qui mâentourent, je vais poser les bonnes questions, et puis surtout je vais vraiment Ă©couter les rĂ©ponsesâ.» LâĂ©coute, la vraie, est forcĂ©ment liĂ©e Ă une forme dâhumilitĂ©. Le leader se met dans une posture de curiositĂ©, pour dĂ©couvrir tous les savoirs et compĂ©tences qui lâentourent.
Tout cela nâest pas forcĂ©ment naturel et demande de lâentraĂźnement. Alors pour commencer, Sarah Neumann invite les organisations Ă crĂ©er des espaces de «conversations qui comptent». «Dans ces espaces de conversation, on peut s'exercer Ă poser des questions positives et Ă Ă©couter. Pour certains, cela peut sembler ĂȘtre une perte de temps au dĂ©but. Mais au contraire, câest trĂšs puissant et permet par la suite, grĂące aux sentiments positifs et aux liens relationnels qui se sont créés, dâavancer beaucoup plus vite!»
Elle ajoute: «La dĂ©marche apprĂ©ciative ne peut cependant fonctionner que dans les organisations oĂč lâon est prĂȘt Ă laisser les gens sâexprimer sans vouloir contrĂŽler Ă lâavance ce qui va ressortir. Il faut accepter de faire confiance au processus, mĂȘme si câest parfois inconfortable. Ceci dit, les leaders dâaujourdâhui peuvent-ils encore se permettre de ne pas Ă©couter et valoriser leurs Ă©quipes?» ¶
«La mĂ©thode apprĂ©ciative prend le contre-pied des problĂšmes, elle libĂšre le potentiel dâinnovation en explorant les forces positives.»
Sarah Neumann
Un employĂ© heureux fera un client heureux. Du coup, le service RH a tout intĂ©rĂȘt Ă favoriser le bonheur au travail. Les experts de notre table ronde considĂšrent le bonheur au travail comme une responsabilitĂ© partagĂ©e, dont les dirigeants sont les premiers garants. texte:
â
De gauche Ă droite
Nancy De Coensel, Senior Consultant & Partner de Bakker & Partners, Siviglia Berto, directrice générale de B-Tonic (filiale de la Bùloise), Ilse Claes, DRH de Democo Group, Eva Deschans, Product & Partnership Director d'AG Health Partner
Pour Eva Deschans (AG Health Partner), le bonheur au travail comporte quatre dimensions. La satisfaction constitue le premier niveau. Elle implique notamment une diversitĂ© suffisante des tĂąches, un bon Ă©quilibre entre vie professionnelle et vie privĂ©e et le soutien des collĂšgues. Lâambiance sur le lieu de travail constitue le deuxiĂšme ni veau. Cet aspect est influencĂ© par les personnes avec les quelles vous travaillez et concerne lâatmosphĂšre gĂ©nĂ©rale, des relations qui ont du sens et la considĂ©ration nĂ©cessaire. «La troisiĂšme dimension, lâengagement, vous permet de dĂ©finir des objectifs motivants et de mobiliser vos forces. «Vous pourrez alors vous prĂ©occuper de la quatriĂšme di mension: le sens. Cela dit, lâĂ©panouissement professionnel dĂ©pend de votre type de travail, de la phase de vie dans laquelle vous vous trouvez et du style de bonheur que vous recherchez.»
Nancy De Coensel (Bakker & Partners) est du mĂȘme avis, mais souligne que le bonheur au travail est un concept personnel. «Il est difficile dâen Ă©tablir une dĂ©fini tion, car tout dĂ©pend de la phase de vie dans laquelle vous
vous trouvez et de vos prioritĂ©s. Ces prioritĂ©s varient dans le temps. Elles peuvent concerner lâĂ©quilibre entre la vie professionnelle et la vie privĂ©e, mais aussi le plaisir, lâauto nomie ou les connaissances. Nous devons chercher ce qui est source dâĂ©nergie pour les salariĂ©s.»
Pour Ilse Claes (Democo Group), cette Ă©nergie est essentielle. «Tant que votre travail vous procure plus dâĂ©nergie quâil ne vous en demande, nous pouvons parler de bonheur au travail. Câest primordial pour se sentir bien au travail. Pour certains, cela signifie travailler avec des chiffres, pour dâautres, gĂ©rer du personnel.»
Selon Ingrid Larik (Broederlijk Delen), le bonheur au travail est un terme connotĂ©, un mantra. Il est important de sâappuyer sur ses motivations personnelles: «Le travail doit correspondre Ă vos valeurs, Ă ce que vous ĂȘtes et Ă ce que vous dĂ©fendez. Vous devez vous sentir bien au bureau. Jâen suis moi-mĂȘme un exemple. Jâai toujours cherchĂ© un sens Ă mon travail, mais ce nâest quâavec mon employeur actuel que jâai trouvĂ© une harmonie entre mes valeurs et celles de lâorganisation.»
DâaprĂšs Siviglia Berto (B-Tonic), le bonheur au travail est un sentiment de satisfaction durable. Il repose sur lâĂ©quilibre entre la solidaritĂ©, lâautonomie, la confiance et la considĂ©ration. «Les dĂ©fis doivent ĂȘtre enthousiasmants et il faut se retrouver dans lâorganisation. Le lien avec lâemployeur se manifeste diffĂ©remment dâune personne Ă lâautre. Certains trouvent leur bonheur dans une journĂ©e de travail de huit heures. Nous nâavons pas tous besoin dâĂȘtre des entrepreneurs.»
Elke Vandewalle (Beliving) souligne lâimportance de se sentir chez soi dans lâentreprise. «La culture est pri mordiale, tout comme le fait dâĂȘtre entourĂ© dâune Ă©quipe agrĂ©able. Dans un monde idĂ©al, nous devrions ĂȘtre en me sure dâĂ©tablir une dĂ©finition du bonheur au travail pour chacun.»
Qui est responsable du bonheur des travailleurs? Pour Elke Vandewalle, il incombe aux employeurs de faire des propositions. «Il appartient toutefois Ă chaque employĂ© de saisir les occasions pour faire de ce bonheur une rĂ©alitĂ©. Ce nâest pas Ă la portĂ©e de tout le monde. Lâemployeur doit jouer un rĂŽle de facilitateur et composer une offre qui a pour but de rendre le collaborateur heureux.»
Selon Eva Deschans, il existe quatre parties prenantes principales. Lorsque les employeurs veulent garder leurs collaborateurs et attirer de nouvelles recrues, il est important quâils se concentrent sur le bien-ĂȘtre et le bonheur au travail. Il incombe souvent au service RH de mettre en Ćuvre de tels projets. «La GRH peut, dans certains cas, compter sur le soutien du service de prĂ©vention. De son cĂŽtĂ©, le mana ger joue un rĂŽle crucial. Le dĂ©veloppement des soft skills des leaders, comme la communication et le coaching, influence beaucoup plus lâorganisation que les hard skills. Enfin, le collaborateur doit surtout se montrer prĂȘt Ă participer aux initiatives que lâemployeur organise pour lui.»
Les organisations doivent soutenir leurs leaders, es time Siviglia Berto. «Aujourdâhui, les responsables ont beaucoup de choses Ă gĂ©rer. Cette situation met beaucoup de pression sur leurs Ă©paules, pression qui vient Ă la fois dâen haut et dâen bas. Lorsquâun collaborateur sâen va, on met souvent la faute sur leur dos. Le mĂ©tier de mana ger ne sâimprovise pas. Câest pour cette raison que vous devez ĂȘtre prudent lorsque vous laissez des experts ac cĂ©der Ă une fonction dirigeante. Certaines compĂ©tences humaines comme lâintelligence Ă©motionnelle, la capacitĂ© dâĂ©coute et lâempathie, leur font parfois dĂ©faut. Or, ce
sont des clĂ©s essentielles pour garantir le bien-ĂȘtre et le bonheur au travail.»
Ingrid Larik: «La fonction de responsable est dĂ©sor mais plus centrĂ©e sur les rĂ©sultats, la capacitĂ© Ă dĂ©lĂ©guer, Ă Ă©couter et Ă former. Les supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques doivent sâengager Ă nouer le dialogue. Un bon leader fera une Ă©quipe solide. Le bonheur au travail devient alors une consĂ©quence logique. Il ne faut pas sous-estimer lâimpor tance dâun bon leader pour le bien-ĂȘtre.»
Le bonheur au travail est Ă©troitement liĂ© Ă la concordance des besoins des employĂ©s et des attentes des employeurs, affirme Nancy De Coensel. Tout le monde nâa pas besoin dâatteindre le sommet: «Câest cette idĂ©e qui est Ă lâorigine du principe de Peter. Aujourdâhui, de plus en plus de nos clients misent sur lâĂ©largissement et lâenrichissement. La mobilitĂ© horizontale contribue tout autant au bonheur au travail.»
Siviglia Berto remarque souvent dans les offres dâem ploi que les entreprises ont des attentes trop Ă©levĂ©es concer nant leurs nouvelles recrues: «Nous devons attirer des per sonnes pour les qualitĂ©s quâelles peuvent apporter. Si elles sont en ligne avec lâatmosphĂšre et les valeurs de lâentreprise, cela crĂ©e dĂ©jĂ un terrain propice au bonheur au travail.»
Ilse Claes constate la mĂȘme chose chez Democo Group. «Si quelquâun veut travailler pour notre entreprise parce quâelle lâattire, câest dĂ©jĂ un bon dĂ©but. Avant, nous cherchions lâoiseau rare qui remplissait toutes les exi gences du poste. Ce nâest plus le cas. Nous recrutons main tenant des candidats qui nous correspondent et cherchons ensemble la fonction qui leur convient le mieux. Nous les entourons de collĂšgues qui leur sont complĂ©mentaires, qui peuvent les aider Ă combler leurs lacunes. Câest pour cette raison que nous accordons tant dâimportance Ă la compo sition des Ă©quipes. Nous disposons dâĂ©quipes flexibles par chantier, une approche qui favorise le bonheur au travail. Lâimportant est que les collaborateurs se sentent bien au sein de leur Ă©quipe et dans leur fonction. Ils savent quâils ont le droit de faire des erreurs lorsquâils Ă©voluent dans un environnement sĂ»r.»
Il faut avant tout communiquer ouvertement et partager les meilleures pratiques, souligne Siviglia Berto. «Les Ă©quipes moins fortes peuvent alors apprendre de celles qui sont plus avancĂ©es. Ainsi, tout le monde sait quâil est per
«Un bon leader fera une équipe solide. Le bonheur au travail devient alors une conséquence logique.»
Ingrid Larik, DRH de Broederlijk Delen
mis de commettre des erreurs. Cela permet aux organisa tions et aux collaborateurs dâĂ©voluer.»
Nancy De Coensel privilĂ©gie une culture de commu nication ouverte. «Les collaborateurs doivent sentir quâils peuvent sâexprimer Ă tout moment, de maniĂšre formelle et informelle. Cette communication sâapplique aux points po sitifs et nĂ©gatifs. Plus tĂŽt vous ĂȘtes au courant des situations problĂ©matiques et plus vite vous pourrez agir auprĂšs des personnes qui rencontrent plus de difficultĂ©s. Le responsable peut ainsi intervenir rapidement et engager un dialogue.»
Câest une responsabilitĂ© supplĂ©mentaire pour le supĂ© rieur hiĂ©rarchique. Ingrid Larik souligne lâimportance du rĂŽle de facilitateur des responsables. «Les employĂ©s nâosent se livrer et nommer les problĂšmes que lorsque ce climat de communication ouverte rĂšgne et que le comportement du manager est exemplaire.»
Pour Eva Deschans, les managers doivent dâabord sâoc cuper de leur propre bonheur au travail. «Ils doivent sa voir dâoĂč ils tirent leur Ă©nergie, oĂč se trouvent leur centre dâintĂ©rĂȘt, leur but et leur bonheur, et le partager avec les membres de leur Ă©quipe. Ils doivent leur communiquer clairement les objectifs, la mission et les attentes. Les res ponsables ne doivent pas avoir peur de se montrer vulnĂ© rables et dâadmettre quâils ne savent pas tout. Cela crĂ©e une sĂ©curitĂ© psychologique pour les autres.»
Ilse Claes voit Ă cet Ă©gard une Ă©volution positive dans le monde de la construction. «Un changement sâest opĂ©rĂ© dans notre monde plutĂŽt masculin. Nos responsables de chantier â souvent costauds â ont appris Ă exprimer leurs sentiments. Cela marque un vĂ©ritable progrĂšs.»
La pandĂ©mie a Ă©galement entraĂźnĂ© des changements, ajoute Siviglia Berto. «On accorde davantage dâimpor tance au bien-ĂȘtre et au bonheur au travail. Dans des conditions de travail difficiles, le rĂŽle du responsable est devenu encore plus important. Il devient la piĂšce maĂźtresse de toute forme de bien-ĂȘtre dans lâĂ©quipe. Je pense que lâimportance de ce rĂŽle de coach va accroĂźtre Ă lâavenir.»
Pour Eva Deschans, le Flex Income Plan est la clĂ© du bien-ĂȘtre et du bonheur au travail. «Il devrait contenir des volets qui renforcent le bien-ĂȘtre. Jâen reviens Ă nouveau au rĂŽle de facilitateur du service RH. Lâemployeur fait des propositions et lâemployĂ© choisira parmi elles. Autant lui
soumettre de quoi améliorer son développement person nel et son bonheur et négliger les nouvelles jantes pour la voiture de société.»
Siviglia Berto espĂšre quâil sera possible de dĂ©gager un budget bien-ĂȘtre Ă lâavenir. «Vous choisissez des pro grammes qui vous apprennent Ă faire plus dâexercice, Ă manger plus sainement ou Ă mieux dormir et dâautres choses qui vous procurent plus de bonheur.»
Nancy De Coensel voit apparaĂźtre des coachs de car riĂšre internes et externes dans les organisations. «Ils encou ragent les employĂ©s Ă travailler de maniĂšre proactive sur leur bonheur au travail. Il sâagit dâune Ă©volution positive.»
Chez Democo, le dĂ©partement du personnel paie luimĂȘme les sĂ©ances avec le psychologue si les collaborateurs en ont besoin, ajoute Ilse Claes
Le bonheur commence dĂšs le recrutement. Sur ce point, les experts prĂ©sents autour de la table sont dâaccord. Siviglia Berto: «Les personnes doivent avant tout sâidentifier Ă la culture de votre entreprise. Ne mettez pas trop dâexigences concernant le poste dans vos offres dâemploi, mais Ă©voquez plutĂŽt vos valeurs. Câest pour cette raison que je prĂ©conise le recrutement par des employĂ©s au sein de votre entreprise. Ils savent si un candidat correspond Ă la culture.»
Cela fait longtemps que Nancy De Coensel ne propose plus des profils qui remplissent toutes les cases Ă ses clients. Elle examine les points forts de la personne et du client. «Nous sortons des sentiers battus et suggĂ©rons des candi dats qui correspondent Ă la culture et sont complĂ©mentaires au responsable et Ă lâĂ©quipe. Parfois, le profil du candidat proposĂ© est trĂšs diffĂ©rent de ce que le client avait initiale ment en tĂȘte. Une bonne concertation fait que le client ose passer le pas et cela procure une grande satisfaction par la suite lorsque les clients font Ă nouveau appel Ă nous.»
Elke Vandewalle met surtout lâaccent sur la culture. Elle organise des actions de team building et se concentre sur les responsables. «Pourtant, il est souvent difficile dâobtenir lâadhĂ©sion de tous lorsque, comme nous, vous travaillez de maniĂšre dĂ©centralisĂ©e.»
Conclusion d' Eva Deschans: «Agir en faveur du bon heur au travail n'est pas une initiative isolĂ©e. Cela fait par tie d'une politique globale du bien-ĂȘtre qui se traduit par une diminution du stress, des maladies et par une aug mentation de la motivation et de la cohĂ©sion. L'investisse ment en vaut donc la peine.» ¶
«La culture est essentielle, de mĂȘme que la qualitĂ© des collĂšgues.»
Elke Vandewalle, HR Manager de Beliving (Overstock)
«Hire for attitude, train for skills.» On connaßt le cliché. Il n'est pas facile cependant de vérifier pendant le processus de sélection si quelqu'un correspond à votre culture, endosse sincÚrement vos valeurs.
«En rĂ©alitĂ©, cette technologie utilise des algorithmes qui proviennent des sites de rencontre. Ils cherchent une relation entre deux personnes, ce qui n'est pas la mĂȘme chose que l'adĂ©quation entre un individu et une organisation. Je pense que les outils de mesure ne sont pas encore au point. Il ne faut pas non plus sousestimer la complexitĂ© de ce que vous mesurez. Le problĂšme de la culture, c'est qu'il en existe de nombreuses dĂ©finitions.»
Dirk Buyens distingue deux modÚles. Le premier est celui de l'accord entre la personne et l'organisation, qui examine la correspondance des valeurs de l'une et l'autre. «Les us et coutumes de l'organisation correspondent-ils à ceux de l'individu? Est-il possible de les associer?»
«Veillez à ce qu'il n'y ait pas de désaccord entre la personne et la réalité de l'entreprise.»
Dirk Buyens
Des notions comme les valeurs ou la culture sont complexes à appréhender. Récemment, Dirk Buyens, professeur de la Vlerick School, a réuni plusieurs responsables RH pour étudier ces concepts. Comme il l'a dit, il faut d'abord accepter qu'il est délicat de mesurer ces phénomÚnes. La technologie peut apporter une aide précieuse. Elle est en effet capable de traiter une masse de données pour élaborer des modÚles qui prédiront l'adhésion à la culture.
L'ASA (attraction-selection-attrition) est un autre modÚle, qui s'appuie sur les objectifs de l'organisation. «Imaginons qu'une entreprise veuille se développer à l'étranger. Comment cette intention sera-t-elle mise en pratique au niveau du futur collaborateur? Quelle attitude devrat-il avoir? Ces objectifs peuvent avoir une influence sur l'attraction, la sélection et les buts personnels qui agissent sur le taux de rétention.» L'un et l'autre modÚle ne conviennent
«Les prestations du salariĂ©, son envie de rester et son bien-ĂȘtre sont liĂ©s Ă la concordance entre les valeurs de l'entreprise, de l'Ă©quipe et du manager.»
Wim Van der Meersch
pas nécessairement à toutes les entreprises. «Il faut faire l'essai en fonction de ce que veut obtenir l'organisation. Veillez en tout cas à ce qu'il n'y ait pas de désaccord entre la personne et la réalité de l'entreprise.»
En effectuant de mesures concrĂštes au niveau des valeurs ou de l'attitude, les entreprises se heurtent au risque de l'uniformitĂ©. «Par exemple, une organisation qui recherche des personnalitĂ©s assertives peut ĂȘtre limitĂ©e dans son action, notamment par rapport Ă ses clients. Elle ne pourra plus s'adresser Ă certains d'entre eux parce qu'elle s'oriente vers un groupe cible en particulier.» Quand on s'adresse Ă des personnes qui n'ont jamais travaillĂ© et Ă d'autres qui ont dĂ©jĂ de l'expĂ©rience, on ne peut pas utiliser les mĂȘmes
instruments pour Ă©valuer l'accord culturel. «C'est l'employeur qui dĂ©finit la façon dont le travail se prĂ©sente chez lui», affirme Dirk Buyens. «Disons que pour vous, l'autonomie est essentielle et que vous trouvez votre premier emploi chez Procter & Gamble. C'est l'entreprise qui fixera ce que signifie l'autonomie pour elle. Si aprĂšs une dizaine d'annĂ©es, vous allez voir ailleurs et que vous vous adressez Ă Mondelez ou Ă Unilever, il est possible que ces organisations aient une idĂ©e trĂšs diffĂ©rente de l'autonomie. Il est alors probable que vous ne vous y sentirez pas bien, mĂȘme si vous pensiez qu'il y avait un accord culturel.»
Bridgestone ne croit pas Ă l'accord sur la culture mais Ă l'accord
sur les valeurs. La culture est dĂ©terminĂ©e par ce qui se voit, par la personnalitĂ© des individus et par les valeurs. Ce n'est jamais un ensemble uniforme. Wim Van der Meersch, CHRO de Bridgestone, pense qu'il est difficile de dĂ©terminer ce qu'il faut analyser pour parler d'accord culturel. «L'attitude? Pas sĂ»r, parce que sa prĂ©visibilitĂ© dans les assessments est relative. La personnalitĂ©? Pas vraiment non plus, parce que cela n'a aucun sens d'engager toujours les mĂȘmes profils. Sous peine de perdre en diversitĂ©. Et que faitesvous de la culture Ă laquelle aspire le candidat? Si quelqu'un qui possĂšde certaines compĂ©tences et certains savoir-faire ne trouve pas dans son nouvel environnement ce qu'il espĂ©rait, il partira. Ces erreurs sont trĂšs coĂ»teuses, pour l'entreprise et pour le travailleur.»
Wim Van Der Meersch prĂ©fĂšre l'accord sur les valeurs. Qu'est-ce qui est important pour un individu dans son environnement de travail? Ses prioritĂ©s correspondent-elles Ă celles des autres collaborateurs et des managers? «Je veux avoir de l'autonomie dans mon travail. Si mon manager estime aussi que l'autonomie est essentielle, il est fort probable que je sois satisfait dans cet environnement, que j'y travaillerai avec plaisir et que j'aurai de bons rĂ©sultats. Il y aura ainsi plus de respect mutuel, moins de frictions et plus de motivation. Ce qui dĂ©bouchera automatiquement sur de meilleurs rĂ©sultats. Les prestations du salariĂ©, son envie de rester et son bien-ĂȘtre sont liĂ©s Ă la concordance entre les valeurs de l'entreprise, de l'Ă©quipe et du manager.»
Pour comparer les valeurs, Bridgestone fait appel à Twegos, une start-up belge. «Les résultats sont bluffants», assure Wim Van Der Meersch. «En recrutant sur les valeurs, nous avons diminué notre taux de départ de 22%, nous avons éliminé 22% du temps que nous consacrions au screening des candidats, nous avons augmenté la qualité des entretiens de fonctionnement de 12%, les absences pour maladie ont baissé de 28% et nous avons économisé une quantité énorme de temps en interview.»
On lui pose souvent une question: est-il possible de prĂ©server une certaine diversitĂ© quand on recrute sur les valeurs? «Pour moi, cet argument n'est qu'un prĂ©texte pour ne rien faire. Ce n'est pas parce que vous partagez certaines valeurs avec votre manager que vous ne pourrez pas avoir votre personnalitĂ© et vos idĂ©es Ă vous, ĂȘtre d'un autre genre ou d'une autre origine.»
De son cĂŽtĂ©, dans son processus de recrutement, Argenta recherche autant l'accord sur la culture que sur les valeurs. Autrefois, la banque embauchait des travailleurs essentiellement sur la base de leurs compĂ©tences pour une certaine fonction. Elle accorde aujourd'hui beaucoup plus d'importance Ă la relation Ă long terme avec ses salariĂ©s. «Nous voulons qu'ils se sentent bien dans notre organisation pour qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-mĂȘmes», assure Tom Jonkers, responsable de la gestion des talents d'Argenta. «Il est donc
important qu'ils partagent avec nous certaines valeurs et qu'ils aient une certaine attitude.»
Ce recrutement sur les valeurs, la banque le pratique depuis de nombreuses années. Mais la maniÚre de faire a évolué. Il y a huit ans, Argenta a été l'une des premiÚres banques belges à utiliser l'outil Company Match, qui rapproche d'une entreprise ceux qui cherchent un emploi. «Un peu plus tard, nous avons publié cet instrument dans notre site en y ajoutant quelques questions spécifiques à Argenta.
Ceux qui cherchent un emploi de façon latente peuvent ainsi découvrir notre entreprise», explique Tom Jonkers. Depuis trois, l'entreprise recommande à ceux qui ont rendezvous pour un entretien de compléter au préalable ce questionnaire.
GrĂące Ă cet outil, Argenta est en mesure d'Ă©valuer si le candidat correspond Ă sa culture. «De son cĂŽtĂ©, le candidat peut apprendre Ă connaĂźtre notre culture pour vĂ©rifier qu'elle lui convient.» Argenta ne respecte pas strictement les recommandations du programme. Ceux qui obtiennent moins de 70% sont malgrĂ© tout invitĂ©s. «Si l'on privilĂ©gie l'efficacitĂ©, l'application stricte d'un filtre pourrait ĂȘtre un bon choix. Dans ce cas, il faudrait cependant que la valeur prĂ©dictive du questionnaire soit scientifiquement Ă©tablie. Nous le voyons plutĂŽt comme une premiĂšre prise de contact. Nous recherchons surtout des collaborateurs qui ont envie de progresser, qui sont capables d'Ă©voluer pour affronter le changement qui est devenu une constante.»
Depuis qu'Argenta travaille intensivement sur l'accord culturel, la banque n'a pas vu nécessairement augmenter l'afflux de candidats. «Nous observons cependant que la qualité de l'accord est plus élevée. Nous rencontrons des personnes qui ont vraiment envie de travailler pour nous.»
Argenta a consacré du temps et de l'énergie pour parvenir à une définition collective de l'accord culturel. «Cela ne veut pas dire que nous ne voulons que des clones dans nos rangs. La proximité est l'une
de nos valeurs. Nous permettons Ă chacun d'ĂȘtre lui-mĂȘme. L'inclusion fait partie de notre ADN.»
En d'autres termes, l'accord culturel n'est pas du prĂȘt-Ă -porter. «Nous
«Nous recherchons des collaborateurs capables d'évoluer pour affronter le changement, devenu une constante.»
Tom Jonkers
«Dans un contexte de changement constant, on ne peut se braquer sur les valeurs, qui sont statiques. Il faut préférer la culture, une donnée dynamique.»
Veerle Derofaisons aussi attention Ă l'apport de la diversitĂ©. En attirant des profils diffĂ©rents, nous obtenons une dynamique totalement nouvelle qui nous amĂšne d'autres idĂ©es, des innovations, de la crĂ©ativitĂ© et un Ă©tat d'esprit crĂ©atif et critique. Nous cherchons des salariĂ©s qui nous correspondent et peuvent nous enrichir. MĂȘme si nous ne savons pas encore aujourd'hui ce qu'ils pourront nous donner demain.»
Dans ses recrutements, Microsoft essaie aussi de parvenir Ă l'accord sur la culture et les valeurs. L'entreprise constate que le type de compĂ©tences dont elle a besoin a fortement Ă©voluĂ©. D'oĂč l'importance pour les candidats de possĂ©der l'envie de progresser. «Nous ne recrutons plus uniquement en nous basant sur les compĂ©tences prĂ©sentes. Nous cherchons des individus qui ont envie de grandir, d'Ă©voluer, d'apprendre. Raison pour laquelle nous nous basons sur notre culture», explique Veerle Dero, Talent Acquisition Director. «Nous prĂ©fĂ©rons consacrer notre temps Ă les former pour qu'ils acquiĂšrent des qualifications techniques au lieu d'essayer de les intĂ©grer dans notre culture.»
Cette culture est en évolution constante. «Tous ceux qui nous rejoignent impriment leur marque.
Je le vois aussi dans mon équipe constituée d'une trentaine de personnes venues de différents pays européens. Je suis la seule Belge. L'équipe est constituée d'hommes et de femmes, qui ont connu des expériences, des formations et des cultures différentes. Cela crée une certaine dynamique. Toute nouvelle
recrue modifie les comportements dans l'équipe et la maniÚre dont nous voyons les choses.»
Veerle Dero place la culture au-dessus des valeurs. Elles les considÚre comme faisant partie de la culture. «Le marché de l'emploi et la maniÚre dont les salariés travaillent ensemble ont évolué ces deux derniÚres années. Dans ce contexte, on ne peut se braquer sur les valeurs, qui sont statiques. Il faut préférer la culture, une donnée dynamique.»
Dans sa politique de recrutement, Microsoft parle de screening in. «Nous analysons de façon trÚs large les éléments dont quelqu'un a besoin pour effectuer tel travail. Quand nous avons besoin d'un manager de projet, nous examinons son profil extensivement, son expérience, ses hobbys, son engagement sociétal par exemple dans l'école de ses enfants
ou dans une équipe de foot. Nous avons dû inculquer à nos recruteurs ce nouvel état d'esprit.»
Les prĂ©jugĂ©s inconscients constituent l'un des problĂšmes. Dans leur quĂȘte de collaborateurs, les responsables du recrutement admettent ĂȘtre parfois guidĂ©s par ce qu'ils sont eux-mĂȘmes. Raison pour laquelle Microsoft utilise des hiring squads, des Ă©quipes de deux, trois ou quatre intervieweurs. «Chacun d'entre eux pose des questions sur deux Ă©lĂ©ments, la culture et les compĂ©tences par exemple ou la gestion de projet et l'inclusion», explique Veerle Dero. «Ils posent les mĂȘmes questions pour qu'Ă la fin du processus, tous les candidats soient Ă©valuĂ©s sur les mĂȘmes bases. Pour nous, il est important de traiter le processus avec tout l'objectivitĂ© requise. Cela peut paraĂźtre un peu rigide mais nous voulons Ă©tudier le background des candidats en profondeur.» ¶
Pour Denis Pennel, directeur général de la World Employment Confederation, il se passe visiblement quelque chose dans le marché du travail. Les signaux d'alarme se multiplient: Great Resignation, Great Reshuffle, Great Attrition, Great Reevaluation, Quiet Quitting Autant de symptÎmes d'un profond malaise. Provoqué par une grande divergence entre les attentes des salariés et celles des entreprises.
Tous les mouvements qui agitent le marchĂ© de l'emploi ne sont pas nĂ©cessairement lisibles au premier degrĂ©. «Ainsi, aux Ătats-Unis, la grande dĂ©mission par exemple est une tendance de fond, aggravĂ©e par la pandĂ©mie mais bien prĂ©sente dĂ©jĂ dĂšs 2011», explique Denis Pennel. «De plus, ces dĂ©missionnaires sont nombreux Ă ne plus rĂ©intĂ©grer le marchĂ© du travail. On note aux USA un excĂšs de dĂ©parts Ă la retraite par rapport aux prĂ©visions.»
Et la grande attrition? Dans les pays anglo-saxons, une étude révÚle que 40% des travailleurs affirment qu'ils pourraient probablement ou trÚs probablement quitter leur job dans un avenir proche. «On en reste ici au stade des intentions mais l'anomalie est perceptible.» L'expert pourrait multiplier les exemples de paradoxes. Il est en effet persuadé d'une chose: on ne peut parler d'effets de mode. Il s'agit plutÎt de symptÎmes d'un grand malaise. Ce malaise,
Denis Pennel l'appelle la Grande Divergence. Le grand écart entre les attentes des travailleurs et celles des entreprises.
Bien sĂ»r, la pandĂ©mie est passĂ©e par lĂ . Avec ses consĂ©quences directes, comme la pĂ©nurie de main-d'Ćuvre. Elle est devenue le problĂšme numĂ©ro un des entreprises. Dans les pays du G7, 69% des employeurs affirment Ă©prouver des difficultĂ©s Ă recruter.
Mais le travail lui-mĂȘme a changĂ©, une Ă©volution de longue haleine, qui n'a pas Ă©tĂ© provoquĂ©e par le coronavirus mais qu'il a sans doute accĂ©lĂ©rĂ©e. Ainsi, la longueur des carriĂšres dans les entreprises ne ressemble plus Ă ce qu'elle Ă©tait il y a trente ans. «Au dĂ©but de ma vie professionnelle, je pouvais envisager de compter huit ou neuf employeurs jusqu'Ă la retraite. Un jeune d'aujourd'hui peut travailler
pour huit ou neuf sociĂ©tĂ©s, mais en mĂȘme temps. Sous des statuts divers, comme indĂ©pendant Ă titre complĂ©mentaire, comme free-lance, comme salariĂ© Ă temps partiel, etc. Ă tel point que l'on peut se demander s'il a encore des employeurs et non plutĂŽt des clients.»
En réalité, la pandémie n'a pas créé de nouvelles tendances, elle en a accentué certaines qui existaient déjà . «Elle a creusé l'écart entre les attentes des uns et des autres.» Un exemple de cette différence d'appréciation: la popularisation du télétravail grùce au coronavirus a enthousiasmé les dirigeants d'entreprises qui ont vu dans ces nouvelles formes de collaboration le creuset d'une créativité revitalisée. «Du cÎté des salariés, cette conception n'entre pas vraiment en résonance.» Une étude d'Adecco Group montre sur
â
FONCTION Directeurgénéral de la World Employment Confederation (la fédération mondiale des services en ressources humaines)
«Les désirs des travailleurs se heurtent à ceux de leur employeur.»
Denis Pennel
ce point que les leaders sont 59% à penser que la collaboration est plus riche aujourd'hui, contre 38% des managers et 21% seulement des salariés.
Le malaise est profond, rĂ©pĂšte Denis Pennel. Il se manifeste aussi sur des points essentiels. Les formations? 69% des leaders sont convaincus qu'ils libĂšrent les ressources nĂ©cessaires pour les organiser. 31% des salariĂ©s seulement sont du mĂȘme avis. Ăcart trĂšs comparable quand il s'agit de la façon dont l'entreprise s'occupe du bien-ĂȘtre mental de ses collaborateursâŠ
Au fond, les désirs des travailleurs se heurtent à ceux de leur employeur. La flexibilité? Pour les salariés, c'est la possibilité d'organiser librement leur temps de travail. Pour les employeurs, il s'agira plutÎt de gérer les incertitudes RH, comme les pointes d'activité saisonniÚres, les
maladies, etc. L'autonomie? Pour les uns, il s'agit d'acquérir une nouvelle liberté. Pour les autres, on reste dans le contrÎle et les procédures.
D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les salariĂ©s privilĂ©gient leur bien-ĂȘtre et leur dĂ©veloppement personnel. Les entreprises cherchent la rĂ©silience, veulent gĂ©rer les changements et prĂ©server leurs profits. Bien sĂ»r, ces divergences sont sources de frustrations.
Le sens du travail, tous les employeurs en parlent. Denis Pennel se demande cependant si ce critĂšre est vraiment fondamental pour les travailleurs. McKinsey a rĂ©pertoriĂ© les raisons qui ont conduit des salariĂ©s Ă dĂ©missionner. Le manque de sens dans le travail arrive en quatriĂšme position. Et quand on demande aux salariĂ©s ce qu'ils apprĂ©cient le plus dans leur job, le sens arrive en septiĂšme position, bien aprĂšs la stabilitĂ©, le salaire, l'Ă©quilibre entre la vie privĂ©e et la vie professionnelle⊠Autrement dit, alors que les employeurs mettent l'accent sur ce fameux sens, leur personnel ne semble pas y accorder la mĂȘme importance. Toujours la divergence.
Les changements provoqués par la pandémie ne sont pas tous des surprises. Certains étaient déjà en germe, comme le travail à distance. Ou la numérisation des métiers. On peut y ajouter le travail hybride (y compris dans ses formes contractuelles) ou la polarisation du marché du travail avec le risque de déclassement qui pÚse sur les cols blancs moyens.
«Bien sĂ»r, il y a des impacts nouveaux qui rendent la situation beaucoup plus complexe Ă maĂźtriser. D'abord, dans ce contexte d'incertitude, on ne pratique plus le just-in-time mais le just-in-case, c'est-Ă -dire que la gestion du risque a pris le dessus. Il faut rĂ©inventer les interactions sociales dans un contexte professionnel oĂč l'on continue Ă travailler Ă distance. Le bien-ĂȘtre n'a jamais Ă©tĂ© aussi important. Et il faut passer de l'Ă©valuation du travail basĂ©e sur les heures passĂ©es au bureau Ă une Ă©valuation centrĂ©e sur les rĂ©sultats.
On assiste Ă©galement Ă des retours de pendule. C'est le cas de l'Ătatprovidence qui connaĂźt un regain de popularitĂ©. Par ailleurs, la croissance n'est plus une donnĂ©e incontestĂ©e, on parle maintenant davantage de rĂ©silience. Et on s'aperçoit de l'importance de relocaliser la production de certains biens. Enfin, dans ce nouvel environnement, l'Ă©change international de main-d'Ćuvre s'est rĂ©duit.
Bref, dans ces temps de pĂ©nurie, les entreprises devraient se montrer plus attentives. D'abord, pour mieux comprendre les besoins rĂ©els des candidats (et de leurs propres travailleurs). Ensuite, elles doivent aussi moduler leurs exigences. «Les offres d'emploi s'adressent toujours aux mĂȘmes profils. Il faut ĂȘtre plus imaginatif.» ¶
The Adecco Group â Resetting Normal: Defining New Era of Work â June 2021
McKinsey 2022, Great Attrition, Great Attraction 2.0 global survey.
Les experts rĂ©unis autour de notre table ronde sont tous des spĂ©cialistes des ressources humaines et des donnĂ©es. Ils travaillent pour des organisations RH qui sont en pleine numĂ©risation. Ils ne voient plus dâexcuses pour que la GRH ne se mette pas Ă utiliser les donnĂ©es.
â
De gauche Ă droite David Van de Sype, Group HRIS-Manager HR-Technologie de Mitsubishi Chemical Group, Jim Clijmans, Marketing Manager d'United Consulting, Tom Mentens, HR Transformation Consultant de Flexso for People, Amedee Audooren, Directeur Enterprise Architecture & Innovation du VDAB
David Van De Sype (Mitsubishi Chemical Group) ne croit pas en une stratĂ©gie numĂ©rique indĂ©pendante qui se concentrerait uniquement sur lâaspect technologique. «Je plaide pour une approche numĂ©rique envisagĂ©e sous quatre angles: la technologie, les donnĂ©es, les processus et les personnes. Tout cela dans le cadre dâune vision qui a pour but de rendre les opĂ©rations plus efficaces, plus simples, moins chĂšres et plus attirantes.»
Les participants de notre table ronde consacrĂ©e Ă la stratĂ©gie numĂ©rique connaissent des dĂ©partements RH qui ne travaillent pas encore avec des donnĂ©es ou dans lesquels une stratĂ©gie numĂ©rique nâa pas encore Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e. Pour tant, il nây a plus aucune raison de ne pas relever ce dĂ©fi, estime Tom Mentens (Flexso for People). Il constate en core un certain immobilisme de la part des dĂ©partements RH. Les organisations nâagissent souvent que lorsque la continuitĂ© de leurs ressources humaines est menacĂ©e ou lorsquâun besoin de changement radical se fait sentir, notet-il. «Les entreprises commencent alors par numĂ©riser un dĂ©partement, par exemple, pour correspondre Ă leur
marque d'employeur. Cette derniĂšre se dĂ©finit non seule ment Ă partir de lâidĂ©e que lâon se fait dâune fonction, mais aussi de lâenvironnement de travail. Autrement dit, il est prĂ©fĂ©rable d'avoir une cohĂ©rence entre le positionnement d'un employeur Ă lâextĂ©rieur et la façon dont les processus fonctionnent Ă lâintĂ©rieur. Sinon, celui qui se retrouverait dans un environnement non numĂ©risĂ© risquerait fort d'ĂȘtre déçu. Ce qui rendra lâattraction de nouveaux collabora teurs plus difficile Ă long terme. Un autre Ă©lĂ©ment plaidant pour un changement radical est une technologie existante â Ă©ventuellement obsolĂšte â dont les licences expirent et qui ne donne pas rĂ©elle satisfaction. Il sâagit dâun moment idĂ©al pour repenser lâune ou lâautre chose en profondeur.»
Le VDAB est avancĂ© dans lâutilisation intelligente des donnĂ©es. Amedee Audooren, directeur du dĂ©partement Architecture et Innovation, appelle Ă une utilisation rĂ© flĂ©chie des donnĂ©es. «En tant quâentreprise, cela fait dĂ©jĂ
trente ans que nous sommes passĂ©s de systĂšmes manuels (le bac Ă fiches) Ă la numĂ©risation des informations, câestĂ -dire des donnĂ©es. Cela sâapplique Ă tous les domaines, y compris aux ressources humaines. Ce que le VDAB sâef force de faire pour ses clients (trouver et proposer un em ploi adĂ©quat, offrir la bonne formation), il le fait aussi en interne pour ses collaborateurs. La masse de donnĂ©es (big data) quâelle capte au cours de ce processus sert Ă aider les gens, et non Ă en tirer un profit. Pour chaque projet que nous lançons et qui implique des donnĂ©es, nous travaillons avec un outil dâĂ©valuation de lâimpact sur la vie privĂ©e que nous soumettons Ă notre Data Privacy Officer. Une Ă©quipe examine dâun Ćil critique les questions relatives aux don nĂ©es et, si nĂ©cessaire, les soumet au comitĂ© de direction. Leurs conseils sont rigoureusement suivis. Le traitement responsable des donnĂ©es fait partie intĂ©grante de nos pro cessus.»
Pour le client-utilisateur, le VDAB est trĂšs transparent en matiĂšre de donnĂ©es. Si le client veut ignorer les entreprises sponsors qui sont prĂ©sentĂ©es en premier, il peut sĂ©lection ner les cookies correspondants. Le VDAB traite Ă©gale ment de maniĂšre intelligente la masse de donnĂ©es recueil lies. Lâobjectif est de rĂ©colter de nouvelles informations sur le marchĂ© du travail et dâobtenir de meilleures offres dâemploi. Câest la raison pour laquelle lâintelligence arti ficielle est dĂ©jĂ mise au service des donnĂ©es. «Cependant, nous continuons Ă mettre tout ce qui concerne les donnĂ©es et le numĂ©rique au service de lâhumain», dĂ©clare Amedee Audooren. «Je conseille Ă tout le monde dâutiliser les don nĂ©es de maniĂšre rĂ©flĂ©chie et de sâen servir pour amĂ©liorer les processus de dĂ©cision des travailleurs.»
Que les donnĂ©es tiennent compte de lâaspect humain, câest le credo de Jim Clijmans, Marketing Manager d'United Consulting. Pour lui, la numĂ©risation et lâutilisation des donnĂ©es doivent toujours rester centrĂ©es sur lâhumain et rester en accord avec les valeurs et la personnalitĂ© de lâorganisation. «Nous avons beaucoup grandi, mais nous demeurons une entreprise familiale. Notre force rĂ©side dans notre indĂ©pendance et, surtout, dans notre approche personnalisĂ©e et humaine. Des qualitĂ©s que nous voulons prĂ©server Ă lâĂšre des donnĂ©es et de la numĂ©risation. Câest pourquoi nous avons pris la dĂ©cision dĂ©libĂ©rĂ©e, en interne,
de ne pas tout automatiser dans l'expĂ©rience des salariĂ©s et des candidats, mĂȘme si nous pouvions le faire. Nous uti lisons Ă©normĂ©ment dâanalyses de donnĂ©es et dâautomatisa tion numĂ©rique, mais Ă chaque moment de contact impor tant, nous faisons en sorte quâune personne de confiance est prĂȘte Ă interagir.»
Jim Clijmans considĂšre que la culture de son organisation, quâil qualifie de personnalisĂ©e, enthousiaste, crĂ©ant du lien et humaine, est lâun des atouts pour les candidats. «Nous ne manquons aucune occasion de communiquer Ă ce sujet vers le monde extĂ©rieur. Nous le faisons grĂące Ă des tĂ©moi gnages (people stories) authentiques sous forme de vidĂ©os, de photos et de textes. GrĂące Ă ces mini-campagnes, nous attirons les bonnes personnes qui correspondent Ă notre ADN. De plus, nos tĂ©moignages sont largement relayĂ©s et partagĂ©s par nos 600 consultants. Nous n'utilisons pas de campagnes de publicitĂ© payante ou de re-marketing. Cela ne correspond pas Ă ce que nous sommes. Nous vou lons simplement que les gens apprennent Ă mieux nous connaĂźtre parce quâils en ont eux-mĂȘmes envie. Pour cela, il est important que vos collaborateurs soient enthou siastes. Ils deviennent nos ambassadeurs, faisant ainsi la promotion de notre groupe de consultance. Ces commu nautĂ©s se renforcent mutuellement en permanence.»
Jim Clijmans recommande de se montrer prudent, no tamment par rapport aux chatbots. «Nos collaborateurs ne doivent jamais avoir le sentiment dâĂȘtre des numĂ©ros. Cela ne nous empĂȘche pas de travailler pleinement avec des donnĂ©es et de numĂ©riser ce que nous pouvons. Mais toujours dans le but dâoffrir au salariĂ© une meilleure ex pĂ©rience.»
Reste la question de savoir comment sây prendre. Tom Mentens prĂ©conise de dĂ©finir une stratĂ©gie RH Ă long terme, dont dĂ©coulera un plan de numĂ©risation. «Cette stratĂ©gie peut, par exemple, consister Ă rechercher une plus grande efficacitĂ©. Ainsi, nous voulons passer du temps avec nos clients et ne pas nous Ă©puiser dans la paperasse. LâefficacitĂ© peut reprĂ©senter un gain de temps, mais aussi laisser plus dâespace pour les tĂąches importantes.»
Lâapproche de Flexso for People permet de crĂ©er non seulement une GRH numĂ©rique, mais aussi une flotte numĂ©rique, des finances numĂ©riques et une administra
Tom Mentens«Lorsque nous rĂ©alisons un business case, nous nous adressons au CEO et au CIO pour leur montrer ce que lâon peut retirer de la numĂ©risation.»
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Si vous voulez vous lancer dans la numĂ©risation et viser une approche efficace, David Van De Sype vous fournit quelques principes clairs comme de lâeau de roche.
âą Single source of truth. Conservez vos donnĂ©es de base dans un seul endroit et assurez-vous quâelles sont correctes et complĂštes.
âą Share â unless. Au lieu de tout protĂ©ger, il est prĂ©fĂ©rable de laisser vos donnĂ©es circuler librement, Ă lâintĂ©rieur et peutĂȘtre mĂȘme Ă lâextĂ©rieur de lâorganisation. Assurez-vous de tenir compte des rĂšgles de sĂ©curitĂ©, du RGPD et de conformitĂ©.
âą Simplify where possible. Gardez tout aussi simple que possible et simplifiez encore lorsque câest possible. Et aussi: bien, câest assez bien. La rĂšgle des 80-20 % revient souvent: une petite partie du champ dâapplication crĂ©e une grande complexitĂ© et rend les processus difficilement gĂ©rables.
⹠Employee experience first. Faites en sorte que tout soit aussi convivial et intuitif que possible, car sinon vous obtiendrez des outils compliqués qui ne seront pas utilisés.
âą Digital process approach. La numĂ©risation dâun processus RH ne peut ĂȘtre un simple copier-coller dâun processus tel quâil existait auparavant.
âą Data driven HR. Fondez vos dĂ©cisions sur des donnĂ©es: nous en sommes encore loin en matiĂšre de ressources humaines. Lâintuition reste importante, mais les donnĂ©es permettent dâobjectiver, et mĂȘme de prĂ©voir certaines choses.
âą Future proof. Lorsque vous dĂ©marrez le processus de numĂ©risation, veillez Ă ce quâil soit intĂ©grĂ© dans votre paysage informatique. Ne mettez pas en Ćuvre des outils sans examiner comment ils sâintĂšgrent Ă vos systĂšmes informatiques existants. Utilisez les normes existantes pour Ă©changer des donnĂ©es et relier les outils.
⹠Proven solutions. Recherchez les solutions les plus courantes et les plus efficaces du marché qui ont démontré leur valeur ajoutée numérique.
âą Executive support. Envisagez lâintĂ©gration dans votre organisation en recrutant un Chief Data Officer, qui assurera la gestion depuis le plus haut niveau et contribuera au suivi des questions mentionnĂ©es plus haut.
tion numĂ©rique. «Ce processus permet dâaccroĂźtre lâen gagement des collaborateurs. Une vague de numĂ©risation Ă©merge donc dâune vision RH. Tout cela a un impact sur lâexpĂ©rience. La question est cependant de savoir qui de vrait ĂȘtre le chef de file de cette Ă©volution.»
La numérisation de la GRH ne signifie pas seulement auto matiser les demandes de congé et trouver la bonne forma tion. «La résolution des problÚmes liés aux PC et aux voi tures est également concernée», continue Tom Mentens «Nous numérisons tout. Lorsque nous réalisons un bu siness case, nous nous adressons au CEO et au CIO pour
leur montrer ce que lâon peut retirer de la numĂ©risation. Nous quantifions les avantages, mĂȘme si cela nâest pas toujours facile pour les questions liĂ©es aux ressources hu maines.» En dĂ©finitive, il faut trouver un Ă©quilibre entre le numĂ©rique (par exemple, travailler avec un chatbot) et lâhumain, par exemple, un entretien de qualitĂ©. «Nous visons le phygital, une combinaison de physique et de di gital. Quand on y parvient, on obtient un effet positif sur lâexpĂ©rience des collaborateurs.»
Le dĂ©partement des ressources humaines doit-il investir Ă lâavenir dans des profils hautement technologiques? David Van De Sype ne le pense pas. «Les outils deviennent de plus en plus conviviaux. Il nâest pas nĂ©cessaire de com prendre le fonctionnement dâun tĂ©lĂ©phone pour lâutiliser. Il en va de mĂȘme pour de nombreuses applications avec lesquelles vous travaillez. Je constate le mĂȘme phĂ©nomĂšne dans la technologie des analyses RH, la numĂ©risation des processus et les analyses prĂ©dictives. Beaucoup de choses sont prĂȘtes Ă lâemploi et conviviales, et peuvent ĂȘtre mises en Ćuvre trĂšs rapidement dans votre organisation.» Tom Mentens est du mĂȘme avis: «En tant que professionnel des ressources humaines, vous devez avoir une comprĂ©hension de ce qui existe en matiĂšre de pratiques numĂ©riques plu tĂŽt que de possĂ©der une technicitĂ© informatique. Ce sont deux choses diffĂ©rentes. Nous aidons les gens Ă Ă©tablir des feuilles de route numĂ©riques et Ă fournir des solutions RH sans que tout le monde comprenne tout ce qui se cache derriĂšre.»
Les ressources humaines reposent encore sur lâintuition. Jim Clijmans le sait bien. «Il mâest dĂ©jĂ arrivĂ© de recruter des personnes en me basant sur mon ressenti, alors que sur le papier, le bon candidat ne sâĂ©tait pas immĂ©diatement dĂ©marquĂ©.»
Tom Mentens: «Lâintuition doit ĂȘtre Ă©tayĂ©e par les donnĂ©es et les analyses. La GRH doit encore faire des progrĂšs dans ce domaine. Vis-Ă -vis du comitĂ© de direction, il est prĂ©fĂ©rable dâutiliser les outils qui permettent dâĂ©liminer lâintuition et de la remplacer par des dĂ©cisions scientifiques et fondĂ©es sur des donnĂ©es. Cela ne fera que renforcer la crĂ©dibilitĂ© de la GRH. Vous pourrez alors assumer votre position Ă la table oĂč sont prises les dĂ©cisions.» ¶
Dans les situations fortes, les salariés connaissent les comportements que l'on attend d'eux et qui seront valorisés. Dans une situation faible, les signaux sont confus et ambigus. Attention: il faut aussi faire attention aux messages implicites. Que dit la science à ce sujet?
J'ai discuté récemment avec deux professionnels de la GRH. La premiÚre m'a avoué qu'elle avait beaucoup de mal à faire revenir ses collaborateurs au bureau. L'autre s'en est étonné parce que chez lui, l'organisation du télétravail était claire et chacun appliquait les consignes. La discussion s'est engagée sur l'importance du lieu de travail comme espace de rencontres, le sentiment d'appartenance et le besoin d'autonomie, les différences entre les générations et la hausse du coût de l'énergie. Quand je suis rentrée chez moi plus tard, j'ai pensé qu'il y avait une autre raison à cette différence d'opinions entre mes deux interlocuteurs. Dans l'entreprise de la premiÚre, on n'avait pas créé de situation forte alors que le deuxiÚme en avait toutes les caractéristiques.
En fait, les «situations fortes» suscitent les comportements attendus, ce qui n'est pas le cas des
«situations faibles» (Mischel, 1973). Dans une situation forte, les gens ont une interprĂ©tation commune de ce que l'on attend d'eux et de ce qui est valorisĂ©. On peut penser ici Ă un carrefour avec des feux rouges qui ne prĂȘtent pas Ă confusion.
Dans une situation faible en revanche, ce que l'on espÚre de nous n'est pas clair. Ce sera le cas d'un croisement dont les feux de signalisation ne fonctionnent pas. Nous cherchons des signaux pour savoir quoi faire, nous les interprétons de maniÚre différente et nous finissons par agir en ordre dispersé.
Un systÚme RH fort signale clairement à tous les salariés ce que l'on attend d'eux (Bowen & Ostroff, 2004). Des messages du sommet de l'entreprise aux discussions informelles avec les chefs d'équipe, en passant par les
entretiens de sélection avec les candidats, les entretiens d'évaluation et les instructions données aux freelances: tout indique clairement ce que réclame l'organisation de ses collaborateurs (Gill et al., 2018).
Dans un systĂšme RH faible, les signaux de l'organisation sont ambigus. Le CEO parle peut-ĂȘtre de responsabilisation personnelle mais les chefs d'Ă©quipe exigent que chacun soit au bureau quatre jours par semaine. L'entreprise promet un environnement dynamique Ă ses nouvelles recrues mais un collĂšgue de la comptabilitĂ© reçoit un blĂąme parce qu'il est arrivĂ© en retard un matin. Alors que les free-lances peuvent aller et venir comme ils le souhaitent. Les messages implicites sur ce que l'organisation attend de ses collaborateurs varient au cas par cas.
D'abord, il est important que les
«Un systÚme RH fort signale clairement à tous les salariés ce que l'on attend d'eux.»
ID Kathleen VangronsveltFONCTION
Professeure en psychologie des organisations de lâAntwerp Management School
professionnels de la GRH soient sur la mĂȘme longueur dâonde que la direction et les managers. Les experts RH peuvent rĂ©diger de magnifiques politiques en faveur du travail hybride, si le CEO ne s'en soucie pas et si les managers continuent Ă n'en faire qu'Ă leur tĂȘte, cela ne servira pas Ă grandchose. Et peut mĂȘme se rĂ©vĂ©ler contre-productif. «Comment? La GRH me demande de travailleur deux jours par semaine Ă la maison? Alors que certains de mes collĂšgues viennent au bureau tous les jours? Le dĂ©partement financier a mĂȘme un espace bien amĂ©nagĂ©, avec des photos personnelles, des plantes vertesâŠÂ»
Dans ce cas, il est préférable de confier aux managers la responsabilité de l'organisation de leur équipe, sans imposer de directive stricte. Vous donnerez alors le signal clair que l'organisation du travail dépend de l'équipe dans laquelle vous opérez.
Par ailleurs, il est souvent intéressant d'examiner attentivement quels sont les messages implicites qui sont émis dans l'organisation. Si les initiatives visant à stimuler l'innovation s'accompagnent d'évaluations annuelles qui ne récompensent que les résultats, le message est ambigu. «Essayez tout ce que vous voulez, explorez de nouvelles idées, mais il faut que cela marche.» Autre message contradictoire: vous vantez l'esprit d'équipe mais vos équipiers croulent sous la charge de travail parce qu'ils se portent au secours de leurs collÚgues et que rien n'est fait pour les soulager. «S'entraider, c'est bien, mais mauvais pour ma santé.» S'apercevoir de ces messages implicites contradictoires et une premiÚre étape. Rééquilibrer ces signaux en est une deuxiÚme.
C'est vrai, ce n'est pas facile, mais c'est exactement le prétexte parfait pour organiser des discussions sur la mission, les valeurs et l'identité. «Qu'est ce que nous voulons? Qu'est-ce qui est vraiment important pour nous?» ¶
Bowen D.E. & C. Ostroff C. (2004). Understanding HRMâfirm performance linkages: The role of the âstrengthâ of the HRM system. Academy of Management Review, 29, 203-221
Gill, C., Gardner, W., Claeys, J. & Vangronsvelt, K. (2018). Using theory on authentic leadership to build a strong human resource management system. Human Resource Management Review, 28, pp. 304â318
Une Ă©tude constate que ceux qui bĂ©nĂ©ficient de la comprĂ©hension de leurs collĂšgues sont capables de s'occuper plus facilement de leurs responsabilitĂ©s familiales. Un avantage qui se rĂ©percute positivement sur leur relation avec leur partenaire. Et par ricochet, sur leur travail lui-mĂȘme.
Un salarié qui bénéficie du soutien et de la compréhension de son partenai re sera plus créatif et se montrera plus dévoué dans son travail. «On a déjà étudié ce genre de choses par le passé, mais d'une maniÚre trÚs générale», affirme Jakob Stollberger. Avec ses collÚgues Yasin Rofcanin et Mireia Las Heras, il a effectué des recherches approfondies sur l'interaction entre les situations professionnelles et privées des travailleurs. «Nous avons analysé trÚs en détail la relation entre les partenaires d'une part, et le rÎle du manager et des collÚgues d'autre part. Nous avons observé que l'amélioration de la qualité des rapports professi onnels fonctionne le mieux quand la relation amoureuse est caractérisée par un soutien inconditionnel entre les partenaires.»
Dans ce triangle, les chercheurs ont constaté que l'impact des collÚgues est plus important que celui du ma-
nager. «Quand quelqu'un doit s'occuper par exemple d'un enfant malade à la maison, ses collÚgues accepteront plus facilement de prendre le relais», explique Jakob Stollberger.
En fait, les collĂšgues se comprennent mieux entre eux parce que leur situa tion est comparable. Ils sont plus enclins Ă prĂȘter une oreille bienveillante et Ă fournir un soutien Ă©motionnel. Enfin, ils prĂ©fĂšrent gĂ©nĂ©ralement ne pas impliquer la hiĂ©rarchie pour Ă©viter des problĂšmes Ă©ventuels et pour prĂ©server les chances de carriĂšre du parent en difficultĂ©.
Mais que peuvent faire les managers? «Soutenir et stimuler ce soutien mutu el de leurs collaborateurs. Ils doivent faire en sorte que leurs équipiers puis sent trouver des solutions entre eux et s'entraider. L'entreprise doit en courager cette culture solidaire. Nos recherches montrent que les organisa tions en profitent directement grùce à l'augmentation du dévouement et de la créativité de leur personnel.»
«Les salariés préfÚrent souvent ne pas impliquer la hiérarchie pour éviter des problÚmes éventuels.»
Jakob Stollberger::
260 couples hétérosexuels américains ont complété un questionnaire hebdomadaire pendant six semaines. Les deux partenaires ont répondu aux questions de leur cÎté. «Nous voulions savoir dans quelle mesure les salariés cherchent un soutien et auprÚs de qui. C'est une étude longitudinale intensive qui a enregistré des événements et leurs conséquences sur une longue période.»
Il est possible de mettre en place une politique structurée en la matiÚre et de formuler des objectifs précis. Il est cependant important que les employeurs admettent que les relations amoureuses de leurs salariés appartiennent à leur sphÚre privée. ¶
La pandĂ©mie nous a fait envisager autrement le travail et la vie. C'est l'analyse d'Esther Perel, psychothĂ©rapeute belge installĂ©e Ă New York. Cette remise en cause prend cependant des formes diffĂ©rentes et peut aller jusquâau divorce ou Ă la dĂ©mission.
Les parallĂšles entre les relations professionnelles et les relations amoureuses sont devenues plus Ă©videntes encore pendant la pandĂ©mie. «Certaines personnes ont perdu leur travail et ont Ă©tĂ© plongĂ©es dans l'insĂ©curité», explique Esther Perel. «Pour d'autres, le travail a Ă©tĂ© un facteur stabilisant, il garantissait la continuitĂ©. En tout Ă©tat de cause, deux mondes ont fusionnĂ© en un seul endroit: la maison. Ceci, alors que les routines sociales normales disparaissaient. Certains ont Ă©tĂ© surchargĂ©s, notamment parce que leur vie privĂ©e et leur vie professionnelle se chevauchaient. On a vu aussi apparaĂźtre la notion d'activitĂ©s essentielles: nous avons tous pu nous rendre compte que nous dĂ©pendions de certaines personnes. OĂč est le superflu quand la survie est en jeu? Qui a pris le risque de continuer Ă travailler en dehors de chez lui pour amĂ©liorer la vie de ses concitoyens?»
La possibilitĂ© de travailler Ă distance a remis en question des pratiques bien installĂ©es. Esther Perel: «Nous avons commencĂ© Ă nous demander si nous devions vraiment rester enchaĂźnĂ©s Ă notre bureau jusqu'Ă la fin de nos heures ou jusqu'au moment oĂč notre
patron rentrera chez lui. Cela a-t-il encore un sens? La question se pose quand nos tĂąches quotidiennes sont terminĂ©es, indĂ©pendamment du nombre d'heures Ă prester. Quelle est encore l'utilitĂ© d'un bureau physique? Et qui peut dĂ©ployer ses compĂ©tences Ă distance? Ainsi, les thĂ©rapeutes n'ont pas vraiment besoin d'un divan, avec les rituels qui entourent leur intervention. Moi-mĂȘme, j'ai pu proposer des thĂ©rapies au-delĂ des frontiĂšres. J'ai aussi dirigĂ© des sessions avec des couples dont les deux partenaires n'Ă©taient pas au mĂȘme endroit. La dĂ©construction des rituels existants a Ă©tĂ© trĂšs fructueuse et a ouvert de nouvelles perspectives. Bizarrement, nous n'avons jamais Ă©tĂ© autant sĂ©parĂ©s physiquement et proches intimement. Les visioconfĂ©rences me font entrer dans votre sphĂšre personnelle, il y a des enfants qui pleurent, un chien qui passe, des petites choses qui enrichissent la rencontre. Nous avons Ă©tĂ© nombreux Ă nous asseoir sur la mĂȘme chaise pour manger, travailler, avoir des contacts sociaux⊠Ce qui s'opposait Ă notre tendance naturelle Ă exercer nos activitĂ©s dans des espaces spĂ©cifiques, avec des vĂȘtements ad hoc, en respectant certains rituels, en utilisant des instruments appropriĂ©s⊠En temps normal, ces rituels encadrent la transition d'une activitĂ© Ă l'autre. Mais quand ils disparaissent, l'Ă©puisement est une consĂ©quence possible.»
Esther Perel risque une prĂ©vision. «Les guerres et les catastrophes fonctionnent comme des accĂ©lĂ©rateurs des relations. Les mariages augmentent, comme les naissances et les sĂ©parations. Une crise accentue toujours la conscience que nous avons de notre fragilitĂ©. Ce que vous pensiez pouvoir faire plus tard devient urgent. Par ailleurs, on assiste Ă une hausse des sĂ©parations parce que les gens nâont plus la patience dâattendre que leur situation Ă©volue. Ils dĂ©couvrent pendant la crise qui les aide et qui les nĂ©glige. Et ils ne veulent plus rester dans ces relations. Cela vaut pour un mariage, mais aussi pour des amitiĂ©s, les relations professionnelles ou de voisinage. Ces temps incertains provoquent une certaine polarisation. Au lieu d'accepter que nous ne savons pas comment aller plus loin, nous nous rabattons sur de fausses certitudes. Et nous souffrons de ce que les anthropologues appellent la liminarité», constate Esther Perel. Nous sommes entre deux rituels, l'ancien et le nouveau, nous sommes dominĂ©s par l'incertitude. «Cette liminaritĂ© s'impose aussi aux relations. Certaines d'entre elles se renforcent, d'autres n'y rĂ©sistent pas.»
«Une crise accentue toujours la conscience que nous avons de notre fragilité.»
ID Esther Perel â FONCTION PsychothĂ©rapeute belge installĂ©e Ă New York
MĂȘme si les travaux scientifiques ont rĂ©futĂ© de nombreuses allĂ©gations, nous succombons toujours aux mythes, aux superstitions et aux erreurs d'interprĂ©tation des modĂšles de formation. Clark Quin, expert en la matiĂšre, prĂ©sente ces trois groupes dans son livre «Millenials, goldfish & other training misconceptions; debunking learning myths and superstitions».
Les mythes, le premier groupe d'erreurs de jugement, sont des convictions qui survivent obstinément malgré le fait qu'elles sont démenties noir sur blanc. Dans le contexte professionnel, ils sont plus fréquents qu'on ne pourrait le penser. Un exemple: les styles d'apprentissage, un mythe qui stipule que les individus sont visuels, auditifs ou cinétiques. Dans leur approche, les formateurs devraient donc tenir compte des préférences individuelles pour rendre leur formation efficace. Cette idée (erronée) remonte aux années 1970 avec Dunn and Dunn et leur Learning Style Model. Aujourd'hui encore, on retrouve cette philosophie dans le modÚle de Kolb, ce qui provoque des débats féroces sur LinkedIn entre partisans et adversaires.
Une recherche menée par l'université de San Diego (Pashler, 2008) tranche définitivement la question. Elle montre sans équivoque que l'adaptation d'une méthode de
formation aux soi-disant styles d'apprentissage ne procure aucun avantage significatif. Les participants ont beau avoir une préférence naturelle pour la lecture ou l'écoute, la science n'y voit aucune valeur ajoutée particuliÚre.
Un autre mythe qui reste populaire est l'idĂ©e que le temps d'attention de l'ĂȘtre humain ne dĂ©passe pas huit secondes. Certaines organisations privilĂ©gient donc de petites vidĂ©os Ă©ducatives et refusent les longues interventions. Une autre erreur conceptuelle est de considĂ©rer que les jeunes gĂ©nĂ©rations, nĂ©es avec Internet, apprennent plus facilement sur un Ă©cran que leurs collĂšgues plus ĂągĂ©s. Pas prouvĂ© non plus.
Donneriez-vous des centaines d'euros à une diseuse de bonne aventure pour qu'elle prédise votre avenir grùce à votre horoscope? Sans doute pas. Pourtant, n'est-ce pas ce
que nous faisons souvent dans un contexte professionnel? Dans quelle mesure votre politique de formation est-elle Ă©tayĂ©e scientifiquement? En plus du coĂ»t financier, la crĂ©dibilitĂ© de la GRH peut aussi ĂȘtre entamĂ©e si elle recourt Ă des modĂšles douteux. Mieux, dans certains cas, les mythes freinent le processus d'apprentissage en tant que tel.
Clark Quinn identifie une deuxiĂšme catĂ©gorie d'erreurs de jugement: les superstitions. Ce sont des pratiques qui continuent Ă exister alors que leur valeur ajoutĂ©e n'a jamais Ă©tĂ© Ă©tablie. Il faut donc aborder ces allĂ©gations avec prudence et un art consommĂ© de la nuance. Dans un article paru prĂ©cĂ©demment dans ce magazine, nous avons discutĂ© de la gamification, c'est-Ă -dire la mise en Ćuvre dans la formation d'Ă©lĂ©ments ludiques comme les badges, les avatars ou les concours. Certains fournisseurs dans le marchĂ©
«La cicatrisation fait apparaĂźtre une nouvelle peau sous celle qui a Ă©tĂ© blessĂ©e. Il en va de mĂȘme avec la formation.»
Clark Quinnaffirment que leur approche donne de meilleurs résultats. Jusqu'à présent, aucune relation causale n'a été décelée. Le cÎté ludique peut se traduire par une augmentation de la motivation pendant le cours mais ne garantit pas un meilleur rendement de la formation.
Autre point litigieux frĂ©quent: raconter une histoire dĂ©boucherait automatiquement sur la mise en Ćuvre avec succĂšs des compĂ©tences acquises. Ce n'est pas nĂ©cessairement le cas. Un formateur a sans doute plutĂŽt intĂ©rĂȘt Ă se concentrer sur les actions concrĂštes que ses Ă©tudiants devront accomplir et dĂ©velopper la thĂ©orie sur cette base.
Une troisiÚme erreur est de faire le rapport entre les tests et les compétences acquises. Trop souvent, les professionnels de la formation pensent que le test des connaissances établit que l'on maßtrise les nouvelles compétences. En réalité, les résultats d'un examen constituent une bonne mesure de la mémorisation, mais ne garantissent pas un changement de comportement positif lors du retour au travail.
La troisiÚme et derniÚre catégorie d'idées problématiques concerne les modÚles qui vivent leur vie au fil du temps. Et qui du coup finissent par s'écarter des concepts originels. Selon Quinn, contrairement aux mythes, les débats ne portent pas ici sur ce qui est juste ou faux. Les principes qui sont à la base de ces modÚles restent intéressants mais peuvent avoir des interprétations différentes. Prenons l'exemple de la théorie du désapprentissage (unlearning en
anglais). à cause d'un monde qui évolue trÚs vite, nous avons besoin d'abandonner les vieux schémas de pensée pour introduire de nouveaux codes dans nos cerveaux. Pensons à une nouvelle version de Windows que le département informatique installe dans votre ordinateur portable pendant le week-end. AprÚs un certain temps de tùtonnements et de frustrations, vous finirez par vous débrouiller avec la nouvelle version.
Selon certains professionnels de la formation, nous devons d'abord désapprendre l'ancienne maniÚre de travailler avec la vieille version de Windows pour ensuite construire une nouvelle carte mentale dans notre cerveau. Que dit cette théorie? Notre cerveau apprend quelque chose de nouveau en créant de nouvelles connexions entre nos neurones.
Mais on peut aussi comparer ce processus Ă celui de la cicatrisation qui fait apparaĂźtre une nouvelle peau sous celle qui a Ă©tĂ© blessĂ©e. Quand nous apprenons quelque chose, cela revient Ă construire de nouveaux chemins par-dessus les anciennes connexions. On ne dĂ©sapprend jamais totalement. La rechute constitue d'ailleurs le signe que les anciennes connexions continuent Ă ĂȘtre suffisamment actives pour influencer notre comportement. Les check-lists, les coachs et le suivi aprĂšs une formation peuvent aider Ă maintenir en activitĂ© les nouveaux chemins dans notre cerveau. Et il importe peu de savoir si nous dĂ©sapprenons ou si nous construisons de nouvelles connexions. Tant que la nouvelle idĂ©e reste vivace. ¶
«L'adaptation d'une méthode de formation aux soi-disant styles d'apprentissage ne procure aucun avantage significatif. C'est prouvé.»
Clark Quinn
texte: françois weerts
La sentence est sans appel: 85% des mĂ©tiers qui seront exercĂ©s en 2030 nâexistent pas encore. La quatriĂšme rĂ©volution industrielle, celle de lâintelligence artificielle et de la robotique, va chavirer le monde du travail. Câest ce que confirme Nicolas Hazard, un entrepreneur français prĂ©occupĂ© par la durabilitĂ© et l'inclusion, dans son livre: «Quâest-ce quâon va faire de toi?»
Mais quels seront ces nouveaux mĂ©tiers? Lâauteur dresse 21 portraits de femmes et dâhommes qui sont dĂ©jĂ engagĂ©s dans cette rĂ©volution. Dans sa liste, on retrouve pĂȘlemĂȘle un nanomĂ©decin, une cheffe cuisiniĂšre en 3D, une Ă©thicienne de lâintelligence artificielle, un contrĂŽleur aĂ©rien de drones⊠On y rencontre aussi un nostalgiste qui travaillera avec des personnes ĂągĂ©es pour recrĂ©er en trois dimensions un univers quâelles connaissent bien, comme celui de leur jeunesse. Ceci, afin dâexercer leur mĂ©moire ou leur donner du plaisir. Il cite encore une assistante de bonheur, personne humaine chargĂ©e dâaider ses semblables Ă retrouver du sens dans ce foisonnement de technologies.
Au-delĂ de ces visions prospectives (qui doivent trĂšs peu Ă la science-fiction), Nicolas Hazard profite de ces portraits pour aborder les sujets qui mobilisent lâattention des professionnels RH. La formation tout au long de la vie, lâinclusion des groupes Ă risque, lâĂ©cole et lâenseignement, les dĂ©fis environnementaux, la pĂ©nurie de talents⊠Et chaque fois, lâĂ©clairage de lâĂ©volution technologique permet de comprendre Ă quel point il est urgent de changer. «Comme jamais dans notre histoire, la
transformation de nos mĂ©tiers va ĂȘtre gigantesque», annonce Nicola Hazard. «Elle touchera des centaines de millions de personnes Ă travers le monde. Au cours des derniĂšres dĂ©cennies, le travail a dĂ©jĂ subi des modifications considĂ©rables. Elles ne sont rien par rapport Ă celles que lâon peut dâores et dĂ©jĂ prĂ©voir.» Il explique ainsi que les Ă©tudiants dâaujourdâhui auront exercĂ© de huit Ă dix emplois diffĂ©rents avant leur trentehuitiĂšme anniversaire. Une affirmation que ne dĂ©mentira pas un expert du marchĂ© du travail
comme Denis Pennel. Mais lui va plus loin encore: il affirme que ces huit ou dix emplois diffĂ©rents, certains de ces futurs travailleurs les exerceront en mĂȘme temps!
Bref, lâintelligence artificielle, la robotisation, lâInternet des objets, lâexploitation des donnĂ©es ou la rĂ©alitĂ© virtuelle vont engendrer des bouleversements que nous pouvons Ă peine nous reprĂ©senter aujourdâhui. Ces innovations nâen sont quâĂ leurs balbutiements. Une chose caractĂ©rise cependant lâĂ©poque que nous vivons: la rapiditĂ© des changements. Il est impossible de sâendormir sur ses lauriers. Ă peine maĂźtrise-t-on une technologie ou une compĂ©tence quâil faut en dĂ©velopper une autre. Nicolas Hazard en appelle Ă juste titre Ă un changement global de mentalitĂ©. «La culture apprenante mais aussi l'Ă©thique et la recherche de sens occuperont une place prĂ©pondĂ©rante dans les organisations.» Il tient Ă donner un avertissement: de nouvelles compĂ©tences seront requises de la part des travailleurs. «Ces compĂ©tences exigent de nouvelles modalitĂ©s d'apprentissage, et c'est dĂšs le plus jeune Ăąge qu'il conviendra d'aider les enfants Ă les dĂ©velopper.» L'avantage du livre de Nicolas Hazard est de prĂ©senter ces Ă©volutions dans une perspective pleine d'espoir. Sans angĂ©lisme, sans catastrophisme non plus.
Fondateur et prĂ©sident dâINCO, Nicolas Hazard est un entrepreneur français qui sâengage dans le monde en faveur dâune Ă©conomie inclusive et durable. Quâest-ce quâon va faire de toi? Par Nicolas Hazard. Ăditions Flammarion. Paris, 2022.
«Quâest-ce
Nicola Hazard:
«Comme jamais dans notre histoire, la transformation de nos mĂ©tiers va ĂȘtre gigantesque.»
Dans cette rubrique, les spĂ©cialistes du bureau dâavocats DLA Piper rĂ©pondent aux questions de nos lecteurs sur la trĂšs large thĂ©matique du droit du travail. Vous pouvez Ă©galement poser vos questions en les envoyant Ă redaction@hrmagazine.be
FONCTION
Avocat de DLA Piper UK LLP www.dlapiper.com/ en/belgium/
Frederic Brasseur
Selon la lĂ©gislation actuelle, une entreprise est en prin cipe uniquement responsable du respect des obliga tions lĂ©gales Ă lâĂ©gard de son propre personnel, et pas du respect par les sous-traitants des obligations que ceux-ci ont Ă lâĂ©gard de leur personnel. Il y a certes quelques exceptions lĂ©gales Ă cette rĂšgle, par exemple lâobligation pour les entreprises qui travaillent sur le mĂȘme site de collaborer dans le domaine du bien-ĂȘtre et de la sĂ©curitĂ© au travail. Et il y a les rĂšgles gĂ©nĂ©rales en matiĂšre de complicitĂ©, qui permettent dans certaines conditions de sanctionner un entrepreneur qui coopĂšre Ă des infractions commises par ses sous-traitants.
Le 8 aoĂ»t 2022, une proposition de loi instaurant un de voir de vigilance et un devoir de responsabilitĂ© Ă charge des entreprises tout au long de leurs chaĂźnes de valeur a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e et celle-ci changerait fondamentalement les choses. Il sâagit dâune proposition qui doit encore ĂȘtre dĂ©battue au Parlement et faire lâobjet dâun vote. Mais la proposition Ă©mane des reprĂ©sentants au Parlement du PS, de Vooruit et dâEcolo-Groen, de sorte que la proba bilitĂ© quâelle soit approuvĂ©e est bien rĂ©elle (mĂȘme si ces trois partis rĂ©unis nâont pas de majoritĂ© Ă eux seuls).
La notion de «chaĂźne de valeur» est dĂ©finie dans la pro position de loi comme lâensemble des entitĂ©s avec les quelles lâentreprise entretient une relation commerciale, soit parce que lesdites entitĂ©s fournissent directement ou indirectement des produits, soit parce que lâentreprise reçoit des produits de ces entitĂ©s. La proposition de loi sera applicable Ă toute entreprise Ă©tablie en Belgique. Les autres entitĂ©s de la chaĂźne de valeur peuvent se trouver nâimporte oĂč dans le monde.
Les «consĂ©quences nĂ©gatives» qui doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©es concernent non seulement les droits humains au sens strict du terme (par exemple la DĂ©claration universelle des droits de lâhomme), mais aussi les droits sociaux (la proposition de loi contient une liste de dispositions y re latives telles que diverses conventions de lâOrganisation internationale du travail) et les droits environnementaux.
La proposition de loi prĂ©voit dans un premier temps un devoir de vigilance gĂ©nĂ©ral, câest-Ă -dire une obliga tion dâidentifier les Ă©ventuelles consĂ©quences nĂ©gatives dans la chaĂźne de valeur, dây mettre un terme et de rĂ©pa rer le dommage causĂ©.
Les entreprises dâintĂ©rĂȘt public et les grandes entre prises ont lâobligation supplĂ©mentaire dâĂ©tablir un plan de vigilance. Ce plan comprend, entre autres, des pro cĂ©dures dâĂ©valuation rĂ©guliĂšre des activitĂ©s, des mesures raisonnables ou appropriĂ©es pour prĂ©venir les consĂ© quences nĂ©gatives, un mĂ©canisme de signalement des consĂ©quences nĂ©gatives comportant des garanties en ma tiĂšre de protection des lanceurs dâalerte, et enfin un mĂ© canisme de traitement des plaintes relatives Ă des infrac tions et de rĂ©paration du dommage sâil devait apparaĂźtre que des infractions ont effectivement Ă©tĂ© commises.
Le plan de vigilance doit ĂȘtre Ă©laborĂ© aprĂšs consul tation publique des parties intĂ©ressĂ©es, mais le mode de finalisation nâest pas encore clairement Ă©tabli.
La proposition de loi prĂ©voit Ă©galement un certain nombre de dispositions procĂ©durales, par exemple la possibilitĂ© dâintenter des actions collectives pour les or ganisations dont lâobjet social est liĂ© au prĂ©judice collectif ou les organisations syndicales.
Enfin, la proposition de loi prĂ©voit une responsabili tĂ© solidaire pour toutes les entreprises concernĂ©es en cas dâinfraction.
Reste à savoir ce que le Parlement finira par déci der concernant cette proposition de loi. Le texte actuel contient toutes sortes de dispositions formulées de ma niÚre générale, qui laisseraient par conséquent une large marge de discussion sur ce que ces obligations devraient précisément impliquer dans la réalité quotidienne.
Une proposition de loi qui devrait modifier fonda mentalement les obligations des entreprises concer nant leurs sous-traitants et fournisseurs a Ă©tĂ© intro duite au Parlement belge. Pour lâheure, reste Ă savoir si le projet de loi sera effectivement adoptĂ©, sous une forme modifiĂ©e ou non. ¶
Les entreprises serontelles désormais également responsables, dans une large mesure, du personnel de leurs sous-traitants?
texte: françois weerts
Depuis la rentrĂ©e, le rythme scolaire que nous connaissons depuis plus dâun siĂšcle est modifiĂ©. Les vacances estivales sont raccourcies Ă six semaines, au lieu de huit, et les Ă©lĂšves ont droit Ă des congĂ©s de deux semaines aprĂšs sept semaines de cours. Câest un nouveau rythme auquel les parents francophones devront sâadapter. De mĂȘme que les entreprises.
Depuis la rentrĂ©e 2022, du cĂŽtĂ© francophone, lâannĂ©e scolaire est planifiĂ©e sur une durĂ©e de 7 semaines de cours (6 au minimum, 8 au maximum), suivie d'une pĂ©riode de deux semaines de vacances. L'annĂ©e scolaire a donc commencĂ© le lundi 29 aoĂ»t 2022 et sâachĂšvera le vendredi 7 juillet 2023 dans la FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles. Si cette rĂ©forme vise une meilleure rĂ©gularitĂ© dans les pĂ©riodes de travail et de repos des enfants afin dâaugmenter leurs capacitĂ©s dâapprentissage, elle risque de compliquer la prise de vacances des parents au sein de leur entreprise.
En effet, selon une enquĂȘte de SD Worx, les PME wallonnes et bruxelloises, avec respectivement 30,4% et 24,7%, sâinquiĂštent dâune plus grande complexitĂ© pour la prise de congĂ©s. Moins de 4% dâentre elles estiment que ce nouveau rĂ©gime facilitera les vacances. Les entreprises doivent donc se prĂ©parer et anticiper cette nouvelle rĂ©forme.
au long de lâannĂ©e mais pour des durĂ©es moins longues en Ă©tĂ© par exemple.»
Ă propos de lâenquĂȘte
Entre le 24 mai et le 2 juin 2022, 435 entreprises comprenant de 1 Ă 250 employĂ©s ont participĂ© Ă l'enquĂȘte en ligne de SD Worx.
Xpand, Galileilaan 18, 2845 Niel TĂ©l.: 052-20 18 81 â Fax: 052-20 22 70 info@hrmagazine.be www.hrmagazine.be
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François Weerts
ONT COLLABORĂ Ă CE NUMĂRO
Frederic Brasseur, Jo Cobbaut, Melanie De Vrieze, Liliane Fanello, Peter Ooms, Kathleen Van Gronsvelt, Patrick Verhoest, Gert Verlinden, François Weerts, Sofie Willox
PHOTOGRAPHIE
Sophie Stacino, Wouter Van Vaerenbergh TRADUCTIONS
François Weerts, Ălan CONCEPTION GRAPHIQUE Oeyen en Winters info@oeyenenwinters.be
MISE EN PAGE
Tom Vanlaere IMPRESSION L.capitan www.lcapitan.be
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