Le journal professionnel de Hotel & Gastro Union depuis 1886
Lausanne, le 18 mars 2026
Œnologie
La deuxième
CXLI e année
Édition romande
Forum Parabere
Maria Canabal
Prochaine parution le 1er avril
Hotel & Gastro Union Un nouveau Le Champion -
L’équipe suisse au Bocuse d’Or Europe à Marseille: de gauche à droite, Jean-Michel Martin, Niklas Erb, Karina Fruman et Christoph Hunziker.
LE BOCUSE D’OR EUROPE 2028 À LAUSANNE
Le Danemark a remporté le Bocuse d’Or Europe 2026 à Marseille, devant la Norvège et l’Italie. La Soleuroise Karina Fruman, accompagnée de son commis Niklas Erb, s’est classée 15e parmi vingt équipes. Si ce résultat ne lui ouvre pas les portes de la finale de Lyon, la candidate suisse a néanmoins signé une prestation jugée solide par son entourage et par l’Aca-
démie suisse du Bocuse d’Or. Arrivée le jeudi précédent l’épreuve pour finaliser sa préparation, Karina Fruman s’est montrée à l’aise dans son box et concentrée tout au long du concours. Elle peut en outre se targuer d’avoir été la première femme à représenter la Suisse à cette étape de la compétition, et l’une des deux seules de la compétition. Beat Weibel, manager de l’équipe, dit sa satisfaction: «Elle a pu livrer dans les temps le menu qu’elle avait imaginé et répété entièrement à dix reprises, le tout avec le sourire. Le bilan de la campagne est positif.» Le président de l’Académie suisse du Bocuse d’Or, Franck Giovannini, souligne lui aussi la qualité du travail accompli dans un contexte particulièrement exigeant. Les candidats sont en effet
évalués par plusieurs jurys qui jugent à la fois le goût, la technique, l’esthétique et l’architecture des plats, sans oublier cette année une épreuve spéciale se focalisant sur l’aisance rhétorique et la dextérité des concurrents. Lucien Mosimann, coordinateur, relève par ailleurs un niveau de compétition toujours plus élevé. La cérémonie de remise des prix a également réservé une bonne nouvelle pour la délégation suisse: Lausanne accueillera le Bocuse d’Or Europe 2028. Pour les acteurs vaudois et les représentants de l’Académie suisse du Bocuse d’Or, l’événement est «à la fois un honneur et une responsabilité», l’occasion aussi de mettre en valeur les produits, le savoir-faire et l’hôtellerie-restauration suisses sur la scène internationale. PATRICK CLAUDET
Adligenswilerstrasse 22, 6006 Lucerne
ANTOINE MARCEAU/NICOLAS REYNAUD
CONCOURS
Une nuit pour deux personnes
Quel est le thème de la deuxième édition de la Pastry Week qui débute le 23 mars à Genève et dans les environs?
A) Souvenirs d’enfance
B) Délices sucrés
C) Trésors cachés
L’hôtel Art nouveau Paxmontana, à Flüeli-Ranft (OW), se dresse à l’écart sur une colline offrant une vue panoramique splendide sur le lac de Sarnen et les montagnes d’Obwald. Il a été construit en 1896 par Franz Hess-Michel sous le nom de Kurhaus Nünalphorn. Aujourd’hui classé monument h istorique, il constitue un objet protégé d’importance régionale. Les hôtes du Paxmontana marchent sur les traces du passé: à travers le haut lieu énergétique de Flüeli-Ranft, la pergola et l’historique hôtel Art nouveau. Ils y trouvent un équilibre idéal entre détente, activité en plein air et plaisirs gourmands – le «selfness» plutôt que le wellness. Le prix comprend une nuit en chambre double standard pour deux personnes, avec boisson de bienvenue et petit-déjeuner au buffet régional. Valable du lundi au dimanche.
Une trentaine d’apprenties et apprentis ont élaboré une semaine thématique aux saveurs scandinaves à Lausanne. DR
SV Group mise sur la relève avec un projet inédit en Suisse romande
A Lausanne, une trentaine d’apprenties et apprentis ont pris les rênes du restaurant Le 111, une première en Suisse romande.
Le prix d’une valeur de 205 francs est offert par paxmontana.ch
Merci de nous faire parvenir votre réponse d’ici au 23.3.2026 à l’adresse suivante:
Rédaction Hotellerie Gastronomie Zeitung, Case postale 3027, 6002 Lucerne, ou par e-mail: wettbewerb-hgz@hotellerie-gastronomie.ch
Le gagnante du n° 04/2026 est Janina Borer, Langenthal/BE
En une dizaine d’années, l’initiative est devenue une véritable tradition outre-Sarine, où SV Group encourage ses apprentis à prendre les rênes de la cuisine de certains établissements. Pour la première fois cette année, le groupe spécialisé dans la restauration et la gestion hôtelière a étendu l’opération à la Suisse romande. Sous l’impulsion de Chantal Di Lallo, HR Business Partner formation professionnelle et responsable de projets pour les apprentis romands, quelque trente jeunes en formation ont pris en charge pendant une semaine le restaurant de l’Etablissement cantonal d’assurance (ECA), Le 111, à Lausanne. Du 26 au 30 janvier, 31 apprenties et apprentis (20 issus des établissements romands de SV Group, 10 de l’ECA et un du Service de la sécurité civile et militaire) ont assuré l’ensemble des activités du restaurant, à savoir la cuisine, le service, l’organisation, la communication et la
décoration, le tout sous le regard bienveillant de deux professionnels expérimentés, le chef exécutif Rodrigue Benoit et le directeur du restaurant Patrick Dubey.
Enthousiasme et autonomie
Les jeunes ont travaillé sur l’événement pendant plusieurs mois, dixit Chantal di Lallo. Dès août, ils ont posé les bases et choisi les rôles qu’ils souhaitaient chacun assumer. Les apprentis de deuxième et troisième années ont participé à l’ensemble de la semaine, tandis que ceux de première année sont venus en renfort sur plusieurs jours. Certains ont occupé des fonctions de chef de cuisine, de sous-chef ou de manager, d’autres se sont chargés de la communication, de la logistique et de la plonge. Le thème? «Casques v issés, skis chaussés: les Vikings au ski», tout un programme! A la carte figuraient notamment un ragoût de pois cassés au hareng fumé, un rôti de porc danois en croûte et des betteraves rôties. Des débriefings quotidiens ont permis d’ajuster l’organisation au fil des jours. «Ils ont tout géré avec beaucoup d’enthousiasme et d’autonomie», conclut Chantal Di Lallo. PATRICK CLAUDET
Les World’s 50 Best Restaurants seront désignés à Abu Dhabi
Le classement devrait être dévoilé en novembre dans la capitale des Emirats. Sous réserve de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Après Turin en juin 2025, qui avait consacré le Péruvien Maido Meilleure Table du Monde, la cité émiratie a été choisie pour accueillir la prochaine édition des 50 Best. Un «nouveau chapitre» dans l’histoire de cet événement gastro-touristico-mondain, selon ses organisateurs. La capitale émiratie se positionne désormais comme une destination gastronomique audacieuse, innovante et raffinée, ainsi qu’un haut lieu culturel, selon Craig Hawtin-Butcher, Managing Director des 50 Best, pour qui «l’histoire et les traditions riches d’Abu Dhabi ont
favorisé l’émergence d’un paysage culinaire contemporain de haut vol». Comme chaque année, la cérémonie sera précédée et accompagnée par de nombreux événements: forum sur le leadership dans le secteur de l’hospitalité, conférences, dîner amenant les meilleurs chefs du moment à collaborer, présentation des produits et techniques culinaires locaux.
Cette annonce a toutefois été faite en février, soit peu avant le déclenchement de l’opération Epic Fury. L’attaque américanoisraélienne a entre-temps plongé tout le secteur dans l’incertitude et amené les compagnies aériennes à suspendre de nombreux vols. Au-delà de la tenue des événements festifs autour des 50 Best, elle pourrait menacer le boom touristique récent que connaissent plusieurs pays du MoyenOrient et affecter leur économie. (VBE)
The New York Times
Redzepi quitte Noma sous la pression
Le chef danois René Redzepi a annoncé son retrait de Noma, le restaurant qu’il avait cofondé en 2003 et porté au sommet de la gastronomie mondiale. Cette décision intervient après une série d’accusations d’abus au travail
The New York et relayées sur les réseaux sociaux. Selon une enquête fondée sur les témoignages d’une trentaine d’anemployés, plusieurs incidents se seraient produits entre 2009 et 2017, au moment où le restaurant de Copenhague s’imposait comme l’un des laboratoires culinaires les plus influents de la planète. Certains évoquent des violences physiques, des humiliations publiques ou des pressions psychologiques ayant laissé des séquelles durables. René Redzepi reconnaît ses responsabilités et affirme avoir entrepris depuis plusieurs années de transformer la culture interne de l’établissement. «Une simple excuse ne suffit pas», écrit-il, annonçant son départ après plus de deux décennies à la tête du restaurant. Aucun successeur n’a pour l’heure été nommé.
Le Temps
Aéroport de Sion: votation en vue Le Grand Conseil valaisan a accepté la cantonalisation de l’aéroport de Sion par 103 voix contre 24. La nouvelle société d’exploitation sera majoritairement détenue par le canton. Opposés au projet, les Vert·e·s ont lancé un référendum, dénonçant un modèle jugé peu compatible avec les objectifs climatiques.
LE CHIFFRE
Le mouvement citoyen Agissons! va lancer son initiative populaire fédérale pour la gratuité des transports publics dans les cantons. Le texte modifiant la Constitution a été déposé en bonne et due forme à la Chancellerie fédérale au début du mois de février. La récolte officielle des signatures est prévue pour début juin.
«Ma branche. Mon équipe.»
ANNONCE
Euro Skills 2029: Genève s’organise
Du 25 au 29 septembre 2029, Genève accueillera les Euro Skills, la compétition européenne des métiers. Plus de 600 jeunes professionnels issus de tout le continent s’affronteront dans une quarantaine d’épreuves à Palexpo. A trois ans et demi de l’échéance, l’organisation franchit une étape importante avec la mise en place d’un comité de pilotage présidé par Sophie Dubuis, vice-présidente de l’Union patronale suisse. L’événement, qui devrait attirer plus de 100 000 visiteurs, se veut une vitrine majeure de la formation professionnelle et de l’apprentissage. L’organisation opérationnelle sera dirigée par Anthony Disner, professionnel genevois de l’événementiel notamment impliqué dans la Fête des Vignerons 2019. (HGH)
EHL: le service en vedette
La finale de la deuxième édition de l’EHL Art of Service Trophy se tiendra le 28 mars sur le campus lausannois de l’EHL. Organisé notamment par Thomas Fefin, MOF et manager du restaurant d’application étoilé Le Berceau des Sens, le concours met à l’honneur l’excellence des arts de la table et du service. Six finalistes seront départagés à travers plusieurs épreuves pratiques et théoriques devant un jury de professionnels. La personne gagnante se qualifiera pour la Coupe du monde des maîtres d’hôtel 2026 à Tokyo. (HGH)
Du 23 mars au 5 avril, six pâtissiers dévoileront des créations inédites autour du thème de cette année.
Après une première édition consacrée aux souvenirs d’enfance, la Pastry Week revient à Genève et en Suisse romande du 23 mars au 5 avril 2026. Imaginé par l’agence genevoise PR & co, l’événement réunit plusieurs chefs pâtissiers autour d’un thème commun et d’une création exclusive proposée dans leurs établissements respectifs. L’instigatrice du projet? Pamela Bächli, directrice de l’agence, qui souhaitait décliner dans l’univers sucré le principe déjà éprouvé de la Veggie Week, en associant l’initiative à une cause caritative, cette année le Bioparc Genève, refuge pour la biodiversité situé à B ellevue, qui recueille et soigne des animaux issus du trafic illégal, abandonnés ou blessés.
Pour cette deuxième édition, le thème choisi est «Trésors cachés» et six chefs pâtissiers ont répondu à l’appel. Au Mandarin Oriental, Geneva, Michaël Perrichon dévoile «Ebène», un dessert inspiré des masques africains,
composé d’un biscuit coco et d’une compotée de banane relevée d’une épice rare. Au Four Seasons Hotel des Bergues, Lyece Major propose une création évoquant un coquillage, où une perle de kumquat acidulée se niche dans une mousse citronnée, relevée d’un confit d’agrumes à la salicorne.
Créations tous azimuts
A l’Hôtel Bristol Genève, Alexis Calcagno signe «Inspiration alpine, Génépi & Myrtilles», qui associe meringue française, mousse parfumée au génépi et caviar de myrtilles. Meilleur Ouvrier de France et installé en Suisse depuis plusieurs années, Christophe Renou présente pour sa part un œuf en chocolat noir renfermant un jeu de textures autour de la framboise et du yuzu. Deux autres maisons genevoises complètent l’affiche: la pâtisserie Guillaume Bichet, représentée par Maxime Mesbauer, qui dévoile «Mister Grey», une création au chocolat noir et aux notes d’Earl Grey et de bergamote; et Tout Chocolat, où Yohan Coiffard imagine un dessert autour du cacao, mêlant mousse au chocolat au lait, praliné noisette et insert floral.
Quid des touristes du Golfe?
Pétrole
La flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient pourrait se répercuter rapidement sur les prix dans la production alimentaire, selon Michel Darbellay, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans (USP).
Mine
A Melide (TI), Swissminiatur a rouvert officiellement ses portes samedi dernier, avec l’inauguration de sa première reproduction à taille réelle, un espace réaménagé pour permettre aux visiteurs de vivre l’expérience d’une vraie mine.
Covoiturage
Une voie dédiée au covoiturage sera ouverte en septembre prochain dans le sens France-Suisse à la douane de Bardonnex (GE). Opérationnelle de 5h à 12h, ce nouvel aménagement vise à soulager le trafic à l’heure de pointe.
• BRÈVES
A l’approche de la saison estivale, le secteur du tourisme se prépare à la potentielle absence de la clientèle des pays du Golfe. «A court terme, cette situation entraîne une baisse des réservations», regrette Christian Hürlimann, directeur de Hotelleriesuisse. «Celle-ci touche non seulement les clients du Golfe, mais aussi les voyageurs provenant d’autres marchés lointains, comme certaines régions d’Asie ou l’Australie, qui transitent généralement par les pays du Golfe pour se rendre en Suisse», explique-t-il. En Suisse, Genève et l’Oberland bernois, régions prisées de cette clientèle issue des six pays arabes qui bordent le golfe Persique, sont ainsi particulièrement exposées. «Les premières annulations sont déjà constatées dans certaines destinations et certaines entreprises. L’ampleur finale de ces répercussions dépendra fortement de la durée de la situation actuelle et de l’évolution des liaisons internationales», indique Christian Hürlimann. Bien qu’il soit trop tôt pour une évaluation fiable, Suisse Tourisme indique s’attendre «à une haute saison plus modérée en provenance des Pays du Golfe et de certaines régions d’Asie». (ATS)
La
demande de vélos se normalise
Le marché de la petite reine se normalise en Suisse après le boom observé durant le Covid-19, selon Velosuisse. La demande a certes baissé d’une manière générale, mais pas pour les vélos de sport. En 2025, le volume de bicyclettes livrées aux commerçants suisses a diminué de 7,4 % par rapport à 2024, selon l’enquête annuelle de l’association des fournisseurs de vélos Velosuisse. Au total, 316 050 vélos ont été vendus, soit environ 25 000 montures de moins. Toutefois, la baisse est nettement moins marquée qu’en 2024 (-14 %). (ATS)
Compétence en matière de tomates depuis 1933
Chez Parmadoro, vous trouverez un vaste assortiment de tomates, de la purée aux sauces prêtes à servir, en passant par les pelati. Des tomates sélectionnées et une transformation soigneuse vous permettent d’obtenir un goût constant dans votre cuisine professionnelle.
La création de Michaël Perrichon à déguster au Mandarin Oriental Geneva. DR
Jus ou vin: le plaisir du raisin sans alcool
Deux vignerons suisses de pointe produisent cette année un nectar sobre. Ils racontent leur recherche et leur quête.
Comme toute révolution, celle de la production d’un vin sans alcool s’accompagne d’enthousiasme et de scepticisme. Mais que le Fribourgeois Christian Vessaz et le Valaisan Olivier Mounir, deux incessants innovateurs, s’y intéressent, nous met la puce à l’oreille. Ils produisent chacun sur 13 hectares du vin d’auteur célébré par la Mémoire des Vins Suisses.
Depuis 2002, Christian Vessaz dirige le Cru de l’Hôpital, domaine historique implanté depuis le 15 e siècle au bord du lac de
Morat. Il explique ainsi son choix de créer depuis cette année son breuvage Raisin Libre: «En tant que jeune père, je me suis rendu compte que l’on proposait à ma femme allaitante uniquement des boissons sans alcool du type Coca. Il me fallait réagir. Parallèlement, je me retrouve confronté à un problème autour du cépage résistant gamaret. Au moment où la qualité globale des vins de ce cépage augmente on constate des symptômes d’apoplexie sur nos ceps et on doit à contre-cœur arracher des ceps de 25 ans. J’ai donc à la mi-août vendangé du gamaret à la recherche de son jus acide pour imaginer une boisson sans alcool.» Mais il est important de tout de suite préciser que Christian Vessaz produit un jus et non un vin désalcoolisé en ultrafiltration ou en osmose inverse, des procédés qui demandent une machinerie conséquente. «Je voulais rester dans l’artisanat.» A la dégustation, le résultat nous bluffe, oui, on se
situe loin d’un vin classique, mais l’équilibre entre l’acidité et la dimension florale, sans du tout forcer sur le sucre, fait plaisir. On a ime la complexité, les arômes de rhubarbe, de compote de coing et ce final sur la réglisse.
Des solutions locales
Olivier Mounir, pour son Sylvaner Zéro, à la Cave du Rhodan, à Salgesch, en Valais, obéit à une autre logique. Un domaine fondé en 1962, dont il représente la troisième génération, qu’il reprend en 2007 avec son épouse Sandra, après une carrière dans le monde économique. Son intérêt ancien pour la recherche sur la désalcoolisation du vin vient d’un autre monde: «Celui du sport de haut niveau. Il y a 30 ans, je pratiquais l’Ironman et je m’intéressais naturellement aux premiers résultats sur les vins avec un taux minimal d’alcool. Ils étaient alors produits par d’énormes machines
aux Etats-Unis et un vigneron suisse ne pouvait en aucun cas rivaliser. Mais en novembre 2024, je rencontre Sabine Reber de l’entreprise Amesco, qui commence à avoir une bonne réputation dans le monde alémanique sur ce sujet. Nous avons effectué des tests cet automne-là sur des blancs. Puis j’ai suivi avec intérêt le développement du centre suisse de désalcoo -
«Jeune père, je me suis rendu compte que l’on ne proposait à ma femme allaitante que des boissons de type Coca»
CHRISTIAN VESSAZ, VIGNERON
lisation de vin à Perroy, porté par l’œnologue Marc Vicari et la société Œnologie à façon, autour de d istillation à froid innovante. J’ai décidé de participer à leur projet; depuis novembre dernier, ils travaillent sur mes 1000 litres de sylvaner ou de johannisberg fortement lié à l’identité valaisanne.»
Ce qui le guide? Développer à terme une alternative régionale de qualité à de nombreux sauvignons blancs allemands «Zéro», parfois rehausser avec des arômes, une offre déjà présente sur le marché, notamment à Zermatt. A la dégustation on retrouve la sensation d’un vin assez traditionnel.
Avec quelque chose de très ludique, un peu pétillant sur la langue; on aime les arômes de citronnelle, la dimension herbacée et l’acidité, mais la sucrosité et le côté un peu dilué semblent encore trop présents.
Revenons dans le Vully. Après ses premiers essais avec le gamaret, Christian Vessaz trouve son jus trop acide, il vendange du verjus de pinot noir et de freiburger, mais il recherche encore un ingrédient. Il repense alors à la piquette. «Un abus de langage nous fait penser qu’il s’agit de mauvais vin, alors que dans les années 60 ,dans notre région mais aussi en France, de nombreux domaines repassaient le marc et tous les déchets de cuve en ajoutant de l’eau pour obtenir un liquide avec peu d’alcool. J’ai réalisé cinquante litres de piquette avec du traminer pour obtenir une jolie aromatique.»
En France, selon un récent article du quotidien Le Monde, «un consensus se dégage pour considérer les blancs plus convaincants», un constat auquel adhère également Olivier Mounir. Pour le moment, Christian Vessaz continue à travailler le gamaret car il aime «sa jolie teinte rosée» que nous qualifierons de girly ou pop, mais il pense aussi dès l’an prochain s’attaquer au blanc.
Bouteille de vin ou flacon de limonade
Reste la question du flacon. Celui privilégié par Olivier Mounir s’inscrit classiquement dans une bouteille de vin avec bouchon qu’il commercialise 19 francs 50. «C’est encore trop cher, mais la production et les techniques de concentration demandent de gros investissements.» De son côté, Christian Vessaz a pour l’instant opté pour 1500 bouteilles genre limonade de 33 décilitres, dotées d ’une capsule, au prix de 7 francs. Un jus et un vin idéal sur un fromage et des desserts vivants et sans ivresse. ALEXANDRE CALDARA
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Olivier Mounir et son épouse Sandra ont repris le domaine familial de Salgesch en 2007. MARCO SCHNYDER
Christian Vessaz dirige le Cru de l’Hôpital au bord du lac de Morat depuis 2002. DR
Le Forum Parabere au cœur des luttes
Réunissant nombre
d’intervenants de haut vol, la onzième édition du congrès visant à promouvoir la parité dans les métiers de l’hôtellerie-restauration s’est tenue à Barcelone.
Le décor majestueux d’une des plus anciennes universités du monde, celle de Barcelone, accueillait pour la deuxième fois près de 400 congressistes venus des deux Amériques, d’Europe et d’Asie: professionnels de l’hôtellerie-restauration, activistes de l’alimentation, scientifiques, producteurs et artisans ont pris part à cette édition d’un des événements majeurs du secteur, voué à promouvoir la parité et l’inclusion. Beaucoup avaient arboré une tenue violette à l’occasion de la journée du 8 mars, qui demeure, selon les mots de la créatrice et présidente du forum Maria Canabal, «une journée de prise de conscience et non une célébration, au vu de tout ce qui reste à accomplir pour tendre à la parité et à l’inclusion, abolir les violences faites aux femmes, les disparités et leur moindre accès à l’éducation et à la formation». Quelques jours plus tôt, on lisait de nouvelles révélations sur les mauvaises pratiques qui furent celles du Noma, à Copenhague, établissement mondialement encensé, couronné à trois reprises meilleur restaurant du monde.
guide Michelin, il n’attribue que dix macarons sur 172 à des cuisinières. A l’échelle mondiale, le chercheur note que les top restaurants gérés au féminin ne représentent que 6 à 8 %. La Suisse ne fait certainement pas mieux, voire pire, aucun des chefs distingués par le dernier guide rouge n’étant une cheffe. Les talents pourtant ne manquent pas, mais semblent systématiquement invisibilisés par les guides.
Sur les routes de l’exil
Avec Fidaa Abuhamdiya, cheffe et activiste palestinienne originaire de Hébron désormais installée à Padoue, en Italie, il fut question des routes de l’exil que connaissent tant de Palestiniens depuis la Nakba, singulièrement depuis le 7 octobre et l’intensification de la colonisation en Cisjordanie. La nourriture est une arme dont usent les Israéliens, brûlant et détruisant les arbres et les cultures des Palestiniens, interdisant l’accès aux terres et à l’eau, s’appropriant des droits de douane indus. Que les femmes palestiniennes ne soient plus à même de cueillir le thym utilisé pour le zaatar, que l’huile d’olive doive être remplacée par des succédanés de moindre qualité dans les recettes traditionnelles et on comprendra que c’est l’identité même d’un peuple, ses racines, sa culture dont il est spolié.
Dans la seule bande de Gaza, un million des 1,1 million d’oliviers ont été déracinés, brûlés ou
détruits par les autorités ou les colons israéliens et 98,5 % des terres cultivées sont endommagées, détruites ou les deux, selon l’estimation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et la culture.
«La journée du 8 mars reste une journée de prise de conscience et non de célébration»
MARIA CANABAL, CRÉATRICE DU FORUM PARABERE
Tout autre lieu et tout autre conflit, mêmes routes de l’exil et de la spoliation décrites par Olia Hercules, cheffe et activiste ukrainienne et avant elle par ses mère et grandsmères: après Chypre, la Georgie, la Moldavie, l’Arménie et l’Azerbaidjan notamment, Olia vit désormais à Londres, où elle tente de préserver cette mémoire labile des survivants. La cuisine se révélant à son tour une thérapie. Enfin, une cheffe issue de l’ethnie des Tucanos, en Colombie amazonienne, Lilla Ester Meneses Trujillo a raconté son travail et son combat quotidien pour la préservation de ce poumon. Elle pratique dans la région du Guaviare une cuisine à base des produits locaux et des techniques traditionnelles et un tourisme durable, en dépit de la pollution croissante des rivières et des conflits armés VÉRONIQUE BENOIT
Entendre la voix de ses équipes
Loin de l’omertà habituelle, on entendit le propos de Joan Roca (El
Celler de Can Roca, Best Restaurant du monde 2013 et 2015), issu de cette même élite, qui s’attache avec ses frères Jordi et Josep à avoir des équipes aussi féminines que possible dans leur établissement de Gérone, leurs deux hôtels, leur distillerie et leur manufacture de chocolat. Roca évoqua ses racines, celles de la cuisine familiale catalane, terroir d’une g rande diversité, doté d’un secteur primaire exceptionnel. « Nous considérons que nous avons une clientèle extérieure, mais aussi les clients intérieurs que sont nos employés, dont le bien-être est essentiel.» Une psychologue fait ainsi partie de
l’équipe, afin d’y contribuer et d’entendre la voix des quelque 320 collaborateurs. De son côté, le chercheur et professeur à l’Université d’Oxford Charles Spence se pencha avec humour sur les perceptions et compétences censément féminines ou masculines liées à l’alimentation. Aucune femme ne s’occupe des grillades et pas une ne figure sur la couverture des cinquante best-sellers mondiaux consacrés au barbecue. Au Royaume-Uni, seuls 18,5 % des quelque 250 000 chefs professionnels recensés en 2025 sont des cheffes, soit une diminution de 20 % par rapport à 2024. Quant au
Des pâtes pour les professionnels
Connaissez-vous les préférées de vos hôtes?
Cornettes, spirales, cravates… Derrière ces noms à consonance helvétique se cachent une qualité suisse – et beaucoup de passion.
Vaste assortiment de pâtes Napoli ou aux 3 œufs, dont de nombreuses variétés résistantes à la cuisson
Nombreuses formes de pâtes, en exclusivité pour la gastronomie suisse
Stabilité fiable à la cuisson et texture parfaite
Fabrication en Suisse, hormis la variété fregola sarda
La variété fregola sarda est fabriquée en Sardaigne
La lauréate du Parabere Care Award est la Franco-Américaine Alice Delcourt (à g.), désormais à la tête du Restaurant Erba Brusca, à Milan. PHOTOS DR
Près de 400 personnes ont participé à l’événement qui a eu lieu à Barcelone.
Davantage d’informations: parabereforum.com
NOUVEAU
Le comité romand renouvelé à Sion
L’assemblée régionale de Hotel & Gastro Union marque un nouveau départ pour la région romande.
C’est à la Clinique romande de réadaptation de la SUVA à Sion (VS) que la région Suisse romande de Hotel & Gastro Union a tenu début mars son assemblée régionale. Particularité cette année: l’ensemble du comité remettait son mandat, ce qui impliquait un renouvellement complet de l’organe. La séance a débuté par une minute de silence en mémoire des victimes du drame de Crans-Montana, dont une partie est encore aujourd’hui accueillies dans l’établissement valaisan. La présidente sortante, Lindsay Smith, a ensuite dressé un bilan de l’année écoulée. Elle a évoqué une période «riche mais complexe», marquée par plusieurs changements organisationnels et par la nécessité d’ajuster certaines activités. Si peu d’événements ont pu être organisés en 2025, la région s’est néanmoins distinguée par sa présence dans de nombreux rendez-vous professionnels, qu’il s ’agisse de concours d’apprentis, de remises de diplômes CFC ou de manifestations sectorielles.
De son côté, la présidente de Hotel & Gastro Union, Esther
Lüscher, a rappelé plusieurs dossiers stratégiques en cours au niveau national, notamment la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de l’organisation, la révision des statuts ou encore les négociations autour de la prochaine convention collective nationale de travail.
Phase de transition
Le moment central de la séance était consacré à l’élection du nouveau comité romand. Les candidats se sont présentés successivement devant l’assemblée avant d’être élus à l’unanimité. Cinq membres ont ainsi été désignés: Annlyse Mathis, sous-cheffe cuisinière titulaire du brevet fédéral et experte aux procédures de qualification CFC; Sébastien Grandjean, chef cuisinier avec brevet fédéral et enseignant à la HEP Fribourg; Noé Savioz, chef d’équipe au restaurant Gilles Varone à Savièse; Léonardo Ortiz, chef de cuisine et membre de Hotel & Gastro Union depuis 2008; et Pasquale Altomonte, entrepreneur et fondateur de Kitchen Lab Food, habitué des concours de cuisine.
Conformément aux statuts, les responsabilités seront attribuées ultérieurement lors d’une première séance du nouveau comité. Durant cette phase de transition, les membres seront accompagnés par Jean-Claude Bazzi, membre du comité central de Hotel & Gastro Union, et par le secrétariat romand. (PCL)
7
1 Esther Lüscher, présidente de HGU, en compagnie de Jean-Claude Bazzi (à g.) et Oliver Schärli (à dr.), présents tous les trois lors de l’assemblée régionale qui s’est tenue à Sion.
2 Lionel Pittet, Christophe Digier, Steve Pralong et Patrick Bezzi.
3 Le nouveau comité: de g. à dr., Sébastien Grandjean, Noé Savioz, Annlyse Mathis, Pasquale Altomonte et Léonardo Ortiz.
4 Alfred Wiederseiner et Jean-Pierre Grange, membres de HGU depuis respectivement 65 et 66 ans.
5 Une partie du comité sortant: de g. à dr., Stéphane Chaperon, R omain Berthoud, Lindsay Smith et Thierry Schlatter.
6 Bastien
et
Imoberdorf, Laetitia Galay
Mathias Bourgeois, du secrétariat de Lausanne, avec Angélique Bardot.
Peter Zeller, François Geng, Christian Cart et Gérald Marchon. PHOTOS DR
Davantage
d’informations: hotelgastrounion.ch
Echanges linguistiques:
est une très bonne chose pour les apprentis. Lorsqu’une société professionnelle lance un projet que nous approuvons, nous nous devons d’y participer.» (RIF/BDE)
Euro Skills 2027: c’est parti!
Les inscriptions aux Swiss Skills sont ouvertes. Le gagnant ou la gagnante représentera la Suisse aux Euro Skills en catégorie Service en restauration.
En novembre prochain, à l’hôtel Vitznauerhof de Vitznau (LU), les meilleurs jeunes spécialistes du service se mesureront les uns aux autres. Qui saura séduire les convives par son savoir-faire? Qui préparera le meilleur tartare? Qui se montrera le ou la plus habile pour flamber les mets?
Organisé par la Société professionnelle Service/Restauration, le Championnat suisse de service est désormais intégré aux Swiss Skills et il permettra aussi de sélectionner celui ou celle qui participera au concours international Euro Skills. Les compétiteurs devront notamment assurer le service d’un banquet et d’un menu quatre plats avec préparation en salle. «La Suisse sera représentée pour la première fois dans cette catégorie et nous nous en félicitons», dit Nicola Frey, secrétaire
nelle. «Maintenant, il s’agit de trouver la personne qui a le plus gros potentiel. Elle doit bien sûr aimer son métier et être prête à travailler d’arrache-pied en vue des Euro Skills.»
Les Euro Skills auront lieu du 22 au 27 septembre 2027 à Düsseldorf (DE). Peuvent participer aux Swiss Skills les professionnels du service diplômés ou ayant au moins cinq ans d’expérience et âgés de maximum 25 ans. Le dernier délai d’inscription aux Swiss Skills a été fixé au 3 mai 2026. Des évaluations permettront de sélectionner les candidats les plus prometteurs. Ceux-ci auront ensuite tout loisir de faire leurs preuves à l’hôtel Vitznauerhof en novembre prochain. (AGU/BDE)
Inscription et dates
Inscription: avant le 3 mai
Evaluations: les 27 et 29 juin
Evénement kick-off pour les finalistes: le 5 septembre. Finale: les 15 et 16 novembre.
Informations et inscription:
La Société professionnelle Hôtel, Administration & Management aide les apprentis à surmonter les barrières linguistiques. De premiers hôtels ont annoncé leur participation.
Dans un pays multilingue comme la Suisse, il est essentiel d’apprendre à se comprendre et à se connaître culturellement. Or, la meilleure façon de découvrir com-
ment fonctionnent les Romands, les Tessinois ou les Alémaniques consiste à s’immerger dans leur vie quotidienne et professionnelle.
C’est ce qui est proposé, dans le cadre d’un projet pilote, aux futurs employés de commerce HGT et spécialistes en communication hôtelière en deuxième ou troisième année d’apprentissage.
Des relations de qualité
Aussi bien en matière de politique internationale qu’au sein de labranche, la compréhension mutuelle, la cohésion et des relations de qualité sont indispensables.
C’est pour promouvoir ces valeurs que la Société professionnelle
Conditions de participation
Tous les établissements membres de Hotel & Gastro Union, GastroSuisse ou HotellerieSuisse peuvent participer à ce projet d’échange, organisé par la Société professionnelle Hôtel, Administration & Management et financé par l’agence nationale Movetia. La participation est gratuite pour les entreprises et pour les apprentis. Les hôtels qui accueillent des apprentis reçoivent même une petite compensation.
Disponible dans les variétés suivantes:
Pesto alla Genovese, Pesto Rosso, Pesto alla Calabrese et Pesto Rustico Verdure.
Saveur authentique
En sachet à fond plat pratique de 800 g
Rendement élevé
Longue conservation sans réfrigération
Les établissements souhaitant participer à ce projet sont invités à contacter la Société professionnelle Hôtel, Administration & Management. SUISSE TOURISME
Davantage d’informations: hotelgastrounion.ch
Pour remporter le concours, il faudra de nombreuses compétences. NILS KURTH