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Le grand genève livre ses secrets

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Tribune de Genève | Mardi 26 avril 2016 | Ce supplément ne peut être vendu séparément

Réalisé partenariat avec la HES-SO Genève| Le médiaen genevois. Depuis 1879 | www.tdg.ch

Le Grand Genève livre ses secrets

Au fil du Rhône, une des bornesfrontières installées par la HES-SO Genève dans le cadre de la série d’événements qu’elle organise durant deux mois sur le thème «Frontières et urbanité». PIERRE ABENSUR

La qualité de vie est jugée bonne dans le Grand Genève. En revanche, le sentiment d’appartenir à la région est plutôt faible. Tels sont les résultats d’un vaste sondage réalisé par la Haute école spécialisée de Suisse occidentale Genève. Une autopsie inédite du Grand Genève


Grand Genève

Tribune de Genève | Mardi 26 avril 2016

Appartenir au Grand Genève? Les HautSavoyards sont ceux qui partagent le plus ce sentiment. LUCIEN FORTUNATI

Le Grand Genève, une affaire de raison plutôt que de cœur Une vaste étude scrute la qualité de vie dans la région et la volonté de ses habitants de vivre ensemble. Une prise de température inédite qui réserve des surprises Christian Bernet Peut-on dire que la vie est belle dans le Grand Genève? Que sait-on de la volonté de ses habitants de vivre ensemble? Quelles sont leurs attentes? Ces questions ont fait l’objet d’une enquête réalisée par la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale Genève (HES-SO Genève). C’est une grande première. La Tribune de Genève publie les résultats de ce sondage dans ce numéro spécial alors que la HES-SO Genève organise, du 28 avril au 30 juin, une série d’événements dans la cité autour du thème «Frontière et urbanité». Nommer les choses leur donne une existence.

C’est en partant de ce constat que la région a été officiellement baptisée Grand Genève en 2012. Quatre ans n’ont toutefois pas suffi à créer un sentiment d’appartenance. A la question: «Avez-vous le sentiment de faire partie du Grand Genève?» les sondés ont répondu de manière timorée. Sur une échelle de 1 à 10, ils donnent une note moyenne de 5,4.

Les plus sceptiques sont les Nyonnais Ces résultats diffèrent selon les régions. Le sentiment d’appartenance se manifeste le plus fortement en Haute-Savoie (note de 6), pour décliner dans le canton de Genève (5,8) et l’Ain (5,4), avant de chuter drastiquement dans le district de Nyon (4,3). Les proches Vaudois sont d’ailleurs nombreux à se détourner, au moins avec le cœur, du Grand Genève. 30% des personnes interrogées ont coché la note 0, soit un sentiment nul. Qu’en est-il, à l’inverse, des plus enthousiastes, qui ont répondu 10 à la question, soit un sentiment total d’appartenance? Les plus nombreux sont à Genève (21% des sondés), puis en Haute-Savoie (18%), dans l’Ain (14%) et enfin dans le district de Nyon (12%). L’âge, le sexe ou le niveau de formation ne chan-

La carte du Grand Genève

Si le cœur ne vibre guère à l’appel du Grand Genève, le ventre (ou la raison) réagit mieux. A la question de savoir s’il est utile, les répondants ont donné la note moyenne de 6,9. Ici, une différence de taille. En France, on juge la région plus profitable qu’en Suisse. On trouve même 33% de Haut-Savoyards qui considèrent son utilité élevée, alors qu’ils ne sont que 17% dans le district de Nyon. Mais utile à quoi? L’enquête a mis en exergue six domaines. Deux d’entre eux ressortent nettement comme étant de ceux que le Grand Genève peut améliorer: la vie culturelle et la mobilité. Là encore, les différences entre régions sont importantes et s’expliquent par les conditions particulières qu’elles offrent. Les Genevois n’attendent que très peu du Grand Genève en matière de travail. Ils doutent aussi qu’il amé-

A lire «Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble», d’Andrea Baranzini et Caroline Schaerer. L’étude est téléchargeable à l’adresse Web http://hesso.tind.io/record/1599

Le sentiment d'appartenance au Grand Genève est plutôt faible Trois baromètres pour le Grand Genève - Le sentiment d'appartenance - Son utilité pour les habitants - La cohérence avec laquelle il se développe

Les baromètres de la «Tribune de Genève»

Appartenance

5,4

Notés sur une échelle de 0 (pas du tout) à 10 (tout à fait)

Utilité

6,9

Cohérence

4,8

Sondages déjà réalisés sur l'utilité et la cohérence du Grand Genève:

En

2011: 4,7 En

2014: 4,1

Perception du Grand Genève selon les régions, notes allant de 0 à 10

Appartenance Nyon

Grand Genève

Jura

A

N

Bellegardesur-Valserine

Genève

Saint-Julienen-Genevois

Haute-Savoie

6

Canton de GE

Gex

CE

Utilité

HauteSavoie

Thononles-Bains

5,8 5,5

Ain District de Nyon

Douvaine

Ain

La région utile surtout pour la mobilité

liore de manière importante leur qualité de vie ou leur sécurité. A l’inverse, les personnes résidant en France ne comptent pas trop sur lui pour améliorer leurs conditions de logement mais en attendent beaucoup pour la mobilité. Il a aussi été demandé si le Grand Genève se développait de manière cohérente. La note moyenne s’élève à 4,8. C’est faible. Sur ce point encore, on est plus sévère en Suisse qu’en France. La HES-SO Genève souhaite reconduire ce sondage tous les deux ans. «Cela nous permettra d’avoir des points de comparaison et d’observer des évolutions, par exemple sur le sentiment d’appartenance», explique Andrea Baranzini, professeur d’économie politique à la Haute Ecole de gestion, qui a dirigé l’enquête. A noter que la Tribune de Genève a posé à deux reprises ces dernières années la même question, mêlant utilité et cohérence. Les notes s’élevaient à 4,7 en 2011 et 4,1 en 2014. Le Grand Genève doit encore convaincre.

Les Haut-Savoyards se sentent le plus appartenir au Grand Genève

Vaud

Canton de Genève District de Nyon Ain Haute-Savoie

FR

gent rien à l’affaire. En revanche, la situation financière a un impact notable sur les réponses. En clair, le sentiment d’appartenance augmente en parallèle avec les moyens économiques dans une corrélation très forte. Plus on est riche, plus on adhère.

4,3

Cohérence

HauteSavoie

7,7 7,4

Ain Canton de GE District de Nyon

6,6 6

HauteSavoie

5,4 5,1

Ain District de Nyon

4,7

Canton de GE

4

4,2

3 2

Annemasse

Haute-Savoie

Plus on est riche, plus on se sent appartenir au Grand Genève Notes allant de 0 à 10

La Rochesur-Foron

Très aisée Aisée

Situation financière

Bonneville 10 km I. CAUDULLO. SOURCE: GRAND-GENEVE.ORG

Moyenne Difficile Très difficile

1

5

6

7 8 9 10

6,1

Sentiment d’appartenance au Grand Genève

5,3 5,2 4,9 4,5

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.


Grand Genève

Tribune de Genève | Mardi 26 avril 2016

Appartenir au Grand Genève? Les HautSavoyards sont ceux qui partagent le plus ce sentiment. LUCIEN FORTUNATI

Le Grand Genève, une affaire de raison plutôt que de cœur Une vaste étude scrute la qualité de vie dans la région et la volonté de ses habitants de vivre ensemble. Une prise de température inédite qui réserve des surprises Christian Bernet Peut-on dire que la vie est belle dans le Grand Genève? Que sait-on de la volonté de ses habitants de vivre ensemble? Quelles sont leurs attentes? Ces questions ont fait l’objet d’une enquête réalisée par la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale Genève (HES-SO Genève). C’est une grande première. La Tribune de Genève publie les résultats de ce sondage dans ce numéro spécial alors que la HES-SO Genève organise, du 28 avril au 30 juin, une série d’événements dans la cité autour du thème «Frontière et urbanité». Nommer les choses leur donne une existence.

C’est en partant de ce constat que la région a été officiellement baptisée Grand Genève en 2012. Quatre ans n’ont toutefois pas suffi à créer un sentiment d’appartenance. A la question: «Avez-vous le sentiment de faire partie du Grand Genève?» les sondés ont répondu de manière timorée. Sur une échelle de 1 à 10, ils donnent une note moyenne de 5,4.

Les plus sceptiques sont les Nyonnais Ces résultats diffèrent selon les régions. Le sentiment d’appartenance se manifeste le plus fortement en Haute-Savoie (note de 6), pour décliner dans le canton de Genève (5,8) et l’Ain (5,4), avant de chuter drastiquement dans le district de Nyon (4,3). Les proches Vaudois sont d’ailleurs nombreux à se détourner, au moins avec le cœur, du Grand Genève. 30% des personnes interrogées ont coché la note 0, soit un sentiment nul. Qu’en est-il, à l’inverse, des plus enthousiastes, qui ont répondu 10 à la question, soit un sentiment total d’appartenance? Les plus nombreux sont à Genève (21% des sondés), puis en Haute-Savoie (18%), dans l’Ain (14%) et enfin dans le district de Nyon (12%). L’âge, le sexe ou le niveau de formation ne chan-

La carte du Grand Genève

Si le cœur ne vibre guère à l’appel du Grand Genève, le ventre (ou la raison) réagit mieux. A la question de savoir s’il est utile, les répondants ont donné la note moyenne de 6,9. Ici, une différence de taille. En France, on juge la région plus profitable qu’en Suisse. On trouve même 33% de Haut-Savoyards qui considèrent son utilité élevée, alors qu’ils ne sont que 17% dans le district de Nyon. Mais utile à quoi? L’enquête a mis en exergue six domaines. Deux d’entre eux ressortent nettement comme étant de ceux que le Grand Genève peut améliorer: la vie culturelle et la mobilité. Là encore, les différences entre régions sont importantes et s’expliquent par les conditions particulières qu’elles offrent. Les Genevois n’attendent que très peu du Grand Genève en matière de travail. Ils doutent aussi qu’il amé-

A lire «Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble», d’Andrea Baranzini et Caroline Schaerer. L’étude est téléchargeable à l’adresse Web http://hesso.tind.io/record/1599

Le sentiment d'appartenance au Grand Genève est plutôt faible Trois baromètres pour le Grand Genève - Le sentiment d'appartenance - Son utilité pour les habitants - La cohérence avec laquelle il se développe

Les baromètres de la «Tribune de Genève»

Appartenance

5,4

Notés sur une échelle de 0 (pas du tout) à 10 (tout à fait)

Utilité

6,9

Cohérence

4,8

Sondages déjà réalisés sur l'utilité et la cohérence du Grand Genève:

En

2011: 4,7 En

2014: 4,1

Perception du Grand Genève selon les régions, notes allant de 0 à 10

Appartenance Nyon

Grand Genève

Jura

A

N

Bellegardesur-Valserine

Genève

Saint-Julienen-Genevois

Haute-Savoie

6

Canton de GE

Gex

CE

Utilité

HauteSavoie

Thononles-Bains

5,8 5,5

Ain District de Nyon

Douvaine

Ain

La région utile surtout pour la mobilité

liore de manière importante leur qualité de vie ou leur sécurité. A l’inverse, les personnes résidant en France ne comptent pas trop sur lui pour améliorer leurs conditions de logement mais en attendent beaucoup pour la mobilité. Il a aussi été demandé si le Grand Genève se développait de manière cohérente. La note moyenne s’élève à 4,8. C’est faible. Sur ce point encore, on est plus sévère en Suisse qu’en France. La HES-SO Genève souhaite reconduire ce sondage tous les deux ans. «Cela nous permettra d’avoir des points de comparaison et d’observer des évolutions, par exemple sur le sentiment d’appartenance», explique Andrea Baranzini, professeur d’économie politique à la Haute Ecole de gestion, qui a dirigé l’enquête. A noter que la Tribune de Genève a posé à deux reprises ces dernières années la même question, mêlant utilité et cohérence. Les notes s’élevaient à 4,7 en 2011 et 4,1 en 2014. Le Grand Genève doit encore convaincre.

Les Haut-Savoyards se sentent le plus appartenir au Grand Genève

Vaud

Canton de Genève District de Nyon Ain Haute-Savoie

FR

gent rien à l’affaire. En revanche, la situation financière a un impact notable sur les réponses. En clair, le sentiment d’appartenance augmente en parallèle avec les moyens économiques dans une corrélation très forte. Plus on est riche, plus on adhère.

4,3

Cohérence

HauteSavoie

7,7 7,4

Ain Canton de GE District de Nyon

6,6 6

HauteSavoie

5,4 5,1

Ain District de Nyon

4,7

Canton de GE

4

4,2

3 2

Annemasse

Haute-Savoie

Plus on est riche, plus on se sent appartenir au Grand Genève Notes allant de 0 à 10

La Rochesur-Foron

Très aisée Aisée

Situation financière

Bonneville 10 km I. CAUDULLO. SOURCE: GRAND-GENEVE.ORG

Moyenne Difficile Très difficile

1

5

6

7 8 9 10

6,1

Sentiment d’appartenance au Grand Genève

5,3 5,2 4,9 4,5

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.


Grand Genève

Tribune de Genève | Mardi 26 avril 2016

Sans cesse à cheval sur la frontière On ne voit pas que des travailleurs franchir la douane. Les écoliers croisent les promeneurs, mais pas forcément dans le sens attendu

Travail

Achats (au-delà de la frontière)

38% des adultes (actifs) de Haute-Savoie

55% des Genevois font des achats en France au moins une fois par mois

travaillent à Genève HauteSavoie

37%

Ain

Christian Bernet

District de Nyon

Le lieu le plus fréquenté à Genève? C’est peut-être la frontière. Celle qui entoure le canton enregistre chaque jour 550 000 passages, dans un sens ou dans l’autre. Cela fait du monde. A l’évidence, les pendulaires, pourtant très nombreux, ne sont pas les seuls à passer la douane. Qui sont les autres et pourquoi jouent-ils à saute-frontière? Le point sur ces innombrables échanges.

Ain HauteSavoie

40% des Français se détendent au-delà de la frontière au moins une fois par mois (lieux de promenade et de détente)

42%

Ain

6%

HauteSavoie

5%

41%

Canton de Genève

Canton de Genève 92%

District de Nyon

28% 23%

Ecoles privées et publiques. Seuls les enfants de moins de 18 ans sont pris en compte I. CAUDULLO / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

Le shopping à double sens

Phénomène souvent oublié, les enfants franchissent aussi les frontières pour se rendre à l’école. Dans l’Ain, 6,3% des enfants de moins de 18 ans sont scolarisés dans le canton de Genève; en Haute-Savoie, ils sont 4,7%. Le district de Nyon fait encore plus fort puisque 11,5% des élèves fréquentent les écoles genevoises.

Parmi les autres raisons de traverser la frontière, le shopping arrive en tête. A Genève, ils sont 21% à faire leurs courses en France une fois par semaine, et encore 34% une fois par mois. Surprise, les habitants de France voisine sont aussi des habitués des achats transfrontaliers. Dans l’Ain, 19% une fois par semaine et 26% une fois par mois. En Haute-Savoie, 24% et

22%

des sondés se disent dans une situation financière difficile, et dans une situation aisée

19%. A Nyon, 13% et 21%.

des enfants du district de Nyon sont scolarisés à Genève

Genève attractif pour la balade Une autre raison de s’évader, c’est la balade. Là encore, les flux sont surprenants. On sait les Genevois friands de montagnes haut-savoyardes. Ils sont ainsi près de 30% à emprunter les sentiers français au moins une fois par mois. Mais la campagne genevoise semble tout aussi irrésisti-

Le Grand Genève est jugé utile à

7,1 sur 10,

c’est la note moyenne que les sondés attribuent à leur situation financière

7,9 10 sur

font le chemin inverse. Pour les musées et les expos, les chiffres sont plus bas.

Le Grand Genève, on connaît

La culture à la peine En matière culturelle, les échanges sont moins intenses. En France, environ 15% des personnes interrogées viennent en Suisse une fois par mois voir un spectacle, un film ou un concert. 13% des Genevois

Le Grand Genève fait peu à peu son chemin dans les têtes. Plus de deux tiers des sondés disent en avoir entendu parler. Mais la connaissance est parfois vacillante: 10% des Genevois disent habiter dans une commune qui n’en fait pas partie!

Les Français de l’Ain et de la Haute-Savoie jugent le Grand Genève utile, les Suisses moins

21%

des Genevois font des achats en France une fois par semaine

5,4 sur 10

Le Grand Genève en chiffres 6,9 sur 10

ble. Les habitants de la Haute-Savoie et de l’Ain sont presque 40% à fréquenter des lieux de promenade en Suisse.

Le sentiment d’appartenance au Grand Genève est très moyen:

12%

25%

Contrôle qualité

42%

Loisirs

11,5%

La douane avant l’école

Le média genevois. Depuis 1879 | www.tdg.ch |

44%

HauteSavoie

11,5% des enfants du district de Nyon sont scolarisés à Genève District de Nyon

45%

District de Nyon

33%

Ecole

Le nombre de ménages concernés par le travail frontalier (ou les études) est très important. En Haute-Savoie et dans l’Ain, 38% des adultes actifs dans les ménages interrogés travaillent (ou étudient) à Genève. Ces résultats en disent long sur le degré d’intégration du marché de l’emploi. Le district de Nyon est lui aussi très tourné vers l’extérieur. 33% des adultes travaillent (ou étudient) à Genève. Une autre part, importante (23%), se dit orientée hors du Grand Genève, sans doute vers les autres régions vaudoises.

55%

Ain

Canton de Genève 93%

Travail, la vie des ménages

Plus on est aisé, plus on se sent en sécurité

Canton de Genève

38%

38%

Ce qui satisfait le moins les sondés est leur temps de trajet et leurs conditions de travail

des actifs de l’Ain et de la Haute-Savoie travaillent à Genève

69%

30%

des Nyonnais n’ont pas du tout le sentiment d’appartenir au Grand Genève

des sondés ont déjà entendu parler du Grand Genève

C’est la note moyenne que les sondés attribuent à leur qualité de vie Les habitants de l’Ain et de la Haute-Savoie sont plus satisfaits que le reste de la France

Les habitants de l’Ain et de la Haute-Savoie traversent davantage la frontière pour se promener que les Genevois G.LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

Un supplément de la Tribune de Genève. Rédacteur en chef: Pierre Ruetschi. Rédaction: Christian Bernet, Marie Prieur. Partenariat: réalisé en collaboration avec la HES-SO Genève Directeur artistique: Sébastien Contocollias. Direction: 11, rue des Rois, 1204 Genève, tél. +41 22 322 4000, fax +41 22 781 01 07. Une publication de Tamedia Publications romandes.


Grand Genève

Les habitants frisent le bonheur La qualité de vie est jugée bonne. On vit presque dans l’aisance, sans crainte du chômage. Ce qui pèche le plus, ce sont les temps de trajet Christian Bernet Il ne faut pas se fier aux mornes mines qu’arborent bien souvent les habitants du coin, elles sont trompeuses. Car dans la cuvette genevoise, même sous le brouillard, on est plutôt content de son sort. A la question: «En général, êtesvous satisfait de la vie que vous menez?» les personnes sondées ont donné une note moyenne de 7,9. Un niveau «relativement élevé», selon Andrea Baranzini et Caroline Schaerer, les auteurs de l’étude. Ce sentiment positif est partagé. Les quatre régions affichent peu ou prou le même niveau de satisfaction. Plus d’un tiers des Genevois et des Nyonnais se disent très satisfaits. Idem dans l’Ain. Seuls les Haut-Savoyards sont un peu moins enthousiastes. Les deux régions françaises semblent bénéficier de leur voisinage avec la Suisse. Car les notes de l’Ain et de la Haute-Savoie sont supérieures à celle de la France dans son ensemble, comme d’autres études menées à l’échelle européenne l’ont montré. En revanche, les Genevois et les Nyonnais ne sont ni plus ni moins satisfaits que les autres Suisses.

Bien lotis Pour être heureux, il faut des sous, à ce qu’il paraît. Le niveau de satisfaction dépend fortement des conditions financières (lire ci-dessous). Par chance, les habitants du Grand Genève sont bien lotis dans leur majorité. Ils évaluent leur situation financière de manière élevée, avec une note moyenne de 7,1. Seulement 10% des personnes inter-

rogées estiment se trouver dans une situation financière difficile. Alors qu’elles sont 25% à se voir dans une situation «très aisée». Les Nyonnais arrivent largement en tête, suivis de près par les Genevois puis les Français. Là encore, les notes de l’Ain et de la Haute-Savoie sont nettement supérieures à celle de la France dans son entier. Côté Suisse, Genève et Nyon roulent un peu moins sur l’or que le reste du pays. A noter que le spectre du chômage n’est pas très présent, mais aussi difficilement appréciable par les individus, car un quart n’arrive pas à évaluer le risque d’être au chômage. Le risque de se retrouver sans emploi est évalué à 4 (sur 10). Il est légèrement plus marqué côté français.

Les sondés sont satisfaits de la vie qu'ils mènent

7,9

Notes allant de 0 à 10

5

4

Temps de trajet trop longs Si le niveau de satisfaction général est identique partout, des différences apparaissent pour certains aspects de la vie quotidienne. Le temps de trajet jusqu’au travail, par exemple. Parmi six indicateurs, c’est celui qui est le moins bien noté (7,4). Les plus mécontents sont nettement les Haut-Savoyards. Ce qui n’est guère surprenant. Ils sont nombreux à venir travailler à Genève et à se retrouver dans les bouchons. Les conditions de logement sont partout jugées bonnes, avec une note moyenne plutôt élevée de 8,4. Plus de la moitié des habitants sont très satisfaits de leurs logements. Ce chiffre culmine à 62% dans le district de Nyon. «La qualité de l’habitat est en général bonne mais les propriétaires sont plus satisfaits que les locataires, explique Andrea Baranzini. Il faut sans doute chercher les mécontents du côté de ceux qui cherchent à se loger.» Les Genevois sont ceux qui se plaignent le plus de la sécurité. Même s’il faut relativiser puisque 40% des sondés se disent tout de même très satisfaits. Enfin, l’indicateur qui reçoit la meilleure note globale a trait aux relations personnelles. Conclusion: les amis et la famille participent aussi au bien-être personnel. Ouf!

Satisfaction de vie

3

6

7 8

2

9

1

10

Niveau de satisfaction par thème, selon les régions Temps de trajet

Conditions de travail

Canton de GE

7,8

District de Nyon

7,7

Ain Haute-Savoie

7,9

District de Nyon

7,7

Haute-Savoie

7,2

Ain

6,6

Conditions de logement District de Nyon

Canton de GE

7,5 7,2

Sécurité 8,7

District de Nyon

8,3 8,1

Canton de GE

8,3

Ain

Haute-Savoie

8,3

Haute-Savoie

7,8

Ain

8,2

Canton de GE

7,8

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

L’argent fait le bonheur!

«La région, c’est notre champ d’action»

U Plus on est riche, plus on est satisfait de la vie que l’on mène. La chose n’a rien de surprenant, mais le sondage permet de mesurer la véracité de l’adage. Prenons ceux qui ne sont pas satisfaits de leur existence. Chez les personnes avec une situation financière très difficile, ils sont 48%, alors que chez les riches, ils ne sont que 2%. A l’inverse, les personnes qui sont très contentes de leur vie sont nombreuses chez les riches (54%) et rares chez les pauvres (13%). La corrélation est très forte.

U François Abbé-Decarroux est directeur général de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale Genève, qui regroupe six écoles. Il nous explique la démarche qui a conduit à cette étude.

Précisons que la situation financière des personnes interrogées est subjective. Il leur a été demandé dans quelle mesure ils arrivaient à joindre les deux bouts à la fin du mois. Le critère de la situation financière est de loin le plus déterminant pour expliquer le degré de satisfaction. L’âge a une petite influence, les jeunes étant les plus satisfaits. Le niveau de formation aussi (plus on a de diplômes, plus on est content). En revanche, que l’on soit homme ou femme n’a aucune influence. C.B.

Plus on est riche, plus on est satisfait de sa qualité de vie Satisfaction de vie, selon la situation financière Niveau de satisfaction

Elevé

54%

32% 25% Bas Situation financière

13%

13%

Très difficile

Difficile

Moyenne

Aisée

Très aisée

G. LAPLACE / C. BERNET. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

Question de méthode «Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble» est une étude HES-SO Genève, en partenariat avec la Tribune de Genève. Elle se base sur des données récoltées par sondage téléphonique entre le 11 janvier et le 13 février par la société Demoscope. Elle a été réalisée sur l’ensemble du Grand Genève, auprès d’adultes, sur un échantillon de 1303 personnes. La marge d’erreur est de 2,7% dans le plus mauvais cas. Quand l’étude mentionne la Haute-Sa-

voie et l’Ain, elle ne se réfère qu’aux communes appartenant au Grand Genève (voir carte ci-contre). Le questionnaire comprenait 39 questions. Certaines d’entre elles proposaient des notes allant de 0 à 10. Dans ce cas, une note dite élevée est comprise entre 9 et 10. Une note faible entre 0 et 5. A titre de comparaison, il est aussi fait mention des études Silc réalisées en 2013 à l’échelle européenne, avec parfois les mêmes questions. C.B.

Pourquoi avoir réalisé cette étude sur le Grand Genève? La mission de nos six écoles consiste à répondre aux besoins économiques, environnementaux, sociaux, sanitaires ou encore culturels de la région. Forts de cet ancrage régional, il est normal que nous nous intéressions à la région. La région, c’est notre champ d’action privilégié. Nous formons des ingénieurs, des architectes, des gestionnaires, du personnel soignant, des artistes, des travailleurs sociaux, autant de métiers qui répondent aux enjeux de la construction du Grand Genève, qui peuvent contribuer au mieux vivre-ensemble. Vous avez prévu de reproduire l’étude tous les deux ans. Oui. L’idée consiste à observer l’évolution des échanges transfrontaliers et du sentiment d’appartenance à la région. Nous avons comme objectif de reproduire l’enquête régulièrement, pour autant que nous obtenions les financements externes. Nous ne puisons pas dans notre budget courant pour cela. Des sondages de type sociologique, c’est nouveau pour vous? Pas du tout. Vous oubliez que l’une de nos six écoles est la Haute Ecole de travail social. Mais l’enquête dépasse le champ du social. En outre, les sciences économiques, représentées à la Haute Ecole de gestion, utilisent aussi ces méthodes. Vous formez des infirmières, qui sont justement insuffisantes pour répondre

François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève. STEEVE IUNCKER aux besoins locaux. Comment améliorer la situation? Cette question des infirmières est éminemment transfrontalière. Genève engage massivement en France voisine et y exporte sa pénurie. Nous sommes favorables à en former davantage et c’est ce que nous faisons. Il y a quatre ans, nous avions 94 infirmières en première année de bachelor, elles sont aujourd’hui 160, soit une hausse de 70%. Cela a été rendu possible grâce à l’augmentation des places de stage et grâce à de nouveaux locaux provisoires. Pour aller au-delà, il nous faut de nouvelles infrastructures. Cela dit, d’autres moyens permettent de réduire la pénurie, comme la formation accrue d’assistantes en soins et santé communautaire. D’autres métiers sont-ils confrontés au même problème? Dans une moindre mesure, la pénurie sévit dans les métiers de l’ingénieur, de l’informatique ou de la microtechnique. Les jeunes ne sont pas assez nombreux à se lancer dans ces filières.

Il en manque sur le marché et les entreprises vont les recruter à l’étranger. Avez-vous créé récemment de nouvelles filières? Nous avons créé un bachelor en technique du bâtiment, un autre en International business management (destiné aux entreprises tournées vers l’étranger) et, plus récemment, un master en ethno-musicologie, en collaboration avec l’Université. Outre cette enquête, vous organisez une série d’événements dans la cité. Dans quel but? Avec l’événement HES, nous voulons marquer nos valeurs institutionnelles comme l’ancrage régional, l’interdisciplinarité ou encore la démocratisation des études. Nous voulons aussi renforcer notre notoriété, le système HES étant encore insuffisamment connu. Enfin, nous voulons aussi mettre en évidence nos spécificités, et en particulier nos compétences en matière de développement urbain. C.B.


Grand Genève

Tribune de Genève | Mardi 26 avril 2016

Supprimer la frontière n’est pas tabou Les Français sont plus favorables au Grand Genève Indice du «vivre-ensemble» 1 = forte volonté 0 = aucune volonté

1

0,52 Haute-Savoie 0,50 Ain

0,5

0,31 Canton de GE 0,29 District de Nyon 0

Pour la suppression des frontières Très favorables à la mesure HauteSavoie

39% 33%

Ain Canton de GE District de Nyon

19% 16%

U Faut-il aller plus loin dans l’intégration du Grand Genève? La question divise les territoires. Les quatre mesures soumises aux sondés, comme la suppression des frontières ou la création d’institutions communes, rencontrent un accueil contrasté. En France, on y est largement plus favorable qu’en Suisse. Un «indice du vivre-ensemble» peut ainsi être construit. Il illustre cette volonté plus marquée en France. A noter que les hommes et les personnes aisées sont plus enclins à l’intégration. C.B.

U La suppression des frontières n’est pas forcément taboue. En France, un tiers des sondés y sont favorables. A l’inverse, le socle de ceux qui ne veulent surtout pas y toucher dépasse 25% en Suisse. La création d’institutions communes rencontre aussi un bon accueil côté français, moins côté suisse. Idem concernant la question du financement d’infrastructures de l’autre côté de la frontière. La mesure qui rassemble le plus consiste à mieux coordonner les politiques publiques. C.B.

Les transports, c’est la priorité Dossiers prioritaires à traiter

34%

Transports

24%

Logement

Sécurité

13%

Economie

13%

GL. / CB. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.

En France, un tiers des sondés se disent favorables à la suppression de la frontière. STEEVE IUNCKER-GOMEZ

U Quel problème le Grand Genève doit-il traiter en premier lieu? Les transports. C’est sans conteste la priorité dans toutes les régions, en particulier en Haute-Savoie. Vient ensuite la question du logement, plus prégnante en Suisse qu’en France. Enfin, si Genève et Nyon accordent une importance à la sécurité (troisième priorité), c’est beaucoup moins le cas en France voisine. Celle-ci est plus intéressée par le développement économique. C.B.

«Genève a besoin «Des promesses de la région!» aux preuves» Nous investissons dans les infrastructures, la santé, la formation. Nous vivons les plus gros chantiers de notre histoire. C’est sur le développement et la volonté que Genève se construit!

François Longchamp évoque la position de Genève, véritable cœur de l’agglomération Marie Prieur François Longchamp, président du Conseil d’Etat et du Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT), commente les résultats du sondage et dresse un état des lieux du Grand Genève. Le sentiment d’appartenance au Grand Genève est noté 5,4 sur 10. Qu’en dites-vous? Je trouve cette note plutôt bonne, sachant qu’il y a encore cinq ans, il n’y avait rien pour nommer cette région. Ce sentiment remonte en fait à la nuit des temps, Genève ayant toujours vécu en étroite relation avec son arrièrepays. Il arrive qu’il fluctue. On reconstruit des lignes de tram transfrontalières qui existaient par le passé. Les Genevois ne sont guère convaincus par le Grand Genève. Il faut un déclic. Genève doit retrouver cette ambition de ville qui rayonne. Or elle ne peut y arriver que si la région signifie quelque chose. Les Genevois en ont parfaitement conscience. Ils l’ont Contrôle qualité

François Longchamp, président du GLCT. STEEVE IUNCKER-GOMEZ

prouvé le 9 février 2014, en votant contre l’initiative sur l’immigration de masse. Mais pas quand ils ont refusé de cofinancer des P+R en France. Ce n’est pas un vote cardinal. D’autant plus que les P+R ont été réalisés. Financés par les Français… Je vous rappelle que nous versons 279 millions de francs (en 2014) au titre de la compensation financière. Ce montant a doublé en dix ans. Pas un département, pas une ville en France n’a vu ses capacités d’investissement augmenter comme en France voisine! Et Genève dans tout ça? Nos investissements explosent et frisent les 650 millions par an.

Mais qu’en est-il de l’engagement financier à l’échelle transfrontalière? Lorsqu’on investit dans le CEVA, renforce les HUG ou que l’on soutient des projets tels que le Human Brain, ce n’est pas pour répondre aux seuls besoins des Genevois! A l’inverse, nos hôpitaux, nos commerces, nos entreprises ne peuvent pas fonctionner ni se développer sans les Français et les Vaudois. Genève est certes un pôle d’attractivité, mais le canton a besoin de l’extérieur pour rayonner. C’est une réalité. Jusqu’où peut aller la coopération transfrontalière? La disparition des frontières est impossible. En revanche, je crois depuis longtemps en une instance de gouvernance commune. Le Grand Genève pourrait puiser sa force dans un parlement francovaldo-genevois qui gérerait les recettes liées à la région, telles que la compensation financière genevoise. Une chose est sûre, nous devons nous doter de structures lisibles, sans quoi le sentiment d’appartenance régional ne pourra perdurer, ni même exister.

subventions fédérales, est en service. Le CEVA et du coup le Léman Express sont en cours de construction. Le tram d’Annemasse est financé en ce qui concerne sa première phase, soit jusqu’au centre-ville. Faute de contribution spécifique genevoise, il ne rejoindra le Perrier que dans une seconde phase.

Au nom de l’ARC, Gabriel Doublet fait le point sur la vision française du Grand Genève Marie Prieur S’appuyant sur les résultats du sondage, Gabriel Doublet, viceprésident de l’ARC (le syndicat mixte qui réunit les collectivités françaises entourant Genève), fait un point de situation. Le sentiment d’appartenance à la région est de 5,4, c’est faible? Cela reflète ce que l’on ressent. Soit un sentiment de défiance envers le Grand Genève. Les Suisses jugent le Grand Genève moins utile et moins cohérent que les Français, comment l’expliquez-vous? Il n’y a pas eu suffisamment de pédagogie pour expliquer ce projet. A Genève, cela a laissé le champ libre aux populistes qui ont répandu des idées fausses. Pourtant, ce projet ne tombe pas de nulle part, ce n’est pas une lubie des élus français, vaudois et genevois. Il découle d’une politique fédérale qui s’appuie sur la réalité de l’émergence de ces agglomérations. Malgré cela, il existe encore à Genève cet esprit de muraille dont joue le MCG.

Gabriel Doublet, vice-président de l’ARC. LUCIEN FORTUNATI Le résultat de la votation du 9 février témoigne au contraire de l’ouverture de Genève… C’est vrai sur des objets fédéraux. Mais dès qu’il s’agit de concrétiser le projet par des financements, c’est plus compliqué. La votation sur le crédit pour les P+R a marqué un coup d’arrêt. Le non a surpris tout le monde. Il l’a emporté de justesse mais a fait tomber les accords de Nantua, qui prévoyaient toute une liste de mesures. Du coup, les infrastructures prévues ne verront pas le jour? Bien sûr que si! On doit impérativement passer du discours de promesses au discours de preuves. Où en sont les projets? Le bus à haut niveau de service d’Annemasse, qui a bénéficié des

Pourquoi ne pas puiser dans les fonds frontaliers, qui ont considérablement augmenté? Nous le faisons déjà. Et dans ce domaine, il est à noter que l’impossibilité de Genève d’abonder par le biais de la contribution spécifique genevoise a obligé les instances françaises à gérer de façon optimale les fonds frontaliers. Jusqu’où la coopération transfrontalière peut-elle aller? Si on se servait pleinement des possibilités actuelles, ce serait déjà bien! Les institutions ne sont finalement pas grand-chose. Ce qui compte, c’est la volonté des hommes. Faut-il poursuivre avec le projet d’agglomération 3? Bien sur! Il n’y a même pas à réfléchir. Le projet d’agglo fonctionne. Des subventions fédérales contribuent au financement d’infrastructures coté français. Tels les 23 millions pour le tram d’Annemasse. Ce serait irresponsable de ne pas participer.


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