Tribune de Genève | Vendredi 13 avril 2018 | Ce supplément ne peut être vendu séparément
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Pour le Grand Genève, le bonheur a un léger goût de bouchon
En 2016, un vaste sondage de la HES-SO Genève décryptait la qualité de vie et la volonté de vivre ensemble des habitants du Grand Genève. En 2018, l’équipe réitère son enquête, avec cette fois-ci une attention particulière portée sur la mobilité. Résultat: si les habitants frisent le bonheur, ils déplorent unanimement le manque de cohérence du réseau de transport. Retrouvez les conclusions de cette étude en avant-première dans ce supplément spécial.
2 Sondage
Tribune de Genève | Vendredi 13 avril 2018
Sondage 3
Tribune de Genève | Vendredi 13 avril 2018
Transports
Les autres faits saillants du Grand Genève
Le Grand Genève a mal à sa mobilité E
Une région qui peine à convaincre
La «Tribune de Genève» présente les résultats du nouveau sondage de la HES-SO Genève sur la région. Un accent particulier a été mis cette année sur le thème de la mobilité Valentin Schnorhk
L
es habitants du Grand Genève restent très préoccupés par la mobilité dans leur région. C’est ce que révèle l’édition 2018 de l’étude «Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble», qui passe au crible la qualité de vie des deux côtés de la frontière. Il y a deux ans déjà, un premier sondage réalisé par la Haute école spécialisée de Suisse occidentale Genève (HES-SO Genève) avait mis en lumière cette problématique: 33% des habitants considéraient alors la question des transports comme devant être traitée prioritairement par les autorités. Deux ans plus tard, l’enquête vient d’être actualisée avec une attention particulière portée à la mobilité. La réflexion n’a pas changé. Pire, la tendance est assurément à la hausse. Qu’importe le lieu de résidence, c’est bien la mobilité qui préoccupe le plus 45% des habitants de la région, qu’ils résident à Genève ou dans l’Ain, à Nyon ou en Haute-Savoie.
Insatisfaction générale La conclusion est nette: qui vit dans le Grand Genève est faiblement satisfait par la mobilité dans sa région. Certes, les sondés évaluent à 5,1 sur 10 la qualité générale de cette dernière. Mais ils sont une large majorité (57%) à ne pas donner la moyenne lorsqu’il s’agit d’évaluer la situation actuelle. Et le lieu de résidence n’est pas un critère décisif, puisque dans chaque région, plus de la moitié des répondants s’accordent sur la question. Reste que tous les habitants du Grand Genève ne sont pas forcément égaux face à la problématique. En l’occurrence, le lieu de résidence impacte grandement les temps de trajet pour se rendre au travail, où que celui-ci se trouve (à Genève, en France ou ailleurs). Ceux qui habitent dans le canton de Genève mettent près de dix minutes de moins à effectuer ce parcours quotidien
n 2012, le Grand Genève était baptisé. Ainsi allait-on désigner la région transfrontalière du bassin genevois comprenant, en plus du canton de Genève, le district de Nyon côté suisse et une partie des départements de l’Ain et de la Haute-Savoie côté français. Six ans après, ils sont 77% à en avoir déjà entendu parler. C’est près de 10% de mieux qu’il y a deux ans, preuve que la dénomination est entrée dans les références des habitants de la région. En revanche, vivre dans le Grand Genève ne signifie pas pour autant y avoir noué un sentiment d’appartenance. Si bien que, à la question «Avez-vous le sentiment de faire partie du Grand Genève? Sur une échelle de 0 (pas du tout) à 10 (tout à fait)», la moyenne générale des répondants est de 5,4. Un score faible et qui n’a pas évolué depuis 2016. Et, comme il y a deux ans, les résidents du district de Nyon font fortement chuter la moyenne. 65% des résidents vaudois estiment que leur sentiment d’appartenance est faible, alors que la proportion tourne autour des 40% dans les trois autres régions. Autres dimensions de ce baromètre du Grand Genève, celles concernant l’utilité et la cohérence de la région. Pour celles-ci aussi, les résultats sont sensiblement les mêmes que ceux
que les personnes vivant en France voisine (à peine plus de vingt-six minutes pour les Genevois, contre plus de trentecinq minutes pour les résidents de l’Ain et de la Haute-Savoie). Quant au temps moyen nécessaire pour effectuer le trajet «France vers Genève», il faut compter entre quarante et quarante-cinq minutes. La différence est logique: près de 60% des actifs du Grand Genève travaillent dans le canton du bout du lac. Parmi lesquels 90% de Genevois, mais également quatre personnes résidentes en France sur 10 ont un emploi (ou étudient) à Genève. Ce à quoi il faut ajouter un tiers des habitants du district de Nyon, qui traverse chaque jour la Versoix. Genève est donc un centre métropolitain pour sa région. Il attire dans ses limites une population qui vient de chacune de ses portes d’entrée. Il convient alors de gérer le goulot d’étranglement. Mais les bouchons sont monnaie courante. Les Haut-Savoyards sont les plus prétérités, avec une bonne vingtaine de minutes au ralenti par jour. Notons que lorsque les répondants travaillent en dehors du canton de Genève, quel que soit leur lieu de résidence, le temps passé dans les bouchons diminue fortement.
Les transports en commun oubliés C’est le second étage de la fusée: si les habitants du Grand Genève sont insatisfaits par la mobilité dans leur région, ils déplorent essentiellement la qualité du réseau transfrontalier de transports en commun. En revanche, dans la Cité de Calvin, l’offre des Transports publics genevois et des CFF est appréciée: ses résidents lui accordent un 8 sur 10. La frontière passée par contre, les notes chutent. La desserte des transports en commun est jugée faible par environ 70% des résidents de l’Ain et de la Haute-Savoie. Ce n’est alors pas un hasard de constater que la partie française du Grand Genève n’est pas particulièrement friande des transports en commun. En Haute-Savoie, plus de trois quarts des répondants utilisent un véhicule privé pour se rendre au travail, quel que soit le lieu de celui-ci. Un total qui s’élève à 68% dans l’Ain, où l’on prend plus facilement le bus que dans l’autre département français. À peine 7% de résidents haut-savoyards déclarent recourir aux transports en commun pour aller travailler…
De la déception plus que du rejet Pour ce qui est des Genevois, la répartition est beaucoup plus équilibrée. Malgré l’enthousiasme suscité par la qualité du réseau, seule une personne sur trois uti-
Canton de Vaud
Le Grand Genève s’étend sur deux pays, deux départements et deux cantons. Côté français, ce sont les communes ou communautés de communes qui choisissent d’intégrer le Grand Genève, sur une base volontaire.
L 12% des sondés genevois préfèrent se déplacer à pied pour se rendre sur leur lieu de travail ou à l’école. LUCIEN FORTUNATI
lise fréquemment bus, tram ou train régional pour se rendre au travail. La proportion est similaire pour celles qui se servent d’un véhicule personnel. Le reste? À vélo (16%) ou à pied (12%), les deux options rencontrant un succès certain. Par contre, lorsqu’il s’agit de se déplacer pour leurs loisirs, les Genevois recou-
Lausanne
SUISSE District de Nyon
Lac Léman
Nyon
Thononles-Bains
Gex
Jura
FRANCE Ain
Évianles-Bains
Haute-Savoie
rent beaucoup plus à leur voiture. La moitié des sondés résidant dans le canton favorise ainsi cette option, alors que les transports en commun ne séduisent qu’un quart des répondants. Côté français, les résultats entre travail et loisirs sont en revanche similaires. Quant au district de Nyon, il s’inscrit dans la tendance observée à Genève: les transports en com-
mun baissent, le véhicule privé augmente. Les transports en commun apparaissent donc comme le parent pauvre de la mobilité du Grand Genève. Mais ils suscitent plus de la déception que du rejet. En effet, lorsqu’on interroge les habitants de la région sur le mode de transport qui devrait être favorisé par les autorités,
Ain
Moyenne selon la région, sur une échelle de 0 à 10
Sur une échelle de 0 à 10
5,4 5,2
FerneyVoltaire
District de Nyon
Haute-Savoie
Saint-Julienen-Genevois
Le Rhône
5,1
Ain
Bonneville rve L’A
La Rochesur-Foron
Moyenne générale
e ôn Rh Le
Haute-Savoie
Annecy
10 km
Retrouvez l’intégralité de l’étude à l’adresse: https://hesso.tind.io/record/2357
5,4 2016: 5,4
Cohérence
4,9
En 2011: 4,7
Utilité
6,8
En 2014: 4,1
2016: 6,9
2016: 4,8
Notés sur une échelle de 0 (pas du tout) à 10 (tout à fait)
3
4
5 6 7
8
2 1
9 10 G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
obtenus en 2016. Au niveau de l’utilité, on est plus emballé du côté français que du côté suisse (7,4 dans l’Ain et en Haute-Savoie, 6,4 à Genève et 5,9 à Nyon). Mais c’est surtout en termes de cohérence dans son développement que le Grand Genève est particulièrement décrié. Avec une moyenne de 4,9 sur 10, les habitants jugent que la région ne suit pas un développement logique (avec les mêmes divergences entre Français et Suisses que pour l’utilité). De manière générale, il y a surtout une proportion de plus en plus
importante de personnes qui considèrent l’utilité et la cohérence du Grand Genève comme faibles. Cette augmentation est d’ailleurs commune à toutes les régions. À noter qu’en 2011, 2012 et 2014, la «Tribune de Genève» avait réalisé un baromètre sur ces mêmes thématiques (mais en posant une seule question, et non deux). Malgré un échantillon plus petit et composé essentiellement de répondants genevois, les résultats obtenus étaient très similaires à ceux de cette étude de la HES-SO Genève. V.S.
D
Vélo 8,9% Covoiturage 5,8% Voiture 5,6%
Moto, scooter 2%
Mode de transport utilisé pour se rendre au travail Selon le lieu de résidence
Haute-Savoie
Ain
Transports en commun
Canton de GE
Ne sait pas 4,1% 79,2%
6,9% 12%
67,9% 17,6% 11,4%
Méthodologie 52,7%
16,5%
HauteSavoie
Autre
29,4% 29,1% 29,2% 36,6%
«Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble» est une étude de la HES-SO Genève. Les données ont été récoltées par sondage téléphonique entre le 11 janvier et le 8 février par la société Demoscope. L’échantillon comprend 1305 personnes adultes, sur l’ensemble du Grand Genève. La marge d’erreur est de 2,8%, dans le plus mauvais des cas.
oin devant toutes les autres thématiques, la mobilité se situe au cœur des problématiques prioritaires du Grand Genève, selon ses habitants. Et elle n’échappe à personne, puisqu’elle recueille plus de 40% des voix dans l’Ain, à Nyon et à Genève. En HauteSavoie, la préoccupation est telle qu’ils sont 55% à l’avoir cochée. Derrière celle des transports, le logement est l’autre question qui inquiète. Et notamment en Suisse (23% des sondés dans le canton de Genève, 19% dans le district de Nyon). Côté français, la réponse est moins tranchée, puisque la santé arrive en seconde place chez les résidents de l’Ain. Les Haut-Savoyards, quant à eux, peinent à se mettre d’accord, puisque le logement, la santé et le développement économique sont au coude-àcoude. À noter que la thématique de la sécurité fait bien plus d’émules en Suisse qu’en France (3e à Genève et
Les problématiques à traiter en priorité 45,2%
Transports
(34% en 2016)
17,8%
Logement
9,6%
Santé Développement économique
8,7% 7,5%
Sécurité
5,4%
Relations
1,8%
Culture
4,1%
Ne sait pas
Les transports sont la priorité N°1 dans toutes les régions Genève et Nyon: • Logement: N°2 • Sécurité: N°3 Ain: • Services de santé: N°2 • Logement: N°3 Haute-Savoie: • Logement: N°2 • Développement économique: N°3 G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
à Nyon, 5e en Haute-Savoie, 7e dans l’Ain). En 2016, cela était déjà le cas. En revanche, il y a deux ans, les problèmes de logement, de sécurité et de développement économique
paraissaient relativement plus importants pour les résidents du Grand Genève. Mais, bien que première, la mobilité avait recueilli 12% des suffrages de moins. V.S
La frontière se traverse dans les deux sens
Marche 1,3%
3,5
District de Nyon
4,7
72,3%
3,9
Haute-Savoie
5
L’Arve
Transports en commun
7
Ain
Références Andrea Baranzini, Caroline Schaerer et Sabine Emad: Grand Genève: sa population et son désir de vivre ensemble. Enquête 2018. Cahier de recherche HEG Genève N° HES-SO/HEG-GE/C--18/1/1 — CH.
Selon les habitants du Grand Genève
8
Canton de GE
Véhicule privé Annemasse
Bellegardesur-Valserine
Satisfaction quant à la desserte des transports en commun, selon le lieu de résidence
District de Nyon
ceux-ci sont proches d’être unanimes: plus de 72% d’entre eux cochent en premier lieu les transports en commun. À Genève, nombreux sont ceux qui appellent aussi au développement des aménagements pour les vélos. Comme quoi, les habitants du Grand Genève ne sont pas forcément contre le fait de laisser leur voiture au garage.
Mode de transport qui devrait être favorisé
Indice de satisfaction de la mobilité
Canton de GE
Douvaine
Canton de Genève
Trois critères: • Le sentiment d'appartenance • Son utilité pour les habitants • La cohérence avec laquelle il se développe
Sondages déjà réalisés sur l'utilité et la cohérence du Grand Genève:
Appartenance
Les difficultés à se loger préoccupent
Les difficultés de mobilité préoccupent tous les résidents du Grand Genève Périmètre du Grand Genève
Le baromètre du Grand Genève
Lorsque la Haute-Savoie et l’Ain sont mentionnés, cela ne fait référence qu’aux communes appartenant au Grand Genève. Le questionnaire comportait 41 questions, dont certaines proposaient des notes allant de 0 à 10. Une note dite élevée est comprise entre 9 et 10, une note faible entre 0 et 5. V.S. G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
ans le Grand Genève, passer la frontière (nationale, mais également cantonale) est un rite auquel on ne prête pas attention. Il rythme la vie de ses habitants, qu’importe le sens de la traversée. Et, sans surprise, c’est en début et fin de journée que les douanes sont particulièrement prises d’assaut. Des heures de pointe qui signifient la centralité du canton de Genève. 40% des Français et un Nyonnais sur trois viennent y travailler. En revanche, aucun Genevois ou presque ne fait le chemin inverse pour son emploi. Par contre, dès qu’il s’agit d’aller faire ses courses, les Genevois se pressent au portillon. Près d’un répondant sur quatre admet même que la pratique est hebdomadaire. Le chiffre dépasse aisément les 50% dès que le critère est mensuel. Mais les résidents de l’Ain et de la Haute-Savoie sont également adeptes des achats en Suisse, dans des proportions semblables. Concernant les loisirs (promenades et autres lieux de détente) ainsi que les visites culturelles, il est plus courant que les Français viennent en Suisse que l’inverse. L’étude s’attarde également sur la
Les échanges dans le Grand Genève Travail 41% des adultes (actifs)
du département de l’Ain travaillent à Genève
Achats 57% des Genevois font des achats au-delà de la frontière au moins une fois par mois
Ain
41%
Canton de GE
57%
Haute-Savoie
40%
Ain
57%
District de Nyon
34,5%
District de Nyon
Canton de GE 91%
École 9,9% des enfants du district de Nyon sont scolarisés à Genève
District de Nyon Ain Haute-Savoie
48%
Haute-Savoie
9,9%
Activités culturelles au-delà de la frontière, selon le lieu de résidence, au moins une fois par mois 32%
Ain Haute-Savoie
6,2% 5,9%
31%
Écoles privées et publiques (enfants de moins de 18 ans)
Canton de GE 92%
Canton de GE
29% 16%
District de Nyon 10% G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
question des enfants dont l’école se trouve dans une autre région que celle où ils résident. À l’heure où le Conseil d’État genevois souhaite restreindre l’accès aux élèves frontaliers, il faut savoir que seuls 6%
des enfants résidant en France sont scolarisés dans le canton de Genève, établissements publics et privés confondus. À titre de comparaison, le taux atteint 10% pour ceux habitant dans le district de Nyon. V.S.
4 Sondage
Tribune de Genève | Vendredi 13 avril 2018
Qualité de vie
La région garde le sourire. Même si… Les habitants du Grand Genève sont heureux. Rien ne les perturbe, si ce n’est la mobilité. En deux ans, cette dernière a perdu beaucoup de points de sympathie
Les sondés sont satisfaits de la vie qu'ils mènent
buaient une note moyenne de 7,2 sur 10 à leur temps de trajet pour aller de leur domicile à leur lieu de travail, la même question ne recueille désormais qu’une note de 5,9. Un score en chute libre, qui se répercute également dans les autres régions. C’est d’ailleurs la catégorie qui a le plus déçu les habitants du Grand Genève, puisque la moyenne totale est passée de 7,4 à 6,5.
Satisfaction de vie
7,9
Inchangée par rapport à 2016
Notes allant de 0 à 10
… mais le reste se porte bien
Valentin Schnorhk
C’
est l’autre pendant de l’étude réalisée par Andrea Baranzini, Caroline Schaerer et Sabine Emad: la qualité de vie dans le Grand Genève. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on y est heureux. «Les habitants du Grand Genève jugent que leur niveau de vie est relativement élevé», écrivent les auteurs. Concrètement, les répondants au sondage attribuent une note de 7,9 sur 10 lorsqu’ils doivent évaluer leur satisfaction de vie. Soit strictement la même moyenne qu’en 2016. Même si certaines variables obligent à relativiser l’engouement général, le chiffre est globalement élevé. Notamment du côté du district de Nyon, où il grimpe même à 8,3, soit une significative augmentation par rapport au 8 d’il y a deux ans. La Haute-Savoie connaît une tendance similaire. En revanche, les habitants du canton de Genève et du département de l’Ain estiment que leur niveau de vie s’est légèrement détérioré depuis 2017.
De trop longs trajets… Autres dimensions qui entrent en ligne de compte pour évaluer son bonheur: le degré de formation et la situation financière. Plus l’une ou l’autre de ces variables est élevée, plus la satisfaction de vie est élevée. D’après l’étude, les Genevois considèrent que leur situation financière a sensiblement baissé depuis deux ans, expliquant qu’ils soient moins emballés par leur vie aujourd’hui. La corrélation ne tient pas pour les résidents de l’Ain, qui ont vu leur situation économique s’améliorer. Ils sont un peu moins heureux en 2018, et la mobilité y joue un rôle prépondérant. Alors qu’ils attri-
Les habitants de la Haute-Savoie passent en moyenne 15 minutes dans les bouchons pour se rendre au travail, et 22 minutes s’ils travaillent à Genève
4
5
6
7
3
8
2
9
1
10
Niveau de satisfaction par thème, selon les régions Temps de trajet District de Nyon Canton de GE Ain Haute-Savoie
Conditions de travail District de Nyon
7,4 7,1 7,8 en 2016
Ain
5,9 7,2 en 2016
Haute-Savoie
7,4
Ain
7,4
5,5 6,6 en 2016
Sécurité District de Nyon
8,8 8,5
8,2
6,8 sur 10
8,5
Haute-Savoie
en 2016
Canton de GE
8,3
Ain
Haute-Savoie
8,3
Canton de GE
Santé
8 7,9 7,7
Qualité environnementale
District de Nyon
8,3
District de Nyon
8
Ain
8,1
Haute-Savoie
7,9
Haute-Savoie
8,1
Ain
7,9
Canton de GE
8 8,4 en 2016
Canton de GE
7,2 G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SONDAGE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
6%
des écoliers de l’Ain et de la Haute-Savoie sont scolarisés à Genève
Le sentiment d’appartenance au Grand Genève n’a pas changé depuis 2016, il reste très moyen:
6,7 sur 10
Le Grand Genève est jugé utile, mais son développement peu cohérent
5,4 sur 10
Le Grand Genève en chiffres
Le Grand Genève est jugé utile à
7,6 7,9 en 2016
Canton de GE
Conditions de logement District de Nyon
8
c’est la note moyenne que les Genevois attribuent à leur situation financière
58,4%
des actifs du Grand Genève travaillent dans le canton de Genève (+3,1% par rapport à 2016)
25% des sondés se disent dans une situation financière difficile, et 27% dans une situation aisée
Telle variation ne touche pas autant les autres questions posées aux sondés. Au contraire, elles restent relativement stables. À l’exception de l’état de santé des Genevois, qui se sentent en général un peu moins bien. Cela reste relatif, puisque le score de 8 sur 10 demeure particulièrement élevé. En fait, l’ensemble des habitants de la région paraissent globalement heureux dans leur vie quotidienne. Si l’on fait fi des problèmes de transport, le Grand Genève transpire de bonheur. La population est satisfaite de son logement, son travail lui convient plutôt bien et elle se sent en sécurité dans son quartier de résidence. Comme en 2016.
Les Nyonnais sont les plus heureux Mais la dernière étude ne s’était pas intéressée à la qualité environnementale perçue par les habitants. Ceux-ci ont été interrogés sur les odeurs et poussières de rue, la pollution de l’air, les nuisances sonores, l’hygiène générale et les espaces verts. En a été déduite une note moyenne permettant d’évaluer les conditions environnementales. Résultat: «La perception de la qualité environnementale est plus faible dans le canton de Genève que dans les autres régions», interprètent les auteurs de l’enquête. 22% des sondés du bout du lac se déclarent faiblement satisfaits, alors qu’ils sont seulement 11% dans le district de Nyon. Il est d’ailleurs intéressant de noter que la partie vaudoise du Grand Genève semble déborder de bonheur, dans des dimensions bien plus importantes que les autres. Qu’importe la thématique, les Nyonnais sont plus heureux que leurs concitoyens. À relever que ce sont aussi eux qui croient le moins au projet régional transfrontalier. Coïncidence?
22% des Genevois font des achats en France au moins une fois par semaine
La mobilité est considérée comme la problématique prioritaire du Grand Genève par ses habitants, toutes régions confondues
G. LAPLACE / V. SCHNORHK. SOURCE: ENQUÊTE HES-SO GENÈVE.
Trois quarts des habitants du Grand Genève considèrent que les transports en commun devraient être le mode de transport favorisé par les autorités Un supplément de la Tribune de Genève, réalisé en partenariat avec la HES-SO Genève. Rédacteur en chef: Pierre Ruetschi. Responsable du supplément: Cécile Denayrouse, tél. 022 322 38 27. Rédaction: Valentin Schnorhk. Direction: 11, rue des Rois, 1204 Genève, tél. +41 22 322 4000, fax +41 22 781 01 07. Une publication de Tamedia Publications romandes, 33 avenue de la Gare, 1003 Lausanne. Impression: CIL SA à Bussigny. Indication de participations importantes selon article 322 CPS CIL Centre d’Impression Lausanne SA, Homegate AG, ImmoStreet.ch S.A., LC Lausanne-Cités SA, Société de Publications Nouvelles SPN SA.