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Guide - "Adultes connectés, enfants protégés" - Campagne 2025

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Guide :

Sommaire

01 • Écrans et enfants : que faut-il savoir ?

Page 03

02 • Guide de discussion parent-enfant sur les écrans

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03 • Mini contrat familial “écrans”

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1. Écrans et enfants : que faut-il savoir ?

Le développement des enfants est global… et sensible aux écrans

Les écrans n’impactent pas seulement les capacités cognitives (concentration, mémoire…), mais aussi :

• Le développement psychomoteur : moins de mouvements, donc moins de construction du schéma corporel.

• Le développement affectif et relationnel : l’écran ne remplace ni un regard, ni une parole, ni une émotion partagée.

Un jeune enfant apprend d’abord par le corps et les émotions, bien avant d’apprendre par l’intellect.

Tous

les enfants ne réagissent pas pareil

Les effets des écrans dépendent de :

• La quantité de temps passé devant l’écran, dès le plus jeune âge.

• La qualité des interactions parent-enfant.

• L’usage des écrans par les parents euxmêmes.

• Les caractéristiques individuelles de chaque enfant.

Un écran trop présent ou mal utilisé peut déséquilibrer le développement, comme si l’on musclait un seul bras à la salle de sport : certaines fonctions se développent, d’autres restent en retard.

Attention ≠ Immobilité

Un enfant immobile devant un écran n’est pas forcément concentré :

• Il est souvent attiré par des stimuli visuels et sonores très puissants (attention involontaire).

• Cela ne stimule ni la réflexion, ni la créativité, ni le langage, ni la curiosité.

Un enfant qui regarde un dessin animé peut rester « calme »… mais son cerveau n’est pas forcément actif d’un point de vue constructif.

Les conséquences concrètes d’une surexposition

• Retards de langage, motricité réduite, difficultés relationnelles.

• Hyperactivité aux écrans et stimuli visuels.

• Moins d’envie d’explorer le monde réel.

• Troubles du comportement, isolement, agitation, troubles du sommeil ou de la concentration.

C’est comme « Apprendre à faire du vélo sur une tablette » : on comprend la théorie, mais pas la pratique.

Le lien parent-enfant fragilisé

Quand les adultes sont eux-mêmes absorbés par leurs écrans :

• Le lien affectif avec l’enfant peut se réduire.

• L’enfant reçoit moins de réponses émotionnelles.

• Il peut se décourager de solliciter l’adulte et s’isoler dans un monde numérique.

Pour un enfant, même un tout-petit, la disponibilité émotionnelle d’un parent est essentielle à sa sécurité intérieure et à son développement.

Recommandations par âge

0 à 3 ans : découvrir le monde avec ses sens, pas avec des écrans

Ce qui est essentiel à cet âge :

• Bouger, toucher, regarder, écouter, interagir avec les adultes.

• Construire son langage en entendant et en échangeant des paroles vraies.

• Développer sa motricité et son imaginaire par le jeu libre.

Recommandation :

Pas d’écran autant que possible, même en fond sonore.

3 à 6 ans : découvrir en jouant, accompagné par l’adulte

Ce qui est essentiel à cet âge :

• Imaginer, explorer, poser des questions.

• Apprendre à gérer ses émotions et à communiquer.

• Renforcer les liens avec les parents à travers les activités partagées.

Recommandation :

Un peu d’écran, avec un adulte, ni seul, ni le matin, ni avant de dormir.

6 à 9 ans : apprendre à réguler, en construisant des repères

Ce qui est essentiel à cet âge :

• Comprendre le monde qui l’entoure.

• Développer ses relations, son imagination, sa concentration.

• Apprendre à organiser son temps (école, jeux, écrans…).

Recommandation :

Temps limité (30 min à 1h max par jour), accompagné, avec des règles claires.

9 à 12 ans : apprendre à choisir et à se protéger

Ce qui est essentiel à cet âge :

• Gagner en autonomie, sans être livré à luimême.

• Développer un regard critique, poser des questions, affirmer ses goûts.

• Se sentir écouté et soutenu dans ses découvertes numériques.

Recommandation :

Dialogue et accompagnement sont les clés, surtout à l’approche des réseaux sociaux.

12 ans et + : les réseaux sociaux, les émotions, et la confiance

Ce qui est essentiel à cet âge :

• Construire son identité, son estime de soi.

• Comprendre les enjeux sociaux et émotionnels des usages numériques.

• Savoir demander de l’aide sans crainte d’être jugé.

Recommandation :

Accompagnement actif, dialogue régulier, règles co-construites et évolutives.

Écran passif ou interactif : attention aux fausses idées

Contrairement à ce qu’on pourrait croire :

• Les jeux interactifs (jeux, applis…) peuvent être plus nocifs que la télévision : ils stimulent le système de récompense → risque d’addiction.

• Les applications éducatives ne sont utiles que si les bases ont été acquises dans la réalité.

Les règles à la maison : simples, claires, partagées

Exemple des 4 “Pas” :

1. Pas d’écran à table

2. Pas d’écran le matin

3. Pas d’écran avant de dormir

4. Pas d’écran dans la chambre

Les règles doivent être connues de tous, cohérentes, et évolutives avec l’âge.

Réduire les écrans sans conflit

• Parler, rassurer, contenir : reconnaître les émotions sans céder systématiquement.

• Proposer d’autres plaisirs : jeux, nature, cuisine, bricolage…

• Accepter la frustration comme partie intégrante de l’apprentissage.

• Supprimer temporairement les écrans si le conflit est quotidien.

Quand

faut-il s’inquiéter ou consulter ?

Signes à surveiller :

• Colères à l’arrêt de l’écran.

• Isolement, fatigue, repli.

• Difficultés relationnelles ou scolaires.

• Retards de langage ou d’attention.

• Comportement obsessionnel ou compulsif lié aux écrans.

N’attendez pas pour consulter un professionnel. Il n’est jamais trop tôt pour agir.

Rôle des parents : accompagner, pas contrôler

Vous n’avez pas besoin d’être expert en numérique. L’essentiel est :

• D’être présent et cohérent.

• D’écouter, de dialoguer, de mettre un cadre clair.

• De montrer l’exemple par vos propres usages.

Accompagner un enfant, c’est partager, discuter, poser des questions, lui faire confiance…

Adolescents, réseaux sociaux et sexualité en ligne

Les jeunes sont exposés à des risques spécifiques :

• Sexting non consensuel

• Sextorsion (chantage à l’image intime)

• Grooming (manipulation par des adultes à des fins sexuelles)

En parler ouvertement est la meilleure prévention.

En cas de problème :

• Numéro d’aide : Child Focus - 116 000

• Ne jamais blâmer l’enfant → il a besoin de sécurité, pas de jugement.

En conclusion : écrans, ni ennemis, ni sauveurs

Les écrans font partie de nos vies, mais :

• Ils ne remplacent pas les expériences sensorielles, les échanges humains, le mouvement et la créativité.

• L’accompagnement parental reste la clé de voûte d’un usage sain et équilibré.

À retenir pour les parents :

• Mettez un cadre clair, bienveillant et évolutif.

• Soyez disponibles pour vos enfants, même quelques minutes pleinement.

• Évitez les écrans avant 3 ans.

• Dialoguez, plutôt que punir.

• Informez-vous, sans culpabiliser.

2. Guide de discussion parentenfant sur les écrans

Objectifs généraux

• Créer un climat d’échange bienveillant autour de l’usage des écrans.

• Aider l’enfant à prendre conscience de ses habitudes, de ses besoins, de ses émotions.

• Développer ensemble des règles claires, justes et évolutives.

• Renforcer la capacité de l’enfant à faire des choix et à se protéger en ligne.

Scénario 1

L’enfant (3–6 ans) veut toujours regarder un dessin animé

Contexte

Chaque jour, l’enfant demande à regarder un dessin animé dès qu’il rentre à la maison, parfois même au moment du repas ou avant d’aller dormir.

À dire pour ouvrir le dialogue

« Tu as envie de regarder un dessin animé. Est-ce que tu peux me dire ce que tu aimes dedans ? »

Objectif

Identifier le besoin derrière la demande (repos, moment de calme, plaisir…).

Questions à poser

• Qu’est-ce que tu aimes dans ce dessin animé ?

• Est-ce que tu sais combien de temps tu passes devant l’écran chaque jour ?

• Est-ce que tu aimerais qu’on regarde ensemble un épisode, et qu’on en parle après ?

Pistes d’action

• Proposer un temps d’écran cadré après une autre activité (goûter, jeu libre…).

• Instaurer un rituel : 1 épisode = 1 moment partagé, puis une autre activité calme (livre, bain…).

• Utiliser un timer visuel pour matérialiser la durée.

Scénario 2

L’enfant (6–9 ans) joue beaucoup à un jeu vidéo, seul

Contexte

L’enfant commence à passer beaucoup de temps sur une console ou une tablette. Il devient irritable quand on lui demande d’arrêter.

À dire pour ouvrir le dialogue

« Je vois que tu aimes vraiment ce jeu. Est-ce que tu veux me montrer comment on y joue ? »

Objectif

Créer un pont entre l’univers numérique et la relation parent-enfant.

Questions à poser

• Qu’est-ce qui te plaît dans ce jeu ?

• Comment te sens-tu quand tu joues ? Et après ?

• Est-ce que tu penses que ça te laisse assez de temps pour faire d’autres choses que tu aimes aussi ?

Pistes d’action

• Établir ensemble un planning équilibré (écrans, devoirs, sorties, jeux physiques).

• Alterner activités numériques et non numériques dans la journée.

• Valoriser les compétences développées dans le jeu, mais aussi montrer l’intérêt des autres activités.

Scénario 3

Pré-ado (9–12 ans) veut aller sur les réseaux

sociaux

Contexte

L’enfant veut créer un compte TikTok, Instagram ou Snapchat “comme ses amis”.

À dire pour ouvrir le dialogue

« Je comprends que tu veuilles être en ligne avec tes amis. Est-ce que tu veux qu’on en parle ensemble ? »

Objectif Explorer ses motivations sociales, informer sur les risques, et négocier des étapes.

Questions à poser

• Qu’est-ce que tu veux faire sur ce réseau ?

• Est-ce que tu sais comment fonctionnent les commentaires, les likes ?

• Sais-tu ce qu’est un compte privé ? Pourquoi est-ce important ?

• Que ferais-tu si quelqu’un que tu ne connais pas t’envoie un message ?

Pistes d’action

• Décider ensemble quand et comment il pourra y accéder (âge, moment, supervision).

• Créer un “contrat numérique” avec règles claires (ex : compte privé, pas de photo intime, montrer quand un inconnu écrit…).

• Installer l’application ensemble, paramétrer les contrôles parentaux, et fixer un temps d’essai.

Scénario 4

L’enfant a vu quelque chose de choquant sur Internet

Contexte

L’enfant a vu une image violente, pornographique ou inquiétante (par accident ou via un ami). Il est choqué, inquiet, ou se ferme.

À dire pour ouvrir le dialogue

« Parfois, sur Internet, on voit des choses qu’on ne comprend pas ou qui font peur. Si jamais ça t’arrive, tu peux m’en parler, d’accord ? »

Objectif

Créer une relation de confiance, sans jugement. Accueillir les émotions et rester calme.

Questions à poser

• Qu’est-ce que tu as vu ?

• Qu’est-ce que tu as ressenti ?

• Est-ce que tu veux qu’on en parle ensemble ?

• Est-ce que tu sais que ce qu’on voit en ligne, parfois, ce n’est pas la réalité ?

Pistes d’action

• Rassurer, sans blâmer : « Tu n’as pas fait de bêtise. Merci de m’en avoir parlé. »

• Expliquer avec des mots adaptés ce que l’enfant a vu (sans détails inutiles).

• Activer les outils de contrôle parental.

• Montrer à l’enfant le bouton de signalement ou les sites où on peut demander de l’aide.

Scénario 5

Enfant trop exposé aux écrans (TV, tablette, téléphone…)

Contexte

L’enfant a pris l’habitude de passer plusieurs heures par jour devant un écran, souvent seul, parfois dès le matin ou pendant les repas.

À dire pour ouvrir le dialogue

« J’ai remarqué qu’on passait beaucoup de temps devant les écrans à la maison. Et si on essayait de trouver un meilleur équilibre ensemble ? »

Objectif

Prendre conscience de la quantité et de la qualité du temps d’écran, et impliquer l’enfant dans le changement.

Questions à poser

• Est-ce que tu te rappelles ce que tu as regardé aujourd’hui ?

• Est-ce que tu te sens bien après ?

• Est-ce que tu penses qu’on pourrait trouver d’autres idées d’activités ensemble ?

Pistes d’action

• Faire un tableau des activités de la semaine (écrans / jeux / sorties / repas…).

• Remplacer certains moments d’écran par des activités communes.

• Créer un “espace sans écrans” (par exemple, pas d’écran à table ou dans la chambre).

3. Mini contrat familial “écrans”

(à adapter selon l’âge)

• Je demande avant d’installer une nouvelle application.

• Je respecte les temps d’écran définis ensemble.

• Je ne partage pas d’infos ou photos privées.

• Je parle à mes parents si quelque chose me dérange en ligne.

• Je joue ou regarde des choses adaptées à mon âge.

• Aucun écran avant de dormir.

• Aucun écran pendant les repas.

• Je fais aussi d’autres activités (jeux, sport, lecture, nature…).

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