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CLE. J'aime Andalousie 3. Lecture (extrait)

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LECTURES CLE EN FRANÇAIS FACILE

Les confidences d’Arsène Lupin MAU R IC E L E B L ANC

1200 mots


LECTURES CLE EN FRANÇAIS FACILE

Les confidences d’Arsène Lupin Maurice Leblanc

Adapté en français facile par Nicolas Gerrier


Crédits photographiques : Couverture : Cristina Conti / Adobe Stock.com Page 3 : Costa / Leemage

Direction éditoriale : Béatrice Rego Édition : Sylvie Hano Couverture : Fernando San Martin Mise en pages : Isabelle Vacher Illustrations : Conrado Giusti Enregistrement : Vincent Bund © CLE International, 2019 ISBN : 978-84-143-4150-6

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1 LES JEUX DU SOLEIL

J

e suis dans mon cabinet de travail avec Arsène Lupin.

Tout d’un coup, Lupin me dit : – Prenez un crayon et notez : 19 - 21 - 18 - 20 - 15 21 - 20… Il s’arrête puis reprend : – 9 - 12 - 6 - 1… Est-il fou ? Que regarde-t-il dehors ? De ma fenêtre, je vois le ciel et un immeuble. Enfin, je comprends : il compte les reflets d’un rayon de soleil sur la maison d’en face. Un enfant doit s’amuser avec un miroir. Lupin se penche par la fenêtre pour suivre le trajet de la lumière. Lorsque la lumière disparaît, il me dit : – Remplacez chaque chiffre par la lettre de l’alphabet qui lui correspond : A pour 1, B pour 2… J’obtiens une phrase avec des fautes d’orthographe : « Surtout il faut fuire le danger, éviter les ataques, n’affronter les forces enemies qu’avec la plus grande prudance, et… »1 Elle ne veut rien dire. Lupin se lève. Je remarque deux rides2 en forme de croix sur son front : il réfléchit ! Après douze minutes, il me demande de prévenir le baron Repstein de sa visite. Je veux l’appeler au téléphone, mais Lupin m’arrête. Il attrape sa canne et son chapeau et m’entraîne dans la rue. Il me dit : – La femme du baron Repstein s’est enfuie il y a quinze 1. Cette phrase contient des fautes d’orthographe qui font partie de l’histoire ; l’explication est à la page 9. 2. Une ride : petit trait ou pli sur la peau.

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jours. Elle a emporté trois millions de francs volés à son mari et des bijoux prêtés par la princesse de Berny. La police suit sa trace* en Europe. Avant-hier, le policier Ganimard a arrêté une femme, mais c’était la comédienne Nelly Darbel. Le baron offre une prime de cent mille francs pour retrouver sa femme. Et il vient de vendre ses chevaux de course, son hôtel du boulevard Haussmann et son château de Roquencourt pour rembourser les bijoux. Mais quel est le rapport entre cette histoire et la phrase ? Lupin s’arrête devant un immeuble. D’après lui, les signaux viennent de la fenêtre ouverte au troisième étage. La gardienne de l’immeuble nous apprend que monsieur Lavernoux, le secrétaire du baron Repstein, habite ici. Mais l’homme est malade. Il ne quitte pas son lit depuis la fuite de la baronne. Son médecin, un vieil homme à la barbe grise et avec des lunettes, était justement là il y a vingt minutes. Il a interdit à monsieur Lavernoux de quitter la chambre. Il a fermé la porte à clé et il a emporté la clé. Personne n’a le droit d’entrer. – Allons-y, dit Lupin. C’est bien au troisième étage ? La gardienne proteste. Mais Lupin ouvre la serrure avec un instrument. Un homme à moitié nu, maigre, au visage blanc, avec de la peur dans les yeux, est étendu sur un tapis. Il est mort. Un petit miroir de poche est posé à côté de lui. Deux gouttes de sang sortent d’une blessure presque invisible sur sa poitrine. – Monsieur Lavernoux a un ami dans cette rue, dit Lupin. Quels sont son nom et son adresse ? – Monsieur Dulâtre, au 92 de la rue, répond la gardienne. Là-bas, un marchand de vin nous apprend que monsieur Dulâtre est parti de chez lui il y a une demi-heure. Il est allé voir la police. –6–


Nous marchons jusqu’aux boulevards et entrons dans un cabinet de lecture3. Lupin lit longuement les journaux des quinze derniers jours. Il parle ensuite tout seul ; il semble satisfait. Le soir, Lupin me dit : – Je vais chez le baron. Je peux être arrêté ou bien mourir. Mais je peux aussi gagner deux millions de francs !

*** Le lendemain, Lupin me raconte sa visite. Il me décrit le baron. C’est un homme très grand. Il a les épaules larges et n’a pas de barbe. Il est aimable, mais ses yeux sont tristes. Il est habillé avec élégance. Il porte une perle de grande valeur à sa cravate. Il a reçu Lupin dans son cabinet de travail, une grande pièce avec trois fenêtres, un bureau et un coffre-fort. Lupin me rapporte ensuite leur discussion : – Votre secrétaire est mort. C’est son docteur qui l’a tué alors qu’il transmettait à son ami, monsieur Dulâtre, des informations sur la disparition de la baronne. Ce dernier a aussitôt prévenu la police. Douze policiers entourent maintenant votre hôtel. Ils entreront au lever du soleil et arrêteront* le meurtrier* de votre femme. – La baronne assassinée ? Vous êtes fou ! La police suit sa trace dans toute l’Europe. – Non ! La police suit la complice* de l’assassin* ! Et son assassin joue au docteur. Il a enfermé monsieur Lavernoux dans sa chambre, car Lavernoux le connaît. – Mais qui c’est ? – C’est vous, déguisé en médecin, avec une barbe et des 3. Un cabinet de lecture : lieu où le public pouvait lire les journaux et les magazines.

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lunettes et courbé comme un petit vieux. Et si ce n’est pas vous, cette affaire est inexplicable ! Le baron prend un air sérieux. Il sort un revolver de son bureau et le met dans sa poche. Il rejette avec calme l’accusation de Lupin. « Est-ce que je me suis trompé ? », se demande Lupin. Mais il aperçoit l’épingle de la cravate du baron : sa lame est fine et en forme de triangle. C’est elle qui a servi à tuer monsieur Lavernoux ! – Je sais tout, dit Lupin. La police suit votre maîtresse, Nelly Darbel. Pendant ce temps, vous préparez votre fuite pour cette nuit. Votre valise est prête derrière les rideaux. Mais les policiers sont là : tu es perdu. Donne-moi une part des bijoux et de l’argent, et je te sauve ! Le baron sort son revolver et tire deux fois. Lupin se jette sur le côté. Il saisit le baron aux jambes et le fait tomber. Le baron veut le piquer avec son épingle. Mais Lupin l’attrape à la gorge. Il l’attache et lui donne un coup de poing dans le ventre. Le baron s’évanouit4. – Maintenant, je prends tout, mon ami ! L’argent est sans doute dans le coffre-fort ? Lupin prend des clés dans la poche du baron. Soudain, il entend les policiers au premier étage. Il reste calme : il sait ouvrir un coffre en vingt secondes. Mais quel est le code ? Il pense à Lavernoux, bien sûr ! Il bouge les quatre boutons, essaye trois clés et… le coffre s’ouvre ! Lupin recule ! Le corps de la baronne est dans le coffre ! Lupin crache sur le baron et lui donne des coups de pied. Lupin doit partir vite. Il passe dans la pièce d’à côté, enjambe le balcon, descend le long d’une gouttière et se retrouve dans un jardin donnant sur la rue. 4. S’évanouir : perdre connaissance, se sentir mal.

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Lupin termine son histoire. Il m’apprend que les bijoux et l’argent sont encore dans le coffre. L’odeur était horrible, ils les a laissés là. Mais il a pris la perle de l’épingle de cravate. Elle vaut cinquante mille francs ! – Et le code du coffre-fort ? – Facile ! Tout commence avec les fautes d’orthographe du message de Lavernoux : le e de fuire, le t et le n de ataque et enemie, le a de prudance : ETNA, le nom du cheval du baron ! Dès le début, ce mot m’a lancé sur l’affaire Reptstein ! Arsène Lupin a ce qu’il faut pour découvrir les crimes : de l’intuition et de l’intelligence !

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LECTURES CLE EN FRANÇAIS FACILE

LES CONFIDENCES D ’A R S È N E L U P I N Maurice Leblanc Maurice Leblanc raconte ici neuf aventures d’Arsène Lupin, le célèbre gentleman-cambrioleur. Le voleur au grand cœur résout les énigmes les plus compliquées, charme ses victimes, vole mais sait se montrer généreux… Laissez-vous séduire par ce personnage hors du commun ! MOTS NIVEAU

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Les audio sont disponibles sur www.anayaeducacion.es

ISBN 978-84-143-4150-6

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