Greenpeace Member no 4 / 25
Débat
Décryptage
Quelle responsabilité pour la Suisse?
Quid du mercure dans la nature?
p. 31
L’or
p. 29
Non au retour du nucléaire! Nous refusons tout retour en arrière concernant la sortie du nucléaire ainsi que toute nouvelle construction de réacteur en Suisse. Cette technologie est dangereuse, coûteuse et lègue un héritage toxique aux générations futures. Signez notre pétition adressée au Conseil national:
greenpeace.ch/fr/agir/ non-au-retour-du-nucleaire
Éditorial
Les bijoux ne m’ont jamais vraiment intéressée. Lorsqu’on m’offrait une bague ou un collier, je les portais deux ou trois fois avant de les ranger quelque part dans une commode. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, Instagram nous a incités, mon partenaire et moi, à nous faire fabriquer des bracelets en or permanents. Un peu kitsch? Oui, absolument! Mais l’idée d’avoir quelque chose qui nous relie me réchauffait le cœur, d’autant qu’on ne peut pas les enlever… Malheureusement, en achetant ces bracelets, je n’ai absolument pas pensé à l’origine de l’or. Mon indifférence aux bijoux m’avait fait oublier cette question. Un peu naïve? Oui, absolument! Mais je ne dois pas être la seule à tout ignorer de l’or. C’est la raison pour laquelle nous lui consacrons cette édition du magazine. Nous montrons comment ce métal précieux chemine depuis les mines illégales du Ghana jusqu’en Suisse, laissant derrière lui une traînée de dévastation (p. 16). Nous évoquons le rôle catastrophique du mercure dans l’extraction (p. 29). Nous analysons également la tendance de la Suisse à regarder ailleurs (p. 31). Je vous souhaite de joyeuses fêtes, avec peu d’or, mais beaucoup de biscuits! Danielle Müller Responsable de la rédaction
Couverture: Evgeny Makarov
Sommaire
Le cercle vicieux de l’or Reportage Le marché de l’or bat tous les records. Au Ghana, cette situation se traduit par la destruction de la nature, des empoisonnements et des espoirs déçus.
p. 16
International Actuel
Visite chez le peuple autochtone kayapó
Effet bonheur garanti p. 14
p. 10 IMPRESSUM GREENPEACE MEMBER 4 / 25 Éditeur/adresse de la rédaction: Greenpeace Suisse Badenerstrasse 171 8036 Zurich Téléphone 044 447 41 41 redaction@greenpeace.ch greenpeace.ch/fr Équipe de rédaction: Danielle Müller (responsable), Franziska Neugebauer (iconographie) Relecture/fact-checking: Marco Morgenthaler, Danielle Lerch Süess, Marc Rüegger Traduction en français: Karin Vogt Textes: Evgeny Makarov, Katharina Wehrli, Miryam Nadkarni, Roland Gysin Illustrations: Janine Wiget, Jörn Kaspuhl, Raffinerie Graphisme: Raffinerie Lithographie: Marjeta Morinc Impression: Stämpfli SA, Berne
Papier couverture et intérieur: 100 % recyclé Tirage: 63 000 en allemand, 13 000 en français Parution: quatre fois par an Le magazine Greenpeace est adressé à l’ensemble des adhérent·es (cotisation annuelle à partir de 84 francs). Il peut refléter des opinions qui divergent des positions officielles de Greenpeace. Avez-vous changé d’adresse? Prévoyez-vous un démé nagement? Prière de nous annoncer les changements: suisse@greenpeace.org ou 044 447 41 41 Dons: CH07 0900 0000 8000 6222 8 Dons en ligne: greenpeace.ch/dons
Action 4 Progrès
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Des paroles aux actes
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Engagement 9 International 10 Actuel 14 Faits & chiffres
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Reportage 16 Décryptage 29 Do it yourself
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Débat 31 Parrainage 33 Énigme 34 Le mot de la fin
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Spotlight 36
Action
Alors que les gouvernements du monde entier se réunissaient à Genève pour négocier un traité mondial sur le plastique, des militant·es Greenpeace ont laissé une trace de pétrole noir symbolique devant l’entrée du Palais des Nations. Leur objectif était de dénoncer l’influence excessive de l’industrie des énergies fossiles sur ces négociations. Genève, Suisse 7 août 2025
Photo: © Samuel Schalch / Greenpeace
Progrès
Moins d’aquaculture
Photo: © Marten van Dijl / Greenpeace
Une nature mieux protégée En collaboration avec d’autres organisations, Greenpeace Pays-Bas a contesté l’autorisation environnementale de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol et a obtenu gain de cause. En juillet, un tribunal a jugé que l’autorisation était fondée sur des données erronées et l’a invalidée. L’aéroport ne peut donc plus fonctionner à son niveau actuel et doit réduire ses activités. Cette décision permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’azote. Une étape majeure pour la nature et la protection du climat!
La société Tuna Sud Srl souhaitait construire une enceinte d’engraissement pour le thon rouge au large des côtes de la ville de Battipaglia, en Italie. L’installation devait couvrir une surface maritime d’environ 49 000 mètres carrés. Cependant, le rapport La chasse à l’or rouge de Greenpeace Italie a dénoncé les pratiques abusives de l’industrie du thon, et la municipalité a fini par retirer l’autorisation d’exploitation. Une petite mais importante victoire dans la lutte contre l’expansion de l’aquaculture.
Photo: © Martin Katz / Greenpeace
Photo: © Gavin Newman / Greenpeace
Moins d’extraction pétrolière
En septembre, Greenpeace a obtenu une décision historique en Argentine: la Cour suprême du pays a demandé au gouvernement et à deux compagnies pétrolières d’élaborer un plan pour mettre fin à l’exploitation pétrolière dans le parc national de Calilegua d’ici 2030. Les dommages causés à l’environnement devront par ailleurs être réparés. En 2019, Greenpeace Argentine avait engagé une action en justice contre l’exploitation pétrolière dans le parc et recueilli environ 270 000 signatures pour une pétition demandant sa suspension. Dans cinq ans, 76 000 hectares de terres et certaines parties de la forêt pluviale de Yungas, qui abrite une grande diversité d’espèces, seront enfin mieux protégés.
Lutter contre le gaspillage alimentaire
Des paroles aux actes
En savoir plus Sonja Grässlin, fondatrice de Wertstätte
wertstaette.ch
Autrice: Jara Petersen
Tout commence avec une palette de fraises invendues que Sonja Grässlin, alors directrice de la Table Suisse à Bâle, a sauvées de la poubelle. «Nous allons en faire quelque chose», dit-elle à l’importateur. Comme par hasard, cette Néerlandaise installée en Suisse depuis trente-trois ans reçoit un don de bocaux et de sucre: voilà l’origine des premières confitures à base de fruits sauvés, préparées par une équipe de bénévoles. Un ami lui apporte une aide financière symbolique, et Sonja Grässlin crée sa propre société à responsabilité limitée d’utilité publique. Six ans plus tard, Wertstätte peut compter sur le soutien d’environ soixante-quinze bénévoles. Elle récupère des aliments pour les transformer et les vendre sur un
stand de marché et dans un magasin. Elle organise également des ateliers pour les écoles, les groupes et les entreprises. «Je voulais contribuer à quelque chose de positif tout en me faisant plaisir et en faisant plaisir à d’autres, explique Sonja Grässlin. Je n’aurais jamais pu y arriver seule.» Wertstätte fonctionne en effet grâce aux échanges et à l’engagement de nombreuses personnes. Au départ, l’objectif était de réduire le gaspillage alimentaire, mais aujourd’hui, la lutte contre l’isolement est tout aussi importante. «L’isolement peut toucher n’importe qui», constate la fondatrice. Beaucoup viennent au stand du marché ou au magasin simplement pour le contact humain. «Une fois, j’ai entendu une femme s’éclaircir la voix. Je lui ai demandé si elle avait mal au cou, mais elle
m’a répondu qu’elle n’avait pas parlé depuis trois jours!» Parmi les bénévoles, il y a aussi des personnes en quête de structure et de communauté. Sonja Grässlin observe comment elles s’épanouissent: «Créer quelque chose avec d’autres et tenir un produit entre ses mains, cela fait du bien.» Elle aime rassembler des personnes très diverses: une écolière, un cuisinier à la retraite, etc. Seul obstacle: le manque de temps et de moyens. Mais Sonja Grässlin ne se laisse pas abattre: «Le gaspillage alimentaire préoccupe beaucoup de personnes disposées à nous soutenir.» Sa motivation reste d’aider les gens tout en évitant le gaspillage alimentaire.
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Des paroles aux actes
Sans terre, pas d’avenir
Rejoindre Soil to Soul Thomas Sterchi, fondateur de Soil to Soul
sotoso.org
Autrice: Danielle Müller, Greenpeace Suisse
On associe rarement la terre et le système digestif. C’est pourtant précisément là qu’intervient Soil to Soul. Cette plateforme de connaissances vise à sensibiliser le public aux liens entre la santé des sols et celle des êtres humains. «Si nous continuons à surexploiter le sol, à le polluer avec des produits chimiques et à le surfertiliser avec du lisier, explique Thomas Sterchi, le fondateur, cette ressource sera épuisée d’ici quelques années.» Une perspective inquiétante pour ce Bernois d’origine. Le projet Soil to Soul réunit des scientifiques, des professionnel·les de l’hôtellerie-restauration et de l’agriculture, ainsi que d’autres personnes intéressées, pour débattre de la gestion des sols, du plaisir gustatif et de la digestion.
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L’engagement de Thomas Sterchi vise à sensibiliser une industrie réticente au changement et à mieux informer la population: «Un sol sain est essentiel pour notre alimentation et celle des générations futures.» Sur sa ferme au Portugal, cet entrepreneur de 56 ans illustre concrètement les enjeux de l’agriculture durable. Le domaine qu’il a acheté il y a quelques années est passé à l’agriculture régénérative, une piste pour l’avenir: «Il faut renforcer le degré d’autosuffi sance, créer des circuits plus courts et réduire le volume des aliments transportés à travers le monde.» Selon lui, les milieux politiques sont conscients du problème. «Mais ils ne sont pas assez actifs, et les mesures qu’ils envisagent sont torpillées par le lobby agro industriel.» Soil to Soul entend
faire bouger les lignes, même si cette plateforme n’est qu’un grain de sable dans la machine. Thomas Sterchi ne se décourage pourtant pas: «Tout ce qui est grand a commencé à petite échelle. Il ne faut pas lâcher!»
Illustrations pages 7 et 8: Jörn Kaspuhl a terminé ses études d’illustrateur à l’Université de Hambourg en 2008. Après un long séjour à Berlin, il vit et travaille de nouveau dans la ville hanséatique.
Engagement
un Nouvel An paisible Pour
Si une détonation accompagnée de lumières vives dans le ciel est le signe d’une fête, elle peut aussi nuire aux animaux, aux personnes sensibles et à l’environnement. C’est la raison pour laquelle l’initiative populaire «Pour une limitation des feux d’artifice» entend limiter les feux d’artifice bruyants aux manifestations publiques autorisées, comme le 1er août ou le Nouvel An. Les alternatives silencieuses, telles que les volcans ou les feux de Bengale, resteront autorisées pour les particuliers.
fice rti
Le bonheur des uns, le malheur des autres Les feux d’artifice sont une source de stress pour les animaux domestiques, qui doivent parfois être calmés à l’aide de médicaments. Les animaux sauvages peuvent être dérangés pendant leur période d’hibernation et dépenser une énergie qui leur est vitale. Quant aux oiseaux, ils sont désorientés et se heurtent aux obstacles. Les vaches peuvent se blesser ou endommager leurs clôtures. Ces effets sont pourtant tout à fait évitables. Il faut également noter que les feux d’artifice génèrent chaque année environ 1300 tonnes de déchets et jusqu’à 400 tonnes de particules fines contenant des métaux toxiques et des substances cancérigènes. Celles-ci se r etrouvent dans le sol, l’air et l’eau, laissant des résidus persistants dans la nature. Il est temps de respecter davantage les personnes, les animaux et l’environnement. Avec votre soutien, nous ferons de la Suisse un pays plus calme, plus propre et plus respectueux de l’environnement et des animaux.
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feuerwerksinitiative.ch/fr
«La forêt pluviale et les rivières sont notre source de vie depuis des générations. Le monde doit comprendre que nous ne pouvons pas vivre sans la nature», déclare Bedjai Txucarramãe, un leader du peuple autochtone kayapó.
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International
L’OR EMPOISONNÉ Le cœur de la région amazonienne est en proie à des destructions massives, mais les populations sont déterminées à lutter pour préserver leur espace de vie. Un survol des mines illégales et une visite d’un village autochtone kayapó. Autrice: Miryam Nadkarni, Greenpeace Allemagne; photos: Samara Souza
Le vol est mouvementé. Alors que les turbulences sont particulièrement violentes, le pilote s’écrie soudain: «Garimpo, garimpo!» Tout le monde se tourne vers les hublots. Cela fait deux heures que nous survolons la vaste forêt amazonienne. Mais voilà que la couverture nuageuse se dissipe. Nous distinguons une immense plaie qui déchire la forêt: des fosses de sable et de boue rougeâtre et jaune à perte de vue, ainsi que de nombreux bassins d’eau parfois bleuâtre. Le spectacle dégage une certaine beauté quand on ignore que tout est forte-
ment contaminé par des produits chimiques et des métaux lourds. Au Brésil, le terme «garimpo» désigne l’exploitation illégale de l’or dans la région amazonienne. Les chercheurs d’or n’y vont pas de main morte. Avec leurs pelleteuses, ils pénètrent au plus profond de la forêt tropicale, retournant la terre et détruisant la végétation, la faune et le sol. De plus, les zones qu’ils explorent sont souvent habitées et constituent des territoires autochtones. Pendant que le pilote tourne en rond au-dessus de la terre éventrée par les mines, nous prenons le plus de photos possible. C’est le seul moyen sécurisé d’obtenir des
images. Au sol, nous ne pouvons pas nous approcher des orpailleurs, qui n’hésitent pas à attaquer les intrus. Nos collègues du bureau brésilien de Greenpeace analyseront notre matériel et le recouperont avec les données satellites, puis alerteront les autorités brésiliennes afin de soutenir la lutte contre l’exploitation illégale de l’or. L’extraction minière est en principe interdite sur les territoires autochtones. Le gouvernement du président Lula da Silva envoie régulièrement des patrouilles pour fermer les mines et détruire les machines d’extraction. Mais il n’est pas facile de maîtriser le problème. Une récente enquête de
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Greenpeace montre que les garimpeiros, ces chercheurs d’or clandestins, parviennent à échapper aux autorités. Lorsqu’une mine est fermée, ils se déplacent simplement vers d’autres régions. L’exploitation minière n’a jamais été aussi lucrative: depuis la fin de l’année 2024, le prix de l’or a augmenté de plus de 50 %. Une activité rentable, même si une tonne de terre du bassin amazonien ne contient que 0,4 gramme d’or.
Un paradis menacé Sur la place du village, trois enfants s’ébattent, tandis que des chiens paresseux somnolent sous les arbres et qu’un sanglier apprivoisé fouille le sol. Les anciens du village sont rassemblés à l’ombre d’un toit, certains vêtus de tenues traditionnelles, d’autres en T-shirt et short. Nous sommes dans le village de Piaraçu, à Capoto Jarina, dans l’État du Mato Grosso, au
cœur du Brésil. Cette région fait partie de la zone de peuplement et de protection des Kayapó, un peuple autochtone, et se caractérise par une forêt pluviale dense, des rivières et une nature encore largement intacte. Cependant, malgré cette atmosphère idyllique, les menaces sont bien réelles. Les anciens racontent que les mines d’or ne cessent de s’étendre sur les territoires autochtones. Ils évoquent les pesticides pulvérisés à proximité du village, qui polluent l’air et empoisonnent les plantes et les insectes. Ils mentionnent également les pâturages et les champs de soja qui avancent inexorablement. «Vous voulez la paix dans vos villes, nous voulons la même chose pour nos villages», déclare Kiabieti Metuktire Beko Metuktire, l’un des chefs kayapó. À ce jour, plus de 17 % de la forêt amazonienne ont été détruits. Cette proportion peut sem-
bler modeste, mais les scientifiques estiment que la forêt pluviale atteindra son point de basculement lorsqu’elle aura perdu 20 à 25 % de sa superficie. Il n’y aura alors plus assez d’arbres pour maintenir le cycle de l’eau de la forêt et toute la vie qu’elle abrite.
Protéger l’Amazonie
greenpeace.ch/fr/agir/ proteger-amazonie/
Selon une récente enquête de Greenpeace, plus de 4000 hectares de forêt pluviale ont été sacrifiés aux mines d’or dans les quatre zones autochtones étudiées, en seulement deux ans.
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En mars 2025, Greenpeace s’est rendue dans le village de Piaraçu afin d’évaluer l’ampleur de la déforestation, de la présence de mines d’or illégales et des violations des droits des peuples autochtones à disposer de leur terre.
Trois questions à Greenpeace Brésil L’extraction de l’or n’apporte-t-elle rien à la population?
Vers quels pays l’or illégal a-t-il majoritairement été exporté en 2024?
Est-il possible de distinguer, lors d’un achat d’or, s’il est légal ou non?
Bien qu’on entende souvent le contraire, l’exploitation aurifère clandestine ne favorise ni le développement ni le progrès. Elle génère des profits pour une minorité, tout en causant des dommages sociaux, écologiques et sanitaires pour la majorité. Une étude de l’Instituto Escolhas montre qu’il n’y a aucun avantage social ou économique pour la région amazonienne. Les communautés continuent de souffrir de la pauvreté, de maladies et du manque de formation.
Vers le Canada, la Suisse et le Royaume-Uni, qui sont des centres mondiaux du raffinage, de la transformation et du commerce de l’or. Les informations sur les importations suisses ne sont toutefois pas cohérentes par rapport aux exportations déclarées par le Brésil: en 2023, l’or importé en Suisse dépassait de 62 % la quan tité officiellement exportée, soit un surplus équivalent à environ 8,7 tonnes.
Malheureusement, non. L’or est largement diffusé et facile à manipuler, ce qui permet de masquer son origine. La production illégale de la région amazonienne transite par différentes filières pour être vendue à des banques, des bijoutiers, des négociants et sur les marchés internationaux. Les consommatrices et les consommateurs devraient demander aux autorités et aux entreprises de garantir la transparence sur l’origine et la transformation de l’or.
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Actuel
Une vie bonne et heureuse pour les êtres humains et la planète commence chez nous, devant notre porte, dans notre quartier ou notre commune. C’est la raison pour laquelle Greenpeace encourage les communes à adopter le modèle de l’économie du donut. Tomelilla est une commune de 7000 habitant·es située tout au sud de la Suède. En septembre, une quarantaine de personnes venues du monde entier, dont Annina Aeberli, responsable de campagne chez Greenpeace, s’y sont réunies. Sous la direction de Kate Raworth, économiste britannique enseignante à Oxford, elles ont discuté de la mise en œuvre de l’économie du donut. Ce modèle, développé par Kate Raworth, représente l’économie et la société sous la forme d’un donut. L’anneau intérieur correspond aux «fondements sociaux», c’est-à-dire aux besoins fondamentaux tels que la participation politique, la santé et l’éducation. L’anneau extérieur représente les limites planétaires, comme le changement climatique et la perte de biodiversité. Kate Raworth appelle cela le «plafond écologique». Ce n’est pas un hasard si la réunion a lieu à Tomelilla, car cette petite ville se prépare à adopter l’économie du donut. Une expérience qui a récemment fait l’objet d’un reportage du quotidien britannique The Guardian. L’agriculteur Per-Martin Svensson ne se préoccupe guère du buzz médiatique. Il apprécie simplement le concept du donut. C’est comme gérer une exploitation agricole: «Trop d’engrais est une erreur, trop peu également.» Un groupe de représentant·es des milieux politiques, de l’administration et de la population a identifié les points faibles et les points forts de la commune: le résultat est un plan d’action «donut». «Le donut se construit sur des données,
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res & faits & chiffres & faits & chiffres & faits & chiffres & faits & chiffres & faits & chiffres & faits & chiffres & faits & chiffres & f
des discussions et de bonnes idées. Il faut une compréhension commune de la direction à prendre», commente Annina Aeberli. Jonna Olsson fait partie des expert·es qui ont soutenu le processus. Tomelilla souhaite notamment construire une nouvelle école à partir de matériaux recyclés et développer son réseau de transports publics. «C’est génial de faire partie d’un changement international», se réjouit Jonna Olsson. Une cinquantaine de communes dans le monde travaillent déjà sur la base de ce modèle, dont Glasgow, Barcelone et la ville allemande de Bad Nauheim. Une vie bonne et épanouie pour les humains et la planète commence effectivement dans notre entourage immédiat, dans notre commune. Le modèle du donut est une piste possible pour y parvenir. C’est la raison pour laquelle Greenpeace recherche des communes suisses prêtes à s’engager sur cette voie, c’est-à-dire à respecter les limites de la planète et à contribuer à une base solide pour la société. Pour l’instant, la campagne se concentre sur la Suisse alémanique. Avant de reprendre le train pour la Suisse, Annina Aeberli échange quelques mots avec Kate Raworth, l’inventrice du modèle. Celle-ci s’intéresse à l’évolution du projet communal en Suisse. Elle précise qu’elle a toujours rêvé de travailler pour Greenpeace…
35 indicateurs En 1944, lors de la conférence de Bretton Woods (États-Unis), la communauté internationale a décidé que le développement des économies s erait désormais principalement m esuré à l’aide du produit intérieur brut (PIB). Depuis, on estime que plus le PIB est élevé, plus la prospérité est grande. Le PIB ne prend toutefois pas en compte la justice sociale, la destruction de l’environnement, la santé ou le bien-être. À l’inverse, le modèle du donut retient 35 indicateurs, tels que la participation politique, la perte de biodiversité ou l’égalité, qui offrent une image bien plus fidèle de notre prospérité et de notre bien-être.
×3 Entre 2000 et 2022, le produit intérieur brut (PIB) mondial a triplé. Or, cette progression n’a pas nécessairement amélioré les conditions de vie des êtres humains ni l’état de la planète. Les progrès sociaux restent modestes à l’échelle mondiale, tandis que le climat ne cesse de se détériorer. L’un des grands problèmes est la répartition inégale des richesses. Les pays les plus riches, dont la Suisse et ses voisins, ne représentent que 15 % de la population mondiale, mais contribuent à hauteur de 73 % au dépassement des limites planétaires.
45 % Notre pays compte quelques milliers de familles dont le patrimoine ne cesse de croître. En Suisse, les richesses sont réparties de manière plus inégalitaire que dans la plupart des pays industrialisés. Le 1 % le plus riche des contribuables possède environ 45 % de la fortune totale, contre 32 % au début des années 1990. Les raisons? La masse croissante des successions, l’installation de grandes fortunes dans le paradis fiscal suisse et l’envolée de la valeur des biens immobiliers.
Sources: Das Denknetz, Verteilungs bericht 2025; Andrew L. Fanning et Kate Raworth, «Doughnut of social and planetary boundaries monitors a world out of balance», Nature, 2025; dievolkswirtschaft.ch/fr/2021/10/ lessor-la-chute-et-la-redefinitiondu-pib-vert; bpb.de/kurz-knapp/ zahlen-und-fakten/globalisierung/ 52655/welt-bruttoinlandsprodukt
Reportage
LE CERCLE VICIEUX Ce qui brille aux yeux du monde laisse des cicatrices profondes au Ghana. Alors que le marché de l’or bat tous les records, des villages se battent pour leur eau et leur avenir. Quel est le coût réel de ce boom? La boue, le mercure et les promesses vaines. Texte et photos: Evgeny Makarov
DE L’OR
Steven Apia plonge la main dans un seau en plastique rempli de boue. Il en retire une petite boule brillante de la taille d’un petit pois. Il la tient contre la lumière, la roule, la presse et la malaxe entre ses doigts. «De l’or», murmure-t-il en la serrant dans un bout de tissu. À coups de marteau, il sépare le m ercure des particules liées pour obtenir un morceau d’amalgame d’or, à peine plus gros qu’une tête d’allumette. Au Ghana, cette activité s’appelle le galamsey, dérivé de «gather them and sell» (ramasse-les et vends). Il s’agit de l’extraction d’or sans licence, en dehors du contrôle de l’État. Pour des gens comme Steven Apia, c’est une tentative désespérée de sortir de la pauvreté. Pour le pays, c’est une catastrophe écologique. La mine où travaille Steven Apia se trouve sur les rives du fleuve Pra, qui serpente à travers la ceinture aurifère du Ghana, depuis les forêts tropicales humides jusqu’au golfe de Guinée en passant par des terres agricoles et des zones habitées. Pour y accéder, il faut emprunter un sentier à travers une plantation de cacao. Steven Apia s’essuie la sueur du visage avec sa main boueuse. Il fait partie d’un «gang», c’est-à-dire d’un groupe d’orpailleurs. Trois hommes s’enfoncent dans la boue jusqu’à la poitrine pour dégager un tuyau bouché. La vieille pompe à essence se met en marche, laissant s’échapper de la fumée au-dessus du paysage criblé de trous. À l’aide d’un jet d’eau, les travailleurs ramollissent le sol jusqu’à obtenir une bouillie de sédiments qui sera projetée en haut du talus grâce à la pompe. La boue atterrit sur une rampe recouverte de nattes grossières qui permettent de filtrer les particules d’or les plus lourdes. Après un deuxième filtrage à l’aide de tissus plus fins, les particules d’or sont liées par du mercure ajouté au mélange. En fin de journée, les résidus hautement toxiques de mercure resteront dans l’eau et la terre, tandis que Steven Apia emportera l’or récolté.
Des profits alléchants
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Le Ghana est actuellement le premier producteur d’or du continent. C’est surtout l’extraction minière artisanale qui est en plein essor. Plus d’un million de personnes, comme Steven Apia, travaillent en petits groupes ou pour leur propre compte. Selon une étude de l’organisation Swissaid, près de la moitié de la production d’or du Ghana provient désormais de ce circuit informel, qui a généré plus de 68 tonnes d’or en 2023. Un nouveau record est attendu pour 2025. Mais ce boom a un prix. Dans certaines communes, la pollution au mercure est déjà 134 fois supérieure à la valeur indicative de l’OMS, et la teneur en arsenic dépasse parfois de plus de 4000 % la valeur limite. Les médecins des régions minières signalent des maladies rénales, cutanées et cancéreuses, en particulier chez les enfants.
Page 16: Nana Bargya III, âgé de 47 ans, est le chef de la commune d’Edugyee. Il dénonce l’exploitation minière clandestine. Page 19, en haut: l’une des nombreuses officines d’achat et de raffinage de l’or de la région. Page 19, en bas: le Padis Pub, un bar où les mineurs se retrouvent le jour de paie.
Page 20: un orpailleur présente le mercure qu’il utilise pour lier l’or. Page 21: une mine de galamsey au Ghana. Les hommes ont de la boue jusqu’aux genoux. Page 22: Abdullah Yussif Adugyaa, 51 ans, travaille dans sa plantation de palmiers à huile. Dans sa commune d’Edugyee, il n’y a pas d’exploitation aurifère.
À quelques kilomètres de la rivière, dans le village de Nyenase, les médicaments et les dossiers médicaux s’empilent sur le bureau de l’infirmière Shalot Kwatema. Si sa petite clinique est vide pour l’instant, cette professionnelle de santé constate elle aussi les dégâts occasionnés par l’orpaillage. Les orpailleurs viennent consulter, même s’ils «ont souvent honte et ont du mal à demander de l’aide», explique-t-elle. Travaillant toute la journée dans l’eau polluée, ils développent des infections urinaires et des éruptions c utanées. Ils subissent également des brûlures causées par les pompes et les générateurs ou se blessent aux mains. Le travail abîme tout le corps. L’infirmière ne peut que soigner les symptômes et tenter d’informer les travailleurs. Elle les met en garde contre les dangers à long terme pour la santé, mais c’est souvent en vain: «Les hommes gagnent bien leur vie en ce moment. Ils ne veulent rien entendre et préfèrent retourner dans les mines. Et puis ils reviennent nous voir. C’est un cercle vicieux», regrette Shalot Kwatema, qui se souvient de l’époque où l’eau de la rivière Pra, aujourd’hui une soupe jaunâtre, était potable. Près de la maison d’Abdullah Yussif Adugyaa, l’eau du petit ruisseau est encore pure. Son village, Edugyee, situé à quelques kilomètres seulement des mines, résiste à la ruée vers l’or. L’agriculteur d’une cinquantaine d’années plonge son seau dans le puits. «Le galamsey envahit la région. Tous les villages voisins sont touchés. On creuse partout», déplore-t-il. Les champs d’autrefois ont laissé place à une succession de trous béants. L’agriculture requiert de la patience et de la discipline selon Abdullah Yussif Adugyaa, qui cultive des palmiers à huile et exploite quatre hectares de cacao avec un collègue. Il lui a fallu trois ans pour commencer à gagner de l’argent avec la culture de l’huile de palme, et encore plus de temps pour le cacao. «Le galamsey est plus rentable et la paie est versée chaque semaine. Les ouvriers agricoles sont attirés par les mines. Ils ne voient que le profit. Ils ne comprennent pas que l’or, en détruisant la terre et les ressources naturelles, nous ôte nos moyens de subsistance», explique-t-il, visiblement ému.
Un commerce lucratif Au Ghana, l’économie traditionnelle et l’État sont étroitement liés. Chaque communauté a un chef qui gère les terres, arbitre les conflits, et sert de médiateur entre l’État, les investisseurs et la population, tout en s’occupant des problèmes des gens. Quiconque souhaite accéder à la terre doit d’abord négocier avec lui. Nana Bargya III, le chef du village d’Edugyee où vit Abdullah Yussif Adugyaa, est totalement opposé au galamsey. Paysan lui-même, il constate que l’or ne crée que des problèmes: tensions sociales, cambriolages, consommation d’alcool et de cigarettes, etc. Âgé de
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47 ans, il souffre de voir le paysage détruit: «Que restera-t-il à nos enfants?» Mais la résistance devient de plus en plus difficile. Les jeunes se plaignent du manque de perspectives. Il est vrai quele village semble défavorisé: pas de kiosques d’achat d’or, peu de motos dans les rues, des maisons délabrées. Le village de Nyenase, situé à cinq minutes en voiture, est en revanche très animé. Une nouvelle journée de travail commence dans les mines et dans le magasin d’Oduro Dankwa, un homme politique local qui sponsorise les orpailleurs. Des motos pilotées par de jeunes hommes en bottes de caoutchouc vrombissent sur la piste rouge. Une odeur d’essence flotte dans l’air. Oduro Dankwa explique son modèle économique: il fournit les pompes, l’essence, les tapis de prospection et le «chop money», l’argent destiné à nourrir les travailleurs. En échange, il récupère une partie de l’amal game d’or extrait et rachète volontiers le reste à un prix préférentiel. En ce moment, il compte ses liasses de billets, remplit des bidons et donne des instructions par téléphone. L’après-midi, il dévoile son butin: de petits pots en plastique vert contenant des boules d’amalgame. «Quand toutes les machines fonctionnent, je reçois entre 15 et 20 livres d’amalgame d’or par semaine», affirme-t-il. Mais il manque d’équipement à louer, car les forces de sécurité viennent de saisir huit pompes. Oduro Dankwa se plaint des décisions arbitraires et de la corruption. Les villageois le surnomment «Chairman Ghana» (président du Ghana), car il est membre du parti au pouvoir et exerce une influence certaine sur la communauté. «Je ne contrôle pas ce que les gens font avec les machines, je ne fais que les prêter», déclare-t-il. Interrogé sur la destruction de l’environnement, il répond de la même manière: il est un simple homme d’affaires qui a commencé par vendre de l’essence au bord de la route, puis a sponsorisé un chercheur d’or et a vu son activité se développer. Huit «gangs» travaillent aujourd’hui pour lui. «En ce moment, j’économise pour ouvrir une raffinerie.»
Chemins détournés vers la Suisse
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Twifo Praso, la ville la plus proche, compte de nombreuses petites raffineries qui transforment le minerai en pépites d’or. Dans un débarras doté d’une petite fenêtre, un ouvrier allume son chalumeau. Le mince tissu qu’il porte devant le visage ne le protège guère des vapeurs toxiques. Le mercure chauffé s’évapore de l’amalgame, permettant ainsi de récupérer l’or. Dans l’entrée, un tableau référence les carats et une balance permet de déterminer la densité du métal. Le prix est extrapolé en fonction du cours du jour. Personne ne se préoccupe de l’origine de l’or ni de sa destination. Une fois l’or fondu, il est très difficile de comprendre d’où il provient. Il passe des
Page 25: Oduro Dankwa dans son officine, où il loue des pompes, distribue de l’argent aux orpailleurs, vend de l’essence pour les motos et collecte l’amalgame d’or.
villages aux intermédiaires locaux, qui le r evendent à des acheteurs agréés. Une certaine quantité part directement en contrebande à l’étranger. Selon Swissaid, plus de 34 tonnes d’or ont été déclarées à l’exportation en 2023, mais u n volume presque aussi important aurait quitté le pays par des voies non officielles. L’or ghanéen issu de l’exploitation minière artisanale est principalement racheté par les Émirats arabes unis. Pour les douanes, l’origine de l’or est située dans le dernier pays de transformation, d’où il peut transiter n’importe où, notamment en Suisse. Le pays d’extraction reste ainsi invisible. Dans la capitale, Accra, à environ 200 kilomètres de la mine de Steven Apia et de la ferme d’Abdullah Yussif Adugyaa, la riposte s’organise. Dans une salle de presse étouffante où ronronne la climatisation, les caméras se bousculent lors de la conférence de presse organisée par l’alliance contre le galamsey. Celle-ci réunit des associations professionnelles et agricoles, des organisations de jeunesse et universitaires, des syndicats et des entreprises ainsi que des militant·es de la société civile et des médias. Leur préoccupation commune est la sauvegarde de l’eau, de la terre et de la santé. Au pupitre se tient un homme coiffé d’un chapeau de cow-boy rouge, à la barbe fournie et aux lunettes noires: Kenneth Ashigbey. «Le président doit immédiatement déclarer l’état d’urgence!, s’exclame-t-il au micro. Nous ne voulons pas d’un avenir où nous n’aurions plus les moyens de boire de l’eau, parce que les responsables n’ont pas eu le courage d’arrêter ceux qui la polluent.» Au début de l’année, nombre de citoyen·nes espéraient que le changement de gouvernement ferait bouger les choses. Mais rien n’a été fait, déplore l’alliance. Les distributeurs d’eau doivent recourir à dix fois plus de produits chimiques pour traiter l’eau polluée par l’exploitation minière illégale, une situation intenable. Kenneth Ashigbey rappelle que plus de 20 millions de personnes pourraient perdre leur accès à l’eau potable au Ghana. Les militant·es estiment toutefois que les décideurs sont trop nombreux à tirer profit de cette situation et dénoncent les liens de connivence entre la police, l’administration et les orpailleurs. Page 26, en haut: dans une petite raffinerie, un jeune homme montre comment raffiner l’amalgame pour en extraire l’or, en faisant s’évaporer le mercure. Page 26, en bas: Oduro Dankwa présente l’amalgame d’or qu’il perçoit de ses «gangs» actifs dans les mines de la région.
Un changement de cap improbable Depuis 2022, le prix de l’or a plus que doublé, établissant des records successifs. Cette flambée des prix favorise la corruption des fonctionnaires, des responsables politiques, des forces de sécurité, des chefs et des investisseurs étrangers peu scrupuleux. La demande mondiale aggrave la situation. Lorsque les jeunes qui ne trouvent pas leur place sur le marché du travail voient dans le galamsey une issue, cela reflète un problème plus vaste. Pour Steven Apia, l’or est avant tout un moyen de subsistance: «Nous détruisons les sols, les
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terres agricoles, tant de choses. Nous le savons, mais nous avons des difficultés financières, c’est pourquoi nous ne pouvons pas nous arrêter.» Avec l’argent g agné dans la mine, il paie la formation continue de sa femme et nourrit ses enfants. Malgré les éruptions cutanées, les douleurs abdominales et dorsales, il entend continuer tant qu’il en aura la force. «Peut-être encore deux ou trois ans. Si tout se passe bien, je pourrai alors m’arrêter», dit-il avec un sourire triste, les pieds dans la boue.
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Né à Saint-Pétersbourg, Evgeny Makarov a passé son enfance entre l’Allemagne et la Russie, lorsque sa famille a déménagé à Hambourg en 1992. Il a étudié les sciences sociales et politiques à l’Université de Hambourg. C’est à cette époque qu’il découvre la photographie comme un outil permettant d’aborder les réalités sociales en dehors de l’approche académique classique.
Décryptage
Le mercure
13,5 kilos
Le mercure est le seul métal qui soit liquide à température ambiante. Il présente une forte tension superficielle et ne laisse donc aucune trace. La densité élevée de ce métal lourd fait qu’un litre de mercure pèse 13,5 kilos.
30 %
Chaque année, plus de 3300 tonnes d’or sont extraites dans plus d’une centaine de pays. Pour produire un kilo d’or, il faut environ 1,3 kilo de mercure, soit 4300 tonnes par an. La moitié de cette quantité se retrouve dans l’environnement, principalement dans l’air, mais 30 % finissent également dans les sols et les eaux.
Laxatif
Au Moyen Âge, cet élément chimique était largement utilisé en médecine. Au XVIe siècle, le médecin suisse Paracelse le recommandait notamment comme laxatif. Jusqu’au XXe siècle, le mercure était fréquemment utilisé pour traiter la syphilis, par application cutanée ou par inhalation.
Toxique
Les 20 à 30 millions de personnes qui travaillent dans des mines d’or artisanales sont directement exposées aux vapeurs toxiques du mercure. Elles sont encore beaucoup plus nombreuses à être concernées indirectement, en consommant du poisson contaminé. Le mercure peut en effet affecter le système nerveux central et entraîner des troubles fonctionnels cérébraux, ainsi que des malformations chez l’enfant à naître.
34 fois
Rien qu’en Amazonie, on dénombre environ 2500 mines d’or illégales. Leurs activités font grimper la concentration de mercure dans les eaux voisines jusqu’à 34 fois la limite considérée comme sûre. Dans l’eau, ce métal lourd se transforme en méthylmercure, un neurotoxique puissant qui se retrouve dans le sang des poissons et d’autres animaux aquatiques.
Sources: faszinationchemie.de/artikel/news/quecksilber-von-alchemisten-roten-wangen-und-verruecktenhutmachern; materialarchiv.ch/de/ma:material_898?type=all; pureearth.org/global-mercury-program/ mercury-poisoning/; www.wwf.ch/fr/medias/amazonie-la-pollution-au-mercure-due-a-lexploitation-aurifere-est-plus-importante-que-supposee; wwf.de/themen-projekte/waelder/mining
Texte: Danielle Müller, Greenpeace Suisse
Décorations de Noël à cuire au four Découvrez comment préparer facilement vos propres décorations de sapin de Noël au four.
1. Pétrir
2. Découper
Mélangez une tasse d’eau, une tasse de sel, deux tasses de farine et une cuillérée à soupe d’huile dans un saladier, puis pétrissez pour obtenir une pâte. Laissez reposer brièvement, puis abaissez la pâte comme pour des biscuits.
Découpez les motifs souhaités à l’aide d’emporte-pièces ou créez vos propres formes à la main. Pour finir, percez un petit trou dans chaque biscuit à l’aide d’un crayon.
3. Faire cuire
4. Peindre
Faites cuire les décorations de Noël sur une plaque pendant environ 2 heures à 150 °C au four. Ouvrez la porte du four de temps en temps pour laisser l’humidité s’échapper. Sortez la plaque du four et laissez refroidir.
Pour peindre les formes, utilisez de la peinture acrylique sans microplastiques ou mélangez des épices et de l’eau: curry pour le jaune, paprika pour le rouge, café moulu pour le brun. Laissez sécher, puis passez un fil par le trou.
Débat
La Suisse et l’or
L’industrie de l’or est sous le feu des projecteurs en raison de ses violations des droits humains et de ses impacts environnementaux. Entretien avec Mark Pieth, spécialiste de la lutte anticorruption, et Franziska Ryser, conseillère nationale des Vert·e·s, sur les raisons de ces abus, les solutions possibles et le rôle de la Suisse, qui est la plus grande plaque tournante pour l’or. Entretien: Katharina Wehrli
Franziska Ryser, conseillère nationale verte. Ses priorités sont la protection du climat, l’égalité et la responsabilité des entreprises.
Mark Pieth, juriste et expert en lutte contre la corruption. Professeur de droit pénal, de procédure pénale et de criminologie jusqu’en 2020.
Mark Pieth, pourquoi l’exploitation aurifère donne-t-elle lieu à des abus?
Dans les petites mines artisanales, l’extraction de l’or repose souvent sur le travail des enfants. Il s’agit d’emplois précaires, et les personnes entrent très tôt dans la vie active pour survivre.
Nous demandons la mise en place d’une surveillance indépendante. Franziska Ryser
Franziska Ryser, les négociants en or suisses n’ont-ils aucune obligation en matière de déclaration d’origine?
Si. Ils doivent notamment garantir la transparence lorsqu’ils importent des métaux ou des minéraux provenant de zones de conflit ou à haut risque, ou pouvant être liés au travail des enfants. Cependant, ce sont leurs organes de révision privés qui
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contrôlent le respect de ce devoir de diligence. Nous demandons depuis plusieurs années la mise en place d’une surveillance indépendante du marché des matières premières, mais le Parlement a rejeté cette idée.
Et quels sont les problèmes dans les circuits industriels?
Le cas classique est que les entreprises minières obtiennent leurs concessions par la corruption, chassant les populations qui vivaient sur les terres concernées. L’environnement subit également fréquemment une pollution grave en raison des produits chimiques utilisés. Vous parlez de «blanchiment» de l’or transformé en Suisse. Que voulez-vous dire?
Les négociants importent de l’or provenant de zones de conflit et à haut risque, le refondent, puis le revendent comme de l’«or suisse». C’est comme pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque le régime nazi livrait de l’or à la Suisse en échange de devises. Les banques suisses ont également pratiqué le «blanchiment d’or» à grande échelle à l’époque de l’apartheid. Elles achetaient de l’or sud-africain, le faisaient refondre dans leurs propres raffineries, puis le revendaient.
Les négociants importent de l’or russe en passant par des pays tiers. Mark Pieth
Comment expliquer une telle résistance?
Il s’agit d’un modèle d’affaires lucratif. Le commerce des matières premières est actuellement très rentable. Les cantons où sont implantés les négociants en profitent également. C’est une activité risquée, souvent liée à la corruption, et certains préfèrent ne pas y regarder de trop près. Quelles en sont les conséquences?
Un exemple: la Suisse importe beaucoup d’or des Émirats arabes unis, qui ne sont pas considérés comme une zone de conflit ou à haut risque. Les négociants suisses n’ont donc pas besoin de vérifier la provenance exacte de l’or. Il est toutefois fort possible qu’une grande partie de cet or provienne du Soudan et serve à financer la guerre civile.
Et aujourd’hui?
La même chose se produit notamment avec l’or russe, que l’on ne peut pas acheter en Europe occidentale en raison des sanctions. La Suisse importe cet or en passant par Dubaï ou Singapour, puis le refond pour le revendre. Existe-t-il des règles internationales pour la déclaration d’origine?
La norme mondiale est une directive de l’OCDE concernant les matières premières provenant de zones de conflit et à haut risque. L’UE a repris cette directive dans sa législation, un exemple que la Suisse devrait suivre selon moi. Pensez-vous que cela se produira?
Je m’attends à ce que la Suisse en reprenne tôt ou tard certains éléments, car sinon, les négociants suisses ne pourront plus vendre leur or dans les pays de l’UE.
Pensez-vous que les mentalités évoluent?
Je suis confiante à propos de l’initiative pour des multi nationales responsables. Franziska Ryser
Le vent pourrait bientôt tourner. Les limites des solutions sectorielles, comme les labels et les certificats, sont de plus en plus évidentes. Les droits de douane imposés par les États-Unis révèlent l’ampleur du commerce de l’or en Suisse, même si le monde politique n’en a pas toujours conscience. Que changerait la nouvelle initiative pour des multinationales responsables?
Toutes les grandes entreprises seraient soumises à un devoir de diligence basé sur les risques et surveillé par une instance indépendante. L’initiative prévoit également une clause de responsabilité. Les sociétés qui ne respecteraient pas les droits humains ou les normes environnementales pourraient faire l’objet d’une plainte civile en dommages-intérêts.
Ce serait un moyen de bloquer l’importation d’or «sale»?
Comment évaluez-vous les chances de réussite de l’initiative?
La directive de l’OCDE vise surtout à lutter contre les violations des droits humains comme la guerre et le génocide. Or elle n’empêche pas les dommages environnementaux. La nouvelle initiative pour des multinationales responsables constituerait un progrès, car elle prend également en compte le travail des enfants, l’esclavage et la destruction de l’environnement.
Je suis très confiante. Les signatures ont été recueillies en seulement deux semaines. Un grand nombre de personnes estiment que la responsabilité des entreprises en Suisse est une nécessité.
Illustrations: Jörn Kaspuhl, kaspuhl.com
Parrainage
MONTEZ À BORD! Les navires sont au cœur de l’action de Greenpeace. Ils sont la vitrine de nos campagnes, sillonnent les zones les plus reculées des océans et documentent le pillage de l’environnement. En mer, nous dénonçons les abus et proposons des solutions. Nous avons déjà obtenu de nombreux succès en faveur des mers, des rivières et du climat, qui n’auraient pas été possibles sans nos navires. En parrainant notre flotte, vous maintenez le cap pour la paix et la protection de l’environnement. Vous soutenez la protection de ce qui nous unit toutes et tous: une nature intacte.
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Énigme autour du magazine Greenpeace
Énigme
trouve-t-on la frullanie à petits 1 Où ampigastres en Suisse? B: V: P:
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Comment s’appelle le parc national argentin qui sera préservé de l’extraction pétrolière à partir de 2030? O: R: A:
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des blocs de sucre de la cannelle de la pâte à sel
volume de déchets les feux d’artifice 7 Quel occasionnent-ils en Suisse par an? 2400 kilos 1300 tonnes 3500 kilotonnes
Moyen Âge, le mercure était utilisé 8 Au comme … R: D: A:
galamsey assamsey collamsey
extrainto garimpo ilevaninto
peut-on utiliser pour confectionner 6 Que soi-même des décorations pour le sapin de Noël?
J: E: Y:
le Conseil fédéral une commune le WFF
Quel terme désigne l’extraction clandestine de l’or au Ghana? T: I: C:
F: E: S:
H: U: G:
Calimera Calilegua Calipso
Avec qui Greenpeace prévoit-elle de réaliser le modèle du donut? L: O: M:
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dans les montagnes valaisannes dans les Alpes glaronnaises dans l’Oberland bernois
5 Et au Brésil?
laxatif stimulant analgésique
Solution: Nous tirons au sort 5 sacs en tissu avec un motif tortue, parfaits pour faire vos courses au marché, transporter vos affaires de sport ou vos documents, y compris votre ordinateur portable. Ces sacs ont été fabriqués et imprimés par EarthPositive® à partir de coton 100 % biologique. L’usine en Inde est le premier fabricant textile hors d’Europe à produire selon les critères les plus stricts de Greenpeace. Envoyez la solution avec votre adresse d’ici au 18 mars 2026 à redaction@greenpeace.ch ou par la poste à: Greenpeace Suisse, rédaction magazine, énigme écologique, case postale, 8036 Zurich. La voie judiciaire est exclue. Aucun échange de courrier n’aura lieu concernant le tirage au sort.
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La solution de l’énigme du magazine 3/25 était: centrale
Le mot de la fin
L’éclat de la saleté
J’aime la fine bordure dorée de ma bague en argent, tout comme mes petites boucles d’oreilles en or. Je les porte depuis de nombreuses années et je suis donc associée à l’histoire sordide de ce métal précieux. Les problèmes liés à l’extraction de l’or sont multiples: travail des enfants, défaillances sécuritaires, empoisonnements au mercure, expropriation et expulsion des populations autochtones, déforestation, contamination des eaux et des sols par le cyanure et l’arsenic, violences, corruption, blanchiment d’argent et soutien aux guerres et aux conflits. Et la Suisse? Elle est la plaque tournante du commerce de l’or, un pays où les multinationales ne doivent pas rendre de comptes. L’exploitation aurifère démontre tristement la nécessité d’une loi pour encadrer l’activité des entreprises. C’est la solution pour garantir une extraction durable et traçable de l’or à l’avenir. Et des sanctions en cas d’abus. Actuellement, même en cas de problèmes avérés, rien n’oblige les raffineries suisses à réparer les injustices, à dédommager les personnes privées de leurs terres, les victimes de la pollution des sols et des eaux ou d’autres violations des droits humains, et à assainir les terres endommagées. Une aberration! Meilleures salutations, Iris Menn
Photo: © Anne Morgenstern
Directrice de Greenpeace Suisse
Spotlight
Frullanie à petits ampigastres (Frullania parvistipula) Caractéristiques La frullanie à petits ampigastres est une plante de moins d’un millimètre de large, de couleur verte ou brun-vert. Sous ses minuscules feuilles se trouvent des poches d’eau. Des structures semblables à des racines peuvent pousser sur le bord des feuilles, permettant ainsi à la mousse de s’enraciner dans le sol. La frullanie à petits ampigastres se reproduit de manière asexuée. Des cellules se détachent au bord des folioles, se multiplient, tombent sur le sol et y forment également des rhizoïdes.
Distribution La frullanie à petits ampigastres est principalement présente en Asie orientale. En Suisse, elle n’a été découverte que dans quelques sites des vallées de la Kander et de Gastern ainsi que dans la commune de Brienz (BE). La première observation dans notre pays remonte à 1984. En Suisse, frullania parvistipula se rencontre dans les forêts mixtes clairsemées dominées par les épicéas, et elle préfère les sites modérément humides ou humides. En Asie, elle est souvent épiphyte, c’està-dire qu’elle pousse sur d’autres plantes, principalement sur les arbres.
Menaces Comme la frullanie à petits ampigastres n’est présente en Suisse que dans l’Oberland bernois, elle figure sur la liste rouge des mousses comme espèce menacée d’extinction (CR). Les principaux dangers sont les travaux de construction de routes et de voies ferrées, les interventions dans les forêts et le déboisement. Toute activité de construction à proximité de cette espèce doit faire l’objet d’une évaluation d’impact. Les arbres situés à proximité immédiate ne peuvent être abattus sans autorisation. Si la frullanie à petits ampigastres est soudainement exposée au rayonnement solaire, elle risque de disparaître.
Sources: oekologie-seite.de/index.php?id=24&pid= 3466; swissbryophytes.ch/index.php/fr/beschreibung?taxon_id=nism-2492; swissbryophytes.ch/ documents/naturschutz/Artenschutz_Moose_D.pdf Illustration: Janine Wiget est graphiste et dessinatrice en bâtiment de formation. La Zurichoise travaille en tant qu’illustratrice indépendante dans les domaines les plus divers.
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11 mars 2025 – 20 Minutes Online
«GREENPEACE DÉGOMME LE RAPPORT DU CONSEIL FÉDÉRAL SUR LE NUCLÉAIRE» 14 juillet 2025 – La Liberté
«LE 3 JUILLET, GREENPEACE SUISSE AVAIT REMIS AU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ENTREPRISE ALLSEAS UNE LETTRE OUVERTE DEMANDANT DE RENONCER À L’EXTRACTION MINIÈRE EN EAUX PROFONDES» 7 août 2025 – Tribune de Genève
«TRAITÉ SUR LE PLASTIQUE: GREENPEACE A MENÉ CE JEUDI MATIN UNE ACTION À L’ENTRÉE DU PALAIS DES NATIONS»