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La prĂ©sentation des Ă©quipes 173 ans dâhistoire Voyager Ă Barcelone pour la Coupe
Les AC75 sous toutes les coutures

HERMĂS H08, LE TEMPS, UN OBJET HERMĂS

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La prĂ©sentation des Ă©quipes 173 ans dâhistoire Voyager Ă Barcelone pour la Coupe
Les AC75 sous toutes les coutures

HERMĂS H08, LE TEMPS, UN OBJET HERMĂS

Il Ă©tait une fois un petit pays sans accĂšs Ă la mer qui rĂȘvait de sâinviter au banquet des grandes nations de la voile. Ă la surprise gĂ©nĂ©rale, il parvint non seulement Ă se hisser Ă leur niveau, mais Ă©galement Ă diriger les festivitĂ©s durant sept belles annĂ©es. Ainsi naquit la passion suisse pour le plus vieux trophĂ©e sportif de lâĂšre moderne. Ă lâheure oĂč le dĂ©fi suisse est de retour, bien dĂ©cidĂ© Ă graver Ă nouveau ses nobles lettres sur la mythique AiguiĂšre, Skippers vous propose dâembarquer une fois de plus Ă son bord pour vivre la lĂ©gende. Du 22 aoĂ»t, date de la premiĂšre rĂ©gate prĂ©liminaire, au 27 octobre, date du dernier jour de rĂ©serve pour lâAmericaâs Cup Match, Barcelone sera, Ă nâen pas douter, lâĂ©picentre planĂ©taire de la voile. Pour tout comprendre des enjeux, mieux connaĂźtre les forces en prĂ©sence et accumuler quantitĂ© dâinformations utiles, que vous souhaitiez suivre la manifestation sur place ou depuis chez vous, Skippers a relevĂ© le dĂ©fi dâĂ©diter le guide que vous tenez entre vos mains. Nos journalistes spĂ©cialisĂ©s sont allĂ©s glaner multitude dâinformations croustillantes qui, Ă coup sĂ»r, Ă©veilleront votre curiositĂ© et Ă©tofferont votre savoir. Ă lâheure dâimprimer ce supplĂ©ment, je profite de ces quelques lignes pour fĂ©liciter mon prĂ©dĂ©cesseur Ă la rĂ©daction de Skippers, Pierre-Antoine Preti, dont nous cĂ©lĂ©brons le retour rĂ©gulier dans nos colonnes. Nous lui devons en grande partie ce supplĂ©ment et espĂ©rons que chacun saura en mesurer la qualitĂ©. Notre rĂ©daction vous souhaite de vivre de magnifiques moments dâĂ©motion partagĂ©e Ă lâoccasion du retour de lâAmericaâs Cup sur notre Vieux Continent.
Quentin Mayerat Rédacteur en chef
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Ă braver lâinconnu ? Ă nous aventurer au-delĂ de nos propres limites ? Câest lâĂ©tat dâesprit Ă lâorigine de la marque TUDOR, le mĂȘme qui ha

bite les femmes et les hommes qui portent ces mon-tres. Sans eux, il nây aurait ni histoires, ni lĂ©gendes, ni victoires. Câest lâĂ©tat dâesprit qui donne dĂ©passer. Celui incar nĂ© par chaque montre
chaque jour Ă Bull Racing se TUDOR. pour oser.
Alinghi Red lâenvie de -
contentent de suivre. Dâautres sont nĂ©s


































Ce vendredi 22 aoĂ»t 1851, les 15 Ă©quipages engagĂ©s dans la Coupe des 100 Souverains â ou Coupe des 100 GuinĂ©es â nâimaginent pas quâen rĂ©gatant autour de lâĂźle de Wight ils Ă©crivent une premiĂšre page historique. De ce qui sâavĂ©rera, 173 ans plus tard et Ă la veille de la 37e Ă©dition, comme le plus ancien trophĂ©e sportif mondialement connu, lâAmericaâs Cup. Le plus gros gouffre Ă millions, mĂȘme Ă milliards de dollars de toute lâhistoire de la voile.

Texte ) Jacques-Henri Addor
La reine Victoria adore lâĂźle de Wight, au point quâelle sây fait construire le chĂąteau de Osborne House. En 1851, pour crĂ©er un Ă©vĂ©nement nautique en rapport avec la Grande Exposition universelle de Londres, elle demande au commodore du Royal Yacht Squadron dâorganiser une course Ă la voile autour de lâĂźle, la Coupe des 100 GuinĂ©es. Le trophĂ©e qui rĂ©compensera le vainqueur est une aiguiĂšre dâargent rĂ©alisĂ©e par lâorfĂšvre londonien Robert Garrard. Les AmĂ©ricains sont venus spĂ©cialement des Ătats-Unis avec la goĂ©lette America , pour se mesurer aux rapides yachts anglais. Tout le monde pense que les marins britanniques seront les plus forts et quâils vont gagner. Mais ce nâest pas exactement ce quâil se passe⊠La goĂ©lette America est la plus rapide et repart pour lâAmĂ©rique avec lâAiguiĂšre dâargent. Selon les rĂšgles Ă©tablies par le Royal Yacht Squadron, elle sera remise en jeu et reviendra au prochain yacht club vainqueur. LâĂ©quipage dâ America remet lâaiguiĂšre au New York Yacht Club, lâassortissant dâun acte de donation, le Deed of Gift, qui rĂ©git aujourdâhui encore les rĂšgles de lâĂ©preuve âcertes avec quelques modifications intervenues au fil du temps.
Le New York Yacht Club rebaptise la course du nom de la goĂ©lette victorieuse en 1857. Elle nâest toutefois pas rĂ©organisĂ©e avant 1870, en raison de la Guerre de SĂ©cession (1861 â 1865). Les Anglais
reviennent concourir en eaux amĂ©ricaines avec la goĂ©lette Cambria, 32,91 m de long, 188 tonnes et 830 m2 de toile, mais finissent 8es face aux 14 bateaux du New York Yacht Club. Le trophĂ©e leur Ă©chappe largement. Bien que victorieuse autour de lâĂźle de Wight, America va connaĂźtre plusieurs propriĂ©taires successifs et aussi une sĂ©rie de malheurs. Elle est cĂ©dĂ©e aux ConfĂ©dĂ©rĂ©s (les Sudistes) pour forcer le blocus que leur imposent les troupes de lâUnion (les Nordistes). Les soldats de lâUnion sabordent le bateau en 1862, aprĂšs la prise de Jacksonville. RenflouĂ©e et mĂȘme armĂ©e de trois canons, lâAmerica est utilisĂ©e pour soutenir ce mĂȘme blocus que les ConfĂ©dĂ©rĂ©s entendaient forcer. Finalement, la goĂ©lette sera dĂ©truite en 1942, dans lâeffondrement du hangar oĂč elle Ă©tait remisĂ©e.
1re jauge
AprĂšs leur dĂ©faite en 1870, les Anglais reviennent auprĂšs du New York Yacht Club et proposent de se mesurer en duels, plutĂŽt quâen rĂ©gates Ă plusieurs bateaux. Les AmĂ©ricains acceptent pour autant quâils puissent dĂ©cider du bateau avec lequel ils dĂ©fendront la coupe. Et câest ainsi quâen 1876, lors de la 3e Ă©dition, lâAmericaâs Cup prend le format quâon lui connaĂźt toujours aujourdâhui : un challenger dĂ©fie un defender. Pour Ă©quilibrer les chances, le New York Yacht Club Ă©dicte une premiĂšre jauge en 1885. Elle sera suivie dâune deuxiĂšme mouture en 1893, celle du Seawanhaka Yacht Club. Au tournant du siĂšcle, la coupe se dispute encore entre de trĂšs grands bateaux, trĂšs lourds, trĂšs beaux et trĂšs toilĂ©s, mais qui, pour lâĂ©poque, exigent des budgets pharaoniques. Defender vainqueur en 1903, Reliance mesure 61,26 m de long, 7,92 m de large, dĂ©place 189 tonnes, embarque 64 Ă©quipiers et porte jusquâĂ 1â500 m2 de toile. Son challenger nâest autre que le Shamrock III de Sir Thomas Lipton, un cotre en acier nickelĂ© plus petit, de 41 m de long et 166,6 tonnes de dĂ©placement, mais presque tout aussi toilĂ©, avec ses 1â315 m 2. Il est par ailleurs le premier challenger dotĂ© dâune barre Ă roue, comme les bateaux amĂ©ricains.
LâĂšre des J Class
TĂMOINS SURVIVANTS DE LA CLASSE J, LES SOMPTUEUX VELSHEDA ET SVEA.
Lipton perd son dĂ©fi, mais gagne certainement en renommĂ©e et en publicitĂ© pour ses affaires de thĂ©s et dâĂ©pices. Il insiste aussi auprĂšs du NYYC pour sâorienter vers des bateaux plus « raisonnables ». Dâabord, câest lâadoption de la jauge universelle en 1914. Pour lâappliquer, câest la cĂ©lĂšbre Class J qui prend le relais. La jauge universelle, imaginĂ©e et rĂ©digĂ©e par lâarchitecte amĂ©ricain Nathanael Herreshoff en 1903, nâentre en application quâen 1920, au sortir de la PremiĂšre Guerre mondiale â qui, comme la Guerre de SĂ©cession, a bloquĂ© les rĂ©gates de la coupe. Elle ne sera en vigueur que de 1930 Ă 1937, avec pour principale modification lâabandon du temps compensĂ© au profit de duels en temps rĂ©el : le premier qui coupe la ligne dâarrivĂ©e a gagnĂ©. Au total, persĂ©vĂ©rant comme pas deux, Sir Thomas Lipton se sera engagĂ© dans cinq dĂ©fis quâil perdra tous. Jeu de mot sur Lipton et ironie des dessinateurs de la presse amĂ©ricaine, le New York Times publie un « cartoon » de Lipton Ă la barre de son Shamrock, lĂ©gendĂ© : « Il y a loin de la coupe aux lĂšvres » â « There is many a slip between the cup and the lip. » En 1930, le site des rĂ©gates est dĂ©placĂ© Ă Newport. La petite ville de Rhode Island va devenir la Mecque de lâAmericaâs Cup. Elle porte encore tous les souvenirs de ces glorieuses annĂ©es de la coupe, mais leur intensitĂ© a sĂ©rieusement baissĂ© depuis que les AmĂ©ricains de la cĂŽte Est ne sont plus Ă ses commandes. Avec les Class J, lâAmericaâs Cup reste encore dans des formats de grande taille et de dĂ©placements imposants, qui coĂ»tent chers. Du cĂŽtĂ© anglais, Velsheda mesure 39,40 m, Endeavour 39,47 m pour 143 tonnes et 721 m2 de toile. Du cĂŽtĂ© US, Enterprise 36,49 m pour 127,6 tonnes, Resolute 32,50 m pour 105,8 tonnes, Rainbow 39,95 m, 176 tonnes et 750 m2 de toile ; et Ranger, dernier Class J construit pour Harold Vanderbilt, est long de 41,15 m, 166 tonnes et porte 701 m2 de toile. LâinstabilitĂ© politique de la fin des annĂ©es 1930 met fin, momentanĂ©ment, aux confrontations internationales dans le cadre de lâAmericaâs Cup. MĂȘme les grandes fortunes et les magnats des affaires ont dâautres prĂ©occupations.


AVEC LOUIS VUITTON, BRUNO TROUBLĂ, ICI AVEC MATTEO DE NORA ET TONY RAE, A CRĂĂ LES RĂGATES DE SĂLECTION ENTRE CHALLENGERS, LA COUPE LOUIS VUITTON.
Lâinternationalisation Il faut attendre 1958 pour voir reprendre les rĂ©gates de la coupe lors de la 17e Ă©dition. Cette fois, elles se disputent Ă bord de 12 m JI, ou 12 Metre de Jauge Internationale, qui rĂ©gneront jusquâen 1987. Tenaces, seuls les Anglais sâintĂ©ressent Ă revenir dans le match jusquâen 1962, lorsque les Australiens lancent leur premier dĂ©fi Ă lâenseigne du Royal Sydney Yacht Squadron.


Gretel perd, mais gagne tout de mĂȘme 1 course sur 5 face au Weatherly des AmĂ©ricains. Le NYYC est profondĂ©ment vexĂ© dâavoir perdu une manche pour la premiĂšre fois depuis 1930, et change le rĂšglement, interdisant dorĂ©navant aux challengers dâutiliser quoi que ce soit dâamĂ©ricain, quâil sâagisse de plans ou de technologie.
Dâautres pays commencent Ă sâintĂ©resser Ă la coupe. Outre lâAustralie, la Nouvelle-ZĂ©lande, la


SuĂšde, lâItalie, la GrĂšce et surtout la France dĂ©fient les AmĂ©ricains. AprĂšs avoir rachetĂ© Sovereign et Constellation, le baron Marcel Bich, homme dâaffaires inventeur du stylo Bic et passionnĂ© de voile, fait construire un premier 12 m JI au chantier Egger Ă Saint-Aubin, Chancegger. Mais, comme le rĂšglement de la coupe oblige les challengers Ă construire leur bateau dans leur pays, ainsi que les voiles et lâaccastillage, le constructeur naval Hermann Egger doit dĂ©mĂ©nager son chantier de lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, Ă Pontarlier, oĂč il construira France. Ce 12 m participe aux coupes de 1970, 1974, 1977 et 1980.
Le baron Bich fait appel Ă Louis Noverraz pour barrer ses bateaux. Il est ainsi le premier Suisse Ă participer Ă lâAmericaâs Cup. Mais Bich est dâhumeur trĂšs variable, parfois mĂȘme colĂ©rique. Il congĂ©die Noverraz, comme il le fera avec dâautres skippers tels que Pierre Delfour, lâentraĂźneur national Yves-Louis Pinaud et mĂȘme Eric Tabarly. Bich, excĂ©dĂ©, finira par barrer lui-mĂȘme le France, amusant le monde de la voile. Câest Marc Pajot qui reprendra ensuite lâidĂ©e dâun dĂ©fi tricolore.
Face au nombre croissant de défis, Bruno Troublé et Louis Vuitton imaginent et créent un systÚme éliminatoire pour les challengers, la Coupe LouisVuitton. Le challenger qui remporte la finale rencontrera alors le defender.
Fin du rÚgne américain
En 1983, Ă force dâinsistance et de tĂ©nacitĂ©, les Kangourous australiens finissent par terrasser lâaigle amĂ©ricain, 4 Ă 3. Ben Lexcen, lâarchitecte dâAustralia II, a mis au point une arme secrĂšte, la quille Ă ailettes. Elle permet dâabaisser le centre de gravitĂ© du bateau et de le rendre ainsi plus performant. Les Aussies mettent ainsi fin Ă 132 ans de suprĂ©matie amĂ©ricaine. Mais Dennis Conner, le vaincu de cette Ă©dition, nâest pas homme Ă se laisser abattre. Avec Stars and Stripes 87, il repart Ă lâassaut et dispose de Kookaburra III de Kevin Parry, 4 victoires Ă 0. La coupe repart donc pour les Ătats-Unis, mais cette fois au San Diego Yacht Club, en Californie. Câest lĂ , en 1988, que se joue lâĂ©dition la plus dĂ©lirante de la coupe â marquant par ailleurs la fin de lâĂšre des 12 m JI. Les NĂ©o-ZĂ©landais lancent un dĂ©fi avec un immense monocoque de 37 m, KZ-1. Ă bord, entre 30 et 40 Ă©quipiers. LâĂ©quipe de Dennis Conner rĂ©pond avec un catamaran de 18 m Ă©quipĂ© dâun mĂąt aile, Stars and Stripes. Les Ă©carts entre les deux bateaux sont sans appel et, au terme de deux manches, le San Diego Yacht Club conserve la coupe.
En 1992 apparaissent pour la premiĂšre fois les bateaux de la Class Americaâs Cup. 25 m de long, 24 tonnes, 325 m2 au prĂšs et 750 m2 au portant. Cette


annĂ©e-lĂ , America3 se dĂ©fait des Italiens dâIl Moro di Venezia, 4 Ă 1. Le ping-pong entre les Ătats-Unis et la Nouvelle-ZĂ©lande se poursuit en 1995, lorsque les Kiwis de Black Magic font du petit bois de Young America, 5 Ă 0. La coupe repart aux antipodes.
Ernesto Bertarelli, le petit nouveau
Un membre de la SociĂ©tĂ© Nautique de GenĂšve, Ernesto Bertarelli, est allĂ© suivre les rĂ©gates Ă Auckland et dĂ©cide de constituer un syndicat challenger, le Team Alinghi. Malin, Bertarelli sait sâassurer lâexpĂ©rience de marins

expĂ©rimentĂ©s et de bateaux au summum de la technologie. Avec le concours de lâEPFL pour les Ă©tudes de carĂšne, le chantier naval DĂ©cision construit les Class America SUI-64 et SUI-75 , tandis que les champions nĂ©o-zĂ©landais comme Russell Coutts et Brad Butterworth intĂšgrent lâĂ©quipage.
Ă Auckland en 2003, Alinghi remporte la Coupe Louis-Vuitton 5 Ă 1 face aux AmĂ©ricains de BMW Oracle. Ils affrontent ensuite les NĂ©oZĂ©landais de NZL-82 , du Royal New Zealand Yacht Squadron, et remportent la 31e Ă©dition de lâAmericaâs Cup 5 Ă 0. Les Kiwis de Dean Barker additionnent les malchances et les avaries. DĂ©mĂątage, bris de tangon et quantitĂ© dâeau embarquĂ©e. LâĂ©quipe Alinghi, sous la houlette de la SNG porteuse du dĂ©fi, devient ainsi la premiĂšre Ă©quipe sans accĂšs direct Ă la mer Ă faire revenir THE Cup en Europe, aprĂšs 152 ans dâexistence. Une prouesse pour une premiĂšre participation Ă la coupe.
Pour assumer son rĂŽle dĂ©sormais de defender, Alinghi monte une base Americaâs Cup Ă Valence, comme il nâest pas possible dâorganiser les prochaines rencontres sur le LĂ©man. Le syndicat genevois fait construire deux nouveaux AC, SUI-91 et SUI-100. Sur les rives espagnoles, les Suisses se dĂ©font de Emirates Team New Zealand 5 Ă 2.

REMONTADA HISTORIQUE EN 2013 EN AC 72, DANS LA BAIE DE SAN FRANCISCO. LES AMĂRICAINS DâORACLE FINISSENT PAR BATTRE LES NĂO-ZĂLANDAIS 9 Ă 8, APRĂS AVOIR ĂTĂ MENĂS 8 Ă 1.
LâavĂšnement des multicoques
Survient un Ă©pisode juridique au terme duquel le prochain challenger est dĂ©signĂ© sur le tapis vert, rĂ©fĂ©rence au rĂšglement de la coupe, le Deed of Gift originel. Alinghi fait construire un catamaran gigantesque Ă Villeneuve, Alinghi 5, 34 m et 11 tonnes, qui, pour regagner la mer Ă GĂȘnes, est hĂ©liportĂ© au-dessus des Alpes par un puissant hĂ©licoptĂšre russe Sikorsky. LâopĂ©ration est parfaitement rĂ©ussie. En revanche, le retour en Russie pour cet appareil mythique, Mil MI-26T, se solde par un crash qui le dĂ©truit totalement. Le challenger sera BMW Oracle Racing, USA-17, un trimaran Ă aile rigide de 34 m et 17 tonnes. Comme le Sikorsky qui lâa transportĂ©, Alinghi 5 se fait dĂ©zinguer en deux manches, 2 Ă 0. En 2013, pour la 34 e Ă©dition de la coupe, les bateaux retenus sont des AC72, catamarans Ă foils et Ă ailes rigides. Les challengers italiens et suĂ©dois sont tour Ă tour Ă©liminĂ©s et câest le Royal New Zealand Yacht Club qui affronte le defender amĂ©ricain dâOracle Team USA. Les Kiwis semblent avoir partie gagnĂ©e et mĂšnent les AmĂ©ricains 8 Ă 1, lorsque lâĂ©quipe dâOracle Team USA remonte la pente et finit par lâemporter 9 Ă 8, aprĂšs avoir changĂ© de foils et dâune partie de lâĂ©quipage. Mais les AC 72 sont difficiles Ă maĂźtriser et, pour

la 35e Ă©dition en 2017, ce sont les AC50, catamarans volants plus petits, qui sont en lice aux Bermudes. Un peu ennuyeuse, cette Ă©dition ne restera pas dans les annales, remportĂ©e Ă nouveau par Emirates Team New Zealand face Ă Oracle Team USA, 7 Ă 1. Retour aux antipodes pour la 36e Ă©dition. Les bateaux retenus sont des AC75, monocoques Ă©quipĂ©s de foils. Impressionnants de puissance et de vitesse, ils sont potentiellement en mesure dâatteindre les 50 nĆuds. Finaliste, lâĂ©quipe de Luna Rossa affronte Emirates Team New Zealand, mais perd sur le score de 7 Ă 3. Les NĂ©o-ZĂ©landais dĂ©cident rapidement de ne plus organiser la coupe dans lâhĂ©misphĂšre Sud, et prĂ©voient les prochaines confrontations Ă Barcelone.
Aux portes de la 37e Ă©dition de la Coupe Louis-Vuitton, lâhistoire du plus vieux trophĂ©e sportif ne cesse de sâĂ©crire.


RĂȘver en grand: ColleMassari raconte jusquâoĂč peuvent conduire les rĂȘves et la volontĂ©. Jour aprĂšs jour, choix aprĂšs choix.
Ă la fois patron de lâAmericaâs Cup et du Defender, le lĂ©gendaire Kiwi revient sur les conditions de la 37e Ă©dition.
Propos recueillis par Pierre-Antoine Preti
Le Defender Emirates Team New Zealand pourrait gagner la Cup trois fois dâaffilĂ©e. Câest une perspective historique qui devrait vous rĂ©jouir, mais qui peut Ă©galement mettre la pression...
Absolument ! Câest une position qui a ses qualitĂ©s et ses dĂ©fauts. Mais je le vois plus comme une force quâun surcroĂźt de stress. La pression fait partie intĂ©grante dâune campagne de lâAmericaâs Cup. Il y a tellement dâenjeux. La marge entre la dĂ©faite et la victoire est si fine que la motivation est le seul remĂšde pour contrer la pression. En ce qui nous concerne, la perspective de rĂ©aliser une triple victoire, quelque chose qui ne sâest jamais fait auparavant, est une Ă©norme source de motivation.
Lors des prĂ©-rĂ©gates, Emirates Team New Zealand disposait vraisemblablement du meilleur bateau et du meilleur Ă©quipage. Ătes-vous confiant dans la victoire de cette Louis Vuitton 37e Americaâs Cup ?
Câest toujours dangereux dâĂȘtre complaisant avec soi-mĂȘme. Cet excĂšs de confiance a probablement nui Ă de nombreuses campagnes de lâAmericaâs Cup, peut-ĂȘtre une des raisons pour laquelle elle nâa jamais Ă©tĂ© gagnĂ©e trois fois de suite. Ma principale confiance rĂ©side dans les membres de mon Ă©quipe, leur talent, leur culture et leur Ă©thique de travail.
Quel regard portez-vous sur le retour dâAlinghi Red Bull Racing dans la compĂ©tition ?
Câest super de voir Alinghi Red Bull Racing de retour dans la compĂ©tition. Câest dâautant plus plaisant quâils forment dĂ©sormais une Ă©quipe

« Nous sommes fiers de hisser le drapeau néozélandais à Barcelone »
vraiment suisse, bien plus suisse quâils ne lâont jamais Ă©tĂ©. Cette rĂ©alitĂ© va progressivement renforcer la voile suisse Ă tous les niveaux. De surcroĂźt, disposer du soutien de la puissante Ă©quipe mĂ©dia de Red Bull et de son Ă©quipe de Formule 1 est une excellente opportunitĂ© pour lâexposition de lâAmericaâs Cup en gĂ©nĂ©ral. En ce qui concerne la performance sur lâeau, attendons de voir. Ils ont une trĂšs bonne Ă©quipe... mĂȘme si je crois quâaujourdâhui toutes les Ă©quipes sont bonnes, donc câest passionnant.
Pourquoi avoir choisi de quitter la Nouvelle-Zélande ?
Ce nâĂ©tait pas vraiment un choix de notre part. Je parlerais plutĂŽt dâune nĂ©cessitĂ© de survie Ă©conomique. CâĂ©tait indispensable si nous voulions ĂȘtre sur la ligne de dĂ©part pour dĂ©fendre la Cup. En Nouvelle-ZĂ©lande, beaucoup de gens ont Ă©tĂ© bouleversĂ©s de voir lâAiguiĂšre dâargent quitter le pays. Aujourdâhui, nous sommes fiers de hisser le drapeau nĂ©o-zĂ©landais Ă Barcelone, une ville iconique au niveau mondial. Comme Ă Valence, en 2007, des milliers de Kiwis vont faire le voyage pour nous soutenir. Câest une tradition depuis 1987. Je suis persuadĂ© que la qualitĂ© de lâĂ©vĂ©nement va les Ă©poustoufler.


Ătes-vous satisfait de lâintĂ©gration de lâAmericaâs Cup Ă Barcelone ?
ExtrĂȘmement satisfait ! La mairie, la Catalogne, le gouvernement central, les autoritĂ©s du port et tous les partenaires commerciaux font preuve dâĂ©normĂ©ment de motivation et de volontĂ©. Je pense que cette Ă©dition sera la meilleure Americaâs Cup jamais organisĂ©e. Sur le plan local, lâengouement rappelle lâimportance que les Jeux olympiques de 1992 ont eu pour la ville de Barcelone. Nous voulons recrĂ©er cette magie et lâoffrir Ă la population qui nous accueille ici.
Quels sont vos objectifs dâaffluence sur le site de la Louis Vuitton 37e Americaâs Cup ?
Pour cette 37 e Ă©dition, nous souhaitons toucher 1,5 milliard de personnes. LâĂ©vĂ©nement est diffusĂ© sur le fuseau horaire europĂ©en. Le site est facile dâaccĂšs depuis le reste de lâEurope. Si lâune des quatre Ă©quipes europĂ©ennes se qualifie pour lâAmericaâs Cup Match, il y aura un afflux important de supporters Ă Barcelone. Ce printemps, nous avons reçu un rapport Nielsen sur lâaudience des rĂ©gates prĂ©liminaires de Vilanova et de Djeddah : 714 millions de personnes ont suivi les compĂ©titions. Nous sommes dĂ©jĂ en bonne voie pour atteindre notre objectif global. En 2021, lors de la 36e Americaâs Cup, nous avons touchĂ© 950 millions de personnes au total. Ă ce moment-lĂ , les frontiĂšres Ă©taient verrouillĂ©es par le Covid. En dehors de la Nouvelle-ZĂ©lande, la diffusion se faisait au milieu de la nuit pour la majeure partie du monde.
Barcelone attire forcĂ©ment du monde. Comment allez-vous marier visiteurs ordinaires et fans de voile ? Nous avons travaillĂ© dur pour crĂ©er un village de course attractif. Il y a beaucoup dâanimations prĂ©vues, des FanZones, des Ă©crans gĂ©ants sur le front de mer. Tous les visiteurs peuvent accĂ©der directement Ă lâĂ©vĂ©nement, et cela, totalement gratuitement.
Si on excepte le DOG Match de 2010, la derniĂšre prĂ©sence suisse date de 2007. Ă lâĂ©poque, les Class America Ă©taient Ă©quipĂ©s de lourdes quilles de plomb. Câest dĂ©sormais un autre sport. Quelles nouveautĂ©s la voile volante a-t-elle apportĂ©es Ă lâAmericaâs Cup ? Il ne faut pas seulement considĂ©rer ce que la voile volante apporte Ă lâAmericaâs Cup, mais bien ce quâelle apporte Ă la voile en gĂ©nĂ©ral.

« MA PRINCIPALE CONFIANCE RĂSIDE DANS LES MEMBRES DE MON ĂQUIPE, LEUR TALENT, LEUR CULTURE ET LEUR ĂTHIQUE DE TRAVAIL. »

« AUJOURDâHUI, NOUS SOMMES FIERS DE HISSER LE DRAPEAU NĂO-ZĂLANDAIS
à BARCELONE, UNE VILLE ICONIQUE AU NIVEAU MONDIAL. »
Depuis quâEmirates Team New Zealand lâa introduit Ă lâAmericaâs Cup, en 2013, le foiling a complĂštement transformĂ© le sport. Aujourdâhui, tous les gosses qui apprennent la voile veulent aller vite et voler. Les talents du futur sont de plus en plus instinctifs. Les Puig Womenâs Americaâs Cup et UniCredit Youth Americaâs Cup nous donneront un bon aperçu de cette nouvelle culture.
Comment expliquez-vous une prĂ©sence aussi marquĂ©e des Ă©quipes de Formule 1 aux cĂŽtĂ©s des marins ? Quâapportent les Ă©quipes automobiles au monde de la voile ?
La technologie. LâAmericaâs Cup est un jeu technologique. Les Ă©quipes de Formule 1 sont parmi les organisations sportives les plus avancĂ©es. Ce sont aussi les mieux financĂ©es au monde. Il nâest donc pas surprenant quâil y ait une rencontre fondamentale entre Alinghi et Red Bull, entre Ineos Britannia et Mercedes. Nous saurons Ă partir de la fin de lâĂ©tĂ© si cette rencontre est une bonne chose ou nonâŠ
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Ă lâAmericaâs Cup, le vainqueur est le Defender (Emirates Team New Zealand).
Le Defender dĂ©finit les rĂšgles de lâĂ©dition en cours avec le premier challenger, que lâon appelle le Challenger of Record (Ineos Team Britannia).
Tous les autres adversaires sont appelés « challengers ».
Texte ) Pierre-Antoine Preti
Pays : Nouvelle-Zélande
Statut : Defender
Yacht Club : Royal New Zealand Yacht Squadron
Directeur général : Grant Dalton
Architecte : Emirates Team New Zealand Design Works
Skipper : Peter Burling
Barreurs : Peter Burling et Nathan Outteridge
Régleurs : Andy Maloney et Blair Tuke


Les Kiwis défendront chÚrement leur trophée
Depuis 1987, les NĂ©o-ZĂ©landais sont des artisans acharnĂ©s de lâAmericaâs Cup. Si le rugby est sans conteste le sport numĂ©ro un dans le pays, la voile sportive suscite un formidable engouement national. Ce soutien indĂ©fectible habite chaque marin kiwi jusquâau bout des ongles. La victoire historique de la 29e Cup, en 1995 â sous la direction du regrettĂ© Sir Peter Blake â, amĂšne le petit pays de lâhĂ©misphĂšre Sud en position de leader mondial. Ces 30 derniĂšres annĂ©es, il y a eu huit Americaâs Cup Match. La NouvelleZĂ©lande a participĂ© Ă sept dâentre eux. Elle en a gagnĂ© quatre. Ă ce somptueux tableau de chasse sâajoutent les victoires engrangĂ©es par les nombreux mercenaires, dont le plus cĂ©lĂšbre est sans conteste Russell Coutts. Il remporte cinq fois lâAmericaâs Cup en tant que skipper sous les banniĂšres nĂ©o-zĂ©landaise, suisse et amĂ©ricaine.
Meilleurs sur le pont et innovants en architecture nautique, les NĂ©oZĂ©landais excellent dans le type dâentrepreneuriat nautique proposĂ© par lâAmericaâs Cup : des campagnes de quatre ans axĂ©es principalement sur la vitesse des voiliers.
Aujourdâhui, Emirates Team New Zealand ne fait pas mentir la rĂ©putation des marins de lâhĂ©misphĂšre Sud. Vainqueur de lâĂ©dition prĂ©cĂ©dente contre
Luna Rossa Challenge, le bateau noir est le leader de cette 37e Ă©dition. Il dispose aussi dâun coup dâavance en architecture de bateaux volants. Ă cela sâajoute la valeur sportive de lâĂ©quipage emmenĂ© par Peter Burling et Nathan Outteridge. Lâautomne dernier, cette Ă©quipe a aisĂ©ment remportĂ© la rĂ©gate prĂ©liminaire de Djeddah sur les petits AC40 monotypes. Ils sont, sur le papier, les meilleurs marins au monde.
Les performances nĂ©o-zĂ©landaises font donc figure de benchmarking pour le reste de la flotte. Mais le traditionnel handicap de lâAmericaâs Cup doit jouer en leur dĂ©faveur : le Defender est un roi shakespearien, car il ne peut participer Ă la Louis Vuitton Cup. Il doit se dĂ©brouiller pour progresser seul pendant que ses adversaires accumulent de lâexpĂ©rience lors des Ă©liminatoires des challengers.




Grant Dalton (PDG)
Ă 66 ans, Grant Dalton a dâabord Ă©cumĂ© les ocĂ©ans du globe dans les annĂ©es 1980, 1990 et 2000. Ses cinq participations Ă la Whitbread/ Volvo Ocean Race font de lui une lĂ©gende de la circumnavigation en Ă©quipage. Son arrivĂ©e au poste de directeur gĂ©nĂ©ral de Team New Zealand date de fĂ©vrier 2003, date de la dĂ©faite de lâĂ©quipe nationale face au DĂ©fi suisse Alinghi. Il dirige lâĂ©quipe depuis cette Ă©poque et reprend lâAiguiĂšre dâargent aux AmĂ©ricains lors de la 35e Ă©dition de 2017 et la conserve, en 2021, lors de la 36 e devant les Italiens de Luna Rossa. Il cumule la fonction de chef dâĂ©quipe avec celle dâorganisateur de lâAmericaâs Cup.
Peter Burling (skipper, barreur)
Le regard bleu acier de ce natif de Tauranga (NZL) ne trompe pas. Peter Burling est un ĂȘtre Ă sang-froid qui transperce ses adversaires rien quâavec les yeux. Ce caractĂšre de battant, câest son palmarĂšs qui en parle le mieux : de 2009 Ă 2020, le skipper monte quatorze fois sur les podiums de championnats mondiaux, dont neuf sur la plus haute marche. Ce spĂ©cialiste du 49er sâest Ă©galement offert trois mĂ©dailles olympiques, dont une en or. Quand il ne navigue pas avec son Ă©quipier Blair Tuke, il participe en solo aux mondiaux de Moth (une mĂ©daille dâor et une dâargent). En 2017, il devient le plus jeune barreur Ă gagner la Cup aux Bermudes. Promu skipper en 2021, il la dĂ©fend victorieusement face aux Italiens. Le voilĂ confortĂ© dans son double rĂŽle de lĂ©gende vivante et dâĂ©pouvantail vĂ©lique. Il est consacrĂ© deux fois « Marin de lâannĂ©e » par la fĂ©dĂ©ration internationale de voile (World Sailing â 2017 et 2015 avec Blair Tuke).

Blair Tuke (régleur)
Il nây aurait pas de Peter Burling sans Blair Tuke et inversement. Les deux compĂšres ont tout gagnĂ© ensemble et entendent bien continuer. Dans le duo, Burling barre et Tuke rĂšgle les voiles, ce qui leur ramĂšne 28 victoires dans des rĂ©gates majeures entre 2012 et 2016. Le rĂ©gleur accumule 12 mĂ©dailles dans diffĂ©rents mondiaux, dont 6 en or en 49er. Il est Ă©galement de tous les voyages olympiques du duo : Rio 2016 (or), Tokyo 2020 (argent) et Londres 2012 (argent). NommĂ© marin de lâannĂ©e en 2015, Tuke embrasse victorieusement lâAmericaâs Cup en 2017 aux Bermudes. Un geste rĂ©itĂ©rĂ© Ă Auckland en 2021. Sur le bateau noir, cet Ă©lectricien de formation officie au contrĂŽle des foils.
Nathan Outteridge (barreur)
Sur les podiums olympiques des 49er, quand la paire Burling/Tuke ne rafle pas la mĂ©daille dâor, elle revient Ă Nathan Outteridge. Le barreur australien a un palmarĂšs olympique en quinconce avec ses coĂ©quipiers kiwis, en 2012 Ă Londres (or) et en 2016 Ă Rio (argent). Ce sillage commun lâa tellement rapprochĂ© de ses adversaires que ce rĂ©sident de Lake Macquarie est devenu deuxiĂšme barreur dâETNZ. Ăgalement actif sur SailGP, il navigue au cĂŽtĂ© de lâĂ©quipe suisse dans le cadre de cette grande ligue de bateaux volants. Son entrĂ©e Ă lâAmericaâs Cup date de 2012. Il rejoint le Challenger of Record suĂ©dois, Artemis Racing. Un engagement quâil honore Ă nouveau en 2017, avant de sâincliner face aux NĂ©o-ZĂ©landais.

Pays : Grande-Bretagne
Statut : Challenger of Record
Yacht Club : Royal Yacht Squadron ltd
PropriĂ©taire : Sir James « Jim » Ratcliffe, CEO dâIneos
Skipper : Sir Ben Ainslie
Barreurs : Ben Ainslie, Giles Scott
Régleurs : Iain Jensen, Bleddyn Mon
Sir Ben Ainslie transporte lâespoir dâune nation dans la soute de Britannia : ramener The Old Mug Ă la maison. Depuis 1930 et Sir Lipton, aucun navire de sa MajestĂ© nâavait disputĂ© trois Americaâs Cup dâaffilĂ©e. Créée en janvier 2012, sous lâimpulsion de la sociĂ©tĂ© Ben Ainslie Racing, lâĂ©quipe anglaise est dĂ©sormais Challenger of Record. Il appartient donc au Royal Yacht Squadron de nĂ©gocier les conditions de cette 37e compĂ©tition. Une tĂąche dâautant plus chargĂ©e Ă©motionnellement quâil sâagit du club qui organisa le tour de lâĂźle de Wight en 1851. Finaliste de la Prada Cup, les challengers sĂ©ries de 2021, lâĂ©quipage britannique sâĂ©tait inclinĂ© contre les Italiens de Luna Rossa. Ils entendent bien se qualifier pour le Match Ă lâissue de la Louis Vuitton Cup de lâĂ©dition 2024. HĂ©ros national pour ses exploits olympiques â il est le marin le plus titrĂ© au monde â, Ben Ainslie est un redoutable rĂ©gatier.
Il subit cependant le dĂ©savantage de cumuler le rĂŽle de PDG et celui de navigant. En dĂ©but dâannĂ©e, il a dĂ» abandonner la barre du F50 anglais sur SailGP Ă Giles Scott, son second barreur, afin de se concentrer sur la Cup. Le dĂ©fi est soutenu par le milliardaire anglais Jim Ratcliffe, magnat de la chimie et passionnĂ© de sport â notamment de foot (le Lausanne Sport lui appartient) â et de sports mĂ©caniques. Sur le plan politique, Ratcliffe est un conservateur anglais, fervent dĂ©fenseur du Brexit. AssociĂ© Ă lâĂ©quipe F1 Mercedes AMG depuis la 36e Cup, le team britannique accueille dĂ©sormais James Allison au Design Team. Ce directeur de F1 a nourri les victoires de Michael Schumacher (Ferrari), Fernando Alonso (Renault) et Lewis Hamilton (Mercedes), jusquâen 2020. Il nây a donc pas que de lâespoir dans la flotte anglaise, mais aussi toutes les conditions pour une campagne de haut vol.


Sir James Arthur Ratcliffe (PDG)
Dâorigine familiale modeste, Jim Ratcliffe est nĂ© prĂšs de Manchester. IngĂ©nieur chimiste de formation, il fonde le groupe de chimie Ineos en 1998. Il rĂ©side aujourdâhui Ă Monaco et possĂšde une fortune estimĂ©e Ă plus de 20 milliards de livres. PassionnĂ© de sport, il engage son entreprise dans un certain nombre de projets sportifs, Ă commencer, en Suisse, par lâachat du FC Lausanne-Sport. Il est aussi Ă lâorigine de la reprise en main de lâĂ©quipe cycliste Ineos Grenadier, le rachat du FC Nice et la prise en main de 25 % des parts de Manchester United. Il est anobli en 2018, annĂ©e qui marque Ă©galement son embarquement dans la 36e Americaâs Cup avec Ineos Grenadier, rebaptisĂ© Ineos Britannia pour cette 37e Ă©dition.
Sir Ben Ainslie (skipper, barreur)
Charles Benedict Ainslie est lâune des lĂ©gendes vivantes qui font lâaura de lâAmericaâs Cup. Avec quatre mĂ©dailles dâor aux JO et une mĂ©daille dâargent (Finn et Laser), « Ben » Ainslie est lâun des deux marins olympiques les plus titrĂ©s avec le Danois Paul Elvström. Il a Ă©galement marquĂ© lâhistoire de lâAmericaâs Cup en remportant la 34e Ă©dition comme tacticien sur le bateau amĂ©ricain Oracle Team USA. Cela fait de lui le deuxiĂšme Anglais, aprĂšs Charlie Barr (1899, 1901 et 1903), Ă remporter lâAmericaâs Cup sous pavillon amĂ©ricain. Ben Ainslie rĂȘve dĂ©sormais de ramener lâaiguiĂšre dâargent dans son pays natal.
Giles Scott (barreur)
DeuxiĂšme barreur du bateau anglais, Giles Scott a dĂ©jĂ trois campagnes de lâAmericaâs Cup derriĂšre lui et deux mĂ©dailles dâor olympiques en Finn, Ă Rio (2016) et Ă Tokyo (2021). Pour cette quatriĂšme participation, il est pressenti pour le poste de barreur. Poste quâil occupe dĂ©sormais sur le bateau anglais du SailGP, aprĂšs un passage de tĂ©moin de Ben Ainslie. Avec une carriĂšre olympique entre parenthĂšse, le barreur se donne tous les moyens de progression possibles, en vue de la victoire finale.
James Allison (ingénieur F1)
James Allison est lâatout « Formule 1 » de lâĂ©quipe anglaise. NĂ© en 1968, lâingĂ©nieur britannique a Ă©tudiĂ© Ă Cambridge avant de dĂ©buter sa carriĂšre chez Benetton en 1991. Ses talents en aĂ©rodynamique et sa vision novatrice lâont conduit Ă des postes clefs chez Ferrari et Renault, contribuant Ă plusieurs titres de champion du monde. Depuis 2013, il occupe le poste de directeur technique chez Mercedes-AMG Petronas F1 Team, partenaire automobile de lâĂ©quipe anglaise.
Freddie Carr (power group)
David « Freddie » Carr apporte sa redoutable expĂ©rience de la Cup au Challenger of Record britannique. Ce natif de lâĂźle de Wight est un habituĂ© de la compĂ©tition. Il vit sa sixiĂšme Americaâs Cup comme cycliste. Il dispose Ă©galement dâune solide expĂ©rience en multicoque, avec cinq saisons en Extreme Sailing Series, dont une victoire au gĂ©nĂ©ral avec Oman Sail.
Iain Jensen (régleur)
Il faut toujours un Australien dans un Ă©quipage anglo-saxon. Mais câest surtout les qualitĂ©s de rĂ©gatier de Iain Jensen qui justifient sa prĂ©sence sur le bateau britannique. Avec une mĂ©daille dâor olympique (Londres 2012) et une en argent (Rio 2016) en 49er, le rĂ©gleur de voile a officiĂ© dans quatre campagnes de lâAmericaâs Cup, dont deux sous pavillon anglais. Son regard technique est aussi apprĂ©ciĂ© par les concepteurs de voile.










Pays : Suisse
Statut : Challenger
Yacht Club : Société Nautique de GenÚve
Propriétaire : Ernesto Bertarelli
Architecte principal : Marcelino Botin
Skipper : Pierre-Yves Jorand
Barreurs : Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin
Régleurs : Bryan Mettraux et Yves Detrey
Coaches : Pietro Sibello et Dean Barker
Un nouveau départ pour Alinghi Red Bull Racing
Au dĂ©but du millĂ©naire, il Ă©tait une fois un petit nom, une plaisanterie dâenfant, qui rĂ©sonnait fiĂšrement dans la bouche des HelvĂštes : Alinghi. Le patronyme convoque des souvenirs : la surprenante victoire de 2003, sous la conduite de lâexpĂ©rimentĂ© Russell Coutts et de son « Kiwi Five » ; la dĂ©fense victorieuse de 2007, sous la conduite de Brad Butterworth ; le drapeau solidement hissĂ© sur les bases dâAuckland et de Valence sur un fond de cor des Alpes. OrganisĂ©e par le Defender suisse, la 32e Ă©dition, avec ses douze concurrents, reste probablement parmi les plus belles de lâAmericaâs Cup. Les habitants du petit pays sans mer Ă©voquent encore avec fiertĂ© les embruns victorieux sous la coque des lourds Class America. Mais ça, câĂ©tait avant ! Entretemps, il y a eu le conflit juridique, la pantalonnade du Deed of Gift Match de 2010 et la dĂ©confiture sur fond de maxi-multicoques. Aujourdâhui, les membres du Kiwi Five ont pris leur retraite. LâĂ©quipage doit se forger une expĂ©rience 100 % helvĂ©tique. Les bateaux volent. Il sâagit dâun autre sport. Tout est Ă refaire. Et câest probablement lĂ lâenjeu principal du DĂ©fi Suisse. Car il ne faut pas se voiler la face. Sur le papier, il nâest pas certain que le nouvel Alinghi Red Bull Racing rĂ©itĂšre lâexploit de 2003. « Ă vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire », disait Corneille. En attendant, les Suisses se sont vite mis dans le coup. PremiĂšre Ă©quipe Ă sâentraĂźner Ă Barcelone, ils se sont classĂ©s troisiĂšmes Ă Djeddah. La suite va dĂ©pendre de la qualitĂ© de lâAC75. Ă lâheure oĂč nous mettons sous presse, le design de lâarchitecte espagnol Marcelino Botin et de son Ă©quipe a Ă©tĂ© mis en Ćuvre Ă Ecublens et vogue dĂ©sormais Ă Barcelone. La Suisse restant le pays de la technologie Ă haute valeur ajoutĂ©e, les meilleurs ingĂ©nieurs du pays ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s autour de la bĂȘte composite. De son cĂŽtĂ©, lâĂ©curie Red Bull amĂšne sa science de la Formule 1 et anime la communication suisse avec ses athlĂštes bigarrĂ©s. Ă en juger par les allers et retours en Autriche, le partenariat conclut du vivant de Dietrich Mateschitz, le crĂ©ateur de Red Bull dĂ©cĂ©dĂ© en octobre 2022, fonctionne bien. En ce qui concerne la cellule arriĂšre du bateau, les marins dâAlinghi Red Bull Racing sont ce que la Suisse a produit de mieux ces dix derniĂšres annĂ©es : pendant les prĂ©-rĂ©gates, Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin Ă©taient Ă la barre, Bryan Mettraux et lâexpĂ©rimentĂ© Yves Detrey se partageaient les rĂ©glages. Une configuration qui peut encore bouger dâici la fin de lâĂ©tĂ©. LâĂ©quipe B est de trĂšs bon niveau Ă©galement. Tout ce petit monde est parti sâentraĂźner en Arabie saoudite cet hiver sur les AC40 pendant que le Power Group, lui, produit des watts sans discontinuer sur les simulateurs de la base barcelonaise.
Il reste Ă savoir ce que les meilleurs Suisses sont capables de faire face aux stars mondiales. Pour rappel, Ben Ainslie (Ineos Britannia), Peter Burling (Emirates Team New Zealand) et Tom Slingsby (NYYC American Magic) cumulent Ă eux trois six mĂ©dailles dâor olympiques et deux dâargent, sans compter les dizaines de titres mondiaux dans toutes les catĂ©gories, de la voile volante aux dĂ©riveurs olympiques. Pour gagner, il faudra donc gommer le satanĂ© complexe dâinfĂ©rioritĂ© helvĂšte. Ăa, câest le job dâErnesto Bertarelli. Le milliardaire suisse aime cultiver « lâesprit de famille » au sein de ses Ă©quipes. Il est entourĂ© de sa garde rapprochĂ©e, Pierre-Yves Jorand (co-manager), Nils Frei (relations sponsors) et les membres de son Ă©quipe historique sont lĂ . Les coachs Pietro Sibello (ITA) et Dean Barker (NZL) conseillent et font office de sparring-partners sur lâeau. Autre aide prĂ©cieuse, lâancien skipper Brad Butterworth apporte sa vista, son expĂ©rience et son humour Ă lâensemble. Le cocon protecteur est bienvenu. Il doit impĂ©rativement sĂ©curiser les athlĂštes avant de les lancer en orbite Ă la fin du mois dâaoĂ»t.








Ernesto Bertarelli (président)
Ernesto Bertarelli, nĂ© en 1965 Ă Rome, est un homme dâaffaires suisse dâorigine italienne. Issu dâune famille fortunĂ©e, il a hĂ©ritĂ© de lâempire biopharmaceutique Serono, quâil a dĂ©veloppĂ© avant de le vendre. Philanthrope engagĂ©, il consacre une part de sa fortune Ă des initiatives dans les domaines de la recherche mĂ©dicale, de lâĂ©ducation et de la conservation marine. Navigateur passionnĂ©, Ernesto Bertarelli remporte sept fois le Bol dâOr du LĂ©man et huit fois le championnat des D35. En mer, il inscrit quatre victoires sur le circuit international des Extreme Sailing Series (2008, 2014, 2016 et 2018) et gagne le GC32 Racing Tour en 2019 et 2021. Son histoire avec lâAmericaâs Cup dĂ©marre avec la retentissante victoire de 2003, puis la dĂ©fense victorieuse de 2007. « Alinghi » Ă©tait un personnage imaginaire qui accompagnait Ernesto et sa sĆur Dona au bord de la mer quand ils Ă©taient enfants. Le patronyme plait alors au patriarche, Fabio Bertarelli, qui baptise ainsi le premier bateau familial.
Pierre-Yves Jorand (codirecteur sportif)
Sur le lac, en mer ou Ă terre, Pierre-Yves Jorand fait partie de lâADN dâAlinghi. Depuis 1994, le codirecteur sportif a Ă©tĂ© de tous les coups aux cĂŽtĂ©s dâErnesto Bertarelli. MaĂźtre voilier, il a rĂ©gatĂ© sur tous les multicoques lacustres : Le Rouge (ex PosĂ©idon), le Jaune et lâimbattable Black. DĂšs 2004, il enchaĂźne les saisons en D35, avec un taux de rĂ©ussite impressionnant. En mer, il participe Ă lâaventure des Maxi One Design, se lance dans lâAmericaâs Cup au dĂ©but des annĂ©es 2000. Bon analyste, fin rĂ©gatier, le brillant communicateur est souvent la voix de lâĂ©quipe face au grand public. La vitesse et la glisse ont toujours fait partie de la vie de cet ancien champion dâEurope en ski de vitesse (1988).
Marcelino Botin (architecte principal)
Fondateur et prĂ©sident de Botin Partners Naval Architecture, lâarchitecte espagnol Marcelino Botin est un spĂ©cialiste des quilles et des appendices. Ăa tombe bien. Câest Ă peu prĂšs lĂ que se situent les grands choix de la 37e Ă©dition de lâAmericaâs Cup.
Les premiers contacts avec la Cup datent de 2004. Botin travaille sur le Class America nĂ©o-zĂ©landais. En 2005, son TP52 gagne lâAudi Med Cup. Une sĂ©rie particuliĂšrement inspirante pour le bureau Botin qui gagnera douze saisons consĂ©cutives, de 2008 Ă 2019. En 2008, son Volvo 70 Puma fait deuxiĂšme autour du monde. Idem en 2011, avec le Camper dâETNZ. Il travaille pour Luna Rossa en 2013 et pour American Magic lors de la derniĂšre Cup.
Arnaud Psarofaghis (barreur)
Avant-derniĂšre gĂ©nĂ©ration dâune dynastie de marins lĂ©maniques, Arnaud Psarofaghis (35 ans) a dâabord usĂ© ses fonds de cirĂ©s sur les voiliers du chantier familial. Il sâest ensuite littĂ©ralement envolĂ© sur les Moths Ă foils, avec deux titres de champion dâEurope (2008, 2009) et un podium de champion du monde (2009) Ă la clĂ©. SacrĂ© « Navigateur suisse de lâannĂ© » Ă 26 ans (2014) câest tout naturellement quâil se dirige vers les meilleures Ă©quipes lacustres de son Ă©poque, Tilt, Realstone, puis Alinghi, avec qui il remporte trois championnats lĂ©maniques (2017, 2018, 2019) en D35, deux championnats dâExtreme Sailing SĂ©ries (2016, 2018) et un titre de champion du monde de GC32 en 2019.
Maxime Bachelin (barreur)
Maxime Bachelin aurait-il pu imaginer se retrouver Ă la barre dâun AC75 Ă 26 ans ? Pas sĂ»r ! Câest pourtant ce qui attend ce jeune homme extrĂȘmement douĂ©. ArrivĂ© Ă la voile sur les traces de son frĂšre JĂ©rĂ©my, rĂ©gleur/grinder du Switzerland SailGP Team, Maxime sâinscrit dans le top 10 mondial en 420. Il se lance ensuite en 49er, avec une jolie 4e place au championnat dâEurope.
Bryan Mettraux (régleur)
Quand il y a un drapeau suisse sur une voile, la famille Mettraux nâest jamais trĂšs loin. Sur lâAC75 Alinghi Red Bull Racing, câest Bryan qui rĂšgle. Ce digne citoyen de Versoix ne rechigne pas Ă travailler les bateaux en bois. Il a Ă©tĂ© formĂ© comme constructeur naval au chantier naval de Philippe Durr. Champion du monde en GC32 en 2018 et 2019, il intĂšgre Alinghi cette mĂȘme annĂ©e aprĂšs un riche parcours lĂ©manique, notamment au Centre dâEntraĂźnement Ă la RĂ©gate, et une participation Ă la Red Bull Youth Americaâs Cup de San Francisco (2013) avec le team Tilt.
Yves Detrey (régleur)
Chez les Detrey, la voile nâest pas une option. Pour Yves, tout a commencĂ© Ă lâĂąge de huit ans, au large de Clarens, sur le bateau familial. Fait rare, Yves a participĂ© Ă lâAmericaâs Cup avant mĂȘme la crĂ©ation de lâĂ©quipe Alinghi, en 2000, avec le bateau suisse Fast 2000. Par la suite, il a Ă©tĂ© de toutes les aventures Alinghi. Quand il ne navigue pas, il vole, glisse, roule et pratique Ă peu prĂšs tous les sports capables dâassouvir ses immenses capacitĂ©s physiques et mentales. Il rĂšgle les voiles et les foils en mer et ne lĂąche jamais lâobjectif.

Les insĂ©parables Kiwis, Peter Burling et Blair Tuke, ne forment pas un duo gagnant uniquement sur lâeau, mais aussi en dehors. Au fil de leur carriĂšre, du 49er Ă lâAmericaâs Cup en passant par The Ocean Race, ils ont parcouru le monde. Ces derniers ont ainsi pris conscience que lâocĂ©an et la vie quâil abrite sont soumis Ă une pression Ă©norme en raison de lâimpact de lâhomme.

Texte ) Pauline Katz
Les deux piliers du syndicat ETNZ ont fondĂ© Live Ocean en 2019, une organisation caritative pour la conservation du milieu marin. Agir pour protĂ©ger les ocĂ©ans Ă©tait quasiment une Ă©vidence pour Peter Burling et Blair Tuke. « La connexion entre la voile et lâocĂ©an est unique et puissante. Câest le partenariat parfait entre un sport et un objectif. En tant que marins Ă©voluant sur la scĂšne mondiale, nous sommes en mesure dâutiliser notre image pour amplifier le message dâune action positive en faveur des ocĂ©ans », explique Blair Tuke. Peter Burling ajoute : « Notre objectif principal en lançant Live Ocean Ă©tait dâutiliser notre plateforme et nos voix pour sensibiliser davantage de personnes aux problĂšmes auxquels lâocĂ©an est confrontĂ©. ParallĂšlement, nous

DR voulions également établir des partenariats pour soutenir le travail extraordinaire déjà accompli par les scientifiques néo-zélandais. »
Projets multiples
Lâorganisation sâinvestit sur de nombreux projets que Peter Burling commente : « Depuis la crĂ©ation de la fondation, nous nous engageons pour la sauvegarde de lâalbatros des Antipodes, une espĂšce dâoiseau marin sentinelle en danger dâextinction. Nous sommes Ă©galement trĂšs enthousiastes du potentiel des travaux de recherche sur le rĂŽle des forĂȘts de varech dans la sĂ©questration du carbone. Live Ocean a aussi rĂ©cemment initiĂ© la conversion numĂ©rique dâun projet de science citoyenne en Nouvelle-ZĂ©lande, appelĂ© Marine Metre2. DĂ©sormais, nâimporte qui, y compris les Ă©coliers, peut utiliser un smartphone pour crĂ©er un modĂšle numĂ©rique 3D du littoral, collectant ainsi de prĂ©cieuses donnĂ©es. »
Ă noter que la maison horlogĂšre suisse Omega soutient Live Ocean depuis ses dĂ©buts, un partenariat prĂ©cieux selon Blair Tuke : « Omega nous accompagne depuis longtemps dans notre carriĂšre sportive, et nous ne pourrions ĂȘtre plus heureux de leur soutien pour faire avancer le travail de Live Ocean Ă©galement. Notre passion commune pour la protection et la restauration de lâenvironnement marin est ce qui rend notre partenariat solide⊠aprĂšs tout, il nây a quâun seul ocĂ©an, et il nous connecte tous. »
Plus dâinfos sur liveocean.com





Comment en ĂȘtes-vous venus Ă imaginer le concept de la Louis Vuitton Cup nĂ©e en 1983 ?
Bruno TroublĂ© a apportĂ© sa pierre Ă lâĂ©difice monumental quâest devenu lâAmericaâs Cup. AprĂšs avoir barrĂ© le dĂ©fi français en 1977 et en 1980 â rĂ©alisant par ailleurs la meilleure performance de lâhistoire de la nation tricolore sur la compĂ©tition â, il a donnĂ© naissance Ă la Coupe Louis-Vuitton. PanthĂ©onisĂ© au Hall of Fame de lâAmericaâs Cup depuis 2007, il continue par passion Ă dĂ©velopper des partenariats au service de la manifestation.
« Il nâest pas certain que les quarantenaires soient encore dans le coup ! »
Câest trĂšs simple. Jâai eu la chance de participer en 1977 et 1980 Ă la Coupe avec le baron Bich. Malheureusement, nous avions nos limites budgĂ©taires et comme jâai pris lâhabitude de le dire : « La Coupe, câest difficile quand on a de lâargent, mais câest un calvaire lorsque lâon nâen a pas. » Cela pour une raison simple : si lors dâune rĂ©gate, on termine 40e sur 60 participants, on peut toujours dire quâil y en a 20 qui sont restĂ©s derriĂšre. En match-race, lorsquâon perd en duel, il est souvent plus difficile de maintenir lâĂ©nergie au sein de lâĂ©quipe et le manque de moyens joue un rĂŽle dĂ©terminant. En 1983, Bich sâest retirĂ© et jâai pris la charge de mener le dĂ©fi français. Faute de soutiens financiers suffisants, nous avons dĂ» nous rĂ©soudre Ă prendre le mĂȘme bateau quâen 1980, les mĂȘmes voiles, le mĂȘme Ă©quipement. JusquâĂ cette Ă©poque, les Challengers organisaient eux-mĂȘmes le processus de sĂ©lection pour participer au Match. Cela faisait peser un coĂ»t supplĂ©mentaire sur les Ă©quipes. Lorsque jâarrive autour de la table, les autres challengers mâannoncent que jâallais devoir payer lâĂ©quivalent de 500â000 euros. Je leur ai alors expliquĂ© que je nâavais pas un rond pour payer ma part ! Il me fallait trouver un sponsor. Je connaissais un
peu le prĂ©sident de Vuitton. Je lâai appelĂ© pour en discuter et il mâa dit : « Je vous rappelle ce soir. » Câest ainsi que nous avons imaginĂ© la Coupe Louis Vuitton. LâidĂ©e Ă©tait de crĂ©er un circuit pour rendre lâAmericaâs Cup plus visible avec des rĂ©gates plus Ă©talĂ©es dans le temps et plus dâĂ©quipes engagĂ©es. Les retombĂ©es furent mondiales et ont permis dâaugmenter lâintĂ©rĂȘt du public pour la Coupe. Il sâagit, aujourdâhui encore, de lâun des plus longs partenariats commerciaux au monde entre une marque et un Ă©vĂ©nement sportif.
Certaines critiques ont Ă©tĂ© Ă©mises concernant le manque de rĂ©gates prĂ©liminaires en AC40 pour cette Ă©dition. Quelle est votre opinion ? Je pense que le format est trĂšs bien tel quâil est. Les rĂ©gates prĂ©liminaires diluent le suspense. Si lâon sait Ă lâavance qui va gagner, suivre la
compĂ©tition devient moins intĂ©ressant. Je comprends lâenvie des Ă©quipes de sâentraĂźner en rĂ©gatant, mais lâintĂ©rĂȘt du sport, câest le suspense. Nous en saurons plus sur les forces en prĂ©sence lors du lancement la Coupe Louis Vuitton en septembre.
En tant quâobservateur aguerri et expĂ©rimentĂ©, vous risqueriez-vous Ă des pronostics pour la prochaine Ă©dition ?
Je nâen sais pas plus que les autres. Une question reste cependant ouverte concernant les Anglais. Il sâagit de la seule Ă©quipe Ă avoir construit un bateau vraiment diffĂ©rent de tous les autres. Si leur concept sâavĂšre concluant, les diffĂ©rentiels de vitesse pourraient ĂȘtre importants. Sinon, je trouve que le jeu reste trĂšs ouvert. Je vois bien une finale opposant ETNZ aux Suisses ou aux Italiens. Je suis sidĂ©rĂ© par la compĂ©tence des jeunes sur cette Ă©dition, comme câest le cas avec Marco Gradoni, de Luna Rossa, qui remportait son troisiĂšme titre mondial dâOptimist en 2019 ! Ce nâest plus de la rĂ©gate telle quâon la connaissait. Le niveau de rĂ©activitĂ© demandĂ© nous fait rentrer dans lâunivers du jeu vidĂ©o. Il nâest pas certain que les quarantenaires soient encore dans le coup !

Bruno TroublĂ© nous partage des anecdotes et des histoires inĂ©dites sur sa famille et des personnalitĂ©s quâil a rencontrĂ©es (Gardini, OwenJones, de Broca, Tapie, DeniauâŠ). Il nous dĂ©voile les coulisses des Ă©vĂ©nements uniques créés avec son agence Jour J (Candidature de Paris aux JO, Voiles de la LibertĂ©), sans oublier de partager sa passion pour la Coupe de lâAmerica quâil a suivie depuis 40 ans, en tant que skipper puis comme organisateur de la Louis Vuitton Cup.





Pays : Italie
Statut : Challenger
Yacht Club : Circolo della Vela Sicilia
Propriétaire : Patrizio Bertelli, CEO de Prada
Architecte principal : Horacio Nicolas Carabelli
Skipper : Max Sirena
Barreurs pressentis : Francesco Bruni, Jimmy Spithill, Marco Gradoni
Régleurs : Umberto Molineris
Coach : Philippe Presti
La fougue et lâĂ©lĂ©gance de lâItalie
Luna Rossa Prada Pirelli Team est un sĂ©rieux challenger de cette 37e Ă©dition. Pour sa sixiĂšme participation, lâĂ©quipe italienne ne se refuse rien. LâĂ©quipe du skipper Max Sirena a choisi de mettre en concurrence lâĂ©norme expĂ©rience des barreurs Jimmy Spithill (AUS), Francesco Bruni (ITA) et lâexplosivitĂ© des jeunes Marco Gradoni (ITA) et Ruggero Tita (ITA). Cette deuxiĂšme Ă©quipe a notamment fait parler dâelle en terminant en finale Ă Djeddah, lors des prĂ©-rĂ©gates en AC40. Difficile, dĂšs lors, de savoir qui sera Ă la barre du bateau transalpin au moment oĂč nous mettons sous presse. Lors de la 36e Cup, en 2021, les Italiens ont remportĂ© la Prada Cup. Lors du Match final, ils ont rĂ©ussi Ă gagner trois courses contre les NĂ©oZĂ©landais, soit le meilleur score dans lâhistoire de lâAmericaâs Cup pour une Ă©quipe perdante. Câest donc fort de cette expĂ©rience, avec des moyens Ă la hauteur de lâĂ©vĂ©nement, que le bateau transalpin se lance Ă la conquĂȘte de lâAiguiĂšre dâargent. Parmi ces moyens humains, citons une prĂ©sence
helvĂšte loin dâĂȘtre anodine : celle de Jean-Claude Monnin. Responsable des simulateurs de lâĂ©quipe italienne, Jean-Claude est tombĂ© dans lâAmericaâs Cup avec ses logiciels de rĂ©gate créés sur les bancs de lâĂcole Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne. Pour sa septiĂšme participation â la premiĂšre avec Luna Rossa â, le plus « numĂ©rique » des frĂšres Monnin a dĂ©jĂ gagnĂ© la Cup quatre fois, dont deux avec Alinghi (2003, 2007) et deux avec ETNZ (2017, 2021).
Sous les couleurs du Circolo Della Vela Sicilia, lâĂ©quipe Luna Rossa Prada Pirelli Team met un point dâhonneur Ă parer son Ă©quipe sportive avec lâĂ©lĂ©gance et le lifestyle chers Ă Patrizio Bertelli et Ă son Ă©pouse Miuccia Prada.







Patrizio Bertelli (PDG)
ĂgĂ© de 77 ans, Patrizio Bertelli est un animateur assidu de lâAmericaâs Cup depuis 25 ans. NĂ© en Toscane, il crĂ©e Sir Robert, une compagnie de produits de luxe en cuir, pendant ses Ă©tudes. Son mariage avec Miuccia Prada, petite-fille de Mario Prada, donne une nouvelle envergure Ă lâentreprise familiale dans les annĂ©es 1980. Ă la tĂȘte dâune fortune estimĂ©e Ă 5 milliards de dollars, le couple crĂ©e la fondation Prada en 1993. En 1997, le couple Bertelli-Prada lance son premier challenge en vue de lâĂ©dition 2000 de lâAmericaâs Cup. Il ne quittera plus le circuit depuis, avec le succĂšs grandissant quâon lui connaĂźt.
Max Sirena (skipper)
Le premier contact des Suisses avec Massimiliano « Max » Sirena est plutĂŽt douloureux. Câest lui qui Ă©tait responsable de lâaile gigantesque du bateau amĂ©ricain BMW Oracle Racing, en 2010, lors du Deed of Gift Match de la 33e Ă©dition qui dĂ©fit Alinghi. Natif de Rimini, le skipper du bateau italien depuis 2013 a participĂ© Ă huit campagnes dâAmericaâs Cup. Câest la sixiĂšme fois avec Luna Rossa. Outre les sports dâeau, le marin est Ă©galement passionnĂ© de moto et de vĂ©lo.
Philippe Presti (coach)
Sâil nâavait Ă©tĂ© marin, Philippe Presti aurait choisi lâenseignement. Pour sa septiĂšme Americaâs Cup â dont deux victorieuses (Oracle Team USA, 2010 et 2013) â, le coach français fait fonctionner son art de la pĂ©dagogie auprĂšs de lâĂ©quipe sportive et du grand public. Bourlingueur, il a gagnĂ© de nombreuses mĂ©dailles dans divers circuits internationaux tels que les classes Finn et Soling, ainsi que le circuit mondial de Match Racing, les RC44, les 12 Metre et les Maxi.
Jean-Claude Monnin (simulateur)
VoilĂ le couteau suisse de lâĂ©quipe italienne. Ce Zougois dâorigine jurassienne a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© par Russell Coutts Ă lâĂąge de 24 ans, alors quâil jouait avec lâun des premiers simulateurs de rĂ©gates sur les bancs de lâĂcole Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne. DeuxiĂšme dâune fratrie cĂ©lĂšbre dans le monde de la voile lĂ©manique et du match racing international (Ăric et Marc), Jean-Claude a dĂ©jĂ gagnĂ© la Cup quatre fois, dont deux avec Alinghi (2003, 2007) et deux avec ETNZ (2017, 2021). Sa premiĂšre campagne sous les couleurs italiennes marque sa septiĂšme participation Ă lâAmericaâs Cup. Un vĂ©ritable porte-bonheur.
Jimmy Spithill (barreur)
Jimmy Spithill est le barreur le plus expĂ©rimentĂ© de lâAmericaâs Cup. En 2010, lors du Deed of Gift Match opposant Alinghi Ă Oracle BMW Racing, câest ce jeune Australien qui avait menĂ© lâĂ©quipe de Larry Ellison Ă la victoire. Vainqueur de lâAmericaâs Cup en 2010 et en 2013, avec la remontada historique de 8-1 Ă 8-9 face aux Kiwis, Spithill partage avec Denis Conner le record du plus grand nombre de victoires de manches (17) lors dâun Match de la Cup. Homme de tous les records, il est non seulement le plus jeune barreur de la Cup en 1999 (20 ans) mais il a Ă©galement barrĂ© lors des sept derniĂšres Americaâs Cup, dont quatre en finale (Oracle 2010, 2013, 2017, Luna Rossa 2021).
Marco Gradoni (barreur)
VoilĂ la nouvelle entrĂ©e de la cellule arriĂšre italienne. MontĂ© Ă bord de Luna Rossa en 2022, Marco Gradoni disputera sa premiĂšre Americaâs Cup en 2024. Ce trĂšs jeune barreur comprend tout ce qui flotte dĂšs quâil le touche. Lâautomne dernier Ă Djeddah, lors des prĂ©-rĂ©gates en AC40, il a fait parler de lui en qualifiant son Ă©quipe pour la finale face Ă ETNZ. Trois fois champion du monde dâOptimist dâaffilĂ©e (2017, 2018, 2019), Gradoni est nommĂ© « Marin de lâannĂ©e Rolex » Ă lâĂąge de 15 ans, en 2019. Il deviendra champion du monde de 470 mixte, avec Alessandra Dubbini, en 2021.
Pays : Ătats-Unis
Statut : Challenger
Yacht Club : New York Yacht Club
Associés principaux : Hap Fauth et Doug DeVos
Architecte principal : Scott Ferguson
Skipper : Terry Hutchinson / Tom Slingsby
Barreurs : Tom Slingsby and Paul Goodison
Régleurs : Lucas Calabrese, Riley Gibbs, Michael Menninger
Head Coach : Tom Burnham
American Magic a donnĂ© rendez-vous Ă lâHistoire « American Magic » est la conjonction de deux noms de voiliers : « America » pour la goĂ©lette qui remporta « la coupe des 100 guinĂ©es » autour de lâĂźle de Wight, en 1851, et « Magic » pour le nom du yacht qui dĂ©fendit victorieusement lâAmericaâs Cup pour la premiĂšre fois, dans la baie de New-York, en 1870. Câest avec ces deux symboles historiques que Hap Fauth a lancĂ© son DĂ©fi amĂ©ricain, en octobre 2017, Ă lâoccasion de la 36e Americaâs Cup de 2021. Il Ă©tait accompagnĂ© du coureur automobile retraitĂ© Roger Penske et du CEO de lâĂ©quipe Quantum Racing Doug DeVos. Mais, en demi-finale de sĂ©lection des challengers, le spectaculaire et destructeur chavirage du voilier Patriot lâĂ©limine face aux Italiens. Pour cette 37e Ă©dition, lâĂ©quipe amĂ©ricaine sâest associĂ©e le concours de deux mercenaires de choix : avec lâAustralien Tom Slingsby et lâAnglais Paul Goodison, les AmĂ©ricains sâoffrent deux palmarĂšs impressionnants, tant au niveau olympique quâavec les bateaux volants de SailGP.
AprĂšs cinq campagnes dâAmericaâs Cup, lâexpĂ©rimentĂ© Terry Hutchinson joue toujours les chefs dâorchestre stratĂ©giques avec une nouvelle direction exĂ©cutive. Vainqueur lors de la prĂ©-rĂ©gate de Vilanova, dans des conditions un peu douteuses, lâĂ©quipe nâa cependant pas confirmĂ© lâessai dans la brise de Djeddah. Il reste Ă voir le bateau que le Design Team dirigĂ© par Scott Ferguson va rĂ©ussir Ă construire, sachant que ce dernier architecte naval est un transfuge de lâĂ©quipe italienne Luna Rossa, quâil a quittĂ©e Ă lâoccasion de cette campagne. Ă Barcelone, lâĂ©quipe amĂ©ricaine souhaite assurĂ©ment faire honneur Ă la lĂ©gende et ramener lâAiguiĂšre dâargent dans sa vitrine des salons feutrĂ©s du New York Yacht Club.



John J Hap Fauth (associé principal)
Fondateur en 2005 et principal animateur de lâĂ©quipe « Bella Mente Racing », Hap Fauth est un businessman amĂ©ricain actif dans diffĂ©rents secteurs, de lâagriculture Ă lâaĂ©ronautique. Câest Ă©galement un skipper de maxi yacht. En octobre 2017, il fonde le Bella Mente Quantum Racing avec son compĂšre Doug DeVos. Lâajout de lâancien pilote automobile Roger Penske et la collaboration avec le New York Yacht Club constitue le cĆur du premier DĂ©fi amĂ©ricain pour la 36e campagne de lâAmericaâs Cup. RelancĂ© pour la 37e campagne, American Magic continue sa quĂȘte de lâAiguiĂšre dâargent avec les deux associĂ©s de base.
Doug DeVos (associé principal)
Membre distinguĂ© du New York Yacht Club, Doug DeVos est un businessman amĂ©ricain hĂ©ritier de la compagnie familiale Amway, spĂ©cialisĂ©e dans les produits de beautĂ©s et de soins. Il est aussi lâactionnaire principal de la voilerie Quantum Sails, basĂ©e Ă Traverse City, dans le Michigan. Dans le monde de la voile, ce pĂšre de quatre enfants est Ă©galement connu pour avoir fondĂ© le Quantum Racing Team. Avec lâaide de Terry Hutchinson, DeVos a remportĂ© quatre fois le championnat des TP52 (2018, 2016, 2014, 2013).






Terry Hutchinson
(skipper, President of sailing operations)
NommĂ© deux fois « Marin de lâannĂ©e Rolex » (2008, 2014), Terry Hutchinson est un personnage clĂ© de la stratĂ©gie de lâĂ©quipe amĂ©ricaine. Onze fois champion du monde en Corel 45, J24, TP52, Farr 40 et classes IMS, le marin a aussi gagnĂ© la Louis Vuitton Cup avec Emirates Team New Zealand en 2007. Il laisse cinq Americaâs Cup dans son sillage, sans aucune victoire pour lâinstant. Ă 56 ans, il souhaite probablement terminer le job sous son propre drapeau national et avec une Ă©quipe qui en a dĂ©finitivement les moyens.
Tom Slingsby (barreur)
Vainqueur de lâAmericaâs Cup 2013, avec le Team Oracle USA, lâAustralien Tom Slingsby est lâun des trois meilleurs barreurs de grands bateaux volants au monde. Au SailGP, il a remportĂ© les saisons 1 et 2 avec lâĂ©quipe australienne. Dâabord passionnĂ© de tennis, le jeune homme est fascinĂ© par les marins olympiques lors des jeux de Sydney (2000). Il se lance alors en Laser et domine la sĂ©rie, avec cinq titres de champion du monde entre 2006 et 2012 ainsi quâune mĂ©daille dâor aux JO de Londres (2012). NommĂ© meilleur marin de lâannĂ©e en 2010, cet amateur de jiujitsu sâoffre la Rolex Sydney Hobart Yacht Race en 2016 et son premier titre mondial en Moth en 2019.
Paul Goodison (barreur)
Paul Goodison est dĂ©tenteur dâune mĂ©daille dâor en Laser lors des Jeux olympiques de Beijing (2008). NĂ© en 1977 dans le South Yorkshire, le citoyen britannique gagne les mondiaux de Laser en 2009 devant un certain⊠Tom Slingsby. Autant dire quâĂ dĂ©faut dâĂȘtre citoyens amĂ©ricains, les deux barreurs dâAmerican Magic se connaissent Ă la perfection. Goodison possĂšde aujourdâhui trois titres de champion du monde de Moth en 2016, 2017 et 2018, ce qui fait de lui un spĂ©cialiste du vol. Quand il lui reste du temps, il est Ă©galement champion du monde en Melges 20 et Melges 32. Câest sa deuxiĂšme campagne sous les couleurs amĂ©ricaines.
Scott Ferguson (coordinateur des architectes)
Scott Ferguson travaille dans lâindustrie nautique depuis 1984. De retour sous la banniĂšre amĂ©ricaine aprĂšs un dĂ©tour chez Luna Rossa lors de la 36e Cup, lâarchitecte en est Ă sa cinquiĂšme campagne dâAmericaâs Cup, dont deux victorieuses, en 2013 et en 2010, avec Oracle BMW Racing. Câest lui qui avait dessinĂ© la gigantesque aile amĂ©ricaine fatale Ă Alinghi lors du Deed of Gift Match. Navigateur Ă ses heures perdues, Ferguson signe Ă©galement dâexcellents rĂ©sultats dans les championnats amĂ©ricains de Laser et de Moth.


Pays : France
Statut : Challenger
Yacht Club : Société Nautique de Saint-Tropez
Fondateur : Stephan Kandler, CEO de K-Challenge (avec Ortwin, son pĂšre)
Directeur général : Bruno Dubois
Architecte principal : Benjamin Muyl
Skipper : Quentin Delapierre
Barreurs : Quentin Delapierre et Kevin Peponnet
Régleurs : Jason Saunders et Matthieu Vandame
Coach : Franck Cammas

Les Français veulent créer la surprise
LâĂ©quipe Orient Express Racing Team est la derniĂšre entrĂ©e dans la course Ă la 37e Americaâs Cup. Les Français disposent de deux atouts majeurs : un « deal » avec Emirates Team New Zealand qui devrait leur fournir leurs prĂ©cieuses « datas », les donnĂ©es architecturales du bateau kiwi, et la qualitĂ© de leur Ă©quipe navigante. FormĂ©e Ă lâĂ©cole de la course au large mais aussi de lâolympisme, en Nacra 17, lâĂ©quipe du skipper Quentin Delapierre a fait forte impression lors de la premiĂšre prĂ©-rĂ©gate de Vilanova, en remportant la premiĂšre manche avec seulement douze jours de navigation en AC40.
Créée par Ortwin (pĂšre) et Stephan Kandler (fils) en 2001 en vue de lâAmericaâs Cup 2007 et des




suivantes, lâentitĂ© K-Challenge est dĂ©diĂ©e Ă la quĂȘte de lâAiguiĂšre dâargent. Elle fait suite Ă la sociĂ©tĂ© de mise Ă disposition de voiliers K-Yachting. Une huitiĂšme place Ă Valence couronne les dĂ©buts de cette « petite Ă©quipe ». Mais la progression française se perd dans les mĂ©andres juridiques du Deed of Gift Match de 2010.
De retour en force dans lâarĂšne, K-Challenge sâest ajoutĂ© le concours de la firme automobile Alpine Motorsport, du directeur belge Bruno Dubois et, last but not least, des compĂ©tences de coaching du coureur au large, Franck Cammas, connu pour son exigence et son regard acĂ©rĂ© sur les performances des Ă©quipes sportives.
Si lâĂ©quipe française fait pour lâinstant figure de « rookie » dans le grand cirque de lâAmericaâs Cup, il serait dangereux de la sous-estimer. Les « Frenchies » disposent dĂ©sormais dâun cercle de compĂ©tences suffisant pour une surprise au classement final. Ă cela sâajoute le poids financier du groupe Accor et ses marques Orient Express et All.com. Cette grande nation de la voile mĂ©rite amplement sa place dans le concert des prĂ©tendants Ă lâAmericaâs Cup.
Stephan Kandler (fondateur et directeur général)
Le retour de Stephan Kandler dans le circuit fait plaisir. NĂ© dâun pĂšre allemand, Ortwin, pionnier du programme Airbus dans les annĂ©es 1960 et dâune mĂšre française, Stephan se lance dans lâimport-export de bateaux de course avec lâentreprise K-Yachting international. Expert en recherche de fonds, il reprend intĂ©gralement lâentreprise familiale au dĂ©cĂšs dâOrtwin, son pĂšre, le 31 dĂ©cembre 2013. Ă lâĂąge de 54 ans, Stephan Kandler partage son temps entre lâAmericaâs Cup et les vignobles de lâentreprise familiale.
Bruno Dubois (directeur général)
Talentueux marin, ce double national belge et canadien est tombĂ© dans la voile quand il Ă©tait petit. Il gagne la Mini Transat sur un Muscadet en 1983. Il Ă©cume ensuite les mers et les pontons de course au large de la Volvo Ocean race Ă lâAmericaâs Cup, en passant par les Extreme 40, oĂč il subit Ă 50 ans un dangereux chavirage. DotĂ© dâune formation de maĂźtrevoilier, il prend la direction de North Sails France de 1991 Ă 2015. Il dirige ensuite plusieurs Ă©quipes sportives, dâEllen MacArthur au Team Groupama France, en passant par lâĂ©quipe française au SailGP. Ă 65 ans, lâassociĂ© de K-Challenge dispose dâune prĂ©cieuse connaissance des rouages du sport.
Franck Cammas (coach performance)
Des trimarans de 60 pieds ORMA au maxi multicoque, ce fut le coureur au large le plus cotĂ© de lâHexagone entre 2010 et 2020. Il fut dâailleurs Ă©lu marin de cette dĂ©cennie avec le Team Groupama. DiplĂŽmĂ© de math et de piano, ce citoyen dâAix-en-Provence a presque tout gagnĂ©, de la Volvo Ocean Race 2011-2012 Ă la Route du Rhum, en passant par le TrophĂ©e Jules Verne en 2010. Lors de la 35e Americaâs Cup avec le Team Groupama France, en 2017, il se fracture gravement la jambe (fracture tibia-pĂ©ronĂ©) avant de gagner la Transat Jacques Vabre avec Charles Caudrelier. Le petit prince est de retour chez K-Challenge. Une bonne nouvelle pour la France.
Quentin Delapierre (skipper et pilote)
Câest Ă la cataschool de Larmor Baden que Quentin Delapierre dĂ©couvre les joies de la glisse en mer. Originaire de Vannes, dans le Morbihan, diplĂŽmĂ© en management du sport, ce fils de windsurfer apprend lâanalyse des donnĂ©es au sein de lâĂ©quipe Sodebo Ultim, gagne deux fois le Tour de France Ă la voile avec son compĂšre Kevin Peponnet et se lance dans lâolympisme en Nacra 17. Depuis 2021, il barre le France SailGP Team. Il a renoncĂ© Ă sa participation aux JO de Paris afin de se donner toutes les chances de faire parler la poudre lors de cette 37e Ă©dition.
Kevin Peponnet (barreur)
Le neveu de Thierry Peponnet, double mĂ©daillĂ© olympique en 470, nâa pas Ă rougir de sa propre carriĂšre. Câest aussi en 470 que Kevin a fait ses classes sur les plans dâeau de son Pays basque natal. Champion de France et champion dâEurope junior, il rencontre Quentin Delapierre en J80 puis partage deux victoires avec lui sur le Tour de France Ă la voile avant dâinscrire son nom dans lâĂ©quipage du France SailGP Team. DiplĂŽmĂ© de lâINSA, lâingĂ©nieur en matĂ©riaux de formation met son savoir au service de lâĂ©quipe française.
Jason Saunders (régleur)
Câest le Kiwi qui vitamine lâĂ©quipe française. Jason Saunders est originaire de lâĂźle du nord. Tout jeune, il rĂ©gate au Tauranga Yacht Club en compagnie dâun certain Peter Burling. Il court la Red Bull Youth Americaâs Cup Ă San Francisco en 2013 et se lance dans une campagne olympique (Rio 2016) en Nacra 17. MariĂ© Ă lâĂ©quipiĂšre française de Quentin Delapierre, Manon Audet, il sâintalle en France. Il navigue alors avec lâĂ©quipe suisse Team Tilt en GC32, puis Ă©cume le SailGP sur les bateaux nĂ©o-zĂ©landais, amĂ©ricains et suisses. Lâaccession Ă lâAmericaâs Cup sous banniĂšre française est le fruit logique de toutes ces rencontres.






Une jauge trĂšs contrainte et un programme officiel de transparence. Lâorganisation a tentĂ© de limiter les coĂ»ts de recherche, de dĂ©veloppement et dâespionnage afin de permettre la participation Ă moindre frais.
Texte ) Pierre-Antoine Preti
Dans les grandes lignes, les bateaux de la 36e Ă©dition, disputĂ©e en 2021 Ă Auckland, sont les mĂȘmes que pour la 37e. Mais la jauge des monocoques volants a passablement Ă©voluĂ©. Les Ă©quipes ne peuvent construire quâun seul grand bateau. Il nây a pas de coup dâessai. Seuls les anciens bateaux peuvent encore ĂȘtre utilisĂ©s. Câest la raison pour laquelle Alinghi Red Bull Racing sâest procurĂ© lâancien bateau dâEmirates Team New Zealand, avec lequel lâĂ©quipe a pu sâentraĂźner lâhiver dernier.
Le cahier des charges du bateau est ambitieux : il doit voler Ă prĂšs de 50 nĆuds dans des airs moyens de 12 nĆuds, soit les conditions moyennes de la fin de lâĂ©tĂ© barcelonais. Pour rĂ©pondre Ă cet objectif, les foils sont dĂ©sormais plus larges afin de dĂ©coller plus tĂŽt et voler plus vite. Le bateau
LE BATEAU DE LA 37e AMERICAâS CUP DOIT VOLER Ă PRĂS DE 50 NĆUDS DANS DES AIRS MOYENS DE 12 NĆUDS, SOIT LES CONDITIONS MOYENNES DE LA FIN DE LâĂTĂ BARCELONAIS.
est plus léger et tous les systÚmes électroniques indispensables au vol ont été upgradés.
La production dâĂ©nergie : un enjeu important
Le nombre dâĂ©quipiers a Ă©tĂ© rĂ©duit de 11 Ă 8, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement les capacitĂ©s de production du power group. Pour compenser, les cyclistes â inventĂ©s par Emirates Team New Zealand en 2017 â ont repris du service. La production dâĂ©nergie est un enjeu technique important. Il faut compenser la perte de toutes




les maniĂšres possibles. Les bateaux sont donc devenus des modĂšles de rĂ©cupĂ©ration dâĂ©nergie.
La jauge est trĂšs contrainte. Il y aura rarement eu aussi peu de marge de manĆuvre dans lâarchitecture des bateaux de lâAmericaâs Cup. Les Ă©quipes nâont le droit quâĂ une seule coque et une seule paire de foils pour leur grand bateau. Les bras sont fournis, les safrans et le mĂąt sont Ă©galement des piĂšces imposĂ©es. Idem pour les voiles. Pour les designs teams, il nây a pratiquement pas de possibilitĂ© dâexpĂ©rimentation sur le grand bateau. Le dessin de lâAC75 est un fusil Ă un coup.
Les AC40 innovent
Lâinnovation se fait sur dâautres plateformes : les petits AC40 vendus par lâorganisation. Ces bateaux fournis clĂ©s en main ont Ă©tĂ© utilisĂ©s lors des prĂ©-rĂ©gates de lâautomne dernier. Ils sont Ă©galement utilisĂ©s lors de la Youth & Women Americaâs Cup en version monotype. Mais hors des compĂ©titions, ces bateaux permettent de sâentraĂźner au match racing, Ă partir du moment oĂč les Ă©quipes en possĂšdent deux. Ils servent aussi de banc dâessai en matiĂšre de recherche et de dĂ©veloppement. Une fois modifiĂ©s, on les appelle des LEQ12.
Lors des rĂ©gates finales, câest lâAC75 de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, avec ses programmes de vol maison, qui sera lâoutil de victoire ou de dĂ©faite. Câest donc sur ce grand bateau que les architectes et les ingĂ©nieurs ont concentrĂ© lâessentiel des travaux.
Un bateau construit dans le pays dâorigine
Le bateau doit ĂȘtre construit dans le pays dâorigine du DĂ©fi. On estime quâAlinghi Red Bull Racing a mis dix mois Ă construire le sien. Une trentaine de constructeurs de bateaux, supervisĂ©s par des ingĂ©nieurs, en collaboration permanente avec le design team basĂ© Ă Barcelone, se sont mis Ă lâĆuvre sur les hauts dâEcublens, dans le canton de Vaud. Plusieurs dizaines de PME locales ont participĂ© Ă sa construction, ainsi que le laboratoire de mise en Ćuvre de composites Ă haute performance de lâEPFL. Conçue Ă la maniĂšre dâune recette de cuisine, chaque piĂšce a Ă©tĂ© cuite entre trois et cinq fois dans les grands fours du chantier. La coque de BoatOne a Ă©tĂ© livrĂ©e au dĂ©but du mois de mars Ă Barcelone. Elle a Ă©tĂ© baptisĂ©e et dĂ©voilĂ©e au dĂ©but du mois dâavril.
Le simulateur est roi
Mais ces engins restent trĂšs fragiles et extrĂȘmement complexes Ă mettre en Ćuvre. Chaque mise Ă lâeau est une aventure en soi, avec des risques de casse et un trĂšs fort engagement en ressources humaines. Pour gagner du temps, toutes les Ă©quipes travaillent et sâentraĂźnent sur des simulateurs. Les outils virtuels permettent de naviguer sans casse. Mieux que les mots, les gestes effectuĂ©s sur un simulateur amĂ©liorent aussi le dialogue entre les marins et les designers. Ă lâaide de ces prĂ©cieuses donnĂ©es rĂ©coltĂ©es dans le secret des bases, les structuristes mettent en place les derniers dĂ©tails dâergonomie. Les Ă©lectroniciens peaufinent le programme final. Tous intĂšgrent les donnĂ©es humaines. Le clapot barcelonais, qui sâavĂšre relativement musclĂ© et complexe Ă apprĂ©hender, fait Ă©galement partie des Ă©lĂ©ments dâĂ©tudes.
Une prise en main rapide
Lâautre donnĂ©e technologique importante rĂ©side dans le court dĂ©lai de prise en main du bateau. Au-delĂ de sa vĂ©locitĂ©, il faut Ă©galement prendre en compte les aspects humains de formation dans un temps limitĂ©. Le meilleur bateau ne sera donc pas forcĂ©ment le plus rapide en vitesse pure. Dâailleurs ce dernier Ă©lĂ©ment nâa que peu dâimportance Ă lâAmericaâs Cup. On lui prĂ©fĂšre dĂ©sormais la vitesse au tour, qui inclut toutes les transitions. Aujourdâhui, le nouveau graal des designers est probablement la capacitĂ© Ă accĂ©lĂ©rer aprĂšs une manĆuvre, Ă relancer le bateau.
Il arrive que certaines Ă©quipes reçoivent des cadeaux technologiques. Câest le cas, cette annĂ©e, des Français qui se sont inscrits in-extremis. Les Kiwis leur ont promis un paquet de donnĂ©es sur la derniĂšre gĂ©nĂ©ration dâAC75. Une pratique disputĂ©e qui ne fait pas que des heureux au niveau des challengers. Le « design package » du Defender
est un cadeau de choix qui va largement profiter aux Français. Mais que lâon ne sây trompe pas, ce cadeau nâest pas innocent. En observant son « sistership » français, le Defender pourra mesurer son Ă©volution technologique sur lâeau pendant la Louis Vuitton Cup â les Ă©liminatoires des challengers â, qui lui est traditionnellement interdite.
Lâespionnage officiel de lâorganisation Mais quâest devenu lâespionnage, si frĂ©quent lors des derniĂšres Ă©ditions ? En contraignant la jauge et en obligeant les Ă©quipes Ă dĂ©voiler leurs innovations technologiques, lâorganisateur a largement rĂ©duit les frais dâobservation des adversaires. Mieux, il a mĂȘme officialisĂ© un programme dâespionnage intitulĂ© Joint Reconnaissance Programme (RECON). Lâobjectif est de limiter la course Ă lâespionnage qui multipliait les bateaux et les dangers sur le plan dâeau. Ă chaque sortie, les bateaux de la Cup sont suivis par un bateau officiel qui immortalise la session. Ces documents ainsi que le nombre de manĆuvres, la vitesse, la durĂ©e et le parcours de lâentraĂźnement sont publiĂ©s le soir mĂȘme. Toutes les Ă©quipes reconnaissent suivre les Ă©volutions de la concurrence via les fichiers RECON. La cerise sur le gĂąteau du RECON, câest le chavirage. Il permet de photographier les dessous dâune coque et de mesurer prĂ©cisĂ©ment les surfaces de foils. Ă Barcelone comme ailleurs, les images des Ă©quipes RECON alimentent copieusement les discussions au sein de la communautĂ© de lâAmericaâs Cup.



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Cet automne, les six Ă©quipes de la Cup se sont mesurĂ©es sur les AC40. La rĂ©gate prĂ©liminaire de Djeddah a tenu toutes ses promesses dans une brise soutenue. Celle de Vilanova fut un pĂ©tard mouillĂ©. Team New Zealand a marquĂ© sa supĂ©rioritĂ© Ă armes Ă©gales. Alinghi Red Bull Racing est rĂ©gulier mais encore victime dâerreurs de jeunesse.
Texte ) Pierre-Antoine Preti
Les organisateurs de la 37e Americaâs Cup nous ont offert un cadeau inhabituel, lâautomne dernier : de la monotypie. Ă part quelques rares exceptions, la rĂ©gate Ă armes Ă©gales nâest pas dans les gĂšnes de lâAiguiĂšre dâargent. Les AC40, petits bolides volants fournis clĂ©s en main par lâorganisateur, nâont Ă©tĂ© utilisĂ©s par les Ă©quipes professionnelles que lors de ces deux premiers Ă©vĂ©nements. Ils serviront ensuite Ă lâoptimisation technique du grand bateau, aux entraĂźnements, ainsi quâaux Youth et Women Americaâs Cup. La derniĂšre prĂ©-rĂ©gate se disputera sur les AC75 du 22 au 25 aoĂ»t.
En attendant, les événements de Djeddah et de Vilanova nous ont donné un aperçu des qualités sportives de chaque équipe au niveau de la tactique, de la stratégie et des procédures de départ. Le Defender Emirates Team New Zealand, en prise directe avec les Italiens de Luna Rossa en Arabie Saoudite et American Magic en Espagne, a clairement donné le ton.
Les Suisses en embuscade
En embuscade, Ă lâentrĂ©e du podium, Alinghi Red Bull Racing (ARBR) brille par sa rĂ©gularitĂ© dans toutes les conditions. Mais le jeu du nouvel arrivant suisse est parfois encore entachĂ© dâerreurs de jeunesse. Avec Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin Ă la barre, Bryan Mettraux et Yves Detrey aux rĂ©glages, le « big four » suisse ne


peut plus rien se pardonner sâil veut hisser son niveau de jeu Ă celui des meilleurs. Selon le coach italien Pietro Sibello, les Suisses ont « beaucoup appris sur les dĂ©parts et la communication Ă bord ».
Du 29 novembre au 2 dĂ©cembre, lâĂ©vĂ©nement de Djeddah sâest terminĂ© par la victoire des Kiwis dans une jolie brise de nord-ouest (16-20 nĆuds). Absents des dĂ©bats, engluĂ©s dans des problĂšmes techniques et tactiques, les AmĂ©ricains et les Français ont laissĂ© la vedette au trĂšs jeune Ă©quipage italien de Luna Rossa. Impressionnant de constance, de vitesse et de sangfroid, le barreur Marco Gradoni (19 ans) nâaura commis quâune erreur dans le Match final : un Ă©norme plantĂ© Ă la sortie de la derniĂšre porte laisse filer les Kiwis vers la ligne dâarrivĂ©e.
Un joli dispositif dans le déluge
AprĂšs plusieurs annĂ©es sans rĂ©gates, la 37 e Americaâs Cup a rĂ©ellement commencĂ© deux mois et demi plus tĂŽt, dans la banlieue de Barcelone. Du 14 au 17 septembre, la petite bourgade de Vilanova devait ĂȘtre le lieu du
lancement en fanfare des prĂ©-rĂ©gates de la 37e Americaâs Cup. Au port, le dispositif est plutĂŽt rĂ©ussi : village dĂ©diĂ©, Ă©crans gĂ©ants sur la plage et superyachts. Tous les ingrĂ©dients Ă©taient lĂ pour une fĂȘte rĂ©ussie. On aurait dĂ» vivre ici un avant-goĂ»t miniature de ce que sera Barcelone lâautomne prochain.
Ce ne fut malheureusement quâun pĂ©tard mouillĂ©. La faute Ă la mĂ©tĂ©o. Le vendredi, les infrastructures de lâAmericaâs Cup sont noyĂ©es sous une pluie battante dâune rare intensitĂ©. Le passage de front froid perturbe les airs pendant tout le week-end. La limite des 8 nĆuds de vent, qui permet aux AC40 de voler, nâest pas toujours au rendez-vous. Cinq mauvaises rĂ©gates sont nĂ©anmoins lancĂ©es. Les bateaux chalutent leurs foils. Debout sur le pont, les Ă©quipiers tentent de corriger lâassiette dans une ambiance typiquement lacustre. Seuls ceux qui arrivent Ă dĂ©coller leurs coques avant les autres lâemportent.
Des Français surprenants
Ă ce jeu-lĂ , câest Orient Express qui gagne la premiĂšre manche, Ă la surprise gĂ©nĂ©rale. TrĂšs en retard sur sa prĂ©paration, avec seulement « 12 jours dâentraĂźnement », lâĂ©quipe de Quentin Delapierre surprend tout le monde par la qualitĂ© de sa navigation. TaillĂ© pour lâolympisme, le barreur français a fait lâimpasse sur Paris 2024. Il se concentre dĂ©sormais exclusivement sur

Ă DJEDDAH, LE JEUNE ĂQUIPAGE ITALIEN DE MARCO GRADONI SâEST DĂFAIT SANS COMPLEXE DES AUTRES CHALLENGERS POUR DISPUTER LA FINALE FACE Ă ETNZ.

SailGP et lâAmericaâs Cup. Câest un dĂ©chirement. « Ce nâĂ©tait pas possible de tout faire », regrette-t-il avec une pointe dâamertume dans la voix.
Alinghi Red Bull Racing est dans le coup. En Espagne, lâĂ©quipe rĂ©ussit bien ses dĂ©parts, un prĂ©requis indispensable avec les engins volants. « La cohĂ©sion de lâĂ©quipe est bonne », dĂ©clare Arnaud Psarofaghis. Dans la deuxiĂšme manche, lâAC40 suisse passe Ă un cheveu de la victoire. Il est le seul Ă voler au dĂ©part et prend un tour dâavance. Mais sur le dernier bord, ARBR amerrit au cours dâune manĆuvre et abandonne la victoire Ă Team New Zealand. Les Kiwis font la dĂ©monstration de leur supĂ©rioritĂ© dans ces drĂŽles de conditions.
Alinghi se fait couper les ailes
Le dimanche, le comitĂ© de course lance trois manches. Sur la derniĂšre, Alinghi Red Bull Racing se fait couper les ailes par un problĂšme Ă©lectrique dans le systĂšme de foil. Seule lâorganisation a le droit de rĂ©parer ce systĂšme jaugĂ©. Ă dĂ©faut dâintervention rapide, les Suisses sont privĂ©s de dĂ©part. Silvio Arrivabene est hors de lui : « Je comprends que lâon soit pressĂ© pour des raisons de retransmission tĂ©lĂ©, mais si on ne peut pas rĂ©gater correctement, ce nâest pas juste », tonne le responsable du design team dâARBR. ClassĂ© bien loin de sa compĂ©tence rĂ©elle, Alinghi Red Bull Racing est donc 5e au gĂ©nĂ©ral. Sans lâinjustice de la derniĂšre manche, on les donnerait plutĂŽt troisiĂšme. La finale entre les Kiwis et American Magic nâest pas digne dâintĂ©rĂȘt. Les airs tombent dĂšs le dĂ©part. ArrĂȘtĂ©s lĂ©gĂšrement devant les NĂ©o-zĂ©landais, les AmĂ©ricains sont dĂ©signĂ©s vainqueur aprĂšs dix minutes dâattente. Le coup de canon sonne le glas dâun bien triste week-end de rĂ©gate.
Au-delĂ des rĂ©sultats, qui ne comptent pas pour la Cup, ces rĂ©gates prĂ©liminaires ont surtout permis dâemmagasiner de prĂ©cieuses informations. Andrea Emone est analyste des performances dâARBR : « Une grande partie des informations rĂ©coltĂ©es nous est utile pour la construction et lâoptimisation du grand bateau. » Quant Ă lâorganisation, elle a testĂ© un modĂšle dâĂ©vĂ©nement plutĂŽt intĂ©ressant, dont les rĂšgles et la retransmission sont trĂšs semblables Ă ceux du SailGP, lâautre grand circuit de bateau volant. Quant au lĂ©gendaire Grant Dalton, patron de la 37e Americaâs Cup, il a suivi toutes les rĂ©gates Ă bord des bateaux suiveurs de lâĂ©quipe sportive. Idem pour Ernesto Bertarelli, dĂ»ment accompagnĂ© de Brad Butterworth, lâancien skipper dâAlinghi devenu conseiller, et de toute son Ă©quipe « historique ».


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Les Youth and Womenâs Cups rĂ©unissent 12 Ă©quipes chacune, sur des formats courts, qui bĂ©nĂ©ficieront dâune belle exposition en marge de la 37e Coupe de lâAmĂ©rica.
Texte ) Grégoire Surdez
Bien sĂ»r, ce nâest pas encore la panacĂ©e. Et la place des femmes dans une compĂ©tition sĂ©culaire est encore trĂšs secondaire. Beaucoup trop aux yeux de trĂšs nombreuses navigatrices de talent. Le nombre de femmes qui seront Ă bord des AC75 est consternant. Un zĂ©ro absolu, absolument dĂ©sarmant. « Pour cette Ă©dition, toutes les Ă©quipes ont considĂ©rĂ© quâen raison des spĂ©cificitĂ©s du foiling et de ces bateaux, aucune navigatrice nâavait suffisamment dâexpĂ©rience pour intĂ©grer un Ă©quipage, souligne Coraline Jonet, en charge du programme Youth and Women au sein du Team Alinghi Red Bull Racing. On peut entendre cet argument. On peut aussi estimer que quelques candidates auraient pu avoir leur place Ă bord dâun AC75. »
Du progrĂšs pour les femmes ?
La crĂ©ation de la Womenâs Cup est donc un pas trĂšs important, historique mĂȘme, qui a Ă©tĂ© initiĂ© par le Defender Emirates Team New Zealand. « Câest une grande et belle nouvelle pour toutes les femmes, estime Coraline Jonet. Je suis trĂšs fiĂšre dâĂȘtre en charge de ce projet qui va sans doute ouvrir bien des portes pour les prochaines Ă©ditions. Cette Womenâs Cup va bĂ©nĂ©ficier dâune superbe exposition puisquâelle se terminera pendant le match pour la 37e Americaâs Cup. Je

trouve cette mise en lumiÚre trÚs intéressante et les équipes féminines pourront démontrer tout leur savoir-faire à un maximum de monde. »
Grant Dalton et ses Ă©quipes ont jetĂ© leur dĂ©volu sur les AC40 comme plateforme Youth and Women. « Câest un bateau exceptionnel comme il nâen existe aucun autre, continue Coraline Jonet. Câest un support spectaculaire qui permet Ă deux paires dâexprimer ses talents de navigation sans se soucier dâautre chose. LâĂ©nergie Ă©tant fournie par un systĂšme de batteries, pas besoin de devoir en produire en pĂ©dalant ou en moulinant. On va vraiment ĂȘtre sur de la rĂ©gate pure Ă haute vitesse. »

LES RĂGATES SE DISPUTERONT EN FLOTTE ET RĂUNIRONT LES MEILLEURES NAVIGATRICES DE CHACUNE DES DOUZE ĂQUIPES ENGAGĂES.

Réserves de talents
Chez les femmes comme chez les jeunes, 12 Ă©quipes nations sont en lice. Les six Ă©quipes qui sont engagĂ©es sur la 37e Americaâs Cup avaient lâobligation de dĂ©velopper un programme dĂ©diĂ© aux jeunes et aux femmes. La Suisse, la Nouvelle-ZĂ©lande, lâAngleterre, lâItalie, les Ătats-Unis et la France ont chacun lancĂ© un processus de sĂ©lection. Les rosters dĂ©voilĂ©s ces derniĂšres semaines ont permis de constater que les meilleures rĂ©gatiĂšres de la planĂšte voile seront toutes de lâaventure. Comme chez les hommes de la Cup, de trĂšs nombreuses mĂ©daillĂ©es olympiques ont Ă©tĂ© retenues.

LâAngleterre ne cache pas son ambition sur ces Ă©preuves spĂ©cifiques. Hannah Mills, mĂ©daillĂ©e dâor Ă Rio en 470, retrouvera son binĂŽme Saskia Clark. Elles seront les fers de lance dâune Ă©quipe redoutable. La Nouvelle-ZĂ©lande est emmenĂ©e par Jo Aleh, double mĂ©daillĂ©e (argent et or) aux Jeux en 470. LâItalie est bĂątie autour dâune gĂ©nĂ©ration de foilers qui ont notamment brillĂ© en 69F. La France, pays formateur sâil en est, aura Ă©galement Ă cĆur de briller avec des filles aussi talentueuses que Manon Audinet et AmĂ©lie Riou, ainsi que plusieurs mĂ©daillĂ©es olympiques et mondiales. Les Ătats-Unis ont eux aussi rĂ©uni une belle brochette de talents dans le sillage de Francesca Clapcich, laurĂ©ate de la derniĂšre Ocean Race avec 11th Hour Racing et une certaine Justine Mettraux.
La méthode Alinghi Red Bull Racing
La Suisse aura donc fort Ă faire pour dĂ©montrer tout son savoir-faire. « Le format de la compĂ©tition fait que nous serons dans une poule de six avec tous les autres pays de la Coupe, explique Coraline Jonet. Lâobjectif est de sortir de cette poule en terminant Ă lâune des trois premiĂšres places pour ensuite accĂ©der aux demi-finales en flotte, oĂč nous retrouverons les trois meilleures


Ă©quipes de lâautre poule, constituĂ©e de lâEspagne, des Pays-Bas, du Canada, de lâAllemagne, de la SuĂšde et de lâAustralie. Les deux premiĂšres de ces demi-finales sâaffronteront alors le 13 octobre sur une seule manche. »
Ce format limpide sera le mĂȘme pour les jeunes de la Youth Americaâs Cup. LĂ aussi, les teams engagĂ©s ont ratissĂ© large pour sĂ©lectionner les meilleurs espoirs mondiaux du foiling. « Notre processus de sĂ©lection a durĂ© plusieurs mois et nous avons reçu prĂšs de cent dossiers, rappelle Coraline Jonet. AprĂšs plusieurs Ă©tapes, nous avons peu Ă peu rĂ©duit le nombre de candidats. Ils ont Ă©tĂ© testĂ©s, sur leurs qualitĂ©s de marin bien sĂ»r, mais aussi sur dâautres critĂšres comme la gestion du stress, la capacitĂ© Ă sâintĂ©grer et Ă travailler en Ă©quipe, la marge de progression, et encore bien dâautres choses. »
Ce souci du dĂ©tail de lâĂ©quipe Suisse Alinghi Red Bull nâest pas un cas isolĂ©. Tous les teams managers ont conscience que la Womenâs Cup aussi bien que la Youth reprĂ©sentent un formidable laboratoire pour dĂ©velopper les talents de demain. La Youth est un vĂ©ritable tremplin comme en tĂ©moignent le trĂšs grand nombre de marins actuels qui se sont illustrĂ©s lors des deux premiĂšres Ă©dition de 2013 et 2017. « Chez Alinghi, nous sommes cinq Ă ĂȘtre passĂ©s par la Youth, souligne Bryan Mettraux, rĂ©gleur sur lâAC75 BoatOne et qui Ă©tait en lice Ă San Francisco. Câest indĂ©niablement une opportunitĂ© assez incroyable de mettre un pied dans le plus grand Ă©vĂ©nement voile du monde. Le rapprochement est encore plus Ă©vident sur cette Ă©dition puisque ce sont les Ă©quipes qui ont dĂ©veloppĂ© des programmes Youth and Women au sein mĂȘme de leurs structures. »
Si ce nâest pas encore la panacĂ©e, un consensus se dĂ©gage au sein de toutes les Ă©quipes pour saluer lâeffort des organisateurs de faire de ces deux Ă©vĂ©nements annexes de vrais moments forts de la 37e Americaâs Cup.
Calendrier et participation
Unicredit Youth Americaâs Cup
Du 17 au 26 septembre (finale)
Puig Women Americaâs Cup
Du 5 au 13 octobre (finale)
Ăquipes engagĂ©es
Poule A (Americaâs Cup Teams): Emirates
Team New Zealand, Ineos Britannia, Alinghi Red Bull Racing, Luna Rossa Prada Pirelli, American Magic et Team Orient Express France.
Poule B (équipes invitées) : Espagne, PaysBas, Canada, Allemagne, Australie et SuÚde.
La sĂ©lection suisse : Andrea Aschieri (Youth), Nathalie Brugger (Women), Arno de Planta (Youth), Arnaud Grange (Youth), Morgan Lauber (Youth), Marie Mazuay (Youth & Women), Laurane Mettraux (Women), Joshua Richner (Youth), Jann SchĂŒpbach (Youth), Maja Siegenthaler (Women), Alexandra Stalder (Youth & Women), Anja von Allmen (Youth & Women)
Suivre la course
En mer, sur terre, sur le Web ou la RTS, la 37e Ă©dition va se faire belle et festive. Du 22 aoĂ»t au 27 octobre 2024, les amateurs de voile sont attendus Ă Barcelone. Des bateaux charters sur lâeau, des Ă©crans gĂ©ants et un village dâaccueil, tout est prĂȘt pour alimenter la traditionnelle ferveur catalane.









Petit rappel pour ceux qui ont ratĂ© le dĂ©but. Le Match de la 37e Americaâs Cup dĂ©marre le 12 octobre 2024. Mais les rĂ©gates commencent vraiment Ă partir du 22 aoĂ»t. Câest Ă cette date que lâon assistera Ă la premiĂšre rencontre entre les grands bateaux. La Louis Vuitton Cup â la sĂ©lection des Challengers â enchaĂźne du 29 aoĂ»t au 7 octobre. SimultanĂ©ment, deux tournois parallĂšles vont se disputer en AC 40, les Youth et Women sĂ©ries. Le plan dâeau va donc ĂȘtre animĂ© pendant deux mois.
Ă Barcelone, le meilleur endroit pour y assister reste le Port Vell. Cette avancĂ©e immense sur la mer comportera lâavantage du point de vue mais aussi de la visite des bases. Elles y sont toutes installĂ©es depuis lâĂ©tĂ© dernier. La balade dure environ une heure et demande de bonnes baskets. Les bases sont dispersĂ©es dâun « moll » Ă lâautre.
Barcelone : une ville facile, populaire et iconique
Au cinquiĂšme Ă©tage du World Trade Center, lâorganisatrice Leslie Ryan est sur tous les fronts. Son Ă©quipe a une vue imprenable sur les activitĂ©s du port. Elle nous explique ce qui a motivĂ© le choix de la capitale catalane : « En comparaison europĂ©enne, Barcelone sâest rapidement imposĂ©e. Câest une ville facile dâaccĂšs, populaire, iconique, avec une grande capacitĂ© dâhĂ©bergement pour toutes les bourses. Les rĂ©gates seront visibles gratuitement Ă moins de 200 mĂštres de la plage. » Pour rĂ©aliser un Ă©vĂ©nement digne de ce nom, Leslie Ryan navigue au centre dâun rĂ©seau politique local complexe. Elle doit contenter les challengers, bien sĂ»r, mais aussi la ville de Barcelone, la trĂšs puissante direction de Port Vell et la rĂ©gion de Catalogne.
Un village de 27â000 mĂštres
Pour pallier la dispersion des bases, lâorganisation a prĂ©vu un village dâaccueil. Du 22 aoĂ»t au 27 octobre 2024, 27â000 mĂštres carrĂ©s de quais vont accueillir 10 Ă 15â000 personnes

ENTRE LE RACE VILLAGE ET LES PLAGES, IL EST POSSIBLE DâAPPROCHER LES BASES DES CHALLENGERSâŠ

au niveau du Moll de la Fusta. « LâidĂ©e est de sâadresser aux supporters des Ă©quipes, bien sĂ»r, mais aussi dâintĂ©resser les nombreux touristes qui visitent Barcelone Ă cette saison », prĂ©cise Leslie Ryan. DĂ©parts et arrivĂ©es des marins, interviews publiques, diffusion des courses sur Ă©crans gĂ©ants. Si la mĂ©tĂ©o le permet, la journĂ©e idĂ©ale devrait commencer Ă 12 h 00, pour le lunch et la sortie des marins, de 15 h 00 Ă 17 h 00, pour le suivi des rĂ©gates, et le dĂ©but de soirĂ©e pour le dĂ©briefing et lâapĂ©ro.
Un peu plus loin, la Plaça del Mar et le port olympique accueilleront des FanZones. Au port olympique, il sera mĂȘme possible dâapprocher les Ă©quipes des Youth et Womenâs Americaâs Cup qui navigueront en AC40. Sur le front de mer, la digue sera Ă©largie pour accueillir les fans. En plus du village, quatre Ă©crans gĂ©ants seront disposĂ©s sur les plages pour suivre les rĂ©gates. Il sera Ă©galement possible de suivre les courses en temps rĂ©el depuis les tĂ©lĂ©phones mobiles. Lâorganisation entend recruter « environ 2â500 bĂ©nĂ©voles » au service de la manifestation.
Une base suisse bien placée
Dans le prolongement de la Rambla, juste Ă cĂŽtĂ© de lâAquarium (un million et demi de visiteurs par an), la base suisse est plutĂŽt bien placĂ©e. Une boutique y propose du merchandising aux supporters. Juste Ă cĂŽtĂ©, les
terrasses du centre commercial « Maremagnum » et la surĂ©lĂ©vation de la Plaça de lâOdissea permettent une vue imprenable sur les sorties et les entrĂ©es du bateau. Les veinards pourront peut-ĂȘtre y apercevoir des cĂ©lĂ©britĂ©s. Depuis sa crĂ©ation, lâĂ©quipe dâAlinghi Red Bull Racing fait rĂ©guliĂšrement appel au puissant rĂ©servoir dâathlĂštes Red Bull pour crĂ©er lâĂ©vĂ©nement. Pour savoir si les voiliers suisses sortent en mer le lendemain, il suffit de regarder lâenseigne lumineuse de la tour de lâHotel W, sur le front de mer. Si elle est rouge, câest quâAlinghi Red Bull Racing sera de sortie. La coutume date de lâinstallation



des Suisses Ă Barcelone. Il faut dire que lâĂ©quipe dâErnesto Bertarelli a rĂ©ussi son intĂ©gration. Premiers arrivĂ©s sur le site, ils ont capitalisĂ© sur lâabsence dâĂ©quipe espagnole pour jouer les locaux de lâĂ©tape. Au printemps 2023, le quotidien catalan El Periodico leur prĂȘtait mĂȘme un petit air « dâĂ©quipe locale ». Le soutien des fans suisses sâajoutera donc Ă la traditionnelle ferveur que les Catalans aiment accorder aux grands Ă©vĂ©nements.
Sorties en mer
Le plan dâeau est situĂ© entre lâHotel W, justement, et le port olympique. La sortie en mer permettra dâapprĂ©hender lâimpressionnante vitesse des AC40 et AC75. FlanquĂ©e de deux chaseboats de 700 chevaux, la sortie dâun voilier de lâAmericaâs Cup sâapparente Ă une vĂ©ritable armada. Il faut, pour observer cela, un bateau puissant, capable de monter Ă 40 nĆuds sans se


âą Suivre lâAmericaâs Cup : americascup.com/how-to-watch
âą Programme RECON qui propose de nombreux âinsightsâ sur la prĂ©paration de lâensemble des Ă©quipes : americascup.com/recon-news
⹠Visionnez en direct à la télévision sur la RTS
faire martyriser par le clapot barcelonais. Il faut aussi une connaissance des bateaux volants, qui peuvent virer et changer de cap trĂšs vite. Il serait Ă©videmment stupide de provoquer le moindre accident. Pour suivre les rĂ©gates sur lâeau, des autorisations et des places sont accordĂ©es par lâorganisation. Et pour ceux qui ne possĂšdent pas de bateau, des services de charter sont Ă disposition sur le site de lâorganisation. En ce qui concerne les entraĂźnements, rappelons aux amateurs de tranquillitĂ© et de stabilitĂ© quâils peuvent espionner chaque sortie des concurrents depuis leur fauteuil avec le programme RECON.
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Agenda
PRELIMINARY REGATTA BARCELONA 22 au 25 août
LOUIS VUITTON CUP ROUND ROBINS 29 août au 8 septembre
LOUIS VUITTON CUP SEMIâFINAL 14 au 19 septembre
LOUIS VUITTON CUP FINAL 26 septembre au 7 octobre
LOUIS VUITTON 37TH AMERICAâS CUP MATCH 12 au 27 octobre
UNICREDIT YOUTH AMERICAâS CUP 17 au 26 septembre
PUIG WOMENâS AMERICAâS CUP 5 au 13 octobre

AgrĂ©able tout au long de lâannĂ©e, Barcelone est une destination idĂ©ale pour une escapade en couple, en famille ou entre amis. Le temps dâun week-end ou dâun sĂ©jour prolongĂ©, laissez-vous sĂ©duire par son dynamisme, son cosmopolitisme et son originalitĂ©.
Texte ) Pierre-Antoine Preti Barcelone
Comment se déplacer ?
Barcelone se compose de quantité de quartiers, trÚs différents les uns des autres. Si vous pouvez aisément visiter la ville à pied, le métro, trÚs propre et sécurisé, vous permettra de circuler facilement à travers toute la cité.
OĂč loger ?
Avec ses 100 km2 et ses 1,6 million dâhabitants, la ville de Barcelone est trĂšs vaste. Il est donc important de bien choisir son emplacement. Campings, auberges de jeunesse, appartements, hĂŽtels, il y en a pour tous les goĂ»ts et tous les budgets. Une recommandation : choisissez un endroit proche dâune station de mĂ©tro.
Envie de partir Ă lâassaut des diffĂ©rents sites emblĂ©matiques ?
Son architecture audacieuse, ses musĂ©es, ses cathĂ©drales, ses salles dâexpositionâŠ. Comment choisir ? Petit tour de la capitale catalane.






Un bol dâair dans lâatypique parc GĂŒell
Déambuler dans les Ramblas
Cette avenue rĂ©putĂ©e est souvent le premier site visitĂ© par les touristes. Du Port Vell au sud Ă la Plaça de Catalunya au nord, les Ramblas de Barcelone traversent le cĆur de la ville sur un peu plus dâun kilomĂštre. Au grĂ© de cette promenade animĂ©e, vous rencontrerez des hommes statues, des spectacles de rue ou des peintres portraitistes. Sans oublier le MusĂ©e de cire, le MusĂ©e de lâĂ©rotisme ou le monument Ă Christophe Colomb.
Lâincontournable Sagrada Familia
Chef-dâĆuvre dâAntoni Gaudi, la construction de la Sagrada Familia a commencĂ© en 1882 et a ensuite Ă©tĂ© interrompue par la PremiĂšre Guerre mondiale. Ă la mort de Gaudi, en 1926, seule la façade de la NativitĂ© Ă©tait terminĂ©e. Aujourdâhui, les travaux se poursuivent et devraient se terminer en 2026. NâhĂ©sitez pas, entrez et admirez sa dĂ©mesure, ainsi que les jeux de lumiĂšre sur ses vitraux. Mais au prĂ©alable, pensez Ă rĂ©server vos billets, car câest un des monuments les plus visitĂ©s de Barcelone.
Dirigez-vous ensuite vers le parc GĂŒell, bijou dâart et dâarchitecture moderne. Dans un dĂ©dale de chemins, de fontaines et dâescaliers, dĂ©couvrez les mosaĂŻques multicolores qui en font lâune des Ćuvres les plus colorĂ©es de Gaudi. Lâesplanade et ses bancs offrent une vue panoramique sur Barcelone. Depuis 1984, le parc GĂŒell est classĂ© au patrimoine mondial de lâUnesco.
Se balader dans les ruelles du Quartier gothique
Le Barri GĂČtic est un quartier mĂ©diĂ©val proche des Ramblas. DĂ©couvrir son ambiance « village » en vous baladant Ă lâombre des balcons en fer forgĂ© et du linge qui sĂšche aux fenĂȘtres. Au dĂ©tour dâune rue, ne manquez pas la cathĂ©drale Sainte-Croix et sa superbe vue sur la ville.



Sillonner la Ribera, le coin des artistes
Quartier entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă la culture, vous y trouverez de nombreux musĂ©es et galeries dâart. Vous apprĂ©cierez sĂ»rement sa tranquillitĂ©, son authenticitĂ© et son ambiance bohĂšme. En y allant tĂŽt le matin ou pendant la sieste, vous aurez mĂȘme lâimpression que le quartier vous appartient.
Pause tapas au mercat de la BoquerĂa
Vous vous demandez oĂč manger sur le pouce Ă Barcelone ?
Faites un tour Ă la BoquerĂa. MarchĂ© couvert trĂšs frĂ©quentĂ©, vous y trouverez des jus de fruits frais et des spĂ©cialitĂ©s catalanes.
Sur les hauteurs de MontjuĂŻc
Prenez le tĂ©lĂ©phĂ©rique de MontjuĂŻc, il vous emmĂšnera directement sur lâune des plus hautes collines de Barcelone. Les Barcelonais aiment se retrouver dans son parc durant le week-end. Jardins botaniques et ancien fort militaire construit en forme dâĂ©toile complĂštent cette visite.
Les plages de sable fin
Envie dâune halte au bord de la mer ? La Barceloneta est la plage la plus connue et la plus frĂ©quentĂ©e, aussi bien par les locaux que par les touristes. Son atout principal est sa proximitĂ© avec le centre-ville. Depuis cette plage, vous pourrez admirer
Le Pex de Frank Gehry, Ă©norme poisson de fer rĂ©alisĂ© pour les JO de 1992, ainsi que la colonne de Christophe Colomb, construite pour lâexposition universelle de 1888. Elle marque lâendroit oĂč Colomb dĂ©barqua en 1493 aprĂšs sa dĂ©couverte de lâAmĂ©rique. Dâautres plages plus tranquilles comme Mar Bella, Bogatell ou encore Nova Icaria, valent Ă©galement le dĂ©tour.

Ă ne pas manquer, le Port VellâŠ
Longez la plage ou empruntez la passerelle flottante de La Rambla de Mar et arrivez sur le vieux port de Barcelone. TrĂšs vite, vous vous rendrez compte que Port Vell est bien plus quâun port. Câest un espace de loisirs gigantesque qui rassemble centre commercial, théùtre, boutiques et restaurants. Si vous avez des enfants, ils auront sĂ»rement envie que vous les emmeniez Ă lâaquarium. Vous pourrez y observer des centaines dâespĂšces diffĂ©rentes de poissons et arpenter le tunnel sous-marin.
Americaâs Cup Experience
Toujours Ă Port Vell, un superbe musĂ©e Ă lâeffigie de lâAmericaâs Cup a ouvert ses portes. Son exposition immersive met non seulement en valeur cette 37e Ă©dition, mais donne aussi accĂšs Ă de nombreux documents dâarchive faisant revivre lâincroyable histoire de la compĂ©tition. Ă ne pas manquer, la salle de projection, qui propose un documentaire inĂ©dit sur le grand Ă©cran le plus long dâEurope, ainsi que son simulateur qui vous donnera la sensation dâembarquer sur un AC75.
⊠et la base de lâĂ©quipe Alinghi Red Bull Racing
Entre le centre commercial Maremagnum et lâaquarium se trouvait autrefois un cinĂ©ma. Aujourdâhui, câest la nouvelle base dâAlinghi Red Bull Racing qui a ouvert ses portes. Loin du simple hangar Ă bateaux, câest un lieu de vie pour lâĂ©quipe. Entre Ă©lĂ©gance et design, le bĂątiment bleu nuit compte trois Ă©tages. Au rez-de-chaussĂ©e, vous trouverez la boutique Alinghi Red Bull Racing abritant toute la collection de produits officiels.


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Omega, les couleurs de la loyauté
Texte ) Brice Lechevalier
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techniques la placent en tĂȘte de flotte, grĂące au calibre 9900 Co-Axial Master Chronometer largement Ă©prouvĂ©, avec rĂ©serve de marche de 60 h. Elle est livrĂ©e avec deux bracelets Ă boucle dĂ©ployante, en caoutchouc turquoise et en Nato noir. Durant lâĂ©tĂ©, Omega prĂ©sentera un autre modĂšle dĂ©diĂ© Ă lâAmericaâs Cup.
Panerai dĂ©die une collection Ă Luna Rossa Partenaire de lâAmericaâs Cup en 2017 et du dĂ©fi italien depuis 2019, Panerai a capitalisĂ© sur son expĂ©rience pour crĂ©er cinq modĂšles trĂšs sportifs dans la collection Submersible. Ses ingĂ©nieurs ont Ă©tudiĂ© les innovations obtenues dans les matĂ©riaux afin de rĂ©duire le frottement et dâaugmenter la performance, combinant aciers spĂ©ciaux et titane recouverts de cĂ©ramique. Sept annĂ©es de R&D ont conduit Ă la conception du boĂźtier en Ti-Ceramitech brevetĂ©, plus lĂ©ger et plus rĂ©sistant, qui Ă©quipe la Submersible QuarantaQuattro Luna Rossa Ti-Ceramitechâą. Cette montre de plongĂ©e automatique, Ă©tanche Ă 500 mĂštres et dotĂ©e dâune rĂ©serve de marche de 3 jours, propose une mesure de la durĂ©e dâimmersion


SUBMERSIBLE QUARANTAQUATTRO LUNA ROSSA TI-CERAMITECHâą (44MM), CHF 14â800.-

SUBMERSIBLE LUNA ROSSA (42MM) ONLINE EDITION, CHF 10â100.-
grùce à sa lunette tournante unidirectionnelle en titane. Elle affiche également la date et une petite seconde avec fonction de stop-seconde.
La Submersible GMT Luna Rossa, étanche à 500 mÚtres, se caractérise par son aiguille GMT inspirée des voiles de Luna Rossa et son rehaut affichant les 24 heures du second fuseau. Son boßtier en titane satiné abrite le calibre automatique P900, offrant une réserve de marche de 3 jours. Sa lunette tournante unidirectionnelle en céramique bleue contraste élégamment avec le cadran. Deux bracelets, bi-matiÚre et caoutchouc, sont inclus.
ModĂšle le plus accessible et en duo, la Submersible Luna Rossa prend les traits dâune montre de plongĂ©e automatique (Ă©tanche Ă 300 mĂštres avec 3 jours de rĂ©serve de marche) en acier, dotĂ©e dâune lunette unidirectionnelle en cĂ©ramique. Elle est disponible avec un cadran blanc grainĂ© mat ou bleu satinĂ© soleil en sĂ©rie limitĂ©e de 300 piĂšces.
Dans une autre catégorie de prix, la Submersible Tourbillon GMT Luna Rossa Experience Edition, en Carbotech et étanche à 300 mÚtres, est proposée en 20 exemplaires. Les acquéreurs auront droit à une expérience exclusive dans les coulisses de la Coupe.
Tudor aux cĂŽtĂ©s dâAlinghi
DerniĂšre arrivĂ©e sur la grande scĂšne de lâAmericaâs Cup, Tudor, Ă©galement sponsor du Bol dâOr Mirabaud, a dĂ©voilĂ© lâan passĂ© un tandem en lâhonneur de ce premier partenariat nautique, les Pelagos Alinghi Red Bull Racing Edition. Ces deux montres automatiques aux mouvements de manufacture certifiĂ©s COSC disposent de 3 jours de rĂ©serve de marche et bĂ©nĂ©ficient dâun boĂźtier en composite de carbone noir mat (avec logo Alinghi au dos) Ă©tanche Ă 200 m, avec couronne vissĂ©e en titane. TrĂšs lisibles, harmonieuses et lĂ©gĂšres, elles arborent aussi le fameux bracelet en tissu Tudor, bleu en lâoccurrence, renforcĂ© pour les besoins marins. Le chronographe et la 3 aiguilles sont Ă©quipĂ©s dâune lunette bidirectionnelle crantĂ©e en titane, dont le disque en composite de carbone est astucieusement graduĂ© de 60 min dans le sens antihoraire pour mieux suivre le compte Ă rebours de rĂ©gate. En ce qui concerne le prix, trĂšs accessible, le duo Tudor a dâores et dĂ©jĂ remportĂ© cet aspect de la compĂ©tition !


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Graphisme : Mélanie et Nicolas Zentner, enzed.ch
Traduction allemande : Sabine Dröschel, trad@vtx.ch
Relectures : Pauline Estival
Photolithographie : Images 3 SA, Lausanne
Impression : PCL Presses Centrales SA www.skippers.ch

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En 2024, nos amis nĂ©o-zĂ©landais mettront tout en Ćuvre pour que le plus ancien trophĂ©e sportif du monde reste entre les mains des kiwis. Pour les aider Ă garder le cap, nous nous sommes inspirĂ©s du logo dâEmirates Team New Zealand afin de produire une piĂšce de collection unique: la Seamaster Planet Ocean Deep Black Emirates Team New Zealand Edition. Un hommage aux champions en titre rehaussĂ© de touches turquoise, avec un indicateur de compte Ă rebours, une aiguille des secondes âAuld Mugâ et un fond de boĂźtier estampillĂ© du logo Emirates Team New Zealand.