America's cup fr

Page 1


skippers Guide

La prĂ©sentation des Ă©quipes 173 ans d’histoire Voyager Ă  Barcelone pour la Coupe

Les AC75 sous toutes les coutures

HERMÈS H08, LE TEMPS, UN OBJET HERMÈS

Un trophĂ©e et des centaines d’histoires Ă  partager

Il Ă©tait une fois un petit pays sans accĂšs Ă  la mer qui rĂȘvait de s’inviter au banquet des grandes nations de la voile. À la surprise gĂ©nĂ©rale, il parvint non seulement Ă  se hisser Ă  leur niveau, mais Ă©galement Ă  diriger les festivitĂ©s durant sept belles annĂ©es. Ainsi naquit la passion suisse pour le plus vieux trophĂ©e sportif de l’ùre moderne. À l’heure oĂč le dĂ©fi suisse est de retour, bien dĂ©cidĂ© Ă  graver Ă  nouveau ses nobles lettres sur la mythique AiguiĂšre, Skippers vous propose d’embarquer une fois de plus Ă  son bord pour vivre la lĂ©gende. Du 22 aoĂ»t, date de la premiĂšre rĂ©gate prĂ©liminaire, au 27 octobre, date du dernier jour de rĂ©serve pour l’America’s Cup Match, Barcelone sera, Ă  n’en pas douter, l’épicentre planĂ©taire de la voile. Pour tout comprendre des enjeux, mieux connaĂźtre les forces en prĂ©sence et accumuler quantitĂ© d’informations utiles, que vous souhaitiez suivre la manifestation sur place ou depuis chez vous, Skippers a relevĂ© le dĂ©fi d’éditer le guide que vous tenez entre vos mains. Nos journalistes spĂ©cialisĂ©s sont allĂ©s glaner multitude d’informations croustillantes qui, Ă  coup sĂ»r, Ă©veilleront votre curiositĂ© et Ă©tofferont votre savoir. À l’heure d’imprimer ce supplĂ©ment, je profite de ces quelques lignes pour fĂ©liciter mon prĂ©dĂ©cesseur Ă  la rĂ©daction de Skippers, Pierre-Antoine Preti, dont nous cĂ©lĂ©brons le retour rĂ©gulier dans nos colonnes. Nous lui devons en grande partie ce supplĂ©ment et espĂ©rons que chacun saura en mesurer la qualitĂ©. Notre rĂ©daction vous souhaite de vivre de magnifiques moments d’émotion partagĂ©e Ă  l’occasion du retour de l’America’s Cup sur notre Vieux Continent.

Retrouvez-nous sur Facebook, Youtube et skippers.ch Rendez-vous aussi sur Instagram : skippersmagazine

À braver l’inconnu ? À nous aventurer au-delĂ  de nos propres limites ? C’est l’état d’esprit Ă  l’origine de la marque TUDOR, le mĂȘme qui ha

bite les femmes et les hommes qui portent ces mon-tres. Sans eux, il n’y aurait ni histoires, ni lĂ©gendes, ni victoires. C’est l’état d’esprit qui donne dĂ©passer. Celui incar nĂ© par chaque montre

chaque jour Ă  Bull Racing se TUDOR. pour oser.

Alinghi Red l’envie de -

contentent de suivre. D’autres sont nĂ©s

PELAGOS FXD

GÉRANCE

Prenons soin de vous

Ryan Pellett

Ce vendredi 22 aoĂ»t 1851, les 15 Ă©quipages engagĂ©s dans la Coupe des 100 Souverains – ou Coupe des 100 GuinĂ©es – n’imaginent pas qu’en rĂ©gatant autour de l’üle de Wight ils Ă©crivent une premiĂšre page historique. De ce qui s’avĂ©rera, 173 ans plus tard et Ă  la veille de la 37e Ă©dition, comme le plus ancien trophĂ©e sportif mondialement connu, l’America’s Cup. Le plus gros gouffre Ă  millions, mĂȘme Ă  milliards de dollars de toute l’histoire de la voile.

Texte ) Jacques-Henri Addor

La reine Victoria adore l’üle de Wight, au point qu’elle s’y fait construire le chĂąteau de Osborne House. En 1851, pour crĂ©er un Ă©vĂ©nement nautique en rapport avec la Grande Exposition universelle de Londres, elle demande au commodore du Royal Yacht Squadron d’organiser une course Ă  la voile autour de l’üle, la Coupe des 100 GuinĂ©es. Le trophĂ©e qui rĂ©compensera le vainqueur est une aiguiĂšre d’argent rĂ©alisĂ©e par l’orfĂšvre londonien Robert Garrard. Les AmĂ©ricains sont venus spĂ©cialement des États-Unis avec la goĂ©lette America , pour se mesurer aux rapides yachts anglais. Tout le monde pense que les marins britanniques seront les plus forts et qu’ils vont gagner. Mais ce n’est pas exactement ce qu’il se passe
 La goĂ©lette America est la plus rapide et repart pour l’AmĂ©rique avec l’AiguiĂšre d’argent. Selon les rĂšgles Ă©tablies par le Royal Yacht Squadron, elle sera remise en jeu et reviendra au prochain yacht club vainqueur. L’équipage d’ America remet l’aiguiĂšre au New York Yacht Club, l’assortissant d’un acte de donation, le Deed of Gift, qui rĂ©git aujourd’hui encore les rĂšgles de l’épreuve –certes avec quelques modifications intervenues au fil du temps.

Le New York Yacht Club rebaptise la course du nom de la goĂ©lette victorieuse en 1857. Elle n’est toutefois pas rĂ©organisĂ©e avant 1870, en raison de la Guerre de SĂ©cession (1861 – 1865). Les Anglais

reviennent concourir en eaux amĂ©ricaines avec la goĂ©lette Cambria, 32,91 m de long, 188 tonnes et 830 m2 de toile, mais finissent 8es face aux 14 bateaux du New York Yacht Club. Le trophĂ©e leur Ă©chappe largement. Bien que victorieuse autour de l’üle de Wight, America va connaĂźtre plusieurs propriĂ©taires successifs et aussi une sĂ©rie de malheurs. Elle est cĂ©dĂ©e aux ConfĂ©dĂ©rĂ©s (les Sudistes) pour forcer le blocus que leur imposent les troupes de l’Union (les Nordistes). Les soldats de l’Union sabordent le bateau en 1862, aprĂšs la prise de Jacksonville. RenflouĂ©e et mĂȘme armĂ©e de trois canons, l’America est utilisĂ©e pour soutenir ce mĂȘme blocus que les ConfĂ©dĂ©rĂ©s entendaient forcer. Finalement, la goĂ©lette sera dĂ©truite en 1942, dans l’effondrement du hangar oĂč elle Ă©tait remisĂ©e.

1re jauge

AprĂšs leur dĂ©faite en 1870, les Anglais reviennent auprĂšs du New York Yacht Club et proposent de se mesurer en duels, plutĂŽt qu’en rĂ©gates Ă  plusieurs bateaux. Les AmĂ©ricains acceptent pour autant qu’ils puissent dĂ©cider du bateau avec lequel ils dĂ©fendront la coupe. Et c’est ainsi qu’en 1876, lors de la 3e Ă©dition, l’America’s Cup prend le format qu’on lui connaĂźt toujours aujourd’hui : un challenger dĂ©fie un defender. Pour Ă©quilibrer les chances, le New York Yacht Club Ă©dicte une premiĂšre jauge en 1885. Elle sera suivie d’une deuxiĂšme mouture en 1893, celle du Seawanhaka Yacht Club. Au tournant du siĂšcle, la coupe se dispute encore entre de trĂšs grands bateaux, trĂšs lourds, trĂšs beaux et trĂšs toilĂ©s, mais qui, pour l’époque, exigent des budgets pharaoniques. Defender vainqueur en 1903, Reliance mesure 61,26 m de long, 7,92 m de large, dĂ©place 189 tonnes, embarque 64 Ă©quipiers et porte jusqu’à 1’500 m2 de toile. Son challenger n’est autre que le Shamrock III de Sir Thomas Lipton, un cotre en acier nickelĂ© plus petit, de 41 m de long et 166,6 tonnes de dĂ©placement, mais presque tout aussi toilĂ©, avec ses 1’315 m 2. Il est par ailleurs le premier challenger dotĂ© d’une barre Ă  roue, comme les bateaux amĂ©ricains.

L’ùre des J Class

TÉMOINS SURVIVANTS DE LA CLASSE J, LES SOMPTUEUX VELSHEDA ET SVEA.

Lipton perd son dĂ©fi, mais gagne certainement en renommĂ©e et en publicitĂ© pour ses affaires de thĂ©s et d’épices. Il insiste aussi auprĂšs du NYYC pour s’orienter vers des bateaux plus « raisonnables ». D’abord, c’est l’adoption de la jauge universelle en 1914. Pour l’appliquer, c’est la cĂ©lĂšbre Class J qui prend le relais. La jauge universelle, imaginĂ©e et rĂ©digĂ©e par l’architecte amĂ©ricain Nathanael Herreshoff en 1903, n’entre en application qu’en 1920, au sortir de la PremiĂšre Guerre mondiale – qui, comme la Guerre de SĂ©cession, a bloquĂ© les rĂ©gates de la coupe. Elle ne sera en vigueur que de 1930 Ă  1937, avec pour principale modification l’abandon du temps compensĂ© au profit de duels en temps rĂ©el : le premier qui coupe la ligne d’arrivĂ©e a gagnĂ©. Au total, persĂ©vĂ©rant comme pas deux, Sir Thomas Lipton se sera engagĂ© dans cinq dĂ©fis qu’il perdra tous. Jeu de mot sur Lipton et ironie des dessinateurs de la presse amĂ©ricaine, le New York Times publie un « cartoon » de Lipton Ă  la barre de son Shamrock, lĂ©gendĂ© : « Il y a loin de la coupe aux lĂšvres » – « There is many a slip between the cup and the lip. » En 1930, le site des rĂ©gates est dĂ©placĂ© Ă  Newport. La petite ville de Rhode Island va devenir la Mecque de l’America’s Cup. Elle porte encore tous les souvenirs de ces glorieuses annĂ©es de la coupe, mais leur intensitĂ© a sĂ©rieusement baissĂ© depuis que les AmĂ©ricains de la cĂŽte Est ne sont plus Ă  ses commandes. Avec les Class J, l’America’s Cup reste encore dans des formats de grande taille et de dĂ©placements imposants, qui coĂ»tent chers. Du cĂŽtĂ© anglais, Velsheda mesure 39,40 m, Endeavour 39,47 m pour 143 tonnes et 721 m2 de toile. Du cĂŽtĂ© US, Enterprise 36,49 m pour 127,6 tonnes, Resolute 32,50 m pour 105,8 tonnes, Rainbow 39,95 m, 176 tonnes et 750 m2 de toile ; et Ranger, dernier Class J construit pour Harold Vanderbilt, est long de 41,15 m, 166 tonnes et porte 701 m2 de toile. L’instabilitĂ© politique de la fin des annĂ©es 1930 met fin, momentanĂ©ment, aux confrontations internationales dans le cadre de l’America’s Cup. MĂȘme les grandes fortunes et les magnats des affaires ont d’autres prĂ©occupations.

AVEC LOUIS VUITTON, BRUNO TROUBLÉ, ICI AVEC MATTEO DE NORA ET TONY RAE, A CRÉÉ LES RÉGATES DE SÉLECTION ENTRE CHALLENGERS, LA COUPE LOUIS VUITTON.

L’internationalisation Il faut attendre 1958 pour voir reprendre les rĂ©gates de la coupe lors de la 17e Ă©dition. Cette fois, elles se disputent Ă  bord de 12 m JI, ou 12 Metre de Jauge Internationale, qui rĂ©gneront jusqu’en 1987. Tenaces, seuls les Anglais s’intĂ©ressent Ă  revenir dans le match jusqu’en 1962, lorsque les Australiens lancent leur premier dĂ©fi Ă  l’enseigne du Royal Sydney Yacht Squadron.

Yves Ryncki
Sailing Energy Chris Cameron
LE K12 SOVEREIGN DÉFAIT LORS DE L’ÉDITION 1964, BORD À BORD AVEC VIM, US15.

Gretel perd, mais gagne tout de mĂȘme 1 course sur 5 face au Weatherly des AmĂ©ricains. Le NYYC est profondĂ©ment vexĂ© d’avoir perdu une manche pour la premiĂšre fois depuis 1930, et change le rĂšglement, interdisant dorĂ©navant aux challengers d’utiliser quoi que ce soit d’amĂ©ricain, qu’il s’agisse de plans ou de technologie.

D’autres pays commencent Ă  s’intĂ©resser Ă  la coupe. Outre l’Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande, la

SuĂšde, l’Italie, la GrĂšce et surtout la France dĂ©fient les AmĂ©ricains. AprĂšs avoir rachetĂ© Sovereign et Constellation, le baron Marcel Bich, homme d’affaires inventeur du stylo Bic et passionnĂ© de voile, fait construire un premier 12 m JI au chantier Egger Ă  Saint-Aubin, Chancegger. Mais, comme le rĂšglement de la coupe oblige les challengers Ă  construire leur bateau dans leur pays, ainsi que les voiles et l’accastillage, le constructeur naval Hermann Egger doit dĂ©mĂ©nager son chantier de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, Ă  Pontarlier, oĂč il construira France. Ce 12 m participe aux coupes de 1970, 1974, 1977 et 1980.

Le baron Bich fait appel Ă  Louis Noverraz pour barrer ses bateaux. Il est ainsi le premier Suisse Ă  participer Ă  l’America’s Cup. Mais Bich est d’humeur trĂšs variable, parfois mĂȘme colĂ©rique. Il congĂ©die Noverraz, comme il le fera avec d’autres skippers tels que Pierre Delfour, l’entraĂźneur national Yves-Louis Pinaud et mĂȘme Eric Tabarly. Bich, excĂ©dĂ©, finira par barrer lui-mĂȘme le France, amusant le monde de la voile. C’est Marc Pajot qui reprendra ensuite l’idĂ©e d’un dĂ©fi tricolore.

Face au nombre croissant de défis, Bruno Troublé et Louis Vuitton imaginent et créent un systÚme éliminatoire pour les challengers, la Coupe LouisVuitton. Le challenger qui remporte la finale rencontrera alors le defender.

Fin du rÚgne américain

En 1983, Ă  force d’insistance et de tĂ©nacitĂ©, les Kangourous australiens finissent par terrasser l’aigle amĂ©ricain, 4 Ă  3. Ben Lexcen, l’architecte d’Australia II, a mis au point une arme secrĂšte, la quille Ă  ailettes. Elle permet d’abaisser le centre de gravitĂ© du bateau et de le rendre ainsi plus performant. Les Aussies mettent ainsi fin Ă  132 ans de suprĂ©matie amĂ©ricaine. Mais Dennis Conner, le vaincu de cette Ă©dition, n’est pas homme Ă  se laisser abattre. Avec Stars and Stripes 87, il repart Ă  l’assaut et dispose de Kookaburra III de Kevin Parry, 4 victoires Ă  0. La coupe repart donc pour les États-Unis, mais cette fois au San Diego Yacht Club, en Californie. C’est lĂ , en 1988, que se joue l’édition la plus dĂ©lirante de la coupe – marquant par ailleurs la fin de l’ùre des 12 m JI. Les NĂ©o-ZĂ©landais lancent un dĂ©fi avec un immense monocoque de 37 m, KZ-1. À bord, entre 30 et 40 Ă©quipiers. L’équipe de Dennis Conner rĂ©pond avec un catamaran de 18 m Ă©quipĂ© d’un mĂąt aile, Stars and Stripes. Les Ă©carts entre les deux bateaux sont sans appel et, au terme de deux manches, le San Diego Yacht Club conserve la coupe.

En 1992 apparaissent pour la premiùre fois les bateaux de la Class America’s Cup. 25 m de long, 24 tonnes, 325 m2 au prùs et 750 m2 au portant. Cette

Carlo Borlenghi Carlo Borlenghi
Carlo Borlenghi

annĂ©e-lĂ , America3 se dĂ©fait des Italiens d’Il Moro di Venezia, 4 Ă  1. Le ping-pong entre les États-Unis et la Nouvelle-ZĂ©lande se poursuit en 1995, lorsque les Kiwis de Black Magic font du petit bois de Young America, 5 Ă  0. La coupe repart aux antipodes.

Ernesto Bertarelli, le petit nouveau

Un membre de la SociĂ©tĂ© Nautique de GenĂšve, Ernesto Bertarelli, est allĂ© suivre les rĂ©gates Ă  Auckland et dĂ©cide de constituer un syndicat challenger, le Team Alinghi. Malin, Bertarelli sait s’assurer l’expĂ©rience de marins

expĂ©rimentĂ©s et de bateaux au summum de la technologie. Avec le concours de l’EPFL pour les Ă©tudes de carĂšne, le chantier naval DĂ©cision construit les Class America SUI-64 et SUI-75 , tandis que les champions nĂ©o-zĂ©landais comme Russell Coutts et Brad Butterworth intĂšgrent l’équipage.

À Auckland en 2003, Alinghi remporte la Coupe Louis-Vuitton 5 Ă  1 face aux AmĂ©ricains de BMW Oracle. Ils affrontent ensuite les NĂ©oZĂ©landais de NZL-82 , du Royal New Zealand Yacht Squadron, et remportent la 31e Ă©dition de l’America’s Cup 5 Ă  0. Les Kiwis de Dean Barker additionnent les malchances et les avaries. DĂ©mĂątage, bris de tangon et quantitĂ© d’eau embarquĂ©e. L’équipe Alinghi, sous la houlette de la SNG porteuse du dĂ©fi, devient ainsi la premiĂšre Ă©quipe sans accĂšs direct Ă  la mer Ă  faire revenir THE Cup en Europe, aprĂšs 152 ans d’existence. Une prouesse pour une premiĂšre participation Ă  la coupe.

Pour assumer son rĂŽle dĂ©sormais de defender, Alinghi monte une base America’s Cup Ă  Valence, comme il n’est pas possible d’organiser les prochaines rencontres sur le LĂ©man. Le syndicat genevois fait construire deux nouveaux AC, SUI-91 et SUI-100. Sur les rives espagnoles, les Suisses se dĂ©font de Emirates Team New Zealand 5 Ă  2.

Thierry Martinez
Thierry Martinez
ALINGHI BAT TEAM NEW ZEALAND EN 2003 ET FAIT REVENIR LA COUPE EN EUROPE.
ERNESTO BERTARELLI SAVOURE SON TRIOMPHE, AVEC LES NÉO-ZÉLANDAIS
BUTTERWORTH ET RUSSELL COUTTS.

REMONTADA HISTORIQUE EN 2013 EN AC 72, DANS LA BAIE DE SAN FRANCISCO. LES AMÉRICAINS D’ORACLE FINISSENT PAR BATTRE LES NÉO-ZÉLANDAIS 9 À 8, APRÈS AVOIR ÉTÉ MENÉS 8 À 1.

L’avùnement des multicoques

Survient un Ă©pisode juridique au terme duquel le prochain challenger est dĂ©signĂ© sur le tapis vert, rĂ©fĂ©rence au rĂšglement de la coupe, le Deed of Gift originel. Alinghi fait construire un catamaran gigantesque Ă  Villeneuve, Alinghi 5, 34 m et 11 tonnes, qui, pour regagner la mer Ă  GĂȘnes, est hĂ©liportĂ© au-dessus des Alpes par un puissant hĂ©licoptĂšre russe Sikorsky. L’opĂ©ration est parfaitement rĂ©ussie. En revanche, le retour en Russie pour cet appareil mythique, Mil MI-26T, se solde par un crash qui le dĂ©truit totalement. Le challenger sera BMW Oracle Racing, USA-17, un trimaran Ă  aile rigide de 34 m et 17 tonnes. Comme le Sikorsky qui l’a transportĂ©, Alinghi 5 se fait dĂ©zinguer en deux manches, 2 Ă  0. En 2013, pour la 34 e Ă©dition de la coupe, les bateaux retenus sont des AC72, catamarans Ă  foils et Ă  ailes rigides. Les challengers italiens et suĂ©dois sont tour Ă  tour Ă©liminĂ©s et c’est le Royal New Zealand Yacht Club qui affronte le defender amĂ©ricain d’Oracle Team USA. Les Kiwis semblent avoir partie gagnĂ©e et mĂšnent les AmĂ©ricains 8 Ă  1, lorsque l’équipe d’Oracle Team USA remonte la pente et finit par l’emporter 9 Ă  8, aprĂšs avoir changĂ© de foils et d’une partie de l’équipage. Mais les AC 72 sont difficiles Ă  maĂźtriser et, pour

la 35e Ă©dition en 2017, ce sont les AC50, catamarans volants plus petits, qui sont en lice aux Bermudes. Un peu ennuyeuse, cette Ă©dition ne restera pas dans les annales, remportĂ©e Ă  nouveau par Emirates Team New Zealand face Ă  Oracle Team USA, 7 Ă  1. Retour aux antipodes pour la 36e Ă©dition. Les bateaux retenus sont des AC75, monocoques Ă©quipĂ©s de foils. Impressionnants de puissance et de vitesse, ils sont potentiellement en mesure d’atteindre les 50 nƓuds. Finaliste, l’équipe de Luna Rossa affronte Emirates Team New Zealand, mais perd sur le score de 7 Ă  3. Les NĂ©o-ZĂ©landais dĂ©cident rapidement de ne plus organiser la coupe dans l’hĂ©misphĂšre Sud, et prĂ©voient les prochaines confrontations Ă  Barcelone.

Aux portes de la 37e Ă©dition de la Coupe Louis-Vuitton, l’histoire du plus vieux trophĂ©e sportif ne cesse de s’écrire.

Chris Cameron
Richard Hodder
POUR LA 35e ÉDITION, RETOUR À DES BATEAUX PLUS PETITS, LES AC 50. AUX BERMUDES, EMIRATES TEAM NEW ZEALAND SE DÉFAIT DES AMÉRICAINS D’ORACLE TEAM USA 7 À 1.

QUAND LES RÊVES CONDUISENT LOIN

RĂȘver en grand: ColleMassari raconte jusqu’oĂč peuvent conduire les rĂȘves et la volontĂ©. Jour aprĂšs jour, choix aprĂšs choix.

GRANT DALTON, au four et au moulin

À la fois patron de l’America’s Cup et du Defender, le lĂ©gendaire Kiwi revient sur les conditions de la 37e Ă©dition.

Propos recueillis par Pierre-Antoine Preti

Le Defender Emirates Team New Zealand pourrait gagner la Cup trois fois d’affilĂ©e. C’est une perspective historique qui devrait vous rĂ©jouir, mais qui peut Ă©galement mettre la pression...

Absolument ! C’est une position qui a ses qualitĂ©s et ses dĂ©fauts. Mais je le vois plus comme une force qu’un surcroĂźt de stress. La pression fait partie intĂ©grante d’une campagne de l’America’s Cup. Il y a tellement d’enjeux. La marge entre la dĂ©faite et la victoire est si fine que la motivation est le seul remĂšde pour contrer la pression. En ce qui nous concerne, la perspective de rĂ©aliser une triple victoire, quelque chose qui ne s’est jamais fait auparavant, est une Ă©norme source de motivation.

Lors des prĂ©-rĂ©gates, Emirates Team New Zealand disposait vraisemblablement du meilleur bateau et du meilleur Ă©quipage. Êtes-vous confiant dans la victoire de cette Louis Vuitton 37e America’s Cup ?

C’est toujours dangereux d’ĂȘtre complaisant avec soi-mĂȘme. Cet excĂšs de confiance a probablement nui Ă  de nombreuses campagnes de l’America’s Cup, peut-ĂȘtre une des raisons pour laquelle elle n’a jamais Ă©tĂ© gagnĂ©e trois fois de suite. Ma principale confiance rĂ©side dans les membres de mon Ă©quipe, leur talent, leur culture et leur Ă©thique de travail.

Quel regard portez-vous sur le retour d’Alinghi Red Bull Racing dans la compĂ©tition ?

C’est super de voir Alinghi Red Bull Racing de retour dans la compĂ©tition. C’est d’autant plus plaisant qu’ils forment dĂ©sormais une Ă©quipe

« Nous sommes fiers de hisser le drapeau néozélandais à Barcelone »

vraiment suisse, bien plus suisse qu’ils ne l’ont jamais Ă©tĂ©. Cette rĂ©alitĂ© va progressivement renforcer la voile suisse Ă  tous les niveaux. De surcroĂźt, disposer du soutien de la puissante Ă©quipe mĂ©dia de Red Bull et de son Ă©quipe de Formule 1 est une excellente opportunitĂ© pour l’exposition de l’America’s Cup en gĂ©nĂ©ral. En ce qui concerne la performance sur l’eau, attendons de voir. Ils ont une trĂšs bonne Ă©quipe... mĂȘme si je crois qu’aujourd’hui toutes les Ă©quipes sont bonnes, donc c’est passionnant.

Pourquoi avoir choisi de quitter la Nouvelle-Zélande ?

Ce n’était pas vraiment un choix de notre part. Je parlerais plutĂŽt d’une nĂ©cessitĂ© de survie Ă©conomique. C’était indispensable si nous voulions ĂȘtre sur la ligne de dĂ©part pour dĂ©fendre la Cup. En Nouvelle-ZĂ©lande, beaucoup de gens ont Ă©tĂ© bouleversĂ©s de voir l’AiguiĂšre d’argent quitter le pays. Aujourd’hui, nous sommes fiers de hisser le drapeau nĂ©o-zĂ©landais Ă  Barcelone, une ville iconique au niveau mondial. Comme Ă  Valence, en 2007, des milliers de Kiwis vont faire le voyage pour nous soutenir. C’est une tradition depuis 1987. Je suis persuadĂ© que la qualitĂ© de l’évĂ©nement va les Ă©poustoufler.

Luca Butto’
Hamish Hooper
LE LEADER DE L'ÉQUIPE NÉO-ZÉLANDAISE CUMULE LES RÔLES D'ORGANISATEUR ET DE CHEF D'ÉQUIPE.

Êtes-vous satisfait de l’intĂ©gration de l’America’s Cup Ă  Barcelone ?

ExtrĂȘmement satisfait ! La mairie, la Catalogne, le gouvernement central, les autoritĂ©s du port et tous les partenaires commerciaux font preuve d’énormĂ©ment de motivation et de volontĂ©. Je pense que cette Ă©dition sera la meilleure America’s Cup jamais organisĂ©e. Sur le plan local, l’engouement rappelle l’importance que les Jeux olympiques de 1992 ont eu pour la ville de Barcelone. Nous voulons recrĂ©er cette magie et l’offrir Ă  la population qui nous accueille ici.

Quels sont vos objectifs d’affluence sur le site de la Louis Vuitton 37e America’s Cup ?

Pour cette 37 e Ă©dition, nous souhaitons toucher 1,5 milliard de personnes. L’évĂ©nement est diffusĂ© sur le fuseau horaire europĂ©en. Le site est facile d’accĂšs depuis le reste de l’Europe. Si l’une des quatre Ă©quipes europĂ©ennes se qualifie pour l’America’s Cup Match, il y aura un afflux important de supporters Ă  Barcelone. Ce printemps, nous avons reçu un rapport Nielsen sur l’audience des rĂ©gates prĂ©liminaires de Vilanova et de Djeddah : 714 millions de personnes ont suivi les compĂ©titions. Nous sommes dĂ©jĂ  en bonne voie pour atteindre notre objectif global. En 2021, lors de la 36e America’s Cup, nous avons touchĂ© 950 millions de personnes au total. À ce moment-lĂ , les frontiĂšres Ă©taient verrouillĂ©es par le Covid. En dehors de la Nouvelle-ZĂ©lande, la diffusion se faisait au milieu de la nuit pour la majeure partie du monde.

Barcelone attire forcĂ©ment du monde. Comment allez-vous marier visiteurs ordinaires et fans de voile ? Nous avons travaillĂ© dur pour crĂ©er un village de course attractif. Il y a beaucoup d’animations prĂ©vues, des FanZones, des Ă©crans gĂ©ants sur le front de mer. Tous les visiteurs peuvent accĂ©der directement Ă  l’évĂ©nement, et cela, totalement gratuitement.

Si on excepte le DOG Match de 2010, la derniĂšre prĂ©sence suisse date de 2007. À l’époque, les Class America Ă©taient Ă©quipĂ©s de lourdes quilles de plomb. C’est dĂ©sormais un autre sport. Quelles nouveautĂ©s la voile volante a-t-elle apportĂ©es Ă  l’America’s Cup ? Il ne faut pas seulement considĂ©rer ce que la voile volante apporte Ă  l’America’s Cup, mais bien ce qu’elle apporte Ă  la voile en gĂ©nĂ©ral.

« MA PRINCIPALE CONFIANCE RÉSIDE DANS LES MEMBRES DE MON ÉQUIPE, LEUR TALENT, LEUR CULTURE ET LEUR ÉTHIQUE DE TRAVAIL. »

« AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES FIERS DE HISSER LE DRAPEAU NÉO-ZÉLANDAIS

À BARCELONE, UNE VILLE ICONIQUE AU NIVEAU MONDIAL. »

Depuis qu’Emirates Team New Zealand l’a introduit Ă  l’America’s Cup, en 2013, le foiling a complĂštement transformĂ© le sport. Aujourd’hui, tous les gosses qui apprennent la voile veulent aller vite et voler. Les talents du futur sont de plus en plus instinctifs. Les Puig Women’s America’s Cup et UniCredit Youth America’s Cup nous donneront un bon aperçu de cette nouvelle culture.

Comment expliquez-vous une prĂ©sence aussi marquĂ©e des Ă©quipes de Formule 1 aux cĂŽtĂ©s des marins ? Qu’apportent les Ă©quipes automobiles au monde de la voile ?

La technologie. L’America’s Cup est un jeu technologique. Les Ă©quipes de Formule 1 sont parmi les organisations sportives les plus avancĂ©es. Ce sont aussi les mieux financĂ©es au monde. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait une rencontre fondamentale entre Alinghi et Red Bull, entre Ineos Britannia et Mercedes. Nous saurons Ă  partir de la fin de l’étĂ© si cette rencontre est une bonne chose ou non


Carlo Borlenghi
Richard
Hodder

ti-ceramitechtm case

3-day automatic

500 m water resistance

Boutique Panerai, Rue du RhĂŽne 21, GenĂšve

Présentation

Six équipes au pied du plus vieux trophée du monde

À l’America’s Cup, le vainqueur est le Defender (Emirates Team New Zealand).

Le Defender dĂ©finit les rĂšgles de l’édition en cours avec le premier challenger, que l’on appelle le Challenger of Record (Ineos Team Britannia).

Tous les autres adversaires sont appelés « challengers ».

Emirates Team New Zealand

Pays : Nouvelle-Zélande

Statut : Defender

Yacht Club : Royal New Zealand Yacht Squadron

Directeur général : Grant Dalton

Architecte : Emirates Team New Zealand Design Works

Skipper : Peter Burling

Barreurs : Peter Burling et Nathan Outteridge

Régleurs : Andy Maloney et Blair Tuke

Les Kiwis défendront chÚrement leur trophée

Depuis 1987, les NĂ©o-ZĂ©landais sont des artisans acharnĂ©s de l’America’s Cup. Si le rugby est sans conteste le sport numĂ©ro un dans le pays, la voile sportive suscite un formidable engouement national. Ce soutien indĂ©fectible habite chaque marin kiwi jusqu’au bout des ongles. La victoire historique de la 29e Cup, en 1995 – sous la direction du regrettĂ© Sir Peter Blake –, amĂšne le petit pays de l’hĂ©misphĂšre Sud en position de leader mondial. Ces 30 derniĂšres annĂ©es, il y a eu huit America’s Cup Match. La NouvelleZĂ©lande a participĂ© Ă  sept d’entre eux. Elle en a gagnĂ© quatre. À ce somptueux tableau de chasse s’ajoutent les victoires engrangĂ©es par les nombreux mercenaires, dont le plus cĂ©lĂšbre est sans conteste Russell Coutts. Il remporte cinq fois l’America’s Cup en tant que skipper sous les banniĂšres nĂ©o-zĂ©landaise, suisse et amĂ©ricaine.

Meilleurs sur le pont et innovants en architecture nautique, les NĂ©oZĂ©landais excellent dans le type d’entrepreneuriat nautique proposĂ© par l’America’s Cup : des campagnes de quatre ans axĂ©es principalement sur la vitesse des voiliers.

Aujourd’hui, Emirates Team New Zealand ne fait pas mentir la rĂ©putation des marins de l’hĂ©misphĂšre Sud. Vainqueur de l’édition prĂ©cĂ©dente contre

Luna Rossa Challenge, le bateau noir est le leader de cette 37e Ă©dition. Il dispose aussi d’un coup d’avance en architecture de bateaux volants. À cela s’ajoute la valeur sportive de l’équipage emmenĂ© par Peter Burling et Nathan Outteridge. L’automne dernier, cette Ă©quipe a aisĂ©ment remportĂ© la rĂ©gate prĂ©liminaire de Djeddah sur les petits AC40 monotypes. Ils sont, sur le papier, les meilleurs marins au monde.

Les performances nĂ©o-zĂ©landaises font donc figure de benchmarking pour le reste de la flotte. Mais le traditionnel handicap de l’America’s Cup doit jouer en leur dĂ©faveur : le Defender est un roi shakespearien, car il ne peut participer Ă  la Louis Vuitton Cup. Il doit se dĂ©brouiller pour progresser seul pendant que ses adversaires accumulent de l’expĂ©rience lors des Ă©liminatoires des challengers.

James Somerset

Personnages clefs

Grant Dalton (PDG)

À 66 ans, Grant Dalton a d’abord Ă©cumĂ© les ocĂ©ans du globe dans les annĂ©es 1980, 1990 et 2000. Ses cinq participations Ă  la Whitbread/ Volvo Ocean Race font de lui une lĂ©gende de la circumnavigation en Ă©quipage. Son arrivĂ©e au poste de directeur gĂ©nĂ©ral de Team New Zealand date de fĂ©vrier 2003, date de la dĂ©faite de l’équipe nationale face au DĂ©fi suisse Alinghi. Il dirige l’équipe depuis cette Ă©poque et reprend l’AiguiĂšre d’argent aux AmĂ©ricains lors de la 35e Ă©dition de 2017 et la conserve, en 2021, lors de la 36 e devant les Italiens de Luna Rossa. Il cumule la fonction de chef d’équipe avec celle d’organisateur de l’America’s Cup.

Peter Burling (skipper, barreur)

Le regard bleu acier de ce natif de Tauranga (NZL) ne trompe pas. Peter Burling est un ĂȘtre Ă  sang-froid qui transperce ses adversaires rien qu’avec les yeux. Ce caractĂšre de battant, c’est son palmarĂšs qui en parle le mieux : de 2009 Ă  2020, le skipper monte quatorze fois sur les podiums de championnats mondiaux, dont neuf sur la plus haute marche. Ce spĂ©cialiste du 49er s’est Ă©galement offert trois mĂ©dailles olympiques, dont une en or. Quand il ne navigue pas avec son Ă©quipier Blair Tuke, il participe en solo aux mondiaux de Moth (une mĂ©daille d’or et une d’argent). En 2017, il devient le plus jeune barreur Ă  gagner la Cup aux Bermudes. Promu skipper en 2021, il la dĂ©fend victorieusement face aux Italiens. Le voilĂ  confortĂ© dans son double rĂŽle de lĂ©gende vivante et d’épouvantail vĂ©lique. Il est consacrĂ© deux fois « Marin de l’annĂ©e » par la fĂ©dĂ©ration internationale de voile (World Sailing – 2017 et 2015 avec Blair Tuke).

Luca Butto
Luca Butto
Stefano
Gattini
Stefano
Gattini

Blair Tuke (régleur)

Il n’y aurait pas de Peter Burling sans Blair Tuke et inversement. Les deux compĂšres ont tout gagnĂ© ensemble et entendent bien continuer. Dans le duo, Burling barre et Tuke rĂšgle les voiles, ce qui leur ramĂšne 28 victoires dans des rĂ©gates majeures entre 2012 et 2016. Le rĂ©gleur accumule 12 mĂ©dailles dans diffĂ©rents mondiaux, dont 6 en or en 49er. Il est Ă©galement de tous les voyages olympiques du duo : Rio 2016 (or), Tokyo 2020 (argent) et Londres 2012 (argent). NommĂ© marin de l’annĂ©e en 2015, Tuke embrasse victorieusement l’America’s Cup en 2017 aux Bermudes. Un geste rĂ©itĂ©rĂ© Ă  Auckland en 2021. Sur le bateau noir, cet Ă©lectricien de formation officie au contrĂŽle des foils.

Nathan Outteridge (barreur)

Sur les podiums olympiques des 49er, quand la paire Burling/Tuke ne rafle pas la mĂ©daille d’or, elle revient Ă  Nathan Outteridge. Le barreur australien a un palmarĂšs olympique en quinconce avec ses coĂ©quipiers kiwis, en 2012 Ă  Londres (or) et en 2016 Ă  Rio (argent). Ce sillage commun l’a tellement rapprochĂ© de ses adversaires que ce rĂ©sident de Lake Macquarie est devenu deuxiĂšme barreur d’ETNZ. Également actif sur SailGP, il navigue au cĂŽtĂ© de l’équipe suisse dans le cadre de cette grande ligue de bateaux volants. Son entrĂ©e Ă  l’America’s Cup date de 2012. Il rejoint le Challenger of Record suĂ©dois, Artemis Racing. Un engagement qu’il honore Ă  nouveau en 2017, avant de s’incliner face aux NĂ©o-ZĂ©landais.

Ineos Britannia

Pays : Grande-Bretagne

Statut : Challenger of Record

Yacht Club : Royal Yacht Squadron ltd

PropriĂ©taire : Sir James « Jim » Ratcliffe, CEO d’Ineos

Skipper : Sir Ben Ainslie

Barreurs : Ben Ainslie, Giles Scott

Régleurs : Iain Jensen, Bleddyn Mon

Sir Ben Ainslie transporte l’espoir d’une nation dans la soute de Britannia : ramener The Old Mug Ă  la maison. Depuis 1930 et Sir Lipton, aucun navire de sa MajestĂ© n’avait disputĂ© trois America’s Cup d’affilĂ©e. Créée en janvier 2012, sous l’impulsion de la sociĂ©tĂ© Ben Ainslie Racing, l’équipe anglaise est dĂ©sormais Challenger of Record. Il appartient donc au Royal Yacht Squadron de nĂ©gocier les conditions de cette 37e compĂ©tition. Une tĂąche d’autant plus chargĂ©e Ă©motionnellement qu’il s’agit du club qui organisa le tour de l’üle de Wight en 1851. Finaliste de la Prada Cup, les challengers sĂ©ries de 2021, l’équipage britannique s’était inclinĂ© contre les Italiens de Luna Rossa. Ils entendent bien se qualifier pour le Match Ă  l’issue de la Louis Vuitton Cup de l’édition 2024. HĂ©ros national pour ses exploits olympiques – il est le marin le plus titrĂ© au monde –, Ben Ainslie est un redoutable rĂ©gatier.

Il subit cependant le dĂ©savantage de cumuler le rĂŽle de PDG et celui de navigant. En dĂ©but d’annĂ©e, il a dĂ» abandonner la barre du F50 anglais sur SailGP Ă  Giles Scott, son second barreur, afin de se concentrer sur la Cup. Le dĂ©fi est soutenu par le milliardaire anglais Jim Ratcliffe, magnat de la chimie et passionnĂ© de sport – notamment de foot (le Lausanne Sport lui appartient) – et de sports mĂ©caniques. Sur le plan politique, Ratcliffe est un conservateur anglais, fervent dĂ©fenseur du Brexit. AssociĂ© Ă  l’équipe F1 Mercedes AMG depuis la 36e Cup, le team britannique accueille dĂ©sormais James Allison au Design Team. Ce directeur de F1 a nourri les victoires de Michael Schumacher (Ferrari), Fernando Alonso (Renault) et Lewis Hamilton (Mercedes), jusqu’en 2020. Il n’y a donc pas que de l’espoir dans la flotte anglaise, mais aussi toutes les conditions pour une campagne de haut vol.

Le Challenger of Record britannique est sur la voie de la reconquĂȘte
Ian Roman
Job Vermeulen

Personnages clefs

Sir James Arthur Ratcliffe (PDG)

D’origine familiale modeste, Jim Ratcliffe est nĂ© prĂšs de Manchester. IngĂ©nieur chimiste de formation, il fonde le groupe de chimie Ineos en 1998. Il rĂ©side aujourd’hui Ă  Monaco et possĂšde une fortune estimĂ©e Ă  plus de 20 milliards de livres. PassionnĂ© de sport, il engage son entreprise dans un certain nombre de projets sportifs, Ă  commencer, en Suisse, par l’achat du FC Lausanne-Sport. Il est aussi Ă  l’origine de la reprise en main de l’équipe cycliste Ineos Grenadier, le rachat du FC Nice et la prise en main de 25 % des parts de Manchester United. Il est anobli en 2018, annĂ©e qui marque Ă©galement son embarquement dans la 36e America’s Cup avec Ineos Grenadier, rebaptisĂ© Ineos Britannia pour cette 37e Ă©dition.

Sir Ben Ainslie (skipper, barreur)

Charles Benedict Ainslie est l’une des lĂ©gendes vivantes qui font l’aura de l’America’s Cup. Avec quatre mĂ©dailles d’or aux JO et une mĂ©daille d’argent (Finn et Laser), « Ben » Ainslie est l’un des deux marins olympiques les plus titrĂ©s avec le Danois Paul Elvström. Il a Ă©galement marquĂ© l’histoire de l’America’s Cup en remportant la 34e Ă©dition comme tacticien sur le bateau amĂ©ricain Oracle Team USA. Cela fait de lui le deuxiĂšme Anglais, aprĂšs Charlie Barr (1899, 1901 et 1903), Ă  remporter l’America’s Cup sous pavillon amĂ©ricain. Ben Ainslie rĂȘve dĂ©sormais de ramener l’aiguiĂšre d’argent dans son pays natal.

Giles Scott (barreur)

DeuxiĂšme barreur du bateau anglais, Giles Scott a dĂ©jĂ  trois campagnes de l’America’s Cup derriĂšre lui et deux mĂ©dailles d’or olympiques en Finn, Ă  Rio (2016) et Ă  Tokyo (2021). Pour cette quatriĂšme participation, il est pressenti pour le poste de barreur. Poste qu’il occupe dĂ©sormais sur le bateau anglais du SailGP, aprĂšs un passage de tĂ©moin de Ben Ainslie. Avec une carriĂšre olympique entre parenthĂšse, le barreur se donne tous les moyens de progression possibles, en vue de la victoire finale.

James Allison (ingénieur F1)

James Allison est l’atout « Formule 1 » de l’équipe anglaise. NĂ© en 1968, l’ingĂ©nieur britannique a Ă©tudiĂ© Ă  Cambridge avant de dĂ©buter sa carriĂšre chez Benetton en 1991. Ses talents en aĂ©rodynamique et sa vision novatrice l’ont conduit Ă  des postes clefs chez Ferrari et Renault, contribuant Ă  plusieurs titres de champion du monde. Depuis 2013, il occupe le poste de directeur technique chez Mercedes-AMG Petronas F1 Team, partenaire automobile de l’équipe anglaise.

Freddie Carr (power group)

David « Freddie » Carr apporte sa redoutable expĂ©rience de la Cup au Challenger of Record britannique. Ce natif de l’üle de Wight est un habituĂ© de la compĂ©tition. Il vit sa sixiĂšme America’s Cup comme cycliste. Il dispose Ă©galement d’une solide expĂ©rience en multicoque, avec cinq saisons en Extreme Sailing Series, dont une victoire au gĂ©nĂ©ral avec Oman Sail.

Iain Jensen (régleur)

Il faut toujours un Australien dans un Ă©quipage anglo-saxon. Mais c’est surtout les qualitĂ©s de rĂ©gatier de Iain Jensen qui justifient sa prĂ©sence sur le bateau britannique. Avec une mĂ©daille d’or olympique (Londres 2012) et une en argent (Rio 2016) en 49er, le rĂ©gleur de voile a officiĂ© dans quatre campagnes de l’America’s Cup, dont deux sous pavillon anglais. Son regard technique est aussi apprĂ©ciĂ© par les concepteurs de voile.

Alinghi Red Bull Racing

Pays : Suisse

Statut : Challenger

Yacht Club : Société Nautique de GenÚve

Propriétaire : Ernesto Bertarelli

Architecte principal : Marcelino Botin

Skipper : Pierre-Yves Jorand

Barreurs : Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin

Régleurs : Bryan Mettraux et Yves Detrey

Coaches : Pietro Sibello et Dean Barker

Un nouveau départ pour Alinghi Red Bull Racing

Au dĂ©but du millĂ©naire, il Ă©tait une fois un petit nom, une plaisanterie d’enfant, qui rĂ©sonnait fiĂšrement dans la bouche des HelvĂštes : Alinghi. Le patronyme convoque des souvenirs : la surprenante victoire de 2003, sous la conduite de l’expĂ©rimentĂ© Russell Coutts et de son « Kiwi Five » ; la dĂ©fense victorieuse de 2007, sous la conduite de Brad Butterworth ; le drapeau solidement hissĂ© sur les bases d’Auckland et de Valence sur un fond de cor des Alpes. OrganisĂ©e par le Defender suisse, la 32e Ă©dition, avec ses douze concurrents, reste probablement parmi les plus belles de l’America’s Cup. Les habitants du petit pays sans mer Ă©voquent encore avec fiertĂ© les embruns victorieux sous la coque des lourds Class America. Mais ça, c’était avant ! Entretemps, il y a eu le conflit juridique, la pantalonnade du Deed of Gift Match de 2010 et la dĂ©confiture sur fond de maxi-multicoques. Aujourd’hui, les membres du Kiwi Five ont pris leur retraite. L’équipage doit se forger une expĂ©rience 100 % helvĂ©tique. Les bateaux volent. Il s’agit d’un autre sport. Tout est Ă  refaire. Et c’est probablement lĂ  l’enjeu principal du DĂ©fi Suisse. Car il ne faut pas se voiler la face. Sur le papier, il n’est pas certain que le nouvel Alinghi Red Bull Racing rĂ©itĂšre l’exploit de 2003. « À vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire », disait Corneille. En attendant, les Suisses se sont vite mis dans le coup. PremiĂšre Ă©quipe Ă  s’entraĂźner Ă  Barcelone, ils se sont classĂ©s troisiĂšmes Ă  Djeddah. La suite va dĂ©pendre de la qualitĂ© de l’AC75. À l’heure oĂč nous mettons sous presse, le design de l’architecte espagnol Marcelino Botin et de son Ă©quipe a Ă©tĂ© mis en Ɠuvre Ă  Ecublens et vogue dĂ©sormais Ă  Barcelone. La Suisse restant le pays de la technologie Ă  haute valeur ajoutĂ©e, les meilleurs ingĂ©nieurs du pays ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s autour de la bĂȘte composite. De son cĂŽtĂ©, l’écurie Red Bull amĂšne sa science de la Formule 1 et anime la communication suisse avec ses athlĂštes bigarrĂ©s. À en juger par les allers et retours en Autriche, le partenariat conclut du vivant de Dietrich Mateschitz, le crĂ©ateur de Red Bull dĂ©cĂ©dĂ© en octobre 2022, fonctionne bien. En ce qui concerne la cellule arriĂšre du bateau, les marins d’Alinghi Red Bull Racing sont ce que la Suisse a produit de mieux ces dix derniĂšres annĂ©es : pendant les prĂ©-rĂ©gates, Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin Ă©taient Ă  la barre, Bryan Mettraux et l’expĂ©rimentĂ© Yves Detrey se partageaient les rĂ©glages. Une configuration qui peut encore bouger d’ici la fin de l’étĂ©. L’équipe B est de trĂšs bon niveau Ă©galement. Tout ce petit monde est parti s’entraĂźner en Arabie saoudite cet hiver sur les AC40 pendant que le Power Group, lui, produit des watts sans discontinuer sur les simulateurs de la base barcelonaise.

Il reste Ă  savoir ce que les meilleurs Suisses sont capables de faire face aux stars mondiales. Pour rappel, Ben Ainslie (Ineos Britannia), Peter Burling (Emirates Team New Zealand) et Tom Slingsby (NYYC American Magic) cumulent Ă  eux trois six mĂ©dailles d’or olympiques et deux d’argent, sans compter les dizaines de titres mondiaux dans toutes les catĂ©gories, de la voile volante aux dĂ©riveurs olympiques. Pour gagner, il faudra donc gommer le satanĂ© complexe d’infĂ©rioritĂ© helvĂšte. Ça, c’est le job d’Ernesto Bertarelli. Le milliardaire suisse aime cultiver « l’esprit de famille » au sein de ses Ă©quipes. Il est entourĂ© de sa garde rapprochĂ©e, Pierre-Yves Jorand (co-manager), Nils Frei (relations sponsors) et les membres de son Ă©quipe historique sont lĂ . Les coachs Pietro Sibello (ITA) et Dean Barker (NZL) conseillent et font office de sparring-partners sur l’eau. Autre aide prĂ©cieuse, l’ancien skipper Brad Butterworth apporte sa vista, son expĂ©rience et son humour Ă  l’ensemble. Le cocon protecteur est bienvenu. Il doit impĂ©rativement sĂ©curiser les athlĂštes avant de les lancer en orbite Ă  la fin du mois d’aoĂ»t.

Oriol Castello
Samo
Samo

Personnages clefs

Ernesto Bertarelli (président)

Ernesto Bertarelli, nĂ© en 1965 Ă  Rome, est un homme d’affaires suisse d’origine italienne. Issu d’une famille fortunĂ©e, il a hĂ©ritĂ© de l’empire biopharmaceutique Serono, qu’il a dĂ©veloppĂ© avant de le vendre. Philanthrope engagĂ©, il consacre une part de sa fortune Ă  des initiatives dans les domaines de la recherche mĂ©dicale, de l’éducation et de la conservation marine. Navigateur passionnĂ©, Ernesto Bertarelli remporte sept fois le Bol d’Or du LĂ©man et huit fois le championnat des D35. En mer, il inscrit quatre victoires sur le circuit international des Extreme Sailing Series (2008, 2014, 2016 et 2018) et gagne le GC32 Racing Tour en 2019 et 2021. Son histoire avec l’America’s Cup dĂ©marre avec la retentissante victoire de 2003, puis la dĂ©fense victorieuse de 2007. « Alinghi » Ă©tait un personnage imaginaire qui accompagnait Ernesto et sa sƓur Dona au bord de la mer quand ils Ă©taient enfants. Le patronyme plait alors au patriarche, Fabio Bertarelli, qui baptise ainsi le premier bateau familial.

Pierre-Yves Jorand (codirecteur sportif)

Sur le lac, en mer ou Ă  terre, Pierre-Yves Jorand fait partie de l’ADN d’Alinghi. Depuis 1994, le codirecteur sportif a Ă©tĂ© de tous les coups aux cĂŽtĂ©s d’Ernesto Bertarelli. MaĂźtre voilier, il a rĂ©gatĂ© sur tous les multicoques lacustres : Le Rouge (ex PosĂ©idon), le Jaune et l’imbattable Black. DĂšs 2004, il enchaĂźne les saisons en D35, avec un taux de rĂ©ussite impressionnant. En mer, il participe Ă  l’aventure des Maxi One Design, se lance dans l’America’s Cup au dĂ©but des annĂ©es 2000. Bon analyste, fin rĂ©gatier, le brillant communicateur est souvent la voix de l’équipe face au grand public. La vitesse et la glisse ont toujours fait partie de la vie de cet ancien champion d’Europe en ski de vitesse (1988).

Marcelino Botin (architecte principal)

Fondateur et prĂ©sident de Botin Partners Naval Architecture, l’architecte espagnol Marcelino Botin est un spĂ©cialiste des quilles et des appendices. Ça tombe bien. C’est Ă  peu prĂšs lĂ  que se situent les grands choix de la 37e Ă©dition de l’America’s Cup.

Les premiers contacts avec la Cup datent de 2004. Botin travaille sur le Class America nĂ©o-zĂ©landais. En 2005, son TP52 gagne l’Audi Med Cup. Une sĂ©rie particuliĂšrement inspirante pour le bureau Botin qui gagnera douze saisons consĂ©cutives, de 2008 Ă  2019. En 2008, son Volvo 70 Puma fait deuxiĂšme autour du monde. Idem en 2011, avec le Camper d’ETNZ. Il travaille pour Luna Rossa en 2013 et pour American Magic lors de la derniĂšre Cup.

Arnaud Psarofaghis (barreur)

Avant-derniĂšre gĂ©nĂ©ration d’une dynastie de marins lĂ©maniques, Arnaud Psarofaghis (35 ans) a d’abord usĂ© ses fonds de cirĂ©s sur les voiliers du chantier familial. Il s’est ensuite littĂ©ralement envolĂ© sur les Moths Ă  foils, avec deux titres de champion d’Europe (2008, 2009) et un podium de champion du monde (2009) Ă  la clĂ©. SacrĂ© « Navigateur suisse de l’annĂ© » Ă  26 ans (2014) c’est tout naturellement qu’il se dirige vers les meilleures Ă©quipes lacustres de son Ă©poque, Tilt, Realstone, puis Alinghi, avec qui il remporte trois championnats lĂ©maniques (2017, 2018, 2019) en D35, deux championnats d’Extreme Sailing SĂ©ries (2016, 2018) et un titre de champion du monde de GC32 en 2019.

Maxime Bachelin (barreur)

Maxime Bachelin aurait-il pu imaginer se retrouver Ă  la barre d’un AC75 Ă  26 ans ? Pas sĂ»r ! C’est pourtant ce qui attend ce jeune homme extrĂȘmement douĂ©. ArrivĂ© Ă  la voile sur les traces de son frĂšre JĂ©rĂ©my, rĂ©gleur/grinder du Switzerland SailGP Team, Maxime s’inscrit dans le top 10 mondial en 420. Il se lance ensuite en 49er, avec une jolie 4e place au championnat d’Europe.

Bryan Mettraux (régleur)

Quand il y a un drapeau suisse sur une voile, la famille Mettraux n’est jamais trĂšs loin. Sur l’AC75 Alinghi Red Bull Racing, c’est Bryan qui rĂšgle. Ce digne citoyen de Versoix ne rechigne pas Ă  travailler les bateaux en bois. Il a Ă©tĂ© formĂ© comme constructeur naval au chantier naval de Philippe Durr. Champion du monde en GC32 en 2018 et 2019, il intĂšgre Alinghi cette mĂȘme annĂ©e aprĂšs un riche parcours lĂ©manique, notamment au Centre d’EntraĂźnement Ă  la RĂ©gate, et une participation Ă  la Red Bull Youth America’s Cup de San Francisco (2013) avec le team Tilt.

Yves Detrey (régleur)

Chez les Detrey, la voile n’est pas une option. Pour Yves, tout a commencĂ© Ă  l’ñge de huit ans, au large de Clarens, sur le bateau familial. Fait rare, Yves a participĂ© Ă  l’America’s Cup avant mĂȘme la crĂ©ation de l’équipe Alinghi, en 2000, avec le bateau suisse Fast 2000. Par la suite, il a Ă©tĂ© de toutes les aventures Alinghi. Quand il ne navigue pas, il vole, glisse, roule et pratique Ă  peu prĂšs tous les sports capables d’assouvir ses immenses capacitĂ©s physiques et mentales. Il rĂšgle les voiles et les foils en mer et ne lĂąche jamais l’objectif.

L’engagement de Peter Burling et Blair Tuke pour les ocĂ©ans

Les insĂ©parables Kiwis, Peter Burling et Blair Tuke, ne forment pas un duo gagnant uniquement sur l’eau, mais aussi en dehors. Au fil de leur carriĂšre, du 49er Ă  l’America’s Cup en passant par The Ocean Race, ils ont parcouru le monde. Ces derniers ont ainsi pris conscience que l’ocĂ©an et la vie qu’il abrite sont soumis Ă  une pression Ă©norme en raison de l’impact de l’homme.

Texte ) Pauline Katz

Les deux piliers du syndicat ETNZ ont fondĂ© Live Ocean en 2019, une organisation caritative pour la conservation du milieu marin. Agir pour protĂ©ger les ocĂ©ans Ă©tait quasiment une Ă©vidence pour Peter Burling et Blair Tuke. « La connexion entre la voile et l’ocĂ©an est unique et puissante. C’est le partenariat parfait entre un sport et un objectif. En tant que marins Ă©voluant sur la scĂšne mondiale, nous sommes en mesure d’utiliser notre image pour amplifier le message d’une action positive en faveur des ocĂ©ans », explique Blair Tuke. Peter Burling ajoute : « Notre objectif principal en lançant Live Ocean Ă©tait d’utiliser notre plateforme et nos voix pour sensibiliser davantage de personnes aux problĂšmes auxquels l’ocĂ©an est confrontĂ©. ParallĂšlement, nous

Hamish
Hooper
Live Ocean

DR voulions également établir des partenariats pour soutenir le travail extraordinaire déjà accompli par les scientifiques néo-zélandais. »

Projets multiples

L’organisation s’investit sur de nombreux projets que Peter Burling commente : « Depuis la crĂ©ation de la fondation, nous nous engageons pour la sauvegarde de l’albatros des Antipodes, une espĂšce d’oiseau marin sentinelle en danger d’extinction. Nous sommes Ă©galement trĂšs enthousiastes du potentiel des travaux de recherche sur le rĂŽle des forĂȘts de varech dans la sĂ©questration du carbone. Live Ocean a aussi rĂ©cemment initiĂ© la conversion numĂ©rique d’un projet de science citoyenne en Nouvelle-ZĂ©lande, appelĂ© Marine Metre2. DĂ©sormais, n’importe qui, y compris les Ă©coliers, peut utiliser un smartphone pour crĂ©er un modĂšle numĂ©rique 3D du littoral, collectant ainsi de prĂ©cieuses donnĂ©es. »

À noter que la maison horlogĂšre suisse Omega soutient Live Ocean depuis ses dĂ©buts, un partenariat prĂ©cieux selon Blair Tuke : « Omega nous accompagne depuis longtemps dans notre carriĂšre sportive, et nous ne pourrions ĂȘtre plus heureux de leur soutien pour faire avancer le travail de Live Ocean Ă©galement. Notre passion commune pour la protection et la restauration de l’environnement marin est ce qui rend notre partenariat solide
 aprĂšs tout, il n’y a qu’un seul ocĂ©an, et il nous connecte tous. »

Plus d’infos sur liveocean.com

3 questions à BRUNO TROUBLÉ , fondateur de la Louis Vuitton Cup

Comment en ĂȘtes-vous venus Ă  imaginer le concept de la Louis Vuitton Cup nĂ©e en 1983 ?

Bruno TroublĂ© a apportĂ© sa pierre Ă  l’édifice monumental qu’est devenu l’America’s Cup. AprĂšs avoir barrĂ© le dĂ©fi français en 1977 et en 1980 – rĂ©alisant par ailleurs la meilleure performance de l’histoire de la nation tricolore sur la compĂ©tition –, il a donnĂ© naissance Ă  la Coupe Louis-Vuitton. PanthĂ©onisĂ© au Hall of Fame de l’America’s Cup depuis 2007, il continue par passion Ă  dĂ©velopper des partenariats au service de la manifestation.

« Il n’est pas certain que les quarantenaires soient encore dans le coup ! »

C’est trĂšs simple. J’ai eu la chance de participer en 1977 et 1980 Ă  la Coupe avec le baron Bich. Malheureusement, nous avions nos limites budgĂ©taires et comme j’ai pris l’habitude de le dire : « La Coupe, c’est difficile quand on a de l’argent, mais c’est un calvaire lorsque l’on n’en a pas. » Cela pour une raison simple : si lors d’une rĂ©gate, on termine 40e sur 60 participants, on peut toujours dire qu’il y en a 20 qui sont restĂ©s derriĂšre. En match-race, lorsqu’on perd en duel, il est souvent plus difficile de maintenir l’énergie au sein de l’équipe et le manque de moyens joue un rĂŽle dĂ©terminant. En 1983, Bich s’est retirĂ© et j’ai pris la charge de mener le dĂ©fi français. Faute de soutiens financiers suffisants, nous avons dĂ» nous rĂ©soudre Ă  prendre le mĂȘme bateau qu’en 1980, les mĂȘmes voiles, le mĂȘme Ă©quipement. Jusqu’à cette Ă©poque, les Challengers organisaient eux-mĂȘmes le processus de sĂ©lection pour participer au Match. Cela faisait peser un coĂ»t supplĂ©mentaire sur les Ă©quipes. Lorsque j’arrive autour de la table, les autres challengers m’annoncent que j’allais devoir payer l’équivalent de 500’000 euros. Je leur ai alors expliquĂ© que je n’avais pas un rond pour payer ma part ! Il me fallait trouver un sponsor. Je connaissais un

peu le prĂ©sident de Vuitton. Je l’ai appelĂ© pour en discuter et il m’a dit : « Je vous rappelle ce soir. » C’est ainsi que nous avons imaginĂ© la Coupe Louis Vuitton. L’idĂ©e Ă©tait de crĂ©er un circuit pour rendre l’America’s Cup plus visible avec des rĂ©gates plus Ă©talĂ©es dans le temps et plus d’équipes engagĂ©es. Les retombĂ©es furent mondiales et ont permis d’augmenter l’intĂ©rĂȘt du public pour la Coupe. Il s’agit, aujourd’hui encore, de l’un des plus longs partenariats commerciaux au monde entre une marque et un Ă©vĂ©nement sportif.

Certaines critiques ont Ă©tĂ© Ă©mises concernant le manque de rĂ©gates prĂ©liminaires en AC40 pour cette Ă©dition. Quelle est votre opinion ? Je pense que le format est trĂšs bien tel qu’il est. Les rĂ©gates prĂ©liminaires diluent le suspense. Si l’on sait Ă  l’avance qui va gagner, suivre la

Propos recueillis par Quentin Mayerat DR

compĂ©tition devient moins intĂ©ressant. Je comprends l’envie des Ă©quipes de s’entraĂźner en rĂ©gatant, mais l’intĂ©rĂȘt du sport, c’est le suspense. Nous en saurons plus sur les forces en prĂ©sence lors du lancement la Coupe Louis Vuitton en septembre.

En tant qu’observateur aguerri et expĂ©rimentĂ©, vous risqueriez-vous Ă  des pronostics pour la prochaine Ă©dition ?

Je n’en sais pas plus que les autres. Une question reste cependant ouverte concernant les Anglais. Il s’agit de la seule Ă©quipe Ă  avoir construit un bateau vraiment diffĂ©rent de tous les autres. Si leur concept s’avĂšre concluant, les diffĂ©rentiels de vitesse pourraient ĂȘtre importants. Sinon, je trouve que le jeu reste trĂšs ouvert. Je vois bien une finale opposant ETNZ aux Suisses ou aux Italiens. Je suis sidĂ©rĂ© par la compĂ©tence des jeunes sur cette Ă©dition, comme c’est le cas avec Marco Gradoni, de Luna Rossa, qui remportait son troisiĂšme titre mondial d’Optimist en 2019 ! Ce n’est plus de la rĂ©gate telle qu’on la connaissait. Le niveau de rĂ©activitĂ© demandĂ© nous fait rentrer dans l’univers du jeu vidĂ©o. Il n’est pas certain que les quarantenaires soient encore dans le coup !

À lire : Pas une minute à perdre, Éditions Albatros

Bruno TroublĂ© nous partage des anecdotes et des histoires inĂ©dites sur sa famille et des personnalitĂ©s qu’il a rencontrĂ©es (Gardini, OwenJones, de Broca, Tapie, Deniau
). Il nous dĂ©voile les coulisses des Ă©vĂ©nements uniques créés avec son agence Jour J (Candidature de Paris aux JO, Voiles de la LibertĂ©), sans oublier de partager sa passion pour la Coupe de l’America qu’il a suivie depuis 40 ans, en tant que skipper puis comme organisateur de la Louis Vuitton Cup.

Luca Butto
Carlo Borlenghi

Luna Rossa Prada Pirelli Team

Pays : Italie

Statut : Challenger

Yacht Club : Circolo della Vela Sicilia

Propriétaire : Patrizio Bertelli, CEO de Prada

Architecte principal : Horacio Nicolas Carabelli

Skipper : Max Sirena

Barreurs pressentis : Francesco Bruni, Jimmy Spithill, Marco Gradoni

Régleurs : Umberto Molineris

Coach : Philippe Presti

La fougue et l’élĂ©gance de l’Italie

Luna Rossa Prada Pirelli Team est un sĂ©rieux challenger de cette 37e Ă©dition. Pour sa sixiĂšme participation, l’équipe italienne ne se refuse rien. L’équipe du skipper Max Sirena a choisi de mettre en concurrence l’énorme expĂ©rience des barreurs Jimmy Spithill (AUS), Francesco Bruni (ITA) et l’explosivitĂ© des jeunes Marco Gradoni (ITA) et Ruggero Tita (ITA). Cette deuxiĂšme Ă©quipe a notamment fait parler d’elle en terminant en finale Ă  Djeddah, lors des prĂ©-rĂ©gates en AC40. Difficile, dĂšs lors, de savoir qui sera Ă  la barre du bateau transalpin au moment oĂč nous mettons sous presse. Lors de la 36e Cup, en 2021, les Italiens ont remportĂ© la Prada Cup. Lors du Match final, ils ont rĂ©ussi Ă  gagner trois courses contre les NĂ©oZĂ©landais, soit le meilleur score dans l’histoire de l’America’s Cup pour une Ă©quipe perdante. C’est donc fort de cette expĂ©rience, avec des moyens Ă  la hauteur de l’évĂ©nement, que le bateau transalpin se lance Ă  la conquĂȘte de l’AiguiĂšre d’argent. Parmi ces moyens humains, citons une prĂ©sence

helvĂšte loin d’ĂȘtre anodine : celle de Jean-Claude Monnin. Responsable des simulateurs de l’équipe italienne, Jean-Claude est tombĂ© dans l’America’s Cup avec ses logiciels de rĂ©gate créés sur les bancs de l’École Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne. Pour sa septiĂšme participation – la premiĂšre avec Luna Rossa –, le plus « numĂ©rique » des frĂšres Monnin a dĂ©jĂ  gagnĂ© la Cup quatre fois, dont deux avec Alinghi (2003, 2007) et deux avec ETNZ (2017, 2021).

Sous les couleurs du Circolo Della Vela Sicilia, l’équipe Luna Rossa Prada Pirelli Team met un point d’honneur Ă  parer son Ă©quipe sportive avec l’élĂ©gance et le lifestyle chers Ă  Patrizio Bertelli et Ă  son Ă©pouse Miuccia Prada.

Patrizio Bertelli (PDG)

ÂgĂ© de 77 ans, Patrizio Bertelli est un animateur assidu de l’America’s Cup depuis 25 ans. NĂ© en Toscane, il crĂ©e Sir Robert, une compagnie de produits de luxe en cuir, pendant ses Ă©tudes. Son mariage avec Miuccia Prada, petite-fille de Mario Prada, donne une nouvelle envergure Ă  l’entreprise familiale dans les annĂ©es 1980. À la tĂȘte d’une fortune estimĂ©e Ă  5 milliards de dollars, le couple crĂ©e la fondation Prada en 1993. En 1997, le couple Bertelli-Prada lance son premier challenge en vue de l’édition 2000 de l’America’s Cup. Il ne quittera plus le circuit depuis, avec le succĂšs grandissant qu’on lui connaĂźt.

Max Sirena (skipper)

Le premier contact des Suisses avec Massimiliano « Max » Sirena est plutĂŽt douloureux. C’est lui qui Ă©tait responsable de l’aile gigantesque du bateau amĂ©ricain BMW Oracle Racing, en 2010, lors du Deed of Gift Match de la 33e Ă©dition qui dĂ©fit Alinghi. Natif de Rimini, le skipper du bateau italien depuis 2013 a participĂ© Ă  huit campagnes d’America’s Cup. C’est la sixiĂšme fois avec Luna Rossa. Outre les sports d’eau, le marin est Ă©galement passionnĂ© de moto et de vĂ©lo.

Philippe Presti (coach)

S’il n’avait Ă©tĂ© marin, Philippe Presti aurait choisi l’enseignement. Pour sa septiĂšme America’s Cup – dont deux victorieuses (Oracle Team USA, 2010 et 2013) –, le coach français fait fonctionner son art de la pĂ©dagogie auprĂšs de l’équipe sportive et du grand public. Bourlingueur, il a gagnĂ© de nombreuses mĂ©dailles dans divers circuits internationaux tels que les classes Finn et Soling, ainsi que le circuit mondial de Match Racing, les RC44, les 12 Metre et les Maxi.

Jean-Claude Monnin (simulateur)

VoilĂ  le couteau suisse de l’équipe italienne. Ce Zougois d’origine jurassienne a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© par Russell Coutts Ă  l’ñge de 24 ans, alors qu’il jouait avec l’un des premiers simulateurs de rĂ©gates sur les bancs de l’École Polytechnique FĂ©dĂ©rale de Lausanne. DeuxiĂšme d’une fratrie cĂ©lĂšbre dans le monde de la voile lĂ©manique et du match racing international (Éric et Marc), Jean-Claude a dĂ©jĂ  gagnĂ© la Cup quatre fois, dont deux avec Alinghi (2003, 2007) et deux avec ETNZ (2017, 2021). Sa premiĂšre campagne sous les couleurs italiennes marque sa septiĂšme participation Ă  l’America’s Cup. Un vĂ©ritable porte-bonheur.

Jimmy Spithill (barreur)

Jimmy Spithill est le barreur le plus expĂ©rimentĂ© de l’America’s Cup. En 2010, lors du Deed of Gift Match opposant Alinghi Ă  Oracle BMW Racing, c’est ce jeune Australien qui avait menĂ© l’équipe de Larry Ellison Ă  la victoire. Vainqueur de l’America’s Cup en 2010 et en 2013, avec la remontada historique de 8-1 Ă  8-9 face aux Kiwis, Spithill partage avec Denis Conner le record du plus grand nombre de victoires de manches (17) lors d’un Match de la Cup. Homme de tous les records, il est non seulement le plus jeune barreur de la Cup en 1999 (20 ans) mais il a Ă©galement barrĂ© lors des sept derniĂšres America’s Cup, dont quatre en finale (Oracle 2010, 2013, 2017, Luna Rossa 2021).

Marco Gradoni (barreur)

VoilĂ  la nouvelle entrĂ©e de la cellule arriĂšre italienne. MontĂ© Ă  bord de Luna Rossa en 2022, Marco Gradoni disputera sa premiĂšre America’s Cup en 2024. Ce trĂšs jeune barreur comprend tout ce qui flotte dĂšs qu’il le touche. L’automne dernier Ă  Djeddah, lors des prĂ©-rĂ©gates en AC40, il a fait parler de lui en qualifiant son Ă©quipe pour la finale face Ă  ETNZ. Trois fois champion du monde d’Optimist d’affilĂ©e (2017, 2018, 2019), Gradoni est nommĂ© « Marin de l’annĂ©e Rolex » Ă  l’ñge de 15 ans, en 2019. Il deviendra champion du monde de 470 mixte, avec Alessandra Dubbini, en 2021.

NYYC American Magic

Pays : États-Unis

Statut : Challenger

Yacht Club : New York Yacht Club

Associés principaux : Hap Fauth et Doug DeVos

Architecte principal : Scott Ferguson

Skipper : Terry Hutchinson / Tom Slingsby

Barreurs : Tom Slingsby and Paul Goodison

Régleurs : Lucas Calabrese, Riley Gibbs, Michael Menninger

Head Coach : Tom Burnham

American Magic a donnĂ© rendez-vous Ă  l’Histoire « American Magic » est la conjonction de deux noms de voiliers : « America » pour la goĂ©lette qui remporta « la coupe des 100 guinĂ©es » autour de l’üle de Wight, en 1851, et « Magic » pour le nom du yacht qui dĂ©fendit victorieusement l’America’s Cup pour la premiĂšre fois, dans la baie de New-York, en 1870. C’est avec ces deux symboles historiques que Hap Fauth a lancĂ© son DĂ©fi amĂ©ricain, en octobre 2017, Ă  l’occasion de la 36e America’s Cup de 2021. Il Ă©tait accompagnĂ© du coureur automobile retraitĂ© Roger Penske et du CEO de l’équipe Quantum Racing Doug DeVos. Mais, en demi-finale de sĂ©lection des challengers, le spectaculaire et destructeur chavirage du voilier Patriot l’élimine face aux Italiens. Pour cette 37e Ă©dition, l’équipe amĂ©ricaine s’est associĂ©e le concours de deux mercenaires de choix : avec l’Australien Tom Slingsby et l’Anglais Paul Goodison, les AmĂ©ricains s’offrent deux palmarĂšs impressionnants, tant au niveau olympique qu’avec les bateaux volants de SailGP.

AprĂšs cinq campagnes d’America’s Cup, l’expĂ©rimentĂ© Terry Hutchinson joue toujours les chefs d’orchestre stratĂ©giques avec une nouvelle direction exĂ©cutive. Vainqueur lors de la prĂ©-rĂ©gate de Vilanova, dans des conditions un peu douteuses, l’équipe n’a cependant pas confirmĂ© l’essai dans la brise de Djeddah. Il reste Ă  voir le bateau que le Design Team dirigĂ© par Scott Ferguson va rĂ©ussir Ă  construire, sachant que ce dernier architecte naval est un transfuge de l’équipe italienne Luna Rossa, qu’il a quittĂ©e Ă  l’occasion de cette campagne. À Barcelone, l’équipe amĂ©ricaine souhaite assurĂ©ment faire honneur Ă  la lĂ©gende et ramener l’AiguiĂšre d’argent dans sa vitrine des salons feutrĂ©s du New York Yacht Club.

Personnages clefs

John J Hap Fauth (associé principal)

Fondateur en 2005 et principal animateur de l’équipe « Bella Mente Racing », Hap Fauth est un businessman amĂ©ricain actif dans diffĂ©rents secteurs, de l’agriculture Ă  l’aĂ©ronautique. C’est Ă©galement un skipper de maxi yacht. En octobre 2017, il fonde le Bella Mente Quantum Racing avec son compĂšre Doug DeVos. L’ajout de l’ancien pilote automobile Roger Penske et la collaboration avec le New York Yacht Club constitue le cƓur du premier DĂ©fi amĂ©ricain pour la 36e campagne de l’America’s Cup. RelancĂ© pour la 37e campagne, American Magic continue sa quĂȘte de l’AiguiĂšre d’argent avec les deux associĂ©s de base.

Doug DeVos (associé principal)

Membre distinguĂ© du New York Yacht Club, Doug DeVos est un businessman amĂ©ricain hĂ©ritier de la compagnie familiale Amway, spĂ©cialisĂ©e dans les produits de beautĂ©s et de soins. Il est aussi l’actionnaire principal de la voilerie Quantum Sails, basĂ©e Ă  Traverse City, dans le Michigan. Dans le monde de la voile, ce pĂšre de quatre enfants est Ă©galement connu pour avoir fondĂ© le Quantum Racing Team. Avec l’aide de Terry Hutchinson, DeVos a remportĂ© quatre fois le championnat des TP52 (2018, 2016, 2014, 2013).

Alex Carabi

Terry Hutchinson

(skipper, President of sailing operations)

NommĂ© deux fois « Marin de l’annĂ©e Rolex » (2008, 2014), Terry Hutchinson est un personnage clĂ© de la stratĂ©gie de l’équipe amĂ©ricaine. Onze fois champion du monde en Corel 45, J24, TP52, Farr 40 et classes IMS, le marin a aussi gagnĂ© la Louis Vuitton Cup avec Emirates Team New Zealand en 2007. Il laisse cinq America’s Cup dans son sillage, sans aucune victoire pour l’instant. À 56 ans, il souhaite probablement terminer le job sous son propre drapeau national et avec une Ă©quipe qui en a dĂ©finitivement les moyens.

Tom Slingsby (barreur)

Vainqueur de l’America’s Cup 2013, avec le Team Oracle USA, l’Australien Tom Slingsby est l’un des trois meilleurs barreurs de grands bateaux volants au monde. Au SailGP, il a remportĂ© les saisons 1 et 2 avec l’équipe australienne. D’abord passionnĂ© de tennis, le jeune homme est fascinĂ© par les marins olympiques lors des jeux de Sydney (2000). Il se lance alors en Laser et domine la sĂ©rie, avec cinq titres de champion du monde entre 2006 et 2012 ainsi qu’une mĂ©daille d’or aux JO de Londres (2012). NommĂ© meilleur marin de l’annĂ©e en 2010, cet amateur de jiujitsu s’offre la Rolex Sydney Hobart Yacht Race en 2016 et son premier titre mondial en Moth en 2019.

Paul Goodison (barreur)

Paul Goodison est dĂ©tenteur d’une mĂ©daille d’or en Laser lors des Jeux olympiques de Beijing (2008). NĂ© en 1977 dans le South Yorkshire, le citoyen britannique gagne les mondiaux de Laser en 2009 devant un certain
 Tom Slingsby. Autant dire qu’à dĂ©faut d’ĂȘtre citoyens amĂ©ricains, les deux barreurs d’American Magic se connaissent Ă  la perfection. Goodison possĂšde aujourd’hui trois titres de champion du monde de Moth en 2016, 2017 et 2018, ce qui fait de lui un spĂ©cialiste du vol. Quand il lui reste du temps, il est Ă©galement champion du monde en Melges 20 et Melges 32. C’est sa deuxiĂšme campagne sous les couleurs amĂ©ricaines.

Scott Ferguson (coordinateur des architectes)

Scott Ferguson travaille dans l’industrie nautique depuis 1984. De retour sous la banniĂšre amĂ©ricaine aprĂšs un dĂ©tour chez Luna Rossa lors de la 36e Cup, l’architecte en est Ă  sa cinquiĂšme campagne d’America’s Cup, dont deux victorieuses, en 2013 et en 2010, avec Oracle BMW Racing. C’est lui qui avait dessinĂ© la gigantesque aile amĂ©ricaine fatale Ă  Alinghi lors du Deed of Gift Match. Navigateur Ă  ses heures perdues, Ferguson signe Ă©galement d’excellents rĂ©sultats dans les championnats amĂ©ricains de Laser et de Moth.

Orient Express Racing Team

Pays : France

Statut : Challenger

Yacht Club : Société Nautique de Saint-Tropez

Fondateur : Stephan Kandler, CEO de K-Challenge (avec Ortwin, son pĂšre)

Directeur général : Bruno Dubois

Architecte principal : Benjamin Muyl

Skipper : Quentin Delapierre

Barreurs : Quentin Delapierre et Kevin Peponnet

Régleurs : Jason Saunders et Matthieu Vandame

Coach : Franck Cammas

Les Français veulent créer la surprise

L’équipe Orient Express Racing Team est la derniĂšre entrĂ©e dans la course Ă  la 37e America’s Cup. Les Français disposent de deux atouts majeurs : un « deal » avec Emirates Team New Zealand qui devrait leur fournir leurs prĂ©cieuses « datas », les donnĂ©es architecturales du bateau kiwi, et la qualitĂ© de leur Ă©quipe navigante. FormĂ©e Ă  l’école de la course au large mais aussi de l’olympisme, en Nacra 17, l’équipe du skipper Quentin Delapierre a fait forte impression lors de la premiĂšre prĂ©-rĂ©gate de Vilanova, en remportant la premiĂšre manche avec seulement douze jours de navigation en AC40.

Créée par Ortwin (pĂšre) et Stephan Kandler (fils) en 2001 en vue de l’America’s Cup 2007 et des

suivantes, l’entitĂ© K-Challenge est dĂ©diĂ©e Ă  la quĂȘte de l’AiguiĂšre d’argent. Elle fait suite Ă  la sociĂ©tĂ© de mise Ă  disposition de voiliers K-Yachting. Une huitiĂšme place Ă  Valence couronne les dĂ©buts de cette « petite Ă©quipe ». Mais la progression française se perd dans les mĂ©andres juridiques du Deed of Gift Match de 2010.

De retour en force dans l’arĂšne, K-Challenge s’est ajoutĂ© le concours de la firme automobile Alpine Motorsport, du directeur belge Bruno Dubois et, last but not least, des compĂ©tences de coaching du coureur au large, Franck Cammas, connu pour son exigence et son regard acĂ©rĂ© sur les performances des Ă©quipes sportives.

Si l’équipe française fait pour l’instant figure de « rookie » dans le grand cirque de l’America’s Cup, il serait dangereux de la sous-estimer. Les « Frenchies » disposent dĂ©sormais d’un cercle de compĂ©tences suffisant pour une surprise au classement final. À cela s’ajoute le poids financier du groupe Accor et ses marques Orient Express et All.com. Cette grande nation de la voile mĂ©rite amplement sa place dans le concert des prĂ©tendants Ă  l’America’s Cup.

Personnages clefs

Stephan Kandler (fondateur et directeur général)

Le retour de Stephan Kandler dans le circuit fait plaisir. NĂ© d’un pĂšre allemand, Ortwin, pionnier du programme Airbus dans les annĂ©es 1960 et d’une mĂšre française, Stephan se lance dans l’import-export de bateaux de course avec l’entreprise K-Yachting international. Expert en recherche de fonds, il reprend intĂ©gralement l’entreprise familiale au dĂ©cĂšs d’Ortwin, son pĂšre, le 31 dĂ©cembre 2013. À l’ñge de 54 ans, Stephan Kandler partage son temps entre l’America’s Cup et les vignobles de l’entreprise familiale.

Bruno Dubois (directeur général)

Talentueux marin, ce double national belge et canadien est tombĂ© dans la voile quand il Ă©tait petit. Il gagne la Mini Transat sur un Muscadet en 1983. Il Ă©cume ensuite les mers et les pontons de course au large de la Volvo Ocean race Ă  l’America’s Cup, en passant par les Extreme 40, oĂč il subit Ă  50 ans un dangereux chavirage. DotĂ© d’une formation de maĂźtrevoilier, il prend la direction de North Sails France de 1991 Ă  2015. Il dirige ensuite plusieurs Ă©quipes sportives, d’Ellen MacArthur au Team Groupama France, en passant par l’équipe française au SailGP. À 65 ans, l’associĂ© de K-Challenge dispose d’une prĂ©cieuse connaissance des rouages du sport.

Franck Cammas (coach performance)

Des trimarans de 60 pieds ORMA au maxi multicoque, ce fut le coureur au large le plus cotĂ© de l’Hexagone entre 2010 et 2020. Il fut d’ailleurs Ă©lu marin de cette dĂ©cennie avec le Team Groupama. DiplĂŽmĂ© de math et de piano, ce citoyen d’Aix-en-Provence a presque tout gagnĂ©, de la Volvo Ocean Race 2011-2012 Ă  la Route du Rhum, en passant par le TrophĂ©e Jules Verne en 2010. Lors de la 35e America’s Cup avec le Team Groupama France, en 2017, il se fracture gravement la jambe (fracture tibia-pĂ©ronĂ©) avant de gagner la Transat Jacques Vabre avec Charles Caudrelier. Le petit prince est de retour chez K-Challenge. Une bonne nouvelle pour la France.

Quentin Delapierre (skipper et pilote)

C’est Ă  la cataschool de Larmor Baden que Quentin Delapierre dĂ©couvre les joies de la glisse en mer. Originaire de Vannes, dans le Morbihan, diplĂŽmĂ© en management du sport, ce fils de windsurfer apprend l’analyse des donnĂ©es au sein de l’équipe Sodebo Ultim, gagne deux fois le Tour de France Ă  la voile avec son compĂšre Kevin Peponnet et se lance dans l’olympisme en Nacra 17. Depuis 2021, il barre le France SailGP Team. Il a renoncĂ© Ă  sa participation aux JO de Paris afin de se donner toutes les chances de faire parler la poudre lors de cette 37e Ă©dition.

Kevin Peponnet (barreur)

Le neveu de Thierry Peponnet, double mĂ©daillĂ© olympique en 470, n’a pas Ă  rougir de sa propre carriĂšre. C’est aussi en 470 que Kevin a fait ses classes sur les plans d’eau de son Pays basque natal. Champion de France et champion d’Europe junior, il rencontre Quentin Delapierre en J80 puis partage deux victoires avec lui sur le Tour de France Ă  la voile avant d’inscrire son nom dans l’équipage du France SailGP Team. DiplĂŽmĂ© de l’INSA, l’ingĂ©nieur en matĂ©riaux de formation met son savoir au service de l’équipe française.

Jason Saunders (régleur)

C’est le Kiwi qui vitamine l’équipe française. Jason Saunders est originaire de l’üle du nord. Tout jeune, il rĂ©gate au Tauranga Yacht Club en compagnie d’un certain Peter Burling. Il court la Red Bull Youth America’s Cup Ă  San Francisco en 2013 et se lance dans une campagne olympique (Rio 2016) en Nacra 17. MariĂ© Ă  l’équipiĂšre française de Quentin Delapierre, Manon Audet, il s’intalle en France. Il navigue alors avec l’équipe suisse Team Tilt en GC32, puis Ă©cume le SailGP sur les bateaux nĂ©o-zĂ©landais, amĂ©ricains et suisses. L’accession Ă  l’America’s Cup sous banniĂšre française est le fruit logique de toutes ces rencontres.

Les bateaux

Les Ă©quipes n’ont le droit qu’à un seul AC75

Une jauge trĂšs contrainte et un programme officiel de transparence. L’organisation a tentĂ© de limiter les coĂ»ts de recherche, de dĂ©veloppement et d’espionnage afin de permettre la participation Ă  moindre frais.

Dans les grandes lignes, les bateaux de la 36e Ă©dition, disputĂ©e en 2021 Ă  Auckland, sont les mĂȘmes que pour la 37e. Mais la jauge des monocoques volants a passablement Ă©voluĂ©. Les Ă©quipes ne peuvent construire qu’un seul grand bateau. Il n’y a pas de coup d’essai. Seuls les anciens bateaux peuvent encore ĂȘtre utilisĂ©s. C’est la raison pour laquelle Alinghi Red Bull Racing s’est procurĂ© l’ancien bateau d’Emirates Team New Zealand, avec lequel l’équipe a pu s’entraĂźner l’hiver dernier.

Le cahier des charges du bateau est ambitieux : il doit voler Ă  prĂšs de 50 nƓuds dans des airs moyens de 12 nƓuds, soit les conditions moyennes de la fin de l’étĂ© barcelonais. Pour rĂ©pondre Ă  cet objectif, les foils sont dĂ©sormais plus larges afin de dĂ©coller plus tĂŽt et voler plus vite. Le bateau

LE BATEAU DE LA 37e AMERICA’S CUP DOIT VOLER À PRÈS DE 50 NƒUDS DANS DES AIRS MOYENS DE 12 NƒUDS, SOIT LES CONDITIONS MOYENNES DE LA FIN DE L’ÉTÉ BARCELONAIS.

est plus léger et tous les systÚmes électroniques indispensables au vol ont été upgradés.

La production d’énergie : un enjeu important

Le nombre d’équipiers a Ă©tĂ© rĂ©duit de 11 Ă  8, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement les capacitĂ©s de production du power group. Pour compenser, les cyclistes – inventĂ©s par Emirates Team New Zealand en 2017 – ont repris du service. La production d’énergie est un enjeu technique important. Il faut compenser la perte de toutes

les maniĂšres possibles. Les bateaux sont donc devenus des modĂšles de rĂ©cupĂ©ration d’énergie.

La jauge est trĂšs contrainte. Il y aura rarement eu aussi peu de marge de manƓuvre dans l’architecture des bateaux de l’America’s Cup. Les Ă©quipes n’ont le droit qu’à une seule coque et une seule paire de foils pour leur grand bateau. Les bras sont fournis, les safrans et le mĂąt sont Ă©galement des piĂšces imposĂ©es. Idem pour les voiles. Pour les designs teams, il n’y a pratiquement pas de possibilitĂ© d’expĂ©rimentation sur le grand bateau. Le dessin de l’AC75 est un fusil Ă  un coup.

Les AC40 innovent

L’innovation se fait sur d’autres plateformes : les petits AC40 vendus par l’organisation. Ces bateaux fournis clĂ©s en main ont Ă©tĂ© utilisĂ©s lors des prĂ©-rĂ©gates de l’automne dernier. Ils sont Ă©galement utilisĂ©s lors de la Youth & Women America’s Cup en version monotype. Mais hors des compĂ©titions, ces bateaux permettent de s’entraĂźner au match racing, Ă  partir du moment oĂč les Ă©quipes en possĂšdent deux. Ils servent aussi de banc d’essai en matiĂšre de recherche et de dĂ©veloppement. Une fois modifiĂ©s, on les appelle des LEQ12.

Lors des rĂ©gates finales, c’est l’AC75 de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, avec ses programmes de vol maison, qui sera l’outil de victoire ou de dĂ©faite. C’est donc sur ce grand bateau que les architectes et les ingĂ©nieurs ont concentrĂ© l’essentiel des travaux.

OUTRE LEUR UTILISATION LORS DE LA YOUTH & WOMEN AMERICA’S CUP, LES PETITS AC40 SERVENT AUSSI DE BANC D’ESSAI EN MATIÈRE DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT.
AVEC LA DIMINUTION D’ÉQUIPIERS, LA PRODUCTION DE WATTS IMPLIQUE LE RETOUR DES CYCLISTES ET L’INVENTION DE SYSTÈMES DE RÉCUPÉRATION D’ÉNERGIE.

Un bateau construit dans le pays d’origine

Le bateau doit ĂȘtre construit dans le pays d’origine du DĂ©fi. On estime qu’Alinghi Red Bull Racing a mis dix mois Ă  construire le sien. Une trentaine de constructeurs de bateaux, supervisĂ©s par des ingĂ©nieurs, en collaboration permanente avec le design team basĂ© Ă  Barcelone, se sont mis Ă  l’Ɠuvre sur les hauts d’Ecublens, dans le canton de Vaud. Plusieurs dizaines de PME locales ont participĂ© Ă  sa construction, ainsi que le laboratoire de mise en Ɠuvre de composites Ă  haute performance de l’EPFL. Conçue Ă  la maniĂšre d’une recette de cuisine, chaque piĂšce a Ă©tĂ© cuite entre trois et cinq fois dans les grands fours du chantier. La coque de BoatOne a Ă©tĂ© livrĂ©e au dĂ©but du mois de mars Ă  Barcelone. Elle a Ă©tĂ© baptisĂ©e et dĂ©voilĂ©e au dĂ©but du mois d’avril.

Le simulateur est roi

Mais ces engins restent trĂšs fragiles et extrĂȘmement complexes Ă  mettre en Ɠuvre. Chaque mise Ă  l’eau est une aventure en soi, avec des risques de casse et un trĂšs fort engagement en ressources humaines. Pour gagner du temps, toutes les Ă©quipes travaillent et s’entraĂźnent sur des simulateurs. Les outils virtuels permettent de naviguer sans casse. Mieux que les mots, les gestes effectuĂ©s sur un simulateur amĂ©liorent aussi le dialogue entre les marins et les designers. À l’aide de ces prĂ©cieuses donnĂ©es rĂ©coltĂ©es dans le secret des bases, les structuristes mettent en place les derniers dĂ©tails d’ergonomie. Les Ă©lectroniciens peaufinent le programme final. Tous intĂšgrent les donnĂ©es humaines. Le clapot barcelonais, qui s’avĂšre relativement musclĂ© et complexe Ă  apprĂ©hender, fait Ă©galement partie des Ă©lĂ©ments d’études.

Une prise en main rapide

L’autre donnĂ©e technologique importante rĂ©side dans le court dĂ©lai de prise en main du bateau. Au-delĂ  de sa vĂ©locitĂ©, il faut Ă©galement prendre en compte les aspects humains de formation dans un temps limitĂ©. Le meilleur bateau ne sera donc pas forcĂ©ment le plus rapide en vitesse pure. D’ailleurs ce dernier Ă©lĂ©ment n’a que peu d’importance Ă  l’America’s Cup. On lui prĂ©fĂšre dĂ©sormais la vitesse au tour, qui inclut toutes les transitions. Aujourd’hui, le nouveau graal des designers est probablement la capacitĂ© Ă  accĂ©lĂ©rer aprĂšs une manƓuvre, Ă  relancer le bateau.

Il arrive que certaines Ă©quipes reçoivent des cadeaux technologiques. C’est le cas, cette annĂ©e, des Français qui se sont inscrits in-extremis. Les Kiwis leur ont promis un paquet de donnĂ©es sur la derniĂšre gĂ©nĂ©ration d’AC75. Une pratique disputĂ©e qui ne fait pas que des heureux au niveau des challengers. Le « design package » du Defender

est un cadeau de choix qui va largement profiter aux Français. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce cadeau n’est pas innocent. En observant son « sistership » français, le Defender pourra mesurer son Ă©volution technologique sur l’eau pendant la Louis Vuitton Cup – les Ă©liminatoires des challengers –, qui lui est traditionnellement interdite.

L’espionnage officiel de l’organisation Mais qu’est devenu l’espionnage, si frĂ©quent lors des derniĂšres Ă©ditions ? En contraignant la jauge et en obligeant les Ă©quipes Ă  dĂ©voiler leurs innovations technologiques, l’organisateur a largement rĂ©duit les frais d’observation des adversaires. Mieux, il a mĂȘme officialisĂ© un programme d’espionnage intitulĂ© Joint Reconnaissance Programme (RECON). L’objectif est de limiter la course Ă  l’espionnage qui multipliait les bateaux et les dangers sur le plan d’eau. À chaque sortie, les bateaux de la Cup sont suivis par un bateau officiel qui immortalise la session. Ces documents ainsi que le nombre de manƓuvres, la vitesse, la durĂ©e et le parcours de l’entraĂźnement sont publiĂ©s le soir mĂȘme. Toutes les Ă©quipes reconnaissent suivre les Ă©volutions de la concurrence via les fichiers RECON. La cerise sur le gĂąteau du RECON, c’est le chavirage. Il permet de photographier les dessous d’une coque et de mesurer prĂ©cisĂ©ment les surfaces de foils. À Barcelone comme ailleurs, les images des Ă©quipes RECON alimentent copieusement les discussions au sein de la communautĂ© de l’America’s Cup.

LE PROGRAMME OFFICIEL RECON LIMITE LA COURSE À L’ESPIONNAGE.
L’UTILISATION DES SIMULATEURS PERMET DE GAGNER DU TEMPS ET DE « NAVIGUER » SANS CASSE.

Et si on vous aidait à améliorer votre éco-responsabilité ?

Vous dĂ©sirez promouvoir votre activitĂ© tout en limitant l’impact de votre communication sur l’environnement ? La solution, vous la tenez entre vos mains.

Chez PCL nous mettons en Ɠuvre un processus d’impression respectueux, Ă  faible impact environnemental, qui permet d’imprimer de façon Ă©co-responsable.

Une imprimerie qui dure depuis 1773 est aussi une imprimerie durable.

‱ Gestion et recyclage des dĂ©chets

‱ Economies d’énergie

‱ Utilisation de papiers labellisĂ©s ( gestion durable des forĂȘts )

‱ Utilisation d’encres sans solvant et biodĂ©gradables

Joignez-vous à notre démarche durable !

LES DEUX PRÉ-RÉGATES DE DJEDDAH ET DE VILANOVA SE SONT COURUES EN MONOTYPIE. UNE PRATIQUE INHABITUELLE À L’AMERICA’S CUP.

Régates préliminaires

En monotypie, les Ă©quipes de l’America’s Cup se dĂ©voilent

Cet automne, les six Ă©quipes de la Cup se sont mesurĂ©es sur les AC40. La rĂ©gate prĂ©liminaire de Djeddah a tenu toutes ses promesses dans une brise soutenue. Celle de Vilanova fut un pĂ©tard mouillĂ©. Team New Zealand a marquĂ© sa supĂ©rioritĂ© Ă  armes Ă©gales. Alinghi Red Bull Racing est rĂ©gulier mais encore victime d’erreurs de jeunesse.

Les organisateurs de la 37e America’s Cup nous ont offert un cadeau inhabituel, l’automne dernier : de la monotypie. À part quelques rares exceptions, la rĂ©gate Ă  armes Ă©gales n’est pas dans les gĂšnes de l’AiguiĂšre d’argent. Les AC40, petits bolides volants fournis clĂ©s en main par l’organisateur, n’ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par les Ă©quipes professionnelles que lors de ces deux premiers Ă©vĂ©nements. Ils serviront ensuite Ă  l’optimisation technique du grand bateau, aux entraĂźnements, ainsi qu’aux Youth et Women America’s Cup. La derniĂšre prĂ©-rĂ©gate se disputera sur les AC75 du 22 au 25 aoĂ»t.

En attendant, les événements de Djeddah et de Vilanova nous ont donné un aperçu des qualités sportives de chaque équipe au niveau de la tactique, de la stratégie et des procédures de départ. Le Defender Emirates Team New Zealand, en prise directe avec les Italiens de Luna Rossa en Arabie Saoudite et American Magic en Espagne, a clairement donné le ton.

Les Suisses en embuscade

En embuscade, Ă  l’entrĂ©e du podium, Alinghi Red Bull Racing (ARBR) brille par sa rĂ©gularitĂ© dans toutes les conditions. Mais le jeu du nouvel arrivant suisse est parfois encore entachĂ© d’erreurs de jeunesse. Avec Arnaud Psarofaghis et Maxime Bachelin Ă  la barre, Bryan Mettraux et Yves Detrey aux rĂ©glages, le « big four » suisse ne

peut plus rien se pardonner s’il veut hisser son niveau de jeu Ă  celui des meilleurs. Selon le coach italien Pietro Sibello, les Suisses ont « beaucoup appris sur les dĂ©parts et la communication Ă  bord ».

Du 29 novembre au 2 dĂ©cembre, l’évĂ©nement de Djeddah s’est terminĂ© par la victoire des Kiwis dans une jolie brise de nord-ouest (16-20 nƓuds). Absents des dĂ©bats, engluĂ©s dans des problĂšmes techniques et tactiques, les AmĂ©ricains et les Français ont laissĂ© la vedette au trĂšs jeune Ă©quipage italien de Luna Rossa. Impressionnant de constance, de vitesse et de sangfroid, le barreur Marco Gradoni (19 ans) n’aura commis qu’une erreur dans le Match final : un Ă©norme plantĂ© Ă  la sortie de la derniĂšre porte laisse filer les Kiwis vers la ligne d’arrivĂ©e.

Un joli dispositif dans le déluge

AprĂšs plusieurs annĂ©es sans rĂ©gates, la 37 e America’s Cup a rĂ©ellement commencĂ© deux mois et demi plus tĂŽt, dans la banlieue de Barcelone. Du 14 au 17 septembre, la petite bourgade de Vilanova devait ĂȘtre le lieu du

Carlo Borlenghi
Ian Roman
ALINGHI RED BULL RACING A BRILLÉ PAR SA RÉGULARITÉ DANS TOUTES LES CONDITIONS.
LUNA ROSSA PLANTE EN FINALE ET LAISSE FILER LES KIWIS VERS LA VICTOIRE.

lancement en fanfare des prĂ©-rĂ©gates de la 37e America’s Cup. Au port, le dispositif est plutĂŽt rĂ©ussi : village dĂ©diĂ©, Ă©crans gĂ©ants sur la plage et superyachts. Tous les ingrĂ©dients Ă©taient lĂ  pour une fĂȘte rĂ©ussie. On aurait dĂ» vivre ici un avant-goĂ»t miniature de ce que sera Barcelone l’automne prochain.

Ce ne fut malheureusement qu’un pĂ©tard mouillĂ©. La faute Ă  la mĂ©tĂ©o. Le vendredi, les infrastructures de l’America’s Cup sont noyĂ©es sous une pluie battante d’une rare intensitĂ©. Le passage de front froid perturbe les airs pendant tout le week-end. La limite des 8 nƓuds de vent, qui permet aux AC40 de voler, n’est pas toujours au rendez-vous. Cinq mauvaises rĂ©gates sont nĂ©anmoins lancĂ©es. Les bateaux chalutent leurs foils. Debout sur le pont, les Ă©quipiers tentent de corriger l’assiette dans une ambiance typiquement lacustre. Seuls ceux qui arrivent Ă  dĂ©coller leurs coques avant les autres l’emportent.

Des Français surprenants

À ce jeu-lĂ , c’est Orient Express qui gagne la premiĂšre manche, Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale. TrĂšs en retard sur sa prĂ©paration, avec seulement « 12 jours d’entraĂźnement », l’équipe de Quentin Delapierre surprend tout le monde par la qualitĂ© de sa navigation. TaillĂ© pour l’olympisme, le barreur français a fait l’impasse sur Paris 2024. Il se concentre dĂ©sormais exclusivement sur

À DJEDDAH, LE JEUNE ÉQUIPAGE ITALIEN DE MARCO GRADONI S’EST DÉFAIT SANS COMPLEXE DES AUTRES CHALLENGERS POUR DISPUTER LA FINALE FACE À ETNZ.

SailGP et l’America’s Cup. C’est un dĂ©chirement. « Ce n’était pas possible de tout faire », regrette-t-il avec une pointe d’amertume dans la voix.

Alinghi Red Bull Racing est dans le coup. En Espagne, l’équipe rĂ©ussit bien ses dĂ©parts, un prĂ©requis indispensable avec les engins volants. « La cohĂ©sion de l’équipe est bonne », dĂ©clare Arnaud Psarofaghis. Dans la deuxiĂšme manche, l’AC40 suisse passe Ă  un cheveu de la victoire. Il est le seul Ă  voler au dĂ©part et prend un tour d’avance. Mais sur le dernier bord, ARBR amerrit au cours d’une manƓuvre et abandonne la victoire Ă  Team New Zealand. Les Kiwis font la dĂ©monstration de leur supĂ©rioritĂ© dans ces drĂŽles de conditions.

Alinghi se fait couper les ailes

Le dimanche, le comitĂ© de course lance trois manches. Sur la derniĂšre, Alinghi Red Bull Racing se fait couper les ailes par un problĂšme Ă©lectrique dans le systĂšme de foil. Seule l’organisation a le droit de rĂ©parer ce systĂšme jaugĂ©. À dĂ©faut d’intervention rapide, les Suisses sont privĂ©s de dĂ©part. Silvio Arrivabene est hors de lui : « Je comprends que l’on soit pressĂ© pour des raisons de retransmission tĂ©lĂ©, mais si on ne peut pas rĂ©gater correctement, ce n’est pas juste », tonne le responsable du design team d’ARBR. ClassĂ© bien loin de sa compĂ©tence rĂ©elle, Alinghi Red Bull Racing est donc 5e au gĂ©nĂ©ral. Sans l’injustice de la derniĂšre manche, on les donnerait plutĂŽt troisiĂšme. La finale entre les Kiwis et American Magic n’est pas digne d’intĂ©rĂȘt. Les airs tombent dĂšs le dĂ©part. ArrĂȘtĂ©s lĂ©gĂšrement devant les NĂ©o-zĂ©landais, les AmĂ©ricains sont dĂ©signĂ©s vainqueur aprĂšs dix minutes d’attente. Le coup de canon sonne le glas d’un bien triste week-end de rĂ©gate.

Au-delĂ  des rĂ©sultats, qui ne comptent pas pour la Cup, ces rĂ©gates prĂ©liminaires ont surtout permis d’emmagasiner de prĂ©cieuses informations. Andrea Emone est analyste des performances d’ARBR : « Une grande partie des informations rĂ©coltĂ©es nous est utile pour la construction et l’optimisation du grand bateau. » Quant Ă  l’organisation, elle a testĂ© un modĂšle d’évĂ©nement plutĂŽt intĂ©ressant, dont les rĂšgles et la retransmission sont trĂšs semblables Ă  ceux du SailGP, l’autre grand circuit de bateau volant. Quant au lĂ©gendaire Grant Dalton, patron de la 37e America’s Cup, il a suivi toutes les rĂ©gates Ă  bord des bateaux suiveurs de l’équipe sportive. Idem pour Ernesto Bertarelli, dĂ»ment accompagnĂ© de Brad Butterworth, l’ancien skipper d’Alinghi devenu conseiller, et de toute son Ă©quipe « historique ».

LE PREMIER JOUR DE VILANOVA A VU L’ANNULATION DES RÉGATES SOUS UNE PLUIE BATTANTE.
AMERICAN MAGIC, VAINQUEUR À VILANOVA, PRESQUE BORD À BORD AVEC EMIRATES TEAM NEW ZEALAND, GAGNANT DE L’ÉVÉNEMENT DE DJEDDAH.

COMPLETE MARINE POWER SOLUTIONS*

MOTEURS DE 10 À 2200 CH

GÉNÉRATEURS DE 5 À 800 KW

EQUIPEMENT

SERVICE MONDIAL

MARINE ENGINES SINCE 1952

Unicredit Youth & Puig Women’s America’s Cup

Barcelone, les jeunes et les femmes auront droit Ă  une vraie Coupe

Les Youth and Women’s Cups rĂ©unissent 12 Ă©quipes chacune, sur des formats courts, qui bĂ©nĂ©ficieront d’une belle exposition en marge de la 37e Coupe de l’AmĂ©rica.

Texte ) Grégoire Surdez

Bien sĂ»r, ce n’est pas encore la panacĂ©e. Et la place des femmes dans une compĂ©tition sĂ©culaire est encore trĂšs secondaire. Beaucoup trop aux yeux de trĂšs nombreuses navigatrices de talent. Le nombre de femmes qui seront Ă  bord des AC75 est consternant. Un zĂ©ro absolu, absolument dĂ©sarmant. « Pour cette Ă©dition, toutes les Ă©quipes ont considĂ©rĂ© qu’en raison des spĂ©cificitĂ©s du foiling et de ces bateaux, aucune navigatrice n’avait suffisamment d’expĂ©rience pour intĂ©grer un Ă©quipage, souligne Coraline Jonet, en charge du programme Youth and Women au sein du Team Alinghi Red Bull Racing. On peut entendre cet argument. On peut aussi estimer que quelques candidates auraient pu avoir leur place Ă  bord d’un AC75. »

Du progrĂšs pour les femmes ?

La crĂ©ation de la Women’s Cup est donc un pas trĂšs important, historique mĂȘme, qui a Ă©tĂ© initiĂ© par le Defender Emirates Team New Zealand. « C’est une grande et belle nouvelle pour toutes les femmes, estime Coraline Jonet. Je suis trĂšs fiĂšre d’ĂȘtre en charge de ce projet qui va sans doute ouvrir bien des portes pour les prochaines Ă©ditions. Cette Women’s Cup va bĂ©nĂ©ficier d’une superbe exposition puisqu’elle se terminera pendant le match pour la 37e America’s Cup. Je

trouve cette mise en lumiÚre trÚs intéressante et les équipes féminines pourront démontrer tout leur savoir-faire à un maximum de monde. »

Grant Dalton et ses Ă©quipes ont jetĂ© leur dĂ©volu sur les AC40 comme plateforme Youth and Women. « C’est un bateau exceptionnel comme il n’en existe aucun autre, continue Coraline Jonet. C’est un support spectaculaire qui permet Ă  deux paires d’exprimer ses talents de navigation sans se soucier d’autre chose. L’énergie Ă©tant fournie par un systĂšme de batteries, pas besoin de devoir en produire en pĂ©dalant ou en moulinant. On va vraiment ĂȘtre sur de la rĂ©gate pure Ă  haute vitesse. »

LE TRAVAIL AVEC LE SIMULATEUR EST CAPITAL AVANT DE GRIMPER SUR LES AC40.

LES RÉGATES SE DISPUTERONT EN FLOTTE ET RÉUNIRONT LES MEILLEURES NAVIGATRICES DE CHACUNE DES DOUZE ÉQUIPES ENGAGÉES.

Réserves de talents

Chez les femmes comme chez les jeunes, 12 Ă©quipes nations sont en lice. Les six Ă©quipes qui sont engagĂ©es sur la 37e America’s Cup avaient l’obligation de dĂ©velopper un programme dĂ©diĂ© aux jeunes et aux femmes. La Suisse, la Nouvelle-ZĂ©lande, l’Angleterre, l’Italie, les États-Unis et la France ont chacun lancĂ© un processus de sĂ©lection. Les rosters dĂ©voilĂ©s ces derniĂšres semaines ont permis de constater que les meilleures rĂ©gatiĂšres de la planĂšte voile seront toutes de l’aventure. Comme chez les hommes de la Cup, de trĂšs nombreuses mĂ©daillĂ©es olympiques ont Ă©tĂ© retenues.

L’Angleterre ne cache pas son ambition sur ces Ă©preuves spĂ©cifiques. Hannah Mills, mĂ©daillĂ©e d’or Ă  Rio en 470, retrouvera son binĂŽme Saskia Clark. Elles seront les fers de lance d’une Ă©quipe redoutable. La Nouvelle-ZĂ©lande est emmenĂ©e par Jo Aleh, double mĂ©daillĂ©e (argent et or) aux Jeux en 470. L’Italie est bĂątie autour d’une gĂ©nĂ©ration de foilers qui ont notamment brillĂ© en 69F. La France, pays formateur s’il en est, aura Ă©galement Ă  cƓur de briller avec des filles aussi talentueuses que Manon Audinet et AmĂ©lie Riou, ainsi que plusieurs mĂ©daillĂ©es olympiques et mondiales. Les États-Unis ont eux aussi rĂ©uni une belle brochette de talents dans le sillage de Francesca Clapcich, laurĂ©ate de la derniĂšre Ocean Race avec 11th Hour Racing et une certaine Justine Mettraux.

La méthode Alinghi Red Bull Racing

La Suisse aura donc fort Ă  faire pour dĂ©montrer tout son savoir-faire. « Le format de la compĂ©tition fait que nous serons dans une poule de six avec tous les autres pays de la Coupe, explique Coraline Jonet. L’objectif est de sortir de cette poule en terminant Ă  l’une des trois premiĂšres places pour ensuite accĂ©der aux demi-finales en flotte, oĂč nous retrouverons les trois meilleures

APRÈS AVOIR REÇU PLUS DE 90 DOSSIERS DE CANDIDATURE, ALINGHI RED BULL RACING A SÉLECTIONNÉ AU FINAL DOUZE TALENTS JEUNES ET FEMMES.

Ă©quipes de l’autre poule, constituĂ©e de l’Espagne, des Pays-Bas, du Canada, de l’Allemagne, de la SuĂšde et de l’Australie. Les deux premiĂšres de ces demi-finales s’affronteront alors le 13 octobre sur une seule manche. »

Ce format limpide sera le mĂȘme pour les jeunes de la Youth America’s Cup. LĂ  aussi, les teams engagĂ©s ont ratissĂ© large pour sĂ©lectionner les meilleurs espoirs mondiaux du foiling. « Notre processus de sĂ©lection a durĂ© plusieurs mois et nous avons reçu prĂšs de cent dossiers, rappelle Coraline Jonet. AprĂšs plusieurs Ă©tapes, nous avons peu Ă  peu rĂ©duit le nombre de candidats. Ils ont Ă©tĂ© testĂ©s, sur leurs qualitĂ©s de marin bien sĂ»r, mais aussi sur d’autres critĂšres comme la gestion du stress, la capacitĂ© Ă  s’intĂ©grer et Ă  travailler en Ă©quipe, la marge de progression, et encore bien d’autres choses. »

Ce souci du dĂ©tail de l’équipe Suisse Alinghi Red Bull n’est pas un cas isolĂ©. Tous les teams managers ont conscience que la Women’s Cup aussi bien que la Youth reprĂ©sentent un formidable laboratoire pour dĂ©velopper les talents de demain. La Youth est un vĂ©ritable tremplin comme en tĂ©moignent le trĂšs grand nombre de marins actuels qui se sont illustrĂ©s lors des deux premiĂšres Ă©dition de 2013 et 2017. « Chez Alinghi, nous sommes cinq Ă  ĂȘtre passĂ©s par la Youth, souligne Bryan Mettraux, rĂ©gleur sur l’AC75 BoatOne et qui Ă©tait en lice Ă  San Francisco. C’est indĂ©niablement une opportunitĂ© assez incroyable de mettre un pied dans le plus grand Ă©vĂ©nement voile du monde. Le rapprochement est encore plus Ă©vident sur cette Ă©dition puisque ce sont les Ă©quipes qui ont dĂ©veloppĂ© des programmes Youth and Women au sein mĂȘme de leurs structures. »

Si ce n’est pas encore la panacĂ©e, un consensus se dĂ©gage au sein de toutes les Ă©quipes pour saluer l’effort des organisateurs de faire de ces deux Ă©vĂ©nements annexes de vrais moments forts de la 37e America’s Cup.

Calendrier et participation

Unicredit Youth America’s Cup

Du 17 au 26 septembre (finale)

Puig Women America’s Cup

Du 5 au 13 octobre (finale)

Équipes engagĂ©es

Poule A (America’s Cup Teams): Emirates

Team New Zealand, Ineos Britannia, Alinghi Red Bull Racing, Luna Rossa Prada Pirelli, American Magic et Team Orient Express France.

Poule B (équipes invitées) : Espagne, PaysBas, Canada, Allemagne, Australie et SuÚde.

La sĂ©lection suisse : Andrea Aschieri (Youth), Nathalie Brugger (Women), Arno de Planta (Youth), Arnaud Grange (Youth), Morgan Lauber (Youth), Marie Mazuay (Youth & Women), Laurane Mettraux (Women), Joshua Richner (Youth), Jann SchĂŒpbach (Youth), Maja Siegenthaler (Women), Alexandra Stalder (Youth & Women), Anja von Allmen (Youth & Women)

DR
LA FRANCE SERA L’UNE DES ÉQUIPES À SUIVRE AVEC UN VIVIER DE TALENTS TRÈS FOURNI.

Suivre la course

À Port Vell, l’America’s Cup attend son public

En mer, sur terre, sur le Web ou la RTS, la 37e Ă©dition va se faire belle et festive. Du 22 aoĂ»t au 27 octobre 2024, les amateurs de voile sont attendus Ă  Barcelone. Des bateaux charters sur l’eau, des Ă©crans gĂ©ants et un village d’accueil, tout est prĂȘt pour alimenter la traditionnelle ferveur catalane.

Texte ) Pierre-Antoine Preti DR Maria Muina

Petit rappel pour ceux qui ont ratĂ© le dĂ©but. Le Match de la 37e America’s Cup dĂ©marre le 12 octobre 2024. Mais les rĂ©gates commencent vraiment Ă  partir du 22 aoĂ»t. C’est Ă  cette date que l’on assistera Ă  la premiĂšre rencontre entre les grands bateaux. La Louis Vuitton Cup – la sĂ©lection des Challengers – enchaĂźne du 29 aoĂ»t au 7 octobre. SimultanĂ©ment, deux tournois parallĂšles vont se disputer en AC 40, les Youth et Women sĂ©ries. Le plan d’eau va donc ĂȘtre animĂ© pendant deux mois.

À Barcelone, le meilleur endroit pour y assister reste le Port Vell. Cette avancĂ©e immense sur la mer comportera l’avantage du point de vue mais aussi de la visite des bases. Elles y sont toutes installĂ©es depuis l’étĂ© dernier. La balade dure environ une heure et demande de bonnes baskets. Les bases sont dispersĂ©es d’un « moll » Ă  l’autre.

Barcelone : une ville facile, populaire et iconique

Au cinquiĂšme Ă©tage du World Trade Center, l’organisatrice Leslie Ryan est sur tous les fronts. Son Ă©quipe a une vue imprenable sur les activitĂ©s du port. Elle nous explique ce qui a motivĂ© le choix de la capitale catalane : « En comparaison europĂ©enne, Barcelone s’est rapidement imposĂ©e. C’est une ville facile d’accĂšs, populaire, iconique, avec une grande capacitĂ© d’hĂ©bergement pour toutes les bourses. Les rĂ©gates seront visibles gratuitement Ă  moins de 200 mĂštres de la plage. » Pour rĂ©aliser un Ă©vĂ©nement digne de ce nom, Leslie Ryan navigue au centre d’un rĂ©seau politique local complexe. Elle doit contenter les challengers, bien sĂ»r, mais aussi la ville de Barcelone, la trĂšs puissante direction de Port Vell et la rĂ©gion de Catalogne.

Un village de 27’000 mùtres

carrés

Pour pallier la dispersion des bases, l’organisation a prĂ©vu un village d’accueil. Du 22 aoĂ»t au 27 octobre 2024, 27’000 mĂštres carrĂ©s de quais vont accueillir 10 Ă  15’000 personnes

ENTRE LE RACE VILLAGE ET LES PLAGES, IL EST POSSIBLE D’APPROCHER LES BASES DES CHALLENGERS


au niveau du Moll de la Fusta. « L’idĂ©e est de s’adresser aux supporters des Ă©quipes, bien sĂ»r, mais aussi d’intĂ©resser les nombreux touristes qui visitent Barcelone Ă  cette saison », prĂ©cise Leslie Ryan. DĂ©parts et arrivĂ©es des marins, interviews publiques, diffusion des courses sur Ă©crans gĂ©ants. Si la mĂ©tĂ©o le permet, la journĂ©e idĂ©ale devrait commencer Ă  12 h 00, pour le lunch et la sortie des marins, de 15 h 00 Ă  17 h 00, pour le suivi des rĂ©gates, et le dĂ©but de soirĂ©e pour le dĂ©briefing et l’apĂ©ro.

DU 22 AOÛT AU 27 OCTOBRE, LES 27’000 MÈTRES DE QUAI DU RACE VILLAGE VONT ACCUEILLIR 10 À 15’000 PERSONNES.

ET CELLE DU DEFENDER, EMIRATES TEAM NEW ZEALAND.

Un peu plus loin, la Plaça del Mar et le port olympique accueilleront des FanZones. Au port olympique, il sera mĂȘme possible d’approcher les Ă©quipes des Youth et Women’s America’s Cup qui navigueront en AC40. Sur le front de mer, la digue sera Ă©largie pour accueillir les fans. En plus du village, quatre Ă©crans gĂ©ants seront disposĂ©s sur les plages pour suivre les rĂ©gates. Il sera Ă©galement possible de suivre les courses en temps rĂ©el depuis les tĂ©lĂ©phones mobiles. L’organisation entend recruter « environ 2’500 bĂ©nĂ©voles » au service de la manifestation.

Une base suisse bien placée

Dans le prolongement de la Rambla, juste Ă  cĂŽtĂ© de l’Aquarium (un million et demi de visiteurs par an), la base suisse est plutĂŽt bien placĂ©e. Une boutique y propose du merchandising aux supporters. Juste Ă  cĂŽtĂ©, les

terrasses du centre commercial « Maremagnum » et la surĂ©lĂ©vation de la Plaça de l’Odissea permettent une vue imprenable sur les sorties et les entrĂ©es du bateau. Les veinards pourront peut-ĂȘtre y apercevoir des cĂ©lĂ©britĂ©s. Depuis sa crĂ©ation, l’équipe d’Alinghi Red Bull Racing fait rĂ©guliĂšrement appel au puissant rĂ©servoir d’athlĂštes Red Bull pour crĂ©er l’évĂ©nement. Pour savoir si les voiliers suisses sortent en mer le lendemain, il suffit de regarder l’enseigne lumineuse de la tour de l’Hotel W, sur le front de mer. Si elle est rouge, c’est qu’Alinghi Red Bull Racing sera de sortie. La coutume date de l’installation

Mitja Kobal
Mitja Kobal
Samo Vidic
DANS LE PROLONGEMENT DE LA RAMBLA, LA BASE D’ALINGHI RED BULL RACING EST BIEN PLACÉE. UNE BOUTIQUE Y PROPOSE DU MERCHANDISING.

des Suisses Ă  Barcelone. Il faut dire que l’équipe d’Ernesto Bertarelli a rĂ©ussi son intĂ©gration. Premiers arrivĂ©s sur le site, ils ont capitalisĂ© sur l’absence d’équipe espagnole pour jouer les locaux de l’étape. Au printemps 2023, le quotidien catalan El Periodico leur prĂȘtait mĂȘme un petit air « d’équipe locale ». Le soutien des fans suisses s’ajoutera donc Ă  la traditionnelle ferveur que les Catalans aiment accorder aux grands Ă©vĂ©nements.

Sorties en mer

Le plan d’eau est situĂ© entre l’Hotel W, justement, et le port olympique. La sortie en mer permettra d’apprĂ©hender l’impressionnante vitesse des AC40 et AC75. FlanquĂ©e de deux chaseboats de 700 chevaux, la sortie d’un voilier de l’America’s Cup s’apparente Ă  une vĂ©ritable armada. Il faut, pour observer cela, un bateau puissant, capable de monter Ă  40 nƓuds sans se

‱ Suivre l’America’s Cup : americascup.com/how-to-watch

‱ Programme RECON qui propose de nombreux “insights” sur la prĂ©paration de l’ensemble des Ă©quipes : americascup.com/recon-news

‱ Visionnez en direct Ă  la tĂ©lĂ©vision sur la RTS

faire martyriser par le clapot barcelonais. Il faut aussi une connaissance des bateaux volants, qui peuvent virer et changer de cap trĂšs vite. Il serait Ă©videmment stupide de provoquer le moindre accident. Pour suivre les rĂ©gates sur l’eau, des autorisations et des places sont accordĂ©es par l’organisation. Et pour ceux qui ne possĂšdent pas de bateau, des services de charter sont Ă  disposition sur le site de l’organisation. En ce qui concerne les entraĂźnements, rappelons aux amateurs de tranquillitĂ© et de stabilitĂ© qu’ils peuvent espionner chaque sortie des concurrents depuis leur fauteuil avec le programme RECON.

Inscrivez-vous Ă  la newsletter de Skippers et suivez www.skippers.ch

Agenda

PRELIMINARY REGATTA BARCELONA 22 au 25 août

LOUIS VUITTON CUP ROUND ROBINS 29 août au 8 septembre

LOUIS VUITTON CUP SEMI–FINAL 14 au 19 septembre

LOUIS VUITTON CUP FINAL 26 septembre au 7 octobre

LOUIS VUITTON 37TH AMERICA’S CUP MATCH 12 au 27 octobre

UNICREDIT YOUTH AMERICA’S CUP 17 au 26 septembre

PUIG WOMEN’S AMERICA’S CUP 5 au 13 octobre

Hamish
Hooper
Alex Carabi
LES QUAIS DU PORT VELL RESTENT LA MEILLEURE MANIÈRE DE VOIR LES VOILIERS DE PRÈS. UNE FOIS EN MER, IL FAUT COMPTER SUR SA BONNE FORTUNE POUR EN CROISER UN.

Escapade sous le soleil catalan

AgrĂ©able tout au long de l’annĂ©e, Barcelone est une destination idĂ©ale pour une escapade en couple, en famille ou entre amis. Le temps d’un week-end ou d’un sĂ©jour prolongĂ©, laissez-vous sĂ©duire par son dynamisme, son cosmopolitisme et son originalitĂ©.

Comment se déplacer ?

Barcelone se compose de quantité de quartiers, trÚs différents les uns des autres. Si vous pouvez aisément visiter la ville à pied, le métro, trÚs propre et sécurisé, vous permettra de circuler facilement à travers toute la cité.

OĂč loger ?

Avec ses 100 km2 et ses 1,6 million d’habitants, la ville de Barcelone est trĂšs vaste. Il est donc important de bien choisir son emplacement. Campings, auberges de jeunesse, appartements, hĂŽtels, il y en a pour tous les goĂ»ts et tous les budgets. Une recommandation : choisissez un endroit proche d’une station de mĂ©tro.

Envie de partir Ă  l’assaut des diffĂ©rents sites emblĂ©matiques ?

Son architecture audacieuse, ses musĂ©es, ses cathĂ©drales, ses salles d’exposition
. Comment choisir ? Petit tour de la capitale catalane.

LEVER DU SOLEIL DEPUIS LE BELVÉDÈRE DU PARC GÜELL.

Un bol d’air dans l’atypique parc GĂŒell

Déambuler dans les Ramblas

Cette avenue rĂ©putĂ©e est souvent le premier site visitĂ© par les touristes. Du Port Vell au sud Ă  la Plaça de Catalunya au nord, les Ramblas de Barcelone traversent le cƓur de la ville sur un peu plus d’un kilomĂštre. Au grĂ© de cette promenade animĂ©e, vous rencontrerez des hommes statues, des spectacles de rue ou des peintres portraitistes. Sans oublier le MusĂ©e de cire, le MusĂ©e de l’érotisme ou le monument Ă  Christophe Colomb.

L’incontournable Sagrada Familia

Chef-d’Ɠuvre d’Antoni Gaudi, la construction de la Sagrada Familia a commencĂ© en 1882 et a ensuite Ă©tĂ© interrompue par la PremiĂšre Guerre mondiale. À la mort de Gaudi, en 1926, seule la façade de la NativitĂ© Ă©tait terminĂ©e. Aujourd’hui, les travaux se poursuivent et devraient se terminer en 2026. N’hĂ©sitez pas, entrez et admirez sa dĂ©mesure, ainsi que les jeux de lumiĂšre sur ses vitraux. Mais au prĂ©alable, pensez Ă  rĂ©server vos billets, car c’est un des monuments les plus visitĂ©s de Barcelone.

Dirigez-vous ensuite vers le parc GĂŒell, bijou d’art et d’architecture moderne. Dans un dĂ©dale de chemins, de fontaines et d’escaliers, dĂ©couvrez les mosaĂŻques multicolores qui en font l’une des Ɠuvres les plus colorĂ©es de Gaudi. L’esplanade et ses bancs offrent une vue panoramique sur Barcelone. Depuis 1984, le parc GĂŒell est classĂ© au patrimoine mondial de l’Unesco.

Se balader dans les ruelles du Quartier gothique

Le Barri GĂČtic est un quartier mĂ©diĂ©val proche des Ramblas. DĂ©couvrir son ambiance « village » en vous baladant Ă  l’ombre des balcons en fer forgĂ© et du linge qui sĂšche aux fenĂȘtres. Au dĂ©tour d’une rue, ne manquez pas la cathĂ©drale Sainte-Croix et sa superbe vue sur la ville.

Espai
Dimatge
FLÂNER À BARCELONE ET DÉCOUVRIR L’ART DE VIVRE ESPAGNOL.
DR
À LA SORTIE DES RAMBLAS, UNE PASSERELLE AMÈNE AU CENTRE COMMERCIAL MAREMAGNUM, QUI JOUXTE LA BASE ALINGHI RED BULL RACING.

Sillonner la Ribera, le coin des artistes

Quartier entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  la culture, vous y trouverez de nombreux musĂ©es et galeries d’art. Vous apprĂ©cierez sĂ»rement sa tranquillitĂ©, son authenticitĂ© et son ambiance bohĂšme. En y allant tĂŽt le matin ou pendant la sieste, vous aurez mĂȘme l’impression que le quartier vous appartient.

Pause tapas au mercat de la BoquerĂ­a

Vous vous demandez oĂč manger sur le pouce Ă  Barcelone ?

Faites un tour à la Boquería. Marché couvert trÚs fréquenté, vous y trouverez des jus de fruits frais et des spécialités catalanes.

Sur les hauteurs de MontjuĂŻc

Prenez le tĂ©lĂ©phĂ©rique de MontjuĂŻc, il vous emmĂšnera directement sur l’une des plus hautes collines de Barcelone. Les Barcelonais aiment se retrouver dans son parc durant le week-end. Jardins botaniques et ancien fort militaire construit en forme d’étoile complĂštent cette visite.

Les plages de sable fin

Envie d’une halte au bord de la mer ? La Barceloneta est la plage la plus connue et la plus frĂ©quentĂ©e, aussi bien par les locaux que par les touristes. Son atout principal est sa proximitĂ© avec le centre-ville. Depuis cette plage, vous pourrez admirer

Le Pex de Frank Gehry, Ă©norme poisson de fer rĂ©alisĂ© pour les JO de 1992, ainsi que la colonne de Christophe Colomb, construite pour l’exposition universelle de 1888. Elle marque l’endroit oĂč Colomb dĂ©barqua en 1493 aprĂšs sa dĂ©couverte de l’AmĂ©rique. D’autres plages plus tranquilles comme Mar Bella, Bogatell ou encore Nova Icaria, valent Ă©galement le dĂ©tour.

À ne pas manquer, le Port Vell


Longez la plage ou empruntez la passerelle flottante de La Rambla de Mar et arrivez sur le vieux port de Barcelone. TrĂšs vite, vous vous rendrez compte que Port Vell est bien plus qu’un port. C’est un espace de loisirs gigantesque qui rassemble centre commercial, théùtre, boutiques et restaurants. Si vous avez des enfants, ils auront sĂ»rement envie que vous les emmeniez Ă  l’aquarium. Vous pourrez y observer des centaines d’espĂšces diffĂ©rentes de poissons et arpenter le tunnel sous-marin.

America’s Cup Experience

Toujours Ă  Port Vell, un superbe musĂ©e Ă  l’effigie de l’America’s Cup a ouvert ses portes. Son exposition immersive met non seulement en valeur cette 37e Ă©dition, mais donne aussi accĂšs Ă  de nombreux documents d’archive faisant revivre l’incroyable histoire de la compĂ©tition. À ne pas manquer, la salle de projection, qui propose un documentaire inĂ©dit sur le grand Ă©cran le plus long d’Europe, ainsi que son simulateur qui vous donnera la sensation d’embarquer sur un AC75.


 et la base de l’équipe Alinghi Red Bull Racing

Entre le centre commercial Maremagnum et l’aquarium se trouvait autrefois un cinĂ©ma. Aujourd’hui, c’est la nouvelle base d’Alinghi Red Bull Racing qui a ouvert ses portes. Loin du simple hangar Ă  bateaux, c’est un lieu de vie pour l’équipe. Entre Ă©lĂ©gance et design, le bĂątiment bleu nuit compte trois Ă©tages. Au rez-de-chaussĂ©e, vous trouverez la boutique Alinghi Red Bull Racing abritant toute la collection de produits officiels.

XQSpain
Mihai Stetcu
Antonio Lajusticia
LA FONTAINE MAGIQUE DE MONTJUÏC ET LE MIRADOR DE L’ALCALDE OUVRENT DES ESPACES DE RESPIRATION À LA CITÉ.

Les montres de l’America’s Cup

Omega, Panerai et Tudor ont choisi leur camp, et vous ?

La plus ancienne compĂ©tition sportive au monde est devenue une vitrine technologique oĂč le design et la performance rivalisent avec le talent humain. Avec des ingĂ©nieurs issus de l’aĂ©ronautique et de la F1, et des athlĂštes de renom, cet Ă©vĂ©nement incarne les valeurs des marques horlogĂšres associĂ©es Ă  la Louis Vuitton 37e America’s Cup, le summum de la rĂ©gate et du luxe.

Omega, les couleurs de la loyauté

Historiquement, Omega est la marque horlogĂšre pionniĂšre et la plus fidĂšle, engagĂ©e depuis 1995 en tant que sponsor des NĂ©o-ZĂ©landais (dĂ©tenteurs du trophĂ©e en 2024), et pour la quatriĂšme fois en tant que chronomĂ©treur officiel de l’America’s Cup (et des JO en parallĂšle !). Pour l’Emirates Team New Zealand, elle a conçu la Seamaster Planet Ocean Deep Black ETNZ Edition en cĂ©ramique aux couleurs du Defender. Avec un diamĂštre de 45,5 mm, ce chronographe automatique, Ă©tanche Ă  600 m, convient particuliĂšrement aux poignets costauds. Son ADN nautique se reflĂšte Ă©galement dans le compte Ă  rebours de rĂ©gate turquoise, de 10 min Ă  3 h, et sur l’aiguille des secondes, dont le contrepoids est sculptĂ© en forme d’aiguiĂšre d’argent. Ses caractĂ©ristiques

techniques la placent en tĂȘte de flotte, grĂące au calibre 9900 Co-Axial Master Chronometer largement Ă©prouvĂ©, avec rĂ©serve de marche de 60 h. Elle est livrĂ©e avec deux bracelets Ă  boucle dĂ©ployante, en caoutchouc turquoise et en Nato noir. Durant l’étĂ©, Omega prĂ©sentera un autre modĂšle dĂ©diĂ© Ă  l’America’s Cup.

Panerai dĂ©die une collection Ă  Luna Rossa Partenaire de l’America’s Cup en 2017 et du dĂ©fi italien depuis 2019, Panerai a capitalisĂ© sur son expĂ©rience pour crĂ©er cinq modĂšles trĂšs sportifs dans la collection Submersible. Ses ingĂ©nieurs ont Ă©tudiĂ© les innovations obtenues dans les matĂ©riaux afin de rĂ©duire le frottement et d’augmenter la performance, combinant aciers spĂ©ciaux et titane recouverts de cĂ©ramique. Sept annĂ©es de R&D ont conduit Ă  la conception du boĂźtier en Ti-Ceramitech brevetĂ©, plus lĂ©ger et plus rĂ©sistant, qui Ă©quipe la Submersible QuarantaQuattro Luna Rossa Ti-Ceramitechℱ. Cette montre de plongĂ©e automatique, Ă©tanche Ă  500 mĂštres et dotĂ©e d’une rĂ©serve de marche de 3 jours, propose une mesure de la durĂ©e d’immersion

SUBMERSIBLE QUARANTAQUATTRO LUNA ROSSA TI-CERAMITECHℱ (44MM), CHF 14’800.-

SUBMERSIBLE LUNA ROSSA (42MM) ONLINE EDITION, CHF 10’100.-

grùce à sa lunette tournante unidirectionnelle en titane. Elle affiche également la date et une petite seconde avec fonction de stop-seconde.

La Submersible GMT Luna Rossa, étanche à 500 mÚtres, se caractérise par son aiguille GMT inspirée des voiles de Luna Rossa et son rehaut affichant les 24 heures du second fuseau. Son boßtier en titane satiné abrite le calibre automatique P900, offrant une réserve de marche de 3 jours. Sa lunette tournante unidirectionnelle en céramique bleue contraste élégamment avec le cadran. Deux bracelets, bi-matiÚre et caoutchouc, sont inclus.

ModĂšle le plus accessible et en duo, la Submersible Luna Rossa prend les traits d’une montre de plongĂ©e automatique (Ă©tanche Ă  300 mĂštres avec 3 jours de rĂ©serve de marche) en acier, dotĂ©e d’une lunette unidirectionnelle en cĂ©ramique. Elle est disponible avec un cadran blanc grainĂ© mat ou bleu satinĂ© soleil en sĂ©rie limitĂ©e de 300 piĂšces.

Dans une autre catégorie de prix, la Submersible Tourbillon GMT Luna Rossa Experience Edition, en Carbotech et étanche à 300 mÚtres, est proposée en 20 exemplaires. Les acquéreurs auront droit à une expérience exclusive dans les coulisses de la Coupe.

Tudor aux cĂŽtĂ©s d’Alinghi

DerniĂšre arrivĂ©e sur la grande scĂšne de l’America’s Cup, Tudor, Ă©galement sponsor du Bol d’Or Mirabaud, a dĂ©voilĂ© l’an passĂ© un tandem en l’honneur de ce premier partenariat nautique, les Pelagos Alinghi Red Bull Racing Edition. Ces deux montres automatiques aux mouvements de manufacture certifiĂ©s COSC disposent de 3 jours de rĂ©serve de marche et bĂ©nĂ©ficient d’un boĂźtier en composite de carbone noir mat (avec logo Alinghi au dos) Ă©tanche Ă  200 m, avec couronne vissĂ©e en titane. TrĂšs lisibles, harmonieuses et lĂ©gĂšres, elles arborent aussi le fameux bracelet en tissu Tudor, bleu en l’occurrence, renforcĂ© pour les besoins marins. Le chronographe et la 3 aiguilles sont Ă©quipĂ©s d’une lunette bidirectionnelle crantĂ©e en titane, dont le disque en composite de carbone est astucieusement graduĂ© de 60 min dans le sens antihoraire pour mieux suivre le compte Ă  rebours de rĂ©gate. En ce qui concerne le prix, trĂšs accessible, le duo Tudor a d’ores et dĂ©jĂ  remportĂ© cet aspect de la compĂ©tition !

PELAGOS FXD ALINGHI RED BULL RACING EDITION (42MM), CHF 3’600.-
PELAGOS FXD CHRONO ALINGHI RED BULL RACING EDITION (43MM), CHF 4950.-
Oriol CastellĂČ

Vous aimez ce hors-série de Skippers ?

Recevez le prochain Skippers chez vous, ainsi que nos hors-séries consacrés aux bateaux à moteur, à la glisse nautique et aux plus belles vacances en vous abonnant à moitié prix à Skippers, voile & océan*

Impressum

Édition

GMT Publishing

Rue des Vollandes 23 1207 GenĂšve

T : 022/ 404 20 04 info@skippers.ch

Entreprise myclimate.org/01-23-280770

Magazine officiel de la Fédération Suisse de Voile, Skippers, voile & océan est disponible en kiosque et sur abonnement, en français ou en allemand.

Éditeur brice.lechevalier@skippers.ch

Rédacteur en chef quentin.mayerat@skippers.ch

Secrétariat de rédaction julien.beauchot@skippers.ch

Administration et finances alexandra.montandon@skippers.ch

Responsable commercial

*CHF 42.- pour un an, au lieu de CHF 84.- pour les 7 numéros en kiosque (le trimestriel et les trois horsséries Skippers Motor, Skippers Travel et Boards by Skippers) : abonnement sur skippers.ch ou info@skippers.ch

olivier.evain@gmtpublishing.com

Administration et publicité

RĂ©daction par ordre d’apparition

Quentin Mayerat, Jacques-Henri Addor, Pierre-Antoine Preti, Pauline Katz, Grégoire Surdez, Brice Lechevalier.

Photographes par ordre d’apparition

Sébastien Aubord, Alexander Champy, Hamish Hooper, Mihai Stetcu, Rayan Pellet, Sailing Energy, Chris Cameron, Yves Ryncki, Nicolas Jaton, Carlo Borlenghi, Thierry Martinez, Richard Hodder, Eloi Stichelbaut, James Somerset, Starp Estudi Luca Butto, Stefano Gattini, Ian Roman, Job Vermeulen, Cameron Gregory, Beau Outteridge, Oriol Castello, Loris von Siebenthal, Samo Vidic, Joerg Mitter, Ivo Rovira, Amalia Infante, Alex Carabi, Michael A. Caronchi, Martin Keruzore, Olaf Pignataro, Ricardo Pinto, Ugo Fonolià, Maria Muina, Mitja Kobal, XQSpain Media, Pep Daube, Espai Dimatge,

Graphisme : Mélanie et Nicolas Zentner, enzed.ch

Traduction allemande : Sabine Dröschel, trad@vtx.ch

Relectures : Pauline Estival

Photolithographie : Images 3 SA, Lausanne

Impression : PCL Presses Centrales SA www.skippers.ch

Investir –à bon port.

En tant que plus grand négociant indépendant de métaux précieux en Europe, nous composons avec vous votre portefeuille personnel de lingots et de piÚces certifiés LBMA. Nous vous conseillons également volontiers pour la vente de métaux précieux.

Informations et boutique en ligne sur: degussa-goldhandel.ch

GenĂšve
Scanner le Code et gagner de l’or Quai du Mont-Blanc

HOMMAGE AUX TENANTS DU TITRE

En 2024, nos amis nĂ©o-zĂ©landais mettront tout en Ɠuvre pour que le plus ancien trophĂ©e sportif du monde reste entre les mains des kiwis. Pour les aider Ă  garder le cap, nous nous sommes inspirĂ©s du logo d’Emirates Team New Zealand afin de produire une piĂšce de collection unique: la Seamaster Planet Ocean Deep Black Emirates Team New Zealand Edition. Un hommage aux champions en titre rehaussĂ© de touches turquoise, avec un indicateur de compte Ă  rebours, une aiguille des secondes “Auld Mug” et un fond de boĂźtier estampillĂ© du logo Emirates Team New Zealand.

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Issuu converts static files into: digital portfolios, online yearbooks, online catalogs, digital photo albums and more. Sign up and create your flipbook.
America's cup fr by gmt_publishing - Issuu