
Saison 25 — 26




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Saison 25 — 26


















La RTS contribue au renforcement culturel romand, à la radio, à la télévision et sur le digital, grâce à près de 50 émissions culturelles hebdomadaires.



Récital
4 février 2026 — 20h
Avec le soutien de la FONDATION VRM
Franz Schubert Winterreise, op. 89
Gute Nacht
Die Wetterfahne
Gefror'ne Tränen Erstarrung
Der Lindenbaum Wasserflut
Auf dem Flusse Rückblick
Irrlicht Rast
Frühlingstraum
Einsamkeit
Die Post Der greise Kopf
Die Krähe
Letzte Hoffnung
Im Dorfe
Der stürmische Morgen Täuschung
Der Wegweiser
Das Wirtshaus Mut !
Die Nebensonnen
Der Leiermann
« La
Huit ans avant la naissance de notre illustre invité suédois de ce soir, son non moins illustre compatriote Ingmar Bergman signait l'un des plus grands films de tous les temps, Le Septième Sceau (Det sjunde inseglet) où un chevalier médiéval, incarné par un jeune Max von Sydow aux cheveux de lin, se confesse à un prêtre : « La Mort m'a rendu visite ce matin. Nous avons commencé une partie d'échecs. Cela m'a fait gagner un peu de temps, et je vais pouvoir régler une certaine affaire. (…) Je veux utiliser ce répit pour accomplir une action qui ait enfin un sens… »
Bien que Winterreise (Voyage d'hiver) n'ait pas la triste distinction d'être la dernière composition de Franz Schubert, nous savons que la correction et l'édition de la deuxième partie de ce cycle de lieds le tint occupé jusque sur son lit de mort. Dans Le Septième Sceau, la Mort joue aux échecs. Dans Winterreise, Schubert lui fait jouer la musique lancinante et obsédante d'une vielle à roue.
La création de Winterreise par le compositeur devant son cercle d'amis est évoquée dans les souvenirs de Joseph von Spaun : « Un jour il me dit : ‹Viens donc chez [Franz von] Schober [l'auteur des paroles d'An die Musik] aujourd'hui et je vais te chanter un cycle terrifiant de mélodies. Je suis anxieux de savoir ce que tu en diras. Elles m'ont coûté plus d'effort que n'importe quel autre de mes lieds.› Et il nous chanta le cycle entier de Winterreise d'une voix vibrante d'émotion. Nous étions estomaqués par l'humeur triste et lugubre de ces mélodies et Schober alla même
jusqu'à dire qu'une seule « Der Lindenbaum/ Le tilleul » lui avait plu. À cela, Schubert répondit : ‹J'aime ces lieds plus que tout le reste et tu finiras par les aimer aussi.› »
Le verbe aimer semble presque trop fade pour décrire les sentiments de Schubert. Le manuscrit autographe de la première moitié du cycle, conservé à la bibliothèque Pierpoint Morgan de New York, ressemble à un champ de bataille : révisions, ratures, mesures rajoutées, supprimées, modifications en tout genre. On peut y voir l'exaspération de Schubert avec un passage assez long du douzième lied, « Einsamkeit/Solitude », quand il biffe trois portées incomplètes avec un X si furieux qu'il en déchire presque le papier.
Schubert, l'un des plus littéraires parmi les compositeurs, disait qu'il ne pouvait pas composer de bonnes mélodies sans bonnes poésies. Il avait trouvé le sujet parfait dans les œuvres du poète prussien Wilhelm Müller (1794-1827), son contemporain presque exact, dont il avait mis en musique la collection Die schöne Müllerin (La Belle Meunière) en 1823. Vers la fin 1826, il découvrit douze poèmes de Müller sous le titre général de Winterreise. Pensant qu'il s'agissait d'un cycle complet, il se précipita pour les mettre en musique, sans doute au début 1827, et à la conclusion du douzième lied, signa « Fine », la fin, avec une belle fioriture. Quelques mois plus tard, Schubert découvrait le deuxième tome des Papiers posthumes de Müller avec un Winterreise augmenté de douze nouveaux poèmes.
En mettant ces derniers poèmes en musique, Schubert faisait en même temps face à son trépas prochain. On connaissait assez bien la syphilis tertiaire à cette époque pour que Schubert sache que la démence et la paralysie précédaient l'issue fatale. Si la mort l'avait renvoyé chez les vivants pour les deux premières phases de la maladie, comme elle le fait avec le voyageur dans « Das Wirthaus/L'Auberge », il allait désormais devoir endurer la mort vivante de son voyageur, ses facultés créatrices engourdies par le tabès et le ruisseau de sa musique gelé par la perte de sa raison.
Bien que Winterreise fût composé pour voix de ténor (Schubert, qui le créa devant ses amis chez Schober, en avait une très jolie), des transpositions pour d'autre tessitures, notamment pour son fidèle ami le baryton Michael Vogl, furent réalisées de son vivant par le compositeur lui-même. Peter Mattei mène depuis les années 1990 une éclatante carrière de Kavalierbariton dans le monde entier. Au début de cette carrière, en 1991 à l'âge de 26 ans — et qui sait si cela ne relève que de l'anecdote – Peter Mattei travaille avec nul autre qu'Ingmar Bergman, metteur en scène de l'opéra de Daniel Börtz Backanterna, basé sur Les Bacchantes d'Euripide, où il joue le jeune Penthée, déchiré en lambeaux par les Ménades qui accomplissent la vengeance rituelle de Dionysos. Le destin cruel qui arracha la vie à Franz Schubert à l'âge de 31 ans est une tragédie d'un autre genre : elle se termine, comme Winterreise, dans les notes mourantes et sinistres du joueur de vielle à roue, le terme silencieux et mortel de ce cycle sublime et terrifiant.

Originaire de Weimar, il est connu comme l'un des accompagnateurs de lied les plus demandés de sa génération, mais se produit de plus en plus souvent en tant que soliste lors de récitals de piano. Il a étudié à la Franz-Liszt-Hochschule de sa ville natale auprès de Ludwig Bätzel, mais se décrit plutôt comme un autodidacte et un chercheur, citant les enregistrements vidéo, les disques et les interviews des grands pianistes du passé comme sources d'inspiration importantes.
En tant qu'accompagnateur de lied et chambriste, il a fréquenté les Schubertiades de Schwarzenberg et de Hohenems, le Musikverein de Vienne, le Ciclo de Lied au Teatro de la Zarzuela de Madrid, l'Accademia Santa Cecilia à Rome, le Festival international de la BBC à Édimbourg, l'Oxford Lieder Festival et le Festival du printemps de Tokyo. Il s'est produit dans les plus grandes salles de concert européennes, dont les philharmonies de Berlin, Cologne, Bilbao et Paris, au Konzerthaus de Vienne, au Wigmore Hall de Londres, au Concertgebouw d'Amsterdam, à la Tonhalle de Zurich, au Palau de la Música de Barcelone, au Børssalen de Copenhague, au deSingel d'Anvers, au De Bijloke de Gand et au Bunka Kaikan Hall de Tokyo.
Élu chanteur de l'année 2020 par Musical America, le célèbre baryton suédois sera à l'affiche de la saison 2024/2025 dans le rôle du Comte dans Le nozze di Figaro au Bayerische Staatsoper et dans le rôle de Starbuck dans Moby Dick au Metropolitan Opera. La saison a également inclus ses débuts dans le rôle de Jochanaan dans Salome, également au Met. Sa saison 2023/24 comprenait Don Giovanni à l'Opéra national de Paris et Wozzeck au Bayerische Staatsoper. Le chanteur s'est également produit à l'Opéra royal de Suède dans le rôle d'Amfortas dans Parsifal, rôle qu'il reprendra au Bayerisches Staatsoper de Munich en avril 2026.
Peter Mattei s'est fait connaître internationalement grâce au rôle-titre dans la mise en scène de Peter Brook de Don Giovanni au Festival d'Aix-en-Provence en 1998. Depuis, il a eu le privilège de travailler avec de nombreux chefs d'orchestre et metteurs en scène de renommée mondiale sur les scènes d'Europe et des États-Unis. Peter Mattei est un invité régulier du Metropolitan Opera, où il a interprété des rôles tels qu'Amfortas, Wolfram dans Tannhäuser, les rôles-titres de Don Giovanni et Eugène Onéguine, Figaro dans Il barbiere di Siviglia, le Comte Almaviva dans Le nozze di Figaro, Rodrigo dans Don Carlo, Marcello dans La bohème, Yeletsky dans La Dame de pique, Shishkov dans De la maison des morts et, en 2020, il a fait ses débuts très applaudis dans le rôle-titre de Wozzeck. Parmi les autres rôles qui lui ont valu les applaudissements du public et de
la critique, citons Billy Budd (Opéra de Francfort et Opéra de Göteborg) et Don Fernando dans Fidelio (Teatro alla Scala).
Avec l'un de ses rôles préférés, Don Giovanni, Peter Mattei a eu le plaisir de travailler avec des metteurs en scène tels que Peter Brook et Michael Haneke. Il a ravi le public du Metropolitan Opera, de l'Opéra national de Paris, du Royal Opera House Covent Garden de Londres, du Teatro alla Scala de Milan, du Wiener Staatsoper, du Bayerische Staatsoper, del'Opernhaus Zürich, du Palau de les Arts Valencia, du San Francisco Opera, du Lyric Opera of Chicago, du Semperoper de Dresde, de l'Opéra royal de Suède et de l'Opéra de Norvège, ainsi que des prestigieux festivals de Salzbourg, Verbier, Aix-en-Provence, Lucerne et Tanglewood.
Peter Mattei a étudié à l'Académie royale de musique et à l'Université de l'opéra de Stockholm. Il a fait ses débuts lyriques en 1990 dans le rôle de Nardo dans La finta giardiniera de Mozart au Théâtre de la Cour de Drottningholm et a fait des débuts sensationnels à l'Opéra royal de Suède dans le rôle de Pentheus dans Backanterna de Daniel Börtz (mise en scène d'Ingmar Bergman) en 1991. Peter Mattei a été nommé chanteur de la cour et a reçu la médaille Litteris et Artibus de S.M. le roi de Suède Carl XVI Gustaf en 2011 pour ses réalisations exceptionnelles en tant qu'artiste.

Franz Schubert
Winterreise — D 911
Wilhelm Müller (1794–1827)
Gute Nacht
Fremd bin ich eingezogen, Fremd zieh' ich wieder aus. Der Mai war mir gewogen
Mit manchem Blumenstrauss.
Das Mädchen sprach von Liebe, Die Mutter gar von Eh', –
Nun ist die Welt so trübe, Der Weg gehüllt in Schnee.
Ich kann zu meiner Reisen
Nicht wählen mir die Zeit, Muss den Weg mir selbst weisen
In dieser Dunkelheit.
Es zieht ein Mondenschatten
Als mein Gefährte mit, Und auf den weissen Matten
Such' ich des Wildes Tritt.
Was soll ich länger weilen,
Dass man mich trieb' hinaus ?
Lass irre Hunde heulen
Vor ihres Herren Haus !
Die Liebe liebt das Wandern –Gott hat sie so gemacht –Von einem zu dem andern –Fein Liebchen, gute Nacht !
Will dich im Traum nicht stören, Wär schad' um deine Ruh';
Sollst meinen Tritt nicht hören –
Sacht, sacht die Türe zu !
Schreib' im Vorübergehen
An's Tor dir gute Nacht, Damit du mögest sehen, An dich hab' ich gedacht.
Voyage d'hiver Bonne nuit
Étranger je suis venu, étranger je repars.
Le mois de mai m'accueillait avec profusion de fleurs.
La jeune fille parlait d'amour, sa mère même déjà de mariage. À présent la nature est si sombre, le sentier recouvert de neige.
J'ai dû m'en aller sans en choisir le moment, et chercher seul mon chemin dans cette obscurité. Un rayon de lune pour seul compagnon, et sur les pâturages blafards je cherche la trace du gibier sauvage.
Pourquoi attendre encore jusqu'à ce que l'on me jette dehors ?
Laissez les chiens fous hurler devant la maison de leur maître !
L'amour aime l'errance –
Dieu l'a fait ainsi — aimer ici, aimer ailleurs –douce bien-aimée, bonne nuit !
Je ne veux pas déranger tes rêves, ce serait si dommage pour ton repos. Tu ne dois pas entendre mon pas, doucement, doucement je ferme la porte !
En passant sur le portail, j'écris, bonne nuit, afin que tu te souviennes que je pensais à toi.
Die Wetterfahne
Der Wind spielt mit der Wetterfahne
Auf meines schönen Liebchens Haus. Da dacht' ich schon in meinem Wahne, Sie pfiff' den armen Flüchtling aus.
Er hätt' es eher bemerken sollen, Des Hauses aufgestecktes Schild. So hätt' er nimmer suchen wollen Im Haus ein treues Frauenbild.
Der Wind spielt drinnen mit den Herzen
Wie auf dem Dach, nur nicht so laut. Was fragen sie nach meinen Schmerzen ?
Ihr Kind ist eine reiche Braut.
Gefror'ne Tränen
Gefror'ne Tropfen fallen
Von meinen Wangen ab :
Ob es mir denn entgangen, Dass ich geweinet hab ?
Ei Tränen, meine Tränen,
Und seid ihr gar so lau, Dass ihr erstarrt zu Eise, Wie kühler Morgentau ?
Und dringt doch aus der Quelle
Der Brust so glühend heiss, Als wolltet ihr zerschmelzen
Des ganzen Winters Eis !
La girouette
Le vent joue avec la girouette sur la petite maison de mon bel amour. Et dans ma folie je pensais déjà : elle veut chasser le fugitif en sifflant.
Il aurait dû interpréter plus tôt l'enseigne fichée sur cette maison. Il n'y aurait alors jamais cherché une femme fidèle.
Dedans, le vent joue avec les cœurs comme sur ce toit, mais avec moins de bruit. Pourquoi vous intéresser à mes peines ?
Leur fille sera une riche mariée.
Larmes glacées
Des gouttes glacées tombent et roulent sur mes joues. Aurais-je donc oublié que j'ai pleuré ?
Ah, mes larmes, mes larmes, étiez-vous donc si tièdes pour vous figer en glace, telle la froide rosée du matin ?
Pourtant de la source du cœur vous jaillissez brûlantes, comme pour faire fondre tout le gel de l'hiver !
Erstarrung
Ich such' im Schnee vergebens
Nach ihrer Tritte Spur, Wo sie an meinem Arme
Durchstrich die grüne Flur !
Ich will den Boden küssen, Durchdringen Eis und Schnee
Mit meinen heissen Tränen, Bis ich die Erde seh'.
Wo find' ich eine Blüte, Wo find' ich grünes Gras ?
Die Blumen sind erstorben, Der Rasen sieht so blass.
Soll denn kein Andenken
Ich nehmen mit von hier ?
Wenn meine Schmerzen schweigen, Wer sagt mir dann von ihr ?
Mein Herz ist wie erfroren, Kalt starrt ihr Bild darin;
Schmilzt je das Herz mir wieder, Fliesst auch ihr Bild dahin !
Saisissement
Vainement dans la neige je cherche une trace de ses pas, là où elle se promenait à mon bras naguère dans la verte campagne !
Je veux embrasser le sol, transpercer la neige et la glace avec mes larmes brûlantes jusqu'à ce que je retrouve la terre.
Où trouverai-je une fleur ?
Où trouverai-je l'herbe verte ?
Les fleurs sont mortes, le gazon semble si blême.
Pas un seul souvenir à emporter d'ici ?
Quand ma douleur se sera tue, plus rien ne me parlera d'elle ?
Dans mon cœur pris en glace, son visage est figé.
Et si un jour mon cœur se réchauffe, ses traits s'évanouiraient.
Der Lindenbaum
Am Brunnen vor dem Tore
Da steht ein Lindenbaum : Ich träumt' in seinem Schatten So manchen süssen Traum.
Ich schnitt in seine Rinde So manches liebe Wort; Es zog in Freud' und Leide Zu ihm mich immer fort.
Ich musst' auch heute wandern
Vorbei in tiefer Nacht. Da hab' ich noch im Dunkel Die Augen zugemacht.
Und seine Zweigen rauschten, Als riefen sie mir zu : Komm her zu mir, Geselle. Hier find'st du deine Ruh' !
Die kalten Winde bliesen Mir grad' ins Angesicht; Der Hut flog mir vom Kopfe, Ich wendete mich nicht.
Nun bin ich manche Stunde Entfernt von jenem Ort, Und immer hör' ich's rauschen : Du fändest Ruhe dort !
Le tilleul
Près de la fontaine, devant le porche il y a un tilleul : dans son ombre j'ai rêvé tant de rêves heureux.
J'ai gravé dans son écorce tant de mots d'amour ; dans la joie ou dans la peine je revenais toujours vers lui.
Aujourd'hui, je dois partir en passant devant lui dans la nuit profonde. Et pourtant dans l'obscurité j'ai fermé les yeux.
Ses branches semblaient murmurer, comme pour m'appeler : Viens vers moi, compagnon. Ici tu trouveras le repos !
Les vents glacés fouettaient directement mon visage ; mon chapeau s'envola, mais je ne me retournai pas.
À présent, tant d'heures me tiennent éloigné de lui, mais le murmure continue toujours : Là-bas, tu aurais trouvé le repos !
Wasserflut
Manche Trän' aus meinen Augen
Ist gefallen in den Schnee :
Seine kalten Flocken saugen
Durstig ein das heisse Weh.
Wenn die Gräser sprossen wollen, Weht daher ein lauer Wind, Und das Eis zerspringt in Schollen Und der weiche Schnee zerrinnt.
Schnee, du weisst von meinem Sehnen
Sag', wohin doch geht dein Lauf ?
Folge nach nur meinen Tränen, Nimmt dich bald das Bächlein auf.
Wirst mit ihm die Stadt durchziehen, Munt're Strassen ein und aus :
Fühlst du meine Tränen glühen, Das ist meiner Liebsten Haus.
Dégel
Mainte larme de mes yeux est tombée dans la neige : et ses flocons glacés assoiffés engloutissent ma brûlante douleur.
Lorsque les herbes pousseront, sous le souffle d'un vent tiède, la glace se brisera en morceaux et la neige ramollie fondra.
Neige, tu connais ma nostalgie, dis-moi, où vas-tu quand tu fonds ?
Tu n'as qu'à suivre mes larmes et bientôt le ruisseau tu rejoindras.
Avec lui tu traverseras la ville, de-ci de-là, par les rues joyeuses : sens-tu mes larmes brûlantes, c'est la maison de ma bien-aimée.
Auf dem Flusse
Der du so lustig rauschtest, Du heller, wilder Fluss, Wie still bist du geworden, Gibst keinen Scheidegruss !
Mit harter, starrer Rinde Hast du dich überdeckt, Liegst kalt unbeweglich Im Sande ausgestreckt.
In deine Decke grab' ich
Mit einem spitzen Stein Den Namen meiner Liebsten Und Stund' und Tag hinein.
Den Tag des ersten Grusses, Den Tag an dem ich ging, Um Nam' und Zahlen windet Sich ein zerbroch'ner Ring.
Mein Herz, in diesem Bache Erkennst du nun dein Bild ?
Ob's unter seiner Rinde Wohl auch so reissend schwillt ?
Sur le fleuve
Toi qui bruissais naguère si joyeux, fleuve clair et impétueux, comme te voilà bien silencieux, sans même un signe d'adieu !
D'une écorce dure et figée, tu t'es entièrement recouvert, froid et immobile tu gis étendu dans le sable.
D'une pierre acérée j'ai gravé dans ton manteau le nom de ma bien-aimée ainsi que l'heure, le jour.
Le jour où nos regards se sont croisés, aussi le jour de mon départ, autour du nom et des dates court un anneau brisé.
Mon cœur, dans ce ruisseau reconnais-tu enfin ton image ?
Sous sa dure écorce, bouillonne-t-il aussi violemment ?
Rückblick
Es brennt mir unter beiden Sohlen, Tret' ich auch schon auf Eis und Schnee, Ich möcht' nicht wieder Atem holen, Bis ich nicht mehr die Türme seh'.
Hab' mich an jeden Stein gestossen, So eilt' ich zu der Stadt hinaus; Die Krähen warfen Bäll' und Schlossen Auf meinen Hut von jedem Haus.
Wie anders hast du mich empfangen, Du Stadt der Unbeständigkeit !
An deine blanken Fenstern sangen Die Lerch' und Nachtigall im Streit.
Die runden Lindenbäumen blühten, Die klaren Rinnen rauschten hell, Und ach, zwei Mädchenaugen glühten ! Da war's geschehn um dich, Gesell !
Kommt mir der Tag in die Gedanken, Möcht' ich noch einmal rückwarts sehn, Möcht' ich zurück wieder wanken, Vor ihrem Haus stille stehn.
Regard en arrière
Mes pieds me brûlent, et pourtant je marche sur le sol gelé, mais je ne reprendrai pas haleine tant que les tours seront en vue.
J'ai trébuché sur chaque pierre, tant j'avais hâte de quitter la ville ; sur les toits les corneilles me criblaient de grêlons à chaque maison.
Comme ton accueil fut différent, ville de l'inconstance ! À tes riantes fenêtres l'alouette et le rossignol tireliraient à qui mieux mieux.
Les épais tilleuls étaient en fleurs, les claires sources gazouillaient joyeuses, hélas, deux yeux de jeune fille brillèrent !
C'en était fait de toi, mon ami !
Et quand je me souviens de ce jour, je voudrais le revivre encore une fois, je voudrais encore revenir en chancelant, me tenir en silence devant sa maison.


In die tiefste Felsengründe
Lockte mich ein Irrlicht hin; Wie ich einen Ausgang finde, Liegt nicht schwer mir in dem Sinn.
Bin gewohnt das Irregehen. 'S führt ja jeder Weg zum Ziel; Uns're Freuden, uns're Wehen, Alles eines Irrlichts Spiel !
Durch des Bergstroms trocknen Rinnen Wind' ich mich ruhig hinab –Jeder Strom wird' Meer gewinnen, Jedes Leiden auch sein Grab.
Rast
Nun merk' ich erst, wie müd' ich bin, Da ich zu Ruh' mich lege; Das Wandern hielt mich munter hin Auf unwirtbarem Wege.
Die Füsse frugen nicht nach Rast, Es war zu kalt zum Stehen; Der Rücken fühlte keine Last, Der Sturm half fort mich wehen.
In eines Köhlers engem Haus Hab' ich Obdach gefunden, Doch meine Glieder ruh'n nicht aus : So brennen ihre Wunden.
Auch Du, mein Herz, in Kampf und Sturm, So wild und so verwegen, Fühltst in der Still' erst deinen Wurm Mit heissem Stich sich regen !
Dans une profonde gorge un feu follet m'a attiré ; comment j'en sortirais ne m'inquiète guère.
Je suis accoutumé à l'errance. Chaque chemin mène au but. Nos joies et nos peines, tout n'est que jeu de feu follet.
Par le lit à sec du torrent, je descends tranquillement. Chaque fleuve va à la mer, chaque douleur a sa tombe.
Halte
Maintenant seulement je sens ma fatigue, lorsque je me suis étendu pour me reposer ; voyager me maintenait alerte sur les chemins inhospitaliers.
Mes pieds ne réclamaient pas de halte, il faisait trop froid pour s'arrêter ; mes reins ne sentaient pas la fatigue, la tempête me poussait en avant.
Dans l'étroite cabane d'un charbonnier j'ai trouvé refuge, mais mes membres ne se dénouent pas, tant leurs blessures sont vives.
Et toi aussi mon cœur, dans la tourmente, toujours indomptable et hardi, tu sens dans l'accalmie le démon brûlant qui te ronge !
Frühlingstraum
Ich träumte von bunten Blumen, So wie sie wohl blühen im Mai; Ich träumte von grünen Wiesen, Von lustigem Vogelgeschrei.
Und als die Hähne krähten, Da ward mein Auge wach; Da war es kalt und finster, Es schrien die Raben vom Dach.
Doch an den Fensterscheiben, Wer malte die Blätter da ?
Ihr lacht wohl über den Träumer, Der Blumen im Winter sah ?
Ich traümte von Lieb' um Liebe, Von einer schönen Maid, Von Herzen und von Küssen, Von Wonne und Seligkeit.
Und als die Hähne krähten, Da ward mein Herze wach; Nun sitz' ich hier alleine Und denke dem Traume nach.
Die Augen schliess' ich wieder, Noch schlägt das Herz so warm. Wann grünt ihr Blätter am Fenster ? Wann halt' ich mein Liebchen im Arm ?
Rêve de printemps
Je rêvais de fleurs multicolores comme elles fleurissent au mois de mai, je rêvais de vertes prairies Et du chant joyeux des oiseaux.
Et quand les coqs chantèrent, mes yeux se sont ouverts ; il faisait froid et sombre, les corbeaux croassaient sur les toits !
Mais là sur les vitres, qui donc a peint ces fleurs ? vous riez, bien sûr, du rêveur qui a cru voir des fleurs en hiver !
Je rêvais d'amours partagés, d'une fille jeune et belle, de cœur et de baisers, de plaisirs et de béatitudes.
Et quand les coqs chantèrent, mon cœur s'est réveillé ; et maintenant me voilà assis seul à vouloir rattraper mon rêve.
Je ferme à nouveau les yeux et mon cœur bat toujours aussi fort. Quand donc verdiront ces fleurs de givre ? Quand donc tiendrai-je mon amour dans mes bras ?
Einsamkeit
Wie eine trübe Wolke
Durch heit're Lüfte geht, Wenn in der Tanne Wipfel Ein mattes Lüftchen weht.
So zieh' ich meine Strasse
Dahin mit trägem Fuss, Durch helles, frohes Leben Einsam und ohne Gruss.
Ach, dass die Luft so ruhig !
Ach, dass die Welt so licht ! Als noch die Stürme tobten, War ich so elend nicht.
Die Post
Von der Strasse her ein Posthorn klingt. Was hat es, dass es so hoch aufspringt, Mein Herz ?
Die Post bringt keinen Brief für dich. Was drängst du denn so wunderlich, Mein Herz ?
Nun ja, die Post kommt aus der Stadt, Wo ich ein liebes Liebchen hatt', Mein Herz !
Willst wohl einmal hinüberseh'n Und fragen, wie es dort mag geh'n, Mein Herz ?
Solitude
Tel un nuage obscur qui file dans le ciel serein lorsque, dans la cime des sapins, souffle la brise légère.
Ainsi je vais mon chemin, je traîne le pas pesant à travers la vie claire et joyeuse, seul et sans personne pour me saluer.
Ah, que l'air est calme !
Ah, que le monde est beau !
Lorsque les tempêtes grondaient, j'étais moins malheureux.
La poste
Sur la route j'entends le cor du postillon.
Pourquoi bats-tu si fort, mon cœur ?
La poste n'apporte pas de lettre pour toi. Pourquoi donc cet étrange émoi, mon cœur ?
Eh bien oui, la poste vient de la ville où j'avais un très cher amour, mon cœur !
Peut-être voudrais-tu retourner là-bas et demander comment y vont les choses, mon cœur ?
Der greise Kopf
Der Reif hatt' einen weissen Schein
Mir übers Haar gestreuet;
Da glaubt' ich schon ein Greis zu sein
Und hab' mich sehr gefreuet.
Doch bald ist er hinweggetaut, Hab' wieder schwarze Haare,
Dass mir's vor meiner Jugend graut –Wie weit noch bis zur Bahre !
Vom Abendrot zum Morgenlicht
Ward mancher Kopf zum Greise.
Wer glaubt's ? Und meiner ward es nicht
Auf dieser ganzen Reise !
Die Krähe
Eine Krähe war mit mir
Aus der Stadt gezogen, Ist bis heute für und für Um mein Haupt geflogen.
Krähe, wunderliches Tier, Willst mich nicht verlassen ?
Meinst wohl, bald als Beute hier
Meinen Leib zu fassen ?
Nun, es wird nicht weit mehr geh'n
An dem Wanderstabe.
Krähe, lass mich endlich seh'n
Treue bis zum Grabe !
Tête de vieillard
Le givre a jeté un reflet blanc sur mes cheveux ; j'ai cru que j'étais déjà un vieillard et je m'en suis tant réjoui.
Mais il a vite fondu, mes cheveux sont noirs à nouveau, j'en viens à haïr ma jeunesse, quel long chemin jusqu'à la tombe !
Entre le crépuscule et l'aube, mainte tête a vieilli. Qui le croira ? Et poutant pas la mienne pendant tout ce long voyage !
La corneille
Une corneille m'accompagnait hors de la ville, aujourd'hui encore elle est là et vole au-dessus de ma tête.
Corneille, animal magique, tu ne me lâcheras donc pas ?
Crois-tu donc que bientôt tu auras mon corps comme proie ?
Va ! Il n'y en a plus pour longtemps à marcher avec mon bâton de voyageur. Corneille, montre-moi enfin ce qu'est la fidélité jusqu'à la tombe !
Letzte Hoffnung
Hie und da ist an den Bäumen Manches bunte Blatt zu seh'n, Und ich bleibe vor den Bäumen Oftmals in Gedanken steh'n.
Schaue nach dem einen Blatte, Hänge meine Hoffnung dran; Spielt der Wind mit meinem Blatte, Zittr' ich, was ich zittern kann.
Ach, und fällt das Blatt zu Boden, Fällt mit ihm die Hoffnung ab; Fall' ich selber mit zu Boden, Wein' auf meiner Hoffnung Grab.
Im Dorfe
Es bellen die Hunde, es rasseln die Ketten; Es schlafen die Menschen in ihren Betten, Träumen sich manches, was sie nicht haben, Tun sich im Guten und Argen erlaben;
Und morgen früh ist alles zerflossen. Je nun, sie haben ihr Teil genossen Und hoffen, was sie noch übrig liessen, Doch wieder zu finden auf ihren Kissen.
Bellt mich nur fort, ihr wachen Hunde, Lasst mich nicht ruh'n in der Schlummerstunde !
Ich bin zu Ende mit allen Träumen. Was will ich unter den Schläfern säumen ?
Dernière espérance
Çà et là aux branches des arbres on peut voir encore des feuilles multicolores, et aux pieds des arbres, je reste souvent plongé dans mes pensées.
Je regarde une seule feuille, j'y attache mon espérance. Si le vent joue avec ma feuille, je tremble autant qu'on peut trembler.
Hélas, si ma feuille tombe à terre, mon espérance tombe avec elle, avec elle je tombe à mon tour et je pleure mon espérance évanouie.
Au village
Les chiens aboient, les chaînes cliquettent. Les gens dorment dans leur lit, beaucoup rêvent de ce qu'ils n'ont pas et goûtent au bien et au mal.
Mais au matin, tout se dissipe. Qu'importe, ils ont joui de leur part et espèrent retrouver ce qu'ils ont laissé à nouveau sur leur oreiller.
Aboyez sur moi encore, chiens en alerte ! Ne me laissez pas trouver le repos !
J'en ai fini avec tous les rêves. Pourquoi donc m'attarder parmi les dormeurs ?
Der stürmische Morgen
Wie hat der Sturm zerrissen
Des Himmels graues Kleid !
Die Wolkenfetzen flattern Umher im matten Streit.
Und rote Feuerflammen
Zieh'n zwischen ihnen hin; Das nenn' ich einen Morgen So recht nach meinem Sinn !
Mein Herz sieht an dem Himmel
Gemalt sein eig'nes Bild –Es ist nichts als der Winter, Der Winter kalt und wild !
Täuschung
Ein Licht tanzt freundlich vor mir her, Ich folg' ihm nach die Kreuz und Quer; Ich folg' ihm gern und seh's ihm an, Dass es verlockt den Wandersmann.
Ach ! Wer wie ich so elend ist, Gibt gern sich hin der bunten List, Die hinter Eis und Nacht und Graus, Ihm weist ein helles, warmes Haus. Und eine liebe Seele drin. –Nur Täuschung ist für mich Gewinn!
Matin d'orage
Comme l'orage a déchiré le manteau gris du ciel !
Des lambeaux de nuages flottent alentour fatigués du combat.
Et des flammes rouges semblent s'en échapper ; Voilà ce que j'appelle un matin comme je les aime !
Mon cœur voit dans le ciel son propre reflet. Ce n'est rien que l'hiver, l'hiver froid et sauvage !
Leurre
Une lumière danse gaiement devant moi, Je la suis qui vagabonde, je la suis volontiers tout en sachant qu'elle leurre le voyageur.
Hélas, celui qui est comme moi malheureux se livre volontiers à cette illusion, qui, au bout de la nuit, du froid, de l'horreur, lui promet un foyer chaleureux et éclairé, ainsi qu'une âme accueillante. Mais l'illusion est tout mon gain !
Der Wegweiser
Was vermeid' ich denn die Wege, Wo die ander'n Wand'rer geh'n, Suche mir versteckte Stege, Durch verschneite Felsenhöh'n ?
Habe ja doch nichts begangen, Dass ich Menschen sollte scheu'n, –Welch ein törichtes Verlangen Treibt mich in die Wüstenei'n ?
Weiser stehen auf den Strassen, Weisen auf die Städte zu. Und ich wand're sonder Massen Ohne Ruh' und suche Ruh'.
Einen Weiser seh' ich stehen Unverrückt vor meinem Blick; Eine Strasse muss ich gehen, Die noch keiner ging zurück.
Le poteau indicateur
Pourquoi éviter les chemins que prennent les autres voyageurs, chercher les sentiers cachés sur ces falaises enneigées ?
Je n'ai pourtant rien commis pour fuir les autres hommes. Quel besoin insensé me pousse dans ces lieux déserts ?
Des poteaux se dressent sur les routes et indiquent la direction de la ville. Et je marche sans répit, sans halte, en cherchant le repos.
Je vois un poteau indicateur immobile sous mon regard. Je dois prendre un chemin d'où nul n'est jamais revenu.
Das Wirtshaus
Auf einen Totenacker
Hat mich mein Weg gebracht; Allhier will ich einkehren, Hab' ich bei mir gedacht.
Ihr grünen Totenkränze
Könnt wohl die Zeichen sein, Die müde Wand'rer laden Ins kühle Wirtshaus ein.
Sind denn in diesem Hause
Die Kammern all' besetzt ?
Bin matt zum Niedersinken, Bin tödlich schwer verletzt.
O unbarmherz'ge Schenke, Doch weisest du mich ab ?
Nun weiter denn, nur weiter, Mein treuer Wanderstab !
L'auberge
Mes pas m'ont conduit aux portes d'un cimetière. C'est ici que je veux demeurer, me suis-je dit aussitôt.
Ô vous, vertes couronnes mortuaires, vous êtes bien les enseignes qui invitent le voyageur fourbu à entrer dans la fraîche auberge.
Dans cette maison toutes les chambres sont-elles donc occupées ?
Je suis las à m'effondrer, blessé à mort.
Auberge sans pitié, tu me repousses pourtant ?
Encore et encore il me faut marcher, ô mon fidèle bâton de voyageur !
Mut !
Fliegt der Schnee mir ins Gesicht, Schüttl' ich ihn herunter. Wenn mein Herz im Busen spricht, Sing' ich hell und munter.
Höre nicht, was es mir sagt, Habe keine Ohren; Fühle nicht, was es mir klagt, Klagen ist für Toren.
Lustig in die Welt hinein Gegen Wind und Wetter ! Will kein Gott auf Erden sein, Sind wir selber Götter !
Die Nebensonnen
Drei Sonnen sah ich am Himmel steh'n, Hab' lang und fest sie angeseh'n; Und sie auch standen da so stier, Als wollten sie nicht weg von mir.
Ach, meine Sonnen seid ihr nicht !
Schaut ander'n doch ins Angesicht ! Ja, neulich hatt' ich auch wohl drei; Nun sind hinab die besten zwei.
Ging nur die dritt' erst hinterdrein ! Im Dunkel wird mir wohler sein.
Courage !
Si la neige me cingle le visage, je la secoue pour la faire tomber. Quand mon cœur dans ma poitrine murmure, je chante gaiement.
Je n'écoute pas ce qu'il me dit, je fais la sourde oreille ; je refuse de ressentir sa plainte, seuls les fous se plaignent.
Joyeux, dans la vie je vais contre vent et tempête !
S'il n'est pas de dieu sur cette terre, soyons nous-mêmes des dieux !
Les soleils parallèles
Dans le ciel, j'avais vu trois soleils, je les ai longuement contemplés et eux se tenaient là fixement, comme s'ils ne devaient jamais me quitter.
Ah, vous n'êtes pas mes soleils ! Regardez donc d'autres dans les yeux !
C'est vrai, il y a peu, j'en avais trois, mais j'ai perdu les deux meilleurs.
Que le troisième s'en aille aussi ! Je me sentirai mieux dans l'obscurité.
Drüben hinterm Dorfe
Steht ein Leiermann
Und mit starren Fingern
Dreht er was er kann.
Barfuss auf dem Eise
Wankt er hin und her
Und sein kleiner Teller
Bleibt ihm immer leer.
Keiner mag ihn hören, Keiner sieht ihn an, Und die Hunde knurren
Um den alten Mann.
Und er lässt es gehen, Alles wie es will, Dreht, und seine Leier
Steht ihm nimmer still.
Wunderlicher Alter !
Soll ich mit dir geh'n ?
Willst zu meinen Liedern
Deine Leier dreh'n ?
Le joueur de vielle
Là-bas, au bout du village, il y a un joueur de vielle qui de ses doigts raidis joue ce qu'il peut.
Pieds nus sur la glace il va chancelant de ci, de là, mais sa petite sébile reste toujours bien vide.
Nul ne daigne l'écouter, nul ne s'attarde à le regarder et les chiens grognent autour du pauvre vieillard.
Mais tout lui est bien égal que les choses aillent à leur gré ! Il joue de sa vielle qui jamais ne s'interrompt.
Étrange vieillard, dis-moi, Dois-je venir avec toi ?
Accepterais-tu de tourner ta vielle pour accompagner mes chants ?
Principalement financée par la Ville de Genève avec le soutien du canton de Genève, de l’Association des communes genevoises et de mécènes, la Fondation a pour mission d’assurer l’exploitation du Grand Théâtre, notamment en y organisant des spectacles d’art lyrique, chorégraphique et dramatique.
M. Xavier Oberson, Président
Mme Sandrine Salerno, Vice-présidente
M. Ronald Asmar
M. Guy Dossan
M. Shelby R. du Pasquier
Mme Bénédicte Grimm
M. Philippe Jobin
Mme Dominique Perruchoud
Mme Maria Vittoria Romano
Mme Isabelle Terrier, représentante de l’Association des communes genevoises
Mme Françoise Vaufrey Briegel
Mme Cecilia Zaugg
Situation au 24.10.25
Le Conseil de fondation est composé de douze membres désignés par le Conseil municipal de la Ville de Genève, le Conseil administratif de la Ville de Genève ou l’Association des communes genevoises, ainsi que deux membres invités représentant respectivement le canton de Genève et le personnel du GTG.
M. Juan Calvino, membre invité, représentant du personnel
M. Marcus Gentinetta, membre invité, représentant du canton
Président d’honneur Guy Demole
Secrétariat Cynthia Haro fondation@gtg.ch
Comme mécène ou partenaire du Grand Théâtre de Genève, vous serez associé à la plus grande structure artistique de Suisse romande et renforcerez tant son ancrage à Genève que son rayonnement au-delà de ses frontières. Vous participerez au déploiement des ambitions d'excellence et d'innovation artistiques, et d'ouverture à tous les publics. Chaque saison, le Grand Théâtre présente des productions lyriques et chorégraphiques qui évoquent les grands sujets de notre époque, destinées à faire vivre l'expérience incomparable de l'art sous toutes ses formes au plus grand nombre. Avec une compagnie de ballet menée par le grand chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, à la pointe de l'expérimentation transdisciplinaire, le Grand Théâtre développe un nouveau répertoire de danse contemporaine dont les tournées feront briller Genève et la Suisse à l'international.
Votre don permet la réalisation de projets audacieux, avec un large champ d'initiatives qui vous permettent de participer directement au financement d'une saison ou d'un spectacle ; contribuer à la création mondiale d'un ballet ; soutenir un projet qui rassemble plusieurs
disciplines artistiques ; vous engager pour la jeunesse et pour la diversification des publics ; pour l'accessibilité à toutes et tous et à petit prix ; aider les artistes du Grand Théâtre, sa troupe de jeunes chanteurs en résidence ou les jeunes danseurs de sa compagnie de ballet.
À titre individuel, dans le cadre d'une fondation ou d'une entreprise, votre mécénat se construit selon vos souhaits en relation privilégiée avec le Grand Théâtre, pour enrichir votre projet d'entreprise ou personnel. Rejoignez-nous pour bénéficier non seulement d'une visibilité unique et d'un accès exceptionnel aux productions, mais aussi pour vivre des émotions fortes et des moments inoubliables en compagnie des grands artistes de notre époque !
Rejoignez-nous, engageons-nous ensemble à pérenniser les missions du Grand Théâtre !
Informations et contact
+41 22 322 50 58
+41 22 322 50 59 mecenat@gtg.ch
Le Cercle du Grand Théâtre de Genève rassemble toutes les personnes et entreprises intéressées à soutenir les activités du Grand Théâtre dans le domaine des arts lyrique, chorégraphique et dramatique. Depuis sa création en 1986, le Cercle apporte chaque saison un important soutien financier au Grand Théâtre par des contributions aux spectacles.
Pour la saison 25–26, le Cercle soutient les productions suivantes : Bal impérial – Boléro, Castor & Pollux et 200 Motels.
Pourquoi rejoindre le Cercle ?
Pour partager une passion commune et s'investir dans l'art vivant avec la plus grande scène culturelle de la Suisse romande.
Certains de nos avantages exclusifs :
· Cocktails d'entracte
· Dîner de gala annuel
· Voyages lyriques sur des scènes européennes
· Conférence annuelle Les Métiers de l'Opéra
· Participation à la finale du Concours de Genève (section voix)
· Priorité pour la souscription des abonnements
· Priorité de placement et utilisation de la même place tout au long de la saison
· Service de billetterie personnalisé
· Tarifs préférentiels pour la location des espaces du Grand Théâtre
· Invitation au pot de Première
· Meet & Greet avec un·e artiste et/ou un·e membre de la production
· Accès gratuit à toutes les activités de La Plage
Bureau (novembre 2024)
M. Rémy Best, président
M. Shelby du Pasquier, vice-président
M. Luis Freitas de Oliveira, trésorier
Mme Benedetta Spinola, secrétaire
Autres membres du Comité (novembre 2024)
Mme Emily Chaligné
M. Romain Jordan
Mme Pilar de La Béraudière
Mme Marie-Christine von Pezold
Mme Adeline Quast
M. François Reyl
M. Julien Schoenlaub
M. Gerson Waechter
Membres bienfaiteurs
M. Metin Arditi
MM. Ronald Asmar et Romain Jordan
M. et Mme Rémy Best
M. Jean Bonna
Fondation du groupe Pictet
M. et Mme Luis Freitas de Oliveira
M. et Mme Erik Holstenson
M. et Mme Pierre Keller
Mme Jane Kent
M. Fergal Mullen
Banque Lombard Odier & Cie
M. et Mme Yves Oltramare
M. et Mme Pierre-Alain Wavre
Membres individuels
Mme Anne-Shelton Aaron
S.A. Prince Amyn Aga Khan
Mme Marie-France Allez de Royère
Mme Diane d'Arcis
M. Luc Argand
M. Piotr Augustyniak
Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn
M. et Mme François Bellanger
Mme Maria Pilar de la Béraudière
M. Vincent Bernasconi
M. et Mme Philippe Bertherat
Mme Antoine Best
Mme Saskia van Beuningen
M. et Mme Nicolas Boissonnas
Mme Clotilde de Bourqueney Harari
Comtesse Brandolini d'Adda
Mme Emily Chaligné
M. et Mme Jacques Chammas
Mme Pauline Chandon-Moët
Mme Muriel Chaponnière Rochat
M. et Mme Philippe Cottier
Mme Tatjana Darani
M. et Mme Claude Demole
Mme Armelle Gauffenic
M. et Mme Guy Demole
M. et Mme Michel Dominicé
M. Pierre Dreyfus
Me et Mme Olivier Dunant
Mme Marie-Christine Dutheillet de Lamothe
Mme Heidi Eckes-Chantré
Mme Denise Elfen-Laniado
Mme Diane Etter-Soutter
M. et Mme Patrice Feron
Mme Armelle Gauffenic
M. et Mme Nicolas Gonet
M. et Mme Yves Gouzer
Mme Claudia Groothaert
Mme Anne Gudefin
M. et Mme Philippe Gudin de La Sablonnière
Mme Bernard Haccius
M. Stefan Hascoet
Mme Beatrice Houghton
Mme Victoria Hristova
M. et Mme Éric Jacquet
M. et Mme Daniel Jaeggi
M. Antoine Khairallah
M. et Mme Jean Kohler
Mme Mallu Kulvik
M. Marko Lacin
Mme Brigitte Lacroix
M. et Mme Philippe Lardy
Mme Éric Lescure
M. Pierre Lussato
Mme France Majoie Le Lous
M. et Mme Colin Maltby
M. Bertrand Maus
M. et Mme Olivier Maus
M. et Mme Robert Mehm
Mme Béatrice Mermod
Mme Vera Michalski-Hoffmann
Mme Jacqueline Missoffe
M. et Mme Christopher Mouravieff-Apostol
M. Xavier Oberson
M. et Mme Patrick Odier
M. et Mme Alan Parker
M. et Mme Shelby du Pasquier
Mme Jean Pastré
Mme Sibylle Pastré
M. et Mme Gilles Petitpierre
Mme Marie-Christine von Pezold
M. et Mme Charles Pictet
M. Charles Pictet
M. et Mme Guillaume Pictet
M. et Mme Ivan Pictet
M. Nicolas Pictet
Comte et Comtesse de Proyart
M. et Mme Christopher Quast
Mme Zeina Raad
Mme Brigitte Reverdin
M. et Mme Dominique Reyl
M. et Mme François Reyl
Mme Karin Reza
Mme Chahrazad Rizk
Mme Kinha Romanovska
M. et Mme Jean-Pierre Roth
M. et Mme Andreas Rötheli
M. et Mme Jean-Rémy Roussel
Mme Sana H. Sabbagh
M. et Mme Adam Said
Mme Maria-Claudia de Saint Perier
Marquis et Marquise de Saint Pierre
M. Vincenzo Salina Amorini
Mme Nahid Sappino
M. Paul Saurel
M. et Mme Julien Schoenlaub
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Mme Nathalie Sommer
Marquis et Marquise Enrico Spinola
Mme Christiane Steck
Mme Kenza Stucki
M. Eric Syz
M. Riccardo Tattoni
Mme Suzanne Troller
M. et Mme Gérard Turpin
M. Olivier Varenne
Mme Ghislaine Vermeulen
M. et Mme Julien Vielle
M. et Mme Olivier Vodoz
Mme Bérénice Waechter
M. Gerson Waechter
M. et Mme Stanley Walter
M. Stanislas Wirth
M. et Mme Giuseppe Zocco
Membres institutionnels
1875 Finance SA
BCT Bastion Capital & Trust
Christie’s INTL SA
Famille Reyl
Fondation Bru
Fondation de l'Orchestre de la Suisse Romande
International Maritime Services Co. Ltd.
Lenz & Staehelin
Moore Stephens Refidar SA
Plus d'informations et le détail
complet des avantages pour les membres du Cercle sur gtg.ch/cercle
Inscriptions
Cercle du Grand Théâtre de Genève
Gwénola Trutat
Case postale 44
1211 Genève 8 +41 22 321 85 77 (8 h-12 h)
cercle@gtg.ch
Compte bancaire
No 530290
Banque Pictet & Cie SA
Organe de révision
Plafida SA

Opéra de Jean-Philippe


Soprano
Rameau
Rameau
Joseph Middleton, piano
Opéra de Giacomo Puccini
23 avril au 3 mai 2026
23 avril au 3 mai 2026
19 au 29 mars 2026
19 au 29 mars 2026
Nouvelle production
Nouvelle production
Entre fraternité sacrifiée
Castor & Pollux
la puissance d'une tragédie baroque dans un opéra-ballet.
Entre fraternité sacrifiée et passion interdite, Castor & Pollux déploie toute la puissance d'une tragédie baroque dans un opéra-ballet.
BFM
IMPRESSUM
Directeur de la publication
Aviel Cahn
Rédaction
Christopher Park
Traduction
Christopher Park
Relecteur
Patrick Vallon
27 mars 2026 — 20h
27 mars 2026 — 20h
Nouvelle production
Elsa Dreisig déploie son éclat dans un récital tout virtuosité qui font d'elle une véritable Reine de cœur.
Elsa Dreisig déploie son éclat dans un récital tout en contrastes. De Poulenc à Schumann, elle explore l'amour sous toutes ses facettes avec la brillance, la sensibilité et la virtuosité qui font d'elle une véritable Reine de cœur.
Le langage universel de l’amour résiste-t-il à la
Le langage universel de l’amour résiste-t-il à la traduction ? Un duo féminin sonde les mystères du chef-d'œuvre de Puccini.
BFM
BFM
BFM
Photo couverture
© Cedric Roulliat
Réalisation graphique
Nessa Soumahoro
Impression
Atar Roto
Presse SA
Grand Théâtre de Genève
Boulevard du Théâtre 11
Case postale 44
1211 Genève 8
Standard
+41 22 322 50 00
Billetterie +41 22 322 50 50
Contact info@gtg.ch gtg.ch #WeArtGTG

27 mars 2026 – 20h
