N° 30
| Mars / Avril 2017
30 Le journal du Cercle du Grand Théâtre et du Grand Théâtre de Genève
MANON LESCAUT
Une soirée unique avec Gianandrea Noseda JOYCE DIDONATO
La Diva assoluta revient en concert de gala
ORLEANSKAYA DEVA
Tchaïkovski visite le grand opéra français
« NOUS, PAUVRES GENS ! »
Wozzeck
QUAND ON EST POUSSÉ À TUER CE QU’ON AIME
UNE AUTRE PASSION
La danse en immersion avec Pontus Lidberg GTG1617_ACTO30_couv_feuilles.indd 1
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Le thème de la saison 16-17
Dépasser son horizon
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Wozzeck
Du sordide au sublime
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Manon Lescaut
L’autre Manon
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Une autre passion
Les abîmes d’une grande Passion
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Les jeunes au cœur
Au pays de Giasone
Un an déjà que le Grand Théâtre s’est installé Place des Nations et vous avez été nombreux à venir partager des moments exceptionnels à l’Opéra des Nations, ce théâtre éphèmère qui a vu le jour grâce à l’enthousiasme et à la détermination de certaines personnes qui ont osé aller contre les esprits chagrins pessimistes. Ils viennent nombreux, parfois de très loin, pour s’intéresser à cette construction qu’ils considèrent comme idéale et exemplaire sur le plan visuel et acoustique et dont vous pouvez être fiers avec nous. Nous souhaitons continuer à vous faire partager de nouvelles aventures dans ce lieu magique qui certes a ses contraintes, mais qui permet une proximité avec vous et des œuvres plus difficilement réalisables Place de Neuve. Exigeant dans le choix des œuvres présentées, il requiert des équipes de production une grande imagination, une créativité qui mène à l’essence du théâtre. Après avoir accueilli plus de 12 000 spectatrices et spectateurs pour La Bohème et une nouvelle production de Il Giasone, de Francesco Cavalli, enregistrée notamment pour Arte et la RTS, et qui à chaque soir a suscité une salve d’applaudissements et l’enthousiasme du public, nous vous invitons à partager des moments qui nous paraissent pouvoir satisfaire les plus exigeant(e)s d’entre vous. Après avoir accueilli le Ballett am Rhein qui nous offre la vision de Martin Schläpfer de Ein deutsches Requiem, le rideau va se lever sur une œuvre incontournable du XXème siècle, Wozzeck, dans une mise en scène remarquée et remarquable de David McVicar ; à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande : le Bernois Stefan Blunier. Le mois de mars verra également le retour à Genève d’une des grandes divas, Joyce DiDonato, pour un concert qu’il convient de qualifier de gala. Probablement serez-vous nombreux à vouloir entendre la Manon Lescaut de Puccini sous la baguette de Maestro Noseda et le Teatro Regio de Turin, avec entre autres le fameux ténor Gregory Kunde. Le fleuron du Grand Théâtre ne sera pas en reste ; le Ballet vous invite à découvrir une nouvelle création de Pontus Lidberg sur un autre grand oratorio, la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ selon l’Évangéliste Matthieu, un chef-d’œuvre où la danse et le cinéma se rencontrent. Le 9 mars, le Chœur du Grand Théâtre vous donne rendez-vous au Temple de la Madeleine, avant de vous inviter à découvrir une œuvre trop peu connue de Tchaïkovski, Orleanskaya Deva ( La Pucelle d’Orléans), au Victoria Hall. Mélomanes, balletomanes et toutes celles et ceux qui aiment à se laisser émouvoir par les arts, nous vous attendons nombreux dans les prochaines semaines pour partager avec vous des passions et des émotions ! Merci à celles et ceux qui nous sont fidèles ! Merci à celles et ceux qui ne manqueront pas de nous rejoindre ! Tobias Richter Directeur général
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8 Orleanskaya Deva Un amour pour Jeanne
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Joyce DiDonato
La diva de la paix
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Les Jeudis du Chœur
La pure évasion chorale
CP 5126 - CH-1211 Genève 11 T +41 22 322 50 00 F +41 22 322 50 01
grandtheatre@geneveopera.ch www.geneveopera.ch Directeur de la publication Responsable éditorial Responsable graphique & artistique Ont collaboré à ce numéro Impression
Tobias Richter Mathieu Poncet Aimery Chaigne Elsa Barthas, Mathieu Bertholet, Daniel Dollé, Olivier Gurtner, Isabelle Jornod, Christopher Park, Mathieu Poncet, Patrick Vallon, Alan Woodbridge FOT Suisse SA
Parution 4 éditions par année ; achevé d’imprimer en février 2017. 3 000 exemplaires. Il a été tiré 47 000 exemplaires de ce numéro encartés dans le quotidien Le Temps.
La couverture Le baryton anglais Mark Stone interprète Wozzeck dans cette production mise en scène par David McVicar
Photo Nicolas Schopfer Direction Artistique Aimery Chaigne Maquillage Anaïs Vigliano
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Prochainement dans le n°31
Così fan tutte 30/04 > 14/05/2017 Karita Mattila 09/05/2017 Barbe-Neige et les Sept petits... 19 > 22/05/2017 John Osborn & Lynette Tapia 28/05/2017 Norma 16/06 > 01/07/2017 Patricia Petibon 28/05/2017 Pierre et le Loup/Le Bûcher d’hiver 25 > 28/06/2017
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SAISON1617
ABONNEMENT MI-SAISON CHOISISSEZ AU MOINS 5 SPECTACLES BÉNÉFICIEZ D’UNE RÉDUCTION DE 10% La saison 16-17 est déjà bien avancée et vous aimeriez rallier nos abonnés. Le Grand Théâtre de Genève vous en offre la possibilité à un tarif promotionnel. Ce sésame de mi-saison vous permet d’aller découvrir des productions lyriques, chorégraphiques, des projets jeunes publics et des concerts exceptionnels de qualité. Vous pouvez souscrire à une formule qui vous permet de découvrir au minimum 5 productions de tous types, au choix parmi 10. Si vous souhaitez, vous pouvez conclure jusqu’à 10 productions.
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Dépasser son horizon par Mathieu Bertholet*
Notre thématique de saison : « En 16-17, laissez-vous transporter à l’Opéra des Nations » offre à l’auteur et metteur en scène Mathieu Bertholet l’opportunité d’évoquer les transports poétiques de sa verve littéraire.
© CORY WEAVER
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marées intestines ? En Moi où nous restons au chaud de nousmême, reclus, hors de portée de toutes les voies de transports ? Faut-il rester en soi pour être à soi, ou sortir pour se trouver soimême au bout du chemin ? Ne plus bouger pour ne pas se quitter, ou partir en profitant de tous les modes de transports ? De ces transports légers, heureux et roses, doux et chauds, humides et vert d’eau. « Songe à la douceur /D’aller là-bas vivre ensemble ! 4» Là-bas où nous ne sommes pas. Où nous ne sommes pas encore. Ailleurs songeur vers lequel nous portent nos transports terrestres, nos transports intérieurs sur le réseau secret des lignes de nos mains. « Luxe, calme et volupté 5 » au-delà de nous-même, en dehors de soi, sortir de soi, ouvrir toutes les portes et sortir… Ou laisser entrer. Voies de transports sans sens unique, trafic bidirectionnel de toi à moi, de nous aux autres. Voies de passages grandes ouvertes. Ici et ailleurs rejoints. Ponts aériens. Intimités partagées. Échangeurs humains. Un transport relie. Un point A à un point B. Un toi à moi. Il peut relier dans l’odeur d’essence ou dans le sang : « Je sens, je sens le sang ! » 6 Un transport peut aussi relier en mode doux, électrique, à pied ou en vélo. Il peut surtout, en me faisant sortir de mon moi étroit, me permettre d’atteindre un ailleurs, un autre qui fait de moi un moi plus grand. Ouvrir les voies de transport pour dépasser son horizon… En passant par des voies poétiques, par des assonances pneumatiques, des bruits mécaniques, porté par des transports alphabétiques, laissons de côté nos pulsions secrètes d’Hommes bringuebalés par des plus grands, des plus forts que nous et prenons les chemins littéraires, artistiques, musicaux, amoureux qui conduisent et transportent aux autres ! ■
1 „Der Mensch ist ein Abgrund, es schwindelt einem wenn man hinunterschaut… “ Wozzeck, Acte II, scène 3
4 L’invitation au voyage, LIII, in Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire
2 „Der Platz ist verflucht!“ Wozzeck, Acte I, scène 2
5 idem
3 „Wir arme Leut!“ Wozzeck, Acte I, scène 1
6 „Ich riech, ich riech Blut!“ Acte II, scène 5
[ci-contre]
Le petit garçon interprétant le fils de Wozzeck et Marie lors de la production au Lyric Opera of Chicago en 2016.
© DR
ransports souterrains, lignes aériennes, Luftbrücke, Mouettes genevoises, trafic pendulaire, congestion, sens unique, stationnements interdits, carrefours, péages urbains, fétichisme carrossier, flux routier, ceinture autoroutière, guichet des transferts, chauffeur, ligne de métro… modes de transports. Transports sentimentaux, lignes de vie, mont de Vénus, oiseaux de paradis, trafic nocturne, congestion nerveuse, amours à sens unique, rencontres en bord de tables, filles au capitaine, fétichismes des courbes amples ou des virages serrés, flux sanguins, ceinture de chasteté, transferts somnifères, allumeuse, libido… mots des transports. Nos villes, nos vies, nos jours et nos nuits sont habités, obsédés par les mouvements de nos corps et de nos cœurs. Nous nous mouvons, oscillons, agitons, bougeons de Genève à Lausanne, de A vers B, de toi à moi. Nos corps suivent nos cœurs, notre cœur retenu dans ce corps. Nous jetons des ponts par-dessus nos fleuves (et nos lacs un jour, peut-être ), nous creusons sous nos villes les sentiers futurs qui nous relieront les uns aux autres. Nos transports souterrains nous rongent, grondent et bruissent sous nous et en nous, nous creusent et nous lacèrent, nous dévorent, nous poussent et nous retiennent. Comme nos villes, sous nos peaux, derrière nos façades, dans le noir et sous le béton, des rumeurs sourdes et lancinantes nous habitent et nous inquiètent. Nos pulsions secrètes, nos désirs cachés, nos passions intimes, nos transports nous déplacent. Transports de haine rangée et de rage engagée, retenus dans les plis d’un non-dit ou sous le feu couvert d’un costume-cravate gris finance ; colère insensée et fureur sanglante lâchées en plein jour comme un vol de corbeaux ou dans la nuit sombre du bord d’un étang baigné de lune rouge, un éclat de lumière sur la lame d’un couteau comme la colère jalouse d’un pauvre soldat. « L’Homme est un abîme, on s’y penche avec vertige.1 » Wozzeck à l’instar d’un noble Othello est la proie de la jalousie, ce transport douloureux, brûlant et sourd sur lequel souffle le docteur et le capitaine. Il est l’homme victime de son humanité, des autres hommes, de ses cauchemars et de ses doutes, de ses peurs : « Cette terre est maudite ! »2 On se joue de lui, on le pousse, on le déplace, on le replace, petit homme à la merci des plus grands, des plus forts, des mieux placés. « Nous pauvres gens !3 » Il n’a qu’une lame et Marie. Et ses transports humains trop humains l’emportent et le brisent. Transports souterrains qui nous retiennent silencieusement à nous-même et aux autres, rames de métro arrêtées dans un tunnel sombre, grève des sentiments, protestations muettes d’un cœur gelé, en gelée, d’une âme en panne. Des transports à taire. Vermines, termites qui nous creusent, passions secrètes, cachées, pulsions intimes qui nous percent, nous transportent et nous emportent de nous-mêmes, vers nous-mêmes, à nous-mêmes. Mais si l’on se laisse porter, emmener, prendre par ces transports, où donc est le vrai Moi ? Hors de Moi, au bout de ce voyage où nous portent ces transports aériens ? Contre Moi où nous poussent nos
* Auteur, metteur en scène et danseur un tout petit peu, Mathieu Bertholet s’est vu confié la direction du POCHE / GVE depuis juillet 2015. Il en a fait un théâtre entièrement dédié à l’écriture contemporaine, aux paroles et aux textes d’aujourd’hui. En 2018, il présentera son nouveau texte, Luxe,Calme au Théâtre de Vidy, à la Comédie de Genève et au Théâtre populaire romand.
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› Wozzeck Opéra en 3 actes et 15 scènes Alban Berg
Direction musicale
Stefan Blunier
Mise en scène
David McVicar
Reprise de la mise en scène
Daniel Ellis
Décors & costumes
Vicki Mortimer Chorégraphie Andrew George Lumières Paule Constable Christopher Maravich
Wozzeck
Wozzeck
Mark Stone Marie Jennifer Larmore Tambour-Major
Charles Workman
Le Docteur
Tom Fox
Andres
Tansel Akzeybek
Le Capitaine
Stephan Rügamer
Margret
Dana Beth Miller
1er Apprenti
Alexander Milev*
2ème Apprenti
Erlend Tvinnereim
Le Fou
Fabrice Farina
* Membre de la Troupe des jeunes solistes en résidence
Chœur du Grand Théâtre de Genève Direction Alan Woodbridge Orchestre de la Suisse Romande À l’Opéra des Nations du 2 au 14 mars 2017
«Three words for anyone unsure about whether to catch Lyric’s Wozzeck: See this show.» Chicago Tribune – Nous emboiterons le pas au Chicago Tribune et adopterons cette affirmation que vous allez pouvoir vérifier par vousmême : « Trois mots pour tous ceux qui ne savent pas s’ils veulent entendre et voir Wozzeck à l’Opéra des Nations : Voyez ce spectacle. » Sur le site de notre partenaire le Lyric Opera of Chicago on pouvait lire « Sir David McVicar makes his triumphant
« Chaque homme est un abîme, on a le vertige quand on se penche dessus. » Georg Büchner Woyzeck
return to Lyric to deliver a heartstopping new production of this 20th-century masterpiece. » Avec une quasi-certitude nous osons dire que seuls les absents auront tort. Aujourd’hui nous voulons vous faire partager notre engouement pour ce chef-d’œuvre du XXème siècle et quelques aspects de cet ouvrage basé sur un fait divers, devenu une pièce par Alban Berg pour en faire un opéra, Wozzeck, en 3 actes et 15 scènes, un jalon incontournable dans l’histoire de l’opéra.
© GTG / NICOLAS SCHOPFER / DA : AIMERY CHAIGNE
de théâtre, Woyzeck, adopté et adapté
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OPÉRATION WOZZECK
du sordide au sublime par daniel
dollé
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[ci-contre]
Jennifer Larmore (Marie) et un enfant interprétant le rôle de son fils lors des répétitions au Studio de Meyrin en février 2017 [page de gauche]
Mark Stone (Wozzeck) lors de la séance photo pour la couverture de ce magazine en janvier 2017.
[ci-dessous, à gauche]
Charles Workman (Tambour -major) Tansel Akzeybek (Andres) et Mark Stone (Wozzeck) lors des répétitions au Studio de Meyrin en février 2017 [ci-dessous] © GTG / CAROLE PARODI
Jennifer Larmore (Marie) et Mark Stone (Wozzeck) lors des répétitions au Studio de Meyrin en février 2017
© GTG / CAROLE PARODI
ozzeck est certainement un ouvrage emblématique des années 1920. Il semble anticiper le mal-être du XXème siècle. Le sang, la mort, le misérabilisme y sont traités grâce à une architecture infaillible, grâce à une musique hautement pensée pour aboutir à un chef-d’œuvre expressionniste qui prend à la gorge. Georg Büchner, médecin hessois né en 1813 comme Wagner, Verdi et Kierkegaard, s’est inspiré d’un fait divers qui se produisit en 1824 à Leipzig : l’exécution publique sur l’échafaud d’un certain Johan Christian Woyzeck, condamné à la peine capitale pour avoir assassiné sa maîtresse de sept coups de couteau. Cet acte odieux ne fut hélas pas le seul drame de la jalousie dans l’histoire. Cependant, le «cas Woyzeck » devint une première judiciaire dans le sens où, pour la première fois, le procès fut assorti de rapports médicaux et de témoignages comportementaux pour tenter d’expliquer cet acte criminel. Après avoir assisté à la représentation de la pièce de Büchner à Vienne en 1914, Alban Berg écrit : « C’est fantastique, c’est incroyable, il faut mettre cette pièce en musique ! » En août 1918, le compositeur confie à son épouse : « Il y a un peu de moi-même dans ce personnage, dans la mesure où j’ai passé ces années de guerre tout aussi dépendant des gens que je haïssais, j’ai été enchaîné, malade, captif, résigné, en fait humilié. » Berg réalise le livret à partir de la pièce en vingt-cinq scènes de Büchner. Il renonce à certains passages afin de ne pas affaiblir la structure aristotélicienne : exposition – péripétie – catastrophe. Les personnages vraiment « humains » sont désignés par leur prénom (Marie, Franz [Wozzeck], Andres, Margret), les autres, les exploiteurs, les tortionnaires existent par leur fonction. Chez Berg comme chez Büchner, Franz Wozzeck est atteint de schizophrénie qui, selon Ronald Laing, psychanalyste anglais, représenterait une stratégie qu’invente un sujet pour supporter une situation insupportable, dans ce cas précis, un environnement oppressif. Wozzeck devient schizophrène et Marie se tourne vers la sensualité, puis vers la piété. Arnold Schönberg, le maître et l’ami d’Alban Berg écrit : « Pour dire à quel point je fus surpris lorsque cet adolescent timide au cœur tendre s’engagea dans une aventure qui paraissait condamnée au désastre : la mise en chantier de Wozzeck, drame d’une action si tragique qu’il semblait exclu qu’on pût le mettre en musique. Objection plus grave : l’action comportait des scènes de la vie de tous les jours, en contradiction avec les canons de l’opéra qui reposaient encore sur l’emploi de costumes de théâtre et de personnages conventionnels. Et pourtant Alban Berg réussit. Wozzeck fut un des plus grands succès qu’ait connu l’opéra. » Au début du XXème siècle, la Vienne intellectuelle et artistique est secouée par un vent de rénovation. Il existe un grand sentiment de malaise social : tout paraît mensonge. Un malaise que pourrait illustrer le fameux tableau d’Edvard Munch, Le Cri. C’est dans ce contexte qu’apparaissent des mouvements qui marqueront le siècle : la psychanalyse, la philosophie du langage, l’expressionnisme, la musique atonale et dodécaphonique, l’architecture fonctionnelle, les théories d’économie de marché modernes… Laissons Alban Berg parler de sa musique dans sa Conférence sur Wozzeck parue en 1929 : « Quand je décidai, il y a quinze ans, de composer Wozzeck, la situation de la musique était très particulière. Nous, de l’École de Vienne, ayant à notre tête Arnold Schönberg, venions juste de franchir le seuil de ce mouvement musical qu’on a appelé (à tort d’ailleurs) “atonal”. La composition dans ce style se limitait, dans un premier temps, à l’élaboration de
petites formes, telles que des lieds, des pièces pour piano ou pour orchestre, où, dans le cas d’œuvres plus importantes (comme les vingt et un mélodrames du Pierrot lunaire de Schönberg ou ses deux ouvrages en un acte pour la scène), à l’élaboration de formes qui tirent leur configuration d’un support textuel ou de l’action dramatique. Il manquait encore à ce style dit “atonal” des œuvres de plus grande envergure, conçues classiquement en quatre mouvements, de dimensions jusqu’alors habituelles. La raison de cette absence ? Ce style avait renoncé à la tonalité, et, de ce fait, au moyen le plus sûr, le plus puissant, pour traiter les très grandes comme les petites formes. » Avec le dodécaphonisme apparaît la psychanalyse en psychiatrie. La fin du XIXème siècle est hantée par l’hystérie, « la grande névrose », qui subjugue et passionne aussi bien Charcot à Paris que Bernheim à Nancy et Freud à Vienne. Comme Lucia avait été emblématique de l’opéra romantique, Salomé le sera de l’époque nouvelle. La danseuse criminelle hantera les peintres fin de siècle, comme elle fascinera les écrivains symbolistes : Baudelaire, Mallarmé, Flaubert... Sigmund Freud, pour rendre compte de la jalousie pathologique, fait intervenir le refoulement des fantasmes d’infidélité hétéro - et homosexuelle : le sujet projette sur le partenaire ses propres désirs d’infidélité et dissimule son intérêt homosexuel pour le rival. Othello en est le pur exemple : sa jalousie est morbide car elle n’a pas de consistance objective (Desdémone est innocente). Chez Wozzeck, le drame de la jalousie est plus compréhensible puisque Marie le nargue et le trompe avec le tambour-major. C’est sa vulnérabilité narcissique et son désespoir qui l’amplifient au point de le rendre meurtrier de Marie et de lui-même.
[ci-dessus]
Tom Fox (Le Docteur) et Stefan Rügamer (Le Capitaine) pendant les répétitions au studio de Meyrin en février 2017.
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OPÉRATION WOZZECK
Pour la première fois à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, Stefan Blunier…
© RIBALTA
© THILO BEU
Pianiste et chef d’orchestre né à Berne, il est actuellement le directeur musical de l’opéra de Bonn et de l’Orchestre Beethoven de Bonn. Il est également Premier chef invité de l’Orchestre national de Belgique, depuis 2011. Il est invité par les plus grandes institutions (Bayerische Staatsoper de Munich, Deutsche Oper Berlin, English National Opera…) et par de nombreux orchestres dans plus d’une dizaine de pays. Mais n’est-il pas vrai que nul n’est prophète en son pays ? De façon triomphale, il vient de diriger Salome au Deutsche Oper Berlin où il remplace Jeffrey Tate. Le public et la presse salue la prestation du maestro, attentif à ne pas couvrir les voix et qui réussit les terribles paroxysmes de la musique de Richard Strauss. Il étudie dans sa ville natale, puis à la Folkwang Hochschule d’Essen, le piano, le cor, la composition et la direction. Il admire Carlos Kleiber, Arturo Toscanini et Herbert von Karajan. Il se réjouit de pouvoir présenter 26 programmes différents par saison avec son orchestre et d’enregistrer quatre ou cinq CD chaque année. Non sans un certain stress, il adore présenter certaines œuvres au public avant le concert. Le public en raffole. Dans ses choix de programme, le maestro est très éclectique, il aime Rameau et montre une vraie prédilection pour la musique de notre temps et les œuvres du romantisme tardif. C’est avec un réel plaisir qu’il fait découvrir à ses publics des ouvrages trop rarement joués, voire inconnus. Il est fortement persuadé que si on joue Salome et Elektra, on doit également présenter des œuvres de Schrecker, telles Irrelohe qui connut un immense succès à Berlin.
... et le retour de Jennifer Larmore… Elle a été Valencienne au bras de José van Dam dans Die lustige Witwe, Lady Macbeth dans l’œuvre de Verdi, deux ouvrages mis en scène par Christof Loy, avec qui elle adore travailler. Aujourd’hui l’artiste originaire d’Atlanta en Géorgie vient nous surprendre en faisant ses débuts dans Wozzeck. Les multiples facettes de son talent l’ont conduite de succès en succès sur les plus grandes scènes internationales. Au début de sa carrière étaient le baroque et le belcanto, on parlait de chanteuse händelienne et rossinienne. Peu à peu, elle a enrichi son répertoire avec des œuvres romantiques et contemporaines, à mesure que sa voix évoluait. Après la Comtesse Geschwitz dans Lulu, à Londres, Madrid, Paris et Amsterdam, elle interprète, au mois de mars 2017, pour la première fois, Marie, en compagnie de Mark Stone dans le rôle de Franz Wozzeck. Un moment à ne pas manquer car la force expressive et la puissance scénique de Jennifer sauront nous transporter au cœur du drame qui ne laisse jamais indifférent. Après plus d’une centaine d’enregistrements, de nombreux concerts et récitals, de classes de maître et avoir séduit les publics les plus exigeants, elle publie un livre, Una Voce, destiné aux jeunes chanteurs, aux artistes en devenir, et dans lequel elle fait découvrir comment des êtres humains surmontent leur peur et leur insécurité pour mettre leur cœur et leur âme à nu sur une scène. Elle n’a jamais fait les choses à moitié et ce n’est pas avec Marie qu’elle va commencer. Son credo, c’est l’expression, et elle n’hésitera pas à sacrifier la beauté de la voix afin de mieux communiquer avec le public. Jennifer sait se mettre à la place des personnages qu’elle a accepté d’interpréter.
« Celui qui voudrait croire que c’est seulement la reconnaissance et l’amitié qui m’incitent à exprimer mon admiration, que celui-là n’oublie pas que je sais lire la musique, et qu’à travers les sons…, j’ai pu me faire une idée du talent déployé… Salut à toi, Alban Berg ! » 6 . ACT- O | 30
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Arnold Schoenberg
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OPÉRATION WOZZECK
Vous aviez été très nombreux à applaudir en 2013 sa réalisation de La Traviata, sur la scène de la Place de Neuve. Enfin, il est de retour à Genève, avec une nouvelle production qui ne manquera pas de marquer les annales de l’Opéra des Nations. Inconcevable de rater un tel événement : « I don’t think style is important. I think finding the intrinsic truth of the piece is the important thing. » (Je ne pense pas que le style soit important. Je pense que trouver la vérité intrinsèque de l’œuvre est la chose essentielle. ) D’un côté, les traditionalistes attachés aux productions réalistes et prêts à condamner tout ce qu’ils considèrent non conforme au compositeur de l’œuvre, de l’autre les adeptes du Regietheater, basé sur des concepts, et friands de réinterprétations radicales et provocatrices. Aucune de ces deux polarités n’inspire le célébrissime metteur en scène écossais, sollicité par toutes les grandes scènes internationales. Il n’était pas destiné à devenir metteur en scène lyrique, mais c’est l’opéra qui l’a choisi. Les concepts des productions qu’il dirige ne sont presque jamais la caractéristique dominante, ce qui fait dire à ses détracteurs qu’il est conceptuellement faible. Les médias le fétichisent et le traitent d’enfant terrible, ce qu’il ne pense pas être. Homme honnête et indépendant, ce qui lui importe est d’essayer d’être vrai. Il ne travaille jamais en réaction, en pensant à ce que les critiques ou le public vont penser, il se laisse porter par la musique. Sir David apporte une nouvelle vision de Wozzeck, longtemps considéré uniquement comme un chef d’œuvre expressionniste. Avec son équipe, il a placé l’ouvrage dans son contexte, et le présente comme l’expression du chaos politique et du désespoir qui ont suivi la Première Guerre mondiale. Pour le mélomane, Wozzeck est d’abord une expérience bouleversante. Son architecture savante n’est pas un obstacle mais un moyen d’accéder à une plus grande émotion musicale. Alban Berg lui-même nous l’indique quand il conseille de laisser les « les diverses fugues et inventions, suites et sonates, variations et passacailles » pour se laisser imprégner « du destin individuel de Wozzeck ». Oublions nos préjugés concernant la musique de Berg qui peut nous sembler d’accès difficile. Elle prend à rebours nos certitudes musicales et nos habitudes, séduit par une architecture savante et nous emporte vers l’intériorité des personnages pour une émotion musicale sans égale. ■
© CORY WEAVER
... Last but not least, David McVicar est le metteur en scène
« Une nouvelle production sévère de McVicar qui frappe visuellement et se distingue en plaçant le lieu de l’action en Allemagne sous la République de Weimar au moment de la création de l’œuvre. Les scènes d’intérieur plus courtes sont présentées sur le devant de la scène, tandis que les décors judicieusement miteux de Vicki Mortimer sont changés derrière un long rideau d’hôpital souillé que tirent rapidement ou referment des machinistes (pour la plupart) invisibles. » Chicago Classical Review
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La scène 4 de l’Acte II avec les membres du chœur de cette production au Lyric Opera of Chicago en 2016.
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Un amour pour Jeanne..
OPÉRATION
› Orleanskaya Deva
Opéra en 4 actes et 6 tableaux Piotr Ilitch Tchaïkovski Direction musicale
Dmitri Jurowski
Jeanne d’Arc
Ksenia Dudnikova Charles VII Migran Agadzhanyan* Agnès Sorel
Mary Feminear*
Dunois
Roman Burdenko
Lionel
Boris Pinkhasovich
L’Archevêque
Alexey Tikhomirov
Raymond
Boris Stepanov
Bertrand
C’est à une redécouverte d’importance que nous vous convions au Victoria Hall.
* Membre de la Troupe des jeunes solistes en résidence
L’Orchestre de la Suisse Romande et le Grand Théâtre s’associent pour remettre en pleine
Thibaut
Alexey Tikhomirov Alexander Milev*
Chœur du Grand Théâtre de Genève Direction Alan Woodbridge Orchestre de la Suisse Romande Au Victoria Hall du 6 au 10 avril 2017
Ksenia Dudnikova (Jeanne d’Arc) Née à Andijan en Ouzbékistan, Ksenia Dudnikova a grandi en Russie. Après des études au Conservatoire d’État de Moscou auprès de Klara Kadinskaya, elle intègre le Théâtre musical Stanislavski-et-NemirovitchDantchenko de Moscou où elle interprète Amneris dans Aida (nomination au prix de la meilleure interprète dramatique à l’opéra au Concours national théâtral russe « Masque-d’or »), Marfa (La Khovanchtchina), Lioubacha (La Fiancée du Tsar), Neris (Medea), Olga (Eugène Onéguine), Pauline (La Dame de pique) et Hélène (Guerre et Paix). Sa prise de rôle dans Carmen a eu lieu à Iekaterinbourg et ses débuts au Bolchoï l’ont vu chanter Maddalena (Rigoletto), après quoi elle interprète Marguerite, dans une nouvelle production de La Damnation de Faust, sur la même scène.
[en-haut, à droite]
L’entrée de Jeanne d’Arc à Orléans Ary Scheffer, 1843 Château de Versailles Huile sur toile
A
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uteur du livret, le compositeur s’est appuyé sur la tragédie de Schiller, Die Jungfrau von Orléans, bien que d’autres influences soient venues s’y greffer. Si l’air magnifiquement expressif « Adieu forêts » a été régulièrement chanté par les plus grandes cantatrices, l’opéra – au titre originel de La Pucelle d’Orléans – n’a été donné dans sa totalité que rarement depuis sa première représentation en 1881 au Mariinski de Saint-Pétersbourg : ce n’est qu’en 1976 qu’on l’entendit en France en version de concert et en 1998 en création scénique. À la création, l’œuvre prend des allures de grand opéra français aux chœurs nombreux. Sa musique, pourtant dénigrée par la presse de l’époque, est merveilleusement expressive grâce à des airs simples et faciles à retenir et qui amplifient les émotions. Entre la mélancolie de son père, Thibault d’Arc, et l’amour de l’Anglais Lionel, personnage purement inventé, Jeanne d’Arc est abordée comme une héroïne tragique soumise à la fatalité de son destin. À la création, Tchaïkovski est rappelé à 24 reprises devant le rideau, ses jambes se dérobent sous lui. Il craint, comme d’habitude, que ce succès soit le présage d’une catastrophe. En effet, quelques semaines plus tard, le tsar Alexandre II est assassiné. Mais de quelle Jeanne s’agit-il ? Celle des petits moutons, des voix, de l’étendard, du sacre du roi de France, du bûcher…? Celle d’une histoire « merveilleuse », en somme ? Ou bien s’agit-il d’une Jeanne fanstasmée, inventée comme bien des histoires sans pour autant respecter la véracité ? Quoi qu’il en soit, Jeanne est un personnage qui focalise les passions d’autant plus vives qu’elle a été longuement ignorée. Lorsque le XIXème siècle « redécouvre » Jeanne, c’est pour l’accaparer et servir des fins aussi nombreuses et variées que les événements auxquels on la mêle, encore aujourd’hui. Étrange opéra que cette Pucelle d’Orléans. Peu de temps après avoir composé Eugène Onéguine, opéra intimiste s’il en est, voici que Tchaïkovski se penche sur un format beaucoup plus large où les références au Grand Opéra à la française sont légion. Le sujet quitte les salons ou les mythes russes pour s’ancrer dans l’histoire de France. Piotr Tchaïkovski adapte la tragédie de Schiller pour en faire un opéra retraçant l’évolution d’une figure historique : Jeanne d’Arc. Et dans cet opéra, c’est le seul personnage qui retiendra l’attention, le seul qui parcourt l’ensemble de la partition en rencontrant des aides, des soutiens, des tentations, des obstacles… Les autres personnages ne sont au final rien d’autre que des éléments faisant évoluer Jeanne. Cette adaptation de la légende de Jeanne d’Arc par Tchaïkovski modifie le personnage pour en donner une vision plus humaine, allant jusqu’à consommer son amour pour Lionel, l’amoureux transi inventé pour l’ouvrage. Elle accepte avec résolution la sentence, espérant trouver ainsi le pardon et le repos. Pour les grandes scènes de foule, Tchaïkovski espérait rivaliser avec le modèle Meyerbeer, mais ce sont plutôt les moments intimes qui frappent dans cette partition. Le premier acte champêtre puis céleste nous présente une Jeanne forte et déjà hors de ce monde qui voudrait la contraindre au mariage : la musique s’y fait volontaire puis angélique. Le deuxième acte nous montre la cour du faible roi Charles VII, où règne en maître Agnès Sorel. La musique y est beaucoup plus martiale et traditionnelle, sans l’élévation qui inspirait le final du premier acte. C’est ensuite la passion qui va arriver dans le troisième acte où la carapace de Jeanne se fend pour tomber sous le charme de Lionel. La fin de l’acte n’est plus qu’une descente pour Jeanne au milieu des fêtes du couronnement où Tchaïkovski se permet de
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lumière un opéra oublié de Tchaïkovski en version de concert, Orleanskaya Deva.
convoquer une musique majestueuse et grandiose, interrompue par l’accusation en sorcellerie du père de Jeanne. La passion se retrouve au premier tableau de l’acte quatre où le lyrisme du compositeur peut s’épancher pour un duo d’amour splendide. La clôture de l’opéra s’effectue sur le bûcher de Jeanne où les effets orchestraux sont particulièrement descriptifs des flammes alors que les anges accueillent la guerrière. Beaucoup de situations grandioses et donc propres à flatter le public. Mais ce sont dans les duos ou les interventions de Jeanne qu’on distingue véritablement toute l’attention du compositeur aux détails et aux ambiances. Comme si seul ce personnage l’avait inspiré, il lui réserve la meilleure musique. La Pucelle d’Orléans est donc le véritable pivot de cet opéra. Piotr Ilitch Tchaïkovski illustre la dualité Russie-Europe. Il la porte autant dans ses origines (une arrière-grand-mère allemande, un arrière-grand-père français) que dans son existence, polarisée entre Saint-Pétersbourg et Moscou. Cosmopolite par sa culture comme par ses voyages, il se rend en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis ; admirateur inconditionnel de Mozart, de Meyerbeer et de l’opéra italien, il ne pouvait s’enfermer dans un nationalisme militant, même s’il se déclara « russe jusqu’à la moelle des os ». Éclipsée par des ouvrages tels que Eugène Onéguine ou La Dame de pique, La Pucelle d’Oréans mériterait d’être plus populaire tant dans son pays qu’à l’étranger. Aux dires des spécialistes, les inventions mélodiques ne sont pas des plus élevées, mais probablement ne partageons-nous pas les mêmes avis et sommes-nous séduits par une œuvre qui parle d’un personnage ayant fasciné le compositeur depuis son enfance. À son frère Modest, en décembre 1878, il confie avoir versé des larmes sur le sort de son héroïne : « J’ai passé ces derniers jours dans une grande fébrilité de création. J’ai commencé La Pucelle d’Orléans et tu ne peux imaginer comme c’est difficile. La difficulté ne réside pas dans l’absence d’inspiration, mais au contraire dans son excès. (J’espère que tu ne m’accuseras pas de me vanter.) J’étais possédé par une espèce de fureur : durant trois jours entiers je fus torturé et tourmenté par l’abondance du matériau et l’indigence du temps et des énergies humaines. J’aurais aimé faire tout en une heure, comme cela arrive dans les rêves. Je me rongeais les ongles, mon estomac fonctionnait mal, pour dormir je fus contraint d’augmenter ma ration de vin. Hier soir, comme je lisais le livre sur Jeanne d’Arc que Madame von Meck m’a offert… et que j’en arrivais au procès, à l’abjuration et à l’exécution (elle ne cessa pas de pleurer pendant qu’on la conduisait au bûcher et supplia qu’on la décapitât plutôt que de la brûler), je m’effondrai en sanglots. Je sentais soudain une telle pitié, une telle souffrance pour l’humanité tout entière, et j’étais saisi d’une telle tristesse ! » ■
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..et l’autre Manon .
OPÉRATION
› Manon Lescaut Drame lyrique en 4 actes Giacomo Puccini Direction musicale
Gianandrea Noseda
Manon Lescaut
Maria José Siri Chevalier Renato Des Grieux Gregory Kunde
Lescaut
Dalibor Jenis
Géronte di Ravoir
Carlo Lepore
Edmondo
Francesco Marsiglia
Un musicien
Clarissa Leonardi
Le Maître à danser
Saverio Pugliese
L’Allumeur de réverbères
Patrick Cullen Gandy Coro del Teatro Regio Direction Claudio Fenoglio Orchestra del Teatro Regio À l’Opéra des Nations Jeudi 30 mars 2017
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près une splendide Manon de Massenet, en début de saison, l’ouvrage, qui assura la réputation mondiale de Puccini et lui permit d’envisager une carrière prometteuse, se devait de figurer à l’affiche du Grand Théâtre. En version concertante, direz-vous. Mais quelle version concertante ! Des stars internationales, septante artistes des Chœurs sous la direction d’un grand chef qu’on ne présente plus, sur la scène de l’Opéra des Nations, là où quelques semaines auparavant se jouait La Bohème, le quatrième opéra de Puccini ! Il a fallu trois ans et la collaboration de sept auteurs pour que Puccini compose cet opéra basé sur la célèbre Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (1731) de l’Abbé Prévost. Elle avait déjà inspiré Daniel-François-Esprit Auber en 1856 et Jules Massenet en 1884. Fasciné par le destin d’une femme dont il met en valeur la sensualité et la folle énergie dans la recherche passionnée des plaisirs de la vie, Puccini souhaitait se démarquer de l’œuvre de Massenet, pour créer une Manon différente de la jeune femme frivole et fragile dépeinte par son prédécesseur. « Manon est une héroïne à laquelle je crois ; elle ne peut que conquérir le cœur du public. Pourquoi n’y aurait-il pas deux opéras sur Manon ? Une femme comme elle peut avoir plusieurs admirateurs .» Puccini nous offre une Manon provocante, farouchement attachée au luxe et à l’amour qui se révéleront inconciliables. Terrifiée par la mort inéluctable, châtiment final de son audace de femme éprise de passions fortes, elle exprime son horreur devant la mort : « No, non voglio morir ! » La mort semble être un thème central des leitmotifs que développe l’orchestre qui exprime avec force sentiments et déchirements. Manon meurt « sola, perduta, abbandonata in landa desolata », ces paroles semblent faire écho au destin d’une autre « dévoyée », la Traviata, « sola, abbandonata in questo popoloso deserto ». Ne serait-ce pas là l’hommage du jeune Puccini à son illustre prédecesseur Verdi dont le dernier opéra, Falstaff, fut créé huit jours après la première de Manon Lescaut ? Amour et dénuement, argent et opportunisme, désir et pulsions meurtrières…, les déchaînements de leur passion mèneront les héros dans les solitudes désertiques. Quatre actes, quatre moments de la descente aux enfers : la rencontre et la fuite, Manon à Paris et nouvelle fuite avec Des Grieux, Manon en prison, mort de Manon. Les raisons de la chute de Manon, concentrées dans la découverte par Géronte de Ravoir (personnage inventé par les librettistes, concentré de tous les vieux amants de Manon : il s’appelle Géronte…) et dans sa vengeance. Ce qui importe, c’est la parabole. Contrairement à Massenet, Puccini garde l’Amérique très présente : au troisième acte, les femmes sont appelées à l’embarquement, et finalement Des Grieux y rejoint Manon. Le quatrième acte est en réalité l’ultime moment de chute : Manon et Des Grieux, sur les routes, fuyant on ne sait qui ou quoi, et Manon mourant d’épuisement et de soif. Puccini a toujours été fasciné par Tristan und Isolde, et a rêvé d’écrire lui aussi un duo d’amour. Mais que ce soit Manon Lescaut,
« Massenet ressent cette histoire comme un Français, avec de la poudre et des menuets. Moi, je la ressens plutôt comme un Italien, avec une passion désespérée. » Giacomo Puccini
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L’occasion était trop belle pour inviter le Teatro Regio avec le grand maestro Gianandrea Noseda pour diriger la version concertante de Manon Lescaut, de Giacomo Puccini, son troisième opéra, créé à Turin, au Teatro Regio, le 1er février 1893 où ce soir-là, il est rappelé huit fois sur scène ; ce triomphe effaçant le cuisant échec d’Edgar en 1889. La Bohème, Tosca, La Fanciulla del West, tous racontent une même histoire de couple en proie à l’adversité, due à l’autre ou au monde, et empêchant le couple de s’épanouir. Avec des variations, c’est bien le couple et la cristallisation amoureuse qui sont au centre de ces histoires. Impossible de ne pas évoquer Tristan lorsqu’on écoute le fameux intermède de l’acte III de Manon Lescaut. Pour René Leibowitz, il existe le gourmet du théâtre lyrique, et l’amateur de musique que l’on dit pure, en d’autres termes le mélomane sérieux, ce dernier va rarement à l’opéra. La musique de Puccini représente, pour ces derniers, ce qu’il y a de plus haïssable dans l’art musical et vouloir la défendre lui semblerait une incongruité absolue. L’un est sensible à la valeur dramatique et au bel canto, et le second ne s’intéresse qu’à la qualité strictement musicale de l’ouvrage, chacun ne voyant dans les ouvrages de Puccini que ce qui l’intéresse. Heureusement, il existe une troisième catégorie de musiciens et de mélomanes pour qui l’œuvre de Puccini présente une valeur réelle, envisagée d’un point de vue total. Et Leibowitz de conclure : « En d’autres termes, il y a eu et il existe encore des musiciens (parmi lesquels Maurice Ravel et Gustav Mahler qui inscrivit plusieurs ouvrages de Puccini au répertoire de l’opéra de Vienne quand il était le directeur de ce théâtre) pour qui Puccini prend place dans cette glorieuse lignée de créateurs de l’art musical, c’est-à-dire qu’il représente pour eux un musicien accompli, un compositeur inspiré au même titre que tous ceux qui ont fait et constitué cet art que nous appelons musique. » Nous sommes certains que vous appartenez à la troisième catégorie et que vous serez nombreux à vous donner rendez-vous le 30 mars 2017, pour ce qui pourrait bien s’inscrire parmi les événements majeurs de la saison. ■
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Maria José Siri
(Manon Lescaut) Née en Uruguay, Maria José Siri étudie la voix à l’ENAL de Montevideo, elle se perfectionne au conservatoire de Paris avec Ileana Cotrubas, puis à ceux de Nice et de Vienne. Elle interprète ses premiers rôles au Teatro Colón en Argentine (2005) et en Uruguay avant de débuter en Europe en 2008 avec Il Trovatore au Théâtre Carlo-Felice de Gênes, dans le rôle de Leonora. Elle chantera par la suite à La Scala, au Wiener Staatsoper, au Gran Teatre del Liceu, au Théâtre de la Monnaie, au Staatsoper et au Deutsche Oper de Berlin, au Mariinski de Saint-Pétersbourg, au Comunale de Bologne, au Nouveau Théâtre national de Tokyo, au Palau de les Arts de Valence, à La Fenice de Venise, à la ABAO de Bilbao, au festival de Bregenz ou encore aux Arènes de Vérone, ville où elle réside.
Gianandrea Noseda
(Directeur musical) Né à Milan en 1964, il y fait ses études de piano, de composition et de direction musicale auprès de Donato Renzetti. Principal chef invité au Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg en 1997, il est nommé en décembre 2001 chef principal de la BBC Philharmonic, poste qu’il tiendra jusqu’en 2011, pour en devenir par la suite le directeur musical émérite. En janvier 2016, Gianandrea Noseda est nommé directeur musical du National Symphony Orchestra de Washington (États-Unis), poste qu’il assumera pendant la saison 20172018, en même temps qu’il exercera le poste de principal chef invité du London Symphony Orchestra. Parmi ses enregistrements avec la BBC Philharmonic, signalons le premier enregistrement mondial de la Partita de Luigi Dallapiccola. Gianandrea Noseda est chevalier de l’ordre national du Mérite de la République italienne.
« Je l’aime avec une passion si violente qu’elle me rend le plus infortuné de tous les hommes. J’ai tout employé, à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sollicitations, l’adresse et la force m’ont été inutiles ; j’ai pris le parti de la suivre, dût-elle aller au bout du monde. Je m’embarquerai avec elle ; je passerai en Amérique. » Abbé Prévost Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut
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CARNET DU CERCLE
Le président du Cercle du Grand Théâtre évoque le rôle des membres du Cercle et leur zone d’implication au sein du Grand Théâtre de Genève et décrit l’espace qui existe entre marche du Cercle et celle de l’institution.
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les engagements de chacun, leurs compétences propres, la
Interview du président
De l’implication des membres.. Un entretien avec L uc A rgand par M athieu P oncet
Mathieu Poncet Tout d’abord, afin de dépeindre le terrain de cette problématique, pourriez-vous nous indiquer quels sont, selon vos statuts, le rôle et la fonction de chaque membre ? Luc Argand Statutairement le rôle du Cercle est de permettre au directeur général de tirer la quintessence de sa programmation et par son soutien matériel d’aider le Grand Théâtre à fonctionner au mieux. Il y a une implication qui est un peu plus abstraite, c’est l’implication sentimentale de chaque membre qui adhère au Cercle parce qu’il s’intéresse à l’art lyrique et chorégraphique et qui de ce fait décide d’intervenir personnellement pour soutenir un spectacle ou une manifestation qui lui tient à cœur. MP Statutairement c’est donc le cadre précis des droits et des devoirs de vos membres ? LA Les membres du Cercle ont bien sûr la possibilité d’intervenir individuellement mais ils sont représentés par le Comité qu’ils élisent et qui est censé refléter la diversité des caractères et des engagements de chacun, qui peuvent être divers. MP Est-ce que cela voudrait dire que certains membres qui sont statutairement liés à la gouvernance, aux projets du Comité, pourraient par d’autres biais, une société de famille par exemple, apporter un soutien au Grand Théâtre indépendamment du Cercle qu’ils ont rejoint ? Ou bien est-ce illusoire, antinomique ? LA La souplesse des associations permet au fond à chaque membre d’intervenir individuellement s’il le souhaite, sans nécessairement passer par le Cercle, mais c’est assez exceptionnel puisque le Cercle existe pour cela. MP À supposer que l’un de vos membres appartienne à deux sociétés philanthropiques, il pourrait également s’investir dans une démarche d’appui au Grand Théâtre par le biais de cette autre structure ? LA Bien sûr, pour autant que le but ultime qui est d’aider au fonctionnement du Grand Théâtre par l’apport d’un soutien financier soit visé et atteint. Quelle que soit la façon dont ce membre participe à ce but précis, la souplesse du système associatif le permet. MP Au niveau individuel, de quelles façons chaque membre peut-il atteindre ces buts philanthropiques indépendamment de sa participation aux cotisations ? Pouvez-vous en décrire les principales ? Les membres proposent-ils de nouvelles méthodes d’appui et de financement ? LA C’est l’occasion qui suscite un comportement un peu différent de celui auquel on est habitué. Par exemple dans l’histoire
du Grand Théâtre, on peut citer la transformation du Bâtiment des Forces Motrices puis récemment la réalisation de l’Opéra des Nations, qui ont nécessité une mobilisation générale des pouvoirs publics, du Cercle, des membres du Cercle s’ils le souhaitaient individuellement, ou encore une mobilisation à travers le canal du Cercle mais qui sortait du but statutaire pur du Cercle, c’est-à-dire en l’espèce trouver des fonds nécessaires à la transformation ou à la construction d’un bâtiment. Cette implication à titre individuel de certains membres du Cercle, lors de ces deux grands chantiers, a en effet été ponctuellement au-delà du mode de fonctionnement habituel du Cercle. MP Vous évoquiez aussi des participations du type food and beverage ? LA Oui, c’est le cas par exemple avec le champagne qui peut être pris en charge par l’un(e) ou l’autre de nos membres, ou bien lors d’une soirée spécifique, prestigieuse, où l’un des nôtres décide d’offrir un dîner en l’honneur d’un(e) artiste. Enfin, l’exemple du partenariat pour le parrainage des fauteuils de l’Opéra des Nations qui est aussi un bel exemple de collaboration entre notre opéra et le Cercle. MP Sentez-vous, qu’en fonction des enjeux importants que le Grand Théâtre de Genève a rencontré ces dernières années – des évolutions structurelles – le rôle des membres et leur implication ont évolué ? Est-ce que leurs profils ont changé depuis la période qui précédait la transformation du Bâtiment des Forces Motrices ? LA Non, je ne crois pas que le profil de nos membres ait changé. Dès la naissance du Cercle il y a eu de grands sponsors individuels (je pense notamment à Edgar de Picciotto, à Elisabeth Salina et à Guy Demole) qui ont décidé de faire un effort individuel très important, ils l’ont bien sûr fait à travers le Cercle mais c’était une initiative individuelle. Je ne pense donc pas que les membres sortent réellement de leur rôle en décidant de sponsoriser individuellement un aspect de la vie lyrique ou chorégraphique du théâtre. MP Tout cela est clair en ce qui concerne l’envie puis l’apport d’une aide individuelle pour le théâtre, mais qu’en est-il du désir de prendre part, ce qui peut se comprendre démocratiquement, à la vie du théâtre et de donner son point de vue ? Y a-t-il eu parmi les membres une certaine évolution ces dernières années ? LA Je ne peux pas juger de ce qui s’est passé avec mes prédécesseurs, mais dans mon cas, j’ai réalisé qu’il y avait une tendance, chez certains membres, à considérer qu’au fond les « payeurs » pourraient penser pouvoir s’attribuer un rôle opérationnel qui n’est pas prévu dans les statuts du Cercle.
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pour objectif de réunir toutes les personnes et entreprises qui tiennent à manifester leur intérêt aux arts lyrique, chorégraphique et dramatique. Son but est d’apporter son soutien financier aux activités du Grand Théâtre et
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MP Si l’on sort du cadre statutaire du Cercle, cela transformet-il, en bien ou en mal, le rapport qui existe entre le Cercle, la Fondation et la Direction du Grand Théâtre ?
LA Moi je trouve que c’est assez sain que les gens puissent s’exprimer. Leur appartenance au Cercle montre leur enthousiasme pour la vie lyrique et chorégraphique de leur Cité et au fond tous ces engagements sont plutôt positifs et démocratiques. Il faut par contre les canaliser pour qu’ils soient efficaces et je ne suis pas sûr que la structure juridique de l’association, telle qu’elle est prévue par le droit positif, soit propice à l’organisation et à la cohésion de ces initiatives.
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Fondé en 1986, le Cercle du Grand Théâtre s’est donné
Rejoignez-nous !
Nous serions heureux de vous compter parmi les passionnés d’ arts lyrique, chorégraphique et dramatique qui s’engagent pour que le Grand Théâtre de Genève conserve et renforce sa place parmi les plus grandes scènes européennes. Adhérer au Cercle du Grand Théâtre, c’est aussi l’assurance de bénéficier d'une priorité de placement, d'un vestiaire privé, d'un service de billetterie personnalisé et de pouvoir changer de billets sans frais. Vous participerez chaque année au dîner de gala à l’issue de l’Assemblée générale et profiterez des cocktails d’entracte réservés aux membres. De nombreux voyages lyriques, des conférences thématiques (Les Métiers de l’Opéra ), des visites, des coulisses et des ateliers du Grand Théâtre et des rencontres avec les artistes vous seront proposés tout au long de la saison. Vous pourrez assister aux répétitions générales et bénéficierez d'un abonnement gratuit à ce magazine. Vous recevrez également tous les programmes de salle chez vous.
Pour recevoir de plus amples informations sur les conditions d’adhésion au Cercle, veuillez contacter directement : Madame Gwénola Trutat (du lundi au vendredi de 8 h à 12 h) T + 41 22 321 85 77 F + 41 22 321 85 79 cercle@geneveopera.ch Cercle du Grand Théâtre de Genève CP 5126 1211 Genève 11
Nos membres Bureau M. Luc Argand, président M. Rémy Best, vice-président M. Jean Kohler, trésorier Mme Brigitte Vielle, secrétaire Mme Françoise de Mestral
Comte et Comtesse de Saint-Pierre M. et Mme Olivier Dunant M. Vincenzo Salina Amorini Mme Denise Elfen-Laniado M. Julien Schoenlaub Mme Diane Etter-Soutter Mme Claudio Segré Mme Catherine Fauchier-Magnan Baron et Baronne Seillière Mme Clarina Firmenich Mme Christiane Steck M. et Mme Eric Freymond M. et Mme Riccardo Tattoni Mme Elka Gouzer-Waechter Autres membres du comité M. et Mme Kamen Troller Mme Claudia Groothaert Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn M. et Mme Phil. Gudin de La Sablonnière M. et Mme Gérard Turpin Mme Bernard Haccius M. Jean Bonna M. et Mme Jean-Luc Vermeulen M. Alex Hoffmann Mme Claudia Groothaert M. et Mme Julien Vielle M. et Mme Philippe Jabre Mme Coraline Mouravieff-Apostol M. et Mme Olivier Vodoz M. et Mme Éric Jacquet Mme Beatrice Rötheli-Mariotti Mme Bérénice Waechter M. Romain Jordan M. Gerson Waechter M. Gerson Waechter Mme Madeleine Kogevinas M. et Mme Stanley Walter Membres bienfaiteurs M. et Mme Jean Kohler M. et Mme Rolin Wavre M. et Mme Luc Argand M. Marko Lacin M. et Mme Lionel de Weck M. et Mme Guy Demole Mme Brigitte Lacroix Membres institutionnels Fondation Hans Wilsdorf M. et Mme Pierre Lardy 1875 Finance SA M. et Mme Pierre Keller M. Christoph La Roche Banque Pâris Bertrand Sturdza SA Banque Lombard Odier & Cie SA Mme Éric Lescure Christie’s (International) SA M. et Mme Yves Oltramare Mme Eva Lundin Credit Suisse (Suisse) SA M. et Mme Adam Saïd M. Bernard Mach FBT Avocats SA Union Bancaire Privée – UBP SA M. et Mme Colin Maltby Fondation Bru M. Pierre-Alain Wavre Mme Catherine de Marignac JT International SA M. et Mme Gérard Wertheimer M. Thierry de Marignac Lenz & Staehelin Mme Mark Mathysen-Gerst Membres individuels MKB Conseil & Coaching M. Bertrand Maus S. A. Prince Amyn Aga Khan SGS SA M. et Mme Olivier Maus Mme Diane d’Arcis Vacheron Constantin Mme Béatrice Mermod S. A. S. La Princesse Étienne d’Arenberg M. et Mme Charles de Mestral M. Ronald Asmar Mme Francis Minkoff Mme René Augereau Mme Jacqueline Missoffe M. et Mme Christopher Mouravieff-Apostol Mme Véronique Barbey Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn Mme Pierre-Yves Mourgue d’Algue M. et Mme Philippe Nordmann Mme Maria Pilar de la Béraudière M. Yaron Ophir M. et Mme Philippe Bertherat M. et Mme Alan Parker Mme Antoine Best M. et Mme Shelby du Pasquier M. et Mme Rémy Best Mme Sibylle Pastré Mme Saskia van Beuningen M. Jacques Perrot Mme Françoise Bodmer M. et Mme Wolfgang Peter Valaizon M. Jean Bonna M. et Mme Gilles Petitpierre Prof. et Mme Julien Bogousslavsky M. et Mme Charles Pictet Mme Christiane Boulanger Mme Clotilde de Bourqueney Harari M. et Mme Guillaume Pictet M. et Mme Ivan Pictet Comtesse Brandolini d’Adda M. et Mme Jean-François Pissettaz M. et Mme Robert Briner Mme Françoise Propper M. et Mme Yves Burrus Comte de Proyart Mme Caroline Caffin Mme Adeline Quast M. et Mme Alexandre Catsiapis Mme Ruth Rappaport Mme Maria Livanos Cattaui Organe de révision : Plafida SA M. et Mme François Reyl Mme Muriel Chaponnière-Rochat Compte bancaire N° 530 290 M. et Mme Andreas Rötheli M. et Mme Neville Cook MM. Pictet & Cie M. et Mme Gabriel Safdié M. et Mme Claude Demole
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MP Êtes-vous en train de dire qu’il faudrait éventuellement envisager une modification des statuts, ou bien au contraire se recaler sur les statuts actuels et recentrer le mode de fonctionnement ?
ainsi, de participer à son rayonnement.
LA Oui, je pense qu’on pourrait toujours, vu la souplesse du régime de l’association – avec l’adjonction d’un règlement de la Fondation – mettre noir sur blanc certaines procédures afin de canaliser les initiatives.
MP Ces initiatives seraient alors canalisées soit par une mise à jour des statuts, soit par l’adjonction d’un avenant ?
LA Il s’agit bien là d’un règlement. Les statuts définissent le but social en général, pour tout ce qui n’est pas précisé c’est le droit des sociétés qui s’applique. Et puis on pourrait imaginer, ce qui se fait souvent, un règlement qui indique par exemple que les membres qui veulent s’adresser à la Fondation passent par le Comité plutôt que de le faire directement. Donc moi j’oppose deux choses, c’est d’une part le côté sympathique et démocratique qui favorise l’engagement de chacun, c’est cela qui compte, mais aussi le risque parfois de se retrouver dans des démarches désordonnées sur lesquelles le Comité doit veiller afin de conserver une action efficace qui favorise le fonctionnement du Grand Théâtre. C’est un peu la réflexion que j’aimerais offrir dans cette interview. Dès qu’on approche la sphère liée aux opérations – cette sphère étant la chasse gardée de la Fondation, puisque c’est la Fondation qui gère le Grand Théâtre – il faut que ce soit fait de façon très réglementée et que cela passe par le biais du Comité et de son président. Il faut enfin dire que cette remise en place est notamment liée à un événement ponctuel qui ne se reproduira sans doute pas ; en rapport à la situation très particulière que nous vivons avec ce déménagement à l’Opéra des Nations, et lorsque nous retournerons à la Place de Neuve dans une nouvelle ère, ces réflexions ne se poseront sans doute plus car nous aurons franchi une étape importante de l’histoire de notre opéra. ■
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› Une autre Passion
Ballet d’après la Passion selon Saint Matthieu de Johann Sebastian Bach Chorégraphie & vidéos
Pontus Lidberg
Scénographie
Florian Etti Costumes Reid and Harriet Design Lumières Carolyn Wong Vidéos Martin Nisser & Lars Gustafson Ballet du Grand Théâtre de Genève Direction Philippe Cohen À l’Opéra des Nations du 28 mars au 6 avril 2017
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Image extraite du film réalisé par Pontus Lidberg pour sa création d’Une autre Passion.
Ce printemps 2017, à l’Opéra des Nations, le chorégraphe suédois Pontus Lidberg
s’empare de la Grande Passion du Cantor de Leipzig et nous en offre une version
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Les abîmes d’une Grande très personnelle qui mélange danse et cinéma. Il n’est pas un inconnu à Genève, car il nous avait offert sa vision de Giselle au cours de la saison 12-13. Dans un style très novateur et dans un décor noir et blanc, il avait su faire ressortir l’alchimie du couple Giselle-Albrecht. Avec sensibilité et talent, le chorégraphe abordait le thème éternel de l’amour brisé et du rêve envolé. Il réinventait le style et le langage afin de proposer d’autres lectures possibles pour un des ballets les plus anciens et les plus célèbres au monde.
« Lidberg imagine une gestuelle inspirée et énergique, magnifiquement interprétée par le duo Sarawanee Tanatanit et Damiano Artale. » 12 . ACT- O | 30
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Isabelle Calabre in Danser à propos de Giselle au Grand Théâtre de Genève
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EN BALLET
Passion
T par D aniel D ollé
rès rapidement, Pontus Lidberg s’est affirmé comme un artiste créatif et visionnaire réunissant la danse et le cinéma. Son film de danse The Rain obtient de nombreux prix, et le New York Times écrit : «The Rain illustre ce que la danse filmée peut dire et Que la danse sur une scène ne peut pas. » Pontus Lidberg a créé plus de 40 œuvres pour des compagnies telles que Les Ballets de Monte Carlo, le SemperOper Ballett Dresden, la Compagnie de Danse Martha Graham, Le Royal Swedish Ballet, le Royal Danish Ballet, le Beijing Dance Theatre, Balletboyz, Morphoses… Directeur artistique en résidence de Morphoses en 2012, il est nominé pour un Bessie Award du design visuel exceptionnel, pour son film, Labyrinth Within, qui a remporté le prix Best Picture au Dance on Camera Festival du Lincoln Center en 2012. Le New York Times applaudit la première de ce ballet d’histoire contemporaine, « raconté sans artifice et conduit par des textures émotionnelles et psychologiques... Lidberg sublime le langage académique du ballet. » À l’heure où nous finalisons le magazine, les répétitions avec les danseuses et les danseurs pour ce programme n’ont pas commencé, cependant depuis les États-Unis, il nous livre quelques réflexions sur son approche. Lorsque Philippe Cohen, Directeur du Ballet du Grand Théâtre, lui propose de travailler sur la Messe en Si mineur de Jean-Sébastien Bach, il fait immédiatement une contreproposition et suggère la Passion selon saint Matthieu, du même compositeur, qui l’inspire davantage et lui convient mieux. Pour des raisons évidentes, il a dû avoir recours à un enregistrement, et il a préféré se tourner vers le passé, plutôt que de choisir une version récente. Sans hésiter,
il opte pour l’enregistrement dirigé par Karl Richter en 1959, qui demeure l’un de ses favoris. Il souhaite nous présenter un récit abstrait basé sur des thèmes récurrents et universels : la mort et la passion, dans tous les sens du terme, de la souffrance aux émotions les plus intenses. Dans la mesure du possible, il essaye d’écarter la figure christique de sa narration, pour se concentrer sur celles et ceux qui regardent, les spectatrices et les spectateurs. Ils regardent des événements qui pourraient être la mort du Christ, la grande crise troublante des immigrants en Méditerranée, ou encore les soucis quotidiens. À la question, êtes-vous davantage un chorégraphe ou un cinéaste, il répond sans ambages : « Je suis metteur en scène de cinéma et chorégraphe. » Il met ses deux activités sur un pied d’égalité et précise d’emblée qu’il ne fait pas appel à l’art vidéographique. Il est cinéaste, mais nullement vidéaste. Pour réaliser chacun de ses films, il a besoin, en moyenne, de quatre ans, et pendant ce temps-là, il essaye de faire davantage de chorégraphies. Ses films dialoguent essentiellement avec la musique. Les projections cinématographiques (ce ne sont pas des vidéos: distinction importante) ressemblent à des peintures abstraites, mouvantes. Elles ne sont pas chorégraphiées. Par contre, la façon dont les danseurs déplacent les surfaces des projections sera chorégraphiée. Les danseuses et les danseurs déplacent de grands objets triangulaires sur scène qui deviennent parfois une surface de projection. Le vrai langage de Pontus Lidberg n’est pas le verbe, mais c’est le cinéma et la chorégraphie. Sublimant le langage académique de la danse, le conjuguant avec un langage cinématographique, il tourne pour nous son regard vers une œuvre monumentale de l’histoire de la musique. Une histoire certes, mais quelle histoire ! ACT- O | 30 . 13
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© GREGORY BATARDON
EN BALLET
Après Ein Deutsches Requiem, ... le choix du un autre chef-d’œuvre chorégraphe de la musique sacrée…
[au-dessus]
Le chorégraphe, cinéaste suédois Pontus Lidberg
[au-dessus, à droite]
Portrait présumé de Johann Sebastian Bach Johann Ernst Rentsch, 1723 Angermuseum, Erfurt, Allemagne Huile sur toile
[en-bas, à droite]
Image extraite du film réalisé par Pontus Lidberg pour sa création d’Une autre Passion.
« Bach… Dieu bienveillant auquel les musiciens devraient adresser une prière avant de se mettre au travail, pour se préserver de la médiocrité, cette œuvre innombrable où l’on retrouve à chaque pas ce que nous croyons être d’hier, depuis la capricieuse arabesque, jusqu’à cette effusion religieuse, pour laquelle nous n’avons rien trouvé de mieux jusqu’ici, on y cherchera vainement une faute de goût. » Claude Debussy in La Revue Musicale S.I.M., Du Goût
Pontus Lidberg n’a pas su résister à l’envie de vous faire partager une des versions enregistrées par Karl Richter. Son nom reste associé à celui de Johann Sebastian Bach dont il fut un des interprètes les plus chevronnés à la tête du Münchner Bach-Ensemble. Fidèle aux plus illustres interprètes du moment, il réunit les plus grands artistes pour ses concerts et ses enregistrements. Ses distributions continuent à faire rêver, Maria Stader, Hertha Töpper, Edith Mathis, Helen Donath, Ernst Haefliger, un des premiers chanteurs helvétiques à porter la fierté suisse sur les scènes étrangères, un Evangéliste d’anthologie, ou encore Dietrich Fischer-Dieskau. Fidèle aux instruments modernes, il fut admiré par Glenn Gould et Carlos Kleiber, entre autres. Ses partis pris stylistiques et sonores font que le musicien incarne la transition entre les visions romantiques et baroques. Certains trouveront cette interprétation encore trop « romantique » surtout lorsque nous la comparons à des versions plus récentes dans un pur « style baroque ». Malgré tout, cette version demeure une des plus expressives qui existe et l’émotion qu’elle procure nous plonge immédiatement dans le drame de la Passion. Cette Passion, d’inspiration protestante luthérienne, est écrite pour des voix solistes, un double chœur (chœur divisé en deux groupes indépendants) et deux orchestres. Elle allie deux éléments : le texte de l’Évangile et les commentaires. Certains adorent, d’autres détestent, mais personne ne saurait rester indifférent. Mais n’est-ce pas là le lot de toutes les interprétations marquantes ? ■
© PONTUS LIDBERG
[ci-dessus]
La Flagellation du Christ Le Caravage, 1607 Musée des Beaux-Arts, Rouen Huile sur toile
Si Bach n’a jamais écrit d’opéras à proprement parler, ses Passions s’en rapprochent fortement : des récits tragiques où se mêlent récitatifs, chœurs et arias des plus expressifs. Bach écrivit cinq Passions dont seulement deux sont parvenues jusqu’à nous : La Passion selon saint Jean et celle selon saint Matthieu à double chœur. Ces « Passions » qui évoquent la souffrance du Christ sur le chemin de la crucifixion s’appuient sur les différentes étapes décrites dans le récit des évangélistes : la cène – la trahison de Judas – l’arrestation – le reniement de Pierre – le procès – la crucifixion. Ces passions sont deux monstres de la musique sacrée, mais celle qui sert de point de départ à Pontus Lidberg pour sa nouvelle chorégraphie fait partie des plus belles œuvres jamais composées et demeure en quelque sorte le « sommet » de toute l’œuvre de Bach, on parle de la Grande Passion. Exceptionnelle par son ampleur, elle commence par un double chœur en introduction, un chœur majestueux et grandiose. C’est surtout une extraordinaire méditation sur la mort. À ce titre, elle nous concerne tous, même si des tendances naissent de-ci, de-là dans notre monde pour nier l’irréductibilité de la finitude et son remplacement à terme par le post-humanisme ou le trans-humanisme. Avec une habilité parfaite, Bach lie les notes et les mots et nous offre un contrepoint sans faute et des chorals homophoniques absolument parfaits. Johann Sebastian Bach écrit la perfection qui servira de référence pour tout ce qui sera composé après. Croyant ou non, le texte de cette œuvre inspirée de l’Évangile représente l’essence de l’humanité et de ses faiblesses. Nous pouvons y découvrir ce que nous sommes depuis la nuit des temps. C’est un miroir. Le manuscrit écrit à l’encre de deux couleurs, rouge et brun foncé, est clairement ce que Bach considérait comme son œuvre la plus significative. Le compositeur utilise de façon optimale tous les moyens musicaux à sa disposition, en incluant la grande variété des voix et des sonorités des instruments. Bach s’inspire de Luther, qui, sachant par expérience directe ce que c’est que d’être persécuté, disait de la Passion du Christ : « Ce n’est pas par les paroles ou les apparences, mais bien à travers la vie et la véracité [des actes] que la Passion du Christ doit être vécue. » Quelque 290 ans après sa première présentation, la Passion selon saint Mathieu demeure à l’apogée de l’art choral, aux côtés de sa Messe en Si mineur.
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Si vous voulez aider ce pauvre Wozzeck, prenez les transports publics ! Les abonnés du Grand Théâtre bénéficient de la libre circulation en transports publics dans le périmètre d’unireso Tout Genève, 2h avant et 2h après le spectacle. Pour l’Opéra des Nations : Arrêt Nations ou Sismondi : Tram 15 - Bus 5, 8, 11, 22, F, V et Z.
www.unireso.com ACT- O | 30 . 15
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ON STAGE
› Joyce DiDonato
Mezzo-soprano
Directeur musical
Sascha Goetzel
L’Orchestre de Chambre de Genève
Programme Rossini Guillaume Tell (Ouverture) « Una voce poco fa », Il Barbiere di Siviglia « Tanti affetti », La Donna del Lago Pacini « Ove t’aggiri, o barbaro » Stella di Napoli (1) Carafa « O di sorte crudel », Le Nozze di Lammermoor Mozart Le Nozze di Figaro (Ouverture) « Deh vieni non tardar », Le Nozze di Figaro Berlioz « Je vais mourir », Les Troyens (Didon) « Adieu, fière cité », Les Troyens (Didon) Bizet Farandole (Suite N°2 de L’Arlésienne)
À l’Opéra des Nations Vendredi 17 mars 2017 à 19 h 30
Depuis mai 2010, elle n’était pas revenue à Genève. On se souvient encore de son Elena qu’elle avait dû interpréter portant une attelle dissimulée dans une botte noire, suite à un accident survenu sur scène quelques semaines auparavant. Sans frémir, Joyce DiDonato abordait le rôle d’Elena, convaincante, humaine et engagée, grâce à l’homogénéité de sa voix, projection, virtuosité étaient impeccables, et le timbre, chaleureux, enchanteur. Au programme du 17 mars 2017, l’air « Tanti affetti », de La Donna del Lago qui viendra clore la partie officielle de la soirée.
La diva de la paix
Pour les 30 ans du Cercle
S
Son dernier CD
In War and Peace
Orchestre Il Pomo d’Oro Directeur musical Maxim Emelyanychev Warner Classics, 2016 B01J4P3XIC
Son agenda Février/mars 2017 Semiramide (Semiramide) Bayerische Staatsoper Avril 2017 Les Troyens (Didon) Philharmonique de Strasbourg (version concert) Avril/mai 2017 Ariodante (Ariodante) Tournée de concerts dont le Théâtre des Champs-Élysées (18.05) Mai/juin 2017 In War and Peace: Harmony through Music’ Tournée de concerts dont le Théâtre des Champs-Élysées (24.05)
ept années se sont écoulées et enfin Joyce DiDonato est de retour, près de la place des Nations. Endroit emblématique, peut-être, pour la mezzo-soprano qui se demande comment trouver la consolation et le calme dans un monde de plus en plus perturbé. Elle trouve la réponse dans l’art, « un chemin vaillant vers la paix », comme elle l’écrit en introduction à son album In War & Peace – Harmony through music. Choquée par la croissance constante des conflits à travers le monde, la diva originaire du Kansas s’interroge sur les moyens pour trouver la paix. Dans son album elle donne quelques réponses grâce à la musique baroque de Händel, Jommelli, Monteverdi et Purcell. Elle choisit des arias qui parlent de la guerre, puis des arias qui sont consacrés à la sérénité. Pour son retour parmi nous, elle a choisi un programme qui illustre son immense talent qui fait d’elle une étoile au firmament des stars d’aujourd’hui. Grâce à sa voix longue de mezzo, elle fascine et ensorcelle. La couleur changeante de sa voix, son sens de la tragédie et sa souveraine élégance nous convient vers des univers connus, Berlioz, Mozart et Rossini, mais également vers les rivages où étincelait l’étoile de Naples. Soprano dans l’aigu, alto dans le grave, la diva que tous les théâtres du monde rêvent d’accueillir saura toujours nous surprendre et nous éblouir grâce à sa virtuosité et à l’intensité de son expression. Elle est convaincue que l’art et l’éducation sont les vecteurs les plus puissants pour tenter de combler le gouffre entre ces deux mondes qu’elle refuse à considérer comme irréconciliables ! Pour elle, le maître mot est l’empathie qui donne naissance à l’émotion. Choquée par l’élection de Donald Trump comme par le Brexit, elle garde espoir car chaque être, d’où qu’il soit, peut se mettre à vibrer
en écoutant la musique. Ni politicienne, ni activiste et encore moins démagogue, Joyce DiDonato souhaite vivement contribuer à l’édifice de la paix. Sur son blog, elle pose la question : « Au milieu du chaos, comment trouvez-vous la paix ? » Pour elle, la musique est et restera une source d’ancrage, elle nous permet de transcender le chaos et nous amène dans un espace plus grand que ce monde fait de désordres. C’est l’Europe qui ouvre les portes d’une grande carrière à la « Yankee Diva ». Si Hugues Gall, un des anciens directeurs généraux du Grand Théâtre de Genève, ne lui avait pas donné sa chance, que serait-il advenu d’elle ? En 2002, il lui ouvre les portes de l’Opéra Bastille, en même temps que les portes d’une immense carrière internationale, en lui confiant le rôle de Rosina dans Il Barbiere di Siviglia. En 2013, elle triomphe au Met dans Maria Stuarda, dans une mise en scène de David McVicar, et disponible en DVD. « Recréer un personnage aussi authentique, noble et passionnément fier à travers la voix seule est à ce jour l’une des plus grandes expériences de ma carrière, » affirme-t-elle. Mais ses prouesses ne se cantonnent pas aux scènes des théâtres. Récemment, elle a fait ses premiers pas au cinéma en interprétant Florence Foster Jenkins, une soprano américaine richissime, la pire cantatrice de tous les temps. Allant contre tous ses instincts naturels et ses réflexes de chanteuse chevronnée, la mezzo virtuose fait revivre une artiste qui est allée au bout de sa passion du chant, en faisant fi des railleries et du qu’en-dira-t’on. Probablement serez-vous nombreux à vouloir retrouver ou à découvrir cette artiste que le monde lyrique s’arrache et qui met le public à ses genoux. Ne serait-elle pas Alcina, la magicienne la plus fascinante ? Elle a pris le pas sur ses consoeurs, l’amoureuse a devancé l’enchanteresse. Une soirée où amour, enchantement, romantisme et bel canto ne seront pas de vains mots. ■
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ON STAGE
Les Jeudis du Chœur
La pure évasion chorale par A lan W oodbridge
Nous savons tous que le son de la voix humaine est l’une des plus belles choses que l’on puisse souhaiter entendre – c’est pour cela que vous lisez ce magazine ! Mais
lorsque plusieurs voix chantent ensemble avec une même intention, l’effet peut être transcendant et c’est la raison d’être du chant choral et des chœurs. Le Chœur du Grand Théâtre vous invite à le découvrir lors de deux concerts exceptionnels le jeudi 9 mars et le jeudi 11 mai 2017.
© GTG / SAMUEL RUBIO
L
es instrumentistes ont toujours eu l’ambition d’imiter la voix humaine et de faire chanter leur musique ; en tant que chanteurs et choristes, nous ne devrions jamais oublier de quel médium exceptionnel et évocatoire nous disposons et que nous prenons trop souvent pour acquis. Certes, la musique est quelque chose de spécial, mais le chant choral l’est particulièrement. Je prêche, évidemment, pour ma paroisse mais je suis convaincu de pouvoir vous faire apprécier cette vérité. Qui plus est, il n’y a pas grand-chose de plus gratifiant que le travail d’un chef de chœur quand il peut travailler avec un bon ensemble et faire de la musique avec de belles voix. Nous avons beaucoup de chance au Grand Théâtre d’avoir un chœur d’une telle qualité et d’un si haut potentiel, un groupe capable de grandes choses, pas uniquement sur scène mais aussi en salle de concert. Nous vous invitons donc à suivre le Chœur du Grand Théâtre dans son monde sonore avec deux programmes et deux domaines acoustiques complètement différents : les voix de femmes avec la harpe, et les quatuors choraux avec piano… On dit que les yeux sont le miroir de l’âme et il y a sans doute une part de vérité à cela. Mais si vous fermez les yeux pour vous mettre à chanter, le son de la voix (parlée ou chantée) est la véritable porte ouverte sur l’âme de l’individu. Partant, le son de nombreuses voix chantant en chœur est la porte ouverte sur le cœur et l’âme de l’humanité. Chanter en chœur est une expérience à nulle autre pareille et si vous ne l’avez jamais faite, je vous recommande chaudement de l’ajouter à votre liste des choses à faire en 2017. Pour vous présenter cela du point de vue du compositeur, Beethoven a choisi le médium du chœur dans sa Neuvième symphonie pour exprimer quelque chose de très spécial, quelque chose que les instruments seuls ne pouvaient exprimer et qui n’a rien à voir avec le texte qu’il s’était choisi ; il s’agit plutôt de faire monter l’âme ellemême jusqu’aux étoiles. La voix est, en fin de compte, l’instance ultime d’expression du soi et, en ce qui me concerne, la vérité absolue en musique. Cela explique, en partie, pourquoi un chœur d’opéra devrait toujours chanter des œuvres au-delà de son régime lyrique de base (et la plupart le font). Nous avons la chance de faire beaucoup de genres d’opéra différents à Genève, mais encore d’avantage par ce que notre rythme de stagione nous laisse non seulement le temps de répéter de manière approfondie, mais aussi de nous intéresser au répertoire choral en dehors de la scène lyrique. Le rôle des chœurs dans Wozzeck et Così fan tutte est plutôt limité, ce qui explique le choix des mois de mars et de mai pour ces deux jeudis du Chœur. Pendant Wozzeck et pour saluer l’arrivée tardive des neiges et de l’hiver alpin, le jeudi 9 mars, nous allons interpréter A Ceremony of Carols au Temple de la Madeleine. Benjamin Britten écrivit cette œuvre en 1942, à son retour des États-Unis, un manuel pour la harpe dans une main et une anthologie de poésie médiévale anglaise qu’il venait d’acheter dans l’autre. Le résultat : trente minutes de pure évasion chorale exquise (écrite en pleine mer !) qui émeut par sa simplicité et sa magnifique évoca-
tion de joie, d’émerveillement et de dévotion. C’est un peu comme si vous aviez traversé la garde-robe dans les histoires de Narnia et que vous vous trouviez transporté dans un monde de rêve lointain. Un solo de harpe au centre de la pièce fait surgir l’image de la neige qui tombe à gros flocons et une naissance surnaturelle. La Missa Brevis du même compositeur (avec accompagnement transposé pour la harpe), les « Laudi » de Verdi (tirés de ses Quatro pezzi sacri) et l’Ave Maria de Gustav Holst viennent compléter cet étincelant programme qui sera chanté aux chandelles. Debussy et Brahms sont les compositeurs choisis pour le concert du jeudi 11 mai. Claude Debussy ne signa qu’une seule œuvre chorale a capella (Trois Chansons de Charles d’Orléans, 1898-1908), mais quelle œuvre exquise ! Les vers de ce prince français de l’aube de la Renaissance nous permettent, après La Pucelle d’Orléans de Tchaïkovski, de revivre l’époque de Jeanne d’Arc, avec en premier, la vision enchanteresse d’une belle jeune fille, ensuite une grasse matinée interrompue par le bruit de ceux qui vont courir le mai et, en dernier lieu, un vif reproche à l’hiver pour ses rudesses ! L’essence de ces trois pièces est toute en rhapsodie et en fluidité, le frisson d’une vie éphémère les parcourt et le tout est emballé dans des esquisses dignes de Pelléas. Placées de part et d’autre d’un triptyque de ces pièces courtes pour piano les plus aimées, nous avons choisi des pièces pour chœur de Brahms afin de mettre en valeur la diversité de son écriture chorale et la capacité du Chœur du Grand Théâtre à leur faire honneur. Le folklore tzigane est profondément enraciné dans les Zigeunerlieder (op. 103) et contraste fortement avec le lyrisme romantique des mises en musique de poèmes par Kugler, Conrat et Goethe (op. 112, 92). Existe-t-il des moments de beauté plus touchants que la conclusion de « Rote Rosenknospen » ? ■
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Vous trouverez les programmes complets et les informations au sujet des concerts ainsi que du matériel vidéo avec les préparatifs de ces concerts par les Chœurs sur notre site Internet. www.geneveopera.ch
› Les Jeudis du Chœur
Direction
Alan Woodbridge
Chœur de femmes
Harpe
Geneviève Chevallier
Britten, Verdi, Holst Au Temple de la Madeleine Jeudi 7 mars 2017 à 19 h 30
Chœur du Grand Théâtre
Piano
Réginald Le Reun Debussy, Brahms À l’Opéra des Nations Jeudi 21 mai 2017 à 19 h 30
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DIDACTIQUE LES JEUNES AU CŒUR DU GRAND THÉÂTRE
Une odyssée au pays de « Le beau, c’est l’imprévu », disait Thomas Bernhard. Les élèves de la classe de Laurence Vuarambon de CFPA (Centre de Formation Professionnelle Arts), l’auront bien compris. À travers trois ateliers de scénographie, les 14 élèves en 1ère année d’architecture d’intérieur ont eu la chance de laisser aller leur imagination pour inventer, modeler et construire un décor pour l’une des scènes de l’opéra Il Giasone de Francesco Cavalli.
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« Chantier Ouvert »
Atelier d’initiation à l’architecture est une association qui propose de sensibiliser différents publics vers une meilleure compréhension du paysage bâti. www.chantierouvert.ch
uidés par l’équipe de « Chantier Ouvert », Florine Wescher (architecte EPFL) et Joyce Vuille (graphiste), conseillés par notre grand scénographe Ezio Toffolutti, jury bienveillant et enthousiaste, les élèves ont créé en binôme de véritables œuvres d’art miniatures, dignes des décors de Giacomo Torelli, l’ingénieur de marine qui fut le complice scénographe de Cavalli et tant d’autres compositeurs d’opéra vénitiens. En espérant que cet atelier suscitera des vocations et des émotions musicales, nous vous proposons un résumé en images de ces trois après-midi magiques et hors du temps, dont le souvenir, souligne leur professeur, « va assurément permettre de tisser progressivement des liens avec leur apprentissage du dessin d’architecte d’intérieur et de leur donner l’envie et l’enthousiasme pour créer et raconter d’autres espaces. » ■
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© Maria Trofimova
par E lsa B arthas
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éducative Giasone
PASSER DE LA 2D À LA 3D ET PRODUIRE UN DÉCOR AU 1/50ÈME 1
CHOIX DES ÉLÉMENTS
À partir de différentes photocopies de gravures d’éléments disparates (eau, rochers, feuillages, nuages), les élèves en binôme doivent choisir et construire des formes en 3D, donner vie au papier. 2
DÉCOUPAGE ET REMODELAGE Les éléments choisis, on coupe, on met en boule, on disloque, on recrée de la matière… Rien ne se perd, tout se transforme ! Les élèves au début timides n’hésitent pas ensuite à créer des formes insolites à partir d’un papier inanimé… La magie commence à opérer !
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ASSEMBLAGE DES ÉLÉMENTS
Les formes construites, il faut les assembler pour les faire vivre, sur notre petite scène de la maquette, effets de perspectives, jeux sur l’espace, le vide, le plein… Selon Florine Wescher, les maquettes réalisées ne se contentent pas d’imiter la nature. Les élèves ont imaginé et produit une architecture d’illusion et de nature avec sensibilité et raison, en étroite ligne avec les principes baroques : dépasser les frontières de la réalité et cultiver l’art de l’illusion. 4
ET LA LUMIÈRE FUT
Dans le noir, comme au spectacle, éclairés, les sept décors réalisés prennent vie. Les élèves assistent à la métamorphose finale de leur élaboration artistique qui est là, devant eux, bien réelle.
UNE RENCONTRE EN OR
Ezio Toffolutti, scénographe de la production de Il Giasone, s’est prêté au jeu avec enthousiasme d’être juré des réalisations. Les photos de maquettes affichées au mur, chaque binôme d’élèves écoute avec attention les conseils et impressions du maître italien conquis par l’imaginaire des élèves et par leurs réalisations. Un grand merci à Ezio Toffolutti qui n’a pas hésité à donner de son temps aux jeunes pour transmettre sa passion.
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Marina à nouveau primée !
Les Scènes aux Salons cembre 2016, nos solistes ont fait résonner sur la rive gauche genevoise, au Théâtre les Salons, les airs les plus célèbres de La Bohème de Giacomo Puccini à l’occasion de la
production des Scènes de la vie de bohème conçue par le grand metteur en scène Christof Loy, et reprise cette fois-ci par Ivo Guerra. ■
À l’eau, l’opéra...
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’était le 18 décembre dernier... Quelques membres de nos équipes techniques et artistiques du Grand Théâtre de Genève passionnés de nage en eau fraîche ont bravé l’eau plutôt vivifiante du Lac (6°) lors de la dernière Coupe de Noël organisée tous les ans depuis 1934 et ont pu faire admirer leur tenues dans la thématique de Il Giasone imaginées par l’une de nos couturières, Marie Hirschi, qui remporte régulièrement les prix des meilleurs costumes de la Course de l’Escalade. ■
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écidément la Troupe des Jeunes solistes en résidence est à l’honneur en ce début 2017. Alors que nous vous évoquions dans notre dernier numéro les succès de Mary Feminear et de Marina Viotti, c’est cette même artiste qui a brillé lors de la dernière édition du Concours de Genève puisqu’elle a obtenu un
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nouveau la Troupe des Jeunes solistes en résidence anime la vie musicale de la Cité. Début dé-
Nino en Mimì
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’est au pied levé, alors qu’ Ekaterina Siurina devait malheureusement renoncer à son apparition genevoise, que la diva Nino Machaidze nous a fait l’honneur de venir assurer le rôle de Mimì lors de notre production de fin d’année de La Bohème. Après avoir chanté cette œuvre à Los Angeles, c’est sur la scène de l’Opéra des Nations que cette artiste au timbre de voix inoubliable à émerveillé et ému tous nos publics. Et celles et ceux qui n’ont pas eu la chance d’écouter cette artiste d’exception devront surveiller l’agenda 2017-2018 du Grand Théâtre de Genève, car elle y figurera sûrement. ■
12 pour un p’tit chœur
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ans le cadre de la production de Wozzeck d’Alban Berg qui sera donné à l’Opéra des Nations (voir page 4), notre chargée des actions pédagogiques Elsa Barthas (voir page 18) s’est vu confier la création d’un chœur constitué de douze enfants qui dès le début de l’année se sont plongés dans cette œuvre avec ferveur. ■
Cavalli : son histoire racontée aux Nations
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e mardi 26 janvier, au lendemain de la première représentation d’Il Giasone, ce ne sont pas moins de 450
Changement de date ! La conférence des amis de l’opéra et du ballet pour présenter notre production Così fan Tutte animée par Pierre Michot qui devait avoir lieu le jeudi 27 avril 2017 a été avancée au mardi 25 avril en raison de la présentation de notre nouvelle saison 17-18 qui aura lieu le même jour ■
personnes qui sont venues écouter le musicologue Jean-François Lattarico, et entendre Mariana Florès, Leonardo García Alarcón et plusieurs solistes de Cappella Mediterranea évoquer l’art
de Francesco Cavalli. Une fois encore, le besoin d’offrir à nos publics des clefs de lecture toujours appréciées se révèle être l’une des missions de notre institution. ■
3ème Prix ex-aequo ainsi que le Prix du Cercle du Grand Théâtre à l’occasion de cette redoutable compétition consacrée cette année au chant et au quatuor à cordes. Les mélomanes du Victoria Hall de Genève ont eu à cette occasion le plaisir de l’entendre interpréter des œuvres de Gustav Mahler, Jules Massenet et Gioacchino Rossini lors de la finale de ce concours le 2 décembre 2016. ■
Nicolai Gedda †
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’est avec tristesse que nous avons appris tardivement le décès du grand Nicolai Gedda, survenu le 8 janvier à Lausanne. La direction du Grand Théâtre de Genève et toutes ses équipes souhaitent dire leur émotion à l’annonce de la disparition de cet immense artiste que nous avons eu l’honneur d’accueillir à de maintes reprises. Le ténor suédois qui interprétait entre autres Les Contes d’Hoffmann sous la direction de Patrice Chéreau et Faust dans la mise en scène de Jorge Lavelli, a été sans conteste l’une des voix marquantes
du XXème siècle, à l’image de Maria Callas, Elisabeth Schwarzkopf ou Dietrich Fischer-Dieskau. ACT-O ne manquera pas de revenir sur cette carrière exceptionnelle dans l’un de ses prochains numéros. ■
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