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TÉMOIGNAGES
« Johnny, je cesserai de l’aimer le jour où je serai morte » La disparition de Johnny Hallyday mercredi a ému ses nombreux fans. Les témoignages sont poignants. Par La rédaction | Publié le 06/12/2017 PARTAGER TWITTER Le journal du jour à partir de 0.90€
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› Lors du concert à Saint-Quentin, le maire de l’époque Pierre André, fier de poser à côté de la rock star. - Luc Couvée
M
es plus beaux moments, je les ai passés avec lui. » Sylvie
Ragel voue une admiration sans fin à Johnny Hallyday. Cette Ternoise de 53 ans, par ailleurs adjointe au maire de Tergnier, ne parvient pas à dissimuler son chagrin en évoquant justement ces moments. « Je l’ai vu en concert plus de deux cents fois. Si mon fils se prénomme Johnny, ce n’est pas par hasard. Je me souviens en particulier des fois où je l’ai rencontré, où il m’a fait la bise, où il a chanté pour moi. Le 21 juin 2000, sur la scène de l’Olympia, il m’a tenu la main lors d’une chanson. » Bouleversée, elle ne voulait pas croire à la disparition de celui qu’elle vénère tant. « C’est ma vie, mon amour. Je cesserai de l’aimer le jour où je serai morte. »
« J’ai prévenu ma femme, cette semaine va être spéciale » Comme Sylvie, de nombreux fans sont abasourdis, même s’ils s’attendaient à cette triste nouvelle. « Il a marqué l’histoire du rock, appartient au patrimoine français, c’est une légende », reconnaît Delphine Pesant, Saint-Quentinoise de 42 ans. « Je suis fan depuis mes 12 ans, je chantais ses chansons à tue-tête », se remémore José Limage (53 ans), vivant à Bohain. Son fils, José, était présent au concert de la rock star à Amiens il y a deux ans. « C’était magnifique. J’ai pleuré en apprenant sa mort », indique celui qui a prénommé sa fille Laura, du nom de la fille de Johnny Hallyday.
Avec son perfecto à franges et son t-shirt de Johnny, Didier Starzynski vit « Jojo » au quotidien. « D’ailleurs tout le monde m’appelle Johnny », assure ce Saint-Quentinois de 55 ans. Fan depuis l’âge de 10 ans, il a appris la terrible nouvelle en se levant. « Je n’arrive pas encore à y croire », confie-t-il en observant sa véranda entièrement tapissée à l’effigie de son idole. Une sorte de sanctuaire auquel il ne touchera pas. « Il y avait Elvis, et Johnny. Il n’y en a pas d’autres. Je
suis en deuil », poursuit-il les yeux embués. Il attend les nouvelles mais compte assister aux obsèques. « J’ai prévenu ma femme, cette semaine va être spéciale. » Du Parc des Princes à l’Olympia, Didier a assisté à huit concerts, dont celui du 16 mars 1996 quand Johnny a attiré des milliers de fans sous un chapiteau de la place de la Liberté à Saint-Quentin.
« J’étais pour ainsi dire dos à dos avec lui » Le rockeur n’était pas venu dans la cité des Pastels depuis le 9 décembre 1966 exactement. Il avait alors électrisé le cinéma le Carillon. Cinquante ans plus tard, Roselyne s’en souvient encore. « On était venu de La Fère avec notre bande de copains. On savait qu’il logeait dans l’hôtel-restaurant non loin de la salle. On y est allé prendre un pot avant le concert espérant l’apercevoir. » Après de longues minutes d’attente, le groupe d’amis commence à désespérer. Avant de se rendre compte que depuis le début, Johnny se trouvait à la table juste derrière eux. « J’étais pour ainsi dire dos à dos avec lui », se rappelle Roselyne qui n’a pas osé déranger la star, même si elle était « contente de le voir ». Elle garde l’image d’un « homme concentré », « avec un livre sur ses genoux ». Il était accompagné de Long Chris (le père de sa future femme Adeline) et d’Eddy Vartan (le frère de Sylvie). Roselyne n’a jamais revu l’artiste depuis. Elle garde un souvenir ému de cette rencontre.
« On ne fait jamais une soirée sans Johnny » À Beautor, vers 8 heures, Diego Durieux, 48 ans, a appris la nouvelle par message. « On s’est réveillé avec les larmes, confie le patron de La Frite à gogo. Il a bercé mon enfance, depuis tout le temps. Ma mère l’écoutait. Et maintenant, il y a trois générations à l’écouter […] On ne fait jamais une soirée sans Johnny. C’était un grand homme. On se demande pourquoi, il n’y a pas une journée de deuil national. » Arlette et Jean-Jacques Longuet, 70 et 74 ans, anciens commerçants à Chauny (Le Petit chef) et à Coucy-le-Château gardent précieusement l’affiche du concert du 22 mars 1975. Et pour cause, le récital de Johnny a eu lieu dans une pâture familiale à Coucy, après
l’ancien Lion rouge, sur la route de Pont-Saint-Mard. « Le temps était exécrable, mais on a passé une excellente soirée. Tout le monde s’était mobilisé et c’était exceptionnel pour la commune », témoigne Arlette, marquée par cette disparition comme des centaines d’Axonais.
Le maire de Marle refuse le mariage avec Sylvie Par L Aisne Nouvelle | Publié le 06/12/2017 C’était le 23 mai 1963. Johnny et sa fiancée Sylvie Vartan sont attendus à Marle, à l’occasion d’une course cycliste, le prix PierreBloch. C’était le nom du conseiller général de l’époque, dont le fils n’était autre que l’impresario de ces chanteurs yé-yé. « Chaque année, nous avions droit à une star de la chanson », raconte un Marlois. Cette fois, pour Johnny et Sylvie, ceux qui s’y trouvaient se souviennent d’une foule incomparable, place de la Mairie. « Ils ont été reçus à la mairie, ont fait une apparition sur le balcon pour saluer la foule, et ont dû être exfiltrés par une porte dérobée », se souvient encore Patrick, qui était enfant à l’époque. L’opération, montée de toutes pièces par le conseiller général et son fils, avait aussi pour objectif de poser des jalons en vue du futur mariage du couple. « Tout le monde en parlait et le fameux Pierre Bloch avait ça en tête… », assure Alain, Marlois et grand fan du chanteur. La décision revenait alors au maire de l’époque, Paul Rousselle. « Il a refusé, il a eu peur que ce soit le bazar dans Marle. Il n’en avait pas envie. » L’agitation provoquée le temps d’une visite aurait fait peur à l’élu. D’autres disent que le premier magistrat, assez âgé et en fin de carrière politique, avait peut-être d’autres préoccupations que celles de mettre sur pied le mariage d’un chanteur. Johnny épousera finalement Sylvie, dans l’Oise, en avril 1965. Samuel Pargneaux