Lavrilleux, "porte flingue" de Copé à l'assaut de Marine Le Pen
Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé depuis 2004. (Philippe Grollier / Pasco pour "le Nouvel Obs")
Directeur de cabinet de Copé et tête de liste UMP aux européennes contre Marine Le Pen, il a pour mission de freiner l'avancée électorale du FN dans le Nord-Ouest. Par Mael Thierry Publié le 04 mai 2014 à 07h59 Le nom paternel apparaît encore sur le garage qu'on aperçoit depuis la voie rapide à l'approche de Saint- Quentin, même si l'établissement familial d'autrefois a été vendu. Jack Lavrilleux, artisan picard, a pris sa retraite. Jérôme, son fils, qui y a travaillé, jeune, tous les étés, n'a jamais rêvé d'y voir son prénom en lettres majuscules. Il a préféré plonger les mains dans le cambouis de la politique. Un collaborateur qui n'a pas peur de se griller Préposé au rôle de premier lieutenant, toujours dans l'ombre de son patron JeanFrançois Copé, jusqu'à ce jour de novembre 2012 où la guerre pour la présidence de l'UMP faisait rage. Barbe de trois jours, lunettes rectangulaires, il est apparu face aux caméras pour dénoncer "les turpitudes délibérées de l'entourage zélé de monsieur Fillon". Pour accuser un ancien Premier ministre en direct à la télé, il fallait à Copé un collaborateur qui n'avait pas peur de se griller : Jérôme Lavrilleux s'y était collé sans
états d'âme, avec un sang-froid qui en avait glacé beaucoup à l'UMP. Peu après, le quadra s'est écroulé un matin dans son fauteuil, le corps qui lâche, les mots qui ne sortent plus et les larmes qui coulent sans que rien ne puisse les arrêter. Il faudra le remontant administré par un médecin dépêché discrètement sur place pour le remettre d'aplomb. "Une piqûre et c'était reparti comme en 40. Je n'abandonne pas le champ de bataille. Jamais." Garant de la ligne "droite décomplexée" Loin de le tuer, cet épisode a démontré qu'il avait la trempe d'un "tueur". Il faut bien ça pour passer de l'ombre à la lumière et affronter lors des prochaines élections européennes Marine Le Pen. La présidente du Front national escompte un score éclatant pour la liste qu'elle conduit dans la région Nord-Ouest. Lavrilleux a été envoyé au combat, tête de liste de l'UMP pour son premier grand match. Dans le parti, quelques-uns ont grincé mais aucun ne lui a vraiment disputé la place. Le directeur de cabinet de Copé sera le garant de la ligne "droite décomplexée" face à la menace bleu Marine. Lavrilleux a l'avantage du local de l'étape. Il fait toujours ses courses "à l'Intermarché rue de Mulhouse" à Saint-Quentin le samedi avant d'aller sillonner son canton dont il est l'élu depuis douze ans et, le reste du week-end, ce célibataire divorcé retape sa maison de campagne près de la sous-préfecture de l'Aisne. Il a gagné ses galons de porte-flingue de "JFC" Saint-Quentin, c'est là qu'il s'est "construit". Bluffé par Jacques Chirac, le Picard prend à 19 ans sa carte au RPR, remise par un certain Xavier Bertrand, futur homme fort de la ville. A cette époque, "Jérôme" est très proche de "Xavier" qui sera son témoin de mariage avant que les deux hommes ne se fâchent pendant des années pour des raisons personnelles qu'il tait. Il y rencontre aussi celui qui est devenu son "meilleur ami", Bastien Millot, futur patron de Bygmalion... C'est d'ailleurs ce dernier qui souffle son nom à Copé pour le remplacer en 2004 comme directeur de cabinet à Meaux : "J'ai la Rolls !", dit-il. C'est l'un des meilleurs stratèges de la place, vante Millot aujourd'hui. Il a une vision de la politique à la fois comme un défi et comme un jeu." Un trio s'est formé qui ne se quittera plus. Un clan au service de Copé. Lavrilleux y a gagné ses galons de porte-flingue de "JFC". Il est connu jusqu'ici comme son âme damnée, ou encore "l'Ali Baba du système" dénoncé par le camp Fillon. L'homme des secrets. Le conseiller au flegme britannique, l'organisateur hors pair. Toujours là, quand il faut éplucher les factures de l'UMP et préparer en secret la riposte après que son patron a été accusé de favoriser l'entreprise de communication Bygmalion de l'ami Millot. Là encore, quand il faut faire le service après-vente aux journalistes et balancer quelques flèches sur le camp d'en face. "Sans lui, Copé aurait fait beaucoup plus de bêtises", assure un sarkozyste. Invité aux bar-mitsva des enfants
Lavrilleux voue à "JFC" qu'il vouvoie mais à qui il est le seul en réunion à donner du "Jean-François" une "profonde admiration et affection". Dix ans qu'il officie à ses côtés, à Meaux, à l'Assemblée puis rue de Vaugirard au même étage que le président de l'UMP. Le dimanche soir, il fait partie du cercle restreint des copéistes qui dînent avec le patron. Et, dans le privé, il est invité aux bar-mitsva des enfants. Son nouveau rôle, désormais ? "Il pourra devenir le Hortefeux de Copé. Le proche conseiller qui a sa propre voix, peut monter au créneau pour le défendre et lui permet de prendre de la hauteur", décrypte un ami qui ne le voit pas prendre le large. Il n'a jamais été prévu qu'il s'éloigne de moi, confirme Copé. C'est un tandem qui se poursuit sous une forme différente mais qui ne peut être que renforcé." A droite, certains l'imaginent pourtant rompre les amarres un jour ou l'autre, pour diriger par exemple la campagne de Nicolas Sarkozy en 2017. Le lieutenant dispose en effet de la confiance de l'ancien président dont il a organisé les meetings en 2012 et partagé les retours en avion. Sarkozy l'appelle régulièrement et le soigne : il a décoré "Jérôme" de l'ordre national du Mérite, rue de Miromesnil, et l'a récemment convié dans la loge de Carla Bruni lors d'un concert à Enghien. Une chose est sûre, pour le député UMP Thierry Solère, il faudra compter avec ce Rastignac monté de Picardie : "C'est l'un des organisateurs de la droite française depuis trois ou quatre ans et il veut être un de ceux qui comptent demain." De Talleyrand à "House of Cards" Lavrilleux vit, lit et respire politique depuis tout petit même si rien ne l'y prédestinait. "Si j'avais fait Sciences-Po ou l'ENA j'aurais hérité d'une bonne circo." Au lieu de cela, l'enfant du quartier HLM Europe s'est nourri de la biographie de Talleyrand que lui avait offert une vieille tante, a dévoré les récits historiques, de "la Guerre des Gaules" de César à sa période préférée, entre les règnes d'Henri IV et Louis XIII, cette époque "où tout est possible, où la société n'est pas figée en castes". Gamin, il s'amuse aussi à classer les éditions du "Monde" dans sa chambre même s'il hésite à le raconter car "ça fait psychopathe", écoute Elkabbach à la radio et organise en 1981 en cours de dessin "une élection clandestine" où il déploie déjà ses talents : 31 de ses camarades sur 32 votent Chirac plutôt que Mitterrand ! Aujourd'hui, il dévore aussi les séries télé sur la politique américaine où tous les coups sont permis : "The West Wing", "House of Cards" et, l'une de ses préférées, "Scandal". L'histoire d'un spin-doctor spécialiste des gestions de crise au service d'un président...
Mael Thierry Journaliste
COMMENTAIRES25 commentaires Pour réagir, je me connecteConnexion
charlessabatiera posté le 04 mai 2014 à 09h30 Tête DEJA coupée ! Signaler Répondre
roberta posté le 04 mai 2014 à 09h35 Tout cela ne sert à rien. C'est de la manœuvre politique. Le FN baissera le jour où la France cessera d'être une passoire quant à l'immigration et quand dans les quartiers le communautarisme cessera d'être encouragé... Les citoyens votent ainsi par lassitude. Rien ne change. Certes le FN n'apportera probablement rien de mieux, mais ils ont le bénéfice du doute. Signaler Répondre
PAT08FRa posté le 04 mai 2014 à 09h41 A part faire l'éloge de ce Lavrilleux, cet article n'explique pas comment ce dernier va s'y prendre pour combattre Le Pen... en parlant de "croissants" peu-être... pour changer des pains au chocolat...?? Signaler
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andreval22a posté le 04 mai 2014 à 09h49 Quel est donc cet illustre inconnu aux yeux des français ? Signaler Répondre
pau5864a posté le 04 mai 2014 à 10h46 bien dit Robert...... tous ces bien pensants qui ne cessent de diaboliser le FHaine comme ils disent, ne s'interrogent pas une seule fois sur la raison de la hausse de sa popularité, ne respectent, n'écoutent pas les gens qui comme vous dites en ont tout simplement raz le bol, d'être saignés à blanc, envahis par des intégristes religieux qui tout en nous bafouant, profitent des largesses de notre pays alimenté par les contribuables....ces futurs électeurs ne sont pas nécessairement tous des fachos et des nazis.... Signaler Répondre
lpdga posté le 04 mai 2014 à 11h30 Ce mec pourrait être le directeur de campagne de Sarkozy en 2017, alors Copé décide d'aller le faire se ratatiner contre Marine Le Pen, avant qu'il ne prenne trop d'ampleur. C'est un peu comme Hollande qui veut "travailler" la courbe de popularité de Valls avant 2017, en le nommant PM. Copé, comme Hollande, est à la poursuite du St-Graal: Se retrouver au Deuxième Tour 2017 contre Le Pen. Tandis que la famille Le Pen se prélasse et attend le prétendant contre qui elle devra jouer le jeu pendant une semaine de mai 2017, avant de retourner pendant 5 ans dans le confort de député européen inactif, de député en congé maternité, d'attaché de cabinet de député européen non-pacsé, de pappy-pupille honoraire retraité de la nation,... Sous une pluie de subventions publiques pour le FN. Et le peuple, là-dedans, me direz-vous ?
RIEN A CIRER DU PEUPLE ! Electeur FN, tu as ton rôle à jouer si tu veux obliger les Le Pen à assumer le programme qu'ils t'ont vendu. Electeur FN, tu peux agir et empêcher que les Le Pen ne te refassent le coup de 2002 contre Chirac. Qu'ils fassent encore semblant de combattre contre un "front républicain", contre un "vote utile", en sachant bien d'avance qu'ils n'ont aucune chance d'obtenir plus de 40%. Electeur FN, tu peux agir et je vais t'expliquer comment. Dans un futur post, car je n'ai plus assez de place ici.... Signaler Répondre
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charlesdelavillea posté le 04 mai 2014 à 13h38 @Edmond Zobba-Bendé "en sachant bien d'avance qu'ils n'ont aucune chance d'obtenir plus de 40%". Nul ne peut prédire l'avenir ! Et un FN à 40 % indiquerait que la société française fait une mutation politique sans précédent. Et puis au delà de ces manœuvres politiciennes, il y a la réalité, toute crue : immigration, délinquance, chômage, éducation, identité, services publics, retraites ... Le FN pourrait donc bien de faire doubler sur sa "droite" si cette situation empire. Les Copé, Fillon, et autres Lavrilleux seront vite oubliés... Signaler Répondre
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lpdga posté le 04 mai 2014 à 14h30 Il n'est pas évident d'aller au bout de ma pensée, dans la mesure où quand j'en viens au fond du fond, on ne publie plus mes messages. Je viens d'essayer trois fois en vain. On dirait que j'ai touché quelque chose de sensible, qui n'est pas dans le goût des media de la Social-Démocratie hollandaise. Je vais quand même encore essayer, des fois que ce ne serait qu'une question de forme et non de fond Signaler Répondre
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lpdga posté le 04 mai 2014 à 14h50 J'ai dit 40% pour flatter un peu l'électorat FN, pour qu'il me lise au moins.... et me réponde, au mieux. En fait, si elle fait 35% ce sera beaucoup et elle revendiquera cela comme une grande victoire et un progrès énorme. Et comptez que dans ces 35%, vous aurez avec ça: des anarchistes, des libertaires, des soraliens, des UPR, des mecs qui ont envie de faire ch... Nabuchodonosor et autres trésors des temps révolus. La fine fleur, quoi. Mais jamais 51% ! Vous avez encore combien de quinquenats à vivre, vous Charles ? Il faut presser les choses et pour presser les choses, il faut que ce soient deux partis du NON de 2005 qui s'affrontent en 2017 ! Le FN contre le FdG ! Et non pas un parti de Nonistes et un parti de Oui-Ouistes, comme le souhaitent Le Pen, Hollande, Copé et tous les autres de Bruxelles. Eux, pour une victoire facile, les doigts dans le nez. Elle pour une défaite avec "les honneurs", les subventions et le salaire peinard de député européen. Electeur FN, la seule façon de forcer le cours des choses, c'est de voter Mélenchon au lieu d'Aliot dans le Grand Sud-Ouest, c'est là que tu peux contrer le plan d'Hollande, de Bruxelles et des autres. Je sais, c'est paradoxal, mais réfléchis, Electeur FN.... Réfléchis plus loin qu'Aliot, plus loin que les Européennes... Le Front de Gauche est ton meilleur ennemi, préserve-le. On ne gâche pas un ennemi aussi utile sur de simples élections européennes. Signaler Répondre
gogoola posté le 04 mai 2014 à 11h30 voila un avoeu cinglant de la part de l'u m p qui avoue ouvertement que le front nationale est devenue un adversaire politique redoutable , ce qui est désolant dans le comportement de L' U M P en temps partie politique responsable !! c 'est que le front national devrait être combattu par des idées comme tout partie politique doit le faire , et non d' engager un tueur politique pour mettre fin a l'existence du front nationale , bien curieuse démocratie que celle de l'u m p ? la disparition du front nationale rendrez t'elle l' U M P et les socialistes plus efficaces , ont en doutes beaucoup , comptes tenue de la situation économique de la France dont ils sont responsables , tout en restant dans leurs échecs mutuelle , ils veulent conservés le pouvoir , source de leurs revenues qu'ils ne veulent pas se voire confisquer par le front national en cas de victoire c 'est une évidence , mais le front national a pris de la puissance et le porte flingue de l'u m p ne devrait pas sous estimer sont adversaire qui a déjà traverser bien des tempêtes et qui est toujours la et qui continue de progresser , il ne faut pas ce tromper d'adversaire l'ennemie de la droite et de la gauche aujourd'hui c 'est le peuples , et si ils veulent gagner le combat ce n 'est pas contre le front nationale qu'ils
doivent lutter , il serait temps qu'ils en prennent conscience , mais je pense que c 'est déjà trop tard . Signaler Répondre
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CALLYAa posté le 04 mai 2014 à 20h12 Je vais vous aider dans votre jugement : quand on dit redoutable, il faut traduire dangereux. Le FN est essentiellement dangereux car il théorise sur l'inconnu : aucune référence politique extérieure, des dénonciations systématiques. De plus je retrouve chez vous ce que l'on reçoit sur internet, le grand n'importe quoi de la pensée monolithique et massacrée par un verbiage sans fin et en fautes. C'est cela le FN, la haine mais aucun espoir de construction : "demain on rase gratis !" l'affiche est toujours en place de ce fait ce sera toujours demain ! Laissez les responsables politiques régler leurs comptes, ils sont assez grands pour réussir. Les citoyens doivent juste leur indiquer un souhait aux élections. Signaler Répondre
Dumaraisa posté le 04 mai 2014 à 13h59 Premier lieutenant, porte flingue, tueur, ... on parle de quoi ici ? politique ou mafia? Signaler Répondre
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bigmamaa posté le 04 mai 2014 à 23h53 @ Pierre Dumarais mdr ; en effet !! c'est ou la politique mafieuse ou la mafia dans la politique !!
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GAYRAUDa posté le 04 mai 2014 à 15h01 Après lecture pour bien connaître le parcours de JEROME LAVRILLEUX nous avons lu votre article mon épouse VIVIANE et moi nous témoignons de la véracité de votre écrit et nous tenons à dire que JEROME LAVRILLEUX et un travailleur assidu dans la trace de XAVIER BERTRAND ,PIERRE ANDRE sans oublier LE SENATEUR JACQUES BRACONNIER d'une autre génération . VIVIANE et DOMINIQUE GAYRAUD Signaler Répondre
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CALLYAa posté le 04 mai 2014 à 20h19 Les Picards ne sont pas des fantaisistes. J'apprécie votre post, car vous connaissez ces intervenants. Nous sortons de mouvements divers tels que les "bonnets rouges". Ils ont lutté pour neutraliser l'écotaxe et majoritairement voté à gauche aux municipales. Cela demande des explications sinon comme toujours en France, on a des avis sur tout mais surtout ne faîtes rien qui puisse nous contrarier. De Gaulle a déclaré" Comme voulez-vous gérer un peuple qui fabrique 350 fromages ?" Signaler