La lettre des maires et des prĂ©sidents dâintercommunalitĂ©s
Supplément au n° 354 | Février 2018
Ădito RĂ©forme de la fiscalitĂ© locale
Les libertĂ©s locales, principe essentiel de la RĂ©publique La Constitution de la Ve RĂ©publique, enrichie de rĂ©visions successives, pose un cadre juridique Ă©quilibrĂ©. La loi fondamentale nâa pas envisagĂ© un systĂšme fĂ©dĂ©ral et ne consacre pas davantage un systĂšme exclusivement pyramidal et centralisĂ© oĂč tout procĂ©derait de lâĂtat. Plus subtilement, elle rĂ©alise une synthĂšse et un Ă©quilibre entre la dĂ©centralisation, lâautonomie de gestion, les libertĂ©s locales et lâunitĂ© de la Nation. Dans sa dĂ©cision relative Ă la loi de finances pour 2018, le Conseil constitutionnel a rappelĂ©, en forme dâavertissement, lâun des fondements de cet Ă©quilibre : le respect des libertĂ©s locales. Il a ainsi soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server la part des ressources propres dans lâensemble des ressources des communes, condition incontournable de leur autonomie financiĂšre. En rappelant le principe dâĂ©galitĂ© devant les charges publiques Ă propos de la suppression de la taxe dâhabitation, les juges constitutionnels ont trĂšs clairement donnĂ© rendez-vous au lĂ©gislateur. Sans rĂ©forme globale de la fiscalitĂ© locale, la suppression de cet impĂŽt prĂ©senterait, Ă terme, un risque dâinconstitutionnalitĂ©. Pour lâAMF, la rĂ©forme de la fiscalitĂ© locale que le gouvernement souhaite engager devrait sâancrer dans une rĂ©flexion plus globale, apprĂ©hendant la citoyennetĂ© locale, le consentement Ă lâimpĂŽt, la capacitĂ© de nos collectivitĂ©s Ă rĂ©pondre Ă leurs missions, les solidaritĂ©s territoriales, le juste retour sur lâinvestissement consenti par les collectivitĂ©s pour dĂ©velopper les Ă©quipements et services publics. Le dĂ©veloppement des mĂ©tropoles, nĂ©cessaire au pays, comme la diffĂ©renciation ou lâexpĂ©rimentation, utiles Ă la gestion locale, ne doivent pas perturber lâĂ©quilibre global de lâĂ©difice institutionnel : lâunitĂ© de la Nation et le respect de lâautonomie locale au service de notre devise rĂ©publicaine, libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ©. FRANĂOIS BAROIN
Couverture mobile : lâAMF obtient des avancĂ©es LâAMF a pris acte, le 14 janvier 2018, de lâaccord sur la couverture mobile passĂ© entre lâĂtat, lâAutoritĂ© de rĂ©gulation des communications Ă©lectroniques et des postes(ARCEP) et les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile. Il rĂ©pond, pour partie, aux attentes exprimĂ©es depuis plusieurs annĂ©es par les associations de collectivitĂ©s. En effet, pour la premiĂšre fois, la composante « amĂ©nagement du territoire » est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă la valorisation financiĂšre des frĂ©quences dans le renouvellement des licences. La dĂ©finition restrictive des « zones blanches » est abandonnĂ©e au profit dâune exigence de « bonne couverture », telle que dĂ©finie par lâARCEP, et les opĂ©rateurs vont prendre entiĂšrement Ă leur charge le coĂ»t des dĂ©ploiements.
Vigilance sur le calendrier Il sâagit en particulier de gĂ©nĂ©raliser la 4G Ă tous les sites existants et Ă venir, dâici fin 2020, avec une exception pour les sites relevant du programme « zones blanches » puisque 75 % dâentre eux devront ĂȘtre couverts en 2020 et la totalitĂ© en 2022. Il convient Ă©galement dâamĂ©liorer la couverture des axes routiers et des axes ferroviaires rĂ©gionaux et dâaccĂ©lĂ©rer lâaccĂšs mobile Ă lâintĂ©rieur des bĂątiments. Dans le prolongement de France Mobile, un dispositif permettra la couverture de zones identifiĂ©es par lâEtat en concertation avec les collectivitĂ©s territoriales. Un volume de zones Ă couvrir par opĂ©rateur et par annĂ©e a Ă©tĂ©
dĂ©fini. Les opĂ©rateurs seront ensuite tenus dâapporter un service (voix, sms et 4G) sous 24 mois ou 12 mois si la collectivitĂ© met Ă leur disposition un terrain viabilisĂ©, raccordĂ© au rĂ©seau Ă©lectrique et accompagnĂ© des autorisations dâurbanisme nĂ©cessaires. Les associations de collectivitĂ©s ont reçu lâassurance de lâEtat dâĂȘtre associĂ©es Ă la mise en Ćuvre de ce nouveau dispositif dans lequel les Ă©lus locaux souhaitent demeurer partie prenante. Des Ă©claircissements sur le pĂ©rimĂštre dâapplication de lâexonĂ©ration de lâIFER mobile, pendant une durĂ©e de cinq ans pour les nouveaux sites, sont Ă©galement attendus. LâAMF restera trĂšs vigilante sur le calendrier dâexĂ©cution de ces nouvelles obligations, sur la priorisation concertĂ©e des dĂ©ploiements et le devenir des points hauts dĂ©jĂ construits par les collectivitĂ©s. Lâensemble de lâaccord va se traduire par un avenant et des obligations que lâARCEP rattachera au renouvellement anticipĂ© des licences, leur non-respect pouvant ĂȘtre sanctionnĂ©. Certaines des obligations sont applicables dĂšs 2018 : câest le cas du dispositif de « couverture ciblĂ©e ». Dans les prochaines semaines, la liste des 600 zones Ă couvrir sera communiquĂ©e par lâEtat aux opĂ©rateurs. Une prioritĂ© devrait ĂȘtre donnĂ©e Ă la couverture des centres bourgs dĂ©jĂ identifiĂ©s lors des programmes « zones blanches » et des sites retenus lors des derniers recensements des zones blanches et grises menĂ©s depuis 2015.