
GALLERY BRULHART
Contemporary Art by African Women
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Contemporary Art by African Women
Claire Raffenne, historienne de l’art
Des vécus marquants, des personnages sans visage, des sentiments enfouis...
Ce sont ceux de l’artiste et designer franco-ivoirienne Klervie Mouho.
Inévitablement marquée par les événements politiques qui ont caractérisé la Côte d’Ivoire pendant son enfance, Klervie Mouho, aujourd’hui jeune de ses 25 ans, nous invite à voir le monde au travers du prisme kaléidoscopique de son regard. Empreint de gravité de ce qu’elle a vu et refoulé, de joie profonde et féconde, de traumatismes et de lumière, il nous entraîne à nous connecter les uns aux autres par ce que nous avons de semblable.
Au-delà de nos origines géographiques ou culturelles, de notre âge ou notre vécu, nous pouvons nous retrouver dans le partage de sa création. Klervie considère magique que, même des personnes peu intéressées ou touchées par l’art, connectent avec ses œuvres et ressentent des émotions comme la nostalgie ou une certaine mélancolie. Ce qui la fascine est dans la rencontre avec ce qu’ellemême a exprimé de ses souvenirs pour unir. Rencontre qui ouvre de nouvelles possibilités de dialogues et de réflexions.
Déceler le sens profond des choses procure à Klervie Mouho une joie simple et donne la valeur essentielle à sa vie.
« Si j’avais su » est le titre de son exposition à la Gallery Brulhart. A travers des scènes simples de l’intimité ordinaire, en famille particulièrement, l’artiste nous questionne sur la signification profonde du lien à l’autre. Comment le préserver à travers le temps ? Comment raconte-t-il les mémoires et comment respecte-t-il la liberté ? Les libertés.
Le travail de Klervie Mouho parle de la mémoire, de ce qui s’efface et de ce qui reste. Ne pouvant mettre des mots sur l’indicible ou sur l’effacé, elle prend ses crayons à l’huile et trace ce qui a pu surgir d’un croisement de regards, d’un froissement de tissus, d’un geste violent ou d’une promesse non tenue. Un détail peut alors tout contenir et tout exprimer. Le moment précis et son sens caché. La joie exaltée comme la solitude qui torture. La beauté d’un instant de grâce en même temps que se déroule le plus tragique.
En explorant le thème du mariage, Klervie Mouho se répète inlassablement « si nous avions su »...
Si nous avions su que de ce jour merveilleux, de cette joie commune, naîtrait le drame de l’infidélité, de la négligence ou de l’abandon. Au-delà de l’image idéale, percevoir la complexité et en garder le souvenir. En retenir quelque chose avant que tout ne disparaisse.
Alors elle dessine des visages sans visages.
N’en retenant que l’âme au-delà des âges.
Claire Raffenne, art historian
Memorable experiences, faceless characters, buried feelings...
These are the experiences of French-Ivorian artist and designer Klervie Mouho.
Inevitably marked by the political events that characterized Côte d’Ivoire during her childhood, Klervie Mouho, now 25 years old, invites us to see the world through the kaleidoscopic prism of her gaze. Imbued with the gravity of what she has seen and repressed, with deep and fertile joy, with trauma and light, it draws us to connect with one another through our similarities.
Beyond our geographical or cultural origins, our age or our experiences, we can find ourselves in the sharing of her creation. Klervie considers it magical that even people who are not particularly interested in or moved by art connect with her works and feel emotions such as nostalgia or a certain melancholy. What fascinates her is the encounter with what she herself has expressed from her memories in order to unite. An encounter that opens up new possibilities for dialogue and reflection.
Discovering the deeper meaning of things brings Klervie Mouho simple joy and gives her life essential value.
“If I had known” is the title of her exhibition at Gallery Brulhart. Through simple scenes of ordinary intimacy, particularly within the family, the artist questions us about the deeper meaning of our connection to others. How can we preserve it over time? How does it recount memories and how does it respect freedom? Freedoms.
Klervie Mouho’s work speaks of memory, of what fades away and what remains. Unable to put into words the unspeakable or the erased, she takes her oil pastels and
sketches what may have emerged from a glance, a rustle of fabric, a violent gesture, or a broken promise. A single detail can then contain and express everything. The precise moment and its hidden meaning. Exalted joy as well as torturous loneliness. The beauty of a moment of grace at the same time as the most tragic events unfold.
Exploring the theme of marriage, Klervie Mouho repeats to herself tirelessly, “If only we had known...”
If only we had known that this wonderful day, this shared joy, would give rise to the drama of infidelity, neglect, or abandonment. Beyond the ideal image, perceiving the complexity and preserving the memory. To retain something before it all disappears.
So she draws faceless faces.
Retaining only the soul beyond the ages.
Biographie
Élevée à Abidjan, elle s’est installée à Angers, en France, où elle a obtenu son diplôme avec mention à l’École des Beaux-Arts d’Angers (TALM) en 2021. Elle a obtenu son master en communication visuelle à la Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK) en 2023.
La ZHdK récompense son travail en lui attribuant le Fonds ZHdK 2023 pour les projets internationaux et interculturels des étudiants, ainsi que la deuxième place du Förderpreis 2023. Elle fait également partie du projet Incubateurs ZHdK next steps 2024.
Mouho travaille principalement avec des dessins au pastel, mais aussi avec la peinture et la photographie. Son œuvre s’inspire de souvenirs à la fois poignants et vagues : des souvenirs collectifs d’une période troublée en Côte d’Ivoire lorsqu’elle était encore enfant, marquée par des troubles politiques et des soulèvements militaires, ainsi que des souvenirs plus légers et plus personnels de visites familiales et de célébrations.
« Je crée des œuvres d’art où les souvenirs sont transformés et réinventés. Les couleurs que j’utilise sont vives et les personnages que je représente sont sans visage. »
Klervie Mouho is a Ivorian-French artist and designer. Raised in Abidjan, she moved to Angers, France, where she graduated with distinction from the Beaux-Arts in Angers (TALM) in 2021. She obtained her master’s degree in visual communication, at Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK) in 2023.
The ZHdK rewards her work by granting her the ZHdK Fund 2023 for international and intercultural student projects, as well as second place in the Förderpreis 2023. She is also part of the ZHdK Incubators next steps 2024 project.
Mouho works mainly with pastel drawings, but also painting, and photography. Her work is inspired by memories that are both poignant and vague - collective memories of a troubled time in Côte d’Ivoire when she was still a child, including political unrest and military uprisings, as well as lighter, more personal memories of family visits and celebrations.
“I create artworks where memories are transformed and reinvented. The colours I use are vibrant and the characters I depict are faceless”.
Klervie Mouho

Exposition solo
2025
Through Beloved Eyes, Botaki Factory, Zürich, Suisse
Expositions collectives
2025
Écrin d’Art - Act 2, Kynome Gallery, Abidjan, Côte d’Ivoire
2024
The Other Story, Ngala African Contemporary Art Space, Zürich, Suisse
Kusasa Contemporary diaspora, Zürich, Suisse
Découvertes #6, LouiSimone Gallery Guirandou, Abidjan, Côte d’Ivoire
2021
Still I rise, Fondation Donwahi, Abidjan, Côte d’Ivoire

Untitled, 110 × 110 cm, Pastel gras sur papier/Oil pastel on paper, 2025

I
wanted to run, but my shoes were tied and my dress was white
100 x 100 cm
Pastel gras sur papier
Oil pastel on paper
2025
Untitled, 110 × 110 cm, Pastel gras sur papier/Oil pastel on paper, 2025

If we had known
100 x 100 cm
Pastel gras sur papier
Oil pastel on paper 2025

The ‘Regards’ series is inspired by eighteenth-century miniatures known as ‘lover’s eyes’, medallions that hid just the eye of the loved one, worn as a talisman.




Série Regards, 20 x 20 cm, Pastel gras sur papier/Oil pastel on paper, 2025


20 6 11


La série “Regards” est inspiré par des miniatures du XVIIIe siècle appelées “lover’s eye”, des médaillons qui cachaient juste l’œil de l’être aimé, porté sur soi comme un talisman.

Untitled, 100 x 100 cm , Pastel gras sur papier/Oil pastel on paper, 2025

One
step, two steps, who will drive us?
100 x 100 cm






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