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Fugues Septembre 2026

Page 1

l’expression de la communauté

depuis 1984 Couverture

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OCTOBRE 2026 TOMBÉES Tombée rédactionnelle : 16 septembre 2026 Réservation publicitaire : 18 septembre 2026 Matériel publicitaire : 21 septembre 2026 Sortie : 30 septembre 2026

NOVEMBRE 2026 TOMBÉES Tombée rédactionnelle : 14 octobre 2026 Réservation publicitaire : 16 octobre 2026 Matériel publicitaire : 19 octobre 2026 Sortie : 28 octobre 2026

DÉCEMBRE 2026 JANVIER 2027 TOMBÉES Tombée rédactionnelle : 11 novembre 2026 Réservation publicitaire : 13 novembre 2026 Matériel publicitaire : 16 novembre 2026 Sortie : 25 novembre 2026 Les communiqués doivent parvenir à la rédaction au plus tard le lundi précédant la tombée de l'édition.

PETITES ANNONCES ALAIN LEMIEUX 514-499-9994 #3 | pa@fugues.com Trousse média www.fugues.com/info

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RAINBOW! FÊTE 15 ANS DE CARRIÈRE! PAGE 106 « Il faut comprendre qu’une participation à Drag Race exige un grand laisser-aller. Ça reste un énorme investissement d’argent, sans connaître le résultat. Plusieurs drags ont dépensé des sommes folles et elles paient encore leurs dettes des années plus tard»

Sommaire septembre2026 | no 504 CHRONIQUES

PETITES ANNONCES

08 Autrement dit / Yves Lafontaine 10 Par ici ma sortie / Denis-Daniel Boullé 12 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle 14 Où sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt 16 Place au Village / Gabrielle Rondy 90 Arts & Icones / Richard Burnett 118 Porte Voix / Nicolas Vandal 120 Horoscope / Robert Gareau

70 Immobilier 71 Annonces classées

ENTREVUES / ACTUALITÉS

BISEXUALITÉ PAGE 28 « les communautés bisexuelles continuent d’être le sujet de préjugés, d’invalidation et d’invisibilité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des communautés LGBTQ+...»

18 Les Boules reprendront leur envol au-dessus du Village en 2030 20 Un sondage et un débat pour l’Association citoyenne du Village 22 Hommage à Michael Hendricks 24 Entrevue avec Tom-Eliot Girard 26 Face à la haine, la Fondation Émergence célèbrera ses allié·e·s le 1er octobre

DOSSIER BISEXUALITÉ 28 Quand la plus grande communauté demeure la plus ignorée 29 Entre incompréhension et invisibilité 30 Le phénomène présent invisible

FIÈREMENT 32 34 39 40 42

Une campagne de sensibilisation grand public Fierté de Québec Fière la fête Entrevue avec Xénia Gould Fierté Montréal / bilan en photos

CONSO / FINANCES / BIEN VIVRE

FIÈREMENT 32

LE DEUIL ACTIF 78

52 Héma-Québec : donner son sang, un geste de solidarité 54 La couverture des traitements de la lipodystrophie enfin accessible au Québec 56 Une campagne pour faciliter les premières fois après le diagnostic 58 Quand l’inclusion s’invite chez Mazda Gabriel Plateau 60 Alcool 62 Alexandre Escure, la culture des curiosités

QUOI FAIRE / GUIDE-ARC-EN-CIEL 76 Toronto, découvrir la Ville-Reine et ses alentours 78 EXPOSITION : Le Deuil actif 80 NOUVEAUTÉS : Livres 84 Entrevue avec Michel Dorais 85 Entrevue avec Francis Desruisseaux 86 Entrevue avec Michel-Maxime Legault 87 Fierté littéraire 88 Entrevue avec Martine Delvaux 89 Notre collègue Richard Traversy n’est plus (1956-2026) 92 TEMPÉO – FESTIVAL DANSE ET MUSIQUE 94 KWATRIHO’TAT! Un rendez-vous musical 96 Festival Quartiers Danses 98 ÉCRANS : Montmartre 99 ÉCRANS : The Shards 100 Un pavillon LGBTQ+ fait son entrée au nouveau marché du TIFF 102 Ces regards amoureux de garçons altérés : aimer jusqu’à se perdre 104 La Mouette se pose au Théâtre Denise-Pelletier 105 Festival Phénoména 106 Entrevue avec Rainbow 108 Entrevue avec LP 109 Entrevue avec Fernie 110 Entrevue avec Piche

CLUBBING / FUGUES Y ÉTAIT 112 LIEUX LGBTQ+ 114 Michel Dorion retrouve son public sur de nouvelles planches 115 Fugues y était 1116 Fugues y était

COMMUNAUTAIRE 64 La Grande Démesure d’Interligne célèbre sa 10e édition sous les boules à facettes 65 Un brunch sous le signe de la convergence des luttes pour l’AFPC-Québec 66 Groupes lgbtq+ 68 Équipe Montréal 91 From Gay Line to Safer Schools

LE RETOUR DES BOULES 18 6 | FUGUES.COM

DEPUIS 1984 Magazine LGBTQ+ de société, culturel et communautaire, FUGUES est le seul média québécois/ canadien francophone à suivre l’actualité gaie, lesbien, bisexuelle et transgenre d’ici et d’ailleurs. Sa diffusion multiplateforme à la fois imprimée et virtuelle vous donne votre dose régulière d’actus LGBTQ+. Il repose sur une petite équipe de passionné-e-s ; )


Chronique autrement dit

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

appelait notamment les allié·es des communautés LGBTQ+ à « se lever » et à prendre davantage leur place dans la lutte contre la haine. Trois voix politiques très différentes, donc, mais un constat qui devrait transcender les lignes partisanes : quelque chose se détériore au Québec. Pour Olivier Ferlatte, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, nous assistons à un important recul social. Parmi les facteurs qui peuvent l’expliquer, il souligne notamment l’instrumentalisation des enjeux de diversité par certains partis populistes de droite à des fins électorales, mais aussi le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de la désinformation et la normalisation des discours haineux. Ce qui se passe chez les jeunes est tout aussi inquiétant. En février, le professeur Francis Dupuis-Déri, de l’UQAM, publiait une étude constatant une progression de l’homophobie et de la transphobie dans les classes du primaire et du secondaire, particulièrement chez les garçons, avec des manifestations de plus en plus décomplexées. Les observations du GRIS-Montréal vont dans le même sens. Selon une étude publiée par l’organisme, la proportion d’élèves du secondaire affirmant être mal à l’aise de voir deux hommes se témoigner de l’affection en public est passée de 25 % en 2021-2022 à 42 % en 2023-2024. En deux ans.

UN APPEL AUX PARTIS POLITIQUES

Pour demeurer une société ouverte et accueillante Il y a des chiffres qu’on aimerait pouvoir considérer comme des accidents de parcours. Celui-ci n’en est pas un : selon Statistique Canada, le nombre de crimes haineux fondés sur l’orientation sexuelle a quadruplé entre 2018 et 2023. Pendant ce temps, l’homophobie et la transphobie semblent retrouver une forme de légitimité dans certains discours, sur les réseaux sociaux et jusque dans nos écoles. À quelques semaines des élections québécoises, ces constats devraient interpeller tous les partis politiques. Pas seulement ceux qui se présentent traditionnellement comme les alliés des communautés LGBTQ+. Tous. Les avancées juridiques peuvent donner l’impression que l’essentiel du travail est accompli. Les réalités sociales nous rappellent aujourd’hui le contraire. L’homophobie n’a évidemment pas disparu avec l’adoption du mariage entre personnes de même sexe, pas plus que la transphobie n’est devenue marginale parce que nos lois reconnaissent certains droits aux personnes trans et non binaires. Même des personnalités politiques en font publiquement l’expérience. Charles Milliard et Éric Duhaime ont récemment dénoncé les insultes homophobes qu’ils disent recevoir quotidiennement. Peu importe nos sympathies politiques, cela devrait nous préoccuper. L’homophobie ne devient pas acceptable parce qu’elle vise un adversaire politique. De son côté, Manon Massé a récemment sonné l’alarme devant la remontée de l’homophobie et de la transphobie. En mai dernier, l’ancienne co-porte-parole de Québec solidaire 8 | FUGUES.COM

Voilà qui devrait faire réfléchir tous ceux et celles qui croyaient que chaque nouvelle génération serait automatiquement plus ouverte que la précédente. Le progrès social n’est pas une ligne droite. Surtout, il n’est jamais irréversible. C’est dans ce contexte que le Québec se dirige vers les élections du 5 octobre. Cette campagne doit être l’occasion, pour tous les partis politiques, de réaffirmer que les droits des personnes LGBTQ+ sont des droits fondamentaux et non des sujets à instrumentaliser à des fins politiques. Cette distinction est essentielle. Les personnes LGBTQ+ ne sont pas un « enjeu de société » que l’on peut sortir de sa poche lorsqu’un stratège juge avantageux de mobiliser une partie de l’électorat. Nos vies ne sont pas une stratégie de communication. Nos familles n’ont pas à être remises en question au gré des débats politiques. Et l’existence des personnes trans et non binaires ne devrait jamais devenir un outil permettant de gagner quelques points dans les sondages. Voilà pourquoi, au cours de la prochaine campagne, je souhaite entendre tous les partis à ce sujet. Nous ne voulons plus seulement entendre que le Québec est une société ouverte et accueillante. Nous voulons savoir comment nos élus comptent faire en sorte qu’il le demeure. • Que proposent-ils concrètement pour lutter contre l’homophobie et la transphobie? • Comment comptent-ils répondre à la progression de l’homophobie et de la transphobie dans les écoles? • Que feront-ils pour soutenir les organismes communautaires qui travaillent pour protéger les jeunes LGBTQ+? • Quels engagements prendront-ils envers les personnes trans et non binaires? • Comment entendent-ils lutter contre les crimes et les discours haineux? • Et surtout : leurs réponses seront-elles accompagnées de mesures concrètes, d’échéanciers et de budgets? Cette exigence doit s’appliquer à toutes les formations politiques, quelles que soient leurs orientations. L’appui des communautés LGBTQ+ ne devrait jamais être tenu pour acquis, pas plus que la protection des minorités ne devrait être relativisée au gré des débats politiques ou des calculs électoraux. Arborer les couleurs de l’arc-en-ciel pendant la Fierté ne constitue pas un programme politique : ce sont les engagements concrets qui comptent. Il faut également reconnaître une réalité : les personnes LGBTQ+ ne votent pas toutes de la même façon. Elles sont de gauche, de droite et du centre. Elles votent en fonction de l’économie, du logement, de la santé, de l’environnement, de l’immigration, de la fiscalité et d’une multitude d’autres préoccupations. Mais quelles que soient nos convictions politiques, nous devrions pouvoir nous entendre sur une chose : nos droits fondamentaux ne peuvent dépendre des fluctuations de l’opinion publique. Mon rôle n’est donc pas de vous dire pour qui voter, mais de demander aux partis ce qu’ils comptent faire. C’est à nous toustes de comparer leurs engagements, de poser les questions difficiles, de leur rappeler leurs déclarations et de distinguer les gestes concrets des slogans. À l’approche des élections, j’adresse donc une invitation à toutes les formations politiques québécoises : dites-nous clairement où vous vous situez et, surtout, ce que vous comptez faire. Faites-nous parvenir vos réponses par courriel (redaction@fugues.com) : nous les publierons sur le site Web et dans les infolettres de Fugues à partir du 15 septembre. Parce qu’au moment où plusieurs indicateurs montrent que l’homophobie et la transphobie regagnent du terrain, le silence politique est lui aussi une prise de position.6 Note : La campagne électorale n’était pas encore déclenchée au moment d’aller sous presse. Le déclenchement des élections est prévu au plus tard le 29 août 2026, en vue du scrutin du 5 octobre.


Chronique par ici ma sortie

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

Les discours conservateurs et réactionnaires qui gagnent du terrain ont toujours eu besoin de cibler une catégorie de la population comme étant porteuse de tous les maux dont souffrirait la société. La résurgence de gouvernements aux idéologies extrémistes et les propos de leurs leaders libèrent la parole, tandis que les réseaux sociaux, avec l’anonymat qu’ils permettent, sont devenus des porte-voix de la haine. La liberté d’expression, chère aux principes démocratiques, est devenue la liberté d’excrétion. Et les personnes 2ELGBTQI+ sont devenues des cibles faciles sur lesquelles déverser des injures en toute impunité, ou presque. Cette haine ne reste pas confinée aux écrans. Dans plusieurs pays, elle est alimentée par des gouvernements; ailleurs, elle se traduit par du harcèlement, des agressions et parfois des meurtres commis par des groupes radicalisés ou des individus convaincus d’accomplir une mission — divine? — en s’attaquant aux personnes de nos communautés. Des voix s’élèvent, les médias se font l’écho de ce recul, mais il n’existe toujours pas de réponse à la hauteur pour contrer ces discours et ces actes homophobes, transphobes et queerphobes. Au Québec, quelques organismes communautaires, dont le Conseil québécois LGBT et Ensemble pour le respect de la diversité, sonnent l’alarme. Michel Dorais et Radjoul Mouhamadou le font également dans la préface de l’ouvrage collectif Mon Québec inclusif : 12 voix engagées. Mais ce sont encore trop souvent des voix individuelles qui s’indignent et racontent les injures et les menaces qu’elles reçoivent sur les réseaux sociaux.

KILL YOURSELF FAGGOTS

Injure emblématique s’il en est « Kill Yourself Faggots » : c’est le message reçu par Rafaël Provost, de l’organisme Ensemble pour le respect de la diversité, le 10 août, soit le lendemain du défilé de Fierté Montréal. Ils et elles sont nombreux·ses aujourd’hui à tomber sur des messages aussi violents dès qu’ils ouvrent leurs réseaux sociaux. Faire le dos rond, attendre que cela passe ou réagir? La haine contre les personnes 2ELGBTQI+ ne cesse de déferler et de prendre de l’ampleur. Depuis quelques mois, les organismes de prévention et de sensibilisation ne cessent de la dénoncer. De nombreux·ses candidat·es, élu·es et membres de leurs équipes issu·es des communautés, ainsi que des responsables d’organismes, sont visé·es par des messages haineux. Comment réagir? Comment renverser la vapeur? Depuis plusieurs décennies, nous pensions être sur une pente ascendante quant à l’intégration de nos réalités dans la société. Chaque année apportait son lot de gains : décriminalisation, reconnaissance du mariage, de la parentalité entre conjoint·es de même sexe. Ces succès étaient célébrés lors des marches de la Fierté, qui rappelaient d’où nous venions et affirmaient que plus jamais nous ne serions des sous-citoyen·nes, que nos vies sortiraient désormais de l’ombre et de la honte. Avons-nous été trop optimistes? Avons-nous sous-estimé nos opposant·es qui, lassé·es de nous entendre et de nous voir profiter de cette liberté durement acquise, considèrent aujourd’hui que nous prenons trop de place, et ce, dans toutes les sphères de la société?

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Ce qui surprend, rappelle Rafaël Provost, c’est que même l’appel au respect dérange aujourd’hui, tout comme l’impunité dont bénéficient les anti-2ELGBTQI+ qui menacent, harcèlent et lancent des appels à la haine. « Il faut qu’il y ait plus de voix au sein de nos communautés qui s’élèvent, des personnes qui ont peut-être milité par le passé, des plus jeunes aussi, parce que lorsqu’une personne de nos communautés est attaquée, ce sont toutes nos communautés qui le sont », déclare Rafaël Provost. Si l’on considère les intimidations auxquelles font face les candidat·es et les élu·es 2ELGBTQI+, on peut se demander pourquoi les gouvernements et les partis politiques ne s’engagent pas davantage. On sait qu’ils et elles nous aiment — nous sommes aussi des électeur·rices —, qu’ils et elles participent au défilé de la Fierté et font leur petit tour lors des journées communautaires. Ils et elles se disent préoccupé·es, comme nous toustes. Mais une fois qu’on a partagé nos inquiétudes, que fait-on? Les chef·fes de partis devraient publiquement et fermement reconnaître les défis auxquels nous devrons faire face dans les années à venir et, surtout, prendre les mesures qui s’imposent, entre autres par des campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale. En juin dernier, le gouvernement Carney a rappelé les valeurs défendues au Canada et offert un soutien financier aux organismes 2ELGBTQI+ afin de renforcer la sécurité lors des événements de la Fierté à travers le pays. Un geste fort, certes. Mais devrons-nous, dans les prochaines années, défiler avec des gilets pare-balles et des casques, ou tenterons-nous plutôt de prévenir cette violence qui ne cesse de grandir? Pendant ce temps-là, dans nos communautés, nous jouons la division. On s’emporte sur des questions importantes, certes, qui doivent être discutées, parfois tranchées, mais qui nous éloignent de ce qui devrait nous réunir : la montée de la haine et de la violence envers les personnes queers, et ce, peu importe notre origine ethnique, notre religion ou notre nationalité. Pour nos opposant·es, il n’y a pas de bons gais ou de bonnes lesbiennes, ni de bon·nes trans, vendu·es ou non au capitalisme, complices ou non de gouvernements oppresseurs et néocolonialistes : il n’y a que des déviant·es, des anormaux·ales à abattre. Rappelons qu’il y a encore peu de temps, ni les partis politiques, ni les syndicats, et encore moins les religions et la police n’étaient à nos côtés lorsque nous sommes descendu·es pour les premières fois dans la rue. Aujourd’hui, beaucoup sont devenu·es des allié·es et n’ont plus aucune gêne à s’afficher comme tel·les. Ces soutiens, nous les devons notamment au travail de militant·es qui, à l’intérieur même de ces organisations, se sont tenu·es debout. Rappelons aussi que, contrairement à de nombreux autres groupes revendicateurs, nos combats n’ont jamais utilisé la violence, l’intimidation et la peur pour se faire entendre. Il est donc plus facile — et cela en dit long sur le degré de lâcheté de nos adversaires — de s’en prendre à nous. Aucun homme blanc cisgenre faisant le salut nazi ne risque de se faire tabasser ou tuer par des « folles » enragées. L’ouverture aux autres a toujours prévalu dans nos démarches de reconnaissance. Insultes et menaces sur les réseaux sociaux, agressions verbales et physiques dans l’espace public, arrestations de masse dans certains pays : devant cette accumulation, il est plus que temps d’un réveil collectif et solidaire. Parce qu’au-delà des dissensions qui traversent nos communautés, il serait peut-être bon de nous rappeler une évidence : pour celles et ceux qui nous haïssent, nous formons déjà un seul et même camp. 6


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