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Fugues Juin 2026

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Ainsi que Chantal CYR, Logan CARTIER, R. PRATKA, Caroline LAVIGNE, Étienne DUTIL, Patrick BRUNETTE, Steven ROSS, Sébastien THIBERT, Yann LECLERC, Étienne LEDUC et Frédéric TREMBLAY

PHOTOGRAPHES

Pascal FOREST et Andréa ROBERT LEZAK AVIS LÉGAUX

Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Les articles publiés n’engagent que leurs auteurs et ne sont pas nécessairement les opinions du magazine. Fugues n’est pas responsable des manuscrits, visuels, dossiers électroniques et photos qui lui sont soumis. Le matériel non sollicité envoyé demeure la propriété de Fugues. La parution du nom ou de la photographie d’un individu dans cette publication n’implique nullement une définition de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. L’exactitude de toute information fournie dans les annonces relèvent de la responsabilité des annonceurs. L’éditeur se réserve le droit de publier ou non tout matériel fourni par les annonceurs et/ou auteurs. La version imprimée et les versions numériques de FUGUES rejoignent plus de 330 000 personnes chaque mois (167 000 lecteurs pour la version imprimée et plus de

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DÉPÔT LÉGAL ISSN 0831-1625

Bibliothèque nationale du Canada, Bibliothèque nationale du Québec et Archives gaies du Québec.

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DATES DE TOMBÉES DES PROCHAINES ÉDITIONS

JUILLET 2026

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 2 juin 2026

Réservation publicitaire : 5 juin 2026

Matériel publicitaire : 8 juin 2026

Sortie : 17 juin 2026

AOÛT 2026

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Tombée rédactionnelle : 8 juillet 2026

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Sortie : 22 juillet 2026

SEPTEMBRE 2026

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 11 août 2026

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FIÈREMENT!

PAGE 36

Le Canada et le Québec en particulier demeure les endroits dans le monde plus avancés en matière de droits LGBTQ+.

KEVINS-KYLE LAMBERT

PAGE 32

« Ça s’est ramassé dans les radios et dans les manchettes à Flash. On avait vu mon profil Gay411 de l’époque... Donc, je n’ai pas eu le choix de faire un coming out précipité. Ça s’est ramassé sur les couvertures des magazines. La réponse a été super positive en général... »

Sommaire

juin 2026 | no 501

CHRONIQUES / FICTION

08 Autrement dit / Yves Lafontaine

10 Par ici ma sortie / Denis-Daniel Boullé

12 Où sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt

14 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle

16 Porte Voix / Nicolas Vandal

18 Place au Village / Eric Therrien Nadeau

34 Arts & Icones / Richard Burnett

120 Horoscope / Robert Gareau

ENTREVUES / ACTUALITÉS

20 Entrevue GRIS -MONTRÉAL

21 Entrevue Marilyse Hamelin

22 Entrevue ZAC & XAVIER

24 Le RLQ s’enracine à Québec et en région

26 Entrevue Vincent Noiseux

30 Entrevue Javier Ponce Gambirazio

32 Entrevue Kevins-Kyle Lambert

44 Entrevue Benjamin

FIÈREMENT / GUIDE-ARC-EN-CIEL / SPÉCIAL MAILLOTS

36 Des acquis réels mais sous pression

38 Les célébrations de la Fierté au Canada en 2026

40 Une nouvelle vision plus inclusive et recentrée sur le Village

42 À quoi ressemble la Fierté queer à l’extérieur de Montréal et Québec?

46 Des maillots qui feront tourner les têtes

72 Camping Plein Bois

74 Guadalajara

76 Une autre façon de vivre la WorldPride

CONSOMMATION / FINANCES

50 Au volant

52 Alcools

54 Zoé Duval fait ses débuts comme acteur… et entrepreneur

56 Maxime et Philippe Le bonheur est dans le pré

COMMUNAUTAIRE

58 Festival Fierté Trans

60 Groupes lgbtq+

62 Équipe Montréal

64 Stéphane Vachon retrouve la glace et l’esprit des Gay Games à Valence

QUOI FAIRE / FUGUES Y ÉTAIT

78 LIVRES : nouveautés

82 Entrevue Philippe Besson

84 Entrevue Olivier Loubry

86 Un premier rôle masculin pour Jean-François Guèvremont

88 SÉRIES : Shoresy

89 SÉRIES : Qui ment ?

90 SÉRIES : The Hunting Wives

92 Dua Saleh affronte la réalité avec son deuxième album

94 Deux expositions immersives à découvrir cet été chez PHI

96 Les Francos de Montréal 2026

98 ECHO, Cirque du Soleil

100 MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE 2026

102 Corps dissidents et identités en résistance au FTA

106 Le Balcon, une expérience souper-spectacle cabaret chic

108 Oh La ! La ! Un cabaret des plus festifs

CLUBBING

104 Fugues y était

110 MoonDaze TV véritable archive de la vie nocturne queer

112 LIEUX LGBTQ+ DE RENCONTRES

114 Monsieur Ours Montréal 2026

116 Lulu Shade et l’importance de soutenir la relève drag

117 Fugues y était

118 Selma Gahd à la direction artistique du Cocktail

PETITES ANNONCES

66 Immobilier

67 Annonces classées

DEPUIS 1984

Magazine LGBTQ+ de société, culturel et communautaire, FUGUES est le seul média québécois/ canadien francophone à suivre l’actualité gaie, lesbien, bisexuelle et transgenre d’ici et d’ailleurs. Sa diffusion multiplateforme à la fois imprimée et virtuelle vous donne votre dose régulière d’actus LGBTQ+. Ilreposesurunepetiteéquipedepassionné-e-s ;)

Chronique autrement dit

Être enfin compté.e.s

Pendant longtemps, les personnes LGBTQ+ ont existé dans les marges des statistiques officielles. Invisibles dans les formulaires, absentes des grandes études démographiques, souvent réduites à des estimations approximatives ou à des recherches communautaires menées avec peu de moyens, mais énormément de détermination.

Voilà pourquoi l’annonce de Statistique Canada, qui inclut pour la première fois une question sur l’orientation sexuelle dans le recensement de 2026, mérite d’être saluée. Ce geste peut sembler technique, bureaucratique même. Pourtant, il porte une immense charge symbolique et politique : celle de reconnaître officiellement que nous faisons partie du portrait du pays.

Être compté.e.s, c’est exister autrement qu’à travers des clichés, des débats ou des controverses. C’est apparaître dans les données qui servent à construire les politiques publiques, les services, les budgets, les programmes de santé, les stratégies en logement, en emploi ou en lutte contre la pauvreté. C’est aussi reconnaître que les réalités LGBTQ+ ne sont pas anecdotiques ni marginales, mais pleinement canadiennes.

Pendant des décennies, les communautés queer ont dû expliquer, démontrer et parfois même prouver leurs réalités sans disposer d’outils statistiques solides. Pourtant, les organismes communautaires et les chercheurs répètent depuis longtemps les mêmes constats : les personnes LGBTQ+, et particulièrement les personnes trans, non binaires et bispirituelles, vivent davantage d’isolement, de précarité économique, de discrimination et de problèmes de santé mentale.

Mais comment convaincre les décideurs lorsque les chiffres officiels n’existent pas?

Cette nouvelle question du recensement arrive après des années de revendications portées par des chercheurs, des militant.e.s et des organismes communautaires. Elle représente donc une victoire discrète, mais importante. Une victoire de la patience et de la persévérance.

Cela dit, cette avancée soulève aussi plusieurs questions.

Qui se sentira suffisamment en sécurité pour répondre honnêtement? Combien de jeunes vivant dans des familles peu ouvertes choisiront de taire leur orientation? Combien de personnes garderont encore une méfiance envers les institutions gouvernementales après des décennies de stigmatisation, de médicalisation ou de discrimination?

On ne peut pas ignorer cette réalité. Pour plusieurs personnes LGBTQ+, particulièrement les aîné.e.s, les personnes racisées, autochtones ou vivant en région, l’idée même de divulguer son orientation sexuelle à l’État peut encore provoquer un malaise bien réel.

Il faudra probablement aussi quelques autres recensements avant qu’un plus grand nombre de personnes se sentent totalement à l’aise de dévoiler ouvertement leur orientation sexuelle dans ce type de démarche officielle. La confiance ne se décrète pas. Elle se construit lentement, génération après génération, à mesure que les communautés sentent que leurs réalités sont reconnues, respectées et protégées.

Et pourtant, malgré ces craintes légitimes, il demeure essentiel d’avancer.

Parce qu’on ne peut pas améliorer ce qu’on refuse de voir. Parce qu’une société plus inclusive passe aussi par une meilleure compréhension des réalités vécues par ses citoyen.ne.s. Parce qu’en l’absence de données, les besoins des communautés LGBTQ+ risquent trop souvent d’être relégués au second plan.

Concrètement, ces données pourraient permettre de mieux documenter les enjeux de santé mentale chez les jeunes LGBTQ+, qui présentent des taux plus élevés d’anxiété, de dépression ou d’idéations suicidaires. Elles pourraient aussi aider à mieux financer des ressources d’hébergement pour les jeunes queer en situation d’itinérance, une réalité encore largement sous-estimée au Canada.

Dans le domaine de la santé, des données plus précises pourraient également contribuer à améliorer l’accès aux soins adaptés pour les personnes trans et non binaires, particulièrement en région. On pourrait aussi mieux mesurer les écarts de revenus, les réalités de discrimination au travail ou les besoins spécifiques des aîné.e.s LGBTQ+, souvent invisibles dans les politiques liées au vieillissement.

Des municipalités et des gouvernements pourraient enfin s’appuyer sur ces données pour créer des programmes ciblés, soutenir davantage les organismes communautaires ou développer des initiatives mieux adaptées aux réalités locales. Lorsqu’un besoin est documenté, il devient beaucoup plus difficile de prétendre qu’il n’existe pas.

Le recensement ne réglera évidemment pas tout. Un formulaire ne fera pas disparaître l’homophobie, la transphobie ou les inégalités sociales. Mais il peut contribuer à documenter ces réalités et, espérons-le, à mieux y répondre.

Il faudra aussi que ces données soient utilisées avec respect, prudence et intelligence. Les communautés LGBTQ+ devront être impliquées dans leur interprétation et dans les décisions qui en découleront. Être compté.e.s ne doit jamais devenir une simple opération statistique déconnectée des personnes concernées.

Cette initiative pose enfin une question plus profonde : qu’est-ce qu’une société choisit de mesurer? Car ce qu’on décide de compter révèle aussi ce qu’on considère important.

Pendant trop longtemps, les réalités LGBTQ+ ont été perçues comme secondaires, invisibles ou trop complexes pour entrer dans les cases officielles. Aujourd’hui, le Canada reconnaît enfin que nos vies, nos parcours et nos réalités méritent elles aussi d’être documentés.

Et cela, en soi, constitue déjà une forme de reconnaissance. Une reconnaissance imparfaite, certes. Mais profondément humaine.6

Chronique par ici ma sortie

Nous sommes toustes des Cédrik Verreault

Est-il trop tard pour encore parler des messages de haine reçus par Cédrik Verreault, l’attaché de presse du maire de Québec, Bruno Marchand ? La Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie est passée, néanmoins le 17 mai n’est qu’un rappel que le combat doit se poursuivre tout au long de l’année.

Cédrik Verreault a eu le courage de rendre publics les messages orduriers qu’il a reçus. Combien de personnes 2SLGBTQ+ sont encore victimes de la violence de certains propos et parfois d’agressions physiques ? Combien n’ont pas la possibilité, comme Cédrik Verreault, de dénoncer ce qu’elles subissent ? En ce sens, il ne faut pas se taire et rappeler, encore et encore, que nous n’accepterons jamais de nous taire, de plier devant ce « terrorisme hétéronormatif » qui, malheureusement, a encore pignon sur rue, sans être réellement inquiété.

Nous avons toustes été, un jour dans nos vies, victimes de harcèlement, de violence verbale et physique, et nous en gardons les traces.

En ce sens, le 500e numéro de Fugues, (l’édition de mai 2026) est aussi un rappel des luttes menées, mais aussi de celles qui restent à faire à travers la voix de personnes engagées, de longue date ou récemment. Nous devons être solidaires, entre autres, de tous les organismes qui, depuis de nombreuses années, dispensent un message d’ouverture ou ont, comme la Fondation Émergence, mis sur pied cette Journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Le 17 mai est un symbole rappelant la nécessité de se tenir debout face à l’adversité.

Cédrik Verreault a heureusement reçu des messages de soutien de toute la classe politique, rappelant que de tels comportements étaient inadmissibles. On peut les remercier de ce soutien. Mais on peut aussi s’interroger sur les actions supplémentaires que pourrait prendre le gouvernement, pour s’attaquer vraiment à l’homophobie et à la transphobie. Des ministres rappelleront l’existence du Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie, du plan d’action gouvernemental de lutte ou encore le financement des organismes dont la mission est la sensibilisation et l’information pour l’inclusion des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Mais est-ce suffisant ?

Sans oublier les contradictions qui sont nées et creusent un écart entre les intentions et les actes. Pour rappel, le gouvernement qui a signé le nouveau plan d’action a aussi, sans consulter les communautés, mis sur pied un Comité des sages pour «réfléchir» aux transitions de genre chez les plus jeunes. Aucune personne trans ne siégeait sur le comité. Le même gouvernement a décidé que les prisons ne tiendraient pas compte de l’identité de genre, mais du sexe biologique à la naissance, incarcérant des femmes trans dans des prisons pour hommes. On pourrait ajouter les réticences à intégrer l’écriture inclusive dans toutes les communications gouvernementales.

Il ne suffit pas, en tant qu’ élu.e.s, de se répandre devant les micros en rappelant que les messages de haine, « c’est pas bien ! », pour soutenir  Cédrik Verreault. Ce n’est plus suffisant. Il faut clairement — et fortement — dénoncer les discours haineux portés par des groupes conservateurs et/ou religieux et, osons le dire, d’extrême droite.

Le plan de lutte contre l’homophobie et la transphobie signale dès la première page, en intertitre,  Un Québec engagé pour le respect des droits…, c’est-à-dire un rappel des valeurs défendues et protégées par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Bien sûr, des mesures ont été prises pour que cette Charte ne soit pas qu’une simple déclaration d’intention. Mais ces mesures doivent être actualisées et répondre adéquatement aux changements dont nous sommes témoins aujourd’hui : un recul pour les personnes 2ELGBTQ+ au Québec comme ailleurs.

Depuis quelques mois, les organismes québécois 2ELGBTQI+ ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Encore une fois, leur inquiétude s’est manifestée avec les propos haineux tenus contre l’attaché de presse du maire de Québec. Comme le soulignait  Laurent Breault, directeur général de la Fondation Émergence, sur le site de l’organisme : « Ils (ces propos) témoignent d’une banalisation grandissante de la haine dans l’espace public, y compris ici, au Québec. »

Un constat partagé par l’ONU, qui se déclare préoccupée par la discrimination persistante au Canada et qui invite Ottawa à renforcer les programmes de formation destinés aux fonctionnaires, aux agents des forces de l’ordre et à intensifier la sensibilisation du public aux droits de la personne.

Il faut peut-être passer de l’indignation à l’action. Entre autres, les élections provinciales s’en viennent et il faudra interpeller les différents partis sur leur programme à l’égard des groupes minorisés 2ELGBTQI+. Leur rappeler aussi que nous ne nous contenterons pas simplement de promesses. Nous demanderons des comptes, quelle que soit la couleur du parti au pouvoir.

Les propos haineux, racistes, misogynes, homophobes et transphobes peuvent être condamnés par la justice. Bien évidemment, sur les réseaux sociaux, l’anonymat évite souvent toute poursuite contre celles et ceux qui les utilisent comme déversoir de leur haine. Les dirigeants des réseaux sociaux devraient aussi s’assurer que leurs plateformes ne soient pas des vecteurs de propos appelant à la violence.

En somme, il nous faut redoubler de vigilance, faire entendre nos voix et peut-être répéter les engagements du 17 mai tous les jours de l’année 6

Chronique où sont les lesbiennes

Un peu d’initiatives ensoleillées

Parce que l’hiver a été rude, en neige et en actualités sociopolitiques déprimantes, j’avais envie de vous offrir un peu de soleil, en ce début d’été, grâce à des initiatives inspirantes.

À l’international, le mois de juin est celui de la « Pride », bien qu’ici nos célébrations de la Fierté se déroulent en août, à Montréal. En ce sens, j’avais envie de débuter ma chronique en mettant de l’avant la communauté LGBTQ+ pour ce qu’elle est, ouverte et innovante. En Angleterre, le Posh Club promet de divertir une clientèle aînée, en moyenne de 75 ans, où majoritairement des femmes, surtout hétéros, viennent manger des petits sandwichs sans croûtes, des scones, boire de l’alcool et danser sur des airs de disco, en après-midi, pendant que des stripteaseurs et des drag queens animent l’endroit. Présenté les derniers mercredis de chaque mois, pour la modique somme de 10 livres (environ 20 $ CAN), grâce à l’aide financière du Conseil des arts d’Angleterre, cet évènement digne du Cabaret Mado qui rencontre le Campus et le Unity, où beaucoup de bénévoles sont ouvertement queers et où règne une ambiance LGBTQ+ à souhait, est un success story (1).

L’aventure du Posh Club, maintenant active à cinq endroits à Londres, ainsi que dans plusieurs localités du sud de l’Angleterre, a pris naissance à Crawley, une ville du West Sussex, alors que Simon Casson et sa sœur Annie voulaient désennuyer leur mère de 80 ans, qui se sentait un peu seule après son déménagement. Ce qui a commencé par un salon de thé des plus british est rapidement devenu la boîte de nuit de l’après-midi la plus hot en ville pour aînés dès 2014 ! Étonnant, non ? « Ça fonctionne parce que, nous, les queers, on sait comment ça marche, le glamour et le showbiz ! », explique justement le fondateur Simon Casson, également propriétaire du Duckies, une boîte de nuit et un collectif LGBTQ+ londonien, réputé depuis plus de

30 ans pour ses performances queers d’avant-garde. « Je n’ai fait qu’appliquer le concept de Duckies à des générations plus vieilles », confia-t-il à La Presse (2). À quand les Posh Club au Québec ?

J’ai failli ajouter les Posh Club pour lesbiennes, mais je dois avouer que lorsqu’on parle de communauté lesbienne, celle-ci est si peu dense qu’elle peinerait à faire vivre un tel évènement. Cela dit, la particularité de la communauté lesbienne est la suivante : lorsqu’il y a un évènement d’envergure, les lesbiennes de toutes les générations se retrouvent en un seul évènement. Dans ma jeune vingtaine, je me souviens avoir été marquée par la chose : j’étais sortie au Drugstore, pour un évènement. À l’époque, on m’avait dit que c’était LE bar lesbien en ville ! Pourquoi alors, dans le bar le plus cool, y avait-il des femmes de l’âge de ma mère et de ma grand-mère ? J’ai compris plus tard que le milieu était si petit, que les femmes avaient peu d’endroits pour se rencontrer et, en ce sens, qu’elles se retrouvaient toutes à la même enseigne, peu importe leur âge, classe sociale, ethnicité, conviction politique, etc. Vous ne verrez que très rarement quelque chose de la sorte dans le monde hétéro, car les offres de bars et d’endroits où sortir sont nombreuses. Mais ce n’était pas le cas pour la communauté lesbienne de l’époque (et si, aujourd’hui, les offres sont plus variées, dire qu’elles sont nombreuses serait une hyperbole).

On peut d’ailleurs constater ce phénomène lors des Journées de la visibilité lesbienne, lors desquelles jeunes et moins jeunes se retrouvent au même endroit pour célébrer. C’était le cas, le 2 mai dernier, au Ausgang Plaza, sur la rue Saint-Hubert à Montréal, alors que le RLQ organisait son annuelle JVL et y présentait son annuaire lesbo-queer, « un projet de recension, construit à partir de soumissions volontaires, et de mise en lumière des collectifs et groupes lesbo-queers du Québec, afin de visibiliser leurs initiatives » (4). C’est sous le thème « Lezbi Uni.e.s » que s’y sont croisé une myriade d’invitées et de panellistes, afin de fouler la scène et de prendre le micro pour diverses initiatives et remises de prix. Mentionnons, parmi les prix Hommage et Militantisme dignement mérités, des initiatives pérennes qui se démarquent pour leur longévité, soit les Archives lesbiennes du Québec, le Centre de solidarité lesbienne et Lesbos-sons, animé par Nathalie Di Palma. Et puisque l’on discute d’initiatives pérennes pour les lesbiennes aînées, on ne peut passer sous silence le prix Visibilité octroyé à la Maison des RebElles, un collectif de 10 lesbiennes aînées ayant créé, après 10 ans de travail acharné, la première communauté autogérée pour lesbiennes vieillissantes au Québec, comptant 22 logements, habités depuis 2024 (3).

Enfin, parce qu’une lectrice lesbienne aînée a commenté une de mes chroniques hivernales, en disant que c’était « déprimant » (mais je dois ajouter, à ma défense, que, malheureusement, l’actualité des derniers mois est plutôt déprimante, surtout concernant la place des femmes en société et qu’il ne faut pas faire la sourde oreille si on aspire à changer les choses), elle m’a proposé un évènement qui, selon elle, ferait « un bien moral immense à meslectrices lesbiennes », soit de vous informer de la 9e édition du Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF), qui se tiendra du 17 au 21 août 2026 à Québec. C’est sous le thème « (Ré)Imaginer : francophonie, luttes et savoirs féministes » et 30 ans après sa première édition, en 1996, que le CIRFF revient à son point d’origine pour célébrer les avancées des recherches féministes francophones et réfléchir collectivement aux enjeux contemporains. L’évènement 30e anniversaire, qui réunira des chercheuses, militant.es, artistes, etc., de divers horizons « sera à la fois une occasion de célébrer les avancées et de réfléchir aux défis actuels, marqués par la montée du populisme, des discours haineux et le recul des droits des femmes et des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Depuis plus de trente ans, les recherches féministes francophones interrogent et transforment les structures de pouvoir, tout en tissant des solidarités locales et internationales. Cette édition entend conjuguer mémoire, interdisciplinarité et transmission intergénérationnelle »  (4). Bref, cet été, que vous restiez à la maison, que vous déménagiez dans une maison (RebElles), ou que vous visitiez Québec ou l’Angleterre, les initiatives lesbiennes, féministes et GBTQ+ y seront. Bons rayons de soleil !6

1.Site Web du Posh Club : https://theposhclub.co.uk/

2.Jean-Christophe LAURENCE. « Au Posh Club, il n’y a pas d’âge pour faire la fête », La Presse, 4 mai 2026. https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-05-04/la-presse-a-londres/au-posh-club-il-n-y-a-pas-dage-pour-faire-la-fete.php

3.Maison des RebElles : https://www.facebook.com/maisonrebelles

4. Annuaire Lesbo-Queer du RLQ : https://rlq-qln.ca/fr/annuaire

5. Pour en savoir plus sur la programmation et l’inscription au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF) : https://www.chaireclairebonenfant.ca/cirff-2026/

Chronique au-delà du cliché

J’ai réalisé qu’il fourrait son « jumeau »

Il s’est avancé dans le théâtre, une dizaine de rangées devant mon siège. Quelques mois après avoir crissé mon cœur par la fenêtre, il s’est assis avec son nouveau chum. Ma respiration s’est coupée. Puis, j’ai pris le temps de les analyser et j’ai compris qu’il fourrait son « jumeau ».

Cette chronique ne parle pas d’inceste ni des homosexuels qui écrivent « Gay Twins Fucking » sur leur plateforme porno préférée, en espérant voir des jumeaux identiques copuler. Il s’agit plutôt d’une invitation à réfléchir à un phénomène qui me fascine depuis longtemps : les gais qui se mettent en couple avec leur sosie.

Parlons d’abord de la situation dont j’ai été témoin. Trois mois après qu’un homme ait mis fin à notre fréquentation pour se mettre en couple avec un autre dude, je les ai vus ensemble. J’ai d’abord eu une petite émotion, car je revoyais pour la première fois celui avec qui j’avais développé une forte connexion. Ensuite, j’ai ressenti de l’envie en le voyant embrasser son copain. Une parcelle de mon cerveau se disait : « C’est à ça que j’aurais goûté s’il m’avait choisi ». Peu à peu, j’ai constaté à quel point ils se ressemblaient. Même calvitie. Mêmes traits du visage. Même look vestimentaire. Et, selon mon stalkage sur

Instagram, même physique. Je n’ai pas pu m’empêcher de dire à l’ami qui m’accompagnait : « On dirait qu’il couche avec lui-même ! ». Bien entendu, ce sont des humains distincts. Ils n’ont pas le même parcours de vie, la même personnalité, ni le même métier. Mais pourquoi cette préférence ?

Quittons maintenant cet exemple précis pour réfléchir au sujet de manière globale. Qu’est-ce qui pousse un individu à ressentir de l’attirance pour un homme qui lui ressemble autant physiquement ? Est-ce une façon — très inconsciente — d’apprendre à s’aimer soi-même à travers son partenaire ? Un moyen de compenser la haine de soi ressentie par tant d’homosexuels quand ils comprennent qu’ils sont différents de la majorité ? Ou plutôt la démonstration qu’ils sont attirés par des corps et des visages qui correspondent aux mêmes standards qu’ils s’imposent… ou qu’ils repoussent ?

En effet, les deux options sont possibles. D’une part, plusieurs amoureux s’imposent les mêmes habitudes de vie qui leur offrent des corps sculptés selon des critères précis, qui veulent la même coupe chez leur coiffeur et qui taillent leurs poils de la même façon. Comme si, en fournissant tous ces efforts pour atteindre une image préfabriquée qui les rend fiers et qui déploie leur amour propre, ils en étaient venus à y résumer leur vision de la beauté et à chercher uniquement des hommes qui leur ressemblent.

D’autre part, de nombreux individus vont vers des hommes qui n’ont rien à faire de ces carcans de beauté, qui ne lèvent pas le nez sur les corps plus ronds et plus poilus, qui ne s’obligent pas à porter les vêtements à la mode ou des coupes moulantes qui mettent en lumière leur corps et qui s’aiment ainsi. Dans ce refus des conventions de l’apparence, ces gais vont souvent, eux aussi, se mettre en relation avec des hommes qui leur ressemblent beaucoup.

Un phénomène connexe s’ajoute aux gais qui fourrent leurs « jumeaux » : celui des homosexuels qui deviennent, avec le temps, une copie conforme de leur partenaire. Je ne parle pas ici du petit plaisir que nous avons, en tant qu’humains attirés par des personnes de même sexe, de pouvoir emprunter une chemise, un pantalon ou un chandail à notre amoureux, mais bien des couples qui se transforment en duos de clones. Des amoureux qui, un jour, adoptent le même look vestimentaire, la même coupe de cheveux et la même barbe. Combien de fois ai-je vu, dans les rues de Montréal, des tandems formés par des hommes qui se ressemblent tellement qu’on dirait une situation arrangée avec le gars des vues ?

Peut-être que vous lisez cette chronique en vous disant que je réfléchis à un détail futile. Peut-être que j’accorde trop d’importance aux « jumeaux » qui tombent en amour. Peut-être que cette réalité observée des centaines de fois me surprend plus que vous, parce qu’il y a peu d’hommes à qui je ressemble assez pour faire partie de ce phénomène. Avec ma taille de géant, mes cheveux longs bouclés, les traits de mon visage que d’autres ont souvent décrits comme peu conventionnels et certains vêtements moins communs, les probabilités que j’aie un crush sur mon clone sont assez minces.

Cela dit, je me questionne. Est-ce que le fait de côtoyer quelqu’un au quotidien peut nous pousser, sans trop nous en rendre compte, à adopter les choix de notre partenaire ? Ou y a-t-il plutôt une évolution — inconsciente, bien sûr — qui entraîne certains individus à perdre leur unicité ? Comme si c’était rassurant de devenir l’autre et de suivre un chemin tracé par autrui, au lieu de s’interroger sur ses propres désirs. Au fond, je ne doute pas que ces amoureux soient heureux, mais j’ai du mal à voir la joie de se départir de ce qui nous rend uniques.6

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Chronique porte-voix

Quand

tout s’effondre

dans notre tête

J’ai réalisé récemment que j’avais atteint le bord du gouffre. Je me promenais dans la rue quand je me suis soudain mis à sangloter toutes les larmes de mon corps. C’est comme si quelque chose en moi venait de franchir une limite que j’essayais d’ignorer depuis beaucoup trop longtemps. Puis, des pensées suicidaires très intenses m’ont envahi, et je n’arrivais pas à les arrêter. Au fond, je n’avais pas envie de mourir ; je ne supportais plus de vivre avec ma tête. C’est là que j’ai compris, pour de vrai, que je n’étais pas simplement stressé ou fatigué. Je n’allais vraiment pas bien.

Plusieurs personnes ont été surprises quand je leur en ai parlé, parce que j’avais toujours l’air de bonne humeur. C’est ce qui rend la souffrance psychologique si difficile à reconnaître, autant pour les autres que pour soi-même. Elle ne ressemble pas forcément à l’image qu’on s’en fait, celle d’une personne incapable de sortir de son lit. On peut continuer à fonctionner pendant des années avant de réaliser qu’on est en train de s’écrouler intérieurement. Je travaillais, je gérais mon entreprise, j’avais mille projets et une vie sociale bien remplie. Le problème, c’est qu’à force de fonctionner malgré tout, on finit par normaliser son propre mal-être. On s’habitue à vivre fatigué et anxieux. Fonctionner, ce n’est pas la même chose qu’aller bien.

Même quand ça n’allait pas, il me suffisait parfois de quelques minutes pour retrouver le sourire. Je ne le faisais pas consciemment. C’était un mécanisme de protection. Le cerveau enfouit ce qui fait trop mal pour qu’on puisse continuer à avancer. Sur le moment, j’avais l’impression que ça allait mieux. En réalité, tout continuait de s’accumuler.

Mais les émotions finissent, tôt ou tard, par sortir — et rarement de la bonne façon. Je suis devenu irritable, impatient, froid et difficile à vivre. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Aujourd’hui, je réalise à quel point on peut devenir étranger à sa propre souffrance, au point de faire du mal autour de soi sans même s’en rendre compte.

Ce qui est ironique, c’est que j’ai un baccalauréat en travail social. J’ai passé des années à encourager les autres à aller chercher de l’aide avant d’atteindre un point critique. Mais quand il s’agit de moi, je deviens mon propre bourreau. J’ai longtemps cru que je pouvais tout absorber seul. Si j’ai fini par faire la démarche, c’est parce que continuer ainsi était devenu dangereux.

En psychothérapie, j’ai réalisé que beaucoup de mes réactions provenaient de traumatismes d’enfance que je croyais réglés ou que j’avais enfouis si profondément que je ne les voyais plus. Je n’aurais pas pensé qu’ils avaient encore autant d’emprise sur moi. Je travaille fort à les guérir. Mais le plus difficile, ce n’est pas de consulter.

Le plus dur, c’est d’accepter que prendre conscience de nos torts, consulter et changer n’efface rien de ce qui s’est passé. Les mots qui ont blessé ont quand même été dits. Les réactions qu’on n’aurait pas dû avoir ont quand même eu lieu. Le regret, aussi sincère soit-il, ne suffit pas toujours à réparer ce qui s’est fragilisé. Quand on a fait du mal aux gens qu’on aime, même en pleine détresse, il reste des traces impossibles à effacer. On peut le savoir intellectuellement, mais le ressentir, c’est autre chose. Se soigner, c’est au moins décider que les dégâts s’arrêtent là.

Je ne cherche pas à jouer la victime. Je pense simplement qu’il y a une différence entre expliquer et justifier. Comprendre l’état dans lequel j’étais ne sert pas à me déresponsabiliser. Ça sert surtout à comprendre comment je me suis rendu à un point où je ne me reconnaissais plus moi-même. Je réagissais de manière colérique, souvent pour rien, principalement avec les personnes que je considérais naïvement comme acquises.

Avec le recul, c’est probablement ça qui me fait le plus mal. Quand on est intérieurement épuisé depuis trop longtemps, on finit généralement par décharger notre trop-plein sur les gens avec qui on se sent le plus en sécurité, comme si le lien allait tenir quoi qu’il arrive. Ce n’est ni réfléchi ni volontairement méchant, mais on ne réalise l’ampleur des dégâts qu’une fois la limite franchie.

Des proches me disent que je suis une bonne personne. Une partie de moi veut les croire, mais l’autre n’en est pas entièrement capable. La culpabilité prend encore trop de place. Quand elle m’envahit, je finis par me résumer à mes pires moments, comme si c’était tout ce que j’étais. J’essaie malgré tout de ne pas me détester. J’arrive davantage à me rappeler qu’il n’y a rien de constructif à passer sa vie à se haïr. Le regret peut rendre plus conscient, plus attentif à ce qu’on fait. La haine de soi, elle, finit surtout par détruire ce qu’il reste de bon.

Je ne sais pas encore exactement comment avancer avec tout ça. Mais, pour la première fois depuis longtemps, je commence à voir une issue. J’apprends à mieux prendre soin de moi et de mon monde, à reconnaître mes émotions sans les minimiser, à assumer mes gestes sans m’autoflageller et à accepter de me faire aider. J’ai bon espoir d’être enfin bien dans ma tête.6

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Chronique place au village

Un Village qui se dépasse et qui vous attend tout l’été

Cher·ère·s lecteur·rice·s, je dois vous l’avouer : j’avais vraiment hâte de vous parler de cet été.

C’est ma deuxième année à la SDC du Village, et je peux vous dire que le retour de la piétonnisation reste un des moments les plus forts de l’année. C’est là que tout repart. Que la rue change de rythme. Que le Village reprend pleinement sa place. D'année en année, on est toujours aussi content·e·s de retrouver les terrasses, l’ambiance et cette effervescence bien à nous.

Cette année, on a clairement eu envie de se dépasser.

Le premier week-end est déjà derrière nous, et une chose est certaine : le Village est bien vivant. On redécouvre la rue, on retrouve des visages familiers, on en croise des nouveaux… et très vite, l’énergie s’installe.

Une énergie qu’on ne planifie pas complètement, mais qu’on reconnaît immédiatement.

Depuis plusieurs années, ce week-end d’ouverture donne le ton. Et cette année marque un tournant : la 4 e édition du Grand Championnat national de drag de Montréal devient, pour la première fois, le Grand Festival National de drag de Montréal, un événement sur trois jours qui lance la saison avec panache. Chaque édition a sa propre couleur, mais une chose reste constante : une énergie rassembleuse, festive et assumée.

Mais surtout, ce week-end n’est qu’un point de départ.

Chargé de projets — événements, communications et développement

Une rue qui change de rythme

Tout au long de la saison estivale, la rue Sainte-Catherine change de rythme. Elle ralentit, elle s’ouvre, elle devient un espace où l’on prend le temps de marcher, de s’arrêter, de se retrouver.

On y flâne. On s’y attarde. On y reste.

Et pour nourrir cette transformation, on a construit une programmation qui évolue d’un week-end à l’autre, avec une volonté simple : garder le Village vivant, surprenant et accessible.

Cette année, 11 promotions commerciales viendront ponctuer la saison, autant d’occasions pour les commerçant·e·s de créer des rendez-vous qui feront vibrer le Village tout l’été. Ces moments-là font sortir le Village dans la rue. Ils rapprochent les gens, créent des échanges et donnent au quartier toute sa vitalité.

Des week-ends qui ont une signature

On ne voulait pas seulement enchaîner des événements. On voulait créer des moments distincts, des week-ends avec une identité claire.

Le retour du week-end inspiré du mythique Wigstock, Le Village plein la tête, du 19 au 21 juin, avec son concours Une tête à 5000$, en est un parfait exemple. Un moment où l’audace prend toute la place, où le style devient spectacle, et où la rue se transforme en scène ouverte.

Les fiertés culturelles, comme celles du Brésil et du Mexique, viendront aussi insuffler leur énergie au Village. Des week-ends qui font voyager, qui rassemblent et qui reflètent la diversité du quartier.

Et puis, il y a des rendez-vous qu’on est particulièrement heureux de retrouver.

Le cirque débarque dans le Village, qui revient du 9 au 12 juillet, transformera à nouveau la rue en un véritable espace de performance à ciel ouvert. Acrobaties, poésie, prouesses physiques et moments suspendus viendront ponctuer le quotidien, créant des instants d’émerveillement accessibles à toustes.

Les incontournables

Certains moments restent des repères importants. Fierté Montréal, du 31 juillet au 9 août, demeure un point culminant. Pendant dix jours, le Village devient un lieu de célébration, de visibilité et de rassemblement pour la communauté 2ELGBTQIA+ et ses allié·e·s. C’est un moment où le quartier rayonne bien au-delà de ses frontières, et où l’on mesure toute la portée de cet espace. Nous vous dévoilerons d’ailleurs plus en détail la programmation de ce festival tant attendu dans notre prochaine chronique.

CRÉDIT PHOTO : MIRONA
PHOTOGRAPHIE
ERIC THERRIEN NADEAU

Le Fetish Weekend, du 2 au 7 septembre, avec son esthétique unique et sa portée internationale, contribue quant à lui à cette identité plurielle, libre et assumée qui caractérise le Village. Cet événement transforme l’ambiance du quartier et attire une clientèle variée, créant une énergie singulière et assumée.

À échelle humaine

Mais au-delà des grands rassemblements, ce qui fait la richesse du Village, ce sont aussi les expériences plus proches. Les balades humoristiques de Charlie Morin les mardis du 16 juin au 1er septembre, s’inscrivent parfaitement dans cette logique. Une autre façon de parcourir la rue, de la regarder autrement, entre humour, observations du quotidien et regard sensible sur le quartier. Une occasion de ralentir et de redécouvrir le Village sous un autre angle.

Sous la direction du très talentueux Louis Guillemette, les Cabarets Extravaganza feront de Sainte-Catherine une véritable scène à ciel ouvert tout au long de l’été. Entre performances éclatées, disciplines variées et artistes d’ici, ces rendez-vous viendront rythmer les fins de semaine et participer pleinement à l’énergie du quartier.

Nouvel ajout cette année, les artistes de Diffusion FAR viendront également faire leur tour à quelques reprises au cours de l’été, ajoutant une touche supplémentaire de création à la programmation. Ce sont souvent ces moments-là qui marquent.

Un Village pour toustes

Au fond, tout ce qu’on met en place repose sur une idée simple : faire du Village un endroit où toustes se sentent à leur place. Un espace ouvert, où l’on peut être soi-même sans compromis. Où les différences cohabitent naturellement. Et où la fête devient un langage commun.

Une saison qui se prolonge

La saison se poursuit jusqu’à l’automne, avec des moments rassembleurs qui viennent clore la piétonnisation en beauté. Et comme chaque année, les plantes qui auront habité la rue pendant tout l’été repartiront entre de nouvelles mains, un petit bout du Village qu’on ramène chez soi, et qui prolonge un peu l’été, même après la saison.

Une fierté bien réelle

Personnellement, je suis particulièrement fier de faire partie de cette équipe et de contribuer, à ma façon, à faire évoluer le Village. Ce qu’on construit ici dépasse largement

la programmation. C’est un espace vivant. Un lieu d’appartenance. Un quartier qui continue de se transformer, tout en restant fidèle à ce qu’il est.

Et ça, ça ne se fait jamais seul.

Merci à nos partenaires, la Ville de Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie et la Caisse Desjardins du Centre-Ville-de-Montréal, pour leur soutien essentiel. Merci à celles et ceux qui fréquentent le Village, qui y travaillent, qui y passent… et qui, chacun à leur façon, le font exister.

Le Village, ça ne se visite pas, ça se vit. Et cet été, on en a encore beaucoup à vous faire vivre.

L’été ne fait que commencer, on se voit sur Sainte-Catherine! 6

Tous les détails de la programmation vous seront dévoilés au www.villagemontreal.ca PLACE AU VILLAGE EST RENDU POSSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DE LA SDC DU VILLAGE.

villagemontreal.ca facebook.com/villagemontreal

PARTENAIRE PRINCIPAL
CRÉDIT
PHOTO : ANDREA ROBERT LEZAK
CRÉDIT
PHOTO : ANDREA ROBERT LEZAK

GRIS -MONTRÉAL

Une levée de fonds qui a atteint plus que ses objectifs

Le Groupe de recherche et d’intervention sociale, ou GRIS-Montréal, annonçait récemment la fin de sa campagne annuelle de financement avec le chiffre impressionnant de 403 725 beaux dollars ! L’objectif était de 375 000 $. Donc, on a largement dépassé ce montant-là. C’est sous la thématique « Désapprendre l’intolérance, c’est encore possible ! » que se déroulait cette levée de fonds 2025-2026.

Il faut rendre hommage ici aux coprésident.e.s du Cabinet de campagne, Annabelle Cadieux et Gautier Péchadre, qui ont mené avec brio cette levée de fonds avec d’autres membres passionné.e.s et profondément engagé.e.s. « Ils ont travaillé très, très fort, dit Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. Comme d’habitude, les dernières lignes droites sont toujours plus complexes, mais nous sommes très heureux de ce montant. Notre financement récurrent ne compte que pour 10 % du budget total. On doit toujours aller chercher du financement autonome, donc cette somme nous aide dans notre mission. »

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le GRIS, cet organisme a été mis sur pied en 1994 pour aller dans les écoles et faire de la sensibilisation aux réalités LGBTQ+ par des bénévoles qui se déplacent dans les classes pour témoigner de leurs propres vécus. À la fin de la séance, les élèves sont invité.e.s à remplir un questionnaire en y intégrant leurs commentaires. Une mission pour contrer les discours haineux

« La mission du GRIS est plus importante que jamais. Nous avons beaucoup de retours des classes et, malheureusement, nous constatons qu’il y a un durcissement de certaines positions. Mais ce n’est pas seulement chez les jeunes. Même chez les adultes, dans la société, nous voyons un retour de positions assez dures envers les communautés LGBTQ+. Notre mission est de sensibiliser afin que l’on puisse tous vivre dans une société libre, ouverte et plus progressiste », explique Marie Houzeau.

Plus de 1 000 interventions par année

Les fonds amassés serviront, entre autres, au recrutement et à la formation des bénévoles parce que le GRIS a besoin de plus de gens pour développer le bassin de personnes, que ce soit parmi le personnel ou parmi les bénévoles. Le GRIS-Montréal bénéficie d’environ 250 bénévoles pour presque 1 000 présentations dans les écoles en moyenne sur une année scolaire. « Présentement, nous en sommes déjà à plus de 900 séances, dit Marie Houzeau. C’est clair qu’on ne répond pas à la demande.

Parfois, oui, il faut prioriser certaines demandes lorsqu’on voit qu’il y a une problématique particulière vécue dans une école, alors on va s’assurer de pouvoir y aller et de faire de la place dans le calendrier, même si celui-ci est déjà chargé. On invite les gens à faire appel à nous le plus vite possible, même avant l’année scolaire, pour mieux planifier les interventions. »

Les Grands rendez-vous du GRIS

Le GRIS-Montréal, dans le cadre de cette campagne, a organisé aussi trois événements intéressants et diversifiés. C’était la première de la soirée « Rendez-vous avec Mona et… ses ami.e.s ! », le 27 mars dernier, avec Mona de Grenoble, Coco Béliveau, Alexis Fortin, Anne-Sarah Charbonneau et Charlie Morin. Un événement tout en humour à la salle Studio TD. Il y a eu aussi le « Rendez-vous avec Barbada », un drag-brunch et bingo en matinée, avec la fabuleuse Barbada, le 29 mars dernier, au Studio TD, une activité familiale !

Le Défi sportif chez EPIX Training, avec des équipes d’employés de sociétés telles que Beneva, Desjardins, Hydro-Québec, iA Groupe financier, KPMG Canada, Société Générale et Stikeman Elliott, c’était le 2 avril.

« Les Grands rendez-vous ont la même visée, soit de mettre ensemble des gens de nos communautés et nos allié.e.s, mais en dehors des classes. Le show d’humour de Mona de Grenoble, c’est toujours risqué d’innover, mais il faut avancer, innover, et ce fut un beau succès. Les gens étaient très contents, autant les artistes que le public. C’était un beau moment de “queer joy” ! Le Drag Brunch aussi, avec Barbada, fut un succès, avec des enfants partout, on a bien mangé également. C’était un événement très familial et les gens nous ont remerciés pour ça. On est en train de considérer la possibilité de réitérer ces expériences-là », confirme Marie Houzeau.

« Le défi sportif aussi était un autre rendez-vous. C’était différent cette fois-ci parce que des équipes de grandes entreprises devaient relever le défi, il y avait du crossfit, etc., dit la directrice générale de l’organisme. Ici aussi, cela a bien été apprécié par les participant.e.s. Le studio EPIX nous appuyait dans cette activité-là. On va probablement refaire cet événement sportif l’an prochain également. »

Chacune de ces activités rapportait des fonds pour le GRIS-Montréal. Le défi sportif piloté par le Cabinet de campagne a rapporté la coquette somme de plus de 20 000 $.

Mais comme toute chose lorsqu’on fait la cueillette de fonds, il n’y a pas de petits ou de gros montants, tout est bienvenu. « Nous apprécions d’être soutenus par des dons de gens du grand public qui vont donner 50 $ ou 100 $, ou à la mesure de leurs moyens. C’est pour nous une reconnaissance du GRIS et de sa mission à vouloir renforcer le tissu social et œuvrer à la sensibilisation dans les écoles. Nous y croyons beaucoup. Et je voudrais remercier tous les gens et les entreprises qui nous ont soutenus dans cette campagne », termine Marie Houzeau, qui s’est vu remettre un doctorat honoris causa (doctorat honorifique) de l’Université du Québec en Outaouais en novembre dernier.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://www.gris.ca

PHOTO : GAUTIER PÉCHADRE (RAYMOND CHABOT GRANT THORNTON)

Marilyse Hamelin parle de sexe –queer – aux ados

Lorsque Marilyse Hamelin a imaginé les personnages de son premier roman, La Mèche Courte ( Québec Amérique), elle a pesé fort sur le crayon de la diversité! En effet, l’écrivaine met en scène une hétéro avec la libido en feu, une ado trans, un pansexuel, une lesbienne et une asexuelle, dont les origines culturelles sont très variées. Si les apparences peuvent donner l’impression d’un Heartstopper québécois, il n’en est rien, mais son livre va certainement défriser les esprits conservateurs!

Àquoiressembletonparcours?

MARILYSE HAMELIN : J’ai étudié à l’UQAM en journalisme et j’ai publié dans plusieurs quotidiens et magazines depuis 25 ans. Un jour, j’ai écrit un blogue féministe qui m’a amenée à devenir chroniqueuse sur le sujet. Dans la deuxième moitié des années 2010, j’ai reçu un appel du Conseil du statut de la femme qui m’invitait à faire une tournée dans les écoles pour parler de consentement sexuel et de sexualité égalitaire, avant l’ère #metoo. En rencontrant les jeunes, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour déconstruire les préjugés. En parallèle, je caressais le rêve d’écrire un roman. J’ai décidé de m’adresser aux jeunes et de leur parler de ces thématiques dans une histoire.

Pourquoias-turéunitoutecettediversitédansunemêmeœuvre?

MARILYSE HAMELIN : C’est ça, la réalité. Je suis tellement tannée de l’hétérocentrisme et du cisgenrecentrisme. Évidemment, j’ai beaucoup réfléchi à l’enjeu de l’appropriation culturelle. Je ne fais pas partie des communautés queers, mais je suis entourée de personnes queers. Tous les jeunes autour de moi m’épatent. Surtout les Z et les jeunes millénariaux. Bref, je voulais vraiment écrire cette réalité-là. Ça me sortait de tous les pores.

Tuesunefemmehétérocisgenre.Quellesdémarchesas-tufaitespourt’assurerde représenternoscommunautésavecnuancesetnonenentretenantlesstéréotypes?

MARILYSE HAMELIN : C’est délicat. Je ne prétends pas à la perfection. Je marchais sur des œufs. Je voulait éviter les préjugés, même les préjugés internalisés, car on a tous des biais. J’ai été conseillée. Des membres de la communauté queer m’ont relue. Le fils de mon amie est un garçon trans. Ma chum de fille journaliste est une femme trans.

Malgré tout, ça me stressait. Je ne voulais pas mettre en scène des personnages trans qui ne sont pas appréciés de la communauté. Je n’avais pas envie d’arriver avec mes gros sabots et que ce soit plaqué. Ni même que leur orientation sexuelle ou leur identité de genre soit un ressort dramatique ou le thème central. Je voulais juste dépeindre des jeunes réalistes. Juste la vraie vie dans toute sa diversité pour la célébrer. C’est un livre sur l’amour, sur le fait d’être jeune et d’être en vie. Dans le contexte actuel, cette histoire-là est plus importante que jamais.

Leromann’apasunarcdramatiquequipassed’unpointAaupointB.C’estplutôtune chroniqueduquotidien.Pourquoi?

MARILYSE HAMELIN : Je suis contente que tu me parles de ça! Je l’assume, mais je ne sais pas si c’est une bonne idée. C’est ça que j’avais envie de faire. Ça partait d’une phrase que ma mère me répétait souvent : « Des fois, y peut-tu rien se passer? »

Évidemment, il ne se passe pas rien dans le roman et ça reste foisonnant d’émotions., mais je voulais faire une chronique, comme une vibe, un safe space et une bulle de bonheur, avec parfois des conversations un peu niaiseuses du quotidien. Je me suis fait du bien en l’écrivant. Je voulais écrire des jeunes qui sont sécures émotionnellement, bien entourés, avec de bons parents.

Dudébutàlafin,toustespersonnagessontsur«broil»avecdesémotionstrèsvives. Est-ceainsiquetuperçoislesados?

MARILYSE HAMELIN : On peut juste écrire sur ce qu’on connaît et moi c’était à broil plus plus plus! Je me suis beaucoup inspirée de ça et je me doute que la tempête hormonale a un effet assez fort sur tous les ados.

Tespersonnagess’aiment,sesoutiennent,sejalousent,sejugent,seremettentàleurplace surlesenjeuxdesociété.Dirais-tuquec’étaittafaçondemontrerquetoutlemondedoit apprendreetgrandir,mêmelesprincipalespersonnesconcernéesparladiversité?

MARILYSE HAMELIN : Tellement! L’humanité est complexe. Je ne voulais pas écrire des héros parfaits. Je les adore, je les connais et j’ai hâte d’écrire la suite, mais je les aime parce qu’ils sont imparfaits et réalistes. On fait tous des erreurs. On dit tous des choses maladroites. On a des contradictions.

On a des comportements parfois un peu honteux et on se tape dessus. Mes personnages sont en construction et parfois fragiles. Ils ont des connaissances différentes et des angles morts différents.

Qu’est-cequit’apousséeàd’abordécrireunromanjeunesse?

MARILYSE HAMELIN : Très honnêtement… parce que j’avais la fausse conception que c’était plus simple à écrire! C’est honteux à dire. Tant qu’à faire ça simple, j’ai fini par écrire un roman chorale avec des jeunes de la diversité sexuelle et de genres, en plus de cultures que je ne maîtrisais pas parfaitement d’emblée. J’ai travaillé fort! 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | Le mèche courte, de Maryse Hamelin. Éditions Québec Amérique, 2026, 300 pages.

Montrer son couple sur les réseaux sociaux : la vie de Zac et Xav

Zachary (Zac) Courchesne et Xavier Roberge, respectivement vidéaste/photographe et comédien, ont longtemps partagé leurs contenus sur leur propre plateforme personnelle. Mais depuis presque un an, le couple dans la mi-vingtaine originaire de Vaudreuil, dans l’ouest de Montréal, font du contenu ensemble via leur compte @zac_et_xav sur Instagram, où ils partagent du contenu humoristique ou des tranches de vie, au grand plaisir d’un public qui a rapidement été au rendez-vous.

Commentacommencécettecréationdecontenuàdeux?

Zac : On a toujours été dans la sphère des publicités. Xavier est comédien depuis longtemps. Notre histoire d'amour a commencé quand on avait 16 ans. J'ai rejoint cette industrie pour croiser Xavier au début. C'était très organique : on y a pris goût et c'est devenu un emploi, mais c'est d'abord une passion commune. C’est les racines encore de pourquoi on le fait encore maintenant : c’est quelque chose qui nous allume comme couple, qu’on a du plaisir à faire.

Xavier : Ça faisait quelques années que j'étais déjà sur les réseaux avec mon podcast, mais j'étais « zero out ». Je parlais toujours de « la personne » ou je disais « elle » [pour parler de mon partenaire]. C'était un défi pour moi, je gardais mon orientation privée. Quand j'ai rencontré Zac, il était déjà plus épanoui sur les réseaux. Quand nous deux c’est devenu un petit peu plus officiel, on a commencé à faire des TikToks ensemble et la réaction a été tellement bonne et positive – je sais que c’est pas la chance que tout le monde a – que ça m'a donné le goût de m'assumer avec Zac et personnellement aussi. Depuis un an, je suis super épanoui, j’en parle, je n’ai plus de tabou, je me sens mieux.

Est-cequevousavezencoredescraintesoudesinquiétudesparrapportàcela?

Xavier : Je pense que c’est plus de ma part. Moi, c’est quand même encore un combat… Depuis que j’ai 6 ans je le cache, et ça fait juste un an que je l'assume plus. C’est sûr que j’ai encore de la misère. J'ai encore du mal avec le regard des gens quand on se promène dans la rue. Mais quand on marche dans la rue et qu’on se fait reconnaître et qu’on se fait dire des messages de bonté en lien avec ça, ça compense entièrement. Je m’en viens pas pire!

Quelestleprocessuspourdéciderdefaireunevidéoensemble?

Zac : On traite ça comme une business maintenant, vu que ça repose quand même sur un revenu. On est un peu plus assidus, mais Xavier et moi, on s’est toujours dit, justement, que c’est quelque chose qu’on aime faire, qui nous rattache en tant que couple et c’est super important qu’à chaque fois qu’on fait une vidéo, on a vraiment envie de la faire. On a beau être au ¾ de la création de la vidéo, si on a une chicane, il n’y a aucune chance qu’on va continuer et se forcer à le faire juste parce qu’on veut publier un TikTok. [On fait nos vidéos quand] on a des idées, on écrit des petits sketchs un peu comme un film, on s’emballe, on en parle.

Xavier : On pose le téléphone et on a juste du fun comme on en a hors vidéo, mais ça adonne qu’on le filme.

Quellessontvosvidéospréféréesparmicellesquevousproduisez?

Zac : Tous les sketchs qui tournent vers l'absurde, j’ai vraiment du fun à le faire. J'aime quand il y a un storyline, mais aussi les vlogs où on se fait des surprises Xavier et moi.

Xavier : Zac et moi on a tellement une manière de voir la vie complètement différente et c’est ça qui est fascinant, et on le découvre de plus en plus. Je découvre d’autres parties de comment on est différent en vidéo, et ça tourne en chicane, mais pas en vraie chicane, c’est plus en petit « pognage » absurdes où on finit par rire. Je pense que le public aime ça aussi, ces moments où les deux on devient intense pour un sujet qui est complètement absurde. Moi ça me fait bien rire.

Pourquoipensez-vousquevotrecontenufonctionneautant?

Xavier : Je pense qu’il y a plusieurs aspects. Je sais que moi, de voir un compte comme ça, ça m’aurait fait du bien. On est un couple qui n'est pas défini nécessairement par son homosexualité : on est juste amour, on a du fun et on fait des vidéos. Je pense que ça inspire les gens qui sentent qu’ils ont trop de pression par rapport à leur homosexualité, qui cherchent de l’acceptation, du ludique.

Ressentez-vousunepressionàdevoirtoujoursmontreruneimageheureuseentantque couplehomosexuel?

Xavier : Je ne sens pas vraiment la pression. On fait vraiment nos vidéos en ayant du fun. Par contre, je pense qu’on a probablement peut-être plus un devoir. On doit comprendre l’impact qu’on a et en parler plus.

Underniermessagequevousaimeriezfairepasser?

Zac : Je veux remercier notre communauté. Notre vie a changé en un an grâce aux gens qui s'engagent dans nos trucs et nous encouragent. On a plusieurs projets qui s’en viennent, des belles surprises et des belles nouveautés.

Xavier : J'encourage les gens à ne pas avoir peur. Je me suis tellement épanoui en un an. J’encourage le monde à le faire. Dans l'amour et le fun, c'est la meilleure manière de faire rayonner la communauté. 6 PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

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Le RLQ s’enracine à Québec et en région

Le Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) a pris la route pour les célébrations de la Journée de visibilité lesbienne (JVL). En plus de la traditionnelle journée de conférences et de remises de prix à Montréal, tenue le 2 mai à l’Ausgang Plaza, le réseau a aussi organisé , le samedi 25 avril, un événement inédit à Québec, au centre créatif Le Hub, situé sur la Côte d’Abraham, entre la Haute-Ville et la Basse-Ville.

Selon Tara Chanady, directrice générale du RLQ, amener la JVL ailleurs au Québec était un rêve que le réseau chérissait depuis longtemps. « On voulait le faire, mais on n’avait pas le financement [par le passé]. Mais cette année, il y a trois collectifs vraiment super qui organisent des événements à Québec et on a pu collaborer avec eux pour mettre sur pied la JVL. » Les célébrations à Québec ont donc été organisées en collaboration avec le collectif artistique Ravivez l’amour sorcier — nommé en hommage à un défunt bar lesbien de la Côte Sainte-Geneviève —, le collectif lesbo-queer féministe Plurielles et le collectif événementiel Dancing Queer. Elle a souligné que l’organisme n’a reçu aucune subvention. « On a puisé dans nos économies pour le faire… parce que le momentum était là ! » L’événement à Québec avait une forte saveur régionale, avec un marché artistique et une foire communautaire réunissant des artistes venu.e.s d’un peu partout au Québec, ainsi que deux conférences — l’une sur la visibilité des lesbiennes en région et l’autre sur le sport lesbo-queer inclusif. Les conférences étaient suivies de performances des membres de Raviver l’amour sorcier et du drag king Will Charmer, ainsi que d’une soirée festive. Le réseau a aussi profité de l’occasion pour lancer  Lezbi Uni.e.s, un annuaire bilingue recensant des organisations communautaires, sportives et artistiques lesbiennes à travers le Québec. Tara Chanady a observé qu’entre le boom des bars lesbiens des années 1990 et environ 2017, il y a eu une sorte de vide dans l’offre culturelle lesbienne — un vide que des collectifs comme L’Amour Sorcier et des espaces événementiels « queer-friendly » commencent à combler.

Lors de la conférence, Clara Vecchio et Gabrielle Morin, du collectif Raviver L’Amour Sorcier, ont retracé les grandes lignes de l’histoire du bar, qui a accueilli les lesbiennes de la Vieille Capitale de 1992 à 2007 avant de céder sa place à un pub irlandais. « Récemment, on a appris que ce n’était pas un bar lesbien à la base, mais des filles se le sont approprié au fil du temps, un peu comme on le fait », raconte Gabrielle. « C’est un beau parallèle. » Tous les premiers

mercredis du mois, le collectif se réapproprie une section du pub. « On n’a pas connu L’Amour Sorcier; on était trop jeunes », ajoute Clara. Les cofondatrices du collectif, trois artistes locales, font renaître l’esprit du bar en s’appuyant sur des témoignages historiques et sur leurs « fantasmes » du bar lesbien idéal. Le collectif Plurielles a été fondé en 2017 à la suite d’une initiative de l’Alliance Arc-en-ciel, organisatrice de la Fierté de Québec. « Le directeur général [ Louis-Filip Tremblay ] a demandé à ma collègue : “Est-ce que tu veux faire une soirée Plurielles, une soirée pour les femmes lesbiennes ?” C’est devenu quelque chose qu’on fait à chaque Fierté », relate l’une des organisatrices, Joanie Moreau. « On est rendues à faire trois ou quatre soirées par année dans différents lieux à Québec. » Elle mentionne que les lesbiennes et les personnes de la diversité de genre ne se sentent pas toujours à l’aise dans les quelques bars gais de la ville et que ces soirées visent à « démocratiser » la vie nocturne.

Marie-Ange Bugeaud a cofondé le collectif Café Marsha, nommé en hommage à une icône de Stonewall. Elle est venue s’inspirer des panélistes pour son propre projet. « On veut créer un espace où on peut se sentir en sécurité, où on peut se rassembler, créer et voir des spectacles d’artistes, dit-elle. C’est une réponse à toute la haine qu’on vit depuis la pandémie. » En parallèle avec la renaissance de la vie nocturne lesbienne à Québec, on observe aussi une émergence d’activités sportives et associatives. Déjà populaires à Montréal, le roller derby et le bateau-dragon s’enracinent dans la Vieille Capitale et ailleurs en région, selon les conférencières Séverine Moreau et Laurence Tremblay Enora Jeanne Cordier Le Vot, du collectif Brome-Missisqueer, a également raconté la naissance de la première Fierté de Cowansville, en Estrie, et annoncé la tenue d’une deuxième édition le 22 août prochain.

Le RLQ rêve encore plus grand pour les années à venir. L’organisme a récemment reçu une subvention du Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie du gouvernement du Québec pour un projet intitulé  Cartographie des espaces lesbo-queers rêvés, à Montréal, Québec, Sherbrooke et dans trois autres villes à déterminer. « Rimouski, ce serait vraiment le fun. Il y a aussi un collectif qui se forme sur la Côte-Nord, dit Tara Chanady. On a rencontré des gens qui font des initiatives ailleurs, on a fait de belles rencontres. On a l’impression que la province devient de plus en plus gouine ! »  6

R. PRATKA irenepratka1@gmail.com

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Vincent Noiseux, la grande révélation de Révolution

Nouveau maître à  Révolution, Vincent Noiseux impressionne avec sa bienveillance, sa douceur et sa franchise. Après avoir dansé avec les plus grands noms de la pop — Janet Jackson, Beyoncé, Shania Twain, Jennifer Lopez, Katy Perry, Christina Aguilera et Sabrina Carpenter — ainsi que lors de plusieurs événements planétaires, dont le Super Bowl, les Oscars et les Grammy Awards, le Québécois n’a rien d’une primadonna inaccessible. Entrevue avec un vrai gentil.

Commentladanseest-elleentréedanstavie?

VINCENT NOISEUX : Plus jeunes, mes parents faisaient du ballroom. Ma sœur faisait du ballet. J’essayais de copier ce qu’elle faisait, sans être conscient que je dansais. Un jour, ma mère et une de ses collègues m’ont surpris au sous-sol en train de faire un show : je mettais de la musique,

je sautais sur les murs et je faisais des acrobaties. Sa collègue a suggéré que j’essaie la danse. À neuf ans, mes parents m’ont proposé de m’inscrire à un cours de jazz-funk. À la seconde où j’ai essayé, le déclic a été instantané.

Ungarçonpassionnédedanse,c’étaitperçucomment?

VINCENT NOISEUX : Si mes parents avaient voulu m’inscrire au ballet, ma réticence aurait probablement été trop grande. À l’époque, la connotation négative associée aux gars qui dansent était forte. Comme je faisais un style qu’on voyait dans les clips à MusiquePlus avec des danseurs, ça rendait ça plus acceptable dans ma tête. Par contre, je suis resté discret sur le fait que je dansais jusqu’au secondaire. Quand on m’en parlait, les ados pensaient que je faisais du ballet en collants. Et lorsqu’ils me voyaient faire des danses plus hip-hop, le jugement était un peu moindre.

Est-cequeçaachangéaucégep?

VINCENT NOISEUX : Je dansais le classique et le moderne. Quand on faisait des classes ouvertes en présence des parents, le jugement des pères de certaines filles était flagrant. C’est moins pire aujourd’hui, car la danse est plus présente et accessible. On voit plus d’hommes en faire. Mais c’est encore quelque chose qui est considéré comme féminin. Pourtant, quand des athlètes essaient des cours de danse ou de pilates, ils réalisent à quel point c’est athlétique et exigeant.

Quandas-tucommencéàrêverd’unecarrièreendanse?

VINCENT NOISEUX : À 13 ans, quand j’ai vu un spectacle de Janet Jackson à la télévision. J’ai réalisé l’ampleur de ce qu’on pouvait accomplir en danse. Je ne réfléchissais pas tant aux étapes pour me rendre là, mais j’étais ultra passionné, carrément un « dance geek ». J’étais prêt à tout faire et à suivre tous les cours pour me rendre là. Je rêvais de danser avec Janet. C’était mon objectif ultime. Je cherchais le nom de ses danseurs, leurs origines, leurs parcours.

Qu’est-cequitefaitvibrerleplusdanstonparcours?

VINCENT NOISEUX : Les gens s’attendent peut-être à ce que je nomme un contrat en particulier, comme le fait de danser avec Janet, mais je suis surtout fier d’avoir gardé le cap malgré l’intimidation, les commentaires et le jugement, tout en restant aussi passionné. Quand je danse, je suis la meilleure version de moi-même.

Vis-tuencoreàLosAngeles?

VINCENT NOISEUX : Ma résidence principale est encore là-bas, mais ça fait presque six ans que je reviens fréquemment. Durant les premières années, j’avais peur de quitter L.A., parce que je ne voulais pas manquer d’opportunités et je voulais construire quelque chose là-bas. Puis, au milieu de la trentaine, je me suis permis de choisir les contrats qui m’interpellaient davantage et de suivre là où mon cœur me disait d’aller. Quelques fois, c’était de revenir travailler au Québec avec la communauté de danse et ma meilleure amie Kim Gingras, avec qui je collabore souvent.

TuasétéencoupleavecKimavantdefairetoncomingout.Peux-tunousparlerde cettepériode?

VINCENT NOISEUX : On s’est rencontrés au Québec dans le milieu de la danse. On a déménagé en Californie en 2011. Cette relation-là est l’une des grandes raisons qui m’ont aidé à vivre ce déménagement. C’était une expérience intense, mais super belle. Après six ans de couple, Kim a commencé à réaliser certaines choses. Moi, je m’étais déjà questionné. En étant dans le milieu de la danse et en me faisant constamment demander si j’étais gai, c’était difficile d’ignorer ça et de ne pas me poser de questions.

Étais-tudansledéni?

VINCENT NOISEUX : Exactement. Puisque je dansais et que c’était déjà perçu très négativement, ça passait mieux si je disais que j’étais hétéro. Dès que j’essayais de me

Vincent Noiseux

poser la question, j’imaginais que c’était impossible. Je ne voulais tellement pas que ce soit ça, ma réalité… J’avais déjà eu un avant-goût de l’intimidation parce que je dansais, alors si on rajoutait une autre couche avec l’homosexualité, ça me semblait inconcevable. Au fond, je n’essayais pas de creuser la question.

MaisKimt’aencouragéàyréfléchir.

VINCENT NOISEUX : Après six ans, on était bien, on s’aimait beaucoup, on parlait de mariage et d’avoir des enfants, mais elle ne voulait pas aller plus loin si mon questionnement pouvait ressurgir cinq ou dix ans plus tard. On a mis fin à notre relation. Ça a été extrêmement difficile. J’avais le cœur brisé. J’avais peur de perdre Kim complètement. Je n’étais pas prêt mentalement à explorer l’homosexualité. J’ai passé un an en dépression.

Quelaétélepointtournant?

VINCENT NOISEUX : J’ai décroché un contrat qui m’a apporté beaucoup de bonheur, ce qui réparait certaines choses en moi. Je retrouvais mon plaisir de vivre et de danser. Sur ce contrat, j’ai aussi rencontré quelqu’un avec qui j’ai vécu ma première expérience. La première fois qu’on s’est embrassés, j’ai eu cinq minutes de panique : j’ai réalisé tout ce que je venais de traverser, j’étais rendu à 28 ans et je me suis demandé si j’allais traîner ça encore longtemps. Ce jour-là, dans ma tête, j’ai décidé de vivre et de me libérer.

VivresesdébutsqueeràLosAngeles,c’étaitcomment?

VINCENT NOISEUX : Un peu intimidant. J’étais comme un morceau de viande frais qu’on lançait aux lions… En même temps, comme j’avais 28 ou 29 ans, j’étais assez ancré dans ma vie, avec un cercle d’amis proches. Je ne sortais pas intensément dans les clubs. Un de mes meilleurs amis est gai : il m’a pris par la main et il m’a guidé dans cette nouvelle vie. On a regardé Queer as Folk ensemble. On est allés aux bons endroits. J’étais bien entouré et ça m’a aidé à ne pas être englouti par toute cette intensité. C’était aussi une chance de vivre cet éveil dans une ville où c’est tellement accepté.

ÀRévolution,cetteannée,ParkeretAlexontprésentéleurhistoired’amourenmouvements. Çat’afaitquoidevoirça?

VINCENT NOISEUX : Ça m’a beaucoup touché. On a vu des danseurs gais et des partenariats homme-homme, mais voir de jeunes danseurs avec une telle connexion, qui ont envie de présenter ça au public, c’est le genre d’authenticité qui me fait vibrer. Ils avaient le désir et le courage de partager ça. Je ne sais pas si j’aurais eu le guts de faire ça à leur âge, si j’avais été hors du placard.

Pourquoias-tuacceptédedevenirmaîtreàRévolution?

VINCENT NOISEUX : J’avais regardé l’émission, parce que les autres maîtres sont des amis. Je connais Mel et Lydia depuis 20 ans. Jean-Marc Généreux a fait partie de ma carrière : il m’a jugé à  So You Think You Can Dance en 2008. Plusieurs danseurs que j’ai côtoyés sont passés par Révolution. Je trouvais le rôle de maître vraiment génial. Quand j’ai reçu le premier appel, je trouvais le timing impeccable. À 40 ans, je danse encore, mais j’ai plus que jamais le désir de faire des choses connexes à la danse. Je veux donner au suivant, être là pour les nouvelles générations et essayer de les élever. Je me sens solide, ancré, heureux et bien dans ma peau. C’était évident que j’allais dire oui.

Désires-tucontrebalancercertainstempéramentsdénuésd’humanitédanslesarts? VINCENT NOISEUX : Oui, très honnêtement. Comme j’ai vécu des expériences moins jolies, je pense qu’il n’y a rien de mieux que le renforcement positif. Tout peut être dit, mais ça dépend de la façon de le communiquer. Je veux les encourager et être honnête avec eux. La méchanceté pour faire comprendre quelque chose, ça ne fait pas partie de ma nature. Je n’ai pas été élevé comme ça. Mes parents nous disaient les vraies affaires, mais ça restait empreint d’énormément d’amour. C’est ce que je valorise. Parfois, en classe, je deviens plus ferme et je pousse les danseurs, mais je précise toujours que ça vient d’une bonne place.

Certainsdanseursprofessionnelsn’apprécientpasRévolution,leformatoulacompétition. Commentdécris-tulaperceptiondumilieufaceàl’émission?

VINCENT NOISEUX : Il y a toujours eu une séparation entre la danse commerciale et celle des compagnies. Révolution tombe dans la catégorie commerciale, mais encore plus parce que c’est un concours télévisé avec un aspect téléréalité. Donc, il y a toujours une connotation négative. Moi, j’aime Révolution. J’apprécie que le public ne soit pas impliqué dans les choix. Ce n’est pas automatiquement mauvais que le public puisse voter, comme je l’ai vécu à  So You Think You Can Dance. Mais, à Révolution, ce sont des gens de l’industrie qui ont de l’expérience. On guide le talent avec des juges qui ont les deux pieds dans le milieu. Ça demeure centré sur la danse, le talent, l’interprétation et la façon d’émouvoir, parce qu’on connaît le métier. Également, on serait hypocrite de ne pas voir l’impact de  Révolution au Québec : ça offre une plateforme d’une grande envergure pour la danse. Ça fait découvrir la danse à tellement de gens qui ne pensaient pas aimer ça.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | Pour suivre Vincent Noiseux sur Instagram: https://www.instagram.com/vincentnoiseux/

Pour visionner en raffale la 7e édition de RÉVOLUTION https://www.tvaplus.ca/tva/revolution

Javier Ponce Gambirazio, être archiviste marica au Pérou

Né en 1967 à Lima et déjà auteur de 14 romans, l’auteur explique le titre de son livre Crónicasmaricas, aux éditions Planeta de Libros : « Depuis longtemps circule en espagnol le mot maricón, désignant péjorativement un homme efféminé, faible, peureux; et par extension un homosexuel -- alors que face à l’homophobie de jadis, il nous fallait être tout sauf peureux ! Puis au début du XXe siècle en est découlé le surnom marica, forgé au sein même de la communauté en une volonté de saisir cette insulte pour la retourner comme un gant, en un usage ironique au ton revendicateur. C’est le terme qu’enfant, j’entendais des ainés de la communauté… bien que les médias d’alors ne parlaient d’homosexualité que dans leurs sections de faits judiciaires : assassinats entre amants, scandales pédophiles, etc. »

Que s’est-il passé au XXe siècle pour que les homosexuels puissent passer du péché au crime, puis du crime à la pathologie, enfin de la pathologie à incarner une nouvelle mode ? «Pendant que quelques bars accueillaient discrètement la jeunesse marica au prix d’interventions policières répétées, souligne Javier, certains coiffeurs renommés (et sans doute protégés par leur clientèle de la haute société de Lima) ont joué un rôle d’ambassadeurs dans l’émancipation homosexuelle qui s’amorçait alors au Pérou.»

Adolescent, Javier découvre que la Revista Cinco, un banal périodique de porno hétéro en vente légale, incluait aux dernières pages une section de petites annonces de rencontres. Prisée par la communauté homo, cette section devint Carnet gay, reprenant le terme emprunté à l’anglais -- qui lui-même l’avait jadis puisé au français. « Je conservais les numéros de la revue d’abord pour les louer à mes camarades à l’école secondaire; ce petit commerce de pornographe s’est avéré la fondation de mes archives ! »

L’époque des transformistas

Puis en 1981, Mario Carozzi ouvre la première discothèque ouvertement gaie de Lima, et y présente des spectacles de transformistas, équivalant des personnificateurs féminins du Québec de la même époque. Ce genre culturel lança la carrière de plusieurs artistes péruviens, comme Coco Marusix, iconique pionnière de la communauté trans, ou Ernesto Pimentel, dont le fantasque personnage de la Chola Chabuca alliait transidentité et héritage autochtone. Dans un sens, leur extravagance scénique protégeait cette génération d’avant-garde de la brutalité policière. »

Armé de la caméra de son père, le jeune Javier commence à capter sur pellicule ces performances. « Le caractère ultra-marginal des établissements gais rendait largement improbable toute diffusion postérieure, alors on laissait sans objection ma caméra tourner. Sans l’avoir prémédité, j’archivais alors les débuts sur scène d’artistes qui passeront ensuite à la célébrité de la télévision grand public, autant que je documentais l’effervescence de ma propre génération, celle qui a réussi à passer de l’ombre à la lumière. »

Un devoir de mémoire : archiver ! Parallèlement, la mouvance lesbienne semble avoir été plus discrète. « Il y avait des lieux de rencontres pour femmes à Lima, comme jadis El Danker, El Huara, La Ferrateria; ou plus tard Lolas, La Cede ou El Kistch. Mais faute de clientèle soutenue, aucun n’a traversé le temps. Il a aussi un aspect de grande discrétion, presque endogamique, propre aux regroupements lesbiens, qui explique peut-être le moindre volume d’archives dont on dispose maintenant. »

« Je filmais également les séances de camerino, ces concours de beauté auxquels je participais dans ma jeunesse gaie, et qu’organisaient chez eux les homos âgés, que j’interviewais ensuite. Par leurs anecdotes confiées à ma caméra, ces hommes nés au début du XXe siècle ont ainsi pu, pour remplir un devoir de mémoire, témoigner d’une réalité révolue. »

Le patient travail de conservation (collections de revues, films, affiches de spectacle) a fini par constituer de véritables archives, accordant à son initiateur un statut de référence dans les communautés LGBT. « Pour assurer leur pérennité – et bien conscient que je mourrai un jour -- j’ai tenté de les céder à une institution péruvienne : Bibliothèque nationale du Pérou, Archives Riva-Agüero, Université catholique... Mais aucune n’a accepté ! Si bien que j’ai plutôt pris contact avec le Centre Arkhé en Espagne, spécialisé en archives LGBT. » Un peu dommage que ça quitte le continent, non ?

La chronique, cet ornithorynque littéraire

Le style d’écriture des deux volumes de Crónicas maricas déborde d’envolées de ce genre : « Que s’est-il donc passé au XXe siècle pour que les homosexuels puissions passer du péché au crime, puis du crime à la pathologie, enfin de la pathologie à incarner une nouvelle mode ? ». Mon invité dresse une comparaison surprenante : « Comme l’ornithorynque (cet animal australien au carrefour de différentes branches zoologiques : bec de canard et queue de castor, pondant des œufs mais allaitant ses petits), la chronique campe au carrefour littéraire du roman, de l’archive, du discours et de l’essai. Ce qui permet à ma plume de s’éclater ! »

Combinant une impressionnante richesse culturelle (musées, universités, littérature, musique) à un persistant conservatisme social, la société péruvienne livre une image contrastée. D’un côté l’homosexualité y est décriminalisée depuis cent ans; de l’autre les minorités y bénéficient de moins d’avancées que dans les autres pays d’Amérique du Sud. Y persiste l’absence légale de statut matrimonial pour conjoints de même sexe.

Alors que gronde de partout la menace de graves reculs, l’actuelle jeunesse LGBT réalise-t-elle que le terrain qu’elle foule lui a été laborieusement aplani par les générations antérieures ? Volontiers polémiste, Gambirazio dénonce sans gêne l’hypocrisie actuelle au Pérou. « Nos institutions arborent le drapeau arc-en-ciel pour la Fiesta del Orgullo (Fête de la Fierté)… puis rangent notre visibilité au placard le restant de l’année. Un peu plus de cohérence de leur part serait bienvenue ! Sans compter l’absence presque totale de financement pour le travail de mise en valeur de nos archives. De plus, alors que gronde de partout la menace de graves reculs, l’actuelle jeunesse LGBT réalise-t-elle que le terrain qu’elle foule lui a été laborieusement aplani par les générations antérieures ? »

Éviter de servir de « marchandise politique »

Cette impressionnante mission d’archivage des mémoires LGBT, Javier Ponce Gambirazio la mène à bonne distance des mouvements politiques de son pays, dont il se méfie. « Prenons par exemple l’absence de reconnaissance légale des couples homosexuels. La droite prétend protéger l’électorat conservateur du danger que représenterait la pleine reconnaissance de nos droits. Et la gauche nous instrumentalise par des promesses d’avancées qu’une fois au pouvoir, elle se dépêche d’oublier. Les communautés LGBT doivent se garder des uns comme des autres pour éviter de servir de marchandise politique… tout en maintenant la pression publique jusqu’à ce que la classe politique TOUTE ENTIÈRE n’ait plus d’autre choix que d’amener le Pérou au niveau des pays voisins. »

Et pourquoi donc la capitale péruvienne (10 millions d’habitants) n’a pas vraiment de quartier gai ? « Autre conséquence du conservatisme de notre société ! Malgré qu’historiquement, on ait connu une certaine concentration de lieux nocturnes dans l’arrondissement de Miraflores (où se déroule notre entrevue), jamais cette zone ne s’est développée au niveau de Chapigay, par exemple -- le quartier gai de Bogota, en Colombie. Alors, pour connaitre l’ambiance d’un véritable village gai, je devrais peut-être aller visiter… celui de Montréal ? »6

FRANÇOIS BELLEMARE Commissairedel’expositionL’ÉmergenceduVillagegai(Montréal1974-1990), produiteparlesArchivesgaiesduQuébec,etauteurduromanLarenaissancedeL’Interlope,François Bellemareestégalementmembredel’AssociationdesjournalistesindépendantsduQuébec(AJIQ).

INFOS | Pour suivre Javier Ponce Gambirazio sur Instagram: https://www.instagram.com/poncegambirazio

Et sur Youtube: https://www.youtube.com/channel/UCpcL3uc5EWD4pjLtMy7JKdw

Kevins-Kyle Lambert, le plus flamboyant des hommes forts

En participant à  Loft Story  en 2006, Kevins-Kyle Lambert a marqué l’imaginaire des Québécois qui n’avaient pas l’habitude de voir des homosexuels au petit écran. Vingt ans plus tard, il a surpris tout le monde avec sa force, sa débrouillardise en forêt et son leadership dans l’émission  Hors Réseau  (CRAVE). Une façon pour lui de f aire éclater les stéréotypes associés aux gais et… de déposer les armes.

ÀquelpointLoftStorya-t-ilimpactétavie?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Dans le temps, mon coming out n’était même pas fait officiellement! On ne savait pas qu’Éric Salvail et Joël Legendre étaient gais. Je n’avais jamais vu de gais à la télévision, alors je n’étais pas porté à le dire publiquement. Quand je suis sorti du Loft, les gens avaient compris mon orientation sexuelle sans que j’en aie parlé et je n’étais pas conscient de l’ampleur de la popularité de l’émission. Je pensais aller dans le Village et qu’on y verrait que du feu!

Cefuttoutlecontraire!

KEVINS-KYLE LAMBERT : Ça s’est ramassé dans les radios et dans les manchettes à  Flash. On avait vu mon profil Gay411 de l’époque... Donc, je n’ai pas eu le choix de faire un coming out précipité. Ça s’est ramassé sur les couvertures des magazines. La réponse a été super positive en général. Ensuite, j’ai eu besoin de m’exprimer en sortant mon côté le plus flamboyant, après des années à me restreindre dans ma jeunesse. Le public a été témoin de cette explosion-là. Comme j’avais un personnage fort et apprécié dans Loft Story, plusieurs personnes ont accepté ma flamboyance parce qu’elles m’aimaient. Par contre, ça n’a pas fait l’unanimité. Ça a choqué des gens, mais ça a fait avancer la cause.

Commenttaviea-t-ellechangédepuis20ans?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Après ma période d’exubérance, je suis revenu à quelque chose de plus terre à terre. Je viens du Lac-Saint-Jean et j’ai été élevé dans une famille super traditionnelle avec des valeurs familiales. C’était clair que je voulais devenir papa. J’ai rencontré mon conjoint il y a bientôt 17 ans. On a vécu notre première grossesse en gestation pour autrui en 2011 pour avoir mon plus vieux, qui a 15 ans. On a répété l’expérience en 2013 et on a eu des jumeaux. Je suis devenu le Kevins calme, papa de soccer et de volleyball qui fait le taxi partout.

Ettuesdevenuhommed’affaires.

KEVINS-KYLE LAMBERT : Oui, parce que les gestations pour autrui ont coûté très cher. Je n’avais pas le budget pour ça, mais je suis un gars qui gère son budget de manière spéciale : je me demande combien ça coûte et combien il faut qu’il en rentre. J’avais besoin d’argent pour repayer tout ça et maintenir notre rythme de vie en famille. Ça m’a poussé à devenir entrepreneur. J’ai participé à des championnats canadiens et mondiaux pour bâtir ma réputation. J’ai plus de 30 employés sous ma bannière de produits de coiffure et dans mon salon. On est très renommés sur la Rive-Nord de Montréal.

Pourquoivoulais-tuparticiperàHorsRéseau?

KEVINS-KYLE LAMBERT : C’était tellement pas dans mon personnage! Sur mes réseaux sociaux, on me reconnaît pour  Loft Story, mon travail en mode et en coiffure. J’ai un côté flamboyant que j’assume totalement, mais je viens du Lac-Saint-Jean et j’ai été élevé en forêt. Je passais mes étés dans le pit de sable à construire des cabanes en bois. Quand j’ai été approché par un membre de la production, qui savait d’où je venais et que je serais sous-estimé, j’ai aimé la storyline. Je voulais arriver le plus « gai » possible pour que Roger, devant sa TV, se dise que je ne ferais pas long feu. Je trouvais que c’était mon devoir de faire avancer les choses et que la perception qu’on a des gais change. J’avais envie de montrer qu’il y a plusieurs styles d’homosexuels. Ils sont tous corrects, mais ce n’est pas parce que t’es gai que tu n’es pas fort et que tu ne peux pas te débrouiller dans le bois.

Pourquoilesgensont-ilsétésisurprispartesperformances?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Ça veut dire qu’il y a encore du travail à faire. Certains amis de mes gars sont surpris que leurs pères n’aient « pas l’air gais ». Mais quessé que ça veut dire, ça? Ça veut dire que les gens pensent encore qu’un homosexuel, ça ressemble à un stéréotype, alors que ça représente une partie de l’éventail. Quand on analyse ma vie, c’est très hétéronormatif. Étant donné que les gens m’acceptent plus à cause de ça, il faut que je me serve de cette réalité-là pour aider les autres gais et ouvrir les portes aux futures générations.

Àquelpointl’expérienceétait-elleexigeante?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Écoute… ça a l’air facile dans les émissions si on compare à ce qu’on a vécu! On était bien encadrés et la sécurité était au maximum, mais parfois, on marchait pendant cinq heures pour passer du point A au point B, mais dans l’émission, ça durait cinq secondes. Donc, quand on arrivait à une épreuve, on avait énormément marché pour s’y rendre à travers les branches. J’étais grafigné de partout. On se faisait piquer par les mouches sans arrêt. J’avais des piqûres sur les fesses et même dans les mains! On avait mal partout. J’ai perdu 12 livres en 10 jours pendant le tournage.

Qu’as-tucomprissurtoi?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Depuis que je suis jeune, je suis habitué à me battre dans la vie, à ne pas faire l’unanimité et à déranger. Je suis un guerrier. Pour moi, c’est la norme. Mais  Hors Réseau a généré une immense vague d’amour. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai appris que j’ai le droit de savourer ce positif-là. En plus, les jeunes qui participaient à l’émission m’ont donné tellement d’amour que j’ai compris que je peux déposer mes gants de boxe de temps en temps. Je dois me garder de l’énergie pour moi et ma famille.

Tesenfantsont-ilsdécouvertquelquechosesurtoi?

KEVINS-KYLE LAMBERT : Honnêtement, non. Ils ne comprenaient pas pourquoi les gens étaient surpris de me voir performer. Ils connaissent mes compétences et mon tempérament. Ils savent que je suis généreux : j’aide toujours plein d’organismes et je mets sur pied des levées de fonds. Ils ont été épatés de voir que le public était aussi étonné. Ça leur a fait comprendre à quel point les gens voient les gais comme une seule affaire.

QuellesamitiésdeHorsRéseausontrestéeslesplusfortes?

KEVINS-KYLE LAMBERT : On a presque tous des liens forts. Je suis surtout resté en contact avec Antoine Olivier Pilon, Sam-Éloi Girard, Marylène Gendron, Éléonore Lagacé, Pascale de Blois et Brandon Mikan : tous ceux qui se sont rendus en finale. Une nuit, quand j’étais seulement avec Sam, Antoine et Marylène, on était dans le froid total et il nous mouillait sur la tête. On essayait de se réchauffer, mais je ne savais pas si Antoine était un peu homophobe ou pas. Finalement, c’est lui qui m’a dit : « Colle-toé, j’ai frette. » Sam et lui ne se sentaient pas du tout confrontés dans leur hétérosexualité en présence d’un gai. Ça m’a fait du bien d’être avec des gars hétéros positifs comme ça.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | POUR VISIONNER en raffale la série HORS RÉSEAUX : https://www.crave.ca/fr/series/hors-reseau-lexperience-59855

Pour suivre Kevins Kyle Lambert sur instagram: https://www.instagram.com/kevinskyle__kk

Web : https://kevinskyle.com

Kevins-Kyle Lambert

Chronique arts & icônes

John Cameron Mitchell

La légende du showbiz John Cameron Mitchell parcourt actuellement l’Amérique du Nord avec une version restaurée en 4K de l’adaptation cinématographique culte de 2001 de sa comédie musicale punk rock off-Broadway devenue mythique, HedwigandtheAngryInch, avec un arrêt à Montréal au Théâtre Beanfield le 30 juin.

Mitchell a écrit, réalisé et interprété cette comédie musicale et ce film qui ont remporté le Tony Award de la meilleure reprise d’une comédie musicale, un Tony spécial pour sa performance, un Obie Award, le prix de la meilleure réalisation au Festival de Sundance et une nomination au Golden Globe du meilleur acteur.

J’ai interviewé Mitchell pour la dernière fois il y a 25 ans, pour un article de couverture de l’hebdo alternatif  HOUR, lorsque le film avait été présenté au Festival Juste pour rire de Montréal. Mitchell était alors franc et sans filtre — et il l’est toujours aujourd’hui. Je l’ai récemment retrouvé alors qu’il incarnait Mary Todd Lincoln dans la pièce Oh Mary! au Lyceum Theatre de New York.

Mitchell, 63 ans, revient à Montréal — une ville qu’il adore — le 30 juin pour une projection de  Hedwig suivie d’une discussion sur scène, d’une période de questions avec le public et d’une performance acoustique spéciale, en plus de rencontres avec les fans après le spectacle.

Àsasortie,Hedwigaétéconsidérécommeunécheccommercial.Pourtant,sonhéritage granditd’annéeenannée.Pourquoilefilmsemble-t-ilencoreaussiactueletimportant 25ansplustard?

JOHN CAMERON MITCHELL : Pour beaucoup de gens, Hedwig ne semble pas daté. Je voulais quelque chose d’intemporel. Alors, j’ai évité les trucs à la mode du moment et j’ai tourné sur pellicule, ce qui existait encore, mais était déjà en voie de disparition. J’étais davantage inspiré par les films des années 70 comme All That Jazz et Cabaret, même si le film donne l’impression de pouvoir se dérouler à n’importe quelle époque avant les téléphones cellulaires. Notre public a toujours été incroyablement varié. Ça n’a jamais été uniquement queer, trans, gai, goth ou punk. C’est devenu une espèce de conte de fées pour tous les marginaux. Et on continue d’attirer de jeunes fans, ce qui me rend très heureux.

CommeNewYork,Montréalestunegrandevillegaieetlibérale.Maisj’aiquandmême l’impressionquelacommunautéqueerdoitrestervigilante.Qu’enpenses-tu?

JOHN CAMERON MITCHELL :  Les queers font toujours partie des boucs émissaires, avec les immigrant·e·s, les Juifs et les personnes racisées. Je pense que tu as raison, mais je ne crois pas que la solution soit de pousser encore plus loin les politiques identitaires, qui finissent par devenir séparatistes. Quand tu es dans un canot de sauvetage, alors que la civilisation arrive à son stade tardif et chaotique du capitalisme, tu as besoin de toutes les personnes dans le bateau pour t’aider. Tu ne jettes pas dehors les bonnes personnes capables de ramer. J’ai toujours pensé que les politiques identitaires, dans leur pire version, sont capitalistes. Si tu imposes une identité à quelqu’un, tu peux ensuite lui vendre des choses.

DansmonarticledecouverturedeHOURenjuillet2001surHedwig,tum’avaisdit: «LaFierté,c’estcommeuneinfestation—jemesenscommeunfreakaumilieud’une majorité.»Commentvois-tulaFiertéaujourd’hui?

LES 25 ANS DE HEDWIG AND THE ANGRY INCH
John Cameron-Mitchell

JOHN CAMERON MITCHELL :  La Fierté est devenue très laide, surtout aux États-Unis. Les corporations et le capitalisme vont dans le sens du vent. Ils ne vont pas là où souffle la morale : « Si Trump dit que les queers et la ÉDI doivent disparaître, alors nous allons retirer nos investissements et couper tout notre argent des initiatives gaies et queer. » Ce sont tous des lâches. Ce sont des comptables qui prennent des décisions frileuses pour éviter les risques. Parce qu’ils ne se sont jamais vraiment souciés de nous au départ. Ils veulent juste faire de l’argent. Pour moi, ce n’est pas une surprise et, d’une certaine façon, c’est même un soulagement. On ne les voulait pas vraiment parmi nous de toute façon. Au final, vous n’êtes pas vraiment nos amis. Vous êtes des amis de beau temps. Les amis de mauvais temps, ce sont eux qu’on veut garder. Alors peut-être que la Fierté va redevenir un peu ce qu’elle était avant : plus artisanale, DIY, plus punk.

En2019,jesuisalléàNewYorkpourWorldPride,maisj’aiplutôtparticipéàlatoutepremièreQueerLiberationMarchorganiséeparlaReclaimPrideCoalition.Surlagrandepelouse deCentralPark,j’aivuLarryKramer,quetuavaisrencontrépourlapremièrefoisen1991 lorsd’uneréuniond’ACTUPNewYork.

JOHN CAMERON MITCHELL :  C’est drôle, parce que sur cette scène de la Queer Liberation à Central Park, Steven Trask et moi avons chanté « Midnight Radio » juste avant ou après Larry. C’était notre Moïse gai, qui essayait de nous sortir du désert et de la servitude. Et parfois, les prophètes doivent hurler pour se faire entendre. Larry était toujours dans l’hyperbole parce que, parfois, c’est ce qui pousse les gens à descendre dans la rue. Quand il parlait de sexe sécuritaire au début, les gens disaient : « Ah, t’es prude. » Avec le recul, il était visionnaire. Quand je suis allé à une réunion d’ACT UP près de chez moi, ils discutaient de bloquer les ponts et les tunnels. Quand j’ai dit qu’à San Francisco des gens étaient morts à cause de ça parce que les ambulances ne pouvaient plus passer, Larry m’a crié : « C’EST nous qui mourons! » et tout le monde m’est tombé dessus. Ce n’était pas vraiment un endroit pour la modération, parce que la majorité des gens là-bas étaient séropositifs et faisaient face à une condamnation à mort. Je comprends totalement cette rage et cette colère.

Unanplustard,tujouaisoff-Broadwaydanssapiècesemi-autobiographiqueTheDestiny ofMe.Est-cequ’ilsesouvenaitdetoi?

JOHN CAMERON MITCHELL : Non, tout le monde lui criait après et lui criait après tout le monde. Mais il a adoré mon audition. J’étais un petit gars goy qui jouait un jeune garçon juif, et j’ai l’impression d’avoir touché quelque chose de profond dans sa jeunesse, alors il était très heureux.

TuasincarnéMaryToddLincolndansOhMary!.Commentçafaitderejouerdevantunpublic dethéâtreendirect?

JOHN CAMERON MITCHELL :  C’est intéressant d’être de retour à Broadway. Ça faisait quand même 11 ans que je n’y avais pas joué. Mais c’est comme faire du vélo, tu remontes dessus et ça revient. Personne ne pourrait faire huit représentations par semaine de  Hedwig On devait se limiter à sept. Mais huit spectacles de  Oh Mary! par semaine, c’est faisable. Je suis fatigué, mais pas détruit. Ça a été merveilleux!

Préfères-tufairedesfilmsquirestentpourtoujoursoujouerdevantunpublicendirect?

JOHN CAMERON MITCHELL :  J’adore le théâtre, surtout parce qu’il est imperméable aux documents numériques ou aux interruptions visuelles. Il y a une immense joie dans le fait que ça se passe maintenant et que ça ne sera jamais revu exactement de la même façon.

Penses-tuqu’unfilmcommeHedwigpourraitêtrefinancéaujourd’huiauxÉtats-Unis?

JOHN CAMERON MITCHELL : Pas avec ce budget-là ni avec cette distribution et ce réalisateurlà. Parce que je n’avais jamais réalisé de film auparavant. Et je me dirigeais moi-même. Je n’étais pas une vedette rentable pour les studios. C’est un miracle que ce film ait été fait. Cette époque est terminée parce qu’on vit maintenant à l’ère de l’IA, dirigée par des comités obsédés par les risques, qui analysent tout et ne se fient plus à l’intuition. Ils se fient aux probabilités.

Tonarrêtmontréalaissedérouledansunmagnifiquethéâtrecentenaire.

JOHN CAMERON MITCHELL : J’ai tellement hâte! La dernière fois que je suis venu à Montréal, c’était pour un événement au Cinéma L’Amour.

Oui!LeCinémaL’AmourestlederniercinémapornoencoreenactivitéàMontréal.Tuy étaispouruneprojectiondeminuitdeShortbusdanslecadredufestivalPervers/Citéen août2017.

JOHN CAMERON MITCHELL : C’était délicieux! J’adore l’histoire de cet endroit. Montréal et ma nouvelle ville d’adoption, La Nouvelle-Orléans, ont beaucoup de points communs. Ce sont des villes colorées avec une esthétique un peu punk. Ils n’ont pas encore transformé Montréal en parc thématique québécois ou La Nouvelle-Orléans en parc thématique du Mardi gras, comme c’est arrivé ailleurs, à Vegas ou Nashville par exemple.

Tuastravailléavectellementdegrandesdivas,dePattiLuPoneàGlennClose.Laquelle étaitlaplusintimidante?

JOHN CAMERON MITCHELL :  Les plus intimidantes étaient probablement Cynthia Erivo et Nicole Kidman. Elles ont toutes les deux une très forte maîtrise d’elles-mêmes. Beaucoup d’acteurs — pour compenser de mauvais réalisateurs — finissent par se diriger eux-mêmes. Et c’est difficile de les sortir de ça. Avec Nicole, j’ai essayé plein de choses pour la sortir de ses automatismes. Et elle a embarqué. Avec Cynthia, on a travaillé sur le balado musical  Anthem: Homunculus. J’écris cinq ou six chansons pour elle, que je considère comme un génie, mais elle est aussi extrêmement coriace. Je pense qu’elle a dû se battre pour se faire une place sans recevoir beaucoup d’aide. Parce que quand tu n’entres pas dans les standards de beauté conventionnels d’Hollywood, tu dois te battre encore plus fort. Cynthia a dû se battre. Nicole et Cynthia sont toutes les deux des guerrières de l’art.

Commenttesens-tuquandlesgenstequalifientdelégendevivante,John—parceque tuenesune!

JOHN CAMERON MITCHELL : Je n’avais jamais entendu ça avant, mais ça me donne l’impression que je vais bientôt mourir et devenir une légende morte. J’aime ma position de « sublébrité » influente. J’aime pouvoir marcher dans la rue sans être reconnu, sauf peutêtre une fois par jour quand quelqu’un me fait un signe de tête, un clin d’œil ou me remercie. C’est différent d’une Nicole Kidman, par exemple, qui a joué dans tellement de choses que les gens la voient presque comme un produit. Je ne me suis jamais senti comme un produit.6

INFOS | John Cameron Mitchell: Hedwig and the Angry Inch 25th Anniversary Movie Tour au Théâtre Beanfield le 30 juin.

Billets : https://evenko.ca/fr/evenements/theatre-beanfield/ john-cameron-mitchell?code=e007790

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MOIS NATIONAL DE LA FIERTÉ

Des acquis réels, mais sous pression

Le Canada et le Québec en particulier demeure les endroits dans le monde plus avancés en matière de droits LGBTQ+. Le cadre légal protège explicitement contre la discrimination et interdit les thérapies de conversion. Des programmes publics soutiennent les organismes communautaires et les initiatives de sensibilisation. Cependant, cette position relativement progressiste n’immunise pas contre les tensions actuelles et les risque de reculs.

Dans plusieurs provinces, les débats sur les jeunes trans, l’école ou les droits parentaux révèlent une polarisation croissante. Et au Québec, cette tension prend une forme particulière, qui mérite une attention spécifique.

Québec : une inquiétante montée de l’intolérance chez certains jeunes Au Québec, un phénomène de plus en plus documenté par des intervenant·es du milieu scolaire et communautaire est la montée d’une intolérance exprimée par certains jeunes garçons envers les personnes LGBTQ+, en particulier les personnes trans et non binaires.

Cettetendancenesurgitpasdanslevide.Elles’inscritdansuncontexte pluslargemarquépar:

L’influence des discours masculinistes en ligne

Les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant. Des figures influentes issues de la «manosphere» — un écosystème numérique regroupant des contenus masculinistes, antiféministes et parfois ouvertement misogynes — diffusent des messages qui valorisent : une vision rigide et hiérarchique des genres; un rejet des identités non conformes; une perception des droits des minorités comme une menace. Ces discours, souvent simplistes et viralisés, trouvent un écho auprès de jeunes garçons en quête de repères identitaires.

Une radicalisation algorithmique

Les plateformes numériques favorisent la recommandation de contenus polarisants. Un jeune exposé à des vidéos critiques du féminisme ou des personnes trans peut rapidement être dirigé vers des contenus plus extrêmes. Ce phénomène crée des bulles idéologiques où l’intolérance se normalise, voire se valorise.

Une crise des modèles masculins

Certains spécialistes évoquent une crise de l’identité masculine, dans un contexte où les normes traditionnelles sont remises en question. Pour certains jeunes, les discours masculinistes offrent des réponses simples — mais souvent réactionnaires — à des enjeux complexes. Les personnes LGBTQ+, et en particulier les personnes trans, deviennent alors des boucs émissaires dans cette dynamique.

Un phénomène qui dépasse le Québec

Ce que l’on observe ici s’inscrit dans une tendance globale. Aux États-Unis, des études ont montré une corrélation entre la consommation de contenus masculinistes et l’adhésion à des attitudes hostiles envers les minorités. En Europe, des groupes d’extrême droite intègrent désormais les enjeux LGBTQ+ dans leurs stratégies de mobilisation, souvent en ciblant spécifiquement les jeunes hommes. Ce phénomène repose sur une convergence entre conservatisme politique, culture numérique toxique et désinformation. Et il contribue à alimenter un climat où l’intolérance peut s’exprimer plus librement.

Pourquoi la Fierté reste indispensable…

Dans ce contexte, les célébrations de la Fierté prennent une importance renouvelée. Elles représentent :

Un espace de visibilité :

Face aux tentatives d’invisibilisation, la présence dans l’espace public est un acte politique.

Un lieu de réaffirmation collective :

Les marches permettent aux communautés de se rassembler, de se soutenir et de rappeler leur légitimité.

Un outil éducatif :

La Fierté est aussi un espace de dialogue, qui peut contrer les discours simplistes ou haineux circulant en ligne.

Un acte de résistance :

Dans un climat de recul ou de menace, célébrer devient un geste de résistance.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

MOBILISATION, MÉMOIRE ET CÉLÉBRATION

Les célébrations de la Fierté au Canada en 2026

En 2026, les célébrations de la Fierté au Canada continuent de revêtir une portée qui dépasse largement le simple aspect festif. Dans un contexte international marqué par la montée des discours anti-LGBTQ+, la multiplication des attaques contre les droits des personnes trans et nonbinaires et la polarisation politique observée dans plusieurs démocraties occidentales, les festivals de la Fierté demeurent des espaces essentiels de visibilité, de solidarité et de résistance.

Au Canada, les communautés 2SLGBTQIA+ restent confrontées à des enjeux importants malgré les avancées législatives des dernières décennies. Les débats entourant les droits des jeunes trans dans certaines provinces, les campagnes de désinformation visant les

personnes queer et la recrudescence de gestes haineux rappellent que les acquis demeurent fragiles. Dans ce contexte, les événements de la Fierté de 2026 prennent une dimension particulièrement politique.

Les marches et festivals permettent non seulement de célébrer la diversité sexuelle et de genre, mais aussi de rappeler que les communautés LGBTQ+ continuent de lutter pour l’équité, la sécurité et la reconnaissance pleine et entière de leurs droits. Les célébrations deviennent ainsi des lieux de rassemblement intergénérationnels où mémoire militante, culture queer et revendications sociales cohabitent.

D’un bout à l’autre du pays, des dizaines de villes accueilleront encore cette année des festivals, défilés, spectacles, conférences et activités communautaires. Si Toronto, Montréal, Ottawa et Québec demeurent parmi les pôles majeurs des célébrations canadiennes, plusieurs régions du Québec poursuivent également le développement de leurs propres événements de la Fierté, témoignant d’une visibilité queer de plus en plus présente en dehors des grands centres.

Toronto Pride Festival 2026

Du 25 au 28 juin 2026, avec le défilé le 28 juin

Toronto accueillera de nouveau l’une des plus importantes célébrations de la Fierté au monde. Pride Toronto, qui célèbre son 45e anniversaire en 2026, transformera le centre-ville et le quartier Church-Wellesley en immense espace festif et militant pendant plusieurs jours. Le festival culminera avec le célèbre défilé du dimanche 28 juin, qui devrait attirer plus d'un million de personnes dans les rues de la métropole ontarienne. La programmation de Pride Toronto comprendra des concerts, des spectacles de drags, des événements communautaires, des activités sportives, des espaces jeunesse ainsi que les incontournables Trans March et Dyke March. Church Street deviendra une vaste zone piétonne où se tiendront foires communautaires, marchés, performances et soirées extérieures.

Toronto demeure également un symbole historique du militantisme LGBTQ+ canadien. La ville a joué un rôle central dans les mobilisations suivant les descentes policières dans les bains publics en 1981, un événement qui a profondément marqué l’histoire queer canadienne et contribué à la naissance des grandes mobilisations de la Fierté dans la ville.

Montréal
Toronto

Fierté Montréal 2026

Du 31 juillet au 9 août 2026, avec le Défilé de la Fierté le 9 août Fierté Montréal demeure le plus grand rassemblement 2SLGBTQIA+ de la francophonie. L’édition 2026 se déroulera pendant onze jours et proposera une programmation répartie entre le Village, le centre-ville et le Parc olympique. Le Défilé de la Fierté aura lieu le dimanche 9 août sur le boulevard René-Lévesque. Les Journées communautaires demeurent également au cœur de l’événement, permettant à des centaines d’organismes LGBTQ+ et alliés de rencontrer le public et de sensibiliser la population aux enjeux actuels touchant les communautés queer.

Dans le contexte actuel, Fierté Montréal insiste de plus en plus sur la nécessité de conjuguer célébration et militantisme. Les thèmes retenus pour 2026 mettent notamment l’accent sur la solidarité, la visibilité des personnes trans et non-binaires ainsi que la résistance face aux mouvements réactionnaires qui gagnent du terrain ailleurs dans le monde. Au fil des années, Fierté Montréal est devenue l’une des plus importantes vitrines culturelles queer au pays. Le festival attire chaque année des centaines de milliers de personnes venues assister aux grands spectacles gratuits, aux performances de drags, aux soirées thématiques, aux projections et aux nombreuses activités communautaires organisées dans le Village.

Fierté dans la Capitale – Ottawa 2026

DU 22 au 30 août 2026 avec le Défilé le 30 août

La Fierté dans la Capitale, à Ottawa, continuera de jouer un rôle majeur dans le paysage canadien des célébrations LGBTQ+. Organisé dans la région de la capitale nationale, le festival rassemble chaque année des milliers de personnes autour d’une programmation mêlant culture, militantisme et activités communautaires. Le quartier Bank Street et le secteur du Village gai d’Ottawa deviendront encore une fois les principaux lieux des festivités, avec des spectacles extérieurs, des marchés communautaires, des activités familiales et plusieurs événements éducatifs. Le défilé de la Fierté, qui attire habituellement des centaines de groupes communautaires, syndicaux, artistiques et politiques, demeure un moment fort de visibilité pour les communautés queer de la région.

Fierté de Québec 2026

Du 4 au 6 septembre 2026

À Québec, la Fierté organisée par l’Alliance Arc-en-ciel de Québec poursuivra sa croissance avec une programmation centrée sur la visibilité des communautés LGBTQ+ dans la capitale nationale. Les célébrations se dérouleront principalement dans le quartier Saint-JeanBaptiste et à la Place D’Youville, où spectacles, conférences, performances artistiques et activités communautaires (dont une marche de solidarité) attireront encore une fois des milliers de personnes. La Fierté de Québec joue un rôle particulièrement important dans un contexte où les espaces queer francophones hors Montréal demeurent essentiels pour plusieurs communautés de la région. Le festival contribue autant à la visibilité qu’au sentiment d’appartenance des personnes LGBTQ+ de Québec et de l’Est-du-Québec.

D’autres célébrations de la Fierté au Québec

Au-delà des grands festivals de Montréal et Québec, plusieurs régions québécoises poursuivent le développement d’événements de la Fierté qui gagnent en importance d’année en année.

Fierté Val-d’Or

En Abitibi-Témiscamingue, la Fierté Val-d’Or continue d’offrir une programmation axée sur la visibilité queer en région, avec spectacles, ateliers, conférences et activités communautaires.

Fière la fête – Sherbrooke

En Estrie, Fière la fête rassemble chaque année la communauté LGBTQ+ autour d’activités culturelles et festives qui contribuent à renforcer la visibilité queer dans la région.

Ensemble - Trois-Rivières

La Mauricie accueille également ses propres événements de la Fierté, avec une programmation qui mélange une marche, activités familiales et BBQ communautaire dans une ambiance des plus festives.

Fierté Saguenay – Lac-Saint-Jean

Dans la région du Saguenay, les activités de la Fierté prennent une importance croissante et permettent de créer des espaces sécuritaires et inclusifs à l’extérieur des grands centres urbains.

Diversité Gaspésie et événements communautaires régionaux

Plusieurs initiatives locales émergent également en Gaspésie, sur la Côte-Nord et dans d’autres régions du Québec, témoignant d’une volonté grandissante de créer des espaces de célébration et de solidarité queer partout sur le territoire.

Une fierté toujours nécessaire

En 2026, les célébrations de la Fierté au Canada demeurent profondément nécessaires. Elles constituent à la fois des moments de joie collective, des lieux de mémoire et des espaces de revendication. Dans un climat où les droits des personnes LGBTQ+ continuent d’être remis en question dans plusieurs pays — et parfois même au Canada —, ces événements rappellent que la visibilité, la solidarité et la mobilisation communautaire demeurent essentielles. 6

LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

Une nouvelle vision plus inclusive et recentrée sur le Village

À l’aube de son 20 e anniversaire, Fierté Montréal souhaite amorcer un important virage : être plus inclusive, se rapprocher davantage des communautés et redonner au Village gai une place centrale dans ses célébrations. C’est essentiellement ce qui ressort d’une entrevue accordée par Higino Monteiro, directeur général par intérim de l’organisme. L’édition 2026 se déroulera du 31 juillet au 9 août avec des dizaines d’activités réparties sur plusieurs pôles. Les très populaires Journées communautaires seront de retour les vendredi et samedi 7 et 8 août au cœur du Village, tandis que le défilé de la Fierté — point culminant des festivités — se tiendra le 9 août sous le thème « Brillons ensemble ! », une célébration de la force collective qui unit les communautés queers.

Encore cette année, trois grands pôles structureront l’événement : la Place Émilie-Gamelin, le Village avec une programmation étendue sur dix jours, ainsi que l’esplanade du Parc olympique pour les grands spectacles du deuxième week-end.

Une étape d’écoute

« C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour Fierté Montréal, souligne Higino Monteiro. Dans la grande histoire de Fierté Montréal, ce chapitre est incarné par le rapprochement avec les artistes et artisan.e.s, avec les groupes communautaires, avec les partenaires, etc. Ce n’est pas qu’un festival. Oui, il y a des activités, des spectacles, mais la Fierté n’est pas un festival comme les autres. C'est bien plus que ça. Nous sommes dans un processus d’écoute, d’ouverture, d’honorer la mémoire et les personnes qui ont fait l’histoire. Nous sommes dans un processus de “co-construction”. On revient à ce qui se faisait avant, on revient au mouvement de revendication qu’était la Fierté. “Pride is a protest” (la Fierté est une manifestation). Nous sommes dans un processus de rapprochement avec les communautés. Il y a eu des groupes qui ont été blessés et nous le reconnaissons […] »

Mais concrètement, qu’est-ce que cela signifie au juste ? « D’avoir la porte ouverte au communautaire, aux artistes, etc. Nous avons créé cette année deux comités consultatifs, l’un pour les organismes communautaires et l’autre pour les artistes. Le tout avec une juste représentativité des personnes trans, racisées, des femmes lesbiennes, des personnes non binaires, etc. », poursuit Higino Monteiro, qui a occupé plusieurs postes au sein de Fierté Montréal depuis plusieurs années maintenant et qui dirige une équipe presque entièrement renouvelée, comptant une quinzaine de personnes au total, y compris les responsables du festival 2026. « En quelques mois, j’ai rencontré plus de 40 personnes pour voir comment on peut travailler ensemble, dit Higino Monteiro. Ça fait du bien de voir toutes les communautés autour de la table. En tant que personne queer, ça fait du bien de voir cette union-là. »

Aider les communautés à mieux se financer Fierté Montréal s’est rendu compte qu’il y avait des besoins dans les communautés. Entre autres, le besoin de savoir comment formuler des demandes de subventions auprès des diverses instances. On a donc mis sur pied deux formations : l’une pour les organismes communautaires et l’autre pour les artistes. « Les besoins de financement ne sont pas comblés en ce moment. Ces formations ont été très populaires. Nous restons à l’écoute d’autres besoins et nous gardons la porte ouverte », continue Higino Monteiro.

Autre exemple : il y a eu un appel aux artistes pour les dix jours de programmation dans le Village. Plus de 90 % des artistes sélectionné.e.s sont des talents locaux. Fierté Montréal a reçu 115 candidatures. « Il y a eu beaucoup d’heureuses et d’heureux, mais aussi quelques déceptions, c’est certain et c’est normal », rajoute celui qui détient un diplôme de Sciences Po Aix.

L’épisode

Wild Pride (Fierté indomptable) de 2025

Si on se souvient bien, l’an dernier, un débat a fait rage au sein des communautés LGBTQ+ sur le génocide à Gaza et la solidarité envers le peuple palestinien. Dans un communiqué daté du 30 juillet 2025, Fierté Montréal « [condamnait] le génocide en cours à Gaza, [exprimait] sa solidarité envers le peuple palestinien et [souhaitait] que la vie des personnes 2SLGBTQIA+ en Palestine, comme partout à travers le monde, soit respectée et préservée ». Le même jour que le défilé de la Fierté, le 10 août 2025, la Wild Pride tenait une marche qui a rassemblé entre 4000 et 5000 personnes queers. « Wild Pride est une initiative des communautés queers pour les communautés queers. Ça veut dire qu’il y a un besoin. C’est sûr que nous avons voulu leur parler. Nous avons des discussions avec eux, ce sont des personnes très ouvertes qui veulent le meilleur pour notre communauté. Notre équipe veut aussi le meilleur pour la communauté queer. Nous sommes en discussions sérieuses, nous sommes en mode ouverture. On ne pouvait pas ne pas leur parler. Nous sommes toutes des Fiertés », explique Higino Monteiro.

Wild Pride est une protestation. Elle a ramené la résistance au centre de la table et notre rôle était d’écouter, rajoute-t-il. Il y avait des mouvements queers qui avaient besoin d’être entendus. Il n’y avait pas de division, mais de la résistance, comme l’étaient les mouvements

Higino Monteiro CRÉDIT

queers à l’époque. Il nous fallait écouter avec humilité, nous avions une responsabilité d’entretenir le dialogue. Nous continuons la discussion et nous verrons bien où cela va mener. »

Un 20e anniversaire qui se vivra largement dans le Village « J’ai compris le sens du mot fierté il y a quelques années en arrivant à Montréal, confie Higino Monteiro qui, normalement, reste discret sur ses propres sentiments. On sent la Fierté partout : chez les groupes communautaires, chez les artistes queers, dans le public, c’est vraiment extraordinaire ! »

Si l’Esplanade Tranquille, au centre-ville, est délaissée, le Quartier des spectacles demeure un collaborateur de Fierté Montréal grâce à deux journées de programmation à la Place Émilie-Gamelin avec divers spectacles.

« Le pôle Village va être le pôle majeur avec dix jours de programmation mettant en valeur des talents locaux, avec une plus grande diversité artistique qu’on n’a encore jamais vue : du burlesque, de la drag, de l’opéra, du cirque, du clown, etc. Il y a énormément de talents locaux et c’est ce qu’on veut mettre en valeur », explique le directeur général par intérim de l’organisme.

« Oui, on recentre la programmation sur le Village parce qu’on s’est rendu compte que, lorsqu’on fait des événements dans le Village, il y a des centaines de milliers de personnes, précise Higino Monteiro. Encore là, nous avons discuté avec la Société de développement commercial (SDC) du Village. Gabrielle Rondy [la directrice générale de la SDC] travaille très, très fort pour nos communautés. Il s’agit de ramener le sentiment de fierté au quartier. Notre collaborateur numéro 1, c’est la SDC du Village. Nous les rencontrons chaque semaine. Nous avons aussi rencontré des commerçants et tout se passe bien. »

Il ressort également que Loto-Québec et les autres partenaires appuient ce recentrage vers le Village. On utilisera les services du Mixbus Studio pour les spectacles. Le « Marché Arc-en-ciel », un marché d’artisanat queer à ciel ouvert, a bien fonctionné lors de sa première édition l’an dernier; il sera donc de retour cette année avec trois jours d’exposition. M.A.D. Collectif, une agence de création événementielle et expérientielle, est chargée d’organiser ce marché avec Fierté Montréal afin d’offrir cet espace de visibilité aux artisan.e.s queers.

Des Journées communautaires toujours aussi populaires

On le sait, Mère Nature aidant, des dizaines de milliers de personnes déambulent sur la rue Sainte-Catherine lors des Journées communautaires. Cette tendance se maintient et ne ralentit pas, loin de là.

« Ce seront deux belles journées, confirme Higino Monteiro. Il y a déjà un très bon niveau de participation. On discute beaucoup avec les groupes des autres régions pour voir comment on peut faciliter leur participation aux Journées communautaires de Montréal. Nous avons envie de développer un “espace régions”, de les intégrer encore davantage à cet événement si important pour les communautés queers. »

Le Parc olympique

Trois jours de festivités sont prévus à l’esplanade lors du dernier week-end de Fierté Montréal, soit du 7 au 9 août. Le spectacle 100 % drag sera de retour avec des drags locales et des invité.e.s de Drag Race ou de  RuPaul’s Drag Race. Ce sera une soirée débordante d’énergie.

Le samedi — comme on le comprendra, et sans vouloir vendre le punch ici — sera consacré à la grande soirée du 20e anniversaire. Évidemment, Higino Monteiro n’a rien laissé filtrer; tout sera dévoilé prochainement. On ne sait donc pas encore si des personnalités ou des artistes monteront sur scène.

Le dimanche, quant à lui, sera réservé au T-Dance d’après-défilé. Là encore, les DJ seront annoncé.e.s ultérieurement.

« C’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre pour Fierté Montréal et pour moi, un chapitre qui reconnaît qu’on se doit d’écouter les autres de manière honnête et humble, qu’il y a eu beaucoup de revendications de la part des communautés et qu’il faut aller dans le sens de la réparation et des excuses. Plusieurs personnes ont parlé de déceptions; nous avons une main tendue envers les divers organismes communautaires. Il y a eu de la douleur et nous avons la responsabilité de le reconnaître et d’essayer de nous rapprocher d’eux le plus possible, dans la simplicité, et d’avancer ensemble », conclut Higino Monteiro, directeur général par intérim de Fierté Montréal, dont les yeux pétillent presque d’émotion lorsqu’il parle de tout cela, tout en demeurant posé.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Pendant des décennies, les membres de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres fuyaient les régions pour s’établir à Montréal ou à Québec, mais le vent a tourné depuis quelques années. Plusieurs personnes queers retournent en région ou ne ressentent plus le besoin de la quitter. Afin de mieux comprendre les enjeux, les défis, les joies et les souffrances de nos communautés en 2026, Fugues a discuté avec les dirigeant·e·s de Fierté Val-d’Or, Fierté Charlevoix et Fierté Sherbrooke.

COMMENT VONT LES FIERTÉS RÉGIONALES?

CHARLEVOIX

Dès qu’Alexis Tanguay et Aleck Vitam ont déménagé dans Charlevoix, le comité organisateur de Fierté Charlevoix les a sollicités pour s’impliquer. « Il manque encore de représentant·e·s de la communauté qui veulent s’impliquer, s’afficher et participer aux activités, explique Aleck. On connaît des personnes queers dans Charlevoix, mais on ne les voit presque jamais. »

Le financement représente également un défi. « Fierté Charlevoix n’est pas un OBNL, rappelle Alexis. C’est une initiative née de la volonté d’organismes communautaires qui voyaient une problématique chez les jeunes. Comme on n’est pas un organisme, c’est plus difficile d’obtenir du financement. En plus, on couvre un grand territoire, contrairement aux Fiertés organisées dans une ville en particulier. Avec une petite équipe, ça peut devenir compliqué d’organiser plusieurs événements à Baie-Saint-Paul, La Malbaie et dans les villages. » Cette année, Fierté Charlevoix a eu lieu du 14 au 18 mai.

À quoi ressemble la Fierté queer à l’extérieur de Montréal et Québec?

SHERBROOKE

Quand nous avons questionné Roxanne Paquin-Saikali, présidente de Fierté Sherbrooke Pride et coordonnatrice générale de Fière la fête — dont la quatorzième édition aura lieu du 9 au 13 septembre prochain — elle a également parlé du financement de leurs activités.

« Fierté Sherbrooke - Fière la Fête est composée à 100 % de bénévoles, ce qui peut très souvent devenir lourd, souligne-t-elle. On a tenté d’obtenir du financement pour offrir un poste à temps partiel, mais notre demande n’a pas été retenue. Ça fait en sorte que les bénévoles travaillent de 20 à 30 heures par semaine, en plus de leur emploi régulier, pour organiser toutes nos activités. »

VAL-D’OR

En Abitibi-Témiscamingue, la relève constitue un enjeu important. « Cette année, on a vécu un gros changement au sein du conseil d’administration, dit Étienne Gignac. Je suis la seule personne fondatrice de Fierté Val-d’Or toujours en poste. On poursuit avec des gens qui ont peu ou pas d’expérience dans la création d’un festival. Donc, on a décidé d’organiser un festival plus petit en 2026. »

Au lieu de tenir certaines activités au marché public, l’organisation a choisi d’occuper les espaces de certains partenaires. « Ça permet d’offrir davantage de sécurité aux personnes qui participent, dit Camille Paradis. L’an dernier, il y a eu des épisodes de harcèlement. On veut protéger notre communauté. » Cette année, Fierté Val-d’Or aura lieu du 5 au 7 juin.

Roxanne Paquin-Saikali

LES ENJEUX QUEERS DE VOTRE RÉGION

SHERBROOKE

Comme partout au Québec, la montée de la haine, de l’homophobie et de la transphobie crée énormément d’anxiété au sein des communautés LGBTQ+. « Quand on sort dans les clubs, le sentiment de sécurité n’est plus là, dit la présidente de Fierté Sherbrooke Pride. En tant que communauté, on doit rester en groupe. » Elle ajoute que cette peur et ce stress augmentent les besoins en santé mentale. « Malheureusement, les organismes communautaires, qui sont sous-financés, n’arrivent plus à couvrir tous les besoins, ajoute-t-elle. Il y a de plus en plus de services auxquels on a du mal à avoir accès, autant dans le milieu communautaire que dans le réseau public. Ce n’est pas tout le monde de la diversité sexuelle et de genre qui a les moyens d’aller au privé pour obtenir de l’aide. Donc, plusieurs personnes restent prises avec leur anxiété ou demeurent dans des situations dangereuses par manque de ressources. »

VAL-D’OR

La montée de la droite ne se limite pas aux grands centres. « Même si l’Abitibi se trouve à six heures de Montréal, la haine traverse le parc de La Vérendrye, illustre Étienne Gignac. Quand tu fais partie d’une population marginalisée, ça peut être difficile d’évoluer dans certains milieux de travail, surtout si tu es extravagant·e. Certains endroits te répètent que la queerness, en 2026, devrait être exprimée avec parcimonie. » La difficulté, voire l’impossibilité, d’être soi-même contribue à l’exode queer… même en 2026, selon Étienne. « On voudrait garder toute notre communauté en Abitibi, mais plusieurs personnes croient qu’on ne peut pas vivre pleinement ici. Le milieu est petit. La vie amoureuse est plus difficile. Plusieurs personnes vont étudier durant trois à cinq ans à Montréal ou à Québec, et c’est rare qu’elles reviennent ensuite en Abitibi, même si elles restent présentes de cœur. »

Le manque de services et de spécialistes est également criant. « Fierté Val-d’Or s’est fait approcher pour offrir des services dans les centres jeunesse, mais on n’a pas nécessairement la formation pour ça, explique Camille. Et ça veut dire qu’au sein même du centre, ces services n’existent pas. C’est inquiétant pour la génération future. »

CHARLEVOIX

La première édition de Fierté Charlevoix a mené à une consultation afin de mieux connaître les enjeux queers dans la région. « Ce qui est ressorti, c’est le manque d’espaces et d’occasions de rencontre pour les membres de la communauté, dit Alexis. Il y a aussi un grand manque de visibilité et de modèles pour les jeunes de la région. Au secondaire, les membres de nos communautés ne voient personne dans leur entourage qui accepte de s’afficher. Ça peut les pousser à vouloir quitter la région. On connaît plusieurs hommes gais qui sont venus prendre leur retraite ici et qui ne veulent pas faire de vagues. Ils n’osent pas trop s’afficher. » Aleck parle également de la persistance de propos et de comportements déplacés. « En 2025, on a reçu des commentaires haineux sur nos réseaux sociaux : des gens qui disent que ce monde-là ne devrait pas exister, que c’est de la maladie mentale, etc. C’est très rétrograde. On a encore beaucoup d’éducation à faire. Dans nos régions rurales, c’est assez conservateur. »

LE POSITIF DANS VOTRE COIN DU QUÉBEC

VAL-D’OR

Après sept années de fierté locale, les organismes et les commerces connaissent bien l’événement. Plusieurs questions sont adressées à Fierté VD afin de devenir de meilleures personnes alliées. Et l’appui au festival se maintient. « Année après année, les entreprises sont avec nous, précise Camille. On ressent un véritable appui de la communauté. C’est positif et très concret. » De façon générale, malgré les obstacles, il est désormais possible de vivre en Abitibi en étant queer. « Ce n’était pas nécessairement le cas auparavant, rappelle Étienne. On a notre place, même si on vit dans un milieu forestier et minier. Les compagnies minières donnent de l’argent à notre festival. Les gens attendent notre fin de semaine de célébrations. Beau temps, mauvais temps, ils sont présents à notre marche. »

Alexis Tanguay et Aleck Vitam

SHERBROOKE

Misant sur une communauté universitaire vibrante, une vie culturelle forte et un milieu communautaire engagé, la capitale de l’Estrie est généralement accueillante pour les personnes LGBTQ+. « Plusieurs petits collectifs se forment dans les cégeps, les universités ou ailleurs, mentionne Roxanne. Sherbrooke est une bonne ville pour briser l’isolement, trouver des cliques et des groupes de personnes queers. Plusieurs régions nous envient notre tissu communautaire très fort. C’est une ville qui se tient pour nos communautés. Chaque année, à Fière la fête, on le ressent de la part des participant·e·s. Les gens aiment venir à Sherbrooke. On a une super belle gang. »

CHARLEVOIX

Aleck et Alexis le disent sans détour : Fierté Charlevoix est un événement qui mise davantage sur la sensibilisation que sur la fête. « On a organisé une conférence sur la transidentité avec Gabrielle Boulianne-Tremblay et une autre sur la façon d’être une bonne personne alliée », explique Aleck. Peu à peu, les personnes queers sentent que certains commerces de Charlevoix commencent à embrasser la diversité, ajoute Alexis. « On a vu apparaître quelques soirées de drag queens. Avant, les commerces n’osaient pas faire ça, mais ils réalisent maintenant que ça peut être populaire. » Le caractère touristique aide également Charlevoix à s’ouvrir, selon Aleck. « Les locaux qui sont en contact direct avec la clientèle touristique voient des personnes queers et se rendent compte qu’on est des humains comme les autres. Le plus difficile, c’est d’aller chercher les personnes locales qui ne sont pas en contact avec la communauté à travers l’industrie touristique. »6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | FIERTÉ CHARLEVOIX à la mi-mai https://www.fiertecharlevoix.com

FIERTÉ SHERBROOKE — FIÈRE LA FÊTE, du 9 au 13 septembre. https://www.facebook.com/fierelafete

FIERTÉ VAL D'OR, du 5 au 7 juin 2026 https://fiertevaldor.com

Benjamin n’est pas du genre à entrer dans une case. Agent de bord depuis l’âge de 18 ans, créateur de contenu assumé, gars de famille, manuel, sarcastique et profondément attachant, le Montréalais d’adoption a marqué la plus récente saison de SurvivorQuébec par son authenticité et son humour bien senti. Derrière ses confessionnaux savoureux et son énergie solaire se cache aussi un compétiteur déterminé, qui rêvait depuis quatre ans de participer à l’émission. Pour Fugues, Benjamin revient sur son aventure extrême, la représentation queer dans la téléréalité québécoise, les défis physiques et psychologiques de l’émission… et pourquoi il serait déjà prêt à repartir pour un éventuel AllStars.

« Je voulais vivre quelque chose d’extrême »

À 31 ans, Benjamin cumule déjà plus d’une décennie comme agent de bord. Installé dans le Village à Montréal depuis son coming out, qu’il a fait le soir même de son bal de finissants avant de quitter sa ville natale d’Otterburn Park dès le lendemain, il garde pourtant un lien très fort avec ses racines familiales.

« Je retourne voir ma famille toutes les semaines. On fait des gros soupers de famille, on est toujours une dizaine », raconte-t-il. « Mon père est chasseur, il y a des têtes de chevreuil chez eux… les gens ne s’attendent pas à ça quand ils me voient. »

Parce que Benjamin aime justement déjouer les attentes. Derrière l’image du gars du Village qui aime sortir et faire la fête se cache quelqu’un de très manuel : il pose des lumières, aide ses amis dans leurs rénovations et a même travaillé un été complet à installer des revêtements de piscine.

Cette dualité l’a beaucoup aidé dans Survivor Québec. « Les gens pensent peut-être que je suis juste le gars qui porte des talons et boit des shooters dans les bars. Mais je peux faire ça… et aussi construire des affaires », lance-t-il en riant.

Quatre ans à rêver de Survivor

Contrairement à plusieurs candidats de téléréalité, Benjamin n’a jamais voulu participer à d’autres concepts. Son obsession, c’était Survivor. « Ça faisait quatre ans que j’appliquais. Je n’ai jamais appliqué à une autre téléréalité. C’était vraiment celle-là que je voulais faire. »

Pourquoi ? Justement parce qu’elle lui faisait peur. « Je ne fais même pas de camping dans la vraie vie. Aller dormir sur une île gratuitement ? Jamais. Mais pour 100 000 $, je me suis dit : OK, on va essayer ça. »

Ce qui l’attirait surtout, c’était le dépassement physique et mental. « En regardant l’émission, j’avais presque l’impression de m’ennuyer de ne pas être dans les épreuves. Je voulais les vivre, pas juste les regarder. »

Et la réalité l’a vite rattrapé. « À la télé, certains jeux ont l’air faciles. Mais quand tu n’as pas mangé depuis des jours, ton cerveau décroche complètement. Pendant les épreuves, je “black out”. Il y a des bouts dont je ne me souviens presque pas. »

Sous le soleil de Benjamin

Une préparation aussi physique que mentale

Pour se préparer à l’aventure, Benjamin a misé autant sur la débrouillardise que sur l’entraînement. « J’ai appris à préparer un poisson complet, même si j’ai détesté ça », dit-il en riant. « J’ai pratiqué des nœuds pendant des soirées entières devant des films parce que je savais juste attacher mes souliers. »

Mais le plus gros choc aura été… la natation. « Je pensais que je savais nager. Finalement, je flottais surtout dans un spa », blague-t-il. « J’ai dû apprendre les techniques de respiration parce que sinon tu t’épuises extrêmement vite. »

Et fidèle à lui-même, il raconte avoir trouvé son entraîneur… sur Grindr.

Une aventure profondément humaine

Si les épreuves sont spectaculaires, Benjamin garde surtout en mémoire les moments plus intimes vécus sur l’île. « La nuit, on se réveillait parfois pour aller marcher sur la plage et regarder les étoiles. Il y avait du plancton fluorescent dans l’eau. Quand on bougeait, tout devenait vert fluo. C’était irréel. » Ces moments de vulnérabilité partagée ont rapidement créé des liens forts entre les participants. « Tu dors ensemble dehors, tu ne manges pas, tu es constamment stressé. Ça devient très intense psychologiquement. »

Benjamin a d’ailleurs été surpris de son élimination. « Je ne l’avais pas vue venir du tout. C’est ça qui est fou avec Survivor : tu ne sais jamais quand ça peut arriver. »

Une représentation queer plus visible

Cette saison de Survivor Québec se démarquait aussi par une plus grande diversité LGBTQ+ parmi les joueurs. « Il y avait deux femmes lesbiennes, un homme trans, Alex et moi. Ça faisait vraiment du bien à voir. » Benjamin souligne qu’au Québec, la télévision devient progressivement plus inclusive, mais insiste sur l’importance de rester authentique. « Les gens voient quand quelqu’un essaie de cacher qui il est ou de jouer un personnage. Le plus important, c’est d’être soi-même. »

Et lui, impossible de le manquer. « Moi, il n’y avait rien de caché », dit-il en riant. « Tout le monde allait me voir aller assez vite. »

« Je voulais avoir du fun » À l’écran, Benjamin s’est rapidement démarqué par son humour, ses réparties et son énergie positive. Une image qui, selon lui, correspond parfaitement à la réalité. « Les gens qui me connaissent me disent que c’est exactement moi. Je voulais vraiment rester authentique et avoir du fun. »

Il explique toutefois que le montage télévisuel peut parfois changer certaines nuances. « Je fais énormément de sarcasme, mais normalement je ris après. Si tu coupes mon rire, ça devient juste méchant », dit-il en riant. Une chose est sûre : il adorait les confessionnaux. « La production me disait que ça paraissait que j’aimais ça. C’était probablement ma partie préférée. »

Survivre sans manger… ni se brosser les dents

Parmi les détails qui surprennent le plus le public : l’absence totale de confort. Pas de douche. Pas de déodorant. Pas même de brosse à dents.

« On se brossait les dents avec du charbon froid », raconte-t-il. « Mais honnêtement, comme tu ne manges presque rien, tu n’as pas vraiment mauvaise haleine. »

Rapidement, les effets physiques de la faim deviennent omniprésents. « Après trois jours, on se levait déjà étourdis. On nous disait de garder notre énergie pour les jeux parce qu’on ne pouvait pas se permettre de la gaspiller. » Pour quelqu’un qui dit « manger pour dix personnes » dans la vie de tous les jours,l’adaptation a été brutale.

Prêt pour un AllStars ?

Même après l’épuisement, le manque de nourriture et les nuits difficiles, Benjamin n’hésite pas une seconde quand on lui demande s’il recommencerait. « Oui. Absolument. »

Et si un éventuel Survivor Québec All Stars voyait le jour ? « Je suis prêt. »

En attendant, Benjamin continue de partager son quotidien et son humour sur les réseaux sociaux, tout en poursuivant son travail comme agent de bord. Mais une chose est certaine : son passage à Survivor Québec aura permis au public de découvrir une personnalité aussi drôle qu’attachante — et surtout, profondément vraie.6

ANDRÉA ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

INFOS | Pour suivre Benjamin: Sur Instagram : www.instagram.com/benjamin.survivorqc4/ et sur TikTok :https://www.tiktok.com/@ben_pare

Pour visionner la saison 3 de Survivor Québec : https://www.crave.ca/fr/series/survivor-quebec-52855

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spécial maillots

Réputée pour ses créations audacieuses et son esthétique méditerranéenne, la marque grecque Modus Vivendi propose des maillots de bain masculins alliant sensualité, confort et sophistication. Couleurs vibrantes, coupes ajustées et esprit festif définissent cet incontournable de la mode balnéaire gaie internationale.

Disponible chez PRIAPE

1311, rue Ste-Catherine Est. Montreal (Qc) H2L 2H4 https://www.priape.com

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Pump!

Née à Montréal, Pump! se distingue par ses maillots de bain sportifs et sexy inspirés de l’univers athlétique. Avec leurs couleurs éclatantes, leurs lignes dynamiques et leur confort remarquable, les créations de la marque québécoise célèbrent une masculinité assumée, ludique et inclusive.

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Tribe

Directement inspirée du style de vie australien, Tribe mise sur des maillots de bain modernes, minimalistes et confortables conçus pour bouger librement. Entre esprit plage, confiance et élégance décontractée, la marque séduit par ses coupes flatteuses et son esthétique solaire.

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Deux maillots blancs (avec des bandes sur les côtés) de type boxer athlétque par

Modus Vivendi.

La Chine sur nos routes

Entre bouleversements de l’industrie automobile, arrivée annoncée des véhicules chinois sur nos routes et montée constante du marché électrique, le monde de l’auto traverse une importante période de transition. Dans cette chronique, on s’intéresse autant aux grands enjeux économiques qu’aux nouveaux modèles qui attireront bientôt le regard des automobilistes québécois·es.

L’usine de Brampton, en Ontario, pourrait accueillir l’assemblage de véhicules chinois, donnant ainsi du travail aux 3 000 employé·es en chômage technique. L’usine devait construire le Jeep Compass, mais les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump ont forcé l’abandon du projet. L’usine, propriété de la marque italo-américaine Stellantis, serait en pourparlers avec le constructeur chinois Leapmotor pour l’assemblage de deux utilitaires, les C10 et B10, qui proposent des variantes électriques. Une bonne nouvelle suivie, quelques jours plus tard, d’une mauvaise : Honda met sur la glace trois projets d’usines en Ontario, dont une devant construire des batteries.

Avec l’arrivée de 49 000 véhicules chinois par an sur notre territoire, il faudra s’habituer aux noms des marques chinoises BYD, MG Motor (groupe SAIC), Geely, XPeng, NIO, Chery, Lynk & Co, qui circuleront sur nos routes comme c’est déjà le cas en Europe.

L’année dernière, en France, j’ai roulé au volant d’un VUS pleine grandeur de MG Motor. La petite berline réservée n’étant plus disponible à mon arrivée, le loueur m’a proposé le MG pour le même prix. Le VUS était full équipé et, autant son comportement sur route que la qualité des matériaux utilisés, n’avaient rien à envier à des marques plus luxueuses. Une Tesla d’entrée de gamme

Une des premières voitures chinoises à faire son entrée sur le marché canadien n’est autre qu’une Tesla, le modèle 3, qui sera vendue sous la barre des 40 000 $. Bien évidemment, comme elle n’est pas produite dans un pays avec lequel le Canada a une entente de libre-échange, elle ne peut bénéficier de la subvention fédérale de 5 000 $, uniquement de celle de 2 000 $.

Lotus : premier VUS électrique

Autre véhicule marquant et emblème du savoir-faire à la chinoise : le Lotus Eletre, un VUS entièrement électrique. La marque Lotus était associée aux petites voitures sportives anglaises. Elle est passée sous le contrôle du groupe chinois Geely (qui détient aussi Volvo et Polestar). Avec le Lotus Eletre, la compagnie chinoise espère sortir de l’ombre une marque qui a connu des jours meilleurs. Qui connaît le coupé sportif Emira, pourtant distribué ici, et dont la conduite et les qualités s’apparentent sans rougir à celles d’une Porsche Cayman 718 ?

Avec le Eletre, Lotus devient une vitrine de la technologie chinoise et pourra se retrouver au Canada grâce aux nouveaux accords passés entre la Chine et le Canada. Le design très réussi du Eletre se démarque de la concurrence par l’harmonie de ses lignes, ni trop ostentatoires ni trop banales. En fait, cet utilitaire se donne un petit air aristocratique discret. Il est vrai que Lotus cherche à compétitionner avec des marques plus luxueuses tout en affichant un prix raisonnable. Il faut toutefois débourser entre 119 000 $ et 139 000 $ pour afficher sa différence. On peut dès aujourd’hui passer commande, en sachant que les premiers modèles seront disponibles sur le territoire dès septembre prochain.

Équipé de deux batteries développant 603 chevaux, le Eletre peut s’avérer fougueux sur route et, au volant, on peut choisir trois modes de conduite, dont le mode sport. Bien évidemment, la direction et la suspension sont plus sèches, mais les sièges, eux aussi, se raffermissent pour mieux vous envelopper. La planche de bord est un modèle du genre

et, comme c’est aujourd’hui la tendance, les boutons disparaissent, le grand écran central regroupant les fonctions habituelles. Petit bémol pour ce petit joyau : l’autonomie n’est pas extraordinaire puisqu’on atteint 400 km, ce qui demeure décevant pour un véhicule de ce prix.

Ne pas se décourager

Les temps sont durs pour les automobilistes québécois·es. Entre l’état des routes et des rues, la multiplication des chantiers et le prix de l’essence qui ne cesse d’augmenter, on réfléchit à deux fois aujourd’hui avant de prendre son auto. Sauf pour celles et ceux qui en ont absolument besoin pour se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. Mais l’espoir est encore permis, entre autres que le détroit d’Ormuz soit enfin rouvert et que le prix du carburant baisse à la pompe. Quant à l’état des routes et au nombre de chantiers, c’est vers les élu·es qu’il faut se tourner.

La vente des véhicules électriques a augmenté au Canada. Il a suffi d’un retour des subventions pour que les ventes soient au rendez-vous. On a constaté, en février dernier, une hausse de 47 % des ventes comparativement à février 2025. Les inquiétudes autour du

La plupart des marques multiplient les déclinaisons de leur gamme en véhicules zéro émission. Le choix est donc grand et peut satisfaire tous les goûts et toutes les bourses. Cependant, au Canada, GM est le grand vainqueur puisque 1 véhicule électrique vendu sur 5 provient des usines du géant américain.

Appel …

Et vous, chèr·es lecteurices de Fugues, seriez-vous tenté·es par l’achat d’un véhicule électrique pour remplacer votre véhicule actuel ? Si oui, vers quelle marque et quel modèle pencherait votre cœur ?

Et si non, pourquoi ? Nous sommes curieux de connaître votre opinion, vos choix et vos impressions. Et de les publier sur le site de  Fugues. Écrivez-moi en indiquant dans le sujet «Au volant».6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

Belle mise en bouche avant la saison estivale!

OLIVIER DE MAISONNEUVE

SOMMELIER CONSEIL

Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise 438 881-7276 • http://www.vinsconseil.com

TERRE NOIRE

KEN FORRESTER VINEYARDS, WO SWARTLAND (AFRIQUE DU SUD)

CODE SAQ : 15049211 — 22,95 $

Je viens d’avoir la chance de luncher avec Ken Forrester lui-même! C’est un personnage haut en couleur, qui sait très bien transmettre sa passion et son grand respect pour sa matière première : ses raisins. Il est reconnu comme un maître du chenin blanc, et sa version du Swartland m’a beaucoup plu. Ça sent la pêche légèrement épicée, avec de subtiles notes de cantaloup. La bouche est fine, fruitée, mais pas lourde de sucre. Elle est presque exotique, avec une très légère impression de chai et une indéniable sensation minérale. On est soudainement en voyage. Si vous avez un porte-monnaie un peu plus garni, je suis aussi tombé en amour avec son Fairydust, un étonnant assemblage de chenin blanc et de palomino, unique et délicieux, qui se vend à 45,50 $.

KAYA SAUVIGNON BLANC,

IWAHINI, WO WESTERN CAPE (AFRIQUE DU SUD)

CODE SAQ : 15525993 — 15,60 $

Kaya, ça veut dire « maison » dans plusieurs des langues parlées dans cette région d’Afrique. On a ici une jolie expression printanière de sauvignon blanc. Ça sent les fruits exotiques, la lime, avec un côté muguet et fines herbes. En bouche, il y a une franche amertume de zestes d’agrumes, de pelure de pomme verte, et un côté minéral de lichée de béton et d’un peu de craie. Ça semble particulier, mais ça fonctionne. C’est un blanc très sec, mais pas du tout austère. C’est très difficile de n’en boire qu’une gorgée. C’est un super apéro qui met l’eau à la bouche. Il ira aussi très bien avec une salade du jardin, un plateau de fromages et surtout avec des fettuccine Alfredo. Miam!

ALIGOTÉ

ALBERT BICHOT, AOP BOURGOGNE ALIGOTÉ (FRANCE) 2024

CODE SAQ : 130724 — 20,45 $

L’aligoté a profité des changements climatiques pour monter en grade au niveau qualitatif. En Bourgogne, on célèbre surtout le chardonnay, mais voici une belle occasion de découvrir ce cépage. C’est un vin blanc associé au cocktail kir, mais vous allez voir qu’il peut aussi être très agréable bu seul. Au nez, c’est délicat et évanescent, avec des notes de pêche blanche et de poire. En bouche, c’est fin et doux comme une perle. On retrouve toujours ce parfum de poire bosc et cette sensation de craie, de minéralité. Ça s’amplifie à chaque gorgée, tout en restant bien sec et fin. Un bon choix pour accompagner un plateau de fromages ou une fondue. En juin, ça fera cent ans que la maison Albert Bichot est à la SAQ!

GABRIELLE

VIGNOBLE DE LA RIVIÈRE DU CHÊNE, IGP VIN DU QUÉBEC (BASSES-LAURENTIDES, QUÉBEC) 2025

CODE SAQ : 10817090 — 18,75 $

C’est un rosé dont la recette change toujours un peu, ce qui rend chaque millésime intrigant. Cette année, on savoure un assemblage de seyval noir, de pionnier, de frontenac noir et de frontenac gris. J’aime beaucoup son nez de fruits des champs, de pêche dans le sirop et de grange en bois. Ça sent bon la campagne après un orage. Son côté fruité et champêtre se retrouve aussi en bouche, avec une agréable rondeur, une amertume bien dosée qui lui donne du coffre, et une bonne acidité en finale qui fait saliver. C’est un rosé de pique-nique, pour accompagner des pâtés, et un rosé de 5 à 7 sur une terrasse.

OLIVIER

CHÂTEAU VIGNELAURE

VIGNELAURE SA,

AOP COTEAUX-D’AIX-EN-PROVENCE (FRANCE) 2025

CODE SAQ : 12374149 — 29,55 $

On entre dans le rosé haut de gamme avec ce vin bio qui assemble des cépages rouges avec un cépage blanc. On le sent dès le premier passage du nez au-dessus de la coupe : de magnifiques notes de rose, de pêche blanche et de fraise fraîche s’élancent vers vos narines. La bouche est sensuelle, douce comme de la soie. On sent bien en attaque le cabernet sauvignon, puis le fruité de la grenache noire et le petit côté poivré de la syrah s’amalgament pour offrir une richesse aromatique et une harmonie remarquables. Et tout ça tapisse merveilleusement, pendant un bon moment, notre palais et notre langue. Ravissant. Et en plus, si vous passez dans leur coin, la visite vaut vraiment le détour.

HORTENSIAS

LE MAS DES PATRIOTES, IGP VIN DU QUÉBEC

(MONTÉRÉGIE, QUÉBEC)

CODE SAQ : 12760584 — 22,35 $

Un rosé que j’affectionne beaucoup, issu d’un joli domaine situé aux portes de Saint-Jean-sur-Richelieu. Un beau rosé printanier à base de pinot noir, avec du louise swenson et du swenson blanc. Un rosé qui sent la rose et la fraise. Il a une belle amertume, une agréable texture, un côté fruité — fraise et cerise rouge — mais pas sucré du tout. Il est assez long en bouche et se termine sans acidité mordante. Un rosé élégant. Parfait en apéro, mais assurément aussi un rosé pour la table. Il sourira avec un cocktail de crevettes ou une salade au fromage de chèvre et fraises (idée de la SAQ). Merci à France Cliche pour ce délice rosé.

CABERNET FRANC ESTATE GROWN

CAVE SPRING CELLARS,

VQA BEAMSVILLE BENCH (NIAGARA, ONTARIO)

CODE SAQ : 15399827 — 22,45 $

Du cabernet franc élevé 14 mois en fût de chêne, surtout neutre, ça donne quoi? Un vin rouge au nez accrocheur de mûre, de framboise et de prune noire. En bouche, c’est gorgé de fruits noirs mûrs; c’est très gourmand. Les notes boisées sont très bien intégrées. Il y a un petit côté eucalyptus en finale. C’est persistant et expressif jusqu’au dernier moment. C’est un vin sec, mais son taux d’alcool lui donne une texture veloutée et ronde. Un vin parfait pour les grillades sur le barbecue, une sauce bolognaise ou une raclette. On peut le mettre au frigo 20 minutes avant de le servir.

PINOT NOIR CHAVIN

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DOMAINE PIERRE CHAVIN, IG VIN DE FRANCE

CODE SAQ : 15514830 — 15,95 $

Ce n’est vraiment pas évident de trouver des alternatives agréables qui ne sont pas du simple jus de raisin glorifié. Veux, veux pas, l’alcool joue un grand rôle dans la structure et la texture du vin. Celui-ci est désalcoolisé, peu calorique et sans arômes ajoutés. Au nez, je ne me suis pas écrié : « Tiens, un pinot noir! » Il a de petites notes de sapinage et un peu de cerise fraîche. N’hésitez pas à le secouer vigoureusement quelques minutes en carafe. En bouche, il a bien des airs de famille avec un vin rouge. Un vin qu’on dit « de soif » ou glouglou, sur les fruits rouges. Servi très frais, il a bien sa place dans un apéro de terrasse, seul ou avec certains pâtés. Grâce à une agréable acidité, il ne paraît vraiment pas trop sucré. Certains vins nature sont dans sa palette. On lui donne aussi des points pour sa bouteille avec un bouchon enfoncé et non dévissable

THÉ GLACÉ AU WHISKEY MADISON PARK

DISTILLERIE 1769, ORIGINE QUÉBEC

CODE SAQ : 15587019 — 4,45 $ LA CANETTE (473 ML)

Ah! Une autre proposition de cette distillerie familiale de LaSalle que j’aime beaucoup. C’est un prêt-à-boire à base de thé noir infusé et de leur whisky haut de gamme, avec du jus de citron naturel. Ça titre à 5,5 % d’alcool. C’est tellement savoureux et harmonieux. Si vous aimez le thé glacé, vous allez vous régaler. C’est très doux comme texture, mais vraiment pas trop sucré. On devine le whisky surtout grâce aux petites notes boisées en finale, que j’ai trouvées raffinées et super bien intégrées. Un gros coup de cœur pour moi. Ça se boit dangereusement bien; une chance que le taux d’alcool est modéré! La version breakfast gin est aussi très réussie. Du plaisir assuré tout l’été.

CRAZY SOUR LIMONADE AUX BLEUETS

DISTILLERIE ROSEMONT 4 CANNETTES — 15,80 $

Un prêt-à-boire à base de vodka, avec de la limonade et du concentré de vrais bleuets. Je ne pouvais qu’être intrigué! J’ai remarqué que le taux de sucre semble assez raisonnable pour ce genre de produit. Ç’aurait pu être un critère important si j’avais le projet de maintenir un corps de speedo. Ce qui n’est pas du tout le cas. Sa couleur ne fait pas bleuet, mais au nez, c’est très limonade et, un peu plus discrètement mais clairement, du bleuet. C’est très rafraîchissant, un peu comme un seltzer, mais avec plus d’arômes et une agréable texture. La finale fait assez bleuet, tout en douceur. C’est un choix judicieux pour un pique-nique ou pour lire un bon livre dans un hamac.

OLIVIER
OLIVIER

Zoé Duval fait ses débuts comme acteur… et entrepreneur

Gros printemps pour Zoé Duval ! Après avoir ouvert le Café BRUT dans le quartier Griffintown, le 1er mai dernier, avec son amoureux Joshua Monroe-Blanchette, le créateur de contenu suivi par un demi-million de personnes sur TikTok va tourner en juin dans sa première websérie, qui sera diffusée sur CRAVE à la fin 2026.

D’oùvientledésird’ouvriruncafé?

ZOÉ DUVAL : L’idée vient de mon copain, qui a toujours rêvé d’avoir son café. Comme j’aime travailler avec lui — il m’aide souvent sur mes tournages et mes projets — je me suis dit : pourquoi pas m’embarquer avec lui dans cette aventure-là en étant actionnaire et en m’engageant à ses côtés.

Quelestleconcept?

ZOÉ DUVAL : C’est un petit café avec un photobooth. Nos spécialités seront les cafés et matchas glacés, avec des recettes gourmandes qu’on ne retrouve pas ailleurs. Par exemple, notre latte glacé à la saveur de pain aux bananes est fait avec des grains de café macérés dans des peaux de bananes avant d’être grillés. On retrouve le vrai goût de banane et non une saveur artificielle.

Et côté look ?

ZOÉ DUVAL : C’est brutaliste. On retrouve des matériaux d’aluminium, de la pierre et du béton, avec une touche funky qui nous représente. C’est un petit espace avec une douzaine de places à l’intérieur et on aura une terrasse dog-friendly qui pourra accueillir plus de gens. On va pouvoir y étudier et travailler.

À quel point est-ce difficile d’ouvrir un commerce ?

ZOÉ DUVAL : C’est un merveilleux défi rempli d’apprentissages ! On essaie de s’allier avec des gens qui connaissent ça et qui peuvent nous guider. Par exemple, mon frère, qui est chef exécutif, nous a beaucoup aidés à comprendre les règles du MAPAQ et plusieurs autres choses. On apprivoise aussi la gestion de budget : c’est assez intéressant et intense. Comme on partait d’un local entièrement vide, sans eau, sans électricité et sans toilettes, il fallait construire à partir de zéro. C’était tout un défi de gestion !

Êtreenaffairesavecsonamoureux,çasepassecomment?

ZOÉ DUVAL : C’est assez smooth entre nous deux, car on a une relation très simple à ce niveau. C’est comme si on mettait une autre casquette et qu’on devenait un duo d’hommes d’affaires plutôt qu’un couple. On est capables de se dire les choses clairement. Cela dit, le café implique beaucoup d’investissement et de temps. Il faut qu’on s’en parle souvent.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

ZOÉ DUVAL : Sur Tinder, il y a presque deux ans et demi. À l’époque, j’étais tanné de dater à Montréal. J’avais un peu fait le tour de ce que je voulais voir. Finalement, j’ai pris une chance : le soir où on s’est écrit pour la première fois, j’ai donné une dernière chance à la vie et je suis allé prendre un verre avec Josh. Ça a vraiment cliqué. On a continué à se voir et un mois plus tard, on était en couple officiellement. On a acheté un condo ensemble, alors on cohabite à Montréal et à Paris. Il vient souvent me rejoindre là-bas.

TupartagestavieentreleQuébecetl’Europe.Commentçafonctionne?

ZOÉ DUVAL : Je ne veux manquer aucune opportunité, ni ici ni là-bas, alors j’essaie de tout réserver à la dernière minute. Au début de chaque mois, j’analyse mes dates de tournages à Montréal et à Paris, je décide d’aller quelques jours en France et je reviens. Je passe un tiers de mon temps à Paris et le reste à Montréal, parfois 50-50.

LeschosessedéveloppentdeplusenpluspourtoienFrance.

ZOÉ DUVAL : Oui ! Récemment, j’ai tourné des capsules humoristiques sur le Québec avec l’immense média Web français Brut. J’ai aussi des collaborations rémunérées avec des marques là-bas. Les clients français commencent à faire de plus en plus confiance aux Québécois. J’ai également tourné une saison de mon podcast en France.

Tuasundemi-milliond’abonné.e.ssurTikTok.Avecletemps,commentton contenuaévolué?

ZOÉ DUVAL : Au début, j’y allais beaucoup dans l’humour, parce que je me faisais surtout confiance là-dedans et ça fonctionnait. Puis, à un certain point, j’ai eu envie de me redécouvrir et de vérifier si les gens me suivraient même si je ne portais pas une perruque et huit dentiers.

J’ai essayé d’être moi-même, surtout sur Instagram, de parler face à la caméra, de montrer une image parfois plus sexy, avec un côté mode et lifestyle. Les gens semblent avoir aimé ça.

Surtesréseaux,tuteconfiessurtesenjeuxd’estimecorporelleettuutiliseslescodes duthirsttrapentemontrantparfoispeuvêtu.Commentnavigues-tuàtraverstoutça enparallèle?

ZOÉ DUVAL : J’ai énormément travaillé sur mon estime en général. Avant, j’avais beaucoup de difficulté avec comment je me percevais. Ça fait encore un peu partie de moi, mais je me sens mieux avec mon visage, mon apparence et mon corps, donc je suis plus à l’aise de me montrer au grand jour. Je me sens beau maintenant. Par contre, je dois continuer à travailler pour me sentir bien dans n’importe quelles circonstances.

Aucoursdesderniersmois,plusieurscréateursdecontenuontexpliquéqueleursrevenus avaienténormémentdiminuéetquelesentreprisessemblaientmodifierleursstratégies pourciblercertainscréateursetpasd’autres.Quevis-tudececôté?

ZOÉ DUVAL : L’étau se resserre autour de la création de contenu. Au début, il y avait si peu de balises que les entreprises essayaient des choses avec des micro-influenceurs, des macro-influenceurs ou des gens qui ne faisaient pas nécessairement ça à temps plein. Inévitablement, les entreprises doivent choisir les créateurs qui leur rapportent.

Moi aussi, certaines de mes campagnes ont moins bien performé et je ne vais peut-être pas retravailler avec certains clients, mais avec d’autres, ça a complètement explosé et je travaille avec eux depuis quatre ans. Il faut rester à l’affût des trends, de l’évolution des clients et de leurs angles. En bout de ligne, mes revenus n’ont pas baissé, mais je bûche très fort.

TuvasbientôttournerdansunewebsériequivaêtrediffuséesurCravel’automneprochain. Qu’est-cequit’attiredanslejeu?

ZOÉ DUVAL : Il y a quelque chose de mythique avec le cinéma et la télévision qu’on ne retrouve pas encore dans le Web. C’est souvent très travaillé. J’apprécie de participer à des projets comme celui-là. J’ai étudié en cinéma et ça m’a toujours intéressé. Ma mère était designer de mode. Mon père est écrivain.

Donc, c’est comme un monde qui rassemble ce que mes parents faisaient. Jouer, ça me donne le droit de montrer une partie de moi plus farfelue. Ça me permet de m’émanciper davantage.6 SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | Pour suivre Zoé Duval https://www.zoeduval.com

Le café BRUT est situé au 221, Williams, Montréal. https://cafebrut.ca

Maxime et Philippe Le bonheur est dans le pré

Maxime Dion et Philippe Benoit forment un couple depuis plus de quinze ans. Mais leur union ne se limite pas à leur vie personnelle : ils sont aussi copropriétaires de la Ferme La Bourrasque, à Saint-Nazaire-d’Acton, entre Sainte-Hyacinthe et Drummondville. Les rencontrer sur leur terre est à la fois rafraîchissant et saisissant. On sent immédiatement qu’entre ces deux hommes existe un double lien indissociable : leur amour l’un pour l’autre et leur amour de la terre.

Nés tous deux en 1986, Maxime est un pur citadin, tandis que Philippe est un véritable fils d’agriculteur. À première vue, rien ne semblait les destiner à se rencontrer. Et pourtant… il aura suffi de la grève étudiante de 2012 pour que leurs chemins se croisent, se rejoignent et se lient pour de bon.

« Au moment de la grève, raconte Maxime, j’étudiais en art dramatique à l’UQAM et Philippe en sociologie, à la même université. Nous nous connaissions déjà depuis 2010. En 2011, nous nous sommes mariés et, pour notre voyage de noces, nous sommes partis sur le pouce en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve et au Labrador, où nous avons travaillé dans des fermes en échange du gîte et du couvert. »

C’est durant ce périple, alors qu’ils découvraient un même attrait pour le travail de la terre, que l’idée de se lancer en agriculture a germé. Philippe se souvient encore du moment où il a lancé à Maxime, les yeux brillants : « Ça te tenterait de démarrer une ferme ? Mes parents ont de la terre, ils nous en donneraient certainement pour qu’on lance notre propre entreprise. » Le projet était né. Ils seraient producteurs maraîchers — et biologiques, s’il vous plaît.

Leur installation à la campagne débute modestement : l’achat d’une vieille roulotte, installée sur un lopin de terre près de la maison familiale de Philippe.

« Mes parents avaient cessé la production laitière, explique Philippe. En 2012, nous sommes allés voir un fermier voisin qui faisait du maraîchage depuis une vingtaine d’années. Il nous a vendu une petite serre pour commencer la production. Très vite, nous avons attrapé la piqûre et décidé de nous lancer pour vrai. »

Deux hommes gais qui se lancent en agriculture maraîchère, ce n’est pas banal. On pourrait s’attendre à des réflexions ou à des discriminations, le monde rural étant souvent perçu comme moins ouvert aux orientations sexuelles hors normes. Pourtant, l’expérience de Maxime et Philippe déjoue ces clichés. « Pas du tout, assurent-ils. Nous n’avons jamais vécu de situations d’homophobie, ni dans notre environnement ni dans notre travail. »

Leurs familles respectives avaient d’ailleurs très bien accueilli leur coming out.

Dans un contexte de pénurie de relève agricole, deux jeunes qui choisissent de s’installer en agriculture sont plutôt bien vus. Les parents de Philippe deviennent rapidement leurs premiers soutiens — et même leurs premiers employés… bénévoles. Dès 2015, l’entreprise prend de l’expansion : ajout de serres, construction du bâtiment central et de l’habitation, diversification des marchés. La Bourrasque devient un nom, une signature, un gage de qualité. Pour assurer un minimum de revenus au début, alors que les investissements sont importants, Maxime et Philippe font aussi un peu d’élevage de volailles et de porcs.

Philippe Benoit et Maxime Dion

L’originalité de leur modèle d’affaires repose sur la vente de paniers de légumes biologiques, livrés aujourd’hui à près de 300 familles par semaine, été comme hiver.

« Je me suis davantage occupé du marketing, précise Maxime. Nous préparons maintenant environ 300 paniers chaque semaine, avec des points de distribution en Montérégie et à Montréal. »

En haute saison estivale, l’entreprise emploie entre 40 et 60 personnes pour la récolte et la préparation des paniers. Les serres occupent aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de pieds carrés. La majorité des employés sont des travailleurs saisonniers guatémaltèques, logés à proximité de la ferme. « Avec les changements que le gouvernement du Québec envisage en matière d’immigration, nous ne savons pas encore comment les choses se dérouleront l’an prochain », confient-ils avec inquiétude.

En embrassant du regard les terres que ces deux amoureux cultivent avec tant de soin — la Montérégie et une partie du Centre-du-Québec comptant parmi les meilleures terres agricoles du Québec —, on ressent un puissant sentiment de liberté. Terre fertile, exploitation respectueuse de la biodiversité, employeurs attentionnés : voilà le véritable portrait de La Bourrasque.

On constate souvent que lorsqu’un couple solide dirige une entreprise familiale, les résultats peuvent être remarquables. À la question : quel est le moteur de votre réussite?, la réponse fuse, immédiate et simultanée : « Notre amour. »

Aucun des deux n’aurait entrepris cette aventure en solo. Exploiter une ferme est un travail de tous les instants. « À deux, dit Maxime, on se soutient mieux, on s’encourage et on va plus loin. »

Cofondateurs de « Fierté agricole » il y a quelques années, Maxime et Philippe estiment essentiel de pouvoir vivre ouvertement, sans craindre le regard des autres. « Nous avons une responsabilité collective en tant que membres de la communauté LGBTQ+, affirme Philippe. En montrant qu’il n’y a pas d’obstacles insurmontables, en vivant tels que nous sommes, nous protégeons nos droits acquis. Au Québec, les luttes de la communauté ont mené à des avancées législatives majeures. Et dans le contexte actuel, notamment au sud de la frontière, il faut rester vigilants. »

Maxime et Philippe forment un couple qui respire le bonheur. Ils peuvent aussi se réjouir d’avoir bâti une entreprise prospère, profondément enracinée dans la terre… et dans l’amour.6 JEAN-YVES DUTHEL redaction@fugues.com

Cette biographie inspirante s’inscrit dans le cadre du programme Fierté des entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+ de la Chambre de commerce LGBT du Québec

INFOS | https://www.fermelabourrasque.com https://www.instagram.com/fermelabourrasque https://www.facebook.com/FermeLaBourrasque

Apprendre du passé pour bâtir l’avenir au Festival Fierté Trans

Revenons brièvement à Montréal en 1980. Les mouvements pour la reconnaissance des communautés gaies, trans et queers étaient encore embryonnaires. Un seul rassemblement organisé de la Fierté avait eu lieu jusque-là (en juin 1979). Fugues était encore à quelques années de publier son premier numéro. Cinq femmes trans — Marie-Marcelle Godbout, Manon Frigon, Marie-Claude Daigle, Marie-Josée Marcil et Vanessa Giovannito — venaient de fonder Aide aux Trans du Québec (ATQ), le premier organisme par et pour la communauté trans au Québec. La table de cuisine de Mme Godbout devient alors le quartier général de la première ligne d’aide téléphonique destinée aux personnes trans et en questionnement. Quelques mois plus tard, les premières rencontres de soutien en personne — appelées à l’époque les Ateliers de Transformation du Québec — montrent à plusieurs qu’elles et ils ne sont pas seuls.

Quarante-six ans (!) plus tard, une centaine de personnes trans et alliées ont rempli le théâtre du Centre des mémoires montréalaises (MEM), au coin de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent, pour donner le coup d’envoi au 20e Festival Fierté Trans (FFT), souligner les 45 ans de l’ATQ et lancer une ligne du temps numérique (accessible sur le site web de l’ATQ sous l’onglet « Histoire ») retraçant l’histoire de l’organisme, fruit d’un vaste travail archivistique. La soirée était au cœur d’une programmation du FFT axée sur l’histoire et la mémoire, avec des conférences sur l’archivistique, la solidarité « par et pour » et les leçons du passé pour l’avenir. Elle était animée par la resplendissante artiste drag La Bille Hatch, qui soulignait l’importance de la continuité de l’ATQ à une époque où les acquis de la communauté LGBTQ+ sont fragilisés.

Après les discours d’ouverture d’April Daneau, présidente de l’ATQ, et de Marie-Gabrielle Ménard, députée fédérale d’Hochelaga—Rosemont-Est et secrétaire parlementaire de la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Victoria Legault, directrice générale de l’organisme, a procédé au lancement de la ligne du temps interactive, dont la coordination a été assurée par l’artiste photographe Julie Langenegger. Le projet a été réalisé en collaboration avec Club Sexu

« Les archives jouent un rôle essentiel dans la préservation de la mémoire collective, en documentant et en transmettant les récits des communautés trans, non binaires et queers. Or, très peu d’archives existent à ce sujet — souvent parce qu’elles ont été effacées au fil de l’histoire, ou simplement parce qu’elles n’ont jamais été préservées adéquatement », détaille Victoria Legault. « Dans un contexte où les discours sont polarisés et où la désinformation circule, il est essentiel d’humaniser les réalités trans. De rappeler que la transidentité n’est pas un phénomène nouveau et que des communautés trans actives, vivantes et engagées font partie de Montréal depuis des décennies. » La grande majorité des personnes dans la salle étaient trop jeunes pour avoir vécu les débuts de l’ATQ Audrey St-Pierre et Véronique Bastien appartiennent à la génération des fondatrices, mais leur implication active dans la communauté est beaucoup plus récente.

« Dans les années 1980, il y avait beaucoup d’improvisation; aujourd’hui, [l’ATQ], c’est un peu comme un enfant qui grandit », observe Audrey St-Pierre, une connaissance de MarieMarcelle Godbout, décédée en 2017. « Regardez autour de vous et demandez-vous pourquoi il y a si peu de têtes grises. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus d’intergénérationnalité, parce que l’ATQ n’existerait pas si ces femmes-là n’avaient pas été là. »

Véronique Bastien a entamé sa transition en pleine pandémie, après des décennies de remises en question déchirantes, afin de se donner une raison de vivre. On l’a surnommée « le tank rose », tant sa hâte et sa détermination à entreprendre ce nouveau chapitre étaient évidentes. Elle tenait à remercier l’ATQ de lui avoir offert des conseils par Zoom, de l’avoir dirigée vers les bonnes ressources et aidée à naviguer à travers le flot de désinformation en ligne. Lorsque l’auteur de ces lignes l’a retrouvée pour la remercier de son temps, elle était plongée dans une conversation profonde avec une femme dans la vingtaine, tentant de tisser les liens intergénérationnels dont son amie avait souligné l’absence. Après le lancement de la ligne du temps numérique, les festivités se sont déplacées au Ritz pour la soirée Transtopia 2. Le lendemain, en parallèle avec les conférences au théâtre du MEM, le traditionnel Marché Trans battait son plein, réunissant plusieurs organismes communautaires, artistes ainsi que des créateur.rice.s de prothèses et autres produits.

Althéa Langevin est stagiaire chez AlterHéros, un organisme communautaire qui offre des activités de démystification, des groupes de soutien et diverses autres activités pour la communauté queer montréalaise, avec un accent particulier sur les jeunes, les personnes autochtones ou racisées et les personnes neurodivergentes. « Un événement comme ça, ça aide à ne pas se sentir toute seule, mais c’est aussi utile de savoir qu’il existe des services », observe-t-elle.

« C’était très intéressant de créer des liens avec d’autres organisations, ça nous a donné des idées de collaboration », lance Dawson Ovenden-Beaudry, chargé de projets aux Jeunes Identités Créatives, dans la vingtaine comme la vaste majorité des personnes présentes au marché.

Victoria Legault, elle-même dans la vingtaine, a souligné l’importance de la collaboration intergénérationnelle dans un bref bilan livré après la fin des conférences. « On est extrêmement fier.ère.s de la réussite de cette vingtième édition — c’est un espace nécessaire en ce moment un peu trouble pour nos communautés, et ça nous fait du bien. On voulait honorer la mémoire de Marie-Marcelle Godbout. Sans elle et sans les autres pionnières, nous ne serions peut-être pas ici. Il faut reconnaître et apprécier cela pour bâtir une base plus solide pour l’avenir. ».6

R. PRATKA irenepratka1@gmail.com

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GRIS CHAUDIÈRE-APPALACHES T. 581-225-8440

GRANBY

DIVERS-GENS

T. 579-488-8004 170, St-Antoine Nord, local 107, Granby divers-gens@hotmail.com

SHERBROOKE

GRIS ESTRIE

T. 819-434-6413 grisestrie.org

ASSOCIATION LGBTQ DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE glebus@usherbrooke.ca

LANAUDIÈRE

LE NÉO

T. 450-964-1860 ou 1 800 964-1860 le-neo.com

LONGUEUIL

AMALGAME

1-888-227-7432

462, Boul. Sainte-Foy

MAURICIE

GRIS-MAURICIE/CENTRE-DU-QC T.819-840-6615 ou 1 877 745-0007 grismcdq.org

L’ACCÈS

T. 819-376-1721 #2529, Trois-Rivières OUTAOUAIS / OTTAWA

JEUNESSE IDEM

T. 819-776-1445 ou 1-877-776-1445

SANTÉ

MONTRÉAL

CENTRE D’AIDE AUX PERSONNES ATTEINTES DE L’HÉPATITE C

T. 514-521-0444 ou 1-866-522-0444

CENTRE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

T. 514-683-4588

ÉROTISME AU MAXCULIN Ateliers erotismeaumaxculin.com

Veuillez communiquer avec le groupe LGBTQ+ qui vous intéresse pour connaître leur horaire d’activités.

CENTRE DE RESSOURCES ET D’INTERVENTION EN SANTÉ ET SEXUALITÉ

T. 514-855-8991

PROJET TRAVAILLEURS DU SEXE

T. 514-521-7778 # 224

T. 514-529-7777

RÉZO

T. 514-521-7778 #400 rezosante.org info@rezosante.org

STELLA (TRAVAIL DU SEXE)

T. 514-285-8889

SUICIDE-ACTION MONTRÉAL

T. 514-723-4000 ou 1-800-Appelle

SPIRITUALITÉ

MONTRÉAL

BELIEVE sju_believe@gmail.com facebook.com

COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE

SAINT-PIERRE-APÔTRE

T. 514-524-3791 1201, Visitation

FOI ET FIERTÉ

T. 514-866-0641

110, rue Ste-Catherine E.

QUÉBEC

GROUPE CHRÉTIEN GAI

T. 418-656-2189

SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS

T. 418-623-4086, Ginette Lauzon

TRANS

PARTOUT AU QUÉBEC

AIDE AUX TRANS DU QUÉBEC

T. 1-855-909-9038 #2 atq1980.org Écoute téléphonique 24h/24

OUTAOUAIS / OTTAWA TRANS OUTAOUAIS

T. 343-202-5006 transoutaouais.com

ESTRIE

TRANSESTRIE

T. 873-989-1289 transestrie.org

SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS

T. 579-488-8004 diversgens.org

VIH/SIDA

MONTRÉAL

ACCM

T. 514-527-0928 accmontreal.org

COCQ-SIDA

T. 514-844-2477 cocqsida.com

FONDATION L’ACTUEL

T. 514-270-4900 lactuel.org

FONDATION QUÉBÉCOISE DU SIDA

T. 514-315-8839 fqsida.org

MAISON D’HÉRELLE

T. 514-844-4874 maisondherelle.org

MAISON DU PARC

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MAISON PLEIN CŒUR

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PORTAIL VIH/SIDA DU QC

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GAP-VIES

T. 514-722-5655 gapvies.ca

RÉZO

T. 514-521-7778 #400 rezosante.org info@rezosante.org

RÉSEAU DE LA SANTÉ SEXUELLE DES SOURDS DU QUÉBEC

T. 438-476-7260 rsssq.org

QUÉBEC

MIELS

T. 418-649-1720 miels.org

BEAUCE

ASSOCIATION BEAUCERONNE D’INTERVENTION SUR LE SIDA

T. 418-227-6662

CÔTE-NORD

ACTIONS SIDA CÔTE-NORD

T. 418-962-6211 ou 1 888 611-7432 macommunaute.ca

ESTRIE

LA RÉPLIQUE ESTRIE

T. 819-348-2670 archedelestrie.org

LAVAL / LAURENTIDES

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T. 450-431-7432

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MONTRÉAL JACKS

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LES BOLIDES (QUILLES) bigjc8@gmail.com

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CHŒUR QUÉBÉCOIS

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HOCKEY LES DRAGONS montrealdragons.org

QUILLES LES FAUVES

T. 514-527-7187, Yves Fontaine

QUILLES LES GAILLARDS

T. 514-231-9249, Pascal

QUILLES LAMBDA

T. 514-706-1849

QUILLES DES RENOUVEAUX

T. 514-771-6721, Richard Bégin LOISIRS DIVERSIONS algi.qc.ca/asso/loisirsdiversions Pour femmes de 40 ans+

LES LUDOVORES

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SOCCER FÉMININ

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STUDIO DANSE ARC-EN-CIEL

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QUÉBEC

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SOCCER LGBT+ MONTRÉAL soccer-lgbt-montreal.ca

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VOLLEYBALL BORÉAL Volley Intérieur et Volley de Plage Contactez Karl, Caroline ou Ludovic info@volley-boreal.net www.volley-boreal.net facebook.com/volleyboreal instagram.com/voleyboreal

YOGA GAI ZONE MTL yogagaizonemtl.wixsite.com/yogi

Nouveau

conseil d’administration

Présents sur la photo, de gauche à droite : Jo-Annie Rajotte, Jean-Claude Lapointe, Camille Durand, Pascale Audette, Eric Gogniat, Patrick Lévesque, Philippe Girard, Alan Gaudet et Richard Miallot.

Absents sur la photo : Damian Pilier et Patrick Blouin.

Félicitations aux neuf nouveaux·elles administrateur·rice·s élu·e·s, ainsi qu’aux deux membres qui poursuivent leur mandat!

Scott English, gagnant d’une paire de billets pour la F1 tirée parmi les personnes présentes (à gauche sur la photo), est accompagné du président d’Équipe Montréal, Philippe Girard (à droite).

Équipe Montréal rassemble ses forces lors de son AGA

Le 26 avril dernier, Équipe Montréal a tenu son assemblée générale annuelle (AGA) dans une ambiance à la fois conviviale, engagée et résolument tournée vers l’avenir. Plus de 40 participant(e)s représentant les groupes membres étaient présent(e)s à ce grand rendez-vous annuel, témoignant de la vitalité et de la force de notre communauté sportive et de loisirs LGBTQ+.

L’AGA a été précédée d’une rencontre des président(e)s, un moment privilégié d’échanges francs et constructifs. Au programme : portrait actuel des groupes membres, enjeux liés au recrutement et à la diversité, carte de membre Équipe Montréal, mutualisation des ressources, partage des bonnes pratiques ainsi que réflexion sur les événements rassembleurs comme les 6@9, le gala annuel et plus encore. Ces discussions ont permis de faire émerger plusieurs idées concrètes afin de renforcer le sentiment d’appartenance et de soutenir les groupes sur le terrain.

Cette journée a confirmé une chose : la communauté Équipe Montréal est bien vivante, créative et solidaire. Les recommandations formulées serviront de base à un plan d’action qui sera développé au cours des prochaines semaines en vue des priorités 2026-2027. Une nouvelle étape s’amorce, portée par une volonté commune de bâtir un réseau encore plus uni, inclusif et visible.

Philippe Girard

Président d’Équipe Montréal

Groupes

Montréal Roller Derby

Double programme avec un match opposant nos équipes locales bien aimées, les Verts et les Jaunes, suivi d’une rencontre entre la Smash Squad et l’équipe de Sherbrooke. 13 juin 2026, de 17 h à 21 h (HAE) Infos et billets : https://www.zeffy.com/en-CA/ticketing/ mtlrd-double-header-green-vs-yellow-smash-squad

Plein air Hors sentiers

L’été commence à peine… il faut en profiter! Tout le monde dehors! Voici nos activités à venir :

• Samedi 6 juin : randonnée au mont Ampersand, Adirondacks, NY

• Dimanche 7 juin : randonnée au mont Chauve, parc du Mont-Orford

• Samedi 13 juin : vélo – tour du lac Brome, Estrie

• Samedi 13 juin : randonnée au parc Voyageur, Hawkesbury, ON

• Du 19 au 20 juin : séjour en lean-to au mont Colden, Adirondacks, NY

• Samedi 20 juin : randonnée au parc du Bois-de-Belle-Rivière, Mirabel

• Mercredi 24 juin : randonnée au parc régional de Sainte-Agathe-des-Monts

• Samedi 27 juin : randonnée à la Réserve naturelle Boréale, Sainte-Julienne Info et inscription : horssentiers.ca

Club Bolo Danse Country

C’est la période des pratiques en vue du défilé de Fierté Montréal. Les portes ouvrent à 19 h et les cours débutent à 19 h 30. Les soirées dansantes commencent à 20 h 30. Le 19 juin, nous célébrerons la Saint-Jean. Prenez note que nous serons en congé d’activités durant le mois de juillet 2026. Les cours reprendront à la session d’automne 2026. Nous sommes situés au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine d’Alexandrie, au 1700, rue Atateken, à Montréal. Nous vous invitons à vous inscrire en ligne, via l’onglet « billetterie » de notre site web. Vous courrez ainsi la chance de gagner une consommation gratuite. Pour suivre nos activités, consultez notre site web ou la page Facebook du Club Bolo. Pour rester à l’affût des nouveautés, inscrivez-vous à notre Bolo Hebdo à l’adresse : info@clubbolo.com ou secretaire@clubbolo.com. Bienvenue à tous et à toutes! 514-849-4777 / www.clubbolo.com

Outrun

Envie de bouger, de rencontrer du monde et de commencer le week-end du bon pied? Rejoins notre club de course queer/trans, Outrun! Tous les samedis matin à 10 h, nous nous retrouvons près du pont du parc Lafontaine pour une course accessible à tous les niveaux. Que tu sois joggeur·se débutant·e ou coureur·se aguerri·e, l’important ici, c’est le plaisir, l’inclusivité et les bonnes vibes. Notre objectif est de créer une communauté et d’encourager le mouvement, pas de battre des records personnels. Et parce que l’effort mérite toujours une récompense, nous poursuivons ensuite avec un café bien mérité au Reine Garçon. À samedi! Plus d’infos sur Instagram : @out_runclub

Club de Soccer LGBT+

Le Club de Soccer LGBT+ de Montréal vous invite à ses matchs amicaux hebdomadaires au parc Baldwin (Plateau-Mont-Royal), tous les jeudis à partir de 18 h.

Surveillez notre Instagram (https://www.instagram.com/soccerlgbtplus) et notre page Facebook (https://www.facebook.com/Club.de.Soccer.LGBT.de.Montreal) pour toute annulation de dernière minute en raison de la météo. Habituellement, un peu de pluie ne nous

décourage pas, mais les orages ou les grandes chaleurs peuvent entraîner l’annulation d’une séance.

C’est une belle occasion pour les joueuses et joueurs de tous les niveaux de rencontrer les membres de notre équipe, de s’amuser sur le terrain et de socialiser. Le port de souliers de soccer et de protège-tibias est recommandé.

Vous pouvez vous procurer une adhésion saisonnière (40 $ tarif régulier – 20 $ faible revenu) sur place afin de nous aider à couvrir les coûts de location du terrain. Sinon, une contribution suggérée de 5 $ par semaine est appréciée. La première participation est gratuite! Alors, amenez vos ami·e·s! Au plaisir de vous voir sur le terrain!

Les Galopins

Joignez-vous à nous pour courir ou marcher tout en profitant du magnifique panorama qu’offre le mont Royal. Que vous soyez débutant·e ou expérimenté·e, l’expérience sera exceptionnelle : nos participant·e·s sont de tous les niveaux. En devenant membre, vous ferez partie du réseau mondial des clubs de course et de marche LGBT Front Runners ainsi que d’Équipe Montréal. Aucun engagement : venez simplement essayer l’un de nos rendez-vous!

Rendez-vous : Tous les samedis à 9 h 30 – course et marche

Les jeudis à 18 h – course

Début du chemin Olmsted, au mont Royal, à côté du monument George-Étienne-Cartier

Contactez-nous : Facebook : facebook.com/galopinsmontreal / info@galopins.ca Plus de 30 ans au sein de la communauté!

L’Ensemble vocal Ganymède

L’Ensemble vocal Ganymède revient du Festival des chœurs Unison, tenu du 15 au 18 mai à Vancouver, le plus grand rassemblement choral 2SLGBTQIA+ au Canada.

De retour à Montréal, l’ensemble prépare déjà sa participation à Fierté Montréal, notamment la messe commémorative du 2 août à la cathédrale Christ Church. Une belle occasion de découvrir son répertoire et de rencontrer ses membres. L’ensemble est toujours à la recherche de nouveaux chanteurs passionnés et invite toute personne intéressée à se joindre à la prochaine saison 2026-2027. Pour plus d’information : info@evganymede.com (514) 992-5362

Gay Games de Valence

27 juin au 4 juillet 2026

Le départ approche à grands pas! Bonne préparation à l’ensemble des participant(e)s.

Stéphane Vachon

Stéphane Vachon retrouve la glace et l’esprit des Gay Games à Valence

Ancien compétiteur revenu au patinage artistique après plus de 15 ans d’absence, Stéphane Vachon participera aux Gay Games de Valence en juin. Entraîneur, podcasteur et conférencier engagé auprès de la communauté LGBTQ+, il voit ce retour à la compétition comme un moment profondément personnel. Après avoir quitté le sport à cause de l’homophobie vécue durant sa jeunesse, il retrouve aujourd’hui la glace avec une nouvelle perspective, accompagné de son mari et de leur fils. Dans cette entrevue, il revient sur l’importance des Gay Games, l’évolution du milieu du patinage artistique et le message qu’il souhaite transmettre aux jeunes LGBTQ+.

TuparticiperasbientôtauxGayGamesdeValence.Qu’est-cequeçareprésentepourtoid’y retourneraprèstoutescesannées?

STÉPHANE VACHON : Je suis retourné au patinage artistique après plus de 15 ans d’absence. Ça fait bientôt deux ans que j’ai recommencé. La raison est assez simple : mon petit garçon, qu’on a adopté mon mari et moi, m’a demandé d’aller patiner dehors avec lui. Dès que j’ai remis les pieds sur la glace, j’ai ressenti les mêmes frissons qu’avant. En plus, j’ai reçu un diagnostic de fibromyalgie il y a deux ans. Je sais que ça ne va pas s’améliorer avec le temps, alors je me suis dit : avant qu’il soit trop tard, je veux vraiment retourner sur la glace. Et sachant que les Gay Games approchaient, c’était l’occasion parfaite.

TudisquelesGayGamesontmarquéuntournantdanstavie.Pourquoi?

STÉPHANE VACHON : Quand j’ai participé aux Gay Games pour la première fois, je venais tout juste de faire mon coming out, en 1994. Je n’étais pas encore pleinement à l’aise avec qui j’étais. À cette époque, j’entraînais en Alberta, dans un milieu très homophobe. On pouvait littéralement perdre notre emploi à cause de ça. Quand on m’a offert ce travail-là, on m’a demandé si j’avais une blonde. On me faisait comprendre qu’il fallait cacher qui j’étais. Puis j’ai entendu parler des Gay Games. Je me suis renseigné, je suis revenu à Montréal pour m’entraîner davantage et je suis finalement parti avec l’équipe de Montréal. Je me souviens encore de mon entrée dans le stade entouré de milliers de personnes comme moi. J’étais dans la vingtaine et ce sentiment-là a été incroyable. J’ai très hâte de revivre ça.

Qu’est-cequecesévénementschangentconcrètementpourlesathlètesLGBTQ+?

STÉPHANE VACHON : Le sentiment d’appartenance que j’ai vécu là-bas m’a donné un énorme boost. Patiner, entouré de gens qui vivaient des réalités semblables aux miennes, m’a aidé à m’accepter davantage et à prendre ma place dans la communauté. Aux Gay Games de New York, j’avais gagné des médailles et les gens venaient me parler. Tout le monde voulait savoir quel sport je pratiquais. Ce fut une expérience tellement humaine et chaleureuse. J’y étais avec des amis d’Edmonton et ça reste un souvenir que je vais garder toute ma vie.

Est-cequelemilieudupatinageartistiqueestdevenuplusinclusifdepuistesdébuts?

STÉPHANE VACHON : Au Canada, les choses ont évolué. Depuis 2022, les couples de même sexe peuvent compétitionner ici. Ça demeure limité à l’international, mais au moins il y a une ouverture. Cela dit, le sport reste extrêmement stéréotypé. On entend encore des commentateurs parler du fait qu’un couple doit avoir l’air amoureux pour obtenir de meilleurs points. Même certains entraîneurs poussent cette idée-là de connexion romantique obligatoire entre les partenaires. À l’international, je trouve que ça n’a pas beaucoup bougé.

Tuasdéjàdûcachercertaineschosespourpouvoirpatiner?

STÉPHANE VACHON : Oui. Quand je suis allé aux Gay Games à New York, j’avais un partenaire de Montréal et on se cachait dans l’aréna à six heures du matin pour pratiquer ensemble. Dès que quelqu’un entrait dans la patinoire, on se séparait immédiatement pour ne pas attirer l’attention. Aujourd’hui, au moins, si j’avais un partenaire masculin, je pourrais probablement m’entraîner dans un club sans avoir peur de me faire expulser ou de subir de l’homophobie.

Qu’attends-tuleplusdesJeuxdeValence?

STÉPHANE VACHON : Cette fois-ci, ce sera complètement différent parce que je vais vivre ça avec mon mari et notre garçon. Ils seront là aux cérémonies d’ouverture. On a même commandé le kit de l’équipe de Montréal ensemble. Juste ça, c’est déjà extraordinaire pour moi. Je me suis inscrit dans quatre catégories parce que je voulais profiter de l’expérience au maximum.

Tuprésentesaussiunprogrammetrèspersonnel?

STÉPHANE VACHON : Oui. Je fais notamment un numéro dans la catégorie Spotlight, qui est plus axée sur le divertissement et la narration. Mon programme raconte mon histoire, de mon coming out jusqu’à aujourd’hui. On entend même ma voix dans le montage musical. Je vais aussi patiner en couple avec un homme de 73 ans qui a commencé le patinage à 49 ans et qui a participé à presque tous les Gay Games depuis l’Australie. Son partenaire ne pouvait pas être là cette année, alors il m’a proposé de participer avec lui. C’est vraiment l’esprit des Gay Games : le plaisir de partager cette expérience ensemble.

Quelmessageaimerais-tutransmettreauxjeunesLGBTQ+quirêventdefairedupatinage artistique?

STÉPHANE VACHON : J’ai arrêté le patinage assez jeune. Ma dernière compétition amateur remonte à mes 17 ans parce que je vivais énormément d’homophobie : des insultes, des menaces physiques, de l’abus psychologique. Même après, je surveillais constamment ma posture, mes gestes, la façon dont je bougeais mes mains. Je n’ai jamais vraiment pu être moi-même avant d’arriver aux Gay Games. Alors ce que je dirais aux jeunes aujourd’hui, c’est : soyez vous-mêmes tout de suite. Vous allez être plus heureux, mais aussi meilleurs dans votre sport, parce que vous n’aurez plus à cacher une partie de vous-mêmes.6

Pour voir la vidéo de l’entrevue, visitez le site web de Fugues ou le canal Youtube au https://www.youtube.com/@FuguesMag

ANDRÉA ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

INFOS | Les Gay Games de Valence, du 27 juin au 4 juillet 2026 www.gaygamesvalencia2026.com /

Pour suivre Stéphane Vachon: https://togethermovingforwardpodcast.com https://www.linkedin.com/in/stefvachon-lgbtq-keynote-speaker-podcaster

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IN MEMORIAM

Entre partys, prestations de drags, activités communautaires, pièce de théâtre, exposition festivals, galas ou événements plus ou moins underground, découvrez LA sélection des choses les plus gaies, queer (ou LGBTQ-friendly) à faire en ville chaque mois…

C’est avec une immense tristesse que nous vous apprenons le décès soudain de M. André Guy survenu le jeudi le 21 avril 2026 au CHUM à l’âge de 68 ans. Suite à 4 AVC il nous a quitté sans avoir eu la chance de nous dire adieu. André était très connu dans le village pour y avoir travailler continuellement plus de la moitié de sa vie. Pour son dernier emploie qu’il adorait, il était caissier au Sauna Centre-Ville et ce depuis le 15 juin 1990 (36 ans). André était une personne généreuse, amicale, amusante, aimante, avec un grand cœur et passer du temps avec lui était toujours un immense plaisir juste par sa façon particulière et comique qu’il avait à nous raconter ses aventures au quotidien. Tu nous manques déjà. La direction et le personnel offrent leur sincères condoléance à sa famille, ses proches et tous ceux qui ont eu le privilège de rencontrer André dans leur vie. Repose en paix notre cher ami.

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Bien plus qu’un camping, un véritable resort!

Depuis plusieurs décennies, le Camping, Club et Resort Plein Bois demeure l’une des destinations estivales les plus connues de la communauté gaie québécoise. Situé à Sainte-Marthe, en Montérégie, à environ une heure de Montréal, ce vaste domaine attire chaque été des centaines de visiteurs venus profiter d’un environnement où détente, liberté et vie sociale se conjuguent dans une atmosphère à la fois festive et décontractée.

Au fil des ans, Plein Bois s’est développé bien au-delà du simple camping traditionnel. Le site fonctionne aujourd’hui comme un véritable resort communautaire en pleine nature, avec une offre diversifiée qui permet autant les longs séjours saisonniers que les escapades de fin de semaine. Sa grande superficie boisée contribue d’ailleurs à créer une impression de village estival où chacun peut vivre l’expérience à son rythme.

L’un des grands atouts du domaine demeure son équilibre entre animation et tranquillité. Les visiteurs qui souhaitent socialiser trouvent rapidement leur place autour des piscines, au PB Club ou lors des nombreuses activités organisées tout au long de la saison. Ceux qui préfèrent décrocher dans un environnement plus calme peuvent profiter des espaces boisés, des sentiers et des terrains plus intimes répartis sur le site.

Les installations offertes contribuent largement à la réputation du resort. Plein Bois comprend plusieurs terrains de camping pour tentes, roulottes et véhicules récréatifs, en plus de diverses options d’hébergement. On y retrouve également des installations sanitaires modernes, des espaces communautaires et des zones de détente aménagées pour favoriser les rencontres entre campeurs.

Les piscines constituent évidemment l’un des principaux pôles d’attraction du domaine durant l’été. Très fréquentées lors des journées chaudes et des événements spéciaux, elles deviennent rapidement des lieux de rassemblement où musique, discussions et moments de détente se prolongent souvent jusque tard en soirée. Le site mise aussi beaucoup sur son ambiance conviviale et inclusive, où les visiteurs peuvent circuler librement dans un climat de respect et d’ouverture.

Le célèbre PB Club demeure également au cœur de la vie nocturne du camping. Cet espace accueille les soirées dansantes, spectacles, concours, karaokés et événements thématiques qui rythment toute la saison estivale. Chaque week-end possède pratiquement sa propre identité, qu’il s’agisse des week-ends fetish, bear, country, disco, drag ou encore des grandes célébrations estivales comme Noël du campeur ou la Fiesta mexicaine.

Les copropriétaires Vincent et Jonathan souhaitent d’ailleurs faire de la saison 2026 l’une des plus dynamiques des dernières années. Dans leur message adressé aux campeurs, ils insistent sur leur désir d’offrir toujours plus d’activités variées afin d’enrichir l’expérience des visiteurs. Leur vision repose autant sur le divertissement que sur le sentiment d’appartenance à une communauté fidèle qui revient année après année.

Cette programmation thématique particulièrement riche constitue d’ailleurs l’une des grandes forces de Plein Bois . Peu d’endroits au Québec proposent une telle diversité d’activités dans un contexte aussi libre et assumé. Entre spectacles de drag, soirées costumées, brunchs communautaires, DJ autour des piscines, concours, danse country ou événements fetish, le resort réussit à attirer une clientèle variée et intergénérationnelle.

Mais au-delà des fêtes et des événements, Plein Bois demeure surtout un lieu de rencontres humaines. Plusieurs campeurs y entretiennent des amitiés de longue date et considèrent le site comme une véritable résidence estivale. Cette dimension communautaire contribue énormément à l’identité du resort et explique la fidélité de nombreux visiteurs.

Dans un contexte où les espaces de socialisation LGBTQ+ évoluent rapidement, Plein Bois continue donc d’occuper une place particulière au Québec. À la fois camping, club social, resort festif et refuge en nature, le domaine réussit encore aujourd’hui à offrir un rare équilibre entre liberté, divertissement et sentiment de communauté.6

LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

INFOS | https://campingpleinbois.com

PLEIN BOIS

BEAR

Weekend du 19 au 21 juin

Vendredi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

Samedi BRUNCH PIC BOIS 9h à midi

Samedi POOL VIBES avec DJ: (info à venir)

Samedi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

Samedi (autres détails à venir)

Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 1h

• Samedi BAND DE MUSIQUE au 5 à 7

• Samedi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 1h

DRAG SANS CENSURE

Weekend du 12 au 14 juin

• Vendredi SHOW MICHEL DORION PB CLUB 20h

• Vendredi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Samedi CONCOURS DE LA MEILLEURE DRAG DU CAMPING ET COURONNEMENT DE MISS PB CLUB 20h

• Samedi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 2h

BONNE FÊTE QUÉBEC

Weekend du 26 au 28 juin

Familles et ami(e)s 18+

• Vendredi Discothèque 22h à 2h

• Vendredi PISCINE CHAUDE jusqu’à 23h

• Samedi SOIRÉE AVEC BAND EXTÉRIEUR 20h à 22h30

• Samedi Discothèque PB CLUB 22h30 à 2h

• Samedi SOUPER FONDUE PIC BOIS 17h (billet pour réservation)

• Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 1h am

Guadalajara

Une ville très mexicaine, à la fois traditionnelle et avant-gardiste

Je suis allé découvrir Guadalajara, qui accueillera en juin prochain certaines rencontres disputées en sol mexicain lors de la Coupe du monde de football (soccer). Deuxième plus grande ville du pays, elle se distingue aussi par une particularité étonnante : c’est celle qui compte la plus forte proportion de personnes s’identifiant comme LGBTQ+, devant même Ciudad de México. Et pourtant, au premier regard, rien ne saute aux yeux — du moins, selon mon expérience. Pas de forêt de drapeaux arc-en-ciel ni d’autocollants colorés à l’entrée des bars et des boutiques. Mais en y regardant de plus près, on remarque souvent, à l’entrée d’établissements en apparence plus «straights», des messages clairs : ici, on ne discrimine pas. Une ouverture également assumée, bien souvent, dans les hôtels.

En fait, ce qui m’a le plus marqué lors de cette visite, c’est la fascinante dualité de la ville. C’est une cité tentaculaire, formée de secteurs très différents, où il y a ce que l’on voit… et toujours une autre facette derrière. Une ville industrielle, et pourtant très artistique en même temps. Elle a un peu un air de Montréal, une ville où les gens vivent pleinement.

Guadalajara est remplie de complexes industriels et de murales dans les rues, de musées et de galeries, de cafés et de restaurants; il y a des raves clandestines et des squares où se produisent des groupes de mariachi. Chaque nuit, on entend le klaxon long et mélancolique d’un train de marchandises qui la traverse à deux heures du matin. Et, parallèlement à tout ça, c’est aussi le fief du cartel de Guadalajara, dont le chef a été assassiné en février. On voit sur certains murs, ainsi que sur le monument des Niños Héroes, des affiches déchirantes montrant des jeunes disparus que des familles recherchent toujours. Mais il y a aussi un sentiment de résilience tranquille chez les gens qu’on croise. Le quotidien se déroule plutôt paisiblement. Malgré la circulation assez intense des voitures et des gens, il n’y a quasiment aucun signe d’impatience. Personne ne crie et les voitures klaxonnent très peu. C’est impressionnant pour un pays latin!

Les distances entre les différents quartiers sont plus ou moins grandes, mais il est très facile de se déplacer. Il y a énormément de bus, un métro (les wagons sont toujours bondés : attention à vos poches!), des services comme Uber et Didi, plutôt bon marché, et surprise : Bixi y a conçu un réseau de location de vélos, MiBici! Bon, il faut vraiment vérifier l’état de son vélo, mais le cœur de la ville est quadrillé de pistes cyclables très pratiques.

Le premier quartier qu’on visite, c’est le Centro Histórico, avec ses églises (la cathédrale, mais aussi le Templo Expiatorio), ses musées (le sobre Hospicio Cabañas, un ancien hospice qui présente des murales incroyables du peintre politique José Clemente Orozco, le MUSA de l’Université de Guadalajara, et l’Ex Convento del Carmen, un cloître où au moins un mois entier est dédié aux œuvres d’artistes de la communauté LGBTQ+), et bien sûr le gros marché San Juan de Dios, un genre de marché aux puces avec trois étages de dédales de boutiques et d’étals de cuisine de rue. C’est étourdissant, mais c’est une expérience. Il y a aussi un coin plus alternatif : quelques rues avec des vêtements de seconde main, surtout noirs, et de la lingerie féminine. On retrouve également dans ce quartier plusieurs bars, clubs et saunas gais ou mixtes.

Ensuite, il y a la Colonia Americana et la Zona Rosa, avec la très vivante avenue Chapultepec (tout le monde l’appelle Chapu). Des quartiers voisins considérés comme un peu plus jeunes et branchés, mais où la gentrification a commencé sa conquête. Il y a des galeries d’art moderne, des cafés et des restaurants très animés, et plein de monde qui fait du jogging ou promène son chien, de jour comme de soir. On y trouve, dans une rue, une cour à l’entrée discrète qui abrite un des bars de drag les plus

fréquentés : le fameux Peligro al Fondo (Danger au fond). On peut y manger, certains soirs, une pizza cuite au four à pierre, boire des cocktails et se faire niaiser par les colorées drag queens à la langue acerbe, aux costumes minimalistes, qui font des death drops sur le terrazzo en se promenant entre les tables. C’est toujours plein! Il y a aussi plein de petits restos branchés où tout le monde va déjeuner et savourer des plats locaux. Le déjeuner est probablement le plus gros repas de la journée : c’est copieux, et vraiment pas léger. D’autres quartiers sont aussi gay-friendly et plus huppés, mais je ne les ai pas visités cette fois-ci.

En périphérie de la ville, un de mes coups de cœur : Tlaquepaque! C’est à la fois un piège à touristes, mais aussi un endroit visuellement magique. C’est ici qu’est née la culture des mariachis, avec ses chants, ses musiciens et ses danses. Il y a le fameux El Parián, entouré de terrasses avec une scène centrale où vous verrez des numéros folkloriques. Si vous réussissez à trouver un espace libre entre les terrasses, vous pouvez y assister gratuitement; sinon, sortez vos pesos. Il y a aussi une superbe rue pour sortir du quartier, l’avenida Andador Independencia, qui abrite des galeries d’artistes locaux et le musée régional de la céramique. Vous verrez dans la rue les sculptures amusantes de Rodo Padilla, qui rappellent celles de Botero, et il faut visiter la galerie du sculpteur hallucinant Sergio Bustamante, dont les œuvres semblent inspirées des créatures de Clive Barker. Il y a aussi la boutique Nuestros Dulces, un magasin de bonbons… qui vend aussi le plus grand nombre de téquilas au monde!

Parlant de Tequila, c’est une petite ville située à environ 1 h 30 de Guadalajara, où se trouvent plusieurs distilleries et où vous pouvez voir les grands champs d’agave bleue. C’est hyper touristique et il faut choisir judicieusement son forfait pour ne pas se retrouver dans un autocar rempli de gens complètement saouls. Il y a aussi un train touristique qui vous y amène, mais ça se réserve longtemps d’avance et c’est assez cher. Mieux vaut s’y rendre par soi-même et prendre un tour local, comme avec Destino Agave. Les deux attractions principales sont la visite de José Cuervo, dont la famille a été très influente dans le développement de la ville, et l’expérience Casa Sauza, avec ses bâtiments et jardins incroyables. Pas donné non plus, mais ça vaut le coup. En dehors de la ville, le décor des champs d’agaves et du volcan au loin est magnifique.

De retour à Guadalajara, vous verrez qu’il y a beaucoup d’options de sorties. Comme à Montréal dans le temps, certaines soirées dans les clubs sont dédiés à certaines clientèles, et c’est plein de fêtards. Il y a des soirées bears, des soirées cuir, des karaokés, etc. Le samedi, il faut aller au Vaqueros Antro, un club country où locaux et cowboys de la campagne viennent fraterniser, danser, surtout chanter, et baiser dans le darkroom à l’étage. Même les clubs de sexe et les saunas ont des soirées à thème : soirée bobettes, soirée tout nu, soirée bear et diversité corporelle, etc. Mieux vaut s’informer avant de s’y rendre si on veut être en harmonie avec le thème.

Côté clubs, informez-vous aussi de la clientèle visée selon le soir. Attendez-vous à de la musique pop internationale, mais aussi beaucoup de techno et de reggaeton à certains endroits. Certains clubs ont aussi des darkrooms et des shows de drag et de gogo boys. Le 13 juin, il y a la très populaire Fierté, avec défilé et une foule de partys plus colorés les uns que les autres. Un autre événement auquel participer, c’est la soirée de Lucha Libre Glamour, le mardi soir. Ce n’est pas un événement gai en soi, mais l’esthétique des costumes, le côté très coloré et exagéré du combat, et l’ambiance de la foule qui invective les participants, c’est très amusant et vraiment typique.

Côté hébergement, la très grande majorité des hôtels apprécient les dollars roses. Il y a aussi une bonne offre d’hébergement à prix variés sur la plateforme Misterb&b, entre autres. Vérifiez simplement dans quel secteur de la ville vous préférez vous retrouver, et le tour est joué. Air Canada et Air Transat offrent des vols directs de Montréal.

Côté culinaire, il y a un grand choix de cuisines. L’État de Jalisco est très réputé côté gastronomie. On trouve aussi pas mal de restos asiatiques, avec une emphase sur les sushis et les mets coréens, des steakhouses d’inspiration argentine et des restaurants italiens plutôt haut de gamme. Les prix ressemblent souvent à ceux de Montréal.

En résumé, Guadalajara est une grande ville qui se vit autant qu’elle se visite. Elle offre une immersion dans le vrai Mexique, pleine de contrastes colorés, sous un quotidien presque banal. Partir à la découverte de tous ses visages, ça fait une super escapade urbaine. 6

OLIVIER DE MAISONNEUVE redaction@fugues.com

Une autre façon de vivre la WorldPride

On imagine souvent la WorldPride à travers l’effervescence des grandes foules, les célébrations qui se prolongent jusque tard dans la nuit et le rythme intense des villes en fête. Pourtant, pour plusieurs voyageurs et voyageuses, une autre envie commence à émerger : celle de vivre cet événement mondial autrement. Plus lentement. Plus humainement. Plus profondément.

C’est dans cet esprit que Voyati propose une croisière fluviale immersive entre Bruxelles et Amsterdam à l’été 2026, pendant la WorldPride. Une façon différente de voyager, où le trajet devient lui-même une partie de l’expérience. À bord, le rythme change. On se réveille dans une nouvelle ville sans refaire sa valise. On prend un café sur le pont pendant que les paysages défilent doucement. Les journées alternent entre découvertes, moments libres, conversations spontanées et soirées partagées dans une ambiance chaleureuse et inclusive. Bien plus qu'un simple moyen de transport, la croisière est un espace de vie flottant qui invite à la lenteur. C’est un lieu de rencontre entre des personnes d’horizons et de générations variés, toutes réunies par le désir de vivre une expérience humaine, ouverte et conviviale.

L’itinéraire reliera Bruxelles, Anvers, Rotterdam et Amsterdam, en suivant le rythme de la rivière et des célébrations entourant la WorldPride L’expérience a été pensée à taille humaine, avec moins de 80 passagers à bord, afin de préserver une atmosphère plus intime et confortable. Tout au long du voyage, contribuera à créer des moments de rencontre, de légèreté et de partage grâce à son énergie rassembleuse, son humour et sa présence chaleureuse.

Entre célébration et respiration

À travers cette expérience, Voyati souhaite proposer une autre manière de découvrir la WorldPride : non seulement à travers les festivités, mais aussi à travers les rencontres, les discussions improvisées sur le pont, les repas partagés et les petits moments suspendus entre deux villes. Certaines personnes voyageront pour célébrer. D’autres pour ralentir, respirer et rencontrer autrement. Peut-être un peu des deux.

Informations pratiques

Croisière WorldPride 2026 / Bruxelles - Amsterdam

Du 27 juillet au 1er août 2026 • 6 jours / 5 nuits

• Croisière fluviale inclusive à taille humaine

• Seulement 82 passagers à bord

• Pension complète

• Escales à Bruxelles, Anvers, Rotterdam et Amsterdam

• Présence spéciale de Barbada pendant le voyage

Plusieurs forfaits sont proposés selon le rythme et l’expérience recherchés. Il reste actuellement quelques places disponibles pour l’été 2026. Les personnes intéressées peuvent découvrir les détails du voyage ou communiquer avec Voyati pour obtenir LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com https://voyati.ca/worldpride2026/

Fondée en 2005

Bienvenue à tout le monde

LES MARDIS À 18h45

Salon de quilles Darling 3350 Rue Ontario E, Montréal

Soirée d’inscription : Mardi 1er septembre 2026 de 19h à 20h30

Début de la saison : Mardi 8 septembre 2026 18h45

TRAILS OF DARKNESS

UN COLOC D’ENFER

Owen Greene, n’a qu’un seul désir lorsqu’il entre à l’université : décrocher des « A » et un stage. Ses plans sont cependant bouleversés lorsqu’il fait la rencontre du colocataire qui lui est imposé, nulle autre que Zarmenus, un prince de l’Enfer envoyé sur Terre dans le cadre d’un programme d’échange expérimental.

Évidemment, le qualificatif « d’enfer » réfère ici à plusieurs éléments, puisqu’au-delà du fait que Zarmenus est littéralement issu de la dimension infernale, la personnalité du colocataire alterne également entre l’exceptionnel et l’insupportable. Alors qu’Owen est d’un naturel tranquille, son compagnon de chambre se révèle au contraire bruyant, provocant, amateur de fêtes débridées et… de parties de jambes en l’air. Une situation qui exaspère Scott, relégué à l’étage supérieur du lit superposé qu’ils partagent, même s’il ne peut s’empêcher de lorgner les hommes que son coloc ramène, ainsi que son corps d’athlète.

La présence du démon n’est par ailleurs pas sans soulever l’ire de certains groupes conservateurs et ses débordements ne font donc qu’attiser les flammes de leurs préjugés. Afin de redorer son image, Zarmenus propose donc un marché : prétendre qu’Owen est son petit ami afin de présenter une image plus sage tout en apprenant le b.a.-ba de ce qui constitue un parfait « bon humain ». Évidemment, comédie romantique oblige, les frontières entre le faux et le vrai deviennent de plus en plus floues, alors que des sentiments sincères prennent éventuellement le dessus sur la mascarade.

Le roman présente deux hommes aux personnalités contrastées. Tandis qu’Owen est en plein questionnement identitaire, Zarmenus est totalement transparent sur sa sexualité et n’arrive pas à comprendre pourquoi on en fait tout un plat. Placés à des pôles opposés, les deux personnages sont donc amenés à évoluer et à nuancer leur regard sur l’autre. La notion même de « démonisation » est également remise en question alors qu’Owen réalise que le célèbre « L’enfer, c’est les autres » de Sartre renvoie surtout à une incompréhension de la différence. Par ailleurs, l’assurance affichée de Zarmenus révèle bientôt des zones de fragilité alors qu’Owen, face aux manifestations d’intolérance visant son coloc, se découvre une force insoupçonnée.

Le roman alterne avec adresse entre romance, fantaisie et humour et, bien que visant un public adolescent, plaira à tous.6

INFOS | UN COLOC D’ENFER / CALE DIETRICH. PARIS : COMET, 2026. 427 P.

Jonathan Jones, un jeune garçon de Gatineau, découvre un jeu mystérieux qui semble habité d’une énergie sombre et dans lequel il plonge en ignorant qu’il s’agit en fait d’un piège malveillant qui cherche à détruire ses participants.

Prisonnier du jeu, il lutte pour survivre et finit par regagner le monde réel, profondément marqué, à la fois physiquement et psychologiquement. Soutenu par sa famille et ses amis, il se lance alors dans une quête périlleuse où il doit affronter des entités surnaturelles, résoudre des énigmes et livrer des combats violents. Peu à peu, il découvre l’existence de zones d’ombre dans le passé de sa famille, révélant des liens avec une conspiration surnaturelle. Cette révélation l’amène à comprendre que les pouvoirs émergents dont il se découvre doté sont intimement liés à une entité ancienne.

Theo Dinelle est un auteur trans, ce qui n’est sans doute pas étranger à l’importance et la sensibilité avec laquelle il développe certains thèmes qui jalonnent le parcours de Jonathan, notamment au regard de la différence et du rejet.

Il propose une saga de fantaisie noire qui entrelace efficacement horreur et drame psychologique au cœur d’une atmosphère étouffante. Il se démarque par une écriture sensible et une remarquable capacité à créer des personnages complexes au sein d’un univers fantasmagorique crédible.

Dans son troisième volet, TrailsofDarknessThree:EchoesintheDark , tout juste paru, l’univers s’élargit pour faire émerger des figures monstrueuses, des alliés aux intentions troubles et des révélations toujours plus dérangeantes. L’intrigue s’attarde notamment sur une école aux apparences trompeuses, derrière lesquelles les adultes dissimulent une nature profondément inhumaine.

Disponible en format imprimé ou numérique sur www.amazon.ca. 6

INFOS | TRAILS OF DARKNESS / THEO DINELLE. [CANADA] : THEO DINELLE, 2024(1. THE UNLIMITED GAME; 2. NOWHERE TO HIDE; 3. ECHOES

MIGNEAULT

ON NE PEUT MENTIR À SA PROPRE CHAIR

Marqué dès l’enfance par les violences d’un père qui l’ont laissé défiguré, un narrateur sans nom décide de réaliser un film inspiré de sa propre histoire. À travers ce projet, il se trouve cependant confronté aux réminiscences d’un passé traumatique.

Il erre bientôt à travers les corps d’autres hommes avec lesquels il tente de se redéfinir à l’extérieur de ce trauma originel. Encagoulé, c’est à travers des pratiques BDSM qu’il renoue avec des dynamiques de pouvoir, de domination et de vulnérabilité. Ce processus l’amène paradoxalement à une forme d’intimité qui lui permet d’aller au-delà de la mémoire du passé.

Loin d’une représentation édulcorée du BDSM, le roman aborde de manière très frontale une violence, symbolique et réelle, où le plaisir se mêle à la douleur. Le récit présente une relecture inhabituelle du mythe d’Œdipe : il ne s’agit plus tant de supprimer la figure paternelle que de tenter de la reconquérir par des scénarios de domination visant à transformer la violence subie en acte de jouissance.

Le roman alterne entre les temporalités où l’empreinte d’hier se manifeste dans le présent et où certains acteurs clés du passé s’immiscent. Jusqu’au surnom de son partenaire BDSM — Valentin —, un nom chargé d’une symbolique amoureuse, qui souligne avec une touche d’ironie la tension au cœur du récit : d’un côté, un désir qui se construit dans l’épreuve et la blessure; de l’autre, un cœur en quête d’élan et d’apaisement.

« Le sous-sol absorbait mes gémissements étouffés, désespérés. Je peinais à tenir debout. J’ignorais ce qui allait suivre. Puis Valentin m’avait décroché et je m’étais effondré sur le plancher. Il s’était approché et m’avait pris dans ses bras. Une tendresse inouïe. »

Le roman de Maxime Mongeon ne verse pas dans la dentelle. La narration, parfois abrupte et crue, demeure cependant toujours fascinante : à l’image du corps meurtri de son narrateur, elle nourrit un rapport ambivalent à la souffrance, à la fois redoutée et recherchée.6

INFOS | ON NE PEUT PAS MENTIR À SA PROPRE CHAIR / MAXIME MONGEON. MONTRÉAL : ÉDITIONS VENTRICULE GAUCHE, 2026. 152 P.

WICCAN WITCHES’ ROAD (NO

3-4-5)

Conclusion d’une minisérie en cinq numéros, la bande dessinée suit Billy Kaplan (Wiccan) et son mari Teddy Altman (Hulkling), projetés sur une Terre méconnaissable où ils doivent affronter la sorcière Baba Yaga sous peine de mort.

Dès le point de départ, la série joue sur une inversion de la dynamique du couple : Hulkling, généralement une figure de force brute, est grièvement blessé et réduit à l’état de pantin, tandis que Billy, privé de sa magie, se voit contraint de protéger l’homme qu’il aime alors qu’il ne peut plus rien résoudre à l’aide de simples sortilèges.

Dans les trois derniers volets, la quête de Billy atteint un point de rupture qui met de l’avant un conflit intérieur majeur : sa destinée cosmique en tant que Démiurge, un pouvoir colossal qu’il n’a jamais désiré, alors qu’il aspire de mener une vie « ordinaire » auprès de Teddy.

Le récit met également au jour une faille dans leur relation alors que Teddy lui reproche de ne pas avoir usé de ses pouvoirs pour empêcher morts et destructions. Billy se refuse

MY BOYFRIEND IS A SUPERHERO : CREATURE!

Felix Himner et Byron savourent l’insouciance des plages paisibles de l’Île du Prince Édouard, baignées d’une sérénité trompeuse. Ils ignorent cependant qu’un être les épie silencieusement depuis les profondeurs du littoral. Mais qui les observe… et dans quel but ?

C’est au cœur de la nuit que Felix l’apprendra à ses dépens. Surgissant des profondeurs, une créature marine l’attaque afin de s’accoupler avec une brutalité inhumaine. Byron tente désespérément de lui porter secours, mais ses efforts s’avèrent inutiles lorsque d’autres silhouettes émergent à leur tour des eaux noires. Tout semble perdu : les deux hommes seront-ils entrainés dans les abysses pour voir leurs corps ravagés ? Contre toute attente, une force providentielle surgit dans la tourmente : le massif Hunter Barlow se jette dans la mêlée et affronte les créatures. Inutile de dire que les deux hommes lui prodigueront une reconnaissance sans bornes.

Fidèle à ses habitudes, Patrick Fillion s’amuse ici avec les codes et les figures emblématiques du cinéma d’horreur. Il revisite ainsi le classique de 1954 Creature From the Black Lagoon (L’Étrange Créature du lac noir), auquel il insuffle une incarnation renouvelée en dotant sa créature d’un corps plus athlétique et sensuel. La plastique des personnages est toujours tout aussi impressionnante que dans ses autres créations, mettant l’emphase sur la gymnastique de corps massifs affublés d’organes surdimensionnés qui mettent à rude épreuve des slips torturés!

La bande dessinée s’enrichit d’un imposant complément d’une centaine de pages : six miniépisodes d’une page, des esquisses, des planches muettes, ainsi qu’une préface signée Patrick Fillion, dans laquelle il revient sur la genèse de la série. L’auteur s’y permet également un clin d’œil des plus amusants en proposant une version parallèle dite « rasée de près », où la pilosité se fait nettement plus discrète.

Disponible en format numérique sur le site : https://classcomics.com/ 6

INFOS | MY BOYFRIEND IS A SUPERHERO : CREATURE! / PATRICK FILLION. VICTORIA (BC) : CLASS COMICS, 2025, 116 P.

cependant de remodeler la réalité selon son bon vouloir : posséder un pouvoir absolu n’implique pas l’obligation morale de l’exercer à tout prix.

L’affrontement final conduit le jeune magicien à une forme de réconciliation alors qu’il réalise que le pouvoir ne doit ni être conquis, ni refoulé, mais simplement reconnu comme une part de soi. La force de l’identité de Billy — à la fois héros, mari et homme gai — ne constitue pas un obstacle à son rôle cosmique, mais en est au contraire la clé morale, celle qui l’empêche de sombrer dans la tyrannie.

À la fois ludique et émotive, la minisérie propose une lecture passionnante qui explore l’univers des sorcières tout en approfondissant la relation de Billy et Teddy, l’un des couples gais les plus attachants et convaincants de Marvel — même si Midnighter et Apollo restent, à mes yeux, indétrônables, mais du côté de DC Comics6

INFOS | WICCAN WITCHES’ ROAD / WYATT KENNEDY, ANDRY PEREIRA & JIM CAMPBELL. NEW YORK : MARVEL, 202-2026. NUMÉROS 1-5.

Quoi faire livres

MON FRÈRE D’UNE AUTRE MÈRE : LA RENCONTRE QUI A CHANGÉ MA VIE

À 54 ans, Mario Jacob voit son histoire familiale se fissurer : il se découvre l’existence d’un frère biologique dont il ignorait tout. Cette révélation, celle d’un frère né d’une autre mère, et la rencontre qui s’ensuit, ébranle ses certitudes. Cette révélation fait ressurgir un cheminement identitaire qu’il pensait depuis longtemps résolu et relégué au passé, notamment son rapport à l’acceptation de soi comme homme gai dans un cadre familial dominé par les non-dits. L’irruption de ce frère inconnu ravive des questionnements qu’il croyait définitivement enfouis, autour de l’identité, de la filiation et de la famille. De nature autobiographique, le récit dépasse largement la simple rencontre entre deux frères qui s’ignoraient pour bientôt s’inscrire au cœur d’une réflexion plus vaste sur l’acceptation de soi et de l’autre. Sans s’encombrer de fausse pudeur, l’auteur évoque ainsi ses souvenirs les plus intimes, empreints d’émotions parfois contradictoires, tout en interrogeant la frontière fragile entre l’histoire que l’on croit connaître et celle que l’on se découvre. L’ouvrage se présente comme une chronique où se déploient, parfois de manière fragmentée, souvenirs et réflexions. Il se distingue par une sobriété qui va droit à l’essentiel et évoque, d’une manière particulièrement résonnante pour la communauté LGBTQ, l’idée que la famille peut aussi naître d’une rencontre tardive. Il est également disponible en anglais sous le titre : My Brother From Another Mother: An amazing story of what can happen when you dare to seize opportunities. Disponible en format imprimé ou numérique sur www.amazon.ca.6

INFOS | MON FRÈRE D’UNE AUTRE MÈRE : LA RENCONTRE QUI A CHANGÉ MA VIE / MARIO JACOB. [CANADA] : MARIO JACOB, 2025. 160P.

LAUREL.E, OU LES CHEMINS DE DÉSIR

Un album jeunesse qui prend place dans une forêt imaginaire où vivent des radicelles, ces petites racines qui servent à absorber l’eau et la nourriture des plantes. On y retrouve les aérien·nes, qui dorment suspendu·es aux arbres, et les terrestres, qui sont enraciné·es dans la terre. Mais Laurel.e ne se sent ni complètement de l’une ni de l’autre. On lui impose pourtant de faire un choix présenté comme inéluctable : s’enraciner ou s’élever. Pourtant, iel se sent tiraillé.e, car ses élans ne se plient pas à cette vision binaire du monde. En cheminant à travers la canopée, Laurel.e découvre toutefois qu’il existe d’autres voies pour celles et ceux qui souhaitent pousser autrement. La forêt se présente comme une métaphore accessible de la société, permettant d’aborder avec les enfants des enjeux complexes, mais sans confrontation directe. L’opposition entre le monde aérien et le monde terrestre évoque ainsi la notion de contraintes imposées, tandis que Laurel.e réalise progressivement qu’il est possible de construire son propre chemin à son propre rythme. Le texte de Cécile Maloubier aborde les questions de non-binarité et de fluidité identitaire à travers un texte poétique, pensé pour les enfants, mais offrant également aux adultes un espace de dialogue et de réflexion qui ne se départ jamais de sa dimension ludique. Les illustrations de Maria Félix Montpetit, empreintes de douceur, s’intègrent harmonieusement au récit. L’ouvrage se distingue enfin par sa manière de présenter la notion de choix à hauteur d’enfant, tout en laissant émerger un message profondément universel : il existe une multitude de façons de grandir et d’être, et aucune n’est plus légitime qu’une autre.6

INFOS | LAUREL.E / CÉCILE MALOUBIER &

FERT : LES VEILLEURS DU COL

Lucie, une jeune conservatrice de musée à Chambéry, entre dans une librairie genevoise. Ce geste, en apparence bien innocent, marque cependant le début d’une transmission inattendue : on lui confie le passé de Richard Salvat, une figure énigmatique liée à une mystérieuse confrérie alpine.

Cette prémisse singulière entraîne le lecteur dans un mouvement de va-et-vient entre le présent et la fin des années 1930, aux portes de la Seconde Guerre mondiale. Cette dualité temporelle s’accompagne d’une circulation entre plusieurs lieux — Genève, Chambéry, les alpages savoyards — mais c’est surtout le col des Gets, en Haute-Savoie, qui s’impose comme le cœur symbolique du récit. Bien plus qu’un décor, il incarne un moment de bascule, un seuil à franchir.

C’est autour de ce col et du personnage de Richard, au début du siècle, que se noue l’énigme du mystérieux Ordre des Colombes, une confrérie millénaire dont l’existence est indissociable d’une devise savoyarde aussi énigmatique que chargée d’histoire : FERT. Lucie se trouve bientôt confrontée à un choix déchirant : faire renaître une fraternité oubliée ou accepter qu’elle s’éteigne à jamais ? À travers cette interrogation, s’ouvre alors une réflexion sur notre rapport au passé et notre responsabilité individuelle face à l’héritage reçu.

Mais que désignent réellement les quatre lettres de la devise FERT ? Historiquement, elles renvoient aux ordres de chevalerie savoyards et à l’acronyme latin de Fortitudo Eius Rhodum Tenuit (« Par sa bravoure, il tint Rhodes »). Mais FERT peut aussi être rattaché à un archaïsme issu du verbe latin ferre, signifiant « porter », « supporter », « endurer ». Difficile de trancher entre le chant envoutant d’une bravoure héritée d’un ordre ancien et la nécessité, plus humaine, de porter un héritage et d’en assumer la transmission. Quelle qu’en soit la réponse, la devise pose une question essentielle : qu’est-ce que l’on choisit de porter, et qu’est-ce que l’on accepte de laisser disparaître ? À l’image du col alpin, FERT désigne donc un lieu de passage entre passé et présent, fidélité et liberté, tradition et réinvention.

Le roman se distingue également par la place qu’il accorde à des personnages en marge des normes sociales et sexuelles, aussi bien dans la Genève cosmopolite que dans la montagne des années 1930. Cette dimension queer, rare dans un roman historique alpin, est traitée avec subtilité et sans anachronisme. Elle est même présentée comme un rempart de liberté, voire de résistance face à une société conservatrice, permettant de dépasser les clichés souvent associés à l’imaginaire montagnard.

Philippe Mugnier mêle une documentation historique solide à un imaginaire riche qui se distingue par la qualité de ses atmosphères et par les questions qu’il fait émerger, et qui continuent de résonner bien après en avoir tourné la dernière page. Une œuvre à la fois originale, humaniste qui a par ailleurs été sélectionné dans les œuvres retenues dans la sélection du Prix international du roman gay 2026.6

INFOS | FERT : LES VEILLEURS DU COL / PHILIPPE MUGNIER.

PARIS : QUE D’HISTOIRE !, 2026. 206 P.

BENOIT MIGNEAULT

LE TITANIC ET LA JOCONDE

Premier roman de Denis Payette qui nous plonge dans le quotidien sans histoire d’un couple d’hommes, Marc et Mathieu, qui sont brusquement confrontés à la mort du père de Marc. Un drame qui ébranle ses repères et l’oblige à repenser sa vision du monde.

Avec une telle prémisse, on serait en droit d’attendre un récit qui empoigne avec lourdeur le thème du questionnement existentiel. Or, il n’en est rien. L’auteur emprunte au contraire les détours de la mémoire - la sienne, mais aussi celle de son père - et propose un texte qui oscille constamment entre gravité et légèreté, avec une certaine dose d’humour.

C’est donc au rythme de souvenirs, qui surgissent un peu au hasard, que l’on découvre les deux hommes. La mémoire, par nature imparfaite et sujette aux distorsions du temps, donne lieu à un florilège d’anecdotes qui flirtent parfois avec l’invraisemblable sans jamais cependant dépasser les frontières du vraisemblable. L’ensemble met en lumière une volonté de se reconstruire et de se redéfinir dans un récit où le drame côtoie le rire et où l’absurde trouve naturellement sa place.

Le titre du roman illustre avec justesse cette dichotomie entre une catastrophe ayant brisé des vies — à l’image du naufrage du Titanic — et une œuvre célébrée pour sa beauté intemporelle, tel la Joconde. Ces deux pôles, et la tension qui les relie cohabitent dans l’esprit de Marc.

L’auteur adopte un ton à la fois tendre et lucide, faisant preuve d’une grande adresse dans son écriture, tant sur le plan formel que dans la sincérité des émotions exprimées. Il convient d’ailleurs de souligner la finesse avec laquelle Denis Payette parvient à saisir ces petits riens du quotidien, qui se transforment en moments marquants, à la fois intimes et émouvants, sans jamais sombrer dans le pathos.

« Tous les esseulés de la planète qui se retrouvent dans les bars n’attendent que ça : que quelqu’un les embrasse. Des animaux tristes, il y en a plein les bars. »

« C’est fou tout ce qu’on peut raconter à quelqu’un qu’on vient à peine de rencontrer. Je crois que le fait de se retrouver tout nu avec un étranger dans un lit à quatre heures du matin incite à la confidence ».

Un premier roman qui réussit le pari d’aborder la perte et le questionnement existentiel sans jamais s’alourdir et qui touche par sa capacité à faire dialoguer drame et beauté.6

INFOS | LE TITANIC ET LA JOCONDE / DENIS PAYETTE. LÉVIS : ABDUCO, 2026. 171 P.

LA FABRIQUE EST MA LOI

Depuis des dizaines d’années, Victor Deville est affecté à la même cuve de production alimentaire, condamné à une routine mécanique consistant à y déverser un liquide visqueux. Une vie terne et répétitive où chaque journée se confond avec la précédente, jusqu’à l’irruption inattendue d’une chauve-souris dans son appartement. Cette rencontre vient fissurer la routine imposée par la Fabrique, une entreprise-État qui régit chaque aspect de la société, réduisant les individus à de simples rouages dédiés à l’optimisation de la productivité. Les variations d’humeur ou de santé y sont étroitement surveillées grâce à des capteurs implantés dans les corps. Amour, travail et loisir se trouvent ainsi régis par une logique comptable implacable, où toute différence est perçue comme une faille. Penser ou désirer autrement constitue un risque, et la moindre déviance devient une menace qu’il faut maîtriser à tout prix.

Victor n’est cependant pas tout à fait semblable aux autres. Il est classé parmi les H, une catégorie dont chacun de représentants doit arborer le symbole sur son badge, marque visible et permanente de sa différence. Comme on lui a asséné à de nombreuses reprises, cette marque est « celle des gens dominés par leur narcissisme et attirés par celles et ceux qui leur sont identiques. […] Leurs défis sont nombreux et leur nature, très — trop — sensible, les rend souvent peu aptes à la survie. Pourtant, les H peuvent jouir d’une vie normale. À condition, bien entendu, de ne pas menacer l’équilibre collectif si chèrement obtenu par la majorité. » Alors même qu’il est contraint de cheminer au cœur de l’appareil étatique qui tente de l’aider (le contrôler), Victor rencontre Léo Saint Pierre, lui aussi de catégorie H. L’irruption de cet autre semblable fissure soudainement une brèche dans la grisaille de son existence et lui laisse entrevoir la possibilité d’un ailleurs clandestin, d’une résistance intime. L’auteur, Florian Grandena, nous entraîne dans une dystopie qui s’abreuve à même le terreau d’œuvres comme 1984 de George Orwell, Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, La Métamorphose et Le Procès de Kafka, ainsi que le film Brazil de Terry Gilliam. Le récit y égrène d’ailleurs plusieurs clins d’œil significatifs, à commencer par le numéro de la cuve à laquelle Victor est affecté : 451. Là où, chez Bradbury, ce chiffre désigne la température à laquelle le papier — et avec lui la connaissance — s’embrase et est réduit à néant, il renvoie ici à une cuve produisant une pâtée alimentaire dont on tente de masquer la fadeur. Le goût ne sert ici plus à prendre du plaisir : il devient un leurre destiné à masquer le vide. Dans les deux cas, le récit renvoie au constat d’une déconnexion progressive de l’humain avec ce qui le rend pleinement vivant. Le roman s’impose comme une œuvre à la fois dérangeante, passionnante et poétique qui s’inscrit dans la grande tradition des romans dystopiques en révélant l’absurdité d’une société fondée sur le contrôle total, tout en affirmant que, même dans ses formes les plus oppressives, une résistance — intime, mais tenace — demeure toujours possible.6

INFOS | LA FABRIQUE EST MA LOI / FLORIAN GRANDENA. MONTRÉAL : ÉDITIONS TÊTE PREMIÈRE, 2026. 174 P. (COLL. TÊTE AILLEURS)

Quoi faire livres

Vousavezdéjàracontéquevotrepremierroman-Enl’absencedes hommes-unehistoired’amourentredeuxhommespendantla PremièreGuerremondiale,avaitcommencéàs’écrireàMontréal. Vous avez alors eu cette phrase très forte : « C’est parce que c’étaitlà,etquec’étaitàcemoment-làquelelivreestadvenu.» Est-cequelefaitd’êtreloindelaFranceconstituaituneformed’exil libérateur?

PHILIPPE BESSON : Je ne sais pas si ça me permettait de m'affranchir de certaines limites, mais, chose certaine, cet éloignement m’a été très utile pour commencer à écrire. Mon premier livre venait de loin. Quand j'étais enfant, adolescent, j'avais une imagination débordante : j'étais capable de raconter des histoires abracadabrantes, mais j'y mettais toujours suffisamment de détails à peu près plausibles pour qu'on finisse par y croire. Et j'aimais ça, l'idée que je semais le doute en racontant des mensonges. J'avais l'envie de raconter des histoires.

contrarier le silence !

Philippe Besson : Le geste d'écrire, c'est une façon de

Auteur de vingt-cinq romans salués tant par la critique que par le public, Philippe Besson a construit une œuvre marquée par une forte exploration de l’intime et des récits LGBT. Il est présentement au Québec à l’occasion de la parution de son plus récent roman - Une pension en Italie - qui retrace, à travers les souvenirs d’un été toscan des années 60, l’omerta entourant un amour interdit et le prix à payer pour être soi-même.

Onditsouventdevousquevousêtesunécrivaindel’intime.Defait,quandonvouslit,on apresquelesentimentdesurprendreuneconfidence.Selivrerainsi,est-ceunexercice naturelouundéfipersistant?

PHILIPPE BESSON : Pendant la première partie de mon parcours, j'écrivais des livres qui étaient estampillés « roman », je pouvais donc faire valoir que ce n'était pas moi et échapper à des questions comme : est-ce que ces sentiments-là, vous les avez éprouvés ? Je disais: non, ce sont mes personnages, cette histoire ne m'est pas arrivée. Et puis, sont venus des textes beaucoup plus autobiographiques où il n’était plus possible de cacher qu’on y retrouvait une part de moi.

Je pense que ce temps m'a été nécessaire pour atteindre ce dévoilement progressif et cette capacité à dire les choses beaucoup plus directement. Le geste d'écrire, c'est une façon de contrarier le silence et, notamment, celui des sentiments. Lorsque j’étais enfant, une pudeur excessive régnait sur tout. Il y avait presque une obligation de se taire et de parler d'autre chose. Quand j’en suis venu à l'écriture, j’ai donc voulu que les sentiments soient au premier plan. C'est comme ça et c’est également pour ça que j'ai commencé à écrire.

C'est également une façon pour moi de rendre hommage aux gens que j'aime ou que j'ai aimés. Il y a beaucoup de personnes dans ma vie qui ont été là et qui n'y sont plus. Et la seule occasion que j'ai encore de leur parler, c'est d'écrire des livres à leur sujet et de leur dire combien ils me manquent. Ce dévoilement, il n'est pas difficile parce que c'est justement comme un geste de libération ou de gratification à leur égard.

C’est de là que vient mon désir de vivre d'autres vies que la mienne, d'être des personnages que je n'avais pas la chance de pouvoir être dans la vraie vie. Dans ma vingtaine, je me suis familiarisé avec les mots alors que je tenais une correspondance très intense et intime avec quelqu'un. Au moment d'écrire mon premier livre, ça ne m'a donc pas paru comme une montagne à gravir. J'avais l'impression que je saurai dire et que les mots viendraient. Et puis, j'avais cette histoire qui tournait dans ma tête depuis un petit bout de temps.

Il y a une conjonction d'événements qui ont provoqué l'écriture du livre. Le premier, c'est un chagrin d'amour, puisque je venais de me faire larguer très sévèrement après une histoire de plusieurs années : j'étais donc plus bas que terre, parce que je n'avais pas vu le coup venir. À ce moment, je vivais entre Toronto et Montréal, dans le décalage horaire et dans une chambre d'hôtel. Un jour, alors que j'étais à Montréal, et je me suis levé au petit matin et je suis allé dans un café où j'ai commencé à écrire la première phrase de ce premier livre. Sans doute que la distance, l'éloignement, l'affranchissement avec mon propre pays ont aidé, comme si, tout d'un coup, mon monde habituel n'existait plus. Donc, je pense qu'il fallait me retrouver dans une autre atmosphère, un autre environnement, pour être capable de me lancer. Ce n’était cependant pas l'idée de devoir franchir des limites, mais plutôt d’être dans une disposition d'esprit et d'abandon.

Dansplusieursdevosromans,onretrouvedeshistoiresd’amourscachées,empêchées, interdites.Qu’est-cequivousfascineautantdanscesamoursimpossibles?

PHILIPPE BESSON : C’est une réalité que j'ai vécue, puisque j'ai eu 18 ans au milieu des années 80 et que j'ai très vite compris que j'étais homosexuel. Et quand vous étiez homosexuel au milieu des années 80 dans un petit village du sud-ouest de la France, vous ne le disiez pas. Vous étiez contraint au silence parce que si vous parliez, vous vous exposiez aux moqueries, aux quolibets, aux insultes, aux injures et à la violence psychologique. Au collège, j'étais harcelé. Quand j'ai entendu « sale pédé » pour la première fois, c'est dans une cour de collège. Donc, la violence et l’homophobie arrivent très vite après la découverte de l'homosexualité. Vous êtes comme quelqu'un qui prend des coups et qui se protège des coups. Je n’en parlais pas à mes parents parce que je savais la question qui suivrait et que je ne pouvais pas y répondre, à ce moment-là.

Donc, je viens de ça aussi, de cette obligation du silence, cette chape de plomb qui pesait sur nous parce qu’il n'était pas possible de vivre ouvertement et que, par ailleurs, il n’y avait pas de modèle ou de visibilité homosexuelle. Je n’avais pas l'idée qu'il y en avait d'autres, comme moi.

En même temps, cette clandestinité, comme je l’ai racontée dans Arrête avec tes mensonges, elle pouvait aussi être extraordinairement joyeuse parce qu'elle tenait du secret. Il y avait un truc, c'était entre nous, ça n'appartenait qu'à nous. Mes amours avec

CRÉDIT: PATRICK FOUQUE

Thomas Andrieu, que j’y raconte, c'était juste lui et moi, à l'abri du monde. C'était bizarrement assez agréable. Il y avait cette espèce de médaille et son revers. Mais oui, le silence, je sais très bien ce que c'est, puisque j’en viens. Et puis, ça s'est aggravé après avec le déferlement de l'épidémie de Sida où le discours qu'on entendait était : c'est bien fait pour eux.

Lesyndromedelapunitiondivine.

PHILIPPE BESSON : Bien sûr, c'est la punition divine, mais c'est une maladie merveilleuse [pour les ultraconservateurs] parce que ça touchait les homosexuels, les noirs et les drogués. On aurait voulu faire un combo, qu’on n'aurait pas fait mieux. C’était terrible parce que, tout d'un coup, il y avait en face de nous des gens qui disaient: vous voyez, ils méritent ce qui leur arrive. À ce moment-là, je m'installais à Paris et j'ai des amis, des amoureux qui mourraient les uns derrière les autres. Ça vous plonge dans une forme de désarroi terrible.

Il a fallu se battre, combattre, s'extraire. Bizarrement, c'est aussi cette homophobie qui m’a donné le goût du combat : ils sont nombreux, ils sont hostiles, mais au fond, l'homophobie, c'est de la connerie pure et simple. C'est assez jubilatoire et noble de se dire : ils sont cons, donc on va lutter contre des cons. Mon goût de la lutte vient sans doute de là.

Questionunpeuchampgauche :danslesannées1960,StarTrekutilisaitlasciencefiction pouraborderindirectementdesenjeuxcommeleracisme.Devotrecôté,vouspassezplutôt parlalorgnettedupassé.Est-cequecedécalagetemporelvouspermetdeporterunregard critiquesurleprésent,maisdemanièremoinsconfrontante ?

PHILIPPE BESSON : Ça ne s'est pas fait dans cette optique-là. Si le passé est présent dans mes livres, c'est parce que j'ai beaucoup évoqué mes souvenirs de jeunesse. Dans « Une pension en Italie », il ne s’agit pas de mes propres souvenirs, mais ça ramène à une époque révolue qui permet de dire au lecteur: ne croyez pas que parce que c'est passé que ça n'existe plus. Donc c'est plus une façon un peu contournée, oui, de poser le problème du présent, mais en expliquant que les choses se sont sans doute améliorées sous certains aspects, mais pas sur tout et qu’il faut continuer à lutter contre les régressions de toutes sortes qui se produisent.

Dans«UnepensionenItalie»,vousracontezl’enquêtequemèneunpetit-filspourbriser l’omertaentourantsongrand-père,Paul,disparudel’histoirefamilialedepuislesannées 60aprèsunvoyageenItalie.Commentcettehistoireest-ellenée ? PHILIPPE BESSON : Dans un premier temps, j'avais envie d'écrire sur la problématique des secrets de famille. Cette idée que, dans les albums de famille, il y a des photos qui ont curieusement disparu. Des gens qu'on n'évoque jamais dans les repas, des vérités officielles qui ont remplacé le réel : une forme d'embarras, de honte, de déni. Dans le livre, le narrateur comprend qu'il y a quelque chose qui s'est produit très longtemps avant sa naissance et qu'on a choisi de ne pas en parler. Mais il décide de poser des questions, puisqu’il est l'héritier de cette histoire : il est le petit-fils de Paul. La quête de la vérité, c'est aussi à la quête de ses origines.

Ensuite, il y avait ce désir de raconter la condition de ces hommes et de ces femmes qui vivaient dans la clandestinité et le déni, qui risquaient leur intégrité physique et l'emprisonnement. On oublie trop souvent que, dans les années 60, en France, on embarquait les homosexuels et ils finissaient en prison. Donc, ça m'intéressait de raconter cette condition de la clandestinité obligatoire et du refoulement.

Voussituezl’intriguedanslesannées60,unmomentdegrandsparadoxes :àlafoistrès conservateur,maiségalementàlacroiséed’unerévolutiondesmœurs.Cechoixest-ille fruitduhasardouforme-t-ilunepartessentielledecequevousvouliezraconter?

PHILIPPE BESSON : Oui, la période joue un rôle clé parce que le livre raconte un instant de bascule alors qu’un événement, une rencontre, va changer la donne. Et les années 60 sont des années de bascule. On les regarde comme des années d'insouciance, de libération, d'émancipation, mais on oublie aussi qu’elles suivent l’après-guerre, qui est marqué par le

poids des conventions, des traditions et de la religion. Ça m'intéressait de raconter ce basculement d'années de claustration, d'enfermement, de chape de plomb vers des années d'émancipation, d'affranchissement et de libération. Si l'histoire se passe précisément dans ces années-là, c'est parce que la bascule est en train de s'y opérer. Au fond, Paul est la métaphore de cette bascule.

Paularriveàlapensionavec,danssesbagages,leromand’E.M.Forster«Avecvuesur l’Arno»,quebeaucoupconnaissentàtraverslefilm«Chambreavecvue».Bienquele livredatedudébutduXXesiècle,onyretrouveleséchosduparcoursdePauletSandro dansvotreroman.Pourquoicechoixd’unlivreàl’intérieurdulivre ?

PHILIPPE BESSON : D'abord parce que c'est un livre qui m'a profondément marqué quand je l'ai lu la première fois, et le film aussi d'ailleurs, et que c’est également le récit d'un basculement. Cette jeune Lucie qui débarque à Florence avec sa vieille cousine qui lui sert de chaperon dans une pension. Et dans cette même pension, se trouve un duo formé par un père libéral et Georges, son fils un peu bohème. Lucie va échanger un baiser fougueux avec celui-ci, dans un champ de coquelicot et, tout d'un coup, ce baiser lui renvoie la possibilité d'une vie autre que celle qui lui est assignée. Et que peut-être, oui, ça existe la fièvre, la ferveur, l'aventure, la sensualité plutôt que la prévisibilité, l'ennui, le mariage qui condamne et qui tue.

Unescènequin’estpassansévoquerlepremierbaiserdePauletdeSandro.

PHILIPPE BESSON : Donc, il y a cette idée de mettre les deux histoires en parallèle parce qu'elles se ressemblent, mais également parce que la première vraie discussion entre les deux hommes porte justement sur ce livre. Sandro demande à Paul : mais pourquoi elle s'empêche d'aimer ? Évidemment, tout va partir de là. Et donc ça m'intéressait de mettre les deux œuvres en parallèle. On a le droit, quand on écrit des livres, de rendre hommage à ceux qui nous ont inspirés.

UnchoixderomancurieuxpourPaul.Pensez-vousqu’ill’asélectionnéparhasardouque larencontreentrecelivreetsonlecteurétaitprédestinée?

PHILIPPE BESSON : Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu'on va vers des livres dont on ne sait pas exactement de quoi ils parlent, ni quel est leur contenu précis, mais dont on ressent qu'ils vont nous parler. Je me souviens quand j'ai eu 17 ans et que j’ai fait mes premiers véritables choix de lecture en librairie : j’ai choisi un texte d'Hervé Guibert alors que je ne savais même pas qui il était. C’est fou de se dire qu'à 17 ans, parmi les 100 ou 200 livres qui étaient devant moi, j’ai choisi ce livre. De temps en temps, on est irrésistiblement attiré par quelque chose dont on sait qu'il contient une vérité intime et qu'il va nous tendre un miroir.

Quesouhaiteriez-vousquelelivrechange,mêmemodestement,chezvoslecteurs?

PHILIPPE BESSON : Vous avez raison de dire modestement parce que les livres, hélas, ce ne sont pas des révolutions, ça ne change pas le monde. On espère toujours que ça fait un peu bouger les lignes d'un millimètre ou deux. Ce ne sera jamais plus que cela, mais un millimètre ou deux, ce n'est déjà pas si mal. Parce qu'un millimètre, puis un autre, et un autre, ça finit par faire une bonne distance et ça finit par faire un écart.

Ce qui m’intéresse, c'est allumer une petite lumière, éveiller une conscience, faire entendre une autre petite musique, donner à des gens une sensibilité nouvelle à telle ou telle question. Ce n'est pas de créer des chocs violents, des révolutions majeures, mais de bouger gentiment les lignes. Et quand vous bougez un peu les lignes, vous changez totalement de perspective à la fin. Donc, avançons modestement, calmement, mais résolument. 6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Un pension en Italie, de Philippe Besson, Éditions Julliard, 2026.

Quoi faire livres

Olivier Loubry…

comme vous ne l’avez jamais vu

Durant les années 1990, Olivier Loubry a multiplié les rôles dans Jamaisdeux sanstoi,LeshéritiersDuval,Watatatow et Ent’Cadieux. Peu à peu, le public a découvert ses talents de danseur, chorégraphe et metteur en scène, sans se douter à quel point sa vie privée était rocambolesque. Vous pourrez en avoir un aperçu dans son premier livre, Vous ne me croirez pas, dans lequel il enchaîne les anecdotes et les confidences sur ses amours… au masculin.

Tunerêvaispasd’écrireunlivre.Pourquoil’avoirfait?

OLIVIER LOUBRY : Quand j’ai rencontré mon éditrice, je m’attendais à une réunion de réseautage pour parler d’un projet qui ne se ferait jamais. Je suis arrivé là complètement sans attente, la garde baissée. Finalement, elle était sérieuse et elle m’a annoncé la date de lancement du livre. J’ai dit oui, parce que je déteste faire la même affaire deux fois artistiquement. Aussitôt qu’il y a un danger et que je pourrais me péter la gueule, ça m’éveille et je dis oui. Me livrer n’est pas quelque chose de naturel chez moi.

Tudisn’avoirrienfaitdespécialquimériteunlivre,commesitut’excusaisdel’avoirécrit. As-tudumalàassumercettepublication?

OLIVIER LOUBRY : Plus maintenant, mais durant le processus, je ne l’assumais pas. Je me trouvais jeune pour écrire une « autobiographie ». Je trouvais ça arrogant. Je ne me serais pas cru si j’avais écrit un livre sur « mon beau parcours de vie ». Oui, mes amis ont entendu mes histoires mille fois, mais je reste encore surpris quand je reçois des commentaires de personnes que je ne connais pas. C’est un processus que je ne comprends pas encore : qu’un inconnu puisse lire 300 pages sur ma vie. Je n’arrive pas à le rationaliser.

Turacontesplusieurssituationsdeviesurprenantesettudisavoirl’habitudequeton entouragenecroitpascequit’arrive.Est-cequeçat’amuseouçatechoque?

OLIVIER LOUBRY : Ça m’amuse. Mes amis proches se sont tous demandé, un jour, si je suis mythomane. Je trouve ça sain de leur part. Quand on regarde l’accumulation d’histoires qui ne se peuvent pas, c’est difficile à croire. Mais, non seulement c’est vrai que ces situations-là m’arrivent tout le temps, mais j’ai plutôt tendance à minimiser quand je les raconte. Si je donne tous les détails, ça ne passera pas !

Tu racontes tes débuts à 8 ans dans une mégaproduction de l’opéra Aida au Stade olympique,avecdesanimauxetd’immensesdécors.Explique-nouscequetuasvécu.

OLIVIER LOUBRY : On est à la fin des années 1980. Je suis des cours de danse à l’École Louise Lapierre. La production d’Aida la contacte pour trouver des enfants afin de jouer les esclaves. On fait les répétitions. Je suis emballé, mais je n’ai aucune idée de ce dans quoi je m’embarque. Au Stade,

on découvre une pyramide qui s’ouvre en deux. Il y a des lions, des cobras, des chameaux. Ça n’existe plus, ce genre de production. Le soir du spectacle, je trouve ça long, attendre dans les stationnements en béton. Sur scène, je suis un premier de classe : je fais ce qu’on m’a demandé de faire à la lettre. En raison des éclairages, je ne vois pas tant la foule. Après, on me demande de remettre les fleurs à la cantatrice. Le bouquet est plus grand que moi. Je le lui donne. On m’avait bien appris : quand on fait un spectacle et que les gens applaudissent, il faut saluer. Du haut de mes 8 ans, je me suis tourné devant les 60 000 personnes, je me suis placé devant la cantatrice, j’ai salué et j’ai entendu 60 000 personnes partir à rire. À ce moment est entrée la drogue du public !

TuévoquesenquelquesmotstesannéesdedansesurBroadway.Qu’as-tufaitlà-bas?

OLIVIER LOUBRY : J’ai d’abord tourné une publicité pour une compagnie aérienne qui cherchait un danseur de claquettes. À New York, on m’a proposé de remplacer un prof de danse qui enseignait à un groupe francophone. Je donnais des ateliers et il y avait souvent des gens de l’industrie. Même adolescent, j’étais déjà très professionnel. J’avais une mémoire phénoménale. J’ai fait Tap Dogs et Stomp. Je faisais beaucoup d’allers-retours entre Montréal et New York. C’était un milieu hyper compétitif et malsain. Je ne me sentais pas le bienvenu par la communauté de Broadway. Quand je revenais à Montréal, mes collègues trouvaient ça formidable. En dedans, j’avais juste envie de dire : venez me chercher ! J’en ai peu parlé publiquement, car j’ai vécu plusieurs choses tough.

À17ans,tuasvécutapremièrehistoired’amouravecungars.Pourquoil’as-tugardéesecrète?

OLIVIER LOUBRY : Après une enfance et une adolescence très médiatisées, je ressentais le besoin d’avoir quelque chose juste à moi. Aussi, à cette époque, Daniel Pinard n’avait pas fait son coming out homosexuel. Le terme bisexuel était inexistant du vocabulaire général. Je ne voulais pas me cacher. Je n’étais pas dans la honte. Mais je ne me voyais pas devenir le porte-étendard d’une cause.

Vousvousêteslaissésetretrouvés21ansplustard.Vousêtesensembledepuis.Tuenparles commel’Amourdetavie.Penses-tuqu’ilfallaitcehiatuspourqueçafonctionneoutuas l’impressiond’avoirmanqué21ansdevotrehistoire?

OLIVIER LOUBRY : Ça n’aurait pas marché sans ce hiatus pour mille et une raisons. J’avais besoin d’aller explorer plein de choses dans la vie en général. Lui aussi. Si on était restés ensemble, je pense qu’on se serait laissés après quelques années et qu’on ne se serait probablement jamais retrouvés. Quand on a renoué pour parler des raisons nébuleuses pour lesquelles on s’était laissés, j’ai compris au premier regard que je serais dans le trouble ! C’était tellement le bon timing. En même temps, c’était étrange d’avoir reconnecté avec quelqu’un qui avait tant changé… mais qui était resté pareil à la fois.

Tuévoquesledivorcedetesparentsetl’éloignementgraduelavectonpère.Quelimpact çaaeusurtoi?

OLIVIER LOUBRY : On me parle beaucoup de ça depuis la sortie du livre. C’est un sujet sensible, un père absent, mais je n’ai pas eu un mauvais père. Il était présent à temps partiel. Durant notre dernière discussion, avant sa mort, on a pu mettre cartes sur table, en toute transparence : le fait qu’il nomme ce qu’il avait manqué, ça m’a permis de régler ben des affaires. Je ne serais pas le même homme, personnellement et relationnellement, si je n’avais pas eu cet échange-là. Je n’ai pas de regret. Je ne me suis jamais senti pas aimé. On a vécu un beau voyage. Cela dit, j’aurais aimé présenter l’homme de ma vie à celui qui me l’a donnée.

Tumentionnesendébutdelivrequetunevaspasraconterlescoulissesdumilieuartistique, faireduname-droppingnidesrèglementsdecompte.Pourquoias-tuchoisidenepas raconterlesdessousdetontravaild’artiste?

OLIVIER LOUBRY : Je viens d’avoir 47 ans. Je ne me serais pas cru de raconter ça. Janette Bertrand qui écrit un livre sur sa vie, je comprends. Il y a un âge où ça devient un bilan de vie. Je ne suis pas rendu là. Et j’avais peur que ça mette un point final à ma vie professionnelle, si je racontais tout ce que j’avais fait. Le jour où je raconterai mon parcours professionnel, ce sera moins beau, alors que je voulais que mon premier livre soit léger. 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | Vous ne me croirez pas, d'Olivier Loubry, Éditions Libre Expression, Montréal, 2026.

Quoi faire sur scène

TITANIQUE

Un premier rôle masculin pour Jean-François Guèvremont

«Titanique–LaparodiemusicaleavecleschansonsdeCélineDion» sera joué à Montréal, du 6 juin au 23 août, au Théâtre St-Denis, avec plusieurs interprètes, dont Véronique Claveau dans le rôle de Céline Dion ! Bien sûr, on est loin ici du film de James Cameron (1997), mettant en vedette Kate Winslet (Rose) et Leonardo DiCaprio (Jack), alors que le Titanic coule dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, en raison d’un iceberg. Ici d’ailleurs, l’iceberg est joué par une personne ! Et Jean-François Guèvremont dans tout ça ? Eh bien, il joue le rôle du capitaine. Les fans de Céline seront plus que comblé.e.s puisqu’on retrouvera plus d’une quinzaine de ses chansons.

Quand la musique de Céline Dion épouse le grand succès du film Titanic, onze fois couronné aux Oscars, vous obtenez TITANIQUE, un délire musical qui transforme l’une des plus grandes histoires d’amour de tous les temps en une fantaisie théâtrale complètement déjantée.

Vous voulez savoir ce qui est réellement arrivé à Jack et Rose lors de cette nuit fatidique ? Laissez Céline Dion vous le raconter à sa façon avec son interprétation totalement farfelue, redessinant le parcours des moments cultes et des personnages bien-aimés de Titanic grâce à son répertoire de chansons emblématiques.

Pour la genèse de Titanique, disons simplement qu’en 2017, ce spectacle a vu le jour sous la forme d’une série de concerts éphémères (pop-up) à Los Angeles, puis à New York, au cabaret The Green Room 42. Ensuite, la production officielle, datant de juin 2022, a connu sa toute première version théâtrale complète et officielle, lancée le 23 juin sur la scène Off-Broadway de l’Asylum Theatre à New York.

Mettant en vedette Véronique Claveau et dix chanteuses et chanteurs flamboyant.e.s, dont Audrey-Louise Beauséjour, Guillaume Borys et Jean-François Guèvremont, Titanique est une traversée musicale unique, débordante de nostalgie, d’émotion et de chaos assumé, portée par des voix puissantes, des performances renversantes des plus grandes chansons de Céline ainsi que par l’énergie de quatre musiciens sur scène.

Une première pour lui

« C’est la première fois en 20 ans que je joue un rôle masculin. Ça me recentre complètement de jouer le rôle du capitaine. Au début, le capitaine est très strict puis, il se met à boire, à prendre de la drogue, il devient un gars de party. Il est blâmé pour l’iceberg qui heurte le navire. Les rôles du capitaine et du personnage de Victor Garber sont fusionnés ici. Victor joue quelqu’un de très flamboyant, c’est très gai en fait », explique Jean-François Guèvremont/Rita Baga, qui vient de terminer son spectacle Spraynet le 19 mai dernier.

« C’est une “parodie” musicale, c’est ce qui est super intéressant et excitant ici parce que c’est aussi la première mondiale en français, explique-t-il. Cela avait déjà été joué en version originale anglaise ici à Montréal, mais pas en français. D’ailleurs, Tye Blue [un des auteurs et metteurs en scène originaux] était présent lors des auditions, même si c’était pour la version française, donc j’ai eu la chance de le rencontrer et de lui parler. Donc, c’est ça qui est excitant : jouer quelque chose que les gens adorent, qui les fait tripper. Et ici, c’est le fun de pouvoir les faire rire. »

Ce n’est pas pour rien que « Titanique – La parodie musicale avec les chansons de Céline Dion » se retrouve dans le cadre du festival Juste pour rire cet été.

Des chansons que les gens chantent spontanément

Jean-François Guèvremont interprétera deux chansons de Céline, soit I Drove All Night et  I Surrender. « La chanson thème “My Heart Will Go On” est omniprésente ici, parfois on n’entend que le refrain, moi j’adore. Je suis bien content de faire des chansons de Céline

ici », ajoute-t-il. Il faut dire qu’ici, en plus de  My Heart Will Go On, on pourra entendre des classiques tels que I’m Alive, All By Myself, To Love You More, Because You Loved Me, I Drove All Night, River Deep, Mountain High, Taking Chances, The Prayer, Where Does My Heart Beat Now, If You Asked Me To, Beauty and the Beast et plusieurs autres. Avec ses clins d’œil savoureux à la culture pop et son humour queer assumé, ce spectacle haut en couleur promet de faire des vagues… et de déclencher un raz-de-marée de rires.

Une belle opportunité

Mais comment s’est-il retrouvé à personnifier le capitaine du Titanic ici ? « L’année passée, j’ai martelé sur tous les plateaux que je voulais faire des comédies musicales. J’avais déjà ma propre tournée de Rita Baga et j’avais animé pendant 15 ans des spectacles au Cabaret Mado. L’an dernier, on m’avait approché pour la version anglaise de Titanique. J’y avais été deux fois. Puis, il y a eu aussi deux drags qui ont joué le rôle du capitaine dans les présentations originales [Off Broadway à New York], qui fait le party et qui fonce dans l’iceberg. Ensuite, Jérôme Tremblay, le directeur des spectacles chez Juste pour rire, m’a demandé de faire les auditions. J’ai fait l’entrevue et ensuite j’ai attendu pendant un mois. Je pensais que c’en était fini, que je n’aurais pas le rôle. Puis, on m’a appelé pour ce rôle-là. J’étais très content et excité », avoue-t-il.

« Ça va être le fun de travailler avec tout ce groupe-là, renchérit-il. Véronique Claveau est une de mes ami.e.s, je l’adore, je suis super excité à l’idée de travailler vraiment avec tout le monde, de faire les répétitions. C’est sûr que ça va être une période intense, mais j’ai bien hâte de rencontrer tout le monde dans les loges aussi, de voir l’atmosphère, de vivre cette expérience-là pleinement. » Titanique, c’est 65 spectacles qui seront présentés cet été. « En tout, je serai dans 107 spectacles cette année, c’est énorme ! Mais je suis tellement content », lance Jean-François Guèvremont.

Un été bien chargé

En mars, Jean-François Guèvremont/Rita Baga annonçait la réouverture de la salle du Caf’Conc Mariott Château Champlain et ce, après 30 ans de fermeture… Rita Baga a pris les rênes de la direction artistique de cette salle de spectacle avec plusieurs séries d’activités mettant en vedette des humoristes et plusieurs drags. « Nous faisons relâche en juillet. Donc, je peux faire autre chose que  Titanique. J’animerai avec Barbada le show 100 % drag de Fierté Montréal. Nous avons fait un bon travail de sélection des numéros, approuvé par l’équipe de Fierté Montréal. Je pense qu’on ne dévoile pas de secret ici en disant qu’on misera d’abord sur les talents locaux, à 80 %, et à 20 % sur les drags de l’extérieur. Je pense que le public va beaucoup aimer ! »6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | TITANIQUE, la parodie musicale sera présentée à partir du 6 juin 2026. Pour connaître les dates de présentation et vous procurez des billets pour Montréal, Québec ou Gatineau, visitez le https://www.titanique.ca/

Pour suivre l'alter-égo de Jean-François Guévremont — Rita Baga : https://ritabaga.ca

Quoi faire écrans

SHORESY (SHORESY : LE SALAUD DU HOCKEY)  Une

Après l’engouement mondial suscité par la série HeatedRivalry, j’ai eu envie de découvrir d’autres productions télévisuelles signées Jacob Tierney. Je me suis donc tourné vers Shoresy, une série elle aussi plongée dans l’univers du hockey, dont cinq saisons sont actuellement accessibles sur Crave. Et pour reprendre les mots de plusieurs de ses personnages : c’est franchement fucking bon !

Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, j’ai autant d’intérêt pour le hockey que pour la marmelade au hareng salé. Après seulement quelques minutes du premier épisode, j’étais cependant complètement accro, happé par le rythme et l’humour décapant de cette comédie sportive, créée par Jared Keeso. La série met en en scène Shoresy ( Jared Keeso ), un hockeyeur délicieusement vulgaire, obsessionnellement compétitif et prêt à tout pour sauver les Bulldogs, une équipe senior AAA de Sudbury, en Ontario, menacée de disparition après une cuisante série de défaites.

Chacune des cinq saisons de six épisodes suit un arc qui explore les coulisses d’une équipe ancrée dans la loyauté, le sacrifice et une haine viscérale de la défaite. Dans la première, Shoresy se jure qu’ils ne perdront plus jamais; dans la seconde, ils affrontent une équipe étatsunienne particulièrement baveuse; dans la troisième, on assiste à une compétition avec la crème des équipes canadiennes; la quatrième se situe dans l’intersaison alors qu’ils deviennent les mentors d’une jeune équipe locale et sont confrontés au surréaliste problème de l’hélicobite (faire l’hélicoptère avec son pénis); dans la cinquième, ils affrontent une redoutable équipe européenne (et l’angoisse de la fin annoncée du placage au hockey).

https://vimeo.com/1189111256/495d3530a4?share=copy&fl=sv&fe=ci (Faire l’hélicoptère dans le vestiaire, Shoresy, S4E2)

La série se démarque par la précision avec laquelle elle brosse des personnages aux personnalités bien campées, auxquels on s’attache presque instantanément. Elle se distingue également par la diversité de ses représentations : personnages féminins hauts en couleur, communautés autochtones, personnes issues de divers horizons ethnoculturels et de différentes provinces, y compris le Québec, avec la présence de figures québécoises incarnant parfois leur propre rôle. C’est notamment le cas du défenseur Jonathan-Ismaël Diaby (surnommé Dolo), de Laurence Leboeuf et de Mari-Mai. À noter que les propriétaires des Bulldogs sont trois femmes redoutables et sexy dont deux autochtones et une queer, Ziig (Blair Lamora).

Le charme et la qualité des personnages sont tels qu’on se retrouve devant la situation absurde où chacun se révèle un coup de cœur. Cela dit, au-delà de Shoresy lui-même, mon cœur fond pour Jory Jordan (Maclean Fish), un jeune journaliste qui assène des rafales de questions irrévérencieuses, sans jamais laisser la moindre chance à son invité d’y répondre : « Je serais-tu capable de débarrer ton cell par reconnaissance faciale en le plaçant devant l’anus ou le scrotum d’un bulldog anglais de 14 ans ? »

https://vimeo.com/1189111362/3553646e5c?share=copy&fl=sv&fe=ci (Entrevue avec Jory Jordan, Shoresy, S5E5)

Même son de cloche pour trois fier-à-bras autochtones – Jim, Jim et Jim – qui sont chargés de brutaliser leurs adversaires sur la glace, mais également responsables de l’équipe de Génies en herbe de la prison locale. Brève, mais également marquante apparition des frères mafieux Policetri dont les visages sont figés dans un masque d’étonnement perpétuel. L’un d’eux, reconnaissable à sa bouche constamment arrondie en un « O » de stupeur, se révèle par ailleurs très populaire dans les bars gais. Il faut finalement souligner Big Sexy, une perruche qui lance des « mangeux de marde » bien sentis à tout moment.

Cette ménagerie de personnages aussi absurdes qu’attachants évolue dans un univers saturé d’insultes cultes qui déclenchent l’hilarité à un rythme quasi constant : « As-tu remarqué qu’il y a seulement quelques lettres de différences entre Nordiques et No Dicks »; « Chaque fois que j’prends ta mère par en arrière, ça fait le même bruit que quelqu’un qui court en gougoune ». Difficile aussi d’oublier l’épisode où l’énumération frénétique des noms des joueurs islandais se transforme en véritable exercice de diction.

Sous son humour cru, Shoresy propose par ailleurs une relecture de la masculinité sportive, en déconstruisant avec finesse la virilité toxique et en normalisant l’intimité émotionnelle entre hommes : la vulnérabilité, les gestes d’affection, le soutien ainsi que le droit de pleurer ou de douter. Si aucune intrigue queer n’occupe véritablement le devant de la scène — malgré l’inoubliable détour par un bar gai bear à la suite de la production d’un calendrier sexy —, la remise en question des rôles masculins et féminins s’avère étonnamment nuancée et rafraîchissante, sans jamais verser dans le didactisme. Au cœur des cavalcades d’insultes émergent même de véritables éclats de lucidité : « Tu ne peux pas regarder la route et le rétroviseur en même temps ».

Sur le plan cinématographique, Shoresy présente le hockey à l’aide d’une caméra immersive, mobile et rapprochée, plongée au cœur de l’action afin de restituer la vitesse, la brutalité et l’impact physique du jeu. Plans serrés, ralentis ponctuels et montage nerveux confèrent aux

séquences une énergie proche du cinéma d’action. La présence d’anciens hockeyeurs à l’écran permet en outre de capter des scènes de jeu sans artifice excessif, ancrées dans une physicalité crédible.

Cette approche contraste avec Heated Rivalry, où la patinoire constitue avant tout un espace symbolique et émotionnel, centré sur les regards, les nondits et la tension affective. Là où Shoresy cherche à faire ressentir ce que signifie jouer au hockey dans toute sa réalité corporelle, Heated Rivalry s’intéresse à ce que le hockey permet ou entrave émotionnellement : aimer, se cacher, choisir. Les deux œuvres se répondent donc avec justesse : l’une filme le hockey depuis l’intérieur du vestiaire, l’autre l’utilise comme décor tragique et romanesque d’une histoire d’amour sous contrainte.

Enfin, impossible de passer sous silence l’excellence du doublage français québécois, qui confère à la série un ancrage culturel absolument inégalé. Le choix assumé d’un doublage en joual permet de préserver la brutalité verbale, le rythme effréné et l’humour profondément déjanté de la version originale.

Les jurons y sont ainsi remplacés par un arsenal de sacres bien de chez nous, tandis que les traits d’esprit sont habilement adaptés au contexte québécois. Les insultes diffèrent donc dans leur formulation, mais remplissent exactement la même fonction narrative. Le résultat est tout simplement irrésistible : après y avoir goûté quelques minutes, il m’a été impossible de revenir à la version originale.

Soyez par ailleurs rassuré : une saison 6 est d’ores et déjà annoncée pour 2027. Au bout du compte, la série a accompli le tour de force de susciter chez moi le rire comme les larmes (en saison 3) et, plus étonnant encore, de me faire aimer le hockey.6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Les cinq saisons de Shoresy (Shoresy : le salaud du hockey) sont disponibles en anglais et dans un iconique doublage français québécois sur Crave.

QUI MENT ? (ONE OF US IS LYING)

LES SECRETS ET SILENCES D’UNE

SALLE DE RETENUE!

Diffusée pour la première fois en 2021, la série « One of Us Is Lying » débarquera sur tou.tv le 14 mai sous le titre «Quiment?», proposant un savant mélange entre série pour ados et mystère de la chambre close autour d’un meurtre macabre.

Cinq élèves en dernière année du secondaire se retrouvent en retenue : la beauté, l’athlète, la première de classe, le délinquant en probation et le marginal. Mais l’un d’eux ne survivra pas à la punition. Ce drame n’est toutefois que le point de départ de la série, puisque l’enquête établit que le meurtrier se trouvait nécessairement parmi les personnes présentes dans la salle. Le coupable est-il l’un des élèves… ou le professeur ? Cette déclinaison contemporaine du mystère de la chambre close soulève d’emblée des questions aussi troublantes que captivantes. La victime, Simon (Mark McKenna), alimentait un blogue où il prenait un malin plaisir à exposer les magouilles de l’école et à révéler les secrets d’élèves dont il jugeait le comportement répréhensible. Il détenait ainsi des informations compromettantes et explosives sur chacun de ses codétenus. La présence simultanée des cinq étudiants en retenue semble par ailleurs reposer sur une étrange coïncidence : quelqu’un aurait-il délibérément cherché à les réunir afin de brouiller les pistes ? Mystère! Addy (Annalisa Cochrane), meneuse de claque très populaire, s’efforce de dissimuler une infidélité à son copain. Cooper (Chibuikem Uche), splendide joueur de baseball promis à un brillant avenir, cache son orientation sexuelle. Bronwyn (Marianly Tejada), élève modèle obsédée par son admission à Yale, voit ses résultats impeccables menacés par des pratiques pour le moins irrégulières. Enfin, Nate (Cooper van Grootel), dealer en probation, tente de cacher qu’il poursuit ses opérations de trafic. Ils ont donc tous à perdre si la vérité éclate.

Les circonstances forcent les quatre survivants à unir leurs forces pour se défendre des accusations de meurtre qui pèsent sur eux alors même qu’ils se méfient les uns des autres. Mais, et si le coupable n’était pas parmi eux ? En effet, la mort de Simon aurait dû entraîner la disparition de son blogue… or celuici continue de publier de nouvelles révélations. Qui donc continue de l’alimenter ? La série propose un récit solidement construit, qui équilibre habilement l’intrigue centrale — l’identité du meurtrier ou du nouveau corbeau — et les enjeux personnels des protagonistes, tout en explorant les relations conflictuelles et parfois solidaires qui se développent entre eux. Chaque épisode apporte son lot de révélations et de renversements, menant à une conclusion qui en surprendra plus d’un. Notons au passage la présence physique marquante de Chibuikem Uche, dont le statut de sportif se traduit par une fréquente exposition de sa silhouette athlétique. Enfin, fidèles à une tradition bien établie des séries adolescentes américaines, les « élèves de 17 ans » sont incarnés par des acteurs dont l’âge moyen approche plutôt la vingtaine avancée. Devant le succès de la première saison, une seconde a vu le jour, mais s’est avérée beaucoup moins captivante.6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca INFOS | Les huit épisodes de la première saison de « Qui ment ? » sont disponibles, en doublage français, sur tout.tv. https://www.youtube.com/watch?v=dllnsU5UOtM

Quoi faire écrans

THE HUNTING WIVES

La fureur de vivre et de goûter la peau d’une femme!

Une jeune femme, traquée à travers la forêt, paraît au bord de l’épuisement. Filmée uniquement de dos, la scène suscite de nombreuses interrogations : qui est-elle ? Qui la traque, et pour quelles raisons ? Les réponses se feront cependant attendre, puisque le scénario opère ensuite un retour en arrière de trois semaines.

Sophie (Brittany Snow) et Graham O’Neil (Evan Jonigkeit) s’installent dans une petite ville du Texas, quittant un Boston progressiste et confortable afin de répondre aux impératifs professionnels de Graham. Sophie s’attendait bien sûr à un choc culturel, mais certainement pas à être plongée, dès le premier jour, au cœur d’un rassemblement conservateur où se mêlent religion et armes à feu, alors même que son mari adopte une attitude de bénioui-oui.

Ce qui retient cependant son attention, c’est Margo Banks (Malin Åkerman) qui est à la tête du cercle des Hunting Wives : des épouses fortunées et influentes qui se targuent d’incarner les valeurs morales de la ville, du moins en apparence. En effet, derrière une façade mondaine faite de cocktails et d’événements communautaires, ces dernières révèlent un goût prononcé pour les armes à feu et se délectent des jeux de manipulation, de chantage et ont toutes des secrets bien gardés. Il y a cependant bien plus que ces jeux politiques qui fascinent Sophie, puisque la croupe de Margo la fait frémir. Le désir suinte de tous les pores de la peau des deux femmes et Margo ne manque pas une occasion de, peu subtilement, caresser la nouvelle venue. Le concept même de "body shot", un shooter consommé à même le corps d'une autre personne, prend rapidement un tout autre sens.

La petite ville n’est cependant forgée que dans les faux semblants. Jed Banks (Dermot Mulroney), le mari de Margo, se prélasse dans les trips à trois; Brad Thompson (George Ferrier), le fils du pasteur, se masturbe allègrement alors que Abby, sa copine, prie à ses côtés et que Margo lui jette des œillades langoureuses par la porte entrouverte; la femme du pasteur, Jill (Katie Lowes), semble elle-même cacher des secrets. Par ailleurs, toutes les femmes du cercle semblent éprouver une intense jalousie devant l’intérêt que porte Margo à Sophie. En parallèle, un sombre secret semble hanter le passé de Margo, au point qu’à la moindre suspicion, elle dégaine une arme à feu. Mais Sophie elle-même est hantée par un événement récent qui semble expliquer l’exil de son couple pour le Texas.

Cet enchevêtrement de tensions forme une poudrière qui va exploser lorsque le meurtre d’une adolescente vient en fissurer l’équilibre, puisque chacun semble avoir eu de bonnes raisons ou d’opportunité pour la tuer.

Margo ne manque par ailleurs jamais une occasion d’utiliser son corps pour manipuler les hommes et les femmes de son entourage. Difficile de ne pas la remarquer alors qu’elle porte parfois moins de 25 grammes de tissus sur le corps (mais toujours avec un grand panache). On ne peut donc s’empêcher d’éprouver une fascination devant ce chant des sirènes auquel succombe Sophie et qui l’amène, dans un premier temps, à embrasser ses désirs véritables, mais également à trahir ses convictions profondes (dixit les armes à feu). Tandis que plusieurs s’emploient à étouffer le récent meurtre, afin de ne pas ouvrir la boîte de Pandore de leurs secrets, l’attention se porte sur une autre femme : l’adjointe du shérif Wanda Salazar (Karen Rodriguez). Elle ne se laisse pas impressionner par les manigances des bien-pensants de la petite ville, posant, au contraire, un regard froid, déterminé et perspicace sur chacun des témoignages et leurs mensonges cousus de fil blanc.

À mi-chemin entre Desperate Housewives (Beautés désespérées) et Big Little Lies (Petits secrets, grands mensonges), la série assume pleinement les débordements du soap et les codes du polar, navigant parfois même, par son outrance, dans les eaux des plaisirs coupables. La relation trouble entre Margo et Sophie interroge les notions de transgression et d’identité au sein d’un environnement ultraconservateur. Le décalage permanent entre un discours public rigide et moralisateur, les arrangements privés et les faux-semblants alimente une tension constante, mettant en lumière l’écart entre ce que la société exige et ce que les personnages désirent viscéralement. Et, avouonsle, il y a quelque chose de presque jubilatoire à voir le château de cartes de probité morale de la petite communauté se lézarder, puis s’effondrer lentement sous nos yeux ravis. À noter qu’une saison 2 est déjà annoncée, puisque la conclusion de cette première saison annonce clairement une suite! 6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Les huit épisodes de « The Hunting Wives » sont disponibles, en anglais et en français, sur Netflix.

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Quoi faire musique

Dua Saleh affronte la réalité avec son deuxième album

Peut-être reconnaissez-vous le visage de Dua Saleh. L’artiste soudanoaméricain.e a interprété le rôle de Cal dans la populaire série britannique  SexEducation, diffusée sur Netflix. Mais si Dua Saleh porte parfois le chapeau d’acteur.rice, iel baigne principalement dans le monde de la musique rap et R&B. À la mi-mai, Dua Saleh a dévoilé un deuxième album, OfEarth&Wires, qui inclut, entre autres, non pas une, mais deux collaborations avec Bon Iver. Après un passage au festival Osheaga l’année dernière, l’artiste sera de retour à Montréal le 19 septembre au Ritz PDB.

Qu’est-cequiamenéàlacréationdecenouvelalbum?

DUA SALEH : Pour ce nouvel album, j’ai beaucoup pensé au Soudan. J’étais en quelque sorte en plein processus de deuil, de manière générale. Je pensais beaucoup à la maison, à ma ville natale au Soudan, mais aussi à ma vie et à mon exil en Érythrée, et au fait d’avoir dû vivre tout cela. Une grande partie de l’album s’inspire donc — du moins visuellement — de cette esthétique désertique. Les photos ont été prises à Los Angeles, qui est aussi une maison pour moi. Une grande partie de l’album s’articule autour de ça, en faisant référence à tous les endroits où j’ai vécu. J’ai aussi été inspiré.e par mon séjour au pays de Galles, notamment dans le simple « Flood » (avec Bon Iver).

Comments’estpasséelacréationde«Flood»,collaborationavecBonIver?

DUA SALEH : [Ça s’est fait], je crois, vers 2019-2020, quand tout a en quelque sorte éclaté en même temps : la guerre au Soudan, la pandémie de coronavirus, la prolifération de la guerre technologique via l’IA, les bombardements par drones… Tout ça se passait. D’un point de vue thématique, ça avait aussi du sens que « Flood » (inondation) porte ce titre-là. Je pensais à l’environnement et à toute cette destruction de cette belle planète. J’ai l’air d’un.e artiste indie qui râle, qui parle de capitalisme et tout ça, mais c’est en gros juste mon grand album du : « Oh mon Dieu, j’ai vraiment trop peur de tout ». Littéralement. [D’ailleurs, pendant la création de « Flood »], je ne voulais pas aborder ce qui se passait au Soudan ni le décès de ma grand-mère causé par la violence institutionnelle. Nous essayions de la convaincre de venir ici, mais elle ne voulait pas partir parce que, je ne sais pas, j’ai

l’impression qu’elle ne voulait tout simplement pas se couper de sa culture. Ça a été très difficile à vivre. Ma famille est politiquement active au Soudan, surtout mon père, pour une raison ou une autre. J’en suis fier.ère, mais ça fait aussi de ta famille une cible. C’était très difficile à gérer dans l’ensemble.

PlusieurspersonnesteconnaissentpourtaparticipationàlasérieSexEducation. Celat’agace-t-ilqu’ont’associetoujoursàceprojet?

DUA SALEH : Pour être honnête, j’en suis très reconnaissant.e. Ça ne me pose aucun problème. Mais ça rend tout le monde un peu plus effronté. Les gens sont tellement obsédés et incroyablement bizarres, et je ne sais tout simplement pas comment gérer ça. J’ai reçu des menaces de mort, ça aussi c’est assez intense. Et puis, les gens sont très intenses et confus à propos de mon genre, assez souvent je trouve. Peu importe. À part ça, c’est plutôt cool

Sens-tuquel’interprétation—l’«acting»—t’aidedanstonprocessuscréatifmusical?

DUA SALEH : J’ai l’impression que ça m’a peut-être aidé.e à faire le tri parmi toutes sortes de sentiments et de prises de conscience concernant mon propre traumatisme lié au genre, tant dans le passé qu’aujourd’hui. Je pense que ça m’aide aussi pour les clips musicaux. Avant, je me faisais critiquer par des haters britanniques — sans doute des transphobes, soyons francs — pour mon jeu dans Sex Education. Mais je me suis amélioré.e, et j’ai attrapé la piqûre du métier sans même m’en rendre compte.

TuasétédepassageàOsheagal’annéedernière.Queterappelles-tudeton passageàMontréal?

DUA SALEH : Osheaga a été mon festival préféré parmi tous ceux où j’ai joué. J’avais vraiment l’impression de voir le public surgir de nulle part. C’était un silence de mort, on aurait dit qu’il n’y avait personne, c’était plutôt désert. Et puis tout à coup [quand la musique a commencé], tout le monde était là. Je me suis dit : « Holy shit, what the fuck? » J’ai l’impression qu’ils ont tout simplement compris, qu’ils ont saisi l’ambiance. C’est tout.6

PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

INFOS | Of Earth & Wires, de Dua Saleh, qui sera de retour à Montréal le 19 septembre au Ritz PDB.

CREDIT: BRADEN LEE

Deux expositions immersives à découvrir cet été chez PHI

Cet été, PHI propose deux expositions majeures d’art contemporain qui plongent le public dans des univers à la fois sensoriels, politiques et profondément actuels. Jusqu’au 13 septembre, les Montréalais peuvent découvrir Autresmondes de l’artiste danois Jakob Kudsk Steensen ainsi que Venezvoir. Mensongesmensonges de l’artiste italienne Paola Pivi. Deux démarches très différentes qui se rejoignent toutefois dans leur manière d’interroger notre époque, notre rapport au réel et les récits qui façonnent notre vision du monde.

Alors que Jakob Kudsk Steensen utilise les technologies immersives pour explorer les transformations écologiques de la planète, Paola Pivi joue avec les symboles, les illusions et les mécanismes de désinformation. Ensemble, ces deux propositions transforment les espaces de PHI en un parcours où l’art devient à la fois expérience physique et réflexion sociale.

Jakob Kudsk Steensen : des paysages numériques pour penser l’écologie

Avec Autres mondes, Jakob Kudsk Steensen présente sa première exposition individuelle au Canada et la plus importante présentation institutionnelle de son travail à ce jour. Commissariée par Daniel Fiset, l’exposition rassemble plusieurs œuvres créées au cours des dix dernières années et les réunit dans une expérience immersive où se croisent réalité virtuelle, paysages sonores et installations vidéo monumentales.

Le travail de Steensen repose avant tout sur l’observation du territoire. L’artiste effectue des recherches dans des lieux marqués par des bouleversements environnementaux : une grotte de glace disparue en Suisse, des forêts expérimentales au Minnesota, des sites touristiques abandonnés ou encore des fonds marins volcaniques près des Açores. À partir de ces explorations, il construit des mondes numériques qui mélangent données scientifiques, mémoire et imagination. Plutôt que de proposer un discours écologique moralisateur, Steensen privilégie une approche sensible. Ses œuvres montrent comment le changement climatique transforme non seulement les paysages, mais aussi nos émotions, nos souvenirs

et notre perception du monde. Chaque installation agit comme un fragment d’un immense récit où le réel et la fiction se confondent.

L’exposition permet également de découvrir Psychosphere, vaste installation immersive présentée pour la première fois en Amérique du Nord. Initialement créée pour les célèbres citernes souterraines de Copenhague, l’œuvre enveloppe complètement le public dans un environnement sonore et visuel monumental.

Paola Pivi : entre vérité, absurdité et désinformation

L’univers de Paola Pivi offre une expérience complètement différente, mais tout aussi percutante. Avec Venez voir. Mensonges mensonges, PHI accueille la première grande exposition de l’artiste au Québec ainsi que sa première exposition itinérante au Canada.

Née à Milan et aujourd’hui installée à Toronto, Paola Pivi est reconnue pour ses œuvres décalées qui détournent les objets et symboles du quotidien. Son travail joue constamment avec l’absurde, l’humour et l’étrangeté afin de remettre en question nos certitudes.

L’exposition rassemble plusieurs installations sculpturales qui interrogent la signification de symboles emblématiques comme la statue de la Liberté ou l’ours polaire. Ces images, devenues omniprésentes dans la culture populaire et médiatique, sont ici transformées de manière inattendue afin de révéler leur fragilité et les multiples récits qu’elles véhiculent.

Au centre de l’exposition se trouve Lies (2018), une installation immersive qui aborde directement la frontière de plus en plus floue entre vérité et mensonge. Dans un contexte où les réseaux sociaux et la désinformation occupent une place importante dans nos vies, l’œuvre invite les visiteurs à réfléchir à la manière dont les récits se construisent et se manipulent. Mais malgré la portée politique de son travail, Pivi conserve toujours une dimension ludique. Ses œuvres ressemblent souvent à des mises en scène théâtrales où le bizarre côtoie le merveilleux.

Deux regards sur un monde en transformation

Bien que leurs démarches soient très différentes, Jakob Kudsk Steensen et Paola Pivi proposent tous deux des œuvres qui interrogent les réalités contemporaines à travers l’immersion et l’expérience sensorielle. Avec ces deux expositions phares, PHI confirme une fois de plus son rôle comme lieu incontournable de diffusion de l’art contemporain immersif à Montréal. Deux propositions fortes qui offrent autant matière à réflexion qu’à émerveillement. 6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Expositions Autres mondes par Jakob Kudsk Steensen et Venez voir. Mensonges mensonges de Paola Pivi – jusqu’au 13 septembre 2026 à PHI, 451 et 465, rue Saint-Jean et 407, rue Saint-Pierre, Montréal. https://phi.ca/

VIDÉO | Paola Pivi: Venez voir. Mensonges mensonges https://youtu.be/zwE05KNdGk0

CORPS ACCORDS

Les mouvements du vivant selon Atalante

Jusqu’au 26 juin, la galerie La Ligne Verte accueille Corpsaccords, une exposition de l’artiste montréalais François Hudon, mieux connu sous le nom d’Atalante. Peintre et dessinateur formé en arts plastiques à l’UQAM, où il a obtenu son baccalauréat en 1986, l’artiste développe depuis plusieurs décennies une pratique profondément ancrée dans le dessin d’observation.

Inspiré autant par la nature que par la figure humaine, Atalante place aujourd’hui le modèle vivant au cœur de sa démarche artistique. Ses œuvres, réalisées à l’encre noire et à l’aquarelle sur papier chinois marouflé sur toile, explorent le mouvement du corps dans l’espace et le temps.

Travaillant d’après modèle, l’artiste superpose une multitude de poses dans une même composition, créant des images fluides, presque chorégraphiques, où les silhouettes semblent se transformer sous les yeux du spectateur. À travers ces corps imbriqués et mouvants, Corps accords propose une réflexion sensible sur la présence, le geste et la trace laissée par le vivant. Une exposition à découvrir pour la finesse de son trait autant que pour la poésie qui se dégage de ces figures en perpétuel mouvement. 6

LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

INFOS |  Corps accords, exposition d’Atalante, jusqu’au 26 juin à La Ligne Verte, 2531, rue Ontario Est, à Montréal (angle Iberville / métro Frontenac).

https://atalanteart.com

Facebook : ArtAtalante et AtalanteArt Instagram : @atalante.art

Quoi faire festival

Les artistes LGBTQ+ brillent dans la programmation des Francos de Montréal 2026

Les Francos de Montréal reviennent du 12 au 20 juin 2026 avec une programmation particulièrement riche où les artistes LGBTQ+ et les allié.e.s des communautés queer occupent une place de plus en plus importante. Entre figures incontournables de la chanson québécoise, artistes émergent.e.s qui bousculent les codes et grands spectacles rassembleurs, cette 37e édition promet plusieurs moments marquants pour les festivalières et festivaliers.

Comme chaque année, les Francos lanceront véritablement la saison estivale montréalaise en transformant le Quartier des spectacles en immense terrain de jeu musical francophone. Avec près des deux tiers des spectacles accessibles gratuitement, le festival continue d’offrir une vitrine exceptionnelle à la diversité des voix musicales d’ici et d’ailleurs. Et cette diversité passe aussi, plus que jamais, par les artistes queer.

Parmi les événements les plus attendus figure sans contredit Pour la suite du Dôme de Jean Leloup, un grand spectacle hommage célébrant les 30 ans de l’album culte Le Dôme. Présenté gratuitement le 14 juin sur la Scène Rogers, ce rendez-vous réunira plusieurs artistes chéri.e.s des communautés LGBTQ+, dont Safia Nolin, Klô Pelgag, Lou-Adriane Cassidy et Rau_Ze, aux côtés de Thierry Larose, Les Louanges, We Are Wolves et Zach Zoya. Concocté par ICI Musique, le spectacle sera également diffusé en direct sur ICI Musique et Radio-Canada OHdio.

Safia Nolin : toujours une figure importante Même si elle se fait plus discrète médiatiquement depuis quelque temps, Safia Nolin demeure une artiste profondément marquante pour toute une génération de personnes queer au Québec. Avec sa vulnérabilité assumée, ses textes introspectifs et sa manière de remettre en question les normes entourant l’apparence, le genre et la célébrité, elle a contribué à ouvrir un espace différent dans la chanson québécoise. Sa présence dans cet hommage à Jean Leloup risque d’ailleurs d’apporter une sensibilité particulière aux chansons du mythique album.

Klô Pelgag et l’art de réinventer la pop québécoise

Les Francos misent aussi cette année sur des artistes qui redéfinissent actuellement la scène francophone québécoise. Klô Pelgag, avec son univers éclaté, théâtral et poétique, continue d’occuper une place à part dans le paysage musical. L’autrice-compositrice-interprète présentera non seulement son propre spectacle, mais participera également à l’hommage au Dôme. Les Francos la décrivent d’ailleurs comme une artiste « hypnotisante », preuve de l’importance qu’elle occupe désormais dans la culture québécoise contemporaine.

À travers ses albums, Klô Pelgag a toujours cultivé une forme de liberté artistique qui rejoint particulièrement les publics queer : refus des conventions, esthétique éclatée, humour absurde et grande sensibilité émotionnelle.

Ariane Roy : la nouvelle voix d’une génération

Autre artiste très attendue : Ariane Roy . L’autrice-compositrice-interprète, devenue en quelques années une véritable révélation, sera notamment en vedette sur la grande Scène Rogers dans le cadre des spectacles extérieurs gratuits.

Sa pop mélancolique, ses textes intimistes et sa présence scénique magnétique lui ont permis de rapidement se tailler une place parmi les artistes les plus importantes de sa génération.

Dans un paysage musical où les jeunes artistes prennent de plus en plus de place sans devoir cacher leur identité, Ariane Roy représente aussi une nouvelle manière d’habiter l’espace public francophone.

Ariane Moffatt, Pierre Lapointe et Coeur de Pirate : toujours présents

Plusieurs figures LGBTQ+ bien établies seront également de la fête. Ariane Moffatt, artiste ouvertement lesbienne depuis le début de sa carrière, continue d’être une figure essentielle de la chanson québécoise. Depuis plus de vingt ans, elle a contribué à normaliser la présence queer dans la culture populaire francophone, tout en développant une œuvre profondément personnelle et innovante. Pierre Lapointe, quant à lui, affichait déjà complet à la

Maison symphonique au moment du dévoilement de la programmation. Son univers flamboyant, dramatique et raffiné continue de séduire un vaste public. Rarement un artiste québécois aura réussi à conjuguer aussi naturellement chanson populaire, références littéraires et esthétique queer assumée. Cœur de Pirate sera également présente dans la programmation payante. L’artiste, qui a souvent parlé ouvertement de sa bisexualité et des enjeux liés à la santé mentale, entretient depuis longtemps un lien fort avec les communautés LGBTQ+.

Une place importante pour les artistes émergent.e.s Les Francos 2026 mettent aussi de l’avant plusieurs artistes de la relève.

Rau_Ze, projet musical qui connaît actuellement une ascension fulgurante, participera à l’hommage au Dôme, faisant partie de la programmation extérieure. Son univers musical hybride et très actuel attire particulièrement les jeunes publics.

Lou-Adriane Cassidy poursuit elle aussi son impressionnante montée dans le paysage culturel québécois. Sa présence dans l’hommage à Jean Leloup confirme son statut de nouvelle voix incontournable de la chanson d’ici.

Du côté des scènes plus alternatives, VioleTT Pi apportera son énergie irrévérencieuse et son univers éclaté mêlant électro, rock et poésie urbaine.

L’artiste innue Soleil Launière sera également à surveiller le 18 juin. Son travail, profondément enraciné dans les cultures autochtones contemporaines, mélange performance, expérimentation sonore et réflexion identitaire. Sa présence témoigne aussi d’une ouverture croissante des Francos envers les voix autochtones.

Enfin, les artistes françaises Léonie Pernet et Romane Santarelli viendront enrichir la programmation avec leurs propositions électro-pop avant-gardistes qui trouvent un écho particulier auprès des publics queer européens.

Une programmation qui reflète l’évolution de la scène musicale francophone

Au-delà des noms, cette présence importante d’artistes LGBTQ+ aux Francos reflète aussi l’évolution de la scène musicale francophone.

Longtemps centré sur une vision plus traditionnelle de la chanson francophone, cette scène s’ouvre désormais davantage aux nouvelles identités musicales, aux artistes hybrides et aux propositions plus marginales ou expérimentales.

Dans son communiqué, le directeur de la programmation des Francos, Maurin Auxéméry, insiste d’ailleurs sur l’importance de représenter la pluralité des francophonies contemporaines.

« La pluralité des francophonies, d’ici et d’ailleurs, s’y rencontre et s’y exprime pleinement », souligne-t-il.  Cette volonté de diversité se reflète autant dans la présence d’artistes queer que dans l’importance accordée aux scènes rap, électro, alternatives et aux artistes issu.e.s de différentes communautés culturelles.

Un début d’été résolument queer

Avec ses nombreux spectacles gratuits, ses grands rassemblements extérieurs et une présence queer particulièrement forte cette année, les Francos de Montréal 2026 s’annoncent comme l’un des événements culturels incontournables du début de l’été. Entre les grandes figures déjà établies et la nouvelle génération d’artistes LGBTQ+ qui transforme actuellement la scène musicale francophone, le festival offre cette année un portrait fascinant de la diversité culturelle et identitaire du Québec contemporain. Dans un paysage culturel en constante transformation, les Francos demeurent un espace essentiel où la musique francophone peut évoluer, se faire entendre et rayonner.

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://francosmontreal.com

PHOTO PIERRE LAPOINTE
PHOTO : ROMANE
SANTARELLI

ECHO : sous le Grand Chapiteau, la magie opère encore

Il y a toujours quelque chose de particulier lorsqu’un spectacle du Cirque du Soleil revient à Montréal. Encore davantage lorsqu’il s’agit d’une création née ici avant de partir conquérir le reste du monde. Après une vaste tournée internationale, ECHO retrouve le Grand Chapiteau du Vieux-Port cet été avec cette même ambition qui a toujours fait la réputation du Cirque : provoquer l’émerveillement, certes, mais aussi proposer une véritable expérience visuelle et émotionnelle. Et avec ECHO, le pari est largement réussi.

Mis en scène par Mukhtar Omar Sharif Mukhtar — qu’on connaît notamment pour son travail avec le Cirque du Soleil sur Kurios et Luzia —, le spectacle pousse encore plus loin cette volonté d’intégrer la narration, les nouvelles technologies et l’acrobatie dans une proposition cohérente et spectaculaire. La création bénéficie également du travail de scénographie et direction de création de Chantal Tremblay ainsi que d’une impressionnante équipe multidisciplinaire réunissant concepteurs visuels, chorégraphes, musiciens et acrobates venus des quatre coins du monde. Le résultat est un spectacle d’une fluidité remarquable, où chaque tableau semble glisser naturellement vers le suivant.

Au cœur de ECHO, il y a Future, une jeune femme guidée par la curiosité et le désir de comprendre le monde qui l’entoure. Accompagnée de son chien Ewai, elle traverse un univers en perpétuelle transformation où la nature, les animaux et les humains cherchent un nouvel équilibre. Dit comme cela, le propos pourrait sembler naïf. Pourtant, le Cirque du Soleil évite habilement le piège du discours écologique moralisateur pour privilégier l’émotion, la poésie et la sensation. L’un des éléments les plus frappants demeure cet immense cube central qui domine la scène. Tour à tour écran de projection, structure acrobatique, sculpture mouvante ou métaphore d’un monde à reconstruire, cet élément scénographique devient pratiquement un personnage à part entière. Grâce aux projections vidéo, aux éclairages et aux effets numériques, le cube transforme constamment l’espace et donne parfois l’impression d’assister à un spectacle immersif à mi-chemin entre la performance circassienne et l’installation artistique. Visuellement, ECHO est probablement l’un des spectacles les plus sophistiqués du Cirque du Soleil depuis plusieurs années. Mais malgré cet arsenal technologique impressionnant, l’humain reste au centre de tout. Ce sont les artistes qui imposent véritablement le rythme du spectacle. Et quels artistes.

Le numéro de trapèze figure parmi les moments les plus saisissants de la soirée. Suspendus à plusieurs mètres du sol, les interprètes exécutent des figures d’une précision vertigineuse dans une séquence où la beauté des mouvements rivalise avec le danger bien réel de l’exercice. Le public retient littéralement son souffle. Les numéros de sangles aériennes, de balançoire coréenne et de jonglerie repoussent eux aussi les limites physiques avec une élégance constante. Contrairement à certaines productions qui accumulent les performances sans véritable cohésion, ECHO réussit à intégrer les prouesses acrobatiques dans une narration organique où chaque discipline semble avoir une fonction dramatique.

La musique joue également un rôle central dans cette immersion. La trame sonore originale mélange habilement envolées orchestrales, textures électroniques et voix aériennes dans une partition qui accompagne les transitions avec beaucoup de finesse. Certaines séquences atteignent même une dimension presque hypnotique tant l’image, le mouvement et le son fusionnent harmonieusement. Les costumes méritent aussi une mention particulière.

Plus contemporains que les créations flamboyantes et baroques des premières années du Cirque du Soleil, ils empruntent ici autant au biomorphisme qu’à une certaine esthétique futuriste. Les matières évoquent parfois le papier, les plumes, les écorces ou les textures animales dans une palette de couleurs qui évolue constamment selon les tableaux.

Mais au-delà de la virtuosité technique, ECHO séduit surtout par son ton profondément humain. Le spectacle parle de coexistence, d’écoute et de transformation sans jamais devenir lourdement démonstratif. Il y a dans cette création une volonté manifeste de réintroduire une forme de douceur dans un monde souvent dominé par le cynisme et la brutalité. Et cette douceur n’empêche jamais le spectacle d’être grandiose, d’autant plus que cette création apparaît comme une affirmation éclatante de la capacité du Cirque du Soleil à se renouveler tout en restant fidèle à son ADN artistique.

Il faut dire qu’il existe encore peu d’expériences scéniques capables de provoquer un sentiment collectif d’émerveillement avec une telle efficacité. Pendant plus de deux heures, ECHO nous invite à suspendre le réel pour plonger dans un univers où les corps défient la gravité et où la beauté demeure possible. Dans une époque saturée d’images numériques et de contenus éphémères, cette capacité à créer du vrai vertige — physique, émotionnel et esthétique — devient peut-être l’un des plus grands luxes du spectacle vivant. 6

INFOS | ECHO, Cirque du Soleil. Sous le Grand Chapiteau, Vieux-Port de Montréal. Du 21 mai au 31 juillet 2026. https://www.cirquedusoleil.com

CRÉDIT
PHOTO : CIRQUE DU SOLEIL

Quoi faire cirque

MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CIRQUE 2026

Un monde en suspension entre prouesse, poésie et audace

Du 2 au 12 juillet 2026, MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE revient transformer la métropole en immense terrain de jeu acrobatique. Fidèle à sa mission de faire rayonner les arts du cirque sous toutes leurs formes, le festival proposera une programmation foisonnante où se côtoient grandes fresques visuelles, créations intimistes, performances immersives et spectacles hybrides venus des quatre coins du monde.

Cette nouvelle édition mettra en lumière des artistes qui repoussent les limites du corps, de la scène et de l’imaginaire. Entre humour décalé, performances physiques vertigineuses, explorations sensibles des identités et expériences immersives, le festival continuera de célébrer la richesse et la diversité du cirque contemporain. De la grande salle de la TOHU aux espaces plus intimistes, en passant par l’Espace St-Denis et la Grande Bibliothèque, Montréal vibrera au rythme d’un cirque inventif, humain et spectaculaire.

Voici quelques-uns des spectacles marquants de cette édition 2026

Searching for Love Jerry Tremblay

Les 3, 4, 8 et 9 juillet – Studio de l’Espace St-Denis

Grand gagnant de l’édition 2025 de  Quel Talent!, Jerry Tremblay présentera une version unique et inédite de son nouveau spectacle Searching for Love. Cirque, malaises et humour s’y rencontrent dans un savoureux cocktail. Cultivateur de malaises expérimenté — mais involontaire — Jerry rayonne par son manque d’habiletés sociales et son désir profond d’être aimé. À travers une série de situations aussi absurdes que touchantes, le spectacle plonge le public dans une quête affective aussi hilarante qu’émouvante.

La Chute des Anges Cie L’Oublié(e) – Raphaëlle Boitel

Du 2 au 5 juillet – TOHU, salle circulaire / 70 min

Que deviendrait notre monde si même les anges ne pouvaient plus voler? Avec  La Chute des Anges, Raphaëlle Boitel signe une vision d’anticipation poétique qui interroge notre présent à travers un futur sous contrôle. Dans un univers froid et métallique où les machines dominent des êtres formatés, des anges déchus errent sous un ciel gris et sur une terre brûlée. Entre conformisme, soumission et désir de liberté, une brèche s’ouvre pourtant vers un possible envol. À la croisée du cirque, de la danse, du théâtre et du cinéma, cette œuvre d’une grande puissance visuelle mêle mât chinois, acrobaties et voltiges aériennes dans une ode à la résistance et à l’émancipation.

St.art Cirk La Putyka

Du 7 au 12 juillet – TOHU, salle circulaire / 75 min

Véritable hommage au sport et à l’art du mouvement, St.art propose une expérience scénique intense où le corps devient langage. Porté par de véritables athlètes — dont un champion tchèque de trampoline — le spectacle explore des émotions universelles liées au dépassement de soi, à l’euphorie et au triomphe. Avec cette création énergique, Cirk La Putyka rapproche les trajectoires des artistes et des sportifs dans une célébration spectaculaire du mouvement et de la résilience humaine.

Défis Déjantés Three Legged Race Productions

Du 2 au 12 juillet – Studio de l’Espace St-Denis / 60 min

Après le succès de Sophie's Surprise présenté au festival en 2024 et 2025, Three Legged Race Productions revient avec une toute nouvelle création aussi éclatée qu’imprévisible. Présenté en avant-première dans le cadre d’une collaboration exclusive avec la TOHU,  Défis Déjantés plonge le public dans l’univers néon et synthétique des jeux télévisés des années 1980. Entre roue qui tourne, buzzer, défis absurdes et acrobaties défiant la mort, les artistes brouillent constamment les frontières entre compétition et spectacle. À mi-chemin entre le sport, la comédie et le cirque, ce spectacle chaotique et kaléidoscopique promet des prouesses techniques impressionnantes et un humour complètement déjanté.

Silly Little Things Trygve Wakenshaw

Du 3 au 6 juillet – Auditorium de la Grande Bibliothèque (BAnQ) « Un artiste époustouflant et étrange (...). Le mime à un niveau supérieur. » — Neil Patrick Harris Classé parmi les spectacles comiques les mieux cotés du Festival Fringe d’Édimbourg 2024,  Silly Little Things est une création hilarante, émouvante et physiquement virtuose. Mêlant mime, clown et comédie physique, Trygve Wakenshaw transforme les petits riens du quotidien en scènes totalement imprévisibles. Entre absurdité, poésie et fantaisie, le spectacle célèbre l’amitié et l’imagination débordante de l’un des grands noms du mime contemporain.

La Bagatelle du Roi des Miettes La Croustade

Du 8 au 11 juillet – Auditorium de la Grande Bibliothèque (BAnQ) / 65 min

Douceur pastel, crémage à la vanille, excitation d’un cadeau qu’on déballe : La Bagatelle du Roi des Miettes est un véritable gâteau multidisciplinaire éclaté de couleurs et de surprises. À travers le cirque, la danse, le skateboard, le théâtre et la manipulation d’objets, le spectacle invite le public dans un univers sensible, atypique et résolument unique.

20 Years Later, Still Here! Lotta & Stina

Du 8 au 11 juillet – Auditorium de la Grande Bibliothèque (BAnQ) / 65 min

Avec chaleur, humour et acrobaties vertigineuses,  20 Years Later, Still Here! retrace le parcours de deux femmes ayant consacré vingt ans de leur vie aux arts du cirque. Entre glamour, entraînements intensifs, blessures et persévérance, ce spectacle autofictionnel célèbre autant la puissance du spectacle vivant que l’amitié durable entre deux artistes ayant traversé ensemble les hauts et les bas de la création.

L'AUTRE CIRQUE (en version longue ou courte)

Du 6 au 11 juillet -La Chapelle Scène

L’Autre Cirque célèbre l’hybridation des genres. À la lisière du cirque et d’autres formes d’expression, ces soirées hors normes nous font découvrir des artistes qui choisissent les sentiers alternatifs de la création. Notons, entre autres les prestations de suivantes : dans une proximité presque intime avec le public, Bridie Hooper transforme l’effort physique en expérience sensorielle brute, où le cirque devient une sculpture vivante à la limite de la rupture; à travers le jonglage, le théâtre physique et l’acrobatie, Spillover suit deux jeunes hommes qui tentent de maintenir l’équilibre fragile de leur relation, entre honte, vulnérabilité, masculinités sensibles et désir de connexion.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Voyez toute la programmation sur https://montrealcompletementcirque.com/

Quoi faire festival

Corps dissidents et identités en résistance au FTA

Le Festival TransAmériques met cette année en lumière plusieurs œuvres queer puissantes où le corps, le désir et l’identité deviennent des espaces de résistance. À travers des univers scéniques audacieux et profondément incarnés, des artistes donnent voix à des réalités marginalisées et rappellent que les enjeux LGBTQ+ croisent aussi les questions de classe, de colonialisme, de mémoire et de survie. Des œuvres fortes où faire de la scène est geste lieu de liberté et de transformation.

Réquiem para un alcaraván et Bardaje Artiste, performeur·euse et anthropologue mexicain·e, Lukas Avendaño explore sa culture, dans laquelle les genres peuvent se distribuer différemment. L’artiste s’intéresse aussi aux autres cultures qui transgressent la représentation binaire du genre, une transgression malmenée par la colonisation au point de quasiment disparaître, entre autres chez les muxes d’Oaxaca, dont iel est un·e représentant·e. Dans le cadre du FTA, l’artiste arrive avec ses deux créations, Réquiem para un alcaraván et Bardaje. L’artiste nous offre une exploration associant musique et danse dans un geste de résistance éminemment politique. Réquiem para un alcaraván est un hommage à la culture zapotèque précoloniale. L’artiste évoque les moments importants qui marquent la vie des membres de sa communauté. Les cérémonies jouent un rôle important : les mariages, les veillées funéraires tout comme les enterrements. « C’est une pièce où l’esthétique, la dramaturgie et la musique sont construites à partir des rites précoloniaux, explique Lukas Avendaño , et les instruments de musique utilisés précèdent l’arrivée de ceux du Vieux Continent. »

Au cours de ces cérémonies, les muxes jouaient un rôle très important. « Les muxes sont des hommes à la naissance et qui, socialement, culturellement et affectivement, ne correspondent pas aux rôles propres à la masculinité, avance l’artiste. Les muxes s’habillent comme les femmes, sont souvent élevé·es comme des femmes, mais ce ne sont pas des personnes trans souhaitant une modification de leur corps, et cela n’implique pas non plus une orientation sexuelle définie. » Selon Lukas, le terme muxe serait une déformation du mot mujer (femme), créé par les colons pour distinguer cette catégorie de personnes des « vraies » femmes.

Avec Bardaje, Lukas Avendaño s’intéresse plus largement à toutes les cultures qui ont fait une place à ce que les anthropologues ont parfois abusivement appelé le « troisième genre ». Le terme bardaje résonne particulièrement au Canada puisqu’il évoque les « berdaches » des Premières Nations. Souvent avec une graphie différente, bardaje a désigné, dans de nombreuses cultures, des personnes aux genres différents de ceux définis par les Occidentaux. « La différence entre les deux pièces tient à la temporalité. Avec Réquiem, ce sont les cérémonies religieuses zapotèques qui existaient des siècles avant la colonisation, continue Lukas, alors qu’avec Bardaje, on se tourne vers ce que l’on appelle les “deux esprits”, que sont les muxes ou encore les berdaches, ou qui portent d’autres noms selon les époques, les cultures et les géographies. »

Derrière les propositions esthétiques singulières de l’artiste, il y a une revendication politique très forte, en opposition avec la tendance séculaire à vouloir combattre et faire disparaître toustes celles et ceux qui s’écartent de la norme hétéropatriarcale. « On peut inclure dans ma démarche toutes les personnes LGBTQ+, même si je parle de la muxeida, comme j’aime le dire en incluant los “putos del mundo” pour que nous nous tenions debout et revendiquions nos cultures originales. Ainsi sommes-nous, ainsi avançons-nous d’une manière différente, et nous continuerons à avancer de cette manière-là. Et cela vaut pour toutes les catégories de personnes minorisées ou marginalisées. »

Et la seule arme de Lukas Avendaño pour mener à bien ce combat passe essentiellement par l’art, la musique et la rencontre avec les autres, comme iel le fait dans ses spectacles. Iel conclut avec humour l’entrevue par cette image qui fait référence au slogan communiste

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », devenu ainsi : « ¡Putos del mundo, uníos! » Réquiem para un alcaraván du 7 au 9 juin 2026, au Centaur Theatre; Bardaje du 3 au 5 juin 2026, à la Chapelle de la Cité-des-Hospitalières

Querelle de Roberval

L’adaptation du roman de Kev Lambert, Querelle de Roberval, par Olivier Arteau n’avait jamais été présentée à Montréal. Le Festival TransAmériques (FTA) nous donne donc la chance de découvrir l’univers unique et percutant de l’autrice. Un univers de résistance, de combat, de transgression pour tenter de survivre. Adapter un roman pour la scène est un exercice redoutable. Un travail de réécriture s’il en est un, qui transforme le narratif. Il n’est plus tout à fait le même que dans le livre, ni tout à fait autre. Mais Olivier Arteau a réussi ce tour de force sans trahir les intentions de Kev Lambert. « Je répète souvent que Kev Lambert a été mon ange gardien pendant tout le processus, avance le metteur en scène en entrevue. Elle a été présente dès les premières lectures et elle a travaillé avec moi pendant toute la durée du processus. Je pense que, pour toute adaptation littéraire, il faut avoir la confiance de l’auteur ou de l’autrice, et ça a été le cas dès le tout début de l’aventure. »

Oublions le politiquement correct ou la bien-pensance : Kev Lambert explore les relations, qu’elles soient sociales, affectives ou sexuelles, là où ça coince. Une grève dans une scierie en région, à Roberval, la présence d’Autochtones et Querelle, un homme venu d’ailleurs qui suscite toutes les convoitises. Ce qui a séduit Olivier Arteau, c’est que nous vivons dans le même monde, quelles que soient nos différences. « On pourrait croire parfois que les catégories de la population sont juxtaposées, alors que nous vivons tous et toutes dans la même société. Les LGBTQI+, par exemple, ne sont pas des marginaux, mais ont été marginalisés, comme peuvent l’être des ouvriers en grève ou encore les Autochtones. C’est ce qui m’a attiré dans Querelle de Roberval : tous les enjeux sociaux s’y retrouvent et les luttes peuvent être semblables, comme essayer de vivre mieux. »

Reste la question du corps magnifié. Comme dans l’œuvre de Genet, le personnage de Querelle sème l’émoi dans la communauté. Cet homme blanc, qui représente l’archétype de la masculinité, devient un objet de projection. On lui prête des qualités qu’il n’a peut-être pas et, surtout, il confronte les hommes et les femmes à leur propre sexualité. « Le corps devient alors politique, d’où l’importance de sa représentation sur scène, poursuit Olivier Arteau. Querelle est un objet de fantasme, mais renvoie aussi à la domination face aux corps des autres personnages masculins. Il y a de multiples couches de lecture dans la pièce. On pourrait encore ajouter cette question : faut-il avoir un corps musclé et désirable, affichant tous les signes de la masculinité, pour être mieux accepté comme gai par les autres hommes, parce qu’on ressemble davantage aux hommes hétérosexuels, comme dans la pièce avec les grévistes de la scierie ? » Querelle de Roberval, au Théâtre Jean-Duceppe, du 30 mai au 2 juin 2026.

Ces regards amoureux de garçons altérés

Un texte percutant et bouleversant écrit il y a plus de dix ans par Éric Noël,  Ces regards amoureux de garçons altérés, dans une mise en scène de Philippe Cyr, revient pour quelques soirs au Prospero dans le cadre du Festival TransAmériques. À voir ou à revoir. Une chambrette de sauna stylisée. Un homme seul se livre au public. On comprend rapidement qu’il erre dans cet espace depuis de longues heures, un peu perdu, cherchant un sens et une forme de réponse dans le délitement de sa vie à travers le sexe et les drogues. Le chemsex, bien sûr, tout le monde en a entendu parler.

Éric Noël a lui-même traversé cette descente vers de faux paradis. Pour exorciser cette dérive, l’écriture lui a permis d’esquisser les contours de ce voyage et de le partager à travers un long monologue au croisement de l’autobiographie et de la fiction, de la confession et de l’invention. Entre souvenirs crus de rencontres sexuelles et envolées poétiques, le texte est brillamment porté par le comédien Gabriel Szabo dans un véritable exercice d’équilibriste. Il y a la voix, bien sûr, avec ses multiples registres, mais aussi le corps, si important dans le rapport à soi, aux autres et à la sexualité.

Présenté à l’origine dans la petite salle du Théâtre Prospero, Ces regards amoureux de garçons altérés investira, le temps du festival, la grande salle tout en conservant l’ambiance intime de la création. Sur scène, la même boîte au plafond bas dans laquelle évolue le comédien, condamné à se déplacer presque uniquement en rampant. La mise en scène de Philippe Cyr, directeur artistique du Prospero, joue à la fois sur l’enfermement physique et sur la profonde solitude du personnage. Dès les premières mises en lecture du texte, Philippe Cyr a été fasciné autant par l’écriture d’Éric Noël que par les thèmes abordés. « Bien sûr, il y a cette référence au chemsex qui touche la communauté gaie, peut-être dans nos familles ou nos cercles d’ami·es. Mais il est aussi question de dépendance, quelle qu’elle soit : aux drogues, au sexe ou même à la passion, puisque le personnage traverse également le deuil d’une relation. »

L’enfermement ne se retrouve pas seulement dans le texte, mais aussi dans la scénographie à travers cet espace réduit qui évoque autant la chambrette du sauna que la prison mentale dans laquelle se trouve le personnage. « Il fallait rendre cet étouffement presque au sens littéral et, à la manière d’une caméra, proposer une perspective sur le corps du comédien, explique Philippe Cyr, parce que le corps, sa présence, est indissociable du texte. C’est comme un long travelling sur ce corps présent pendant plus d’une heure sur scène et que l’on perçoit dans tous ses détails. Ce dispositif renforce la proximité avec le public, comme si celui-ci se retrouvait devant un écran. »

On découvre ainsi la vie d’un homme perdu entre ses souvenirs et son désir de vivre des moments toujours plus forts, plus grands, plus intenses. Comme le souligne le metteur en scène, une ambiguïté persiste constamment : la lucidité et la sincérité apparentes de cette confession laissent aussi place au doute, à des interprétations dont on ne sait jamais vraiment si elles relèvent du réel ou du fantasme, comme une tentative de réécrire sa propre histoire pour mieux se rassurer. Alors, ce personnage s’adresse-t-il à nous, le public? Sans doute. Mais peut-être surtout à lui-même. Ces regards amoureux de garçons altérés, au Théâtre Prospero, du 4 au 7 juin 2026. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | La 20e édition du FTA - Festival TransAmériques, festival international de danse + théâtre, du 28 mai au 10 juin 2026 à Montréal. https://fta.ca/fr/programmation

clubbing ~ fugues y était

Grande Finale du Concours MX Cocktail 2026 | PHOTO PASCAL FOREST

GAGNE LA 3E POSITION.

Concours MX Cocktail 2026 | PHOTO PASCAL FOREST

Les séries des Canadiens au Le Weiser | PHOTOS PASCAL FOREST

L'ÉQUIPE DU WEISER VOUS ATTEND POUR PARTAGER LA FRÉNÉSIE DES SÉRIES.

DUCHESS
NOVAH DANS NEVER ENOUGH.
ENDRIX EST DÉCLARÉE MX COCKTAIL 2026.
PHOTO DE GROUPE DE LA GRANDE FINALE.
LUC ET FRANK DJ.
VAL THE FREAK.
EMMA DÉJÀ VU ET SA PROTÉGÉE LA BILLE HATCH.

Clubbing sur scène

LE BALCON

Une expérience souper-spectacle cabaret chic

Depuis sa fondation en 2005, Le Balcon s’impose comme une destination phare du paysage culturel montréalais. Située en plein cœur du Quartier des spectacles, cette salle unique en son genre propose une expérience immersive où musique, gastronomie et ambiance festive se rencontrent avec élégance.

Installé dans la salle Dawson de l’église unie St. James, un lieu emblématique classé lieu historique national du Canada et reconnu pour sa valeur patrimoniale au Québec, Le Balcon marie avec finesse héritage architectural et effervescence artistique contemporaine. Ce décor exceptionnel confère à chaque soirée une atmosphère à la fois intime, chaleureuse et grandiose.

La signature du Balcon repose sur sa formule souper-spectacle distinctive. Les convives y dégustent une fine cuisine du marché soigneusement élaborée, tout en assistant à des performances musicales de haut calibre, principalement inspirées des grands classiques de la Motown, de la soul, du gospel et du disco. Jazz, funk, pop et musiques du monde viennent également enrichir une programmation portée par des artistes talentueux, tant locaux qu’internationaux. Au fil des années, Le Balcon est devenu une véritable institution culturelle et festive à Montréal, reconnue pour la qualité de sa programmation ainsi que pour l’expérience unique offerte à son public.

Que ce soit pour une sortie entre amis, une soirée romantique ou une occasion spéciale, Le Balcon promet des moments mémorables où tous les sens sont en éveil.

Le Balcon x Terrasse : l’été prend vie au cœur du centre-ville

Dès le 21 mai, Le Balcon célèbre le retour de sa spectaculaire terrasse pour une quatrième saison au cœur du centre-ville de Montréal. Installée sur le parvis de l’église St. James, avec en toile de fond ce somptueux bâtiment patrimonial datant de 1860 sur la rue SainteCatherine, cette terrasse s’impose comme l’un des lieux les plus impressionnants du Quartier des spectacles, offrant un charme unique en plein milieu urbain.

Cet été, place à une programmation 100 % musique live, du mercredi au samedi, dans une ambiance vibrante et festive. Côté gastronomie, l’expérience a été entièrement repensée : menu raffiné de tapas, plateaux à partager et cocktails créatifs viendront sublimer les soirées sous les étoiles.

Nouveauté cette année : la terrasse est désormais offerte en formule privatisation et réservations de groupes, idéale pour des événements corporatifs, anniversaires ou soirées festives dans un cadre distinctif au centre-ville.

Nicole Moudaber
Weval

Le rendez-vous 5 à 7 incontournable

Après le travail ou simplement pour profiter des belles soirées estivales, la terrasse du Balcon devient l’endroit parfait pour les professionnels du centre-ville comme pour les résidents du quartier. Un espace animé, convivial et accessible pour relaxer, socialiser et commencer la soirée en beauté.

Une programmation hebdomadaire festive

Grâce à des installations adaptées aux caprices de la météo — incluant parasols géants et scène couverte — la terrasse propose une programmation beau temps, mauvais temps, de mai à septembre.

Mardis — Latin Groove

En collaboration avec l’école de danse Latin Groove, la terrasse se transforme en piste de danse à ciel ouvert. Cours et danse sociale de 19 h à 23 h, animés par une rotation des meilleurs DJs latins de Montréal.

Mercredis — Jazz Cabaret Chic

Dès 18 h 30, les plus talentueux musiciens de jazz montréalais créent une ambiance élégante et feutrée.

Jeudis — Soul, RnB & Groove

Une soirée rythmée où les meilleurs artistes locaux font vibrer le public.

Vendredis — Motown & Disco

Les grands classiques soul, Motown et disco pour terminer la semaine sous les étoiles.

Samedis — Fiesta Cubana

Ambiance enflammée avec The Cuban Martinez Band et une énergie cubaine irrésistible.

Le Balcon x Terrasse s’impose comme l’un des rendez-vous incontournables de l’été montréalais : musique live, ambiance électrisante et décor patrimonial exceptionnel.6

LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

INFOS | Le Balcon Cabaret Chic et Le Balcon x Terrasse. Ouverture officielle : 21 mai. Réservations recommandées via Ticketmaster (frais de service en sus), incluant l’accès aux meilleures places, ou admission générale sur place, selon les disponibilités. Heures d’ouverture : Mardi au jeudi : 16 h; Vendredi et samedi : 15 h. Sites web : https://www.lebalcon.ca / https://www.xterrasse.com Billetterie: https://www.ticketmaster.ca/le-balcon-x-terrasse-billetsmontreal/venue/403020?language=fr-ca

CHORALE GAY AND GREY MONTRÉAL

Entre nostalgie, fierté et célébration de la diversité, la chorale Gay and Grey Montréal poursuit son aventure musicale avec un spectacle qui promet d’être aussi festif qu’émouvant. En effet, l’ensemble vocal proposera, en juin prochain, une soirée où grands succès des décennies passées, chant choral et ambiance dansante se rencontreront dans un même élan de joie et de partage.

Fondée en janvier 2025, la chorale Gay and Grey Montréal regroupe principalement des hommes de 50 ans et plus issus de la communauté gaie anglophone de Montréal. Alfred Lagrenade — chanteur, enseignant et directeur artistique de la chorale Feminae Mundi — met son talent artistique au service de la direction de la chorale.

Depuis sa fondation, le groupe a donné plusieurs prestations, dont un concert à l’église Trinity United le 20 octobre 2025. La chorale y a présenté un répertoire très varié, comprenant des pièces telles que  Les Uns contre les autres, Seasons of Love, If You Were Gay, Over the Rainbow, ainsi que des œuvres de compositeurs gais, dont  At the River d’Aaron Copland. L’ensemble vocal a également été invité à participer à un service commémoratif à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, à l’église St. James United, le 30 novembre 2025.

La chorale Gay and Grey Montréal se produira au cabaret Le Balcon (rue Sainte-Catherine Ouest), le 15 juin 2026. Ce concert ambitieux et inédit réunira le chant choral et la musique du DJ Urses. Il s’agira d’une soirée festive mettant en vedette de la musique des années 1960 à 1990, où les spectateurs pourront entonner des mélodies connues et danser sur les succès de ces décennies. L’occasion sera belle de célébrer la communauté, la diversité et le pouvoir de la musique dans un cadre inoubliable.6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | récital A Musical Odyssey – Where the Past Meets the Present, le 15 juin 2026 à 19 h 30, au cabaret Le Balcon, 463, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal.

Billets : 20 $ en prévente en ligne et 25 $ à la porte. Tarif spécial pour les membres disponible. E. : info@ggmtl.com | https://www.ggmtl.com/

Quoi faire financement

Oh La ! La ! Un cabaret des plus festifs pour amasser des fonds !

Déjà une 7e édition pour cette belle soirée qu’est le Cabaret Oh La ! La ! au profit de la Maison du Parc. Toute une brochette de drag queens vous attend au Cabaret Mado pour vous amuser follement entre ami·e·s et assister à des performances toutes plus endiablées les unes que les autres. Quand ? Le mercredi 3 juin dès 19 h. On souhaite ainsi recueillir des fonds pour cette maison, fondée en 1991, qui vient en aide aux personnes vivant avec le VIH/sida et qui constitue l’un des derniers lieux d’hébergement au Canada pour ces personnes ayant des besoins particuliers. On espère récolter entre 20 000 $ et 25 000 $ pour cette édition-ci..

Vous ne risquez pas de vous ennuyer sur votre chaise, c’est garanti ! Vous aurez même envie de vous lever et de vous mettre à danser follement ! Les drag queens extravagantes et énergiques — Manny Tuazon, Bambi Dextrous, Emma Déjà Vu, Lady Boom Boom et Ruby Doll — seront de la partie pour cette soirée du Cabaret Oh La ! La !, qui fera vibrer sans contredit le Cabaret Mado. Des paillettes à profusion, des plumes, des talons hauts et des tenues très colorées seront au rendez-vous pour vous faire passer des moments remplis de bonheur et d’humour. Tracy Trash et Plastik Patrik assureront l’animation de ce Oh La ! La ! « Nous sommes très choyé·e·s encore cette année de l’implication des drags dans le spectacle et elles le font toutes bénévolement, ajoute Thomas Leslie, président du conseil d’administration de la Maison du Parc. Elles croient en cette cause, elles s’impliquent activement pour faire de Oh La ! La ! un bel événement festif. »

Un soutien essentiel

« Nous avons dépassé les 20 000 $ en 2025 et notre objectif est d’atteindre cette année au moins la même somme. Mais j’ai bon espoir qu’on va dépasser ce montant », explique

Thomas Leslie, qui est également directeur général de la Fondation Macdonald Stewart. « Déjà, nous avons l’appui de Gilead Sciences, de Morgan Stanley et des Pharmacies Martin Duquette, entre autres. » Il faut rappeler que des personnes ont toujours besoin d’un organisme comme la Maison du Parc. On parle de moins en moins souvent du VIH/sida de nos jours; pourtant, c’est encore une maladie importante qui touche de près les membres des communautés LGBTQ+. « Nous avons la chance de pouvoir compter sur un personnel et des bénévoles dévoué·e·s à cette cause », explique Thomas Leslie, président du conseil depuis 2018, membre du même conseil d’administration depuis 2012 et également bénévole depuis 2004 à la Maison du Parc. Il a aussi été chanteur et soliste bénévole à plusieurs reprises dans le chœur du concert Voix d’espoir / Voices of Hope.

Des événements-bénéfice pour maintenir en vie ce groupe communautaire Il est important de se rappeler que de telles activités de collecte de fonds sont essentielles au bien-être des résidentes et résidents vivant avec le VIH/sida dans cette maison d’hébergement communautaire, qui offre non seulement du soutien et de la réhabilitation, mais aussi des soins palliatifs à ceux et celles dont la situation est particulièrement critique. C’est pourquoi la Maison du Parc organise deux collectes de fonds chaque année : l’une joyeuse et festive, comme le Cabaret Oh La ! La !, à l’été, et l’autre plus inspirante, presque méditative, à l’automne — le concert Voix d’espoir, qui se tiendra en novembre prochain. On comptera, comme d’habitude et de façon traditionnelle, sur la participation de membres de l’Association des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal, ainsi que du chœur de l’église St. Andrew and St. Paul.6 ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | Oh La ! La ! le mercredi 3 juin à 19 h (portes ouvertes à 18 h), au Cabaret Mado, 1115, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. Billets et réservation : 25 $. Maison du Parc, 514-523-6467 ou https://www.maisonduparc.org

Tracy Trash
Plastik Patrik

clubbing ~ Breck Alec Stewart

MoonDaze TV véritable archive de la vie nocturne queer

Ce n’est pas rien. Passionné par le nightlife montréalais et celui du Village, Breck Alec Stewart crée, il y a maintenant 15 ans, une série vidéo intitulée  MoonDaze, dans laquelle il réalise des entrevues avec des drags, des artistes, des DJ, etc. Des dizaines et des dizaines de performeuses et performeurs se joignent au fil du temps à cette émission devenue une véritable archive de la vie nocturne queer montréalaise. Même si la pandémie a quelque peu ralenti ses ardeurs de 2020 à 2022,  MoonDaze TV reprend sa production de plus belle pour une dixième saison, en 2026.

Qu’est-cequecelatefaitd’atteindreles15anspourMoonDazeTVetautantd’émissions? Autrementdit,c’estquoitesfeelings?

BRECK ALEC STEWART : Je dois avouer que le temps passe tellement vite que j’ai de la difficulté à croire que ça fait maintenant 15 ans que MoonDaze TV existe. J’ai un côté nostalgique très prononcé et mon esprit a souvent tendance à imprégner le passé d’une certaine magie. Le fait de pouvoir préserver tous ces moments que j’ai vécus avec les gens qui ont fait partie de l’émission au fil des années me donne une satisfaction qui ne pourrait être acquise autrement. La caméra est un outil merveilleux, à mon avis, car le passé devient alors fixé dans le temps. J’avoue aussi que ça me permet de ralentir un peu ma perception de la vie pour pouvoir apprécier le moment présent, chose que j’ai beaucoup de difficulté à faire, car j’ai tendance à vivre soit dans le passé, soit dans le futur, le présent devenant alors moins important et donc moins apprécié à sa juste valeur.

Est-cequetut’imaginaispouvoirpoursuivrependantautantd’annéesetcollaboreravec autantd’artistesétablisetdelarelève?

BRECK ALEC STEWART : À la naissance de l’émission, le 11 novembre 2011, le premier épisode de MoonDaze TV durait seulement 3 min 52 s, ce qui est très court, et j’avoue que je n’avais pas d’idée précise, à cette époque, du format que l’émission allait prendre. Graduellement, la durée a augmenté jusqu’à 20 minutes, ce qui est maintenant le standard établi depuis l’épisode 23. Ceci m’a permis de couvrir toutes sortes d’événements dans différents endroits et d’offrir aux personnalités qui font partie de l’émission une belle place.

Au début, j’ai commencé avec mes amis du milieu, puis, au fil des années, se sont ajoutées des figures plus connues ainsi que des artistes de la relève. Je dois avouer que ces derniers sont souvent les plus enthousiastes et motivés, car ils ont moins de vécu et sont plus affamés de réussir à faire en sorte que leur art soit apprécié. J’aime beaucoup travailler avec les artistes de la relève et, même si plusieurs années nous séparent souvent chronologiquement, je sens que le courant passe bien. Ça me fait chaud au cœur de pouvoir leur offrir des séquences filmées qui mettent leur talent en valeur.

Danstoutecetteexpérienceacquise,qu’est-cequit’aleplusmarqué?

BRECK ALEC STEWART : Ce que je retiens surtout de mon expérience avec cette émission, c’est le fait que rien n’est acquis. Chaque jour, je dois continuer sans jamais arrêter et ne pas m’attarder au côté superficiel comme le succès ou la notoriété. J’avoue que MoonDaze TV n’est pas encore très connu, même après 15 ans d’existence, et quelqu’un qui ferait cela pour le succès et la gloire aurait déjà abandonné puisque, de ce côté, c’est encore limité.

Mon but premier avec l’émission est la satisfaction personnelle que je ressens dans la création de documents qui préservent de beaux moments que j’ai vécus et que je peux revivre n’importe quand en cliquant sur un bouton. C’est très gratifiant de contempler le passé et de constater que l’émission contient, à ce jour, 599 personnalités qui font partie des archives de MoonDaze TV de façon permanente.

Est-cequ’ilyaquelquechosequetutedis,maintenantaveclerecul,quetuauraisfait autrement?

BRECK ALEC STEWART : Absolument. J’aurais commencé tout de suite avec une durée de 20 minutes plutôt que de débuter avec des épisodes plus courts. Le format de 20 minutes a commencé avec l’épisode 23, le dernier de la première saison. Aussi, j’aurais divisé les épisodes autrement en mettant 10 épisodes par saison plutôt que d’avoir une saison 01 contenant 23 épisodes, puis, par la suite, des saisons fluctuantes en nombre.

Je dois aussi mentionner que la pandémie, en 2020, a considérablement ralenti le rythme de production. Avant, j’arrivais à faire 10 épisodes par année, mais depuis ce temps, je n’ai pas réussi à reprendre la même cadence et maintenant, je produis environ quatre ou cinq épisodes par année seulement. J’aimerais bien accélérer le tout, mais ce n’est pas encore possible pour l’instant.

Est-cequ’ilyaunépisodequetupréfèresparmitous,etpourquoi?

BRECK ALEC STEWART : Même si c’est toujours difficile de choisir un favori parmi nos créations, MoonDaze TV 100 - S09E10 Milestone est mon préféré. Premièrement, le fait d’avoir atteint le chiffre 100 est un exploit. Ensuite, en plus du nouveau matériel tourné au Complexe Sky, j’ai décidé de faire une rétrospective de l’émission en incluant des segments de 14 épisodes mettant en vedette 110 personnalités.

Le travail de montage a été plus laborieux que d’habitude et ça m’a pris environ 50 heures à terminer, mais le résultat en valait la peine. Pour quelqu’un qui n’a jamais vu l’émission, ça donne une bonne idée de ce qu’elle contient. Et mon côté nostalgique a été comblé par ce charmant retour dans le passé me permettant de revivre de beaux moments.

Breck Alec Stewart

Avecquelsartistesas-tueuleplusdefunpendantces15ans?

BRECK ALEC STEWART : Il y en a plusieurs et choisir serait difficile, mais si je dois me limiter, alors je dois mentionner Velma Candyass, car elle a fait partie de 43 épisodes, ce qui constitue le record en termes d’apparitions dans l’émission — sauf, bien sûr, dans mon cas, puisque je suis le seul à faire partie de tous les épisodes.

Velma et moi avons commencé notre parcours artistique à la même époque : moi avec l’émission et elle avec son spectacle burlesque Candyass Cabaret. Elle représente donc une figure incontournable de mon histoire. Argaive Anostro est aussi un collaborateur très important que j’ai connu au début de l’émission. C’est un photographe fantastique, toujours prêt à me suivre dans divers événements, rendant ainsi le travail agréable et productif.

Il y a aussi LaDorris, qui est là depuis la première saison, et plus récemment, je peux également mentionner Lulu Shade, Asmatix, Sally-D, Sarah Winters, la gang du  Cabaret Candyass et une multitude d’autres personnages aussi adorables à côtoyer que talentueux.

Commentvois-tul’avenir?

BRECK ALEC STEWART : Je suis dans la position privilégiée de ne pas avoir à être renouvelé par quelqu’un d’autre, donc j’ai l’intention de poursuivre l’émission jusqu’à ce que je quitte ce monde. L’âge ou les changements de société ne vont pas affecter ma capacité de continuer à préserver certains moments importants de ma vie.

Je dois avouer que l’émission est devenue la chose la plus importante et gratifiante de toute mon existence. Aucun autre de mes projets ne me satisfait autant, donc MoonDaze TV est là pour rester et durer aussi longtemps que possible.

Est-cequelesréseauxsociauxt’ontaidéàlapromotiondeMoonDazeTVetas-tudûadapter laformulepourceux-ci?

BRECK ALEC STEWART : Puisque l’émission a été fondée en 2011, les réseaux sociaux étaient déjà très importants à cette époque, donc ils ont toujours fait partie du mécanisme de promotion et même de la façon dont l’émission est produite. J’ai fondé ma chaîne YouTube en 2007, soit quatre ans avant le début de l’émission, donc j’avais déjà une façon de promouvoir tous mes projets.

Puis, les autres réseaux se sont ajoutés au fil des années et je suis toujours à l’affût des nouveautés, ne voulant pas manquer une occasion de rendre l’émission disponible et accessible à tous.6

NDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://www.youtube.com/breckstewart https://www.facebook.com/breckstewart https://www.imdb.me/breckstewart https://www.facebook.com/moondazeproductions

clubbing

LIEUX LGBTQ+ DE RENCONTRES

BARS, CABARETS ET TAVERNES

AIGLE NOIR

1315, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-0040 / www.facebook.com/Bar.Aigle.Noir

Populaire bar pour hommes, ouvert à tous, où se côtoie une clientèle diversifiée de tous les genres et de tous les âges. C'est un lieu inclusif impliqué dans la communauté. Dans la Zone sport, on diffuse des événements sportifs. Table de billard.

Popular bar for men, open to all, where a diversified clientele of all genres and all ages mix. It's an inclusive place involved in the community. In the Sport Zone giant screen major sporting events. Pool table.

BERNARD CABARET GOURMAND

936, rue Sainte Catherine est, Mtl T.514-903-9360 www.bernardmontreal.com

Les cocktails sont aussi élégants qu’inventifs, offerts en versions avec ou sans alcool. On y mange très bien et le menu assume son côté fancy. Mais ce restaurant est aussi un cabaret.

The cocktails are as elegant as they are inventive, available in alcoholic and non-alcoholic versions. The food is excellent, and the menu fully embraces its fancy side.

BAR LE COCKTAIL

1669, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-597-0814 / www.barlecocktail.com

Le Cocktail est certainement l'un des plus chics endroits du village ! Il vous offre des performances de drag queens et des soirées de karaoké enflammées. Du jeudi au dimanche : spectacles et soirées à thème sous la direction artistique de Michel Dorion.

Stylish cabaret with a varied clientele where you can let go and relax with friends while enjoying a drag queen show or karaoke. Thursday through Sunday : shows and theme evenings under the artistic direction of Michel Dorion.

COMPLEXE SKY

1474, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-6969 / www.complexesky.ca

Le Complexe Sky avec ses trois étages et sa terrasse sur le toit dotée d’un jacuzzi est le plus grand complexe gai de la ville.

Sky Complex is the largest gay complex in the city and offers three levels including a terrace on the roof with a jacuzzi.

CHAMPS : CHAMPS SPORTS BAR

3956 Boul. Saint-Laurent, Mtl.

Lieu clé dans le Plateau pour les communautés lesbiennes et queer, connu pour ses événements comme les Dyke Nights, son ambiance inclusive et sa clientèle diversifiée.

A key location in Plateau for the lesbian and queer communities, known for events like Dyke Nights, its inclusive atmosphere, and its diverse clientele.

CABARET MADO

1115, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-525-7566 / www.mado.qc.ca

Cabaret populaire, Mado présente des spectacles de drags ou des événements spéciaux tous les jours. Mado Lamotte «reçoit« les vendredis et samedis soirs…

Mado's popular Cabaret features drag shows or special events every day. Mado Lamotte "receives" on Friday and Saturday evenings...

CAMPUS

1111, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-526-3616 / www.campusmtl.com

Populaire bar où les danseurs nus, pour la plupart assez musclés ou découpés exhibent leur anatomie... pour le plus grand plaisir de la clientèle. Ouvert tous les jours de 15h à 3h.

Popular bar where guys show their muscles, shizelled body... and the rest. Open daily from 3 pm to 3 am.

DIAMANT ROUGE

1681, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.facebook.com/Diamant-Rouge

Diamant Rouge est un strip bar qui permet à sa clientèle d’apprécier visuellement l’esthétique des corps masculins. Dianmant Rouge is a strip club that allows its customers to appreciate the aesthetics of male bodies.

DISTRICT VIDEO LOUNGE

1365, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 438-387-3622 / www.districtvideolounge.com

Bar concept à l’ambiance relaxe avec clientèle de jeunes professionnels LGBTQ+. Écrans géants avec diffusion de vidéoclips et beaucoup plus.

Video bar at the heart of the Gay Village. Relaxed atmosphere with mainly LGBTQ+ young professionals. Large screens with music clips.

MOTEL MOTEL

1276, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.motelmotel.ca

Motel Motel est une adresse fluide. C’est une buvette de quartier, mais en franchissant la porte dans les toilettes on accède à un bar à l’arrière qui s’inspire du concept de bar clandestin.

Motel Motel is a fluid address. It's a neighborhood bar, but through the door in the toilets you reach a bar at the back which is inspired by the concept of a clandestine bar.

LE WEISER

1309, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-347-7023

Bar sportif avec dix-sept grands écrans qui diffusent une variété de chaînes sportives.

Sports bar with seventeen large screens showing a variety of sports channels.

LE NORMANDIE

1295, rue Atateken, Mtl. T. 514-303-4013 / www.taverne-normandie.ca

Le Normandie est l’un des plus anciens établissements gais dans le Village. Vous y retrouverez une clientèle des plus sympathiques pour vos 5 à 7 avec une sélection de bières et de scotchs d’une grande variété. Tous les soirs de la semaine, c’est le karaoké.

The Normandie is one of the oldest gay establishments in the Village. Redecorated recently, it gathers a friendly clientele. It offers a variety of beers and scotches. Every night it’s karaoke night!

LE RENARD

1272, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.bar-renard.com

Petit bar de quartier, très charmant à la déco design face à la station Beaudry.

Small, trendy and design neighborhood bar in front of Beaudry metro station.

PIANO BAR LE DATE

1218, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.ledatekaraoke.com

Piano bar relax avec soirées karaoké tous les jours. Neighbourhood piano bar with karaoke every night.

STUD MONTRÉAL

1812, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-598-8243 / www.lestudmontreal.com

Bar à la clientèle variée où les hommes aiment les hommes et où les Bears se rencontrent aussi. Nombreux partys et soirées à thème tout au long de la semaine. Piste de danse. Il faut visiter «L’Atrihom», une verrière de 30 pieds de haut avec mur végétal, que ce soit pour une date, manger ou simplement pour prendre un verre. Diverse crowd, a meeting place for Bears. Popular bar with dance floor. Several partys and themed nights monthly. The ‘’Atrihom’’ is a 30 feet high green house where you can also eat.

ROCKY

1673, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-7865 / www.facebook.com/tavernerocky

Bar de quartier avec une clientèle mature où l’on propose régulièrement des spectacles de chanteurs.

Neighbourhood bar with a mature crowd. Guest singers regularly.

STOCK BAR

1171, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-842-1336 / www.stockbar.com

Le Stock Bar est un club de danseurs nus qui offre un cadre festif, respectueux et sécuritaire. Le lieu compte aussi un speakeasy plus cosy pour les danses… et un bar-terrasse ouvert sur la rue.

Stud Bar is a nude dance club that offers a festive, respectful and safe environment. More cosy in the speakeasy space ideal for private dances and also a section open on the street.

STÉRÉO BAR

858, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-658-2646 / www.stereobar.tickit.ca

Le bar du légendaire afterhour situé dans le Village est doté d’un excellent système de son. Clientèle mixte. DJs locaux et de renommée internationale de passage régulièrement.

The bar of legendary afterhour in the Village has an excellent sound system. Mixed clientele. Local and Internationally renowned DJs.

TABOO

1950, boul. de Maisonneuve Est, Mtl. T.514-504-6161 / www.facebook.com/BarleTaboo Sympathique bar de danseurs nus. Pleasant bar with nudedancers.

UNITY CLUB

1171, rue Sainte-Catherine Est, 2e Mtl. T. 514-523-2777 / www.clubunity.com

Le club Unity est un grand club où on danse les jeudis, vendredis et samedis.

The Unity Club is a large dance club open on Thursday, Friday and Saturday.

RESTOS AVEC BAR

KEELA

1237, rue Atateken, Mtl. T. 514-528-7617 / www.restokeela.ca

Ce resto de quartier convivial offre des vins pour la plupart bios ou natures et de délicieux cocktails. This friendly neighborhood restaurant offers mostly organic or natural wines and delicious cocktails.

SALOON

1333, rue Ste-Catherine Est, Mtl www.lesaloon.ca

Bistro-bar à l’atmosphère décontractée où l’on peut simplement prendre un verre avant un événement ou y passer la soirée entière.

Bistro-bar with a relaxed atmosphere where you can simply have a drink before an event or spend the entire evening there.

BLOSSOM

1101, boul. de Maisonneuve est, Mtl. T. 514-379-3699 / www.leblossom.ca

Ce resto propose de la cuisine néo-japonaise, des sushis, mais aussi une importante sélection de saké et de whiskys japonais.

This restaurant offers neo-Japanese cuisine, sushi, but also a large selection of sake and Japanese whiskeys.

BARS EN RÉGION

CABARET CLUB LE DRAGUE

815, rue Saint-Augustin, Québec T. 418-649-7212 / www.ledrague.com

Complexe ouvert à tous et à toutes, comprenant: la verrière et le Cabaret. La discothèque sur deux niveaux est ouverte du jeudi au samedi..

Complex open to all, including: the glass roof and the Cabaret. The two-level nightclub is open from Thursday to Saturday .

LE ST-MATTHEW’S

889, Côte Sainte-Geneviève, Québec, QC G1R 5M2 T. 418-524-5000 / www.facebook.com/bar.stmatthews

Bar gai principalement fréquenté par des hommes. On y trouve une table de billard, une terrasse et des appareils de loterie vidéo. Les moments forts sont les weekends, de même que les 5 à 7.

This gay bar mostly frequented by men. There is a pool table, patio and video lottery machines. The highlights are the weekends, as well as the Happy Hour.

SAUNAS DE MONTRÉAL

SAUNA CENTRE-VILLE

1465, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 524-3486 / www.saunacentreville.com

Le Centre-Ville est fréquenté par une clientèle de tous âges et de toutes catégories professionnelles. This sauna attracts a varied clientele from all ages and professional backgrounds.

BAIN COLONIAL

3963, ave Coloniale, Mtl. T. 514 285-0132 / www.baincolonial.com

Fréquenté par une clientèle majoritairement gaie. Sur trois étages, le Colonial vous permet la détente et, qui sait, de belles rencontres. Le Colonial vous offre 3 saunas, bain tourbillon, salle de vidéo-tv, salle d'exercices, service de massage, 2 terrasses ainsi qu’un stationnement.

Attracts a crowd of regulars, mostly gay. Genuine steam system with natural rocks. The Colonial offers 3 saunas, whirlpool bath, video-TV room, exercise room, massage service, 2 terraces and parking.

SAUNA OASIS

1390, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 521-0785 / www.saunaoasis.net

En plein cœur du Village. Plus d'une centaine de chambres et autant de casiers.

In the heart of the Village. Over one hundred rooms.

SAUNA CARPEDIEM

3481, Montée Saint-Hubert, St-Hubert. T. 450 462-3481 / www.saunacarpediem.com

Seul sauna de la Rive-Sud à offrir un sauna vapeur en plus des services réguliers (sauna sec et tourbillon) ainsi qu’une salle vidéo de type «auditorium». On peut y faire l’achat de certains gadgets sexuels. Stationnement gratuit à l’arrière

The only South Shore sauna with a steam room with all regular services (hot tub & dry sauna) and an «Auditorium» style video room. One can also buy a diversity of sexual toys. Free parking at the back.

G.I. JOE

1166, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 528-3326 / www.saunagijoe.com

Le lieu des amateurs de fétichisme qui retrouvent là un endroit pour réaliser leurs fantasmes.

The sauna of the fetish loving crowd. With slings, glory holes and a bunker.

SAUNAS DE QUÉBEC

SAUNA BACKBOYS

264, Rue de la Couronne, Québec T. 418-521-6686 / www.saunabackboys.com

Ce sauna compte 45 chambres et casiers, glory holes, bain vapeur, labyrinthe, sauna sec et bain tourbillon.

This sauna has 45 rooms and lockers, glory holes, steam bath, labyrinth, dry sauna and whirlpool.

Nouvellement couronné Monsieur Ours Montréal 2026, Nanu incarne une diversité de talents et d’engagements. Franco-belge installé à Montréal depuis sept ans, artisan, drag queen et intervenant communautaire, il souhaite profiter de son année de règne pour porter des causes qui lui tiennent profondément à cœur — notamment la santé mentale et la prévention du suicide chez les jeunes queers.

Nous l’avons rencontré à chaud, au lendemain de son couronnement.

Félicitationspourtontitre!Commentas-tuvécucetteélection?

NANU :  Merci! C’était vraiment un moment magique. L’énergie entre les candidats était incroyable, il y avait une vraie solidarité. Et l’organisation de Bear It, c’est impressionnant — une vraie machine de guerre! Ce sont des bénévoles extraordinaires qui se donnent à 400 % pour créer un événement inoubliable. En plus, on avait un jury d’exception, avec des invités internationaux comme Monsieur Ours Belgique ou le premier dauphin de Monsieur Ours Paris, sous la présidence de Charlie Morin. C’était vraiment spécial.

Qu’est-cequit’apousséàtelancerdanscetteaventure?

NANU :  Ça a d’abord été un travail intérieur. Représenter une communauté, c’est un défi. Mais c’était important pour moi de redonner à Montréal ce que j’ai reçu en arrivant ici il y a sept ans. J’ai été accueilli à bras ouverts, notamment par des groupes communautaires, et ça a changé beaucoup de choses dans ma vie.

Comments’estpasséetapréparationauconcours?

NANU :  On est vraiment bien entourés. Il y a une rencontre préalable avec le jury, puis on prépare notre numéro avec une équipe artistique — Hugo à la direction, Nico pour coordonner les performances. Le jour J, tout est fait pour nous mettre à l’aise : coiffure, nourriture, soutien… On est chouchoutés du début à la fin.

Tuparlessouventdelacommunauté.Quelleplaceoccupe-t-elledanstonparcours?

NANU :  Elle est centrale. Quand je suis arrivé à Montréal, des groupes comme À pied levé m’ont permis de m’intégrer, notamment par le sport. Ça m’a ouvert les portes vers d’autres réseaux, d’autres réalités. Aujourd’hui, j’ai envie de m’investir à mon tour dans cette dynamique-là.

Quellesseronttesprioritésduranttonannéederègne?

NANU :  Je veux travailler sur plusieurs fronts : la prévention du VIH, les droits pour tous, la valorisation de l’art queer… Mais surtout la prévention du suicide. C’est encore un sujet tabou dans nos communautés. Oui, on parle davantage de santé mentale aujourd’hui, mais la détresse chez les jeunes queers est toujours très présente. J’aimerais contribuer, à mon échelle, à faire une différence.

Concrètement,commentcomptes-tut’impliquer?

NANU : En collaborant avec différents organismes pour soutenir leurs actions. Il y aura aussi plusieurs événements avec Bear It, des projets communautaires — notamment avec les drag queens —, et des présences à différents rassemblements, ici et ailleurs.

Justement,est-cequecetteannéet’ouvriradesportesàl’international?

NANU : Probablement! Il y a des événements comme la Bear Week à Paris ou en Belgique, donc oui, il pourrait y avoir des représentations à l’étranger. Et bien sûr, il y a tout le calendrier local, incluant la Fierté.

Unmotdelafin?

NANU :  Je veux remercier toutes les personnes qui m’ont soutenu. Les amis d’À pied levé qui m’ont aidé pour la danse, ceux qui étaient présents le soir du concours et qui ont mis une ambiance incroyable, toute l’équipe de Bear It — Hugo, Mickey, tout le monde. Ce titre, je ne l’ai pas gagné seul.6 ANDRÉA ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

INFOS | Pour suivre Nanu - Mr Ours Montréal 2026 https://www.instagram.com/nanu_catwar/

clubbing ~ Lulu Shade / Mx Mado

LE CABARET MADO
Lulu Shade et l’importance de soutenir la relève drag

Le concours MX Mado approche de sa grande finale, prévue le 3 juin prochain au Cabaret Mado. Anciennement connu sous le nom de Miss Mado, ce concours revisité au goût du jour continue de mettre en lumière une nouvelle génération d’artistes drag. Pour plusieurs, il représente bien plus qu’une simple compétition : il devient un véritable tremplin artistique et communautaire. À seulement 28 ans, Lulu Shade fait déjà figure de modèle pour cette relève. Après huit années passées dans le milieu, plusieurs productions à son actif et la création de sa propre « famille drag », l’artiste connaît bien l’importance de ces espaces qui permettent aux jeunes talents de se développer.

Le célèbre cabaret du Village célébrait en mai ses 24 ans d’existence, une longévité qui impressionne encore Lulu Shade. « C’est un exploit de voir ça, et c’est surtout un cabaret ouvert à tout le monde, commente-t-elle. Mado est quelqu’un d’important. Les drags du Mado sont des personnages marquants qui ont ouvert la voie, un peu comme Guilda auparavant, qui avait elle aussi pavé le chemin pour les générations suivantes. » Pour l’artiste, l’importance du cabaret dépasse largement le simple spectacle. « Cet établissement est essentiel pour la communauté et pour les drags. On découvre toujours des surprises au Mado. Il y a aussi toute l’ambiance, le décor. C’est un endroit très touristique, reconnu à l’international, et j’espère sincèrement que ça pourra continuer encore très longtemps. »

MX Mado

Le concours MX Mado fonctionne sur un principe d’éliminations inspiré d’émissions comme RuPaul’s Drag Race. Les participantes et participants doivent relever différentes épreuves : performances, couture, maquillage, costumes et créations thématiques. « C’est très intéressant parce que ça crée des liens, peu importe qu’on gagne ou non, explique Lulu Shade. Ça donne confiance en soi et ça encourage les jeunes artistes. » Selon elle, ces concours permettent également de mieux faire connaître la diversité actuelle de la scène drag. « Je n’aurais jamais pensé qu’il existait autant de styles différents : les drag kings, les clowns, les créatures… Souvent, ce sont des artistes débutants, mais ça leur donne l’occasion de se faire connaître auprès du public. Ensuite, ça devient plus facile d’obtenir des contrats. »

Lulu Shade connaît bien cette réalité puisqu’elle a elle-même participé à plusieurs compétitions avant de lancer ses propres productions. L’an dernier, elle animait d’ailleurs un concours de relève dans le cadre du Tracy Show afin d’encourager les jeunes artistes à développer leur identité artistique. « Le but était de leur demander : pourquoi devrais-tu être là? Quel est ton style? Qu’est-ce qui te distingue? Ça leur permet de découvrir leurs forces. J’aime beaucoup animer ce genre de concours. »

Le phénomène RuPaul’s Drag Race

L’influence des émissions comme  RuPaul’s Drag Race ou Canada’s Drag Race demeure importante auprès de cette nouvelle génération d’artistes drag. « Les Drag Race ont permis au grand public de comprendre que la drag est un véritable métier artistique, explique Lulu Shade. Ça m’a encouragée moi-même à faire de la drag. Beaucoup de jeunes participent aujourd’hui à des concours parce qu’ils ont découvert cet univers grâce à ces émissions. » Mais pour Lulu Shade, les compétitions locales demeurent essentielles puisqu’elles favorisent un véritable esprit de communauté. « Les concours encouragent les gens à continuer parce qu’on échange des conseils, des idées de maquillage ou de costumes. Plusieurs drags s’encouragent entre elles. Pour les plus jeunes, c’est un peu comme Drag Race, mais en version locale. » Même sans avoir remporté les concours auxquels elle a participé à ses débuts, l’artiste estime que ces expériences ont été déterminantes. « Je n’ai jamais gagné, mais je suis restée dans le métier. Aujourd’hui, j’ai mes propres productions et ma propre famille drag. »

Sa « famille drag »

Cette « famille drag » réunit notamment Lady MonRose, Sarah Winters, Diva On A Dime, Woody Fungi, Drag Monkey, Natachatte et Iserina. D’origine égyptienne et québécoise, Lulu Shade explique que son intérêt pour la drag provient d’abord du cosplay et de la culture populaire. « J’allais dans les Comiccon et les Otakuthon. J’aimais les costumes, les accessoires, les personnages de jeux vidéo, de Disney et de bandes dessinées. Puis j’ai vu des personnes faire de la drag, et ça m’a donné envie d’essayer moi aussi. » Au fil des années, son art s’est professionnalisé. « Maintenant, je produis mes propres spectacles et l’approche des gens est différente. Ça facilite l’obtention de contrats. Même mes parents ont fini par comprendre que c’était un vrai métier et que je pouvais gagner ma vie avec ça. »

Une saison estivale bien remplie

Le calendrier estival s’annonce chargé pour Lulu Shade, qui multipliera les spectacles au Cabaret Mado et ailleurs à Montréal. Elle participera notamment au spectacle  100 % Drag, présenté dans le cadre de Fierté Montréal en août prochain. À travers son parcours, Lulu Shade rappelle surtout l’importance de soutenir les artistes émergents et les lieux qui leur permettent d’exister. Derrière les paillettes et les performances, la scène drag montréalaise continue avant tout de se construire grâce au partage, à la transmission et à la solidarité entre les générations.6 ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | MX Mado, les 20, 27 mai et 3 juin (pour la finale).

Cabaret Mado 1115, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. T. 514 525-7566 www.mado.qc.ca

Le 24e anniversaire du Cabaret Mado | PHOTO PASCAL FOREST

Cocktail 500e édition de Fugues au Centre des arts actuels SKOL | PHOTO PASCAL FOREST

PHOTOS DE FAMILLE DANS LES LOGES AVEC MADO LAMOTTE.
MADO LAMOTTE CÉLÉBRAIT LE 24E ANNIVERSAIRE DE SON CABARET.
ANGÉLIQUE, CRYSTAL STARZ, WALTER EGO ET SASHA BAGA.
MARLA DEER, VICTOIRE DE ROCKWELL ET GISÈLE LULLABY.
StarQueens Printemps au Cabaret Mado | PHOTOS PASCAL FOREST
YVES LAFONTAINE, RÉDACTEUR EN CHEF ET DIRECTEUR DU MAGAZINE FUGUES. PLUS DE PHOTOS SUR FUGUES.COM
LES QUEENS DE LA CONTORSION, CARMEN SUTRA ET DAISY DRATHÉE.
Place à la Relève au Bar Le Cocktail | PHOTO PASCAL FOREST
SKYY HIGHE ET SALLY D, LA GRANDE MARRAINE DES SOIRÉES

Selma Gahd à la direction artistique du Cocktail

Après la longue direction artistique de Michel Dorion, les rumeurs allaient bon train quant au choix de la nouvelle directrice artistique du Cocktail. Les nouveaux copropriétaires de ce club, Alexandre Corriveau et Lucien Boisseau, ont finalement arrêté leur choix sur Selma Gahd. Elle connaît également le bar sur le bout des doigts, puisqu’elle fait partie intégrante de l’équipe du Cocktail depuis 2016 en tant qu’artiste, productrice, animatrice et DJ. Oui… si vous ne le saviez pas déjà, Selma était la DJ attitrée du dimanche soir depuis longtemps (Mathieu) ! Une nouvelle ère commence au Cocktail, une ère agrémentée de nouvelles soirées, de spectacles, etc.

Forte d’une expérience de plus de dix ans dans la production de spectacles à travers le monde, Selma Gahd, qui fait partie de la « House of Gahd », prend donc ses fonctions. « Je suis tellement fière de porter la perruque de directrice artistique et de continuer à mettre en lumière la scène drag légendaire de Montréal, une scène cabaret qui se démarque à travers le monde, de faire tripper les gens et de monter de nouveaux shows, cela m’excite au plus haut point », indique Selma Gahd.

Un choix presque évident

« Le choix a été vraiment simple », de dire Alexandre Corriveau . « On s’est basé sur le parcours de Selma, qui est là au Cocktail depuis déjà dix ans. Elle a un background de théâtre, de cirque et elle est DJ depuis de nombreuses années. »

« Elle touche à beaucoup de choses qu’il n’y avait pas au Cocktail. Nous avons jasé avec beaucoup de monde, avec plusieurs drags, et le nom qui ressortait le plus souvent était celui de Selma. Avec elle, nous voulons donner l’opportunité à des drags de milieux diversifiés de s’exprimer ici, au Cocktai l, et leur donner une place », explique pour sa part Lucien Boisseau. « Ce que Selma veut apporter de nouveau au Cocktail correspond à la même vision que la nôtre », rajoute Lucien Boisseau. « Nous allons lancer la nouvelle programmation pour l’été bientôt. Nous désirons qu’il y ait le plus d’expériences immersives possible afin de satisfaire la clientèle, renchérit Selma Gahd qui, si vous ne le saviez pas encore, est la conjointe de Uma Gahd. Nous voulons honorer le Mois de la Fierté, qui est le mois de juin, mais aussi continuer à célébrer en août pour Fierté Montréal. De plus, nous avons toujours la plus belle terrasse du Village pour que la clientèle puisse apprécier encore davantage les journées d’été. »

De nouvelles soirées

Les jeudis, on introduit la nouvelle soirée «Chantes avec nous», soit chanter en chœur, animée par une drag, de 19 h à 22 h. Ce sera suivi du karaoké. « On sait que les gens veulent passer de bons moments, continue-t-elle. On rajoute à ça l’aspect communautaire, le fait de chanter ensemble, de danser et de faire la fête, ce sera le fun ! » On ramène les soirées dansantes francophones certains dimanches, tandis que les partys « sans pantalons » seront encore plus sexy puisqu’on demandera également aux drags de faire leurs prestations sans pantalons ! « Les Spectacles de la Relève avec Sally-D avaient lieu les lundis, ensuite ils revenaient de temps en temps les dimanches. Cela va donc changer et on ramène ce show , “Place à la Relève”, les lundis soir. Donc, on revient à la case départ », précise Alexandre Corriveau.

Rassurer la clientèle tout en en attirant une nouvelle

« On ne veut aliéner personne avec ces changements-là. Autant pour les drags, on veut qu’elles se sentent à l’aise, que tous les types de drags soient les bienvenues : que ce soit les drag kings , les créatures, les autres drags, etc. Il en est de même pour la clientèle. Que la clientèle actuelle se sente chez elle et que les clients qui viendront au Cocktail trouvent quelque chose de nouveau : de nouvelles activités, des spectacles, etc. », explique Selma Gahd. « Ce que nous voulons faire, ce n’est pas tout changer, mais faire de petits ajouts qui, nous pensons, vont améliorer le Cocktail et attirer de nouveaux clients », dit Lucien Boisseau. Le Cocktail passera sous peu à un nouvel horaire afin d’être ouvert sept jours sur sept.

Vers des activités encore plus festives

« Depuis le début, je fais des productions au Cocktail . Le Cocktail est dans mon sang ! Je veux m’assurer qu’on le maintienne et qu’il puisse grandir encore plus. C’est sûr qu’il y aura de nouvelles surprises qui seront dévoilées avec le temps », conclut Selma Gahd.6 ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | Bar Le Cocktail, 1669, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Tél. : 514-597-0814 / reservations@barlecocktail.com

Lucien et Alexandre

Chronique horoscope

Gémeaux

20 mai au 21 juin 2026

Le Soleil arrive en Gémeaux, dernier signe avant l’été. Les feuilles naissantes des arbres donneront un nouvel oxygène, l’air sera plus vif. Et Uranus aussi est arrivé dans le signe, avec ses surprises et sa vitalité. Sa haute tension. Pour environ 7 ans. Et même s’il ne touche pas directement le Soleil de toustes les Gémeaux, il sera près au minimum de leur Mercure et/ou Vénus, liés à des aspects de vie très personnels. À savoir l’intellect, les communications, les échanges et la vie affective. Enfin, les natifs du signe vivront bien des surprises, des retournements de situation, des apparitions, des disparitions, qui donneront de la variété au scénario de leur vie. Comme s’ils étaient dans un épisode de Top modèles, Beautés désespérées ou Le cœur a ses raisons… Ils remarqueront cependant qu’ils auront longuement attendu, visualisé même, certains événements qui surviendront. C’est juste qu’ils apparaîtront souvent d’une manière abracadabrantesque. Mais ils seront quand même bienvenus, la première surprise passée. Les amis prendront de la place dans leur vie, ils auront souvent de leur aide. De bons conseils. Et s’ils sont à leur compte, leur clientèle est considérée comme des amis. De sorte qu’avec l’aide d’Uranus, elle devrait augmenter. Et gagner en qualité. Soudainement. Des Gémeaux propriétaires de restos, de bars, de spas le constateront à un moment donné, leur clientèle aura doublé en un mois… Saturne du Bélier appuiera l’influence d’Uranus à cet égard. Il devrait même la fidéliser. Et les vieux amis auront une belle place dans le cœur des natifs. Indéfinissable… Il y en a qui auront une figure d’autorité bienveillante. Du père sage, d’une mère prévenante… Et qu’on retrouve de vie en vie au bon moment. Jupiter en Lion leur fera apprécier leur quotidien, les gens qu’ils rencontrent au jour le jour. La fratrie aussi, même si elle est dispersée. Ou rare. Ils seront favorisés dans leurs petits voyages, de la maison au travail. Qu’ils respectent les limites de vitesse et la loi cependant, sinon ils se feront vite ramener à l’ordre. Ils seront tentés de prendre un véhicule plus gros s’ils changent, qu’ils gardent à l’esprit leurs réels besoins. Bien qu’avec Jupiter en Lion comme guide, ils seront tentés de prendre celui avec un capot doré. Et ça me fait penser à un empereur des Gémeaux, reconnu pour son mauvais goût. Les Gémeaux devraient marcher davantage, ce qui aurait une influence bénéfique sur leur santé. Leur moral aussi. Ils garderaient un certain tonus dans leurs muscles en allant au gym. Pour éviter la marchette plus tard. Donc, les Gémeaux arrivent dans une nouvelle ère où les surprises s’additionneront. Ce sera souvent la réponse à un souhait longuement médité. Alors bonne fête, l’éternel ado, tu nous amènes à l’été en riant, dans la bonne humeur, et nous sommes juste heureux de t’y accompagner !

Cancer

Après un an passé chez-vous, Jupiter vous quittera à la fin juin. Il vous aura certainement amené une aventure ou deux où vous aurez grandi. Vous serez plus aguerri ainsi du côté matériel et vous aurez bientôt une occasion de vous enrichir. Vous penserez longuement à un aspect décevant de votre vie où vos proches ne vous comprennent pas. Et même vous n’êtes plus sûr. Laissez passer le temps, vous y verrez plus clair.

Lion

Ça ne sera plus long, le 30 juin, Jupiter sera chez-vous. Vous résoudrez alors une quadrature du cercle gossante qui vous immobilisait quelque part. Vous vous sentirez alors libre d’agir et vous verrez vite des résultats dans vos projets. Vous réaliserez que vous avez des sentiments mitigés envers certains copains, ce sera le signe qu’il faut en oublier. D’ailleurs, vous rencontrerez quelqu’un de bien plus troublant. Il en sera magnétique.

Vierge

Ça deviendra plus stressant au travail, les échéances vont s’additionner. Mais vous vous en sortirez très bien. On devrait même vous confier de nouvelles responsabilités. Et ce ne sera pas une folie si vous pensez travailler ailleurs, même si c’est moins payant. En autant que vous soyez à l’aise avec votre choix. Des artistes auront soudainement du succès, ils deviendront même célèbres. Vous aurez à vous occuper d’un être démuni.

Balance

C’est le temps de faire du nouveau, de tenter l’impossible. On y va ? Vous partirez en voyage assez vite vers une destination inattendue, à cause de quelqu’un. D’une invitation surprenante. Ou d’un gain… Vous n’échangerez pas avec l’Alchimiste, mais vous aurez quand même des conversations aux couleurs ambrées avec un être à l’esprit fumant. Attirant. Vos pensées évoluent vite ces temps-ci, vous percevez et créez votre vie autrement.

Scorpion

Bien des gens changent autour de vous. Ils vieillissent, deviennent plus légers. D’autres deviennent forts, ils rient bruyamment. Ils sont toujours debout. Vous aussi vous changez, du côté du fric, où vous prendrez le temps de faire des plans. En restant très réaliste. Vos rêves éveillés sont intéressants, ils vous disent où aller. Qui côtoyer. Vous aurez de belles soirées. Un peu clandestines, où vous n’aurez pas toujours le contrôle.

Sagittaire

Vous écouterez les gens, en les trouvant intéressants. Certains même d’une sagesse attirante. Persuasive. Il y en a qui vous surprendront, alors qu’Uranus des Gémeaux vous les présentera. Enfin, vous trouverez bien des gens pour jaser, vous aider à éclairer votre

esprit. Vous remettrez peut-être en question votre relation si vous êtes en couple, mais en restant sage. Ceux qui sont seuls croiseront un cowboy au saloon pour prendre une bière.

Capricorne

La réalité vous rattrape au travail, où vous devrez vous démener fort pour conserver vos acquis. Ou pour atteindre vos objectifs. Mais au moins serez-vous bien payé, on sera conscient de vos efforts. D’autres auront une occasion de changer de boîte, de domaine même, pour tenter une aventure. Votre signe vous promet la longévité, ce serait bien que vous la viviez en santé. Sans boucane ni chimique. Faites du ménage. Nicki.

Verseau

Vous êtes un signe fixe. Fort donc, intense. Souvent trop. Raide comme un manche à balai. Mais là, il serait temps de relaxer, de vous ménager. Pour vous ressourcer. Vous rencontrerez d’ailleurs au moins une personne sur la même longueur d’onde, vous fraterniserez vite. Il y en a aussi qui vivront une romance sans arrière-pensée. Rafraîchissante. Qu’ils en profitent avant que Jupiter en Lion ne tente de s’imposer, sur ses talons Louis XIV.

Poissons

Saturne et Neptune partis, c’est comme si vous sortiez d’un rêve. D’une institution. Tout devient plus facile, vous renouez avec la joie de vivre. La chan ce… Vous apprécierez les moments passés à la maison, même les plus ordinaires. Vous aurez plus de visite, certains resteront même à coucher, sur le divan. Ils seront moins intimidés. Enfin, si vous devez vivre du changement à la maison, vous le saurez maintenant. Et ce sera excellent.

Bélier

Vous apprendrez bien des nouvelles. Sur lui, sur elle. Sur l’autre aussi, à côté. Vous devrez changer vos plans parfois, parce que tout ira vite et vous aurez des invitations surprenantes. Mais tentantes. Si vous avez à changer de véhicule, tenez compte de la réalité. Comme votre budget. Mais aussi la météo. Il y a bien du monde chez les voisins. Des timides. D’autres qui savent vivre. Et ceux avec qui vous devez être sur vos gardes. Prudent.

Taureau

Vous avez le tour avec l’argent et encore là, vous aurez du succès dans une de vos entreprises. Vous deviendrez plus conscient aussi qu’il y a des choses qui ne s’achètent pas et qui sont néanmoins très désirables. Et vous réussirez aussi de ce côté, en attirant le regard de quelqu’un. En volant un p’tit bec. Vous saurez être attentif à ce qui en vaut vraiment la peine. La nature calmera votre esprit, au parc ou dans la forêt profonde.6

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