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Crédit : Serge OLIVIER
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Denis-Daniel BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
Julie VAILLANCOURT julievaillancourt@outlook.com
Philippe GRANGER pg.philippegranger@gmail.com
Benoît MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
Robert GAREAU robertgareauastrologue@gmail.com
Samuel LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
Ainsi que Chantal CYR, Logan CARTIER, Nicolas VANDAL,Olivier DE MAISONNEUVE, Steven ROSS, R. Pratka, Charles GAGNÉ, Caroline LAVIGNE, Patrick BRUNETTE, Ophélie DÉNOMMÉE-MARCHARD et Frédéric TREMBLAY.
PHOTOGRAPHES
Pascal FOREST et Andréa ROBERT LEZAK AVIS LÉGAUX
Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Les articles publiés n’engagent que leurs auteurs et ne sont pas nécessairement les opinions du magazine. Fugues n’est pas responsable des manuscrits, visuels, dossiers électroniques et photos qui lui sont soumis. Le matériel non sollicité envoyé demeure la propriété de Fugues. La parution du nom ou de la photographie d’un individu dans cette publication n’implique nullement une définition de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. L’exactitude de toute information fournie dans les annonces relèvent de la responsabilité des annonceurs. L’éditeur se réserve le droit de publier ou non tout matériel fourni par les annonceurs et/ou auteurs. La version imprimée et les versions numériques de FUGUES rejoignent plus de 330 000 personnes chaque mois (167 000 lecteurs pour la version imprimée et plus de 160 000, pour la version numérique). Dorénavant, le tirage imprimé de Fugues variera (selon les mois) entre 24 000 et 27 000 exemplaires (le magazine est disponible dans plus de 265 lieux de distribution au Québec).
DÉPÔT LÉGAL ISSN 0831-1625
Bibliothèque nationale du Canada, Bibliothèque nationale du Québec et Archives gaies du Québec.
FRÉQUENCE DE PARUTION
FUGUES est publié 11 fois par année : 10 numéros mensuels réguliers (de février à novembre, inclusivement), 1 édition double (Décembre / Janvier).
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AFFILIATIONS
Fugues est membre de la Chambre de commerce LGBT du Québec et de l'Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM).
DATES DE TOMBÉES DES PROCHAINES ÉDITIONS
MARS 2026
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 10 février 2026
Réservation publicitaire : 13 février 2026
Matériel publicitaire : 16 février 2026
Sortie : 25 février 2026
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 10 mars 2026
Réservation publicitaire : 13 mars 2026
Matériel publicitaire : 16 mars 2026
Sortie : 25 mars 2026
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 7 avril 2026
Réservation publicitaire : 10 avril 2026
Matériel publicitaire : 13 avril 2026
Sortie : 22 avril 2026
Les communiqués doivent parvenir à la rédaction au plus tard le lundi précédant la tombée de l'édition.
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PAGE 34
Alexis et Joephillip « Dans les Antilles, c’était terriblement homophobe. Partout où on allait, on se faisait dévisager, même si on n’exprime pas notre affection en public. Des gangs de messieurs nous pointaient et se parlaient en créole en disant : « Regarde le gars noir avec sa petite copine blanche ». C’est tout juste s’ils n’ont pas craché par terre quand on est passés... »



MANNEQUIN TRANS
BERNARDO RABELLO
PAGE 30
« Depuis que je suis enfant, je ne m’identifiais pas au genre que les gens me disaient que j’étais. J’ai grandi avec ce point d’interrogation... »

MONTRÉAL EN LUMIÈRE 78

février 2026 | no 497
08 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle
10 Par ici ma sortie / Denis-Daniel Boullé
12 Où sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt
14 JAG / Virginie Bernier
16 Place au Village / Gabrielle Rondy
32 Arts & Icones / Richard Burnett
108 Porte Voix / Nicolas Vandal
112 Horoscope / Robert Gareau
18 Milano Cortina 2026
22 Michael Hendricks, rencontre avec un pionnier de nos communautés
24 Quatre pays sur cinq ne disposent d’aucune loi protégeant les jeunes LGBTI du harcèlement scolaire
26 Entrevue avec Jean-Paul Daoust
28 Entrevue avec Alex McCann
30 Entrevue avec Bernardo Rabello

46 Entrevue avec le chef Chanthy Yen
34 Mathilde et Geneviève
36 Charles et Jules
38 Alexis et Joephillip
40 Olivier et Marc-André
42 Souligner les jalons
48 Alcools
50 Au volant
52 DESJARDINS / Un regroupement stratégique au service d’une communauté en pleine évolution
74 Le point P
58 Maison Lambda
60 Le St-Hubert du Village contribue à la campagne de financement du GRIS
61 Isabel Côté une carrière à repenser les liens familiaux
62 Le nouveau balado d’Égides fait parler la jeunesse queer francophone
63 Symposium sur les réalités des aîné.es LGBTQ+
64 Groupes lgbtq+
66 Équipe Montréal
54 Retour sur la première mondiale de Rivalité passionnée / Heated Rivalry
76 Salon Tentation Montréal 2026
78 Montréal en Lumière 2026
80 Une escale ressourçante au MBAM
82 Queen Heaven
74 NOUVEAUTÉS : livres
88 FILM : Montréal, ma belle
90 SÉRIES : Papa(s)
92 Que nous réserve le petit écran, côté LGBTQ, en 2026 ?
98 Réveiller L’Androgyne, raviver les mémoires queers
99 Des mythes d’enfance à la scène : une comédie musicale habitée
100 Une tragédie gréco-québécoise
101 Place à WAR On The Catwalk
110 Photos
111 Photos
CLUBBING
102 Hommage au Lime Light
106 Amasser des fonds pour M. Cuir Montréal
126 LIEUX LGBTQ+ DE RENCONTRES
PETITES ANNONCES
68 Immobilier
69 Annonces classées






Magazine LGBTQ+ de société, culturel et communautaire, FUGUES est le seul média québécois/ canadien francophone à suivre l’actualité gaie, lesbien, bisexuelle et transgenre d’ici et d’ailleurs. Sa diffusion multiplateforme à la fois imprimée et virtuelle vous donne votre dose régulière d’actus LGBTQ+. Ilreposesurunepetiteéquipedepassionné-e-s ;)


Notre communauté s’effrite comme un biscuit dans une craque de sofa
Savez-vous quelle question je me pose le plus souvent? J’veux dire, quand je ne suis pas en train de me demander : « comment ça se fait qu’il ne répond pas à mon texto »; « c’est-tu mon anxiété qui est en train de me mentir »; et « comment ça se fait qu’il n’a pas encore appris à frencher à son âge ». L’interrogation qui revient le plus souvent, c’est quand je me demande si je fais vraiment partie d’une communauté.
Au secondaire, je me sentais en périphérie de mes amis. À Amos, j’étais persuadé d’avoir un défaut de fabrication. En arrivant à Montréal, j’ai trouvé ma gang parmi les LGBTQ+. Mais aujourd’hui, mon sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que moi s’effrite comme un biscuit oublié dans une craque du sofa. J’ai beau avoir un cercle social composé aux deux tiers de gais, de lesbiennes, de trans, de bisexuel·les et de non-binaires.
J’ai beau écrire dans le magazine Fugues depuis une décennie pour nous faire rayonner. J’ai beau organiser le Cabaret Accents Queers
depuis cinq ans pour qu’on puisse se réunir, se reconnaître, se pleurer, se rire et s’enrager ensemble. Je doute de plus en plus de la force des liens qui nous unissent.
Comme si, en plus de subir les attaques du monde extérieur, on se donnait constamment des petits coups de coude dans les côtes entre nous.
Inévitablement, je vois apparaître des ecchymoses sur les flancs de notre communauté chaque fois qu’un gai se désolidarise des personnes trans et non binaires. Tu sais, mon beau Gaétan-Jonathan, même si t’essaies de résumer ta réalité à un gars qui s’adonne à aimer les pénis, mais que tu fais tout pour correspondre aux clichés de la masculinité comme d’autres font de la peinture à numéro, tu ne seras jamais moins homosexuel. Tu ne feras pas moins partie d’un groupe de personnes marginalisées qu’on a historiquement jugées, battues, assassinées et invisibilisées. Et ça ne coupera jamais tes liens avec les personnes exclues pour leur identité et leur expression de genre. T’as beau essayer de te convaincre que t’as rien à voir avec elles, quand la droite va prendre le pouvoir en s’attaquant aux droits des femmes, des trans et des non-binaires, ça va être toi pis moi les prochains.
Vous savez, depuis que je ne suis plus occupé à me demander pourquoi ma dernière fréquentation a tiré un trait sur notre connexion renversante parce qu’il a eu peur de ce que ça ébranlait dans son corps et dans son cœur, j’observe nos communautés. Jour après jour, je vois apparaître des cicatrices sur les corps queers chaque fois qu’une jeune personne de la diversité ignore les expériences de nos aîné·es. Tu sais, ma belle Gisèle-Gabrielle, c’est pas en oubliant que des queers ont marché dans les rues de Montréal avant toi que tu vas faire avancer la société. Tu sauras que, des années avant que tu frenches la voisine et que tu gravisses les échelons de ta job sans jamais te demander si on allait te renvoyer parce que tu n’entrais pas dans la norme, des lesbiennes prenaient soin de leurs amis gais qui mourraient du SIDA et que plein de gens comme nous perdaient la voix à force de manifester leur droit d’exister.
N’oublie jamais que les avancées des droits LGBTQ+, c’est comme le début d’une relation amoureuse… Au début, t’es convaincu·e que c’est le début d’un temps nouveau. Tu sens une chaleur te traverser les veines, comme si chaque mouvement et chaque respiration venaient avec des sensations différentes. T’as l’impression de redécouvrir le monde et de faire tes premiers pas dans quelque chose que t’avais jusque-là seulement espéré. Ta psy te conseille d’éviter de t’inventer des scénarios, mais tu ne peux pas t’empêcher d’imaginer un futur encore plus beau. Parce qu’une fois que le progrès social se met en marche, il ne peut pas arrêter, right? Ben non! Le progrès social peut annuler une loi comme d’autres pètent ta baloune après des semaines de fréquentation avec un asti de texto. Si t’es pas vigilant·e, si tu penses que tes droits sont acquis, si t’es certain·e que le reste de la société a évolué et qu’il ne laissera jamais ça passer, ça risque de t’éclater en pleine face.
Peut-être que vous lisez Fugues en croyant être des personnes LGBTQ+ inclusives. Mais votre inclusion ne peut pas s’arrêter à l'homosexualité et à la bisexualité. Les personnes trans et non-binaires méritent le même amour et le même respect que les gais et lesbiennes. Si vous voulez être des queers de qualité, vous allez devoir embrasser nos communautés au complet.
Parce que le jour où on va déterminer si vous étiez du bon côté de l’histoire, vous ne voulez pas faire partie de celleux qui ont eu peur d’aimer ou qui étaient persuadé.es qu’il y avait une seule façon d’exister. Vous voulez appartenir à quelque chose de plus grand et de plus complexe que vous en étant chaque jour ravi.e de ne pas avoir encore tout compris.6

Contactez-nous à redaction@fugues.com en nous faisant parvenir des articles publiés.


Je n’ai jamais été un très grand fervent des différentes liesses annuelles. Et surtout, que l’on me presse pour que je sois dans cet esprit. Et ce, depuis tout petit. Avant même d’être en âge de risquer une quelconque analyse. Les anniversaires, les fêtes de fin d’année m’ont toujours trouvé ailleurs, perdu, voire désemparé de ne pas être dans le mood. Et la Saint-Valentin n’échappe pas à la règle.
Bien sûr, je me suis prêté au jeu. Du bout des lèvres, du bout du cœur, du bout de l’esprit. Bien sûr, je ne crache pas dessus en tentant des explications, certes qui ont du sens, mais qui ne résument pas ce que je peux ou pas ressentir. Disons que j’ai une ambivalence quant à sa finalité. Je pourrais avancer que ce n’est qu’une histoire de marketing, jouer sur l’amour pour vendre. Mais ce serait un peu court. En revanche, sur une note plus positive, je suis conscient que la Saint-Valentin est l’occasion de resserrer les liens du couple. Réaffirmer du lien, comme avec la famille et les ami.es au moment de Noël ou du jour de l’an, ou encore avec le groupe lors d’une fête de quartier, ou même autour d’une identité commune lors d’une fête nationale.
Mais cela n’explique toujours pas mon incompréhension face à ce que je ressens. C’est pour moi comme une obligation à laquelle je ne peux me soumettre naturellement. Au risque de jouer les trouble-fêtes, les casseurs de parties. Pire, c’est quand j’ose demander à mon entourage ce que cela représente profondément pour eux et elles, ce type d’événements. Je passe alors pour un empêcheur de tourner en rond, ou encore celui qui cherche toujours à couper les poils de cul en quatre pour tenter de comprendre.
La Saint-Valentin ne cesse donc de m’interroger dès que je vois apparaître, dans les vitrines, des petits cœurs rouges trônant sur des boîtes de chocolat. Et rien à voir avec le fait que je sois seul, ou officiellement célibataire. Même quand j’étais en couple, en trouple, en groupe, rien ne m’était plus étranger que de vouloir fêter la ou les relations que j’entretenais. De les souligner artificiellement par des gestes spéciaux, cadeaux, confiseries, souper au restaurant un jour J. Pourquoi le 14, et pas le 13 ou le 15 février ? Pour faire comme tout le monde ? Peut-être ai-je fait mien, très jeune, que pour vivre heureux, il fallait vivre caché. Mes amours (j’inclus les amitiés) n’avaient pas à s’inscrire dans une démonstration collective, pour faire comme tout le monde.
Cependant, je me réjouis pour celles et ceux et celleux qui voient dans cette journée un moment de réjouissance et de partage avec leur ou leurs partenaires ou leurs ami.e.s. Il m’arrive même de les envier. D’envier la joie et le plaisir qu’ils, elles et iel.les ressentent. D’envier comment ils, elles et iel.les vont se mettre en quatre pour dénicher le cadeau, choisir le restaurant ou préparer un bon petit plat. Et de ressentir un réel plaisir d’être de la danse.
L’occasion de faire une fête
Plusieurs m’ont déjà souligné que c’était simplement une occasion de faire une fête. Un peu court, puisqu’on n’a absolument pas besoin de rappels du calendrier pour en organiser une. Et j’ai tous les jours de l’année pour rappeler, à celles, ceux et celleux qui me sont chèr.e.s, que je les aime, et pour rappeler leur importance dans ma vie. Sans attendre le détour du calendrier pour m’en souvenir.
Je n’aime pas être soumis à des injonctions sociales, même si elles se jouent sur un mode plaisant, sympathique, voire joyeux, comme la Saint-Valentin. Comme chaque année, je regarderai les semaines qui précèdent l’événement avec mes lunettes d’explorateur, scrutant comment mes semblables vivent, tentant de comprendre. J’écouterai les commentaires, les questionnements (qu’est-ce que je vais lui offrir, ou est-ce que l’on invite machin ou machine, peser le pour et le contre entre un petit souper aux chandelles ou dans l’intimité du chez-soi), sans oublier celles, ceux et celleux qui laissent échapper que cela représente, somme toute, un fardeau.
Je sais, j’ai l’impression d’être un éteignoir. Mais ce qui m’allume ne s’est jamais trouvé du côté de ces conventions sociales. Attention, je peux me prêter au jeu. Des années de pratique pour me fondre dans les moules ont porté leurs fruits. Je peux donner parfaitement le change, interagir en respectant tous les codes exigés, prononcer les mots attendus dans ce genre de circonstances et taire en moi tout ce que cela peut représenter d’étrange, de bizarre, sachant que je suis peut-être un des seuls à me poser la simple question : pourquoi ?
D’ailleurs, c’est ce que je fais en vous souhaitant, très sincèrement, une très bonne Saint-Valentin, et un clin d’œil empathique et solidaire à ceux, celles et celleux qui, comme moi, se sont toujours senti étrangèr.es à cette grande et artificielle célébration de l’amour.6



L'équipe de la Galerie Dentaire est ravie de vous informer que la relève de la clinique est maintenant complétée. Les nouveaux dentistes, Dr Bossé et Dr Dandan, ont rejoint l'équipe du Dr Langlois afin de vous prodiguer des soins exceptionnels.
Au plaisir de vous y voir et revoir!



Il y a des moments, dans une vie, qui semblent prédestinés. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi tel ou tel événement intervient à un moment précis dans votre vie? Avez-vous déjà eu cette impression de vivre une étrange coïncidence, comme si le destin vous répondait? Comme si la vie vous envoyait un message : « You’vegotmail! Vous êtes sur la bonne voie! » Moi, oui. Et puisque ce moment charnière concerne toute la communauté, le militantisme et l’amour, je me suis dit que j’allais vous le raconter! Si cela tranche avec mon cynisme habituel de la Saint-Valentin, c’est toutefois l’occasion rêvée de vous raconter une belle histoire d’amour.
Le militantisme et l’union
Les années 2000, au Québec et au Canada, marquent des gains législatifs importants pour les communautés LGBT, à commencer par la loi 84, qui instaure l’union civile et de nouvelles règles de filiation pour les personnes de même sexe. Après l’avoir réclamée pendant près de sept ans, le 18 juillet 2002, les militants de longue date Theo Wouters et Roger Thibault sont les premiers à bénéficier de la loi 84, qui instaure un nouvel état civil : l’union civile, accessible à tous. Il s’agit d’une forme d’union calquée sur le mariage, mais célébrée et reconnue légalement seulement dans la province de Québec. L’institutionnalisation de l’union civile entre conjoints de même sexe sera suivie, deux ans plus tard, de la légalisation du mariage au Québec. Au niveau fédéral, c’est l’adoption de la Loi sur le mariage civil, le 20 juillet 2005, qui légalise le mariage entre conjoints de même sexe partout au Canada. (1) Notons le caractère avant-gardiste du Québec sur la question.
Le mariage
1er avril 2004. De leur côté, après six ans de démarches législatives, les militants Michael Hendricks et René Leboeuf se marient au palais de justice de Montréal. Ce jour-là, c’est ma mère, Francine Turcotte, qui va les marier. Non, ce n’est pas un poisson d’avril! Depuis les années 70, ma mère travaille au palais de justice et, depuis quelques années, à l’aube de sa retraite, elle occupait le poste de greffière adjointe, ce qui faisait d’elle la célébrante officielle des mariages. Je me permets d’inscrire le mot « officielle », car à l’époque, ils sont deux employés à célébrer les mariages civils. Cela dit, lorsque la loi passera, le collègue cadre et homophobe de ma mère dira sans vergogne : « Moi, je ne marie pas ça, des tapettes! ». Sans aucune conséquence, le vieux monsieur Lebeau sera donc « affecté » à d’autres tâches, « tabletté », comme on dit, pendant que ma mère va se taper tout le boulot… injuste, n’est-ce pas?
Cela dit, je vous parlais du destin en début d’article… C’est à la même époque que je fais mon coming out à ma mère. Ce sera une période difficile, tant pour elle que pour moi. Pendant un an, elle refusera de parler à ma blonde. Cela dit, la vie vous répond : cette année-là, alors que sa fille fait son coming out et qu’elle accepte mal son homosexualité, ma mère marie des conjoints de même sexe, gais et lesbiennes, ce qui lui fait prendre conscience que ces hommes et ces femmes veulent se marier « comme les hétéros ». Tout simplement parce qu’ils s’aiment. La vie a fait en sorte que ma mère croise ces personnes pour lui faire accepter mon homosexualité. C’est-tu pas beau, la vie? Finalement, on peut remercier feu « le bonhomme Lebeau », le fonctionnaire homophobe, qui a permis à ma mère de comprendre les gais et les lesbiennes qui voulaient défendre leurs droits et accéder au mariage civil par amour.
L’entrevue
Décembre 2013. Je suis dans une réunion de rédaction mensuelle du Fugues avec mes collègues André C. Passiour, Denis-Daniel Boullé et feu Michel Joanny-Furtin. Nous en sommes à préparer l’édition de février 2014, qui précède le trentième anniversaire du magazine en mars. Comme à l’habitude, le rédacteur en chef, Yves Lafontaine, nous fait part des sujets et articles à effectuer pour le mois. « Qui veut faire une entrevue avec Michael Hendricks et René Leboeuf pour leur dixième anniversaire de mariage? » Court silence. « Euh, moi! », ai-je lancé sans trop hésiter.
Près de dix ans plus tard, mesurant déjà la force de la « coïncidence », j’ai appelé les principaux intéressés pour fixer une entrevue. Sans hésiter, ils m’invitèrent chez eux, le 7 janvier 2014, pour une discussion qui fut des plus agréables. Bien sûr, j’ai d’entrée de jeu révélé mon lien familial avec celle qui les avait mariés; cela a sans conteste ajouté au moment magique de cette entrevue; d’un côté, vous aviez ces deux militants désireux de raconter leur histoire, avides de faire connaître ce pan de l’Histoire LGBT québécoise au lecteur, et, de l’autre, vous aviez ces deux hommes qui voulaient échanger avec moi sur ce moment unique qu’ils avaient partagé avec ma mère : « Regarde, ta mère est ici! » me disaient-ils à l’occasion en me montrant des photos de leur célébration de mariage. Mémorable. Difficile d’égaler une rencontre aussi magique et humaine. (2)
Les archives, 20 ans plus tard 22 avril 2023. « Coïncidemment », près du vingtième anniversaire de mariage du couple, je prêtai ma plume à un ouvrage marquant produit par le Réseau des Lesbiennes du Québec , nommé Archives lesbiennes : d’hier à aujourd’hui, qui parut lors de la Journée de la visibilité lesbienne, en avril 2023. Au sein du second tome de cet ouvrage, on peut y découvrir quelques pages sur le parcours des deux militants (notons aussi la présence et collaboration de Theo Wouters et Roger Thibault dans cet ouvrage), avec une série photographique du mariage de Michael Hendricks et René Lebœuf, courtoisie des mariés et signée Bernard Fougères. (3) Au sein de ces clichés, on peut y apercevoir les deux amoureux, mais aussi ma mère qui officialise le mariage. Voilà, la boucle est bouclée. Par le biais de mon militantisme, je rends désormais hommage à ces deux hommes, avec un clin d’œil mérité à ma mère. C’est l’amour sous toutes ses formes et le destin qui y répond. C’est la vie qui vous souffle : « Continue, tu es au bon endroit, au bon moment. »6
Sources: 1 Le premier couple à se marier au Canada est celui formé des deux Michael (Leshner et Stark), suivant la décision du cas Halpern v. Canada, le 10 juin 2003, alors que la Cour d’appel de l’Ontario statue que la définition commune du mariage viole l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés.
2 Julie Vaillancourt, « Michael et René : célébrer 10 ans de mariage », Fugues, Montréal, 28 janvier 2014. https://www.fugues.com/2014/01/28/michael-et-rene-celebrer-10-ans-de-mariage/
3 Julie Vaillancourt, Archives lesbiennes : d’hier à aujourd’hui (tomes 1 et 2), idée originale et supervision du projet : Julie Antoine, Montréal, les Éditions saphiques du RLQ, 2023.

TROISIÈME ÉDITION DE LA JOURNÉE ARC-EN-CIEL EN MONTÉRÉGIE
Une essentielle mobilisation en appui à la communauté LGBT+
Le 29 janvier dernier se tenait la Journée Arc-en-ciel, un rendez-vous rassembleur pour le milieu communautaire, en soutien au JAG et à toutes les communautés LGBT+.
Une mobilisation renouvelée
Des centaines de travailleuses et travailleurs du milieu communautaire de la Montérégie ont pu participer, au cours des trois éditions, aux ateliers de formation virtuelle proposés par le JAG, Organisme LGBT+. Mobilisés par la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles (TROC) de la Montérégie et les Corporations de développement communautaire (CDC) de cette région, les organismes bénéficient ainsi d’outils concrets, d’un espace de réflexion et de moments d’échanges afin de renouveler leur posture d’allié·es.
À la fois pour parfaire les connaissances des acteur·rices du milieu communautaire et briser leur sentiment d’impuissance, l’activité se veut également une occasion de rendre visible la mobilisation de toute une région. Un message public ferme et clair en faveur d’une communauté inclusive et d’actions concrètes pour la promouvoir.
Une réponse à un climat social qui se détériore
Initiée dans un contexte social tendu, la Journée Arc-en-ciel s’avère de plus en plus pertinente au fil du temps. Plusieurs événements récents ont traduit une montée du discours haineux, la remise en question des droits fondamentaux, un recul des pratiques inclusives et une désinformation répandue. Cette détérioration du tissu social a des impacts majeurs sur les communautés LGBT+ et va à l’encontre des valeurs promues par le milieu communautaire. Devant cette réalité fortement préoccupante et une hostilité inacceptable, les organismes réaffirment leur vision de justice sociale par la tenue de cet événement collectif.
Des besoins croissants, des services fragilisés À la nécessité pour les communautés LGBT+ d’obtenir l’écoute, l’accompagnement, le soutien et les services qu’elle requiert se confronte la possibilité des organismes de répondre aux besoins. Le financement insuffisant du milieu communautaire, notamment du JAG Organisme LGBT+ , impacte sa capacité à assurer une présence constante à l’échelle du territoire. Les interruptions de services sont réelles, ce qui a d’ailleurs été vécu l’été dernier, une première dans l’histoire de l’organisme qui compte plus de vingt-cinq ans d’existence. Cette situation est d’autant plus troublante qu’elle est aussi accélérée par les coupures en santé et services sociaux, une pression supplémentaire qui s’ajoute sur le milieu communautaire.
Face à ces immenses défis, la solidarité mise en lumière lors de la Journée Arc-en-ciel permet de renforcer le pouvoir d’agir de toutes celles et ceux qui s’engagent pour une communauté bienveillante où la diversité est une réalité vécue, souhaitée et accueillie. Assurément, cette vigie communautaire demeurera bien vivante en Montérégie par ce rendez-vous annuel qu’est la Journée Arc-en-ciel 6
INFOS | https://lejag.org/mic Vous pouvez également nous écrire à : micplus@lejag.org
VIRGINIE BERNIER, CDC ROUSSILLON
https://lejag.org/mic




Cher·ère·s lecteur·rice·s, je le dis souvent : le Village ne dort jamais. Et 2026 ne fera pas exception. Cette année, notre quartier s’apprête à vivre une série de grands chantiers, certains très concrets, d’autres plus symboliques, mais tous portés par un même moteur : celui de la solidarité, de la créativité et du courage collectif, avec nos membres engagé·e·s.
20 ans de piétonnisation : une histoire d’amour et de persévérance
Vingt ans. Deux décennies à faire battre la rue Sainte-Catherine Est au rythme des pas, des rires, des festivals et des étés mémorables. Quand on y pense, c’est tout un exploit : maintenir une artère commerciale piétonne pendant autant d’années, c’est rare, même à l’échelle mondiale. Cette 20e édition ne sera pas qu’un chiffre rond : ce sera une célébration de ce que nous avons bâti ensemble. Et avec nos partenaires, comme Fierté Montréal , qui célèbrera aussi ses 20 ans en 2026. La piétonnisation estivale, ce sont des centaines de spectacles, des centaines d’artistes, des millions de passages chaque année. Une rue plus humaine, plus vivante, plus belle. Une rue propice à toutes les rencontres. C’est aussi une rue en mouvement, qui continue d’évoluer, d’expérimenter, de se réinventer, malgré les défis.
Les Allié·e·s du Village : le cœur battant du quartier S’il y a un projet dont je suis particulièrement fière, c’est celui-là.
Les Allié·e·s du Village, c’est notre brigade du quotidien : une équipe motivée et travaillante, formée notamment d’hommes en réinsertion sociale, issus de la Maison du Père, qui redonne chaque jour de la beauté, de la propreté et de la dignité à nos rues. La brigade salue les
GABRIELLE RONDY
Directrice générale de la SDC du Village

passant·e·s, ramasse les déchets, prend soin des fleurs, discute avec les commerçant·e·s, oriente les touristes. Une équipe au cœur immense qui tisse des liens invisibles mais essentiels. Ce projet, c’est du concret, du vrai, du vivant. Les Allié·e·s du Village transforment autant les rues que les gens qui les arpentent. Et c’est exactement ça, l’esprit du Village.
Une programmation culturelle qui rassemble Chaque été, depuis mon entrée en poste, notre mission est simple : que le Village soit vivant, festif et accueillant pour toustes. Et cette année encore, on vous prépare une programmation culturelle estivale riche, colorée et inclusive. Des performances déambulatoires, des cabarets, des festivals partenaires, des marchés éphémères… Le tout, pour faire vibrer nos terrasses, nos trottoirs et nos cœurs. Mais la culture, pour nous, ce n’est pas seulement de l’animation : c’est une stratégie de cohésion sociale. C’est ce qui transforme une simple promenade en expérience, un commerce en destination, une rue en lieu de rencontre. La culture, c’est notre manière à nous de dire : le Village est vivant, et il vous attend. Et je me fais un point d’honneur de mettre en valeur nos stars du Village et ces artistes surprenant·e·s et audacieux·euses, de l’ underground et de la nuit, qui rendent ces visites dans le Village, mémorables.
Préparer nos membres au grand chantier de réaménagement
Vous le savez, la Ville de Montréal a confirmé le réaménagement complet de la rue Sainte-Catherine Est. Ce chantier, aussi ambitieux qu’attendu, transformera profondément notre artère centrale au cours des prochaines années. Notre rôle, à la SDC du Village, sera clair : préparer, accompagner, informer. On veut que nos membres soient prêt·e·s à faire face à cette transition, sans la subir. Dès cette année, nous allons multiplier les rencontres, les formations et les outils pour soutenir nos commerçant·e·s. Ce projet révélera, j’en suis convaincue, la force de notre communauté d’affaires.
De nouveaux projets signature en aménagement 2026, ce sera aussi l’année où plusieurs projets d’aménagement signature prendront forme tranquillement. Le Village de Montréal constitue un quartier unique au Canada, à la fois lieu de mémoire, pôle commercial, destination culturelle et symbole d’inclusion. Fort d’une identité vibrante et d’un rayonnement international, ce quartier se prépare aujourd’hui à traverser une période charnière avec le réaménagement complet de la rue Sainte-Catherine Est. Consciente des défis que ce grand chantier entraînera, la SDC du Village va mettre en œuvre un projet d’embellissement destiné à maintenir la vitalité, la sécurité et l’attractivité du quartier durant les travaux. Ce projet vise à renforcer la qualité de l’expérience urbaine, à soutenir les commerçant·e·s du secteur et à préserver le lien affectif qui unit les Montréalais·es et les visiteur·euse·s au Village. Les aménagements proposés prendront la forme d’interventions signatures, déployées dans trois zones stratégiques : le parc de l’Espoir, le parc Serge-Garant et la rue Atateken. Ces trois sites forment un axe symbolique et fonctionnel qui structure la vie du quartier. L’approche se veut intégrée, participative et quatre saisons, combinant design urbain, art public, horticulture et innovation lumineuse.


Grâce au soutien financier de la Ville de Montréal, ces projets, on les conçoit avec la même philosophie : celle d’un quartier où il fait bon marcher, s’arrêter, discuter, respirer.
Les Étoiles du Village : une tradition qui s’installe
En novembre prochain, on tiendra la 2e édition du Gala Les Étoiles du Village. L’an dernier, c’était une première, un pari, un rêve fou devenu réalité. Cette année, on en fera une tradition. On veut que ce gala devienne le rendez-vous annuel pour célébrer nos commerçant·e·s, nos organismes, nos employé·e·s, nos allié·e·s. Parce qu’il n’y a rien de plus beau que de voir des gens du Village applaudir d’autres gens du Village. C’est une soirée où la fierté prend le dessus sur la fatigue, où la reconnaissance remplace la comparaison, et où on se rappelle pourquoi on fait tout ça, pourquoi on aime autant ce quartier, autant pour ses tempêtes que ses jours ensoleillés.
Une équipe et un conseil d’administration engagés
Derrière chaque projet de la SDC, il y a une équipe soudée et passionnée (allô Gilles, Emilie et Eric!). Des gens qui croient profondément que ce quartier mérite le meilleur. Et il y a aussi un conseil d’administration bénévole, formé de commerçant·e·s et de partenaires qui donnent leur temps, leur expertise et leur cœur pour faire avancer les choses. Ces personnes, souvent dans l’ombre, sont essentielles à la réussite de nos projets. C’est grâce à cette solidarité, à cette intelligence collective, qu’on réussit à transformer nos rêves en actions, nos idées en résultats.
Alors à mon équipe, à notre C.A., et à nos membres : merci. Vous êtes la preuve vivante que la collaboration peut tout changer.
Je ne vous cacherai pas que 2026 sera une année exigeante. Mais ce sera aussi une année de fierté, de dépassement et de célébration. La 20e piétonnisation, la préparation du grand chantier, les nouveaux aménagements, la continuité des Allié·e·s, Les Étoiles du Village Ce sont autant de preuves que le Village avance, évolue et se réinvente. Parce que malgré les défis, malgré les aléas, il y a une chose qui ne change pas : notre amour profond pour ce quartier.
Le Village, c’est plus qu’un secteur commercial. C’est un cœur qui bat, une histoire qui s’écrit, une communauté qui résiste et qui inspire. Et en 2026, plus que jamais, on va continuer de le faire rayonner. Ensemble. 6

Du 6 au 22 février 2026, Milan et Cortina d’Ampezzo deviendront, pour deux semaines, la plus grande vitrine mondiale des sports d’hiver. Mais au-delà des médailles et des records, Milano-Cortina 2026 s’inscrit déjà dans une continuité bien précise : celle d’une visibilité LGBTQ+ désormais impossible à reléguer aux marges du récit olympique.
Les jeux passés
Aux Jeux de Paris 2024, on parlait d’un record historique, avec 193 athlètes ouvertement LGBTQ+, selon un décompte largement repris dans les médias. Les Jeux d’hiver suivent la même trajectoire. Aux Jeux d'hiver de Pékin 2022, au moins 36 athlètes ouvertement LGBTQ+ avaient pris part à la compétition — près du double des Jeux de 2018 —, avec le Canada en tête du contingent, fort de 10 athlètes. Des figures marquantes comme le patineur artistique français Guillaume Cizeron , la patineuse de vitesse néerlandaise Ireen Wüst, le snowboarder Gus Kenworthy (représentant alors la Grande-Bretagne), ou encore les hockeyeuses canadiennes Erin Ambrose et Jamie Lee Rattray, ont contribué à inscrire cette présence queer au cœur même de la narration olympique. Ces Jeux ont aussi été marqués par la visibilité de couples d’athlètes, attirant autant l’attention que les performances sportives — pensons notamment aux skeletonneurs Kim Meylemans et Nicole Silveira . Une preuve supplémentaire que l’affirmation identitaire et l’excellence sportive ne s’excluent plus, même si la participation d’athlètes transgenres faisait déjà partie de la réalité olympique.
Pride House
Cette visibilité accrue s’incarne aussi dans les lieux. À Milano Cortina 2026, la Pride House — espace sécuritaire, festif et politique dédié aux athlètes, bénévoles et spectateurs LGBTQ+ — s’inscrit dans une tradition désormais bien établie du mouvement olympique. C’est aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, en 2010, qu’a été inaugurée la toute première Pride House de l’histoire des Jeux, marquant un tournant majeur dans la reconnaissance institutionnelle des réalités LGBTQ+ dans le sport de haut niveau. Pensée à l’origine comme un lieu de rassemblement et de soutien dans un contexte encore marqué par l’homophobie et la transphobie dans le milieu sportif, la Pride House de Vancouver a ouvert la voie à une présence queer assumée, visible et revendiquée au sein des Olympiades. Quinze ans plus tard, celle de Milano Cortina témoigne du chemin parcouru, tout en rappelant que la lutte pour des Jeux véritablement inclusifs demeure indissociable de leur héritage.
Le patineur artistique Eric Radford, double médaillé olympique et champion du monde, la skieuse acrobatique britannique Makayla Gerken Schofield et le patineur de vitesse olympique Javier Raya seront de la partie à Pride House Milano 2026, qui prendra place au MEET Digital Culture Center, un centre international dédié à l’art et à la culture numérique, au cœur de Milan. Ouvertement LGBTQ+, ces athlètes de haut niveau incarnent une nouvelle génération de modèles alliant excellence sportive et engagement pour l’inclusion. Avec une programmation mêlant sport, droits LGBTQIA+ et culture, Pride House se veut bien plus qu’un lieu événementiel : un espace où l’on peut célébrer, débattre, se rassembler — et surtout exister sans avoir à se surveiller — en réunissant athlètes en compétition, communautés LGBTQ+ locales et visiteurs du monde entier autour des valeurs de fierté, de visibilité et du pouvoir rassembleur du sport.

En route vers Milano-Cortina 2026
À l’aube de Milano Cortina 2026, plusieurs figures queer sont déjà qualifiées ou officiellement nommées au sein de leur équipe nationale, tandis que d’autres — véritables stars établies — arrivent en Italie avec l’étiquette de quasi incontournables. Tour d’horizon, sport par sport, de celles et ceux qui pourraient bien voler la vedette… en restant pleinement euxmêmes. Le contingent canadien à Milano Cortina 2026 devrait, une fois de plus, compter sur des athlètes ouvertement LGBTQ+ qui ne se contentent pas de participer aux Jeux, mais qui en façonnent activement le récit.
Le hockey féminin : un espace de normalisation queer
Comme lors des Jeux précédents, c’est toutefois du côté du hockey féminin que la présence LGBTQ+ canadienne s’annonce la plus marquée. La formation canadienne regroupe plusieurs joueuses ouvertement queer qui incarnent à la fois l’excellence sportive et une culture d’équipe où l’identité n’est plus un tabou. Marie-Philip Poulin, Laura Stacey, Erin Ambrose, Emily Clark, Emerance Maschmeyer et Micah Zandee-Hart forment un noyau de championnes habituées aux projecteurs olympiques — et conscientes de l’impact symbolique de leur visibilité.
Dans un sport historiquement perçu comme conservateur, ces athlètes contribuent à normaliser la diversité sexuelle et de genre simplement en étant là : performantes, décorées… et out. À Milano Cortina, le Canada ne défendra pas seulement ses chances de podium : il portera aussi, sans grand discours mais avec beaucoup de puissance, l’image d’un sport d’élite où l’on peut gagner sans cacher qui l’on est.
Outre la participation queer féminine canadienne, il faut noter des athlètes des États-Unis, de la Finlande et de la Suède. Les États-Unis ont déjà dévoilé leur formation olympique. À sa tête : Hilary Knight, capitaine et légende vivante, qui disputera des Jeux historiques (un record de participations côté hockey américain) — tout en étant publiquement out. Autour d’elle, Alex Carpenter et Cayla Barnes s’inscrivent dans cette vague de visibilité qui, depuis quelques cycles, transforme le hockey féminin en espace de reconnaissance.


Et puis il y a l’histoire que les médias adorent — parce qu’elle est vraie : Anna Kjellbin (Suède) et Ronja Savolainen (Finlande), deux hockeyeuses fiancées, pourraient se croiser sur la route des médailles. Elles résument leur dynamique avec une phrase parfaite : sur la glace, c’est l'adversaire sportif — “l’ennemie”, même — et après, c’est la vie de couple.
Le silence persistant du hockey masculin Il faut toutefois le souligner sans détour : du côté du hockey masculin olympique, aucun joueur n’est actuellement ouvertement LGBTQ+. Ce contraste frappant ne tient ni au hasard ni à un simple décalage générationnel. Il révèle plutôt la persistance d’une culture où l’hypermasculinité, la peur du jugement et la pression des vestiaires continuent de rendre le coming out pratiquement impensable au plus haut niveau. Ce silence n’indique pas une absence de joueurs gais ou bisexuels, mais bien une absence de conditions sécuritaires pour être visible. Tant que le hockey masculin n’aura pas créé un environnement où l’authenticité n’est plus perçue comme un risque professionnel, l’égalité de représentation restera incomplète.
Patinage artistique : des corps libres sur la glace
PaulPoirier-figureincontournabledupatinageartistiquecanadien Il est l’un des patineurs ouvertement gais les plus respectés de sa génération. Aux côtés de Piper Gilles, il a contribué à redéfinir la danse sur glace par une approche résolument contemporaine, axée sur la musicalité, la théâtralité et une lecture moins genrée du mouvement. Multiple champion canadien et médaillé mondial, Poirier arrive à Milan avec l’étiquette d’un athlète mature, assumé et techniquement redoutable. Sa visibilité, discrète mais constante, joue un rôle essentiel dans un sport où l’hétéronormativité demeure souvent implicite, surtout dans les catégories jugées.
AmberGlenn(États-Unis)—patinageartistique(simpledames) Elle arrive à Milan avec une trajectoire qui dépasse le cadre des triples sauts. Amber Glenn, 26 ans, est ouvertement bisexuelle et pansexuelle, et elle a été nommée à l’équipe olympique américaine pour Milano Cortina. Dans un sport longtemps obsédé par l’image “parfaite”, Glenn s’impose comme une athlète qui refuse de se rapetisser : elle parle d’identité, de santé mentale, et de ce que ça coûte — et libère — d’être visible quand les projecteurs brûlent.

LewisGibson(Grande-Bretagne)—dansesurglace


Côté danse sur glace, Lewis Gibson (ouvertement gai) est lui aussi au centre du récit : officiellement nommé au sein de l’équipe britannique, il assume pleinement sa place dans l’écosystème de Pride House Milano, auquel il a été associé comme visage/ambassadeur. Sa présence rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’élégance, la performance et la masculinité ne se mesurent pas à l’hétéro-normativité.
LeretourdeGuillaumeCizeron(Frannce) Champion olympique en 2022, Guillaume Cizeron (qui réside à Montréal depuis plusieurs années) a fait son retour cette saison avec une nouvelle partenaire de danse sur glace: Laurence Fournier Beaudry. Le nouveau couple ne s’entraîne ensemble que depuis un an mais vise tout de même le podium aux JO de Milan-Cortina. Guillaume Cizeron, a fait son coming out en mai 2020 à l'occasion de la Journée internationale contre l'homophobie.
KevinAymoz(France)
Le français Kevin Aymoz sera aussi présent aux JO de Milano Cortina 2026. Il a été sélectionné dans l'Équipe nationale de France de patinage artistique après avoir remporté les Championnats de France en décembre 2025
Curling
BruceMouat,quand“sortirduplacard”faittomberlesbarrières…etgrimperauclassement Médaillé d’argent à Pékin, le skipper écossais Bruce Mouat est ouvertement gai — et il en parle comme d’un tournant sportif, pas seulement intime. Dans un témoignage repris par les canaux olympiques, il explique comment le fait d’être out l’a aidé à se sentir plus solide, plus libre… et meilleur sur la glace. À Milan, l’objectif est clair : ajouter une (ou deux) médailles à un palmarès déjà imposant.
Patinage de vitesse
ConorMcDermott-Mostowynequalificationenpocheetunefiertéenbandoulière.
Dans la catégorie “confirmation qui donne des frissons”, il y a Conor McDermott-Mostowy, patineur de vitesse ouvertement gai, qui a gagné le 1000 m aux essais américains et s’est ainsi assuré un billet pour ses premiers Jeux olympiques. Son histoire a aussi le goût d’un retour : après des années à pousser, rater de peu, revenir, il arrive enfin au bon moment… au bon endroit.


Ski acrobatique

GusKenworthy,leretourd’unpionnier Impossible de parler de visibilité queer aux Jeux d’hiver sans nommer Gus Kenworthy. Sorti publiquement en 2015, il demeure une figure phare — sportive et culturelle — du monde du freestyle. En 2026, il tente un retour qui pourrait le mener à un quatrième Jeux, cette fois avec l’équipe de Grande-Bretagne. Qu’il se qualifie ou non, sa simple présence dans la conversation rappelle à quel point l’athlétisme peut être un lieu de récit queer assumé, spectaculaire et populaire.
Et la dimension “spectacle” des Jeux ajoute sa propre couche de pop culture : l’ouverture au stade San Siro annonce des performances d’Andrea Bocelli et de Mariah Carey. Autrement dit : entre les athlètes out sur la glace et la culture grand public dans les gradins, Milan promet un mélange explosif de performance et de visibilité.
Et la suite?
On peut s’attendre à ce que d’autres athlètes s’ajoutent à la liste au fil des derniers ajustements d’équipes et des sélections finales. Mais ce qui est déjà clair, c’est ceci : à Milano Cortina, la présence LGBTQ+ ne sera pas une note de bas de page. Elle sera dans les médailles, dans les caméras, dans les histoires d’équipe — et dans ce moment rare où, pendant quelques jours, le monde entier regarde le sport… et peut, parfois, regarder autrement.6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | https://www.olympics.com/fr/milano-cortina-2026 https://www.milanopride.it/pride-house-2026/







Figure incontournable de l’histoire récente des communautés gaies et lesbiennes — et de celle du Québec — Michael Hendricks, aujourd’hui âgé de 84 ans, retrace son parcours depuis son arrivée à Montréal, fuyant la conscription aux États-Unis lors de la guerre du Vietnam.
Enfait,tuétaisautoutdébutseulementenvacancesàMontréal;rienneprésageait quetuallaisresterdéfinitivementici?
MICHAEL HENDRICKS : En 1968, j’étais en vacances à Montréal quand ma mère a reçu l’avis de conscription. J’avais 26 ans. Mais j’ai rencontré à l’époque des Américains qui s’étaient réfugiés au Canada. Le président Richard Nixon voulait frapper un grand coup au Vietnam et on a même recruté des petits vieux comme moi (rires). J’étais à l’époque un simple travailleur social en vacances avec mon chum de l’époque, installé au YMCA. Un chum qui a disparu le lendemain de l’arrivée de l’avis de conscription. Je me suis réveillé et il n’était plus là (rires). Mais j’ai rencontré des gars, dont un notaire qui m’a aidé à obtenir un statut régulier au Canada. Ce n’était pas le premier Américain qu’il aidait à rester ici. Puis j’ai déménagé au centre-ville et j’ai découvert la vie gaie, et je me suis fait des amis qui le sont restés, comme Pierre Rochon et John Banks, qui était serveur et drag dans un bar. Comme je ne souhaitais pas retourner un jour aux États-Unis, j’ai appris le français.
TudécouvreslaviegaieàMontréal.Était-elledifférentedecellequetuavais connueàNewYork?
MICHAEL HENDRICKS : À l’époque, il y avait bien des bars homosexuels à New York, mais ils étaient contrôlés par la mafia et la police. Ils n’étaient pas très sécuritaires et les rues avoisinantes étaient dangereuses. Je restais à West Village, à trois coins de rue de Stonewall, mais il n’y avait que très peu de bars, trois ou quatre. À Montréal, je découvrais une plus grande liberté, comme de pouvoir danser avec un autre homme. C’est en 1973 que j’ai rencontré René (René Leboeuf, NDLR) et je me souviens que la première chose qu’il m’a dite est : « Je ne te parlerai jamais en anglais » (rires!). À l’époque, avec des amis ici, nous étions des gauchistes, trotskistes; nous pensions plus à la Révolution qu’à la libération gaie. Pour nous, les questions économiques et politiques passaient bien avant les droits des homosexuels. René et moi avons ouvert un restaurant sur la rue Duluth pendant un certain temps, un repaire d’homosexuels (rires!), des personnes comme John Banks, ou encore Armand Monroe, le fréquentaient.
Àquelmomentvas-tucommenceràtebattrepourlesdroitsdesgaisetdeslesbiennes?
MICHAEL HENDRICKS : Le moment tournant, qui a été comme un réveil pour moi, c’est l’arrivée du sida. On voyait des amis tomber, d’autres qui préféraient se cacher plutôt que de dire qu’ils étaient atteints. Il ne faut pas oublier que les gais pouvaient être aussi très durs entre eux et s’éloigner de leurs amis atteints : ne plus les inviter, ou encore ne pas aller les voir quand ils étaient hospitalisés. C’était la même chose dans le milieu hospitalier : le personnel avait peur d’apporter des plateaux aux malades, laissant certains souffrir de faim. C’était horrible. C’est là que je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.
Et puis, il y a eu la 5e Conférence internationale sur le sida, en juin 1989, avec l’envahissement du Palais des congrès par des militants d’Act Up New York, exigeant que les voix des personnes atteintes soient prises en compte et que les autorités réagissent. C’était impensable pour nous de perturber une conférence. On faisait de petites manifestations gentilles, mais on n’aurait pas osé aller plus loin. C’est là que je me suis dit qu’il fallait qu’on arrête de chier dans nos culottes et qu’il fallait qu’on s’organise face à l’inaction des pouvoirs publics.
Par exemple, le ministre de la Santé de l’époque avait refusé de faire la promotion du sexe sécuritaire parce que cela allait encourager l’homosexualité. Il y avait une urgence. Beaucoup de militants, se sachant condamnés, n’avaient plus rien à perdre et se fichaient de ce que le monde pensait. Ils étaient réellement passionnés, mais en même temps, on se rendait compte
que, pour une grande partie de la société, les gais étaient plus bas que tout : c’étaient des drogués, des travailleurs du sexe, etc. Blaine Moseley est venu de NYC pour nous aider à former un groupe Act Up à Montréal. Act Up MTL a duré de 1990 à 1993; cela a complètement changé nos vies, à René et à moi.
Maisc’estaussiuneprisedeconsciencedelaréalitédesgais,considéréscommedesparias danslasociété?
MICHAEL HENDRICKS : Tout à fait. Il y a eu, à l’époque, plusieurs crimes commis contre des gais et la police ne s’y intéressait pas vraiment. Elle était plus intéressée à faire des descentes dans les bars, comme au Sexe Garage en 1990, ou à arrêter les gais qui cruisaient dans les parcs. C’est à ce moment-là que Douglas Buckley-Couvrette et moi allions rencontrer aussi Roger Leclerc, avec qui nous allions former Dire enfin la violence, avec Claudine Metcalfe également. Cela nous a permis de travailler avec la police, de les informer sur la communauté gaie, comme de les aider à décrypter des scènes de crime pour démontrer que, souvent, c’étaient des crimes homophobes.
Mais les autorités, comme les institutions, rappelaient que tout allait bien pour nos communautés et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. C’est là que nous avons organisé une conférence de presse en disant que nous allions louer le Stade olympique — sans même nous renseigner sur combien cela coûterait — et inviter la communauté lesbienne et gaie à célébrer le fait qu’il n’y avait pas de discrimination, pas d’homophobie, pas de meurtres au Québec.
Nous avions annoncé aussi que nous allions inviter publiquement des personnalités, des député·e·s, des juges, dont nous savions qu’ils étaient dans le placard. Trois jours plus tard, le gouvernement décidait de mettre sur pied des auditions publiques de la Commission des droits de la personne du Québec, qui ont donné lieu à ce rapport paru en 1994, qui faisait un état des lieux, mais qui proposait des recommandations pour des changements dans toutes les sphères de la société afin de combattre l’homophobie. Cela a été une grande victoire, et de nombreuses recommandations ont été suivies. On y parlait déjà de la reconnaissance des conjoints de même sexe.
Mais voilà : la Commission ne voulait pas entendre parler des meurtres, jusqu’au témoignage émouvant de l’évêque anglican Mgr Bruce Stavert, un ami personnel du pasteur J. Warren Eling, qui avait été assassiné dans son presbytère. Mgr Stavert ne voulait pas que ce meurtre homophobe soit passé sous silence. Le témoignage de l’évêque a vraiment tout fait évoluer. La police a pris beaucoup plus au sérieux cette série de meurtres à partir de là.
Cesaudiencesontmenéàcerapportde1994quifaittoujoursdate—Del’illégalitéà l’égalitédelaCommissiondesdroitsdelapersonne—avec41recommandations,dontla reconnaissancelégaledesconjoint·e·sdemêmesexe.Etc’estpourledroitaumariageque RenéLeboeufettoiallezvousbattreensuite?
MICHAEL HENDRICKS : Oui. Cela a été extrêmement difficile, même si, au niveau médiatique, il y avait un peu plus de sympathie pour la cause des meurtres de gais. La difficulté a été de trouver des avocat·e·s capables de porter la cause devant les tribunaux. Peu voulaient s’engager dans cette voie, ou encore nous demandaient trop d’argent.
De plus, il y avait peu d’élu·e·s — même parmi les quelques gais et lesbiennes — qui étaient solidaires de cette cause. Certain·e·s disaient que c’était bien trop tôt, que la société n’était pas prête pour cela et qu’il fallait avancer par petits pas : reconnaissance des unions de fait, puis union civile; certains voulaient le PACS comme en France. Ces mêmes qui se sont vantés après de s’être battus pour le mariage. Heureusement, nous avons eu l’aide de l’avocate Ann Robinson, qui a su démontrer clairement devant les juges, mais aussi devant les médias, combien la loi sur le mariage, de juridiction fédérale, était discriminatoire en l’interdisant
aux couples de même sexe. Elle a été d’une aide précieuse. Ce fut une grande et belle nouvelle que l’adoption de cette loi en 2005.
Etaujourd’hui?
MICHAEL HENDRICKS : Je suis inscrit au programme d’aide médicale à mourir. Cela dépend de ma santé. J’ai été hospitalisé en décembre et je pensais que c’était le moment. Cela va mieux (au moment de faire l'entrevue au début janvier) mais cela reste pour moi une question de temps, puisque j’ai une maladie pulmonaire qui est dans sa phase terminale.
Commentvois-tulasituationdenoscommunautésactuellement?
MICHAEL HENDRICKS : Avec inquiétude. Beaucoup pensent que tout est terminé. Bien sûr, légalement, nous avons presque tout obtenu, mais dans la société, il y a encore beaucoup de chemins à faire. Je pense à la solitude et à l’isolement de personnes LGBTQ+ vieillissantes et qui n’ont pas beaucoup de revenus, à l’homophobie toujours présente.
De plus, les jeunes générations ne connaissent pas l’histoire de nos luttes. Les plus ancien·ne·s n’en parlent peut-être pas parce qu’ils et elles considèrent que c’est du passé, ou encore parce qu’ils et elles ne veulent pas ouvrir d’anciennes plaies, revivre des périodes difficiles de leur vie.
C’est pour cela que René et moi, de voir qu’il y a plusieurs expos qui se mettent en place et qui retracent cette histoire — entre autres grâce aux Archives gaies du Québec — ou de voir le travail de Dany Boudreault et Maxime Carbonneau et leur équipe, qui ont monté la pièce Corps fantômes, qui rappelle avec beaucoup de justesse et d’émotion toutes ces années que nous venons d’évoquer me donne espoir.
Nous sommes heureux de constater que des jeunes s’y intéressent et qu’il y a une certaine forme de sensibilisation qui se poursuit aujourd’hui, malgré tout.6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

Quatre pays sur cinq ne disposent d’aucune loi protégeant les jeunes LGBTI du harcèlement scolaire
Une grande partie du monde n’a toujours pas adopté de législation explicite pour protéger les jeunes lesbiennes, gais, bisexuel.le.s, trans et intersexes (LGBTI) contre le harcèlement scolaire, a déclaré aujourd’hui ILGA World.
De nouvelles données publiées dans la Base de données d’ILGA World révèlent que seuls six États membres de l’ONU ont adopté une législation anti-harcèlement scolaire qui protège les jeunes, indépendamment de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur expression de genre et de leurs caractéristiques sexuelles (SOGIESC ). Cependant, au moins un de ces motifs est explicitement mentionné dans les lois nationales d’au moins 40 États membres de l’ONU. Cela ne représente toutefois qu’un cinquième de la population mondiale.
« Peu importe où nous commençons notre parcours, les croyances qui nous guident ou la vie que nous pouvons construire pour nos familles, la plupart des gens souhaitent que les jeunes puissent suivre un parcours scolaire en toute sécurité qui leur garantisse un avenir », a déclaré Gurchaten Sandhu, directeur des programmes à ILGA World. « Cependant, pour beaucoup trop d’entre eux, le harcèlement scolaire devient un obstacle majeur sur leur chemin. Et lorsque les gouvernements refusent d’agir, ils laissent ces obstacles en place ou, pire, ils laissent les débris s’accumuler et transforment un chemin difficile en glissement de terrain. »
« Le harcèlement nuit à la santé mentale des élèves LGBTI et réduit leurs perspectives scolaires et professionnelles. Ses conséquences font augmenter les coûts des soins de santé et de l’aide sociale. Si les États souhaitent sérieusement créer un avenir plus prospère sur le plan économique pour toutes les personnes, ils doivent comprendre que leur inaction est néfaste non seulement pour les personnes LGBTI, mais aussi pour la société dans son ensemble. »
Les données de l’ILGA World montrent que la plupart des juridictions utilisent des lois sur l’éducation ou l’égalité de traitement pour protéger contre le harcèlement scolaire. Elles le font soit en interdisant le harcèlement fondé sur l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles dans l’éducation, soit en obligeant légalement les établissements d’enseignement à intégrer le harcèlement fondé sur SOGIESC dans leurs règlements et politiques internes. Certaines juridictions ont inclus le harcèlement scolaire fondé sur SOGIESC dans des lois qui protègent spécifiquement les enfants en tant que groupe, et, dans un cas (la France), elles le punissent d’une peine d’emprisonnement.
« Ces lois suggèrent que les États pourraient considérer le harcèlement scolaire comme une forme très particulière de violence dont les jeunes sont non seulement les principales victimes, mais aussi les principaux auteurs », explique Curro Peña Diaz, consultant en recherche chez ILGA World. « C’est pourquoi, souvent, les juridictions s’appuient sur des approches pédagogiques pour éduquer les auteurs de harcèlement et offrir une réparation aux victimes au sein du système scolaire, plutôt que par le biais de sanctions pénales. » Même dans le contexte mondial actuel, où les forces réactionnaires ont transformé les parcours éducatifs en champs de bataille, les États membres de l’ONU prennent des mesures concrètes pour protéger les jeunes LGBTI contre le harcèlement scolaire.

Au cours des deux dernières années, le Chili, l’Estonie et l’Ukraine ont discuté de propositions de loi, tandis que le gouvernement des Îles Salomon a lancé une consultation publique afin d’élaborer une politique contre le harcèlement scolaire qui tienne compte de l’orientation sexuelle des élèves. En outre, la Cour suprême fédérale du Brésil a statué que les autorités éducatives doivent prévenir et lutter contre le harcèlement scolaire fondé sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans le cadre de leur obligation légale de garantir à chacun le droit à une éducation sans discrimination.
« Nous encourageons davantage d’États à suivre ces voies prometteuses. La plupart d’entre nous travaillons dur pour nos familles, quelle que soit leur composition », concluent Kimberly Frost et Yuri Guaiana du cosecrétariat d’ILGA World. « Cependant, aujourd’hui, quelques personnes influentes alimentent les divisions entre nous et entravent nos efforts pour garantir des écoles sûres et accueillantes. Nous devons nous unir et militer en faveur de lois garantissant que chaque jeune puisse bénéficier d’une éducation de qualité qui lui permette de poursuivre ses rêves, sans exception ni obstacle. » ILGA World est une fédération mondiale regroupant plus de 2 100 organisations de plus de 170 pays et territoires qui militent pour les droits humains des personnes ayant des orientations sexuelles, des identités et expressions de genre et des caractéristiques sexuelles diverses.
Chiffres clés de la Base de données de ILGA World
Six États membres de l’ONU ont adopté une législation qui protège contre le harcèlement fondé sur tous les motifs liés à l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles. Il s’agit de l’Andorre, de la Finlande, de la Grèce, des Pays-Bas, du Portugal et de l’Espagne. Au moins 40 États membres de l’ONU ont adopté une législation qui protège contre le harcèlement fondé sur au moins un motif lié à l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles à l’échelle nationale. Parmi ceux-ci : 38 sur l’orientation sexuelle, 30 sur l’identité de genre, 13 sur l’expression de genre et 14 sur les caractéristiques sexuelles.
De plus, la protection varie selon les régions dans 10 États membres de l’ONU. Il s’agit de l’Argentine, de l’Australie, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, de l’Italie, du Mexique, de la Corée du Sud, du Royaume-Uni et des États-Unis. En Hongrie et en Bulgarie, il n’est pas clair si les protections juridiques sont toujours en vigueur, soit en raison de contradictions entre différentes lois, soit parce que la jurisprudence a conduit à une situation d’incertitude juridique. 6 YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | https://ilga.org

À

Sortez le champagne, les confettis et les paillettes ! Le plus dandy des poètes québécois multiplie les anniversaires ces jours-ci : son 80 e anniversaire de naissance (le 30 janvier 2026), ses 50 ans de carrière littéraire et la parution d’un recueil débordant d’opulence et de jouissance, Escalader lalumière.
Qu’est-cequeçasignifiepourtoid’avoir80ans?
JEAN-PAUL DAOUST : Se rendre à 80, c’est déjà avoir beaucoup vécu et voir arriver l’heure des bilans. J’ai encore des projets, mais je suis obligé de choisir maintenant. En même temps, c’est un privilège d’atteindre cet âge en étant relativement en santé. On n’a pas le choix de vieillir. Et vieillir, c’est rester en vie !
Pourquellesraisonsécrivais-tuàtesdébuts?
JEAN-PAUL DAOUST : Je faisais des propositions de textes qu’on qualifierait de queers aujourd’hui. À l’époque, le mot existait, mais il était utilisé de façon péjorative. Au fil des livres, d’autres dynamiques se sont développées. J’ai exploré le fait de vivre en Amérique francophone, le dandysme, ma vie amoureuse, mon enfance, etc.
Commenttaplumea-t-elleévolué?
JEAN-PAUL DAOUST : Elle s’intéresse moins qu’avant aux grandes envolées dans mes livres. Cela dit, j’ai écrit presque chaque semaine pendant 11 ans pour Ici Première : peut-être que cet aspect de mon écriture s’était réfugié là. Dans mes recueils, comme dans Escalader la lumière, c’est plutôt de courts textes intimistes. Je me suis calmé un peu.
Quellessonttesplusgrandesfiertésprofessionnelles?
JEAN-PAUL DAOUST : En 1990, j’ai reçu le Prix littéraire du Gouverneur général du Canada. Un de mes textes est souvent étudié dans les cégeps. J’ai écrit sur des sujets très personnels, comme dans Les cendres bleues, où je parle de mon enfance quand j’ai été violé. Avec le temps, on m’a défini comme une sorte de dandy et c’est un personnage que j’assume entièrement. Je le nourris avec plaisir, même si ça me coûte une fortune ! Je me considère un peu comme l’héritier de Baudelaire et d’Oscar Wilde. Certains de mes livres ont fait leurs marques et continuent d’être lus. Un de mes recueils est rendu à sa septième réimpression. C’est énorme en poésie !
Tuasétéuntémoinprivilégiédel’évolutiondumondelittérairequébécois.Qu’est-cequi achangéen50ans?
JEAN-PAUL DAOUST : Dans les années 1970, il y avait le formalisme qui ne m’a jamais vraiment intéressé. Les poètes décortiquaient les codes du langage. Parfois, c’était assez obscur. Ensuite,


le mouvement féministe a pris son élan et continue encore aujourd’hui. On s’intéresse aux voix autochtones qu’on n’écoutait pas il y a 50 ans. On a assisté à une prise en charge de la parole et de notre identité québécoise. Avant, il y avait beaucoup moins de livres ultras intimistes. Et la poésie est encore plus assumée qu’avant.
DanstonrecueilEscaladerlalumière,tuparlesde«fairedesavieuneœuvred’artdans undécornucléairedefindumonde».Àquelpointest-ceunactederésistancedevivre ainsidansl’étatactueldelasociété?
JEAN-PAUL DAOUST : Cette thématique ne correspond pas à l’ambiance actuelle et je trouvais que c’était un pied de nez à notre époque tellement lourde ! On ne sait pas trop ce qui va se passer, mais ça n’augure rien de bon. J’ai voulu écrire un recueil dans lequel j’affirme qu’il y a encore des moments heureux, plaisants et extraordinaires à vivre. L’optimisme est un choix. C’est possible de vivre sans être tout le temps à la remorque des malheurs.
Tesstrophescommencenttoutespar«J’aime».Tuévoquesuneoverdosed’amour,rireà enpleurer,l’espoirquinarguelecynisme.Es-tud’unoptimismeinébranlableouc’estde lajobpourtoidevoirlabeauté?
JEAN-PAUL DAOUST : C’est ben de la job ! Je ne suis pas un jovialiste, on s’entend. Mais dans le titre, Escalader la lumière, il y a un verbe d’action. J’aime ce mouvement d’action et d’effort pour avancer, comme les gens le font en grimpant les montagnes. C’est un titre assez éloquent de ce qui se passe à l’intérieur du recueil.
Tudissnoberl’ignorancecrasse.Commentpeut-ons’enprotéger?
JEAN-PAUL DAOUST : C’est à chacun de trouver sa méthode. Moi, j’utilise l’écriture, mais ça peut être par les mouvements sociaux ou des prises de position politiques. On a trop tendance à se sentir impuissants, alors que c’est le moment ou jamais de s’exprimer. Mon recueil, c’est une prise de position contre l’ennui et la grisaille.
Commententrevois-tulasuitedetacréation?
JEAN-PAUL DAOUST : Je n’aurai pas le choix de ralentir. Mon corps me parle… et je ne l’ai jamais vraiment ménagé ! Je me réserve des surprises. C’est rare que je refuse de participer à des lectures devant public. J’ai quelques projets devant moi. Et je veux donner plus de place à la lecture ! Il y a plusieurs livres que je veux lire depuis longtemps.6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | Escalader la lumière., de Jean-Paul Daoust, Poêtes de brousse, 2026, 72 pages.


Ne vous fiez pas à sa photo d’écrivain torturé qui a manqué d’exposition au soleil, Alex McCann possède une plume débordante de vie et de caractère! Avec son premier roman, il nous invite dans un village où l’hiver ne veut plus partir, où le gardien du phare offre son corps aux marins de passage et où les villageois s’attaquent aux gens venus d’ailleurs et aux marginaux (on croirait reconnaître nos partis politiques…), jusqu’à ce que les laissés-pour-compte décident de réclamer vengeance! Écrit avec une maîtrise absolument renversante, Saint-Nicolas-des-Marins (Éditions ALTO) est un conte à la fois sombre, troublant et réconfortant.
Quefais-tudanslavie?
ALEX MCCANN : J’enseigne la littérature au Cégep de Trois-Rivières et j’ai commencé un doctorat à l’Université de Montréal sur les communautés marginales en poésie québécoise contemporaine, notamment les poètes féministes, queers et autochtones. J'essaie de voir comment ces groupes utilisent la poésie pour amener une nouvelle vision du monde et redéfinir nos façons d'interagir les uns avec les autres.
L’histoiredetonromanestnéedefaçonparticulière,n’est-cepas?
ALEX MCCANN : Oui, c'est le titre qui m'est venu en premier! Dans un cours de russe à l’université, la prof parlait d’une cathédrale de Saint-Pétersbourg qui s’appelle Saint-Nicolas-des-Marins. J’ai trouvé le nom si beau que j’ai arrêté de suivre ce qu’elle disait et je me suis mis à créer une histoire. Cela dit, je n’ai pas écrit ce texte en imaginant être publié, car j'avais l'impression de ne pas avoir le souffle littéraire pour écrire un roman. J'ai juste décidé d’écrire le livre que j'aimerais lire.
Avais-tud’autresprémissesentête?
ALEX MCCANN : Plusieurs, mais surtout des trucs réalistes et terre-à-terre qui ne m’intéressaient pas. Je n’aurais pas eu assez de liberté, alors que dans une histoire avec des marins qui ne meurent pas et une mère sorcière, je pouvais aller plus loin. Le côté un peu fantastique me permettait d'amener plus de poésie. C'est peut-être pour ça que j'ai continué cette histoire-là plus que les autres.
Àquelpointétait-cenaturelcheztoid’emprunterauxcodesduconte(pouradultes)?
ALEX MCCANN : Ce n'était pas le projet au départ. En milieu de parcours, je me suis rappelé que j’avais commencé à lire avec Harry Potter et les séries de science fiction pour jeunes adultes, dont je me suis éloigné en commençant mes études, parce qu'en littérature, on doit lire des choses sérieuses et des grands auteurs, mais pas de choses fantastiques. Finalement, j’ai décidé de retourner à mes anciennes amours. À un moment donné, j'ai vu que j’écrivais un conte et j’ai décidé d'explorer des choses, des images et une certaine ambiguïté. Le conte est très symbolique et il permet de raconter quelque chose sans nécessairement tout donner.
Pourquoilelivreest-ildédicacé«àtoutescellesetceuxdontonneveutpas»?
ALEX MCCANN : La peur du rejet m'habite vraiment tout le temps. En écrivant, j’ai vu que tous mes personnages étaient rejetés d'une façon ou d'une autre. J’avais besoin d’exprimer une colère contre les gens qui nous regardent croche quand on sort un peu des moules établis. Ma grande phobie dans la vie, c'est les madames qui disent « c'est spécial ». Ça m'horripile! Je voulais m’attaquer à cette espèce d'hypocrisie et de bien-pensance qui me puent au nez. Je fais moi-même partie de la communauté queer. On vit tous de l’oppression. On se fait repousser dans les marges. Dans le livre, je voulais montrer toutes les formes de marginalité.
Lefroidoccupeuneplaceprépondérantedansleroman.Commentçateservaitdecamper tonhistoiredansunhiverquinefinitpas?
ALEX MCCANN : Puisque tout s’arrête autour du village, ça m’a permis de me concentrer sur les gestes des personnages. On dirait que le froid neutralise un peu le décor : il fait partie de l’histoire, mais c’est comme s’il n’y avait plus d’influences extérieures. Nico et les villageois sont pris dans un huis-clos. Ça pousse tout le monde dans ses derniers retranchements. Ils sont pognés avec tous ces gens qui les détestent. Puisque personne ne peut s’échapper, il faut qu’il y ait confrontation et que ça explose!
Tonlivreestcourt.Teschapitresaussi.Tonécrituresefaitavecuneéconomiedemots. Pourquoi?
ALEX MCCANN : Parce que je viens de la poésie. Au départ, je voulais faire des chapitres plus longs. Quand une scène était terminée, je me sentais mal et je pensais que ça ne se publierait pas, mais j’avais écrit ce que j’avais à dire. J’ai pensé chaque chapitre comme un « poème » pour qu'ils soient complets en eux-mêmes. Sur le document Word original, ils ne dépassent jamais une page. Je voulais être dans l’évocation, ne pas trop en dire et privilégier les phrases courtes.
TucitesRéjeanDucharmeetMarie-ClaireBlais.Àquelpointt’ont-ilsinfluencé?
ALEX MCCANN : Quand j'ai découvert Ducharme, j'ai appris à aimer les jeux avec la langue, les personnages révoltés, la possibilité d’écrire des livres un peu champ gauche et un peu fous. Ses romans se lisent comme des contes. Avec Marie-Claire Blais, on retrouve une violence très intense, mais dans quelque chose de vraiment travaillé, sans que ça devienne trash. Ça choque, mais il reste toujours la beauté. Ça a été une libération de me dire qu’on pouvait écrire comme ça. Ils font partie de la constellation d'écrivains et d'écrivaines auxquels je reviens toujours.
Commentdécris-tuNico,legardienduphare?
ALEX MCCANN : C'est un personnage un peu complexe. Je l'ai écrit de façon très taciturne. Au départ, il n’a pas envie de faire des vagues. Il veut juste vivre dans son phare avec ses marins, en étant indifférent au fait que les villageois le détestent. Puis, quand il réalise que la violence s'étend aux gens qu’il aime, ça le pousse à agir. Il est habité d'une colère très intense. Mon éditeur m’a demandé pourquoi il fait des choses aussi violentes et pourquoi il va aussi loin dans ses propos. Ça nous a amenés à parler de la colère queer : cette rage qui nous habite et qu’il faut extérioriser. Je comprends cette colère qui peut gronder après tant d'années de regards, de paroles, de gestes et d'exclusion.
Ilyaquelquechosedetrèsnatureldanstafaçond’écrirel’affectionentrehommes. Commentvoulais-tuprésenterl’homosexualité?
ALEX MCCANN : Nico vit contre les normes hétéropatriarcales du mariage, de la monogamie et de l'amour des femmes. Il choisit sa famille qui est faite d’enfants rejetés. Il est queer dans tout. Les villageois n’ont rien contre son homosexualité, car ils sont contents de ne pas avoir à s’occuper des marins. Mais c’est de la tolérance plus que de l’acceptation. On le tolère jusqu'à ce qu’on ne puisse plus le tolérer, en raison du manque de ressources pendant cet hiver sans fin.
Àquelpointétait-cejubilatoired’exploiterla thématiquedelavengeance?
ALEX MCCANN : C’était très jouissif de penser que personne ne m’arrêterait et que je pouvais y aller à fond! J’avais une petite dent contre le monde. Je le faisais pour moi et pour toutes les personnes qui ont vécu un rejet semblable. À partir du moment où le livre est parti en impression, je me suis retrouvé psychologiquement très apaisé. J'avais exorcisé quelque chose. 6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | SAINT-NIcolas-des-Marins, d'Alex McCann, Éditions ALTO, 2026, 216 pages



Entre sa victoire à Mister Trans Brasil et sa place parmi les 10 finalistes du prestigieux concours Mister Brasil CNB, Bernardo Rabello le dit clairement : il veut continuer d’ouvrir de nouveaux espaces pour la représentation des hommes trans.
Bernardo Rabello savait exactement dans quoi il s’embarquait lorsqu’il a décidé de participer à Mister Brasil CNB — le concours masculin le plus prestigieux du pays — en devenant le premier homme trans de l’histoire à monter sur cette scène. Mais il ne s’attendait certainement pas à se retrouver dans le top 10 dès sa première participation.
Âgé de 30 ans, entraîneur personnel, influenceur et mannequin originaire de Resende, dans l’État de Rio de Janeiro, Rabello a travaillé sans relâche pendant des années pour devenir ce qu’on appelle souvent un « succès instantané » — et bâtir, au passage, une communauté de plusieurs dizaines de milliers d’abonné.e.s sur les réseaux sociaux.
« Depuis que je suis enfant, je ne m’identifiais pas au genre que les gens me disaient que j’étais. J’ai grandi avec ce point d’interrogation », confie-t-il. « Mais à l’époque, on ne parlait pas de l’identité trans comme aujourd’hui. Ma famille, mes amis, mon école… personne n’avait vraiment l’information ou les outils pour m’aider. »
Une transition rendue possible par l’accès aux soins Le tournant s’est amorcé à 23 ans, quand Rabello a décroché un emploi dans une usine de pneus Michelin — un poste qui lui a donné accès à une assurance maladie, et donc à des soins qui ont rendu sa transition possible.
« J’ai commencé l’hormonothérapie en novembre 2017 », se souvient-il, en ajoutant que son expérience au travail aurait pu mal tourner… mais que ce n’est pas arrivé.
« Je savais que j’étais le seul homme trans à travailler là-bas », explique-t-il. « Mais l’équipe des ressources humaines m’a soutenu tout du long. Ils me disaient : “On veut que tu sois ici. Peu importe ce qui arrive, viens nous voir. On va te soutenir.” Et j’ai réellement eu beaucoup d’appui. »
Le choix de ne pas porter la honte
Deux valeurs guident Rabello : la patience et le respect. Il raconte son parcours sans amertume, comme s’il refusait de traîner le bagage d’un passé où il a été remis en question, douté, contesté — et privé de soins d’affirmation de genre.
Il note toutefois que son père, un militaire, a eu besoin de temps pour encaisser la nouvelle. « Mon père avait peur pour moi… de ce que ça veut dire de naviguer le monde en tant qu’homme trans », dit-il. Mais les choses ont changé après une discussion entre sa tante et son père.


« Hé, pourquoi tu fais comme si tu ne comprenais pas B ? », se rappelle Rabello. « Il devient juste la personne qu’il a toujours voulu être. Il ne cessera pas d’être celui que tu lui as appris à être. Son essence restera toujours en lui. »
Chirurgie, concours, et une victoire historique
Bernardo Rabello a subi une chirurgie du haut (mastectomie) en janvier 2021 — une opération qu’il attendait depuis l’adolescence. « Ma poitrine, c’est quelque chose qui me dérangeait depuis qu’elle a commencé à se développer », explique-t-il. « Le corps que je voyais dans le miroir ne correspondait pas à ce que j’étais. Je ne m’y reconnaissais pas. »
Plus tard la même année, il participe à la toute première édition de Mister Trans Brasil, à São Paulo… et remporte le titre, devenant ainsi le premier lauréat couronné de l’histoire du concours. Mais le chemin vers Mister Brasil CNB, un concours beaucoup plus vaste où il allait rivaliser avec des hommes cisgenres, lui a présenté un nouveau lot de défis.
Affronter l’hostilité — et se bâtir une armure
En 2019, par exemple, Rabello prend part à Mister Rio de Janeiro CNB, à l’échelle de l’État, avant même sa chirurgie du haut. « C’était un immense défi, mais je savais que je n’étais pas là seulement pour moi et mes désirs », souligne-t-il. « J’y étais aussi pour les autres personnes qui voudraient être là, elles aussi — ou qui ont les mêmes peurs que moi. »
À l’époque, une quantité importante de commentaires transphobes et malveillants lui est lancée, surtout sur les réseaux sociaux. Mais Rabello avait déjà appris à se protéger. « Quand quelqu’un critique une autre personne, ça en dit beaucoup plus sur la personne qui critique », dit-il. « J’ai toujours travaillé ça dans ma tête, parce qu’il n’y a rien de mauvais en moi. »
Au fil des ans, il a commencé à « voir un changement dans les commentaires », et il s’en dit reconnaissant.
Sa participation historique en 2025 et l’avenir
Ce long parcours l’a mené à participer à Mister Brasil CNB en 2025. Non seulement il est le premier homme trans à y concourir ouvertement, mais il réussit aussi l’exploit d’accéder au top 10 — un accomplissement qui rend le moment d’autant plus marquant, et le message d’autant plus puissant.
Aujourd’hui marié, Bernardo Rabello construit sa vie avec sa femme à Resende, une ville stratégiquement située entre Rio de Janeiro et São Paulo. Pour la suite, il rêve d’ouvrir son propre gym, de participer à nouveau à Mister Brasil — « peut-être en 2026, ou plus tard », dit-il — et même de faire partie de Big Brother Brasil, la téléréalité la plus populaire du pays depuis plusieurs années.
« Je veux participer pour pouvoir partager mon histoire de vie, non seulement avec mes colocataires, mais aussi avec le monde », lance-t-il.
Sur un plan plus personnel, il dit aussi vouloir « énormément avoir une fille », précisant : « Ma femme porterait l’enfant, mais j’aimerais utiliser mon ovule. Avoir une fille avec mon ADN. »
« Chaque espace conquis, c’est pour nous tous » Lorsqu’on lui demande quel message il souhaite transmettre aux hommes trans qui découvrent son parcours et s’en sentent inspirés, Rabello répond sans hésiter : « Il y a des gens comme moi qui se battent pour qu’on puisse conquérir notre place et être visibles. Chaque espace qu’on conquiert, ce n’est pas juste pour l’un d’entre nous individuellement : c’est pour nous tous. C’est pour tout le monde. » 6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com
INFOS | Bernardo Rabello sur Instagram : @lifebernardorabello.


CRÉDIT PHOTO : DAYNA WITH THE CRITIQUE IS IN THE CUT POSTER, WESLEYAN COLLEGE, 2025. PHOTO: SADIA SHEPARD

Artiste montréalaise légendaire, Dayna McLeod enchante les publics du monde entier depuis plus d’un quart de siècle avec une pratique interdisciplinaire et un humour qui lui est propre. Ses textes, performances et vidéos explorent le genre, la représentation médiatique, le corps des femmes et la construction de l’identité sexuelle, à travers un regard unique, décalé et franchement singulier.
Le travail de McLeod a été présenté dans des festivals et institutions prestigieux partout en Europe — notamment au Musée d’art moderne de Varsovie et au Centre d’art contemporain de Paris — ainsi qu’en Amérique du Nord, en Australie, au Brésil, à Hong Kong et en Afrique du Sud. À Montréal, où elle enseigne à Concordia et à McGill, son œuvre a été célébrée à OFFTA, au PHI, aux Rendez-vous du cinéma québécois et au festival de cinéma queer image+nation.
Après le décès de sa conjointe, Maria-José (“MJ”) Raposo , emportée par le cancer en décembre 2024, puis après avoir traversé sa propre bataille contre la maladie, McLeod — épuisée mais déterminée — est de retour. Elle présente notamment une nouvelle installation au sein de l’exposition collective Devenirs partagés. Pratiques de l’IA, consacrée à des approches queer de l’intelligence artifi cielle, à la Galerie de l’Université de Montréal, jusqu’au 28 février. Admirée et très aimée du milieu, McLeod a accepté de répondre sans filtre à nos questions sur sa vie et son œuvre hors normes.
Tuasrécemmenteuunealertedesantéliéeaucancer.Commentvas-tu?
Dayna McLeod : Je suis ok. Je suis vivante. L’an dernier, j’ai eu un cancer du côlon et un cancer de la thyroïde, en même temps que je faisais le deuil de MJ. Là, j’attends des résultats de scans. Mais jusqu’ici, ça va.
MJestdécédéeendécembre2024.Commentas-tutraversétoutça?
Dayna McLeod : On a appris que MJ avait un cancer du pancréas à l’été 2024. On lui a donné un diagnostic terminal. Elle est donc revenue à la maison pour des soins palliatifs en septembre. Ce mois-là, on s’est aussi mariées dans notre cour arrière. Puis en octobre, j’ai appris que j’avais un cancer du côlon, et j’ai été opérée au début novembre. C’était évidemment énormément de choses à gérer. Ce qui nous a permis de tenir, ce sont nos ami·e·s. Des gens sont restés chez nous pendant que j’étais à l’hôpital pour ma chirurgie. J’étais tellement inquiète pour MJ… mais il y avait des ami·e·s ici, jour et nuit. Quand je suis sortie de l’hôpital, nos ami·e·s ont continué de nous aider 24/7 jusqu’à la toute fin. La mère de MJ a aussi été très présente : elle venait tous les jours dîner, elle nous soutenait beaucoup, et elle a été dévastée quand MJ est décédée. MJ a été d’une force incroyable, jusqu’au bout.
Tuvivaisaussi,enprivé,tonproprediagnostic…
Dayna McLeod : Mon focus, c’était MJ. Oui, j’avais ce diagnostic et cette chirurgie — je l’ai dit à quelques ami·e·s proches — mais je n’en ai pas vraiment parlé à qui que ce soit avant le décès de MJ, parce que je ne voulais pas que ça détourne l’attention de ce qu’on avait à faire.
TanouvelleœuvreprésentéedansDevenirspartagés.Pratiquesdel’IAs’intituleQueer. Widow.Cancer.:trois“doubles”IApourparlerdudeuil,delasurvieetdescommunautés desoin.Peux-tunousendireplus?
Dayna McLeod : Queer. Widow. Cancer. est une installation à trois vidéos, sur trois écrans. Ça raconte l’histoire de MJ qui tombe malade, qui revient à la maison, de moi qui ai un cancer, de MJ qui meurt… puis de moi qui fais de la chimio et qui essaie de gérer tout ça. Et c’est une histoire racontée avec l’IA. Je travaille avec un doppelgänger IA que j’appelle « Daynai », parce que je m’appelle Dayna. En ce moment, tout le monde déteste l’IA, alors qu’est-ce que ça veut dire de raconter une histoire de perte queer, de deuil queer et de survie queer en
utilisant l’IA comme double? Est-ce qu’il y a une chance d’empathie? Une chance de compréhension? Est-ce qu’on peut raconter une histoire aussi vulnérable de cette façon-là? D’habitude, il y a une grosse dose d’humour dans mon travail, mais là… c’est assez lourd.
Onal’impressionqueçaadûêtrecathartique,aussi.
Dayna McLeod : Je ne l’ai pas abordé comme de l’art-thérapie.
MJauraitététellementfièredecetteœuvre!
Dayna McLeod : Je pense qu’elle aurait demandé : « Pourquoi tu fais une œuvre sur moi? »
Mais je pense qu’elle aurait compris, et qu’elle aurait été fière.
Cetteinstallationetcetteexpositions’ajoutentàunecarrièrelongueetriche.Préfères-tu lavidéoàlaperformance,oul’inverse?
Dayna McLeod : Les deux sont plaisants et satisfaisants, mais de façons différentes. Le désavantage de la vidéo, c’est de ne pas avoir cette réaction immédiate du public. Il n’y a rien de comparable au fait d’être devant une foule en performance live — performance et cabaret. Si tu plantes, tu le sais tout de suite! Si une blague fonctionne, tu le sais par le rire quelle provoque… ou non.
Quelestl’undetesmomentslesplusfousencarrière?
Dayna McLeod : Au début des années 2000, je faisais ce personnage de performance, le Canadian Beaver. J’avais fabriqué un costume de castor en fausse fourrure. Il y avait aussi une vulve cousue à l’entrejambe, pour un numéro de cabaret où un castor expliquait comment il en était venu au féminisme. C’était du mauvais stand-up! J’ai aussi fait un numéro de Santa Beaver, où je mettais des cadeaux dans le ventre du costume. Les gens s’agenouillaient devant moi et passaient la main par l’entrejambe — par la vulve — du costume pour sortir un cadeau. Eh bien, Harry Standjofski a plongé sa main. Il a figé quand j’ai dit : « Harry, ce n’est pas ça que tu cherches! » Il était gêné, moi aussi, et il a retiré sa main. Ma leçon, c’est que je devais porter cinq serviettes maxi pour créer une barrière entre mon vrai corps et le costume de castor! Après ça, Harry et moi, on a été un peu plus timides l’un avec l’autre (rires).
Es-tuuneartistequeerouuneartistequisetrouveàêtrequeer?
Dayna McLeod : Je suis une artiste queer.
Penses-tuquelefaitd’êtreunefemmeoud’êtrequeerarendutonparcoursprofessionnel plusdifficile?
Dayna McLeod : Non. Je me sens très chanceuse et privilégiée par l’incroyable soutien que j’ai reçu à Montréal, au Québec, au Canada. Le type de travail que je fais n’est pas comparable au monde du marché de l’art. Ce ne sont pas vraiment les cercles où je circule.
Tuesenseignante,chargéedecours,professeure.Quedis-tuàtesétudiant·e·squeerau sujetdufaitd’être“out”dansleurtravail?
Dayna McLeod : Je ne sais pas si c’est à moi de dire ce que devrait être leur parcours de visibilité en 2026, mais c’est certainement très différent de l’époque où toiet moi on débutait. Je leur demande surtout : de quoi parle le travail? Si l’œuvre est claire, ça va arriver. Le conseil que je donne aux étudiant·e·s et aux jeunes, c’est : « l’internet, c’est pour toujours. Est-ce que tu veux être nu·e sur internet ou pas? » Surtout pour les étudiantes, les personnes non binaires et trans. Quelles sont les conséquences possibles de trop se dévoiler?
Je parle en venant d’une posture de “trop partager”. Alors : qu’est-ce que tu veux mettre là dehors? S’il peut y avoir des conséquences, si tu as le moindre doute, ne le fais pas. Parle à tes gens, à tes ami·e·s, à ta communauté, avant de rendre quelque chose public. Demande des retours.
Quelesttonpronosticdesanté,cestemps-ci?
Dayna McLeod : Tout est bon. Pouce en l’air. J’ai quelques rendez-vous qui s’en viennent, j’espère qu’on va me dire que je suis débarrassée du cancer. J’ai eu une coloscopie claire en décembre. Alors oui, doigts croisés. Envoyez-moi toutes vos bonnes vibes!
Tuesunelégendevivante,Dayna.
Dayna McLeod : Je suis simplement contente d’être en vie.6
INFOS | L’installation Queer. Widow. Cancer. de Dayna McLeod fait partie de l’exposition collective Devenirs partagés. Pratiques de l’IA, avec Francisco Gonzàlez-Rosas, Marie-Ève Levasseur et Marion Schneider, consacrée à des approches queer de l’intelligence artificielle, présentée à la Galerie de l’Université de Montréal. Entrée libre.
McLeod présente aussi une nouvelle installation dans le cadre de Hall of Mirrors, projet pop-up d’art, de médias et de performance commissarié par Daniel Barrow et Jon Davies, mettant en lumière des artistes LGBTQ+ montréalais dans les vitrines de locaux commerciaux vides du Village, à partir de la Nuit blanche, le 28 février.
https://galerie.umontreal.ca/devenirs-partagees-pratiques-de-lia.php https://www.galeriedesglaces.ca/ https://daynarama.com/
Note : ce texte est la traduction (par Yves Lafontaine) d’une entrevue réalisée en anglais par Richard Burnett. To read the original version of this interview, visit https://www.fugues.com/categories/english/



Il y a 10 ans, Geneviève Casaubon et Mathilde Rébillard se sont rencontrées à Québec. Quelques mois plus tard, elles partaient faire le tour du monde à vélo. Aujourd’hui, elles investissent temps et amour dans la pâtisserie la plus queer de Montréal, Royale Ginette, à quelques pas du métro Rosemont.
Oùaeulieuvotrepremièrerencontre?
GENEVIÈVE : Au Café Saint-Henri de Québec. Je travaillais à la cuisine et Mathilde comme barista. Rapidement, on a senti des affinités. On était toutes les deux en couple. On s’est rapprochées rapidement et on est devenues plus que des amies. Après quelques mois à travailler ensemble, on est parties en voyage durant 18 mois en vélo.
MATHILDE : On a commencé avec une pratique à Banff et Jasper. Puis, on a fait la côte ouest américaine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Asie et on a fini en Europe. Les gens capotaient de voir qu’on partait en voyage si tôt dans notre relation. Moi, je trouvais ça moins engageant que d’acheter un réfrigérateur ensemble. Je me disais : « Au pire, on se laisse et on prend un vol pour rentrer. » Ce qui est drôle, c’est qu’après tout ce temps-là, on a beaucoup de réfrigérateurs ensemble !
Àquelmomentavez-voussentiqu’ilyavaitquelquechosedespécialentrevous?
GENEVIÈVE : À notre premier souper, je me suis dit : « C’est impossible que je ne fasse pas un bout de chemin avec cette personne-là. » Pourtant, j’étais hétéro dans le temps ! C’était plus fort que moi.
MATHILDE : C’est cliché, mais elle est magique. J’avais eu plusieurs relations longues et courtes avant Geneviève. Je savais qu’il y avait quelque chose de vraiment spécial chez elle.
GENEVIÈVE : Ça fait neuf ans qu’on est ensemble et on s’est toujours apporté quelque chose mutuellement. On se choisit tous les jours. Ce n’est pas acquis. On continue de construire à deux.
Qu’est-cequelevoyagevousafaitvivrerelationnellementparlant?
MATHILDE : On a vite été confrontées à notre état brut : à vélo, avec rien, juste nous, on se poussait beaucoup chaque jour, on puait, on était fatiguées, on traînait notre bouffe, on ne savait pas toujours où on allait dormir, avec tous les inconforts qui venaient avec. Ça a accéléré une certaine maturité dans notre relation : si on avait été chacune dans nos maisons, ça aurait pu prendre plus de temps pour atteindre ce niveau d’authenticité. Cela dit, on était entourées de tellement de beauté. Ça nous a bercées et ça nous a consolidées rapidement.
OutreleCaféSaint-Henri,quelleétaitvotreexpérienceenrestaurationavant
RoyaleGinette?
GENEVIÈVE : En plus d’étudier en design et en architecture, j’ai suivi une formation en pâtisserie, il y a 20 ans. J’ai travaillé dans plusieurs pâtisseries et cafés.
MATHILDE : J’ai étudié en graphisme et travaillé dans les agences. Quand j’ai commencé dans un café, j’ai tripé sur les produits et le rôle de barista. Durant notre voyage, on a travaillé à Sydney dans plusieurs cafés.
GENEVIÈVE : On rêvait d’avoir notre propre projet. Au fil des pays qu’on visitait, on a vu beaucoup de street food et de restauration éphémère. Des trucs qui sont différents d’un commerce avec pignon sur rue. On aimait cette non-routine. À notre retour à Montréal, on a lancé le foodtruck B alucho n. On a modifié le camion nous-mêmes. Mathilde a fait le branding. On a créé le menu ensemble : cafés, pâtisseries, grilled cheese.
MATHILDE : On allait aussi en entreprises avec un kart. On avait un bar à chocolat chaud dans une petite van. On a exploré différentes formes de services de traiteur éphémère funky.
GENEVIÈVE : Le foodtruck a existé pendant cinq étés dans plusieurs événements et dans les parcs. Au final, ça nous manquait d’avoir un contact régulier avec les mêmes personnes. On voulait créer une communauté et mettre de l’avant notre queerness.
MATHILDE : Des fois, quand tu te lèves le matin, tu te demandes si ce que tu fais change vraiment quelque chose. C’est notre façon de dire qu’on change un peu les choses.
Enplusdusafespacequeer,dequellefaçonRoyaleGinettesedémarque?
MATHILDE : On a organisé la Pride à Ginette. On avait des flash tatous, une exposante avec des imprimés, des prestations d’artistes, des DJ, un bingo queer. On a rempli la place ! On vend aussi des livres d’artistes queers ou qui parlent d’enjeux queers.
GENEVIÈVE : C’est important pour nous de collaborer avec des femmes et des personnes queers. Parmi nos autres activités, on a invité une DJ qui a fait des remix de Noël et un trio de chanteuses d’opéra. C’était extraordinaire ! Une de nos employés chante avec ukulélé et guitare.
MATHILDE : On a vraiment eu une année incroyable ! On fête notre premier anniversaire le 8 mars prochain. C’est important pour nous de redonner à notre clientèle. Pour Halloween, on a donné des bonbons, du vin chaud et de la bière au beurre. C’est un écosystème.
Quelleestvotreoffrealimentaire?
GENEVIÈVE : Notre produit vedette, c’est les brioches. On voulait quelque chose de réconfortant, savoureux et sans prétention, tout en ayant un effet wow. On vend toujours
quatre sortes en changement. Par exemple : la classique à la cannelle, choco-café avec glaçage à l’espresso, fraises vanille, cheesecake aux bleuets, érable, rhubarbe, crème caramel, sucre à la crème, etc. On voulait que les gens puissent choisir une boîte avec différentes sortes pour un peu tous les goûts.
MATHILDE : On vend aussi un sandwich-déjeuner messy avec muffin anglais, œuf, fromage crémeux Boivin et une saucisse de Cochon Cent Façons de Lanaudière. On vend aussi des biscuits, des scones, du café, etc. Royale Ginette, c’est raffiné et bien fait, mais très accessible.
C’estcommentdetravaillerensemble?
GENEVIÈVE : Je trouve ça extraordinaire de ne pas avoir à se dire : « Bonne journée ! On se revoit ce soir. » On part ensemble vers le café et on passe chaque seconde de la journée ensemble, depuis des années.
MATHILDE : Ça nous permet de faire évoluer le projet exactement comme on le désire, parce qu’on y est étroitement liées. Je pense que notre réalité montre une belle maturité. On sait comment séparer les choses, gérer notre équipe avec professionnalisme et tout faire dans le respect. On ne rapporte pas nos défis à l’appartement, même si ça reste assez poreux. Dans nos moments à la maison, on parle de nos idées et des éléments positifs, mais pas de la petite popotte de base. 6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS : https://www.royaleginette.ca



Le 18 novembre 2024, Charles Lemay était célibataire depuis une décennie, alors que Jules (son nom d’artiste) venait tout juste de se séparer. S’ils ont vécu leur première date avec des aspirations bien différentes, l’évidence leur a sauté aux yeux : ils étaient faits pour être ensemble.
Commentvousêtes-vousrencontrés?
JULES : C’était il y a plusieurs années sur les plateaux télé, car Charles y travaillait depuis très longtemps. La première fois, j’étais assistant de production sur La semaine des 4 Julie
CHARLES : J’étais producteur au contenu. On était en pleine pandémie. On portait des masques. Jules était en couple à l’époque. Je me demandais qui était cette belle personne nouvellement dans l’équipe. Des gens m’ont dit que c’était Jules et qu’il allait faire Star Académie durant l’hiver. Je me disais : je ne le reverrai plus.
JULES : On a gardé contact via les réseaux sociaux, mais il ne s’est rien passé pendant trois ans.
CHARLES : On s’est revus à l’automne 2024 au Gala de l’ADISQ. Je travaillais sur le tapis rouge. J’ai vu Jules arriver. Quelques jours plus tôt, il avait publié une story disant qu’il cherchait un appartement. Je lui ai donc demandé si c’était pour lui seul ou avec son chum. Il m’a confirmé que c’était terminé entre eux. Deux semaines plus tard, on a eu notre première date. Jules est venu à la maison.
Charles a conclu 10 ans de célibat grâce à Jules
Quandavez-voussentiqu’ilyavaitquelquechosedespécialentrevous?
CHARLES : Le premier soir.
JULES : Dans ce temps-là, je sortais d’une relation, j’habitais encore avec mon ex et ce n’était vraiment pas un moment l’fun dans ma vie. Dans ma tête, j’étais zéro prêt à rencontrer quelqu’un.
CHARLES : Moi, ça faisait 10 ans que j’étais célibataire et j’étais vraiment prêt.
JULES : Notre première date, je ne la vivais pas dans un mode « je cherche une relation stable », mais « ce gars est super, advienne que pourra, si c’est juste du fun, ce sera ça ». Cela dit, dès le premier soir, on a senti que c’était super naturel, comme si on se connaissait depuis qu’on était adolescents.
CHARLES : On avait de beaux sujets de discussion. On connectait sur certains trucs sur lesquels on connecte rarement avec d’autres. Par exemple, il a dit qu’il ressentait une pression en ayant des parents en couple depuis si longtemps et qui sont encore amoureux. C’est la même chose avec les miens : ils sont super beaux à voir. C’était la première fois que je croisais quelqu’un qui l’exprimait comme je le faisais.
Charles,commentas-tugérétongranddésird’êtreencouplefaceàquelqu’unquiétaitdansun modeplusléger?
CHARLES : J’ai été patient. Mais rapidement, j’ai vu notre potentiel amoureux. Un soir, j’ai mis cartes sur table en lui expliquant que j’avais une grosse carapace, que je m’étais protégé durant des années des échecs amoureux et que j’avais vraiment envie que ça fonctionne. Je braillais en lui disant : « Tu ne peux pas me faire de la peine ». C’était full de pression pour lui, pauvre petit. Il a été très rassurant. On est parti chacun dans nos familles pour Noël. Durant les Fêtes, j’étais au Saguenay et on s’écrivait. Jules m’a invité dans sa famille le 31 décembre.
JULES : En novembre, j’avais senti que, même si je pensais ne rien vouloir de sérieux, ça feelait comme du sérieux. Tranquillement, ça a fait son chemin dans ma tête. Lors d’un souper avec mes parents, je leur ai dit que je voyais un gars. Ma mère a proposé de l’inviter le 31. Ça m’a déstabilisé. On n’était même pas « officiel ». Le 31, on était 25 de ma famille dans un chalet. Je trouvais ça super gênant. Ma mère a ajouté : « Au pire, ce sera comme un ami ».
CHARLES : Je savais que c’était ma chance de faire bonne impression !
Qu’est-cequivouscharmechezl’autre?
JULES : Son courage et sa détermination. Charles fonce beaucoup dans la vie. S’il veut quelque chose, il va s’arranger pour l’obtenir. J’admire vraiment ça. Cette énergie-là me drive. Je n’ai pas ce côté-là. Je suis plus doux et j’ai de la difficulté à foncer sans avoir peur.
CHARLES : J’admire son talent et sa pureté. C’est rare qu’on dise ça de quelqu’un. C’est difficile à décrire, mais ça se vit. Jules est quelqu’un de gentil dont on veut prendre soin. Il n’est pas fragile, mais j’ai envie de faire attention à ce qu’on a. Il a une belle sensibilité. Il me comprend, alors que je peux être complexe.
Ya-t-iluncouplehomosexuelquivousinspireouçavousatoujoursmanqué?
JULES : Moi, ça m’a manqué. Dans ma famille, il n’y avait personne d’homosexuel. Je n’ai pas eu de représentation de façon concrète. Sur le plan médiatique, quand j’étais plus jeune, je n’ai pas vu des représentations de couples qui me parlaient. Dans les émissions de télévision, je voyais des personnages gais souvent stéréotypés comme étant blessés, sombres, avec des histoires d’amour super compliquées. Moi, je ne veux rien de compliqué.
CHARLES : Quand j’avais 15 ans, au Saguenay, je regardais Deux fi lles le matin et Claude Dubois avait dit : « C’est correct que quelqu’un soit gai, mais s’il veut faire carrière en musique, je lui conseillerais de ne pas le dire ». Comme je souhaitais me bâtir une carrière dans les médias, j’avais l’impression que je ne pourrais jamais le dire. Sur mes réseaux sociaux, aujourd’hui, je vois de beaux modèles de couples gais, mais très peu dans les médias.
Commentvivez-vousvotredifférenced’âge?
JULES : Ah mon Dieu, très bien ! J’ai 27 ans et Charles en a 34 ans.
CHARLES : Mentalement, je suis plus jeune que Jules. Il a une très grande maturité.
JULES : On n’a pas toujours les mêmes référents culturels.
CHARLES : Par exemple, il n’avait jamais regardé Love Actually à Noël ! Pour le reste, on est pas mal au même endroit dans nos vies. En 2025, j’ai fait un changement de carrière. Sans repartir à zéro, je vivais un nouveau départ pendant les débuts de notre relation. On est là l’un pour l’autre dans nos projets.
JULES : On vient de s’acheter un chalet. C’était très rapide. Mais on a envie tous les deux de bâtir quelque chose pour du long terme. On était prêts pour ce projet-là.
Cohabitez-vouségalementàMontréal?
CHARLES : Jules est venu me rejoindre dans le loft que je loue depuis deux ans dans le Vieux-Montréal. En juin 2025, on avait envie de faire le test pour un mois, parce qu’on était pratiquement toujours ensemble. Le 1er octobre, il a laissé son appartement. Le 17 octobre, on achetait le chalet. Tous ses meubles ont été transférés là-bas. On vit ensemble depuis ce temps-là. 6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
VOUS POUVEZ SUIVRE : Jules : https://www.instagram.com/jules.artiste Charles Lemay : https://www.instagram.com/charlemay


Alexis et Joephillip : un amour à la croisée des cultures

La relation entre Alexis Cousineau et Joephillip Lafortune est émouvante. Malgré la distance souvent imposée par leurs métiers, malgré les différences marquées de leurs origines culturelles, malgré le fait que l’un se décrive comme un enfant de la mélancolie et l’autre comme un garçon au bonheur facile, les amoureux se rejoignent avec une humanité inspirante.
Quandvousêtes-vousrencontrés?
JOE : Le 23 janvier 2025. On échangeait depuis deux semaines sur Hinge. J’étais à Québec, car je jouais au théâtre dans Les gens, les lieux, les choses, et je revenais à Montréal pour une fin de semaine.
ALEXIS : Je n’avais pas dormi depuis 48 h. Ça faisait deux jours qu’on organisait des raves à l’espace dont je suis responsable. J’étais au bout de ma vie. Joe m’a dit qu’il était en ville pour 24 h et qu’il aimerait me rencontrer. Je me sentais beaucoup trop fatigué. Il a insisté en précisant qu’il avait fait un cours de massothérapie et qu’il pourrait m’offrir un massage pour décompresser. J’ai fini par accepter, en lui disant qu’il devrait partir à 22 h 30.
JOE : Je suis arrivé chez lui avec deux bouteilles de vin. Quand on s’est vus, il y a eu une seconde de flottement : on s’est regardés en appréciant ce qu’on voyait. On a discuté. Je lui ai massé les pieds.
ALEXIS : Il m’a aussi dit qu’il avait menti et qu’il n’avait pas suivi de cours en masso.
JOE : Je suis quand même un bon masseur.
Commentavez-vouscomprisqu’ilsepassaitquelquechosedesérieux?
ALEXIS : Quand je suis allé le voir jouer à Québec. J’adore le théâtre, la pièce me parlait et j’avais envie de le voir en action. Sur scène, je l’ai vu dans son élément. Je sentais qu’il s’était trouvé, qu’il était enligné et sur le chemin d’un certain épanouissement. Il était sur X, content d’être là et content de me voir.
JOE : Je ne comprenais pas pourquoi Alexis était autant investi, alors qu’il ne me connaissait pas. Chaque fois qu’on échangeait, il était franc par rapport à ce qu’il disait. Ses actions suivaient toujours ses paroles. À Québec, il m’a apporté des fleurs à la dernière représentation. J’étais sur le cul. C’était un vent de fraîcheur, après les relations que j’avais eues, de voir quelqu’un qui n’avait pas peur d’être présent et transparent sur comment il se sentait et ce qu’il avait envie de vivre. Ça m’a happé.
ALEXIS : Le 5 mars 2025, Joe était chez moi, sur le divan. Je me suis installé à cheval sur lui, je l’ai regardé et j’ai dit : « Ça te tente-tu d’être mon copain officiellement ? »
JOE : On s’était déjà dit qu’on allait bien ensemble et qu’on était exclusifs. On sentait que quelque chose s’installait.
ALEXIS : J’ai quand même tenu à ce qu’on vive dans le monde du « dit ».
Qu’est-cequivousséduitchezl’autre?
ALEXIS : Son écoute, sa réceptivité, son désir de faire mieux pour lui-même et pour l’autre. Je n’avais jamais été dans des relations où les personnes avaient autant envie d’être là. Je suis charmé par sa capacité d’émerveillement. On rit vraiment beaucoup. On est deux gamins ensemble.
JOE : Alexis est présent émotionnellement, physiquement et mentalement, peu importe ce que je lui partage. Il m’accueille tout le temps, sans interpréter, en me laissant exprimer ce que je ressens. Je n’avais jamais connu ça dans ma famille et dans mes relations. Aussi, je n’avais jamais croisé quelqu’un qui était plus content que moi pour mes succès. Je ne savais pas qu’on avait le droit de se réjouir comme ça pour nos victoires. Il me refait découvrir les petites émotions de base. Alexis a le bonheur facile et je suis un enfant de la mélancolie. C’est plaisant de vivre avec quelqu’un qui te rappelle que les choses peuvent être simples et douces.
Alexisestpêcheurd’oursinsetdoitsouvents’absenterdeMontréal. Commentcomposez-vousavecça?
ALEXIS : Comme Joe n’a jamais fait partie de ma vie à la pêche, je retombe dans une routine où il n’a jamais été présent. Mes relations sont établies là-bas. Il n’y a pas de changement, outre le fait qu’il soit loin. C’est plus facile pour moi à départager, car il appartient à Montréal.
JOE : On ne va pas se le cacher, Alexis fait partie intégrante de mon quotidien. Quand il part, c’est difficile, les premières semaines, de ne pas avoir mon confident de tous les jours. Cela dit, chaque fois qu’il quittait, c’étaient des périodes de grand travail pour moi, avec des tournages ou des répétitions. J’avais moins le temps de me laisser submerger par la mélancolie.
Alexis,tuasunefibreartistique.Commentcomposes-tuavecunamoureux quivitdesonart?
ALEXIS : Je me sens choyé de partager ce qu’il vit. Comme je connais la mise en scène et les rapports entre artistes, ça me permet d’être plus à l’écoute. Cela dit, j’ai mon espace de diffusion à Montréal qui m’occupe à l’année : si je n’avais pas ça, peut-être que ça me gosserait qu’il soit artiste à temps plein.
JOE : On n’évolue pas dans les mêmes sphères artistiques, alors il n’y a pas de compétition entre nous.
ALEXIS : S’il était un artiste visuel, peut-être qu’on irait plus dans les comparaisons.
JOE : Je sens que mon métier a redonné du feu à Alexis pour replonger dans sa photo, son dessin et ses projets d’arts visuels. Moi, quand je le vois à la pêche, ça me rappelle qu’il y a autre chose que le théâtre, la télé et le cinéma.
Àquelpointsentez-vousquevousvenezdemilieuxculturelsdifférents?
JOE : Je suis un immigrant de deuxième génération, né à Montréal dans une famille haïtienne religieuse. Mon éducation et ma vie familiale sont presque complètement à l’opposé de
« J’AI 61 ANS ET JE NE TROUVE PAS DE PARTENAIRES DE MON ÂGE »
J’ai 61 ans, je suis sexuellement actif et je suis attiré par les hommes de mon âge ou plus vieux. Pourtant, dans les saunas ou sur les applis de rencontre, je me fais souvent ignorer par des gars de ma génération, ou alors je deviens un choix secondaire. Plusieurs préfèrent courir après des hommes plus jeunes — et certains de ces jeunes s’intéressent à moi, mais ce n’est pas réciproque. Je trouve ça frustrant et difficile à comprendre. Avez-vous des conseils ?
La réponse
Ta déception est totalement légitime. Ce que tu décris, beaucoup d’hommes gais de ton âge le vivent. Dans les saunas, sur Grindr, Gay411, Scruff ou même Tinder, la mise en valeur de la jeunesse est omniprésente. On la retrouve aussi dans les médias, la pub et sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas toi qui fais quelque chose de travers : c’est un reflet d’une réalité sociale où l’âgisme et la valorisation des corps jeunes dominent.
Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de place pour toi, ni que tu ne trouveras pas des hommes de ton âge qui recherchent la même chose que toi.
Quelques pistes pour toi
Affirme-toi tel que tu es : la confiance et l’authenticité attirent les bonnes personnes.
celles d’Alexis. Ma mère n’est pas super accueillante face à ma sexualité. Dès que mes projets parlent de queerness, je n’ai pas de soutien de ma famille. Ma mère est venue voir Corps fantômes et ça s’est très mal passé. On est en froid depuis. Je n’ai pas passé Noël avec elle à cause de ça, notamment. Alexis a un parrain gai, des parents super accueillants, sa sœur l’adore et ils m’accueillent pleinement. Je trouve ça très confrontant de voir ces deux côtés de la médaille. Je réalise à quel point je n’ai pas été entouré et que je ne viens pas d’une place de bonheur et d’acceptation. Sa famille remplie d’amour me rappelle à quel point j’en ai manqué. C’est difficile à accepter.
ALEXIS : On a aussi entendu nos premiers commentaires homophobes criés dans la rue, en voyage en Martinique dernièrement.
JOE : Dans les Antilles, c’était terriblement homophobe. Partout où on allait, on se faisait dévisager, même si on n’exprime pas notre affection en public. Des gangs de messieurs nous pointaient et se parlaient en créole en disant : « Regarde le gars noir avec sa petite copine blanche ». C’est tout juste s’ils n’ont pas craché par terre quand on est passés.
ALEXIS : On sentait plusieurs regards parce qu’on est un couple biracial, alors que les Blancs et les Noirs ne se mélangeaient pas beaucoup dans la rue.
JOE : Comme j’ai grandi en développant mon hypervigilance, je suis plus alerte à tout ça. Quand j’en parlais à Alexis, il a commencé à en prendre conscience. Ce n’est pas un reproche du tout. J’avais la boule au cœur en lui parlant, car ça venait teinter son voyage de devoir faire attention à ces regards-là.
ALEXIS : Ça nous a fait réaliser à quel point on est chanceux d’être au Québec. On est bien à Montréal. 6 SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
VOUS POUVEZ SUIVRE : Joepjillip Lafortune au https://www.instagram.com/la.fortune Alexis Cousineau au https://www.instagram.com/alexis_cousineau
Quand tu te présentes avec fierté, ça se ressent. Fréquente des espaces où tu te sens bien : au-delà des applis et des saunas, il existe d’autres lieux où les rencontres se font plus naturellement — activités communautaires, événements culturels LGBTQ+, groupes sociaux comme Les Gais de 50 ans et plus (Montréal) ou des associations locales.
Explore les communautés d’affinités : le milieu gai est vaste — ours, daddies, cuir/BDSM, etc. Certains groupes mettent justement de l’avant les hommes matures et les relations entre pairs. Miser sur la connexion avant tout : si les applis semblent centrées sur le sexe rapide, tu peux orienter tes interactions autrement. Prendre le temps de discuter, d’initier toi-même la conversation ou de préciser ce que tu cherches peut ouvrir la porte à des rencontres plus enrichissantes.
Varie tes contextes : les rencontres ne se limitent pas aux saunas ou aux applis. Ça peut aussi être en voyage, dans des événements comme Fierté Montréal, au cinéma queer (Image+Nation), ou même par le biais d’activités sportives ou culturelles.
Ne pas perdre patience
Créer du lien peut prendre du temps, surtout si tu veux quelque chose de plus profond qu’un simple hookup. L’important, c’est de rester ouvert, mais aussi de rester aligné avec tes propres valeurs. Des relations honnêtes et respectueuses, ça existe — parfois, elles se construisent là où on s’y attend le moins. 6




On vous souhaite de rencontrer quelqu’un qui vous regarde, comme Olivier Corneau et Marc-André Poliquin se regardent en entrevue. Investis, passionnés et amoureux, le peintre et le comédien célèbrent cette année le douzième anniversaire de leur première rencontre.
Quandvousêtes-vousrencontrés?
MA : On s’est vus, mais à peine parlé, le 11 février 2014 au lancement d’un album d’ Alexandre Désilets . On s’est ajoutés sur les médias sociaux. On a discuté un peu. On s’est recroisés à la Nocturne du MAC. Il y avait des regards entre nous. Lors du lancement du EP de Jaco, Oli faisait une performance artistique et je suis allé volontairement pour le revoir. Pour faire une histoire courte, on s’est frenchés dans le portique du Nacho Libre et on ne s’est jamais lâchés depuis.
Oli : Je le trouvais tellement beau et en dehors de ma ligue. Je me sentais jeune et conquérant, mais je doutais que ça soit possible. Je le trouvais trop hot.
MA : Je trouvais qu’il dégageait beaucoup de confiance !
Àquelmomentavez-voussentiqu’ilyavaitquelquechosedespécial?
Oli : Tout de suite ! Le lendemain du french, je voulais le texter et le revoir rapidement. Finalement, on s’est revus après deux jours et le lendemain encore.
MA : Sur deux semaines, on s’est vus quatre ou cinq fois.
Oli : À la quatrième date, je lui ai demandé si on pouvait sortir ensemble, parce que ça me gossait, une fréquentation.
MA : J’attendais juste ça. J’étais célibataire depuis quatre ans. Pourtant, lors de notre rencontre, je ne me sentais pas particulièrement hop la vie et plein d’espoirs. Ça m’a surpris ce qui nous est arrivé. Après deux semaines, on est virés fous.
Oli : Je l’ai présenté à mes parents à ce moment-là. Tout est allé très vite. Après cinq mois, on échangeait des joncs de fiançailles.
Expliquez-nouscequivouscharmechezl’autre.
Oli : Physiquement, il m’allume encore énormément, après 12 ans. Mais ce que j’aime le plus, c’est son écoute et sa présence rassurante. Ma vie est très chaotique. Donc, ma stabilité, c’est de retrouver Marc-An à la maison. Je sais que ça va toujours être confortable et agréable. C’est ma sécurité.
MA : Ce qui me charme encore, c’est son intensité. Oli a besoin de parler et d’être en relation. Ça me fait du bien, parce qu’on est toujours dans un échange. Pour lui, c’est tellement naturel. Ça nous a amenés à communiquer très tôt d’absolument tout. Il s’exprime sans filtre et dans une vérité absolue. Oli, c’est un spécimen rare. On ne rencontre pas souvent des gens comme lui et je me sens vraiment chanceux de l’avoir dans ma vie.
Quelleestvotreposturesurl’exclusivité?
Oli : On s’est rapidement attribué une belle liberté. Pour nous, l’idée de posséder l’autre ne nous intéressait pas. On est des êtres indépendants qui se choisissent continuellement. Ça a un impact sur plusieurs aspects de notre vie : la sexualité, la possibilité de voyager seul ou de suivre une formation de deux mois à l’étranger sans demander la permission à l’autre. Ça nous a permis de rester en croissance individuelle constante.
MA : C’est une discussion ouverte dans laquelle on évalue si la liberté de l’un a des répercussions sur l’autre et comment on s’adapte. On échange sur jusqu’où on peut aller et comment on vit tout ça.
Oli : Ça a amené des moments très difficiles, parce qu’on teste toujours les limites ensemble. On se met souvent en danger et on se réajuste.
Avez-vouscohabitétôt?
MA : À nos débuts, j’habitais avec plusieurs personnes depuis cinq ans et je me sentais prêt pour vivre avec moins de monde. Oli vivait dans un studio où je ne voulais pas déménager pour mille raisons, mais il devait rester dans Saint-Henri. Je lui ai proposé de déménager ensemble dans le quartier, un peu plus d’un an après nos débuts. On a le même appartement depuis. Il est grand et il a beaucoup évolué avec le temps : Oli a eu son studio ici et on a déjà loué une petite chambre.
Oli : On a galéré pour avoir le confort qu’on a aujourd’hui. Je crois qu’un des secrets de notre longévité, c’est de s’être rencontrés à des périodes similaires de nos carrières. On était à nos débuts, on s’accrochait à des petits succès et on a monté l’escalier peu à peu. On a été pauvres ensemble et on est mieux ensemble maintenant.
Quelssontlesavantagesetlesinconvénientsd’êtredeuxartistesencouple?
MA : Le premier avantage, c’est qu’on se comprend et qu’on se questionne. Oli me challenge sur qui je suis, parce qu’en tant que comédien, je suis le produit que je vends. Il me rappelle que je mérite des choses. Moi, je l’ai questionné en profondeur sur sa démarche artistique, qui est toujours en mouvement. Le désavantage, c’est quand ça va « mal » pour les deux
en même temps et quand on a des creux en même temps, on ne peut pas se remonter financièrement ou moralement.
Oli : On a vécu beaucoup d’années de pauvreté. J’ai failli faire une faillite personnelle en 2016, car je prenais des risques avec mon métier et les clients n’étaient pas au rendez-vous. J’étais au plus bas. Je n’avais plus d’espoir. On avait de la misère à se tirer vers le haut.
Marc-André,corrige-moisijemetrompe,maisjecroisqu’Olivieresttonpremieramoureux. Commentavez-vousvéculespremierspasauprèsdetesamisetdetafamille?
MA : Je n’avais jamais été en amour avec un homme avant Oli. C’est le premier que j’ai présenté à mes amis et à ma famille. Ça ne me faisait pas peur, car je savais que tout le monde allait l’aimer. Oli, c’est facile pour lui d’entrer en contact avec les autres.
Oli : Même chose pour Marc-An. On est des caméléons sociaux. À nos débuts, dans les deux familles, il y avait une chose similaire dans le discours : « Les homosexuels, on n’est pas encore sûrs, mais Oli on l’aime ou Marc-An, on l’aime. » Tranquillement, on a amené nos environnements à « normaliser » l’homosexualité de façon saine.
MA : Après ma blonde, je savais que je ne ferais pas de retour en arrière et que je devais faire un coming out. Comme il y a beaucoup de monde dans ma famille, c’était long comme processus. J’avais hâte que ça finisse. Quand est venu le temps de présenter Oli, j’étais fébrile, mais j’étais confiant dans qui j’étais et avec les gens qui m’aimaient.
Oli : Moi, c’est un peu le contraire. J’évoluais dans un contexte familial conservateur qui me demandait soit de m’éteindre à jamais ou de sortir avec violence en les confrontant dans un quitte ou double. J’ai choisi la deuxième option et ça a été très tumultueux durant presque quatre ans. Ce n’était pas par rapport à Marc-An, mais face à qui je suis. Je ne pouvais pas vraiment être un artiste et un homosexuel. Ça a demandé beaucoup de force face à mon environnement pour devenir moi.6 SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS : Oliver Corneau : https://www.instagram.com/olicorno Marc-ANdré Poliuin https://www.instagram.com/marcanpolo


jalons : rituels, fierté et tendresse dans les couples de même sexe
Dans toute relation amoureuse, il y a des dates, des gestes, des décisions qui deviennent des repères. Un premier baiser, un premier voyage, le moment où l’on se dit « je t’aime », celui où l’on ose se présenter comme couple au grand jour, ou encore le déménagement qui transforme deux vies séparées en un quotidien partagé. Chez les couples de même sexe, ces jalons existent aussi — avec la même intensité — mais ils prennent parfois une coloration particulière, parce qu’ils s’inscrivent dans une histoire collective marquée par la discrétion, la conquête de droits et une forme de créativité affective.
« Les jalons, dans un couple queer, ne sont pas juste des étapes romantiques : c’est souvent des étapes de survie, de visibilité », résume Malik, 34 ans, en couple depuis sept ans. « Notre premier voyage ensemble, c’était aussi la première fois qu’on était ensemble 24 heures sur 24 pendant 10 jours. On a compris rapidement qu’on était non seulement bien ensemble, mais qu’on se complétait. Ça a compté autant que la date officielle de notre rencontre, qui aurait pu n’être qu’un one night. » Souligner ces jalons, ce n’est donc pas seulement célébrer l’amour. C’est aussi reconnaître le courage d’exister, le chemin parcouru, et la beauté des rituels qu’on invente en dehors des scénarios traditionnels.
Des anniversaires… mais pas seulement
Pour plusieurs couples, les dates « classiques » sont naturellement importantes : l’anniversaire de rencontre, de couple, de mariage, la naissance d’un premier enfant. Mais dans les relations queer, d’autres repères peuvent devenir tout aussi significatifs — parfois davantage. La date où l’on a décidé d’être exclusif, par exemple… ou d’ouvrir la relation.
Certaines étapes, souvent invisibles chez les couples hétéros, ont ici un poids symbolique immense : se tenir la main en public pour la première fois, rencontrer la famille, affirmer son orientation dans un milieu professionnel, ou décider ensemble de sortir de l’ombre (surtout quand on est une personnalité publique ou perçue comme un modèle dans son entourage). « Nous, notre “anniversaire officiel”, c’est le jour où ma blonde m’a présentée à sa mère en disant ma conjointe sans hésiter », raconte Élodie, 29 ans. « Ce n’était pas un souper fancy, c’était une poutine à la Banquise, mais c’était, à mes yeux, un grand moment de notre relation. »
Les petites cérémonies du quotidien
Tous les jalons n’ont pas besoin d’un grand événement. Pour plusieurs couples, ce sont les rituels du quotidien qui prennent la valeur d’une célébration : un brunch annuel au même endroit, une lettre qu’on s’écrit à chaque anniversaire, un objet qu’on s’offre à chaque nouvelle étape, ou une soirée où l’on revisite ensemble une playlist qui raconte l’histoire de la relation.
Certains couples adoptent un rituel « signature » : une photo prise au même endroit chaque année, une capsule temporelle à ouvrir dans dix ans, un carnet où l’on note les moments marquants et les rêves en cours. Ces gestes, même simples, deviennent des façons concrètes de se dire : on avance, et notre amour mérite d’être raconté. « On s’écrit un mot cinq ou six fois par année, qu’on met dans un pot. Puis, à notre anniversaire, on les relit avec un verre de vin », dit Jade, 26 ans. « Ça a l’air un peu Pinterest, mais c’est notre façon de se rappeler qu’on s’aime même quand la vie est rushante. »
Dans les relations LGBTQ+, ces rituels peuvent aussi compenser l’absence de modèles imposés. Là où certaines traditions familiales ne s’appliquent pas, ne sont pas accessibles, ou ne ressemblent pas à qui l’on est, on invente — et cette invention devient une forme d’art relationnel. « Dans ma famille, les mariages, c’est un gros enjeu : c’est très religieux, et je n’y ai jamais eu accès pleinement », confie Nicolas, 38 ans. « Alors on a créé nos propres traditions, comme se faire un souper “de couple” le premier vendredi de chaque mois. C’est simple, mais ça nous appartient. C’est important de nourrir la relation, de garder le feu allumé. »
Marquer les “premières fois” liées à la visibilité
Dans une réflexion sur les couples de même sexe, il est difficile d’ignorer ce point : pour beaucoup, les jalons liés à la visibilité et à l’acceptation ne sont pas des détails, mais des tournants. Et ce sont souvent des étapes qui gagnent à être soulignées : la première Fierté ensemble; la première fois qu’on se présente comme conjoint·e lors d’un party de famille; la première sortie publique où l’on ne se cache pas; la première photo de couple qu’on publie. Ce ne sont pas des gestes anodins. Ce sont des instants où l’amour devient aussi une déclaration de présence au monde. Souligner ces moments peut prendre la forme d’un voyage, d’une soirée en tête-à-tête, ou simplement d’une conversation où l’on se remercie mutuellement d’avoir traversé la peur. « La première fois qu’on s’est embrassées en public, j’ai pleuré de soulagement», raconte Mélanie, 34 ans. « On a célébré ça en allant acheter un gâteau. C’est devenu une date de liberté. »
Réinventer l’engagement
Le mariage est accessible dans plusieurs pays, dont le Canada, et de nombreux couples de même sexe choisissent de l’embrasser pleinement. Mais d’autres préfèrent inventer un engagement qui leur ressemble, sans nécessairement reproduire les codes. Certaines personnes organisent des cérémonies d’union à forte signification émotionnelle : promesses échangées devant un cercle d’ami·e·s, célébration en forêt, repas intime, rituels symboliques (allumer une bougie commune, lier des rubans, enterrer une capsule). SI plusieurs se fiancent avec des bagues similaires d’autres choisissent des symboles comme des tatouages, pendentifs, anneaux différents, objets personnels. « Nous, on s’est mariés, mais on a gardé ça très queer : pas d’entrée, pas de “donner le marié”, pas de codes. Juste nos ami·e·s, notre


famille choisie, puis des vœux qui nous ressemblaient », raconte Jérémie, 45 ans. « Mon père était mêlé au début, mais à la fin il pleurait, très ému. » « De notre côté, on ne voulait pas se marier, mais on voulait dire quelque chose publiquement », ajoute Roxane, 31 ans. « Alors on a fait une soirée avec des amis et les membres de nos familles dont nous sommes les plus proches. On a lu nos promesses, puis on a signé une lettre qu’on garde dans une boîte. C’est notre pacte d’amour. »
Célébrer les jalons de famille, autrement Pour les couples de même sexe, les jalons familiaux peuvent être particulièrement riches en sens : adoption, coparentalité, grossesse, parentalité trans, familles recomposées, ou encore ces moments où l’on choisit une « famille de cœur ». Parce que l’histoire queer est pleine de liens choisis, tissés en dehors de la filiation traditionnelle.
Souligner ces jalons peut passer par des gestes très concrets : célébrer l’anniversaire d’adoption, organiser une fête pour une première rencontre entre familles, créer un album photo commun, ou prendre le temps d’honorer le chemin vers la parentalité — souvent long, administratif, coûteux, émotionnel. « Le jour où on a reçu l’appel pour l’adoption — c’était il y a dix ans — on a fait un souper dans un petit resto avec une photo du bébé. On avait besoin de marquer ça », explique Patrice, 41 ans. « Ce jalon-là, c’était un miracle bureaucratique et une victoire de notre amour. »
Même sans enfants, il y a des jalons de « famille » importants : accueillir un animal, emménager dans un premier appartement commun. « Quand on a adopté notre chien, ça a été un vrai jalon », dit Kenza, 28 ans. « On a fait une mini-fête, puis chaque année on célèbre son arrivée. Parce que c’est à ce moment-là qu’on a compris qu’on bâtissait un foyer. »
Inclure la communauté et la mémoire
Une dimension propre à plusieurs couples queer, c’est la relation à la mémoire collective. La génération LGBTQ+ d’aujourd’hui hérite d’une histoire traversée par la clandestinité,
les pertes (notamment liées au VIH/sida), les luttes militantes — mais aussi une joie tenace et une solidarité profonde. Souligner les jalons d’un couple peut devenir une façon de se relier à cette histoire.
Certains couples choisissent d’inclure la communauté : organiser un souper où l’on remercie les ami·e·s qui ont été là, faire un don à un organisme LGBTQ+ à chaque anniversaire, ou choisir un lieu de mémoire (un bar, un quartier, un événement communautaire) comme point de repère annuel. « À chaque anniversaire, on fait un don à un organisme queer ou trans, parce qu’on sait que notre couple est possible grâce à d’autres », explique Hugo, 36 ans. « C’est notre façon de célébrer et de remercier ceux et celles qui nous ont précédé·es. »
« On s’est rencontrés pendant un spectacle Mascara de Mado à Divers/Cit é , il y a vingt ans », rappelle Craig, 42 ans. « Depuis, participer à des événements de la Fierté, c’est notre manière de souligner notre anniversaire et de se souvenir. »
« On fête souvent nos jalons dans des endroits historiques : un vieux bar, un centre communautaire, un parc où il y a eu des rassemblements. On veut que notre couple fasse partie de cette continuité », ajoute Louise, 52 ans.
Ces gestes disent quelque chose de beau : l’amour n’existe pas dans le vide. Il s’inscrit dans un tissu de gens, de lieux, de combats et de fêtes.
Quand célébrer devient une façon de prendre soin
Souligner les jalons, ce n’est pas seulement célébrer les « victoires ». C’est aussi honorer les périodes difficiles. Dans certains couples, les plus grands jalons ne sont pas les voyages ou les anniversaires, mais les moments où l’on a traversé une crise et choisi de rester, où l’on a appris à se parler autrement, à se respecter davantage, à se reconstruire.
Un jalon peut être : on a survécu à une année compliquée. Ou : on a réussi à mieux s’aimer. Dans ces cas-là, célébrer peut prendre des formes douces : une journée de repos ensemble, une lettre de gratitude, une séance photo, ou même une simple phrase qu’on se répète : « on est encore là ».
« Notre plus gros jalon, c’est quand on est allé en thérapie de couple », dit Sofia, 30 ans. « On a célébré ça après, avec une escapade. Pas parce que tout était réglé, mais parce qu’on choisissait de continuer, consciemment. »
Pour d’autres, célébrer sert aussi à se redonner du souffle : se rappeler que l’amour n’est pas seulement un sentiment, mais un engagement du quotidien. « Je pense qu’on sous-estime le pouvoir de se féliciter », confie Olivier, 47 ans. « On a célébré notre dixième année en se disant : “on est encore curieux l’un de l’autre”. Pour moi, c’est ça, le vrai jalon. »
Faire de chaque jalon une histoire à raconter
Au fond, souligner les jalons d’une relation entre deux personnes de même sexe, c’est refuser que l’amour soit un détail, un secret ou un miracle discret. C’est reconnaître qu’il mérite une place entière, un langage, des rituels, des souvenirs — et parfois même un éclat. Parce qu’au-delà des droits conquis, il reste cette vérité simple : célébrer, c’est affirmer. Et affirmer, c’est aimer au grand jour. « Quand je vois notre photo de couple accrochée dans le salon, je me dis : on est rendus là », conclut Ariane, 35 ans. « Pour certains, c’est banal. Pour nous, c’est une victoire tranquille. » 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com avecl'aided'interviewsréaliséesparCarolineLavigneetLoganCartier


La réputation du chef Chanthy Yen s’est bâtie d’un océan à l’autre. Gagnant de la compétition culinaire TopChefCanada en 2024, l’homme originaire de Windsor, en Ontario, a passé de nombreuses années à Montréal, où il a encore un comptoir au Time Out Market. Celui qui a déjà été le chef personnel du premier ministre Justin Trudeau vient tout juste d’ouvrir le restaurant Touk – qui offre une cuisine « cambodgienne contemporaine » – au centre-ville de Vancouver, où il est basé.
Quelleestlagenèsedetonrestaurant?Pourquois’installeraucentre-villedeVancouver?
CHANTHY YEN : Après avoir remporté Top Chef Canada – j'ai été la première personne queer et BIPOC à avoir remporté ce titre! – j'ai pu utiliser une partie de cet argent – et c'est un prix qui rend très humble – pour ouvrir le restaurant de nos rêves, un restaurant cambodgien, qui a en fait commencé comme un pop-up au Québec! C'est là que tout a commencé, en 2020.
C'est à Vancouver que j'ai rencontré mon partenaire, et le bâtiment dans lequel notre restaurant se trouve est à seulement un pâté de maisons de l'endroit où je l'ai rencontré. Nous sommes ensemble depuis 15 ans!
Commenttaviea-t-ellechangédepuisquetuasremportéTopChefCanada?
CHANTHY YEN : Depuis que j'ai gagné Top Chef Canada, j'ai travaillé un peu plus à la vue du public. J'ai donc eu une plus grande tribune pour représenter la communauté, que ce soit dans la restauration, l'hôtellerie ou même l'entrepreneuriat. Après avoir gagné, j'ai pu héberger et accueillir beaucoup de professionnels queer. Et ça, c'est vraiment fantastique.
Diraisquel’universdelagastronomieest«queerfriendly»?
CHANTHY YEN : Je dirais que la gastronomie peut être un environnement « queer friendly ». [Dans mon restaurant], nous gérons nos cuisines de manière très différente des cuisines traditionnelles. Nous sommes plus diversifiés. Nous avons beaucoup de personnes queer dans notre cuisine, nous avons beaucoup de personnes queer qui sont embauchées en tant que serveurs, cuisiniers, etc. C'est très ouvert, et nous avons une bonne culture de cuisine. Nous guidons notre cuisine à travers la gentillesse. C'est aussi un endroit où nous pouvons vraiment célébrer la culture queer. L'autre soir, nous avons reçu la ligue de soccer queer dans laquelle mon partenaire joue pour une expérience culinaire, et c'était vraiment formidable de voir la salle pleine d'énergie et de vie!
Penses-tuqu’ilyaunemanièred’exprimerlaculturequeerparlebiaisdelanourriture? d’unmenu?
CHANTHY YEN : Oui, il y a toujours un aspect émotionnel dans le menu qui reflète vraiment la personnalité de la personne qui l'a créé. [Les menus queers] sont un peu plus raffinés. Vous verrez que les saveurs sont équilibrées dans la culture queer, car nous avons de l'intention lorsque nous combinons les ingrédients ou que nous travaillons avec les produits. Et je pense que cela transparaît vraiment dans la nourriture.
As-tuvécudel’homophobiedanslemilieugastronomique?
CHANTHY YEN : Absolument. C'est une réalité courante dans le milieu culinaire. Quand j'ai commencé à Windsor, en Ontario, qui est une petite ville, j'ai souvent été confronté à ça. J'aimais la comédie musicale, et il y avait des rumeurs... Et là, on ne me donnait pas certains emplois... il y avait clairement une forme de discrimination à mon égard en tant que personne queer. Je n'ai jamais caché ma queerness, et j'en ai toujours été fier, mais je ne suis pas toujours fort, donc il y a eu beaucoup de moments difficiles. Mais je croyais tellement en ce projet que je devais continuer et représenter la communauté. Et aujourd'hui, je n'ai jamais eu une communauté aussi grande qui me soutient autant.
Tuconnaistrèsbienlemilieugastronomiquemontréalais.Qu’aimes-tudecemilieu?
CHANTHY YEN : J'adore Montréal. Le dernier épisode de ma saison de Top Chef Canada a été tourné à Montréal, et c’était super de pouvoir “catch up” avec tout le monde! J'ai mon propre comptoir au marché Time Out. J'ai dirigé le programme culinaire d'établissements comme The Coldroom et El Pequeño, j'ai été nommé Chef de l'année par Eater Montréal [pour le restaurant Fieldstone] et j'ai également figuré parmi les deux premiers du classement Cult MTL. Ce que j'aime à Montréal, c'est qu'on peut essayer de nouvelles choses. On a la possibilité de se plonger dans les arts et la culture et de faire quelque chose qui sort de l'ordinaire.6 PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com
INFOS | Le comptoir Chanthy Yen se trouve au Time Market Montréal du Centre Eaton https://www.timeout.com/time-out-market-montreal/restaurants/chanthy-yen À Vancouver, le restaurant TOUK https://www.toukyvr.com










OLIVIER DE MAISONNEUVE SOMMELIER CONSEIL
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise 438 881-7276 • http://www.vinsconseil.com
CONSTANTIA GLEN, AFRIQUE DU SUD, 2022
CODE SAQ : 15071522 / 41 $
Un assemblage digne des grands vins de Bordeaux, avec du merlot, du cabernet sauvignon et du cabernet franc. Super aromatique et puissant, ca sent bon le coffre en cèdre, le poivre noir, le cuir et les fruits noirs (cassis, prunes) . La bouche est tout aussi gourmande et harmonieuse. C'est boisé, fruité et les tannins sont super veloutés. Il offre une persistance très plaisante. A servir avec du rosbif, de la tourtière, ou un ragoût de boulettes, surtout si vous y ajouter du paprika et un peu de clou degirofle. Si vous voulez savoir si ca vaut la peine de payer un vin plus cher, c'est un excellent candidat pour tenter l'expérience. Gros coup de cœur! Il en reste encore un peu. Vous devriez pouvoir en commander à votre succursale, s'il n'est pas en tablettes. Impressionnant!
OBERE STEIGEN
WEINGUT MARKUS HUBER, DAC TRAISENTAL (AUTRICHE), 2023
CODE SAQ : 13675832 / 26 $
Un cépage chouchou des personnes œuvrant en sommellerie, et un ambassadeur de l’Autriche ; c’est un excellent choix pour comprendre pourquoi. C’est savoureux, riche, mais aérien en même temps. De la pomme jaune, du citron et une finale doucement poivrée, avec une texture satinée, vraiment très bien fait. Avec une quiche végé, des nems vietnamiens, des poissons un peu plus goûteux, comme de la truite, un blanc bio et végane qui exprime super bien son terroir et l’identité de son cépage. Ce n’est pas un vin boisé, il faut quand même le préciser. Et on ne le sert pas sorti directement du frigo, pour apprécier ses nuances. Bravo !

TWENTY MILES BEND (NIAGARA), 2021
CODE SAQ 13989971 / 39,25 $
Très joli nez typique de pinot noir, avec ses parfums de petits fruits rouges et de fines herbes. C’est un pinot noir sur la finesse, la bouche est fruitée et fumée. Il a une bien agréable persistance aromatique ! Ça s’accumule en bon goût, de gorgée en gorgée. Il y a un savoureux mélange de cerise, de canneberge, et de crème brulée, avec une belle amertume finale. Ce sera excellent avec une dinde rôtie, et probablement avec du jambon fumé. À servir autour de 16 degrés pour bien apprécier sa personnalité. Vite, il n’en reste plus beaucoup...

DE CASA CONCHA
VINA CONCHA Y TORO, DO VALLE DE LIPARI (CHILI), 2023
CODE SAQ : 11416141 / 22,85 $
Pour les adeptes de chardonnay avec un certain boisé, avec une pointe d’originalité, c’est une belle découverte ! Ça m’a fait penser à ce que pourrait être un chablis avec une note de beurre demi-sel, un soupçon de caramel blond, et qui se termine sur un éclat de fraîcheur citronnée. Peut certainement dormir quelques années dans votre cellier. Donc, c’est un vin pour la table d’abord, avec une raclette, des sushis, et, pourquoi pas, des vols-au-vent. Concha y Toro est l’un des domaines historiques du Chili. Ils font autant de l’entrée de gamme que du haut de gamme. Et ils sont bios.



MAISON JEANJEAN, IGP PAYS D’OC (FRANCE), 2023
CODE SAQ : 13806097 / 17,90 $
Un assemblage original et bien réussi de sauvignon blanc, de viognier et de roussanne. Ça donne un vin rafraîchissant, fruité, bien sec et très polyvalent à table. C’est un mélange de lime, de fines herbes, de pomme verte et d’amande. Ça va super bien avec des plats végétariens, des poissons fins (une sole amandine !), des fromages crémeux, et pour s’ouvrir l’appétit, en apéritif. C’est un vin blanc bio, pour se faire plaisir en semaine, ou samedi après-midi. Merci, Brigitte ! ;)

ABBAYE DE VALMAGNE,
AOP LANGUEDOC (FRANCE), 2024
CODE SAQ : 1471700 / 23,90 $
Tout un vin blanc riche, que voici ! Un assemblage de roussanne, de grenache gris et de grenache blanc, en conversion en biodynamie. Ça fleure bon le noyau de pêche et la camomille. Et le plaisir est tout aussi grand en bouche. Quelle jolie texture presque huileuse, caressante sur la langue ! Les arômes éclatants de camomille et la douce amertume sont un pur délice. Si vous aimez l’amertume fine dans votre vin blanc, vous devez courir acheter celui-ci. Et si vous voulez percevoir la sensation minérale, c’est aussi bien en relief, ici. Un vin pour les produits de la mer avec un certain gras, ou des plats au cari et lait de coco. Du plaisir liquide.
AGRONAVARRA, DO NAVARRA (ESPAGNE), 2023
CODE SAQ : 15528764 / 15,50 $
Du grenache noir bio, voilà ce qui va se retrouver dans votre coupe. Pour le prix, on en a pour notre argent. Il y a un joli fruité acidulé, une touche de fines herbes, un certain côté boisé qui lui donne du corps dès la deuxième gorgée, et une finale vraiment juteuse. C’est bio et c’est quasiment dans le style vin nature, mais sans accent funky. Un super apéro, si servi frais. À table, c’est assez polyvalent : c’est le genre qui accompagnera agréablement tout reste de la fin de semaine, ou le souper vite fait quand on ne veut pas se casser la tête. Un vin de bonne franquette, quoi.


ANSELMI SRL, IGP VENETO (ITALIE), 2024
CODE SAQ : 585422 / 18,95 $
Un assemblage réussi de garganega, chardonnay et sauvignon blanc. M. Anselmi trouvait qu’il y avait trop de vins simplistes dans l’appellation de Soave, il a préféré déclasser son vin et avoir la liberté d’en produire un de qualité et à son goût. Le nez est très vieux continent, avec des notes de pêche, de foin et de zeste de lime. La bouche est expressive et pas mal persistante. Beaucoup de pêche dans le sirop, et une touche de miel et de minéralité (de la craie). Une délicieuse amertume semble lui donner un peu plus de corps. C’est soyeux en bouche. Très agréable. Si vous avez congelé votre pain sandwich des Fêtes, la SAQ recommande ce vin blanc pour l’accompagner ! Sinon, servir avec des coquilles Saint-Jacques, une chaudrée de palourdes dans une miche de pain, ou des poissons en sauce.
DOCG CHIANTI CLASSICO (TOSCANE, ITALIE), 2023
CODE SAQ : 13465958 / 25,40 $
Un sangiovese bio aux notes de cerise et prune noire, de tabac séché et de cuir. Bouche en équilibre entre le bois et le fruit mûr et la réglisse noire. Belle fraîcheur finale, avec des tannins présents, plutôt souples, et une certaine touche de minéralité. Pour un vin avec 14 % d’alcool, il n’est pas le moindrement lourdaud. Un bon rouge pas mal élégant, pour aller avec des grillades de viande rouge, un pot-au-feu, du magret de canard, ou une lasagne gratinée. On peut le passer en carafe un bon 30 minutes, puis un petit 10 minutes au frigo, pour l’apprécier pleinement. Bien fait !
BODEGA GARZON, VCP MALDONADO (URUGUAY), 2023
CODE SAQ : 13621228 / 26 $
Pour une bonne dose d’exotisme et d’évasion. Le tannât est surtout présent dans le sud-ouest de la France. Ici, dans les mains d’un domaine inspiré et dynamique, très soucieux de son environnement, il nous donne un vin riche en couleur, en arômes de fruits noirs mûrs, et avec une bouche qui allie élégance (avec sa texture veloutée) et structure. C’est suave et assez corsé, en même temps. Le bois, le fruité et les tannins, tout est en harmonie. Un rouge pour le magret de canard, ou une bavette, une poêlée de champignons sauvages, ou des restes de la dinde de Noël qui traîne dans le congélateur, surtout avec des atocas en gelée. Délicieux.

Les prix des voitures neuves et d’occasion ont considérablement augmenté depuis 2020 — environ 30 %, selon de nombreux spécialistes. Bien sûr, on parle de l’incidence de la COVID-19, qui a entraîné un bouleversement massif des chaînes d’approvisionnement. Puis, les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump sur l’acier et l’aluminium ont déstabilisé tout le secteur manufacturier automobile. Si, pour certain.es, cette hausse devrait atteindre un pic cette année puis diminuer ensuite, d’autres spécialistes, plus pessimistes, estiment que les constructeurs devront revoir à la baisse le niveau d’équipement technologique actuellement offert dans chaque niveau de véhicule. En somme, on proposerait des véhicules d’entrée de gamme avec moins de gadgets, notamment certaines aides à la conduite — sans aller jusqu’à supprimer la climatisation ou les vitres électriques.
Kia EV4 : le moins cher de sa catégorie Si vous souhaitez vous initier à la conduite d’un véhicule électrique sans vous ruiner, jetez un œil au Kia EV4, l’un des véhicules électriques les plus abordables sur le marché canadien. En plus, son style original ne vous fera pas passer inaperçu. Disponible dès cet hiver chez les concessionnaires, seule la version à roues motrices avant est proposée dans un premier temps.
Il faudra attendre la fin de l’année pour voir arriver un modèle à rouage intégral, avec, bien sûr, une batterie de plus grande capacité.
Arrêtons-nous d’abord au style. Il tranche avec la banalité du dessin de la plupart des berlines compactes. Il faut donc saluer l’audace des designers de chez Kia, qui osent sortir des rangs.
Au premier regard, on pourrait croire à une berline signée par une marque plus luxueuse. Des ailes avant musclées, des contours de roues élargis et une ligne de toit fuyante qui se termine par un arrière plus tendu, aux arêtes vives : l’ensemble évoque un faux coupé. Et pourtant, le Kia EV4 se place parmi les berlines électriques les plus abordables, toutes catégories confondues, avec une autonomie annoncée de 391 km pour la version Wind et de 553 km pour les versions mieux équipées.
À bord, deux écrans numériques de 12,3 pouces, séparés par un plus petit écran de 5 pouces, occupent une grande partie du tableau de bord. L’espace en hauteur aux places arrière n’est pas le plus généreux : le toit fuyant vers l’arrière explique cette perte, mais contribue aussi à améliorer l’aérodynamisme et à réduire la consommation.
Prix
EV4Light:38995$ / EV4Wind:42995$
EV4WindPremium:45495$ / EV4GT-Line:48495$
EV4GT-LineLimited:51995$
Il faut ajouter à ces prix 2 870 $ de frais de transport et de préparation, puis retrancher 1 700 $ de subvention provinciale.
Toyota Camry 2026 : le changement dans la continuité
La Camry est une valeur sûre. On sait qu’elle est appréciée des chauffeurs de taxi, et beaucoup ont une matante ou un mononcle qui, depuis des décennies, ne changeraient pas leur Camry pour une autre marque. Pourtant, les berlines classiques sont de moins en moins choisies par le public : on préfère les VUS, ou encore les véhicules qui jouent sur les deux tableaux. Plus tout à fait des berlines conventionnelles, pas encore non plus de vrais VUS : on les regroupe dans la catégorie un peu fourre-tout des multisegments.
Pour 2026, Toyota a choisi le changement dans la continuité. Extérieurement, mononcle et matante ne seront pas dépaysé.es. Les lignes demeurent d’une grande sagesse et la nouvelle mouture passera sûrement inaperçue dans le paysage automobile.
Mais c’est sous le capot que le changement est le plus notable — et mérite qu’on s’y arrête. La Camry est maintenant hybride, donc plus frugale à la pompe. Et elle peut enfin être offerte avec le rouage intégral. La consommation moyenne est estimée à 5,1 L/100 km, contre 9,2 L/100 km pour l’ancienne génération à moteur V6. Cela dit, compte tenu qu’on choisit la Camry pour sa fiabilité et son confort, elle ne se révèle pas un foudre de guerre, même en mode Sport.
Côté technologie, on n’a pas tout sacrifié au profit de l’écran tactile. Toyota conserve, au centre du tableau de bord, des touches pour régler la climatisation, des interrupteurs pour les sièges chauffants, ainsi que des commandes pour le dégivrage du pare-brise et de la lunette arrière. Un petit côté rétro, certes, mais souvent plus rapide à utiliser que le tâtonnement sur un écran. Le numérique n’est pas absent pour autant, avec un grand écran central qui se prolonge jusqu’à l’espace du passager.
On retrouve aussi tout ce qui a fait le succès du modèle : l’espace pour les jambes aux places arrière, le confort de roulement et un coffre généreux. La Camry ne redéfinit pas la catégorie des berlines, mais Toyota sait que les client.es seront au rendez-vous : une auto facile à vivre, économique sur la route, qui en donne beaucoup sans obliger à se ruiner. Le prix commence à 45 225 $ (avant frais, options et taxes).

Le Ford F-150 toujours en tête des ventes
Étonnant : le Ford F-150 (et sa version Super Duty) demeure, pour une 60e année consécutive, la camionnette la plus vendue au Canada — et le véhicule le plus vendu pour une 16e année consécutive. La tendance risque de se maintenir, puisqu’on constate une hausse des ventes de 3,5 % pour l’année 2025 (138 470 exemplaires au total). Pourtant, la marque a décidé d’abandonner, pour l’instant, le F-150 électrique, ne laissant sur le marché que la motorisation hybride. Les utilisateurs et utilisatrices de grandes camionnettes ne sont peut-être pas encore prêt.es à se passer du bon vieux pétrole.6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com







Depuis le 1er janvier 2026, le paysage coopératif du centre-ville de Montréal a changé de manière significative : les caisses Desjardins du Quartier-Latin et du Complexe Desjardins sont dorénavant réunies. La nouvelle entité, qui porte le nom de Caisse Desjardins du Centre-Ville-de-Montréal, est dirigée par Simon Déry, gestionnaire d’expérience ayant consacré plus de trente ans au Mouvement Desjardins et reconnu pour son engagement envers la communauté LGBTQ+.
Ce regroupement, résultat d’un long travail de réflexion mené par les deux conseils d’administration, s’inscrit dans une démarche d’optimisation amorcée depuis plusieurs années pour les membres du centre-ville. Ce n’est pas une fusion administrative : c’est l’occasion de renforcer la présence coopérative dans un quartier en pleine transformation.
« Notre ambition est simple : faire battre le cœur du centre-ville », affirme Simon Déry. « En combinant nos forces, nous serons mieux outillés pour accompagner les membres, soutenir les organismes et contribuer activement au dynamisme du secteur. »
Une structure renforcée pour mieux servir les membres
La Caisse Desjardins du Centre-Ville-de-Montréal regroupe près de 60 000 membres et 95 employées et employés répartis dans deux établissements. Cette configuration, que Simon Déry décrit comme « à échelle humaine », permet une offre de service plus robuste, plus complète et plus réactive. « En réunissant nos équipes, nous élargissons notre base d’expertise, notamment en gestion de patrimoine, explique-t-il. Les membres y gagnent en accessibilité et en qualité d’accompagnement. »
Deux établissements complémentaires : proximité et cohérence
Le siège social de la nouvelle caisse sera situé au Complexe Desjardins, et le point de services de la rue Berri demeure ouvert et pleinement fonctionnel. Les deux emplacements agissent en complémentarité.
« Les membres ont toujours le choix du lieu qui leur convient, précise Simon Déry. Mais surtout, ils retrouvent partout la même qualité de service, la même expertise et la même cohérence dans nos façons de faire. » L’évolution des habitudes financières confirme cette vision. En effet, environ 1 % des transactions se font encore au comptoir et moins de 3 % via les guichets automatiques, et près de 40 % des rencontres avec les conseillères et conseillers ont lieu en mode virtuel. « La pandémie a accéléré la transition vers le numérique, et nos membres ne sont pas revenus en arrière, dit-il. Nous adaptons nos espaces et nos services à cette nouvelle réalité. »
Un engagement communautaire qui se renforce
Les deux caisses fondatrices soutenaient déjà de nombreux organismes du centre-ville : organismes LGBTQ+, initiatives sociales, projets culturels, programmes jeunesse, organisations du Quartier des spectacles et du Village. Avec la fusion, les retombées communautaires sont amplifiées. La nouvelle caisse dispose d’un Fonds d’aide au développement du milieu destiné à soutenir des projets structurants. La somme des contributions versées dans ce fonds depuis sa création s’élève à environ 3 millions de dollars.
« C’est une question que les organismes nous posent souvent : est-ce que la fusion va réduire notre soutien? La réponse est non. Au contraire, nous avons maintenant plus de moyens pour appuyer les initiatives qui contribuent à la qualité de vie du centre-ville », souligne Simon Déry.
Cette coordination permet aussi d’éviter les chevauchements, de mieux structurer les partenariats et de renforcer la portée de notre engagement auprès du Quartier des spectacles, des organismes LGBTQ+ du Village et de sa société de développement commercial (S. D. C.), des organisations culturelles, des initiatives sociales du Vieux-Montréal, ainsi que des commerces et de la S. D. C. du centre-ville.
Un centre-ville en mutation… et une caisse qui entend en être le moteur
Le centre-ville de Montréal connaît une transformation profonde : multiplication des tours résidentielles, arrivée de nouvelles populations, forte présence étudiante, retour graduel
des travailleurs et travailleuses et diversification culturelle. Cette évolution oblige les institutions financières à repenser leurs modèles de proximité. C’est dans cet esprit que s’inscrit la direction proposée par Simon Déry.
« Historiquement, Desjardins n’était pas l’acteur principal au centre-ville, reconnaît-il. Mais les besoins changent. La population augmente. Les résidentes et résidents veulent des services proches, modernes, personnalisés. Notre objectif est de devenir leur premier réflexe. »
Le territoire de la nouvelle caisse s’étend d’Atwater à Frontenac, sous la rue Sherbrooke, jusqu’au fleuve, incluant tout le Vieux-Montréal : un secteur vaste, diversifié, commercialement actif, culturellement riche et socialement complexe.
Une équipe plus solide, sans perdre l’aspect humain
La fusion ne s’accompagnera d’aucune abolition de po ste. Simon Déry évoque que les rôles évolueront naturellement : les chevauchements de fonctions seront absorbés graduellement, par des départs prévus ou par des réaffectations adaptées aux forces de chaque personne. Le départ à la retraite de la directrice générale du Complexe Desjardins, Nathalie Tremblay, facilite d’ailleurs une transition harmonieuse vers une direction unifiée.
« Nous restons une organisation à dimension humaine, souligne-t-il. Mais en étant en plus grand nombre, nous pouvons offrir davantage d’occasions de développement professionnel, encourager la mobilité interne et réduire notre dépendance aux agences de remplacement. »
Le parcours de Simon Déry : enraciné dans le service et l’engagement
Le leadership de la nouvelle caisse repose sur l’expérience et la vision de Simon Déry, dont les 30 années de carrière ont été marquées par un fil conducteur : le service aux membres, le développement de relations d’affaires solides et l’engagement communautaire.
Originaire de Québec, il y débute comme caissier avant de rejoindre Montréal à la fin des années 1990 pour participer à la mise en place d’AccèsD. Il poursuit ensuite sa carrière dans plusieurs caisses (Outremont, Laval, Saint-Joseph-du-Lac) avant d’être nommé directeur général de la Caisse Desjardins du Quartier-Latin en 2020.
Il est également l’un des membres fondateurs du comité LGBTQ+ de Desjardins, créé en 2008 pour favoriser une plus grande inclusion au sein de l’organisation et auprès de sa clientèle.
« Nous avons beaucoup évolué depuis nos débuts, souligne-t-il. Aujourd’hui, notre engagement pour l’inclusion fait partie intégrante de notre identité. »
Son expérience dans le Village et sa proximité avec les organismes du secteur constituent un atout majeur pour diriger une caisse profondément ancrée dans l’un des quartiers les plus dynamiques et diversifiés de Montréal.
Une vision : innovation, croissance, exécution, engagement
Pour guider la nouvelle caisse, Simon Déry mise sur quatre principes :
• Innovation, pour adapter la façon d’offrir les produits et les services aux besoins actuels;
• Croissance, afin de renforcer les parts de marché dans un secteur en pleine expansion résidentielle;

• Exécution, pour mener les projets à terme de manière efficace et assurer une qualité constante;
• Engagement, parce qu’une coopérative doit demeurer profondément ancrée dans sa collectivité.
Sous son leadership, la caisse souhaite devenir un acteur essentiel du centre-ville en mesure d’accompagner aussi bien les propriétaires d’entreprise, les organismes communautaires, les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes et la population étudiante que les résidentes et résidents de longue date.
Une gouvernance représentative du milieu
Le conseil d’administration (CA) de la nouvelle caisse est composé de treize membres : sept provenant du CA du Complexe Desjardins et six du CA du Quartier-Latin. Cette composition reflète l’équilibre et la complémentarité recherchés.
« Le projet a été lancé par les conseils d’administration des deux caisses, qui ont évalué ensemble les bénéfices. L’adhésion des administrateurs et administratrices et des équipes a facilité une transition harmonieuse », rappelle Simon Déry.
Une caisse plus forte pour un centre-ville plus fort
Au-delà d’une réorganisation administrative, la création de l a Caisse Desjardins du Centre-Ville-de-Montréal répond aux besoins d’un quartier en pleine évolution. La nouvelle organisation se veut plus solide, plus agile et plus engagée.
« C’est une occasion unique de démontrer que la coopération peut jouer un rôle déterminant dans un milieu aussi vivant et diversifié que le centre-ville. À nous de montrer que cette fusion permettra réellement de mieux servir les membres et de contribuer positivement au milieu. », conclut Simon Déry 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | En savoir plus sur l’équité, la diversité et l’inclusion chez Desjardins https://www.desjardins.com/lgbtq

Dans le cadre d’image+nation, le festival de films LGBTQueer de Montréal, qui poursuit sa mission de découvrir et de mettre en valeur des récits diversifiés et la richesse des voix LGBTQ+, le public montréalais a eu le privilège, le 23 novembre dernier, de découvrir avant tout le reste du monde HeatedRivalry.
CRAVE et le Fonds des médias du Canada, qui a soutenu financièrement la série, y présentaient la première mondiale de cette série en présence des acteurs principaux, du réalisateur Jacob Tierney et de l’autrice Rachel Reid. Du tapis rouge à l’effervescence qui a suivi la projection dans une salle comble du centre-ville, près de 700 personnes ont découvert en primeur le premier épisode de cette engageante série et ont eu le privilège d’échanger avec l’équipe après la projection.
Pour ceux qui vivaient sur une autre planète durant la période des fêtes ou étaient en retraite isolée, Heated Rivalry est devenue en un peu plus d’un mois un phénomène mondial, salué pour ses romances queer explicites, son réalisme émotionnel et sa tension dramatique.
Créée par Jacob Tierney, la série suit la relation secrète entre deux joueurs professionnels de hockey Shane Hollander et Ilya Rozanov. L’incroyable chimie entre les deux acteurs (incarnés avec nuances et intensité par Hudson Williams et Connor Storrie, qui donnent vie à ces deux personnages complexes et sensibles) y est pour beaucoup et rend la romance crédible, touchante. La série est largement saluée pour les performances authentiques de tous ses personnages, la qualité des dialogues, l'alchimie des acteurs et son traitement audacieux et réaliste des relations LGBTQ+ dans le monde du hockey. Elle aborde aussi avec franchise et sensualité une seconde histoire d'amour queer dans le monde du hockey, avec des scènes intimes qui renforcent la connexion émotionnelle.
L'alternance entre la confrontation sur la glace et l'amour passionné hors des patinoires crée une tension captivante. Le choix du hockey, sport emblématique de virilité, souligne l’audace de la série. Longtemps, le sport professionnel a été un espace où le coming out était rare et perçu comme risqué. Mettre en scène des athlètes gais performants et épanouis est venu déconstruire le stéréotype selon lequel masculinité et homosexualité seraient incompatibles. En ce sens, Heated Rivalry agit ainsi comme un outil culturel qui normalise des relations LGBTQIA+ dans un contexte social et professionnel encore marqué par le silence et les préjugés.
Les personnages, complexes et sensibles, sont pleinement incarnés, conférant à la série une originalité rare dans le paysage télévisuel. Les scènes intimes, explicites et réalistes, s’éloignent des clichés ou des représentations édulcorées de l’homosexualité masculine.
L’écriture et la mise en scène de la série sont soignées, le rythme est dynamique et fluide, les dialogues précis, le choix musical impeccable, et les scènes sportives alternent harmonieusement avec les moments intimes. La tension dramatique et l’émotion sont






CHARLIE BOUDREAU (À LA DIRECTION GÉNÉRALE D'IMAGE+NATION), LE PRODUCTEUR BRENDAN BRADY, L'ACTEUR CONNOR CORRIE, LE RÉALISATEUR ET CRÉATEUR DE LA SÉRIE JACBOB TIERNEY, L'ACTRICE EMILY HAMPSHIRE, L'AUTRICE RACHEL REID, L'ACTEUR HUDSON WILLIAMS, L'ACTEUR FRANÇOIS ARNAUD ET LE VICE PRÉSIDENT COMMUNICATIONS DU FMC.

PATRICK DELISLE-CREVIER (AUTEUR ET JOURNALISTE) ET ANDREW MCNALLY (DIRECTEUR ARTISTIQUE ET DOYEN DE LA MODE DU COLLÈGE LASALLE).


CHARLIE BOUDREAU ET KAT SETZER, RESPECTIVEMENT À LA DIRECTION GÉNÉRALE ET À LA DIRECTION DE LA PROGRAMMATION D’IMAGE+NATION.


LES ACTEURS FRANÇOIS ARNAULT, CONNOR STORRIE ET HUDSON WILLIAMS PARMI LA FOULE, ONT DÉCOUVERT LA SÉRIE EN MÊME TEMPS QUE LE PUBLIC.








portées par le duo principal, dont la complicité contribue à l’authenticité du récit, mais aussi par tout le reste de la distribution tout simplement irréprochable.
Notons que Rivalité passionnée / Heated Rivalry a décroché une nomination aux GLAAD Media Awards 2026 dans la catégorie Meilleure nouvelle série télé. Encore un but gagnant pour la série chouchou du moment.
Plongez dans les coulisses de cette histoire d’amour intense entre deux étoiles du hockey avec l’auteur, réalisateur et producteur Jacob Tierney et les acteurs Hunter Williams et Connor Storrie dans l’entrevue que les trois nous avaient accordée en primeur mondiale et qui a été publiée dans l’édition de novembre de Fugues. 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | Diffusée depuis fin 2025 sur Crave au Canada et sur HBO Max aux États-Unis et depuis janvier en Australie, dans plusieurs pays d’Europe et en Grande-Bretagne, Heated Rivalry est devenu un phénomène mondial. Une seconde saison est déjà annoncée, dont la diffusion devrait se faire en début 2027.
Pour accéder aux articles de Fugues sur Heated Rivalry visitez le https://www.fugues.com/etiquettes/heated-rivalry




València 2026 : plus de 6 000 athlètes déjà inscrit.e.s
À six mois de leur coup d’envoi, les Gay Games / Jeux Gais de València 2026 affichent déjà des chiffres qui donnent confiance à l’équipe qui a relevé le défi. Plus de 6 000 athlètes LGBTQ+, provenant de 64 pays, avaient confirmé début janvier leur participation à ce grand rendez-vous sportif et culturel international, qui se tiendra dans six mois, du 27 juin au 4 juillet 2026. Un engouement sans précédent à ce stade de préparation, et un signal clair : les Gay Games sont bel et bien de retour sur la scène mondiale après l’édition à deux têtes de 2023 qui ont eu lieu à Hong Kong et Guadalajara (avec un total combiné de 4800 participant.e.s
La comparaison avec les éditions précédentes est éloquente. En 2023, l’édition fragmentée entre Hong Kong et Guadalajara — marquée par la pandémie, des contraintes politiques et logistiques — avait réuni environ 4 800 participantes et participants au total. Avant cela, les Gay Games rassemblaient autour de 10 000 personnes, avec un sommet historique à Amsterdam en 1998, où près de 14 700 athlètes avaient convergé vers la capitale néerlandaise.
Dans ce contexte, la dynamique actuelle de València apparaît comme un véritable tournant. «Ces nouvelles données confirment la ligne de travail que nous avons engagée et laissent présager des Gay Games très spéciaux à València », s’est réjouie Rocío Gil, adjointe aux Sports et à l’Égalité. Pour la ville méditerranéenne, l’événement s’annonce déjà comme l’un des plus grands rassemblements sportifs inclusifs jamais organisés sur son territoire.
Une mobilisation mondiale renouvelée
Sur le plan sportif, les disciplines les plus populaires à ce jour sont le volley-ball, la natation, le tennis, les courses de 5 km et 10 km, ainsi que le football. Mais au-delà des terrains et des bassins, c’est surtout la diversité des délégations qui frappe. Si les États-Unis, le Canada et l’Australie demeurent des piliers historiques des Gay Games, les inscriptions en provenance du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne sont en nette hausse par rapport aux éditions précédentes, témoignant d’un regain d’intérêt pour les européens. Certains sports, dont le tennis, le water-polo ont déjà atteints la capacité limite pour toutes les divisions et d’autres sont sur la même voie : golf, arts martiaux, levée de poids, basketball, natation, volleyball. Les organisateurs rappellent que les Gay Games ne sont pas qu’une compétition : ils constituent avant tout un espace de rencontre et d’affirmation pour les communautés LGBTQIA+, fondé sur des valeurs de sécurité, de respect et d’inclusion. Une philosophie qui demeure au cœur du projet depuis la toute première édition, à San Francisco, en 1982.
València, entre sport, culture et identité locale
À València, les Gay Games se déclineront aussi au-delà du sport. La programmation culturelle mettra en valeur l’identité et les traditions locales, notamment à travers la découverte de
disciplines typiquement valenciennes comme le colpbol et la pelota valenciana. Une façon d’ancrer l’événement dans son territoire, tout en invitant les participantes et participants à aller à la rencontre de la culture locale. Pendant une semaine, la ville vibrera ainsi au rythme de dizaines de compétitions, d’événements culturels et de célébrations collectives. Du football à la pétanque, des stades aux places publiques, València s’apprête à accueillir des milliers de personnes venues du monde entier pour célébrer le sport, la diversité et la visibilité LGBTQIA+.
À la lumière des chiffres déjà enregistrés, les Gay Games València 2026 pourraient bien marquer un nouveau chapitre dans l’histoire de cet événement emblématique — plus rassembleur, plus international et plus nécessaire que jamais.
Nous reviendrons dans les prochaines éditions avec une série d’entrevues avec des groupes d’ici qui prévoient prendre part aux prochains jeux. Environ 100 montréalais.e.s seraient déjà inscrits et Équipe Montéal évalue qu’il pourrait y avoir jusqu’à 150 participants de la métropole qui s’envoleront pour les jeux à la fin de juin.6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com
INFOS | https://www.gaygamesvalencia2026.com/en/ https://equipe-montreal.org


À Montréal, malgré un vaste réseau communautaire et une image progressiste bien établie, une réalité demeure largement invisible : il n’existe toujours pas de refuge dédié aux personnes trans et de la diversité de genre de 18 ans et plus en situation d’itinérance. C’est précisément ce vide que veut combler La Maison Lambda, un projet né au sein de Jeunesse Lambda et porté aujourd’hui par une petite équipe entièrement bénévole, déterminée à transformer une urgence sociale en ressource concrète.
Évidemment, ce projet ne verra pas le jour demain, malheureusement, étant donné les besoins importants en itinérance en ce moment. À terme, on cherchera un local dans le Village pour être plus près des partenaires et des autres organisations en itinérance, afin d’assurer une meilleure synergie. Ce serait le premier refuge d’hébergement d’urgence pour les personnes trans au Canada. « C’est vrai qu’il n’y a rien à Montréal, constate Aurélie Dauphinais, coordonnatrice par intérim du projet. On voit souvent passer des campagnes de financement pour New York ou d’autres villes, mais ici, il n’y a pas d’équivalent. »
Le 11 décembre dernier, au bar Le Cocktail, se tenait une soirée de levée de fonds des plus festives — intitulée « BRILLE »! — pour soutenir le projet de La Maison Lambda. Une quinzaine d’artistes drag, burlesque et de danse y participaient. Organisée de main de maître par Spyke Mazrim, Pup Montréal 2025, cette soirée a récolté la coquette somme de 1 380 $! « Il faut des milliers d’étoiles pour briser l’obscurité, c’est pourquoi BRILLE a été créé, lance Spyke Mazrim. J’aurais voulu avoir accès à ce genre de logement. Alors, si je peux faire la moindre petite chose pour soutenir ce projet, alors je le ferai! Les alliés aussi peuvent faire entendre leurs voix. »
« Je ne vais jamais remercier assez Spyke pour tout le travail qu’il a fait, c’est assez fou. Je reçois un courriel, un message qui me dit : “Hey, salut, moi c’est Spyke, je t’ai déjà organisé toute la levée de fonds. Tout ce que je te demanderais, c’est la permission de mettre le logo de la Maison Lambda dans la publicité de l’événement, puis qu’on fasse une petite vidéo qui explique le projet.” Et il avait fait tout un travail de qualité. C’était incroyable. Je n’en reviens toujours pas, en fait », dit Aurélie Dauphinais. « Cela a été un franc succès : on a amassé près de 1 400 $ en une soirée! Ça dépasse toutes mes attentes, mais c’est ce qui arrive lorsque nos communautés sont belles et unies », renchérit Spyke Mazrim.
Un besoin criant, longtemps ignoré
La genèse de La Maison Lambda remonte à 2016, dans le sillage de la tuerie du Pulse , à Orlando. À l’époque, le conseil d’administration de Jeunesse Lambda se questionne : comment assurer un espace réellement sécuritaire aux membres les plus vulnérables de la communauté LGBTQ+? L’idée d’un refuge fait son chemin, sans toutefois pouvoir se concrétiser immédiatement, faute de ressources et d’expertise. Ce n’est qu’après la pandémie, entre 2021 et 2022, que le projet reprend de l’élan. Une administratrice travaillant en itinérance contribue alors à structurer la réflexion. Puis, après une pause forcée liée à des enjeux de ressources humaines et matérielles, Aurélie Dauphinais reprend officiellement le flambeau il y a environ deux ans.
Depuis, le travail — bien que largement invisible — est colossal. « Ça fait deux ans de démarches administratives : la constitution légale, les règlements généraux, les représentations politiques, les rencontres avec des partenaires et surtout avec des personnes qui vivent ou ont vécu la rue », explique-t-elle. L’objectif : créer une ressource réellement adaptée aux besoins exprimés, et non une solution imposée d’en haut. L’organisme est aujourd’hui légalement constitué depuis son assemblée générale de septembre dernier, mais le refuge, lui, n’est pas encore ouvert.
Pourquoi un refuge spécifiquement pour les personnes trans?
Au fil des consultations, un constat s’impose rapidement : les personnes trans sont surreprésentées parmi les personnes en situation d’itinérance et sous-représentées dans les refuges. Non pas par manque de besoins, mais par manque de sécurité. « Beaucoup de personnes trans ne se sentent pas à l’aise, même dans des ressources LGBTQ+, lorsqu’elles sont majoritairement cisgenres », explique Aurélie Dauphinais. Les témoignages recueillis révèlent des expériences fréquentes de violence, de mégenrage, d’exclusion ou de peur constante. C’est ce qui pousse le projet à se recentrer exclusivement sur les personnes trans et de la diversité de genre, âgées de 18 ans et plus, là où le trou de service est le plus grand. « Il y a des trous de service partout, mais pour les adultes trans, c’est particulièrement critique », souligne-t-elle. L’enjeu de l’intimité est également central. « Quand on parle de transition d’identité, l’intimité est absolument nécessaire », dit-elle, plaidant pour des chambres individuelles, une rareté dans le milieu de l’hébergement d’urgence. Tout cela sans parler des barrières d’accès aux ressources existantes vécues par les personnes de la diversité de genre : violences transphobes, ségrégation des ressources par le genre, accès influencé par la présentation de genre, manque de formation des intervenant.e.s.
Des services pensés pour la dignité et la réinsertion
Au-delà d’un toit, La Maison Lambda vise une approche globale : services d’intervention spécialisés, accompagnement dans les démarches de transition légale, sociale et médicale, accès aux besoins de base (repas, vêtements) et, enfin, compréhension fine des parcours d’exclusion. À plus long terme, le projet nourrit une ambition encore trop rare : offrir une chambre de convalescence pour les personnes ayant subi des chirurgies d’affirmation de genre. « J’ai déjà entendu parler d’une personne qui a fait sa convalescence après une mastectomie dans un campement, raconte Aurélie Dauphinais. C’est absolument terrible, mais c’était sa seule option. »
Un contexte de discrimination structurelle
Si le projet bénéficie d’un accueil largement positif, il s’inscrit dans un contexte social et politique tendu. « On avance et on recule en même temps », résume Aurélie Dauphinais, évoquant la polarisation croissante autour des enjeux trans. Elle cite notamment le rapport du « Comité des sages » du gouvernement Legault, qui maintient le droit de certaines ressources pour femmes d’exclure les femmes trans. « Le seul point positif, pour moi, c’est qu’on y reconnaît le besoin de ressources d’hébergement exclusivement pour les personnes trans », note-t-elle, non sans inquiétude. Cette discrimination systémique a des conséquences bien réelles : éviter les refuges, rester dans la rue, retarder toute réinsertion. « Sans accès à des ressources sécuritaires, le processus de réinsertion devient presque impossible. »
Financement, politique et mobilisation
Sur le plan politique, La Maison Lambda trouve néanmoins des alliés. Des élu.e.s de Québec solidaire (comme Manon Massé) et du Parti libéral ont déjà rencontré l’équipe, notamment Jennifer Maccarone et Elizabeth Prass, ainsi que des représentants municipaux. « Ils nous appuient avec des lettres, des contacts, parfois des pistes de financement », explique la coordonnatrice.
Les bailleurs de fonds, publics comme privés, montrent également une ouverture croissante envers les projets ciblant des populations fortement marginalisées. « Les critères nomment de plus en plus explicitement les personnes LGBTQ+ », souligne-t-elle, confiante quant à la possibilité d’obtenir du financement — à condition d’avoir la capacité administrative de produire les demandes. En attendant, ce sont les levées de fonds communautaires qui maintiennent le projet en vie. Soirées drag, événements burlesques, initiatives étudiantes : « Ce sont des montants qui ont l’air de rien, mais qui nous permettent de payer les frais essentiels », dit-elle. Et surtout, ils démontrent l’adhésion de la communauté.
Un projet fragile, mais porté par l’espoir Aujourd’hui, le conseil d’administration compte six membres actifs, épaulés par des bénévoles et des allié.e.s institutionnel.le.s. Tout le travail est encore fait sur une base bénévole, mais l’embauche d’une personne à temps plein figure parmi les priorités. L’ouverture d’un local, idéalement dans le Village ou à l’est du centre-ville, reste un objectif à moyen terme, dépendant de multiples facteurs : financement, immobilier, rénovations, cohabitation. « Ce n’est pas pour demain, reconnaît Aurélie Dauphinais. Mais on continue. Il y a beaucoup de pain sur la planche. » Dans un contexte de crise de l’itinérance, de sous-financement chronique et de désengagement gouvernemental, La Maison Lambda apparaît comme une réponse à la fois urgente et profondément humaine. Un projet né de la communauté, pour la communauté, qui rappelle une chose essentielle : sans sécurité, il n’y a pas de dignité possible — et sans dignité, aucune réinsertion durable. 6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | https://www.jeunesselambda.com/maison-lambda Pour faire un don : https://www.canadahelps.org/fr/dn/8689


Lundi 1 er décembre dernier: c’est la date choisie par Martin Nadeau, propriétaire du St-Hubert, pour remettre au GRIS la somme de 9 100 $, dans le cadre de la campagne de financement actuellement en cours — une campagne qui vise à amasser 375 000$ d’ici le début du printemps. Ce montant a été récolté le 19 septembre dernier, lors de la 9e édition du Bal en blanc et gris, tenue sur la terrasse du St-Hubert et dans la section bistro. Une soirée festive à laquelle ont participé plusieurs artistes, dont Miss Butterfly, et qui a permis de mobiliser à la fois les clientèles habituelles du St-Hubert, des sympathisant.e.s du GRIS, mais aussi des personnes qui ne connaissent pas nécessairement cet organisme de sensibilisation auprès des jeunes. Sur place, grâce à la présence de bénévoles, plusieurs en ont profité pour en apprendre davantage sur sa mission.
«On remercie Martin Nadeau pour sa fidélité au GRIS , on sait que ce sont des temps économiquement difficiles pour tout le monde, souligne Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. On aimerait le remercier pour son appui au GRIS depuis toutes ces années-là.»
«Aujourd’hui, c’est ce qui lance ma propre campagne qui s’inscrit dans la campagne annuelle du GRIS, de dire Martin Watier, bénévole à ce groupe. C’est le grand coup d’envoi de ma campagne personnelle pour amasser des fonds et pour souligner aussi ce beau partenariat avec Martin Nadeau et le St-Hubert.» «Nous avions arrêté cette belle soirée durant les deux années de la pandémie, mais nous avons maintenant repris ce partenariat avec cet organisme tellement important dans sa mission de sensibiliser les jeunes aux réalités LGBTQ+ auquel je crois beaucoup, de noter Martin Nadeau. Cette année, le Bal en blanc et gris a été super. Et ici la Fondation St-Hubert contribue aussi à cette somme-là.»
«J’avais quitté le GRIS l’année de la pandémie de Covid-19, je pensais que nos droits étaient moins menacés. Mais malheureusement, je constate que rien n’est acquis et qu’il y a même des reculs dans nos droits, même dans les écoles…», continue Martin Watier . «On a eu ensemble une très belle conversation durant une soirée en blanc et gris et Martin [Watier] est revenu au bercail», rajoute Marie Houzeau avec un grand sourire.
Des attitudes décomplexées
Dans les classes, on assiste en effets à des commentaires homophobes et transphobes décomplexés, des préjugés bien affirmés. On ne se cache plus pour le dire tout haut. On en est presque fier. Cela illustre combien le travail du GRIS est plus essentiel que jamais. «Ce genre de chose m’encourage encore plus à participer au GRIS, à m’impliquer pour ne pas que nos droits reculent et pour que les jeunes développent moins de préjugés», résume
Martin Watier. «Désapprendre l’intolérance, c’est encore possible !» est justement le thème de la présente campagne de levée de fonds 2025-2026 qui se terminera au printemps prochain. On voulait éveiller les esprits avec ce slogan-là. «Dans les derniers temps, on voit des gens qui viennent au GRIS en nous disant qu’ils ont constaté des reculs, qu’il y a plus d’intolérance et d’homophobie, ils veulent participer pour sensibiliser les jeunes, ajoute Marie Houzeau. Ils savent qu’il y aura en classe des questions difficiles, des commentaires et des préjugés, mais avec la formation, on les prépare à répondre aux questions et à témoigner de leur propre vécu.»
Rappelons que le GRIS-Montréal est le plus important organisme de démystification de la diversité sexuelle et de genre en milieu scolaire avec plus de 1000 interventions par année dans des écoles et institutions, des ateliers donnés par plus de 250 bénévoles qui se dévouent à cette cause de sensibiliser les jeunes afin de briser le cercle vicieux de l’intolérance et de la discrimination envers les personnes LGBTQ+.
Un témoignage émouvant
«Pendant longtemps, ma propre fille m’a cachée qu’elle était gaie, confie Martin Nadeau. Pourtant, elle savait que mon resto était dans le Village, que je faisais partie d’un comité avec des gais, à ce moment-là, que j’avais beaucoup d’amis gais aussi. Mais elle avait peur de me le dire. Elle avait peur d’être rejetée. C’est en partie pourquoi je m’implique ici avec le GRIS pour ne pas que les jeunes aient peur de dire qu’ils sont LGBTQ+.»
«Oui, mais beaucoup l’ont dit et se sont fait rejeter par leurs parents. C’est triste, mais c’est la réalité», de renchérir Martin Watier qui connaît Martin Nadeau depuis qu’ils étaient adolescents.
Une 10e édition de cette belle soirée en 2026
«Nous avons de beaux projets et une belle équipe du cabinet de campagne avec Gautier Péchadre (le coprésident) et Annabelle Cadieux (la coprésidente), nous sommes confiants que nous allons arriver à atteindre notre objectif [de 375 000$]», de dire Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. La campagne 2023-2024 avait rapporté un montant de plus de 378 000$. «L’an prochain, ce sera déjà la 10e édition de cette soirée en blanc et gris», de spécifier Martin Watier, bénévole au GRIS-Montréal. «On va travailler pour faire quelque chose de spécial l’an prochain, on verra bien, on l’annoncera bien à l’avance», de rajouter Martin Nadeau, le propriétaire du St-Hubert, tout sourire faisant un clin d’œil à Martin Watier.6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Vous aussi pouvez contribuer à la campagne de financement du GRIS-Montréal via le https://www.gris.ca/donnez/
Isabel Côté était sur le point de terminer un mémoire de maîtrise sur les troubles anxieux lorsqu’elle a eu une conversation déterminante — non pas avec l’un de ses mentors académiques, mais avec un jeune de 17 ans qu’elle a rencontré dans le cadre de son emploi dans un centre de crise. Ses parents l’avaient mis à la porte quelques mois auparavant parce qu’ils l’avaient trouvé avec un autre garçon.
On était au début des années 1990. Isabel, qui venait d’avoir son premier enfant, ne pouvait pas s’imaginer qu’une mère puisse mettre son enfant dehors. Elle a persuadé le jeune de lui donner le numéro de téléphone de ses parents.
« J’appelle la mère, je lui dis : “Votre fils est ici ; il a besoin de vous.” Elle me répond : “Mon fils est décédé.” Je dis : “Non, il est ici.” Elle réplique : “Y a-t-il beaucoup d’Isabel Côté au Québec ? Oui, comme des gens qui portent le nom de mon fils, et le mien est décédé. Bonne journée.” Elle raccroche. Puis je regarde le jeune — lui, l’adolescent, et moi, l’adulte — et c’est comme si on avait changé de place. Je me suis dit : Seigneur, c’est quoi cette affaire-là ? J’ai dit à mon directeur : “Je veux travailler sur les jeunes gais et lesbiennes.” »
Cette mère de famille hétérosexuelle, mariée au père de ses enfants, qui avait grandi dans une famille « traditionnelle » — jusqu’au divorce de ses parents — à une époque où l’on parlait peu de celles et ceux qui sortaient de la norme, a rapidement pris la mesure de sa propre ignorance. « Je m’en vais dans la pratique [du travail social] et je ne connais rien. Je fais partie du problème. »
Au début des années 2000, elle met sur pied l’un des premiers cours universitaires sur la diversité sexuelle et de genre. En parallèle, la loi 84, qui reconnaît la parentalité des couples de même sexe, chemine à l’Assemblée nationale. « Il y avait beaucoup de chercheurs qui disaient : “C’est épouvantable, les enfants vont manquer de ci ou de ça, ça va casser des montagnes généalogiques.” »
Elle commence alors à travailler avec la Coalition des familles LGBTQ+ (CF-LGBTQ+) afin de mieux comprendre comment les enfants vivaient le fait d’avoir deux mères ou deux pères. Aujourd’hui, elle se spécialise dans des recherches portant sur l’impact de la procréation pour autrui sur les liens familiaux des personnes impliquées — les hommes donneurs de sperme ou les femmes porteuses, les parents qui élèvent l’enfant, les enfants eux-mêmes et les autres enfants des deux familles — avec une orientation particulière sur le vécu des enfants. Elle apprend beaucoup de ces derniers, qui ont « longtemps été perçus comme des objets, des personnes trop jeunes pour avoir des opinions ».
« Quand les enfants parlent de liens familiaux, c’est beaucoup plus flexible, plus nuancé que chez les adultes qui ont grandi dans un modèle traditionnel, et ça nous aide à mieux comprendre les dynamiques familiales. »

Basée à l’Université du Québec en Outaouais, elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en procréation pour autrui et liens familiaux.
Avec le professeur Martin Blais, du département de sexologie de l’Université de Montréal, et Line Chamberland, du CF-LGBTQ+ — l’une de ses mentores — elle a également codirigé le projet SAVIE-LGBTQ, une étude sur l’inclusion sociale des personnes LGBTQ+, qui s’est échelonnée sur une décennie, de 2016 à 2026.
Le projet « visait au départ à documenter les facteurs d’inclusion et d’exclusion des personnes LGBTQ+ dans différentes sphères de leur vie, ainsi que les politiques sociales qui s’y rattachent », résume la chercheuse. « Dans les années 2010, on était vraiment dans une optique où l’on disait : l’égalité juridique est de plus en plus là ; l’égalité sociale, pas tout à fait, mais quand même. Qu’est-ce qui empêche d’aller vers une pleine égalité sociale ? Quel genre d’égalité juridique nous manque encore ? »
Le bilan complet de l’étude n’est pas encore publié, mais, si les entrevues recommençaient aujourd’hui, elle s’attendrait à des résultats différents, en raison de la montée de la transphobie et de la méfiance envers les personnes non binaires et la diversité de genre. « À l’époque, on était optimistes, en fait. Ce qu’on entend maintenant, avec des discours de plus en plus présents d’une certaine droite, ça m’inquiète énormément. »
Elle constate que la pratique même de la recherche n’est pas à l’abri de cette tendance à diaboliser la diversité. « Aux États-Unis, toute la recherche financée par le gouvernement fédéral sur les communautés LGBTQ+ a été coupée. On n’est pas à l’abri, ici, d’une politique qui dirait : “Ça, ce sont des critères de recherche ‘wokes’.” »
Devant la montée de la haine, elle lance un appel aux personnes qui se trouvent dans une position similaire à la sienne — hétérosexuelles, blanches, éduquées, bénéficiant d’autres formes de privilèges — afin qu’elles s’assument comme alliées, non pas pour parler à la place des personnes concernées, mais pour exprimer leur désaccord comme citoyennes et citoyens. « C’est à nous, des gens qui font partie de la majorité, de dire à nos concitoyens : “Non, ce n’est pas le genre de monde qu’on veut.” »6
R. PRATKA irenepratka1@gmail.com
INFOS | https://savie-lgbtq.uqam.ca

Fort de deux expériences de rassemblement en personne — à Bordeaux en 2024 et à Montréal en 2025 — le tout jeune Forum jeunes d’Égides (l’Alliance internationale francophone pour l’Égalité et les Diversités) souhaite poursuivre la conversation à l’année longue. Pour ce faire, ses membres ont lancé un balado — À nous — dont les deux premiers épisodes, enregistrés en direct, sont accessibles sur Spotify ainsi que sur les réseaux sociaux de l’organisme.
L’idée naît d’un forum international organisé entièrement en ligne par Égides en 2023. Des membres du groupe tentent ensuite un enregistrement en direct lors du forum en présentiel à Bordeaux, l’année suivante, et iels décident rapidement de répéter l’expérience. Deux autres épisodes — l’un déjà disponible, l’autre à venir — ont été enregistrés en marge du deuxième congrès international d’Égides, à Montréal, en août dernier. Dans l’épisode initial enregistré à Bordeaux, coanimé par l’activiste montréalais Rafaël Provost, on aborde l’état des mouvements LGBTQ+ et la perception de la diversité de genre en France, en Belgique et au Canada; dans le deuxième, enregistré à Montréal, deux jeunes journalistes discutent des mouvements dans leurs pays respectifs, le Maroc et le Liban. Curt Morgane, basé·e à Bordeaux, est co-initiateur·ice du projet. Iel explique que le balado vise à stimuler la conversation entre jeunes francophones LGBTQIA+, à travers les cultures, à créer des archives sonores et à offrir aux membres des communautés francophones une occasion de produire des ressources dans leur langue. « C’est dans l’ADN même d’Égides de créer ces espaces de discussion en français là où ils n’existaient pas auparavant », ajoute Stéphanie Palancade, collègue de Curt et marraine du projet.
En toute liberté, en toute discrétion Les organismes membres d’Égides sont présents dans une trentaine de pays à travers la francophonie, dont plusieurs où la « promotion de l’homosexualité » est illégale ou risquée. Stéphanie Palancade explique que, dans certains pays — ou dans certains contextes familiaux — où les conversations entre pairs autour de la diversité de genre peuvent être dangereuses,
une simple paire d’écouteurs munie d’un micro peut offrir une forme de liberté. « Le balado, c’est l’un des médias les plus accessibles qu’on peut offrir en ce moment », explique-t-elle. Il est possible d’enregistrer ou d’écouter de l’audio de chez soi, sans connaissances techniques avancées, sans connexion Internet très performante et sans consommation excessive de données mobiles. Mais surtout, « personne ne sait ce qu’on écoute ». Les deux coinitiateur·ices observent que l’absence de caméra ou d’équipement sonore lourd permet de créer un environnement propice à des conversations intimes et décomplexées. « C’est comme si on était autour d’une table et qu’on parlait entre pairs. Et c’est exactement ce qu’on faisait », confis Curt Morgane.
« Lors du premier enregistrement, on a eu l’occasion d’organiser un événement autour, avec un public, ce qui a aussi été le cas pour le deuxième [épisode] et pour le troisième, qui sortira bientôt », ajoute Curt. « Mais ce ne sera peut-être pas le cas pour le quatrième, le cinquième et, je l’espère, pour encore plein d’épisodes à venir. Parce que ça permet aussi aux gens de s’enregistrer avec leur téléphone, de raconter leurs histoires, puis d’avoir ensuite un montage et une création… qui nous permettent d’aller chercher des récits de personnes qui ne peuvent pas se déplacer, qui n’ont pas accès à des visas ou à ces espaces-là. » Iel souligne qu’avec l’audio, une personne conserve la liberté d’être anonyme ou reconnaissable — une liberté beaucoup plus difficile à garantir, par exemple, avec le format vidéo. Curt Morgane se dit impatient·e de voir la suite du projet de balado au-delà des enregistrements en direct lors de grands événements. « L’idée, c’est d’enregistrer à distance et de voir quelle couleur ça va donner, comment ça fonctionne. On teste, on voit ce qui fonctionne, on s’adapte — dans la communauté LGBTQ+, on est très fort·es en adaptation, en général. » Découvrez À nous, le balado des jeunes LGBTQI+ francophones, sur Spotify, sur Deezer ou via les pages Facebook et Instagram d’Égides. Si vous avez entre 18 et 35 ans et que vous souhaitez vous impliquer dans le forum jeunesse, contactez directement Égides ou un organisme LGBTQ+ membre de votre communauté.6
R. PRATKA irenepratka1@gmail.com
INFOS | À NOUS, le balado d'Égides est accessible via Spotify et Deezer

Vieillir en retournant dans le placard ? Être obligé.e d’adopter un profil bas ou encore se demander si l’on recevra des services sans rejet en raison de ce que nous sommes. Depuis 2009, la Fondation Émergence a mis sur pied le programme Pour que vieillir soit gai, visant à sensibiliser et informer tous les différents acteurs et différentes actrices qui œuvrent auprès des aîné.es. Ce symposium permettra de faire le point et d’envisager de nouvelles pistes de solution en réunissant, chercheur.es, intervenant.es et aîné.es pour une journée à la Grande Bibliothèque le 11 février prochain.
« Depuis 2009, nous avons rencontré des milliers de personnes et que l’on a formé aux réalités des aîné.es LGBTQ+, précise le directeur général de la Fondation Émergence, et même si nous constatons des avancées, il reste encore beaucoup de travail à faire, on sait qu’il existe dans le réseau des aîné.es encore de la résistance ». Pour ce faire, la rencontre se fondera sur des nouvelles données, entre autres à partir d’un sondage Léger Marketing auprès de 786 répondant.es, des aîné.es, et des professionnels.
Une journée pour faire le point, regarder ce qui a été fait, les bonnes pratiques et envisager l’avenir. « Par exemple, il y aura comme bonne pratiques, l’ouverture de la première Maison de la Diversité en France, à Lyon, pour lutter contre l’isolement social lié à la vieillesse pour les aîné.es LGBTQ+, continue Laurent Breault, ou encore ici à Montréal, La maison des ReBelles, pour lesbiennes vieillissantes ».
Une journée sous le signe du partage, entre témoignages d’aîné.es, états des lieux entre autres avec le témoignage d’ouverture de Line Chamberland sur les principaux constats qu’elle a pu établir à travers ses recherches, ou encore la présentation de Loïc Biseul, chercheur à l’Université de Sherbrooke, qui a actualisé le guide en intégrant les recherches québécoises, canadiennes et internationales les plus récentes. En ayant comme perspective l’intersectionnalité pour mieux comprendre les effets croisés de l’âge, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, du statut socioéconomique et de l’origine ethnique. Cette recension permet d’obtenir un paysage plus précis des réalités des aîné.es LGBTQ+
Rien ne vaut parfois que l’expérience terrain. Rien de mieux alors que de laisser la parole à Julien Rougerie, formateur et spécialiste contenu de la Fondation Émergence qui depuis plus d’une douzaine d’années rencontre des intervenant.es et des professionnel.les oeuvrant auprès des aîné.es pour les sensibiliser et les informer sur les aîné.es LGBTQ+. Au cours des formations qu’il a données, Julien Rougerie pourra donner un aperçu des avancées mais aussi signaler les obstacles qu’il a rencontrés.
« Un panel à la fin de la journée permettra entre autres de donner la parole aux principaux et principales concerné.es, les aîné.es LGBTQ+, et de partager avec les invité.es , continue Laurent Breault, et de regarder vers des solutions et des pratiques inspirantes ».
C’est l’animatrice et comédienne Louise DesChâtelets qui a accepté de jouer les maîtresses de cérémonie tout au long de cette journée de réflexions, et de dégager ainsi les lignes d’action que suivra le programme Pour que vieillir soit gai.
Aujourd’hui, dit-elle, elle a accepté d’animer ce symposium « avec un sentiment d’urgence », alors que les vents conservateurs se lèvent au sud de la frontière et que le nombre de personnes aînées — de toutes orientations et identités — ne cesse d’augmenter. Sa présence promet une animation à la fois attentive, incarnée et politique, au meilleur sens du terme.
À l’heure où les systèmes de soins et d’hébergement sont sous pression, la Fondation Émergence mise sur une évidence trop souvent négligée : vieillir en sécurité, sans jugement, avec reconnaissance, n’est pas un privilège. C’est un droit. Et, pour les personnes aînées LGBTQ+, c’est aussi une bataille qui se poursuit — avec, espérons-le, de plus en plus d’allié·e·s autour de la table.
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
INFOS | Symposium sur les réalités LGBTQ+ : Où en sommes-nous ? 11 février 2026, de 8 h 30 à 16 h (cocktail de réseautage après l’événement), à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque, 475, boul. De Maisonneuve Est, Montréal Événement gratuit
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GAI-CÔTE-SUD
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GASPÉSIE
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LAVAL/LAURENTIDES
L'ARC-EN-CIEL DISCUSSIONS
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LGBT MAURICIE
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MONTÉRÉGIE
DÉPENDANTS AFFECTIFS
T. 450-780-2813
ÉMISSAIRE
T. 450-651-9229 #24 emissaire.ca
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T:. 450 774-1349/1 800 774-1349 lejag.org
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PROJET ENTRE HOMMES
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MAX OTTAWA
T. 613-701-6555 maxottawa.ca
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FLIQR facebook.com/FliQr
Groupe queer féministe
UNIPHARE
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DIVERSITÉ 02
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SHERBROOKE
ENTRE-ELLES SHERBROOKE
T. 819-580-7460, Sophie entre.elles.sherbrooke@gmail.com
GROUPE DE DISCUSSION POUR HOMMES GAIS, BISEXUELS ET EN QUESTIONNEMENT
T. 819-823-6704. harsah.iris@hotmail.com
IRIS ESTRIE
T. 819-823-6704 irisestrie.org
PARTOUT AU CANADA
COORDINATION LGBT D’AMNISTIE INTERNATIONALE CANADA FRANCOPHONEE
T. 514-766-9766 ou 1-800-565-9766 Facebook.com
EGALE CANADA
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PARTOUT AU QUÉBEC
FIERTÉ AGRICOLE
T. 450-768-6995 fierteagricole.org
RÉSEAU DES LESBIENNES DU QUÉBEC
T. 438-929-6928 rlq-qln.ca
PARTOUT AU QUÉBEC
INTERLIGNE
1-888-505-1010 interligne.com Écoute téléphonique et clavardage
SUICIDE
1-866-APPELLE (277-3553) 53 53 53 (texto) suicide.ca
NARCOTIQUES ANONYMES 514-249-0555 naquebec.org Écoute 24h/24
CAEO QUEBEC caeoquebec.org
Écoute / ressources en anglais.
GROUPE ETHNIQUE / IMMIGRATION
MONTRÉAL
AGIR MONTRÉAL agirmontreal.org
GA’AVA info@gaava.org
HELEM-GROUPE LGBT LIBANAIS
T. 514-806-5428 montrealhelem.org
LEGIT-QUÉBEC 514-907-5366 Aide pour conjoints de même sexe et l’immigration.
AU-DELÀ DE L’ARC-EN-CIEL
T. 514-527-4417 Lutte contre l’homophobie au sein des communautés immigrantes.
JHALAK MONTRÉAL
Communautés sud-asiatiques facebook.com/jhalakmontreal
ITALO QUEER MONTRÉAL Communautés italienne facebook.com
MONTRÉAL AUTOCHTONE Communauté autochtone nativemontreal.com
AFRO PRIDE Communauté afro/BIPOC/Caribbean Facebook.com
JEUNES / FAMILLE
MONTRÉAL
ALTER HÉROS alterheros.com
L’ALTERNATIVE lalternative.ca
Ass. LGBTQ+ UDM PÈRES GAIS DE MONTRÉAL (APGM)
T. 1 855-237—2746 apgmqc.wordpress.com
L’ASTÉRISK
T. 514-523-0977 coalitionjeunesse.org
COALITION DES FAMILLES LGBT T. 514-878-7600 familleslgbt.org
COMITÉ FAMILLE ET QUALITÉ DE VIE DES GAIS ET LESBIENNES
T. 514-521-4993 847, rue Cherrier, #201
CONCORDIA QUEER COLLECTIVE
T. 514-848-7414
FONDATION ÉDUCATION ÉMOTIONNELLE LOVE (FEEL)
T. 438-992-8542 feelvie.blogspot.ca
GRIS – MONTRÉAL
T. 514-590-0016 www.gris.ca
JEUNESSE, J’ÉCOUTE
1-800-668-6868 Aide et écoute 24/7, les 5 à 20 ans. jeunessejecoute.ca
JEUNESSE LAMBDA
T. 514-528-7535 25 ans etjeunesselambda.com
LGBTQ YOUTH CENTER WEST ISLAND
T. 514-695-0600 lgbtq2centre.com
PARENTS D’ENFANTS GAIS
T. 514-282-1087
PROJET 10
T. 514-989-4585 p10.qc.ca
QUEER MCGILL
T. 514-398-2106 queermcgill.org
RÉPITSS-UQAM
T. 514-987-3000, #4041 320, rue Ste-Catherine Est, local DS-3125
QUÉBEC
ARCO IRIS
T. 418-658-5389
Asso étudiante du Cégep Ste-Foy.
COALITION DES FAMILLES LGBT T. 418-523-5572
L’ACCÈS
T. 418-523-4808 Pour 14-25 ans.
GROUPE GAI UNIVERSITÉ LAVAL T. 418- 656-2131 ggul.org GRIS – QUÉBEC
T. 418-523-5572 grisquebec.org
PÈRES GAIS DE QUÉBEC T. 418-572-7273, Marc
CHAUDIÈRE-APPALACHES
GRIS CHAUDIÈRE-APPALACHES
T. 581-225-8440
GRANBY
DIVERS-GENS
T. 579-488-8004 170, St-Antoine Nord, local 107, Granby divers-gens@hotmail.com
SHERBROOKE
GRIS ESTRIE
T. 819-434-6413 grisestrie.org
ASSOCIATION LGBTQ DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE glebus@usherbrooke.ca
LANAUDIÈRE
LE NÉO
T. 450-964-1860 ou 1 800 964-1860 le-neo.com
LONGUEUIL
AMALGAME
1-888-227-7432 462, Boul. Sainte-Foy
MAURICIE
GRIS-MAURICIE/CENTRE-DU-QC
T.819-840-6615 ou 1 877 745-0007 grismcdq.org
L’ACCÈS
T. 819-376-1721 #2529, Trois-Rivières OUTAOUAIS / OTTAWA
JEUNESSE IDEM
T. 819-776-1445 ou 1-877-776-1445
SANTÉ MONTRÉAL
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CENTRE DE PRÉVENTION DU SUICIDE
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Veuillez communiquer avec le groupe LGBTQ+ qui vous intéresse pour connaître leur horaire d’activités.
CENTRE DE RESSOURCES ET D’INTERVENTION EN SANTÉ ET SEXUALITÉ
T. 514-855-8991
PROJET TRAVAILLEURS DU SEXE
T. 514-521-7778 # 224
T. 514-529-7777
RÉZO
T. 514-521-7778 #400 rezosante.org info@rezosante.org
STELLA (TRAVAIL DU SEXE)
T. 514-285-8889
SUICIDE-ACTION MONTRÉAL
T. 514-723-4000 ou 1-800-Appelle
SPIRITUALITÉ
MONTRÉAL
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COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE
SAINT-PIERRE-APÔTRE
T. 514-524-3791 1201, Visitation
FOI ET FIERTÉ
T. 514-866-0641
110, rue Ste-Catherine E.
QUÉBEC
GROUPE CHRÉTIEN GAI
T. 418-656-2189
SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS
T. 418-623-4086, Ginette Lauzon
TRANS
PARTOUT AU QUÉBEC
AIDE AUX TRANS DU QUÉBEC
T. 1-855-909-9038 #2 atq1980.org Écoute téléphonique 24h/24
OUTAOUAIS / OTTAWA TRANS OUTAOUAIS
T. 343-202-5006 transoutaouais.com
ESTRIE
TRANSESTRIE
T. 873-989-1289 transestrie.org
SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS
T. 579-488-8004 diversgens.org
VIH/SIDA
MONTRÉAL
ACCM
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COCQ-SIDA
T. 514-844-2477 cocqsida.com
FONDATION L’ACTUEL
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FONDATION QUÉBÉCOISE DU SIDA
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MAISON D’HÉRELLE
T. 514-844-4874 maisondherelle.org
MAISON DU PARC
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MAISON PLEIN CŒUR
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GAP-VIES
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RÉZO
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RÉSEAU DE LA SANTÉ SEXUELLE DES SOURDS DU QUÉBEC
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QUÉBEC
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BEAUCE
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CÔTE-NORD
ACTIONS SIDA CÔTE-NORD
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ESTRIE
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LAVAL / LAURENTIDES
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CLINIQUE SIDEP MONTÉRÉGIE
Exclusive aux hommes gay RDV : 450-466-5000 #4352 santemc.quebec/sidepplus
OUTAOUAIS / OTTAWA
B.R.A.S.
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SAGUENAY
MIENS (À CHICOUTIMI)
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VICTORIAVILLE
BLITSS
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MAURICIE
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PHOENIX DE MONTRÉAL
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BLUF MONTRÉAL
Club cuir et uniformes bluf.com/local/montreal
MONTRÉAL JACKS
Club de J/O montrealjacks.com
ÉROTISME AU MAXCULIN
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MONTRÉAL
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LES BOLIDES (QUILLES) quilleslesbolides@gmail.com
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HOCKEY LES DRAGONS montrealdragons.org
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QUILLES LES GAILLARDS
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QUILLES LAMBDA
T. 514-706-1849

QUILLES DES RENOUVEAUX
T. 514-771-6721, Richard Bégin LOISIRS DIVERSIONS algi.qc.ca/asso/loisirsdiversions Pour femmes de 40 ans+
LES LUDOVORES
T. 514-528-8424, Christian Facebook.com/Les-Soir-Ludovores
QUEER TANGO MONTRÉAL Facebook.com
SOCCER FÉMININ
T. 514-622-3025, Sonia Latreille STUDIO DANSE ARC-EN-CIEL
T. 514-438-764-5737
QUÉBEC
GALOPINS QUÉBEC
Groupe de marche/course LGBTQ+ galopins.quebec@yahoo.com
HORS-SENTIERS – QUÉBEC
T.418-440-3885 randonnée et plein air.
VOLLEY-BALL QUÉBEC
T. 418-204-9669 volleyquebec@yahoo.ca
OUTAOUAIS / OTTAWA
GROUPE DES GAIS FRANCOPHONES DE L’OUTAOUAIS Facebook.com
OTTAWA KNIGHTS
T. 613-237-9872 #2038
RAWDON
QUILLE LA FIERTÉ
T. 514-260-7661
RIVE-SUD MONTRÉAL
LIGUE DE QUILLES MIXTES
T. 450-928-0981, Alain
SAINT-JEAN SUR-RICHELIEU
LOISIRS POUR FEMMES GAIES
ST-JEAN-SUR-RICHELIEU T. 514-927-7190
SAGUENAY LAC-SAINT-JEAN
DIVERSITÉ 02 T: 581-447-2211 diversite02.ca
JOLIETTE
LIGUE DE QUILLES LGBTQ ET AMI.E.S
T. 450-756-7012, Joliette

equipe-montreal.org info@equipe-montreal.org facebook.com/equipemontrealLGBT.
AÉROBIE À PIEDS LEVÉS apiedsleves.wordpress.com Facebook-instagram : À Pieds Levés
BADMINTON G-BLEUS gbleus.com Facebook.com/Gbleus officiel
BALLE-MOLLE MAXIMA liguedeballemaxima@gmail.com
BALLE-MOLLE QUEER MONTRÉAL SOFTBALL liguebmqs@gmail.com
CHŒUR GAI DE MONTRÉAL T. 514-933-2942 Chœur hommes Facebook.com/ choeurgaidemontreal
CURLING, LES PHÉNIX curlinglesphenix@gmail.com
DANSE COUNTRY-CLUB BOLO T. 514-849-4777 clubbolo.com
DODGEBALL LGBT DE MONTRÉAL LES RATONS CHASSEURS facebook.com/lesratonschasseurs
LES DRAVEURS, BATEAU-DRAGON info@draveurs.org
ENSEMBLE - COLLECTIF THÉÂTRAL LGBTQIA+ T. 438-835-6282 productionsjeanfrancoisquesnel @gmail.com
ENSEMBLE VOCAL EXTRAVAGANZA Chœur mixte info@extravaganzavocal.org
ENSEMBLE VOCAL GANYMÈDE T. 514-525-8527 Chœur hommes evganymede.com
ENSEMBLE VOCAL LES NANAS T. 514-481-2545 Chœur femmes
FOOTBALL FÉMININ BLITZ DE MONTRÉAL montrealblitz.ca facebook.com/montrealblitz
GALOPINS COURSE MARCHE T. 514-503-6905 info@galopins.ca facebook.com/galopinsmontreal
JUKE FC Instagram.com/juke.collective jukecollective@gmail.com
LIGUE DE FOOTBALL AUSTRALIEN DU QUÉBEC president@aflquebec.ca facebook.com/AFL.Quebec
NATATION & WATER-POLO À CONTRE-COURANT info@acontrecourant.qc.ca Entraînement pour tous les niveaux de performance.
MONTRÉAL GAYMERS T. 514-700-6332, facebook.com/MTLGaymers info@mtlgaymers.com
MONTREAL ROLLER DERBY marketing@mtlrd.com @montrealrollerderby
OUTSQUASH outsquash.com
PLEIN AIR HORS SENTIERS T. 450-433-7508 ou 418-440-3885 horssentiers.ca
PICKLE LGBTQ+ MTL (PICKLEBALL) picklelgbtqmtl@gmail.com @bmqs.mtl
RUGBY ARMADA MTL RFC armadamontreal.com facebook.com/armadamontreal
LES SHAMROCKS DE MONTRÉAL montrealshamrocks.com
SOCCER LGBT+ MONTRÉAL soccer-lgbt-montreal.ca
TENNIS LAMBDA tennislambda.org
VOLLEYBALL BORÉAL Volley Intérieur et Volley de Plage Contactez Karl, Caroline ou Ludovic info@volley-boreal.net www.volley-boreal.net facebook.com/volleyboreal instagram.com/voleyboreal
YOGA GAI ZONE MTL yogagaizonemtl.wixsite.com/yogi


POSTES BÉNÉVOLES À COMBLER
Équipe Montréal est à la recherche d’administrateurs et d’administratrices bénévoles pour se joindre à son conseil d’administration et contribuer à ses comités. Nous avons particulièrement besoin d’une personne dynamique souhaitant s’impliquer activement au sein du comité Communications, afin de renforcer notre visibilité et nos échanges avec la communauté. Il est également possible de s’impliquer au sein des comités Commandite ou Événement.
Vous souhaitez contribuer au rayonnement et au développement d’Équipe Montréal? Écrivez à info@equipe-montreal.org
NOUVEAUX RABAIS POUR NOS MEMBRES
Équipe Montréal a conclu une entente avec le commerce suivant :
Volvox Sport 217, rue Young, Montréal 10 % de rabais (hors articles personnalisés)
Vous n’avez pas encore votre carte de membre? Inscrivez-vous sur equipe-montreal.org. La liste complète des commerces offrant des rabais aux membres est disponible à l’adresse suivante : https://equipe-montreal.org/commerces-participants

ESSAYAGE DU COSTUME OFFICIEL POUR LA DÉLÉGATION D’ÉQUIPE MONTRÉAL
Suivez-nous sur notre page Facebook, où nous annoncerons sous peu la date d’essayage du nouveau costume officiel. Équipe Montréal compte déjà plus de 150 athlètes inscrit·es dans divers sports, et les inscriptions se poursuivent. Un immense merci à Brigitte StPierre d’Air Canada pour sa présence à la soirée et son soutien à nos athlètes, ainsi qu’à Martin Nadeau pour l’accueil à son restaurant !
Ce fut une très belle soirée !
Club Bolo
Ne manquez pas notre événement annuel, le Sweetheart Stomp, qui se tiendra du 13 au 15 février 2026 dans nos locaux. Consultez notre site web pour connaître tous les détails, incluant les soirées dansantes et les ateliers de danse. Les vendredis, des soirées de danse en ligne country sont offertes à compter de 19 h 30. Les cours s’adressent à tous les niveaux : débutant·e, intermédiaire ou avancé·e. Venez découvrir ou redécouvrir le plaisir de la danse country. Nous sommes situés au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherined’Alexandrie, au 1700, rue Atateken, à Montréal. L’inscription se fait en ligne, sur notre site web, en sélectionnant l’onglet Billetterie. Pour suivre nos activités, nous vous invitons à consulter notre site web ou la page Facebook du Club Bolo. Afin de rester à l’affût des informations, vous pouvez également vous inscrire à notre infolettre Bolo Hebdo en écrivant à info@clubbolo.com ou secretaire@clubbolo.com. Nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter une excellente année 2026.
514 849-4777 / info@clubbolo.com / www.clubbolo.com
L’ensemble vocal Ganymède
L’ensemble vocal Ganymède recrute de nouveaux chanteurs passionnés pour la deuxième partie de la saison 2025-2026. Si vous aimez partager des moments forts en musique et évoluer au sein d’un groupe dynamique et inclusif, nous vous invitons à vous joindre à nous. Assistez à notre prochain concert le 3 mai ou venez nous entendre lors de notre participation au festival UNISSON 2026. Nous préparons également notre souper-bénéfice annuel, qui aura lieu le vendredi 20 mars, au diocèse anglican de Montréal. Cette soirée promet d’être riche en émotions, avec une bonne table et des prestations musicales à la fois touchantes et légères, en solo comme en groupe. Pour plus d’information, écrivez-nous à info@evganymede.com ou communiquez avec nous au (514) 992-5362.
L’hiver est bien installé : profitons-en pour pratiquer nos activités de plein air! Voici les activités à venir en ski alpin, ski de fond, patin, glissade, raquette ou crampons :
• Samedi 31 janvier : Parc John-H.-Molson, Saint-Sauveur (patin)
• Samedi 7 février : Super glissades Matha, Saint-Jean-de-Matha (glissade)
• Du 13 au 15 février : Séjour en chalet, parc du Mont-Orford (ski de fond, raquette)
• Samedi 14 février : Station Mont-Orford (ski alpin)
• Samedi 21 février : Station Mont-Sutton (ski alpin)
• Samedi 21 février : Plein air Sutton (raquette ou crampons)
• Du 20 au 22 février : Séjour en chalet à Sutton (ski alpin, ski de fond, raquette, sauna sec) Information et inscription : horssentiers.ca
Le LezBoat
Le LezBoat est bien plus qu’un bateau. Il s’agit d’un espace de liberté, de puissance collective et de fierté assumée. Né du désir de créer un milieu sécuritaire et inclusif, Le LezBoat rassemble des personnes LGBTQIA+, en accordant une place centrale aux femmes, aux femmes trans et aux personnes non binaires, dans un esprit de respect, de solidarité et de plaisir. Au sein du Le LezBoat, il n’y a pas de jugement. Peu importe le parcours, l’identité ou l’expérience sportive, toustes sont les bienvenu·es. On y rame, on y apprend et on y évolue ensemble. C’est un espace où il est possible d’être soi-même, sans masque, sans pression et sans avoir à se justifier. Notre équipe se distingue par son énergie communicative, son fort esprit d’équipe et une ambiance à la fois dynamique, conviviale et bienveillante. On y vient pour le sport, mais on y reste pour la communauté. Le LezBoat est cet endroit rare où l’on se sent rapidement chez soi, entouré·e de personnes qui respectent pleinement qui l’on est.
C’est avec une grande fierté que Le LezBoat participera aux Gay Games 2026 à Valence, en Espagne. Cet événement international d’envergure rassemble des milliers de participant·es LGBTQIA+ provenant du monde entier, uni·es par des valeurs d’inclusion, de diversité et de dépassement de soi. Notre participation aux Gay Games dépasse largement le cadre sportif. Elle représente une affirmation, une prise de visibilité et une célébration de notre communauté. Ramer sous nos couleurs, c’est affirmer que le sport peut et doit être un espace sécuritaire, inclusif et rassembleur pour toustes.
Le recrutement pour la saison 2026 débutera prochainement. Que vous soyez débutant·e ou expérimenté·e, que vous recherchiez la performance ou simplement le plaisir de ramer en équipe, une place vous attend à bord du Le LezBoat. Si vous êtes à la recherche d’un environnement sportif où la solidarité est au cœur de l’expérience, où l’esprit d’équipe est bien réel et où la diversité se vit au quotidien, nous vous invitons à embarquer avec nous. Le LezBoat, c’est plus qu’un équipage. C’est une communauté inclusive. Un bateau fier. Et une aventure collective qui avance, coup de rame après coup de rame.
Tennis Lambda
Vous avez toujours voulu essayer le tennis sans jamais oser le faire ? La ligue Tennis Lambda de Montréal a le plaisir de vous inviter à sa traditionnelle journée porte ouverte de l'automne 2025!
Date : le samedi 6 décembre 2025. / Horaire : 15h à 17h.
Emplacement : Club de Tennis île des Sœurs
Coût : 27$ (pas nécessaire d'avoir un abonnement pour cette journée)
5 à 7 au Club Lounge : 1 consommation gratuite
Responsables : Rick Simoneau et Davis Prado-Boileau
Tout le monde et tous les calibres sont les bienvenus. Que vous soyez débutant ou intermédiaire, venez vous amuser en jouant un match amical de double et montrer vos prouesses sur le terrain. Après ces deux heures à manier la raquette, ils vous invitent à demeurer avec eux pour leur 5@7! Une consommation vous sera offerte! Pour l'occasion, leur entraineur professionnel et officiel de Tennis Lambda, Dimitar Altankov, sera sur place afin d'introduire leur sport favori aux joueurs novices, avec des ateliers et entrainements afin que le tennis ne soit plus un mystère pour vous! Pas de raquette ?? Pas de soucis! Ils en aurons pour vous! Pas de balles?? Ils s'en occuperons également!
Planifiez tout de suite votre inscription en suivant ces 2 petites étapes très simples: 1 - Créez votre profil sur leur plateforme de réservation Amilia. 2- Inscrivez-vous à leur liste de diffusion afin de recevoir le courriel de l'activité, qui sera envoyé le dimanche 30 novembre à midi! Et voilà! Rien de plus simple! Ils vous attendent avec impatience! Et si d'ici là vous avez des questions, n'hésitez pas à communiquer avec eux à info@tennislambda.com





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Trois-Rivières (Secteur Cap-de-la-Madeleine)
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À

En quoi un orgasme prostatique diffère-t-il d’un orgasme pénien?
La réponse est simple… et complexe à la fois. Les deux sont difficiles à décrire et varient énormément d’une personne à l’autre. Cela dit, plusieurs témoignages s’entendent sur un point : l’orgasme prostatique n’a rien à voir avec l’orgasme génital «classique», centré sur le pénis et l’éjaculation.
On le décrit souvent comme plus diffus, plus profond, plus viscéral, parfois sans éjaculation, et capable de traverser tout le corps. Certaines personnes le comparent aux orgasmes vaginaux souvent associés au fameux point G. La prostate — stimulée indirectement par le périnée (la zone entre le scrotum et l’anus) ou directement par pénétration anale — devient alors une véritable zone érogène. Souvent surnommée le « point P », la prostate est parfois présentée comme l’équivalent masculin du point G. Si vous êtes de sexe masculin depuis la naissance, vous avez donc peut-être déjà en vous un potentiel orgasmique encore trop peu exploré. Et pour cause : la prostate demeure étonnamment sous-étudiée, surtout lorsqu’il est question de plaisir plutôt que de pathologies (comme le cancer de la prostate).
Ce que l’on sait provient surtout de sondages et de récits personnels. Certaines études suggèrent que les personnes qui stimulent régulièrement leur prostate rapportent des orgasmes plus intenses et des érections plus fermes que lors d’une stimulation strictement génitale. À cela s’ajoute un discours — à nuancer — voulant que le massage prostatique favorise la circulation sanguine et participe à une meilleure santé sexuelle globale. Mais au-delà des bienfaits potentiels, c’est surtout le plaisir qui motive la curiosité. Une partie du pénis est interne, invisible, souvent ignorée. La stimulation prostatique permet justement de reconnecter avec cette zone trop longtemps mise de côté.
C’est quoi, la prostate?
La prostate est une glande de la taille d’une noix, à la texture ferme et légèrement bombée. Elle se situe à environ cinq à dix centimètres à l’intérieur de l’anus, vers l’avant du corps. Sa fonction principale est de produire une partie du liquide séminal, mais sur le plan sexuel, elle peut devenir une source de plaisir intense. Elle peut être stimulée de façon externe, par pression sur le périnée, ou interne, par pénétration anale avec un doigt, un jouet ou un pénis. Plusieurs personnes rapportent que la stimulation interne est plus efficace pour atteindre l’orgasme prostatique, puisqu’elle permet un contact direct avec la glande.
Comment stimuler la prostate?
La clé, c’est d’y aller lentement, avec beaucoup de lubrifiant, et dans un état de détente. Pour une stimulation interne, le mouvement le plus souvent recommandé est le fameux geste du « viens ici ». Il s’agit d’insérer un doigt (ou deux) de cinq à dix centimètres, puis
de le recourber doucement vers le nombril. Lorsque vous atteignez la prostate, vous sentirez une petite masse ferme, distincte. Une fois trouvée, différentes techniques peuvent être explorées : pressions légères, tapotements, mouvements circulaires. Il n’y a pas de recette universelle : chacun·e réagit différemment. La stimulation externe, via le périnée, peut aussi être très agréable, surtout pour les personnes qui ne souhaitent pas de pénétration anale. En exerçant une pression soutenue sur cette zone, certaines arrivent à stimuler indirectement la prostate. Les jouets sexuels — internes ou externes — peuvent également enrichir l’exploration. Un indice important : si la sensation ressemble à un besoin urgent d’uriner, la pression est probablement trop forte.
Concrètement… à quoi ça ressemble?
Faute de recherches approfondies, nous avons recueilli des témoignages de personnes ayant vécu des orgasmes prostatiques.
Alex, 30 ans « C’est comme si ton corps était tiré dans deux directions en même temps, derrière les yeux et juste sous les couilles. C’est étourdissant. Un genre de vertige intense, comme si tout allait exploser, puis des frissons partout. »
Cameron, 27 ans « Un ancien amant savait exactement quoi faire. Il alternait les baisers et les mouvements “viens ici” sur ma prostate. Le plaisir se répandait dans tout mon corps, pas juste dans le bassin. J’ai littéralement perdu connaissance. Depuis, j’essaie de m’en rapprocher avec des jouets… sans jamais l’égaler complètement. »
Jason, 40 ans « Chez moi, ça se manifeste par des vagues intenses, presque des crampes de plaisir, qui traversent le bassin et les jambes. Les contractions peuvent durer plusieurs minutes après. C’est envahissant, mais incroyablement bon. »
Benjie, 32 ans « C’est total. Pendant quelques secondes, tu cesses d’exister. Les sensations montent, atteignent un sommet, puis tout s’effondre. Un orgasme pénien, c’est une fin. Un orgasme prostatique, c’est souvent juste le début. »
Andrew, 52 ans « Les doigts sont agréables, mais ce sont les jouets qui déclenchent vraiment l’orgasme prostatique chez moi. Les spasmes, l’étourdissement, la possibilité d’orgasmes multiples… c’est intense, épuisant, et franchement merveilleux. »
James, 25 ans « Quand quelqu’un est en moi au moment où je jouis, c’est presque toujours prostatique. Le plaisir est plus complet, plus large. Les vagues montent jusqu’à la tête au lieu de rester concentrées dans les organes génitaux. »
Et si ça ne fonctionne pas?
Si vous n’arrivez pas à avoir un orgasme prostatique, il n’y a absolument rien de «mal» avec vous. Certaines personnes n’y arrivent jamais, d’autres seulement dans des conditions très précises. Le niveau de détente, la confiance, la compatibilité avec un partenaire ou un jouet : tout ça joue.
Et surtout, le plaisir ne devrait jamais être une obligation. Le sexe n’est pas une performance ni une quête de résultats. Le massage de la prostate peut être délicieux même sans orgasme. Dans une culture obsédée par la finalité, il est peut-être temps de se rappeler que le vrai plaisir se trouve souvent dans le chemin… pas dans la destination.
Amusez-vous. Explorez. Écoutez votre corps. Et surtout, soyez doux·ce avec vous-même. 6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com





Fort du succès retentissant de sa première édition, le SalonTentationMontréal sera de retour du 13 au 15 février 2026 au Grand Quai du Port de Montréal pour une édition encore plus ambitieuse, audacieuse et rassembleuse.
Pour cette deuxième édition, l’événement franchit une étape marquante en accueillant deux institutions emblématiques du Red Light montréalais : le Wiggle Room, plus ancien club burlesque au Canada, et le Cinéma l’Amour, le plus vieux cinéma érotique de Montréal.
Chacun de ces lieux mythiques disposera d’un espace de détente et de rencontre au cœur du Salon, permettant au public de découvrir leur univers, de participer à des activités spéciales et d’échanger directement avec leurs équipes. Cette initiative vise à mettre en lumière l’importance historique, culturelle et artistique du Red Light dans l’identité montréalaise, tout en proposant une approche respectueuse, éducative et inclusive.
Une programmation riche et diversifiée
Le Salon Tentation Montréal 2026 offrira une programmation artistique et culturelle foisonnante, mêlant spectacles burlesques, danse, cirque et performances immersives, dont plusieurs célèbrent la diversité sexuelle et de genre. L’ouverture du salon, le vendredi 13 février dès 17 h, sera marquée par un DJ set de DJ Frigid. Tout au long de la fin de semaine, l’artiste Orniartho réalisera une œuvre participative spectaculaire : une peinture monumentale représentant un pénis géant de 20 pi par 8 pi. L’artiste drag Haley Well présentera également le spectacle Le fil du Désir – The Thread of Desire.
Un vaste espace d’exposant.e.s réunira artisan.ne.s, créateurs et créatrices, marques spécialisées et organismes communautaires. La boutique Priape y fera notamment sa toute première apparition, tandis que l’illustratrice Maly Siri animera un atelier intitulé Muses nocturnes – édition saphique. Le public pourra aussi assister à des conférences et tables rondes abordant des thèmes essentiels, tels que le désir, les relations, le consentement et la diversité. Parmi les temps forts, Minuit Tendre présentera le Guide 2ELGBTQIA+ : comment s’y retrouver et être allié.e, et le docteur Nicolas Côté Saucier proposera une conférence consacrée à l’art des drag queens.
Enfin, plusieurs zones thématiques viendront structurer l’expérience, dont le Village Libertin, le Donjon Opalace, ainsi que les espaces dédiés au Wiggle Room et au Cinéma l’Amour.
Pensé comme un événement grand public, inclusif et bienveillant, le Salon Tentation s’adresse à toute personne curieuse d’apprendre, de s’inspirer ou simplement de vivre une expérience culturelle différente, dans un cadre sécuritaire et respectueux. 6
MARC LANDREVILLE redaction@fugues.com
INFOS | Salon Tentation Montréal — 13, 14 et 15 février 2026
Grand Quai du Port de Montréal 18 ans et plus https://www.tentationmontreal.com



MONTRÉAL EN LUMIÈRE 2026
Quand l’hiver se fait festif, gourmand et rassembleur

Chaque hiver, Montréal relève le même pari audacieux : transformer le froid, la neige et les longues nuits en un terrain de jeu vibrant, chaleureux et résolument festif. Pour sa 27e édition, Montréal en Lumière revient du 20 février au 7 mars 2026 avec une programmation plus généreuse que jamais, articulée autour de ses trois piliers : la gastronomie, les spectacles et les activités hivernales. Et, bien sûr, avec en point d’orgue l’un des rendez-vous les plus attendus de l’année culturelle montréalaise : la Nuit blanche, le samedi 28 février 2026.
Né d’une volonté claire de redynamiser le centre-ville en plein hiver, Montréal en Lumière est aujourd’hui l’un des plus grands festivals hivernaux au monde. Plus qu’un événement, c’est un véritable antidote à la grisaille, un espace de rencontres, de découvertes et de plaisirs partagés, où l’on célèbre autant la créativité que la diversité des publics qui composent la métropole.
Une porte-parole fidèle… et convaincue
L’entrepreneure et animatricee Alexandra Diaz agit, pour la 3e fois, à titre de porte-parole de l’événement. Un rôle qu’elle endosse avec enthousiasme : « Il n’y a rien de meilleur pour le moral et pour la santé que de manger avec des ami·es, voir des spectacles et jouer dehors. Je suis extrêmement heureuse de contribuer à faire connaître la délicieuse programmation de l’événement encore cette année! »
Un résumé parfait de l’esprit Montréal en Lumière, qui mise sur le plaisir simple — mais essentiel — d’être ensemble, même (et surtout) quand le mercure chute.
Une gastronomie en mode mémoire et transmission
Cette année, la programmation gourmande se teinte de nostalgie avec une thématique qui ravira les passionné·es de bouffe et d’histoire : Une bouchée d’histoire : 65 ans de gastronomie montréalaise. Développée en partenariat avec le Musée McCord Stewart, cette programmation fait écho à l’exposition Au menu. Montréal : une histoire de restaurants et invite à revisiter l’évolution culinaire de la métropole.
Des chef·fes d’ici et d’ailleurs replongeront dans les archives gastronomiques montréalaises à travers des menus exclusifs, des clins d’œil rétro et des créations inspirées des grandes tables qui ont marqué l’histoire de la ville. Le tout prendra vie dans le cadre des désormais mythiques Bonnes Tables Air France, véritables incontournables du festival.
Couronné Événement gastronomique de l’année aux derniers Lauriers de la gastronomie québécoise, Montréal en Lumière s’impose non seulement comme le plus grand rendez-vous gourmand au Canada, mais aussi comme le seul festival du pays à accueillir un aussi vaste contingent de chef·fes internationaux.
Quelques chiffres qui donnent l’eau à la bouche : plus de 80 Bonnes Tables Air France; 25 étoiles Michelin; 9 restaurants du World’s 50 Best Restaurants; 49 jumelages internationaux; 30 jumelages canadiens; 29 nouveaux restaurants participants. Et plus de 90 artistes de la gastronomie invité·es
La carte interactive des Bonnes Tables, développée en collaboration avec Tastet, fera son grand retour, facilitant la planification de parcours gourmands personnalisés. Et pour celles et ceux qui prolongent la Nuit blanche jusqu’au lever du jour, les très attendus Brunchs en Lumière permettront de conclure l’aventure sur une note savoureuse.
Des spectacles pour réchauffer l’hiver
Côté musique et arts vivants, Montréal en Lumière propose une programmation éclectique, à l’image de la scène culturelle montréalaise. Parmi les artistes d’ici à l’affiche : Robert Robert, Mike Clay, The Barr Brothers, K.Maro et Louis-Jean Cormier. À ne pas manquer également,
la sensation rap gatinoise kinji00, tout juste 18 ans, le groupe culte Sloan, ainsi que les premières montréalaises très attendues de Loud et de Lou-Adriane Cassidy, fraîchement consacrée au dernier Gala de l’ADISQ. Le festival accueillera aussi The Brooks pour une soirée bénéfice au profit de SoulFest MTL, contribuant à faire rayonner la soul, le funk et le R&B à Montréal.
Une ouverture électrisante
L’ouverture du site extérieur sera confiée à Perceval, DJ et compositeur français surnommé le roi de la techno médiévale. Il signera un set gratuit à la Station DJ Rogers, lançant officiellement les festivités avec une proposition audacieuse et immersive.
Côté international, le public pourra découvrir Samm Henshaw, rappeur britannique remarqué aux côtés de James Bay et Chance the Rapper, assister à une performance du collectif de danse (LA)HORDE, à la tête du Ballet national de Marseille dans le cadre de Danse Danse ou encore vibrer avec Feu! Chatterton, dont le spectacle affiche déjà complet. Mention spéciale pour la collaboration inédite entre LaF et Original Gros Bonnet, qui uniront hip-hop et grooves jazz lors d’un spectacle unique et festif.
Le site extérieur : cœur battant du festival
Les trois volets de Montréal en Lumière convergent sur la Place Loto-Québec, véritable terrain de jeu hivernal au cœur du Quartier des spectacles. On y retrouve le chalet de patin Tim Hortons, l’incontournable Sentier de patin Loto-Québec, la Station DJ Rogers pour des soirées rythmées, sans oublier La Grande Roue Intuit TurboImpôt, qui promet une vue spectaculaire sur le centre-ville illuminé.
Nouveauté 2026 : un Village gourmand élargi
Présenté par Miele en collaboration avec Radio-Canada, le Village gourmand s’agrandit et proposera sous un même chapiteau : le bistro SAQ, des ateliers et conférences, des journées thématiques, dont Cidre de glace du Québec, le 6 mars, et une compétition culinaire quotidienne, ajoutant une touche ludique et participative à l’expérience.
Pour se réchauffer, le restaurant éphémère Chez Canton, situé au 2e étage de la Maison du Festival, fera son retour avec ses fondues réconfortantes et son menu familial (réservations via Libro). Le parcours LUMINO, orchestré par le Partenariat du Quartier des spectacles, illuminera aussi le centre-ville avec une trentaine d’œuvres artistiques, intérieures et extérieures. Les familles ne seront pas en reste : durant la semaine de relâche, le site extérieur proposera une programmation spéciale autour de l’alimentation et des plaisirs d’hiver, en collaboration avec Télé-Québec.
La Nuit blanche : Montréal en mode festif, nocturne et queer Moment phare de Montréal en Lumière, la Nuit blanche à Montréal se déroulera le samedi 28 février 2026, présentée par la Banque Nationale, en collaboration avec la Société de transport de Montréal (STM) et avec le soutien de la Ville de Montréal. Le temps d’une nuit, la métropole troque son manteau d’hiver pour une énergie électrisante et résolument festive, transformant ses rues, ses salles et ses lieux culturels en un immense parcours nocturne où tout semble possible.
Véritable célébration de la nuit, la Nuit blanche est depuis longtemps un rendez-vous prisé des communautés créatives et LGBTQ+, qui y trouvent un espace de liberté, d’expression et de rencontres. Clubs, bars, galeries, musées, lieux alternatifs et espaces publics s’animent jusqu’à l’aube, accueillant DJ sets, performances drag, happenings artistiques, projections immersives et expériences hybrides, souvent audacieuses et hors normes. On y danse autant qu’on y déambule, passant d’un lieu à l’autre au gré des envies, des recommandations croisées et des coups de cœur spontanés. Chaque année, des dizaines de milliers de noctambules — fêtard·es aguerri·es, étudiant·es, artistes, curieux·ses et communautés marginales — bravent le froid pour s’approprier la ville autrement. La Nuit blanche devient
alors un rare moment de mixité joyeuse, où les codes s’effacent, où les genres se brouillent et où la fête se vit sans hiérarchie ni étiquette. Que l’on enchaîne les pistes de danse, que l’on explore une installation sonore à trois heures du matin ou que l’on termine la nuit autour d’un brunch bien mérité, l’expérience est résolument collective.
Si la programmation complète de l’édition 2026 sera dévoilée en février, on peut déjà anticiper une offre foisonnante fidèle à l’ADN de l’événement : une majorité d’activités gratuites ou à faible coût, une forte présence de la scène locale, une diversité de propositions queer et underground, et une accessibilité accrue grâce à un réseau de transport en commun bonifié pour l’occasion. Du Quartier des spectacles au Village, en passant par des lieux parfois insoupçonnés, la Nuit blanche invite à redécouvrir Montréal comme un vaste club à ciel ouvert.

Plus qu’une simple nuit de sorties, la Nuit blanche est un rite urbain, une parenthèse libératrice au cœur de l’hiver, où la ville se donne le droit d’être excessive, inclusive, sensuelle et créative. Une nuit où l’on célèbre la diversité, le plaisir et la liberté d’exister pleinement — jusqu’au lever du jour. 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | Montréal en Lumière se déroulera du 27 février au 7 mars 2026 (programmation gourmande dès le 20 février) dans le Quartier des spectacles ! Consultez tous les détails de la programmation sur https://montrealenlumiere.com



Alors que l’hiver bat son plein, le Musée des beaux-arts de Montréal offre un refuge pour le cœur et l’esprit. Chaque visite est une invitation à ralentir, un appel à l’émotion et à la réflexion. Venez vous réchauffer au Musée, et laissez-vous porter par la peinture subversive de Kent Monkman, la poésie autochtoqueer et les portraits profondément humains de Richard Avedon.
Le compte à rebours est lancé ! Vous avez seulement jusqu’au 8 mars pour voir Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs. Ayant déjà attiré près de 100 000 personnes, cette exposition encensée par la critique raconte notre histoire commune à travers une perspective autochtone et queer.
Sous les traits de son alter ego bispirituel, Miss Chief Eagle Testickle, Monkman renverse les récits coloniaux. Sa grande maîtrise technique et son audace ne laissent personne indifférent. Si vous n’avez pas encore eu la chance d’admirer ses tableaux monumentaux, faites vite : ne manquez pas ce rendez-vous artistique dont tout le monde parle !
Afin de poursuivre la réflexion, le MBAM vous invite à une soirée inédite le mercredi 4 février à 19 h. Cinq auteurices autochtoqueers se réuniront pour livrer des récits et des poèmes originaux, inspirés par l’exposition de Kent Monkman
Avec la participation de Joshua Whitehead (Oji-Cri), de Diane Obomsawin (W8banaki), de Katsitsanoron (Kat) Dumoulin-Bush (Kanien’kehá:ka), de Tenille K. Campbell (Déné et Métis) et de Jordan Abel (Nisga’a). L’entrée est gratuite. Réservez votre place à MBAM.QC.CA



Dès le 12 février, découvrez la nouvelle exposition Richard Avedon : Immortel. temps qui passe, 1951-2004. Elle réunit une centaine de portraits de personnalités iconiques, dont Samuel Beckett, Toni Morrison, Truman Capote, Duke Ellington et Patti Smith, immortalisées par le célèbre photographe. Ces œuvres puissantes témoignent d’une expérience universelle : le vieillissement. En rupture avec les canons de la mode, Avedon met en lumière chaque ride, chaque pli, chaque marque laissée par le temps ou nos combats intérieurs.

Buvette de l’amour le jeudi 12 février ! Profitez d’une ambiance décontractée, parfaite pour une Saint-Valentin sous le signe de la découverte artistique. Visite guidée, atelier créatif, soirée littéraire ou festive... Toutes les raisons sont bonnes pour trouver l’inspiration au Musée en ce début d’année ! 6 CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com
INFOS | https://www.mbam.qc.ca


Il faut parfois cesser de vouloir tout expliquer. Cesser d’analyser, de contextualiser, de mesurer l’héritage. Avec Queen, surtout avec Freddie Mercury, l’expérience la plus juste demeure souvent la plus simple : ressentir. C’est précisément ce que propose QueenHeaven, une expérience immersive présentée au Hall Est du Stade olympique, dans un nouveau Dôme immersif qui entend faire vibrer Montréal au rythme des grandes figures de la culture pop.
Pensée et produite au Québec, l’installation frappe d’abord par son dispositif. Ici, pas d’écran frontal ni de distance sécurisante : le public est littéralement englouti dans un espace circulaire de 360 degrés, sous un dôme de 10 mètres de diamètre, où images et son se déploient sans rupture. Le résultat est enveloppant, parfois même déstabilisant — et c’est

exactement ce qu’on demande à une expérience immersive digne de ce nom. Queen Heaven se déploie en deux temps. Le premier relève presque du rêve éveillé. Un univers fictif, onirique, inspiré de l’esthétique flamboyante de Mercury, invite à lâcher prise. On n’est pas dans le biopic ni dans la chronologie : on entre plutôt dans un imaginaire, dans une ambiance, dans une émotion. Comme si la scénographie tentait de capter ce qui faisait la singularité de Freddie — ce mélange d’excès, de fragilité, de théâtralité assumée.
Puis vient le second volet, plus frontal, plus électrique : Queen en concert, ou du moins ce qu’il en reste à travers des archives rares, des photos inédites et des extraits de vidéoclips devenus mythiques. Les titres s’enchaînent — Bohemian Rhapsody, We Will Rock You, Radio Ga Ga, Who Wants to Live Forever, We Are the Champions — et rappellent pourquoi Queen demeure une machine émotionnelle aussi puissante. Même pour celles et ceux qui croient connaître ces chansons par cœur, l’immersion redonne une densité nouvelle à l’écoute.
Il serait tentant de lire Q ueen H eaven uniquement comme un hommage nostalgique. Ce serait passer à côté de l’essentiel. Ce que l’expérience ravive, c’est aussi la dimension profondément libératrice de Queen — et, par extension, de Freddie Mercury. Une façon d’occuper l’espace, de jouer avec les codes de la masculinité, de faire du corps et de la voix des terrains de liberté. Sans discours appuyé, sans manifeste, l’expérience rappelle à quel point Mercury a ouvert des brèches, bien avant que le mot « représentation » ne devienne un slogan.
Approuvée par les membres du groupe, d’une durée de 77 minutes, Queen Heaven s’inscrit comme un rendez-vous pop assumé — à vivre entre ami·e·s, en couple ou en solo, mais surtout sans cynisme. On en ressort avec cette impression rare d’avoir été moins spectateur que participant, emporté dans un univers qui ne demande qu’une chose : qu’on s’y abandonne.6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com
INFOS | Queen Heaven est présenté du mercredi au dimanche au Hall Est du Stade olympique. https://www.domeimmersif.com

MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
Et si une simple visite venait bouleverser toutes vos certitudes sur la famille et l’amour ? C’est le pari audacieux et réussi de Le mari de mon frère, une tétralogie signée Gengoroh Tagame, dont les deux premiers opus sont réunis dans le premier tome d’une intégrale paru chez Akata.

La BD débute avec Yaichi, père célibataire japonais, dont la vie tranquille est bouleversée par l’arrivée de Mike Flanagan, un Canadien venu rendre hommage à son mari, Ryôji, récemment décédé et qui était le frère jumeau de Yaichi. Cette visite inattendue ébranle le jeune père, car la présence imposante de Mike l’oblige à affronter des aspects insoupçonnés de son frère auxquels il n’avait jamais osé se confronter, tout en le forçant à remettre en question ses propres préjugés.
C’est à travers le regard curieux de sa fille Kana que Yaichi découvre l’homme ayant partagé la vie de son frère. Les questions naïves et directes de celle-ci sur l’amour entre hommes l’amènent à explorer des sujets qu’il n’aurait probablement jamais osé aborder de lui-même. Ce premier tome aborde des thèmes tels que l’intolérance, la sortie du placard, le poids du regard porté par les autres, le deuil et la famille recomposée, en ne tombant cependant jamais dans le pathos.
Ce qui frappe évidemment, c’est le contraste marqué entre cette série et les œuvres antérieures de Gengoroh Tagame, avant tout reconnu pour ses mangas homoérotiques à forte dominante SM. Ici, l’auteur opère un changement radical : il met son talent graphique et narratif au service d’une histoire accessible à tous, sans renier la beauté et la force de ses personnages masculins, mais en les inscrivant dans une intrigue familiale. Ce choix audacieux lui permet de toucher un large public, tout en conservant la profondeur et la sincérité qui font la richesse de son travail. Le manga a d’ailleurs remporté le Prix d’excellence du 19e Japan Media Arts Festival. À noter que l’ouvrage s’accompagne d’une longue entrevue avec le bédéiste, ainsi que de plusieurs pages couleur sur papier glacé. On attend déjà avec grande impatience la publication du second tome de l’intégrale, qui est prévue un peu plus tard ce printemps.6
INFOS | LE MARI DE MON FRÈRE : INTÉGRALE (TOME 1 DE 2) / GENGOROH TAGAME. RANCON : AKATA, 2024, 380 P.

Pierre, un tout jeune garçon, se fait initier à la chasse par son père alors que, de tempérament rêveur, il souhaiterait simplement observer la beauté des montagnes et la coucher du soleil sur son carnet à dessins. Au fil du temps et des excursions, il prend conscience que, tant pour son père que pour lui-même, il n’est que source de déception. Le bédéiste David Combet met en scène une histoire où la pratique de la chasse et l’imposition des codes traditionnels de virilité, incarnés par un père persuadé d’agir pour le bien de son fils, servent de reflet à un affrontement entre valeurs et générations. Cette fracture se cristallise pleinement lorsque Pierre, toujours poussé par son père, doit tuer un Tétras lyre (un coq de bruyère) qu’il contemplait pourtant avec admiration.
Le récit oscille entre le présent et plusieurs périodes clés de sa jeunesse qui hantent sa mémoire : de l’innocence du « Manuel des castors juniors » qu’il dévore pour devenir un parfait petit scout, jusqu’aux premiers émois devant le torse nu de Tom Welling, le Superman de la série Smallville. Parallèlement, il est confronté au discours de son père, parsemé de blagues de pédés. Ce parcours le mène progressivement à la construction de sa vision de la masculinité et du type d’hommes vers qui porte son désir. Un désir qui se concentre, aujourd’hui, sur Simon Chevalier, un artiste accompli incarnant l’idéal qu’il poursuit : un homme qui s’impose avec assurance dans le milieu des arts, où il domine tranquillement tous ceux qui l’entourent. Il se perd rapidement dans cette adoration jusqu’au moment où l’illusion se brise et qu’il réalise que son parcours artistique et ses désirs ne sont en réalité que le miroir d’un modèle imposé par son père. Au-delà d’un récit prenant, la bande dessinée se démarque par une esthétique visuelle remarquable : elle joue sur des couleurs tantôt froides, tantôt chaudes, et propose des cadrages immersifs qui accentuent la tension du récit. Les illustrations alternent entre de larges panoramas et des détails très précis, mettant en valeur à la fois la majesté des paysages et la vulnérabilité des personnages. Certaines planches sont particulièrement marquantes, comme cette double page (166-167) composée d’une mosaïque des parties du corps de Simon, qui attisent le regard de Pierre. Un véritable chef-d’œuvre visuel.6
INFOS | LA MISE À MORT DU TÉTRAS LYRE / DAVID COMBET. PARIS : GLÉNAT, 2025, 282 P.
L’ÉPREUVE DU FEU (UNE ENQUÊTE
Un entrepôt de Venise est ravagé par un incendie aux origines obscures. Ce fait, qui paraît banal au premier regard, met rapidement en lumière des affaires de corruption, des secrets familiaux bien enfouis et des tensions sociales, en particulier celles liées à la marginalité et à la diversité. Ce 33e opus des enquêtes du commissaire Brunetti nous plonge dans une Venise contemporaine, marquée par l’émergence de bandes d’adolescents violents qui s’affrontent dans les rues et sèment le chaos. Le fils d’un héros de guerre semble y être directement impliqué et plusieurs cercles manœuvrent afin d’étouffer l’affaire et ainsi de protéger l’image du père. Ce besoin viscéral de préserver les apparences, et de ne jamais prêter flanc aux qu'en-dira-t-on, complexifie l’enquête en multipliant les secrets et les non-dits, ce qui rend les motivations de chacun difficiles à cerner.
C’est ainsi que Maurizio Cataldo, un restaurateur réputé, cache sa relation amoureuse avec un autre homme afin d’éviter l’exclusion sociale, voire la ruine, ce qui le rend paradoxalement encore plus vulnérable au chantage. Comme c’était le cas de l’autre titre de la série touchant
des thèmes gais, Quand un fils nous est donné, le commissaire ne se limite pas à mener une enquête, mais porte également un regard très critique sur la société vénitienne. À travers lui, l’autrice Donna Leon met en lumière des fractures sociales qui persistent, derrière les façades élégantes des mieux nantis.

Le roman illustre éloquemment l’hypocrisie d’une société qui se prétend moderne et bienveillante, tout en demeurant empreinte de préjugés. L’intrigue est solide, mais se distingue par un rythme plus posé que celui des tomes antérieurs, ce qui offre la possibilité d’explorer plus en profondeur les aspects sociaux du récit. Le roman s’apparente ainsi davantage à une enquête policière sociale qu’à un polar classique. 6
INFOS | L’ÉPREUVE DU FEU / DONNA LEON. PARIS : CALMANN LÉVY, 2025, 349 P. (COLL. « NOIR »)

Dans ce second volet, Gengoroh Tagame dévoile la mécanique implacable et irréversible visant à réduire Ginjiro, ancien séducteur arrogant, au rang d’esclave sexuel dans le Tokyo du 19e siècle. Alors qu’il pensait avoir échappé à l’emprise de ses geôliers, Ginjiro tombe entre les mains tout aussi cruelles de malfrats qui l’utilisent comme objet de plaisir. Après avoir revu une femme qu’il aimait et brièvement recouvré les vestiges de sa virilité, il se retrouve de nouveau prisonnier de ses maîtres, qui s’acharneront à briser ses dernières illusions et à effacer toute trace de résistance. On assiste ainsi à une séance de tatouage où sa queue et ses couilles sont à jamais marquées de symboliques féminines, un papillon et des fleurs, qu’il ne pourra jamais cacher et qui viennent consacrer, dans l’imaginaire de l’époque, sa déchéance et sa réduction à l’état de simple catin. Attention aux lecteurs sensibles : cette déchéance se manifeste également à travers des passages d’une violence et d’une cruauté marquées. Ce retour auprès de ses bourreaux s’accompagne d’une confrontation avec Tsune, l’homme qu’il avait séduit puis trahi afin de s’évader. Humilié, Tsune se jure de le briser et d’en faire sa chose : de le faire gémir de désir et de s’abandonner au plaisir, brouillant ainsi la frontière entre résistance et abandon. Sa rancœur est cependant également alimentée par la blessure qu’il ressent d’avoir vu ses sentiments bafoués, si bien que la violence exprimée s’enracine autant dans la douleur de l’âme que dans un désir de vengeance. L’intrigue explore efficacement les rapports de domination, dans une atmosphère où se mêlent violence, désir et pouvoir. Tagame dépeint avec une précision glaçante la décadence et la perte d’identité, offrant une œuvre qui choque autant qu’elle fascine. Ginjiro, autrefois maître de son destin, devient une « chose » soumise à la volonté des autres. Son arrogance précipite sa chute, révélant la fragilité des statuts sociaux au cœur d’un Japon corrompu par l’argent et le plaisir, l’exploitation et l’hypocrisie. C’est ainsi qu’il reçoit les visites répétées des mêmes clients, qui jurent cependant ne pas être attirés du fait qu’il est un homme, mais bien simplement parce qu’il est disponible. Le réalisme cru des scènes, allié à une reconstitution historique méticuleuse, confère à ce récit une intensité exceptionnelle. Ce tome s’impose comme une œuvre audacieuse et cohérente, dépassant la charge érotique qui imprègne chaque page, pour aborder des thèmes universels, tels que le pouvoir, l’identité et la décadence. On ne peut que brûler d’impatience en attendant la sortie du dernier tome de cette trilogie remarquable. L’ouvrage s’accompagne de 12 planches pleine page en noir et blanc.6
INFOS | FLEUR D’ARGENT (VOLUME 2 DE 3) / GENGOROH TAGAME. PARIS : DYNAMITE, 2025, 288 P.
Le couple le plus puissant de l’univers Marvel –Wiccan et Teddy – est de retour dans une minisérie de cinq numéros où ils se retrouvent piégés dans une réalité surnaturelle où leurs pouvoirs respectifs sont inopérants et où la survie de chacun ne semble tenir qu’à un fil.

Alors qu’ils souhaitaient s’échapper pour une petite escapade romantique, Billy Kaplan (Wiccan) et Teddy Altman (Hulkling) s’écrasent dans une petite ville isolée où la magie paraît corrompue. En effet, alors qu’il tente d’appliquer un sortilège de guérison à Teddy, grièvement blessé, Billy réalise qu’il a perdu tout contact avec les forces occultes. Privés de leurs atouts habituels, les deux héros doivent compter sur leur intelligence et la puissance de leur attachement pour survivre à une menace qui semble tout droit sortie de vieux contes folkloriques russes : la Baba Yaga. Après avoir changé Teddy en statut et tranché la tête de Billy, la sorcière dont la chaumière est montée sur des pattes de poulet lui révèle ses intentions : le ramener sur la Route des sorcières, où la présence du jeune sorcier serait requise. Pour quelle raison ? Quelles sont ses intentions ? Mystère !
Écrit par Wyatt Kennedy, ce premier numéro combine efficacement romance, suspense, magie et tension psychologique, tout en demeurant accessible aux personnes qui ne sont pas familières avec les deux jeunes héros. Visuellement, les planches d’Andy Pereira et Bryan Valenza sont empreintes de couleurs sombres et contrastées, qui accentuent la sensation de danger et de mystère. Les adeptes de la série Disney AgathaAllAlong(Agatha àchaquefois)pourraient s’interroger sur la possibilité d’un lien entre cette bande dessinée et la série, étant donné que la Route des sorcières y occupe également une place i mportante. Par ailleurs, cette publication pourrait bien préparer le terrain pour l’intégration de Billy dans le Marvel Cinematic Universe, puisque les Young Avengers, dont il est l’un des membres fondateurs, sont attendus dans le film Avengers: Doomsday (Avengers : DocteurDoom), dont la sortie est prévue pour décembre 2026. Le personnage de Teddy n’ayant pas encore été introduit au cinéma, ce serait un peu étrange, mais qui sait ce qui se traficote dans l’ombre des studios.
Dans l’intervalle, cette nouvelle série se révèle un pur plaisir et on ne peut qu’attendre avec la plus grande impatience la publication des nouveaux numéros..6
INFOS | WICCAN WITCHES’ ROAD / WYATT KENNEDY, ANDY PEREIRA & BRYAN VALENZA. NEW YORK : MARVEL, 2026- (NO 1 DE 5), 34 P.

Entre partys, prestations de drags, activités communautaires, pièce de théâtre, exposition festivals, galas ou événements plus ou moins underground, découvrez LA sélection des choses les plus gaies, queer (ou LGBTQ-friendly) à faire en ville chaque mois…
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

Freddie Mercury et le groupe Queen ont marqué durablement la culture populaire, inspirant de nombreuses biographies ainsi qu’un film en 2018, Bohemian Rhapsody, dont certains aspects ont suscité la controverse. Est-il encore possible d’apporter un regard inédit sur l’histoire de cet artiste ? Peut-être… D’entrée de jeu, cette biographie, signée Lesley-Ann Jones, s’ouvre sur la promesse d’un regard intime à travers la mention « La vie secrète de Freddy par son journal intime », qui en orne la couverture. Forte de son expérience avec trois ouvrages déjà consacrés au chanteur, l’autrice dit s’être appuyée sur une source inédite : 17 carnets manuscrits attribués à Mercury. L’ouvrage permet donc de pénétrer au cœur des pensées les plus personnelles du chanteur : ses doutes, ses désirs et ses réflexions sur la célébrité, sa sexualité et ses œuvres. C’est ainsi qu’il confie se sentir prisonnier de son propre personnage, avoue ressentir une solitude profonde malgré la gloire qu’il connaît et il qualifie la chanson «Bohemian Rhapsody» de confession déguisée, ce qui change évidemment la lecture que l’on peut en faire.
La question centrale est cependant de savoir quelle est l’origine des carnets, puisqu’ils constituent la source de ce regard nouveau. D’après l’autrice, elle aurait obtenu ces informations grâce à la fille du chanteur restée inconnue jusqu’à ce jour, née en 1977 et simplement identifiée par « B », avec qui Mercury aurait entretenu une relation cachée jusqu’à son décès. Le livre évoque certaines preuves –cartes signées « Papa », cadeaux personnalisés, souvenirs de voyages – pour étayer ses dires, mais il faut souligner qu’aucune vérification indépendante n’a pu être effectuée et que leur authenticité repose donc essentiellement sur la confiance que l’on peut accorder à « B. » Bien que l’ouvrage apporte des éclairages fascinants et soulève même des questions intéressantes sur Freddie Mercury, il convient cependant de l’aborder avec une certaine prudence, puisqu’il demeure basé sur des sources confidentielles, plus proches du témoignage intime que de sources avérées et documentées. 6
INFOS | AFFECTUEUSEMENT, FREDDIE / LESLEY-ANN JONES. BERNAY : CITY-ÉDITIONS, 2025, 382 P. (COLL. « DOCUMENT »)

Deux hommes se retrouvent dans un sauna, animés par une attente précise, un point de rencontre qui marque leur esprit et leur chair depuis des mois : le sling qui permettra de libérer tous leurs fantasmes. L’écriture érotique est un défi difficile à relever, mais Laurent Herrou parvient à le faire en évitant les pièges habituels du ridicule ou de la banalité dans lesquels on peut aisément sombrer. Tout au contraire, il réussit à allier l’excitation et l’attente qui animent ses protagonistes à une grande authenticité, tant dans la description des lieux que dans les dialogues. C’est ainsi qu’il crée un contraste entre la fébrilité des deux hommes et la curiosité distante, presque indifférente, que leur manifestent les autres présents dans les méandres du sauna. « Nous marchons dans les couloirs, à pas lents, consciencieux : ta taille attire les regards, mais parfois, leurs yeux se posent sur ma poitrine velue, sur ma chevelure blonde ou sur mon sexe. Ta main sur mes fesses leur indique que je t’appartiens, comme les deux clés que tu arbores ostensiblement… » L’ouvrage se présente comme une autofiction, un genre où s’entrelacent réalisme autobiographique et pure invention, ou, comme l’auteur le dit si bien, une « autopornofiction ». Le récit oscille entre la première rencontre fortuite des deux hommes, sur une plage naturiste, et le moment fort, attendu et désiré, autour du sling. Au lieu de se perdre dans des détours scénaristiques inutilement complexes, il garde une ligne narrative claire en se concentrant sur la quête d’abandon recherché. À l’encontre du cliché habituel, cet abandon ne se cantonne pas seulement autour de celui qui est dominé ; il touche également celui qui domine, la charge du pouvoir étant clairement équilibrée. « Langue à langue, barbes et salives se mêlent dans nos souffles, nos yeux grands ouverts pour profiter du plaisir de l’un et de l’autre. Tes reins contre les miens. » Un roman haletant où la libération des pulsions et la chaleur des peaux transparaissent à travers chacune des pages.6
En 2021, l’auteur américano-vietnamien
Dustin Thao a connu un grand succès avec le roman Vous êtes dans la boîte vocale de Sam, qui s’est rapidement hissé dans la liste des meilleurs titres de littérature pour jeunes adultes. Depuis lors, deux autres romans explorant le même univers ont été publiés. Dans le premier tome, Julie, profondément affectée par la mort de son copain dans un accident de voiture, composait son numéro de téléphone pour entendre une dernière fois son message d’accueil. Contre toute attente, Sam répond. Au fil de ces échanges improbables, ils se disent adieu, permettant à Julie de réapprendre à vivre. Les deux autres romans explorent la même tonalité, où romance et introspection s’entremêlent avec une touche de surnaturel, mais en se tournant cette fois-ci vers des personnages issus des communautés LGBTQ.
Quand Haru était là

Éric Ly est dévasté par la mort de son meilleur ami, Daniel. Sa vie bascule lorsqu’il rencontre Haru Tanaka lors d’un voyage au Japon. Haru est mystérieux, quasi insaisissable, et leur rencontre semble presque anecdotique… jusqu’à ce qu’Haru réapparaisse dans sa vie, des mois plus tard, mais sous la forme d’une présence fantomatique qui demeure invisible aux autres.

Le roman explore la frontière entre le réel et l’imaginaire, tout en abordant les thèmes du deuil et de la reconstruction.
Salut, c’est Oliver
Ce roman se situe dans la continuité du premier en explorant le destin d’Oliver, le meilleur ami de Sam, décédé depuis un an. Incapable de surmonter son chagrin, Oliver s’accroche à un rituel innocent afin de maintenir un lien avec le passé : lui envoyer des textos. Un jour, il appuie par mégarde sur le bouton d’appel et quelqu’un décroche. Il ne s’agit pas de Sam, le numéro ayant été réattribué, mais de Ben, qui a pris connaissance des textos depuis déjà plusieurs mois. Ce hasard devient le point de départ d’une relation inattendue et, lorsqu’ils se rencontrent enfin en personne, l’étincelle est indéniable. Tout semble parfait jusqu’à ce qu’Oliver découvre quelque chose d’étrange, en lien avec l’espace-temps, qui pourrait les empêcher d’être ensemble.
Les éléments fantastiques des romans de Dustin Thao ne servent pas à créer un univers irréel, mais à offrir aux personnages un moment où l’impossible devient possible, le temps de guérir et de comprendre ce que signifie aimer ou perdre. Grâce à une écriture simple et sensible, le lecteur ne se contente pas de suivre l’histoire : il ressent pleinement les émotions des personnages dont la rencontre paraît dictée par une fatalité mystérieuse, comme si leurs destins s’étaient secrètement accordés pour se rejoindre.6
INFOS | QUAND HARU ÉTAIT LÀ / DUSTIN THAO. MONTRÉAL : ÉDITIONS PETIT HOMME, 2024, 350 P.
SALUT, C’EST OLIVER / DUSTIN THAO. MONTRÉAL : ÉDITIONS PETIT HOMME, 2025, 367 P.
Captif d’un hiver qui semble éternel, le village de Saint-Nicolas-des-Marins laisse peu à peu sourdre les aspects les plus sombres de la nature humaine. Au cœur de cette atmosphère de fin du monde, deux hommes que tout devrait séparer luttent pour ne pas sombrer dans l’abîme : Nico, gardien du phare et fils de sorcière, et Élio Cabale, boucher.
Le roman d’Alex McCann nous plonge dans un univers qui célèbre à la fois les contes d’autrefois et l’esprit du « Survenant » de Germaine Guèvremont. Le village, figé dans un hiver interminable, paraît hors du temps et, à mesure que le froid s’installe, les habitants deviennent de plus en plus méfiants envers l’étranger, le fils de la défunte « sorcière », qu’ils tiennent éventuellement pour responsable de leurs malheurs. Pourtant, à l’instar de sa mère, Nico apporte soutien et réconfort aussi bien aux villageois qu’aux marins, dont les corps restent captifs dans la glace d’une mer gelée, tandis que leurs suppliques se perdent dans la nuit : « Je frotte leurs joues, leurs fronts et j’embrasse leurs lèvres. […] Tous, qu’ils soient vivants ou presque morts, ont droit à une attention. Même celui dont on ne peut voir que la main, ou celui dont seules quelques mèches de cheveux ont réussi à éviter l’emprise de la glace ».

Sous l’emprise de la faim et du désespoir, les villageois deviennent insensibles à la détresse des plus faibles, allant jusqu’à abandonner les enfants de l’orphelinat à la lisière de la forêt afin de ne plus avoir à les nourrir. Nico, les retrouvant, décide de les protéger et promet de se venger en blessant les villageois au cœur de ce qu’ils ont de plus précieux : leur propre progéniture.
Au milieu de la tourmente, l’attachement qu’il éprouve pour Prune, une fillette différente qualifiée de « fruit trop mûr, abîmé prématurément », surnage, tout comme la tendresse et le désir qu’il partage avec Élio : « Ses lèvres, qui n’ont pas été brûlées par des années de soleil et d’embruns salés, sont douces et sucrées. Elles me rappellent les jours d’été passés à manger des baies, caché dans les buissons ». Pourtant, le chemin de la vengeance qu’il décide d’emprunter ne menace-t-il pas justement de détruire sa part d’humanité ?
Un roman extrêmement maîtrisé, qui surprend parfois par l’audace avec laquelle il entrelace réalisme et symbolisme. Les images dépeintes demeurent toujours accessibles et compréhensibles et sont d’une telle force qu’on en ressort durablement bouleversé et marqué. Ainsi, les marins, prisonniers d’une gangue de glace et délaissés par la population, incarnent sans doute une puissante métaphore de la vulnérabilité humaine et de la montée des préjugés et de la tyrannie. L’écriture, précise et élégante, offre par ailleurs des phrases d’une simplicité désarmante qui résonnent longtemps en nous : « Si ça se trouve, mourir est aussi simple que de tendre la main à quelqu’un qu’on aime. » Une œuvre à la fois percutante et profondément émouvante !6
INFOS | SAINT-NICOLAS-DES-MARINS / ALEX MCCANN. QUÉBEC : ALTO, 2026, 216 P.

L’amour est-il possible entre un César, le chef de la mafia russe, et Jeong Iwon, le jeune avocat russe ? Contrairement aux schémas classiques des Boy’s Love coréens, la réponse à cette question s’avère plus complexe que l’on pourrait croire. Dans l’opus précédent, César échappait de justesse à la mort et son Iwon tentait de composer avec le fait qu’il découvrait être le fils de Maikhail, le chef d’un clan rival de la mafia. Loin d’être un long fleuve tranquille, ce septième et ultime volume intensifie au contraire les tensions déjà présentes. César est submergé par une jalousie maladive et soupçonne Iwon des pires tromperies, alors qu’Iwon, de son côté, nourrit également des doutes sur les véritables intentions de César. À cette tension s’ajoute un assassin chargé d’exécuter un contrat sur Iwon, des intrigues politiques entre les deux familles rivales, ainsi que le chantage émotionnel exercé par Maikhail sur son fils. Bref, on se retrouve devant un cocktail Molotov qui menace d’exploser à tout instant !
Étrangement, le moment cathartique du récit survient alors que César semble perdre pied et basculer dans la folie, abusant Iwon dans des scènes sexuellement très explicites. Bien que les volumes antérieurs aient amené les questionnements du jeune avocat sur le plaisir paradoxal qu’il pouvait ressentir à être dominé, la bande dessinée ne fournit pas de réponses nettes quant à la nature de ses sentiments, ses comportements demeurant constamment ambigus et contradictoires. Si l’amour, la jalousie et la trahison s’entrelacent dans une succession de rebondissements captivants, il reste que certaines intrigues secondaires semblent ainsi avoir été laissées en suspens. L’histoire ne se termine de façon abrupte, mais elle laisse malgré tout l’impression qu’un ou deux chapitres font défaut, comme si certaines confrontations essentielles avaient été écartées. Globalement, ce septième opus demeure captivant et explicite, sans cependant apporter toutes les réponses souhaitées.6
INFOS | ROSES ET CHAMPAGNE (TOME 7 DE 7) / ZIG & TTUNG GAE. PARIS : DELCOURT, 2025, 319 P. (COLL. « KBL »)

Kiik éprouve des difficultés à s’endormir, car, depuis que sa famille a quitté le Pays de la pomme grenade, sa chère grandmère Guéta lui manque terriblement. Afin de réconforter son petit cœur, ses trois parents replongent dans les souvenirs évoqués dans trois lettres qu’elle leur a envoyées. Dès les premières pages, cet album jeunesse se démarque par son approche inclusive, mettant en scène une famille composée de trois parents, les belles personnes, dont les identités de genre restent volontairement imprécises, comme c’est d’ailleurs le cas pour Kiik. À travers la lecture des lettres, ciselées par l’auteur Nour Symon, le parent et l’enfant sont ainsi invité.e.s à pénétrer dans un monde imaginaire où l’on danse au gré des vents polaires, où l’on fredonne des airs fantasques et entraînants, et où l’on s’élance dans des acrobaties pleines de fantaisie. Le livre séduit également par la splendeur des illustrations, réalisées par Élodie Dermange, qui créent un univers onirique baigné de couleurs pastel, renforçant sa dimension irréelle. L’album laisse aussi une place à l’improvisation pour les parents, qui peuvent choisir des passages dans chaque lettre et s’inventer une mélodie entraînante, portée par les « tamtam dilalam » qui enrubannent les différentes illustrations. Pour les enfants de 3 à 6 ans.6
INFOS | DOUX RÊVES, BELLES PERSONNES / NOUR SYMON & ÉLODIE DERMANGE. MONTRÉAL : ÉDITIONS DENTDE-LION, 2025, 32 P.

Il existe des films qui racontent une histoire d’amour, et d’autres qui, plus discrètement, entrouvrent une porte sur une vie qu’on n’avait même pas osé imaginer. Montréal,mabelle, de la cinéaste sino-canadienne Xiaodan He, appartient clairement à cette seconde catégorie. À la fois drame familial et romance lesbienne d’une délicatesse rare, le film donne corps à un éveil tardif, vécu au croisement de l’exil, des tensions culturelles et de ces loyautés qu’on traîne comme des valises trop lourdes.
Au cœur du récit, Feng Xia, immigrante chinoise de 53 ans, mariée, mère de deux enfants, installée à Montréal depuis longtemps. Sa vie tient debout — au sens pragmatique du terme. Mais cette stabilité a le goût d’une discipline apprise : celle qui consiste à tenir, à ne pas déranger, à se faire petite, à servir. Feng Xia semble façonnée par un ensemble de règles implicites — familiales, culturelles, conjugales. Son mariage, sans violence spectaculaire mais sans tendresse non plus, ressemble à un espace où l’on cohabite plus qu’on ne se rencontre. Le film bascule lorsque Feng Xia croise Camille (Charlotte Aubin), une Québécoise plus jeune, vive, spontanée, intensément présente à elle-même. Camille n’est pas une simple fantaisie, ni une «libératrice» plaquée sur un récit d’émancipation. La relation s’installe avec une lenteur organique : par petits décalages, par hésitations, par maladresses, par curiosité, par élans imprévus. Sous la chaleur d’un été montréalais, Feng Xia pose un geste simple — et pourtant radical : elle s’autorise à désirer. Et, dans son cas, désirer ne signifie pas seulement tomber amoureuse; cela revient à remettre en question tout un système d’existence. Parce qu’aimer une femme, et s’aimer soi-même, n’est jamais neutre lorsqu’on a passé sa vie à se rendre invisible.
Montréal, ma belle s’impose d’abord par son point de vue. Il place au centre une protagoniste qu’on voit trop rarement au cinéma, surtout dans le paysage canadien et québécois : une femme immigrante, chinoise, lesbienne, d’âge mûr, dont la vie a été construite autour de compromis — et qui découvre tardivement que la liberté est une conquête fragile, parfois douloureuse. Ici, l’identité queer surgit à contretemps, au milieu d’un mariage, d’une famille, d’une culture du silence et d’une peur de perdre sa place, son rôle, sa respectabilité, son «droit» d’appartenir.
Xiaodan He filme avec sensibilité cette collision entre des mondes : le devoir et la spontanéité, la retenue et l’expression, la stabilité et le vertige. On sent, derrière la romance, une réflexion plus large sur les identités qu’on porte simultanément — femme, immigrante, héritière d’un ordre familial, habitante d’un autre. Le film a surtout l’intelligence de ne pas transformer Feng Xia en héroïne conquérante. Elle avance comme elle peut, parce qu’elle a passé des décennies à apprendre qu’on ne choisit pas toujours pour soi.
Joan Chen : une présence magnétique
La réussite du film doit énormément à Joan Chen, qui livre ici une performance d’une précision remarquable. Tout passe par un regard qui s’attarde une seconde de trop, un silence qui se charge soudain d’électricité, un rire qui échappe, une manière différente d’entrer dans une pièce, d’occuper l’espace, d’habiter son propre corps. Chen joue la nuance plutôt que l’éclat, et c’est exactement ce qu’il fallait. Le désir surgit non comme une révélation spectaculaire, mais comme une montée intérieure, longtemps contenue, qui finit par rendre l’ancien monde invivable. Surtout, l’actrice ne réduit jamais son personnage à un symbole. Feng Xia est contradictoire, parfois drôle, parfois terriblement vulnérable, capable de maladresses touchantes comme d’élans bouleversants. On croit à sa peur autant qu’à son désir.
Montréal : un lieu d’intimité, pas une carte postale
La ville n’est pas un décor, elle devient un territoire intérieur. Une scène de cours de français conversationnel, anodine en apparence, se transforme en signe d’ouverture : une brèche. Feng Xia commence à bouger autrement, à regarder autrement, à exister autrement dans l’espace public. Montréal, avec ses langues qui se croisent, ses rencontres possibles, sa diversité, devient le lieu où une seconde vie peut apparaître, mais parce qu’elle offre un espace où l’on peut être plusieurs choses à la fois. La relation avec Camille s’inscrit dans ce Montréal sensuel et lumineux, presque euphorique par moments, mais jamais naïf. Le film trouve souvent sa beauté dans la matérialité du quotidien : un lunch préparé avec soin, un chalet, une intimité improvisée, l’idée d’être le «contact d’urgence» de quelqu’un, se relever après une maladresse, recommencer.
Tendre, drôle, sexy… et parfois douloureux
Le ton surprend : sensuel sans voyeurisme, drôle sans condescendance, émouvant sans manipulation. Il y a un plaisir réel dans la découverte de la liberté — le flirt, l’imprévu, la curiosité — mais le film n’escamote jamais ce que Feng Xia risque. Son éveil est aussi une confrontation : au regard des autres, à son mariage, à l’idée qu’elle s’est faite d’elle-même. Xiaodan He refuse les solutions propres et les libérations instantanées. Au final, Montréal, ma belle est un film profondément touchant, porté par une Joan Chen magistrale et une mise en scène d’une grande délicatesse. Il élargit la représentation queer au cinéma avec intelligence, tout en offrant un portrait puissant de l’exil intérieur : celui d’une femme qui a vécu trop longtemps en mode survie et qui, enfin, se permet de désirer. Un film doux, sexy, drôle, bouleversant — et nécessaire. Et on en sort avec une impression rare, presque physique : celle d’avoir vu, enfin, une femme prendre sa place dans sa propre vie.6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | Montréal, ma belle (ou Montreal, My Beautiful dans sa version sous-titrée en anglais) sortira en salles le 13 février 2026.


PAPA(S)
Fonder une famille ne va jamais de soi. Pour plusieurs hommes gais, ce désir se construit à travers des questions, des contraintes et des chemins encore imparfaits. Papa(s), nouvelle fiction originale d’Unis TV réalisée en collaboration avec TV5MONDE, s’inscrit précisément dans cet espace. Avec humour, sensibilité et une grande humanité, la série aborde un sujet encore peu présent à l’écran : l’accès à la parentalité pour un homme gai et célibataire.
Le désir de paternité chez certains hommes gais célibataires est un phénomène plus fréquent et plus assumé qu’on ne le pense, mais il demeure souvent entouré de silences, d’hésitations et de contradictions. Contrairement à une idée tenace, l’orientation sexuelle n’annule en rien le désir d’avoir des enfants. Ce qui change, c’est plutôt la manière dont ce désir s’inscrit dans la réalité : les chemins sont plus complexes, les obstacles plus nombreux, et la légitimité sociale est parfois plus difficile à obtenir. Pour plusieurs hommes gais, le désir d’être père a longtemps été repoussé non parce qu’il n’existait pas, mais parce qu’il semblait tout simplement inaccessible. Il a fallu des années, parfois, avant que l’idée d’une parentalité possible — et même souhaitable — puisse émerger sans être immédiatement étouffée par le doute ou par une forme de résignation.
Au centre de l’histoire, on retrouve Éric, incarné par Kevin Sauvageau. Trentenaire, il hérite de l’animalerie familiale alors qu’il vit la perte récente de sa mère. Ce deuil agit comme déclencheur, une conviction profonde naît en lui : il veut être papa. Mais ce rêve, qu’on présente souvent comme simple et accessible, devient pour lui un véritable parcours du combattant. Après avoir quitté Matéo (Jean-Simon Leduc), qui ne veut pas d’enfant, Éric se retrouve face à un manque de repères, à des coûts importants, à la bureaucratie et aux

démarches multiples. Les avenues restent parfois floues, qu’il s’agisse de l’adoption, de la coparentalité ou du recours à une personne porteuse. Il tente ainsi de naviguer à travers un système où les hommes gais se heurtent encore à bien des obstacles.
Si le sujet peut sembler lourd, la série choisit plutôt d’embrasser la complexité du réel avec une douceur teintée d’humour. C’est à travers de petites maladresses, des réflexions intimes, des rencontres imprévues et l’appui réconfortant de sa meilleure amie Catherine (Claudia Bouvette), qu’on suit Éric dans sa quête. Le ton reste ancré, accessible et souvent drôle, comme si la série nous rappelait qu’au cœur de toutes ces démarches, il y a d’abord une envie simple et universelle : celle d’aimer et de transmettre.
La distribution contribue largement à ce charme. François Papineau, Normand D’Amour, Maude Guérin, Ines Talbi, Mustapha Aramis et plusieurs autres donnent corps à un univers vivant, où chaque personnage vient ajouter une nuance au questionnement d’Éric. On y retrouve une galerie de figures franches et imparfaites, qui ne cherchent pas à servir un message, mais à habiter une histoire profondément humaine.
Derrière cette fiction se cache une réflexion très personnelle. Kevin Sauvageau, également coscénariste avec Fanny Lefort, s’est un jour posé les mêmes questions que son personnage : « Est-ce que je veux des enfants ? Et si oui, comment ? » Ce questionnement, partagé par de nombreux hommes gais de sa génération, a été le point de départ de la série. Rapidement, la complexité et la richesse du sujet se sont imposées comme un terrain fertile pour une fiction courte, sincère et proche du vécu.
Portée par une réalisation sensible de Fanny Lefor t, Papa(s) s’inscrit dans une volonté plus large : celle de représenter des réalités encore peu montrées, et de le faire avec authenticité.
Avec ses six courts épisodes, la série ne cherche pas à tout expliquer ni à donner une réponse définitive aux questions qu’elle soulève. Elle préfère offrir un regard honnête sur une réalité en pleine transformation, portée par des personnages qui cherchent, doutent, espèrent et avancent malgré tout. C’est précisément cette simplicité, celle du quotidien, des relations, des choix difficiles et des petits élans du cœur, qui donne à Papa(s) sa force et son authenticité. 6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com
INFOS | Disponible en intégralité sur TV5Unis, Papa(s) offre une courte pause de douceur et de vérité, un regard neuf sur la paternité et sur les multiples façons d’y arriver. https://www.tv5unis.ca/papa-s


EN 2026 ?
En 2025, la télévision a proposé une grande diversité de séries et de genres comportant des éléments queers forts, notamment dans le drame, la comédie, la science-fiction et le fantastique. L’année 2026 s’annonce tout aussi prometteuse, avec le retour de séries phares et l’arrivée de nouveautés très attendues. Voici un aperçu des projets qui sont actuellement sur nos radars !
Janvier à mai 2026
Star Trek : Starfleet Academy (Star Trek : Académie de Starfleet) Paramount+ |15janvier2026
L’univers de Star Trek s’est illustré par l’intégration progressive de personnages queers, notamment des figures non binaires, transgenres et un couple gai dans Star Trek : Discovery. Sur une note plus ludique, impossible de ne pas succomber au charme et à la coupe de cheveux iconique du capitaine Pike (Anson Mount) dans l’excellent Star Trek : Strange New Worlds. Bien que peu d’éléments aient filtré sur la série Starfleet Academy, on peut présumer qu’elle poursuivra cette lancée inclusive, alors qu’on suivra les aventures d’une nouvelle génération de cadets au 32e siècle avec, aux commandes, Holly Hunter dans le rôle de la capitaine Nahla Ake et le retour de deux visages bien connus des fans : Tig Notaro dans le rôle de l’ingénieure lesbienne Jett Reno (présente dans Discovery) et Robert Picardo dans celui du Doctor holographique (présent dans Voyager). Les 10 épisodes de Star Trek : Starfleet Academy seront diffusés, en anglais, sur Paramount. L’accessibilité au Canada du doublage français demeure incertaine pour le moment. https://www.youtube.com/watch?v=VkBU8lvXm7M
The Beauty |FX(Disney+)|21janvier2026
La nouvelle création de Ryan Murphy explore une idée originale : une infection sexuellement transmissible qui confère une beauté exceptionnelle à ses victimes, mais qui finit par les tuer horriblement. L’intrigue se déroule dans l’univers de la mode internationale, frappé par une série de morts atroces parmi des mannequins célèbres. Deux agents du FBI, Cooper Madsen (Evan Peters) et Jordan Bennett (Rebecca Hall), sont envoyés à Paris pour enquêter. La série, inspirée du roman graphique du même nom paru en 2016, explore les thèmes d’une recherche effrénée de la perfection et de la quête identitaire. Elle met en scène des personnages évoluant dans des rapports de force complexes, où la diversité des
genres et les désirs cachés occupent une place centrale. Elle promet une réflexion sur la liberté d’être soi-même dans une société obsédée par l’image, tout en s’attardant aux tensions entre désir, authenticité et illusion. La bande-annonce promet un ton complètement décalé qui ne semble pas se prendre trop au sérieux, où s’entrelacent action et humour survolté. Ryan Murphy étant capable du meilleur (Hollywood) comme du pire (All's Fair), le jury réserve pour le moment son avis. Les 11 épisodes de la série The Beauty seront diffusés, en anglais, sur Disney+. Un doublage français suivra un peu plus tard, également sur Disney+. https://www.youtube.com/watch?v=tZSxs3sPcto

Wonder Man |Disney+|27janvier2026
Simon (Yahya Abdul-Mateen II) est un acteur hollywoodien qui rêve de relancer sa carrière. Sa vie bascule lorsqu’il tente d’obtenir le rôle principal dans un film de superhéros, tout en dissimulant le fait qu’il possède lui-même des pouvoirs. Sous la tutelle de Trevor Slattery (Ben Kingsley), célèbre pour avoir dupé le public en incarnant le terroriste Le Mandarin (voir le film Iron Man 3), il plonge dans un monde où les frontières entre la fiction et la réalité deviennent de plus en plus floues. La série adopte un ton satirique très méta qui explore les coulisses d’Hollywood, la quête de célébrité et les codes du genre super-héroïque, tout en introduisant un nouveau héros dans le MCU. Elle promet humour, critique sociale et action. Certaines rumeurs évoquent que la série pourrait aborder des thématiques liées à l’identité
et à la diversité, mais cela reste pour le moment au stade de la spéculation. On peut cependant être certain de pouvoir se rincer l’œil devant une pléiade de corps surmusclés dans des maillots qui en laisseront deviner les moindres courbes. Les huit épisodes de Wonder Man seront diffusés, en anglais et en français, sur Disney+. https://www.youtube.com/watch?v=-DsiZGJeq0E

School Spirits, saison 3 (Les esprits de Split River) Paramount+(puisTélé-Québec)|28janvier2026 La série suit Maddie Nears (Peyton Roi List), une adolescente assassinée dont le fantôme est coincé dans son école secondaire, en compagnie d’autres esprits qui y ont également trouvé la mort. Déterminée à comprendre les circonstances de son décès, elle mène une enquête avec l’aide de son ami Simon, le seul vivant capable de la voir. Dans cette nouvelle saison, Maddie retrouve son corps, mais doit affronter des visions terrifiantes et protéger à la fois les vivants et les morts, tandis que Simon, coincé dans l’au-delà, devient obsédé par les secrets que cache l’école. Le mystère entourant les nombreuses morts au lycée s’épaissit, promettant moult dangers et révélations. La série intègre plusieurs personnages queers, notamment Charley ( Nick Pugliese ), dont l’histoire inclut une romance et des questionnements identitaires tout au long des saisons. Les huit épisodes de la saison 3 de School Spirits (Les esprits de Split River) seront diffusés en anglais, sur Paramount +, puis en français, sur Télé-Québec, à une date encore indéterminée. https://www.youtube.com/watch?v=WQdtKrcdS0w

Bridgerton, saison 4 (La chronique des Bridgerton) |Netflix|29janvier2026
Après avoir exploré les histoires de Daphne, Anthony et Colin, la série se tourne maintenant vers Benedict (Luke Thompson). Depuis ses premières apparitions, celui-ci se distingue par son rejet des conventions, ce qui semble préparer le terrain pour une intrigue centrée sur la quête d’identité et de liberté. L’histoire s’inspire du roman An Offer From a Gentleman, où il fait la rencontre d’une mystérieuse jeune femme lors d’un bal masqué, dans une atmosphère digne d’un conte de fées. La série, fidèle à son approche moderne et diversifiée,
pourrait cependant enrichir cette trame en s’intéressant à de nouveaux éléments. Benedict, déjà présenté comme non conformiste, pourrait donc être confronté à des choix amoureux qui défient les normes de son époque. Depuis le début, les créateurs de la série ont laissé entendre qu’il pourrait être associé à une intrigue queer : auront-ils l’audace de sortir des sentiers battus ? C’est ce qui semble se dessiner à l’horizon, mais nous retenons notre souffle. Les huit épisodes de Bridgerton (La chronique des Bridgerton) seront diffusés, en anglais et en français, sur Netflix. https://www.youtube.com/watch?v=3UbhJlP9hRU

Les lionnes |Netflix|5février2026
Une série française d’Olivier Rosemberg et Carine Prévot suivant cinq femmes ordinaires, issues de milieux précaires, qui décident de braquer une banque pour sortir de la galère. Déguisées en hommes, elles réussissent leur premier coup avec un résultat qui est tout sauf retentissant : 36 280 euros. La montée d’adrénaline de cette première expérience les pousse cependant à réitérer et le groupe va rapidement se retrouver traqué par la police, les politiciens et le crime organisé, sans que personne ne soupçonne que des femmes se cachent derrière les coups d’éclat. La série mêle action, humour noir et sororité, avec des thèmes de survie, de solidarité et d’autonomisation féminines. Elle semble annoncer des personnages queers centraux, avec des arcs narratifs complexes. Les huit épisodes de la série Les lionnes seront disponibles, en français, sur Netflix. https://www.youtube.com/watch?v=QTPA2XGFt1c
Scarpetta |PrimeVideo|11mars2026
Basée sur les romans de Patricia Cornwell, la série nous entraîne dans les enquêtes de Kay Scarpetta (Nicole Kidman), une médecin légiste qui collabore avec les forces de l’ordre pour résoudre des crimes complexes. Chaque épisode plonge dans des enquêtes où seule la science médico-légale permet de faire la lumière sur des crimes scabreux ou sophistiqués, tout en abordant des dilemmes éthiques complexes. À ses côtés, on retrouve sa sœur Dorothy (Jamie Lee Curtis), le détective Pete Marino (Bobby Cannavale), Benton Wesley (Simon Baker), un profileur du FBI, et Lucy Farinelli (Ariana DeBose), sa nièce tout aussi brillante en cybersécurité que dans ses relations avec les femmes. Les huit épisodes de Scarpetta seront disponibles, en anglais et en français, sur Prime Video.
Imperfect Woman (Femmes imparfaites) |AppleTV|18mars2026
La disparition mystérieuse d’une femme entraîne moult révélations où se dévoilent progressivement les secrets qui se cachent derrière une vie en apparence parfaite. La série met en vedette Elisabeth Moss et Kerry Washington et est basée sur le roman éponyme d’Araminta Hall. Elle interroge la notion de perfection et la liberté d’être soi-même dans un monde où l’apparence semble primer sur la vérité. À travers le prisme des dilemmes liés à la pression sociale, la quête d’identité et les sacrifices imposés par les attentes familiales et professionnelles, le récit met notamment en lumière des relations passées et des sentiments refoulés entre certains personnages féminins. Les huit épisodes de Imperfect Woman seront disponibles, en anglais et en français, sur Apple TV.

The Vampire Lestat (Le vampire Lestat) |AMC(puisCrave)|Avril2026
Dans cette troisième saison d’Interview With the Vampire, Lestat de Lioncourt (charismatique Sam Reid) prend le plein contrôle de son destin et choisit de répondre à la biographie écrite par son ex-amant, Louis de Pointe du Lac (Jacob Anderson), qui le dépeignait sous un jour peu flatteur. Plutôt que de prendre la plume, il décide de se réinventer en tant que rocker bisexuel, utilisant la musique comme arme pour provoquer et séduire. Son outrecuidance suscite cependant l’ire d’anciens vampires, qui voient cette exposition comme une menace. Alors même que Lestat goûte à la gloire et au pouvoir, ses démons intérieurs refont surface : blessures du passé, désirs contradictoires et besoin insatiable d’amour. À l’instar des romans d’Anne Rice, la série change de titre pour cette troisième saison, ainsi que de point de vue narratif. Alors que les deux premières étaient relatées par Louis, avec moult correctifs du journaliste Daniel Molloy, Lestat occupe ici le devant de la scène. La bande-annonce promet d’alterner entre le passé et le présent et de livrer de sanglantes et truculentes révélations. On ne peut que trépigner d’impatience devant une nouvelle saison qui, bien que courte (six épisodes seulement !) s’annonce déjà exaltante ! Les six épisodes de Lestat the Vampire, saison 3 de Interview With the Vampire, seront diffusés en anglais sur AMC, puis proposés ultérieurement sur Crave, à la fois en anglais et en français. https://www.youtube.com/watch?v=dr0q5FHUO1E

La troisième et dernière saison de Euphoria s’oriente vers une exploration plus sombre et mature des personnages, où chacun doit affronter les conséquences de ses choix. Rue (Zendaya) poursuit sa lutte contre ses démons intérieurs : son parcours oscillant entre rechute et quête de rédemption. Jules (Hunter Schafer) cherche à redéfinir son identité trans et ses désirs, tout en étant confronté à la complexité des relations amoureuses et à sa peur de l’abandon. Quant à Nate (Jacob Elordi), il s’enfonce dans une spirale de contrôle et de violence psychologique, tiraillé entre son besoin de pouvoir et la fragilité de ses émotions. La série développe plusieurs arcs narratifs LGBTQ, notamment au regard de la représentation trans du personnage de Jules, de même que de la bisexualité d’Elliot (Dominic Fike). Les huit épisodes de la série Euphoria seront disponibles, en anglais et en français, sur Crave.

The Testament (Les Testaments) |Disney+|Avril2026
Suite directe de The Handmaid’s Tale (La servante écarlate), la série dépeint un futur dystopique où une résistance s’organise face au régime oppressif en place. Adaptée du roman de Margaret Atwood, elle se déroule 15 ans après l’histoire originale. Elle délaisse le point de vue des anciennes Servantes pour s’intéresser à une nouvelle génération, née et élevée sous le régime totalitaire de Gilead, qui n’a jamais connu le monde d’avant. Promises à des mariages forcés et à la soumission, ces dernières voient leur passage à l’âge adulte devenir un champ de bataille où elles cherchent à échapper à un destin tracé d’avance. La série met en avant trois narratrices principales : Tante Lydia Clement (Ann Dowd), Agnes (Chase Infiniti), la fille de June, et Daisy (Lucy Halliday), offrant des perspectives différentes sur la vie à Gilead. Elle devrait inclure des histoires d’amour et d’amitié queer , tout en explorant comment il est possible de vivre et de résister dans une société où la liberté et l’identité sont strictement contrôlées. Les 10 épisodes de The Testament (Les Testaments) seront disponibles, en anglais et en français, sur Disney +.

La saison 5 de The Boys, ultime chapitre de la série, donne à voir un monde dominé par les superhéros, plus particulièrement Homelander (le Protecteur) et son régime autoritaire, dans une satire à peine voilée des dérives de Trump, tandis qu’un groupe de résistants (les Boys) prépare une arme biologique pour les éliminer. Résolument provocatrice, la série exploite sans retenue une violence marquée et un humour mordant pour mettre en lumière les excès et les dérives d’une société sous l’emprise des superpuissants. La saison 5 promet des thématiques LGBTQ+, dans la continuité des saisons précédentes. Elle critique notamment la manière dont la diversité est instrumentalisée pour des raisons marketing, tout en montrant la vulnérabilité des identités queers face à la propagande et à la tyrannie. Les Boys parviendront-ils à leurs fins ? C’est ce que nous saurons à partir du mois d’avril ! Les huit épisodes de la saison 5 de The Boys seront disponibles, en anglais et dans un très bon doublage français réalisé au Québec, sur Prime Video. https://www.youtube.com/watch?v=Fv0leN8TmR8

Été 2026
Overcompensating, saison 2 (Surcompensation) |PrimeVideo|Été2026
La première saison nous entraînait dans le sillage de Benny (Benito Skinner), alors qu’il intégrait l’université Yates pour se réinventer et tenter de composer avec son orientation sexuelle. La série explorait avec humour et sensibilité des thèmes comme la masculinité toxique et l’acceptation de soi, tout en portant un regard incisif sur les codes des comédies universitaires. Après une première saison centrée sur Benny, la nouvelle salve d’épisodes promet de développer plus avant les dynamiques entre les différents autres personnages. Benny et Grace devraient se rapprocher, tandis que de nouvelles intrigues amoureuses viendront sans doute bouleverser l’équilibre du groupe. Les huit épisodes de la saison 2 de Overcompensating (Surcompensation) seront disponibles, en anglais et en français, sur Prime Video.
Good Omens, saison 3 |PrimeVideo|Été2026?
Au cours de deux saisons, Good Omens nous a fait suivre le lien improbable qui s’est tissé entre l’ange pointilleux Aziraphale ( Michael Sheen ) et le suave démon Crowley (David Tennant), alors qu’ils passaient l’éternité ensemble. La deuxième saison s’est terminée sur un cliffhanger romantique, laissant le duo s’embrasser après que Crowley eut enfin avoué ses sentiments amoureux. À la suite au départ du coauteur original Neil Gaiman de la série, en raison d’allégations d’agression sexuelle, les plans pour une troisième saison complète ont été réduits à une finale de 90 minutes. Les producteurs et la distribution se font cependant rassurants : préparez-vous à un adieu spectaculaire qui marquera l’histoire de la série ! Le film Good Omens 3 sera disponible, en anglais et en français, sur Prive Video.
Lanterns | HBO (et Crave) | Fin de l’été 2026 ? Difficile pour le moment d’affirmer si cette série, qui s’inscrit dans le renouveau de l’univers cinématique DC, comportera des éléments queers, puisque le projet a subi de nombreuses transformations depuis qu’il fut amorcé. Lors de l’annonce initiale (avant la refonte du DCU par James Gunn), la série devait notamment s’orienter autour du personnage d’Alan Scott, l’un des premiers Green Lanterns, qui est gai. Avec l’arrivée de James Gunn et de Peter
Safran, la série a été repensée et se concentre dorénavant sur deux autres Green Lantern : Hal Jordan (Kyle Chandler) et John Stewart (Aaron Pierre). Malgré des personnages œuvrant au sein de l’univers intergalactique de DC, les annonces officielles parlent d’un ton à la True Detective et d’une intrigue policière se déroulant sur Terre. Est-ce à dire qu’Alan Scott en sera complètement absent ou qu’aucun élément de la série ne touchera aux réalités LGBTQ ? Impossible de se prononcer pour le moment, mais il faut noter que DC est généralement assez inclusif, comme c’est d’ailleurs le cas de HBO. Chose certaine, nous serons sans doute au rendez-vous ! On peut entrevoir quelques extraits de la future série à 1:35 de la bande-annonce des nouveautés 2026 de HBO. Les huit épisodes de la série Lanterns seront disponibles, en anglais et en français, sur Crave. https://www.youtube.com/watch?v=SEJMjYvpzpw

Septembre à décembre 2026
Dix pour cent (Appelez mon agent) |Netflix|Automne2026
Après quatre saisons couronnées de succès, la série française Dix pour cent revient sur Netflix sous la forme d’un long métrage. L’intrigue suit le quotidien d’agents artistiques qui jonglent entre la gestion des carrières de célébrités et leur propre vie, mêlant ainsi les enjeux professionnels et personnels. Chaque épisode met en scène des vedettes incarnant leur propre rôle et se distingue par une représentation inclusive et nuancée. On retrouve notamment Andréa (Camille Cottin), une femme déterminée qui cherche à équilibrer sa vie amoureuse avec des femmes et ses obligations professionnelles, ainsi que Hervé (Nicolas Maury), un personnage attachant et un peu maladroit, évoluant dans un univers impitoyable tout en aspirant à trouver le grand amour. Netflix a déjà confirmé le retour de tous les acteurs emblématiques des quatre saisons, ainsi qu’une avalanche de passages éclairs, dont celui de G eorge Clooney. Pour information, le titre original Dix pour cent fait référence à la commission versée aux agents. Pour une meilleure compréhension à l’international, le titre a été changé pour Call My Agent! ( ou Appelez mon agent au Québec), qui évoque immédiatement le monde du showbiz et le rôle des agents. Le film Dix pour cent (Appelez mon agent) sera disponible, en français, sur Netflix. https://www.youtube.com/watch?v=mjrCX5-U4w4 (bande-annonce de la saison 1)


Yellowjackets, quatrième et dernière saison |Showtime(etCrave) |Automne2026
Après l’écrasement d’un avion en 1996, les membres d’une équipe de football féminin doivent survivre dans une région sauvage, confrontées à des choix extrêmes. Vingt-cinq ans plus tard, leur passé ressurgit à travers des secrets et des révélations qui les lient à ce qui est réellement survenu dans la forêt. La saison 3 laissait en place plusieurs questions irrésolues qui devraient trouver réponse dans ce nouvel opus, confirmé comme étant le dernier de la série. Plusieurs indices suggèrent que les événements passés sont encore plus sombres que ce que l’on croyait et que de nombreux secrets n’ont donc pas encore été dévoilés. Par ailleurs, dans le présent, les survivantes reçoivent un avertissement inquiétant, laissant entendre que quelqu’un connaît toute la vérité et est prêt à la révéler. La série se distingue en mettant de l’avant plusieurs personnages queers, que ce soit dans le contexte oppressant des années 90 ou des tensions du temps présent. Les 10 épisodes de la saison 4 de Yellowjackets seront disponibles, en anglais et en français, sur Crave.

Heartstopper Forever |Netflix|Automne2026 Après trois saisons, la série Heartsopper se conclura par un film qui explorera un moment charnière : le passage de l’adolescence à l’âge adulte. L’intrigue s’articule autour d’une question centrale : les amours de jeunesse peuvent-elles perdurer dans le temps ? Nick et Charlie, à 17 et 18 ans, sont confrontés à la transition vers la vie adulte, ce qui met leur relation à l’épreuve. Le film s’inspire du volume 6 des romans graphiques d’Alice Oseman et de la nouvelle « Nick et Charlie », offrant une vision plus profonde et nuancée de leur lien, tout en proposant un adieu émouvant aux personnages et à l’univers de la série. Le film Heartstopper Forever sera disponible, en anglais et en français, sur Netflix à l’automne ou à la fin de l’année 2026.
The Mighty Nein, saison 2 (Le Puissant Nein) |PrimeVide|Novembre2026
La première saison de cette série d’animation mettait en scène un univers fantastique où des aventuriers marginaux, portés par des secrets et des blessures profondes, s’unissaient pour empêcher une guerre dévastatrice et retrouver un artefact mystique. Entre magie, rebondissements en tout genre et violence sanglante, chaque épisode nous entraînait dans une quête identitaire palpitante. Avec un doublage québécois savoureux et de nombreux personnages LGBTQ+, la série bouscule les codes de la fantasy animée. Acclamé par la

critique, c’est avec une impatience difficilement contenue qu’on attend la suite, puisque le dernier épisode a laissé de nombreuses questions irrésolues. Les huit épisodes de la saison 2 de The Mighty Nein (Le Puissant Nein) seront disponibles, en anglais et en français, sur Prime Video.
The Hunting Wives, saison 2 |Netflix|Fin2026
Dans la première saison, basée sur le roman éponyme de May Cobb, Sophie s’installe avec son mari dans une petite ville du Texas où elle tombe sous le charme de Margot, une femme charismatique et influente, qui l’introduit dans son cercle privé : les Hunting Wives Un groupe de femmes riches et oisives dont les soirées sont synonymes de cocktails, tir au fusil et excès festifs. La découverte du corps d’une adolescente, dans les bois, fait cependant basculer la série dans le thriller. Dans la saison 2, malgré des tensions persistantes, les deux femmes sont de nouveau forcées de collaborer. La question centrale sera cependant de savoir à quel titre : seront-elles des chasseuses… ou des proies ? La première saison mettait l’accent sur des relations ambiguës et sensuelles entre femmes et, pour la nouvelle saison, la productrice exécutive, Rebecca Cutter , promet une virée « sensuelle, tordue et complètement folle ». Les huit épisodes de la série The Hunting Wives seront disponibles, en anglais et en français, sur Netflix.
The Gilded Age, saison 4 (L’âge doré) |HBO(Crave)|Fin2026
La saison 4 poursuivra l’exploration des tensions sociales dans le New York des années 1880. Les Russells chercheront à consolider leur pouvoir : Bertha (Carrie Coon) vise une pleine reconnaissance sociale, tandis que George (Morgan Spector) prend des risques financiers. Ces ambitions s’accompagneront de manœuvres politiques, d’alliances inattendues et de trahisons. On peut se demander si leur union résistera aux manœuvres de Bertha, surtout face aux enjeux du mariage de leur fille qu’elle a arrangé. Les intrigues sentimentales, notamment celles de Marian (Louisa Jacobson), Larry (Harry Richardson) et Peggy (Denée Benton), devraient se complexifier, entrelacées de scandales. Ce qui nous intéresse plus particulièrement est cependant du côté d’Oscar van Rhijn (Blake Ritson), qui tentera de préserver les apparences tout en vivant son homosexualité. Quelles tactiques adopterat-il ? Comme à son habitude, la série promet des costumes somptueux, des dialogues incisifs et une analyse jouissive des fractures entre les anciens et les nouveaux riches. Les huit épisodes de la saison 4 de la série The Gilded Age (L’âge doré) seront disponibles, en anglais et en français, sur Crave.
Black Church Bay |Diffuseurinconnu|Dateindéterminée
Dans ce thriller psychologique situé dans un village côtier gallois, la disparition de Jasper, un étudiant incarné par Joe Locke (Heartstopper et Agatha All Along), révèle une relation ambiguë entre celui-ci et son professeur (Tom Cullen). À mesure que l’enquête progresse, les tensions montent dans un village où chacun semble cacher de sombres secrets. La série explorera des thèmes forts, tels que l’identité, la honte et les pressions sociales. Elle promet des rebondissements inattendus et une plongée dans les zones grises de la morale où vérité et mensonge s’entremêlent. À ce jour, ni le nombre d’épisodes ni l’identité du diffuseur canadien de la série Black Church Bay n’ont été communiqués.



Début 2027
Heated Rivalry (Rivalité passionnée), saison 2 |Crave Il serait impensable de clore cette liste sans évoquer le phénomène de 2025. Face à l’engouement exceptionnel suscité par la série mettant en scène deux hockeyeurs liés par une passion secrète, le lancement d’une deuxième saison s’est imposé comme une évidence. La conclusion de la première saison laissait le hockeyeur canadien Shane Hollander (Hudson Williams) et le russe Ilya Rozanov (Connor Storrie) à une croisée des possibles. Pourront-ils concilier vie professionnelle et personnelle ?
De son côté, après sa tonitruante sortie du placard, comment Scott Hunter (François Arnaud) parviendra-t-il à concilier cette nouvelle notoriété en compagnie de Kip ( Robbie Graham-Kuntz) ? La saison 2 devrait adapter le roman The Long Game, qui se déroule après les événements du premier roman, explorant une relation plus mature entre Shane et Ilya. On peut également déduire, via la distribution déjà annoncée, que l’exploration de l’arc narratif de Scott et Kip se poursuivra de plus belle.
La diffusion est prévue pour le début de 2027, mais il n’est pas exclu que Crave cherche à renouveler le succès d’une sortie en décembre. Une chose est sûre : l’attente sera mondiale. En attendant, les amateurs et amatrices pourront découvrir la version française du premier tome, Game Changer , dont la publication est annoncée pour mai 2026 aux éditions Chatterley. La saison 2 de Heated Rivalry (Rivalité passionnée) devrait être diffusée, en anglais et en français, sur Crave au début 2027. 6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca




De janvier à avril, le Centre des arts actuels SKOL ouvre la nouvelle année avec une proposition artistique d’une rare puissance : Réveiller L’Androgyne · RevivingtheBookstore, une exposition collective qui convoque mémoire, transmission et réinvention queer. Neuf artistes 2ELGBTQIA+ y revisitent l’héritage de L’Androgyne, première librairie gaie, lesbienne et féministe au Québec, active de 1973 à 2002, véritable refuge culturel et intellectuel pour des générations de personnes queer.
La création de l’exposition repose sur un geste collaboratif. Trois artistes invités – naakita f.k., fernando belote et Lucas LaRochelle – ont chacun choisi un·e artiste, qui à leur tour en ont invité un·e autre. Cette chaîne artistique a donné naissance à un ensemble de neuf créateur·trice·s : naakita f.k., fernando belote, Lucas LaRochelle, Lou Sheppard, Joshua Schwebel, kimura byol lemoine, Em Laferrière, Lou Fozin et Flora Nwakobi.
Chacun·e explore à sa manière l’influence – directe ou fantasmée – de la librairie L’Androgyne, un lieu où se mêlaient littérature, résistance et désir, et où se sont tissés des liens essentiels au développement des communautés LGBTQ+. L’exposition met en lumière des récits effacés, des mémoires fragmentées et des transmissions intergénérationnelles, révélant la vitalité de l’héritage queer au Québec. À travers archives recomposées, performances, installations, gestes poétiques ou interventions critiques, les artistes réveillent ce que L’Androgyne représentait soit : un espace de savoirs marginaux, un véritable point d’ancrage pour les luttes gaies, lesbiennes et féministes, et un lieu où des lecteurs et lectrices trouvaient des fragments d’eux-mêmes dans des livres introuvables ailleurs.
Pendant toute la durée de l’exposition, SKOL met en place une riche série d'activités en collaboration avec la Coalition des groupes jeunesse LGBTQ+ : tables rondes, ateliers participatifs, création de balados, collecte d’archives orales, ainsi que des rencontres intergénérationnelles avec des personnes ayant fréquenté L’Androgyne. Ces activités, pensées comme des lieux d’échange et d’écoute, permettent de connecter passé et présent, militants et nouvelles générations.

Un vernissage festif pour inaugurer de nouveaux espaces
Le vernissage aura lieu le jeudi 29 janvier à 18 h, avec une performance marathon de fernando belote suivie d’une soirée festive. Cette soirée marquera également l’ouverture de deux nouveaux espaces à SKOL : Le Café SKOL, avec Wenhui Zhang, fondatrice du projet Thé Jinjin, en tant que barista en résidence. Puis, La Librairie SKOL, rebaptisée pour l’occasion
Librairie L’Androgyne, où officiera Dustin Ariel Segura-Suarez, cofondateur de Mes Pants de Queer, librairie spécialisée dans les ouvrages usagés et autoédités des communautés 2ELGBTQIA+.
Réveiller L’Androgyne n’est pas qu’une exposition : c’est une réactivation sensible d’un lieu fondateur et un hommage vibrant à celles et ceux qui ont bâti les cultures queer d’ici. Une invitation à se souvenir, à partager et à imaginer les librairies, les communautés et les futurs queers à venir.6 CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com
INFOS | Centre des arts actuels SKOL (Édifice Belgo, Espace 444)
372, rue Sainte-Catherine Ouest https://skol.ca/

Coprésenté par l’Agora de la danse et Danse-Cité du 4 au 7 février 2026, Down ThatTrailintheWoods est une comédie musicale débordante d’imagination où le théâtre, la danse et la musique s’entrelacent. Sous la direction de Kìzis, 19 artistes donnent vie à une fable placée sous le signe de l’amour, de la perte et des cicatrices de la vie.
Pourquoiavoirchoisilaformedelacomédiemusicalepourracontercettehistoire?
KÌZIS : La comédie musicale est conçue pour que les grandes émotions prennent toute leur place. En musique, les idées se répètent en refrain, les motifs apparaissent et disparaissent, comme un souvenir soudain. La danse accentue les paroles chantées, leur donnant de la puissance. J’apprécie le théâtre musical parce que c’est une forme où le temps se plie et où les émotions, dans leur démesure, façonnent la forme de l’œuvre.
Tuasécrit,composéetmisenscènecetteœuvredéfendueaujourd’huipar19artistes. Àquoipeut-ons’attendre?
KÌZIS : Vous pouvez vous attendre à un spectacle fait de toutes pièces à la main. Cette comédie musicale est précise, mais pas lisse ni raffinée. Ces paramètres ont permis de raconter une histoire riche et sauvage.
J’ai construit un langage formel où les mécanismes sont visibles : les interprètes transforment les objets en temps réel, la musique est générée en direct, la scénographie change devant vous. L’aspect DIY (fait soi-même) crée une intimité ; sentir comment quelque chose est fait implique le spectateur.
D’origineautochtone,tut’inspiresdemythesappartenantàtonenfance.Qu’est-ceque cesmythespeuventavoird’universelspourrejoindreletoutpublic?
KÌZIS : Ce qui m’attire dans ces récits, ce n’est pas tant leur dimension symbolique que leur capacité à maintenir les gens présents. Ils le font avec plaisir, en laissant les animaux répondre, les esprits interrompre et un monde invisible se manifester, régi par des règles que l’on ressent dans son corps avant de les comprendre.
Ces histoires s’opposent également à la tendance culturelle que nous avons de ne laisser qu’une seule émotion s’exprimer à la fois. La vie n’est pas aussi simple. Vivre m’a appris que nous pouvons ressentir plusieurs émotions à la fois et, avec le temps, j’ai fini par comprendre que je suis toutes les voix dans l’histoire de la création, et non une seule.
Une coprésentation de l’Agora de la danse et Danse-Cité, du 4 au 7 février 2026.6
ÉTIENNE DUTIL redaction@fugues.com
INFOS | https://danse-cite.org/fr/saison/down-that-trail-in-the-woods




THÉÂTRE
Toute histoire que l’on pourrait écrire se retrouve déjà dans L’Iliade et L’Odyssée. Ces textes fondateurs de la culture grecque antique ont inspiré de nombreux auteurs au fil des siècles, parfois en s’éloignant du matériau original. C’est le cas d’AgamemnonintheRing. UneguerredeTroiecontretrois, une pièce écrite par Hilaire St-Laurent et mise en scène par Sofia Blondin et l’auteur lui-même, qui, depuis sa création, ne cesse de séduire le public, tant à Montréal que lors de ses tournées. Du 3 au 21 février 2026, cette tragédie s’installe au Théâtre Denise-Pelletier.
Attention toutefois : il faut prendre le mot tragédie dans son sens le plus ancien. Comme le souligne Hilaire St-Laurent, les représentations de la tragédie grecque, à l’époque, relevaient d’événements festifs pouvant durer toute une nuit. Sur scène, on dansait, on chantait, et l’on naviguait entre le drame, le grotesque, les combats et les chants, sans oublier la participation du public. La tragédie n’était pas réservée à une élite. C’est dans cet esprit que Hilaire St-Laurent a choisi de présenter Agamemnon in the Ring. Et nul besoin de se replonger dans L’Iliade ou L’Odyssée pour comprendre ce qui se déroule sur scène dans cette guerre de Troie… à Trois-Rivières. On y suit Agamemnon Bouchard, lutteur professionnel, pris — comme le héros grec — entre ses devoirs et ses sentiments, entre la récupération d’une ceinture offerte par son frère Ménélas et son amour paternel pour sa fille Eugénie (Iphigénie). Doit-il accepter un combat pour récupérer la ceinture et venger son frère ?
« J’ai toujours voulu reconnecter le théâtre avec ses assises populaires, avance Hilaire StLaurent en entrevue, et c’est ce que j’ai découvert en m’intéressant au théâtre antique grec. Le théâtre doit s’adresser à toutes et à tous. Comme à l’époque où les tragédies grecques se déroulaient dans d’immenses amphithéâtres devant un public qui participait, applaudissait, huait, intervenait à tout moment. » En somme, il s’agit de revenir à l’essence même de cet art vivant.
« Si l’on se penche sur cette époque, il faut rappeler qu’il existait aussi un rapport très musical, avec des chœurs. On peut évoquer l’ambiance de certains festivals, poursuit Sofia Blondin, un moment de fête incroyable, souvent célébré en l’honneur des dieux. On pense aux fêtes dionysiaques (des célébrations en l’honneur de Dionysos), et ces fêtes étaient accessibles à tout le monde. C’est ce que nous avons cherché à représenter sur scène avec Agamemnon in the Ring. Les héros de l’Antiquité sont, au fond, ce que sont aujourd’hui les célébrités ou encore la famille royale d’Angleterre. On suit leur vie, leurs aventures, comme si elles étaient plus grandes que nature. » Le lien avec l’époque contemporaine est évident : comme les passionné.e.s des magazines people, on aime aussi voir ces figures chuter de leur piédestal. L’Agamemnon à Trois-Rivières a troqué les vers poussiéreux de L’Iliade pour le slam, ce qui n’a rien de contradictoire pour Hilaire St-Laurent. « Le texte est écrit en alexandrins, mais il se rapproche davantage du slam, notamment par le jeu sur différents niveaux de langue, parfois soutenus, parfois en parler québécois. Il y a là une prise de liberté qui permet de se rapprocher du divertissement, tout comme le choix de la lutte, qui est l’expression d’un art hyper accessible et extrêmement théâtral. »
Avec cet épisode de L’Iliade, Hilaire St-Laurent a perçu ce qu’il considère comme un concentré de la grande histoire tragique. « Il y avait tous les ingrédients : la trahison, la vengeance, les dilemmes des personnages face à leur destin, et bien sûr quelque chose d’épique, puisqu’il s’agit de défendre ou de conquérir un royaume avec l’aide — ou les coups bas — des dieux et des déesses, mais en la racontant sur un mode comique et dans un contexte contemporain. »
Et pour celles et ceux qui ont l’oreille fine, les clins d’œil à l’actualité et à la culture québécoise sont nombreux. Reste à se laisser surprendre par une mise en scène qui devient un véritable feu roulant, soutenue par la musique, les éclairages et le jeu extrêmement physique des comédien.ne.s. Et le public condamnera-t-il Agamemnon pour ses choix ? Bien sûr — car ses réactions sont non seulement permises, mais encouragées. 6
Murray & Peter présentent, le vendredi 13 mars au Théâtre St-Denis, le grand retour de WAROnTheCatwalk, un spectacle flamboyant mettant en vedette des artistes marquantes issues des franchises primées du RuPaul’sDrag Race et du Canada’sDragRace.
Animée par l’incomparable Alyssa Edwards, gagnante de RuPaul’s Drag Race Global All Stars 2024, la tournée canadienne promet une soirée électrisante où le glamour, l’audace et la performance seront à l’honneur. Véritable icône mondiale du drag, Alyssa Edwards est reconnue pour son charisme explosif, son sens du spectacle inégalé et son humour légendaire. Le public pourra également applaudir des reines issues de la saison 17 de Drag Race.
Jewels Sparkles, éclatante et audacieuse, reconnue pour son esthétique raffinée et son sens aigu de la mode ;
Suzie Toot, dont l’énergie débridée et l’esprit irrévérencieux font d’elle une performeuse redoutable ;
Lexi, une artiste charismatique qui séduit par sa présence scénique et son originalité.
S’ajoutent à cette distribution de feu incluant des vedettes de la saison 10 de RuPaul’s Drag Race All Stars :
Bosco, célèbre pour son humour mordant, son esthétique sombre et son intelligence scénique ;
Lydia B. Kollins, dont la créativité et l’approche artistique singulière repoussent les limites du drag ;
Daya Betty, reconnue pour son attitude punk, son assurance sans compromis et ses performances mémorables.
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
INFOS | Agamemnon in the Ring. Une guerre de Troie contre trois
Du 3 au 21 février 2026, au Théâtre Denise-Pelletier
Texte : Hilaire St-Laurent
Mise en scène : Sofia Blondin et Hilaire St-Laurent
Production : Les créations Unuknu https://www.denise-pelletier.qc.ca/pieces/agamemnon-in-the-ring/




Ne manquez pas le Meet & Greet à 18h ! Les fans auront la chance de repartir avec une photo exclusive en compagnie de toute la troupe, de recevoir un éventail officiel de la tournée ainsi qu’un laminé souvenir, en plus de bénéficier d’un accès anticipé aux produits dérivés, que les queens se feront un plaisir de signer sur place.
Préparez-vous à vivre une soirée haute en couleur, en énergie et en extravagance — un événement haut en couleurs de la drag à ne pas manquer ! 6
LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com
INFOS | WAR On The Catwalk au Théâtre Saint-Denis, le 13 mars, dès 20h. Le Meet & Greet se tiendra à 18h. Billets en vente sur https://espacestdenis.com/evenement/war-on-the-catwalk/
Chemises à longues pointes, jeans pattes d’éléphant, souliers plateformes. Du brillant, du glitter, beaucoup de glitter. Pour être dans l’ambiance, il faut d’abord oser. Car c’est un véritable retour aux années disco que proposera en février et mars Disco Fever Experience, un spectacle enlevant qui ravive la mémoire d’une époque où la piste de danse était un lieu de liberté, d’excès et de célébration. Ces soirées ne seront pas qu’un simple voyage nostalgique : elles rendront aussi hommage à un lieu mythique de la nuit montréalaise des années 1970 et 1980, le Lime Light, situé sur la rue Stanley, en plein cœur du centre-ville.
Lime Light : un éclat qui brille encore Il existe des clubs dont la réputation précède l’expérience. Même sans y avoir mis les pieds, leur nom évoque une époque, une atmosphère, une façon d’habiter la nuit. Le Studio 54 de New York (1977-1980) en est l’exemple le plus célèbre. Mais Montréal a aussi eu son sanctuaire nocturne : le Lime Light. Fondé en 1973 par Yvon Lafrance — soit plusieurs années avant l’ouverture du club new-yorkais —, le Lime Light a rapidement acquis une notoriété qui n’avait rien à envier à son illustre cousin américain. Plus qu’une discothèque, il est devenu un symbole : celui d’une ville audacieuse, festive et résolument tournée vers la liberté des corps et des identités.
Le 14 février 1975 marque une date doublement symbolique : c’est l’anniversaire de l’union d’Yvon Lafrance et de Claude Chalifoux, mais aussi l’un des repères qui rappellent à quel point le Lime Light continue de vivre dans la mémoire collective. « C’est le fun, parce qu’on voit que les gens sont encore intéressés et qu’ils se souviennent du Lime Light. » Pendant longtemps, le couple a refusé les propositions de revival. « Le Lime Light était quelque chose de prestigieux, où de grands noms avaient joué, explique Yvon Lafrance. On ne voulait pas d’une salle qui ne soit pas à la hauteur. Mais cette fois-ci, avec Productions Platinum et Disco Fever Experience, on nous proposait un endroit intéressant : l’Espace St-Denis, un lieu magnifique. On a senti qu’ils voulaient vraiment rendre hommage au Lime Light. On a finalement accepté. Après 50 ans, ça va être beau. » Et surtout, un élément a fait pencher la balance : la danse. « Les samedis 14 février et 14 mars, dès 22 h 30, après le spectacle, la salle va se transformer en discothèque, comme à l’époque du Lime Light, avec le DJ Fernand Gagné, qui était le DJ numéro deux du Lime Light. »


Pour Yvon Lafrance, le Lime Light n’a jamais été qu’un simple club. « Le Lime Light, c’est mon bébé. C’est flatteur que Productions Platinum veuille recréer son ambiance. Ça m’a rendu fier et ça m’a fait réaliser à quel point le Lime Light était important. Quand je l’ai créé, mon objectif était aussi l’acceptation de la communauté gaie. Je voulais que les hétéros qui venaient au Lime Light apprennent à accepter la communauté gaie, que tout le monde se mélange et qu’il y ait moins de discrimination. » Claude Chalifoux , partenaire d’ Yvon Lafrance, se souvient très clairement de sa première visite. « Avant de connaître Yvon, j’allais déjà au Lime Light. C’était l’endroit où les gais se sentaient le plus libres. Je venais de Verdun, j’avais des amis “straights” qui y allaient et je me suis laissé guider par eux. La musique était incroyable. Je voyais d’autres gais danser autour de moi. Je me souviens d’un article de La Presse qui titrait “L’université de la danse”, et c’était exactement ça. Les gens étaient habillés de façon colorée : les filles avaient les cheveux bleus, roses, rouges… On se sentait bien là. »
Le Lime Light a aussi marqué l’histoire par sa programmation audacieuse. « La musique qu’on y entendait ne jouait pas nécessairement ailleurs, poursuit Claude Chalifoux. Il y a eu énormément de groupes et d’artistes : The Trammps, The Ritchie Family … de vraies célébrités. Gloria Gaynor a offert un spectacle extraordinaire. Après son numéro, elle a salué David Bowie, qui était dans la salle. Il était déguisé, on ne le reconnaissait pas. Il a enlevé ses lunettes, son chapeau… puis il est parti. Les gens n’oublient jamais ce genre de moment. » Au sommet de sa popularité, le club ne dérougissait pas. « On était toujours occupés. Il y avait énormément de monde. On cherchait constamment à améliorer la musique, le système de son, les lumières. Les gens venaient pour ça aussi. C’était ça, le Lime Light. » C’est dans cet esprit qu’est né cet Hommage au Lime Light, dont les représentations auront lieu les jeudis, vendredis et samedis 12, 13 et 14 février, ainsi que les 12, 13 et 14 mars 2026, à l’Espace St-Denis. Le spectacle Disco Fever Experience invite le public à revivre l’âge d’or du disco, à l’époque où les boules miroirs brillaient autant que les regards sur la piste de danse. Une expérience multisensorielle portée par une dizaine d’artistes, des effets visuels et sonores saisissants, et des succès intemporels de Gloria Gaynor, Kool & The Gang, Bee Gees, Donna Summer, KC and The Sunshine Band, interprétés par Don Campbell, Karelle et Marie, accompagnés de huit musiciens chevronnés.
Les samedis 14 février (soir de la Saint-Valentin) et 14 mars, dès 22 h 30, après le spectacle Disco Fever Experience, l’Espace St-Denis se transformera en véritable discothèque, avec son et lumières, pour faire revivre l’esprit du Lime Light. Aux tables tournantes : Fernand Gagné, DJ emblématique de l’époque, qui fera vibrer la salle au son des plus grands succès disco des années 1970. Une occasion unique de danser, de célébrer et de replonger dans une époque où la nuit était synonyme de liberté, d’audace et de communion. Le tout se déroulera sous l’œil bienveillant de Yvon Lafrance, fondateur du Lime Light, et de Claude Chalifoux, son conjoint et l’un des piliers essentiels de l’aventure du club.6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com


AIGLE NOIR
1315, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-0040 / www.facebook.com/Bar.Aigle.Noir
Populaire bar pour hommes, ouvert à tous, où se côtoie une clientèle diversifiée de tous les genres et de tous les âges. C'est un lieu inclusif impliqué dans la communauté. Dans la Zone sport, on diffuse des événements sportifs. Table de billard.
Popular bar for men, open to all, where a diversified clientele of all genres and all ages mix. It's an inclusive place involved in the community. In the Sport Zone giant screen major sporting events. Pool table.
936, rue Sainte Catherine est, Mtl T.514-903-9360 www.bernardmontreal.com
Les cocktails sont aussi élégants qu’inventifs, offerts en versions avec ou sans alcool. On y mange très bien et le menu assume son côté fancy. Mais ce restaurant est aussi un cabaret.
The cocktails are as elegant as they are inventive, available in alcoholic and non-alcoholic versions. The food is excellent, and the menu fully embraces its fancy side.
1669, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-597-0814 / www.barlecocktail.com
Le Cocktail est certainement l'un des plus chics endroits du village ! Il vous offre des performances de drag queens et des soirées de karaoké enflammées. Du jeudi au dimanche : spectacles et soirées à thème sous la direction artistique de Michel Dorion.
Stylish cabaret with a varied clientele where you can let go and relax with friends while enjoying a drag queen show or karaoke. Thursday through Sunday : shows and theme evenings under the artistic direction of Michel Dorion.
1474, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-6969 / www.complexesky.ca
Le Complexe Sky avec ses trois étages et sa terrasse sur le toit dotée d’un jacuzzi est le plus grand complexe gai de la ville.
Sky Complex is the largest gay complex in the city and offers three levels including a terrace on the roof with a jacuzzi.
CHAMPS : CHAMPS SPORTS BAR
3956 Boul. Saint-Laurent, Mtl.
Lieu clé dans le Plateau pour les communautés lesbiennes et queer, connu pour ses événements comme les Dyke Nights, son ambiance inclusive et sa clientèle diversifiée.
A key location in Plateau for the lesbian and queer communities, known for events like Dyke Nights, its inclusive atmosphere, and its diverse clientele.
1115, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-525-7566 / www.mado.qc.ca
Cabaret populaire, Mado présente des spectacles de drags ou des événements spéciaux tous les jours. Mado Lamotte «reçoit« les vendredis et samedis soirs…
Mado's popular Cabaret features drag shows or special events every day. Mado Lamotte "receives" on Friday and Saturday evenings...
1111, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-526-3616 / www.campusmtl.com
Populaire bar où les danseurs nus, pour la plupart assez musclés ou découpés exhibent leur anatomie... pour le plus grand plaisir de la clientèle. Ouvert tous les jours de 15h à 3h.
Popular bar where guys show their muscles, shizelled body... and the rest. Open daily from 3 pm to 3 am.
1681, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.facebook.com/Diamant-Rouge
Diamant Rouge est un strip bar qui permet à sa clientèle d’apprécier visuellement l’esthétique des corps masculins. Dianmant Rouge is a strip club that allows its customers to appreciate the aesthetics of male bodies.
1365, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 438-387-3622 / www.districtvideolounge.com
Bar concept à l’ambiance relaxe avec clientèle de jeunes professionnels LGBTQ+. Écrans géants avec diffusion de vidéoclips et beaucoup plus.
Video bar at the heart of the Gay Village. Relaxed atmosphere with mainly LGBTQ+ young professionals. Large screens with music clips.
1276, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.motelmotel.ca
Motel Motel est une adresse fluide. C’est une buvette de quartier, mais en franchissant la porte dans les toilettes on accède à un bar à l’arrière qui s’inspire du concept de bar clandestin.
Motel Motel is a fluid address. It's a neighborhood bar, but through the door in the toilets you reach a bar at the back which is inspired by the concept of a clandestine bar.
1309, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-347-7023
Bar sportif avec dix-sept grands écrans qui diffusent une variété de chaînes sportives.
Sports bar with seventeen large screens showing a variety of sports channels.
1295, rue Atateken, Mtl. T. 514-303-4013 / www.taverne-normandie.ca
Le Normandie est l’un des plus anciens établissements gais dans le Village. Vous y retrouverez une clientèle des plus sympathiques pour vos 5 à 7 avec une sélection de bières et de scotchs d’une grande variété. Tous les soirs de la semaine, c’est le karaoké.
The Normandie is one of the oldest gay establishments in the Village. Redecorated recently, it gathers a friendly clientele. It offers a variety of beers and scotches. Every night it’s karaoke night!
1272, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.bar-renard.com
Petit bar de quartier, très charmant à la déco design face à la station Beaudry.
Small, trendy and design neighborhood bar in front of Beaudry metro station.
1218, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.ledatekaraoke.com
Piano bar relax avec soirées karaoké tous les jours. Neighbourhood piano bar with karaoke every night.
1812, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-598-8243 / www.lestudmontreal.com
Bar à la clientèle variée où les hommes aiment les hommes et où les Bears se rencontrent aussi. Nombreux partys et soirées à thème tout au long de la semaine. Piste de danse. Il faut visiter «L’Atrihom», une verrière de 30 pieds de haut avec mur végétal, que ce soit pour une date, manger ou simplement pour prendre un verre. Diverse crowd, a meeting place for Bears. Popular bar with dance floor. Several partys and themed nights monthly. The ‘’Atrihom’’ is a 30 feet high green house where you can also eat.
1673, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-7865 / www.facebook.com/tavernerocky
Bar de quartier avec une clientèle mature où l’on propose régulièrement des spectacles de chanteurs.
Neighbourhood bar with a mature crowd. Guest singers regularly.
1171, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-842-1336 / www.stockbar.com
Le Stock Bar est un club de danseurs nus qui offre un cadre festif, respectueux et sécuritaire. Le lieu compte aussi un speakeasy plus cosy pour les danses… et un bar-terrasse ouvert sur la rue.
Stud Bar is a nude dance club that offers a festive, respectful and safe environment. More cosy in the speakeasy space ideal for private dances and also a section open on the street.
858, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-658-2646 / www.stereobar.tickit.ca
Le bar du légendaire afterhour situé dans le Village est doté d’un excellent système de son. Clientèle mixte. DJs locaux et de renommée internationale de passage régulièrement.
The bar of legendary afterhour in the Village has an excellent sound system. Mixed clientele. Local and Internationally renowned DJs.
1950, boul. de Maisonneuve Est, Mtl. T.514-504-6161 / www.facebook.com/BarleTaboo Sympathique bar de danseurs nus. Pleasant bar with nudedancers.
1171, rue Sainte-Catherine Est, 2e Mtl. T. 514-523-2777 / www.clubunity.com
Le club Unity est un grand club où on danse les jeudis, vendredis et samedis.
The Unity Club is a large dance club open on Thursday, Friday and Saturday.
1237, rue Atateken, Mtl. T. 514-528-7617 / www.restokeela.ca
Ce resto de quartier convivial offre des vins pour la plupart bios ou natures et de délicieux cocktails. This friendly neighborhood restaurant offers mostly organic or natural wines and delicious cocktails.
1333, rue Ste-Catherine Est, Mtl www.lesaloon.ca
Bistro-bar à l’atmosphère décontractée où l’on peut simplement prendre un verre avant un événement ou y passer la soirée entière.
Bistro-bar with a relaxed atmosphere where you can simply have a drink before an event or spend the entire evening there.
1101, boul. de Maisonneuve est, Mtl. T. 514-379-3699 / www.leblossom.ca
Ce resto propose de la cuisine néo-japonaise, des sushis, mais aussi une importante sélection de saké et de whiskys japonais.
This restaurant offers neo-Japanese cuisine, sushi, but also a large selection of sake and Japanese whiskeys.
1487, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 529-8480 / www.restopalme.ca
Resto qui propose des saveurs originales des caraïbes. Grande sélection de rhums et de cocktails de haute voltige.
Restaurant that offers original Caribbean flavors. Large selection of rums and high-flying cocktails.
CABARET CLUB LE DRAGUE
815, rue Saint-Augustin, Québec T. 418-649-7212 / www.ledrague.com
Complexe ouvert à tous et à toutes, comprenant: la verrière et le Cabaret. La discothèque sur deux niveaux est ouverte du jeudi au samedi..
Complex open to all, including: the glass roof and the Cabaret. The two-level nightclub is open from Thursday to Saturday .
889, Côte Sainte-Geneviève, Québec, QC G1R 5M2
T. 418-524-5000 / www.facebook.com/bar.stmatthews
Bar gai principalement fréquenté par des hommes. On y trouve une table de billard, une terrasse et des appareils de loterie vidéo. Les moments forts sont les weekends, de même que les 5 à 7.
This gay bar mostly frequented by men. There is a pool table, patio and video lottery machines. The highlights are the weekends, as well as the Happy Hour.
SAUNAS DE MONTRÉAL
La présence des saunas pour hommes à Montréal date depuis très longtemps. D’ailleurs, le Bain Colonial, ouvert il y 109 ans, est toujours en activité, faisant de lui le plus vieux — ou l’un des plus vieux — saunas pour hommes toujours en activité en Amérique. Depuis le début des années ’70, d’autres établissements ont ouvert leurs portes pour servir les hommes GBTQ en tant qu’espaces de détente et de bien-être contribuant à la vie socio-culturelle de la région métropolitaine, en offrant un espace inclusif de rencontres pour la communauté.
SAUNA CENTRE-VILLE
1465, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 524-3486 / www.saunacentreville.com
Le Centre-Ville est fréquenté par une clientèle de tous âges et de toutes catégories professionnelles.
This sauna attracts a varied clientele from all ages and professional backgrounds.
3963, ave Coloniale, Mtl. T. 514 285-0132 / www.baincolonial.com
Fréquenté par une clientèle majoritairement gaie. Sur trois étages, le Colonial vous permet la détente et, qui sait, de belles rencontres. Le Colonial vous offre 3 saunas, bain tourbillon, salle de vidéo-tv, salle d'exercices, service de massage, 2 terrasses ainsi qu’un stationnement.
Attracts a crowd of regulars, mostly gay. Genuine steam system with natural rocks. The Colonial offers 3 saunas, whirlpool bath, video-TV room, exercise room, massage service, 2 terraces and parking.
1390, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 521-0785 / www.saunaoasis.net
En plein cœur du Village. Plus d'une centaine de chambres et autant de casiers.
In the heart of the Village. Over one hundred rooms.
SAUNA CARPEDIEM
3481, Montée Saint-Hubert, St-Hubert. T. 450 462-3481 / www.saunacarpediem.com
Seul sauna de la Rive-Sud à offrir un sauna vapeur en plus des services réguliers (sauna sec et tourbillon) ainsi qu’une salle vidéo de type «auditorium». On peut y faire l’achat de certains gadgets sexuels. Stationnement gratuit à l’arrière
The only South Shore sauna with a steam room with all regular services (hot tub & dry sauna) and an «Auditorium» style video room. One can also buy a diversity of sexual toys. Free parking at the back.
G.I. JOE
1166, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 528-3326 / www.saunagijoe.com
Le lieu des amateurs de fétichisme qui retrouvent là un endroit pour réaliser leurs fantasmes.
The sauna of the fetish loving crowd. With slings, glory holes and a bunker.
SAUNA BACKBOYS
264, Rue de la Couronne, Québec T. 418-521-6686 / www.saunabackboys.com
Situé dans le quartier St-Roch, ce sauna compte 45 chambres et casiers, glory holes, bain vapeur, labyrinthe, sauna sec et bain tourbillon.
Located in the St-Roch district of Quebec, this sauna has 45 rooms and lockers, glory holes, steam bath, labyrinth, dry sauna and whirlpool.

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De 22 h à 3 h, le 30 janvier prochain, le Bar Le Stud nous offrira un tout nouveau Party BRUTE! Mais un BRUTE spécial : une levée de fonds au profit d’AntoineinCuir, M. Cuir Montréal 2025, avec un invité de marque, René Hébert, M. Cuir International 2025. Rien de moins! Et toujours sous les rythmes énergiques (et très sexy) du DJ Flavio Cunha. Quoi dire de plus? Il y aura aussi 500 $ en prix à gagner pour le public présent à cette soirée des plus endiablée et festive!
Pourquoi une soirée dédiée à AntoineinCuir?
Pourquoi une telle soirée consacrée à AntoineinCuir , M. Cuir Montréal 2025, de façon particulière? « En gros, c’est la première fois en plusieurs années que nous avons un titré de Montréal pour représenter la communauté cuir au concours International Mr. Leather (IML). Et quoi de plus parfait que d’utiliser la formule BRUTE pour aider Antoine avec les dépenses reliées à son voyage et à son hébergement? Donc, je transforme la formule du BRUTE pour en faire une levée de fonds pour Antoine : M. Cuir Mtl 2025. J’ai même M. Cuir International, René Hébert, qui sera là », explique Tony Lacroix, gérant au Stud. L’International Mr. Leather (mieux connu sous l’acronyme IML, soit M. Cuir International) se tiendra à Chicago, du 21 au 24 mai prochain.
Une présence remarquée
René Hébert est aussi Mr. Palm Springs Leather 2025. Il a fait face à 67 autres personnalités du milieu cuir et kink lors de l’IML, en mai 2025, avant de remporter ce titre prestigieux. Multilingue, René Hébert mène avec bienveillance un message d’inclusion, de communauté et, surtout, de solidarité — en veillant les un.e.s sur les autres. De plus, il est le premier Boot Black à gagner l’IML.
Donc oui : ce beau mâle châtain-roux, barbu, poilu et sexy sera de ce rassemblement cuir et fétiche qu’est le Party BRUTE du 30 janvier! René Hébert est en tournée en Europe et aux États-Unis pour quelques semaines, avant la prochaine édition de l’IML, mais il fera un bel arrêt à Montréal pour visiter notre titré M. Cuir, Antoine.
Bon, ne vous excitez pas trop le poil des jambes : ce n’est ni Heated Rivalry ni Spartacus : House of Ashur! D’accord, il y aura sans doute des gars en chaps et en full cuir qui sentent la testostérone à plein nez… (Je vous vois saliver déjà!)
AntoineinCuir, M. Cuir Montréal 2025
L’actuel M. Cuir Montréal a été élu tout juste le 11 octobre dernier, lors du Weekend Phoenix Montréal (WPMtl). Cela faisait déjà quelques années que ce concours n’avait pas eu lieu. Mais depuis combien de temps un titré montréalais ne s’était-il pas rendu au concours international, et qu’est-ce que ça fait, émotionnellement, de s’y retrouver et de représenter

Montréal? « Cela faisait sept ans que Montréal n’avait pas été représentée au concours international. Revenir sur cette scène, c’est évidemment une immense fierté pour moi. Je suis une personne issue à 100 % de la diversité, d’origine moyen-orientale, vivant au Canada, à Montréal. Je suis aussi quelqu’un qui est investi dans la lutte contre le VIH, et il était essentiel pour moi de remettre Montréal sur la carte internationale, avec tout ce que cela représente : la visibilité, la mémoire et la continuité », souligne AntoineinCuir, titulaire du titre M. Cuir Montréal.
« Si je ne me trompe pas, le premier M. Cuir Montréal remonte à 1987. En tenant compte des années d’absence, nous sommes environ 33 titulaires, moi inclus », ajoute-t-il. « C’est un héritage fort, et je mesure pleinement la responsabilité qui vient avec ce titre. »
Pense-t-il qu’il y a un renouveau à Montréal du milieu cuir, après que la ville a longtemps été une plaque tournante de la communauté cuir en Amérique du Nord? « Oui, il y a clairement un renouveau dans la communauté, note-t-il. Elle a longtemps été perçue comme vieillissante, en partie à cause des aléas de la vie, de la pandémie, de la COVID, et aussi de la baisse de fréquentation du Village. Mais depuis deux ans, on assiste à quelque chose de très beau : une nouvelle génération qui se réapproprie les lieux, qui affirme son identité avec force. Que ce soit à travers le cuir, le latex ou d’autres fétiches, l’expression est là, assumée et vivante.
Le cuir reste aussi un mode de vie plus facile à porter que le latex dans la vie de tous les jours, et les effets de mode y contribuent énormément. Le retour du perfecto, l’esthétique Tom of Finland : tout cela participe à remettre le cuir au centre, à le rendre à nouveau désirable, visible, actuel. Montréal a toujours été une plaque tournante, une ville qui a su établir des standards dans la communauté fétiche. Elle demeure la petite sœur des États-Unis : peut-être plus discrète, mais souvent en avance, et surtout beaucoup plus loud qu’on ne le pense. »
Cela fait déjà trois ans qu’AntoineinCuir, M. Cuir Montréal 2025, vit pleinement dans le milieu et « met de l’avant la visibilité positive des personnes vivant avec le VIH, la prévention et l’intervention dans les milieux défavorisés et auprès des personnes marginalisées », peut-on lire sur ses réseaux sociaux. Il s’engage également à créer des espaces communautaires bienveillants et solidaires, où chacun peut exister pleinement et être vu.6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | 30 janvier prochain, au bar Le Stud (1812, rue Sainte-Catherine Est, Montréal) est présentée par Kink Garage et commanditée par la boutique Armada, par The Men’s Room. https://www.lestudmontreal.com



J’ai arrêté le gym et je me sens mieux
Quand je me suis inscrit au gym, c’était assez clair dans ma tête. Je me disais que si j’avais plus de muscles, je me sentirais sûrement mieux avec moi-même. Ça me semblait une façon logique de gagner un peu de confiance et d’arrêter de douter autant. Je ne me suis pas posé plus de questions que ça.
Au début, j’aimais ça. Je dormais mieux. Je mangeais mieux. J’étais content d’avoir une routine. J’ai appris à cuisiner du riz, du poulet et des patates douces de quinze façons différentes. J’avais l’impression d’être en train de m’améliorer, de devenir une meilleure version de moi-même, sans trop me demander pour qui je le faisais exactement. Après quelques mois, j’ai commencé à remarquer autre chose. Pas juste dans le miroir, mais dans la façon dont les gens réagissaient : plus de regards, plus de compliments, plus d’invitations. Rien de renversant, mais assez pour que je fasse le lien. Pourtant, je n’avais pas changé tant que ça. Je n’étais pas devenu plus intéressant. J’avais toujours les mêmes insécurités, le même humour douteux, le même air bête quand je suis fatigué. J’étais juste plus en shape. Visiblement, dans bien des situations, ça suffisait.
Le corps, c’est un capital social. Certains physiques donnent accès à des choses plus facilement : de l’attention, des invitations, du sexe, parfois même un semblant de respect. On peut appeler ça des préférences, mais quand ce sont les mêmes silhouettes qui sont constamment mises de l’avant, ça finit par créer une pression claire sur ce qui est désirable et ce qui l’est moins. Ce n’est pas une plainte, c’est un constat. Alors, quand tu as passé une partie de ta vie à te sentir invisible ou de trop, c’est tentant de miser là-dessus.
Je continuais à m’entraîner. Pas parce que j’aimais tant ça, mais parce que je ne voulais pas perdre ce que ça m’apportait. Je me disais que c’était de la discipline, une bonne habitude à maintenir. Sans m’en rendre compte, je passais plus de temps à m’entretenir qu’à me demander comment j’allais vraiment. Je continuais pareil, sans trop me demander où ça menait.
Dans ce moment-là, poster des photos sexy sur Instagram s’est fait presque naturellement.
Parce que si ton corps devient ta monnaie, tu finis par vouloir le montrer. Je prenais une vingtaine de selfies torse nu et je publiais celui où j’avais l’air le plus musclé, le plus sûr de moi, même si je ne l’étais pas vraiment. Je savais ce que je faisais et ce que ça allait provoquer.
Aujourd’hui, c’est un des moyens les plus rapides d’avoir un boost de validation. Pas besoin d’avoir quelque chose d’intelligent à dire. Il suffit de montrer un peu de peau. Les likes arrivent aussitôt, les commentaires aussi. C’est un système de récompense simple. Sur le coup, ça fait du bien. Ça rassure juste assez pour avoir envie de recommencer.
Au fond, je savais que ça ne réglait rien, mais arrêter, ça voulait dire perdre de la visibilité. Je n’étais pas prêt à le faire. Dans un milieu où beaucoup ont grandi en se sentant pas assez masculins ou pas assez désirables, être vu devient une forme de sécurité. On ne s’y accroche pas par narcissisme, mais parce que ça rassure de quoi en dedans. Personne ne te force à jouer à ce jeu, mais tout te pousse à y rester.
À la longue, ça m’a fatigué. J’avais l’impression de gérer une image plus que de prendre soin de moi. Je mettais beaucoup d’énergie à bâtir un corps que les autres allaient trouver attirant, sans être certain que ça me faisait vraiment du bien. Plus je me montrais, moins je me reconnaissais. Je suis quelqu’un de réservé. Me mettre autant de l’avant, ce n’est pas naturel pour moi.
Regarder mon chum m’a fait réfléchir, sans qu’il dise quoi que ce soit. Il ne correspond pas aux standards qu’on voit partout. Il ne se compare pas sans arrêt. Il n’essaie pas d’optimiser son image. Pourtant, il a une estime de lui que je lui envie sincèrement. Moi, avec un corps plus en shape, je doutais plus que lui.
Un matin, je ne suis pas allé au gym. Le lendemain non plus. Les photos ont arrêté en même temps. J’étais tanné de jouer un rôle. J’avais envie de voir ce qui resterait si j’arrêtais d’alimenter tout ça. Les premières semaines ont été rough. Je me sentais moins beau, moins confiant, plus discret. Ça ébranle l’ego. Je me demandais si j’étais en train de régresser ou si je gagnais une liberté. Je n’avais pas encore la réponse.
Avec le temps, ça s’est placé. Je pense encore à mon corps, mais moins souvent. Je continue de bouger, de manger mes patates douces, de prendre soin de moi. J’aime encore plaire, évidemment. Je fais juste plus attention à la place que ça prend dans ma tête. Je ne ressens plus le besoin de me montrer pour me rassurer.
Le gym, les muscles ou les photos sexy n’ont jamais été le vrai problème. Ce que je critique, c’était ce que j’espérais régler en passant par là. Je ne suis pas certain que j’en ai fini avec ça. C’est plus facile à dire quand il fait -30 et que tout le monde est caché sous un manteau. L’été va revenir, les corps aussi, et la comparaison qui vient avec. On verra quand l’été va revenir. Je sais juste qu’à un moment donné, m’exposer ainsi me demandait plus que ce que ça m’apportait. Et ça, je ne suis pas le seul à le vivre.6


JEUDI 21H30 MX COCKTAIL 2026
ANIMATION PAR ALTERNANCE : CHOUCHOUNE, RAWBIN, EMMA DÉJÀVU


VENDREDI 21H30 (ADMISSION 11$)
VENDREDI FOU!
ANIMATION MICHEL DORION ET SES INVITÉS
SAMEDI 21H30 (ADMISSION 15$)
DRÔLES DE DRAGS!













Party 30e anniversaire du Bar Le STUD | PHOTO PASCAL FOREST

RÉUNIONS D’AMIS POUR LE 30E ANNIVERSAIRE DU STUD.

Levée















19 janvier au 18 février 2026
On arrive à l’année du Cheval de Feu, qui annonce du changement pour tout le monde. Ce Cheval est rare, il revient tous les 60 ans, en amenant son lot de surprises. Comme en 1966, lors de la révolution culturelle en Chine. Et justement, le natif du Verseau vivra tout un changement en juillet à l’arrivée de Jupiter dans le signe en face, le Lion. Ce qui annonce des invitations, des propositions, amenant de l’expansion, l’occasion de faire mieux. Il rencontrera des gens avec qui il s’entendra bien, il devrait commencer à cheminer avec eux. D’ailleurs, s’il est seul, il devrait débuter dans une nouvelle relation sans trop de drames. Il y aura assez vite un lien formel entre eux, peut-être même légal. Mais c’est sûr qu’il aura raison d’avoir confiance en l’autre, envoyé par Jupiter. Le natif du Verseau recevra des propositions au travail aussi. Ou l’occasion d’aller en affaires, dans une association. Ou même avec un groupe, un collectif. Enfin, la chance de Jupiter lui sera offerte par l’Autre. Des gens qui iront vers lui et des événements qui le serviront. Pour tout de suite, Jupiter en Cancer lui donnera de l’intérêt pour sa santé. Et pour balancer son influence expansive, il devrait devenir frugal dans ses diverses consommations. Bouffe, sucre et alcool. Sans s’arrêter complètement, il devra être plus sobre. Sinon, il deviendra rond comme un baril. Il ménagera son petit cœur en sautant les 5 à 7. De toute façon, la tempérance devient tendance. Il devrait mieux s’organiser au travail aussi. Et/ou pour l’entretien de la maison. Le ménage. Du changement l’amènera à mieux apprécier son temps passé au travail. D’ailleurs, quelqu’un devrait commencer à le guider. À le protéger même. Il passera donc de bons moments au bureau. Ou à l’atelier. La cuisine. Saturne est rendu en Bélier, il le rendra curieux et concentré pour étudier plus sérieusement des sujets. Il pourrait faire un apprentissage au travail, par exemple. Ou étudier l’architecture, pour son plaisir. En allant visiter le Musée Guggenheim à Bilbao. Ou en contemplant l’Alhambra, de loin, en faisant la longue file pour le visiter. Saturne devrait aussi lui présenter une personne plus âgée que jeune. Restant tout près de chez lui, un voisin. Avec en tout cas une belle expérience de vie. Il prendra beaucoup de plaisir à deviser avec, leur relation prendra du sens au fil du temps. Ils seront heureux de se connaître et ils se respecteront profondément. Il devra être prudent aussi sur la route et éviter les excès de vitesse. Les radars ne pardonnent pas. Alors, bonne fête à l’enfant du Verseau, qui verra une nouvelle année pleine d’effervescence. Et à tout le monde, je souhaite une joyeuse SaintValentin. Trouvez un moyen de vous faire plaisir, que vous soyez seul ou non. Soyons tous et toutes des Valentins pour les autres !
Poissons
Ça y est ! Saturne et Neptune sont partis de chez vous. Vos méditations auront lieu à une altitude plus respirable. Et vous répondrez mieux dans des situations intenses où vous auriez disjoncté avant. Peut-être prendrez-vous vos distances avec des gens aveugles. Insensibles. Vous vous en libérerez. On dirait que vous préparez le terrain pour un renouvellement. Une histoire rafraîchissante qui vous fera du bien. Saint-Valentin enjouée.
Bélier
Ben voilà, Saturne revient chez vous. Annonçant des défis, des leçons, auxquels vous êtes parfaitement capable de répondre. À chacun sa réponse, il faudra trouver la vôtre. Déjà, en partant, vous vivrez une expérience assez sérieuse avec des amis. En travaillant sur un projet concret, comme une micro-ferme. Ou en lançant un service quelconque. Un de vos copains, rouquin et assez solide, restera longtemps avec vous.
Taureau
Vous prendrez au sérieux vos engagements au travail. Peut-être amorcerez-vous un projet qui vous mènera loin. Vous verrez mieux aussi comment des gens ont confiance en vous. Plusieurs ont besoin de vous. Soyez présent, car ils déclinent. Avant de s’effacer. Et des artistes trop honnêtes, au grand cœur, qui ont toujours eu un vent de face au travail, vont enfin connaître une accalmie et même, un tourbillon de réussite. Hi ! Ha !
Gémeaux
Les étoiles vous enverront en voyage bientôt, à un endroit complètement inconnu, où les gens se vêtiront d’une manière remarquable. Ou en allant plutôt presque nus. Vous en serez ébloui pour un temps, vous comprendrez mieux ainsi des vérités. Un sage vous observe, il apprécie votre discours. Vous devriez vous rapprocher, vous aurez de beaux échanges. Vous vous apercevez que vous attirez plus facilement à vous vos rêves. Vos désirs.
Cancer
Vous n’aimez pas trop les changements et, pourtant, il y en a au moins un, important, qui approche. Du côté affectif, autour de la Saint-Valentin d’ailleurs. Il sera facile de vous en rappeler plus tard. Il devrait balayer votre vie et changer le paysage, car il vous amènera à déménager. Ou à aller travailler ailleurs. Vos finances devraient s’améliorer, vous vous enrichirez. Quelqu’un va s’introduire dans vos rêves, avec ses yeux verts.
Lion
Une histoire d’amour franchira une étape en arrivant à une conclusion. Ou une mutation. Vous serez différent après. Peut-être même en compagnie de quelqu’un d’autre. Mais vous y serez mieux, en étant plus fidèle à vous. Ceux qui sont seuls débuteront dans du nouveau, d’une manière chaotique. Et déconcertante. Ils ne sauront plus où ils en sont, et encore moins où ils vont.
Et pourtant, ébahis, ils aboutiront dans le plus grand désordre là où il faut.
Vierge
Vous aimez bien vous occuper de votre corps et vous essaierez du nouveau à cet égard. En fuyant le chimique et les microplastiques. En marchant près des arbres. En stressant moins. Vous vous rapprocherez d’un copain qui s’intéressera au développement personnel, d’une manière douce. Vous deviendrez peut-être plus énergique, ou optimiste, en marchant. Saturne vous alourdira moins dans vos échanges et relations.
Balance
La vie sera légère pour vous, vous danserez un peu partout. Vous serez souvent de bonne humeur. Les gens vous percevront bien. Ils tenteront de mieux vous comprendre. Vous aurez de la chance en argent. Ou ailleurs, de concret. C’est le temps de sortir, vous ferez facilement des rencontres. Tout le monde vous découvrant en même temps. Vous vivrez une belle histoire avec quelqu’un, pour autant que vous gardiez les pieds sur terre.
Scorpion
L’hiver n’est pas fini et vous apprécierez encore vos draps en flanellette. Vous vivrez du nouveau au logis, en accueillant un coloc. Ou en décorant une pièce autrement. Vous prendrez conscience d’une attitude discutable chez vous, née du passé. Vous saurez mieux comment dealer avec. Vous deviendrez plus ouvert. À l’aise. Vous reverrez un vieil ami, ça vous réjouira. Vous vous sentirez plus proche de gens qui vous étaient étrangers avant.
Sagittaire
Vous voyagerez autour et vous croiserez souvent les mêmes personnes. À croire que vous vous marierez cet été. Enfin, il y a un voisin que vous connaîtrez mieux et ça fera votre bonheur. Et surtout, vous aurez irrésistiblement confiance en lui. Mais gardez quand même votre NIP pour vous. Retenez-vous si vous avez un béguin pour un nouveau bolide, ça vous passera vite. Surtout s’il coûte cher. Il y a un petit génie près de vous. Plutôt allumé.
Capricorne
Vous voudrez ralentir, vous enraciner dans des moments magiques. Parler moins fort, sacrer moins ostensiblement. Vous trouverez plus facilement la paix. Vous concentrerez vos efforts sur ce qui est important, vous attirerez ainsi les richesses qui comptent. Le fric, mais aussi autre chose, de moins avoué. Vous serez très satisfait de votre logis sous peu, bien que ça impliquera peut-être un déménagement. Ou l’arrivée d’un coloc fort, mais effacé. Tranquille. 6

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