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DÉPÔT LÉGAL ISSN 0831-1625
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DATES DE TOMBÉES DES PROCHAINES ÉDITIONS
MAI 2026 NUMÉRO 500
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 7 avril 2026
Réservation publicitaire : 10 avril 2026
Matériel publicitaire : 13 avril 2026
Sortie : 22 avril 2026
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 5 mai 2026
Réservation publicitaire : 8 mai 2026
Matériel publicitaire : 11 mai 2026
Sortie : 20 mai 2026
TOMBÉES
Tombée rédactionnelle : 2 juin 2026
Réservation publicitaire : 5 juin 2026
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Sortie : 17 juin 2026
Les communiqués doivent parvenir à la rédaction au plus tard le lundi précédant la tombée de l'édition.
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L’ALBUM MANIFESTE DE CALAMINE
PAGE 44
« J’espère que les gens qui vont m’écouter vont ressentir la même chose que moi quand j’écris : le sentiment d’être vue dans tout ce que je suis — mon impuissance, mon cynisme, mon espoir. ... »


SAM CHAMPAGNE
PAGE 16
« Si tu as un aspect de ton physique qui te dérange beaucoup, ça fait du bien de le tweaker un peu. Mais même à ça, ça ne va pas changer l’atmosphère en dedans de toi. Ça va changer ta confiance... »
08 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle
10 Autrement dit / Yves Lafontaine
12 Où sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt
14 Place au Village / Gabrielle Rondy
24 Arts & Icones / Richard Burnett
100 Porte Voix / Nicolas Vandal
104 Horoscope / Robert Gareau
16 Entrevue avec Sam Champagne
18 Entrevue avec Charly Mullot
20 Entrevue avec Kev Lambert
22 Entrevue avec Amandine Gay
26 Entrevue avec Simon Alarie
28 Entrevue avec Oli Corno
30 Entrevue avec Dominique Théberge / JAG
34 Entrevue avec Gengoroh Tagame
42 Entrevue Raconter sa propre histoire
44 Entrevue Calamine
38 «Engage 2.0/MECS» Pour contribuer à la santé des hommes gais et queers
46 Alcools
48 Au volant
50 Montréal lance sa première Semaine Design
52 Les 5 coups de cœur de Pierre Lapointe à la Semaine Design de Montréal
52 Quartier Jeunesse Carrefour jeunesse-emploi
56 Un goût pour la Vie / A Taste for Life avec Petula Claque
57 Volley Boréal
58 Groupes lgbtq+
60 Lucien Spee, directeur de la WorldPride Amsterdam 2026
62 Équipe Montréal
70 20 ans du FTA
74 Eurovision 2026
76 Retour de Mambo Italiano sur scène au printemps 2026
77 Nathalie Doummar et la pièce Frères
78 Samuel Larochelle se livre sans détour dans son nouveau livre
80 NOUVEAUTÉS : livres
82 La somme de nous, s’écrire pour se retrouver
84 Entrevue avec Junna Chif
85 Une saveur de Montréal queer
86 SÉRIES : Le retour d’Anna Brodeur, saison 2
87 SÉRIES : Star Trek : Starfleet Academy
88 Comment rivalité et mise à nu s’inscrivent-elles inconsciemment dans l’image ?
89 SÉRIES : Enfant de méduse, Wolastoqey
90 SÉRIES : School Spirits, saison 3
91 TÉLÉ-RÉALITÉ : Hors réseau
102 Photos
103 Photos
CLUBBING
92 LIEUX LGBTQ+ DE RENCONTRES
94 Soirée cabaret avec drags et artistes
96 Un printemps très sucré avec le retour du Festival Sugar
Bear
98 « La Fièvre Francophone »
PETITES ANNONCES
64 Immobilier
65 Annonces classées






Magazine LGBTQ+ de société, culturel et communautaire, FUGUES est le seul média québécois/ canadien francophone à suivre l’actualité gaie, lesbien, bisexuelle et transgenre d’ici et d’ailleurs. Sa diffusion multiplateforme à la fois imprimée et virtuelle vous donne votre dose régulière d’actus LGBTQ+. Ilreposesurunepetiteéquipedepassionné-e-s ;)


En regardant LesFillesdeCaleb récemment, j’ai vu, autour des amours entre Émilie Bordeleau et Ovila Pronovost, une histoire d’intolérance, de peur et de fausses croyances qui m’a fait penser au traitement réservé aux personnes trans. Comme si ce classique témoignant de la fin du 19e siècle faisait écho aux enjeux de 2026.
Vous pouvez (re)découvrir ce moment en visionnant le 3e épisode de la série sur l’extra de TOU.TV : Lazare Pronovost, l’un des frères d’Ovila, fait une crise d’épilepsie dans l’école de rang. À l’époque, on surnommait cette maladie méconnue « le grand mal ». Dès ses premiers symptômes, certains enfants se mettent à crier. D’autres, qui connaissent la maladie ou dont le cœur parle en premier, viennent en aide au garçon. Soudain, une jeune fille, Marie, clame que c’est le diable qui se manifeste!
À la récréation, elle raconte des histoires de peur aux autres. Leur enseignante, Émilie, répond que Lazare est simplement malade et elle souhaite que la fillette réfléchisse à son pupitre. Celle-ci se braque et va chercher ses parents. La mère surnomme l’enseignante la démone. La fillette ment en disant avoir reçu une claque au visage. Le père frappe Émilie. La mère dit qu’il faut utiliser de l’eau bénite
quand le grand mal s’en prend à quelqu’un. Puis, le père menace de lui faire perdre son emploi. Quand il rapplique avec les commissaires de l’école, il affirme vouloir protéger les enfants. Les commissaires – dont fait partie le papa du petit Lazare – en viennent aux coups. Le père en furie affirme que c’est un péché de laisser sortir un enfant comme lui sur la place publique. Le papa de Lazare, Dosithé Pronovost, n’en revient pas que le père de Marie croie à ces histoires de diable. Ce dernier, aveuglé par la haine, réplique : « L’important, c’est pas que ce soit vrai. L’important, c’est que ça fait peur au monde! ». Dosithé rétorque que le grand mal n’a rien à voir avec la maladie de son fils et que si l’autre homme avait quelque chose entre les deux oreilles, il comprendrait ça.
Près de 130 ans plus tard, je vois les parallèles entre nos deux époques. On dit souvent que les mécanismes d’intolérance face aux personnes trans sont les mêmes que ceux à l’égard des gais et des lesbiennes il y a 50 ans. C’est indéniable. Toutefois, j’ai été surpris de constater qu’on pouvait en dire autant des années qui ont servi d’inspiration aux Filles de Caleb.
Allons-y un morceau à la fois. D’abord, une enfant, certainement influencée par les paroles que ses parents ont tenues à la maison, témoigne de sa méconnaissance d’un phénomène. Ensuite, on associe le phénomène au mal, on répand de fausses croyances au plus grand nombre et on cherche à exclure les personnes concernées. Sans oublier que Marie a menti en affirmant que son enseignante l’avait giflée, afin d’amplifier la colère de ceux qui l’écoutent.
Ensuite, on s’en prend aux personnes alliées. Ici, Émilie est comparée à une démone. La fillette ajoute que son enseignante a l’air trop jeune pour son âge et qu’elle a probablement vendu son âme au diable en échange de la jeunesse. Le père menace de lui faire perdre son travail, parce qu’elle a protégé son élève malade. Puis, il cherche d’autres façons de la discréditer en critiquant le fait qu’elle nourrit des enfants pauvres avec ses propres rations de soupe et qu’elle ose demander un deuxième poêle à bois parce qu’elle gèle en hiver.
Le patriarche renchérit en disant être tanné de se faire regarder de haut par une jeune femme qui se pense plus fine que les autres. Lire ici : quand il croise quelqu’un de plus éduqué que lui, il ne peut composer avec son sentiment d’infériorité et son manque d’éducation, alors il doit s’en prendre à la personne qui possède le savoir. Comme tous les conservateurs de notre époque qui veulent réduire les gens « éveillés » à des « wokes de bas étage » après avoir détourné le sens du mot.
Pire encore, le père furieux prétend vouloir protéger les enfants : ce fameux argument qui semble impossible à contredire, puisque personne ne peut être contre la protection de ces êtres sans défense. Malheureusement pour lui, quiconque possède un minimum de connaissances et de sens critique peut comprendre que l’épilepsie n’est pas contagieuse, tout comme les personnes trans qui vivent alignées avec leur vraie nature n’enlèvent rien au reste de la population.
Le clou de son argumentaire : « l’important, c’est pas que ce soit vrai, mais que ça fait peur au monde ». Comment mieux résumer ce qui trouble nos sociétés depuis la nuit des temps? On ne se préoccupe pas des faits, de la science ni de la vérité. On se concentre sur nos réflexes primaires et sur notre besoin d’étouffer la peur. Quitte à faire souffrir des personnes qui ne nous veulent aucun mal.
Aujourd’hui, je vous le demande : de quel côté serez-vous? Celui des arriérés de la peur ou celui des bienveillants du savoir? 6

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L’autre jour, en discutant politique locale et internationale dans un resto du quartier, un ami m’a confié que son conjoint appuie de plus en plus des figures conservatrices — d’ici et d’ailleurs (Trump, LePen, Polièvre, Duhaime) — qu’on associe à des reculs pour les droits LGBTQ+. Et la tension dans leur couple est réelle. Après ma surprise, cette révélation a soulevé chez moi une question : comment une personne LGBTQ+ peut-elle soutenir des mouvements qui fragilisent sa propre communauté?
Aux États-Unis, l’appui à Trump en est l’exemple le plus caricatural et dérangeant. Mais le phénomène ne s’y limite pas. Au Canada et au Québec, on observe aussi des personnes LGBTQ+ séduites par certains discours du Parti conservateur du Canada ou celui du Québec, par la droite populiste ou par des courants plus identitaires qui dénoncent les «excès» du militantisme queer, les politiques trans inclusives, la notion de non-binarité ou les programmes d’éducation à la diversité.
À première vue, cela semble contradictoire. Pourquoi appuyer des partis qui flirtent avec des groupes opposés aux droits trans, qui s’attaquent aux politiques d’inclusion ou qui entretiennent une rhétorique sur la « famille traditionnelle »? La réponse est sans doute plus complexe qu’un simple réflexe d’«auto-détestation».
Une première clé d’analyse est la théorie de la justification du système : plusieurs individus cherchent à défendre l’ordre établi, même lorsque celui-ci ne joue pas en leur faveur. Pour certaines personnes LGBTQ+, s’aligner sur des valeurs conservatrices — ordre, tradition, responsabilité individuelle — peut offrir un sentiment d’appartenance au courant dominant. Mieux vaut, dans cette logique, être « l’exception raisonnable » que le militant perçu comme radical.
Il faut aussi parler d’homophobie intériorisée. Des études montrent qu’une proportion significative de personnes gaies conservatrices voient encore leur orientation comme un fardeau ou préféreraient être hétérosexuelles. Cette distance vis-à-vis de la communauté peut mener à un rejet des luttes collectives — notamment trans ou non binaires — jugées trop confrontantes. On le voit au Canada dans les débats sur les pronoms à l’école, les soins d’affirmation de genre ou la place des drag queens dans l’espace public.
À cela s’ajoute la question de la masculinité. Certains hommes gais peuvent ressentir une pression à incarner une virilité « traditionnelle ». Les figures politiques conservatrices, qui projettent force et autorité, deviennent alors des modèles rassurants. Appuyer un discours d’ordre et de discipline peut apparaître comme une manière de s’éloigner du stéréotype de l’homme gai efféminé ou non clairement masculin— et d’obtenir une forme de validation sociale.
Le trauma joue aussi un rôle. Rejet familial, violence, honte religieuse : ces blessures peuvent pousser certaines personnes à chercher la sécurité dans des structures perçues comme fortes et stables. S’aligner avec le pouvoir — même s’il a déjà marginalisé les siens — peut devenir une stratégie psychologique de protection : mieux vaut être du côté de ceux qui gouvernent que de ceux qui revendiquent.
Il ne faut pas négliger non plus les facteurs économiques. Les politiques fiscales conservatrices, la valorisation et du libre marché à outrance trouvent un écho chez des personnes LGBTQ+ pour qui la réussite financière représente une forme d’émancipation. Au Canada, certains électeurs queers privilégient ces enjeux au détriment des débats identitaires, estimant que les droits acquis sont « suffisamment protégés ».
Mais cette lecture comporte un risque. Les mouvements conservateurs canadiens et québécois ne sont pas monolithiques, certes, mais plusieurs d’entre eux s’appuient sur des coalitions où les droits LGBTQ+ — particulièrement ceux des personnes trans — demeurent contestés. Minimiser ces tensions peut fragiliser les solidarités communautaires.
Comprendre ce phénomène ne signifie pas l’excuser, loin de là. Il s’agit plutôt de reconnaître que les choix politiques ne sont pas uniquement rationnels — outre le fait que certaines personnes ne pensent qu’à leur propre confort —, ces choix sont façonnés par le besoin d’appartenance, par la peur, par l’identité, par le désir d’être accepté dans une société encore marquée par l’hétéronormativité.
La question n’est donc pas seulement : « Comment peuvent-ils voter ainsi? »
Mais plutôt : qu’est-ce qui, dans notre culture politique, rend cette adhésion possible — voire attrayante — pour certains membres d’une minorité?
À l’heure où la droite canadienne et québécoise gagne en visibilité et où les débats sur le genre et la diversité se radicalisent — et en année électorale au Québec —, il devient essentiel d’analyser ces dynamiques avec lucidité. Non pour diaboliser, mais pour comprendre comment des personnes queer peuvent être attirées par des idéologies qui, à terme, vont potentiellement restreindre leur propre espace de liberté.
La clarté, ici (comme dans bien des choses il est vrai), vaut mieux que le mépris. Car sans compréhension des mécanismes psychologiques et sociaux en jeu, il sera difficile de répondre efficacement aux fractures qui traversent aujourd’hui nos communautés. 6




Je pensais que c’était un poisson d’avril. Apparemment, non. Donald Trump insulte les journalistes femmes lors de ses conférences de presse à la Maison-Blanche.
Pour un homme qui a construit sa persona en inondant de désinformation les médias (sociaux et traditionnels), c’est plutôt ironique de mordre la main qui le nourrit. J’oubliais : il se croit au-dessus des lois — quoique certains faits semblent démontrer qu’il l’est — et assez intelligent pour penser qu’il s’est lui-même construit. Certes, dans ce monde de devises, c’est ce qu’on prêche : “Make America Great Again”, cause I’m “Made in America”, with the « American Dream » and, of course, I’m “Proud to be an American”. Une fierté ternie, avec le clown MAGA au pouvoir…
Une journaliste adresse une question à Donald Trump sur l’affaire Epstein et il lui répond : « quiet piggy! » / « ferme-la, cochonne! » Déjà, cette affirmation mériterait des excuses de la part du président d’un pays qui se dit pour les droits et libertés de la personne. Sans vergogne, il récidive pratiquement à chaque conférence de presse. Un second point qui manque d’éthique dans cette affaire? Personne autour de la journaliste humiliée ne réagit ou ne prend sa défense : « Les gens font comme si de rien n’était. C’est cela qui frappe l’imaginaire : le fait que personne autour d’elle ne se soit opposé » (1) à cette conduite dégradante, rapporte Fatima Gross Graves, présidente du National Women's Law Center, aux États-Unis. L’absence d’opposition pourrait notamment s’expliquer par la peur de perdre l’accès « à la Maison-Blanche, qui a vite fait de se venger » (1), explique Richard Latendresse, correspondant de TVA à Washington.
Ce cas est loin d’être isolé. Puisque tout ceci est capté par les caméras, vous pouvez aussi voir le président dire à Mary Bruce, d’ABC News, qu’elle est une journaliste horrible qui pose des questions horribles pour un réseau minable qui désinforme, ou reprocher à la journaliste vedette Kaitlan Collins, de CNN, de ne jamais sourire et d’être une mauvaise journaliste, à l’origine de présumées piètres cotes d’écoute de la station. « Le président m’a traitée de tous les noms, il s’en est souvent pris à moi. Il cherche à détourner l’attention des questions que nous posons » (1), a-t-elle déclaré.
Ainsi, Trump utilise la tactique d’un intimidateur pour réduire au silence ses victimes, ciblant les journalistes femmes et soulignant au passage sa misogynie. On peut comprendre que les collègues n’interviennent pas, par peur de perdre leur emploi, mais n’y a-t-il pas un tribunal qui pourrait intervenir? Ou mieux : si tous interviennent collectivement, il ne peut pas « virer » tout le monde! D’ailleurs, Terry Moran, ex-correspondant à ABC, le soulignait judicieusement : « Si quelqu’un s’en prenait ainsi à un caissier au comptoir d’une épicerie, la plupart des gens prendraient sa défense. C’est la chose à faire. » (1) Bref, ce n’est pas parce que le travail d’un journaliste est de poser des questions (parfois difficiles) qu’il doit se faire insulter en guise de réponse. Collectivement, nous devons nous opposer à cette forme d’intimidation, comme nous le faisons dans les écoles! Pourquoi est-il plus acceptable de voir ce genre de comportement en conférence de presse?
Sommes-nous dégoûtés de voir Trump agir de la sorte? Oui. Sommes-nous surpris? Non. Malheureusement. On parle ici du même président qui fait la guerre à l’Iran et qui, à coups d’ingérences étrangères, tente de nous faire oublier son implication dans l’affaire Epstein. Pendant ce temps, on fait témoigner l’ex-président Bill Clinton, lui-même reconnu, dans les années 90, pour ses scandales sexuels — et son parjure — bien qu’acquitté… C’est-tu moi ou tout ce boys clubest une grosse mascarade visant à abrutir les contribuables avec leur propre argent? Malheureusement, ce boys club fait aussi office de modèle de masculinité toxique pour les jeunes garçons d’aujourd’hui.
Le 1ER mars dernier, à l’émission Tout le monde en parle, les invités Francis Dupuis-Déri, politologue à l’UQAM et spécialiste de l’antiféminisme, et Sony Carpentier, doctorant en sociologie sur le sujet des masculinités, expliquaient qu’« une minorité d’élèves suffit à fragiliser le climat scolaire et briser la dynamique de toute une classe ». Leur analyse, effectuée en partenariat avec la Fédération autonome de l’enseignement, fait état d’une hausse de la misogynie, de l’homophobie et de la transphobie chez les garçons. Sans surprise, si les réseaux sociaux amplifient les discours masculinistes, ces jeunes garçons sont nourris par des figures comme Donald Trump, Elon Musk ou Andrew Tate (qui contrôlent d’ailleurs leurs discours en les finançant!) et dont ils s’inspirent en reprenant leurs thèses (misogynes, homophobes, transphobes, racistes, etc.). Sans modèles masculins progressistes et viables, l’avenir comportemental des jeunes de demain est inquiétant. Sans compter l’influence des discours et idéologies liées à la religion musulmane, comme celle observée dans certaines équipes de hockey en milieu scolaire, mentionnent les chercheurs.
Qui plus est, ils donnent des exemples d’insultes provenant de témoignages d’enseignantes, les principales visées : « Tu devrais pas être ici, mais à la maison en train de faire des bébés ou de t’en occuper », « C’est normal qu’un homme soit mieux payé qu’une femme, car une fois par mois vous avez des menstruations et êtes moins efficaces ». Ce sont des insultes fréquentes prodiguées aux femmes enseignantes par des élèves du primaire et du secondaire. Après les enseignantes, ce sont les filles et les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre qui se font intimider par leurs collègues garçons. Il n’est pas rare qu’un groupe d’élèves fasse des saluts nazis ou même se présente au comité diversité de l’école et profère des insultes, voire brûle le drapeau arc-en-ciel, explique le chercheur Francis Dupuis-Déri : « J’en ai dénombré une vingtaine dans différentes écoles. Imaginez que vous êtes un jeune gai ou une jeune lesbienne et qu’une dizaine ou une vingtaine de vos camarades brûle le drapeau qui représente votre identité, c’est atroce! Imaginez si on avait une vingtaine de drapeaux du Québec brûlés dans les écoles, ce serait la guerre civile! » (2)
L’autre jour, de retour d’une marche pour la Journée internationale des droits des femmes dans le centre-ville de Montréal, une amie à moi racontait comment elle avait dû s’interposer dans le métro parce que trois jeunes hommes intimidaient une jeune femme seule. « Trois garçons d’environ 15 ans qui poussaient des cris d’animaux autour d’elle et qui collaient leur corps au sien. C’est la deuxième fois en moins d’un an que je suis confrontée à ce type de situation dans le métro de Montréal… mais qu’est-ce qui se passe?! », écrivait-elle sur Facebook. « Pourquoi ai-
je été la seule à m’interposer alors qu’on était une vingtaine de témoins? Pourquoi ces trois jeunes se sentent-ils autorisés à être violents en plein lieu public, sans crainte?! » (3) Malheureusement, ce type de comportement irrespectueux est peu étonnant quand on regarde les « modèles » de ces jeunes : des chefs d’État non éthiques qui ne respectent pas les femmes et qui demeurent impunis…
On recule. On nivelle vers le bas. Les droits des femmes sont de plus en plus bafoués : certaines sont humiliées au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions, d’autres sont menacées, extorquées, etc. On assiste à des procès aux sentences dérisoires, où les victimes femmes se font ridiculiser — et ça, c’est quand les criminels, souvent des hommes d’État qui abusent de leur pouvoir, ne demeurent pas impunis! On regarde, impuissants, mais nous avons tous une responsabilité collective!
Ces hommes ont d’abord été des gamins… Parents, éduquez vos garçons au respect des rapports égalitaires avec les femmes dès leur jeune âge. Citoyens, si vous constatez une violence envers une femme dans un lieu public, intervenez. Qui plus est, utilisez votre pouvoir : votez pour imposer des sanctions aux égos démesurés de politiciens abusifs envers les femmes.
Nous nous sentons d’emblée impuissants lorsque nous constatons certaines violences faites aux femmes. Mais si nous fermons les yeux et n’agissons pas, notre inaction nous rend tous collectivement responsables. 6
1 - Louise Leduc. « Quand la misogynie de Trump est lancée à la face des journalistes », La Presse, 9 mars 2026.
https://www.lapresse.ca/societe/2026-03-09/medias/quand-la-misogyniede-trump-est-lancee-a-la-face-des-journalistes.php
2 - Émission Tout le monde en parle, diffusée sur les ondes de Radio-Canada, le 1er mars 2026, segment « L'intolérance et les discours haineux dans nos écoles » https://ici.radio-canada.ca/tele/tout-le-monde-en-parle/site/segments/entrevue/ 2311057/discours-haine-violence-ecole-masculinisme
3 - Publication Facebook de Julie Antoine, coordonnatrice de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF) qui était parmi les 3 porte-paroles de la Marche mondiale des femmes 2025.


Ce qu’on ne voit pas derrière la réinsertion
Cher·ère·s lecteur·rice·s, certains textes sont plus difficiles à écrire que d’autres. Celui-ci en fait partie.
Il y a quelques semaines, nous avons perdu soudainement l’un de nos participants de la Maison du Père, qui avait fait partie de notre brigade des Allié·e·s du Village. Pour préserver son intimité, je ne nommerai pas son prénom ici. Mais je garde très clairement en tête son sourire, sa discrétion, et sa douce fierté de travailler dans le Village.
Sa santé était fragile depuis un bon moment. Au cours de la dernière année, il n’était plus dans la brigade active. Je l’avais invité plusieurs fois à revenir, à son rythme, quelques heures par-ci par-là. Mais son corps ne suivait plus pour un travail physique. Il le savait. Je le savais. On faisait semblant d’y croire encore un peu, parce que parfois, juste l’idée qu’on t’attende quelque part, ça nous réchauffe le cœur.
Un an avant son décès, il y a eu ce matin-là qui reste gravé dans la mémoire de mon équipe. Il ne s’était pas présenté à son quart de travail. Pour bien des milieux, une absence, c’est une absence : on soupire, on réorganise la journée, on passe à autre chose. Mais pour notre brigade, ce n’était pas normal. C’était un homme fiable, ponctuel, travaillant. De ceux qui arrivent souvent en avance, juste pour jaser un peu. Impossible qu’il ne se présente pas sans prévenir.
Ses collègues se sont immédiatement inquiété·e·s. Une absence, chez nous, ce n’est pas juste une ligne dans un horaire : c’est un signal. Mon équipe des Allié·e·s du Village s’est rendue jusqu’à sa chambre. L’équipe a insisté, cogné, appelé son nom. Leur vigilance a,
GABRIELLE RONDY
Directrice générale de la SDC du Village

littéralement, permis de lui sauver la vie ce jour-là. Il a été pris en charge à temps. Je repense souvent à cette scène. À ce moment précis où la « réinsertion sociale et professionnelle » n’est plus un concept abstrait, un joli titre de programme, mais quelque chose de terriblement concret : des humains qui s’inquiètent parce que tu n’es pas où tu devrais être, à l’heure où tu devrais y être.
Quand on parle de réinsertion, on met beaucoup l’accent sur le revenu supplémentaire que ça procure. Et c’est vrai que c’est important. Mais on oublie souvent tout ce que ça crée d’invisible autour des personnes : un réseau.
Un réseau, c’est des collègues qui remarquent une absence inhabituelle. Une coordonnatrice qui prend le temps d’appeler. Une équipe qui se déplace jusqu’à ta chambre parce que « ça ne lui ressemble pas ». Des humains qui se préoccupent vraiment les un·e·s des autres.
À la SDC du Village, on le dit souvent : on est une gang tissée serrée. Mais ce tissage-là, il inclut aussi les participants de la Maison du Père. Il inclut ceux qu’on croise le temps d’un été et ceux qui restent avec nous plus longtemps. Il inclut les travailleur·euse·s de rue, les intervenant·e·s, les commerçant·e·s qui finissent par connaître les prénoms, les habitudes, les bonnes et les mauvaises journées.
Nos partenaires, à la Maison du Père, voient aussi les bienfaits des Allié·e·s du Village. « Pour beaucoup de nos participants, ce genre de brigade, c’est comme un fil qui les rattache à la société. Ils ne sont plus seulement « hébergés », ils deviennent des collègues, des partenaires, des voisins», nous dit Jaëlle Bégarin, présidente-directrice générale de la Maison du Père.
Ce fil-là est précieux. Il est fragile, parfois. Mais quand il tient, il peut transformer une trajectoire de vie.
On oublie trop souvent qu’ouvrir un milieu de travail à des personnes vulnérables, ce n’est pas uniquement leur offrir un chèque de paie. C’est leur offrir une place dans un réseau. Un horaire où on t’attend. Des collègues qui te demandent comment tu vas pour vrai. Une équipe qui remarque quand tu n’es pas là, qui appelle, qui cogne, qui insiste.
Si notre brigade existe, c’est aussi parce que des partenaires ont décidé, très concrètement, de croire que ce genre de projet change un quartier. La Caisse Desjardins du Centre-Ville de Montréal est de ceux-là. Dans un monde où on parle beaucoup de « partenariat » et de « responsabilité sociale » dans des powerpoints, j’ai envie de souligner à quel point, ici, c’est du vrai. Du très concret.
« Pour nous, investir dans le Village, ce n’est pas seulement soutenir une artère commerciale. C’est soutenir un écosystème humain au complet, où la coopération prend un visage très concret, notamment grâce aux
Allié·e·s du Village et à des collaborations comme celle avec la Maison du Père », indique Simon Déry, directeur général de la Caisse Desjardins du Centre-Ville de Montréal.
Derrière chaque heure financée, il y a un homme qui retrouve un rythme. Un autre qui se remet à l’heure du monde, un pinceau à la main, un balai ou un râteau dans l’autre. Il y a des regards qui changent aussi : ceux de nos commerçant·e·s, de nos résident·e·s, des touristes, qui voient ces hommes non plus seulement comme des personnes en situation d’itinérance, mais comme des travailleurs qui prennent soin du quartier.
Dans ce Village qui s’apprête à vivre de grands chantiers, de grandes transformations, c’est le genre de projet qui me fait dire qu’on ne peut pas parler de « relance » sans parler de lien social. Oui, il nous faut des trottoirs beaux et accessibles, des aménagements de qualité, une offre commerciale forte. Mais il nous faut aussi des projets qui prennent soin des personnes qui, trop souvent, restent au bord du trottoir.
Notre nouvel élu dans Saint-Jacques, Claude Pinard, le nomme très clairement. « Le Village ne pourra pas se transformer durablement si on laisse de côté celles et ceux qui y vivent les réalités les plus difficiles. Des projets comme les Allié·e·s du Village et la collaboration avec la Maison du Père sont au cœur de la vitalité du quartier».
Entendre un élu dire ça, pour moi, ce n’est pas anodin. Ça signifie que la valeur de ces projets ne se mesure pas seulement en nombre de sacs de déchets ramassés, de plates-bandes entretenues ou de terrasses plus propres. Elle se mesure en vies légèrement déviées d’une trajectoire de solitude, en petites victoires quotidiennes, en « bon matin » échangés sur Sainte-Catherine Est.
Je me sens profondément privilégiée de pouvoir contribuer, à travers notre brigade, à la réinsertion de personnes extraordinaires. Chaque jour, ces hommes m’apprennent à être une meilleure patronne, une meilleure collègue, et surtout, une meilleure humaine.
Ils m’apprennent la patience, quand la paperasse ne suit pas le rythme de la réalité. Ils m’apprennent l’humilité, quand un « merci » murmuré vaut plus qu’un trophée. Ils m’apprennent l’écoute, quand un simple « ça va-tu pour vrai? » ouvre une brèche où la vérité peut sortir.
Et parfois, ils nous apprennent aussi la perte. Celle qui serre la gorge, qui nous laisse avec des « si » et des « j’aurais donc dû ». Mais même là, leur passage laisse quelque chose. Une
trace. Une histoire qu’on continue de raconter, comme celle de cet homme dont l’absence a été remarquée à temps, un matin, parce qu’il faisait maintenant partie d’une gang tissée serrée.
Je ne romantise pas la misère. Je vois très bien tous les trous dans le filet social. Je vois les limites de nos moyens, les blessures profondes, les rechutes, les refus, les rendez-vous manqués. Mais je vois aussi, chaque jour, ce que ça change quand une personne vulnérable n’est plus invisible.
Alors si vous lisez ces lignes et que vous dirigez une entreprise, une organisation, une institution, j’ai envie de vous lancer un défi doux : et si votre milieu de travail devenait, lui aussi, un lieu de réinsertion? Pas seulement en termes de postes à pourvoir, mais en termes de réseau à offrir.
Parce que, oui, un salaire, c’est important. Mais ce qui peut, parfois, faire la différence entre la vie et la mort, c’est aussi quelque chose qui n’a pas de prix : un réseau qui te voit, qui te reconnaît, et qui refuse de te laisser tomber.
Au nom de la SDC du Village, je veux remercier mon équipe, nos participants, la Maison du Père, l’arrondissement de Ville-Marie, la Caisse Desjardins du Centre-Ville de Montréal et toutes celles et ceux qui croient à ces ponts qu’on construit, une personne à la fois. Vous changez des vies, souvent sans même le savoir.
Et à toi, qui nous as quittés trop tôt : merci pour ton passage dans notre brigade. Le Village se souviendra de toi, même si ton nom n’apparaît dans aucun communiqué. Tu fais maintenant partie de son histoire.6

PLACE AU VILLAGE EST RENDU POSSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DE LA SDC DU VILLAGE. 1211, rue Sainte-Catherine Est, Mtl
villagemontreal.ca facebook.com/villagemontreal


Le chanteur Sam Champagne rayonne depuis plusieurs semaines grâce à son passage à LaVoix, lui qui avait déjà une feuille de route bien garnie avant de se retrouver dans l’équipe de Corneille. Depuis fin janvier, l’Ontarien d’origine est aussi sur scène aux côtés de Marc Hervieux dans le cadre du spectacle Sinatrasymphonique, qui est à la salle Wilfrid-Pelletier de Place des Arts à la mi-avril et qui continuera sa tournée au Québec les mois suivants.
Quetires-tudetonexpérienceàLaVoix?
SAM CHAMPAGNE : Beaucoup de choses. J’ai vraiment lu les commentaires de tout le monde pour avoir l’idée de ce qu’un public plus généraliste pense de moi. D’habitude, je suis devant des publics qui sont plus classiques. Mais, j’ai vraiment compris que même chanter du Brel, pour le public de La Voix, c’est beaucoup, c’est heavy. Ça m’a surpris un peu. Alors, je me suis mis en contexte d’essayer d’imaginer ce que je vais faire pour mon propre projet solo. J’ai chanté de la pop, pour la ronde des duels, du Patrick Watson, puis les commentaires étaient bons, mais aussi mixtes. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais il faut juste que je fasse ce que j’aime le plus : chanter. Puis, si c’est du Brel ou du Patrick Watson, il faut juste que je choisisse ce qui est le plus important pour moi, sans trop penser à ce que les autres disent, parce que ce n’est pas nécessairement mon public cible, tout le monde qui regarde La Voix.
J’ai aussi accompli mon rêve de faire partie d’une téléréalité. Depuis que je suis jeune, c’est mon rêve. Mais, ce n’est pas exactement le type de téléréalité que j’aurais aimé faire. Je pense que, dans le fond, Star Académie, ça aurait été plus le type que j’aurais aimé, mais le contexte n’était pas le bon, ce n’était pas le bon timing. J’ai pas 16 ans. Si j’avais eu 16 ans, je l’aurais fait à 100 %. Mais là, il y a trop de responsabilités. On était pour être isolés pendant trois mois, puis mon mari, sa vie est ridicule [tellement il est occupé], donc ce n’était pas faisable.
D’ailleurs,onadéjàparlédanscemagazinedetarelationavectonmari,FrancisChoinière (chefdel’OrchestreFILMharmoniqueetdel’OrchestrephilharmoniqueetChœurdes mélomanes).Commentavez-vousréussiàcréerquelquechosed’aussistable?
SAM CHAMPAGNE : C’est une grosse question. Quand j’avais 14-15 ans, j’ai eu un crush sur un gars straight au secondaire. Ce n’était vraiment pas un bon moment pour moi. J’étais vraiment en amour. J’ai appris essentiellement qu’il faut s’aimer soi-même avant d’aimer quelqu’un d’autre. Après cette expérience, j’ai décidé que je n’aurais plus de crush basé sur l’apparence. Je ne vais plus viser quelqu’un en me disant : « Ça, c’est mon type ». Je me disais que, si je visais quelqu’un basé sur l’apparence, ça n’allait jamais fonctionner. J’ai commencé à manifester et à visualiser la personne avec qui je voulais être. Je savais dès cet âge que je voulais une relation stable. J’ai rencontré Francis à 18 ans. Pendant les années avant de le rencontrer, j’avais une vie plate, je ne faisais rien au secondaire, j’étais juste en mode « je veux une vie stable ». Et j’ai trouvé quelqu’un qui est exactement comme moi : les deux, on est des personnes travaillantes, on n’arrête jamais, puis ça a cliqué.
Parlantd’apparence,sens-tuunepressionàcetégard,particulièrementàLaVoixoucomme hommegai?
SAM CHAMPAGNE : Je la ressens tellement. Ça me suit tous les jours. J’ai déjà fait des choses très intenses, de la chirurgie, tout ça. Honnêtement, ça m’a aidé. Si tu as un aspect de ton physique qui te dérange beaucoup, ça fait du bien de le tweaker un peu. Mais même à ça, ça ne va pas changer l’atmosphère en dedans de toi. Ça va changer ta confiance, mais pas la relation que tu as avec toi, la voix qui te parle à l’intérieur. Je ressens la pression et je pense que je ne suis pas assez mature pour avoir une bonne réponse. Je pourrais me dire que je vais devenir bûcheron et m’en crisser [de l’apparence], mais est-ce que ça m’aide
dans ma carrière de musique ? Avant, je me sentais un peu comme la victime du monde extérieur, comme si je n’avais pas le choix d’essayer d’être beau. Maintenant, c’est plus assumé. C’est un choix. Ça fait partie des ingrédients pour réussir. Comme je pratique mon chant, je fais mes workouts et je mange sainement pour prendre soin de mon corps.
Etest-cequeLaVoixt’aaidédanscerapportàl’apparence,oucelat’amisplusàdécouvert faceauxcritiques?
SAM CHAMPAGNE : Je me sentais prêt à affronter ça maintenant. Je ne l’aurais pas été l’année passée ou il y a trois ans. Durant la COVID, j’étais plus gros. J’ai perdu 40, 50 livres. J’ai fait ce parcours, et maintenant je suis plus confortable dans ma peau. Je ne suis pas arrivé ici par accident. J’ai travaillé pour ça. Ça m’appartient. Donc, j’étais plus prêt à recevoir les commentaires négatifs.
Quelquechosepourconclure?
SAM CHAMPAGNE : J’adore travailler avec mon mari, mais La Voix a été une bonne opportunité pour moi de m’épanouir tout seul. Les gens voient le succès de Francis, mais ils ne voient pas nécessairement tout ce qu’on fait behind the scenes pour faire en sorte que ça se produise. Peut-être que j’aurais dû plus me concentrer sur ma carrière, depuis les huit ans qu’on est ensemble, mais j’ai toujours voulu bâtir quelque chose ensemble. Et si ça veut dire que j’allais plus être [en arrière-plan] pendant quelques années, c’est correct, parce que je suis content de ce qu’il a bâti, et de ce qu’on a bâti ensemble à date.6
PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com
INFOS | À partir du 17 avril, Sam Champagne sera du spectacle Sinatra symphonique, avec Marc Hervieux et Mia Tinayre, qui seront accompagnés par l’Orchestre FILMharmonique, dirigé par Francis Choinière.
Pour vous procurer des billets pour ce spectacle qui sera en tournée au moins jusqu’en février 2026, visitez le https://gfnproductions.ca/fr/productions/sinatra-symphonic-marc-hervieux/
Pour suivre Sam Champagne : https://samchampagne.com https://www.instagram.com/iamsamchampagne/ https://www.facebook.com/sfgchampagne


QUEERER


« C’était très puissant », se remémore Charly Mullot. « Il y a eu des ateliers de percussion [et] de chant, des cercles de discussion sur l’oralité et les figures queer dans le conte. C’était un événement de partage, de solidarité, puis aussi de réflexion stratégique. Qu’est-ce qu’on fait, et qu’est-ce qu’on peut continuer à faire ensemble ? »
Dans la dernière année, iel constate que les personnes queer sont de plus en plus visibles dans les soirées de musique et de conte traditionnelles, à Montréal et en région. Dans le cadre du Festival interculturel du conte de Montréal, iel a coorganisé une veillée multidisciplinaire — une soirée participative qui mélange la chanson, le conte, la musique, la gigue et les danses « callées » (sets carrés) — pour décloisonner les disciplines et souligner la présence des personnes queer dans le milieu trad et de « tradeux.ses » dans le milieu artistique queer. La Veillée Trad Queer avait lieu à guichets fermés, avec un public intergénérationnel émerveillé. « Deux cents personnes… pour une veillée avec “queer” dans le titre ! » s’enthousiasme encore Charly Mullot
Charly Mullot ne correspond pas à l’image stéréotypée d’un.e passionné.e de musique traditionnelle québécoise. L’artiste multidisciplinaire de 33 ans, cofondatrice du festival Brûlances, assume sa transfémininité avec une esthétique punk douce. Pas de ceinture fléchée, de veste à carreaux ou de cuillères en vue. Pourtant, Charly, qui est originaire de Picardie, en France, « trippetrad» depuis son enfance, séduit.e par le côté rassembleur de la musique et de la danse, et l’aspect intemporel des contes.
Également conteuse queer et cofondatrice du Collectif Trad Queer Québec, iel est à l’avant-garde d’une vague de jeunes artistes et danseurs de la diversité de genre qui ne se gênent pas pour « queerer » les arts traditionnels — la musique, la danse, le chant a cappella et le conte. Arrivée au Québec en 2019, Charly a tâté la scène trad québécoise en allant à des soirées de danse et de conte, des concerts et des festivals à saveur trad. « Je voyais bien qu’il y avait d’autres personnes queer dans ces événements-là, mais on n’était pas connectés entre nous. » Iel a mis sur pied le collectif Trad Queer Québec sur Facebook avec la chanteuse et gigueuse Flo Mailhot-Léonard, du groupe Germaine; le groupe compte maintenant plus de 150 membres, et une retraite des membres en personne dans le Bas-Saint-Laurent, l’été dernier, a attiré plusieurs dizaines de participant.e.s.
Les événements grand public font aussi plus de place aux artistes et aux récits queer. Les plus jeunes « câlleurs » (animateurs et animatrices de danse) prennent la peine de dire que l’homme et la femme, dans le contexte de la danse, sont « juste des rôles traditionnels », ou de remplacer les « câlls genrés » par des termes épicènes — anges et diables, druides et gnomes, pommes et poires, ou plus créatifs encore. On voit des hommes danser avec d’autres hommes, ce qui était très rare il y a quelques années à peine.
La richesse intergénérationnelle
Les grandes soirées et festivals à saveur trad attirent un public de plus en plus intergénérationnel, issu de disciplines artistiques et de perspectives politiques et sociales variées. Pour certains jeunes participants queer, la communauté trad est devenue une famille choisie, ou une façon de renouer avec leur culture d’origine alors qu’ils ont perdu le contact avec leur famille. « Le milieu du folklore a tendance à être plus âgé », réfléchit Charly Mullot. « Moi, je vois ça comme une connexion incroyable qu’il faut continuer à créer. Les queers ont besoin de vieux, puis les vieux ont besoin de jeunes. Continuons à transformer les veillées pour qu’elles plaisent à tout le monde et qu’elles soient agréables et sécuritaires pour la vieille garde de passionné.e.s de folklore et les jeunes qui ont besoin de reconnecter avec leurs racines et avec cette culture. »
Certains traditionalistes, habitués à entendre un câlleur dire « les femmes au milieu, les hommes autour », sont un peu confus par le décloisonnement des rôles de genre et des disciplines artistiques. D’autres en profitent pour essayer de nouvelles choses et expérimenter avec leur propre expression de genre. Charly Mullot ne veut pas dire que tout est rose tout le temps, mais elle est résolument optimiste. « Si tu viens à un événement trad, je ne peux pas garantir que tu ne seras jamais mégenré. Mais tu ne seras pas seul.e, il y a de plus en plus de [participants] queer et de plus en plus d’alliés. Viens nous voir. » 6 R. PRATKA irenepratka1@gmail.com
INFOS | Découvrez le collectif Trad Queer Québec sur Facebook et le monde des contes de Charly Mullot à charlymullot.com
Une veillée trad queer multidisciplinaire a été présentée au Festival interculturel du conte de Montréal 2025. https://festival-conte.qc.ca/events-2025/la-grande-veillee-queer


Alors que l’adaptation théâtrale de QuerelledeRoberval attire les éloges en tournée et que l’adaptation de Quenotrejoiedemeure fait courir les foules au TNM jusqu’au 19 avril, l’autrice Kev Lambert utilise sa plume pour mettre en scène une prof d’histoire de l’art persécutée par ses pensées, pour parler de transidentité sans détourner le regard et pour répliquer par la littérature à un personnage de premier ministre qui ressemble à s’y méprendre à François Legault. Bienvenue dans le court roman Cumul1.
EntantquespectatricedeQuerelledeRoberval,qu’as-turessentienvoyanttesmotsprendre vie?
KEV LAMBERT : C’est étrange, car il y a un sentiment de proximité lointaine et de familiarité étrange. C’est un livre que j’ai commencé à écrire il y a pratiquement dix ans. J’ai de vagues souvenirs des personnages et ça devient un nouvel objet artistique. J’ai l’impression que ce n’est plus vraiment à moi et c’est bien. C’est devenu le projet d’Olivier Arteau, à qui j’ai donné de la matière première pour qu’il crée un objet théâtral. Avec les acteurs, la mise en scène et la scénographie, ça prend une autre dimension.
Commentt’impliques-tudansletravaild’adaptationdetesœuvres?
KEV LAMBERT : Je ne veux rien protéger. Je veux surtout que l’équipe de création s’approprie le matériau. J’ai eu le même rôle dans les deux productions, ou presque. J’ai relu des versions, assisté à des enchaînements et donné des commentaires, mais sans vouloir contrôler ni exiger qu’on soit fidèle au texte original. Je m’en fous un peu. Je veux seulement que la pièce soit la meilleure possible.
Le livre Cumul 1 fait partie d’une collection du Centre Pompidou de Paris. En quoi consiste-t-elle?
KEV LAMBERT : Le Centre Pompidou est fermé pour rénovations pendant cinq ans, peut-être plus. Pendant ce temps, le centre fait une collection littéraire, Un seul art, pour faire échanger les formes artistiques entre elles et faire vivre des œuvres du centre pendant qu’elles sont inaccessibles, enfermées dans des entrepôts. Je trouvais ça cool comme idée. Dans Que notre joie demeure, j’avais écrit sur l’architecture. J’ai un autre projet sur la musique. J’aime que l’écriture se mêle à d’autres formes d’art pour la transformer. J’ai tout de suite été intéressée, surtout quand j’ai vu l’œuvre qu’on m’a offerte : Cumul 1 de Louise Bourgeois La première fois que je l’ai vue, j’ai eu une sensation physique : je trouvais ça dégoûtant, attirant, repoussant, étrange. En la voyant, je savais que mon écriture pourrait entrer en relation avec cet objet-là.
DansQuenotrejoiedemeure,tuparlaisd’architecture,d’urbanisme,d’histoiredel’artet debeauté.Çadevaitêtreasseznaturelpourtoid’écrireunpersonnagedeprofenhistoire del’art.
KEV LAMBERT : Je suis d’accord, mais je n’ai pas de spécialité là-dedans, je n’ai pas le vocabulaire ni les connaissances d’un.e historien.ne de l’art. Je m’intéresse moins au milieu de l’histoire de l’art qu’à cette forme créée par Louise Bourgeois, qui est tellement étrange. On ne sait pas si ce sont des choses qui naissent ou qui s’enferment. Est-ce que c’est sexuel? Est-ce des phallus ou des seins? Masculin ou féminin? Ces questions-là sur l’ambiguïté formelle m’interpellent. Ça éveillait mes neurones.
Alice est une femme tourmentée, insatisfaite de sa personne, qui analyse beaucoup, quienvisageundéséquilibrecauséparseshormones,quisentuneforceagirenelle. Elleestconvaincued’avoircommisquelquechosedegraveoud’avoirlaprémonitionqu’elle vacommettreuntrucmajeur.Quelplaisiras-turessentiàécrirecechaosintérieur?
KEV LAMBERT : Je voulais réfléchir à partir de cette forme : je voyais l’œuvre de Louise Bourgeois comme plein de petites pensées qui apparaissent, disparaissent et des fois se mangent entre elles. Je voulais réfléchir au sens de ces choses qui surgissent dans notre tête et qu’on appelle des pensées. On a tendance à leur donner du sens, mais parfois, elles n’en ont pas du tout.
On pense souvent des choses qui sont à l’inverse de nos valeurs et de ce qu’on souhaite vraiment. Bref, je voulais mettre en scène un personnage qui n’a pas du tout de distance avec ses pensées et qui souffre de son inconscient.
Poses-tuunregardacidesurlemondeuniversitairedanstonlivre?
KEV LAMBERT : L’université n’est pas un bon endroit pour les paranoïaques comme Alice. Il faut toujours prouver quelque chose. Même les profs de grande expérience sont encore évalué.es après des années. C’est un milieu qui peut rendre les gens fous. On n’y atteint jamais une forme de plateau ou de sécurité à 100 %. Comme Alice cherche toujours à se prendre en défaut, elle est très sensible aux situations où les autres la prennent en défaut, aux enjeux de pouvoir et de domination. Sa grande peur est qu’on sache qu’elle a des pensées négatives envers son étudiant. En plus, il est ambigu comme les pustules de Louise Bourgeois : on ne sait pas s’il est sympathique ou menaçant.
Tuparlesdetransidentitésubtilementaudébutavantd’yalleravecdespassagesdeplus enplusfrontaux.Commentdécris-tutonapproche?
KEV LAMBERT : Je voulais écrire sur ce que c’est d’être une conscience pensante dans un monde qui t’est hostile. La haine qu’Alice a envers elle-même n’est pas étrangère à l’hostilité que le monde a envers elle ou les gens comme elle. Elle reçoit la violence transphobe du monde de manière assez frontale. En même temps, c’est quelqu’un qui n’est pas à l’aise avec sa colère et son agressivité, qu’elle voit comme un symptôme de quelque chose de malsain, alors que c’est normal d’en ressentir. Je trouvais ça intéressant de la sentir aussi tiraillée. Je voulais que la transidentité fasse partie du personnage, sans faire un texte didactique sur ce que c’est, être trans.
Commentvis-tutapropretransitiondansl’œil dupublic?
KEV LAMBERT : Je n’ai pas l’impression d’être dans l’œil du public. La majorité du temps, je suis chez moi et personne ne me voit. De temps en temps, je vais dans les médias. Cela dit, il y a des anxiétés que j’ai que d’autres auront moins. Par exemple, si je change de nom, estce que les gens vont comprendre que c’est moi qui ai écrit le prochain livre? Ensuite, quand tu es de gauche et dans l’œil public, tu reçois de la haine, c’est inévitable. Par contre, les gens s’en prennent plus à ma façon de me présenter qu’à mes idées. Quand des clips vidéo irculent sur les réseaux sociaux, les commentaires hostiles portent souvent davantage sur mon apparence. J’essaie de me détacher, mais ça finit toujours par faire son chemin.6


SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | Le roman Cumul 1, de Kev Lambert, paraît le 25 mars 2026, aux éditions Héliotrope, 140 pages. L’adaptation théâtrale de Que notre joie demeure est à l’affiche au TNM, jusqu’au 19 avril : https://tnm.qc.ca/2025-2026/que-notre-joie-demeure. L’adaptation théâtrale de Querelle de Roberval, sera présentée à Val-d'Or (Théâtre Télébec), le 29 mars 2026 ; à Jonquière (Salle Pierrette-Gaudreault) du 10 au 12 avril 2026; et à Montréal (Festival TransAmériques - Théâtre Jean-Duceppe) les 30 et 31 mai et les 1er et 2 juin 2026.


F
emme noire bisexuelle et adoptée, Amandine Gay connaît la marge et la minorité. Après une décennie à accumuler les preuves de racisme monté comme un système, la cinéaste et autrice démontre l’influence du blantriarcat sur nos sociétés en publiant un essai aussi personnel que percutant, Vivre,libre Existeraucœurdelasuprématieblanche.
Quecontientledossiernommé«LaBlanchisserie»survotreordinateur?
AMANDINE GAY : C’est un dossier que j’ai commencé parce que j’étais frustrée de recevoir des insultes, des menaces de mort et des invitations non rémunérées à des événements. J’avais l’impression qu’il y avait un fossé monumental entre ce que je vivais comme personne noire et ce que les personnes blanches de mon entourage arrivaient à visualiser. Je voulais accumuler suffisamment de preuves pour que les personnes blanches comprennent que la dimension récurrente est usante.
Vousditesavoirrepoussélapublicationdecelivrequivouscausaitbiendestourments. Ya-t-ileuundéclicquivousaconvaincuequel’heureétaitvenue?
AMANDINE GAY : Je ne peux pas identifier un moment, mais plusieurs facteurs. C’est un livre qui a pu émerger après plus de 10 ans de thérapie et de nombreuses périodes de vie en dehors de la France (Melbourne, Londres, Montréal), qui m’ont beaucoup aidée. Si je n’avais pas pu vivre ailleurs sur de longues périodes, je ne crois pas que j’aurais tenu. Également, en franchissant la quarantaine, après avoir été pédagogue et patiente avec les gens, j’ai décidé de m’en foutre. Pendant des années, je ne m’étais pas autorisée à être vulnérable, alors que, dans ce livre, je me montre dans toute ma complexité.
Vousditesquevousnevoulezplusjoueràlapersonnenoirejoviale,divertissanteet doucequinedérangepaslespersonnesblanches.Commentpeut-onfaireavancerle monde,alorsquelemondenousdittoujoursdenepasbraquerlesblancs,leshétéros, lespersonnescisgenresetleshommes?
AMANDINE GAY : Il s’agit de refuser. Cette idée de devoir cajoler les oppresseurs, il faut la nommer. Dans le livre, je travaille beaucoup sur la question de l’inconfort et du conflit. Disons-le : le conflit, n’est pas une agression. Nommer nos limites, ce n’est pas impoli. En France, on est capable de nommer le conflit, mais on a du mal à être légitime quand on est un groupe marginalisé qui dit que ce qu’on lui fait, ce n’est pas OK. Ailleurs, le conflit est une chose taboue : je l’ai observé en Amérique du Nord et au Québec pendant cinq ans. Nous, les personnes minoritaires et marginalisées, on passe notre temps à se canaliser, à être patientes et à faire preuve d’écoute. Notre vie, c’est l’inconfort, la peur et le malaise. Alors, pourquoi les personnes majoritaires ne pourraient pas apprendre à se décentrer d’elles-mêmes et à affronter l’inconfort ?
Quelestlecoûtdel’autocensure?
AMANDINE GAY : Il est monumental. Sur les questions raciales — on pourrait en dire autant des enjeux queers et de genre — on parle de stress racial. Le coût psychologique et physique est très important. Pour le démontrer, je me suis appuyée sur des recherches de Grande-Bretagne et des États-Unis, car, en France, il existe des statistiques ethnoraciales, mais il n’y a pas de volonté étatique d’identifier des biais racistes dans le milieu de la santé. On observe la manifestation du stress racial, mais on ne cherche pas pourquoi. Dans les pays qui mènent ces recherches, on voit que le cortisol, l’hormone du stress qui n’est pas censée être produite en permanence, est en surproduction ou en production constante dans tous les groupes marginalisés et opprimés. C’est à cause de l’hypervigilance. Il y a des conséquences très concrètes au stress racial : addictions, dépression, comportements à risque, diabète, fibrome utérin, hypertension artérielle, etc. Ça s’incarne dans le corps.
Plusieurspersonnesblanchesontdumalàprendreconsciencedeleurscomportements d’oppresseursetdeleursbiaiscognitifs.VousexpliquezqueBrenéBrownaremisen questionsonapprochefaceàlavulnérabilitépourlespersonnesracisées.Dequelle façon?
AMANDINE GAY : Elle a écouté. C’est une travailleuse sociale à la base. Elle a l’habitude du terrain, de se décentrer, de voir ses idéaux transformés et de s’adapter. Quand des personnes noires lui ont fait comprendre les limites de sa proposition, au lieu de répondre avec son égo, elle a écouté et mené des consultations pour comprendre où ça pourrait s’améliorer. Étant donné que son objectif était d’aider les gens à se sentir mieux et qu’on lui disait que son corpus de textes ne s’appliquait pas à un tiers de la population de son pays, elle a eu envie d’évoluer. L’écoute, la capacité à affronter l’inconfort et à se décentrer peuvent donner lieu à une transformation sociale.
Vous vous exprimez sur la controverse entourant l’usage du mot en N par une professeureàl’Universitéd’Ottawa,lepositionnementdecentainesdeprofsquébécois etl’implicationdecertainespersonnesnoires,commeDanyLaferrière,quiviennent donnerbonneconscienceàplusieursBlancs.Commentavez-vousvécucetépisode?
AMANDINE GAY : J’ai découvert une amie de l’époque parmi les signatures des personnes blanches qui veulent pouvoir utiliser le mot en N. J’étais hyper choquée. Elle connaît mon travail et elle aurait pu me demander ce que j’en pensais. Qu’elle ait cet automatisme de signer ce texte, sans se demander ce que ça ferait à ses élèves et à ses amis, c’est le moment où je me suis dit : si même elle signe ce texte, il y a encore un endroit où on n’arrive pas à être entendu.
VousditesaussiqueletitredulivreN.blancd’Amériqueestproblématiqueensoi.
AMANDINE GAY : Oui, on oublie souvent que le titre N blanc d’Amérique invisibilise les violences vécues par les personnes noires et renforce un discours voulant qu’il n’y ait jamais eu d’esclavage au Québec. Pour moi, avant même de dire « on se sent mal que le mot soit dit en classe », ce n’était déjà pas légitime d’utiliser ce terme dans ce titre. Maintenant, est-ce qu’on peut travailler ce texte en classe ? Bien sûr. Mais on doit créer un contexte. Tout comme on doit créer un contexte si on veut présenter des films de propagande nazis. Le refus de la responsabilisation, c’est une posture de dominant.
Quel a été l’impact de grandir en l’absence de représentation lesbienne noire ?
AMANDINE GAY : La première conséquence, c’est que je croyais que c’était un truc de blanches. Pourtant, en pratique, j’ai embrassé des filles avant les garçons. À 18 ans, j’ai vécu ma première relation sexuelle avec un homme. Mais très rapidement, en soirées, j’avais des rapports avec des filles : dans ma tête de petite fille qui a grandi dans un espace hétéronormé, je croyais qu’un rapport lesbien, ça comptait seulement si deux personnes étaient nues dans le même lit.
Pourquoiêtreunefemmenoireetfemcréaitdelaconfusiondanslacommunautéqueer?
AMANDINE GAY : Plus jeune, on me confondait avec un garçon. Donc, de 18 à 25 ans, ma présentation de genre était très réactive à la suprématie blanche : j’avais très peur qu’on me prenne pour un homme noir, avec tous les risques que ça peut impliquer. Je mettais des décolletées, des robes et d’énormes talons. Je m’habillais comme une pin-up des années 1950. Je performais ma féminité.
Du coup, quand j’ai commencé ma vie bisexuelle à Melbourne, où les gens sont très ouverts et très queers, je n’ai pas vécu de fétichisation. Mais, quand je suis arrivée à Paris à 23 ans, en découvrant le milieu lesbien parisien, c’était très blanc, très maigre : des codes dans lesquels je ne rentrais pas. Il y avait aussi les codes de classe : les lesbiennes noires étaient des filles de banlieues. Bref, en tant que femme noire, fem et sobre, je me retrouvais avec des blanches qui voulaient que je les plaque contre le mur et que je sois une tigresse noire. C’étaient des grands moments de malaise. Je me demandais ce qui, chez moi, lui donnait à croire que j’aurais les gros bras, alors que j’avais un look de pin-up. 6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | Vivre, libre — Exister au coeur de la suprématie blanche d'Amandine Gay. Éditions du Remue-Mémnage, 2026



L’auteur montréalais Thomas Waugh se décrit comme « un fils de prédicateur devenu professeur de porno ». Professeur distingué émérite en études cinématographiques et en études interdisciplinaires de la sexualité à l’Université Concordia, où il a enseigné pendant 41 ans, de 1976 à 2017, Waugh est un pionnier de la théorie et de la critique du cinéma queer.
La remarquable carrière de Waugh à Concordia comprend aussi l’organisation de La Ville en Rose, premier colloque québécois en études queers en 1992 ; la mise sur pied d’une mineure en études interdisciplinaires de la sexualité ; la fondation de la série marquante de conférences communautaires sur le VIH/sida à Concordia ; ainsi que la création du projet Queer Media Database Canada-Quebec. Au fil des décennies, Thomas Waugh a publié plusieurs ouvrages historiques, dont Hard to Imagine: Gay Male Eroticism in Photography and Film from their Beginnings to Stonewall (1996) et Outlines: Underground Gay Graphics From Before Stonewall (2002).
Sur la couverture de son tout récent mémoire, Writing in the Flesh: Essays on My Lives, My Bodies, My Families, My Places, My Movies (McGill-Queen’s University Press), Waugh apparaît tel un Platon ou un Aristote des temps modernes dans une photo prise par le photographe montréalais Nick Bostick. Waugh, aujourd’hui âgé de 78 ans, s’est récemment prêté au jeu d’une entrevue franche avec Fugues.
Tuascommencéàécriretonmémoireen2020.Commentas-tudécidéquoiinclure?
THOMAS WAUGH : Je suis quelqu’un de très franc, et la discrétion n’est pas l’un de mes points forts. Il n’y a pas eu beaucoup d’autocensure. Cela dit, je voulais que le livre puisse aussi faire sens pour des personnes en dehors de mon milieu.
Celivrea-t-ilétéplusdifficileàécrireparcequ’ilestlepluspersonnel?
THOMAS WAUGH : D’une certaine manière, il a peut-être été plus facile à écrire. Je n’avais pas à maintenir tout l’appareil savant qu’exigent les ouvrages universitaires souvent trop lourd. Il y a bien sûr beaucoup de citations et de notes de bas de page, mais pas le genre d’appareil académique rigoureux et un peu obsessionnel que doivent avoir les ouvrages savants. Donc ce fut un plaisir de l’écrire et de revisiter de vieilles photos de famille. Comme je suis la personne la plus âgée encore en vie dans ma famille, j’ai découvert que j’en suis devenu un peu le patriarche.
Ilyabeaucoupdephotosrévélatrices!Commentas-tugérélaquestionduconsentement pourleshistoires,lesanecdotesetlesimagesdanstonmémoire?
THOMAS WAUGH : Il y a huit ou neuf magnifiques dessins de l’artiste montréalais Cumpug. Il les a réalisés à partir de photographies de personnes que j’étais un peu hésitant à exposer. J’ai donné des pseudonymes à plusieurs personnes quand j’étais un peu nerveux, et j’ai obtenu la permission et la confiance des autres. Je suis honoré qu’ils m’aient donné leur accord et j’espère qu’ils sont contents. Je pense que oui. Je n’ai reçu aucune menace de mort !
LeBainColonial—ouvertdepuis1914—occupeuneplaceimportantedanstonmémoire, toutcommedanstavie.Quandas-tudécouvertcetteinstitutionduPlateau?
THOMAS WAUGH : J’ai fréquenté quelques saunas gais à partir des années 1970, surtout quand je vivais à New York. Mais ce n’était pas vraiment mon truc. Je n’aime pas trop le sexe anonyme ; je préfère avoir des relations sexuelles avec des gens que je peux apprendre à connaître, dont je connais le nom. J’ai découvert la tradition des bains de vapeur russes et turcs dans la quarantaine et la cinquantaine, en rendant visite à mon ami Steve dans l’ex-Union soviétique et dans les pays baltes. Ces établissements sont merveilleux : cet espace partagé de sueur, de masculinité, de nudité et d’amitié. Et je me suis dit : depuis les années 1970, j’habite à un pâté de maisons de ce bain de vapeur montréalais. Pourquoi n’y suis-je jamais allé ? Alors j’y suis allé, et c’était merveilleux. Le Colonial était un espace partagé non seulement par des hommes gais relativement discrets et des clients juifs et musulmans, mais aussi par des Russes, qui portent leurs chapeaux de feutre. Je suis devenu un habitué et j’ai fini par y traîner mes amis. À un moment donné, au cours du présent siècle, j’y suis aussi allé avec des doctorants gais plus âgés dans le cadre de ma carrière d’enseignant — avec leur consentement, bien sûr. Nous avons eu de merveilleuses discussions sur la théorie queer et la méthodologie universitaire sur le toit. Même si j’ai fini par avoir quelques ennuis pour avoir mêlé mon profil pédagogique universitaire à mon profil social queer, ce dont je parle dans mon mémoire.
TuasbâtiautourdetoiunecommunautéunpeucommecelledesRadicalFaeries,mais sansladimensionreligieuse.
THOMAS WAUGH : Je ne suis pas très bon en spiritualité. On m’a imposé la religion pendant les vingt premières années de ma vie — je suis fils de prédicateur.
J’aiinterviewéàplusieursreprisesl’icônedelalittératuregaieEdmundWhite,etjel’ai finalementrencontréenpersonnelorsd’unsalonlittérairecheztoien2013.Ilyavait plusieursécrivainsformidables,dontlecinéasteBruceLaBruce.J’ail’impressionquetoi etEdmundétiezdesespritsfrèrestrèssex-positifs.Commentcesalonest-ilné?
THOMAS WAUGH : C’est très flatteur d’entendre ça. Je suis sex-positif. Il est mon idole à bien des égards. Qu’il repose en paix. Edmund était en ville pour le Festival littéraire international Blue Metropolis de Montréal, et un ami — honnêtement je ne me souviens plus lequel — est entré en contact avec lui et l’a invité à venir chez moi. C’était merveilleux !
Danstonmémoire,tuécrisquetuesunfétichisteabsoludespoilscorporels.Quepensestudeshommesgaisquilesenlèvent?
THOMAS WAUGH : J’essaie de les en empêcher. Enfin, je suis très indulgent. Si je rencontre un nouvel ami et qu’il a une repousse de poils sur la poitrine, j’essaie de regarder ailleurs. Mais en neuvième année, j’étais un intellectuel prépubère à lunettes, alors que tous mes amis étaient devenus de séduisants adolescents velus. Mais pas moi. Nous allions au cours d’éducation physique et notre professeur disait : « Sous la douche, les garçons ! » Et je paniquais : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » C’est devenu une sorte de fétiche érotique pendant mes années de secondaire, et encore aujourd’hui je suppose que je suis une sorte de locker-room queen. Ça a été très formateur.
Commentétaitl’expérienced’écrirepourTheBodyPolitic?
THOMAS WAUGH : J’avais vraiment l’impression d’être à l’avant-garde. J’adorais leur politique et j’étais un peu jaloux que nous n’ayons pas quelque chose de semblable à Montréal. Il y avait de bonnes publications queer ici, mais rien avec l’esprit de corps ou la politique éditoriale collective de The Body Politic. J’ai donc écrit pour eux et développé une forme d’esthétique de la critique cinématographique qui comportait une dimension politique. J’ai beaucoup aimé travailler avec ce collectif et faire partie de cette histoire.
Jet’aiinterviewépourlapremièrefoisdansunarticledecouvertureenmars1996,àpropos dufaitquetuavaisfondéen1994àConcordialecoursinterdisciplinaireHIV/AIDS:cultural, socialandscientificaspectsofthepandemic,lepremierdugenreoffertdansuneuniversité enAmériqueduNord.
THOMAS WAUGH : Nous étions en quelque sorte un collectif de professeurs et d’étudiants engagés. Les assistants du cours étaient merveilleux. Je suis très fier de cet engagement pionnier. C’était avant l’introduction de la trithérapie en 1996. Nous vivions cette crise. Les gens mouraient comme des mouches. C’était un moment très effrayant. Ce cours était une réponse universitaire, une réponse politique qui devait être apportée. Et je crois que nous avons eu un impact. Je croise encore des gens qui ont suivi le cours ou assisté aux conférences publiques et qui me disent que cela a changé leur vie. J’en suis très fier.
Tuécrisquetonmémoireaétérédigé«sousl’ombredemadeuxièmepandémie».Lasociété aexigéqueleshommesgaisajustentleurviefaceauVIH,alorsquetantdegensontrefusé d’ajusterlaleurfaceàlaCOVID.Quepensais-tudecettehypocrisiehomophobe?
THOMAS WAUGH : La façon dont les gens se promenaient en 2020 en parlant de la pandémie comme s’il n’y en avait jamais eu auparavant m’a mis hors de moi.
JepossèdeencoreunsuperbecartonpromotionneldeLaVilleenRose,premiercolloque québécoisenétudesqueersquetuasorganiséen1992.Commentcecolloquea-t-il contribuéàcréerunecommunauté?
THOMAS WAUGH : C’était un colloque bilingue tenu à Concordia qui a vraiment réuni des universitaires queers francophones et anglophones d’une manière qui n’avait jamais eu lieu auparavant. Les deux communautés ne se parlaient pas beaucoup. Nous nous sommes donc
réunis, nous nous sommes écoutés et nous avons fait de merveilleuses découvertes sur le travail, les identités et les écrits des uns et des autres, également à travers le clivage des genres. Les universitaires avaient aussi tendance à être isolés et à ne pas vraiment se soucier de ce qui se passait autour d’eux, comme Sex Garage ou la pandémie. Il fallait confronter cela, et je crois que nous avons fait des percées. S’attaquer à ces divisions a été une contribution importante. Merci de t’en souvenir.
Danstonmémoire,tuécris:«À15ans,je nemevoyaispascommefaisantpartie d’unecommunauté.»Plusde60ansplustard,commemilitantqueervétéran,tuasvu plusieursformesdecommunautéaufildesdécennies.Ya-t-ilundénominateurcommun quilesanime?


THOMAS WAUGH : Ce n’est pas une communauté homogène. La grande force et la richesse des communautés queer, c’est qu’elles sont multiformes, multigénérationnelles et multiculturelles. Je me concentre surtout sur le cinéma. La richesse et la diversité du cinéma queer dans le présent siècle sont renversantes. En ce moment, j’organise une projection pour célébrer l’arrivée d’un nouveau colocataire. Nous faisons souvent des soirées cinéma nudistes ici, et le prochain film sera Mambo Italiano.
Cefilmde2003aétéscénariséparmonmeilleuramiSteveGalluccioàpartirdesacélèbre pièce!
THOMAS WAUGH : Cela fait partie de cette immense richesse du cinéma queer diversifié. Et ça a été fait à Montréal !
Quandonparledecommunauté,àl’èrenumérique,oùensommes-nousaujourd’hui?
THOMAS WAUGH : Eh bien, je suis un dissident. Je n’utilise pas les médias sociaux. Je préfère de loin marcher dans les rues pour manifester — même si je le fais moins maintenant, parce que je titube un peu. Mais les contacts interpersonnels et intergénérationnels, la communauté et les réseaux sont tellement importants. J’adore passer du temps avec des gens dans la vingtaine qui découvrent toutes ces choses, les écouter et les challenger. Les personnes dans la soixantaine et la soixante-dizaine, c’est notre travail. Nous avons la responsabilité d’éduquer et de mettre au défi les jeunes générations, puisque tant de nos contemporains ont été perdus lors de la première pandémie. Nous devons les remplacer.
Queressens-tuquandlesgenstequalifientdelégendevivante?
THOMAS WAUGH : On dirait une publicité de Blackglama !6
INFOS | Writing in the Flesh: Essays on My Lives, My Bodies, My Families, My Places, My Movies, de Thomas Waugh, est publié chez McGill-Queen’s University Press.
Pour lire la version originale anglaise de ce texte, visitez le https://www.fugues.com/categories/english/

Cass est obèse, boulimique, anorexique, habituée d’être invisible, née dans la pauvreté, élevée par un père violent, abandonnée par une mère qui sauve sa peau. Cass est l’ado mise en lumière par Simon Alarie qui, avec T’esbellepourunegrosse (Leméac), parle de la misère des femmes d’aujourd’hui avec autant de doigté que Michel Tremblay le fait depuis des décennies. Son premier roman est un petit bijou taillé dans la noirceur du monde.
Quelleplacel’écritureoccupe-t-elledanstavie?
SIMON ALARIE : Je suis auteur, prof et syndicaliste. J’enseigne au secondaire à des élèves avec des troubles de comportement, d’anxiété et des psychopathologie. L’écriture est essentielle pour moi. Ça me sauve complètement. Ça me fait vibrer. J’exprime beaucoup de choses par la littérature. J’ai aussi été scénariste pour la télévision pendant des années, mais j’ai choisi de quitter la profession.
Pourquoi?
SIMON ALARIE : En plus du manque d’argent dans l’industrie, il y a de moins en moins de place pour la relève en télé. Les diffuseurs sont de plus en plus frileux à donner des premières chances. Donc, la relève se redirige vers le web, la littérature et d'autres moyens d'écrire et d'exister de façon plus libre. Bref, j'étais tanné des deuils, et j’ai eu la chance qu’on me tende une perche pour explorer l’écriture littéraire. J’ai publié des nouvelles qui ont été vues par les bonnes personnes et on m’a proposé d’écrire un roman. C’était mon rêve d’adolescent. Tout s’est aligné. J’ai commencé à écrire il y a trois ans et je n’ai pas arrêté.
Cassesttonalterego,tasœur,tamèreetlesfemmesquiontsouffertdelaviolence. Commentvois-tutonpersonnage?
SIMON ALARIE : C’est une survivante tranquille. Une jeune fille comme on en voit énormément sans savoir tout ce qu'elles ont vécu. C'est la fille qui travaille à la pataterie. Elle existe parmi mes élèves qui ont vécu des situations très difficiles. J’entends parler de choses comme ça depuis dix ans. Je trouve ces jeunes si forts! Avant de pouvoir voter, ils ont déjà vécu une vie entière de défis. Ma sœur, c'est la même chose. Moi, c'est la même chose. On est beaucoup de gens comme ça qui se sont relevés avant qu'une personne ne s'en rende compte, parce qu’on ne nous voit pas. Dans le livre, je voulais parler d'une famille en apparence ordinaire qui réussit par la force des choses à survivre dans toute la misère.
Pourquoidécris-tutonromancommeunlongcri?
SIMON ALARIE : C'est ma voix qui se déploie. Je dis tout ce que j'ai gardé en dedans, tout ce que j'ai vécu, tout ce que ma sœur a vécu, tout ce que les femmes ont vécu. Ce roman parle des femmes et des jeunes femmes issues d’un milieu populaire qui essayent de faire mieux.
Qu’est-cequit’apousséàécrirelamajoritédetonromancommeuneadressedeCass àsonintervenantesocialequ’onentendjamais?
SIMON ALARIE : Je me suis inspiré du roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu. Le personnage d'Aïcha parle avec une intervenante : ça m'a interpellé parce que le personnage n’a pas le choix de parler, de se révéler dans ses mensonges et ses contradictions. Dans mon livre, je trouvais ça bien de ne pas faire parler l’intervenante pour que les lecteurs se mettent à sa place.
Cassseraconteavecluciditéaprèsunethérapiede plusieursmois.Onsentsesapprentissagesdistillés toutaulongdutexte.Pourquoichoisircemoment pourqu’elleseraconte?
SIMON ALARIE : J’aurais pu percuter le lectorat en écrivant l’histoire en pleine crise, mais je préférais la raconter avec un certain recul. J’aurais eu moins besoin de thérapie si j'avais eu des livres comme ça plus jeune. Les ados sont capables d'une grande lucidité quand on leur donne des outils pour apprendre à se connaître, pour découvrir ce qui est possible, et c'est ce qui est arrivé en thérapie. On a dit à Cass : « Regarde, t'as de la valeur, t'es capable de faire des belles choses, faut juste que tu te donnes le temps et les outils. Ne laisse pas ton milieu te définir. » Je voulais présenter tout ça de manière naturelle dans le livre. Je n’aime pas ce qui est didactique en littérature, ce qui est ironique, parce que je suis enseignant. Quand un écrivain essaie de passer un message écrit en majuscule, je décroche, parce que je trouve que c'est une insulte à mon intelligence.


Àquelpointétait-cenécessaired’avoirautantd’humouràtraverscettenoirceur?
SIMON ALARIE : J'ai vécu beaucoup de choses qui te cassent et je ne serais pas ici si je n'avais pas eu d'humour. Même mon père, sur qui le Colonel dans le roman est énormément basé, a de l'humour devant toute la misère du monde. Quand tu ne sais pas ce qui va t'arriver et quand ça te ronge de l'intérieur, il faut que tu sois capable de trouver des moments de douceur, parce que sinon, il n'y aurait pas de raison de s'accrocher. Je voulais aussi que Cass ait une très bonne répartie. C’est un mécanisme de défense. Ça me permet d’écrire un livre beaucoup plus nuancé que si on baignait seulement dans le drame.
Casssentqu’ellen’aaucuneimportancedanslemonde.Commentbrise-t-on cetteperception?
SIMON ALARIE : Avec des enseignants et des professionnels qui sont capables de faire leur travail. C'est plate à dire, mais j'ai eu plusieurs élèves qui pensaient exactement comme Cass. Imagine, depuis ta troisième année du primaire, t'as connu aucune réussite. Donc, t'as jamais réellement passé, mais on t’a fait progresser au secondaire à cause du système. Rendu en troisième secondaire, il n’y a aucune chance que tu réussisses. En tant qu’enseignant, quand je suis confronté à ça, j’essaie de donner des bases plus solides, je retourne en arrière et je travaille leur estime personnelle et je leur présente les possibilités qui s’offrent à eux dans le futur. Je fais tout pour qu’ils comprennent qu’ils ont de la valeur.
Commentvoulais-tuexprimercertainesnuancesdelaviolence,commelafillequi voitcertainsbonscôtésàsonpèretellementtoutcroche?
SIMON ALARIE : Les bourreaux domestiques ne sont pas des bourreaux à temps plein. Ils ont des moments d’amusement, de clarté et de bienveillance, sinon ce serait invivable au quotidien. Évidemment, dans ce cas-ci, le Colonel (le père) n'est pas toujours en mode destruction. À un moment donné, sa femme le quitte et son fils ne lui parle plus, alors il commence à voir des signes que c’est peut-être lui le problème.
As-tuhésitéàparlerdelamèrequisesauveetdesconséquencessursafille?
SIMON ALARIE : Non, c'est important de montrer qu’elle ne pouvait pas amener sa fille. Il n’y avait pas de place. En plus, Cass était absente de la maison quand sa mère est partie. Si elle avait été présente, peut-être que sa mère lui aurait dit de venir avec elle. Il y a plusieurs situations où une femme dans un contexte de violence n’a pas le temps de trop réfléchir. Elle doit se sauver. Avec le temps, la maère se reconstruit. Quand elle se sent assez solide, elle propose à Cass de la rejoindre.6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | T'es belle pour une grosse, de Simon Alarie, Léméac Jeunesse, 2026.


Des centaines de milliers de Québécois-es ont découvert Oli Corno dans la deuxième saison de SurvivorQuébec, tournée aux Philippines en 2024. Deux ans plus tard, le peintre a vécu une autre expérience renversante au bout du monde, en participant à la biennale organisée à Ushuaia, la ville la plus australe de la planète, en Argentine, du 19 au 22 février dernier.
Quelleestcettebiennale?
OLI CORNO : C’est un événement artistique organisé tous les deux ans dans des lieux différents du pays. J’avais participé à la cinquième édition à Buenos Aires il y a deux ans, après que l’organisatrice m’ait repéré à New York lors d’un événement de réseautage. Cette année, la thématique était le bout du monde et ça se passait à la pointe de la Patagonie, complètement au sud. Le musée a été installé dans une ancienne prison, un peu comme Alcatraz et Guantanamo, qui ont été créées pour empêcher les gens de s’échapper.
Pourquoivoulais-tuyparticiper?
OLI CORNO : En 2019, j’avais fait des expositions à Venise, Genève, Séville et Paris. J’étais sur une lancée de perches tendues à des galeries et à des événements. La pandémie a mis fin à ce trip-là. Je me suis concentré sur le marché au Québec. J’ai ouvert une galerie dans le Vieux-Port pendant trois ans. Maintenant, j’ai envie de recommencer à l’étranger peu à peu. J’ai la liberté de dire oui à une invitation pareille.
Raconte-nouscequit’estarrivéd’incroyablelà-bas?
OLI CORNO : Il faut savoir que je devais présenter une œuvre créée auparavant pour cet événement : une toile de six pieds de haut sur laquelle j’apparaissais en clown. J’avais apporté mon costume de clown pour poser devant le tableau et créer un effet miroir à l’inauguration, en amenant un aspect performatif très contemplatif. Finalement, la toile n’est jamais arrivée! Elle est restée prise aux douanes pendant des semaines et ils l’ont perdue.
Commentas-turéagi?
monde

OLI CORNO : Quand je suis arrivé au musée, le jour précédant l’inauguration, je pensais que la toile serait sur un mur. J’ai vu les équipes techniques installer les autres œuvres et je ne trouvais pas la mienne. On m’a avisé qu’ils n’avaient rien reçu. Je venais de faire 30 heures de vol pour arriver là-bas avec mon costume de clown dans le carry-on…
J’imaginequetut’esmisenmodesolution.
OLI CORNO : Oui, j’ai essayé d’être créatif. Dans le musée situé dans l’ancienne prison, j’ai remarqué qu’ils installaient des œuvres dans les cellules. En baragouinant l’espagnol, j’ai demandé si je pouvais avoir une cellule entière pour offrir une performance, sans savoir ce que j’allais faire… Mais je me croyais! Après une heure de négociation, on m’a confirmé que j’aurais ma propre cellule, alors que les autres cellules accueillaient deux ou trois artistes.
Quelleétaittonidée?
Je me suis demandé ce qu’un clown ferait s’il était emprisonné au bout du monde dans une cellule. Ma première idée : il écrirait des lettres d’amour. J’ai décidé d’en écrire à l’infini jusqu’au lendemain. Je suis parti vers la ville pour trouver du papier à lettres. Dans une boutique de cadeaux touristiques, j’ai vu l’ancien chemisier de prisonnier officiel pour compléter mon costume de clown. Je me suis installé dans la cellule pour écrire des lettres durant huit heures. Je les mettais en boule et je les lançais dans la cellule pour créer un volume. J’ai fini dans un océan de papier avec plein de mots d’amour clownesques à mon chum et à un chum symbolique.
Etpuis?
OLI CORNO : L’installation m’a valu le premier prix parmi 90 artistes de 13 pays différents, principalement d’Amérique latine, mais aussi de la Chine et du Royaume-Uni.
Àquoiressemblaientleslieux?
OLI CORNO : Ushuaia est une ville portuaire relativement riche avec plein de beaux restaurants. Ça ressemble à une version argentine de Charlevoix. C’est une destination de voyageurs. Plusieurs bateaux de croisière passent par là, car la ville se trouve à la pointe sud du continent. Ceux qui vont en Antarctique partent de cet endroit. Il y a beaucoup de touristes sportifs haut de gamme. C’est pittoresque, entouré de grosses montagnes et de glaciers. Les randonnées sont impossibles! C’était à se morfondre tellement c’était extrême.
D’unboutdumondeàl’autre,jeteramèneàtonexpérienceasiatiquedurantladeuxième saisondeSurvivorQuébec.Àquelpointcetteémissiongrandpublica-t-elleeuunimpact surl’intérêtportéàtontravaild’artiste?
OLI CORNO : Le public québécois adore la télévision. Ça change une vie de passer à la télé. J’étais content de vivre cette expérience-là. Mais je me considère maintenant oublié, car de nouveaux participants prennent les projecteurs à chaque saison. Sur les réseaux sociaux, tout était relatif. Mon Facebook était à 5 000 abonnés avant de partir et j’étais à 10 000 en revenant. Je trouvais ça fantastique. Pourtant, l’année suivante, avec d’autres opérations marketing, je suis monté à 110 000.
Aujourd’hui,àquoiaspires-tupourtacarrière?
OLI CORNO : En ce moment, je suis dans une phase de retour à la création. Au cours des dernières années, j’étais beaucoup en promotion, en communications, en ventes et en

événements. Maintenant, je veux me donner beaucoup d’espace mental pour la création et les nouvelles idées. Ça implique de faire des recherches, de retomber dans la lecture, de consommer l’art en ville, de parler à d’autres artistes et de m’ouvrir aux idées. Je n’ai pas encore une vision claire de la prochaine production.
Teverrais-tuexplorerunautrestyle?
OLI CORNO : Oui, je veux aller ailleurs. La série Oracle que j’ai faite durant trois ou quatre ans a connu énormément de succès. C’est difficile de se détacher d’une formule qui fonctionne bien, car c’est payant. Je sens l’appréciation des gens et les toiles ne restent pas longtemps dans l’inventaire. C’est tentant de continuer, mais ça vient aussi avec des dangers : à long terme, ça va s’essouffler et le public va se rendre compte si je me répète. Je dois prévoir la fin des cycles pour conserver une image de créateur proactif qui se renouvelle.6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com INFOS | https://www.olicorno.com


Avec plus de 1,5 million d’habitants, la Montérégie constitue la deuxième région la plus populeuse du Québec après Montréal. Son territoire s’étend sur plus de 8 800 km² et regroupe plus de seize villes de plus de 20 000 habitants, chacune avec ses réalités sociales, communautaires et institutionnelles. Pourtant, pour l’ensemble de cette région, un seul organisme communautaire porte la mission régionale de soutien et d’accompagnement des communautés LGBTQ+ : le JAG (Jeunes Adultes GAI-E-S).
Depuis près de trente ans, l’organisme offre des services d’intervention, de sensibilisation et d’accompagnement auprès de publics variés — jeunes, adultes, parents, personnes aînées, personnes immigrantes et intervenant·e·s du réseau. Au fil du temps, son mandat s’est élargi afin de répondre à des besoins grandissants, jusqu’à devenir une mission régionale couvrant l’ensemble de la Montérégie.
Or, cette expansion du mandat n’a pas été accompagnée d’un financement proportionnel à la réalité démographique et territoriale de la région. L’organisme se retrouve ainsi confronté à une contradiction structurelle : on lui demande d’assurer une présence sur un territoire immense et densément peuplé, avec des ressources conçues pour une mission beaucoup plus restreinte.
L’organisme vient de déposer un rapport, que Fugues a pu consulter, dressant un constat clair : les « trous de service » observés en Montérégie — particulièrement en Montérégie-Ouest — ne résultent ni d’un manque de volonté ni d’un manque d’expertise de la part du JAG. Ils découlent plutôt d’un déséquilibre structurel entre la mission confiée à l’organisme et les moyens réels dont il dispose pour l’accomplir. Comme le résume le directeur général de l’organisme, Dominique Théberge : « Égalitaire ne veut pas dire équitable. »
Un organisme seul pour une région immense
Le JAG est aujourd’hui le seul organisme LGBTQ+ offrant des services pour l’ensemble de la Montérégie. L’organisation dispose actuellement de deux bureaux, à SaintHyacinthe et à Longueuil. Cependant, ces deux points de service ne suffisent pas à répondre aux besoins d’un territoire qui comprend plus de 16 villes de plus de 20 000 habitants, réparties sur une vaste région. Ainsi, plusieurs secteurs demeurent sans services de proximité, notamment Salaberry-de-Valleyfield, Saint-Jean-sur-Richelieu et Sorel-Tracy. « Il y a un déséquilibre entre notre mission, qui est de desservir plus de 1,5 million de personnes, et un budget qui ne nous permet pas de le faire sur un si vaste territoire », explique Dominique Théberge. Selon lui, la situation actuelle rend la mission régionale du JAG pratiquement irréalisable. « Même l’aide complémentaire du Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie se base sur un principe qui défavorise grandement la Montérégie. Au lieu de se baser sur les organismes, elle devrait se pencher sur combien de dollars par habitant elle distribue dans nos 17 régions. »
Le financement provenant du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC), administré par le ministère de la Santé et des Services sociaux, est lui aussi jugé insuffisant.
«Le PSOC ne finance pas suffisamment selon les besoins de la population LGBTQ+ de la région», souligne Christian Généreux, responsable des communications du JAG.
Une expansion territoriale mal financée
Le cœur du problème remonte à 2019, lorsque le JAG obtient une reconnaissance régionale par une entente PSOC pour des activités spécifiques. Cette entente élargit officiellement son mandat : l’organisme doit désormais couvrir non seulement la Montérégie-Est, mais également l’agglomération de Longueuil et la Montérégie-Ouest.
En pratique, cette expansion représente plus de 4 000 km² supplémentaires à desservir et plus d’un million de personnes additionnelles dans la population cible. Cependant, selon le rapport, cette expansion territoriale ne s’est accompagnée que d’un financement additionnel de moins de 100 000 dollars.
Les conséquences ont été immédiates : diminution des services historiques en Montérégie-Est, présence limitée à Longueuil, déploiement fragile en Montérégie-Ouest et fermeture du point de service de Valleyfield un an après son ouverture.
« Le CISSS nous a demandé que l’on soit présents à Salaberry-de-Valleyfield et Longueuil. Nous avons accepté au début, mais nous avons réalisé que le seuil plancher n’a pas suivi », explique Dominique Théberge. « En fait, il faudrait l’équivalent de trois organismes pour tout faire à la fois, déjà qu’on réussit de peine et de misère à maintenir le bureau de Longueuil. »
Le problème du « seuil plancher » théorique
L’un des éléments centraux du rapport concerne la méthode utilisée pour financer les organismes communautaires : les « seuils plancher ». Cet outil vise normalement à assurer un financement minimal équitable entre organismes similaires répartis sur le territoire. Toutefois, dans le cas du JAG, l’organisme affirme que cet outil produit l’effet inverse. Le seuil plancher du JAG est demeuré essentiellement le même avant et après l’ajout d’un immense territoire et d’une population massive. À première vue, il apparaît donc illogique que le financement minimal soit resté stable alors que la mission de l’organisme s’est considérablement élargie. Dans ce contexte, la logique d’égalité — appliquer les mêmes paramètres à tous — entre en contradiction avec la réalité du terrain. L’égalité ne garantit pas l’équité lorsque les responsabilités et les charges de travail ne sont pas comparables.
Une mission devenue irréaliste
Concrètement, le JAG doit actuellement desservir l’ensemble de la Montérégie avec une équipe d’environ cinq employé·e·s. Le rapport décrit la situation de manière très concrète : une coordination et quatre intervenant·e·s répartis sur trois bureaux pour couvrir un territoire de plus de 8 800 km ² « Le carcan actuel nous demande l’impossible », indique le document. Dans les faits, cela signifie aussi que plusieurs communautés locales ne bénéficient d’aucune présence ou intervention. « On devrait être présents à Saint-Jean-sur-Richelieu, où la violence est très présente et préoccupante. On devrait y être pour faire de la sensibilisation, mais on ne peut pas parce qu’on est sous-financés », explique Dominique Théberge.
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Une pression constante de concertation
La structure territoriale de la Montérégie ajoute une pression supplémentaire. La région compte de nombreuses tables de concertation locales : jeunesse, itinérance, immigration, persévérance scolaire, aînés, développement social, etc.
Chaque communauté possède ses propres structures de collaboration. Le JAG participe actuellement à plus de 40 concertations sur le territoire montérégien, mais affirme devoir en refuser plus de 80 autres, faute de ressources. Ce déficit de présence a des conséquences importantes : moins de visibilité, moins de liens avec les partenaires locaux et une représentation affaiblie des réalités LGBTQ+ dans les décisions régionales.
Les limites du service à distance
Face au manque de ressources, certains pourraient croire que les services virtuels pourraient compenser l’absence de présence locale. Le rapport nuance fortement cette idée. Bien que les services à distance puissent être utiles pour répondre à certaines urgences, ils ne remplacent pas l’ancrage local. Plusieurs personnes ne peuvent pas participer à des rencontres virtuelles en raison d’un environnement familial hostile ou d’un manque de confidentialité.
« On devrait être présents à Saint-Jean-sur-Richelieu, où la violence est très présente et préoccupante. On devrait y être pour faire de la sensibilisation... »
De plus, certains services essentiels — accès à du matériel d’affirmation de genre, groupes de soutien, activités de sensibilisation ou accompagnements dans les milieux scolaires — nécessitent une présence sur le terrain. Sans visibilité locale, il devient également beaucoup plus difficile de transformer les attitudes sociales et de lutter efficacement contre l’homophobie et la transphobie.
Comme le résume Dominique Théberge : « On n’est pas en train de changer l’homophobie pour l’acceptation parce qu’on n’est pas là. Et si on n’est pas là, on n’a pas de visibilité. Donc on ne peut pas continuer de parler d’homophobie et de transphobie. C’est aussi simple que ça. »
Un financement largement insuffisant
Le rapport fournit également une estimation du budget minimal nécessaire pour remplir correctement la mission régionale.
Actuellement, l’organisme reçoit environ 452 078 $ du PSOC. « Notre seuil plancher est à 455 677 $, donc pour le CISSS nous sommes à 99,21 % du minimum requis pour faire notre mission. Tant que notre seuil plancher (théorique) ne sera pas augmenté, le CISSS va penser que notre minimum est bien financé. »
Le JAG demande un rehaussement de son seuil plancher (théorique) à 1 367 031 $, ce qui placerait le financement à 33,07 % du minimum requis pour réaliser la mission selon le CISSS. « Ce qui refléterait mieux notre réalité », explique Dominique Théberge. « Nous comprenons que nous ne recevrons pas 880 000 $ d’un coup. En levant le seuil plancher, ça nous donnerait la légitimité d’aller chercher les sommes requises sur les prochaines années. Nous déployons
beaucoup d’énergie pour nous rendre à 716 000 $. Ce surplus de 264 000 $ devrait nous aider à améliorer le qualitatif de notre mission. »
On comprend que le sous-financement de l’organisme a un impact direct sur les conditions de travail. Les salaires offerts au sein de l’organisme sont inférieurs à la moyenne du secteur communautaire, ce qui complique le recrutement et la rétention du personnel.
Une région hors norme
La Montérégie présente par ailleurs une particularité importante : sa taille démographique. Avec environ 1 522 000 habitants, elle dépasse largement la moyenne des régions administratives du Québec, estimée à environ 532 000 personnes.
En réalité, la Montérégie fonctionne davantage comme trois sous-régions distinctes : l’Est, le Centre et l’Ouest. C’est pourquoi certaines instances, notamment la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie (TROCM), avancent une piste de solution : reconnaître le JAG comme l’équivalent de trois organismes distincts pour le financement. Une telle reconnaissance permettrait de tenir compte de la réalité territoriale et de la nécessité de maintenir au minimum trois points de service.
Le JAG a atteint ses limites Depuis près de trois décennies, le JAG a progressivement adapté sa mission afin de répondre aux besoins changeants des communautés LGBTQ+ de la Montérégie.
L’organisme a accepté d’élargir son mandat régional dans l’espoir de combler des besoins bien réels sur le terrain. Toutefois, cette expansion s’est faite sans que les ressources financières suivent l’ampleur de la responsabilité confiée.
Aujourd’hui, le constat est clair : l’organisme atteint les limites de ce qu’il peut accomplir avec les moyens dont il dispose. La question qui se pose désormais n’est plus seulement administrative, mais politique.
La poursuite ou la correction de cette situation relève désormais des décisions du CISSS. Ce dernier décidera-t-il de laisser la Montérégie-Ouest et la Montérégie-Centre (hors agglomération de Longueuil) sans services LGBTQ+ de proximité, ou choisira-t-il d’ajuster le seuil plancher afin de financer adéquatement la mission régionale du JAG ?
Car derrière les chiffres et les modèles de financement se trouvent des communautés bien réelles, pour lesquelles l’accès à des services de soutien, de sensibilisation et d’accompagnement demeure essentiel.
Comme le rappelle l’image qui conclut le rapport : « À force de rayonner au maximum, notre soleil finit par s’éteindre. »6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Le JAG, organisme LGBT+ Saint-Hyacinthe, Longueuil et Salaberry-de-Valleuyfield. 1 800 774 1349 https://www.lejag.org


La douceur subversive d’un pionnier du manga gai

Gengoroh Tagame
Rencontre avec Gengoroh Tagame, le premier mangaka ouvertement gai du Japon. Entre ses récits érotiques cultes, le succès mondial LeMaridemonfrère et son nouveau projet historique, l'artiste de 62 ans continue de briser les tabous avec une douceur subversive.
Il m’a donné rendez-vous à Sangenjaya, un quartier réputé pour sa vie artistique et situé dans la partie ouest de Tokyo. Au fond du café, il est facile à reconnaître avec sa longue barbe sel et poivre, car les barbus sont plutôt rares dans la capitale japonaise. Derrière ses lunettes, des yeux rieurs. Je découvre un homme doux et posé, tout en retenue, qui accepte volontiers de se livrer au journaliste de passage dans son pays.
Un pionnier malgré lui
Gengoroh Tagame dessine depuis l’âge de trois ans. Il était loin de se douter qu’il deviendrait un jour une icône de la culture queer au Japon et ailleurs dans le monde.
Enfant, il a été initié par ses parents au piano avant d’apprendre le dessin à l’âge de 10 ans. « Mes parents ont trouvé un peintre qui vivait près de chez nous. J'ai commencé à aller chez lui pour apprendre la peinture à l'huile. Le professeur avait un look bear… ce fut peut-être mon premier amour! » ajoute-t-il en riant.
Reconnu pour ses dessins érotiques mêlant BDSM, fétichisme et hommes musclés, Tagame se rappelle de sa toute première influence marquante : le Marquis de Sade. « C’est en 1976 que le film Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini est sorti au Japon. Étant cinéphile, j'ai acheté le magazine mensuel de cinéma et j'y ai trouvé une photo tirée du film. Ça a été un choc énorme pour moi, car on y voyait de nombreux hommes nus torturés et assassinés. Je voulais voir le film, mais il était réservé aux adultes et je n’avais que 12 ans. À défaut de voir le film, j'ai acheté et lu le livre du Marquis de Sade. J'ai été très surpris et j'ai essayé d'imiter l'histoire moi-même par écrit, puis, comme je savais dessiner, j'y ai mis mes inspirations. C'est ainsi que tout a commencé. »
Faute de contenus satisfaisants dans l’industrie du manga de l'époque, il décide de forger lui-même ses propres fantasmes, devenant le maître incontesté du manga érotique gai.
Une sortie de placard à répétition
« Quand j'étais jeune, j’ai dit à ma mère que j’étais gai, se souvient l’artiste japonais. Mais elle a cru que je plaisantais! » Quinze ans plus tard, il a dû refaire sa sortie de placard… car ses parents ne l’avaient pas du tout pris au sérieux! Quand il a commencé à créer des dessins érotiques, Yasushi Nishimura (c’est son vrai nom) a décidé de se créer un pseudonyme. « À l'époque, les pseudonymes dans les magazines gais étaient soit cools ou romantiques. Je n'aimais ni l'un ni l'autre. Je voulais un nom avec plus d'humour, mais qui sonnait viril. J'ai trouvé Tagame et Gengoro, qui sont tous deux des noms en japonais d’insectes aquatiques. Un nom aussi ridicule n'a jamais existé dans l'histoire du Japon. Comme ça sonnait très masculin, j'ai trouvé ça intéressant et j’ai adopté ce pseudo. »

L'humour n’est jamais loin lorsqu'il évoque sa vie personnelle. Tagame raconte avec amusement comment son père a découvert sa véritable identité. Alors qu’il voyageait à l’étranger, il a envoyé un courriel à ses parents depuis son adresse professionnelle affichant son pseudonyme. À son retour au Japon, son père, fier de sa trouvaille, a googlé le nom devant lui, tombant directement sur sa page Wikipédia le décrivant comme un artiste érotique gai. « J’ai dû faire mon coming out une autre fois », s’esclaffe-t-il. Il a averti ses parents : « Vous pouvez lire Le Mari de mon frère et mes autres bandes dessinées grand public, mais pour ce qui est des autres mangas, passez tout droit! »
Le succès du livre Le mari de mon frère Si le public international connaît Gengoroh Tagame, c’est avant tout grâce au manga Le mari de mon frère, traduit dans une dizaine de langues. Ce récit, qui explore l’homophobie ordinaire à travers les yeux d’un père de famille japonais et de son beau-frère canadien, a marqué un tournant dans la carrière du mangaka. Le mari en question dans cette œuvre, c’est Mike Flanagan, un bear canadien. « Quand j’ai commencé à écrire cette histoire, je voulais que mon personnage étranger vienne d’un pays où le mariage gai était légal. À l'époque, ce n'était pas encore le cas aux États-Unis, ni en France. Alors qu’au Canada, c'était légalisé. L’autre raison pour laquelle j’ai choisi le Canada, c’est que j’avais déjà visité ce pays et j’y avais des amis qui pouvaient répondre à mes questions pour que mon histoire soit plus proche de la réalité. » L’impact de l’œuvre est tel que la NHK, la chaîne publique japonaise, en produit une adaptation télévisée en 2018. « Et depuis cette diffusion à la télé, on voit beaucoup plus de séries avec des gais et lesbiennes ici. C'est un véritable changement dans la mentalité des Japonais. »
Le conservatisme japonais
Peu de temps avant de rencontrer Tagame, le Japon a vu une nouvelle Première ministre arriver au pouvoir : Sanae Takaichi. « Elle est très anti-LGBTQ+. Elle s'oppose aussi aux droits des femmes », affirme l’artiste.
Il apporte cependant une nuance : « En fait, la Première ministre n'a pas autant de pouvoir qu'un président en a dans un autre pays. Je n'aime pas ses opinions politiques, mais la politique japonaise ne changera pas de manière dramatique. Actuellement, la situation n'est pas bonne pour les droits LGBTQ+ au Japon, car il y a beaucoup de controverses. Mais les politiciens ne veulent pas non plus discriminer ouvertement. Donc la situation médiocre perdure. Cette idée me rend triste, mais c'est mieux que ce qui se passe aux États-Unis sous Donald Trump », s’indigne-t-il.
Malgré un climat politique qu'il juge parfois morose au Japon, notamment face à une classe politique conservatrice, Tagame reste engagé pour l'égalité du droit au mariage, le Japon étant le seul pays du G7 à ne pas avoir légalisé les unions entre conjoints de même sexe. Pour lui, même si le mariage n'est pas une fin en soi pour tous, le nier à certains en raison de leur orientation est une injustice sociale fondamentale.

Mais il remarque aussi une évolution des mentalités au Japon, particulièrement depuis une dizaine d’années. « Avant, il n'y avait pas d'auteurs ouvertement gais au Japon, mais aujourd'hui je peux citer quelques noms, car ils n'ont plus besoin de se cacher. Aussi, les jeunes queer ressentent moins la pression sociale que ma génération. »
Un regard tourné vers le passé et l'avenir L’artiste travaille en ce moment sur un manga grand public : Yuki wa Tomoe ni (qu’on pourrait traduire par tourbillon de neige). C'est une histoire d'amour entre un écrivain et un illustrateur. Ça se déroule il y a 100 ans, au Japon. Puis le grand séisme de Tokyo frappe et leur destin change complètement. « À cette époque, l'homosexualité n'était pas affichée dans la société japonaise. Je dessine actuellement la partie où ils s'attirent mutuellement juste avant le grand tremblement de terre qui a frappé Tokyo, en 1923. »
Il dépose régulièrement de nouvelles pages de ce manga sur son site web, Tagame.org. Un jour, il sera publié et, espérons-le, il sera traduit en français comme plusieurs de ses bouquins.
Sur son site, on retrouve également ses dessins… qu’il n’oserait recommander à ses parents! « Il y a plusieurs années, au Japon, tous les magazines gais commerciaux ont disparu. Depuis lors, il est impossible de publier mes œuvres érotiques sur une base commerciale au Japon. Comme il n'y a plus de magazines, j'ai commencé à publier mes œuvres érotiques sur le web. »
Aujourd'hui, Gengoroh Tagame ne se contente plus de dessiner ce qu'il veut lire ; il dessine ce que la société japonaise a besoin de voir. Entre érotisme revendiqué et récits humanistes, il demeure le gardien d'une mémoire queer tout en ouvrant les portes d'un avenir plus visible pour les prochaines générations de mangakas.6
PATRICK BRUNETTE redaction@fugues.com
INFOS | https://tagame.org








«Engage
2.0/MECS»
Pour contribuer à la santé des hommes gais et queers
Des études sur la santé des hommes gais et queers pour aider à réduire la transmission des infections transmissibles sexuellement et contribuer à l’amélioration de la santé mentale et sexuelle des hommes gais et queers à Montréal. C’est une manière de soutenir sa propre communauté en participant à Engage 2.0/MECS. Ici, nous avons deux études intégrées : Engage 2.0 et MECS (pour Motivations, Expériences, Consommation, Sexualité), touchant à la santé sexuelle et mentale. Est-ce que ces gens ont développé des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) ? Seraient-ils plus protégés contre le virus du VIH par la PrEP (prophylaxie pré-exposition) ? Ont-ils besoin de la DoxyPEP (doxycycline en prophylaxie post-exposition) pour des infections comme la syphilis, la chlamydia ou la gonorrhée ? Ces études vont essayer de répondre à plusieurs de ces questions pour aider les gens de la communauté.
Lancée en octobre 2025, l’étude vise à recruter 2160 participants au total dans les villes de Vancouver, Toronto et Montréal pour Engage 2.0, et à Toronto, Montréal et Winnipeg pour MECS (avec 200 participants à Winnipeg). À Montréal, il s’agit d’une collaboration du CUSMIR (Centre universitaire de santé McGill – Institut de recherche), de l’UQAM/Chaire de recherche du Canada TRADIS – trajectoires, diversités, substances, ainsi que de la Direction régionale de la santé publique de Montréal, avec les chercheurs principaux le Dr Joseph Cox (pour Engage 2.0) et Jorge Flores-Aranda, Ph. D. (pour l’enquête MECS).
Entre 2017 et 2023, Engage 1.0 avait réussi à recruter près de 2500 participants, dont plus de 1000 personnes à Montréal. Bien que la nouvelle phase du projet prenne une forme différente, l’esprit de l’étude Engage demeure. Grâce aux études Engage 2.0 et MECS, l’équipe de recherche pourra continuer à suivre les ITSS ainsi que l’impact des stratégies biomédicales de prévention au sein de la communauté. Contrairement à la précédente étude Engage, Engage 2.0 ne s’étendra pas sur plusieurs années. «Elle consiste en un questionnaire et un
test de dépistage des ITSS», indique Milada Dvorakova, gestionnaire de projet de recherche pour Engage 2.0 et MECS au CUSM-IR. Ainsi, après une première visite, Engage 2.0 se termine là où MECS prend la relève. « Celle-ci [l’étude MECS] continuera jusqu’en 2029 ou peut-être même jusqu’en 2030 », poursuit-elle.
Que recherche-t-on avec Engage 2.0 ?
Il s’agit maintenant de dégager les grandes tendances en santé sexuelle et en santé générale des HARSAH. On surveillera ici s’il y a augmentation des cas d’ITSS, le taux de séropositivité au VIH dans cette population spécifique, quelles sont les personnes utilisant déjà la PrEP et celles qui ne l’utilisent pas mais qui ressentiraient le besoin d’en faire usage. Est-ce que les coûts de ces médicaments freinent ces HARSAH à les utili ser pour leurs relations sexuelles ? Ce sont des éléments qui devront être vérifiés. On en apprendra davantage dans les données recueillies. Les résultats permettront également de comparer les nouvelles données avec celles recueillies lors d’ Engage 1.0 entre 2017 et 2023. Ces comparaisons historiques aideront les chercheurs à mieux comprendre comment évoluent la prévention, le dépistage et l’accès aux soins liés aux ITSS et au VIH au fil du temps. Il en va de même pour la DoxyPEP. Rappelons que la DoxyPEP (doxycycline en prophylaxie post-exposition) est une stratégie préventive efficace (200 mg dans les 72 h suivant un rapport sexuel) contre les ITSS bactériennes (syphilis, chlamydia, gonorrhée). La DoxyPEP est utile pour prévenir la syphilis, la chlamydia et, dans une moindre mesure, la gonorrhée. « Les retombées d’Engage 2.0 consistent à comparer les résultats obtenus avec les données recueillies lors de la première étude Engage et avec les indicateurs de santé des hommes HARSAH – le taux d’ITSS, l’utilisation de la PrEP ou de la DoxyPEP – dans le contexte canadien en général afin de voir quels sont les besoins en prévention et les services offerts pour ces personnes-là », explique Milada Dvorakova.
La COVID-19 en toile de fond
Il faut dire aussi qu’Engage 1.0 s’était déroulée en pleine pandémie, soit avec les confinements et les couvre-feux et, par conséquent, les diverses restrictions que cela pouvait signifier en termes de rencontres sexuelles, de solitude ou même d’isolement, telles que







ressenties par plusieurs participants à ce moment-là. « Bien sûr, il y a eu la pandémie [qui a pu influencer certaines données], on désire ici faire une mise à jour des résultats », dit Milada Dvorakova.
Ce qui est intéressant à retenir de la recherche MECS, c’est son objectif d’analyser l’interrelation entre le crystal meth (appelé aussi simplement T, Tina, Ice, Meth), la santé sexuelle et la santé mentale des utilisateurs de cette drogue dans un contexte de pratiques sexuelles que l’on appelle le « chemsex ». Le chemsex ou « party and play » « désigne l’utilisation de certaines drogues synthétiques par des hommes gais, bisexuels ou queer+ (cis et trans) avant ou pendant les relations sexuelles, dans l’intention spécifique de faciliter, de faire durer ou de rehausser l’intensité des rencontres sexuelles », indique le site de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
« Sur le cerveau, le crystal meth a trois effets. Cette drogue vient interférer au niveau de la sérotonine, de la dopamine et de la noradrénaline. Les impacts de cette drogue seront donc en lien avec le désir sexuel, le plaisir et la prise de risque. Le crystal meth est l’un des plus puissants psychostimulants », nous apprend-on encore sur le site de l’INSPQ.
C’est une première ici à Montréal qui permettra de suivre l’évolution des expériences diversifiées liées à l’utilisation du crystal meth en relation avec la sexualité, y compris le chemsex. « On parle de crystal meth, mais il y a également le GHB, le Viagra, les poppers, etc., qui peuvent être consommés par les HARSAH. On désire donc savoir quels sont les besoins sur le terrain », explique Milada Dvorakova . On veut aussi recueillir ici le plus d’informations possible dans une optique de prévention et de réduction des méfaits.
L’effet boule de neige
Alors, comment ça fonctionne si on veut s’y inscrire ? Pour participer, une personne doit d’abord recevoir un coupon d’invitation d’un participant qu’elle connaît déjà et qui prend
part à l’étude. Une fois ce coupon obtenu, elle peut s’inscrire, faire un test de dépistage et répondre à un questionnaire. Pour cela, elle reçoit 70 $. Mais cette personne-là peut en parler à d’autres pour les recruter à leur tour, selon ce principe de « coupon ». La personne initiale percevra un montant additionnel de 15 $ par individu recruté, et ce, jusqu’à six coupons par personne, ce qui fait 90 $. Au final, la première personne peut recevoir jusqu’à 160 $ pour cette participation.
« Cette manière de faire avait bien fonctionné lors de la première étude, on recherche ici l’effet boule de neige, que les gens arrivent à convaincre d’autres personnes d’y participer pour le bien-être de la communauté », renchérit Milada Dvorakova.
Pas tout seuls Évidemment, on n’entreprend pas de telles enquêtes de population sans préalablement s’assurer d’avoir des partenaires naturels et participatifs. Ainsi, la COCQ-Sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida), RÉZO et son comité d’engagement communautaire, Maison Plein Cœur, ACCM (AIDS Community Care Montréal) et ASTT(e)Q (pour Action Santé Travesti(e)s & Transexuel(le)s du Québec, relié à l’organisme CACTUS Montréal) sont ici les partenaires des études Engage 2.0/MECS.
« Nous demeurons un partenaire communautaire d’Engage 2.0, dit Alexandre Dumont Blais, le directeur général de RÉZO. Nous sommes partenaires depuis les débuts de ces études-là, nous avons été actifs pour qu’elles se réalisent parce qu’elles nous aident aussi à mieux agir sur le terrain et à répondre aux besoins des HARSAH. » Les études Engage 2.0 et MECS sont subventionnées par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Engagemontreal@gmail.com ou 438-466-9507 (appel ou texto)




LES INJECTIONS ESTHÉTIQUES
• Réduction des rides d’expression (front, ride du lion, patte d’oie).
• Lissage du contour des yeux pour un regard reposé.
• Actes médicaux pratiqués par nos chirurgiens-dentistes formés.
Même si plusieurs émissions et films représentent les communautés queers, la plupart des compagnies de production qui les créent sont toujours dominées par des personnes qui n’en font pas partie. Ce qui est en train de changer. Nous en avons discuté avec deux cinéastes queers qui ont pris les choses en main en ouvrant leurs propres boîtes de production.
Le parcours fut long et périlleux, mais nous voyons enfin des créateur·trices leurs propres histoires. « En tant que productrice et réalisatrice, une chose a toujours été claire pour moi : peu importe si on tourne une série, un film ou un documentaire, si le contenu est queer et que des personnes queers se trouvent dans la pièce, ce sera meilleur. C’est aussi simple que ça », explique Michelle Mama, cofondatrice de la compagnie de production torontoise GAY AGENDA. Fondée en 2023, GAY AGENDA a pour mission de « libérer les voix au mentorat et à la production ».
Leur travail inclut un épisode de l’émission The Nature of Things the Binary (« Fluide : la vie au-delà de la binarité »), en collaboration avec GAY AGENDA, dans lequel l’humoriste non binaire science derrière la fluidité sexuelle et de genre, ainsi que le film Confessions, un documentaire explorant la carrière de cette icône du rock lesbienne à voir en salles plus tard cette année. Elle travaille aussi actuellement sur une série documentaire portant sur des personnes âgées queers, partiellement financée par le Démarrer sa propre compagnie de production vient toujours avec son lot de défis, et encore plus si celle-ci se concentre sur des récits 2ELGBTQIA+. « C’est épeurant et c’est stressant », admet Michelle Mama.
« Quand nous avons commencé, il y a trois ans, nous nous sommes dit : “appelons ça GAY AGENDA, tout en majuscules, en l’honneur d’ 2026, on se dit plutôt : “merde, on doit recommencer à manifester, on recommence à se faire intimider, on nous veut du mal”. Tout à coup, notre petite compagnie de production est devenue extrêmement politique. Et je ne m’y oppose pas. Au contraire, on devrait miser là-dessus. »

Représentation et contrôle créatif « C’est toujours important d’avoir des personnes représentatives des sujets qu’on aborde à l’écran derrière la caméra, peu importe le sujet », déclare J Stevens, cinéaste et scénariste, qui dirige aussi sa propre compagnie de production, Spindle Films.
« Quand des personnes queers travaillent ensemble pour raconter leurs propres histoires, il y a une atmosphère de confiance et d’aisance qui se crée. Personne n’a besoin d’expliquer pourquoi quelque chose est important ; tout le monde le comprend, c’est une évidence, explique J Stevens. Et je crois que ça mène à des films plus complexes, diversifiés et intéressants. » De ses bureaux de Toronto et Calgary, Spindle Films se concentre sur la création de films percutants qui mettent de l’avant des récits et des personnages 2ELGBTQIA+. J Stevens a appris très tôt que pour maintenir le contrôle de ses projets, il fallait aussi les produire, et que c’est beaucoup plus facile de le faire en ayant sa propre compagnie de production.
« En commençant le processus d’écriture de mon premier long métrage, j’ai vite compris que je pourrais contrôler chaque étape du processus de création et que c’était la chose à faire.






C’est formidable parce que je peux aussi soutenir d’autres cinéastes en qui je crois et les aider à raconter leurs propres histoires », ajoute J Stevens, qui a remporté le prix Jay Scott aux Toronto Film Critics Association Awards de 2024.
Le premier long métrage de J Stevens, Really Happy Someday, raconte l’histoire de Z, un acteur de théâtre transgenre qui échoue une importante audition pour une comédie musicale parce qu’il n’arrive plus à maîtriser sa voix après 12 mois de prise de testostérone. Pour sauver sa vie et sa carrière, Z devra se redécouvrir en embrassant sa nouvelle voix.
Selon J Stevens, très peu de créateur·trices de diverses identités de genre travaillent dans les milieux de la télévision et du cinéma, et il est important de les soutenir. « J’ai fait mon entrée dans le monde de la télévision syndiquée par la réalisation et, quand on regarde autour de soi, on voit que les personnes queers sont très rares, déclare J Stevens. Il y a très peu de personnes aux identités de genre diverses sur les plateaux. »
« Toute personne qui fait partie d’un groupe marginalisé sait qu’être “la seule” sur un plateau n’est pas une expérience agréable. Je connais tellement de personnes aux identités de genre diverses qui attendent qu’on leur donne une chance, alors j’ai voulu utiliser ma plateforme pour propulser les voix de ces artistes. Jusqu’à maintenant, c’est l’aspect le plus magique de ma carrière. »
Des liens qui renforcent
Même dans un contexte budgétaire difficile pour les médias, les communautés 2ELGBTQIA+ sont de plus en plus représentées sur les écrans et les plateformes de diffusion.
Mais compte tenu de la rareté du financement, Michelle Mama considère que des entreprises comme GAY AGENDA doivent chercher encore plus loin pour que leurs projets voient le jour. « Je suis allée à Content London en décembre, et les chiffres étaient très déprimants, déclare Michelle Mama, en faisant référence à la conférence mondiale sur l’industrie, où elle a appris que le financement était en forte baisse par rapport à l’année précédente. On a donc commencé à organiser des rencontres qui nous ont permis de réaliser qu’on peut créer des partenariats avec les pays anglophones. »
C’est là qu’elle a appris l’existence de Virgin Media TV en Irlande, une plateforme «extrêmement» ouverte aux contenus queers , et Stan en Australie, qui diffuse l’émission Drag Race Down Under sur un autre territoire anglophone. « J’ai quitté Content London avec, oui, l’impression que nous faisons face à une crise, mais aussi que nous avons la possibilité de prendre plus de place, de découvrir d’autres endroits et de collaborer avec de nouvelles personnes », soutient Michelle Mama.
Partager ses connaissances et ses expériences
C’est l’envie de collaborer et de partager son savoir qui a poussé J Stevens à créer la Spindle Films Foundation. Il y a deux ans, la fondation a lancé son tout premier programme de mentorat, qui offre une formation de six mois et un espace de réseautage pour les cinéastes transgenres, non binaires, bispirituel·les et de diverses identités de genre au Canada. J Stevens dit que les défis auxquels font face les créateur·trices queers sont nombreux, mais que le fait de se soutenir permet d’alléger le fardeau.
« Ce sont des petites expériences qui s’accumulent et qui rendent le tout très lourd à porter, affirme J Stevens. Ne pas avoir accès à une salle de bains dans laquelle on se sent confortable sur les plateaux, se faire constamment mégenrer, perdre son emploi explicitement à cause de son identité de genre… »
Avoir accès à un programme de mentorat et à un groupe à qui partager ses expériences permet de briser l’isolement, selon J Stevens. « Il y a là un pouvoir énorme. » Michelle Mama ressent aussi le besoin de partager le fruit de ses décennies d’expérience et de s’assurer que la communauté queer comprenne bien les luttes passées.
« En ce moment, je sens que je peux être une mentore pour la prochaine génération à cause de mon bagage. Les communautés queers se concentrent trop sur la jeunesse et la beauté, mais je pense aussi que ce n’est pas complètement de notre faute, parce qu’on a perdu deux générations d’hommes merveilleux à cause de la crise du sida », affirme-t-elle. « Certaines personnes ont de la difficulté à savoir comment vieillir parce qu’elles n’ont pas assez eu d’exemples. En travaillant sur notre série sur les personnes âgées queers , on se rend compte que cette génération a beaucoup de choses à dire et qu’il faut l’écouter avant qu’il ne soit trop tard. »6
INGRID RANDOJA, collaboration spéciale
CET ARTICLE A PRÉALABLEMENT ÉTÉ PUBLIÉ SUR FUTUR ET MÉDIAS, LA PLATEFORME DU FMC (FONDS DES MÉDIAS DU CANADA)

J Stevens


Plus queer, plus engagée, plus baveuse, plus audacieuse et… plus rassembleuse que jamais, Calamine revient à l’avant-plan avec Rétrograde. Décrit par la rappeuse comme un album manifeste, son quatrième opus met en valeur son habileté avec l’écriture punchée et son désir de contrôler sa destinée musicale.
Àquoiressemblaittaviequandtuascréécetalbum?
CALAMINE : Avant de sortir le dernier album, il y a deux ans, j’étais déjà en train d’écrire les nouvelles tunes et je n’ai jamais arrêté. On sent cette chronologie sur Rétrograde. La chanson No drama raconte quand j’ai ouvert le couple avec ma copine à l’époque : tout va bien, on était dans l’abondance. Plus tard, dans la chanson Lesbiville, c’est plus compliqué. On a l’impression que toutes les lesbiennes couchent ensemble et c’est l’enfer.
Onsentaussileclimatpolitique.
CALAMINE : Oui, j’attrape des bouts de ce qui se passe au fur et à mesure. Au début, l’album était quand même sombre. La colère me vient assez facilement, mais j’ai aussi envie d’envoyer de la lumière dans le monde. Je veux garder l’équilibre entre la critique et l’utopie. Je veux que le monde vive avec ma musique, sans que ça les assomme.
Enréfléchissantàlatrajectoiredel’humanitéàpetiteetàgrandeéchelle,queleffetveux-tu produire?
CALAMINE : J’espère que les gens qui vont m’écouter vont ressentir la même chose que moi quand j’écris : le sentiment d’être vue dans tout ce que je suis — mon impuissance, mon cynisme, mon espoir. C’est une ultime tentative de faire communauté autour de l’indignation et de la joie queer. C’est une espèce de main tendue pour essayer de briser la compartimentation de la société et l’isolement.
Est-celapremièrefoisquetucomposesentièrementl’instrumentation(àl’exceptiondes saxophonesdeValérieLachance-GuillemetteetdestrompettesdeDaniellaCarbert)?
CALAMINE : Oui, c’est un rêve que j’ai réalisé. La composition a toujours été une passion. J’ai appris moi-même la guitare, le piano et le drum. Je taponne un peu tout, mais je ne suis pas une virtuose techniquement. Par contre, avec un logiciel, je suis capable de mener à bien ce que je veux composer. Ça faisait longtemps que je voulais réaliser toutes mes idées en composition, mais je n’étais pas game de le faire.
Pourquoi?
CALAMINE : Dans les dernières années, je voulais surtout consacrer mon énergie à devenir la meilleure rappeuse possible, en mettant toute mon énergie dans mes textes, mes flots, ma rythmique, mon delivery et ma performance vocale. On entend ma progression dans les premiers albums. Un jour, je me suis sentie prête. Et puis, j’ai toujours besoin de nouveaux défis. Je souhaitais créer un album 100 % intentionnel et prendre le volant musicalement.
Qu’est-cequit’apousséeàincluredesextraitsdeparolespubliquesetpolitiques?
CALAMINE : Je trouve que les grands courants politiques et les grands mouvements sociaux commencent souvent par la musique ou les films. Je voulais illustrer ce qu’on est en train de vivre. Tu sais, ça a l’air évident parce qu’on baigne dedans, mais dans vingt ans, on va se dire « what the fuck » : Elon Musk, Donald Trump et François Legault sont des personnes surréalistes. Il y a une volonté de garder des traces et de faire un portrait d’époque.
Est-cequejemetrompeoutuembrassesdavantagelesenjeuxqueers?
CALAMINE : Tu as absolument raison! Dans le dernier album, je me concentrais sur d’autres enjeux de justice sociale, la mobilité durable et la crise du logement, mais j’avais peu abordé la question queer. Finalement, je me suis sentie mûre pour un album manifeste. Surtout avec ce qui s’est passé dans les deux dernières années, avec les reculs pour les personnes trans. C’est vraiment alarmant.
Je me sentais investie de faire quelque chose de concret. Puisque je vais tourner mes chansons en salles et que je vais rencontrer beaucoup de gens dans plusieurs villes, je cherchais un moyen de me rendre utile politiquement en parlant de ma communauté.
Tuparlesdu«lobby»trans,descodesdegenre,descritiquesenversFiertéMontréal,etc. Ilyaplusieursréférencesintra-communautaires.Est-ceuneforcedeconnaîtreçade l’intérieuretdelesmettreenlumière,ouplutôtunrisquederejoindremoinsdegens?
CALAMINE : C’est un vrai risque, mais mon corpus de chansons ratisse très large. J’ai aussi beaucoup de références pour les geeks de politique et d’autres références propres au hip-hop. C’est ce qui fait la force rassembleuse de ma musique, car les foules se mélangent à mes spectacles. Quelques amis queers m’ont dit à mon dernier lancement que c’était surprenant de voir autant de gars hétéros. Au fond, certaines personnes viennent à mes spectacles parce qu’elles trouvent que c’est du rap bien fait. Il y a des militant·es féministes et des membres de la communauté queer. Je trouve ça très important de faire digérer des tunes full queers à du monde qui ne sont pas de la communauté. Ça aide à rassembler les personnes autour de notre cause et à dédramatiser nos enjeux.
Tutedécriscomme«legenredegouinequisucepersonne»ettudisque«çales faitchierdemetrouverpasmalbonne».Êtreuneartistequeerdanslemilieumusical québécois,en2026,est-ceunatoutpoursedémarquerouçafermeplusdeportesqueça enouvre?
CALAMINE : Je ne sais pas à quel point ça m’empêche de faire des affaires, mais ça me permet de me démarquer : il n’y a pas des dizaines de rappeuses au Québec, et encore moins queers. On pourrait penser que ça fait une niche, mais je pense que ça me démarque. Surtout qu’il y a beaucoup d’homogénéité dans le rap. Parmi les nouveaux rappeurs, il y a parfois des sons nouveaux, mais au niveau des paroles, c’est très uniforme en général.
Tesens-tuparfoistokeniséeparlesfestivalsquit’invitent?
CALAMINE : L’intention derrière l’invitation ne me dérange pas. Je me trouve privilégiée d’avoir ces occasions-là. Je n’ai pas envie de gaspiller de l’énergie à essayer d’analyser les intentions des gens. Le résultat, pour les personnes queers dans la foule, c’est qu’elles ont de la représentation sur scène. Beaucoup de gens sont sceptiques face aux politiques d’inclusivité et de discrimination positive. Moi, je me dis que peu importe le motif, si le résultat est là, ça me convient.
Enécoutanttonalbum,jet’aitrouvéebaveuse,drôle,engagéeetaudacieuse.Quelmot terejointleplus?
CALAMINE : Audacieuse! Il y a une partie importante de mon travail qui consiste à faire de l’innovation. J’ai vraiment la rage de créer du nouveau, d’absorber tout ce qui se fait, d’écouter des nouvelles musiques, de lire, de savoir ce que les gens pensent et de comprendre ce qui se passe politiquement pour ensuite faire une proposition nouvelle. Il y avait un peu de ça dans le fait de vouloir composer la musique de mon album. Au fond, le fait d’avoir ma proposition musicale singulière, de pouvoir innover en musique et en paroles, ça me rend fière.6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | Retrograde de Calamine sera lancé offciellement à Montréal lors d’un concert à L’Esco, le mercredi 15 avril. Il s’agit d’un double lancement avec celui de l’album Thunder Child du groupe Q052.
Billets : https://lepointdevente.com/billets/lancement-q052-calamine






OLIVIER DE MAISONNEUVE
SOMMELIER CONSEIL
Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise 438 881-7276 • http://www.vinsconseil.com
PÈRE ANSELME, AOP CÔTES-DU-RHÔNE (FRANCE)
CODE SAQ : 15205682 — 17,10 $
Une agréable expérience pour les gens qui sont moins amateurs de vins blancs. Un rouge à servir rafraîchi ! Bon, on ne le sert pas après qu'il ait passé une nuit dans le frigo, mais disons après 35 à 45 minutes. J'ai été impressionné par ses arômes délicieux de fruits des champs (fraise, framboise) et un peu de canneberge séchée.
Il a aussi une belle petite amertume et il dure assez longtemps en bouche. C'est un producteur installé à Châteauneuf-du-Pape, pas loin d'où j'ai fait mes études de sommellerie. :)
C'est un rouge sec, éclatant et non boisé. Achetez-le maintenant et faites des réserves pour la belle saison !
CVNE S.A., DOCA RIOJA (ESPAGNE)
CODE SAQ : 15528861 — 15,45 $
Un vin rouge de la Rioja, d'une coop qui fait des vins au super rapport qualité-prix. La plupart sont plutôt bien boisés, mais celui-ci, qui est l'entrée de gamme, est un peu plus relax sur le bois. Ça sent bon la confiture de fruits rouges, et on retrouve ça en bouche aussi, sans que ce soit une bombe de sucre ; c'est très souple et satiné. À base de grenache noire, de tempranillo et de graciano, vendangés à la main, végane et bio. L'étiquette est super et illustre le printemps et les arômes que vous retrouverez dans votre verre. On peut certainement l'apprécier avec une bavette ou un bon steak au poivre. Ou avec une moussaka. À ce prix-là, c'est du bonheur !


CODE SAQ : 15568969 — 21,25 $
Voici un assemblage bien réussi de cayuga, de st-pépin et de vidal, élaboré à St-Paul-d'Abbotsford, en Montérégie, par les mains talentueuses d'Isabelle Lafont. Un vin délicat mais pas banal, avec des arômes fins de citron frais, de mie de pain et de bégonia. Pour moi, la bouche est fraîche mais pas mordante. Il y a un brin d'amertume en fin de bouche qui vient lui donner du relief, une sensation de mâche. C'est un blanc sec, assez léger en alcool, qui ira à merveille avec tous les plats rehaussés d'une giclée de jus de citron : salade César avec une poitrine de poulet, escalopes milanaises, filets de sole. Ça ouvre agréablement l'appétit. Je recommande de ne pas le servir à la sortie du frigo : laissez-le sur le comptoir une vingtaine de minutes pour savourer sa personnalité et faire s'épanouir ses parfums.
(SUD-OUEST, FRANCE) 2024 CODE SAQ : 11253564 — 13,95 $
Un assemblage de colombard, cépage typique de la région (tout près de Biarritz), de sauvignon blanc et de gros manseng. Pour avoir un petit avant-goût des apéros sur la terrasse, ou se rappeler des vacances au bord de la mer, un vin blanc qui éclabousse le palais d'une vague d'acidité et d'amertume, avec des notes de lime, de pamplemousse et de sauge. La première gorgée peut sembler intense, puis le plaisir embarque ; c'est vraiment intéressant à vivre. Le genre de vin qui accompagne les doigts d'aiglefin panés, les calmars frits ou une entrée de chèvre chaud, par exemple.



GÉRARD BERTRAND,
AOP TAUTAVEL (ROUSSILLON, FRANCE)
CODE SAQ : 11676145 — 19,30 $
Si on préfère un rouge plus corsé, plus fin d'hiver, on va se régaler avec un autre très bon vin de Gérard Bertrand, qui était un joueur de soccer étoile en France et qui, depuis quelques années, travaille beaucoup en harmonie avec les terroirs de ses différents domaines. Ici, on est dans le Roussillon, la région la plus chaude de France, et on sent bien le soleil dans cette bouteille. Il a un beau nez de fruits noirs et de gravier. La bouche est gourmande, avec des accents de poivre noir, de gelée de mûres, de cuir et de chêne. Le boisé est vraiment bien équilibré avec le fruité et le côté épicé. La texture des tannins est super veloutée. Un achat judicieux qui vaut assurément son prix.
WILDEBERG & KOMPANJIE,
WO WESTERN CAPE (AFRIQUE DU SUD) 2024
CODE SAQ : 15113163 — 26,65 $
Élaboré surtout avec de la grenache noire, et un peu de syrah, près des si jolies régions de Paarl et de Franschhoek, où on mange vraiment bien, en plus. J'aime beaucoup son nez de fruits noirs, de vieille bibliothèque et de grand-maman. Ça fait très cocon maternel. La bouche est plus moderne, fruitée et fraîche, et de belle persistance. Ça n'arrête pas de goûter bon ! Il y a même une douce sensation épicée et finement boisée. C'est très harmonieux, très sphérique. Wildeberg est aussi un producteur qui prend bien soin de son terroir et de sa terre. Bref, pour moi, quelle bonne découverte !
Un rouge de printemps pour accompagner les grillades, l'agneau de Pâques, le bœuf stroganoff. C'est aussi un vin végane.
LOACKER TENUTE, DOP ST-MAGDALENER CLASSICO (SÜD-TYROL, ALTO-ADIGE, ITALIE) 2023
CODE SAQ : 15246492 — 28,10 $
À la recherche de vins différents ? Ce rouge biodynamique est fait surtout de schiava, un cépage autochtone, avec du lagrein et un peu de pinot noir. Quel beau nez séduisant ! Un mélange sexy de cerise rouge et de bouquet de roses rouges, et un soupçon de cuir. Sa robe rubis clair a des airs de pinot noir. En bouche, ciel, que je me suis régalé ! C'est fruité et minéral, et un brin fumé. C'est persistant, et ça caresse la langue et le palais. Il a un agréable équilibre entre son amertume et sa vivacité de torrent dévalant une montagne. Totalement charmé. Le premier accord auquel j'ai pensé, c'est un grilled cheese avec du bacon fumé. Je le verrais à l'honneur avec des charcuteries, du saumon fumé ou des mets thaïs parfumés de citronnelle et de galanga. À servir rafraîchi.


BOTTEGA SPA (VÉNÉTIE, ITALIE)
CODE SAQ : 884270 — 16,35 $
Pour le brunch de Pâques, ça prend un mousseux fruité et sucré, tout en douceur, et très rassembleur pour un événement familial. Ce moscato dolce coche toutes les cases. C'est une explosion d'abricot et d'orange sanguine, autant au nez qu'en bouche. C'est fruité et indéniablement sucré, mais tempéré par une bonne acidité. Avec son 6,5 % d'alcool, c'est peu probable que tante Agathe se mette à faire la danse des canards. Ça se sert parfaitement seul, bien frais, ou comme base de mimosa, bien que ce soit plus frizzante que plein de bulles franches. Une belle façon de commencer son dimanche !
LIQUEUR DÉLICATE DE WHISKY
HÉRA SPIRITUEUX INC. (THETFORD MINES, QC.)
CODE SAQ : 14682989 — 39,25 $
Il y a plein de choses à aimer avec ce spiritueux : l'étiquette de l'artiste Lysa Jordan, les ingrédients naturels utilisés et le pourcentage modéré (pour un spiritueux) d'alcool. Le nez, avec ses notes typiques et douces à la fois de caramel, de bois et d'amande, est très accrocheur. Ça fait vibrer les narines avec des parfums de rhum brun et de whisky. La bouche est assez riche et tendre, gourmande, sans sensation d'alcool brûlante. Un pur régal pour le Temps des sucres. Se boit seul sur glace, ou dans une foule de cocktails, comme le Hera Sour, sucré au sirop d'érable, un Boulevardier (un Negroni où on remplace le gin par du whisky), ou dans un bon café, pour lui donner un peu de beaux biceps.

JULIETTE & CHOCOLAT, PRÉPARÉ AU QUÉBEC CODE SAQ : 15256682 — 39,25 $
Si votre dent sucrée crie famine, courez vous procurer cette liqueur décadente ! Ça sent tellement bon le brownie, le mi-cuit et le carré congolais de la mère de Mado. En bouche, c'est tout aussi délicieusement parfumé au chocolat et au caramel fondant, et on retrouve une jolie texture soyeuse. Et comme ça titre à 23 % d'alcool, on ne sent pas cette sensation de brûlure. C'est absolument un dessert en soi, simplement sur glace, ou servi sur une crème glacée à la vanille. Ça pourrait aussi faire un genre de martini gourmand ! Le bon goût reste très longtemps, tapissé dans toute la bouche. Une belle aventure pour vos sens.

Il suffit d’un conflit dans une zone névralgique où s’effectue le transport du pétrole pour que les prix à la pompe s’affolent. Le conflit irano-israéloaméricain a entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, là où transite 20 % de la production mondiale de pétrole. Résultat : à l’échelle mondiale, on constate une augmentation du prix de l’essence à la pompe. Mais l’impact se fait sentir aussi sur les prix des biens à la consommation et sur ceux des denrées dans les secteurs de l’importation et de la distribution. Les économies étant aujourd’hui interdépendantes, une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous et dans laquelle le Canada et le Québec ne sont pas engagés entraîne des conséquences sur le portefeuille. Et nous restons impuissant.e.s face à des populations civiles, comme aujourd’hui en Iran et au Liban, qui sont les premières victimes de tout conflit armé.
Peut-être que le yoyo des prix de l’essence à la pompe convaincra certain.e.s d’entre nous de se tourner vers les véhicules électriques, oubliant que, dès 2027, le Québec taxera les propriétaires de véhicules électriques de 500 $ tous les deux ans et les propriétaires de véhicules hybrides de 250 $.
Actuellement, pour avoir droit aux subventions, le véhicule électrique choisi ne doit pas dépasser 50 000 $ à l’achat. Au Québec, on a le choix entre une dizaine de véhicules. Le moins cher actuellement disponible est le Kia EV4, qui se détaille autour de 42 776 $.
Confortable, logeable, agréable à conduire, bien équipé en technologie, il s’avère un bon choix, même si son autonomie peut sembler un peu juste avec 391 km. Pour un prix équivalent, vous pouvez choisir la Fiat 500e. Sympathique, cette citadine se faufile partout et serait un excellent choix pour ceux et celles qui ne quittent jamais les grands centres
urbains et surtout qui n’ont pas besoin de beaucoup d’espace. Enfin, son autonomie de 227 km peut être un frein, sachant que l’on ne peut faire un aller Montréal-Québec d’une seule traite. Amusante, sympathique, agile, la Fiat 500e représente plus un coup de cœur qu’un choix raisonné. Côté américain, seuls deux véhicules accèdent aux subventions et ils sont construits par GM. Le Chevrolet Equinox EV, qui trône au sommet des ventes en se classant second dans les ventes de VÉ (véhicules électriques) au Canada en 2025. Avec un prix de 46 625 $, une autonomie de 513 km, son habitacle spacieux, la disponibilité d’un rouage intégral, l'Equinox EV constitue un choix averti, à condition de se contenter de la livraison de base, LT, sans options.
Déjà présent sur nos routes depuis une dizaine d’années, le Chevrolet Bolt a fait ses preuves. La nouvelle génération a reçu plusieurs améliorations, technologiques, entre autres, ou encore une recharge de batterie plus rapide. Mais, sachez que la production prendra fin en 2027. Offrant 422 km d’autonomie, le petit véhicule est vendu pour 43 425 $.
Ce sont encore les Japonais et les Coréens qui dominent le marché des véhicules électriques abordables avec le Kia EV4, en attendant l’arrivée des véhicules chinois importés dont le prix, selon les accords passés entre le Canada et le gouvernement de Xi Jinping, ne dépassera pas la barre des 50 000 $.
Passons rapidement sur la Toyota BZ X4 qui, malgré des améliorations pour le modèle 2026, a du mal à s’imposer. On lui reproche entre autres une technologie conservatrice, des performances modestes, ou encore une instrumentation difficile à utiliser. Son autonomie est convenable, 380 km, mais pour un véhicule de ce prix (48 995 $), une centaine de kilomètres supplémentaires ne représenterait pas un luxe.
Le meilleur choix pour les aficionados de Toyota ou de Subaru serait donc le C-HR pour le premier et le Uncharted pour le second. Deux frères jumeaux qui ne se distinguent que par
le côté esthétique. Le prix est, lui aussi, équivalent entre les deux modèles. L’autonomie peut frôler, selon les versions, 500 km, et l’on bénéficie d’un véhicule de qualité, extrêmement logeable et qui propose un rouage intégral. Le tout, pour 48 300 $ pour le Toyota et 45 857 $ pour le Subaru. Moins cher et mieux conçu que le Toyota BZ X4.
Peu se souviennent de l’esthétique étrange de la première LEAF. Un fer à repasser sur roues, disaient certains dans mon entourage. Nissan a présenté une nouvelle mouture beaucoup plus séduisante, que le constructeur considère comme un multisegment. Le style a été revu de fond en comble et devrait trouver son public. Un peu plus cher que la version 2025, 47 921 $, pour une autonomie variant entre 417 km et 488 km, selon les versions. Une seule motorisation avec une batterie de 75 kWh est disponible. Nissan avait pensé à une version moins onéreuse avec une batterie plus petite (52 kWh), mais il a renoncé à ce projet.
Du côté des Coréens, outre le Kia EV4 présenté plus haut, s’ajoute un modèle bien connu, le Niro EV qui, selon les projections, disparaîtra à court terme. Ce petit multisegment se caractérise par un volume intérieur impressionnant et d’une excellente fiabilité, tout en étant doté d’une autonomie satisfaisante (408 km), le tout pour un prix de base de 48 726 $.
Prévu pour le printemps 2026, Kia présente un nouveau joueur : le EV5. Pour simplifier, imaginez un Kia EV9 qui aurait rétréci. Le constructeur coréen a repris le style cubique du EV9, assurant ainsi au EV5 une grande logeabilité, tout en ayant un encombrement réduit. Selon la batterie choisie, l’autonomie sera de 335 km ou de 457 km, chiffres avancés par le constructeur. Avec un prix d’attaque annoncé de 46 776 $, cela demeure un choix intéressant pour obtenir un véhicule qui offre toutes les qualités pour les besoins d’une petite famille, par exemple.

La marque sœur de Kia, Hyundai, propose de son côté, dans la même fourchette de prix, le Kona EV. La ligne est séduisante et sympathique, même si les lignes incrustées autour des ailes des roues, ou encore celles qui ceinturent la caisse peuvent surprendre. Le Kona se démarque par son look, ce qui est un plus, tant aujourd’hui les véhicules électriques se ressemblent. De plus, le Kona EV se classe au sommet de sa catégorie dans les essais des VUS sous-compacts. Un seul bémol : le rouage intégral n’est pas disponible. L’autonomie est quant à elle tout à fait acceptable, avec ses 420 km. Le prix de départ du Kona EV est fixé à 47 090 $.6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com










Ce printemps, Montréal vibrera au rythme du design et de l’architecture. Du 28 avril au 7 mai 2026, la métropole accueillera la toute première
Semaine Design de Montréal, une initiative imaginée par Index-Design, organisée par Archi-Design QC. Pendant dix jours, expositions, parcours architecturaux, portes ouvertes d’ateliers et conférences investiront divers lieux de la ville afin de mettre en valeur la vitalité de la scène montréalaise.
L’événement marque aussi une étape symbolique : le 20e anniversaire de l’entrée de Montréal dans le Réseau des villes créatives de l’UNESCO à titre de Ville de design. Une reconnaissance qui souligne depuis deux décennies le rôle central du design dans le développement culturel et urbain de la métropole.
Un événement qui élargit le Salon Index-Design
La Semaine Design de Montréal s’inscrit dans l’évolution du Salon professionnel Index-Design, anciennement appelé Complètement Design. L’événement prend désormais la forme d’une manifestation plus large destinée autant aux professionnels du secteur qu’au grand public.
Au total, une cinquantaine d’événements et d’adresses seront activés un peu partout sur l’île. La programmation investira institutions culturelles, galeries, bâtiments emblématiques et ateliers de création, offrant un aperçu de la diversité des pratiques qui composent aujourd’hui l’écosystème du design montréalais. Au cœur de la programmation professionnelle, le Salon Index-Design se tiendra le 30 avril au Grand Quai, réunissant plus de 70 exposants et une trentaine de conférenciers issus des milieux de l’architecture et du design. Une dizaine d’activités destinées aux professionnels — conférences, discussions et rencontres sectorielles — sont également prévues tout au long de la semaine. La première édition accueillera par ailleurs la designer britannique Bethan Laura Wood comme invitée d’honneur. Connue pour ses créations audacieuses et colorées, elle figure parmi les figures marquantes du design contemporain international.
Un parcours pour découvrir la scène locale
Plusieurs activités seront destinées au grand public curieux de design intérieur, d’architecture et de création contemporaine. Parmi elles, le Parcours Design Montréal, qui permettra de visiter différents studios et espaces de création afin de rencontrer designers établis et talents émergents.
Cette initiative vise notamment à rapprocher les créateurs de la population et à faire découvrir la diversité des pratiques locales.
Des expositions et installations à travers la ville
Parmi les projets présentés, l’exposition Objets Mous, organisée par le collectif Double Entendre au White Wall Studio sur le Plateau-Mont-Royal, explorera le potentiel créatif des matériaux souples. Designers, artistes et architectes y proposeront des objets et luminaires conçus à partir de tissus, mousses, papiers ou silicones, interrogeant les notions de forme, de structure et de permanence dans le design contemporain.
Dans le Mile-End, le studio de luminaires Lambert & Fils ouvrira exceptionnellement au public les portes de la Galerie 6250, adjacente à ses ateliers. Pour l’occasion, l’entreprise invite la compagnie de mobilier torontoise Ourse à occuper l’espace. Une scénographie spécialement conçue pour l’événement mettra en dialogue mobilier et luminaires issus de collaborations avec plusieurs designers, dont Thom Fougere Studio, Kwangho Lee et Rachel Bussin.
Toujours sur le Plateau-Mont-Royal, Michael Godmer Studio présentera L’appartement, une installation immersive dans un logement habité transformé en « portfolio vivant ». Mobilier, objets et éléments d’aménagement conçus par des artisans locaux y seront intégrés au décor quotidien, mettant en valeur le savoir-faire des créateurs montréalais.
À la Cité-des-Hospitalières, l’exposition Habiter la couleur : objets, matières et volumes en transformation réunira plusieurs studios — Atelier C.u.b, Laboratoire Textile, Atelier b, Annie Legault et Studio Minéral — autour d’une exploration des interactions entre couleur, texture et lumière. Présentée dans la chapelle du site patrimonial, l’installation proposera un dialogue entre création contemporaine et architecture historique.
Design, patrimoine et réemploi
La programmation inclut aussi des projets qui interrogent les transformations urbaines et le réemploi des bâtiments.
C’est notamment le cas de Matière Sensible, une exposition présentée au Couvent des Franciscains, dans Rosemont. Organisée par Entremise et le collectif Nouveau Milieu, elle mettra en valeur des œuvres réalisées à partir de matériaux récupérés, notamment les bancs en chêne rouge de l’ancienne chapelle du couvent. Des visites guidées permettront également de découvrir cet ensemble architectural construit entre 1914 et 1960, récemment acquis pour être transformé en projet à vocation sociale.
L’architecture en mouvement
La semaine proposera aussi une activité plus inattendue : la Course Architecturale, organisée par Modulor et LeClub. Sur un parcours de cinq kilomètres reliant le Mile-Ex, le Mile-End et le Plateau-Mont-Royal, les participants découvriront le


paysage urbain sous la conduite d’un expert en architecture. Des arrêts ponctueront le trajet afin d’explorer des bâtiments rarement accessibles au public.
Une nouvelle galerie nomade
Dans le Quartier des spectacles, la galerie itinérante MOLD présentera l’exposition Passagers, réunissant les œuvres d’une dizaine de designers et artistes, dont Émile Algue, Geneviève Grenier, Simon Johns et Sophie Murphy. L’exposition marquera le lancement officiel de cette nouvelle galerie nomade.
Du côté du Mile-Ex, Ex-Tension, un projet collectif orchestré par Procedures Industry dans le nouvel espace d’Atelier L’Abri, mettra en lumière la densité créative du quartier en réunissant designers et artisans locaux autour d’une exposition immersive.
Enfin, le Studio Beaumont ouvrira ses ateliers au public dans le cadre de l’événement Tant que nous sommes ici. Installé dans un ancien bâtiment industriel, le lieu accueille plusieurs artistes et designers qui partageront leurs espaces de travail et présenteront œuvres, prototypes et projets en cours.
Un levier culturel et urbain
Pour la Ville de Montréal, qui soutient l’initiative, la Semaine Design s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner le design comme levier de transformation urbaine et environnementale. Deuxième plus grande ville francophone au monde, Montréal mise depuis plusieurs années sur la créativité et l’innovation pour renforcer son identité culturelle et développer des approches durables en matière d’aménagement, notamment dans le domaine de l’économie circulaire.
En réunissant designers, architectes, entreprises et citoyens, la Semaine Design de Montréal espère ainsi devenir un nouveau rendez-vous annuel capable de faire dialoguer création, patrimoine et avenir urbain. 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | La programmation complète est disponible sur le site de l’événement. https://www.semainedesigndemontreal.com
Apprécié du public et reconnu pour ses affinités avec les univers du design et des arts visuels, l’auteur-compositeur-interprète Pierre Lapointe est le porte-parole de la première Semaine Design de Montréal, qui vise à faire rayonner le talent des designers et architectes d’ici.
« Depuis plus de 20 ans, je vois la scène créative montréalaise évoluer, habitée par un souffle fort et unique», explique Pierre Lapointe. «Les architectes, créateurs et designers québécois ont un talent fou, il est essentiel de leur offrir de la visibilité et de permettre au grand public de saisir la portée de leur travail. C'est pour moi un honneur d'aider à mettre en lumière cette première Semaine Design de Montréal. »
1-Pour souligner cette collaboration, Pierre Lapointe a sélectionné ses incontournables parmi la cinquantaine d’activités proposées au public pendant l’événement. Les 5 coups de cœur de Pierre Lapointe.
2-L’exposition De l'utile au sublime: 600 ans d'art décoratif et de design au pavillon d'arts décoratifs et de design du Musée des beaux-arts de Montréal.
3-Drama table, installation contemplative et participative par The NNS: une invitation à un repas impossible.
4-Course architecturale organisée par Modulor x Le Club: un parcours de 5km de course à travers des projets architecturaux habituellement fermés aux publics. Le couvent des Franciscains dans Rosemont, jusqu’alors inaccessible, qui ouvrira ses portes pour des visites guidées et une exposition présentant une dizaine de designers émergents.
5-Les portes ouvertes du studio de Supergrand: découverte du processus de fabrication artisanale de tapis contemporains 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com



JEUNESSE CARREFOUR JEUNESSE-EMPLOI
Il n’est pas toujours évident de se lancer dans la vie active. Surtout quand on se sent différent.e, que ce soit par ses origines sociales, ethniques ou encore en raison de son orientation sexuelle et de son identité de genre. Et quand les trois s’entremêlent, cela devient un véritable parcours de combattant.e, ce que Quartier Jeunesse Montréal a compris depuis bien longtemps, qui se veut un lieu de rencontres, d’échanges et d’écoute pour les jeunes de 15 à 35 ans, en prenant en compte toutes les dimensions de la vie de celleux-ci.
On oublie ici les rencontres avec des conseillers qui, au regard d’un dossier, orientent les jeunes vers ce qui leur semble le plus approprié. On prend le temps d’écouter les jeunes en leur faisant rencontrer parfois des professionnel.e.s, mais surtout en comptant sur l’aide des pairs. Ils et elles sont nombreux et nombreuses à fréquenter le Quartier Jeunesse du centre-ville de Montréal, des jeunes qui viennent de quitter le collège, qui sont à l’université ou encore qui sont en rupture de ban avec leur famille ou le système scolaire. Martin Choquette, le directeur général de Quartier Jeunesse, n’est pas peu fier de la réussite de l’organisme au fil des années. « Le centre a aujourd’hui 25 ans d’existence, mais a beaucoup évolué au cours des années, notamment dans une approche qui prend en compte tous les besoins des participant.e.s dans une perspective globale, explique Martin Choquette. En fait, nous accompagnons chacun et chacune dans leur développement professionnel, mais aussi personnel. »
Une majorité de jeunes LGBTQ+
Ces dernières années, entre autres, ce sont des jeunes qui se réclament des communautés 2SLGBTQ qui forment la majorité des participant.e.s. La raison en est simple, selon Martin Choquette : « Ils et elles éprouvent parfois de la difficulté à se lancer sur le marché du travail, inquiet.e.s d’être véritablement reconnu.e.s ou de ne pas se retrouver dans un milieu sécuritaire. » Ce sentiment vécu représente alors un frein dans les démarches qu’ils et elles entreprennent, d’autant plus que certain.e.s ont aussi un passé difficile, que
ce soit sur le plan familial ou encore sur le plan de la toxicomanie, accentuant ainsi leur insécurité et leur manque de confiance en eux. « Au Quartier Jeunesse, nous faisons le point avec eux sur tous les aspects de leur vie, quitte à les référer, avec leur accord, vers des professionnel.le.s, si nécessaire. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils et elles proviennent de tous les milieux, [ils et elles] ont des parcours différents et, bien sûr, des attentes différentes, continue le directeur général de l’organisme. Nous avons donc des étudiant.e.s qui étudient dans les universités montréalaises, mais aussi celles et ceux qu’on appelle des décrocheuses et décrocheurs qui cherchent à s’orienter. Ce n’est pas évident et nous les accompagnons pour qu’ils et elles se sentent à l’aise dans les milieux professionnels ou encore si ces jeunes décident de partir en affaires. »
La réussite d’un tel projet tient aussi dans la rencontre que ces jeunes peuvent avoir avec le milieu professionnel qui, pour beaucoup, serait source d’insécurité. Des initiatives sont mises en place pour que la rencontre se fasse, mais en dehors d’un cadre trop rigide. Des professionnel.le.s de tous les domaines sont invité.e.s au Quartier Jeunesse pour discuter avec les jeunes ; les premiers peuvent non seulement parler de leur activité, mais aussi expliquer ce qu’ils et elles attendent de leurs employé.e.s, alors que les seconds peuvent, sans être jugé.e.s, parler de leurs craintes, qu’elles soient ou non fondées.
L’AntiSalon
Les 11 et 12 mars, par exemple, a eu lieu l’AntiSalon de l’emploi, un moment de réseautage entre les participant.e.s et des employeur.euse.s. Pour le conseiller en emploi Nathan Narbarte, chargé de l’événement et lui-même ancien participant, « ce qui est important pour nous, c’est d’ouvrir un espace de dialogue entre les deux groupes plutôt et d’aplanir les zones d’appréhension qui pourraient exister. Un espace de travail n’est jamais neutre et beaucoup de jeunes pensent qu’ils et elles devront cacher une partie de ce qu’ils et elles sont pour ne pas être jugé.e.s ou encore pour être pris au sérieux. On ne peut promettre que tous les milieux seront inclusifs, mais on peut faire un travail en amont pour s’en assurer le plus que possible ». Pour ce faire, une douzaine d’employeur.euse.s ont accepté l’invitation et sont venus s'asseoir avec les jeunes, un temps où chacun et chacune a pu exposer ses préoccupations. « On souhaite créer un espace convivial où les jeunes peuvent discuter sans
pression et, pour la 8e édition, nous avons choisi comme thématique les “métiers spécialisés” considérés comme traditionnellement masculins, comme le transport, la construction, la fabrication, etc., que l’on considère comme peu ouverts aux femmes ou aux personnes issu.e.s de la diversité. » L’AntiSalon se déroule dans les locaux de Quartier Jeunesse et non dans un lieu anonyme comme une salle d’hôtel, par exemple, pour rendre l’événement plus accueillant et créer un esprit plus festif.
Explorer les possibilités professionnelles
Autre initiative : le programme ExploR, dirigé par un autre membre de Quartier Jeunesse, Yann Villeneuve, et qui s’étendra jusqu’à la fin de l’été. « Ce programme de 6 mois est destiné à des jeunes qui ont déjà vécu des expériences négatives ou des difficultés d’intégration dans le monde du travail, explique Yann Villeneuve, agent de projets. Il y a 6 semaines de formation où l’on travaille le développement personnel et professionnel. Nous continuons avec un mois de stage, puis on termine avec 4 mois d’intégration en milieu de travail. Nous avons actuellement 2 cohortes de 17 jeunes, dont la majorité a entre 20 et 25 ans. » Une stratégie qui permet de se familiariser avec des univers professionnels divers et de comprendre les rouages et les mécaniques d’une entreprise et de faciliter l’intégration de jeunes chercheur.euse.s d’emploi.
Werk-it! Pour les emplois d’été Pour créer des passerelles entre les entreprises et les jeunes, le meilleur moyen n’est-il pas qu’ils se rencontrent, échangent et se connaissent ? En ce sens Werk-it !, qui se tiendra le 30 avril prochain, est un salon de l’emploi spécifiquement pour les communautés 2ELGBTQIA+ et donc consacré à la promotion de l’inclusion et de l’égalité. Toujours sous l’égide de Yann Villeneuve, celui-ci tient à souligner le partenariat avec Interligne et l’ATQ (Aide aux trans du Québec). « C’est une manière d’interagir avec des entreprises qui valorisent la diversité et l’inclusion et qui offrent des possibilités d’emplois, continue Yann Villeneuve. C’est un véritable espace de réseautage profitable pour les jeunes des communautés 2ELGBTQIA+. » Il s’agit déjà de la 3e édition de cette rencontre, à laquelle on attend près de 130 jeunes. Tout comme l’AntiSalon, Werk-it ! est proposé dans les locaux sympas de Quartier Jeunesse.
Monter un programme spécialement pour artistes du monde de la nuit
Des projets, Quartier Jeunesse n’en manque pas afin de rejoindre tous les jeunes et de ne pas oublier tous les champs d’activité, comme les arts et la scène. Quartier Jeunesse est très sensible aux désirs des jeunes qui cherchent à faire carrière dans le domaine artistique et qui ne trouvent pas forcément la formation dans les institutions parce qu’ils et elles évoluent en dehors du circuit reconnu. Marie-Lou Bariteau, coordonnatrice au Quartier Jeunesse, est à l’origine de deux projets à l’attention de ces artistes en herbe. « Je me suis rendu compte, après avoir été invitée à un événement organisé par les gens de la nuit, que personne n’aurait pu avoir accès à nos services, explique-t-elle. Des jeunes qui se dédient au burlesque, comme [les] drags et [les artistes de] performance de genre ou encore [les] DJ, ils et elles ne rentraient dans aucune case. Il n’y avait aucun service pour eux, pas d’écoles de formation, pas de reconnaissance institutionnelle, alors que leur démarche se fondait sur de la recherche, de la discipline et de la création, et surtout, il n’y avait aucune association pour les défendre, les informer ou simplement les représenter. Un véritable angle mort. » Et, bien évidemment, c’est un milieu dans lequel évoluent ou veulent évoluer de nombreux jeunes des communautés 2ELGBTQIA+.
« Le but de ce que nous avons appelé Noctambule, c’est de les professionnaliser, entre autres pour qu’ils et elles deviennent des travailleur.euse.s autonomes, en leur expliquant les incontournables, comme de négocier un contrat, gérer ses finances, vendre sa pratique, etc. Le but de l’exercice n’est pas de leur dire quoi créer, mais de leur donner des outils pour que leur pratique devienne viable », continue Marie-Lou Bariteau. La première cohorte portait sur la performance de genre, drag et burlesque. « Beaucoup de jeunes qui ont participé arrivaient avec un bagage de rejet, de confrontation, avec la famille, entre autres, et beaucoup de méfiance, constate Marie-Lou Bariteau. Il fallait tout d’abord installer un
climat de confiance, avoir une équipe qui comprenne les enjeux pour ces jeunes. On a engagé un conseiller issu des communautés 2ELGBTQIA+ pour que les jeunes n’aient pas à expliquer leurs enjeux identitaires lors de chaque rencontre, rien de pire que d’avoir à éduquer son intervenant. (Rires !) En fait, il a fallu être un safe space avant d’être un programme. »
Pour résumer ce programme sur trois ans, en reprenant les mots de la coordonnatrice, on peut dire qu’il s’agit de créer de la confiance, de donner la parole et de structurer une offre spécialisée. Un lourd projet, car, si le programme a un impact direct sur les jeunes qui en font partie, il ne faut pas oublier l’impact de l’environnement, soit des employeurs, des organisateurs et des institutions. Il n’est pas possible de travailler d’un seul côté.
Quartier Jeunesse réussit à créer un véritable lieu de vie et d’échanges, des amitiés naissent, le sentiment d’appartenance à un groupe exempt de discrimination et de rejet grandit, un cadre épanouissant pour les jeunes se construit, ce qui devrait être la norme à tous les niveaux dans la société, à commencer par l’éducation et le monde sportif. Un exemple à suivre. 6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
INFOS | Pour infos sur Quartier Jeunesse et ses programmes : https://cjemontreal.org


Mobilisant une sélection de restaurants à Montréal dans une initiative solidaire, la septième édition de l’événement «UngoûtpourlaVie/ATasteforLife» se tiendra le mercredi 15 avril prochain. Lors de cette soirée, 25 % des recettes générées par des tablées de choix seront reversées à la Maison d’Hérelle, un organisme dédié à l’accompagnement et à l’hébergement des personnes atteintes du VIH/sida depuis plus de 35 ans maintenant. En soutien à cette cause, la drag queen Petula Claque, que l’on voit souvent sur les planches du Cabaret Mado, participera à l’animation cette année dans les restos afin d’y ajouter une ambiance festive.
Le 1er décembre 2024, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, la Maison d’Hérelle fêtait son 35e anniversaire avec un bingo très festif au Cabaret Mado animé par Petula Claque, avec la présence de quelques personnalités, dont la comédienne Maude Guérin et le dramaturge Serge Boucher. Mais il n’y avait pas que des boules qui étaient tirées, il y avait aussi des moments touchants. « Il y a eu ce médecin qui est venu parler à un certain moment. Il a consacré sa vie au VIH et aux soins pour les personnes atteintes. Il est venu parler de la recherche scientifique, des avancées; il y a eu beaucoup d’évolution. J’ai trouvé que c’était très rassurant, cela donnait de l’espoir », souligne l’artiste drag.
Certain·e·s pourraient se contenter de faire le contrat d’animation, de prendre le cachet et d’en rester là. Mais Petula Claque a fait plus que cela. Elle s’est investie, est allée à la rencontre des gens de la Maison d’Hérelle, a visité les lieux en compagnie de Michèle Blanchard et a rencontré les résidents. « La Maison d’Hérelle, c’est un endroit chaleureux, c’est familial, il y
a beaucoup de douceur », explique Petula Claque. «Mieux connaître l’importance du travail de la Maison maintenant, c’est une motivation de plus pour moi», ajoute Petula Claque. « Cela donne une autre dimension à mon travail. Je sais que je le fais pour des gens atteints du VIH, des bénévoles et des employés de la Maison qui tentent de récolter des fonds. Il y a quelque chose de presque spirituel dans cette cause-là. Au-delà des sommes récoltées, c’est aussi une manière de parler de tout le travail si pertinent qu’ils accomplissent avec peu de moyens. »
« La Maison d’Hérelle, ce n’est pas une maison “figurative”, c’est une vraie maison, avec des gens qui y habitent et d’autres qui en prennent soin. Il y a des gens qui t’aident à obtenir ta résidence permanente lorsque tu viens d’un pays où il n’y a pas de soins pour les personnes atteintes du VIH… Il y a une vraie prise en charge du début à la fin. C’est une maison importante pour la communauté, c’est pourquoi je me suis impliquée davantage. »
« Je parle souvent à Michèle. Je suis touchée de voir combien l’équipe de la Maison d’Hérelle travaille très, très fort dans le communautaire et aide vraiment des gens qui ont beaucoup de misère. À un niveau personnel, je me suis rendu compte que l’épidémie est globale : il y a là des Africains séropositifs venant de pays où le VIH est négligé par leurs États. On y prend soin aussi de gens avec des problèmes de santé mentale qui sont négligés par notre gouvernement ici. Ils aident également des personnes à remplir leur rapport d’impôts, ce qu’elles n’ont jamais fait de leur vie. C’est un système de soutien global où on prend en charge la personne au complet pour l’aider à s’en sortir. Il y a beaucoup de douceur dans tout ce qu’ils font, même s’ils travaillent tous très fort. C’est ce que j’appelle des “locomotives”, comme Michèle Blanchard , qui est très, très dédiée dans tout ce qu’elle fait », souligne Petula Claque. « Un goût pour la vie / A Taste for Life » sera le troisième événement avec la Maison d’Hérelle auquel Petula Claque est fière de s’associer. Comment se déroulera la soirée du 15 avril prochain? « Avec Michèle Blanchard et Manon Thériault également, on va former un petit groupe. On va visiter les restaurants durant la soirée et faire de l’animation », explique Petula Claque.
Cette année, « Un goût pour la vie / A Taste for Life » , édition 2026, inclut les restaurants Les Cabotins, Toro Rosso, Labarake et, nouveauté cette année, Le Réservoir. Au programme : bonne table, ambiance festive, animation et un encan rempli de surprises — le tout pour soutenir un milieu de vie humain et inclusif pour les personnes vivant avec le VIH. À travers ses programmes d’hébergement, de soins et d’accompagnement, la Maison d’Hérelle œuvre quotidiennement pour améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, dans un contexte où l’accès au logement, l’isolement et la précarité demeurent des enjeux majeurs. « Un goût pour la vie 2026 » se veut à la fois un message d’espoir et un appel à la solidarité et à la compassion.6 ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | « Un goût pour la vie / A Taste For Life », mercredi 15 avril 2026. Pour les inscriptions, visitez la page Facebook de la Maison d’Hérelle, appelez le 514-844-4874 ou réservez via https://www.eventbrite.ca/e/inscription-un-gout-pour-la-vie-a-taste-for-life-20261984159233680


Nouveau parrain, Gay Games et programme de solidarité marquent un tournant pour le volleyball LGBTQ+ montréalais. Depuis plus de vingt ans, Volley Boréal fait bondir les ballons… et tomber certaines barrières dans le monde du sport. L’une des ligues de volleyball LGBTQ+ les mieux implantées au Québec vient d'annoncer trois initiatives majeures qui témoignent de sa vitalité : l’arrivée d’un parrain emblématique, une participation importante aux prochains Gay Games et la création d’un programme destiné à rendre la pratique sportive plus accessible.
Créée officiellement en 2004 à Montréal, Volley Boréal est née de la fusion de plusieurs clubs historiques de volleyball gay dans la métropole. Au fil des années, la ligue s’est structurée et a développé une communauté fidèle de joueuses et joueurs, tout en se positionnant comme un espace sportif inclusif et sécuritaire. Contrairement à certains clubs sportifs traditionnels, Volley Boréal a toujours affirmé une approche ouverte au spectre LGBTQ+ et aux allié·es, en refusant toute discrimination liée à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre, à l’origine ou à la situation économique. Cet engagement a permis à la ligue de bâtir une réputation solide dans le milieu sportif communautaire. Aujourd’hui, cette histoire constitue un véritable tremplin pour de nouveaux projets de développement et de rayonnement.
Pascal Clément, un parrain inspirant
Dans cette volonté d’expansion, Volley Boréal annonce l’arrivée de son tout premier parrain et porte-parole officiel : Pascal Clément. Figure bien connue du volleyball québécois, Clément a marqué le sport comme athlète d’élite primé, entraîneur universitaire et directeur des opérations du club Rouge et Or de Laval. Il est également l’un des premiers entraîneurs ouvertement gais dans le volleyball québécois. Aujourd’hui photographe, conférencier et consultant, il demeure très impliqué dans diverses initiatives communautaires, notamment auprès des jeunes. Pour lui, cet engagement auprès de Volley Boréal s’inscrit dans une démarche personnelle de transmission. « Après plus de 40 ans dans le volleyball, j’ai tant reçu. Aujourd’hui, comme entraîneur retraité et ouvertement gai, parrainer une ligue LGBTQ+ et alliée est ma façon de redonner et de célébrer l’inclusion dans le sport », affirme-t-il. Cette collaboration, rendue possible grâce au soutien de Guillaume Proulx Goulet, directeur exécutif de Volleyball Québec, marque un moment important pour la ligue qui souhaite accroître sa visibilité à Montréal et à l’échelle provinciale.
Direction les Gay Games avec Équipe Montréal Volley Boréal se prépare également à franchir une nouvelle étape sur la scène internationale. La ligue participera aux prochains Gay Games de Valence sous la bannière d’Équipe Montréal. Près d’une quarantaine d’athlètes de Volley Boréal feront partie de cette délégation. Équipe Montréal regroupe plusieurs organisations sportives et de loisirs LGBTQ+ de la grande région métropolitaine. Sa mission : soutenir ses membres, favoriser leur participation aux événements sportifs internationaux et promouvoir un environnement inclusif, accessible et exempt de discrimination. Pour Volley Boréal, cette présence aux Gay Games représente bien plus qu’une compétition. «C’est l’occasion de porter sur la scène mondiale les valeurs qui définissent la ligue : diversité, égalité et épanouissement des athlètes, peu importe leur identité ou leur parcours», explique Ludovic Bouché de Volley Boréal.
Un programme pour rendre le sport accessible
Au-delà de la performance sportive, la ligue souhaite aussi agir sur les obstacles qui peuvent empêcher certaines personnes de pratiquer un sport. C’est dans cette optique que Volley Boréal lancera cette année son nouveau Programme Solidarité, dont l’annonce officielle se fera lors de son tout premier gala annuel, prévu le 7 juin.
Le principe est simple : offrir un soutien financier partiel ou complet pour couvrir les frais d’inscription aux activités de la ligue à des personnes vivant des contraintes économiques ou sociales. Pour alimenter ce fonds, l’organisation fait appel à la communauté et aux partenaires à travers différentes initiatives : dons, bourses, commandites et événements de financement. Parmi ceux-ci, les très attendus Bingos Boréal feront leur retour. Le premier se tiendra le 23 avril à la Graine Brûlée, dès 19 h.
Un modèle de sport inclusif
Avec l’arrivée d’un parrain reconnu, une participation importante aux Gay Games et le lancement d’un programme d’accessibilité, Volley Boréal confirme la direction qu’elle souhaite prendre : celle d’un sport inclusif, communautaire et ouvert sur le monde. À travers ces initiatives, la ligue poursuit un objectif clair : offrir un espace où la performance sportive cohabite avec le respect, l’authenticité et le plaisir de jouer ensemble. Plus de vingt ans après sa création, Volley Boréal prouve qu’un club sportif peut être bien plus qu’un lieu d’entraînement : un véritable moteur de communauté. 6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
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PROJET 10
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SUICIDE-ACTION MONTRÉAL
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L’unité est une valeur essentielle
Le compte à rebours est lancé pour la prochaine WorldPride qui se tiendra cet été à Amsterdam, et son directeur, Lucien Spee, nous parle de l’importance des grands événements LGBTQ+. Il se dit très enthousiaste à la tenue de cet événement qui aura lieu dans quatre mois, du samedi 25 juillet au samedi 8 août 2026.
Le thème de la WorldPride Amsterdam 2026 est Unity (Unité), et l’événement coïncide avec le 25e anniversaire du mariage pour tous aux Pays-Bas. Lucien Spee revient sur l’importance de cette célébration à une époque où la société est de plus en plus polarisée.
Qu’est-cequecelasignifie,pourlavilled’Amsterdam,d’êtreunefoisdeplusl’hôtedela WorldPride?
LUCIEN SPEE : C’est à la fois un honneur et une grande responsabilité. Notre ville possède une longue tradition de défense de la liberté, de la diversité et des droits humains, et la WorldPride nous permet de partager cet esprit avec le monde entier. En même temps, cela nous rappelle que les droits ne sont jamais acquis. En l’accueillant, Amsterdam envoie un message clair : l’égalité, la visibilité et la solidarité sont des valeurs que nous protégeons et que nous promouvons activement.
Est-ilimportantdecontinueràrappeleretàcélébrerchaquevictoireetchaqueavancée?
LUCIEN SPEE : Oui. La WorldPride Amsterdam coïncidera avec plusieurs jalons historiques qui racontent l’histoire de notre mouvement. Nous célébrons notamment les 25 ans du mariage pour tous, les 30 ans de Pride Amsterdam et les 80 ans du COC Nederland, la plus ancienne organisation LGBTQ+ au monde encore en activité. Ces anniversaires nous rappellent que les progrès se construisent étape par étape, souvent grâce à un engagement communautaire et à un courage, qui s’inscrivent dans la durée. Sur le plan personnel, la WorldPride s’inscrit aussi dans une année particulière pour moi : le 23 juillet, mon mari Victor et moi célébrerons nos 10 ans de mariage.
Parlez-nousdel’évolutiondePrideAmsterdamdepuis1996.
LUCIEN SPEE : Depuis ses débuts, la croissance a été remarquable. L’événement a été lancé en 1996 comme une célébration organisée par des entrepreneurs de l’industrie de l’hôtellerie gaie, avec l’objectif de promouvoir Amsterdam comme une ville de liberté et de diversité. Je suis impliqué depuis 2011 et, sous ma direction, l’événement est devenu un festival LGBTQ+ qui exprime la diversité de notre communauté à travers le sport, les arts et la culture.
Commentl’ensembledesPays-Basparticipera-t-ilauxcélébrationsdelaWorldPride?
LUCIEN SPEE : Nous travaillons en étroite collaboration avec des municipalités de toute la région métropolitaine d’Amsterdam, avec des événements prévus sur la plage de Zandvoort, dans un château historique à Naarden et avec des expositions dans des villes comme Almere. Nous impliquons activement l’Association des municipalités des Pays-Bas (VNG) dans la planification et la réalisation, ainsi que la province de Hollande-Septentrionale, où se trouve Amsterdam. À l’échelle nationale, nous collaborons avec les ministères de l’Éducation, de la Culture et des Sciences, ainsi qu’avec celui des Affaires étrangères. Les ambassades

néerlandaises partout dans le monde organiseront des activités liées à la WorldPride, et les territoires caribéens de notre royaume participeront également activement. La WorldPride sera visible bien au-delà de nos frontières.
Pouvez-vousnousparlerunpeudesactivitéspharesdelaWorlPride2026?
LUCIEN SPEE — LUCIEN SPEE : et défense des droits humains. Parmi les moments forts, il y aura le célèbre défilé des bateaux sur les canaux, de grandes fêtes de rue, des défilés et des marches de la Fierté, ainsi qu’une expansion du Pride Village à Museumplein. Nous préparons également une conférence internationale sur les droits humains, qui réunira des militant.e.s, des responsables politiques et des organisations du monde entier pour discuter d’égalité, de sécurité et d’inclusion.
CommentAmsterdamest-elledevenueunecapitaleaussiouverteetaccueillantepour lesLGBTQ+?
LUCIEN SPEE : C’est le résultat de décennies d’activisme, de politiques progressistes et d’une culture profondément ancrée de liberté personnelle. Mais, on ne doit pas oublier que l’ouverture n’est jamais acquise pour toujours. Elle exige un effort constant, de l’éducation et une capacité d’écoute. Si Amsterdam reste accueillante, c’est parce que les gens choisissent activement de protéger cette ouverture.
DequellemanièrelaWorldPridepeut-ellecontribueràpoursuivrelalutte contrelaLGBTQphobie?
LUCIEN SPEE : La célébration apporte visibilité, joie et sentiment d’empowerment ; l’activisme, lui, apporte direction et urgence. En réunissant ces deux dimensions, nous montrons ce qui est possible, mais aussi ce qu’il reste à accomplir. Cette combinaison peut inspirer les gens, influencer les politiques et renforcer la solidarité internationale. Dans ce contexte de polarisation croissante, l’unité est à la fois une valeur et un choix.6
ÉTIENNE DUTIL redaction@fugues.com
INFOS | https://pride.amsterdam/en/worldpride








Assemblée générale annuelle d’Équipe Montréal
Le conseil d’administration d’Équipe Montréal convie ses membres et partenaires à son assemblée générale annuelle, qui se tiendra le dimanche 26 avril 2026 à midi au bar Le Cocktail. Cette rencontre permettra de lancer l’année 2026-2027 sous le signe de l’écoute et de la proximité. La journée débutera par une rencontre des président·e·s des groupes membres (12 h à 13 h 30), comprenant notamment une table ronde sur l’avenir du Gala annuel, la carte de membre et les priorités de l’organisme. Un goûter suivra à 13 h 30, avant la tenue officielle de l’AGA de 14 h à 15 h. La rencontre se conclura par une période de réseautage jusqu’à 17 h. Les personnes intéressées à participer doivent s’inscrire en ligne. Il est également possible de poser sa candidature pour joindre le conseil d’administration en écrivant à info@equipe-montreal.org
Un événement pour promouvoir le sport féminin LGBTQ+ Le 8 avril prochain, le bar Le Nadia accueillera un événement festif et rassembleur consacré à la promotion du sport féminin au sein des communautés LGBTQ+.
Organisée en collaboration avec Lab PROFEMS, cette initiative vise à amorcer une réflexion sur la mixité dans les milieux sportifs LGBTQ+ québécois. Les organisateurs souhaitent mieux comprendre les dynamiques actuelles et explorer des pistes concrètes afin de créer des environnements sportifs véritablement inclusifs où les femmes des minorités sexuelles et de genre peuvent s’épanouir pleinement.
La programmation détaillée sera dévoilée prochainement sur les réseaux sociaux.
Ensemble vocal Ganymède en concert le 2 mai
L’Ensemble vocal Ganymède prépare son prochain concert, prévu le 2 mai. Le chœur présentera un programme mêlant musique spirituelle, humoristique et printanière, dont l’œuvre principale sera Lux Aeterna de K. Lee Scott.
Les billets seront disponibles au début d’avril.
Information : info@evganymede.com ou 514-992-5362.
Hors Sentiers conclut sa saison hivernale
Le groupe de plein air Hors Sentiers conclura sa saison hivernale le 28 mars avec son traditionnel souper de fin de saison à la cabane à sucre Au pied de l’érable, à Mirabel. L’événement marquera également le lancement du programme été 2026.
Parmi les prochaines activités prévues :
• 7 au 26 avril : voyage en villa en Andalousie (Espagne)
• 25 avril : randonnée à la Réserve de la faune du lac Saint-François
Information et inscription : horssentiers.ca
Les vendredis country du Club Bolo
Le Club Bolo invite les amateurs et amatrices de danse à ses vendredis country. Les portes ouvrent à 19 h et les cours de danse en ligne débutent à 19 h 30, avec des niveaux adaptés autant aux débutants qu’aux danseurs avancés.
Les activités se déroulent au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine-d’Alexandrie (1700, rue Atateken, Montréal). Les inscriptions peuvent se faire en ligne et permettent de courir la chance de gagner une consommation gratuite.
Information : clubbolo.com
Le Chœur gai de Montréal célèbre « Mémoires d’ici »
Le Chœur gai de Montréal (CGDM) présentera son nouveau spectacle « Mémoires d’ici » les 1er et 2 mai 2026 à 20 h, au Gesù.
Ce concert propose un voyage musical à travers les paysages, les villes et les récits qui façonnent l’identité du Québec et du Canada. Le programme mettra notamment à l’honneur des artistes comme Robert Charlebois, Joni Mitchell, Jean-Pierre Ferland, Alanis Morissette, Mitsou, Charlotte Cardin, The Weeknd et Les Cowboys Fringants.
Sous la direction artistique de Julie Roy et la direction musicale de Lorenzo Somma, la cinquantaine de choristes du CGDM sera accompagnée par un ensemble de quatre musiciens.
Les billets sont offerts au coût de 40 $.
Information : cgdm.org
Le collectif théâtral Ensemble présente Michel Tremblay
Le Collectif théâtral Ensemble présentera la pièce La maison suspendue de Michel Tremblay du 7 au 9 mai 2026 au Théâtre de la Comédie de Montréal.
La mise en scène est signée Jean-François Quesnel, avec Marc-André Leclair et sa troupe. Des tarifs étudiants, accessibles et solidaires sont offerts à partir de 25 $.
La billetterie est accessible via les réseaux sociaux du groupe « ENSEMBLE –Collectif théâtral LGBTQ+ » sur Facebook et Instagram.


La préparation se poursuit pour les Gay Games de Valence 2026. Les membres de la délégation montréalaise peuvent désormais procéder à l’essayage de l’uniforme officiel, dont la version finale est presque complétée.
Les essayages se déroulent chez Volvox (1346, rue Ontario Est, Montréal) jusqu’au 19 avril. La production des uniformes prendra ensuite de quatre à cinq semaines, pour une livraison prévue à la fin mai, date qui reste à confirmer.




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Pour sa 20e édition, le Festival TransAmériques (FTA) célèbre deux décennies d’audace scénique et de rencontres artistiques venues des quatre coins du monde. Fidèle à sa réputation de vitrine incontournable pour la danse et le théâtre contemporains, l’événement montréalais propose cette année une programmation anniversaire riche en visions singulières, en gestes politiques et en expériences scéniques marquantes. Parmi la trentaine de propositions présentées au printemps, plusieurs spectacles retiennent particulièrement l’attention. Voici un premier aperçu de six œuvres qui marqueront cette édition spéciale qui se tiendra du 28 mai au 10 juin.
Vampyr
Dans Vampyr, la dramaturge et metteuse en scène chilienne Manuela Infante livre une satire écologique aussi absurde que mordante. Dans un parc éolien balayé par le vent, deux créatures têtues et désorientées errent entre les mondes : tantôt travailleurs de nuit épuisés, tantôt animaux menacés, mi-vivants mi-morts, ils se métamorphosent sans cesse. Sous la forme d’un faux documentaire sur l’impact des éoliennes sur des chauves-souris en voie de disparition, Infante revisite avec un humour acéré le mythe du vampire dans une perspective sud-américaine.
Derrière cette fable étrange se profile une réflexion sur l’illusion d’une économie verte qui perpétue l’exploitation des territoires, des corps et des âmes. Un théâtre physique, ironique et philosophique qui interroge notre insatiable soif de ressources.
Querelle de Roberval
Avec Querelle de Roberval, le metteur en scène Olivier Arteau adapte le roman coupde-poing de Kev Lambert pour en faire un spectacle incandescent de désir, de violence et de lutte sociale. Dans une scierie en grève où flottent la sueur et la colère, les regards se tournent vers Querelle, ouvrier magnétique dont la liberté trouble les codes virils du milieu. Autour de lui, tensions politiques et pulsions enfouies se mêlent dans un climat électrique. Entre projections visuelles, visions hallucinées et déflagrations émotionnelles, Arteau transforme le récit en une fresque scénique charnelle qui questionne les rapports de pouvoir et l’hétéronormativité. Querelle y devient moins un personnage qu’une énigme — un corps projeté au cœur de nos fantasmes collectifs.
L'éther
Figure majeure de la scène québécoise, Marie Brassard revient au FTA avec L’éther, une création où se croisent mémoire, hallucination et poésie sonore. Sur scène, l’artiste explore les seuils de l’existence, laissant résonner les voix d’êtres chers et les traces des personnages flamboyants qui ont traversé sa vie.
Entre passé et présent, jeunesse et vieillesse, Brassard compose une traversée sensible des mystères qui échappent à la raison. Accompagnée de son complice musicien Alexander MacSween, elle pousse encore plus loin l’expérimentation scénique qu’elle développe depuis plus de vingt ans, entre textures sonores organiques et paysages électroniques. Une œuvre méditative et enveloppante qui frôle les frontières du réel.



The Romeo
Le chorégraphe états-unien Trajal Harrell, figure majeure de la danse contemporaine, signe avec The Romeo une cérémonie chorégraphique fascinante. Dans un décor diaphane et somptueux, entouré d’une douzaine d’interprètes éblouissant·e·s, Harrell imagine une danse fictive qui aurait traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui. Le « Romeo », mystérieuse tradition venue d’un autre temps, devient un rituel collectif où se succèdent costumes, personnages et identités multiples. Au fil d’un défilé vibrant porté par une trame musicale exaltante, le chorégraphe convoque l’esprit libre d ’Isadora Duncan , la gravité du buto et l’énergie flamboyante du voguing. Une ode sensuelle et joyeuse à la liberté des corps.
Mi madre y el dinero
Du Mexique arrive Mi madre y el dinero, du metteur en scène Anacarsis Ramos, un théâtre documentaire aussi intime que politique. Sur scène, Ramos partage l’espace avec sa mère Josefina, femme débrouillarde qui, au fil de sa vie, a exercé plus de quarante métiers pour survivre. À travers des gestes simples — couper les cheveux, préparer du chorizo — mère et fils racontent une trajectoire faite de précarité, d’inventivité et de résistance.
Entre humour, lyrisme et critique sociale, le spectacle tisse un parallèle touchant entre la vie chaotique de Josefina et celle de son fils artiste. Véritable reine de l’improvisation quotidienne, elle révèle au passage quelques stratégies de survie aussi inattendues qu’inestimables.
Enfin, la chorégraphe montréalaise Alexandra “Spicey” Landé, figure incontournable du hip-hop québécois, présente 2par2, une création vibrante consacrée à l’art d’être ensemble. Sur une musique originale de son complice Shash’U, dix interprètes virtuoses explorent les dynamiques qui façonnent les relations humaines : amour, amitié, famille, rivalité. À travers une série de duos en tension constante, la pièce met en lumière les rapprochements, les conflits et les fragiles équilibres qui nous relient aux autres. Fidèle à l’énergie du street dance, Landé compose une fresque chorégraphique festive et incisive où chaque corps affirme sa singularité.
La programmation complète du FTA a été dévoilée le 24 mars et les forfaits avantageux 4+, 8+ et 12+ sont déjà en vente. Les billets à l’unité seront disponibles (plus d'une semaine après la tombée rédactionnelle du magazine) dès le 31 mars. Et comme cette 20e édition regorge d’autres propositions tout aussi captivantes, nous reviendrons sur le reste de la programmation dans les deux prochaines éditions de Fugues.6
YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com
INFOS | https://fta.ca






EUROVISION 2026
Le compte à rebours vers la 70e édition du ConcoursEurovision de la chanson est lancé depuis le début de mars. Cette édition, qui culminera avec la grande finale le samedi 16 mai, réunira 35 pays. Toutefois, cinq d’entre eux — l’Islande, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne — ont décidé de boycotter l’édition 2026 pour protester contre le maintien de la participation d’Israël dans le contexte de la guerre à Gaza.
Chaque printemps, des millions de téléspectateurs en Europe et ailleurs se donnent rendez-vous devant leur écran pour l’un des événements télévisuels les plus spectaculaires au monde : le Concours Eurovision de la chanson. Mélange flamboyant de pop internationale, de performances théâtrales et de rivalités amicales entre pays, l’Eurovision est devenu bien plus qu’une simple compétition musicale. Pour de nombreuses personnes LGBTQ+, il représente aussi un véritable rendez-vous culturel — voire un rituel annuel. Depuis les années 1970 et 1980, le concours occupe une place particulière dans l’imaginaire queer. Son esthétique flamboyante, ses artistes excentriques, ses chansons dramatiques et ses mises en scène spectaculaires ont longtemps offert un espace où la différence, l’excès et la créativité peuvent être célébrés sans retenue. Pour plusieurs spectateurs LGBTQ+, l’Eurovision est ainsi devenu un rare lieu médiatique où l’on voit des performances camp, des figures queer ou des artistes défiant les normes de genre.
Cette relation s’est renforcée au fil des ans. Des artistes ouvertement LGBTQ+ ont marqué l’histoire du concours, notamment Dana International, première artiste trans à remporter l’Eurovision en 1998, ou encore la drag queen autrichienne Conchita Wurst en 2014. Dans de nombreuses villes européennes — et désormais ailleurs dans le monde — les soirées Eurovision sont devenues de véritables événements communautaires dans les bars et lieux queer, où l’on célèbre autant la musique que le spectacle. Le concours se tiendra cette année à Vienne, en Autriche, après la victoire l’an dernier du chanteur autrichien JJ avec sa ballade lyrique Wasted Love. Voici les chansons et artistes confirmés pour l’Eurovision 2026.
ALBANIE / «Nân» — Alis
https://www.youtube.com/watch?v=-2cZ-Ba6ygg&t=1s Accompagné d’un chœur envoûtant et d’un quatuor à cordes, Alis pourrait bien s’imposer comme l’une des grandes voix de la soirée. L’artiste albanais raconte que la chanson lui serait venue en rêve. Sur le plan des paroles, Nân explore les thèmes de la migration et de l’amour maternel. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.



ALLEMAGNE / « Fire » — Sarah Engels https://www.youtube.com/watch?v=cv0N_jCx-nA&t=1s
Avec Fire, Sarah Engels propose un hymne pop énergique. La chanteuse explique vouloir transmettre « un message d’empowerment et de confiance en soi ». Statut LGBTQ+ : alliée LGBTQ+.
AUSTRALIE / « Eclipse » — Delta Goodrem https://www.youtube.com/watch?v=EUMCr1pnaMY L’Australie mise sur Delta Goodrem, auteure-compositrice, musicienne et actrice originaire de Sydney. Sa chanson Eclipse est déjà entrée dans les palmarès australiens. Avec un changement de tonalité spectaculaire et l’utilisation dramatique de la harpe, il s’agit d’une ballade pop classique sur l’amour. Statut LGBTQ+ : alliée reconnue des communautés LGBTQ+.
AUTRICHE / « Tanzschein » — Cosmó https://www.youtube.com/watch?v=SPpL_ZuRTZY
À seulement 19 ans, Cosmó montera sur la scène de l’Eurovision avec une énergie débordante et un haut couvert de paillettes. Sa chanson est accompagnée de danseurs vêtus de jeans et de masques d’animaux — un spectacle typiquement eurovisionesque.
Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
BELGIQUE / « Dancing on the Ice » — Essyla https://www.youtube.com/watch?v=9sfI4g6DWTU
Finaliste de The Voice Belgique, Essyla représentera la Belgique avec ce titre pop accrocheur. Dans Dancing on the Ice, elle chante la détermination et l’optimisme de la jeunesse. L’artiste décrit la chanson comme « un hymne à la persévérance et à la capacité de tracer son propre chemin ». Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
BULGARIE / « Bangaranga » — Dara https://www.youtube.com/watch?v=_pkC9J6BPFY
L’une des pop stars les plus connues de Bulgarie, Dara est réputée pour sa musique hybride et sa forte présence scénique. Bangaranga, oscillant entre pop et dance, pourrait bien devenir un succès pour la chanteuse. Statut LGBTQ+ : alliée LGBTQ+.
CROATIE / « Andromeda » — Lelek https://www.youtube.com/watch?v=OMCR-8gmgso&t=2s
Le groupe vocal Lelek composé de cinq membres, mêle motifs du folklore croate et pop moderne. Sur scène, machines à vent et flammes accompagnent la performance, mettant

l’identité culturelle slave à l’honneur.
Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
Chypre / « Jalla » — Antigoni
https://www.youtube.com/watch?v=TzSs51BiQrE
Jalla, qui signifie « encore » dans un dialecte chypriote, est une chanson festive qui donne envie de « danser sur les tables ». Tant sur scène que dans le vidéoclip, Antigoni livre une performance énergique difficile à ignorer.
Statut LGBTQ+ : alliée LGBTQ+.
Danemark / « Før vi går hjem » — Søren Torpegaard Lund https://www.youtube.com/watch?v=xKzEP9dwoss&t=1s
Avec une esthétique emo assumée, Søren Torpegaard Lund propose un morceau dance plutôt discret… jusqu’à l’explosion finale où il déploie toute l’étendue de sa voix. Sur scène, le chanteur de 27 ans apparaît torse nu sous un haut en filet scintillant. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
Estonie / « Too Epic To Be True » — Vanilla Ninja https://www.youtube.com/watch?v=iXVguLuMwkI
Le groupe rock féminin Vanilla Ninja espère séduire le public européen. Fortes de leur expérience, les musiciennes brillent particulièrement dans leurs harmonies. Détail amusant : un kiss cam apparaît en plein milieu de la prestation. Statut LGBTQ+ : alliées LGBTQ+.
Finlande / « Liekinheitin » —
Linda Lampenius & Pete Parkkonen https://www.youtube.com/watch?v=9bfwNIYb96Q
La violoniste classique Linda Lampenius s’associe à la pop star Pete Parkkonen pour cette performance spectaculaire. Tandis que Parkkonen porte la chanson, Lampenius impressionne par sa virtuosité au violon — possiblement l’une des performances les plus aiguës entendues à l’Eurovision. Statut LGBTQ+ : Lampenius est alliée LGBTQ+.
FRANCE / « Regarde » — Monroe https://www.youtube.com/watch?v=ujoCYrvvTYQ
La France mise cette année sur Monroe, une chanteuse lyrique franco-américaine de 17 ans révélée en remportant l’émission Prodiges en 2025. Sa chanson Regarde mêle pop, sonorités urbaines et influences classiques. Le titre se veut un message d’inclusion et d’amour universel. La France espère ainsi décrocher sa première victoire à l’Eurovision depuis 1977. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
GRÈCE / « Ferto » — Akylas https://www.youtube.com/watch?v=j_tDJ77ntPE
Impossible d’imaginer l’Eurovision sans performance extravagante, et la Grèce pourrait bien voler la vedette cette année. Avec son costume spectaculaire et une chorégraphie taillée pour TikTok, Akylas multiplie les surprises sur scène. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
ISRAËL / « Michelle » — Noam Bettan https://www.youtube.com/watch?v=xWCnWSoG8nI&t=1s
La participation d’Israël demeure l’un des sujets les plus controversés de cette édition en raison de la guerre à Gaza. Plusieurs pays ont décidé de boycotter le concours. La chanson Michelle raconte l’histoire d’une personne qui décide de sortir d’un cycle émotionnel toxique. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
ITALIE / « Per sempre sì » — Sal Da Vinci https://www.youtube.com/watch?v=4Q4Ga2Pb5MY Après sa victoire au Festival de Sanremo, Sal Da Vinci a obtenu le droit de représenter l’Italie. L’artiste, qui a fait ses débuts sur scène à l’âge de sept ans, cumule aujourd’hui plus de 450 millions d’écoutes sur les plateformes numériques. Statut LGBTQ+ : allié LGBTQ+.
LETTONIE / « Ena » — Atvara https://www.youtube.com/watch?v=6C2ivaB5D00&t=2s
La chanteuse Atvara propose une ballade européenne classique qui met en valeur sa voix puissante. Sur scène, des animations de verre brisé accompagnent les notes les plus aiguës. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
LITUANIE / « Sólo quiero más » — Lion Ceccah https://www.youtube.com/watch?v=nWwMMMVkwRU&t=5s
Impossible de parler d’Eurovision sans un peu d’excentricité. Sur scène, Lion Ceccah apparaît dans une immense cape noire, le visage recouvert de peinture argentée. Artiste de performance et auteur-compositeur, il s’inspire notamment de la culture drag et d’une exploration artistique de l’identité de genre. Statut LGBTQ+ : artiste queer et défenseur de la culture drag.
LUXEMBOURG / « Mother Nature » — Eva Marija https://www.youtube.com/watch?v=DmVfJSRqgnI&t=2s
La chanteuse de 20 ans a découvert le violon en regardant la victoire d’Alexander Rybak à l’Eurovision 2009. Aujourd’hui, elle participe au concours avec Mother Nature, une chanson sur l’espoir, la liberté et le retour à l’enfance. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
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MALTE / « Bella » — Aidan https://www.youtube.com/watch?v=zpnUWz6NKMw&t=2s
Malte n’a encore jamais remporté l’Eurovision. Avec Bella, Aidan espère changer la donne. La chanson repose sur une mélodie hypnotique et une prestation vocale solide. Statut LGBTQ+ : ouvertement gai.
MOLDAVIE / « Viva, Moldova » — Satoshi https://www.youtube.com/watch?v=1JEmuzqob8c&t=1s
Le rappeur et chanteur moldave Satoshi propose l’une des performances les plus festives de la soirée. La chanteuse Aliona Moon, qui avait représenté la Moldavie en 2013, participe également à la chanson. Statut LGBTQ+ : allié LGBTQ+.
MONTÉNÉGRO / « Nova zora » — Tamara Živkovi https://www.youtube.com/watch?v=59hsYOMCQGY
Avec ses danseurs en harnais de cuir et des flammes surgissant de la scène, la prestation de Tamara Živkovic promet un spectacle dramatique. La chanson dance a remporté le vote du jury lors de la sélection nationale.
Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
NORVÈGE / « Ya ya ya » — Jonas Lovv https://www.youtube.com/watch?v=MasllzWk_bQ&t=1s
Avec ses tatouages et sa combinaison plongeante, Jonas Lovv pourrait presque être confondu avec Harry Styles. Connu grâce à The Voice Norway, il propose une chanson pop efficace et taillée pour le public. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
ROUMANIE /
« Choke Me » — Alexandra Capitanescu https://www.youtube.com/watch?v=yr2ELdzBsiw
La gagnante de The Voice of Romania 2023 arrive à l’Eurovision avec un titre rock intense. Entre les costumes de cuir cloutés et un batteur enfermé dans une cage, l’esthétique emo est pleinement assumée. Statut LGBTQ+ : alliée LGBTQ+.
ROYAUME-UNI / « Eins, Zwei, Drei » — Look Mum No Computer https://www.youtube.com/watch?v=niMKvJ-Itq8 Et si c’était enfin l’année du Royaume-Uni ? Avec Eins, Zwei, Drei, Look Mum No Computer propose un numéro aussi déjanté qu’inventif. Fait notable : il s’agit de la première chanson britannique à l’ Eurovision à ne pas être entièrement chantée en anglais. Statut LGBTQ+ : allié LGBTQ+.
SERBIE / « Kraj mene » — Lavina https://www.youtube.com/watch?v=FJTLKBOOE98&t=1s
Le groupe metal moderne Lavina, composé de six membres, propose un mélange de cris, de murmures et de riffs puissants — une formule qui plaît souvent aux fans de l’Eurovision. Statut LGBTQ+ : aucune information publique.
UKRAINE / « Ridnym » — Leléka https://www.youtube.com/watch?v=yeUP_ANAhCM&t=1s
La chanteuse et compositrice Viktoria Leléka, connue sous le nom de Leléka, interprète une chanson poignante qui évoque les racines, la guérison et la solidarité familiale. Statut LGBTQ+ : alliée LGBTQ+.6
CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

Le 24 mars dernier, à la Maison du développement durable, était lancée la campagne Paire impossible, dans le cadre des trente ans du mouvement Ensemble pour la diversité.
Une « Paire impossible » qui, au contraire, ne nous empêche pas d’avancer et d’aller vers l’autre avec respect et bienveillance. Voilà comment on pourrait résumer l’idée de porter, chaque 24 avril, une paire de chaussures de couleurs différentes afin de rappeler l’importance d’être ensemble dans le respect de nos singularités. Cette initiative, imaginée par Raphaël Provost, directeur général d’Ensemble pour la diversité, et son équipe, vise à sensibiliser de façon originale et récurrente à la lutte contre la haine, socialement inacceptable.
De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement et adopté le concept des chaussures dépareillées (par la couleur uniquement), dont la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Dans son message, elle a offert un appui sans réserve à cette initiative, rappelant qu’elle est issue de l’immigration et qu’elle a elle-même vécu de la discrimination en raison de ses origines chiliennes.
Une action symbolique du nouveau mouvement @pact.thepowertoact a également été présentée. Deux grandes marques de chaussures de sport se sont alliées pour produire 80 paires uniques et dépareillées, dont 100 % des fonds amassés seront remis à Ensemble pour la diversité. Cette initiative est portée par Stephen Bronfman et Andy Nulman en collaboration avec Ensemble.
On peut rêver qu’un jour d’autres marques embarquent, ou que les détaillants proposent des paires de chaussures différentes en précisant qu’un pourcentage du prix sera remis à Ensemble. Ainsi, chaque 24 avril, on pourrait souligner notre engagement à lutter contre la haine et rappeler que la diversité nous concerne toustes.6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
INFOS | Le 24 avril prochain se tiendra la Journée de la paire « impossible »

Quatre ans après l’immense succès de sa pièce Mama, la dramaturge et comédienne Nathalie Doummar, une des voix queers les plus fortes du moment, retrouve la scène chez Duceppe avec sa nouvelle création, Frères. Du 15 avril au 16 mai, le public pourra découvrir 8 hommes égypto-québécois réunis dans un chalet qui profiteront de l’occasion pour réfléchir à leurs attentes envers les femmes et le mariage, à l’argent et à la hiérarchie sociale au sein même de leur clan.
Uneaussigrandescène,qu’est-cequeçasignifiepourtoi?
NATHALIE DOUMMAR : Ça me donne beaucoup de liberté! Je peux avoir plus de personnages que dans un petit théâtre. J’adore faire parler plein de gens en même temps. J’ai grandi là-dedans. Du côté de ma mère et de mon père, on est très nombreux. C’est bruyant. Quand je suis là-dedans, je suis bien, mais quand j’invite quelqu’un de l’extérieur dans ma famille, j’ai toujours une petite inquiétude : est-ce que ça va être too much? Avec Mama, j’ai réalisé que c’était vraiment payant au théâtre d’utiliser cette richesse. Ça m’a confirmé que c’était possible d’écrire pour un grand plateau et que les foules seraient au rendez-vous.
Pourquoivoulais-tusignertapremièremiseenscène?
NATHALIE DOUMMAR : Je n’avais jamais eu le désir de faire de la mise en scène de ma vie. Je n’ai pas un cerveau pour ça. Je pense à trop de choses en même temps. Mais pendant la création de Mama, je me suis surprise à vouloir donner des notes de jeu, alors que ce n’était pas ma responsabilité. Comme j’écrivais sur des femmes avec des spécificités, je sentais l’urgence de diriger les actrices, même si Marie-Ève Milot a fait un travail extraordinaire! Cette fois-ci, je me suis permise de demander à Jean-Simon Traversy de faire la co-mise en scène avec lui. Il a 15 ans d’expérience. Il s’occupe de plein de choses que je n’aurais jamais pu faire moi-même. Ça me permet de me concentrer sur le jeu, le récit et les dynamiques entre les personnages.
DansFrères,tufaisparlerdeshommeségypto-québécois.C’estaussiunepremière,non?
NATHALIE DOUMMAR : Oui, avoir le droit de faire parler des gars, c’est nouveau pour moi. Avec mon bagage de femme arabe, j’ai eu à observer les garçons, je les connais, je les aime, j’essaie de les comprendre. Tout d’un coup, de pouvoir les faire parler, c’est vraiment réjouissant et ça me fait peur.
Danslapièce,ondécouvreplusieurshommesâgésde25à65ans.Enquoiest-ceinspirant defaireserencontrer,separleretseconfronterlesgénérations?
NATHALIE DOUMMAR : Les générations se parlent constamment en moi. On est plusieurs à se sentir écartelés. Surtout les enfants d’immigrants ou les immigrants de première génération, qui sont écartelés entre leur notre culture d’accueil et leur culture d’origine. Petite, je pensais qu’il y aurait un jour une adéquation, mais non, ça va toujours continuer. Donc, faire parler des générations, c’est très heureux pour moi. Ça fait du bien de sortir tout ça de moi et de sublimer ce qui a causé beaucoup de détresse.
Ai-jeraisond’affirmerquetespersonnagesabordentplusieurssujetsimportantsàtravers desdiscussionssurdespetitsriens?
NATHALIE DOUMMAR : Oui. Mes personnages ont moins de facilité avec les mots, alors ils se
répètent beaucoup. Ça a l’air d’être des riens comme tu dis, mais c’est pour exprimer des choses vraiment plus grandes. Leur pensée est vaste, mais leur parole est parfois limitée. Dans notre milieu, on est chanceux d’avoir accès aux mots et de pouvoir s’exprimer comme ça, mais quand on sort de notre cercle, peu importe la culture d’origine, on voit des gens pour qui les mots manquent.
LesinterprètesdeFrèresont-ilsétéplusfacilesàtrouverquecellesdeMama?
NATHALIE DOUMMAR : Dans Mama, j’étais inquiète de ne pas les trouver quand j’écrivais la pièce. Je me demandais si ces actrices-là existaient. Heureusement, la réponse était oui. On a fait des laboratoires d’écriture avec différentes scènes pour rencontrer des interprètes et on a pu choisir. Cela dit, on a été chanceux de trouver l’actrice pour jouer la grand-mère : elle était la seule qui pouvait jouer Nana. Dans le laboratoire menant à la création de Frères, on a aussi fait lire les interprètes. On voulait les connaître. On les faisait échanger de personnages. On a vraiment pris notre temps. Même si on a pas l’embarras du choix pour les acteurs arabes, on les a trouvés.
Àl’automne2025,onaeudroitàl’adaptationduromanMillessecretsmillesdangersau cinéma.As-tul’impressionquedesœuvrescommecelle-làetcommeMamaetFrères, mêmesiellesnesontpaspenséesdirectementpourfairechangementlesmentalités,ont lepouvoirdecontre-balancerlesproposanti-immigrantsquisévissentauQuébecet ailleursdanslemonde?
NATHALIE DOUMMAR : J’espère que ça peut contribuer à déconstruire toutes sortes de préjugés. C’est la raison pour laquelle on écrit. On se raconte pour faire tomber les barrières entre nous. Après Mama, personne ne m’a dit qu’elle jugeait les Arabes et qu’elle ne les jugeait plus après la pièce, mais beaucoup de spectateurs se sont identifiés à la famille, autant des personnes issues de la diversité que des personnes québécoises de souche, qui avaient reconnu leur famille du Saguenay ou de la Mauricie. C’est tout ce que je souhaitais.
Tuécris,tumetsenscèneettujouesbeaucoup.Àquelgenred’équilibreaspires-tuentre tesdifférentesdisciplines?
NATHALIE DOUMMAR : Ouf… Je me sens toujours un peu submergée. C’est très difficile de trouver des périodes d’écriture. Je suis mère aussi de deux enfants. Quand on veut écrire pour que ce soit le moindrement bon, il faut entrer dans un genre de tunnel et c’est très compliqué à faire quand tu as une audition ou un tournage à travers ça. Pourtant, j’adore tourner. Ma vie est un peu chaotique pour l’instant.
Quelssonttesprochainsprojets?
NATHALIE DOUMMAR : Je vais tourner dans la deuxième saison de Dernière seconde, l’été prochain. Puis, l’an prochain, deux de mes textes seront joués dans deux théâtres différents. Ça n’a pas encore été annoncé. Je dois d’ailleurs écrire ces pièces, alors que je fais la mise en scène de Frères présentement. Je vais aussi jouer dans un des deux shows. Ça fait longtemps que je n’ai pas jouer au théâtre. Ça va me faire du bien.6
SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com
INFOS | Frères de Nathalie Doummar, Mise en scène de Nathalie Doummar et Jean-Simon Traversy, Au Théâtre Jean-Duceppe, du 15 avril au 16 mai. https://duceppe.com/freres

Samuel Larochelle se livre sans détour dans son nouveau livre
CRÉDIT PHOTO : ÉRIC LEBLANC
C’est sans pudeur que Samuel Larochelle se dévoile dans son nouveau livre, Je ne serai jamais Roy Dupuis, qui vient de sortir aux éditions Québec Amérique. La collection III, sous laquelle est publié l’ouvrage, exige des auteur.e.s qu’ils écrivent des récits inspirés de trois moments marquants dans leur vie. Un exercice auquel le journaliste et l’auteur semble s’être donné avec une grande générosité.
Commentas-tuchoisilestroisrécitsquetuallaisécrire?
SAMUEL LAROCHELLE : Ça s’est fait de façon très instinctive. La collection nous demande d’écrire sur trois moments « points de bascule » dans nos vies. En réfléchissant, c’est rapidement devenu clair que j’allais écrire sur le refus dans les écoles de théâtre, puis tout ce que j’avais d’espoir autour de cette carrière-là. Dans la même lignée, j’ai pensé écrire sur le moment où j’ai complètement abandonné le journalisme au début de la vingtaine et pourquoi je voulais faire cette profession-là. Et, tout récemment, j’ai eu un épisode qui m’a profondément marqué et qui a surpris, choqué beaucoup de personnes dans mon entourage quand je suis allé vivre en région en quittant Montréal, mais en revenant très, très peu de temps après.
D’oùvientletitredulivre?
SAMUEL LAROCHELLE : Je fais un clin d’œil à Roy Dupuis par le fait qu’on a grandi au même endroit, mais que lui a réussi à faire sa place en théâtre, chose que moi je n’ai pas pu faire. Et je fais juste quelques autres clins d’œil à lui, mais si j’en fais un titre, c’est parce qu’il a tellement été — et est encore aujourd’hui — une icône au Québec de masculinité, de beauté, de charisme, de réussite. Comme moi je n’ai pas réussi à atteindre ce qu’il a réussi en lien avec le théâtre, c’est devenu ça la trame de fond des trois morceaux du livre.
C’estunlivreoùtunecachespasbeaucoupdechoses.Est-cequel’écritureaétédifficile ouvulnérabilisante?
Moi, je pensais qu’en 2021, quand j’avais publié J’ai échappé mon cœur dans ta bouche, je ne pourrais plus jamais écrire quelque chose de plus personnel que ça. Mais le livre dont on parle m’a donné tort, parce que c’est encore plus vulnérabilisant. Je vais encore plus loin et dans mes tripes et dans le genre de choses qu’on ne dit pas aux autres : les rêves déchus, les portes qui se ferment sur nos doigts, les remises en question, le manque de confiance, le rapport parfois trouble avec les parents, les idées sombres qui ont été très présentes, des gros échecs, des grands apprentissages. Je pense que tous ceux qui me connaissent comme écrivain savent que je marie toujours le triste avec le très drôle, puis c’est encore le cas, mais les portions plus vulnérables le sont vraiment beaucoup.
C’est drôle parce que l’éditrice, Danielle Laurin, me demandait un morceau à la fois, puis, quand elle a lu le premier morceau, elle m’avait suggéré d’aller plus loin dans l’émotion. J’étais comme : « Ah ouais ? Ben, je vais t’en donner encore plus ! ». J’ai aussi revu les autres portions pour que ce soit le plus vibrant possible. Je pense qu’au début j’avais le réflexe de me protéger un peu, puis éventuellement j’ai ouvert les valves.
Ondécouvredanscelivretarelationextrêmementcompliquéeavectonfrère.Qu’est-ce queçachange,selontoi,unfrère,dansuncadrededéveloppementd’unepersonne homosexuelleetentermesdemasculinité?
SAMUEL LAROCHELLE : Probablement que la moitié de mes mécanismes de défense, de mes failles, puis de mes forces viennent de ma famille, et en grande partie de mon grand frère, qui est l’être le plus ignoble que j’ai croisé dans ma vie. Il a toujours essayé de m’écraser, de
me dénigrer, de me violenter. C’est difficile de grandir, de se tenir debout, de se faire confiance quand, depuis le plus jeune âge, au quotidien, tu te fais écraser, puis qu’il n’y a personne qui l’en empêche et qui te protège vraiment là-dedans. J’aurais eu une jeunesse plus douce, plus légère. Aujourd’hui, notre rapport est plus neutre, mais on ne se parle pas, on ne s’appelle pas, on ne s’écrit pas.
Par rapport à l’homosexualité et à la masculinité, mon frère — tout comme les gens du secondaire d’une petite ville de région à la fin des années 90 — avait beaucoup de fermeture. Donc, j’ai développé des réflexes de camouflage et de protection pour survivre. Il était le fruit de la société dans ce coin du monde à cette époque-là. Depuis, ma région s’est ouverte énormément. Je sais qu’il y a des membres de notre famille qui l’ont déjà entendu dire des choses dénigrantes à mon sujet et qui l’ont remis à sa place très durement. Ça m’a tellement surpris et soulagé de voir qu’enfin quelqu’un prenait ma défense.



Le souvenir de la première montréalaise de Sinatra Symphonique à la Salle Wilfrid-Pelletier, présentée en février dernier, reste bien vivant. Devant une salle comble, l’Orchestre FILMharmonique y a livré une prestation grandiose, alliant l’élégance du répertoire de Frank Sinatra à la puissance d’un orchestre symphonique. Une soirée saluée par le public comme par la critique — et marquée, en filigrane, par l’émergence d’une voix à surveiller : celle de Sam Champagne.
Danscelivre,tuparlesbeaucoupdetonparcoursprofessionneletdetes nombreusesaspirations.Certainsavancentquelespersonnesqueerssontdes overachievers,afindecompenserlefaitqu’ellessesententseulesouisolées. Est-cequeçarésonnepourtoi?
SAMUEL LAROCHELLE : Je suis très d’accord avec cette théorie voulant qu’il y a beaucoup d’ over achievers chez les queers qui veulent contrebalancer le sentiment d’inadéquation qu’ils ont ressenti quand ils étaient jeunes. Je pense qu’il y a une partie de ma surproduction qui vient de réflexes qui se sont installés à l’adolescence pour me donner des raisons de m’apprécier, chose qui n’était pas du tout présente durant ma jeunesse. Mais en même temps, j’ai un cerveau qui spine très, très fort, j’ai besoin de m’exprimer, de faire plein de projets.
Ma jeunesse a aussi fait en sorte que je ne me sentais pas entendu, pas vu, donc j’ai développé des passions, puis des professions qui me permettent de me faire entendre très fort. C’est tout ça qui contribue à ce que je travaille autant, tout en ayant une vie personnelle équilibrée. 6
PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com
INFOS | Je ne serai jamais Roy Dupuis, de Samuel Larochelle, Québec AMéiques, Collection III, Montréal 2026.
Sous la direction du chef Francis Choinière, les grands classiques du crooner — Fly Me to the Moon, My Way, New York, New York ou encore Strangers in the Night — ont pris une ampleur renouvelée grâce à des arrangements riches et soignés. Sur scène, Marc Hervieux a porté avec assurance ce répertoire mythique, déployant une voix puissante et généreuse fidèle à sa réputation. À ses côtés, la jeune Mia Tinayre, révélée à Star Académie, a confirmé son aisance et son charisme dans un contexte de grande envergure. Au cœur de cette distribution bien rodée, Sam Champagne s’est distingué avec une présence tout aussi marquante. Le ténor, reconnu pour la précision de son intonation et la finesse de son phrasé, a su imposer sa signature sans éclat superflu. Là où le spectacle joue sur le faste et la nostalgie, Champagne privilégie la nuance, offrant des interventions empreintes de délicatesse et de contrôle. Une approche qui séduit.
Cette visibilité sur une scène prestigieuse coïncide avec un autre moment charnière pour l’artiste. Depuis sa participation remarquée aux auditions à l’aveugle de La Voix, où il a convaincu trois coachs grâce à une interprétation habitée de La Quête de Jacques Brel, Sam Champagne gagne en notoriété auprès du grand public. Son intégration à l’équipe de Corneille laisse entrevoir une évolution artistique qui pourrait bien élargir encore davantage son registre. Cette double présence — à la fois dans un cadre symphonique exigeant et dans une compétition télévisuelle populaire — témoigne d’une polyvalence encore rare. Champagne navigue avec aisance entre les codes, brouillant les frontières entre musique classique et chanson, sans jamais compromettre la rigueur de son approche. Le succès de Sinatra Symphonique repose également sur la vision de l’Orchestre FILMharmonique, qui confirme son rôle clé dans la démocratisation de la musique orchestrale au Canada. Habitué aux ciné-concerts et aux collaborations d’envergure, l’ensemble signe ici un spectacle qui conjugue accessibilité et exigence artistique.
Alors que la tournée se déploie encore dans plusieurs villes — dont Montréal en avril, puis Québec, Sherbrooke et Gatineau —, Sinatra Symphonique continue d’attirer un public varié, curieux de redécouvrir ce répertoire emblématique dans un écrin renouvelé. Et pour plusieurs, ce sera aussi l’occasion de découvrir — ou de revoir — Sam Champagne, dont la trajectoire ascendante s’impose de plus en plus clairement. Car si le spectacle célèbre une icône du passé, il met aussi en lumière les voix de demain. Et celle de Sam Champagne résonne déjà avec une assurance tranquille.6
CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com
INFOS | À partir du 17 avril, Sam Champagne sera du spectacle Sinatra symphonique, avec Marc Hervieux et Mia Tinayre, qui seront accompagnés par l’Orchestre FILMharmonique, dirigé par Francis Choinière. Pour vous procurer des billets pour ce spectacle qui sera en tournée au moins jusqu’en février 2026, visitez le https://gfnproductions.ca/fr/productions/sinatra-symphonic-marc-hervieux/

Dong-Gyun est complètement accro aux vidéos en direct de BJ Alex, un homme masqué qui dévoile son corps sculptural à l’écran et l’amène, ainsi que ses spectateurs, vers un orgasme fulgurant. Un homme qui demeurait à l’état de fantasme insaisissable jusqu’au jour où l’étudiant réalise qu’il fait partie des étudiants de sa classe ! Au cours des multiples visionnements du vidéaste dans son plus simple appareil, il a en effet noté la présence d’une tache de naissance à la taille, qui se retrouve également chez Ahn Jimon, le président du conseil des élèves. Ce dernier se présente comme l’incarnation d’une morale irréprochable et d’un contrôle de soi absolu, mais la réalité se révèle rapidement tout autre.
Jimon est décontenancé à l’idée de voir ses activités de camboy démasquées, sa façade se fissure peu à peu et révèle un homme vindicatif — parfois même abusif — qui tente de reprendre le contrôle de la situation. Il incarne ainsi deux personnalités bien distinctes, à la Dr Jekyll et Mister Hyde : d’un côté, l’étudiant et le camboy, au maintien assuré et à l’attitude bienveillante ; de l’autre, l’homme dont les deux masques sont tombés, manipulateur et parfois même cruel.
À l’opposé, Dong-Gyun se montre émotionnellement presque à nu, ce qui le place d’emblée en position de fragilité. Cela dit, l’évolution du récit nous amène à nous demander qui, des deux, est réellement le plus vulnérable. Alors que BJ Alex/Jimon considère tout d’abord avec mépris le freluquet qui s’intéresse à quelqu’un d’aussi « exceptionnel » que lui, il réalise bientôt qu’il éprouve des problèmes de performance lors de ses prestations en direct.
Comble de malheur, la seule chose qui semble raviver sa libido est — humiliation suprême — la fantasmatique qu’il développe pour un admirateur qu’il méprise pourtant. Il se surprend ainsi à fantasmer sur sa bouche, alors que l’étudiant y engloutit goulûment une brioche. Afin de retrouver son mojo, il lui propose alors un marché : baiser une fois ensemble. Il entend cependant bien garder une complète maîtrise de la rencontre, mais rien ne se déroulera comme prévu !
Le récit met en lumière la force et la fragilité des façades qui entravent toute possibilité de construire un lien authentique. L’utilisation d’archétypes masculins toxiques par Jimon se heurte ainsi à l’admiration, la curiosité et la dépendance affective de Dong-Gyun. Cette relation déséquilibrée sera sans nul doute développée au cours des prochains tomes. La sexualité est très crue et se met évidemment au diapason de la fantasmatique idéalisée de l’un et du besoin de contrôle absolu de l’autre. Par ailleurs, le rythme des cases et les cadrages rapprochés accentuent une tension psychologique à fleur de peau. On comprend sans peine pourquoi ce BL coréen, de l’autrice Mingwa, a acquis un statut d’œuvre culte, et l’on ne peut que saluer KBL pour une édition et une traduction de grande qualité, à la hauteur de l’œuvre. Ce premier tome réussit à piquer la curiosité et donne envie de se plonger dans la suite. 6

Que faire lorsqu’on a passé des années à pourfendre le capitalisme sous toutes ses formes et que, coup de théâtre, le succès arrive, chargé d’une culpabilité face aux privilèges qui l’accompagne ? C’est ce dilemme existentiel, à la fois mordant et hilarant, qu’Alison Bechdel explore dans son tout nouveau roman graphique.
Quiconque a déjà tenu entre ses mains une bande dessinée d’Alison Bechdel, en particulier la cultissime série Gouines à suivre (Dykes to watch out for) ou le récit biographique Fun Home, ne peut s’empêcher de ressentir un sentiment de fébrilité en entamant ce nouveau titre. On sait d’emblée que l’on y retrouvera un humour délicieusement cynique, une critique sociale aussi fine qu’acérée, mais aussi l’exploration de moments chargés en émotion.
Plongeant à nouveau dans une autofiction où la frontière entre sa propre réalité et celle de ces personnages demeure trouble, l’autrice partage le quotidien d’une dessinatrice éponyme qui a connu le succès après la publication de Mort et taxidermie, un clin d’œil à Fun Home. Installée dans une réussite confortable, qu’elle partage avec sa partenaire Holly, elle est cependant déchirée entre ses convictions anticapitalistes et écologistes et les avantages très concrets du système qu’elle pourfend. N’est-elle pas devenue la pire des hypocrites, de celles qu’elle aurait dénoncées sans pitié dans sa jeunesse ?
Sur fond de crise climatique, de relents pandémiques et d’une politique étatsunienne qui sombre dans le marasme le plus complet, elle met sur pied un projet délicieusement contradictoire : une émission de téléréalité éthique, chargée d’enseigner la sobriété. Le cœur de l’idée frôle l’absurde : résister au système en embrassant l’une de ses expressions les plus tapageuses et mercantiles.
On pourrait craindre que le récit ne s’embourbe dans un récit didactique et moralisateur, mais c’est tout le contraire. L’humour occupe une place centrale et met en lumière une autrice pleinement capable d’autodérision, sans jamais renier ses convictions. Le récit s’enrichit par ailleurs du retour de plusieurs figures issues de l’univers de Gouines à suivre, avec leur lot de solidarités, de débats parfois absurdes, de rivalités et de contradictions — autant d’éléments qui rendent ces retrouvailles aussi familières que réjouissantes.
En orchestrant cette collision frontale, l’autrice expose, avec un humour grinçant et une lucidité désarmante, l’illusion des beaux discours qui embrassent paradoxalement les structures mêmes qu’ils dénoncent. Alors que Fun Home cherchait à comprendre un passé familial difficile, Lessivée se concentre sur un présent inconfortable, sans cependant prétendre offrir de véritable solution. Alison Bechdel offre ainsi un regard à la fois drôle et touchant sur la difficulté de bien vivre dans un monde qui, comme l’aurait si bien dit Caliméro, est « trop injuste ». 6
INFOS | LES PÉCHÉS GRAVÉS DANS LEURS OS (LA COURONNE MAUDITE, TOME 1) / LAURA R. SAMOTIN. [FRANCE] : MXM BOOKMARK, 2026, 490 P.
Ophelia a quatre passions, par ordre d’importance : ses amies, les roses, la bouffe cubaine et les garçons. Alors, comment expliquer le trouble qui l’envahit, ces palpitations inexplicables, chaque fois que Talia Sanchez est dans les parages ? Que lui arrive-t-il ?

C’est la dernière année du secondaire et elle est surexcitée par un événement culturel qui approche à grands pas et qui, elle en est certaine, va marquer sa vie : le bal des finissants ! Alors même qu’elle élabore des plans autour du cavalier avec qui elle pourra se pendre à ses bras, elle se surprend pourtant à ressentir une attirance inattendue pour Talia Sanchez, une camarade de classe pourtant très discrète. Le phénomène lui semble complètement absurde et en complète opposition avec sa réputation de « fille dingue des garçons ». Pourtant, comme le disait si bien Blaise Pascal : le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et le sien lui envoie des signaux qui sont en complète contradiction avec ce qu’elle souhaiterait lui dicter. Après tout, elle ne compte plus le nombre de garçons qui lui sont tombés dans l’œil et qui étaient tout à fait conformes à ce qu’elle attend du « parfait petit copain ».
Le roman ne remet toutefois jamais en cause la sincérité des sentiments qu’Ophelia a éprouvés par le passé. Il remet plutôt en question l’idée que notre identité doit se cristalliser très jeune dans une catégorie bien précise, sans jamais pouvoir évoluer ni se redéfinir. Au-delà des élans de son cœur, la jeune fille doit donc livrer une bataille sur deux fronts : apprendre à se redécouvrir, mais également affronter le regard des autres. En effet, la crainte de perdre l’affection de ses parents et de ses amies la tenaille de près. Toute cette remise en question l’amène par ailleurs à réaliser que ses parties de sautemouton entre des copains potentiels cachaient peut-être un besoin de validation : je n’ai de la valeur que si on m’accorde de l’attention ! Une autre question s’impose : au-delà de faire survolter ses neurones, qu’en est-il des sentiments de Talia à son égard ? Ophelia trouvera-t-elle le courage de lui proposer un rancard, ou même, ce qui la met au comble du plaisir et de la panique, de lui demander d’être sa cavalière au bal ? Plus particulièrement destiné à un public adolescent, le roman de Racquel Marie saisit avec justesse les menus drames et les grandes joies de la fin de l’adolescence, que l’on a parfois trop souvent tendance à monter en épingle. À travers le portrait d’une jeune fille sensible, attachante et parfois maladroite, le roman rappelle qu’il est naturel de ne pas avoir toutes les réponses et que l’on a le droit de changer.6
INFOS | OPHELIA MALGRÉ TOUT / RACQUEL MARIE. RANCON (FRANCE) : AKATA, 2025, 397 P. (« YOUNG NOVEL »)
Alors qu’Alice déambule en direction de l’université, une pensée obsédante accapare son esprit : elle est responsable d’une faute, passée ou encore en gestation, elle en est certaine. Ce qui demeure incertain, en revanche, c’est sa nature. Pourtant, elle doit l’identifier afin de trouver une parade et de reprendre le contrôle sur sa vie.

S’agirai-il du «B» qu’elle a attribué au travail de Bernardo, un étudiant dont elle supervise la thèse ? L’idée lui traverse l’esprit. Pourtant, comment une décision aussi insignifiante pourrait-elle l’anéantir à ce point ? Elle songe à corriger la note… puis se ravise. Et si cette pensée obsédante était le signe d’un déséquilibre hormonal ? À moins qu’elle tente de plaquer un visage sur la culpabilité sociale insidieuse associée à son statut de femme trans ? Non, il y a peut-être (sans doute ?) autre chose qui se cache derrière son malaise. Né d’une invitation du Centre Pompidou à concevoir une œuvre littéraire à partir de ses collections, le récit percutant de Kev Lambert s’inspire de CumulI,une sculpture de Louise Bourgeois aux formes ambiguës, évoquant à la fois des phallus et des seins. Un choix sans doute loin d’être anodin, qui fait écho à la propre transition de l’autrice. C’est ainsi que le récit est ponctué de réflexions en apparence anodines, qui trahissent des insécurités profondes associées au simple fait d’exister, allant jusqu’au soulagement presque absurde d’être correctement genrée au détour d’une salutation.
« Soulagée d’être perçue pour ce qu’elle est. Sa voix n’a jamais été grave, elle n’éveille pas de soupçons, pas de doute. Pour cela, Alice a travaillé fort, payé cher. […] Le gouvernement de sa province pourrait bien lui retirer ses ordonnances. Son pays suit cette descente vers le pire, cette longue glissade entamée aux États-Unis, où Alice n’ose plus se rendre. » Répondre à une commande littéraire, surtout lorsqu’elle repose sur une œuvre existante, comporte toujours une part de risques : celui de tomber dans un exercice pétri de clichés académiques. Ici, rien de tel, puisque le pari est réussi. Kev Lambert propose, tout au contraire, un texte à la fois personnel, touchant et d’une grande justesse. À travers le soliloque d’Alice, le texte explore une crise intime qui fait écho à un climat social tendu, marqué par une hostilité grandissante envers les minorités. L’écriture, sensible et directe, met en lumière les angoisses et la culpabilité de son personnage et transforme paradoxalement sa vulnérabilité en une force essentielle. Une lecture dans laquelle chacun.e peut retrouver l’écho de ses propres angoisses et insécurités.6
INFOS | CUMUL I / KEV LAMBERT. MONTRÉAL : HÉLIOTROPE, 2026, 121 P.
LA SOMME DE NOUS
On connaît Michel Lemieux comme artiste multidisciplinaire, entre autres pour ses installations jouant sur le virtuel. On connaît moins une autre de ses facettes : l’écriture. Son conjoint, Denis Morin, avait écrit un roman paru en France il y a quelques années. Reprenant son texte pour l’édition québécoise, Denis Morin a demandé à Michel Lemieux d’apporter sa contribution, Lasommedenous devenant ainsi un roman écrit à quatre mains.
Loin des tendances actuelles, les deux complices ont choisi de nous raconter une histoire familiale. Une quête des origines familiales qui s’amorce par un curieux hasard, soit une lettre provenant d’une boîte postale, signée par une femme qui souhaite que celle-ci tombe entre les mains de sa fille, qu’elle a abandonnée à la naissance. Cette lettre énigmatique ouvre la voie à une enquête familiale reconstituant une histoire marquée par les secrets et les mensonges et s’inscrivant dans diverses régions du Québec et un village de France. Le temps et la distance qui marquent le plus souvent les séparations.
Une lettre qui en entraînera plusieurs autres, prenant la forme d’une longue correspondance entre les différents membres de cette famille pour rassembler petit à petit les pièces du puzzle. Nous sommes en 1998, l’ère de la communication virtuelle connaît ses balbutiements et le papier à lettres, les enveloppes et l’encre font encore partie de notre quotidien. Une époque qui a séduit les deux auteurs.
« Ce qui nous a plu [en choisissant] ce mode de communication, c’est qu’il remet à l’honneur le temps, la lenteur, commente Michel Lemieux. On compose une lettre, on réfléchit avant de dessiner un mot, c’était tout un exercice, mais qui forçait la réflexion et imposait une langue particulière. Aujourd’hui, on écrit à la va-vite, on s’envoie des textos, il faut que la communication soit immédiate, alors que de s’imposer cet exercice, c’est aussi chercher à apporter toutes les nuances qui disparaissent dans les échanges sur nos cellulaires. » Mais aucun des deux ne regrette cette époque, sinon l’effacement d’un mode littéraire qui imposait que l’on prenne son ton. Et ce choix donne au livre une tonalité nostalgique qui correspond bien à ce retour dans le passé pour les personnages.
On ne dévoilera pas les différents voiles qui se déchirent, révélant les secrets. Les auteurs jouent habilement entre réalisme et magie, comme avec ces voix d’outre-tombe qui inquiètent ou rassurent certains personnages. Les lettres, comme les dialogues, sont portées par une langue soutenue, comme un parfum suranné propre à la nostalgie qui teinte l’œuvre. Mais une nostalgie salutaire, car elle retisse et ressoude des liens qui dépassent ceux du sang.
C’est Denis Morin qui a demandé à Michel Lemieux de se pencher sur sa copie. « J’ai demandé à Michel de faire des ajustements, surtout linguistiques, pour garder un style continu, sans rupture. Il a commencé à me faire des propositions, puis parfois des réécritures de passage,

puis on a fait de nombreuses lectures à haute voix pour peaufiner le texte, un travail qui a pris plus d’un an. »

Alors on plonge dans l’intimité des personnages, mais sans que les drames évoqués tombent dans la tragédie. L’émotion est toujours contenue sur le fil du rasoir, chacun des personnages recherchant avant tout un équilibre pour reconstruire ce qui ne l’a pas été. Le devoir de précaution, le respect, l’indulgence, la compréhension sont toujours mis de l’avant pour mieux cerner ce que l’on reçoit et ce que l’on transmet. Un choix revendiqué par le couple. « Nous ne sommes pas dans notre vie des personnes cyniques, bien au contraire, d’autant plus que nous vivons aujourd’hui [à une époque] où nous sommes saturés par le cynisme, la violence, la méfiance », confie Denis Morin. « Retrouver notre capacité à aimer, et donc à écrire un livre lumineux, conclut Michel Lemieux, une invitation à regarder la lumière surgir de l’ombre comme dans un tableau de Rembrandt. Cette lumière qui est un appel à la bienveillance. »
La somme de nous joue plus sur l’émotion que sur le sensationnel, comme une évocation où la poésie n’est jamais très loin. Qu’elle soit dans l’imaginaire, qu’elle ravive des souvenirs d’enfance, ou encore qu’elle soit dans la musique, qui est en elle-même un personnage du roman. Jusque dans les voix des photos ou des lettres perdues, qui réapparaissent là où on ne les attendait pas.
Avec 180 chapitres, à vrai dire des séquences, on imagine le texte joué sur scène, les lettres lues comme des confidences à un public. Pour l’instant, le livre à peine sorti en librairie, qu’un balado est déjà en route, les lectures avec une comédienne ont déjà commencé. Il est possible que les aventures de ces retrouvailles improbables entre les deux femmes se déploient un jour dans un théâtre d’ici.
Un éloge de la lenteur, de l’importance de l’écriture, La somme de nous devient presque un acte de résistance dans un monde obsédé par la vitesse, l’instantanéité. À lire en prenant son temps. 6
DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com
INFOS | La somme de nous
De Denis Morin et Michel Lemieux
Aux Éditions TNT et 4D ART
En librairie dès le 26 mars
ARTS ET CYBORGS : PENSÉES ET IMAGINAIRES
DES CORPS-MACHINES
Le cyborg est ce concept d’un être vivant auquel on a greffé des parties mécaniques ou électroniques. Quelle place cette figure, à cheval entre le réel et le science-fictionnel, occupe-t-elle dans l’art ? Et y a-t-il un lien avec les réalités identitaires LGBTQ ?

Loin des Steve Austin et Jaime Summers qui ont émerveillé les enfants des années 70 et 80, scotchés devant les aventures télévisuelles de L’homme de six millions et de La femme bionique, Petit Dit Duhal et Jessica Ragazzini proposent une réflexion sur les liens entre l’art, le corps et la technologie. Le cyborg ne s’y présente donc pas comme un simple gadget de sciencefiction, mais comme un outil permettant de mieux réfléchir à nos rapports avec un corps et une identité en constante transformation.
Le cyborg n’est ni entièrement « naturel », ni complètement artificiel, ni clairement masculin ou féminin : il remet donc en question les catégories toutes faites. Cette idée rejoint de nombreuses expériences LGBTQ+, en particulier queer et trans, qui montrent que le genre et le corps ne sont pas fixes, mais peuvent changer et se vivre de différentes manières. Dans l’art, le cyborg représente ainsi une façon de reprendre le contrôle de son corps et de l’adapter à ce que l’on est ou à ce que l’on devient.
Il incarne un corps libre et hybride, qui refuse les normes imposées et ouvre la porte à d’autres manières de vivre son identité. Même sans utiliser fréquemment le mot « queer », le livre aborde des questions très concrètes : comment sortir des modèles rigides, comment inventer sa propre façon d’exister et comment imaginer des futurs où les différences de corps et d’identités sont reconnues plutôt que mises à l’écart ?
Très bien documenté et parmi les premiers ouvrages francophones à traiter ce sujet, cet essai ne constitue cependant pas une lecture légère. Il s’adresse surtout à celles et ceux qui souhaitent approfondir une réflexion sérieuse sur le corps, l’identité et leurs enjeux contemporains.6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | ARTS ET CYBORGS : PENSÉES ET IMAGINAIRES DES CORPS-MACHINES / PETIT DIT DUHAL ET JESSICA RAGAZZINI. JOINVILLE-LE-PONT : DOUBLE PONCTUATION, 2026, 204 P.

LIFE, GENDER, INCLUSIVITY, AND LEADERSHIP FOR THE FUTURE
À 50 ans, Katherine Dudtschak, vice-présidente exécutive aux services bancaires personnels et commerciaux de la Banque Royale du Canada, décide d’affirmer son identité de genre et de tout chambouler dans sa vie.
Issue d’une famille d’immigrants ayant survécu aux camps de la Seconde Guerre mondiale, elle grandit dans un contexte de précarité financière et de stress qui façonne très tôt chez elle la conviction qu’il vaut mieux rester discrète et ne pas déranger. Malgré tout, elle ressent très tôt un décalage entre ce qu’elle est véritablement et le rôle social qu’on lui impose. Elle se conforme cependant aux attentes : un mariage, quatre enfants et une carrière qui la conduit aux plus hauts niveaux du secteur bancaire canadien.

C’est lors d’une visite dans la résidence universitaire de sa fille que survient un tournant décisif, alors qu’elle contemple une affiche portant sur l’inclusivité de genre : le déni ne lui est soudainement plus possible. Elle entame alors un processus d’affirmation de genre qui l’oblige à se dévoiler à ses proches, à traverser un divorce et, malgré un sentiment d’être enfin elle-même, à affronter une dépression profonde.
Contre toute attente, elle révèle avoir reçu un soutien significatif de son milieu professionnel et relate avoir éventuellement annoncé sa transition devant environ 80 000 collègues, non pas comme un geste de provocation, mais bien plutôt comme un acte de leadership ancré dans l’authenticité et la vulnérabilité.
Au-delà de son histoire personnelle, l’ouvrage aborde également des thèmes plus vastes, comme la santé mentale dans la communauté LGBTQ+, l’impact durable des traumatismes transmis de génération en génération, et la nécessité de repenser le leadership afin qu’il soit plus humain, inclusif et compatissant. Sans éluder les aspects les plus sombres de son parcours, comme la dépression, la peur du rejet et les ruptures intimes, le récit demeure résolument porteur d’espoir. 6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | SINCERELY, KATHERINE : LIFE, GENDER, INCLUSIVITY, AND LEADERSHIP FOR THE FUTURE / KATHERINE DUDTSCHAK. VANCOUVER: PAGE TWO, 2026, 221 P.



ENTREVUE AVEC JUNNA CHIF
Comment les personnes en situation de handicap vivent-elles leur sexualité?
Dans son premier long métrage, Invisibles, la réalisatrice québécoise Junna
Chif raconte l’histoire d’Elizabeth, une travailleuse du sexe (Nadia Essadiqi, connue en musique sous le nom de La Bronze) qui décide d’offrir ses services aux personnes en situation de handicap. Le film, présenté en première mondiale en Estonie, puis au Québec au festival CINEMANIA, vient de prendre l’affiche à la mi-mars. Entrevue avec la réalisatrice.
Qu’est-cequit’amenéàfairecefilm?
JUNNA CHIF : Il y a environ 9 ans, j’allaitais mon bébé et j’étais en train de lire plein d’articles, puis je suis tombée sur un article qui racontait qu’une travailleuse du sexe avait commencé à avoir une clientèle de personnes en situation de handicap et que, finalement, elle est tombée amoureuse d’un de ses clients, ils se sont mariés, et cetera. La relation amoureuse ne m’a pas tant intéressée. Ce qui m’a intéressée, c’était la situation des personnes en situation de handicap — parce qu’on n’en parle pas, on dirait qu’ils ne sont pas présents dans notre société, ils ne sont pas visibles — et, en plus de ça, leur sexualité. L’autre chose, c’était le travail du sexe en lien avec les personnes en situation de handicap. Parce que, souvent, quand on parle de travail du sexe, c’est péjoratif : c’est de l’exploitation, c’est lié à la drogue, au juvénile... Tout ça n’est pas du travail du sexe. Tout ça est de l’exploitation.
Commentas-tufaitpourapprofondirtesconnaissancessurlesréalitésdestravailleusesdu sexeetdespersonnesensituationdehandicap?
JUNNA CHIF : J’ai commencé à me renseigner là-dessus, puis je suis allée me former en France pour devenir assistante sexuelle pour personnes en situation de handicap. Je voulais vraiment comprendre le personnage. Je ne l’ai pas pratiqué, mais je voulais vraiment comprendre le plus possible les personnages. Puis, en revenant de France, j’ai fait beaucoup d’entrevues auprès de travailleuses du sexe puis de personnes en situation de handicap pour vraiment parler de leur réalité. C’est de là qu’est venue l’idée de prendre le film d’un point de vue sex-positif et non victimisant, parce que justement le genre de personnes que je rencontrais. Je ne rencontrais pas de victimes. Je ne rencontrais personne qui avait besoin d’être sauvée. J’ai rencontré des femmes fortes, qui avaient envie de faire cette job-là. Les personnes en situation de handicap, quand je leur parlais de sexe, ça allait super bien, parce que pour une fois on parle d’eux et de sexe. Ils ont la même sexualité que n’importe qui d’autre. C’est eux qui ont une des meilleures réceptions du film. Ils m’ont dit : « Bon, il était temps qu’on [montre] qu’on n’est pas des victimes et qu’on ne soit pas rabaissés ». D’ailleurs, plusieurs de ces personnes m’ont dit : « On aimerait avoir des personnages badass. Genre, on aimerait avoir une personne en situation de handicap qu’on n’aime pas, tu sais ». Elles ajoutent : « Quand on nous voit, on a tout le temps l’air gentils, avec plein de bonnes valeurs, mais il y a des trous de cul parmi nous… ». Ça m’a vraiment fait un déclic : si on veut normaliser quelque chose, il faut qu’il y ait de tout. Et il y a un peu ça dans le film.
As-tueudescraintesensortantcefilm,vulesenjeuxquetuabordes?
JUNNA CHIF : Je me suis dit, en sortant ce film-là, que c’est sûr que ça va être controversé. Il y en a qui ne seront pas d’accord puis je vais me faire lancer des pierres par des abolitionnistes, ceux qui sont contre le travail du sexe. C’est pour ça qu’il y a [une scène dans le film où] je suis comme : « Ben on va écouter les abolitionnistes aussi, on va écouter l’autre bord ». L’autre chose, c’est que c’est l’histoire d’une travailleuse du sexe en particulier. Je sais que je pourrais peut-être avoir un « backlash » de personnes qui disent : « Ben c’est pas de même que ça se passe tout le temps », puis aussi de travailleuses du sexe. En fait, j’ai eu un très beau retour des travailleuses du sexe, mais ça se peut qu’il y en ait d’autres qui disent que ça ne les représente pas, puis c’est correct, parce que ce n’est pas l’histoire de tout le monde. C’est un film, c’est un point de vue. C’est une histoire, même si c’est inspiré de nombreuses autres histoires. Mais je me suis dit que j’allais prendre le risque, parce qu’il y a des choses qui doivent être dites.
Tudisavoirrencontréplusieurspersonnesensituationdehandicappourpréparerlefilm. As-turencontrédespersonnesLGBTQ+parmielles?
JUNNA CHIF : J’en ai rencontré. Dans les premières versions du scénario, il y avait une femme en situation de handicap qui voulait avoir les services d’Elizabeth. Mais, finalement, je l’ai enlevée parce que sinon le film aurait fait comme 5 heures de temps. Il fallait que je choisisse un angle en particulier. J’ai quand même laissé un petit « hint » qu’il y a de tout et que ces personnes existent. Et j’avais quand même besoin de l’insérer, parce que sinon je sentais que je tassais une grosse partie de la population.
Tonfilmlaissedelaplaceauxpersonnesqueers,notammentàtraversdesscènes deburlesque.C’étaitimportantpourtoid’inclureçadanstonprojet?
JUNNA CHIF : Oui, vraiment. Pour moi, c’était super important d’avoir un gars qui fait une performance burlesque, parce que le burlesque, ce n’est pas juste des femmes. C’est surtout des femmes, faut le dire, mais ça a tellement changé à travers le temps. En plus, dans le burlesque, ce qui est le fun, c’est qu’il y a également une très grande diversité des corps, ce qui se relie aussi avec les mentalités LGBTQ. Pour moi, c’était important d’avoir une telle représentativité, parce que je ne voulais pas juste montrer des filles super minces et être dans le cliché. Par ailleurs, dans les travailleuses du sexe, il y en a beaucoup qui sont dans la communauté LGBTQ. Même une grosse partie. Il y en a qui sont lesbiennes mais qui voient des gars pour leur job. Le côté LGBTQ est hyper inclus dans le film 6
PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com
INFOS | Le film Invisibles de la réalisatrice québécoise Junna Chif est présentement à l’affiche. https://www.funfilm.ca/invisibles

Aller au restaurant, prendre un café ou partager un repas entre ami.e.s : des gestes simples, mais qui ont longtemps joué un rôle fondamental dans la vie des communautés LGBTQ+. À Montréal, ces lieux de convivialité ont servi bien plus que des plats et des boissons : ils ont été des espaces de rencontre, de solidarité et d’affirmation. C’est cette histoire riche et souvent méconnue que met en lumière l’exposition UnesaveurdeMontréalqueer, présentée du 11 avril au 13 juin par les Archives gaies du Québec (AGQ), en collaboration avec les Archives lesbiennes du Québec (ALQ).



Le projet, auquel a contribué la professeure associée Alex D. Ketchum de l’Université McGill, propose un parcours à travers les lieux, les époques et les pratiques qui ont façonné la culture alimentaire queer de la métropole. Les plus ancien.ne.s se souviendront de cafés et de restaurants aujourd’hui disparus — La Paryse, L’Anecdote, Le Club Sandwich ou encore le Café Les Entretiens — qui ont marqué des générations. Ces établissements ont peu à peu fermé leurs portes, victimes du temps, de la retraite de leurs propriétaires ou de difficultés économiques. Aujourd’hui, la relève se trouve dans des lieux comme La graine brûlée, Nueva Era, Pourquoi Pas espresso bar, la Reine Garçon, Dispatch ou Sophie Sucrée, qui continuent d’incarner des espaces inclusifs, souvent tenus par des personnes queers.
Au cœur de l’exposition se trouve le concept de « nourriture queer », développé par Alex D. Ketchum. Il ne s’agit pas seulement de ce qu’on mange, mais de l’ensemble des pratiques sociales liées à l’alimentation : les lieux, les rencontres, les événements et les réseaux qui se tissent autour de la table. « J’ai travaillé dans des fermes, des cuisines et des boulangeries, ce qui m’a sensibilisée à la question de l’alimentation », explique la chercheuse. « Ensuite, je me suis intéressée aux espaces féministes, qui étaient aussi des lieux de rencontre pour les lesbiennes. » Ses recherches ont révélé qu’entre 1972 et aujourd’hui, plus de 230 cafés et restaurants féministes et lesbiens ont existé au Canada et aux États-Unis, témoignant d’une tradition bien ancrée de lieux communautaires.
L’exposition, nourrie par les archives des AGQ et des ALQ ainsi que par des collections privées, se décline en plusieurs sections thématiques. La première aborde la découvrabilité : comment trouvait-on des lieux sécuritaires et accueillants avant l’ère d’Internet ? Au-delà du bouche-à-oreille, les communautés s’appuyaient sur des guides, des cartes, des annonces dans des périodiques ou encore des affiches parfois éphémères. Autant de traces qui témoignent d’un réseau parallèle essentiel à une époque où la visibilité pouvait être risquée. Une autre section se penche sur l’impact du VIH/sida. L’épidémie a profondément transformé les pratiques sociales, y compris celles liées à la nourriture. Les repas communautaires, soupersbénéfice et collectes de fonds sont devenus des outils de survie et de solidarité. Des fanzines alimentaires ont également vu le jour, proposant conseils et recettes adaptées à la réalité des personnes touchées. Affiches, photos et documents d’époque illustrent cette mobilisation.
La dimension politique n’est pas en reste. L’exposition revient sur des moments marquants de résistance, notamment à la suite de descentes policières dans les bars. Le raid au Truxx en 1977, avec 145 arrestations, ou celui du Bud’s en 1984, qui en a mené 188, ont suscité des manifestations et des élans de solidarité. Ces événements rappellent que les lieux de rassemblement étaient aussi des espaces de lutte. Les bars et les clubs occupent évidemment une place importante dans ce récit. Montréal a vu émerger, au fil des décennies, une diversité

impressionnante d’établissements : bars de drague, bars lesbiens, clubs de danse, espaces queer inclusifs. Des objets éphémères — sous-verres, cartes de visite, boîtes d’allumettes — côtoient photos et articles pour évoquer des lieux mythiques comme le K.O.X., le Sisters, le Thunderdome ou encore le Labyris.
En parallèle, la scène gastronomique LGBTQ+ s’est elle aussi développée, offrant une alternative aux bars. Des restaurants comme le Bistro l’Un et l’Autre, Chez Jean Pierre ou le végétarien Au Jardin proposaient bien plus qu’un menu : ils étaient des lieux d’échanges, de création et de réflexion. Les archives conservent encore menus, brochures et photographies qui témoignent de cette effervescence. Les collectes de fonds liées à l’alimentation constituent un autre pan important de cette histoire. Qu’il s’agisse de repas-partage, de ventes de pâtisseries ou de soupers communautaires, ces initiatives ont permis de soutenir de nombreux organismes LGBTQ+, des centres communautaires aux lignes d’écoute, en passant par des groupes de défense juridique.
Enfin, l’exposition s’ouvre sur une diversité d’autres espaces et pratiques : cafés, événements pop-up, soirées dansantes, mais aussi zines et livres de recettes. Autant de formes d’expression qui illustrent l’ampleur et la créativité de la scène alimentaire queer montréalaise. En complément, une exposition numérique accessible en ligne permet de prolonger l’expérience et d’assurer la pérennité de ces archives. « Nous sommes très heureux de cette collaboration avec Alex D. Ketchum et les Archives lesbiennes du Québec » , souligne Pierre Pilotte, coordonnateur des AGQ. « Cette exposition met en valeur la richesse de nos fonds et l’importance de préserver ces mémoires. »
À travers cette plongée dans les saveurs et les lieux, Une saveur de Montréal queer rappelle que l’histoire LGBTQ+ ne se raconte pas seulement dans les luttes et les revendications, mais aussi dans les gestes du quotidien — partager un repas, se retrouver, exister ensemble. 6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | du samedi 11 avril au samedi 13 juin, du mercredi au samedi, de 13 h à 17 h, aux bureaux des AGQ, au 1000, rue Atateken, bureau 201-A, Montréal. Tél. : 514-287-9987 Courriel : info@agq.qc.ca https://www.agq.qc.ca
Pour lire une version plus longue de ce reportage, visitez le site web de Fugues

Après une première saison rocambolesque, Le retour d’Anna Brodeur poursuit sur sa lancée : de l’absurde à la pelle et des personnages toujours à un seul cheveu de craquer. Impossible de résister au plaisir de les voir surfer en eaux troubles, portés par la vague de la névrose !
Après s’être expatriée en France pendant dix ans, Anna foule à nouveau le sol québécois. Son retour à Montréal s’accompagne de l’obligation de se colleter avec Monique (Élise Guilbault), sa mère erratique et envahissante, et Antoine (Patrick Hivon), un ex qui la trompait à répétition et qui est désormais relégué au rang de vedette déchue. Seule éclaircie dans ce chaos : retrouver Patrick (Benoît McGinnis ), son meilleur ami gai de toujours, aujourd’hui directeur d’une agence de relations publiques où elle trouve refuge.
Le moteur de la série demeure, bien sûr, la relation fusionnelle entre Anna et Patrick. Ils n’hésitent jamais à se lancer leurs quatre vérités au visage, mais ils s’aiment d’un amour profond — au point où l’on comprend que seule une petite « technicalité » les empêche de basculer du côté du couple : l’orientation de Patrick. Comme il le résume si bien : « Si mon attirance pour le pénis ne m’avait pas été confirmée plusieurs fois, c’est sûr que tu serais l’amour de ma vie ! » La chimie entre les personnages est à ce point palpable que l’on croit instantanément à la réalité de cette amitié, qui a su traverser dix ans de séparation et un océan.
Chaque épisode aligne son cortège de cas médiatiques, à la frontière du ridicule et du touchant, avec lesquels doit composer une équipe dont l’état mental, lui aussi, frôle parfois la catastrophe. Le premier épisode de la saison 2 s’ouvre d’ailleurs sur la vidéo d’une chantre de l’acceptation corporelle (excellente Valérie Blais) qui, complètement saoule, se lamente de ne pas avoir une taille « normale ». Évidemment, la petite équipe doit rapidement trouver

font bon ménage!
une bouée de sauvetage à ce naufrage médiatique. Loin de verser dans la farce, la situation laisse place à des moments touchants et des vérités qui font toujours mouche. L’épisode 4 s’inscrit dans la même veine : Anna devra accompagner Jean-Michel Marsolais (Antoine Pilon), chef d’orchestre hypocondriaque, à sa toute première colonoscopie chez un gastro-entérologue (Jean-Moise Martin) qui, sans jeu de mots, sait remuer les entrailles de chacun.
Du côté des amours, Patrick s’est extirpé d’un trouple qui ressemblait de plus en plus à un duo — et pas forcément à son avantage. Pour compenser, il se promet de « lutter contre sa nature et de devenir le meilleur workaholic » qui soit. Antoine, surnommé Monsieur « On l’sait que t’as un des plus beaux pénis en ville », tente quant à lui de reprendre du poil de la bête et de retrouver sa place au panthéon du vedettariat québécois, mais la pente s’annonce longue à remonter. De son côté, Monique veut publier un roman outrageusement inspiré de sa relation orageuse avec sa fille, ce qui annonce de sinistres averses entre les deux femmes. Enfin, Anna décide de confronter un père (Marc Messier) qui l’a abandonnée il y a plus de vingt ans… et se retrouve face à sa nouvelle épouse (Mariepier Morin), beaucoup plus jeune qu’elle, et sur le point d’accoucher de ce qui sera techniquement sa demi-sœur. Bref, chacun voit son univers bousculé et doit se résoudre à abandonner ses illusions pour affronter la réalité. Entre les amours qui se font et se défont, les ambitions qui s’entrechoquent et les secrets de famille qui refont surface, personne n’est épargné : l’heure n’est cependant plus aux faux-semblants, mais aux mises au point. La série n’est pas sans évoquer la mécanique de l’excellente « Six Feet Under » (Six pieds sous terre), qui savait marier avec finesse des situations à la fois dramatico-loufoques et profondément humaines, en équilibre constant entre humour et drame. Résultat : un terrain de jeu idéal pour les comédiens, qui peuvent s’y déployer et livrer des performances du tonnerre où les bons mots se bousculent aux portillons.
La série constituera sans aucun doute un rendez-vous hebdomadaire incontournable ! Petite confession après seulement deux épisodes écoutés à ce jour : j’attends toujours avec impatience les interventions de la drag-queen Kimikaze (Hugo Archambault), dont la langue turboacérée vient chaque fois pimenter un plat déjà irrésistible ! 6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | Les dix épisodes de la saison 2 de « Le retour d’Anna Brodeur » sont disponibles en français sur Crave.
https://www.facebook.com/reel/1406290590483192
ou https://www.bellmedia.ca/fr/salle-de-presse/tv/crave-en-francais/le-retour-dannabrodeur/#video-3309166
STAR TREK : STARFLEET ACADEMY

Dans un 32 e siècle marqué par une Fédération des planètes unies qui se reconstruit, de jeunes cadets s’efforcent de devenir les futurs officiers de Starfleet. Rivalité, conflits culturels, hormones suractivées et vilains à gogo ponctuent un récit qui peine cependant parfois à soulever l’intérêt.
La série vise un public plus jeune et le moins qu’on puisse dire est qu’elle adopte un ton résolument plus léger que les précédentes itérations de la franchise et qu’elle sombre même parfois dans les profondeurs abyssales de la tourmente des premières amours, résultant en des bluettes à la fois agaçantes et hautement prévisibles.
Holly Hunter y campe Nahla Ake, une capitaine qui figure sans peine parmi les moins charismatiques de la franchise, au point où l’on finit par se demander si son habitude de déambuler pieds nus dans le vaisseau (?) ne constitue pas l’essentiel de sa personnalité. Heureusement, la série aligne aussi quelques scènes d’action bien menées et se dote d’un adversaire savoureusement perfide : Nus Braka (Paul Giamatti), un pirate qui ne se gêne pas pour vous poignarder dans le dos, encore, encore et encore.
Dernier commentaire d’ordre général : n’espérez pas un générique d’ouverture aussi accrocheur que celui de Star Trek : Strange New Worlds. Celui de cette série réussit plutôt l’exploit de détrôner Star Trek : Enterprise au palmarès des pires de la franchise, autant pour la musique que pour les images. Il est à ce point non mémorable, qu’on est toujours ennuyeusement surpris lorsqu’il débute.
L’Empire klingon sort (enfin) du placard ! Adolescence oblige, les histoires d’amour composent une bonne partie de la trame scénaristique. L’une des principales met en lumière la relation entre Caleb Mir (Sandro Rosta) et Tarima (Zoë Steiner), une bétazoïde qui peine à maîtriser ses pouvoirs empathiques. Malgré une plastique corporelle irréprochable — je pense notamment à une scène où Caleb se fait bronzer — leur chimie s’avère tout aussi épidermique que celle d’un cageot de rutabagas. On étouffe même un éclat de rire lorsque, après une scène de baise qui se veut frénétique, les deux amants quittent le lit… en sous-vêtements. Manifestement, la biologie du corps humain a bien évolué au 32e siècle.
C’est cependant un autre triangle amoureux qui attire l’attention, puisqu’il met en scène trois hommes, dont un Klingon. L’épisode 4 révèle que le cadet Jay-den Kraag (Karim Diané) est issu d’un trouple klingon composé de deux pères et d’une mère, ce qui est déjà une première dans la franchise. Dégingandé, celui-ci cherche par ailleurs à se détacher de la tradition guerrière pour adopter une approche pacifiste, ce qui est à contre-courant de sa culture. Bien que ce ne soit pas explicite, la série sous-entend alors son orientation à travers le cliché éculé d’un homme trop sensible qui ne peut être que gai. Difficile d’être contre la
vertu, mais on ne peut que lever les yeux au ciel devant ce premier Klingon gai qui a l’âme d’un poète de l’ère romantique. Mais passons, puisque survient une scène intrigante où un autre cadet, Darem Reymi (George Hawkins), propose de l’aider à gérer son anxiété à l’aide de techniques de respiration. Les deux hommes sont alors à 5 cm de distance, plongeant chacun dans le regard de l’autre, ce qui génère une tension à couper au couteau. Une tension qui ne débouche cependant que sur un immense… rien.
Par la suite, Jay-den tourne son attention sur un autre cadet et on les retrouve dans une scène qui dégage autant de sensualité qu’un album de Martine à la plage, où ils dansent à 65 cm l’un de l’autre en s’agrippant le bout des doigts. C’est dans l’épisode 7 que survient un nouveau rebondissement, alors que la possibilité d’un triangle amoureux avec Darem refait surface, ce qui vient relancer notre intérêt vacillant. Comme on le constate, il faut s’accrocher, puisque la série semble éprouver des difficultés à assumer son matériel de base et à entrer réellement dans le bassin hormonal adolescent.
Agacement suprême, le développement des personnages — du moins pour notre triangle gai — semble se jouer hors champ, si bien que nous devons nous-mêmes combler les blancs. Les épisodes s’achèvent souvent sans véritable résolution ou s’enlisent parfois dans d’interminables logorrhées (les scènes consacrées à l’enfance de Jay-den n’en finissent plus de ne pas finir). Malgré tout, la série parvient à piquer la curiosité : il faut donc peut-être lui laisser une chance, en sachant que plusieurs des premières saisons de la franchise — pensons à Voyager, Enterprise ou Discovery — ont, elles aussi, mis du temps avant de trouver leur rythme de croisière.
Jusqu’à maintenant, la série réussit surtout l’exploit de rendre les rituels de séduction klingons aussi excitants que les sandwichs aux concombres d’un pique-nique à l’anglaise. Reste à voir si Jay-den Kraag et Darem Reymi finiront par former un couple (ou un trouple) et si leur représentation dépassera le chaste baiser sur la joue, qui est encore trop souvent le sort des personnages gais masculins dans les séries pour ados.6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | Les 10 épisodes de la série Star Trek : Starfleet Academy sont disponibles, en anglais, sur Paramount+. Un doublage français existe, mais sa disponibilité au Canada demeure pour le moment incertaine.
https://www.youtube.com/watch?v=RqbkBY0TRdU

HEATED RIVALRY
Comment rivalité et mise à nu s’inscrivent-elles inconsciemment dans l’image ?
Comme tant d’autres, vous avez pris plaisir à visionner la série Heated Rivalry(Rivalitépassionnée) et vous vous êtes surpris.e.s à réagir devant des scènes en apparence anodines, mais en réalité minutieusement construites pour ancrer, dans votre esprit, des codes visuels associés aux personnages et aux émotions.
Antoine de Saint-Exupéry l’écrivait avec justesse : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Cette idée résonne particulièrement dans Heated Rivalry, où notre cœur réagit souvent avant même que notre regard n’ait pleinement saisi ce qui se joue à l’écran. C’est précisément ce que met en lumière Maria Gillin dans une vidéo consacrée au langage visuel de la série. Elle présente les mécanismes à l’œuvre dans la mise en scène de la série. J’en résume ici quelques éléments essentiels.

Le langage visuel a été soigneusement pensé par le réalisateur Jacob Tierney et le directeur de la photographie Jackson Parrell, afin de renforcer l’intimité, la tension et les non-dits entre les personnages, en s’inscrivant dans une approche résolument cinématographique, et ce, malgré des moyens limités. Ainsi, la manière dont la série est filmée en raconte presque autant que les dialogues eux-mêmes. Même si on ne fait pas attention, consciemment, à l’image, les couleurs, la lumière et les mouvements de caméra influencent fortement notre ressenti à l’égard des personnages.
Dis-moi quelle couleur t’habite?
Un premier exemple très clair concerne les couleurs associées aux deux héros. Ilia (Connor Storrie ) est souvent filmé dans des environnements aux couleurs chaudes : lumières orangées dans les bars, rouges dans certaines chambres d’hôtel ou scènes nocturnes. Ces
teintes donnent une impression de chaleur, d’intensité, parfois même de danger. Elles collent bien à son caractère impulsif et passionné. À l’inverse, Shane (Hudson Williams) apparaît fréquemment dans des couleurs froides, comme des bleus ou des verts : vestiaires, chambres plus sobres, éclairages plus neutres. Cela le rend visuellement plus distant, plus fermé, comme s’il tentait de garder le contrôle sur ses émotions.
On peut notamment constater l’utilisation de ces codes dans la scène du vestiaire de l’épisode 1 : un pan de casiers est rouge — celui contre lequel Ilia s’appuie — tandis que l’autre aligne des portes plus sobres contre lesquelles Shane est positionné, matérialisant le contraste entre leurs deux personnalités. Ce jeu d’oppositions revient d’ailleurs à plusieurs reprises au fil des épisodes. Puis, à mesure que leur relation évolue, les codes chromatiques se brouillent : Shane est parfois filmé dans une lumière plus chaude, et Ilia dans des tonalités plus froides. Sans qu’un mot soit prononcé, l’image nous fait alors sentir qu’ils se rapprochent.
La scène du club est un autre exemple parlant. Les lumières y sont changeantes, très colorées, avec des bleus, des violets et des rouges qui clignotent. Rien n’est stable : ni l’éclairage ni les mouvements de caméra. Cela crée une sensation de confusion et de tension entre les couleurs qui sont au diapason d’émotions survoltées : la jalousie, le malaise et les émotions contradictoires des personnages. Puis, quand Ilia voit Shane avec quelqu’un d’autre ou l’inverse, la caméra se rapproche lentement de leurs visages, invitant le spectateur à partager leur frustration.
Lumière, cadre et
La lumière est aussi utilisée pour montrer le degré d’intimité entre les personnages. Au début de la série, beaucoup de scènes sont filmées avec des éclairages assez crus, qui créent des ombres marquées sur les visages et renvoient à une impression de secret ou d’interdits. La scène de la confession d’Ilia dans un tunnel russe en est un exemple marquant. Plus tard, une lumière plus douce et plus diffuse s’impose progressivement. Les visages sont alors mieux visibles, moins coupés par l’ombre. On a l’impression que les personnages s’autorisent enfin à être vus tels qu’ils sont, tant émotionnellement que physiquement.
Les cadres et la composition jouent aussi un rôle déterminant dans la façon de mettre en scène la proximité — ou, au contraire, la distance — entre Shane et Ilia. Au départ, ils sont souvent filmés séparément, même au cœur d’un espace partagé : chacun rejeté à une extrémité du cadre, ou encore divisés par un élément du décor (une porte, une vitre, un miroir). Ces « barrières » visuelles ne sont pas seulement esthétiques : elles matérialisent les non-dits, les limites que chacun s’impose, et la difficulté à se rejoindre émotionnellement. Même lorsqu’ils sont dans la même pièce, notre regard est ainsi guidé vers ce qui les éloigne plutôt que vers ce qui les unit.

--La scène du canapé constitue une illustration particulièrement parlante de cette technique. Les deux personnages s’assoient aux extrémités opposées d’un même meuble et leurs bras croisés suggèrent un malaise à se livrer et une volonté de garder le contrôle. À l’arrière-plan, la mise en scène réactive les codes chromatiques de chacun : des touches de rouge derrière Ilia, du bleu derrière Shane. Même les objets sur la table prolongent ce rappel avec une canette rouge devant le premier et une verte devant le second.
À d’autres moments, au contraire, la caméra les rapproche jusqu’à saturer le cadre : leurs visages occupent alors presque tout l’espace, et la faible distance entre eux devient palpable. Cette promiscuité visuelle intensifie la tension sexuelle, mais aussi la tension émotionnelle et l’aspect confrontant de leur dynamique. Puis, lorsque leur relation cesse d’être une simple confrontation et qu’un véritable rapprochement s’installe, la mise en scène s’épure : ils partagent naturellement le centre du cadre, dans une image plus stable, sans obstacle ni découpage qui viendraient les tenir à l’écart. À cet égard, dans les premiers épisodes, le contraste avec les scènes autour de Scott (François Arnaud) et Kip (Robbie G.K.), qui occupent le centre du cadre, illustre particulièrement bien l’existence d’une grammaire visuelle différente.
Enfin, les mouvements de caméra prolongent ces choix de cadrage en épousant l’état intérieur des personnages. Lorsque l’un d’eux commence à reconnaître ce qu’il ressent, la caméra avance doucement, comme si elle réduisait une distance de sécurité et nous invitait à entrer dans une forme d’intimité. À l’inverse, dans les scènes de conflit ou de retrait, elle peut reculer, se figer, ou maintenir une distance plus froide, laissant davantage d’air entre les corps : l’espace devient alors le signe visible d’une rupture, d’un refus, ou d’une émotion qu’on ne parvient pas à verbaliser.
Ces exemples ne représentent qu’une partie des procédés de mise en scène — couleurs, lumières, composition et mouvements — qui orientent notre regard et façonnent nos réactions, souvent sans que nous en ayons pleinement conscience.
Pour aller plus loin, je ne peux que recommander le visionnement de la vidéo très détaillée (40 minutes) de Maria Gillin : The Excellence of Heated Rivalry’s Cinematography. https://www.youtube.com/watch?v=mV6FSBeVbmk 6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

Adopté à sa naissance par des parents acadiens, Peter, un jeune autochtone gai, voit sa vie prendre un tournant inattendu lorsqu’il découvre une lettre écrite par sa mère biologique 20 ans plus tôt, peu de temps avant son décès. Ce message éveille en lui de multiples questions sur ses racines et son appartenance culturelle. Est-il cependant prêt à y faire face ?
En compagnie de son copain, Darren (Shayne Michael), Peter (Félix Perkins) entreprend un voyage à travers le Nouveau-Brunswick dans l’espoir de retracer ses origines et de renouer avec un héritage wolastoqey qu’il connaît à peine. Il ne dispose cependant que de maigres indices : une lettre rédigée dans une langue qui lui est incompréhensible et un foulard aux couleurs chatoyantes. Demeure également une crainte persistante : celle de ne rien découvrir ou, pire encore, d’être confronté à une vérité trop douloureuse à affronter. Cette recherche le pousse également à se colleter à des parts de lui-même qui sont demeurées en suspens : une culture autochtone qu’il connaît à peine, mais aussi une honte liée à son orientation sexuelle, venant redoubler celle associée à son identité autochtone. Un sentiment nourri par la banalisation des insultes et des préjugés à caractère homophobe ou raciste, qu’il entend trop souvent autour de lui et vis-à-vis desquels il ne sait comment réagir. La relation entre Peter et Darren forme le cœur affectif du récit, même si elle reste traversée de tensions : Peter hésite à s’y investir pleinement et à affronter le regard des autres. Ces réticences se trouvent renforcées par le mystère qui entoure la lettre de sa mère : certains refusent de la traduire, d’autres n’en révèlent qu’un fragment. Quel secret unit le passé de sa mère au sien, et ce refus d’en dévoiler le contenu cache-t-il une fêlure en lui ? Le scénario combine de multiples références issues des cultures autochtones traditionnelles et de la culture occidentale contemporaine, allant jusqu’à évoquer, par exemple, une citation de Buzz l’Éclair tirée du film Histoire de jouets. Le périple des deux hommes fera par ailleurs émerger une vérité qui fait écho aux zones d’ombre de l’histoire coloniale canadienne, tout en ouvrant la voie sur un avenir pleinement dégagé. Composée de huit épisodes d’une dizaine de minutes, la minisérie, écrite par Shayne Michael et réalisée par André Roy, se distingue par un équilibre singulier entre réalisme et lyrisme, soutenu par une musique envoutante. Portée par une distribution néo-brunswickoise, l’interprétation, bien que parfois inégale, dégage toujours une conviction irrésistible. Le titre, Enfant de méduse, se prête à de multiples interprétations symboliques. À l’image du personnage de Peter, l’interprétation peut ainsi puiser dans plusieurs références culturelles. Le titre renvoie donc tout autant à un conte autochtone évoquant une femme nommée Méduse qui accompagne l’envol d’hommes-aigles, qu’à la figure mythologique grecque : victime devenue monstre, dotée d’un pouvoir de pétrification et pouvant incarner un homme marqué par un passé figé qui l’empêche d’avancer. L’absence de majuscule suggère également la méduse marine, créature fascinante et insaisissable, aussi dangereuse que fragile. Elle devient alors le symbole de vérités enfouies qui, une fois révélées, peuvent à la fois libérer et blesser le jeune homme.6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | Les huit épisodes sont disponibles, en français, sur TOU.TV. https://www.youtube.com/watch?v=hIW1kLGBT_Q

SCHOOL SPIRITS (LES ESPRITS DE SPLIT RIVER), SAISON 3 Voyage au bout
L’école secondaire de Split River est peuplée des fantômes de plusieurs étudiant.e.s, incapables de saisir pourquoi ils y restent coincé.e.s. Tout bascule quand Maddie se joint au groupe et cherche à découvrir qui l’a tuée et comment elle peut se libérer de son destin d’âme errante. Le résultat s’impose comme l’une des séries pour ados les plus remarquables des dernières années.
Une fois le voile levé sur les circonstances de sa mort, Maddie (Peyton List) pensait enfin pouvoir renouer avec une certaine normalité. Or, c’est l’inverse qui se produit : elle est entraînée dans un entre-deux encore plus instable. Tandis que les intentions réelles de certains personnages éclatent au grand jour, un nouveau mystère refait surface, intimement lié à la fondation même de la ville. Cette énigme pourrait éclairer les raisons pour lesquelles l’école secondaire de Split River est devenue un véritable foyer d’esprits… tout en faisant planer une menace sur leur existence.
Pourquoi sont-ils incapables de quitter l’enceinte de l’école ? Quelle est cette mystérieuse cathédrale qui se cache sous les fondations de celle-ci ? Quelles forces, qu’elles soient bienveillantes ou malveillantes, se cachent dans l’ombr ? Et surtout, peuvent-ils espérer s’échapper des limbes ? La série s’éloigne ainsi du style policier des deux premières saisons pour explorer un univers élargi, où se mêlent habilement l’humour, le drame, le surnaturel, les réflexions existentielles et l’exploration du deuil.
Il faut par ailleurs souligner la capacité de la série à renouveler constamment ses enjeux et à offrir des révélations inattendues, ce qui fait que chaque fin d’épisode nous laisse bien souvent sur le bout de notre siège, une exclamation de surprise au bout des lèvres. La qualité du jeu des acteurs, la construction du suspense et le soin apporté au développement des

personnages illustrent bien qu’il est possible de présenter des personnages riches et complexes dans une série destinée aux ados. La série Stark Trek : Starfleet Academy devrait d’ailleurs en prendre de la graine.
Au fil des trois saisons, on assiste à une évolution naturelle des personnages, qui apprennent à abaisser leurs défenses et à se mettre à nu. L’athlète arrogant et en apparence un peu bourrin des premiers épisodes se révèle ainsi beaucoup plus complexe qu’on ne l’imaginait. La série exploite également le fait que plusieurs générations de fantômes sont prisonnières des murs, ce qui amène de nombreuses confrontations culturelles et situations d’affirmation de soi, que ce soit sur le plan de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre (la saison 3 introduit une thématique non binaire) ou de la représentation des rôles féminins et masculins. En ce sens, la série devient un terrain fertile pour aborder les notions de loyauté, de vulnérabilité, ainsi que la liberté d’être et d’aimer sans contrainte.
Cette dernière thématique est particulièrement bien explorée à travers les personnages de Charley (Nick Pugliese) et de Yuri (Miles Elliot). Charley est décédé dans les années 1990, à une époque où son homosexualité faisait de lui une cible constante pour les athlètes de l’école. Profondément blessé, il doute de sa propre masculinité et il a du mal à croire que Yuri puisse vraiment s’intéresser à lui. De son côté, Yuri est mort dans les années 1970, à une époque où la bisexualité relevait de l’anathème et où ses pires cauchemars étaient alimentés par la pression de se conformer aux attentes de la société : se marier avec une femme, avoir 2,4 enfants, une maison et un chien.
Malgré la richesse des thèmes abordés, la série évite de sombrer dans le mélo et réussit plutôt le tour de force de naviguer sur le fil de fer entre le drame et l’humour, sans cependant craindre d’offrir des moments profondément touchants. La nouvelle saison introduit d’ailleurs un personnage haut en couleur, Deborah Hunter-Price, incarnée par la pétillante Jennifer Tilly, qui enfile comme un gant le rôle d’une politicienne roublarde et un tantinet kitch. Lorsqu’il la voit, Charley ne peut d’ailleurs s’empêcher de s’exclamer qu’il y a quelque chose de profondément « fabuleux » chez elle.
Si ce n’est pas déjà fait, laissez-vous emporter par cette série profondément addictive et brillante, qui saura tout autant séduire les jeunes d’aujourd’hui et d’hier. Y aura-t-il une saison 4 ? On ne peut que le souhaiter !6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | Les huit épisodes de la saison 3 de School Spirits (Les esprits de Split River) sont disponibles, en anglais, sur Paramount +. Les deux premières saisons sont disponibles, en français, sur Télé-Québec et la troisième devrait également s’y retrouver d’ici quelques mois. https://www.youtube.com/watch?v=7Hx7kbgJeiE

Une télé-réalité qui débranche tout, sauf notre intérêt !
Dix personnalités très actives sur les réseaux sociaux sont larguées, totalement seules, au cœur du vaste territoire forestier inhabité de Kenauk Nature, dans l’Outaouais, où elles ne pourront compter que sur leur sens de la débrouillardise. Laquelle se révélera la moins turboaccrochée aux réseaux sociaux ?
Privées de téléphone, de réseau et de tout repère numérique, elles ne disposent que du strict nécessaire de survie, ainsi que d’une radio par laquelle des instructions ou des indices leur sont ponctuellement transmis. Bien évidemment, une caméra suit chaque participant.e à la trace, mais interdiction d’apporter le moindre soutien, à moins qu’il ou elle déclare forfait.
La série réunit 10 personnalités bien connues du Québec, soit l’acteur Antoine Olivier Pilon, la créatrice Pascale de Blois, la chanteuse et comédienne Éléonore Lagacé, le coiffeur Kevins Kyle Lambert, l’humoriste Marylène Gendron, la créatrice Amorella Lenga, l’influenceur Brendan Mikan, l’humoriste CharlesAntoine Des Granges, la créatrice Joanie Grenier et le comédien Sam Éloi Girard.
L’aventure se déploie sur plusieurs jours, à travers neuf épisodes, au cœur d’une réserve naturelle privée de 265 km² — l’une des plus vastes en Amérique du Nord. À l’inverse de Survivor, où les dynamiques sociales occupent une place centrale, les volontaires sont ici réparti.e.s à plusieurs kilomètres les un.e.s des autres. Leur mission : retrouver un.e autre concurrent.e, puis choisir de coopérer ou de s’affronter afin de mettre la main sur l’un des cylindres renfermant une part du grand prix de 25 000 $. Dès le départ, chaque participant.e doit par ailleurs trancher : que laisser du matériel fourni pour obtenir un avantage ? Dilemme cruel : garder, ou non, l’unique rouleau de papier de toilette !
Avouons-le : nous traînons une foule de préjugés sur les influenceur.se.s. Leur supposée incapacité à se débrouiller sans réseau WiFi nourrit d’abord un plaisir à peine coupable : celui de se réjouir de leurs ratés. On s’amuse ainsi de décisions et d’angoisses parfois risibles chez certain.e.s (sangloter quelques heures seulement après avoir été déposé.e.s en pleine nature). Au contraire, la surprise et l’admiration se font sentir devant l’ingéniosité dont d’autres font preuve.
Pour illustration, conformément aux stéréotypes, tout laissait d’abord croire que Kevins-Kyle Lambert, icône du milieu de la coiffure et ex-coverboy de Fugues, ne serait pas équipé pour survivre bien longtemps loin du confort de la ville. On pouvait même se gausser en le voyant émerger de la forêt, affublé d’une chemise griffée à paillettes. Grave erreur ! En effet, dès le premier épisode, on découvre un homme qui fait preuve d’un sang-froid remarquable, manipule avec adresse une boussole, met en place des stratégies efficaces
pour repérer une participante et, exploit suprême, utilise le tissu de sa chemise pour attiser un feu de camp et, à la manière du petit Poucet, les paillettes pour laisser des repères tout le long de son chemin. Ce dernier se révèle un point d’accroche instantané dès qu’on le voit à l’œuvre, puisqu’on voudrait tous être aussi ingénieux et débrouillards que lui ou, à tout le moins, faire partie de son équipe. Le combo parfait : un expert en survie en forêt doublé d’un coiffeur, d’un designer et, par-dessus le marché, qui ne se départit jamais de son calme et de sa bonne humeur. À croire qu’il a été créé en laboratoire. Reste cependant à savoir si, au-delà des premiers épisodes, il ne fera pas face à un redoutable adversaire, qu’il s’agisse de dame Nature ou d’un concurrent retord !
Réalisée par Zone3 en partenariat avec Fremantle, cette série constitue la première adaptation canadienne du concept danois The Lost Ones, reconnu pour sa vision originale de la survie et de la déconnexion. L’animation est assurée par l’humoriste Danick Martineau, qui devient le seul point de contact avec les participant.e.s grâce à la radio, créant ainsi un lien fragile entre le souvenir déjà bien loin du confort et la rudesse trop réelle d’un environnement, où la simple promesse d’un sac de biscuits peut déclencher une émeute. C’est bien installé dans le confort de nos salons que l’on peut s’immerger au cœur d’une aventure captivante, qui promet de tenir en haleine du premier au dernier épisode ! 6
BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca
INFOS | Les neuf épisodes de Hors réseau : l’affrontement sont diffusés, en français, sur Crave !
https://www.crave.ca/en/play/hors-reseau-lexperience/ trailer-french-hors-reseau-lexperience-march-4-s1-3304086


1315, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-0040 / www.facebook.com/Bar.Aigle.Noir
Populaire bar pour hommes, ouvert à tous, où se côtoie une clientèle diversifiée de tous les genres et de tous les âges. C'est un lieu inclusif impliqué dans la communauté. Dans la Zone sport, on diffuse des événements sportifs. Table de billard.
Popular bar for men, open to all, where a diversified clientele of all genres and all ages mix. It's an inclusive place involved in the community. In the Sport Zone giant screen major sporting events. Pool table.
936, rue Sainte Catherine est, Mtl T.514-903-9360 www.bernardmontreal.com
Les cocktails sont aussi élégants qu’inventifs, offerts en versions avec ou sans alcool. On y mange très bien et le menu assume son côté fancy. Mais ce restaurant est aussi un cabaret.
The cocktails are as elegant as they are inventive, available in alcoholic and non-alcoholic versions. The food is excellent, and the menu fully embraces its fancy side.
1669, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-597-0814 / www.barlecocktail.com
Le Cocktail est certainement l'un des plus chics endroits du village ! Il vous offre des performances de drag queens et des soirées de karaoké enflammées. Du jeudi au dimanche : spectacles et soirées à thème sous la direction artistique de Michel Dorion.
Stylish cabaret with a varied clientele where you can let go and relax with friends while enjoying a drag queen show or karaoke. Thursday through Sunday : shows and theme evenings under the artistic direction of Michel Dorion.
1474, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-6969 / www.complexesky.ca
Le Complexe Sky avec ses trois étages et sa terrasse sur le toit dotée d’un jacuzzi est le plus grand complexe gai de la ville.
Sky Complex is the largest gay complex in the city and offers three levels including a terrace on the roof with a jacuzzi.
CHAMPS : CHAMPS SPORTS BAR
3956 Boul. Saint-Laurent, Mtl.
Lieu clé dans le Plateau pour les communautés lesbiennes et queer, connu pour ses événements comme les Dyke Nights, son ambiance inclusive et sa clientèle diversifiée.
A key location in Plateau for the lesbian and queer communities, known for events like Dyke Nights, its inclusive atmosphere, and its diverse clientele.
1115, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-525-7566 / www.mado.qc.ca
Cabaret populaire, Mado présente des spectacles de drags ou des événements spéciaux tous les jours. Mado Lamotte «reçoit« les vendredis et samedis soirs…
Mado's popular Cabaret features drag shows or special events every day. Mado Lamotte "receives" on Friday and Saturday evenings...
1111, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-526-3616 / www.campusmtl.com
Populaire bar où les danseurs nus, pour la plupart assez musclés ou découpés exhibent leur anatomie... pour le plus grand plaisir de la clientèle. Ouvert tous les jours de 15h à 3h.
Popular bar where guys show their muscles, shizelled body... and the rest. Open daily from 3 pm to 3 am.
1681, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.facebook.com/Diamant-Rouge
Diamant Rouge est un strip bar qui permet à sa clientèle d’apprécier visuellement l’esthétique des corps masculins. Dianmant Rouge is a strip club that allows its customers to appreciate the aesthetics of male bodies.
1365, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 438-387-3622 / www.districtvideolounge.com
Bar concept à l’ambiance relaxe avec clientèle de jeunes professionnels LGBTQ+. Écrans géants avec diffusion de vidéoclips et beaucoup plus.
Video bar at the heart of the Gay Village. Relaxed atmosphere with mainly LGBTQ+ young professionals. Large screens with music clips.
1276, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.motelmotel.ca
Motel Motel est une adresse fluide. C’est une buvette de quartier, mais en franchissant la porte dans les toilettes on accède à un bar à l’arrière qui s’inspire du concept de bar clandestin.
Motel Motel is a fluid address. It's a neighborhood bar, but through the door in the toilets you reach a bar at the back which is inspired by the concept of a clandestine bar.
1309, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-347-7023
Bar sportif avec dix-sept grands écrans qui diffusent une variété de chaînes sportives.
Sports bar with seventeen large screens showing a variety of sports channels.
1295, rue Atateken, Mtl. T. 514-303-4013 / www.taverne-normandie.ca
Le Normandie est l’un des plus anciens établissements gais dans le Village. Vous y retrouverez une clientèle des plus sympathiques pour vos 5 à 7 avec une sélection de bières et de scotchs d’une grande variété. Tous les soirs de la semaine, c’est le karaoké.
The Normandie is one of the oldest gay establishments in the Village. Redecorated recently, it gathers a friendly clientele. It offers a variety of beers and scotches. Every night it’s karaoke night!
1272, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.bar-renard.com
Petit bar de quartier, très charmant à la déco design face à la station Beaudry.
Small, trendy and design neighborhood bar in front of Beaudry metro station.
1218, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.ledatekaraoke.com
Piano bar relax avec soirées karaoké tous les jours. Neighbourhood piano bar with karaoke every night.
1812, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-598-8243 / www.lestudmontreal.com
Bar à la clientèle variée où les hommes aiment les hommes et où les Bears se rencontrent aussi. Nombreux partys et soirées à thème tout au long de la semaine. Piste de danse. Il faut visiter «L’Atrihom», une verrière de 30 pieds de haut avec mur végétal, que ce soit pour une date, manger ou simplement pour prendre un verre. Diverse crowd, a meeting place for Bears. Popular bar with dance floor. Several partys and themed nights monthly. The ‘’Atrihom’’ is a 30 feet high green house where you can also eat.
1673, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-7865 / www.facebook.com/tavernerocky
Bar de quartier avec une clientèle mature où l’on propose régulièrement des spectacles de chanteurs.
Neighbourhood bar with a mature crowd. Guest singers regularly.
1171, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-842-1336 / www.stockbar.com
Le Stock Bar est un club de danseurs nus qui offre un cadre festif, respectueux et sécuritaire. Le lieu compte aussi un speakeasy plus cosy pour les danses… et un bar-terrasse ouvert sur la rue.
Stud Bar is a nude dance club that offers a festive, respectful and safe environment. More cosy in the speakeasy space ideal for private dances and also a section open on the street.
858, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-658-2646 / www.stereobar.tickit.ca
Le bar du légendaire afterhour situé dans le Village est doté d’un excellent système de son. Clientèle mixte. DJs locaux et de renommée internationale de passage régulièrement.
The bar of legendary afterhour in the Village has an excellent sound system. Mixed clientele. Local and Internationally renowned DJs.
1950, boul. de Maisonneuve Est, Mtl. T.514-504-6161 / www.facebook.com/BarleTaboo Sympathique bar de danseurs nus. Pleasant bar with nudedancers.
1171, rue Sainte-Catherine Est, 2e Mtl. T. 514-523-2777 / www.clubunity.com
Le club Unity est un grand club où on danse les jeudis, vendredis et samedis.
The Unity Club is a large dance club open on Thursday, Friday and Saturday.
KEELA
1237, rue Atateken, Mtl. T. 514-528-7617 / www.restokeela.ca
Ce resto de quartier convivial offre des vins pour la plupart bios ou natures et de délicieux cocktails. This friendly neighborhood restaurant offers mostly organic or natural wines and delicious cocktails.
1333, rue Ste-Catherine Est, Mtl www.lesaloon.ca
Bistro-bar à l’atmosphère décontractée où l’on peut simplement prendre un verre avant un événement ou y passer la soirée entière.
Bistro-bar with a relaxed atmosphere where you can simply have a drink before an event or spend the entire evening there.
1101, boul. de Maisonneuve est, Mtl. T. 514-379-3699 / www.leblossom.ca
Ce resto propose de la cuisine néo-japonaise, des sushis, mais aussi une importante sélection de saké et de whiskys japonais.
This restaurant offers neo-Japanese cuisine, sushi, but also a large selection of sake and Japanese whiskeys.
815, rue Saint-Augustin, Québec T. 418-649-7212 / www.ledrague.com
Complexe ouvert à tous et à toutes, comprenant: la verrière et le Cabaret. La discothèque sur deux niveaux est ouverte du jeudi au samedi..
Complex open to all, including: the glass roof and the Cabaret. The two-level nightclub is open from Thursday to Saturday .
889, Côte Sainte-Geneviève, Québec, QC G1R 5M2
T. 418-524-5000 / www.facebook.com/bar.stmatthews
Bar gai principalement fréquenté par des hommes. On y trouve une table de billard, une terrasse et des appareils de loterie vidéo. Les moments forts sont les weekends, de même que les 5 à 7.
This gay bar mostly frequented by men. There is a pool table, patio and video lottery machines. The highlights are the weekends, as well as the Happy Hour.
La présence des saunas pour hommes à Montréal date depuis très longtemps. D’ailleurs, le Bain Colonial, ouvert il y 109 ans, est toujours en activité, faisant de lui le plus vieux — ou l’un des plus vieux — saunas pour hommes toujours en activité en Amérique. Depuis le début des années ’70, d’autres établissements ont ouvert leurs portes pour servir les hommes GBTQ en tant qu’espaces de détente et de bien-être contribuant à la vie socioculturelle de la région métropolitaine, en offrant un espace inclusif de rencontres pour la communauté.
SAUNA
1465, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 524-3486 / www.saunacentreville.com
Le Centre-Ville est fréquenté par une clientèle de tous âges et de toutes catégories professionnelles. This sauna attracts a varied clientele from all ages and professional backgrounds.
3963, ave Coloniale, Mtl. T. 514 285-0132 / www.baincolonial.com
Fréquenté par une clientèle majoritairement gaie. Sur trois étages, le Colonial vous permet la détente et, qui sait, de belles rencontres. Le Colonial vous offre 3 saunas, bain tourbillon, salle de vidéo-tv, salle d'exercices, service de massage, 2 terrasses ainsi qu’un stationnement.
Attracts a crowd of regulars, mostly gay. Genuine steam system with natural rocks. The Colonial offers 3 saunas, whirlpool bath, video-TV room, exercise room, massage service, 2 terraces and parking.
1390, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 521-0785 / www.saunaoasis.net
En plein cœur du Village. Plus d'une centaine de chambres et autant de casiers.
In the heart of the Village. Over one hundred rooms.
SAUNA CARPEDIEM
3481, Montée Saint-Hubert, St-Hubert. T. 450 462-3481 / www.saunacarpediem.com
Seul sauna de la Rive-Sud à offrir un sauna vapeur en plus des services réguliers (sauna sec et tourbillon) ainsi qu’une salle vidéo de type «auditorium». On peut y faire l’achat de certains gadgets sexuels. Stationnement gratuit à l’arrière
The only South Shore sauna with a steam room with all regular services (hot tub & dry sauna) and an «Auditorium» style video room. One can also buy a diversity of sexual toys. Free parking at the back.
1166, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 528-3326 / www.saunagijoe.com
Le lieu des amateurs de fétichisme qui retrouvent là un endroit pour réaliser leurs fantasmes.
The sauna of the fetish loving crowd. With slings, glory holes and a bunker.
SAUNA BACKBOYS
264, Rue de la Couronne, Québec T. 418-521-6686 / www.saunabackboys.com
Situé dans le quartier St-Roch, ce sauna compte 45 chambres et casiers, glory holes, bain vapeur, labyrinthe, sauna sec et bain tourbillon.
Located in the St-Roch district of Quebec, this sauna has 45 rooms and lockers, glory holes, steam bath, labyrinth, dry sauna and whirlpool.


« Le Stock ne change pas sa vocation de danseurs [nus] », dit catégorique ment dès le départ Danny Jobin, le copropriétaire de ce populaire club du Village. On parle plus de diversification de l’offre. Ainsi, le Cabaret Stock dévoilera officiellement sa programmation le 26 mars à 19 h lors d’une soirée de lancement qui promet d’être festive, audacieuse et rassembleuse. Sasha Baga, Foxy Lexxy Brown et Rachelle Élie seront aux commandes de prestations dynamiques certainement applaudies par le public.
Un rajout flamboyant au Stock
« Il y a déjà le Stock & Soda avec sa belle terrasse et son décor de plantation durant l’été et la piétonisation. Ensuite s’est ajouté le StockEasy, un speakeasy très cosy avec sa fenêtre sur la salle de danseurs. On a voulu ramener un côté plus festif qu’on n’a plus nécessairement dans les grands bars dans le Village en ce moment, poursuit Danny Jobin. On a confié des soirées du mercredi ou du jeudi à Sasha Baga et à Foxy Lexxy Brown, qui fait aussi du burlesque et qui monte sur scène avec les danseurs pour un spectacle multiculturel, plus flamboyant et de l’animation, bien sûr. Sans oublier Rachelle Éli. »

« On veut essayer de ramener plus de clientèle dans le Village, qu’il soit encore plus animé. C’est une nouvelle formule “cabaret” qu’on proposera au Stock Bar avec de l’animation, de l’humour, du cirque, des soirées sexy et de la drag. L’essence du bar de danseurs nus reste. Il y aura toujours des soirées juste avec des danseurs parce que les touristes l’apprécient aussi beaucoup. Je crois que le genre cabaret peut plaire à une nouvelle clientèle, sans négliger nos danseurs d’ailleurs », rajoute Danny Jobin, qui est copropriétaire du Stock avec son conjoint Vincent Bruneau ainsi que George Pappas (qui est également le propriétaire du Bistro Saloon).
Une soirée des plus festives
Rachelle Élie, Sasha Baga et Foxy Lexxy Brown seront entourées d’artistes invités qui seront dévoilés prochainement. Le public peut s’attendre à un spectacle éclaté, surprenant et festif, fidèle à l’esprit libre et créatif du cabaret. Cette soirée marquera le début d’une programmation variée où se côtoieront spectacles hybrides, performances audacieuses et événements thématiques, faisant du Stock Cabaret un nouveau point de rencontre pour les amateurs d’arts vivants et de divertissement nocturne. Plusieurs partenariats artistiques et culturels seront également annoncés dans les prochaines semaines.
Voici donc la programmation pour les deux prochains mois
AVRIL
2 – Canadian Sexy Males ; 9 – Cabaret Rachelle Elie (animé par Rachelle Elie ); 16 – Foxy Nights (animé par Foxy Lexxy Brown); 23 – La Baga Boom (animé par Sasha Baga); 30 – Flouc Show (animé par Déborah Kadabra)
MAI
7 – Annonce prochaine; 14 – Foxy Nights; 21 – La Baga Boom; 28 – Canadian Sexy Males Si Sasha Baga et Foxy Lexxy Brown assurent la direction artistique, ces artistes sont épaulés par toute l’équipe, soit Anne Julie Labreque, Jean-François James et les gérants Sarah et François, qui supervisent le tout.


Pour les commerçants ayant pignon sur la rue Sainte-Catherine, l’été prochain sera capital puisque ce sera la dernière saison de piétonisation complète. « C’est sûr qu’on va mettre le paquet dans tous nos commerces pour embellir les terrasses avant les travaux. Nous avons fait part de nos inquiétudes à la nouvelle mairesse Soraya Martinez Ferrada. On espère qu’elle va nous écouter, nous les commerçants, concernant les impacts des travaux. Bien sûr, on veut que le Village revive, qu’il soit beau, qu’il soit accueillant, mais nous avons des inquiétudes sur l’impact de ces travaux-là… », commente Danny Jobin, qui est aussi copropriétaire, avec Vincent Bruneau, du Club Date, du District Video Lounge ainsi que du bar sportif Le Weiser.
Le Club Date fera des 5 à 7 piano-bar sur la scène en face de la SDC du Village (près du métro Beaudry). Il faut s’attendre à une exubérante parade brésilienne qui se terminera au District lors de la Fête de la Saint-Jean-Baptiste, comme l’an dernier d’ailleurs. Les aficionados de l’Eurovision (voir notre article à ce sujet en page 74) seront heureux d’apprendre que le District diffusera les divers épisodes de cette compétition musicale internationale. Pour ce qui est du Weiser, celui-ci collabore avec Équipe Montréal pour une multitude d’activités, tandis que des drags seront de la partie pour plusieurs événements. « On va encore plus embellir la terrasse du Stock & Soda et, les dimanches, on organisera des T-Dance avec des DJ. Ce sera encore plus festif », termine Danny Jobin avec enthousiasme.
Donc, à ne pas oublier : à partir du 26 mars prochain, le Stock Cabaret offre une nouvelle salle de spectacle montréalaise consacrée aux arts de la scène et au cabaret contemporain. Le lieu se veut une plateforme inclusive et créative mettant en valeur la diversité des artistes et des disciplines, dans une atmosphère festive, artistique et assumée.6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Stock Bar, 1171, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, T. (514) 842-1336. https://www.stockbar.com

Un printemps très

Du 8 au 12 avril, les amateurs de bears (ours) et les bears eux-mêmes, bien sûr, pourront participer à cinq jours d’activités avec une multitude d’événements. Sortie à la cabane à sucre, tour de ville de Montréal en autobus, événement au G.I. Joe, partys et, bien sûr, le très attendu Concours M. Ours Montréal 2026. Qui succédera à Miky, M. Ours Montréal 2025 ? Sept candidats sont en lice pour ce titre de plus en plus reconnu à l’international. Le tout au cœur du Village et programmé par Bear It, le comité organisateur du concours et du festival.
Bear It, le comité organisateur du concours et du festival « Oui, ça se transforme en “festival”, parce qu’on évolue chaque année pour être justement meilleurs à chaque édition, explique Nicolas Wegel, principal responsable du concours et président de Bear It. En cinq jours, il y a maintenant 18 événements ! Il y a quelques années, on n’aurait jamais pensé ça. Nous sommes soutenus par Tourisme Montréal, par la SDC (Société de développement commercial) du Village, Fierté Montréal et beaucoup de commerçants du Village. Donc, chaque année, il y a des choses qui s’ajoutent et qui s’améliorent. On désire aussi faire rayonner le Village, ses commerçants, sa diversité, etc. »
Le Fairfield by Marriott (sur Berri, près de René-Lévesque) devient l’hôtel partenaire officiel du festival avec des prix avantageux pour les touristes qui viennent maintenant de plusieurs pays européens, « comme la Hollande, la Belgique, la France, les États-Unis et de partout au Canada. Le festival gagne en notoriété et en visibilité et nous en profitons pour faire rayonner le Village encore plus », dit Hugo Deschamps, responsable des communications chez Bear It. Le tout débute le mercredi 8 avril par le Kick Off au District Video Lounge, de 17 h à 20 h. C’est là que les gens peuvent récupérer leurs passes VIP et BBP et rencontrer les candidats au concours. Le jeudi 9 avril, dès 18 h, l’ Aigle Noir accueille l’événement
Lumberjacks at Work, une soirée bûcherons où les gens pourront scier des bûches, rencontrer les candidats au concours M. Ours et assister à une compétition très sexy de « bobettes mouillées » ! Avec des cadeaux et des surprises, comme pour la plupart des soirées de ce week-end !
Mais la soirée ne se termine pas là, puisqu’elle se poursuit au Diamant Rouge — oui, le bar de danseurs nus — pour Bear Heat, avec des danseurs ours et une scène ouverte à tous ceux qui souhaitent s’essayer à la barre !
Une nouveauté cette année consiste en le Marché des ours . Oui, oui : un marché ours, avec des artisans et des commerçants du Village offrant une panoplie de produits et d’items dans les locaux de la SDC du Village, près du métro Beaudry. Les vendredi et samedi 10 et 11 avril, de midi à 18 h, on aura droit à une panoplie de produits : mode, accessoires, art, objets coup de cœur, etc.
« C’est dans l’idée de créer un événement festif offrant la possibilité aux touristes de se procurer des souvenirs de leur passage à Montréal, poursuit Nicolas Wegel. C’est aussi dans la continuité de constituer des événements dans l’esprit d’une bear week comme il y en a à l’international et, ici, de faire aussi collaborer divers commerces du Village dans le même esprit d’entente, comme Priape, Mistr Bear ou Armada par The Men’s Room, entre autres. »
Le soir du vendredi, vous êtes invité au Stock & Soda pour le cocktail pré-concours, de 18 h à 20 h, une activité suivie de la 7e édition du Concours M. Ours Montréal 2026, dans la salle du Stock , de 20 h à 22 h, animé par l’inimitable Sasha Baga ! « Sasha est la meilleure porte-parole de la communauté ours, elle est formidable ! », dit Nicolas Wegel. Le jury de
cette année se compose de: l’humoriste Charlie Morin, en tant que président, Antoine — M. Cuir 2025, Vixen — Pup MTL 2024, Julien — M. Ours 2019, Pavel — M. Ours Belgique 2025 et Loïc — 1er dauphin Ours de Paris 2024.
Sept candidats se livreront une lutte amicale pour devenir le titré 2026. « Neuf personnes se sont présentées pour être candidates, mais nous n’en avons retenu que sept, pour refléter les sept couleurs du drapeau ours et les valeurs d’inclusion qu’il véhicule dans la communauté, explique Nicolas Wegel. Nous tenons beaucoup à ça parce que c’est une communauté qui, rappelons-le, avait été marginalisée au début, parce que les ours ne faisaient pas partie de l’esthétique représentative de la communauté gaie. Mais avec le temps, les ours ont formé une communauté où tout le monde peut s’exprimer, peu importe son corps et sa pilosité. » Cela se déroule sous le thème sucré du beigne… Ah ha ! Que va-t-il donc se passer avec cette pâtisserie ? « C’est à découvrir avec beaucoup de surprises », renchérit Hugo Deschamps !
« Nous arrivons à la pleine capacité de la salle avec 450 personnes. C’est superbe, mais nous sommes obligés de refuser des entrées, dit Nicolas Wegel. Mais en même temps, cela démontre qu’on s’en va dans la bonne direction, qu’il y a plus de gens intéressés par le festival et le concours. Ce concours est un tremplin pour plusieurs qui peuvent oser se présenter sur scène et, pour d’autres, l’occasion d’y assister et d’appuyer les candidats. Bref, on verra pour l’an prochain et la demande. »
Encore là, si le cœur vous en dit et que vous avez encore de l’énergie, c’est le party Loaded with Bears qui vous attend au Stud, de 22 h 30 à 3 h. Loaded with Bears, c’est l’after party où l’énergie est lourde, la piste pleine et l’ambiance intensément bear.
Encore plus sucré
Un des événements phares de ce Festival Sugar Bear est, bien entendu, la visite à la cabane à sucre Oswald. Le 11 avril, montez dans un autobus pour vous amuser dans une cabane entièrement réservée pour les bears. Il y a 185 places et il faut vite réserver puisque les billets s’envolent comme des tartelettes au sirop d’érable ! « La propriétaire de la cabane est très accueillante, elle connaît très bien la communauté LGBTQ+, donc elle a été très enthousiasmée à nous recevoir dans sa cabane à sucre, qui nous sera entièrement réservée pour que l’on puisse créer un safe space pour les ours afin qu’ils se sentent à l’aise d’être eux-mêmes », explique Nicolas Wegel. C’est l’occasion rêvée d’aller dans une cabane entre bears, de se sucrer le bec et de s’amuser tout en bouffant ! On ne peut s’empêcher de nous aguicher encore plus avec un autre party des plus hot au Bain Mathieu, le samedi 11 avril, de 22 h à 3 h, pour le Thick & Glazed. Ici, les gogo bears occupent l’espace avec assurance et charisme, pendant que DJ Joshua Reid (Halifax) et DJ TRND (Montréal) font monter la température jusqu’aux petites heures. D’autres événements vous attendent au Stud, au G.I. Joe, etc.
À noter que 70 % des événements sont gratuits et ouverts à tout le monde
« On trouve qu’il manque une petite touche féminine à la communauté ours. Peut-être y aura-t-il une “Miss Ours” durant la Fierté cet été ? », dit Nicolas Wegel. « On n’en dit pas plus, mais c’est certainement à surveiller », ajoute Hugo Deschamps en nous titillant encore davantage ! 6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Billets et programmation complète : www.bearitmtl.com. Festival Sugar Bear, du 8 au 12 avril


de la musique pour danser sur du Dalida, Aznavour, Claude François, Michèle Torr, Michel Louvain, Arianne Moffatt, la Compagnie Créole, etc. Ce sera la «FièvreFrancophone », dès 21 h et jusqu’à la fermeture. Bref, une soirée dansante 100 % francophone, avec de la musique des années 1950 jusqu’à aujourd’hui. Il faudra en profiter, parce qu’elle ne sera offerte que quelques fois par année… pour l’instant… Le DJ sera annoncé sous peu. Et l’admission est gratuite !
Venez danser, chanter, vous époumoner et vous déhancher solide sur des airs francophones dans le bar, puisque le Cocktail se transformera en une vaste piste de danse sur les deux étages, avec une ambiance survoltée ! Oui, oui ! Vous avez bien lu, vous pourrez danser même sur la mezzanine. « Deux étages de pur plaisir musical », comme le dit si bien Michel Dorion, le directeur artistique du Cocktail. Que vous soyez nostalgique des classiques d’hier ou accro aux hits, vous allez vibrer au rythme de la musique d’ici et d’ailleurs.
De nouveaux concepts
« On a discuté avec la nouvelle administration [de Lucien Boisseau et Alexandre Corriveau, les propriétaires du bar], pour trouver de nouvelles formules de soirées, poursuit Michel Dorion. On est tombé sur l’idée d’une soirée entièrement francophone. On sait qu’il n’y en a pas en ce moment dans le Village. C’est donc une première, à ma connaissance. J’adore ce concept-là de pouvoir danser sur une musique francophone. Pour l’instant, ce ne sera pas tous les mois, cela se fera quelques fois par année. »
Il y aura un DJ qui s’évertuera à créer une ambiance dynamique autour de chansons dansantes d’artistes diversifié.e.s depuis les années 1950 jusqu’à de nos jours. « Eh oui, bien sûr, il y aura du Céline Dion, c’est évident », de dire en rigolant Michel Dorion.
Le concept ici est d’offrir cette soirée lorsqu’il y aura des congés et de longues fins de semaine, comme le week-end de Pâques, dont la fête tombe précisément le 5 avril.
« Il y a plusieurs week-ends où l’on peut faire cette soirée-là, poursuit-il. Il y a aussi les fins de semaine où le Cocktail, par exemple, a la permission de rester ouvert jusqu’à 6 h du matin, comme d’autres établissements dans le Village. Ce sont des dates où l’on pourra faire
s’il y a de l’engouement pour ce type de soirée et si la clientèle l’apprécie », souligne Michel Dorion.
Bien sûr, avant cette soirée, il y aura le Dimanche Show, de 18 h à 20 h, avec Michel Dorion et ses invités. De 20 h à 21 h, on s’affairera à tasser les tables et les chaises de manière à laisser le plus de place possible à la danse.
« De toute façon, on va vivre la première soirée, on va l’expérimenter et on ajustera le tir pour les prochaines soirées, selon les commentaires qu’on recevra du public », dit le directeur artistique du Cocktail.
Il faudra donc être là pour le début de quelque chose de grand. Parce que la fièvre francophone… ça se vit sur la piste de danse !
Vous connaissez Lolanda Cristina Giggliotti ? La plupart d’entre vous vont me répondre que non. Si je vous dis Dalida, alors là, vous allez me dire que oui ! Dalida est décédée à l’âge de 54 ans, à Paris, le 3 mai 1987.
Le 3 mai prochain, dès 18 h, Michel Dorion montera sur les planches du Cocktail pour un hommage spécial dédié à Dalida. « C’est la 2e fois que je fais ce spectacle-là. Cela faisait quelques années que je n’avais pas personnifié Dalida et cela tombait bien de le faire pour l’anniversaire de son décès », dit-il.
Les aficionados vont adorer ! Un show de 24 à 26 chansons, plusieurs changements de costumes et deux heures de pur et agréable plaisir, que d’entendre les plus grands succès de cette chanteuse prolifique italienne-égyptienne à la carrière internationale. Bien entendu, le spectacle a été quelque peu modifié pour cette édition-ci et comprend donc des nouveautés. Même si vous l’avez vu la première fois, vous ne vous embêterez pas à le revoir. Ça aussi, ce sera à ne pas manquer ! 6
ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com
INFOS | Bar Le Cocktail, 1669, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-597-0814 ou https://barlecocktail.com

MARDI 19H30
COCKTAIL COMÉDIE SHOW
LES 7 ET 21 AVRIL
VENDREDI 21H30 (ADMISSION 11$)
VENDREDI FOU!
SAMEDI 21H30 (ADMISSION 15$) DRÔLES DE DRAGS! ANIMATION PAR ALTERNANCE: MICHEL DORION, EMMA DÉJÀVU, MISS BUTTERFLY, LADY BOOMBOOM ET LEURS INVITES
DIMANCHE 18H (ADMISSION 5$)

CHOUCHOUNE


DÉJÀVU LADY BOOM BOOM RAWBIN




FIESTA LATINO / 19 AVRIL
JAVIER ET MICHEL DORION
MERCREDI 1 ET 15 AVRIL - 20H AVEC MODÈLE VIVANT LAISSEZ-VOUS GUIDER PAR VOTRE ESPRIT CRÉATIF! DU DIMANCHE AU MERCREDI DÈS 22H DU JEUDI AU SAMEDI DÈS 23H
JEUDI 16-23-30 AVRIL 21H

ANIMATION PAR ALTERNANCE : CHOUCHOUNE, RAWBIN, EMMA DÉJÀVU
ANIMATION MICHEL DORION ET SES INVITÉS Soirée artistique «Drink & Draw’’


Il est une heure trente du matin. Je cherche mes bas au pied de son lit pendant qu'il remet son jeans. Je connais même pas son nom. Je connais par contre la marque de son shampoing, sa couleur préférée et son signe astrologique (il était tatoué sur sa jambe). Y’a une minute, on était collés comme du velcro. Là, on agit comme deux collègues après un party de bureau qui a mal tourné. C’est fou la vitesse à laquelle on est redevenus des étrangers.
C'est ça que je trouve spécial dans le one night. Ce moment précis où nos cerveaux reprennent le contrôle et réalisent qu’ils n’ont plus rien à se dire maintenant que le désir est réglé. Le désir avait une logique, une direction. Tant qu'il était là, on savait où ça s'en allait. Quand il s'éteint, il reste juste deux personnes qui ne se connaissent pas dans le même lit. Sauf qu'une fois que c'est fini, on ne peut pas juste partir comme un sauvage. On ne veut pas non plus avoir l'air de quelqu'un qui utilisait l'autre, même si l'autre a fait exactement pareil. Alors on se retrouve à essayer de quitter élégamment un gars qu’on n’a jamais vraiment accueilli.
Je lui dis que je me lève tôt demain. Je mens. On se crée souvent une vie ultra-disciplinée dans ces moments-là. Le rendez-vous à la banque le dimanche matin, le long trajet de retour alors qu'on était à 300 mètres de distance sur Grindr, le poisson rouge à nourrir... Ce sont les mensonges les plus polis du monde. Les deux savent que c’est faux, les deux font semblant que c’est vrai.
Il me raccompagne jusqu'à la porte. Il est déjà à moitié ailleurs. Moi aussi. On parle météo. Je complimente son chat obèse. Il me dit « on se revoit » sur un ton qui dit le contraire. Je souris comme si j’y croyais. On sait tous les deux que personne ne va écrire. Pas par
méchanceté, juste parce que ce n’était pas construit pour durer. C’était un moment pour calmer quelque chose, rien de plus.
Y'a quand même quelque chose d'absurde là-dedans. Au début, on est directs. On dit ce qu'on veut, nos préférences, sans se gêner. Mais au moment de partir, cette franchise-là disparaît. On est capables d'être transparents sur le plus intime. On devient flous sur le plus simple.
J'ai voulu être honnête une fois. Le gars et moi, ça cliquait clairement pas. J'ai dit : « C'était le fun, mais je pense pas qu'on va se revoir. » Il m'a regardé avec des grands yeux, bouche à moitié ouverte. J'avais juste dit ce qu'on pensait tous les deux. J'ai passé pour un trou de cul. Alors que quand je mens, même quand c’est zéro subtil, je passe pour quelqu'un de bien. Depuis, je reviens aux formules qui ne veulent rien dire. C'est plus simple. C'est plus lâche aussi, mais au moins ça protège l'ego de chacun.
En quittant son immeuble, je repense aux autres au revoir que j'ai vécus. Il y a eu les gars qui devenaient hyper affectueux juste avant que je parte. Caresse sur la joue, petit bisou dans le cou. Ça rendait le départ plus chaleureux, même si ça ne changeait rien à la suite. Il y a aussi ceux qui se mettaient à parler sans s’arrêter. J'en ai écouté un pendant quinze minutes parler de sa famille. Je suis sorti de là avec plus d'informations sur sa mère que sur lui.
D'autres se levaient rapidement du lit, puis partaient presque en courant, comme si rester une minute de plus allait leur donner l'air de vouloir s'attacher. Ceux-là, j'étais content qu'ils partent et me bloquent trente secondes plus tard.
Ceux qui me reviennent le plus, ce sont ceux qui auraient voulu que ça continue, mais qui ne disaient rien. J'ai souvent été comme eux. On reste là à enfiler ses souliers en espérant que l'autre va proposer quelque chose en premier. C'est étrange, quand même : être nu devant quelqu'un gêne moins que de lui dire qu'on voudrait rester. Puis les rares qui m’invitaient à rester juste assez longtemps pour un verre d'eau dans la cuisine, assis à moitié nus. C'est là qu'ils me disaient leur nom. Je leur disais le mien. On s'était vus nus avant de se présenter. On faisait tout à l'envers. Certains d’entre eux sont même ensuite devenus des amis.
Curieusement, je me souviens plus de comment les gars partent, ou comment je pars, que de ce qui s'est passé avant. Si je me fie à tous les au revoir que j’ai vus, la manière dont quelqu’un quitte une chambre en dit souvent plus sur lui que la façon dont il y entre. Moi, selon la nuit, je suis soit un fuyard, un collant, un menteur poli ou un tendre maladroit.
Je me demande ce que l'autre a pensé quand je suis parti. Est-ce qu'il a remarqué que j'ai mis mes souliers trop vite ? Est-ce qu’il a repensé lui aussi à la façon dont ça s’est terminé ? Ou est-ce qu'il était juste content de retrouver son lit seul ? Je ne le saurai jamais. En même temps, c'est ça un one night. Ce n'est pas forcément fait pour apprendre à se connaître.6




70e anniversaire de Monsieur Michel | PHOTO PASCAL FOREST
MONSIEUR MICHEL QUI CÉLÉBRAIT SON 70E ANNIVERSAIRE CE MOIS-CI EN COMPAGNIE D'ESIRENA, UNE ARTISTE DE LA NOUVELLE GARDE QU'IL APPRÉCIE GRANDEMENT.

Les Folies Draglesques au Cabaret Mado | PHOTOS PASCAL FOREST



Happening Médaille Pascal Vaillancourt à la SDC Village Montréal | PHOTO PASCAL FOREST
HAPPENING DANS LES BUREAUX DE LA SDC DU VILLAGE EN L'HONNEUR DE PASCAL VAILLANCOURT, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'ORGANISME INTERLIGNE, QUI S'EST VU DÉCERNER


Vernissage de Samuel Rancourt au Le JIM | PHOTOS PASCAL FOREST

ET

WAR on the Catwalk à l’Espace St-Denis | PHOTOS PASCAL FOREST




Haute-Couture vol.2 au Cabaret Mado | PHOTOS PASCAL FOREST





20 mars au 19 avril 2026 depuis 5-6 semaines. Alors que Saturne fait le tour du zodiaque en 29,5 ans, et Neptune en à peu près 165 ans. Drôle de coïncidence, qui annonce en fait ce qui sera l’année la plus importante de la vie des Bélier. Enfin, pour une grande majorité. Et j’inclus dans ça les ascendants Bélier, peu importe leur signe natal. Saturne est un dieu important, celui du père. Des responsabilités. De la réussite extérieure. Il amènera donc les natifs du signe à vivre diverses aventures où ils n’auront pas le choix de devenir adultes et de se donner une structure viable pour mieux fonctionner. Et pourvoir à leurs besoins. Ils devront clarifier leurs priorités pour ne pas s’éparpiller. Et respecter leurs limites. La vie ne leur donnera pas le choix d’être patients et surtout constants dans leurs efforts. Et leur travail. Enfin, ils seront plus capables de dépouillement. De simplicité volontaire. Surtout dans des domaines superficiels. Plusieurs trouveront le courage nécessaire pour arrêter de fumer. D’autres mangeront mieux et bougeront plus. Ils seront capables de mieux supporter la solitude, pour ne plus dépendre de ceux qu’ils attirent. Les amours et amis éphémères. Ils deviendront plus forts intérieurement, on le verra à leur prestance. Et leur succès. Quant à Neptune, il apprendra au Bélier à écouter, à être attentif. Autant à ceux qui sont autour de lui qu’à son intériorité, qui fluctue constamment. Qui évolue au fil des expériences. Il se comprendra mieux, de sorte qu’il sera moins intransigeant dans son jugement, autant pour les autres que pour lui-même. Il vivra des échanges plus variés, nuancés. Il sentira plus facilement des réalités pas trop cartésiennes. Il remarquera les magiciens et les mages malgré leur discrétion. Il sentira ou entendra des messages. Des conversations même. Il pourrait lui-même se découvrir des talents inattendus. Car le Bélier, toujours en avance sur les autres par son action, est un voyant naturel. Il sait toujours où poser le pied. Et la main. Et je reviens avec Saturne, la planète du destin. Mais aussi de la carrière. Je pense que le Bélier vivra un tournant important au travail, où il rencontrera un défi. Il aura l’occasion de découvrir du nouveau et de travailler différemment. Il pourrait débuter dans un domaine inconnu, peu importe son âge. Alors que d’autres auront l’élan nécessaire pour percer et arriver à la réussite souhaitée. Et rêvée depuis toujours. Le Bélier sera plus sélectif aussi dans sa vie sociale. Et affective. Il ne voudra plus jouer les mêmes rôles, où il commençait à s’ennuyer, en répétant toujours le même scénario. Mais encore là, le destin deviendra important, où il vivra des moments déterminants. Ses choix l’orienteront pour longtemps. Alors bonne fête, le chevalier impétueux, tu peux partir à la rencontre de ton destin dès maintenant. Et à tout le monde, joyeux printemps ! Joyeuses Pâques !
Taureau
Le printemps arrive, mais il n’est pas encore aussi fleuri, feuillu et pétillant qu’espéré. De toute façon, vous n’y verriez rien, car vous serez bien profond dans vos pensées. Ce qui arrive souvent avant votre fête. Possible aussi que vous soyez pris dans une situation sentimentale collante, où il y aura de la possessivité. Peut-être trop d’assiduité. Vous aurez au moins une bonne idée pour régler un problème irritant. Reposez-vous donc.
Gémeaux
Un événement vous rapprochera d’un copain, en partant dans un voyage impromptu. Ou en débutant dans un projet qui prendra de l’expansion. Et surprise, vous reverrez un ancien copain très en forme, pas mort du tout ! Vous réaliserez comment certains amis ont eu une bonne influence sur vous. Vous aurez un projet pour cet été, dans le bois. Ou à la plage. Vous devriez vous marier avec un de vos amis plus vieux, sage et beau.
Cancer
Vous aurez à vous occuper de quelqu’un, même s’il ne vous le demande pas. Bien qu’en même temps, il serait temps de laisser sécher quelqu’un qui prend vos attentions pour acquis. Jupiter va vous quitter bientôt, il ne serait pas étonnant qu’il vous avantage avant au travail. Dans la société. Vous verrez des résultats après avoir bien travaillé. Créé aussi, composé, pratiqué, écrit. Un projet fabuleux se développera lentement au travail.
Lion
Vous allez bientôt partir sur une piste. Il est temps d’aller voir ailleurs, on vous y attend. Avec un Daïquiri, de la chaleur. Habla español ? Et vous trouverez le chemin pour réaliser un rêve. Juste à côté, il suffisait de regarder. Vous serez plus près d’un sage qui a le regard plein d’espace. Et très en forme, vigoureux. Vous devriez méditer ensemble. Vous n’en avez plus pour longtemps à vivre dans la routine, avec Jupiter qui approche…
Vierge
Vous réaliserez que vous changez vraiment. En prenant plus facilement votre place. Sans effort, naturellement. Parce que ça percolait à l’intérieur et ça a fini par aboutir. Vous aurez à vous occuper d’une question d’argent, en prenant votre temps. Soyez réaliste dans vos dépenses. Vous rêverez à des amours disparus, des parents aussi. Ils vous ont laissé une sagesse qui grandit. Soyez gentil avec votre corps. Permettez-lui plus d’affection.
Balance
Ce sera inattendu, quelqu’un sortira de nulle part et viendra vous voir. Vous saurez tout de suite que cette rencontre est importante. Vous serez tellement désiré que vous n’y comprendrez rien. C’est Saturne, le dieu du destin, qui vous l’enverra du Bélier. Et vous la vivrez dans la réalité, alors que vous n’aurez pas le nez planté dans un écran. Vous aurez d’autres contacts aussi, en rapport avec le travail. Ou la société. Des invitations glam.
ROBERT GAREAU
robertgareauastrologue@gmail.com
Scorpion
Il est temps au farouche guerrier de panser ses plaies. Enfin, au moins, de se reposer. Faites une pause, n’entreprenez pas de projets trop demandants dans le moment. Pensez plutôt à votre santé, en changeant votre bouffe peut-être. En ordonnant un peu plus votre univers aussi. Ainsi, vous réaliserez peut-être que vous êtes confus en quelque part. Ou avec quelqu’un. N’ayez pas peur d’admettre des vérités, vous rebondirez ensuite.
Sagittaire
Vous devez penser à vous divertir, vous changer les idées. Pour vous ressourcer, vous rebrancher à l’énergie créatrice. Vous devriez réaliser un rêve d’ailleurs, ou vous aurez une chance inattendue. Plusieurs feront une rencontre surprenante. L’heure de vérité a sonné, où ils se feront dire bien des vérités, justement. Vous entendrez parler d’un enfant qui s’en vient, parti des étoiles, sur le dos d’une comète. Songes rares sur votre enfance.
Capricorne
Il y a un endroit chez vous où vous serez très bien. À moins que ce soit chez un ami ? Plantez-y votre yourte, en l’attachant solidement. Vous êtes sur le point de vous enraciner en quelque part, vous en êtes de plus en plus conscient. Il y aura une belle lumière, c’est pourquoi la visite s’y attardera. Saturne en Bélier vous dira bientôt, noir sur blanc, que vous êtes arrivé chez vous. Et quelqu’un qui aime la verdure vous visitera souvent.
Verseau
Vous explorerez un endroit pas loin de chez vous, plutôt amusant. Vous rencontrerez aussi au moins un voisin avec qui vous aurez des échanges civilisés. Possiblement très cultivé, mais en même temps discret. Et vous aurez peut-être à changer de véhicule. Prenez celui qui correspond à vos revenus. Vous êtes bien entouré, par des proches agréables à jaser. Mais Jupiter bientôt en Lion va tout changer. Ça va chauffer, les amis. Fort.
Poissons
Tiens ! Saturne vous quitte, il est rendu en Bélier. Ça n’annonce pas le rêve et des tonnes de chance du côté matériel. Du fric. Mais plutôt une bonne dose de réalisme. Vous devrez probablement travailler plus fort, mais au moins ça va payer. Vous aurez peut-être une chance de vous enrichir, avec une occasion très peu ébruitée d’investir. Dans une propriété sous-estimée, par exemple. Et vous ne voudrez plus lâcher quelqu’un. Non non.6






