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Fugues Avril 2025

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Couverture

Modùle : Éric NOËL

Photographe : AndrĂ©a ROBERT LEZAK Montage graphique : Éric PERRIER

Lieu : Théùtre Prospéro Suivez-nous sur fugues.com x.com/fuguesmagazine youtube.com/c/FuguesMag

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GESTIONNAIRE DE COMMUNAUTÉ, PHOTOS ET VIDÉOS

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CORRECTION/RÉVISION

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Denis-Daniel BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

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Samuel LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

Ainsi que Chantal CYR, Logan CARTIER, Nicolas VANDAL,Olivier DE MAISONNEUVE, Serge FISETTE, Steven ROSS, Ruby PRATKA, Charles GAGNÉ, Caroline LAVIGNE et Patrick BRUNETTE

PHOTOGRAPHES

Pascal FOREST et AndrĂ©a ROBERT LEZAK AVIS LÉGAUX

Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Les articles publiĂ©s n’engagent que leurs auteurs et ne sont pas nĂ©cessairement les opinions du magazine. Fugues n’est pas responsable des manuscrits, visuels, dossiers Ă©lectroniques et photos qui lui sont soumis. Le matĂ©riel non sollicitĂ© envoyĂ© demeure la propriĂ©tĂ© de Fugues. La parution du nom ou de la photographie d’un individu dans cette publication n’implique nullement une dĂ©finition de son orientation sexuelle ou de son identitĂ© de genre. L’exactitude de toute information fournie dans les annonces relĂšvent de la responsabilitĂ© des annonceurs. L’éditeur se rĂ©serve le droit de publier ou non tout matĂ©riel fourni par les annonceurs et/ou auteurs. La version imprimĂ©e et les versions numĂ©riques de FUGUES rejoignent plus de 330 000 personnes chaque mois (167 000 lecteurs pour la version imprimĂ©e et plus de 160 000, pour la version numĂ©rique). DorĂ©navant, le tirage imprimĂ© de Fugues variera (selon les mois) entre 24 000 et 27 000 exemplaires (le magazine est disponible dans plus de 265 lieux de distribution au QuĂ©bec).

DÉPÔT LÉGAL ISSN 0831-1625

BibliothÚque nationale du Canada, BibliothÚque nationale du Québec et Archives gaies du Québec.

FRÉQUENCE DE PARUTION

FUGUES est publié 11 fois par année : 10 numéros mensuels réguliers (de février à novembre, inclusivement), 1 édition double (Décembre / Janvier).

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Fugues est membre de la Chambre de commerce LGBT du Québec et de l'Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM).

DATES DE TOMBÉES DES PROCHAINES ÉDITIONS

MAI 2025

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 10 avril 2025

Réservation publicitaire : 13 avril 2025

Matériel publicitaire : 17 avril 2025

Sortie : 22 avril 2025

JUIN 2025

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 6 mai 2025

Réservation publicitaire : 9 mai 2025

Matériel publicitaire : 12 mai 2025

Sortie : 21 mai 2025

JUILLET 2025

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 3 juin 2025

Réservation publicitaire : 6 juin 2025

Matériel publicitaire : 9 juin 2025

Sortie : 18 juin 2025

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PAGE 18

« C'est difficile d'ĂȘtre ce que tu ne peux pas voir... mais ce n'est pas impossible... »

DÉJÀ 20 ANS DE MÉTIER POUR TOM-ÉLIOT GIRARD

PAGE 32

« Je suis allĂ© Ă  la rencontre de moi-mĂȘme. J’avais 15 ans au dĂ©but du voyage.

Je n’étais pas bien avec moi-mĂȘme.

Je n’avais pas encore fait mon coming out...»

Sommaire

avril 2025 | no 488

CHRONIQUES

08 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle

10 Par ici ma sortie / Denis-Daniel Boullé

12 Place au Village / André C. Passiour

14 OĂč sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt

40 Newsmaker / Richard Burnett

94 Porte Voix / Nicolas Vandal

96 Horoscope / Robert Gareau

ENTREVUES / ACTUALITÉS

16 Entrevue Sarah Degonse

18 Changer la game : La Journée de visibilité lesbienne

20 Les Canadien.ne.s LGBTQ plus impliqué.e.s en politique, selon une étude

22 Entrevue Éric NoĂ«l

23 Chemstory et Cannapix, des projets de QOLLAB

24 Comprendre les origines du chemsex pour moins juger

25 LittĂ©rature queer et chemsex : entrevue avec Étienne Bergeron

26 Entrevue Samuel Larochelle

28 Interligne sonne l’alarme : il est temps d’agir

30 AGQ : grand succÚs de la collecte de fonds 2024-2025

32 Entrevue Tom-Éliot Girard

34 Entrevue Léo « Pavarotti »

36 Les GLAAD Media Awards : plus crucial que jamais de rester visible

38 Entrevue Jaco

COMMUNAUTAIRE

42 Groupes lgbtq+

44 Ensemble pour faire vivre le théùtre

43 Équipe MontrĂ©al

46 HÉROS | Michel Conte

47 Fierté des entreprises LGBTQ+ au Québec

48 Programmation de la 19e édition du Festival Fierté Trans

50 Avancer ensemble vers des organisations plus inclusives

CONSOMMATION / BIEN VIVRE

52 Alcools

54 Au volant

QUOI FAIRE

62 Un avant-goût de Fierté Montréal 2025

64 la 27e édition de Metropolis Bleu

68 LIVRES | Nouveautés

72 Une nouvelle expo avec les hommes de Daniel Barkley

74 Carcaça ou résister dans la joie

75 Des huis-clos fantastiques dans le Triptych de Peeping Tom

76 Bent : Pour ne pas oublier

78 FTA 2025, en route vers une édition anniversaire

80 Larry (iel) : au-delà des pronoms

81 The lightest dark is darker than the darkest light de Nien Tzu Weng

82 SÉRIES | NouveautĂ©

86 Concours M. Ours 2025 Montréal

87 Les SOIRÉES LESBIENNES QUARTZ

88 Les lieux LGBTQ+

90 Le party Locker Room vous attend en avril

PETITES ANNONCES

56 Immobilier

57 Annonces classées

PHOTOS

85-89 Fugues y était

DEPUIS 1984

Magazine LGBTQ+ de sociĂ©tĂ©, culturel et communautaire, FUGUES est le seul mĂ©dia quĂ©bĂ©cois/ canadien francophone Ă  suivre l’actualitĂ© gaie, lesbien, bisexuelle et transgenre d’ici et d’ailleurs. Sa diffusion multiplateforme Ă  la fois imprimĂ©e et virtuelle vous donne votre dose rĂ©guliĂšre d’actus LGBTQ+. IlreposesurunepetiteĂ©quipedepassionnĂ©-e-s ;)

JVL, ANNE GUGLIA
LE CHEMSEX AU THÉÂTRE 22 SUZANNE GIRARD 40
PHOTO: JEREMY DIONN

Ces petits ĂȘtres faibles qui veulent redessiner le monde

J’ai pitiĂ©. Quand je croise dans le mĂ©tro des croyant.e.s qui se gĂšlent le cul pendant des heures dans l’espoir de convertir de nouvelles Ăąmes. Quand je vois les homophobes et les transphobes s’arracher les cheveux, parce que tous les humains ne leur ressemblent pas. Quand j’entends parler des masculinistes qui veulent imposer une vision unique de l’homme, de la famille et du succĂšs. Je me demande comment iels font pour ne pas rĂ©aliser Ă  quel point leurs comportements exposent leur faiblesse de caractĂšre.

Commençons par les adeptes de l’évangĂ©lisation. Plusieurs fois par semaine, je les vois se tenir en petits troupeaux dans une station de mĂ©tro. De loin, ces personnes semblent bienveillantes et chaleureuses : le genre avec qui tu voudrais faire du ragoĂ»t de boulettes dans une cuisine communautaire pour aider les dĂ©muni.e.s. En rĂ©alitĂ©, elles utilisent leurs temps libres pour convertir des gens Ă  leurs croyances. Elles pourraient faire des gĂąteaux, du CrossFit ou de la danse en ligne, mais non. Elles se tiennent debout pendant des heures dans l’espoir d’inciter des inconnu.e.s Ă  suivre leur courant de pensĂ©e.

Évidemment, elles sont convaincues d’agir ainsi pour sauver d’autres humains du mal et de la damnation. Mais leur objectif est d’augmenter le nombre de personnes qui adhùrent à leurs cultes. Ces organisations religieuses prînent — en surface — l’amour, le partage et l’entraide, en excluant une liste interminable de personnes qui ne correspondent pas à leur vision du monde.

Je ne surprendrai personne en Ă©crivant que j’ai horreur des religions. Je suis le fruit de la RĂ©volution tranquille qui a expulsĂ© l’Église des lieux de pouvoir, d’éducation et du reste de la sociĂ©tĂ©. L’autoritĂ© me donne de l’eczĂ©ma, je suis un travailleur indĂ©pendant sans patron depuis 13 ans et je remercie le ciel d’avoir des parents qui ne m’ont jamais dit quoi Ă©tudier, dans quoi travailler, qui aimer et qui devenir. Bref, toute forme de chemin Ă  suivre me pue au nez.

NĂ©anmoins, je peux comprendre — en partie — l’intĂ©rĂȘt pour les groupes religieux. On peut y trouver une communautĂ©, un sentiment d’appartenance et des conseils sur comment mener notre vie. Je suis conscient du caractĂšre anxiogĂšne de l’existence. On est constamment placĂ© devant l’inconnu au travail, en amour, en amitiĂ© et dans nos familles. Cela peut donc ĂȘtre rassurant d’avoir un mode d’emploi Ă  suivre. Un peu comme d’autres Ă©coutent les directives d’un.e prof, les conseils d’un.e mentor ou les propositions d’un parent.

J’ai toutefois deux immenses problĂšmes. Le premier : lorsque les paroles religieuses ne sont plus des propositions, mais des directives Ă©manant d’un ĂȘtre supposĂ©ment supĂ©rieur. Si je rencontrais des fidĂšles, j’aurais envie de les brasser par les Ă©paules et de leur dire qu’iels sont capables de prendre des dĂ©cisions par elleux-mĂȘmes, plutĂŽt que d’avaler un discours prĂ©mĂąchĂ© qu’on rĂ©gurgite dans leur cerveau. Mon deuxiĂšme problĂšme : quand il leur semble nĂ©cessaire de jouer aux missionnaires qui colonisent les esprits pour agrandir le cercle de personnes pensant comme elles.

Des colonisateurs de la pensĂ©e. L’expression vaut Ă©galement pour les homophobes. Prenons un instant pour analyser le ridicule de leurs rĂ©actions. La simple idĂ©e qu’un humain ait des prĂ©fĂ©rences sexuelles et amoureuses diffĂ©rentes des leurs suffit pour les faire capoter. À leurs yeux, tout le monde devrait avoir les mĂȘmes intĂ©rĂȘts qu’elleux. Mais pourquoi ĂȘtre si confrontĂ© par des humains diffĂ©rents ? Parce que ça les force Ă  rĂ©aliser que la vie n’est pas une ligne droite qu’on doit suivre comme des robots sans capacitĂ© de penser ? Parce que l’autodĂ©termination exige une rĂ©flexion qui les effraie ? Parce que d’assumer sa nature profonde ou ses choix de vie nĂ©cessite une vĂ©ritable force qu’iels n’ont pas ?

Qu’en est-il des transphobes ? Iels sont incapables d’accepter qu’une personne se sente plus heureuse en s’identifiant Ă  un genre qui ne lui a pas Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la naissance et qu’elle fasse certaines dĂ©marches (nom, pronom, look, parfois des hormones et des chirurgies) pour se rapprocher de son identitĂ© vĂ©ritable. Cela n’a aucun impact sur l’identitĂ© des gens qui les entourent. Il leur faut tout au plus s’adapter Ă  la façon de rĂ©fĂ©rer Ă  la personne trans, comme quand on apprend de nouveaux mots durant notre vie et qu’on refuse de laisser notre cerveau baigner dans le formol. Encore une fois, les transphobes ne voient pas que leur besoin d’empĂȘcher autrui de vivre comme iel l’entend tĂ©moigne d’une profonde anxiĂ©tĂ© Ă  l’idĂ©e que la vie ne soit pas unidimensionnelle, toute planifiĂ©e et rassurante.

Faut-il Ă©galement parler des masculinistes ? Ces petits chiens qui jappent fort. Ces hommes qui se gorgent de muscles pour projeter une image clichĂ©e du mĂąle alpha. Ces individus qui, eux aussi, ont besoin de suivre un mode d’emploi de la masculinitĂ©. Parce qu’ils ne sont pas capables de vivre avec les nuances du monde. Parce que ça les insĂ©curise. Parce qu’ils ont besoin d’adhĂ©rer Ă  un modĂšle rigide pour se rassurer qu’ils font bien les choses. Imaginez, les boys, si vous osiez dĂ©couvrir le monde au lieu de vivre votre vie comme un modĂšle rĂ©duit Ă  assembler. Vous sauriez alors ce qu’est la vĂ©ritable force. 6

Contactez-nous à redaction@fugues.com en nous faisant parvenir des articles publiés.

Chronique par ici ma sortie

Défense et illustration du Village, sirotant un espresso chez Lulu

«Le Village, c’est fini». VoilĂ  ce que j’entends rĂ©guliĂšrement depuis mon arrivĂ©e Ă  MontrĂ©al, il y a 30 ans. Oui, des connaissances me disaient que le Village n’était plus que l’ombre de lui-mĂȘme en
 1993. Et moi, de constater quotidiennement son existence, ses changements, ses hauts comme ses bas, mais il est toujours lĂ . Et toustes les Cassandre qui l’ont, je ne sais combien de fois, enterrĂ© peuvent aller se rhabiller.

Le Village est une entitĂ© vivante, et donc en mouvement. Qu’on nous prĂ©serve afin que celui-ci ne devienne pas un musĂ©e figĂ© dans le temps avec des vitrines prĂ©sentant quelques artefacts. Le Village vit, et donc change. À l’image de nos communautĂ©s. Il ne ressemble plus Ă  ce qu’il Ă©tait Ă  ses tout dĂ©buts, mais son Ăąme et son cƓur n’ont pas changĂ©. Il est inscrit dans la vie et dans l’histoire de nos communautĂ©s.

Le Village, c’est avant tout ce qu’on en fait. Il est Ă  nous aussi bien qu’à la ville de MontrĂ©al, qu’aux propriĂ©taires de commerces et d’édifices. On peut selon ses goĂ»ts apprĂ©cier ou rejeter les initiatives prises par de nombreux partenaires pour embellir, rendre plus sĂ©curitaire, plus accueillant Le Village. Mais ne devrions-nous pas commencer par le saluer et, mieux encore, par le soutenir? TannĂ©, je suis, des critiques de gĂ©rants d’estrade, qui plus fins que les autres ont toujours une solution Ă  proposer. Solution qui commence chaque fois par « Y a qu’à
 » avec, comme corollaire, que les autres — pas eux — qui sont en charge du quartier, devraient en faire plus, et pire, d’affirmer sans vergogne, que ces fameux autres ne font rien. Moi aussi, je fais quelquefois des petits cacas nerveuxdevant les « irritants » — mot Ă  la mode — qu’il m’arrive

de vivre. Je donne facilement des clopes (cigarettes) Ă  des itinĂ©rant.e.s. La plupart du temps, ils et elles sont plutĂŽt cools. Parfois, je me fais engueuler parce que je ne donne que deux ou trois cigarettes. Une seule fois, l’un d’entre eux est devenu agressif, car il voulait en plus du cash. Il y a longtemps que je n’ai plus de cash sur moi. Et puis, il y a d’autres situations plus cocasses. Un jour, un gars m'a proposĂ©, en Ă©change de nicotine, une puff de crystal meth. Surpris, j’ai dĂ©clinĂ© trĂšs poliment sa proposition. Trop tĂŽt dans la journĂ©e pour moi.

Les itinĂ©rant.e.s me gĂȘnent? Bien sĂ»r. Cela me gĂȘne parce que cela me fend le cƓur de voir toute cette misĂšre humaine alors que l’on vit dans un pays extrĂȘmement privilĂ©giĂ© comparativement au reste de la planĂšte. On se permet collectivement de laisser nos semblables mourir Ă  petit feu sur les trottoirs.

Mais rappelons qu’ils et elles sont nombreux et nombreuses Ă  s’agiter pour tenter de diminuer les « irritants » dans le quartier. Les associations, l’arrondissement ou encore la SDC du Village. On oublie aussi qu’il y a des consultations publiques, comme celles du conseil d’arrondissement ou les rencontres de la nouvellement créée Association citoyenne du Village de MontrĂ©al. MĂȘme si ce n’est pas trĂšs bandant, ces rencontres sont aussi un exercice de dĂ©mocratie directe. Mais cela demande d’avoir rĂ©flĂ©chi et d’arriver avec des propositions solides qui ne se limitent pas Ă  un « Y’a qu’à
 »

Je n’essaie pas de repeindre en rose. Est-ce que la patinoire sur la place du Village Ă©tait une bonne idĂ©e ? Je ne sais pas. De toute façon je ne chausse plus de patins que pour faire briller mes planchers. Mais l’idĂ©e d’animer la rue en plein hiver est une bonne idĂ©e. Projet pilote, la patinoire reviendra ou pas l’annĂ©e prochaine, mais on ose, on essaie, on ne reste pas assis sur un banc de touche. (DrĂŽle d’utiliser des images sportives moi qui n’ai aucun goĂ»t pour les arĂ©nas!). Est-ce que c’était une bonne idĂ©e de fermer la rue Sainte-Catherine entre Atateken et Wolfe ? Je ne sais pas non plus. Peut-ĂȘtre devrait-on demander l’avis des commerçants ? Faire le bilan pour amĂ©liorer le projet l’annĂ©e prochaine.

Je fais souvent une marche qui m’emmĂšne de chez moi jusqu’au parc Émilie- Gamelin. J’ai toujours un moment d’émotion en passant devant le parc de l’Espoir qui rend hommage aux victimes du sida. Peu de grandes mĂ©tropoles rappellent aussi ouvertement les ravages de cette pandĂ©mie. Le Village est aussi un lieu de mĂ©moire de nos communautĂ©s. Quand j’arrive au terme de ma promenade du cĂŽtĂ© de la place Dupuis, je m’arrĂȘte toujours dans mon cafĂ© de prĂ©dilection, Chez Lulu. C’est aussi celui de mon collĂšgue AndrĂ© C. Passiour. Un petit cafĂ© qui ne paie pas de mine. Rien ne l’inscrit dans une tendance Ă  vouloir rĂ©inventer le concept d’un endroit convivial pour partager seul ou accompagnĂ© un cafĂ© et des viennoiseries. Rien de particulier sinon en devanture le nom : Chez Lulu.

Le secret de ce lieu est Ă  l’intĂ©rieur. La chaleur de l’accueil. Et pas seulement du patron mais de toutes les personnes qui s’agitent pour les client.e.s. Ce n’est peut-ĂȘtre pas grand-chose, mais c’est Ă©norme. On est reçu comme des invitĂ©s spĂ©ciaux avec des Ă©changes qui dĂ©passent le simple : « Bonjour ! Ça va ? Qu’est-ce que vous prenez ? »  AndrĂ© C. Passiour dont les origines sont Ă©gyptiennes me le dit souvent, c’est cela la chaleur mĂ©diterranĂ©enne. La famille Khoury (Fady, Marwan, etc.) qui gĂšre Chez Lulu n’est pas Ă©gyptienne mais d’origine libanaise, comme la plupart des personnes qui y travaillent. C’est une petite entreprise familiale, et je serais mal pris si l’on me demandait si la dame qui me reçoit parfois est la femme, la sƓur, la niĂšce... Mais la chaleur de l’accueil est au rendez-vous, comme si vous Ă©tiez la personne la plus importante Ă  franchir le seuil du petit commerce.

Qui frĂ©quente ce petit cafĂ© ? Vous seriez surpris.e.s de la diversitĂ© de la clientĂšle. Bien sĂ»r, quelques aĂźnĂ©s de nos communautĂ©s parfois rĂ©unis autour de la grande table de comptoir, mais aussi des Ă©tudiant.e.s, des touristes puisqu’on est en face de l’hĂŽtel Hyatt de la Place Dupuis, des personnes trans, immigrantes, et mĂȘme parfois des ministres. Jeunes, aĂźnĂ©.e.s, blanc.he.s, noir.e.s, vert.e.s, bleu.e.s, je crois que mĂȘme si un Martien se prĂ©sentait au comptoir, il serait reçu avec toute la dignitĂ© et l’empathie que l’on doit — ou que nous devrions tous et toutes avoir – pour chacun.e de nos semblables. À l’image de ce que l’on voudrait pour le Village, et ils et elles sont nombreus.e.s Ă  y travailler pour rendre le Village encore plus accueillant.

VoilĂ , j’aime le Village, je vis Ă  cĂŽtĂ© depuis plus de 30 ans, j’ai moi aussi mes petits cacas nerveux devant des « irritants ». Mais aprĂšs une longue respiration, je me dis que nous devons prĂ©server ce quartier, qui fait partie de l’histoire de nos communautĂ©s. En ces temps pas trĂšs joyeux, nous nous devons de faire vivre nos espaces de libertĂ©. Et le Village en est un.

Une dĂ©claration d’amour, accompagnĂ©e d’une bouffĂ©e d’amour quand je quitte le cafĂ© Lulu. 6

Chronique place au village

Des rues plus propres, des vies transformées : les Allié·e·s du Village en action

Tout au long de l’annĂ©e, beau temps, mauvais temps, ils sont lĂ . L’étĂ© dernier, ils ont veillĂ© sur les fleurs et les plantations avec soin, rafraĂźchi Ă  coups de pinceau le ruban arc-en-ciel qui serpente sur la rue SainteCatherine Est et nettoyĂ© la moindre trace de dĂ©tritus sur leur passage. Leur prĂ©sence est vite devenue familiĂšre, saluĂ©e tant par les commerçant·e·s que par les passant·e·s, sans oublier les personnes en situation d’itinĂ©rance qui les reconnaissent et Ă©changent quelques mots avec eux.

Autrefois connue sous le nom d’«Escouade du Village », cette Ă©quipe a adoptĂ© un nouveau nom qui lui sied Ă  merveille : les Allié·e·s du Village. Cet hiver encore, deux par deux, ils ont sillonnĂ© les rues du secteur, bravant le froid mordant pour ramasser dĂ©chets et seringues, contribuant Ă  faire du Village un espace plus accueillant. Et avec l’arrivĂ©e des beaux jours, ils seront de retour pour la piĂ©tonnisation, arborant fiĂšrement leurs t-shirts roses et poursuivant leur mission essentielle : prendre soin du Village et de ses habitant·e·s.

Un besoin devenu essentiel Ă  l’annĂ©e longue MĂȘme sous des tempĂ©ratures glaciales avoisinant les -30°C, les Allié·e·s n’ont jamais cessĂ© de parcourir les rues du Village. Chaque jour, ils marchent jusqu’à 12 kilomĂštres, affrontant le vent et la neige pour garder les artĂšres Atateken et Sainte-Catherine propres. «Si nous n’étions pas lĂ , cet hiver aurait Ă©tĂ© une catastrophe, confie Sasha Baga, membre de l’équipe depuis un an. À la fin de chaque journĂ©e, nous avions accumulĂ© des sacs et des sacs de dĂ©chets.»

Mamadou, un nouveau venu depuis novembre, a lui aussi rapidement compris l’ampleur du travail. «DĂšs que le froid s’adoucit, on revoit les dĂ©chets qui trainent dans la rue» dit-il, soucieux. Mais son histoire, bien plus qu’un tĂ©moignage sur l’état des rues, est une vĂ©ritable leçon de rĂ©silience.

Mamadou : Une histoire de transformation Lorsqu’il Ă©voque son parcours, Mamadou ne peut retenir ses larmes. « Je suis un des plus chanceux de l’équipe », dit-il, la voix tremblante.

«J’étais dans la rue, je les voyais travailler
 Un jour, j’ai pris mon courage Ă  deux mains et je suis allĂ© voir Sasha. Je lui ai demandĂ© si je pouvais me joindre Ă  eux. Elle m’a envoyĂ© Ă  la Maison du PĂšre oĂč j’ai rencontrĂ© AndrĂ© Leroux, le coordonnateur Insertion et maintien au logement... J’ai Ă©tĂ© patient, je suis revenu encore et encore, jusqu’à ce qu’on accepte de me rencontrer. Sans eux, oĂč serais-je aujourd’hui?»

Sa gorge se noue, les larmes roulent sur ses joues. «Ils sont plus que ma famille. Ils sont ma vraie famille. Pour rien au monde j’arrĂȘterai ce travail-lĂ ! Je remercie du fond du cƓur la SDC du Village. On dit de ‘’rendre Ă  CĂ©sar ce qui appartient Ă  CĂ©sar’’, et bien ici c’est le cas parce que je les remercie de m’avoir pris dans l’équipe, il y a une merveilleuse ambiance ici et tout le monde s’entraide, on s’appuie les uns sur les autres. MĂȘme ma propre famille ne fait pas ça » Mamadou s’arrĂȘte ici, s’éponge encore les yeux un peu et essaie de reprendre ses esprits.

À ses cĂŽtĂ©s, Sasha l’écoute avec bienveillance. «Ça a pris du temps pour lui, mais il a tenu bon. Nous leur donnons une chance, mais c’est Ă  eux de la saisir. Ils doivent persĂ©vĂ©rer.»

Une Ă©quipe soudĂ©e par l’entraide et la fiertĂ©

Les Allié·e·s du Village, c’est une Ă©quipe improbable mais profondĂ©ment unie. Pixel , un jeune homme enjouĂ©, que l’on voit souvent dans la «fratrie» des Puppies, partage son enthousiasme : «Pour moi, c’est une opportunitĂ© incroyable d’apporter ma ‘’patte’’ Ă  la communautĂ© et d’avoir un impact concret.»

Un jour, un rĂ©sident du Village depuis 30 ans s’est arrĂȘtĂ© pour les remercier. «On voit la diffĂ©rence. Le Village n’a jamais Ă©tĂ© aussi propre!» leur a-t-il dit. Et pour Pixel , cette reconnaissance vaut tout l’or du monde.

Gilles, un homme Ă  la criniĂšre poivre et sel, a trouvĂ© un refuge dans cette Ă©quipe aprĂšs avoir quittĂ© un autre emploi. «Ici, il y a du respect, une belle atmosphĂšre. MĂȘme Ă  -25°C, ça ne me dĂ©range pas. J’aime ce que je fais.»

Martin, lui, fait partie de l’aventure depuis le dĂ©but. «Au dĂ©part, c’était pour des raisons financiĂšres. Mais j’adore ce que je fais. Ce travail m’apporte une expĂ©rience prĂ©cieuse. Qui sait oĂč ça me mĂšnera?»

Un programme de rĂ©insertion et d’engagement citoyen DerriĂšre cette initiative, la SDC du Village, en collaboration avec la Maison du PĂšre, mise sur la rĂ©insertion sociale et l’autonomie des participants. «Nous offrons aussi des formations en partenariat avec d’autres organismes pour aider nos membres Ă  trouver un emploi durable», explique Gabrielle Rondy, directrice gĂ©nĂ©rale de la SDC du Village. La SDC, bien que cela soit au-delĂ  de sa mission premiĂšre, a dĂ©veloppĂ© un plan de dĂ©veloppement personnel et professionnel avec chaque participant issu de la Maison du PĂšre. «C’est important pour nous que ce projet des Allié·e·s serve de tremplin pour ces hommes qui ont eu des parcours trĂšs difficiles», ajoute Gabrielle Rondy.

Le travail n’est pas toujours Ă©vident. Les interactions avec des personnes en situation de dĂ©tresse peuvent parfois ĂȘtre dĂ©licates. «C’est pourquoi nos Allié·e·s reçoivent une formation avec la Maison du PĂšre pour mieux comprendre et gĂ©rer ces situations. Et en cas de crise, nous faisons appel Ă  l’EMMIS (Équipe mobile de mĂ©diation et d’intervention sociale) ou au 911», ajoute-t-elle.

Le public est également invité à participer : des panneaux dans le Village permettent de signaler des déchets via un code QR, un petit geste qui contribue à la propreté collective.

Ce projet est rendu possible grñce au soutien financier de l’arrondissement de Ville-Marie et de la Caisse Desjardins du Quartier-Latin, partenaire principal de la SDC du Village.

«Les Allié·e·s du Village reprĂ©sentent bien plus qu'une brigade de nettoyage : c'est un vĂ©ritable programme de rĂ©insertion et d'engagement citoyen, transformant non seulement nos rues, mais aussi des vies. Leur dĂ©vouement quotidien, qu’il pleuve ou qu’il neige, est un tĂ©moignage puissant de la solidaritĂ© et de la rĂ©silience de la communautĂ©. À l’arrondissement, nous sommes immensĂ©ment fiĂšres et fiers de leur travail et de l’impact positif que les Allié·e·s ont sur le Village, sa communautĂ© et les personnes qui le visitent. C’est aussi grĂące Ă  l’implication de la SDC du Village, de sa directrice gĂ©nĂ©rale Gabrielle Rondy, et de la Maison du PĂšre qu’une telle initiative transformatrice a Ă©tĂ© rendue possible. Cela dĂ©montre bien que le Village et tout le district de Saint-Jacques sont solidaires», dĂ©clare M. Robert Beaudry, conseiller de la Ville pour le district de Saint-Jacques dans l’arrondissement de Ville-Marie.

«Bien plus que des services de propreté, les Allié·e·s du Village sont de véritables ambassadeur·rice·s de notre milieu, contribuant à son dynamisme et à renforcer le sentiment de sécurité. Nous sommes fier·Úre·s de soutenir cette initiative, à la fois sociale et environnementale, qui fait une différence importante dans notre communauté», soutient Simon Déry, directeur général de la Caisse Desjardins du Quartier-Latin.

Le Village attend son Ă©tĂ© avec impatience Avec le retour de la piĂ©tonnisation, l’énergie festive et vibrante du Village renaĂźtra. Et pour les Allié·e·s, c’est aussi un moment attendu avec fĂ©brilitĂ©.

«C’est valorisant, autant pour nous que pour les gens du quartier», conclut Sasha. «Voir les

sourires, les plantes en pleine santĂ©, les rues propres
 ça fait toute la diffĂ©rence. Et puis, on n’arrĂȘte pas d’en parler aux nouveaux : ils vont enfin vivre l’expĂ©rience de la piĂ©tonnisation!» Et lorsque le Village revĂȘtira ses habits d’étĂ©, on les verra encore, ces Allié·e·s, marcher dans les rues, veiller sur le quartier, et surtout, ĂȘtre lĂ , prĂ©sents, engagĂ©s, avec cette bienveillance qui les caractĂ©rise tant. Cette annĂ©e encore, on pourra profiter de la piĂ©tonnisation du week-end de la FĂȘte des patriotes (ou de la Reine, c’est selon), soit en mai, jusqu’à la fin du mois d’octobre puisqu’en thĂ©orie, les travaux de la Ville de MontrĂ©al ne devraient dĂ©buter qu’en automne.   6

Chronique oĂč sont les lesbiennes

Droits des femmes en pĂ©ril aux États-Unis : Ă  quand le ressac chez nous ?

Nous sommes le 8 mars 2025 lorsque j’écris cette chronique. Devant mon ordi, je rĂ©flĂ©chis, je me dĂ©sole
 Ă©tant militante pour les droits des femmes, ayant Ă©crit des livres sur le sujet, militĂ© au quotidien et dans la rue au sein de divers organismes et, bien sĂ»r, Ă©crivant cette chronique, chaque mois, depuis 8 ans, je me dis que les droits des femmes en AmĂ©rique n’ont jamais Ă©tĂ© autant menacĂ©s de recul.

Tout ça, grĂące Ă  un homme : Donald Trump. Un homme qui a Ă©tĂ© Ă©lu par plus de 77 millions d’AmĂ©ricains et d’AmĂ©ricaines. Je le mets au fĂ©minin-pluriel, car, a priori, je me demande comment autant de femmes peuvent voter pour un tel homme Ă  la prĂ©sidence de leur pays, alors que ce dernier a Ă©tĂ© condamnĂ©, entre autres choses, pour agression sexuelle (1). Qui plus est, la mĂȘme annĂ©e, Trump est reconnu coupable d’avoir falsifiĂ© des documents, afin de masquer les paiements destinĂ©s Ă  faire taire l’actrice porno Stormy Daniels, pour ne pas nuire Ă  sa campagne prĂ©sidentielle de 2016. Qu’à cela ne tienne, les AmĂ©ricains et les AmĂ©ricaines (dont certaines le voient en hĂ©ros !) votent pour ce criminel, fraudeur et agresseur sexuel.

On ne s’étonne guĂšre, quelques mois plus tard, que l’administration Trump, nouvellement Ă©lue, se pavane et dirige en dictature. Vous avez dit Ă  un homme riche et criminel qu’il avait le plein pouvoir Ă  la Maison-Blanche ! Il est ainsi peu surprenant qu’il se croie au-dessus des lois et qu’il se prenne pour Dieu. Au cƓur de ses enjeux personnels, il s’en prend Ă  celles et ceux qui ont blessĂ© son Ă©go. Les femmes, comme les communautĂ©s LGBTQ+, se retrouvent dans la mire de cet homme misogyne et homophobe. Il dĂ©bute par ce qu’il fait de mieux : contrĂŽler l’opinion publique par les mĂ©dias. C’est d’ailleurs en partie de cette façon qu’il a Ă©tĂ© réélu
 Rappelons qu’Hitler contrĂŽlait l’opinion publique (ou du moins sa prĂ©sentation au public), par le biais du cinĂ©ma. Son ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, savait que le cinĂ©ma avait ce pouvoir de contrĂŽler les consciences et d’influencer les masses. Vous n’avez qu’à regarder le tristement cĂ©lĂšbre Triomphe de la volontĂ© (de la talentueuse rĂ©alisatrice Leni Riefensthal, engagĂ©e par le TroisiĂšme Reich pour l’occasion), pour comprendre Ă  quel point le cinĂ©ma a participĂ© ici Ă  glorifier le dirigeant et ses politiques ! C’est lĂ  que vous me dites que Trump n’est pas « glorifiĂ© », par les rĂ©seaux de tĂ©lĂ©vision et les mĂ©dias sociaux
 Certes, aujourd’hui, les gens ont un rapport diffĂ©rent aux mĂ©diums audiovisuels (on manipule les masses par des techniques tout aussi subtiles, mais diffĂ©rentes, dont les algorithmes par exemple). Si vous occupez la majoritĂ© de l’espace mĂ©diatique, qu’on parle de vous en bien ou en mal, l’important c’est qu’on parle de vous ! Vous ĂȘtes constamment dans l’esprit des gens, que ce soit dans une relation amour-haine, vous ĂȘtes au cƓur du discours, vos prĂ©occupations deviennent le discours ; vous devenez ainsi le principal interlocuteur pour mener de front les discussions et diriger le discours mĂ©diatique. Trump l’a trĂšs bien compris et c’est ce qu’il fait. Nul doute que, parmi sa garde rapprochĂ©e, il s’est acoquinĂ© avec Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, expert en rĂ©seaux sociaux et en technologies. Comme Hitler avec Goebbels, il s’allie Ă  ceux qui l’aident Ă  parfaire son discours et son image dans l’espace public.

Sans surprise s’amorce le contrĂŽle de la population dans l’espace public, Ă  travers ce qui nous dirige aujourd’hui : les technologies. C’est ainsi que j’ai vu disparaĂźtre plusieurs journĂ©es « hommage » du calendrier Apple et Google, dont la JournĂ©e internationale des droits des femmes (ainsi que les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  la communautĂ© LGBTQ+, Ă  l’holocauste, aux personnes juives, noires, minoritĂ©s raciales, etc.). Et lĂ , vous me dites : c’est une journĂ©e sur Google, on s’en fout
 Bien sĂ»r que non ! Google est le moteur de recherche numĂ©ro un pour toute source d’information Web. (Et je vous mets au dĂ©fi de me nommer la derniĂšre fois oĂč vous avez effectuĂ© une recherche en personne dans une bibliothĂšque ou la derniĂšre fois que vous avez ouvert votre dictionnaire papier, si vous en avez encore un Ă  la maison !). Bref, supprimer des populations d’un moteur de recherche, c’est comme brĂ»ler des livres, et faire disparaĂźtre des populations de l’histoire pour les condamner au silence. Condamner au silence, c’est empĂȘcher d’exister. (Trump le sait, c’est d’ailleurs pourquoi il parle constamment dans les mĂ©dias, mĂȘme pour dire n’importe quoi, pour « exister ». RĂ©sultat : il monopolise le discours public.)

Faire disparaĂźtre l’histoire et les faits, c’est d’ailleurs ce que s’emploie Ă  faire l’administration Trump. Au moment d’écrire ces lignes, j’apprends que « des rĂ©fĂ©rences Ă  un rĂ©cipiendaire de la mĂ©daille d’honneur de la Seconde Guerre mondiale, Ă  l’avion B-29 Enola Gay, qui a larguĂ© la bombe atomique sur le Japon et aux premiĂšres femmes Ă  avoir rĂ©ussi l’entraĂźnement de l’infanterie des marines, figurent parmi des dizaines de milliers de photos en ligne marquĂ©es pour ĂȘtre supprimĂ©es notamment Ă  cause du mot « Gay », alors que le ministĂšre de la DĂ©fense s’efforce d’épurer le contenu relatif Ă  la diversitĂ©, Ă  l’équitĂ© et Ă  l’inclusion », selon une base de donnĂ©es obtenue par l’Associated Press (2).

Ce qui nous surprend peu, puisque quelques jours aprĂšs son entrĂ©e en poste, Trump a ordonnĂ© la suspension du personnel s’occupant de la diversitĂ©, de l’équité et de l’inclusion (DEI), pour pouvoir ensuite les licencier. ContrĂŽler l’image, le discours. Faire disparaĂźtre l’histoire, la réécrire avec l’intelligence artificielle. Purger des LGBT de la fonction publique (dont le Canada peut honteusement se vanter de l’avoir fait dans les annĂ©es 50). Ne voyez-vous pas le retour en arriĂšre ? Le danger ? Les mots de Simone de Beauvoir n’ont jamais rĂ©sonnĂ© autant : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, Ă©conomique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Au premier rang, les femmes LGBTQ+ racisĂ©es semblent visĂ©es
 Faites partie du changement, arrĂȘtez ce raz-de-marĂ©e amĂ©ricain afin que le ressac Ă©pargne le Canada et le reste du monde. 6

L’émoi amoureux au fĂ©minin qui fait tout basculer

AprĂšs avoir publiĂ© quatre livres destinĂ©s Ă  la jeunesse, la QuĂ©bĂ©coise d’adoption Sarah Degonse s’intĂ©resse aux premiĂšres annĂ©es de la vie d’adulte, lorsque nos trajectoires de vie sont parfois bouleversĂ©es par des surprises professionnelles ou l’apparition d’une attirance imprĂ©visible. Dans son roman, LaoĂčnaissentlespapillons, elle illustre comment l’amour peut changer de visage.

Peux-tunousrésumertonparcours?

SARAH DEGONSE : J’ai grandi Ă  Aix-en-Provence dans le sud de la France. Je suis arrivĂ©e Ă  MontrĂ©al il y a 15 ans, aprĂšs mes Ă©tudes. Je suis tombĂ©e en amour avec le QuĂ©bec et je ne suis jamais repartie. Je travaille en Ă©dition et je me suis spĂ©cialisĂ©e en littĂ©rature jeunesse, car j’aime profondĂ©ment l’enfance, l’innocence, la candeur, les histoires de princesses, de fĂ©es et tout ce que la littĂ©rature peut offrir. C’est pour ça que mes premiers livres Ă©taient destinĂ©s Ă  la jeunesse. La trilogie fantastique Ania a d’abord Ă©tĂ© Ă©crite pour donner le goĂ»t de la lecture Ă  mon neveu. Puis, j’ai Ă©crit l’album illustrĂ©, Les ballons d’eau, pour ma fille et pour tous les petits et grands enfants hypersensibles.

TonnouveauromansuitSuzanne,uneFrançaisede21ansinstalléeàMontréal,pistonnée parsamÚrepourdevenirrégisseuseadjointedansungrandthéùtre,encouplehétéro depuisquatreans,passionnéedebrocantesetdeJaneAusten.Enquoicetteétapedevie est-elleinspirante?

SARAH DEGONSE : C’est une pĂ©riode palpitante dans notre vie d’humain, mais Ă©galement difficile, car on passe de l’enfance Ă  la vie d’adulte rapidement. On nous demande de prendre de grandes responsabilitĂ©s : on choisit une carriĂšre, on quitte la maison familiale, on dĂ©couvre nos premiĂšres amours, on essaie de se dĂ©finir en fonction de notre entourage et de notre situation socio-Ă©conomique. Suzanne est submergĂ©e. Elle dĂ©bute une carriĂšre Ă  l’encontre de la volontĂ© de ses parents. Elle vit en couple depuis des annĂ©es. Elle est confrontĂ©e Ă  des premiers Ă©mois qu’elle ne comprend pas.

Elleestvive,sensibleetdrĂŽle,maisinïŹnimentdureenverselle-mĂȘme.Pourquoisaperceptionest-elleaussibiaisĂ©e?

SARAH DEGONSE : Parce que je suis comme ça. Mon personnage est hypersensible. C’est plus facile pour moi d’écrire sur ce que je connais. Il y a beaucoup de moi en elle. Le jugement le plus difficile qu’on a envers nous est le nĂŽtre. Que ce soit sur notre physique ou nos capacitĂ©s. Les femmes, particuliĂšrement, se minimisent au travail. Ce n’est pas facile de se sentir Ă  la hauteur. Suzanne doute de tout, car elle est au dĂ©but de sa vie et elle ne se connaĂźt pas.

Au travail, elle rencontre JosĂ©phine qui lui fait un effet inattendu et grandissant. Qu’est-cequit’apoussĂ©eĂ explorerladĂ©couverted’uneattirancepourunepersonnede mĂȘmesexe?

SARAH DEGONSE : Je crois en l’amour, quel qu’il soit. En vieillissant, je me suis rendu compte que ce n’est pas important d’aimer un garçon ou une fille, mais d’aimer tout court. Je pense qu’on peut tomber amoureux d’un ĂȘtre humain. C’est ça, la dĂ©finition de l’amour. Suzanne se demande pourquoi une fille la met dans tous ses Ă©tats et elle vit une forme de panique, mais ce n’est pas prĂ©sentĂ© comme une chose nĂ©gative. Elle se questionne sur son intĂ©rĂȘt pour les filles, alors qu’elle n’a jamais ressenti ça auparavant. Je dirais qu’elle ressent une fascination qu’elle ne comprend pas. J’espĂšre que mon livre va permettre d’effacer certaines frontiĂšres et certains interdits.

EnparallĂšle,SuzannedĂ©couvreunecorrespondanceentredeuxfemmesde1935Ă MontrĂ©al. Qu’est-cequilahappedansleslettrespourluidonnerl’impressiondetrouverdesrĂ©ponses sursaplacecommefemmeensociĂ©tĂ©etsursessentimentstroublesenversJosĂ©phine?

SARAH DEGONSE : C’est l’effet miroir. Elle rĂ©alise que les interrogations des femmes, il y a 100 ans, sont les mĂȘmes qu’aujourd’hui. Quand Suzanne dĂ©couvre ensuite qu’elles Ă©taient amoureuses, c’est comme un soulagement. Bien entendu, c’est voulu que ma narration et leurs lettres se rĂ©pondent Ă  diffĂ©rents endroits. Suzanne comprend ce qu’elle ressent pour JosĂ©phine au moment oĂč elle apprend que Prudence et Rose Ă©taient amoureuses. Suzanne est aussi trĂšs interpellĂ©e de voir Prudence se questionner sur la place des femmes et mettre en action ses idĂ©es. Non seulement elle se rĂ©volte, mais elle fait des Ă©tudes et elle rejoint un groupe de femmes.

Danssonmilieudetravail,Suzannecomposeaveclesfrasquesd’unpatrondestyle#metoo quifaitsouffrirunejeunecollùgue.Quevoulais-tuillustreraveccettesituation?

SARAH DEGONSE : Que les choses ne changent pas. Je voulais montrer qu’on considĂšre encore les femmes comme des ĂȘtres faibles dans le milieu professionnel. Sa collĂšgue tombe amoureuse d’un homme plus vieux, avec de la renommĂ©e et de l’influence. MalgrĂ© #metoo, elle y croit encore. Des femmes vont encore tomber dans le piĂšge, en raison de leurs sentiments et des hommes qui vont en profiter. Dans le milieu du théùtre, le metteur en scĂšne, qui a mauvais caractĂšre, va dĂ©fendre son employĂ©e et s’opposer Ă  son propre supĂ©rieur. Je voulais casser les clichĂ©s. D’un cĂŽtĂ©, on a un gros bourru ami des femmes. De l’autre, un beau parleur qui est un gros connard.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | La oĂč naissent les papillons, de Sarah Degonse, Grund Quebec, fĂ©vrier 2025, 264 pages.

Annie Guglia

Changer la game : La Journée de visibilité lesbienne 2025

Chaque 26 avril, la Journée de visibilité lesbienne (JVL) offre une tribune essentielle pour mettre en lumiÚre les réalités des femmes et des personnes de la communauté lesbo-queer. Cette journée ne se limite pas seulement à une célébration : elle constitue un puissant rappel des défis auxquels ces personnes font face, tout en reconnaissant leurs contributions souvent passées sous silence au sein des manifestations LGBTQIA2S+ locales et internationales.

Un regard critique sur l'invisibilisation dans le sport Pour sa 43e annĂ©e d'histoire, cette JVL est cĂ©lĂ©brĂ©e sous le thĂšme  Changer la game et  se penche sur une sphĂšre oĂč les personnes lesbo-queer rencontrent encore trop d'obstacles : le sport. Les chiffres parlent d'eux-mĂȘmes : selon une Ă©tude menĂ©e par Guylaine Demers en 2017, 67 % des athlĂštes LGBTQ+ ont subi au moins un Ă©pisode d'homophobie au fil de leur carriĂšre sportive. Cette rĂ©alitĂ© est confirmĂ©e par Statistique Canada, qui rapporte qu'en 2024, 42 % des Canadiens gais et des Canadiennes lesbiennes ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©tĂ© victimes ou tĂ©moins de discrimination lors d'activitĂ©s sportives, soit plus du double des personnes hĂ©tĂ©rosexuelles (17 %).

L'absence de visibilitĂ© des athlĂštes  lesbo-queer dans les mĂ©dias accentue ce sentiment d'exclusion. Trop souvent, ces athlĂštes sont rĂ©duites Ă  des stĂ©rĂ©otypes ou, pire encore, passĂ©es sous silence. Cette invisibilisation a des consĂ©quences bien rĂ©elles : elle empĂȘche les jeunes personnes lesbo-queer de se projeter dans le milieu sportif et les dissuade parfois de s'engager pleinement ou de faire leur coming-out, par peur de la stigmatisation.

Changer la game : une campagne pour briser les barriÚres Face à ce constat, le Réseau des Lesbiennes du Québec (RLQ) a choisi de frapper fort avec sa campagne  Changer la game. L'objectif ? Susciter des changements concrets pour une meilleure représentation des personnes lesbo-queer dans le sport. Cette campagne vise à dénoncer les injustices tout en mettant de l'avant des modÚles inspirants pour les générations futures.

En 2016, quand le skateboard est entrĂ© dans la famille olympique et que les abonnĂ©s d’Annie Guglia se sont multipliĂ©s par centaines sur ses rĂ©seaux sociaux, elle a rĂ©alisĂ© qu’elle pouvait se servir de son influence pour pousser certaines choses qui lui tiennent Ă  cƓur. Cette annĂ©e, l’olympienne (elle reprĂ©sentait le Canada Ă  Tokyo), qui incarne cette volontĂ© de changement, sera donc porte-parole de la JVL 2025. Ses publications Instagram sont d’ailleurs dĂ©jĂ  remplies des couleurs de l’arc-en-ciel depuis un bon bout dĂ©jĂ . On l’y voit participer au dĂ©filĂ© de la FiertĂ©. « C’est rare que je reçoive de la haine» confiait-elle en entrevue Ă  La Presse en 2023, «mais quand ça arrive c’est toujours des trucs homophobes et transphobes ».

Annie Guglia rĂ©sume l'enjeu et la volontĂ© de changement en une phrase percutante : « C'est difficile d'ĂȘtre ce que tu ne peux pas voir... mais ce n'est pas impossible ! » Son parcours illustre l'importance cruciale de la visibilitĂ©. En montrant des athlĂštes qui osent ĂȘtre elles-mĂȘmes, la campagne espĂšre crĂ©er un effet boule de neige, incitant d'autres

Ă  revendiquer leur place sur le terrain, dans les vestiaires et dans l'espace mĂ©diatique. « Je considĂšre mon rĂŽle dans cette communautĂ© comme celui d’un modĂšle positif, a dĂ©clarĂ© Guglia Ă  La Presse, dans la mĂȘme entrevue. C’est Ă©trange de parler comme ça de soi-mĂȘme, mais dans l’ensemble, j’essaie de me rendre visible chaque fois que c’est possible et d’utiliser les plateformes qui me sont offertes pour montrer que c’est simplement normal. Je ne comprends pas ceux qui propagent la haine envers les autres en se basant sur quelque chose qui ne les concerne pas ou ne leur enlĂšve rien. »

Pourquoi la visibilité est-elle essentielle ?

Rendre visibles les personnes lesbo-queer dans le sport, c'est offrir aux nouvelles générations des modÚles auxquels s'identifier. C'est aussi lutter contre les préjugés en démontrant que l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne définit ni les compétences ni la passion d'une athlÚte. En 2025, la JVL et la campagne Changer la game nous rappellent que chaque geste compte. En brisant le silence et en mettant en lumiÚre les récits de ces athlÚtes, on contribue à un monde sportif plus inclusif, plus juste et plus accueillant pour toutes et tous.

Un Ă©vĂ©nement phare au cƓur de MontrĂ©al

Le point culminant de cette campagne sera l'Ă©vĂ©nement du 26 avril au 8 Queen, dans le Vieux-MontrĂ©al. Cette journĂ©e proposera un espace d'Ă©change et de cĂ©lĂ©bration, oĂč les voix lesbo-queer pourront s'exprimer librement et avec fiertĂ©. Au programme : discussions inspirantes, remise de prix et ateliers d'athlĂštes engagĂ©.e.s. 6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | Programmation : https://www.visibilitelesbienne.ca https://www.facebook.com/JVL.visibilite

Les Canadien.ne.s LGBTQ plus impliqué.e.s en politique, selon une étude

Les Canadien.ne.s gais, lesbiennes, bisexuel.le.s et queers seraient plus impliqué.e.s politiquement que leurs homologues hétérosexuels, selon une étude récente.

Des chercheurs de l’UniversitĂ© de Sherbrooke (UdeS) et de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al (UdeM) ont sondĂ© prĂšs de 26 000 Canadien.ne.s, dont un peu plus de 2000 qui s’identifiaient comme gais, lesbiennes, bisexuel.le.s ou avec une orientation sexuelle « autre », au sujet de leur implication politique auprĂšs des institutions politiques (bĂ©nĂ©volat, dons et autres types d’implication auprĂšs d’un parti ou d’un candidat) et sous d’autres formes (participation Ă  des manifestations, des boycotts ou des campagnes de pĂ©tition).

Les donnĂ©es indiquent que les personnes issues de minoritĂ©s sexuelles ont plus tendance Ă  participer dans les processus politiques que leurs homologues hĂ©tĂ©rosexuels, particuliĂšrement quand il est question de boycotts, de manifestations ou d’autres formes d’implication non partisanes.

Jean-François Daoust, professeur Ă  l’École de politique appliquĂ©e de l’UdeS, est l’un des coauteurs de l’étude, qu’il a prĂ©sentĂ©e lors d’une confĂ©rence Ă  l’universitĂ© Yale, au Connecticut, Ă  la fin fĂ©vrier.

Il explique que les chercheurs avaient deux « attentes contradictoires » au dĂ©but de l’étude, partant de la prĂ©misse selon laquelle les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles ou queers vivaient plus de discrimination que les personnes hĂ©tĂ©rosexuelles.

« Si je reçois plus de discrimination, puis je vis plus de prĂ©judices, ça se peut que [j’aie le rĂ©flexe] de me retirer de la politique parce que je suis plus aliĂ©nĂ©, parce que je ne veux pas cautionner le systĂšme », dĂ©taille le professeur. « Dans ce cas-ci, on s’attendrait Ă  ce que les minoritĂ©s sexuelles participent moins en politique. Une autre rĂ©action possible, c’est dire qu’il y a davantage de prĂ©judices, je suis en colĂšre et je trouve ça injuste, donc je vais participer davantage pour envoyer des messages et, ultimement, espĂ©rer changer les choses. »

Les données pointent vers la deuxiÚme possibilité. « Globalement, les minorités sexuelles participent un peu plus que le reste de la population aux élections et beaucoup plus que le reste de la population dans des activités plus informelles. »

Il note qu’il y a encore trĂšs peu de donnĂ©es sur la participation des personnes LGBTQ+ dans les processus politiques. « Les quelques Ă©tudes dans les pays europĂ©ens [sur les populations gaies] suggĂšrent que c’est Ă©galement le cas. Mais les États-Unis, qui produisent le plus de donnĂ©es, ont une conclusion qui est mixte, qui est ambiguĂ«. » Il existe encore moins de donnĂ©es sur l’implication politique des personnes trans ou non binaires ; en fait, il n’a pas Ă©tĂ© possible d’inclure les populations trans ou non binaires dans l’étude de l’UdeS et l’UdeM en raison d’un manque de donnĂ©es.

Avec des Ă©lections fĂ©dĂ©rales probables dans les prochaines semaines, Jean-François Daoust constate que les Ă©lecteurs et les Ă©lectrices gaies et lesbiennes forment une petite minoritĂ© au sein de la population gĂ©nĂ©rale, mais sont souvent concentrĂ©.e.s dans quelques circonscriptions oĂč il est « difficile [pour un parti] de les ignorer ».

La prĂ©caritĂ© de recherche sur les populations LGBTQ+ Aux États-Unis, particuliĂšrement depuis la deuxiĂšme Ă©lection de Donald Trump, les questions d’équitĂ©, de diversitĂ©, d’inclusion et de la place des minoritĂ©s ethniques et sexuelles dans la sociĂ©tĂ© disparaissent peu Ă  peu de l’espace public. Venu prĂ©senter ses recherches Ă  Yale, Jean-François Daoust a vu avec ses propres yeux la prĂ©caritĂ© de la recherche sur les minoritĂ©s dans ce pays. Les autres confĂ©renciers Ă©taient « trĂšs surpris que je parle de tout ça, parce que dans le contexte politique, c’est quand mĂȘme dĂ©licat ».

« Chaque annĂ©e, je vais aux États-Unis pour des confĂ©rences, et il n’y avait aucun problĂšme [dans les derniĂšres annĂ©es]. Mais depuis l’élection de Trump, on voit la diffĂ©rence dans ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est plus possible. Ce qu’il Ă©tait tout Ă  fait normal de dire Ă  un moment donnĂ©, il n’y a pas si longtemps que ça, est devenu dĂ©licat », poursuit le professeur. Au QuĂ©bec et au Canada, dans son expĂ©rience, on est ailleurs. « Je suis trĂšs content qu’au Canada, on puisse faire de la recherche [sur ces questions] sans se soucier de : est-ce que mes fonds de recherche vont ĂȘtre coupĂ©s ? » 6

RUBY PRATKA irenepratka1@gmail.com

INFOS | Pour consulter l’étude (en anglais) https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/20531680241272647

Ces regards amoureux de garçons altĂ©rĂ©s  : Un chant d’amour dĂ©sespĂ©rĂ©

Éric NoĂ«l et Gabriel Szabo (dans le reflet)

Une chambre dans un sauna. Un gars se drogue, s’envoie en l’air avec des gars. Ce monologue au titre poĂ©tique, Ces regards amoureux de garçons altĂ©rĂ©s, portĂ© par Gabriel Szabo et signĂ© Éric NoĂ«l, dans une mise en scĂšne de Philippe Cyr, prendra l’affiche prochainement au théùtre ProspĂ©ro. Le chemsex, Éric NoĂ«l, il a connu. Ce texte, il l’a Ă©crit pendant cette pĂ©riode d’errance, entre espĂ©rance et dĂ©sespĂ©rance. Pas de faux-semblant, pas de faux-fuyant, une plongĂ©e pour fuir les autres, se fuir soi-mĂȘme. Et peut-ĂȘtre s’y reconnaĂźtre ?

QuelleestlagenĂšsedecetexte?

ÉRIC NOËL : C’est un texte que j’avais Ă©crit il y a plusieurs annĂ©es, un texte que j’avais lu, et puis la production a mis 10 ans, mais il faut tenir compte aussi qu’il y a eu la pandĂ©mie, et Philippe Cyr et moi rĂȘvions de le mettre sur scĂšne. On y arrive enfin.

C’estuneautoïŹction?

ÉRIC NOËL : Je ne m’en suis jamais cachĂ©, mais je ne l’ai jamais revendiquĂ© non plus. Quand on regarde la piĂšce, on n’a aucun doute que l’auteur sait de quoi il parle. Je ne peux pas me cacher. Je prends aussi toutes les libertĂ©s, mais c’est inspirĂ© de mon passĂ© de chemsex. J’ai commencĂ© le chemsex comme le personnage de la piĂšce, aprĂšs une rupture amoureuse. Cela a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur, mais aussi le dĂ©clencheur de l’écriture parce que j’avais mal.

Quand j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire cela en 2014, c’était mes grosses annĂ©es de consommation, j’ai commencĂ© Ă  faire du crystal meth. En 2011, juste aprĂšs la production de ma piĂšce au Quat’Sous, Faire des enfants. Le lendemain de la derniĂšre, Ă  peu prĂšs sans que j’aie prĂ©vu le coup. Ce qui est drĂŽle, c’est que les gens qui avaient vu cette piĂšce pensaient que je prenais de la drogue pour avoir Ă©crit cette piĂšce, mais pas du tout, j’étais alors dans le fantasme et l’imagination. En fait, j’avais trĂšs envie d’aller explorer ce monde-lĂ . Il y a eu cette rupture douloureuse et je me suis mis Ă  consommer beaucoup et je n’arrivais plus Ă  crĂ©er. L’autofiction est venue naturellement parce que la seule chose que j’arrivais Ă  faire Ă  ce moment-lĂ , c’était d’écrire sur ce que je vivais.

Mais peut-ĂȘtre qu’il y a eu aussi ce rĂ©flexe d’auteur que j’ai toujours eu en fait, la structure est venue rapidement, j’ai toujours ce fantasme des structures et cela me vient rapidement. Donc, l’idĂ©e de cet homme enfermĂ© dans une chambre de sauna pendant plusieurs jours, d’oĂč il nous parlerait, s’est imposĂ©e. En quelques semaines, j’ai Ă©crit un premier jet, puis aprĂšs le texte a Ă©tĂ© retravaillĂ©, mais c’est un texte qui est venu d’un souffle et qui a Ă©tĂ© Ă©crit en partie sous consommation. Je suis trĂšs content de l’avoir Ă©crit, mais je sais aussi que je ne pourrai plus l’écrire, car le Éric que j’étais n’existe plus.

C’est un fragment, un instantanĂ© de ma vie, de l’état d’esprit dans lequel je me trouvais Ă  l’époque et qui peut rejoindre beaucoup de gens. Cela a l’air assez simple, un monologue, mais il y a des allers-retours puisque le personnage raconte en mĂȘme temps les quelques jours qu’il a passĂ©s dans ce sauna et les quelques mois qu’il a passĂ©s avec ce gars et leur rupture. Il y a un jeu de miroirs qui se rĂ©pondent. On est dans l’alternance, dans la multiplicitĂ© et l’intensitĂ© des rencontres, de la drogue, du sexe dans le sauna, donc, trĂšs sexe, et l’intensitĂ© du sentiment amoureux, romantique. J’aurais envie de dire que c’est extrĂȘmement classique, l’histoire d’une peine d’amour racontĂ©e au public. C’est peut-ĂȘtre ma piĂšce la plus romantique.

LapiÚceaétélue,quelsontétélespremierscommentaires.

ÉRIC NOËL : La piĂšce a Ă©tĂ© lue au Festival du Jamais Lu, [
] Ă  Strasbourg. Au dĂ©part, je ne pensais pas que la piĂšce serait choisie, mais je me souviens que Marcelle Dubois, l’ancienne directrice du Festival du Jamais Lu, m’avait dit qu’elle avait Ă©tĂ© touchĂ©e par ce rĂ©cit de quelqu’un qui Ă©chappe Ă  sa vie, oĂč il y a une perte de repĂšres complĂšte. Peu importe ce qui la provoque, tout le monde pouvait s’y reconnaĂźtre. Alors que, moi, j’étais persuadĂ© que cela n’intĂ©resserait qu’un petit groupe de nos communautĂ©s.

«Ce qui m’intĂ©resse, c’est ce le chemsex peut nous dire, sur nous, sur nos relations. »

Tuasluplusieursfoiscetexte,maistunejoueraspas?

ÉRIC NOËL : C’est une piĂšce que j’aime beaucoup, mais je suis content de ne pas avoir Ă  la jouer pour une raison simple. Il Ă©tait prĂ©vu de la monter en 2017 et je pense qu’à l’époque j’aurais trĂšs mal vĂ©cu de me retrouver dans les mĂ©dias, confrontĂ© au public, d’autant que je consommais encore [Ă  ce moment]. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus serein pour la prĂ©senter dans le cadre de la production actuelle et cela me permet d’ĂȘtre dĂ©gagĂ© dans les choix de mise en scĂšne. Je suis dĂ©tachĂ© dans un bon sens, je n’interviens pas beaucoup. Ce recul me fait du bien. Lorsque j’ai fait la premiĂšre lecture Ă  l’époque au Jamais Lu, je me suis dit tout de suite aprĂšs : plus jamais ça.

D’autant qu’à l’époque, bien sĂ»r, les gens autour de moi savaient que je n’allais pas trĂšs bien, mais ils ne se doutaient pas de ce que je vivais et comment je vivais. Cela m’a forcĂ© Ă  en parler, de commencer Ă  suivre un chemin quelque part vers la guĂ©rison, mais en mĂȘme temps je me mettais en danger puisque tout de suite aprĂšs la premiĂšre lecture je me suis sauvĂ©, sachant que j’avais mon stock de conso dans mon sac Ă  dos. Il n’y avait aucune distance entre ce que je venais de faire, lire ce texte, et ce que je vivais. Et si j’avais eu cette distance, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de me mettre Ă  nu comme cela. Heureusement, j’ai Ă©tĂ© assez inconscient. Je me souviens, aprĂšs la lecture, ĂȘtre sorti de scĂšne en tremblant, me demandant ce que je venais de faire. Et en retravaillant le texte, mĂȘme 10 ans ou presque plus tard, alors que je me croyais dĂ©tachĂ© de ce que j’avais Ă©crit, je me suis rendu compte que cela pouvait ĂȘtre encore dur pour moi. Donc, pas question de monter sur scĂšne pendant trois semaines et d’incarner ce personnage.

Cequiestfort,c’estqueletexteneseveutpaspĂ©dagogique,pournousmettreengarde contrelesdangersduchemsex,onestloindecetypedethéùtredocumentaire?

ÉRIC NOËL : Ce qui m’intĂ©resse, c’est ce le chemsex peut nous dire, sur nous, sur nos relations. Je sais que pour moi cela rĂ©pondait Ă  un besoin, et ça a fait sa job. Je pense que j’avais besoin d’aller explorer cela. Cela m’a permis un grand changement aujourd’hui. J’avais des enjeux personnels Ă  rĂ©gler et je suis arrivĂ© au chemsex parce que cela n’allait pas. C’est un peu clichĂ© ce que je vais dire, mais on sait que la drogue, ce n’est pas le problĂšme, c’est une «solution».

La drogue vient rĂ©gler quelque chose temporairement. Je suis allĂ© au bout de cette solution et lorsqu’elle n’a plus fonctionnĂ©, cela m’a obligĂ© Ă  affronter ce que je ne voulais pas voir chez moi. Le personnage le dit. Il parle de sa relation amoureuse en disant qu’il avait cherchĂ© Ă  ĂȘtre jetĂ© de cette relation toxique comme une justification pour abattre le mur entre le crystal meth et lui. Il y avait aussi ce dĂ©sir du danger, l’attirance de la transgression. Je pense que j’ai cherchĂ© cela inconsciemment.  6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | Ces regards amoureux de garçons altérés, du 8 avril au 3 mai 2025, au Théùtre Prospéro.

TEXTE : ÉRIC NOËL / MISE EN SCÈNE : PHILIPPE CYR / INTERPRÈTE : GABRIEL SZABO DU 8  AVRIL AU 3  MAI 2025

SUPPLÉMENTAIRE DU 29 AVRIL AU 3 MAI 2025. HTTPS://THEATREPROSPERO.COM/

CES REGARDS AMOUREUX DE GARÇONS ALTÉRÉS, D’ÉRIC NOËL, THÉÂTRE LEMÉAC, 2025.

Le comĂ©dien Gabriel Szabo incarnera le texte d’Éric NoĂ«l sur scĂšne.

CHEMSTORY: HISTOIRES DE CHEMSEX

Chemstory est une sĂ©rie balado créés par des hommes gais, bisexuels, queer et des personnes non-binaires qui partagent leurs expĂ©riences en lien avec le chemsex. Chemstory met de l’avant la voix des personnes ayant une expĂ©rience de chemsex (rĂ©cente ou ancienne) pour stimuler des conversations nuancĂ©es et compatissantes sur la relation entre la drogue, le sexe, les mĂ©faits et le plaisir. https://qollab.ca/chemstory/

Pour lire l’article dĂ©jĂ  paru dans le Fugues : https://www.fugues.com/2023/07/11/ des-balados-sur-le-chemsex-ce-quil-procure-aux-gens-et-ses-consequences/

Chemstory est un projet du laboratoire de recherche Qollab, axĂ© sur une meilleure comprĂ©hension des problĂ©matiques liĂ©es Ă  la santĂ© mentale et Ă  la consommation de substance auprĂšs des communautĂ©s 2S/LGBTQIA+. Qollab est dirigĂ© par Olivier Ferlatte, professeur Ă  l’École de santĂ© publique de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al.6

INFOS | QOLLAB et ses projets : qollab.ca/projets

Comprendre les origines du chemsex pour moins juger

Intervenant dédié aux enjeux du chemsex à la Clinique médicale urbaine du Quartier latin, Daniel Jonathan Laroche plaide pour un retour aux sources du phénomÚne pour apaiser les jugements.

Dansquelcontexteas-tuaccumuléunecompréhensionduchemsex?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : J’ai eu mes propres expĂ©riences pendant plusieurs annĂ©es avec le chemsex dans ma vie personnelle. Un jour, j’ai dĂ» faire du travail sur moi-mĂȘme et des changements. J’ai commencĂ© Ă  faire du bĂ©nĂ©volat, ce qui m’a amenĂ© Ă  faire de l’intervention dans le milieu communautaire. Depuis l’été 2024, je travaille comme intervenant Ă  la clinique du Quartier latin.

Enquoiconsisteleprogrammedechemsex?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : On veut offrir Ă  la communautĂ© un service de soutien. TrĂšs souvent, les services dans le systĂšme de santĂ© sont moins adaptĂ©s pour la clientĂšle de GBHarsah (gais, bisexuels, hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes). Les professionnel.le.s ne les comprennent pas toujours. Bref, on les accompagne en fonction de ce qu’ils veulent faire : simplement en parler en profitant d’une Ă©coute pleine de comprĂ©hension, rĂ©duire leur consommation ou entamer un cheminement pour arrĂȘter complĂštement.

Quelestl’impactduchemsexsurl’épidĂ©miedeVIHdanslacommunautĂ©?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : Je n’évolue pas en recherche, alors je n’ai pas les donnĂ©es exactes, mais on observe une augmentation certaine. Selon les chiffres de la Direction rĂ©gionale de la santĂ© publique de MontrĂ©al, en 2022, on observait une hausse du VIH dans la communautĂ©. Il y a Ă©galement une hausse importante de la consommation. La pandĂ©mie a fait beaucoup de tort Ă  la santĂ© mentale et beaucoup de gens se sont tournĂ©s vers la consommation, ce qui peut entraĂźner une hausse de pratiques sexuelles non protĂ©gĂ©es et de plus grands risques de transmission du VIH. Également, il y avait moins de services de soutien rĂ©guliers pendant la pandĂ©mie et certaines personnes sont devenues moins enclines Ă  prendre leur PrEP. Les gens se sont un peu dĂ©responsabilisĂ©s, ce qui fait Ă©cho Ă  tout le reste : la santĂ© mentale, l’isolement, la sexualitĂ© qui sert Ă  compenser quand on ne va pas bien, etc.

En2025,quelssontlesplusgrandsenjeuxenmatiÚredeprévention?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : Il n’y a pas d’investissements des gouvernements en prĂ©vention. Au QuĂ©bec, on essaie de guĂ©rir, mais on ne prĂ©vient pas. Aussi, il y a beaucoup de stigmatisation envers le crystal meth. Je comprends que c’est une drogue beaucoup plus forte que les autres et qui fait des ravages souvent plus rapidement que les autres, mais plus on la stigmatise, moins les gens vont en parler : c’est ça le plus gros danger. Je dirais aussi que lorsqu’on retrouve dans notre environnement des personnes qui ont besoin de soutien, on est parfois moins portĂ© Ă  vouloir leur offrir, car ça nous affecte directement. On a parfois tendance Ă  prendre nos distances des personnes qui consomment et qui auraient besoin de notre aide.

Peut-onavoiruneconsommationresponsable?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : C’est possible, mais ce n’est pas tout le monde qui peut y arriver. Ça dĂ©pend de la substance qu’on consomme. Les plus associĂ©es au chemsex sont le crystal meth, le GHB et la kĂ©tamine. Les gens qui consomment les deux derniĂšres, sans cristal, sont peut-ĂȘtre plus en mesure de contrĂŽler leur consommation. Par contre, quand on implique des stimulants comme le crystal meth, une drogue puissante qui dure longtemps et qui a des effets sur le cerveau, c’est souvent plus difficile de garder un Ă©quilibre et d’avoir une consommation rĂ©crĂ©ative. Cela dit, certains le font. On remarque aussi qu’une personne avec une vie plus structurĂ©e, avec une job Ă  temps plein, qui Ă©tudie ou qui fait du sport rĂ©guliĂšrement, va ĂȘtre tellement organisĂ©e, mĂȘme dans ses downs, qu’elle va continuer quand mĂȘme ses activitĂ©s.

QuelledevraitĂȘtrelarĂ©ponsedelacommunautĂ©auxenjeuxduchemsex?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : Offrir du soutien, de la communication et de l’empathie. On gagnerait Ă  se montrer plus attentifs envers nos amis, car il y a gĂ©nĂ©ralement des signes permettant de s’apercevoir de ce qui se passe. Peut-ĂȘtre qu’on pourrait ĂȘtre plus ouverts Ă  militer pour ces services-lĂ . Notre communautĂ© a longtemps eu l’habitude de se faire entendre, mais on commence Ă  perdre ces rĂ©flexes.

Quelssontlesprincipalesidéespréconçuesàproposduchemsex?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : Je pense aux anciennes campagnes de peur du crystal meth, oĂč on voit une personne qui n’a plus de dents dans la bouche. Ça suffit. Ce n’est pas vrai que tu vas consommer du crystal et perdre toutes tes dents. Aussi, c’est faux de dire que tu vas automatiquement finir Ă  la rue. Et on doit arrĂȘter de dire que tout est perdu pour les personnes qui consomment. Ou encore que ça ne nous concerne pas. Je vois des gens de tous les milieux qui ont de trĂšs bons emplois et qui ont besoin d’aide.

Quellessontlesinformationstropméconnuesàproposduchemsex?

DANIEL JONATHAN LAROCHE : Le grand public doit comprendre que la consommation sexualisĂ©e dans la communautĂ© queer part de l’époque oĂč on devait se cacher pour se rencontrer. On devait se rendre dans des endroits clandestins oĂč on retrouve souvent des transactions de drogues. Aussi, encore de nos jours, quand on grandit avec l’impression d’ĂȘtre inadĂ©quat en raison de notre orientation sexuelle, ça laisse des traumas, mĂȘme si on finit par l’accepter Ă  l’ñge adulte. C’est pour ça que la consommation prend autant de place dans la communautĂ©. En plus, nous sommes moins centrĂ©s sur le fait d’avoir des enfants, on a moins de responsabilitĂ©s, on a plus de libertĂ©s dans nos temps libres. Tout ça explique pourquoi le phĂ©nomĂšne du chemsex est prĂ©sent. Si on ne prend pas ça en considĂ©ration, on ne pourra jamais vraiment comprendre. 6 SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | https://methetrealite.com

CMU du Quartier Latin https://www.cmuql.com

LittĂ©rature queer et chemsex  : ent revue avec Étienne Bergeron

Étienne Bergeron signe la postface du livre d’Éric NoĂ«l qui vient d’ĂȘtre publiĂ©, Ces regards amoureux de garçons altĂ©rĂ©s. Enseignant, Étienne Bergeron s’intĂ©resse depuis longtemps aux littĂ©ratures queers et, plus spĂ©cifiquement, Ă  celles qui touchent aux pratiques sexuelles. Il termine actuellement son doctorat. Sa thĂšse porte un titre qui fait Ă©cho Ă  celui de la piĂšce d’Éric NoĂ«l, LedĂ©sirdeneutredesgarçonsaltĂ©rĂ©s:autodestructions ascĂ©tiquesetĂ©thiquedu(de)devenir, et tente d’aller au-delĂ  des clichĂ©s de ce qu’on peut lire et entendre, entre autres, autour du chemsex. Peut-ĂȘtre, regarder ces expĂ©riences parfois extrĂȘmes Ă  travers un prisme paradoxal : l’oubli de soi et la recherche de soi.

Commentenes-tuvenuĂ t’intĂ©resserĂ lalittĂ©raturequeer?

ÉTIENNE BERGERON : Disons que cela vient d’un dĂ©sir personnel. Comme gai, je lisais ces livres-lĂ  et cela m’intĂ©ressait. J’avais commencĂ© avec ma maĂźtrise en Ă©tudiant l’écriture du corps dans  Son frĂšre de  Philippe Besson, mais je n’étais pas encore dans cette optique de recherche dans la littĂ©rature queer. Puis, je me suis rendu compte que dans la littĂ©rature quĂ©bĂ©coise rĂ©cente, il y avait de plus en plus d’auteurs gais qui parlaient des expĂ©riences sexuelles. Je pense bien sĂ»r Ă  Éric NoĂ«l, mais aussi à  Antoine Charbonneau Demers  et d’autres. Et donc, j’ai dĂ©cidĂ© pour mon doctorat de me lancer dans cette Ă©tude de l’écriture du corps dans une perspective queer.

Est-cedifficiled’arriverdevantsespairsavecuntelsujet,oĂčilseraquestiondesexe, d’orgies,dedrogues,etc.,etderecevoirleuraval? ÉTIENNE BERGERON : Non, que ce soit Ă  l’UniversitĂ© de Sherbrooke ou Ă  l’UQAM, oĂč je termine ma thĂšse, je n’ai rencontrĂ© aucune rĂ©ticence. Je n’ai jamais croisĂ© un.e professeur.e qui m’a fait sentir que je ne devais pas continuer dans cette voie-lĂ . On s’entend aussi pour dire que L’UQAM est trĂšs ouverte sur ces questions-lĂ . Peut-ĂȘtre pour un milieu plus large, on peut s’étonner de la pertinence d’une telle recherche, mais dans mon entourage il n’y a aucun problĂšme. Quand je regarde les postes qui s’affichent pour enseigner la littĂ©rature Ă  un niveau universitaire, il y a de plus en plus de demandes pour des chercheur.e.s qui s’intĂ©ressent aux Ă©tudes queers, aux Ă©tudes postcoloniales, je crois que l’ouverture est plus grande.

S’intĂ©resserauxpratiquessexuelleshorsnormesouencoreauchemsexreste-t-iltabou?

ÉTIENNE BERGERON : Baignant dans cette littĂ©rature-lĂ  et ce sujet-lĂ , je sais que pour beaucoup cela reste encore tabou, j’en suis conscient, mais en mĂȘme temps cela vient confirmer la pertinence de mes travaux pour, d’une certaine façon, dĂ©construire les a priori que l’on peut avoir sur le chemsex. C’est aussi mettre en parallĂšle ce Ă  quoi on assiste aujourd’hui avec un retour Ă  la norme ou aux normes, comparĂ© Ă  ce que l’on pouvait voir il y a encore une dizaine d’annĂ©es.

Commentenes-tuarrivĂ©autexted’ÉricNoĂ«laupointd’ensignerlapostface?

ÉTIENNE BERGERON : C’est un peu un hasard. Je n’ai jamais assistĂ© Ă  une des lectures de ce texte. Au dĂ©but de mon doctorat, je cherchais un texte. J’avais lu sa premiĂšre piĂšce Faire des enfants, et j’avais aimĂ©. Continuant mes recherches, je suis tombĂ© sur le manuscrit de Ces regards amoureux de garçons altĂ©rĂ©s Ă  la bibliothĂšque de l’École nationale de théùtre et

j’ai eu un grand coup de cƓur par la façon dont Éric NoĂ«l abordait cet univers-lĂ , de façon complĂštement dĂ©complexĂ©e. Et surtout la description des saunas, ce que l’on ne retrouve pas beaucoup dans la littĂ©rature quĂ©bĂ©coise, si ce n’est dans quelques poĂšmes de  JeanPaul Daoust dans les annĂ©es 80. Éric NoĂ«l est l’un des premiers Ă  en avoir fait le cƓur d’un texte. Il en montrait ce que l’on pourrait voir comme sombre, mais aussi le cĂŽtĂ© libĂ©rateur, une vision qui ne tombait pas dans le pathos, mais simplement de montrer les choses. Et c’est devenu le premier texte de mon corpus de textes pour ma thĂšse.

Ya-t-ilunlienaussiavectapropreexpérience?

ÉTIENNE BERGERON : Sur le plan personnel, bien sĂ»r, dans une moindre mesure peut-ĂȘtre, mais j’ai aussi quelques fois participĂ© Ă  du chemsex. Mon premier contact avec ce type de pratique a Ă©tĂ©, comme pour Éric NoĂ«l, au dĂ©part, une fascination. Mon premier contact a Ă©tĂ© Ă  travers la littĂ©rature et je m’y suis intĂ©ressĂ© au tout dĂ©but comme cela, avant d’essayer. Je me suis rendu compte que l’on pouvait associer ce type de pratiques Ă  d’autres formes de libĂ©ration, donc ce n’est pas propre au chemsex. Et de faire des parallĂšles avec d’autres pratiques qui permettent la mĂȘme chose et je pense que l’on peut se reconnaĂźtre quand on parle de chemsex. On associe ce comportement Ă  une forme d’autodestruction, alors qu’à mon sens c’est aussi une façon de se sentir plus vivant. On trouve aussi ce besoin de sortir des structures sociales, sortir de sa tĂȘte, sortir de ses identitĂ©s pour revenir uniquement au corps et aux sensations, aux fluides corporels et Ă  tout ce que cela peut apporter comme plaisir. Et Ă  une forme de libertĂ©.

Est-cequel’onpeutparlerd’unecertaineformederĂ©appropriationdel’abjection?

ÉTIENNE BERGERON : De l’abjection au sens large, pour moi, et associĂ© au corps et aux plaisirs de ce qu’il peut nous apporter et qui a Ă©tĂ© longtemps condamnĂ©. Et si l’on reprend la dĂ©finition de  Julia Kristeva  dans son  Essai sur l’abjection, c’est tout ce qui ne respecte pas les limites. Et, en moi, j’associe le Queer Ă  ce qui ne respecte pas les limites. Et je veux continuer Ă  travailler dans ce sens-lĂ , entre autres sur le concept d’autodestruction, pour le dĂ©construire. Et de voir comment on explore les phantasmes dans d’autres pratiques, et aujourd’hui aussi dans des pratiques virtuelles.6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

Panser nos déceptions amicales grùce à Samuel Larochelle

L’auteur et journaliste Samuel Larochelle est dĂ©cidĂ©ment une machine Ă  Ă©crire ! En mars, celui dont on peut retrouver les articles et chroniques dans les pages de ce magazine a dĂ©voilĂ© UneamitiéàladĂ©rive, un nouveau livre oĂč il explore les difficultĂ©s liĂ©es aux amitiĂ©s dĂ©sĂ©quilibrĂ©es. Un retour pour Samuel Larochelle Ă  la collection UNIK d’HĂ©ritage jeunesse, lui qui y avait dĂ©jĂ  publiĂ© en 2021 CombattrelanuituneĂ©toileĂ lafois.

BienquelalittĂ©raturejeunessesoituniverselle,qu’est-cequit’apousséàécriretonlivre enformatjeunesse?

SAMUEL LAROCHELLE : J’ai dĂ©jĂ  songĂ© Ă  aborder toutes les questions relatives Ă  l’amitiĂ© dans un livre comme J’ai Ă©chappĂ© mon cƓur dans ta bouche ou J’ai dĂ©jĂ  fait sourire un douanier, parce que ça aurait pu s’y prĂȘter, mais ça m’aurait poussĂ© Ă  parler trĂšs clairement, avec vulnĂ©rabilitĂ©, un peu d’effronterie et d’humour, de relations qui existent encore, alors que de parler de mes voyages passĂ©s et de mes relations passĂ©es, il y a une forme de dĂ©tachement, de « c’est pas grave si ça brusque quelques personnes ! », alors que mes amis je veux en prendre soin.

La collection dans lequel le livre est publiĂ©, UNIK, on est beaucoup d’auteurs de la communautĂ© — comme Jonathan BĂ©cotte, Gabrielle Boulianne-Tremblay, Julien Leclerc — Ă  avoir Ă©crit pour cette collection. Il faut qu’on se base sur notre vĂ©cu ou sur des vraies rĂ©flexions personnelles, des vraies Ă©motions. Puis l’amitiĂ© gĂ©nĂšre tellement d’émotions chez moi que je savais que ça allait beaucoup m’inspirer. C’est une collection pensĂ©e pour les ados, mais assurĂ©ment assez forte pour les adultes. On parle d’un sujet qui touche autant les jeunes que les adultes : comment protĂ©ger ses amitiĂ©s ? Comment faire le deuil d’une amitiĂ© ? Comment accepter ou non qu’on ne s’investit pas de la mĂȘme façon ?

ToiquiasdĂ»faireuntravaild’introspection,es-tuenmesuredenousaiderà«affronter» cegenredesituationd’insatisfactionamicale?

SAMUEL LAROCHELLE : C’est rĂ©cent que je commence Ă  mieux gĂ©rer ça, et c’est un de mes enjeux. Je n’ai vraiment pas fini de cheminer lĂ -dedans. Je vis gĂ©ographiquement trĂšs loin de ma famille, cĂ©libataire, sans enfant. J’arrive Ă  mener mes 1000 projets professionnels sans que ça prenne toute la place dans ma vie, donc j’ai beaucoup de temps Ă  consacrer Ă  mes amis, qui n’en ont pas toujours autant. J’ai besoin de me parler, de me rappeler que ce n’est pas contre moi, que quand je propose, la personne va accepter, qu’elle s’intĂ©resse encore Ă  moi, qu’elle m’aime encore. Il faut que je me le rappelle. Les choix que l’autre fait ne sont pas nĂ©cessairement contre toi, c’est juste qu’ils ne sont pas capables de mener leur vie en faisant partie de la tienne. Cette phrase-lĂ  est une phrase clĂ© pour gĂ©rer les tourbillons de l’amitiĂ©, mais elle n’est pas facile Ă  appliquer.

Penses-tuquelespersonnesLGBTQ+ontplustendanceĂ ĂȘtreconfrontĂ©esĂ cegenrede situation?

SAMUEL LAROCHELLE : Complùtement. Je pense que l’on est nombreux à faire de nos amis le centre de nos vies. Donc, quand ces relations-là se fragilisent, ça devient confrontant et trùs

frĂ©quent chez les queers. On est souvent dans la famille choisie, sans avoir Ă©tĂ© exclu de notre famille de sang. On a rĂ©alisĂ© que nos amis nous comprennent davantage — parfois — que notre famille, Ă  cause de nos personnalitĂ©s ou parce que nos trains de vie ne sont pas le mĂȘme.

À l’instar des autres livres de cette collection,tonlivrecontientunvisueltrĂšs particulieretoriginal,unecalligraphiequi reïŹ‚Ăšteetaccompagnetespropos.Est-ce quec’estundĂ©ïŹ?

SAMUEL LAROCHELLE : Les deux livres que j’ai faits dans cette collection-lĂ  m’ont emmenĂ© ailleurs. Quand j’ai Ă©crit Combattre la nuit une Ă©toile Ă  la fois, c’était la premiĂšre fois que j’écrivais du vĂ©cu, la premiĂšre fois que j’écrivais de la poĂ©sie jeunesse, oĂč tu racontes une histoire et ce n’est pas juste des poĂšmes isolĂ©s.

J’ai apprivoisĂ© ça et ça a eu un impact sur comment j’ai fait mes romans graphiques, Le plus petit sauveur du monde 1 et 2. Je pense que s’ils ont Ă©tĂ© si bien Ă©crits, c’est parce qu’ils ont ouvert une porte dans mon cerveau grĂące Ă  Combattre la nuit une Ă©toile Ă  la fois. C’est de la haute voltige d’écrire des affaires de mĂȘme. C’est comme un condensĂ© d’émotions et de pensĂ©es avec des images originales, mais infiniment accessibles. Cet Ă©quilibre-lĂ  est hyper difficile Ă  trouver.

«Je suis le chauffeur, le producteur, l’animateur, un des artistes qui performent sur scĂšne, aprĂšs le show, je ramĂšne les gens Ă  l’hĂŽtel ou dans leur ville
 C’est beaucoup, beaucoup d’énergie !»

Tu as fondé en 2021 le Cabaret Accents Queers,etilyaencoredesspectaclesen 2025


On a la 9e édition Ă  MontrĂ©al le 4 avril. On s’en va pour la premiĂšre fois Ă  Sudbury au Salon du livre francophone le 8 mai. On va pour la quatriĂšme fois Ă  QuĂ©bec le 10 mai et ensuite on fait une mini tournĂ©e — pour la premiĂšre fois — Ă  Mont-Laurier le 15 mai, Ă  Val-d’Or le 16 mai et Ă  Rouyn-Noranda le 17 mai. C’est pas les mĂȘmes artistes qui font tous les shows. Je suis le chauffeur, le producteur, l’animateur, un des artistes qui performent sur scĂšne, aprĂšs le show, je ramĂšne les gens Ă  l’hĂŽtel ou dans leur ville
 C’est beaucoup, beaucoup d’énergie !

Commenttesens-tuàl’approchedeces spectacles?

SAMUEL LAROCHELLE : En soi, ça me ravit, avec toutes les attaques contre les communautĂ©s queers, d’avoir autant d’évĂ©nements dans des grandes et des petites villes pour faire vibrer la queerness, faire entendre nos histoires, nos rires, nos pleurs et nos rĂȘves, c’est encore plus important que jamais. Je n’ai pas l’impression que c’est infiniment lourd. J’ai environ 50 shows Ă  mon actif, que j’ai produits et animĂ©s, donc je suis rodĂ© maintenant. Les rĂ©flexes sont aiguisĂ©s et je sais quoi faire. Ce n’est pas reposant, mais ce n’est pas Ă©tourdissant.

Ton Cabaret Accents Queers prenant de l’ampleurauïŹldesannĂ©es,tevois-tuen faireuneoccupationprincipale?Agrandir laproduction?

SAMUEL LAROCHELLE : Est-ce que dans 5, 10 ou 15 ans, si j’ai une renommĂ©e qui me permet de remplir une salle en solo, j’aimerais mĂ©langer moi qui chante, moi qui lis des textes, moi qui livre des numĂ©ros d’humour ? Oui, ce sera un fantasme Ă  long terme.

Mais, prĂ©sentement, faire des cabarets, c’est premiĂšrement avoir une connexion avec le public — qui est comme une drogue —, deuxiĂšmement crĂ©er des lieux oĂč on cĂ©lĂšbre la queerness avec la moitiĂ© de la salle qui est queer et l’autre moitiĂ© qui est hĂ©tĂ©ro et tout le monde qui trippe ensemble, et troisiĂšmement, que le public

connaisse de plus en plus de personnalitĂ©s queers. Je veux comme servir d’amplificateur Ă  ces artistes, parce que plus on va ĂȘtre nombreux Ă  se faire entendre, plus on va ĂȘtre puissants dans notre façon de rĂ©sister. 6 PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

INFOS | Cabaret Accents Queers : 4 avril à l'Usine C. Une amitié à la dérive, de Samuel Larochelle, Unik, 2025 , 120 pages.

Samuel Larochelle
Interligne sonne l’alarme  :

La santĂ© mentale des personnes 2ELGBTQIA+ est en crise, une mobilisation d’urgence pour la santĂ© mentale des communautĂ©s 2ELGBTQIA+ est essentielle. Interligne, organisme dĂ©diĂ© au soutien et Ă  l’accompagnement des personnes LGBTQ+, prĂ©sentait au dĂ©but mars les rĂ©sultats percutants d’une Ă©tude pancanadienne, rĂ©alisĂ©e par LĂ©ger grĂące au soutien du ministĂšre Femmes et ÉgalitĂ© des genres Canada.

Des chiffres alarmants qui poussent Ă  l’action L’étude, rĂ©alisĂ©e auprĂšs de 2 007 Canadien.ne.s, compare la santĂ© mentale des personnes 2ELGBTQIA+ Ă  celle des personnes non issues de ces communautĂ©s. Les rĂ©sultats sont sans Ă©quivoque :

‱ 86 % des personnes 2ELGBTQIA+ ont vĂ©cu au moins un dĂ©fi de santĂ© mentale dans la derniĂšre annĂ©e, comparativement à 64 % des non-2ELGBTQIA+.

‱ Seulement 33 % des personnes 2ELGBTQIA+ estiment ĂȘtre en excellente ou bonne santĂ© mentale, contre 49 % chez les non-2ELGBTQIA+.

‱ 28 % des personnes 2ELGBTQIA+ jugent leur santĂ© mentale mauvaise ou trĂšs mauvaise, contre 14 % des non-2ELGBTQIA+.

En matiĂšre de soutien, l’étude rĂ©vĂšle aussi une insatisfaction marquĂ©e :

‱ 68 % des personnes rĂ©pondant.e.s 2ELGBTQIA+ se disent satisfait.e.s du soutien reçu.

‱ 28 % des personnes 2ELGBTQIA+ sont insatisfaites du soutien reçu.  Un appel à l’action pour un soutien accru

« Ces chiffres confirment ce que nous observons quotidiennement : un manque criant de ressources adaptĂ©es. Il est impĂ©ratif que les dĂ©cideurs prennent conscience de cette rĂ©alitĂ© et agissent rapidement pour financer des services de soutien accessibles et durables », affirme Pascal Vaillancourt, directeur gĂ©nĂ©ral d’Interligne.

Interligne demande aux élu.e.s municipaux, provinciaux et fédéraux de se mobiliser pour mettre en place des mesures concrÚtes afin de répondre aux besoins spécifiques des communautés 2ELGBTQIA+. « Ensemble, mobilisons-nous pour un meilleur accÚs aux soins de santé mentale des communautés 2ELGBTQIA+ », poursuit Pascal Vaillancourt.

FondĂ© il y a 45 ans cette annĂ©e, Interligne est un organisme communautaire de premiĂšre ligne qui contribue au mieux-ĂȘtre des personnes concernĂ©es par la diversitĂ© sexuelle et la pluralitĂ© des genres, en offrant des services d’écoute, d’intervention et de sensibilisation. À travers ses actions, l’organisme vise Ă  briser l’isolement des personnes 2ELGBTQIA+, Ă  fournir un soutien concret et adaptĂ© aux enjeux de santĂ© mentale et Ă  sensibiliser le grand public et les dĂ©cideurs aux rĂ©alitĂ©s des communautĂ©s LGBTQ+.  6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://interligne.co

AGQ  : grand succÚs de la collecte

de fonds 2024-2025

Les Archives gaies du QuĂ©bec (AGQ) viennent de terminer leur campagne de financement 2024-2025 avec le tirage de l’Ɠuvre de Michel Daigneault. On peut dire que cette collecte de fonds a eu un succĂšs retentissant : plus de 65 000 $ ont pu ĂȘtre amassĂ©s pour les Archives. Rappelons que plus de 40 ans aprĂšs leur crĂ©ation, les AGQ ne bĂ©nĂ©ficient toujours pas d’une subvention de fonctionnement.

Chaque annĂ©e, les Archives reçoivent un don d’un ou d’une artiste et cette Ɠuvre fait l’objet d’un tirage. Les gens avaient la chance de remporter le tableau trĂšs colorĂ© intitulĂ© Suzy chaussure dans sa boĂźte .02, d’une grandeur de 23 cm x 29 cm, une Ɠuvre encadrĂ©e et d’une valeur marchande de 1800 $. La campagne s’est donc terminĂ©e le 12 mars dernier avec le tirage de l’Ɠuvre qui a Ă©tĂ© remportĂ©e par Maxime Bolduc.

L’artiste Michel Daigneault est un ancien professeur de peinture et d’art contemporain Ă  l’UniversitĂ© York de Toronto, aujourd’hui Ă  la retraite.

« Nous remercions chaleureusement tous nos donateurs et donatrices, souligne Pierre Pilotte, le coordonnateur des AGQ. Nous avons rĂ©ussi Ă  rĂ©colter une somme de plus de 65 000 $. C’est vraiment un franc succĂšs ! »

« Il faut signaler que nous n’avons jamais eu autant de donateurs et donatrices au cours de nos levĂ©es de fonds et nous avons eu beaucoup de nouveaux donateurs, c’est exceptionnel. Nous sommes trĂšs, trĂšs fiers de cette campagne-lĂ  qui vient de se terminer », de dire Pierre Pilotte.

Les fonds amassés serviront à la gestion quotidienne du groupe communautaire et à payer les dépenses courantes.

Rappelons que, Ă  l’Espace Caisse Desjardins du Quartier latin (dans le local des Archives gaies du QuĂ©bec) et jusqu’au 31 mars prochain, on peut dĂ©couvrir l’exposition GÉNÉRATION XEROX, dont Simone Beaudry-Pilotte, Mark Andrew Hamilton et August Klintberg en sont les commissaires. Il s’agit ici d’une ode Ă  l’autoĂ©dition, Ă  la culture des zines et aux documents Ă©phĂ©mĂšres queers facilement reproductibles, soit photocopiĂ©s la plupart du temps. Cette culture underground des zines est prĂ©sentĂ©e dans toute sa variĂ©tĂ© et ses caractĂ©ristiques et, pourrait-on mĂȘme rajouter, dans toute sa splendeur. Plus d’une centaine d’articles sont ainsi

exposĂ©s. Comme chaque annĂ©e, les Archives prĂ©senteront trois expositions. En plus de GÉNÉRATION XEROX, deux autres expositions sont donc programmĂ©es et seront annoncĂ©es incessamment.

Et oui, on sait dĂ©jĂ  quelle Ɠuvre fera l’objet du tirage pour la campagne de levĂ©e de fonds de 2025-2026 : il s’agit de Noir sur bleu, offerte gracieusement aux Archives par l’artiste-peintre et sculpteur de renommĂ©e internationale Armand Vaillancourt. « Cette prochaine campagne dĂ©butera en septembre-octobre. Nous sommes trĂšs contents qu’Armand Vaillancourt ait dĂ©jĂ  acceptĂ© de participer Ă  cette future levĂ©e de fonds des AGQ », indique Pierre Pilotte.  6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://www.agq.qc.ca ou 514-287-9987

C.P. 843, succursale Place-Desjardins, Montréal (Québec) H5B 1B9

LES ACTIVELLES DU QUÉBEC

DestinĂ©e Ă  la communautĂ© lesbienne et gaie fĂ©minine, ce groupe, orchestrĂ© sur Facebook, vise Ă  encourager les femmes Ă  bouger. PortĂ©e par la force du nombre, ce vĂ©ritable rĂ©seau permet aux membres de proposer diverses activitĂ©s en plein air. RandonnĂ©e, vĂ©lo, raquette, patin, ski alpin, ski de fond, sports nautiques, toutes les idĂ©es sont bonnes pour se divertir en nature et initier des rencontres avec d’autres amatrices de plein air.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | facebook.com/groups/lesActivellesDuQuebec

DĂ©jĂ  20 ans de mĂ©tier pour Tom-Éliot Girard

À5 ans, Tom-Éliot Girard montait sur scĂšne Ă  la Place des Arts aux cĂŽtĂ©s de son pĂšre, le chanteur MichaĂ«l. Depuis, on l’a vu jouer dans plusieurs sĂ©ries (Lesbraceletsrouges,IndĂ©fendable,Pourtoujoursplusunjour). Il a participĂ© Ă  LaVoix et Ă  BigBrotherCĂ©lĂ©britĂ©s. Il anime le happening jeunesse Mammouth. Et il tient l’un des rĂŽles principaux dans la fabuleuse websĂ©rie T-REX (TĂ©lĂ©-QuĂ©bec), qui vient d’ĂȘtre prĂ©sentĂ©e en compĂ©tition au prestigieux festival SĂ©ries Mania, en France.

Cethiver,tuasparticipéàBigBrotherCĂ©lĂ©britĂ©s.Queretiens-tudel’aventure?

TOM-ÉLIOT GIRARD : J’ai vraiment aimĂ© ça ! Je carbure aux expĂ©riences et aux Ă©motions fortes. J’ai commencĂ© le mĂ©tier si jeune que je suis toujours en train de chercher ce Ă  quoi je n’ai pas encore touchĂ©. Comme je n’avais jamais fait un jeu tĂ©lĂ©visĂ©, je me suis lancĂ©. J’ai dĂ©couvert beaucoup de choses sur moi. Ça m’a frappĂ© de rĂ©aliser que j’étais encore plus fragile que je le pensais. Je me questionne encore pour savoir pourquoi certaines choses m’ont atteint. En mĂȘme temps, je me suis trouvĂ© bon et fort dans certains aspects.

Craignais-tulavieencommunauté?

TOM-ÉLIOT GIRARD : Je me demandais si ça allait devenir trop envahissant et si j’allais avoir besoin de ma bulle, mais j’ai Ă©tĂ© capable de mettre mes limites. Je me suis surpris Ă  mieux connecter avec les gens que je pensais. Dans la vie, j’ai toujours peur d’ĂȘtre celui qui rĂ©ussit moins Ă  crĂ©er des liens. Ça me stressait, parce que c’est tellement important dans ce jeu de nouer des liens dĂšs les premiĂšres secondes.

Tuchantes.Tujoues.Tuanimes.Tudanses.TumaĂźtrisesplusieursinstruments.Comment tedĂ©ïŹnis-tuprofessionnellement?

TOM-ÉLIOT GIRARD : C’est ma quĂȘte Ă©ternelle
 mais ça me convient. Si je me dĂ©fais d’un aspect, je deviens malheureux rapidement. Cette polyvalence m’a fait grandir dans les derniĂšres annĂ©es, tant humainement que dans ma carriĂšre : j’ai rencontrĂ© tellement de dĂ©fis imprĂ©vus que ça me nourrit beaucoup. Par contre, j’ai hĂąte de voir ce qui va devenir une prioritĂ© un jour. Je crois que c’est inĂ©vitable. Je pense beaucoup Ă  la musique. Ça prend du temps. J’aimerais ça m’asseoir, Ă©crire et aller en studio. GĂ©nĂ©ralement, c’est moins compatible avec un horaire trĂšs chargĂ© par des tournages.

Tes parents Ă©voluent dans les arts. Ton frĂšre Sam-Éloi aussi. De quelle façon ça t’a inïŹ‚uencĂ©?

TOM-ÉLIOT GIRARD : Je me suis fait prendre dans ce grand tourbillon trĂšs jeune et j’en fais encore partie. J’ai commencĂ© la scĂšne Ă  5 ans, parce que mon pĂšre Ă©tait dans le show. J’étais en coulisses et je connaissais dĂ©jĂ  le show par cƓur. Quand je suis montĂ© sur scĂšne Ă  la Place des Arts, j’ai tout de suite su que je voulais faire ça de ma vie. Ensuite, la tĂ©lĂ© est arrivĂ©e autrement, car mes parents ne sont pas comĂ©diens. Ma mĂšre et mon pĂšre ont toujours Ă©tĂ© clairs : si on voulait travailler en tĂ©lĂ©, on devait le faire pour nous et parce qu’on aimait ça, mais on devait aussi ĂȘtre reconnaissants, parce que plusieurs personnes voudraient ĂȘtre Ă  notre place. On a compris vite qu’on ne devait rien tenir pour acquis. Je leur en dois beaucoup. Ils ont toujours Ă©tĂ© un soutien incroyable.

Était-ceplusfaciledesavoirquelcheminprendre?

TOM-ÉLIOT GIRARD : Ça nous a donnĂ© confiance de connaĂźtre les chemins pour accĂ©der au mĂ©tier, mais ça nous a aussi Ă©veillĂ© sur les bas de l’industrie, en voyant mon pĂšre connaĂźtre

des pĂ©riodes difficiles. L’instabilitĂ© du mĂ©tier, spĂ©cialement avec les difficultĂ©s actuelles du monde de la culture, ce n’est pas trĂšs encourageant. À 12 ans, je me disais dĂ©jĂ  que ce ne serait pas facile. Je savais que j’allais devoir m’atteler et m’assurer d’avoir un coffre Ă  outils plein. C’est pour ça que j’ai le besoin viscĂ©ral de continuer Ă  Ă©voluer.

Ilya10ans,votrefamilleestallĂ©evivre3moisenInde.Àquelpointçat’atransformĂ©?

TOM-ÉLIOT GIRARD : Je suis allĂ© Ă  la rencontre de moi-mĂȘme. J’avais 15 ans au dĂ©but du voyage. Je n’étais pas bien avec moi-mĂȘme. Je n’avais pas encore fait mon coming out, alors que ça faisait longtemps que je le savais. Durant ce voyage, j’ai compris que ça n’avait plus de bon sens : il fallait que je le dise. Je sentais que quelque chose allait se casser et que je vivrais un nouveau dĂ©part ensuite.

Commentétaitleretour?

TOM-ÉLIOT GIRARD : TrĂšs compliquĂ©. Je me demandais ce que je faisais ici, je trouvais que je ne servais Ă  rien, alors que j’étais seulement en cinquiĂšme secondaire ! Ça a activĂ© une petite crise identitaire qui m’a permis d’ĂȘtre mieux avec moi-mĂȘme. En parallĂšle, je me suis aussi demandĂ© ce que je dĂ©sirais faire comme travail. Je voulais devenir mĂ©decin, aprĂšs avoir aidĂ© des jeunes lĂ -bas. J’avais tellement besoin d’ĂȘtre utile. Ça m’a ouvert sur une rĂ©alitĂ© qui n’est pas la mienne. Je me questionne encore aujourd’hui sur comment je peux rendre mon mĂ©tier utile. C’est pour ça que je travaille autant en jeunesse.

Tusemblesavoirgrandidansunefamilleloindestraditions,despetitescases,dela masculinitĂ©toxiqueetdel’homophobie.

TOM-ÉLIOT GIRARD : On n’a jamais vraiment aimĂ© les cases et la structure. C’est pour ça que mon frĂšre et moi pouvons Ă©voluer autant. Nos parents ont toujours eu une grande ouverture. Encore aujourd’hui, on parle ensemble. On repousse beaucoup de limites en tant que famille. Mes parents dĂ©font souvent le moule de ce Ă  quoi les parents devraient ressembler. J’aime ça. Je trouve ça prĂ©cieux.

OnpeuttevoirdansT-REXsurlesiteWebdeTélé-Québec.Commentdécris-tulasérie?

TOM-ÉLIOT GIRARD : C’est un miroir sur une rĂ©alitĂ© omniprĂ©sente dans nos Ă©coles et nos entourages, surtout chez les jeunes : ce jeu de virilitĂ© oĂč les gars veulent toujours essayer d’ĂȘtre celui qui va gagner dans son environnement, qui va prouver qu’il a sa place plus qu’un autre, souvent en Ă©crasant les autres. Édouard, Xavier et Renaud arrivent Ă  un point de leur vie oĂč ils pensent ĂȘtre soudĂ©s, avant de rĂ©aliser que leur dynamique est super toxique.

D’ailleurs,ilsnenommentjamaisleursproblùmes,saufparl’humour.

TOM-ÉLIOT GIRARD : Exact. Ils ne sont pas capables de parler des choses telles qu’elles sont, sauf en joke. À force de faire des blagues, ça finit par toucher aux bons pitons et ça explose. Ils s’aiment pour vrai, mais ils ne se comprennent plus, parce qu’ils n’ont jamais pris le temps de s’asseoir et de se dire qui ils sont. Durant leur sĂ©jour au chalet, le rideau tombe. Je ne pense pas que la sĂ©rie porte sur la masculinitĂ© toxique ou positive. Il n’y a pas de morale ni de rĂ©ponse. On montre ce qui se passe dans certains groupes d’amis.

Àquoiressembletonpersonnage(Xavier)?

TOM-ÉLIOT GIRARD : Il vit Ă©normĂ©ment d’homophobie intĂ©riorisĂ©e. Il a besoin d’appartenir et d’ĂȘtre aussi viril que les autres gars pour se prouver, en raison de son orientation sexuelle. Ça l’insĂ©curise tellement. On est plusieurs Ă  se poser ces questions-lĂ , moi y compris. Si j’étais plus viril, est-ce que ça m’aiderait ? C’est ancrĂ© profondĂ©ment dans nos tĂȘtes.

PlusieurscomĂ©dienshĂ©sitentĂ assumerleurqueerness publiquement.QuelleĂ©taittarĂ©ïŹ‚exionĂ cesujet?

TOM-ÉLIOT GIRARD : J’ai longtemps eu peur d’en parler, car je craignais que ça me nuise. Si je n’avais pas la chanson et ma diversitĂ© d’intĂ©rĂȘts, je souhaite que j’aurais Ă©tĂ© capable d’en parler quand mĂȘme, mais il y a une crainte chez les acteurs. J’ai fini par le nommer, car certains projets m’ont permis de faire la paix avec ça. Quand je travaille dans Mammouth, je n’ai pas le choix d’ĂȘtre moi-mĂȘme. Je ne peux pas Ă©voluer dans un projet jeunesse qui cĂ©lĂšbre la diversitĂ© et l’authenticitĂ©, sans l’ĂȘtre.

« Je suis allĂ© Ă  la rencontre de moi-mĂȘme. J’avais 15 ans au dĂ©but du voyage. Je n’étais pas bien avec moi-mĂȘme. Je n’avais pas encore fait mon coming out...»

Cela dit, je n’ai jamais voulu le crier sur tous les toits et je n’ai jamais fait de coming out. J’en ai parlĂ© Ă  mon entourage, ça s’est su et je suis arrivĂ© Ă  mon bal du secondaire avec mon chum. J’étais en mode : « Acceptez-le et j’en ai rien Ă  chier si ça vous dĂ©range. Je n’ai pas Ă  vous l’annoncer ni Ă  avoir de conversation avec tout le monde. » C’est encore un peu ça aujourd’hui. Je suis moi-mĂȘme, mais je ne ressens pas le besoin de l’afficher haut et fort. Ça n’a jamais fait partie intĂ©grante de mon identitĂ©, mais je suis trĂšs fier de qui je suis aujourd’hui.6 SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com INFOS | @tom.eliot sur Instagram et Facebook

Tom-Éliot Girard

« Ma sortie a Ă©tĂ© mon moment le plus difficile. J’ai l’impression qu’on m’a enlevĂ© mon rĂȘve assez rapidement...»

Léo Giroux

LĂ©o « Pavarotti », l’aventure Star AcadĂ©mie

Le 19 janvier 2025, Léo Giroux a fait partie des quatre artistes qui ont pu entrer directement à StarAcadémie. Un mois plus tard, son élimination a surpris et choqué plusieurs adeptes de la téléréalité. Avec un peu de recul, le jeune chanteur décortique son parcours.

Commentlechantest-ilentrédanstavie?

Enfant, je chantais un peu, mais on me disait que je criais dans la maison : on me surnommait LĂ©o « Pavarotti », un clin d’Ɠil au chanteur classique. Ma famille avait une troupe musicale qui montait des spectacles. C’était une chorale avec de la mise en scĂšne et des dĂ©placements. J’ai donc Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans cet univers proche des comĂ©dies musicales. Vers 10 ans, j’ai commencĂ© Ă  suivre des cours de chant. J’ai participĂ© Ă  des concours, dont La Voix Junior et des trucs plus locaux. Je n’ai jamais gagnĂ©, mais j’ai reçu quelques prix du public. Ensuite, j’ai Ă©tudiĂ© en théùtre musical au CĂ©gep de Sainte-Foy.

Pourquoivoulais-tuparticiperàStarAcadémie?

LÉO GIROUX : C’était un de mes plus grands rĂȘves. En 2012, Ă  7 ans, je suivais l’émission. On est allĂ© voir le spectacle au ColisĂ©e Pepsi [
]. Je collectionnais les autographes des acadĂ©miciens. Quand l’émission est revenue en 2021-2022, je comprenais davantage ce que ça impliquait. Je regardais les Ă©missions et les cours. Je voyais ça comme un tremplin super intĂ©ressant qui pouvait me donner beaucoup de bagage.

Tonexpériencea-t-elleétédifférentedecequetuimaginais?

LÉO GIROUX : En vivant l’aventure, j’ai vu l’envers du dĂ©cor de la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©. Je ne m’attendais pas Ă  tout ce que ça implique : durant les cours, on doit se placer en fonction des camĂ©ras, les profs doivent parfois reprendre des rĂ©pliques pour que ce soit bon Ă  la camĂ©ra, on change les micros et les batteries durant la journĂ©e, car tout ce qu’on dit peut ĂȘtre montrĂ© Ă  la tĂ©lĂ©. Sans oublier les moments au confessionnal. Il y a plein de choses Ă  considĂ©rer Ă  l’AcadĂ©mie.

Quelsontététesprincipauxapprentissagesmusicaux?

LÉO GIROUX : Un de mes plus gros dĂ©fis a Ă©tĂ© de gĂ©rer la fatigue vocale, car l’intensitĂ© est au cƓur de Star AcadĂ©mie. DĂšs qu’on finit une semaine intense, on en relance une autre tout de suite. Il n’y a pas beaucoup de repos. On pratique sans arrĂȘt. On apprend des chorĂ©graphies et des dĂ©placements sur la scĂšne. Il y a beaucoup d’informations Ă  retenir. Heureusement, on est tellement bien entourĂ©s que le rĂ©sultat est bon.

Quiétais-tuparticuliÚrementheureuxderencontrer?

LÉO GIROUX : J’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© Matt Lang. Je le trouvais trĂšs authentique. Je me reconnaissais dans sa façon d’agir. Il est terre-Ă -terre. Sinon, mon numĂ©ro prĂ©fĂ©rĂ© a Ă©tĂ© celui sur la musique des Rolling Stones avec Garou, Jonathan Roy et France D’Amour. MĂȘme si je n’ai pas chantĂ© nĂ©cessairement en duo avec eux, l’ensemble du numĂ©ro Ă©tait vraiment l’fun.

As-tuvĂ©cudesmomentsplusdifficilesĂ l’AcadĂ©mie?

LÉO GIROUX : Oui, car c’est un grand dĂ©fi social. C’était ma premiĂšre expĂ©rience de collocation avec 13 autres personnes. Ça s’est super bien passĂ©, mais il y a toujours des moments oĂč tu te remets en question et oĂč tu te compares aux autres. MĂȘme si on ne le voyait pas comme une compĂ©tition, on se faisait parfois rattraper par l’idĂ©e que certains sont meilleurs que nous. On voit leurs belles performances. On peut aussi se sentir tout seul en groupe. Heureusement, on Ă©tait proches et on se rĂ©confortait entre nous.

Commentas-tuvĂ©culefaitd’ĂȘtrecoupĂ©detesproches?

LÉO GIROUX : Le plus difficile a Ă©tĂ© d’ĂȘtre coupĂ© de mon amoureux, car on Ă©tait ensemble depuis peu de temps. C’était dĂ©jĂ  un gros dĂ©fi de se quitter quelque temps pour que je vive cette expĂ©rience. Il comprenait super bien pourquoi je faisais ça. C’est de lui dont je m’ennuyais le plus.

TuaspassĂ©uneauditionpourchanteravecPierreLapointelachansonHymnepourceux quines’excusentpas,quiparled’enjeuxqueers.Qu’est-cequeçat’afaitdenepasĂȘtre sĂ©lectionnĂ©?

LÉO GIROUX : Quand Pierre nous a expliquĂ© sa vision de la chanson, je me suis dit que c’aurait Ă©tĂ© un beau moment que Marco ou moi interprĂšte ce texte, en comprenant et en reprĂ©sentant la diffĂ©rence. J’aurais aimĂ© le faire, mais ça n’a pas adonnĂ©. Je suis content que Pierre ait Ă©crit quelque chose comme ça. C’est un message trĂšs fort.

QuellesĂ©motionst’onthabitĂ©aprĂšstonĂ©limination?

LÉO GIROUX : Ma sortie a Ă©tĂ© mon moment le plus difficile. J’ai l’impression qu’on m’a enlevĂ© mon rĂȘve assez rapidement. Un mois Ă  l’AcadĂ©mie, c’est super enrichissant, mais je manque tellement d’expĂ©rience sur scĂšne, avec les profs, les artistes invitĂ©s et les autres acadĂ©miciens. J’ai Ă©tĂ© trĂšs déçu d’ĂȘtre Ă©liminĂ©.

Àquoiressemblenttesambitions?

LÉO GIROUX : Je veux faire des comĂ©dies musicales. Ça m’appelle depuis longtemps. Je veux monter de grosses productions, vivre un trip de gang et prĂ©senter les shows Ă  plusieurs reprises. Un jour, j’aimerais aussi crĂ©er ma propre musique pour prĂ©senter mon univers aux gens qui m’ont donnĂ© beaucoup d’amour durant Star AcadĂ©mie. Je me verrais faire de la musique pop orchestrale populaire.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | https://www.facebook.com/leogirouxartiste

Les GLAAD

Media Awards : plus crucial que jamais de rester visible

PrĂšs d’une dizaine de titres canadiens ont Ă©tĂ© retenus cette annĂ©e par le comitĂ© de sĂ©lection de GLAAD, pour les honorer comme de vĂ©ritables vecteurs de changement. Parmi eux, quatre productions qui ont reçu le soutien du Fonds des mĂ©dias du Canada : le film WynonnaEarp:Vengeance, les sĂ©ries  Sort of et  Beyond Black Beauty  et l’émission pour enfants  TheBravestKnight (en français Le chevalier hĂ©roĂŻque). La soirĂ©e de remise de prix se tiendra le 27 mars Ă  Los Angeles, mais vous pouvez toujours voir ces Ɠuvres.

Depuis 35 ans, l’association Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD) travaille pour dĂ©noncer les discriminations et les attaques Ă  l’encontre des personnes LGBTQ+ et honore chaque annĂ©e les Ɠuvres, les mĂ©dias et les personnalitĂ©s LGBTQ+ qui font une diffĂ©rence pour leur reprĂ©sentativitĂ© dans la culture. Chaque annĂ©e, des soirĂ©es GLAAD Media Awards sont donc organisĂ©es Ă  Los Angeles et New York pour rĂ©compenser les mĂ©dias, les Ɠuvres et les personnalitĂ©s qui reprĂ©sentent la communauté LGBTQ+ à travers leurs actions et leurs productions.

À l’heure oĂč les attaques et les violences contre la communauté LGBTQ+ pullulent de plus en plus aux États-Unis et mĂȘme au Canada depuis l’élection de Donald Trump, on comprend qu’il s’agit de cĂ©rĂ©monies importantes, surtout dans ce contexte oĂč l’on assiste Ă  l’expression de propos haineux et aux amalgames inappropriĂ©s d’une droite conservatrice, plus intĂ©ressĂ©e Ă  prĂ©server et Ă  imposer des valeurs rĂ©trogrades qu’à respecter l’égalitĂ© de tous et toutes.

« Avec la violence, la lĂ©gislation nĂ©faste, les faux discours et d’autres attaques contre la communautĂ© LGBTQ+ qui continuent de s’intensifier, il est plus crucial que jamais que notre communautĂ© reste visible et incluse dans les histoires que le monde voit dans le cinĂ©ma, la tĂ©lĂ©vision, la musique, le journalisme et d’autres formes de mĂ©dias », remarque Mathieu Chantelois, premier vice-prĂ©sident au Fonds des mĂ©dias du Canada.

« Des nouvelles histoires qui dĂ©mystifient les mensonges sur la non-binaritĂ© ou la fluiditĂ© de genre, des romances entre personnes de mĂȘme sexe ou l’homoparentalitĂ© dans les programmes pour enfants et familles, qui permettent Ă  toutes les familles d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es, les images mĂ©diatiques [sĂ©lectionnĂ©es] cette annĂ©e sont aimĂ©es du public et crĂ©ent un rĂ©el changement. »

Voici donc un portrait reprĂ©sentant quelques-unes des Ɠuvres canadiennes sĂ©lectionnĂ©es.

Sortof(danslacatégorieOutstandingComedySeries)

Sort of est une sĂ©rie au grand cƓur qui raconte l’histoire de Sabi Mehboob, millĂ©naire fluide qui chevauche diverses identitĂ©s : employĂ©.e dans un bar/librairie LGBTQ, enfant de parents pakistanais immigrĂ©s, nounou de jeunes enfants d’un couple de professionnels du centre-ville. Sabi a l’impression d’ĂȘtre en transition dans tous les aspects de sa vie, du genre Ă  l’amour, en passant par la sexualitĂ©, la famille et la carriĂšre. Sort of est une histoire de passage Ă  l’ñge adulte qui rĂ©vĂšle que les Ă©tiquettes dans lesquelles nous nous sommes engouffrĂ©s ne sont plus applicables Ă  personne


TheBravestKnight,enfrançaisLechevalierhĂ©roĂŻque(ennominationdans lacatĂ©gorieOutstandingKids&FamilyProgrammingorFilm–Animated) Le chevalier hĂ©roĂŻque dĂ©peint l’histoire d’un jeune cultivateur de citrouilles prĂ©nommĂ© CĂ©dric, aspirant Ă  devenir le meilleur chevalier n’ayant jamais existĂ©. DĂ©sormais adulte et mariĂ© au prince de ses rĂȘves, CĂ©dric raconte ses aventures Ă  sa fille adoptive, Nia, lui montrant la voie et les embĂ»ches qui l’attendent dans sa propre quĂȘte vers la chevalerie. AccompagnĂ© de son meilleur ami, un troll sans pont prĂ©nommĂ© Grogne, CĂ©dric se lance dans une quĂȘte pour accomplir sa destinĂ©e, qui le conduit dans un monde rempli de sorciĂšres et de gĂ©ants, et qui s’achĂšve par le plus grand dĂ©fi qui soit : enseigner Ă  sa fille Ă  suivre la mĂȘme voie. Dans cette sĂ©rie, la petite hĂ©roĂŻne a deux papas, situation qui valorise l’homoparentalitĂ© et l’ouverture Ă  la diversitĂ©. De plus, toutes les aventures de CĂ©dric dĂ©crivent clairement des messages clĂ©s sur l’écoute, la collaboration et la persĂ©vĂ©rance. Les personnages de l’histoire

PHOTO SORT OF

sont issus d’une diversitĂ© culturelle et familiale, ce qui suscite la promotion de modĂšles et de comportements visant l’égalitĂ©.

WynonnaEarp:Vengeance(ennominationdanslacatĂ©gorieOutstanding Film–StreamingorTV)

Faire de la tĂ©lĂ©vision au Canada requiert parfois beaucoup de patience et de persĂ©vĂ©rance. La production  Wynonna Earp, basĂ©e sur la bande dessinĂ©e IDW de Beau Smith, en est un trĂšs bon exemple. Au Canada, la premiĂšre saison de Wynonna Earp a Ă©tĂ© diffusĂ©e Ă  CHCH, puis la sĂ©rie est dĂ©mĂ©nagĂ©e Ă  Space/CTV Sci-Fi Channel pour les trois saisons suivantes, tandis qu’aux États-Unis c’est Syfy qui a diffusĂ© les quatre saisons. Une pĂ©riode d’instabilitĂ© financiĂšre chez IDW Media Holdings, dont la filiale IDW Entertainment produit la sĂ©rie avec SEVEN24 Films, a entraĂźnĂ© une interruption de deux ans aprĂšs la troisiĂšme saison. En 2019, Cineflix Studios est devenu le coproducteur et le distributeur international de Wynonna Earp, puis Crave a pris le relais pour assurer une quatriĂšme sĂ©rie pour les fans qui ont eu la joie de voir la sĂ©rie remporter le People’s Choice Award, en 2018 et 2020, de la meilleure Ă©mission de science-fiction/sĂ©rie fantastique. La production a Ă©galement remportĂ© un prix Cogeco Fund Audience Choice Award lors de la cĂ©rĂ©monie des Canadian Screen Awards en 2022, alors que les actrices Melanie Scrofano, Katherine Barrell et Dominique Provost-Chalkley ont chacune remportĂ© Ă  un moment donnĂ© un prix pour leur rĂŽle dans la sĂ©rie. GrĂące Ă  ces rĂ©compenses rĂ©coltĂ©es au fil du temps, ainsi qu’aux super fans de l’émission (les « Earpers »), Wynonna Earp s’est taillĂ© une rĂ©putation de rĂ©silience et reste adorĂ©e des fans. Pour boucler la sĂ©rie, le film Vengeance reprend quelque temps aprĂšs le mariage de Waverly et Nicole. Wynonna revient dans sa ville natale de Purgatory pour combattre une sĂ©ductrice psychotique, dĂ©terminĂ©e Ă  se venger d’elle et de tous ceux qu’elle aime.

BeyondBlackBeauty(ennominationdanslacatĂ©gorieOutstandingKids& FamilyProgrammingorFilm–LiveAction)

InspirĂ©e du roman Ă  succĂšs du mĂȘme nom, Beyond Black Beauty est une sĂ©rie initiatique qui suit Jolie Dumont, une cavaliĂšre qui aspire Ă  participer aux Jeux olympiques, mais dont l’aventure est brutalement interrompue lorsque sa mĂšre, Janelle, les emmĂšne de leur vie

chic en Belgique vers la maison d’enfance de Janelle Ă  Baltimore. Jolie peine Ă  trouver ses racines, mais en tissant des liens avec un cheval fougueux nommĂ© Black Beauty (qui finalement redonnera un coup d’accĂ©lĂ©rateur Ă  sa carriĂšre olympique), elle apprend Ă  apprĂ©cier et Ă  s’approprier le ranch familial, oĂč rĂšgnent les cow-boys noirs depuis plus d’un siĂšcle. Dans ce rĂ©cit multigĂ©nĂ©rationnel d’adversitĂ©, d’humilitĂ© et d’amour, Jolie dĂ©couvre enfin la valeur de la famille et du foyer.. 6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://glaad.org https://cmf-fmc.ca/fr/

Jaco, le phĂ©nomĂšne quĂ©bĂ©cois Ă  la conquĂȘte de la France

En 2015, Jacques Rousseau est apparu dans le paysage culturel quĂ©bĂ©cois en participant Ă  LaVoix. Dix ans plus tard, celui qu’on appelle dĂ©sormais Jaco lance PlanF, un premier album d’électro-pop absolument brillant ! Le QuĂ©bĂ©cois vient Ă©galement de signer un contrat avec Thierry Suc, le manager de MylĂšne Farmer et le producteur de la plus rĂ©cente mouture de Starmania.Fugues s’est entretenu avec le crĂ©ateur des chansons «CometoDaddy»,«LoWBaT» et «Painsauchocolat».

Ques’est-ilpassĂ©depuis2015?

JACO : Ma participation Ă  La Voix a concordĂ© avec des Ă©vĂ©nements plus sombres : au lendemain de mon audition Ă  l’aveugle, mon pĂšre a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort. Le drame familial et le stress de La Voix ont gĂ©nĂ©rĂ© chez moi de grands problĂšmes physiques. J’ai passĂ© environ trois ans avec une Ă©nergie limitĂ©e.

En 2014, j’avais lancĂ© un EP sous mon vrai nom, Jacques Rousseau. Un producteur trĂšs connu en France avait ïŹ‚ashĂ© sur ma musique. Je me sentais sur un Ă©lan qui allait m’aider Ă  percer, mais ça ne s’est pas produit avec le drame. J’ai Ă©tĂ© plongĂ© dans une forme de nĂ©ant.

Commentas-turéagi?

JACO : Pour la premiĂšre fois, j’ai pensĂ© Ă  un plan B, alors que ça avait toujours Ă©tĂ© clair que ma place Ă©tait sur scĂšne. Puisque j’ai toujours eu un intĂ©rĂȘt pour le dĂ©veloppement personnel et la spiritualitĂ©, je suis devenu enseignant de mĂ©ditation pendant quatre ans. C’était hyper

nourrissant, mais je ne pouvais pas laisser mon rĂȘve musical de cĂŽtĂ©. L’appel intĂ©rieur Ă©tait trop fort ! Je me suis donc retroussĂ© les manches. Rendu lĂ , j’avais de la difficultĂ© Ă  chanter. Quand ma santĂ© s’est rĂ©tablie, je suis retournĂ© suivre des cours de chant. Et je me suis inscrit Ă  l’École nationale de la chanson de Granby.

EnquoiceretourĂ l’écolea-t-ilinïŹ‚uencĂ©tondĂ©veloppement?

JACO : Ça m’a fait sortir de mon salon, aprĂšs des annĂ©es un peu isolantes. J’ai partagĂ© mon amour musical avec une cohorte de passionnĂ©.e.s. C’était la premiĂšre fois que je suivais des cours de thĂ©orie musicale et que je me commettais sur une base aussi rĂ©guliĂšre Ă  faire de la crĂ©ation. Ça m’a donnĂ© un Ă©lan, ça m’a aidĂ© Ă  comprendre mes Ă©lans crĂ©atifs et Ă  dĂ©velopper mon vocabulaire. Je ne partais pas de zĂ©ro, mais j’ai consolidĂ© ce qui me fait triper et je me suis alignĂ©.

Àtraversl’électro-pop,tonalbumaaussidessonoritĂ©sdechansonfrançaiseetdesrythmes hip-hopĂ laEddydePretto.Était-ceardudetrouvercettesignaturemusicale? JACO : Ça prend du temps pour comprendre sa « recette » personnelle. Je veux faire une pop accrocheuse. C’est un vĂ©hicule formidable pour parler Ă  des foules et passer des messages. J’aime la pop accessible, avec de la personnalitĂ© et une signature. J’ai dĂ» faire un voyage intĂ©rieur pour trouver ce qu’il y avait d’unique chez moi et quels Ă©lĂ©ments rassembler pour que ça fonctionne.

Il y avait tellement de musiques diffĂ©rentes chez nous et j’ai fait un grand parcours d’exploration musicale : classique, chanson française, chants monastiques religieux,

Jaco
PHOTO: MARIE-CLAUDE DEQUOY

hip-hop, musique de films et de jeux vidĂ©o. Tout ça, ça se retrouve un peu dans mon album. Ça fait quelque chose de ludique. Je m’amuse Ă  me faire plaisir, tout en offrant quelque chose de trĂšs intime.

PlusieursartistesĂ©criventdelapopdansantefrancophonetrĂšsmauvaise.D’autres,comme toi,fontdesmerveilles.Commentl’expliques-tu?

JACO : J’ai souvent entendu que c’était difficile, surtout des artistes qui Ă©crivent en anglais et qui ont l’impression que leurs textes en français sonnent quĂ©taine. Moi, j’ai tellement Ă©coutĂ© de chansons francophones que, mĂȘme si ça demeure un dĂ©fi d’écrire une bonne chanson, ça n’a jamais Ă©tĂ© ardu de m’épanouir dans l’écriture en français. Mon pĂšre Ă©crivait des poĂšmes et des contes. Il nous donnait des dictĂ©es, Ă  mon frĂšre et moi. Comme j’ai un esprit compĂ©titif, je voulais ĂȘtre meilleur que lui. À l’école, les rĂ©dactions Ă©taient mon dada. Quand j’écris, je le fais parce que j’ai quelque chose Ă  dire sur un sujet qui me tient Ă  cƓur. J’écris par nĂ©cessitĂ© et ça me donne un flot naturel.

Dansunedeteschansons,tuparlesdetesenviesdepercertrĂšsjeune.Quelesttonrapport aveclefaitdecognerauxportesdushowbusinessdansletrentaine?

JACO : À l’école de la chanson, un prof d’écriture disait que les meilleures Ɠuvres partaient de quelque chose qu’on dĂ©voile de personnel, voire d’un truc qu’on n’oserait surtout pas dire. À l’époque, je restais flou par rapport Ă  mon Ăąge, parce que je peux paraĂźtre plus jeune. Je vais avoir 39 ans en juin. Quand le prof nous a dit ça, je savais que je voulais parler de ça, du fait que j’imaginais ĂȘtre connu Ă  25 ans, avec de l’argent et du fame.

Finalement, une chance que ça ne m’est pas arrivĂ© Ă  cette Ă©poque-lĂ . Je devais faire mon travail humain en coulisses. Le plus grand plaisir que j’ai aujourd’hui, c’est que les choses sont moins Ă  propos de moi. Je veux donner de la force aux gens et offrir une forme de reprĂ©sentation. Avant, quand je m’apprĂȘtais Ă  monter sur scĂšne, je me demandais si les gens allaient m’aimer. J’étais plus dans une Ă©nergie de sĂ©duction. Maintenant, je suis au service de quelque chose de plus grand que moi-mĂȘme. Je veux davantage donner que recevoir.

Danstesparolesetdanstonidentitévisuelle,tuembrassespleinementtaqueerness. Pourquoi?

JACO : Je ne m’étais jamais montrĂ© de maniĂšre sexuĂ©e. Étant une personne qui a passĂ© une bonne partie de sa vie dans un milieu rural Ă  vouloir cacher son homosexualitĂ©, ça me semblait normal de m’assumer en faisant un album. Je me suis rĂ©appropriĂ© le surnom Jaco que mes intimidateurs utilisaient plus jeune pour me railler.

Des chansons comme « HĂ©tĂ©ro » et « Come to Daddy » me permettent en quelque sorte de réécrire mon passĂ©. Dans le futur, je n’irai pas aussi fort dans la queerness et le cĂŽtĂ© sexuĂ©, mais c’était important avec le premier album de faire un pied de nez Ă  mon passĂ© et de m’actualiser comme humain vraiment bien avec lui-mĂȘme.

Pourquoidéménages-tuenFrancesouspeu?

JACO : J’ai toujours eu un Ɠil sur la France. La scĂšne musicale europĂ©enne rĂ©sonne trĂšs fort avec moi. J’aime des artistes pop mainstream avec de la personnalité comme Eddy de Pretto, AngĂšle et Stromae. RĂ©cemment, j’ai gagnĂ© un concours qui m’a permis de faire la tournĂ©e MĂ©gaphone lĂ -bas en 2024. Ma rencontre avec le public m’a confirmĂ© que je me reconnais dans cette scĂšne Ă©lectro-pop.

TuasaussiattirĂ©l’attentiondufameuxThierrySuc.

JACO : Il a commencĂ© Ă  me suivre sur Instagram. J’ai tout de suite reconnu le nom de celui qui produit les concerts de MylĂšne Farmer. Quand j’ai vu son nom, j’ai provoquĂ© ma chance

pour le rencontrer. Il a dĂ©cidĂ© de produire une date pour moi Ă  Paris, en dĂ©cembre 2024. Ça a hyper bien fonctionnĂ© et ça a menĂ© Ă  un engagement de sa boĂźte.

Quelleestsonimplicationdanstonnouvelalbum?

JACO : Mon album Ă©tait dĂ©jĂ  trĂšs avancĂ© avec mon Ă©quipe quĂ©bĂ©coise. Je le sors le 28 mars. Je fais un lancement au Petit Campus de MontrĂ©al, le 4 avril. Quelques jours plus tard, je vais me rendre en France pour leur prĂ©senter de nouvelles maquettes pour le prochain album et discuter de la suite des choses. La France va devenir ma rĂ©sidence principale. C’est un nouveau chapitre de vie et la concrĂ©tisation d’un rĂȘve.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | @jacomusique sur Instagram, Facebook et Youtube JACO sera en spectacle le 4 avril au Petit Campus, à Montréal, pour célébrer la sortie de son album PLAN F. Les billets sont en vente dÚs maintenant : https://lepointdevente.com/ billejacots/250404-petit-campus-jaco-plan-f-lancement-album-montreal

IcĂŽnes dans les arts

Montréal à travers la lentille de Suzanne Girard


RICHARD BURNETT richard@bugsburnett.com

Suzanne Girard, militante montrĂ©alaise et photographe de renom, est Ă  l’honneur dans la nouvelle exposition collective Battre le pavé : la photo de rue Ă  MontrĂ©al, qui dĂ©butera le 16 avril au MusĂ©e McCord Stewart.

TirĂ©e principalement de la cĂ©lĂšbre collection de photographies du MusĂ©e McCord Stewart, l’exposition B attre le pavĂ© prĂ©sente l’histoire de la photographie de rue, telle que pratiquĂ©e Ă  MontrĂ©al du 19e siĂšcle Ă  nos jours, avec plus de 400 photographies de 30 photographes.

De nombreuses photos de Suzanne Girard sont aujourd’hui conservĂ©es dans la prestigieuse collection de photographies du MusĂ©e McCord Stewart. La professeure de photographie, aujourd’hui ĂągĂ©e de 75 ans et retraitĂ©e du CollĂšge John Abbott, oĂč elle a enseignĂ© pendant 25 ans, a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle clĂ© dans la crĂ©ation de plusieurs festivals de cinĂ©ma locaux, tels que le Festival des films de femmes de MontrĂ©al, le Festival international du cinĂ©ma chinois et le premier et le plus ancien Festival de cinĂ©ma LGBTQ du Canada, l’innovant image+nation. Mais Suzanne Girard est surtout connue pour avoir cofondĂ©, avec Puelo Deir, Divers/CitĂ©, la premiĂšre organisation structurĂ©e de la FiertĂ© montrĂ©alaise, qui a placĂ© MontrĂ©al sur la carte gaie internationale en 1993 et a contribuĂ© Ă  la rĂ©putation favorable de notre ville comme destination queer internationale.

Suzanne Girard a consacrĂ© 22 ans de sa vie en tant que directrice gĂ©nĂ©rale de Divers/CitĂ©, oĂč elle a encadrĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations de jeunes queers, dont moi, jusqu’à la fermeture de Divers/CitĂ© en 2015. Nous nous sommes rĂ©cemment assis pour une sĂ©ance de questions-rĂ©ponses en toute franchise.

Qu’est-cequit’aattirĂ©verslaphotographie?

SUZANNE GIRARD : J’ai terminĂ© mes Ă©tudes secondaires l’annĂ©e de l’Expo 67. J’ai ensuite suivi un cours de photo avant de commencer le cĂ©gep, avec des appareils photo et des chambres noires. Et j’ai eu la piqĂ»re. C’était une pĂ©riode culturelle trĂšs active Ă  MontrĂ©al Ă  cette Ă©poque.

TuasaussienseignélaphotographieauCollÚgeJohnAbbott.

SUZANNE GIRARD : J’y ai enseignĂ© la photographie pendant 25 ans. J’ai enseignĂ© un semestre pendant la COVID avant de prendre ma retraite. J’ai adorĂ© enseigner Ă  John Abbott. J’étais aussi coprĂ©sidente de leur dĂ©partement d’arts mĂ©diatiques. Lorsque Divers/CitĂ© a pris fin, j’ai enseignĂ© Ă  temps plein.

Commentt’es-tuimpliquĂ©edanscetteexposition?

SUZANNE GIRARD : J’ai rencontrĂ© l’historienne de la photographie ZoĂ« Tousignant, qui est la conservatrice de la photographie au MusĂ©e McCord Stewart. Lorsque nous nous sommes rencontrĂ©es, je lui ai parlĂ© du collectif de photographes Plessisgraphe, que j’ai fondĂ© avec Marik Boudreau et (la regrettĂ©) Camille Maheux , et ZoĂ« nous a invitĂ©es Ă  participer Ă  l’exposition.

Lesquellesdevosphotossontexposées?

SUZANNE GIRARD : C’est une sĂ©rie sur le bar lesbien Labyris, rue Saint-Denis, que j’ai photographiĂ© en 1982 pour une exposition Ă  la galerie Powerhouse. Labyris Ă©tait un petit bar oĂč tout le monde se connaissait. J’ai pris des photos pendant quelques week-ends pendant que les gens faisaient la queue Ă  l’extĂ©rieur. J’ai aussi fait beaucoup de travail en laboratoire parce que j’étais une accro du labo. J’adorais manipuler les images au maximum. Quand je suis passĂ©e au numĂ©rique, j’ai arrĂȘtĂ© toute manipulation d’images. Incroyable, non ?

TacĂ©lĂšbrephotodel’anciennelutteuseprofessionnelleDenise«Babyface»Cassidy,en completblanc,deboutdansl’embrasuredelaportedesonlĂ©gendairebarlesbiendu centre-villedeMontrĂ©al,Babyface,captureuneĂ©poque.Commentcettephotoa-t-elleĂ©tĂ© prise?

SUZANNE GIRARD : C’était en 1979 et c’était son 41e anniversaire. C’était sa fĂȘte d’anniversaire. Les gens se souviennent toujours de cette photo. L’autre photo bien connue a Ă©tĂ© prise lorsque Denise m’a demandé : « Peux-tu aussi me photographier avec ma voiture ? »

Qu’est-ilarrivéàDeniseCassidy?

SUZANNE GIRARD : Elle Ă©tait une snowbird qui vivait en Floride Ă  la fin de sa vie, mais elle est apparemment dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  MontrĂ©al. Elle n’est plus parmi nous.

Tonamie,laphotographeCamilleMaheux,adocumentĂ©lesquatrepremiĂšresannĂ©esde lamarchedelaFiertĂ©Divers/CitĂ©.Elleavait76anslorsqu’elleestdĂ©cĂ©dĂ©edansl’incendie Ă cinqalarmesquiadĂ©truitl’édiïŹceWilliam-Watson-OgilviedansleVieux-MontrĂ©alen mars2023.

SUZANNE GIRARD : Camille avait peur du feu. C’est incroyable de perdre des gens comme ça.

Suzanne Girard

L’ƓuvredetouteuneviedeCamilleaĂ©galementĂ©tĂ©perduedanscetincendie.Est-cequ’on apusauverquelquechose?

SUZANNE GIRARD : Elle a utilisĂ© mon laboratoire et a souvent laissĂ© ses nĂ©gatifs. Parfois, quand elle voyageait, elle m’apportait des nĂ©gatifs et disait : « Gardez ça pour moi. » Parce que j’avais toujours de la place. J’ai donc ses nĂ©gatifs Divers/CitĂ©, mais c’est surtout le dĂ©filĂ©.

Commentprotégez-vousvospropresarchives?

SUZANNE GIRARD : Les archives du Plessisgraphe de 1976 Ă  1987 seront conservĂ©es au MusĂ©e McCord Stewart. Et il n’y a pas que les photos lesbiennes.

Avez-vouspenséàpublierunlivredevosphotoshistoriques?

SUZANNE GIRARD : Non, je ne vois pas d’intĂ©rĂȘt. Pour l’instant, je me concentre sur les archives en raison de mon Ăąge et parce que beaucoup de mes amis y vont.

Laphotographiea-t-elleétédévaloriséeparlesmédiassociaux?

SUZANNE GIRARD : Non. En fait, la photographie a pris de l’ampleur grĂące aux mĂ©dias sociaux. Elle est devenue plus accessible. Tout le monde aime prendre des photos. C’est amusant. Mais j’aimerais aussi que les gens respectent les droits d’auteur.

Avantquelequartiergaidel’ouestnelaisseplaceauVillage,ilyavaitquelquesbars lesbiensdanslevieuxcentre-villedeWestVillage,commeBabyface,JillysetChezMadame Arthur.LeVillagedel’ouesttemanque-t-il?

SUZANNE GIRARD : Pour les lesbiennes, il n’y a jamais vraiment eu de village gai. Quand le Village s’est dĂ©placĂ© vers l’est dans les annĂ©es 1980, le Plateau a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© et colonisĂ© par les lesbiennes Ă  cette Ă©poque. Tout le quartier Ă©tait comme ça, c’était comme une ville !

Divers/CitĂ©amisMontrĂ©alsurlacarteinternationaledeshomosexuels.C’étaitunepercĂ©e etuntournant.ÀquelpointĂȘtes-vousïŹĂšredel’hĂ©ritagedeDivers/CitĂ©?

SUZANNE GIRARD : Je pense que l’hĂ©ritage dont je suis la plus fiĂšre, ce sont les JournĂ©es communautaires. C’est mon bĂ©bĂ©. Et c’est restĂ©. Les groupes communautaires se sont vraiment mobilisĂ©s et cela a une saveur diffĂ©rente des JournĂ©es communautaires que j’ai vues ailleurs, notamment Ă  Sydney, Ă  New York et Ă  San Francisco.

En2012,Divers/CitĂ©aĂ©tĂ©contraintdedĂ©mĂ©nagerhorsduVillageparcequelagrandescĂšne delarueBerribloquaitlanouvelleGared’autocarsdeMontrĂ©al.LorsqueGĂ©raldTremblay Ă©taitmaire,laVilledeMontrĂ©alarefusĂ©lesdemandesdeDivers/CitĂ©dedĂ©mĂ©nagerdans leQuartierdesspectaclessixannĂ©esdesuite.Ilsvousontdit:«Onneveutpasdeça ici.»Pensez-vousquel’histoiredelaFiertéàMontrĂ©alauraitĂ©tĂ©diffĂ©rentesilaVilleavait permisĂ Divers/CitĂ©dedĂ©mĂ©nagersagrandescĂšnedansleQuartierdesspectacles?

SUZANNE GIRARD : Les cĂ©lĂ©brations de la FiertĂ© sont tellement liĂ©es au Village, mais comme il est devenu si grand, on ne pouvait plus le faire lĂ -bas. Et ça n’a pas fonctionnĂ© quand on a dĂ©mĂ©nagĂ© dans le Vieux-Port. On n’a pas eu de chance avec la mĂ©tĂ©o, et la rĂ©action sur les rĂ©seaux sociaux a Ă©tĂ© nĂ©gative. Puis quand Divers/CitĂ© a fermĂ© ses portes en 2015, je veux dire, j’ai l’impression d’avoir Ă©chouĂ©. Il m’a fallu trĂšs longtemps — des annĂ©es — pour me remettre de cet Ă©chec.

Divers/Citéachangélaville.JeconsidÚredoncDivers/Citécommeunevictoire.Tuasété unehéroïneetune«mÚre»pourdeuxoutroisgénérationsdejeunesqueerscommemoi.

dans la file d’attente et cette personne derriĂšre nous a dit : « Vous ĂȘtes Suzanne ! Merci beaucoup pour ce que vous avez fait ! » Et le gars Ă  la caisse nous regardait — un groupe de gais autour de cette femme — et quand je suis sortie de lĂ , j’ai presque pleurĂ©. Puis j’ai recommencĂ© Ă  penser Ă  Divers/CitĂ©  : « Bon, qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » Maintenant, je sais. Mais ce n’est pas grave. Je n’arrĂȘte pas de dire : « Bon, je n’étais pas seule. » Mais comme j’étais en quelque sorte la figure de proue, c’est toi qui en portes le poids, n’est-ce pas ? C’est comme ça, c’est tout.

TuesunelĂ©gendevivante,Suzanne... SUZANNE GIRARD : Non. Je ne me repose pas sur mes lauriers parce que je me dis que je n’en ai pas. Je travaille toujours. C’est une question de savoir si tu en es capable, tu dois en faire plus.

INFOS | La photographe Suzanne Girard est en vedette dans l’exposition collective Battre le pavé : la photo de rue Ă  MontrĂ©al, au MusĂ©e McCord Stewart du 18 avril au 26 octobre. https://www.musee-mccord-stewart.ca/fr/expositions/battre-le-pave-photo-rue-montreal PHOTO :

SUZANNE GIRARD : Parfois, je rencontre des gens dans des endroits trĂšs Ă©tranges. J’étais dans une Ă©picerie du Mile End quand j’ai commencĂ© Ă  parler Ă  quelqu’un que je reconnaissais

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T. 514-526-2452

GRIS – MONTRÉAL

T. 514-590-0016 gris.ca

NARCOTIQUES ANONYMES LGBTQ+ 2075, rue Plessis, dimanche Ă  14h.

PRINCIPES COGNITIFS

T. 514-485-2194 (10h-17h)

RÉZO

T. 514-521-7778 #226 rezosante.org info@rezosante.org

SILK silk@caeoquebec.org

QUÉBEC

ALLIANCE ARC-EN-CIEL DE QC

T. 418-809-3383 arcencielquebec.ca

PRISME

T. 418-649-1232 prisme.org

BAS-ST-LAURENT

GAI-CÔTE-SUD

T. 418-856-3566, M. Dionne.

CHICOUTIMI

FÉMIN’ELLES

T. 418-550-2259. GASPÉSIE

LGBT+ BAIE-DES-CHALEURS lgbt-bdc.net

LGBT HAUTE-GASPÉSIE facebook.com

LAVAL/LAURENTIDES

L'ARC-EN-CIEL DISCUSSIONS

T. 450-625-5453, Lesbienne

MAURICIE

LGBT MAURICIE

T. 819-531-0770, Louis facebook.com

TANDEM MAURICIE

T. 819-374-5740, Kayla Palin

MONTÉRÉGIE

CAFÉ-CAUSERIE POUR FEMMES

LESBIENNES ET BISEXUELLES

T. 450-651-9229 #26

DÉPENDANTS AFFECTIFS

T. 450-780-2813

ÉMISS-ÈRE

T. 450-651-9229 #24 emiss-ere.ca

JAG — ORGANISME LGBT+ T:. 450 774-1349/1 800 774-1349 lejag.org

OUTAOUAIS / OTTAWA

PROJET ENTRE HOMMES

T. 819-776-2727 ou 1 877 376-2727 lebras.qc.ca

MAX OTTAWA

T. 613-701-6555 maxottawa.ca

RIMOUSKI

FLIQR

facebook.com/FliQr Groupe queer féministe

UNIPHARE

T. 418-722-7432 uniphare.com

SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN

DIVERSITÉ 02

T: 581-447-2211 diversite02.ca

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU

GROUPE GLBT-LGBT

T. 514-464-9555, Ian Ouellet ou T. 438-274-4986, Christian White SHERBROOKE

ENTRE-ELLES SHERBROOKE

T. 819-580-7460, Sophie entre.elles.sherbrooke@gmail.com

GROUPE DE DISCUSSIONS POUR HOMMES GAIS

T. 819-823-6704. IRIS ESTRIE

T. 819-823-6704 irisestrie.org

PARTOUT AU CANADA

COORDINATION LGBT D’AMNISTIE INTERNATIONALE

CANADA FRANCOPHONEE

T. 514-766-9766 ou 1-800-565-9766 Facebook.com

EGALE CANADA

T. 1-888-204-7777

PARTOUT AU QUÉBEC

FIERTÉ AGRICOLE

T. 450-768-6995 fierteagricole.org

RÉSEAU DES LESBIENNES DU QUÉBEC

T. 438-929-6928 rlq-qln.ca

ÉCOUTE

PARTOUT AU QUÉBEC

INTERLIGNE

1-888-505-1010 interligne.com Écoute tĂ©lĂ©phonique et clavardage SUICIDE suicide.ca

NARCOTIQUES ANONYMES 514-249-0555 naquebec.org Écoute 24h/24

CAEO QUEBEC caeoquebec.org Écoute / ressources en anglais.

GROUPE ETHNIQUE / IMMIGRATION

MONTRÉAL

AGIR MONTRÉAL agirmontreal.org

GA’AVA info@gaava.org

HELEM-GROUPE LGBT LIBANAIS T. 514-806-5428 montrealhelem.org

LEGIT-QUÉBEC 514-907-5366 Aide pour les conjoints de mĂȘme sexe et l’immigration.

AU-DELÀ DE L’ARC-EN-CIEL

T. 514-527-4417 Lutte contre l’homophobie au sein des communautĂ©s immigrantes.

JHALAK MONTRÉAL

Communautés sud-asiatiques facebook.com/jhalakmontreal

ITALO QUEER MONTRÉAL CommunautĂ©s italienne facebook.com

MONTRÉAL AUTOCHTONE CommunautĂ© autochtone nativemontreal.com

AFRO PRIDE Communauté afro/BIPOC/Caribbean Facebook.com

JEUNES / FAMILLE

MONTRÉAL

ALTER HÉROS alterheros.com

L’ALTERNATIVE lalternative.ca

Ass. LGBTQ+ UDM PÈRES GAIS DE MONTRÉAL (APGM)

T. 1 855-237—2746 apgmqc.wordpress.com

L’ASTÉRISK

T. 514-523-0977 coalitionjeunesse.org

COALITION DES FAMILLES LGBT T. 514-878-7600 familleslgbt.org

COMITÉ FAMILLE ET QUALITÉ

DE VIE DES GAIS ET LESBIENNES

T. 514-521-4993

847, rue Cherrier, #201

CONCORDIA QUEER COLLECTIVE

T. 514-848-7414

FONDATION ÉDUCATION

ÉMOTIONNELLE LOVE (FEEL)

T. 438-992-8542 feelvie.blogspot.ca

GRIS – MONTRÉAL

T. 514-590-0016 www.gris.ca

JEUNESSE, J’ÉCOUTE

1-800-668-6868 Aide et écoute 24/7, les 5 à 20 ans. jeunessejecoute.ca

JEUNESSE LAMBDA

T. 514-528-7535 25 ans etjeunesselambda.com

LGBTQ YOUTH CENTER WEST ISLAND

T. 514-695-0600 lgbtq2centre.com

PARENTS D’ENFANTS GAIS

T. 514-282-1087

PROJET 10

T. 514-989-4585 p10.qc.ca

QUEER MCGILL

T. 514-398-2106 queermcgill.org

RÉPITSS-UQAM

T. 514-987-3000, #4041 320, rue Ste-Catherine Est, local DS-3125

QUÉBEC

ARCO IRIS

T. 418-658-5389

Asso étudiante du Cégep Ste-Foy.

COALITION DES FAMILLES LGBT

T. 418-523-5572

L’ACCÈS

T. 418-523-4808 Pour 14-25 ans. GROUPE GAI UNIVERSITÉ LAVAL T. 418- 656-2131 ggul.org GRIS – QUÉBEC

T. 418-523-5572 grisquebec.org

PÈRES GAIS DE QUÉBEC

T. 418-572-7273, Marc

CHAUDIÈRE-APPALACHES

GRIS CHAUDIÈRE-APPALACHES T. 581-225-8440

GRANBY

DIVERS-GENS

T. 579-488-8004 170, St-Antoine Nord, local 107, Granby divers-gens@hotmail.com

SHERBROOKE

GRIS ESTRIE

T. 819-434-6413 grisestrie.org

ASSOCIATION LGBTQ DE L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE glebus@usherbrooke.ca

LANAUDIÈRE

LE NÉO

T. 450-964-1860 ou 1 800 964-1860 le-neo.com

LONGUEUIL

AMALGAME

T. 450-651-9229 #24, 1-888-227-7432 462, Boul. Sainte-Foy

MAURICIE

GRIS-MAURICIE/CENTRE-DU-QC T.819-840-6615 ou 1 877 745-0007 grismcdq.org

L’ACCÈS

T. 819-376-1721 #2529, Trois-RiviĂšres

OUTAOUAIS / OTTAWA

JEUNESSE IDEM

T. 819-776-1445 ou 1-877-776-1445

SANTÉ

MONTRÉAL

CENTRE D’AIDE AUX PERSONNES ATTEINTES DE L’HÉPATITE C

T. 514-521-0444 ou 1-866-522-0444

CENTRE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

T. 514-683-4588

CENTRE DE RESSOURCES ET D’INTERVENTION EN SANTÉ ET SEXUALITÉ

T. 514-855-8991

PROJET TRAVAILLEURS DU SEXE

T. 514-521-7778 # 224

T. 514-529-7777

RÉZO

T. 514-521-7778 #226 rezosante.org info@rezosante.org

STELLA (TRAVAIL DU SEXE)

T. 514-285-8889

SUICIDE-ACTION MONTRÉAL

T. 514-723-4000 ou 1-800-Appelle

SPIRITUALITÉ

MONTRÉAL

BELIEVE

sju_believe@gmail.com facebook.com

COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE

SAINT-PIERRE-APÔTRE

T. 514-524-3791 1201, Visitation

FOI ET FIERTÉ

T. 514-866-0641

110, rue Ste-Catherine E.

QUÉBEC

GROUPE CHRÉTIEN GAI

T. 418-656-2189

SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS

T. 418-623-4086, Ginette Lauzon

TRANS

PARTOUT AU QUÉBEC

AIDE AUX TRANS DU QUÉBEC

T. 1-855-909-9038 #2 atq1980.org Écoute tĂ©lĂ©phonique 24h/24

OUTAOUAIS / OTTAWA

TRANS OUTAOUAIS

T. 343-202-5006 transoutaouais.com

ESTRIE TRANSESTRIE

T. 873-989-1289 transestrie.org

SPIRITUALITÉ ENTRE NOUS T. 579-488-8004 diversgens.org

VIH/SIDA

MONTRÉAL

ACCM

T. 514-527-0928 accmontreal.org

COCQ-SIDA

T. 514-844-2477 cocqsida.com

FONDATION L’ACTUEL

T. 514-270-4900 lactuel.org

FONDATION QUÉBÉCOISE DU SIDA

T. 514-315-8839 fqsida.org

MAISON D’HÉRELLE

T. 514-844-4874 maisondherelle.org

MAISON DU PARC

T. 514-523-7420 maisonduparc.org

MAISON PLEIN CƒUR

T. 514-597-0554 maisonpleincoeur.org

PORTAIL VIH/SIDA DU QC

T. 514-523-4636 ou 1-877-Portail

3330, rue Jarry Est

GAP-VIES

T. 514-722-5655 gapvies.ca

RÉZO

T. 514-521-7778 #226 rezosante.org info@rezosante.org

RÉSEAU DE LA SANTÉ SEXUELLE DES SOURDS DU QUÉBEC

T. 438-476-7260 rsssq.org

QUÉBEC

MIELS

T. 418-649-1720 miels.org

BEAUCE

ASSOCIATION BEAUCERONNE D’INTERVENTION SUR LE SIDA

T. 418-227-6662

CÔTE-NORD

ACTIONS SIDA CÔTE-NORD

T. 418-962-6211 ou 1 888 611-7432 macommunaute.ca

ESTRIE

LA RÉPLIQUE ESTRIE

T. 819-348-2670 archedelestrie.org

LAVAL / LAURENTIDES CENTRE SIDA AMITIÉ

T. 450-431-7432

SIDA-VIE LAVAL

T. 450-669-3099

MONTÉRÉGIE

ÉMISS-ÈRE

T. 450-651-9229 ou 1 888 227-7432 462, boul. Sainte-Foy, Longueuil

CLINIQUE SIDEP MONTÉRÉGIE

Exclusive aux hommes gay RDV : 450-466-5000 #4352 santemc.quebec/sidepplus

OUTAOUAIS / OTTAWA

B.R.A.S.

T. 819-776-2727 1-877-376-2727 lebras.qc.ca

RIMOUSKI

MAINS

T. 722-SIDA 1-888-844-7432 trocbsl.org

SAGUENAY

MIENS (À CHICOUTIMI)

T. 819-693-8983 lemiens.com

VICTORIAVILLE

BLITSS

T. 819-758-2662 blitss.ca

MAURICIE

MAISON RE-NÉ maisonrene.com

FÉTICHE

MONTRÉAL

PHOENIX DE MONTRÉAL

Club cuir et latex phoenixmtl.com

BLUF MONTRÉAL

Club cuir et uniformes bluf.com/local/montreal

MONTRÉAL JACKS

Club de J/O montrealjacks.com

ÉROTISME AU MAXCULIN

Ateliers erotismeaumaxculin.com

SPORTS ET LOISIRS

MONTRÉAL

NON MEMBRES D’ÉQUIPE MONTRÉAL BALLE LENTE LES PHÉNIX

T. 514-451-9114, Alex. ballephenix.com

LES BOLIDES (QUILLES)

T. 514-214-6763, BenoĂźt Nault lesbolides.org

CHƒUR QUÉBÉCOIS

T. 514-253-4479, Jean-François. ChƓur mixte LGBTQ+ et hĂ©tĂ©ros.

HOCKEY LES DRAGONS montrealdragons.org

QUILLES LES FAUVES

T. 514-527-7187, Yves Fontaine

QUILLES LES GAILLARDS

T. 514-231-9249, Pascal

QUILLES LAMBDA

T. 514-706-1849

QUILLES DES RENOUVEAUX

T. 514-771-6721, Richard Bégin LOISIRS DIVERSIONS algi.qc.ca/asso/loisirsdiversions Pour femmes de 40 ans+

LES LUDOVORES

T. 514-528-8424, Christian Facebook.com/Les-Soir-Ludovores

QUEER TANGO MONTRÉAL Facebook.com

SOCCER FÉMININ

T. 514-622-3025, Sonia Latreille

STUDIO DANSE ARC-EN-CIEL

T. 514-438-764-5737

QUÉBEC

GALOPINS QUÉBEC

Groupe de marche/course LGBTQ+ galopins.quebec@yahoo.com

HORS-SENTIERS – QUÉBEC

T.418-440-3885 randonnée et plein air.

LIGUE QUILLES VOLTE-FACE 418-802-4901, Guy Carrier VOLLEY-BALL QUÉBEC

T. 418-204-9669 volleyquebec@yahoo.ca

OUTAOUAIS / OTTAWA

GROUPE DES GAIS FRANCOPHONES DE L’OUTAOUAIS Facebook.com

OTTAWA KNIGHTS

T. 613-237-9872 #2038

RAWDON

LIGUE VENDREDIS GAIS BOWLING T. 450-834-2700

RIVE-SUD MONTRÉAL

LIGUE DE QUILLES MIXTES T. 450-928-0981, Alain

SAINT-JEAN SUR-RICHELIEU

LOISIRS POUR FEMMES GAIES

ST-JEAN-SUR-RICHELIEU

T. 514-927-7190

SAGUENAY LAC-SAINT-JEAN

DIVERSITÉ 02 T: 581-447-2211 diversite02.ca

JOLIETTE

LIGUE DE QUILLES LGBTQ ET AMI.E.S T. 450-756-7012, Joliette

equipe-montreal.org info@equipe-montreal.org facebook.com/equipemontrealLGBT.

AÉROBIE À PIEDS LEVÉS apiedsleves.wordpress.com Facebook-instagram : À Pieds LevĂ©s

BADMINTON G-BLEUS gbleus.com Facebook.com/Gbleus officiel

BALLE-MOLLE MAXIMA liguedeballemaxima@gmail.com

CHƒUR GAI DE MONTRÉAL

T. 514-933-2942 ChƓur hommes Facebook.com/ choeurgaidemontreal

CHORALE TRANSMASC/ MOC CHOIR OF MONTREAL QC facebook.com/Chorale Transmasc choraletransmasc@ equipe-montrreal.org

CURLING - LES FOUS DU ROI T. 514-629-7184, Denis Roy roy.denis@hotmail.com

CURLING, LES PHÉNIX curlinglesphenix@gmail.com

DANSE COUNTRY-CLUB BOLO

T. 514-849-4777 clubbolo.com

DODGEBALL LGBT DE MONTRÉAL LES RATONS CHASSEURS facebook.com/lesratonschasseurs

LES DRAVEURS, BATEAU-DRAGON info@draveurs.org

ENSEMBLE - COLLECTIF THÉÂTRAL LGBTQIA+ T. 438-835-6282 productionsjeanfrancoisquesnel @gmail.com

ENSEMBLE VOCAL DIVERTISSON divertisson.com

ENSEMBLE VOCAL EXTRAVAGANZA ChƓur mixte info@extravaganzavocal.org

ENSEMBLE VOCAL GANYMÈDE

T. 514-525-8527 ChƓur hommes evganymede.com

ENSEMBLE VOCAL LES NANAS T. 514-481-2545 ChƓur femmes

FOOTBALL FÉMININ BLITZ DE MONTRÉAL montrealblitz.ca facebook.com/montrealblitz

GALOPINS COURSE MARCHE T. 514-503-6905 info@galopins.ca facebook.com/galopinsmontreal

GROUPE SOCIAL FÉMININ LES CHOUETTES leschouettes.ca

JUKE FC Instagram.com/juke.collective jukecollective@gmail.com

LIGUE DE FOOTBALL AUSTRALIEN DU QUÉBEC president@aflquebec.ca facebook.com/AFL.Quebec

NATATION & WATER-POLO À CONTRE-COURANT info@acontrecourant.qc.ca Entraünement pour tous les niveaux de performance.

MONTRÉAL GAYMERS T. 514-700-6332, facebook.com/MTLGaymers info@mtlgaymers.com

OUTSQUASH outsquash.com

PLEIN AIR HORS SENTIERS T. 450-433-7508 ou 418-440-3885 horssentiers.ca

RUGBY ARMADA MTL RFC armadamontreal.com facebook.com/armadamontreal

LES SHAMROCKS DE MONTRÉAL montrealshamrocks.com

SOCCER LGBT+ MONTRÉAL soccer-lgbt-montreal.ca

TENNIS LAMBDA tennislambda.org

CLUB DE TENNIS DE L’ÎLE-DES-SƒURS. tennislambda@gmail.com

VOLLEYBALL BORÉAL Volley IntĂ©rieur et Volley de Plage Contactez Karl, Caroline ou Ludovic info@volley-boreal.net www.volley-boreal.net facebook.com/volleyboreal instagram.com/voleyboreal

YOGA GAI ZONE MTL yogagaizonemtl.wixsite.com/yogi

Jean-François Quesnel

Ensemble pour faire vivre le théùtre

DeuxiĂšme d’une sĂ©rie d’entrevues avec des reprĂ©sentants d’organismes sportifs, culturels ou de loisirs qui font partie d’Équipe MontrĂ©al. Les entrevues sont aussi disponibles en format vidĂ©o. Cette fois-ci, il est question d’ENSEMBLE, le collectif théùtral 2SLGBTQIA+, qui est une troupe de théùtre queer et alliĂ©.e.s Ă  MontrĂ©al ayant pour mission de rĂ©unir des personnes issues de la diversitĂ©, passionnĂ©es par le théùtre.

Parle-nousdetoietdel’organismequetuasfondĂ©ilya7ans


JEAN-FRANÇOIS QUESNEL : Mon nom est Jean-François Quesnel. J’ai fondĂ© la compagnie théùtrale LGBTQIA+ ENSEMBLE en 2018. On est un collectif de comĂ©diens, comĂ©diennes passionnĂ©.e.s par le théùtre. À la base, je suis un comĂ©dien, un artiste vraiment passionnĂ© pour les arts de la scĂšne. Ça m’anime depuis mon enfance, ayant grandi dans un environnement familial artistique [
] ma mĂšre est chanteuse, mon pĂšre est danseur et ils m’ont fait dĂ©couvrir le théùtre aussi. Alors, on peut dire que c’est une passion depuis longtemps.

Et dans les derniĂšres annĂ©es, j’ai fait partie de diffĂ©rentes compagnies théùtrales. J’avais aussi le goĂ»t de m’investir comme metteur en scĂšne et de crĂ©er mes propres rĂ©alisations. En 2018, j’ai créé le collectif théùtral ENSEMBLE [dĂ©diĂ© Ă ] la diversitĂ© sous toutes Ses formes [et] Ă  la communautĂ© LGBTQ [
], mais aussi [aux] gens de la communautĂ© culturelle [et aux] personnes en situation de handicap.

SurquellespiÚcesavez-voustravaillérécemment?

JEAN-FRANÇOIS QUESNEL : Bien Ă©videmment, il y a eu Hosanna de Michel Tremblay, qui a Ă©tĂ© montĂ©e [et] prĂ©sentĂ©e pendant quatre ans Ă  travers le QuĂ©bec. Son auteur, Michel Tremblay , considĂšre qu’il s’agit de l’une des meilleures productions de son Ɠuvre. C’est vraiment trĂšs touchant, venant de M ic hel Tremblay. Outre cette piĂšce, on a aussi prĂ©sentĂ© Le projet Laramie (sur le meurtre de Matthew Shepard), CLUE, Un cƓur normal (de la piĂšce de Larry Kramer). On a Ă©galement fait Tom Ă  la ferme de Michel Marc Bouchard, qui m’a permis [
] de me rĂ©aliser comme metteur en scĂšne et de voir Ă©galement que ça pouvait ĂȘtre possible aussi d’évoluer dans tout ça. Parce qu’aprĂšs Hosanna, qui avait Ă©tĂ© un trĂšs gros succĂšs, la barre Ă©tait haute. Et je me disais : qu’est-ce que je peux faire de mieux ?

QuandjesuisarrivĂ©toutĂ l’heure,vousĂ©tiezentrainderĂ©pĂ©terunescĂšnequiĂ©taitassez Ă©mouvanteetforte.Est-cequevouspouveznousenparlerunpeuplus?

JEAN-FRANÇOIS QUESNEL : Actuellement, on travaille sur la production théùtrale, Bent : le triangle rose de Martin Sherman. Et j’en fais la mise en scĂšne avec, entre autres, Marc-AndrĂ© Leclerc qui incarnait Hosanna et qui incarne le personnage de Max. Et c’est un peu son destin, son histoire, celle d’homosexuels qui ont Ă©tĂ© envoyĂ©s dans les camps de concentration durant la DeuxiĂšme Guerre mondiale. On y Ă©voque aussi son histoire d’amour dans le camp de concentration. C’est un drame humain, un drame trĂšs touchant, portĂ© par un ensemble de comĂ©diens vraiment chevronnĂ©s, puis des gens qui sont Ă  la base trĂšs humains, remplis d’humanitĂ©, remplis de cƓur. Je pense que c’est la seule façon [de] rĂ©aliser cette piĂšce-lĂ  de toute façon.

Etquandest-cequ’onvapouvoirladĂ©couvrir?

JEAN-FRANÇOIS QUESNEL : Les 10, 11, 12 avril, au théùtre La ComĂ©die de MontrĂ©al. Et c’est dans le Village, Ă  MontrĂ©al. Et les billets sont en vente sur la plateforme Zephy. Les gens peuvent tout simplement aller sur Facebook, sur la page de notre collectif. C’est ENSEMBLE, collectif théùtral LGBTQIA+ et les gens vont pouvoir trouver le lien et acheter les billets tout simplement pour venir nous voir.

Pourquelqu’unquisouhaiteraitrejoindrevotrecollectif,est-cequ’onpeutpostuler? Commentçasepasse?

JEAN-FRANÇOIS QUESNEL : AprĂšs qu’on aura trouvĂ© l’idĂ©e pour la prochaine production, il y aura effectivement des auditions. Sur notre page Facebook, toute l’information est lĂ . Les gens prennent rendez-vous et se prĂ©sentent aux auditions. On est de niveau semi-professionnel, professionnel aussi. On sĂ©lectionnera les meilleurs candidats pour que ce soit le plus authentique possible. AprĂšs, on dĂ©butera les rĂ©pĂ©titions de façon hebdomadaire pour en arriver justement jusqu’au spectacle et puis prĂ©senter le produit final aux spectateurs et spectatrices. 6

ANDRÉA ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

INFOS | https://www.facebook.com/groups/EnsembleCollectif

CRÉDIT
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ANDRÉA ROBERT LEZAK

Nouvelles de nos équipes

Montréal Roller Derby vous invite aux événements / compétitions suivant.e.s :

10 mai : round-robin des équipes locales

30 mai - 1 juin : la Tush tournoi (compĂ©tition d’équipes internationales)

7 juin : matchs d’équipes locales

26 juillet : matchs d’équipes locales

1er août - 3 août : Beast of the East (compétition de nos équipes locales, ouverte aux équipes de la cÎte est)

15 août - 17 août : round-robin des équipes de voyages

Suivez-nous sur nos médias sociaux :

Facebook : Montreal Roller Derby Instagram : @montrealrollerderby

Volley Boréal vous donne rendez-vous sous le soleil !

Avis aux membres de la communautĂ© et Ă  ses alliĂ©.e.s, nous vous rappelons que l’étĂ© approche et, avec lui, nous assisterons au retour tant attendu de notre saison de Volley de Plage ! De mai Ă  septembre, on s’installe aux quatre coins de MontrĂ©al pour des matchs sous le soleil et une ambiance au top. Les inscriptions ouvriront dĂ©but mai, alors restez Ă  l’affĂ»t ! Tous les dĂ©tails seront disponibles sur notre site : www.volleyboreal.net/fr/liguevolleyballplage. Du sable, du fun et de la bonne humeur sont garantis, alors rejoignez-nous !

Ensemble vocal GanymĂšde – Concert du printemps, accompagnĂ© d’un orchestre Ă  cordes, le 25 mai. – Pour les choristes intĂ©ressĂ©s, Ă©change musical Ă  Bordeaux avec le chƓur GaytĂ© de chƓur dans le cadre de la Semaine de la FiertĂ© en juin.

À Pieds LevĂ©s

Un organisme montréalais à but non lucratif, qui propose à ses membres 2SLGBTQIA+ et à leurs ami.e.s des séances de danse aérobique chorégraphiée et des exercices musculaires. Nos cours ont lieu :

‱ Le lundi soir de 18 h 30 à 19 h 30 au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine d’Alexandrie (cours multiniveaux) ;

‱ Le mercredi de 19 h 30 à 20 h 30 au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine d’Alexandrie (cours multiniveaux) ;

‱ Le jeudi de 20 h à 21 h à la salle de la palestre à l’Association sportive et communautaire du centre-sud (cours multiniveaux) ;

‱ Le samedi de 10 h 45 Ă  12 h 15 Ă  la salle Ultra CS-3010 au Centre sportif de l’UQAM (cours dĂ©butant).

N’hĂ©sitez pas Ă  venir faire un essai, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons ! Au courant du mois de mai, nous organisons plusieurs activitĂ©s auxquelles tout le monde est convié :

‱ Une mini-parade qui se tiendra dans le Village sur la rue Sainte-Catherine, en partenariat avec la SDC du Village, le 16 mai 2025. Venez nous encourager et fĂȘter avec nous le dĂ©but de l’étĂ© !

‱ Un drag show organisĂ© par les membres le 23 mai 2024 au théùtre La ComĂ©die de MontrĂ©al. Les billets seront en vente au courant du mois d’avril.

Si vous avez des questions, vous pouvez nous contacter sur notre page Instagram ou Facebook, ainsi qu’à l’adresse courriel suivante : apiedsleves@gmail.com.6

Équipe MontrĂ©al en bref

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE

Le conseil d’administration d’Équipe MontrĂ©al vous convie, le dimanche 13 avril 2025 Ă  12 h, Ă  son AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle afin de lancer son annĂ©e 2025-2026 sous le signe de la synergie. Au bar le Cocktail, nous aborderons les prioritĂ©s de la prochaine annĂ©e et ferons l’élection de nouvelles personnes au conseil d’administration.

Voici l’horaire de la journĂ©e :

‱ 12 h à 13 h : Rencontre des nouveaux clubs

‱ 13 h Ă  14 h : SĂ©ance d’informations sur les Gay Games 2026

‱ 14 h à 15 h : AGA

‱ 15 h Ă  17 h : RĂ©seautage des Ă©quipes membres

Pour participer, inscrivez-vous ici : https://forms.gle/SpDpJHMwwCNd33yc8 Pour joindre au conseil d’administration, Ă©crivez Ă  l’adresse courriel info@equipemontreal.org

POSTES À COMBLER

Nous cherchons à recruter des bénévoles pour les trois postes suivants :

‱ Gestion des Ă©vĂ©nements : Organisation du Gala annuel, des 6@9 RĂ©seautage et de la Semaine de la FiertĂ©

‱ VP OpĂ©ration : Responsable du Service aux membres et des ÉvĂ©nements

‱ VP DĂ©veloppement : Responsable du financement de l’organisation

DEUXIÈME RENCONTRE DE RÉSEAUTAGE — 13 AVRIL

À la suite du succĂšs de la PremiĂšre rencontre de rĂ©seautage le 17 janvier dernier Ă  l’Union française, nous revenons avec une deuxiĂšme rencontre le dimanche 13 avril au bar le Cocktail entre 15 h et 17 h. Un petit spectacle de l’une de nos Ă©quipes membres vous sera prĂ©sentĂ© et nous aurons des grignotines et des cruditĂ©s avec trempette pour accompagner vos consommations.

EN ROUTE VERS LES GAY GAMES — VALENCE 2026

Équipe MontrĂ©al travaille Ă  la formation d’un comitĂ© pour l’organisation de la dĂ©lĂ©gation d’Équipe MontrĂ©al aux Gay Games de 2026, qui auront lieu Ă  Valencia en Espagne du 27 juin au 5 juillet 2026. Ce comitĂ© sera formĂ© d’un reprĂ©sentant de chacune des Ă©quipes allant aux Gay Games. Le comitĂ© s’occupera de l’uniforme de la dĂ©lĂ©gation et de quelques activitĂ©s d’ici aux jeux et lors des jeux. La premiĂšre rencontre se tiendra le 13 avril 2025 en journĂ©e au bar le Cocktail Ă  13 h.

Michel Conte

Il est surtout connu pour sa cĂ©lĂšbre chanson ÉvangĂ©line, cette lĂ©gendaire hĂ©roĂŻne acadienne de l’époque du Grande dĂ©rangement et de la DĂ©portation.

De mĂȘme, il est surtout connu sous le nom de Michel Conte, alors qu’au dĂ©part il est nĂ© Michel Seunes, et qu’à la fin de sa vie il endossera l’excentrique personnage de Melki Makhandar, sorte de barde celtique fascinĂ© par les mĂ©decines alternatives, les nouvelles thĂ©rapies, « la danse sacrĂ©e, la “musicosophie”, [et] l’harmonisation des Ă©nergies fĂ©minine et masculine 1 . » NĂ© en 1932 Ă  Villeneuve-sur-Lot (France) dans une famille de paysans, il quitte sa rĂ©gion Ă  l’ñge de 13 ans afin d’étudier le piano, l’orchestration et la composition au Conservatoire national supĂ©rieur de musique et de danse de Paris. À 17 ans, il obtient un 2e prix de piano, mais doit arrĂȘter ses cours car il est atteint de tuberculose et de leucĂ©mie. Ensuite, il suit des leçons de danse et rejoint les corps de ballet de Bordeaux et de l’OpĂ©ra de Strasbourg. C’est Ă  ce moment-lĂ  qu’il adopte le nom de Conte — en hommage Ă  la comĂ©dienne française Louise Conte. Il devient premier danseur au Casino de Paris avec Jeannine Monin (dont la relation amoureuse l’inspirera pour son essai Les Évangiles). Il frĂ©quente les salons parisiens, rencontre Trenet, Cocteau le critique de danse Paul Vervisch, et devient l’ami intime du prince russe Alexandre Volynski. ArrivĂ© au QuĂ©bec en 1955, Michel Conte travaille Ă  la tĂ©lĂ©vision comme danseur, chorĂ©graphe, pianiste, dĂ©corateur, metteur en scĂšne, compositeur de musique pour des opĂ©ras, des comĂ©dies musicales et, au cinĂ©ma, notamment pour les films Les Colombes et Bingo du rĂ©alisateur Jean-Claude Lord. Il compose Ă©galement des chansons, lesquelles sont interprĂ©tĂ©es par les vedettes que sont Lucille Dumont, Monique Leyrac, RenĂ©e Claude et Isabelle Pierre . Se voulant un audacieux rĂ©volutionnaire chrĂ©tien, il donne des spectacles pop rock dans des Ă©glises : « C'est ainsi, vĂȘtu d'un kaftan chatoyant et entourĂ© de son gang d'apĂŽtres sur deux roues que le chanteur actualisa des paraboles 2 . »

En 1973, il cofonde une Ă©cole de danse avec son compagnon Tom Scott, Le Studio d’expression corporelle, le premier du genre « en AmĂ©rique du Nord [visant Ă ] harmoniser l'esprit, le corps et l'Ăąme en fusionnant la poĂ©sie, la danse et la musique dans une mĂȘme crĂ©ation 3. » Devenu membre des Rose-Croix, ses ateliers sont inspirĂ©s des enseignements des Grands InitiĂ©s de l’Ordre. En 1979, il publie Le Prix des possessions, oĂč l’hĂ©roĂŻne affirme : j’ai « beaucoup d’homosexuels parmi mes relations. Ce sont les gens que je prĂ©fĂšre 4. » Ces rĂ©vĂ©lations intimes sur ses penchants, il en fera Ă©galement des allusions plus ou moins voilĂ©es dans quelques chansons, comme dans Entre toi et moi :

AprĂšs des siĂšcles d’impatience, d’apprentissage et d’expĂ©riences

Nous nous donnons le droit d’aimer

AprÚs des siÚcles de tortures, de rébellion et de parjures

Nous venons de nous pardonner

Nous venons de nous retrouver

Nous venons de nous recréer

Et dans Bordeaux (la prison) oĂč un dĂ©tenu clame :

Le temps c’est fait pour oublier

Pis à comprendre ce que c’est qu’aimer

En attendant, moi, j’ai Johnny

C’est pas pareil, c’est pas permis

Mais quand t’as le cƓur qui fait mal

Tu te fous bien de c’qui est normal

C’qui est pas normal, c’est de n’pas aimer

Mais c’est dans son autobiographie Nu
 comme dans nuages qu’il fait son vĂ©ritable coming out 5. « Ne pas parler de sexualitĂ©, dit-il, c’est
 ne pas parler de soi 6. » DĂšs lors, il relate sa relation avec Raymond, « un culturiste amateur dont le corps ressemblait Ă  celui du cĂ©lĂšbre David », avec Jacques, « un ex-motard du groupe des “hell’s angels” », Tom qui l’initia « au corps de l’homme, Ă  ses dĂ©sirs et Ă  ses conquĂȘtes 7 », et Mark, un jeune adolescent dont il s’est occupĂ©. Au dĂ©but des annĂ©es 1980, il s’exile Ă  Tenerife aux Ăźles Canaries oĂč il entreprend une longue quĂȘte spirituelle et Ă©sotĂ©rique en devenant musicien humaniste. De retour Ă  MontrĂ©al, il prĂ©sente des spectacles. « Le Michel Conte qui revient au QuĂ©bec avec Melki veut dĂ©dier le restant de cette vie Ă  donner des concerts d'amour et de guĂ©rison, des sĂ©minaires d'auto-conscience, des thĂ©rapies individuelles 8. »

« En 1998, paraĂźt Comme un Grand cri d’Amour : un rĂ©cit entre le cƓur et l’ñme, Ă  la fois sous forme de roman, de cassette et de disque numĂ©rique, dans sa version chantĂ©e 9. » « Tout au long de son parcours, Michel Conte a touchĂ© Ă  l'abandon, au manque d'amour, au mal de vivre, Ă  l'enfant en soi. C'est de tout cela dont il nous parle sur cet album. ParticuliĂšrement de l'amour abandonnĂ©, Ă©touffĂ©, mĂ©lancolique et finalement retrouvĂ© 10. » En 2006, « il reçoit de la SOCAN (SociĂ©tĂ© canadienne des auteurs, compositeurs et Ă©diteurs de musique) une plaque rappelant la premiĂšre position d’une de ses chansons Ă  divers palmarĂšs. Le 28 octobre, lors du Gala de l’ADISQ, son ÉvangĂ©line gagne le prix de la chanson de l’annĂ©e 11 . » En 2007, il est l’invitĂ© d’honneur au Salon du livre de Dieppe au Nouveau-Brunswick, recevantun hommage du gouvernement lors d’une rĂ©ception officielle. Il s’éteint l’annĂ©e suivante. 6

SERGE FISETTE – IN MEMORIAM

1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Conte. Consulté le 24 novembre 2022.

2. http://patrimoinepq.blogspot.com/2011/03/michel-conte-aimons-nous-les-uns-les.html. Consulté le 25 novembre 2022.

3. https://web.archive.org/web/20000517192613/www.editions-guzzi.qc.ca/musique.asp. Consulté le 25 novembre 2022.

4. Michel Conte, Le prix des possessions, Boucherville, Éditions de Mortagne, 1979. p. 33.

5. Michel Conte, Nu
 comme dans nuages, Boucherville, Éditions de Mortagne, 1980.

6. https://qqcitations.com/auteur/michel-conte. Consulté le 25 novembre 2022.

7. Nu
, op. cit., pages 150-155-165.

8. https://web.archive, op. cit.

9. https://fr.wikipedia
, op. cit.

10. http://www.editions-guzzi.qc.ca/showItem.asp?item=cd-criamour.txt. Consulté le 25 novembre 2022.

11. https://fr.wikipedia
, op. cit.

Fierté des entreprises LGBTQ+ au Québec

La Chambre de commerce 2ELGBTQI+ du Canada (CGLCC) procĂ©dait, Ă  la fin du mois de fĂ©vrier, Ă  l’annonce du 2e cycle du Fonds pour l’écosystĂšme, en collaboration avec la Chambre de commerce LGBT du QuĂ©bec (CC-LGBT-Q). Rechie Valdez, la ministre fĂ©dĂ©rale de la Petite Entreprise, ainsi que Steven Guilbault, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, y assistaient. Un montant de 2,8 M$ a ainsi Ă©tĂ© allouĂ© Ă  12 organismes sans but lucratif du milieu des affaires LGBTQ+ (on ne les nommera pas ici, ils sont dĂ©jĂ  listĂ©s sur Fugues.com), et ce, avec le concours du ministĂšre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrĂštement ? Quels sont les programmes mis de l’avant ? Dans le contexte social actuel tendu, quel message souhaite-t-on transmettre aux entrepreneur.e.s LGBTQ+ ?  Tout d’abord, le programme s’appelle « FiertĂ© des entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+ du QuĂ©bec ». « C’est la toute premiĂšre fois qu’on reçoit pareille somme de n’importe quel palier de gouvernement », souligne Thierry Arnaud, le prĂ©sident de la CC-LGBT-Q. La confĂ©rence du 20 fĂ©vrier dernier servait Ă  prĂ©senter cette 2e étape du financement pour le dĂ©veloppement des projets en lien avec « FiertĂ© des entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+ du QuĂ©bec ». « C’est un programme qui s’étend sur 14 mois, jusqu’en mars 2026 », indique T hie rry Arnaud.  « C’est toujours les mĂȘmes idĂ©es que je dĂ©fends depuis une quinzaine d’annĂ©es, note Thierry Arnaud. Les entreprises offrent un service ou un produit. Je dis toujours aussi : tu as rĂ©ussi, tu as dĂ©veloppĂ© une expertise malgrĂ© le fait que tu es LGBTQ+ et, pour changer la sociĂ©tĂ©, tu pourrais aider d’autres gens LGBTQ+ Ă  dire qu’ils sont out auprĂšs de leur clientĂšle et de leurs fournisseurs. Le message ici est que, Ă  travers les activitĂ©s, parce que je n’ai pas hĂ©sitĂ© Ă  dire que je suis gai, lesbienne, etc., on peut rĂ©ussir dans la vie, on peut faire du rĂ©seautage, on peut en parler, on peut faire profiter les autres de notre expĂ©rience. »

La Chambre propose ainsi six activitĂ©s en tout. D’abord, la crĂ©ation d’un site Web sur l’entrepreneuriat 2ELGBTQI+. À mĂȘme le site Web de la Chambre, une section sera dĂ©veloppĂ©e afin de mettre en valeur des histoires Ă  succĂšs, des histoires de crĂ©ation d’entreprises et des parcours de crĂ©ateurs et de crĂ©atrices d’entreprises par des entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+. On y retrouvera Ă©galement 10 vidĂ©os (entrevues) et 20 feuillets (biographies) mettant en valeur la clientĂšle d’affaires 2ELGBTQI+. Le tournage des vidĂ©os a dĂ©jĂ  commencĂ©, quatre vidĂ©os sont dĂ©jĂ  en prĂ©paration et seront disponibles Ă  la fin mars.  Par la mĂȘme occasion, on identifiera des personnes-ressources 2ELGBTQI+ et des alliĂ©.e.s dans les entreprises (rĂ©pertoire). « Par exemple, les institutions financiĂšres ont des succursales identifiĂ©es aux couleurs de la communauté 2ELGBTQI+ et on y retrouve des employĂ©s LGBTQ friendly. Donc, on sait ici qu’on peut rencontrer des personnes-ressources de nos rĂ©alitĂ©s, que ce sont des personnes ouvertes qui comprennent les besoins des gens LGBTQ+ », indique Thierry Arnaud. Comme 2e activitĂ©, on propose la mise sur pied d’un service de mentorat : ce service permettra aux participant.e.s de dĂ©velopper leurs capacitĂ©s entrepreneuriales. Ce projet de mentorat est en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship (RĂ©seau Mentorat) et contribuera Ă  former Ă  la fois les mentor.e.s et les mentorĂ©.e.s. L’objectif ici est de jumeler 10  entrepreneur.e.s (mentorĂ©.e.s) avec des mentor.e.s pour la durĂ©e du projet.

Ensuite, on met de l’avant aussi une Cellule de codĂ©veloppement des arts (activitĂ©s de perfectionnement des compĂ©tences des entrepreneur.e.s) en vue de crĂ©er un « espace sĂ©curitaire » (safe space) oĂč les entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+ pourront Ă©changer librement et sans jugement sur des prĂ©occupations communes et sur leur rĂ©alitĂ© d’entrepreneur.e. On embauchera un animateur en codĂ©veloppement pour l’occasion. On dĂ©sire amĂ©liorer la capacitĂ© des entrepreneur.e.s dans leur projet d’entreprise, avec pour objectif d’aider 8 entreprises/entrepreneur.e.s aidĂ©.e.s pour la durĂ©e du projet.

ConfĂ©rences, panels, soirĂ©es de rĂ©seautage et activitĂ©s de dĂ©veloppement de capacitĂ©s entrepreneuriales Ă  travers le QuĂ©bec. Oui, il y a MontrĂ©al, mais on dĂ©sire aussi aller vers les entrepreneur.e.s ailleurs, soit Ă  Sherbrooke, Gatineau, Saguenay, etc. Toujours avec des thĂ©matiques 2ELGBTQI+, il s’agit de reprendre la formule Ă  succĂšs des 6 Ă  8 de la Chambre, mais ici avec l’ajout d’une confĂ©rence/entrevue de 15 Ă  20 minutes, suivie d’une courte pĂ©riode de questions et d’un cocktail de rĂ©seautage avec Ă©changes libres entre les panĂ©listes et les participant.e.s. « À travers le rĂ©seau de la FĂ©dĂ©ration des chambres de commerce du QuĂ©bec, on se dĂ©place dans une ville, on y prĂ©sente une telle soirĂ©e pour permettre la visibilitĂ© de l’entrepreneuriat LGBTQ+, souligne Thierry Arnaud . C’est d’aider aussi les entrepreneur.e.s LGBTQ+, les rassembler et venir les appuyer. » Il y aura aussi l’organisation de dĂ©jeuners et/ou lunchs avec un.e expert.e de la communautĂ© 2ELGBTQI+ : probablement dans un hĂŽtel proche du Village, pour permettre Ă  un.e expert.e en son domaine de rĂ©pondre aux questions d’un petit groupe de 6 Ă  8 personnes, pendant que les autres invitĂ©.e.s profiteront aussi des rĂ©ponses donnĂ©es aux participant.e.s. « Il pourrait y avoir une thĂ©matique par dĂ©jeuner, comme par exemple le marketing Web, comment le dĂ©velopper, comment ĂȘtre plus efficace, etc. Les gens vont aussi Ă©changer sur les bonnes pratiques. Cela est basĂ© sur notre expĂ©rience acquise dans le passĂ© avec les divers Ă©vĂ©nements de la Chambre », explique le prĂ©sident de la Chambre de commerce LGBT du QuĂ©bec (CC-LGBT-Q). On pense organiser au moins trois dĂ©jeuners au cours de la durĂ©e de ce projet. Donc, il faut rester Ă  l’affĂ»t ! La derniĂšre activitĂ© consiste Ă  accueillir une mission commerciale 2ELGBTQI+ provenant de l’Ouest canadien, soit le ComitĂ© Franco Queer de l’Ouest. On veut renforcer les liens entre les communautĂ©s d’affaires 2ELGBTQI+ francophones. Cela inclura une rencontre avec la directrice gĂ©nĂ©rale de la SociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement commercial (SDC) du Village, peut-ĂȘtre aussi une visite du Village dans le but de faire dĂ©couvrir le dĂ©veloppement Ă©conomique du secteur et ses diverses entreprises, etc. Par cette activitĂ©, le but est d’inciter d’autres groupes Ă  organiser des missions commerciales de dĂ©veloppement des affaires Ă  MontrĂ©al. En plus de tout cela, il y aura des volets spĂ©cifiques rattachĂ©s Ă  la gouvernance de la Chambre de commerce LGBT du QuĂ©bec.  « Le message que l’on veut passer surtout ici c’est, un peu dans l’esprit de Nelson Mandela, [qu’en Ă©tant] authentique avec soi-mĂȘme et avec les autres, vous ne vous ferez peut-ĂȘtre pas beaucoup d’ami.e.s, mais vous en gagnerez quelques-uns authentiques, Ă©voque Thierry Arnaud. Autrement dit, soyez vous-mĂȘmes, soyez authentiques, soyez ouvert.e.s aux rĂ©alitĂ©s 2ELGBTQI+, montrez vos capacitĂ©s entrepreneuriales aux autres personnes LGBTQ+, soyez des alliĂ©.e.s des entreprises 2ELGBTQI+ [
] c’est ce que ce programme dĂ©sire accomplir jusqu’en 2026. » 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com INFOS | https://www.cclgbtq.org/fr/a-propos

CRÉDIT
PHOTO : ANDRÉA ROBERT LEZAK

Programmation de la 19 e édition du Festival Fierté Trans !

Cette annĂ©e, le festival met en lumiĂšre et cĂ©lĂšbre les personnes trans et non binaires Ă  travers le partage de savoirs issus des milieux communautaires et universitaires et par le biais de diverses formes d’expression artistique.

Le Festival FiertĂ© Trans, c’est quoi ? Créé en 2004 et portĂ© par Aide aux trans du QuĂ©bec (ATQ) depuis 2005, le Festival FiertĂ© Trans cĂ©lĂšbre les personnes trans, non binaires et de diverses identitĂ©s de genre. S’il il a pris diffĂ©rentes formes, au fil des ans, aujourd’hui, cet Ă©vĂ©nement unique est un espace essentiel de visibilitĂ©, de solidaritĂ© et de partage. C’est un moment pour se rassembler, honorer les luttes passĂ©es et crĂ©er des liens, tout en dĂ©couvrant des ressources et des talents issus de nos communautĂ©s. Mais avant tout, c’est une cĂ©lĂ©bration oĂč chacun.e peut ĂȘtre soi-mĂȘme, librement et pleinement. Les Ă©vĂ©nements se dĂ©rouleront cette annĂ©e au Centre d’art MontrĂ©al le Livart, rue Saint-Denis, sur le Plateau, le weekend du 29 et 30 mars prochain.

SAMEDI 29 mars

13 h Panel : Leadership Trans

14 h 30 Performance : MatĂ©o Pineault, lecture littĂ©raire À travers une performance littĂ©raire tirĂ©e de son essai publiĂ© dans 11 brefs essais queers (finaliste au Prix des libraires 2024), l’auteur MatĂ©o Pineault partage un rĂ©cit intime des premiĂšres annĂ©es de sa transition, en s’attardant sur la convalescence suivant sa mastectomie. Entre thĂ©ories queers et rĂ©flexions personnelles, il explore la honte comme une force transformatrice et le corps trans comme un territoire de rĂ©invention.

15 h Conférence : FrankieB Lambert, Beyond Survival FrankieB Lambert proposera pour sa part une conférence sur la résilience et les soins collectifs! Veuillez noter que cette conférence se passera en anglais. Trouvez la description de l'événement traduit en français sur notre site Web

16h Performance : T Wolves

Artistes : Gus Jémus, Delam in Drag, Goblin, Gazoline & Pandora's Box Muncher

Une lecture trans de la chanson iconique de 1978 « Werewolves of London », réimaginant ce qui se passe lorsque des personnes transmasculines se déchaßnent dans une grande ville. T Wolves est une performance de drag qui transforme le mythe classique du loup-garou en une célébration de la joie, de la résistance et de la communauté transmasculine.

16 h 30 Panel : Soutenir sans effacer

18 h ReïŹ‚ex Hammer, No Dumping

Artistes : ReïŹ‚ex Hammer : Ro Paloma & Angel Buell

Un duo comique et non narratif mĂȘlant danse, sketchs et absurditĂ© pour explorer l’identitĂ© trans, la dysphorie et l’euphorie Ă  travers une lentille satirique et clownesque. Cette performance reprend de l’espace pour le rire, transformant les tropes transphobes en une acceptation radicale de soi.

18 h Cocktail Transconnexion

Le Cocktail TransConnexion viendra clĂŽturer la premiĂšre journĂ©e de panels et de confĂ©rences du Festival FiertĂ© Trans dans une ambiance festive et chaleureuse. Cette soirĂ©e de rĂ©seautage s’adresse autant aux personnes de la communautĂ© trans qu’aux allié·e·s engagé·e·s, offrant une occasion unique d’échanger, de crĂ©er des liens et de cĂ©lĂ©brer la diversitĂ© de genre. Joignez-vous Ă  nous pour Ă©largir votre rĂ©seau dans un espace inclusif et convivial! Des bouchĂ©es et des cocktails, avec ou sans alcool, seront servis. ÉvĂ©nement gratuit, mais l’inscription est requise.

21 h ÉvĂ©nement Festif Transtopia

En collaboration avec UNIKORN et HAUTERAGEOUS, Aide aux Trans du QuĂ©bec vous invite Ă  une nuit de pure dĂ©cadence, de visibilitĂ© et de cĂ©lĂ©bration trans! Cette Ă©dition spĂ©ciale de Transtopia (100% trans) est placĂ©e sous le signe de la joie, de la puissance et de l’euphorie. On pourra y entendre les DJs Real Void, Jashim, Aracely, et Mossy Mugler . Et y voir les performances de Shasha Wolfe, Envy the Clown, Princess Sienna et Mimiverus.

DIMANCHE 30 mars

11 h 30 Salon de la Fierté Trans

Le Salon de la FiertĂ© Trans constitue une opportunitĂ© unique de rĂ©seautage et de visibilitĂ© pour les organisations dont le travail est en lien avec la fiertĂ© trans, les droits des personnes trans ou la promotion de la visibilitĂ© et de l’inclusion des personnes trans et non binaires. Il rassemble des acteurs clĂ©s de divers secteurs : associations, entreprises, crĂ©ateur.trice.s, collectifs, artistes et institutions.

12 h 30 Conférence : Gabriel Robichon, neurodivergence et transidentité

L’intersection entre neurodivergence et identitĂ© de genre est encore trop peu explorĂ©e, alors qu’elle façonne profondĂ©ment les parcours de nombreuses personnes trans autistes. Gabriel Robichon, homme trans et coordinateur Ă  l’ARCG, partage son expĂ©rience personnelle sur la maniĂšre dont son diagnostic d’autisme a Ă©tĂ© un dĂ©clencheur dans l’acceptation et l’exploration de sa transidentitĂ©.

14 h Panel : Créer pour exister

16 h Conférence : Marian Fournier, Transcestors

Contrairement aux idĂ©es reçues, les personnes trans ont toujours existĂ© Ă  travers l’histoire. Cette prĂ©sentation explore les rĂ©cits de nos ancĂȘtres trans avant le 21e siĂšcle, en s’appuyant sur des recherches en musĂ©ologie et en archives. À travers des exemples concrets et une rĂ©flexion sur l’importance d’une approche transaffirmative en histoire, cette communication souligne la nĂ©cessitĂ© de documenter nos rĂ©alitĂ©s et de crĂ©er des ponts intergĂ©nĂ©rationnels.

Notez que tous les événements du Festival Fierté Trans sont gratuits et sans inscription requise (sauf si mentionné)!6

CHANTAL CYR redaction@fugues.com

INFOS | https://aideauxtrans.com/fr/evenements

Les événements du Festival Fierté Trans sont gratuits et sans inscription requise (sauf si mentionné)

FrankieB Lambert
Gabriel Robichon

Avancer ensemble vers des organisations plus inclusives

Les valeurs d’équitĂ©, de diversitĂ© et d’inclusion sont au cƓur des activitĂ©s de Desjardins. Car une coopĂ©rative appartient d’abord Ă  ses membres, sans exception, tels qu’ils, qu’elles ou qu’iels sont. Voici quelques bonnes pratiques que vous pouvez encourager votre environnement professionnel Ă  adopter.

Offrir un rĂ©gime d’assurances collectives adaptĂ© aux diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s

La valeur de chaque membre de votre Ă©quipe est prĂ©cieuse. La stabilitĂ© et la paix d’esprit que procure un rĂ©gime d’assurance collective sont des critĂšres qui pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s en recherche d’emploi, aprĂšs un salaire concurrentiel et la flexibilitĂ© d’horaire.

La couverture proposĂ©e doit prendre en considĂ©ration que les besoins individuels en soins de santĂ© varient en fonction d’une foule de facteurs, dont l’ñge, le statut familial, le niveau d’activitĂ© physique – de mĂȘme que l’identitĂ© de genre et l’orientation sexuelle.

Voici deux exemples d’offres adaptĂ©es Ă  des dĂ©fis courants au sein de la communautĂ© LGBTQ+ :

Focus famille

Un couple de mĂȘme sexe, des personnes transgenres et un parent cĂ©libataire doivent aussi avoir la possibilitĂ© de fonder ou d’agrandir leur famille. Desjardins Assurances rĂ©pond Ă  ce besoin avec son programme Focus famille qui offre la couverture complĂšte et inclusive de certains frais lors des dĂ©marches de fertilitĂ©. Les futurs parents peuvent Ă©galement bĂ©nĂ©ficier d’un accompagnement sur mesure tout au long de leur projet de vie.

Affirmation de genre

Une personne qui Ă©prouve une dĂ©tresse importante car son identitĂ© de genre ressentie ne correspond pas au sexe assignĂ© Ă  la naissance pourrait vouloir se tourner vers des interventions mĂ©dicales pour se sentir bien dans sa peau. Cette dĂ©marche est propre Ă  chaque individu. L’offre Affirmation de genre par Desjardins Assurances, qui est complĂ©mentaire Ă  la couverture des rĂ©gimes publics, prĂ©voit le remboursement de divers frais admissibles, tels que la chirurgie de la pomme d’Adam et l’épilation au laser.

«Mettez de l’avant un autocollant ou un drapeau arc-en-ciel pour exprimer votre soutien Ă  la communautĂ© LGBTQ+. Accompagnez

ce symbole d’actions concrĂštes...»

Soutenir les membres de votre Ă©quipe lors de leur dĂ©marche d’affirmation de genre Il faut souvent des mois, voire des annĂ©es, pour rĂ©aliser tous les changements souhaitĂ©s et les procĂ©dures mĂ©dicales d’une dĂ©marche d’affirmation de genre pour les personnes trans qui iront de l’avant avec des changements ou procĂ©dures mĂ©dicales. Lorsque quelqu’un au sein de votre Ă©quipe entreprend ce long parcours, allĂ©gez son quotidien en collaborant sur un plan de transition en milieu de travail.

Ce document sera appelé à évoluer en cours de route, mais devrait prévoir tous les changements de nom ou de pronom à effectuer (ex. : adresse courriel, service de paie, porte-nom, etc.) et une date à partir de laquelle la personne se présentera sous son identité affirmée. Suivez le rythme de la personne, sans brusquer les choses ou lui imposer un échéancier. Celle-ci doit demeurer seule maßtresse de la vitesse à laquelle elle souhaite effectuer (ou non) des changements.

«Mettez de l’avant un autocollant ou un drapeau arc-en-ciel pour exprimer votre soutien Ă  la communautĂ© LGBTQ+. Accompagnez ce symbole d’actions concrĂštes »

Porter une attention particuliĂšre aux pronoms

Dire « monsieur » au lieu de « madame » Ă  quelqu’un qui s’identifie en tant que femme s’avĂšre blessant, mĂȘme si c’est non intentionnel. En cas de doute sur l’identitĂ© de genre d’une personne, amorcez vos interactions en utilisant un langage neutre ou demandez-lui simplement comment vous adresser Ă  elle.

Encouragez vos collĂšgues Ă  indiquer leur choix de pronom dans leur signature courriel, sur leur carte de visite et sur leur badge d’identification. L’adoption gĂ©nĂ©ralisĂ©e de cette pratique – qui est courante chez Desjardins – aide Ă  Ă©viter l’isolement des personnes trans et renforce un climat de respect.

Afficher vos couleurs

Mettez de l’avant un autocollant ou un drapeau arc-en-ciel pour exprimer votre soutien Ă  la communautĂ© LGBTQ+. Accompagnez ce symbole d’actions concrĂštes, comme le soutien Ă  des Ă©vĂ©nements majeurs tels que la JournĂ©e internationale contre l’homophobie et la transphobie. Il est aussi possible de mettre sur pied un comitĂ© Ă©quitĂ© diversitĂ© et inclusion (EDI), organiser des Ă©vĂ©nements de sensibilisation et du mentorat inclusif. Vous pouvez aussi offrir des formations sur la diversitĂ© et l’inclusion, comme le fait Desjardins avec les partenaires tels que la Fondation Émergence et FiertĂ© au Travail Canada. Diffusez vos offres d’emploi dans des rĂ©seaux professionnels spĂ©cialisĂ©s, comme QueerTech, en prĂ©cisant que votre organisation valorise la diversitĂ© et l’inclusion.

Être Ă  l’écoute

Le mot le dit : la diversitĂ© est diversifiĂ©e. Encouragez la curiositĂ© et l’envie d’en apprendre davantage sur les moindres nuances de la communautĂ© LGBTQ+ au sein de votre organisation. Mais acceptez aussi qu’il est impossible de tout savoir, que chaque individu est unique et que sa rĂ©alitĂ© l’est tout autant.

Cultivez l’humilitĂ© et l’ouverture d’esprit en vous renseignant auprĂšs de la personne elle-mĂȘme. Comment souhaite-t-elle ĂȘtre appelĂ©e ? Quels sujets prĂ©fĂšre-t-elle ne pas aborder ? D’humain Ă  humain, il y a toujours moyen de se parler et de faire preuve de bienveillance. 6

DĂ©couvrez comment Desjardins cĂ©lĂšbre l’équitĂ©, la diversitĂ© et l’inclusion FR : https://www.desjardins.com/lgbtq ANG : https://www.desjardins.com/ca/lgbtq

LE COMBAL COSSE ET MAISONNEUVE, AOP CAHORS (FRANCE) 2020

CODE SAQ : 10675001 2310$

Joyeuse éclosion de saveurs et de couleurs

OLIVIER DE MAISONNEUVE

SOMMELIER CONSEIL

Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise

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Au royaume du Vin Noir, trĂŽne le cĂ©page malbec. Depuis quelques annĂ©es, un vent de modernitĂ© souffle, qui vient adoucir quelque peu le sombre tĂ©nĂ©breux qui pouvait avoir le tannin pesant. Les deux amis d’enfance aux commandes du domaine depuis plus de 25 ans sont devenus des rĂ©fĂ©rences dans la rĂ©gion. Ils cultivent en biodynamie pour mettre de l’avant l’excellence de leurs terroirs. Ce Combal est un peu leur entrĂ©e en matiĂšre. Le malbec y est enjolivĂ© avec une touche de merlot et de tannat. N’hĂ©sitez pas Ă  l’aĂ©rer en carafe une bonne demi-heure avant de le servir pour qu’il exprime toutes ses riches notes de mĂ»res, de prune noire et de rĂ©glisse noire. Les tannins sont prĂ©sents, mais Ă  super maturitĂ© et trĂšs soyeux. Une vraie perle. C’est succulent, surtout servi Ă  16  degrĂ©s, et il a une bonne persistance. Quel rĂ©gal !

COCKTAIL À L’ITALIENNE

MIELE SUPER SOUR

CIDRERIE MILTON, ÉLABORÉ AU QUÉBEC

CODE SAQ : 15455526 1760$ (4 CANETTES 355 ML)

C’est un peu comme un Sprite pour adulte, avec des notes juteuses et franches de citron et de lime. Pas trop alcoolisĂ©, c’est doux comme un bonbon ou un limoncello lĂ©ger, mais pas de quoi provoquer une crise de caries. Ça n’écƓure pas aprĂšs quelques gorgĂ©es. C’est un petit plaisir coupable, comme quand on se glisse dans une doudou en polar, pour Ă©couter juste un autre Ă©pisode d’une sĂ©rie captivante, alors qu’on devrait ĂȘtre au lit...

CABERNET SAUVIGNON LA JOYA GRAN RESERVA

VINAS BISQUERTT, DO VALLE DEL COLCHAGUA (VALLE CENTRAL, CHILI) 2023

CODE SAQ : 14357342 1670$

Voici un cabernet sauvignon vĂ©gane, au nez rempli d’exotisme. Vous le verrez Ă©voluer subtilement dans le verre, miroitant tantĂŽt des notes herbacĂ©es de sauge et d’eucalyptus, tantĂŽt des notes fruitĂ©es de mĂ»res et de raisins rouges, et tantĂŽt des notes Ă©picĂ©es de poivre et de girofle. Il y a aussi des parfums de bois et de cuir. Cet ensemble pourrait annoncer un vin trop capiteux, mais non, il y a beaucoup de fraĂźcheur en bouche, et du pep. C’est dense, tannique, boisĂ© et trĂšs gourmand, mais ce n’est pas lourdaud. Bon, ce n’est pas pour l’apĂ©ro ni pour le bord de la piscine, on s’entend. Mais il sera un bon compagnon de table avec des grillades de viandes persillĂ©es et des keftas. Pour le prix, il est bien gĂ©nĂ©reux de sa personne.

FIOL EXTRA DRY 3GP SRL, DOP PROSECCO (VÉNÉTIE, ITALIE)

CODE SAQ : 13999333 1905$

Quel plaisir de revisiter un classique et de voir que la qualitĂ© est toujours au rendez-vous. C’est un bien agrĂ©able compagnon de brunch, qui sent bon la pomme et les fleurs blanches, avec mĂȘme un petit air de miel. La bouche est tendre, bien fruitĂ©e et fraĂźche. Ce n’est pas le plus sec des proseccos, mais c’est bien Ă©quilibrĂ©. Et son 11 % d’alcool le rend parfait pour un repas de PĂąques... ou de cabane Ă  sucre. Et il fera un mimosa vraiment pas piquĂ© des vers.

TÉQUILA REPOSADO TROMBA

DO TEQUILA (JALISCO, MEXIQUE)

CODE SAQ : 13232484 6650$

Hooo, c’est bien agrĂ©able, cette tĂ©quila ! Le propriĂ©taire canadien de cette distillerie de taille familiale a rĂ©ussi Ă  faire sortir de sa retraite le vĂ©nĂ©rable et rĂ©putĂ© maĂźtre distillateur Marco Cedano, qui travaillait chez Don Julio. Pour lui, il faut mettre de l’avant dans toute sa splendide simplicitĂ©, ce qui fait une tĂ©quila de grande qualitĂ©, sans fioriture ou procĂ©dĂ© inutile. Ça se savoure trĂšs bien dans cette reposado qui est d’une douceur et d’une finesse de saveur remarquable. On la vend Ă  36 % d’alcool, pour s’assurer que la brĂ»lure de l’alcool ne vienne pas amoindrir le plaisir de sa dĂ©gustation. La touche boisĂ©e vanillĂ©e de son Ă©levage est super bien dosĂ©e et Ă©lĂ©gante. La version Blanco arrive aussi prochainement, tout aussi rĂ©ussie et Ă  dĂ©couvrir sans faute. Essayez-la avec un chaser de verdita : wow !

POSIP

THE DALMATIAN DOG, BLACK ISLAND WINERY, VHQ ILE DE KORCULÀ (CROATIE) 2023

CODE SAQ : 15129835 2140$

C’est toujours emballant de dĂ©couvrir un nouveau cĂ©page, surtout d’une rĂ©gion que je ne connais pas. Un vin d’une Ăźle de la mer Adriatique, ça ne court pas les rues. Le nez m’a intriguĂ©, avec ses notes d’abricots, de zeste de lime et de sable mouillĂ©. Puis la bouche m’a propulsĂ© sur une vague de plaisir. Une bombe de fruits mĂ»rs (abricots, poires) et une indĂ©niable note salĂ©e. En fait, ça peut Ă©voquer certains sakĂ©s, avec ce mĂ©lange d’amertume, de fruitĂ© et de salĂ© ; c’est presque umami, avec une certaine texture quasi grasse. Je me suis rĂ©galĂ© ! C’est assurĂ©ment un vin qui nous fait voyager. À savourer avec vos poissons grillĂ©s, des calmars, des grillades de viande blanche aux fines herbes et des sushis.

BOTTEGA SPA, VINO SPUMANTE ROSÉ (VÉNÉTIE, ITALIE)

CODE:SAQ : 12824971 3075$

Voici ce qui pourrait ĂȘtre aussi l’un des apĂ©ros les plus chouettes. ComposĂ© Ă  100 % de pinot noir, c’est vraiment comme un bon rosĂ©, qui serait pĂ©tillant. Au nez, c’est plein de dĂ©licates notes de cerise rouge et de fleurs. C’est trĂšs printanier. En bouche, c’est fin et agrĂ©ablement fruitĂ©. Rien d’excessif, surtout en lĂ©gĂšretĂ©. Il y a une certaine trame d’amertume de pamplemousse rose qui aide Ă  donner du volume, mais ça reste digeste et pimpant. C’est un mousseux discrĂštement suave. Donc, ravissant bu seul, mais peut-ĂȘtre le servirez-vous avec quelques crevettes en amuse-gueule, ou avec des bouchĂ©es de saumon fumĂ© pour le brunch ?

COCKTAIL SIGNATURE NEGRONI

LES SPIRITUEUX UNGAVA (QUÉBEC)

CODE SAQ : 15388984 2225$ (375 ML)

Le Negroni est l’un de mes cocktails prĂ©fĂ©rĂ©s. Ce savoureux mĂ©lange de gin, de vermouth et de liqueur amĂšre, comme le Campari, fait briller mes yeux de plaisir. J’ai donc Ă©tĂ© trĂšs curieux quand j’ai vu cette version avec le dĂ©lectable gin Ungava. Avec 50 % moins d’alcool que le cocktail original, il est dans l’air du temps de la consommation plus douce. Au nez, on retrouve les mĂȘmes parfums d’épices et d’agrumes. En bouche ? C’est pas mal typĂ© et quand mĂȘme savoureux, malgrĂ© ce taux d’alcool plus bas. J’aurais peut-ĂȘtre mis un brin davantage de vermouth, mais c’est selon mon goĂ»t. C’est une agrĂ©able proposition de qualitĂ©, Ă  dĂ©guster tel quel sur glace, ou vous pouvez en faire un cocktail plus marquĂ© en y ajoutant un peu de jus de pamplemousse rose.

IL SELESE I STEFANINI, DOP SOAVE (VÉNÉTIE, ITALIE) 2023

CODE SAQ : 13841431 1740$

Alerte gourmande ! Je me suis laissĂ© tenter par ce blanc Ă  base de garganega, Ă  la suite de la recommandation de VĂ©ronique Rivest, une collĂšgue que j’apprĂ©cie beaucoup. J’ai Ă©tĂ© conquis, Ă  mon tour ! Le nez floral, un peu herbacĂ© et fruitĂ©, est dĂ©jĂ  pas mal, mais la bouche a fini ma conquĂȘte. C’est une avalanche de fruits du verger (surtout la poire), qui apporte une certaine impression de rondeur et un petit cĂŽtĂ© coquin de pamplemousse. C’est sec, frais, avec une judicieuse touche d’amertume. J’aime bien la texture aussi, ainsi que son harmonie finale. Pour le prix, c’est assurĂ©ment : approuvĂ© par Olivier !

CANTINA TREVIGIANA BRUT ROSÉ

VITICOLTORI PONTE, DOP PROSECCO ROSÉ (TREVISO, ITALIE) 2023

CODE:SAQ : 15454371 1680$

Leur prosecco rĂ©gulier est l’un des meilleurs rapports prix-plaisir sur le marchĂ©. J’étais super enthousiaste de dĂ©couvrir la version rosĂ©e, car il y a une notion de qualitĂ© de base plus dĂ©finie avec les proseccos rosĂ©s. Et c’est bien rĂ©ussi. On reconnaĂźt les notes de fruits du verger du cĂ©page glĂ©ra et le pinot noir vient enrichir le nez, avec ses petites notes de fruits rouges croquants. J’ai mĂȘme cru percevoir un peu de miel blond. La bouche est Ă  la fois fine et savoureuse, avec une dĂ©licieuse amertume et une fraĂźcheur d’agrumes. Avec son 11 % d’alcool, c’est un apĂ©ro en or. Il pourrait devenir une vedette de l’été 2025 ! Joie !

BOTTEGA ROSE GOLD
OLIVIER
OLIVIER
OLIVIER

Rivian, plus que Tesla

Les autos ensevelies dans les rues de MontrĂ©al sous la neige et chacun.e se dĂ©brouille comme il peut. Un gros zĂ©ro Ă  tous les propriĂ©taires d’autos qui, pour se dĂ©barrasser de la neige, ont trouvĂ© plus simple de se servir des trottoirs pour Ă©riger de jolies pyramides empĂȘchant la circulation des piĂ©tons. L’égoĂŻsme poussĂ© Ă  son paroxysme. En revanche, remercions tous les conducteurs dans les petites rues, qui prenaient des passant.e.s obligĂ©.e.s de marcher sur la chaussĂ©e. Un exemple qui rappelle que la rue se partage avec toustes ses utilisateurs et utilisatrices, Ă  pied, Ă  vĂ©lo, Ă  cheval, en voiture.

En marchant sur la chaussĂ©e, j’aperçois un VUS enseveli sous la neige, avec un Ă©trange logo sur le hayon, en forme un losange, dans lequel s’inscrit un cercle, Ă©voquant vaguement une cible de tirs d’entraĂźnement. Il s’agit du logo de la marque Rivian. Pas sĂ»r que la marque soit si connue de ce cĂŽtĂ©-ci de la frontiĂšre. La marque amĂ©ricaine existe depuis 2009, et depuis 2011 sous le nom de Rivian, contraction de Indian River. Une gestation longue qui a Ă©tĂ© ponctuĂ©e par des crises financiĂšres, des injections de millions de dollars par Ford et Amazon. En 2021, le premier modĂšle est lancĂ©, un pick-up Ă©lectrique baptisĂ© R1T. Un VUS suit dans la foulĂ©e, celui que j’ai entraperçu, recouvert de neige.

Les Rivian ne sont pas donnĂ©s, et encore moins depuis l’arrivĂ©e de Donald Trump, obligeant la marque Ă  augmenter de 10 000 $ le prix de chacun des deux modĂšles au Canada en fĂ©vrier dernier. Le pick-up R1T se dĂ©taille dans une fourchette comprise entre 101 900 $ et 142 900 $ et le VUS R1S entre 109 900 $ Ă  150 900 $. Bien Ă©videmment, les Ă©carts de prix s’expliquent par le type de motorisations ou le niveau d’équipement choisi. Des prix auxquels vient s’ajouter l’augmentation du mois dernier.

Rivian ne rĂ©volutionne pas le genre des VUS de luxe. Au contraire de Tesla, avec son Cybertruck aux allures pseudofuturistes genre Rencontres du troisiĂšme type, la camionnette Rivian semble bien sage et bien classique. Tout comme le VUS, avec un design qui reprend les canons trĂšs gĂ©omĂ©triques que l’on observe dans le dessin des vĂ©hicules de ce segment. C’est donc en matiĂšre de confort, de technologie et de puissance, qu’il faut regarder pour apprĂ©cier ce que les deux modĂšles ont de plus Ă  offrir et qui justifient un coĂ»t Ă©levĂ©.

La camionnette R1T propose trois choix de motorisation Ă©lectrique : deux, trois ou quatre moteurs. La puissance dĂ©bute avec 533 chevaux et peut atteindre 1 025 chevaux pour la version Ă  quatre moteurs. L’autonomie varie entre 435 km et 676 km, selon le modĂšle. Une camionnette qui peut facilement rivaliser avec les Ford F150, les RAM et autres Silverado de ce monde.

Le VUS R1S est imposant et se range dans la catĂ©gorie des VUS pleine grandeur. Sa taille se compare Ă  celle du Cadillac Escalade qui, lui aussi, se dĂ©cline en version Ă©lectrique, l’Escalade IQ. Ce dernier est un peu moins cher que le R1S. Le VUS de Rivian propose sept places et il y a encore de l’espace pour des bagages ou pour l’épicerie. Et, comme pour le R1T, c’est l’intĂ©rieur qui mĂ©rite qu’on s’y attarde. D’abord, la qualitĂ© des matĂ©riaux utilisĂ©s, la maximisation de l’agencement des espaces utilisables et, de façon discrĂšte, la carte minimaliste en somme. On apprĂ©cie le grand Ă©cran horizontal central, mais aussi l’autre Ă©cran plus modeste derriĂšre le volant. Les rangements sont nombreux et l’accent a Ă©tĂ© mis sur le confort des passagers.

Les essais dĂ©montrent que les performances sont exceptionnelles pour les deux modĂšles, tout comme la tenue de route. L’on souligne aussi l’habitacle spacieux, bien pensĂ© et pratique, et enfin la qualitĂ© des matĂ©riaux utilisĂ©s.

VUS R1S

Un magasin baptisĂ© Rivian Service Center a ouvert ses portes Ă  Ville Mont-Royal sur la rue Ferrier, oĂč l’on peut dĂ©couvrir sur place le R1T et le R1S et peut-ĂȘtre se laisser tenter.

Tesla : chronique d’une catastrophe annoncĂ©e

La marque Tesla souffre de la proximitĂ© de son fondateur, Elon Musk, avec Donald Trump. La riposte ne s’est pas fait attendre. Les ventes de Tesla ont chutĂ© drastiquement, au point de mettre la compagnie en danger.

Exemple, en février, les ventes en Australie ont baissé de 70 %. En Europe et en Chine, les ventes ont dégringolé aussi. Le modÚle le plus touché était pourtant le meilleur vendeur, soit la Model 3 qui, sur un an, a vu ses ventes diminuer de 81 %.

Pour tenter de redresser la barre, le constructeur a dĂ©cidĂ© de proposer des crĂ©dits Ă  taux zĂ©ro et des locations sans apport initial. Du jamais vu. La marque tente aussi de se faire rassurante en annonçant l’arrivĂ©e de modĂšles Ă  bas coĂ»t et la mise sur la production d’un insolite robotaxi. Mais quand ? Ce qui fait dire aux analystes Ă©conomiques que Tesla a une stratĂ©gie commerciale dĂ©sespĂ©rĂ©e. Bien Ă©videmment, le mĂ©contentement gagne aussi les plus gros actionnaires, face au cours boursier, lui aussi en chute libre. Ils accusent Musk de laisser tomber la marque au profit de son ambition politique. La solution, selon les mĂȘmes analystes, serait une restructuration en profondeur de l’entreprise, pouvant mĂȘme aller jusqu’à une sĂ©paration avec son dirigeant aujourd’hui conspuĂ©. 6

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Les artistes du grand spectacle ImmiX dévoilé.e.s

Le Festival FiertĂ© MontrĂ©al vient de lever le rideau sur un premier spectacle de l’édition 2025
 et quelle meilleure façon de le faire qu’avec  ImmiX, le spectacle lĂ©gendaire qui s’installera dans un tout nouveau dĂ©cor. En effet, le dimanche 3 aoĂ»t prochain, ImmiX se tiendra dans un tout nouveau dĂ©cor et prendra d’assaut l’esplanade Tranquille du Quartier des spectacles  pour une soirĂ©e Ă©lectrisante sous les Ă©toiles. Ce rendez-vous musical incontournable rassemblera sur scĂšne une impressionnante brochette d’artistes d’ici, aux univers aussi riches que variĂ©s.

Préparez-vous à des performances mémorables de  Martine St-Clair, Safia Nolin, Gabrielle Destroismaisons, Lisa LeBlanc, Lennikim, Calamine, TÀbi Yösha, Kinkead, Fernie et Angelo, accompagné.e.s par un orchestre maison.

Martine St-Clair

AprĂšs plus de 40 ans de carriĂšre, Martine St-Clair continue d’émouvoir et de fasciner. LaurĂ©ate du FĂ©lix de la rĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e en 1981 sans avoir encore sorti d’album solo, son talent est indĂ©niable. Ce succĂšs marque le dĂ©but d’une carriĂšre impressionnante : 13 albums, plus d’un million d’exemplaires vendus, 48 simples dont 13 numĂ©ros 1 Ă  la radio, 23 nominations Ă  l’ADISQ et de nombreux prix prestigieux. En 2023, l’artiste revient en force. Partout prĂ©sente, elle triomphe avec une tournĂ©e Ă  guichets fermĂ©s Ă  travers le QuĂ©bec. Son single « Prends-moi dans tes bras », co-produit avec Vito Luprano, souligne un tournant marquant, alors qu’elle en signe elle-mĂȘme le texte. Avec sa voix puissante et sa prĂ©sence scĂ©nique inoubliable, la Cristal de Starmania demeure une figure incontournable de la chanson quĂ©bĂ©coise.

Safia Nolin

Safia Nolin, figure singuliĂšre de la scĂšne artistique contemporaine, incarne une voix politique puissante. Son parcours est celui d’une quĂȘte identitaire, une exploration de la diffĂ©rence et de la marginalitĂ©. En tant que femme racisĂ©e, lesbienne et artistiquement non conforme, elle dĂ©fie les normes et les attentes sociĂ©tales. Son esthĂ©tique, Ă  la fois brute et poĂ©tique, est une cĂ©lĂ©bration de l’imperfection et de l’authenticitĂ©. Dans son nouvel album, UFO RELIGION, Safia Nolin exprime un sentiment d’aliĂ©nation profonde, un dĂ©sir de s’échapper d’un monde qui ne la reconnaĂźt pas. À travers des mĂ©lodies minimalistes et une instrumentation brute, elle livre une Ɠuvre introspective, oĂč se mĂȘlent la mĂ©lancolie et l’espoir. Son album tĂ©moigne d’un processus de transformation, d’une renaissance artistique. Nolin, telle une chrysalide prĂȘte Ă  Ă©clore, se libĂšre de ses chaĂźnes pour s’affirmer pleinement. Sa musique, Ă  la croisĂ©e du folk, du grunge et du stoner, est une invitation Ă  un voyage intĂ©rieur, un appel Ă  l’authenticitĂ©.

Gabrielle Destroismaisons

Gabrielle Destroismaisons est une artiste talentueuse qui a su conquĂ©rir le cƓur du public dĂšs ses dĂ©buts. Son album Et Cetera , qu’elle a lancĂ© Ă  l’ñge de 17 ans, a marquĂ© le commencement d’une belle carriĂšre, s’étant vendu Ă  plus de 100 000 exemplaires. Gabrielle a d’ailleurs remportĂ© le FĂ©lix de la rĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e (ADISQ) en 2001. Elle a Ă©galement brillĂ© dans plusieurs comĂ©dies musicales, comme Notre-Dame de Paris et Dracula. En juin 2023, elle propose une version acoustique de la chanson « Et Cetera », 20 ans aprĂšs la sortie de la version originale. En novembre dernier, elle a remportĂ© les honneurs lors de l’édition 2024 de l’émission Chanteurs masquĂ©s grĂące Ă  ses performances vocales Ă©blouissantes. Gabrielle est une artiste au talent incomparable.

Lennikim
Martine St-CLair

Lisa LeBlanc

Lisa LeBlanc se fait remarquer aprĂšs sa victoire au Festival international de la chanson de Granby et le succĂšs fulgurant de son premier album en 2012, certifiĂ© platine. Avec son style roots-rock-country brut, elle dĂ©croche plusieurs prix, dont celui de la rĂ©vĂ©lation de l’annĂ©e Ă  l’ADISQ et au GAMIQ. Elle explore ensuite l’anglais avec Highways, Heartaches and Time Well Wasted (2014) et Why You Wanna Leave, Runaway Queen? (2016), ce dernier Ă©tant en lice pour le prix Polaris. AprĂšs une pause en 2019, elle corĂ©alise des albums pour Jacques Surette et Édith Butler, avant de dĂ©voiler Chiac Disco (2022), un hommage disco-funk audacieux qui lui vaut plusieurs distinctions, dont un FĂ©lix pour l’album pop de l’annĂ©e. Forte de tournĂ©es en Europe et aux États-Unis, elle revient en 2024 avec Live, avec l’Orchestre symphonique de QuĂ©bec, un projet grandiose oĂč elle revisite son rĂ©pertoire avec 63  musiciens, alliant simplicitĂ© et extravagance.

Lennikim

Lennikim est un chanteur, auteur-compositeur et acteur quĂ©bĂ©cois qui s’est fait remarquer en France grĂące Ă  sa musique, avant d’élargir son rayonnement au QuĂ©bec. SaluĂ© par METAL Magazine comme un artiste Ă  suivre de prĂšs, il continue de surprendre par son audace crĂ©ative. En mai 2025, il dĂ©voilera Adrenaline, un microalbum anglophone qui marque un tournant dans sa carriĂšre en tant qu’artiste indĂ©pendant. TrĂšs attendu, cet opus inclura plusieurs titres dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©s, dont « Things I Want », « See Me Now » e t « AdrĂ©naline » . En parallĂšle, il brille Ă  l’écran : nommĂ© aux GĂ©meaux 2024 pour son rĂŽle dans la sĂ©rie FEM, il reprendra ce personnage dans la saison 2 attendue pour fin 2025. Entre musique et cinĂ©ma, Lennikim s’impose comme une voix et une prĂ©sence incontournable de sa gĂ©nĂ©ration.

Calamine

Calamine est une rappeuse queer, fĂ©ministe et anti-capitaliste basĂ©e Ă  MontrĂ©al. RĂ©vĂ©lation Radio-Canada, laurĂ©ate du Prix FĂ©lix-Leclerc et double gagnante du GAMIQ pour ses albums Boulette Proof et Lesbienne Woke sur l’Autotune, elle s’est rapidement taillĂ© une place de choix dans le paysage hip-hop quĂ©bĂ©cois. Connue pour ses textes engagĂ©s et son ïŹ‚ow sans compromis, elle a fait vibrer les scĂšnes des Francos de MontrĂ©al, du Festival d’étĂ© de QuĂ©bec, du FME et bien d’autres, autant au QuĂ©bec qu’en France. En 2024, elle a dĂ©voilĂ© son troisiĂšme album, DĂ©croissance personnelle, toujours en tandem avec son complice Kethe Magane. Entre humour grinçant et luciditĂ© politique, Calamine continue de secouer les conventions, une rime Ă  la fois.

Tabi Yosha

TĂ€bĂŻ Yösha est une chanteuse quĂ©bĂ©coise d’origine haĂŻtienne Ă  la voix riche et puissante. AprĂšs des dĂ©buts marquĂ©s par des collaborations avec la scĂšne hip-hop et Ă©lectro, elle façonne aujourd’hui un R&B teintĂ© de nĂ©o-soul, explorant l’amour et la sĂ©duction avec authenticitĂ©. FormĂ©e en chant, théùtre et danse, elle s’est illustrĂ©e avec le groupe The Souldiers et en solo, notamment Ă  Femmes en blues et au Sugar Bar de New York. Elle a aussi prĂȘtĂ© sa voix Ă  Aquanaute 2022 d’ Ariane Moffatt, nommĂ© au Gala de l’ADISQ. En 2023, elle dĂ©voile True Colors, un premier microalbum, inspirĂ© de relations amoureuses marquantes. AprĂšs avoir atteint les demi-finales de Quel Talent, TĂ€bĂŻ revient avec « Truth Lays », annonçant la suite de son univers musical.

Kinkead

On reconnaĂźt les frĂšres Kinkead par leurs chansons indie-pop au groove indĂ©niable. En 2018, les jumeaux originaires de QuĂ©bec se dĂ©marquent sur les radios avec 1995, un premier microalbum aux influences indie-folk-rock. En 2020, ils dĂ©finissent leur identitĂ© musicale pop grĂące Ă  l’album Migration, succĂšs critique et populaire, qui leur vaut une nomination Ă  l’ADISQ dans la catĂ©gorie album pop en 2021. Quatre ans plus tard, Henri & Simon sont de retour avec un album homonyme rĂ©alisĂ© par leur complice Simon Kearney, oĂč ils façonnent la langue de MoliĂšre Ă  l’image des grands bands des annĂ©es 70-80 qu’ils Ă©coutaient enfants. MĂ©lodies inoubliables Ă  la Bee Gees, harmonies vocales Ă  la Beau Dommage et grooves rĂ©tro grouillants Ă  la Fleetwood Mac sont au cƓur de cet album conçu pour des spectacles festifs, rappelant les soirĂ©es de karaokĂ© enivrantes qui s’étirent jusqu’aux petites heures.

Fernie

MontrĂ©alais aux racines brĂ©siliennes, Fernie a fait paraĂźtre son premier album Aurora Ă  l’automne 2021 — un assemblage de propos vulnĂ©rables, de soul Ă©mancipĂ© et de R&B mĂ©lodieux, vibrant d’inclusion et de subtiles nuances de mĂ©lancolie des annĂ©es 90. Un processus de 3 ans, Ă  travers lequel l’artiste queer a d’abord cherchĂ© Ă  ĂȘtre perçu comme une personne Ă  part entiĂšre — pour un album menĂ© par une voix agile, qui narre et lie le passĂ©, le prĂ©sent et l’avenir. Tout au long de la derniĂšre annĂ©e, Fernie a pu faire une tournĂ©e au QuĂ©bec, jouant des festivals tels que Osheaga, Festival de jazz de Mtl, FEQ, POP MontrĂ©al, etc. Les titres « New Beginnings » et « Back There » ont beaucoup tournĂ© sur les radios Sirius XM. L’automne dernier, Fernie lançait un minialbum, Hopeless Dreams, oĂč l’on retrouve entre autres « Pain ».

Angelo

ANGELO est un artiste montrĂ©alais d’origine vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, dont l’univers musical fusionne les influences de la pop, du rock, de l’électro-dance, du hip-hop et du latin pop. Producteur, chanteur et auteur-compositeur, il puise dans ses expĂ©riences personnelles, ses histoires d’amour, sa sexualitĂ© et son identitĂ© pour crĂ©er une musique vibrante et authentique. Chaque morceau est une exploration de son Ăąme, un mĂ©lange subtil entre Ă©motion brute et Ă©nergie festive. Dans ses crĂ©ations, ANGELO fait danser tout en touchant le cƓur, offrant une expĂ©rience sonore aussi profonde que stimulante.

Spectacle 100 % gratuit, ImmiX célÚbre la diversité musicale et identitaire dans toute sa splendeur, un événement à ne pas manquer !  6 LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

INFOS | ImmiX sera prĂ©sentĂ© le dimanche 3 aoĂ»t 2025, 20 h 30, dans le cadre de FiertĂ© MontrĂ©al, sur la scĂšne Loto-QuĂ©bec de l’esplanade Tranquille, dans le Quartier des spectacles. https://fiertemontreal.com/fr

Kinkead
Fernie
Lisa LeBlanc
Safia Nolin

Quoi faire festival

Le pouvoir de la littérature : la 27 e édition de Metropolis Bleu

L’actualitĂ© nous le rĂ©pĂšte sur tous les tons, le monde est sens dessus dessous, inutile d’en ajouter. Et si la littĂ©rature avait le pouvoir de le remettre Ă  l’endroit ? C’est bien ce que propose le menu de la 27e Ă©dition du Festival littĂ©raire international Metropolis bleu, qui aura lieu, Ă  MontrĂ©al, du 24 au 27 avril 2025 (Ă  compter du 14 avril pour la programmation en ligne). Cette Ă©dition qui s’interrogera sur notre rapport au temps, la situation climatique et la diversitĂ© affiche un Ă©ventail exceptionnel de voix venues du QuĂ©bec, du Canada et du reste du monde.

Salman Rushdie sera prĂ©sent au Festival pour recevoir le Grand Prix Metropolis bleu 2025. Dans son dernier ouvrage, Knife. Meditations after an Attempted Murder (tr. fr. : Le Couteau. RĂ©ïŹ‚exions suite Ă  une tentative d’assassinat), Salman Rushdie Ă©crit que la littĂ©rature est la seule arme qu’il n’ait jamais possĂ©dĂ©e. Sa prĂ©sence marquera sans contredit l’un des temps forts du Festival littĂ©raire international Metropolis bleu. Ce ne sera pas le seul.

L’historien, romancier et essayiste britannique, internationalement connu, Simon Sebag Montefiore sera prĂ©sent au Festival pour y recevoir le prix Metropolis bleu. Ses romans et ses essais sur la Russie, sur Staline ou sur l’impĂ©ratrice Catherine, sa biographie de la ville de JĂ©rusalem, sont des best-sellers dans le monde entier. Son plus rĂ©cent ouvrage, The World : A Family History of Humanity, raconte l’histoire de l’humanitĂ© depuis l’homme de NĂ©andertal jusqu’à Donald Trump, vue Ă  travers la lorgnette de familles cĂ©lĂšbres ayant

façonné notre histoire : les César, Médicis, Bonaparte, Habsbourg, Rothschild, Rockefeller, Kennedy, voire les Kim (Corée du Nord) et les Assad (Syrie).

L’auteur et excellent vulgarisateur allemand Peter Wohlleben sera prĂ©sent au Festival Metropolis bleu. À sa parution en 2015 La vie secrĂšte des arbres a Ă©tĂ© un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne qui ne s’est pas dĂ©menti depuis, avec les rééditions qui se succĂšdent et les titres ayant suivi dans plusieurs langues. Au Festival, Peter Wohlleben recevra le prix Metropolis bleu PlanĂšte littĂ©rature.

En 2025, Metropolis bleu inaugure le Prix des Premiers peuples Ă©dition internationale. C’est que la renaissance des cultures autochtones s’observe un peu partout dans le monde, au-delĂ  des frontiĂšres nationales. Le premier laurĂ©at de cette Ă©dition internationale est l’auteur amĂ©ricain Stephen Graham Jones, de la nation Pikunis (Blackfoot), qui vit et enseigne au Colorado. Le volet « Voix autochtones » du Festival accueillera d’ailleurs les poĂštes Liliana Ancalao (Patagonie, Mapuche, mapuzung), JosĂ©phine Bacon (nutshimit/QuĂ©bec, innue), Fiorella Boucher (Uruguay/QuĂ©bec, guarani); l’essayiste Niigaan Sinclair (Winnipeg, Peguis, anishinaabe), la spĂ©cialiste des littĂ©ratures inuites Nelly Duvicq (Nunavik), le romancier Coltrane Seesequasis (Gatineau, Willow Cree, Canada).

Le volet queer de Metropolis Bleu

Au chapitre des Prix littĂ©raires Metropolis bleu, prĂ©cisons que le prix Violet, dĂ©cernĂ© Ă  une figure marquante de la littĂ©rature queer canadienne pour l’ensemble de son Ɠuvre, sera

France Daigle
Kev Lambert

remis en 2025 Ă  France Daigle. L’évĂ©nement sera animĂ© par l’auteur Christopher DiRaddo, qui a Ă©tĂ© (de mĂ©moire) l’instigateur du prix il y a quelques annĂ©es, et Catherine Leclerce interviewera France Daigle Ă  l’occasion. «Les membres du jury pour le Prix Violet cette annĂ©e, Ă©taient  Étienne Bergeron, Michel-Mac Bouchard  et  Arianne des Rochers», explique Chris DiRaddo. «Le jury a dĂ©sirĂ© souligner que France Daigle «est une figure majeure non seulement de la littĂ©rature acadienne, mais de la francophonie canadienne.» France Daigle bĂątit une Ɠuvre postmoderne, rigoureuse et cohĂ©rente depuis les annĂ©es 1980. En plus de douze romans, elle a Ă©crit pour le théùtre et publiĂ© un recueil de poĂ©sie. Rappelons que son roman Pour sĂ»r a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par un Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral en 2012, en plus d'ĂȘtre finaliste au International Dublin Literary Award. «AprĂšs plus de dix ans d'absence, elle a publiĂ© en 2024 Petit crayon pour faire mine aux Éditions du BorĂ©al, un rĂ©cit qui aborde, notamment, sa transition de genre.»

Chris DiRaddo prĂ©sentera Ă©galement Ă  Metrolopis Blue l’évĂ©nement Queer Dating Horror Stories, une «soirĂ©e animĂ©e et touchante oĂč des conteurs LGBTQ+ vont partager leurs moments de rencontres les plus hilarants, gĂȘnants et inoubliables. Parmi les participants notons la prĂ©sence de Johanne Pelletier, John Cotrocois, Lukas Rowland, Kadi Diop, Jennifer June Chapman, Thomas Mundinger. La drag Misty Waterfalls va coanimer avec moi la soirĂ©e», explique Christopher DiRaddo. «Ça va des premiers rendez-vous ratĂ©s aux rencontres dĂ©licieusement dĂ©sastreuses. On va y entendre des histoires vraies mĂȘlent humour et vulnĂ©rabilité», offrant un aperçu brut et pertinent du monde des rencontres queer.

Le 24 avril Ă  19h30 il sera possible d’assister, Ă  la librairie L’EuguĂ©lionne, Ă  un entretien avec France Daigle, portant le titre d’«Écrire pour dĂ©passer les binaritĂ©s». Prenant appui sur son dernier livre, Petit crayon pour faire mine, la discussion visera Ă  mettre en lumiĂšre plusieurs thĂ©matiques prĂ©sentes dans l’Ɠuvre de France Daigle, notamment le dĂ©passement des binaritĂ©s, qu’elles soient en lien avec le genre ou bien les champs littĂ©raires et linguistiques. La rencontre sera l’occasion de mettre en valeur la contribution remarquable de France Daigle , en tant que figure importante de la littĂ©rature contemporaine chiac, tout en soulignant sa participation au rayonnement de la culture queer, du Nouveau-Brunswick et de la francophonie.

La traduction est un art
 elle peut aussi ĂȘtre un bonheur (Ă  ce sujet, Chris me confiait qu’il est Ă  la recherche du match parfait pour la traduction ses deux romans Geography of Pluto et The Family Way). Comment lire un roman ? Comment faire entendre sa voix dans une autre langue ? Quel dialogue subtil la traduction crĂ©e-t-elle ? La grande Anne Michaels, prix Giller 2024 pour Held (tr. fr. Étreintes) discutera tantĂŽt des bonheurs de la traduction avec sa traductrice Dominique Fortier Ă©galement romanciĂšre (La part de l’ocĂ©an), ainsi qu’avec le romancier Kev Lambert et son traducteur Donald Winkler pour (Que notre joie demeure), dans le cadre de l’évĂ©nement Bonheurs de la traduction, le 26 avril Ă  11h30 Ă  la Salle Jardin de l’HĂŽtel 10. Le mĂȘme jour, en aprĂšs-midi (14h), on nous propose une rencontre Ă  la BibliothĂšque Le PrĂ©vost (quartier Villray), avec Jonathan BĂ©cotte, finaliste du prix TD de littĂ©rature jeunesse 2024, qui va prĂ©senter son livre Tache d’huile.

Certaines situations, expĂ©riences, Ă©motions ou dimensions identitaires appartiennent Ă  l’individu et ne se transmettent pas. Elles peuvent cependant ĂȘtre communiquĂ©es par la littĂ©rature, souvent source d’empathie. Trois voix, trois expĂ©riences — noir, queer, autochtone — au miroir de la traduction s’exprimeront, le 26 avril Ă  16h Ă  l’espace Godin de l’HĂŽtel 10 (lors de l’évĂ©nement Black, Queer, Indigenous : la voix de l’autre, la voix de soi), sur comment la voix de l’autre peut ĂȘtre entendue en traduction: Katia Grubisi c, laurĂ©ate du Prix du Gouverneur gĂ©nĂ©ral pour sa traduction d’Une rĂ©union prĂšs de la mer, de Marie-Claire Blais (Nights Too Short to Dance). David Chariandy, rĂ©centes traductions françaises chez HĂ©liotrope de Mon FrĂšre et Il est temps que je te dise. Lettre Ă  ma ïŹlle sur le racisme. Et la poĂšte mapuche Liliana Ancalao (Patagonia), dont les poĂšmes en mapuzungun ont Ă©tĂ© traduits en anglais et en espagnol.

Le mĂȘme jour, Ă  17h30, on nous proposera une discussion entre Sherry Simon et Robert Schwartzwald Ă  l'occasion de la publication de leur anthologie Worldwise. Edouard Roditi’s Twentieth Century. Édouard Roditi reprĂ©sente la quintessence de l'esprit cosmopolite dans le monde de la culture et de l'histoire du XXe siĂšcle. Critique, traducteur, essayiste et homosexuel, Édouard Roditi (1910-1992) avait des ancĂȘtres juifs sĂ©farades d'origine grecque, espagnole et italienne du cĂŽtĂ© paternel, et des liens avec des juifs catholiques et ashkĂ©nazes du cĂŽtĂ© maternel. NĂ© Ă  Paris, il a Ă©tĂ© publiĂ© dĂšs l’ñge de dix-huit ans. Il a servi d'interprĂšte au procĂšs de Nuremberg et Ă©tait un traducteur littĂ©raire et essayiste rĂ©putĂ© sur la littĂ©rature, l'art et la politique de son Ă©poque.

Évidemment, il ne s’agit qu’un des volets du festival. Sur le thĂšme gĂ©nĂ©ral de « Le Temps, l’Arbre, la Page », la 27e édition de Metropolis bleu rĂ©unira Ă  MontrĂ©al plus de 150 invitĂ©s, proposera plus de 120 Ă©vĂ©nements, mettant Ă  contribution plus de 8 langues.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Festival Metropolis Bleu du 24 au 27 avril 2025 (Ă  compter du 14 avril pour la programmation en ligne)

HORAIRE DE LA BILLETTERIE https://www.metropolisbleu.org

QuelquesmomentsqueerĂ souligner

ÉCRIRE POUR DÉPASSER LES BINARITÉS entretien avec France Daigle

Librairie L’EuguĂ©lionne, le 24 avril Ă  19h30

QUEER DATING HORROR STORIES – A BLUE MET BY NIGHT EVENT

Hîtel 10 – Espace Godin, le 24 avril 2025, 21h30

BONHEUR DE LA TRADUCTION

Hîtel 10 – Salle Jardin, le 26 avril 2025, 11h30

RENCONTRE AVEC JONATHAN BÉCOTTE

BibliothÚque Le Prévost, le 26 avril 2025, 14h00

PRIX VIOLET REMIS À FRANCE DAIGLE

HĂŽtel 10, Espace Godin, le 26 avril 2025, 14h30

BLACK, QUEER, INDIGENOUS: LA VOIX DE L’AUTRE, LA VOIX DE SOI

Hîtel 10 – Espace Godin, le 26 avril 2025, 16h.

ÉDOUARD RODITI AND THE TWENTIETH CENTURY OF A COSMOPOLITAN SPIRIT

Salle Jardin de l’Hîtel 10, le 26 avril 2025,17h30.

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

ABBA DIS DONC !

En 2022, la COVID-19 sĂ©vit toujours, alors que Conrad et Paul se morfondent dans leur appartement. La libido de Paul bouillonne Ă  grands flots et trouve peu d’exutoires. Heureusement, l’annonce d’un nouvel album du groupe ABBA fait disjoncter ses pensĂ©es, mais pas autant que le torse velu d’une escorte spĂ©cialisĂ©e en cĂąlins. Cette nouvelle bande dessinĂ©e de Ralf König s’inscrit dans le cycle Conrad & Paul : la vie en temps de pandĂ©mie, dont le premier opus, Le temps d’un virus, adoptait une forme Ă©pisodique qui favorisait peu le dĂ©veloppement psychologique des personnages. Pour notre plus grand bonheur, ce nouvel opus renoue, quant Ă  lui, avec le format d’une intrigue continue. L’agitation de Paul et de sa cohorte d’amis pour le nouvel album d’ABBA permet avant tout de porter un regard nostalgique sur leur passé : une pĂ©riode oĂč l’insouciance et la frĂ©nĂ©sie des rencontres semblaient ne jamais devoir rencontrer d’obstacles. C’est dans cet Ă©tat d’esprit que Paul dĂ©couvre l’existence de Romano, un mastodonte poilu qui Ă©change de longues sĂ©ances de cĂąlins contre des honoraires. Évidemment, Paul en veut plus et se voit offrir la possibilitĂ© de sucer
 le pouce du colosse. Une proposition sur laquelle il saute Ă  pieds joints, mĂȘme s’il espĂšre bien en obtenir un peu plus. Un doute le tenaille cependant : et si Romano Ă©tait une agace hĂ©tĂ©ro ? De son cĂŽtĂ©, Conrad porte un regard indulgent sur les frasques de son conjoint, puisqu’ils sont dans une relation ouverte. Paul profite donc du meilleur des deux mondes et ne se prĂ©occupe pas vraiment des Ă©tats d’ñme de son partenaire, jusqu’à ce qu’il rĂ©alise que Conrad lui cache certaines choses et voit donc ses certitudes voler en Ă©clats. L’album dĂ©veloppe Ă©galement plusieurs sous-intrigues axĂ©es sur la paranoĂŻa en lien avec la COVID (notamment par l’intermĂ©diaire de la sƓur hystĂ©rique de Paul), de mĂȘme que sur le sentiment d’esseulement vĂ©cu par plusieurs et qui conduira Ă  un mĂ©gaparty clandestin. On retrouve Ă©galement, en page 82, un moment surrĂ©aliste oĂč Conrad dĂ©clare, en commentant l’actualité de 2022 : « Si Trump est réélu, c’en est fini de l’AmĂ©rique. La dĂ©mocratie ne tiendra pas un second mandat. » Nostradamus n’aurait pas mieux dit ! Un fort bel album oĂč Ralf König renoue avec des personnages hauts en couleur, mais toujours profondĂ©ment humains, imbriquĂ©s dans des situations loufoques, dramatiques, hystĂ©riques, quelquefois bouleversantes, mais toujours fascinantes ! 6

LE BASTION DES LARMES

CĂ©dant aux demandes incessantes de ses sƓurs, Youssef se rĂ©sout Ă  revenir dans la petite ville de SalĂ©, au Maroc, afin de vendre la part d’un immeuble qu’il a hĂ©ritĂ© de sa mĂšre. Il s’était pourtant jurĂ© de ne jamais y remettre les pieds puisque chaque effluve, chaque regard est un rappel d’un passĂ© dont il souhaite s’affranchir.

Rien ne l’obligeait toutefois Ă  revenir, puisqu’il occupe une position enviable dans un corps professoral, en France. Le souvenir de son premier amour, Najib, lui commande cependant de revenir sur place afin d’exorciser la mĂ©moire d’une jeunesse meurtrie. Quelle n’est cependant pas sa surprise lorsqu’il retrouve, chez un baron de la drogue, le garçon fragile d’autrefois. Celuici exerce dorĂ©navant un pouvoir sur ceux qui ont labourĂ© son corps d’enfant, de mĂȘme que sur ceux qui ont contemplĂ© avec indiffĂ©rence les agressions Ă  rĂ©pĂ©tition dont il Ă©tait l’une des nombreuses victimes. « On nous repĂšre dĂšs la petite enfance. Les gamins effĂ©minĂ©s. Les chochottes. Les petites filles au nom de garçon. Les homos. Les pĂ©dĂ©s. Ceux qui ne mĂ©ritent pas d’exister parmi nous. On commence notre destruction programmĂ©e trĂšs tĂŽt. »

L’auteur, Abdellah TaĂŻa, est lui-mĂȘme gai et, Ă  l’instar du personnage de Youssef, il est nĂ© en 1973 dans la mĂȘme localitĂ©. Le rĂ©cit qu’il propose, sans ĂȘtre autobiographique, s’abreuve cependant des constats qu’il fait d’une culture oĂč le rigorisme affichĂ© des principes moraux se conjugue hypocritement avec une culture de corruption et d’abus Ă  peine voilĂ©s, oĂč des enfants sont vendus et violĂ©s dans l’arriĂšre-boutique des souks, des mariages ou des fĂȘtes religieuses. Un livre difficile, mais dont l’écriture demeure Ă©trangement magnifique, voire lyrique, malgrĂ© les souffrances qui y sont dĂ©crites. VĂ©ritable coup de poing littĂ©raire, le roman a remportĂ© le prix DĂ©cembre et le Prix de la langue française, en 2024. Il fut Ă©galement nommĂ© pour le prix MĂ©dicis et le prix Goncourt des lycĂ©ens, la mĂȘme annĂ©e.. 6

INFOS | LE BASTION DES LARMES / ABDELLAH

TAÏA. PARIS : JULLIARD, 2024, 213 P.

INFOS | ABBA DIS DONC! / RALF KÖNIG. PARIS : GLÉNAT, 2024, 191 P. (CONRAD & PAUL : LA VIE EN TEMPS DE PANDÉMIE)

CINQ MECS EN COLOC

Cinq hommes japonais partagent un mĂȘme appartement. Rien de plus ordinaire jusqu’au moment oĂč, pour Ă©valuer leur virilitĂ© respective, une compĂ©tition d’éjaculation (un lancer du sperme) est instaurĂ©e. Une fois le gagnant couronnĂ©, les athlĂštes prennent bien soin d’étaler leur hĂ©tĂ©rosexualitĂ© respective, du moins jusqu’à ce qu’ils se croisent tous dans un sauna, le mĂȘme soir. Le bĂ©dĂ©iste Jiraiya prĂ©sente 13 histoires, rĂ©digĂ©es en 2004, oĂč l’on suit les aventures individuelles ou collectives de chacun des colocataires, que ce soit au dĂ©tour d’une cĂ©rĂ©monie spirituelle, lors d’une rencontre entre un maĂźtre et son Ă©lĂšve dans un dojo, lors d’une compĂ©tition entre lutteurs sumo, ou encore dans un port de pĂȘche, dans le vestiaire d’une Ă©quipe de baseball, ou mĂȘme lors de la confrontation entre un fils hĂ©tĂ©ro et l’amant de son pĂšre ou lors d’un affrontement torride entre un lieutenant et son subalterne.

Les rĂ©cits ont initialement Ă©tĂ© publiĂ©s dans la revue nipponne G-men et mettent en scĂšne des hommes dotĂ©s de corps massifs, qui versent rarement dans la dentelle des sentiments. Cela dit, le trait de crayon rend avec adresse la passion, l’indĂ©cision, la gourmandise ou le dĂ©sir qui sommeille chez chacun d’eux et qui ne demande qu’à s’exprimer au grand jour.

La plastique des corps maculĂ©s de sueur, imbriquĂ©s les uns aux autres, est toujours sensuelle, s’éloignant d’une simple reprĂ©sentation mĂ©canique et certaines histoires touchent mĂȘme aux pratiques BDSM, qui ne sont pas sans rappeler le grand maĂźtre du genre, Gengoroh Tagame. Les rĂ©cits sont offerts pour la toute premiĂšre fois en langue française aux Ă©ditions Dynamite, dans une excellente traduction et dans un format trĂšs soignĂ© qui comporte plusieurs pages liminaires en couleurs.6

INFOS | CINQ MECS EN COLOC / JIRAIYA. PARIS : DYNAMITE, 2024, 220 P.

YOUNG AVENGERS : NOT WHAT YOU THINK

Les Young Avengers cĂ©lĂšbrent leur 20e anniversaire, puisqu’en fĂ©vrier 2005, le premier numĂ©ro de la sĂ©rie atterrit sur les tablettes des libraires et prend tout le monde par surprise, en offrant un regard neuf sur le genre super hĂ©roĂŻque. En effet, le titre propose une Ă©quipe diversifiĂ©e, oĂč les drames d’adolescence se conjuguent efficacement Ă  des conflits plus grands que nature. À l’époque, les Avengers ont Ă©tĂ© dissous Ă  la suite des Ă©vĂ©nements de l’arc Avengers Disassembled (Vengeurs : la sĂ©paration) survenus Ă  la mort de plusieurs de ses membres. Le lectorat fut donc intriguĂ© par une couverture qui semblait annoncer le retour des hĂ©ros classiques, alors que c’est plutĂŽt une bande d’adolescents qui fait irruption. On y retrouve Patriot, un super soldat afrodescendant ; une version fĂ©minine de Hawkeye ; Iron Lad, qui semble possĂ©der une armure plus puissante que celle d’Iron Man ; Stature, qui peut changer de taille Ă  volontĂ© (comme Ant-Man) et deux personnages qui ont marquĂ© l’imaginaire : Hulkling et Wiccan. Le premier, un ado vert surmusclĂ©, semble ĂȘtre un succĂ©danĂ© de Hulk, alors que le second s’apparente Ă  une version rajeunie de Thor.

Les apparences sont cependant trompeuses, puisqu’au-delĂ  de leur ressemblance avec les membres de l’équipe originale des Avengers, chacun des membres de l’équipe cache une histoire complexe et des pouvoirs souvent bien plus diffĂ©rents qu’il n’y paraĂźt. Hulkling, par exemple, se prĂ©sentera comme un mĂ©tamorphe, fils hĂ©ritier de la royautĂ© Skrull et Kree, alors que Wiccan apparaĂźtra comme le fils de Wanda et de Vision, dotĂ© des pouvoirs d’un dĂ©miurge. Par ailleurs, les deux adolescents sont gais et formeront l’un des couples les plus puissants de l’univers Marvel. Il faut souligner qu’à l’époque, leur orientation sexuelle avait gĂ©nĂ©rĂ© un tsunami de protestations de la frange ultraconservatrice amĂ©ricaine. Le scĂ©nariste, Allan Heinberg, maintient cependant cet aspect des personnages, s’amusant mĂȘme d’une scĂšne oĂč ils hĂ©sitent non pas Ă  dĂ©voiler leur orientation sexuelle Ă  leurs parents, mais bien plutĂŽt Ă  annoncer qu’ils sont dotĂ©s de superpouvoirs. Magnifiquement mis en images par Jim Cheung, ce premier volume confronte la jeune Ă©quipe Ă  Kang le ConquĂ©rant, puis Ă  une invasion extraterrestre de dimensions planĂ©taires. AcclamĂ© par la critique, c’est un plaisir que de renouer avec les aventures de cette jeune Ă©quipe. Un second volume devrait ĂȘtre publiĂ© sous peu. Il faut par ailleurs noter que certains des films et sĂ©ries de l’univers Marvel intĂšgrent dĂ©jĂ  des membres de l’équipe : il serait donc surprenant qu’ils n’y jouent pas un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant au cours des prochaines annĂ©es. 6

INFOS | YOUNG AVENGERS : NOT WHAT YOU THINK. NEW YORK : MARVEL UNIVERSE, 2025, 360 P. (MODERN ERA EPIC COLLECTION)

ROSES ET CHAMPAGNE (TOME 2-3-4)

Dans le premier opus de la sĂ©rie, Jeong Iwon, un jeune avocat de Moscou, s’associe contre son grĂ© Ă  CĂ©sar Alexandrovitch SergueĂŻev, un oligarque de la mafia russe. Une association pour le moins Ă©trange qui s’explique en partie par le fait que le colosse aux yeux bleus dĂ©tient des informations essentielles Ă  la dĂ©fense d’un client de Jeong. CĂ©sar convoite cependant bien plus que l’expertise lĂ©gale du juriste. DĂšs les premiĂšres pages du tome 2, le jeune avocat prend la pleine mesure des enjeux inhĂ©rents Ă  la frĂ©quentation rapprochĂ©e du crime organisĂ©. Trahisons et meurtres se succĂšdent Ă  un rythme effrĂ©nĂ©, incluant un tueur Ă  gages psychopathe qui les suit Ă  la trace pour stopper leur enquĂȘte, savourant Ă  l’avance le plaisir de leur soutirer la vie aprĂšs les avoir torturĂ©s. Contre toute attente, ces pĂ©ripĂ©ties offrent Ă  Jeong la possibilitĂ© d’observer CĂ©sar sous un nouveau jour, Ă  l’extĂ©rieur du cercle restreint de la mafia, pour percer la carapace stoĂŻque qu’il arbore habituellement. La poitrine du gĂ©ant renfermerait-elle un cƓur ? AprĂšs que celui-ci eut risquĂ© sa vie pour sauver la sienne, Jeong ne peut s’empĂȘcher de sentir son propre dĂ©sir s’intensifier.

L’arrivĂ©e de Dimitri, le bras droit du clan, vient cependant bousculer les cartes : est-ce un alliĂ© ou un traitre potentiel ? Et qu’en est-il de cet homme plus ĂągĂ© que Jeong croise un peu trop souvent « par hasard » ? Par ailleurs, l’entĂȘtement de CĂ©sar Ă  le protĂ©ger n’est pas sans crĂ©er de zizanie au sein du gang des SergueĂŻev et une rĂ©bellion pourrait bien s’ensuivre. Les deux hommes pourront-ils s’en sortir ? Jeong finira-t-il par succomber aux charmes de son dangereux protecteur ? Écrit par Zig et dessinĂ© par Ttung gae, la sĂ©rie s’inscrit dans la plus grande tradition romantique des BL (Boy’s Love) corĂ©ens, oĂč se conjuguent amours impossibles, scĂšnes d’action survoltĂ©es, un Ă©rotisme parfois trĂšs explicite (et flirtant mĂȘme avec le BDSM) et des images magnifiĂ©es. Le rĂ©sultat se rĂ©vĂšle irrĂ©sistiblement attachant ! Les Ă©ditions Delcourt prĂ©sentent une Ă©dition française de trĂšs grande qualitĂ©, tant sur le plan de la traduction que de la facture d’impression. Les derniers tomes (5 et 6) seront publiĂ©s dĂšs ce printemps.6

INFOS | ROSES ET CHAMPAGNE (TOME 2-3-4) / RÉCIT DE ZIG & DESSINS DE TTUNG GAE. PARIS : DELCOURT, 2024-2025, 172 P, 241 P, 240 P. (COLLECTION KBL)

BENOIT MIGNEAULT

WHEN YOU CALL MY NAME [TITRE FRANÇAIS]

L’action se dĂ©roule Ă  New York sur une pĂ©riode de un an, soit de janvier Ă  dĂ©cembre 1990, et relate le parcours de deux jeunes hommes alors qu’ils apprivoisent leur identitĂ©, leur sexualitĂ©, mais Ă©galement l’homophobie et le sida, alors Ă  son apogĂ©e, qui frappe insidieusement et sans distinction. Ben est ĂągĂ© de 18 ans et est confrontĂ© Ă  un choix dĂ©chirant aprĂšs que sa mĂšre eut dĂ©couvert des revues gaies cachĂ©es dans sa chambre : nier ce qu’il est et vivre dans la honte ou abandonner la sĂ©curitĂ© du foyer familial ? Il prend donc la route de The Big Apple et se rĂ©fugie chez son frĂšre, oĂč il s’initie Ă  la photographie de mode. Adam, de son cĂŽtĂ©, a 17 ans et est nĂ© dans une famille qui l’accepte pleinement : il travaille dans un club vidĂ©o, oĂč il s’abreuve des clichĂ©s du cinĂ©ma. C’est justement dans cet antre du septiĂšme art qu’il rencontre Callum, un musicien qui lui tombe dans l’Ɠil et avec qui il va vivre son premier amour. L’avenir semble tracĂ© sur le papier Ă  musique des comĂ©dies romantiques, jusqu’à ce que Callum disparaisse inexplicablement.

C’est sans surprise que l’on dĂ©couvre que ce dernier est gravement malade et c’est au dĂ©tour d’une rencontre fortuite, Ă  proximitĂ© de l’hĂŽpital, qu’une amitiĂ© tenace se noue entre Ben et Adam. Le roman joue avec adresse sur plusieurs tableaux : la dĂ©couverte identitaire, l’exubĂ©rance et les dangers de la ville, une exploration de la culture gaie, l’homophobie et, en trame de fond, l’inĂ©luctable rĂ©alitĂ© du sida. Les descriptions de New York sont par ailleurs Ă  ce point tangibles, allant de l’odeur des pizzas au bruit des klaxons, en passant par les discothĂšques et les bars, Ă  tel point qu’on s’y croirait presque. Le titre prend sa source dans les paroles de la chanson de Madonna « Like a Prayer » et Ă©voque Ă©loquemment la force et la puissance inĂ©branlables des amitiĂ©s qui se construisent au sein des communautĂ©s LGBT. Le roman se lit d’une traite et inutile de prĂ©ciser qu’il comporte sa part de moments bouleversants, sans jamais sombrer dans le pathos. Je dĂ©fie cependant quiconque d’en faire lecture sans verser une larme.6

INFOS | WHEN YOU CALL MY NAME / TUCKER SHAW. [FRANCE] : ELLIPSIS, 2024, 383 P.

OPÉRATION FLEUR DE NUIT

Max est un.e jeune non binaire de 11 ans qui fait une dĂ©couverte effroyable alors qu’iel chemine pour se rendre Ă  l’école : la friche situĂ©e Ă  proximitĂ© du chemin est jonchĂ©e d’une montagne de dĂ©chets. Qui est responsable de cette abomination et comment peut-on y mettre fin ?

Max croit tout d’abord Ă  un malheureux accident et qu’il suffit donc de nettoyer le terrain, mais l’amoncellement de dĂ©tritus ne fait qu’augmenter au fil des jours. Il ne s’agit donc pas d’un Ă©vĂ©nement isolĂ© et involontaire, comme iel le croyait tout d’abord, mais bien plutĂŽt d’un acte intentionnel.

C’est en compagnie de ses ami.e.s, TanmaĂŻ, Lili, Elliott et Steph, que Max dĂ©cide de former un groupe de dĂ©tectives amateurs, la ConfrĂ©rie de la friche, et de faire toute la lumiĂšre sur le sinistre complot. Ce faisant, ce sera Ă©galement l’occasion de dĂ©couvrir la petite histoire de sa famille et pourquoi celle-ci a fui un pays dĂ©vastĂ© par les dragons pour prendre racine

PROMESSE D’UN MONDE

INCERTAIN : LETTRE À MON FILS À PROPOS DE TRANSPHOBIE

ET DE NOS DEVENIRS

Que faire si votre fils a des comportements ou tient des discours qui tĂ©moignent d’une intolĂ©rance vis-Ă -vis de la diversitĂ© des genres ou, tout aussi pire, s’il embrasse des clichĂ©s Ă©culĂ©s au regard des rĂŽles associĂ©s au sexe ? C’est face Ă  cet Ă©pineux problĂšme que fut confrontĂ©e Eve Martin Jalbert, qui a choisi l’arme qui lui semblait la plus appropriĂ©e : sa plume ! Étant non binaire, on aurait pu s’attendre Ă  ce que son fils soit naturellement Ă©veillĂ© Ă  une rĂ©alitĂ© constituĂ©e de toute une nuance de gris, plus particuliĂšrement au regard de la transidentitĂ©, mais ce n’était malheureusement pas le cas. Un constat qui confirme sans doute la puissance de l’environnement culturel dans la formation de notre pensĂ©e et de nos croyances.

Eve Martin Jalbert choisit donc d’écrire une longue lettre Ă  son ado et, par la bande, Ă  un lectorat plus Ă©tendu, afin de brosser un portrait qui va bien au-delĂ  de la vision binaire dans laquelle on se complaĂźt bien souvent Ă  contenir l’humanitĂ©. Que la biologie, par exemple, n’est pas une formule mathĂ©matique absolue, qu’elle peut parfois compter des dĂ©faillances et qu’un individu peut ressentir une discordance entre ce qu’il est fondamentalement et le corps qu’il occupe. Bref, qu’il faut apprendre Ă  ĂȘtre authentique envers soi-mĂȘme, mais Ă©galement accueillir l’autodĂ©termination des autres. L’auteur.e s’abreuve Ă  de nombreuses sources, de tous horizons, qui enrichissent son discours : Caroline Hays, Judith Butler, Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Sara Ahmed, Didier Éribon, Arnaud Alessandrin, Audre Lorde, Simone Weil, etc. Petit bĂ©mol : on peut regretter que l’ouvrage ne comporte aucune division par chapitre ou par thĂšme, ce qui aurait permis de s’y rĂ©fĂ©rer plus aisĂ©ment. Bien Ă©videmment, cette remarque va Ă  l’encontre de la forme Ă©pistolaire utilisĂ©e, mais avec prĂšs de 200 pages, une telle structure aurait sans doute facilitĂ© une relecture ultĂ©rieure.6

INFOS | PROMESSE D’UN MONDE ENCORE INCERTAIN : LETTRE À MON FILS À PROPOS DE TRANSPHOBIE ET DE NOS DEVENIRS / EVE MARTIN JALBERT. MONTRÉAL : ÉDITIONS DE LA RUE DORION, 2024, 194 P.

dans une nouvelle contrĂ©e. La ConfrĂ©rie ne sera pas au bout de ses surprises lorsqu’elle rĂ©alisera que les dragons sont loin d’ĂȘtre un mythe. Le fort sympathique roman de l’auteur.e non binaire Laura Doyle PĂ©an s’adresse Ă  un public ĂągĂ© de 10 Ă  14 ans et est agrĂ©mentĂ© de 10 illustrations en couleur de Maylee Keo. Il aborde bien Ă©videmment, de par la simple existence de son personnage principal, des thĂšmes en lien avec l’écologie, mais Ă©galement avec la diversitĂ© de genre.6

INFOS | OPÉRATION FLEUR DE NUIT / LAYA DOYLE PÉAN. MAYLEE KEO, ILL. MONTRÉAL : KATA, 125 P.

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Une nouvelle expo avec les hommes de Daniel Barkley

Ce n’est pas la premiĂšre fois que l’on vous parle de Daniel Barkley, un artiste peintre Ă©tabli, actif depuis plus de vingt-cinq ans. L’Ɠuvre de Barkley a rĂ©guliĂšrement captĂ© notre attention par sa qualitĂ©, la richesse de ses rĂ©fĂ©rences Ă  la peinture classique et de l’histoire de l’art, mais aussi par les beaux hommes dĂ©nudĂ©s qu’il peint. À quelques semaines de sa nouvelle expo, nous nous sommes entretenus avec lui.

Quand j'Ă©tais p'tit, j'aurais aimĂ© que mon vĂ©lo soit Ă©quipĂ© d’ailes d'un avion», se remĂ©more Daniel Barkley. «À chaque tour de pĂ©dale, je m'imaginais planant dans le ciel au-dessus de ma petite banlieue, libre, portĂ©e par le vent.» Rappelons qu’au dĂ©but du XXe siĂšcle, des inventeurs et ingĂ©nieurs intrĂ©pides ont tentĂ© de faire exactement cela : soit de crĂ©er un avion propulsĂ© par l’homme. «Les Aviettes [ndlr : c’est comme ça qu’on les appelait] Ă©taient un curieux mĂ©lange de vĂ©los, d'ailes et de structures lĂ©gers, chacun Ă©tant une expĂ©rience d’aĂ©rodynamisme et de puissance humaine.» Si Daniel Barkley parle des Aviettes c’est qu’elles l’ont inspirĂ©es pour une grande partie des nouvelles toiles qu’il a peint au cours de la derniĂšre annĂ©e et qu’on pourra admirer et acquĂ©rir. «Ce sera une belle exposition, il y aura au moins une quinzaine d’hommes nus dans cette collection (rire) !»

La nuditĂ© des personnages de ses toiles symbolise plusieurs tempĂ©raments, de la vulnĂ©rabilitĂ© humaine Ă  la divinitĂ©, de la force vitale Ă  la dĂ©chĂ©ance, en passant par l’innocence. Les interprĂ©tations possibles sont nombreuses et chaque personnage de cet Ă©cheveau humain semble porteur d'une histoire qui lui est propre, devant son destin, Ă  la fois solidaire de ses compagnons, mais sĂ©parĂ© et solitaire. Plusieurs de ces personnages sont dĂ©corĂ©s, ou peut-ĂȘtre marquĂ©s, de symboles Ă©nigmatiques, certains reconnaissables (bonjour Michael, Joel et Johan
) d'autres non. Ces signes entrouvrent le voile dissimulant une autre dimension Ă  dĂ©crypter, nous jettent dans une confusion croissante, nous emprisonnent dans un labyrinthe mythique. La persistance et la rigueur que Daniel Barkley s'est imposĂ©e au fil des ans, la maturitĂ© et la richesse de son travail tĂ©moignent de la valeur et de l'authenticitĂ© de son Ɠuvre. On pourra dĂ©couvrir et acquĂ©rir une quarantaine de ses toiles au courant du mois d’avril dans un local de la rue Atateken. 6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Exposition du 17 avril au 11 mai, au 1709, rue Atateken, Montréal, Québec, H2L 3L4 https://www.markleibner.com https://www.danielbarkley.com

Quoi faire danse

Carcaça ou résister dans la joie

MĂ©lange de tous les genres musicaux, de style de danse, de la diversitĂ© corporelle, de la chronologie, le chorĂ©graphe portugais, Marco Da Silva Ferreira, fait feu de tout bois avec Carcaça. Il fonde sa crĂ©ation Ă  partir de ses champs d’intĂ©rĂȘts, trĂšs vastes, et nous invite Ă  les dĂ©couvrir dans sa derniĂšre crĂ©ation.

Le parcours de Marco Da Silva Ferreira est singulier. Il a Ă©tĂ© nageur de haut niveau, puis a obtenu un diplĂŽme de physiothĂ©rapie. Ce n’est qu’en 2008, au tout dĂ©but de sa vingtaine qu’il se lance et devient danseur avant de crĂ©er ses propres chorĂ©graphies. Pour lui, il n’y a pas de frontiĂšres entre les styles. « Je suis aussi bien attirĂ© par la musique et la danse africaine, le country, la samba, la house dance que par le voguing. Aujourd’hui dans un monde globalisĂ©, on est au contact avec toutes les formes de danse. Elles m’influencent et je tente de les intĂ©grer dans mes crĂ©ations », confie le chorĂ©graphe qui s’est interrogĂ© sur comment construire notre identitĂ© collective et comment elle peut devenir un vecteur du mieux vivre ensemble.

Carcaça est une danse trÚs physique et exigeante qui se dessine sur scÚne pour 10 danseurs et danseuses accompagné.e.s de deux musiciens. Une danse qui se veut aussi un message social et politique.

« Ce qui m’importe c’est de voir comment se construit aujourd’hui notre culture collective mais en mĂȘme temps je suis issu d’une culture particuliĂšre, avec une identitĂ© qui est celle de mon enfance, le Portugal. C’est la raison pour laquelle j’intĂšgre des danses traditionnelles de mon pays ou que je rends hommage Ă  ceux et celles qui se sont battu.e.s pour la dĂ©mocratie», continue Marco Da Silva Ferreira, «avec une chanson rĂ©volutionnaire qui Ă©voque la chute de la dictature au Portugal en 1974 ».

Le chorĂ©graphe n’était pas nĂ© au moment de la rĂ©volution des Ɠillets comme on appelle la pĂ©riode qui a mis fin Ă  40 ans de dictature. Il se demande s’il aurait pu ĂȘtre ce qu’il est aujourd’hui sous une dictature. « Oui, il y a un message politique parce qu’aujourd’hui, les libertĂ©s sont menacĂ©es, et que les personnes les plus invisibilisĂ©es, les plus dominĂ©es, comme les femmes, les LGBTQ, les immigrĂ©.e.s, sont toujours les premiĂšres touchĂ©es», continue le chorĂ©graphe. «Je veux qu’ils et elles explosent sur scĂšne, qu’ils et elles soient vu.e.s et entendu.e.s, et je le fais Ă  ma maniĂšre, avec la danse ».

Plus que jamais, la danse est pour lui un moment de cĂ©lĂ©bration, au-delĂ  de nos diffĂ©rences. « Cette expĂ©rience du studio et ce qu’elle nous apporte comme interprĂšte quand nous sommes en rĂ©pĂ©tition, que nous apprenons Ă  nous connaĂźtre entre les danseurs et les danseuses, c’est aussi cela que je veux que le public ressente », ajoute Da Silva Ferreira.

Est-ce qu’il y a une signature Marco Da Silva Ferreira ? Peut-ĂȘtre celle que l’on qualifierait « en devenir » Le chorĂ©graphe se laisse porter par ses intuitions, nourries de ses expĂ©riences avec d’autres grands chorĂ©graphes, comme Hofesh Shechter, Victor Hugo Pontes, et continue « d’ĂȘtre Ă  la recherche de [son| propre vocabulaire ».

À la croisĂ©e des cultures, des traditions, des styles, Marco Da Silva Ferreira est inclassable. Il offre avec Carcaça, un spectacle d’une trĂšs grande gĂ©nĂ©rositĂ© contagieuse, une Ă©norme bouffĂ©e d’air dans un monde Ă  bout de souffle. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | Carcaça, du 30 avril au 3 mai 2025, au Théùtre Maisonneuve de la Place des Arts, dans le cadre de Danse Danse. Chorégraphe : Marco Da Silva Ferreira https://www.dansedanse.ca/

Marco Da Silva Ferreira

Des huis-clos fantastiques dans le Triptych de Peeping Tom

Danse Danse nous convie toujours Ă  dĂ©couvrir des perles, des trouvailles et de faire venir sur la scĂšne montrĂ©alaise des compagnies renommĂ©es Ă  l’étranger pour notre plus grand plaisir. Cette fois, il s’agit de Peeping Tom qui prĂ©sente Triptych au Théùtre Maisonneuve, du 16 au 19 avril 2025, dans le cadre de Danse Danse.

DerriĂšre la compagnie Peeping Tom, il y a Gabriela Carrizo et Franck Chartier. Danseuse et danseur classiques, ils ont créé leur propre compagnie. Aucune rĂ©fĂ©rence au titre du thriller anglais en noir et blanc des annĂ©es 60 dans le choix du nom Peeping Tom, sinon que les deux artistes sont passionnĂ©.e.s de cinĂ©ma, et passionnĂ©.e.s de l’exploration de l’intime et des relations entre les hommes et les femmes, les pouvoirs de domination et de violence.

Au tout dĂ©but de l’entrevue pour Fugues, Franck Chartier prĂ©cise que cette question le hante depuis toujours. « Je me suis rendu compte comme crĂ©ateur, qu’il y a un moteur qui m’a poursuivi jusqu’à aujourd’hui, comme un trauma, alors que j’étais enfant, voir mon pĂšre donner une claque Ă  ma mĂšre alors que nous Ă©tions Ă  table, c’est rester une image forte. Et cette question de la violence faite Ă  la femme, aux femmes, qu’elle soit physique et ou psychologique revient toujours dans mes crĂ©ations et comme on pourra le voir dans le troisiĂšme volet de Triptych, Hidden Floor ».

Danse classique, cinĂ©ma, théùtre, les deux crĂ©ateurs s’inspirent de diffĂ©rentes sources pour crĂ©er des univers hyper rĂ©alistes mais qui basculent vers le fantastique, entre rĂȘve et cauchemar. « Comme public, Gabriela et moi, nous aimions bien retrouver sur scĂšne des univers ou encore des discours que l’on n’avait pas l’habitude de voir sur scĂšne, surtout dans la danse classique qui se faisait il y a encore 25 ans, alors on a voulu approfondir des liens que l’on pouvait faire, comme avec le cinĂ©ma, mais aussi d’explorer ce que l’on considĂšre encore comme tabous dans le domaine de l’intime » continue Franck Chartier. Le dĂ©sir du chorĂ©graphe de s’émanciper du cadre rigide et formel de la danse classique naĂźt de sa ren-

contre avec Maurice BĂ©jart « J’intĂšgre la troupe de BĂ©jart alors que je n’ai que 19 ans, et au lieu de rencontrer des danseurs en collant pendant les rĂ©pĂ©titions, je suis entourĂ© d’hommes musclĂ©s avec des cheveux longs, des barbes, en peignoir, bien loin de l’image stĂ©rĂ©otypĂ© du danseur Ă©toile en collant, et je me suis dit que l’on pouvait peut-ĂȘtre faire autre chose avec la danse classique, et puis j’ai travaillĂ© plus tard avec des chorĂ©graphes qui intĂ©grait un cĂŽtĂ© plus théùtral qui me sĂ©duisait ».

Carrizo et Chartier ont rĂ©uni huit danseurs et danseuses que Franck Chartier qualifie dans l’entrevue de « monstres de virtuosité », cette virtuositĂ© physique qui manque souvent, selon lui, Ă  la danse contemporaine.

Avec Triptych, ce sont trois univers intimes et presque cloitrĂ©s qui ne devraient pas ĂȘtre vus. Mais lĂ  s’arrĂȘte le rĂ©alisme puisque tout dĂ©rape dans des situations qui font vaciller tous les repĂšres, les danseurs et les danseuses se retrouvant soumis Ă  plus grands qu’eux. Les rĂ©fĂ©rences cinĂ©matographiques sont nombreuses, les changements scĂ©niques se dĂ©roulent devant public. Ainsi dans le troisiĂšme volet, The Hidden Floor, on se retrouve dans la salle d’un restaurant de bateau Ă  la dĂ©rive, perdu dans l’arctique, avec des passagers qui tentent de survivre. « En fait, comment un couple peut survivre, comment l’amour peut survivre dans des conditions extrĂȘmes » rĂ©sume Franck Chartier

Aller assister Ă  un spectacle de danse comme on irait Ă  une sĂ©ance de cinĂ©ma, pourquoi pas, pas sĂ»r que le théùtre Maisonneuve autorise le pop-corn. On s’en passera trĂšs bien. Peeping Tom : Triptych c’est avant tout un voyage, troublant, dĂ©routant, oĂč l’imaginaire et la virtuositĂ© se conjuguent et nous subjuguent. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | Triptych de Peeping Tom au Théùtre Maisonneuve de la place des Arts, du 16 au 19 avril 2025, dans le cadre de Danse Danse. Chorégraphes : Grabriela Carrizo et Franck Chartier. https://www.dansedanse.ca/

Quoi faire théùtre

Bent : Pour ne pas oublier

Survivre dans un camp de concentration en tant qu’homosexuel. Le dĂ©cor est plantĂ©, l’histoire qui est Ă©voquĂ©e fait partie de la mĂ©moire collective des communautĂ©s LGBTQ+. Saluons Jean-François Quesnel qui a dĂ©cidĂ© de s’emparer de Bent, la piĂšce Ă©crite par Martin Sherman et créée en 1979. En ces temps troublĂ©s oĂč de nouveau les minoritĂ©s sont la cible aussi bien d’individus et de groupes politiques qui souhaiteraient les annihiler, la piĂšce Bent, qui fait l’écho du passĂ©, prend toute sa rĂ©sonance aujourd’hui.

On connaĂźt le travail de Jean-François Quesnel. En 2023, il prĂ©sentait Hosanna, une production saluĂ©e par la critique, ainsi que par le dramaturge, Michel Tremblay. Jean-François Quesnel garde un souvenir inoubliable de ses rencontres avec cet auteur. Avec Bent, on se trouve dans un tout autre registre. Nous sommes en Allemagne, dans les annĂ©es 30, Hitler obtient les pleins pouvoirs. Les premiers camps de concentration ouvrent leurs portes et accueillent les opposants au rĂ©gime : les socialistes, les communistes et les syndicalistes. Puis la chasse aux sorciĂšres s’intensifie et des communautĂ©s sont pourchassĂ©es : les Juifs, bien entendus, mais aussi les homosexuel.le.s, qui devront porter le triangle rose, puis rapidement seront dĂ©portĂ©.e.s vers les camps de concentration.

Max vit avec son conjoint Rudy Ă  Berlin. PourchassĂ© par les SS, Rudy est tuĂ© et Max envoyĂ© au camp de Dachau. Il y fera la rencontre d’un autre homosexuel, Horst, avec qui il dĂ©veloppera une relation d’amour clandestine dans un contexte de violence, de privation, d’inhumanitĂ©. L’auteur Martin Sherman a créé la piĂšce, en 1979, puis a signĂ© le scĂ©nario du film Ă©ponyme sorti en 1997. À travers cette histoire d’amour, c’est l’histoire de communautĂ©s (homosexuels, lesbiennes, bisexuel.le.s et personnes trans) que l’on a voulu rayer de la carte puisque faisant partie pour le rĂ©gime nazi des « indĂ©sirables » potentiellement dangereux pour le rĂ©gime. C’est ce lien entre un drame intime qui s’inscrit dans un drame historique qui a touchĂ© Jean-François Quesnel et l’a convaincu de monter ce texte. « Cela va dans la lignĂ©e que j’offre comme piĂšce de théùtre», prĂ©cise Quesnel. «J’ai Ă©tĂ© touchĂ© par l’histoire et mĂȘme si je n’ai pas vĂ©cu, ni connu la pĂ©riode de la Seconde guerre mondiale, je peux m’y reconnaĂźtre et y mettre les Ă©motions ».

Pour le metteur en scĂšne, impossible de ne pas faire de lien entre les dĂ©buts de la dĂ©portation des homosexuels en Allemagne Ă  cette Ă©poque et ce que nous vivons actuellement. « On ne peut plus se cacher face aux discours d’intolĂ©rance qu’on entend aujourd’hui»,

continue Jean-François Quesnel. «Cela a fait partie de nos discussions pendant les rĂ©pĂ©titions. Nous ne sommes pas aussi Ă  l’abri qu’on pouvait le croire, il n’y a pas si longtemps, d’un retour en arriĂšre. Il faut agit pour que l’histoire ne se rĂ©pĂšte pas».

Pour incarner le personnage principal de Bent, Jean-François Quesnel a fait appel Ă  son comĂ©dien fĂ©tiche, Marc-AndrĂ© Leclair sur lequel il ne tarit pas d’éloges. Marc-AndrĂ© Leclair incarnait Hosanna dans la prĂ©cĂ©dente production du metteur en scĂšne. « Marc-AndrĂ© est quelqu’un de trĂšs authentique et qui livre des interprĂ©tations magistrales», commente Jean-François Quesnel. «Il Ă©tait Ă©vident qu’il aurait le rĂŽle-titre. C’est quelqu’un qui s’investi complĂštement dans un projet crĂ©atif, qui est toujours trĂšs prĂȘt de ses Ă©motions et qui a une grande profondeur de jeu. Pour les autres comĂ©diens, il y a eu des auditions et je me suis attachĂ© Ă  choisir des comĂ©diens qui ont une grande sensibilitĂ© et une grande fibre artistique. Je me fiche de savoir s’ils ont fait ou non une Ă©cole de théùtre. Pour moi, on vit sur scĂšne, c’est ce que j’attends des comĂ©diens ».

Producteur et metteur en scĂšne atypique, Jean-François Quesnel ne demande jamais de subventions pour mener Ă  bien ses projets. « C’est moi qui injecte des fonds personnels et puis je suis entourĂ© de gens de cƓur, qui Ă  leur maniĂšre, m'aident Ă  porter mes projets ».

Jean-François Quesnel est aussi derriĂšre le projet Amour dialectales : Confessions littĂ©raires Queers, une soirĂ©e littĂ©raire sur les amours queers oĂč l’on pourra entendre des auteurs et autrices s’exprimer sur ce thĂšme. Benjamin Allain-Vaillant, Salim Benkirane, Bo Johnson, MichĂšle Macaigne, Eric Monette et Alexane Roy alias Wheelly Hot. Soulignons qu’il y aura simultanĂ©ment une interprĂ©tation en langue des signes quĂ©bĂ©coise, pour les personnes sourdes et malentendantes. Une initiative que l’on aimerait devenir une pratique courante pour beaucoup de productions. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | Bent, les 10-11-12 avril 2025, au Théùtre de la Comédie de Montréal

Mise en scùne de Jean-François Quesnel, d’un texte de Martin Sherman

ENSEMBLE - Collectif Théùtral 2SLGBTQIA+ ou (Les Productions Jean-François Quesnel)

Amours dialectales : Confessions littéraires Queers, le 4 avril 2025 à 19h30, à la Maison de la culture Janine-Sutto, au 2550 rue Ontario Est https://montreal.ca/evenements/amours-dialectales-confessions-litteraires-queers-83327

Quoi faire festival

En route vers une édition anniversaire

Les arts vivants souffrent de sous-financement, Si le Festival Trans AmĂ©rique (FTA) semble Ă©pargner, il n’est pas Ă  l’abri non plus d’un ressac surtout avec la situation Ă©conomique que nous traversons. Et peut-ĂȘtre que plus que jamais les arts sous toutes leurs formes, les crĂ©ateurs, les crĂ©atrices peuvent nous donner de l’air, pour nous Ă©lever, nous faire rĂ©flĂ©chir, nous distraire et nous insuffler le goĂ»t de continuer. Alors, autant faire notre part en nous dĂ©plaçant pour assister Ă  la 25e Ă©dition du FTA, du 22 mai au 5 juin 2025

Le FTA, c’est une occasion unique Ă  travers des dĂ©couvertes en danse et en théùtre et mĂȘme en OpĂ©ra, de dĂ©couvrir le monde par d’autres yeux, et si ce n’est pour mieux le comprendre, tout au moins l’apprĂ©hender diffĂ©remment. Comme l’avance Martine Dennewald, co-directrice artistique du festival, « comment dĂ©construire notre propre regard et changer nos angles d’approche de ce qui peut sembler loin de nous et de nous y rapprocher ».

Cette annĂ©e encore, le FTA fait la place Ă  des presque « habituĂ©.e.s » et qui font partie de la scĂšne culturelle quĂ©bĂ©coise, comme Louise Le Cavalier, prĂ©sente cette annĂ©e avec Danses vagabondes, ou qui nous donne l’occasion d’en dĂ©couvrir d’autres.

Impossible de passer sous silence la prĂ©sence d’Elle Barbara pour la premiĂšre fois au FTA, qui prĂ©sentera Performance CĂ©rĂ©moniale. L’artiste multidisciplinaire nous convie Ă  une grande cĂ©rĂ©monie dans un lieu inusitĂ©.

Et l’on peut faire aussi tomber les barriĂšres et ĂȘtre conviĂ©s Ă  un OpĂ©ra qui ne peut susciter que notre curiositĂ©. Imaginez l’homme de théùtre Christian Lapointe associĂ© Ă  la compositrice australienne et Ă©crivaine RĂłsa Lind et s’appropriant dans une version opĂ©ratique le film culte d’Alain Resnais et Marguerite Duras, Hiroshima mon amour. Ce long chant d’amour dĂ©sespĂ©rĂ© sur fond de catastrophe nuclĂ©aire au Japon reprendra donc vie sur une scĂšne de MontrĂ©al.

Ils et elles viennent de partout, d’Afrique du Sud, d’Argentine, de GrĂšce et ils ont Ă©tĂ© choisis par le FTA pour leurs singuliĂšres crĂ©ations. Comme le souligne Martine Dennewald, « nous recherchons toujours des artistes qui se dĂ©marquent bien sĂ»r par leur esthĂ©tique, mais aussi parce qu’ils donnent voix Ă  des catĂ©gories de populations ou de classes sociales qui sont trĂšs souvent effacĂ©es, voire invisibilisĂ©es. Le FTA cherche aussi Ă  ĂȘtre en phase avec les prĂ©occupations du moment, d’oĂč l’importance pour nous de la reprĂ©sentation des femmes, des cultures indigĂšnes, des sous-cultures aussi, comme celles LGBTQ ».

Dans les spectacles Ă  ne pas manquer, on peut parler de Taverna Miresia – Maria Bella Anastasia de Mario Banushi. Ce jeune metteur-en-scĂšne de 27 ans d’origine albanaise mais installĂ© en GrĂšce est considĂ©rĂ© comme un grand metteur en scĂšne en devenir en Europe et ailleurs, Ă  l’image d’un Romeo Castellucci, ou d’un Thomas Ostermeier. Dans cette piĂšce sans parole, sinon des chants traditionnels, un dĂ©tour dans une famille en deuil mĂ©tamorphosĂ©e par Mario Banushi.

On ne peut passer Ă  cĂŽtĂ© de Wayqeycuna de Tiziano Cruz, troisiĂšme et dernier volet d’une trilogie. Le second volet, Soliloquio, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© au FTA en 2023. Le politique, la poĂ©sie, la tradition, l’engagement social envers sa communautĂ© Quechua, et la crĂ©ation bien sĂ»r, Tiziano Cruz les vit dans sa chair, comme un acte de survie. DĂ©rangeant, puissant et inspirant au moment oĂč nous ressentons un devoir de rĂ©sistance, de solidaritĂ© pour ne pas disparaĂźtre.

L’Afrique du Sud connaĂźt quelques grandes chorĂ©graphes. Entre autres Dada Masilo, rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ©e, et dont la compagnie a foulĂ© plusieurs fois les scĂšnes du QuĂ©bec. C’est Mamela Nyamza qui sera au rendez-vous du FTA avec Hatched ensemble, prĂ©senter sa propre histoire de la danse, et comme d’autres l’ont fait, se fondent sur le rĂ©pertoire du ballet classique pour le faire Ă©clater. Jouissif.

Enfin un dernier mot sur Lacrima de Caroline Guiela Nguyen, une piùce qui nous emmùne de Paris à une autre ville de France, Alençon, mais aussi à Mumbai. On passe dans les coulisses de la confection d’une robe de mariage de la princesse d’Angleterre. Les projecteurs ne sont plus sur la princesse et sa robe mais sur celles et ceux, invisibles et anonymes, dont on oublie l’existence. L’envers du glamour, entendre la violence des rapports de domination.

Les billets pour ces spectacles sont dĂ©jĂ  en prĂ©vente sur le site du FTA et d’autres spectacles seront annoncĂ©s au cours des semaines Ă  venir. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | FTA 25e édition, du 22 mai au 5 juin 2025, https://fta.ca/

CÉLÉBRER LA QUEERNESS AU MAI

A HOLE IS A HOLE IS A HOLE IS offre un moment de rĂ©pit dans le contexte actuel turbulent oĂč s’inscrivent les personnes queer. Il s'agit d'une cĂ©lĂ©bration des aspects Ă©tranges, ingrats et profondĂ©ment humains de la queerness.

Les trois crĂ©ateur·ices invitent le public Ă  participer Ă  un dĂźner dystopique rempli de confessions coquines, de rĂ©cits, de moments tendres et de questions existentielles sur l’hĂ©ritage, le vieillissement et ce que cela signifie d'exister dans un temps queer, dĂ©tachĂ© des cycles hĂ©tĂ©ronormatifs du mariage, de la reproduction et des Ă©tapes de la vie prĂ©dĂ©terminĂ©es. Comment faire face au vide lorsqu’on ne suit pas le mĂȘme chemin que tout le monde ? Ton Bogataj, Christopher Ramm et Marco Merenda utilisent ce spectacle transgĂ©nĂ©rationnel de quĂȘte initiatique pour partager leur expĂ©rience. Une table sert de scĂšne littĂ©rale et symbolique au cƓur de la performance. Lieu de rassemblement, de confession et de tradition, la table est transformĂ©e en un espace oĂč la vulnĂ©rabilitĂ© et l'humour donnent lieu Ă  des conversations cathartiques. Chaque artiste apporte sa propre sensibilitĂ© humoristique pour inverser les dynamiques de pouvoir et se rĂ©approprier les narratifs du vieillissement et de l'identitĂ© queer. Le concept de « trou » imprĂšgne Ă  la fois la chorĂ©graphie et le paysage sonore. Un trou est un abĂźme, un espace de transformation et une partie fondamentale du corps. Des chansons pop queer et des sons de liquides fusionnent avec des synthĂ©s et des enregistrements de nature, crĂ©ant un paysage sonore de nature synthĂ©tique. Vous ĂȘtes donc invité·es Ă  un rassemblement oĂč personne n'est seul et oĂč chaque question, aussi absurde soit-elle, mĂ©rite d'ĂȘtre posĂ©e. 6 CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | A HOLE IS A HOLE IS A HOLE IS de Ton Bogataj, Christopher Ramm et Marco Merenda du 24 au 26 avril au Le MAI (Montréal, arts interculturels) https://m-a-i.qc.ca/evenement/a-hole-is

Quoi faire écrans

Larry (iel) : au-delĂ  des pronoms

Jeune photographe trans non binaire, Laurence PhilomĂšne s’est imposĂ©.e au cours de la derniĂšre dĂ©cennie comme l’une des voix les plus originales et inspirantes de sa gĂ©nĂ©ration et une icĂŽne en devenir de la communautĂ© LGBTQ+. RĂ©vĂ©lant Ă  la fois l’univers intime et le processus de crĂ©ation de Laurence, LARRY(iel) brosse un portrait lumineux et engagĂ© de la multiplicitĂ© complexe et souvent mĂ©connue des identitĂ©s et des expĂ©riences trans et non binaires.

Bien que Laurence soit un oiseau de nuit, son amour pour les couleurs saturĂ©es et la lumiĂšre se traduit autant dans l’esthĂ©tique de son travail artistique que dans sa vie personnelle. C’est Ă  l’adolescence que Laurence commence Ă  crĂ©er des images et Ă  les diffuser sur les rĂ©seaux sociaux.

En 2014, iel attire l’attention internationale en remportant le Curator’s Choice Award de Vogue dans le cadre du projet 20under20 de Flickr. Au fil des annĂ©es, Apple, Adidas, Lacoste et Calvin Klein font appel Ă  ses talents. Aujourd’hui, Laurence place la diversitĂ© de genre au cƓur de son travail en tant que photographe trans non binaire. Ses projets Non-Binary Series [Portraits non binaires], Lucky et Me vs Others [Moi contre les autres] ont Ă©tĂ© exposĂ©s et publiĂ©s partout Ă  travers le monde

L’univers intime de Laurence PhilomĂšne se dĂ©voile dans le film LARRY (iel), alors qu’iel est en pleine crĂ©ation de son premier livre,  Puberty, une sĂ©rie d’autoportraits documentant deux annĂ©es de sa vie, alors qu’iel suit un traitement hormonal pour sa transition. Documents intimes, les photos autobiographiques se nourrissent de son quotidien et exposent sous un Ă©clairage positif des dĂ©tails souvent cachĂ©s de la vie des personnes trans, comme les injections d’hormones ou la nuditĂ© non binaire.

À l’écran, PhilomĂšne est honnĂȘte au sujet de son corps et de son parcours et n’évite pas d’aborder les consĂ©quences mentales et physiques de sa transition. Iel partage ses peurs, sa solitude, ses doutes et sa tristesse, ainsi que les joies, les triomphes et la beautĂ© auxquels iel est confrontĂ©.e au quotidien.

Tout comme c’est le cas dans son art, PhilomĂšne joue le jeu avec une camĂ©ra qui capture des images d’iel au quotidien, en train de manger ou de se laver. À certains moments, LARRY (iel) plonge si profondĂ©ment dans l’intimitĂ© de la vie de l’artiste que cela pourrait sembler un peu banal. Cependant, cette banalitĂ© est importante, car elle apporte des Ă©lĂ©ments auxquels de nombreuses personnes dans le public peuvent s’identifier en dehors de l’expĂ©rience non binaire. En parfaite harmonie avec la dĂ©marche autobiographique de l’artiste,  LARRY (iel) met en abyme la puissance cinĂ©matographique des images pop aux

couleurs Ă©clatantes de Laurence, qui partage sa rĂ©alitĂ© avec authenticitĂ© et vulnĂ©rabilitĂ©. Avec sa photographie, Laurence a dĂ©veloppĂ© une Ă©thique de la sollicitude, oĂč la vulnĂ©rabilitĂ© devient puissance, et oĂč l’humanitĂ© de sujets trop souvent marginalisĂ©s est rehaussĂ©e par une palette colorĂ©e. Chez Laurence, le rose et l’orange fluo ont aussi une valeur politique. Le film explore les thĂšmes des identitĂ©s de genre non conformes, de la diversitĂ© des corps et des dĂ©fis inhĂ©rents Ă  l’affirmation de soi, grĂące Ă  une incursion privilĂ©giĂ©e auprĂšs de sa famille et de sa communautĂ©. On voit aussi les parents de PhilomĂšne se confier dans le documentaire pour partager leur parcours : depuis leur lutte contre les dĂ©cisions de leur enfant jusqu’à leur acceptation de sa rĂ©alitĂ©. S’ils utilisent les pronoms morts de PhilomĂšne au dĂ©but, ils passent Ă©ventuellement au pronom « iel » Ă  la fin. C’est ainsi que les parents laissent l’amour les guider pour soutenir leur enfant de toutes les maniĂšres possibles. Le pĂšre de PhilomĂšne est un artiste et sa critique de Puberty est Ă  la fois lumineuse et rĂ©confortante. De son cĂŽtĂ©, la mĂšre de PhilomĂšne parle de son souhait d’amĂ©liorer sa relation avec son enfant, alors que nous la voyons travailler sur une Ɠuvre d’art pour PhilomĂšne.

Le film nous prĂ©sente Ă©galement la famille choisie de PhilomĂšne. On comprend que le rĂ©seau de soutien autour d’iel est essentiel Ă  la santĂ© mentale de l’artiste. Le film montre comment ses proches, en particulier Lucky Dykstra-Santos et Nina Drew, l’ont aidĂ©.e Ă  traverser les jours les plus sombres de la premiĂšre annĂ©e de sa transition, au cours de laquelle l’artiste ne se sentait pas Ă  son mieux. Dans les scĂšnes avec Drew et Dykstra-Santos, PhilomĂšne semble prendre vie. Le pouvoir de la communautĂ© dans cette phase de transition est trĂšs clair. Au-delĂ  de la simple transformation individuelle, le film oriente son objectif vers une sociĂ©tĂ© en mutation et en Ă©volution, qui grandit elle aussi.

LARRY (iel) humanise aussi les personnes derriĂšre le dĂ©bat sur les « pronoms ». « Je voulais juste dire un mot sur les pronoms, parce que je pense qu’on y accorde beaucoup d’importance, et c’est Ă©videmment dans le titre du film. Mais en fin de compte, je pense que les pronoms ne sont pas la prioritĂ© de mon militantisme », partage PhilomĂšne dans le film. « L’important, c’est vraiment l’accĂšs aux soins de santĂ©, l’accĂšs aux droits fondamentaux, l’accĂšs au logement, ce genre de choses. Des choses qui vous permettent de vivre une vie pleine. C’est ce pour quoi nous devons vraiment nous battre pour les personnes trans en ce moment, et pour les personnes non binaires. »

Parfois, un documentaire arrive Ă  ĂȘtre un point de rencontre entre la sensibilisation, l’activisme et la justice sociale, et ce, tout en proposant un rĂ©cit captivant. C’est le cas pour LARRY (iel), qui est le deuxiĂšme long mĂ©trage de Catherine Legault, une rĂ©alisatrice et une monteuse documentaire primĂ©e, diplĂŽmĂ©e de l’UniversitĂ© Concordia. Pour Catherine, la valorisation de la diversitĂ© n’est pas une simple posture, c’est quelque chose qui sculpte sa façon de vivre et d’entrer en relation avec les autres.

« L’engagement de Laurence Ă  documenter sa rĂ©alitĂ© et celle de sa communautĂ© est crucial Ă  ce moment prĂ©cis de l’histoire, oĂč de nombreux acquis de la communautĂ© LGBTQ+ sont menacĂ©s et contestĂ©s dans le monde entier. Pour ces raisons, je considĂšre que l’expĂ©rience de Laurence est significative et que la valeur et la pertinence de son Ɠuvre mĂ©ritent d’ĂȘtre mises de l’avant. »

Et son film LARRY (iel) est un espace ouvert et bienveillant, une invitation Ă  regarder plus loin et autrement. En cĂ©lĂ©brant ceux et celles qui refusent la conformitĂ©, le film brosse un portrait lumineux et engagĂ© de la multiplicitĂ© complexe et souvent mĂ©connue des identitĂ©s et des expĂ©riences trans et non binaires, nous rĂ©vĂ©lant du mĂȘme coup l’une des voix les plus originales et inspirantes de sa gĂ©nĂ©ration.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | LARRY (IEL) 103 min., documentaire, Québec, Canada, 2024 Réalisation Catherine Legault https://f3m.ca/film/larry-iel/

THE

LIGHTEST DARK IS DARKER THAN THE DARKEST LIGHT DE NIEN TZU WENG

Du 9 au 12 avril 2025, MAI et Danse-CitĂ© co-prĂ©sentent la nouvelle crĂ©ation de l’artiste taĂŻwanaise canadienne Nien Tzu Weng, Thelightestdarkisdarker thanthedarkestlight [guāng yÄ«n]. Alliant performance et compositions visuelles futuristes, cette expĂ©rience immersive plonge les publics Ă  la dĂ©couverte d’un paysage onirique, Ă  la croisĂ©e de la science-fiction et du manga. Rencontre


CeprojetexploretesracinestaĂŻwanaises.CommentcelasereïŹ‚Ăšte-t-ildanslespectacle?

NIEN TZU WENG : Dans [guāng yÄ«n], j’explore mes racines comme un hĂ©ritage en mouvement, fragmentĂ© et non linĂ©aire. L’espace scĂ©nique est un paysage de rĂȘve, imprĂ©gnĂ© de souvenirs : la douceur des peluches, les nĂ©ons des marchĂ©s nocturnes, les courbes des jardins feng shui. Le ficus, arbre sacrĂ©, devient mon alliĂ©, tĂ©moin des forces invisibles. À travers sons, images et transformations, j’incarne diffĂ©rents archĂ©types, naviguant entre tradition et modernitĂ©. Mon identitĂ© diasporique se rĂ©fracte ainsi en multiples temporalitĂ©s, laissant place Ă  la fluiditĂ©, la contradiction et la rĂ©invention.

Tonéquiperéunitdesartistesnumériquesetdesspécialistesduvidéomappingetdela réalitéaugmentée,créantuneexpérienceentreréeletvirtuel.Quelleestlaplaceducorps etdutangibledanscettecréation?

NIEN TZU WENG : Mon corps existe dans de multiples états tout au long de [guāng yīn]il est à la fois hyperréel et désincarné, organique et numérique, interprÚte et avatar. La réalité augmentée superpose des fragments de mémoire à ma présence, créant des avatars glitchés et des paysages mouvants. Dans cette performance, le corps est à la fois ancré et fragmenté, comme je l'ai souvent ressenti dans ma propre expérience.

Danse,ïŹlm,artsmĂ©diatiques,vidĂ©o,l’immersionestmaximale,l’expĂ©rienceest multidimensionnelle.Queveux-tuquelespublicsvivent?

NIEN TZU WENG : Je veux que le public ait l'impression d'entrer dans un portail de vie oĂč le temps se courbe, oĂč la mĂ©moire est fluide et qu’il puisse expĂ©rimenter diffĂ©rents Ă©tats de prĂ©sence, entre l'hyper-stimulation et la contemplation profonde. En fin de compte, j'aimerais qu'il reparte sans rĂ©ponses, mais avec un sens accru des possibles - l'identitĂ© corporelle comme quelque chose de fluide, le temps comme quelque chose d'Ă©lastique, et la prĂ©sence comme quelque chose qui s'Ă©tend bien au-delĂ  du physique.6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | https://m-a-i.tuxedobillet.com/main/ the-lightest-dark-is-darker-than-the-darkest-light

Bande annonce (vimeo) : https://vimeo.com/1064786377

Quoi faire écrans

CRUISING (LA CHASSE)  HOMOPHOBIE, HUMILIATION ET EXPLOITATION !

En 1980, Al Pacino interprĂšte un policier qui infiltre des bars cuir/BDSM afin de mettre la main sur un tueur en sĂ©rie qui s’attaque aux hommes gais. Recette d’un film Ă  succĂšs ? Pas vraiment, puisque celui-ci Ă©tait attendu avec une brique et un fanal par cette mĂȘme communautĂ©. Le vidĂ©aste Web Matt Baume prĂ©sente les coulisses de ce conflit.

AprĂšs l’immense succĂšs des films French Connexion et L’exorciste, William Friedkin connaĂźt un creux de vague. C’est alors qu’il est interpellĂ© par l’arrestation de Paul Bateson, accusĂ© d’avoir assassinĂ© plusieurs hommes gais de New York. Cette histoire lui rappelle un roman de Gerald Walker (Cruising/Chasse Ă  l’homme) qu’il avait dĂ©jĂ  songĂ© Ă  adapter. Bien qu’il ait dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© un film Ă  thĂ©matique gai (The Boys in the Band / Les garçons de la bande), Friedkin ne connaĂźt rien Ă  l’univers de la drague entre hommes et encore moins au milieu BDSM. Un policier le met donc en contact avec le crime organisĂ©, qui contrĂŽle alors la majoritĂ© des bars gais. C’est ainsi que les deux hommes pĂ©nĂštrent au Mineshaft, en plein cƓur d’une soirĂ©e jockstrap, oĂč ils se voient obligĂ©s de respecter le code vestimentaire. VĂ©ritable choc culturel pour le rĂ©alisateur qui frĂ©quentera assidument plusieurs autres bars afin de documenter son film. Il constate que ces derniers sont contrĂŽlĂ©s par une Ă©trange alliance entre la mafia et les forces policiĂšres, crĂ©ant un univers placĂ© sous le signe de l’homophobie, de l’humiliation et de l’exploitation. Il dĂ©cide donc de faire de cette trinitĂ© la trame de fond de son film. Le problĂšme est que le scĂ©nario Ă©liminera d’emblĂ©e ces Ă©lĂ©ments, le rĂ©alisateur ne souhaitant pas se mettre Ă  mal avec ces deux puissances. Ne reste donc qu’un portrait parfois assez glauque de meurtres en sĂ©rie et de scĂšnes de domination ou de soumission, sans qu’un rĂ©el dĂ©veloppement de personnages y soit associĂ©. Seulement deux rĂŽles sont d’ailleurs associĂ©s aux personnages gais : victime ou agresseur. Par ailleurs, le script (et le film) se conclut par le sous-entendu Ă©trange d’une transmission de la psychose meurtriĂšre entre deux hommes. DĂšs le dĂ©but du tournage, un membre de la production transmet le scĂ©nario Ă  un journaliste du Village Voice, Arthur Bell. Celui-ci est ulcĂ©rĂ© par la reprĂ©sentation du milieu gai, mais surtout du fait que le hĂ©ros est un policier, alors que les forces de l’ordre piĂšgent des hommes gais depuis des dĂ©cennies et, en rĂ©alitĂ©, ne s’intĂ©ressent que peu aux crimes dont ils sont victimes. Selon lui, le film ne porte pas tant sur le mode de vie des hommes gais, mais contribue plutĂŽt Ă  Ă©tablir pourquoi ils mĂ©ritent d’ĂȘtre tuĂ©s. Il n’en faut pas plus pour qu’une guĂ©rilla se mette en place et que des manifestations perturbent les lieux de tournage. Les techniques utilisĂ©es par les manifestants sont d’ailleurs Ă  la fois ingĂ©nieuses et assez amusantes. Le film ne rencontrera qu’un succĂšs mitigĂ©, mais a depuis connu une certaine rĂ©habilitation, notamment auprĂšs de Quentin Tarantino qui le compte parmi ses films favoris. Le documentaire est agrĂ©mentĂ© de nombreuses anecdotes savoureuses et se conclut par le portrait d’une homophobie encore flagrante chez plusieurs corps policiers et d’un dĂ©sintĂ©ressement consĂ©quent Ă  l’endroit de la violence envers les communautĂ©s LGBTQ. 6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | La chaĂźne de Matt Baume analyse l’histoire des productions cinĂ©matographiques et tĂ©lĂ©visuelles LGBTQ. Le documentaire The Problem with Cruising (1980) est disponible, en anglais, sur sa chaĂźne YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=04qialEYBdI

REACHER, SAISON 3

LA FORCE TRANQUILLE DE BICEPS BIEN SAILLANTS !

une « simple » histoire de cartel du crime se rĂ©vĂšle un vĂ©ritable nid de vipĂšres contrĂŽlĂ© par un certain Xavier Quinn (Brian Tee), un sociopathe qui se complait Ă  torturer ses victimes et que Reacher croyait avoir Ă©liminĂ© de la surface de la planĂšte. À cette ribambelle de joyeux lurons s’ajoute Paul van Hoven (Olivier Richters) qui, du haut de ses 218 cm (7’2’’), ne rĂȘve que d’écrabouiller la punaise que l’ancien militaire constitue Ă  ses yeux. L’affrontement entre les deux hommes est fascinant Ă  observer, puisqu’il impose un changement de perspective radical par lequel Reacher fait soudainement figure de freluquet. Les Ă©pisodes maintiennent un rythme haletant, voire anxiogĂšne, qui nous tient rivĂ©s Ă  nos fauteuils. La sĂ©rie regorge Ă©galement de rĂ©pliques savoureuses oĂč les doubles sens sont lĂ©gion : « Si j’ai envie de pisser, tu vas entrer me tenir la queue ? », « Tu sais ce qu’on dit des hommes aux grands pieds ? Qu’ils ont plus de place dans leur talon pour cacher un tĂ©lĂ©phone ! » Évidemment, le corps d’Alan Ritchson est toujours admirablement mis en valeur et un Ă©pisode nous offre mĂȘme une trĂšs belle scĂšne oĂč il affronte, en slip, une mer dĂ©chaĂźnĂ©e, nous permettant ainsi de prendre la pleine mesure de son corps massif et bien dĂ©coupĂ©. Bien qu’il ne soit pas gai, l’ex-militaire affiche des valeurs trĂšs inclusives et, dans plusieurs Ă©pisodes de la saison, on remarque une tension dangereuse dans son regard, chaque fois que le mot « fag » (ou tapette en VF) est profĂ©rĂ© par un criminel. Au moment d’écrire ces lignes, seuls cinq Ă©pisodes sont disponibles, mais on peut espĂ©rer que, dans la suite, Reacher enfoncera Ă©ventuellement dans la gorge des gangsters leurs Ă©carts de langage. À noter que la sĂ©rie rencontre un tel succĂšs qu’une saison 4 est dĂ©jĂ  en cours de production. 6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Les huit épisodes de la saison 3 de Reacher sont disponibles sur PrimeTV, en anglais, et dans deux doublages français, dont un excellent réalisé au Québec. https://www.youtube.com/watch?v=mCFXvDeUoi0 (bande-annonce anglaise)

THE

WHITE LOTUS (LE LOTUS BLANC) CACHEZ CE CUL BOMBÉ QUE JE NE SAURAIS VOIR !

Au cƓur d’un paysage paradisiaque, une sĂ©ance de mĂ©ditation est interrompue par une pĂ©tarade de coups de feu. D’oĂč proviennent ces tirs, qui en est responsable et qui est visĂ© ? La dĂ©couverte d’un corps dĂ©rivant Ă  la surface d’un Ă©tang n’apporte aucune rĂ©ponse, mais amorce en force cette saison 3.

À l’instar des saisons prĂ©cĂ©dentes, dans The White Lotus (Le Lotus blanc), la mort est associĂ©e Ă  l’eau, que ce soit pour s’y noyer, y reposer ou y ĂȘtre transportĂ©. Comme chaque fois, impossible de connaĂźtre l’identitĂ© de la victime puisqu’on fait immĂ©diatement marche arriĂšre, une semaine plus tĂŽt, pour assister Ă  l’arrivĂ©e d’un convoi de touristes qui dĂ©couvrent le prestigieux complexe hĂŽtelier thaĂŻlandais qui va accueillir leurs soifs de dĂ©tente, leurs drames, ainsi que leurs dĂ©sirs charnels.

Jaclyn (Michelle Monaghan), une populaire actrice, paye ce voyage Ă  deux de ses amies d’enfance : Kate (Leslie Bibb) et Laurie (Carrie Coon). Un geste plus ou moins dĂ©sintĂ©ressĂ©, puisqu’elle recherche la prĂ©sence d’une cour servile et que des piques venimeuses s’échangent rapidement : « Tu es rayonnante ! Mais tellement fatiguĂ©e. » Rick Hatchett (Walton Goggins), un homme d’affaires dĂ©sagrĂ©able, traĂźne en remorque Chelsea (Aimee Lou Wood), dont la jeunesse insouciante commence Ă  lui tomber sur les nerfs. Et pourquoi cherche-t-il frĂ©nĂ©tiquement Ă  rencontrer le propriĂ©taire de l’hĂŽtel ?

Chelsea se lie d’amitiĂ© avec une ex-mannequin, ChloĂ© (la QuĂ©bĂ©coise Charlotte Le Bon), dont le petit ami se rĂ©vĂšle ĂȘtre le veuf de la victime de la saison 2. À noter que ChloĂ© est au centre d’une scĂšne hilarante, lorsque son copain la prĂ©sente comme une Française et qu’elle s’insurge : « Je ne suis pas française ! Je viens du QuĂ©bec, ça n’a carrĂ©ment rien Ă  voir ». En version originale, l’actrice s’exprime avec un accent quĂ©bĂ©cois qui ne fait qu’accentuer l’absurditĂ© de la scĂšne. La rĂ©plique perd cependant tout son sel dans le doublage rĂ©alisĂ© en

France, oĂč la comĂ©dienne Raud LĂ©ovanie fait montre d’un accent aussi quĂ©bĂ©cois qu’un croissant au beurre. On valse ici entre le ridicule et un manque complet de neurones de la part de l’entreprise de doublage.

Finalement, Timothy Ratliff (Jason Isaacs) traĂźne dans son sillage son Ă©pouse (Parker Posey) et ses trois enfants : Saxon (Patrick Schwarzenegger, le fils d’Arnold), Piper (Sarah Catherine Hook) et Lochlan (Sam Nivola). Une famille en apparence idyllique, qui apparaĂźt cependant sur le point d’imploser : le pĂšre cache qu’il est empĂȘtrĂ© dans un scandale financier, sa femme semble Ă  deux doigts d’un coma Ă©thylique et sa fille cache un agenda mystĂ©rieux. Le plus Ă©trange se situe cependant du cĂŽtĂ© des deux garçons qui partagent une mĂȘme chambre et dont les coups d’Ɠil Ă©quivoques du plus jeune laissent poindre un parfum d’inceste. L’aĂźnĂ© n’est cependant pas en reste puisqu’il laisse la porte de la salle de bain ouverte, exposant ainsi son corps nu, de mĂȘme que ses sĂ©ances de masturbation, au regard de son frĂšre. Bref, chaque personnage est susceptible de partir en vrille. Reste Ă  savoir qui va disjoncter le premier allant jusqu’à commettre l’irrĂ©parable et quel changement sera apportĂ© au statu quo prĂ©caire dans lequel ils surnagent pour le moment. Comme Ă  son habitude, cette nouvelle saison se distingue par une photographie splendide, une intrigue finement ciselĂ©e et des acteurs au sommet de leur art. Difficile de ne pas sombrer dans cette dĂ©bauche de richesse, de fausse sĂ©rĂ©nitĂ©, de fiel dĂ©guisĂ© en affabilitĂ© et de concupiscence des corps et des interdits.6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Les huit épisodes de The White Lotus (Le Lotus blanc) sont offerts, en anglais et en français, sur Crave et Super écran. https://www.youtube.com/watch?v=5-5mRdKQszI (bande-annonce française)

Quoi faire écrans

YELLOWJACKETS, SAISON 3 UN NOUVEAU SOUFFLE DE RÉSILIENCE ET DE TRAHISON !

AprĂšs une saison 2 qui sombrait dans un dĂ©lire mystique parfois agaçant, Yellowjackets retrouve son souffle en s’abreuvant aux sources vĂ©ritables de la sĂ©rie : la survivance des rescapĂ©es d’un accident d’avion et, 25 ans plus tard, le mystĂšre entourant l’élimination systĂ©matique de ces derniĂšres.

L’intrigue alterne efficacement entre leurs 19 mois de survie dans le Grand Nord canadien et la pĂ©riode actuelle, en 2021, oĂč de nombreux secrets entourant la nature de leur survivance se rĂ©vĂšlent progressivement, dont le recours Ă  une alimentation enrichie de protĂ©ine humaine Ă  base de cannibalisme. En 1996, des tensions Ă  couper au couteau embrasent la communautĂ© de survivantes et gĂ©nĂšrent une chasse aux sorciĂšres Ă  l’endroit de l’entraĂźneur Ben Scott (Steven Krueger), suspectĂ© d’avoir incendiĂ© leur refuge. Dans le prĂ©sent, les rĂ©vĂ©lations se multiplient au rythme des meurtres dont la raison d’ĂȘtre demeure un complet mystĂšre. On ignore par ailleurs toujours si l’ensemble des rescapĂ©.e.s ont bien Ă©tĂ© secouru.e.s : c’est notamment le cas de l’entraĂźneur Scott, dont le destin demeure suspendu Ă  un fil. Un des enjeux majeurs de la sĂ©rie rĂ©side dans le fait que peu de personnages inspirent vĂ©ritablement de la sympathie, que ce soit dans le passĂ© ou dans le prĂ©sent, puisqu’à l’instar du roman de William Golding Sa MajestĂ© des mouches (Lord of the Flies), les survivantes sombrent rapidement dans une structure sociale sauvage et violente, bĂątie autour de croyances mystico-religieuses toxiques. Cela dit, on peut heureusement compter sur deux protagonistes aux personnalitĂ©s totalement opposĂ©es. Dans le coin gauche, on retrouve Misty (Christina Ricci et Samantha Hanratty) , la marginale de l’école dont les dĂ©cisions imprĂ©visibles sont compensĂ©es par sa fragilitĂ© et son ingĂ©niositĂ©. Alors que dans le coin droit se trouve l’entraĂźneur Scott, qui demeure « relativement » Ă©quilibrĂ© et tente de se dĂ©tacher d’un groupe qui s’abĂźme rapidement dans le fanatisme. Il tient par ailleurs un discours fort Ă©mouvant lorsqu’il Ă©voque sa propre marginalitĂ© en tant qu’homme gai conspuĂ© par sa famille. Le couple formĂ© par Taissa (Tawny Cypress et Jasmin Savoy Brown) et Van (Lauren Ambrose et Liv Hewson) suscite Ă©galement l’intĂ©rĂȘt, mĂȘme si leurs actions sont souvent aux frontiĂšres de la criminalitĂ©. MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© de Shauna (Melanie Lynskey et la Canadienne Sophie NĂ©lisse) qui a un pied dans la paranoĂŻa et le second, dans le rationnel. Est-ce que cette nouvelle saison apportera des rĂ©ponses aux mystĂšres entourant l’élimination progressive des survivantes ? Ben Scott a-t-il survĂ©cu (on ne peut que l’espĂ©rer) et retrouvera-t-il Paul (François Arnaud), son copain qu’il a dĂ©laissĂ© avant l’accident d’avion ? À moins qu’il fasse office de bƓuf braisĂ© ? Misty trouvera-t-elle l’équilibre et la reconnaissance qu’elle recherche ? Bien des questions et, pour le moment, assez peu de rĂ©ponses. Demeure, cependant, le plaisir de contempler l’intrigant mystĂšre se dĂ©rouler devant nos yeux.6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | La sĂ©rie Yellowjackets est offerte, en anglais et en français, sur Crave et Super Écran. https://www.youtube.com/watch?v=x8FUUxj6yOA (bande-annonce anglaise)

SEVERANCE, SAISON 2 (DISSOCIATION)

ÊTRE À LA FOIS LE HÉROS ET LE TRAITRE !

titre d’inter. À la suite d’un concours de circonstances, les exters des deux hommes se retrouvent, mais Irving a dĂ©jĂ  un conjoint qui semble toutefois ouvert Ă  une relation Ă  trois (ou Ă  cinq, si on compte deux inters et deux exters).

Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, l’inter de Dylan (Zach Cherry) amorce une liaison avec l’épouse de son exter lorsqu’elle visite l’entreprise : il devient ainsi Ă  la fois l’amant et le cocu de cette relation. Finalement, dans un registre encore plus tordu, l’inter d’Helena (Britt Lower) rĂ©siste farouchement aux dictats de la compagnie, tout en se rĂ©vĂ©lant en ĂȘtre l’une des tĂȘtes dirigeantes : elle incarne donc Ă  la fois l’ennemi et la rĂ©sistance qui cherche Ă  l’éliminer. Mark ignore par ailleurs qu’un traitre se cache au sein de sa propre Ă©quipe d’inters puisque la compagnie est prĂȘte Ă  tout pour assurer le succĂšs d’une mystĂ©rieuse opĂ©ration, Cold Harbor, dont il semble constituer un Ă©lĂ©ment clĂ©. À quel titre ? Difficile Ă  dire, mais n’y aurait-il pas un lien avec un Ă©levage de chĂšvres cachĂ© dans l’un des bureaux ? Chaque Ă©pisode est empreint de rĂ©vĂ©lations surprenantes et de questionnements existentiels, parfois aux frontiĂšres de l’absurde. Certaines scĂšnes, notamment une intervention dans une boĂźte crĂąnienne, lors d’une tentative visant Ă  restaurer deux personnalitĂ©s, donnent le frisson, alors que d’autres sont d’un grand lyrisme. C’est plus particuliĂšrement le cas d’un montage de souvenirs, agencĂ© sur la « Valse Ă  mille temps » de Jacques Brel. La sĂ©rie reprĂ©sente ce qui se fait de mieux Ă  la tĂ©lĂ©vision. Un constat qui se reflĂšte dans une cote Rotten Tomatoes de 97 % pour les critiques et de 79 % chez les spectateurs. Le succĂšs est tel qu’une saison 3 est d’ores et dĂ©jĂ  confirmĂ©e et en cours de production. 6 BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | Les deux saisons de Severance (Dissociation) sont disponibles sur Apple TV, en anglais et dans deux excellents doublages français, dont un réalisé au Québec. https://www.youtube.com/watch?v=a0ytQegBNaM (bande-annonce française)

Fugues y était...

Ligue d'improvisation Gailaxie au Cabaret Mado | PHOTOS PASCAL FOREST

Le 5@7 du Club des Phoénix de Montréal au Bar Aigle Noir | PHOTOS PASCAL FOREST

JEAN-PIERRE ET PAUL, LE PRÉSIDENT DU CLUB DES PHOÉNIX DE MONTRÉAL.
DJ FLAVIO
RENCONTRE DES MEMBRES AU 2E ÉTAGE.
Bonne FĂȘte Sally D au Bar Le Cocktail | PHOTOS PASCAL FOREST
DIAMONDS PAR LA BELLE ESIRENA.
NANA ET MADO VOUS REÇOIVENT !
PHOTO DE FAMILLE DANS LES LOGES AVANT LE MATCH DU DIMANCHE SOIR AU CABARET MADO.
VICTOIRE DE ROCKWELL ANIMAIT CE MATCH DE LA LIGUE D'IMPRO GAILAXIE.
LADY MONROE, UMA GAHD, LA FÊTÉE SALLY D. ET EMMA DÉJÀ VU.
RAINBOW ÉTAIT L'UNE DES INVITÉES DE MADO.
Mado reçoit... au Cabaret Mado l | PHOTOS PASCAL FOREST

Quoi

CONCOURS M. OURS ET WEEKEND SUGARBEAR

Plus d’évĂ©nements que jamais pour les «bears» !

C’est une fin de semaine du tonnerre qui s’annonce pour la communautĂ© ours en avril.  Partys, cabane Ă  sucre et, bien sĂ»r, le tant attendu Concours M. Ours MontrĂ©al 2025 qui se tiendra dans le cadre du Sugar Bear Weekend, du 10 au 13 avril prochain, et dont le thĂšme sera la
 crĂšme fouettĂ©e ! Et pourquoi pas ! Ce sera dĂ©jĂ  le temps pour Bilal Sakr, M. Ours 2024, de passer le flambeau Ă  un nouveau titrĂ©. À qui Bilal remettra-t-il la couronne ? Six candidats se prĂ©senteront sur la scĂšne du Stock Bar le vendredi soir. Ce sera le 7e concours du genre dans la mĂ©tropole. Plus que jamais, les ours seront Ă  l’honneur !

«Ce sera un trĂšs beau festival pour les bears et ceux qui les aiment», indique Julien Serre, vice-prĂ©sident de Bear It et M. Ours 2019. Et on ne doute pas une seule seconde que ce sera le cas


Le weekend dĂ©butera par une soirĂ©e Ă  l’Aigle Noir, le jeudi 10 avril, intitulĂ©e «Dessine-moi un ours». Il s’agit d’un Ă©vĂ©nement de body painting avec black light, de 18h Ă  22h, qui sera animĂ© par Sally-D. Comme la crĂšme fouettĂ©e est la thĂ©matique de cette annĂ©e, les ours pourront se dĂ©saltĂ©rer avec un shooter appelĂ© «blow job» ! «C’est une soirĂ©e trĂšs amusante qui revient comme l’an passé», de dire Nicolas Wegel, prĂ©sident de Bear It, le groupe qui organise ce concours. Ce sera aussi le moment de la prĂ©sentation des six candidats en lice : Nicolas, Alex, Mickael, Axl, Nissim et Édouard qui connaĂźtront, lors d’un jeu, leur ordre de participation au concours du lendemain.

Une compétition sous le signe du plaisir

Puisqu’on parle de la compĂ©tition de M. Ours 2025, celle-ci se dĂ©roulera le vendredi soir. D’abord, un prĂ©-concours accueillera les convives (Stock & Soda), soit le Cocktail des Ours, dĂšs 18h. Suivra le concours Ă  proprement parler Ă  partir de 20h et animĂ© par l’éclectique S asha Baga. «Il y aura tout un numĂ©ro d’ouverture de cette soirĂ©e-lĂ  par Bilal et se sera Ă  la hauteur de son annĂ©e de titré», souligne Nicolas Wegel, sans vouloir dĂ©voiler quoi que ce soit. Chaque candidat portera une des sept couleurs du drapeau bear. «Dans l’idĂ©al, on aimerait avoir sept candidats au maximum, chacun ayant sa couleur [du drapeau], dit Nicolas Wegel. On veut aussi que les gens s’amusent, que ce soit comme un spectacle et que chacun puisse choisir un numĂ©ro dans lequel il est Ă  l’aise.»

Le jury cette annĂ©e sera composĂ© de Barbada, qui en sera la prĂ©sidente, de Danny Jobin (propriĂ©taire du Stock, Stock & Soda, Club Date et District Video Lounge), d’Oswaldo Guttierez

Bayardi (directeur communications et marketing à Fierté Montréal ), de Silas (titré Pup Montréal 2019) et de Jonathan Grandolfo (copropriétaire de la boutique Mistrbear).

On s’est laissĂ© dire qu’il y aura de la bouffe durant le concours et il y a fort Ă  parier que la crĂšme fouettĂ©e sera sur le menu !

AprĂšs avoir couronnĂ© le nouveau titrĂ©, tout ce beau monde se dirigera vers le bar Stud pour le party Loaded With Bears. La section Atrihom de ce club recevra les fĂȘtards dĂšs 22h avec DJ Diskommander pour faire bouger les bears. «C’est un Ă©vĂ©nement totalement nouveau et diffĂ©rent de l’an dernier», explique Nicolas Wegel. «On s’est rendu compte, par les commentaires, que les gens avaient envie de fĂȘter et de se rassembler aprĂšs le concours.»

D’autres Ă©vĂ©nements festifs

Le samedi 12 avril, entre 13h et 16h, vous pourrez mesurer votre habiletĂ© Ă  scier une bĂ»che, Ă  l’Aigle Noir, avec «Taille-moi une bĂ»che». Une fois que vous aurez bien suĂ©, ce sera l’occasion de «relaxer» et d’aller prendre un bain au sauna G.I. Joe, lors du populaire Bear Splash, de 16h Ă  20h. Et, comme dit la fameuse devise, ce qui se passe au Bear Splash restera au Bear Splash ! Mais ce n’est pas tout, les festivitĂ©s du samedi se poursuivront au Hall Ste-Catherine pour le party endiablĂ©, le «Thick & Creamy», avec le DJ de Halifax, Joshua Reid, de 22h Ă  3h.  Dimanche 13 avril, l’Atrihom du Stud se transformera en cabane Ă  sucre pour recevoir les ours qui auront le goĂ»t de se sucrer le bec. Bouffe, animation et prix de prĂ©sence vous attendent de 13h Ă  16h. Une fois la panse bien remplie, quoi de mieux que d’aller voir un spectacle au bar Le Cocktail oĂč les drags Sally-D, Chouchoune et Michel Dorion Ă  l’animation (de 18h Ă  20h) se donneront Ă  fond lors du «Sugar Drag Show».

«Nous avons beaucoup de plaisir Ă  monter tout ce week-end-là» insiste Hugo Deschamps, responsable des communications de Bear It. «On travaille trĂšs fort, mais ce n’est pas grave, car on aime ça».

«L’édition de 2023 avait marquĂ© le retour du concours», rappelle Olivier, secrĂ©taire du conseil d’administration de Bear It. «Les Ă©vĂ©nements ours manquaient beaucoup Ă  MontrĂ©al. AprĂšs la COVID-19, il y avait ce besoin de se rassembler, de rendre ça plus festif, de vivre quelque chose de commun, sans se sentir jugĂ© ou dĂ©valorisĂ©, que les bears puissent se sentir comme ils sont, tout simplement. Oui, il y a le concours et on organise des Ă©vĂ©nements dans les bars, mais l’étĂ© on fait aussi des activitĂ©s extĂ©rieures, comme dans les campings gais par exemple. C’est diversifiĂ© et toujours avec la volontĂ© de rassembler les gens et qu’ils s’y sentent Ă  l’aise.»

Les organisateurs se rendent compte que cette fin de semaine de concours attire une clientĂšle de visiteurs de l’extĂ©rieur de la ville, comme de Fort Lauderdale, de Vancouver, du Labrador, d’Europe et d’ailleurs aux États-Unis, etc. D’ailleurs, on travaille tranquillement Ă  transformer le Bear «weekend» en Bear «week».

«Il y a trois grands festivals ours/ bears Ă  travers le monde, soit Ă  Sitges en Espagne, Ă  Provincetown et Puerto Vallarta en ce moment. Il y en a d’autres plus petits, mais ce sont les plus importants. On s’est dit qu’on pourrait faire un festival avec un climat diffĂ©rent, des chemises Ă  carreaux de bĂ»cherons, du sirop d’érable, etc. On s’oriente vers ça : offrir de plus en plus une destination internationale bear incontournable dans l’avenir», conclu Nicolas Wegel, le prĂ©sident de Bear It.

Sur la section internationale du site de bearitmtl.com, on est Ă  mĂȘme de constater la diversitĂ© et le nombre d’activitĂ©s bears internationales. Christian (Chris), un nouveau venu dans l’organisation, est chargĂ© des Ă©vĂ©nements ours que ce soit en France ou ailleurs.

Parmi les nombreux partenaires, en plus des Ă©tablissements mentionnĂ©s, on retrouvera d’ailleurs Tourisme MontrĂ©al et la SociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement commercial (SDC) du Village. D’ailleurs, l’ancien et le nouveau responsable des communications Ă  la SDC du Village, soit respectivement Franck Descoteaux et Éric Therrien Nadeau, font partie du comitĂ© organisateur du Bear weekend.

Petite note sympa pour terminer, toutes les photos des affiches/événements avec des ours montréalais ont été croquées par le photographe Andréa Robert Lezak, responsables chez Fugues des réseaux sociaux et de la production vidéo.  6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | SUGAR BEAR WEEKEND, du 10 au 13 avril 2025

https://www.bearitmtl.com/sugar_bear_weekend/sugar-bear-weekend-2025/ Concours M. OURS 2025, le 11 avril 2025

https://www.bearitmtl.com/candidature-m-ours-2025/

LES SOIRÉES LESBIENNES QUARTZ

QUARTZ soirĂ©es lesbiennes remportent de plus en plus l’adhĂ©sion. Notez les dates des deux Ă©ditions qui se dĂ©rouleront durant le mois d’avril au Bar Confessionnal dans le Vieux-MontrĂ©al.

10 avril dĂšs 21h

QUARTZ ‱ ÉDITION SPÉCIAL DATING

QUARTZ soirĂ©es lesbiennes vous amĂšne tout droit vers une Ă©dition unique hors de la programmation habituelle afin de vous donner la chance de passer une douce soirĂ©e aux cĂŽtĂ©s de cĂ©libataires qui cherchent, tout comme vous, Ă  rencontrer l'Ăąme sƓur! Vous avez fait le tour des applications de rencontres et vous ĂȘtes lassĂ©es de ce systĂšme virtuel? Le 10 avril prochain, de vĂ©ritables tĂȘte-Ă -tĂȘte pourront se rĂ©aliser dans un espace sĂ©curitaire et dĂ©diĂ© Ă  la communautĂ© lesbo-queer! L’occasion est idĂ©ale d’y prendre un verre et d’y croiser le regard de celle qui pourrait bien faire battre votre cƓur!

Au Bar Confessionnal (431 rue McGill, Montréal). Métro Place Victoria. Entrée : 15 $ https://www.facebook.com/events/2139611786495502/

24 avril dĂšs 21h

FOLLOW THE RABBIT WHO CARRIES THE CHERRIES EDITION

Cette Ă©dition promet le plus enivrant des dĂ©lires colorĂ©s! QUARTZ sera Ă  la fois torride, chaotique et un vĂ©ritable blast manga pour le mois d'Avril et le rpintemps! Comme Ă  toutes les soirĂ©es lesbiennes QUARTZ, viens rencontrer ta gang, boire un verre, danser et admirer des performances d'artistes incroyables, dont Myrai et Smookie. Et pourquoi pas en profiter pour te faire tatouer avec Le Jardin d'Encre. DJ POPTRT fera brĂ»ler le dancefloor avec les hits les plus hot. Encore une fois, l’occasion d’une expĂ©rience grandiose!

Au Bar Confessionnal (431 rue McGill, Montréal). Métro Place Victoria. Entrée : 15 $ https://www.facebook.com/events/2133831313680301/. 6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

LIEUX LGBTQ+ DE RENCONTRES

BARS, CABARETS, CLUBS, TAVERNES ET PUBS

AIGLE NOIR

1315, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-0040 / www.facebook.com/Bar.Aigle.Noir

Populaire bar pour hommes, ouvert Ă  tous, oĂč se cĂŽtoie une clientĂšle diversifiĂ©e de tous les genres et de tous les Ăąges. C'est un lieu inclusif impliquĂ© dans la communautĂ©. Dans la Zone sport, on diffuse des Ă©vĂ©nements sportifs. Table de billard.

Popular bar for men, open to all, where a diversified clientele of all genres and all ages mix. It's an inclusive place involved in the community. In the Sport Zone giant screen major sporting events. Pool table.

BISTRO

PUB FRONTENAC

2532 rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514 527-2532 / www.facebook.com/Pub-Frontenac

Bar de quartier à la porte du Village. Un samedi par mois Dominic Sommers personnificateur féminin vous offre des performances Live. FB groupe : Dominic Sommers. Karaoké deux vendredis par mois, animé par Dodo & Gigi.

Neighborhood bar at the door of the Village. One Saturday a month Dominic Sommers female impersonator offers you Live performances. FB group: Dominic Sommers Karaoke two Fridays a month, hosted by Dodo & Gigi.

BAR LE COCKTAIL

1669, rue Sainte-Catherine Est, Mtl.

T. 514-597-0814 / www.barlecocktail.com

Le Cocktail est certainement l'un des plus chics endroits du village ! Il vous offre des performances de drag queens et des soirées de karaoké enflammées. Du jeudi au dimanche : spectacles et soirées à thÚme sous la direction artistique de Michel Dorion.

CAMPUS

1111, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-526-3616 / www.campusmtl.com

Populaire bar oĂč les danseurs nus, pour la plupart assez musclĂ©s ou dĂ©coupĂ©s exhibent leur anatomie... pour le plus grand plaisir de la clientĂšle. Ouvert tous les jours de 15h Ă  3h.

Popular bar where guys show their muscles, shizelled body... and the rest. Open daily from 3 pm to 3 am.

DIAMANT ROUGE

1681, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.facebook.com/Diamant-Rouge

Diamant Rouge est un strip bar qui permet Ă  sa clientĂšle d’apprĂ©cier visuellement l’esthĂ©tique des corps masculins.

Dianmant Rouge is a strip club that allows its customers to appreciate the aesthetics of male bodies.

DISTRICT VIDEO LOUNGE

1365, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 438-387-3622 / www.districtvideolounge.com

Bar concept Ă  l’ambiance relaxe avec clientĂšle de jeunes professionnels LGBTQ+. Écrans gĂ©ants avec diffusion de vidĂ©oclips et beaucoup plus.

Video bar at the heart of the Gay Village. Relaxed atmosphere with mainly LGBTQ+ young professionals. Large screens with music clips.

MOTEL MOTEL

1276, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.motelmotel.ca

Motel Motel est une adresse fluide. C’est une buvette de quartier, mais en franchissant la porte dans les toilettes on accùde à un bar à l’arriùre qui s’inspire du concept de bar clandestin.

L’ORAGE ESPACE LIBERTIN CLUB PRIVÉ

7700 12e Avenue, Mtl. www.orage.club

Avec son bar lounge, sa discothĂšque et ses deux Ă©tages Ă  aires ouvertes, L’Orage Espace libertin Club privĂ© est un endroit unique pour les amoureux d’érotisme, de sexualitĂ© basĂ©e sur le voyeurisme et l’exhibitionnisme! SoirĂ©e DiversitĂ© tous les jeudis.

With its lounge bar, its nightclub and its two open-plan floors, L’Orage Espace libertin Club PrivĂ© is a unique place for lovers of eroticism and sexuality based on voyeurism and exhibitionism! Diversity evening every Thursday.

PIANO BAR LE DATE

1218, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-1242 / www.ledatekaraoke.com

Piano bar relax avec soirées karaoké tous les jours. Neighbourhood piano bar with karaoke every night.

LE RENARD

1272, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. www.bar-renard.com

Petit bar de quartier, trÚs charmant à la déco design face à la station Beaudry.

Small, trendy and design neighborhood bar in front of Beaudry metro station.

STUD MONTRÉAL

1812, rue Sainte-Catherine Est, Mtl. T. 514-598-8243 / www.lestudmontreal.com

Bar Ă  la clientĂšle variĂ©e oĂč les hommes aiment les hommes et oĂč les Bears se rencontrent aussi. Nombreux partys et soirĂ©es Ă  thĂšme tout au long de la semaine. Piste de danse. Il faut visiter «L’Atrihom», une verriĂšre de 30 pieds de haut avec mur vĂ©gĂ©tal, que ce soit pour une date, manger ou simplement pour prendre un verre.

Stylish cabaret with a varied clientele where you can let go and relax with friends while enjoying a drag queen show or karaoke. Thursday through Sunday : shows and theme evenings under the artistic direction of Michel Dorion.

COMPLEXE SKY

1474, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-529-6969 / www.complexesky.ca

Le Complexe Sky avec ses trois Ă©tages et sa terrasse sur le toit dotĂ©e d’un jacuzzi est le plus grand complexe gai de la ville.

Sky Complex is the largest gay complex in the city and offers three levels including a terrace on the roof with a jacuzzi.

CABARET MADO

1115, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-525-7566 / www.mado.qc.ca

Cabaret populaire, Mado prĂ©sente des spectacles de drags ou des Ă©vĂ©nements spĂ©ciaux tous les jours. Mado Lamotte «reçoit« les vendredis et samedis soirs


Mado's popular Cabaret features drag shows or special events every day. Mado Lamotte "receives" on Friday and Saturday evenings...

Motel Motel is a fluid address. It's a neighborhood bar, but through the door in the toilets you reach a bar at the back which is inspired by the concept of a clandestine bar.

LE NORMANDIE

1295, rue Atateken, Mtl. T. 514-303-4013 / www.taverne-normandie.ca

Le Normandie est l’un des plus anciens Ă©tablissements gais dans le Village. Vous y retrouverez une clientĂšle des plus sympathiques pour vos 5 Ă  7 avec une sĂ©lection de biĂšres et de scotchs d’une grande variĂ©tĂ©. Tous les soirs de la semaine, c’est le karaokĂ©.

The Normandie is one of the oldest gay establishments in the Village. Redecorated recently, it gathers a friendly clientele. It offers a variety of beers and scotches. Every night it’s karaoke night!

Diverse crowd, a meeting place for Bears. Popular bar with dance floor. Several partys and themed nights monthly. The ‘’Atrihom’’ is a 30 feet high green house where you can also eat.

ROCKY

1673, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-521-7865 / www.facebook.com/tavernerocky

Bar de quartier avec une clientĂšle mature oĂč l’on propose rĂ©guliĂšrement des spectacles de chanteurs.

Neighbourhood bar with a mature crowd. Guest singers regularly.

STOCK BAR

1171, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-842-1336 / www.stockbar.com

Le Stock Bar est un club de danseurs nus qui offre un cadre festif, respectueux et sécuritaire. Le lieu compte aussi un speakeasy plus cosy pour les danses
 et un bar-terrasse ouvert sur la rue.

Stud Bar is a nude dance club that offers a festive, respectful and safe environment. More cosy in the speakeasy space ideal for private dances and also a section open on the street.

SEV
GINA PATRONA DANS QUI À LE DROIT DE SANTA.
JESSIE PRÉCIEUSE EN PRESTATION.
TRACY TRASH FAIT SON SHOW CHAQUE DIMANCHE AU CABARET MADO.
SAMI LANDRY À L'ANIMATION DES OLYMPIADES GAMELIN.

Le party Locker Room vous attend en avril

L’annĂ©e derniĂšre s’était terminĂ©e avec le toujours attendu party FROSTY, le 28 dĂ©cembre, au Bain Mathieu, qui a rassemblĂ© plusieurs centaines de gars tous plus hots les uns que les autres
 Pour bien commencer 2025, District Events nous prĂ©sente son Ă©vĂ©nement toujours populaire : le party Locker Room. Quand ? Vendredi le 18 avril prochain, soit durant le week-end pascal, de 22 h à 3 h, au club Newspeak !

L’alignement de cette soirĂ©e-lĂ  comprend le DJ de renommĂ©e internationale Cindel (de Chicago) et, en ouverture, le DJ montrĂ©alais Reid Bourgeois, que les party goers des Districts connaissent bien puisque c’est presque un habituĂ© maintenant.  PrĂ©parez vos outfits les plus sexy : sports, jockstraps, sneakers, singlets, socks, pup, fĂ©tiche ! Laissez-vous aller Ă  vos fantasmes
 L’ambiance chaude, humide, sensuelle et langoureuse d’un vestiaire sportif, un locker room, n’en tient qu’à vous. Alors, mettez-y du piquant ! Et que serait un tel Ă©vĂ©nement aussi festif sans le concours des trĂšs sexy danseurs gogos les District Boyz !

Ne manquez pas cette soirĂ©e incontournable, oĂč les sons endiablĂ©s, l’ambiance Ă©lectrisante et la chaleur d’un vestiaire sportif vous attendent. PrĂ©parez-vous Ă  faire la fĂȘte, Ă  danser jusqu’au matin et Ă  rencontrer des gens aussi passionnĂ©s que vous. Le 18 avril, au Newspeak, c’est le moment de laisser libre cours Ă  vos fantaisies et Ă  votre style. Alors, quelles que soient vos prĂ©fĂ©rences, que ce soit en jockstrap, en singlet ou en sneakers, c’est dans le vestiaire que ça se passe !

Le Locker Room n’est pas simplement un Ă©vĂ©nement, c’est une expĂ©rience immersive qui rĂ©unit une communautĂ© de passionnĂ©s prĂȘts Ă  vivre une nuit d’exception. Laissez-vous emporter par les rythmes envoĂ»tants de Cindel et Reid Bourgeois, qui feront battre vos cƓurs au mĂȘme tempo, tandis que les danseurs sexy du District Boyz vous feront vibrer Ă  chaque mouvement.

Le Newspeak, avec son ambiance moderne et sa capacitĂ© Ă  plonger ses invitĂ©s dans une atmosphĂšre Ă©lectrique, est le lieu idĂ©al pour cette fĂȘte explosive. Plus qu’un simple club, c’est un espace oĂč la musique et la danse se mĂȘlent Ă  une Ă©nergie collective, un endroit oĂč chaque participant devient une partie essentielle de l’évĂ©nement. C’est la promesse d’une nuit de folie, oĂč les frontiĂšres s’effacent et oĂč l’on se retrouve tous ensemble dans un mĂȘme Ă©lan de libertĂ© et de plaisir.

L’atmosphĂšre tropicale fut toujours aussi allĂ©chante le dimanche 9 fĂ©vrier dernier pour le District Pool Party, Ă  Puerto Vallarta. « Notre Ă©vĂ©nement au Mantamar Beach Club avec le DJ de MontrĂ©al, Paskal Daze, s’est trĂšs bien passĂ© sous le chaud soleil du Mexique. Plusieurs QuĂ©bĂ©cois Ă©taient prĂ©sents pour cet Ă©vĂ©nement-lĂ  », dit Pascal Lefebvre, le porte-parole de District Events qui organise ces partys. 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | De 22 h à 3 h, au club Newspeak, 1403, rue Sainte-Élisabeth, au centre-ville. Billets en vente sur : https://www.districteventsmtl.com

Nouvel horaire

DES SPECTACLES POUR LES JEUDIS, VENDREDI ET SAMEDIS : 21H 30 À 23H SUIVI DU KARAOKÉ DÈS 23H

MARDI 19H30 AUX DEUX SEMAINES

SOIRÉE D'HUMOUR ‘’OPEN MIC’’ / 1ER ET 15 AVRIL

JEUDI 21H 30 (ADMISSION 9$)

DEMI- FINALE DU CONCOURS MX COCKTAIL

10 -17 - 24 AVRIL

ANIMATRICES : CRYSTAL STARZ, EMMA DÉJÀVU & CHOUCHOUNE

PRÉSENTÉ PAR STELLA ARTOIS

VENDREDI 21H 30 (ADMISSION 11$)

VENDREDI FOU!

ANIMATION MICHEL DORION ET SES INVITÉS

SAMEDI 21H 30 (ADMISSION 15$)

DRÔLES DE DRAGS!

ANIMATION PAR ALTERNANCE : EMMA DÉJÀVU, CRYSTAL STARZ, LADY BOOM BOOM ET LEURS INVITÉS

Michel Dorion

SoirĂ©e artistique «Drink & Draw’’

DIMANCHE 18H (ADMISSION 5$)

DIMANCHE-SHOW! ANIMATION MICHEL DORION ET SES INVITÉS

MERCREDIS 2 -16 - 30 AVRIL / 20H LAISSEZ-VOUS GUIDER PAR VOTRE ESPRIT CRÉATIF!

DIMANCHE 21H AUX DEUX SEMAINES

PLACE À LA RELÈVE (CONTRIBUTION VOLONTAIRE)

ANIMATION SALLY-D

DIMANCHE 13 AVRIL – 18H

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GROUPE HOM

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STÉRÉO BAR

858, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514-658-2646 / www.stereobar.tickit.ca

Le bar du lĂ©gendaire afterhour situĂ© dans le Village est dotĂ© d’un excellent systĂšme de son. ClientĂšle mixte. DJs locaux et de renommĂ©e internationale de passage rĂ©guliĂšrement.

The bar of legendary afterhour in the Village has an excellent sound system. Mixed clientele. Local and Internationally renowned DJs.

TABOO

1950, boul. de Maisonneuve Est, Mtl. T.514-504-6161 / www.facebook.com/BarleTaboo Sympathique bar de danseurs nus. Pleasant bar with nudedancers.

UNITY CLUB

1171, rue Sainte-Catherine Est, 2e Mtl. T. 514-523-2777 / www.clubunity.com

Le club Unity est un grand club oĂč on danse les jeudis, vendredis et samedis.

The Unity Club is a large dance club open on Thursday, Friday and Saturday.

RESTOS AVEC BAR

KEELA

1237, rue Atateken, Mtl. T. 514-528-7617 / www.restokeela.ca

Ce resto de quartier convivial offre des vins pour la plupart bios ou natures et de délicieux cocktails.

This friendly neighborhood restaurant offers mostly organic or natural wines and delicious cocktails.

SALOON

1333, rue Ste-Catherine Est, Mtl www.lesaloon.ca

Bistro-bar Ă  l’atmosphĂšre dĂ©contractĂ©e oĂč l’on peut simplement prendre un verre avant un Ă©vĂ©nement ou y passer la soirĂ©e entiĂšre.

Bistro-bar with a relaxed atmosphere where you can simply have a drink before an event or spend the entire evening there.

BLOSSOM

1101, boul. de Maisonneuve est, Mtl. T. 514-379-3699 / www.leblossom.ca

Ce resto propose de la cuisine néo-japonaise, des suschis, mais aussi une importante sélection de saké et de whiskys japonais.

This restaurant offers neo-Japanese cuisine, sushi, but also a large selection of sake and Japanese whiskeys.

PALME

1487, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 529-8480 / www.restopalme.ca

Resto qui propose des saveurs originales des caraïbes. Grande sélection de rhums et de cocktails de haute voltige.

Restaurant that offers original Caribbean flavors. Large selection of rums and high-flying cocktails.

BARS EN RÉGION

CABARET CLUB LE DRAGUE

815, rue Saint-Augustin, Québec T. 418-649-7212 / www.ledrague.com

Complexe ouvert Ă  tous et Ă  toutes, comprenant: la verriĂšre et le Cabaret. La discothĂšque sur deux niveaux est ouverte du jeudi au samedi..

Complex open to all, including: the glass roof and the Cabaret. The two-level nightclub is open from Thursday to Saturday .

LE ST-MATTHEW’S

889, CÎte Sainte-GeneviÚve, Québec, QC G1R 5M2 T. 418-524-5000 / www.facebook.com/bar.stmatthews

Bar gai principalement frĂ©quentĂ© par des hommes. On y trouve une table de billard, une terrasse et des appareils de loterie vidĂ©o. Les moments forts sont les weekends, de mĂȘme que les 5 Ă  7.

This gay bar mostly frequented by men. There is a pool table, patio and video lottery machines. The highlights are the weekends, as well as the Happy Hour.

SAUNAS DE MONTRÉAL

La prĂ©sence des saunas pour hommes Ă  MontrĂ©al date depuis trĂšs longtemps. D’ailleurs, le Bain Colonial, ouvert il y 109 ans, est toujours en activitĂ©, faisant de lui le plus vieux — ou l’un des plus vieux — saunas pour hommes toujours en activitĂ© en AmĂ©rique. Depuis le dĂ©but des annĂ©es ’70, d’autres Ă©tablissements ont ouvert leurs portes pour servir les hommes GBTQ en tant qu’espaces de dĂ©tente et de bien-ĂȘtre contribuant Ă  la vie socio-culturelle de la rĂ©gion mĂ©tropolitaine, en offrant un espace inclusif de rencontres pour la communautĂ©.

SAUNA CENTRE-VILLE

1465, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 524-3486 / www.saunacentreville.com

Le Centre-Ville est fréquenté par une clientÚle de tous ùges et de toutes catégories professionnelles.

This sauna attracts a varied clientele from all ages and professional backgrounds.

BAIN COLONIAL

3963, ave Coloniale, Mtl. T. 514 285-0132 / www.baincolonial.com

FrĂ©quentĂ© par une clientĂšle majoritairement gaie. Sur trois Ă©tages, le Colonial vous permet la dĂ©tente et, qui sait, de belles rencontres. Le Colonial vous offre 3 saunas, bain tourbillon, salle de vidĂ©o-tv, salle d'exercices, service de massage, 2 terrasses ainsi qu’un stationnement.

Attracts a crowd of regulars, mostly gay. Genuine steam system with natural rocks. The Colonial offers 3 saunas, whirlpool bath, video-TV room, exercise room, massage service, 2 terraces and parking.

SAUNA OASIS

1390, Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 521-0785 / www.saunaoasis.net

En plein cƓur du Village. Plus d'une centaine de chambres et autant de casiers.

In the heart of the Village. Over one hundred rooms.

SAUNA CARPEDIEM

3481, Montée Saint-Hubert, St-Hubert. T. 450 462-3481 / www.saunacarpediem.com

Seul sauna de la Rive-Sud Ă  offrir un sauna vapeur en plus des services rĂ©guliers (sauna sec et tourbillon) ainsi qu’une salle vidĂ©o de type «auditorium». On peut y faire l’achat de certains gadgets sexuels. Stationnement gratuit Ă  l’arriĂšre

The only South Shore sauna with a steam room with all regular services (hot tub & dry sauna) and an «Auditorium» style video room. One can also buy a diversity of sexual toys. Free parking at the back.

G.I. JOE

1166, rue Ste-Catherine Est, Mtl. T. 514 528-3326 / www.saunagijoe.com

Le lieu des amateurs de fétichisme qui retrouvent là un endroit pour réaliser leurs fantasmes.

The sauna of the fetish loving crowd. With slings, glory holes and a bunker.

SAUNAS DE QUÉBEC

SAUNA

BACKBOYS

264, Rue de la Couronne, Québec T. 418-521-6686 / www.saunabackboys.com

Situé dans le quartier St-Roch, ce sauna compte 45 chambres et casiers, glory holes, bain vapeur, labyrinthe, sauna sec et bain tourbillon.

Located in the St-Roch district of Quebec, this sauna has 45 rooms and lockers, glory holes, steam bath, labyrinth, dry sauna and whirlpool.

Chronique porte-voix

Qui mĂšne vraiment ?

Il s’est agenouillĂ© devant moi, son regard rivĂ© au mien avec une intensitĂ© qui frĂŽlait l’indĂ©cence. Ses mains glissaient sur mes hanches, marquant leur prĂ©sence sur chaque centimĂštre de ma peau. Son souffle, lent et brĂ»lant, s’attardait sur mon bas-ventre. Il prenait tout son temps, et j’en redemandais. J’ai fermĂ© les yeux et savourĂ© l’instant. Puis, sans un mot, il s’est retournĂ© face contre le mur, s’offrant tout entier.

J’étais persuadĂ© que, cette fois enfin, c’était moi qui mĂšnerais la danse. Parce qu’on m’a toujours dit que celui qui pĂ©nĂštre est celui qui dirige. Ça semblait logique. Pourtant, plus mes mains parcouraient son corps, plus je sentais que c’était lui qui imposait le rythme. Je ne faisais que suivre ses soupirs, rĂ©pondre Ă  ses frissons. Le premier homme que j’ai dĂ©sirĂ© m’avait dĂ©jĂ  enseignĂ© cette leçon, sans mĂȘme le savoir. J’avais dix-huit ans, lui trente-deux. Grand, musclĂ©, une voix grave faite pour commander. Il bougeait avec l’aisance de ceux qui n’ont jamais eu Ă  douter. Je croyais qu’il contrĂŽlait tout, que je n’étais qu’un corps entre ses mains. Puis il y a eu cette pause – brĂšve, presque imperceptible,

mais trop prĂ©cise pour ĂȘtre un hasard. Il s’est figĂ© une seconde, ses yeux ont cherchĂ© les miens. Pas par hĂ©sitation, mais pour attendre mon feu vert. LĂ , tout a basculĂ© : sans mon accord, il n’aurait rien eu. Mais Ă  l’époque, je ne comprenais pas encore toute la finesse de ce jeu. Ce n’est qu’aprĂšs d’autres nuits, d’autres corps, que j’ai saisi que cette pause en disait plus sur le dĂ©sir que n’importe quel coup de bassin.

Ce moment m’est restĂ©. Il a mis le doigt sur quelque chose qu’on questionne rarement. Qui mĂšne vraiment ? Celui qui prend le contrĂŽle ou celui qui l’accorde ? Celui qui guide ou celui qui choisit de s’abandonner ?

On a grandi avec cette idĂ©e que celui qui donne est celui qui dirige, et que l’autre suit. Des rĂŽles figĂ©s dans l’imaginaire collectif, nourris par le porno, les applis et ces conversations d’ego qui, trop souvent, rĂ©duisent le sexe Ă  un rapport de force. Comme si la pĂ©nĂ©tration devait forcĂ©ment placer l’un au-dessus, l’autre en dessous – dans tous les sens du terme. Dans le feu de l’action, rien n’est aussi simple. Les rĂŽles vacillent, se redĂ©finissent au grĂ© des soupirs. Certains tops hĂ©sitent, cherchent la validation d’un passif plus affirmĂ©. Et il y a des bottoms qui, loin de se soumettre, prennent les rĂȘnes, imposent le rythme et orchestrent l’acte avec une aisance dĂ©concertante. Tout ce qu’on pensait savoir disparaĂźt dans la chaleur des draps.

Qu’on prĂ©fĂšre donner, recevoir ou alterner, ce n’est pas ça, l’enjeu. C’est qu’on attribue encore trop souvent Ă  ces rĂŽles une hiĂ©rarchie absurde, comme si, au lit, il fallait forcĂ©ment un dominant et un dominĂ©.

J’ai entendu des gars jurer qu’ils « ne se feraient jamais prendre », comme si l’idĂ©e mĂȘme de recevoir les mettait en position d’infĂ©rioritĂ©. Ironiquement, certains de ces tops autoproclamĂ©s avaient dĂ©jĂ  senti mon corps les traverser, frĂ©missant sous un plaisir qu’ils prĂ©fĂ©raient taire une fois habillĂ©s. Le paradoxe Ă©tait savoureux.

À l’inverse, combien se sont excusĂ©s d’ĂȘtre 'plutĂŽt passifs', comme s’ils confessaient une faiblesse. Pourtant, ces gars-lĂ  contrĂŽlaient tout au lit. Le rythme, l’intensitĂ©, les positions. Tout. La preuve que recevoir, ça n’a rien Ă  voir avec l’idĂ©e d’infĂ©rioritĂ© qu’on nous vend partout. C’est une prise de pouvoir comme une autre – peut-ĂȘtre mĂȘme la plus subtile et la plus jouissive.

Être top, ce n’est pas juste faire du va-et-vient dans l’autre en espĂ©rant qu’il suive. C’est Ă©couter son partenaire, sentir quand ralentir ou accĂ©lĂ©rer, savoir dĂ©coder un soupir qui veut dire « attends un peu » ou « vas-y plus fort ». Un top qui n’écoute pas n’a rien d’un dominant. C’est juste un gars qui se masturbe avec un corps sous lui. Un bottom qui fait juste l’étoile, ce n’est pas de la soumission, c’est de la rĂ©signation. Être passif, ça ne veut pas dire ĂȘtre immobile et attendre que ça passe. C’est dicter le rythme, donner ou retirer des permissions sans nĂ©cessairement avoir besoin de parler.

Je repense parfois Ă  ce premier homme, celui de mes dix-huit ans. Avec le recul, je comprends mieux ce qui m’a marquĂ© ce soir-lĂ . Ce n’était pas son contrĂŽle apparent qui m’avait conquis, mais prĂ©cisĂ©ment le fait qu’il sache quand arrĂȘter, quand Ă©couter, quand attendre. En rĂ©alitĂ©, il ne m’a rien imposĂ© : il m’a juste donnĂ© exactement ce que j’étais prĂȘt Ă  recevoir.

Et si on arrĂȘtait de vouloir prouver quelque chose chaque fois qu’on baise ? Le sexe n’a rien Ă  prouver. Il ne s’enferme pas dans des cases, il ne se plie pas aux attentes. Le vrai sexe, c’est brut, c’est instinctif, c’est un instant oĂč tout s’efface, oĂč il n’y a plus que l’autre. Sa chaleur sur ta peau, son souffle sur ta nuque, cette tension qui monte et qui t’emporte. C’est ça, l’abandon. C’est ça, le vrai pouvoir. 6

Chronique horoscope

Bélier

20 mars au 19 avril 2025

Ça y est, le printemps arrive ! Le 20 mars. AprĂšs ce long hiver froid qui nous aura tenus captifs, le doux printemps vient nous libĂ©rer des glaces et des tempĂȘtes, du verglas et de la dĂ©prime. Le natif du BĂ©lier vivra d’autant plus cette libĂ©ration, parce que Saturne et Neptune arriveront dans son signe dans les deux mois Ă  venir. Avant, ils orbitaient, bien cachĂ©s dans le signe d’en arriĂšre, les Poissons. Ce qui crĂ©ait, pour les BĂ©liers et les ascendants BĂ©liers aussi, une ambiance de mystĂšre, ainsi que des obstructions et des ralentissements inexplicables dans leurs entreprises. Ils avaient affaire Ă  des ennemis cachĂ©s. Des baisses d’énergie subites et/ou des malaises durs Ă  dĂ©finir. Ils pouvaient s’égarer en croyant de fausses promesses. Les BĂ©liers auront eu Ă  travailler fort pour avancer malgrĂ© tout dans cette ambiance, cette Ă©nergie, mais leur combat leur aura donnĂ© des forces, de nouveaux talents. Et plus d’assurance aussi. De sorte que maintenant, Saturne leur prĂȘtera sa patience et sa luciditĂ©. Et beaucoup de dĂ©termination. Alors que Neptune leur donnera la facultĂ© de bien Ă©couter les autres et l’Univers. Ainsi que le talent spĂ©cial de faire des priĂšres qui seront, en premier, Ă©coutĂ©es, et ensuite, exaucĂ©es. L’art de faire des rĂȘves qui se rĂ©aliseront dans pas trop long. Le strict Saturne Ă©tait chez les Poissons, coulant depuis 2023, alors que Neptune l’inspirĂ© y Ă©tait depuis 2012. Mais disons que le pire de leur influence aura Ă©tĂ© lors des 12 derniers mois. Plusieurs natifs du BĂ©lier ont perdu bien des trĂ©sors Ă  cette occasion. Ils se sont fait accuser Ă  tort. On les a parfois mal perçus. Ils ont fait confiance Ă  des traĂźtres au beau plumage. Leur Ă©nergie et leur santĂ© ont vacillĂ©. Mais maintenant, ils sont engagĂ©s sur une route droite, pas pire ensoleillĂ©e, en bonne compagnie. Avec des gens sincĂšres et honnĂȘtes. Mais n’oublions pas le bon Jupiter, le mononcle riche qui rigole avec ses protĂ©gĂ©s. Jusqu’à la fin mai, il va montrer aux BĂ©liers comment la vie de tous les jours peut ĂȘtre agrĂ©able. Il leur donnera de la curiositĂ©, pour s’instruire davantage. Et lire, ou suivre des cours. Le BĂ©lier prendra souvent la route, il se donnera de nouvelles destinations. Il pourrait changer de vĂ©hicule, mais qu’il soit raisonnable dans son choix. Car Jupiter amĂšne de l’exagĂ©ration partout. Il pourrait aussi se rapprocher d’un voisin qui a pas mal de personnalitĂ© finalement. En juin cependant, alors que Jupiter arrivera en Cancer, le natif du BĂ©lier verra de nouvelles possibilitĂ©s du cĂŽtĂ© du logis. S’il dĂ©mĂ©nage Ă  cette occasion, ce sera pour bien mieux. Il pourrait se retrouver avec un budget plus important pour rĂ©aliser un rĂȘve. Ou il ira rester avec le coloc idĂ©al. Ou il sera enfin seul, aprĂšs avoir toujours vĂ©cu avec des gens qui l’auront rarement compris. Il sera heureux du cĂŽtĂ© de la famille, peu importe comment il le vivra.

La chance s’en vient donc du cĂŽtĂ© de la maison. Ou du chalet ! Alors bonne fĂȘte, le courageux BĂ©lier ! Le soleil va t’éclairer maintenant pour plusieurs annĂ©es Ă  venir !

Taureau | Vous rĂ©flĂ©chirez pas mal, sur des situations oĂč vous n’ĂȘtes pas Ă  l’aise. Peut-ĂȘtre aviez-vous mal perçu quelqu’un. Ou un projet n’amĂšne pas ce que vous espĂ©riez. Aussi bien faire une pause. Ou retirez-vous, mettez votre Ă©nergie ailleurs. Vous devriez vous reposer aussi, vraiment prendre du temps pour le faire. Sans alcool ni excitants. Vous vous rapprocherez d’une personne vraie. Vous sentirez de la fraĂźcheur ainsi, de la sincĂ©ritĂ©.

GĂ©meaux | Vous aimerez bien la prĂ©sence de vos amis. Vous devriez d’ailleurs vous retrouver pour une fĂȘte. Ou un atelier pour travailler sur une bonne idĂ©e. Ça devrait donner une nouvelle direction Ă  votre vie. Vous rĂ©aliserez aussi qu’un de vos copains commence Ă  prendre de l’envergure. Tant et si bien d’ailleurs qu’il pourrait vous aider sans problĂšme dans un projet. Il se peut aussi qu’un vieux copain genre mĂąle alpha essaie de vous contrĂŽler. AprĂšs deux biĂšres.

Cancer | Mars est dans votre signe, vous sentirez de l’électricitĂ© dans l’air. Et vous croiserez des martiens assez directs, mais divertissants et intenses. Francs. Au moins serez-vous Ă©nergique et c’est tant mieux, car vous devrez travailler fort. Vous aurez peut-ĂȘtre une promotion. Ou vous aurez plus de clientĂšle si vous ĂȘtes Ă  votre compte. Vous serez magnĂ©tique dans le public, soignez votre look. Vous aiderez quelques itinĂ©rants. Ou un voisin Ă©prouvĂ©.

Lion | Vous partirez en voyage, mĂȘme s’il n’est pas organisĂ© dans le moment. Vous devriez vivre une aventure intense en mĂȘme temps, bien que vous n’y serez jamais en danger. Vous apprĂ©cierez aussi les Ă©changes avec un philosophe, ne cherchant pas Ă  faire un show. Bien qu’il attire l’attention. Vous vous guidez l’un l’autre. Vos pensĂ©es et vos rĂȘves Ă©veillĂ©s crĂ©ent, vous en aurez une preuve trĂšs concrĂšte bientĂŽt. En rĂ©alisant un dĂ©sir.

Vierge | l’appel de la nature. Aussi bien y aller, le temps et les annĂ©es passent vite. Vous aurez des Ă©changes avec un ĂȘtre magnĂ©tique, difficile Ă  esquiver. Il vous envoĂ»tera, jusqu’à ce que vous sortiez du jeu. Vous allez bientĂŽt changer, et plus que vous ne l’auriez cru. Vous aurez Ă  vous occuper d’une question inhabituelle d’argent. Informez-vous bien et vous y trouverez un profit. Vos rĂȘves sentent des prĂ©sences. Des vĂ©ritĂ©s.

Balance | Quelqu’un voudra s’installer chez vous, ou c’est vous qui squatterez son logement. Vous vous rapprocherez bientĂŽt de quelqu’un. Vous sentirez un lien de plus en plus fort, peu importe qu’il soit logique ou non. Ce sera pour bientĂŽt ou vous ĂȘtes dĂ©jĂ  attachĂ©. Saturne en BĂ©lier va conclure cet accord cet Ă©tĂ©, avec un diamant Ă©ternel. On vous offrira aussi du nouveau au travail. Ou on vous invitera dans un groupe sĂ©rieux. Les gens vous dĂ©couvrent, ils veulent en savoir davantage.

robertgareauastrologue@gmail.com

Scorpion | Vous vivrez du changement en vous, du cĂŽtĂ© de la santĂ©. De l’énergie. À cause du changement de saison. Et/ou de votre Ăąge. Ce sera donc une bonne idĂ©e de faire plus d’exercice. De manger moins chimique. Évitez les stress inutiles, comme les copains ennuyants. Vous devrez travailler davantage aussi, pour rĂ©pondre Ă  de l’imprĂ©vu. Ou faire un mĂ©nage express. Et vous vous rapprocherez d’un collĂšgue, tout aussi occupĂ© que vous. DĂ©bordĂ© mĂȘme. Mais cute.

Sagittaire | Vous irez plus souvent au resto. Ou au bar, au cafĂ© du coin. Pour profiter de cette nouvelle lumiĂšre. De la joie des gens dans la rue. Vous sentirez de la lĂ©gĂšretĂ© en vous et vous vous rapprocherez des lutins affectueux qui fĂȘteront comme vous. Parce que c’est le temps de dĂ©compresser et d’avoir du fun. Et vous en aurez. Assez pour vous ressourcer maintenant, quitte Ă  sauver le monde aprĂšs. Vous devriez aussi avoir une chance en argent. Ou avec un bien matĂ©riel. Une auto ?

Capricorne | Vous sentirez mieux l’ñme de votre logis. Ça vous inspirera pour faire des changements et rendre les lieux plus accueillants. Vous pourriez aussi recevoir un coloc, pour le week-end ou pour Dieu sait jusqu’à quand. Ça ira tant qu’il y aura du respect de part et d’autre. Vous vous rapprochez d’une gang, d’une famille informelle. Vous vous y sentez bien, souvent mieux que dans votre famille originelle. L’amour que vous y Ă©prouvez est inconditionnel. Vous y grandissez avec bonheur.

Verseau | Vous serez Ă  l’aise dans votre vie de tous les jours. Vous y trouverez un bonheur banal, mais toujours lĂ , prĂ©sent. Vous suivrez peut-ĂȘtre un cours, Ă  cause du travail. Ou pour votre plaisir. À moins que vous relisiez vos vieux Conan Doyle, Simenon, Herbert ou Asimov. Il y a un voisin aussi qui a l’air de s’intĂ©resser Ă  vous. Et il est loin d’ĂȘtre comme vous le croyez. Vous prendrez la route bientĂŽt, vers un bled inconnu. Il va exciter votre curiositĂ©, vous prendrez le temps de l’explorer.

Poissons | Dans le moment et depuis peu, il y a Mercure et VĂ©nus dans votre signe, ainsi que depuis bien plus longtemps, des annĂ©es, Saturne et Neptune. Et les quatre vont vous quitter dans les deux mois Ă  venir. Comment dire ? Imaginez que vous regardez un long film et que, soudainement, le dĂ©cor change complĂštement ainsi que l’intrigue. Donc, vous allez bientĂŽt sentir un changement d’air radical, tout en vous trouvant de nouveaux intĂ©rĂȘts. Avec des rencontres sidĂ©rantes. Et un immense dĂ©sir de vivre. De jouir
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