Témoignages & Dossiers Bulletin trimestriel d'information n°135 Automne 2017
Rwanda, la solidarité entre paysans s’enracine
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Supplément
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Proposer des alternatives
Notre projet en un coup d'œil
Les animateurs du projet, au plus proche des communautés
2 Édito
Yves Altazin
Directeur de Frères des Hommes
L’alliance solidaire
Mais que faisons-nous, Frères des Hommes, en Haïti, au Rwanda, au Pérou, en République démocratique du Congo… à nous plonger dans des contextes de si grande pauvreté ? Oui, pourquoi avons-nous décidé de nous confronter ainsi à des différences culturelles, sociales et économiques si éloignées de nos réalités quotidiennes ? Si cette question interroge chacun de nous, la réponse, elle, est collective. C’est à la faveur de l’écriture de notre projet associatif que des éléments de réponse ont été posés.
Des rapports de domination bien souvent insurmontables sans un appui extérieur D’abord, c’est un regard particulier sur la pauvreté qui nous définit. Pour nous, une situation de pauvreté vécue est d’abord le résultat d’un système économique et social qui interdit aux personnes le subissant d’en sortir par elles-mêmes. Tout un ensemble de facteurs vient bloquer leurs capacités à pouvoir peser sur leur destin et sur l’organisation sociale qui les exclut. Et si la pauvreté se transmet de génération en génération, tel un fléau, c’est que ces femmes et ces hommes subissent des rapports de domination bien souvent insurmontables sans un appui extérieur. Nous le savons bien : les seules véritables solutions viennent des populations elles-mêmes… si on leur en donne les moyens.
Ensemble nous favorisons les collectifs solidaires C’est ici qu’intervient Frères des Hommes, car si nous sommes extérieurs, nous ne sommes pas indifférents. Aussi, nous avons décidé d’utiliser notre énergie et nos savoir-faire pour permettre aux plus vulnérables de changer leur situation. Localement, par le biais de nos organisations partenaires, nous avons passé une « alliance solidaire » avec ces communautés. Par cette alliance, nous pouvons mobiliser des moyens importants. Ensemble nous savons mettre en place des plans de formations adaptés aux contextes. Ensemble nous favorisons les collectifs solidaires où ces populations, libérées du joug de la pauvreté, innovent et transforment la société vers moins d’injustice et de pauvreté. Voilà ce que nous faisons, nous, Frères des Hommes ! Patrick Rugema, animateur pour l’organisation Duhamic-Adri et Chloé Inisan, chargée de formation chez Frères des Hommes.
Frères des Hommes 2, rue de Savoie 75006 Paris 01 55 42 62 62 - fdh@fdh.org - www.fdh.org Directeur de publication : Luc Michelon Contributeurs : Y. Altazin, A-M Diény, M. Guimberteau, C. Hamel, B. Roget Imprimé par Centr’Imprim dans le respect de l’environnement PEFC / 10-31-1543 / Imprim’Vert Mise en page © oliviermorisse.com Photos © Frères des Hommes - Icons © Flaticon.com Réf. 17-TD3
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Le projet de la solidarité paysanne Un groupe de paysans, participants du projet, dans le secteur de Kigoma, à 45 mns de route de la ville de Butaré dans le sud du Rwanda.
Proposer des alternatives La grande majorité des paysans rwandais vit dans les collines, soumise aux problèmes d’érosion et cultivant de petites parcelles de terre. Or le gouvernement a concentré ses efforts sur une minorité d’entre eux exploitant les terres les plus fertiles. Frères des Hommes et ses partenaires Duhamic-Adri et Adenya se sont donc mobilisés pendant 4 ans pour proposer des alternatives aux paysans rwandais. Leur objectif premier a été de garantir leur autosuffisance alimentaire. Au-delà de ce bénéfice direct, l’objectif était d’aboutir à une transformation durable de leur situation. L’organisation collective
joue une part importante. Des « groupements » ou « comités » de paysans sont mis en place. Ils échangent entre eux leur savoir-faire, identifient les problèmes qu’ils rencontrent et trouvent des solutions ensemble. Mais pour un changement durable, il est nécessaire que les autorités locales et nationales connaissent les problèmes rencontrés par les paysans. Des formations ont été organisées avec le but de donner les instruments et les méthodes pour dialoguer avec ces autorités. C’est en connaissant les actions de terrain mises en œuvre par les populations et les ONG que les pouvoirs publics pourront concevoir des politiques adaptées. Frères des Hommes - Témoignages & Dossiers n°135
Nous vous invitons à découvrir ce projet, celui de la solidarité paysanne. Très structuré, il s’est basé sur le travail incessant des animateurs. Au contact des populations, habitant sur place, ils organisent, conseillent, écoutent, guident. Sans eux, le projet de Frères des Hommes et de ses partenaires rwandais n'aurait pas rendu les paysans plus autonomes. Ils vivent maintenant de leur culture et élevage, ils s’organisent et n’hésitent plus à solliciter les autorités publiques pour faire reconnaître leurs droits. Surtout, même si le projet vient de s'achever, la dynamique enclenchée se poursuit. Le temps d’un projet est court mais son impact est lui beaucoup plus long.
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Garantir l’autosuffisance alimentaire S’adapter à la réalité des paysans, c’est-à-dire faire beaucoup avec de très petites parcelles de terre : le défi était à la mesure de l’ambition des partenaires de Frères des Hommes, Duhamic-Adri et Adenya.
Créer du lien Pour eux, la solution résidait dans la formation des paysans : une première formation pour leur apprendre à s’occuper du mieux possible de leur élevage et de leur terre et une seconde pour faire face aux graves problèmes de malnutrition. Faustin Burindwi est paysan dans le secteur de Nyagisozi (près de la frontière avec le Burundi) : « Je voulais avoir Faustin Burindwi, paysan dans le secteur de Nyagisozi
des connaissances sur l’agriculture. Je cultivais d’une façon vague, sans suivre de méthodes. » Pour les paysans, savoir s’occuper de son élevage a eu une utilité immédiate avec le petit élevage qui leur a été distribué par l’équipe du projet. C’est ce qui a apporté le changement le plus rapide grâce à la vente qu’ont permis les portées. Un groupe de paysans rencontré dans la zone de Kigoma (à 45 mns de la ville
de Butaré, dans le sud du pays) : « Au niveau de la famille, la vente des animaux a permis de payer la scolarité des enfants. Ça a facilité pour certains l'acquisition d'une vache. » Mais le but était aussi de développer une forme de solidarité entre familles paysannes se trouvant dans des situations comparables grâce à la redistribution d’une partie des porcelets et lapereaux à des voisins.
Mieux se nourrir Mieux se nourrir est aussi une question primordiale dans cette partie du Rwanda où les problèmes de malnutrition sont nombreux. Bertilde Baginrinka, de Nyagisozi, a participé à la formation en nutrition : « Le grand changement, c’est comment on se prépare à manger. Maintenant on se demande si on a les trois types d’aliments : le protecteur1, le constructeur2 et l’énergétique3. Tout est complémentaire, d’abord on apprend à cultiver et ensuite on choisit l’aliment qu’il faut. » Et la technique ne se limite pas à celui qui l’a apprise, elle se transmet : « Par exemple, le porc ne doit pas errer çà et là, beaucoup de villageois autour de nous ont adopté la même technique, ça permet de limiter les maladies » dit Mukaruawiza Edissa, une autre participante. Autre effet attendu des formations : la solidarité entre paysans se renforce ! « La communauté s’est développée. L’esprit de solidarité s’est créé », confirme Bertilde Baginrinka, « pendant les travaux communautaires, les paysans se parlent entre eux, se reconnaissent et échangent. »
« Top Chef » sur les collines Pour décupler ces échanges, nos partenaires rwandais ont eu l’idée d’organiser des « concours culinaires » : « Chacun arrive avec un ingrédient, puis le prépare sur place, chaque type d’aliment a une utilité. Ce sont entre 800 et 1 000 personnes (paysans, représentants officiels, membres du projet) qui assistent à ces concours culinaires, 50 femmes préparent la cuisine », explique Cancilde Uamposo, agricultrice du secteur de Nyagisozi. Ces concours « ont facilité la connaissance d’une alimentation équilibrée, on nous a montré des exemples, ça nous a changés, on connaît les trois piliers de l’alimentation. » 1. Les protecteurs : fruits, légumes 2. Les constructeurs : viande, poissons, œufs, lait 3. Les énergétiques : féculents, matière grasse
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Sortir du quotidien pour mieux apprendre Une préoccupation de Duhamic-Adri et d’Adenya, nos deux partenaires, était de former les paysans tout en créant un lien de solidarité entre eux. C’est l’objectif des « voyages d’études », apprendre en se confrontant ensemble à d’autres réalités, en allant à la rencontre d’autres paysans du Rwanda.
« C’était la première fois pour moi à Kigali depuis le génocide » Départ en bus depuis Butaré, la ville principale du sud du pays, pour une étape à Kigali ; pour beaucoup, le voyage dans la capitale est une nouveauté ou est un lointain souvenir. « C’était la première fois pour moi depuis le génocide en 1994, d’autres paysans ne connaissaient pas du tout. Ça nous a fait du bien moralement de voir l’état de la ville », dit Bertilde Baginrinka. A Kigali, la visite se fait dans une coopérative qui élève plusieurs espèces de petit bétail. L'objectif était de faire réaliser aux paysans qu'il est possible de cultiver plus que pour leur consommation quotidienne. Bertilde poursuit : « J’ai vu ce qui se passait avec d’autres éleveurs pendant ce voyage » au retour duquel elle a commencé à agrandir son élevage. Tout le long les vétérinaires du projet étaient là pour accompagner la trentaine de paysans, ce qui a permis de mieux expliquer les différentes techniques présentées.
Claude Nyaminani, président du "comité représentatif" dans le secteur de Kigoma, un des participants aux voyages d'études
« Je pouvais faire aussi bien, sinon mieux » Après Kigali, départ pour Rulindo dans le nord du pays. Faustin Burindwi, un participant venu du secteur de Nyagisozi, près du Burundi, décrit l’expérience : « J’ai vu d’autres paysans comme moi élever des animaux. Au Nord ils ont bien appliqué les formations dans l’élevage de porcs. Des gens qui nous ressemblent osent des choses, nous aussi nous pouvons agir. » C’est cet effet miroir, d’identification, que ces courts séjours (3 jours) ont créé : les paysans ne sont pas seuls, d’autres sont dans la même situation et en appliquant ce qu’ils ont appris pendant les formations, ils ont changé leur situation. C’est le sentiment qu’a eu Bantegeye Vestine, du secteur de Kigoma « je dois changer de pratiques » s’est-il Frères des Hommes - Témoignages & Dossiers n°135
dit à son retour du nord du pays, « j’ai observé beaucoup de choses qui m’ont motivé à faire plus, il y avait cet élevage de porcs tenu par une vieille femme qui me faisait dire que je pouvais faire aussi bien, sinon mieux. On en a tiré des bonnes pratiques, comme protéger son animal contre les maladies. » A leur retour, les paysans parlent, échangent avec leur voisins. Ce qu’ils ont vu et appris se répand. C’est le cas pour Cancilde Uamposo: « Même si moi je n’ai pas participé, les personnes qui ont participé aux voyages transmettent leurs connaissances. Ils donnaient des témoignages sur des personnes qui avaient bien élevé leur élevage de porcs, on était curieux d’en savoir plus. »
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« On n’est plus dans une politique de haut en bas. »
Cancilde Uamposo
Mieux vivre en cultivant mieux, c’est essentiel. Pouvoir faire entendre sa voix auprès des institutions publiques qui gèrent les territoires est la suite nécessaire. C’est en substance une des réussites les plus importantes de ce projet : les paysans osent revendiquer leurs droits après s'être formés. Comme le dit Cancilde Uamposo du secteur de Nyagisozi : « Les formations en “expression publique” sont complémentaires avec les formations techniques. Savoir cultiver c’est la base, mais la formation à l’expression publique permet de travailler en commun, de s’entraider. Seule, la formation à l’élevage n’est pas suffisante. »
Un sentiment de fierté On retrouve ce sentiment de fierté chez la grande majorité des paysans rencontrés. C’est le cas de Claude Nyaminani, le président du comité représentatif des paysans de Kigoma, près de Butaré : « On nous a montré comment on peut prendre la parole en public. Il ne faut pas avoir peur de parler quand c'est important pour les paysans, il faut avoir cette volonté. Quand quelque chose ne marche pas, il faut que les autorités publiques soient informées. » Il existait en effet une certaine méfiance réciproque par rapport aux autorités locales, avec un côté « je ne suis pas assez bien pour leur parler », qui interdisait de demander de l’aide. Pour dépasser ces blocages, plusieurs exercices ont été proposés aux paysans lors des formations : s’exprimer en public sur un cas particulier, reconnaître le degré d’autorité de son interlocuteur ou comprendre si la réponse de celui-ci est sérieuse ou non (ne pas s’arrêter à la première réponse mais insister si celle-ci semble trop vague). « Cette formation a fait sortir l’angoisse chez les paysans, avant personne n’osait parler », dit Faustin Burindwi, un paysan installé aussi dans le secteur. Frères des Hommes - Témoignages & Dossiers n°135
« Si un jour on doit me chasser de ma terre, je ne me tairai pas » Les exemples ne manquent pas dans lesquels les paysans se sont mobilisés, avec succès. « Alors que les autorités étaient en train de sélectionner les paysans pour faire partie d’un programme de développement public, dit Léonie Uwamariya, une des animatrices du projet, certains sont intervenus pour alerter les autorités sur la nécessité de sélectionner ceux qui en avaient le plus besoin. » La détermination des paysans est devenue plus affirmée : « Si un jour on doit me chasser de ma terre, je ne me tairai pas, je demanderai des explications et j’irai voir les autorités compétentes », lance Cancilde Uamposo. Une des originalités du projet a été de prévoir des temps communs d’information entre paysans et autorités locales, qui ont permis de « démystifier » ces autorités et de comprendre quelles étaient leurs attentes. Les autorités à leur tour ont appris à connaître les paysans et à comprendre leurs initiatives. « On n’est plus dans une politique de haut en bas », résume Cancilde.
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Une dynamique qui dure pour un projet très organisé Comme dans les autres projets menés par Frères des Hommes, la dynamique qui s’est installée ne s’arrête pas à la date officielle de fin. C’est encore plus vrai avec ce projet. Installé à Nyagisozi, Faustin Burindwi le sait mieux que personne : « Le programme comme l’élevage, les formations, ne peuvent pas s’arrêter car le projet est terminé, on s’est organisé et on va continuer à accompagner les autres pour qu’ils puissent continuer. » L’organisation très poussée du projet a permis, une fois les paysans formés, que se crée une certaine autonomisation.
Beaucoup d’interaction
Selon les besoins de la communauté
« J’ai une responsabilité financière », dit Faustin, président d’un des comités représentatifs, qui regroupe une quinzaine de paysans, « je gère les fonds du comité, j’anime, je fais les comptes rendus. » Le rôle du président est important, « c’est vers lui que se tournent les paysans quand il y a un problème, par exemple avec un animal », dit Cancilde Uamposo.
Autre pratique collective du projet qui perdure, la porcherie collective. « C’est comme une école, on apprend aux paysans à élever leurs porcs, ils voient comment les autres font. »
Ce système développe beaucoup d’interaction, c'est ce que confirme Ntawukuriryayo Edison, un paysan membre du comité de Kigoma.
Il en va de même avec les « initiatives-pilotes » qui sont un symbole de la durabilité du projet et de l’implication des paysans. Une initiative-pilote se construit selon les besoins de la communauté, principalement autour des écoles ou des centres de santé. Dans l’école de Kigoma, Alexis Nshimiyimana, son directeur, l’explique : « On a fait une réunion avec les parents, les autorités locales. Il y avait un problème de malnutrition des élèves, donc on a planté des légumes, des arbres fruitiers, des bananiers. Les parents viennent nous aider et on peut participer à la nutrition des enfants. On a économisé beaucoup sur les dépenses en repas des élèves. Non seulement on les nourrit mieux mais ils apprennent à cultiver et transmettent ces techniques chez eux. »
Exemple de cette interaction et solidarité paysanne, le projet a mis en place une tontine, laquelle perdure aujourd’hui. Tous les mois, chaque paysan du comité participe au pot commun : « C’est un groupe d’épargne et de crédit en fait, que les paysans remboursent avec un intérêt de 10% », dit Faustin. Le 15 et le 30 du mois, ils font ensemble et en toute transparence le bilan de la tontine et de sa gestion. Les paysans du "comité représentatif" de Kigoma font le bilan de la tontine.
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Les animateurs du projet, au plus proche des communautés Le projet mené par Frères des Hommes et ses partenaires rwandais est caractérisé par un fort suivi des actions mises en place sur le terrain. À la base de ce suivi se trouvent les animateurs qui vivent au sein des communautés paysannes. Patrick Rugema, un des animateurs du projet
Constamment sur le terrain Au nombre de trois, chaque animateur/trice est en charge de deux zones, soit plusieurs dizaines de familles chacun, et se rend constamment sur le terrain. Ce sont eux qui font remonter les informations et qui mesurent sur la durée l’impact du projet, par le biais d’une méthode mise en place par Frères des Hommes, que nos partenaires rwandais ont maintenant adoptée dans la conduite de leurs actions. La formation des animateurs est d’abord technique mais leur savoirfaire est pédagogique : « Ma fonction, c’était au début la sélection et le suivi des animaux distribués aux paysans, dit Gérard Bizimana, je devais suivre quotidiennement les
éleveurs. Sans suivi des animaux, les paysans ont tendance à les vendre. Du lundi au vendredi, j’allais dans tous les ménages de ma zone, je voulais habituer les gens à ma présence, leur montrer qu’on était là mais au fur à mesure on voyait le changement et j’ai diminué les visites. »
« Tu ne dois pas être en pantalon blanc » Facilitateur, technicien, pédagogue, agronome, les fonctions de l’animateur sont nombreuses. « L’animateur, dit Patrick Rugema, est la base de la réussite ou de l’échec du projet. Je suis aussi technique que social. Sur une séance de formation sur les légumes, il faut s’y connaître un peu, tu dois montrer l’exemple, tu dois mettre les bottes et y aller. Tu ne dois
Association reconnue
d’utilité publique
pas être en pantalon blanc. Ils doivent sentir que tu es là pour aider. » « Un animateur est important, poursuit Gérard, car il est celui qui maîtrise les enjeux au niveau des paysans. Il est en contact avec eux, il est le moteur de la sensibilisation aux techniques d’agriculture. Quand tu as un bon animateur, tu as de bons résultats. L’animateur est celui qui relie les paysans au projet. Il est la courroie de transmission pour diffuser, communiquer, interpeller les gens, les autorités. » Labourer encore et encore le terrain, « 4 jours sur 5, je suis sur le terrain, dit Léonie Uwamariya. L’animateur doit toujours accompagner les paysans, en mettant en pratique ce que le paysan a appris pendant les formations. »
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