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INNOVATION BOOK 2026_#6 FR

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INNOVATION BOOK

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AURO

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AURO Assist

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Auro Assist supplémentaires en Amérique du Nord

AURO

AURO Assist

AURO et AURO Assist

AURO et AURO Assist : sur la voie du succès

Dans le monde des remontées mécaniques, AURO s’est imposé comme la référence en matière d’autonomie et d’innovation. Cette technologie redéfinit les standards de l’exploitation des installations et ouvre la voie à une nouvelle génération de systèmes intelligents. Depuis l’arrivée sur le marché de solutions basées sur l’IA pour les télésièges – notamment AURO CLD et AURO Assist – une chose est certaine : l’avenir sera autonome. AURO CLD permet une exploitation entièrement sans personnel des stations de débarquement, tandis qu’AURO Assist renforce la sécurité lors de l’embarquement. Grâce à une meilleure visibilité et à des réactions immédiates du système de commande, les départs avec des passagers mal installés sont efficacement évités. Les nombreuses installations déjà en service témoignent d’une dynamique forte et illustrent comment le groupe Doppelmayr, en collaboration avec ses clients, révolutionne l’exploitation des remontées mécaniques. Vous souhaitez en savoir plus ? Venez nous rencontrer au salon Mountain Planet, stand 1531. Nous nous réjouissons d’avance de pouvoir échanger avec vous.

doppelmayr.com

Une dynamique mondiale sans précédent

De l’Europe à l’Asie, des Amériques à l’Océanie, les investissements engagés sur les domaines skiables et autres terrains de jeux internationaux de nos exposants atteignent un niveau rarement observé. Modernisation des appareils, interconnexions stratégiques, montée en gamme globale, diversification quatre saisons : partout, la montagne accélère tout en recomposant son modèle, nulle part elle ne perd de ce pouvoir d’attraction remarquable que notre salon accompagne depuis plus de cinq décennies.

Pour autant, l’ampleur des montants engagés ne peut éluder la question centrale : comment concilier rentabilité et durabilité ? Comment renforcer la performance sans fragiliser le socle naturel qui fonde l’activité ? Comment inscrire la croissance dans un horizon climatique et énergétique contraint ?

Selon nous, la réponse ne tient ni dans l’abstraction ni dans l’affichage, mais s’incarne plutôt dans des choix précis qui évoluent sous nos yeux. On veut parler par exemple de l’optimisation énergétique des installations, du pilotage intelligent des flux, de la diversification raisonnée des usages, de la montée en puissance des technologies et de l’IA Des choix qui s’opèrent forcément avec une vision à long terme, capables d’articuler attractivité immédiate et robustesse structurelle, mais qui ne sauraient attendre.

L’époque impose moins une opposition stérile qu’une exigence d’équilibre. Les domaines qui investissent aujourd’hui savent que la compétitivité passera par l’efficience, que la qualité primera sur la démesure et que la crédibilité environnementale conditionnera la confiance. La rentabilité durable n’est plus un slogan, elle est déjà une condition de pérennité.

L’effervescence actuelle n’est donc pas un simple cycle, c’est plutôt une étape de maturité. La montagne se transforme sans renier son identité, elle innove sans perdre son cap et progresse avec lucidité. Cette dynamique mondiale est une opportunité bien sûr, à commencer par celle d’inscrire les territoires d’altitude dans une trajectoire ambitieuse, cohérente et responsable.

Dans ce contexte, la séquence olympique agit comme un révélateur et un accélérateur. Les Jeux de Milano Cortina 2026 viennent de s’achever, salués pour leur qualité et marqués par une moisson française record. Une page se tourne, une autre s’ouvre : celle des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030. Pour nos territoires, pour la filière toute entière, l’enjeu dépasse l’événement. Il engage une responsabilité collective et une ambition partagée : démontrer qu’excellence opérationnelle, innovation technologique et exigence environnementale peuvent converger durablement.

L’Innovation Book #6 s’offre à vous dans ce contexte. Non pour dresser un inventaire, mais pour éclairer les stratégies à l’œuvre. Derrière chaque projet se dessine une mécanique exigeante. C’est cette équation que nous avons choisi d’explorer. Bonne lecture et bon salon à tous.

Jérôme Riff

Directeur général ALPEXPO, le parc évènementiel de Grenoble

Staffal, Italy

©Marek Piwnicki

INNOVATION BOOK EST ÉDITÉ PAR MOUNTAIN PLANET ALPEXPO

Directeur de la publication : Jérôme Riff, Directeur général ALPEXPO, le parc évènementiel de Grenoble

Attaché de presse : Alexandre Bérard, Alternative Média

CONCEPTION RÉALISATION

EDITIONS COSY

GERANT : Claude BORRANI

SAVOIE Technolac 18, ALLÉE DU LAC ST ANDRÉ 73 382 LE BOURGET DU LAC CEDEX

Tél : 00 33 (0)4 79 65 46 10

Fax : 00 33 (0)4 79 65 46 12 editions-cosy.com

Rédaction en chef : Claude Borrani

Rédaction

Marie-France Sarrazin - Catherine Foulsham

Jean-Christophe Sarrazin - Laurent Belluard

Traductions

UK et ALL : ACS Traduction

Direction artistique & maquette Séverine Béchet • studiosbdesign.fr

Publicité

Fanny Marguet fanny@cosy-editions.com

Périodicité : Annuelle

Dépôt Légal : à parution ISSN 2418-0297

Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle par quelque procédé que ce soit des pages publiées dans le présent magazine faites sans l’autorisation de l’éditeur est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et d’autre part, les courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’oeuvre dans laquelle elles sont incorporées. (art. L.122-4, L.122-5 et L.335-2 du Code de propriété intellectuelle).

INNOVATION BOOK

BY

MOUNTAIN PLANET

SOMMAIRE

QUOI DE NEUF

ACTUS ET INNOVATIONS EN MONTAGNE

INTERNATIONAL

PLANÈTE MONTAGNE

INDE

Des glaciers artificiels au secours des cultures.

CHINE

Des “parcs de montagne” à haute valeur écologique.

SUISSE

Greenstyle : un modèle complet de station en transition.

ITALIE

Dolomites : l’avant-garde d’une montagne durable.

AUTRICHE

Ces innovations qui réinventent les domaines skiables.

DESIGN

La cabine et la ligne…

MOBILITÉ URBAINE

Le transport par câble urbain, une opportunité pour les villes et les constructeurs.

LEADERSHIP

Elles font tourner les stations : les femmes à la tête des domaines skiables.

STRATÉGIE

La question qui regarde 2040

Une sélection de grands patrons de l’industrie des remontées mécaniques et de l’exploitation des domaines skiables se projette dans l’avenir.

INTELLIGENCE

NATURELLE

FLEXION, RÉFLEXION

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Les domaines skiables à l’ère de l’IA.

ANALYSE

La montagne santé.

Une avalanche d’études scientifiques s’accumule.

PUBLICATION

« Montagnes en transition » Que dit le livre blanc publié lors de la 14ᵉ édition du Moving Mountains Forum aux Diablerets (Valais, Suisse).

ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Le réemploi à l’assaut des sommets.

ENVIRONNEMENT

Eau & neige : comprendre enfin les chiffres et sortir des fantasmes.

SÉCURITÉ

Un enjeu pour la montagne de demain. Prévention renforcée, formations revisitées, technologies embarquées, communication aux pratiquants, gestion des flux : les domaines skiables français déploient une stratégie globale de sécurité.

FORMATION

Relever le défi humain à l’ère des technologies. Digitalisation, montée en compétence, polyvalence : la montagne invente ses métiers du futur.

ARCHITECTURE & RÉNOVATION DE MONTAGNE

Vers le bas carbone.

La montagne fait émerger une nouvelle génération d’architectures sobres et intégrées.

TÊTE DE PISTE

Interviews

Marina Ferrari, Nathalie Béranger, Fabrice Pannekoucke et Edgar Grospiron au micro de l’INNOVATION BOOK.

CLAP DE FIN

Mountain Planet 2028 à l’horizon.

ACTUS ET INNOVATIONS EN MONTAGNE

QUOI DE NEUF

TEXTES : MARIE-FRANCE SARRAZIN

Le saviez-vous ?

MND va construire le premier téléphérique urbain neutre en énergie à Saint-Denis de La Réunion, baptisé Zèl La Montagne. Le principe repose sur la récupération d’énergie à la descente combinée à la production photovoltaïque au niveau des gares, le tout géré par un système Smart Grid. L’appareil cumule plusieurs bénéfices : une consommation énergétique neutre, une réduction du trafic routier, une mobilité douce accessible à tous, une faible emprise au sol et une intégration paysagère.

MND va construire le premier téléphérique urbain neutre en énergie à La Réunion, baptisé Zèl La Montagne. ©MND

Le smartphone devient skipass

Après une phase de test l’an dernier, Serre Chevalier, filiale de la Compagnie des Alpes, devient le premier grand domaine skiable à généraliser le forfait de ski Bluetooth Low Energy : le smartphone sert de support au forfait de ski dématérialisé, autorisant un passage sans contact aux bornes des 59 remontées mécaniques du domaine skiable. La connectivité Bluetooth Low Energy, intégrée aux nouveaux portiques, assure un passage aux remontées mécaniques en mode main-libre, sans manipulation ni présentation du téléphone, en plaçant simplement le téléphone dans une des poches gauches de sa veste. Au passage du skieur, le smartphone est détecté automatiquement, générant un accès plus rapide, et donc plus de fluidité, en particulier aux heures de pointe. SCV domaine skiable et la société italienne Alfi, pionnière des systèmes de contrôle d’accès pour les domaines skiables, ont travaillé pendant plus de trois ans sur la mise au point de cette technologie, en la testant en toutes conditions. Le système présente plusieurs avantages : l’achat et le rechargement se font en ligne ; le forfait figure directement dans l’application Serre Chevalier ; le passage aux remontées est plus fluide ; la technologie sobre en énergie présente un impact de l’ordre de 1 à 2% sur la batterie. Et surtout, la dématérialisation progressive des forfaits permet de réduire la production et la logistique des cartes plastiques et des micro-puces, contribuant à diminuer l’empreinte environnementale de l’activité ski.

Serre Chevalier devient le premier grand domaine skiable à généraliser le forfait de ski Bluetooth Low Energy. ©Serre Chevalier domaine skiable

Surélever pour rénover

Dès 2034, tous les meublés, y compris touristiques, ne devront pas excéder l’étiquette énergétique D, sans quoi ils ne pourront être loués. Or, 75% des biens en station affichent une étiquette comprise entre E et G... La manière la plus efficace de s’attaquer au problème est de s’orienter vers une réhabilitation globale de l’ensemble. Abamo & co, société spécialisée dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage, accompagne de nombreux projets de rénovation emblématiques, qu’il s’agisse de la reconversion d’une ancienne caserne militaire en hôtel à Briançon, ou encore de la requalification d’hôtels et de copropriétés aux Arcs, à Val d’Isère, Val Thorens... Un projet de rénovation globale en montagne peut s’avérer coûteux. Il existe une solution pour couvrir tout ou partie de ce montant en vendant des droits à construire en surélévation, quand le bâtiment et la réglementation le permettent, et à partir d’un prix de vente au mètre carré suffisamment élevé. A Courchevel 1850, la copropriété du Soleil levant a opté pour cette solution, épaulée par Abamo, qui y réalise une mission complète, depuis la faisabilité technique, la consultation des promoteurs jusqu’au suivi de la conception et à l’exécution des travaux. Pour financer la moitié du coût de modernisation de ses parties communes, d’amélioration des performances thermiques et esthétiques du bâtiment, cette copropriété de 70 lots a choisi de créer trois appartements supplémentaires sur deux niveaux en surélévation. Les travaux sont en cours depuis l’automne 2024 et la livraison attendue à l’été 2027.

Le saviez-vous ?

Le logiciel Snowmaster, de TechnoAlpin, permet aux exploitants des domaines skiables d’avoir une vue d’ensemble et en temps réel de la planification, l’avancement de l’enneigement, la gestion de l’eau et de l’énergie, l’état des équipements. En croisant les données du système de pilotage ATASSpro et du module WeatherForecast, Snowmaster anticipe très précisément le potentiel de production de neige et les besoins futurs en ressources.

Snowmaster est la solution digitale d’aide à la décision la plus aboutie développée par TechnoAlpin pour piloter et optimiser la production de neige. ©TechnoAlpin

La copropriété du Soleil levant, à Courchevel 1850, finance en partie sa rénovation en valorisant des droits à construire en surélévation. ©Abamo

Cervino The One

C’est le nom du projet de remontée mécanique qui reliera le centre de Breuil-Cervinia à Plateau Rosa/Testa Grigia en un peu plus de quinze minutes. Des installations 3S modernes de Leitner seront utilisées, comme celles déjà exploitées avec succès par Zermatt Bergbahnen. Le nouvel équipement sera réalisé en deux tronçons, avec une station intermédiaire à Plan Maison. Le début des travaux est prévu en juin 2026 pour perdurer l’ambitieuse stratégie d’investissements menée par la Vallée d’Aoste ces dernières années.

Illustration de la nouvelle station supérieure du Plateau Rosá à 3 480 m d'altitude. ©Cervino

Parcours autoportés

Altus, expert en parcours acrobatiques en hauteur, innove avec des parcours autoportés offrant une solution rapide et modulable. Sans ancrages au sol, ils s’installent en quelques jours et s’adaptent à toutes les surfaces planes. Ils peuvent être facilement déplacés ou démontés en fonction des besoins.

Qu’il s’agisse de tyroliennes, de filets de trampoline, de ponts suspendus, ces parcours sur-mesure et personnalisables sont disponibles en trois longueurs standard (12, 24 et 36 mètres).

Ces parcours sur-mesure s’installent en quelques jours et s’adaptent à toutes les surfaces planes. ©Altus

LE TOP 3 DU SKI MONDIAL 2024-2025

1. Etats-Unis

61,5 millions de journées-skieur vendues (+1,7%)

Source DSF

2. France

54,8 millions de journées-skieur vendues (+5,5%)

DESIGN, PERFORMANCE, SÉCURITÉ ET DURABILITÉ : UNE INNOVATION PORTÉE PAR HTI

Lors du salon Interalpin 2025, le groupe HTI a présenté sa nouvelle plateforme technologique d’appareils débrayables : Ropera. Fruit d’un savoir-faire réunissant Leitner, Poma et Bartholet, cette innovation marque une étape dans la convergence industrielle du groupe. Pensée comme une architecture commune, la gamme Ropera associe design, performances acoustiques et énergétiques améliorées, modularité accrue et optimisation des opérations de maintenance, avec à la clé des coûts d’entretien réduits. L’aménagement des gares a été repensé afin de renforcer la sécurité et le confort d’intervention des techniciens. L’utilisation de 95 % de matériaux recyclables et une longévité supérieure à 40 ans traduisent par ailleurs une approche durable intégrée dès la conception. Le télésiège six places Glück, au sein du domaine skiable de Speikboden (Tyrol du Sud), inauguré en décembre 2025, est le premier appareil mis en service sur cette nouvelle base technologique.

3. Autriche

51,8 millions de journées-skieur vendues (+3,4%)

Le premier appareil de la gamme Ropera a été inauguré dans la station de Speikboden, dans le Tyrol du Sud. ©Leitner

DAMEUSE GRUE POUR ACCÈS DIFFICILES

Elle a fait des sites difficiles d’accès sa spécialité. MHM propose une dameuse dotée d’une grue Pallfinger d’une capacité de 17 tonnes/mètre et d’un allongement de 16 mètres. Elle peut être utilisée en toute saison pour des travaux sur remontées mécaniques, pour la manutention, la logistique, les travaux aériens et de gros œuvre. Validée par un bureau d’études et éprouvée lors de nombreux essais, elle a largement fait ses preuves lors du démontage du télésiège de Plan des Violettes en avril 2025 dans la station des Arcs/Villaroger.

La dameuse grue MHM peut être utilisée au cours d’un démantèlement de remontée mécanique. ©MHM

Le Ski Block rétractable permet aux skieurs de poser et sécuriser leurs skis à l’intérieur des cabines. ©Partech

DES SKIS

MAINTENUS

PENDANT L’ASCENSION

Fini les skis qui tombent durant la montée en télécabine. Partech a conçu le Ski Block rétractable pour permettre aux skieurs de poser et sécuriser leurs skis à l’intérieur des cabines, simplement et sans effort. Le système rétractable reste vertical au repos afin de libérer l’espace. D’un geste unique, une pression sur la partie plastique le fait basculer en position horizontale pour maintenir les skis. Une fois les skis retirés, le dispositif revient automatiquement en position initiale grâce à un système simple, sans réglage ni manipulation supplémentaire. Les matériaux utilisés sont adaptés aux contraintes de la montagne, à savoir le froid, l’humidité et l’usage intensif. Le Ski Block rétractable est en phase de développement et d’évaluation, avec l’objectif d’une mise à disposition progressive. Les perspectives portent sur des adaptations à différents modèles de cabines, ainsi que des extensions vers des usages touristiques quatre saisons.

Répandu en ville, le concept est adaptable en montagne, à travers le trail ou le snowtrail. ©Full moon infinity

Backyard ultra version montagne

Full moon infinity est un concept d’événement sportif populaire basé sur une boucle unique (backyard ultra) de 6,7 km, déclinée en un, deux, trois, six, 12 ou 28 tours. Sans chronomètre ni classement, le défi est individuel, favorisant une participation intergénérationnelle et familiale, en été comme en hiver. Sa mise en œuvre se veut simple, faiblement consommatrice en bénévoles et en moyens, avec une empreinte organisationnelle maîtrisée. La boucle unique génère une animation continue du cœur de station jusqu’à 28 heures d’affilée.

26

MILLIONS

C’est le nombre de journées-skieurs enregistré par la Chine pour la saison 2024-2025 (+ 12,9%), selon le rapport du consultant chinois Benny Wu “China Ski Industry White Paper 2024-2025”, confirmant l’essor du ski dans ce pays. La Chine compte désormais 748 stations en activité (dont 66 indoor) et 13,55 millions de pratiquants (+ 5,86 %). Les stations de ski indoor concentrent à elles seules 21,61 % de la fréquentation nationale, avec 5,63 millions de visites et un développement spectaculaire comparé aux années précédentes. Sept des dix plus grandes surfaces indoor mondiales se trouvent désormais en Chine.

Les grandes destinations comme Jilin, Hebei, Xinjiang, Heilongjiang et Pékin demeurent de véritables locomotives du tourisme hivernal.

FREIN D’URGENCE POUR LES TRAÎNEAUX PISTEURS

Avec le concours des pisteurs de Flaine, Ingelo a conçu un frein automatique pour sécuriser les traîneaux de secours en cas de perte de contrôle ou de chute du pilote. Ce dispositif garantit un arrêt progressif en situation d’urgence, sans pour autant modifier les habitudes de conduite. En temps normal, il reste désactivé, permettant une glisse fluide et naturelle. Dans le cas contraire, une traction sur le leash active le freinage : des griffes s’abaissent pour arrêter le traîneau et protéger le blessé transporté, supprimant ainsi tout risque de dérive ou de dérapage. D’un poids inférieur à 3 kg, facile à installer, ce frein s’adapte aux traîneaux existants, sans nécessiter de modifications.

Ce frein automatique sécurise les traîneaux de secours en cas de perte de contrôle ou de chute du pilote. ©Ingelo

La Chine est devenue un acteur incontournable du ski mondial. ©Laurent Vanat

Des discussions sont engagées avec le STRMTG afin d’introduire le système Auro sur le marché français. ©Doppelmayr

Installer une webcam même en zone isolée, c’est possible. ©Skaping

POINT DE VUE IDÉAL

Skaping, expert de la webcam touristique, promet l’excellence visuelle, quelle que soit la topographie, grâce à des capteurs optimisés, offrant un piqué saisissant. Skaping lève les dernières barrières techniques pour atteindre le point de vue idéal. Le fait que le réseau n’aille pas jusqu’au meilleur spot n’est plus un obstacle avec une option d’autonomie complète. La mise en œuvre de panneaux solaires compacts et de supports discrets fondus dans le décor permettent d’installer la caméra là où le panorama est le plus spectaculaire, même en zone isolée.

Après la télécabine automatique, Doppelmayr développe un télésiège sans opérateur

Doppelmayr avait initié dès 2007 des télécabines débrayables en mode automatique ESO (exploitation sans opérateur) à Val-Thorens. Grâce à un système vidéo et de sécurisation, un seul conducteur pilote les deux télécabines ainsi que le téléphérique de Caron. Plusieurs télécabines de ce type ont été installées depuis, dont une nouvelle à Val-Thorens, livrée en octobre 2025. Sur la base de cette innovation, l’entreprise a développé un télésiège sans opérateur en gare amont. « Nous avons analysé le comportement des usagers durant deux saisons de façon à ce que la machine réagisse à tout type de situation », explique Bernard Teiller, président de Doppelmayr France. « Il y a toute une batterie de caméras et de capteurs, et un traitement basé sur l’intelligence artificielle pour que l’installation détecte une chute ou une situation dangereuse à l’arrivée et décide de manière autonome si elle doit s’arrêter, ralentir ou si elle peut continuer à tourner. À la différence des télécabines, il s’agit de véhicules ouverts, ce qui est plus complexe. Mais c’est la troisième saison d’exploitation sur les premiers appareils testés, et il n’y a eu aucun incident. »

Le système Auro (Autonomous Ropeway Operation) est déjà déployé en Suisse et en Autriche, où les autorités ont accordé le permis d’exploitation. Tout en disposant d’un niveau de sécurité élevé, les sociétés de remontées mécaniques économisent jusqu’à 35 % de frais de personnel grâce à ce système innovant (un même opérateur peut gérer plusieurs installations). Des discussions sont engagées avec le STRMTG afin d’introduire le système Auro sur le marché français, où plusieurs stations sont déjà intéressées.

Bernard Teiller espère y parvenir d’ici 2028.

Le saviez-vous ?

Thomas Chabert, consultant en finance pour la Compagnie des Alpes, a eu l’idée de créer un jeu de société, dénommé Skiiks, sur l’univers de la montagne, mettant à l’honneur les stations des Alpes françaises. Depuis novembre 2025, 10 000 exemplaires ont été mis en vente. A terme, il aimerait décliner son jeu en plusieurs versions, spécifiquement sur des stations françaises.

Entre 2h30 et 5 h d’autonomie pour ces gants, en fonction du réglage et de la température extérieure.

©Blåkläder

GANTS CHAUFFANTS INTELLIGENTS

Entre 2h30 et 5 h d’autonomie de chauffe. C’est la promesse des gants Supreme warm de Blåkläder. Ces gants chauffants isolés et imperméables sont idéaux pour les environnements extrêmement froids. Un bouton à l’extérieur du poignet permet d’ajuster la chaleur selon trois niveaux différents. Les parties chauffantes sur le dos de la main s’allument et s’éteignent automatiquement lorsque le gant est enfilé ou retiré. Les gants sont équipés d’une longue manchette avec velcro au niveau du poignet, d’un cordon de serrage à l’extrémité pour empêcher la neige de pénétrer et d’une sangle au poignet permettant de les maintenir attachés.

Bornes de tri éco-conçues

SunConseil propose des bornes de tri durables et esthétiques, fruits de sa collaboration avec Pavé®, adaptées aux usages intensifs, répondant ainsi aux besoins des stations de ski. Ce produit, conçu à partir de Reomat, un matériau issu de déchets plastiques post-industriels et post-consommation, sans ajout de résine, offre de belles performances techniques. Il est résistant aux UV, à l’humidité et à la chaleur jusqu’à 120 °C, imprimable et usinable, thermoformable, hydrofuge, visible, robuste et fonctionnel.

Ces bornes de tri sont conçues à partir du matériau Réomat, issu de déchets plastiques post-industriels et post-consommation. ©SunConseil

SÉCURITÉ RENFORCÉE SUR LES ROUTES DE CALIFORNIE

Partenaire depuis plus de 20 ans du California department of transportation (Caltrans) pour la sécurisation du réseau routier de l’Etat de Californie, MND Safety, spécialiste de la prévention des risques naturels, va déployer de nouvelles solutions sur la Highway 88, dans le secteur de Carson Pass, à proximité du lac Tahoe. Cet été, l’entreprise savoyarde va installer 12 systèmes Gazex® à inertie et plusieurs Gazflex® venant remplacer et compléter des dispositifs existants datant de plusieurs décennies. Ces installations permettront de prévenir les avalanches et de maintenir la circulation sur des axes essentiels. Présent dans 30 pays, MND Safety développe en outre d’autres projets emblématiques à travers le monde, que ce soit en Italie, en France ou au Chili.

Cet été, MND Safety va intervenir sur les routes de Californie pour installer des systèmes de déclenchement préventif d’avalanches. ©MND

LIAISON CÂBLÉE BOURG-D’OISANS–HUEZ : LE SCOT EST DÉFINITIVEMENT ADOPTÉ.

150M€

C'est la somme investie par Poma, spécialiste français du transport par câble, ces dix dernières années dans ses outils de production et sa R&D.

Validé à l’unanimité par la Communauté de communes de l’Oisans (CCO), établissement public regroupant notamment

Le Bourg-d’Oisans et Huez, et sans aucun recours, le principe de l’« ascenseur valléen » est désormais juridiquement sécurisé.

Place aux études environnementales “4 saisons” pour affiner ce projet à 45 M€, destiné à décarboner l’accès à l’Alpe d’Huez d’ici 2032. Reste à consolider le financement et à lever les contraintes foncières, sur fond d’échéances municipales. L’aventure se poursuit, mais le chemin vers la mise en service s’annonce encore long.

Maintenance écoresponsable

Busato by Chossade, concessionnaire de la marque Can-Am sur les deux Savoie, présente le quad électrique Can-Am, équipé de chenilles afin d’assurer la maintenance des domaines skiables en toute saison. Sa motorisation 100 % électrique assure une conduite fluide, silencieuse, sans rejet de CO2, idéale pour les environnements enneigés et les espaces touristiques sensibles. L’adaptation chenilles garantit une motricité optimale sur neige.

Ce quad Can-Am 100% électrique équipé de chenilles garantit une motricité optimale sur neige. ©Busato by Chossade

Le groupe TechnoAlpin, à travers sa filiale italienne Xelom, a développé Snow Cat, une dameuse 100% électrique, fruit de trois ans de développement. Elle peut atteindre jusqu’à cinq heures d’autonomie. ©Xelom

Silencieuse, flexible et puissante

Le groupe TechnoAlpin, à travers sa filiale italienne Xelom, a développé Snow Cat, une dameuse 100% électrique présentée au Salon Interalpin l’an dernier, fruit de trois ans de développement. Parmi les points forts de l’appareil, un fonctionnement zéro émission silencieux, un design modulaire et de très belles performances tout terrain. La dameuse est équipée d’une batterie de 300 kWh et d’un système de recharge rapide de 300 kW, permettant jusqu’à cinq heures d’autonomie et une recharge à 80 % en seulement 45 à 60 minutes.

Les premiers retours des professionnels du secteur ont été extrêmement positifs. L’engin présente des performances maximales en haute altitude et dans des conditions hivernales extrêmes.

Deer Valley Resort va devenir l’une des plus grandes stations d’Amérique du Nord. ©Deer Valley Resort

40 MILLIONS DE DOLLARS

C’est la somme que prévoit d’investir cette année Alterra Mountain Company dans ses stations, la majeure partie étant fléchée vers Deer Valley Resort (Utah) afin d’en faire l’une des plus grandes destinations de ski d’Amérique du Nord, en doublant sa taille. Le programme concerne également d’autres stations du groupe : un nouveau bâtiment de services à Snowshoe, un nouveau télésiège à Crystal Mountain, de nouveaux salons premium à Stratton, Palisades Tahoe et Steamboat, la refonte des infrastructures de production de neige de culture à Winter Park et la réhabilitation de l’hôtel Westin Monache à Mammoth Mountain.

Alterra s’est également engagée à investir pour ses employés, en offrant à ses travailleurs saisonniers de nouvelles couvertures santé, une plus grande palette de formations pour les patrouilleurs de ski et les opérateurs de remontées mécaniques et en agrandissant son offre de logements.

Eclairage durable

Fabriqué à partir de bois Accoya© certifié Cradle-to-Cradle® Gold, d’acier inoxydable et d’aluminium, le mât Olam représente une solution d’éclairage extérieur durable – grâce à ses matériaux 100% recyclables –, capable de résister à des conditions climatiques extrêmes. Son optique garantit un éclairage précis et maîtrisé, limitant les nuisances lumineuses, tout en assurant un confort visuel pour les usagers. Ce produit DarkSky® intègre les critères les plus exigeants en matière de respect de l’environnement et de la faune. Olam sera commercialisé dès avril 2026.

Olam est fabriqué à partir de matériaux 100% recyclables. ©Aubrilam

ANALYSE DU RISQUE D’AVALANCHE

Maccaferri a développé HelloMac Snow, s’appuyant sur la technologie IoT pour surveiller en temps réel l’épaisseur du manteau neigeux et les variations de température, deux paramètres essentiels dans l’analyse du risque d’avalanche. Parmi les dispositifs intégrés dans le système, figure un module capable d’équiper les filets paravalanches, permettant de surveiller les zones d’accumulation et de détecter d’éventuels mouvements du manteau neigeux. Ces dispositifs peuvent activer des systèmes d’alerte, renforçant la sécurité des routes, pistes et infrastructures en zones exposées.

HelloMac Snow surveille en temps réel l’épaisseur du manteau neigeux et les variations de température. ©Maccaferri

La solution s’intègre dans des milieux isolés, difficiles d’accès.

Toilettes biologiques

Courchevel, Val-Thorens, Tignes, La Plagne, Flaine... Toutes ces stations sont équipées de toilettes biologiques Satna NG. Une solution parfaite en l’absence de réseaux dans les zones isolées, dans les endroits difficiles d’accès ou aux climats rudes, sans aucun risque de gel. Ces toilettes biologiques fonctionnent sans litière ni sciure grâce à un filtre gravitaire innovant et une ventilation (solaire ou 220V) pour traiter les matières. Le liquide final, incolore et inodore, est rejetable dans la nature en toute conformité.

Balançoire géante

Dynamiques de flux

Pour améliorer la sécurité à l’embarquement des téléportés, Bluecime a d’abord développé Sivao, comptant le nombre de passagers dans chaque véhicule pour connaître le flux montant. La société a ensuite créé un deuxième système analysant les files d’attente tandis que sa troisième innovation, en cours de déploiement dans plusieurs stations, concerne l’analyse des flux de skieurs/snowboarders dévalant les pistes via des capteurs vidéo. L’ensemble de ces solutions permet donc l’analyse précise des dynamiques de flux, pour mieux les gérer, les répartir et dimensionner les équipements.

4 Experience propose Balanc’Air, une balançoire XXL procurant une sensation de chute libre suivie d’un mouvement pendulaire intense. Nécessitant une emprise au sol minimale, l’installation est réversible, et repose sur une ingénierie de pointe, entre sa structure haute résistance adaptée aux climats extrêmes et son système de treuillage automatisé. La Clusaz dispose déjà de ce type d’équipement et 4 Experience a bien l’intention d’exporter cette technologie savoyarde vers les parcs urbains et le marché mondial du loisir outdoor.

La société a créé trois solutions pour mieux gérer et répartir les flux en station.
©Bluecime
©Satna NG
Cette balançoire XXL procure une sensation de chute libre suivie d’un mouvement pendulaire intense. ©4 Experience

Elle a dit

« Il faut se départir de l’illusion d’abondance. Le fait d’avoir des glaciers ou des précipitations plus importantes que dans les plaines ne garantit pas la pérennité de la ressource (…). La clé réside dans une gestion fine des sols, une végétalisation accrue, et une approche collective et cohérente des bassins versants pour réactiver durablement les cycles de l’eau »

JUDITH EECKMAN, docteure-ingénieure et consultante en hydrologie et sciences du sol dans le Cahier de tendances montagne(s) n°7

SÉPARATEUR ÉCOLOGIQUE ET ESTHÉTIQUE

Le Savoyard Michel Monin crée des solutions personnalisées en bois, dont un séparateur de voie en mélèze de pays, servant à organiser et sécuriser les circulations sur les voiries, parkings ou zones piétonnes, dans une démarche écologique et esthétique. Ce séparateur est facilement déplaçable et même personnalisable par gravage. Parmi les autres points forts de l’aménagement, figure son « système de contreventement déposé à l’Institut national de la propriété industrielle, assurant une stabilité longitudinale du séparateur de voie sans gêner sa manutention », indique l’entreprise. Mais aussi le recours au mélèze, bois résistant, sans traitement autoclave, et donc sans impact sur l’environnement.

40 M€

C’est la somme investie par le groupe espagnol Aramon, le principal exploitant de domaines skiables en Aragon, pour garantir un enneigement précoce dès fin novembre et une saison plus stable. Cela se matérialise par l’installation de plus de 1 000 canons à neige à haut rendement, trois retenues collinaires supplémentaires et quatre unités Snowfactory, signées TechnoAlpin, à même de fabriquer de la neige, y compris par température positive. Ces équipements induisent une baisse de la consommation énergétique de 31 % et fonctionnent entièrement à base d’électricité d’origine renouvelable. Les pouvoirs publics ont largement contribué à cet investissement, qui permet d’ouvrir à date fixe et donc de pérenniser l’activité sur toute la saison pour les entreprises locales.

LA FRANCE A CLIMSNOW, LA SUISSE SA BOUSSOLE NEIGE

Face au réchauffement climatique, où et dans quelles conditions pourra-t-on encore skier en 2050 en Suisse ? Les Remontées mécaniques suisses, Suisse Tourisme et l’Association suisse des managers en tourisme ont missionné Météo Suisse, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage et l’École polytechnique fédérale de Zurich pour répondre à cette question. De là est née Boussole neige, une plateforme destinée aux acteurs du tourisme, aux autorités politiques et au grand public donnant une projection de l’évolution de l’enneigement en Suisse à horizon 2050-2060. Martine Rebetez, professeure de climatologie à l’Université de Neuchâtel et au WSL, observe une « augmentation moyenne de 0,5° C des températures en Suisse tous les dix ans » et « une perte moyenne de neuf jours d’enneigement, dont deux tiers en fin de saison ». Comme en France avec Climsnow, Boussole neige permet aux stations d’orienter leur stratégie et aux pouvoirs publics de bien flécher leurs aides. La plateforme met également en ligne une série de propositions pour s’adapter au changement climatique.

Ce séparateur de voie est conçu en mélèze de pays.
©Michel Monin

Axess ALPHA GATE 700:

teama xess.com

Haut débit

De nombreux foyers et entreprises ne sont pas encore raccordés à la fibre. En attendant, Nordnet propose Neosat, un accès au très haut débit par satellite.

Neosat, l'accès au très haut débit par satellite.

©Nordnet

Combinés sportifs en extérieur

AGILITÉ MAXIMALE

Singing Rock a développé un nouveau harnais modulaire dédié au secours en montagne, à l’évacuation sur remontées mécaniques et aux opérations héliportées. Rescue Master allie un rembourrage ultraléger et respirant à une ergonomie pensée pour le mouvement au sol comme le travail en suspension.

Rescue Master est un nouveau harnais modulaire dédié au secours en montagne.

©Singing Rock

Rondino propose une nouvelle gamme de combinés sportifs en extérieur, alliant jusqu’à huit ateliers par structure, dédiés au cardio, au renforcement musculaire, à l’agilité et à l’équilibre. D’une surface de 22 à 45 m², ils intègrent notamment planche abdominale, barre fixe, échelle d’escalade ou corde lisse, et s’adressent à tous les niveaux de pratique. Ils sont conçus et fabriqués en France à partir de bois local certifié PEFC. Chaque installation comporte une signalétique connectée avec panneaux explicatifs et QR codes donnant accès à des vidéos de démonstration.

Les installations peuvent intégrer jusqu’à huit ateliers dédiés au cardio, au renforcement musculaire, à l’agilité et à l’équilibre. ©Rondino

LE COÛT DES JO D’HIVER DE 2030 DANS LES ALPES FRANÇAISES

3,5 milliards d’euros : c’est le montant combiné des budgets pluriannuels du Cojop (comité d’organisation) et de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), dont 40 % pris en charge par la puissance publique 2,132 milliards d’euros : budget du Cojop, provenant à 74% de ressources privées (sponsors, contributions du CIO, billetterie) et à 26% de contributions publiques (Etat et deux Régions hôtes)

1,4 milliard : le montant estimé des investissements en infrastructures, supervisés par la Solideo dont le budget s’établit à 800 millions d’euros de fonds publics (financés à hauteur de 587 M€ par l’État et les deux Régions, le reste étant assuré par les collectivités) et 80 millions de fonds de réserve. ©Sylvain Aymoz

Désinfection

Skis, casques, protections et textiles sont utilisés par de nombreux usagers chaque jour, favorisant la prolifération de bactéries, virus et mauvaises odeurs. Lancée en avril 2026, Vyper ProClean garantit une hygiène irréprochable des équipements partagés, grâce à une technologie de désinfection combinant ozone, chaleur et UV-C. Ce procédé sans eau ni produits chimiques permet une élimination jusqu’à 99,99 % des micro-organismes en 12 minutes, sans résidu nocif.

EXPLOR GAMES® INVESTIGATION

La rejouabilité au service de la performance des parcours

Comment éviter l’effet “parcours à usage unique” ? Inspiré du Cluedo, Explor Games® Investigation, porté par la société Atelier Nature, génère aléatoirement un scénario parmi 216 combinaisons possibles, renouvelé à chaque partie. À l’enquête s’ajoutent des défis physiques et d’observation tirés en temps réel, garantissant une expérience différente à chaque visite. Intégré à un parcours aventure, comme les parcours filets, cette narration immersive devient un puissant levier de fidélisation, optimisant l’attractivité des sites de montagne toute l’année, sans personnel dédié.

Cette solution hybride valorise et rentabilise les infrastructures de loisirs existantes, à l’image des parcours filets de la Croix de Bauzon.

Stations solidaires

L’entraide entre exploitants de domaines skiables fait partie des priorités de la présidente de Domaines skiables de France (DSF), Anne Marty. Le principe : apporter un soutien concret aux adhérents les plus vulnérables. La commission solidarité, présidée par Fabrice Boutet, directeur général de Sata group, a déjà accompli de nombreuses avancées en un an. Chaque section géographique compte un référent solidarité en capacité d’identifier les fragilités ou les stations qui pourraient connaître des besoins. Les 100 plus petites stations françaises bénéficient d’un budget dédié permettant de recourir à des prestataires pour les accompagner

individuellement dans la rédaction de conventions et de contrats.

Figurent aussi la mutualisation des moyens et des ressources à l’échelle locale, des mesures de simplification administrative pour les petites stations, l’instauration d’un système de parrainage entre exploitants. En parallèle, DSF a entamé une réflexion avec d’autres acteurs de la montagne (Association nationale des maires de stations de montagne, Syndicat national des moniteurs de ski français, Association nationale des élus de la montagne, fournisseurs, mouvement sportif, magasins de sport…) pour la mise en place du premier observatoire partagé des

stations de ski. « En parallèle, nos actions phares continuent. Je pense à Nivalliance, notre police d’assurance contre les aléas climatiques. Grâce à ce dispositif de solidarité unique, et financé à 100% par l’ensemble des domaines skiables français, 455 330 € ont été versés à huit sociétés de remontées mécaniques pour les soutenir à l’issue de l’hiver 2024/25. Il y a aussi les petites annonces pour la vente, le don, la récupération de matériel d’occasion », énonce Anne Marty.

Loisir à faible impact

Avec sa filiale MBS, MND est en train de réaliser le projet Trek 12 aux Sybelles. Un parcours scénarisé en pleine nature, combinant aménagements en bois, dispositifs ludiques, narration et intégration paysagère, avec l’installation de tyroliennes, parcours sensoriels, balançoires géantes, points de vue... Il s’agit donc d’une proposition sans artificialisation lourde, à faible impact, intégrée au paysage et accessible à tous, toute l’année. Le programme peut se décliner sur d’autres territoires, avec une thématisation différente.

Les travaux sont déjà en cours dans la station norvégienne. ©Narvikfjellet

53 M€

pour préparer Narvik aux championnats du monde de ski L’exploitant du domaine skiable norvégien de Narvik investit 53 M€ en vue de l’organisation des championnats du monde de ski 2029. Un contrat a été signé l’an dernier lors du salon Interalpin, entre le domaine skiable, Leitner, Prinoth et Demaclenko. Il comprend la construction d’une télécabine, d’un télésiège et de trois téléskis, ainsi que la commande d’une centaine d’enneigeurs et de douze dameuses.

KFX RÉVOLUTIONNE LE TRAVAIL DES DAMEURS

KFX, le nouveau système d'attache rapide de la fraise développé par Kässbohrer, révolutionne le quotidien des dameurs : les accessoires arrière peuvent être montés ou démontés en moins de 30 secondes, optimisant ainsi l'utilisation des machines PistenBully. Sur une saison, cela signifie des centaines d’heures de travail en moins et des économies de carburant allant jusqu’à 20 %, en réduisant le poids du véhicule. Un couplage et un découplage automatisé de la fraise, sans avoir à quitter le véhicule, garantit une meilleure efficacité, une réduction des coûts, un meilleur confort et davantage de sécurité. KFX encourage à retirer plus souvent la fraise lorsqu’elle n’est pas nécessaire, diminuant la charge sur le châssis principal et le porte-outil et facilitant les manœuvres dans des espaces exigus. Avec un poids réduit, le dameur dispose de davantage de puissance de poussée et de montée.

Ce nouveau système d'attache rapide de la fraise induit des heures de travail en moins et des économies de carburant. ©Kässbohrer

Avec sa filiale MBS, MND est en train de réaliser le projet Trek 12 aux Sybelles. ©MND

Près de 31 M€

Pour préparer l’avenir de Monts Jura, le Département de l’Ain et Pays de Gex Agglomération mettent les moyens. Soit 30,9 M€ sur quatre ans pour diversifier les activités, penser des aménagements pour les débutants, moderniser les remontées mécaniques. Bref, faire vivre la station toute l’année, à l’heure du dérèglement climatique. Car Monts Jura pèse lourd dans l’économie touristique locale, avec ses 240 000 visiteurs et 7 500 nuitées en 2024. Même si l’hiver représente 85% du chiffre d’affaires, l’été progresse avec son offre large destinée à tous les profils, entre familles, sportifs et amateurs de sensations fortes : tyrolienne, luge sur rails, randonnées thématiques, paintball, sorties nature et bientôt rando toboggan font bon ménage avec le patrimoine culturel du territoire. La station espère ainsi réduire l’écart entre hiver et été, tendant vers un équilibre 70% / 30%.

Dans la station aindinoise, l’offre est suffisamment large pour s’adresser à tout type de public. ©Monts Jura

SURVEILLANCE INTELLIGENTE

Tokbo est une entreprise italienne spécialisée dans le développement de systèmes avancés de surveillance prédictive des infrastructures. En ce sens, elle est à même de proposer des solutions aux opérateurs de remontées mécaniques pour optimiser les coûts de maintenance, en réduisant les temps d’arrêt et d’inactivité. Son système de surveillance intelligent transforme les assemblages boulonnés en composants communicants, garantissant ainsi la sécurité et la continuité opérationnelle. Tokbo intervient sur les principaux équipements de transport par câble, qu’il s’agisse des suspentes, des sièges ou cabines, du moteur ou des chariots. Le système détecte en temps réel la force de serrage, les vibrations, les accélérations, la température et les inclinaisons, et transmet les données à une plateforme cloud dédiée.

La société italienne a installé ses capteurs sur le réducteur du téléphérique de l’Etna. ©Tokbo

LA SUPER STATION DE SKI D’ASIE CENTRALE

Le Kazakhstan veut créer une énorme station de ski à même de rivaliser avec les principales destinations mondiales. Le principe : combiner des stations de ski existantes et en construire de nouvelles en les interconnectant. Almaty Super Ski promet entre 300 et 700 kilomètres de pistes de ski accessibles aux débutants comme aux plus aguerris, l’implantation de 58 télésièges (contre seulement 16 actuellement dans la zone centrale), des installations pouvant accueillir jusqu’à 34 000 skieurs par jour (contre 6000 aujourd’hui). Almaty Super Ski se veut une destination durable, intégrant les technologies les plus innovantes, et vivant tout au long de l’année, mêlant sports d’hiver, loisirs d’été et tourisme urbain, profitant de la proximité d’Almaty.

CONTRE LES COUPS DE FOUDRE

Depuis 28 ans, Edera, spécialiste des travaux en hauteur, protège les bâtiments et infrastructures des menaces de la foudre. Les sites de montagne n’y échappent pas et sont même particulièrement exposés, menacés à la fois par des impacts directs avec un possible départ de feu, et les effets induits comme les surtensions qui peuvent endommager le matériel électrique. Edera propose et installe les solutions adéquates à mettre en œuvre pour assurer la protection du site : des parafoudres ou paratonnerres Helita. La société rhônalpine assure aussi le contrôle et la maintenance des installations existantes.

Edera protège les sites des menaces de la foudre.

©Edera

Shymbulak est, pour l’heure, la station phare de la région.

©Shymbulak mountain resort

Le saviez-vous ?

En France, 73% des clients pratiquent le ski alpin lors de leur séjour en station en hiver.

Source France Montagnes

One P artne r. Full S ervice.

Built on partnership.

Measured in success.

A single point of contact. Every service covered. We support you as partner of choice - from the first idea to final execution.

LIFE : LA DÉCLINAISON POMA, CENTRÉE EXPLOITATION

ET PERFORMANCE DURABLE

Avec LIFE (Large Impact for Efficiency), Poma affirme une approche qui dépasse la seule performance technique pour intégrer pleinement les enjeux d’exploitation, de maintenance et de durabilité économique et environnementale, au service d’une expérience optimisée en montagne comme en ville. Développée par les ingénieurs français du groupe et co-conçue avec des exploitants, la gamme met l’accent sur l’efficacité énergétique, la réduction de l’impact sonore et une logique d’éco-conception — avec 95 % de composants recyclables. Elle intègre également une réflexion approfondie sur la sûreté d’exploitation et la sécurité du travail, grâce à une ergonomie optimisée des gares, une accessibilité facilitée des équipements et une organisation technique pensée pour sécuriser les interventions tout au long de la vie de l’installation. Le pilotage intelligent des équipements contribue à optimiser l’exploitation quotidienne, tandis que le précâblage en usine permet de sécuriser et de raccourcir les phases de chantier. La conception des gares vise par ailleurs à limiter les volumes de béton et les besoins structurels, réduisant ainsi l’empreinte carbone globale de l’installation sans compromis sur les performances ni la robustesse de l’équipement. La première télécabine LIFE a été mise en service fin 2025 à Courchevel 1850, aux Chenus — l’un des premiers appareils du groupe à intégrer cette nouvelle génération technologique. Une prochaine installation est prévue cette année à La Clusaz.

L’ancienne télécabine des Chenus, à Courchevel, a été remplacée par la toute nouvelle gamme signée Poma. ©Poma

Trottinette électrique pour terrains vallonnés

Depuis 2008, TROTRX fabrique des trottinettes tout terrain, conçues par l’ancien pilote professionnel de VTT de descente, Christian Taillefer, champion d’Europe et médaillé aux championnats du monde. L’engin mêle ingénierie alpine, matériaux robustes, performance et durabilité. Elle existe aussi en version électrique pour terrains vallonnés. Lauréate du Prix de l’innovation 2022, TROTRX se développe en France et à l’international.

Cette trottinette tout terrain a été conçue par l’ancien pilote professionnel de VTT de descente, Christian Taillefer. ©TROTRX

Maintenance

digitale

Les montagnes russes fonctionnent 365 jours par an et par toute condition météo. La sécurité, la fiabilité et l’efficacité de l’entretien sont donc primordiales. Le Sunkid Mountain Coaster 2.0 fonctionne avec l’application Moco pro, offrant un contrôle total sur la gestion et la maintenance des traîneaux. Les opérateurs peuvent ainsi surveiller l’état et la fonctionnalité de chaque traîneau. L’application rationalise les diagnostics, la maintenance et les rapports d’erreurs, garantissant ainsi des opérations sûres et efficaces. Moco pro améliore la sécurité, réduit les temps d’arrêt, accélère le dépannage, optimise les intervalles de maintenance et réduit les coûts du cycle de vie. Elle est déjà en service à Chamrousse et Bernex.

Les opérateurs peuvent surveiller l’état et la fonctionnalité de chaque traîneau de l’équipement Sunkid grâce à l’application. ©Kilian Lahais

LE GOUVERNAIL, SIGNALÉTIQUE

D’ORIENTATION

PIÉTONNE À 360°

Le Gouvernail répond à un besoin d’orientation piétonne claire et intuitive, souvent difficile à satisfaire en espace montagneux. Ce mobilier mécanique, sans électricité ni branchement, permet à l’utilisateur de tourner un cadran cartographique pour placer sa destination devant lui, en complément d’un GPS. Les bénéfices ? Meilleure compréhension de l’espace, fluidité des déplacements, autonomie des usagers, et mise en avant de l’offre de la station en été comme en hiver, et selon les événements, tout en limitant l’impact environnemental des solutions numériques ou énergivores. La solution est déjà déployée sur 50 sites publics et touristiques, avec des retours d’expérience positifs. Le Gouvernail a reçu le prix “Janus de la Cité” 2022.

©PIC BOIS

Il a dit

« Il y a moins de nouvelles stations qui apparaissent, ou alors elles sortent de terre en Chine, où les équipements sont désormais fabriqués sur place, et en Russie, où les fournisseurs occidentaux sont désormais disqualifiés. Dans les pays émergents (et même ailleurs), on se tourne aussi beaucoup vers des projets urbains ou touristiques pour anticiper l’avenir. »

LAURENT VANAT, expert international de l’économie des stations de ski, l’auteur du Rapport annuel mondial du tourisme de neige et de montagne

Galerie sur mesure pour escalators

Avec plus de 4 200 installations de moving carpets dans le monde depuis 30 ans, la société autrichienne Sunkid, spécialiste en équipements de loisirs quatre saisons, en est devenue le leader mondial. À sa création, ce tapis de transport se destinait uniquement aux skieurs. Il est désormais utilisé au sein des bike parks, pistes de luge, terrains de golf, parcs aquatiques… L’an dernier, Sunkid a conçu une galerie sur mesure pour Gransnow Okuibuki. La station de ski japonaise a investi dans des escalators Snow warp, facilitant le trajet à pied du parking à la station principale des remontées mécaniques, parcours présentant un dénivelé de 22 mètres. Pour plus de confort, le domaine les souhaitait entièrement couverts, mais ne trouvait pas de fournisseur local à même de proposer une galerie adaptée à la couverture de deux escaliers roulants parallèles. Sunkid, à travers sa filiale Bruckschlögl GmbH, a relevé le défi, en concevant des transitions spéciales en tôle fine. La nuit, la galerie s’éclaire grâce à des bandes lumineuses en LED intégrées dans les arcs de la galerie en aluminium.

Commande particulière au Japon où il s’agissait pour Sunkid de recouvrir deux escaliers roulants parallèles. ©Fujitec

CHANTIER OPTIMISÉ

Touch2build, solution numérique combinant une application mobile et une interface web, aide les professionnels du BTP à gagner du temps, à mieux communiquer et à réduire les erreurs sur chantier. L’outil, conçu par des ingénieurs de la construction, simplifie la gestion et le suivi des chantiers, donnant accès à tous les documents de projet, n’importe où avec un appareil mobile. Rapports, remarques, listes de réserve peuvent être émis depuis le chantier sans perdre une minute.

Cette solution destinée au BTP permet de gagner du temps, de mieux communiquer et de réduire les erreurs. ©Touch2build

350M€

C’est la somme que les domaines skiables français investissent en moyenne chaque année, soit entre 25 et 30% de leur chiffre d’affaires. Les remontées mécaniques restent le principal poste de dépense, supérieur à 50%.

Source DSF

PLAN ENRICHI

Les plans touristiques figés, sur papier ou sur mobile, ont fait leur temps. Serre Chevalier, Pralognan-la-Vanoise ou encore Baqueira Beret, en Espagne, ont sauté le pas, en ayant recours à Itinemap, « une carte interactive avec des fonctionnalités comme Google Maps » pour enrichir l’expérience client, faciliter la gestion de leurs infrastructures, suivre les usages. Itinemap, c’est la promesse pour les domaines skiables « de révéler tout leur potentiel grâce à des cartes évolutives avec animation marketing, informations en temps réel, recherche, GPS, itinéraires et données, tout en réduisant la pollution papier », résume l’entreprise. La solution se connecte à l’écosystème numérique existant, grâce à son API et son site d’administration. Itinemap offre de multiples potentialités au visiteur : se repérer facilement grâce à une localisation en temps réel sur la carte, s’informer sur les pistes et remontées ouvertes ou fermées, se voir proposer un itinéraire personnalisé selon son niveau, l’ensoleillement ou l’affluence, trouver un restaurant ou un autre point d’intérêt...

Itinemap poursuit son développement en s’étendant au nordique, à la randonnée, aux bike parks et aux sites touristiques.

Permis de skier

Font-Romeu Pyrénées 2000 propose un nouvel espace ludique et pédagogique installé sur le secteur des Airelles : un parcours immersif pour tous les skieurs dédié à la sensibilisation à la sécurité sur les pistes. Plusieurs zones thématiques jalonnent l’espace autour de la signalisation, de la vitesse, des règles de conduite, des premiers secours et des risques liés à la neige et à la météo. Objectif : apprendre à skier de manière responsable grâce à une approche interactive et concrète. Un flyer sous forme de QCM et un reportage vidéo complètent l’expérience pour valider son permis de skier.

La station espagnole de Baqueira Beret a adopté cette carte interactive. ©Itinemap

QUAND LE CLUSTER MONTAGNE FAIT LE LIEN

ENTRE LES ENTREPRISES ET LES TERRITOIRES

Répondre au développement des entreprises d’un côté et aux besoins des territoires de montagne de l’autre, établir une relation gagnant-gagnant entre eux, c’est l’une des missions du Cluster Montagne, portée par Pierre-François Adam, responsable prospective, innovation, développement durable et entrepreneuriat. Pour pouvoir y parvenir, encore faut-il connaître les enjeux du moment. « Ces derniers temps, ils tournent autour de la sécurité des pratiquants et des travailleurs, des risques naturels, du dérèglement climatique qui impacte, forcément, le métier des exploitants, de l’attractivité et de la qualité de services, de l’intégration des nouvelles technologies ou encore de la ressource en eau et de son partage. La prospective permet de sensibiliser notre réseau d’entreprises à ce qui arrive et de savoir si elles sont capables d’apporter une solution face à ces sujets », résume Pierre-François Adam. C’est là qu’intervient la deuxième étape : l’accompagnement des porteurs de projets pour qu’ils maturent leur idée. « Nous avons créé, avec le Village by CA des Savoie, l’Incubateur Savoie Technolac et la French Tech Alpes, l’incubateur Alpes Tourisme Lab, proposant trois semaines d’immersion dans l’écosystème de la montagne, à la rencontre des acteurs et de leurs problématiques, mais aussi des sessions de coaching, de conseil et d’accompagnement. L’idée étant qu’à la fin, les participants valident ou non la pertinence de leur solution. » En 2026, huit startups ont rejoint l’incubateur afin d’y développer des projets variés : micro-aventure, rénovation énergétique des bâtiments,

automate de lavage pour vélos, optimisation des parcours et de l’expérience client grâce à l’IA, solutions de réservation et de paiement pour les activités outdoor, tourisme gastronomique, ainsi que collecte de données topographiques et d’images par drone.

Avant la mise sur le marché d’un produit, une phase test s’impose au sein d’un « territoire d’innovation ».

À Tignes, par exemple, plusieurs entreprises de la construction adhérentes du Cluster Montagne espèrent pouvoir expérimenter Synergi’Réno, une offre globale qu’elles ont conçue pour massifier la rénovation des copropriétés en montagne.

À Saint-François-de-Sales, la gérance de l’ancien foyer de ski de fond a été récemment reprise par le fondateur d’un bureau d’études spécialisé dans la transition touristique. Nordicéa sert en quelque sorte de site d’expérimentation en moyenne altitude autour de la question de l’attractivité avec ou sans neige et quatre saisons. Nordicéa a fait appel à Natural Break pour pouvoir proposer des hébergements touristiques pour les courts séjours « collant à l’ADN de cette destination, respectueux de l’environnement ». Ces cottages écoresponsables seront installés au printemps.

Pour aller plus loin dans la démarche, le Cluster Montagne édite depuis 8 ans son Cahier de Tendances dans une logique prospective, et met à disposition Cluster Montagne Solutions, une plateforme numérique sur laquelle retrouver tous les outils proposés par ses adhérents.

Chaque année, le Cluster Montagne organise une grande soirée pour le lancement de son Cahier de Tendances Montagne[s].

©Cluster Montagne

Une réponse rapide et sûre face aux avalanches

Cet hiver, IVAQ a lancé IVAQ Finder, un système embarqué sur drone capable de localiser de manière autonome des détecteurs de victimes d’avalanche (DVA/ARVA, 457 kHz). Le système partage en temps réel les données avec les secours grâce à la 4G. IVAQ Finder est une réponse rapide et sûre : elle accélère les recherches, réduit le recours à l’hélicoptère et limite l’exposition des équipes au sol au risque de suravalanche.

Le processus est déjà opérationnel aux côtés des équipes de pisteurs-secouristes de MéribelMottaret. Il est intégré sur des drones DJI Enterprise et conçu pour les conditions de la haute montagne. IVAQ Finder se déploie en moins d’une minute et se pilote via une application web accessible depuis n’importe quel appareil.

L’AMÉNAGEMENT DE LA

STATION UKRAINIENNE GORO MOUNTAIN RESORT AVANCE MALGRÉ LA GUERRE

La guerre en Ukraine n’empêche pas le projet porté par Okko Group de progresser. Entamé à l’automne 2024, le chantier de construction de Goro Mountain Resort, à 650 mètres d’altitude, dans la région de Kyiv, dans les Carpates, avance bien. Sur une zone de 1 200 ha, il prévoit 360 ha dédiés au ski et 800 ha aux 25 hôtels, commerces et équipements de loisirs ouverts en toute saison.

Côté ski, le domaine comptabilisera 41 pistes sur 75 km, deux télécabines et 11 télésièges.

La première phase (il y en a trois au total), démarrée en 2024, devrait être achevée en 2028-2029.

La construction du centre d’accueil et de la gare de départ d’une des télécabines a commencé.

L’investissement total pour l’aménagement de Goro Mountain Resort est estimé à 1,5 milliard de dollars. Sur cette somme, Okko Group prévoit d’injecter 500 millions de dollars et de lever 1 milliard de dollars provenant d’autres investisseurs.

La future station ukrainienne totalisera 41 pistes de ski, soit 75 km de descentes. ©Goro Mountain Resort

IVAQ Finder est déjà opérationnel à Méribel. ©IVAQ

SKIER TOUTE L’ANNÉE, N’IMPORTE OÙ

SkiMachine propose des simulateurs de ski indoor pour skier toute l’année et partout. L’entraînement par ce biais représente une alternative au ski d’été sur glacier tout en réduisant l’impact des déplacements. La piste utilise un tapis roulant équipé d’un revêtement ProSnow® reproduisant la neige véritable, avec des projections pour le slalom, une vitesse et une inclinaison réglables selon les niveaux. SkiMachine projette d’étendre ce concept au ski nordique.

L’entreprise propose des simulateurs de ski indoor. ©SkiMachine

Évolution de la gouvernance du groupe MND

Le groupe industriel français MND, spécialiste de la mobilité par câble, des systèmes d’enneigement, de la sécurité en montagne et des infrastructures de loisirs à sensations, voit sa gouvernance évoluer. Après 15 ans d’engagement au sein de MND, Roland Didier quitte ses fonctions de directeur général à l’occasion de son départ à la retraite. Edouard Barret, lui, rejoint le comité exécutif au poste de directeur commercial, communication et marketing groupe. Âgé de 41 ans, il est diplômé d’un double cursus d’ingénieur en génie industriel et en génie mécanique, avec une spécialisation dans les processus industriels.

Le saviez-vous ?

Nés aux États-Unis en 2008, les méga pass, forfaits multi-stations, représentent désormais près de la moitié de la fréquentation totale des stations américaines. Le modèle arrive en Europe mais sous une forme différente, plus coopérative, accessible et inclusive. Le Magic Pass, par exemple, donnant accès aux remontées mécaniques de près de 100 destinations en Suisse, en France et en Italie, soutient les petites stations.

L’ENNEIGEMENT

BASÉ SUR L’ANALYSE

DES DONNÉES : PLUS D’INTELLIGENCE, DE PERFORMANCES ET DE DURABILITÉ

Conception et optimisation des installations, pilotage de la production

Alerte sousgonflage

Le sous-gonflage des pneus de télésièges provoque éclatements, problèmes d’espacement et glissements du câble, entraînant des risques en termes de sécurité et des arrêts coûteux. Le TPMS sans fil de Promata réduit la maintenance (plus besoin de contrôle manuel) et corrige le sous-gonflage des pneus des télésièges et télécabines. Il surveille les pneus en temps réel grâce à des capteurs et envoie des alertes 24/7. Installé chez un client de Melbourne, le système a permis de détecter un sous-gonflage de 14 % à 38 % sur 145 pneus.

SENSATIONS DANS LES AIRS

L’attraction Cyclone, d’A&P-Projects, entre totalement dans le projet de diversification des stations de montagne. Le concept : faire du vélo en l’air sur une piste câblée selon diverses configurations. Les équipements proposés par A&P-Projects sont générateurs de sensations, à l’image de sa tyrolienne droite ou avec des virages, permettant de profiter du panorama par la même occasion.

Faire du vélo en l’air grâce à une structure câblée, c’est possible. ©A&P-Projects

Dévalkart nouvelle génération

Entre luge et kart, le Dévalkart, sans moteur, se pratique sur terre, goudron, herbe, ou même neige. Produit des années 1990, il porte désormais en lui un second souffle, prêt à reconquérir les stations de moyenne et haute montagne qui souhaiteraient diversifier leurs activités. Le nouveau modèle, travaillé avec un designer et un bureau d’études, conserve sa stabilité, sa robustesse, son côté ludique, accessible et familial. Il présente une forme modernisée, est plus confortable, possède des coques en plastique recyclé et pour ne rien gâcher, il est fabriqué en France.

Produit phare des années 1990, le Dévalkart a été revisité. ©Dévalkart

La société australienne surveille les pneus en temps réel grâce à des capteurs et envoie des alertes 24/7. ©Promata

LA MONTAGNE

À DEUX-ROUES

Outdoor éducation conçoit des infrastructures pour la pratique du vélo. L’entreprise intervient en montagne pour des aménagements quatre saisons. Ses modules passerelles de VTT, pensés pour la pratique bikepark moderne, allient performance, durabilité et respect de l’environnement. Leur structure en acier Corten garantit une résistance dans le temps, tandis que le platelage en mélèze s’intègre aux paysages alpins. Fabriqués pour les vélos à empattement long et à suspensions, leurs designs modulables et évolutifs s’adaptent à tous les niveaux de pratique. Les matériaux bruts et non traités préservent les sols, réduisent l’entretien et facilitent les réparations.

Parcours de jeux inclusif

Si les aires de jeux s’adaptent désormais aux enfants en situation de handicap, il n’existe pas sur le marché de modules de parcours d’obstacles, course d’obstacles ou slalom inclusifs répondant aux différents textes liés aux normes EN1176 ou EN16630. En s’appuyant sur les recommandations de la Fédération handisport, les retours d’experts et les tests menés sur prototypes, le fabricant d’aires de jeux Proludic a imaginé quatre modules de parcours inclusifs pouvant être installés séparément ou à la suite (passerelle, bascule, parcours d’obstacles et slalom).

Proludic a conçu quatre modules de parcours de jeux inclusifs. ©Proludic

Le saviez-vous ?

Au plan mondial, les investissements des domaines skiables atteignent des records : 568 M€ en France (soit 34% de leur chiffre d’affaires HT), 450 M€ en Autriche, 330 M€ en Suisse et 250 M€ en Italie en 2024.

Du câble intelligent à l’exploitation optimisée

Teufelberger développe des solutions destinées à renforcer la fiabilité et la durabilité des systèmes de transport par câble urbains et alpins. Avec Solitec® XD, spécialement conçu pour des applications exigeantes, la marque mise sur une réduction sensible des vibrations et du bruit ainsi que sur une durée de vie prolongée grâce à une conception optimisée du câble. À la clé : un confort accru pour les passagers et une sécurité d’exploitation renforcée. En parallèle, l’AIM Alliance (Alliance for Intelligent Rope Monitoring) propose une surveillance intelligente des câbles, combinant analyse d’images par IA, mesures magnéto-inductives et analyse géométrique. Ce dispositif permet une évaluation continue et objective de l’état des installations, favorisant la détection précoce des dommages, la réduction des arrêts et une disponibilité accrue des équipements. Avec Solitec® XD et AIM, Teufelberger se positionne ainsi comme un acteur global, couvrant l’ensemble du cycle de vie des systèmes de transport par câble, de la production au monitoring continu.

L’ASCENSION POMA, 90 ANS PLUS HAUT

EN 1936, UN TÉLÉSKI. EN 2026, UNE RÉFÉRENCE MONDIALE.

CHRONIQUE D’UNE ÉLÉVATION INDUSTRIELLE FRANÇAISE.

Toute ascension commence par un premier pas. Pour Jean Pomagalski, ce fut l’installation d’un téléski à l’Alpe d’Huez en 1936. L’ingénieur grenoblois ne cherchait pas la grandeur, mais la solution pour permettre de monter plus facilement et plus sûrement. Il ne le savait pas encore, mais cette invention allait hisser son nom bien au-delà des Alpes. Quatre-vingt-dix ans plus tard, l’entreprise née de cette intuition transporte 6,5 millions de personnes par heure à travers plus de 8 000 installations dans 90 pays. En 2024, Poma affiche 520 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % à l’export, et s’appuie sur 1 650 collaborateurs, majoritairement implantés en région Auvergne-Rhône-Alpes. Une trajectoire construite sans emballement, mais avec constance.

L’ascension de Poma ne s’est jamais faite par rupture spectaculaire. Elle s’est construite par addition, en conjuguant innovation technique, maîtrise industrielle et ancrage territorial fort. Des stations alpines aux lignes urbaines, le câble est devenu un outil stratégique de mobilité durable. Cette élévation s’est inscrite dans des ouvrages devenus emblématiques. Le Vanoise Express en Haute Tarentaise, prouesse à double cabine reliant les Arcs à La Plagne. Le tramway aérien de Roosevelt Island à New York, suspendu au-dessus de l’East River. La télécabine du Mont Huashan en Chine, accrochée à l’une des montagnes les plus vertigineuses d’Asie. Le nouveau 3S Jandri aux 2 Alpes, concentré de technologie tricâble.

En France encore, le Valléen à Saint-Gervais, trait d’union urbain-montagne ; la ligne « Glaciers » à La Plagne ; le Prodains Express à Avoriaz. À l’international, les métrocâbles de Medellín (Línea K et J), la ligne urbaine d’Ajaccio – Angelo, les installations de Chiatura en Géorgie, de Mokpo en Corée du Sud, de Yên Tử au Vietnam, ou encore de Saint-Domingue en République dominicaine.

Ces dix dernières années, 150 M€ ont été investis dans les outils de production et en R&D. 83 brevets sont aujourd’hui actifs. Cette dynamique trouve son expression la plus aboutie dans la gamme LIFE. Développée par les ingénieurs français du groupe et co-conçue avec les exploitants, elle s’inscrit dans la démarche LIFE R’way, associant performance technique, durabilité environnementale et compétitivité économique. Éco-conçue, intégrant 95 % de composants recyclables, optimisée pour l’exploitation et la maintenance, LIFE incarne une nouvelle génération d’installations pensées pour répondre aux exigences climatiques et réglementaires à venir.

À l’horizon 2030, Poma vise un équilibre 80/20 entre son cœur historique et de nouvelles activités. Déjà positionné sur l’opération et la maintenance avec 30 contrats en cours et un carnet de commandes de 250 M€ en 2025, le groupe affirme un modèle intégré garantissant un taux de disponibilité supérieur à 99,5 %. Quatre-vingt-dix ans après, la direction reste donc la même : avancer.

Alpe d’Huez, 1936. Sous le regard des autorités et des hommes du pays, Jean Pomagalski met en service le premier téléski. Une structure de bois, quelques câbles, et l’idée décisive : mécaniser l’ascension.

Le premier brevet pour cette invention, déposé par Jean Pomagalski le 6 mars 1936, était intitulé « Dispositif pour le démarrage progressif d’une charge entraînée par un câble se déplaçant à vitesse constante ». ©Poma

Investissements 2025 des domaines skiables : les points majeurs à retenir

Selon

l’enquête annuelle menée par le magazine

Montagne Leaders, en partenariat avec Atout France et DSF, les domaines skiables français ont engagé 555 M€ d’investissements en 2025. Un niveau sensiblement équivalent à 2024, supérieur de 50 % à la moyenne décennale, et représentant 32 % du chiffre d’affaires HT du secteur, soit 9 points au-dessus de la moyenne sur dix ans.

Remontées mécaniques : un effort toujours structurant. Avec 281 M€, les appareils neufs concentrent la moitié des montants engagés. Sur 48 installations recensées, la moitié concerne des tapis, illustrant une priorité donnée à l’apprentissage et à la diversification des publics. Les 24 appareils structurants (télécabines, télésièges, téléskis) affichent un investissement moyen de 11 M€ par unité, reflet de projets plus complexes et plus intégrés architecturalement.

Bâtiments d’accueil : un virage stratégique.

62 M€ sont consacrés aux restaurants d’altitude et équipements multiservices, en forte progression par rapport aux moyennes historiques. Ces infrastructures deviennent de véritables leviers économiques, pensés pour optimiser le parcours client, allonger le temps de présence et générer des recettes complémentaires été comme hiver.

Maintenance et optimisation en puissance.

Plus de 220 interventions, représentant 71 M€, ont été engagées afin de prolonger la durée de vie des installations et d’améliorer leur performance opérationnelle, dans un contexte de hausse des coûts et d’exigences réglementaires accrues.

Une géographie d’investissement très alpine.

La Savoie concentre 230,26 M€, devant la Haute-Savoie (84 M€), l’Isère (80,16 M€) et les Alpes du Sud (71,84 M€).

Les Pyrénées mobilisent 34,9 M€, tandis que Vosges, Jura et Massif central demeurent à des niveaux plus modestes.

Au-delà des montants, 2025 confirme une évolution stratégique : des investissements plus sélectifs, davantage multi-usages et conçus comme des outils de résilience économique pour les territoires de montagne.

L’intégralité de l’enquête est à retrouver dans le numéro 312 de Janvier/Février 2026 du magazine Montagne Leaders, disponible sur abonnement ou auprès de www.montagneleaders.fr.

Répartition par poste d’investissements (en m€)

RM NEUVES 281 267 960 €

RM MODIFICATIONS 29 189 339 €

RM MAINTENANCE 41 574 599 €

DAMAGE 46 561 000 €

VÉHICULES 4 597 283 €

NEIGE 40 391 807€

SÉCURITÉ 7 115 789 €

SIGNALÉTIQUE 3004 740€

TRAVAUX DE PISTE 18 615 093 €

BILLETTERIE 4 056 502 €

NUMÉRIQUE 1 751 620 €

La montagne change, les équipements aussi

Derrière les 555 M€ engagés en 2025, 50 nouvelles installations illustrent un changement de paradigme : fluidité des liaisons, montée en gamme des appareils et généralisation des usages quatre saisons. Dont une dizaine très ambitieuse :

• Altitude 3300, à L'Alpe d'Huez : jusqu'en 2030, Sata Group projette de remplacer six remontées mécaniques stratégiques pour fluidifier les liaisons entre le Pic Blanc, à 3300 m, et les cinq stations du domaine. En 2025, Poma a remplacé la télécabine de Poutran et le télémix de Rif Nel par de nouvelles télécabines. Cette politique ambitionne de donner plus de fluidité, de confort, d'accessibilité à tous les publics et en toutes saisons.

Combloux : le télésiège de Beauregard a été remplacé par une télécabine débrayable 10 places pour 14 M€, sécurisant l'embarquement des enfants et assurant une utilisation quatre saisons.

• Les Arcs : les télésièges de Replat et du Plan des Violettes laissent place à la télécabine de Villaroger permettant de diviser par trois le temps de trajet entre Villaroger (1200 m) et le Plan des Violettes (2119 m), pour 19 M€. Ce faisant, l'exploitant anticipe l'avenir en installant des télécabines au départ des villages plutôt que des télésièges pour s'affranchir des conditions d'enneigement et les utiliser quelle que soit la saison et pour tout public.

Méribel : exit le télésiège Côte Brune, place à une télécabine dernier cri Leitner 10 places reliant Méribel-Mottaret, Val Thorens et Les Ménuires pour 25 M€. Plus rapide, plus fluide, plus écoresponsable avec le retrait de 11 pylônes.

• Val Thorens : le téléphérique de la Cime Caron rouvre avec deux nouvelles cabines, rétablissant l’accès direct à son sommet emblématique, culminant à 3200 m d’altitude, ainsi qu’au nouveau bâtiment multiservices Caron 3200 inauguré l’hiver dernier.

Les stations de moyenne altitude, comme Crest-Voland, remplacent leurs télésièges par des télécabines. ©Poma

Par ailleurs, la station se dote d'une nouvelle télécabine 10 places Doppelmayr appelée Face Nord. Elle remplace les anciens télésièges du Glacier et du Col. Offrant un accès direct aux pistes Asters et Face Nord, elle permet une connexion stratégique vers le secteur d’Orelle, par la piste bleue de la Lory, accessible à tous. Montant : 15 M€.

Crest-Voland : en quête de diversification et d'accessibilité à tous en toute saison, la station a remplacé le télésiège de la Logère par une télécabine Poma, reliant 1 220 m à 1 595 m.

• Orcières-Merlette : l'implantation du nouveau télésiège débrayable six places de La Muande, signé Poma, partant du front de neige des Drapeaux et arrivant entre les Lauzières et Méollion, permet de rallier le sommet en six minutes dans des conditions plus confortables. Cette installation va de pair avec la rationalisation des remontées mécaniques, venant remplacer trois appareils vieillissants et énergivores, supprimant donc des pylônes et agrandissant l'espace dédié au ski.

La Plagne : un trafic plus fluide, un accès à la haute altitude facilité : le tracé de la nouvelle télécabine de Roche de Mio (45 M€), construite par Poma, a été revu, comprenant une gare intermédiaire au col de Forcle (2 273 m) avant de poursuivre jusqu’à Roche de Mio (2 739 m). Cette escale élargit le choix des itinéraires et permet de revenir facilement vers le secteur Plagne Bellecôte / Belle Plagne, ou de basculer sur le versant sud de Champagny-en-Vanoise.

• Courchevel : la vieille télécabine des Chenus vient d'être remplacée par Poma par une nouvelle dotée de cabines 10 places et d'un débit doublé. Sa gare de départ est désormais distincte de celle des Verdons afin de désengorger les flux. Coût : 25 M€.

Télécabine de la Logère à Crest-Voland, une installation Poma. ©Poma
TEXTE : MARIE-FRANCE SARRAZIN

INNOVATION VOICE

SOLITEC®

XD & AIM

Quand l’ingénierie du câble rencontre l’intelligence des données.

Dans les réseaux de transport par câble, urbains comme alpins, la performance ne se limite plus à la résistance mécanique. Elle s’évalue désormais à l’aune du confort acoustique, de la stabilité dynamique et de la capacité à anticiper l’usure. Le câble Solitec® XD conçu par Teufelberger-Redaelli, s’inscrit dans cette évolution. Sa construction optimisée -géométrie stabilisée, surface plus régulière, faible comportement en allongement- réduit significativement les vibrations induites par les torons et atténue les émissions sonores.

Des mesures en exploitation font état de niveaux compris entre 42 à 49 dB, avec une diminution des amplitudes vibratoires pouvant atteindre 40 à 60 % par rapport à des conceptions standards. À la clé : un roulement plus homogène, moins de sollicitations mécaniques et une durée de service prolongée.

Le câble Solitec® XD est aujourd’hui déployé sur plusieurs installations en Europe et en Amérique du Nord -quatre en Italie, une en Autriche, une aux États-Unis et une en Allemagne- offrant des retours d’expérience en conditions réelles d’exploitation.

Cette innovation majeure répond aux exigences spécifiques des installations à

forte amplitude horaire, notamment en environnement urbain, où la réduction des nuisances sonores et la constance du fonctionnement deviennent des paramètres structurants de l’acceptabilité du système.

Vers une maintenance prédictive pilotée par la donnée

Cette innovation trouve son prolongement dans AIM – Alliance for Intelligent Rope Monitoring, dispositif de surveillance continue combinant inspection magnétoinductive (MRT), analyse géométrique et vision 360° assistée par intelligence artificielle. L’état interne et externe du câble est évalué en temps réel : fils rompus, corrosion, variations de diamètre ou de pas sont détectés précocement. Les données sont consolidées dans des rapports numériques comparatifs, ouvrant la voie à une maintenance prédictive et à une disponibilité accrue des installations. Avec Solitec® XD et AIM, la logique n’est plus celle d’un simple composant, mais d’un système technique intégré couvrant l’ensemble du cycle de vie, de la production à l’analyse en service. Une approche systémique où la performance mécanique dialogue désormais avec la donnée.

Solitec XD

Sa construction optimisée réduit significativement les vibrations induites par les torons et atténue les émissions sonores.

Johannes Smetana

Head of Business Unit Cableways johannes.smetana@teufelberger.com

Tél. : +43 7242 615 1391

Mobile : +43 664 6113147

© Leitner
Installation de Valcigolera équipée de l’outil
AIM de Teufelberger-Redaelli et du câble
Solitec XD.

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AU SALON MOUNTAIN PLANET / 21-23 AVRIL

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Stand 1010

© Photo : Alexis Marcellin

MONTAGNE PLANÈTE

INTER NATIONAL

INDE

DES GLACIERS ARTIFICIELS

AU SECOURS DES CULTURES

Au cœur du Ladakh, région montagneuse du nord de l’Inde, ingénieurs et villageois œuvrent main dans la main pour protéger les cultures des conséquences du recul des glaciers. Ensemble, ils construisent des glaciers artificiels capables d’apporter le volume d’eau nécessaire à l’agriculture locale.

Au pied du « toit du monde », sur le haut plateau himalayen, l’eau est un bien précieux. Dans les villages reculés du Ladakh, district du Cachemire situé dans l’extrême nord de l’Inde, la vie quotidienne compose avec une réalité de plus en plus tendue : une ressource fragile, qui conditionne l’agriculture et la sécurité alimentaire des ménages. Contrairement au reste du pays, cette région est un « désert froid » sans mousson. Quand l’Asie est arrosée de pluies diluviennes en été, le Ladakh, lui, reste sec. L’agriculture y dépend donc entièrement de l’irrigation : environ 80 à 90 % des villages (situés entre 2 800 et 4 600 m d’altitude) et des agriculteurs s’appuient sur l’eau issue de la fonte nivale et glaciaire.

Agriculture et recul des glaciers

Les glaciers de l’Himalaya occidental reculent rapidement. À titre d’exemple, la vitesse de retrait du glacier Parachik, l’un des plus spectaculaires de la région, est passée d’environ 2 m/an (1971-1999) à près de 20 m/an (2015-2021). Conséquence directe : des villages autrefois bordés de ruisseaux alimentés par la neige doivent désormais composer avec des réservoirs à sec et des champs desséchés, fragilisant la sécurité alimentaire d’une région où l’agriculture reste la principale source de revenus. Pour soutenir les populations du Ladakh sont nés les « ice stupas », des glaciers artificiels inspirés des stupas bouddhistes. Entre novembre et mars, l’eau de torrents d’altitude est détournée vers la vallée via des conduites. Elle jaillit ensuite en fontaine par un orifice situé plusieurs mètres au-dessus du sol et, au contact de l’air glacé (jusqu’à -20°C), gèle en retombant. Se forme alors un cône de glace pouvant atteindre 20 à 30 m. Sa géométrie conique limite les pertes par rayonnement, ce qui permet à la glace de se maintenir : un véritable réservoir saisonnier, qui fond lentement durant la période sèche et irrigue les cultures.

Naissance des glaciers artificiels

Les premières expérimentations au Ladakh sont attribuées à l’ingénieur Chewang Norphel qui, dès les années 1980-1990, met au point des systèmes de dérivation vers des versants ombragés, où l’eau se fige en terrasses de glace à moyenne altitude. Déployées autour de Leh, ces structures ont permis de remettre en culture des parcelles abandonnées. L’ingénieur ladakhi Sonam Wangchuk modernise ensuite l’approche en concevant des cônes plus hauts, alimentés par une conduite sous pression gravitaire. Le premier prototype est réalisé à l’hiver 2014-2015 avec le monastère et le village de Phyang, près de Leh (environ 3 500 m). Financé par une campagne de dons d’environ 7,5 millions de roupies (près de 100 000 € à l’époque), il a permis de stocker près de 2 millions de litres d’eau, soit un coût estimé à 0,025 roupie par litre, compétitif face aux réservoirs classiques en haute montagne. Une fois l’équipement installé, l’ice stupa peut être reformé chaque hiver grâce à l’implication des villageois, réduisant les coûts d’exploitation. D’autres structures ont depuis été mises en œuvre autour de Leh pour sécuriser l’eau de pré-irrigation et étendre les surfaces cultivées.

Une solution low-tech

Considérés aujourd’hui comme une innovation emblématique d’adaptation en montagne, les ice-stupas combinent des savoir-faire locaux (canaux, répartition de l’eau) et une compréhension fine des mécanismes thermiques en altitude. Exemple de low-tech climatique, le concept s’est diffusé dans d’autres régions d’Asie centrale et de l’Himalaya — Sikkim, Népal, Pakistan — où des projets pilotes testent des structures similaires pour soutenir l’irrigation et l’accès à l’eau potable. Ces expériences montrent comment, dans un cadre budgétaire limité, des communautés de haute altitude articulent ingénierie vernaculaire, gouvernance de l’eau et innovation sociale.

Exemple de low-tech climatique, le concept s’est diffusé dans d’autres régions d’Asie centrale et de l’Himalaya…

Chewang Norphel et Sonam Wangchuk, les deux ingénieurs par lesquels commença et se développa l’histoire des stupa. ©DR
Le Stupa de glace géant situé au Ladakh est haut de 35 mètres et a stocké environ 75 millions de litres d’eau. ©DR

CHINE DES PARCS DE MONTAGNE À HAUTE VALEUR ENVIRONNEMENTALE

En Chine, l’expérience des JOP d’hiver de Pékin 2022 a nourri la création de parcs innovants combinant infrastructures touristiques, corridors écologiques et gestion stricte des usages. Montrant qu’il est possible de concilier développement touristique et préservation écologique en montagne.

Destruction de zones naturelles, impact environnemental des infrastructures, utilisation massive de neige artificielle… Les Jeux olympiques et paralympiques de Pékin 2022 ont connu leur lot de critiques. Pourtant, force est de constater qu’ils ont marqué un tournant dans l’aménagement des territoires montagneux en Chine, les autorités profitant de l’occasion pour repenser la gestion de ces espaces en intégrant des principes de durabilité et de protection écologique à long terme. De cette réflexion sont nés cinq parcs innovants, s’étendant de l’extrême nord tibétain aux forêts tropicales de la province insulaire du Hainan, dont la vocation est de préserver l’intégrité des écosystèmes et de la biodiversité du pays.

Des communautés locales intégrées

Parfaite illustration de protection d’écosystèmes alpins à grande échelle, l’exemple du parc national de Sanjiangyuan. Situé dans la province du Qinghai au nord-ouest du pays, ce tout premier et plus grand parc national de Chine couvre 19 millions d’hectares (1,5 fois la Grèce). Refuge du léopard des neiges et de l’antilope du Tibet, il abrite les sources des trois plus grands fleuves chinois (fleuve Jaune, rivière Lancang et Yangtze). Dans cette région confrontée au changement climatique et à des activités humaines excessives comme le surpâturage, un processus de restauration a été engagé : suppression des clôtures, reconnexion des habitats fragmentés, rétablissement des migrations essentielles à la reproduction des espèces. Ce parc d’un genre nouveau place aussi les communautés locales au cœur de sa gestion et offre des moyens de subsistance aux personnes qui vivent dans les zones protégées. Des milliers de bergers tibétains ont ainsi été formés pour devenir des « gestionnaires écologiques », participant à la protection de la biodiversité via des patrouilles anti-braconnage et la pose de caméras, avec l’aide des scientifiques, pour surveiller la faune locale. Chaque famille vivant dans le parc national de Sanjiangyuan est assurée d’un

emploi de conservateur écologique et de garde forestier. Les populations locales participent également au nettoyage des déchets dans les rivières et les montagnes afin de limiter les dégradations environnementales. Une approche qui favorise l’acceptation sociale et tend à limiter les conflits d’usage. Les parcs nationaux sont divisés en zones centrales protégées, ouvertes à la recherche et à l’exploration scientifiques et éducatives ainsi qu’aux activités de gestion et de surveillance de terrain, et en zones de contrôle général accessibles au public.

Le tourisme comme levier de conservation active

Même approche dans le parc national du tigre et du léopard de Sibérie, où les habitants sont impliqués dans la surveillance écologique et bénéficient de formations pour développer des activités touristiques durables générant des revenus et renforçant leur engagement dans la conservation : visites guidées avec des agences locales axées sur la découverte des écosystèmes et les projets scientifiques, ateliers d’écoéducation sur la gestion de l’eau et la biodiversité, participation à des stages ou programmes de volontariat en lien avec des centres de recherche (soins, reboisement, collecte de données sur la biodiversité, parc national du panda géant)… Ces activités, qui offrent aux visiteurs une expérience authentique tout en participant à la conservation active du territoire, s’accompagnent de mesures visant à éviter la surfréquentation : systèmes de réservation en ligne limitant le nombre de visiteurs par jour ; utilisation de capteurs et d’IA pour optimiser les flux et réduire l’impact sur les zones sensibles.

En encourageant une plus grande harmonie entre l’humain et la nature, l’expérience chinoise post-JO 2022 montre qu’il est possible de concilier développement touristique et préservation écologique en montagne. Une démonstration appelée à se poursuivre : d’ici 2035, la Chine affirme que le pays comptera 49 parcs couvrant une surface de 110 millions d’hectares.

Des milliers de bergers tibétains ont ainsi été formés pour devenir des « gestionnaires écologiques »

LES 5 PARCS NATURELS CHINOIS

• Le parc naturel du panda géant (2,7 millions d’ha) dans les provinces de la Chine centrale, le Sichuan, le Shaanxi et le Gansu protège l’habitat de la plupart des 1 900 pandas géants sauvages du pays.

• Le parc national du tigre et du léopard au nord-est de la Chine (1,4 million d’ha) le long des frontières avec la Russie et la Corée du Nord.

• Le parc national de Sanjiangyuan (19 millions d’ha) situé sur le plateau tibétain, est une zone géographiquement diverse où l’on trouve de spectaculaires montagnes dominant des glaciers, des zones humides de haute altitude et des prairies, des plateaux désertiques et des lacs aux eaux miroitantes.

• Le parc national de la forêt tropicale d’Hainan (400 000 ha) contient la zone contiguë de forêt tropicale la plus diverse, la mieux préservée et la plus grande de Chine. Elle abrite 33 % des espèces de reptiles de la Chine, 38 % de ses oiseaux, 20 % de ses mammifères et plus de 3 500 espèces de plantes.

• Le parc national montagneux de Wuyi (127 000 ha) dans les provinces de Fujian et de Jiangxi, qui abrite le plus complet écosystème de forêts sempervirentes indigènes et une multitude d’espèces rares et menacées.

Garde forestier du parc national de Sanjiangyuan lors d’une patrouille dans un canyon du comté de Zadoi, préfecture autonome tibétaine de Yushu dans le nord-ouest de la Chine. ©DR
Région de Sanjiangyuan, dans la préfecture autonome tibétaine de Yushu. Créé en 2016 au titre de projet pilote, il obtiendra son statut officiel cinq ans plus tard. ©Zhang Long

SUISSE GREENSTYLE, UN MODÈLE DE STATION EN TRANSITION

En Suisse, le domaine de Flims–Laax–Falera mène l’une des démarches les plus abouties pour devenir un territoire quasi zéro carbone à l’horizon

2030. Baptisée Greenstyle, l’initiative combine transformation énergétique, changement des pratiques et mobilisation des usagers.

Confronté de façon systémique au raccourcissement des saisons d’hiver et à la montée de la limite pluie/ neige, l’exploitant du domaine de Flims–Laax–Falera dans les Grisons, le Weisse Arena Gruppe, est passé à l’action. En 2010, il lance Greenstyle, un programme de durabilité porté politiquement par la destination et opérationnellement par une équipe dédiée qui couvre toute la chaîne de valeur : remontées, neige de culture, bâtiment, mobilité, restauration, gestion des déchets et biodiversité. L’objectif, ambitieux, est double : ne plus consommer d’énergies fossiles et couvrir 100 % des besoins du domaine par de l’énergie renouvelable régionale d’ici 2030, en visant la neutralité carbone sur l’ensemble des opérations.

De consommatrice à productrice

Greenstyle ne se borne pas à énoncer une série de « bonnes pratiques ». Le programme pose un cadre stratégique qui vise à transformer une grande station de sports d’hiver consommatrice d’énergie en une destination alpine autosuffisante qui produit son énergie. Pour ce faire, la station s’est dotée d’un plan en six points pour couvrir ses 280 GWh de consommation annuelle par des sources régionales 100% renouvelables et a déjà lancé environ 200 projets, du gros investissement à la micro-mesure organisationnelle. La démarche est documentée dans un « Greenstyle Book » publié en 2023 qui, en quelque 250 pages, éclaire l’épineuse question : « How to run a sustainable alpine destination ». Projets, retours d’expérience et indicateurs, tout y est formalisé en toute transparence, ce qui en fait un véritable manuel de gestion durable duplicable à d’autres territoires. On y découvre, entre autres, que les gares de remontées et les toits des bâtiments sont progressivement équipés de photovoltaïque, comme la gare aval de Flims ou le centre commercial Stenna, et les chaufferies au mazout sont remplacées par des systèmes plus sobres et bas-carbone. Que certaines installations, comme le télésiège Alp Dado de

Laax, couvrent leurs besoins en électricité grâce à leur propre production solaire ; que la station utilise également de l’éolien dans son mix énergétique ou encore que la préparation des pistes s’appuie désormais sur la mesure 3D de l’épaisseur de neige, ce qui permet de cibler l’enneigement technique au centimètre près, de réduire la production de neige de culture inutile et d’optimiser le travail des dameuses, elles-mêmes équipées de filtres à particules.

Sur le volet mobilité, Greenstyle a intégré très tôt l’électromobilité : on compte aujourd’hui plus de 50 bornes de recharge dans la région Flims–Laax–Falera, et des partenariats ont été noués avec des constructeurs automobiles pour rendre l’accès en véhicule électrique plus attractif.

La gestion des déchets, quant à elle, repose sur un maillage dense de points de tri dans le domaine skiable, complété par un travail de réduction à la source même si certaines cabanes utilisent encore des consommables jetables, montrant que la transition est en cours mais pas achevée. Enfin, la station associe les clients à l’effort par des produits comme le forfait « Last Day », qui finance des projets de protection du climat, notamment liés au ralentissement de la fonte des glaciers.

Environ 200 projets réalisés

À ce jour, environ 200 projets Greenstyle ont été réalisés, ce qui a permis de réduire significativement la dépendance aux énergies fossiles et de rapprocher la destination de son objectif de neutralité climatique en 2030. La part d’énergie renouvelable dans l’approvisionnement du domaine a fortement augmenté, avec une montée en puissance du solaire sur les infrastructures touristiques et une meilleure efficacité énergétique dans l’exploitation quotidienne. Les optimisations d’enneigement et de damage se traduisent par des économies d’énergie et d’eau, tout en sécurisant la qualité de ski, ce qui est stratégique dans un contexte de saisons plus courtes. La démarche

Sur le volet mobilité, Greenstyle a intégré très tôt l’électromobilité : on compte aujourd’hui plus de 50 bornes de recharge dans la région Flims–Laax–Falera

RÉSULTATS OBTENUS

• Énergie : 62 % de l’énergie totale déjà renouvelable (biomasse, hydroélectricité et photovoltaïque) ; les émissions de CO2 pour les carburants et les chauffages sont en baisse de 4,6 % (chiffres 2024-2025).

• Eau : Économies de 7,6 millions de litres (330 douches) + 6,5 millions litres (650 lavabos) par an grâce à des pommeaux économiseurs.

a aussi des retombées socio-économiques : création de compétences locales, nouvelles perspectives autour des métiers de l’énergie et de la durabilité, et renforcement de l’image de la station comme destination pionnière. Greenstyle n’est pas un moyen pour Flims–Laax–Falera de « verdir » son image. Devenue un référentiel opérationnel testé à grande échelle, démontrant qu’un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2030 est techniquement faisable, économiquement porteur et socialement mobilisateur à l’échelle d’un grand domaine alpin, l’initiative a pour vocation d’initier un vrai mouvement de fond.

• Déchets : 1 000 kg canettes alu recyclées/an, 9,2 t de bouteilles PET (2024-2025) ; 40 m³ ramassés lors du Clean-Up Day 2018 (425 volontaires) ; réduction foodwaste de 56% au Riders Hotel (1 300 repas sauvés en 4 mois).

• Fondation Greenstyle (depuis 2016) : 24 projets financés à hauteur de 125 000 CHF (2017-2022).

Sources : Greenstyle Book et Rapport d’activité 2024-2025

Greenstyle en chiffres

Les plus grands consommateurs d’énergie de la WAG

Gastronomie et Hôtellerie

Enneigement

Remontées mécaniques

Dameuses et flotte de véhicules

Divers

Mix Énergétique (%)

Évolution de la provenance de l’énergie (Électricité et combustibles).

Consommation d’énergie par première entrée (kWh)

Indicateur d’efficacité : kWh par premier passage aux remontées mécaniques.

Saison kWh / Entrée

*Exclut la gastronomie et l’hébergement.

Stations d’E-Parking WAG

Nombre de bornes de recharge pour véhicules électriques.

Énergie renouvelable (Biomasse)

Énergie renouvelable (Hydroélectrique)

Énergie renouvelable (Solaire)

Énergie fossile (Carburants)

Énergie fossile (Mazout)

Réduire, Réutiliser, Recycler Évolution des déchets résiduels (en tonnes).

La seule huile qui devrait chauffer est l’huile pimentée

Consommation de mazout (en litres) et nombre de chauffages au fioul en service.

Le graphique montre une tendance fluctuante entre 150t et 200t, avec un pic notable projeté/observé sur la période récente (24/25) avant une baisse drastique visée pour 29/30. Année Consommation (Litres) Nombre d’installations

•*9 : Ajout du chauffage au mazout du restaurant Startgels.

•*8 : Restaurant de montagne Curnius – Remplacement du chauffage au mazout par une pompe à chaleur (2026).

•*6 : Option Alpenhotel via le chauffage urbain de Flims, remplacement du chauffage de Startgels (2027).

• *0 : Crap Sogn Gion – Rénovation totale 2027, réseau de zone pour Rocksresort, Cas.

Q-PARK

Une nouvelle dynamique

stationnement au service des stations de montagne.

Optimisation des flux, qualité d’accueil, transition des mobilités : dans les stations de montagne, la gestion du stationnement devient un enjeu stratégique. Le groupe Q-Park développe une approche globale pour accompagner cette évolution dans 4 stations des Alpes (40 parkings).

Longtemps considéré comme un simple équipement technique, le stationnement s’impose aujourd’hui comme un levier majeur d’organisation des stations de montagne. La gestion des flux automobiles conditionne l’accès aux stations, l’usage de l’espace public et la qualité de l’expérience visiteurs. Spécialiste européen du stationnement et aujourd’hui deuxième acteur du métier en France, le groupe Q-Park entend accompagner cette transformation. L’acquisition de la société SAGS marque une étape dans cette stratégie en renforçant son expertise dans les territoires touristiques de montagne. Chez Q-Park, le stationnement doit être envisagé d’abord comme « un véritable service ». En station, c’est le premier et le dernier contact entre le visiteur et la station. À ce titre, il participe directement à la qualité de l’accueil et à l’image de la destination. Aujourd’hui, Q-Park est présent dans plusieurs stations majeures comme Val d’Isère, Bourg-Saint-Maurice –Les Arcs, La Plagne, Les Orres ou Villaroger. Dans ces territoires, le stationnement concerne à la fois les collectivités publiques, communes ou communautés de communes, mais aussi les acteurs privés, notamment les hébergeurs.

Un outil d’organisation des mobilités L’expérience montre que l’enjeu principal n’est pas tant le prix du stationnement que l’organisation. Un stationnement structuré permet de réguler les flux automobiles, de mieux répartir les places et de réduire la pression sur l’espace public. Dans certaines stations, on observe même une baisse de l’usage de la voiture lorsque le stationnement est clairement organisé. Pour Q-PARK, cette réflexion peut s’élargir « à l’échelle d’un territoire. » L’exemple du parking des Alpins à Bourg-Saint-Maurice illustre cette approche intercommunale, qui permet de mieux coordonner les mobilités entre la vallée et les stations. La transformation passe également par la digitalisation des services avec entre autres la réservation du stationnement en ligne, comme on réserve ses skis ou ses cours de ski. Une solution qui simplifie le stationnement en station et limite le stress des visiteurs. Q-Park s’attache aussi à réaliser les travaux de structure ou d’embellissement nécessaires pour transformer l’image des parkings euxmêmes. Propreté, déneigement, présence humaine et aménagements soignés participent à faire de ces espaces de véritables lieux d’accueil. Cette vision s’inscrit enfin dans l’évolution des mobilités en station. Près de 50 bornes de recharge ont par exemple été installées à Val d’Isère et à Bourg-Saint-Maurice, y compris

des chargeurs rapides. D’autres services complètent progressivement l’offre pour une utilisation « 4 saisons » des parkings, comme les espaces sécurisés pour vélos par exemple. Pour Q-Park, le stationnement ne peut plus être envisagé isolément. Il devient un élément structurant de l’écosystème des stations, en lien avec les collectivités, les hébergeurs et les exploitants de remontées mécaniques. Un métier qui accompagne désormais pleinement les transformations des mobilités en montagne.

À propos de Q-Park France

Comptant près de 850 collaborateurs, Q-Park France gère plus de 400 parkings dans près de 90 villes et a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 235 millions d’euros. Q-Park France bénéficie depuis 2020 d’une triple certification QSE : ISO 9001, ISO 45001 et ISO14001.

POUR EN SAVOIR PLUS www.q-park.fr

Les Arcs 1800, Porte de Station, Q-PARK. ©JY Kutter

ITALIE LES DOLOMITES À L’AVANT-GARDE

D’UNE MONTAGNE DURABLE

Une montagne peut-elle rester vivante sans s’épuiser ?

Si ! répondent avec brio les Dolomites qui, en régulant l’accès, en repensant la mobilité et l’architecture, tracent une voie inédite pour concilier fréquentation et préservation.

TEXTE : CATHERINE FOULSHAM

Inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2009, les Dolomites ont été parmi les premières régions alpines à repenser en profondeur leur modèle touristique face à la double pression du surtourisme et du changement climatique. Dès 2010, les provinces autonomes de Trente, Bolzano et Belluno, en collaboration avec la Fondation Dolomites Unesco, ont élaboré une stratégie commune : préserver l’intégrité écologique et paysagère tout en maintenant la vitalité économique des vallées. Ce pacte interrégional inédit repose sur trois piliers : régulation des accès, mobilités décarbonées et architecture nouvelle génération.

Régulation des accès

Les Dolomites ont le vent en poupe : ces 15 années, les arrivées ont progressé de 64,3 % avec un total de près de 10 millions de nuitées pour la saison touristique 2023/24*. Revers de la médaille, la destination fait face à des phénomènes de saturation l’obligeant à réguler les flux touristiques aux abords des sites les plus fréquentés.

Au Lago di Braies, un système d’accès donnant priorité aux transports publics (navettes) et imposant une réservation préalable des parkings payants pour les voitures a été mis en place. Et, depuis l’été 2025, des quotas journaliers ont été instaurés pour accéder au site des Tre Cime di Lavaredo, l’accès en voiture via une route à péage (40 € pour une voiture, 26 € pour une moto) se fait désormais sur réservation en ligne.

Mobilités sobres

Dans ce même souci de protéger l’environnement, d’améliorer l’expérience visiteurs et d’optimiser les flux vers les sites les plus emblématiques, le recours aux transports publics et aux solutions de mobilité collective est encouragé : développement de lignes régulières, horaires adaptés aux randonneurs, pass

économiques (Mobilcard, DolomitiBus Pass, Guest Pass offert par 90 % des hébergements). Parallèlement, dès 2O22, un Plan de mobilité durable des Dolomites conçu à l’échelle interrégionale a été adopté. Ciblant en priorité les cols les plus fréquentés, il prévoit la régulation de l’accès automobile aux cols de Sella, Gardena, Pordoi et Campolongo, notamment lors de périodes de forte affluence ; l’organisation de journées sans voiture et de restrictions temporaires du trafic motorisé ; le renforcement de navettes et de transports publics saisonniers vers les zones d’altitude ; la création ou l’optimisation de parkings relais en fond de vallée, associés à des services de transport collectif ; l’introduction d’outils numériques pour la gestion des flux et l’information des visiteurs. Toutefois, la complexité topographique et institutionnelle du territoire limitant le déploiement de réseaux de transport public intégrés à grande échelle, ce plan n’apporte pas, à ce stade, de réponse globale à la question des mobilités inter-vallées, qui constitue un défi majeur pour la gestion durable des Dolomites.

Architecture régénérative

Dans les Dolomites, la transition écologique s’exprime aussi à travers une politique architecturale résolument innovante. Plusieurs refuges, équipements publics et hébergements touristiques récents répondent à des exigences élevées de performance énergétique, combinant enveloppes très isolées, recours au bois massif et production d’énergie renouvelable.

Des concours régionaux, notamment dans le Trentin-HautAdige, valorisent des projets capables de s’insérer dans le paysage sans le dominer, par des volumes maîtrisés et des matériaux locaux. Bois, pierre dolomitique et solutions biosourcées structurent ainsi une architecture contemporaine, sobre et profondément ancrée dans le territoire à l’image du Messner Mountain Museum Corones signé Zaha Hadid ou du

L’architecture comme levier touristique… Affranchie de tout folklore, l’architecture montagnarde avant-gardiste est devenue un pilier de l’attractivité des Dolomites. Au Kronplatz, deux réalisations emblématiques l’illustrent : le spectaculaire Messner Mountain Museum signé Zaha Hadid et le LUMEN Museum, où l’architecte Gerard Mahlknecht a métamorphosé l’ancienne gare du téléphérique en un écrin muséal d’une élégante sobriété. ©fotografia Paolo Riolzi

La majorité des acteurs considèrent désormais la régulation des accès comme inévitable et préférable à une surfréquentation non maîtrisée.

Oberholz Mountain Hut à Obereggen. Et la province de Bolzano met en œuvre des programmes de réhabilitation énergétique de bâtiments existants pour transformer des bâtiments publics en nZEB (Nearly Zero-Energy Building).

Des résultats réels mais fragiles

Ces mesures ont-elles permis d’inverser la tendance ? Concernant la fréquentation, les Dolomites n’enregistrent pas de réduction – certains sites emblématiques restent structurellement saturés en été - mais la croissance continue observée depuis les années 2000 semble marquer le pas entre 2022 et 2024 (+11% d’arrivées en 2019-2023 et stabilisation en 2024), quant à la concentration estivale, elle reste forte, même si la dessaisonalisation progresse (+12 % de chiffre d’affaires moyen en intersaison sur la période 2019–2023).

On observe en revanche des réductions nettes du trafic automobile dans les zones régulées (- 25 à -30 % sur les cols de Sella, Gardena, Pordoi) et -45 % de véhicules privés autour du lac de Braies qui reste structurellement saturé en été. Quant aux socio-professionnels de la région, un premier temps réticents, The Dolomites – 2025 COA indique : « La majorité des acteurs considèrent désormais la régulation des accès comme inévitable et préférable à une surfréquentation non maîtrisée. »

*Source : Les Dolomites – Évaluation des perspectives de conservation 2025, IUCN World Heritage Outlook

AUTRICHE

CES INNOVATIONS QUI RÉINVENTENT LES DOMAINES SKIABLES

IA prédictive, énergie optimisée, mobilité douce, infrastructures de nouvelle génération… Grâce à une forte capacité d’innovation, les stations de ski autrichiennes parviennent à réduire drastiquement leur empreinte écologique. La preuve par 5.

1_Des remontées éco-efficaces

Avec ses 250 km de pistes, le domaine de SkiWelt Wilder Kaiser est l’un des plus grands et des plus modernes d’Autriche. Il l’a confirmé la saison dernière en remplaçant, sur le même tracé, deux télésièges parallèles de 4 places par un nouveau modèle débrayable 8 places offrant la plus grande capacité de transport du monde. Capable d’acheminer jusqu’à 4 570 personnes par heure à la vitesse maximale de 5 m/s, l’EibergBahn est équipé de sièges chauffants, dépourvu de bulles pour limiter la prise au vent et préserver les ressources, il est doté d’un système photovoltaïque haute performance installé sur le toit de la gare de la vallée. D’une puissance de 140 kWc, ce système peut produire 50% de l’énergie annuelle nécessaire à son fonctionnement, fait de l’EibergBahn l’une des remontées les plus autonomes en énergie au monde.

2_ L’IA prédictive pour gérer les flux skieurs

Station de référence pour l’usage de l’IA prédictive dans la gestion des flux skieurs, KitzSki Kitzbühel déploie la plateforme Skidata Connect, solution lui permettant d’analyser en temps réel les flux de skieurs aux 55 téléphériques et remontées mécaniques de la station sur lesquels sont installés des capteurs BLE (Bluetooth Low Energy) et RFID. Résultats : anticipation des goulots d’étranglement, ajustement de la tarification en fonction de l’affluence prévue (+ 18% de revenus billetterie), réduction de 99% des contrôles manuels, optimisation du personnel via l’analyse des flux et réduction de 20% des temps d’attente skieurs.

3_Des smartphones en guise de forfait de ski

KitzSki a également été site pilote pour déployer les nouveaux forfaits de ski dématérialisés. Généralisée à l’ensemble du domaine en 2025, à l’instar de Serre-Chevalier en France, cette solution permet aux skieurs de passer aux remontées mécaniques en mode main-libre. Grâce à la connectivité Bluetooth Low Energy intégrée aux portiques, le contrôle des

billets, préalablement enregistrés et activés sur le smartphone via une application mobile, se fait sans contact. Un vrai plus pour les exploitants qui disposent de précieuses données sur les préférences de leurs clients, qui de leur côté ont les mains libres pour profiter de leur environnement. Une solution zéro déchets adoptée cette saison par Zell am See-Kaprun et Hochgurgl-Obergurg.

4_Prévision et optimisation de l’enneigement

Spin-off de l’Université d’Innsbruck, la startup autrichienne Lumiosys, a développé Schneeprophet®, le premier logiciel capable de simuler l’évolution du manteau neigeux en fonction de stratégies d’enneigement paramétrables. En combinant données locales, modèles météo haute résolution et intelligence artificielle, la solution anticipe les conditions de neige et de pistes jusqu’à 15 jours à l’avance. Elle permet ainsi aux stations de prendre des décisions d’enneigement plus précises, tout en réduisant significativement la consommation d’eau et d’énergie.

Adopté par Snow Space Salzburg (qui regroupe les domaines de Flachau, Wagrain et St. Johann-Alpendorf), Schneeprophet® a été récompensée par le prix SIS ECO 2025.

5_ L’accès au ski réinventé

Déployée en avant-première à Ski Arlberg fin novembre 2025, l’Axess ALPHA GATE 700 constitue une première technologique en Autriche dans le contrôle d’accès aux domaines skiables. Développée et industrialisée en moins de douze mois, cette nouvelle génération de portillons intègre une lecture RFID et BLE haute performance, une portée d’antenne étendue pour des flux plus rapides, ainsi qu’une architecture modulaire adaptable à tous les usages. Installée à près de 90 exemplaires à Lech Zürs et Warth, la solution établit un nouveau standard d’accès intelligent, alliant efficacité opérationnelle, fiabilité et intégration numérique avancée tout en offrant un accès plus fluide, intuitif et accueillant aux clients.

TEXTE : CATHERINE FOULSHAM

L’EibergBahn, sur le domaine de autrichien de SkiWelt Wilder Kaiser, est le nouveau modèle débrayable 8 places offrant la plus grande capacité de transport du monde. Il peut acheminer jusqu’à 4 570 personnes par heure à la vitesse maximale de 5 m/s, le tout de manière eco-efficace…

Déployée en avant-première à Ski Arlberg fin novembre 2025, l’Axess ALPHA GATE 700 constitue une première technologique en Autriche dans le contrôle d’accès aux domaines skiables.

* Source : Skiresort.info

DESIGN LA CABINE ET LA LIGNE

Depuis un siècle, les remontées mécaniques évoluent au rythme des innovations techniques, mais aussi dans leurs formes. Des cabines compactes des années 1960 aux volumes panoramiques actuels, la question du dessin accompagne, structure et prolonge celle de la performance. Car ces lignes et ces courbes ne se contentent pas d’assurer le mouvement, parfois elles s’inscrivent même durablement dans notre imaginaire.

TEXTE : CLAUDE BORRANI

On a longtemps parlé des remontées mécaniques à travers leurs performances, leur capacité à franchir des portées ambitieuses, à absorber des flux importants, à fonctionner dans des environnements contraints. Pourtant, lorsqu’on observe leur évolution sur la durée, une autre dimension apparaît avec évidence.

La transformation des silhouettes compte autant que celle des systèmes.

Avec l’essor des stations intégrées et la massification du ski, un changement s’est opéré. La cabine a cessé d’être uniquement un dispositif technique pour devenir un objet identifié.

Au début des années 1960, la SP4 de Poma, le célèbre « œuf », a marqué ce basculement. Son volume ovoïde concentrait la structure dans une coque continue. Les arêtes disparaissaient au profit d’un galbe homogène. La compacité était poussée à son maximum, la silhouette devenait dense et immédiatement reconnaissable. Ce galbe n’était pas décoratif, il procédait d’une logique structurelle précise qui répartissait les contraintes et simplifiait l’enveloppe. Mais il produisait aussi une image forte. L’« œuf » dialoguait avec l’esthétique industrielle de son époque et avec l’architecture des stations nouvelles. Il démontrait qu’une innovation technique pouvait s’incarner dans une

forme synthétique, capable de traverser les décennies sans perdre en pertinence. S’il est resté iconique, c’est parce qu’il incarnait cette convergence entre ingénierie et dessin industriel. À quelques kilomètres de Mountain Planet, c’est la même mécanique qui s’illustre à travers les bulles de la Bastille qui rappellent que Grenoble fut l’un des premiers laboratoires du design appliqué au transport par câble.

L’allongement des lignes

Les décennies suivantes n’ont pas rompu avec cette exigence formelle. Elles l’ont progressivement déplacée vers une autre relation au paysage. À mesure que les systèmes gagnaient en fluidité et en performance, les cabines s’allongeaient. Les proportions évoluaient vers davantage d’horizontalité. Les surfaces vitrées prenaient de l’ampleur, les montants s’affinaient, la structure tendait à se faire plus discrète. Longtemps, le polycarbonate a dominé pour des raisons de légèreté et de résistance aux chocs. Il permettait d’augmenter les surfaces transparentes sans compromettre l’équilibre global. Puis la recherche d’une transparence plus stable dans le temps a conduit progressivement vers le verre feuilleté. Cette évolution a atteint une maturité visible sur des installations récentes.

Le célèbre œuf dessiné par Francis Tauzin en 1966 : une performance technique en même temps qu’un design inoubliable. ©Poma

La première version de télécabine s’ouvrait à la main, comme en témoignent les poignées sur ce prototype photographié à l’usine. Elle était en polyester avec armature métallique. L’intérieur était équipé de sièges moulés incassables, avec de larges ouvertures en plexiglas. ©Poma

À Courchevel, les nouvelles cabines du téléphérique de la Saulire, mises en service en décembre 2024, illustrent ce passage. Le vitrage feuilleté a remplacé le plexiglas traditionnel. La qualité optique s’est améliorée, la perception du relief a gagné en netteté, les surfaces transparentes sont descendues plus bas dans le volume. La cabine n’était plus seulement un habitacle percé d’ouvertures, elle devenait un cadre panoramique précis.

La signature et la continuité industrielle

Dans ce mouvement, les collaborations avec des studios de design spécialisés sont venues enrichir une maîtrise des lignes et des formes déjà bien ancrée chez les constructeurs. Lorsque Pininfarina a signé les cabines Symphony installées entre autres à Val d’Isère, il ne s’agissait pas d’ajouter une griffe prestigieuse à un produit existant. Le studio italien, reconnu pour son expertise en design industriel et en mobilité, est intervenu sur les proportions, la tension des lignes, la continuité entre vitrage et structure. La silhouette a gagné en homogénéité, les raccords ont été traités avec une précision accrue, la compacité a été maintenue sans rigidité visuelle. Chez Bartholet, la collaboration avec le Studio F. A. Porsche, entité de design issue de l’univers Porsche mais dédiée à des projets industriels variés, s’est inscrite dans une réflexion comparable. À Schmittenhöhe, la contrainte était forte. Le nombre limité de cabines et l’impossibilité d’utiliser du verre double courbure imposaient un dessin rigoureux. La solution retenue reposait sur un volume inspiré du galet, évidé par de larges surfaces vitrées planes. Les arêtes ont été adoucies, et la continuité des surfaces maîtrisée. La forme a ainsi évité l’effet massif sans recourir à une complexité superflue. Elle a reposé sur un équilibre entre simplicité constructive et cohérence visuelle.

Patrick Jouffret, designer industriel français dont l’atelier développe depuis près de vingt ans des projets dans les domaines du sport, du nautisme et de la mobilité, a adopté une approche plus centrée sur l’expérience intérieure. Au téléphérique du Faron à Toulon, il a choisi de conserver la cabine rouge historique tout en la transformant en profondeur. Le polycarbonate a cédé la place au verre, les surfaces vitrées ont été agrandies, un hublot au sol a été intégré. L’intervention n’a pas visé la rupture esthétique, mais la justesse du détail. « Le spectacle, ce sont les montagnes », explique le designer. Au funiculaire Bourg-Saint-Maurice - Les Arcs, le toit vitré qu’il a imaginé a aussi été pensé comme une surface active prolongeant l’axe visuel. Le poste de conduite a été recentré afin de libérer l’espace. Le volume n’était pas redessiné pour imposer une signature, mais pour organiser la perception. La cabine ORIZON, développée par MND en collaboration avec Stellantis Design Studio, s’inscrit dans cette continuité où le design n’est plus un habillage mais une composante structurelle du projet industriel. Studio dédié aux projets non automobiles

La montagne, un spectacle

du groupe Stellantis, cette structure créative met au service d’acteurs industriels son expertise en conception produit et en industrialisation. Sur ORIZON, les proportions ont été travaillées pour maximiser la surface vitrée sans déséquilibrer la silhouette. Les lignes sont tendues, les raccords traités avec précision, l’assemblage pensé dès l’amont du développement. Le design est envisagé comme un outil d’optimisation globale : « il doit répondre simultanément aux exigences de l’exploitant, aux contraintes du constructeur et au confort de l’usager », expliquent les designers maison. La cabine est ainsi considérée dans son cycle de vie complet, de la fabrication à la maintenance.

C’est moins la recherche d’une forme spectaculaire que la quête d’une justesse qui caractérise la période actuelle. La capacité à équilibrer compacité et ouverture, robustesse et finesse, modularité et cohérence sont les critères du moment. La silhouette d’une cabine contemporaine ne cherche plus l’effet, mais l’équilibre. De la densité ovoïde de la SP4 aux volumes panoramiques installés aujourd’hui dans les Alpes, un fil continu relie ces évolutions. Les constructeurs ont innové sans jamais dissocier la performance du dessin et des proportions. Suspendue au câble, la cabine est et restera un objet d’ingénierie. Mais elle est aussi, depuis toujours, une architecture en mouvement.

ConnX, la solution hybride développée par LEITNER, associe transport par câble aérien et mobilité électrique terrestre. Une idée géniale dont la mise en œuvre est particulièrement complexe. Les derniers tests intensifs à Sterzing, menés avec Elaphe, valident la coordination des cabines/ véhicules et les scénarios d’entrée-sortie en station, soulignant les défis techniques franchis dans l’évolution design de ces cabines. @LEITNER

Bien avant les cabines panoramiques contemporaines, Grenoble inventait en 1976 l’icône moderne du transport par câble : les bulles de la Bastille. Leur géométrie sphérique affirmait déjà une idée forte : la cabine n’est pas qu’un outil de transport, elle est un objet de paysage. Près d’un demisiècle plus tard, à l’heure où Mountain Planet réunit la filière mondiale à Grenoble, cette intuition trouve une résonance nouvelle. ©P.Jayet

Pour ORIZON™, MND a confié le dessin de sa nouvelle génération de télécabines et télésièges à Stellantis Design Studio. Silhouette épurée, signature lumineuse, ergonomie soignée : le transport par câble adopte les codes du design automobile pour offrir une expérience fluide, contemporaine et pleinement intégrée à son environnement. ©MND

À Zell am See, la cabine signée Studio F. A. Porsche affirme une silhouette sculptée et fluide, où le vitrage panoramique affleurant et les lignes tendues rappellent l’univers automobile. La télécabine devient alors un objet de mobilité premium, pensé autant pour l’expérience que pour la performance. ©Schmittenhöhe-Gondola-Studio

Icône toulonnaise des années 1950, le téléphérique du Mont Faron a récemment été réinterprété par le designer Patrick Jouffret.

Sans trahir son identité d’origine, la cabine adopte des lignes épurées, des vitrages élargis et une présence plus contemporaine.

Une modernisation subtile qui prolonge l’histoire de l’appareil, à l’image du funiculaire de Bourg-Saint-Maurice – Les Arcs, également repensé par le designer. ©SYLVAIN THIOLLIER, ©J.Oppenheim

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MOBILITÉ URBAINE

LE TRANSPORT PAR CÂBLE URBAIN, UNE OPPORTUNITÉ POUR LES VILLES ET LES CONSTRUCTEURS

Brest a ouvert la voie en 2016 avec le premier téléphérique urbain en France. C’est aujourd’hui la région parisienne qui a franchi le pas avec une création prometteuse à Créteil.

Ces dernières années, le téléphérique urbain est devenu un maillon crédible et écologique des mobilités du quotidien en s’adaptant à des configurations particulières partout dans le monde.

TEXTE : JEAN-CHRISTOPHE SARRAZIN

MND s’est vu confier la réalisation d’un nouveau téléphérique urbain à Saint-Denis de La Réunion. ©MND

Le câble urbain est en croissance depuis 20 ans chez Poma, où il représente 30 à 35% du chiffre d’affaires.

Le 13 décembre 2025, le Câble C1, premier téléphérique d’Île-de-France, était inauguré entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges. Une ouverture hautement symbolique, puisqu’elle concerne la région capitale, mais qui n’est toutefois que le cinquième téléporté de transport urbain en France.

Paradoxalement, le marché du câble urbain s’est en effet d’abord développé en Amérique -notamment du Sud- en Asie et en Afrique, davantage qu’en Europe où il a pourtant été créé et où se trouvent les sièges des principaux constructeurs mondiaux.

Il faut dire qu’en France, le développement du téléphérique en milieu urbain se heurtait à un problème législatif jusqu’en 2015. Il était en effet impossible de survoler des habitations, ce qui exigeait l’expropriation sur le tracé d’un téléporté. Une ordonnance de novembre 2015 a modifié le cadre juridique en créant des servitudes de survol, donnant droit à d’éventuelles indemnisations.

Le téléphérique a alors pris tout son sens, se justifiant notamment lorsqu’il faut franchir des obstacles (fleuves, collines, autoroutes, lignes ferroviaires...), qui nécessiteraient sinon des travaux très importants et bien plus coûteux.

« La France est quand même la championne européenne du téléporté urbain », observe le président de Poma, Fabien Felli. « Si l’on prend aussi en compte les ascenseurs valléens, qui ont

un caractère urbain, c’est le pays le plus dynamique sur le câble urbain en Europe. Comme d’habitude, c’est la preuve par les faits, car le câble a bien montré sa pertinence. »

À ce jour, ce sont cinq téléphériques urbains qui sont en fonctionnement en France. Le premier a vu le jour à Brest, en 2016. Le choix a été fait par Brest Métropole pour relier directement le centre-ville à l’écoquartier des Capucins, situé sur l’autre rive de la Penfeld, fleuve côtier qui coupe la ville en deux. Cette option permettait d’éviter de construire un nouveau pont. La métropole y a aussi vu une solution de mobilité durable et écologique, avec un mode de transport silencieux, électrique, et une empreinte au sol très faible. Le choix a été fait de l’inclure dans le titre de transport unique de la métropole.

La mission est remplie, en rendant les logements, équipements culturels et de loisirs, et les commerces des Capucins accessibles facilement depuis le centre-ville. Le téléphérique est même devenu un symbole de la ville, au point d’être aussi une

Conçu par Doppelmayr, le Câble C1, inauguré en décembre 2025 en région parisienne, est le plus long téléphérique urbain d’Europe.
©Île-de-France Mobilités - Laurent Grandguillot

Le projet le plus avancé en France métropolitaine est celui qui doit relier la gare de Vitrolles à l’aéroport de Marseille-Provence en 2030. ©Foster and partners/MAMP

attraction touristique grâce à la vue panoramique qu’il offre sur la rade de Brest. Il transporte en moyenne 2500 à 3000 voyageurs par jour sur une distance de 420 mètres. À Toulouse, c’est à la fois pour enjamber la Garonne, gravir la colline de Pech-David et franchir une réserve Natura 2000 que Téléo a été mis en place en 2022. Sur une distance de 3,7 km, il dessert l’université Paul-Sabatier, le CHU et un centre de recherche sur le cancer. Il transporte environ 6000 passagers par jour en semaine et 4500 le week-end. L’un de ses atouts est que le parcours s’effectue en 10 minutes contre 30 par la route avec la rocade très souvent embouteillée.

Un nouveau projet lancé à La Réunion

La même année, mais à 9000 km de là, c’est à Saint-Denis de La Réunion, plus grande ville des Outre-Mer avec plus de 150 000 habitants, que le téléphérique urbain Papang était mis en service. Lui aussi construit par Poma, il relie 5 stations en 14 minutes sur 2,7 km de long et dessert plusieurs collèges et lycées, l’université, la Région et plusieurs quartiers résidentiels et infrastructures de loisirs.

Dans une ville congestionnée par le trafic routier aux heures de pointe, ce mode de déplacement a permis un report modal significatif, notamment grâce aux scolaires et aux étudiants. Il est emprunté par 7000 passagers par jour en moyenne.

Ce succès a d’ailleurs convaincu l’agglomération ultramarine de lancer un nouveau projet, « Zèl La Montagne », mené par MND. D’ici 2028, cette nouvelle ligne desservira les Hauts de Saint-Denis en 4 minutes. Particulièrement innovant, ce sera le premier téléphérique urbain au monde 100% neutre en énergie. Son fonctionnement reposera sur un réseau Smart Grid combinant la récupération d’énergie produite lors des descentes avec des installations photovoltaïques couvrant l’ensemble des gares et bâtiments annexes. Ce dispositif permettra de produire autant d’énergie que consommée sur l’année, y compris pour les besoins des infrastructures annexes. « Ce téléphérique s’inscrira comme référence mondiale en transport bas carbone », souligne le président de MND, Xavier Gallot-Lavallée.

MND sera par ailleurs le premier actionnaire de la société d’exploitation et de maintenance de l’installation.

En région parisienne, le plus long téléphérique

urbain d’Europe

Fin 2025, deux autres transports par câble urbains ont vu le jour en France. En Corse, à Ajaccio, le téléporté Angelo relie le centre-ville à Stiletto, secteur qui s’est développé depuis quelques années avec la construction d’un millier de nouveaux logements, d’un hôpital, d’un collège et du palais des sports et des spectacles. Compte tenu des forts enjeux environnementaux sur le secteur, du relief accidenté et des coupures urbaines, le téléporté apparaissait comme une solution efficace, à l’emprise limitée, et capable d’être réalisé rapidement. Long de 3 km et construit par Poma, Angelo vise 3800 passagers par jour pour atteindre le seuil de rentabilité. Le dernier né a fait son apparition en région parisienne, fin 2025.

Conçu par Doppelmayr, le Câble C1 parcourt 4,5 kilomètres –c’est le plus long téléphérique urbain d’Europe –, et dessert cinq stations de plain-pied sans escalier ni escalator ni ascenseur. Il a permis de remédier à l’absence de desserte de cette zone par le métro ou le RER, et à une configuration complexe du fait de la présence d’un faisceau de lignes ferroviaires à grande vitesse, d’une gare de triage, de plusieurs axes routiers et de lignes à haute tension. Le temps de parcours a été réduit à 18 minutes alors qu’il fallait auparavant 40 minutes en bus.

Dès le premier mois de fonctionnement, le Câble C1 a transporté 12 500 passagers par jour. Une réussite qui dépasse les objectifs et qui donne du crédit à un autre projet dans les cartons pour relier par câble Vélizy à Pont de Sèvres, en évitant la RN 118. Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-deFrance, a annoncé le lancement d’une étude de faisabilité dès 2026.

Transport silencieux, électrique et aérien, le téléphérique urbain s’impose peu à peu comme une solution crédible pour relier les villes autrement.

D’autres projets se précisent également. Outre le second téléphérique de Saint-Denis de la Réunion, le plus avancé en métropole est celui qui doit relier la gare SNCF de Vitrolles à l’aéroport de Marseille-Provence, à Marignane, en desservant également le site industriel d’Airbus Helicopters, partenaire du projet. Les passagers pourront parcourir le kilomètre de distance à 20 mètres de hauteur, en 6 minutes. Ce téléphérique doit atteindre une capacité de 1000 voyageurs par heure. La Métropole Aix-Marseille-Provence, qui a attribué l’assistance à maîtrise d’ouvrage, envisage sa mise en service en 2030. À Bordeaux, le projet de fluidifier par télécabines les liaisons rive droite/rive gauche en franchissant la Garonne reste d’actualité. L’Unesco souhaite cependant que l’installation n’ait pas d’impact visuel sur le port de la Lune, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité, ce qui implique de nouvelles études pour un tracé alternatif.

Un « terrain de jeu mondial » pour les constructeurs

Que ce soit en France ou au niveau mondial, le transport par câble urbain constitue plus que jamais une opportunité pour les constructeurs, même si les projets s’inscrivent dans le temps long. Mehdi Caillis, directeur des affaires publiques et du transport urbain chez MND, considère que « le marché français est ultra mature. Dans le cadre de notre nouveau plan stratégique, notre évolution sera davantage axée vers l’urbain, en France mais aussi à l’export. »

De fait, « notre terrain de jeu est mondial », abonde Fabien Felli, président de Poma. « Aujourd’hui, nous avons davantage de projets plats que de déclivités fortes. » Le câble urbain « est en croissance depuis 20 ans » chez Poma, où il représente 30 à 35% du chiffre d’affaires. Chez Doppelmayr, ce segment pèse environ 20% du chiffre d’affaires. « Mais c’est évidemment stratégique, car il y a une visibilité importante », reconnaît Bernard Teiller.

Les avantages du transport par câble urbain

Délai

de construction, coût au kilomètre, sécurité, disponibilité, caractère agréable du voyage : voilà quelques avantages du transport par câble urbain que met en avant le patron de Poma, Fabien Felli. « C’est une technologie adaptée mais il faut que ce soit pertinent, ce qui nécessite que les AOM (Autorités organisatrices de la mobilité) fassent une bonne analyse en amont », complète Bernard Teiller (Doppelmayr France). « Ce n’est pas le système seul qui compte, mais son intégration parfaite dans l’ensemble de l’offre de transports publics », constate Reinhard Fitz, responsable du développement commercial international chez Doppelmayr. À titre d’exemple, le Câble C1, en région parisienne, permet de franchir des coupures urbaines majeures -grands axes routiers, ligne à grande vitesse et gare de triage- qu’aucun mode de transport classique n’aurait pu traverser avec la même efficacité, la même régularité et avec un impact foncier aussi limité. Et il offre une continuité au métro 8 « avec un côté apaisant et ludique », témoigne M. Teiller.

Des évolutions techniques spécifiques aux téléportés urbains

Pour partir à la conquête des villes, les fabricants, davantage tournés historiquement vers les sports d’hiver, ont dû s’adapter. « Les câbles urbains nous demandent des taux de disponibilité très élevés », souligne Fabien Felli, président de Poma. « Nous avons adapté les moteurs, développé une maintenance simplifiée et prédictive. » Pour Bernard Teiller, président de Doppelmayr France, « la technologie de base est équivalente, mais la grosse différence, c’est l’utilisation avec une amplitude horaire énorme, toute l’année, et un temps réservé à la maintenance qui est très court, et effectué la nuit. »

Les fabricants ont donc renforcé la maintenabilité du matériel.

« Nous avons conçu des organes plus simples et rapides à démonter afin de diminuer les temps d’intervention », explique M. Teiller. « Nous avons aussi agi sur la fluidité et le temps d’embarquement. Par exemple, il n’y a pas de jour entre le bord de la cabine et le quai. » À la différence de la clientèle des stations, a priori sportive, les usagers des transports urbains peuvent en effet être âgés, handicapés, circuler en poussette... Ce faisant, les domaines montagnards et urbains « se nourrissent l’un l’autre », remarque Fabien Felli. « Les territoires de montagne ont été les premiers à réagir sur les économies d’énergie ou le changement climatique. Et cela sert aussi aux projets urbains. »

Quid de l’exploitation ?

Le développement du câble urbain implique pour les constructeurs de parfois s’impliquer dans l’exploitation. « Quand il n’y a pas d’exploitant dans la région, on est présent, surtout les premiers temps », explique Fabien Felli, président de Poma. « Même si l’activité de service associée est très faible en termes de chiffre d’affaires et de rentabilité, elle est complémentaire. Nous sommes cependant un conducteur technique, pas un exploitant commercial. » Pour Poma, c’est notamment le cas en Algérie (1000 salariés), à Saint-Domingue (300), en Equateur, au Pérou, en Egypte, en Belgique ou à Ajaccio. « Poma Academy nous permet de former nos opérateurs locaux très rapidement. Notre expertise est évidemment un atout. »

L’emblématique Metrocable de Medellin, intégré au métro dès 2004. La ville a abordé l’investissement comme un symbole d’inclusion sociale en reliant des zones marginalisées au reste de la ville. Le Metrocable transporte 250 000 passagers par jour ! ©Poma

En République Dominicaine, une télécabine signée Poma a été inaugurée en 2024 dans la deuxième ville du pays, Santiago de los Caballeros. ©Poma

Quand le câble devient une icône de la ville…

Même si les cartes postales sont moins en vogue qu’à une époque, difficile d’oublier que les « bulles » de Grenoble véhiculent depuis longtemps déjà l’image de la capitale des Alpes. Mais, au niveau international, le téléphérique le plus emblématique est bien le Metrocable, synonyme de la renaissance de Medellin, en Colombie. Plus de 20 ans après ses débuts, il est devenu une référence dans les études urbaines mais aussi dans la communication de la ville elle-même.

Mi Teleférico est le symbole visuel de La Paz, souvent plus identifiable que ses routes, mais aussi un objet de modernité et de fierté pour la Bolivie. Un sentiment que l’on retrouve à Mexico où l’architecture soignée des stations du Cablebús participe également de cet attachement populaire, largement relayé par la communication institutionnelle de la capitale mexicaine.

L’imagerie est plus touristique avec le Roosevelt Island Tramway de New York, grâce à la vue offerte sur la skyline et les scènes de films et de séries qu’il accueille, ou encore avec le Thames Cable Car de Londres, symbole des JO de 2012 et du renouveau des Docklands.

Bref, qu’ils soient fortement développés dans la ville ou spécifiques à une desserte ciblée, les téléphériques dépassent bien souvent leur vocation première pour devenir de véritables icônes, capables d’incarner l’identité d’une ville, le plus souvent modernisée à travers le choix d’un mode de transport innovant.

Amérique latine, Asie, Afrique : les nouvelles perspectives du marché international

L’Amérique latine est de longue date un laboratoire mondial du câble aérien comme transport urbain structurant du quotidien. Plusieurs raisons expliquent cela. Beaucoup de grandes villes latino-américaines sont situées dans des zones montagneuses ou très accidentées, et les quartiers populaires se sont souvent développés sur des collines escarpées, difficiles d’accès. Le transport par câble permet de franchir de fortes pentes, de survoler des zones denses sans expropriations massives et avec des emprises limitées au sol. Autre avantage, un coût moindre par rapport au métro, des délais de construction plus courts et des infrastructures plus légères.

Certaines villes comme Medellin, avec son emblématique Metrocable, intégré au métro dès 2004, l’ont aussi abordé comme un symbole d’inclusion sociale en reliant des zones marginalisées au reste de la ville et en réduisant fortement les temps de trajet. Le Metrocable transporte 250 000 passagers par jour ! A l’heure actuelle, il y a deux ou trois appels d’offres par an en Colombie.

En Bolivie, il existe dix lignes et deux sont prévues en 2026. La capitale La Paz possède à elle seule l’un des plus vastes réseaux urbains par câble au monde avec Mi Teleférico, véritable métro aérien reliant la ville à El Alto.

Au Mexique, où cinq installations existent déjà, « il y a une dynamique incroyable avec deux à trois projets par an », relève Fabien Felli (Poma). Doppelmayr Mexico y a été sélectionnée pour le nouveau Cablebús Línea 5, qui sera la plus longue ligne de téléphérique urbain au monde, avec 15,2 kilomètres et douze stations.

En République Dominicaine, une double télécabine est en cours de réalisation par Poma dans la capitale, Saint-Domingue, déjà dotée de deux télécabines, et une autre installation a été inaugurée en 2024 dans la deuxième ville du pays, Santiago de los Caballeros. San Salvador attend pour sa part en 2027 un téléphérique intermodal, confié à Poma, premier de quatre téléportés prévus dans la capitale du Salvador.

Un programme de 13 milliards d’euros en Inde

Si le continent latino-américain a montré l’exemple, l’Asie n’est pas en reste.

L’Inde est ainsi le marché le plus dynamique au monde avec le programme « Parvatmala Pariyojana », destiné à développer massivement le transport par câble. Plus de 200 projets sont planifiés, alliant mobilité urbaine et désenclavement rural et touristique dans les zones montagneuses, pour un budget total estimé à plus de 13 milliards d’euros d’ici 2030.

L’État mise sur les téléphériques urbains pour résoudre les problèmes de pollution et de circulation. Si ce programme gouvernemental favorise le « Made in India », plusieurs projets pourront être confiés à des entreprises européennes. Le téléphérique de Shillong, dans l’État du Meghalaya, à dimension touristique, a ainsi été confié à Poma. Citons encore la Mongolie, où Poma achève le premier transport urbain par câble à Oulan Bator, avec

une première ligne de 4,2 km. En Afrique, le potentiel de projets intéresse également les acteurs du secteur. « Tout le monde regarde vers ce continent. Aujourd’hui les projets sont concentrés plutôt en Afrique du Nord, mais d’autres pays s’intéressent au câble comme le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Sénégal... Ça commence à bouger, mais les temps de maturation sont longs », constate Mehdi Caillis (MND).

« La problématique majeure quand on parle de câble urbain, c’est la capacité de l’État à financer, d’autant plus que le modèle économique, comme celui de tout type de transport public, ne permet pas de rentabiliser les infrastructures. » A Madagascar, Poma a livré en 2025 le téléphérique de la capitale, Antananarivo, où il dessert sept gares sur 8,7 km, avec une capacité pouvant atteindre 40 000 passagers/jour dans un premier temps.

Vue du projet de téléphérique urbain à Oulan-Bator. ©Isabelle Carassic

LEADERSHIP

ELLES FONT TOURNER LES STATIONS LES FEMMES À LA TÊTE

DES DOMAINES SKIABLES

Sans bruit mais avec une expertise solide, plusieurs femmes occupent aujourd’hui des fonctions clés dans l’exploitation des domaines skiables. Direction d’exploitation, présidence de fédération, pilotage technique ou management multisites : leur présence illustre surtout une évolution des compétences et des profils recherchés dans un secteur en pleine transformation.

TEXTE : LAURENT BELLUARD - ILLUSTRATIONS : VICKY ROYER, SBDESIGN

Dans le monde cravaté de l’industrie en général et celui encore plus rugueux de la montagne en particulier, les femmes sont longtemps restées éloignées des postes de direction et si les temps changent, certains préjugés demeurent et pas uniquement par la réminiscence des usages d’une corporation indécrottablement phallocrate, comme le raconte Aurélie Lévêque, Directrice du Domaine de montagne Les Arcs / Peisey-Vallandry (ADS) qui, suite à un incident technique, est demandée par un agent interpellé par un client voulant parler à son supérieur. Lorsqu’elle se présente, ce client s’enflamme : « non, mais je vous ai demandé à parler à un chef ! » Même si la société a énormément progressé dans le domaine de l’égalité homme-femme, demeure la représentation d’un imaginaire donnant davantage de crédit aux hommes, surtout lorsqu’il s’agit de machines aussi lourdes que des téléphériques. Pourtant, avec son parcours d’ingénieur Arts et Métiers, Aurélie Lévêque a le CV idéal du parfait dirigeant de domaine skiable avec un cursus au diapason : responsable d’exploitation des remontées mécaniques aux Ménuires pendant cinq ans, directrice adjointe puis directrice des opérations à la STVI (Val d’Isère), toujours par tranches de cinq ans, et enfin ce poste aux Arcs. Dépasser ces plafonds de verre, c’est ce pour quoi Anne Marty se bat au quotidien à la tête de l’instance représentante des exploitants, Domaines Skiables de France dont elle a pris la présidence au terme des deux mandats d’Alexandre Maulin. « Les choses n’avancent pas, il n’y a que deux ou trois femmes à la tête de domaines skiables, ce qui est ridiculement faible. Le nombre de femmes sortant d’écoles d’ingénieur ou d’études techniques au sens large reste faible ce qui impacte directement le genre du top-management de nos stations. Les comités directeurs sont donc très masculins à l’exception des services communication et RH, majoritairement féminins et finances, plus équilibrés. »

Des parcours et profils différents encore trop souvent... uniques !

De l’autre côté des Alpes, mais aussi au sein d’une structure bien différente puisqu’il s’agit d’une entreprise familiale, Valeria Ghezzi a pris les rênes du domaine skiable de San Martino di Castrozza dans les Dolomites lorsqu’elle avait 25 ans seulement afin de pallier la maladie de son père. À l’époque seule femme à la tête d’un domaine skiable en Italie, elle porte un regard distancié sur le manque de « personnel » féminin dirigeant en altitude. « La montagne est un milieu trop restreint pour y appliquer l’égalité des genres comme on le ferait dans de grandes entreprises situées en milieu urbain, et il n’est pas nécessaire d’être diplômé en ingénierie pour diriger une station de ski. Je pense que les femmes sont aujourd’hui plus à l’aise avec tout type de métier et que chacun est plus libre de suivre ses passions. Ainsi, les femmes qui aiment la montagne peuvent travailler dans une station, tout comme les hommes qui souhaitent passer plus de temps avec leurs enfants peuvent le faire aujourd’hui. J’ai obtenu mon diplôme d’interprète à Genève et mon diplôme à Sciences Po à Milan, ce qui ne m’a pas empêchée de travailler dans une station de ski jusqu’à occuper un poste de direction. Être à la tête d’une entreprise, c’est aussi savoir mettre les bonnes personnes à la bonne place, car personne n’excelle en même temps en ingénierie, en finance, en administration, en droit, en ressources humaines, etc. Être à la tête d’une entreprise, c’est aussi assumer la responsabilité du processus décisionnel, et il faut souvent le faire rapidement. » Faut-il voir dans ce bémol la différence entre la taille des entreprises ou déjà la chute de certaines barrières culturelles entre un

pays dirigé par une femme là où la France n’a jamais su en élire une au pouvoir ? Peu importe, le processus est en cours et si l’idée de la parité n’a pas de sens en soi, elle infuse nos montagnes « grâce aux progrès effectués dans l’égalité homme-femme, à l’évolution des mentalités surtout dans nos contrées montagnardes, et à la place prise par les femmes dans la société » selon Aurélie Lévêque. Reste qu’il est indéniable de voir dans ces parcours féminins dans le ski, une forme même indicible de dépassement de l’ordre établi. « Au cours de ma carrière, je suis reconnaissante de n’avoir jamais eu quelqu’un, homme ou femme, qui me dise ouvertement qu’il ne me laisserait pas avancer », souligne Stacey Glaser, directrice du marketing et de la marque du groupe à Mountain Capital Partners aux États-Unis, qui exploite différentes stations en Amérique du Nord comme du Sud. « Je suis heureuse d’avoir passé ces années dans ce secteur au sein d’une entreprise qui privilégie la bonne personne au bon poste, indépendamment du genre. Cela dit, il reste un fait : je suis souvent la seule femme autour de la table lorsque des décisions importantes sont prises. Il y a cependant eu un tournant dans ma carrière où j’ai dû décider à quel point j’étais engagée dans ce métier, alors que je sentais que d’autres, tous des hommes, progressaient à un rythme différent du mien. J’ai choisi le ski et ma passion pour la glisse. Le fait que notre secteur voit de plus en plus de femmes occuper des rôles traditionnellement masculins vient du fait que plus de femmes choisissent le ski. Cela reflète aussi une évolution dans l’environnement du travail avec davantage de femmes prêtes à réaliser leurs ambitions tout en invitant les autres à s’appuyer sur leurs épaules. »

L’obligation de résultat comme ADN

Elle se souvient néanmoins, plus jeune, que « des garçons se vantaient de ne jamais laisser une fille skier ou rider plus vite qu’eux. J’ai fait alors ma mission personnelle de leur prouver le contraire et j’y suis parvenue. Aujourd’hui encore, je me souviens de la joie indescriptible que j’ai ressentie la première fois que j’ai terminé une descente en réalisant que j’avais devancé ces garçons qui affirmaient que cela n’arriverait jamais. »

Un souvenir anodin mais qui en dit long sur la différence de perception entre ce qui peut apparaître pour une évidence pour les hommes mais restent une forme de combat, du moins un défi, pour les femmes... « À mon arrivée aux affaires, j’ai d’abord essayé de m’adapter aux exigences du secteur. J’ai beaucoup étudié pour acquérir les meilleures connaissances possibles sur l’entreprise et le monde du ski avant de, petit à petit, imprimer ma propre marque à la gestion. J’ai appris plus tard que certaines personnes du village de San Martino di Castrozza m’avaient donné six mois avant de couler », se souvient Valéria

Le processus est en cours et si l’idée de la parité n’a pas de sens en soi, elle infuse nos montagnes grâce aux progrès effectués dans l’égalité homme-femme, à l’évolution des mentalités surtout dans nos contrées montagnardes, et à la place prises par les femmes dans la société.

AURÉLIE LÉVÊQUE

Ghezzi, aujourd’hui également à la tête de l’Association Nationale des Exploitants de Remontées Mécaniques en Italie, l’équivalent de DSF. « Depuis, j’ai ajouté de nouvelles remontées mécaniques et un réseau de neige de culture, mais aussi des investissements dans les bars et restaurants en altitude. J’ai également centralisé tous les services pour améliorer les vacances, des expériences sur la neige à la réservation de cours de ski et à la location de matériel. Enfin, j’ai développé les saisons d’été et d’automne avec de nombreuses activités. Les remontées mécaniques de mon entreprise étant toutes situées dans un parc naturel, j’ai donc dû acquérir une solide connaissance de tout ce qui concerne l’environnement et la durabilité, sujet très complexe pour le monde des remontées mécaniques, l’un des principaux défis que nous devons relever. »

La montagne est un milieu trop restreint pour y appliquer l’égalité des genres comme on le ferait dans de grandes entreprises situées en milieu urbain, et il n’est pas nécessaire d’être diplômé en ingénierie pour diriger une station de ski. Je pense que les femmes sont aujourd’hui plus à l’aise avec tout type de métier et que chacun est plus libre de suivre ses passions.

VALERIA GHEZZI

Je suis heureuse d’avoir passé ces années dans ce secteur au sein d’une entreprise qui privilégie la bonne personne au bon poste, indépendamment du genre. Cela dit, il reste un fait : je suis souvent la seule femme autour de la table lorsque des décisions importantes sont prises. Il y a cependant eu un tournant dans ma carrière où j’ai dû décider à quel point j’étais engagée dans ce métier, alors que je sentais que d’autres, tous des hommes, progressaient à un rythme différent du mien. J’ai choisi le ski et ma passion pour la glisse.

La politique comme accélérateur de la féminisation du secteur ?

Ironie des parcours professionnels de notre panel, avoir deux représentantes de syndicats professionnels d’exploitants de remontées mécaniques alors que, comme on l’a vu, les femmes demeurent clairement minoritaires dans ce secteur ! En creux, ne peut-on pas y voir une forme de volonté de faire avancer leur représentativité ? Là où les hommes verraient dans leurs confrères des concurrents potentiels, les femmes managers de parcs de remontées mécaniques exposeraient une forme de sororité dépassant leur seule personne ? Plus prosaïquement, les hommes, coupables, accepteraient ataviquement leur confrontation au sommet quand les femmes, trop longtemps exclues du pouvoir, pousseraient les carrières de leurs consœurs pour la bonne cause ? Pas sûr... Et c’est plutôt une bonne chose de ne pas reproduire une forme d’exclusion héritée d’un système une forme de vengeance imposant une forme d’inversion des polarités de l’électro-aimant ! Ce qu’explicite clairement Anne Marty. « L’ADN des métiers de direction de station n’a aucune raison d’être genré, ni même technique. Nous exploitons des domaines skiables où il est essentiel d’avoir de solides connaissances techniques sur les postes de responsables technique et/ou de maintenance, mais de la même manière qu’on ne demande pas au patron d’Air France ou de la SNCF de savoir conduire des avions ou des trains et/ou d’en maîtriser les aspects techniques, c’est la même chose dans les domaines skiables. Le propre d’un bon dirigeant, c’est de savoir bien s’entourer, et effectivement, je crois profondément à la complémentarité des visions, et le fait d’avoir à la tête, un profil plus éloigné de la technique et avec d’autres compétences, quel que soit son sexe, amène souvent à appréhender les sujets sous un angle différent : plus client, service et moins technique. Chacun soumet son point de vue pour au final, améliorer l’expérience de nos clients. » Au final, au-delà des différencescomme disait l’autre -, n’est-ce pas là l’essentiel ?

L’ADN des métiers de direction de station n’a aucune raison d’être genré, ni même technique. Nous exploitons des domaines skiables où il est essentiel d’avoir de solides connaissances techniques, mais de la même manière qu’on ne demande pas au patron d’Air France ou de la SNCF de savoir conduire des avions ou des trains et d’en maîtriser les aspects techniques, c’est la même chose dans les domaines skiables.

STRATÉGIE

DOMAINES SKIABLES

LA QUESTION QUI REGARDE 2040

Dans un secteur où les décisions s’inscrivent sur plusieurs décennies, la question du futur n’est jamais abstraite. Cinq dirigeants internationaux de l’industrie des remontées mécaniques et des domaines skiables livrent leur vision du changement le plus visible pour l’usager à l’horizon 2040, et de l’innovation qui le rendra possible.

TEXTE : LAURENT BELLUARD - ILLUSTRATIONS : VICKY ROYER, SBDESIGN

Prospective ou science-fiction ? Comment se projeter en 2040, si loin si proche, sur les changements les plus visibles à cet horizon pour un skieur, quand bien même serait-on le dirigeant d’un des acteurs de poids de cette industrie ? Dans un monde gagné par l’instabilité géopolitique autant que par le changement climatique et ses enjeux énergétiques, où la politique d’aménagement du territoire n’est qu’injonctions contradictoires, où les experts se déchirent encore pour savoir si les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle vont bénéficier à l’économie ou la détruire, voilà que l’on se pose la seule question essentielle vu de la lorgnette grossissante des allées de Mountain Planet : et nous en 2040 ? Pourtant, bien des sachants et autre Cassandre ont déjà écrit la suite : fin du « tout ski » et réflexion à tout va, ici et ailleurs, pour penser la prochaine économie montagnarde autour d’une nécessaire co-construction débouchant sur une réinvention fidèle à la logique de réenchantement. N’en jetez plus... Dominique Thillaud, Directeur Général de la Compagnie des Alpes ; Fabien Felli, Président de Poma ; Xavier Gallot-Lavallée, CEO de MND ; Stefan Sjöstrand, Président et CEO de SkiStar AB et Thomas Pichler, CEO de Doppelmayr / Garavanta Group nous ont offert des réponses d’industriels, taillées dans le concret.

Côté domaine skiable, « notre rôle n’est pas de prédire ou d’imposer tel ou tel modèle pour la montagne en 2040, mais de contribuer, avec lucidité et détermination, à l’écoute et au plus près des maires et des conseils municipaux qui restent les décisionnaires finaux, à rendre nos massifs durables, désirables et résilients dans un monde en transition », souligne Dominique Thillaud qui, faut-il le rappeler, exploite parmi les plus grands domaines skiables français comme La Plagne, les Arcs, les Ménuires, Val d’Isère ou Serre-Chevalier, mais aussi des parcs d’attraction et d’autres activités connexes à l’image du tour-opérateur Travelfactory ou l’hébergeur

L’enjeu n’est pas de faire plus, mais de faire mieux : réduire les impacts, prolonger la durée d’exploitation et offrir un nouvel équilibre entre plaisir, performance et durabilité.
XAVIER GALLOT-LAVALLÉE

MMV... Il estime cependant que « parler de 2040 impose une forme d’humilité et d’engagement. La montagne est un écosystème vivant, déjà soumis à des transformations que nous observons au quotidien et les épisodes extrêmes que nous avons vécus cet hiver nous rappellent la nécessité de s’adapter. Nous sommes en cela aidés par les modèles de prévisions climatiques mis en place ces dernières années, mais nous savons qu’il ne s’agira pas d’appliquer un modèle tout fait, car chaque massif, chaque montagne, sera un cas particulier et demandera toute notre attention en continu. Il faut ajouter à cela l’évolution des usages et des attentes des visiteurs, l’impact de la démographie et le rôle de la technologie, probablement moins comme vitrine que comme outil : optimisation de l’enneigement, équipements plus sobres, modes de déplacement repensés, gestion intelligente des flux… autant d’innovations qui permettront d’accompagner plutôt que de forcer la transformation. En résumé, ce qui sera « visible » en 2040 ne sera peutêtre pas un futur spectaculaire, mais plutôt une montagne qui se réinvente progressivement. Une montagne qui reste attractive parce qu’elle aura – collectivement, avec l’ensemble de ses acteurs- su s’adapter, tenir compte de ses fragilités et valoriser ses forces. »

Le ski au cœur des solutions

Stefan Sjöstrand, qui exploite six domaines skiables entre la Suède et la Norvège dont la médiatique Åre, reste lui plus prosaïque : « Chez SkiStar, nous avons de grandes ambitions et continuons à développer nos stations de ski pour l’avenir, tant pour attirer davantage de touristes en hiver que pour proposer une expérience tout au long de l’année. Pour ce qui est spécifiquement de l’hiver, notre volonté est d’attirer davantage de clients internationaux, point sur lequel nous sommes très optimistes grâce notamment à nos emplacements qui offrent des avantages géographiques et de bonnes conditions d’enneigement. Nous continuerons donc à miser sur des systèmes de neige de culture et de nouvelles remontées mécaniques, à l’image de ces dernières années où nous avons investi environ 70 à 80 millions d’euros par an. Le plan est de maintenir ce niveau d’investissement et de poursuivre l’augmentation de la part de touristes internationaux. Depuis 2020, cette part de clientèle est passée de 20 % en 2020 à plus de 40 % en 2026, de quoi nous inciter à poursuivre sur cette lancée. » Rien de neuf à l’horizon ? Si, mais par petites touches, avec des améliorations ou innovations qui s’inscrivent toutes dans une volonté de sobriété protéiforme mais sans rupture, du moins pour ces deux exploitants moins impactés par le manque de semaines d’enneigement, soit grâce à la haute altitude des domaines exploités dans les Alpes ou par leur latitude quasi-polaire.

Un domaine skiable à géométrie variable ?

Avec une vision large de la problématique du transport par câble, Fabien Felli (Poma) note que si le renforcement de l’accompagnement des touristes comme des socioprofessionnels dans leur mobilité pour accéder aux stations de ski comme dans l’usage des remontées mécaniques et du domaine skiable sera un sujet prégnant, il modère : « on ne va pas se mentir, les innovations clés qui vont arriver d’ici quinze ans, je ne les ai pas encore toutes en tête ! » En revanche, il est persuadé qu’en 2040, la donne aura changé. « Dans mon domaine uniquement, il est certain que les départs de stations vont monter en altitude, quasiment au-dessus de 2000 mètres. Il va donc falloir, une partie de l’hiver, pouvoir amener les skieurs à ce nouveau front de neige puis les ramener. Ça veut dire quoi ? Qu’il va falloir systématiser l’usage de véhicules fermés type télécabines ou autres gros porteurs pour être en capacité de déplacer tout le monde quand le retour ne se fera pas skis aux pieds. Et ça, dans des conditions météorologiques qui peuvent être évolutives, à savoir avec un vent qui se généralise avec des effets de bourrasques auxquels il faut pouvoir résister. » Si le front de neige, depuis la création des domaines skiables, est resté là où il avait été

En résumé, ce qui sera "visible" en 2040 ne sera peut-être pas un futur spectaculaire, mais plutôt une montagne qui se réinvente progressivement.

DOMINIQUE THILLAUD

défini à l’aide de réseaux de neige de culture, on serait bientôt au bout de cette logique défensive. Avec les changements spectaculaires de température d’une semaine à l’autre, l’idée n’est pas de tirer un trait sur l’existant mais de se mettre en capacité d’offrir une alternative efficace pour s’adapter aux conditions. Lorsque le vent ou la neige empêchent d’ouvrir le sommet du domaine, tout le monde skie faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Il s’agit d’offrir ce même domaine à géométrie variable, mais pour le bas, sans que cela soit vécu comme un traumatisme. Encore faut-il ces fameux gros porteurs pour fluidifier ces flux.

L’altitude, mais pour quoi faire ?

Chez MND, si on pense également que les domaines skiables auront profondément évolué à cette échéance, Xavier Gallot-Lavallée se projette sur trois grandes transformations particulièrement visibles pour les visiteurs : des mobilités par câble plus intégrées et polyvalentes, une montagne plus sûre et plus sobre en ressources, et des expériences de loisirs plus immersives et personnalisées. « Le ski restera un sport central et moteur, mais il s’inscrira dans une approche plus diversifiée des loisirs de montagne. Les domaines skiables deviennent

peu à peu des espaces où l’on prolonge les activités vers du deux saisons ou du quatre saisons suivant la configuration des sites, leur clientèle et les pays, avec au programme selon les périodes : ski, randonnée, VTT, mobilité douce, culture, bien-être… En fait, l’enjeu n’est pas de faire plus, mais de faire mieux : réduire les impacts, prolonger la durée d’exploitation et offrir un nouvel équilibre entre plaisir, performance et durabilité. »

Une vision partagée par Thomas Pichler de Doppelmayr qui met en avant une mobilité fluide et à haute capacité, avec des remontées « plus rapides, plus silencieuses, plus sûres et plus confortables pour les visiteurs. L’objectif sera de réduire significativement les temps d’attente grâce à une gestion intelligente des capacités, à l’automatisation et à l’optimisation opérationnelle. Les remontées mécaniques deviendront de plus en plus l’épine dorsale de la mobilité dans les stations. Des systèmes de surveillance avancés, une assistance automatisée et des conceptions sans obstacle rendront l’expérience en montagne encore plus sûre et inclusive pour tous les âges et tous les niveaux de compétence. »

La question énergétique

Toujours selon Thomas Pichler « les progrès en matière d’efficacité énergétique et d’optimisation opérationnelle ne seront probablement pas visibles pour les visiteurs, mais bien pour les exploitants ! » Avec, pour Xavier GallotLavallée de MND, « un recours accru au stockage d’énergie, à la récupération de chaleur et à l’électrification via sources renouvelables locales. » Ce à quoi il faut rajouter « beaucoup de matériaux recyclés et des moteurs direct-drive plus économes et moins bruyants », rajoute Fabien Felli de Poma. Si tous s’accordent pour louer les progrès déjà effectués en la matière, ces trois fabricants de remontées mécaniques appuient également sur l’intérêt majeur de l’apport de l’IA via des capteurs ou des caméras « avec des aides aux opérations permettant de venir en soutien aux opérateurs, en amont des problèmes pouvant subvenir, un pas en avant pour les équipes et la maintenance, sujet essentiel car il faut savoir prendre soin des équipes pour être en capacité finalement d’être plus opérationnel sur le long terme sur l’ensemble de l’écosystème », précise Fabien Felli. « L’exemple de la nouvelle

Les remontées mécaniques deviendront de plus en plus l’épine dorsale de la mobilité dans les stations. Des systèmes de surveillance avancés, une assistance automatisée et des conceptions sans obstacle rendront l’expérience en montagne encore plus sûre et inclusive pour tous les âges et tous les niveaux de compétence.

Nous continuerons donc à miser sur des systèmes de neige de culture et de nouvelles remontées mécaniques, à l’image de ces dernières années où nous avons investi environ 70 à 80 millions d’euros par an.

STEFAN SJÖSTRAND

télécabine Life de Courchevel récemment inaugurée, offre un nouveau modèle de gare qui a clairement progressé en termes de maintenabilité. Un sujet important lorsqu’on aborde la question de la connexion vallée-domaine skiable, particulièrement fonctionnel pour le transport des skieurs en séjours longs et pour les socio-pros, pour peu que ces systèmes de transports soient fluides, fiables et économiques. »

Une telle liaison, vallée-station, reposant sur une remontée devant rester portes closes un samedi, quelle que soit la cause de cette incapacité, rendrait de facto caduque ce type de lourd investissement. Anticiper les pannes et fluidifier l’usage grâce à l’aide de l’IA (la vitesse par exemple), fera à coup sûr du quotidien des skieurs en 2040. Véritables serpents de mer de la montagne, les ascenseurs valléens semblent devenir peu à peu une réalité. Du moins, peut-on l’espérer en 2040, avec un changement de paradigme, faire passer le simple transport de skieurs récréatifs en une forme de transport public de l’écosystème, skieurs compris... Thomas Pichler insiste justement sur ce point « nous concevons de plus en plus les remontées mécaniques comme faisant partie d’un concept de

Dans mon domaine uniquement, il est certain que les départs de stations vont monter en altitude, quasiment au-dessus de 2000 mètres. Il va donc falloir, une partie de l’hiver, pouvoir amener les skieurs à ce nouveau front de neige puis les ramener.

FABIEN FELLI

mobilité plus large, reliant les parkings, les villages, les zones de ski et les interfaces urbaines.

Cette approche systémique aide les stations à gérer les flux de visiteurs, à réduire les embouteillages et à améliorer l’expérience globale des clients, tout en minimisant l’impact environnemental. » Les gains énergétiques, du moins l’amélioration du bilan carbone du tourisme hivernal en montagne d’ici 2040, passent aussi par là. « C’est un sujet d’aménagement du territoire permettant d’envisager la construction de logements en vallée par exemple, qui impacte tout le territoire. Ce n’est pas la même rentabilité que celle d’un appareil de domaine skiable mais avec le prix d’un ticket de métro, on ne rembourse pas non plus complétement l’infrastructure », insiste Fabien Felli. Avec, en ligne de mire, le développement de trains dédiés depuis les grands centres urbains. « Nous avons lancé au début de cette saison un train de nuit que nous opérons via notre filiale Travelski - le Travelski Night Express - proposant une alternative décarbonée crédible et contribuant à faire évoluer les usages », conclut Dominique Thillaud.

FLEXION REFLEXION

INTEL LIGENCE NATURELLE

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

LES DOMAINES SKIABLES À L’ÈRE DE L’IA

Damage, maintenance, gestion des flux, sécurité… En 2026, l’IA ne relève plus de l’innovation ponctuelle mais s’impose comme un socle technologique structurant au service de la performance, de la sobriété énergétique et de la résilience des territoires de montagne.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Si en montagne l’expertise humaine demeure et demeurera centrale, notamment en matière de sécurité et de décision stratégique, l’IA permet désormais d’ajuster la production de neige, de moduler la vitesse des remontées, d’anticiper la fréquentation, de prédire les défaillances ou encore d’automatiser la relation client. Une transformation profonde du modèle d’exploitation qui s’observe depuis plusieurs années déjà avec le damage et la production de neige, deux des champs d’application de l’IA parmi les plus matures.

Une gestion fine du manteau neigeux

Développé depuis plus de dix ans avec des itérations constantes, le système de gestion des pistes et de la flotte avec une mesure de l’épaisseur de neige par satellite SNOWsat de Kässbohrer (PistenBully) équipe plusieurs centaines de domaines en Europe et en Amérique du Nord. Il combine GPS différentiel, capteurs de hauteur de neige et cartographie 3D permettant d’optimiser les trajectoires de damage et de réaliser des économies de carburant qui peuvent atteindre 15 à 20 % selon la configuration du domaine grâce aux données, analysées en temps réel afin d’éviter les surépaisseurs ou les zones fragiles. Des solutions comparables sont proposées par Leitner (Skadii) ou TechnoAlpin qui développe ATASSpro. Ce logiciel de pilotage et de gestion des installations d’enneigement techniques croise prévisions météorologiques fines et paramètres d’humidité pour anticiper les fenêtres optimales de production de neige et estimer les volumes mobilisables sur sept jours. Adopté progressivement par les stations depuis la saison 2021-2022, et régulièrement mis à jour depuis, il permettrait jusqu’à 30 % de réduction de la production de neige de culture grâce au pilotage fin et automatisé des hauteurs de manteau.

La convergence entre capteurs, données massives et algorithmes transforme progressivement le modèle d’exploitation.

Les constructeurs comme Prinoth intègrent également des briques d’apprentissage automatique afin d’exploiter les données embarquées des dameuses en vue d’améliorer les performances futures dans une optique de sobriété énergétique et de maintien qualitatif des pistes.

Des remontées mécaniques plus sûres et moins énergivores

Autre champ d’application de l’IA, le pilotage des équipements. En France, la start-up Bluecime a développé Sivao Télésiège, un système innovant d’assistance à l’exploitation par caméra qui analyse automatiquement, et en temps réel, l’occupation des cabines à la fin de l’embarquement. Grâce à un calculateur doté d’intelligence artificielle, Sivao Télésiège est capable de détecter les défauts de fermeture des barres, les comportements à risque ou une situation de sur-occupation de cabines. En Suisse, la société Mantis Ropeway Technologies AG a développé un système qui utilise des caméras et un logiciel d’intelligence artificielle permettant une supervision automatisée des gares d’arrivée qui peuvent donc fonctionner… sans personnel permanent. Cette innovation, récompensée en octobre 2025 par le Prix suisse de la montagne (Forum Suisse des téléphériques de Rapperswil-Jona), devrait rapidement se déployer dans les pays autorisant la supervision de remontées mécaniques sans personnel, ce qui n’est pas le cas en France. Également intégrée aux offres des grands constructeurs, la maintenance prédictive : Doppelmayr (Auro) combine capteurs de vibration, température et caméras pour surveiller en continu l’état des installations ; Leitner et Poma intègrent des capteurs embarqués et un monitoring avancé pour repérer automatiquement les signes précoces de fatigue des câbles, paliers ou moteurs afin d’anticiper les interventions nécessaires. Toujours au rayon « inspection des câbles », Fatzer et Letscan travaillent sur un système automatisé d’inspection magnétique inductive (TRUscan.deep) capable d’identifier des dommages superficiels mineurs.

Enfin, l’IA intervient pour adapter l’offre à la demande et éviter une exploitation à pleine puissance lorsque le besoin est faible.

Exemple avec des systèmes de supervision tels que Soften (Bluecime) qui modélisent les flux et peuvent recommander des ajustements de vitesse, avec une réduction énergétique annoncée jusqu’à 20 %. Ou avec Écodrive, solution développée par Poma, visant à adapter automatiquement la vitesse d’un téléporté à l’affluence réelle afin de réduire la consommation d’énergie tout en maintenant le niveau de service.

Surveillance

en temps réel et aide au sauvetage

En matière de sécurité, la surveillance en temps réel des versants par l’IA ouvre de nouvelles perspectives. En croisant des images satellites à haute résolution et des flux de caméras ou capteurs au sol, des algorithmes détectent micro-mouvements, fissures glaciaires ou signaux sismiques faibles bien avant qu’ils ne soient visibles. Des systèmes qui permettent aux exploitants d’améliorer la gestion préventive des fermetures de pistes et la protection des populations comme des infrastructures.

L’IA renforce également les capacités de recherche en zones difficiles d’accès. La société norvégienne Atlas UAS a mis au point AtlasAvalanche Pro, le premier système de drone de secours en montagne en intégrant un capteur Arva sur son drone AtlasPro. Une solution capable d’explorer de vastes zones en toute sécurité et de localiser rapidement des victimes ensevelies. Au Canada, l’organisation de recherche et de sauvetage en milieu sauvage North Shore Rescue, utilise des drones équipés de caméras thermiques embarquées permettant

de détecter avec une grande précision une source de chaleur en terrain escarpé. Ces solutions qui réduisent le temps de localisation et limitent l’exposition des équipes constituent un complément aux méthodes traditionnelles, notamment lors des premières heures critiques. Sur le front de la prédiction des avalanches, deux organismes chargés d’étudier la neige et les avalanches en Suisse et au Colorado, s’appuient sur l’IA pour croiser et analyser des données météorologiques, topographiques et historiques afin d’obtenir des bulletins météo précis et anticiper les risques d’avalanches.

Gestion des visiteurs et de la biodiversité

Enfin, l’IA joue un rôle essentiel dans la gestion des visiteurs franchit un cap avec la modélisation prédictive qui permet d’anticiper la gestion des flux. Spécialisée dans la modélisation des flux de visiteurs pour les destinations desservies par des remontées mécaniques, la société Remec via les logiciels Kassandra et Pollux, déploie une approche reposant sur l’analyse de données historiques, météorologiques et calendaires afin d’aider les exploitants à prévoir la fréquentation et à optimiser leur organisation. Des solutions comme Skadii Flow utilisent caméras et capteurs 3D pour compter anonymement les visiteurs sur les parkings, les pistes ou aux billetteries ainsi que des algorithmes d’analyse d’image basés sur l’intelligence artificielle pour analyser les données collectées en temps réel (pas d’enregistrement de vidéos pour respecter la confidentialité des données). Les exploitants peuvent ainsi

mieux comprendre et visualiser l’usage du domaine en situant les zones à forte fréquentation, adopter une gestion fondée sur des données précises et quantifiables, répondre de manière réactive aux attentes des visiteurs tout en optimisant les coûts d’exploitation et les ressources disponibles.

Côté biodiversité, on notera l’émergence de DeepFaune, un outil collaboratif porté par des équipes CNRS et universitaires, qui permet d’identifier automatiquement les espèces issues de pièges photographiques avec des taux de précision supérieurs à 97 %. Pour les domaines skiables, il offre un suivi objectivé des indicateurs de biodiversité.

Vers des domaines partiellement autonomes ?

La convergence entre capteurs, données massives et algorithmes transforme progressivement le modèle d’exploitation. L’IA permet d’ajuster la production de neige, de moduler la vitesse des remontées, d’anticiper la fréquentation, de prédire les défaillances et d’automatiser la relation client. Tous ces outils alimentent progressivement des logiques de « jumeau numérique » de domaine, intégrant météo, flux et état des équipements dans une modélisation dynamique permettant de passer d’une simple supervision à une simulation prédictive. Et ensuite ? Si la plupart des stations n’en sont pas encore à un pilotage totalement automatisé, les briques technologiques existent bel et bien : capteurs embarqués, plateformes data, supervision énergétique et modules IA prédictifs. Avec en perspective des domaines skiables énergétiquement pilotés comme des micro-réseaux intelligents.

LA MONTAGNE SANTÉ, UNE AVALANCHE D’ÉTUDES SCIENTIFIQUES S’ACCUMULE

L’idée que « la montagne est bonne pour la santé » n’est pas neuve. Ce qui change désormais, c’est l’accumulation de preuves scientifiques robustes attestant que l’altitude, l’environnement naturel et les modes de vie associés produisent des effets mesurables sur la santé. Une aubaine pour les territoires de montagne qui ont toutes les cartes en main pour structurer une véritable offre santé.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Depuis Heidi, conte suisse paru en 1880, la montagne est perçue comme un eldorado de pureté et de luminosité face à des villes qui ne seraient que miasmes et grisaille. Dans l’Entre-Deux-Guerres, c’est dans des sanatoriums construits entre 1000 et 1350 mètres d’altitude, que les tuberculeux viennent se refaire une santé, le bacille de Koch, bactérie responsable de la tuberculose, souffrant du manque d’oxygène. Après la guerre, des milliers d’enfants sont envoyés vers les sommets profiter du soleil, du grand air, de la nature et d’une certaine joie de vivre contribuant à forger l’image d’une montagne vertueuse bonne pour la santé morale et physique.

La montagne n’offre pas qu’un décor apaisant, l’altitude agit comme facteur biologique actif.

Un corpus scientifique riche et pluridisciplinaire

Depuis cette époque, les publications scientifiques et enquêtes consacrées à l’impact de l’environnement montagnard sur la santé physique, psychologique et physiologique sont nombreuses, tant en France qu’à l’étranger.

En France, une revue d’études initiée par Auvergne-RhôneAlpes Tourisme et confiée à l’agence SPRIM spécialisée dans la veille scientifique et médicale, a passé en revue plus de 150 études et ouvrages relevant des bienfaits de la montagne et de la nature en altitude sur la santé (impact sur le stress, la fonction cardiovasculaire, la gestion du poids, le système immunitaire). Les résultats de ces travaux publiés en octobre 2019 confirment que les environnements montagneux ont un impact positif avéré sur plusieurs aspects de la santé humaine. En 2022, une autre revue systématique et méta-analyse publiée dans Frontiers in Public Health a compilé et analysé des études portant sur l’effet de l’altitude sur les bénéfices de l’exposition à la nature, en examinant les variations physiologiques et psychologiques liées à différents niveaux d’altitude avec environ 27 études incluses dans la méta-analyse. Parmi les publications récentes, on trouve une étude de 2025 dans Gerontology qui associe vie en montagne (Alpes italiennes) à des indicateurs de santé comme l’espérance

de vie, la mortalité par maladie et des biomarqueurs cardiométaboliques comparés à des populations de plaine. Une autre publication de 2025 explore les effets psychologiques des environnements montagneux dans le cadre du vieillissement en bonne santé, soulignant l’association entre activité en altitude, contact avec la nature et bien-être mental. En France, ce corpus est enrichi par des structures de recherche reconnues dans le domaine de la « médecine de montagne », comme l’Ifremmont (Institut de Formation et de Recherche en Médecine de Montagne), qui coordonne des travaux cliniques et fondamentaux sur l’impact du froid, de l’hypoxie et des milieux extrêmes sur l’organisme.

Du fondamental à l’insolite

Les recherches scientifiques liées à la montagne et à la santé couvrent un large spectre de thèmes, allant de problématiques très pointues à des sujets plus inattendus. Ainsi, parmi les travaux menés actuellement à l’Ifremmont, une étude qui cherche à évaluer la tolérance à l’hypoxie ayant été atteints par la Covid-19 (Coronaltitude) et plus étonnant une étude « consacrée à l’apparition des ampoules dans le cadre de la pratique du trail, ayant pour but d’évaluer l’efficacité de l’application locale de citron en prévention de l’apparition

d’ampoules » (Blisters-Stop-2). Au rayon montagne, on trouve aussi des études sur les thérapies basées sur la nature, particulièrement les bains de forêt et la sylvothérapie, qui, même hors montagne s’inscrivent dans le débat scientifique sur l’impact du milieu naturel sur le bien-être (avec une littérature croissante depuis les années 1980).

L’altitude thérapeutique

Ce qui est validé aujourd’hui, c’est que l’hypoxie permet aussi de renforcer le cœur : plus on s’élève, moins il y a d’oxygène dans l’air ce qui oblige les cellules à fonctionner à l’économie. En réaction, le corps met en place des adaptations vasculaires permettant à l’oxygène de mieux circuler jusqu’aux organes : la respiration s’accélère tout comme la fréquence cardiaque.

À long terme ces modifications protègent des risques de maladies cardiovasculaires comme l’hypertension artérielle, l’infarctus du myocarde ou encore l’insuffisance cardiaque. En 2016, une étude de l’Université de Zurich a ainsi démontré que chez les personnes vivant entre 600 et 1 600 mètres d’altitude, le risque de faire un infarctus est diminué de 20 %.

En 2022, Frontiers, l’un des plus grands et des plus influents éditeurs de recherche au monde, a publié les conclusions d’une revue systématique de 27 études (Is altitude a determinant of the health benefits of nature exposure ?, Chen et al.) Il en ressort que l’altitude module significativement les effets psychophysiologiques de l’exposition à la nature. Les bénéfices sur l’anxiété, la fatigue et la dépression suivent une relation non linéaire, avec des effets optimaux observés à moyenne altitude (entre 500 et 1 400 m). La pression artérielle diastolique montre également des réponses favorables. Conclusion : la montagne n’offre pas qu’un décor apaisant, l’altitude agit comme facteur biologique actif.

Et tout récemment, en 2025, la revue Gerontology publie

The Impact of Living at Moderate Altitude on Healthy Aging in Austria (Burtscher et al.). L’étude associe résidence à 1 000 – 2 000 m et indicateurs de vieillissement plus favorables : moindre mortalité cardiovasculaire, profils métaboliques améliorés, meilleure résilience physiologique. L’hypoxie modérée, combinée à un environnement moins pollué et à des modes de vie plus actifs, apparaît comme un stimulus adaptatif bénéfique.

Par ailleurs, en favorisant la production de globules rouges, l’altitude améliore performances et endurance pendant 3 à 6 semaines, lors du retour en plaine. Ce bénéfice bien connu des sportifs qui s’entraînent en altitude avant de grandes compétitions est bien décrit dans High Altitude Medicine & Biology. Les travaux publiés dans cette revue scientifique à comité de lecture spécialisée dans la recherche sur la physiologie, la biologie et la médecine des environnements à haute altitude, montrent que l’hypoxie hypobare (situation correspondant à une diminution de la pression partielle en oxygène due à une baisse de la pression atmosphérique) déclenche une cascade d’adaptations : augmentation de la ventilation, stimulation de l’érythropoïétine (EPO), élévation de la masse érythrocytaire, modulation du débit cardiaque

et amélioration de l’utilisation tissulaire de l’oxygène. Ces mécanismes, longtemps étudiés dans une logique de performance sportive, sont aujourd’hui envisagés sous l’angle préventif. Des expositions intermittentes et contrôlées à l’hypoxie pourraient améliorer la fonction cardiovasculaire et métabolique et la montagne devenir ainsi un laboratoire naturel d’adaptation physiologique.

Des cascades de bienfaits

Toujours d’après l’étude, demandée par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme à l’agence SPRIM, l’environnement montagneux a un impact sur la lutte contre l’obésité. Il apparaît en effet, qu’à effort équivalent, la dépense énergétique est plus importante en montagne, grâce au stress hypoxique. L’altitude est aussi connue pour diminuer l’appétit : la baisse de l’hormone de la faim (ghréline), la hausse de l’hormone de la satiété (leptine) conjugués à la hausse du tonus sympathique (norépinéphrine) contribuent à la perte de poids de manière durable dans le temps. Les bénéfices de la montagne ne se limitent pas à l’altitude. Les travaux menés par la région AURA montrent

Entre 500 et 1 400 mètres d’altitude, la nature devient un véritable laboratoire de santé, capable d’agir sur le cœur, le stress et le bien-être mental.

que les ions négatifs générés par les cascades améliorent les fonctions immunitaires permettant aussi de mieux résister au stress. Les travaux sur le shinrin-yoku (bains de forêt), initiés au Japon, montrent que l’immersion en milieu forestier réduit le cortisol, diminue la pression artérielle et stimule l’activité des cellules « natural killer ». La méta-analyse de TwohigBennett et Jones (2018) confirme l’association entre exposition aux espaces verts et réduction du risque cardiovasculaire, de diabète de type 2 et de mortalité prématurée.

Avec le corpus d’études scientifiques aujourd’hui disponibles — des méta-analyses sur les effets psycho-physiologiques de l’altitude jusqu’aux travaux épidémiologiques sur la mortalité cardiovasculaire, en passant par les recherches sur l’adaptation physiologique à l’hypoxie ou les enquêtes sur la perception des bénéfices santé — il est clair que la montagne a toute légitimité pour se positionner comme un territoire de santé, de prévention et de longévité. Et qu’il est possible de concevoir une offre santé qui dépasse le simple « bien-être » touristique en lien étroit avec la recherche, les systèmes de soin et les attentes des visiteurs.

MONTAGNES EN TRANSITION

Dans son premier livre blanc « Montagnes en transition », le Moving Mountains Forum explore les stratégies mises en œuvre par les stations pour maintenir leur activité et réduire leur empreinte environnementale.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Chaque été, aux Diablerets en Suisse, le Moving Mountains Forum rassemble habitants, élus, acteurs économiques, touristiques, scientifiques et visiteurs passionnés autour d’une question récurrente : comment les stations de montagne peuvent-elles relever les défis posés par le changement climatique ? De ces années de réflexion est né Montagnes en transition, un document de référence qui livre quelques pistes de réponses.

> Il n’existe pas de solution universelle aux problèmes posés par le changement climatique. Les réponses varient selon l’altitude, les ressources financières et le contexte territorial mais les exemples analysés démontrent qu’une stratégie réussie repose sur la capacité à anticiper, l’investissement dans des solutions durables et la mobilisation des acteurs du territoire.

> L’enneigement artificiel et la conservation sont essentiels pour maintenir la viabilité économique, avec des progrès constants en efficacité énergétique. L’exemple de Boler Mountain (Canada) illustre concrètement l’effet de cette technologie : en investissant dans les enneigeurs tout temps, cette petite station a pu garantir l’ouverture de sa saison 2022-2023 alors que d’autres dans sa région ont dû fermer. Quant à la station de Davos (Suisse), elle a misé sur la conservation de neige (snow farming) pour garantir un début de saison fiable et réduire sa dépendance à l’enneigement artificiel très énergivore. Des technologies qui restent néanmoins des solutions temporaires face à la hausse globale des températures et qui ne sont pas sans conséquences environnementales.

> Il est urgent de se diversifier. Au-delà des solutions techniques, le passage d’un modèle mono-saisonnier centré sur le ski à une offre “à l’année” apparaît comme un levier stratégique essentiel. Le cas de Métabief (Jura) est particulièrement éloquent. En 2018, face à la réduction de l’enneigement, la station a pris la décision radicale de fermer 30% de son domaine skiable pour réorienter son modèle économique. Elle a investi dans une luge sur rail de 710 mètres, infrastructure exploitable toute l’année, permettant de réduire la dépendance au ski et de stabiliser les revenus.

Transformer un territoire de montagne, ce n’est pas seulement changer ses infrastructures, c’est avant tout changer la façon dont on l’imagine…

> La transition énergétique, un pilier stratégique. Nombre de stations investissent massivement dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique et l’amélioration de l’efficacité des infrastructures pour réduire leur empreinte carbone et garantir leur viabilité à long terme. C’est le cas d’Aspen Skiing Company (USA) qui, dès 1999, utilisait 100% d’énergies renouvelables pour ses opérations. Elle dispose d’un département environnemental dédié et a obtenu la certification ISO. Au-delà, Aspen s’engage dans le plaidoyer politique climatique à l’échelle nationale, reconnaissant que « les véritables progrès environnementaux vont au-delà des gains d’efficacité opérationnelle immédiats. » Animée par cette perspective, la station a collaboré avec les communautés locales à diverses initiatives, notamment dans les domaines de l’éducation, de la restauration de la nature sauvage et des soins de santé.

Au-delà des solutions techniques, ce livre blanc ouvre sur la nécessaire transformation de l’imaginaire montagnard. « Transformer un territoire de montagne, ce n’est pas seulement changer ses infrastructures, ses offres ou ses modèles économiques : c’est avant tout changer la façon dont on l’imagine, dont on le raconte, et dont on se projette collectivement dans son avenir ». Ce qui implique entre autres des récits fédérateurs, une gouvernance ouverte et une pédagogie continue.

Neutralité carbone : les Domaines skiables sur la bonne piste pour 2037

Cinq ans après l’adoption de 16 éco-engagements, Domaines Skiables de France (DSF) publie un bilan positif. L’objectif reste la neutralité carbone en 2037 avec zéro émission de CO₂.

Plus de 90%

de conformité aux écoengagements pour l’ensemble du parc de remontées mécaniques.

96%

organisent des opérations de ramassage de déchets

86%

des domaines skiables ont réalisé un bilan carbone (scope 1 et 2)

83%

ont équipé les câbles dangereux pour protéger l’avifaune

Création d’un pôle RSE en 2024 pour accompagner solidairement les plus petites structures (20% des entreprises).

95%

optimisent la production de neige et mettent l’eau à disposition du pastoralisme

73%

tiennent un inventaire écologique

Démontage de 17 remontées mécaniques obsolètes (depuis 2012).

ÉCONOMIE CIRCULAIRE

LE RÉEMPLOI À L’ASSAUT DES SOMMETS

Confrontés à la nécessité d’agir de façon plus sobre et plus durable, les stations n’hésitent plus à intégrer des pratiques de réemploi et de seconde main pour renouveler et diversifier leurs infrastructures. Une dynamique dans laquelle s’inscrivent Serre Chevalier, Les Carroz, Val Cenis ou encore le Grand-Bornand.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Chaque année en France, entre 50 et 70 remontées mécaniques (sur un parc national estimé à plus de 2956 installations actives) arrivent en fin d’exploitation et font l’objet d’opérations de dépose ou de revalorisation. Leur démontage et leur remplacement sont devenus des enjeux majeurs. Pour limiter le coût environnemental et financier de leurs infrastructures tout en préservant la qualité de l’expérience client, certaines stations jouent la carte de l’économie circulaire et renouvellent leur équipement en réutilisant tout ou partie d’appareils peu utilisés par des stations qui peuvent se permettre de renouveler leur parc à des fréquences élevées.

Des Pyrénées aux Alpes

Ainsi, le 13 décembre dernier, la station haut-savoyarde des Carroz a inauguré un nouveau télésiège six places flambant neuf. Ou presque. Plutôt que d’acheter un appareil neuf pour remplacer le télésiège du Gron devenu obsolète après 26 ans de bons et loyaux services, les Carroz ont fait le choix de la « seconde main ». Et de récupérer, auprès d’une station des Pyrénées, un appareil peu usé, de le démonter puis de le remettre à neuf avant de le réinstaller dans le secteur du Gron. Au final, 70 % des équipements d’origine ont été conservés (hors câble et sièges), permettant de réduire de 30 % le coût global du projet et de diviser par dix les émissions de CO₂ liées à sa réalisation, par rapport à une installation neuve. L’installation de ce nouveau télésiège pensé pour une exploitation 4 saisons et capable de transporter 2 600 personnes par heure (contre 2 100 auparavant), avec un temps de montée de 3 minutes, a aussi été l’occasion de repositionner la gare d’arrivée pour optimiser les liaisons avec le domaine du Grand Massif (Flaine, Morillon, Samoëns) et améliorer la lisibilité du parcours skieur. « Ce projet est le fruit d’un arbitrage lucide entre besoin opérationnel, cohérence économique et responsabilité environnementale », explique Nicolas Roiron, chef d’exploitation de la station.

Deux ré-implantations signées Poma

La saison dernière, dans la vallée de la Maurienne, Val Cenis a mis en service un tout nouveau télésiège issu d’une revalorisation d’éléments techniques de deux installations démantelées à Val Thorens et à Montgenèvre. Cette démarche, menée par les experts Poma dédiés à la rénovation des

parcs, a permis de réduire de 90 % l’utilisation de matières premières, le nouveau télésiège des “Roches Blanches” étant issu de la revalorisation d’une partie des éléments techniques des infrastructures existantes. Avec seulement 10 % de composants neufs (câbles, boulonnerie ou couvertures des gares), la station estime avoir économisé 35 % du budget par rapport à un équipement neuf et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre d’un facteur dix par rapport à un projet traditionnel.

Le tout sans impacter ni la sécurité ni la performance, le nouveau télésiège permettant de réduire le temps de trajet de 12 à 5 minutes.

Au Grand-Bornand, le télésiège deux places de la Taverne, le plus vieux de la station, a cédé la place à un nouveau télésiège fixe 4 places. Mis en service fin 2025, il s’agit d’un modèle écoresponsable reconfiguré, toujours par Poma, à partir de deux anciens appareils dont celui des Gettiers démonté en 2019 sur le domaine.

Serre-Chevalier, pionnière de l’économie circulaire

Après avoir réussi le pari de produire et couvrir 34% de ses besoins énergétiques annuels grâce à des énergies renouvelables, les équipes de Serre Chevalier Vallée (SCV) ont initié depuis deux ans une politique structurée d’économie circulaire. Objectifs : réduire la consommation de ressources, réutiliser les équipements et recycler les matériaux. Des initiatives sont déjà en place : lors du démontage de la télécabine de Fréjus, les gares d’arrivée et de départ ont été démontées et cédées à un agriculteur et artisan pour être transformées en deux hangars, les 700 m2 de bois de ces mêmes gares ont été récupérés et réutilisés par SCV mais aussi mis à disposition des habitants et artisans de la vallée, 100 des 450 tenues de travail et de ski des équipes de SCV ont été réparées l’an dernier prolongeant leur durée de vie de un an, les 8 000 m2 d’une ancienne bâche de retenue collinaire ont été mis en rouleaux pour être réutilisés en interne ou par les salariés de SCV. Serre Chevalier envisage également la création, d’ici un an, d’un centre de ressourcerie et le déploiement d’une plateforme digitale de pièces d’occasion qui serait ouverte à d’autres entreprises de la profession afin d’élargir l’économie circulaire à tout l’écosystème professionnel

Cette dynamique du réemploi et de l’upcycling dans les stations de ski a aussi favorisé

l’émergence de véritables filières locales

structurées.

de la montagne. Le domaine innove aussi dans le « rétrofit » en réutilisant et en modernisant les infrastructures et dameuses existantes.

Caoutchouc, équipements… les filières s’organisent

Cette dynamique du réemploi et de l’upcycling dans les stations de ski a aussi favorisé l’émergence de véritables filières locales structurées, impliquant aussi bien des entreprises privées que des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Ainsi, Écologic, éco-organisme agréé par l’État pour mettre en place une filière de tri, de recyclage et de valorisation des articles de sport et de loisirs (ASL) emploi 103 collaborateurs. En 2025, il a récupéré 15 tonnes d’articles supplémentaires par rapport à 2024, via 83 points de collecte, preuve de la volonté des collectivités de montagne et loueurs en station de verdir la filière. De son côté, la société IDM, leader dans la fourniture de pièces détachées pour les exploitants de domaines skiables, récupère et recycle le caoutchouc des bandages de remontées mécaniques pour les transformer en tapis antidérapants à faible impact carbone. Les tonnes de déchets caoutchouc collectés dans les stations françaises sont confiées à la société Plymouth, située au sud de Lyon, pour fabriquer des dalles jusqu’alors importées d’Asie. Une initiative soutenue par la région AURA.

Moins… mais plus !

Le nombre de remontées mécaniques est en baisse constante depuis 2010, passant de 3 700 en 2010 à 2 956 en 2025 (-25 %). Pour autant, la capacité de transport totale du parc de remontées mécaniques, mesurée par le moment de puissance, demeure quasi équivalent, traduisant l’effort des exploitants pour rationaliser leur parc d’installations. Les 2 956 remontées mécaniques françaises se concentrent sur 312 sites (stations de ski, sites touristiques, dessertes urbaines ou autres sites). Dans le détail 1085 téléphériques, télécabines, télésièges, 1837 téléskis, 34 autres.

EAU & NEIGE DES CHIFFRES ET DES FANTASMES

Pilier du ski alpin moderne, la neige de culture suscite de vifs débats. Pour comprendre ses enjeux réels, il faut regarder en profondeur son fonctionnement, ses consommations, notamment d’eau, et les innovations développées pour limiter son impact.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

En France, 40 % de la surface totale des pistes est sécurisée par la production de neige de culture, une technologie éprouvée mimant les processus naturels de formation de la neige qui implique de vastes réseaux de canalisations, de compresseurs, de réservoirs d’eau (souvent sous forme de retenues collinaires ou bassins) et de dispositifs de contrôle informatique permettant d’activer les enneigeurs en fonction des conditions météorologiques. Essentielle au maintien de l’économie du ski, le sujet des ressources nécessaires à sa production et de leur impact sur l’environnement suscite de nombreux débats.

Moins d’eau pour les pistes que pour les piscines

La production de neige de culture mobilise des volumes significatifs principalement en début de saison (la neige de culture est principalement produite entre novembre et janvier). Selon TechnoAlpin, spécialiste des systèmes d’enneigement clé en main, près de 1 000 mètres cubes d’eau sont nécessaires pour enneiger une piste de un hectare sur environ 30 cm de hauteur. Cela correspond à moins d’un tiers d’une piscine olympique. Quant à Domaines skiables de France (DSF), il estime que la production de neige de culture pour toutes les stations françaises nécessite de prélever 25 millions de mètres cubes d’eau par an, rappelant au passage que le remplissage des 3,2 millions de piscines privées en France nécessite 160 millions de mètres cubes d’eau (6,5 plus que pour la neige de culture). Quant à la provenance de l’eau utilisée pour produire la neige de culture, elle provient à 65 % des retenues

d’altitude et à 40% du trop-plein d’eau potable, des rivières ou des barrages hudroélectriques. Pointée du doigt sur sa consommation d’eau, la neige de culture est aussi considérée comme énergivore. Produire de la neige nécessite effectivement de l’énergie pour les compresseurs et les pompes : il faut entre 1 et 3 kWh pour produire 1 m3 de neige, soit l’équivalent de l’énergie nécessaire pour cuire successivement deux pizzas au four (source DSF). À titre d’exemple, Serre-Chevalier annonce que 30% de sa consommation électrique sert à la production de neige.

Une eau prélevée, pas consommée

Les chiffres étant posés, il peut être utile de rappeler que la neige de culture fonctionne en cycle fermé : le prélèvement se fait souvent à partir de retenues collinaires alimentées par les eaux de fonte printanière ou par des pompages en rivière et 84% de l’eau mobilisée se retrouve au printemps sous forme liquide lors de la fonte de la neige et retourne donc dans le cycle hydrologique local, selon une étude conjointe INRAE et Météo France de 2023. Enfin, le procédé ne nécessite aucun additif chimique, écartant la question d’une potentielle pollution de l’eau liée à cette pratique. Dernière précision : en France, la production de neige de culture est réglementée par l’application générale du droit de l’eau et du Code de l’environnement, notamment en ce qui concerne les prélèvements d’eau, la création de retenues et les aménagements associés.

Vers plus de sobriété hydrique

Désireux d’aller encore plus loin dans la préservation de la ressource eau, les représentants de DSF ont signé, au printemps 2025 un Plan de sobriété hydrique de la filière des domaines skiables français qui prévoit, d’ici 2030 de :

• Réduire de 10 % les prélèvements d’eau par hectare équipé en neige de culture par rapport à l’hiver de référence 2016/2017 ;

• Réduire de 10 % les autres usages internes d’eau dans les domaines (nettoyage, entretien…) par rapport à l’hiver de référence 2024/2025 ;

• Équiper 100 % des domaines de taille moyenne et grande de systèmes de mesure de hauteur de neige pour optimiser la production ;

• Équiper tous les domaines prélevant plus de 100 000 m³/ an d’un système de « ralentissement du cycle de l’eau » (retenues collinaires, bassins tampons, dispositifs de stockage ou de réutilisation).

• Former systématiquement les personnels (notamment nivoculteurs et conducteurs) à la gestion économe de l’eau.

Il faut entre 1 et 3 kWh pour produire 1 m3 de neige, soit l’équivalent de l’énergie nécessaire pour cuire successivement deux pizzas au four…

(source DSF)

Des solutions toujours plus économes

En attendant le premier rapport d’avancement prévu en février 2027, les progrès technologiques en matière de pilotage et d’optimisation s’accélèrent. Val Thorens déploie des systèmes de pilotage automatisé de la production grâce à de nouveaux logiciels d’intelligence artificielle permettant de synchroniser flux de skieurs et données météorologiques, afin d’adapter la production en temps réel. Résultat : une économie de 200 000 m3 d’eau – soit plus d’un million d’euros – depuis sa mise en place. Dans les Hautes-Alpes, la station de Serre-Chevalier, déjà engagée dans l’utilisation d’énergies renouvelables pour faire tourner ses installations, a investi dans un drone équipé d’un LIDAR. Un équipement lui permettant de mesurer avec précision la hauteur de neige et de suivre la production de neige de culture et d’optimiser les consommations d’eau et d’énergie dédiées à cet usage. Résultat : 23 % d’économie d’eau pour 2023-2024 vs 2021-2022.

Sur les plans technique et énergétique, les fabricants d’enneigeurs développent de nouveaux modèles de canons économes affichant des consommations d’électricité en recul de 30 et 40 % par rapport à leurs prédécesseurs, grâce à des compresseurs optimisés et à des buses de projection nouvelle génération, qui améliorent l’efficacité de la cristallisation même à températures limites.

Enneigement : des technologies conçues pour les hivers plus doux

En mai 2025, la société MND, spécialisée dans le développement et la commercialisation de solutions technologiques pour les domaines skiables, a lancé une nouvelle génération d’enneigeurs intégrant des innovations technologiques pour améliorer performance, flexibilité et efficacité hydrique/énergétique.

Sa gamme repensée de perches modulaires (Taurus Line, Pro, Advanced) offre une couverture plus large et une production accrue aux températures limites. Compatible avec des installations existantes, elle intègre des électrovannes pour un pilotage plus réactif. Le nouvel enneigeur ventilateur IZO° est capable de fournir +20 à +30% de production de neige dans des conditions marginales tout en fonctionnant à basse pression d’eau (environ 10 bars). Tous les équipements s’intègrent à des systèmes de pilotage centralisés grâce à des logiciels de supervision (SNOW-cs) pour optimiser l’usage de l’eau et de l’énergie.

SÉCURITÉ

UN ENJEU POUR LA MONTAGNE DE DEMAIN

Structuration des données, formation revisitée, animation des réseaux, intégration des facteurs humains, Domaines Skiables de France et tous les exploitants ont fait de la sécurité un sujet central de leur stratégie d’entreprise. Un défi collectif pour protéger les salariés, mais aussi pour garantir la pérennité économique du modèle.

Travail en altitude, horaires décalés, interventions nocturnes, engins lourds, installations complexes, manutentions, conditions météorologiques dégradées, isolement… Les métiers de pisteur-secouriste, conducteur de dameuse, agent de maintenance des remontées mécaniques ou technicien neige de culture exposent à des risques combinés. Les indicateurs disponibles montrent des niveaux d’accidents du travail comparables à ceux de secteurs traditionnellement accidentogènes comme le BTP. À cela s’ajoute la forte saisonnalité de l’activité qui accentue cette vulnérabilité, la rotation des équipes pouvant complexifier la transmission des savoir-faire sécurité et fragiliser les collectifs. Dans ce contexte, la sécurité ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle réglementaire. Elle devient un levier stratégique de performance durable.

Structurer la prévention : le rôle moteur de DSF

Face à ces enjeux, Domaines Skiables de France (DSF), sous l’impulsion de sa nouvelle présidente Anne Marty qui a fait de la mise en place d’une politique RSE sa priorité, a engagé une montée en puissance structurée de sa démarche RSE autour de trois commissions (SST, Environnement et Solidarité). La première et la plus importante, consacrée à la santé et à la sécurité au travail, est présidée par Alexandre Merlin, président de la STBMA (Société des téléportés Bettex Mont d’Arbois) et réunit directeurs généraux et responsables QSE. Son rôle : impulser une dynamique collective autour de la prévention. « La première année, nous avons concentré nos travaux sur la prévention des risques, l’amélioration des conditions de travail, le pilotage renforcé et le soutien aux salariés », détaille Alexandre Merlin. Concrètement, cela s’est traduit par la mise à jour des outils importants pour les exploitants essentiellement le guide d’évaluation des risques professionnels pour accompagner les entreprises dans l’élaboration et l’actualisation de leur DUERP (Document unique d’évaluation des risques professionnels), avec une approche plus fine des situations spécifiques aux domaines skiables ; le lancement d’une étude sur l’ergonomie des opérations de maintenance, afin de réduire les troubles musculosquelettiques et la pénibilité ; la mise en place d’une

Pour 2026, l’objectif prioritaire de DSF est clair : installer une culture sécurité à tous les niveaux de l’entreprise.

cellule de soutien psychologique, reconnaissant l’impact humain des accidents graves ou des situations traumatiques et la création d’indicateurs harmonisés sur la fréquence et la gravité des accidents, alimentés par une base de données mutualisée. « Les indicateurs nationaux arrivant tardivement, nous avons fait le choix de collecter les données et de mettre en place nos propres indicateurs afin de mieux structurer le retour d’expérience et, surtout, de nous permettre de mettre en place des actions correctives plus réactives. Une collecte de données à laquelle les adhérents ont massivement participé », souligne Alexandre Merlin.

Enfin, une formation nationale au management de la sécurité a été déployée pour les directeurs généraux. Six sessions de deux jours ont déjà réuni 91 dirigeants issus d’entreprises de toutes tailles et de tous massifs. Cette démarche volontaire, financée par DSF avec l’appui du Medef et de la CNAM, qui se poursuit en 2026, pour les différentes directions et services est un signe que la sécurité devient un sujet de gouvernance.

Ancrer une culture de la prévention

Pour 2026, l’objectif prioritaire de DSF est clair : installer une culture sécurité à tous les niveaux de l’entreprise. « Conscients de l’enjeu, nous œuvrons à créer un environnement favorisant une dynamique collective autour de la prévention », insiste

Alexandre Merlin. Pour y parvenir DSF mène un travail de benchmark avec d’autres secteurs d’activités réputés « à risques » comme la métallurgie ou le BTP mais aussi l’aviation civile et militaire autour de l’intégration des facteurs humains, organisationnels et techniques. « Depuis le dernier congrès de Toulouse, où nous avons échangé avec des acteurs de l’aviation civile et militaire sur l’intégration des facteurs humains, organisationnels et techniques, nous poursuivons nos concertations avec différents secteurs (métallurgie, BTP, etc.) afin de structurer notre action à partir des bonnes pratiques. » Pour construire ce cadre collectif, plusieurs actions structurantes sont engagées comme l’animation d’un réseau de référents SST dans les massifs, avec organisation de journées d’échanges ; le déploiement d’un plan de communication dédié pour valoriser les outils existants et diffuser les retours d’expérience et l’organisation d’une Journée nationale de la sécurité en juin. « Cette dynamique continuera de s’enrichir d’ouvertures intersectorielles avec des acteurs de l’aviation civile comme avec la métallurgie et le BTP qui ont vraiment

progressé en communication et prévention, afin d’importer des méthodes éprouvées en matière de management des risques ».

Nouvelles technologies et perspectives

Enfin, si aucune étude formalisée n’a encore été finalisée sur l’intelligence artificielle appliquée à la SST, plusieurs pistes émergent déjà dans les pratiques que ce soit en termes d’automatisation de tâches dangereuses, notamment l’usage de drones pour certaines opérations liées au déclenchement préventif d’avalanches, la surveillance en temps réel via capteurs et analyses vibratoires continues pour anticiper les défaillances, mais aussi de formation immersive en réalité virtuelle pour reproduire des situations à risque.

« Ces innovations ne remplacent pas la culture sécurité, mais peuvent en devenir des accélérateurs en évitant les situations dangereuses », observe Alexandre Merlin.

Dans un environnement technique et climatique de plus en plus complexe, la sécurité est clairement au cœur de la performance et de la responsabilité des domaines skiables.

RELEVER LE DÉFI HUMAIN À L’ÈRE DES TECHNOLOGIES

Devenue un enjeu central de la transition technologique des stations de montagne, la question des ressources humaines est prise à bras-le-corps par la montagne française qui y répond par un triptyque clair : former mieux, attirer durablement et valoriser des métiers en pleine mutation.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Les domaines skiables français comptent 18 500 salariés (dont environ 78% sont saisonniers) qui travaillent aux remontées mécaniques (environ 54%), aux pistes et à la sécurité (environ 27%), aux fonctions supports (environ 17%). Des métiers techniques confrontés à une mutation rapide des compétences attendues nécessitant des savoir-faire hybrides : le conducteur de remontée devient opérateur de systèmes et pourra œuvrer comme conducteur de tyrolienne l’été, le nivoculteur doit maîtriser des logiciels de pilotage de drones, la maintenance intègre capteurs, supervision à distance et logiques prédictives. Conséquence : les stations ont de plus en plus besoin de profils polyvalents et qualifiés capables d’exploiter des infrastructures de plus en plus technologiques, tout en garantissant sécurité, sobriété énergétique et qualité de service.

Des formations mieux connectées au

terrain

Face à cette transformation, les acteurs de la filière montagne ont engagé une montée en puissance des dispositifs de formation initiale et continue, avec un objectif clair : aligner les compétences sur les besoins opérationnels réels. Ils ont par exemple travaillé pendant deux ans avec les équipes pédagogiques des lycées de Bagnères-de-Bigorre et de Saint-Michel-de-Maurienne pour rénover le CAP transport par câble et remontées mécaniques, et créer un baccalauréat professionnel adapté à l’évolution de la technicité des appareils. Conçus avec Domaines Skiables de France, les deux cursus dont les enseignements ont été adaptés aux exigences du terrain, sont opérationnels depuis la rentrée de septembre 2023. Le bac pro Transport par Câble et Remontées Mécaniques (TCRM) est dispensé, depuis septembre 2023, aux lycées de Bagnères-de-Bigorre et de Saint-Michel-de-Maurienne quand le CAP nouvelle version, a été ouvert au lycée Ambroise-Croizat de Moûtiers.

Toujours dans l’optique de construire des formations mieux connectées au terrain, DSF travaille depuis deux ans à la création d’un pôle des métiers de la montagne à Moûtiers. « Dans ce cadre, nous envisageons, d’ici 2 ans et avec le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de l’éducation nationale, la construction d’un télésiège débrayable qui serait un formidable outil de formation et qui permettrait de désaisonnaliser le cycle d’examens », annonce David Ponson, vice-président de la commission Sociale Formation chez DSF.

La formation, outil stratégique de transition

Fabricants et stations misent aussi sur la formation continue pour un meilleur unbording de leurs collaborateurs et pour accompagner la progression des équipes, à l’instar de la Compagnie des Alpes qui a lancé, en 2025, la CDA Academy pour « accompagner la montée en compétence des équipes sur des thématiques clés telles que le management et la Très Grande Satisfaction (TGS) ». Une logique permettant de réduire la dépendance au recrutement externe et de sécuriser l’exploitation, notamment sur les postes en tension. DSF qui a créé DSF Formation en 2008 pour accompagner l’évolution des métiers de la montagne, permet chaque année à quelque 5 500 salariés de la branche de développer leurs compétences. Mais aussi de faire reconnaître ces acquis grâce au déploiement, depuis fin 2019, de Certificats de qualifications professionnelles (CQP), des formations diplômantes et certifiantes qui sanctionnent des compétences transverses à une dizaine de métiers. « Depuis l’an dernier, pour répondre à la diversification des activités et aux besoins de la profession, nous avons intégré un CQP Patrouilleur VTT », détaille David Ponson qui précise que chaque année près de 2 000 salariés sont certifiés au niveau national.

La formation est aussi au cœur de la stratégie de Poma qui a créé, en 2022-2023, la Poma Academy afin de dispenser un large panel de formations permettant d’anticiper tous les besoins d’exploitation et de maintenance, mais également de mieux comprendre les enjeux opérationnels, d’affiner une expertise technique, ou encore de renforcer la synergie entre conception et exploitation. Cet hiver, 10 collaborateurs issus du bureau d’études produit et du support technique client ont ainsi été formés sur la télécabine Super Venosc aux 2 Alpes, afin d’approfondir des savoir-faire liés à la conduite de télécabine, aux réglages de gare ou encore à l’optimisation des effets dynamiques en gare. « Nous formons en moyenne 1 000 personnes par an en blended learning grâce à UPilot® , notre plateforme numérique de formation en ligne combinée à un simulateur 3D de téléporté », précise Michael Fauché, directeur stratégique et nouveaux marchés en charge de la Poma Academy.

Au-delà d’un simple accompagnement RH, la formation est envisagée par tous comme un véritable outil de transition capable d’anticiper les métiers émergents. Exemple aux Orres, à Courchevel, à Val-Thorens, Val-Cenis, Serre-Chevalier ou encore Tignes, où des salariés des domaines skiables ont été formés au pilotage de drones. Leur brevet professionnel de télépilote de drone en poche, ils peuvent désormais inspecter plus facilement les remontées mécaniques, mieux identifier les lieux où procéder à des déclenchements préventifs d’avalanche, surveiller le bon fonctionnement des enneigeurs ou encore localiser plus rapidement les victimes d’avalanches.

Rendre les métiers désirables

En parallèle de la formation, les stations qui sont concurrencées par l’industrie en quête de profils semblables, avec des salaires concurrentiels, et des conditions de travail plus confortables, s’engagent dans des efforts d’attractivité. Avec une priorité : l’hébergement. « Aujourd’hui, il ne suffit pas de dire j’ai un poste à pourvoir, constate David Ponson, il faut être en capacité de proposer un poste et un logement ou un accompagnement à le trouver. » Avoriaz l’a bien compris qui a fait du logement des saisonniers un pilier de sa politique RH, en prenant l’initiative d’améliorer ses infrastructures d’accueil et d’hébergement. Une résidence de 60 appartements dédiés aux saisonniers, ouvrira ses portes en 2026 dans le quartier de la Croisette à Arc 1800. Ce projet s’inscrit dans une démarche à long terme, avec la construction de trois autres résidences prévues dans les années à venir. Outre l’hébergement, des services comme les Cafés saison santé ou le Point Accueil Saisonnier (PAS) dans le Haut-Chablais, sont également mis en place pour améliorer la qualité de vie des travailleurs saisonniers. Résultat : un taux de postes pourvus proche de 100 %, y compris sur des métiers techniques en tension. Cette stabilité facilite aussi la montée en compétences sur des équipements complexes. Avec 3 000 postes à pourvoir chaque saison d’hiver, La Plagne a structuré une plateforme centralisée des métiers et des carrières, mettant en avant la diversité des postes, les perspectives d’évolution et les passerelles entre saisons. De son côté, le Cluster Montagne annonçait dans son rapport d’activité 2024, poursuivre l’animation de la plateforme emploi-montagne.com et renforcer l’action de promotion des emplois et des métiers de la filière à travers la création d’une page Instagram et d’évènements.

Des outils qui aident à améliorer la lisibilité des métiers techniques et à favoriser la fidélisation pluriannuelle, condition essentielle pour amortir les investissements en formation technologique. Dans la vallée des Belleville, les exploitants ont engagé une politique de mutualisation des ressources humaines et de bi-qualification (hiver/été, ski/VTT, exploitation/ maintenance). Cette organisation permet d’allonger les périodes d’emploi, d’attirer des profils qualifiés et de stabiliser les équipes sur des postes à forte technicité, notamment liés aux remontées et aux systèmes automatisés.

Des stratégies combinées qui produisent plusieurs résultats concrets : amélioration des taux de recrutement sur les postes techniques, baisse du turnover sur les métiers liés aux nouvelles technologies, montée en compétences interne plus rapide, meilleure continuité d’exploitation et sécurisation des investissements technologiques.

Les stations ont de plus en plus besoin de profils polyvalents et qualifiés capables d’exploiter des infrastructures de plus en plus technologiques…
Remontées mécaniques

: des formations augmentées

Les technologies immersives permettent désormais de former les équipes des remontées mécaniques en conditions quasi-réelles et en toute sécurité.

La station de Valloire en Savoie s’est équipée, en 2023, d’un simulateur de formation immersif développé par la société IESA qui reproduit le fonctionnement de différents types d’installations (télésièges, télécabines, téléskis) permettant aux apprentis opérateurs de se familiariser avec les procédures d’exploitation, la relation client en gare, les règles de sécurité, ou encore la gestion d’incidents techniques, dans un environnement 3D réaliste. Autre application avec un module de formation VR conçu pour sensibiliser les conducteurs de remontées mécaniques à l’impact de leur conduite sur la consommation électrique. Coiffé d’un casque VR, l’opérateur virtuel voit en temps réel la file d’attente et la consommation énergétique de son appareil ce qui lui permet d’adapter la vitesse de l’appareil en fonction de l’affluence, afin d’optimiser la consommation.

ARCHITECTURE & RÉNOVATION DE MONTAGNE

LA CONSTRUCTION BAS CARBONE PREND DE LA HAUTEUR

Devenue un enjeu central de la transition technologique des stations de montagne, la question des ressources humaines est prise à bras-le-corps par la montagne française qui y répond par un triptyque clair : former mieux, attirer durablement et valoriser des métiers en pleine mutation.

TEXTE CATHERINE FOULSHAM - ILLUSTRATIONS BASTIEN NERRE

Comment s’adapter au changement climatique ?

Construire sans défigurer les paysages et sans peser sur les écosystèmes ? Penser des modèles qui profitent aux territoires ? En matière de construction et de rénovation, la montagne fait face à de nombreux défis. Après la formidable dynamique d’équipement touristique impulsée dans les années 1960 par le Plan neige, qui a abouti à la création de stations d’altitude à l’architecture audacieuse comme Avoriaz, Flaine ou les Arcs, les Alpes sont clairement entrées dans une nouvelle ère. Aujourd’hui, le tout-tourisme semble avoir atteint ses limites, fragilisant l’économie et les paysages alpins. Et la construction « en sites vierges » de modèles « plus vrais que nature » en réalité totalement déconnectés de leur environnement, façonné à coup de fausses pierres et de faux bois, plongeant les clients dans une forme d’irréalité, ne sont plus les bienvenus. Ce refus d’une montagne artificielle a d’ailleurs contraint le Club Med, fin 2020, à renoncer à son projet d’implantation à La Clusaz, un projet  de 1 500 lits sur 40 000 m2, avec parkings et voies d’accès. Et qui bloque celui de Valloire en raison de son « emprise démesurée »

(1 400 lits sur 9,4 ha) et de son impact sur les « qualités paysagères et environnementales exceptionnelles, sources d’attractivité ». Ajoutez à cela le coût environnemental du secteur du bâtiment, responsable, selon la Commission européenne, de 40 % des émissions mondiales de carbone, de la consommation de près de la moitié des ressources extraites et qui représente plus de 30 % de la consommation d’énergie et l’on comprend qu’il y a urgence.

Vers une architecture résiliente

« Nous sommes clairement au bout d’un système, constatait déjà en 2021 dans le magazine Cosy Mountain Jacques Félix-Faure, alors architecte et responsable du master Architecture-Paysage-Montagne de l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble. La génération de jeunes architectes a une conscience aiguë de la réalité du changement climatique. Les projets qu’ils conçoivent doivent tenir compte de ces équilibres précaires, de la disponibilité des ressources en eau, en air et en bois dont ils savent qu’elles ne sont pas inépuisables, de l’impact carbone mais aussi des risques naturels. Ils sont au cœur de cette cette complexité-là. »

Plus de rénovations, moins de constructions, des opérations collectives abordables et multifonctionnelles… un changement de paradigme est nécessaire pour que les populations locales puissent habiter là-haut à l’année. « La montagne doit devenir un territoire d’inventions », suggère-t-il évoquant l’exemple du Vorarlberg. Dans ce Land situé à l’extrême ouest de l’Autriche, la région du Bregenzerwald, apparait comme un véritable laboratoire d’architecture durable ayant su se réinventer en mobilisant ses ressources et ses acteurs dans un bel élan commun. Avec une constante : ici, ce n’est pas l’esthétique qui prévaut mais le programme avant tout pensé pour abriter des fonctions de façon fonctionnelle. Utilisation du bois local pour la rénovation des chalets traditionnels et la construction

des immeubles modernes ; développement de coopérations avec les artisans locaux ; prise en compte de la préciosité des terres agricoles en privilégiant des bâtiments compacts qui regroupent plusieurs logements pour avoir un impact limité sur l’activité agricole et l’environnement ; mise en œuvre d’une politique de mobilité douce avec une ou plusieurs voitures électriques par commune en autopartage… Et surtout, depuis près de 50 ans, une véritable prise en compte du paysage qui influence tous les projets et décisions.

Construire sans défigurer l’existant

S’intéresser à l’impact environnemental de l’acte de construire est au cœur des préoccupations de Fiona Pia. Cette jeune architecte diplômée de l’EFPL (École polytechnique fédérale de Lausanne) a jeté un pavé dans l’alpage avec sa thèse de doctorat intitulée « Urbaniser les Alpes suisses : stratégies de densification des villes en altitude » qui affirme haut et fort que le chalet isolé avec vue sur les sommets est nocif pour la montagne. Construction de faible densité gourmande en surface et en infrastructures, chacune ayant besoin de son bout de route, génératrice de problèmes de mobilité, l’idyllique chalet

à la montagne qui se fond dans le paysage serait en réalité responsable du mitage du territoire. Pire, il participe au déclin d’une nature en danger. Sa proposition : « Densifier les villes d’altitude pour prolonger leur cycle de vie et ainsi épargner les territoires encore vierges. Et, développer les infrastructures de mobilité en adéquation avec une nouvelle densification alpine ». Aujourd’hui à la tête du bureau Fiona Pia architectes, fondé en 2018 à Lausanne, elle propose donc des projets de densifications durables qui créent de la valeur ajoutée. À son actif, la réhabilitation d’une ferme bicentenaire à Crissier dans le canton de Vaud en un hameau exemplaire sur le plan énergétique. Murs extérieurs en moellons dénudés et enduits d’un nouveau mélange de chaux et de ciment pour les laisser respirer ; isolation intérieure entièrement refaite, distribution des pièces en fonction de l’ensoleillement. La demeure compte aujourd’hui huit appartements (contre deux avant rénovation) qui respectent les lignes de la charpente originale tout en recevant de la lumière d’au moins deux orientations différentes. Pour rappeler son passé agricole, la toiture en bois reste visible depuis la cage d’escalier et la copropriété peut compter sur la production de 665 tuiles solaires. « Nous avons à cœur

Le défi n’est plus de construire en montagne, mais de construire avec elle.

de montrer qu’en analysant l’architecture, la topographie, la lumière, les vues, il est possible de densifier de manière esthétique. Et même de donner plus de valeur à une parcelle », déclare l’architecte (Terre & Nature, janvier 2026).

La ferme alpine modèle d’habitat durable

Auteur d’un ouvrage (en allemand) proposant des pistes de réflexion pour une architecture écoresponsable dans les Alpes et ex-président du jury de Constructive Alps, un concours d’architecture qui récompense des projets intégrant une utilisation parcimonieuse du sol, le bois comme matériau de construction ou l’autoproduction énergétique locale, Köbi Gantenbein estime que la ferme alpine est un modèle d’habitat durable dont nous devrions nous inspirer. Pièces chaudes, tempérées et froides, vérandas, couloirs et ailes ombragées bien ventilées valent bien mieux, selon lui, que n’importe quel système domotique aussi sophistiqué soit-il. Science de l’implantation et de l’orientation pour profiter de l’ensoleillement et des vents dominants ; emploi de matériaux biosourcés puisés dans l’environnement local ; recours au low-tech et aux savoir-faire artisanaux ; observation attentive de l’esprit des lieux et des anciens bâtiments… Réexaminer les enseignements

du passé dans une perspective de durabilité est le principe mis en œuvre pour la réhabilitation du centre nordique à la station de la Féclaz, en Savoie. Situé sur la commune des Déserts, livré en 2024 par l’agence grenobloise Brenas et Doucerain, ce nouvel équipement sportif s’inspire des granges d’alpage traditionnelles du massif des Bauges : grande toiture débordante pour protéger les façades, éléments de bois pour porter les passées de toiture et sous-bassement massif, avec un double mur en béton et pierre issue d’une carrière à 15 km à l’extérieur. Pierre angulaire de l’architecture bioclimatique en montagne : l’utilisation de ressources à proximité et donc du bois local, très présent dans les zones montagneuses, L’architecture bioclimatique – c’est-à-dire l’adaptation du bâtiment à son orientation, à l’ensoleillement, au vent et aux saisons - pour maximiser les apports solaires en saison froide, la compacité des volumes ou encore l’emploi de matériaux à forte inertie thermique sont également des leviers mobilisés pour réduire les besoins énergétiques. Lauréat 2025 du prix du bâtiment bas carbone des Pyramides d’argent de la Fédération des promoteurs immobiliers des Alpes (FPI), la résidence Fairway, construite sur un terrain en pente à Bossey en Haute-Savoie, utilise du béton bas carbone, est dotée

d’un toit végétalisé, d’une isolation renforcée et s’appuie sur des principes bioclimatiques : apport de casquettes, de dépassements de terrasses, façades aux tons clairs, ventilation naturelle (dix logements traversants ou bi-orientés).

Cette réémergence de l’architecture vernaculaire comme source d’inspiration pour des bâtiments résistants au changement climatique n’a pas échappé à l’Unesco : « Depuis quelques années, des architectes puisent dans les savoir-faire traditionnels pour concevoir des bâtiments naturellement résistants au changement climatique » (le Courrier de l’Unesco, janvier 2024).

Construire avec et sur ce qui existe déjà Plus radicale encore, souligne encore l’Unesco, la culture du réemploi qui a régi la construction dans les régions alpines jusque dans les années 1960, qu’il faut aujourd’hui réapprendre en prônant la réutilisation des matériaux, mais aussi des bâtiments existants pour les adapter à de nouveaux usages et de nouveaux besoins. À l’instar du fort des Trois-Têtes, à Briançon, un édifice Vauban de 36 000 mètres carrés, classés au patrimoine de l’Unesco, pour le moment désaffecté, choisi pour être village olympique, lors des JOP d’hiver de 2030.

Depuis quelques années, des architectes puisent dans les savoir-faire traditionnels pour concevoir des bâtiments naturellement résistants au changement climatique.

La France s’est également dotée de réglementations (telles que la RE 2020) qui imposent désormais l’évaluation de l’impact carbone des bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie, stimulant des approches de rénovation performantes. Cette tendance s’inscrit dans une volonté plus large de réhabiliter le patrimoine bâti tout en réduisant l’impact environnemental global. À l’échelle européenne, des programmes comme BAUHALPS (Building Circular in the Alpine Space) illustrent la volonté d’articuler les actions locales autour de standards communs de construction durable et d’économie circulaire pour l’espace alpin.

PISTES EN TÊTE

INTERVIEWS

Il

faut faire confiance à l’intelligence de nos territoires.

Marina Ferrari

MINISTRE DES SPORTS, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-CHRISTOPHE SARRAZIN

Lorsque vous étiez ministre déléguée à l’économie du tourisme, vous aviez estimé, au sujet des stations de sports d’hiver, que, « entre le tout ski et le ski bashing, il y a une troisième voie équilibrée ». Quelle est-elle selon vous ?

Aujourd’hui, la question est : peut-on préserver notre environnement sans mettre en péril l’économie locale ? Ma réponse est oui. J’ai une conviction ancienne que je continuerai à défendre : il faut faire confiance à l’intelligence de nos territoires, à ceux qui les connaissent, à ceux qui y vivent.

Aujourd’hui, je connais peu de montagnards qui prendraient le risque, volontairement, de dégrader, d’affaiblir ou même de dénaturer nos territoires de montagne. Pour autant, il faut faire un constat objectif, l’évolution de nos modèles touristiques n’est aujourd’hui plus une simple option, elle s’impose à nous tous. Les territoires de montagne sont les plus impactés par le dérèglement climatique.

Les enjeux sont autant aujourd’hui environnementaux qu’économiques, territoriaux et sociaux. Une mutation engagée, qui doit s’accélérer. C’est en anticipant, au maximum, territoire par territoire, que nous pourrons investir là où c’est le plus utile, là où c’est le plus urgent, diversifier là où c’est le plus nécessaire.

La Mission d’information sur la transition des modèles des stations de montagne de l’Assemblée nationale invite à développer « une véritable culture montagnarde dès le plus jeune âge pour l’ensemble de la population nationale ». Est-ce un axe que votre ministère va privilégier ?

Oui, il est indispensable de transmettre aux jeunes générations une connaissance du milieu montagnard, de sa richesse, de son importance dans nos écosystèmes mais aussi de ses fragilités.

À l’instar de ce que font les collectivités locales, comme le département de la Savoie pour relancer la pratique du ski et de la montagne pour les collégiens, nous devons collectivement travailler pour que la jeunesse acquiert une culture de la montagne. Dans la même veine, le Gouvernement a décidé lors du CIJOP de Briançon le 27 juin 2025 de promouvoir le fonds de dotation Enfance et Montagne lancé par le président du SNMSF Eric Brèche qui apporte une aide financière aux élèves pour qu’ils puissent partir à la montagne.

Vous avez rappelé à plusieurs reprises que vous souhaitiez que les JO de 2030 servent à imaginer et projeter ce que sera la montagne demain. Dans quelle mesure les JO pourront-ils porter cette mutation ?

Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030 dans nos Alpes sont une vitrine exceptionnelle pour nos territoires de montagne, pour nos savoir-faire, pour nos métiers. L’Etat, à travers son plan héritage, travaille à ce que ces Jeux soient des Jeux de toute la montagne, qu’ils bénéficient à l’ensemble de nos massifs.

Ces Jeux seront exemplaires sur le plan environnemental. Pas de nouvelles infrastructures lourdes inutiles, mais la réhabilitation et l’optimisation de l’existant. Pas de bétonisation supplémentaire, mais une intégration respectueuse dans nos paysages. Ces Jeux doivent être le catalyseur d’une nouvelle manière de concevoir le tourisme et les sports de montagne : durables, sobres et exemplaires. Nous voulons que ces Jeux laissent un héritage durable. Un héritage en termes d’équipements accessibles à tous, bien sûr, en matière de logement ou d’infrastructures de mobilité. Mais surtout nous voulons laisser un héritage immatériel : une nouvelle génération de pratiquants, une culture de la montagne renforcée, une fierté retrouvée pour ces territoires qui font la richesse de notre pays.

Alors que les voix dissonantes se font le plus entendre, comment rendre enthousiasmante la perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver dans les Alpes françaises ?

J’entends cette petite musique qui était déjà la même pour Paris 2024. Ça coûte trop cher ! On ne va pas y arriver ! Bref, la sinistrose. Je crois au contraire que ces Jeux seront la fête de la Montagne. Une fête populaire comme ont pu l’être les Jeux de Paris. Le COJOP, c’est 75 % d’argent privé, je tiens à le rappeler. Un budget serré qui sera audité par la Cour des comptes. Pour la Solidéo, la contribution publique sera de l’ordre de 880 millions pour financer des infrastructures

J’entends cette petite musique qui était déjà la même pour Paris 2024.
Ça coûte trop cher ! On ne va pas y arriver ! Bref la sinistrose. Je crois au contraire que ces Jeux seront la fête de la Montagne.

attendues comme les ascenseurs valléens pour décarboner l’accès aux stations. En matière environnementale, je tiens également à rappeler que la loi olympique n’ouvre aucune dérogation au Code de l’Environnement, si ce n’est temporairement en matière de publicité pendant la durée des Jeux. Ce qui veut dire concrètement, que tous les dossiers d’aménagement sont bien soumis aux études et aux règles en matière de protection de l’environnement et de la biodiversité. Enfin, l’engouement des Français pour nos champions olympiques et paralympiques pendant les Jeux de Milano-Cortina, le bonheur de voir nos bleus rapporter de belles médailles illustrent le plus important, le sport véhicule de belles valeurs, le sport élève, le sport rassemble et donne de l’espoir et foi en l’humanité. Nous en avons bien besoin.

Nathalie Béranger

CONSEILLÈRE RÉGIONALE AUVERGNE-RHÔNE-ALPES,

CONSEILLÈRE MUNICIPALE DE LA VILLE DE GRENOBLE ET PRÉSIDENTE D’ALPEXPO

Mountain Planet s’est imposé comme l’un des événements les plus importants au monde pour la filière montagne. Il réunit plus de 23 000 professionnels.

Mountain Planet figure parmi les grands salons internationaux de référence aux côtés d’Interalpin. Comment expliquez-vous la place singulière qu’occupe aujourd’hui Mountain Planet dans cet écosystème mondial de l’aménagement de la montagne ?

Né sous l’appellation Salon de l’Aménagement de la Montagne, sous l’impulsion de Michel Drapier, Mountain Planet totalise aujourd’hui 52 ans d’innovation, de rencontres et de dialogue. Le salon occupe désormais une place stratégique dans l’écosystème mondial de l’aménagement de la montagne. Face aux défis climatiques, énergétiques et économiques, il accompagne la transformation du modèle montagnard vers la diversification quatre saisons, la transition énergétique, la gestion durable des ressources et l’innovation en matière de mobilités.

En ce sens, Mountain Planet dépasse le cadre d’un salon professionnel : il constitue un véritable carrefour stratégique où se dessine l’avenir des territoires de montagne.

Avec son ancrage alpin fort, son excellence industrielle reconnue et son ouverture internationale, il incarne à la fois la vitrine, le moteur et le laboratoire de l’économie mondiale de la montagne.

En tant que présidente d’Alpexpo, comment analysezvous le rôle de Mountain Planet dans le rayonnement des Alpes françaises et, plus largement, dans l’influence internationale du modèle montagne développé en France ?

En tant que présidente d’Alpexpo, je ne considère pas Mountain Planet comme l’organisation d’un simple salon. C’est avant tout un levier majeur de rayonnement territorial, économique et stratégique pour notre territoire de montagne. Il s’est imposé comme l’un des événements les plus importants au monde pour la filière, réunissant plus de 23 000 professionnels.

C’est la vitrine mondiale des innovations, des technologies et des bonnes pratiques pour la montagne de demain. Alpexpo contribue ainsi à faire de Grenoble un hub international incontournable et participe à l’attractivité des Alpes françaises comme territoire d’innovation et de leadership dans la gouvernance de l’économie et du tourisme durable en montagne.

Localement, Mountain Planet offre à de nombreuses entreprises, institutions et collectivités une plateforme unique pour valoriser leur savoir-faire. Cette mise en lumière renforce l’image du modèle montagne français comme modèle

Alpexpo doit accueillir et démontrer que les énergies renouvelables, les mobilités décarbonées, l’industrie bas carbone et l’économie circulaire débouchent sur des usages réels…

d’innovation, d’écologie et de gestion durable des territoires. Enfin, au-delà de son impact international, le salon génère des retombées économiques significatives pour notre région : valorisation des entreprises locales, développement du tourisme d’affaires et dynamisation des filières liées à la montagne.

Peut-on considérer aujourd’hui la montagne comme un laboratoire mondial de la transition environnementale, et Mountain Planet comme un accélérateur de cette transformation à l’échelle internationale ?

Alpexpo doit accueillir et démontrer que les énergies renouvelables, les mobilités décarbonées, l’industrie bas carbone et l’économie circulaire débouchent sur des usages réels, testés lors d’événements, de salons ou d’expérimentations grandeur nature.

Grenoble ne se contente pas de se raconter comme une ville des transitions : elle les incarne. Pour cela, Alpexpo doit être le lieu de rendez-vous internationaux de référence, en accueillant ou en créant des événements récurrents dédiés aux transitions, comme Mountain Planet.

Forums, sommets, salons hybrides : autant de formats capables d’attirer chercheurs, décideurs publics, industriels, investisseurs et talents du monde entier pour amorcer le virage d’une montagne durable, qui préserve l’environnement et les ressources naturelles.

La montagne est bien un laboratoire mondial de la transition environnementale. Grâce à Mountain Planet, Alpexpo n’est pas seulement un outil événementiel : c’est un levier stratégique pour faire des transitions un projet économique, scientifique et culturel partagé, et inscrire durablement Grenoble sur la carte mondiale des territoires qui agissent.

Fabrice Pannekoucke

PRÉSIDENT DE LA RÉGION

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-FRANCE SARRAZIN

Réussir à transformer la grande fête des JOP en un héritage durable.

©Région Auvergne-Rhône-Alpes
En 2030, le monde regardera nos sommets et je souhaite que ce regard ne soit pas seulement celui d’un événement, mais celui d’un territoire qui a su transformer…

La Région Auvergne-Rhône-Alpes compte 174 stations de sports d’hiver et pèse 78 % des journées ski en France. Face aux effets du réchauffement climatique, comment envisagez-vous l’avenir du tourisme d’hiver en montagne ?

Le ski reste une activité structurante, mais l’avenir passe par une montagne 4 saisons, attractive toute l’année. C’est le sens de l’action régionale que nous déployons depuis 2016, matérialisée par deux Plans Montagne ambitieux dotés respectivement de 90 M€ et 100 M€, mais également par le dispositif « Montagne été/hiver », qui soutient les stations et les territoires dans la diversification de leur offre, l’investissement et l’emploi local. L’avenir de nos montagnes, je le vois aussi à travers les prochains Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. En 2030, le monde regardera nos sommets et je souhaite que ce regard ne soit pas seulement celui d’un événement, mais celui d’un territoire qui a su transformer une grande fête sportive en un héritage durable.

La Région mobilise, pour la période 2022-2027, une enveloppe de 150 millions d’euros afin d’accompagner les territoires de montagne. Quel est le cadre que vous fixez pour soutenir les projets des stations ?

Depuis 2016, la Région a fait de la protection de ses massifs l’une de ses priorités. C’est pourquoi un premier Plan Montagne a été mis en place pour venir en aide aux acteurs de la montagne. Grâce à cela, 350 projets ont été soutenus, 21 000 élèves ont découvert le ski et 120 stations ont été accompagnées par la Région. Dans la continuité de cet accompagnement, fin 2021, le dispositif du Plan Montagne a été renouvelé pour investir dans des projets de développement durable, diversifier les offres touristiques, attirer une clientèle toute l’année et faire perdurer cette mission de transmission, pour que les élèves de la Région puissent découvrir la montagne.

Vous avez créé le label Tremplin 2030 autour des projets qui se placent dans la perspective des prochains Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes françaises, sans se limiter aux sites qui accueilleront des épreuves. Que va-t-il recouvrir ?

L’objectif du label Tremplin 2030 est avant tout de regrouper l’ensemble des initiatives et projets imaginés dans le cadre des prochains Jeux d’hiver dans les Alpes françaises, sans se limiter aux clusters olympiques de Savoie et Haute-Savoie qui accueilleront des épreuves. Cela afin de pérenniser le modèle économique des stations, laisser un héritage durable et soutenir la formation et la performance sportive. J’ai pour habitude de dire, quand on évoque les JOP Alpes françaises 2030, que ce sont en réalité les Jeux de tous nos territoires et de toutes nos montagnes à l’image de ce label Tremplin 2030 qui a vocation à rassembler tout le monde.

Je ne vais pas vous dire que les Jeux vont sauver la montagne française. En revanche, ils seront un formidable catalyseur.

©Alpes Françaises 2030

Edgar Grospiron

PRÉSIDENT DU COMITÉ D’ORGANISATION

DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES

D’HIVER ALPES FRANÇAISES 2030

PROPOS RECUEILLIS PAR CLAUDE BORRANI

Un an après votre nomination à la présidence du COJOP, pouvez-vous dresser un point d’étape : quelles avancées majeures ont déjà été réalisées et comment les Alpes françaises se positionnent-elles aujourd’hui face aux ambitions affichées ?

En un an, le COJOP que je préside s’est structuré avec l’aide de l’expérience de Paris 2024, en posant ses fondations avec le recrutement de directeurs exécutifs et de 70 collaborateurs. Nous nous sommes dotés d’un budget. La loi olympique a été adoptée, ce qui va faciliter les procédures administratives pour mener les chantiers d’ici 2030. Il y a eu des arrivées et des départs qui sont inhérents à ces organisations éphémères qui, partant de rien, grandissent vite pour atteindre plus de 2000 salariés avant de disparaître. La sobriété budgétaire et environnementale ne nous empêche pas d’avoir l’ambition d’organiser des Jeux spectaculaires sur des sites iconiques avec des athlètes au cœur du projet, des Jeux pionniers car la France a toujours su innover et des Jeux de partage.

Au-delà des oppositions attendues, comment faire de ces Jeux un véritable temps de réflexion collective sur l’état de notre monde, un monde plus incertain et imprévisible que jamais, et affirmer leur utilité bien audelà de l’événement sportif ?

Le projet Alpes Françaises 2030 est un beau projet de territoires avec un concept de Jeux ‘’régionalisés’’, une opportunité pour nos territoires pour conforter les sports d’hiver et pour notre pays. Nous avons besoin, dans un monde fracturé, de moments

pour nous retrouver, pour vibrer et faire rêver les jeunes générations. Je ne vais pas vous dire que les Jeux vont sauver la montagne française. En revanche, ils seront un formidable catalyseur, un accélérateur de la transition et du partage des bonnes pratiques. Le monde de la montagne s’est toujours adapté. Cela fait plus de 25 ans que les stations ont recours à la production de neige de culture dans une démarche raisonnée pour sécuriser leurs activités qui font vivre des dizaines de milliers de personnes dans nos vallées.

La question revient souvent : quand verrons-nous une cartographie claire des sites des Jeux, accompagnée d’une communication plus offensive et résolument positive autour du projet Alpes françaises 2030 ?

La carte des sites sera dévoilée officiellement en juin. Nous avons pour l’heure 85 % des sites actés. Le reste doit faire l’objet d’analyses complémentaires et d’échanges avec les acteurs locaux, les fédérations internationales et au final le CIO qui validera la carte des sites, colonne vertébrale de notre projet.

La carte des sites sera dévoilée officiellement en juin. Nous avons pour l’heure 85% des sites actés.

Lors des Jeux de MICO 26, Edgar Grospiron a visité tous les sites et croisé Tony Estanguet, membre du CIO et président de Paris 2024 avec qui il a échangé.

©Alpes Françaises 2030

Vous avez d’abord vécu la montagne dans l’intensité du sport. Aujourd’hui, vous la regardez aussi comme un territoire à organiser, à projeter. À quel moment votre regard sur la montagne a-t-il changé ?

Je ne me suis jamais éloigné de la montagne. J’y ai toujours vécu, je ne me verrai pas vivre ailleurs même si je n’ai pas travaillé dans son écosystème.  J’observe ces mutations liées aux enjeux climatiques et la nécessité pour les territoires de s’adapter depuis plus de 20 ans. Mais il n’y a pas une solution globale. Chaque station est unique et doit imaginer son chemin pour se projeter.

Quand on parle d’innovation en montagne, on pense souvent technologie. Mais sur le terrain, qu’est-ce qui fait vraiment la différence selon vous : une machine plus performante, une meilleure organisation, ou une expérience plus fluide pour le visiteur ?

Les Jeux olympiques et paralympiques font appel à l’excellence, aux exigences du haut niveau, qui sont une véritable source d’inspiration pour les territoires qui accueilleront des épreuves, territoires qui vont monter en compétences et vont emmener dans leur sillage tous les massifs français. Pour parler de l’expérience client, les Jeux vont permettre de challenger l’accueil des visiteurs et de progresser pour optimiser cette expérience.

On parle beaucoup de technologies, mais l’innovation doit aussi être comprise et acceptée localement. Comment concilier innovation, transition environnementale et adhésion des territoires de montagne ?

L’innovation fait partie de la solution dans le chemin de la transition notamment quand on évoque les mobilités douces et décarbonées pour les dameuses ou pour les transports, sans oublier les projets d’ascenseurs valléens qui structurent le projet Alpes Françaises 2030. La station de Serre-Chevalier est à citer en exemple. Grâce à des conditions géographiques propices et en s’appuyant sur des infrastructures existantes, elle a lancé un vaste programme d’installations photovoltaïques, éoliennes et hydroélectriques et en 2024, 34 % de ses besoins ont été couverts par ces énergies renouvelables.

11 AU 13 AVRIL 2028

LE GRAND RENDEZ-VOUS INTERNATIONAL

DE TOUTE LA FILIÈRE MONTAGNE

Depuis 1974 le parc évènementiel de Grenoble organise et accueille tous les deux ans le plus grand rassemblement international des professionnels du monde de la montagne. La diversité, la représentativité et la qualité des exposants font de ce salon un carrefour mondial unique, un lieu d’affaires, d’échanges et une plateforme de prospective incontournable. Mountain Planet 2028 sera une fois encore le centre des écosystèmes français et internationaux pour aborder les enjeux futurs de l’aménagement en montagne et relancer ses différentes filières.

LES ACTIONNAIRES D’ALPEXPO

LES MEMBRES DU COMITÉ RESTREINT CO-PRÉSIDENTS

ALPEXPO – ANEM – DOMAINES SKIABLES DE FRANCE – ANMSM – AFMONT

MEMBRES

CCI DE GRENOBLE – CCI DE SAVOIE – CLUSTER MONTAGNE – RÉGION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES –DOPPELMAYR – KASSBOHRER – LEITNER – MND – MONTAGNE LEADERS – POMA – TECHNOALPIN - FRENCH TECH IN THE ALPS – GRENOBLE ALPES

©Sylvain
Aymoz

Télécabine Chenus

Courchevel - FRANCE

LIFE, UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE TRANSPORT PAR CÂBLE

À la pointe de l’innovation, la gamme LIFE intègre les plus hauts standards en matière d’efficacité énergétique, de réduction de l’impact environnemental et sonore. Elle s’inscrit dans la continuité de la démarche LIFE R’way, qui conjugue “Large Impact for Efficiency” avec “Low Impact for the Environment” et LIFE intègre également la technologie ROPERA.

Avec cette nouvelle génération de transport par câble, POMA propose une qualité d’exploitation sans pareil et une durabilité optimale sur l’ensemble du cycle de vie de l’installation.

MONTAGNE � MOBILITÉ TOURISME � TRANSPORTS

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