

Conférence de presse






Mardi 26 Mai 2026

Enquête remplacements

Une dégradation pluriannuelle du remplacement
de longue durée des personnels

Comparatif : dégradation dans presque tous les métiers

Janvier 2025 Mai 2026


Synthèse
• L’Etat n’est pas en capacité d’assurer le remplacement long dans un nombre important de situations
• Les collectivités ne le sont pas non plus. Plutôt que de vouloir récupérer de nouveaux dossiers décentralisés, qu’elles assurent déjà les missions qui leur sont confiées
• La probabilité qu’un établissement dispose de tous ses personnels est proche de 0
• Dans une majorité d’établissement, le fonctionnement est dégradé, bien au-delà de l’absence des enseignants non remplacés.
• Ecole inclusive : au bout d’un système
Focus sur les enseignants
Combien d’enseignants ne sont pas remplacés ?



Un impact fort sur les conditions d’exercice des personnels de direction
des personnels de direction déclarent avoir du compenser partiellement ou totalement l’absence d’un personnel non remplacé

Des inquiétudes pour la rentrée

Quelle école après 2027 ?


Ce que nous défendons
► La mixité sociale :
Le SNPDEN-UNSAréaffirme sa nécessité et les effets positifs qu’elle engendre. L’hétérogénéité des classes, tout comme celle des populations scolaires composant les établissements, est un levier fondamental de cohésion sociale et de réussite scolaire. Maintenir la diversité sociale et scolaire est un gage d’efficacité : ce sont les classes hétérogènes qui s’avèrent les plus “productives”, maximisant les progrès des plus faibles sans obérer proportionnellement les progrès des plus forts, ce qui conduit donc à un meilleur résultat d’ensemble." (Marie Duru-Bellat, 2003).
Un chiffre : 10% des collèges les plus défavorisés accueille environ 60% d’enfants d’ouvriers et inactifs / 10% des collèges les plus favorisés accueille environ 10% d’enfants d’ouvriers et inactifs (DEPP, Évolution de la mixité sociale des collèges, juillet 2022).
►L’équilibre public/privé
:
L'État ne doit plus subventionner aux dépens du public un enseignement privé qui alimente le séparatisme social. Le SNPDEN-UNSAexige que l'État soumette les établissements privés sous contrat à des contrôles réguliers et effectifs ; que soient strictement appliquées les mêmes règles en termes d’orientation et le respect des procédures disciplinaires ; que le respect des politiques publiques, des textes réglementaires et des critères de mixité sociale et scolaire soient des conditions sine qua non à l’octroi de moyens financiers et que l’utilisation de ces budgets fasse l’objet de vérifications annuelles.
Un chiffre : De 2003 à 2021: dans les collèges privés sous contrat, la part des élèves issus de milieu très favorisés est passée de 29 à 40%, et celle des élèves défavorisés de 27 à 19% (Nos Services Publics, Rapport sur l’état des services publics, 2023)
►L’autonomie des établissements scolaires

Le SNPDEN-UNSAdéfend l’autonomie des EPLE et demande de leur laisser toute latitude pour affecter les ressources selon leurs priorités pédagogiques et organisationnelles, dans le respect des besoins identifiés au plus près du terrain. Des moyens définis et maintenus pour garantir la continuité des actions. Les pays avec les systèmes éducatifs les plus efficaces associent large autonomie dans la gestion des personnels, autonomie pédagogique et liberté dans les systèmes d’ évaluation (PISAà la loupe, 2011/9, «Autonomie et responsabilisation des établissements d'enseignement : Quel impact sur la performance des élèves ? »)
Un chiffre : 72 % des chefs d’établissement estiment la part d’autonomie dont ils disposent inférieure à 5 % (Cour des comptes, Mobiliser la communauté éducative autour du projet d’établissement, 2023)
►L’inclusion :
Depuis la Loi pour l’égalité des droits et des chances de 2005, on constate une expansion de la prise en charge et de la scolarisation en milieu ordinaire des élèves à besoins particuliers. Le nombre de dispositifs et d’établissements partenaires et de prises en charge est également exponentiel. Cette superposition de particularismes, insuffisamment accompagnée de moyens horaires et humains et de formation pour les personnels, alourdie par les charges de travail afférentes empêche les Personnels de Direction d’atteindre les objectifs assignés par l’école inclusive. Les enjeux organisationnels ne doivent pas masquer le manque de réflexion pédagogique et ma question centrale : comment fait-on pour que les enseignants se sentent capables de répondre à une diversité de besoins très large ? (Alexandre Ployé, “Malaise dans la culture inclusive”, 2024).
Un chiffre : On compte 500 000 élèves en situation de handicap scolarisés en 2024, contre 150 000 en 2006 (Cour des comptes, L’inclusion scolaire des élèves
Ce que nous rejetons
►L’orientation précoce des élèves :
Le collège pour lequel nous combattons vise à scolariser ensemble tous les enfants d’une tranche d’âge, dans le respect des besoins de chacun. Nous nous sommes prononcés pour la diversification des parcours, mais aussi avec une détermination absolue, contre la création de filières qui engendrent une sélection précoce. Nous souhaitons pour chacun une scolarité et une orientation positives, fondées sur les aptitudes d’un jeune et non sur ses insuffisances Le SNPDEN-UNSAs’oppose également au caractère obligatoire du DNB pour l’accès au lycée, qui ne constitue pas un projet pédagogique pour la réussite de tous les élèves.Toute forme de ségrégation scolaire est de nature à entraver la réalisation de ses missions (égalité des chances, lutte contre les inégalités sociales)
►La régionalisation de l’école et la décentralisation de certains personnels :
Les actes de décentralisation successifs ont donné aux collectivités territoriales des prérogatives de plus en plus importantes. Certaines d’entre elles montrent désormais un appétit grandissant quant à une prise en main, voire cooptation de certains champs et dispositifs initialement placés sous la responsabilité de l’État. Petit à petit, un glissement s’opère et des initiatives locales, régionales ou départementales détricotent ce qui était auparavant piloté de manière uniforme par le ministère de l’Éducation nationale et proposent, voire imposent, dispositifs, processus et actions très colorés politiquement en fonction des présidents de région ou conseils départementaux.
Un chiffre : Les collectivités territoriales (département et région) dépensent en moyenne 15% de leur budget dans l’éducation (Vie publique, Quelle décentralisation des compétences ?)
►Le populisme éducatif :
►Un budget d’austérité pour l’école :

Il est nécessaire de garantir à l'éducation nationale des moyens suffisants et ambitieux qui préservent l'avenir de la jeunesse et la continuité du service public d’éducation. Le budget de l'éducation nationale doit donc rester une priorité de la nation. Ces moyens doivent être pérennes afin d'assurer une politique pédagogique cohérente sur le long terme, à l’inverse du stop-and-go des dernières années.Le principe de l’autonomie des établissements doit être strictement respecté. Nous demandons un abondement suffisant des dotations horaires globales pour que l'autonomie prenne sens et permette de répondre à toutes les problématiques locales rencontrées. La gestion rigide et le fléchage excessif des moyens par le ministère, les rectorats et/ou les collectivités territoriales constituent une ingérence intolérable dans le pilotage pédagogique des établissements.
Un chiffre : Le budget du Service National Universel correspondait à 50 000 ETP, et l’uniforme, 200 euros, à changer tous les ans, à 40 000 ETP. Soit un total de 90 000 ETPou une hausse de 380 euros d’augmentation pour tous les personnels.
►La fin de Parcoursup :
En ce qui concerne le lycée, le SNPDEN-UNSAconsidère que Parcoursup n’est pas un algorithme, mais la mise en lien des voeux des voeux des élèves et des classements des formations d’accueil. Il n’est pas favorable à sa suppression.
Un chiffre : En 2025, 81% des élèves de terminale ont reçu une réponse positive après seulement 6 jours de procédure et 91% ont reçu au moins une proposition (Note Flash du SIES, novembre 2025)
Le SNPDEN-UNSArefuse que le débat sur l’éducation soit le terrain des idées populistes et simplistes, comme l’utilisation de portiques en matière de sécurisation. Nous souhaitons que des mesures pérennes, efficaces, à l’écoute des praticiens de terrain.