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BREGUET

SYMPATHIQUE N°1

Horlogerie Indépendante

Dans l’histoire de l’horlogerie, rares sont les figures qui ont accompli autant et exercé une influence aussi profonde qu’Abraham-Louis Breguet (1747-1823). Inventeur du tourbillon et souvent décrit comme le père de l’horlogerie moderne, son œuvre a établi un pont entre les traditions scientifiques de l’horlogerie du XVIII e siècle et les fondements de la montre mécanique moderne.

Parmi ses créations les plus extraordinaires figurent les Pendules Sympathiques, des objets d’une telle avance technique qu’ils continuent d’émerveiller historiens et collectionneurs plus de deux siècles après leur conception. En principe, une Sympathique se composait d’une horloge de très haute précision, souvent dotée de mécanismes à force constante, associée à une montre de poche. Lorsque la montre était placée dans son logement...

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Éditorial

François-Paul Journe

LES BOÎTIERS DE GENÈVE: HISTOIRE ET SAVOIR-FAIRE

Élément souvent méconnu mais pourtant essentiel, le boîtier n’est pas un simple écrin destiné à accueillir un mouvement. Il en est le protecteur, l’ambassadeur esthétique et le témoin du soin apporté à la conception du calibre qu’il abrite. Derrière sa sobriété apparente se cachent des heures de travail, une succession d’opérations complexes et le geste précis d’artisans hautement qualifiés. François-Paul Journe a choisi de se confronter très tôt dans son parcours à ces exigences. Conscient que la maîtrise de la production horlogère passe par celle de ses éléments clés, il s’est rapproché dès ses premiers projets de la société Elinor, fondée en 1957 à Clamart par la famille Simonnet. Pour protéger ce savoir-faire et sécuriser son indépendance, il y prend une participation. En 2012, l’entreprise s’installe à Genève et devient Les Boîtiers de Genève...

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Depuis une trentaine d’années, de nombreuses marques horlogères sont tombées dans le panier des groupes de luxe. Mais à l’origine, toutes les marques horlogères étaient indépendantes à leur création, fondées par des horlogers ou des entrepreneurs associés avec un horloger.

Lorsque j’ai commencé l’école d’horlogerie en 1972, nous étions en pleine crise horlogère due à l’arrivée des montres à quartz bon marché. La question que se posaient la plupart des élèves était : pourquoi apprendre cela puisque notre avenir sera de changer des piles ?!

Plus tard, à la fin des années 80, une petite reprise de la demande pour la montre mécanique apparaît et bientôt les collectionneurs de montres de poche commencent à regarder les montres-bracelets de luxe.

En 1969, à l’âge de 43 ans, George Daniels fabrique sa première montre de poche pour Sir Cecil Clutton. Sans le vouloir, il est au démarrage d’une nouvelle vague de grands horlogers comme Anthony Randall ou Derek Pratt, que j’ai modestement suivis. Huit ans après George, je décide en 1977 de fabriquer une montre de poche entièrement à la main (mouvement, cadran et boîtier), que je termine en 1983. Je pensais à ce moment-là qu’il y avait 10 clients dans le monde pour acheter ce type de montre. Quarante ans plus tard, la demande et le nombre de collectionneurs de belle horlogerie ont décuplé.

La raison principale réside dans les avancées faites dans la construction des machines-outils qui, grâce à l’informatique, deviennent programmables et multitâches. La pluralité de ces machines autorise la fabrication de composants en petites séries, permettant d’assembler des montres plus facilement que celles qui étaient faites à la main.

L’offre s’est mise à grossir et les collectionneurs à se multiplier, et depuis quelques années les indépendants peuvent se faire connaître à moindres frais par les réseaux sociaux.

C’est une très bonne chose que les indépendants se développent et enrichissent le patrimoine futur.

Et c’est pour mettre ces jeunes horlogers en lumière que nous organisons avec fierté chaque année la “ Young Talent Competition ” !

François - Paul Journe

Contributeurs Audrey Humbert, Isabelle Cerboneschi, Vincent Daveau, Osama

Breguet Sympathique N o 1: La création et le retour d ’ un chef-d ’œuvre

Breguet Pendule Sympathique N°1 par François-Paul Journe x THA, 1991. Horloge en or jaune 18 ct. avec phase de lune, équation du temps, thermomètre, indications du mois, du jour et de la date.

© Phillips

Dans l’histoire de l’horlogerie, rares sont les figures qui ont accompli autant et exercé une influence aussi profonde qu’Abraham-Louis Breguet (1747-1823). Inventeur du tourbillon et souvent décrit comme le père de l’horlogerie moderne, son œuvre a établi un pont entre les traditions scientifiques de l’horlogerie du XVIIIe siècle et les fondements de la montre mécanique moderne.

Parmi ses créations les plus extraordinaires figurent les Pendules Sympathiques, des objets d’une telle avance technique qu’ils continuent d’émerveiller historiens et collectionneurs plus de deux siècles après leur conception.

En principe, une Sympathique se composait d’une horloge de très haute précision, souvent dotée de mécanismes à force constante, associée à une montre de poche. Lorsque la montre était placée dans son logement, le mécanisme synchronisait automatiquement l’heure et, selon la commande, pouvait également en réguler la marche ou remonter son ressort moteur. (Pour des explications techniques détaillées de ces systèmes, l’ouvrage de référence demeure The Art of Breguet de George Daniels.)

En raison de leur immense complexité, leur production fut extrêmement limitée. Les archives et les recherches historiques confirment l’existence de treize Sympathiques, un

quatorzième exemplaire restant sujet à débat. Ces pièces n’étaient jamais destinées à la vente publique, mais réservées aux cours royales et aux grands aristocrates, chaque création étant unique et adaptée à son commanditaire. À l’époque de Breguet, elles représentaient le summum du prestige, et elles demeurent aujourd’hui parmi les trésors les plus convoités de l’horlogerie.

La motivation derrière la Sympathique, comme pour nombre d’inventions de Breguet, reposait sur une double quête : la chronométrie et le commerce. À l’époque, les montres portatives souffraient de lubrifiants médiocres, souvent d’origine animale, qui se dégradaient rapidement et les rendaient nettement moins précises que les pendules fixes.

La Sympathique permettait ainsi à la montre de bénéficier de la supériorité chronométrique de la pendule maîtresse, corrigeant les faiblesses de la mesure du temps portable. Mais Breguet était également un homme d’affaires avisé, conscient que les instruments de mesure du temps devaient susciter l’émerveillement autant que la précision. À l’instar du tourbillon, à la fois percée scientifique et spectacle fascinant, la Sympathique associait ingéniosité technique et objet de luxe absolu.

DE L’INSPIRATION

À L’AMBITION

Près de deux siècles après la création de la Sympathique par Breguet, un autre horloger français allait suivre ses traces : François-Paul Journe. Son entrée officielle dans le monde de l’horlogerie après ses études s’est faite sous l’égide de son oncle, Michel Journe, restaurateur réputé de pendules anciennes à Paris. De la fin des années 1970 jusqu’aux années 1980, le jeune François-Paul évolua dans un univers de chefs-d’œuvre historiques et de figures érudites qui les étudiaient. C’est durant ces années fondatrices qu’il développa une admiration profonde pour Abraham-Louis Breguet, devenu l’une de ses plus grandes figures tutélaires.

Au milieu des années 1980, cette passion se transforma en ambition. En 1985, François-Paul Journe commença à envisager la recréation de la célèbre montre de poche “ Marie-Antoinette ” N°160, une commande historique volée au XXe siècle et toujours disparue à l’époque. En 1986, il partagea cette idée avec George Daniels, qui lui conseilla plutôt de se concentrer sur des idées originales.

Ce conseil marqua durablement FrançoisPaul Journe. Il l’éloigna de la reconstitution historique pour l’orienter vers l’invention personnelle, un principe qui allait définir toute sa carrière. Il abandonna donc le projet Marie-Antoinette, tout en s’en inspirant pour sa cinquième création en 1986, un chronomètre automatique de poche à fusée et chaîne, doté d’un Remontoir d’Égalité et d’un échappement à détente ressort. Avec humour, il soulignera plus tard qu’il avait bien fait de renoncer, la montre originale ayant finalement été retrouvée des années plus tard.

LES SYMPATHIQUES ASPREY

Après la Marie-Antoinette, François-Paul Journe porta son attention sur ce qu’il considérait comme la deuxième création la plus fascinante de Breguet : la Sympathique. Pour sa septième création, il entreprit de réaliser une interprétation moderne de la Sympathique, profondément inspirée du concept originel de Breguet mais adaptée à son époque. Son ambition était de vendre cette pendule par l’intermédiaire d’Asprey à Londres, dont la clientèle correspondait parfaitement à un tel objet d’exception.

François-Paul Journe réalisa un dessin en couleur du projet, imaginant un boîtier décoré de marqueterie de corail rouge. Pris d’un doute, il esquissa une seconde proposition avec une marqueterie en jade vert. Les deux projets furent envoyés à John Asprey par l’intermédiaire d’une connaissance commune, qui appela François-Paul quelques jours plus tard avec un message resté célèbre : “ J’ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’ils l’ont commandée. La mauvaise, c’est qu’ils veulent les deux ”

Pour réaliser ces pendules Asprey, François-Paul Journe fabriqua lui-même l’intégralité du mécanisme à la main, tandis que son ami joaillier Gilles Royaux se chargeait des éléments décoratifs extérieurs. Le projet s’avéra extrêmement exigeant : chaque composant était dessiné, conçu et façonné à la main, nécessitant parfois une journée entière de travail par pièce. La difficulté était accrue par le fait que François-Paul Journe n’avait jamais pu examiner une Sympathique originale de Breguet. Il s’appuya uniquement sur les schémas publiés dans The Art of Breguet de George Daniels pour en comprendre les principes, avant de les adapter à sa propre sensibilité. Ainsi, là où Breguet utilisait un seul spiral, François-Paul Journe en adopta deux,

simplement parce qu’il trouvait cette solution plus harmonieuse.

Ces pendules intégraient également un Remontoir d’Égalité à force constante et, surtout, une réserve de marche de huit jours, contre un remontage quotidien pour les modèles de Breguet. La première pendule Asprey fut achevée en 1987, alors que François-Paul Journe n’avait que 30 ans. Au total, trois exemplaires furent réalisés pour Asprey.

DE ASPREY À BREGUET

En 1989, François-Paul Journe cofonda THA (Techniques Horlogères Appliquées), un atelier spécialisé dans le développement de mécanismes compliqués pour d’autres marques. Fonctionnant presque comme un bureau d’ingénierie horlogère, THA lui permit de mener des projets plus ambitieux grâce à une petite équipe talentueuse. Contrairement aux deux premières pendules Asprey, réalisées seul, cette structure lui offrait désormais les moyens de travailler à plus grande échelle.

C’est à cette période que François Bodet, alors directeur de Breguet, découvrit la troisième pendule Asprey de François-Paul Journe sur le stand de l’AHCI en 1990. Profondément impressionné, il lui commanda une Sympathique. Initialement prévue comme une pièce unique, François-Paul Journe proposa une approche plus rationnelle : produire une série, afin d’amortir l’effort colossal requis par le développement du mécanisme. Bodet accepta. Après la réalisation de la première pièce, la N°1, entièrement en or massif et réservée à la vente The Art of Breguet d’Antiquorum en 1991, le projet s’étendit à une série de vingt exemplaires.

Au cours de ce développement, François-Paul Journe eut également l’idée d’aller plus loin encore en associant la pendule à une montrebracelet, une première absolue. Pour les dessins de présentation de la pendule, il collabora avec l’illustrateur David Penney, connu pour avoir illustré les ouvrages de George Daniels.

La montre-bracelet, en revanche, fut conçue entièrement par François-Paul Journe luimême. Il s’agissait d’un tourbillon doté d’un Remontoir d’Égalité délivrant des impulsions à la seconde, faisant écho au remontoir à cinq secondes de la pendule. Son mouvement, pensé intégralement en or, reflétait déjà les prémices du style qui allait devenir celui de F.P.Journe.

Breguet déclina cependant cette proposition, préférant utiliser l’un de ses propres calibres. François-Paul Journe conserva alors la montre-bracelet et poursuivit son développement de manière indépendante. Elle allait devenir le socle du Tourbillon Souverain F.P.Journe, sa toute première montre-bracelet, présentée en 1991 au salon de Bâle, simultanément à la vente de la Breguet Sympathique N°1 chez Antiquorum.

La pendule elle-même était exceptionnelle. Pesant 4,5 kg pour une hauteur de 255 mm, la N°1 présentait un boîtier en or jaune 18 ct. et une riche palette de complications incluant phase de lune, équation du temps, thermomètre et calendrier complet. Son échappement à détente était régulé par un Remontoir d’Égalité à cinq secondes et, associée à la montre-bracelet en or jaune de 36 mm, elle pouvait automatiquement la remonter et la mettre à l’heure lorsqu’elle était placée dans son logement.

Lors de la vente The Art of Breguet organisée par Antiquorum le 14 avril 1991, la Breguet Sympathique N°1 atteignit la somme exceptionnelle de 1'546'250 CHF, acquise par Asprey pour le compte de l’un de ses clients. Un montant considérable pour l’époque, qui consacra l’importance historique de la pendule et le rôle majeur de François-Paul Journe dans sa création.

Les dix-neuf autres pendules de la série Breguet reçurent chacune un traitement distinct : certaines furent squelettées, d’autres dotées d’un tourbillon, d’une répétition minutes ou de particularités esthétiques uniques. Grâce aux carnets extrêmement détaillés préparés par François-Paul Journe, l’équipe de THA put suivre ses dessins et annotations avec une grande précision, des documents qu’il conserve encore aujourd’hui. Cette méthode permit une production bien plus rapide que pour les pendules Asprey.

LE RETOUR DE LA N°1

Après sa vente en 1991, la Breguet Sympathique N°1 disparut de la scène publique, sans jamais quitter l’esprit de François-Paul Journe. Des décennies plus tard, alors qu’il constituait la collection F.P.Journe Le Patrimoine, il entreprit de la retrouver. Convaincu de savoir dans quelle collection elle se trouvait, il tenta de l’emprunter pour une exposition, en vain.

Un matin, un appel inattendu d’Aurel Bacs, de la maison de ventes Phillips, changea tout : “ J’ai quelque chose au bureau qui, je pense, va vous plaire ”. Les appels d’Aurel sont rarement décevants.

En entrant dans son bureau, François-Paul se retrouva face à la Sympathique qu’il avait créée trente-cinq ans plus tôt. La rencontre fut aussi inattendue que profondément personnelle. C’était comme si la pendule avait retrouvé son chemin vers son créateur.

Support pour montre de poche en or jaune 18 ct., bracelet de montre en maille en or jaune 18 ct. et jeu de clés de réglage.

Si sa présence et sa majesté demeuraient intactes, le mécanisme avait souffert : plusieurs composants étaient endommagés et des traces d’oxydation témoignaient de longues années d’inactivité. La décision de François-Paul Journe fut immédiate. Il voulait l’acquérir à tout prix, la restaurer et l’intégrer définitivement à la collection Le Patrimoine, l’un des accomplissements majeurs de sa carrière.

Lors de la vente, il se montra déterminé, laissant le prix dépasser largement son estimation initiale de 2,5 millions de francs suisses, jusqu’à l’adjudication finale à 4,5 millions CHF, soit 5'505'000 CHF frais inclus.

Après coup, il expliqua l’importance de cette acquisition. Bien que plusieurs collectionneurs lui aient proposé d’acheter la pendule et de la prêter à la Manufacture, il estimait essentiel que seules des pièces appartenant pleinement à F.P.Journe soient exposées au Patrimoine. Il souligna également que cette acquisition revêtait une forte portée symbolique pour la Manufacture, reflétant son indé pendance et sa vision à long terme, quel qu’en ait été le prix final. Surtout, il rappela qu’il s’agissait d’une œuvre réalisée de ses propres mains et que, par cette acquisition, la pendule était enfin revenue à son véritable créateur.

Pour conclure, François-Paul Journe exprima une joie empreinte d’humilité. À ses yeux, la Sympathique N°1 représente le plus grand objet produit par Breguet depuis l’époque de Breguet lui-même. Bien qu’appartenant à une série de vingt, elle demeure la première et la plus importante, entièrement unique et réalisée en or massif.

La pendule est accompagnée d’une montre-bracelet à tourbillon en or jaune 18 ct.
Dessin original de David Penney, 1990.
Montre-bracelet à tourbillon avec phase de lune et réserve de marche montée sur bracelet en maille, en or jaune 18 ct.

Remontoir d’égalité : de Jost Bürgi à François-Paul Journe

Les créations horlogères pensées par FrançoisPaul Journe sont uniques en leur genre et singulières entre toutes car elles intègrent pour l’essentiel au moins un élément technique destiné à améliorer la précision de l’organe réglant. Voilà l’occasion de proposer une analyse détaillée des remontoirs d’égalité, un système que l’on retrouve dans toutes ses montres à tourbillon, celles régulées par un échappement original, dans la Vagabondage II comme la Vagabondage III et dans la dernière génération des Chronomètre à Résonance.

Du fait de sa conception, le remontoir d’égalité est un élément mécanique essentiel, destiné à garantir la précision d’un instrument de mesure du temps dont l’alimentation en énergie est fournie par un ressort formé en spirale. Étant donné sa forme, et selon le principe de la dégradation des forces emmagasinées dans un composant élastique soumis à une déformation progressive, l’énergie transmise par ce dernier au train de rouage est non linéaire une fois le ressort libéré.

Dans le cas d’un garde-temps, qu’il s’agisse d’une montre ou d’une horloge, ce couple est inconstant parce que trop fort au moment du désarmage du ressort et trop faible en fin de débandage. Entre ces deux périodes, pouvant varier en fonction de la longueur et de la force de la lame formée en spirale, existe un temps médian où le ressort garantit au train de rouage une force pratiquement constante si tant est que le groupe de régulation ne soit pas sujet à l’emballement.

Afin de lisser la force du ressort et d’éviter de voir les oscillations des horloges ou des montres dotées de balancier associé à un

Brevet Européen — EP 03405772.9 Remontoir d’égalité avec seconde morte

échappement à roue de rencontre accélérer ou ralentir en fonction de la tension du ressort primaire, les horlogers ont conçu des mécanismes destinés à limiter les effets de ces différences de couple sur l’organe réglant.

Le “ stackfreed ”, sorte de frein mécanique agissant par pression sur le barillet, a été un temps employé puis remplacé par un mécanisme plus efficace et plus élaboré appelé “ chaîne-fusée ”. Cet ensemble, comprenant un élément conique à pas évolutif similaire à une cassette de vélo, est associé au barillet par le truchement d’un lien solide mais déformable destiné à transmettre la force du ressort au train de rouage. Initialement, la courroie de transmission était réalisée à partir d’un boyau de chat réputé solide. En raison de son élasticité évolutive par rapport à l’hygrométrie du lieu, les horlogers lui ont préféré un lien souple formé d’une succession de minuscules maillons plats identiques à ceux des chaînes de vélos. Complexe à fabriquer, relativement fragile, sensible à l’oxydation, le mécanisme dit à chaîne-fusée a été associé à l’échappement à recul à roue de rencontre et à quelques mécanismes de précision dotés d’échappements spéciaux ou de précision comme ceux à détente ou à ancre anglais intégrés dans des chronomètres de marines ou des montres de pont (les chronomètres de poche des officiers).

En parallèle, certains horlogers et Jost Bürgi (1552 - 1632) en premier, à ce que l’on sache, ont développé des remontoirs d’égalité ; des systèmes mécaniques différents et surtout moins complexes que le groupe chaîne-fusée, dont le rôle était également de transmettre une force toujours identique au groupe de ré-

Un dispositif de stockage comporte une première roue de secondes (2) en prise avec un ressort moteur et une seconde roue de secondes (5), un renvoi (4) pour relier ces deux roues de secondes (2, 5), une bascule (6) sur laquelle ledit renvoi (4) est monté pivotant, l’axe de pivotement de cette bascule (6) et celui de la seconde roue de secondes (5) étant coaxiaux, une roue d’arrêt (3) en liaison cinématique avec ladite première roue de secondes (2), un doigt (6a) solidaire de ladite bascule (6), un ressort de stockage (7) pour exercer sur ladite bascule (6) une force tendant à écarter ledit doigt (6a) de ladite roue d’arrêt (3), tandis que la force exercée sur ledit renvoi (4) par ledit ressort moteur sert à appliquer ledit doigt (6a) contre ladite roue d’arrêt (3), de sorte que ce dernier est armé jusqu’à ce qu’une dent de ladite roue d’arrêt (3) bute contre ledit doigt (6a).

Tourbillon à Remontoir d’Égalité - 3 84

Tourbillon à détente avec remontoir d’égalité, réserve de marche et thermomètre, boîtier en or, double fond, diamètre 70 mm, cadran en saphir gravé et aiguilles Breguet en acier bleui. Gravée FAIT POUR LE D r E. GSCHWIND, achevée en 1984.

gulation que le ressort primaire soit remonté à fond ou pratiquement désarmé. Ces systèmes ingénieux prenant différentes formes ont été souvent utilisés dans des horloges de précision ou d’édifice et parfois dans quelques instruments de mesure du temps portatifs. Toutefois, ces derniers ont disparu avec la mise au point par Jean-Antoine Lépine du calibre portant son nom et n’est réapparu, comme le soulignait François-Paul Journe, que sous la main de George Daniels après qu’un collec-

tionneur lui commanda une montre équipée d’un remontoir d’égalité, la troisième de sa fabrication.

Maîtrisant parfaitement l’histoire des techniques horlogères et fin restaurateur après avoir passé quelques années avec son oncle à Paris, François-Paul Journe, que l’on sait très attaché à la précision chronométrique de ses créations, ne pouvait manquer de s’intéresser au mécanisme de remontoir d’égalité. Convaincu de son utilité, il l’a intégré pour la première fois dans la troisième montre de poche qu’il a réalisée entre 1983 et 1984. Sur sa lancée, et convaincu du bien-fondé de cet organe, il en a installé un dans la première horloge Sympathique de 1987 mais également dans les trois autres réalisées ultérieurement. Ensuite, on retrouve ce mécanisme d’abord dans le prototype Tourbillon à Remontoir d’Égalité 11/ 91 conçu en 1991, puis dans la montre-bracelet Tourbillon Souverain lancée en 1999.

RÉVÉLER L’INVISIBLE

Le fonctionnement du remontoir d’égalité comme régulateur du couple du train de rouage à destination du groupe de régulation intégré à un tourbillon est impossible à discer-

ner tant les mouvements sont rapides et d’une faible amplitude mais peut être expliqué comme suit : ce mécanisme comprend une bascule mobile dont le point fixe est placé au niveau du pivot de la cage de tourbillon. Cet élément comprend un bras au bout duquel est montée la grande roue entraîneuse grâce à un pont rapporté. A cette extrémité se trouve une portée avec rubis où vient s’appuyer une lame ressort à déformation programmée fournissant une force définie et invariable.

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Au bout du second bras de cette bascule est placé un doigt d’arrêt en rubis dont l’objet est de venir s’appuyer alternativement sur le flanc de l’une des dix dents de la roue en étoile munie d’un volant d’inertie comparable aux ralentisseurs des sonneries des horloges classiques. Ce mobile, en prise avec la roue de seconde morte, doit bloquer et libérer le train de rouage primaire pour permettre à la lame ressort, qui se trouve être solidaire de la platine, d’être réarmée toutes les secondes.

Une fois celle-ci bandée et le rouage primaire arrêté par la pierre en rubis portée par cette bascule qui pose sur le rebord de l’une des dix pointes de la roue étoilée, elle transfère l’énergie accumulée par un effet de bras de levier qui cesse dès l’instant où la pierre échappe de l’une des pointes de la roue étoilée. Ainsi libérée, celle-ci permet au train de rouage primaire devenu libre d’effectuer une rotation correspondant à 1/10 e de tour de cette roue et à 1/60 e de tour de roue de seconde morte.

L’énergie transmise à la grande roue en prise avec le pignon de seconde morte et celui de tourbillon imprime un mouvement forçant l’ensemble de la bascule à remonter d’une fraction d’arc. Ce mouvement a pour effet de réarmer le ressort lame tout en continuant de transmettre la force au pignon de tourbillon et de faire descendre la dent destinée à bloquer la roue étoilée.

Une fois cette dernière arrêtée, l’énergie transmise au mobile de tourbillon provient du seul ressort lame qui pousse la bascule à effectuer une nouvelle translation. Mais celle-ci ne pourrait avoir lieu sans la rotation concomitante du pignon de cage de tourbillon dont le mouvement est entretenu par les oscillations du balancier, elles-mêmes soutenues par la force du ressort transmise par le truchement de l’effet de bras de levier obtenu grâce à l’action combinée de tous les composants du remontoir d’égalité.

Le but de pareil assemblage défiant les limites de l’explication technique : garantir aux organes réglants la précision chronométrique la meilleure. De la même façon, et dans l’Astronomic Souveraine par exemple, le remontoir d’égalité – parfaitement visible par le fond transparent en raison de son implantation au-dessus de la cage – a pour effet de lisser la force transmise par les ressorts contenus dans les deux barillets montés en parallèle. Il utilise une fraction de l’énergie pour armer un ressort secondaire dont le couple de flexion est calibré afin que le balancier oscille toujours avec une amplitude optimale de 270°.

Mais dans ce cas précis, et comme le soulignait son créateur : “ le remontoir d’égalité était installé dans cette pièce dans le but d’isoler le tourbillon des perturbations que pouvait engendrer la présence des nombreuses complications embarquées ”

DES DIFFÉRENTS USAGES DU REMONTOIR D’ÉGALITÉ

L’affaire, avec cet élément technique, pourrait s’arrêter là, mais c’était sans compter avec le talent de François-Paul Journe qui est d’avoir su exploiter ses facultés à d’autres fins que celle de limiter les effets des frictions générées par la cage de tourbillon lors de sa rotation en les rendant elles aussi constantes durant toute la marche de la montre.

Il s’en est servi également pour réguler la force à destination du groupe de régulation du Chronomètre Optimum dont l’échappement est inspiré de celui Naturel attribué à Abraham-Louis Breguet. Et son rôle est ici essentiel car ce groupe de régulation très performant fait appel à des composants dont la légèreté et la précision de fabrication imposent que le couple leur étant transmis pour les mettre en mouvement soit toujours identique. Le remontoir d’égalité contribue par sa présence à garantir leur parfaite efficience dans leur tâche et à la pièce d’atteindre une précision chronométrique.

Pendule régulateur de table Louis XVI en bronze doré, à équation du temps et force constante, réalisée par Robert Robin, Horloger du Roi, avec cadran émaillé par Joseph Coteau daté 1781.

Dimensions: H 41 x L 21,9 x P 17,2 cm.

© Christie’s

Vagabondage II et Vagabondage III

Dans la Vagabondage II, le remontoir d’égalité régule l’énergie nécessaire au saut des heures et minutes digitales. Dans la Vagabondage III, ce principe est poussé plus loin pour animer les secondes digitales sautantes, une première mondiale pour une montre-bracelet mécanique.

L’intégration d’un remontoir d’égalité sur chacun des trains de rouage du calibre à remontage manuel 1520 dans la nouvelle génération des Chronomètres à Résonance procède du même souci de garantir aux deux balanciers de recevoir la même force calibrée en provenance du barillet.

Les puristes diront que, là encore, la finalité du remontoir d’égalité est d’égaliser une force à destination d’un organe de régulation. Seulement, François-Paul Journe sait aussi que ce mécanisme peut servir de séquenceur de couple. Autrement dit, d’interrupteur temporisé permettant d’emmagasiner de l’énergie et de la retransmettre en une fois à intervalles réguliers qui vont de la seconde à plusieurs minutes. C’est dans cette configuration qu’il l’a utilisé pour assurer le fonctionnement des minutes sautantes de la montre Vagabondage II. Le mécanisme réarme le remontoir d’égalité durant une minute et libère l’énergie emmagasinée pour faire tourner le mécanisme des mi-

nutes sautantes sans que cela ait d’incidence sur la précision de la pièce.

Dans le cas de la Vagabondage III, le remontoir d’égalité a été pensé par François-Paul Journe pour libérer son énergie toutes les secondes et ainsi faire tourner le disque des secondes tout en lissant la force à destination du groupe de régulation.

Il ne fait aucun doute que, dans les créations futures, François-Paul Journe ne fasse de nouveau appel à ce dispositif fort utile aussi bien pour garantir une précision optimale que pour gérer des opérations requérant que soit emmagasinée une certaine force pour être distribuée en une fois à une fonctionnalité dédiée. Affaire à suivre !

Tourbillon
Montre-bracelet à tourbillon et remontoir d’égalité.

F.P.Journe acquiert le tourbillon N o 1890 d’Abraham-Louis Breguet

Le 9 novembre 2025, François-Paul Journe a acquis une montre de poche historique d’Abraham-Louis Breguet pour sa collection privée “ F.P.Journe Le Patrimoine ” : la N° 1890. Au fil d’une conversation, il raconte pourquoi il tenait à acheter cette pièce à n’importe quel prix et ce qu’il doit au maître horloger. Sans Breguet, il ne serait peut-être pas l’homme de l’art qu’il est devenu...

Breguet N° 1890

Montre de poche à tourbillon de quatre minutes et échappement naturel, réalisée en 1809 par la Maison Breguet du vivant d’Abraham-Louis Breguet.

© Sotheby’s

Le 9 novembre 2025, François-Paul Journe a acquis aux enchères la montre de poche N°. 1890 d’Abraham-Louis Breguet, un régulateur à tourbillon de quatre minutes doté d’un échappement naturel, daté de 1809 pour la somme de 1’880’000 CHF. Cette acquisition a eu lieu lors de la vente A Celebration of Breguet’s 250th Anniversary , organisée par Sotheby’s à Genève.

Ce modèle représente aux yeux de FrançoisPaul Journe, qui était dans la salle et a enchéri jusqu’à ce qu’il remporte le lot, “ le plus beau tourbillon de Breguet ”. La N° 1890 réunit deux innovations majeures : l’échappement naturel et le régulateur à tourbillon. En associant les avantages de l’échappement naturel, conçu pour transmettre la force du barillet avec un minimum de frottements, et la capacité du tourbillon à compenser les erreurs de marche dues aux positions, Breguet a créé une montre d’une précision inégalable à l’époque.

Livrée en 1809 à Frédéric Frackmann, l’agent de Breguet pour la Russie, la montre fut vendue au comte Alexis de Razoumoffsky,

membre de la Cour impériale et Ministre de l’Instruction publique sous le règne du tsar Alexandre Ier. Par la suite, en 1954, Sir Cecil Clutton, l’historien et collectionneur de montres britannique qui a participé au renouveau horloger du XXe siècle, en a fait l’acquisition.

La N° 1890 rejoint désormais la collection privée F.P.Journe et sera exposée dans la future galerie “ Le Patrimoine ” qui rassemblera l’ensemble des créations de François-Paul Journe depuis sa première montre de poche ainsi que certaines pièces historiques qui ont participé à l’écriture de son histoire.

Après avoir acquis auprès de Sotheby’s la montre de poche d’Abraham-Louis Breguet N° 1890, vous avez affirmé “ Je suis fier d’avoir acquis le plus beau tourbillon d’Abraham-Louis Breguet ”. En quoi est-ce le plus beau tourbillon de Breguet ?

François-Paul Journe : Abraham-Louis Breguet avait réalisé une série de trois tourbillons en or. Il y a celui qui est dans la collection du musée Breguet, avec des gravures florales à l’arrière du boîtier et qui n’est pas à mon goût.

Il y a la pièce qui fut réalisée pour George IV d’Angleterre et qui a été vendue aux enchères il y a quelques années et enfin, celui que j’ai acquis qui est dans un état absolument parfait. C’est le plus beau des tourbillons qu’il ait réalisés, à part, bien sûr, son premier tourbillon qui appartient à la collection privée du sultan d’Oman.

En matière de mécanique horlogère, que représente ce tourbillon ?

Ce calibre réunit ce que Breguet a fait de mieux à cette époque. Un tourbillon 4 minutes avec un échappement naturel. Tout est tellement équilibré : le cadran, la boîte, le mouvement. Tout est parfait. Il a fait d’autres séries par la suite mais ce n’est pas le même calibre. Je crois qu’il faisait faire les ébauches par Jacques-Frédéric Houriet à cette époque-là. Je voulais ce tourbillon sachant qu’il n’est pas possible d’en acquérir d’autres comme celui-ci. Le cadran est gravé avec une gravure invisible, secrète, indiquant le nom du client de l’époque.

Vous voulez parler d’Alexis de Razoumoffsky, membre de la Cour impériale de Russie sous le tsar Alexandre I er ?

Oui. Et d’ailleurs j’ai été contacté par son arrière-petit-fils qui m’a dit avoir en sa possession des lettres écrites par son aïeul à Breguet dont, je l’espère, il va me fournir des photocopies.

Dans quel état est cette montre qui a plus de 200 ans ?

Elle est dans un état extraordinaire et n’a pas été abîmée, parce que les pièces anciennes ont souvent été restaurées. Si le cadran avait été retouché, la signature secrète aurait disparu, car elle a été gravée au pantographe, à la pointe sèche, et est donc très légère. À la moindre usure sur le cadran, elle disparaît.

Cette montre aurait aussi appartenu au collectionneur britannique Sir Cecil Clutton. Le connaissiez-vous ? Oui, je connaissais bien Cecil. On l’appelait Sam. Il était le trésorier de la Reine d’Angleterre. Il possédait une très belle collection de montres et de voitures. Il participait à des courses de Bugatti anciennes et quand il venait à Paris, il jouait de l’orgue à Notre-Dame. Il a rédigé un petit livre sur sa collection de montres après l’avoir presque entièrement vendue à l’exception d’une trentaine qui sont les plus belles et les plus innovantes de chaque époque. C’est

lui qui a commandé à George Daniels sa première montre. Avant cela, George restaurait des garde-temps, il n’en fabriquait pas.

Qu’est devenue cette première montre créée pour lui par George Daniels ?

Après sa mort, elle a été vendue aux enchères et a été acquise par David Saul Landes, un monsieur charmant que j’ai bien connu, professeur d’histoire à Harvard et spécialiste de l’histoire économique européenne moderne. Il fut l’un des conseillers de Jimmy Carter et a écrit un livre sur l’horlogerie qui s’appelle L’heure qu’il est qui vient d’être réédité par Les Belles Lettres. Et c’est amusant parce que dans son ouvrage, il mentionne les déjeuners du mardi à Paris, avec Jean-Claude Sabrier et toute sa clique, qui avaient lieu chez Michel Journe.

Cache-poussière en or 18 ct. gravé

Breguet N° 1890

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Sir Cecil Clutton ?

Quand il venait à Paris, il venait souvent dans la boutique de restauration de mon oncle Michel avec qui je travaillais. C’était un gentleman élégant qui est décédé au début des années 1980.

Est-ce que cette rencontre a eu un impact sur vous ?

Bien sûr. Un très gros impact. Quand il venait, il portait toujours un costume trois pièces avec une montre dans chaque poche de son gilet :

dans l’une il y avait une Breguet, qu’il changeait souvent, et dans l’autre une George Daniels. J’avais 17-18 ans, j’étais encore à l’école d’horlogerie et je n’avais pas encore en tête de fabriquer une montre, mais le voir avec ses montres de poche a fait germer l’idée dans mon esprit. Cette rencontre fait partie des choses qui m’ont motivé à commencer ma carrière. En 1977, j’avais 20 ans et comme je pensais que je n’aurai jamais les moyens de m’acheter un tourbillon, j’ai décidé d’en créer un.

Comment avez-vous créé votre premier tourbillon ?

Je n’en avais jamais vu, à part celui de Sam, et je ne savais pas comment cela fonctionnait. J’ai appris le fonctionnement à travers les dessins de David Penney dans The Art of Breguet Ses croquis sont très explicites. Dans les années 1970, les tourbillons, c’était comme l’histoire de l’homme qui a vu l’ours : les marchands de montres n’en avaient jamais tenu un dans leurs mains.

Les tourbillons étaient-ils si rares à l’époque ? Ils étaient extrêmement rares ! Et par la suite, à part George Daniels et moi, personne ne faisait de tourbillons. Les collectionneurs de l’époque s’intéressaient à l’horlogerie ancienne, pas à l’horlogerie récente. Ils achetaient des pièces du XVI e, XVII e, XVIII e siècle, parfois des pièces du début du XIX e concernant la chronométrie. C’est l’histoire qui les intéressait.

C’est extraordinaire d’avoir pu reconstituer un tourbillon sur la base de dessins ! Il s’agit du premier tourbillon de Breguet, et le premier au monde, qui est dans la collection du sultan d’Oman. Il s’agit d’un tourbillon avec double barillet dont George Daniels s’est inspiré à ses débuts, et moi aussi. C’est une source d’inspiration pour beaucoup d’horlogers. On a tous fantasmé sur cette montre. Elle a défini plus de 200 ans de construction horlogère. Breguet était un visionnaire.

Avez-vous eu l’occasion de voir cette montre ? Oui. Je l’ai tenue entre mes mains. J’étais l’un des dix invités du sultan pour visiter son musée privé. J’étais présent avec John Asprey et Sebastian Whitestone qui ont constitué ce musée.

Vous connaissiez les plans de ce tourbillon par cœur. Avez-vous été surpris en le voyant ? Non. Il est magnifique. Pour monter ce musée, John avait acheté beaucoup de pièces splendides : la montre perpétuelle de Napoléon signée Breguet, une montre Breguet ayant appartenu au Duc de Wellington, la pendule Sympathique Breguet du Prince Anatole Demidoff... des montres avec des provenances importantes. Et les seules montres-bracelets exposées dans ce musée sont les miennes : notamment une Sonnerie Souveraine et aussi la Pendule Sympathique que j’avais faite dans les années 1980.

Etiez-vous présent dans la salle pour les enchères ?

Oui. Il y avait d’autres acquéreurs potentiels jusqu’à un million puis nous ne sommes restés que deux et finalement je l’ai emporté.

aussi la Pendule Sympathique No. 1 de 1991. J'étais content de l’avoir achetée parce que je pense qu’il s’agit de la plus belle création qui a été faite après la mort de Breguet. On n'a jamais rien fait de mieux. Il y aura aussi une

L’acquisition du tourbillon de Breguet a-t-elle généré chez-vous une émotion particulière?

Bien sûr. J’avais décidé de l’acheter à n’importe quel prix.

Avez-vous acheté le tourbillon de poche N° 1890 d’Abraham-Louis Breguet pour le présenter dans votre futur musée qui devrait ouvrir prochainement ses portes ?

En effet. C’est un hommage que je rends à l’inventeur du tourbillon. D’ailleurs, ce ne sera pas un musée à proprement parler mais une collection privée qui ne sera pas ouverte au public. On pourra la visiter sur rendez-vous. Le bâtiment va s’appeler “ Le Patrimoine ”. Les collections vont se trouver en bas. Au premier étage, il y aura tout le service après-vente et la formation. Et enfin, je vais pouvoir aussi exposer ma collection “ Steel Time ” (une collection de montres de poche historiques en acier datant de 1850-1910, ndlr). J’en ai 220, et la dernière fois qu’elles ont été exposées, c’était à la Forbes Gallery à New York en 2012.

Y aura-t-il un espace dédié à Breguet ?

J’ai prévu de présenter quatre montres de Breguet dont celle que je viens d’acquérir. Il y aura

petite horloge portative de Breguet que j’ai ac quise chez Antiquorum ainsi qu’une souscription.

La souscription est en lien direct avec votre histoire : c’est ainsi que vous avez vendu vos premiers modèles, par souscription? Breguet avait eu l’idée de la souscription après la Révolution, parce qu’il avait perdu de l’argent. Il a créé ce modèle qui est “ l’un des premiers designs horlogers ” comme le disait Jean-Claude Sabrier. Avant Breguet, une montre, c’était deux platines avec des piliers qui enfermaient le rouage, et le balancier par-dessus. Par la suite, Jean-Antoine Lépine a inventé les ponts, ce qui a permis de pouvoir démonter le mouvement pièce par pièce, mais il n’a jamais dessiné ses mouvements comme Breguet a dessiné la souscription. L’idée de lancer une petite souscription de 20 pièces en 1999 m’est venue de Breguet, vous aviez d’ailleurs écrit un article à ce sujet.

Quel est le concept de ce futur espace d’exposition ?

Nous allons exposer en priorité notre patrimoine, soit tous les numéros zéros, les prototypes de nos modèles depuis la création des montres “ prêt-à-porter ” (les modèles qui n’ont pas été entièrement réalisés à la main par FrançoisPaul Journe à partir de 1999, ndlr).

Et puis quelques pièces anciennes que j’ai pu récupérer et que j'avais entièrement fabriquées dans les années 1980, dont ma première montre. Et autour de cela, de l’art contemporain et des pièces qui ont fait progresser l'histoire de l’horlogerie, par exemple une horloge de Jost Bürgi - l’inventeur du remontoir d’égalité - qui est actuellement en cours de restauration et qui date de la fin du XVI e, siècle. J’ai aussi acheté des horloges de table de la fin du XVI e , - début XVII e. À cette époque, la montre n’existait pas encore. Elle est arrivée juste après. Il me manque une montre de cette période primitive pour faire le lien entre l’horlogerie avant les montres, et nous. L’horlogerie est un grand mur qui a 600 ans d’existence où j’ai accroché deux pierres.

Quelle place y occupera le tourbillon Breguet ? Il sera certainement présenté avec les autres pièces de Breguet que j’ai achetées. Nous allons montrer des pièces horlogères anciennes qui ont un lien avec mon travail. J’ai fabriqué mon premier tourbillon entre 1977 et 1982 et si Breguet n’avait pas existé, je n’aurais peutêtre jamais fait de tourbillon. Il faut rendre hommage à la raison pour laquelle F.P.Journe existe.

Breguet N° 1890 Mouvement de 24 lignes, à tourbillon de quatre minutes avec échappement naturel et fusée à chaîne.

Les Boîtiers de Genève:

Histoire

et Savoir-Faire

Élément souvent méconnu mais pourtant essentiel, le boîtier n’est pas un simple écrin destiné à accueillir un mouvement. Il en est le protecteur, l’ambassadeur esthétique et le témoin du soin apporté à la conception du calibre qu’il abrite. Derrière sa sobriété apparente se cachent des heures de travail, une succession d’opérations complexes et le geste précis d’artisans hautement qualifiés.

François-Paul Journe a choisi de se confronter très tôt dans son parcours à ces exigences. Conscient que la maîtrise de la production horlogère passe par celle de ces éléments clés, il s’est rapproché dès ses premiers projets de la société Elinor, fondée en 1957 à Clamart par la famille Simonnet. Pour protéger ce savoir-faire et sécuriser son indépendance, il y prend une participation.

En 2012, l ’entreprise s’ installe à Genève et devient Les Boîtiers de Genève. En 2023, une nouvelle étape est franchie : l ’intégration dans un bâtiment moderne à Meyrin et le passage sous la propriété exclusive de F.P.Journe.

Ce reportage propose une immersion au cœur de cet atelier, à la découverte des artisans, des étapes de fabrication et des détails techniques et esthétiques qui font du boîtier un pilier fondamental de l’horlogerie contemporaine.

LES BOÎTIERS DE GENÈVE

L’histoire des Boîtiers de Genève débute à Clamart, en région parisienne, en 1957 avec la fondation de la société Elinor par Louis Simonnet. Après avoir dirigé l’atelier de boîtes de montres de la manufacture Jaeger-LeCoultre, ce dernier se spécialise dans la fabrication de boîtiers horlogers.

En 1988, la société prend un tournant décisif. Le fils de Louis, Francis Simonnet, accepte un défi inattendu : collaborer avec François-Paul Journe pour la création d’un habillage d’horloge Sympathique, un projet qui ne fait pas partie du cœur de métier d’Elinor. En relevant ce défi, il s’assure une collaboration durable avec François-Paul Journe qui sera consolidée en 2007 avec une prise de participation de M. Journe dans l’entreprise. En 2012, à sa demande, la société déménage en Suisse. Elle est alors rebaptisée Les Boîtiers de Genève et fournit F.P.Journe en exclusivité. En 2023, les Boîtiers de Genève intègrent de nouveaux bâtiments à Meyrin. Les ateliers ont été entièrement conçus, sous l’oeil exigeant de François-Paul Journe, pour répondre aux besoins spécifiques de l’activité.

RÔLE DU BOÎTIER

Le boîtier de montre joue un rôle essentiel dans l’identité d’un garde-temps. Gardien de son calibre et ambassadeur de son esthétisme, il protège le mécanisme des influences extérieures comme les chocs, la poussière et l’humidité. En assurant cette fonction vitale, il garantit la fiabilité et la longévité de la montre.

Ainsi, son exécution exige une précision technique irréprochable et une esthétique raffinée.

LA FABRICATION DE BOÎTE TRADITIONNELLE

La méthode traditionnelle de fabrication des boîtiers a peu évolué depuis ses débuts. Elle repose sur un enchaînement d’opérations comprenant étampage et laminage, avant d’aborder les étapes de finition. Chaque composant de la boîte était achevé séparément avant d’être assemblé par soudure aux autres éléments. La soudure requiert une minutie extrême, car elle doit rester invisible au regard et au toucher du futur propriétaire de la montre.

Soudure-brasure. Au sein des Boîtiers de Genève, les savoir-faire traditionnels sont préservés et mobilisés dès lors que les techniques modernes ne permettent pas d’obtenir les résultats attendus. La soudure-brasure illustre cette approche pragmatique et exigeante. Privilégiée lorsque

Dessin de la boîte du premier Tourbillon avec remontoir d’égalité en montre-bracelet de François-Paul Journe, 1990.

Le polissage des métaux nobles et complexes. Le travail du polissage, à lui seul, requiert la maîtrise de plusieurs techniques et l’utilisation d’outils variés. L’obtention d’un rendu parfait est particulièrement délicate, tant chaque surface, chaque arête et chaque matériau impose une approche spécifique, aussi bien dans le choix des abrasifs que dans le geste de l’artisan.

Un atelier de fabrication artisanale de boîtiers se compose typiquement comme suit : trois tours de dimensions variées, deux laminoirs, un filoir, une presse hydraulique et une à balancier, ainsi qu’un établi équipé d’un poste à souder, de pinces et d’une scie à fil.

Tout commence avec une plaque de métal, appelé plané, dans laquelle l’artisan découpe la forme souhaitée. L’étampage de la matière génère des tensions structurelles qui doivent être éliminées par des traitements thermiques appelés recuits. Des opérations de laminage successives permettent d’obtenir l’épaisseur de boîte souhaitée.

Deux types de presse interviennent dans ce processus. La presse hydraulique exerce une pression puissante mais progressive. Elle sert pour des épaisseurs de métal importantes. Iciégalement, les pièces doivent être recuites pour que le métal retrouve sa ductilité, perdue sous l’effet de la pression. Sans cela, le matériau, devenu trop dur, risquerait de se briser.

La presse à balancier, actionnée manuellement, fonctionne différemment : elle créé un choc qui fait jaillir la matière. Son utilisation demeure irremplaçable pour travailler des métaux particuliers comme le tantale et pour obtenir certains types de reliefs. Longtemps, cette méthode artisanale a constitué la seule manière de façonner des boîtiers, imposant ses exigences.

Si les outils ont évolué, les principes fondamentaux — maîtrise des matériaux, compréhension des tensions du métal et précision du geste — demeurent aujourd’hui au cœur des méthodes plus contemporaines.

LA NOBLESSE D’UNE

FABRICATION BRUTE

La fabrication des boîtiers de montres implique un travail de la matière, où les opé-

rations successives génèrent inévitablement copeaux et poussières de métal. C’est pourquoi ces ateliers sont habituellement séparés de ceux dédiés à la production des calibres, qui exigent des environnements proches de la salle blanche.

sens, le rôle du bureau technique est décisif dans la réussite de l’ensemble des étapes de production. Ces paramètres permettent aux boîtiers de répondre avec une exactitude inégalée aux cahiers des charges des calibres qu’ils accueilleront.

Cependant, fidèle à son exigence absolue, François-Paul Journe a choisi d’appliquer les mêmes standards aux Boîtiers de Genève que ceux qu’il applique à l’ensemble de son activité.

Ainsi, une production d’ordinaire marquée par l’huile et les éclats de matière s’élève à un niveau de propreté rare, comparable à celui des ateliers de mouvements.

DES CNC POUR RÉALISER DES PIÈCES UNIQUES

Le choix de production appliqué au sein des Boîtiers de Genève est loin d’être commun. Ici, les machines à commande numérique, pourtant conçues pour des capacités de production hors normes, sont détournées pour la création de petites séries, voire de pièces uniques. Cette approche singulière est en parfaite adéquation avec le niveau d'exigence que l’on connaît de François-Paul Journe.

Grâce à ces machines de pointe, les ingénieurs, peuvent repousser les limites de la conception. Pour chaque composant et selon le matériau, ils paramètrent méticuleusement l’outil, la vitesse de rotation et les tolérances.

La dureté du matériau influence directement l’usinage : un matériau plus dur requiert une vitesse de rotation réduite, prolongeant le temps de réalisation de chaque pièce. En ce

À LA POINTE DE LA TECHNOLOGIE

Une machine se démarque dans l’atelier d’usinage des Boîtiers de Genève. Surnommée intimement “ la cinq axes ”, cette pièce maîtresse permet d’accomplir une séquence complète d’opérations de découpe et de façonnage, garantissant une précision ultime dans l’exécution des pièces. Sa programmation exige cependant l’intervention de techniciens hautement qualifiés qui porteront un soin méticuleux à chaque détail.

Bien au-delà de la question de performance, cet appareil est également configuré dans un objectif de durabilité.

Il récupère les moindres paillettes de métal et filtre l’huile pour une réutilisation en circuit fermé, réduisant ainsi considérablement son impact environnemental.

Ci-dessus, le polissage d’une carrure en platine ainsi que d’un fond de boîte du Chronomètre Furtif en tantale. Ce matériau se distingue par sa dureté et son comportement singulier.

Aux Boîtiers de Genève, une expertise spécifique a été développée pour travailler le tantale. Elle repose sur un équilibre précis entre la vitesse de rotation des outils, le choix des pâtes à polir et le mouvement maîtrisé de l’artisan.

Ci-dessus, le travail au lapidaire sur une boucle en platine, une technique d’abrasion contrôlée permettant d’obtenir des finitions d’une grande netteté. Qu’il soit mécanique ou manuel, ce polissage exige une maîtrise artisanale absolue de la pression et de l’angle pour révéler la qualité intrinsèque et le niveau d’exigence de

1. Ébauche de carrure brute, avant usinage et finitions.

2. Usinage CNC de la carrure. Les formes, perçages et surfaces fonctionnelles sont réalisés, avant les opérations de finition manuelle.

3. Carrure entièrement polie. Les surfaces sont finalisées et prêtes à recevoir la lunette.

L’EXEMPLE DU CHRONOMÈTRE FURTIF

Pour illustrer ce savoir-faire, l’exemple du Chronomètre Furtif et de son boîtier en carbure de tungstène est particulièrement éloquent. En raison de l’extrême dureté de ce matériau, un perçage complété d’un insert a été privilégié pour l’emplacement des vis, plutôt qu’un perçage avec chanfrein utilisé pour des matériaux moins durs.

Mais bien avant de parvenir à cette solution, un important travail de recherche a été mené. Il a fallu trouver des partenaires capables de fournir des outils adaptés à l’usinage de ce matériau et réaliser de nombreux tests afin de calibrer la fabrication, tout en répondant aux standards élevés de la Manufacture. Ce défi, lancé à l’initiative de François-Paul Journe, s’inscrit pleinement dans sa philosophie de toujours apporter une nouvelle contribution à l’horlogerie.

Cette ambition de maîtrise technique s’est également étendue au bracelet, dont la réalisation dans le même matériau a constitué une autre prouesse majeure. Pour que ce bracelet conserve toute sa souplesse, il doit être composé de maillons d’une extrême finesse, ce qui augmente considérablement la difficulté d’usinage du carbure de tungstène. Malgré ces contraintes, chaque maillon doit afficher une finition sablée irréprochable, assurant ainsi la cohérence esthétique et la qualité de l’ensemble de la montre.

LES PIÈCES D’EXCEPTION ONLY WATCH

Pour la vente à caractère caritatif ONLY WATCH de 2024, François-Paul Journe a mobilisé tout le savoir-faire de ses manufactures afin d’offrir une montre unique et exceptionnelle, le Chronomètre Furtif Bleu. Comme toutes les montres qu’il a offertes à ONLY WATCH, il l’a non seulement doté

1. Lunette usinée sans finition, dans son état brut.

2. Lunette entièrement polie, révélant les surfaces définitives avant assemblage.

3. Carrure avec lunette soudée, entièrement polie, révélant le cran de verre intérieur satiné.

1. Fond à l’état brut.

2. Fond poli afin de permettre les opérations ultérieures de gravure et d’usinage.

3. Finalisation du fond avec gravures, poinçons, polissage complet et satinage du cran de verre.

d’un boîtier en Tantale – abritant pour la première fois le nouveau Calibre 1522, mais aussi d’un bracelet à maillons entièrement en Tantale, un matériau déjà particulièrement difficile à travailler.

Bien au-delà d’une simple variation esthétique, le Chronomètre Furtif a été dévoilé en 2025, avec son habillage en Carbure de Tungstène.

Face à ce défi supplémentaire, les équipes ont dû imaginer et tester des solutions inédites, adapter l ’outil de production au rythme de l ’expérimentation et de la validation de chaque nouveau composant, pour aboutir à la réalisation d’un garde-temps parfaitement exécuté.

L’INFLUENCE DU CHOIX

DES MATÉRIAUX

Le choix des matériaux est au cœur de la philosophie unique de François-Paul Journe, une vision de l’horlogerie marquée par la plus haute exigence technique et esthétique et hors des sentiers battus. S’il préfère l’or pour ses mouvements, il propose des boîtiers en titane, platine, or, acier ou tantale. Le titane est choisi pour sa résistance et sa légèreté, tandis que le tantale est retenu pour ses propriétés antioxydantes et son adaptation à diverses conditions atmosphériques.

L’exploit technique réside dans le travail de ces matières. Alors que le tantale est déjà un matériau difficile à usiner (dureté Vickers de 873 HV contre 549 HV pour le platine et 216 HV pour l’or pur), F.P.Journe pousse l’innovation encore plus loin en s’attachant à produire des boîtiers en carbure de tungstène, dont la dureté Vickers approche les 1300 HV. Non content d’avoir réussi à maîtriser l’usinage de ces matériaux extrêmes, il s’accorde

DES BRACELETS EXCLUSIFS AU CARACTÈRE FORGÉ

Autre luxe que s’offre François-Paul Journe : la fabrication en interne de bracelets en métal qu’il conçoit spécialement pour ses gardetemps. Leur réalisation requiert plusieurs composants spécifiques, depuis la tête du bracelet et les maillons de départ gauche et droit, jusqu’à la fixation de la boucle. Chacun des composants est d’abord usiné individuellement avant de passer par les étapes de finitions, un travail long et minutieux mobilisant plusieurs artisans.

Dans la composition des bracelets, des combinaisons permettent de tirer parti des qualités intrinsèques de chaque matériau. Ainsi, la boucle déployante du bracelet en carbure de tungstène est réalisée en titane, tandis que sa coiffe est façonnée en tantale. Cette complexité supplémentaire exige une grande dextérité afin d’apporter une parfaite harmonie de couleur et de finition sur l’ensemble des matériaux utilisés.

Incarnation de l’ambition technique et esthétique de François-Paul Journe, le boîtier s’avère, au terme de cette immersion, bien plus qu’une simple enveloppe protectrice. De la tradition artisanale aux défis de l’usinage du carbure de tungstène, la trajectoire des Boîtiers de Genève – désormais pleinement intégrés à la Maison Journe – témoigne d'une quête incessante d'excellence. Aujourd’hui, le geste des artisans est soutenu par une technologie de pointe, ouvrant la voie à davantage de créativité et de possibilités. En 2024, ces perspectives s’enrichissent encore grâce à la fusion des Boîtiers de Genève avec les Cadraniers de Genève, créant de nombreuses synergies et un précieux échange de savoir-faire entre les deux ateliers.

Préparation des finitions de bracelets. Chaque élément constitutif du boîtier reçoit le même niveau d’attention. Avant d’atteindre les opérations finales de terminaison, les maillons du bracelet lineSport en platine sont patiemment préparés à la main. À droite : Application de brasure sur une boucle déployante en or 6N 18 ct., en préparation de la fixation à la flamme de l’écrou selon une technique traditionnelle.

également le luxe de créer des combinaisons audacieuses, comme en témoigne le Chronomètre Furtif avec son boîtier en carbure de tungstène et ses inserts en tantale. Seuls les artisans des Boîtiers de Genève détiennent le secret quant au polissage de ces matières réputées impossibles à polir.

L’assemblage de la boîte du Chronomètre Furtif requiert une minutie comparable à celle du montage du mouvement. En apparence simple, la construction bi-matière accroît la complexité du boîtier – ici en carbure de tungstène, paré d’éléments en tantale poli. L’ensemble doit présenter une parfaite harmonie malgré la diversité des matériaux et des traitements de surface.

Montage des inserts en tantale sur la carrure du Chronomètre Furtif.
Boîtier du Chronomètre Furtif - Réf. CF Matières : carbure de tungstène et inserts en tantale

Les passeurs du temps chez F.P.Journe

De gauche à droite : Assemblage du mouvement de la FFC et du mouvement du Quantième Perpétuel. Ces étapes consistent à réunir, positionner et régler les différents composants du mouvement afin d’en assurer le fonctionnement et la fiabilité.

des ateliers de la Manufacture, les horlogers apprennent le langage du maître afin de le transmettre à leur tour dans chaque mouvement portant la devise Invenit et Fecit. Rencontre avec ces hommes qui perpétuent l’héritage de François-Paul Journe.

Derrière la précision des calibres signés

F.P.Journe, il y a des mains, des voix, des parcours qui tissent une même histoire : celle d’une manufacture unique où l’art horloger est un langage qui s’apprend et se transmet.

Il faut avoir passé quelques heures avec les horlogers qui travaillent à la Manufacture pour comprendre la fascination que le maître horloger génère, non seulement auprès de ses collectionneurs, mais aussi auprès de ceux qui le côtoient. Il faut avoir entendu ceux qui, chaque jour, donnent vie aux calibres et aux rêves de François-Paul Journe pour saisir ce que signifie travailler pour et avec lui. Et comprendre ce que le mot transmission veut dire ici.

L’attachement et l’admiration que chacun ressent à son égard est né de l’œuvre même du maître horloger, une œuvre singulière qui s’écrit comme un roman composé de chapitres puissants qui s’articulent autour d’un calibre particulier.

Ils sont jeunes ou chevronnés, passionnés, admiratifs, parfois émus d’évoquer celui que certains appellent encore “ Monsieur Journe ”

À travers leurs mots se dessine le portrait d’une maison rare, où la beauté du geste se double d’une promesse : participer à l’écriture d’un héritage horloger, sans jamais trahir l’esprit du maître. Du plus jeune arrivé à l’atelier jusqu’à l’horloger expérimenté qui transmet à son tour, chacun possède une histoire qui répond à une autre histoire. Ces récits, mis bout à bout, révèlent l’âme de cette manufacture.

LES DÉBUTS DE FRANÇOIS-PAUL JOURNE

Avant d’évoquer la transmission, il est bon de revenir quelques décennies en arrière, lors de la propre formation de François-Paul Journe, qui est né à Marseille en 1957. Après des études à l’école d’horlogerie de Paris, il se forme dans l’atelier de restauration d’horlogerie de son oncle Michel. Le jeune horloger y restaure des pièces anciennes et découvre l’esprit des grands maîtres qui deviendront ses modèles : Antide Janvier, Abraham-Louis Breguet, Ferdinand Berthoud, pour ne citer qu’eux. C’est ici, dans cet atelier parisien qu’il s’imprègne d’une culture horlogère et d’un

style hérités du XVIIIe siècle qui l’influenceront lorsqu’il fabriquera à la main sa première montre-bracelet en 1991: la F.P.Journe Tourbillon à Remontoir d’Égalité 11 91.

En 1999, il présente sa propre collection de montres sous la marque F.P.Journe, imprimée de sa devise latine : Invenit et Fecit (trad : je l’ai inventé et je l’ai fait). L’idée était de concevoir et de fabriquer lui-même ses propres mouvements, en totale autonomie. Son œuvre est marquée par des innovations techniques qui ont marqué l’histoire de l’horlogerie, comme le Tourbillon Souverain (1999), le Chronomètre à Résonance (2000), la Sonnerie Souveraine (2006) ou encore l’Astronomic Souveraine (2020), pour ne citer que ces modèles.

AU COMMENCEMENT ÉTAIT L’ADMIRATION

Pour de nombreux collaborateurs de la Manufacture, François-Paul Journe est bien plus qu’une “ star ” de l’horlogerie mais un créateur surdoué et exigeant. Aux yeux de Louis, 24 ans, horloger chez F.P.Journe depuis octobre 2023, “ François-Paul Journe, c’est le Picasso de l’horlogerie. Ce qu’il a réussi à accomplir en vingt-cinq ans, personne d’autre ne l’a fait. Ses créations ne sont pas seulement des mécanismes, ce sont des œuvres d’art ”

Le jeune horloger a étudié à Marseille, la ville de naissance de François-Paul Journe. “ Dans notre salle de cours, il y avait des posters de ses montres accrochés aux murs ”, confie Louis.

“ C’était inspirant de voir son parcours et de se dire : “ Il vient d’ici, et il a réussi ça ! La première fois que j’ai ouvert un mouvement F.P.Journe, j’ai trouvé ça magnifique. Même un modèle apparemment simple, comme le Chronomètre Souverain, révèle des choix techniques étonnants : le rouage n’est pas fait comme celui d’un autre mouvement. Je me demande souvent pourquoi il l’a conçu de cette façon. Qu’a-t-il voulu apporter ? Assembler les mouvements qu’il a inventés, c’est une manière d’entrer dans son esprit. On sent la force de son talent, cette capacité qu’il a à détourner les bases de l’horlogerie classique pour créer quelque chose d’unique. Travailler à la Manufacture, c’est à la fois une école et une source de fierté ” “ François-Paul Journe, pour moi, c’est un génie de l’horlogerie, mais aussi un entrepreneur visionnaire ”, explique Sylvain, horloger chez F.P.Journe depuis le 1er septembre 2006 et responsable de la formation. “ Il y a quinze ans, je me demandais où il voulait aller... et

et

les résultats aujourd’hui montrent qu’il avait raison. Travailler avec lui, c’est participer un petit peu au chapitre de l’histoire de l’horlogerie qu’il est en train d’écrire. Ça élève. Je suis convaincu que je ne serais jamais arrivé à ce niveau-là ailleurs ”

CHEZ F.P.JOURNE ET NULLE PART AILLEURS

Quand on écoute les horlogers raconter leur expérience professionnelle, on découvre que leur but ultime c’était de travailler ici. “ Mon rêve d’étudiant, c’était de travailler pour Monsieur Journe ”, révèle Antoine, horloger chez F.P.Journe depuis le 1er juin 2017. “ En 2008, à la fin de mes études, j’ai envoyé une première candidature, sans succès. Des années plus tard, de retour d’un voyage, j’ai retenté ma chance et cette fois j’ai été pris. Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais continué jusqu’à être engagé. C’était mon but. Je suis reconnaissant de pouvoir contribuer à cette œuvre collective, même si, au quotidien, on ne mesure pas toujours la portée de ce que l’on fait. Je suis fier de dire que je ne travaille pas chez n’importe quel horloger : je travaille chez F.P.Journe ”

Le premier jour reste un événement marquant pour chacun d’entre eux. “ Parmi mes souvenirs importants chez F.P.Journe, il y a mon premier jour d’embauche ”, se souvient Marc, horloger chez F.P.Journe depuis 2014. “ Je suis entré par la grande porte, dans le showroom. C’était assez déstabilisant parce qu’on se retrouve face à la pendule astronomique de Constantin-Louis Detouche qui est impressionnante. Mais on m’a accueilli avec chaleur, dans un esprit familial. Je suis fier d’arborer la blouse bleue qui porte le nom de mon patron ”, poursuit-il. “ Parfois, je ne me rends même plus compte qu’il s’agit d’un privilège, parce que c’est mon quotidien. Mais dès que je rencontre des collectionneurs et que je vois leurs réactions, je réalise ma chance. Ce qui me marque le plus, ce n’est pas seulement mon parcours, mais celui de notre patron et de toute l’équipe. Parce qu’une réussite, en horlogerie comme ailleurs, c’est une aventure humaine ”

sans comprendre ce que l’on fait, cela ne sert à rien. Il faut qu’il sache pourquoi il fait les choses ”, explique Sylvain.

Cette attention portée à la transmission s’affirme dans la structure même : un horloger apprend, puis à son tour, il devient passeur de connaissances. “ Ce métier est une chaîne : on reçoit, on transmet. Parfois, on donne un conseil technique, parfois un simple petit truc du quotidien... Ce sont ces échanges qui entretiennent la beauté de notre métier ”, confie Marc.

Ce lien – entre l’horloger et son environnement, entre le savoir-faire et la création, entre le jeune disciple et le maître – est l’une des richesses de cette manufacture. L’horloger n’est pas un simple exécutant : il est acteur, témoin, passeur.

L’APPRENTISSAGE D’UN

LANGAGE HORLOGER

Quand on est engagé chez F.P.Journe, il ne s’agit pas seulement d’assembler ou de régler un mouvement mais de rejoindre une culture : on devient acteur d’une vision.

Cet esprit est palpable dans les ateliers, où les horlogers, jeunes ou expérimentés, se rassemblent autour des calibres, les discutent, les observent. Antoine se souvient : “ Au fil des années, j’ai eu la chance de travailler sur toutes les Résonances et de les voir évoluer... Je me sens privilégié de participer à l’histoire de cette manufacture. Mon travail, je le conçois avant tout comme une responsabilité envers le collectionneur. Chaque pièce doit être irréprochable ”

“ La plus grande difficulté pour moi, au début, a été de m’adapter aux exigences de la maison ” souligne Louis. “ On travaille sur des mouvements très qualitatifs, aux tolérances assez pointilleuses. J’étais employé auparavant par une autre entreprise, mais ici, on va beaucoup plus loin dans le détail. On sent la différence de qualité. Mais je me suis adapté : c’est une question de pratique. C’est un métier d’expérience ”

LA TRANSMISSION DE L’ESPRIT ET DES GESTES

Dans un environnement où l’indépendance impose la rigueur, l’exigence et la confiance, la formation interne est essentielle. Transmettre, ici, ce n’est pas seulement enseigner une technique : c’est partager une philosophie, une manière de penser le temps et de comprendre les choix du créateur. C’est apprendre à rester humble, patient, curieux, à chercher le “ pourquoi ” derrière chaque mouvement. C’est suivre un chemin singulier : celui du maître horloger.

“ Former un jeune horloger qui sort de l’école, ce n’est pas tant une question de difficulté technique : c’est surtout lui apprendre l’organisation, la patience, le fait de réfléchir à chaque geste. Assembler un mouvement

“ S’il n’y a qu’une seule leçon à retenir, c’est l’humilité ”, relève Sylvain. “ Ici, il faut toujours se remettre en question. Ce n’est pas parce qu’on a réussi quelque chose qu’on saura tout faire. Il faut rester ouvert, chercher à comprendre. Et avec François-Paul, chaque détail a un sens. Même après tant d’années, il m’arrive encore d’aller le voir pour lui demander : “ Pourquoi as-tu choisi de faire ceci comme ça ? ”. Et il m’explique. Souvent, je réalise que des idées qu’il avait eues trois ou quatre ans plus tôt trouvent leur aboutissement aujourd’hui. Rien n’est laissé au hasard. Tout est construit, logique, cohérent ”

Travailler chez F.P.Journe, c’est s’inscrire dans une lignée, embrasser une vision, et accepter de prendre part à l ’histoire d ’un horloger-créateur.

L’attachement se forge par l’admiration du fondateur, par la qualité des gestes, par l’esprit d’indépendance et surtout par la transmission. Car ce qui est transmis, ce n’est pas seulement la technique : c’est une façon de penser le temps, une quête d’excellence, un art.

Assemblage du balancier et de son pont sur le mouvement du Chronomètre Optimum. L’horloger peut ensuite ajuster l’organe régulateur, point d’équilibre du mouvement, en interaction avec l’échappement EBHP.
Positionnement
ajustement du disque des secondes lors de l’assemblage du mouvement de l’Astronomic Souveraine.
Mise en place
Souveraine.

François-Paul Journe pour l ’amour de l ’art

Le maître horloger est un amateur d’art qui n’hésite pas à apporter son soutien à des manifestations. En 2013, il a créé le Prix Solo avec le salon artgenève. Depuis 2024, il soutient MAZE, la nouvelle constellation de salons initiée par Thomas Hug. Un goût pour le beau qu’il possède depuis son adolescence, lorsqu’il maniait le pinceau et la peinture à l’huile.

Art Gstaad, MAZE Art St-Moritz et MAZE Design Basel, à chaque fois avec un espace d’exposition.

Qu’est-ce qui vous avait donné envie de créer des prix récompensant des artistes, comme le Prix Solo pendant le salon artgenève que vous avez remis 12 années durant ?

Ci-dessous : Le stand F.P.Journe sous la toile du Festival-Zelt, au cœur du village de Gstaad.

À droite : Le stand F.P.Journe installé dans la Offene Kirche Elisabethen, église néo-gothique emblématique de Bâle.

On connaît le goût de François-Paul Journe pour la belle horlogerie : celle des maîtres qu’il vénère et la sienne, qu’il dessine depuis son premier garde-temps, sans l’aide d’un designer. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est

qu’il a appris à peindre à l’adolescence. Des œuvres figuratives qu’il a conservées à Marseille.

Son goût pour l’art reste assez traditionnel et s’il se laisse toucher par les maîtres classiques et par l’art moderne, il avoue avoir moins d’affinité avec l’art contemporain. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’il a décidé de soutenir la première édition d’artgenève, fondée par Thomas Hug, en créant le Prix Solo, il a fait appel à un jury d’experts pour choisir ce qui représentait à leurs yeux la meilleure exposition personnelle présentée sur le salon. Une ou plusieurs œuvres étaient ainsi acquises et remises à une institution muséale, que ce soit le MAMCO (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Genève) ou le Fonds Municipal d’Art Contemporain de Genève. Il avait fait de même avec le Prix artmonte-carlo. En 2024, il a choisi d’accompagner MAZE, la nouvelle constellation de salons lancée par Thomas Hug, en soutenant MAZE Art Gstaad, ainsi que Particolare Vienne, Mira Paris et Loop Barcelone. L’année suivante, la présence s’est étendue à MAZE Design Basel. En 2026, la Maison est présente à MAZE

Un jour, un de mes amis, l’expert en art Marc Blondeau, m’a proposé de rencontrer Thomas Hug, qui était alors le fondateur du salon artgenève. Ce dernier souhaitait créer un partenariat avec une marque horlogère. Mais une qui pourrait être en correspondance avec l’uni-

qualité : il n’y avait qu’une vingtaine d’exposants et certains s’étaient vu offrir leur stand afin de pouvoir remplir les surfaces. Les galeries n’ont pas envie d’aller à Monaco à cette période de l’année (du 7 au 9 juillet, ndlr). Quant à artgenève, nous étions arrivés à la fin de notre contrat en 2024 et la condition sine qua non pour continuer à en être partenaire était de soutenir aussi artmonte-carlo. Nous aurions aimé conserver artgenève, mais pas artmonte-carlo. Comme je ne suis pas un acteur du monde de l’art contemporain, je ne regrette pas d’en être parti.

Sur quels salons artistiques êtes-vous désormais présents ?

Nous sommes désormais impliqués dans la nouvelle constellation d’expositions d’art de Thomas Hug, MAZE, avec Art Gstaad et Art St. Moritz. Nous les soutenons avec un partenariat financier, et le premier MAZE / Art Awards F.P.Journe a été remis à Paris en novembre 2025 lors de MIRA. L’œuvre lauréate, “No limit do privado”, a rejoint les collections du Museo Reina Sofía, situé à Madrid. Nous sommes aussi présents au salon MAZE Design Basel qui a lieu dans la magnifique église Offene Kirche Elisabethen. Il y a peu d’exposants mais de très haut niveau.

Qu’est-ce que cela vous apporte ?

Une ambiance. Par ailleurs, je considère que je fais de l’art contemporain, même si l’horlogerie est un art plus ou moins fossile. Ce n’est pas comme au XVIII e siècle, quand les inventions servaient à quelque chose.

Aujourd’hui, l’art horloger s’apparente plutôt à l’apparat et à la bijouterie, même si nous faisons de l’horlogerie sérieuse. Je l’inscris dans l’art contemporain car mon essor dans l’horlogerie “ prêt-à-porter” est advenu en 1999, soit à la fin du XX e siècle.

vers de l’art et pas une marque industrielle. Je l’ai rencontré et il m’a proposé d’organiser le Prix Solo. Le but était qu’un jury d’experts choisisse une œuvre parmi les expositions d’artistes du salon et que nous l’achetions afin de la donner à un musée. Depuis le début de notre collaboration, une douzaine d’œuvres ont ainsi été offertes au MAMCO et au Fonds Municipal d’Art Contemporain de Genève. Parallèlement à cela, nous avons fait la même chose avec le Prix artmonte-carlo. Les œuvres étaient allouées au Nouveau Musée National de Monaco (NMNM).

Vous n’avez pas organisé le Prix artmontecarlo en 2025. Pour quelle raison ? Parce que l’édition 2024 était de très mauvaise

Le visage de vos montres est particulier : c’est vous qui les avez toutes dessinées depuis votre première création. Les considérez-vous comme des œuvres d’art ?

J’essaie de faire en sorte qu’elles le soient mais ce sont les autres qui peuvent en juger, pas moi. J’ai surtout essayé de faire quelque chose qui me plaisait en pensant que cela pourrait plaire à quelqu’un. En 1991, j’ai présenté mon premier tourbillon avec remontoir d’égalité à Bâle mais il n’a pas eu de succès. Heureusement, un de mes amis parisiens avait rédigé un article sur moi dans un magazine et avait mis ma montre sur la couverture. Grâce à cela, des clients privés m’ont commandé des modèles. Je comptais en fabriquer 12 mais je me suis lassé de refaire la même chose. J’ai donc créé deux montres que

L’œuvre “No limit do privado” de l’artiste brésilien Victor Fidelis reçoit le premier MAZE/Art Awards F.P.Journe lors de la foire MIRA à Paris, 2025.

j’ai livrées en 1994. L’une s’est vendue aux enchères en 2024. Mais même si cette esthétique a mis du temps à s’imposer, je ne voulais pas remettre en question ce que j’avais envie de faire et ce que j’aimais. J’ai attendu mon heure et elle est venue. Je n’ai jamais essayé de créer quelque chose pour un public en particulier. Il arrive que des clients me demandent de personnaliser des modèles mais généralement je refuse parce que cela n’apporte rien à la montre. Certains designers m’ont proposé leurs services, mais je tiens à faire entièrement mes propres montres. La Manufacture aura peut-être besoin d’un designer dans 30 ans mais pour l’instant, tout va bien.

Vous avez un sens de l’harmonie qui s’apparente à celui d’un artiste. Est-ce que vous dessiniez avant de créer des montres ? Quand j’avais 10 ans, je dessinais, je faisais de la peinture. Ma grand-mère m’emmenait visiter les musées de Marseille : j’ai toujours été imprégné par l’art. Quand je suis arrivé à Paris, je travaillais dans le Carré Rive Gauche avec mon oncle Michel. Nous évoluions dans un environnement d’antiquaires et de musées. Au début des années 1980, Catherine Cardinal a pris la charge des collections d’horlogerie, d’automates et d’astronomie du Musée des Arts et Métiers à Paris et nous a confié à tous les deux les collections en tant qu’horlogers. À partir de 1985, je m’en suis occupé seul car mon oncle est parti s’installer à Aix-en-Provence. Je me suis toujours intéressé à la peinture, à l’architecture et, en travaillant sur les pièces anciennes, j’essayais d’analyser pourquoi tel horloger travaillait de cette manière, comment il était arrivé à ce résultat, quelles étaient les bonnes proportions, etc. Il y a des règles dans l’art classique : quand on regarde un tableau, l’œil suit les directions, l’architecture voulue par le peintre. On peut faire un parallèle avec l’horlogerie.

Avez-vous gardé les peintures que vous avez réalisées lorsque vous étiez adolescent ? Oui, elles sont à Marseille. Je peignais les toits de la ville, des natures mortes, des scènes figura-

tives. Quand j’avais 13 ou 14 ans, j’avais fait un périple en Espagne et j’en étais revenu avec des scènes de corrida. C’était des copies imprégnées des affiches que j’avais vues là-bas, pas des créations. D’ailleurs, lorsque j’ai vu l’exposition Chardin, je me suis dit que je n’aurai jamais les moyens de m’en offrir un et j’ai peint un tableau “à la manière de Chardin”

De la même manière que vous aviez fabriqué un tourbillon parce que vous ne pouviez pas vous offrir un garde-temps signé Breguet ? Oui, exactement, je me suis fabriqué un Chardin (rires).

Avez-vous appris la technique de la peinture à l’huile ?

J’avais des amis peintres qui m’ont expliqué comment fabriquer mes couleurs, utiliser la térébenthine, les pigments, etc. Par rapport à des professionnels, je suis extrêmement lent : je vais mettre 20 fois plus de temps qu’eux pour terminer un tableau. Le dernier que j’ai peint est resté inachevé. Je n’ai pas pu le finir parce que je commençais à peindre à 21h, je finissais à 4h du matin et le lendemain, je devais aller travailler. Il faut savoir choisir, et comme je n’aurais pas pu vivre de ma peinture, j’ai continué dans l’horlogerie (rires)...

Êtes-vous collectionneur d’art ?

Non, je suis amateur mais pas collectionneur. J’achète ce qui me plaît, des coups de cœur. J’ai d’ailleurs acquis des œuvres lors de la dernière édition d’artgenève.

Des œuvres de l’artiste Baya exposées par la Richard Saltoun Gallery qui a reçu le Prix Solo ?

Non. La plupart du temps, je ne suis pas en adéquation avec le jury qui choisit les lauréats, ce qui prouve que je n’y comprends rien (rires).

Authenticité, Rareté et Talent, sont les valeurs que vous prônez depuis la création de votre société, or les premières lettres de ces mots forment l’acronyme “ART”. C’est un

Tourbillon Souverain N° 11/91 Première montre-bracelet à tourbillon et remontoir d’égalité.

mot qui revient beaucoup... Ce slogan a été trouvé par mes équipes, mais cela résume bien le travail que nous faisons. Retrouver toutes ces qualités dans l’horlogerie moderne, c’est assez rare. En revanche, elles foisonnent dans l’horlogerie historique, y compris chez des horlogers qui ne m’ont pas influencé. Il est des maîtres que je vénère, même s’ils n’ont pas été mes modèles.

Pouvez-vous donner des exemples ?

Par exemple Louis Berthoud, le neveu de l’inventeur de la chronométrie moderne, Ferdinand Berthoud. Il a fait un travail extraordinaire même si cela n’a plus rien à voir avec ce que nous faisons aujourd’hui parce qu’un chronomètre du XVIII e siècle ou même du début du XIX e est une mécanique archaïque.

Et en ce qui concerne l’esthétique, qu’est-ce qui vous inspire ?

L’esthétique de Ferdinand Berthoud est toujours très belle. Elle m’a influencé parce qu’elle ressemble à des compteurs à gaz industriels.

Dans l’horlogerie de l’époque, si l’on voulait positionner les aiguilles des heures, des minutes et des secondes au milieu du cadran, on devait faire des renvois avec des engrenages qui en traînaient des frictions. Or, quand on crée un

1

Tour à guillocher par Mercklein. Date de fabrication : 1780.

Matériaux: Fer, laiton, bois, acier, boyau.

Dimensions: H 218 x L 173 x P 112 cm.

Poids: 530 kg.

© Musée des Arts et Métiers, Cnam.

chronomètre, l’axe qui tourne en une minute est ici, celui qui tourne en une heure est là et celui qui tourne en une seconde occupe une autre position. Ferdinand Berthoud était très pragmatique : il plaçait la bonne aiguille sur l’axe qui lui correspondait. Inutile de s’ennuyer à faire des renvois qui allaient créer des frottements qui n’étaient pas nécessaires, d’où la présence de compteurs placés n’importe où. Leur position, et donc l’aspect du cadran, dépendait du mécanisme, pas d’un choix esthétique.

C’est une esthétique qui vous a plu. Avec le premier tourbillon que j’ai fabriqué et que j’ai dévoilé en 1991, j’avais rendu cinq hommages : le cadran posé à même la platine était inspiré de Ferdinand Berthoud, le tourbillon et les aiguilles d’Abraham-Louis Breguet, la cage du tourbillon a été dessinée à la manière d’Ernest Guinand en référence aux tourbillons de la deuxième partie du XIX e siècle en Suisse et j’ai fait un remontoir d’égalité parce qu’il s’agit du Graal de l’horlogerie. Ensuite j’en ai créé deux entièrement à la main, dont l’un a été vendu aux enchères en 2024.

Et puis lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois vous et moi, je venais de lancer la version prêt-à-porter de mes tourbillons qui était un peu plus calme : ils étaient fabriqués dans le même esprit, mais en série et non pas à la main. Je suis inspiré par l’horlogerie historique mais pas par l’esthétique du XX e siècle parce que je n’étais pas très réceptif à l’art de cette époque.

Y a-t-il des œuvres horlogères anciennes dont l’aspect vous plaît en particulier ?

Le dessin du tour à guillocher de Louis XVI ( 1) , qui est au Musée des Arts et Métiers et qui est prodigieux de beauté, par exemple. Quand on regarde l’architecture d’une montre de Breguet, ou une œuvre d’Antide Janvier, on se rend compte qu’ils furent probablement les premiers designers mécaniques dans l’horlogerie. Il y a deux ou trois ans, j’ai acheté une montre de Josiah Emery chez Antiquorum. Il fut un temps où tout le monde se battait pour les posséder et aujourd’hui elles ne valent plus grand-chose. Les montres de Josiah Emery ont une certaine esthétique qui me plaît.

Vous avez acheté cette montre à cause de sa beauté ?

J’avais acheté l’une de ses montres il y a 45 ans, mais j’avais dû la revendre pour financer THA (Techniques Horlogères Appliquées, l’atelier créé par François-Paul Journe à Sainte-Croix en Suisse dans les années 1980 pour développer des mouvements horlogers). C’est magnifique une montre de Josiah Emery ! Peut-être pas autant que celles de Breguet, les pendules Lépine ou de Janvier mais c’est un dessin d’art.

Photo Franck Botté.

Introduction_

Young Talent Competition 2025

Alexis Fruhauff Pendule à Seconde

29 ans - Paris - France - Diplômé du Lycée Diderot de Paris, France - Juin 2022

Le projet prend naissance en 2022 lors de ma dernière année d’études en DNMADe (Diplôme National des Métiers d’Art et du Design) au lycée d’horlogerie de Paris, où je découvre les pièces de maîtrise de très grande qualité réalisées par les élèves à la fin du XIX e siècle. Après l’obtention du diplôme, le projet est retravaillé et complexifié, en y ajoutant des inspirations des travaux de l’horloger français Antide Janvier, dont j’affectionne tout particulièrement les réalisations atypiques et reconnaissables. Conception et réalisation_

La Pendule à Seconde a été pensée à partir d’une feuille blanche: aucun composant n’a été repris d’un projet antérieur, et l’outillage lui-même a été entièrement conçu et fabriqué pour réaliser les différentes pièces. Le travail s’est étalé sur une période de trois années, en parallèle de ma formation. Le régulateur est réalisé de manière conventionnelle en mélangeant des techniques modernes et traditionnelles : travail à la lime, tournage sur Schaublin 102 et tour d’horloger 8 mm, fraisage sur Aciera F3, usinage sur machine à pointer Hauser 2BA. Tous les composants sont démontables, facilitant l’entretien, la transmission ou une décoration ultérieure.

Architecture horlogère_

Le mouvement suspendu sur potence repose sur un échappement à détente pivotée à coup perdu, inspiré d’un travail de l’horloger français Paul Garnier combinant denture et chevilles. Seule la palette de droite transmet l’impulsion ; une palette opposée assure une fonction de sécurité. Les chevilles sont usinées dans un alliage moderne, “Hardiall ® ”, qui offre auto-lubrification, légèreté et excellente résistance à l’usure. Le balancier, monté sur tige Invar, est démontable. Il est muni d’un système de lentilles vissées ainsi que d’un réglage du point mort au pas métrique fin, permettant une grande précision d’ajustement. L’énergie est transmise par deux barillets montés en symétrie et à Croix de Malte, reprenant la philosophie des chronomètres de marine de Breguet afin de pallier au système de la fusée-chaîne et d’obtenir un système de force constante nécessaire à un échappement à détente. Chaque barillet comprend un couvercle vissé à repositionnement isostatique, un crochet externe et des axes en acier trempé, assurant une concentricité parfaite et une usure maîtrisée. Le rouage a été entièrement fabriqué à la main. Les pignons sont taillés, trempés, revenus bleus, polis au buis, puis retournés “entre-pointes” pour garantir la concentricité des portées. Des piqûres latérales et portées coniques étranglées favorisent la rétention d’huile. Les roues, vissées sur les mobiles, sont surdimensionnées comme dans les calibres école, pour permettre des réparations ou décorations ultérieures. Les rochets et cliquets, légèrement redessinés pour un meilleur confort au désarmage, conservent l’esprit “école”. Leurs faces sont adoucies et leurs dessous décaissés pour éviter l’abrasion de la platine.

Boîte et cadran_

Deux options ont été étudiées pour la boîte : une version en bronze doré et une version en bois massif de merisier, finalement retenue. Inspirée des cages de l’ébéniste Jean-Ferdinand Schwerdfeger pour Antide Janvier, elle a été dessinée après le diplôme avec l’aide de Stéphane Girardot - antiquaire parisien spécialisé en horlogerie ancienne, pour respecter les justes proportions de la pendulerie française de la fin du XVIIIe siècle. L’ensemble est démontable en trois parties (socle, cadre, chapeau), et inclut une porte à secret. Le cadran, en laiton gravé main et argenté, est monté via une fixation invisible, un véritable défi technique. Il est ac-compagné d’une plaque de mesure d’amplitude du balancier, également gravée, permettant de visualiser précisément le fonctionnement du pendule.

Spécifications techniques_

Dimensions : 55 × 32 × 23 cm / Poids : environ 7 kg / Échappement : détente pivotée à coup perdu, palettes acier et Hardiall ® / Balancier : tige en Invar, lentilles vissées, filetage métrique fin / Barillets : double barillet à Croix de Malte, couvercles vissés, axes acier trempé / Pignons : polissage au buis, bleuis, taillés et finis à la main / Roues : épaisseurs surdimensionnées, vissées / Rochets et cliquets : redessinés, décaissés, usinés main / Boîte : merisier massif, démontable, porte à secret / Cadran : laiton gravé main, argenté, fixation invisible / Finitions : travail traditionnel à la lime, sur Schaublin 102, Aciera F3, Hauser 2BA.

AVEC LE SOUTIEN DE:

Depuis 2015, la Young Talent Competition permet de découvrir les apprentis les plus talentueux au monde qui engendreront la prochaine génération d’horlogers et de les soutenir sur la route de l’indépendance en mettant leurs créations en lumière.

F.P.Journe organise la Young Talent Competition avec le soutien de The Hour Glass Singapour, ambassadeur de l’horlogerie de luxe pour la région Asie Pacifique. Chacune des 2 Maisons partage les mêmes objectifs, soutenir l’art de la haute horlogerie et la reconnaissance du travail artisanal.

François-Paul Journe dit: “Il est important pour moi, non seulement de découvrir les talents horlogers de demain mais également de perpétuer l’art de la haute horlogerie indépendante et de transmettre mon savoir-faire de plus de 40 ans d’expérience. C’est égale-

Alexis Fruhauff , lauréat 2025 et créateur de la Pendule à Seconde .

ment un réel honneur d’encourager ces jeunes talents en partageant ma connaissance de la vraie horlogerie, ma passion et ma détermination au quotidien. Et également de les soutenir comme j’ai été soutenu à leur âge.”

Le lauréat de la Young Talent Competition 2025, Alexis Fruhauff, a reçu son prix le mardi 1er avril à la Manufacture F.P.Journe, un diplôme et un chèque de 50’000 CHF offert par The Hour Glass et F.P.Journe pour

acquérir des outils ou financer un projet horloger. Le jury de la Young Talent Competition est composé de personnalités clés de la scène internationale horlogère : Philippe Dufour, Andreas Strehler, Giulio Papi, Marc Jenni, Michael Tay, Elizabeth Doerr et François-Paul Journe. Leurs critères de sélection sont basés sur l’originalité du concept, la complexité technique, la beauté du design ainsi que la qualité des finitions et du travail artisanal.

Man of the Hour

Un regard sur l’œuvre de François-Paul Journe

INVENIT ET FECIT

Présenté et imaginé par Wei Koh, fondateur de Revolution Watch, le premier épisode de la série documentaire Man of the Hour, diffusée par Warner Bros. Discovery HBO, explore le parcours de François-Paul Journe. Des origines aux rencontres et périodes décisives, on découvre progressivement comment ce parcours a façonné sa manière de créer.

Le récit s’ouvre à Paris. Les années de formation auprès d’un oncle restaurateur, puis la charge de l’entretien et du remontage de la collection d’horlogerie du Musée des Arts et Métiers, permettent une relation directe aux chefs-d’œuvre du XVIIIe siècle. Cette proximité avec les régulateurs, chronomètres de marine et mécanismes à force constante nourrit une philosophie. Pour mieux prolonger l’histoire, il faut d’abord la connaitre et la comprendre.

À Genève, la caméra traverse la Manufacture et ses ateliers. La devise Invenit et Fecit se comprend dans la verticalisation des savoir-faire :

mouvements en Or rose 18 ct. conçus et réalisés en interne, cadrans exécutés par les Cadraniers de Genève, boîtiers produits par les Boîtiers de Genève, deux entités propriété de la marque. Cette maîtrise de chaque étape traduit une conviction, concevoir n’a de sens que si l’on fabrique. L’attention portée aux finitions et à la précision de l’assemblage révèle un écosystème où tous les artisans travaillent de concert.

De nombreux témoignages éclairent la ténacité d’une vision et la force de liens tissés dans la durée. On saisit mieux ce qui relie l’idée à la montre, et la montre à celui qui la portera : une exigence partagée par tous et à chaque étape de sa création.

Cet épisode offre une nouvelle lecture d’un univers, des racines parisiennes à l’indépendance genevoise, de l’héritage des maîtres à la pratique quotidienne d’une Manufacture qui assume, pièce après pièce, la responsabilité d’inventer et de faire.

Pose de la plaque RnD Unit F.P.Journe Charity Fund à l’Institut du Cerveau

PARIS

Plaque de la “RnD Unit F.P.Journe Charity Fund” à l’Institut du Cerveau.

Le 30 juin 2025, la plaque “RnD Unit F.P.Journe Charity Fund” a été inaugurée à l’Institut du Cerveau, situé au cœur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Cet événement prolonge plus de vingt ans de parte-

nariat entre F.P.Journe et l’Institut, qui reçoit 30% des profits de la vente de chaque Centigraphe depuis 2008, avec une conviction partagée : mettre l’innovation au service de la recherche en neurosciences.

Depuis sa création en 2022, la RnD Unit accompagne les équipes scientifiques, les autres plateformes de l’Institut du Cerveau et les start-ups incubées dans l’invention d’outils sur mesure. D’abord concentrée sur un nombre limité de projets, elle a progressivement structuré ses missions autour de quatre domaines clés : conception mécanique, développement électronique, programmation et design.

Ce soutien additionnel a permis d’accélérer cette évolution, en dotant l’unité de compétences et d’outils stratégiques. L’arrivée d’un ingénieur firmware spécialisé en développement embarqué temps réel, combinée à l’acquisition d’un centre d’usinage CNC, d’une découpeuse laser et d’une fraiseuse à por-

tique, a considérablement élargi son champ d’action. Ces moyens permettent aujourd’hui à l’équipe de passer plus vite de l’idée à la réalisation, en livrant aux chercheurs des solutions adaptées, prêtes à être intégrées dans leurs protocoles avec la fiabilité requise.

Lors de la cérémonie, le Professeur Gérard Saillant et François-Paul Journe étaient entourés de l’équipe de la RnD Unit : Charly Rousseau, Responsable scientifique ; Pierre Tissier, Responsable opérationnel ; Zenneddine Ajili, Ingénieur firmware ; Lucile Lebègue Ingénieure conception mécanique et Pierre Pavlov, Ingénieur électronique.

Après la visite des installations, la plaque a été dévoilée devant l’atelier. Un moment à la fois symbolique et tourné vers l’avenir, qui officialise la fonction clé de la RnD Unit dans l’appui aux projets scientifiques et qui marque une nouvelle étape dans l’engagement durable de F.P.Journe à ses côtés.

François-Paul Journe et Wei Koh dans les rues de Genève.

F.P.Journe partenaire de l’équipe MB Polo Brunei

SOTOGRANDE ESPAGNE

Chaque été, l’Andalousie devient le centre du monde du polo. Le 54e Tournoi International de Sotogrande, l’un des rendez-vous les plus prestigieux du calendrier, attire les meilleures écuries de la planète sur les terrains impeccables de l’Ayala Polo Club.

Pour la Copa de Plata Terralpa 2025, dans la catégorie reine du High Goal, MB Polo Brunei a su transformer son ambition en résultats, jusqu’à valider son ticket dans le cercle fermé des demi-finalistes.

Autour de SAR le Prince Mateen Bolkiah, la formation alignait trois talents parmi les plus respectés de la discipline : Pablo Mac Donough (handicap de 9), véritable légende du sport, Lucas Monteverde (8), référence de l’école argentine, et Rosendo Torreguitar (5), joueur infatigable et créatif. Avec un handicap total de 22, MB Polo Brunei était placé comme l’un des candidats sérieux au titre.

Dès son entrée en lice, l’équipe a signé une victoire serrée face aux Black Bears (9-8),

confirmant son engagement, sa cohésion et sa capacité à gérer les moments de tension. Cette dynamique l’a portée jusqu’en demi-finale contre Amanara, l’un des adversaires les plus redoutés du tournoi, où elle s’est inclinée 11-14. Au-delà du résultat, MB Polo Brunei confirme sa montée en puissance, avec une étape de plus pour une équipe qui construit et qui progresse.

celui-ci a choisi de porter pour ses prochains matchs.

Pour le Prince et ses coéquipiers, cette édition 2025 a valeur de jalon. MB Polo Brunei confirme sa place au rang des grandes écuries et affiche déjà la détermination d’aller plus loin lors des prochaines compétitions.

Présent à Sotogrande, François-Paul Journe a remis au Prince Mateen une Automatique

F.P.Journe Le Restaurant Retour sur les temps forts

Ouvert en novembre 2023, F.P.Journe Le Restaurant est né de la rencontre entre François-Paul Journe et le chef Dominique Gauthier. Un lieu où la Haute Gastronomie rencontre la Haute Horlogerie, dans le cadre historique soigneusement restauré de l’ancienne brasserie Bavaria.

En moins d’un an, le restaurant a été distingué par une étoile au Guide Michelin et par une note de 16 20 au Gault&Millau. En mars 2024, Dominique Gauthier a également reçu le Mérite Culinaire Suisse, saluant son parcours et son engagement pour la cuisine helvétique. L’année 2025 confirme cet élan. En mai, F.P.Journe Le Restaurant a rejoint le cercle prestigieux des Grandes Tables Suisses, réunissant les établissements qui dé-

GENÈVE

fendent avec constance la qualité, la créativité et la transmission du savoir-faire culinaire. Cette nouvelle reconnaissance vient consolider la place du restaurant sur la scène gastronomique locale et internationale.

Porté par une équipe soudée, où le service de Pascal Brault et la sélection de vins de Bogdan Tand prolongent l’expérience, le lieu séduit par son identité claire et affirmée. Des plats signature, tels que les scampis en kadaïf aux agrumes et basilic, sont devenus emblématiques de cette identité. Les distinctions reçues et l’enthousiasme des convives témoignent d’un succès construit avec exigence et passion, confirmant la solidité d’un projet qui s’inscrit durablement dans l’identité de la Maison.

De gauche à droite, Lucas Monteverde, Amélie Lefévère, François-Paul Journe, SAR le Prince Mateen Bolkiah, Rosendo Torreguitar, Pablo Mac Donough et Shawn Mehta.
SAR le Prince Mateen Bolkiah sous les couleurs de MB Polo Brunei
François-Paul Journe et SAR le Prince Mateen Bolkiah.
Dominique Gauthier et François-Paul Journe devant l’entrée du restaurant, membre des Grandes Tables Suisses depuis 2025.

Kevin Rabin vainqueur de l ’Asian Le Mans Series 2026

SEPANG - DUBAÏ - ABU DHABI

Passionné de sport automobile depuis son plus jeune âge, Kevin Rabin débute les compétitions de karting à l’âge de 12 ans. Pendant 4 ans, il participe à de nombreuses épreuves en catégories junior puis senior, notamment le championnat suisse, l’Euro Series, Champions of the Future, WSK ou encore l’IWF Warrior 2022, mondiaux disputés sur le circuit du Mans. Il remportera plusieurs courses et compétitions sur les circuits de karting à travers l’Europe, en Suisse, en Belgique, en France, en Espagne, en Italie et au Portugal.

Kevin consacre l’année 2023 pour travailler son pilotage en Formule Renault, Lamborghini Trofeo et Nova Proto NP02. Comme il n’a pas encore 16 ans, il ne peut obtenir sa licence pour débuter en compétition. Sa catégorisation FIA est toutefois déjà établie et, dès qu’il pourra prendre le départ d’une épreuve, ce sera en catégorie Silver. Il choisit la voie de l’endurance en prototype.

Peu après son 16 e anniversaire, une première opportunité se présente pour entrer dans le monde de la course d’endurance. Engagé dans le championnat Prototype Winter Series, 8 courses de 50 minutes, qu’il dispute seul au volant d’une Nova NP02 sur les circuits d’Estoril, Portimão, Aragón et Catalunya, Kevin remporte le championnat 2024 dans sa catégorie NP et termine 2e du classement général toutes catégories. Il poursuit ensuite la saison, appelé par de nouveaux teams, et se distingue notamment lors d’une qualification sur le circuit d’Hockenheim, où il signe la pole position sous une pluie battante avec plus de 2 secondes d’avance.

Ambassadeur de la collection lineSport, Kevin est le fils de Philippe Rabin, associé de François-Paul Journe et cofondateur de Montres Journe SA. À 18 ans, il porte fièrement les couleurs de F.P.Journe et les hisse sur les podiums internationaux. Il vient de remporter le championnat de l’Asian Le

Mans Series 2026, une compétition disputée par équipages de 3 pilotes et composée de 2 courses d’endurance de 4 heures sur chacun des 3 circuits. Le championnat a débuté par une victoire à Sepang, en Malaisie, suivie de plusieurs podiums sur les circuits de Dubaï et de Yas Marina à Abu Dhabi, qui lui ont permis de décrocher le titre.

Après cette victoire majeure, Kevin poursuivra sa saison en pilotant sa LMP3 sur plusieurs grands circuits européens qui ont accueilli la Formule 1, notamment Barcelone, Le Castellet, Spa-Francorchamps, Silverstone et Portimão. Il roulera une nouvelle fois sur le circuit du Mans en prologue de la course des 24h à laquelle il espère bien participer un jour.

Il est possible de suivre son évolution en direct ou en replay sur les chaînes YouTube des championnats @LeMansCup et @AsianLeMansSeries, tandis que ses actualités sont à retrouver sur son compte Instagram et sa chaîne YouTube:

F.P.Journe soutient la Fondation Culturelle Musée Barbier-Mueller

Depuis plus de quinze ans, la Fondation Culturelle Musée Barbier-Mueller œuvre à la préservation de cultures menacées. En soutenant des recherches de terrain, elle documente des sociétés où les traditions orales et rituelles sont fragilisées par de profondes mutations. Les livres issus de ces enquêtes en préservent la mémoire et en diffusent les savoirs.

En 2025, la Fondation a consacré ses travaux aux Kanak avec deux ouvrages. “ Les Kanak de Nouvelle-Calédonie. Cosmologie et échanges en pays Paicî-Cèmuhî ” présente les recherches de la Dre Claude Grin, initiées avec le Pr Alban Bensa, et met en lumière le

Ouverture de la soirée par la pianiste Paloma Manfugas.

rôle de la cosmologie et des rituels dans l’organisation sociale. “ Toé, la monnaie sacrée et le cachalot géant ” propose aux jeunes lecteurs une introduction accessible aux récits de la culture kanak.

Ces publications ont été accompagnées à Genève par plusieurs rencontres, dont une soirée au Théâtre Les Salons le 18 novembre avec la Dre Claude Grin et deux représentants kanak, TrotroYmeResh et Hiandjing Pagoubanehote. Conférences, lectures et démonstrations au Musée Barbier-Mueller ont ensuite permis de découvrir différentes expressions de l’art kanak.

Danse rituelle interprétée sur scène par TrotroYmeResh.

Kevin Rabin et son trophée de Champion de l’Asian Le Mans Series 2026.
L’équipe victorieuse, constituée de Paul Lanchère, Kevin Rabin et Alexander Jacoby, avec Nicolas Lapierre, Team Principal de CLX Motorsport.
Kevin Rabin au volant de la LMP3 CLX Motorsport #17.

2025, un millésime remarquable

< Phillips – New York 6 -7 décembre 2025

Coppola, 42 mm en platine, heures digitales instantanées indiquées par les doigts animés d’une main en titane, cadran des minutes tournant.

Sotheby’s
Christie’s

Le tour du monde en 365 jours 2025

Les fins de journées apéritives F.P.Journe

Boutiques et Maisons F.P.Journe

Tous les premiers mardis du mois, les Boutiques et Maisons F.P.Journe accueillent collectionneurs et passionnés pour un moment de partage. Ces rencontres, organisées simultanément dans le monde entier, permettent de découvrir les dernières actualités et d’échanger librement avec les équipes autour de thèmes chers à la Manufacture.

MAZE Art Gstaad

Gstaad / 14 — 16 février

Pour sa deuxième édition, MAZE Art Gstaad a fédéré 35 galeries internationales sous la toile du Festival-Zelt, au cœur du village bernois. Le salon a proposé un dialogue entre art moderne, contemporain et design, avec des noms comme Pace, Mennour, Landau Fine Art ou la Galerie De Jonckheere. Partenaire de l’événement, F.P.Journe a confirmé son soutien à ce rendez-vous où se rencontrent les époques et les disciplines.

Collectors’ Journey LATAM

Genève / 5 7 mai

Pensés comme des voyages sur mesure, les Collectors’ Journeys donnent rendez-vous à des collectionneurs autour de l’univers F.P.Journe. En mai, un groupe venu du Brésil a découvert la Manufacture, les Cadraniers et les Boîtiers de Genève ainsi que la Boutique, tout en partageant des moments de convivialité liés à la culture suisse, de la gastronomie au patrimoine local. Trois journées d’immersion qui rapprochent du savoir-faire et de l’esprit de la Maison.

F.P.Journe Le Restaurant Grandes Tables Suisses Genève / 11 mai

F.P.Journe Le Restaurant a fait son entrée aux Grandes Tables Suisses, rejoignant ainsi une sélection d’établissements emblématiques de la gastronomie helvétique. Aux commandes, le chef Dominique Gauthier défend une cuisine de précision, attentive aux saisons et aux produits locaux. Cette distinction confirme la place du Restaurant dans le paysage genevois et transpose, à table, l’exigence qui caractérise la Manufacture.

Prix Solo artgenève – F.P.Journe

Genève / 29 janvier

À l’occasion de la 13 e édition d’artgenève, le Prix Solo artgenève - F.P.Journe a été attribué à la Richard Saltoun Gallery, sélectionnée parmi les 26 stands de la section Solo. La galerie londonienne y présentait une exposition consacrée à l’artiste algérienne BAYA (1931-1998), figure qui a marqué la scène artistique du XX e siècle par son univers coloré et onirique. L’œuvre récompensée, The Dawn and the Fish (1976), a été acquise par F.P.Journe et offerte au MAMCO Genève.

Trilogie Chronométrique

Miami / 21 — 22 février

New York / 16 18 mai

Los Angeles / 10 11 octobre

Les Maisons F.P.Journe des États-Unis ont réuni leur communauté autour de la Trilogie Chronométrique, une série d’événements consacrée aux trois modèles qui expriment la recherche de précision de F.P.Journe : le Chronomètre à Résonance, le Chronomètre Souverain et le Chronomètre Optimum. Chaque Maison a porté un chapitre de cette trilogie, en présentant des garde-temps uniques prêtés par des passionnés. Certaines pièces n’avaient encore jamais été montrées ensemble, et ne le seront sans doute plus.

Dîner Huntsman - L’ art du tailleur

Londres / 14 mai

La Boutique de Londres a convié ses invités chez Huntsman & Sons, au 11 Savile Row, pour une soirée autour de l’art du tailleur. Fondée il y a plus de 175 ans, cette maison mythique incarne un savoir-faire transmis à travers des générations, des cours royales à Hollywood. Après une présentation dans le showroom historique, un dîner s’est déroulé à Notting Hill, en collaboration avec le restaurant The Fat Badger.

Coupe de Golf F.P.Journe

Genève / 15 juin

La 12 e Coupe de Golf F.P.Journe s’est tenue au Golf Club de Genève, avec 148 joueurs autour de la formule Greensome Stableford. L’événement a pris des allures de fête estivale, animée notamment par la présence du chef Dominique Gauthier, installé au turn, où il servait l’un de ses plats signatures, ainsi que par la participation de collectionneurs venus des États-Unis avec l’équipe de la Maison de New York. La journée s’est terminée par la remise des prix assurée par François-Paul Journe.

Week-end en Bourgogne

Beaune / 27 29 juin

Un groupe de collectionneurs de la Boutique de Paris a fait le déplacement en Bourgogne pour un programme de visites privées dans plusieurs domaines de renom. De Beaune à Meursault, ils ont dégusté des vins d’exception au Domaine Felettig, chez Michelot et au Clos du Moulin aux Moines. Le moment fort fut l’accès exceptionnel aux caves d’Henri Boillot, habituellement fermées au public.

MAZE Design Basel

Bâle / 24 juin

F.P.Journe a contribué au lancement de Maze Design Basel, organisée dans l’église néo-gothique Elisabethen. Le salon a regroupé des galeries de design international parmi les plus pointues, de Thomas Fritsch (Paris) à Thomsen Gallery (New York), en passant par Kreo et Gastou. Entre pièces iconiques des années 1950 et créations contemporaines, les visiteurs ont découvert des œuvres de Philippe Hiquily, Pierre Charpin ou Philippe Starck.

Soirée d’été F.P.Journe

Genève / 11 juillet

L’Hôtel Président Wilson a accueilli les équipes de la Manufacture, de la Boutique, des Cadraniers et Boîtiers de Genève pour la traditionnelle soirée d’été. L’édition 2025 célébrait les 25 ans de l’entreprise et a rappelé l’importance de ces moments partagés, où l’ensemble des collaborateurs se retrouve pour se remémorer les temps forts de l’année.

On the Road

Vancouver / 27 août

La Maison de Los Angeles s’est rendue à Vancouver pour une étape de son programme On the Road. Cette initiative, pensée pour aller à la rencontre des collectionneurs à travers le monde, faisait halte pour la première fois dans l’ouest canadien. Accueillis au restaurant El Santo, les invités ont découvert les dernières créations F.P.Journe et échangé autour de l’histoire et de la philosophie de la Manufacture.

Coupe de Golf féminine F.P.Journe

Genève / 23 septembre

Pour la première fois depuis sa création, la traditionnelle Coupe de Golf féminine F.P.Journe qui se déroulait au Golf Club de Genève, sur la commune de Vandœuvres, a dû être interrompue en raison du mauvais temps. En présence des cinquante participantes, les prix ont été attribués sous la forme d’un tirage au sort en fin d’après-midi, suivi d’un apéritif.

Célébrations de Noël

Hong Kong / 9 12 décembre

À l’occasion des fêtes de fin d’année, la Boutique F.P.Journe Hong Kong a réuni ses collectionneurs lors de rencontres, entre déjeuners, dîners et réception à la Boutique. Ces rendez-vous ont permis de renforcer les liens avec les collectionneurs, dans un cadre discret, propice aux échanges autour de l’univers et du savoir-faire de la Manufacture.

Royal Charity Polo Cup

Windsor / 11 juillet

F.P.Journe était présent à la Royal Charity Polo Cup, au Guards Polo Club à Windsor, comme partenaire parmi les sponsors de cet événement philanthropique.

La journée a réuni l’équipe U.S. Polo Assn., dans laquelle a joué le Prince de Galles, et d’autres joueurs invités, dans un tournoi à rotation serrée. Les fonds recueillis, plus d’un million de livres, ont été reversés à dix associations soutenues par la famille royale.

Cours d’horlogerie HSNY

New York / 12 juillet

La Maison de New York a proposé deux ateliers de découverte horlogère en partenariat avec la Horological Society of New York. Guidés par Steve Eagle, directeur pédagogique de la HSNY, les participants ont démonté puis remonté un mouvement, découvrant étape après étape la logique d’une mécanique traditionnelle.

WatchPro USA Awards - Chronomètre Furtif

New York / 10 septembre

Le Chronomètre Furtif a remporté le prix de la “Best Independent Watch” aux WatchPro USA Awards 2025, organisés à New York en présence de la presse spécialisée et de nombreux acteurs de l’industrie. Présenté quelques mois plus tôt, ce modèle introduit un matériau inédit chez F.P.Journe, le carbure de tungstène, et le nouveau Calibre 1522 en Or rose 18 ct. à remontage manuel avec une trotteuse centrale.

MAZE / Art Awards F.P.Journe

Paris / 14 novembre

F.P.Journe a inauguré le premier MAZE/Art Awards F.P.Journe lors de MIRA Paris, organisé à la Maison de l’Amérique latine, en récompensant l’artiste brésilien Victor Fidelis pour “ No limit do privado” (2025, Galerie Verve, São Paulo). Ce nouveau prix, qui s’inscrit dans la constellation MAZE, marque une nouvelle étape dans l’engagement de F.P.Journe en faveur de la création artistique.

Galerie Nationale d’Art Moderne et Contemporain

Rome / 1 er décembre

Poursuivant son soutien en faveur des arts, F.P.Journe a acquis une œuvre de l’artiste suisse Philippe Cramer et en a fait don à la Galerie Nationale d’Art Moderne et Contemporain de Rome. Intitulée Aeternus Eternus II, cette impressionnante assise en granit noir a intégré les collections permanentes du musée lors de son gala annuel. À la fois sculpture et objet fonctionnel, l’œuvre de Philippe Cramer, inspirée du ruban de Möbius, évoque l’éternité et le cycle de la vie tout en invitant le public à une expérience contemplative et interactive.

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