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Syndicats FGTB n° 19 - 2016

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N°19 • BIMENSUEL • 70ème année

11 NOVEMBRE 2016 • Éd. BRUXELLES

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Bureau de dépôt : Charleroi X Abonnements : 02/506 82 11 Rédaction : 02/506 82 44 - 02/506 83 11 syndicats@fgtb.be Ed. resp. : R. De Leeuw • Rue Haute, 42 • 1000 Bruxelles

SOMMET CLIMAT

Sauvons la planète Changeons le monde

Notre bien-être et notre prospérité sont intimement liés à la santé de notre planète. Ce Syndicats « vert » marque à travers toutes ses pages l’importance que votre syndicat accorde au développement durable.

SEXISME

SANTÉ

Au boulot comme à la maison

53% de travailleurs en surpoids

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RÉGIONS

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

NAMUR

NAMUR/LUXEMBOURG La Centrale Alimentation Horeca Services (FGTB HORVAL) de Namur-Luxembourg informe tous ses affiliés qu’à dater du 1er janvier 2017, les taux des cotisations syndicales s’élèvent comme suit: TAUX MENSUEL DES COTISATIONS À PARTIR DE JANVIER 2017 H/F Actifs temps plein

15,40e

Actifs temps partiel

13,15e

Chômeurs

10,50e

Prépensionnés

13,00e

Pensionnés

3,10e

BRABANT WALLON

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BRUXELLES

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

@ www.viguier.com/fr

«Bruxelles en 2025. Une ville durable? Imaginez!»

Imaginez. Nous sommes le 10 novembre 2025. Bruxelles s’éveille.

L

es rues sont calmes. Les calèches de l’Agence BruxellesPropreté procèdent au retrait des déchets ménagers. Vélos et passants profitent des nouveaux aménagements de voiries réalisés par la Région. Les trottoirs sont larges. Des rues, parallèles aux grands axes, ont été exclusivement réservées aux vélos. Des zones piétonnières ont été créées au sein de chaque quartier. Et de nombreux arbres ont été plantés: un par nouveau-né, pour être exact. Une décision prise par le gouvernement de la région bruxelloise dans la foulée des élections régionales de 2019…

Du reste, peu de voitures. Pas de camions. Qu’il est loin, le temps où Bruxelles était engluée dans des problèmes de mobilité! Des parkings de dissuasion ont été créés à proximité des stations de métro situées aux frontières de Bruxelles. Une coopération renforcée entre la STIB, TEC et De Lijn a été mise en place, afin de rationaliser les déplacements entre Bruxelles et sa périphérie. Les lignes de métro ont été étendues. Un réseau-pilote de petits centres de distribution urbaine multimodaux a été développé. Les voitures de société ont l’obligation d’être partagées. L’utilisation du réseau ferroviaire et fluvial a été favorisée pour le transport de marchandises. Oui. La Senne revit. Et pas seulement pour le transport de marchandises: «dévoûtée» jusqu’à la place Sainte-Catherine, elle se laisse découvrir. Des espaces verts épousent sa silhouette. Une piscine à ciel ouvert, réalisée dans la Senne même, permet d’en profiter pleinement. Et nous, travailleurs bruxellois en profitons… parce que nous avons du temps: l’expérience de réduction collective du temps de travail menée à l’Agence régionale BruxellesPropreté a été couronnée de succès: Tous les services publics bruxellois ont donc suivi. Certaines entreprises du privé marchand ont emboité le pas. Le taux de chômage est certes encore loin d’être résorbé. Mais la mise en place de ce dispositif a pu créer suffisamment d’emplois pour le faire baisser fortement. Il est désormais largement inférieur au taux de chômage d’Anvers… et de Gand.

Conséquence de cette libération du temps, la création d’activités solidaires et citoyennes explose : potagers collectifs, potagers urbains en espace public, forum d’idées, murs d’expression, comités de quartiers, initiatives d’achat groupé et ressourceries se multiplient. La vie de la Cité est réinvestie par tout un chacun: une collectivité consciente de la nécessité de préserver notre environnement; de consommer moins mais mieux; de consommer mieux et local. L’économie participative et collaborative prend de l’ampleur. Il en va de même pour l’économie circulaire. Les déchets urbains sont désormais transformés en ressources industrielles. Autant de réalisations qui résultent, notamment, de la mise en œuvre de l’Alliance Emploi – Energie exigée et relancée par les interlocuteurs sociaux. Objectif: créer des emplois durables, de qualité et non-délocalisables, dans le respect de notre environnement. En 2025, la démonstration n’est plus à faire. Le nombres d’emplois dans la construction/rénovation durable, par exemple, a explosé. Une rénovation globale de la Ville, en particulier sur le plan de l’efficacité énergétique, a été initiée, visant l’amélioration de la qualité du bâti bruxellois dans les secteurs du logement et des bâtiments administratifs. La réduction des consommations d’énergie et de CO2, l’amélioration du confort des occupants de ces bâtiments et le renforcement de la demande (privée et publique) de travaux de rénovation ont permis de maintenir / développer l’emploi au niveau local. Oui. Bruxelles, capitale de l’Europe, est, en 2025, un exemple de «Ville durable». Sa métamorphose, la rapidité avec laquelle celle-ci s’est réalisée et cette détermination politique impressionnent. Et ce n’est qu’un début… Certes, tout ceci n’est qu’une fiction. Mais est-ce irréaliste? Le mot de la fin à Nelson Mandela: «It always seems impossible until it’s done».

L’embrouille climatique pour les nuls! Le saviez-vous? …Le trou dans la couche d’ozone n’a rien à voir avec le réchauffement climatique! Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il n’y a pas de lien direct entre ces deux phénomènes. La cause du réchauffement de notre planète, ce sont les gaz à effet de serre. Quant au trou dans la couche d’ozone, il résulte de chlorofluorocarbure (gaz à effet de serre), exposant la vie sur terre aux rayons UV nocifs. …La production de ciment contribue considérablement aux émissions de gaz à effet de serre. Outre la déforestation, l’élevage de bétail et la combustion de combustibles fossiles, la production de ciment contribue considérablement aux émissions de gaz à effet de serre et donc au réchauffement climatique. …En Belgique, l’émission des gaz à effets de serre la plus importante ne provient pas du trafic automobile. En Belgique, seul 1/5ème du CO2 (le gaz à effet de serre le plus important) provient du secteur du transport. Les secteurs comme l’énergie, l’industrie et le chauffage sont, ensemble, responsables de presque toutes les émissions. … La montée du niveau de la mer est loin d’être le changement climatique qui menace le plus la Belgique. La montée du niveau de la mer ne constituera une réelle menace pour la Belgique que vers l’année 2100. Vers l’année 2030, en revanche, les premiers grands groupes de réfugiés climatiques débarqueront et, vers l’année 2050, les récoltes belges seront affectées. La mer dans notre arrière-cour, ce n’est donc pas encore pour tout de suite! …En ce moment, la température de la terre a seulement augmenté d’un demi degré, comparée au début du siècle précédent. Selon les prévisions les plus optimistes, la terre réchauffera d’environ 2°C vers l’année 2100. Donc, en ce moment, nous n’avons pas encore fait la moitié de ce chemin... C’est prometteur! … Nous devons sauver notre planète, puisque elle est la seule à notre disposition! Cette contribution est basée sur le forum «Les jeunes face aux changements climatiques» organisé par le CFDD (le Conseil Fédéral du Développement Durable).

«Au départ, seuls les mots blessaient» 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination de la violence envers les femmes Portez le ruban blanc!


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RÉGIONS

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

CHARLEROI

> LES VIOLENCES CONJUGALES DANS LE MONDE DU TRAVAIL

«Plus brutale que sa violence, ton silence!» Les violences conjugales sont un fléau sociétal ! Chaque année, plus de 50 000 dossiers judiciaires sont ouverts. Chiffre impressionnant quand on sait qu’en plus seul 9% des personnes font cette démarche ! On estime qu’une femme sur 3 est, ou a été, victime de violences domestiques.

U

ne réalité sexiste? Pourquoi parler d’avantage de la violence envers les femmes? S’il est vrai que les hommes peuvent aussi en être victime, et que le fait de rendre cela public est souvent plus difficile, les femmes sont cependant 7 fois plus concernées que les hommes. Or, la violence domestique est trop souvent cloisonnée dans la sphère privée. Les acteurs du monde du travail ne se sentent pas concernés ou sont mal à l’aise avec ça. Mais force est de constater que les violences sont aussi une problématique inter-dimensionnelle. Les entreprises ont aussi un rôle à jouer et ce pour 2 raisons principales : dans plus de la moitié des cas la violence continue sur le lieu de travail et cela coûte à la société en général. Une étude d’Amnesty International chiffre les violences conjugales à 34 milliards par an par pays européen, un coût financier donc important. Les chiffres belges sont rares mais chez nos voisins français l’absentéisme, le manque de concentration et les retards des auteurs et victimes représentent près de 3 milliards d’€/ an. Il semble important aussi de revenir sur le statut de la victime au sein de l’entreprise. Les chiffres sont marquants: d’après l’ASBL Garance, dans une équipe de 10 personnes (5 hommes et 5 femmes), 2 femmes vont subir des violences et 2 hommes vont avoir un contrôle terrifiant sur leur partenaire. Aussi, les auteurs et victimes sont unanimes : dans près de 80% des cas, leur situation nuit au travail. Pour les auteurs, par exemple, le travail est impacté puisque, en effet, l’effort de maintenir le contrôle diminue la productivité et la concentration.

Le rôle d’un délégué dans tout ça ?

Un délégué a la possibilité d’intervenir dans ces situations. Non pas en jouant les sauveurs ou les vengeurs, mais nous savons, grâce à une étude réalisée par la FGTB, que 60% des délégués ont déjà remarqué des signes de violences mais que seul 3,30% sont directement intervenus. Un chiffre qui semble dérisoire… Il semble alors pertinent de s’interroger

CENTRE

sur le fait que les délégués soit ne sont pas sollicités soit évitent d’intervenir. Il existe, semble-t-il, là un manquement. Rappelons aussi que le délégué a un rôle d’information, de soutien et d’accompagnement des travailleurs. Il a le pouvoir d’agir auprès d’une victime, de ses collègues et du patronat. De plus, un délégué est chargé de veiller au bien-être et la sécurité des travailleurs.

Et d’un point de vue sociétal ?

Il ne semble pas constructif que chaque entreprise et chaque délégué agissent de leur côté. Comme dit précédemment, la violence intrafamiliale est un fléau sociétal et c’est donc aussi à la société de manière globale d’agir. Certains pays l’ont déjà fait! Citons, par exemple, l’Australie qui a mis en place un aménagement du travail pour les victimes via des congés payés, plus de flexibilité et surtout une protection contre la rétorsion. Au canada, le législateur a inclus la violence conjugale dans le texte de la sécurité au travail. Les syndicats canadiens ont même édité une brochure sur ce sujet et qui explique aussi comment protéger au mieux la victime via les conventions collectives. D’autres encore forment des intervenants spécifiques pour les entreprises. Il est donc possible de constater que les syndicats ont déjà été vecteurs de changement sur cette problématique. En Belgique, il reste énormément à faire. Voici quelques pistes de réflexion… Il est possible d’encourager les employeurs qui mettent en place des accompagnements pour les victimes, de faciliter les démarches pour des congés payés spécifiques, d’améliorer l’accessibilité aux informations pertinentes, de légiférer sur les discriminations subies par les victimes, de travailler sur la protection de la victime sur son lieu de travail, d’encourager le travail des délégués… Mais aussi, comme au Canada d’inscrire la prévention et l’intervention dans les textes légaux (droit du travail, convention collective…). Le travail est gigantesque mais il est plus que temps d’agir ! Rappelons aussi que la société est en constante évolution et que les victimes acquièrent de plus en plus de droits. Voilà le constat est dressé et les pistes de solutions existent ! A nous aussi d’agir, «Soyons le changement que l’on veut voir dans le monde ». Ne fermons pas les yeux sur le quotidien d’une femme sur 3 ! Nous vous fixons donc rendez-vous le 24 novembre au Bois du Cazier à Marcinelle pour ensemble discuter de cette problématique et apporter des pistes d’interventions. Réservation indispensable au 071/641.262 ou cenforsoc. secretariat@cenforsocasbl.be


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RÉGIONS

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LIÈGE - HUY - WAREMME

Permanence sociale Vous désirez des informations, être accompagné-e ou défendu-e ? La permanence sociale de la FGTB L-H-W a pour mission d’orienter et d’informer les affiliés sur toute question liée à :

• La fin de droit aux allocations d’insertion et le recours contre la décision de l’ONEM dans ce cadre.

• L’affiliation à la Centrale Solidarité.

• Les informations, litiges et recours contre le CPAS. • Les problèmes familiaux en tout genre. • La dégressivité. • Le logement. • L’énergie.

• L’Emploi-formation.

• Les problèmes rencontrés en formation. • Le droit privé. • La santé.

• L’alphabétisation et le soutien administratif aux personnes. • Les médiations de dettes et règlement collectif de dettes

Horaires de la permanence sociale :

Les mardis et jeudis de 9h à 12h sans rendez-vous. Les mardis et jeudis après-midi sur rendez-vous.

Lieu :

Place St-Paul, 9-11 à 4000 Liège – Rez-de-chaussée.

Contact :

Magali David

Tél.04/221 97 19

Mail : magali.david@fgtb.be

VERVIERS


ACTUALITE

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

> LES INÉGALITÉS DE GENRE

Au boulot comme à la maison? La vie privée semble toujours être le bastion le plus tenace des inégalités de genre. Les chances qu’une femme utilise un fer à repasser, un mixeur ou un aspirateur sont toujours beaucoup plus élevées. L’évolution vers davantage d’égalité de genre semble être à l’arrêt. L’Institut plaide en faveur d’une meilleure répartition des tâches ménagères et d’une utilisation réfléchie des moyens favorisant la conciliation entre vies privée et professionnelle pour les hommes et les femmes. Les stéréotypes de genre sont semble-t-il profondément ancrés. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a publié récemment une étude «Genre et emploi du temps ». Cette étude examine dans quelle mesure la répartition stéréotypée du point de vue du genre des tâches ainsi que les rôles et attentes traditionnels qui en découlent ont évolué. En comparaison avec les précédentes études réalisées en 1999 et 2005, et avec l’étude initiale de 1966, il semble que les progrès vers plus d’égalité de genre soient au point mort ces dernières années. En effet, depuis 2005, nous n’observons presqu’aucun changement dans l’emploi du temps stéréotypé sur le plan du genre des femmes et des hommes. En cause: les schémas comportementaux appris depuis le plus jeune âge qui restent particulièrement tenaces.

Les tâches ménagères mal réparties

L’étude a analysé l’emploi du temps des femmes et des hommes dans différentes catégories: le travail rémunéré, les tâches ménagères, les soins des enfants et les loisirs. En moyenne sur une journée de semaine normale, les hommes consacrent près d’1 heure 30 en plus au travail rémunéré tandis que les femmes consacrent près d’1 heure 30 en plus aux tâches ménagères. Le weekend, la différence entre les femmes et les hommes au niveau du travail rémunéré disparaît, mais la différence sur le plan des tâches ménagères, des soins apportés aux enfants et des loisirs persiste. Sur une journée de semaine moyenne, les mères de jeunes enfants consacrent 1 heure 22 minutes de plus aux tâches ménagères et 1 heure 15 minutes de plus aux soins des enfants, tandis que les pères de jeunes enfants consacrent en

LUTTER CONTRE LE SEXISME : UN ENJEU POUR L’ÉGALITÉ DES FEMMES ET DES HOMMES Information relative à la loi contre le sexisme dans l’espace public

moyenne 2 heures 37 minutes de plus au travail rémunéré. Un élément positif toutefois: le temps que les pères consacrent aux soins et à l’éducation des enfants est en augmentation. Cela montre que la paternité continue à évoluer.

Des congés de parenté plus souples pour plus d’égalité

Pour le Centre, les congés parentaux et autres congés devraient être encore plus souples qu’actuellement. Ces régimes de congés gagnent chaque année en popularité. La formule consistant à réduire ses prestations d’ 1 jour par semaine semble séduire tant les femmes que les hommes. Ainsi, le nombre d’hommes en congé parental est passé de 3600 en 2004 à plus de 18000 en 2015. Les hommes semblent de plus en plus chercher eux aussi à prendre davantage en charge les tâches ménagères et les soins des enfants. Mais pour faire évoluer les choses dans la bonne direction, il faudrait par exemple pouvoir prendre ces congés par demi-jour, transformer des jours de congé en heures (afin que les parents puissent par exemple aller chercher leurs enfants à la crèche ou à l’école), ou encore pouvoir prendre des congés de soins par semaine (pour le moment, on peut uniquement prendre le congé parental par mois). La situation des parents isolés doit également bénéficier d’une attention spécifique.

Trop peu de femmes dans la direction des entreprises privées et publiques

Dans moins d’un an, la loi du 28 juillet 2011 relative à la présence

des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en bourse et des entreprises publiques entrera en vigueur. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes dresse un bilan en demi-teinte: le nombre de femmes au sein des conseils d’administration a plus que doublé en 8 ans passant de 8,2% en 2008 à 21,6% en 2016, mais seulement 38,7% des entreprises ont atteint le quota légal. « Le fait que de nombreuses femmes

doivent encore souvent choisir entre la maternité et l’évolution de leur carrière et qu’elles sont, dans le couple, celles qui gèrent la majorité des tâches domestiques et d’éducation sont autant de pistes qui peuvent expliquer cette faible représentation des femmes », estime l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Des résultats jugés pourtant «encourageants », et qui montrent que l’approche contraignante fonctionne bien : les grandes entreprises cotées en bourse doivent se conformer à la loi pour 2017 sous peine de sanctions financières, tandis que les petites et moyennes entreprises ont jusqu’en 2019. Par contre, la situation est particulièrement inégalitaire au sein des comités de direction des entreprises publiques qui ne comptent en moyenne que 8,3% de femmes contre 17,9% pour les entreprises privées cotées.

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> LE SAVIEZ-VOUS ?

Le sexisme puni par la loi Vous l’ignorez peut-être mais le sexisme en Belgique est puni par la loi. Toute personne qui fait preuve de sexisme dans un lieu public s’expose à une amende plus ou moins salée et même à une peine de prison. La loi belge tendant à lutter contre le sexisme dans l’espace public est une première à l’échelle internationale : elle donne une définition du sexisme et le caractérise comme une infraction.

Qu’est-ce que le sexisme, d’après la loi ?

Pour être considéré comme sexiste, le comportement en question doit présenter simultanément les quatre caractéristiques suivantes : 1°) Dans des circonstances publiques: les propos ou l’acte en question doivent avoir lieu dans des circonstances publiques qui peuvent se rencontrer dans un lieu public, par exemple une rue ou une gare, ou en présence d’autres personnes. Les forums internet ou les réseaux sociaux sont également considérés comme des espaces publics. 2°) Qui a manifestement pour objet de nuire: la personne à l’origine des propos et ou de l’acte doit avoir agi volontairement dans le but manifeste de nuire à la victime. Cette intention peut non seulement se déduire de l’attitude ou du comportement de l’auteur, mais aussi de la nature de l’acte en lui-même. 3°) À l’égard d’une ou de plusieurs personnes déterminées et identifiables: le comportement ne s’adresse pas à un groupe abstrait, par exemple les femmes en général. Les propos ou l’acte visent une ou plusieurs personnes clairement définies en raison de leur sexe. La ou les victime-s, femme-s ou homme-s, doit/doivent donc être identifiable-s. Les publicités sexistes ne sont donc pas visées par la loi. 4°) D’exprimer un mépris, en raison de son/leur sexe, avec pour conséquence une atteinte grave à la dignité de cette/ces personnes: la personne à l’origine des propos ou de l’acte a clairement l’intention d’humilier la personne en raison de son sexe. En raison du fait qu’elle est une femme ou un homme, la victime est méprisée, considérée comme inférieure ou réduite à sa dimension sexuelle de façon à entraîner une atteinte grave à sa dignité. C’est au juge qu’il revient de déterminer si les faits concernés sont de nature à constituer “une atteinte grave à la dignité”.

Qu’est-ce que l’on risque ?

Les peines prévues vont d’une amende de 50 à 1.000€ et/ou d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an.

Que faire ?

Si vous êtes victime de sexisme, il ne sera pas évident de traîner le – ou la - coupable par l’oreille jusqu’au commissariat. Mais vous pouvez : - déposer plainte auprès de la police. Si vous déposez une déclaration de personne lésée, vous serez tenu-e informé-e de la suite réservée à votre plainte ; - prendre contact (à vos dépens) avec un avocat qui examinera la possibilité de vous constituer partie civile et demander la réparation de votre dommage ; - déposer un signalement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. En tant qu’institution publique indépendante, la mission principale de l’Institut est de veiller au respect du principe d’égalité des femmes et des hommes, et ce en combattant toute forme d’inégalité. Le sexisme est une forme d’inégalité. L’Institut vous conseillera gratuitement et en toute confidentialité. Dans certains cas, il peut également accompagner votre propre démarche en justice. Vous trouverez de plus amples informations auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, rue Ernest Blérot 1, 1070 Bruxelles. - Mail : egalite.hommesfemmes@iefh.belgique.be ; - Web : http://igvm-iefh.belgium.be (formulaire de signalement); - Numéro gratuit : 0800/12.800 (tapez 1 dans le menu).

Rédaction: Syndicats - 42 rue Haute, 1000 Bruxelles Nicolas Errante: rédacteur en chef Aurélie Vandecasteele: journaliste. E-Mail: syndicats@fgtb.be Secrétariat: Sabine Vincent - Tél.: 02/506.82.45 Service abonnements: 02/506.82.11

-

Tél.: 02/506.82.44 Tél.: 02/506.83.11


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ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

> COUPE-CIRCUIT

Le festival en ligne des réalités sociales Organisé par le GSARA (Groupe Socialiste d'Action et de Réflexion sur l'Audiovisuel ), le festival en ligne Coupe Circuit remet le couvert au cours de ce mois de novembre. Ce festival – doublé d’un concours - est né d'une nécessité de diffusion de réalisations audiovisuelles et sonores, associatives, alternatives, sociales, citoyennes. Du 3 minutes au 92 minutes, de l'individuel au collectif, de l’espoir au combat, de l'amateur au professionnel, du quotidien à l’universel … Toutes les créations vidéo et sonores en compétition sont à découvrir sur le site www.gsara.be/coupecircuit/. De nombreuses initiatives en Fédération Wallonie-Bruxelles, qu'elles soient individuelles ou collectives, débouchent sur la réalisation de documentaires sociaux, de fictions ou des films et des créations sonores issus d’ateliers de participation citoyenne. Hélas, beaucoup de ces réalisations sont rapidement confrontées à des problèmes de diffusion. Parce qu’elles donnent la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas habituellement ? Parce qu’elles sont considérées comme non rentables d’un point de vue commercial voire comme inintéressantes ? Face à ces difficultés à faire voir et entendre, le GSARA a souhaité créer un espace consacré à ces œuvres témoins des réalités sociales actuelles, parce qu’elles sont le produit de l’expression citoyenne ou parce qu’elles traitent d’enjeux sociétaux majeurs. Il s’agit de faire vivre, de faire voyager ces réalisations qui passent trop souvent inaperçues.

100% participatif

> FLASH FRONTALIER

Travailleur franco-belge DECLARATION FISCALE A L’IMPÔT DES NON RESIDENTS - REVENUS 2015-EXERCICE 2016 Suite à notre communication du 14 octobre dernier dans votre journal préféré « Syndicats » , notre service ABVV/ FGTB en mobilité transfrontalière et transnationale est en mesure de vous confirmer que la date limite pour introduire la déclaration dûment complétée est bien fixée : • pour les déclarations papiers au mercredi 7 décembre 2016 ; • pour les déclarations ‘Tax-on-web’ au mecredi 14 décembre 2016. A bon entendeur ! • Toujours dans un engagement sans frontière, n’hésitez pas à contacter un de nos Camarades ABVV/FGTB !

• Pour le Hainaut : Nadine VANHOVE

Conseillère en mobilité transfrontalière et transnationale Téléphone gratuit 00.800.69.88.18.10.|Portable 00.32.477.98.61.37. |Télécopie : 00.32.2.550.14.28. | Courriel : nadine.vanhove@fgtb.be|www.fgtb.be

• Pour la Flandre occidentale : Christophe DECLERCQ

Conseiller en mobilité transfrontalière et transnationale Téléphone 00.32.56.24.13.64..|Portable 00.32.474.49.57.39. Courriel : christophe.declercq@abvv.be |www.abvv.be

Trois jurys citoyens remettront cinq prix : • Prix « Coup de cœur du public » remis par les internautes ; • Prix des Jeunes; • Prix de l’Émotion, le Prix de l’Engagement et le Prix de la Singularité. Pour ce qui est des internautes, vous pouvez voter pour votre coup de cœur et participer à de nombreux échanges en ligne. Chaque lauréat se verra offrir un service d’une valeur de 1500€ en fonction de l’œuvre récompensée, de son format, de sa thématique et des besoins de son/ses réalisateur(s) (aide à la création, à la réalisation, à la finition, à l’édition et à la diffusion). En outre, dans le cadre de son projet « Ça s'débat !? » qui propose des projections/débats à domicile et dans des lieux publics, le Centre Vidéo de Bruxelles remettra le Prix « Ça s’débat » à une réalisation en compétition. Celle-ci intégrera le catalogue thématique proposé aux habitants, centres culturels, bibliothèques, associations... de toute la région bruxelloise.

Regards sur le travail

En marge de ce festival, on peut trouver sur le même site une douzaine de films plus spécifiquement consacrés au monde du travail dans le cadre de la programmation Regards sur le Travail proposée par Le P'tit Ciné qui alimente, depuis près de 20 ans, en films et en réflexion la question du travail, un enjeu social, économique et politique contemporain majeur.

Gilbert Lonnoy est décédé C’est avec tristesse que nous avons appris le 28 octobre dernier le décès de Gilbert Lonnoy, notre Président des Pensionnés et Prépensionnés de la FGTB Wallonne à l'âge de 84 ans. Né en 1931, il entra comme apprenti à la SNCB en 1946. Il y assura respectivement les fonctions de chaudronnier, dessinateur-adjoint, sous-chef de gare de 1ère classe, chef de gare adjoint et continua à gravir les différents échelons pour terminer à la fonction d'inspecteur principal. Bien connu et apprécié sur le plan politique, il fut conseiller communal socialiste en 1976 à Namur, mais il démissionna la même année de ce mandat lorsqu'il fut élu secrétaire permanent Cheminots à Namur. Gilbert aimait avoir les coudées franches pour mener son action syndicale. Cela ne l'amena pas

pour autant à être absent de la vie politique communale puisqu'il fut président de l’Union communale du PS de Namur. En 1980, il est élu Secrétaire national du secteur Cheminots. Fonction qu’il assura jusqu'à son élection comme secrétaire général de la CGSP. Lorsqu'il quitta le secteur Cheminots, Gilbert était bien connu pour sa volonté, son opiniâtreté, son souci du travail bien fait, certains disaient de son perfectionnisme. Gilbert Lonnoy une fois retraité n’a pas pour autant cessé son action militante. Il anima avec brio le groupe des Pensionnés et Prépensionnés de la FGTB Wallonne jusqu’à son dernier souffle. La FGTB présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

> CONFERENCE EUROPEENNE

Rights 4 all now! Droits économiques et sociaux à l’heure de l’austérité et de la dérégulation

Renforcer et connecter les luttes en Europe BRUXELLES – 25&26 NOVEMBRE «Durant 2 jours de plénières et d'ate-

liers, nous discuterons de l'impact politique et social de la digitalisation et de l'internationalisation des processus productifs, des divisions de la « nouvelle classe ouvrière européenne », de l'urgence d'une transition écologique,

ainsi que de la nécessité de défendre et de promouvoir les biens communs et les services publics. Nous débattrons également de la manière de nous opposer aux politiques et institutions européennes sur le plan local, national et européen. Nous échangerons sur nos luttes et pratiques à travers l'Europe pour définir des axes communs pour l'analyse et pour l'action. » LIEU : Rue Plétinckx 19 à 1000 Bruxelles HORRAIRE : Début : 25.11 à 10 : 00, Fin: 26.11 à 16 : 30

PROGRAMME : http://www.altersummit.eu/ mobilisation/article/program-rights4all-now ENREGISTREZ-VOUS : http://www.altersummit.eu/ accueil/article/conference-social-labour-rights-in?lang=fr EVENEMENT FACEBOOK A PARTAGER : https://www.facebook.com/ events/893670400734305/


ACTUALITÉS

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

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> ENQUÊTE

53% de travailleurs trop gros centages étaient respectivement de 57,7% et 44,6%.

Différences par secteur

Le secteur d’activité du travailleur joue un rôle prépondérant. On rencontre davantage de cas de surpoids et d’obésité chez ceux qui sont actifs dans le transport (70%), la construction (60,2%) et l’industrie (57,8%). Des secteurs majoritairement occupés par des travailleurs masculins...

Plus ils vieillissent, plus ils grossissent

Plus de la moitié des employés et des ouvriers belges (52,8%) ont un indice de masse corporelle trop élevé (IMC*). Cette proportion augmente d’année en année (52,2% en 2014). L’une des raisons, c’est que nous bougeons trop peu. À peine un quart des travailleurs fait de l’exercice 150 minutes par semaine. C’est ce qu’il ressort d’une enquête du service externe de prévention et de protection au travail IDEWE. Cette enquête repose sur l’analyse de 250.000 dossiers médicaux de travailleurs de notre pays. On parle de surpoids lorsque l’IMC est supérieur à 25 et d’obésité lorsqu’il dépasse 30. Mais pas moins de 35,2% des travailleurs ont un IMC compris entre 25 et 30. 17,7% ont atteint un ‘score’ encore

plus élevé et sont donc considérés comme obèses. Il faut souligner que les hommes sont beaucoup plus susceptibles d’être en surpoids et de souffrir d’obésité (59%) que les femmes (45,3%). En 2011, ces pour-

Parallèlement au secteur d’activité, l’âge fait lui aussi prospérer les kilos. Si près d’un tiers des moins de 25 ans (32,9%) est déjà confronté à un problème de surpoids, ce chiffre passe à 56% chez les 35-44 ans et atteint même 63% chez les plus de 55 ans!

Pas assez d’exercices

Le surpoids et l’obésité ne sont pas uniquement provoqués par une alimentation inappropriée, mais aussi par un manque d’exercices physiques. Selon les recommandations (inter)nationales, un adulte devrait pratiquer des exercices «à intensité modérée » au moins 5 fois par semaine. Par exemple : promenade (rythmée), vélo (< 20 km/h), volleyball, etc. C’est le cas d’à peu près un quart des travailleurs. Chez les femmes, ce pourcentage n’est que de 17,3%, contre 26,5% du côté des hommes. On peut cependant garder espoir au vu de l’évolution. Le nombre de travailleurs faisant trop peu d’exer-

> MOBILITÉ

Zéro pointé pour la Belgique Le travailleur belge est fatigué des trajets et plus stressé que les autres Européens. C’est qu’en matière de mobilité et de transport publics, la Belgique – sur dix pays étudiés - est presque lanterne rouge, juste avant la Turquie… En moyenne, 40% des Belges empruntant la voiture pour se rendre au travail y arrivent en état de stress, pour une moyenne européenne de 34%, selon une étude menée par PageGroup auprès de 12.000 personnes dans dix pays européens (Italie, Turquie, Belgique, Allemagne, Suisse, Autriche, Espagne, France, Portugal, Pologne et Pays-Bas). A l’inverse, 80% des travailleurs usant des transports publics s’estiment calmes à leur arrivée au boulot. L’efficacité des transports en commun belges est pourtant nettement inférieure à la moyenne européenne, avec 68% chez nous pour 75% dans les 10 pays étudiés. Selon cette étude, le Belge est particulièrement affecté par le stress des trajets domicile-boulot. Près de la moitié de la population serait prête à déménager pour se faciliter la vie. La situation est surtout propre au sud du pays, puisqu’elle ne concernerait que 28% des travailleurs flamands. En moyenne, pour se rendre au boulot, le Belge met 45 minutes. Soit le deuxième temps de trajet le plus long de l’étude, derrière les 48 minutes turques et au-dessus de la moyenne européenne de 42 minutes. Et selon les répondants, il n’y a qu’à Bruxelles que les transports en commun sont capables de véritablement faire concurrence à la voiture. Conséquence, 80% des travailleurs flamands et 85% de leurs homologues wallons prennent la voiture pour aller travailler et quatre personnes sur dix se disent stressées à leur arrivée, faisant du travailleur belge le 3e plus angoissé de l’étude.

cices est en léger recul: il est passé de 79,8% en 2011 à 77,7% l’année dernière. Ici encore, le secteur des transports obtient les moins bons résultats. Ces résultats ne doivent pas être pris à la légère! Le surpoids entraîne de graves risques pour la santé. Une personne obèse est nettement plus susceptible d’être victime de maladies cardiovas-

culaires, d’hypertension, de diabète et de problèmes respiratoires durant le sommeil. IDEWE appelle à promouvoir davantage le sport au travail. Pour les employeurs, l’intérêt n’est pas seulement de pouvoir compter sur des collaborateurs plus productifs mais aussi de diminuer l’absentéisme pour cause de maladie.


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UNION BELGE DU TRANSPORT

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

Véhicules longs et lourds: à partir de 2017 en Wallonie également À partir de 2017, des véhicules longs et lourds ne rouleront plus seulement en Flandre. En effet, l’année prochaine, un projet pilote ‘véhicules longs et lourds’ sera lancé en Wallonie également. Par rapport aux Pays-Bas, le projet flamand est plutôt modeste : alors qu’un millier de ce type de véhicules roulent chez nos voisins du nord, la Flandre n’en compte que deux.

Qu’est-ce qu’un véhicule long et lourd ?

Un véhicule long et lourd (VLL), appelé aussi éco-combi ou encore méga-camion ou gigaliner, est un poids lourd qui peut transporter un chargement plus lourd qu’un poids lourd traditionnel. Sa longueur maximale est de 25,25 mètres, sa masse totale s’élève à 60 tonnes, alors qu’un camion traditionnel a une longueur maximale de 18,75 mètres.

Écologique

Comme la consommation de carburant augmente à peine, une telle

combinaison écologique permet d’économiser par unité jusqu’à 30 % de carburant par trajet. Le projet lancé en Flandre démontre d’autre part que les émissions de CO2 diminuent de 20 à 25 %. Enfin, comme un véhicule long et lourd peut transporter une plus grande quantité de marchandises, le nombre de transports diminue également, d’un tiers dans le cadre du projet pilote flamand. L’on peut donc conclure que deux méga-camions suffisent à transporter le chargement de trois camions ordinaires.

Et le chauffeur ?

Dès le lancement des projets pilotes, l’UBT a souligné que les chauffeurs de ces véhicules longs et lourds se voient confier de nombreuses responsabilités supplémentaires. Frank Moreels :

“Conduire une combinaison d’une longueur de plus de 25 mètres n’est pas un jeu d’enfants. Certes, les chauffeurs bénéficient d’une formation spécifique, mais sans qu’ils touchent la moindre compensation financière. Les fédérations pa-

tronales sont restées intraitables sur ce point. Et dans le cadre des négociations en commission paritaire sur la nouvelle classification des fonctions, ils ne veulent pas bouger non plus.”

En Flandre, déjà deux entreprises avec des mégacamions

Ces combinaisons longues roulent depuis 2015 en Flandre, dans le cadre d’un projet rigoureusement règlementé. Comme les critères étaient extrêmement contraignants, seulement deux entreprises ont obtenu une autorisation, si bien que seulement deux VLL roulent actuellement en Flandre. L’autorisation, qui expire fin de cette année, sera renouvelée pour une période de deux ans, c’est-àdire jusque fin 2018. Le Département ‘Mobilité et Travaux publics’ travaille actuellement à la préparation d’un deuxième projet pilote, qui ne sera selon toute vraisemblance opérationnel qu’au cours du premier semestre de 2017. Ce n’est qu’à ce moment que d’autres

firmes pourront demander une autorisation et que d’autres écocombis traverseront la Flandre.

Un projet pilote en Wallonie en 2017

Le projet pilote des éco-combis a connu une accélération soudaine en Wallonie. Les entreprises intéressées peuvent introduire leurs demandes en ligne auprès du SPW, le Service Public de Wallonie. Si tout se passe comme prévu, les premiers véhicules longs et lourds rouleront en Wallonie dès le 1er janvier 2017. Une quinzaine d’entreprises seraient intéressées. Soulignons que la Wallonie s’y prend autrement que la Flandre. Ainsi, le nombre d’autorisations ne sera pas limité et les VLL pourront emprunter presque tout le réseau routier. Les autorisations auront une durée de validité de deux ans et seront renouvelables annuellement.

Et chez nos voisins ?

Les Pays-Bas ont lancé les premiers projets pilotes en 2000. Tous les

projets ont expiré en 2013 et des règles s’appliquent dorénavant à tous les VLL. Actuellement, environ 1000 méga-camions parcourent les routes hollandaises. En Allemagne, après le projet pilote lancé avec 158 “Lang LKW’s” (le nom allemand désignant les VLL) sur 11.600 kilomètres de routes et d’autoroutes, nos voisins allemands ont décidé d’autoriser les VLL définitivement à partir de 2017. Les résultats en matière d’environnement, d’efficacité et de sécurité routière, se sont révélés tellement bons que ces combinaisons longues seront autorisées à emprunter toutes les routes adaptées à ce type de véhicules.

AGILITY tente de bâillonner le syndicat kenyan du transport Agility étouffe dans l’œuf toute activité syndicale au Kenya au moyen de réorganisations inutiles, de mutations de militants syndicaux et d’autres formes de harcèlement.

Un opérateur logistique mondial

Le quartier général d’Agility se trouve au Koweït. Cette entreprise est active dans le domaine du transport, de la logistique et de l’expédition. Elle travaille aussi bien pour les pouvoirs publics que pour des entreprises privées et des organismes nationaux. Elle occupe plus de 22.000 travailleurs répartis sur 500 sites dans plus de 100 pays. Elle a également une antenne dans notre pays.

Les syndicats, des trublions inutiles pour Agility

Au printemps de l’année dernière, Agility Kenya était à la une des journaux à cause des menaces proférées contre les routiers qui s’étaient mis en grève pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. Agility, exigeant qu’ils travaillent 24 heures sur 24, avait fait appel aux forces de l’ordre qui avaient forcé les grévistes à reprendre le travail sous la menace de leurs armes. L’ITF, la Fédération internationale des Travailleurs du Transport, avait alors organisé une action mondiale à laquelle a participé l’UBT. Toutefois, le management kenyan d’Agility ne veut rien entendre et continue à refuser toute concertation avec le syndicat kenyan du transport, le KLDTDAWU (le Syndicat des chauffeurs de camion et des travailleurs connexes). Pire, les actions d’intimidation se multiplient. Des militants syndicaux sont mutés dans des établissements situés à plusieurs centaines de kilomètres, ils sont envoyés dans une autre entreprise du groupe du jour au lendemain, de sorte qu’ils ne travaillent officiellement plus pour Agility.

La loi kenyane prévoit que lorsque la moitié + 1 des travailleurs est affiliée à une organisation syndicale, l’employeur est tenu de la reconnaître. Agility fait tout pour éviter pareille situation : elle engage donc des travailleurs avec des contrats temporaires pour augmenter ainsi le quorum à atteindre.

Les actions d’intimidation et les licenciements se poursuivent !

Une réunion récente avec le syndicat kenyan nous a appris qu’Agility va de plus en plus loin dans ses tentatives de bâillonner les militants syndicaux. La dernière victime de l’entreprise est Loas Kipanka Lemono que nous avons rencontré le 27 octobre à Mombasa. Sa fonction consistait à conduire un minibus pour transporter les chauffeurs de camion d’un site à l’autre. Il exerçait cette fonction depuis de nombreuses années. Pour briser le syndicat, l’entreprise a mis fin au service de navettes avec le minibus, et a décidé d’envoyer le minibus dans un autre site, environ 500 kilomètres plus loin. Dorénavant, les chauffeurs de camion doivent assurer eux-mêmes le transport ; qui plus est, ils doivent payer eux-mêmes les frais de transport à l’avance, avec la vague promesse que l’entreprise les remboursera. Le 19 juillet, Loas Kipanka Lemono a reçu une lettre d’Agility lui annonçant qu’il était désormais « mis en congé payé » parce qu’il n’y avait plus de travail pour lui à la suite de la réorganisation du transport des chauffeurs. Le 6 septembre, il a été licencié, également par voie de lettre, Agility ayant l’amabilité d’expliquer que son licenciement n’avait aucun rapport avec l’activité syndicale de Laos, mais qu’il perdait son emploi parce que celui-ci n’existait plus. Il a reçu un préavis d’un mois, et pour Agility, l’affaire était close. Depuis le 6 octobre, Fin octobre, une délégation de l’UBT a rendu visite au projet de l’ITF au Kenya. Ce projet est soutenu par l’UBT. Au programme : visites d’entreprises, discussions avec des collègues routiers, contacts avec les responsables nationaux du Syndicat des routiers et des dockers. Nous avons pu constater qu’ils apprécient le soutien de l’UBT qui prouve son utilité dans l’action syndicale quotidienne. La délégation de l’UBT était impressionnée par les conditions difficiles dans lesquelles nos collègues syndicalistes sont amenés à travailler, ainsi que par leur motivation et leur persévérance.

«Loas Kipanka Lemono (au milieu de la photo) a été

licencié par Agility pour ses activités syndicales. Frank Moreels étudie son dossier avec Kombo, un propagandiste du syndicat kenyan des routiers.» Laos n’a donc plus d’emploi ni de revenu. Voilà encore un militant syndical de moins …

Agility, actif également dans notre pays

Agility a un site à Brucargo et collabore avec Essers depuis 2013. Les deux sociétés se chargent des activités logistiques au niveau mondial d’Actavis Generics, une multinationale pharmaceutique. L’UBT ne manquera pas de soulever cette question avec Essers, entreprise où nous avons une délégation syndicale forte. Frank Moreels : “Je

suis convaincu qu’Essers comprendra que la collaboration avec Agility risque d’apporter une publicité négative à l’entreprise. Essers respecte la concertation sociale en Belgique, l’entreprise doit exiger de son partenaire Agility qu’il fasse de même au Kenya.”

Des militants de l’UBT se sont rassemblés pour l’hommage traditionnel rendu le 1er novembre à la statue de Louis MAJOR, l’auteur de la LOI MAJOR. Marc LORIDAN, président du Groupe professionnel UBT du Port d’Anvers et secrétaire fédéral UBT du Groupe professionnel des Ports a prononcé le discours de circonstance.


DOSSIER

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

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CLIMAT Un nouveau rendez-vous climatique, à Marrakech

Après l’adoption de l’Accord de Paris, la prochaine Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22) se tiendra du 7 au 18 novembre au Maroc, à Marrakech. Il est désormais loin, le temps où l’on estimait que protéger la planète était mauvais pour l’économie et les emplois. Aujourd’hui l’on sait qu’il n’y a pas d’emploi sur une planète morte. Lutter contre les changements climatiques permettra au contraire d’amener sur la table des emplois décents pour les travailleurs du monde entier, à condition que la transition vers une nouvelle économie soit faite de manière juste et équitable, sans laisser de côté des communautés déjà affaiblies et précarisées, qui seront les premières victimes des changements climatiques. L’on ne peut se contenter d’un objectif de réduction des émissions. La transition vers une économie à zéro émission de carbone doit être juste et impliquer tous les travailleurs. L’information des peuples sur leurs droits et les façons d’améliorer leur mode de vie, l’éducation des jeunes aux nouvelles sources d’énergie, la formation aux emplois « verts », l’implication de tous et toutes, sont des volets indispensables à cette juste transition. A Marrakech, une fois encore, c’est le point de vue que défendront les syndicats internationaux. tir à une transition de climat peuvent abou re tiè ma en es qu liti po «Les ir à quiconque se cens justice. Cela peut conven énergétique avec ou san ssions, voire aux mirésultats en termes d’émi tre exclusivement sur les ribles conséquences ent à nous rappeler les ter lieux des affaires qui aim les investissements. r pou ifs et de l’incertitude act des n tio isa bil mo de l’im x milliers de travailcertainement pas au Mais cela ne convient un chômage certain, nautés qui font face à leurs et à leurs commu nérations marquées munautés et à des gé à la destruction des com ui des travailleurs cel a i problème, ce ser vra Le e. ial soc se cri la par données à leur sort.» des communautés aban laissés pour compte et ,

Tony Maher, président des mines syndicat des travailleurs , Australie EU et de l’énergie CFM

D’un point de vue syndical, les priorités sont claires : les ambitions climatiques doivent être revues à la hausse et tous les travailleurs doivent pouvoir bénéficier d’un travail décent. Une transition juste doit être garantie. Rehausser les ambitions et concrétiser le potentiel de création d’emploi de l’action pour le climat La COP22 doit aboutir concrètement à des initiatives de réduction des émissions avant 2020, à de forts processus de révision à la hausse des engagements nationaux, et à l’objectif convenu de rester en dessous de la limite de 2°C et de chercher à ne pas dépasser une augmentation de 1,5°C de la température moyenne. Apporter le financement pour le climat et soutenir les plus vulnérables La COP22 doit donner des certitudes quant à la manière dont

les engagements financiers sur le climat seront concrétisés afin que les ressources soient suffisantes pour soutenir la résilience des communautés face aux impacts du changement climatique ainsi que pour soutenir les efforts de réduction des émissions et de construction d’une transition juste vers une économie à zéro émission carbone. Le niveau d’engagement actuel de 100 milliards de USD par an d’ici 2020 doit constituer le plancher de calcul du financement de l’après-2020. S’engager à garantir une transition juste pour les travailleurs et leurs communautés L’Accord de Paris a été le premier pas pour garantir l’engagement envers une transition juste pour les travailleurs. La COP22 doit consolider ce premier pas. Lire : www.ituc-csi.org

En chiffres et en degrés: le point sur l’urgence Quoi qu’en disent encore les quelques dangereux climatosceptiques qui restent, c’est l’activité humaine qui a joué le plus grand rôle dans la modification du climat, et qui est donc responsable de ses conséquences. Mais quelles sont-elles, et comment agir ?

L’agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA), a révélé dans un rapport récent que l’année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures de températures en 1880. Ceci a tout d’abord une conséquence indéniable sur les paysages et le climat « local ». Certaines région du monde – le plus souvent les plus pauvres et vulnérables - subissent un nombre plus élevé de sécheresses, des incendies et des inondations, ou encore des tempêtes violentes. A travers le monde, de nombreuses terres, îles et grandes villes sont menacées par la montée du niveau des eaux, à l’instar des archipels du Pacifique, notamment les îles Marshall, les îles de Polynésie, les Maldives (océan Indien) et certaines régions d’Asie (Philippines, Indonésie). Mais l’on ne parle pas seulement de contrées lointaines du Sud : de grandes métropoles comme Miami, New York, Tokyo, Singapour, Amsterdam ou encore Rotterdam, pourraient ne pas être épargnées. Sans la mise en place d’un réel

changement au niveau mondial, l’on se confrontera à des conséquences dramatiques pour les écosystèmes, mais aussi et surtout pour les populations, leur mode de vie, leur activité et ressources. Les experts du GIEC prévoient en 2100 une montée des eaux de mer pouvant aller jusqu’à 1 mètre. Les thermomètres à la surface du globe indiqueraient des températures record, entre 1 et 9°C plus élevées que celles enregistrées actuellement. La température moyenne à la surface du globe augmenterait jusqu’à +5,4°C. L’on évalue à un cinquième de la population mondiale le nombre de personnes installées en zones côtières. Toutes ces personnes seraient directement concernées, avec pour beaucoup d’entre elles, la disparitions de terres arables, de leur activité et lieu de vie. Les migrations pour raisons climatiques sont déjà une réalité, qui pourrait devenir bien plus préoccupante dans le futur.

Population et besoins croissants

Elément crucial également : la population mondiale croissante. Notre planète comptait 1,6 milliard de personnes en 1900. Nous sommes actuellement 7,2 milliards d’individus auxquels, à la fin du siècle, s’ajouteront 3,7 milliards pour atteindre 10.9 milliards d’humains, selon les projections de l’ONU. Au début du XXème siècle, les besoins énergétiques planétaires étaient de 6.400 milliards de kilowattheures. Aujourd’hui, ils s’élèvent à… 150.000 milliards de kilowattheures. Glenn Jones et Kevin Warner, de l’Université A&M au Texas, ont estimé l’évolution de la consom-

mation énergétique à 21.100 kilowattheures par personne et par an. Un européen consommerait 37.000 kilowattheures par an et un américain, environ 83.000 kilowattheures par an, sachant que 20% des habitants de la planète n’ont toujours pas accès à l’électricité. En analysant ces données, Glenn Jones et Kevin Warner, estiment que la production énergétique planétaire devrait atteindre les 320.000 milliards de kilowattheures par an à l’horizon 2100. Pour ne pas dépasser les 2°C d’augmentation des températures à l’échelle du globe, et répondre aux besoins de cette population grandissante, il est primordial de mettre en œuvre rapidement des politiques très offensives. Les deux chercheurs ont calculé que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique doit passer à 50% d’ici 2028 et ce, à l’échelle planétaire. Cette part devra atteindre les 87-94% d’ici à 2100. Ces priorités seront bien sûr détaillées lors de la COP 22 à Marrakech. L’endroit n’est pas anodin : l’Afrique pourrait subir de plein fouet les conséquences du changement climatiques. Entre sécheresses et augmentation de la population, de nombreux territoires pourraient subir un « stress hydrique », soit un manque d’eau pour combler les besoins de tous. C’est donc plus qu’un effort qu’il faut fournir. Un changement durable est possible, et est en marche. C’est en diminuant les inégalités, en éduquant et formant toutes et tous, en amenant les gouvernements et entreprises à (s’)investir, que l’on parviendra à inverser la tendance.

Ce que nous attendons de la Conférence Climat de Marrakech La FGTB fait partie de la Plateforme Justice Climatique, parmi de nombreux autres acteurs de la société civile belge. Cette plateforme a publié une liste de revendications liées à la conférence Climat qui se tient à Marrakech. L’Accord de Paris définit un cap très clair pour la lutte contre le réchauffement. Signal politique positif, l’accord sera déjà en vigueur pour la COP22 à Marrakech, où il fera l’objet d’un premier approfondissement. La Plateforme Justice Climatique, qui réunit les organisations environnementales, les syndicats, les organisations Nord Sud et les Conseils de la jeunesse a dressé sa liste de revendications, adressée aux responsables politiques.

D’ici 2020

L’Accord de Paris entrera plus tôt qu’imaginé en vigueur mais réfère à 2025 et 2030. Afin de respecter l’objectif d’une limitation du ré-

chauffement à 1,5°C, les prochaines années seront cruciales. Le focus de la COP22 doit dès lors être la mise en oeuvre rapide et le relèvement des ambitions à court terme ; Il est nécessaire de tout mettre en oeuvre pour dépasser les objectifs belges 2020 et plaider pour que l’Union européenne et les autres pays développés fassent de même; Il faut parvenir à Marrakech à une feuille de route pour atteindre les 100 milliards de dollars annuels promis pour le financement de la transition climatique d’ici 2020, financement essentiel pour une action rapide dans les pays en développement. La contribution équitable de la Belgique à cet objectif est de 500 millions d’euros annuels d’ici 2020.

La transparence doit être de mise

La COP22, doit assurer la mise en place de la transition juste, qui s’appuie sur le dialogue social, les investissements massifs, le dével-

oppement des compétences, le respect des droits humains, et un système fort de protection sociale; La Plateforme Justice Climatique est une plateforme de la société civile belge coordonnée par le CNCD-11.11.11 et son homologue flamand 11.11.11 et formée de ADG, ABVV-FGTB, ACV-CSC, APERe, Associations21, Bond Beter Leefmilieu (BBL), Beweging.net, Broederlijk Delen, CGSLB-ACLVB, Climate Express, Climaxi, Conseil de la Jeunesse, EcoKerk, Entraide et Fraternité, FSTM, Médecine pour le Tiers Monde (M3M), Greenpeace, Inter-environnement Wallonie (IEW), Climat et Justice sociale, Natuurpunt, NatuurpuntCVN, Oxfam-Solidariteit, Oxfam Wereldwinkels, Protos, SLCD, SOS FAIM, Vlaamse Jeugdraad, Vredeseilanden en WWF. http://www.cncd.be/+-platef o r m e - j u s t i c e - c l i mat i q u e - +


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DOSSIER

SYNDICATS • N°18 • 30 OCTOBRE 2015

CLIMAT

Une transition vers une société bas carbone en B Contexte : Accord de Paris Du 30 novembre au 12 décembre 2015 s’est tenu à Paris la 21ème Conférence des Parties des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP21). Cette Conférence a permis de conclure un accord engageant 195 États à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En très résumé, l’ambition finale de l’accord de Paris est que les contributions de ces États (différentes d’un pays à un autre) permettent de stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines « nettement en dessous » de 2°C d’ici à 2100 (par rapport à la température de l’ère préindustrielle, période de référence 18611880) en renforçant les efforts pour atteindre la cible de 1,5°C. Pour rappel, selon les scientifiques, une augmentation de plus de 2°C de la température mondiale rendrait les conséquences totalement incontrôlables. Actuellement, sans mesures urgentes et importantes, l’augmentation de la température de la terre avoisinerait les 4 à 5°C L’accord de Paris ne sauvera pas le climat. Il constitue un cadre, un signal politique, une direction. La COP21, ce n’est donc ni une grande victoire, ni une grande défaite La réaction du monde syndical

Les syndicats ont bien entendu salué cet accord. Toute mesure contribuant à une gouvernance mondiale en faveur des droits, de la justice et de la solidarité, tout investissement dans l’action pour le climat, ne peuvent être que les bienvenus. Néanmoins, nous sommes conscients que l’objectif que les gouvernements se sont fixés à long terme pour nos sociétés ne sera atteint que si des mesures concrètes sont prises au plus vite en vue de modifier radicalement nos modes de production et de consommation et si les objectifs nationaux de réduction des émissions, en particulier dans les pays industrialisés, sont revus avec un niveau d’ambition accru. Concrètement, maximum 2°C cela une réduction des émissions de 80 à 95% à l’horizon 2050 !

Les Etats ayant ratifié cet Accord s’engagent à prendre des mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre

Les annonces faites par les pays ces derniers mois (et qui mènent à un scénario d’une hausse de 2,7°C d’ici la fin du siècle dans le meilleur des cas) n’ont pas été revues à la hausse. Nos Etats devront donc nécessairement faire plus et mieux dans les années à venir pour prétendre véritablement limiter le réchauffement, à commencer par réviser leurs objectifs de réduction des émissions.

L’Europe

L’Europe a adopté en 2009 son Paquet Energie Climat. Pour la période 2013 – 2020, l’Europe devra atteindre les objectifs suivant : • 20 % de réduction de gaz à ef-

fet de serre (contraignant) • 20% de production d’énergie renouvelable (contraignant) • 20% d’économie d’énergie (indicatif). Chaque Etat-membre se voyant alors attribué 3 objectifs. La Belgique devrait avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 15% par rapport à 2005, avoir 13% de production d’énergie au départ du renouvelable et 18% d’amélioration de son efficacité énergétique (mais ce dernier engagement est indicatif). En octobre 2014, le Conseil européen adoptait un nouveau cadre pour le climat et l’énergie cette fois à l’horizon 2030 qui fixe trois grands objectifs pour 2030 • réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % (par rapport aux niveaux de 1990); • porter la part des énergies renouvelables à au moins 27 %; • améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27 %. Ici, les efforts de chaque Etat membres doit encore être négocié.

Scénarios Belgique Bas Carbone

Dans le cadre des négociations internationales sur le Climat, la Belgique s’est engagée à développer une stratégie de développement bas carbone pour contribuer à l’objectif de réduction de 80 à 95% de CO2 d’ici 2050. Afin de préparer le terrain, le Service fédéral Changements climatiques a lancé depuis 2012, un projet intitulé « Une Belgique bas carbone à l’horizon 2050 ». Celuici poursuit un double objectif : • Contribuer directement à l’élaboration d’une stratégie bas carbone belge s’inscrivant pleinement dans le cadre

d’un développement durable • Dans l’esprit du « management de transition », stimuler et alimenter les réflexions et initiatives dans ce domaine afin de favoriser les échanges entre le plus grand nombre d’acteurs possible. Le premier volet de ce projet s’est traduit par une étude cherchant à définir les chemins qui sont susceptibles de mener à des réductions d’émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 80 à 95% en 2050 sur le territoire belge. Les résultats de cette étude indique que réduire les émissions de GES de 80 à 95 % en Belgique est possible. Il est possible d’agir sur de nombreux secteurs selon différents scénarios. Ces scénarios impliquent des changements drastiques de la part de tous les acteurs de la société. L’étude montre que si les scénarios bas carbone sont mis correctement en application, leurs coûts sont du même ordre que ceux du scénario de référence : les investissements importants dans l’efficacité énergétique, l’infrastructure, la flexibilité, les énergies renouvelables et les interconnexions sont compensés par la baisse des dépenses en combustible. La priorité doit aller vers la rénovation des bâtiments, le développement de l’infrastructure énergétique ou encore le renforcement de l’efficacité énergétique.

Détails de l’étude : http://www.climat.be/2050/files/2513/8625/2687/ Low_Carbon_Scenarios_for_ BE_2050_-_Final_Report.pdf

Impacts sociaux économiques: création de 80.000 emplois nets !

Dans le cadre de cette étude, plus de 150 acteurs concernés ont été consultés. Dont les syndicats. Outre notre intérêt pour ce travail prospectif, nous avons directement pointé l’importance d’évaluer les impacts socioéconomiques de tels scénarios. Une fois ces scénarios définis, il est alors nécessaire de se pencher davantage sur des questions complémentaires telles que les impacts macroéconomiques, l’emploi et la formation, la compétitivité, le financement, les co-bénéfices, etc Ces impacts ont fait l’objet d’une seconde étude, qui vient de sortir. Quatre grands messages ressortent de cette étude: activité économique, compétitivité, Activité économique: une réduction drastique des émissions de GES est compatible avec une croissance économique de niveau semblable à - mais de contenu différent de - celle observée dans un scénario à politique inchangée Compétitivité: un gain pour les secteurs industriels pour autant que le contexte international et la spécificité de certaines firmes et chaînes de valeur soient adéquatement pris en compte lors de la définition des politiques et mesures Co-bénéfices : les politiques de réduc-

tion des émissions sont susceptibles d’apporter des avantages considérables dans toute une série d’autres domaines. Par exemple : elles permettront d’éviter l’émission de polluants de l’air dont le coût économique est généralement évalué à environ 4% du PIB belge, ou encore une diminution de la congestion routière et le nombre d’accidents de la route devraient également largement bénéficier des politiques d’atténuation dans le secteur des transports Emploi: Au total, la transition est susceptible de mener à une création nette d’emplois en Belgique, de l’ordre de 80 000 emplois en 2030 par rapport à un scénario à politique inchangée Bref, une transition vers une Belgique bas carbone irait de pair avec une création nette d’emplois, mais contrastée selon les secteurs : • C’est dans la construction que le plus grand nombre de nouveaux emplois directs est attendu, ce qui incite à porter une attention particulière à la question du détachement des travailleurs qui se pose dans ce secteur • L’industrie devrait également connaître des créations d’emploi significatives, notamment dans le secteur des biens intermédiaires. • Le secteur des transports serait quant à lui affecté de manière plus asymétrique : les pertes d’emploi dues à une moindre demande d’entretien des véhicules privés seraient atténuées par les effets bénéfiques de l’activité économique dans ce secteur, par exemple dans le déploiement des services liés aux transports collectifs. Enfin, la moitié de l’emploi créé le serait de manière indirecte avec une hausse significative dans le secteur des services.

Détails : http://www.climat. be/2050/files/6214/7642/6494/ macro_low_carbon_report.pdf

Conclusion

L’époque où l’on pensait que si l’on protégeait le climat on détruisait des emplois est révolue. En effet, des politiques ambitieuses de diminution des émissions et d’adaptation climatique sont de plus en plus vues comme essentielles pour protéger les emplois et les personnes contre les répercussions négatives du changement climatique. L’investissement génère des emplois dans différents secteurs tels que les énergies renouvelables, les transports publics ou encore l’efficacité énergétique des bâtiments. Une transition est donc non seulement indispensable en Belgique, mais elle est aussi possible. Mais cette transition doit être socialement juste, basée sur le dialogue sociale, les investissements, la formation et les qualifications, le respect des droits des travailleurs et une protection sociale forte !

Développez votre propre scénario! L’administration fédéral a créé « My2050 » : un outil web interactif et éducatif permettant de créer votre propre scénario bas carbone à l’horizon 2050. L’objectif est d’entamer un débat quant à la manière dont nous pouvons faire évoluer vers une société bas carbone d’ici 2050 My2050 vous permet : • d’appréhender les changements possibles dans les divers secteurs (transports, bâtiments, industrie, production d’énergie et agriculture). • d’élaborer votre propre scénario de transition ar le choix d’un niveau d’ambition pour les différents «leviers» dans ces secteurs et de visualiser immédiatement chaque choix dans un paysage virtuel. • de calculer immédiatement la réduction des émissions de ce scénario pour notre pays en 2050. • d’analyser ce scénario du point de vue de la réduction des émissions, de la demande énergétique, des importations ou exportations nettes d’électricité et des coûts. • d’obtenir des informations claires via 7 animations (notamment à propos des défis et des solutions dans les différents secteurs) et 13 fiches d’information (une par levier). L’utilisation est très intuitive, mais ça vaut certainement la peine de cliquer sur la touche “Comment?” sur la page d’accueil. Une courte animation vous montrera le chemin et donnera un aperçu des différents écrans de résultats h t t p : / / w w w. my 2 0 5 0 . b e /


DOSSIER

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Belgique est-elle possible? > LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

L’inaction porteuse de décroissance Si la lutte contre le changement climatique est porteuse de croissance, l’inaction aura au contraire des conséquences économiques désastreuses. L’OCDE dans deux rapports prévoit, selon plusieurs scénarios, une perte de croissance de 2 à 10% du Produit Intérieur Brut global du monde, voire 15% d’ici la fin du siècle si on ne prend pas le taureau par les cornes. La pollution de l’air à elle seule fera grimper les dépenses de santé, le nombre de jours de travail perdus et les morts prématurées. L’OCDE s’est penchée sur les conséquences économiques de la pollution de l’air d’ici 2060*. L’OCDE lance un avertissement : « En

l’absence de mesures plus rigoureuses [NDLR : le rapport est sorti après la COP21] l’accroissement de l’activité économique et de la demande d’énergie entraînera une hausse non négligeable des émissions mondiales de polluants atmosphériques à l’horizon 2060. ». Les premiers concernés

sont la Chine et l’Inde. Dans une moindre mesure l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Afrique. La pollution de l’air entraînera une

augmentation des maladies et de la mortalité. Et qui dit maladie ou mortalité, dit baisse de la productivité. La pollution peut modifier aussi le rendement des cultures.

Dommages résultant des impacts climatiques à très long terme sur la croissance Variation en pourcentage par rapport la référence sans dommages

Des millions de morts sur la conscience

Selon l’OCDE il faut s’attendre à une augmentation du nombre de décès prématurés. Malgré les incertitudes de ce genre de prévisions, l’OCDE avance des prévisions chiffrées. De 3 millions de morts en 2010 liées à la pollution de l’air, on passerait à 6 ou 9 millions en 2060. L’augmentation de la morbidité devrait en outre entraîner une augmentation des dépenses de santé mais aussi la perte d’un grand nombre de journées de travail et des perturbations de l’activité. Et là, on touche la corde sensible des industriels et des pouvoirs publics : les dépenses globales de santé liées à la pollution passeraient de 21 milliards de dollars US en 2010 à 176 milliards en 2060. La perte de jours de travail pourrait tripler et passer de 1,2 milliard à 3,7 milliards. Aux coûts « marchands », il faut ajouter les coûts « non marchands (aussi appelé coûts en bien-être)». Pour en estimer le prix, l’OCDE table sur « le consentement individu-

el à payer pour réduire le risque de décès prématuré » ou les « douleurs et souffrances». Ces coûts seraient

multipliés par sept d’ici 2060. Par habitant le coût moyen « de bienêtre » passerait de 500 dollars US en 2015 à 2.100 voire 2.800 $ par an.

Croissance plombée

Ce n’est pas tout. Dans un second rapport plus global sur les conséquences économiques du changement climatique**, l’OCDE

tente de chiffrer la perte de croissance du Produit Intérieur Brut en fonction des évolutions prévues et des politiques implémentées ou non. « En l’absence de nou-

velles mesures climatiques, les effets conjugués des différents impacts considérés sur la croissance annuelle du PIB mondial devraient s’intensifier pour atteindre 1% à 3.3 % d’ici à 2060, la projection centrale s’établissant à 2%.» Peut-on lire dans le rapport. Et encore : «il est probable que les

coûts de l’inaction présentés ici

sous-estiment le coût total des impacts du changement climatique».

Le rapport invite également à réfléchir « sur plusieurs impacts

climatiques importants qu’il n’a pas été possible de quantifier »,

notamment les décès prématurés liés à la chaleur (notamment aux canicules) ou les effets sur la santé liés au froid. Ou encore les conséquences non sanitaires du stress thermique, comme les perturbations dans les transport et les infrastructures au niveau local sous l’effet d’événements météorologiques extrêmes,

l’aggravation du stress hydrique et les incidences sur la sécurité (migrations et conflits, en particulier).

* OCDE (2016), Les conséquences économiques de la pollution de l’air extérieur, Éditions OCDE, Paris. http://dx.doi. org/10.1787/9789264262294-fr ** OCDE (2016), Les conséquences économiques du changement climatique, Éditions OCDE, Paris. http://dx.doi. org/10.1787/9789264261082-fr


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> SECTEURS DE LA RÉCUPÉRATION

L’économie n’est durable que si les emplois le sont aussi Les secteurs de la récupération jouent un rôle important dans la transition vers une économie durable, aussi appelée ‘circulaire’. Mais les emplois de ces secteurs sont quant à eux beaucoup moins ‘durables’. Si les salaires y sont bas, les risques pour la santé des travailleurs sont quant à eux très élevés. Ne serait-il pas logique qu’une véritable économie durable procure aussi des emplois durables ? Tout le monde est convaincu de la nécessité d’une économie plus durable. Pour y arriver, il faut passer d’une économie linéaire à une économie circulaire. Cela signifie

rables. Et c’est là où le bât blesse. Les secteurs de la récupération travaillent souvent avec des contrats temporaires et de l’intérim. Les salaires y sont particulièrement bas et ne suivent pas les belles performances engendrées par les entreprises.

avant tout réutiliser autant que possible les matières premières. Depuis plusieurs années déjà, on incinère de moins en moins de déchets et on recycle de plus en plus. Les besoins en matières premières diminuent donc. Des secteurs comme ceux de la récupération du textile, du papier ou de produits divers ont un rôle essentiel à jouer et ces secteurs, qui sont en pleine expansion se portent bien d’un point de vue économique. C’est très positif pour notre environnement.

Nous voulons aussi des emplois durables

Mais une économie durable doit aussi procurer des emplois du-

En outre, il s’agit de secteurs qui présentent aussi des risques pour la santé des travailleurs. C’est un travail très répétitif, qui engendre des problèmes musculaires. Sans oublier que les travailleurs sont souvent en contact avec des matières dangereuses. On constate d’ailleurs que les secteurs sont confrontés à des accidents du travail très sérieux. Et les employeurs ne collaborent pas toujours de manière constructive pour trouver des solutions. Une économie n’est véritablement durable que si elle est bénéfique pour l’environnement et les travailleurs. En ce qui concerne l’environnement, on est sur la bonne voie. La FGTB s’engage à faire en sorte qu’il en aille de même pour les travailleurs.

> SECTEUR DU VERRE

La recherche et le développement: la seule route à suivre

Entre 2003 et 2015, plus de 3000 emplois ont été perdus dans le secteur du verre en Belgique. Comment expliquer le déclin d’un des fleurons de notre industrie? La faute à l’Europe ? Enrico Gibellieri, dernier président de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), et aujourd’hui membre de la Commission Consultative des Mutations Industrielles (CCMI), nous apporte un autre éclairage sur la situation du secteur. Enrico, quand on pense aux fermetures d’entreprises comme Saint Gobain, on se dit que l’Europe a une part de responsabilité, non ?

Ce n’est pas complètement vrai. C’est un problème commun aux grands secteurs industriels. Même sans l’Europe, des activités auraient été délocalisées vers les pays émergents. On peut toutefois regretter le laxisme dont l’Europe a fait preuve durant des années dans la lutte contre le dumping.

Mais alors, quelle est la solution ?

Soyons réalistes, ce serait pire si la Belgique devait affronter seule les difficultés. L’Europe donne plus de forces pour résoudre ensemble les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Face à la globalisation des marchés, la seule solution qui tienne la route est d’investir dans la Recherche et le Développement. Nous devons viser l’excellence de nos produits tout en restant compétitifs.

Pour vous, le secteur du verre a donc encore un avenir en Belgique ? Evidemment. Même si le verre pour l’industrie automobile a beaucoup souffert de la crise, le verre creux se porte bien. Le futur, il est aussi dans les écono-

d n a h c r a Le non-m nt !

a v a ’ l va de ter pour s e if n a m Venez l accord social . un nouve mbre 2016, 10h30 le 24 nove s gare du Nord ou Rendez-v s. à Bruxelle

Dans les secteurs du non-marchand, les accords sociaux sont négociés de manière pluriannuelle. Syndicats, employeurs et gouvernements prennent dans ce cadre des dispositions en matière de conditions de travail et de rémunération. Austérité faisant loi, les derniers accords datent de plusieurs années.

Il est dès lors grand temps de négocier de nouveaux accords ! Des cahiers de revendications ont déjà été déposés auprès des différents gouvernements depuis plusieurs mois. Aucune ouverture à ce jour. Rappelons nos revendications à ces gouvernements.

s: n o i t a c i nd Nos reve Plus s d’emploi Les défis à relever dans le non marchand sont de plus en plus nombreux. Les situations à gérer sont de plus en plus complexes et engendrent une charge de travail de plus en plus lourde. La stabilisation (contrats CDI) et la création d’emplois doivent aider à faire face à ces situations. Et pourquoi pas oser la réduction du temps de travail avec embauche compensatoire, sans perte de rémunération.

mies d’énergie. La priorité doit être de mettre au point des produits qui permettent d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments, et d’augmenter la production d’énergie renouvelable.

Justement, la question environnementale est un enjeu crucial au niveau mondial. Les normes strictes de l’Europe ne posent-elles pas un problème ?

Non, il faut poursuivre sur cette voie. Ça prouve que le problème va au-delà de l’Europe. Le Maroc ou la Chine n’ont pas les mêmes normes environnementales que nous. Cela a forcément des conséquences au niveau des coûts de production. La solution serait d’harmoniser les normes environnementales ou de taxer les produits qui entrent en Europe.

Quelle Europe voyez-vous pour demain ?

L’Europe ne doit pas tourner le dos à son passé industriel et surtout, ne pas l’oublier. Il faut plaider pour une politique européenne et un véritable dialogue social européen. Aux Belges, je dirais : votre savoirfaire est mondialement reconnu, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas se remettre en question et essayer de s’améliorer encore, au niveau des méthodes, des outils de production et des normes. Le challenge est là.

Plus de hat d’ac pouvoir Le pouvoir d’achat est le moteur de notre économie. Mais les salaires dans le non-marchand sont bas et les travailleurs ont en outre dû subir un saut d’index. Nous voulons une augmentation des salaires bruts, le remboursement à 100% des frais de transport, un 13e mois, etc.

travail & n u r u o P qualité e d e i v e un Le Gouvernement fédéral relève l’âge de la pension et supprime pratiquement la prépension. Les possibilités de crédit-temps sont de plus en plus restreintes. La flexibilité n’a plus de limite. Stabiliser les horaires, garantir une plus longue période de vacances, soulager la fin de carrière, renforcer l’encadrement, lutter contre le temps partiel involontaire etc, autant de mesures à prendre pour permettre un travail de qualité et trouver un juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée.


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CONGRÈS PROFESSIONNELS

VOS DÉLÉGUÉS PLANCHENT SUR LE FUTUR DE NOS SECTEURS

Entre septembre et janvier 2017, la Centrale Générale – FGTB organise pas moins de 25 congrès professionnels. Tous les 4 ans, les délégués d’un même secteur sont ainsi rassemblés afin de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur sur le travail accompli ces dernières années mais aussi se pencher sur l’avenir. D’autre part, chaque congrès aborde les thèmes en fonction de ses réalités. Pénibilité du travail pour l’un, flexibilité

pour l’autre ou encore dumping social. Mais l’objectif de tous ces congrès est le même: autrement et mieux. C’est possible. C’est la raison d’être de notre syndicat. Durant les prochains mois, nous mettons le focus sur les différents congrès professionnels. Retrouvez toutes les présentations des congrès déjà passés et toutes les photos sur notre site www.accg.be.

TITRES-SERVICES LA RÉGIONALISATION N’APPORTE AUCUN CHANGEMENT Le secteur des titres-services a été régionalisé en 2014. Mais nous constatons que peu de choses ont évolué sur le terrain. Les travailleurs rencontrent encore les mêmes problèmes : bas salaires, principalement des contrats à temps partiels, déplacements de client à client, … Les régions n’ont pas profité de la régionalisation pour changer quoi que ce soit.

DES PROGRÈS, MAIS LES DÉFIS DEMEURENT A cause de diverses décisions du gouvernement fédéral, comme le gel des salaires et le saut d'index, les syndicats ont à peine pu négocier des augmentations salariales. Néanmoins, nous avons réussi à obtenir quelques avantages pour les travailleurs via la concertation sociale. L'indemnité de déplacement a été

améliorée. Des dispositions ont été prises en matière de chômage économique. La prime de fin d'année, la prime syndicale et l'allocation vêtements ont été augmentées.

CONTACT AVEC LES TRAVAILLEURS Le travail syndical dans le secteur des titres-services n’est pas facile. Nos délégués ont peu de contacts avec leurs collègues parce que tout le monde travaille seul chez ses clients. Dans les années à venir, nos délégués veulent développer le contact avec les travailleurs. Ils envisagent plusieurs possibilités: le téléphone, les mails, un site web, mais aussi les réseaux sociaux. Une nouvelle page facebook a vu le jour lors du congrès : www.facebook.com/FGTB-Titres-services. Aimez, likez, partagez notre page et restez informé de nos activités.

ENTRETIEN DU TEXTILE LE CLIENT EST ROI Le secteur de l’entretien du textile est confronté à une véritable guerre des prix. Les clients font jouer la concurrence entre les différentes entreprises. Et dans cette quête du prix le plus bas, les entreprises misent de plus en plus sur l’automatisation pour épargner sur le coût du personnel. Ce qui signifie que les travailleurs doivent faire preuve de plus de polyvalence. Ils doivent combiner plusieurs tâches en même temps, à une cadence plus importante.

TRAVAIL PÉNIBLE Nous sommes très éloignés du travail soutenable. La charge de travail s’accroit et ce, malgré l’automatisation. D’autre part, les entreprises n’hésitent pas à économiser sur le dos de la sécurité comme l’ont confirmé plusieurs délégués : la qualité

des équipements de protection diminue et ce matériel doit être utilisé plus longtemps. L’autre tendance réside dans l’instauration de plus en plus fréquente d’un régime de travail en équipes dans les blanchisseries. Le gouvernement Michel a fait en sorte que le travail en équipes soit meilleur marché. Ce système est même devenu moins cher que le travail de jour.

RENFORCER LA DÉLÉGATION SYNDICALE Pour résoudre les problèmes, nous devons renforcer les possibilités d’actions des délégués dans les entreprises. Ce qui passe par l’amélioration du statut de la délégation syndicale. Nous voulons qu’une délégation syndicale puisse être formée à partir de 30 travailleurs.

NETTOYAGE CONCURRENCE EFFRÉNÉE La concurrence fait aussi rage dans le secteur du nettoyage. Les utlisateurs choisissent simplement le prix le plus bas. Les entreprises font donc tout leur possible pour baisser les prix au maximum. A longueur de journée, les travailleurs sont matraqués par les mots « rentabilité » et « productivité ». Comme l’ont démontré les témoignages de nos délégués : « Chaque nouveau contrat coïncide avec des licenciements. Il faut empêcher les entreprises de casser les prix. Au PaysBas, par exemple, on impose un prix minimum en dessous duquel on ne peut aller. »

LE SECTEUR SE MASCULINISE Le secteur du nettoyage a la réputation d’être un secteur féminin. Mais le vent tourne. Le nombre d’hommes augmente

chaque année. Pouquoi? A cause de la lourdeur du travail? De la pénibilité des horaires? Difficile d’y répondre. Mais si la tendance se maintient, le secteur sera composé de davantage d’hommes que de femmes dans les quatre années à venir.

RENFORCER LA COMMUNICATION Tout comme dans les titres-services, mener à bien son travail syndical dans le nettoyage n’est pas simple. Le travail s’effectue par petits groupes de travailleurs répartis sur différents sites. Ils ont peu de contact les uns avec les autres. D’où l’intérêt d’utiliser de nouveaux moyens de communication tels que les réseaux sociaux.


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MÉTAL

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> POINT DE VUE

L’honneur perdu de Charles Michel et de son gouvernement ces termes d’une violence symLa FEB, c’est le « gadot » d’un gouvernement bolique jusqu’ici inégalée: « La fédéral dans les cordes. Comme un ultime rempart, palme de l’indigence revient aux syndicats qui maintenaient hier le dernier soutien, la corde du pendu…

soir le mot d’ordre de grève dans Groggy comme un boxeur qui ment et ses prestations à la COP certains endroits de Wallonie. Vu les circonstances, ils ne valent pas titube sur le ring, il continue pour- 21 ont été « limite » : elle n’a pas qu’on leur consacre plus qu’une tant de rouler des mécaniques prouvé sa capacité de faire foncligne ». même si, à l’évidence, ses forces l’abandonnent. Charles Michel est lâché. Par les sondages. Par les médias. Par ses propres experts «pensions ». Son gouvernement s’est ridiculisé sur la scène internationale dans le dossier du CETA. Au contraire de la Wallonie et de Bruxelles ! Son budget 2017 est menacé par la Commission européenne parce qu’il n’est pas crédible. Celui pour 2018 s’annonce déjà cauchemardesque. Il est honni pour des raisons différentes par toutes les corporations des soins de santé. Il est déstabilisé de l’intérieur par un CD&V à qui la NVA n’épargne aucune humiliation. Son ministre des Finances enfile les bourdes comme des perles : sous-estimations chroniques des recettes, rendements fiscaux ridicules, régularisation fiscale traînée en Justice par l’Inspection spéciale des impôts… Sa collègue de l’Energie ment par omission au Parle-

tionner, dans les délais prévus, le système institutionnel belge dans ce dossier. Didier Reynders dans la préparation du traité avec le Canada n’a pas fait mieux… Bon public, le patronat à qui la coalition des droites flamandes et libérales sert la soupe depuis 2014 continue d’applaudir à tout rompre. Avec la fébrilité de tout un internat de têtes blondes à l’arrivée du grand Saint-Nicolas, patron des écoliers, lui. La com’ ne va ni changer ni sauver la réalité: le bulletin du Premier est un désastre. Son bilan a les allures d’un échec total. Depuis plus de deux ans, avec des fortunes diverses, la résistance sociale a été constante. Elle s’est jusqu’ici heurtée à une hostilité entretenue de l’opinion publique à l’égard des organisations syndicales. Le 23 novembre 2015, un quotidien de révérence concluait son édito à la « une » en

Cet âcre relent d’un autre siècle date de moins d’une année! Le même titre barrait sa « une » le 3 novembre dernier d’une sorte de regret ou de dépit : « Le grand silence des syndicats ». Comme pour déplorer qu’ « il n’y a tou-

jours pas d’actions d’envergure en vue»: «On aurait pu croire que les mesures budgétaires annoncées par le gouvernement Michel auraient jeté des milliers de manifestants dans les rues. » L’inver-

une palme d’or… La commission des experts chargée depuis 2013 de donner une caution scientifique aux reculs sociaux vendus comme indispensables pour «sauver le système » vient de tirer le tapis sous les pieds de la coalition. Dans une carte blanche qui résonne comme un désaveu, ces « savants » se réveillent : « La

politique des pensions prend une tournure dangereuse ». Un pavé

dans la devanture… Depuis sa formation, le gouvernement fédéral construit autour de la principale formation séparatiste du pays a multiplié les signaux de déloyauté fédérale à l’endroit de la Région wallonne, singulièrement. Dans la préparation de la signature du CETA, le sublime mépris des revendications formulées par le Parlement wallon a ruiné la crédibilité extérieure d’un chef d’Etat incapable, en bout de course, de contenir les volontés « d’une

sion de sympathie médiatique que traduisent ces extraits de presse témoigne que des choses changent dans les profondeurs de la société belge. Et l’évolution des problèmes liés à région microscopique dirigée par la sécurité et aux attentats n’ex- des communistes », comme l’a craché un commissaire allemand plique pas tout. haineux pendant que le président Juncker était occupé à remonter Un pavé dans la vitrine du MR… les bretelles de Charles Michel. Dans la vitrine électorale du MR, Dans le même temps, la populala réforme des pensions devait tion wallonne - dont une partie trôner comme un trophée, comme de l’électorat MR ! – avait choisi

son camp : celui de David contre Goliath… Tout faux pour les libéraux dans ce dossier. Les réactions d’une bête blessée sont généralement dangereuses. Nous devons craindre aujourd’hui une nouvelle offensive contre les droits syndicaux. Elle viendra du gouvernement flamand. Il veut ouvrir une brèche en imposant à la société publique de transport « De Lijn » un service minimum. La MWB s’inscrira dans la solidarité fédérale pour empêcher cette agression contre un droit de grève universel.

Nico Cué Secrétaire général de la MWB

GLOBAL SERVICES: la pénibilité est une réalité!

La « pénibilité » est une réalité vécue au quotidien par les travailleurs. Cela touche tous les secteurs du Métal. Cette carte est l’occasion de faire le point sur la problématique de la «pénibilité». Rencontre avec la délégation MWB-FGTB Brabant de GLOBAL SERVICES.

Claudio travaille chez GLOBAL SERVICES, il y est délégué. L’entreprise occupe environ 60 travailleurs. Elle sous-traite l’activité « Traitement de bagages » d’ENGIE (ex-COFELY ), spécialisée dans la gestion énergétique (sous-commission paritaire des électriciens), filiale de GDF-SUEZ. Ce lien avec la maison-mère permet de créer des synergies avec la représentation syndicale de celle-ci, ce qui facilite le travail syndical. Les travailleurs de GLOBAL SERVICES occupent des fonctions

très variées et sont répartis sur 20 sites différents en Belgique. Comme les autres travailleurs du Métal, ils sont au quotidien confrontés à la problématique de la «pénibilité ». Nous avons donné la parole à la délégation pour nous illustrer quelques caractéristiques de la « pénibilité» auxquelles ils sont confrontés au travail.

Claudio nous donne des exemples. Tout d’abord ce qui touche à des travaux dangereux et insalubres. : • Lors du « re-lampage » intérieur et extérieur, les hauteurs peuvent atteindre 6 m pour les poteaux extérieurs ; • Lors de la réparation de la tuyauterie : les interventions de débouchage de toilettes et réparations de tuyaux des eaux usées confrontent les travailleurs à des problèmes d’insalubrité; • Lors du nettoyage des sous-sols qui sont des endroits humides et poussiéreux. Le remplacement de filtres d’aérations, ou l’ouverture des trappes dégage beaucoup de poussières nocives.

Les travailleurs exercent également des tâches pénibles telles que le déplacement de charges très élevées, par exemple lors des déménagements. Ils doivent déplacer des meubles très lourds. Ils doivent également intervenir dans des endroits à forte chaleur, par exemple à Tihange. Le travail à des températures extrêmes est également un facteur de pénibilité pour le travailleur.

Sans oublier le stress auquel les travailleurs sont soumis. Par exemple, pour la réception et la distribution du courrier. La direction demande aux travailleurs d’être de plus en plus rapides.

Le cas de l’entreprise où travaille Claudio n’est pas isolé. Tous les travailleurs des secteurs du Métal sont confrontés à la « pénibilité ».

En effet, ils sont confrontés à une organisation du travail de plus en plus flexible. Ce sont des secteurs où les travailleurs effectuent des travaux manuels avec des efforts physiques considérables parfois dans des positions inconfortables, les mouvements répétitifs occasionnant des problèmes de santé, ou qui sont en contact avec des tiers (clients), ce qui peut générer des situations de travail dangereuses. L’organisation du travail dans nos secteurs est aussi caractérisée par le travail en équipes et le travail de nuit. Ces horaires de travail peuvent provoquer à long terme une usure prématurée de l’organisme et une dégradation de l’état de santé. Tous ces métiers usent les organismes des travailleurs. Comment peut-on sérieusement imaginer tenir jusqu’à 67 ans ? Comment, dans ces conditions, profiter d’une retraite en bonne santé ? Les travailleurs doivent bénéficier de mécanismes leur permettant de se retirer anticipativement !

Délégation MWB-FGTB BRABANT GLOBAL SERVICES


ALIMENTATION - HORECA - SERVICES

SYNDICATS • N°19 • 11 NOVEMBRE 2016

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L’approche syndicale en vue d’une chaîne de cacao durable Horval milite pour une chaîne de cacao durable, c’est-à-dire une vie décente pour l’ensemble des travailleurs actifs dans la chaîne du cacao tout en garantissant une méthode de travail respectueuse de l’environnement.

pression sur les autorités et les entreprises afin qu’elles renforcent leurs efforts au niveau de la lutte contre le travail des enfants dans le secteur du cacao. Les différents syndicats soutiennent les initiatives en vue de nouvelles règlementations contraignantes (au Parlement européen et au niveau national) et celles-ci sont utilisées pour la promotion du plaidoyer en faveur d’une chaîne de cacao et de chocolat sans travail des enfants.

1. Le travail décent

3. Les conventions collectives internationales

Notre définition d’une chaîne de cacao durable reprend notre mission qui consiste à rechercher une chaîne de cacao où les travailleurs mènent une vie décente et travaillent dans un environnement durable ; Le travail décent est un des éléments repris dans notre vision (mission) relative à la chaîne de cacao durable. Il faut que les agriculteurs puissent travailler dans les plantations en tant que salariés dans des conditions décentes et un environnement sûr, tout en ayant des conditions de travail et de rémunération honnêtes. En outre, les conditions de travail et les relations entre les travailleurs du transport, de la transformation du cacao et de la production du chocolat requièrent également une amélioration. Nous relevons ce défi avec nos partenaires de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso.

2. La lutte contre le travail des enfants

Le travail des enfants est le plus gros souci dans la chaîne du cacao dont nous nous préoccupons, dans le cadre de notre lutte contre le travail des enfants. Malgré les bonnes intentions, les commissions gouvernementales (le Ghana, la Côte d’Ivoire) et la pression internationale, le travail des enfants dans la culture du cacao ne diminue pas. Les syndicats, tant dans le nord que dans le sud, exercent une

En Europe occidentale, la plupart des travailleurs actifs dans la transformation du cacao et la production du chocolat relèvent de conventions collectives de travail. Pourtant, les différences entre ces conventions peuvent être importantes. Afin de permettre aux militants de discuter de leurs conditions de travail et de rémunération, la FGTB Horval les réunit dans la commission de cacao.

4. Interpeller les entreprises multinationales (et leurs filiales)

Pendant la réalisation de leur travail syndical quotidien, les dirigeants syndicaux et les militants peuvent interroger le management local, national et international des entreprises faisant partie de la chaîne de cacao. A cet effet, ils peuvent se servir du Guide pour les Activités syndicales. Là où cela s’avère possible, nous développons des activités de soutien et des campagnes en cas de violations des droits syndicaux et de l’homme de la part des entreprises multinationales ou de leurs filiales.

5. Interpeller les organisations des entreprises

Les syndicats et les ONG, réunis au sein de Voice, jouent un rôle actif pour interpeller les organisations des entreprises ayant un intérêt dans la chaîne du cacao au sujet des thèmes importants. Au niveau européen, cette initiative

a été prise afin d’arriver à un dialogue social constructif avec Caobisco (l’organisation patronale européenne dans le secteur du cacao). Au niveau mondial, un dialogue a été construit avec la WCF (World Cocoa Foundation) qui dispose du programme d’action CocoaAction.

6. Interpeller les autorités

Tant dans le nord que dans le sud, les syndicats constituent un élément essentiel du dialogue dans leurs pays respectifs et au niveau des accords de coopération intergouvernementaux. Nous utilisons cette position afin de plaider pour les démarches nécessaires à la promotion de la durabilité dans la chaîne du cacao. Au niveau des plateformes internationales, nous faisons entendre notre voix dans les débats portant sur tous les sujets importants dans la chaîne du cacao.

Silvie Mariën


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> POINT DE VUE

On ne négocie pas avec le climat

Les négociations avec les employeurs constituent l’une des principales tâches du SETCa. Mais malheureusement, on ne peut pas négocier avec les lois de la nature de notre planète. Toutefois, le SETCa voit aussi dans le défi du réchauffement climatique une chance de se diriger vers une société plus juste. La Terre se réchauffe. Ce n’est pas un hasard si les terrasses étaient encore pleines en septembre ou si nous avons à peine connu de grands froids les deux derniers hivers. Selon le dernier rapport sur le climat, si nous ne faisons rien, la température moyenne sur Terre augmentera de 2,6 à 4,8°C d’ici à 2100, avec toutes les conséquences que cela implique. Pour limiter le réchauffement, il faut dès lors inverser la tendance. Les émissions de gaz à effet de serre (qui vont au-delà du simple CO2) doivent rapidement commencer à diminuer, pour être pratiquement ramenées à zéro à la fin de ce siècle. Cela ne va pas de soi et exige un changement de mentalité, y compris dans notre système économique. C’est une chance que nous devons saisir.

Pas de pessimisme, mais des actes

Il est tentant de se laisser aller au cynisme en lisant toutes les annonces alarmistes concernant le climat. Mais comme l’indifférence, le pessimisme n’apporte aucune solution. Une attitude optimiste ne doit pas forcément être naïve. L’accord sur le climat convenu à Paris prévoit des dispositions pour parvenir à limiter le réchauffement à 2°C, avec l’ambition de faire mieux (1,5°C). Pour la première fois, cet accord implique les deux plus gros pollueurs au monde (les États-Unis et la Chine), tout comme de potentiels futurs gros pollueurs (ex. : l’Inde). L’accord entrera même en vigueur un an plus tôt que prévu. Les évolutions technologiques rendent également optimiste. Le prix de l’énergie renouvelable (solaire et éolienne) baisse en flèche. Les premières voitures électriques font leur apparition dans nos rues et créent de l’emploi, comme à l’usine Audi Brussels. Cela n’empêche que le défi reste énorme et qu’il faudra à cet égard briser des tabous. Par exemple, l’évidence avec laquelle nous importons des biens provenant de l’autre côté de la Terre, au lieu d’opter pour la production locale. L’opposition au CETA et au TTIP concerne aussi ce sujet. Mais il s’agit également de tabous nous touchant de plus près, comme nos modes de déplacement.

Budget mobilité ?

Sur ce plan, le gouvernement actuel montre déjà ce qu’il ne faut pas faire. Ainsi, il a annoncé en fanfare un « budget mobilité », à côté d’une interminable liste d’économies injustes. D’après ce que nous savons, le Gouvernement octroierait une forme d’avantage salarial net aux travailleurs roulant actuellement avec une voiture de société, à laquelle ils devraient alors renoncer. Les montants mentionnés (dans la presse) ne compensent toutefois pas l’avantage réel pour le travailleur... Nous nous posons dès lors de sérieuses questions sur la manière dont cette mesure peut être convertie dans la pratique. Cela semble surtout être un moyen d’octroyer pour la énième fois une diminution des charges aux employeurs. Tout cela a peu à voir avec la durabilité. En effet, le même gouvernement économise des milliards dans tous les services publics, parmi lesquels les transports publics. « Faire sortir » les gens de leur voiture n’est possible que s’ils ont des alternatives. Or, ces dernières sont de moins en moins nombreuses. Le revirement vers une économie plus durable, avec des investissements menant à des emplois locaux et durables, est nécessaire. Mais il requiert une approche totale. Le SETCa veut d’ores et déjà être un partenaire dans cette démarche. Mais pour pouvoir agir réellement, d’autres rapports de force politiques s’imposent, car ce gouvernement n’arrive à rien à cet égard. Entre-temps, nos militants soutiennent heureusement de nombreux projets durables dans les entreprises mêmes. Car la durabilité doit aussi provenir de la base.

Myriam Delmée, Vice-Présidente du SETCa

Erwin De Deyn, Président du SETCa

En route pour le boulot Mais comment ? Vous rendre de votre domicile vers votre lieu de travail (et inversement) est l’un des trajets que vous effectuez le plus souvent. Comme pour bon nombre de travailleurs, ce chemin fait partie de la routine ! A pied, à vélo, en transports en commun, avec un véhicule privé ou une voiture de société, etc. : il existe de multiples façons de se rendre au travail. Certaines sont plus favorables que d’autres à l’environnement et présentent même des avantages pour votre portefeuille. A vélo

Le fait de se rendre au travail à vélo comporte de nombreux avantages. Tout d’abord, c’est bon pour le corps ! Voyager en deux roues vous permet d’avoir une activité physique régulière et d’ainsi garder la forme. Aux heures de pointe, le vélo est souvent plus rapide que la voiture : il vous permet de vous faufiler plus facilement dans le trafic. C’est également un moyen de transport bénéfique pour l’environnement puisqu’il ne consomme pas d’autre carburant que votre énergie. L’autre avantage pour le travailleur (et son portefeuille) est l’octroi d’une indemnité kilométrique, qui peut aller jusqu’à 0,22€ par km parcouru. Cette indemnité vélo n’est pas prévue dans tous les secteurs. C’est en fait l’employeur qui décide d’accorder cette compensation au personnel ou non. Celle-ci vise à couvrir les frais du travailleur cycliste mais aussi à motiver un maximum de travailleurs à en faire autant… Il est bon de savoir que l’indemnité vélo est exonérée d’impôt jusqu’à 0,22€/kilomètre et qu’il est possible d’en bénéficier également lorsqu’on combine le vélo avec un autre moyen de transport en commun (train, tram, bus, métro, etc.) pour lequel est déjà prévu une intervention de l’employeur.

En transports en commun

Les transports en commun permettent le déplacement d’un grand nombre de personnes en un seul trajet. Un moyen qui permet donc de rassembler les voyageurs et les dépenses énergétiques ! Votre employeur est tenu d’intervenir dans le remboursement des frais de déplacement domicile-lieu de travail, et ce quel que soit le montant de votre rémunération. Si vous allez travailler en train, l’intervention de votre employeur dans le prix de votre abonnement de train est obligatoire et ce, quelle que soit la distance parcourue (à partir du 1er km). Il existe des dispositions légales de base qui définissent l’intervention minimum de l’employeur sur le prix de la Carte Train (se définit sur base de la distance parcourue), le reste est à charge du travailleur. Les montants détaillés de l’intervention patronale minimale sont disponibles sur le site de la SNCB. Il faut cependant savoir que de nombreuses entreprises ou secteurs ont

conclu des conventions collectives plus avantageuses en matière de frais de transport et adopté le système du tiers payant. Ce système permet d’assurer la gratuité des déplacements domicile-lieu de travail aux travailleurs (l’employeur prenant en charge 80 % du coût de la carte train, et la SNCB les 20 % restants). Si vous vous rendez au travail en bus, tram ou métro, votre employeur interviendra dans le prix de votre abonnement, à condition que votre trajet soit plus long que 5km à partir de votre arrêt de départ. Le montant de l’intervention patronale minimale dépendra de la manière dont le prix du transport est calculé. Si celuici est calculé sur base de la distance, l’intervention de l’employeur sera égale au montant de l’intervention pour un abonnement de train pour la même distance, limité à 75% de ce que vous payez pour ce transport. Si le prix du transport n’est pas calculé sur base de la distance mais sur base d’un prix unitaire, l’intervention de l’employeur se monte à 71,8% de ce que vous payez pour votre transport. Les sociétés de transports en commun TEC, STIB et De Lijn proposent également aux employeurs la possibilité de conclure des conventions tiers payants (dans ce cas à 100% à charge de l’employeur – pas d’apport de l’Etat). De plus en plus d’entreprises concluent des accords en ce sens et proposent ainsi des conditions encore plus favorables aux travailleurs.

En voiture

Pour de nombreux travailleurs, le trajet s’effectue en voiture. Selon que vous utilisez votre propre véhicule ou un véhicule de société, la situation diffère…

Avec un véhicule personnel

Si vous utilisez votre propre voiture pour vous rendre au travail, votre employeur n’est pas obligé d’intervenir dans vos frais de transport. Toutefois, de nombreuses conventions collectives de travail prévoient une intervention généralement sur base de l’intervention pour les transports publics. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre délégué SETCa ou votre section régionale.

Avec un véhicule de société

Si vous utilisez un véhicule de société pour vous rendre au travail, vous bénéficiez de ce qu’on appelle un avantage de toute nature (qui est

imposable et est considéré par le fisc comme faisant partie intégrante de la rémunération). Pour calculer le montant sur lequel vous serez taxé, vous devez appliquer une formule de calcul : la valeur catalogue du véhicule (c.-à-d. le prix catalogue à l’état neuf lors d’une vente à un particulier, options et TVA réellement payés comprises, sans tenir compte des réductions, diminutions, rabais ou ristournes) x 6/7 x le coefficient de taux d’émission CO2. Une fois la valeur catalogue établie, elle subira une décote en fonction de l’âge du véhicule. Les impôts que vous devrez payer sur votre véhicule de société dépendent donc en partie du coefficient CO2 établi par les autorités. Actuellement, le pourcentage de base CO2 s’élève à 5,5% pour une émission de CO2 de 89gr/km pour les véhicules au diesel et 107 gr/ km pour les véhicules alimentés à l’essence, au LPG ou au gaz. Cette émission de référence est revue chaque année en fonction de l’évolution des émissions de CO2 des véhicules immatriculés comme neuf. Lorsque le taux de CO2 de votre véhicule dépasse l’émission de référence (donc si votre véhicule est plus polluant), le coefficient est augmenté de 0,1% par gramme de CO2 (jusqu’à un maximum de 18%). Par contre, lorsque l’émission de CO2 est inférieure au coefficient de référence, le coefficient est réduit de 0,1% par gramme de CO2 (jusqu’à un minimum de 4%).

Et pourquoi ne pas opter pour une voiture verte ?

Vous avez tout intérêt à choisir une voiture écologique. Les voitures ayant une faible émission CO2 sont effectivement plus intéressantes sur le plan fiscal. Les employés bénéficiant d’une voiture plus modeste et moins polluante y gagnent un peu. Par contre, les employés et surtout les cadres bénéficiant d’une voiture plus onéreuse et plus polluante voient leurs impôts augmenter. Les normes CO2 devenant de plus en plus strictes, les émissions de référence deviennent aussi de plus en plus basses d’année en année, ce qui a pour conséquence d’augmenter l’avantage de toute nature et donc la taxation.


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Agir pour la planète commence aussi au travail Nos délégués ne manquent pas d’idées ni d’initiatives lorsqu’il s’agit de l’environnement. Réduction des déchets en entreprises, conseils aux travailleurs pour être écoresponsables, mobilité verte, utilisation de produits bio ou écologique, etc. Beaucoup de choses peuvent être mises en œuvre dans les entreprises pour améliorer nos comportements au quotidien et faire un geste en faveur de la planète. Petit tour d’horizon des bonnes pratiques à retenir avec plusieurs témoignages de délégués.

«L’approche verte doit être authentique» L’introduction d’éléments verts dans le travail syndical ne va pas de soi. C’est pourtant ce à quoi Philip Spruyt, délégué effectif SETCa chez AG Insurance, œuvre activement depuis quelques années déjà. Nous en avions discuté avec lui il y a trois ans. À l’époque, il parlait de la création d’un sous-comité « environnement » au CPPT. Il est temps de voir comment cela s’est passé. Philip Spruyt : « L’idée de discuter

de mesures environnementales en groupes plus petits et séparés existe déjà dans certaines entreprises. Il y a quelques années, nous avons également introduit ce projet chez AG Insurance. Nous avons commencé pleins de courage, avec toute une « check-list » de questions et d’actions potentielles pour la préservation et la protection de l’environnement. »

Comment cela s’est-il terminé ? PS : « À mon regret, nous nous sommes à l’époque mépris sur la volonté de la direction de partager la réflexion à cet égard. Nous avons trop vite supposé que l’employeur comprendrait aussi que ce genre de mesures mène à une situation gagnant-gagnant. C’est pourquoi nous avons directement abattu toutes nos cartes, avec cette « check-list verte». Leur réaction a été de nous renvoyer à des projets existants, dont l’approche écologique n’était que superficielle, ce qui, pour eux, clôturait la discussion. »

Plus largement, sur le plan syndical, différentes structures ont été mises en place ces dernières années afin de sensibiliser un maximum les travailleurs et les entreprises à l’environnement. En Wallonie et à Bruxelles, le Réseau Intersyndical de sensibilisation à l’Environnement (RISE et BRISE) vise à soutenir l’action environnementale dans les entreprises. Il propose ses conseils aux délégués (afin de renforcer leur capacité d’intervention dans les entreprises sur toute une série de points (mobilité, économies d’énergie, déchets, éco-consommation, alimentation, etc.). En Flandre, le site klimaatkameraad.be rassemble des informations utiles pour agir en faveur d’un avenir plus ‘vert’ et pousser les gens à devenir eux aussi des ‘camarades du climat’. L’objectif est de partager des idées et conscientiser un maximum la population à la problématique environnementale. De précieux alliés donc !

Plus concrètement ? PS : Un exemple typique sans doute reconnaissable dans d’autres entreprises également : travailler « sans papier». Il n’y avait toutefois pas de vision verte derrière cette mesure, mais bien une logique d’économies.

Ils ont également fait référence à l’installation d’éclairage LED, mais il s’est avéré que leur effort n’était pas sérieux. Sur notre insistance, ils ont admis que seuls 10% de l’éclairage total étaient concernés. Ils ont immédiatement considéré toutes les autres propositions de notre check-list sous un angle chiffré : chaque projet devait avoir un impact positif sur les revenus de l’entreprise dans les 3 ans. »

Cela ne peut-il pas être une façon de les convaincre de la nécessité de telles mesures ? PS : « À terme, de nombreuses mesures écologiques entraînent en effet des économies. Mais ne soyons pas naïfs, ce n’est pas toujours le cas. Il faut donc être attentif, en tant que délégation, à ne pas se faire utiliser en présentant des mesures d’économies sous un angle écologique. Les travailleurs voient très bien la différence entre les deux types de mesures. De plus, l’idée de ce genre d’initiatives est tout de même de sensibiliser les travailleurs au sujet de l’environnement, en dépassant le cadre du travail. Il faut veiller à ce que l’approche soit authentique. » « D’ailleurs, nous avons quelques fois été forcés de constater que l’employeur rejetait certaines bonnes propositions au comité environnement, pour les introduire ensuite lui-même unilatéralement, ce qui n’a pas été bénéfique pour la confiance. » L’approche directe n’a donc visiblement pas fonctionné… Avez-vous changé votre fusil d’épaule ? PS : « Pour commencer, la direction a changé. Elle semble à présent ouverte à une collaboration positive. Mais l’approche syndicale est également

devenue un peu plus « classique », nous travaillons plus selon le modèle de contrôle, avec des questions et des réponses. Nous continuons d’insister sur certains dossiers. Cela a par exemple fonctionné pour le remplacement de l’éclairage et l’entreprise opte à présent délibérément pour des LED. Cette approche persévérante porte toujours plus de fruits chez nous. Nous organisons à présent plus notre souscomité environnement « thématique » par thème et selon les besoins, plutôt que de devoir nous réunir absolument chaque mois. »

Selon vous, l’environnement est-il l’affaire du syndicat ? PS : « En ce qui me concerne, certainement. Cela me semble également une bonne façon de concrétiser le fait que le syndicat transmet bien un large idéal sociétal, qui va plus loin que les soucis quotidiens au travail concernant le salaire et la durée du travail. Ces sujets restent bien sûr centraux, mais nous pouvons franchement élargir notre action sur ce flanc. » « D’un autre côté, nous sommes également limités, certainement au niveau de l’entreprise. Bien sûr, je veux encourager les travailleurs à se rendre à leur travail et à en revenir de manière durable, mais je continue également de défendre leurs droits. Les voitures de société en sont un bon exemple. Vous pouvez au mieux stimuler quelque peu la démarche par le choix de certaines voitures, mais vous dépendez finalement d’une législation supérieure à cet égard. Opter pour la durabilité doit se faire à tous les niveaux. Dans l’entreprise, nous apportons déjà notre pierre à l’édifice ! »

«Une multitude d’initiatives pour une entreprise et des travailleurs écoresponsables» Londé Ngosso travaille en tant qu’employé au sein du département ICT du Fonds du Logement à Bruxelles. Depuis les dernières élections sociales, il est également délégué suppléant au CE, au CPPT et à la DS. Etre attentif à l’environnement est au cœur de ses priorités : Londé Ngosso : « Au quotidien, nos

essayons de stimuler les travailleurs à être écoresponsables. Nous leur donnons des petits conseils tout simples comme par le fait de ne pas oublier d’éteindre leur PC et leur écran lorsqu’ils quittent le bureau, d’imprimer en recto/verso plutôt que sur une seule face, etc.

Concrètement, quels changements ont été mis en place au sein de l’entreprise ? L.N. : « Dans notre infrastructure, un certain nombre de mesures ont été prises pour limiter les dépenses énergétiques : nous avons par exemple une citerne d’eau de pluie qui alimente les chasses d’eaux des toilettes, certaines lampes ont été remplacées par un éclairage moins énergivore de type LED ou supprimées car elles

étaient superflues, nous n’utilisons pas d’air conditionné, etc. » « La direction est également attentive aux produits consommés ou utilisés : nous consommons plusieurs produits ‘durables’ (comme du café Oxfam), nous travaillons avec du papier recyclé, beaucoup de nos produits d’entretien sont labellisés éco, nous avons un jardin au sein de l’entreprise et nous n’y utilisons aucun pesticide, etc. » « Tant les délégués que l’employeur sont soucieux de mettre en place des mesures pour une gestion environnementale en interne. Une cellule a d’ailleurs été mise en place pour mener une réflexion en vue obtenir le label ‘entreprise éco dynamique’ délivré par Bruxelles Environnement. Via cette cellule, nous essayons de mettre en place toujours plus d’initiatives vertes. Pour la première fois cette année, nous avons par exemple opté pour un buffet végétarien lors de la fête du personnel. Une initiative qui a été appréciée ! »

Y a-t-il encore des efforts à faire ? L.N. : « Oui c’est certain ! Nous savons que sur toute une série de points, nous

devons encore poursuivre le travail. Nous avons par exemple commencé à dématérialiser certains documents et sommes ainsi passé d’un format papier à un format électronique. A plus long terme, nous allons poursuivre le projet et continuer à dématérialiser à grande échelle. Sur plusieurs autres aspects, nous avons encore des efforts à faire : comme réduire le nombre de radiateurs d’appoints qui sont utilisés en hiver suite à problème d’isolation et de sous-dimensionnent des corps de chauffe, améliorer le tri des déchets pas seulement au bureau mais également sur les chantiers gérés par le Fonds du logement, etc. » « C’est en multipliant les initiatives qu’on devient une entreprise écoresponsable mais aussi un citoyen écoresponsable. Dans ma vie personnelle, j’essaie aussi d’appliquer ce principe et d’apporter ma petite contribution ! Je suis par exemple membre d’un jardin collectif, j’ai isolé mon habitation avec des matériaux écologiques, j’ai opté pour des panneaux solaires, etc. C’est un combat qui se mène chaque jour, à tous les niveaux… »


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ACTUALITÉS

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> ÉDITO

Sauver la planète, changer le monde Le sommet sur le climat « COP22 » pour « Conference of Parties » 22e édition, se tient en ce moment à Marrakech, au Maroc. A cette occasion, et comme chaque année, le journal du « syndicat rouge » que vous tenez en main prend une coloration nettement verte. C’est que le climat, le développement durable, font partie de nos préoccupations syndicales et de notre projet de société. Et au cœur de ce projet : l’emploi durable et la solidarité entre les travailleurs, entre le nord et le sud, avec les générations futures dont la qualité de vie dépend de nos actions d’aujourd’hui.

Agir vite

Agir : voilà le maître mot. Il ne suffit pas d’avoir pris de bonnes résolutions lors du sommet précédent. Il faut mettre tout en œuvre pour les réaliser tout en sachant que ce ne sera pas encore suffisant pour empêcher certains changements qui sont déjà irréversibles. Le changement climatique nous a appris qu’on ne pouvait pas produire et consommer plus que ce que la planète peut nous offrir. Que nous payerons de plus en plus cher nos erreurs du passé et le fait de ne pas les réparer. Dans deux rapports sur les conséquences économiques du changement climatique, l’OCDE prévient que le changement climatique va provoquer la hausse du nombre des morts prématurées et des problèmes de santé. Outre le fait que cela représente des coûts sans doute difficilement quantifiables,

il est du devoir des pouvoir publics de tout faire pour les réduire. Mais même si on se place du point de vue strictement économique, et même sans remettre en cause le système, l’inaction dans la lutte contre le réchauffement – ou une action insuffisante - risque de nous coûter de plus en plus cher. Perte de productivité, baisse du rendement des cultures, dégâts aux infrastructures liés aux phénomènes climatiques extrêmes, coûts de santé, etc. pourraient signifier un recul annuel du produit intérieur brut de 2 à 15% d’ici la fin du siècle selon les scénarios. En résumé, ne rien faire est non seulement criminel mais conduit inéluctablement à notre appauvrissement collectif qui ne peut être que socialement explosif s’il est en plus mal réparti.

Saisir l’opportunité

Il faut aller plus loin dans la réflexion. Indépendamment des conséquences désastreuses pour notre planète – et inégalement réparties entre les régions du monde et avec les générations à venir - de notre mode de production, on voit bien aujourd’hui qu’il ne suffit pas de produire toujours plus et toujours moins cher, de posséder et de consommer plus pour être plus heureux. La lutte contre le changement climatique nous offre une opportunité historique de réorienter notre système productif et de faire de la lutte contre le réchauffement la base d’un nouveau type de développement. On peut produire autrement et autre chose.

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La lutte contre le réchauffement et la voie du développement durable sont des gisements d’emplois dans différents secteurs tels que les énergies renouvelables, les transports publics ou encore l’efficacité énergétique des bâtiments. C’est un nouveau pôle de développement qui s’ouvre à nous. On peut produire non pas pour posséder plus mais pour vivre mieux et laisser à nos descendants une planète sinon préservée, du moins pas trop dégradée et capable de se régénérer.

Une transition juste

Le développement durable comprend en outre une dimension sociale. Créer de la richesse qui n’est pas redistribuée mais se mue en accumulation de capital pour un petit nombre de privilégiés ne rend pas les gens plus heureux. Cette accumulation du capital est responsable de la financiarisation de l’économie et porteuse d’autres crises, d’inégalités, de tensions sociales, de chômage, de pauvreté, de conflits. La transformation de notre appareil productif n’est pas uniquement une question d’élimination progressive des secteurs polluants. Il s’agit également de créer de nouvelles industries propres, de nouveaux emplois, de nouveaux investissements, de mettre en place une économie plus égalitaire et équitable. Cette mutation radicale du système doit cependant être accompagnée par des politiques vigoureuses en matière de recherche,

d’innovation et de formation afin de faciliter l’adéquation du marché du travail. La transition ne doit pas se faire comme par le passé en jetant sur le pavé des milliers de travailleurs. Dans les secteurs où des pertes d’emploi sont inévitables, syndicats et employeurs doivent négocier au plus vite des plans contraignants et des stratégies de transition qui offrent de nouvelles possibilités d’emploi aux travailleurs et façonnent le changement structurel de manière active. En tant que représentants du monde du travail, nous voulons avoir une vision claire des futures options énergétiques et industrielles et de leur impact sur les travailleurs. La transition doit être juste. La transition doit reposer sur le dialogue social, sur la formation, mais aussi sur les investissements et les services publics. C’est-à-dire sur le contraire de l’austérité budgétaire à courte vue et l’absence de concertation que ce gouvernement pratique avec zèle.

Rudy De Leeuw Président

Marc Goblet Secrétaire général


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