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Syndicat, acteur mondial
SOMMAIRE
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Avant-propos
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Le monde est un village… syndical
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La mondialisation: c'est quoi?
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Nos critiques face à la mondialisation actuelle
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50 ans de solidarité syndicale
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No TINA but TIA
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Que nous apprend l’histoire sociale?
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Des institutions internationales à réformer, pas à jeter
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Vers une régulation économique et sociale mondiale
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Le mouvement syndical se mondialise
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Un même constat mais des objectifs parfois différents
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Le syndicalisme ne prétend pas avoir
le monopolede la solidarité Pertinence des échelons national et européen
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L'Europe démocratique et sociale comme modèle pour une mondia-
lisation solidaire?
Editeur responsable: Mia De Vits
Proxima estacion: Esperanza… 2
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Syndicat, acteur mondial Le mouvement syndical est internationaliste par essence, mondialiste par nécessité. Dans sa longue histoire, il s'est adapté aux évolutions. La globalisation n'en est que la dernière étape. Ces mutations n'ont jamais altéré ses idéaux de solidarité, de combat pour la paix, la démocratie et une répartition juste des richesses. Chaque jour, aux quatre coins de la planète, des hommes et des femmes sont encore assassinés, blessés ou arrêtés, licenciés de leur entreprise ou harcelés pour avoir seulement tenté de mettre en œuvre ces principes. La mondialisation doit être maîtrisée, régulée socialement, pour assurer des conditions de vie et de travail décentes à tous dans un environnement de qualité. Ce qu’elle n’est pas maintenant. C'est notamment une des raisons pour lesquelles la FGTB fait partie de la Confédération internationale des syndicats libres. Elle en a même été un membre fondateur, en 1949. Aujourd'hui, la première confédération syndicale au monde représente quelque 156 millions de travailleurs organisés dans 221 syndicats actifs dans 148 pays. Le mouvement syndical n'a pas le monopole de la solidarité. Il entend travailler dans le respect des identités plurielles qui caractérisent le mouvement social. Le terrain du combat pour un monde plus juste est suffisamment vaste et son enjeu tellement important, que toutes les énergies et toutes les volontés sont utiles. La mondialisation ne peut laisser personne sur le bord de la route. Ni en Belgique, ni dans les pays du Sud. Si elle continue de négliger la toute grande majorité des habitants de la planète, elle n'aura pas d'avenir… La FGTB contribue en fonction de ses moyens à renforcer le contrepouvoir syndical pour renverser la vapeur. Au travers de la CISL, d'une part, pour faire entendre la voix des sans voix dans les institutions internationales. Au sein des structures nationales, d'autre part, en plaidant pour la coopération avec nos camarades d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et de l'Europe centrale et orientale.
André Mordant
Mia De Vits
Secrétaire Général
Présidente
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Le monde est un village… syndical 209 syndicalistes tués ou disparus à travers le monde pour l'année 2000, 8.500 autres arrêtés, 3.000 blessés, plus de 100.000 harcelés et 20.000 licenciés en raison de leur activité syndicale. Le dernier rapport annuel de la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) sur les violations des droits syndicaux à travers le monde rappelle le prix payé par des hommes et des femmes qui ont le seul tort de s'engager pour défendre leurs collègues de travail. Ces violations ont été perpétrées dans 140 pays, à travers les cinq continents. C'est dire si la dimension mondiale est présente dans la vie syndicale. C’est dire que le mouvement syndical est attentif à ce qui se passe à l’échelle planétaire. Quand la CISL réunit son Congrès, que cela soit à Bruxelles en 1996 à l’invitation de la FGTB ou en 2000 à Durban en Afrique du Sud, les délégués qui défilent à la tribune, qu’ils proviennent du Brésil ou de Malaisie, du Japon ou du Burkina-Faso, de Nouvelle-Zélande ou d’Europe, nous racontent tous la même histoire. La gravité des situations varie mais les constats sont identiques. Ces délégués parlent tous de réductions du bien-être social, d’augmentation de la précarité de l’emploi, de chômage de masse et d’inégalités croissantes. Loin d'être passéiste, le mouvement syndical continue à se développer sur base de son histoire. Une histoire de progrès social et de conquêtes de droits civils et politiques. Le rôle de Solidarnosc en Pologne dans l'effondrement du communisme totalitaire ou du syndicat sud-africain COSATU au sein de l'ANC dans la fin du système d'apartheid ne sont que deux exemples encore frais dans la mémoire de la fin du 20ème siècle.
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La mondialisation: c'est quoi? Le concept de globalisation (selon la terminologie anglo-saxonne) ou de mondialisation (selon la terminologie française) est entré en force dans notre vie quotidienne. Pas une journée sans que le mot ne parvienne à nos oreilles. La chute du Mur de Berlin a libéré les peuples. Elle a également impliqué l’unification au niveau mondial des marchés nationaux et la propagation des inégalités sociales. Les nouvelles technologies ont accru de manière spectaculaire les possibilités et la vitesse des transactions internationales. Chaque jour, le montant des transactions financières dépasse 1500 milliards de dollars. Les investissements directs à l'étranger des multinationales s'élèvent annuellement à plus de 11.000 milliards de dollars tandis que les échanges commerciaux tournent autour des 7.000 milliards de dollars. Une entreprise comme General Motors dispose de 100.000 sous-traitants à travers le monde. Il est également vrai qu’il faut tempérer la vision selon laquelle la mondialisation serait aujourd’hui toute puissante. La mondialisation est encore partielle. Ainsi, si l’Afrique couvre plus d’un quart de la surface de la terre et contient 12% de sa population, elle ne réalise que 1% des échanges commerciaux. De même, le phénomène d'internationalisation des économies est loin d'être nouveau et a déjà eu lieu à d’autres moments de l’histoire, comme par exemple entre 1870 et le début de la première guerre mondiale. Toutefois, la situation actuelle ne se contente pas de reproduire l'internationalisation des échanges de la précédente révolution industrielle. Elle s’est accompagnée d’un développement des politiques néolibérales de dérégulation, de délocalisation et de privatisation. Elle voit ainsi émerger une économie mondialisée qui échappe de plus en plus à la maîtrise des Etats et met de plus en plus les travailleurs en concurrence internationale les uns contre les autres. Cette perception d'un monde fini s'est encore accrue avec les attentats du 11 septembre dernier aux Etats-Unis. La notion quelque peu abstraite de mondialisation n'a jamais été aussi claire après ces attentats. Il n'y a pas seulement les marchés libéralisés, la libre circulation des capitaux, des biens et des hommes, des malades, des clandestins,… Il y a aussi l'internationalisation des conflits politiques violents. Certains disent déjà que le 21e siècle a réellement commencé le 11 septembre.
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Nos critiques face à la mondialisation actuelle Jamais dans l'histoire moderne, le fossé entre le Nord et le Sud n'a été aussi grand. L'inégalité – calculée par le revenu par habitant – entre les sept pays les plus riches et les sept pays les plus pauvres a explosé depuis 1960. Cette mesure présentait un rapport de 1 à 30 en 1960. Elle avait doublé en 30 ans et la dynamique inégalitaire s'est encore accentuée dans les années 90. En 1997, elle s'établissait dans un rapport de 1 à 74.
Indice d'inégalité dans le monde 80 70 60 50 40 30 20 10 0 1960
1990
1997
Les inégalités actuelles sont excessives, inacceptables. Les 20% les plus riches de la population mondiale produisent à eux seuls 86% de la richesse globale. Les pays les moins développés représentant le cinquième de la population la plus pauvre ne comptent que pour 1% de cette richesse mondiale. Les 200 personnes les plus riches ont plus que doublé leurs richesses entre 1994 et 1998 pour atteindre la somme de 1000 milliards de dollars et la fortune des trois hommes les plus riches au monde dépasse le PIB de l’ensemble des pays les moins développés qui représentent… 600 millions d’individus. La dette des pays en développement dépasse les 2.000 milliards de dollars.
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Des insuffisances graves et multiples Pays en développement Santé • 968 millions de personnes sont privées d’accès à des points d’eau aménagés (1998) • 2,4 milliards de personnes n’ont pas accès aux infrastructures sanitaires de base (1998) • 34 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida (fin 2000) • 2,2 millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l'air qu’elles respirent à domicile (1996) Education • 854 millions d'adultes, parmi lesquels 543 millions de femmes, sont analphabètes (2000) • 325 millions d'enfants, dont 183 millions de filles, ne sont pas scolarisés dans le primaire et le secondaire (2000) Pauvreté monétaire • 1,2 milliards d’individus vivent avec moins de 1$ par jour et 2,8 milliards disposent de moins de 2$ par jour (1998) Enfants • 11 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies qui pourraient être prévenues (1998) • 163 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans présentent un poids insuffisant (1998) Les pays développés de l'OCDE • 15% des adultes peuvent être considérés comme illettrés (1994-98) • 130 millions d’individus connaissent la pauvreté monétaire (disposent d’un revenu inférieur à 50% du revenu médian) (1999) • 8 millions de personnes souffrent de malnutrition (1996-98) • 1,5 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida (2000) Source: Programme des nations Unies pour le Développement (PNUD), rapport mondial sur le développement humain 2001.
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50 ans de solidarité syndicale Depuis plus de 50 ans, les travailleurs tentent d'apporter une réponse au défi que représentent les entreprises multinationales et l'internationalisation de l'économie. Depuis plus de 50 ans, le mouvement syndical tente de faire progresser l'idée d'une mondialisation de la justice sociale auprès de ceux qui ne veulent voir dans les régulations sociales et environnementales qu'entraves au libre jeu du commerce. Face au tournant idéologique néolibéral du FMI et de la Banque Mondiale à partir des années 80, la CISL s'est montrée de plus en plus critique mais n'a jamais voulu se contenter d'une opposition de principe. Elle a au contraire voulu s'impliquer davantage dans son rôle de contre-pouvoir et d'observateur critique dans le but d'influencer au maximum le cours des décisions. Le mouvement syndical ne rejette pas comme telle la mondialisation. Celle-ci peut être à l'origine de la croissance et contribuer au développement et à une meilleure justice sociale. Nous avons trop vu les échecs aux conséquences désastreuses pour les populations des pays qui se sont isolés des échanges commerciaux mondiaux. Durant la deuxième moitié du 20ème siècle, les rares nations pauvres qui sont parvenues à sortir de leur misère sont des pays qui ont su imbriquer leur économie dans le commerce mondial, comme dans le cas de certains pays asiatiques. Mais pour autant, le mouvement syndical ne peut pas se satisfaire de ce constat. Aider des syndicats de pays du
Aider des syndicats de pays du tiers monde ou dits «en transition» en
tiers monde ou dits «en transition»
collaborant à la formation de leurs responsables et d’experts pour les
en collaborant à la formation de
assister est un puissant outil de solidarité. C’est une forme de solidarité
leurs responsables et d’experts
pratiquée par la FGTB vis à vis de partenaires syndicaux en Afrique, en
pour les assister est un puissant
Amérique latine et dans la partie Est de l’Europe. Séminaires et visites
outil de solidarité. C’est une forme
d’études renforcent les capacités des organisations destinataires et
de solidarité pratiquée par la
concrétisent des solidarités durables.
FGTB vis à vis de partenaires syndicaux en Afrique, en Amérique latine et dans la partie Est de l’Europe. Séminaires et visites d’études renforcent les capacités des organisations destinataires et concrétisent des solidarités durables. 8
No TINA but TIA Aux heures de gloire du conservatisme britannique, Margaret Thatcher avait l’habitude de répondre à ceux qui n’acceptaient pas ses positions politiques: «There Is No Alternative», il n’y a pas d’alternative. Le rejet de la méthode TINA a été de tout temps une constante du mouvement syndical. Comme le rappelait François Janssens, le président de la FGTB à l’époque, au Congrès de 1994, «nous avons été capables de présenter des alternatives de gauche… afin de rendre espoir à ceux qui croyaient qu’il n’y avait plus de choix possibles». There Is an Alternative (TIA). Il y a toujours des alternatives possibles. La mondialisation actuelle n’échappe pas à la règle ! Les grands problèmes sociaux et environnementaux doivent être pris en compte dans la mondialisation. Pour le moment, ils ne le sont pas. Rien que pour ces 10 dernières années, les crises mexicaine, asiatique, russe, brésilienne, turque ou argentine montrent les conséquences des crises financières sur les économies nationales, sur les travailleurs et leurs familles. L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a par exemple calculé que la seule crise asiatique a provoqué une perte d’emplois pour plus de 10 millions de travailleurs et une aggravation des conditions de travail pour les autres. La région a également vu s’accroître de manière vertigineuse les phénomènes tels que la pauvreté, l’exclusion sociale, la prostitution, la violence ou le racisme.
Ecrire au Ministre belge des Affaires étrangères, à une
Considérer que le commerce mondial est à prendre ou à laisser comme un bloc monolithique serait une vue réductrice de ce problème complexe. De nombreux aspects de la mondialisation doivent être discutés, négociés et régulés si l’on veut empêcher le développement de ses effets nuisibles tels que l’extension de la pauvreté, l’évasion fiscale, la blanchiment de l’argent ou le réchauffement de la planète. Il faut non seulement s'assurer que la libéralisation des échanges conduise à un accroissement de bienêtre en général mais également que cette amélioration puisse profiter à tous.
Ambassadeur ou à un Chef d’Etat pour dénoncer l’emprisonnement ou d’un ou plusieurs syndicalistes dans un pays étranger paraît peu de chose. Pourtant, des hommes et des femmes doivent la liberté et parfois la vie à ce genre d’intervention.
Ecrire au Ministre belge des Affaires étrangères, à une Ambassadeur ou à
La «défense des droits
un Chef d’Etat pour dénoncer l’emprisonnement ou d’un ou plusieurs
syndicaux» n’a rien d’abstrait
syndicalistes dans un pays étranger paraît peu de chose. Pourtant, des
comme le savent des militants de
hommes et des femmes doivent la liberté et parfois la vie à ce genre
RDC, d’Iran, de Colombie et de
d’intervention. La «défense des droits syndicaux» n’a rien d’abstrait comme
bien d’autres pays pour lesquels
le savent des militants de RDC, d’Iran, de Colombie et de bien d’autres
la FGTB a agi en 2001.
pays pour lesquels la FGTB a agi en 2001. 9
Que nous apprend l’histoire sociale? Or l’ouverture des marchés entraîne des gains pour certains mais également des pertes pour d'autres. Plusieurs décennies d'ouverture des marchés ont montré que les questions liées à la répartition des gains de la libération des échanges commerciaux étaient beaucoup plus difficiles à résoudre que ne le suggérait la théorie économique. Raison pour laquelle il faut imposer des règles et conditionner les objectifs strictement économiques avec d'autres objectifs politiques sociaux et environnementaux. De nombreuses études analysent la mondialisation actuelle à la lumière de la révolution industrielle précédente de la fin du 19ème siècle pour en relativiser le caractère extraordinaire. Mais combien font le même type de retour en arrière pour comparer la situation sociale? Or, si nous observons l’histoire sociale depuis la précédente révolution industrielle, force est de constater que le monde du travail a mis des décennies pour profiter à son tour du progrès économique. Comment éviter que pareille situation ne se répète? Comment éviter que la mondialisation, les transformations technologiques et les réorganisations des modes de travail ne se traduisent par un découplage de la croissance économique et du progrès social? Ce n’est pas un grand marché mondial qui va réaliser le progrès social et la protection de l’environnement mais une nouvelle régulation politique et sociale au niveau international. L’Algérie dévastée par des inondations, le Kosovo détruit par
L’Algérie dévastée par des inondations, le Kosovo détruit par la guerre, la
la guerre, la Turquie secouée par
Turquie secouée par un séïsme. Face aux catastrophes naturelles ou
un séïsme. Face aux catastrophes
provoquées par l’homme, la solidarité simple, envoi d’un peu d’argent, de
naturelles ou provoquées par
sacs de couchage sont au rendez-vous syndical. Ce n’est pas le moment
l’homme, la solidarité simple,
d’échanger des idées mais de tendre la main. Cela se fait.
envoi d’un peu d’argent, de sacs de couchage sont au rendez-vous syndical. Ce n’est pas le moment d’échanger des idées mais de tendre la main. Cela se fait.
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Des institutions internationales à réformer, pas à jeter Les institutions financières internationales ont été créées au lendemain de la deuxième guerre mondiale pour promouvoir la paix, la stabilité financière et la croissance économique. Mais aujourd’hui, ces institutions internationales présentent le paradoxe d’être à la fois des agences publiques, en ce sens où leurs "actionnaires" sont les gouvernements, mais également des institutions peu transparentes, avec un agenda propre qui échappe à tout contrôle. Le FMI est supposé être le gardien de la stabilité financière internationale. La Banque Mondiale devrait aider les pays à définir des stratégies de développement. L’OMC devrait être en charge de l’application des règles équilibres du commerce mondial. Mais le FMI impose des plans d’ajustement draconiens sans tenir compte des effets brutaux des crises de change sur l’emploi et la pauvreté. La Banque Mondiale ne développe aucune vision globale et examine la situation des pays au cas par cas sans intégrer les conséquences pour les autres pays. Quand elle recommande au Vietnam de produire du café ou du cacao, elle n'inclue pas dans ses calculs des effets catastrophiques que cela représente pour un pays comme la Côte d'Ivoire. Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d’économie 2001 et ancien vice-président de la Banque Mondiale, n’a pas hésité à affirmer que la politique de la Banque Mondiale avait aggravé la crise asiatique et la décrépitude de la Russie, au détriment de la population. Enfin, l’OMC n’intègre pas dans ses missions des éléments aussi essentiels que les droits sociaux, la santé publique ou l’environnement. Le principe sur la base duquel s'est construite l'architecture institutionnelle internationale est celui de la spécialisation. Chaque agence gère, sur base d'accords internationaux spécifiques, un domaine délimité: le commerce pour l'OMC, la finance pour le FMI, les relations sociales pour l'OIT, la santé pour l'OMS, etc. Il est à noter d'ailleurs que le thème de l'environnement ne dispose pas de ce type d’agence. En dépit d'appels rituels à la cohérence entre organisations internationales, et bien qu'elles fassent en principe toutes, à des degrés divers, partie du système des Nations Unies, les liens entre elles sont faibles et informels. Chacune des agences internationales travaille dans son domaine, sans coordination. Comme si, au niveau national, les administrations ministérielles fonctionnaient chacune dans son coin, sans coordination assurée par les réunions gouvernementales et la fonction du Premier Ministre.
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Il s’agit donc moins de supprimer l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale que de les obliger à intégrer des normes produites par les autres grandes institutions internationales telles que l’OIT et l’OMS. Vouloir, par exemple, supprimer l'OMC, ce serait abandonner la voie du multilatéralisme et privilégier les accords bilatéraux où les rapports de force entre "Nord" et "Sud" sont encore bien plus importants. On peut à juste titre critiquer le fonctionnement de l'OMC mais il ne faudrait pas non plus oublier que cette institution a déjà permis de condamner les Etats-Unis dans des litiges qui les opposaient par exemple à l'Union européenne ou au Costa-Rica. Les conservateurs américains s'en sont bien rendus compte, eux qui souhaiteraient – du moins avant les attentats du 11 septembre - mettre fin au système de l'OMC et le remplacer par des négociations bilatérales qui leur assureraient une plus grande suprématie commerciale. La mobilisation de ressources financières de la Coopération belge en faveur du renforcement des capacités humaines de syndicats du tiers monde et de pays dits en transition est un levier de solidarité. En 2001, elle a permis par exemple au syndicat rwandais CESTRAR d’organiser un mois d’études à Kigali pour initier des militants au droit du travail et à la façon de le défendre. Elle a aussi permis de faire venir en stages à Bruxelles une trentaine de syndicalistes africains. Ils sont repartis avec des idées et..une bonne liste de
La mobilisation de ressources
contacts FGTB.
financières de la Coopération belge en faveur du renforcement des capacités humaines de syndicats du tiers monde et de pays dits en transition est un levier de solidarité. En 2001, elle a permis par exemple au syndicat rwandais CESTRAR d’organiser un mois d’études à Kigali pour initier des militants au droit du travail et à la façon de le défendre. Elle a aussi permis de faire venir en stages à Bruxelles une trentaine de syndicalistes africains. Ils sont repartis avec des idées et..une bonne liste de contacts FGTB. 12
Normes fondamentales du travail
Vers une régulation économique et sociale mondiale
En 1998, l’OIT approuvait la déclaration relative aux principes et aux droits au travail et son mécanisme de suivi des conventions fondamentales.
Il existe donc un vaste déficit politique au niveau international. Seul le G7, le groupe des sept pays les plus riches, exerce sur l'ensemble du système un certain leadership. Or, les réunions du G7, auxquelles se joint parfois la Russie pour former le G8, sèment la perplexité. Non pas que les dirigeants des sept pays les plus riches n’aient pas le droit de se rencontrer, mais parce qu’ils sont amenés à prendre des décisions qui peuvent affecter l'ensemble de la planète sans disposer pour autant d'un quelconque mandat des Nations-Unies. Ces réunions s'attribuent la prétention de piloter l'économie mondiale malgré leur faible capacité de contribuer effectivement au développement soutenable de la planète.
Pour cette déclaration, les Etats membres de l’OIT sont obligé de respecter, promouvoir et réaliser les principes concernant les droits fondamentaux à savoir: • liberté d’association et de négociation collective (convention 87 et 98) • abolition effective du travail des enfants (convention 138 et 182) • élimination du travail forcé ou obligatoire (convention 29 et 105) • élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession (convention 100 et 111).
La question de la gouvernance mondiale est clairement posée. Pour le mouvement syndical, les normes sociales et le rôle de l’OIT doivent être prioritaires dans ce débat. Deux écueils doivent être évités: l’excès d’ambition du contrat mondial immédiat d’une part et le repli frileux sur le pays ou même l’Europe d’autre part. C’est encore l’action gouvernementale qui, dans un horizon prévisible, pourra mettre en place les structures de gouvernance adaptées. Ce sont encore les décisions entre gouvernements qui fixeront l’architecture internationale.
Fin 2000, l’OIT décidait de mesures contre la Birmanie en raison du travail forcé pratiqué dans ce pays . C’est un précédent historique. Pour la première fois, l’OIT a fait appel à toutes les organisations des Nations Unies et à tous les gouvernements, employeurs et syndicats – qui constituent les trois composantes de l’OIT- en vue de véritables sanctions. La FGTB et la CISL suivent très attentivement ce dossier.
Le mouvement syndical se mondialise L’histoire du mouvement syndical est faite de coopérations internationales destinées à faire entendre la voix du travail dans le concert mondial et dans les enceintes internationales et européennes. Internationaliste par essence, il poursuit son développement en s’adaptant à la mondialisation par des réflexions, des échanges d’informations et de nouvelles formes d’organisations. On assiste ainsi ces dernières années à des fusions qui ont conduit à la création de l’Internationale de l’Education ou plus récemment, à celle de l’UNI en janvier 2000. L’UNI regroupe aujourd’hui quatre fédérations internationales d’organisations représentatives de «cols blancs» de tous secteurs et de travailleurs des télécommunications, des médias, de l’édition. En tout plus de 950 syndicats regroupant 15 millions de membres dans 140 pays.
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Un syndicalisme mondial
En avril 2000, l’Internationale de l’Education lance une campagne mondiale de lutte contre l’analphabétisme. En collaboration avec de multiples ONG de développement, l’Internationale de l’Education et ses membres nationaux militent auprès des gouvernements et des institutions internationales pour obtenir d’ici 2015 une éducation publique gratuite pour tous les enfants.
La FGTB est membre-fondatrice de la plus grande confédération syndicale mondiale. Rejetant la domination par les syndicats du bloc communiste de la Fédération Syndicale Mondiale, la FGTB fonde, en 1949, avec quelques autres syndicats, la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL). Reposant sur la défense d'un syndicalisme libre et la promotion de la coopération internationale, elle est devenue aujourd'hui la première internationale. La CISL représente aujourd’hui plus de 156 millions de travailleurs à travers de 221 organisations affiliées réparties dans 148 pays. Les centrales de la FGTB ont également rapidement intégré les fédérations syndicales les Secrétariats Professionnels Internationaux (SPI). Ceux-ci sont nés dans le dernier tiers du 19ème siècle. La plupart d'entre eux se situent aujourd’hui dans la mouvance de la CISL. La construction européenne a également donné lieu en 1973 à la constitution de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) par les syndicats européens membres de la CISL – dont la FGTB - auxquels se sont joints en 1974, les syndicats chrétiens provenant de la Confédération Mondiale du Travail et plus récemment des syndicats issus de la FSM communiste. La Commission Syndicale Consultative auprès de l'OCDE, plus connue sous son acronyme TUAC - Trade Union Advisory Committee – regroupe les organisations syndicales des pays membres de ce superbureau d'études des pays industrialisés. Enfin, La CISL, les SPI, la CES et le TUAC ont initié récemment le projet d’un syndicalisme mondial à travers le réseau "Global Unions". Matérialisé par le site www.global-unions.org , ce réseau syndical permet d’échanger les informations, d’informer les membres sur les campagnes en cours et de les diffuser vers les médias.
L’UNI a signé en avril 2000 un accord avec l’entreprise espagnole Telefonica qui emploie 120 000 salariés dans une dizaine de pays. Suite à l’accord social, Telefonica s’engage à respecter les droits sociaux et syndicaux définis par l’OIT et à dialoguer avec les syndicats membres de l’UNI sur tous les thèmes affectant l’emploi et la formation. La Fédération Internationale des ouvriers du Transport (ITF) conclut depuis plus de 50 ans des conventions collectives mondiales pour les gens de mer qui naviguent sur des bateaux sous pavillons de complaisance. La lutte de l’ITF contre les pavillons de complaisance est non seulement un combat pour les droits des travailleurs qui dépendent des législations des pays sous pavillons de complaisance, mais c’est également un combat pour des normes de sécurité plus stricte permettant d’empêcher les risques de catastrophe écologique telle que le naufrage de l’Erika le 12 décembre 1999 le long des côtes françaises. Un des derniers accords signé en 2000 entre l’ITF et l’IMEC – fédération regroupant plusieurs dizaines d’armateurs - couvre les salaires, les heures et les conditions de travail pour plus de 100.000 marins sur toutes les mers du globe.
Un même constat mais des objectifs parfois différents Pour dépasser le stade des déclarations d’intentions, les principes doivent s’accompagner de solutions opérationnelles. Pour certains, la mondialisation est l’ennemi à abattre, le diable, la source de tous nos maux, qu’il faut anéantir. Cette situation antagoniste de rejet systématique fige les positions et finit toujours par déboucher sur la résignation et la frustration sans empêcher d’ailleurs que la mondialisation suive son cours. Le mouvement syndical a toujours privilégié la voie des "utopies réalistes", des projets visionnaires qui reposent sur le mélange du pragmatisme et de l’idéal. Il participe et s’intègre dans les stratégies mondiales décidées au sein des diverses instances internationales en vue d’aboutir à un monde sans pauvreté, où les besoins essentiels de tous seraient satisfaits dans le respect des ressources et des équilibres vitaux de la terre. Notre pragmatisme ne signifie pas que nous ayons renoncé à nos idéaux.
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Il en va ainsi par exemple de notre soutien à la taxe Tobin. Vieille revendication toujours actuelle dans le mouvement syndical, la taxe Tobin est devenue un véritable mythe fondateur pour une large partie des nouveaux mouvements sociaux, un étendard. L’idée simple de taxer les transactions financières afin de décourager la spéculation permet de mobiliser et rassembler efficacement tous ceux qui ne se satisfont pas de la situation actuelle. Elle ne doit pas pour autant occulter les autres revendications.
La FGTB a obtenu un financement pour sensibiliser des travailleurs agricoles chiliens aux dangers des pesticides. Menée en collaboration avec des syndicats
Le TUAC et la CISL poussent au sein de l’OCDE pour intensifier la lutte contre les paradis fiscaux. De même, sur le plan européen, le mouvement syndical se bat pour obtenir des avancées en matière d’harmonisation fiscale, de levée du secret bancaire et d’imposition d’un taux plancher pour les bénéfices des entreprises. Ces derniers points sont probablement moins médiatiques et mobilisateurs que la Taxe Tobin mais leur obtention est néanmoins indispensable pour défendre et renforcer le modèle social européen. Si la taxe Tobin est un instrument formidable de mobilisation et de pression, il ne doit pas se retourner contre nous! Les déclarations solennelles des gouvernants sur la nécessité d’une taxe Tobin ne leur sert bien souvent qu’à masquer leur manque de volonté politique sur les autres dossiers fiscaux.
locaux, l’action comprend des séminaires d’information pour responsables syndicaux mais aussi la création et la diffusion d'un matériel de propagande adapté. Sans l’appui extérieur, cette action n’aurait pu voir le jour.
Le syndicalisme ne prétend pas avoir le monopole de la solidarité Les syndicats ne prétendent pas avoir le monopole de la solidarité. Des alliances existent et doivent être renforcées. De nombreux militants FGTB sont membres de mouvements associatifs ou d’ONG. La FGTB elle même est membre de couple d’organisations telle que le CNCD – 11.11.11. Certains mouvements, associations ou ONG effectuent un travail de réflexion indispensable sur les questions de la mondialisation, jouent un rôle irremplaçable dans la défense des droits de l’homme, des catégories de citoyens les plus fragilisés, des consommateurs ou de l’environnement. Le mouvement syndical a développé une stratégie d’alliance et de complémentarité. Qu’il s’agisse en Belgique de la campagne Vêtements Propres ou la manifestation du 20 mai 2001 pour l’amélioration des allocations sociales ou encore la campagne pour la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne. Ces coopérations renforcent chacune des composantes de la société civile.
La campagne «vêtements propres» lancée en 1995 ou celle «un monde à retravailler» démarrée en 1997 sont deux exemples de projets qui associent ONG et syndicats du Nord et du Sud, de Belgique et d’ailleurs.
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Pertinence des échelons national et européen Continuer à renforcer le syndicalisme international représente donc un impératif majeur. Celui-ci est né avant que l’on parle de mondialisation. Il se justifiait par la nécessité de mener une action structurée et collective pour faire entendre la voie du monde du travail dans le concert international. Renforcer l’échelon international ne veut pas dire que syndicalisme national et européen ont perdu tout pouvoir de transformer la société. Certains secteurs, comme le textile, ont payé un lourd tribut à la concurrence internationale. Rien que ces cinq dernières années, le secteur européen du textile-habillement a perdu 70.000 emplois par an. Cette tendance pourrait encore s’accélérer pour atteindre 100.000 emplois par an dans les trois prochaines années en cas de nouvelles libéralisation du commerce. En effet, pour ancrer le Pakistan dans la coalition «antiterroriste» après les attentats du 11 septembre, l’UE a accepté d’ouvrir davantage son marché aux exportations pakistanaises. Cette décision commerciale imposée par une stratégie militaire pourrait coûter la perte de 80.000 emplois supplémentaires au sein de l’UE pour les trois années à venir. La stratégie militaire fait fi ainsi de la situation des droits de l’homme et du respect des droits sociaux fondamentaux du Pakistan. Le bien-être général des citoyens d’un pays reste cependant encore principalement déterminé par la performance de son économie. Les délocalisations qui touchent les entreprises implantées en Belgique se font dans la grande majorité, vers les pays limitrophes, au sein de l’UE et non vers les pays à bas salaires du tiers-monde. En Belgique, cela signifie que notre bien-être se joue essentiellement aux échelons national et européen. Les inégalités ne se creusent pas uniquement entre le «Nord» et le «Sud». Elles se développent aussi à l'intérieur de chaque pays. Dans tous les pays, les écarts se sont creusés ces 20 dernières années entre les riches et les pauvres. La question de l'inégalité aboutit inévitablement à s’interroger sur la meilleure façon de mieux partager les fruits de la croissance, tant au niveau mondial qu’au niveau européen et national. La question de la redistribution apparaît bien comme la question fondamentale.
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L'Europe démocratique et sociale comme modèle pour une mondialisation solidaire? L’Europe actuelle ne nous satisfait pas. Déficit démocratique, déficit social. Elle décide à la majorité tout ce qui concerne la dérégulation et la concurrence mais exige l’unanimité pour les matières qui touchent à la solidarité. Pour autant, le mouvement syndical ne dit pas non à l’Europe. Il demande au contraire plus d’Europe mais une Europe plus démocratique, plus sociale. L'Europe représente en effet une mondialisation régionale avec des institutions régulatrices. Elle présente un déficit démocratique tant politique qu'économique et social mais il existe un potentiel de globalisation régionale maîtrisée. L’Europe est la construction politique qui dans le monde se rapproche le plus de nos idéaux progressistes. L'Europe doit atteindre la dimension et la puissance pour peser dans l'organisation du monde, dans la mise en place d'un ordre économique international qui tienne compte de nos valeurs de paix, de démocratie, de justice sociale et de solidarité. Il faut donc à la fois plus d’Europe et une Europe plus démocratique et sociale, capable de servir de modèle aux autres parties du monde et de faire entendre les principes de solidarité dans le concert mondial. Plus d'Europe politique et sociale pour mieux maîtriser la mondialisation.
Mettre autour de la table des syndicalistes de pays en conflit ou en proie à des tensions graves (par exemple ethniques ou
Mettre autour de la table des syndicalistes de pays en conflit ou en proie à
nationalistes) pour faire prévaloir
des tensions graves (par exemple ethniques ou nationalistes) pour faire
la solidarité est d’une importance
prévaloir la solidarité est d’une importance capitale. Seuls d’autres syndicats
capitale. Seuls d’autres syndicats
peuvent le faire.
peuvent le faire. En novembre 2001, la FGTB a
En novembre 2001, la FGTB a lancé un programme de ce genre pour les
lancé un programme de ce genre
Balkans. Les principaux syndicats d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de
pour les Balkans. Les principaux
Bulgarie, de Croatie, du Kosovo, du Monténégro, de Roumanie et de Serbie
syndicats d’Albanie, de Bosnie-
s’y trouvent ensemble.
Herzégovine, de Bulgarie, de Croatie, du Kosovo, du Monténégro, de Roumanie et de Serbie s’y trouvent ensemble. 17
Proxima estacion: Esperanza… Le mouvement syndical est internationaliste par essence. Il est mondialiste par nécessité. Dans sa longue histoire, il s’est adapté aux évolutions. La mondialisation n’est que la dernière étape. Le mouvement syndical a créé et renforcé un contre-pouvoir européen, régional, mondial pour y répondre. Ces adaptations n’ont jamais modifié par contre ses idéaux de solidarité. On connaît mal, par exemple, le rôle que la FGTB et ces centrales jouent dans la solidarité Nord-Sud ou Est-Ouest: formation de syndicalistes en Amérique Latine, aide au secteur informel en Afrique, collaboration continue avec les syndicats libres des pays d’Europe centrale et orientale. Le syndicalisme n’a jamais réclamé le monopole du combat pour la paix, la démocratie et une juste répartition des richesses. Son histoire est riche de coopération avec d’autres acteurs. L’émergence d’une "société civile" est donc riche de potentiels et de renforcement mutuel dans le respect des identités de chacun.
A la suite de l’accord interprofessionnel 2001-2002 qui encourageait les secteurs à examiner les possibilités de
La mondialisation doit être maîtrisée. Une mondialisation qui laisserait, sur le bord de la route, la toute grande majorité des habitants de cette planète n’a pas d’avenir. Notre idéal est et reste la création d’un gouvernement mondial. La création d’un conseil de sécurité économique et social au sein d’une Organisation des Nations Unies réformée, lancée par Jacques Delors, serait une piste à suivre en ce sens. En se dotant d’un outil régulateur d’une véritable instance politique et économique, le monde pourrait ainsi travailler à la suppression des inégalités. Les institutions internationales doivent être réformées dans ce sens et accroître leur collaboration en mettant en avant le respect inconditionnel des droits fondamentaux du travail et de l’environnement.
développer des initiatives de coopération internationale et de promotion des normes fondamentales de travail de l’OIT, les secteurs du textile et de l’alimentation ont négocié le création de fonds de solidarité internationale par le versement d’une cotisation équivalente à
L’Europe, malgré toutes ces insuffisances, représente la meilleure carte pour obtenir à l’échelon mondial ces revendications.
0,05% de la masse salariale. Ces fonds sont destinés à financer des projets de coopération avec les
La mondialisation révèle la nécessité de renforcer l’efficacité d’un contrepouvoir syndical global sans pour autant déforcer les structures nationales
interlocuteurs sociaux du "sud" des mêmes secteurs.
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Quelques sites syndicaux intéressants Fédération Générale du travail de Belgique – www.fgtb.be Confédération Internationale des Syndicats Libres: www.icftu.org Confédération Européenne des Syndicats: www.etuc.org Commission Syndicale Consultative auprès de l'OCDE: www.tuac.org Le réseau mondial www.global-unions.org Secrétariats Professionnels Internationaux: • Internationale de l'éducation: www.ei-ie.org • Fédération internationale des ouvriers de la métallurgie: www.imfmetal.org • Fédération internationale des syndicats des travailleurs de la chimie et de l'énergie, des mines et des industries: www.icem.org • Internationale des services publiques: www.world.psi.org • Union Network International: www.union-network.org • Fédération internationale des travailleurs du bâtiment et du bois: www.ifbww.org • Fédération internationale des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir: www.itglwf.org • Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture et l'hôtellerie et de la restauration, du tabac et des branches connexes: www.iuf.org • Fédération internationale des ouvriers du transport: www.itg.org.uk • Fédération internationale des journalistes: www.cfj.org
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Fédération Générale du Travail de Belgique
Interrégionale Wallonne (IW-FGTB)
vlaamse intergewestelijke
Interrégionale flamande (VLIG)
Interrégionale de Bruxelles (IRB)
Centrale Générale (CG)
Métal (CMB)
Textiel•Kleding•Diamant Textile•Vêtement•Diamant
Textile-Vêtement-Diamant
Transport (UBOT)
Alimentation-Horeca-Services Syndicat des Employés, Techniciens et Cadres (SETCa )
Centrale générale des services publics (CGSP) 20